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Archive pour la catégorie 'politique'

Autorité et pouvoir, légitimité et légalité, idéologie, communication

Posté : 24 août, 2019 @ 10:58 dans politique | Pas de commentaires »

Le petit monde politicien français, qui a oublié depuis longtemps les notions les plus élémentaires de la philosophie politique si tant est qu’il les ait apprises un jour, se gargarise de l’autorité et de la légitimité afin de justifier l’exercice de son pouvoir corporatif contre les opposants de tout poil, même parfaitement pacifiques et respectueux de « l’ordre public ». Remettons un peu les pendules à l’heure. On n’oubliera pas que toute entreprise de domination politique (religieuse, idéologique, économique, politicienne…) essaie d’obtenir que les assujettis obéissent à ses commandements et respectent le « désordre établi » en sa faveur. Pour disposer de cette soumission, il n’y a pas trente-six moyens. Il n’y a que l’autorité et les pouvoir (auctoritas et potestas ont un arôme plus antique). Ce qui nous amène à bien définir ces deux notions capitales et si détournées par les politiciens, y compris et sans doute encore plus, dans les fausses démocraties représentatives. Le pouvoir actuel n’en est que la continuation ; il nous dit qu’il faut que tout change, mais c’est pour que rien ne change dans la course destructrice au système libéralo-capitaliste, dans les républiques bananières et les oligarchies démocratiques.
Le pouvoir n’est jamais que de la force ou de la ruse chère à Machiavel, dont le livre, « Le Prince », doit figurer sans contestation sur la table de nuit des dirigeants. Le pouvoir s’exerce de haut en bas, il est vertical, il est imposé par la domination physique. Comme l’avait écrit à peu près de Gaulle : les armes ont été de tout temps les instruments de la barbarie, point de brutes qui ne les aient brandies… Le pouvoir est vertical, monopoliste, descendant ; il appartient à celui qui détient le plus fort Massu et demeure donc de nature primitive et pré-néolithique. Il est du reste facile d’observer que plus le pouvoir vacille, plus il renforce ses moyens répressifs de justice aux ordres, de » lois scélérates » et des différentes maisons Royco-Poulaga plus ou moins barbouzardes et se tirant dans les pattes pour obtenir les faveurs du Prince. Les puissants n’abandonnent jamais leurs positions de pouvoir, celles qui leur donnent prestige, domination, pognon privilèges et même esclaves sexuels. Ou trop tard comme s’en est aperçu le raccourci Louis XVI. Le pouvoir, c’est que la fête du Régent continue (pour nous) même en dansant sur un volcan. Le pouvoir, c’est le statisme social car il s’agit d’éviter toute différenciation et tout conflit, d’éliminer les contradictions et contradicteurs alors que, comme disait Proudhon, le conflit est l’essence de l’effervescence sociale, du dynamisme sociétal. C’’est ce qu’a perdu la « Sublime Porte » qui était allée jusqu’à interdire l’imprimerie et s’est endormie dans son luxe et son autoreproduction. Le pouvoir a été très longtemps personnel et personnifié ; cela est en train de mourir avec le système libéralo-capitaliste (SLC) qui est impersonnel, tissé en réseau, automatique, « autocinétique », flou et éloigné et dont les puissants sont occultes (les dirigeants d’avant étaient, eux, au culte). Le pouvoir se traduit en lois, en structures, en dispositifs de domination ; il faut se rappeler l’apostrophe de Proudhon qui commence par « être gouverné, c’est être… (dont taxé, apostillé, surveillé, contrôlé, censuré…). C’est ce qu’avait repris Foucault avec « ses disciplines » et ses taxonomies ou classements. Puis sa critique du « biopolitique ». Le pouvoir rabat tout sur l’UN ; repousse la diversité et le pluralisme ; il faut se « rassembler » sous son panache rouge de sang. Au lieu de « l’ennui naquit un jour de l’uniformité », il nous dit que l’ennui vient de l’uniforme ôté. Ensuite, le pouvoir verticalisé et imposé ne peut être exercé seul. Contre le fantasme typiquement énarchique, on ne peut diriger un pays à partir de son joli bureau et de tableaux de bord quantitatifs (la « gouvernance » par les chiffres et la technocratie). Il faut des agents, des relais, des opérateurs sur tos les terrains. Il faut des barbouzes et autres séides, une garde prétorienne pour protéger le prince. Il faut des privilèges et des prébendes pour attirer des féaux, des Benalla, des janissaires, des cosaques. Il faut donc un « pognon de dingue » pour s’attacher les services, souvent suivis de sévices, des « compagnons de route ». C’est ainsi la porte ouverte à la corruption, à l’injustice, aux inégalités, à la force brute. Et cela ne change pas dans les démocraties « Canada dry » légalement élues ; c’est même pire parce qu’alors le pouvoir masque son hégémonie au service des puissants derrière le voile de la légalité. Enfin, le pouvoir hiérarchisé, imposé ne peut investir dans l’avenir et proposer un projet pour la communauté politique car il passe son temps à se protéger et à régler les bisbilles entre ses soutiens en compétition pour le remplacement du Prince (comme, par exemple, Macron évinçant Hollande). D’ailleurs, ce pouvoir n’a que faire du futur car son présent de prédation lui suffit et parce que à quoi bon se projeter dans l’univers d’incertitude qu’il a lui-même créé ?
L’autorité, c’est l’obéissance consentie par le bas aux dirigeants, donc l’inverse, à condition de respecter des critères ou principes de légitimité dans la reconnaissance du droit de gouverner accordé par les assujettis volontairement et de bon gré. Il n’y a pas d’autorité en soi, ni en tant que propriété personnelle ; l’autorité est toujours un processus de reconnaissance par la base sur des fondements de légitimation des dirigeants. D’après Weber, il y a 3 principes de légitimation qui permettent de conférer l’autorité à une personne distinguée par la base pour ses qualités ad hoc : la tradition, le charisme et la compétence (si elle est reconnue par la base). Vous n’y trouvez pas l’élection tout simplement parce qu’elle n’est qu’un procédé de reconnaissance de la détention des principes d’autorité par les candidats. Ce que confirme le théorème de Gödel : toute norme doit être justifiée par une norme de rang supérieur. La légitimité est donc toujours supérieure à la légalité. Le minimum serait que les élus soient représentatifs de la diversité du peuple tout entier. En France, le système électoral de la Vème république ne l’assure pas du tout comme l’ont montré les élections de 2017. En outre, les partis disposent du monopole de la présentation des candidats et ne sélectionnent que des copains bien en ligne et sans estimer leur correspondance avec des critères de légitimation de leur autorité potentielle.
Mais Weber ne cite pas une des sources d’autorité légitime : l’appartenance au sacré comme l’a si bien vu Kantorowicz avec sa thèse des deux corps du roi, le physique mortel et le sacré immortel. Ce ressort de légitimation nous a donné pendant des siècles la collusion mutuelle et mutualisée en faveurs réciproques entre les gouvernants sacralisés par les entrepreneurs de religion (les Eglises de toute obédience) et les religieux favorisés par le pouvoir qu’ils reconnaissaient comme d’origine divine. Cette source de légitimation est soit exercée directement dans une théocratie à l’instar de l’Iran, soit via l’appui permanent des religieux au pouvoir (voire bien plus, l’orientation de celui-ci) comme an Arabie saoudite. Dans les premiers siècles chrétiens, un sous-pape nommé Gélase 1er avait réclamé la « plenitudo potestatis », la plénitude des pouvoirs spirituels et temporels ; cela a fini par une division de la toute-puissance : au prince, le pouvoir temporel (Potestas) pourvu qu’il reste dans la ligne religieuse, à l’Eglise le pouvoir spirituel (auctoritas) pour conformer les gens à ses normes et légitimer le pouvoir du souverain. Cette heureuse combinaison, issue du fait tout simple que les soi-disant « Autorités » avaient bien compris que le pouvoir brut sans justification du consentement était moins efficace que le mélange pouvoir-autorité, a duré bien longtemps et perdure dans bien des pays peu laïcs. Mais elle a été remplacée par l’idéologie, c’est-à-dire un argumentaire de justification profane. Cela fut en partie le travail des philosophes des Lumières qui ne croyaient pas à l’utilité de la transcendance divine dans les affaires de ce bas-monde. Avec l’idéologie, s’ouvrait l’ère de la propaganda-staffel, de l’agit-prop, du bourrage de mou, des « hidden persuaders », des « communicants », des « story tellers » chargés de tromper les peuples, de justifier le pouvoir et le désordre établi, de défendre la démocratie représentative, de réduire l’intérêt général à la prise en charge des intérêts des seuls puissants. C’est ce qui caractérise le SLC aujourd’hui, SLC fondé en fait sur la seule légalité des procédures démocratiques installées par le pouvoir sur une base autoréférentielle voilant l’absorption de la démocratie et du bien commun par les puissants économiques et financiers sous le masque de la gouvernance comptable et « ochlocratique » (pouvoir de l’opinion). Tout ce qui est essentiel et substantiel pour l’ordre social commun et cohésif et pour l’adhésion des citoyens au bien commun a été remplacé par des procédures légales.
Aujourd’hui dans le monde capitaliste, le seul principe de légitimation, pourtant bien camouflé par les politiciens redevenus les « fondés de pouvoir du kapital », c’est celle du SLC : individualisme, narcissisme plus ou moins prédateur, prestige, puissance et pognon, primat de la propriété en tant qu’usus et abusus, compétition darwinienne, mérite prouvé par les signes de puissance et de richesse, croissance permanente… Eh bien, cela ne peut pas durer car cela tue la planète, la solidarité, les modèles sociaux, la coopération et l’entraide, la spiritualité et le sens de la vie.

Sous Mac-Tron, on vit une époque formidable, fort minable plutôt

Posté : 22 août, 2019 @ 10:17 dans politique | Pas de commentaires »

