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La religion et le péché

Posté : 28 mai, 2017 @ 11:20 dans politique | Commentaires fermés

La grande spécificité des religions est de culpabiliser tout le monde par les péchés éventuellement commis par les personnes. Cependant, il faut s’interroger sur l’origine de cette notion de péché. Prenons, la chrétienté; à ma connaissance l’homosexualité ne fait pas partie des 10 commandements, ni des 7 péchés capitaux; elle est pourtant poursuivie avec violence par les curetons traditionalistes. Ce qui commence de prouver que la plupart des péchés sont une invention de ce que j’appelle des « entrepreneurs de religion », c’est-à-dire des prêtres de tout poil. Rappelons, en outre, que les textes sacrés (y compris le Coran même si les extrémistes prétendent qu’il est directement la parole de Mahomet recueillie par le Prophète) ont été écrits et réécrits bien après la mort du prophète qui avait pensé la religion. En général, les entrepreneurs de religion (ER) vivent aux crochets de ceux qui les écoutent. Il en est de même pour les puissants détenteurs, souvent autoproclamés, du pouvoir politique. Il s’est donc facilement institué une convergence d’intérêts et une collusion entre les monarques et les religieux. les 2 compères ont le plus grand intérêt à faire croire aux gens qu’il existe un monde supra terrestre où ils seront perpétuellement heureux à condition de n’avoir pas commis de péchés sur cette terre. Même les hommes de pouvoir politique ou idéologique) non croyants, comme la Paille Au Nez Buonaparte, Robespierre ou Thiers ou Voltaire ou Comte, etc. sont partisans de la religion car elle assagit le peuple en lui faisant redouter les flammes de l’enfer. Ce que reprend Ivan Karamazov avec son fameux: si Dieu n’existe pas, tout est permis. Ou ce que disait Voltaire à peu près: la croyance en Dieu est ce qui empêche mon jardinier de me voler. C’est pourquoi Napoléon a passé le concordat avec Pie VII. Feuerbach avait divinisé l’humanité, ce qui fait aujourd’hui les choux gras des humanistes et des droitsdel’hommistes. C’est pourquoi Robespierre avait inventé le culte de l’être suprême et que St Simon avait inventé son nouveau christianisme ou Comte sa « sociocratie » (Proudhon). C’est que les riches, les puissants, les religieux de haut rang défendent leurs acquis, leurs propriétés, leurs privilèges, leurs rentes contre l’envie des pauvres et en même temps leur signifient leur grandeur et leur élection divine par leur magnificence. Songeons aux splendeurs de l’Eglise catholique, à la richesse et à la beauté des espaces de culte des lamas tibétains, aux temples bouddhistes, aux superbes mosquées, au château de Versailles… Dans ce cadre, la société repose sur les inégalités et la force. Ce qui évidemment ne suffit pas car la soumission aux puissants et à l’ordre établi peut être simulée. Il y faut en plus une croyance partagée, un plus idéologique et spirituel. Ce qu’a retenu le collectivisme soviétique exactement construit comme une religion (une doctrine, le socialisme scientifique, une Eglise, le parti, un guide suprême et… la confession publique de ses erreurs avant la balle dans la tête ou les travaux forcés maoïstes à la campagne). Ainsi, la croyance devient un processus de compensation pour les pauvres: ils en bavent en ce bas monde mais ils auront la vie éternelle dans la jouissance de la vue de Dieu dans l’au-delà ou, versus socialisme collectiviste, une contribution à un monde meilleur et des « lendemains qui chantent via le sacrifice des générations présentes… Le processus est loin d’être terminé quand on constate le succès actuel d’une myriade de sectes (dont les gourous sont très riches et parfois prédateurs sexuels) comme Moon, la « scientologie, les évangélistes et quand on observe le regain moderne du religieux dans le monde. Ce n’est pas étonnant car le monde libéralo-capitaliste est à la fois très anxiogène et très individualiste: chacun peut essayer de conjurer ses peurs personnelles via la gigantesque offre de solutions « spirituelles ».
La bonne question est de savoir pourquoi les victimes immémoriales du pacte entre puissants et les ER se laissent aller à la « servitude volontaire ». C’est que l’homme est une des rares créatures à avoir conscience de la mort et la seule à pouvoir exorciser la peur afférente dans un appareillage imaginaire et symbolique parfaitement détachable de la réalité. le problème est que cette mise à distance de la réalité par l’imagination ouvre la porte à toutes les erreurs et aux fantasmes, de même qu’à toutes les croyances y compris farfelues. Cette frêle créature a besoin d’espérance pour faire face aux aspects tragiques de la vie. Les ER se sont alors aisément mis en situation d’exploiter les peurs, à commencer par les naturelles comme la maladie, la souffrance et la mort, puis à en imaginer de nature à faire peur, à savoir les péchés. Notre créature a aussi besoin de sens pour vivre en ayant le sentiment que cela sert à quelque chose. Hélas, notre cerveau est un système hyper complexe qui mélange tout: imaginaire et réalité, pensée et affects, passions et raison, sujet et objet, le moi et le culturel, etc. la religion fait bon ménage avec cette indifférenciation en unifiant le tout dans un magma dont le principal résultat est ce compenser l’incomplétude, l’ignorance et la peur des hommes. C’est ce qui donne sa fonction essentielle: servir de prothèse à l’inachèvement humain, lequel est en même temps la source de l’innovation, laquelle dérange les institutions et les puissants en place. Cette prothèse, habilement exploitée et mise en place par les puissants et les ER, permet de diriger les frustrations sur d’autres qu’eux: les autres religions, l’étranger, le différent… et de faire oublier le désordre établi au profit du supra terrestre. Cela fonctionne sur l’exploitation du registre affectif et passionnel des humains, la rationalité étant la pire ennemie des religions. Naturellement, le chaos ayant été porté à son maximum avec le libéralo-capitalisme, il y a un encouragement illimité à faciliter l’accès à tout paradis artificiel: drogue, fanatisme, religion, communautarisme, sport extrême, sophrologie, antidépresseurs, etc. afin de pouvoir vivre « zen » malgré tout.
Pour sortir de la confusion inhérente à la constitution de notre cerveau, il faut être capable de prendre de la distance, d’avoir un esprit réflexif, ce qui suppose éducation et instruction suffisantes. C’est pourquoi les puissants et les ER ont toujours milité pour l’ignorance du plus grand nombre et la « modernité » a entrepris la chasse aux humanités et à la philosophie dans la formation au profit d’une instruction la plus technique possible. Pour les religieux, la formation se limiterait aisément à la mémorisation de leur dogme. Cela existe encore… Au 19e siècle, en France, la formation avait été confiée (pour les pauvres) aux « ignorantins ». il faut ainsi empêcher que les sujets comprennent que tous les interdits ou péchés n’ont rien de divin: ils sont d’institution sociale et ont été inventés par les ER et les puissants.
Parmi les péchés, l’homosexualité et la sodomie tiennent une place de choix (le sexe, de façon générale), ce qui en dit long sur les passions cachées de leurs inventeurs. Et ce qui est assez amusant parce que les mondes religieux sont organisés souvent de façon en quelque sorte homosexualisante: virginité des femmes avant mariage, prêtres surtout de sexe masculin et parfois interdits de mariage, monastères fermés entre hommes, droit à plusieurs femmes en fonction du statut social, prosternations les fesses en l’air, etc. Mais tout cela, c’est en général pour le vulgum pecus car les ER et les puissants s’en dispensent largement dans le secret de leur palais. Songeons aux papes Borgia, à Hadrien et Antinoüs, à Soliman et Ibrahim… En fait il n’y a qu’un seul péché rationnel: faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas subir, agir de façon que son comportement ne soit pas généralisable, se servir des autres comme moyens. Merci Kant.

La mort annoncée du droit protecteur du travail

Posté : 26 mai, 2017 @ 9:32 dans politique | Commentaires fermés

La mort annoncée du droit protecteur du travail
Le libéralo-capitaliste Maqueron a manifesté sa volonté de zigouiller ce qui reste de l’ancien code du travail si les élections lui donnent une majorité suffisante. Le malhomme compte ainsi payer son ticket d’entrée dans le club UE (et G7 ou G20) et faire allégeance à die grosse Angela. Le club réclame à la France depuis longtemps des « réformes structurelles », dont la plus classique est celle de la flexibilité du travail afin d’assurer prétendûment la compétitivité du pays, ce qui permettrait d’en finir avec les déficits de la balance commerciale, des paiements et du budget. On doit ici rappeler que nulle étude sérieuse n’a prouvé que cette flexibilité empêchait le chômage. Certes, la flexibilité semble réussir au Danemark mais c’est dans un contexte fort différent de vrai dialogue social et surtout de protection des chômeurs et de formations qualifiantes de reconversion sérieuses, longues et efficaces; loin des misérables pratiques de pôle emploi en France.
On constate que le ministère macronien du travail est truffé d’ex-DRH et d’ex-experts du MEDEF, ce qui en dit long sur les vrais destinataires de la prochaine réforme allant bien plus loin que la loi El Khonerie. L’idée générale est de faire sauter définitivement la « hiérarchie des normes » suivant laquelle la loi est supérieure à la convention collective de branche (que le législateur peut du reste « tendre et généraliser), laquelle est supérieure aux accords d’entreprise. Cette construction avait pour but d’empêcher une concurrence sauvage entre les entreprises (selon leur puissance) et les territoires puisqu’un droit commun et minimum s’imposait à tous aux fins d’égalisation des positions des salariés quel que soit leur lieu de travail tant professionnel que territorial. Si les accords d’entreprise (salaires, temps de travail, conditions de travail, protection sociale…) prennent le dessus, la concurrence entre salariés entre eux et entreprises entre elles pour attirer les employés ou diminuer les acquis sociaux redeviendra sauvage, ce qui du reste ne fait pas l’affaire de tous les patrons. Les grands gagnants seront les grosses boîtes qui en profiteront pour saigner leurs fournisseurs, prestataires et autres sous-traitants; de même les régions les plus dynamiques rafleront la mise au détriment des « territoires oubliés » de la République. Dans les bassins sinistrés de l’emploi, les employeurs pourront imposer leurs règles sans résistance possible. Et Maqueron va au-delà des dispositions El Khonerie: référendum d’entreprise à la demande des syndicats minoritaires s’ils réunissent 30 % des salariés. Et vive la démocratie sociale puisqu’une minorité peut casser un refus par les syndicats majoritaires des propositions patronales. Maqueron envisage que le patron puisse lui seul aussi organiser le référendum d’entreprise. En outre, les domaines de l’accord d’entreprises seraient étendus pratiquement à toutes les matières concernant le travail des salariés! La loi se contenterait de fixer pour eux un plancher super minimal au niveau national. De plus, Maqueron accompagne le renversement de la hiérarchie des normes de dispositions fragilisant les salariés et les syndicats.
Maqueron, en effet, veut installer des sanctions en cas de deux refus d’un autre emploi par un chômeur. Et la question de savoir si le nouvel emploi est assez rémunéré, assez bien situé ou de qualification voisine est loin d’être résolue. Mais c’est ce qu’ont fait, entre autres, les Doryphores qui inspirent tant Maqueron qui s’est muni de ministres germanophiles en veux-tu, en voilà. Par ailleurs, au nom du dialogue social, le Zident nouveau veut étatiser l’UNEDIC, actuellement cogérée par les syndicats et le patronat. Ce sera plus sûr pour exercer les sanctions. Et bravo pour la « démocratie sociale ». En outre, les indemnités pour les salariés ayant gagné leur procès aux Prud’hommes feraient l’objet d’un plancher et surtout d’un plafond. Ne croyez-plus que les tribunaux sont là pour juger en équité, interpréter les faits et ajuster le jugement à chaque cas particulier. Ils deviennent les exécutants d’un tarif. Et vive l’indépendance de la justice! La sucette est qu’on pourrait démissionner (en plus des séparations à l’amiable installées par Tsarko) tout en touchant les indemnités de chômage. C’est aburde et fort coûteux! maqueron va instituer de façon permanente les cadeaux faits au patronat par Zizi Rider en remplaçant le CICE (temporaire) par une baisse des cotisations sociales; pour payer il augmente la CSG de 1,7 points, ce qui va faire plaisir aux retraités. Aux dernières nouvelles, les petites retraites seraient épargnées, ce qui est un début de rétropédalage mais à usage des législatives, de même que le LR a réduit drastiquement le programme du naufragé Fillon. Rappelons que le président nouveau maintiendra la suppression de l’élection des prud’hommes; on peut parier que l’étape suivante est leur disparition au profit de juges professionnels en profitant de qu’il y aura beaucoup moins de contentieux par suite du plafonnement des indemnités de licenciement.
Maqueron, comme Philippe (putain?) a reçu les dirigeants syndicaux en ordre dispersé de façon à diviser pour régner. C’est la bonne vieille concertation-consultation à la francaouie: je fais semblant d’écouter et de dialoguer, puis je décide tout seul. Et la charrue a été mise avant les boeufs car il apparaît clairement que le texte des ordonnances sur le droit du travail est déjà prêt. recevoir les syndicats, ce n’est que pour prendre la température afin d’évaluer le climat social à la rentrée car le Maqueron, si Dieu lui donne une majorité, compte bien édicter ses ordonnances pendant l’été quand les salariés seront en vacances. Vieille et classique manipulation gouvernementale. Maqueron, c’est le canada dry du changement: on fait semblant de tout changer pour que rien ne change du cadre institutionnel de la Ve ripoublique et pour continuer le petit jeu de l’oligarchie des partis.

