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Les puissants outils de la domination du SLC prôné par Mac-Tron

Classé dans : politique — 11/09/2018 @ 10:33

Ici je ne traite pas des rapports de force concrets (c’est déjà fait dans mes textes antérieurs) entre acteurs, rapports qui font que le pouvoir politique a accordé au kapital toutes les règles de dérégulation nécessaires à la libre circulation mondialisée du fric, des marchandises, des services et des hommes (là, si peu par rapport aux 4 libertés sacro-saintes de l’UE) en concurrence généralisée dans un libre-échange sans limites et que les grosses organisations du néolibéralisme (multinationales, banques, assurances…) font ce qu’elles veulent sans grandes contraintes. je me concentre sur des instruments apparemment secondaires mais très puissants de la production et de la reproduction, sans « disruption » maqueronienne, du système libéralo-capitaliste (SLC).
J’en vois 3 qui jouent un rôle énorme dans la standardisation des pratiques économiques et les décisions gouvernementales des politiques ralliés au néolibéralisme contre les attentes et les besoins des peuples. Ce sont la notation, la comparaison et le classement. Naturellement, on ne peut procéder à ces 3 opérations sans se référer à des objectifs à atteindre, des critères d’évaluation des résultats, des indicateurs et autres tableaux de bord, des statistiques, donc des systèmes d’observation et d’information du déroulé des conséquences des décisions, des sanction des « mauvaises pratiques. Et quand on comprend cela on pige aussitôt que le pouvoir appartient à ceux qui sont en mesure de fixer les politiques et les normes et de bâtir les systèmes d’information en fonction de leurs seuls objectifs, à savoir le management (aux ordres des actionnaires) dans la gestion des entreprises privées et la « gouvernance » par les politicards pour ce qui est du public. On comprend aussi qu’il faut savoir quelle est la ligne politique et les finalités qui animent ces acteurs. Or, depuis environ 1980 cette ligne est celle du libéralisme déchaîné qui nous ramène à la jungle socio-économique du 19ème siècle sans foi ni loi pour le travail et la nature: primat de la propriété (étendue aujourd’hui à presque tout: logo, marque, brevet y compris sur le vivant) et donnée exclusivement aux actionnaires seuls propriétaires des entreprises cotées), primauté de la liberté d’entreprendre et de faire circuler sur toute autre considération (dignité des travailleurs, salaire de vie correcte, conditions de travail, santé, pureté de l’environnement et, avant tout, la justice sociale), domination de l’individualisme qui a été étendue aux entreprises devenues des « personnes morales » et qui régit les prétendus droits de l’homme, efficacité et performance économiques avant tout quelle que soit la couleur des Raminagrobis qui gouvernent ou gèrent, liberté de circulation, adoration de la croissance qui permet d’agrandir la part de chacun sans modifier les règles de sa répartition entre les parties prenantes et de restreindre « putativement » le chômage, prééminence des l’initiative et de l’action privées sur le secteur public, restriction de l’Etat à la défense des seules libertés et au régalien, prise en compte uniquement du quantitatif monétarisé. Ce qui dans l’ordolibéralisme tudesque qui régit l’Europe se traduit par: politiques élus, faites des bonnes lois si possible intangibles (inscrites dans la Constitution comme le voulait le TCE de 2005 pour imiter le modèle tudesque) pour que l’économie libérale soit débarrassée de toute entrave à la liberté d’entreprendre et de commercer. Cette conception libérale du pouvoir et de l’économie se traduit naturellement en objectifs et en normes qui permettent de suivre la situation des pays (ou des firmes car les critères et la logique du privé ont été appliqués au public) sur l’échelle des meilleures pratiques capitalistes. Voyons comment.
* La notation. Toutes les instances de la pseudo gouvernance mondiale procèdent à des recommandations de bonne gouvernance ou de saine gestion des économies nationales. Ce fut par exemple avec le redoutable « consensus de Washington » qui a permis de faire plier le Tiers-Monde (ou la Russie après 1991) aux normes de l’économie libérale. FMI, BRI, Banque Mondiale, OCDE, OMC, G8 ou 20, UE font des préconisations qu’un pays à intérêt à respecter s’il veut des prêts ou n’être pas stigmatisé comme le vilain petit canard (voir l’Italie actuellement). Notons que ces préconisations se foutent complètement du caractère peu démocratique, voir dictatorial des pays impliqués dans le libre-échange mondialisé (vive Pinochet et la Chine et bien d’autres pays). Ces préconisations ont été appliquées à la lettre à la Grèce après la crise de sa dette en 2010 (par la « troïka » BCE, FMI, Bruxelles). Et il y a en outre la cotation des dettes (surtout publiques) des Etats par des « organes » (au sens de Soljenitsyne) privés (4, genre Standard et Poors le Ricain ou Fitch le Franzoze), lesquels cotent aussi les boîtes privées (dont les banques) tout en leur servant de conseil de gestion et de notateurs de leurs produits financiers! Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné! Je te tiens, tu me tiens par la barbichette et foin des conflits d’intérêt. L’UE note même les budgets nationaux avant qu’ils ne soient examinés par les parlements (normes du pacte de stabilité puis, aggravées, du TSCG Tsarko-Merkel de 2012): pas plus de 3% de déficit budgétaire par rapport au PIB, déficit « structurel » inférieur à 0,5 %, pas plus de 60 % de dette publique; amusant car c’est la montagne de dettes privées qui a créé le krach de 2008!, drôle parce qu’on estime un stock par rapport à un flux, marrant parce qu’on ne compte que la dette brute sans lui enlever la valeur des actifs publics). Et voilà comment on peut vous normaliser au nom des saintes écritures du SLC.
