les armes de la critique

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Mac-Tron a célébré le 8 mai 1945

Classé dans : politique — 05/12/2019 @ 11:16

C’est bien que l’on ait de belles cérémonies comme celle-là car on voit dans quoi passe notre pognon de contribuables et de citoyens en mal de pouvoir d’achat. Rappelons que le 8 mai 45 marque la victoire des alliés contre le régime nazi. Il m’a toujours étonné que les dirigeants français en fassent tout un plat car, selon une blaguounette de l’époque, la victoire fut acquise avec le sang russe, le matériel américain et l’or anglais. La contribution francouie fut maigre ; et l’on se souvient des masses qui acclamèrent le maréchal peu avant l’arrivée de Charlot en 1944.
74 ans après, on ne peut que constater que ce 8 mai fut en fait la date de renaissance de la domination de l’Allemagne su l’Europe et que celle dernière est aujourd’hui la seule bénéficiaire de la construction européenne. Ce n’est guère étonnant puisque celle-ci s’est faite sous la houlette bienveillante des USA qui ont tout fait pour que l’Allemagne soit leur représentant en Europe et le fer de lance de la lutte contre le communisme. C’est pourquoi ce pays ne refuse rien aux USA, par exemple son espionnage par eux, l’absence de concurrent à l’OTAN, les traités de commerce internationaux… il faut dire qu’il a été bien soigné car la vertueuse Allemagne, grâce aux USA, n’a pas payé un fifrelin pour les massacres et destructions de 39/45 (sauf une obole à Israël) et a vu ses dettes de 14/18 ramenées à un gros quart des indemnités prévues sur le thème cher à Clemenceau : l’Allemagne paiera. Des nèfles. Ce qui fait de ce pays une excellente caution morale pour son exigence actuelle du paiement des dettes en Europe. L’Allemagne a même eu droit à 10 % du plan Marshall (après actualisation, dans les 16 milliards d’euros), soit à peine moins que la France dévastée, surtout par les bombardements anglo-saxons …Je dois rappeler que la France a payé 400 millions de francs par jour (vous avez bien lu) comme « indemnité d’occupation » pendant plus de 4 ans et jamais remboursée. Il semble que le but des Anglo-saxons était de faire de la France un protectorat limité à l’agriculture ; plan déjoué par De Gaulle mais qui explique que leurs avions pouvaient détruire Le Havre, Caen, etc. sans vergogne.
Les USA ont présidé en catimini à la construction de l’UE en tant que zone de libre circulation de tout. Cela a commencé dès le traité de Rome en 1957 (et même avant avec la CECA et la CED avortée car refusée par la France) ; à la manœuvre, on avait en France (et ailleurs) des pions US comme Monnet (dont on a su qu’il était subventionné par la CIA) et le quasi apatride et fantoche Schumann. C’est pourquoi la stratégie employée fut, au nom de la paix, une progressive unification de l’Europe par la voie économique du libre-échange. Une stratégie de petits glissements et de saucissonnage des problèmes sans union politique qui ne devait en être que le couronnement. On attend toujours vu que l’UE est une cohue de pays tirant à hue et à dia et cherchant chacun à défendre son pré carré et ses petits avantages de dumping comme ceux liés à la fiscalité du capital. Cela est un effet automatique de la voie choisie dès 1986 (l’acte unique de libre circulation du capital, des services, des marchandises et des hommes [d’où les travailleurs détachés depuis la directive éponyme de 1996]) : la concurrence sauvage entre pays, ce qui, par construction, fait remonter les nationalismes et le chacun pour soi, voire conduirait in fine à la guerre armée après la commerciale. Ce qui aussi empêche toute « Europe puissance », donc politique et fédérée, conformément aux vues US soutenues par l’Allemagne.