Le dernier empereur, le Maqueron

Posté : 23 mai, 2017 @ 10:22 dans politique | Commentaires fermés

La France se rejoue le beau film de Bertolucci, le dernier empereur, avec Brigitte dans le rôle de Tseu Hi, l’amante du chou Emmanuel (faut suivre, c’est la Mandchoue), lequel est le gamin Pu Yi qui finira jardinier dans la Chine rouge. Notre nouveau monarque présidentiel a en effet déjà montré la couleur de son règne: l’autorité de l’empereur. Il nous avait déjà dit qu’il fallait en revenir à la théorie de Kantorowicz sur les 2 corps du roi (le charnel qui meurt et le « mystique » qui est éternel et symbolique). Maqueron trouvait que le pays et les politiciens manquaient de mystique. Et de symboles, comme celui du chef de guerre sur son command car et auprès de ses troupes au Mali (qui mal y pense). Il a besoin des institutions monarchiques de la Ve ripoublique pour installer son pouvoir absolu issu de son élection. Rappelons que celle-ci ne lui donne qu’une légalité limitée et non une légitimité car moins de 40 % des votants ont voté pour lui; ils ont voté contre la Marine à laquelle il faut ajouter 25 % d’abstentions et 11,5 % de votes blancs et nuls plus 8 % de non-inscrits. Sa recomposition politique, fondée sur la décomposition de l’UMPS qu’il avait bien comprise et anticipée, n’est que politicienne. Elle n’est pas sociologique eu égard aux forces vives et réelles du pays. Mais s’il obtient une majorité législative pérenne, ce dont je doute fort, ou une majorité à géométrie variable, ce qui me semble le plus probable, il pourra transformer autoritairement le pacte social de la nation afin d’entrer de plain pied dans le modèle libéralo-capitaliste, ce à quoi l’encourage Bruxelles via la menace de sanctions sur les déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB.
Protéger le corps mystique du roi requiert d’entretenir son mystère, ses secrets, son aura. C’est pourquoi Maqueron 1er sélectionne lui-même les journalistes accrédités à l’approcher, lui et sa cour de ministres. Et le monarque est bisexué: c’est lui et son épouse, l’impératrice qui règnent. Aussi celle-ci aura-t-elle une fonction officielle, un bureau, un secrétaire de haut niveau, de même qu’un ministre, comme si elle avait élue en même temps que son César (tsar en russe…) de Jules. L’empereur jaspine le Je mieux que le moi de l’anaphore de Flanby. Avec lui, ce n’est plus le nous de majesté de louis XIV qui disait: l’Etat, c’est moi. M. 1er dit Je à tout bout de champ (de guerre); moi, c’est l’Etat, c’est que qu’il nous signifie en tant qu’autoritaire et jacobin, napoléonien et gaulliste. Cela fait partie de la très vieille conception de l’exercice du pouvoir descendant sur le bas peuple inculte qui consiste à s’imaginer qu’un seul, fût-il intelligent, peut tout diriger à partir de son bureau avec une ambition proportionnée à la taille et aux dorures de ce dernier. Heureusement, l’impératrice douairière pourra le conseiller en tant qu’égérie de grande expérience et durée. Hermès et Aphrodite, vous dis-je, ce qui donne hermaphrodite…
M. 1er s’appuie aussi le bon vieux diviser pour régner. Il peut se vanter d’avoir fait éclater l’UMPS façon puzzle, d’avoir ruiné le PS de Tonton dont il devient le flingueur posthume, d’avoir ventilé le LR, d’avoir rogné le parti de gauche, d’avoir rabaissé le caquet de la Marine. Il espère donc tirer parti des divisions d’une chambre hétérogène pour avoir des moments de coalition qui lui permettront de faire passer ces ordonnances à la façon d’un édit impérial. mais ce ne sera qu’un Eddie baclé. Il a composé son premier gouvernement itou: l’hétérogénéité lui permettra de planer au dessus des dissensus et d’imposer ce qu’il veut. Car le malhomme, hyper libéral en économie, germanophile et gérontophile adorateur d’Angela, interventionniste en politique au nom de l’Etat fort, entend bien forcer le pays à se plier aux exigences de la concurrence libre et non faussée mondialisée en se servant de la toute-puissance de l’Etat. Pour ce faire, il s’appuiera sur un gouvernement restreint à la manière d’un commando et sur la gestion à dire d’experts que lui apporte ses sinistres et « experts » issus de la « société civile ». Or, on voit aisément que ceux-ci relèvent le plus souvent de l’optique libérale et managériale employée dans les entreprises; car il entend gérer le pays comme une entreprise capitaliste flottant (semper merditur) sur les « eaux glacées du calcul égoïste » illustrant la culture libéralo-capitaliste. On le sent déjà à sa débauche de mots issus du globish anglo-saxon qui émaille ses allocutions familiales. OTAN, en emporte le vent mauvais qui souffle des USA depuis 1945. Las, si l’interventionnisme étatique de l’ère gaullienne avait bien réussi, c’est parce qu’à l’époque les frontières étaient bien plus fermées que maintenant et que le pays n’avait pas abandonné les plus importants leviers de sa souveraineté à Bruxelles. Actuellement, il est dans les choux et ne peut plus s’appuyer sur l’ex-excellence des entreprises publiques, ni sur la planification indicative, ni sur la Banque de France, ni sur une monnaie souveraine. M. 1er, dépourvue des moyens d’action du gaullisme, moyens déjà sabordés sous Tonton dès 1983, ne pourra faire que de l’ordolibéralisme (régner par des lois économiques d’obédience libéralo-capitaliste) et de la fiscalité permettant d’inciter à une politique de l’offre. Ce qui signifie cadeaux aux entreprises et au kapital, exonération des plus pauvres afin de leur maintenir les narines juste au-dessus de la fosse à purin et du H2S des nitrates et taxation aggravée des classes moyennes supérieures. Comme je l’ai dit dans un texte précédent, c’est perdu d’avance car cette politique ne pourra qu’exacerber la concurrence des autres pays de l’UE. M. Maqueron va se concerter avec les syndicats. C’est du flan car il faudrait négocier. Et lesdits syndicats vont faire l’objet de rencontres bilatérales afin de diviser pour régner et surtout permettre au grand chef de décider tout seul ce qu’il avait prévu de faire. Comme les Napoléon et les Louis. Et en quoi il maintient la conception française et régalienne du faux dialogue social: je fais semblant d’écouter et je décide comme un grand. tel Don Quichotte, il voit les syndicats comme des moulins à vent qu’il va renverser avec sa Rossinante et sa Dulcinée du toboggan médiatique.
Dans 5 ans M. 1er n’aura pas vaincu le chômage sauf à multiplier à l’infini les mini-jobs à temps partiel qui ne donnent que 5 % de chômeurs à la Doryphorie. mais alors, ce sera la pauvreté qui aura drastiquement grimpé. En 2022 la Marine tirera alors les marrons du feu et le Maqueron risquera de finir comme Pu Yi voire d’être raccourci comme Louis XVI par une révolution. En revanche, Tseu hi sera grâciée comme le maréchal Putain à cause de son âge.

Le maquereau rassemble ses gagneuses

Posté : 17 mai, 2017 @ 10:06 dans politique | Commentaires fermés

Le nouveau zident Maqueron, adorné du macaron présidentiel sur sa bagnole de service, rassemble dans toutes les directions idéologiques afin d’avoir une majorité législative le 18 juin. Déjà nombre d’opportunistes, de véhicules tout terrain, d’ambitieux, de pétochards qui craignent de ne pas être réélus, bref de gens sans convictions ni principes, rejoignent le char du corso Maqueron. Pour l’empêcher, ce qui serait barrer la route à une catastrophe, il faut que les Francouis se reprennent et votent pour n’importe qui pourvu qu’il n’aille pas dans la basse-cour maqueronesque. Il ne faut pas qu’il dispose d’une majorité d’élus aux législatives car un Maqueron, ça Trump énormément. N’oublions pas qu’il fut éléphanteau du PS.
Car un immense péril nous menace: celui d’avoir un gouvernement à la fois très libéral en économie et très autoritaire. En clair, le libéral-interventionniste et jacobin Maqueron compte bien se servir de la toute-puissance de l’Etat pour imposer en France l’ordre libéralo-capitaliste dans sa variante teutonne, à savoir l’ordolibéralisme qui consiste à mettre en place des règles intangibles (croient-ils?) pour forcer le peuple à se bien conduire, c’est-à-dire à accepter la fin des régulations sociales et des services publics, notamment par mise en concurrence avec le privé et asséchement de leur financement. Pour ce faire, Maqueron utilisera toutes les ressources de la Ve ripoublique: ordonnances, article 16 si le peuple descend dans la rue, article 49-3. C’est pourquoi il s’en remet à l’énarchie qui va truffer son appareil gouvernemental et administratif. Il a même annoncé un « spoil system » francaoui pour nommer ses propres pions et féaux à la tête de la haute administration. Ce qui suppose de remiser les ex au placard (on ne peut les virer pour l’instant), ce qui sera inflationniste puisqu’il faudra continuer de les payer! Et c’est dangereux car les énarques ne sont pas connus pour leur courage. Rappelons la blague du lapereau aveugle qui tombe par hasard sur un serpent qui lui dit: tâte moi et dis moi qui je suis et si c’est juste je ne te mangerai pas. Le lapereau passe une patte sur le serpent et dit: tu es froid, humide, glauque, t’as pas de couilles; t’es un énarque. Mais il lui faut un minimum de majorité, même à configuration variable, car pour faire des ordonnances il doit obtenir une habilitation du parlement et car elles doivent être ratifiées par les deux chambres. Il a donc besoin de rassembler, d’où la formation d’un gouvernement mi figue, mi raisin, mi-chèvre, mi chou. Il en passera donc par toutes les figures obsolètes de l’Union sacrée, des combinazzione de la IVe ripoublique, du gouvernement « au centre » (vieille lune giscardienne et pompidolienne), du patriotisme (de façade), de la sécurité, de la gloire militaire (n’a t-il pas défilé sur un command car en remontant les Champs Elysées?) afin d’obtenir sa majorité parlementaire assise sur l’adhésion d’une majorité d’électeurs. C’est un copié-collé de la 3e voie de Blair qui avait continué le TINA (there is no alternative) de la dame de fer sous une autre forme, du passage de la social-démocratie au libéralo-capitalisme organisé par Schröder en Doryphorie. Le problème est que sa stratégie de débauchage de pointures à la droite et ailleurs contribue à la faire se raidir et à mener une bataille absolue pour les législatives afin d’avoir une majorité de cohabitation. De même, FN, parti de gauche et débris du PS frondeur vont tout faire pour obtenir le maximum de sièges à l’occasion de triangulaires voire de quadrangulaires. Il n’est donc pas sûr du tout que le maquereau ait sa majorité.
Il y a longtemps que les politicards francouis veulent zigouiller le modèle social français issu du programme du CNR en 1945. Mais ils ont toujours redouté la réaction du peuple français qui, au contraire des luthériens tudesques, n’obéit pas gentiment au pouvoir. Peur de la rue et peur de perdre les élections les encouragaient à la prudence. Mais ils ont profité de la construction européenne, à laquelle ils ont eux mêmes poussé en participant à l’émission de ses règles, pour mettre le pays sous contrainte extérieure afin de faire passer des réformes progressives en arguant faussement: c’est pas nous, c’est l’Europe alors qu’ils avaient co-construit cette dernière pour qu’elle soit hyper libérale. C’est en partie ce qui a mené au duopole UMPS, les deux faisant semblant de s’affronter sur une opposition droite/gauche factice afin que les alternances ne dérangent pas les arrangements avec l’UE et leur assurent toujours assez de sièges de VRP de la politique pour faire bonne figure et surtout faire croire qu’on était en démocratie. L’affaire du TCE en 2005 avait pourtant manifesté clairement le contraire.
Le racolage maqueronesque peut réussir car il n’y a que l’épaisseur du papier à cigarette entre le projet de Maqueron et celui de la droite et du centre. IL peut réunir assez de gens de centre gauche (ex-PS), du centre (UDI et Modem), de centre droit (juppéistes et droitiers intelligents comme Lemaire ou Bertrand). Tout se beau monde oligarchique et élitiste pense que la France doit enfin se convertir totalement au libéralo-capitalisme. Il croit que la politique de l’offre, la flexibilité du travail, les cadeaux fiscaux au kapital relanceront l’investissement et apporteront de l’emploi. C’est une schön connerie car le seul résultat sera une concurrence encore plus exacerbée au sein de l’UE, ce qui amènera une déflation généralisée par une course accélérée au moins-disant. Gageons aussi que les profits ne seront pas réinvestis en France mais à l’étranger ou seront versés sous forme de dividendes puisque la taxation des revenus du capital sera ramenée à 30 % par Maqueron. Et dans 5 ans, le pays en sera toujours au même niveau de chômage, si ce n’est pas pis, ou verra proliférer les mini-jobs à temps partiel et sous-payés à la sauce Hartz.
Le calcul maqueronesque repose sur une analyse sociologique plus que déficiente. Car un rassemblement politique au centre suppose qu’il y ait une classe moyenne en position centrale. Or ce n’est plus le cas sous les effets de la technologie moderne et de la concurrence mondiale. Il y a déjà longtemps que les pays dits émergents (mais aussi les ex-pays de l’Europe centrale et orientale, les PECOS) ne se contentent pas de piquer les emplois sous-qualifiés de prolos aux Occidentaux; ils ont des ingénieurs, des informaticiens, des chercheurs, des salariés qualifiés. Ceux-ci prennent évidemment les emplois correspondants qui nourrissaient la classe moyenne des pays capitalistes. La technologie hyper productive et sophistiquée a deux effets sur l’emploi: la réduction en proportion de la population des postes qualifiés et la diminution des emplois en production. Par ailleurs, la doxa libérale faisant la chasse aux services étatiques ou sociaux, on voit fondre peu à peu la petite classe moyenne des fonctionnaires ou assimilés. On assiste donc depuis de nombreuses années à une tripartition sociologique de la population. On a une maigre frange d’hyper riches associés (et vice versa) à une petite masse de bobos, de partisans du nomadisme, de la mondialisation, du libre-échange car elle est gagnante dans l’univers libéralo-capitaliste à cause de sa qualification haute et souvent spécialisée (par exemple dans la com., la pub., les services, l’informatique et les NTIC). On a la masse énorme des précaires, des temps partiels, des CDD et autres intérimaires ou saisonniers, des petits boulots de service, des petits agriculteurs, des personnels non qualifiés ou peu. Soulignons que de plus en plus une bonne partie de ce lumpen prolétariat est bien diplômée et ne peut en avoir qu’un énorme ressentiment qui nourrit les partis extrêmistes. Et on a une classe « moyenne » qui rétrécit comme la peau de chagrin de Balzac (001); elle a peur du déclassement pour elle et surtout pour ses descendants. Elle est elle aussi pleine de ressentiment et soutient de moins en moins les options politiques du centre. On voit donc qu’à plus long terme, et déjà maintenant, le Maqueron n’a pas de majorité sociologique. C’est pourquoi il tient tant aux institutions monarchiques de la Ve ripoublique car elle assure des majorités électorales. Ce qu’il a bien vu, seulement sur le versant électoral, c’est que désormais, vu la composition sociale du pays, il fallait en passer par une majorité législative composite car aucun des grands old partys n’a actuellement la majorité à lui tout seul. C’est le sens de la recomposition du panorama partitaire menée par le Maqueron après avoir pris bonne note de sa récente et officielle décomposition (en réalité, cela fait longtemps mais le système électoral unidimensionnel majoritaire à deux tours l’a longtemps caché).
Le libéralo-capitaliste Maqueron veut installer le pays à fond dans la logique du système libre-échangiste actuel. Pour ce faire il a besoin du soutien de la Mamma de l’Europe, à savoir Mutti la teutonne. Laquelle règne aussi sur l’Europe du Nord luthérienne et sur les PECOS qu’elle utilise au profit du Reich en tant qu’hinterland et lebensraum. lesquels ont envie que rien ne change dans l’UE puisqu’elle leur profite dans le sillage de la Tudesquie. Maqueron est allé se faire adouber par Mutti à Berlin. Comme tous les présidents francaouis dont la devise est visiblement Berlin go et à mort la veuve de Carpentras. Mais Mutti est mutique malgré les salamalecs de circonstance. Car elle ne veut pas froisser les Doryphores avant sa rélection de septembre. Et surtout elle ne veut rien lâcher de ce qui assure la suprématie schleuesque. Elle ne cédera rien à la France tant que celle-ci n’aura pas mené ses « réformes structurelles » d’inspiration libéralo-capitaliste du genre « consensus de Washington ». Elle a déjà dit cela à Maqueron et a ajouté finement avec la grâce d’un hippopotame: le charme, c’est bien, mais il faut des résultats. Et Bruxelles a re-sermonné Paris sur son déficit budgétaire prévu à un peu moins de 3 % pour 2017 (Zizi Rider a dû faire un peu truquer les chiffres et reporter des dépenses sur 2018) et devant remonter à 3,5 en 2018 car la transition maqueronesque va coûter cher. Gageons que les classes moyennes déjà exsangues vont ressortir à poil du quinquennat si Maqueron réussit son pari de rassemblement de toute la droite libéralo-capitaliste! Elles vont déjà payer la disparition de 80 % des assujettis à la taxe d’habitation et les retraités aisés vont sûrement encaisser 2,5 points de CSG supplémentaire car Maqueron n’osera pas appliquer son 1,7 point de CSG à tous les retraités, à commencer par les plus pauvres! On peut s’attendre à une hausse de la TVA demandée par la droite pour compenser la baisse de la taxation des dividendes… Chers cons-citoyens, Oremus…

