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La MAIF (ex-mutuelle d’assurance des instituteurs de France)

Classé dans : politique — 05/18/2019 @ 11:11

Mon frère et mon jumeau sont « sociétaires » de la MAIF depuis des lustres et cela me permet de dire combien cette mutuelle est devenue une firme à logique capitaliste qui n’a plus que des clients ou des usagés par ses pratiques commerciales. Du reste, la MAIF a depuis longtemps élargi son audience à qui le veut bien (il suffit d’être assez idiot pour payer plus cher qu’ailleurs). Mais c’est tout le secteur mutualiste qui est concerné (ou le secteur coopératif) depuis une directive européenne qui a aligné le statut des mutuelles sur les assurances privées en ordonnant le même traitement pour tout le monde, qu’il soit client ou sociétaire. Rappelons qu’une vraie mutuelle pratique des cotisations universelles qui ne sélectionnent pas par l’âge, le sexe, la santé, le statut social, le climat, l’emplacement dans des zones inondables ou de coulées d’avalanche… Du reste les petites mutuelles, à la faveur de la loi Zizi Rider qui a obligé les entreprises à la création d’une mutuelle (obligatoire) pour la santé de leurs ouailles, ont presque toutes été rachetées par les grosses compagnies d’assureurs privés voyant là un beau marché captif. Car toute loi ou norme promulguée par l’Etat a en général pour effet de créer un marché (exemples, ceux des contrôles des véhicules ou des logements mis en vente). Faut-il redire que l’adhésion à une mutuelle est en principe volontaire ? Remarquez que la mutuelle obligatoire a été inventée il y a belle lurette, par exemple à EDF/GDF ; il faut dire que cela faisait partie du statut du personnel.
Mais la MAIF ne s’est pas encore vraiment lancée officiellement (elle le fait en douce par l’extension et la sévérité accrue de ses normes d’adhésion) dans la sélection des risques car il lui était facile d’appliquer le même tarif, le max, à tout le monde en profitant de sa solide clientèle de rente (les Instits sont plus prudents que la moyenne) presque captive de l’Education Nationale. Rappelons qu’une mutuelle doit normalement applique un tarif qui est réajusté en fin d’exercice si les dépenses ont été plus hautes que prévu : ce fut le cas en je ne sais plus quelle année un clampin avait amené un bilan désastreux par implication d’un car, d’un train et même d’une péniche en contrebas de la voie ferrée où s’est produit l’accident ; le rappel de cotisation fut sévère. Depuis, sans doute la MAIF a-t-elle paré à la chose en se donnant des tarifs qu’il ne sera pas utile de revoir en cas de catastrophe. Pour illustrer mes propos je vais vous raconter quelques historiettes dont ma famille a été victime et qui montrent que la MAIF n’a plus rien à fiche du statut de sociétaire. Car il faut faire comme tout le monde unifié par la directive européenne : du fric.
Parti en retraite, j’ai demandé s’il y avait un tarif adapté à des conditions d’usage de mon véhicule très fortement abaissé ; niet, nenni. J’ai donc cherché ailleurs et j’ai trouvé deux fois moins cher ; CQFD, car comme disait Proudhon : la concurrence est le moyen de se passer des services de quelqu’un qui les surfait. Puis ma fille aînée a, après plusieurs années sans conduite faute de véhicule, repris une voiture ; je demandais à la MAIF qui, entretemps s’était ouverte à toute clientèle, de l’assurer ; réponse au tarif maximum car sans conduite depuis quelques années on aurait tout oublié et on devrait repartir de zéro (sans bonus) ; ce n’était donc pas mieux que chez n’importe quel assureur privé.
Mais le meilleur des attitudes hyper commerciales de la MAIF concerne mon jumeau. Il fait une maladie pour laquelle le toubib lui interdit de conduire ; donc il vend sa bagnole en mars 2018. Mais il n’a pas le temps de résilier son contrat car il fait un AVC avec un mois d’hosto et ensuite un état de conscience restreint. Notons que tout se passait par internet et que, donc, je ne pouvais, n’ayant pas le code perso MAIF de mon frère, le faire à sa place. Et, oh surprise, début 2019, je reçois (car le courrier du frangin m’est transmis vu qu’il ne peut pas gérer ses affaires) l’appel de cotisation de la MAIF pour 2019 alors que le véhicule a été vendu en mars 2018 ! Je me rapprochais donc de la MAIF qui m’a envoyé bouler, sans même répondre à une lettre recommandée avec accusé de réception. Voilà donc ce que pratique une prétendue mutuelle avec ses soi-disant sociétaires ! cepedant, il n’y a pas que la MAIF qui se comporte ainsi car c’est devenu une logique imposée par le système SLC.
Il est à craindre que cette attitude se soit généralisée pour une raison très simple que ne veulent pas comprendre les libéraux, les socialos, les cocos, etc. Le régime de propriété (public, privé, social) ne compte pas en univers SLC. Ce qui compte, c’est la logique de fonctionnement du capitalisme globalisé ; rentabilité über alles dans un monde de libre circulation de tout, à commencer par le capital, de libre-échange sans protections, de concurrence « libre et non faussée » échevelée. Par construction, tous les compétiteurs sont obligés de s’aligner sur la chasse au profit à maximiser et sur l’exploitation maximale des cochons de payant, fussent-ils sociétaires. Et pour améliorer la rentabilité, le meilleur moyen est d’amortir les frais fixes sur le plus grand nombre possible de clients, quitte à les gruger. Une fois atteint le « point mort » (celui où le nombre d’abonnés couvre ces frais), tout ce qui vient en plus est du bénéf. D’où les concentrations pour piquer le marché des concurrents, d’où la course à la publicité … payée par les clients ! Une conséquence pourtant dommageable pour les opérateurs est que le client finit par ne s’intéresser qu’au prix, d’où une course généralisée au moins-disant et une sur-concentration chez ceux qui le peuvent. Comme disait Proudhon, la concurrence sans limites conduit ipso facto au monopole. Vive l’UE qui a réussi à casser l’économie sociale, c’est-à-dire à la faire marcher exactement comme la capitaliste car tout opérateur est soumis à sa logique. C’est du reste pourquoi l’UE ordo-libérale a fait mettre les mutuelles et les assurances privées en concurrence : pour les forcer à adopter la logique du profit en concurrence sans limites.

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