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Archive pour la catégorie 'politique'

Il y a de la friture sur la ligne Maqueron-Francouis

Posté : 13 novembre, 2017 @ 12:01 dans politique | Commentaires fermés

Un récent sondage nous dit que 59 % des Francouis font confiance à Maqueron. Et les médias de s’ébaubir à cette nouvelle prise pour un scoop. Il n’en est rien si on se souvient de ce qu’au 1er tour des pestilentielles Maqueron n’a eu que 24 % des exprimés, soit 18 % des inscrits, qu’au 2ème tour son score venait de gens souvent contraints et forcés au nom du barrage contre la Marine et du « vote républicain » utile , qu’aux législatives la maqueronie n’a eu que 30 % de votants et, donc, qu’en moyenne les députains élus d’EM ont fait (comme les autres) 15 % des inscrits. La conclusion devrait être claire : EM et son Lider Maximo n’ont que de la légalité, pas de légitimité pour « transformer « (au lieu de réformer) le modèle social francaoui dans le sens du système libéralo-capitaliste (SLC) über alles. Ce qui n’empêche pas le Maqueron d’avancer a tutti gambi en s’appuyant, en tant que Caudillo, sur une majorité législative de godillots. C’est cet autoritarisme et ce volontarisme qui ont séduit le crypto-franquiste catalan Vallse, lequel a quasiment rejoint le troupeau de LREM. C’est sa führer de vivre pour continuer à émarger sur les fonds publics bien que n’ayant jamais travaillé sauf pour le PS.
On sait, sans être grands clercs, que seule la minorité des Francouis bien installée et diplômée dans le SLC a voté pour LREM. Pas les « périphéries » abandonnées, pas les prolos ou les pauvres des territoires dévastés par la mondialisation, pas les gens atterrés par la dévastation de la planète, pas les gens des banlieues qui savent ce que valent les promesses socialistes, pas les personnes croyant encore à la Justice, cette vertu princeps du vrai socialisme… Les causes du désamour sont nombreuses; citons-en quelques unes.
L’impôt sur la fortune immobilière à la place de l’ISF, la flat tax à 30 % sur les revenus du capital, la diminution de 30 à 20 % de la taxation des plus-values des stocks-options, la CSG de 1,7 points sur les revenus supérieurs à 1300 euros des retraités, la loi travail, aggravée en douce par les décrets d’application (par exemple, le droit du patron de proposer out seul dans les petites boîtes un référendum au personnel et de le faire voter, non à bulletins secrets, mais à main levée!), l’adoption du CETA (qui doit encore passer au parlement mais Maqueron a sa majorité de godillots), la mine d’or en Guyane, le recul de la date du passage du nucléaire à 50 %, la loi Canada dry sur « la transparence de la vie politique » (droit de condamnés par la justice à se représenter, droit d’avoir un cabinet de consultance si créé un an avant l’élection), le non-retrait du monopole de Bercy sur la poursuite pénale des fraudeurs, la mise en place d’une sélection sur dossier pour l’entrée à l’université, un mode de gouvernance hyper autoritaire et centralisé, les APL rabiotées et les HLM publics tenus de baisser les loyers pour compenser, la forte diminution des emplois aidés et des subventions aux associaitions, la baisse des dotations aux collectivités locales tenues de faire 10 milliards d’économies, la future étatisation de l’UNEDIC, les 20 % (« de riches ») pour lesquels la taxe d’habitation ne sera pas supprimée, la baisse voire la suppression des allocations familiales pour « les riches », la future réforme des retraites universelles par points en fonction de la croissance, la baisse prévisible des allocations de chômage par suite de l’entrée des indépendants et du droit tous les 5 ans de démissionner, la hausse des prix de l’énergie, de l’essence, du tabac, du forfait hospitalier, le cinéma dans l’UE, les mamours à l’austéritaire Angela, la vente de titres financiers de fleurons possédés au moins en partie par l’Etat, la tromperie du rachat d’Alstom ferroviaire par Siemens. ETC. les Francouis voient mieux désormais la ligne maquereaunienne: la mise en place à marche forcée du SLC en France, ce qui ne fera qu’aggraver la concurrence intra européenne et créer des emplois précaires et de la pauvreté, laquelle du reste a déjà augmenté sous Zizi Rider et sa politique de l’offre. un autre jour, je ferai le point sur ce qui n’a pas été fait comme, par exemple, l’interdiction du LBO.
Sur le versant international ou européen, Maqueron s’agite alors qu’il sait très bien qu’il n’a aucun pouvoir sauf à nouer des alliances plus ou moins confortables. C’est du cinéma, de la poudre aux yeux à destination franco-française. il fait semblant d’ignorer que les pays européens n’ont que des intérêts, à commencer par l’Allemagne; celle-ci n’y renoncera pas et les fera respecter grâce à sa super puissance économique et à ses alliés d’Europe du Nord et des PECO(s). Mais le Maqueron utilise à merveille une in croyable fenêtre d’opportunité comme on dit en franglais: la disparition de la Gibbye de la scène européenne, le chaos crée par Trump, le conflit exacerbé chiisme vs sunnisme par suite de la politique de l’Arabie saoudite, les ennuis d’Angela pour monter son nouveau gouvernement, l’indépendantisme catalan, la fragilité de l’économie mondiale à la merci d’un nouveau krach spéculatif, la peur de Poutine, le recentrage chinois sur le pays, etc. Cela ne durera pas; en attendant il peut faire illusion car les peuples ne savent plus à quoi, ni à qui se raccrocher

