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Aux armes citoyens, la ripoublique macronienne est en danger

Classé dans : politique — 08/04/2019 @ 11:19

Depuis le vote du CETA par la chambre des « députains » (bon mot complété de Boris Vian : un général, dégénéré, un maréchal, des maraîchers… un député, des députains), des agriculteurs et sans doute quelques gilets jaunes s’amusent à déverser du fumier devant les permanences de représentants ayant entériné le traite de commerce avec le Canada, à les murer et taguer ; voire avec quelques tentatives d’incendie. Alors, le pouvoir et les médias à ses ordres ou complaisants, les députés visés nous servent la totale du vocabulaire de défense de l’ordre public, celui qui n’est jamais que le « désordre établi » suivant Marc Sangnier. Ces actes « terroristes » ne sont que des atteintes à la république, à la démocratie, aux forces de l’ordre, au pouvoir légitime, aux « Autorités » … Il nous faut donc examiner ce qu’il en est et faire comme ledit pouvoir de « la pédagogie » et de la » communication » afin que ces ânes de Francouis, qui mettent si longtemps à comprendre, finissent par piger ce qui est en jeu.
• La république est attaquée. Quelle république, s’il vous plait ? Vous avez vu une république en ce moment dans notre pays ? Qu’est-ce que la république devrait être la première question à se poser avant de dire qu’elle est en danger. Eh bien, d’après les approches historiques et philosophiques, la république c’est la défense de l’intérêt général pour le peuple tout entier, la recherche du bien commun, la poursuite de la justice, la sauvegarde des libertés, la pacification des rapports sociaux, le primat du droit, l’Etat de droit, l’égalité des chances et la récompense du mérite. Avec cette définition traditionnelle, on peut donc faire du « benchmarcking » (comparaison) correct avec des critères précis et non du blablabla de politicards effarouchés et qui, en fait, défendent leur pré-carré de privilèges. L’étude comparative de la réalité de la ripoublique macronienne avec cette base de critères nous montre aisément que nous ne sommes pas en république (et cela fait longtemps mais Mac-Tron a poussé les feux du SLC pour détruire ce qui restait de notre république).
L’égalité des chances, c’est moins de 5 % de fils ou filles des classes les moins aisées dans les grandes écoles alors qu’employés et ouvriers forment 52 % de la population ; quelle belle méritocratie !). Le bien commun, c’est plus de 14 % de pauvres (moins de 60 % du revenu médian), c’est près de 4 millions de mal-logés, c’est 3,6 millions de chômeurs en catégorie A (près de 6 si on raisonne en termes de sous-emploi), c’est l’expansion des contrats précaires et à temps partiel, c’est la misère des services publics savamment organisée pour exciper de leur inefficacité et ensuite les refiler au privé. C’est le 1 % contre les 99 % cher à Occupy Wall Street. C’est les 56 milliards de distribution de dividendes, c’est les 45 % de taux de prélèvements obligatoires, les 56 % de taux de dépenses publiques et sociales rapporté au PIB.
L’intérêt général est devenu celui défendu par le pouvoir en faveur du capital par une politique de l’offre et la détaxation de ses revenus, c’est la destruction du code du travail, c’est la diminution de l’indemnisation et de la durée du chômedu, c’est la future abolition de la retraite calculable et prévisible et de 70 % (en moyenne) de taux de remplacement. Ce sont les traités internationaux pour bousiller notre agriculture au profit de l’industrie (surtout l’allemande), de la finance, des multinationales. C’est la transformation de l’éducation nationale en formations opératoires et en système d’auto-promotion des enfants des riches. C’est la centralisation de tout (Sécu, chômage, retraites), le primat de la technocratie sur les corps intermédiaires, la réduction à zéro des forces syndicales et de leurs moyens d’action.
