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Achtung : écologie politique et écologistes tout terrain

Classé dans : politique — 06/17/2019 @ 10:47

Après le « triomphe » de Jadot aux européennes et le fait que, surfant sur la vague des jeunes écolos, tous les partis sont devenus verts, à commencer par LREM où le Ier sinistre veut accélérer le passage de la France à l’écologie, nous devons de Conrad garder le silence prudent avant de nous enthousiasmer. Il y a des pièges et des non-dits dans la vague actuelle de « greenwashing ». Déjà, on aimerait que les partis écologistes ou écologisés nous disent quels sont les enjeux principaux et quels sont les acteurs sur lesquels s’appuyer ou, au contraire, à tenir en lisière.
L’enjeu numéro 1 n’est pourtant pas difficile à énoncer : c’est la destruction de la planète, des rapports sociaux, du salariat et de sa protection sociale, de la morale de solidarité, de l’entraide et de la coopération au profit du consumérisme individualiste et ostentatoire. Les acteurs alliés pour cette destruction sont naturellement les puissants économiques et financiers associés aux gouvernants politiques. Quels sont les fondements de cette alliance « objective » ? Il y a déjà la convergence de ces deux acteurs les plus puissants dans le talisman de la croissance. Pour les tenants du kapital, la croissance, c’est celle de l’accumulation et des profits. Pour les politicards, fussent-ils démocrates, la croissance est le mantra de l’emploi et de l’accroissement du gâteau dont les parts de chacun peuvent grossir sans toucher aux règles capitalistes de sa répartition. Il y a une deuxième point de convergence même s’il est contradictoire et peu susceptible de se perpétuer indéfiniment. C’est le couple pouvoir d’achat-baisse des prix. Les politicards son ravis de la baisse des prix car cela augmente le pouvoir d’achat ; les puissants aussi : ils peuvent vaincre les concurrents et prendre leur clientèle et ils empochent une bonne partie de la baisse possible car elle est loin d’être intégralement répercutée sur les consommateurs. Ce tonneau des Danaïdes du low cost, de la déflation des salaires et des prix alimente la course, par exemple, à la destruction de la forêt pour faire du soja ou de l’huile de palme, etc. à la surexploitation des océans, à l’agriculture productiviste, à la mécanisation et à la suppression des emplois, à la précarisation du travail, aux produits de mauvaise qualité pour faire bouffer les pauvres tandis que les riches tortorent le nec plus ultra. Comme les trusts s’approprient l’essentiel de la baisse des coûts de production, les salaires baissent et le pouvoir d’achat itou. Alors le kapital a remplacé les salaires et la sécurité de l’emploi par le crédit, lequel a plus l’intérêt de forcer les prolos à se tenir tranquille pour payer leurs échéances de remboursement.
On a donc des intérêts convergents entre politicards et puissants. Mais comment se forme l’alliance ? Elémentaire : les politicards ont besoin d’un « pognon de dingue » pour financer leurs campagnes électorales, ils cherchent un point de chute en cas de défaite et celui-ci est aisé à trouver car il réside chez les puissants via la tactique des « portes tournantes » entre fonctions administratives, politiques et affairistes ; les puissants n’ont pas le pouvoir de « donner et casser la loi » et ils sont obligés de s’en remettre aux politicards élus (ou non car l’autoritarisme et la dictature vont très bien aussi et même bien mieux car les opposants sont en taule. Il s’ensuit que les politicards votent les bonnes lois en faveur du kapital et que celui-ci les récompense à la hauteur de leurs mérites. Mais le deal est problématique tant qu’il reste des élections car les politicards peuvent être virés. Du coup, les puissants arrosent tout le monde et alors les politicards s’alignent presque tous sur le SLC. D’où des alternances sans conséquence sur le régime SLC en place et la transformation de la démocratie représentative en village à la Potemkine, en Canada-Dry, en mascarade rituelle, en « voile d’ignorance », en « régime des partis » (pris). Les puissants ont besoin de ce masque et de cette illusion pour cacher qu’en réalité ils tirent les ficelles et que les politicards sont leurs marionnettes. Comme disait Marx, ils sont les « fondés de pouvoir du kapital. C’est donc l’absence de démocratie qui fait que les politicards vont au-devant des désirs des puissants pour implanter le SLC néolibéral. Il faut donc renouer avec une démocratie authentique. Las, c’est impossible immédiatement et par la voie électorale car les institutions politiques francouies sont inamovibles et donnent le monopole du pouvoir politique au zident élu et à sa clique. Et car la voie révolutionnaire de prise du pouvoir d’Etat est aussi interdite par la puissance des moyens de prévention et de répression dont dispose le couple politicards/puissants. Il reste la voie progressive et lente d’action sociale directe à condition de fédérer les expériences destinées à éradiquer la logique SLC dans la société.