Voyons quelques nouvelles du front SLC mondialisé et de la France macronisée. On voit les taux d’intérêt des emprunts d’Etat diminuer et devenir même négatifs, ce qui réjouit Darmanin, sinistre des comptes publics, car la France aura 2 milliards d’intérêts en moins à payer en 2020. Or ce n’est pas du tout une bonne nouvelle car des taux d’intérêt trop bas signifient que le futur n’a pas d’avenir, que le présent et le court terme sont la référence des décisions d’investissement et d’épargne tant publiques que privée. De plus, cela nourrit la spéculation et cela risque de changer du jour au lendemain, ce qui emmerdera beaucoup le pouvoir dont le déficit budgétaire se trouvera accru. Le pouvoir continue de raisonner dans l’instant sans se donner la peine de réfléchir en tendance sur le long terme ; on est dans le statique et on exclut toute perspective dynamique. On le voit avec le fameux point des futures retraites universelles : le point est estimé pour maintenant mais on ne dit pas que dans le futur il est imprévisible et qu’il sera fixé par l’Etat et en baisse constante car les retraites seront plafonnées à 14 % du PIB alors que le nombre de retraités grandira, ce qui implique une réduction prévisible de 20 % de la valeur du point. On est entré dans une époque d’incertitude radicale, ce qui, naturellement, n’est pas favorable à l’investissement et à la consommation.
Cela est confirmé par les 51 milliards de dividendes que viennent de verser les multinationales francaouies. Cela tombe bien puisque Mac-Tron a installé une flat tax à 30 % sur les revenus du kapital (avant on payait au niveau du taux atteint par l’IRPP, taux atteignant 45 % pour la dernière tranche). Où va le pognon essentiellement ? Non pas chez la « veuve de Carpentras » mais dans les fonds de pension US qui font le pressing pour avoir de bons rendements de leurs placements car les multinationales françaises sont détenues à plus de 50 % par l’étranger. Comme un fonds de pension a 5 % de rémunération de ses frais de gestion, plus 5 % pour les fonds extérieurs qui gèrent leur fric, plus 5 % pour payer les retraites, il leur faut donc un rendement de 15 % tout de suite. Ce qui, naturellement, fonctionne à court terme. Car figures-vous que les retraites US sont en capitalisation et non en répartition. En outre, c’est un très bon moyen d’attacher les travailleurs aux intérêts mêmes du kapitalisme. Sauf qu’en 2008, avec le krach, les retraités US ont compris leur douleur… La réforme des retraites de Mac-Tron conduira du reste les plus aisés (car la cotisation est plafonnée sur une assiette de 10 000 euros par mois (pour le moment car évidemment ce seuil va baisser ultérieurement) à souscrire des assurances-retraites par capitalisation.
On apprend que le dispositif de flicaille pour le G7 de Biarritz atteint 13 200 « forces de l‘ordre » (au lieu de 12 000 membres en bon français) ; c’est bien plus que les éventuels opposants réunis à Hendaye et Irun. Argenteuil va avoir 15 poulagas de plus. Ce qui confirme mon théorème : plus les inégalités et la pauvreté s’accroissent, plus la répression augmente. Hier M. Castagnette a commémoré en grandes pompes avec son adjoint Nunez la libération de Paris en 1944. C’est amusant car si une corporation ne mérite pas d’être associée à la victoire contre les nazis, c’est bien la maison Pouleman-Royco qui a si bien collaboré (comme du reste « l’autorité judiciaire », avec Vichy, organisé la rafle du Vel d’Hiv… en 1942 et pourchassé et zigouillé maints résistants.
Les chasseurs se félicitent de l’appui de Mac-Tron et de ses décisions en faveur des viandards qui tuent des cerfs jusque dans la cuisine des particuliers. C’est très nouveau monde que de soigner telle ou telle partie de l’électorat tout en faisant profession de foi écologique ; sans doute comme les ministres assistant à une corrida… C’est fait : les décrets d’application de la loi anti-chômeurs ont été pris ; il y en a beaucoup qui vont bientôt comprendre leur douleur. Mac-Tron continue de pousser aux traités internationaux de commerce qui favorisent l’industrie allemande contre l’agriculture française. C’est normal car il n’est sans doute que le gauleiter en France de die grosse Angela. Pour ce faire, il continue de jouer les sapeurs Camember en transférant des charges étatiques sur les budgets sociaux (Sécu, assurance-chômage, logements HLM et bientôt vol des réserves de l’Arco et de l’Agirc). Car Mac-Tron étatise tout ce qu’il peut pour pouvoir user du pognon collectif à sa guise
La forêt amazonienne brûle au Brésil et Bolsonaro, le copain Mercosur de Mac-Tron, accuse les ONG, ce qui est fort de café car il est bien plus probable que ce soient des incendiaires voulant s’emparer de terres indigènes pour t planter du soja ou y élever des bestiaux vu que ledit Bolsonaro a annoncé haut et fort qu’on pouvait la détruire.
Mac-Tron dit vouloir prendre le chemin de l’humilité et de la « consultation » ; il va commencer par un « grand débat » sur les retraites mais il s’agit sans doute de ne pas laisser des plumes aux municipales de 2020 et de gagner du temps. On connaît aussi la conception de la consultation du malhomme : cause toujours, tu m’intéresses et chante fauvette, j’irai mon train. Du reste il a déjà lancé ses préfets aux ordres contre les maires ayant pris des arrêtés municipaux contre l’épandage de pesticides aux abords des habitations ! Ainsi va ce bas-monde si nouveau…

Conséquences possibles de la crise (?) allemande pour la France de Mac-Tron

Posté : 18 août, 2019 @ 10:45 dans politique | Pas de commentaires »

La presse nous rebat les oreilles avec une récession économique en Allemagne par suite des bisbilles commerciales sino-américaines et du protectionnisme US contre l’UE et s’en réjouit in Pétaud. Or ce n’est pas du tout une bonne nouvelle. Car la Doryphorie a déjà fait la preuve depuis longtemps de son incroyable capacité à transférer ses problèmes sur ses voisins, lesquels, du reste, la France en tête, l’ont accepté sans barguigner et cela depuis le franscisquain Tonton.
Exemples. Lors de la réunification, la RFA a augmenté ses taux d’intérêts pour attirer des capitaux européens afin de payer l’assimilation et la réindustrialisation de la RDA, ce qui a induit une course à la manipulation des monnaies et des emprunts d’Etat (politique du franc-fort, du Frankfort), ce qui amené une déflation et une crise dans les autres pays. Et, ensuite, la Tudesquie a utilisé tous les leviers de la désinflation compétitive en tant que passager clandestin de l’Europe, avec une politique socio-économique d’exportation et de compétitivité. Voyons comment.
Ce furent les lois Hartz (dès 2003) sous le chancelier Schröder qui ruinèrent le salariat et les retraités allemands (taux de pauvreté en Doryphorie 16 % contre 14 en France) mais firent baisser les coûts de production de l’industrie allemande. Ce furent notamment les mini-jobs à 400 euros par mois sans sécu, ni retraite et généralement à temps partiel. Il y en a encore environ 7 millions. Ils se situent dans le secteur des services et sont essentiellement féminins. Ce qui signifie que, par suite de l’externalisation des services jusqu’alors internes aux entreprises industrielles, le secteur desdits services a subventionné l’industrie allemande de façon considérable. Encore mieux, la Doryphorie a créé les jobs obligés à 1 euro de l’heure dans les mairies ou les associations pour que les chômeurs aient le droit de percevoir des indemnités. On a ainsi réinventé les horribles « work houses » de l’Angleterre victorienne !
Dès 2004, l’Allemagne et la Gibbye poussèrent à l’entrée des pays européens orientaux et centraux (les PECO) dans l’UE avec la bénédiction des gouvernements francaouis. Plus de 10 pays ex-soviétiques débarquèrent avec leur niveau de vie et leurs coûts de production très inférieurs à ceux de l’Europe de l’Ouest. Les Teutons en profitèrent pour délocaliser la production des pièces détachées, la rapatrier chez eux, faire le montage et y appliquer l’étiquette « made in Germany ». Evidemment, les autres pays imitèrent la recette, ce qui est dans la logique même d’une UE fondée sur « la concurrence libre et non faussée » über alles. D’où une baisse permanente des salaires et le développement du chômedu puisqu’une bonne part de l’industrie se trouvait maintenant dans les PECOs. C’est ainsi que l’emploi industriel en France est descendu à 11 % (10 % pour le PIB) contre encore 23 (20) en Allemagne ! Et, cerise sur le gâteau, la Doryphorie tient à l’euro fort, ce qui nuit aux exportations des autres pays, car se production est de qualité et car elle a une prime de change avec les PECOs non inclus dans la zone euro (un Polonais payé en euro triple son salaire payé en zlotys et, en sens inverse, l’Allemagne paye bien moins cher ses achats en Pologne).
Jusqu’en 2015 la Tudesquie n’a pas eu de SMIC, ce qui lui permettait de payer les travailleurs détachés (TD) en provenance des PECOs avec un élastique (triplé ou quadruplé au taux de change du « pays d’origine ») ; du reste, elle s’est longtemps battue pour ne pas modifier le statut des TD et a accordé en 2018 à Mac-Tron une réformette excluant en outre les routiers… Le SMIC 2015 n’était cependant pas pour tous les secteurs et était à un niveau fort bas compte tenu des salaires dans l’industrie allemande. Autre subvention offerte par le pouvoir : la prise en charge par l’Etat de l’essentiel du chômage technique. Cela facilite la politique d’exportation d’autant plus que l’Allemagne pousse à tous les traités internationaux (CETA, Mercosur, TTIP, Australie) qui favorisent son industrie au détriment des agriculteurs européens.
Autres astuces en faveur de l’industrie allemande : leur financement par les caisses d’épargne et les banques des Länder à bon prix. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi ces banques ont été exclues par la Doryphorie de l’Union Bancaire européenne… ; un coût de l’électricité fort bas car les tarifs domestiques sont gonflés pour ce faire. L’Allemagne a tout fait pour propulser son industrie (ce qui a été étendu à l’agriculture devenue la 1ère d’Europe…) : refus de la traçabilité des produits, d’un affichage de qualité à l’instar de Nutriscore ; normes de pollution par le diesel favorables aux voitures teutonnes, normes pour les produits chimiques (projet REACH peu dissuasives (défense du champion mondial Bayer qui, avec BASF, avait donné IG-Farben [production du zyclon B) pendant la période 39/45). Pour ce faire, elle s’appuie sur son hinterland-lebensraum de PECOs et ses amis luthériens d’Europe du Nord.
Ce n’est pas tout car, hors dumping et politique non coopérative, l’Allemagne dispose « d’avantages comparatifs » précieux : une démographie en berne, ce qui diminue les frais de logement et de scolarité et d’aide aux familles ; une armée industrielle de réserve dans les PECOs (travailleurs détachés et délocalisations). Une paix sociale issue de la soumission luthérienne au pouvoir et de la collaboration de classe syndicats-patronat-pouvoir, une décentralisation réelle dans les Länder. L’appui des USA qui l’ont recréée de toutes pièces après la 2ème guerre mondiale. L’adhésion de toute l’Europe à sa doctrine, à savoir l’ordo-libéralisme. Sa richesse en lignite qui lui permet de polluer tout en faisant déréguler le marché européen de l’électricité contre EDF. Et, point très positif, la promotion sociale interne aux entreprises, ce qui fait que leurs dirigeants ne sont pas des comptables, genre ENA, parachutés et ne s’intéressant qu’à leurs tableaux de bord chiffrés et quantitatifs. Saluons aussi son système d’apprentissage qui lui procure un salariat très qualifié mais en orientant très tôt les gosses de familles peu aisées vers des filières courtes heureusement compensées par la promotion sociale.
Mac-Tron a lancé une politique d’alignement sur les normes ordo-libérales du SLC, ce qui ne fait que renforcer la course au moins-disant entre pays. Dans la conjoncture mondiale maussade installé en partie par Trump contre la Chine et les bagnoles teutonnes, les marchés étrangers vont se fermer à l’UE. Que va-t-il se passer ? Elémentaire, my dear Watson : la course à la compétitivité en Europe, l’extension du moins-disant, le dumping fiscal, les subventions occultes et, in fine, la poursuite de la déflation des salaires, retraites et de la protection sociale. Gageons que l’Allemagne ne sera pas la dernière pour mener cette guerre économique contre ses voisins, ce qui, du reste, réduira à néant la politique SLC de Mac-Tron. Dans cette guerre, l’Allemagne dispose d’énormes atouts : son matelas de pognon dû à sa balance commerciale (positive de plus de 200 milliards par an depuis des années contre un déficit annuel français de 60), son faible endettement public, la capacité de son peuple à avaler des couleuvres, son expérience dans la désinflation compétitive, son réseau d’obligés ou de suiveurs, son impérialisme doctrinal de l’ordo-libéralisme, la soumission déjà trentenaire de ses voisins à son imperium… Donc, il n’y a vraiment pas lieu de se réjouir d’une éventuelle crise allemande qui sera de toute façon payée par les autres peuples européens ! A plus long terme, cette concurrence exacerbée peut conduire à la victoire des populismes nationalistes et à l’éclatement de l’UE. tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse; cher Mac-Tron relisez un peu les grands auteurs au lieu de l’économie libérale pour les nuls.

