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Triste époque Macron compatible

Classé dans : politique — 05/28/2019 @ 10:51

Comme visé par le duopole RN/LREM, nous nous retrouvons avec deux forces monopolistes qui se tiennent par la barbichette et se renforcent mutuellement. Macron a donc gagné son pari : n’avoir comme opposant sérieux que le RN, ce qui lui ouvre un boulevard pour sa réélection en 2022 au nom du front ripoublicain. La Marine est aussi gagnante car elle peut se targuer d’être la seule opposante tout en sachant qu’elle ne sera pas présidente ; ce n’est pas son but réel qui est d’accroître son marché de représentants chargés seulement de casser la baraque sans projet crédible. Son credo est : je casse, donc je suis.
Mais il nous faut dépasser le traditionnel bavardage rationalisateur des analystes politiques, journaleux et autres figures du blablabla contemporain qui reste toujours à la surface des choses afin de maintenir le système car on se garde bien d’ne déconstruire les fondements. Et pendant qu’on blablate, le saccage SLC et néolibéral peut continuer. Or, ces élections ont définitivement prouvé plusieurs choses qui sont à la fois structurelles et processuelles dans le long terme.
• La fiction de l’électeur votant pour l’intérêt général, ce qui fait de la chambre élue sa détentrice soi-disant légitime alors qu’elle n’est que légale, a volé en éclats (de voix). L’électeur ne vote pas pour l’IG mais seulement pour l’idée qu’il s’en fait en fonction de ses préoccupations personnelles, lesquelles, naturellement, peuvent s’agglomérer pour donner une impression de vote collectif. Or une simple addition statistique ne fait nullement un courant de pensée et encore moins une organisation structurée munie d’un projet et disposant à la fois d’un projet commun et de moyens de pression pour prétendre le réaliser.
• La société est définitivement fracturée, constituée d’ilots et d’archipels. Le vote est atomistique et individualisé et « en même temps » montre l’existence de communautés plus ou moins formelles qui se disputent la direction politique de la société à partir de son émiettement sociologique. La société est un manteau d’Arlequin d’atomes individuels et de molécules communautaires ou statistiquement agglomérées. Dans ce magma en fusion permanente, il suffit de réunir le plus gros bataillon pour l’emporter. Une minorité électorale peut se transformer en majorité parlementaire comme on l’a vu avec l’élection de la chambre Macron en 2017 dont en moyenne les élus n’ont obtenu au premier tour des législatives que 15 % des suffrages des inscrits. Les majorités et blocs politiciens ne se constituent que postérieurement au vote, lequel est devenu volatil. Car il est devenu purement individuel conformément à la culture individualiste propagée par le SLC (je rappelle qu’il s’agit du système libéralo-capitaliste). L’électeur ne se réfère plus à un groupe d’appartenance (social, politique ; mais attention à la montée du vote culturalo-communautaire) et les partis, qui en étaient porteurs sont en voie de disparition. Cependant apparaissent des appartenances culturelles et/ou religieuses qui deviennent structurantes au détriment des vieux partis. Mais dans ce cas, c’est l’appartenance personnelle à telle ou telle culture
• Pour ce faire, il suffit que le système électoral et les institutions politiques organisent structurellement la domination d’une minorité sur la majorité du peuple. C’est chose faite avec la Vème ripoublique, l’élection du président au suffrage universel, al réduction de son mandat à 5ans et le passage des législatives après les pestilentielles. C’est pourquoi l’arrivée promise par Mac-Tron d’une part de suffrage proportionnel sera calibrée de façon à maintenir les vertus du suffrage uninominal majoritaire à deux tours.
• Il en ressort que la stratégie du Zident n’est pas du tout touchée (au plan national car dans l’UE sa position est affaiblie) : profiter au maximum de la plénitude des pouvoirs qu’il détient pour imposer le SLC au pays ; c’est une ânerie car dans la concurrence sauvage européenne, tous les autres pays vont réajuster leur politique de compétitivité contre les autres et cela sans fin possible. Mais pour lui tant pis : mieux vaut le libre-échange sans freins que l’existence du pays dont il prévoit qu’il sera heureusement noyé dans une UE ordo-libérale d’obédience teutonne. Mac-Tron vise sans doute deux mandats et après de se lancer dans les affaires par pantouflage juteux à l’instar de Barroso ou Schröder.
• L’opposition structurante droite/gauche n’existe plus au profit, versus Mac-Tron de celle entre progressistes et populistes et, versus la Marine, entre mondialistes et nationalistes. Ce qui est de l’amalgame car il reste à définir ce que veulent dire ces choses, à commencer par le progrès dont il est assez clair que chez Mac-Tron, mais pas pour les gens ordinaires, il signifie modernisation vers le SLC ; c’est-à-dire reculs sociaux pour le peuple. Il faudrait aussi savoir si la nation existe encore entant que corps politique cohésif. La réponse me semble non car le pays est devenu la Micronésie éparpillée dans l’océan peu pacifique du SLC.
• La balkanisation de la société en atomes individuels et en molécules groupales est devenue telle qu’il est quasi impossible d’agglomérer des populations et leurs votes en ensembles majoritaires. En effet il y a beaucoup trop de différences, d’oppositions d’intérêts et de valeurs, de conceptions de la vie pour en tirer un projet commun. Mais, hélas, il y a une exception qui, quoique minoritaire, donne une assise capable d’utiliser à son profit les institutions politiques pour dominer la majorité trop divisée du peuple tout entier. C’est la petite minorité assemblée autour du projet SLC de modernisation du pays à l’avantage des nomades, des polyglottes, des manageurs apatrides, des séparés du peuple vivant dans des ghettos de riches, de ceux qui ont intérêt à la mondialisation contre l’identité de la France. Vous aurez reconnu les soutiens de Mac-Tron, soit au maximum les 18,5 % des inscrits qui ont voté pour lui au premier tour des pestilentielles. La véritable coupure structurante est donc l’opposition entre les tenants de la mondialisation et ceux de l’enracinement, entre les mentalités apatrides et les partisans de l’identité culturelle et sociale du pays.
• La montée du nationalisme est fort regrettable mais c’est une conséquence directe de la guerre commerciale entre pays organisée par l’UE et avivée par Trump. On en est revenu à la politique des puissances, chacune essayant de dominer les autres. On a le regret de dire que pour lutter contre l’emprise du SLC il est hélas nécessaire de défendre les intérêts nationaux ; sauf à ce que l’UE soit réformée et se constitue en puissance indépendante et en revienne à la préférence communautaire. Las, ce n’est pas demain la veille. On le saura bientôt avec la nomination aux postes principaux de responsabilité dans l’UE. L’hydre SLC d’obédience ordo-libérale reste bien vivace même si elle a un peu changé de têtes par suite des élections européennes.
• La remontada des écolos n’est pas forcément bon signe car ce mouvement est hétéroclite, truffé de libéraux comme Jadot alors que le SLC néolibéral est le pire ennemi de l’écologie. De plus, on peut craindre des ambitions gouvernementales afin d’exercer un peu de pouvoir ; la Hulotte a déjà montré ce qu’il en était sous Mac-Tron. Le naufrage de LFI est prometteur car ce courant politique est intimement vertical, sectaire et soumis aux egos, tel celui de Mélanchthon.

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