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Mac-Tron est dans la seringue où il s’est lui-même mis

Classé dans : politique — 03/18/2019 @ 11:30

C’est là que les Athéniens s’atteignirent, que les perses se percèrent, que les satrapes s’attrapèrent et que les croisés sautèrent par les fenêtres. C’est bientôt l’heure de vérité. Le Grand débat (GD) a montré son ambiguïté car dans les réunions menées et dans les cahiers de doléances, il s trouve que la participation est biaisée en faveur des retraités, des informatisés et des relativement aisés et disponibles. Les Gilets jaunes, de même que les « banlieues » en sont largement absents. Les commissions avec « citoyens » tirés au sort patinent faute d’assez de volontaires prêts à perdre 2 jours sans salaire ou disponibles ou intéressés. Les boîtes privées chargées de mouliner l’énorme matériau recueilli et souvent contradictoire peinent à élaborer une synthèse sous l’œil peu présent des 5 « garants ». En revanche, le Zident a bien réussi sa communication dans les séances régionales, non de débat, mais de questions-réponses. Il s’est refait la cerise dans les sondages. Mais par suite des cassages de samedi 16 mars, exactions dues au fait que les magasins des Champs Elyséens étaient peu protégés au profit des palais de la ripoublique, cela redescend. On est en droit de soupçonner que le pouvoir se sert des violences et dégradations pour bien se positionner en défenseur de l’ordre contre les sauvages en vue des élections ; c’est sans doute raté car visiblement la sécurité de tous n’est pas assurée.
Las, il va falloir opter, prendre des décisions, passer aux actes et c’est là que le bât blesse ; le Zident est pris en tenaille entre sa politique néolibérale SLC, les contraintes budgétaires imposées par die Grosse Kommission » de Bruxelles, les attentes des différentes populations du pays très loin d’être uni derrière le panache brun de Mac-Tron, les promesses de campagne, la philosophie politique du lider maximo d’obédience SLC. Voyons les apories de la situation dont il sera fort difficile de se dépêtrer.
1) Du GD apparaissent des lignes de force communes : ras-le-bol fiscal, justice fiscale, présence des services publics, pouvoir d’achat, démocratie plus participative. Ces lignes ont un gros défaut ; elles sont strictement contraires aux vues de la majorité législative installée au palais Bourbon et godillant après les consignes macroniennes.
2) La justice fiscale est impossible car la ligne Mac-Tron est fondée sur un maigre soutien aux plus pauvres, sur la détaxation des riches qui feraient ruisseler leur fric sur l’investissement et l’emploi, sur la réduction des retraites, sauf peut-être pour les plus petites, sur la taxation des seuls qui peuvent encore payer, à savoir les classes moyennes-moyennes et moyennes-supérieures, classes qui, en outre, n’ont droit à rien en dépit du principe d’universalité. Rappelons cependant que même les plus pauvres ne cessent de payer des impôts (TVA, TICE, électricité, gaz, eau etc.), que les fiscariotes de Bercy ont inventé depuis longtemps les taxes sur les taxes et même l’imposition d’un revenu qu’on ne touche pas (CSG). Par ailleurs, les dépenses contraintes et obligatoires n’ont cessé de progresser, de même que des obligations nouvelles (contrôle des véhicules, inspection des logements mis en vente…). Ce qui déjà a mis à mal le pouvoir d’achat avant Mac-Tron mais celui-ci en rajouté une bonne couche. Et de toute façon Mac-Tron, à supposer qu’il en ait l’intention, ne peut rien y changer car seules les classes moyennes susdites peuvent encore payer la mise du pays aux normes du SLC européen et mondial.
3) Depuis longtemps nos élites ont suivi une politique de compétitivité fondée sur la production à bas coût, via, notamment la permanente baisse des charges sur les bas salaires. Cela a créé un seuil de limitation des salaires afin de rester en dessous du fameux 1,6 SMIC, seuil difficile à franchir et diminuant l’échelle de progression dans les salaires. Cela a encouragé les boîtes à ne pas investir dans des techniques modernes (robots, par exemple) car il suffisait de mal payer le travail. En plus, c’était idiot de vouloir concurrencer les pays low cost sur leur terrain au lieu de faire de la qualité et de l’innovation (les seuls trucs qui marchent encore sont les produits de luxe, les AOP et les techniques avancées comme l’aéronautique, l’agro-alimentaire) ; d’où la désindustrialisation au profit de la Doryphorie. D’où le chômage, la flexibilité, le temps partiel et les contrats new look (intérim, CDD en tout genre) ; d’où la baisse du pouvoir d’achat. CQFD. Car les énarques n’avaient d’yeux que pour la fiance où ils pantouflent. Comme disait à peu près Proudhon : pour revaloriser les salaires il faut d’abord revaloriser le travail. Ce qui est contraire au type de capitalisme soutenu par notre nouvel empereur.
4) Le fiscariote est obligé d’obéir à Bruxelles et d’assurer l’équilibre budgétaire ; il ne peut « en même temps » donner du pognon de dingue et restaurer les services publics sur tout le territoire. Du reste, il est lui-même convaincu que le SLC doit tuer le secteur public au profit du privé, comme par exemple en vendant aéroport de Paris à ce dernier. Il en s’agit plus de gouvernement à des fins politiques mais de simple gouvernance fondée sur le calcul coûts/bénéfices à court terme.
5) L’écologie est rigoureusement incompatible avec le SLC ; or Mac-Tron n’a en vue que la croissance, l’accumulation, le fric. Las, un mouvement international est né pour sauver la planète. Il voit sans peine qu’on continue de bétonner (Europa City, Roybon, tunnel Lyon-Turin), de favoriser les exploitations agricoles polluantes et non respectueuses des animaux (projet de ferme cochonnière avec 6 000 bêtes à Ossun), de ne rien faire d sérieux contre les pesticides et les industries pétrolières et gazières, minières, bancaires qui les financent. Les gens, dont les jeunes, ont perçu le gap entre les discours écolos de Mac-Tron et les pratiques de sa gouvernance.
6) Mac-Tron a promis de restaurer un peu plus de démocratie, notamment en ne condamnant pas le RIC des Gilets jaunes. Ce sera du minimum syndical car on ne peut instaurer le SLC sans violer la démocratie ; le peuple n’en veut plus et a crié assez. Car il a vu que la technocratie de l’UE avançait en piétinant le vote ; par exemple celui contre le TCE en 2005. Du reste, la philosophie politique de l’UE, depuis ses débuts, c’est de fondre les pays dans le marché mondialisé, de tuer la politique et les nations alors que le politique n’existe que pour le bien commun démocratiquement défini. Mac-Tron va simplement profiter du GD pour faire passer ses projets de réforme auxquels le sénat a fait obstacle.
7) Mac-Tron a adopté la « stratégie du chaos » à partir duquel, de crise en crise, comme l’UE, la technocratie et les élites dirigeants peuvent rebondir pour aller encore plus loin par suite de la peur de l’inconnu et de l’insécurité.
Le GD ne débouchera donc sur rien de tangible et de neuf, ce qui ne fera qu’augmenter les tensions et le ressentiment. Mac-Tron a gagné un peu de temps avec son barnum. Mais, in fine, il se retrouvera comme une poule devant un couteau sans manche ni lame.

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