De quelques notions de philosophie politique étrangères à Mac-Tron

Posté : 13 août, 2019 @ 8:09 dans politique | Commentaires fermés

Pour se draper dans sa conception verticale, centralisatrice, absolutiste et néolithique de l’exercice du pouvoir, Mac-Tron se passe aisément d’éléments de réflexion politique pourtant bien établis et depuis fort longtemps. Ou, hypothèse plus simple, il ne les connait même pas car à l’ENA on se fiche totalement de la pensée politique. On n’y apprend que de la gouvernance, de la comptabilité, des ruses politiciennes, de la communication, etc. En fait les seules techniques manipulatrices de l’exercice du pouvoir. Cela laisse la part belle aux démocratures illibérales et aux fausses démocraties représentatives. On a déjà vu la différence entre autorité et pouvoir, entre légalité et légitimité. Il nous reste encore des différences essentielles à examiner de près afin d’aider à « déconstruire » les thèses du pouvoir qui en appelle sans cesse, contre les opposants, à la démocratie, à la république, à l’ordre public.
Commençons par différencier la démocratie et la république car on peut parfaitement avoir une république sans démocratie et l’inverse, une démocratie non républicaine. On peut évidemment avoir ni démocratie, ni république quand la 1ère est faussée et la seconde inexistante ou, naturellement dans le cas des dictatures religieuses, politico-idéologiques ou kleptocratiques. C’est notamment le cas des USA et de la France qui se voilent derrière ces concepts mais sans les appliquer.
La république, c’est la recherche du bien commun, la prise en charge de l’intérêt général, le respect de la justice et de la dignité égale de chacun, de la liberté individuelle, le règne du droit dans le territoire, la défense de la communauté politique dans un destin commun, le respect du pluralisme sociétal. C’est tout cela qui confère la légitimité aux titulaires de l’exercice du pouvoir politique républicain. La république, c’est un projet de bonne vie en commun par-delà les différences, c’est l’équilibre entre les droits individuels égaux et universels et les droits de la collectivité politique en tant que communauté de destin. La démocratie, c’est seulement la participation égale de tous à la prise en charge du politique, lequel n’est pas forcément assis sur la justice comme on le voit dans les démocraties à l’anglo-saxonne où les inégalités sont démesurées. La démocratie se contente des droits-libertés et des droits-participation et peut négliger les droits-créances des individus sur la société. La démocratie n’a pas de projet ex ante ; le projet commun résulte d’un procès électoral dont le moins exige que sa définition ne soit pas faussée par une captation de la démocratie par une oligarchie ou une ploutocratie ou une aristocratie élitiste comme dans le cas de la France énarchique. C’est pourquoi la démocratie n’est souvent que la légalité de l’ordre établi, ordre défini par qui ? Par les représentants élus formant la majorité législative. Le serpent se mord donc la queue et ce « désordre établi » assure le pouvoir seulement légal de ceux-là mêmes qui l’ont mis en place par la loi ! Cet ordre n’est qu’autoréférentiel et ne saurait être justifié que par une norme de rang supérieur, la légitimité, comme le prouve le théorème de Gödel. La démocratie ne saurait suffire pour constituer une république orientée vers la justice et le bien commun. Inversement, une république non démocratique verse très facilement vers la dictature. On peut donc conclure que la démocratie sans la république a peu de chance d’^ter vraiment démocratique et que la république sans la démocratie devient aisément une oligarchie. Ce qu’il faut donc viser en tant qu’objectif politique commun, c’est une république démocratique pour tout le monde comme communauté de destin et comme projet collectif déterminé, si j’ose dire, à armes égales par tous les citoyens. Et il ne faut pas sous-estimer que la république non démocratique s’adonne facilement au nationalisme et à la chasse aux émigrants ou exige leur assimilation. Mais la seule démocratie favorise le clientélisme et permet aux candidats populistes de s’appuyer sur les éléments les plus droitiers de la population comme le monter si bien Trump. Ce qui confirme que la république sans la démocratie n’est pas la république.
Cette république démocratique a un problème perpétuel et majeur : celui d’assurer l’union politique dans la diversité et la pluralité culturelles, sociales, politiques. Les politiques, face à l’évidence du pluralisme, n’ont que les mots unité et rassemblement « national » à la bouche, ce qui que de la méthode Coué. Il n’y a pas d’unité possible, ce qui est le fantasme de l’UN, mais la nécessité de chercher l’union dans la diversité et le tensions. Or cette diversité, potentiellement conflictuelle, est le ressort même de la dynamique sociale, dynamique que veulent supprimer tous les suppôts de l’ordre existant qui fait si bien leurs petites affaires. En appeler sous n’importe quel prétexte à la défense de l’ordre public, c’est manifester sa propension au refus du conflit, sa sérénité dans le calme plat, son exigence de sécurité personnelle, son confort moelleux dans les palais et les privilèges de la ripoublique. L’unité, c’est l’expression même du conservatisme social et politique. Pour faciliter la recherche de l’union dans la pluralité, je propose de distinguer trois espaces d’action sociale : l’espace privé, lieu des libertés familiales et intersubjectives de grande proximité ; mais, évidemment, cet espace dépend des autres car, par exemple, dans notre culture moderne d’égalité des sexes ou genres, on ne saurait y tolérer des pratiques contraires comme le machisme, l’excision, le mariage forcé, l’homophobie, le racisme… Nous avons, bien plus large et « distanciable », l’espace public-civil, à savoir celui de la société civile où l’on trouve la diversité collective des religions, des cultures, des positions économiques et sociales, bref l’espace des groupements en interaction dans la société pour y faire valoir et reconnaître leur identité, leurs valeurs, leurs intérêts dans le concert social ; cet espace est par construction agonistique car ses différences peuvent s’y transformer en conflits. Enfin, nous avons l’espace politique-civique. Ce dernier a pour caractéristique d’être transversal aux deux autres ; je n’ai pas dit comme les politiciens fanatiques de l’UN, transcendant ou supérieur ou encore moins extérieur à la société civile. Le politique n’est pas en surplomb ; il est dedans et au travers. Sa fonction est d’unifier, d’animer, d’impulser, de coordonner la société, de réguler les rapports sociaux et les interactions par des valeurs et des règles sociopolitiques communes. Mais si cet espace doit être neutre par rapport aux différences culturelles, religieuses ou idéologiques se trouvant dans l’espace privé ou dans l’espace public-civil, il n’en reste pas moins qu’il doit produire les valeurs, les normes et les règles de la coexistence pacifique et de la cohésion sociale. Naturellement, si l’on est en vraie démocratie, cet ensemble de moyens ad hoc pour la recherche de l’union dans la diversité et la résolution pacifique des conflits, doit être émis avec la participation de tous les acteurs, c’est-à-dire sans donner à un pseudo-corps représentatif le monopole de la construction du destin commun, de l’intérêt général, des règles communes. Il est donc question de disposer de valeurs sociopolitiques communes afin de faire en sorte que la mise en débat politique-civique des fins et des règles transversales à la société, c’est-à-dire supérieures à celles des communautés pour ce qui est de la cohésion sociale (ce qui veut dire que les groupements de l’espace public-civil peuvent avoir leurs propres règles à condition de respecter les globales décidées démocratiquement dans la discussion publique-civique de l’intérêt général). Cette différenciation des espaces sociaux nous permet de reconnaître la légitimité du multiculturalisme et du communautarisme dans les espaces privé et public-civil, tout en éliminant la possibilité que le communautarisme supprime l’espace politique-civique en le monopolisant dans une seule direction ou en transformant la communauté politique en une juxtaposition de communautés plus ou moins séparées et contenant en puissance l’exaspération des conflits.
Tirons-en une leçon politique sur ce que devrait être une réelle démocratie républicaine. La démocratie réelle ne saurait reposer sur un acte périodique, ponctuel et atomistique. Ces caractéristiques sont d’avoir de façon permanente pour but d’immerger le politique dans la société et non au-dessus :
• Une structure sociologique (et non juridique comme la fausse séparation des pouvoirs) de représentation des intérêts (et valeurs) des groupes organisés et fédérés de la société (ONG, Associations, syndicats salariés ou patronaux, collectivités locales, partis politiques, obédiences religieuses …). Cette structure est reprise dans l’organisation du suffrage qui a lieu à 2 niveaux : celui du groupement qui élit des délégués comme candidats aux élections et celui de l’élection proprement dite par tous les citoyens. Les partis n’ont plus le monopole des candidatures et les votes sont assis directement sur les intérêts des groupes sociaux au lieu du suffrage purement atomistique et individuel. C’est ce que l’on appelle le fédéralisme intégral (tout à la fois économique, politique, social, juridique, culturel) qui représente les personnes, les groupes et le pays tout entier et qui met tous les intérêts en réciprocité d’expression, de défense et de négociation. Cette structure part de la base pour se fédérer jusqu’au sommet, « son centre est partout, sa circonférence nulle part ». C’est certes de la verticalité, mais ascendante et légitime car assise sur le consentement à l’autorité et non sur le pouvoir-force.
• Un processus permanent de mise en débat, de discussion, d’expression, de négociation entre les groupes réels qui sont d’obédience sociologique (donc susceptibles d’évoluer par suite des changements en tout genre qui modèlent la société et y modifient les places respectives et relatives des groupements sociaux dans la structure sociale à représenter).
• Un ensemble double de valeurs sociopolitiques : celui relatif à l’espace public-civil (égale dignité pour tous, respect de chacun ou de chaque groupe et de leur intégrité physique ou sociale, dialogue, ouverture aux autres, éthique de la communication, etc.) ; celui relatif à l’espace politique-civique (laïcité, libertés d’expression, de manifestation, égalité politique des groupes et des personnes, négociation, respect des minorités, révocabilité des mandats (impératifs sur les fins à atteindre, non sur les moyens, la stratégie, la tactique), primat de la négociation, recherche de l’intérêt général, primauté de la légitimité (fondée sur le bien commun) sur la légalité (un député légitime doit être élu avec au moins 50 % des inscrits)… Ce sont ces valeurs qui confèrent sa stabilité à la république démocratique, valeurs que Montesquieu avait résumées en un mot : la vertu, tant des citoyens que du régime politique.
• Un droit substantiel (normes impératives et universelles), permettant d’interdire et de sanctionner les pratiques non conformes à la démocratie et à la république, au lieu d’un droit procédural, pour ne pas dire procédurier (procès ordurier), qui ne fait que permettre d’indemniser les dégâts ex-post au lieu de les prévenir (système anglo-saxon assis sur la seule légalité et rapidement phagocyté par les plus riches pouvant payer des avocats, tel l’ithyphallique, phanérogame, priapique et libidineux DSK).
Autre leçon : la république démocratique est ouverte au monde et admet l’immigration. Elle refuse la vieille assimilation de type Jules Ferry ou l’intégration plus ou moins forcée ou exigée par la droite. Mais elle nie aussi le laxisme socialo-bobo qui n’a aucune exigence et qui ne fait rien pour que les nouveaux venus puissent disposer des moyens nécessaires à leur présence comme des « poissons dans l’eau ». C’est normal car quand on adhère au SLC et à son primat du marché alors la seule règle est le « demerden sie sich » sous couvert d’égalité des chances alors qu’il faudrait aussi une égalisation des moyens nécessaires à la recherche de la vie bonne. Les immigrés n’adhéreront aux valeurs sociopolitiques du pays que si elles sont respectées dans les conditions d’existence. Comme disait à peu près Proudhon : là où est la Justice, là est mon pays. Ce qui est naturellement vrai aussi pour tout le monde car, si non, nous n’aurions pas tant d’abstentionnisme et de gilets jaunes ou de populisme régressif. En revanche, les immigrés, et surtout les « entrepreneurs de religion ou d’idéologie » qui les poussent à s’opposer afin de se tailler leur petit territoire vertical de pouvoir et de prébendes, doivent respecter le pacte social en place et figuré par ses valeurs sociopolitiques. Les immigrés ne se sentiront bien dans notre société que si elle se montre désirable dans les faits. Les « indigènes » ne les accepteront que s’ils respectent leur culture. Il y va d’un respect ou reconnaissance mutuels des identités des uns et des autres.
Et conclusion : la république authentique est fondée sur la Justice (légitimité des lois assises sur le bien commun, l’égalité des chances et les conditions de bonne vie pour tous), la justesse (équité dans les jugements d’application des règles de justice) et la justification (argumentation permettant de montrer que l’ordre social en place est juste). N’y-a-t-il pas des éléments de cette cohérence politique qui vous manqueraient, M. Mac-Tron ?

