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Le national-libéralisme remplace aujourd’hui le national-socialisme

Classé dans : politique — 05/07/2019 @ 10:59

On se souvient de ce que « la bête immonde » du national-socialisme (NS ; Hitler, Mussolini, Franco, Peron, Vichy…) est née de la conjonction entre les ressentiments divers et variés de populations en déshérence et des aspirants-tyrans voulant s’emparer du pouvoir afin de restaurer la grandeur la nation ; pour s’emparer ou conserver ensuite le pouvoir, il fallait répondre aux besoins de sécurité des populations déboussolées et abandonnées ; il fallait aussi s’appuyer sur le grand kapital afin de financer le nouveau pouvoir. La logique a été de favoriser l’industrie, la finance et les gros capitalistes afin de développer la puissance militaire de la nation et d’avoir des ressources financières, de redonner une identité, un projet et une gloire aux populations, ce qui passait par la haine de l’étranger et du différent, de répondre à leurs besoins fondamentaux (emploi, sécurité, infrastructures collectives). « En même temps », le NS a agi en faveur du capital en lui procurant une force de travail docile et mal payée mais quand même en emploi et fière de contribuer à la renaissance de la nation. Le terme de socialisme est donc usurpé car il ne s’agissait pas de justice sociale mais de puissance de l’Etat et de réponse aux besoins élémentaires du peuple pour qu’il ne se révolte pas. C’était en quelque sorte le deal de Bismarck : vous avez des assurances sociales et je conserve le pouvoir avec mes amis les junkers prussiens et les industriels. Le seul mot vrai de cette idéologie est le nationalisme avec la haine de l’étranger. En parallèle, on avait le national-communisme en URSS. Eh bien cela refait surface sous une autre forme : le national-libéralisme. Voyons comment et pourquoi.
On sait que les populismes, les nationalismes, de droite ou de gauche, se développent partout dans le monde occidental. C’est que celui-ci est en train de constater la disparition de sa grandeur passée au profit de la Chine et autres puissances émergentes ou renaissantes. La domination occidentale est déjà morte et les dirigeants de nos pays sont sans doute désireux de conserver au moins une puissance commerciale. Et le plus puissant des pays, les USA, développe avec Trump un combat d’arrière-garde rendu possible par ses moyens de domination et de rétorsion encore hyper puissants. Trump, c’est America first, ce qui flatte l’ego de l’américain des petites villes, des villages, des campagnes, des industries en perdition. Le nationalisme trumpien est une façon sauvage de sauver le capitalisme et la finance US (il en vient) tout en faisant croire aux populations en déshérence qu’il travaille pour elles ; ce qui est momentanément et partiellement vrai : combat contre les importations afin de faire remonter l’industrie et l’emploi US, refus de l’écologie pour satisfaire les ouvriers du pétrole, du gaz, des mines (tout en rendant rentables ces activités pour les capitalistes, par exemple en faisant tout pour faire monter le prix du pétrole, ce qui rentabilise celui de schiste), refus du multilatéralisme onusien, de la CPI ; négation des traités internationaux (cas de l’IRAN), recours à l’extraterritorialité du droit US comme moyen de pression et de lutte contre les concurrents, retour à l’isolationnisme, dépenses militaires et promotion de l’OTAN mais à faire financer par les autres… En même temps, appui de Trump sur les positions identitaires, conservatrices, traditionalistes (anti-immigration, détention d’armes, faveur aux sectes religieuses et anti-avortement, répression, cour suprême hyper conservatrice…) car cela fait l’identité du peuple de base contre la côte Est ou Ouest libérale). Au Brésil, Bolsonaro est un clone de Trump : économie capitaliste à fond les manettes contre les populations indigènes, la forêt amazonienne, les gays pour créer de l’emploi mais surtout faire du SLC pur et dur.
En Europe, la politique ordo-libérale teutonne mise en place à fond les ballons depuis le traité de Maastricht en 1992 (mais annoncée par l’acte unique de 1986), l’euro aux conditions tudesques, l’extension aux pays de l’Est (PECO) depuis 2004 a produit ce qui était voulu par le kapital : la mise en concurrence sauvage entre pays, l’accentuation des déséquilibres économiques au détriment des pays et des territoires les moins développés, le déclassement des classes moyennes, la précarité et la pauvreté, l’expansion sans fin des inégalités, le triomphe de la finance à l’anglo-saxonne, l’amenuisement des services publics, la diminution des assurances sociales collectives et des droits sociaux, etc. Le tout sous la houlette d’une austérité exigée par Berlin (qui détient toutes les manettes de l’UE par elle-même et avec ses alliés) pour les peuples mais surtout pas