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Archive pour la catégorie 'politique'

Les socialos francaouis jouent double jeu

Posté : 31 octobre, 2015 @ 11:48 dans politique | Commentaires fermés

Côté cour, les socialos défendent la veuve, l’orphelin, le pauvre et la nature, côté jardin ils procèdent au contraire avec maints arrangements en douce avec les intérêts privés. Ci-après, je vais donner quelques exemples récents des tartufferies socialistes.
Miss Pellerin est en train en loucédé de saborder la protection nationale des bâtiments historiques et classés. Les architectes des monuments historiques (demandés pour expertise dans le monde entier), dûment et obligatoirement consultés jusqu’à présent, et cela à un niveau national pour tout le territoire, seraient démobilisés car le suivi des bâtiments serait décentralisée au niveau local! on pourra donc facilement transformer un magnifique bâtiment en Disney land ou le donner à bail, voire le vendre à une boîte commerciale (se rappeler les avatars de l’hôtel de la marine à Paris ou les modifications par un prince saoudien d’un superbe hôtel du XVIIème siècle dans l’île de la cité). la chafouine Mme Hidalgo, mairesse de Paris, a d’ailleurs commencé le torpillage en ne suivant pas les avis de la commission des monuments historiques, notamment pour un splendide bâtiment art déco qui sera surélevé de 4 étages en béton! Même le rose très pâle Jack Lang s’en est ému, lui le créateur de la journée annuelle de visite des monuments! Malraux, pourtant de droite gaullienne, s’en retourne aussi dans sa tombe. C’est ballot car les 80 millions de visiteurs annuels en France viennent pour ces monuments et pas seulement pour acheter le dimanche et les soir dans les centres commerciaux. fermer les musées et les bâtiments est sans doute une bonne façon de forcer les visiteurs étrangers à faire du shopping!
Mme Taubira veut réformer l’aide judiciaire, soi-disant pour améliorer le subventionnement de l’accès des plus démunis à la justice. Faribole car elle élève le seuil d’accès. Par ailleurs, pour financer la chose elle en trouve rien de mieux qu’un nouvel impôt (rappelons que Pépère s’est engagé à ne plus les élever) sur la caisse des avocats (15 millions)! Mme la sinistre de l’EN a envoyé aux enseignants une charte de la laïcité; celle-ci donne pour instruction de laisser les enseignements scientifiques sur le même plan que les opinions religieuses ou autres. par exemple, un enseignant sera tenu de laisser pour équivalente la théorie scientifique du big ban et le créationnisme ou « le dessein intelligent ». Par conséquent les approches en rationalité, en termes de science acquise seront disqualifiées: on pourra dire que les prophètes des religions ou les textes sacrés n’ont rien dit de tel!
En Bretagne, 8 chambres d’agriculture, dirigées par la FNSEA, ont décidé d’encourager leurs mandants à ne pas répondre à une enquête obligatoire sur leur production d’azote. Réponse gouvernementale, néant pour l’instant. voilà qui en dit long sur la volonté écologique du gouvernement. par ailleurs Edam le Rouge, solidement accompagné, a émis des tonnes dioxyde de carbone pour aller visiter les pingouins du Groenland. On apprend que le comité d’experts de l’UE sur les bagnoles (28 pays représentés par des experts et des lobbyistes) double les tolérances pour les émissions d’oxyde d’azote! Seule la Hollande a voté contre… Mme Royal veut des explications de la commission. Question: qu’a voté le représentant francaoui? Et les travaux pour l’ayraultport de Nantes vont reprendre! Que dit Mme Royal? Qui s’oppose à la taxe sur les transactions financières proposées par la Commission? La France qui l’avait demandé!
Le pape du « dialogue social » en a une curieuse conception. A Air France Vallse a labellisé le chantage puisqu’il a couvert que les syndicalistes aient le choix, soit accepter le projet de la direction sur la « productivité » soit moins 2900 emplois. Vive le chantage social. Par ailleurs, la CGT ayant refusé d’assister à la dernière « conférence sociale », Guimauve le Con-Courant partout pour montrer sa trombine au peuple a clairement dit, soit vous êtes avec moi, soit restez où vous êtes. Il est beau de ne dialoguer qu’avec ceux qui sont d’accord avec vous! on sait aussi que la transparence et la compétence justifient de nommer tous ses copains et affidés, en passe d’être au chômedu après les régionales ou en 2017, à des postes de responsabilité voire des sinécures bien payées… Par ailleurs la mauvaise situation d’Air France dans la concurrence internationale résulte de ce que le gouvernement socialo a accordé des lignes à des compagnies des Emirats, alors que ceux-ci subventionnent massivement leurs compagnies aériennes et cela grâce à l’UE qui l’a autorisé. De plus les édiles locaux ont donné des subventions à Ryanair (et autres comme Easyjet) pour remplir leurs petits aéroports inutiles alors que cette compagnie ne cesse de violer le droit du travail français. D’un côté, Vallse stigmatise la « violence » des salariés, d’un autre il couvre la violence économique et symbolique (chantage) de la direction, et d’un 3ème côté son gouvernement est la cause des ennuis d’Air France (taxe Chirac que seule Air France verse, hausse des taxes d’aéroport pour, par exemple, faire grossir Roissy ou Orly dont l’Etat est actionnaire majoritaire afin de toucher des dividendes.
Pendant que le sous-secrétaire d’Etat au commerce fait part de ses états d’âme à propos des négociations toujours secrètes sur le traité de commerce transatlantique entre l’UE et les USA, le gouvernement garde de Conrad le silence prudent et refuse de s’engager pour un référendum pour ou contre ce traité qui finira de détruire tant l’UE que la France.
La justice devait être indépendante sous Culbuto 1er. L’enquête sur la mort de Rémi Fraisse à Sivens l’an dernier consacre cette position. C’est la police interne de la gendarmerie qui conduit l’enquête alors qu’elle est juge et partie et que son dernier rapport, qui exonère le gendarme lanceur de grenade offensive, est plein d’incohérences, de mensonges et de points obscurs. le juge chargé de l’instruction a déjà refusé maintes actions demandées par les parties civiles. Pourquoi tant de cachotteries? Parce que la responsabilité de l’Etat PS est engagée, notamment avec l’action d’une nouvelle commandante de gendarmerie et d’un nouveau préfet soucieux de faire régner l’ordre contre les zadistes, suivant en cela les consignes vallsiennes. parce que, surtout, cette affaire illustre la collusion entre les intérêts privés et le pouvoir. En effet, tout part de la commission d’Aménagement des Coteaux de Gascogne, « organe » (au sens de Soljenitsyne) de notables et de membres de la FNSEA cherchant à développer l’irrigation de la culture du maïs. Même contre les désastres écologiques. Du reste, le Conseil général du Tarn, lui aussi truffé de socialos (président, M. Carcenac, socialo) et d’intérêts privés, a voté la construction du barrage de Sivens malgré l’avis contraire de 2 organismes d’enquête en vue de la déclaration d’utilité publique. Visiblement, enquête publique et expropriation pour utilité publique (DUP) ont été manipulées par des élus « démocratiques ». Pourquoi? Car les aides aux agriculteurs sont devenues directes (aides à l’hectare, ce qui, naturellement privilégie les gros agriculteurs, qui sont à la FNSEA) et que, ô merveille et par dessus le marché le gouvernement a continué d’accorder 800 euros à l’hectare de plus pour les cultures irriguées, comme si l’eau n’appartenait qu’aux industriels de l’agriculture. Il est donc devenu juteux pour les grossiums-paysans de la FNSEA de développer des barrages de retenue car le maïs est fort gourmand en eau. Et, naturellement, les politicards se mettent aux pieds de la FNSEA, afin d’être réélus, sinon de toucher peut être quelques pots de vin. A quand les subventions aux pinardiers en fonction du nombre de pots de vin versés aux élus de la ripoublique? En fait, le pouvoir continue de travailler pour les bétonneurs et le capital (ayrault de Nantes, tunnel pour le TGV Turin-Lyon, TGV Bordeaux-Toulouse.

Le réalisme

Posté : 20 octobre, 2013 @ 10:52 dans politique | 3 commentaires »

