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République et démocratie

Classé dans : politique — 09/22/2018 @ 11:18

Pour y voir clair dans les oppositions entre conservateurs et progressistes (versus Maqueron), « populistes » de droite et de gauche, souverainistes et partisans de l’internationalisme du marché, jacobins et partisans du régime parlementaire, il faut savoir de quoi on discute, à commencer par les différences entre république et démocratie.
La démocratie actuelle, dite libérale et représentative, n’est jamais qu’une procédure censée procurer au pays un corps de mandataires représentant bien le peuple afin d’une manifester une image correcte pour la définition du bien commun. Par cela même, déjà, la démocratie n’a pas de finalité affichée, de norme substantielle pour construire l’intérêt général: celui-ci n’est qu’une résultante a posteriori des décisions prises par la majorité parlementaire légalement élue. Ainsi, les démocraties à l’anglo-saxonne peuvent se contrefoutre depuis toujours d’une fin commune et permanente, celle de l’égalité et de la justice. Cela ne peut être recherché que si la majorité électorale se prononce pour comme ce fut le cas avec des gouvernements travaillistes. Encore faut-il que les représentants et gouvernants se concentrent sur la définition de l’intérêt général, ce qui n’est aisé que s’ils sont indépendants des puissances d’argent. Si non, les représentants ne représentent pas l’intérêt commun pour le peuple tout entier mais deviennent facilement « les fondés de pouvoir du kapital » car ils détiennent la souveraineté à la place du peuple, c’est-à-dire « le pouvoir de donner et casser la loi ». Le problème réel est donc qui définit la loi. C’est ce qui est advenu dans les divers pays de l’UE depuis 30 ans car leurs dirigeants et ceux de ladite UE ne se préoccupent que d’économie et de finance en vue de la croissance au sein d’un libre-échange généralisé installé par les directives européennes et contrôlé par la Cour de Justice de l’UE (CJUE, ex-CJCE). Pourquoi? Parce que la croissance est le moyen de faire en sorte que le, gâteau s’arrondissant de plus en plus, la part de chacun grossisse sans qu’on modifie les règles de répartition du PIB entre les acteurs. Donc tous les pays se battent entre eux pour leur croissance même au détriment de celle des autres comme l’a fait dès 2003 le chancelier doryphore Schröder. La possibilité de faire la loi légalement en faveur des puissances d’argent a été grandement facilitée par le coût des campagnes électorales qu’elles se font le plaisir de financer; en effet cela leur permet de diriger de fait le pays avec des hommes de paille, c’est-à-dire derrière le masque maintenu de la démocratie et, naturellement sans assumer la responsabilité des décisions prises par les politicards à leur solde. Et par l’institutionnalisation des partis qui sont ainsi devenus des organes de sélection (et évidemment d’éviction des hors partis officiels) des candidats ad hoc. Et, pis, en France la démocratie a été réduite à l’élection du Zident muni des pleins pouvoirs via une majorité parlementaire à sa botte. Du coup, encore plus, la démocratie devient intermittente avec une fréquence de 5 ans et rien entre deux présidentielles!
Actuellement, en France cette démocrassouille repose en fait sur deux approches partisanes: celle des internationalistes du marché et du SLC à l’instar du Maqueron et des socialos depuis 1983 et celle de centristes ou souverainistes (plus ou moins nationalistes) plus attachés aux intérêts propres du pays comme l’inénarrable Dupont-Aignan.
En face nous avons les républicains: la république est le centre de tout car elle est l’espace de la justice, de l’égalisation des chances et des conditions, de l’aide universelle (protection sociale et services publics ouverts à tous) à tous les citoyens et de l’intérêt commun pour la communauté politique du pays. Mais les républicains se divisent facilement en catégories différentes. Les uns sont axés sur la nation en tant que communauté globale des citoyens; ce qui verse aisément dans le nationalisme du RN et autres partis souverainistes, l’exclusion des non-nationaux et autres immigrés (Veau-Quiet et La Marine). D’autres sont attachés au bien public mais réservent sa détermination à la technocratie (comme sous Charlot et, maintenant, en partie chez Maqueron; la différence est que Charlot était souverainiste alors que le Zident actuel est un internationaliste du SLC uniquement préoccupé de gouvernance à la sauce UE). Souvent, le républicain est dirigiste et veut faire le bonheur du peuple suivant une ligne que seul les politiques sont capables de définir. On a ainsi des sortes de léninistes au petit pied, tels Mélanchthon et les sectes trotskardes. Ces autoritaires s’accommodent fort bien de la démocrassouille libérale qui leur permet de gouverner sans consulter les peuple démocratiquement; ce fut déjà le cas du francisquain (combinaison de François et de francisque) Tonton. Et surtout il faut combattre en permanence les vices structurels cachés de la république: le fantasme de l’UN, l’absolutisme de la souveraineté et la toute-puissance de l’Etat qui monopolise la construction du bien commun par les politicards et les technocrates.
Il apparaît ainsi clairement que la république sans la démocratie réelle est une dictature potentielle et que la démocratie sans les finalités de la république n’est qu’une démocrassouille achetable par les puissances économiques. Evidemment, la république (dont la neutralité vis-à-vis des opinions religieuses ou idéologiques doit être conservée) est la bonne optique à condition qu’elle soit vraiment démocratique car, dans le cas contraire, le résultat ne sera ni elle ni la démocratie. En aucun cas les dirigeants (démocrassouille ou ripoublique) ne doivent avoir le droit de définir seuls l’intérêt général et de faire la loi. la république doit être fédérative en tant que processus et institution permanents de la participation de tous les membres du peuple (pluralisme des individus et des groupements de la société civile) à la préparation et à la prise des décisions à tous les niveaux de « la constitution sociale » (Proudhon) du pays. Las, nous ne trouvons dans le panorama politique actuel aucune prise de position assurant un socialisme libertaire ou un libéralisme sociétaire vraiment internationaliste et accueillant.

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