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EDF, la vache à lait du pouvoir bradée au SLC par tous les gouvernements francaouis

Classé dans : politique — 06/11/2019 @ 10:56

Cela fait des décennies qu’EDF est démantibulée et exploitée par le pouvoir. Je mentionne là quelques exemples des prédations étatiques mais je ne vais pas remonter aux calendes grecques pour ce faire. Une des plus terribles et énorme première prédation fut quand le pouvoir piqua la Compagnie Nationale du Rhône à EDF pour la refiler au privé par suite d’une première injonction de Bruxelles pour casser le monopole du producteur national d’électricité en France. Il faut rappeler que la CNR a été entièrement financée par l’usager et le contribuable, ce qui fait de cette opération une pure spoliation. De plus la CNR ne produisait pas que de l’électricité : elle avait aussi pour mission l’irrigation et la régulation du niveau des eaux dans la vallée de la Durance. Rappelons qu’EDF a été nationalisée, c’est-à-dire étatisée en 1946 (avec GDF) ; cela explique la facilité des prédations gouvernementales au nom de l’Etat qui, du reste, n’existe pas ; ce qui existe, c’est le gouvernement, les élus et l’administration. Du reste, à cause de cela, EDF a très souvent servi de lieu de placement des amis du pouvoir ; après le départ de Boiteux en retraite on a vu défiler les présidents incompétents ou ripoux : Ménage, condamné en justice et copain de Tonton le francisquain, Alphandéry (de droite après alternance), l’ancien préfet Roussely mitterrandesque qui fliquait le personnel et l’affairiste Proglio, du reste pas le pire… EDF était priée de financer des anciennes gloires des partis, par exemple DSK qui recevait 500 000 francs par comme « consultant ».
On a eu aussi une manipulation de Balladur consistant à vendre à EDF le réseau de transport à très haute intensité (dit RAG, réseau d’alimentation générale), réseau qu’elle avait construit là encore avec l’argent des clients et contribuables et qui lui appartenait donc déjà, contre des titres (actions vendables sur un marché boursier). Edf n’avait pas de capital sous forme d’actions transmissibles puisque c’était une entreprise d’Etat (un EPIC, établissement public à caractère industriel et commercial). Cette manip était un premier pas vers la transformation de l’établissement en firme à logique privée ; Au passage Balladur ramassait des picaillons pour boucher les trous du budget de l’Etat. Rappelons que le malhomme était président de la Société du Tunnel du Mont-Blanc (émargeant à 50 000 francs pour ne rien foutre) lors de la catastrophe qui fit 39 morts faute d’investissement et d’entretien. Il faut aussi dire que le RAG était sous le régime de la concession (par l’Etat), régime francofrançais inventé au 19ème siècle et qui a la monstrueuse particularité de donner au concédant (l’Etat ou une collectivité locale) tous les biens construits et payés par le concessionnaire à l’issue de la concession ! C’est donc un système de spoliation légale des financements faits en fait par les usagers. En général le concessionnaire privé, par exemple une compagnie des eaux ou d’autoroutes, en profite pour gonfler les tarifs car il sait qu’il peut perdre la concession à son échéance s’il n’est pas reconduit.
Et le cirque continue. Vers 1985, le gouvernement sucre les dotations d’investissement à EDF, priée d’emprunter sur le marché financier international à ses frais, c’est-à-dire à ceux des usagers. C’est là qu’on voit l’esprit court-termiste et comptable (et dans comptable, il y a table) de nos élites car l’opération améliore la balance des paiements l’année de l’emprunt mais la détériore les années suivantes (remboursements et intérêts du prêt). Pour faire payer l’emprunt aux usagers, il aurait fallu augmenter suffisamment les tarifs : niet car le gouvernement n’en voulait pas, d’où une augmentation vertigineuse de la dette… EDF, par suite des décisions étatiques a toujours couru avec un sac de béton sur le dos et les pieds et mains liés. Ce qui a commencé de tuer la bête quand on est passé à la concurrence.