Aux armes citoyens, la ripoublique macronienne est en danger

Posté : 4 août, 2019 @ 11:19 dans politique | Commentaires fermés

Depuis le vote du CETA par la chambre des « députains » (bon mot complété de Boris Vian : un général, dégénéré, un maréchal, des maraîchers… un député, des députains), des agriculteurs et sans doute quelques gilets jaunes s’amusent à déverser du fumier devant les permanences de représentants ayant entériné le traite de commerce avec le Canada, à les murer et taguer ; voire avec quelques tentatives d’incendie. Alors, le pouvoir et les médias à ses ordres ou complaisants, les députés visés nous servent la totale du vocabulaire de défense de l’ordre public, celui qui n’est jamais que le « désordre établi » suivant Marc Sangnier. Ces actes « terroristes » ne sont que des atteintes à la république, à la démocratie, aux forces de l’ordre, au pouvoir légitime, aux « Autorités » … Il nous faut donc examiner ce qu’il en est et faire comme ledit pouvoir de « la pédagogie » et de la » communication » afin que ces ânes de Francouis, qui mettent si longtemps à comprendre, finissent par piger ce qui est en jeu.
• La république est attaquée. Quelle république, s’il vous plait ? Vous avez vu une république en ce moment dans notre pays ? Qu’est-ce que la république devrait être la première question à se poser avant de dire qu’elle est en danger. Eh bien, d’après les approches historiques et philosophiques, la république c’est la défense de l’intérêt général pour le peuple tout entier, la recherche du bien commun, la poursuite de la justice, la sauvegarde des libertés, la pacification des rapports sociaux, le primat du droit, l’Etat de droit, l’égalité des chances et la récompense du mérite. Avec cette définition traditionnelle, on peut donc faire du « benchmarcking » (comparaison) correct avec des critères précis et non du blablabla de politicards effarouchés et qui, en fait, défendent leur pré-carré de privilèges. L’étude comparative de la réalité de la ripoublique macronienne avec cette base de critères nous montre aisément que nous ne sommes pas en république (et cela fait longtemps mais Mac-Tron a poussé les feux du SLC pour détruire ce qui restait de notre république).
L’égalité des chances, c’est moins de 5 % de fils ou filles des classes les moins aisées dans les grandes écoles alors qu’employés et ouvriers forment 52 % de la population ; quelle belle méritocratie !). Le bien commun, c’est plus de 14 % de pauvres (moins de 60 % du revenu médian), c’est près de 4 millions de mal-logés, c’est 3,6 millions de chômeurs en catégorie A (près de 6 si on raisonne en termes de sous-emploi), c’est l’expansion des contrats précaires et à temps partiel, c’est la misère des services publics savamment organisée pour exciper de leur inefficacité et ensuite les refiler au privé. C’est le 1 % contre les 99 % cher à Occupy Wall Street. C’est les 56 milliards de distribution de dividendes, c’est les 45 % de taux de prélèvements obligatoires, les 56 % de taux de dépenses publiques et sociales rapporté au PIB.
L’intérêt général est devenu celui défendu par le pouvoir en faveur du capital par une politique de l’offre et la détaxation de ses revenus, c’est la destruction du code du travail, c’est la diminution de l’indemnisation et de la durée du chômedu, c’est la future abolition de la retraite calculable et prévisible et de 70 % (en moyenne) de taux de remplacement. Ce sont les traités internationaux pour bousiller notre agriculture au profit de l’industrie (surtout l’allemande), de la finance, des multinationales. C’est la transformation de l’éducation nationale en formations opératoires et en système d’auto-promotion des enfants des riches. C’est la centralisation de tout (Sécu, chômage, retraites), le primat de la technocratie sur les corps intermédiaires, la réduction à zéro des forces syndicales et de leurs moyens d’action.
L’Etat de droit est devenu l’Etat policier et répressif avec une police au service du pouvoir et pas du tout à celui du peuple. C’est la magistrature « couchée » à fond ans la répression ou la dissimulation des affaires gênantes pour le pouvoir, la primauté du secret des affaires sur les lanceurs d’alerte, les médias compradores et les limitations de la liberté des journalistes convoqués par la DCRI pour donner leurs sources et susceptibles d’être attaqués pour « fake new ». C’est la réduction de fait du droit de manifester via l’action policière et les lois répressives. Ce sont les mensonges répétés de certains procureurs en faveur des thèses du pouvoir. C’est la comparution immédiate et la taule pour les pauvres opposants et l’absence durable de poursuites pour les riches truqueurs et tricheurs ou les alliés politiques du pouvoir
Pour la pacification des relations sociales, Mac-Tron s’évertue à opposer les gens ou les groupes entre eux : conservateurs vs progressistes, actifs vs retraités, rentiers vs créateurs, urbains vs périphériques, « assistés » contre travailleurs, etc. Diviser pour régner et faire ensuite des grands appels à l’unité, au rassemblement ; c’est avant tout casser la cohésion sociale en quelque sorte sociologique et la remplacer par un discours factice.
• La démocratie est en danger, dixit le gugusse député à Perpignan. On se demande où le malhomme voit de la démocratie en France ? Un président qui a obtenu 18,5 % des inscrits au premier tour des pestilentielles ? Un député moyen qui a eu 15 % des inscrits au deuxième tour des législatives (10 % de blancs et nuls, près de 60 % d’abstentions). Les frais énormes de campagne, sans doute minorés pour ne pas dépasser les limites légales ; le battage incessant des médias possédés par les amis de Mac-Tron (Bolloré, Arnault, Bouygues, Lagardère…). Et 15 % des inscrits nous donne une majorité bleu horizon et introuvable à la chambre, une cohue de godillots énamourés qui votent les projets de loi concoctés par le pouvoir ; un gouvernement de copains. Et toute l’administration est mise au service du pouvoir et est truffée de sympathisants. Cette démocrassouille ne représente pas du tout le peuple car il en est absent (pas d’ouvriers, quelques agriculteurs, fort peu d’employés ; mais les « in » de la « société civile », c’est-à-dire ceux qui sont pour le SLC, soit environ 15 % de la population). En fait, entre les démocratures à la polonaise ou à la hongroise, voire celle de Bolsonaro, et la démocratie représentative de Mac-Tron, il n’y a pas une différence de nature mais seulement de degré dans le niveau atteint d’illibéralisme. Car le malhomme profite de sa toute-puissance obtenue légalement (quid de sa légitimité ?) grâce à des institutions bétonnées pour avoir le pouvoir absolu pour centraliser à fond tout ce qui n’était pas encore dans les pattes de l’Etat unitaire, à souveraineté absolue et indivisible et fiscariote. Et évidemment, tous les services publics d’enquête, d’étude, de statistiques sont au service non du peuple mais du pouvoir afin de truquer l’information ; c’est qu’ils ne sont pas indépendants dudit pouvoir. Et quelle belle démocratie que celle qui arrange les appels d’offre pour les marchés publics, qui magouille dans les enquêtes de déclaration d’utilité publique (Sivens, Europa City, Val Tolosa…), qui monte des partenariats privés-publics olé olé, qui cède les bijoux de famille pour une bouchée de pain au privé (cas futur d’ADP), qui sabote les services publics, qui ponctionne la Sécu ou l’UNEDIC…
• Les « Autorités » sont niées par les opposants. Et il y a du boulot car le pays regorge de « Hautes autorités administratives », d’agences, de Kommissions de régulation, de comités Théodule. Et sans doute nos légitimistes modernes pensent-ils que la flicaille, les matons, les fonctionnaires… sont des autorités ? Pourquoi donc ? Parce que leurs membres (cooptés, triés sur le volet de la soumission plus que de l’indépendance, appartenant souvent aux milieux d’affaires et aux lobbys) sont désignés par le pouvoir qui est légitime parce qu’il a été élu. On a vu ce qu’il en était dans notre démocrassouille. Mais il y a pis : une confusion volontairement entretenue entre autorité et pouvoir. D’où un petit rappel pédagogique qui nous vient de Weber, décédé en 1920 ! J’y passe après avoir rappelé que la Justice, qui devrait être indépendante du pouvoir au nom de l’équilibre libéral des pouvoirs énoncé par Montesquieu (ce qui ne nous rajeunit pas), n’est en France qu’une « Autorité », comme le compradore CSA.
L’autorité, comme le pouvoir, est ce qui donne aux dirigeants le droit de commander au nom d’un groupement. Mais l’autorité procède d’en-bas, elle est conférée par les gouvernés, elle est ascendante et partagée entre tous ceux qui la confèrent, elle n’est pas une propriété des titulaires (aux deux sens du terme propriété, possession et qualité intrinsèque du corps ou de l’objet. L’autorité est assise sur des critères ou principes de légitimité : Weber disait qu’il y en avait 3 sources, à savoir le charisme, la compétence, la tradition. L’autorité est à vérifier et est donc révocable si ses motifs d’adhésion des assujettis sont affaiblis ou ont disparu. Ce qui est manifestement le cas de la ripoublique macronienne puisque les citoyens, en grande majorité, n’ont plus aucune confiance ni dans les politicards, ni dans les médias, ni dans beaucoup de corps administratifs (à commencer par la police ou la justice). En 39/44, qui était légitimement détenteur de l’autorité ? Vichy ou le Général ? En république démocratique, quel est le principe de légitimité qui confère l’autorité aux représentants et à l’administration qui en dépend ? C’est naturellement la poursuite du bien commun et de l’intérêt général, ce qui a été précisément sacrifié par les politicards depuis près de 40 ans (cela remonte à 1983 avec la trahison social-démocrate du franscisquain Tonton dans le « tournant de la rigueur ») au profit de l’ordo-libéralisme tudesque, du grand marché de libre-échange total, de la « concurrence libre et non faussée », du primat du « droit d’entreprendre ». C’est pourquoi nos gouvernants ont abandonné à l’Europe et aux traités et organes internationaux tous les leviers de la souveraineté nationale. Or sans souveraineté sur son territoire et avec sa population, il n’y a plus de république possible, c’est-à-dire de recherche autonome d’un destin commun pour tous les membres de la communauté politique. Il s’ensuit que nos « autorités » ne sont guère respectables puisqu’elles ont été mises en-dehors des principes de légitimité qui leur confèrent leur ressort d’adhésion donné par le peuple et lui seul.
Que reste-il ? Eh bien le pouvoir nu, brut. Le pouvoir obtient certes que ses commandements soient obéis mais c’est par la force, le mensonge, la ruse, la répression, etc. Le pouvoir, au contraire de l’autorité, procède d’en-haut, verticalement vers le bas, il est imposé, non consenti et n’a pas besoin de principes de légitimité. Il appartient à celui qui dispose du plus gros Massu (voir Charlot à Baden-Baden en 1968). Le pouvoir est solitaire mais s’appuie sur des féaux, des séides, des sbires ; il fonctionne par privilèges (dont des gueuletons aux frais de la princesse, des médailles, des bagnoles de luxe avec chauffeur, des logements, des sinécures) et prébendes (subventions, marchés publics truqués…) accordés à ceux qui le soutiennent. Car, naturellement, un lider maximo, un conducator, un leader, ein führer… ne peut gouverner tout seul à partir de son beau bureau à lambris et dorures (c’est la grande illusion des énarques et autres grands commis issus des grandes écoles) ; il doit être secondé et obéi par des aventuriers et des affairistes, servi par des béni-oui-oui, des barbouzes, des flicards douteux, des indics et des titulaires de marchés publics… Le pouvoir de la force et de la ruse a besoin cependant d’endormir le peuple pour qu’il ne se révolte pas : publicité, consommation, crédit, jeux et téléréalité, distractions et diversions, promotion de son image, compassion voyante, grandes manifestations de rassemblement, promotion de héros, etc. Rien de nouveau sous le soleil après l’agit-prop et la propaganda-staffel des régimes totalitaires (le viol des foules par la propagande politique) remplacés en plus soft aujourd’hui par « la fabrique du consentement ». Le pouvoir, c’est la force brute en deuxième instance, Machiavel en première. Et Mac-Tron se présente comme moderne ! Alors que c’est Napoléon IV mâtiné de Boulanger.

