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Pourquoi le mauvais populisme risque-t-il de l’emporter?

Classé dans : politique — 09/11/2018 @ 11:27

Il faut donc commencer par différencier les formes de populisme. C’est comme la langue d’Esope, il y a du bon et du mauvais. Pour le bon, soulignons déjà, que la démocratie (pouvoir du peuple) est déjà, eh oui, du bon populisme. Les soi-disant démocrates hostiles au populisme (sans doute pour se réserver le pouvoir) commencent donc par renier leur propre définition. Rappelons le populisme des « narodnikis » russes qui voulaient enseigner le peuple et l’émanciper. Souvenons-nous de l’éducation populaire de la fin du 19ème siècle en France qui voulait aussi développer la formation pour tous ou de la philosophie de Fernand Pelloutier partisan de l’autogestion et formation du peuple travailleur par lui-même. C’est un populisme d’ouverture, de progrès, d’émancipation, de confiance dans la « capacité des classes ouvrières en France ». C’est vouloir, à la façon de Kant et des « Lumières » faire accéder le peuple à « la majorité ». C’est vouloir son union (pas son unité le plus souvent factice et postulée) volontaire sur la base du bien commun et de l’intérêt général. C’est partir de lui et des ses besoins dans une démarche ascendante (on dit bottom up chez Maqueron qui, lui, fait du verticalisé descendant, top down et soi-disant efficace).
Le faux populisme est une instrumentalisation politicarde et démagogique du peuple en vue de la politique d’accès au pouvoir. C’est l’approche du boulangisme, du bonapartisme, du jacobinisme, de tous les fous de pouvoir à l’instar des Hitler, Mussolini, Staline, Pol pot, approche par la seule voie politique (en militant en loucédé pour un SLC économique absolu), extérieure à la société civile, menée d’en-haut. C’est la mise en unité (simple prétention en vue du « rassemblement national » unitaire)) du pays sur une base nationaliste, c’est l’appel au masses atomisées et désorientées d’individus assimilés à des rats de laboratoire. C’est la désignation d’un ennemi intérieur (les classes dangereuses, la 5ème colonne, les gauchistes, les « populistes ») ou extérieur (les émigrés, les autres, les différents dans leur culture ou leur religion). C’est la manipulation des esprits par la propagande et la domination des médias. C’est la fermeture nationaliste et xénophobe. C’est l’appel aux « passions tristes » les plus noires (ou rouges ou brunes) contre le différent; c’est le refus du pluralisme et de l’internationalisme. C’est le fantasme de l’UN. C’est aussi, variante anglo-saxonne qui permet au pouvoir de diviser pour régner en faisant semblant d’être pluraliste, un communautarisme de juxtaposition des cultures coprésentes sur le territoire. Eh bien, c’est ce populisme, sorte de poulpisme attrape-tout et appuyé sur le « peopolisme », qui gagne de plus en plus de terrain. Why? En effet, ce populisme fait semblant de ne pas voir que c’est le SLC qui détruit les peuples afin de détourner l’attention vers des causes extérieures manipulables en se fondant sur une psychologie primaire du peuple. Voyons la logique réelle des choses.
1) Le SLC détruit toute sociabilité: il atomise les individus et molécularise les communautés, il crée isolement, perte de repères, incertitudes, il casse l’espérance dans un progrès (transformé en « réformes », mot lui-même remplacé par « transformation ») pour soi et sa descendance, il précarise, appauvrit, crée des inégalités abyssales. Il met tous les peuples en concurrence sauvage. Il suscite de la jalousie et de l’envie, notamment par la publicité et l’exhibition ostentatoire du « bonheur » des riches. Il crée du manque par l’écart grandissant entre les aspirations et attentes impulsées par la publicité et la réalité des conditions de vie, entre les promesses de bonheur ici-bas (censé être acquis par le mérite et le travail) et l’extension de la misère même travailleuse. Il casse l’Etat-providence au profit de la charité. Il fait reposer l’échec des « losers » sur eux-mêmes en les culpabilisant: s’ils restent pauvres, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Il supprime les solidarités au profit d’un individualisme concurrentiel absolu. Il lamine les classes moyennes d’esprit démocratique. Il nie la dignité de tous les humains en ne reconnaissant que les « winners ». Il tue toute signification et recherche de sens et cela d’autant plus facilement que la référence communiste a sombré corps et biens depuis 1989. Et il déterritorialise toutes chose au profit d’un libre-échange mondialisé et sans règles où les individus ne sont que des numéros sans identité propre, des zéros perdus dans la masse et instrumentalisables par l’infini du pouvoir économique manipulant les politiciens fantoches.
