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Pourquoi il ne faut pas voter le 26 mai : étau et mécano européens

Classé dans : politique — 05/22/2019 @ 11:03

Si on veut continuer de se faire pigeonner par le système libéralo-capitaliste européen, il faut aller voter le 26 mai pour les l’élections du parlement de l’UE, ce qui contribuera à perpétuer la disparition de la démocratie en Europe et la mainmise du kapital mondialisé sur la région. Démontrons pourquoi il est inutile et même contreproductif de se rendre aux urnes.
Le système européen a été construit, brique par brique et lentement afin que les citoyens ne s’en aperçoivent pas, comme un étau implacable et un mécano automatique. C’est la méthode de Louis XI contre le cardinal de La Ballue ; il l’avait fait enfermer dans une « fillette » (cage où on ne pouvait se tenir ni debout ni allongé) et lui rendait visite régulièrement pour lui demander ce qu’il souhaitait : réponse, une cage plus grande, sire. Eh bien l’UE c’est la fillette des peuples européens, fillette qui fonctionne « en même temps » comme un toboggan sans fin et où on ne peut s’arrêter. Comment donc ? Elémentaire, mon cher couillonné.
L’étau européen dispose de trois griffes impitoyables et automatiques. La première est l’ensemble des « lois » économiques qui imposent « la concurrence libre et non faussée » et la libre circulation de tout, à commencer par les capitaux, dans le monde entier. De ce fait l’UE est devenue une passoire sans préférence communautaire européenne pour tous les produits, services et capitaux du monde entier (acte unique mis en place en 1986). Cette mâchoire de l’étau a été mis en place selon la méthode du salami ou du bout de tunnel sans cesse rajouté par les directives, règlements et normes européens, par les arrêts de la Cour européenne de Justice (toujours en faveur du « droit d’entreprendre contre le droit social »), par l’édiction par ladite CJUE (appelée CJCE alors, en 1964) de la supériorité du droit européen sur les droits nationaux. Cette mâchoire ultra puissante relève de la domination sans partage de l’ordo-libéralisme tudesque, à savoir le gouvernement par des règles intangibles parce que constitutionnalisées (ce que tentait d’imposer le TCE rejeté par les Francaouis en 2005). De ce fait, tous les peuples européens (et leur modèle social) ont été mis en concurrence sauvage ; ce qui a été poussé à la puissance 10 par l’extension de l’UE à 10 pays de l’Europe Centrale et Orientale dès 2004 sous la pression de la Doryphorie. Il ne faut donc pas s’étonner de la résurgence des nationalismes et autres populismes en Europe car, comme l’avait vu Proudhon, la concurrence économique remplace les guerres politiques. Mais notre auteur n’avait pas assez vu que la guerre économique finit par conduire à la guerre tout court, ce qui est en train d’advenir à l’échelle de la planète pour cause de rareté des ressources, de crise climatique et de luttes pour la domination mondiale. On en revient à la lutte entre puissances, ce qui demanderait un nouvel équilibre de celles-ci ; sauf que les plus grandes actuelles (USA, Chine, puis bientôt Inde) ou anciennes désireuses de retrouver leur statut (Russie) préfèrent, à l’instar de Trump, tenter de gagner la partie contre les autres.
Naturellement, on ne peut être automatiquement contre un gouvernement par les lois car c’est le principe même d’un Etat de droit et c’est là une partie de l’astuce pour faire passer le droit économique pour un droit universel. Le problème est le contenu de ce droit européen qui est purement commercial et économique, d’un côté, et largement procédural (au lieu de substantiel-normatif), de l’autre. Le TCE édictait un doit économique en dur et, pour le social, une simple charte indicative de droits de au lieu de droits à (un droit de travailler n’est que théorique car il n’implique pas sa réalité et n’est donc pas un droit à travailler ; itou pour le logement, etc.).
Il faut noter que, privés de l’économique qui est fortement défini, il ne reste aux gouvernements que des libertés secondaires (fiscalité, droit social, droit syndical, répression, droit environnemental) afin qu’ils puissent adapter leur pays à la concurrence et cela sous les bons conseils concurrence des libéraux éclairés : il faut, notamment, ne plus protéger le travail, diminuer les dépenses sociales, flexibiliser le travail, etc. C’est ce qu’a fait l’Allemagne (lois Hartz sous Schröder) dès 2003. C’est aller dans la course sans fin à la « désinflation compétitive », ce que, justement Mac-Tron veut mener en France. En fait, ce qui est dans la cage de type La Ballue, ce sont les peuples hormis les riches et les barreaux en sont solidement tenus par les instances européennes.