Je me rappelle un slogan de mai 68 : soyez réalistes, demandez l’impossible. Belle formule en forme d’oxymore pour ridiculiser les tenants (aussi au sens anglais de tenanciers) du réalisme, de la « real-politics » à la Kissinger (prix Nobel de la paix après avoir été un des acteurs amerloques de la guerre du Vietnam), du bon sens petit-bourgeois. Bref de tous ceux qui tiennent à leurs positions acquises (« députains », banquiers, capitalistes, manageurs, notables, notaires, journaleux, « pubeux », communicants, rentiers, etc.) et à leur statut. Tous ceux qu’un vrai changement anti libéralo-capitalisme gênerait dans leurs petites affaires. Tous les Bouvard et Pécuchet de la France « moisie ». Et aussi les syndicalistes professionnels dont la position sociale dépend en fait du maintien du capitalisme. Songez à ce que le PCF/CGT n’a jamais été pour les coopératives et les mutuelles, pour l’économie sociale dans lesquelles il a toujours vu un facteur de démobilisation de la « classe ouvrière ». Et c’est vrai car dans une coopérative authentique, où les salariés disparaissent au profit des associés participant aux décisions et étant solidaires les uns des autres, il n’y a plus besoin de syndicat pour soi-disant défendre les travailleurs. Ce serait s’attaquer soi-même. Soyons utopistes et imaginons une société à la Proudhon : fédérée, associée, mutuelliste, coopérative, autogérée, décentralisée, libertaire… Comme l’avait parfaitement vu Proudhon, alors il ne saurait y avoir de syndicalisme, de corporations défendant leurs seuls intérêts, de représentants syndicaux détenant le pouvoir sur les travailleurs. CQFD : la société libérée du capital, du pouvoir, des représentants, des gouvernants contre les gouvernés se gère elle-même et se passe de défenseurs. Les syndicalistes institutionnels, professionnalisés disparaissent. Ce qui explique pourquoi certains syndicats empochaient les enveloppes de l’UIMM censées « fluidifier les rapports sociaux » comme l’a dit M. Sauvagnac actuellement en procès correctionnel. Ce qui fait comprendre pourquoi les syndicalistes-corpo sont attachés au système capitaliste puisqu’ils en vivent. Comme a dit je ne sais plus quel roi : protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge.
On comprend aisément que le réalisme est l’arme de destruction massive de toute velléité de réel changement. C’est le réalisme qui anime le Gland Méchant Flou qui veut à la fois recevoir les félicitations de ses copains des gouvernements de l’UE, les faveurs du FMI et autre OCDE, les grâces des agences de notation, les mamours de la Gross Angela, les encouragements de tous les libéraux de la terre (il n’a pas à se forcer car il en fait partie) et aider le pauvre peuple qu’il abreuve d’allocutions familiales et de compassion bourgeoise. Ce qui explique que Flanby est gélatineux, mou du genou, n’a pas de projet affichable car il lui faudrait choisir entre la chèvre de M. Séguy et le chou de Bruxelles. Tout ce qu’il peut dire au peuple, c’est veux-tu 2,5 cm de corde en plus pour folâtrer dans l’herbe polluée du capitalisme ? (dessin paru dans « l’Enragé », anagramme de général en mai 68). Rien de nouveau sous les vielles lunes libéralo-capitalistes.
Mais, au fait, c’est quoi cette pensée, cette doctrine du réalisme ? Cela a déjà à voir avec le matérialisme, dialectique ou non. Tout est matière ou machine ; c’est ça la réalité contre les fumeuses théories idéalistes, les psychologies des profondeurs qui prêtent à l’âme humaine des passions, des désirs, des envies impossibles à assouvir tant les faits sont les faits, les inégalités sont naturelles. Le droit naturel, au nom duquel tout le monde doit se plier à des phénomènes ou lois éternelles, est lui aussi un matérialisme, un réalisme de la nature à laquelle les hommes sont soumis. La théorie économique libérale est aussi un réalisme des lois permanentes et universelles de l’économie (libérale et capitaliste). Celui qui conteste ces lois économiques est aussi cinglé que celui qui n’adhère pas à la loi de la chute des corps ou à l’excellence du système communiste. A l’asile, comme sous Staline. Le réalisme est ainsi un scientisme, ce qui a, par exemple, consacré l’excellence de l’application du darwinisme à un évolutionnisme modèle Spencer pour les sciences sociales. Quand ce n’était pas un eugénisme largement connoté de racisme.
Le réalisme, c’est la soumission à la force, des choses, versus pseudo-scientifique, des rapports de pouvoir et de domination, versus politicard ou managérial. Le réalisme, c’est la politique de l’équilibre des forces (traités de 1815) entre nations, c’est « la politique du chien crevé au fil de l’eau », c’est-à-dire en rien faire contre le cours normal des choses, c’est ne pas s’engager dans ce qui n’est pas en notre pouvoir (stoïcisme), c’est ne pas aller contre les lois établies sous forme de « droit positif », c’est-à-dire simplement légalement édicté par les représentants du peuple dans la démocrassouille libérale et représentative. Le réalisme est un positivisme que tout le monde doit prendre en Comte ; comme l’Auguste doit faire rire. Le positif, fût-il très négatif comme el productivisme, la malbouffe, la raison d’Etat et le secret qui va avec, l’exploitation, la domination (y compris coloniale), voire l’esclavage encore dans certaines contrées…, c’est ce qui existe, ce qu’on peut voir, ce qui est prouvable, ce qui est réel. Et vice versa car ce qui est réel est positif.
On s’étonne que le réalisme soit si en honneur car la science elle-même a démontré depuis longtemps que si le réel, la matière existaient bien cela ne comptait guère puisque les hommes n’en ont pas la substance mais seulement une représentation, une idée, une image plus ou moins juste ou adéquate à la réalité cachée des « noumènes » que d’après Kant on ne peut pas connaître, au contraire des phénomènes. Et même pas, car lesdits phénomènes sont aussi saisis par des représentations, de même que la comptabilité ne donne pas des faits économiques pour les boîtes capitalistes mais seulement un modèle réduit de ces derniers, une interprétation particulière et orientée en faveur de l’idéologie libéralo-capitaliste. La science ne prétend plus être réaliste ; elle dit seulement que, en l’état des connaissances actuelles et des moyens disponibles de démonstration, l’interprétation présente des phénomènes semble la plus correcte sous réserve d’inventaire. La science n’est que « normale » (Thomas Kuhn), c’est-à-dire admise comme norme actuelle par la communauté scientifique, comme « non falsifiable » (Karl Popper) pour le moment car aucune épreuve de vérité ne peut établir le contraire. En revanche, n’est scientifique que ce qui peut être soumis à de telles épreuves. Bref, il n’y a pas de faits bruts sans passer par des représentations idéelles et sans interprétation méthodique.
Le réalisme, c’est un conséquentialisme car on n’évalue l’efficacité d’une décision ou d’une action qu’en fonction de ses résultats et effets réels par rapport aux attendus. Tout devient alors du mesurable, du quantitatif bien plus que du qualitatif, du comptable. Evidemment, on n’apprécie pas les effets pervers ou contre-productifs car ils ne sont pas attendus et car l’instrument de mesure a été construit en fonction du seul but visé par les décideurs. Si les conséquences sont « positives », alors la décision est validée. En général, en outre, les conséquences envisagées ne concernent que l’acteur qui a décidé de l’action et non l’environnement social ou physique. Proudhon avait déjà critiqué ce genre d’approche, le réalisme et l’idéalisme dans un même mouvement : la connaissance et l’action sont liées (pragmatisme) et toute construction de représentation de la réalité est « idéo-réaliste ». C’est à la fois une idée, provenant de la réalité observée et de l’action sur celle-ci, et un rapport à la réalité pour l’acteur. Lequel a des mobiles, des intentions, une volonté d’agir pour améliorer son sort par la pratique en situation de résolution de problème. Il est donc guidé par des désirs et des idées préalables à son action. Et cette situation est par construction collective de même que la coopération qui mène à agir, la coopération étant exigée de fait par l’interdépendance des fonctions issue de la division du travail. Il y a donc une « composition » intellectuelle entre l’idée et la réalité parce que l’action lie la théorie et la pratique dans un même processus de recherche de la validité de l’action, laquelle est guidée par la théorie antérieure, laquelle peut se trouver invalidée par l’action menée. Idéalisme et réalisme sont donc répudiés simultanément. « L’idée vient de l’action et revient à l’action sous peine de déchéance de l’agent ». Le travail, qui réunit la théorie et la pratique, se présente comme mode universel de formation.
Le réalisme est le moyen le plus employé pour piétiner la dimension morale des choses. Un marchand de Tapie vous balance tout de Goth qu’il peut Trichet puisque tout le monde fait pareil dans le métier. Ce qui renverse l’impératif catégorique kantien puisque comme c’est général, alors ce n’est pas mal au lieu de conduisez-vous de façon que votre comportement soit généralisable. C’est comme en politique : tout le monde triche, c’est général, donc c’est normal. Le réalisme, c’est alors de supporter qu’Assad zigouille son peuple avec des armes « normales » mais n’emploie pas d’armes chimiques, c’est faire des mamours au ras Poutine, c’est commercer avec la Chine, c’est accueillir le Qatar, c’est dire qu’on est une parfaite démocratie habilitée à mener des guerres contre le terrorisme et à faire des attentats ciblés, etc. le réalisme, c’est le TINA de Maggie (There is no alternative), c’est se soumettre au capital financier sans débander comme DSK, sans désemparer comme le capitaine de pédalo. En conclusion : quand j’entends réalisme, je pense à mes napoléons, quand j’ouis idéalisme, je vénère mon goupillon

Enfin Zayrault est arrivé

Posté : 5 juillet, 2012 @ 10:41 dans politique, politique | Commentaires fermés

Le discours de politique générale du prime minister Zorault va être gratiné. Ce n’est pas étonnant quand on reste dans la logique libéralo-financière que les socialistes ont tant fait pour installer en France et en Europe depuis 1983 avec Delors (en barre) sous Mauroy. Béret-Govoy, avec son âme damnée attachée à ses basques, Naouri, actuel PDG d’un grand distributeur, a lancé tous les produits financiers à risque reporté sur les petits épargnants et les salariés. Le priapique, libidineux et phanérogame DSK a continué le saccage libéral, de même que son compère Fabius qui n’a pas laissé contaminer que le sang. La logique libéralo-financière n’a qu’un credo : toujours plus comme dirait Walter Closets (de fric, de rentabilité, d’espace privatisé pour faire de l’argent) ; ce qui passe par la mise en sécurité des prêteurs (il faut leur laisser des huîtres et du caviar à béqueter) et de leur cassette, donc la surveillance du caractère soutenable des dettes publiques, l’abaissement des salaires et des retraites, la taxation des salariés et l’exonération du capital et des riches, la flexibilité et la précarité du travail, la suppression du code du travail et de « ses rigidités » pour « fluidifier le marché de l’emploi ». La méthode est simple : ouverture sans frein des frontières à toutes les marchandises, libre circulation des capitaux et dérèglementation du secteur financier. Elle est perverse car après avoir fait voter les lois ad hoc pour ce faire, il suffit d’accuser l’Europe et la mondialisation des conséquences négatives qui s’ensuivent et prétendre qu’il n’y a pas d’alternative (le fameux TINA de Thatcher). Les peuples sont alors mis en concurrence pour être plus compétitifs que les autres (la Teutonie a remporté la palme dans l’UE à grands coups de « désinflation compétitive »). Ils sont pris dans un étau dont la 1ère mâchoire est la concurrence des pays les moins-disant en tous domaines et la 2ème les prédations de la finance exigeant des taux de rentabilité à deux chiffres.
Pour y arriver la France a emprunté à tire larigot sur les marchés financiers internationaux au point que près de 70 % de sa dette publique est détenue par l’étranger (Japon, presque zéro, USA ou Italie, 30 %). Pour ce faire, Pompidur et Fiscart-Déteint ont interdit les avances et prêts de la Banque de France (1973/75) au gouvernement et imposé les banques privées comme seuls placiers des emprunts (au lieu du Trésor et des achats directs d’obligations par les épargnants français). Il a fallu ensuite dérèglementer le contrôle des capitaux et installer leur libre circulation. Résultat, tous les Etats se sont endettés. Pour couronner l’édifice, on a ajouté l’euro comme monnaie unique pour des pays très hétérogènes. Cela s’est fait sous le diktat Tudesque avec une BCE interdite d’avances aux Etats et à leurs organes publics et chargée seulement de lutter contre l’inflation des salaires et des prix courants (hors actifs financiers et immobilier) et responsable d’un taux de change unique pour toute la zone euro. Résultat, les pays les moins compétitifs et les moins industrialisés ont pu emprunter presqu’au même taux que les Prussiens. D’où la dette privée astronomique en Espagne, Grèce, Irlande. Parallèlement, l’UE n’avait qu’un budget de 1 % du PIB de l’Europe (20 % aux USA pour l’Etat fédéral), le faisait bouffer à 40 % par la PAC, ne disposait que de maigres fonds structurels afin d’aider au rattrapage économique par les pays à petit PIB par habitant, n’offrait pas de transferts compensatoires entre les différents pays malgré la disparité de leurs ressources. Le phénomène a été sans cesse aggravé avec l’arrivée de nouveaux pays que l’on ne pouvait aider puisque le budget européen restait fixé à 1 %. Résultat, ils dopèrent leurs atouts compétitifs et s’installèrent dans la spirale du moins-disant, notamment en matière fiscale ou environnementale ou salariale. Et qu’on ne dise pas que c’était une conséquence non voulue. Au contraire, cela a été décidé exprès pour que les pauvres entrants forcent les riches associés antérieurs à abandonner leurs privilèges (droit social, syndicalisme, CDI, protection sociale, services publics, etc.). C’est la Teutonie qui a tiré le meilleur profit de la situation ainsi installée : sous-traitants de l’Est, payés en euros plus fort que leur propre devise quand ils n’étaient pas dans la zone monétaire unique (d’où l’intérêt d’avoir un euro fort car les Tudesques sortaient alors moins d’euros pour payer les prestataires), assemblage en Tudesquie avec étiquette « made in Germany », appel aux saisonniers payés en roupies de sansonnet car l’Allemagne n’a pas de SMIC, mise au régime ascétique de son propre peuple avec les lois Hartz sous Schröder (notamment, emplois obligés à 400 euros par mois pour les chômeurs), dévaluation de 3 points avec une « TVA sociale ». Bravo, les artistes de l’exportation à tout va (70 % en Europe).
Zayrault et Flanby restent essentiellement dans les « pacte de stabilité » teuton, auquel a été ajouté un zeste de crédits pour la croissance (120 petits milliards pour 12 000 de PIB de la zone UE). Le modèle fridolin est donc conservé et tous les pays sont priés de l’adopter. Ce qui veut dire rigueur pour tout le monde, récession, augmentation des déficits et de la dette, puis rebelote and so on. Le malade pourra guéri et les Schleus aussi car ils n’auront plus de clients en Europe, car les pays émergents sont aussi en difficulté et qu’ils vont restreindre leurs importations. Parallèlement, on va continuer à jouer au petit jeu de la barbichette entre banques et gouvernements. L’accroissement des dettes publiques sert à sauver les banques ; mais cette augmentation rend la dette incertaine et grosse de perte de valeur. Or les banques en détiennent une grosse part. Si donc la dette ne peut plus être remboursée, est annulée pour une part, est aussi rééchelonnée, ce sont les banques qui vont faire faillite. Alors les Etats, ruinés, ne pourront les secourir. La crise est donc à la fois portée par la dette publique et la fragilité des banques pourries de prêts toxiques.
A demeurer en tant que demeurés ou idéologues du libéralisme dans ces cercles vicieux, Zayrault et Fraise des bois s’enferment dans la course au moins-disant et ne peuvent que promettre : « de la sueur, des larmes et du sang » comme disait Churchill, duc de Malborough (s’en va-t-en guerre) en 1940. Un 1er redressement consisterait, tout en jouant encore au marché et à la « concurrence libre et non faussée » à réduire la finance privée à zéro en lui créant des contre-structures (par exemple, banque nationale du peuple socialisée, fédérée et mutualisée de dépôt et de crédit aux ménages, aux collectivités territoriales et aux entreprises) à logique anticapitaliste. La banque du peuple referait des avances et des prêts à l’Etat ; l’euro serait gardé pour les échanges extérieurs mais une monnaie nationale (le proudhon) interne, gagée sur la production, les stocks, les encours serait interne et son taux de change vis-à-vis de l’euro serait à taux variable. Des taxes compensatoires des différentiels indus en tant que moins-disant avérés et « on purpose » seraient instaurées aux frontières, y compris pour les pays non coopératifs de la zone euro (Teutonie, Hollande, Luxembourg, Autriche, G-B, Irlande, etc. avec leur dumping ou leurs paradis fiscaux). Les industries disparues seraient recréées sous forme de coopératives et de mutuelles financées par la banque du peuple. Les assurances privées se verraient opposer une fédération de mutuelles. Tous les produits financiers vicieux et spéculatifs seraient interdits, à commencer par les LBO. Tout commerce avec les pays ou les multinationales faisant usage des paradis fiscaux serait proscrit. Les emprunts d’Etat ne seraient émis qu’en France auprès des résidents. La France doit actuellement emprunter 180 milliards par an ; on le fera auprès du peuple. Tout de suite les 280 milliards du livret A seront transformés en obligations d’Etat dont le taux sera le même que pour le livret (et ajustable). Les détenteurs de livret pourront vendre les obligations, très liquides, ou recevoir des avances dessus. Les riches (disons plus de 100 000 euros de patrimoine immobilier ou financier) se voient tout de suite imposer un emprunt forcé, comme en 1976, au taux directeur de la BCE (1 %) qui servira à éviter un autre prêt de l’extérieur. A plus long terme, une partie des cotisations retraites sera capitalisée et investie dans la construction d’immeubles sociaux. Le contrôle des changes est rétabli et les contrevenants voient leurs fraudes (triplées par une amende) confisquées et leurs biens mis sous séquestre.
Tout cela permet théoriquement de rester dans l’UE et l’économie de marché. Mais le mur d’argent se dressera comme en 1936 ou 1981, mais les autres pays de l’UE prendront des mesures de rétorsion. A moins que la France n’arrive à convaincre les Etats du Sud européen de créer une fédération adoptant les règles exposées ci-dessus. Ce serait long et improbable. On en viendra alors au plan B : celui de l’autarcie et de la mise en place d’une économie, autogérée, mutualisée et fédérée. J’ai déjà dit ailleurs et avant sur mon blog cette solution qui, seule, permettrait de rompre enfin avec le modèle libéralo-capitaliste.