Ce 14 mai j’ai vu passer mon fric à la télé

Posté : 14 mai, 2017 @ 11:36 dans politique | Commentaires fermés

Les télés en continu et commerciales (y compris France Info pourtant publique) ont commencé de nous bassiner avec la passation de pouvoirs de Zzi Rider à maqueron dès 7 heures du matin. C’est notamment en ces moments de « ferveur populaire » (à Fatima, c’est papulaire, mais c’est du même tonneau de la crédulité publique) que l’on peut admirer combien la ripoublique monarchique francouie nous coûte cher pour fort peu de résultats. Hegel avait vu passer la raison à cheval en visionnant le passage de La Paille Au Nez Buonaparte à Iéna; moi, hier j’ai vu passer mon fric à moto, en auto, en décorum avec gardes républicains en grand uniforme et hauts gradés caparaçonnés de médailles (il n’y a qu’elles qui Maille), avec tout l’aréopage des excellences passées, présentes et à venir. Comme Mac Mahon, je me suis écrié, non pas que d’eau, que d’eau, mais que de pognon, que de pognon foutu en l’air. Il est vrai, autre citation célèbre de ce maréchal, que tout ce beau monde, engraissé aux deniers publics via des impôts et cotisations ou taxes qui montent à 45 % du PIB (la dépense publique étant cependant de 56 %, ce qui nous donne une des raisons du déficit budgétaire depuis des années) a pour devise, sonnante et trébuchante, « j’y suis, j’y reste. » Et pour les petits nouveaux macroniens; « je (me) maintiendrai ».
Pour s’ébaubir au spectacle, nombre de quidams se pressent avec femmes et enfants sur les Champs Elysées, rançonnés, cocus et contents. Mais, ducons, ce sont vos impôts qui passent là! Et pas que là. Pour 65 millions d’âmes en France nous avons 577 députains, 328 sénateurs (plus le Conseil économique, social et de l’environnement, dans les 300) alors que les USA avec 320 millions d’habitants n’ont que 405 représentants et 100 sénateurs. Nous avons aussi dans les 60 000 mille élus locaux, départementaux et régionaux (avec 36 000 communes dont la moitié sont quasiment vides ou mourantes). or un représentant national nous coûte dans les 22 000 euros par tête de pipe et par an. Nous avons dans les 800 agences ou « hauts comités » ou kommissions ou « autorités », mix de membres privés et publics, donc largement dirigées en faveur des intérêts privés, qui servent surtout aux gouvernants à se défausser de leurs décisions que lesdites agences, prétendûment indépendantes et appréciant les choses en rationalité, présentent comme neutres et scientiiques. Voir les exploits des agences du médicament, de l’alimentation et de la santé qui laissent passer les pertubateurs endocriniens et autres pesticides, de même que la malbouffe sucrée, grasse et bourré de produits chimiques, de même que les camemberts plâtreux. Malgré cet énorme appareil d’Etat, on se demande qui dirige le pays. Eh bien, la réponse est simple: ce sont les puissances économiques et financières et l’UE auxquels nos gouvernants ont abandonné le pays dès 1983. Sans doute le décorum ripoublicain ne sert-il qu’à faire croire que les politiciens gouvernent en vue du bien commun. Moins c’est le cas, plus les fastes augmentent, plus le spectacle médiatique se transforme en Barnum pro gouvernemental. Il importe en effet de faire croire au peuple qu’il est encore suverain car, si non, la légitimité du pouvoir sauterait. D’où comme sous le roi Soleil les débordements de spectacles pour manifester son pouvoir. Qui pourtant se réduit à la répression des opposants, au droit social et à la fiscalité, tout le reste étant administré par die grosse Kommission de Bruxelles.
Je préconise donc que Maqueron officialise la chose en supprimant le pouvoir politique francoui au profit de die grosse Angela et de Bruxelles qui exrcent depuis longtemps tous les pouvoirs en Europe. Ce serait honnête même s’il lui faudrait revenir chez Rotschild. Cela nous coûterait moins cher.

Conceptions du politique et crise de la représentation

Posté : 13 mai, 2017 @ 10:46 dans politique | Commentaires fermés

Le fait que les élites politiciennes oligarchiques ont été soit balayées provisoirement comme en France avec la récente pestilentielle, soit ont fait l’objet de mouvements « populistes » (au dire desdites élites) tant de droite (Le Pen) que de « gôche » (Mélanchthon) n’est pas qu’une crise momentanée de la représentation dans la démocrassie formelle; c’est le symptôme d’un mal bien plus profond et durable. Ce que ne voient pas le Maqueron, ni le PS, ni les LR qui comptent bien recomposer ladite démocrassouille lors des législatives et cela afin de conserver le monopole du pouvoir politique sur la société et le peuple en tant que classe politicienne professionnalisée. Maqueron va faire comme les copains et seulement changer la liste des politiciens assis autour de l’assiette au beurre. Ce ne sera qu’une partie de chaises musicales avec quelques nouvelles têtes et beaucoup de vieux chevaux de retour (Idrac, Goulard, Delevoye, Borloo…) de la politique. L’establishment politicien sera toujours là et appliquera les vielles recettes d’une très ancienne conception de la politique. Maqueron, ce sera le (général) Boulanger, la boulangère et le petit litron (Borloo). Il n’instaurera qu’un rajeunissement du corps des politiciens pour donner l’impression que tout change alors que rien ne change. Nous allons voir pourquoi.
D’abord, il faut différencier le politique de la politique. Le politique, c’est la nécessité pour toute communauté durable, républicaine et démocratique à long terme de se doter de buts partagés, de situer son identité et de poser ses frontières d’identification des gens envers elle et d’union entre eux (je n’ai pas dit d’unité), de définir ses ennemis et ses amis, de viser le bien commun, la justice et l’intérêt général, de se doter d’une puissance d’action appelée classiquement « souveraineté », de disposer de moyens institutionnels de prise de décision, surtout en cas de crise majeure. La politique, c’est l’action à court terme et au jour le jour, le gouvernement temporaire, les luttes entre partis pour disposer d’une majorité électorale, l’organisation du suffrage, la gestion de la communauté…
L’idée du politique nous vient des vieilles philosophies de l’antiquité et des juristes du 17e/18e siècles. Nous disposions alors des idées-force de souveraineté du peuple en tant que communauté politique et nationale de citoyens, c’est-à-dire de la puissance de la nation sur elle-même, d’intérêt général à représenter et déterminer, de démocratie en tant qu’égalité politique (et formellement juridique) des citoyens réunis en République et en tant que liberté des citoyens. le risque était de forger une frontière entre eux (l’étranger, le différent) et nous (la communauté nationale) et de sombrer dans le nationalisme refusé par l’universalité des idéaux de la Révolution française mais porté à l’extérieur par la force des armes, ce qu’a aggravé intensément La Paille Au Nez Buonaparte. Ce qui a suscité le nationalisme généralisé, source des deux grandes guerres mondiales. En fait l’universalisme actuel n’est qu’un cosmopolitisme du marché associé aux droits de l’homme qui sont purement individuels et passent à l’as les identités collectives. Il porte un universalisme des sujets individuels purement rationnels et intéressés. Au contraire de ce qu’il faudrait viser, à savoir un pluralisme des groupements sociaux habilités à exprimer et défendre leurs droits collectifs y compris en cas de conflit. la fonction majeure de la démocratie réelle est de permettre de résoudre pacifiquement les conflits pourvu que les dissensus ne portent pas sur les valeurs et l’éthique républicaines et démocratiques.
Il n’y a pas de démocratie possible si l’on n’admet pas les antagonismes entre groupes sociaux qui, du reste, sont au fondement du politique, la politique se contentant de les réguler ici et maintenant. C’est pourquoi les théoriciens de la « fin du politique », de la 3e voie, de la « gouvernance » s’illusionnent en pariant sur le consensus, le rassemblement et la rationalité. Car on ne peut pas éliminer la dimension agonistique du politique, ni le caractère passionnel des groupes humains. Une bonne démocratie, je ne dis pas parfaite et perpétuelle, a pour but de laisser s’exprimer les conflits. C’est pourquoi être ni de droite, ni de gauche est une tromperie: il faut arbitrer et décider entre positions concurrentes et antagonistes! la fin du politique ne signifie que la perpétuation de l’oligarchie qui se contente aisément d’un consensus de façade, d’une union factice et des jeux électoraux entre fausses oppositions.
Ce que cache, tant l’universalisme que l’oligarchie politicienne, c’est leur fantasme de l’UN, de l’unité, du commandement de la société par le haut des élites autoproclamées. Pure illusion car ni la société, ni le peuple, ni la nation ne forment une totalité unifiée. Au contraire, c’est marqué par le pluralisme et le conflit entre groupes pour la direction de la société, c’est-à-dire par la recherche de l’hégémonie sur les autres groupes. Cela marche si tous les groupes y retrouvent du mieux pour eux, mais ce n’est qu’un armistice dans la conflictualité naturelle des sociétés.
Aujourd’hui plusieurs conceptions du politique consistent à en évacuer les dimensions essentielles: la démocratie en tant que mode pluraliste de prise en charge des conflits entre acteurs, la souveraineté du peuple, la justice en tant qu’égalité républicaine, la soumission des représentants aux fins du bien commun. Nous avons le marxisme primaire qui pense que la fin de la propriété privée des moyens de production, c’est-à-dire des luttes de classe, amènera la fin du politique en transformant le pays en espace de coexistence d’associations indépendantes; cela le rapproche d’un certain anarchisme individualiste sans pouvoir politique fédératif. Le libéralisme fait disparaître le politique sous le marché international auto-régulateur et « efficient »; quand chacun s’occupe de ses intérêts, se lance dans « le doux commerce » et l’interdépendance des échangistes, il n’y a plus besoin de pouvoir politique national puisque le marché est universel. La social-démocratie a réduit le pouvoir politique à la gouvernance gestionnaire, à la politique résumée à l’atteinte d’une majorité électorale, à la substitution du parlement à la souveraineté du peuple. L’internationalisme bêlant refuse que le politique soit lié à une communauté particulière et rejoint donc l’universalisme fictif du marché. Dans tous les cas, le politique disparaît au profit de la politique en tant que gestion comptable et court-termiste du pays, lequel, du reste, n’est qu’une survivance à éradiquer complètement.
Beaucoup de théories et analyses récentes (par exemple, celles de Hardt et Negri ou de Laclau et Mouffe) sous-estiment les rapports entre l’instance politique et la sphère socio-économique. Mais elles en reviennent à l’essence du politique et à la nécessité d’une démocratie réelle assurant la souveraineté du peuple (vu comme divers, formé de collectifs qui doivent négocier entre eux pour déterminer le bien commun) et d’une république faisant progresser la justice contre l’oligarchie, les ploutocrates et les politiciens monopolistes de la représentation et de la définition de l’intérêt général. Ces théoriciens voient bien la déréliction de la démocratie représentative et la disparition du lien social via les dégâts du libéralo-capitalisme (inégalités, pauvreté, précarité, concurrence sauvage de tous contre tous, disparition de la souveraineté nationale). Cependant, ils ne relient pas assez la relation entre ces deux aspects de la « modernité ». car si la souveraineté nationale a disparu, ce n’est pas le cas du pouvoir politique exercé sous la forme de la politique.
Au contraire, muni de la légalité conférée par l’élection, habilement transformée en légitimité, le pouvoir politique, même local sans parler de la bureaucratie de la Grosse Kommission de Bruxelles, s’est considérablement renforcé: technocratie et expertise, monopole de la représentation par les grands partis, police, répression judiciaire, standardisation et normalisation des pratiques, lavage de cerveau par des médias inféodés, manipulation du langage pour lui faire dire le contraire de ce qu’il signifiait (par exemple, réforme veut dire régression), hégémonie idéologique et culturelle du libéralo-capitalisme (via l’individualisme et la consommation encouragés par le pouvoir et l’industrie). Les politiciens, munis à tort de la puissance souveraine, ont utilisé celle-ci contre le bien commun et au profit du kapital. Ils ont ainsi pu transformer le modèle socio-économique de type Etat-providence et social en course infinie à la compétitivité via la concurrence internationale « libre et non faussée ». Et tous les gouvernants, quelle que soit leur obédience, y ont participé. Ce qui a doublement démonétisé la représentation politique: ça ne sert à rien de voter puisque l’alternance aboutira au même résultat; il n’y a aucune amélioration tangible de la situation socio-économique. Las, les PRAF (plus rien à foutre) ne voient pas toujours que les deux sont liés via la médiation et la toute-puissance du corps de politiciens professionnalisés UMPS et tous d’esprit libéralo-capitaliste.
Si l’on veut restaurer le politique en tant que souveraineté démocratiquement exercée du peuple constitué en République, il faut bien comprendre que cela veut aussi dire pacte national entre acteurs sociaux. C’est ce qu’exploitent les souverainistes de droite (Le Pen, Dupon-Aignan) et de gauche (Chévènement). Mais ces gugusses font du souverainisme une stratégie d’exclusion de l’autre et une opposition frontale à l’internationalisme. ce qui est tout le contraire d’un patriotisme de défense de l’intérêt national en même temps que de participation aux affaires du monde dans le respect des autres pays et dans une coopération avec eux afin de faire progresser les droits individuels et collectifs partout et dans un esprit égalitaire. Certes, on peut déplorer qu’on en soit réduit à partir de la nation pour y parvenir. Mais c’est l’état actuel du monde qui y force afin, par exemple, de remettre tous les pouvoirs à une instance non élue comme l’UE, instance qui propage un libéralo-capitalisme contraire aux intérêts des peuples à l’échelle mondiale. En outre, si l’on veut être entendu dans le concert mondial il faut disposer d’une base qui donne l’exemple d’une logique contraire à celle du libéralo-capitalisme et voulant aider les autres pays à s’en débarrasser. Ce qui suppose une communauté politique solide et souveraine qui fasse du politique et pas seulement de la politique. Car alors celle-ci n’est que celle « du chien crevé au fil de l’eau ».

