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Les promesses agricoles de Mac-Tron

Classé dans : politique — 02/27/2019 @ 3:02

Ce ne sont pas les embrassades, les bises, les risettes, les sourires et les promesses de Mac-Tron au Salon 2019 de l’agriculture qui vont améliorer le triste sort de l’agriculture française car elle est enfermée dans l’étau européen du SLC mis en place par l’UE ordo-libérale osus domination teutonne. La loi sur l’alimentation, issue de la farce des Etats généraux éponymes, n’a en rien jugulé les artifices et autres combines ou astuces de la grande distribution pour faire baisser les prix auxquels les produits agricoles sont achetés aux paysans. La situation reste toujours celle des baleines bleues négociant avec le krill grâce à la merveilleuse thèse libérale du contrat libre passé entre parties égales.
Cette situation provient de la lancée déjà ancienne de l’agriculture européenne dans le grand bain de la concurrence sans freins ; concurrence qui n’a fait que s’exacerber avec la disparition des régulations de la PAC : sur les prix et par le stockage des excédents, puis par les quotas pour sombrer dans les aides personnelles aux agriculteurs au lieu du soutien des produits par des subventions compensatrices des prix mondiaux. Cette concurrence sans limites met à « armes égales » des agricultures très diverses afin de faire baisser les prix (baisse qui profite surtout aux transformateurs comme Lactalis, Nestlé, Danone, Yoplait [fausse coopérative qui fait comme les autres] et aux supermarchés). Qui peut gagner en France par exemple contre les immenses exploitations ricaines ou brésiliennes, contre les fermes d’élevage industriel teutonnes ou bataves qui, en outre, emploient des travailleurs détachés des PECO(s) pour une bouchée de pain, contre les fruits et légumes ibères avec travailleurs immigrés low cost, contre les latifundias sud-américaines ou les exploitations d’huile de palme indonésiennes qui détruisent les forêts et tuent les indigènes pour faire du soja OGM, ou la production de crevettes en Asie tout en éradiquant les mangroves, etc. ? Que peut faire la pêche française contre les énormes chalutiers ibères ou norvégiens ou japonais qui traînent des filets de 8 km détruisant tout et ramassant tout sur leur passage ? Cette guerre sur les prix est aussi conduite sur les normes. Il se trouve que même en Europe, l’agriculture française est la plus soumise à des normes drastiques que n’ont pas ses concurrents : OGM, pesticides, usage d’antibiotiques et d’hormones, lavage des carcasses au chlore, traçabilité, etc. Et ces normes sont appliquées et contrôlées en France et bien moins souvent ailleurs (quand elles y existent).
Pour continuer d’exister dans la concurrence sauvage, celle qui permet aussi les filets électriques et les lasagnes au cheval de réforme, l’UE, et souvent sur demande de la France, s’est lancée dans une production intensive et hyper productive à base d’industrialisation ou de grandes surfaces remembrées qui lamine tous les jours les petits producteurs, lesquels en sont à se suicider (un tous les deux jours souvent pour cause d’endettement au Crédit Agricole). Cette politique a été encouragée et demandée aussi par la FNSEA qui défend surtout les gros exploitants et qui truste toutes les institutions de l’agriculture française (SAFER, Chambre d’agriculture, mutualité sociale, lieux de négociation, par exemple avec l’INAO…). Elle a été propulsée par le Crédit Agricole qui prête aux agriculteurs solvables ou non (si insolvables, le CA fait vendre les fermes aux gros) et en tire ses bénéfices. Les producteurs de machines agricoles, comme ceux de pesticides (baptisés produits phytosanitaires pour camoufler leurs effets négatifs), s’en sont frotté les mains car ils pouvaient vendre à tire-larigot. Parallèlement, les transformateurs achètent là où c’est moins cher (voir Lactalis et son lait de faible qualité qui vient de partout), ce que, naturellement, la loi sur l’alimentation ne saurait empêcher puisque ce serait contraire aux règles ordo-libérales de l’UE. Rappelons que les grandes surfaces se sont elles-mêmes mises à vendre sous leur propre marque sans doute afin de pouvoir acheter les ingrédients n’importe où. « En même temps », les « organes » d’Etat ont facilité le mouvement. L’INRA a cherché des variétés de semences (ce qui nous a donné le catalogue des semences autorisées pour le plus grand bonheur des semenciers comme Avril, ex-Sofiprotéol de la FNSEA de feu Beulin et contre les semences anciennes interdites de séjour sur le marché) permettant plus de rendement et de durée, moins de dégâts dans les transports. Résultats voulus : des produits sans saveur et standardisés pour exporter. L’INAO, où siègent les requins comme Lactalis, a manipulé la définition des AOC (AOP dans l’UE) pour permettre la production de plâtres à la place des produits de qualité. Bref, tous les acteurs ont participé à la curée contre les petits exploitants et les produits ancestraux, sains, et de qualité. Il en résulta la diminution rapide du nombre d’exploitations agricoles. Dans cette évolution vers le moins-disant en prix, permettant de se rattraper sur les quantités exportables, l’UE et sa PAC ont jeté par-dessus bord la qualité des produits. Cette bataille est sans fin car l’UE sera toujours confrontée à des productions moins chères. C’est sans doute du reste pourquoi dans les traités internationaux (genre CETA avec le Canada) elles échangent l’industrie contre l’agriculture qui lui sert de variable d’ajustement et ce qui ne fait qu’augmenter la concurrence sauvage pour elle). Il faut aussi signaler que le pouvoir et ses organes se sont systématiquement servi des normes, construites en faveur de l’agriculture industrielle, pour asphyxier les petites exploitations soumises à des contrôles drastiques quand les industriels comme Lactalis pouvaient s’auto-contrôler. Et en plus Mac-Tron leur a donné un « droit à l’erreur » !