la mort annoncée des principes généraux du droit

Posté : 26 juin, 2009 @ 11:52 dans politique, politique | Commentaires fermés

                      

Aujourd’hui et maintenant depuis longtemps le droit (lois, décrets, ordonnances, règlements, circulaires, comportements policiers non sanctionnés et même incités pour faire du chiffre), dès 1983 quand les socialistes se sont convertis à l’économie mondialisée, est manipulé. L’histoire, l’évolution de la morale, les projets de penseurs (Beccaria, Kant, Voltaire, etc.) ont fait que, notamment,  s’était installé depuis 2 siècles le principe moral de l’individualisation des peines, compte tenu du parcours de l’accusé et des circonstances atténuantes possibles. Les peines-planchers le foutent en l’air.

On revient sur plus de deux siècles de législation disant qu’un fou est irresponsable et ne peut être jugé (ex article 64 du code pénal). La loi Hadopi en préparation (en plus techniquement inepte) sur le piratage audio-visuel prévoit des sanctions à l’égard des contrevenants télé-chargeurs de fichiers prétendus privés. C’est une innovation car ce serait là encore une autorité administrative, voire privée, qui sanctionnerait sans jugement, sans débat contradictoire, sans audience publique. La loi CESEDA (2004, sur les conditions d’entrée des étrangers) a repris un antique délit d’assistance aux étrangers en situation irrégulière (reprise  du régime de Vichy, après la guerre). Cette loi, dont maintenant le pouvoir (via Ganelon-Besson, transfuge stipendié de l’olifant, pardon, de l’éléphant PS) annonce qu’elle ne vise que les « passeurs » et trafiquants,  alors que justement elle ne le précise pas, est maintenant de plus en plus appliquée à des bénévoles. Ainsi, est mis en place, à rebours de la morale historique qui prône la solidarité et salue l’altruisme, le « délit de solidarité » !

Le pouvoir Tsarkozyen a la ferme intention de réduire fortement les pénalités contre la délinquance en col blanc (par exemple, le délit d’abus de biens sociaux ne partirait plus de la date de sa découverte mais de celle de son émission, c’est-à-dire que dans la plupart des cas le délit serait découvert après être prescrit, délai de prescription que, du reste, on veut diminuer). Notez, du reste, les peines ridicules des manageurs : 3 ans avec sursis et 225 000 euros d’amende pour le patron de la filiale de Total dans le procès AZF qui a fait 31 morts et causé énormément de dégâts (comme pour les procès d’explosion de gaz alors que GDF avait décidé de ralentir la suppression des fontes cassantes !) ! Déjà, et de façon bien plus insidieuse, on diminue les moyens déjà ridicules de l’inspection du travail et on a supprimé l’enquête qu’elle menait lors des accidents du travail ayant entraîné mort d’homme. On a aussi réduit les interventions de la médecine du travail (examen tous les 2 ans au lieu d’un, triplement du nombre de salariés à examiner). Désormais la DRIRE ne sera plus consultée sur la dangerosité des installations industrielles ! déjà les organes publics de contrôle (AFFSET, AFFSAPS, etc.) sont tellement dépourvus de moyens autonomes qu’ils sont amenés à contresigner les études bidon des firmes comme Monsanto, Novartis ou autres. déjà, les patrons siègenet dans les tribunaux des affaires sociales et dans les commissions d’appréciation des maldies professionnelles. la responsabilité des édiles a aussi été supprimée pour les faits dont ils n’auraient pas eu connaissance…Déjà on a supprimé la responsabilité pénale des chefs d’entreprise au profit de la personne morale qu’est l’entreprise qu’ils dirigent. Nous avons alors des accidents ou des nuisances sans responsables autrement qu’au civil, malgré des manœuvres et des décisions qui ont mis clairement en danger la vie d’autrui, délit dont le pouvoir abuse de plus en plus à l’encontre des pékins ordinaires. Or La justice a pour principe normal, attesté par l’histoire et les mœurs, que les justiciables doivent être traités sur un pied d’égalité quel que soit leur statut social et leurs manquements. Eh bien, comme on vient de le voir on est dans le fameux deux poids, deux mesures. Selon que vous serez puissant ou misérable…

Tsarko veut faire supprimer le juge d’instruction afin d’empêcher que des affaires sensibles, en général financières ou de corruption politicarde, soient jugées. La technique est simple : le plaignant ne pourra s’adresser qu’au parquet, lequel ne serait pas indépendant  comme l’a vu la Cour de justice européenne;  il ne pourra plus déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès d’un juge d’instruction. Le parquet se contentera d’ouvrir « une enquête préliminaire », laquelle se déroulera dans le secret,  sans communication des pièces aux parties ; et alors, sans que personne ne puisse évaluer pourquoi et comment, il lui suffira d’arrêter l’investigation. Foin du vieux  non-lieu appuyé sur un raisonnement officiel.

Du coup, l’accès équitable à la justice (égalité de traitement,  procès équitable) bon vieux principe général du droit et norme morale très ancienne, est d’ores et déjà mis en pièces. La suppression du juge d’instruction institutionnalisera ce déni de justice. Autres principes généraux du droit foutus en l’air :

  • Juger sur des actes est remplacé par la dangerosité (rétention des violeurs, bandes) et la présomption d’innocence est alors remplacée par celle  de culpabilité potentielle
  • Juger des individus, autrefois seuls responsables, est remplacé par la responsabilité collective des bandes sans preuve d’appartenance (il suffit d’avoir été là au mauvais moment comme dans l’affaire de Tarnac. Ainsi, si quelqu’un a piraté dans une famille (sous réserve de la preuve…), c’est toute la famille qui est privée d’ordinateur avec accès à internet
  • Le droit à une audience publique et à un débat contradictoire est supprimé par le plaider- coupable
  • Toute sanction relevait d’un jugement  préalable par une autorité judiciaire (présomption d’innocence) ; désormais avec Hadopi on sanctionne avant tout jugement
  • La liberté d’expression du ministère public à l’audience a déjà été sanctionnée par la garde des sceaux
  • L’individualisation des peines est remplacée par les peines automatiques en cas de récidive (peine- plancher)
  • L’accès correct à la justice est supprimé par les comparutions immédiates
  • Le droit de connaître son accusateur est supprimé par la délation sous X et l’impunité nouvelle  des « indics »
  • L’équilibre entre les ressources et la capacité contributive (dans la constitution)  a été foutu en l’air depuis 2002 (et même avant sous  les socialos) avec les réformes fiscales en faveur des riches
  • La charge de la preuve est de plus en plus inversé ; par exemple, c’est aux poursuivis de prouver qu’ils ont bien mis des pare-feux adaptés pour éviter le piratage de leur ordinateur ou que ce ne sont pas eux qui ont piraté des logiciels
  • L’indépendance de l’autorité judiciaire est de plus en plus réduite ou va être réduite, etc. Notamment par la réforme du conseil supérieur de la magistrature, laquelle augmente radicalement le nombre de « représentants de la société civile »…nommés par le pouvoir !

Les Français sont feignants

Posté : 18 juin, 2009 @ 10:50 dans politique | Commentaires fermés

                                                        

La littérature libérale met souvent en avant que les Français ne travaillent pas assez par rapport, notamment, aux autres européens. C’est pourquoi le candidat Tsarkozy avait inventé le slogan : « travailler plus pour gagner plus ». Ce langage a eu du succès car, effectivement, nombre de personnes aimeraient travailler davantage pour faire bouillir leur maigre marmite. Parmi elles, on trouve les salariés à temps partiel non choisi, par exemple les caissières de supermarchés qui viennent de faire grève massivement  la semaine dernière au grand étonnement de leurs patrons. On trouve aussi les smicards qui préfèreraient parfois moins de RTT et plus de travail en heures supplémentaires. Car, évidemment, la question essentielle demeure celle du pouvoir d’achat qui peut augmenter soit par la hausse des revenus, soit par la baisse des prix, soit par une combinaison des deux. Et, en gros, les mesures d’augmentation du temps de travail pour avoir des heures sup ne concernent que 30 à 40 % des salariés

Les études de l’INSEE   (www.insee.fr) sur les salaires et le pouvoir d’achat, celles qui sont montées en épingle par le gouvernement et les libéraux de tout poil, font apparaître une hausse du Smic de 37 % entre 1978 et 2007. Les autorités affichent moins que dans le même temps le pouvoir d’achat du revenu salarial annuel a stagné en euros constants. D’où vient cet écart qui conforte le sentiment de baisse du pouvoir d’achat dans la population ? Elémentaire, Watson, c’est à cause des raisonnements en moyenne globale chers aux gouvernants. Car entretemps le pourcentage de salariés à temps partiel, intermittents, intérimaires ou à domicile par rapport à l’ensemble des salariés est passé de 17 % à 31. Le revenu des temps partiels a baissé tandis que celui des temps plein augmentait parallèlement ce qui produit une moyenne stable. En revanche, les revenus de la rente, eux, augmentaient bien plus. Entre 96 et 2006 les loyers perçus progressaient de 66 % et les dividendes de 143. Les salaires bruts ne progressaient que de 48 % dans la même période (Alternatives économiques numéro spécial 76).