L’Etat de droit est devenu l’Etat policier et répressif avec une police au service du pouvoir et pas du tout à celui du peuple. C’est la magistrature « couchée » à fond ans la répression ou la dissimulation des affaires gênantes pour le pouvoir, la primauté du secret des affaires sur les lanceurs d’alerte, les médias compradores et les limitations de la liberté des journalistes convoqués par la DCRI pour donner leurs sources et susceptibles d’être attaqués pour « fake new ». C’est la réduction de fait du droit de manifester via l’action policière et les lois répressives. Ce sont les mensonges répétés de certains procureurs en faveur des thèses du pouvoir. C’est la comparution immédiate et la taule pour les pauvres opposants et l’absence durable de poursuites pour les riches truqueurs et tricheurs ou les alliés politiques du pouvoir
Pour la pacification des relations sociales, Mac-Tron s’évertue à opposer les gens ou les groupes entre eux : conservateurs vs progressistes, actifs vs retraités, rentiers vs créateurs, urbains vs périphériques, « assistés » contre travailleurs, etc. Diviser pour régner et faire ensuite des grands appels à l’unité, au rassemblement ; c’est avant tout casser la cohésion sociale en quelque sorte sociologique et la remplacer par un discours factice.
• La démocratie est en danger, dixit le gugusse député à Perpignan. On se demande où le malhomme voit de la démocratie en France ? Un président qui a obtenu 18,5 % des inscrits au premier tour des pestilentielles ? Un député moyen qui a eu 15 % des inscrits au deuxième tour des législatives (10 % de blancs et nuls, près de 60 % d’abstentions). Les frais énormes de campagne, sans doute minorés pour ne pas dépasser les limites légales ; le battage incessant des médias possédés par les amis de Mac-Tron (Bolloré, Arnault, Bouygues, Lagardère…). Et 15 % des inscrits nous donne une majorité bleu horizon et introuvable à la chambre, une cohue de godillots énamourés qui votent les projets de loi concoctés par le pouvoir ; un gouvernement de copains. Et toute l’administration est mise au service du pouvoir et est truffée de sympathisants. Cette démocrassouille ne représente pas du tout le peuple car il en est absent (pas d’ouvriers, quelques agriculteurs, fort peu d’employés ; mais les « in » de la « société civile », c’est-à-dire ceux qui sont pour le SLC, soit environ 15 % de la population). En fait, entre les démocratures à la polonaise ou à la hongroise, voire celle de Bolsonaro, et la démocratie représentative de Mac-Tron, il n’y a pas une différence de nature mais seulement de degré dans le niveau atteint d’illibéralisme. Car le malhomme profite de sa toute-puissance obtenue légalement (quid de sa légitimité ?) grâce à des institutions bétonnées pour avoir le pouvoir absolu pour centraliser à fond tout ce qui n’était pas encore dans les pattes de l’Etat unitaire, à souveraineté absolue et indivisible et fiscariote. Et évidemment, tous les services publics d’enquête, d’étude, de statistiques sont au service non du peuple mais du pouvoir afin de truquer l’information ; c’est qu’ils ne sont pas indépendants dudit pouvoir. Et quelle belle démocratie que celle qui arrange les appels d’offre pour les marchés publics, qui magouille dans les enquêtes de déclaration d’utilité publique (Sivens, Europa City, Val Tolosa…), qui monte des partenariats privés-publics olé olé, qui cède les bijoux de famille pour une bouchée de pain au privé (cas futur d’ADP), qui sabote les services publics, qui ponctionne la Sécu ou l’UNEDIC…
• Les « Autorités » sont niées par les opposants. Et il y a du boulot car le pays regorge de « Hautes autorités administratives », d’agences, de Kommissions de régulation, de comités Théodule. Et sans doute nos légitimistes modernes pensent-ils que la flicaille, les matons, les fonctionnaires… sont des autorités ? Pourquoi donc ? Parce que leurs membres (cooptés, triés sur le volet de la soumission plus que de l’indépendance, appartenant souvent aux milieux d’affaires et aux lobbys) sont désignés par le pouvoir qui est légitime parce qu’il a été élu. On a vu ce qu’il en était dans notre démocrassouille. Mais il y a pis : une confusion volontairement entretenue entre autorité et pouvoir. D’où un petit rappel pédagogique qui nous vient de Weber, décédé en 1920 ! J’y passe après avoir rappelé que la Justice, qui devrait être indépendante du pouvoir au nom de l’équilibre libéral des pouvoirs énoncé par Montesquieu (ce qui ne nous rajeunit pas), n’est en France qu’une « Autorité », comme le compradore CSA.
