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De la situation politique en France avec Mac-Tron

Classé dans : politique — 06/03/2019 @ 10:52

Les grands analystes politiques et autres sondeurs, après les européennes, restent à la surface des choses. Ce qui n’est guère innocent car cela permet de camoufler les raisons du succès de Mac-Tron tout en lui tissant des louanges qui tournent en boucle sur les grands médias au service du kapital. Essayons de mettre un peu d’ordre dans la logorrhée actuelle.
Le premier moment, indispensable, est de partir d’une analyse de la situation du pays afin, ensuite, de positionner les courants politiques dans un cadre conceptuel commun. Je propose de construire une matrice structurelle montée autour de deux axes essentiels du contexte vécu par les Francaouis et cela depuis des années même si les politistes ont généralement refusé de le mettre en relief. Le premier axe est celui du modèle socio-économique en place, le SLC, VS les évolutions dites sociétales et culturelles. Le SLC, c’est la victoire incontestable du SLC, tant dans les esprits des puissants, y compris les politicards, dans le monde, l’UE et la France. C’est la logique en place de la concurrence ûber alles, du libre-échange sans limites, de la rentabilité à court terme, de l’emprise de la finance sur l’industrie et l’économie. Mais ce sont aussi leurs conséquences visibles sur les populations impliquées malgré elles : compétition, individualisme, narcissisme, précarité, pauvreté, diminution de la protection sociale et du droit social et syndical, mépris de la planète… C’est la partition sociale entre les In, les nomades, les bien formés, les partisans de la mondialisation, de la modernité et du » progrès » et les laissés pour compte, notamment la classe moyenne, accusés d’être des losers, des réactionnaires, des racistes homophobes, des populistes plus ou moins nationalistes et anti immigrés…
Le deuxième axe est celui des oppositions VS des partisans en ce qui concerne l’état des choses et leur évolution souhaitée ou déplorée. Les opposants sont de tout poil, des conservateurs aux réacs en passant par ceux qui veulent renverser la table (cela dit pour rappeler le mot de Malthus qui prétendait qu’il n’y avait pas de la place pour tous au grand banquet de la nature) ; les partisans sont les chantres de la modernité, du progrès, de la diversité, de l’ouverture au monde…
Ces deux axes découpent quatre cadrans dans lesquels on peut aisément situer les forces politiques en présence et les populations. N’étant pas un champion du traitement de texte, je suis incapable de représenter graphiquement la chose sur mon PC ; mais vous allez, cher lecteur, faire comme moi en vous munissant d’une feuille A4 et d’un crayon pour positionner ce que je vais vous dire maintenant que le quadrille est en place.
• Quadrant en haut à gauche (SLC/oppositions). Nous y trouvons facilement le RN, LFI, Dupont-Aignan et une partie des écolos ou des gilets jaunes. Notons qu’on retrouve de l’écologie dans tous les partis ou presque et que les « Verts » de Jadot sont très partagés entre les partisans du SLC et ceux qui ont compris qu’il n’y a pas d’écologie possible si on reste dans la logique du SLC. C’est la position de la Hulotte qui a claqué la porte au nez de Mac-Tron. Il y a aussi les ex-frondeurs du PS qui ont gardé une fibre sociale et torpillé le Grand Gentil Mou, à savoir le plat et rose très pâle Hollande. Et aussi les patriotes de Philippot.
• Quadrant en haut à droite. Nous y avons LREM, les centristes (MODEM) et autres libéraux en économie (dont Avenir, une dissidence de LR), une bonne partie de ce qui reste du PS frondeur (dont une bonne part est déjà partie chez LREM), de très nombreux écologistes SLC friendly car ils pensent que pour amender le SLC en économie de marché il suffit de faire confiance aux mécanismes dudit marché en orientant la consommation et la production par des taxes et des incitations. C’est la position de Canfin, le copain vert de Mac-Tron ; le malhomme fut à la tête de WWF France alors que WWF est financé par les pires industriels et banquiers du monde pétrochimique et a été fondé par des fachos.
• Quadrant en bas à gauche (axe oppositions/ évolutions sociétales). On peut y regrouper ce qui reste de LR après le départ de la droite centriste et libérale chez Mac-Tron, les membres ultra cathos de la manif pour tous, le RN (eh oui, un parti n’est jamais dans un seul quadrant), Dupont-Saignant, les extrémistes populistes, notamment chez certains gilets jaunes.
• Quadrant en bas à droite (même axe que le précédent quadrant). On y place tous les partisans de la vieille « gôche », celle du franscisquain Tonton qui a fait adhérer le PS au SLC tout ne remplaçant la justice sociale par les avancées sociétales, la prime au communautarisme, l’anti racisme, le mouvement des Beurs et de ne touche pas mon pote, les immigrés opprimés et à recevoir en nombre… Mac-Tron est naturellement très ouvert à la « diversité » qui est le symbole le plus éclatant de l’ouverture et du progrès à grands coups de progression des droits individuels au détriment des droits collectifs et sociaux. Mais il est rusé et tient à ne pas trop l’afficher car celui lui ferait perdre le soutien d’une partie de la droite qui s’est ralliée à son panache en voie d’alopécie. LFI est largement de cette eau-là, ce qui explique qu’elle a perdu ses partisans populaires au profit du RN. Des mouvements comme celui des indigènes de la république sont de cette mouture comme toutes les communautés fans de la diversité en tout domaine.
