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Les Francaouis ne turbinent pas assez, dixit Mac-Tron

Classé dans : politique — 06/13/2019 @ 11:30

Le Zident vient de nous ressortir un bon vieux marronnier de l’idéologie libérale. C’est naturellement une présentation tronqué et intéressée du problème. Le malhomme se fonde sur un seule statistique et fait du benchmarking inapproprié car il y manque l’interprétation de la comparaison. Et de façon générale, ces comparaisons avec les autres pays servent avant tout à réclamer un alignement vers le moins-disant.
Mac-Tron se fonde sur un ratio primitif qui consiste à diviser le nombre d’heures travaillées par le volume de la population, y compris les nourrissons et les grabataires. Eh bien oui, la France est mauvaise sur ce ratio. La bonne question, c’est pourquoi vis-à-vis des concurrents ? Prenons la Doryphorie si vertueuse depuis les réformes Schröder qui ont conduit à un taux de pauvreté de 16 % contre 14 en France. Elle est en voie de dépeuplement pour cause de faible natalité et l’immense majorité des jeunes est orientée vers les filières courtes de professionnalisation. Et bien souvent ses vieux, même à un âge canonique, continuent d’avoir des petits boulots pour survivre vu la faiblesse de leur pension. Le bon indicateur pour remarquer ces choses-là, c’est le taux d’emploi, à savoir le rapport entre le nombre de ceux qui sont en emploi et le volume d’une tranche d’âge de la population ; par exemple, la tranche 16-24 ans ou la 55-65. Il apparaît alors clairement que le taux d’emploi français de ces deux tranches est très nettement inférieur à celui de la Teutonie. Et pour cause : dans notre pays les jeunes rentrent le plus tard possible sur le « marché » du travail pour poursuivre des études plus longues afin de s’assurer un meilleur emploi et pour éviter de perdre leur jeunesse dans les bagnes que sont souvent les boîtes francouies ; ce qui se voit au fait que la productivité des travailleurs en emploi est plus forte qu’ailleurs et est une des meilleures du monde. Pour l’autre tranche, il se trouve que passé 55 ans, les entreprises fichent les vieux à la porte (en fait au chômedu, ce qui augmente avec la hausse de l’âge officiel de départ à la retraite aujourd’hui à 62 ans) car ils coûtent bien plus cher qu’un jeune. La population en emploi en France se résume donc à environ 25-55 ans, ce qui nous fait un faible taux d’emploi global. Mais cela s’explique et y remédier ne se fera pas avec des stigmatisations laissant entendre que les gens sont des feignasses indécrottables. Il faut aussi considérer la nature même des emplois car un emploi à temps partiel ou/et précaire (CDD, Intérim) ne vaut pas un plein temps et un CDI. Or les menteurs gouvernementaux et économistes, ceux qui définissent les statistiques à recueillir, comptent un temps partiel, par exemple à mi-temps, comme un temps plein, ce qui est évidemment une tromperie permanente. D’autres analystes, eux, calculent le temps de travail en nombre d’heures travaillées par an chez les seuls actifs ; là, notre pays est en tête de classement, ce qui revient à dire que, compte tenu des temps partiels (moins nombreux en France et devant avoir au moins 23 heurs par semaine), ceux qui sont au turbin, effectivement moins nombreux qu’ailleurs, boulonnent plus.
Un autre indicateur très usité mais systématiquement minoré par les gouvernants est le taux d’activité ; c’est le nombre de gens inscrits au chômedu ou en emploi sur la classe d’âges concernée. Trump se glorifie d’avoir atteint un très faible taux de chômage mais il cache que c’est parce que le taux d’activité a diminué, vu que nombre de personnes découragées se sont retirées de la recherche d’emploi. Comme disait Churchill, les seules statistiques fiables sont celles que je truque moi-même. Si on enlève les en-emploi du taux d’activité, on obtient le sacro-saint taux de chômedu. Rappelons que la catégorie A française (ceux qui n’ont pas travaillé) est quand même moins bête que la définition officielle de l’OIT (quelle dégradation libérale de cet organisme fondé en 1919 et salué hier par Mac-Tron !) : ne pas avoir travaillé une heure dans la semaine précédent les stats. Et c’est cette norme, plus libérale qu’elle, on meurt, qui fonde le benchmarking international du taux de chômedu !