L’autorité, comme le pouvoir, est ce qui donne aux dirigeants le droit de commander au nom d’un groupement. Mais l’autorité procède d’en-bas, elle est conférée par les gouvernés, elle est ascendante et partagée entre tous ceux qui la confèrent, elle n’est pas une propriété des titulaires (aux deux sens du terme propriété, possession et qualité intrinsèque du corps ou de l’objet. L’autorité est assise sur des critères ou principes de légitimité : Weber disait qu’il y en avait 3 sources, à savoir le charisme, la compétence, la tradition. L’autorité est à vérifier et est donc révocable si ses motifs d’adhésion des assujettis sont affaiblis ou ont disparu. Ce qui est manifestement le cas de la ripoublique macronienne puisque les citoyens, en grande majorité, n’ont plus aucune confiance ni dans les politicards, ni dans les médias, ni dans beaucoup de corps administratifs (à commencer par la police ou la justice). En 39/44, qui était légitimement détenteur de l’autorité ? Vichy ou le Général ? En république démocratique, quel est le principe de légitimité qui confère l’autorité aux représentants et à l’administration qui en dépend ? C’est naturellement la poursuite du bien commun et de l’intérêt général, ce qui a été précisément sacrifié par les politicards depuis près de 40 ans (cela remonte à 1983 avec la trahison social-démocrate du franscisquain Tonton dans le « tournant de la rigueur ») au profit de l’ordo-libéralisme tudesque, du grand marché de libre-échange total, de la « concurrence libre et non faussée », du primat du « droit d’entreprendre ». C’est pourquoi nos gouvernants ont abandonné à l’Europe et aux traités et organes internationaux tous les leviers de la souveraineté nationale. Or sans souveraineté sur son territoire et avec sa population, il n’y a plus de république possible, c’est-à-dire de recherche autonome d’un destin commun pour tous les membres de la communauté politique. Il s’ensuit que nos « autorités » ne sont guère respectables puisqu’elles ont été mises en-dehors des principes de légitimité qui leur confèrent leur ressort d’adhésion donné par le peuple et lui seul.
Que reste-il ? Eh bien le pouvoir nu, brut. Le pouvoir obtient certes que ses commandements soient obéis mais c’est par la force, le mensonge, la ruse, la répression, etc. Le pouvoir, au contraire de l’autorité, procède d’en-haut, verticalement vers le bas, il est imposé, non consenti et n’a pas besoin de principes de légitimité. Il appartient à celui qui dispose du plus gros Massu (voir Charlot à Baden-Baden en 1968). Le pouvoir est solitaire mais s’appuie sur des féaux, des séides, des sbires ; il fonctionne par privilèges (dont des gueuletons aux frais de la princesse, des médailles, des bagnoles de luxe avec chauffeur, des logements, des sinécures) et prébendes (subventions, marchés publics truqués…) accordés à ceux qui le soutiennent. Car, naturellement, un lider maximo, un conducator, un leader, ein führer… ne peut gouverner tout seul à partir de son beau bureau à lambris et dorures (c’est la grande illusion des énarques et autres grands commis issus des grandes écoles) ; il doit être secondé et obéi par des aventuriers et des affairistes, servi par des béni-oui-oui, des barbouzes, des flicards douteux, des indics et des titulaires de marchés publics… Le pouvoir de la force et de la ruse a besoin cependant d’endormir le peuple pour qu’il ne se révolte pas : publicité, consommation, crédit, jeux et téléréalité, distractions et diversions, promotion de son image, compassion voyante, grandes manifestations de rassemblement, promotion de héros, etc. Rien de nouveau sous le soleil après l’agit-prop et la propaganda-staffel des régimes totalitaires (le viol des foules par la propagande politique) remplacés en plus soft aujourd’hui par « la fabrique du consentement ». Le pouvoir, c’est la force brute en deuxième instance, Machiavel en première. Et Mac-Tron se présente comme moderne ! Alors que c’est Napoléon IV mâtiné de Boulanger.

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