(Il) Nous-fera-tout, Mac-Tron le vampire du SLC en France

Posté : 27 juillet, 2019 @ 9:31 dans politique | Commentaires fermés

Malgré un léger tassement du rythme des réformes par suite de l’effet gilets jaunes, Mac-Tron persiste et signe pour convertir définitivement le pays au SLC suivant le modèle ordo-libéral des Teutons. Voilà quelques nouvelles récentes du front ripoublicain.
Delevoye, « Haut Commissaire » à la réforme des retraites vers un « système universel » simplificateur et équitable a déposé ses conclusions. Elles contiennent des études de cas dont on apprend ce jour que les comparaisons en sont biaisées (le calcul pour l’ancien système fait comme si la réforme Touraine était terminée !). Normal quand on se souvient du mot de Churchill : les seules statistiques fiables sont celles que j’ai moi-même truquées. Après avoir fait mine de démissionner quand le pouvoir a annoncé un âge-pivot (64 ans pour avoir une retraite sans décote), le sieur Delevoye a obtempéré et l’a fait figurer dans ses préconisations, dont par ailleurs il est claironné que le gouvernement en fera ce qu’il voudra après une nouvelle phase de concertation avec les partenaires sociaux.
Toujours aussi fiscariote et sapeur Camember, le gouvernement entend piquer 1 milliard au fonds du 1% pour le logement et serrer à nouveau la vis sur les APL. Puiser des sommes consistantes dans les niches fiscales données aux entreprises semble avoir été sérieusement laminé. Le futur regroupement de toutes les aides sociales dans une allocation universelle et unique paraît être placé sous le signe des économies. Affaires à suivre tant l’écart entre le pense, le dire et le faire est important et tant le diable se loge dans les détails. Par exemple, le prélèvement à la source a dégagé un milliard de bénéfices car les fraudeurs ont dû enfin déclarer leurs revenus exacts.
On sait que la réforme de l’assurance-chômedu fera de très nombreuses victimes alors que la taxation des contrats courts se révèle tout à fait limitée. L’augmentation du budget de la Sécu a été plafonnée à 2 %, ce qui sera pratiquement mangé par l’inflation. Les urgences en grève depuis 2 mois n’ont rien obtenu ou presque (une prime de risque ridicule) ; mais il est vrai que faire grève seulement en portant un brassard n’est pas de nature à faire fléchir le gouvernement qui ne pige que les rapports de force et la mauvaise publicité dans les médias.
La Justice continue d’aider le gouvernement dans sa volonté « réformatrice », c’est-à-dire régressive. La Cour de Cassation, en séance plénière et solennelle, a donné raison au gouvernement en ce qui concerne la fronde des tribunaux de prud’hommes sur les indemnités de licenciement « sans cause réelle et sérieuse » ; mais la fronde persiste car cet arrêt n’est pas assorti d’obligation. C’est normal car elle est construite (recrutement, nominations, promotions) pour faire la part belle aux magistrats les plus dans le vent et car il ne s’agit que d’une autorité judiciaire non indépendante du pouvoir malgré les multiples rappels à l’ordre des instances de Bruxelles. Rappelons qu’un seul magistrat a refusé de prêter serment au maréchal Putain. On sait aussi que la police se juge elle-même (IGPN) et que les violences policières n’ont à ce jour produit aucune condamnation même quand les fautes sont flagrantes (la retraitée de Nice contre laquelle le procureur avait menti !), la vieille dame de Marseille, les brutalités de Toulon (on apprend qu’une information judiciaire vient d’être ouverte 6 mois après, ce qui est à comparer aux délais des « comparutions immédiates » pour les gilets jaunes) … Il est probable que l’IGPN qui va rendre incessamment son rapport va dédouaner la police de la disparition de Steve à Nantes.
Bruxelles vient de remonter les Bretelles de Paris à propos de l’usage de la glu et de filets (interdits en Europe) pour la chasse aux oiseaux. Mais le gouvernement, pour des raisons bassement électorales, tient « en même temps » à soigner les chasseurs (chasse aux oies cendrées lors de leur migration, division par 2 du prix du permis de chasse national, déclassement d’une zone humide protégée pour y permettre la chasse) et à installer le SLC en France. Ce qui est manifestement et de droite et de droite. Autre gâterie macronienne : dans les zones ou lieux classés, dont Natura 2 000, c’’est désormais le préfet qui donnera ou non les autorisations de construire (au lieu d’un aréopage national) ; comme si un préfet, qui plus est aux ordres du pouvoir central, était inaccessible aux pressions locales en tout genre !
Le bétonnage continue ; Europa-City, tunnel Lyon-Turin, canal du Nord, bassins de retenue de flotte pour les adhérents de la FNSEA (pas d’action contre celui, illégal, de Caussade ; retour de l’idée de celui de Sivens). C’est qu’il faut fournir des chantiers à Bouygues, proprio de TF1, LCI, TCM, et consorts pour que leurs bénéfices perdurent (d’où la profusion de ronds-points en France). Comme on disait en 1968 chez Tati : pendant le saccage (maintenant de la planète), la vente continue. Total a obtenu le droit très écologique d’importer 300 000 tonnes par an d’huile de palme pour sa raffinerie d’agro-carburant. La mine de Salsigne n’a toujours pas été nettoyée, les algues vertes toxiques et puantes prolifèrent. Entre la croissance, soi-disant porteuse d’emplois (moyen de chantage classique des industriels et autres affairistes) et l’écologie, le résident à l’Elysée a fait son choix : celui du SLC über alles (du reste, le pouvoir ne fait pas grand-chose pour s’opposer aux progrès du système Uber et consorts). Naturellement, l’assemblée de godillots à la chambre des députés a voté pour entériner le CETA tout en honorant la petite écolo mobilisatrice des jeunes contre l’inaction des gouvernements en faveur du climat. Contre la canicule, le pouvoir fait surtout grand étalage de communication infantilisante comme si les gens étaient idiots et avaient besoin de l’Etat pour se protéger.
Les nominations de copinage continuent : à la tête de radio-France, à celle du CNC ; Mac-Tron, trop isolé, a besoin de sa petite garde prétorienne de féaux, voire de séides comme Benalla (akbar), les procureurs, les hauts magistrats. M. Griveaux, quoiqu’on en dise a été désigné par le Zident en personne comme candidat LREM à la mairie de Paris. On magouille pour avoir le maximum d’élus locaux en 2020 (afin de s’emparer du Sénat) en projetant des alliances avec des maires macron-compatibles. La politique, contrairement à l’andouillette, sent de plus en plus la merde politicarde de l’ancien monde.
Las, le pouvoir qui a lâché quelques picaillons en faveur des petites classes moyennes actives, et a promis moins 5 milliards d’impôt sur le revenu pour elles, cherche désespérément 3 milliards pour boucler le budget 2020. Pour en arriver à 2,1 % de déficit, il serait question de raboter encore plus les avantages familiaux pour les riches (allocations et quotient familial). Rappelons que ces choses étaient liées à la justice horizontale : ne pas défavoriser les familles nombreuses vis-à-vis des couples sans enfants.
Ainsi va le monde macronien, celui qui pour imposer sa loi, étatise et centralise tout en transformant le dialogue social en mascarade. Cher philosophe de contrebande, méditez ce mot de Montesquieu : le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.

