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Les « black blocs » et les Gilets jaunes radicaux se trompent de stratégie

Classé dans : politique — 05/04/2019 @ 8:34

Il faut souligner deux choses chez ces personnes : ils mobilisent toutes les ressources et les idées ancestrales des luttes contre la domination, l’exploitation, l’aliénation que le SLC a portées à leur paroxysme ; elles montrent un courage sans bornes, hélas. Las, leurs idées et pratiques révolutionnaires sont à la fois datées et contreproductives.
• Datées, obsolètes, dépassées, nuisibles. Elles participent du mythe de la révolution par une petite élite d sachants capables de faire basculer l’histoire au profit du peuple. Quel peuple ? Cela confine à l’idée de son unicité et « en même temps » de son aliénation dans sa soumission au système, qui, dans le SLC, est la consommation individuelle et l’individualisme. Cela participe aussi d’une conception autoritaire et descendante de la prise du pouvoir, de même que du fantasme de la révolution purement politique et d’en-haut. Gramsci, bien après Proudhon, a montré que l’on était en présence d’un système hégémonique articulant l’exploitation économique, la domination politique et l’aliénation spirituelle. C’est pourquoi on ne saurait s’attaquer seulement à une de ses facettes ; il faut vaincre simultanément la triple domination « du trône, du coffre-fort et de l’autel », démanteler « en même temps » l’alliance du « sabre, du goupillon et du capital. Rien ne sert de s’emparer de la forteresse étatique pour « tourner ses canons contre l’ancien occupant » : la révolution politique (la liberté et la justice » est le but, la révolution sociale, le moyen, disait Proudhon à l’encontre de tous les révolutionnaires politiques de son temps. Une révolution politique n’aboutit qu’à modifier les personnes occupant les sièges du pouvoir et conduit le plus souvent à une dictature encore plus néfaste que le régime précédent. Ces vues de Gramsci et de Proudhon ont été largement confirmées par le systémisme moderne montrant qu’une société est « un phénomène social total » où tous les domaines du sociétal sont imbriqués et interdépendants. Par ailleurs, le système n’est pas construit sur la base d’une tête pensante à autorité verticale sur ses éléments mais comme un réseau de nœuds et d’interactions avec des centres de direction nombreux et largement autonomes et un système d’information réticulé. Eh oui, il ne suffit pas de couper la tête principale de l’hydre de Lerne ; il faut toutes les couper pour abattre le système. Le temps des avant-gardes, de la prise révolutionnaire du pouvoir d’Etat, du léninisme, de la direction de la société par le pouvoir politique est révolu ! Or les « black blocs » (BB) me semblent conserver ces fantasmes à base de Lénine, Trotski, Mao, Napoléon, Bakounine, etc. Ils le savent sans doute eux-mêmes car ils s’en prennent plus aux symboles du pouvoir qu’à ce dernier. C’est cet aspect systémique de la société qui invalide l’appel des GJ au pouvoir pour faire évoluer les choses et qui annule leur slogan macron démission. S’il n’y a plus Macron, ce sera un autre compradore qui arrivera et, de toute façon, ce ne sont pas les politicards qui dirigent la société ; ils n’en sont que les faux-nez et hommes de paille.
• Contreproductives. Plus on s’attaque frontalement au pouvoir, et cela d’autant plus que celui-ci est en train de vaciller, ce qui est le cas du SLC que Mac-Tron veut installer définitivement en France alors qu’il est entrain de crever, plus o l’amène à réagir par la force. Il suffit de voir que dans les médias, actuellement, on entend force poulagas s’exprimer comme si le pouvoir macronien n’avait plus que lui pour le soutenir. Il faut bien voir que le SLC a détruit la planète mais que ceux qui profitent du désastre tiennent plus que jamais à défendre leurs privilèges, à faire perdurer le pouvoir fantastique du 1% contre les 99 % des terriens. Le système-réseau du SLC n’arrête pas de réagir brutalement contre tous ceux qui contestent son emprise. Et il dispose de moyens répressifs (maisons pouleman, royco, poulaga, armée de métier, moyens militaires, justice aux ordres, médias idéologiques, doxa néolibérale épandue partout par des « organes » en tout genre, moyens de renseignement et de surveillance contre les populations, etc.) capables de faire baigner toute révolte directe dans le sang. M. Thiers est encore là mais est devenu encore plus puissant. De plus, il ne faut pas négliger que l’on a environ 15% de la population qui profite du régime SLC ; celle qui a voté