En 2005, EDF a été transformée en société par actions et séparée de GDF (devenue Engie et fusionnée avec Suez), le gouvernement y gardant une majorité des titres à 87 % (descendu aujourd’hui à 83). Puis les titres ont été vendus (à 32 euros pièce ; 12,78 actuellement) et pour rendre la mariée plus attractive il fallait diminue sa dette. Ce fut fait en refilant les régimes spécial de retraites à la sécu moyennant une grosse soulte : belle opération comptable car au passage ladite sécu empochait la soulte et ainsi diminuait le déficit public. Au passage, la cotisation retraite des salariés passait de 8 à près de 12 % (record battu pour ces cotisations, ce qui n’empêche pas un ministricule actuel, le lion qui a Rugy, de réclamer la fin du tarif agent à 10 % du tarif normal) et le gouvernement créait une taxe spéciale sur l’électricité pour payer la part patronale excédant la normale car il avait fallu conserver les avantages du régime spécial (retraite dès 55 ans pour les « actifs », au taux de 75 % du dernier salaire) pour faire avaler la pilule au personnel et aux syndicats. Itou pour la mutuelle qui fut séparée des comptes d’EDF car c’était une dette à long terme. Au passage, le taux de cotisation, surtout celui des retraités, a été fortement augmenté.
Toujours plus, comme dit Wa(l)ter de Closets. Une taxe spéciale dite de contribution au service de l’électricité a été créée pour financer le développement des énergies renouvelables par les consommateurs eux-mêmes. Les fiscariotes continuent de sévir : les taxes sur l’électricité plus la TVA (qui s’applique aux taxes !) font 36 % du prix réglementé. Mais « on ne nous dit pas tout » : il y a aussi des « redevances de concession », telle celle servie à la ville de Paris d’environ 70 millions d’euros par an. C’est amusant car EDF paie toutes les installations de la concession de distribution publique et « en même temps » une redevance de concession. Si on ajoute les multiples taxes locales qui, plus qu’ailleurs, sont payées par EDF on aboutit facilement à plus de 50 % de taxes sur l’électricité (sur l’usager ou sur l’entreprise) incorporées dans le prix de vente, ce qui en fait la nouvelle gabelle. Il n’est pas étonnant qu’il faille aider les pauvres mais aux frais des autres consommateurs ; c’est un impôt déguisé et cela montre que nos fiscariotes pratiquent avec bonheur la stratégie du sapeur Camember : creuser un trou pour en boucher un autre. Et sous Tsarko fut inventée la loi NOME qui oblige EDF à fournir au prix de revient un quart de sa production nucléaire à des concurrents ; lesquels trouvent aujourd’hui cette proportion bien insuffisante. C’est une révolution, même dans l’idéologie libérale : qu’une boîte alimente et crée elle-même ses propres concurrents. C’est maintenant Gribouille qui se jette à l’eau de la concurrence pour éviter la pluie du marché. Encore plus fort : EDF vend même maintenant cette part du nucléaire en dessous de son prix de revient réel. Car le prix officiel est très sous-estimé par suite de la minoration des dépenses suivantes ; retraitement, stockage ou enfouissement des déchets, destruction des centrales déclassées, remise aux normes et frais de rénovation des centrales dont le coût a vertigineusement augmenté (on parle d’au moins 100 milliards) par suite de l’allongement de la durée de vie des centrales. C’est une autre astuce comptable : amortir sur 40 ans au lieu de 30 diminue d’autant le compte amortissements de l’entreprise ! Et, bien entendu, les gouvernements ont toujours empêché une augmentation des tarifs.
