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Conséquences possibles de la crise (?) allemande pour la France de Mac-Tron

Classé dans : politique — 08/18/2019 @ 10:45

La presse nous rebat les oreilles avec une récession économique en Allemagne par suite des bisbilles commerciales sino-américaines et du protectionnisme US contre l’UE et s’en réjouit in Pétaud. Or ce n’est pas du tout une bonne nouvelle. Car la Doryphorie a déjà fait la preuve depuis longtemps de son incroyable capacité à transférer ses problèmes sur ses voisins, lesquels, du reste, la France en tête, l’ont accepté sans barguigner et cela depuis le franscisquain Tonton.
Exemples. Lors de la réunification, la RFA a augmenté ses taux d’intérêts pour attirer des capitaux européens afin de payer l’assimilation et la réindustrialisation de la RDA, ce qui a induit une course à la manipulation des monnaies et des emprunts d’Etat (politique du franc-fort, du Frankfort), ce qui amené une déflation et une crise dans les autres pays. Et, ensuite, la Tudesquie a utilisé tous les leviers de la désinflation compétitive en tant que passager clandestin de l’Europe, avec une politique socio-économique d’exportation et de compétitivité. Voyons comment.
Ce furent les lois Hartz (dès 2003) sous le chancelier Schröder qui ruinèrent le salariat et les retraités allemands (taux de pauvreté en Doryphorie 16 % contre 14 en France) mais firent baisser les coûts de production de l’industrie allemande. Ce furent notamment les mini-jobs à 400 euros par mois sans sécu, ni retraite et généralement à temps partiel. Il y en a encore environ 7 millions. Ils se situent dans le secteur des services et sont essentiellement féminins. Ce qui signifie que, par suite de l’externalisation des services jusqu’alors internes aux entreprises industrielles, le secteur desdits services a subventionné l’industrie allemande de façon considérable. Encore mieux, la Doryphorie a créé les jobs obligés à 1 euro de l’heure dans les mairies ou les associations pour que les chômeurs aient le droit de percevoir des indemnités. On a ainsi réinventé les horribles « work houses » de l’Angleterre victorienne !
Dès 2004, l’Allemagne et la Gibbye poussèrent à l’entrée des pays européens orientaux et centraux (les PECO) dans l’UE avec la bénédiction des gouvernements francaouis. Plus de 10 pays ex-soviétiques débarquèrent avec leur niveau de vie et leurs coûts de production très inférieurs à ceux de l’Europe de l’Ouest. Les Teutons en profitèrent pour délocaliser la production des pièces détachées, la rapatrier chez eux, faire le montage et y appliquer l’étiquette « made in Germany ». Evidemment, les autres pays imitèrent la recette, ce qui est dans la logique même d’une UE fondée sur « la concurrence libre et non faussée » über alles. D’où une baisse permanente des salaires et le développement du chômedu puisqu’une bonne part de l’industrie se trouvait maintenant dans les PECOs. C’est ainsi que l’emploi industriel en France est descendu à 11 % (10 % pour le PIB) contre encore 23 (20) en Allemagne ! Et, cerise sur le gâteau, la Doryphorie tient à l’euro fort, ce qui nuit aux exportations des autres pays, car se production est de qualité et car elle a une prime de change avec les PECOs non inclus dans la zone euro (un Polonais payé en euro triple son salaire payé en zlotys et, en sens inverse, l’Allemagne paye bien moins cher ses achats en Pologne).
Jusqu’en 2015 la Tudesquie n’a pas eu de SMIC, ce qui lui permettait de payer les travailleurs détachés (TD) en provenance des PECOs avec un élastique (triplé ou quadruplé au taux de change du « pays d’origine ») ; du reste, elle s’est longtemps battue pour ne pas modifier le statut des TD et a accordé en 2018 à Mac-Tron une réformette excluant en outre les routiers… Le SMIC 2015 n’était cependant pas pour tous les secteurs et était à un niveau fort bas compte tenu des salaires dans l’industrie allemande. Autre subvention offerte par le pouvoir : la prise en charge par l’Etat de l’essentiel du chômage technique. Cela facilite la politique d’exportation d’autant plus que l’Allemagne pousse à tous les traités internationaux (CETA, Mercosur, TTIP, Australie) qui favorisent son industrie au détriment des agriculteurs européens.