Lesdits salariés à temps partiel ou à contrats de travail atypiques n’ont pas clairement perçu (merci aux syndicats ou aux partis qui auraient dû les informer) que les largesses sarkoziennes sur les heures sup étaient à deux vitesses. Lesdites heures sur les temps complets sont détaxées de cotisations sociales salariales (et patronales), payées 25 % de plus et dispensées d’IRPP. En revanche, les temps partiels ont vu leurs heures « complémentaires » plafonnées à 10 % de leur temps de travail. De plus elles ne sont pas majorées ni exonérées. Rappelons que l’un des maîtres mots du libéralisme est « l’équité ». Ce genre de mesures (5 à 6 milliards d’euros en année pleine) profite donc essentiellement aux salariés à temps complet et aux patrons qui peuvent ainsi faire travailler plus les travailleurs en place avant d’hypothétiques embauches. Soulignons que, au passage, la durée légale du travail (35 heures par semaine) s’en trouve éliminée de fait. Le seul obstacle à faire davantage d’heures, ce qui est le sens du travailler plus, est la durée maximale de 48 heures. Gageons que cette limite ne tardera pas à voler en éclats. C’est déjà fait chez les Gibbies au nom de « l’opt-out » qui permet à un salarié de négocier « d’égal à égal » sa durée de travail avec son patron. Du reste, ce sont les patrons qui décident des heures sup et qui, souvent, ne les payent pas… De façon générale, il devient clair que le « travailler plus » se fait au détriment des temps partiels (31 % du salariat et en majorité des femmes et des jeunes) qui ne pourront guère en profiter.

Il est aussi clair que le travailler plus ne concerne pas encore les retraités (sauf cas spéciaux comme les militaires) qui ont vu  leur pension (par suite de la suppression en 1986 de l’indexation des retraites sur les salaires, de la réforme Balladur de 1993 dans le privé, de la  réforme du calcul des points dans les régimes complémentaires, de la CSG à taux plein contrairement aux cotisations antérieures)) augmenter de 0,2 % de 2000 à 2004 alors que le salaire moyen augmentait de 4,8% ( d’Alternatives économiques). Et ce n’est qu’un début. Il faut s’attendre à moins 25 % sur 20 ans pour les retraites du privé. Le minimum vieillesse (628 euros pour une personne seule, RMI des vieux) n’a pas été revalorisé depuis 10 ans. D’où l’annonce surprise de Tsarkozy d’une revalorisation de 25 % sur 5 ans avec un acompte de 200 euros bientôt en 2008. Ce minimum concerne 650 000 personnes. Les petites retraites (580 euros), que le candidat avait promis de revaloriser, touchent 3,5 millions de gens. Ca va être duraille de les augmenter car elles ne concernent pas l’Etat…Notons que ces retraites sont inférieures au seuil de pauvreté de 681 euros (2006 à 50 % du revenu médian ; c’est passé à 60 en 2007 en appliquant une norme européenne) pour une personne seule (50 % du revenu médian d’après les statistiques françaises alors que les européennes demandent 60 %).

Il y a donc déjà de personnes qui voudraient travailler plus ou qui sont oubliées par les réformes tsarkoziennes. Mais est-il si sûr que globalement les Français travaillent peu ? Là, il ne faut pas considérer la durée légale (35 h) mais l’effective. La France en est à 35,3 heures hebdo début 2007 (Hollandais 30,1, Danois 34,1, Anglais 34,7, Allemands 34,9 [alternatives économiques]). Ces chiffres sont une moyenne entre les salariés à temps plein et à temps partiel. Or, seuls 17 % des salariés français sont à temps partiel (et ils travaillent 22,7 heures par semaine) alors que la moyenne européenne est à 21 (et elle travaille 19,8 heures). CQFD.

Ce qui est vrai aussi, c’est que seuls 63 % des Français en âge de travailler (taux d’emploi de la population active) occupaient un emploi en 2006, contre 71 % en Grande-Bretagne, 73 en Suède, 77 au Danemark (toujours d’après Alternatives économiques). C’est que les jeunes de moins de 25 ans et les vieux de plus de 55 ne sont pas sur le marché du travail. 60 % des plus de 60 ans ne travaillent plus car ils ont été évacués par les entreprises au profit de jeunes moins payés et soi-disant plus productifs. Quand aux jeunes, ils essaient de poursuivre leurs études ou ils font « des stages » non rémunérés (grand merci au gouvernement qui vient de fixer la barre minimale  à 30 % du Smic pour les stages de plus de trois mois). Mais l’objectif de Tsarkozy n’est pas d’augmenter le taux d’emploi mais plutôt d’allonger la durée effective du travail des salariés à temps plein comme vecteur de la croissance par le plus de travail  comme soi-disant gage d’un enrichissement collectif.

Ce qui prouve, soit que Sarkozy et ses conseillers ne connaissent pas grand-chose à l’économie, ce dont je doute, soit que c’est délibéré car c’est la solution la plus rentable pour l’économie libérale favorable au patronat. En Effet, l’existence « d’une armée industrielle de réserve », qui plus est renforcée par « l’immigration choisie » pousse à la dégradation des revenus salariaux et des conditions d’emploi et de travail. De plus, faire turbiner au maximum les salariés en place (tant pis pour les suicides et les « burn out ») a l’avantage d’augmenter la productivité sans investir davantage et sans payer de nouvelles cotisations sociales car les heures sup en sont exonérées.

Or rien ne prouve, bien au contraire, que l’augmentation de la durée du travail produit de la richesse. L’histoire montre déjà le contraire : depuis 1960 le PIB a été multiplié par 4 alors que la durée annuelle du travail chutait d’un bon tiers. Car ce qui compte le plus c’est la productivité horaire du travail. Les statistiques actuelles montrant que les pays les moins riches en PIB par habitant sont ceux où la durée du travail est la plus longue et où le taux d’emploi est le plus élevé. Pour faire de la productivité globale (production totale rapportée au nombre de travailleurs) on peut augmenter la durée du travail et le nombre de travailleurs. C’est le choix traditionnel des patrons en quelque sorte esclavagistes qui obtiennent alors une productivité pour ainsi dire extensive. Mais vous pouvez aussi augmenter la productivité horaire des travailleurs (compétence, organisation machines performantes, etc.). C’est une productivité intensive liée à la productivité globale des facteurs. Je crois que le choix est facile pour un non libéral. Or la productivité horaire des Français au travail (essentiellement tranche des 25-55 ans) est une des plus élevées du monde. Cependant, elle est en train de perdre du terrain faute d’investissements suffisants dans les nouvelles technologies. Et il n’y a pas que la productivité. Il y a aussi la qualité. Là, les Français savent faire comme le montrent les industries du luxe et les productions des terroirs.

Il est donc clair que les Français travaillent et ne demandent qu’à travailler. Il est clair aussi que le patronat a renoué avec sa vieille stratégie de travail sous-payé et non qualifié ou de non-reconnaissance des qualifications. C’est cette méthode qui avait failli tuer l’industrie automobile française dans les années 65-75 : on s’était contenté d’importer des immigrés en provenance des anciennes colonies (Algérie surtout) en les payant avec une fronde et en les logeant dans des bidonvilles (dont l’immense de Nanterre), pendant que les Japonais investissaient dans les nouvelles technologies et méthodes d’organisation et de travail. La stratégie actuelle, en continuité avec l’ancienne au nom de la rupture, est largement facilitée parce que les exonérations de charges sociales sont plafonnées pour les salaires inférieurs à 1,6 Smic. Du coup, le patronat fait tout pour que lesdits salaires n’aillent pas au-delà. On a toujours le patronat et la droite les plus bêtes du monde ; et les socialistes ne sont pas plus malins.

Il est clair encore que même réalisées les promesses de campagne laisseront de côté le pouvoir d’achat de la moitié des Français non concernés par les heures sup et les rachats de RTT. On attend les futures statistiques de l’INSEE, organe gouvernemental alors que dans la plupart des autres pays elles sont produites par des organismes indépendants, avec impatience.

the secret of financial mountains

Posté : 18 juin, 2009 @ 10:40 dans politique | Commentaires fermés

 

                                             Aujourd’hui survient une crise monétaire et financière dans un monde où tous les clignotants étaient au vert. Les prémices en remontent à  juillet 2007 quand les prêts hypothécaires dits de subprime s’écroulèrent. C’était en quelque sorte une catastrophe annoncée dont l’origine doit tout à la rapacité des innombrables frères Dalton du capital financier d’outre-Atlantique. Les descendants des immigrants européens et des esclaves Noirs communiaient dans le prétendu rêve américain: en travaillant plus, on peut gagner plus et on peut accéder à la propriété de son petit chez soi. Le rêve est si fort que les petits américains des classes sociales les plus déshéritées voulaient à tout prix devenir propriétaires comme signe visible d’accès à la position de petit bourgeois. Cela produisait une profusion de ces petites maisons à l’américaine en bois, construites pour ne durer que 50 ans au maximum et alignées en rang d’oignon dans de paisibles banlieues. Il était entendu dans les codes culturels que demeurer dans les centres villes, sauf dans les quartiers très huppés, signifiait qu’on appartenait à la caillera. Las, les salaires stagnaient depuis 20 ans et l’accès à la petite maison mais avec très grande cuisine devenait problématique.    Alors d’avides et rapaces financiers inventèrent les subprimes. C’est simple. On accorde des prêts à taux variable, ledit taux et les amortissements du capital étant faibles au début de l’emprunt, on s’arrange pour que l’accédant n’ait quasiment à payer pendant les premières années de remboursement. Ce qui signifie que l’heureux propriétaire ne paye que les intérêts et n’amortit pas le capital pendant ces années-là. En conséquence, les dernières annuités sont très lourdes. Mais l’emprunteur, dont les narines étaient toujours au ras de merde et de la banqueroute pendant des années, avait fait le pari que ses revenus auraient augmenté entretemps et que la valeur de son bien aurait augmenté. Les Ricains, du reste, avaient inventé le prêt revolving en hommage à M. Colt. Ceci consiste à renouveler les capacités d’emprunt au fur et à mesure que le capital restant dû diminue et que la valeur immobilière du bien augmente. En 2007, le futur président Tsarkowitch a proposé cette heureuse innovation pour augmenter le pouvoir d’achat des braves travailleurs français. Les génies US de la  pompe à phynance, chère au père UBU, avaient tiré des chèques en blanc sur l’avenir, avaient encouragé la propension à tout claquer des amerloques (taux d’épargne zéro et endettement à 120 % du revenu)) et s’étaient manifestement moqués des conséquences perverses de cette machine à mouvement perpétuel. Il en était résulté une belle bulle spéculative immobilière, les prix ne cessant de monter, ce qui avait poussé tout le monde à acheter dans l’espoir de consistantes plus-values. Des margoulins, des escrocs, même pas Tapie dans l’ombre, plaçaient ces prêts mirifiques le plus souvent à de pauvres types éblouis par leur future promotion sociale. Des VRP sans scrupules, nouveaux « carpetbaggers » payés à la grosse commission, tiraient les sonnettes le soir, plaçaient leur pied dans l’entrebâillement de la porte à la façon traditionnelle des voyageurs de commerce fourguant des encyclopédies et faisaient signer un contrat. Le signataire, éberlué et souvent un peu éméché après deux ou trois verres de bourbon, poussé par son épouse qui se voyait déjà faire des bras d’honneur à ses anciens voisins, signait, parfois d’une croix. Il n’avait pas lu les petits caractères ni les annexes qui énonçaient les vraies conditions du prêt.    