Les traités de commerce international en Europe

Posté : 25 juillet, 2019 @ 9:49 dans politique | Commentaires fermés

Il y a belle lurette que l’UE s’est lancée à corps perdu dans le libre-échange sans limites via le « livre blanc du curé Delors donnant en 1986 « l’acte unique » ouvrant tout à la « concurrence libre et non faussée ») ; la doctrine justificatrice est celle des échanges mutuellement profitables émise par Ricardo. Or c’est une ânerie qui n’est vraie qu’à des conditions à la fois restrictives et non réalistes (par exemple, le capital est censé n’être pas mobile). Cette théorie a été depuis longtemps controuvée, notamment par LIST et par ALLAIS. Du reste ; elle n’a été appliquée qu’une fois que les pays exportateurs se sont sentis assez forts pour ouvrir leurs frontières sans risque. L’Histoire le montre aisément pour ce qui est de la Gibbye et des USA. Qui plus est, Japon et « tigres asiatiques ont prouvé qu’un Etat interventionniste, planificateur, subventionneur du développement était bien plus efficace avant de se lancer dans le commerce international. Cette course à l’exportation, qui rappelle furieusement le vieux mercantilisme et qui entraîne ipso facto la spirale descendante du moins-disant généralisé en tous domaines, notamment écologique et fiscal, a été lancée en partie parce que les moyens technologiques modernes de production sont devenus si puissants qu’il est le plus souvent impossible de les utiliser à fond (au maximum de rendement) sur un marché national étroit, ce qui est particulièrement vrai pour les petits pays du genre de la Hollande, chère alliée de la Teutonie qui, elle, a vu dans l’exportation le bon moyen de financer sa réunification au détriment des autres pas de l’UE. « En même temps », la concurrence accrue poussait à réduire les couts de production, d’où le thème de la libre circulation de tout (capital, marchandises, travail) qui a permis de délocaliser dans les pays low cost ou de leur acheter. Parallèlement, il y a eu une révolution dans les transports : containers, pavillons de complaisance, équipages hétérogènes et corvéables à merci, camionnage international (en plus avec routiers « détachés ») ; on pouvait transporter les produits délocalisés sans grands frais et tant pis pour la pollution planétaire. La théorie du libre commerce, naturellement, ne tient pas compte des « externalités négatives » (nuisances et destruction des modèles sociaux), ni de ce qui n’est pas monétairement mesurable (ce qui est le cas du PIB et de la croissance). Elle oublie aussi que les plus gros emportent toujours la mise et que la concurrence sans limites amène à la concentration des plus puissants. Enfin elle se moque des sécurités pour les populations : alimentaires, ressources en eau, énergie ou autres et elle néglige que certains pays non seulement n’ont pas grand-chose à exporter mais encore que la concurrence internationale leur interdira d’avoir une industrie et une agriculture locales. Une idée gouvernementale est aussi d’obtenir une baisse des prix afin de compenser les pertes de pouvoir d’achat des ouvriers au chômedu en faisant mine d ne pas voir que l’essentiel des marges accrues va dans la poche des multinationales et des gros distributeurs. Leclerc vient encore de nous le prouver en rançonnant ses fournisseurs dans sa centrale d’achats en Belgique.
Signer des traités internationaux de commerce, c’est donc perpétuer cette logique mortifère pour les peuples et ravageuse pour l’environnement. Il est depuis longtemps très net que la logique capitaliste d’accumulation sans fin et celle politicienne de la croissance à tout prix, ce qui est le SLC même, est incompatible avec l’urgence écologique de sauvegarde. Ce qui rend plaisant le double jeu du gouvernement Mac-Tron qui « en même temps » encense la petite écolo de 16 ans et fait signer le CETA avec le Canada ; CETA qui va créer un immense marché de 545 millions de consommateurs, dont 30 millions (en comptant large) de Canadiens ! Mais sans doute faut-il y ajouter les 315 millions d’Américains car les firmes US ne vont pas manque de créer des filiales au Canada pour fourguer leurs produits en Europe. Ce dont naturellement les thuriféraires du CETA ne parlent pas. Car ils ne parent le CETA de vertus que pour l’instant T sans penser à la dynamique future des échanges, sans mise en perspective dans le long terme. Expliquons-nous.
En matière de traités commerciaux, c’est die grosse Kommission de Bruxelles qui instruit (longuement) l’affaire avant un vote du parlement de Strasbourg puis une ratification par les parlements nationaux. Après le vote à Strasbourg, le traité s’applique « provisoirement » (ça fait déjà 3 ans pour le CETA). Notons que si la France ne l’avait pas entériné hier (à l’Assemblée nationale mais comme on le sait le Sénat compte pour du beurre) il s’appliquerait quand même dans les autres pays. Or, comme l’UE a tout fait pour qu’il n’y ait pas de traçabilité des produits, ni d’affichage de leur contenu et de leur mode de fabrication, un produit canadien refusé en France nous reviendra, par exemple via la Pologne (steaks hachés pour le Secours Populaire et consorts ou la Roumanie (lasagnes à la viande de cheval de réforme). C’est une dynamique inéluctable car l’UE ne contrôle pas grand-chose et la France de moins en moins. Par construction, les conditions de production agricole sont infiniment supérieures au Canada, pays immense, peu peuplé, favorisé par le changement climatique, peu regardant sur les pesticides, les hormones, les antibiotiques, le lavage au chlore, le soja transgénique… Du coup, les petites exploitations françaises, surtout d’élevage, accablées par des normes drastiques (déjà plus sévères et surtout plus contrôlées que dans le reste de l’UE), vont prendre un différentiel de prix de 30 % dans les badigoinces. Adieu, veaux, vaches, couvées, laits de qualité, fromages AOP. Vive les cochonnailles allemandes (fermes de 5 000 porcs plus méthanisation du lisier, plus prêts pour mettre du photovoltaïque sur les toits, plus ouvriers agricoles « détachés » des PECOs …) et la viande canadienne ou US estampillée canadienne (c’est aussi une spécialité doryphorienne : faire fabriquer dans les PECOs et appliquer l’étiquette « made in Germany »). Mais la France va exporter plus de vins et de spiritueux, du moins tant que les vignes n’auront pas cramé comme en ce moment. Elle n’a qu’à produire des BMW …
Comme le traité était provisoire, le Canada (et les USA) a été prudent : surtout ne pas révéler ses vraies ambitions à plus long terme. Mais après ratification définitive, il va sans donner à cœur-joie et cela d’autant plus qu’il est prévu un tribunal arbitral de droit privé pour traiter des différends opposant un Etat ayant édicté une nouvelle règle nuisant aux bonnes affaires. Il s’ensuivra une prolifération de porte-containers énormes fonctionnant avec un fuel lourd et bourré de produits chimiques, dont du soufre. Il faut donc raisonner en dynamique d’évolution de l’application du traité et non de façon statique axée sur des débuts timorés. Et cerise sur le gâteau : l’UE et la France ont laissé de côté l’alimentation du bétail canadien par des farines animales interdites en Europe depuis l’affaire de la vache folle. Et rien en dit que de procès en procès les normes européennes soient maintenues à long terme vu que le Canada est un adversaire farouche du principe de précaution et qu’il exploite sans vergogne les schistes bitumineux de l’Alberta tout en en chassant les Indiens.
C’est évidemment du même tonneau pour le Mercosur qui, en plus, va accélérer la destruction de la forêt amazonienne et la chasse aux indigènes: nous verrons alors des élevages de 20 000 bœufs sur 20 000 hectares, nourris au soja transgénique, lutter avec l’exploitation moyenne française de 80 bêtes ! Ricardo n’avait pas pensé à de tels écarts de productivité et à la mobilité du capital, ce qui va tuer l’agriculture française de qualité. Du reste, c’était déjà bien entamé en Europe car elle est passée à la 3ème place derrière la teutonne (un tiers de superficie en moins mais des travailleurs détachés en plus) et la batave. A bas le bon aloyau (et services) et les frites, vive le wienner schnitzel mit kartofeln.
Il est donc patent que s’il y a une première action à mener contre la folie destructrice du SLC, c’est l’arrêt immédiat de tous les traités internationaux sans clauses écologiques drastiques. Qu’en pense M. Mac-Tron ? Une deuxième est de taxer énormément le fuel pour bateaux et d’interdire les pavillons de complaisance dans les ports français. Une 3ème est de taxer le fuel des réservoirs des camions étrangers entrant en France au même niveau que celui des routiers francaouis et de leur interdire les routes comme la nationale 10 qu’ils prennent pour éviter de payer les péages. Car figurez-vous que nos élites technocratiques n’ont pas vu que sur une carte de l’Europe la France était un lieu de passage idéal pour la circulation des marchandises ; d’où une 4ème mesure : obliger les camions à prendre le train (ferroutage), ce que fait la Suisse depuis longtemps. 5ème mesure : taxer les camions bien plus car un 40 tonnes use 10 000 fois plus la route qu’une auto. Et mesure hors classement : instaurer une taxe kilométrique sur les produits en fonction du kilométrage qu’ils parcourent. Vous me direz que c’est s’opposer à Bruxelles ; sans doute mais la France a les moyens de négocier : soit on modifie les traités, soit c’est la chaise vide et si cela ne marche toujours pas la menace du Frexit.

