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Le système universel de retraites par points voulu par Mac-Tron

Classé dans : politique — 07/20/2019 @ 8:31

J’ai déjà traité le sujet mais je voudrais insister sur quelques points que les journaleux « mainstream » passent joyeusement sous silence. Avant la justice, l’équité, la simplicité mises en avant par Mme Buzyness, le futur régime applicable à tous ceux nés après 1963 est surtout destiné à faire des éconocroques. Actuellement, les retraites représentent 325 milliards avec 14 % du PIB. C’est déjà beaucoup trop en regard du benchmarking SLC en cours qui compare les « performances » des régimes sociaux dans l’UE et l’OCDE. L’idée macronienne est donc de plafonner le budget des retraites à ce 14 %. C’est à mettre en regard du fait que le ratio nombre d’actifs pour un retraité ne cessera de baisser, comme il le fait du reste depuis de nombreuses années : augmentation de l’espérance de vie, allongement de la durée des études, licenciement et mise au chômedu des plus de 55 ans. Ce qui veut dire qu’il y aura davantage de retraités pour le même gâteau (sauf si la croissance du PIB était solide et importante ; mais on peut parier sur le fait que le taux d’accroissement du gâteau sera inférieur à celui du nombre de parties prenantes), que, donc, le niveau général des retraites est appelé à diminuer sans doute de 10 à 30 % en fonction des situations. Adieu le taux de remplacement de 70 % des jours anciens et honnis par le libéralisme. Pour reculer l’échéance d’un ratio fort défavorable, le gouvernement, libéral de chez libéral, a comme axe directeur de faire augmenter le taux d’emploi ou d’activité (plus de gens au turbin qu’actuellement). Mais ce qui est caché, c’est que les jobs seront de plus en plus précaires (intérim, CDD courts…) et à temps partiel car figurez-vous que les statistiques actuelles comptent, par exemple, un demi-emploi comme s’il était à temps plein. Cela améliore grandement les ratios de comparaison internationale, comme en Doryphorie où les 7 millions de mini-jobs à 450 euros par mois sans couverture sociale ni droits à la retraite comptent comme les autres. Cela se voit déjà dans les statistiques du chômedu en France où, si le taux de chômage diminue légèrement, celui du sous-emploi augmente.
Le futur système contient une étatisation du régime des retraites. Cela cache plusieurs manipulations de l’opinion pour faire passer la pilule. Déjà, il y a gros à parier que l’étatisation permettra à l’Etat de sucrer les réserves actuelles de certains régimes comme celui des indépendants : 120 milliards in the pocket ni vu ni connu, pas vu, pas pris. Mais surtout, c’est in fine le gouvernement qui fixera la valeur du point lors des liquidations de pensions. Car figurez-vous que dans le futur système le futur retraité ne saura pas ex ante le montant de sa retraite. Elle dépendra de celle du point qui, annonce-t-on, sera une variable de la démographie, de la croissance et du taux d’activité. Qui en jugera ? le gouvernement promet la mise en place d’un aréopage public de 24 gugusses, 12 représentants patronaux et 12 syndicaux. Notez qu’à parité on ne peut pas prendre une décision, ce qui permettra au gouvernement de dire que puisque vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord, c’est moi qui décide. Et on ne sait rien du processus de sélection des 24 gus alors que c’est une bonne vieille technique étatique (car c’est le prétendu Etat qui organisera la procédure) que de nommer suffisamment de fantoches (ça se trouve facilement dans les syndicats) pour obtenir une majorité. On sait que de façon générale le projet macronien consiste à tout étatiser afin de pouvoir décider tout seul, technocratiquement et verticalement…
