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Les sentiments, les impressions, le ressenti sous Mac-Tron

Classé dans : politique — 02/25/2019 @ 11:56

Comme les idiots de Français se plaignent de la baisse de leur pouvoir d’achat, d’être surimposés et taxés, d’être au chômedu, de la disparition des services publics dans les zones rurales, etc. le pouvoir ne cesse de publier et de commenter des statistiques qui montrent que leur ressenti de l’état des choses est de la pure imagination, de la sous-information, de l’irrationalité. C’est pis que pour la météo : le ressenti ne correspond pas à la réalité. Naturellement, il ne s’agit que du ressenti du bas peuple car les élites, elles, ne ressentent pas : elles calculent rationnellement et s’adaptent aux circonstances et aux évolutions (pourvu qu’elles leur soient favorables). Tout cela est du psychologisme qui évite d’interroger les questions structurelles et de fond. Comme dit si bien F.O.G qui met du brouillard sur le problème, cela a obéit à des « pulsions » et aucunement à la rationalité.
La populace, du moins celle que perçoivent et stigmatisent les pseudo-élites, sent que son pouvoir d’achat a baissé. Erreur car d’après l’INSEE, organe soi-disant indépendant du pouvoir, il a augmenté. Evidemment car le chiffre de l’organe est une moyenne générale qui ne tient compte ni des situations particulières des différentes populations, du moins pour ce qui concerne ce que le pouvoir laisse publier, ni des effets asymétriques des « dépenses contraintes » qui sont loin de peser de la même façon en fonction des revenus. L’INSEE jongle avec les évolutions techniques qui sont prises comme diminution des prix à cause de la meilleure qualité des produits et des services sans voir que les plus pauvres sont déjà fort contents d’obtenir un outil plus ancien et moins performant. Le peuple n’est pas un amalgame unifié et doit être suivi dans ses différentes fractions afin de montrer que le pouvoir d’achat n’a rien d’uniforme, par exemple pour les retraités dont la pension n’est revalorisée que de 0,3 % alors que l’inflation prévue pour 2019 est de 1,5 (elle a monté à 2,3 sur une période de 2018, ce qui spolie aussi les livrets A dont le taux d’intérêt a été limité à 0,75 % sous Mac-Tron). Il faudrait aussi distinguer entre les revenus du travail et ceux du capital, ces derniers ayant bien progressé surtout pour les plus aisés et compte tenu de la « flat tax » qui ne les frappe plus qu’à 30 % (plus la tranche atteinte de l’IRPP).
L’INSEE vient de sortir ses stat. du chômedu. Rappelons qu’elles n’ont aucune fiabilité car il s’agit désormais d’une enquête par sondage (qui plus est fondé sur les expressions subjectives de sondés, donc sur leur ressenti qui, pourtant, serait mauvais par définition !) alors que celles de Pôle-emploi donnent des chiffres objectifs, nonobstant leur truquage par les radiations qui ne font que progresser. Mac-Tron a déjà fait embaucher 400 contrôleurs de plus (215 à 600 pour aller vers 1 000 en 2022) tout en voulant diminuer les effectifs globaux de pôle-emploi de 4 000 personnes ! Naturellement le sale boulot est confié à des subordonnés zélés du prince. Qu’ils ne s’étonnent pas d’être pris pour cible par des chômeurs exaspérés. Le chiffre annoncé est global et permet de fanfaronner sur une baisse de 0,3 points du chômedu en France métropolitaine seulement. Le chiffre de 8,8 % de francouis au chômage ne veut naturellement rien dire car on ne sait pas la nature des emplois crées et occupés. L’INSEE reprend comme critère celui de l’OIT : il suffit d’avoir travaillé une heure dans la semaine précédente pour ne pas être chômeur. Et en sous-emploi ? Il faut bien sûr rappeler que les stats du chômedu sont viciées à la base (normes OCDE) parce qu’un demi-emploi à temps partiel est compté comme un emploi à temps complet et un CDD de 3 jours comme un CDI.
Ces deux exemples majeurs montrent à l’envi que le ressenti de telle ou telle partie de la population sur sa situation réelle est toujours supérieur aux chiffres formels et sujets à interprétation pondus pour le pouvoir aux fins de justification de sa politique. Mais l’interprétation a ses limites car l’appareil statistique a été conçu pour les puissants et en fonction des normes du néolibéralisme. Il ne recueille par construction que ce que lesdits puissants veulent savoir ou cacher. Du reste, quand les chiffres démentent les promesses, le pouvoir n’hésite pas à changer les normes, ce qui en facilite pas du tout l’émission de statistiques harmonisées sur la longue période. Ce n’est pas par volonté de clarté que les stats du chômedu par sondage INSEE et devenues trimestrielles sous Mac-Tron ont été installées. C’est pour tromper en installant un halo d’incertitude et en donnant la latitude d’interpréter les chiffres le nez au vent. Il ne faut jamais oublier qu’un système d’information public est toujours établi par les puissances dominantes et à partir d’une idéologie. Cela ne donne qu’un modèle de la réalité, celui qui correspond aux vues des puissants. Par construction, un système d’information public devrait être, non étatisé, mais socialisé « en mains communes », c’est-à-dire mis au service des acteurs sociaux et orienté et contrôlé par eux. Si non, les stats publiques sont des prostituées qui ne montrent que la raie publique de la ripoublique. On le voit très bien avec les stats sur les inégalités où les chiffres officiels sont assez éloignés de ceux d’un organisme associatif (l’Observatoire des inégalités) ou dans celles du mal-logement contredites par l’association Abbé Pierre-Emmaüs.
Le pire est que des informations manipulées dès l’origine en faveur des puissants, de même que l’histoire est le plus souvent écrite par les vainqueurs, sont ensuite utilisées pour stigmatiser le ressenti du populo. Alain Supiot a décrit le remplacement du gouvernement politique par la gouvernance économique dans l’Etat. C’est très exact ; et les chiffres oublient toujours l’essentiel : le relationnel, l’affectif, le qualitatif, les nuisances, les externalités positives ou négatives. Cala permet aux gouvernants de croire qu’ils peuvent maîtriser le monde sur un tableau Excel à partir de leur bureau ! Pure hubris technocratique. Mais Supiot sous-estime que lesdits chiffres sont trompeurs, voire truqués. Par exemple, ce n’est pas par hasard que rien n’est collecté sur les accidents de santé (bébés sans bras ou mains à cause des pesticides, sur les victimes de la Depakine de Sanofi dont le patron Weinberg est un grand soutien de Mac-Tron). Comme disait Churchill : les seules statistiques fiables sont celles que j’ai moi-même truquées…

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