Donc, muni de son ratio simpliste, Mac-Tron veut faire augmenter le temps de travail en France. D’où les attaques renouvelées et sempiternelles contre la durée des congés, les RTT, les 35 heures, les jours fériés, l’âge de la retraite. Et sans jamais se poser la question de proposer en Europe un l’alignement sur le haut plutôt que sur le moins-disant. Pour la retraite, l’âge thorique serait hypocritement maintenu à 62 ans mais à partir de 64 ans, âge dit « d’équilibre » ou « pivot », on aurait un système de décote ou de surcote obligeant les gens à choisir cet âge-là ; c’est très libéral : être libre de choisir ce à quoi on vous oblige ! De façon générale, la politique fiscale et les gâteries de Mac-Tron consiste à faire en sorte que, par des incitations chères à notre prix Noble d’économie, Tirole, le travail soit privilégié. En gros cela signifie qu’il y a une frontière, à savoir le niveau de la fosse à purin, au-dessus de laquelle les travailleurs pourraient mettre leurs narines ; tant pis pour tous ceux qui sont dessous. D’où toutes ces mesurettes qui incitent au turbin : prime exceptionnelle (payée par les entreprises, ce qui diminue leurs bénefs d’autant et donc les recettes publiques), heures.sup détaxées (ce qui mine la Sécu), prime d’activité, retraite minimale de 1 000 euros pour ceux qui auront eu une carrière complète, etc. Il faut aussi que les chômeurs se précipitent vers un nouvel emploi quel qu’il soit. D’où l’allongement prévu de la durée travaillée avant de toucher des indemnités, d’où le contrôle accru des chômeurs et bientôt le durcissement des conditions d’acceptation d’un nouvel emploi.
Mac-Tron déploie tout l’arsenal des mesures libérales du SLC destinées à, en fait, augmenter « l’armée industrielle de réserve », celle qui fait baisser les salaires (le plein emploi est une calamité pour les économistes libéraux) en mettant les postulants en concurrence sauvage et en leur faisant redouter leur mise au chômedu. Et « en même temps », le malhomme se permet au 100ème anniversaire de l’OIT de fustiger le capitalisme sauvage ; c’est du même tonneau que Zizi Rider « ennemi de la finance ou Chiracos contre « la fracture sociale », thème repris par Tsarko. L’enjeu caché est celui de la compétitivité par les prix-coûts, les salaires et les cotisations patronales endommageant celle-ci. On se lance ainsi dans une spirale sans fin de course au moins-disant, course toujours perdue car les autres pays vont davantage baisser leurs coûts et car le niveau des salaires en Asie (ou ailleurs dans le Tiers-Monde) ou dans les PECO(s) est bien trop bas pour être compensé. Ce qui pourrait être joué, et qui est en mineure dans la politique Mac-Tron tant les sommes qu’on lui consacre sont faibles (BPI, financement de la recherche), ce serait la compétitivité par la qualité et l’excellence. C’est justement, par exemple dans l’agro-alimentaire, ce qu’on torpille en truquant les AOP. Comme la bataille de la compétitivité par les coûts ne saurait être gagnée, on en déduit que le véritable but de l’augmentation du temps de travail à salaires comprimés et quelle que soit la qualité des emplois est l’augmentation des profits ; cela tombe bien car le taux de l’impôt sur les sociétés va être progressivement abaissé de 10 points et que les intérêts et dividendes sont déjà taxés à la « flat tax » de 30 % , ce qui est bien moins qu’avant surtout pour les hautes tranches d’imposition. Ce qui est encouragé aussi, ce sont les « auto-entrepreneurs (le plafond de chiffre d’affaires été magistralement remonté) et le travail précaire même si une mesurette de « gôche » a été annoncée hier, celle de la taxation des contrats courts en CDD pour les cotisations patronales. Voyez ma peau, je suis souriceau de gauche, voyez mes ailes, je suis ptérodactyle de droite.
Le problème fondamental n’est pas d’augmenter le temps de travail, ce qui pousse à accroître le chômedu, c’est de créer de vrais emplois. Que nenni car les profits en souffriraient et il faudrait abandonner le primat de la finance. Cela ne plairait pas aux banques et aux big managers des trusts, ni aux riches, ceux-là même qui ont fait mettre, notamment avec l’aide de leurs médias, Mac-Tron sur le pavois. C’est pourquoi Mac-Tron, contre son nouveau discours de la méthode, qui ne donne pas des cartes de lecture mais cherche à désorienter, ne changera rien à sa stratégie réelle de tout changer par la force, vu sa détention de la plénitude des pouvoirs institutionnels qui lui donne la faculté de « donner et casser la loi ». Le néolibéralisme SLC n’est que l’Etat des droits du plus fort, n’est que la mise en place d’une démocrature illibérale. Pas si loin du totalitarisme commercial de la Chine ou des démocratures de l’Est.

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