La deuxième mâchoire de l’étau est financière : ce sont les règles budgétaires austéritaires directement issues de la pensée teutonne. Ce fut lancé au traité de Maastricht en 1992 qui stipula « les critères de convergence » (futur pacte de stabilité) : pas plus de 3 % du PIB en déficit budgétaire annuel, pas plus de 60 % de dette publique. C’était en vue de la monnaie unique, l’euro mis en place pour tout le monde en 2002. Celle-ci est gérée par la Banque Centrale Européenne pour les 18 pays de la zone euro. La BCE a été fait suivant les canons allemands et imitée de la Bundesbank avec une seule mission : inflation en-dessous de 2 %, inflation qui, comme par hasard, ne concernait que les coûts directs de production (dont, natürlich, les salaires) et nullement l’immobilier ou les valeurs boursières. Avec l’euro, les pays adhésifs sont scotchés ; ils perdent leur politique monétaire (taux d’intérêts et masse monétaire) et leur politique de change. Il ne leur reste, compte tenu des critères budgétaires, que la désinflation compétitive, par exemple la « TVA sociale » de 3 points montée par Angela contre les autres pays car cela correspond exactement à une dévaluation de 3 points. Cette mécanique a été notablement aggravée en 2012 avec le traité Merkozy (TSCG, aggravé davantage avec le « semestre européen voulu par les 6 et deux « packs » budgétaires) qui met les budgets sous la surveillance de die grosse Kommission de Bruxelles avant même leur passage devant le parlement national. La Kommission peut lancer des procédures pour « déficits excessifs » et retoquer des projets de budget (cas récent de l’Italie) ; c’est amusant de sanctionner financièrement un pays qui est déjà en difficulté. Rappelons que la Kommission devrait aussi s’attaquer aux excédents excessifs ; ce qu’elle ne fait jamais car cela concerne surtout l’Allemagne avec ces 220 milliards de balance commerciale positive par an.
Plus de politique de change, plus de politique monétaire, plus d’autonomie budgétaire, le tout sous contrôle automatique, plus de douane, plus de réglementation interne du commerce et des flux (marchandises, services, capitaux) dites-moi ce qui reste comme degrés de liberté aux gouvernements européens ? En outre, les aides financières entre pays sont interdites, de même que les prêts des banques centrales et encore plus de la BCE. Chacun est tenu d’appliquer l’austérité chez lui au lieu de jouer les cigales et d’aller mendier chez les industrieuses fourmis du Nord
La troisième mâchoire réside dans le système de répartition des compétences et de prise de décision dans l’UE. Le véritable et seul décideur est le conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement ; mais c’est une cohue de 28 autonomistes nationaux attachés, chacun, à leurs rentes ou sources de dumping particulier comme la fiscalité des sociétés (Irlande, notamment) ou l’exportation de travailleurs détachés ou l’exploitation du charbon (Allemagne, Pologne). De plus, suivant les cas, pour décider il faut soit l’unanimité (par exemple pour la fiscalité), soit « la majorité qualifiée ». Celle-ci est définie de telle façon qu’elle ne peut être obtenue que par des alliances entre pays. Qui a suffisamment d’alliances (c’est-à-dire d’affidés) ? Vous avez deviné : l’Allemagne qui copine avec les pays protestants du Nord de l’Europe ou paradis fiscaux comme le Luxembourg et les Pays-Bas et qui s’est attaché la plupart des PECOs avec des délocalisations de ses industries chez eux (ça fait de l’emploi) et les fameux « travailleurs détachés ». La Kommission prépare les dossiers et les textes réglementaires en tant que fer de lance administratif et applique les décisions en tant que quasi exécutif. Elle a un monopole : instruire les traités internationaux de commerce (CETA, TAFTA, par exemple) et même de les faire appliquer avant même leur ratification par les parlements nationaux (cas du CETA avec le Canada) ! Et le parlement européen est véritablement croupion et muni de fort peu de pouvoirs, sauf sur des queues de cerise qu’on appelle domaines partagés (comme celui de la nomination du président de la Kommission). De plus, ce parlement est depuis longtemps un duopole (PPE et SPD) dominé par l’Allemagne ; les prochaines élections vont sans doute le casser mais cela ne changera rien à son absence de pouvoirs sérieux. D’où l’échec probable de Mac-Tron pour constituer une troisième force libérale et centriste en son sein. En mineure, il ne faut pas oublier est qu’une des raisons du statisme actuel se trouve dans le fait que pratiquement toutes les prétendues élites dirigeantes sont d’obédience SLC. De plus les gens, à cause de leur en concurrence et du carcan des dispositifs libéraux (crédit, individualisme, inégalités, narcissisme ostentatoire…) sont maintenant situés à droite. Et ne nous y trumpons pas : le RN ferait une politique économique en faveur du kapital; comme la droite libérale, mais avec comme spécificité l’anti-immigration et le protectionnisme nationaliste. Comme Trump.