Evidemment, l’Allemagne n’a pas réussi à imposer sa domination toute seule ; elle le doit aux multiples abandons de souveraineté commis par les autres pays et à ses alliances avec d’autres comme les pays protestants d’Europe du Nord et ensuite, après « élargissement de l’UE », les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO), à partir de 2004. L’Allemagne pour asseoir son imperium a joué sur 5 leviers :
• L’ordo-lbéralisme ou règne du libre-échange et de la « concurrence libre et non faussée » par des règles, intangibles, quasi constitutionnelles (c’est ce que voulait faire le TCE de 2005), à application quasi automatique. C’est le rôle de la Cour Constitutionnelle teutonne à Karlsruhe que de veiller au strict respect de ces règles votées par le parlement ; cela est fait en Europe par la cour de Justice de l’UE (CJUE, ex CJCE) qui applique les directives et règlements européens et les a même en 1964 rendues supérieurs au droit national. Il est clair que ces règles ont été approuvées par les gouvernements bien que ceux-ci cherchent à se défausser en rejetant tous les problèmes sur la Grosse Kommission de Bruxelles.
• La politique de la monnaie forte ; avec déjà le mark fort lors de la réunification (l’Allemagne avait « en même temps » fait grimper les taux d’intérêts afin d’attirer les capitaux européens, ce qui a poussé le francisquain Tonton à faire du Franc Fort [eh €h], ce qui a conduit à une déflation en France). Une monnaie forte a pour elle de nombreux avantage : pouvoir acheter les usines de RDA puis des PECO (puis en Grèce après les diktats de l’UE imposés par le « troïka » [FMI, BCE, UE] pour une bouchée de pain (d’où le fait que l’Allemagne fait produire ailleurs low cost et se contente d’assembler chez elle et d’apposer l’étiquette « made in Germany »), payer au lance-pierres les travailleurs détachés qui, compte tenu du taux de change avec les devises faibles des PECO fait qu’ils ramènent 5 ou six fois plus après conversion en monnaie du pays (l’Allemagne a refusé tout SMIC jusqu’en 2015).
• La politique de l’offre consistant à faire en Allemagne de la désinflation compétitive (Lois Hartz sous Schröder puis TVA sociale de 3 points sous Merkel; politique anti coopérative de cavalier seul) comprimant les salaires et la protection sociale afin de maximiser les profits ; l’Allemagne est devenue très riche avec des Allemands travailleurs et retraités de plus en plus pauvres. Cette désinflation contribue naturellement à la monnaie forte et aux exportations dont l’Allemagne est le champion avec plus de 250 milliards de balance commerciale positive par an ces derniers temps.
• L’exportation über alles afin de faire des réserves permettant notamment d’acheter les fleurons des autres pays et d’avoir un gros matelas de précaution en raison du vieillissement accéléré du pays. Le problème est qu’il est impossible que tous les pays de l’UE soient exportateurs nets simultanément ; les excédents des uns sont les déficits des autres. Sauf, évidemment hors UE mais l’Allemagne fait 60 % de son commerce dans l’UE. De plus, cela renforce la compétition, le dumping et amène une guerre commerciale sans fin.
• Le monétarisme imposé avec l’euro, la BCE, puis le TSCG (accord Merkozy » de 2012) : l’idéal étant pas d’inflation, pas de déficit, pas de dette publique, pas de prêts aux Etats par leur banque centrale, pas de prêts entre Etats au sein de l’UE, indépendance de la BCE. Le but est évidemment l’absence d’inflation et l’austérité budgétaire pour tout le monde
• L’entrisme et la monopolisation des grandes fonctions dans l’UE. L’Allemagne règne par le biais du PPE parti européen allié avec le SPD allemand majoritaire chez les socialos, de la présidence de l’UE par un compradore (l’ivrogne et ami de la finance et de la fiscalité zéro pour les trusts, M. Juncker), par la prise en main des commissaires européens (soit pour elle, soit pour ses alliés), par un jeu d’alliance afin d’avoir au moins la majorité qualifiée dans la prise de décision au sein du Conseil Européen des chefs de gouvernement (présidé par un fantoche à elle, M. Tusk) et de diviser pour régner…
Bravo ; l’Allemagne, grâce à la lâcheté des autres pays (surtout la France francisquaine) et à la connivence des Gibbys (toujours à la fois dedans et dehors de l’Europe, hyper libéraux ce qui allait bien avec l’ordo-libéralisme et refusant toute supra nationalité, ce que voulaient les USA et l’Allemagne, puis maintenant tous les pays redevenus nationalistes par la compétition économique) a reconstitué son « lebensraum » et son « hinterland » et assuré sa domination sur l’Europe par le droit « positif » et la finance. Mais c’est évidemment mieux qu’avec des armes et la seule force car cela été consenti. Cet imperium se voit évidemment dans les décisions prises récemment au sein de l’UE. En voilà quelques exemples :
• Le dieselgate démontré par Volkswagen a conduit à revoir à la hausse les normes de pollution ; ce fut a minima afin de protéger les berlines tudesques.
