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Soyons populistes!

Classé dans : politique — 10/17/2018 @ 11:10

Contre le courant dominant, les élites bruxelloises, les énarques, les bobos, les partis de reproduction de la rente électorale et du statu quo, les experts économiques du SLC, les journaleux stipendiés par le kapital et le Pouvoir, les prophètes de la fin de la politique, de l’histoire et des nations, des frontières, de la post-démocratie… nous devons être « populistes » même si beau mot est devenu une façon de nous classer ipso facto comme fachos, racistes, rétrogrades, beaufs machos et homophobes… Tous ces gens ne sont en fait que le faux nez du SLC qui peut ainsi prospérer sur de faux antagonismes montés en épingle pour faire oublier les inégalités et la mort programmée de la planète.
Rappelons déjà que dans démocratie il y a demos, c’est-à-dire le peuple. Il s’ensuit que tout démocrate réel est aussi un partisan du peuple, donc un populiste. La démocratie classique, celle inventée par les Grecs il y a plus de 2500 ans, est fondée sur la souveraineté du peuple, la recherche du bien commun et de l’entente, la poursuite de l’intérêt général. la démocratie repose sur une politeia, à savoir une communauté sociopolitique occupant un territoire. Une telle communauté a créé et recrée en permanence un langage commun, une mentalité, des moeurs, des représentations et conceptions du monde, des finalités pour le vivre-ensemble et la définition de la volonté collective, un système de relations entre ses membres, des traditions, une « common decency » et un « sens commun »… qui lui confèrent des caractéristiques propres, donc une identité singulière. Et chaque membre de cette communauté porte aussi en lui dans son identité personnelle une empreinte de la personnalité et de la conscience collectives. C’est ce qui nourrit la cohésion sociale et l’adhésion libidinale à la « mère-patrie ». Comme l’avait bien vu Aristote pour la Cité et ensuite Montesquieu pour la république, une telle communauté ne peut perdurer que si la valeur princeps des citoyens est la « vertu » (authenticité, honnêteté, courage). Cette communauté, comme tout groupe ou personne morale ou tout vivant tend à « persévérer dans son être » et est munie d’un « instinct vital », d’un conatus porteur de désirs et de finalités. Voilà ce qu’on peut appeler une démocratie républicaine ou une république démocratique. Elle est donc fondée sur la solidarité entre ses membres. Mais, en tant que communauté-peuple, elle risque de créer une division, un séparation, une exclusion vis-à-vis de ceux qui n’en font pas partie; c’est cela qui est exploité par le populisme de droite.
Il faut y ajouter qu’une telle communauté est rapidement minée par l’extension des inégalités ainsi que l’avait dit Platon. Et, même si la démocratie est attachée à un territoire, cela n’empêche pas de lutter, comme la Révolution française, pour l’universalisme des principes qui la fondent. Cela peut nourrir l’internationalisme, dont Kant fut le précurseur, à cela près qu’il faudrait que le monde ne soit pas divisé en nationalismes rivaux, ce qui est de plus en plus le cas aujourd’hui à cause de la sanglante compétition économique véhiculée par le SLC. On ne peut manquer de l’observer dans l’UE. Cette conception de la communauté a été portée au pinacle par les Romantiques du 19ème siècle et, il faut l’ajouter, par bien des opposants à l’universalisme des Lumières et de la Révolution française. Je suis prêt à abandonner la démocratie sur un territoire donné pour une communauté singulière à condition de la retrouver totalement dans une union internationale, voire mondiale. mais l’exemple même de l’UE montre que ce n’est pas demain la veille. En attendant, seule la démocratie dans une patrie peut protéger les citoyens contre l’internationale des partisans du libre-échange sans frontières.
Cependant cette conception de la démocratie assise sur une politeia renferme des dangers, dont le pire est le nationalisme fermé; mais il y a aussi l’idée sous-jacente du peuple « UN » et de sa souveraineté absolue, laquelle est reprise par les gouvernants qui l’exercent soi-disant au nom du peuple. Contre cela, il faut soutenir que le peuple est multiple, divers, fractionné, pluriel et que la souveraineté doit être partagée entre tous les acteurs dits de la société civile. Ces acteurs doivent être tous représentés et pouvoir défendre leurs intérêts dans le concert sociopolitique du pays. Ce que seul un « fédéralisme intégral » (économique, politique, juridique, culturel, social) peut permettre. L’idée est d’immerger le pouvoir politique dans l’ensemble de la société civile au lieu de le placer au-dessus de celle-ci. Il en découle que le suffrage doit être fondé sur les intérêts particuliers à mettre face à face et à exprimer et négocier pour en dégager l’intérêt général (IG). C’est tout le contraire de la démocratie libérale et représentative qui postule que l’électeur vote pour ledit IG alors qu’il ne le fait que par rapport à la représentation qu’il en a et qui réduit le vote à une procédure atomistique par séparation du votant de tout son contexte social. En réalité les intérêts sont forgés par les groupes d’appartenance et de référence auquel l’électeur appartient de fait. Il en découle que les candidats à la représentation doivent émaner desdits groupes et non être désignés par des partis « nationaux ».
