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Les conceptions politiques néolithiques de Maqueron 1er

Classé dans : politique — 07/21/2018 @ 10:50

Notre Zident n’innove pas du tout en ce qui concerne ses vues politiciennes qui appartiennent sans contestation possible au registre le plus éculé de la philosophie politique. Quelles sont-elles ?
* la souveraineté, si elle appartient au peuple, ne peut être exercée que par des représentants élus qui, réunis en chambre législative, détiennent le pouvoir absolu de légiférer au nom de la « volonté générale » et dans l’intérêt général dont ils sont les détenteurs. Cette souveraineté est indivisible et absolue au nom du pays tout entier au-dessus des particularités locales, professionnelles, politiques, sociales ; elle renvoie à l’unité de la nation en tant que grand tout unique. Le « UN » transcende tous les singuliers au nom du général. Le UN s’entend comme au-dessus du multiple et consiste à le nier comme pluralisme effectif de la société, qui, donc, n’est pas pas à prendre en compte. L’unité postulée en tant que rassemblement du peuple tout entier, comme disait Staline, via le microcosme qu’est la chambre élue, récuse le fait qu’il n’y a qu’un état temporaire alors que l’union est un processus permanent et évolutif sans cesse remis en débat. La chambre souveraine à la place du peuple détient le monopole de la mise en forme de l’intérêt général. Les députés sont censés être élus pour le représenter, ce qui ne devrait convenir qu’à une chambre élue sur une seule circonscription,à savoir le territoire tout entier. Sinon, le « députain » devient « en même temps », le porteur d’intérêts locaux, d’autant plus solides qu’il est implanté dans plusieurs niveaux de collectivité. C’est du reste cela conteste Maqueron, non pas pour en revenir à l’IG détenu par la chambre législative, mais pour conforter sa monopolisation par l’exécutif et, in fine, par lui seul. C’est du césarisme… Accompagné d’une cour de fidèles, d’une garde rapprochée du souverain, comme continue de le montrer l’affaire Benala.
* l’Etat détient en fait la souveraineté à la place des peuples. Or l’Etat n’existe pas; c’est une fiction juridique créée pour enlever au roi la souveraineté exercée à titre personnel. Ce qui existe, ce sont le gouvernement, les chambres, les administrations. L’état est une construction idéologique pour recevoir la souveraineté et donner son exercice aux gouvernants qui n’en sont pas les propriétaires mais seulement les détenteurs provisoires. Ce qui devrait empêcher Maqueron de révolutionner la société française en engageant son avenir dans une seule direction et pour bien trop longtemps. L’Etat ainsi conçu permet de tout centraliser, de tout mettre sous la coupe des dirigeants politiques; c’est une forteresse qui est le siège d’une classe corporative de politiciens professionnels. Cela a donné des idées aux révolutionnaires: il suffit de s’emparer de la forteresse et de tourner ses canons contre ses anciens occupants, ce qui n’est qu’une révolution politique et non une révolution sociale. L’Etat « libérale » est censé être neutre par rapport aux conceptions du monde et religions. C’est une fiction prétendant à la légitimité et au monopole de la définition de l’intérêt général (IG) car, en réalité, les titulaires des fonctions d’Etat, donc ceux qui exercent son pouvoir, ont des conceptions morales et interviennent en politique pour favoriser leurs copains et coquins. L’Etat « libéral » a tendance à exercer le pouvoir de façon verticale, descendante, hiérarchique; il monopolise le pouvoir politique qui est pourtant l’affaire de tous (politique vient de polis, la cité…). L’Etat encourage à diviser pour régner; il sépare les fonctions sociales, qui sont pourtant interdépendantes et solidaire en tant que système sociétal. Il met le politique au-dessus de toutes les autres dimensions du social, ce qui est nier que « avant de se gouverner », la société travaille ». Comme l’a vu Proudhon, la révolutions ne peut être que globale, systémique et sociale car il faut faire disparaître simultanément la triple domination, exploitation et aliénation par le trône, le coffre-fort et l’autel. L’IG ne peut normalement résulter que d’un lent processus de mise en expression, de débat et de négociation entre acteurs sociaux concrets et agissant en tant que groupes. La division libéralo-étatique des fonctions sociales interdépendantes permet de justifier qu’il y ait un pouvoir central au-dessus des parties et transversal aux problèmes sociétaux car il faut coordonner et conduire tout cela dans une logique d’unité et d’intérêt général postulé comme légitimement détenu par le seul prétendu Etat.
* La société n’existe pas, comme disait Maggie; ce n’est qu’une collection d’individus. Ce qui légitime le suffrage purement individuel. On peut donc avoir, d’un côté, extérieur et supérieur au peuple ou à la société, c’est-à-dire le pouvoir absolu, centralisateur, unique expert des choses sociales, dirigeant en étant séparé des dirigés, seul créateur des lois, omnipotent et omniscient, de l’autre la somme des zéros que sont les individus-électeurs. On est alors dans la dialectique confortable pour les gouvernants de l’infini et des zéros. Tous les groupes réels (naturels comme les collectivités locales et au-dessus), fonctionnels (producteurs, par exemple, ou consommateurs), communautaires sont niés, ainsi que leur représentation directe (syndicats, associations, ONG). Les évolutions d’après guerre avaient fait s’installer un dialogue