Père, pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait

Posté : 8 mai, 2017 @ 10:45 dans politique | Commentaires fermés

Hier, 7 mai, plus de 20 millions de Francaouis (66 % des exprimés) ont élu Maqueron comme président du pays pour 5 ans. Il y avait 47 millions d’électeurs inscrits (8 à 10 % des électeurs potentiels ne sont pas inscrits); le malhomme a donc réuni environ 43 % des inscrits. le reste, c’est 34 % des exprimés pour la Marine (10,5 millions) et aussi 34 % d’abstentions (25 %) et de nuls ou blancs (9 %). il va de soi aussi que les votes Maqueron ne sont pas seulement des votes d’adhésion; il s’y trouve énormément de votes dits « utiles » pour faire barrage au FN. L’élection est donc loin d’être un triomphe et Maqueron est d’emblée en proie à une hostilité certaine, ce qui va lui rendre très difficile d’obtenir une majorité à la chambre des députains (il en faut 289 pour avoir une majorité absolue). Gageons que la France Insoumise, nombre de frondeurs à la Hamon, le FN et la droite proche de Veau-Quiet vont se démener pour l’empêcher d’avoir une majorité. Gageons aussi que des débris du PS, des opportunistes à la Vallse ou à la Lemaire vont rejoindre En Marche (d’où la vieille expression: prendre le train en marche). Cela ne fera pas une majorité stable et le maqueron gouvernera sans doute avec autoritarisme. Du reste, il a déjà annoncé la couleur: faire passer des lois majeures par ordonnances. Ces lois seront naturellement d’obédience libéralo-capitaliste. Le seul point positif de ces élections pestilentielles est que le duopole UMPS a éclaté en miettes et que l’oligarchie politicienne a été renvoyée (momentanément car elle va rapidement se reconstituer) à ses chères études.
Le Maqueron et la Maquerelle ont vite affiché leurs intentions; le sieur-président s’est dirigé vers son podium sis dans la cour du Louvre près de la pyramide de Peï à la façon de Tonton au Panthéon et avec l’Hymne à la joie, hymne de l’UE et accessoirement tiré de la 9e symphonie du Teuton Beethoven (d’où un surnom de DSK, dit Bite-au-vent). C’est un double signal: je me réjouis de moi-même en affichant ma joie perso et je montre mes convictions européennes. D’ailleurs, Die Grosse Angela et le tricheur fiscal luxembourgeois Juncker ont été dans les premiers à féliciter le nouveau président, qui une fois intronisé, ira baiser les babouches de Merkel à Berlin, comme l’avait fait Zizi Rider. Maqueron va mettre le pays aux normes ordolibérales tudesques alors que c’est cette politique, suivie depuis 30 ans, qui a dressé les peuples européens les uns contre les autres par mise en concurrence sauvage, ce qui a été aggravé dès 2004 par la vague d’entrée de PECO (s) dans l’UE. La France va enfin adopter des « mesures structurelles » afin de s’adapter comme les autres pays à la logique mortifère du libéralo-capitalisme. Merkel s’en réjouit déjà. ce qui est une idiotie car si notre pays se lance dans la course au moins-disant pour rattraper son retard en la matière les autres pays vont accentuer la leur, ce qui va installer encore plus l’UE dans un tonneau des Danaïdes et sur un toboggan sans limites autres que le rabaissement des normes socio-économiques sur le plus bas niveau, sans doute celui de la Roumanie à moins que la Bulgarie ne remporte le titre.
Pendant les petits jeux de la politique politicienne, la « fracture sociale » (territoriale, éducative, économique, ethnique, culturelle, religieuse) a été mise sous le Tapie. Elle va reprendre ses droits et sa descente de toutes les normes ou références. La politique maqueronesque va l’aggraver alors que l’impétrant a promis de restaurer la situation via la bonne vieille politique de l’offre et la théorie du « ruissellement » (les riches et les entreprises, à condition qu’on les laisse libres de toutes leurs décisions, investissent, innovent, embauchent, ce qui rejaillit sur tout le monde). C’était le théorème de Schmidt, social-démocrate teuton: les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain. D’où les 7 à 8 millions de mini-jobs à temps partiel à 500 euros par mois qui ont ramené le chômage tudesque à 5 %. Du reste, ce qui a augmenté en réalité ce sont les marges et les profits, pas du tout l’emploi. L’Allemagne est très riche, mais pas le peuple allemand qui a payé un lourd tribut au libéralo-capitalisme ordolibéral. Et c’est pareil dans toute l’Europe.
Une alternative va se présenter assez rapidement. Soit la politique du maquignon Maqueron est soutenue par une majorité législative et dans 5 ans la fracture sociale aura vu sa facture alourdie au point de faire élire la Marine triomphalement en 2022, soit il n’y a pas de majorité et la « gouvernance » par décrets va susciter une révolte sociale que le gouvernement ne saura que réprimer violemment. Je n’ose alors penser à ce qui pourrait se produire…

Les conceptions politiques de Proudhon (1809-1865)

Posté : 6 mai, 2017 @ 9:55 dans politique | Commentaires fermés

La pensée politique de Proudhon est largement méconnue. Il est vrai qu’elle est éparse car abordée dans de nombreux ouvrages (environ 40) parus à différentes époques de sa courte vie. Et elle doit être éclairée par la lecture de sa correspondance (Editions Lacroix de 1875), de ses articles de journaux («  Mélanges  », Editions Lacroix 1868-1871) et surtout de ses carnets privés édités par Rivière entre 1960 et 1974  ; les Editions Rivière ont publié la dernière parution des śuvres fondamentales de Proudhon accompagnées de belles analyses et présentations par des spécialistes (dont Bouglé) de sa pensée entre 1923 et 1960. Une autre grande difficulté de la lecture du père de l’anarchisme (dixit Kropotkine) est qu’elle évolue au fil du temps, des nombreuses lectures de l’auteur, des événements vécus et observés puis analysés au cours de sa vie, des polémiques qu’il a menées contre ses adversaires politiques. Nous avons là une pensée toujours en mouvement et un auteur apte à se critiquer lui-même. C’est ainsi que nous avons un Proudhon tout à fait anarchiste à ses débuts; c’est un partisan du remplacement du «  gouvernement des hommes par l’administration des choses  » (St Simon), avant, sur la fin de sa carrière et après maints travaux, de devenir fédéraliste et de réhabiliter, non l’Etat, mais le pouvoir politique. C’est aussi une pensée que l’on dirait aujourd’hui systémique ou transdisciplinaire car elle ne sépare jamais les différentes instances du social. Il faut vaincre «  la triple alliance du trône, du coffre-fort et de l’autel  », mener le combat politique sur tous les plans  : politique, économique et idéologique, ce que redira Gramsci. C’est pourquoi Bouglé a dit de celle-ci que c’était «  une pensée à feux tournants  ». C’est encore une approche très dialectique, ce à quoi il faut ajouter que la méthode dialectique proudhonienne est tout à fait spécifique, on verra en quoi. Il y a donc de vrais problèmes dans l’étude des conceptions politiques de Proudhon  ; de plus, on ne saurait négliger que les analystes et commentateurs font évidemment un travail d’interprétation plus ou moins orienté. A ce stade, je ne dois pas cacher que ma propre lecture de notre penseur est marquée par mon adhésion au socialisme libertaire ou, si vous préférez, à l’anarchisme sociétaire fort différent de l’anarchisme individualiste de Stirner ou de l’anarchisme communiste de Bakounine. L’essentiel de la pensée politique, 2e approche de Proudhon, se trouve synthétisé dans le livre sur «  Les contradictions politiques  » publié par Rivière en 1952, dans «  Du principe fédératif  » (1862) et dans le magnifique livre testament de l’auteur  : De la capacité politique des classes ouvrières en France parue après sa mort en 1865.
Cette pensée a été en outre refoulée par le marxisme collectiviste, lequel a régné en France jusqu’en 1968, époque où on s’est à nouveau intéressé à Proudhon. D’où la naissance avec Jean Bancal, Bernard Voyenne, Rose-Marie Ferenczy de la Société Pierre-Joseph Proudhon, société toujours vivace et pleine de nouveaux talents. Et ce n’est pas un hasard car le socialisme décentralisateur, communaliste et «  girondin  » de notre penseur était à gauche le seul concurrent idéologique du léninisme ou du socialisme autoritaire dont on connaît toutes les dérives. On a accusé Proudhon de se contredire en permanence. C’est naturellement faux car il a toujours poursuivi son but initial  : défendre le peuple et car cela résulte aussi de la dynamique de sa pensée évolutive. Et surtout, c’est lié à sa dialectique des contradictoires que l’on verra ci-après. Enfin, la lecture des livres proudhoniens est aussi rendue difficile par le fait qu’il employait le langage de son temps alors qu’il en changeait souvent le sens pour justifier des idées tout à fait nouvelles.
Puis, Proudhon a été attaqué au nom des nouveaux mantras idéologiques de la modernité. On a exhumé son «  antisémitisme  », mot apparu pourtant longtemps après sa mort. Le socialisme collectiviste étant mort en 1989 (mur de Berlin) et 1991 (décès de l’URSS), il fallait aux libéraux tuer aussi le socialisme libéral. L’attaque, menée par Poliakov, Sternhell, BHL et consorts s’est largement fondée sur une petite phrase extraite des carnets privés de Proudhon (phrase par ailleurs tronquée par ses utilisateurs qui ont gommé l’attaque qu’elle contenait aussi sur les Anglais et qui n’ont pas signalé que les carnets étaient purement personnels), phrase qui aurait ensemencé d’antisémitisme le socialisme français dès le XIXe  siècle. C’est amusant car cette phrase n’a été publiée qu’en 1960 (Edition Rivière des Carnets). Bel anachronisme et tromperie. Il est vrai, cependant que Proudhon a une «  humeur anti-juive  » fréquente et cela pour 2 raisons  : son hostilité à la religion hébraïque marquée par un Dieu hostile, autoritaire et vengeur et son ineptie du Juif financier (idiotie car, les Juifs riches étaient fort rares  ; bêtise partagée par Marx dans sa «  Question juive  »). Cette humeur n’est en aucun cas raciale ou d’origine chrétienne et il est vrai que nombre de socialistes de l’époque la partageait. Mais le nazisme, semble-t-il, permet de faire dans l’anachronisme… Et les courants féministes s’en sont mêlés en signalant l’antiféminisme de l’auteur (dont le posthume «  La pornocratie ou les femmes dans les temps modernes  » est le paroxysme non destiné à la publication par l’auteur). Ce n’est pas totalement juste. N’a-t-il pas écrit  : «  je crois en la prépotence de l’homme et à la prééminence de la femme  ». N’a-t-il pas confié aux femmes ce qu’il donnait comme la fonction la plus éminente de la société, à savoir l’éducation des enfants. Disons qu’il a partagé les préjugés de son temps en étant parfaitement patriarcal et traditionnel car, s’il démontrait l’égalité des deux sexes dans La pornocratie, il leur attribuait hélas (mais faudrait-il condamner Aristote parce qu’il était pour l’exposition des enfants mal formés  ?) des fonctions différentes dans le ménage. Toute pensée a ses scories et il ne s’agit que d’en prendre le meilleur. Ajoutons que Proudhon, comme bien des socialistes de son temps, ne voulait pas que les femmes travaillent comme domestiques et encore moins comme ouvrières. On voit facilement pourquoi à l’époque.
Et, bien entendu, on a qualifié Proudhon d’antidémocrate, ce qui est évidemment complètement faux comme on va le voir ci-après. Nous allons donc aborder les 3 chapitres qui donnent forme aux deux finalités principales de son action, à savoir la liberté et la justice  : les bases théoriques de ses positions politiques, sa critique de la démocratie et ses propositions constructives (le fédéralisme intégral).

