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Le problème majeur des libéraux à la Mac-Tron: la démocratie…

Classé dans : politique — 01/21/2019 @ 10:10

La philosophie des Lumières a permis d’installer dans la culture occidentale le primat de la démocratie comme mode de gouvernement d’une société. C’est une conquête du libéralisme politique, conquête que pour ainsi dire les libéraux soucieux de préserver la propriété, puis le capitalisme, ont toujours vu avec suspicion ou opposition. C’est ce que j’appelle le libéralisme économique, dont on verra qu’il n’est pas du tout libéral contrairement à son référencement idéologique et permanent au libéralisme politique.
La philosophie politique des Lumières, qui avait fini par admettre la souveraineté du peuple chère à Rousseau (chez Locke prétendu pape du libéralisme politique, c’était seulement celle des propriétaires, y compris d’esclaves) et sa représentation à égalité (une personne, un vote… sauf pour les femmes, les SDF, les dingues, les étrangers, et les mineurs) par des délégués élus (démocratie représentative et non directe) quelles que soient les positions sociales, les religions, les ethnies, les « races »… Les faux libéraux y virent tout de suite un danger pour les classes possédantes, savantes et pour les titulaires du pouvoir. Ils s’employèrent donc, afin d’éviter que « la populace » ne finisse par diriger le pays en faveur des ses intérêts qualifiés de grossiers et particuliers, à limiter l’accès au suffrage. Ils installèrent donc le suffrage censitaire dont le seuil était fixé pour chasser les non-possédants. Le raisonnement pour ce faire était simple: ceux qui ne possèdent pas grand chose ne savent pas gérer leurs affaires et en prendre soin (et pour cause vu qu’ils n’ont rien) et encore moins celles de l’Etat et sont donc irresponsables. Ils vivent dans le présent immédiat et n’épargnent pas, ils préfèrent être assistés et vivre ainsi aux crochets des riches. Ils forniquent comme des lapins (Malthus et consorts; ce qui est aujourd’hui prêté à l’Afrique) sans se préoccuper de la suite. Ils ne comprennent rien à l’économie dont la logique veut que tous les coûts soient serrés, à commencer par celui du travail, à la politique qui ne doit travailler que pour l’intérêt général, lequel est bien mieux compris par les propriétaires.
Las, à la suite de révolutions et de la constitution du salariat en classe organisée, nombreuse et capable d’un rapport de forces efficace, les libéraux économiques durent se résoudre à accepter le suffrage universel, y compris pour les femmes qui avaient été exclues par l’esprit patriarcal et machiste des premiers libéraux.
Après la 2ème guerre mondiale qui vit éclore tous les « welfare states » (Etats de bien-être ou « providence ») par suite du primat de la demande suivant Keynes, de la démonétisation de toutes les élites politicardes ayant sombré généralement dans la collaboration, du sentiment d’horreur vis-à-vis de tous les fascismes qui avaient conduit à la catastrophe, de la nécessité de la reconstruction ne pouvant se faire sans l’adhésion des peuples, les libéraux économiques au service du Kapital constatèrent la baisse de la rentabilité des fonds investis par suite de l’augmentation incessante de la part du travail dans la répartition du PIB. Enfer et damnation pour le monde de la libre entreprise, qui plus est menacée par le communisme. Que faire comme disait Lénine?
Dès l’entre-deux guerres, nous eûmes 3 écoles libéralo-capitalistes qui se dégagèrent lors du colloque Lippman à Paris en 1938. L’école tudesque de l’ordolibéralisme (OL) qui consiste à imposer par la constitution du pays des règles de marché concurrentiel intangibles. C’est un gouvernement du pays par des règles à condition que celles-ci soient celles du capitalisme de libre-échange. Pour savoir ce que c’est, il faut lire le TCE rejeté en 2005 et remis en place par le traité de Lisbonne adopté en 2008 en France. C’est c’et ordolibéralisme qui a présidé aux directives européennes de « concurrence libre et non faussée ».
Nous eûmes aussi la régulation étatique à la française via la planification (planisme interventionniste) étudiée et discutée entre parties prenantes (à l’origine sans le patronat bien trop collabo pendant la guerre), orientée par les experts et décidée par le pouvoir politique. C’était du Jean Monnet qui fut eu à peu démonétisé pour faire de l’OL. C’était en partie la politique de régulation mise en place par le New Deal de Roosevelt.