Pour dorer la pilule, le gouvernement cédera quelques gâteries ici et là afin de diviser pour régner (quand c’est flou, il y a un loup nous a dit Martine aux Abris) de peur d’une nouvelle bronca sociale. Je demande à voir lesquelles dans le détail, lequel comme on le sait est le lieu de résidence du diable. Pour clarifier les choses : carrières façon puzzle, pension de réversion (il parait 70 % de la moyenne des deux retraites, ce qui fera bien des perdants), boulots pénibles, périodes de chômage, prise en charge des enfants dans le calcul des retraites (actuellement plus 10 % à partir de 3 et pour les deux retraités ; on parle de 5 % dès le 1er enfant mais pour un seul parent), assimilation au régime général des artisans et auto-entrepreneurs (pour leur donner les mêmes droits que les salariés, prise en compte des travaux pénibles et des carrières longues … il est prévu de plafonner à 120 000 euros, ce qui va impacter les grands cadres supérieurs, le salaire donnant droit à des points. Le résultat sera la montée en puissance des assurances-retraites privées car le seuil de 120 000 euros sera sûrement et promptement abaissé (voir la complainte de la CSG partie à 1 %). Les « négociations » promettent d’être sportives et d’être un espace de marchandages.
Pourquoi Mac-Tron veut-il faire comme ses copains du SLC en place dans l’UE ? Parce que déjà le « benchmarking » montre le « retard » de la France par rapport aux normes néolibérales en œuvre. Mais surtout parce que l’UE est un étau où les normes obligatoires de « gouvernance » sont économiques, commerciales et financières. Tout cela est parfaitement défini et impératif au nom de l’ordo-libéralisme tudesque qui a été installé dans l’UE en tant que concurrence libre, non faussée et échevelée entre pays et donc entre leurs régimes sociaux. Ce qui explique d’ailleurs l’extension de l’UE aux PECO(s) sous la pression de la Gibbye et de la Teutonie. Quelle superbe pression extérieure que celle de concurrents, libres d’entrer et de circuler partout, au niveau de vie très inférieur à celui de la vieille Europe. Cet étau ne laisse que des espaces de liberté limités aux différents pays de l’UE. Et Mac-Tron en abuse. Il y a des marges de libertés en quelque sortes absolues comme l’armée et la répression judiciaire et policière ; Mac-Tron y développe sans vergogne son maigre pouvoir. Il y a des marges relatives comme les affaires étrangères, marges dues à ce que ce domaine est une cohue européenne sans convergence des positions des uns et des autres. Et il y a les marges conditionnées par les normes ordo-libérales de l’économie, du budget et de la dette et non soumises à la dictature de l’unanimité des gouvernements européens : essentiellement le social et le fiscal plus l’environnemental qui permettent d’aligner volontairement le pays sur le SLC. Il s’y trouve naturellement les régimes de retraite, de sécu, de droit du travail où chaque Etat est libre de tourner comme un écureuil dans sa cage. La réforme des retraites, après celle du chômedu, du droit de licenciement, du droit syndical est ainsi devenue la « mère de toutes les batailles » pour enfin implanter définitivement le SLC en France.
La Suède, championne imitée du système à points, n’est pas si merveilleuse malgré l’admiration des macrolâtres : on y trouve fort nombre de travailleurs âgés, dont des veuves nécessiteuses, qui continuent de turbiner pour survivre. Par ailleurs, on doit constater que porter l’âge effectif de la retraite à taux plein à 64 ans par un système de décotes avant ( ce qui revient à annuler l’âge officiel d’ouverture des droits à 62 ans) colle assez mal avec le fait qu’il y a plus de 900 000 chômeurs de plus de 55 ans. Le résultat de la réforme sera donc de transférer encore plus une partie de la charge des retraites sur l’assurance-chômage. Encore un coup du sapeur Camember car dès 55 ans les boîtes virent les travailleurs âgés. Il faudrait faire comme la Suède : organiser le travail de façon à permettre aux travailleurs âgés de continuer de travailler. Ce qui suppose la bonne volonté du patronat, pour lequel le jeunot coûte bine moins cher. C’est pas gagné vu que nous avons depuis toujours le patronat le plus bête e grippe-sou du monde.

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