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La grande pauvreté du plan pauvreté de Maqueron 1er

Classé dans : politique — 09/19/2018 @ 10:38

Enfin il est sorti du bois après avoir été reporté en juillet sous prétexte de coupe du monde de foot. En réalité parce que l’ensemble des groupements de collectivités locales avaient refusé de participer pour causes de baisse des dotations, de faux contrats à passer entre l’Etat (en réalité le gouvernement) et la collectivité, contrats du genre tu signes ou je te tue, d’envoi aux chiottes du plan Borloo.
Le plan pauvreté est déjà miséreux sur le versant financier: 8 milliards d’euros sur 4 ans, à comparer aux mêmes 4,5 milliards par an et dès 2018 pour les riches (dont suppression de l’ISF) et aux 4 du plan Borloo. Autres cadeaux à la finance et aux riches, le passage programmé de l’impôt sur les sociétés de 35 à 25 % et le petit taux unique sur les revenus des capitaux mobiliers.
Il se confirme que tout est orienté vers l’activité et le travail (à ajouter la suppression des cotisations sociales salariées sur les heures.sup). Les dépenses d’aides sociales (26 milliards mais le gouvernement entretient la confusion entre celles-ci, pea nuts, et l’ensemble des dépenses sociales (750 milliards, dont les retraites, l’assurance-maladie et l’assurance chômage ou les allocations familiales qui ne doivent rien à l’Etat car ce sont des cotisations qui les financent) doivent être « activées » vers le retour (ou l’entrée) à l’emploi. C’est pourquoi les aides sociales (par ailleurs récemment limitées pour 3 d’entre elles de grande importance à une augmentation de 0,3 % alors que l’inflation 2019 sera à 1,6) seront soumises à des « devoirs » de recherche active d’emploi comme si les chômeurs se complaisaient dans l’oisiveté grâce aux sommes « dingues » qu’ils perçoivent. On retrouve là la très peu moderne conception libérale du 19ème siècle, celle qui avait conduit les Rosbifs à créer des « Work Houses » à la place des lois sur les pauvres et les nazis à orner les camps de concentration de la devise « Arbeit macht frei » ou les soviétiques à créer le goulag pour réhabiliter les opposants par le travail. C’est évidemment à rapprocher d’une des rares augmentations prévues, celle de la prime pour l’emploi. On aura ainsi des bons pauvres, versus dames patronnesses, à aider et les mauvais à laisser en dessous du seuil de pauvreté (1050 euros pour une personne seule). Maqueron retrouve ainsi, 20 ans après en tant qu’étroit moustiquaire, le socialisme de Blair et de Schröder. La règle maqueronienne (obligation d’accepter le 3ème emploi proposé, ce qui est déjà le cas chez les Doryphores et les Gibbys) ne va produire que des travailleurs pauvres qui sont déjà 7 %). On note aussi que les retraités, les très pauvres y sont laissés pour compte. On observe encore que les minima sociaux, même ceux qui seraient mieux valorisés face à l’inflation restent largement en dessous du seuil de pauvreté.
Evidemment, le pouvoir ne dit rien sur la qualité des emplois (CDD très courts, revolving, temps partiel, intérim, à l’instar des fameux mini-jobs teutons ou des contrats zéro heure des Gibbys). Pour faire bon poids, il faut se connecter aussi à la décision d’augmenter massivement les postes de contrôleurs des chômeurs à Pôle Emploi « en même temps » qu’on diminue les postes de suivi. J’ai une de mes grandes filles qui est au chômedu par suite d’un accident de santé. Sa recherche d’emploi a été confiée à un sous-traitant de Pôle Emploi, Man Power. Cette boîte a proposé 3 emplois à ma fille (un en intérim qui n’a pas marché et Man Power s’est dispensé de la rappeler, un de nuit et un formellement contre-indiqué pour sa santé!). Et les lois Maqueron ne sont pas encore en place! « En même temps » qu’on stigmatise les fraudes au chômage (7 %), on ne fait pas grand chose contre les fraudes sociales aux cotisations et fiscales (dans les 100 milliards) et le pouvoir diminue même les effectifs consacrés aux fraudes fiscales. Quant au RUA, revenu universel d’activité, promis en fin de mandat, c’es tde la mauvaise et trompeuse copie du revenu universel pour tous et sans conditions. Par ailleurs, sa fusion de plusieurs aides a été mise en place en Gibbi et ça a foiré lamentablement…
Le pouvoir installe cependant quelques rustines judicieuses: plus de crèches en zones prolétaires, des petits-déjeuners, des repas à 1 euro à la cantine, le maintien de la garantie jeunes de moins de 25 ans (mesure de Zizi Rider), la formation pour les décrocheurs de 16 à 18 ans, le dédoublement des petites classes en zones de décrochage… Et les logements insalubres et surpeuplés où un enfant ne peut pas étudier? Et les transports, les livres, les ordinateurs, les aides aux élèves, notamment pour maîtriser la langue? Et le services publics (poste, télécoms, eaux…) chargés de fournir à tous les services utiles à « l’émancipation par le travail » ou les commerces de proximité qui facilitent la vie? Ou sont passés les bons vieux internats où un enfant des campagnes pouvait aller au lycée ou les salles d’étude où il pouvait travailler sans être aidé par les parents et dans de bonnes conditions? Ou en est le niveau ridicule des bourses dès le collège et la résolution des problèmes de logement des étudiants? Maqueron entend-il lutter contre l’inégalité des chances avec de telles mesurettes? Maqueron a depuis annoncé un plan santé valable pour 50 ans. Quel manque d’ambition car Hitler avait annoncé un Reich de 1 000 ans! Mais 50 ans, cela suffit: il en sera plus au pouvoir depuis longtemps et, ainsi, il ne paiera pas les conséquences de ses décisions riquiqui.
Tout cela n’est guère étonnant: Maqueron ressemble au tonneau des danaïdes car il veut compenser les destructions de l’emploi amenées par le SLC et les techniques modernes par un Etat-providence new look, ce qui ne peut produire que des emplâtres sur une jambe de bois et un rideau de fumée par rapport aux problèmes réels. Maqueron, partisan si libéral de l’égalité des chances, ne peut pas comprendre que celle-ci ne peut être assurée que par des conditions structurelles d’égalisation même minimale des conditions ou, à tout le moins, des compensations objectives des écarts de situation. Maqueron refuse de comprendre que dans le SLC les « winners » gobent tout et tatnt pis pour les autres s’il n’y a plus de pognon pour le social. La justice maqueronienne n’est que procédurale, très loin des normes substantielles qui permettraient d’assurer l’égalité des chances. Il se confirme que Maqueron en va pas laisser les cabinets (sauf ministériels) dans l’état où il les a trouvés car son résultat sera l’accroissement du volume de travailleurs pauvres.

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