social mais, après concertation, le gouvernement décidait tout seul car seul détenteur du pouvoir politique défini comme étant celui de l’Etat. Le changement chez Maqueron a consisté à décider avant toute concertation, à minorer les corps intermédiaires, à essayer de supprimer leur rôle. Il en arrivait à la « gouvernance » avec les seuls experts, soi-disant issus de le « société civile », et sur la base du seul critère de l’efficacité. La coupure dirigeants/dirigés a pour effet de refuser l’idée (et la pratique) que les groupements locaux ou particuliers sont les seuls à même de bine connaître leur situation et leurs problèmes à résoudre grâce à leur vécu et à leur expérience, à combattre aussi le fait que les groupements autogérés sont capables d’expérimenter, de se former, de débattre, de se développer et de décider par eux-mêmes de ce qui répond à leur situation. Ainsi s’est installée la mégalomanie de l’énarque décidant tout seul à partir de son beau bureau lambrissé pour « changer la société par décret ». par ailleurs, s’est installée une classe de politiciens ayant tous intérêt à détenir l’Etat et à prétendre représenter l’IG.
* la démocratie se réduit à quelques moments périodiques, ceux des votes, entre lesquels le peuple est censé abandonner tous ses pouvoirs aux représentants légitimement (au lieu de légalement) élus. Pendant ces périodes, infiniment plus longues que les interludes électoraux, le pouvoir politique peut faire ce qu’il veut, y compris contre l’intérêt général et le bien commun. C’est ce que veut accentuer et accélérer Maqueron afin d’installer enfin le SLC hyper libéral en France. Le pouvoir peut alors se moquer de la culture, des institutions sociales (règles, normes, valeurs), des conventions sociales, des us et coutumes et tenter de les modifier afin d’obtenir une mentalité et des pratiques conformes au modèle qu’il veut implanter (le SLC). Il nie que la démocratie est un processus permanent, pluriel, relationnel dont l’effectivité requiert des procédures, des dispositifs, des règles (information, débat…), de l’éducation et de l’instruction, des libertés « corporatives et locales », du dialogue social institué et instituant comme l’a montré years ago l’analyse institutionnelle (Lapassade, Lourau…).
* le pouvoir politique en sa forme étatique est extérieur, supérieur, transversal à la société. Il est la seule force de synthèse entre les différentes dimensions de la société. Il est en surplomb par rapport au politique, au culturel, au spirituel, au sociétal et décide seul du cadre général des actions de chacun et de chaque groupe. Ayant seul le pouvoir de « donner et casser la loi » dans tous les domaines, attribut principal de la souveraineté, il permet à Maqueron d’instituer l’ordo-libéralisme (OL) tudesque en France; cela dit en sachant que ce mode de gouvernement par les lois ignore visiblement celles qui ne sont pas d’obédience SLC. Le TCE, rejeté en 2005, permettait du reste d’implanter l’OL en France car il n’en était qu’une copie.
* le suffrage individuel et atomistique est censé donner la « volonté générale »; c’est trahir Rousseau qui disait qu’ainsi on n’obtenait que « la volonté de tous », en fait celle de la majorité électorale. Laquelle n’a pas tardé à permettre la violation permanente des droits de la minorité. Ce que la « chambre introuvable » de Maqueron permet d’asseoir sans vergogne, au nom du vieux principe  » quoniam nominor leo ». Celui qui commande est celui qui a la plus grosse Massu. Cet atomisme, évidemment, ne permet pas de faire émerger la pensée « synthétique  » du peuple, coupé de ses situations réelles, de son vécu et des groupements intermédiaires. On est censé voter pour l’intérêt général alors qu’il est évident que chacun ne vote que pour la représentation qu’il en a et en fonction de son idéologie particulière. En réalité, on ne vote que pour ses intérêts, ce qui devrait faire construire une procédure et des institutions de vote qui mettent en relation, en expression, en débat, en négociation les acteurs sociaux réels via des représentants diects des groupements sociaux réels et sociologiquement observables. Ce mode libéral de suffrage correspond à l’idée idiote de Rousseau au nom de laquelle il ne doit rien y avoir entre chaque individu et la nation souveraine et indivisible. Le suffrage devrait partir des groupes réels et procéder par étages de regroupement, loin du césarisme de l’élection directe du président par la majorité électorale des gens. On en est loin et cela d’autant plus que les partis politiques monopolisent les candidatures électorales dans une logique parfaitement corporative et rentière.
* la séparation des pouvoirs n’est qu’une fiction juridique car, en réalité, c’est l’exécutif qui dirige tout, encore plus dans la Vème ripoublique que Maqueron, du reste, veut exploiter à fond en renforçant le pouvoir présidentiel sans les contrepoids US. La vraie séparation réside dans le pluralisme social des acteurs; elle est sociologique et requiert que le « check and balance » ne soit pas formel et juridique mais soit l’objet de pouvoirs et contre-pouvoirs réels en tant que forces sociales organisées et reconnues. C’est ainsi que le pouvoir pourra arrêter le pouvoir; dans les antagonismes concrets et dans leur régulation par un système sociopolitique de « fédéralisme intégral ».
Il n’ ya que 2 structures qui fonctionnent suivant le modèle néolithique que je viens de décrire; ce sont l’Etat maqueronien et la mafia.

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