Ce grossier repérage, que vous avez tout loisir de peaufiner, permet de mettre en relief que le pays est un « archipel » balkanisé en oppositions en tout genre, ce qui rend très difficile tout rassemblement politique stable ; Dieu merci, nous avons les merveilleuses institutions de la Vème ripoublique qui permettent à une minorité électorale d’obtenir sans coup férir la plénitude des pouvoirs, à commencer par une majorité législative de type bleu horizon. Et cela d’autant plus que s’il y a duopole LREM/RN alors la première est assurée de la victoire du front républicain conter le fascisme. Cela tombe bien car le RN ne veut pas exercer le pouvoir ; il veut simplement profiter de ses privilèges. RN Et LREM se tiennent par la barbichette au détriment des autres forces sociopolitiques.
Il reste à positionner le peuple. Celui-ci, dans son écrasante majorité se situe dans l’opposition au SLC et en bonne partie dans le refus des évolutions sociétales qui font perdre au pays son identité, sa culture, ses mœurs. Une petite fraction du peuple (15 % des inscrits, dont maints socialistes champions de la diversité et du marché)) est à fond pour le SLC et la modernité en tout domaine ; c’est la base du macronisme qui a su ensuite attirer une bonne partie de la droite, la bourgeoise qui n’a pas de convictions mais seulement des acquis et un portefeuille. Ce « rassemblement » est par nature instable car il suffirait que Mac-Tron ne satisfasse pas à des demandes contradictoires pour que des remaniements et dissidences surviennent. Il est clair aussi que les 15 % ne pourront pas durablement dominer la grande majorité dont les gilets jaunes non populistes sont les symboles. Mac-Tron peut gagner les élections mais cela n’empêche pas les problèmes structurels du pays de perdurer.
Cette grille de lecture est déjà fort éclairante pour la situation politique du pays. Mais il faudrait la complexifier pour rendre compte au moins d’un autre système de partition du pays et des forces partisanes. Je propose deux autres axes à intercaler entre les premiers : un axe nord-est/ sud-ouest de mode de direction du pays ; soit la démocratie participative, soit la démocratie illibérale : les gilets jaunes sont pour la participation, comme du reste les vrais populistes de gauche, Mac-Tron pour la technocratie verticale, la démocrature à la Orban auquel il ressemble beaucoup bien qu’il feigne de le combattre, la centralisation, l’encadrement de l’expression, la répression par le droit… LFI est libérale dans le discours mais risquerait fort d’être totalitaire dans la pratique de même que le RN. Et l’autre axe (nord-ouest/sud-est) est celui du rapport à la mondialisation VS souverainisme. Le RN est souverainiste dans le blablabla mais serait mondialiste/SLC en faveur de ses copains du kapital ; Mac-Tron est « à la fois » parangon de la démocrature technocratique et du SLC mondial car il ne peut plier le pays au libre-échange généralisé que par la force des lois pondues par ses experts (c’est de l’ordo-libéralisme…). Je suis prêt à parier qu’une bonne fraction des écolos serait prête à assurer la mise en place de la défense de l’environnement et de la diversité par la voie illibérale. Evidemment on peut imaginer d’autres axes pour mettre en relief les grands enjeux sociopolitiques actuels et pour tous les pays. On aurait ainsi un superbe rosace des positionnements, ce que se gardent bien de faire nos politistes, sondagiers, spin-doctors, communicants, journaleux et autres chiens de garde du système SLC. L’enfer naquit un jour de la simplicité…
On a donc déjà une rosace des positions politiques. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi hiérarchiser les enjeux si l’on veut avoir une ligne politique suffisante pour faire évoluer les choses. Or, nous avons deux phénomènes étroitement imbriqués : celui du SLC qui détruit la planète et tous les repères sociaux au profit du kapital industriel et de la finance et celui de la disparition de la démocratie réelle. Les deux sont liés car les politiciens illibéraux sont financés par le kapital et, en retour, font voter des lois de dérégulation en sa faveur. Je dirais que la priorité numéro 1 est de restaurer la démocratie, qui aujourd’hui n’est qu’un paravent du kapital, afin d’enlever aux politicards le pouvoir de « donner et casser la loi » nationale (premier attribut de la souveraineté) pour la remplacer par celle du fric apatride. Certes, le système électoral est construit pour faciliter l’emprise du kapital. On ne peut le détruire de front et immédiatement. On peut en revanche l’éradiquer peu à eu en faisant de la démocratie à la base par action directe et expérimentale et « en même temps » en construisant peu à peu la fédération des luttes et des expériences anti capitalistes et anti-gouvernance verticale.
La rosace des positions permet d’éliminer la fausse opposition droite/gauche actuelle (fausse car il y a accord sur l’essentiel entre les deux, ce qui, justement, fait émerger les oppositions soi-disant populistes) et le ridicule progressisme VS conservatisme de Mac-Tron. En fait le SLC a ressuscité la lutte des classes à condition de la redéfinir : c’est le combat entre les bénéficiaires du SLC, amis de Mac-Tron, et les populations en voie d’exclusion et de paupérisation, à savoir toutes les victimes du SLC. La vraie opposition est celle entre les riches et les pauvres et tous les exclus, entre la vraie droite pro kapital et une vraie gauche redevenue socialiste, c’est-à-dire fondée sur la Justice. Eh oui en devenant de gauche, le vrai socialisme a disparu au profit de la promotion du SLC compensée par du sociétal à l’infini. L’Etat de droit est une fumisterie car il ne s’agit que du droit de la concurrence et de l’état des droits individuels dont la progression incessante pour résultat d’atomiser le peuple « façon puzzle » afin de diviser pour régner. C’est comme cela qu’il faut lire l’opposition entre mondialistes et souverainistes : entre l’économie financière sans régulation et la justice sociale comme modèle d’une communauté politique nationale.

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