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La mécanique du SLC prôné par Mac-Tron, l’écologie et les inégalités

Classé dans : politique — 03/02/2019 @ 12:28

Pris par surprise par le mouvement des Gilets jaunes (GJ), Mac-Tron se dépatouille pour sauver sa politique SLC tout en contenant et évacuant la révolte via la répression et le grand débat. Les GJ demandent, entre autres, de la justice fiscale et la possibilité de se déplacer sans être matraqués par le Fisc soi-disant pour des raisons écologiques. Le problème structurel est que le SLC est radicalement antinomique avec l’écologie, l’égalité, la justice fiscale, la Justice. Le SLC est à l’origine tant de la destruction de la planète que de l’accroissement des inégalités. Pourquoi et comment ?
Le SLC a pour logique profonde l’accumulation sans fin et l’accroissement sans limites du profit. Il doit produire et vendre au maximum pour faire augmenter les profits et, maintenant, en compensant la baisse des prix due à la concurrence, par l’extension du volume des ventes à frais fixes peu variables (les rendements deviennent alors croissants alors que la théorie économique officielle est construite sur l’inverse !)). La logique SLC est purement financière et on ne prend en compte, notamment dans les statistiques comme le PIB ou les tableaux de bord des entreprises, que ce qui est quantifiable, chiffrable, monétisables, exprimable en fric ; on ne fait que des calculs du rapport coûts/bénéfices et on ne prend aucunement en compte les dégâts causés sur l’environnement, les populations, la santé, les animaux, les plantes, ni l’extension des inégalités au profit des 1 % qui détiennent la plus grosse part du capital productif et surtout financier… Cette accumulation démentielle depuis 2 siècles et conduisant à la ruine des ressources de la terre, tant fossiles que renouvelables, est appelée du doux nom de croissance par les économistes, mot qui a pour vocation d’éradiquer le vocable marxiste d’accumulation. Pour les ressources fossiles (minerais, gaz, pétrole) le SLC ne paye que les coûts d’extraction, de transport et de transformation, plus des redevances à des Etats rentiers qui ont le bonheur de les avoir chez eux et qui, depuis assez peu, ne sont pas victimes d’une prédation directe et sans indemnisation consistante par les firmes occidentales Pour les ressources renouvelables (eau, poissons, mers, vents, soleil…) qualifiées de « res nullius » (sans droits de propriété), les firmes SLC ne payent que les transformations, les dépollutions rendues obligatoires pour la consommation humaine, les coûts d’appropriation et de vente. Pour celles qui font partie des propriétés privées, c’est réglé par des contrats ; pour les « biens communs » appartenant souvent à des peuplades sans défense, il y a tout simplement accaparement par la force. Evidemment, les plus faibles, les plus mal placés géographiquement sont les premières victimes des nuisances, de même que de la dégradation de l’environnement et des conditions de vie et des atteintes à leur santé. Cela est aggravé par la course incessante au rendement via tous les produits chimiques qui sont répandus dans la nature et par le productivisme de plus en plus intensif qui ruine la santé et la liberté des travailleurs. Et la concurrence est le moyen structurel par lequel toutes les entreprises du monde sont obligées d’accumuler, de vendre, d’économiser, d’augmenter la productivité et de baisser (partiellement) les prix afin de vivre et se développer. Cette concurrence sans limites est devenue le mantra de l’UE depuis 1986 (acte unique). Certes, la concurrence fait baisser les prix mais cette diminution va essentiellement dans la poche du kapital et en outre ne tient pas compte des conséquences sur l’emploi et les salaires qui sont nivelés peu à peu vars le plus bas niveau. C’est donc le SLC et non les boîtes ou les personnes, qui poussent au productivisme sans limites. C’est mécanique, automatique, fatal, ce qui n’empêche pas les libéraux de prétendre que c’est la liberté qui mène le système !
Hélas la croissance est devenue le point de convergence des puissants et de bien des acteurs sociaux. Les politicards en sont fanatiques pour des raisons électoralistes : si les électeurs sont restreints dans leur pouvoir d’achat et leur consommation ils vont nous blackbouler aux élections ; la croissance est censée faire diminuer le chômage qui est un paramètre hyper important de la confiance de l’électorat ; la croissance a contredit le thème marxiste de la paupérisation absolue (les prolos ont pu accéder à la consommation et ils y tiennent, ce qui diminue drastiquement les velléités révolutionnaires) surtout pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975) du pacte social de 1945. Le néolibéralisme hyper concurrentiel et sans bornes (sauf Elizabeth ministre de Mac-Tron) nous a fait revenir à la paupérisation au moins relative entre les différentes classes sociales. On a donc une convergence instable et non voulue pour la croissance chez les acteurs : faire du fric dans l’économie SLC, se faire réélire chez les politicards, consommer chez la plupart des gens. La croissance a ceci de fort agréable pour tous : elle augmente la part de gâteau de chacun sans toucher aux règles capitalistes de répartition. En outre, elle calme les ardeurs contestataires ou révolutionnaires : traites à payer, ne pas perdre son job, ne pas risquer sa vie alors qu’on a beaucoup à perdre (l’inverse de l’antique : du pain ou du plomb).