Dès les années 90, EDF s’est mise à investir à l’étranger au point que la moitié de son CA s’y fait. J’avais donc demandé que l’on supprime, à cause de la bonne langue française, l’appellation Electricité de France (et de Navarre) pour le nom Société Française d’Electricité. On ne m’a même pas répondu. La dernière escroquerie d’investissement est la centrale rosbif de Hinckley Point, payée par EDF pourtant déjà lourdement endettée, contre l’engagement du gouvernement des Gibbys d’un prix de vente garanti et plutôt juteux. Je doute que le deal marche encore bien après le Brexit. Autre bizarrerie : par des accords léonins EDF s‘est engagée, par exemple, à fournir la Doryphorie en électricité, ce qui, il y a quelques années, a amené la boîte à couper l’alimentation en Ile de France au profit de la région de Hambourg où le réseau de transport avait eu une panne !
La Kommission de régulation de l’Electricité vient d’obtenir une hausse de 5,9 % du tarif réglementé (plus 1,9 % en préparation pour les frais de transport et de distribution) sur la base d’un calcul mathématique truqué qui y oblige. C’est le rêve des libéraux : remplacer les décisions politiques par des automatismes comme des règles de calcul ou l’appel « aux forces du marché » auto-régulé et optimisateur. La formule est aux petits oignons car, non seulement elle prend en compte le coût de revient mais encore le prix du marché européen. C’est actuellement le désespoir des concurrents d’EDF : le prix auquel ils s’approvisionnent durablement (en dehors du marché dit spot qui est très variable car son prix dépend des aléas climatiques et du rapport offre/demande à l’instant t, lui-même fonction des capacités de production et des heures de forte consommation) sont devenus supérieurs à ceux d’EDF ; solution : non pas faire baisser les prix extérieurs mais hisser celui d’EDF ! Les prix européens augmentent (je dois rappeler que la concurrence est censée les faire baisser !) pour plusieurs raisons. La Teutonie a liquidé son nucléaire presqu’amorti, a investi énormément dans l’éolien, plus cher pour le moment, a remis le paquet sur les centrales au lignite (vive l’écologie allemande) elles aussi plus chères. De plus l’éolien ne fonctionne que quand il y a du vent, ce qui force à prévoir sa compensation par des bonnes vieilles centrales classiques, d’où évidemment davantage de coûts, notamment pour faire face aux pointes de consommation. Là, les Tudesques ont trouvé une solution : faire appel à l’électricité française au nom du marché libre européen ! rappelons que la mise en concurrence entraîne ipso facto l’augmentation des frais de publicité, de chasse aux clients et de communication payés par les usagers ; la baisse des prix est donc problématique jusqu’à la concentration issue de la concurrence sauvage car dérégulée.
Dès 1990 EDF, tout en restant un EPIC s’est lancée dans la mise en place de la logique de gestion capitaliste, à base de réorganisation, externalisation, diminution des charges, client-roi (au lieu de l’usager qui a des droits établis) . Aujourd’hui EDF a perdu ce qui faisait sa force, à savoir son système de formation interne (écoles des métiers pour les agents de base, écoles nationales de métier pour les agents de maîtrise, formation des cadres, Promotion ouvrière par concours interne). Elle a développé l’appel à la sous-traitance pour l’entretien, notamment, des centrales nucléaires, elle a choisi le moins-disant comme fournisseur. Le résultat est là : baisse drastique des compétences accélérée par le départ en retraite des anciens professionnels. D’où les déboires de l’EPR, notamment avec des chaudières défectueuses fabriquées sans grand contrôle d’EDF, par Creusot-Loire ou ce qu’il en reste après la mort d’AREVA (constituée après la mort de Framatome) ou les défauts du béton fabriqué par des sous-traitants de sous-traitants de Bouygues. On peut se demander si ce n’est pas voulu car une ruse traditionnelle pour supprimer un service public est d’exciper de sa déréliction… organisée.