A) Les soubassements théoriques des positions politiques de Proudhon

La pensée de Proudhon est anti-individualiste, ce que certains ont trahi en le rangeant récemment dans le camp libéral. Notre penseur est avant tout un sociologue ainsi que l’ont établi entre autres Bouglé et Gurvitch. Il a forcé le droit collectif à respecter le droit individuel et vice versa en les combinant. Il a tenu à ne pas opposer l’individu et la société mais à les faire se nourrir l’un de l’autre. Il est un des fondateurs du droit social (thèse de Gurvitch sur le droit social parue en 1932). Sophie Chambost montre elle aussi que Proudhon attache le plus grand prix au droit et aux règles ou régulations du concert social.
Proudhon répudie l’opposition individualisme vs collectivisme, public vs privé car si la société est à l’origine de la formation et de l’insertion sociale de toute personne (son personnalisme mis en relief par Emmanuel Mounier), elle est aussi créée par les individus qui cherchent à se réaliser en poursuivant leurs propres fins, ce qui lui donne une dynamique immanente, par émergence issue des interactions entre acteurs, de solutions sociales nouvelles au cours de l’histoire. La personne proudhonienne est toujours un animal social et pas seulement un «  animal politique  » comme l’avait pensé Aristote.
Notre auteur pense que les êtres collectifs (communes, entreprises, associations, corporations, provinces, etc.) sont réels. Contre l’accusation d’organicisme portée alors à son encontre, il faut donc comprendre que ces êtres collectifs sont avant tout moraux et symboliques, sont des associations volontaires liées par des valeurs et des intérêts communs. C’est pourquoi notre penseur insiste tant sur «  les représentations collectives  » (chose que l’on retrouve chez Durkheim), sur la «  conscience collective  », sur le caractère fondamental du droit en tant que régulateur des liens sociaux. Proudhon met en relief la “morale collective”, celle qui émerge du fond des âges au cours de l’évolution des relations sociales; c’est une manifestation du social: “la morale est la révélation du collectif à l’homme”. Elle correspond à ce qu’Orwell appelait “the common decency”, création collective et historique du peuple conter la “moraline” bourgeoise. En tant qu’êtres réels et collectifs, les groupements sociaux ne perdurent que s’ils arrivent à articuler des intérêts communs et des valeurs unificatrices qui coordonnent les conduites de leurs membres en direction d’un projet de vie, de finalités spécifiques à réaliser afin de persévérer dans leur être, afin de conserver, comme on dit aujourd’hui, leur identité particulière dans le concert social. Ce qui signifie que le droit ne saurait être seulement celui des individus  ; il doit aussi conforter le droit collectif des groupements. Or ce ne peut être qu’une instance politique qui définisse le droit sur un territoire vaste et complexe.
De l’existence réelle d’une multiplicité d’êtres collectifs, Proudhon en arrive à une conception de la société fondée sur un irréductible pluralisme et sur le conflit qui en résulte. Le pluralisme est par construction conflictuel puisque les projets de vie des êtres collectifs ne coïncident pas et peuvent être opposés. Ainsi, le conflit est la marque de la dynamique sociale car si le pouvoir politique, ou, pis, religieux, veut uniformiser la société, la réduire au fantasme de l’UN, cela tend à supprimer la liberté des groupes sociaux et par là à tuer «  l’effervescence sociale  ». C’est cependant la réalité et la nécessité du conflit qui justifient chez Proudhon l’émergence secondaire du pouvoir politique  : «  avant de se gouverner, la société travaille  ». La coexistence pacifique (illusion des communautaristes et autres multiculturalistes) des groupements sociaux n’étant pas assurée, leurs conflits potentiels ou avérés n’étant pas à stériliser, la société a besoin d’un régulateur, d’un arbitre situé entre les parties et non au-dessus et en dehors comme dans la théorie politique classique. C’est cela qui rend indispensable un pouvoir politique et juridique qui puisse coordonner de l’intérieur les actions sociales des uns et des autres.
Pour persévérer dans leur être (cela dit dans l’inspiration de Spinoza), les personnes ou les groupes ont besoin de leur liberté de penser et d’agir. C’est pourquoi la liberté proudhonienne est un synonyme de pouvoir et même de force (d’action, de conviction, de pensée). On peut même affirmer sans ambages que le pouvoir, c’est la liberté, ce qu’Amartya SEN a retrouvé avec sa notion de «  capabilités  » (capacités d’action  : à quoi sert un savoir si l’on ne dispose pas des moyens réels de l’appliquer aux situations vécues de l’acteur  ?). Cette position extraordinaire, et pour cela peu comprise ou rejetée, ne réduit pas le pouvoir au commandement comme dans la plupart des théories du pouvoir politique (ou autre). Le pouvoir n’est pas la capacité d’obtenir l’obéissance des assujettis  ; c’est la liberté d’action de chacun à articuler avec celle des autres dans les relations sociales. Ce qui suppose que l’organisation et la structuration des acteurs et des actions sociales permettent à chacun de jouer son propre rôle sans contraintes allant au-delà des nécessités de la cohésion sociétale, ce qui implique une démocratie réelle et non formelle pour la participation de tous à la préparation des décisions collectives engageant le bien commun  ; et donc, bien sûr, à la prise de décision en vue de l’intérêt général. Celui-ci ne saurait donc être fixé seulement par une instance centrale munie en plus de tous les pouvoirs, fût-elle élue, qu’elle soit unitaire (cas français) ou politiquement fédérale (cas des USA ou de l’Allemagne) munie d’un pouvoir absolu et indivisible. Une fois prises, les décisions doivent «  faire autorité  », ce qui signifie que les acteurs sociaux, personnes ou groupes, les reconnaissent comme légitimes, ce qui part du bas au lieu du haut. On ne peut adhérer qu’à ce à quoi on a volontairement participé. Le pouvoir classique est descendant et imposé, alors que l’autorité légitime procède des acteurs et est reconnaissance du droit de commander.
Dans le schéma proudhonien, ce qui compte le plus ce sont les relations entre acteurs de façon que tout le monde puisse y participer à armes égales. C’est pourquoi notre auteur ne voit pas de contradiction entre la liberté et l’égalité. En effet, la liberté, en tant que volonté autonome de participation, suppose que l’acteur soit reconnu dans son égale dignité  ; sinon, il ne participera pas de bon gré à l’action commune (gage d’efficacité accrue). Pas de liberté sans égalité, pas d’égalité sans liberté, contrairement aux âneries de Tocqueville qui voit dans les deux notions une contradiction  : l’égalité empêcherait la liberté et la liberté détruirait l’égalité. Non, le couple liberté/égalité est «  une composition  », une combinaison, certes instable et dont le curseur est souvent mal placé. C’est pourquoi Proudhon a pu écrire, dans le sillage de Rousseau, que «  l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations  » car la coopération multiplie «  les forces collectives  » («  Qu’est-ce que la propriété  ?  » 1840) et augmente donc le rayon d’action de chacun de même que la coopération, qui suppose mutualité du respect, accroît les forces de tous.
Une des raisons qu’a Proudhon pour justifier l’autonomie des acteurs sociaux en tant qu’êtres de pouvoir disposant du pouvoir de l’être, réside dans sa théorie de la connaissance, son idéo-réalisme (Bancal), son pragmatisme anticipateur. «  L’idée vient de l’action et revient à l’action à peine de déchéance pour l’agent  », c’est l’idée-force très «  Fouillée  » de notre auteur. Cela signifie que les idées acquises guident l’action, que celle-ci en retour permet de les infirmer, compléter, modifier  ; cela implique que, devant un problème nouveau rencontré en situation d’action, l’acteur doit innover pour résoudre le problème qui s’est présenté à lui en dehors de la routine et des habitudes. La pensée est donc un processus incessant d’aller-retour entre les situations problèmes, l’action, la réflexion et la connaissance. C’est à la fois pratique, concret, inséré dans la réalité des situations d’action et de vie, et conceptuel, cognitif (idéo-réaliste, donc). Idée ou pensée ou savoir forment donc, là encore, une composition. C’est pourquoi, Proudhon voyait dans le travail, qui unit dans l’action la théorie et la pratique, un «  mode universel d’enseignement  ». Il s’ensuit que les acteurs doivent être libres de trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent parce qu’ils sont les mieux à même de les connaître en situation puisqu’ils les vivent et parce que de la mise en débat des choses au sein du groupe jaillit une intelligence collective. En effet, la situation commune force chacun «  à limer sa cervelle contre celle d’autrui  » (Montaigne)  ; en effet de la mise en commun des idées des uns et des autres surviennent peu à peu une approche et une connaissance collectives permettant de mieux résoudre les problèmes rencontrés ici et maintenant.
Proudhon fonde sa liberté-pouvoir-force sur une dialectique très particulière, celle des contradictoires qui sont en composition et non en opposition. Chez Aristote, nous avons des oppositions binaires car les termes de la contradiction (par exemple, le jour et la nuit) s’excluent mutuellement. Chez Hegel et Marx, la dialectique est un processus, un mouvement de dépassement dans un 3e terme, la synthèse par définition progressive par rapport à l’opposition antérieure. Cette dialectique est récusée par Proudhon car elle implique un progrès incessant, voire un évolutionnisme mécanique, qui lui répugne puisque pour lui alors la liberté des hommes serait fort réduite, car dans ces conditions le conflit qui structure les relations sociales pourrait disparaître en tant que moteur de la dynamique sociale, laquelle produit des émergences et non des fatalités ou de la providence. «  La synthèse est gouvernementale, elle est antérieure et supérieure aux termes qu’elle unit  », «  la contradiction ne se résout pas, pas plus que les deux pôles d’une pile ne s’attirent  ». Cette dialectique «  sérielle  » (notion empruntée à Fourier) a été présentée dans «  La création de l’ordre et de l’humanité  » parue en 1843  ; elle nous dit aussi que toutes les contradictions forment une chaîne de relations, un système d’interdépendance tout à fait instable et conflictuel car les contradictoires se retrouvent dans tous les domaines (autorité et liberté, par exemple que l’on retrouve dans les champs politique, économique, social, culturel, ou liberté et égalité ou public/privé). En 1846 (Le système des contradictions économiques, sous-titré «  Philosophie de la misère  », d’où le brûlot de Marx, «  Misère de la philosophie  »), Proudhon remplace série par système, mot qui aujourd’hui a fait florès. Ce terme traduit la nécessité d’approches transdisciplinaires, si chère à Edgar Morin, dans l’analyse des «  sinuosités sociales  » interdépendantes. Pour notre auteur, les contradictoires sont en équilibration permanente, via l’action et l’interaction sociale, lesquelles ne peuvent se développer que si elles sont libres de le faire. Une situation historique et sociale ne montre jamais que le positionnement du curseur entre les contradictoires. Jusqu’à présent le curseur autorité/liberté est positionné en faveur du pouvoir vu comme descendant, autoritaire, absolu  ; dans la société anarchiste, la liberté de chaque acteur sera première. L’action politique juste consiste alors à établir la «  balance  » des contradictoires de façon à placer le curseur au mieux compte tenu des circonstances et des rapports de force.
Il y a une anthropologie spéciale chez Proudhon. L’homme n’est ni bon (idée attribuée à Rousseau), ni mauvais, idée catholique de la nature pécheresse des hommes (St Augustin), nature qui force à introduire le pouvoir politique pour les empêcher de se nuire (St Thomas d’Aquin). C’est aussi l’origine du Léviathan de Hobbes et une idée-force du prétendu libéralisme à partir de l’économie  : les vices privés deviennent des vertus publiques (Mandeville) via la «  main invisible du marché  » (idée métaphorique de Smith mais caricaturée par le libéralisme). A quoi le libéral Spencer, faisant une lecture spécieuse de Darwin, ajoutera le «  struggle for life  », la lutte pour la vie des hommes et des cultures les uns contre les autres, les meilleurs remportant la victoire sur les plus faibles. L’homme est lui-même une composition car il est fait de raison, de sentiments, de passions, de désirs, d’intellect et de sensibilité, d’amour-propre et d’amour des autres, d’individualité et d’altruisme, d’attachement et d’arrachement… C’est du reste ce qui fait sa liberté car il ne parviendra jamais à se connaître totalement lui-même, car il est confronté à son incomplétude et à ses contradictions internes. Proudhon récuse donc la vieille séparation entre le corps et l’âme, entre la matière et la pensée  ; c’est pourquoi il n’y a d’association valable que si elle mélange intérêts et valeurs. On a mal compris sa prétendue hostilité aux associations (qualifiées de communistes à l’époque) qui ne visait que celles fondées sur une valeur à l’instar de l’harmonie de Fourier, de la fraternité de Leroux ou du talent de Cabet. Proudhon ne fonde pas non plus l’association sur la base des seuls intérêts comme dans une société commerciale car il lui manquerait l’affectio societatis, un ciment moral et affectif.
Il n’y a pas de nature humaine figée chez Proudhon (thème de la perfectibilité lancé par Condorcet) en ce qui concerne une essence immuable ou des caractéristiques communes à toutes les cultures dans l’histoire ou dans l’espace. La seule chose qui soit innée chez tous les hommes, c’est un potentiel commun, par exemple celui de parler n’importe quelle langue (compétence de Chomsky) ou d’arriver à la notion de Justice. Mais cela n’est pas si facile. Il faut d’abord que le petit enfant perçoive confusément que ses éducateurs partagent équitablement les fonctions éducatives et domestiques. Alors, si c’est le cas, ce que l’on ne voit pas dans toutes les cultures, il accède au stade de la perception de la justice. A l’école, dans les relations aux autres et aux enseignants, si elles sont équilibrées et respectueuses, cette aperception se consolidera en sentiment. Puis au travail et dans les organisations, il verra comment les travailleurs sont traités. Le sujet en arrivera ainsi à l’idée de justice via un processus de comparaison et une faculté d’indignation appuyée sur des critères d’appréciation donnés par les milieux d’appartenance et le niveau d’éducation. Lesquels sont divers et le sujet devra alors se forger sa propre conception des principes de justice si, naturellement, il est libre de le faire et dispose des connaissances et capabilités utiles pour discriminer sur des critères pertinents. Ces principes ne constituent en aucun cas une vérité absolue et cela est valable pour toutes les valeurs morales et toutes les idées. Proudhon part donc en guerre contre ce qu’il appelle des «  Absolus  », donc des transcendances postulées et le plus souvent imposées aux esprits par les différents pouvoirs (religieux, politique, économique, culturel). Parmi ces absolus qui stérilisent la pensée et l’action en les figeant par rapport à des idéaux, dans une perfection qui une fois atteinte, ne saurait être modifiée, il y a le mythe du progrès incessant des sociétés alors que celles-ci ne prouvent qu’un mouvement qui peut être aussi régressif. Du reste le seul progrès souhaitable est celui de la morale collective et individuelle (Philosophie du progrès, 1854). La justice et la liberté commandent pour cette raison de veiller à la mise en place d’une société qui facilite le développement des facultés et des potentiels humains. C’est pourquoi l’éducation ne peut être qu’une «  démopédie  » au sein de la démocratie.

B) La critique proudhonienne de la démocratie représentative

Proudhon critique vertement la démocratie représentative, non pas pour l’éliminer mais pour la rendre réelle. On ne comprend rien à cet auteur si on ne prend pas au pied de la lettre sa devise  : destruam et aedificabo (je détruis et je construirai). Là, je vais examiner le moment «  déconstructeur  », comme on dit aujourd’hui, de la pensée proudhonienne. Je dois confesser que j’essaie d’actualiser et d’interpréter, voire d’extrapoler dans une synthèse, les écrits proudhoniens sans trahir leur esprit.
La démocratie représentative repose sur la place excessive et irréaliste qui occupe le pouvoir politique (PP) qui y est placé à l’extérieur et en surplomb de la société. Le PP devient le deus ex machina de la société, son organisateur, son directeur (au double sens de buts à atteindre et de commandement), son gardien, son protecteur et parfois son «  flic  ». Pour cette raison, le PP a une tendance immanente à tout envahir, à tout réglementer, à tout surveiller et contrôler, à tout centraliser et standardiser. C’est un «  Absolu  » qui relève d’une souveraineté une et indivisible sur la société, que l’Etat soit unitaire ou fédéral. Quand on songe que la France dispose actuellement de 400 000 normes (en partie liées à l’inflation européenne), on ne peut que constater la justesse du diagnostic de Proudhon. Rappelons que les absolus stérilisent la société, l’initiative, l’imagination et la créativité, ce qui a notamment tué la «  Sublime porte  » ottomane bien installée dans son fauteuil théologico-politique (au sens de Spinoza). Pire  : le PP est devenu Etat, ce qui n’est que la forme la plus absolutiste et centralisatrice de l’instance politique d’un pays. Car l’Etat est conçu en quelque sorte comme une forteresse détenant le monopole du pouvoir. Cela a donné des idées fausses aux révolutionnaires  : il suffit de s’emparer de la forteresse étatique «  pour ensuite tourner ses canons contre ses anciens occupants  ». il n’y a qu’à faire la révolution seulement politique pour ensuite révolutionner la société. Ce à quoi Proudhon a répondu qu’on ne peut pas «  changer la société par décret  » (Crozier) car c’est un système complexe tout à la fois politique, économique et culturel. Il faut au contraire changer dans le domaine social avant d’obtenir une vraie démocratie politique  : «  la révolution politique est le but, la révolution sociale, le moyen  ». Cette stratégie proudhonienne va donc à l’encontre de tous les tenants du changement par la voie politique, que ce soit par la révolution ou par la voie électorale. D’où l’hostilité des léninistes et autres marxistes révolutionnaires à la pensée de Proudhon. D’où l’impasse où se trouvent les socialistes actuels qui par leur détention du PP ont conduit des politiques libérales contraires à celles exigées par la culture populaire.
La démocratie «  bourgeoise  » et son PP-Etat sont une construction juridique purement formelle. Si le pouvoir de la société sur elle-même (la souveraineté) appartient théoriquement au peuple, en réalité elle est symbolisée par l’absolutisme de l’Etat qui transforme sa puissance, qui n’est que potentielle, en puissance réelle car organisée juridiquement. L’Etat a été inventé pour enlever la détention de la souveraineté au roi, pour la rendre impersonnelle. Mais l’Etat n’existe pas, il n’y a que les «  appareils d’Etat  », les gouvernants et les représentants. Ce sont eux qui mettent en acte la puissance théorique de l’Etat. Mais les gouvernants, qui ne sont que les détenteurs provisoires du pouvoir d’Etat, en profitent pour le monopoliser, pour dire que l’Etat, c’est nous car nous avons été élus pour définir l’intérêt général en tant que relevant de la société tout entière qui a élu la Chambre des représentants comme hologramme ou microcosme en réduction du peuple souverain tout entier. Pure fiction légale, dit Proudhon. Loin de la légitimité dont l’origine réside sociologiquement et réellement dans la société, laquelle préexiste au gouvernement et aux représentants. De toute façon, aux yeux de Proudhon et de son pluralisme sociétal, la souveraineté doit se partager entre les acteurs et non pas se présenter comme absolue, une et indivisible, ce qui est une monstruosité purement française.
La séparation des pouvoirs, venue de Montesquieu, politique, législatif, judiciaire n’est qu’un saucissonnage juridique. On le constate aisément avec la Ve  République qui actuellement a remis tous les pouvoirs au président élu au suffrage universel et où le judiciaire n’est pas un pouvoir mais seulement une «  autorité  », raison pour laquelle la CJUE ne cesse de critiquer la France. La séparation réelle des pouvoirs demanderait que l’on procède à des élections dédiées pour chacune des instances à partir des forces sociologiques effectives du corps social ou que celles-ci puissent les saisir directement sans en passer par des obstacles institutionnels.
Le mode de désignation des représentants est purement atomistique, individu par individu, sans tenir compte des groupements dans lesquels les sujets s’enracinent et auxquels ils sont attachés car c’est là que se trouve leur vie. En France, l’électeur est censé se scinder de façon à ne voter que pour la volonté générale. Comme si un individu pouvait se détacher de ses propres conceptions des choses  ! Vouloir constituer l’expression de la volonté générale, qui ne peut se forger que sociologiquement et au nom du collectif, à partir d’une arithmétique de la majorité est un pur non-sens dont la conséquence est de donner le pouvoir légal de «  donner et casser la loi  » (Bodin) à ladite majorité.
Dans le système représentatif libéral, la société, en tant que communauté globale quoique pluraliste, en tant que système ou totalité, n’est pas représentée  ; son intérêt général (IG) de persévérer dans son identité et son histoire spécifique n’est pas pris en compte. En fait l’IG global du système sociétal n’y est que le rassemblement des utilités particulières des membres de la majorité, qu’un compromis alors que les électeurs ne votent pas pour eux mais seulement pour des représentants censés les servir. C’est lié à l’atomisme des suffrages mais aussi au fait que les circonscriptions électorales sont largement arbitraires (comme le récent découpage en 13 régions ou le vote pour l’élection du Parlement européen) et établies en dehors de toute réalité sociologique, culturelle ou historique ou économique. Ce qu’on doit représenter, ce sont les acteurs et forces sociales réels où les électeurs sont impliqués directement  : communes (d’où le communalisme de Proudhon), provinces (par exemple, Pays Basque, Bretagne, Catalogne, Corse, Occitanie…), corporations économiques, communautés en tout genre). En aucun cas, l’IG n’est fondé sur le suffrage atomistique, ni sur les décisions politiques des représentants qu’il permet de désigner. L’IG est à négocier entre les représentants directs des groupements sociaux réels. Ces élus sont munis d’un mandat impératif, ce qui, pour moi prolongeant la réflexion proudhonienne, ne relève que de l’obéissance aux finalités décidées par chaque groupe représentatif d’une fonction sociale ou d’une force sociale effective. Le «  délégué  » proudhonien (qui en outre est assisté de conseillers) ne peut en effet négocier que s’il est libre de transiger sur les délais et sur les moyens et seulement sur cela  ; sinon il n’y aurait rien à discuter entre acteurs. Ne pas transiger sur les buts est la marque d’un vrai réformisme  ; celui qui fait des concessions mais les fait pour toujours progresser vers des changements substantiels permettant d’avancer vers les buts visés par le groupement.
Le système représentatif bourgeois est fondé sur le contrat social à la Rousseau. Or ce contrat est vide de contenu, ce qui donne un chèque en blanc aux soi-disant représentants élus. Il ne comporte aucune clause économique, sociale ou culturelle, ce qui confirme le principe libéral qui veut que le PP et le droit soient neutres par rapport aux différentes conceptions du monde. Ce qui est à l’évidence un mensonge puisque, par exemple, depuis 1983 en France, les gouvernants n’ont cessé de pousser les feux en direction de ce que j’appelle le libéralo-capitalisme, à savoir le libre-échange sans limites, la concurrence sans freins, la liberté quasi totale de la finance. Ce qui est évidemment une conception du monde et un modèle de société qui a été mis en place en contravention avec la volonté du peuple (consulté en 2005, ayant voté non au TCE et se l’étant vu imposer ensuite par le seul parlement  !). On ne doit pas nier les conceptions du monde qui animent les groupements sociaux  ; on doit organiser le système démocratique pour qu’elles puissent s’exprimer et compter dans les votes. C’est ainsi que les acteurs sociaux pourront passer entre eux un «  pacte social  » qui est de fédération et non d’imposition d’une unité factice contre le pluralisme. Ainsi, on pourra supprimer l’énorme coupure libérale entre dirigeants et dirigés, entre élus et représentés.