Cependant, il ne faut pas croire que tous les politicards sont des ripoux à la Balkany ou à la Cahuzac. En réalité, ils ont bonne conscience car ils sucent le bon lait du néolibéralisme dans tous les « organes » que l’argent du kapital a fini par phagocyter ; grandes écoles, universités, think tanks, économistes mainstream, médias, etc. et ils sont imprégnés comme presque tout le monde de la culture SLC (individualisme, propriété perso, consommation, crédit). Ils sont généralement de bonne foi, au sens de croyance. Il n’y a pas de complot mais seulement un ajustement mutuel des croyances, des valeurs, des représentations et des intérêts dans « le meilleur des mondes possibles ». Macron en est l’apogée politicienne alors même que le SLC est déjà mourant ; c’est pourquoi du reste les puissants essaient par tous moyens de la maintenir en vie car il va de leur situation et que le bon vieux « que la fête continue en attendant le déluge » les habitent comme Satan.
Le panorama étant planté, les enjeux spécifiés, les acteurs et leurs relations de connivence étant analysées, la mécanique des rapports entre acteurs ayant été « déconstruite », où donc se situent nos écologistes dans ce barnum ? Déjà, ce sont le plus souvent eux aussi des politicards désireux de monter sur le pavois et d’afficher leur narcissique ego comme les autres. Ce sont aussi des puissants richissimes, à la Hulotte, qui voient dans l’écologie un bon moyen de continuer de faire des affaires car le système est merveilleux : non seulement il cause d’insondables dégâts mais en plus il peut faire payer par les autres les moyens de les réparer ; de plus, verdir son activité fait de la bonne publicité tout en maintenant l’intégralité du système et surtout de sa logique prédatrice. Voyons de plus près les placements politiques des courants écologiques politiciens.
Nous avons le flot des politicards qui s’inscrivent (pas sincères) dans les partis de gouvernement ; désormais nous avons des écologistes partout sauf que pour eux, l’écologie n’est que décorative comme chez LREM qui continue la bétonisation du pays et propage à une vitesse accélérée la mise de ce dernier aux normes du SLC européen et mondial. LFI est écolo mais continue de penser qu’on y arrivera par la voie politique avec un lider maximo alors même que cela ne pourrait être fait que si la démocratie était réelle. Itou pour le RN dont, en plus, les convictions en la matière restent suspectes. M. Jadot est certes un écolo sincère mais il semble que ce soit dans le cadre du SLC. Méfions-nous du courant écolo qui soutient que la technique et les incitations financières peuvent modifier suffisamment la logique d’exploitation outrancière de la planète. Un courant écolo, mais qui me semble minoritaire en politique, dont « les décroissants » a bien vu que SLC et écologie étaient rigoureusement incompatibles. On a aussi tout un courant écolo, sans doute proche de la politicaillerie, qui nous pousse à modifier les comportements individuels tout en laissant largement de côté le fait que l’essentiel du désastre provient des firmes, des banques, des riches. Cette culpabilisation de tout un chacun a l’avantage de faire croire que les sacrifices individuels suffisent et qu’il faut alors consentir à l’écologie « taxative » chère à la théorie nobélisée des « incitations ». La bonne écologie doit être résolument anticapitaliste et pro démocratique.