Tout cela fonde un ressentiment en extension continue et aggravée qui se reporte aisément sur l’autre, l’étranger, l’élite politique et médiatique auto-proclamée (en occultant l’économique). car le peuple est délaissé, éclaté, méprisé, déclassé, atomisé, désolidarisé par le SLC, ses bénéficiaires et ses propagandistes tel Maqueron. L’ironie ou le paradoxe, c’est que ce sont ceux qui détruisent l’union du peuple (notamment la vieille classe ouvrière en tant que référence d’appartenance et d’attachement) qui créent le populisme qui s’en réclame! Comment cela fonctionne-t-il?
2) Par une coupure grandissante entre les soi-disant élites et le petit peuple. Les prétendues élites se présentent comme la modernité et le progrès face aux conservateurs de tout poil. Elles sont intelligentes, éduquées, ouvertes, tolérantes, aptes à réussir par leur travail et leurs qualités dans un monde concurrentiel, changeant et instable, très technologique; elles sont dans le vent, cablées, in; elle se battent, s’entretiennent physiquement et mentalement, s’engagent. Le jeunisme, la santé, la beauté et la méritocratie (présumée par la réussite) animent cette très petite population acquise au maquereaunisme. Ses représentants ne se rendent pas compte que leur auto-promotion est « en même temps » une stigmatisation de ceux qui n’appartiennent pas au club, auquel j’ai eu la chance d’appartenir, years ago, sans y adhérer au nom du principe de Groucho Marx: ne pas entre dans un club qui vous y accepterait. C’est là qu’on voit que la psychologie (et encore moins la sociologie) n’est pas enseignée à l’ENA ou autre grande école, ni en économie, ce qui serait inutile puisque celle-ci ne s’occupe pas de morale, ni de politique (en principe, mais c’est évidemment parfaitement faux dans la réalité). Car toute personne ou toute communauté a besoin de reconnaissance de son identité et de sa dignité particulières. L’attitude des élites ne peut donc être ressentie que comme du mépris (et les élites avec leurs « illettrées, leurs sans-dents, leurs moins que rien dans les gares, leurs sans travail pour acheter un costume… affichent assez souvent ce souverain mépris de classe en partant du principe que tout leur est permis). Alors, les losers se vengent en méprisant en retour les prétendues élites politiques, technocratiques et médiatiques vers lesquelles les mauvais populistes orientent les passions. La réalité objective des coupures socio-économiques se redouble ainsi d’un antagonisme social qui fait les choux gras desdits populistes. Parmi lesquels, seuls quelques uns (Philippot, Mélanchthon, par exemple) ont compris que la véritable cause profonde du problème était l’expansion sans freins du SLC.
Le plus amusant est que, bien que le SLC soit démonétisé, démonisé, sans soutien dans les peuples qui lui sont de plus en plus hostiles; qu’il soit en cours d’excommunication pour sa destruction de la planète; c’est le moment qu’a choisi Maqueron pour le propulser avec 30 ans de retard et à contretemps en France. Quelle intelligence, quel visionnaire! Mais il a quand même de la chance: déjà tous ses compères de l’UE, du FMI, de l’OCDE… font pareil et les « 1 % » font de la résistance comme les trusts, les multinationales, les banques, la phynance, les politicards, les journaleux (la majorité d’entre eux), les PDG, les cadres sup et tous les profiteurs, même petits, du système; et le populo a d’autres dérivatifs à son ressentiment: le repli sur soi voire la folie, les religions, les communautés, les psychologies du bonheur, la téléréalité, le sport de masse, les trafics en tout genre, le radicalisme… Que ne ferait-on pas pour retrouver dignité et solidarité et repères mêmes asociaux et anomiques vis-à-vis du désordre établi, du politiquement correct, du main stream. Maqueron échouera et en 2022, c’est sans doute le mauvais populisme, rallié par Veau-Quiet, qui l’emportera et le laissera « à la critique rongeuse des souris »

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