· Les solutions de Proudhon dans son socialisme intégral

Proudhon va proposer un système qui permet l’expression de tous les acteurs et de leurs intérêts. Il va équilibrer les pouvoirs, par exemple en faisant de la propriété (sociale même si elle est individuelle) un opposant au PP  : «  il faut au pouvoir politique le contrefort du pouvoir économique  ». Ce système est fondé sur la liberté et le triple aspect de la Justice. Celle-ci est, dans le domaine socio-économique, la «  mutualité  », l’échange réciproque équivalent contre équivalent garanti par le droit  : «  organisons le droit et laissons faire la boutique  » et par des institutions régulatrices, que l’on verra ci-après, qui s’opposent fortement à l’idée d’un Proudhon libéral. Dans le champ des relations sociales, la Justice est le respect de la dignité de chacun même si cela engage notre sécurité, c’est l’égalité des droits, l’équilibre des statuts et des devoirs dans les interactions sociales. Enfin, dans le domaine politique, la Justice est l’égale participation de tous à la prise en charge de la définition des orientations communes, à l’élaboration d’un projet pour toute la société et des choix majeurs pour le modèle social et les valeurs déterminant les attentes réciproques des acteurs dans la recherche du bien commun.
Je passe rapidement sur l’aspect le plus connu de la Justice chez Proudhon, à savoir l’égale dignité de tous dans les relations sociales et cela dans tous les domaines de l’action sociale et donc des conduites morales des personnes. Il n’y a pas de dignité mutuelle des échangistes si le contrat d’échange n’est pas équilibré, si le poids des deux parties n’est pas égal. Il ne saurait y avoir une démocratie réelle si tous les citoyens ne peuvent pas s’exprimer et participer à armes égales à l’émergence des décisions engageant le bine commun. Il n’y a pas de relations sociales d’entente, de coopération, de fraternité si l’exigence éthique d’égalité de dignité des personnes et des groupements n’est pas respectée en toutes circonstances et en toute matière.
Proudhon pense qu’il faut organiser, régler le pouvoir économique pour qu’il puisse faire contrepoids (en instituant une égalité institutionnelle dans les rapports de force) au PP et pour assurer simultanément la mutualité et la transparence des échanges. Certes, il conserve le contrat et la concurrence qui est  : «  la liberté de se passer des services de quelqu’un qui les surfait  ». Cependant, le contrat n’a plus rien à voir avec celui passé librement entre deux personnes. Il est régi par le droit des échanges, lequel le rend équilibré en interdisant tout ce qui peut être léonin. C’est une évidence car même les libéraux devraient savoir qu’avant de contracter il faut un droit des contrats et que celui-ci est par construction sociopolitique car il ne peut dépendre des parties. C’est cela que la loi El Khonerie permet de violer en mettant sur le même plan le patron et l’ouvrier, l’entreprise et le syndicat en dehors des conventions collectives et du droit du travail. Cette loi restaure le fameux  : «  le renard libre dans le poulailler libre  » de Jaurès. Le contrat purement privé ne peut se passer que dans un cadre social préétabli. Notre auteur préconise au moins trois formes de propriété. La privée exploitée par une famille qui, si elle ne peut le faire par ses propres moyens et loue le bien, doit accepter que 30 ans de loyers vaillent acquisition dudit bien par le locataire. La sociale, à savoir les mutuelles et les coopératives qui font foisonner les moyens et qui assurent une solidarité entre leurs membres (loin des mutuelles actuelles qui ne font que de la «  mutualisation  » des ressources et des dépenses). Car Proudhon voit bien que pour conserver son indépendance le petit producteur doit s’associer  : «  la petite culture est aussi sotte que la petite industrie  » à cause de la mise en śuvre des «  forces collectives  » (technologie, coopération, division du travail) et de la concurrence. Celle-ci doit être encadrée car les processus économiques conduisent rapidement au monopole dans le cas contraire. Et une propriété publique si les forces collectives à mettre en śuvre sont très importantes  : ce sont les «  compagnies ouvrières  » possédées et dirigées en mains communes par les acteurs concernés (communes, consommateurs, salariés, PP central), incessibles et indivisibles et autogérées par les travailleurs. Elles sont donc socialisées et non étatisées comme EDF en 1946.
Ce n’est pas tout  ; Proudhon prévoit toute une série de dispositifs mis au service de tous les acteurs économiques  : statistiques nationales (il n’y en avait pas à l’époque), docks, magasins généraux, expositions et foires, mercuriales et «  une Banque du peuple  » procurant un crédit dont les frais sont réduits à ceux de gestion sans intérêts à payer et fournissant une monnaie de crédit à tous les membres de son réseau… Bien plus, Proudhon insère tous les acteurs dans des structures de mise en relation et de négociation des intérêts. Nous avons le syndicat de la production industrielle («  la Sociale des cités  ») et celui de l’agriculture («  la Marianne des champs  ») qui, associés, donnent le syndicat général de la production. Ensuite ce syndicat s’allie à celui des consommateurs pour constituer le «  syndicat général de la production et de la consommation  ». Dois-je préciser que cette prise en compte organisée de la consommation a été proposée avant 1865  ? C’est pas mal pour un type que les opposants ont fantasmé en paysan attardé n’ayant rien compris à l’industrie et à la finance  ! Mais Proudhon, contrairement à maints socialistes a travaillé, lui  : prote, imprimeur, comptable, fondé de pouvoir de Gautier Frères, journaliste et directeur de journal et même éphémère banquier (Banque du peuple en 1849). De son expérience chez les Gautier (entreprise de batellerie), Proudhon a tiré une anecdote savoureuse montrant en quelle estime il tenait les experts sortis des Grandes Écoles («  ces séminaires de l’aristocratie  »)  : un ingénieur des ponts avait construit un pont sur la Saône trop bas pour les péniches. Les bateliers se plaignirent. Réponse du polytechnicien  : les ponts, c’est fait pour passer dessus, pas dessous  ! Par rapport à ces gens-là, Proudhon a voulu rendre le pouvoir aux «  petites gens  » dont l’intelligence pratique et vécue est infiniment supérieure à celle des technocrates.
Sur le plan politique, Proudhon entend remettre le pouvoir au sein de la société tout entière, à le rendre à ses seuls propriétaires légitimes (les personnes et les groupements de base), à le faire remonter «  de la circonférence au centre et de la base au sommet  », à redonner à chaque acteur son autonomie en ce qui concerne sa sphère de vie et ses intérêts propres. Il veut cantonner le PP à des fonctions de fixation des objectifs généraux, de coordination, d’animation, d’impulsion  ; certainement pas de gestion, «  d’exécution  ». Il veut le répartir entre tous les acteurs pour en finir avec une souveraineté absolue et exercée d’en-haut par un personnel spécialisé. Le pouvoir est alors non seulement distribué équitablement entre les parties mais encore décentralisé et pluriel.
Proudhon fait émaner le pouvoir législatif de la société tout entière. Il est assuré par deux chambres  : celle des professions (dont les élus sont sélectionnés par étages successifs au sein du syndicat général de la production et de la consommation à partir des cellules de base  : mutuelles, coopératives de production et de consommation, usines et branches d’industrie, associations de consommateurs…) et une chambre territoriale. Celle-ci est aussi formée par étages à partir des localités jusqu’au niveau national en passant par l’étape provinciale. On a ainsi une cascade remontante de «  délégués  » à partir du bas, chaque étage élisant les membres du rang supérieur. Les chambres nomment le pouvoir exécutif, lequel est parfaitement révocable, de même que les délégués s’ils perdent la confiance de leurs électeurs. A quoi s’ajoute un pouvoir judiciaire sans doute élu mais j’extrapole car Proudhon ne le dit pas  ? Et encore, ce que notre réformateur a appelé le «  pouvoir enseignant  » qui remplit la fonction la plus importante de la société. Les membres nationaux du pouvoir enseignant sont élus à partir de délégués eux-mêmes élus par les structures de base de l’enseignement et en remontant les échelons territoriaux  ; les écoles ont un conseil d’administration constitué en pluripartisme (professeurs, représentants des parents d’élèves, élèves majeurs, représentants locaux des professions). J’extrapole là encore mais en prenant soin de ne pas travestir l’inspiration proudhonienne. En effet, Proudhon mort fort jeune, du reste en dictant sur son lit de mourant les derniers chapitres de sa capacité politique des classes ouvrières en France, n’a pas pu synthétiser ses propositions dont certaines figurent dans ses śuvres posthumes.
On voit ainsi les caractéristiques majeures du système fédératif prôné par Proudhon  : il est tout à la fois économique, politique, juridique et culturel (au sens de prise en compte des cultures et des communautés peuplant la société). Il est décentralisateur et ne fait remonter au niveau central que ce que les échelons de base ne peuvent pas traiter, comme, par exemple, la monnaie commune, la défense extérieure, la diplomatie, la justice… On observe que cette architecture du PP est l’inverse de celle de l’UE, laquelle condescend, dans son faux principe de subsidiarité, à laisser aux étages inférieurs ce dont la bureaucratie centrale ne peut pas ou ne veut pas s’occuper. Proudhon retrouve ainsi la veine des vieux penseurs chrétiens, à l’origine du primat des communautés de base (Marsile de Padoue, Althusius) et du vrai principe de subsidiarité. Il fonde un «  pacte fédératif dont toute partie peut s’extraire en cas de violation de ses droits et du pacte lui-même qui ne vaut association et union que pour des intérêts et des valeurs communs et librement consentis. Enfin, il est clair que le pacte fédératif est parfaitement démocratique. Sans surinterpréter Proudhon, je pense qu’il ne saurait s’y trouver des élus multi-mandatés (car chaque fonction sociale représentée est réelle, sociologiquement établie et spécialisée) ni dans le temps ni dans l’espace. Il apparaît enfin et surtout peut être que le système proudhonien de PP est à la fois une structure et un processus permanent de mise en expression des intérêts de chaque acteur impliqué dans une fonction sociale (économique, éducative, culturelle, judiciaire), de mise en débat et de négociation entre acteurs, de règlement des conflits tant potentiels que déclarés, de détermination des finalités relatives au bien commun pour tous les acteurs. C’est de ce système qu’émerge peu à peu la détermination de l’intérêt général du pays et non de la décision de représentants seulement politiques pouvant statuer sur tout. J’insiste sur le caractère permanent du fonctionnement de cette démocratie, ce qui nous éloigne définitivement du système actuel qui n’est que juridique, légal, procédural et intermittent. Car entre deux élections les représentants se croient (et ils le font) habilités à ne décider des choses qu’en fonction de leurs amis et de leurs intérêts de corps de politiciens professionnels englués dans des appartenances partisanes. Du reste, on constate que le système proudhonien se passe aisément des partis. Ce devrait être cela la VIe  République si l’on est encore socialiste  ! Les critiques jugent le projet de Proudhon utopique. C’est faux dans la réalité car il existe déjà partiellement avec les confédérations syndicales  : on y a d’un côté des échelons territoriaux (union locale, départementale et régionale) et de l’autre des branches d’industrie  ou corporations professionnelles. Ce système résulte de la fusion des Bourses du travail de Pelloutier et des syndicats professionnels.
Je dois rappeler que la droite à la Maurras a tenté de récupérer Proudhon via le cercle Proudhon créé par Georges Valois avant la guerre de 14/18  ; le régime corporatif de Vichy a fait de même. Ce que je viens d’exposer montre combien il s’agissait d’une manipulation politique pour se rapprocher du monde ouvrier et salarial. L’actuelle Société P-J Proudhon remet les pendules à l’heure.