Comme dans l’industrie la France a fait le choix du low cost. L’industrie française a été tuée par les diminutions de charges sociales au niveau du SMIC. Cela a encouragé le travail peu qualifié et le non-investissement dans la technologie puisque les industriels préféraient les emplois low cost (tout ne s’efforçant de ne pas aller au-delà du SMIC) à la qualité et à la productivité par les machines et les emplis qualifiés. Cette stratégie de diminution des charges sociales, inaugurée par Ballamou en 1993, est particulièrement idiote car on trouve toujours un pays bien moins cher comme la Chine ou les PECO(s). Elle rappelle l’immigration de travail chez Renault sous Fiscart Déteint qui a failli tuer cette firme nationale dispensée d’investir car ne payant pas le travail. L’Allemagne a fait l’inverse : tout sur la qualité et l’innovation et la nature des produits à haute valeur ajoutée. Les têtes d’œuf (économistes libéraux, énarques) ont pensé que la compétitivité par les bas prix du travail ferait qu’on exporterait et qu’ensuite il faudrait des emplois qualifiés pour ce faire. Raté car on ne peut être compétitif contre des pays à encore plus bas coûts et sans foi ni loi. Eh bien pour l’agriculture, on a fait de même ce qui a permis à l’Allemagne de vendre plus que la France ! De toute façon les gouvernants énarchiques s’en foutent car il n’y a que la finance où ils peuvent pantoufler qui les intéresse.
Evidemment Mac-Tron n’a pas l’intention de modifier ce système, si tant est, du reste, qu’il en ait le pouvoir vu que l’UE ne lui en donne aucun en la matière. Pourtant, on peut changer de politique :
• Aider et favoriser les productions de qualité et de proximité en donnant les aides de la PAC aux petits exploitants produisant du bio et des AOC plutôt qu’aux grandes surfaces et aux gros exploitants ; imposer un représentant de l’Etat dans les négociations entre centrales d’achat et fournisseurs ; aider massivement la production bio, l’agriculture économe en eau et en énergie ou produits phytosanitaires ; taxer les pesticides, fongicides, insecticides, etc.
• Redéfinir les AOC en faveur des produits respectant les normes traditionnelles de production ; ce qui suppose de rééquilibrer les forces en présence dans les « organes » en faveur des représentants de la petite agriculture et de la pêche
• Taxer fortement (TVA) les produits agricoles hors saison, genre fraises du Chili à Noël, itou pour les produits qui détruisent la nature ou en respectent pas les animaux (huile de palme, crevettes, soja, porcs et animaux d’élevage en batteries énormes…)
• Installer une taxe carbone en fonction du kilométrage parcouru par les produits afin de favoriser les productions de proximité
• Autoriser les semences traditionnelles et les pesticides naturels (comme le purin d’ortie)
• Contrôler les boîtes de transformateurs, notamment sur l’application des normes, les prix payés aux producteurs ; imposer une signalétique du contenu des produits, imposer des normes de traçabilité (notamment pour tout ce qui contrevient aux normes françaises comme les animaux aux hormones et aux antibiotiques)
• Interdire les maxi exploitations, genre fermes aux 1 000 vaches ou élevages de 20 000 poulets
• Faire enfin réellement des agriculteurs des entreteneurs rémunérés de la nature ; notamment ceux qui font une pêche traditionnelle et gèrent la ressource comme les pêcheurs de coquilles saint-jacques
• Interdire la nourriture animale avec des farines de poisson ou d’autres animaux
• Mettre la mutualité sociale agricole dans la sécu ; instaurer un salaire minimum des agriculteurs
• Mettre de l’ordre et de la justice dans les « organes » agricoles : crédit, SAFER, Chambres d’agriculture, GAEC… ; Obliger le Crédit agricole à financer de vraies coopératives de production et de consommation et des structures de proximité et de production de qualité. Car c’est par le pognon que FNSEA et CA assurent leur règne en empêchant l’arrivée de nouveaux entrants
• Traiter à égalité les représentations des agriculteurs afin de remettre la FNSEA à sa place en lui enlevant son quasi-monopole
Etc. On peut compléter cette liste indicative qui ne cherche qu’à donner quelques idées. Quand on veut, on peut disait ma grand-mère. N’est-ce pas Mac-Tron ? Evidemment, tout dépend de ce que l’on veut en réalité même si on ment soigneusement pour le cacher.

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