Les écolos se divisent aussi en deux courants principaux et opposés. Nous avons d’un côté, les localistes » qui veulent agir au seul niveau local et national. Pendant ce temps, les pays opposés à toute prise en charge sérieuse des problèmes écologiques ou n’ayant pas les moyens d’y faire face continuent de zigouiller la planète ; l’agir local n’est donc qu’une goutte de colibri dans l’océan de la prédation, comme si la société n’était qu’une collection de comportements individuels. L’autre courant veut une coordination mondiale, à tout le moins européenne. Comme c’est aussi impossible à moyen terme, ce courant est donc typiquement socialo à l’ancienne (molletisme marxisant) : révolution dans les mots, inaction dans les pratiques et bonne conscience par-dessus. La bonne stratégie consiste à coordonner les deux voies : agir localement et surtout viser la généralisation des actes dans une fédération structurée et organisée faisant boule de neige. Agir local mais dans un cadre général d’extension. La société internationale, ni la nationale, ne sauraient se réduire à une juxtaposition d’expériences locales (erreur notamment d’en certain anarchisme spontanéiste d’une société constitue d’associations de base contractant entre elles librement sans cadre d’ensemble) ; il y faut de la coordination à long terme
Est-ce possible par la voie politique même si elle peut en être un levier à condition de la replacer dans un contexte fédératif de vraie démocratie ? Je dirais non car « la révolution politique est le but et la révolution sociale le moyen ». Il faut donc surtout privilégier une voie autonome d’action directe à a base, de « propagande par le fait, de construction progressive, via la fédération des expériences, d’anarcho-structures portant un contre-modèle tant de démocratie que de mode de vie, de production et de consommation. La logique en est d’agir au niveau social car « avant de se gouverner la société travaille » en développant tout ce qui peut enlever au SLC ses rentes volées aux travailleurs et au pays. Les comportements individuels cèdent la priorité aux structures anticapitalistes qui sont déjà nombreuses et développables : coopératives de production et de consommation, mutuelles, AMAP, commerces de proximité, production bio… Ce qui leur manque cruellement, c’est une organisation d’ensemble, globale, fédérative : banque du peuple pour les financer, structure de collecte et d’analyse des expériences (notamment de retour d’expérience », d’information et de conseil, notamment pour les consommateurs, moyens d’aide à la gestion et à la commercialisation, etc. Ce qui manque aussi beaucoup, c’est une organisation prenant en charge une « mondialisation » de cette approche allant au-delà du forum social et des mouvements locaux. L’écologie doit se battre avant tout sur le terrain avec tous les acteurs socio-économiques qui ont tout intérêt à la bonne gestion des « communs » et à la pris en charge d’un autre modèle anticapitaliste. Cela vient, cela progresse mais il faut bien voir qu’en sens contraire l’alliance politicards-puissants fait tout pour saboter le mouvement. Or le problème est de grande urgence car c’est la vie su terre qui est en grand danger et cela maintenant à court terme. Et, naturellement, l’écologie politicienne n’est pas du tout un préservatif contre le désastre programmé par le SLC puisque ses tenants cherchent surtout à sauver le système. Celui-ci développe une logique procédurale alors qu’il faudrait immédiatement des normes substantielles et obligatoires pour sauver la terre et l’humanité. C’est le contraire d’un macronisme qui pousse à l’auto-régulation, au droit à l’erreur, aux incitations, au SLC. Pourtant, muni de tous les pouvoirs, Mac-Tron pourrait agir efficacement. Par exemple, il pourrait faire mettre en place une taxation des produits au kilométrage parcouru afin de favoriser la production et le commerce local et éviter les importations de produits agricoles hors saison et à grands coups de kérosène. Eh bien, il en le fait pas parce qu’il ne jure que par le commerce mondialisé.

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