   Le processus n’avait pas du tout été contrecarré par le génie de la FED, Alan Greenspan qui avait maintenu des taux d’intérêt très bas. Ce responsable des finances américaines (FED ou réserve fédérale) s’était au contraire frotté ses blanches mains car cela faisait marcher le commerce et soutenait la croissance par le biais du florissant marché immobilier et le crédit revolving. Tant pis si cela créait une bulle spéculative. Les affaires marchaient et les yankees pouvaient acheter à foison de la camelote chinoise, la Chine achetant en contrepartie des titres du trésor américain.    Il faut savoir que les banques sont tenues d’avoir une consistante « réserve obligatoire » de fonds garantissant les crédits qu’elles consentent. Si ces réserves descendent en-dessous de la norme légale, par exemple si la banque fait de grosses pertes, ce qui au passage fait aussi chuter sa capitalisation boursière (la valeur à la bourse de l’ensemble de ses propres actions), elle est obligée de les reconstituer (on dit se refinancer). Elle le fait en empruntant des fonds auprès des autres banques ou en se couvrant auprès de la banque centrale, à un taux qui est précisément ledit taux directeur fixé par la FED. Las, en septembre 2006, la FED augmenta son taux directeur, qui gouverne l’ensemble des taux d’intérêt, y compris celui des titres d’Etat, parce que les acheteurs de dollars (Japon, Chine,) [ou les vendeurs de pétrole en dollars] commençaient à la trouver saumâtre : la valeur du dollar baissait et il était plus judicieux de placer ses réserves en euros, devise qui augmentait. Les emprunts du trésor US à l’étranger devenaient ainsi plus juteux. 

   Comme les taux des emprunts des heureux propriétaires grâce aux subprimes étaient variables, ces derniers furent saisis à la gorge par des mensualités souvent doublées. De fil en aiguille, la plupart ne pouvaient plus payer, surtout en fin d’emprunt quand on amortit le principal à toute berzingue. Les prêteurs vendirent alors les maisons en brandissant les titres d’hypothèque. Du coup, le marché immobilier s’effondra, ne laissant aux emprunteurs que les yeux pour pleurer puisqu’ils ne pouvaient même pas rembourser leurs dettes. Par voie de conséquence, la valeur des créances détenues par les banques et autres organismes financiers comme les fonds spéculatifs s’effondra aussi.  Pourtant les créances hypothécaires avaient été « titrisées », c’est-à-dire regroupées (avec tout un tas d’autres titres de créances) en gros paquets d’obligations vendables à la bourse comme les actions. Pour cacher la merde au chat, ces paquets avaient été mélangés avec d’autres titres moins risqués, ce qui produisit des sortes de pâte feuilletée dans laquelle une chatte n’aurait pas retrouvé ses petits. Ce n’était pas par hasard tant l’imagination des requins de la finance est fertile pour rendre les choses opaques, pour empêcher tout contrôle public de leurs véritables engagements et pour dissimuler toute responsabilité. L’astuce des banques étaient de mettre les titrisations et les produits dérivés (assurances d’assurances sur les risques spéculatifs) hors bilan.    Début 2008, la catastrophe devenait clairement visible. De grandes banques (Citigroup, Merrill Lynch) affichèrent 10 milliards de dollars de pertes au dernier trimestre 2007. La BNP était touchée, de même que la Deutsche Bank, et même une banque mutuelle ( ?), le Crédit agricole dont la filiale Alcyan affichait 300 millions d’euros de pertes. La banque de prêts immobiliers Northern Rock, chez les Gibbies frôlaient la faillite qui aurait été assurée si la banque d’Angleterre n’était pas venue à son secours. Et commença le processus : baisse des réserves obligatoires, impossibilité de vendre ses actions dont la valeur avait baissé de moitié (devenues des « produits toxiques comme les titrisations et autres dérivés), donc obligation d’emprunter. Mais à qui ?  Les banques ne se prêtent plus les unes aux autres tant qu’on ne sait pas leur situation réelle et que leurs comptes n’ont pas été apurés des créances douteuses et correctement provisionnés. Elles doivent restreindre le crédit et elles rechignent donc à consentir de nouveaux prêts aux consommateurs et aux entreprises, car elles n’ont plus assez de liquidités et parce qu’elles ne veulent plus prendre autant de risques. La spirale infernale est lancée : pas de crédit et taux plus élevés signifient ralentissement de la consommation et de l’investissement, donc arrêt de la croissance. Pour éviter le krach (une déflation brutale) les banques centrales se mirent à fournir les liquidités nécessaires à l’économie. Elles prêtèrent des centaines de milliards de dollars ou d’euros ou de livres aux banques. 

   Les européens n’étaient pas indemnes. Leurs banquiers avaient aussi investi dans les subprimes en les dissimulant dans des « sicav dynamiques », lisez pouvant rapporter gros.  Même le Crédit Agricole en France s’était laissé aller à ces juteuses facilités et avait beaucoup perdu (5 milliards). Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés. L’action salvatrice des banques centrales, aux frais des citoyens,  avait permis de vérifier l’adage : les profits sont privés, les pertes socialisées et publiques.    Les autorités publiques, dont Mme Lagarde-Michard en France, tentèrent de rassurer. Patatras, les marchés ne suivaient pas, d’où le minikrach du 21 janvier. Car la confiance a disparu. Comment en effet ne pas craindre l’avenir quand on risque d’être saisi ou de voir la valeur de son bien chuter, ce qui tue le crédit revolving et force à l’épargne, laquelle est à zéro en % du PNB chez les GI. C’est fait ; le marché immobilier US a déjà chu de 20 à 30 %. Comment faire confiance à des banquiers, des fonds d’investissement, des assureurs qui vous fourguaient des titres pourris, souvent en le sachant comme dans l’affaire Enron ? Et, ô miracle de la psychologie des foules grégaires, la théorie new look des « anticipations rationnelles » s’est vérifiée. Quand les autorités prennent une décision, les gens se doutent qu’il y a magouille sous roche et prennent les devants pour contrecarrer les effets de ladite décision. Ainsi, l’annonce de Bushman d’injecter 140 milliards de dollars dans l’économie pour restaurer la consommation a eu l’effet inverse. Et l’histoire continue ; le 22/1/08 la FED abaissait de 0,75 points son taux directeur, ce qui le porte à 3,50% soit moins que celui d’inflation US à 4,1 en 2007 ! Certes, ça allège le coût des emprunts…mais aussi le revenu des emprunts d’Etat pour les pays acheteurs desdits emprunts. Vont-ils continuer à en souscrire alors que les USA vivent eux-mêmes à crédit revolving en pompant les liquidités mondiales au détriment des pays qui en auraient besoin pour investir. Les bourses ne se sont redressées que très momentanément suite à cette 2ème mesure de la FED. Affaire à suivre… 

    On appelle même au secours les fonds dits souverains, c’est-à-dire les immenses capitaux détenus par certains Etats comme la Chine ou les Emirats Arabes qui envisagent une bonne affaire à long terme car ils rachèteraient des banques ayant déjà perdu la moitié de leur « capitalisation boursière ». Ces Etats y sont aussi tenus  car si l’économie américaine s’effondrait, si la valeur du dollar chutait, ils ne pourraient plus vendre leur camelote aux Ricains ou leurs réserves en dollars se transformeraient en roupies de sansonnet. Ce qui ferait augmenter les restrictions de crédit car la masse monétaire en circulation deviendrait insuffisante. 

   On en est maintenant aux plus grandes craintes sur la croissance mondiale. En effet, si les USA n’achètent plus, les exportateurs européens, chinois, etc. ne vendront plus. Or les USA font plus de 25 % des importations mondiales. D’où récession, chômage, course aux clients par baisse des prix et dumping, hausse des taux  d’intérêt pour couverture des risques, et tout le cycle de la déflation. Bien chers frères, prions les prions nous attaquent.    Le lecteur peut se demander pourquoi un système financier mondial aussi désastreux perdure. Elémentaire, mon cher Watson. C’est que beaucoup de salopards individualistes et avides y ont intérêt. En vrac, nous avons les banquiers et les assureurs qui placent des titres et des assurances-vie avec de belles commissions ou profits, nous avons les agences de notation qui risqueraient de perdre des clients (aux USA, elles ont le droit de conseiller les entreprises !), les fonds d’investissement, les bourses et courtiers en bourse, les fonds de pension qui doivent faire le maximum de plus-values pour servir les retraites, les multinationales qui peuvent racheter les firmes concurrentes avec leurs propres actions dans les OPA ou OPE, les manageurs qui touchent des plus-values sur leurs stock options, les politiciens qui sont financés par ceux qui précédent dans cette liste, les lobbys qui défendent tous les intérêts de leurs mandants, les journaleux libéraux qui tirent notoriété (et fonctions de conseils) de leurs articles à la gloire de la finance, les boîtes de conseil en management qui vivent des commandes des manageurs, etc. 

   Le lecteur aura aussi compris pourquoi les incitations gouvernementales vers les retraites par capitalisation, les compléments de salaire par distribution de titres et plans d’épargne d’entreprises, les dégrèvements fiscaux pour les PEA, la baisse de la taxation des plus-values et des revenus financiers, les assurances-vie individuelles conduisent à encore plus de financiarisation, donc à encore plus de risques pour les salariés. Et le pire c’est que voter à droite ou à gauche n’y change rigoureusement rien. 

les sarkonomics

Posté : 18 juin, 2009 @ 10:38 dans politique | Commentaires fermés

Le comte-président Tsarkozy de Super-Nova reprend du poil de la bête et occupe le terrain par des visites et des déclarations. A Chantilly, car il choisit quand même de s’adresser à la crème, il annoncé le re-développement du « gaullisme social » avec l’intéressement et la participation. Il s’agit de ressusciter l’association capital-travail et de nourrir le pouvoir d’achat, sa promesse majeure lors des élections présidentielles. La future loi « de modernisation économique » doit par ailleurs, sous l’impulsion décisive de Tsarko, pénaliser  les entreprises qui ne lanceraient pas de négociation sur les salaires et de réformer les lois Raffarin, Royer et Galland (et même la  très récente loi Chatel) sur la distribution. Nous avons déjà eu la loi TEPA qui accordait 7 milliards de réduction d’impôts aux plus aisés et 5 milliards aux prolos sous forme d’heures supplémentaires et de RTT détaxées. On a la loi  sur le RSA de Martin Hirsch, celle qui crée des trappes à mauvais emplois et pousse à ne pas augmenter les salaires.  Cela fait partie d’une politique inaugurée sous Chiracos , ce qui veut dire que Tsarkozy n’est pas dans la rupture mais dans la continuité en faveur des riches.

Les cadeaux aux riches ne sont pas récents. Le taux d’imposition maximal et marginal de l’IRPP est constamment descendu pour arriver à 40 %, notamment avec  le trotskyste Jospin qui l’avait baissé de deux points, le mettant à 52 %. Sous Villepin, on est arrivé à 40 %. L’impôt sur les sociétés est descendu à 33,3 %. Tsarkozy veut l’abaisser à 20 %. Les exonérations de cotisations sociales et d’impôts et les subventions pour les sociétés représentent 65 milliards d’euros en 2007, dont 23 pour les exonérations de cotisations sociales en dessous de 1,6 SMIC. Ce qui, du reste, pousse les entreprises à ne jamais dépasser ce seuil de salaire. Les dividendes ne seraient plus taxés sous le comte-président qu’à 16 %  (versement à la base, au lieu d’intégration dans le revenu fiscal). Le patronat se fout dans la poche (moyennant un léger arrosage des syndicats) les 22 milliards de la formation professionnelle continue. Il a été révélé qu’il se payait grassement sur la bête du 1 % patronal de financement du logement. Passé partout, entre subventions, prédations et exonérations on peut estimer à 100 milliards d’euros minimum les sommes retirées du financement des services publics par l’impôt au profit du capital et des riches.

Un rapport vient de constater que depuis 2002 les « niches fiscales » (486, dont investissements dans les DOM-TOM, y compris pour des hôtels de luxe et des bateaux de plaisance, loi Malraux sur la restauration de monuments historiques, lois de Robien, Scellier ou Borloo sur les investissements locatifs, privilèges des journaleux, emplois de service à domicile, etc.) ont fait passer les déductions d’impôt de 50 à 73 milliards  d’euros ? Tsarkozy a encore accéléré le phénomène avec la quasi-suppression des droits de succession pour les riches et la recréation d’une déduction d’impôt pour les accessions à la propriété. Il a eu aussi le culot d’installer le bouclier fiscal de l’ISF et des impôts, y compris la CSG et la RDS, les taxes foncière et d’habitation pour le logement principal à 50 % du revenu.  Ce qui, dit au passage, exonère les riches de toute participation à des impôts ou cotisations supplémentaires.  Ainsi 3800 contribuables ont reçu un gros chèque de remboursement du trop perçu. La fraude fiscale représente dans les 40 milliards par an ; rien à fiche : on préfère faire la chasse aux « faux chômeurs », les « faux » certificats d’arrêt de travail et aux truqueurs des assurances sociales, soit dans les 300 millions maximum. De façon générale, les cadeaux aux riches sont accompagnés par la taxation des petits ; les franchises médicales récentes et le droit des toubibs aux dépassements d’honoraires ou la réorganisation des hôpitaux en sont le meilleur exemple.