* La comparaison. Munis d’un système d’information ad hoc, les organes du SLC mondialisé se livrent à des comparaisons chiffrées entre pays afin de faire apparaître les déviants en regard des normes instituées. Par exemple, on condamne la France qui a 45 % de prélèvements obligatoires (PO) et 57 % de dépenses « publiques » par rapport au PIB. C’est du socialisme contraire à la liberté d’entreprendre. Evidemment, on amalgame les dépenses publiques avec les sociales qui, en réalité, sont largement fondées sur des cotisations (retraites…) et sont des redistributions de celles-ci. Darmanin a même assimilé les aides sociales (48 milliards) aux dépenses sociales (758 milliards, 35 % du PIB). On néglige, par exemple, que la santé est socialisée en France ey privée aux USA mais qu’il y a quand même des dépenses, naturellement non comptées dans les PO quand elles sont d’ordre privé; avec les résultats surprenant que les dépenses US sont à 18 % du PIB et les francaouies à 11. Et qui est montré du doigt par les organes? la France. Tous les pays sont jugés sur leur taux de chômage alors qu’ils truquent tous les chiffres. le vrai taux de chômage US ou français est de 20 % quand on compte, notamment, en plus ceux qui ne s’y inscrivent plus par découragement. Les chiffres sont collectés sur une norme trompeuse car un emploi, par exemple, à mi-temps est compté comme un plein temps. On se garde bien de ventiler les statistiques suivant la nature et la qualité de l’emploi comme si un CDD d’un jour valait un CDI! Le norme internationale est de ne pas compter comme chômeur quelqu’un qui a travaillé ne serait-ce qu’une heure dans la semaine précédente. Et c’est sur ces mensonges organisés qu’on fait des comparaisons internationales grand public. Qui plus est, maintenant, on estime le chômedu par sondage et déclaration des sondés; ce qui est bien moins objectif que les calculs de pôle-emploi et introduit de nombreux biais et ne sont valides statistiquement qu’à 2 ou 3 % de marge d’erreur dans les deux sens!
* Le classement. Très à la mode: enquête PISA dans l’éducation, classement de Shanghaï pour les universités, classement des écoles de gestion, classement des scientifiques et organes de recherche suivant le nombre de publications et de reprises de celles-ci dans des magazines de langue anglaise … Attention à ne pas se trouver mal placé dans le classement et surtout à ne pas reculer.
Tout cela repose sur un système d’information construit « on purpose » pour les Thénardier du SLC. Celui-ci est complètement biaisé, notamment par sa méthode uniquement quantitative et monétaire. C’est ce qu’on fait pour le PIB (et son taux de croissance) avec la comptabilité nationale francaouie. le PIB ne compte pas ce qui n’est pas susceptible d’une valeur ajoutée monétaire: travail domestique, bénévolat… ; il ne tient pas compte des dégâts sur la nature, les conditions de vie, la santé… ; pis il compte comme positives les dépenses engagées pour réparer les dégâts et les accidents. C’est normal car il n’a été construit que pour mesurer la croissance seulement économique des pays. Le système d’information donne une profusion d’indicateurs largement spéciaux et orientés. Par exemple le taux d’emploi (personnes en activité ou inscrites au chômedu sur la volume total de la population d’une tranche d’âge, de genre, voire d’ethnie) prend comme emploi n’importe quoi (en durée ou en nature) et ignore donc ceux qui se sont retirés et ne s’inscrivent même plus au chômage. Le taux d’inflation est notoirement manipulé pour camoufler les pertes de pouvoir d’achat. Maintenant, les organes ont proposé d’introduire dans le PIB la prostitution et le trafic de drogue et essaient d’évaluer le travail au noir! La dette privée (banques et particuliers) n’est pas mise en indicateur essentiel alors que c’est elle qui a déclenché la crise de 2008. On continue de se moquer des indicateurs plus qualitatifs ou complets tel l’IDH (indicateur de développement humain). Bref le système d’information a été depuis 1945 construit comme outil quantitatif au service de la mesure des performances financières du SLC. Il cache donc tout ce qui montrerait que ces performances sont dues à des causes extérieures à l’économie: pollution, pauvreté, précarité, mal-logement, malnutrition, dégradation de la santé publique par les produits toxiques, etc. Et voilà, chers lecteurs, pourquoi votre fille est muette, votre fils n’a pas de mains et les technocrates et politicards ont les mains blanches (car ils n’en ont pas non plus ainsi que l’avait dit Péguy).

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