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Encore du blablabla mac-tronien sur la supériorité du privé sur le public

Classé dans : politique — 02/13/2019 @ 12:32

Journaleux, experts et politicards libéraux, largement mac-troniens, nous ressortent le couplet bien dépassé sur les avantages du privé sur le public, le privé étant plus dynamique, réactif, novateur et surtout moins coûteux que la gestion publique. C’est une vieille lune des saintes écritures libérales fondée sur la concurrence qui ferait baisser les prix car elle pousse à améliorer la productivité afin de baisser ses prix vis-à-vis des autres producteurs du même créneau. Mais naturellement ce discours est depuis longtemps controuvé par la réalité analysée par des études empiriques, par des comparaisons et par le raisonnement.
On sait que la gestion de la santé aux USA, gestion très largement privatisée (sauf pour des embryons comme medicaid) coûte 18 % du PIB contre 12 en France avec la sécu publique. On sait qu’en France les compagnies des eaux, privées mais concessionnaires par décision publique, opèrent un racket permanent et coûtent bien plus cher que la gestion en régie. On sait que le prix de l’électricité en France est inférieur à celui des firmes privées (cependant c’est au prix d’une technocratie impérialiste et du choix du tout-nucléaire qui est devenu plus que douteux). Certes un monopole public peut rançonner ses clients mais c’est parce que les pouvoirs politiques le laissent faire ou le détournent à leur profit. Et si ce monopole est privatisé (par exemple ; les autoroutes francouies dont la privatisation fut lancée par le trostkard Jospin puis réalisée par l’hipponyme Galouzeau de Villepin)) c’est encore pire car il faut cracher de la « valeur pour l’actionnaire ». Quant à l’innovation, il faut bien voir que les boîtes privées ne financent pas la recherche fondamentale à la fois coûteuse, aléatoire et loin d’être applicable brut de fonderie.
Dans la comparaison public/privé on ne tient compte que d’un calcul coûts/bénéfices alors que le système d’information est biaisé ; en effet il ne tient pas compte ni des aspects qualitatifs, ni des nuisances, dégâts et autres « externalités négatives ». Certes rien ne garantit qu’un service public étatisé, voir l’ex-URSS, fera mieux mais c’est plus probable en régime démocratique. Intégrer le coût des externalités négatives reporté sur les autres acteurs ou les avantages non payés des externalités positives (éducation, transports, communications…) dans les résultats du privé ne manquerait pas de dégrader leur situation relative par rapport au public.
Par construction, un service privé coûte plus cher qu’un public ou un coopératif car il y a tout bonnement le profit en plus. Mais les libéraux peuvent se targuer d’un fait : les prix ont effectivement baissé. Mais tout le mérite n’en revient pas à la concurrence ; il y aussi les progrès technologiques et des tas de combines pour produire ou acheter moins cher, combines auxquelles un service public fonctionnant correctement et sur une logique non capitaliste ne peut recourir : délocalisations, sous-traitance dans des pays low cost, achats itou à l’instar de Wal Mart, suppressions d’emplois, tricheries diverses comme les cartels de prix ou de quantités, optimisation fiscale, exploitation des fournisseurs, transformation de salariés en « auto entrepreneurs », ubérisation, spéculation financière et activités de crédit et de leasing, contrefaçon, vol de brevets, OPA sur les concurrents, LBO… Et on se doit d’observer que si les prix ont baissé, c’est loin de la diminution potentielle permise par ces opérations. Car la majeure part de la baisse potentielle s’est en réalité transformée en hausse de la rentabilité et des profits ; il suffit de voir la prospérité des hypermarchés avant que le e-commerce ne monte en puissance. Cela ne condamne pas la concurrence qui est, comme disait Proudhon « la possibilité de se passer des services de quelqu’un qui les surfait », mais cela impose de la réguler et de la contrôler. Or cela fait déjà des années que les gouvernements ont laminé les moyens de contrôle et d’étude indépendante et se sont lancés dans l’auto contrôle par le privé lui-même comme chez Lactalis ou Spanghero. Et Mac-Tron leur a même donné un droit à l’erreur !
La supériorité du privé sur le public est très loin d’être établie et cela encore moins en univers de libre-échange généralisé et dérégulé. Il n’empêche que le public peut très bien faire pis s’il est étatisé et transformé en vache à lait, en lieu de placement des affidés et des « fils de », en instrument du pouvoir gouvernemental. Il faut donc pour les services publics éviter tant le privé, espace des voraces et des coriaces, que l’étatisé, lieu des prédations gouvernementales. La solution est « la compagnie ouvrière » socialisée, chère à Proudhon : autogérée par ses travailleurs mais mise sous le contrôle d’un conseil d’orientation et de surveillance multipartite : associations de consommateurs, représentation des collectivités locales, syndicats, représentants politiques. La compagnie ouvrière est une propriété inaliénable et hors d’atteinte du privé car elle est possédée « en mains communes » par les communes, les départements, les régions et le pays. Il faut aussi souligner la particularité des coopératives et du secteur social, dont les mutuelles qui, normalement, ont une logique de gestion démocratique et solidariste. Pour les mutuelles, c’est en voie de disparition parce que Bruxelles, via une directive leur a imposé la logique privé la tarification unique quel que soit l’âge et le risque. C’est que le SLC imposé partout par l’UE ne supporte pas la concurrence des modes de gestion alternatifs et anti capitalistes. D’où le sabordage des services publics et du secteur socialisé. On attend la politique de Mac-Tron sans se faire d’illusions : c’est pro buzyness privé.

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