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Commémoration du D Day : l’hommage de l’hypocrisie à la vertu

Classé dans : politique — 06/07/2019 @ 9:31

75 ans après les puissants et les rares rescapés encore vivants commémorent le jour du déparquement le 6 juin 1944. Certes, on ne peut oublier de salut la mort de tant de jeunes hommes par la faute des nazis et, aussi, de la gloriole de certains généraux comme Montgomery. Ils méritent d’être honorés mais, en « même temps » de rappeler que « maudite soit la guerre » comme on l’a vu écrit sur un monument aux morts de la « der des der ». Ce jour de terreur et de gloire doit être mis en perspective historique quitte à « bémoliser » l’anniversaire en cours et à se souvenir de quelques aspects désagréables que la mémoire des vainqueurs a glissé sous le tapis. Quant au qualificatif de héros, je laisse cela aux historiens mais il me semble que les conscrits n’étaient guère libres d’aller au casse-pipe et que les enrôlés ne l’étaient pas toujours de leur plein gré ou pouvaient n’avoir pas le choix. Beaucoup de héros de toutes les guerres sont surtout des victimes involontaires de conflits et de structures qui les dépassent.
Le débarquement a été suivi par la « bataille de Normandie » qui a été sauvage et a amené bien des événements par la suite occultés. Il y a eu dans les 30 000 à 60 000 Normands zigouillés au titre de victimes civiles collatérales. De nombreuses villes (Cherbourg, Caen, Le Havre, St-Lô…) ont été rasées par les bombardements alliés opérés à 5 km de haut pour ne pas encourir de pertes : souvent ses quartiers entiers ont été démolis sans que l’objectif visé ne soit atteint comme à St-Etienne (Loire) où la gare ciblée n’a pas été touchée alors que les alentours ont été détruits. Les alliés ont fait bien plus de dégâts que les Doryphores en 4 ans. Les Big Chiefs des forces alliées faisaient alors peu de cas des civils et des intérêts ultérieurs de la France. Certains historiens se sont même demandé si ces destructions massives n’étaient pas volontaire dans le but de ruiner définitivement le pays au profit de la puissance anglo-saxonne d’après-guerre. On doit aussi se souvenir de ce que le gouvernement en exil de de Gaulle n’avait pas été associé et que Charlot s’était opposé à ce débarquement en partie pour cette raison de gloriole perso. On a pudiquement minimisé que les résistants normands et français avaient été mis à solide contribution pour saboter les lignes arrière et les infrastructures utilisées par les Verts-De-Gris (voies ferrées, ponts, routes, télécommunications afin d’empêcher l’arrivée de renforts teutons). On a même souvent mis ces résistants en danger, voire même sacrifiés, au profit de ruses anglo-saxonnes ou pour contenir l’ennemi en se déployant plus loin. Il fallait que la victoire fût purement anglo-saxonne afin de se parer des plumes de seul sauveur.
On a passé sous silence le fait que les USA ne sont intervenus qu’assez tard (comme en 14/18) et seulement parce que Hitler, allié aux Nippons, leur avait déclaré la guerre. Car les USA étaient fort divisés sur une intervention tant au nom de la doctrine Monroe que de par la présence sur le sol US d’une forte germanophilie liée à la forte population d’Allemands et de leurs descendants chez eux ou à l’activisme de pro-nazis comme Lindbergh ou Kennedy, le père de JFK. On a fortement sous-estimé que la victoire devait énormément aux Russes, lesquels pour la énième fois n’ont pas été invités aux commémorations. Une blague de l’époque disait que la victoire était due : au sang russe, au matériel américain et à l’or anglais. Et même aux bouchers français avec leur hymne : décochons, décochons nos traits, détruisons, détruisons l’ennemi, pour sau., pour sau. ,pour sauver la patrie.
Et surtout il faut se rappeler deux choses qui expliquent largement le peu de souci qu’avaient les alliés de la France et des populations françaises largement amalgamées aux collabos par la propagande alliée. Les USA voulaient faire de noter pays un protectorat US réduit à l’agriculture et muni par leurs soins d’une nouvelle monnaie ; itou pour la Tudesquie. Ils voulaient aussi propager leur bon modèle US de démocratie, de paix, de coordination internationale (doctrine Roosevelt rappelant fortement celle des 14 points de Wilson après 14/18). Le premier point a magistralement été déjoué par le général de Gaulle qui a su mettre en place un gouvernement provisoire efficace et éviter la guerre civile et qui a su faire participer des armées françaises à la victoire finale (Leclerc, de Lattre de Tassigny de Corvée de Chiotte demain matin, Koenig…).
Sur le deuxième point, il faut considérer que pour se reconstruire les belligérants européens avaient noté qu’une des raisons de la 2ème guerre mondiale avait été l’insécurité sociale et politique récupérée par les populistes fascistes : ils ont alors mis en place un « Welfare State » (programme du CNR en France) peu compatibles avec l’hyper libéralisme économique US. Sur ces entrefaites, il y a eu création par la force du bloc de l’Est, d’où une ferveur anti communiste aux USA pendant des décennies. Ce qui a justifié le plan Marshall dont la Doryphorie a été une grande bénéficiaire (10 %) et l’annulation de ses dettes de 14/18. L’Allemagne devenait la tête de pont des USA contre le communisme et sa reconstruction économique a été largement favorisée notamment par la création de la CEE sous houlette US. Mais les USA ont eux-mêmes disqualifié les belles intentions de Roosevelt : chasse aux sorcières interne (notamment avec le célèbre Hoover du FBI), pronunciamentos en Amérique latine ou en Indonésie organisés avec la CIA pour défendre les intérêts des boîtes US (comme la redoutable United Fruit), notamment avec Pinochet, guerres anti communistes, ingérences un peu partout. Ok, pour la paix, mais c’était pour les autres pays, pas pour la puissance impériale.
Par ailleurs, en ce qui concerne la régulation économique, les USA sabotèrent en 1971 (fin, sous Nixon, de la convertibilité du dollar en or) les institutions de Bretton Woods qui avaient pourtant, contre Keynes, construites su mesure pour eux. Dès lors, à partir de 1973, le SLC néolibéral put s’implanter partout par suite du flottement des monnaies et de la libre circulation des capitaux. Le résultat final aujourd’hui est la guerre économique partout, la fin du multilatéralisme et la domination de l’Allemagne sur l’Europe. Heil Merkel. Le D Day ne serait-il pas en fait une victoire à la Pyrrhus ? Ce qui nous changerait des commémorations mémorielles axées sur le prétendu monde libre.

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