Et, naturellement, le libéralisme pur de type anglo-saxon (LAS): ce sont les marchés libérés de toute contrainte qui font la meilleure politique à condition de n’être pas entravés par les gouvernements. il faut donc limiter l’Etat au domaine régalien et mettre en priorité numéro un et dans tous les autres domaines la liberté d’entreprendre sans contraintes. Lors de l’entrée de la Gibye dans l’UE en 1973, OL et LAS s’entendirent comme larrons en foire car, en fait, ils aboutissent au même résultat: la concurrence über alles. Et les gouvernements français ne cessèrent d’abandonner leurs propre conception (planification plus services publics plus Sécurité Sociale) pour se fondre dans l’OL-LAS.
Aux USA, avec le monétarisme de Friedman (lutte contre l’inflation, interdiction fait au pouvoir de manipuler la monnaie et le crédit), les « marchés efficients d’Eugen Fama, l’école du Public Choice de Buchanan et consorts, il y eut une attaque en règle contre tout interventionnisme étatique, contre le welfare state déresponsabilisant les assistés, contre la démocratie qui faisait que les politiciens voulant être réélus cédaient aux demandes sans cesse croissantes du populo et des groupes sociaux en tout genre, ce qui créait déficit et inflation et ponctionnait le kapital au profit, si j’ose dire, de l’assistance sociale, contre les territoires nationaux qui tendent à se fermer afin de défendre leur modèle de welfare. Avec les élections de Thatcher puis de Reagan fin 1979 et début des années 1980, ce programme fut mis en place avec un succès mondial et accéléré quand le système communiste de l’URSS s’effondra dès 1989. le SLC n’eut alors plus de concurrent le LAS mena le bal évidemment appuyé et permis par l’OL. Il fallut donc laminer l’Etat-Nation, limiter le pouvoir politique, casser les régulations étatiques, empêcher les contestataires de s’emparer du pouvoir tout en faisant de la démocratie du Canada Dry ou un village à la Potemkine. Ce masque était nécessaire pour que le populo ne perçoive pas que désormais le vrai pouvoir résidait chez les capitalistes et les financiers. C’est ce qui donna le SLC que Mac-Tron veut imposer maintenant en France au moment même où il est en recul et démonétisé par la crise énorme de 2008. Comment les libéraux-capitalistes procédèrent-ils, notamment via des cercles réactionnaires comme la Trilatérale ou le groupe de Bilderlberg?
* Casser les frontières et les territoires nationaux par le mondialisation économique, le libre-échange, la concurrence entre Etats, les traités et espaces commerciaux internationaux type CETA, ALENA, TIPP. Casser les monnaies nationales en les rendant flottantes ou en les remplaçant (exemple: l’euro). Diviser les populations en favorisant une immigration massive de gens appartenant à des cultures différentes, en facilitant le communautarisme et l’individualisme. La société se retrouve atomisée en individus et molécularisée en communautés. Ce qui permet de diviser pour régner avec le gouvernement comme seule force de coordination et de répression des opposants. Et quand il n’y a plus de frontières, la politique disparaît et le pouvoir n’a plus qu’à gérer les affaires courantes. La démocratie s’évanouit mais doit être maintenue comme masque. Ce sont alors les marchés, surtout le financier, qui gouvernent automatiquement et imposent « une contrainte extérieure » aux gouvernements. Ce fut l’objet de l’acte unique de 1986 dans l’UE. Rendre aussi les multinationales maîtresses des chaînes de production afin d’obtenir que toutes les économies soient interdépendantes, ce qui enlève le pouvoir de les réguler aux gouvernements.
* Eroder puis privatiser les services publics afin de transformer les usagers en clients faisant des choix individuels, « libres » et rationnels (changement de culture vers l’individualisme et l’esprit calculateur et commercial, faire des partenariats public/privé, supprimer les transferts collectifs égalitaires, diminuer la charge (donc en parallèle les impôts pesant sur les riches, le privé et le kapital; introduire dans ce qui reste du public et l’administration la logique gestionnaire du privé (RGPP, New Public Management, calcul coûts/bénéfices…) qui se fonde sur le calculable et le rentable et transforme le gouvernement en gouvernance technocratique à base de chiffres.