La résistible ascension d’Arturo Mac-Tron

Posté : 23 juillet, 2019 @ 9:58 dans politique | Commentaires fermés

Je me fonde ici sur le livre de Juan Branco (« Crépuscule ») qui décrit par le menu les relations entre les affairistes (Arnault, Niel, Bolloré, etc.) montés sur le pavois grâce aux concours des gouvernements, les médias dont ils sont les propriétaires et qui couvrent 90 % de la presse en France, les réseaux corporatifs de la haute fonction publique (dont la funeste IGF), les milieux politiques dont les premiers financent les campagnes électorales et leur font tresser des couronnes de louanges dans leurs médias, les journaleux mainstream qui se taisent ou dressent lesdites louanges car soit ils ont peur d’être lourdés et de perdre leurs privilèges, soit ils s’autocensurent vu qu’ils ont la même idéologie SLC que leurs maîtres et les politicards. Tout cela forme un système où on se tient par la barbichette et qui a pour effet de détruire la démocratie (remplacée par l’ochlocratie, pouvoir de l’opinion) et d’exploiter le pays au profit d’une oligarchie de pouvoirs et d’une ploutocratie SLC. A quoi s’ajoutent quelques conseillers de l’ombre partisans du « cercle de la raison » (MINC, ATTALI, O.DUHAMEL), les « communicants » (genre Michèle Marchand) et les « think Tanks » qui pondent les justifications idéologique ad hoc comme Terra Nova soi-disant à « gôche » et l’Institut Montaigne à droite. Les affairistes tiennent les politicards par les corones (fric, réputation dans les médias), lesquels en retour font votre des lois favorables au kapital contre l’intérêt général et leur accordent force subventions pour créer leur empire. Tout ce beau monde navigue dans l’entre-soi et exploite au maximum un réseau de relations personnelles et de liens familiaux, de copinage (ex-anciens élèves des mêmes écoles ou structures professionnelles), de mêmes lieux d’habitation… Cela dit, cela ne fait que corroborer ce que je dis depuis longtemps : les gouvernements francaouis depuis 1983 ont mis le pays en coupe réglée au service du SLC régnant dans l’UE et le monde. Et tant pis pour la planète car les affaires sont les affaires et l’oligarchie une « race supérieure » qui mérite de vivre aux crochets du reste de la population.
Le nouveau Zident a fait accroire au bon peuple qu’il était incréé, venu de nulle part, tout neuf porteur d’un nouveau monde (avec Gérard Collomb !), sorti de la cuisse de Jupiter, issu d’une génération spontanée, tout seul et sans appuis. Cette légende nous a été servie à l’envi par la presse et les médias mainstream, à base d’articles hagiographiques notamment dans Paris Match et le JDD (possessions de Lagardère-fils). Et même le prétendu journal de référence, à savoir Le Monde. Las, le voile s’est déchiré par suite des affaires, notamment avec Benalla. On en apprend peu à peu de fort belles sur le viol de notre démocratie et des foules par la propagande politique si chère au vieux Tchakotine, sur la « fabrique du consentement » si bien décrite par Chomsky, sur le storytelling progressivement décrypté par ce qui reste de presse et de journalistes indépendants. Et cela malgré la résistance acharnée des grands Médias qui pourchassent les infox avec des fake news.
Dès le départ, avant même l’officialisation de la candidature Macron et son départ du gouvernement de Zizi Rider en 2016, l’impétrant avait dans sa poche, avec la douairière Trognon, des journaux bienveillants comme les précités supra. Mais il faut savoir pourquoi ? Parce que ces médias sont possédés par des affairistes proches du candidat, ce qui est, hélas pour notre pays si pur et si loin des pratiques de la Pravda (la vérité en langue russe !) et de celles des gouvernants « illibéraux » de certains pays de l’Est européen le cas de 90 % de la presse en France. M. Niel possède le Monde, Télérama et l’Obs, il est le gendre de Bernard Arnault (LVMH, Le Parisien, les Echos) qui habille essentiellement la douairière. Branco nous dit que, contrairement aux dires du couple résidentiel, Arnault et Mac-Tron se connaissent depuis longtemps. On a M. Drahi (Libération, l’Express, BFM TV, RMC) qui a construit son empire (Altice-SFR) grâce au pouvoir (Tsarkozy avec sa star cosy), qui est endetté jusqu’aux yeux et très fragile. On trouve Pinault du groupe Kering au Point avec le sémillant Giesbert. Et, cerise sur le gâteau, NIEL a fait de la taule pour une affaire de prostitution via son réseau de peep shows (non-lieu…). C’est au ballon qu’il a rencontré la papesse actuelle de la communication (elle s’occupe de celle du couple résidentiel à l’Elysée), à savoir Mimi (Michèle Marchand). On a encore comme propulseur de Mac-Tron, Bolloré (Canal Plus, C8) et Bouygues (TF1, LCI, TCM). Mac-Tron a été monté en mayonnaise par Match dont le proprio actuel est l’inénarrable Arnaud Lagardère qui détruit l’empire de son père pour mener la grande vie. Ces journaux ou médias sont en outre liés aux maisons d’édition qui sont largement passées sous la coupe des affairistes susnommés. Quant à la télé publique, apparemment indépendante, elle reste sous la coupe du pouvoir et de l’organe compradore qu’est le CSA. Du reste, c’est le pouvoir qui encadre son budget, ce qui permet toutes les pressions… Et Mac-Tron a fait nommer une copine de promo à Radio France ! Et one compte pas les journalistes pas assez dans le vent nouveau qui ont été virés ou ont démissionné. Même les médias opposants comme Mediapart, qui garde de Conrad le silence prudent sur certains sujets (le copinage Niel-Arnault-Mac-Tron), ont des actionnaires affairistes (Niel chez Plenel)…
Branco note les conditions dans lesquelles les affairistes ont créé une bonne part de leur fortune. C’est par exemple M. Fabius, le socialo bien connu, qui a quasiment donné l’ex-empire Boussac et ses fleurons (DIOR, plus les biens immobiliers comme le siège magnifique de Saint-Frères à Paris) à Arnault et qui, en plus, l’a gavé de subventions, de détaxations, de prêts avantageux bien qu’il n’ait pas du tout tenu sa promesse de sauvegarder l’emploi. M. Bolloré a été soutenu dans ses magouilles en Afrique par le pouvoir au nom des bonnes vieilles relations avec la « Françafrique » chère à Foccart et continuée. Il se trouve que quand Lagardère-fils avait besoin de vendre ses parts d’EADS pour se refaire la cerise, Mac-Tron alors chez Rothschild était à la manœuvre, ce qui a fait passer la direction d’Airbus chez les Teutons. « En même temps », Mac-Tron avait trempé dans la vente d’une filiale de Danone à Nestlé. Car Mac-Tron est un très chaud partisan de la privatisation des entreprises encore publiques (ADP, Française des jeux…) et de la vente des rares fleurons de l’industrie française (affaire de la branche énergie d’Alstom vendue à General Electric alors qu’il était à Bercy et cela contre Montebourg).
Il n’est donc pas étonnant que Mac-Tron soit devenu le néo CID et que là où il passe l’herbe industrielle ne repousse plus au grand plaisir d’Attali le spécialiste des halls en marbre. On notera que tous ces braves proprios de médias vivent largement des décisions et des commandes publiques, ce qui est le cas de Vinci (pour laquelle la vente d’ADP était programmée avant l’avatar du RIP) et de Bouygues ou d’Effiage (BTP largement proprio du réseau d’autoroutes grâce à Villepin et Jospin). A quoi s’ajoute le vieux socialo Hermand qui soutint Mac-Tron (il lui prêta même 550 000 euros pour acheter un appartement à Paris). Il devient assez clair que nombre de grossiums de l’industrie, de la phynance et des médias apportèrent leur soutien au candidat Mac-Tron dès qu’il devint évident que le duopole PS-LR sur la démocrassouille francouie battait de l’aile et que les intérêts de l’oligarchie étaient alors en danger. Mais, naturellement il fallait un homme neuf pour la sauver du bas peuple ; d’où la fabrication, apparemment ex nihilo, du prodige Mac-tron. On voit aussi comment les intérêts politiques, phynanciers, économiques, communicationnels sont étroitement imbriqués dans des réseaux qui tiennent à rester occulte (de la personnalité). Car il y a déjà longtemps que les politiciens français sont devenus « les fondés de pouvoir du capital » et les fourriers du SLC en France. Cela a commencé sous la Vème en 1983 avec le francisquain Tonton. Il n’est pas étonnant que les milieux d’affaires aient financé l’ascension de Mac-Tron sans doute en violant en loucédé les règles de financement des campagnes électorales. Et avant, Mac-Tron chez Edam le Rouge, avait fort bien propulsé des mesures favorables au Kapital , dont la CICE (20 milliards) qui a si bien profité à Carrefour.
Car le financement de la campagne de Mac-Tron, de même que sa montée dans l’opinion publique via les médias et les prestations serties en épingle, n’est pas si clair que cela malgré le silence radio de la presse et le peu de curiosité des procureurs. On se souvient du salon new techs à Las Vegas où le futur candidat montra au bon peuple combien il était au parfum de la modernité technologique. Las, la chose (pour 350 000 euros) avait été confiée à Havas (propriété de Bolloré qui y a fourgué son fils) sans appel d’offres par la structure publique Business France alors dirigée par Mme Pénicaud. Il y a eu mise en examen mais actuellement on n’en a pas de nouvelles (comme dans les affaires Ferrand, Bayou). On soupçonne que les prix de location de salles pour les meetings, de même que les prestations d’organisation par des boîtes de communication, ont été des prix d’amis minorant les frais de campagne afin de ne pas dépasser le plafond autorisé (dont le meeting de Lyon). Il y eut force réunions d’expatriés à l’étranger pour récolter du pognon ; on parle de 7 milliards en tout ce dont i faudrait justifier la provenance car les dons individuels sont plafonnés à 7 000 euros.
Hélas, tout aspirant grand manitou n’est jamais assis que sur son seul postérieur. Il fallait donc à Mac-Tron des troupes pour mener le combat avec une « task force » suffisante. Il la trouva chez de jeunes socialos (ou moins jeunes mais sentant le vent tourner contre le PS à la Guimauve le Concurrent) et dans les bons vieux réseaux de l’énarchie, de Rothschild, de l’IGF et des Grandes Ecoles où il y avait de bons copains. Ces jeunes furent admirables en jouant un magnifique double jeu : se servir des vieux réseaux et moyens du PS tout en alimentant les ressources les réseaux nécessaires à Mac-Tron. Parmi les Rastignac au service d’icelui nous trouvons le sémillant Gabriel Attal, très proche de Marisol Touraine et de sa fille et de Niel, Griveaux, Emelien, Benalla (akbar), etc. qui furent ensuite bien récompensés par des postes de députés sur des circonscriptions imperdables ou des postes de ministres ou secrétaires d’Etat ou à l’Elysée comme conseillers. Et, bien sûr quelques vieux magouilleurs, chevaux de retour, girouettes opportunistes comme M. Jouyet, socialo passé chez Tsarkozy, puis revenu au bercail sous Hollande et patron du tout puissant corps des IGF et ayant repéré les talents de Mac-Tron et l’ayant poussé vers Zizi Rider et Attali. Tout pouvoir a depuis toujours sa garde rapprochée, ses barons, ses copains et coquins, mais là nous parlons du prétendu nouveau monde pur, moral et transparent. Et n’oublions pas que Mac-Tron a su se concilier les bonnes grâces de Bayrou que ni Hollande, ni LR n’avait apprécié à sa juste valeur de véhicule tout terrain. Et faisons confiance aux transfuges de tout poil prêts à changer de râtelier pour conserver le pouvoir ; d’où la constitution d’un instable front ripoublicain constitué de traitres issus du PS (Ferrand, Le Drian, Collomb, Dusopt…), de LR (Darmanin, Philippe, Riester…) et appuyé sur le MODEM.
M. Mac-Tron est donc bien neuf, comme un sou. Mais il est bien seul car dépourvu du soutien de l’énorme majorité de l’électorat et d’un réseau de membres des collectivités territoriales. Heureusement, il dispose d’un bloc monolithique de toute-puissance étatique : l’administration, dont la redoutable IGF, la Justice couchée des magistrats du siège et les tribunaux administratifs (et même le Conseil Constitutionnel, voire les juges droitiers de la Cour de Cassation), toutes les forces de police, l’armée, une assemblée nationale de godillots énamourés, les prébendiers affairistes du pouvoir, la FNSEA, les banques, les médias, etc. Et il est en train de faire, cahin caha, son trou dans les instances internationales, toutes si dévouées au SLC. Pour implanter définitivement le SLC en France, il faut faire bloc et aller vite (las les gilets jaunes ont forcé Mac-Tron à la prudence) et ne rien envier aux démocratures ; c’est le mécanisme de défense ultime d’un SLC à bout de souffle et dont sous les bénéficiaires se raidissent contre « la révolution qui vient ». Le nouveau petit coq gaulois, dressé sur ses ergots (sum) entame son chant du signe de la décrépitude finale. A condition de préparer un vrai nouveau monde dedans mais contre l’ancien par l’action directe et fédérée. Le ad majorem gloria Mac-Tron finira dans le pétrin de Boulanger ou à la Lanterne.