Au contraire, la démocratie libérale considère le peuple comme une collection de personnes atomisées et totalement libres (Thatcher: there is no thing as a society) qui votent périodiquement lors d’une simple procédure électorale à fréquence donnée; les gens ne sont donc amenés à donner leur avis que par tête de pipe et à éclipses; dans l’intervalle les élus peuvent faire ce qu’ils veulent en exerçant la souveraineté « qui consiste à donner et à casser la loi ». En faveur de qui? Sur quelles pressions? La réponse du SLC actuel est claire: c’est en faveur du kapital que les lois sont votées. Ces lois sont établies par des experts technocratiques (d’où la profusion « d’agences indépendantes ») qui, de fait, détiennent la détermination de l’IG entre deux élections. Et les alternances ne changent plus rien depuis longtemps puisque les socialos, depuis le francisquain Tonton, se sont ralliés au SLC. On a ainsi réalisé la démocratie libérale qui ne s’occupe que des libertés subjectives (transformées en « droits de l’homme » universels) et aucunement de la solidarité, des relations et de la cohésion sociales ou de la culture commune. La démocratie libérale fonde tout sur les libertés (ou droits subjectifs; non des droits collectifs ou sociaux)) et laisse de côté les inégalités et la justice. C’est une bonne façon de détruire tous les groupements (y compris la nation) en faveur du libre-échange sans frontières. Un des tours de passe passe consiste à transformer les entreprises en « personnes morales  » munies des mêmes droits subjectifs que les individus. Ce qui signifie que juridiquement les baleines ont les mêmes droits que le krill. Dès lors, l’extension indéfinie des « droits de l’homme » individuels et universels (hors contexte social, géographique et historique) fait qu’il se développe une « lutte de tous contre tous » pour avoir ses droits personnels. Ce combat est nécessairement gagné par les baleines morales contre les krills personnes physiques. Et cela d’autant plus que lesdits droits subjectifs ne sont que théoriques (des droits de, comme celui de travailler, et non des droits à, comme celui au travail ou au logement). Et par dessus le marché, pour faire valoir ses droits un quidam ou un groupe est forcé d’aller devant les tribunaux avalisés par le pouvoir libéral et au nom des lois libérales votées sous ce pouvoir et en faveur désormais du kapital et des baleines. Ce faisant le plaignant, « en même temps » légitime lesdites lois et se bat contre le pouvoir qui les a institués tout en le reconnaissant puisqu’il este à l’intérieur du droit « positif » et de la hiérarchie des normes juridiques en place! il s’adresse au pouvoir même qui a fait qu’il doit se présenter à une justice légale et peu légitime. De plus le droit libéral s’est « rationalisé » en se situant en dehors de toute morale ou convention sociale ou tradition. ce qui va dans le même sens que le remplacement de la politique par le calcul et du gouvernement par la gouvernance. La démocratie libérale instaure ainsi une dictature du droit positif (légal, établi par le pouvoir) tout en feignant de partir des droits individuels alors qu’ils ne sont que théoriques!
La démocrassouille libérale a transformé le droit en instrument au service de la propagation du SLC. Le droit a été privatisé et individualisé avec des démarches utilitaires et procédurales. le droit substantiel s’est réduit aux seuls droits individuels au détriment du droit social ou collectif. Cela permet d’écrabouiller toutes les communautés soi-disant « primitives » (et celles qui ne sont pas dans la ligne) en les privant de leurs traditions, de leurs semences, de leurs plantes médicinales, de leurs terres appropriées sans vergogne car elles sont des « communs » sans titre de propriété individuel. la démocrassouille libérale est devenue un totalitarisme des droits subjectifs de l’hommisme, lesquels sont de plus en plus fondés sur les droits de propriété en tout genre (des entreprises par les actionnaires, des brevets sur le vivant et des productions intellectuelles).
On voit donc aisément que le populisme n’est démocratique que s’il est fondé sur la fédéralisme intégral, lui même assis sur le pluralisme sociétal et que le libéralisme n’est démocratique (de respect de la volonté du peuple) que s’il est lui aussi fédéral. dans les deux cas, alors, ce qui prime c’est le bien commun pour et par le peuple et non une gouvernance efficace sur des critères purement économiques. La démocratie doit respecter le peuple sans en faire un grand UN et sans le diviser à l’infini par l’extension continuelle de droits spécifiques et atomistiques.

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