Mais depuis que le SLC néolibéral (depuis le début des années 1980) a zigouillé le pacte social d’après-guerre (partage des gains de productivité, protection et assurances sociales, Etat-Providence) qui avaient rallié les électeurs à la démocratie représentative et au système capitaliste, les gouvernements sont bien obligés de voir que la croissance ne supprime ni le chômage, ni les inégalités, ni la pauvreté et la précarité. Le vote est donc devenu aléatoire, alternatif et l’abstentionnisme massif. « En même temps », l’absence continue, quel que soit le gouvernement, de solutions a amené les divers populismes nationalistes. A cette situation, la solution des libéraux, dont Mac-Tron, est de dire que si cela ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de libéralisme et qu’il y a des opposants qui bloquent le progrès. C’est ce que disait Staline devant les échecs du socialisme collectiviste : il n’y a pas assez de socialisme et il y a des saboteurs. Cela me rappelle une blague : 3 ouvriers sont arrivés dans leur usine, l’un en avance, l’autre en retard et le 3ème à l’heure ; le 1er a été condamné pour espionnage au profit d’une puissance impérialiste, le second pour sabotage de l’économie socialiste et le 3ème pour conformisme petit-bourgeois. Dans le SLC néolibéral à la Mac-Tron, c’est pareil : le pouvoir peut toujours accuser les gens de n’importe quoi sans qu’ils puissent s’en défendre.
Comme le SLC détruit la planète, les ressources, les personnes, les groupements sociaux, il ne saurait continuer longtemps car il est rigoureusement incompatible avec les impératifs écologiques et la justice sociale qui est à la base de toute légitimité démocratique. Mac-Tron pédale contre l’histoire et fait du SLC à contretemps car celui-ci est déjà à l’agonie. La croissance est morte pour cause de finitude des ressources fossiles, de perte drastique de renouvellement des autres, de prise de conscience par la plupart des injustices du système et de son incapacité à résoudre des problèmes structurels et universels. Car le SLC ne fonctionne que sur des critères financiers, que dans le court terme (rentabilité pour l’actionnaire et rythme des élections) alors que résoudre les problèmes de fond suppose un politique à très long terme, ne marche que comme compétition entre pays alors qu’ils sont mondiaux et impliquent une politique internationale coordonnée. Pris entre ces contradictions et son dogmatisme SLC, Mac-Tron n’a qu’une ressource : le discours sympa et mensonger, le faux dialogue, la duplicité. En voilà un exemple récent : le malhomme a engueulé la SNCF pour avoir fermé une petite ligne (Epinal-St-Dié) alors qu’il avait promis le contraire. Mais qui a imposé la fermeture de petites lignes à la SNCF si ce n’est la politique rentabiliste et concurrentielle de son gouvernement ? De plus : la ligne n’est que suspendue pour cause de travaux à faire, notamment sur un tunnel en train (c’est le cas de le dire ; comme on dit en Belgique : la nourrice montre son sein et le tunnel s’effrite) de s’effondrer ! Cela explique aussi les palinodies écologiques de Mac-Tron : tout dans le discours écolo alors que les actes et les décisions sont favorables au SLC (mine d’or de Guyane, glyphosate, boues rouges de Gardanne, permis d’exploration pétrolière ou gazière, chasse aux oies cendrées, Roybon, barrage de Caussade, Europacity, tunnel Lyon-Turin, route pour éviter Aix En Provence, non-paiement des aides promises aux producteurs bio…). Comme le disait Lincoln : on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde. Las, comme le système politique est verrouillé par la Constitution et le régime électoral, que les corps intermédiaires et les collectivités locales sont by-passées, il ne reste aux opposants que la rue. Ce à quoi le pouvoir répond par la répression. Cela ne saurait durer très longtemps à condition de ne pas attaquer le système de front mais de construire autre chose en son sein et contre lui. Les moyens ne manquent pas : grève générale, grève des banques et de la consommation, boycott des boîtes capitalistes au profit de la petite production locale, commerce de proximité, ateliers de réparation, bourses d’échange, coopératives, mutuelles, troc, monnaies locales, expérimentations, etc. ; bref construire des anarcho-structures porteuses d’une autre logique et d’un projet socio-politico-économique vraiment socialiste. C’est ce que en fait pas LFI qui, malgré des analyses assez justes, reste dans les conceptions actuelles et ne propose aucun projet vraiment alternatif, ni une stratégie correcte de changement. LFI ne veut qu’un changement du corps politique. Qu’elle lise Proudhon : la révolution politique est le but, la révolution sociale le moyen. ; il faut vaincre tout à la fois le sabre, l’autel et le coffre-fort (la domination, l’hégémonie culturelle et l’exploitation économique ; ce qu’a redit Gramsci).

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