Depuis longtemps déjà, l’UE, poussée par la Doryphorie, exige que la France abandonne ses grands barrages hydrauliques en concession nationale (environ 450) pour les donner à la concurrence. Cela tombe bien car la concession de nombre d’entre eux (un bon quart) va expirer ; vu notre régime de concession, la solution est simple : on sucre la concession du barrage payé par les usagers d’EDF et non indemnisé et on l’offre à l’étranger. Jusqu’ici, la France renâclait mais Mac-Tron va le faire faire. EDF va donc perdre un moyen de faire face aux pointes de consommation et d’abaisser son prix moyen. Pire, la fonction irrigation des barrages va disparaître car un utilisateur privé ne va lâcher l’eau qu’au moment le plus juteux et non pour les besoins de l’agriculture. Bravo car, on le voit ainsi, la France va perdre sur tous les tableaux, y compris en faveur de l’agriculture teutonne ! De même, Mac-Tron fait liquider nos vieilles centrales à charbon susceptibles d’effacer les pointes. Notre pays n’aura qu’à acheter son jus à l’Allemagne qui, les jours de grand vent, est excédentaire.
La Kommission de Bruxelles a exigé et obtenu que les activités d’EDF (production, transport et distribution) soient séparées comptablement. Mais c’était déjà fait et en pratique cela a abouti à une séparation de fait. Formidable car l’atout majeur d’EDF était d’être une entreprise intégrée, qui plus est liée à GDF avec lequel elle avait des Directions communes (personnel et Distribution). On préparait ainsi sournoisement la mise en pièces de l’entité EDF/GDF puis des différentes parties de ces deux EPIC. Il ne restera qu’à privatiser. Mac-Tron a un projet récent de réorganisation d’EDF. D’après ce qu’on en sait car le secret est bien gardé on aurait, d’un côté un nucléaire étatisé, de l’autre tout ce qui pourrait être mis sous la coupe du marché concurrentiel et vendable à la découpe. Encore des combines financières et politicardes car le nucléaire, trop risqué, ne peut relever du privé. Et il s’agirait de mettre la rente nucléaire dans la poche du gouvernement. Idiotie, car si on tient compte des coûts cachés déjà mentionnés ladite rente est … négative ! Il s’en fout car le pot-aux-roses seras vraiment découvert quand il sera en retraite avec la douairière Trognon. Court-termisme, comptabilité plus ou moins truquée et centralisation, voilà les mamelles intellectuelles du macronisme. Ce qui fait boucler sur la politique énergétique et écologique du pays. La voiture du futur, c’est à l’hydrogène produit par la décomposition de l’eau par les centrales nucléaires (à conserver tant qu’elles sont sûres) et non l’électrique très polluante dans sa fabrication ; c’est le chauffage à l’hydrogène, c’est la réduction des gaz à effet de serre et non le dernier mantra, à savoir la neutralité carbonique qui consiste à remplacer un arbre détruit par un neuf au lieu de diminuer les émissions. C’est la biomasse et non les éoliennes, c’est le transport par rail et non le camion ou la bagnole, etc . Mais cela ferait tant de peine à tant de monde dans le monde industriel du SLC…
Les libéraux se prononcent contre les interventions et les propriétés publiques, les socialos contre le marché. Entre le Charybde libéral et le Scylla socialo, il y a le ni Etat, ni le marché : l’anarcho-structuralisme. C’est la solution de Proudhon avec son idée de « Compagnies ouvrières ». Vas is tas ? C’est une entreprise faisant appel à maintes « forces collectives » propriété en « mains communes » de tous les acteurs intéressés (salariés, collectivités locales, nation, fournisseurs, utilisateurs-consommateurs), donc inaliénable, appartenant donc à la fédération sociopolitique et autogérée par ses salariés sous contrôle d’un conseil d’administration multipartite. Cette institution n’est donc ni privée, ni étatique et échappe à toutes les définitions de l’UE. Elle n’est donc pas attaquable ni par des OPA, ni par le pouvoir, ni par les directives de Bruxelles. Il nous reste donc à créer enfin une grande compagnie ouvrière de l’énergie en France… Cela éviterait la mise en pièces d’EDF.

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