les armes de la critique

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A propos du racisme

Classé dans : politique — 08/04/2018 @ 10:49

Le gouvernement, dans sa grande intelligence énarchique, vient de faire supprimer le mot race de la Constitution. Voilà du symbolique qui ne coûte pas cher et fait le bonheur clientéliste du bobo moyen qui préfère les symboles aux réalités pour se forger une bonne conscience à l’épreuve de la politique politicienne. Car ce qui est non seulement inapproprié mais encore la source de bien des exactions commises contre les personnes et les communautés, c’est le racisme lequel est déjà dans le collimateur de n +1 lois. Enlever seulement le mot race, c’est faire comme l’imbécile qui regarde le doigt quand le sage lui montre la lune. Qu’est-ce donc que le racisme et qu’a-t-il permis, autorisé, légitimé? Il y a plusieurs formes de racisme mais toutes stigmatisent au nom d’une différence transformée en infériorité; c’est cela le racisme: faire d’une différence, le plus souvent très minime, une justification à prendre autrui pour un sous-homme que, dès lors, on peut exploiter, maltraiter, transformer en esclave, voir éliminer. Cette justification a deux sources possibles: le racisme effectif de parties de la population ou de partis populistes qui l’instrumente; le racisme légal tel l’apartheid, celui des USA avant les droits civiques et, peut être bientôt, celui de « l’Etat juif », le racisme en quelque sorte communautariste qui exclut les autres à l’extérieur de la communauté.
On a plusieurs domaines de différence: les préférences sexuelles, la couleur de peau (il ne peut y avoir de races du point de vue ontogénétique qui concerne toute l’espèce humaine mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir de différences épigénétiques), l’ethnie au point de vue culturel, la culture (au sens d’us, coutumes, traditions, pratiques, représentations, modes de pensée…), la religion, le genre. Le relativisme pluraliste nous dit que toutes les cultures, portées, véhiculées par des communautés et intériorisées par des personnes, se valent, sans hiérarchie. OK, j’adhère et beaucoup de monde aussi. Et les droits de l’homme, proclamés en 1948 à l’ONU (déclaration de Philadelphie) affirment que nul ne peut être discriminé en fonction des différences susdites. Las, les droits de l’homme ne sont pas considérés comme universels par bien des pays siégeant à l’ONU, soit parce que ce sont des Etats totalitaires, soit pour des raisons de conflits ethniques, soit pour la religion ou la culture « nationale ». Et, hélas et en outre, bien des pays soi-disant démocratiques piétinent lesdits droits de l’homme au nom de la sécurité ou par populisme. Et ce n’est pas en supprimant le mot race qu’on résoudra ces problèmes de fond.
Il ne faut pas oublier que la différence peut ne pas indiquer une hiérarchie; elle peut être un marqueur d’identité pour une communauté qui tient à se démarquer et à se faire reconnaître dans le champ sociopolitique. Mais, à ce moment-là, elle a pour tendance d’exclure, ce qui nous procure notamment des replis communautaires voire des nationalismes exacerbés. Et cette exclusion de l’autre ou des autres groupements peut aisément se retourner en racisme à l’envers.
On ne peut, au nom de l’égale dignité de tous les hommes (au sens de genre humain, anthropos), critiquer les personnes ou les groupes. mais cela ne saurait interdire d’avoir un oeil critique sur leurs conceptions culturelles, religieuses, politiques ou autres. Si toutes les cultures ont la même valeur, cela ne signifie pas qu’on puisse accepter, ici dans notre culture sociopolitique démocratique, pluraliste, critique, libérale, égalitaire, des pratiques ou des idées qui la sabordent ou lui sont radicalement contraires. Elles sont critiquables sur le plan du débat et certains de leurs comportements ne sont pas acceptables du point de vue de la cohésion sociale globale, de nos valeurs et de notre conception des droits de l’homme. Et ce n’est pas du racisme; c’est protéger nos libertés et notre mode de vie et de pensée contre le sexisme, l’imposition de normes liberticides, la disparition de la neutralité du droit et du politique envers toutes les conceptions du monde, la perte du principe de l’égalité femmes/hommes, etc. Il n’y a aucune « phobie » par rapport à une doctrine; simplement la critique de celle-ci quand elle s’en prend à nos idées et à nos institutions. S’opposer au fascisme, au nazisme, à l’islamisme, aux radicaux religieux et autres « orthodoxes » sectaires, etc., c’est seulement conserver notre république malgré ses défauts et disposer toujours d’un espace public de mise en expression et en débat. Ce n’est pas du racisme mais de la liberté de penser et de s’exprimer. Sinon, un jour ou l’autre, ceux qui se servent de nos libertés soi-disant purement occidentales et sans caractère d’universalité, finiront par les supprimer au nom de leur doctrine.

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