Autres astuces en faveur de l’industrie allemande : leur financement par les caisses d’épargne et les banques des Länder à bon prix. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi ces banques ont été exclues par la Doryphorie de l’Union Bancaire européenne… ; un coût de l’électricité fort bas car les tarifs domestiques sont gonflés pour ce faire. L’Allemagne a tout fait pour propulser son industrie (ce qui a été étendu à l’agriculture devenue la 1ère d’Europe…) : refus de la traçabilité des produits, d’un affichage de qualité à l’instar de Nutriscore ; normes de pollution par le diesel favorables aux voitures teutonnes, normes pour les produits chimiques (projet REACH peu dissuasives (défense du champion mondial Bayer qui, avec BASF, avait donné IG-Farben [production du zyclon B) pendant la période 39/45). Pour ce faire, elle s’appuie sur son hinterland-lebensraum de PECOs et ses amis luthériens d’Europe du Nord.
Ce n’est pas tout car, hors dumping et politique non coopérative, l’Allemagne dispose « d’avantages comparatifs » précieux : une démographie en berne, ce qui diminue les frais de logement et de scolarité et d’aide aux familles ; une armée industrielle de réserve dans les PECOs (travailleurs détachés et délocalisations). Une paix sociale issue de la soumission luthérienne au pouvoir et de la collaboration de classe syndicats-patronat-pouvoir, une décentralisation réelle dans les Länder. L’appui des USA qui l’ont recréée de toutes pièces après la 2ème guerre mondiale. L’adhésion de toute l’Europe à sa doctrine, à savoir l’ordo-libéralisme. Sa richesse en lignite qui lui permet de polluer tout en faisant déréguler le marché européen de l’électricité contre EDF. Et, point très positif, la promotion sociale interne aux entreprises, ce qui fait que leurs dirigeants ne sont pas des comptables, genre ENA, parachutés et ne s’intéressant qu’à leurs tableaux de bord chiffrés et quantitatifs. Saluons aussi son système d’apprentissage qui lui procure un salariat très qualifié mais en orientant très tôt les gosses de familles peu aisées vers des filières courtes heureusement compensées par la promotion sociale.
Mac-Tron a lancé une politique d’alignement sur les normes ordo-libérales du SLC, ce qui ne fait que renforcer la course au moins-disant entre pays. Dans la conjoncture mondiale maussade installé en partie par Trump contre la Chine et les bagnoles teutonnes, les marchés étrangers vont se fermer à l’UE. Que va-t-il se passer ? Elémentaire, my dear Watson : la course à la compétitivité en Europe, l’extension du moins-disant, le dumping fiscal, les subventions occultes et, in fine, la poursuite de la déflation des salaires, retraites et de la protection sociale. Gageons que l’Allemagne ne sera pas la dernière pour mener cette guerre économique contre ses voisins, ce qui, du reste, réduira à néant la politique SLC de Mac-Tron. Dans cette guerre, l’Allemagne dispose d’énormes atouts : son matelas de pognon dû à sa balance commerciale (positive de plus de 200 milliards par an depuis des années contre un déficit annuel français de 60), son faible endettement public, la capacité de son peuple à avaler des couleuvres, son expérience dans la désinflation compétitive, son réseau d’obligés ou de suiveurs, son impérialisme doctrinal de l’ordo-libéralisme, la soumission déjà trentenaire de ses voisins à son imperium… Donc, il n’y a vraiment pas lieu de se réjouir d’une éventuelle crise allemande qui sera de toute façon payée par les autres peuples européens ! A plus long terme, cette concurrence exacerbée peut conduire à la victoire des populismes nationalistes et à l’éclatement de l’UE. tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse; cher Mac-Tron relisez un peu les grands auteurs au lieu de l’économie libérale pour les nuls.

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