Le système universel de retraites par points voulu par Mac-Tron

Posté : 20 juillet, 2019 @ 8:31 dans politique | Commentaires fermés

J’ai déjà traité le sujet mais je voudrais insister sur quelques points que les journaleux « mainstream » passent joyeusement sous silence. Avant la justice, l’équité, la simplicité mises en avant par Mme Buzyness, le futur régime applicable à tous ceux nés après 1963 est surtout destiné à faire des éconocroques. Actuellement, les retraites représentent 325 milliards avec 14 % du PIB. C’est déjà beaucoup trop en regard du benchmarking SLC en cours qui compare les « performances » des régimes sociaux dans l’UE et l’OCDE. L’idée macronienne est donc de plafonner le budget des retraites à ce 14 %. C’est à mettre en regard du fait que le ratio nombre d’actifs pour un retraité ne cessera de baisser, comme il le fait du reste depuis de nombreuses années : augmentation de l’espérance de vie, allongement de la durée des études, licenciement et mise au chômedu des plus de 55 ans. Ce qui veut dire qu’il y aura davantage de retraités pour le même gâteau (sauf si la croissance du PIB était solide et importante ; mais on peut parier sur le fait que le taux d’accroissement du gâteau sera inférieur à celui du nombre de parties prenantes), que, donc, le niveau général des retraites est appelé à diminuer sans doute de 10 à 30 % en fonction des situations. Adieu le taux de remplacement de 70 % des jours anciens et honnis par le libéralisme. Pour reculer l’échéance d’un ratio fort défavorable, le gouvernement, libéral de chez libéral, a comme axe directeur de faire augmenter le taux d’emploi ou d’activité (plus de gens au turbin qu’actuellement). Mais ce qui est caché, c’est que les jobs seront de plus en plus précaires (intérim, CDD courts…) et à temps partiel car figurez-vous que les statistiques actuelles comptent, par exemple, un demi-emploi comme s’il était à temps plein. Cela améliore grandement les ratios de comparaison internationale, comme en Doryphorie où les 7 millions de mini-jobs à 450 euros par mois sans couverture sociale ni droits à la retraite comptent comme les autres. Cela se voit déjà dans les statistiques du chômedu en France où, si le taux de chômage diminue légèrement, celui du sous-emploi augmente.
Le futur système contient une étatisation du régime des retraites. Cela cache plusieurs manipulations de l’opinion pour faire passer la pilule. Déjà, il y a gros à parier que l’étatisation permettra à l’Etat de sucrer les réserves actuelles de certains régimes comme celui des indépendants : 120 milliards in the pocket ni vu ni connu, pas vu, pas pris. Mais surtout, c’est in fine le gouvernement qui fixera la valeur du point lors des liquidations de pensions. Car figurez-vous que dans le futur système le futur retraité ne saura pas ex ante le montant de sa retraite. Elle dépendra de celle du point qui, annonce-t-on, sera une variable de la démographie, de la croissance et du taux d’activité. Qui en jugera ? le gouvernement promet la mise en place d’un aréopage public de 24 gugusses, 12 représentants patronaux et 12 syndicaux. Notez qu’à parité on ne peut pas prendre une décision, ce qui permettra au gouvernement de dire que puisque vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord, c’est moi qui décide. Et on ne sait rien du processus de sélection des 24 gus alors que c’est une bonne vieille technique étatique (car c’est le prétendu Etat qui organisera la procédure) que de nommer suffisamment de fantoches (ça se trouve facilement dans les syndicats) pour obtenir une majorité. On sait que de façon générale le projet macronien consiste à tout étatiser afin de pouvoir décider tout seul, technocratiquement et verticalement…
Pour dorer la pilule, le gouvernement cédera quelques gâteries ici et là afin de diviser pour régner (quand c’est flou, il y a un loup nous a dit Martine aux Abris) de peur d’une nouvelle bronca sociale. Je demande à voir lesquelles dans le détail, lequel comme on le sait est le lieu de résidence du diable. Pour clarifier les choses : carrières façon puzzle, pension de réversion (il parait 70 % de la moyenne des deux retraites, ce qui fera bien des perdants), boulots pénibles, périodes de chômage, prise en charge des enfants dans le calcul des retraites (actuellement plus 10 % à partir de 3 et pour les deux retraités ; on parle de 5 % dès le 1er enfant mais pour un seul parent), assimilation au régime général des artisans et auto-entrepreneurs (pour leur donner les mêmes droits que les salariés, prise en compte des travaux pénibles et des carrières longues … il est prévu de plafonner à 120 000 euros, ce qui va impacter les grands cadres supérieurs, le salaire donnant droit à des points. Le résultat sera la montée en puissance des assurances-retraites privées car le seuil de 120 000 euros sera sûrement et promptement abaissé (voir la complainte de la CSG partie à 1 %). Les « négociations » promettent d’être sportives et d’être un espace de marchandages.
Pourquoi Mac-Tron veut-il faire comme ses copains du SLC en place dans l’UE ? Parce que déjà le « benchmarking » montre le « retard » de la France par rapport aux normes néolibérales en œuvre. Mais surtout parce que l’UE est un étau où les normes obligatoires de « gouvernance » sont économiques, commerciales et financières. Tout cela est parfaitement défini et impératif au nom de l’ordo-libéralisme tudesque qui a été installé dans l’UE en tant que concurrence libre, non faussée et échevelée entre pays et donc entre leurs régimes sociaux. Ce qui explique d’ailleurs l’extension de l’UE aux PECO(s) sous la pression de la Gibbye et de la Teutonie. Quelle superbe pression extérieure que celle de concurrents, libres d’entrer et de circuler partout, au niveau de vie très inférieur à celui de la vieille Europe. Cet étau ne laisse que des espaces de liberté limités aux différents pays de l’UE. Et Mac-Tron en abuse. Il y a des marges de libertés en quelque sortes absolues comme l’armée et la répression judiciaire et policière ; Mac-Tron y développe sans vergogne son maigre pouvoir. Il y a des marges relatives comme les affaires étrangères, marges dues à ce que ce domaine est une cohue européenne sans convergence des positions des uns et des autres. Et il y a les marges conditionnées par les normes ordo-libérales de l’économie, du budget et de la dette et non soumises à la dictature de l’unanimité des gouvernements européens : essentiellement le social et le fiscal plus l’environnemental qui permettent d’aligner volontairement le pays sur le SLC. Il s’y trouve naturellement les régimes de retraite, de sécu, de droit du travail où chaque Etat est libre de tourner comme un écureuil dans sa cage. La réforme des retraites, après celle du chômedu, du droit de licenciement, du droit syndical est ainsi devenue la « mère de toutes les batailles » pour enfin implanter définitivement le SLC en France.
La Suède, championne imitée du système à points, n’est pas si merveilleuse malgré l’admiration des macrolâtres : on y trouve fort nombre de travailleurs âgés, dont des veuves nécessiteuses, qui continuent de turbiner pour survivre. Par ailleurs, on doit constater que porter l’âge effectif de la retraite à taux plein à 64 ans par un système de décotes avant ( ce qui revient à annuler l’âge officiel d’ouverture des droits à 62 ans) colle assez mal avec le fait qu’il y a plus de 900 000 chômeurs de plus de 55 ans. Le résultat de la réforme sera donc de transférer encore plus une partie de la charge des retraites sur l’assurance-chômage. Encore un coup du sapeur Camember car dès 55 ans les boîtes virent les travailleurs âgés. Il faudrait faire comme la Suède : organiser le travail de façon à permettre aux travailleurs âgés de continuer de travailler. Ce qui suppose la bonne volonté du patronat, pour lequel le jeunot coûte bine moins cher. C’est pas gagné vu que nous avons depuis toujours le patronat le plus bête e grippe-sou du monde.

La mafia des Grands corps de l’Etat y compris macronien

Posté : 19 juillet, 2019 @ 9:02 dans politique | Commentaires fermés

Mac-Tron s’en est pris récemment à l’ENA avec une volition de la supprimer. C’est évidemment prendre un symbole pour la réalité, c’est une métonymie, une combine langagière pour cacher la réalité. Cette dernière est la toute-puissance de l’Etat unitaire et centralisé, du monopole du pouvoir exercé par la technocratie issue des grands corps de l’Etat ; c’est le système de formation, de recrutement, de sélection et de promotion des prétendues élites gouvernant le pays en lieu et place du peuple sous couvert de démocratie représentative. Le parcours de Mme Borne, la technocrate à la triste figure, en est une magnifique illustration. Ce qui ne laisse rien augurer de bon en matière d’écologie.
L’impétrante, dont l’image est revêche et semble montrer une mégère apprivoisée, est une X-Ponts, un des « séminaires de l’aristocratie » (Proudhon), une très grande école où on est admis grâce à son excellence en mathématiques. Les gens qui en proviennent se prennent pour des êtres exceptionnels et méritants leur réussite, ce qui est d’autant plus facile que le concours d’entrée est difficile et que le « staff » de l’école, comme les dirigeants en place, ne cessent de leur redire leur excellence. A la sortie, de l’école, ils ont la grosse tête et les mollets enflés. Cependant, le concours n’est pas si difficile que cela car en fait il sélectionne des animaux bien préparés à répéter des modèles tout faits ; les problèmes posés sont faciles à résoudre quand on a eu l’entraînement des classes préparatoires et l’accès aux meilleurs établissements d’enseignement. Ce ne sont pas de vrais problèmes car un vrai problème pose une double question : je n’ai pas la solution et surtout je ne dispose pas encore d’une démarche pour la trouver. Il se trouve que le training préparatoire, à base de répétition psittaciste d’exercices à résoudre, donne l’essentiel des solutions et une énorme probabilité que les problèmes posés lors du concours aient déjà été rencontrés et résolus. Il n’y a donc plus de double question puisque le candidat bien préparé a déjà la démarche de résolution. Je dois rappeler à ce sujet que la méritocratie d’accès aux grandes écoles est morte vu que les élèves issus du peuple n’y sont presque plus admis. Le parcours d’accès est devenu de plus en plus sélectif sur des critères bien vus par Bourdieu et Passeron : la maîtrise des clés de la culture bourgeoise. De plus les candidats sont sur une courbe de Gauss (un gros ventre de moyens équivalents entre eux et deux petites extrémités de génies et de nullards) en sciences et ce qui fait la différence, ce sont les matières culturelles. Cette formation de pur formatage nous donne des individus stéréotypés et peu créatifs, des conformistes, des opérateurs de modèles de prêt-à-penser. Ce qui me fait souvenir d’une anecdote racontée par Proudhon quand il était fondé de pouvoir d’une entreprise de batellerie sur la Saône. Un X-Ponts avait construit un pont si bas sur cette rivière que les péniches ne pouvaient plus passer dessous. Les bateliers se plaignirent ; réponse de l’ingénieur : les ponts, c’est fait pour passer dessus, pas dessous. Clemenceau disait : si vous voulez que l’Allemagne perde la guerre, donnez-lui une école polytechnique. Aujourd’hui grâce aux financiers issus de l’ENA, la France a perdu la guerre industrielle au profit de la Doryphorie.
Les grandes écoles ne sont pas des lieux de réflexion, de critique, d’imagination, de bienveillance, de modestie. Elles placent des Bornes et quand il y a des Bornes, il y a des limites. On y apprend avant tout, en matière économique, à effectuer des calculs « coûts/bénéfices de rentabilité et d’efficacité. C’est ainsi que, le SLC aidant et y poussant, le rail a été zigouillé au profit de la route. Les gestionnaires préfèrent toujours dans lesdits calculs les transports routiers car ils sont moins chers. Naturlich, comme dit die grosse Angela ; déjà, via la concurrence et les travailleurs détachés, les prix routiers sont plus faibles. Mais la grosse astuce du calcul gestionnaire n’est pas là. Elle est dans le fait, parfaitement voulu par des pouvoirs politiques au service du kapital privé, que les transport routier ne paye ni ses nuisances, ni même l’entretien des routes ; surtout quand on sait qu’un camion de 40 tonnes use 10 000 fois plus la route qu’une bagnole. La charge des dégâts écologiques et de toutes les « externalités négatives », de même que celle de la réparation des voies de circulation, est répercutée sur les contribuables et les consommateurs qui payent donc deux fois. Et il en est de même partout : les maladies causées par les pollutions industrielles ou ses produits sont remboursées par la sécu, ce qui s’aggrave sans cesse par suite du développement de la croissance SLC ; la flotte est consommée à 70 % par l’agriculture industrielle. Qui paye les taxes relatives aux agences de bassin hydraulique francouies et à la dépollution des eaux (pesticides, nitrates, médocs pour les bêtes d’élevage…) ? A 90 % les petits consommateurs domestiques… C’est la technique des fiscariotes : transférer les charges entre utilisateurs de façon que la compétitivité française soit maintenue dans un espace SLC européen où tout le monde fait pareil, ce qui pousse perpétuellement au moins-disant, notamment sur les normes de salubrité publique. Eh bien, c’est cette logique que Mme Borne a appris à X-Ponts. Gageons que cette austère que ne se marre pas la déploiera avec bonne conscience au ministère de l’écologie.
Simple exemple de la malfaisance des grands corps. Leur formation est la même et elle correspond aux bons critères de gestion exigés par le SLC. En outre, ils forment une corporation élitaire et fermée, autoreproductrice où la cuisine de l’attribution des postes se fait dans l’entre-soi et dans l’entresol à l’abri des regards du bon peuple. Pourquoi les politiciens n’y changent rien ? Elémentaire, mon cher Watson : c’est que, sauf exceptions (dont celle de l’avocaillon d’affaires Tsarko), ils en viennent. C’est ainsi que Guimauve le Concurrent, issu de la Cour des Comptes après HEC, ENA et Sciences Po (le même sacrement SLC en 3 espèces), s’est comporté comme un comptable. Et de plus avec l’essor du SLC, les membres de la corporation, pour ne pas dire la mafia, des grands corps se sont convertis à la finance et pratiquent gentiment les « portes tournantes » entre fonctions privée, publique, politique, administrative. Reconnaissons cependant que Mme Borne est restée dans le secteur public tout en se dotant d’une sensibilité de « gôche ». Enfin, les technos sortis des grandes écoles sont obéissants, respectueux du pouvoir, très bien placés dans la culture SLC « mainstream ». Vive Pathé-Marconi et la voix de son maître. Prions que Mme Borne exécutera sans bornes les 4 volontés de Mac-Tron, véritable directeur de l’écologie dans le pays et chaud partisan du SLC. C’est une remake de Léo (parleur) Hamon (commandement) sous le général. Le précédent ministre n’a guère Rugy, soyons sûrs que la suivante ne mordra guère. Je parie que la première grande mission de Mme Borne sera de finir le torpillage d’EDF. Sa ligne de conduite est simple : faire semblant d’écouter, subir stoïquement quelques avanies et décider ce qui était prévu par Mac-Tron, dont c’est la méthode de dialogue social. Le Zident n’a besoin que d’exécutants et des punching balls endurants.
Il n’est pas difficile de noter que Jupiter centralise tout, étatise tout, ratiboise tout (Sécu, chômedu, retraites…) tout en faisant payer une bonne part d’un budget de fonctionnement par le maintien du déficit. Ce n’est pas forcément malin car en fin de course les Francouis sauront qui est responsable de tout lorsque le SLC pétera, je ne sais quand, mais c’est bien parti.

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