Dans ce bordel institutionnel où règnent les politicards nationaux et les technocrates (encore plus pour la zone euro), il suffit de se doter des postes-clefs. C’est ce qu’a réussi l’Allemagne avec ses amis car une austère et prudent prussien a toujours une ceinture et des bretelles : la mise en concurrence des gouvernements afin de diviser pour régner et l’hégémonie sur les fonctions de direction. Bien creusé, vieille taupe-niveau. C’est pourquoi il est facile de constater qu’aucune décision ne se prend contre les intérêts de l’Allemagne (glyphosate, normes du diesel, taxation des GAFA, ouverture totale de l’énergie à la concurrence, traités internationaux de libre-échange, défense européenne, budget de l’euro-group accepté à un niveau ridicule, mini union bancaire, pas de taxes sur les transactions financières …).
Cependant, la victoire de l’ordo-libéralisme des gouvernants vert-de-gris est très largement due à la complicité néolibérale des autres dirigeants. Prenons un exemple. En Allemagne le gouvernement ne peut faire passer un projet de règle européenne que s’il est conforme à la Constitution teutonne ; ce que vérifie ex ante et scrupuleusement la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe. Ce qui signifie que le droit européen et supérieur aux droits nationaux est toujours conforme au droit allemand… En France, les institutions politiques sont construites de façon à laisser au pouvoir élu toute décision. Le Conseil constitutionnel ne vérifie pas (hors de sa mission) la conformité des projets européens à notre Constitution. En revanche, le Conseil d’Etat, juridiction publique spéciale et exorbitante (cela n’existe pas dans les vraies démocraties) et où les juges sont nommés par le pouvoir, vérifie que les projets de loi francaouis sont conformes aux règles européennes, c’est-à-dire tudesques ! Et ni Mac-Tron, ni les autres, ne nous ont parlé de l’impossibilité française de modifier la ligne politique de l’UE si la France ne changeait pas elle-même son système institutionnel construit en faveur d’une technocratie devenue ensuite hyper libérale. Et il faut rappeler que c’est le franscisquain Tonton, traître au socialisme, qui a lancé à grande vitesse le néolibéralisme en France et l’entente cordiale avec les dirigeants casque-à-pointe (revoyez Tonton, le nabot, serrant la main du « taureau de Bavière », Kohl, à Douaumont ; c’était clair : une alouette francouie et un mammouth prussien). Depuis, tous les dirigeants français ont fait du suivisme ordo-libéral. Plus malins furent les Gibbys qui refusèrent avec succès tous les règlements européens rognant leur souveraineté au nom de « l’opt-out ». En gros, après le départ de Charlot, le président français n’est qu’une sorte de gauleiter chargé d’appliquer les directives d’origine allemande. Ils n’y sont pas forcés ; ils le font pour imposer aux Français des réformes néolibérales sous prétexte de « contrainte extérieure », celle-là même qu’ils ont contribué à créer tout en se défaussant sur l’Europe, des inconvénients subis par le peuple. Pourquoi vouloir continuer à jouer aux cons alors que la ficelle est devenue une corde d’amarrage au SLC ordo-libéral ?
Il apparaît donc clairement que l’on ne peut pas réussir à faire évoluer l’Europe sans des alliances solides et majoritaires. C’est ce que voulait Mac-Tron mais l’Allemagne lui a mis des bâtons dans les roues et il s’est fâché avec les PECOs avec son discours anti populiste et pro immigration.
Voter pour l’UE ne sert donc à rien. Il faut se concentrer sur le combat anti SLC au sein du pays. C’est possible et j’en ai déjà donné des idées. Pour mémoire et par exemple : la fin des suppressions ou baisses des cotisations sociale pour le patronat au profit de leur détaxation à l’exportation (donc uniquement pour les boîtes qui exportent) et leur taxation au même taux pour les importations ; la taxation des produits en fonction du kilométrage parcouru, un emprunt forcé sur le patrimoine pour rembourser la partie extérieure de la dette publique, la création d’une banque du peuple avec une monnaie interne et procurant des avances à l’Etat, la création de droits compensateurs pour les différentiels de législation sociale et environnementale, le contrôle et le renforcement des normes écologiques et de santé en même temps applicables aux produits importés… On est loin des professions de foi des listes candidates aux européennes, toutes rédigées en on doit, il faut, y a qu’à modifier les règles européennes. Comment et avec qui, Ducons ? Tout ce beau monde est en fait macronien : la volonté remplace la réalité et il suffit de vouloir pour tout changer en Europe !

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