pour Macron. En outre, le spectacle des déprédations pendant les samedis des GJ et ce premier mai ne fait que dresser la population des apeurés et des soumis au désordre existant. Ce qui encourage le pouvoir à doper ses forces et à accroître la répression. En attendant le petit jeu des élections ; Mac-Tron contre le RN, ce qui le fera gagner à coup sûr, vieille entourloupe inventée par le franscisquain Tonton. Les BB veulent accélérer la mort du SLC ; mais au contraire son raidissement va le faire durer. De plus, combien de personnes seront-elles sacrifiées dans ce combat sans issue à moyen terme ? las, les révolutionnaires sont toujours assez peu soucieux des « dégâts collatéraux » qu’ils suscitent. Leur cause vaut toujours plus cher que la peau des autres.
• La méthode d’attaque de front ne marche donc pas. Ni la résistance passive chère à Gandhi car pendant ce temps-là le saccage continue. Que faire ? Eh bien s’en prendre à ce qui fait maintenir le SLC et son pouvoir détenu par ses compradores politicards : le pognon, le flouze, le fric, le grisbi, l’artiche, l’oseille … Voilà quelques idées :
Faire la grève de la consommation pendant que la production continue ; la production non vendue est une perte pour le capital ; les grèves de production, si chères aux syndicats, en fait ne coûtent pas grand-chose au kapital. Ne rien acheter, sauf la bouffe, pendant au moins un an. Pour la bouffe, s’adresser aux petites structures : AMAP, coopératives (réelles), commerces de proximité… Pour le reste organiser un réseau local de réparation des machines tombées en panne (souvent par « obsolescence programmée), se prêter des engins entre voisins, etc. Une « grève générale » de la consommation sera bien plus efficace que celle de la production.
Retirer son fric disponible des banques en leur laissant seulement la gestion des dépenses contraintes ; se prêter entre voisins en cas de besoin. Sortir des assurances privées et des fausses mutuelles, telle la MAIF, pour s’aider en « sociétés locales de secours mutuel. A long terme organiser un réseau mutualiste et coopératif de banque, telle la banque du Peuple imaginée par Proudhon.
Se retirer des villes et s’installer en petits groupes dans les villages désertés. Les avantages sont nombreux : mutualiser les dépenses (lavage et buanderie, frigo, moyen de locomotion…) ; toucher les aides sociales, le RSA… afin d’assécher les finances publiques ce qui entraînera aussi une expansion des gestionnaires d’icelles, disposer d’un potager collectif ; ne pas payer de loyer ou bien très faible, vivre au grand air. On pourra même faire de l’artisanat (tissage, cuir), du fromage et du lait, de l’élevage de poules ou autres afin de se fournir en aliments et de vendre hors circuits commerciaux capitalistes. On organisera entre parents l’éducation des enfants hors éducation nationale, on créera une monnaie locale d’échange et de troc fondée, non sur le degré de formation, mais sur le temps passé à se rendre des services mutuels. On se dotera d’une petite éolienne pour se passer de l’énergie étatique ou capitaliste ; le véhicule commun pourra être alimenté par un gazogène… Donc ou pourra vivre sainement, de façon peu gourmande en énergie, en mangeant bio…
L’idée générale, c’est de procéder à partir de la base et dans l’action directe de la construction d’une contre société, d’anarcho-structures. On reste donc dans le système mais on le sape de l’intérieur au lieu de l’attaquer de front. Ainsi, peu à peu, on fera tomber ses deux critères essentiels de fonctionnement : le pognon et l’autorité verticalisée. Car ces petites structures sont fondées sur la coopération, l’échange mutuel et la démocratie à la base. Elles développent donc en douceur et par l’expérimentation dans la durée un contre-modèle de société ; on ne lutte pas de front contre le système, on l’érode, on le vide de contenu, on le remplace. Certes cela prendra du temps mais cela ne coûtera aucune vie.
Puis, contrairement à une certaine pensée anarchiste qui considère la société comme une collection d’associations de base quasiment juxtaposées sans direction commune, on visera à se fédérer de proche en proche de façon à généraliser le contre-modèle en l’organisant et en l’animant. Il ne s’agit pas de réformisme à la petite semaine, celui des syndicats institutionnalisés, mais de stratégie révolutionnaire de changement car tout pas en avant se fait sans perdre de vue la fin visée : une société démocratique, fédérative, associative et mutuelliste fondée sur la Justice.

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