Delinda est democrassia

Posté : 5 mai, 2017 @ 11:02 dans politique | Commentaires fermés

Le pseudo-débat entre la Marine et le Maqueron a tenu toutes ses promesses montrer le vide intersidéral des politicards francaouis; ce qui confirme largement que notre démocrassie représentative est déjà morte. Les politicards sont comme le coyote de Tex Avery: ils ne tombent pas encore car ils n’ont pas pris conscience de ce qu’ils sont dans le vide. Braves électeurs, encore un effort: il suffit de s’abstenir dimanche pour envoyer la pichenette qui enterrera la Ve Ripoublique. Certes, on ne sait pas ce qui se passera après la perte totale de légitimité de nos VRP de la politique. Mais on peut être sûr de 2 choses: voter massivement pour le Maqueron, ce sera encourager la poursuite et même l’aggravation de la politique libéralo-capitaliste qui à long terme aura la peau du peuple tout entier. S’abstenir en masse, ce sera ouvrir une porte au changement, évidemment SGDG. Il nous faut choisir entre la certitude d’être plumés encore et encore et l’espoir que du chaos émerge, grâce à notre action à la base dans la société réelle, une autre société, ce qui ne se fera pas en un jour et demandera une grande ténacité pour échapper aux griffes du libéralo-capitalisme.
Maqueron va être élu président de la ripoublique et va sûrement attirer des vieux chevaux de retour, comme la crypto-franquiste Vallse, et des Rastignac de la 11e heure. Mais il n’aura sans doute pas de majorité législative, ce qui le forcera à passer des compromis en vue de majorités circonstancielles en fonction des décisions à prendre, sans doute avec ce qui restera du PS et la droite modérée. Il aura contre lui le bloc de la droite dure emmenée par Veau-Quiet et Chiotti, sans doute en partie alliée au FN, et la gauche de la gauche mélenchoniste alliée aux ex-frondeurs qui n’auront pas rejoint Maqueron. Cela promet.
Maqueron a affiché son intention de négocier avec die Grosse Angela pour réorienter l’UE et la zone euro. Elle va rigoler car le président sans majorité stable sera une girouette, un fantoche, un inaugurateur de chrysanthèmes. Il n’aura aucune crédibilité et cela d’autant plus que l’écart de puissance économique entre la Doryphorie et la France va sûrement croître et embellir. Il va donc faire comme Zizi Rider: s’écraser devant la force de la Fridolie, laquelle a pour alliés l’Europe du Nord, prospère et luthérienne et l’Europe de l’Est à laquelle l’UE sert de bureau de placement pour ses chômeurs, tant en tant que travailleurs détachés qu’en tant qu’opérateurs de sous-traitance de l’industrie allemande. Qui plus est, les règles actuelles de prise de décision dans l’UE empêchent toute voie dissidente vis-à-vis de l’ordolibéralisme tudesque en place: il faut soit l’unanimité dans certains domaines (fiscalité par exemple), soit une « majorité qualifiée » (une majorité de gouvernements représentant au moins la moitié de la population de l’UE; en quelque sorte la voix de chaque pays est pondérée par la masse de sa population). Il est donc assez sûr que l’actuelle cohue de gouvernements qui constitue le Conseil Européen sous forme de foire d’empoigne entre pays ne défendant que leurs intérêts va continuer. Ce qui arrange Angela qui assied le pouvoir teuton sur l’UE grâce au classique diviser pour régner tout en se constituant une cohorte d’affidés attirés par quelques gâteries…payées par tous les autres pays. Et si Angela est battue en septembre, cela ne changera rien car les sociaux-démocrates vont continuer la politique Deutschland über alles. Du reste le libéral et banquier Maqueron n’a aucunement l’intention de sortir de la logique libéralo-capitaliste qui fait partie de « sa personnalité de base » et qui lui vaut le respect de ses pairs et des médias inféodés au kapital et à la publicité. En plus, il s’entend bien avec les vieilles…
On poursuivra donc la politique libéralo-capitaliste dont il faut absolument sortir. Mais on ne peut pas en sortir brutalement, car l’UE sanctionnerait notre pays et car Maqueron fera donner la troupe contre les opposants à sa politique en France. le temps des glorieuses révolutions (1789, 1830, 1848, 1871), qui honore tant le peuple français alors que le luthériannisme a toujours prôné l’obéissance au pouvoir en place, est fini pour trois raisons: les moyens militaires dont dispose le pouvoir, la domination économique, politique et culturelle du libéralo-capitalisme en tant que « phénomène social total », la réaction tant de l’UE que de la phynance internationale. L’idée d’une monnaie commune pour les échanges extérieurs, avec le franc en interne, est assez bonne mais la Marine a oublié que cela supposait la remise en place du contrôle des changes, ce qui est une horreur pour l’UE et le libre-échange. Bien mieux vaudrait une monnaie parallèle utilisée en réseau en France sous la houlette de la « Banque du peuple » afin de financer par le crédit les PME, PMI, artisans, coopératives, mutuelles et toute activité dont la logique économique est contraire à celle de l’accumulation capitaliste et du profit. Pour sortir de l’UE, il faut construire autre chose, en-dehors, à côté et contre, à la base dans l’action directe d’acteurs collectifs autonomes et anticapitalistes.