L’intéressement (loi de 1959) concerne environ 4,2 millions de salariés pour 6 milliards ; il est versé à 75 % par les entreprises de plus de 1000 salariés ; la participation (loi de 1967) touche 5 millions de salariés des entreprises de plus de 50 employés pour 6 milliards aussi (essentiellement versés par les boîtes de plus de 1000 salariés). Or il y 23,5 millions de salariés pour une population active de 25. Le projet serait d’étendre ces belles choses à tous contre un crédit d’impôt de 20 % des sommes concernées pour les entreprises (soit suite à des 1ers accords, soit seulement pour le supplément en cas d’accords anciens). Le salarié qui consommerait ces ressources d’intéressement ou de participation paierait l’IRPP dessus ; s’il conserve les apports pendant 5 ans, pas d’IRPP, seulement CSG et CRDS.

Pour qu’il y ait intéressement, encore faut-il qu’il y ait des bénéfices consistants, ce qui n’est guère le cas des TPE (très petites entreprises), des PMI ou des PME.  Il en résulte que la majeure partie des employés ne recevra pas grand-chose. Ensuite, il est clair que ces largesses entraîneront, comme par le passé, un ralentissement des augmentations générales de salaire et que des rémunérations prévisibles et certaines seront remplacées par des gains aléatoires liés aux résultats des entreprises. Par ailleurs, ces sommes ne donnent pas lieu aux cotisations de retraite. C’est pourquoi, comme cela contribuera à une diminution supplémentaire des pensions (après les lois Balladur de 93, Fillon de 2003, d’alignement des régimes spéciaux et loi Bertrand sur 41 ans de cotisation qui conduisent à une diminution de 30 % des taux de remplacement du dernier salaire par la pension), les salariés auront tout intérêt à conserver l’argent pour assurer mieux leur vieillesse, ce qui revient à de la capitalisation et de l’épargne. On ne voit pas alors ce que cela produirait sur le pouvoir d’achat à moyen terme ni pour les heureux bénéficiaires ni, encore moins, pour les frustrés. On voit aussi que les retraités feront tintin, leurs pensions étant seulement liées à l’inflation, laquelle est en permanence sous-estimée par les statistiques d’Etat. Enfin, il faudrait savoir dans quoi les sommes concernées vont être placées : dans le capital de l’entreprise ? Risques de faillite ; dans des fonds d’investissement ? Risques de krach boursier, auquel cas les salariés auront perdu à la fois sur leurs salaires et sur leur intéressement. Le pire, c’est que malgré la crise mondiale liée à ces pratiques les sarkonomics prersévèrent.

Les  mesures prises sont donc inégalitaires, hasardeuses et renforcent les avancées vers le tout service rendu à la finance par les gouvernements. Au passage, il convient de noter qu’elles présentent la caractéristique principale des sarkonomics, à savoir la fragmentation des différents types de salariés (public/privé, garantis/précaires, internes/intérimaires, grosses boites/très petites, florissantes/vivotantes, etc.), leur mise en conflit et l’exacerbation des jalousies. Ce n’est pas nouveau à droite suivant le bon vieux principe du diviser pour régner.

Le revenu de solidarité active (RSA), qui peur coûter dans les 3 à 4 milliards, peine à trouver son financement en ces temps de « faillite » et de caisses vides malgré les promesses électorales. Eureka, Sarkozyx invente son financement par une razzia sur la prime pour l’emploi (PPE, créée par lou Jospin et régulièrement augmentée, maigrement, depuis). Rappelons que la PPE est une subvention étatique aux petits salariés disposant d’un emploi ; les érémistes et autres chômeurs en sont donc exclus. Le Monde a fait faire le calcul : sur 9 millions de salariés touchant la PPE, les ménages ayant moins de 1,15 Smic de revenu ne seraient pas concernés ou touchés, ceux de moins de 1 smic y gagneraient un chouïa, et les 2,5 millions entre 1 ,2 et 1,4 smic y perdraient. C’est funambulesque : les pauvres ayant le nez juste au-dessus de la fosse à purin paieraient pour ceux qui y ont les yeux !  PPE, solution libéralo-socialiste du trotskyste Jospin, et RSA imaginé par un chrétien social ont comme effet pervers commun d’encourager les patrons à payer le moins possible leurs salariés puisque l’Etat compense en assurant un revenu minimum de survie. Cette belle solution a été inventée par Milton Friedman, pape du monétarisme et de la révolution néoconservatrice.

Le mitron, général Boulanger en herbe, veut frapper les boîtes qui ne négocieraient pas sur les salaires en leur sucrant 10 % (pour commencer) des exonérations de charges sociales pour les employés payés moins de 1,6 smic. Il était annoncé que cela serait fait en cas d’absences de résultats positifs comme suite aux négociations. Mais Mme Parisot a froncé ses sourcils. Tsarko a donc fait machine arrière : la négociation suffira avec compte rendu auprès de l’Inspection du travail. Cela sera évidemment d’une efficacité redoutable.

Il ne sera pas touché à l’âge légal du départ en retraite à  60 ans, avait-on dit. Boutefeux vient de parler de 67…. Ce n’est pas le problème car ce qui compte c’est la durée de cotisation portée bientôt à 41 ans. Comme à 60 ans, énormément de salariés n’auront pas ces 41 années, soit il leur faudra travailler au-delà de 60 ans, à supposer que les patrons ne les forcent pas à rejoindre la cohorte des 38 % de 55/65 ans qui sont exclus de la population active, soit leur retraite sera amputée des annuités manquantes, ce qui est évidemment le but visé sans l’avouer. Cependant, sa grandeur Tsarko 1er envisage d’inciter les entreprises à mieux conserver ses vieux travailleurs, au besoin par des dispositifs et des pénalités dont on ne connait pas le contenu. Du reste, le gouvernement n’a toujours pas trouvé les moyens d’imposer une limite aux actuelles négociations sans fin sur l’âge de la retraite et le nombre d’annuités de cotisation pour les travailleurs exerçant des métiers pénibles et vivant en moyenne 7 ans de moins que les cadres.

 On ne toucherait pas non plus aux 35 heures comme horaire hebdomadaire légal du travail. Manqué, Porcinet, alias Xavier Bertrand, projette une loi donnant aux patrons le droit de négocier l’horaire de travail, chez eux très localement dans chaque établissement,  ce qui interdirait les heures sup chez eux en-dessous du volume négocié. Donc, à condition que cela reste local, la barre des 35 heures n’existera plus. Si on passait par exemple à 45 heures, en respectant la limite actuelle de 48 heures par semaine, il n’y aurait plus d’heures sup payées plus pour gagner plus. Porcinet, par ailleurs, prévoit que l’accord soit minoritaire en regroupant des syndicats ne représentant que 30 % des salariés. Cela va dans le même sens que l’obligation progressive d’accepter n’importe quel emploi  après deux propositions (à deux heures de trajet journalier et au salaire calqué sur l’indemnité de chômage de 57,8 %), que le CDD pour vieux (Villepin) et la suppression des exemptions de recherche d’emploi passé 57ans et demi.

Les sarkonomics-boys veulent mettre de la concurrence dans la distribution par droit d’ouvrir des supermarchés de moins de 1000 m2 pour favoriser l’implantation de magasins low cost. Mais la France a déjà la plus grande densité européenne de grandes surfaces et nombre de chaînes ont ouvert des succursales low cost sous un autre nom. En réalité le problème n’est pas là. Il réside dans la toute-puissance des 5 centrales d’achat liées à ces chaînes, lesquelles font passer leurs fournisseurs sous les fourches Caudines, externalisent et délocalisent et empochent les rabais sans diminuer les prix en proportion. Alors, Zorro-Tsarko a imaginé (loi sur la modernisation de l’économie de 2008) de libérer les négociations entre fournisseurs et distribution. Qu’en attendre ?  Les petits commerces (boucheries, poissonneries, etc.) vont dépérir à la vitesse V, écrabouillés par les grandes centrales d’achat.  Là encore cette stratégie d’augmentation du pouvoir d’achat par la baisse des prix poussera à un chômage accru. Les manifs paysannes de juin 2009 montrent les résultats de cette politique.

Cette politique est en outre fondée sur une analyse des couches sociales votantes ; eh oui, pour être réélu, il faut se préparer une majorité. C’est pourquoi, lors de la campagne électorale Tsarko avait promis d’arroser tout le monde. Il n’en avait évidemment pas l’intention car il savait que l’Etat était impécunieux et lourdement endetté. D’où la segmentation des bienfaits sarkozyens en fonction des populations méritantes et susceptibles de bien voter. D’abord les riches, peu nombreux mais qui détiennent les réseaux et les ressources d’influence qui lui permettront, comme le nabot l’a dit, ensuite de «  faire du fric ». Ensuite les classes plus qu’aisées, les « bobos » qui votent bien ou qu’il faut arracher au socialisme à paillettes dont Jackland et Delanoix sont les plus beaux spécimens. Puis, il faut ne pas désespérer les plus pauvres, non pas pour leur vote puisque le plus souvent ils ne votent plus, mais pour éviter qu’ils ne se révoltent. Reste l’immense et disparate « classe moyenne », celle qui va de deux fois le smic dans le ménage à une certaine aisance. C’est avec celle-ci que la sarkonomics est en délicatesse. A force de pomper dedans pour secourir les plus pauvres sans faire contribuer les riches à la solidarité sociale, elle risque de se détacher de la droite. Mais Tsarko est un redoutable politicard. Il a compris la situation. Cette classe a peur d’être déclassée et de rejoindre les exclus dans la chute sociale. Du coup, elle tend à se regrouper autour d’un sauveur énergique.  C’est de l’exorcisme pour ses peurs et c’est de l’envoûtement des pauvres auxquels elle ne vaut pas ressembler. Cette classe, dans sa partie inférieure, a aussi peur pour sa sécurité et celle des biens qu’elle veut faire protéger jalousement. Alors, pour compenser sa dégradation économique graduelle, il suffit d’une politique sécuritaire et répressive. C’est simple, c’est beau la politique libérale…

connards de chômeurs

Posté : 18 juin, 2009 @ 10:36 dans politique | Commentaires fermés

  D’après la vulgate des économistes néolibéraux, les patrons n’embauchent sur le « marché du travail » que quand la désutilité marginale des salaires et des charges, soit le coût salarial à consentir pour le dernier embauché, est égale à l’utilité marginale de la production : ce que rapporte ledit dernier salarié dans les ventes supplémentaires « puissanciellement » [Proudhon] attendues par l’entrepreneur. Le patron n’achète pas du travail mais de la production espérée, c’est-à-dire de « la force de travail » sur le marché des offres de service par les demandeurs d’emploi. Le point d’équilibre est atteint ainsi dans un « taux naturel du chômage », car, à ce prix-là tout le monde sera embauché, dixit le néolibéral.  Contrairement à ce que disent les opposants, ce n’est pas idiot. C’est même du marxisme transformé en modèle mathématique. En effet, ceci dit que plus les salaires et les charges y liées baissent plus les patrons embaucheraient. Et on peut compter sur la concurrence entre travailleurs à l’échelle mondiale pour faire baisser les salaires et annuler toutes les protections sociales (et autres). Ce que ne disent guère les libéraux, c’est que la concurrence entre entreprises va faire baisser les prix, ce qui diminue l’utilité marginale de la production et renforce donc la course à la baisse de la désutilité des salaires pour les patrons. On en arrive ainsi à une spirale vicieuse sans fin de baisse concomitante des prix et des charges salariales. Cette course vers le retour au 19ème siècle est évidemment accentuée par la progression constante de « l’armée industrielle de réserve », c’est-à-dire des chômeurs, par suite de l’accès des femmes (du Nord) ou des paysans (du Sud) à l’emploi. Tsarkozy n’a retenu que le premier membre de l’équation : l’heureuse baisse des prix qui va augmenter le pouvoir d’achat à salaire constant. Notre omniprésident n’a pas percuté sur le fait que les salaires baissaient parallèlement. Notre nouveau génie de l’économie gouvernementale n’a pas compris que cette course était perdant-perdant, car en réalité le pouvoir d’achat ne peut que baisser compte tenu des charges fixes pour le salarié : loyers, transports, taxes locales, prélèvements sociaux, eau (l’usager domestique paye seul la réparation des pollutions dans un contexte d’élévation des normes sanitaires), chauffage, assurances (les dégâts indemnisés par suite de l’extension des catastrophes naturelles sont reportés essentiellement sur les assurés domestiques), etc. Ces charges fixes et contraintes représentent maintenant 75 % du budget des prolétaires et sont très largement sous-estimées par l’INSEE dans le calcul de l’inflation et du pouvoir d’achat. Il s’ensuit que la consommation stagne (en attendant le développement de celle des pays en voie de développement, que les équipements sont sous-utilisés et que la concurrence entre firmes pour la maîtrise des marchés s’exacerbe. Du coup les patrons soit veulent baisser les salaires pour produire moins cher que le concurrent, soit améliorer la productivité en investissant dans des machines plus performantes et économes en travail humain, soit faire travailler plus longtemps les salariés en place (les « insiders »). Ce qui accroît le chômage et fait donc encore plus baisser les salaires. Résultat des courses à Neuilly la consommation continue de baisser car la demande « solvable » diminue.