pour les capitalistes. Cela est d’autant plus facile que la direction politique de l’UE est devenue impossible, via la complexité de se structures et modes de décision : il ne reste plus que des alliances entre amis (Allemagne, pays luthériens et libéraux d’Europe du Nord, PECOs auxquels la Doryphorie fournit de l’emploi, des délocalisations et sous-traitances, des débouchés, des aides par le budget de l’UE. Et notre Big Macron prétend la réformer alors que jamais le capital ne lâche quoi que ce soit sur son pouvoir et son pognon de dingue, que la Teutonie a fondé son hégémonie sur le SLC de « la concurrence libre et non faussée » et sur le refus de tout déficit budgétaire ! Macron veut imiter le modèle allemand sans voir que si l’Allemagne est riche, son peuple a été pressuré à mort et est pauvre. Ou, plutôt, il le sait mais il travaille pour le capital où il pantouflera quand les Francouis l’auront viré. Il fera comme Barroso et maints ex-dirigeants de l’UE.
Et ce qui devait arriver à cause des effets délétères du SLC ordo-libéral est arrivé : la montée partout en Europe de mouvements, de partis et de gouvernements populistes et/ou nationalistes surfant sur les mécontentements et les ressentiments des populations en voie de perdition : Pologne, Hongrie, Italie, Autriche, RN en France, AFD et PEGIDA en Allemagne, Vox en Espagne et même dans les tranquilles démocraties, luthériennes ou calvinistes, du Nord de l’Europe, et, naturellement avec le Brexit, la Grande-Bretagne. Les ennemis du peuple sont faciles à désigner par ces mouvements : « l’establishment », les immigrés, les Musulmans, les terroristes, les riches ; un sentiment d’abandon de la nation est exploité à fond par ces entrepreneurs de politique politicarde surfant sur les frustrations des populations dominées et laminées. D’où la fermeture des frontières et le refus de l’immigration. D’où l’embellissement de l’histoire du pays, la promotion de son identité et de ses valeurs « chrétiennes ». Mais il y a toujours un grand oublié : le SLC et ses méfaits, SLC dans lequel tous ces entrepreneurs de division veulent rester alors qu’il est la cause principale du « bordel ambiant ». Les peuples sentent que c’est bien lui le problème alors même que les dirigeants populistes veulent continuer de l’implanter pour ne pas se couper de l’UE et du libéralisme.
Droite, populistes, nationalistes, LREM communient tous dans la promotion du SLC libre-échangiste et à base de disparition des frontières au nom de la circulation de tout (capitaux, marchandises, services, personnes) ; ce qui conduit à la fois à la spéculation, aux délocalisations, au moins-disant, à la baisse des protections sociales, au sabotage de la nature… il n’est pas possible que la concurrence soit à armes égales entre pays jouant tous au dumping en toutes matières. Comme la politique SLC ne peut que faire sauter les modèles sociaux les plus avancés, ses partisans sont amenés à la faire passer en force avec en plus le mensonge, la communication et la ruse. De façon générale, nos soi-disant démocraties sont en fait vidées de contenu au profit dune technocratie centralisée et répressive ; ce qui fait que la différence entre, par exemple, le régime d’Orban et celui de Mac-Tron n’est pas de nature mais de degré ; les deux communient dans le national-libéralisme. Libéralisme parce que SLV über alles ; national parce qu’il faut se rallier le bon peuple sur le thème de Merkel : alternativlos, soit le même que le TINA (there is no alternative) de Thatcher, sur l’union nationale, le freinage de l’immigration, le contrôle du salafisme, sur la compassion envers les pauvres pendant même que l’on en accroît le nombre, sur la reprise de l’anti-establishment par réforme des grandes écoles. Mac-Tron a promis une autre méthode de gouvernance : en appeler au dialogue social et à la concertation. Notons que cela n’engage en rien le pouvoir de décision car il n’y a pas négociation. Et de toute façon, c’est impossible : les profondes réformes encore dans les cartons (retraites, assurance-chômage, institutions) ne peuvent passer qu’en force car elles susciteront des oppositions massives. Il ne s’agit que de compétition électorale entre forces politiciennes, toutes ne jurant que par la démocrature illibérale et anti-socialiste.
Mais le national-libéralisme ne peut pas durer longtemps car, rapidement, les populations verront qu’elles se sont fait flouer et que tout a changé pour que rien ne change. Las, la gauche ne fait plus que 30 % et est en miettes, la droite est divisée et sur le même créneau que LREM ; Mac-Tron joue donc sur la montée du RN, qu’il fait semblant de combattre tout en lui piquant quelques idées nationalistes, afin d’être réélu en 2022. Et cela risque de marcher si l’opposition ne formule pas un projet et ne s’organise pas. Oremus.

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