* Mettre en place des « organes » internationaux (OCDE, OMC, UE, G7…) ou les faire tourner (FMI, banque mondiale, BRI, BCE) en faveur du SLC. Ces organes imposent à tous les règles internationales de bonne conduite libéralo-caitaliste. Ils inventèrent le « consensus de Washington » (dont la suppression des droits de douane, ce qui assèche les finances des PVD et PMA et les oblige à s’endetter) comme règles de soumission des pays en difficulté aux normes du SLC.
* Donner la primauté à des agences expertes: notation, cabinets de gestion genre KPMG, normes de comptabilité, organes de comparaison et de statistiques unifiées et aux critères purement quantitatifs et surtout aux données collectées en faveur de la gouvernance capitaliste (exemple: statistiques de l’OIT sur le chômedu).
* Gagner la bataille idéologique: Think Tanks, fondations, formations utilitaires et standardisées (d’où le système LMD) et médias possédés par les hommes d’affaires et régis par l’audimat publicitaire, mettre au pas les universités (nids de contestataires et de cocos) en marginalisant et chassant les opposants, primat de l’économie libérale dans les facultés. Empêcher les populations de réfléchir et de s’engager via la consommation et le crédit, via les médias de divertissement (dont télé-réalité) et le sport-spectacle.
* Détruire les solidarités collectives par la promotion de droits subjectifs (individuels) à l’infini au nom de « droits de l’homme » purement personnels, par la casse du droit et des protections sociaux, par la lutte antisyndicale. Ce qui contribue à l’atomisation du corps social. Favoriser les religions qui promettent un monde meilleur dans l’au-delà et encouragent le repli sur soi et la communauté.L’extension des droits purement individuels ou communautaires permet la compétition absolue entre prétentions à la reconnaissance et à la différence. Psychologiser tous les phénomènes sociaux afin de rendre les individus responsables de leurs choix quelles que soient les situations et les contextes ou les moyens disponibles pour eux. Les gens doivent se lancer dans le sport, la recherche du bien-être et de l’épanouissement personnel, le yoga, le bouddhisme ou toute religion y compris les sectes, le coaching… Ce qui va avec le développement des assurances et des retraites individuelles, de même qu’avec la participation et l’intéressement pour rendre les salariés loyaux envers leur entreprise et le capitalisme des fonds de pension et des fausses mutuelles privées.
* faciliter l’extension du chômage et de la précarité par les délocalisations, les externalisations, les importations low cost; cela crée une « armée industrielle de réserve » qui diminue la combativité ouvrière et fait baisser les rémunérations et les avantages sociaux. Cela permet aussi une faible baisse des prix (faible parce que l’essentiel des gains de compétitivité va au kapital) afin de conserver le pouvoir d’achat. Enfermer les gens dans le crédit afin là encore de les rendre passifs.
Après 30 ans de ce traitement, le SLC a gagné la bataille contre toute régulation du libre-échange sans limites. Las, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse: de nombreux mouvements et organisations ont été suscités par le SLC accumulateur sans fin et promoteur d’inégalités: écologistes, associations de défense des consommateurs, partis nationalistes et démagogiques, remise en place du thème de la nation protectrice, mouvements anti traités internationaux… Le SLC est donc sur la sellette et c’est le moment même où Mac-Tron choisit de l’imposer brutalement en France. D’où les Gilets jaunes. Il pense contrer le mouvement par son grand débat public. Mais l’essentiel en est exclu, à savoir les méfaits du SLC et la façon dont il a été implanté. il se contente de faire monter le Front national, ce qui lui vaudra le retour du front républicain. Et il pense qu’il va rallier à sa casaque le gros des électeurs LR affolés par les casseurs et de même idéologie que lui. C’est ainsi qu’il va sans doute remporter les européennes de mai 2019. Ce sera une victoire à la Pyrrhus car tous les problèmes de fond, non abordés dans le grand débat, resteront non traités… Et pour cause puisque Mac-Tron veut défendre son modèle SLC.

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