Pour une démocratie authentique

Posté : 4 mai, 2017 @ 8:41 dans politique | Commentaires fermés

La démocratie représentative (encore plus dans ses formes actuelles) est disqualifiée en tant que porteuse des intérêts généraux d’un pays, en tant qu’adéquation d’un peuple à ses mandataires et délégués. Proudhon, sincère démocrate, l’avait bien vu en reprochant au système politique représentatif quatre vices structurels majeurs (et bien d’autres mais les 4 exprimés ici sont rédhibitoires). Le premier est que le pouvoir politique et son exercice sont extérieurs et supérieurs à la société, ce qui donne une classe d’élus qui détient le monopole du pouvoir, ce qui sépare par construction les dirigeants des dirigés, ce qui institue le pouvoir politique comme devant dominer les « forces collectives » et les acteurs socio-économiques (la « société civile » comme on dit aujourd’hui), du reste en scindant le politique et l’économique. Le deuxième est que ce système, ayant dû se munir de contrepoids pour éviter la transformation du monopole du pouvoir en rente perpétuelle et en violation des libertés, a installé une séparation juridique et formelle des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) au lieu d’une prise en charge des divisions sociales réelles de la société, celles créées par la division du travail (technique, économique, sociale) et celles liées à l’histoire et aux cultures (divisions en provinces, communes, langues…). Cette division, toujours actuelle, des pouvoirs est adéquate à l’anarchie économique, financière et commerciale du libéralo-capitalisme. Le troisième réside dans l’idée totalement fausse que les citoyens votent en leur âme et conscience individuelles pour l’intérêt général. Or les citoyens ne sauraient être séparés de leurs groupes d’appartenance (donc le suffrage individuel est un non-sens) et ne sauraient ignorer leurs intérêts particuliers. Cette fiction se redouble de celle qui fait du représentant une personne hors sol totalement dévouée au bien public et n’ayant pas d’intérêts spécifiques. Le tout a été pensé pour instiller l’idée que le vote est fondé sur un corps social uni, indivisible et absolument souverain. La Chambre des représentants est en quelque sorte un hologramme du pays, un modèle réduit mais isomorphe de celui-ci, donc munie de la souveraineté qu’elle exerce au nom du peuple dont elle serait le clonage en réduction. On sait qu’aujourd’hui, et depuis déjà longtemps, que ce sont les partis qui désignent les candidats et qu’ils défendent avant tout leur corporation professionnelle de spécialistes de la politique ; on sait aussi que les partis et les représentants sont largement inféodés aux lobbys, aux ONG et aux groupes de pression en tout genre car pour conserver le pouvoir il leur faut ratisser large et obtenir le financement des campagnes électorales. Le quatrième est que l’on vote pour une entité fictive (la nation) et directement pour l’intérêt général eu lieu de voter par groupements et communautés d’enracinement direct des citoyens ; on ne vote pas pour des intérêts réels à représenter directement, ce qui fait qu’il n’y a aucune structure intermédiaire entre l’électeur et la Chambre des représentants. En 1864, les politicards, plus ou moins inféodés à Napoléon le petit, sont allés jusqu’à vouloir interdire que les ouvriers présentent « des candidatures ouvrières » en tant que classe sociale à représenter sans en passer par « une cohue d’avocats et de gens de lettres ».
Tout le projet de Proudhon est fondé sur le fédéralisme socio-économique et politique. Contrairement à ses premières vues totalement anarchistes, Proudhon a compris que le pouvoir politique est une instance nécessaire car le politique est essentiel à toute communauté. Ce qui a fait écrire à Julien Freund que « l’essence du politique » reposait sur 3 contradictoires indépassables : le couple commandement vs obéissance, le dipôle ami vs ennemi (qui est en même temps ouverture vs fermeture vis-à-vis de l’extérieur), le curseur public vs privé (chez Proudhon : privé, socialisé, public). Toute « politie » est obligée de statuer sur sa position à l’égard de ces 3 contradictions perpétuelles et universelles. Une politie, c’est une communauté politique ; dont la communauté nationale qui est la seule instance à pouvoir défendre les intérêts et l’identité d’un pays dans le concert mondial tant que des structures internationales, comme l’UE, n’auront pas repris ses missions dans un véritable fédéralisme et non dans une sorte de confédération d’Etats indépendants se tirant dans les pattes et purement économique comme aujourd’hui. Le projet proudhonien consiste alors à :
1) joindre le politique, le social et l’économique dans un système « mutuelliste » en économie et fédératif en politique de façon que le fédéralisme soit socio-économico-politique au lieu d’être « hamiltonien », c’est-à-dire purement politique comme dans les Etats fédéraux actuels.
2) à remettre le pouvoir politique dans la société et à le fonder sur la division sociale et sociologique réelle de la société et des acteurs sociaux au lieu d’une séparation formelle des pouvoirs. Ce qui veut dire reconnaître l’autonomie des groupements sociaux, territoriaux, culturels ou fonctionnels. Cela signifie aussi de ne considérer l’individu que comme membre de groupements ; j’ajoute à condition qu’ils soient organisés, fédérés (cela n’est que préciser les vues de Proudhon). Il n’y a plus de vote direct d’individus atomisés mais passage par de structures de médiation qui correspondent aux groupements réels de la société. Ces groupes réels doivent être munis des pouvoirs leur permettant de réaliser leurs fins (qu’ils connaissent mieux que tout autre) et de mener les activités nécessaires ou utiles à leur persistance dans leur être. Ils doivent être à même de défendre leurs intérêts. Ce qui implique que le système politique et électoral soit fondé sur les intérêts directs des groupes sociaux et non sur le fantasme du vote individuel soi-disant orienté par l’intérêt général.
3) à construire le système électoral de façon qu’il devienne une structure et, en même temps, une organisation de mise en relation des différents domaines de l’action sociale (l’économie, le droit social, la culture, la politique) dans une société diversifiée et pluraliste, domaines concernant tous les acteurs, en tant que groupements sociaux du « pays réel », et pas seulement les politiciens. Cela au lieu de voter périodiquement pour des représentants obtenant ainsi un chèque en blanc (et les pleins pouvoirs) sur toutes les questions et problèmes pendant le cycle électoral concerné. Il n’y a plus alors de monopole de détermination de l’intérêt général mais une coconstruction partagée et révisable entre acteurs sociaux via leurs délégués. Et les délégués deviennent les véhicules et les supports de débats internes aux groupements, débats destinés à établir les projets spécifiques de chaque groupe et à choisir leurs défenseurs élus vis-à-vis de l’extérieur.
4) à installer le principe de subsidiarité qui consiste à ne donner à la fédération que ce dont les acteurs locaux ou fonctionnels ne peuvent pas s’occuper pour tout le pays (par exemple les garanties procédurales et de moyens nécessaires à une concurrence loyale sur tout le territoire) ; c’est tout le contraire de la subsidiarité à la sauce UE dans laquelle celle-ci condescend aux instances de rang inférieur le droit de gérer certaines affaires. Les règles économiques et commerciales sont uniques pour toute l’UE mais chaque pays peut disposer de sa fiscalité et de ses lois sociales pour s’adapter à la mise en concurrence « libre et non faussée ».
5) à diffuser les pouvoirs, à les répartir entre acteurs concernés, à les équilibrer les uns par les autres en tant que porteurs d’intérêts et représentation des rapports de force. Au lieu d’un pouvoir politique central, menant une politique unitaire au nom d’une présumée unicité de la nation, détenu par quelques-uns, Proudhon a disséminé le pouvoir politique dans l’ensemble du corps social de façon qu’aucun acteur ne soit en position de supprimer le pluralisme sociétal ou à le diriger tout seul. De ce fait, la corruption des délégués devient fort difficile car il y en a bien trop à circonvenir (c’est facile dans un Etat centralisé ; il suffit d’acheter les principaux et peu nombreux leviers de commande de la prétendue représentation nationale). Dans la vision proudhonienne, le pouvoir politique est à l’intérieur de la société. Il n’est pas au-dessus de celle-ci mais transversal et interne. C’est pourquoi le pouvoir politique ne peut être la seule force de direction de la société, mais seulement son moyen de coordination, d’animation et d’impulsion. En aucun cas « une force d’exécution ». A la place de la concentration du pouvoir sur des dirigeants politiques, il y a multiplication et diffusion des pouvoirs partout dans la société. Au lieu de l’infini souverain et des individus zéro, nous obtenons l’infinité des pouvoirs décentralisés et le quasi-zéro de la puissance centrale. Ainsi, la souveraineté n’est plus absolue ; elle est répartie et divisée en fonction de la diversité sociétale.
6) à faire en sorte que le système de représentation soit avant tout fondé sur un processus permanent (au lieu du suffrage périodique et procédural) et une structure institutionnelle de la mise en expression, en débat et en négociation de tous les intérêts des acteurs sociaux. C’est pourquoi pour Proudhon le mandat des délégués dans les comités de représentation doit être impératif. Ce que pour ma part je ne concède que pour la fidélité aux objectifs du groupe des mandants. En effet, on ne peut fixer à l’avance les moyens, les procédures, les réformes, la temporalité des stratégies de changement à cause des incertitudes et des aléas de l’action sociale en univers pluraliste et conflictuel. Et on ne peut vouloir négocier avec les autres sans avoir de marges et de latitudes de négociation. Le système de représentation est forcément à construire par étages successifs en partant de la base et en « allant de la circonférence au centre ». Il reste une hiérarchie sociopolitique mais ce n’est pas celle des fonctions, ni des individus, ni des instances de direction ; c’est celle des niveaux de territoire en partant de ses plus petites unités, notamment la commune ou le groupement de communes. Dans les grandes villes, la plus petite unité est le quartier considéré comme unité de vie en commun.
7) à mettre tout le monde en relation en distinguant les fonctions qui relèvent en quelque sorte de la « physiologie » de la société (par exemple, la production, la consommation, la circulation) et celles qui ont pour but de mettre en relation, de coordonner, de piloter les éléments du corps social dans une optique transversale. A ce moment-là, le pouvoir politique perd sa prééminence et se fond dans les entrailles de la société. Ce n’est plus la tête du pays, ce n’est plus le corps du roi, ce sont les intestins qui participent eux aussi à la direction de la société (je souligne que la science a montré aujourd’hui que les intestins disposaient de neurones ; je me souviens d’une vieille métaphore dans laquelle le cerveau se voulant tout puissant subissait la révolte de l’estomac ne voulant plus lui obéir et entraînant alors la mort de tous les éléments du corps).
8) à joindre l’individuel et le collectif, le privé, le public et le social en organisant les individus dans des structures d’action collective régies par un droit social et mutuelliste ; c’est alors ces structures qui élisent des délégués porteurs de leurs intérêts et non un vote par têtes de pipe atomisées croyant détenir une vue pertinente du bien commun. L’intérêt général ne peut être qu’une résultante des négociations, plus ou moins conflictuelles, entre délégués des groupements sociaux. Il n’est pas décidé par une instance centrale postulée comme légitime parce qu’élue et à laquelle on aurait délégué l’exercice de la puissance souveraine de façon absolue et indivisible.
Ces finalités de construction d’une démocratie réelle reviennent, en tant qu’idée directrice, à reconnaître les communautés (que j’appelle groupements afin de ne pas me situer dans le sillage du communautarisme) comme devant être libres de la défense de leurs intérêts et valeurs et comme constituant la base réelle de tout système politique et de la démocratie directe et participative. C’est en revenir à l’optique girondine contre le jacobinisme et l’étatisme. C’est pourquoi je mets les collectivités territoriales à part du socio-économique ; mais ce sont elles qui seront le fondement de la représentation territoriale du pays. C’est évidemment bien plus difficile à organiser que le suffrage atomistique actuel. De plus, si c’est ce dernier qui a fait florès, c’est aussi parce qu’il avait l’avantage d’aider le libéralo-capitalisme à tuer toutes les appartenances hostiles à une normalisation et propices à soutenir des solidarités et des spécificités faisant obstacle à la généralisation d’un marché standardisé. Pour s’épandre, le fumier libéralo-capitaliste, en tant qu’accumulation sans fin et comme règne de la consommation inutile, a besoin d’individus atomisés, sans attaches, sans particularités.
Donc, en prenant en compte ces 8 points, aboutir à une démocratie réelle organisée de façon à prendre en charge l’objectivité et la pluralité des « forces collectives » et des personnes et acteurs individuels ou groupaux mais en les associant, et l’interdépendance des problèmes à résoudre tant au niveau des matières à traiter que des acteurs de terrain et des structures de regroupement. C’est l’option du « fédéralisme intégral » proposé par Proudhon et baptisé ainsi par Benoît Malon.
L’idée fondamentale est de partir des fonctions sociales à assurer pour le maintien du système sociétal, système ouvert sur son environnement et sujet aussi à des perturbations internes. Il est donc évolutif tout en devant conserver sa cohérence et s’adapter aux évolutions endogènes ou exogènes. Il faut donc, à l’instar d’un Talcott Parsons, repérer les fonctions vitales pour la société. Là, je vais innover par rapport aux premiers apports de Proudhon qui a été le premier à penser de façon systémique alors même que ni la science, ni le langage de son époque ne le facilitaient. La difficulté est de ne pas ventiler les fonctions sociétales « façon puzzle » en en établissant trop sans les hiérarchiser alors qu’il faut plutôt en faire une « composition » (terme cher à notre auteur). C’est pourquoi je vais proposer un regroupement de fonctions essentielles à seule fin de montrer la possibilité de bâtir la démocratie sur des fondements objectifs et sur la participation du maximum d’acteurs. Ce ne sont que des exemples car je n’ai pas la fatuité d’être exhaustif ni de déterminer à moi tout seul un système démocratique.
A) Les fonctions sociétales fondamentales.
Il faut noter tout de suite que chaque fonction produit les normes qui la concernent directement ; mais que nulle décision ou étude de problème ne saurait intervenir sans mise en relation transversale de toutes les fonctions car elles sont évidemment interdépendantes dans le système sociétal. Par exemple, le droit de la fonction économique, tout en étant spécifique, a des conséquences sur toutes les autres fonctions. La fonction juridique est donc, comme la politique ou l’environnementale, transversale à toutes les autres. Il faut aussi débattre avec des représentants des instances territoriales. Ainsi le politique et le juridique ne sont plus au-dessus de la société mais dedans, ne sont plus le fait du prince, fût-il une assemblée, mais partagés.
A tout seigneur, tout honneur : je regroupe dans la fonction économique la production industrielle, agricole et de services, le financement, la monnaie et le crédit, la consommation, la circulation (commerce, transports, échanges, assurances des biens). Cette fonction produit naturellement
J’ai aussi la fonction sociale : législation du travail, droit syndical, droit des contrats de travail (salaires, durées du travail de la journée à la vie entière), protection sociale (retraites, chômage, requalification et FPC, maladie et accidents du travail), normes du travail (conditions de travail, produits toxiques, maladies professionnelles, médecine du travail).
J’ai la fonction formatrice (le 4e pouvoir de Proudhon) : finalités de la formation, organisation de l’enseignement, statut et degré d’autonomie des écoles et structures de formation, pédagogie, contenus, évaluation, recrutement des enseignants, mode de gestion et de direction, liens entre les types et les niveaux de formation (relation entre le général et le professionnel, rapports avec les universités, relations avec la FPC, passerelles entre filières), etc. la fonction formatrice me semble devoir être étroitement reliée à la recherche fondamentale afin d’éviter dans les universités des profs uniquement enseignants et dans les labos des chercheurs sans rôle formateur.
J’ai la fonction judiciaire en vue de du maintien de l’ordre social, de l’établissement de la hiérarchie des normes, des jugements soit directs, soit en structure d’appel ou de cassation (la cour de cassation étant à mon sens la cour suprême sur toutes les questions) ; je dis donc au passage qu’il n’y a plus de justice d’Etat via les tribunaux administratifs, ni de conseil constitutionnel, ni de tribunaux spécialisés (du genre de l’horrible tribunal de commerce ou du tribunal des affaires sociales ou des Prud’hommes ; ils sont remplacés par des chambres spécifiques en fonction des matières à traiter et toutes coordonnées par le président du tribunal), de l’organisation de la police, laquelle devrait être unifiée en un seul corps au service des citoyens et non du pouvoir exécutif.
J’ai la fonction communication, ce qui englobe les médias, les moyens de communication modernes, la culture, la langue et son rayonnement extérieur. Cela organise donc le traitement de l’information dans tous ses aspects (acteurs, moyens, sécurité, transparence,  etc.). Ce qui implique que les statistiques soient socialisées, c’est-à-dire prises en charge par le système démocratique tout entier et soient socialisées au lieu de dépendre de l’Etat ou des puissances d’argent. Il s’agit aussi de s’occuper du rôle de la culture comme instance essentielle de l’émergence des représentations collectives, des valeurs sociétales, des finalités de la société en vue du bien commun et de la bonne vie.
J’ai la fonction diplomatique des relations extérieures, de la défense, de la participation du pays aux instances internationales, de la négociation des traités internationaux. Je souligne que tous les acteurs sont concernés par les conséquences de la diplomatie sur leurs activités. Et que l’armée doit être soustraite aux mains d’un exécutif pouvant s’en servir quasiment à sa guise (comme en Ve République) et contre le peuple.
A ces 6 fonctions majeures, unies aux fonctions transversales et coordonnatrices : politique, environnementale et juridique, correspond une chambre socio-économique qui, cela dit au passage, élimine le conseil économique, social et de l’environnement. Cette chambre est naturellement constituée de 6 commissions. Je préconise 50 délégués par commission, ce qui nous fait 300 élus nationaux au lieu des 577 actuels. Comme le juridique et le politique sont transversaux, c’est la chambre, toutes commissions réunies, qui nomme le premier ministre, chef de l’exécutif. Naturellement chaque problème est examiné par toutes les commissions (les comités, dirait Proudhon) de façon à assurer la transversalité de sa résolution en n’oubliant aucun de ses aspects.
En outre, il convient de représenter le territoire. Cela se fait avec une chambre territoriale issue des chambres régionales représentant les provinces historiques et culturelles du pays, ce qui veut dire que les départements napoléoniens sont supprimés, de même que les 12 régions métropolitaines de Zizi Rider ; on réunifie la Bretagne, la Catalogne, le Pays Basque, l’Occitanie, etc. Ce qui compte, c’est la langue, la culture, les traditions, us et coutumes et l’histoire pas le nombre d’habitants, ni la puissance économique. Si on reprend les 18 provinces historiques, on leur donne 10 délégués, soit 180 personnes au lieu des 338 membres actuels du sénat. La chambre territoriale, évidemment consultée pour chaque problème, est élue suivant 3 étages : les collectivités locales (élues à partir de listes de candidats proposées par les UL syndicales, les associations de quartier ou de parents d’élèves ou de défense par exemple de la qualité de vie, le regroupement des entreprises au sein d’une fédération locale des chambres de commerce, d’agriculture, des métiers, les partis politiques), les chambres provinciales (de 30 sièges) élues par les communes, associations de communes, villes découpées en quartiers, la chambre nationale élue au second degré par les membres des chambres provinciales. Pour Cette représentation territoriale fait remplacer l’actuel sénat. Pour la suite, je me concentrerai sur la dimension socio-économique.
On a donc deux chambres de représentation, la socio-économique et la territoriale ; elles sont mises sous l’animation et la coordination d’un président de la République élu en assemblée plénière des 2 chambres.
B) l’organisation du processus et de la procédure électorale de la chambre socio-économique
De façon générale, on peut retrouver des acteurs-électeurs identiques dans toutes les commissions ; ce sera par exemple le cas des syndicats de salariés. L’idée est d’enlever aux partis politiques le monopole de la sélection et de la présentation des candidats en leur donnant des concurrents. On se demande pourquoi les politiciens, actuellement si attachés à la concurrence, les excluent pour ce qui est des élections politiques sauf pour ce qui est des autres partis politiques. Et encore : quand un parti se situe hors système majoritaire, il se fait avoiner par tous les autres. Une autre idée est qu’avant de désigner des candidats, les acteurs collectifs de représentation aient une mise en débat intense autour non seulement des personnes mais surtout du projet. Ce qui suppose que les délégués aient ensuite un mandat impératif sur les buts collectifs du groupement électoral sélectionnant les candidats ; non sur les étapes, la stratégie, les moyens, le rythme ou la durée car, sinon, il n’y aurait pas de marges de négociation et d’entente. Le pluralisme suppose en effet expression, mise en débat et négociation entre acteurs n’ayant pas les mêmes vues mais disposés à trouver ensemble des solutions aux problèmes rencontrés ou potentiels. On doit constater qu’un même citoyen pouvant appartenir à plusieurs groupements démocratie locale et participative peut voter pour différentes commissions.
On organise la sélection des délégués par étages ; j’en vois deux pour le domaine socio-économique : le provincial et le national (donc sans les départements). La représentation provinciale est à l’image de la nationale décrite supra : une chambre socio-économique et une chambre des collectivités locales (communes, quartiers, groupements de communes). Si un citoyen peut être multi-électeur à la base, aucun délégué ne peut avoir plus d’un mandat à la fois, ni 2 mandats consécutifs dans le temps. C’est nécessaire pour éviter la mise en place de réseaux de pouvoirs et d’amitiés intéressées et surtout pour établir une circulation et un brassage des représentants-délégués.
Ici, je vais me contenter de donner un exemple de mode de prise en charge de la participation de tous à la Res Publica, celui concernant la fonction formatrice. Le premier problème à résoudre est celui du repérage des acteurs concernés et ils sont assez nombreux. Nous aurons, et cela n’est dit qu’à titre indicatif : les parents de formés, les syndicats de salariés et d’employeurs, les formateurs à tous les niveaux de la structure, les personnels administratifs internes aux structures de formation, les se-formant de plus de 18 ans, les partis politiques, les ONG ou associations spécialisées dans la formation. Il faut exclure de la liste des acteurs ici concernés les associations cultuelles et religieuses car il s’agit de formation, d’instruction et non d’éducation ou de morale ou de conception du monde. Cela doit rester neutre, ce qui un des grands acquis du libéralisme, et une protection de la laïcité. Je pense aussi qu’il faut laisser de côté toutes les associations qui s’occupent de moeurs car cela fait avant tout partie de conceptions des choses qui sont trop discutables pour arriver à un consensus. Itou, pour les associations « ethniques » qui ont un but plus de division que d’union. Mais rien n’empêche les religions et les associations de mœurs ou ethniques à entrer dans toutes les autres structures pour y militer et faire valoir leurs buts. On doit aussi exclure les associations qui n’ont que des buts spécifiques et étroits, éloignés d’une approche globale des problèmes sociétaux ou dont le but n’entraîne pas un questionnement de cette globalité. Par exemple, les associations environnementales ont un but particulier mais celui-ci percute le fonctionnement global de la société. De même, celles qui s’occupent de chômage, d’insertion ou de précarité ou de pauvreté (Emmaüs, secours populaire, Restos du cœur, etc.). De même, si les syndicats poursuivent un but particulier, celui-ci concerne des enjeux globaux pour le modèle social du pays. Ces organisations peuvent donc proposer des candidats à la différence des associations de pêcheurs ou chasseurs ou de joueurs de pétanque.
Les individus appartiennent à ces acteurs collectifs, lesquels ne sont à considérer comme instance de désignation de candidats aux élections que s’ils sont fédérés au moins sur deux niveaux : le régional-provincial et le national. C’est essentiel car c’est seulement dans un cadre organisé que des débats peuvent être tenus et structurés à condition naturellement que les organisations ainsi constituées soient démocratiques. C’est ce qui requiert que les organisations habilitées à proposer des candidats soient fédérées au moins au niveau provincial pour élire la chambre socio-économique régionale et au niveau du pays tout entier. C’est nécessaire aussi pour faire en sorte que la province soit autonome avec son propre gouvernement sans renvoyer au niveau national. On a donc deux élections et deux corps électoraux bien distincts et sans relation hiérarchique.
Il ne faut pas non plus s’éparpiller en une infinité de structures porteuses de candidatures. Prenons des exemples indicatifs. Il y a beaucoup de syndicats de salariés ; n’auront le droit de présenter des candidatures que ceux faisant au moins 20 % de représentativité ; les autres devront s’unir pour arriver à ce score. De même, il y a trop de syndicats dans l’enseignement. De même, le patronat n’est pas unifié et il devra y avoir un regroupement afin d’établir un projet commun et unifier une liste de candidats pour les deux niveaux territoriaux envisagés ici. De même, les associations de formés (lycéens, étudiants) devront se concerter pour désigner leurs candidats à la délégation. Etc. Cela obligera les forces sociales à mettre les problèmes en expression et en débat afin d’aboutir à un programme commun. Cela dynamisera la démocratie participative à l’intérieur de ces structures. Les partis devront eux aussi être suffisamment représentatifs pour postuler aux candidatures. Les petites associations auront à s’allier et les grosses devront avoir une structure fédérale pour agir aux 2 niveaux de la province et du pays tout entier.
Les décisions dans les commissions de l’enseignement, aux 2 niveaux provincial et national, devront être prises à la majorité des 2/3, cela afin de limiter les effets de domination de la minorité par la majorité et pour asseoir leur légitimité. A la base, un électeur militant dans plusieurs acteurs collectifs pourra participer aux projets et aux décisions ; il pourra même être élu candidat plusieurs fois mais, dans le cas d’espèce, pour la seule commission formatrice. Les votes se font à la majorité des voix pour 50 % des sièges et à la proportionnelle pour les autres sous réserve que la liste ait fait au moins 15 % des suffrages. Les votes blancs et volontairement nuls sont considérés comme des suffrages exprimés.
On voit qu’organiser une démocratie réelle est complexe mais ce n’est pas une raison pour rester figer sur la démocrassie ripoublicaine actuelle ou se contenter d’une Vie république qui ne propose que des rustines politiques au système actuel de représentation. Le point le plus difficile est de déterminer les structures habilitées à présenter des candidats et à fixer les règles du processus électoral. Je suggère de le faire faire par une assemblée ad hoc de 200 personnes choisies au hasard mais sur une liste de gens aguerris par une pratique et ayant des compétences en matière sociopolitique (par exemple des dirigeants d’association ou des personnalités de la société civile). Ce panel pourrait travailler selon la méthode Delphi autrefois usitée en prospective. Rappelons que je fais ici que des suggestions et donner des exemples de ce qui est possible techniquement, faisable socialement et souhaitable moralement.

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