  L’empereur des proches Carpathes et des Français réunis observe cependant que la demande française se maintient. C’est vrai. En effet, les Français sont conduits à puiser dans leur épargne pour continuer de consommer. Cela finira par s’arrêter lorsqu’ils auront une épargne zéro comme aux USA et seront très lourdement endettés. Tsarkozy poussait cependant à l’endettement, notamment avec la possibilité de crédit revolving en fonction de l’envolée des prix de l’immobilier. La crise des « subprimes » aux USA lui a indiqué ce qu’il faut en penser. Jusqu’à quand durera ce petit jeu ?

  Face à la rationalité patronale, les libéraux mettent celle des travailleurs. Ces derniers, très forts en calcul, ce que ne montrent pas les derniers résultats comparatifs des réussites scolaires, arbitrent entre les désutilités de la perte de loisirs et de consommation et l’utilité du salaire. C’est pourquoi, comme nous l’allons voir, ils sont responsables du chômage.

  Le salarié est un pleutre, un couard, un risquophobe. Il préfère toucher un salaire régulier. C’est pourquoi il passe un deal avec le patron : tu me verses un salaire constant, même en période de mévente, en échange je n’exige pas une rétribution élevée ; patron, tu lisses les salaires dans la durée ; en revanche je serai sage : je ne demanderai pas plus et je ferai des heures sup. Du coup, le salaire versé est en moyenne supérieur au taux d’équilibre optimal du marché du travail ou taux naturel de chômage. Il en est de même du SMIC qui est un obstacle à l’atteinte du taux naturel de salaire. C’est pourquoi les patrons n’embauchent plus, mais la faute en revient à ces cons de salariés qui prennent une assurance de stabilité des salaires contre tout risque.

  Le salarié est un rusé et même un salaud. Il est le seul à savoir ce qu’il vaut réellement (compétence, ardeur au travail, etc.). Il dispose donc d’une « asymétrie d’information » en sa faveur. L’embaucher peut être désastreux : manque de productivité, malfaçons, tirage-au-flan (aléa moral à l’embauche de ces dissimulateurs).  Le patron, dans l’ignorance, peut opérer « une sélection adverse » (prendre un mauvais risque au lieu d’un bon). Le salarié est un porteur « d’aléa moral » car il ne joue pas forcément avec les bonnes règles du jeu et profite de son horrible pouvoir de non information sur sa valeur réelle. S’en débarrasser coûte cher en « turn over », donc en « coûts de transaction » (frais de recrutement, de passation des contrats, indemnités de licenciements, etc.). Alors, le patron pour minimiser les risques de la sélection adverse et les coûts de transaction paye ses salariés plus chers que ses concurrents afin d’attirer et de conserver les meilleurs présents sur le marché du travail. Le problème est que les autres patrons en usent de même, ce qui fait que les salaires grimpent au-dessus « du taux naturel » du marché sans chômeurs, lequel, comme on l’a compris, s’établit toujours au plus bas niveau possible compte tenu de la demande solvable et de l’offre de services des demandeurs d’emploi en surnombre. Bis repetita placent, cette violation dudit taux naturel de chômage est encore un empêchement au plein emploi. A cause de ces putains de roublards de salariés.

  Le salarié est une feignasse. Il préfère les loisirs au travail. S’il peut vivre grâce à des allocations diverses (RMI, APL, API, indemnités de chômage, etc.) il préfère se tourner les pouces en tant qu’adepte du moindre effort. Seule la peur du licenciement le maintient dans le droit chemin. Hélas, 3 fois, toutes ces indemnisations rendent la perte d’emploi peu menaçante et le marché du travail « imparfait ». On a déjà vu le cas du tire-au-flanc, cas que du reste la nouvelle économie néolibérale a érigé au rang de modèle. Ces indemnités ou revenus de remplacement éliminent donc la peur du chômage, ce qui fait grimper bien au-delà du taux naturel de salaire. Salopiots, misérables, vous méritez votre sort ; retournez donc aux galères : ça vous poussera vers le sain et saint travail. Et il ne viendra pas à l’esprit de « l’homme aux écus » que justement c’est la flemme qui a été le principal moteur de l’invention, comme moyen d’économiser de la peine.

  Le salarié est égoïste et méchant. Quand il est dans une entreprise (insider), il s’oppose à l’arrivée de nouveaux travailleurs (outsiders). S’il en arrive, il fera tout pour les décourager (mise en quarantaine, dénonciations calomnieuses, pneus crevés, etc.). L’outsider est tout aussi prédateur : il accepte un moindre salaire pour dégommer les salariés en place. Le travailleur est donc naturellement méchant ; il se met de lui-même en concurrence avec les autres. Car, évidemment, si cette concurrence entre travailleurs existe elle n’est due qu’à leurs égoïsmes mutuels, ce qui est démontré par la théorie économique.

  Le salarié est joueur, « primesautier » (eh oui, il y a une théorie économique de la chose !). Il n’a pas compris que les patrons font tout ce qu’ils peuvent pour conserver les employés : DRH aux petits soins, primes, intéressement, écoute, récompense du mérite, etc. Mais le salarié reste toujours prêt à aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus tendre et plus verte. Il préfère toujours un picotin virgule 1 d’avoine à un seul.  Figurez vous qu’il met ainsi les entreprises en concurrence ! Il joue à chercher mieux, ce que lui permettent encore plus les indemnités de chômage. Alors, le patron se résigne à la malignité du salarié et cherche à le « fidéliser » par un « salaire d’excellence ». Chacun l’imitant, le taux naturel de salaire s’en trouve allégrement outrepassé. Et c’est bien de la seule responsabilité des travailleurs.

  Toutes ces élégantes théories sont en même temps du plus haut comique…de répétition et de surréalisme. Et pourtant elles sont on ne peut plus sérieuses. Mais elles camouflent le plus important : la concurrence est un système indépendant des acteurs économiques mais organisé légalement par les autorités étatiques au service du patronat ; dans ce système automatique et à logique imparable le chômage n’est pas le problème. C’est la solution contre les mauvaises exigences des travailleurs et pour la baisse des salaires et avantages et protections sociaux. L’inconvénient est que la demande solvable stagne ou diminue, ce qui pousse les capitalistes les moins adaptés à fermer boutique au profit des plus gros qui piquent leurs parts de marché. Ce dernier n’est pas plus gros, mais il est réparti entre moins de firmes. CQFD : la concurrence finit par aboutir au monopole ce qu’avait montré Proudhon dans « Philosophie de la misère »), ce qui contrevient à toutes les saintes écritures du libéralisme.

les raisons de la crise actuelle

Posté : 15 juin, 2009 @ 11:14 dans politique | Commentaires fermés

Les raisons de la crise sont économiques et politiques. Sur le versant politique,  ce sont des décisions politicardes qui depuis 30 ans ont crée les conditions du capitalisme dérégulé parce que lesdits politiciens (libéraux ou socio-démocrates) étaient eux-mêmes convaincus des vertus de la libre circulation de tout, à commencer par le fric, dans le libre-échange généralisé et la « concurrence libre et non faussée » chers à l’OMC et à l’UE. En outre, les politiciens pouvaient ainsi faire de la fuite en avant pour se dépatouiller des conséquences de leurs décisions antérieures et afficher un seul objectif, celui de la croissance, en piquant des parts de marché nationales aux pays concurrents grâce au dumping dans tous les domaines. La publicité  intra muros dans les pays développés ne suffisant plus à faire croître les besoins suffisamment pour assurer la rentabilité du capital, les politicards se sont lancés dans la mondialisation des marchés en fidèle toutou des nécessités du capital. A signaler une décision politique majeure, très oubliée : en 1973 (Fiscard d’Estaing)  en France, la banque centrale n’a plus eu le droit de faire des avances au trésor, puis en 76 (Barre) les prêts de celle-ci à l’Etat ont été taxés par le même niveau des intérêts que sur le marché (avant c’était seulement au niveau de l’inflation).

Sur les causes économiques, il y a avant tout que le capital, devenu très productif grâce aux nouvelles technologies, ne pouvait se contenter d’un marché national : il avait besoin de se mondialiser afin de profiter d’économies d’échelle que les ventes locales n’assuraient plus et alors que la disparition des colonies ne permettait plus de marchés captifs au profit de la métropole. Au début produire local mais exporter mondial était devenu une nécessité de la rentabilité du capital productif. Mais le capital, devenu dominé par les multinationales, a très rapidement compris qu’il pouvait jouer sur les différentiels de législation (sociale, fiscale, environnementale, de droit du travail, de gestion des niveaux de vie, etc.) pour faire produire, au moindre coût, la pacotille qu’il pouvait écouler grâce à la publicité, à la téléréalité, à la complicité des journaleux devenus presque tous d’obédience libérale. C’était en même temps un moyen d’accroître la taille des marchés pour rentabiliser des équipements à la fois coûteux et très productifs. Les multinationales et les banquiers (trouver du fric partout aux meilleures conditions en mettant les capitaux en concurrence) ont donc fait pression pour obtenir la libre circulation de tout : marchandises, services, monnaies flexibles et sans gage réel (depuis 1973 avec l’annulation des accords de Bretton-Woods sur la convertibilité du dollar en or), capitaux, etc. La conséquence de l’ouverture des marchés, de la libre circulation des capitaux, du droit à délocaliser ou d’acheter chez le pays le moins-disant entraînait la mise en concurrence des travailleurs du monde entier, malgré la disparité fantastique de leurs conditions de vie et de travail. Il en a résulté une baisse incessante des rémunérations et des protections sociales en Occident (et au Japon) afin de pouvoir s’aligner sur les pays les moins-disant, et ainsi de suite car un moins-disant trouve toujours un pays capable de dire encore moins et car alors tout pays s’arrange pour être encore moins-disant.

Du coup, le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail, autrefois assis sur les progrès de productivité pendant les « 30 glorieuses », a été conduit à une baisse d’environ 10 points au détriment du salariat. Les salaires en termes réels (corrigés de l’inflation) ont plongé, le pouvoir d’achat réel a diminué ou stagné. Le capital a alors, avec l’heureuse complicité des politiques, trouvé deux solutions : le crédit illimité et revolving pour que les prolos achètent quand même quitte à être insolvables, ce que les organismes de crédit (Sofinco, Cetelem, sofinoga,  etc.,  généralement détenus par des banques) ont encouragé, l’Etat réservant le taux d’usure (21 % quand même en 2008) aux seules banques en ignorant leurs filiales de crédit usuraire à la consommation. C’est le crédit sans garanties, notamment dans le domaine immobilier, qui a créé la crise des subprimes,  quand les taux d’intérêt ont augmenté (fin 2006, début 2007) alors que les prolos  anglo-saxons avaient bêtement souscrit des emprunts à taux variable après les deux 1ères années de remboursement du prêt et que la bulle immobilière, qui permettait de revendre le bien avec bénéfice (et même d’emprunter encore plus suivant ce que préconisait Tsarkozy), s’est écroulée (autrefois au Japon, 2007 aux USA).

