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De la démocrassouille maqueronienne et des Gilets jaunes

Classé dans : politique — 12/18/2018 @ 11:59

Mac-Tron, avec beaucoup de sens tactique et de chance et grâce à la débandade des vieux partis qui alternaient au pouvoir depuis plus de 40 ans, a su profiter au maximum de la lassitude des Francaouis et des facilités offertes par la constitution gaullienne. Cette victoire a en réalité signé la mort de la fausse démocratie représentative française et ni Maqueron, ni les fins analystes politiques qui pérorent dans les journaux et les chaînes d’info en continu, ne l’ont compris. Ceux qui l’ont compris, ce sont les Gilets Jaunes qui réclament une vraie démocratie participative. Ils ont compris, car ils le vivent en quelque sorte dans leur chair, que changer les convives autour de l’assiette au beurre électorale ne modifiait en rien la ligne politique SLC suivie depuis 1983 à partir du fameux « tournant de la rigueur » et encore plus avec l’acte unique de 1986 qui a installé dans l’UE la quadruple circulation sans freins du fric, des marchandises, des services et, moderato, des hommes (il faut attendre la directive de 1996 sur les travailleurs détachés ouvrant la route au « plombier polonais » et aux routiers d’Europe de l’Est). ls ont compris comment la « démocratie française » chère à Fiscart Déteint, fonctionnait réellement et ce qu’elle permettait de faire sans limites aux élus et, par dessus tout, à un pouvoir exécutif tout-puissant. Ils ont compris la mécanique de la confiscation de la souveraineté du peuple par une infime minorité de politicards installée en classe corporative de pouvoir politique se reproduisant à l’identique mais comme les pandas avec une très faible fertilité puisque les mêmes peuvent sièger pendant 5 ou 6 législatures. Et ils en ont pigé les conséquences sur la nature des lois votées par cette corporation et la ligne politique suivie de plus en plus libérale. Ils ont bien vu que la souveraineté absolue exercée par la caste politicarde était néfaste et illégitime en tant que monopole de la définition de l’intérêt général et en tant que contenu des lois votées.
La philosophie politique classique nous dit que la souveraineté, « c’est le pouvoir de donner et casser la loi » en vue de déterminer les décisions conformes à l’intérêt général et au bien commun pour une communauté politique sise sur son territoire. Depuis Rousseau, la souveraineté appartient au peuple; mais comme dans les sociétés étendues et complexes on ne pouvait songer alors (il n’y avait pas le net…) à la démocratie directe, le libéralisme s’en est remis à l’élection de représentants qui détiennent, non la souveraineté, mais son exercice. celui-ci n’est évidemment légitime que si les représentants respectent la souveraineté du peuple et votent des lois conformes à ses intérêts communs. Il y a donc une logique circulaire et vertueuse à mettre en place entre le peuple, l’intérêt général et la représentation. Celle-ci est vite apparue comme le maillon faible vis-à-vis des seuls intérêts es classes possédantes pouvant être bousculés par les élus de la « populace » et des « classes dangereuses ». les libéraux se sont alors évertués à vider le vote de ses éléments les plus dangereux via le vote censitaire et maintes règles permettant d’empêcher le peuple de bien défendre ses intérêts (dont le fameux équilibre des pouvoirs chers aux USA ou à Montesquieu). Ces combines n’ont pas touché à l’essentiel: absolutisme de la souveraineté indivisible et reliée à la pseudo unicité du peuple UN, monopole de la définition de l’intérêt général et communauté nationale. Cela permettait de donner aux politiques le monopole des décisions législatives sans tenir compte de la pluralité des groupes sociaux, ni de ce que, à cause de cela, la souveraineté devait être partagée entre les acteurs sociaux et en fonction des différents niveaux territoriaux. De plus, cette manoeuvre a achevé de construire un nationalisme de la communauté politique et un antagonisme plus que risqué entre les nations. La doctrine libérale a, « en même temps » érigé l’extériorité et la supériorité du pouvoir politique vis-à-vis de la société civile et, notamment, de l’économie, et la prétendue neutralité du droit et du pouvoir à l’égard des convictions, croyances, idéologies, représentations des groupes sociaux multiples et des conceptions afférentes. On pouvait donc laisser les puissances d’argent vaquer à leurs affaires, puisque cela ne concernait pas le pouvoir politique, tout en dirigeant la société tout-entière « par décrets ». Ne riez pas car c’est précisément l’approche du politique pour Mac-Tron. Et, naturellement, cette séparation entre l’économie et la politique était factice et la prétendue neutralité une blague car en fait les gouvernements n’ont cessé de faire de l’économie (en général libérale sauf de 1945 à 1975) et de représenter une vue vue libérale des choses, notamment avec la primauté de la propriété et de l’individu.
Ne reprochons pas à nos ancêtres d’avoir erré compte tenu de l’inexistence de disciplines apparues bien plus tard, comme la sociologie. Mais là où il y a faute, et cela à dessein, c’est de n’avoir rien révisé après l’évolution des savoirs et des circonstances. Et pour cause car l’enjeu pour les politicards était la justification de leur monopole. Les évolutions en tout genre ont éradiqué théoriquement l’absolutisme de la souveraineté, l’extériorité de la démocratie, l’unicité du peuple, la neutralité du pouvoir… Pas pour les politicards; cependant, pour des raisons économiques et pour favoriser le kapital, ils ont eux-mêmes détruit la souveraineté nationale via les traités et les « organes » internationaux comme l’UE, le FMI, l’OMC, etc. et l’unicité du peuple via le multiculturalisme destiné à diviser les populations en communautés juxtaposées pour régner.
La démocratie représentative a été captée par les puissances économiques très facilement car les politicards élus ont été formés (ENA et compagnie) à l »idéologie libérale et ont obéi aux normes individualistes et fricophones du SLC. Ils se sont mis sous l’emprise des lobbys et ont voté, munis de la toute-puissance législative, des lois de plus en plus favorables au kapital. La prétendue neutralité du pouvoir a donc été jetée par dessus bord depuis la révolution libérale de la fin des années 70.
Les Gilets Jaunes ont compris que le point nodal de leur situation de plus en plus dégradée était l’absence de démocratie réelle car cela donne le pouvoir souverain à des compradores du kapital ou à des représentants d »intérêts particuliers majoritaires à la chambre des députés. Cela pu advenir à cause du coût des campagnes électorales car les politicards sont allés chercher leur financement chez les riches et leur ont alors retourné des faveurs. De plus, les médias ont été achetés eux aussi par lesdites puissances d’argent. On ne peut donc lutter contre l’extension et la perpétuation du SLC que si on recrée la démocratie, ce dont, évidemment, le maquereaunisme ne veut pas, ni les autres politicards. Sire, c’est donc une révolution qu’il nous faut…

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