• Le glyphosate a été reconduit pour 5 ans (la France demandait 3) par suite d’un revirement de die grosse Angela ; natürlich car Bayer venait de racheter Monsanto. Rappelons que Bayer unie à BASF dans IG-Farben sous Hitler a produit le zyclon B. rappelons que la décision a été prise sur la base d’un dossier truqué par le laboratoire officiel allemand qui s’était contenté d’un copié-collé de documents de Monsanto !
• La directive sur les travailleurs détachés n’a été corrigée qu’en pipi de chat (le principe des cotisations sociales du pays d’origine a été maintenu [c’est la principale source de dumping] et le cas des camionneurs n’a pas été traité !
• L’Union bancaire est une fumisterie car hyper légère (le montant prévu pour ne pas taxer les particuliers est très insuffisant et même il a été prévu de s’emparer de leur fric au-delà de 100 000 euros de dépôt et de leurs titres et obligations). Il fallait ne pas mettre le pif dans les trafics des grosses banques teutonnes comme la Deutsche Bank à moitié en faillite, ni dans les banques régionales et les caisses d’épargne qui ont tant financé l’industrie allemande.
• Pas de taxation européenne des GAFAM car l’Allemagne veut continuer d’exporter ses bagnoles aux USA. Pas d’harmonisation du droit social ; pas d’harmonisation de la fiscalité.
• Pas de traçabilité européenne des produits alimentaires, ni de code européen sur leur valeur nutritive ou leur dangerosité.
• Budget de la zone euro enfin accepté par Merkel mais à un niveau totalement riquiqui.
• Passage à un nouveau traité de commerce avec les USA contre la position de Mac-Tron qui n’en veut pas tant que les USA ne reviennent dans l’accord sur le climat de la COP 21 ; mise en place du traité avec le Canada avant sa ratification par les parlements nationaux !
• Pas vraiment d’armée européenne car l’Allemagne et ses copains veulent rester sous le seul parapluie de l’OTAN dirigé par les USA. De plus l’Allemagne interdit à la France d’exporter des armes si elles contiennent des composants teutons.
• Très vague promesse d’étudier le droit européen de la concurrence ou le droit d’asile et la politique migratoire. Affaire mise en valeur par le refus de la fusion siemens-Alstom dans le ferroviaire. Dieu merci, car l’opération visait surtout à piquer les brevets et les marchés d’Alstom par der gross Konzern Siemens.
• Volonté teutonne de déréguler l’électricité (supprimer les tarifs réglementés et vente des barrages hydrauliques francouis) afin d’écouler en Europe son électricité au charbon et au lignite, très excédentaire quand les éoliennes fonctionnent bien ; en revanche obligation pour la France de la fournir en jus en cas de déficit ; ce qui suppose, comme cela a déjà été fait, de couper des utilisateurs francaouis pour alimenter l’Allemagne.
• Pas de taxe carbone anti-camions.
Pauvre Mac-Tron qui voulait révolutionner l’Europe. Il nous faut cependant rester dans l’Europe, mais pas celle-là. Exigeons de profondes réformes ; si non, agissons par nous-mêmes et contre la domination ordo-libérale et monétariste teutonnes et européennes. Comme je l’ai déjà écrit, il y a des tas d’idées pour ce faire.

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