Parallèlement, ce qui veut dire que la crise est due à une coalescence de facteurs convergents formant un système immaîtrisable si on n’en change pas totalement les règles du jeu, il y avait abondance de capitaux (notamment des pétro-dollars après les 2 chocs pétroliers de 1973 et de 1979, puis ensuite la nécessité pour les riches et les multinationales de placer au mieux leurs petites économies liées à la réduction à quia de la part des prolos dans la répartition des richesses). Lesquels capitaux, tout naturellement en régime capitaliste, cherchaient le maximum de rémunération. C’est pourquoi, les politicards leur ont accordé le droit d’aller n’importe où sans contrôle des changes. De plus, les gouvernements virent dans cette libre circulation des capitaux à l’échelle mondiale l’occasion d’emprunter au plus bas taux d’intérêt. C’est ainsi que dès 1983, les socialos en France ont fait financer le programme électro-nucléaire par l’emprunt, payé via les tarifs par les usagers.

La circulation des capitaux flottants à la recherche d’une rémunération attrayante dépend de plusieurs choses. Déjà des lieux (la Chine, l’Inde, le Vietnam) où l’on peut le mieux pressurer le travail afin de maximiser la rentabilité des « investissements directs à l’étranger » (IDE), investissements encore productifs. Où des espaces où l’on peut acheter au moindre coût toujours en opprimant le travail et en négligeant les coûts sociaux et environnementaux de la production ; Wal Mart et les grandes enseignes de la distribution en France sont des spécialistes des « sweat shops, sans répercuter la baisse des prix ainsi obtenue sur les consommateurs. La menace de la délocalisation, de la sous-traitance, de la concurrence avec des offreurs moins-disant est devenue aussi la vache à lait de la distribution via leurs grandes centrales d’achat. Mais le problème fondamental est la baisse de rentabilité du capital (sous-consommation, surproduction, concurrence sévère entre capitalistes pour dénicher les créneaux les plus rentables).

Il y est répondu par les restructurations et délocalisations et sous-traitances en tout genre et par les concentrations, fusions, absorptions pour des effets de taille, par le stress productiviste pour les employés. Il y est répondu aussi par la demande pressante auprès des pouvoirs politiques de privatiser : la sécu, les retraites, les assurances, les services publics. Le but est de trouver de nouveaux espaces d’investissement rentable pour le capital. Merci ô politicards qui avaient répondu favorablement à cette exigence. Et, last but not least, par le report des risques sur le salariat, les petits épargnants et les populations. Pour maximiser le profit financier, le capital (banques, assurances, multinationales) a pris des risques énormes. Mais trop c’est trop et contrairement à l’entrepreneur « schumpétérien », la finance ne prend pas de risques. La manip consiste à les répercuter sur les salariés : salaires atones mais primes de résultats (individualisées) et intéressement ou participation, assurances vie privées ou retraites par capitalisation (fonds de pension, lesquels sont largement à l’origine des exigences de rentabilité), prêts à taux variable, etc. Il est clair aussi que les formes de travail telles que le temps partiel, l’intérim, les CDD, les heures sup, l’entreprise unipersonnelle ou l’auto-entrepreneur, sont des bons moyens de faire supporter aux travailleurs les aléas de la demande afin de maintenir le taux de profit en assurant la flexibilité de l’usage de la main d’oeuvre.

De plus, rapidement, l’investissement productif a été dépassé  par le spéculatif : LBO, rachat de ses propres titres par la multinationale afin de faire grimper la valeur boursière des actions restantes, achat d’entreprises avec ses propres titres, etc. sont devenus le bon moyen de rentabiliser le capital détenu par les fonds de pension et les fonds spéculatifs. Opportunément, la comptabilité a été changée : les actifs sont valorisés à leur valeur de marché (« fair value »), les agences de notation sont devenues juges et parties (évaluatrices et conseil des entreprises évaluées), les paradis fiscaux ont été institutionnalisés afin de permettre aux multinationales de jouer sur les prix de transfert entre leurs filiales en fonction des endroits où la fiscalité était la plus faible et aussi de placer leurs capitaux disponibles sans droit de regard du fisc, les banques ont pu mélanger, via des filiales, leurs activités d’affaires avec celle de dépôt pour engranger de grasses commissions dans leur rôle d’intermédiaire dans les fusions, absorptions, rachats par LBO, les compagnies d’assurance (Dont AIG en quasi faillite si les USA n’y avaient pas injecté 175 milliards de dollars) ont été autorisées à se développer dans les risques financiers sans limites. Et la spéculation a pu s’en donner à cœur joie via les « produits dérivés » ou assurances d’assurances d’assurances contre les risques de spéculation foireuse et à l’infini (PIB mondial, 60 000 milliards de dollars, masse des produits financiers sans garantie, 600 000 milliards de dollars) contre les aléas des bourses. Toujours mieux, les banques et les assurances ont pu titriser les créances, c’est-à-dire les regrouper en millefeuilles, quelle que soit leur origine et leur degré de garantie, et les transformer alors en obligations vendables sur les marchés financiers,  afin de reporter les risques sur les cochons d’acheteur (en France, ce sont les SICAV « dynamiques » vendues par les banques ou introduites dans les assurances-vie hors celles rédigées en euros). Bien mieux, les banques, sous le regard bienveillant des autorités de régulation des marchés financiers (SEC aux USA, AMF en France), en contravention avec leurs obligations dites de Bâle (disposer de réserves et de capitaux propres suffisants avant de consentir du crédit, 8 % des prêts alloués), ont été autorisées à mettre hors bilan (donc non compté dans leurs obligations de sécurité et de solvabilité) leurs opérations dans les produits dérivés et la titrisation.

Pour couronner le tout, les rétributions des manageurs ont connu une croissance exponentielle en fonction de la « capitalisation boursière » de leur boîte (valeur de l’ensemble des actions sur les marchés) : stock-options (développées et largement défiscalisées en France par Fabius et DSK), parachutes dorés, retraites « chapeaux ». Ces braves gens avaient donc tout intérêt à faire péter le cours de l’action de leur entreprise, y compris par des moyens frauduleux (Enron, Parmalat, Vivendi, etc.).

Bref, il se trouve que comme les capitaux sont largement excédentaires par rapport à la demande solvable, laquelle a beaucoup diminué par suite du nouveau partage de la valeur ajoutée et des progrès de productivité, il y avait inéluctabilité d’une crise financière mondiale, les bulles immobilières et financières étant devenues incontrôlables. Il y avait en même temps crise de la demande car les prolos occidentaux étaient réduits à la portion congrue et les classes moyennes des PVD encore incapables d’acheter suffisamment alors que les moyens de production se trouvaient ainsi sous-employés, ce qui diminue la rentabilité du capital. La croissance exponentielle de la finance sans garanties réelles avait pu masquer ces processus ou les encourager ; las, à force d’être trop manipulée la corde a cassé.

Dans les phénomènes ci-dessus décrits, on ne saurait négliger le rôle du dollar, sans garantie depuis 1973. Le dollar en tant que seule véritable monnaie de change et de réserve internationale accorde des privilèges exorbitants aux USA. Ils peuvent rembourser leurs emprunts à l’étranger dans leur propre monnaie ; ils peuvent alors éventuellement faire tourner la planche à billets (dévaluation) pour rembourser. Les pays exportateurs, payés en dollars, n’ont pas intérêt à les conserver et en profite pour investir aux USA, lesquels drainent ainsi l’essentiel de l’épargne mondiale et des excédents commerciaux. Certes le dollar a beaucoup diminué par rapport à l’euro, mais il reste encore très largement surévalué compte tenu des déficits commerciaux et budgétaires des USA (très aggravés par la crise, les plans de relance, les rachats de banques, etc.). Le dollar n’a pas assez baissé parce qu’il reçoit le soutien indéfectible de la Chine (réserves en dollars plus détention de bons du trésor US pour environ 1500 milliards de dollars). Il y a un deal : je te laisse vendre ta camelote à mes consommateurs assoiffés, via Wal Mart et autres, et tu finances mes déficits. Le deal a atteint ses limites ; cependant la Chine est bien obligée de soutenir encore le dollar car sinon la valeur de ses réserves s’effondrerait. Il faut pourtant s’attendre à une dévaluation de fait du dollar et de bien des monnaies, donc ensuite à une inflation des prix (en fait une transcription des anciens prix dans la nouvelle monnaie dévaluée pour en conserver la valeur réelle). Tant mieux, ce sont les rentiers qui paieront.

Donc, avant de saluer les résultats du G 20, il aurait fallu analyser correctement la situation et les processus qui y ont conduit. Car les effets d’annonce dudit G 20 sont à côté de la plaque : rien sur le rôle du dollar et le système mondial des changes entre monnaies ou  sur une nouvelle monnaie internationale (malgré la demande de la Chine), rien sur les relations des banques centrales à leur Etat ni sur leur rôle, presque rien sur le contrôle des banques et des compagnies d’assurance, rien sur les fonds de pension ou fort peu sur les spéculatifs, de la poudre aux yeux sur les paradis fiscaux et leur véritable rôle dans les menées des multinationales mondialisées malgré les rodomontades de Zébulon 1er  (ex-avocat d’affaires),  pas grand-chose sur les agences de notation, rien en fait sur les rémunérations des banquiers et des manageurs, rien sur les raisons profondes de la crise (sous-consommation, excédent de capitaux nomades, baisse de la rentabilité du capital), rien sur le partage de la valeur ajoutée entre capital et salariat, rien sur les méfaits des systèmes de protection sociale privés et/ou par capitalisation, rien sur l’encadrement des produits dérivés ou titrisés, rien sur les responsabilités des politiques dans la mise en place d’un capitalisme financier totalement dérégulé, rien ou presque sur la démocratisation du FMI pour les PVD malgré le triplement de son budget à destination des pays en difficulté (avec encore des « plans d’ajustement structurel » ?), 1 000 milliards de dollars en plus pour la relance mondiale sans savoir d’où ils viennent  (ils proviendront de la planche à billets pour éponger les déficits et de futurs impôts sur le populo). En réalité, le G 3 (USA, Chine, G-B et ses satellites) s’est contenté de sauver les meubles en mettant quelques rustines sur la faillite du système, l’enjeu étant de laisser encore et toujours au capitalisme financier anglo-saxon la bride sur le cou. Notre nanoprésident, qui a réclamé le mérite du « succès » de ce G3, a en fait regardé passer le train néolibéral anglo-saxon : il a sifflé après la guerre de 14-18 (abandon de l’étalon-or), puis en 1971-73 (abandon de l’indexation du dollar sur l’or alors qu’il était la seule monnaie ainsi gagée, ce qui en faisait la seule monnaie de réserve internationale) ; là il vient de siffler une 3ème fois. Cela aurait dû être pour siffler la fin de la partie…

Et la crise est loin d’être terminée. Les banques et les assurances regorgent déjà d’actifs « toxiques » (sans valeur : produits dérivés, titres ayant perdu 90 % de leur valeur, créances douteuses, etc.). Cela va empirer : suite à la crise devenue économique (crédit restreint, rentiers ruinés, salariés au chômedu, retraités en capitalisation spoliés, propriétaires immobiliers lessivés, salaires en berne, donc demande en chute libre), les faillites vont se multiplier, les licenciements augmenter, les impayés croître, la valeur des titres baisser ; donc des actifs toxiques nouveaux vont s’ajouter aux anciens non encore apurés. Et pour cause : comment avec 60 000 milliards de dollars de PIB mondial assécher 600 000 milliards de produits dérivés et autres crédits surmultipliés et sans gage réel ?

 

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