Maqueron, la mémoire et l’histoire

Posté : 12 novembre, 2017 @ 11:34 dans politique | Commentaires fermés

Comme ses prédécesseurs, le nouveau résident à l’Elysée maquereaute l’histoire pour faire passer ses messages politiques, personnels et mémoriels. Au passage, il montre à la fois son ignorance et son incapacité à l’interpréter et relativiser. Il s’est déjà servi, lors de sa campagne électorale, de la guerre d’Algérie, pour stigmatiser la colonisation française et ses horreurs devant Bouteflika. Certes, la colonisation de l’Algérie a été un crime mais il faudrait se replacer dans les conditions de l’époque. Et surtout, dire n’était pas à faire en ce lieu mais en France et pas devant un légume et son aréopage. Cette déplorable colonisation a duré 130 ans ; l’Ottomane des siècles et il n’est pas sûr que si elle avait continué la domination turque ait été plus clémente que la francaouie.
Hier, notre Maqueron a inauguré avec le président teuton, un mémorial consacré à la grande guerre sur un champ d’âpres attaques entre soldats allemands et français. Tout téléspectateur aura pu constater que le président allemand était bien seul ; on ne vit guère d’autres Allemands pour consacrer une fois de plus la réconciliation entre les deux pays. Serait-ce que cela n’intéresse guère le peuple allemand ? Serions-nous réconciliateurs pour deux ? Il n’empêche : le Maqueron a sorti une nouvelle énormité sans doute pour flatter la Krupp (ce que Chiracos réservait aux vaches) de die Grosse Angela via laquelle il espère faire remonter les actions, au sens financier, de la France dans l’esprit des austères luthériens tudesques. Maqueron a dit que la France avait gagné la guerre (et le rôle des USA et de la Gibbye, alors?) mais perdu la paix (allusion éléphantesque au traité de Versailles voulu par Clemenceau que pourtant notre malhomme honore deux fois aujourd’hui en France ; il n’a pas peur de la Valls). Il est tout à fait exact que le traité de Versailles a été terrible pour l’Allemagne vaincue ainsi que l’avait dit Keynes en son temps. Ce fut le prétexte des nazis pour s’imposer en Allemagne ; prétexte médiocre car la catastrophe économique allemande date plutôt de l’après grande dépression de 1929. Mais il faudrait quand même se souvenir de la violation du territoire belge et des atrocités commises en Belgique par les troupes du Kaïser, des tirs de canon sur la cathédrale de Reims et de la grosse Bertha sur Paris, de l’emploi en premier de gaz de combat (Ypérite), des énormes destructions allemandes en Belgique et en France, de l’énorme responsabilité allemande dans le conflit. Il faudrait aussi se demander ce qui se serait passer si la Doryphorie avait gagné. Et cela, on le sait doublement. Par le traité de Brest-Litovsk signé par Lénine qui dépeçait la Russie et était au moins aussi terrible que le traité de Versailles pour la Tudesquie. Par un projet d’armistice envoyé à la France par le Kaïser en 1917 (quand les armées allemandes de l’Est purent arriver sur le front ouest grâce à Lénine) : il était bien plus horrible que le traité de Versailles. Il faudrait se souvenir que l’Allemagne, in fine, n’a payé qu’un petit tiers des indemnités de guerre et n’a pas remboursé plus de la moitié des emprunts qu’elle avait souscrits après la guerre (dettes diminuées à deux reprises sous la houlette US, les USA ayant une forte part de population d’origine allemande). Et, peut être; l’Allemagne a-t-elle favorisé la naissance de l’URSS car c’est elle qui a organisé le retour de Lénine en Russie en 1917 afin qu’y survienne une révolution qui l’amènerait à se retirer de la guerre pour que l’armée prussienne concentre ses efforts sur le territoire francaoui. ironie de l’histoire: c’est la défaite de l’Allemagne qui a fait que le traité de Brest-Litovsk n’a pas été appliqué!
Et il n’est pas de mise d’afficher tant de mamours avec l’Allemagne actuelle qui depuis 15 ans mène une politique économique dont la conséquence est l’affaiblissement voulu de la France qui a vu son industrie diminuer de façon drastique via cette politique non coopérative et de passager clandestin appelée désinflation compétitive (lois Hartz de Schröder, TVA sociale de 3 points d’Angela, maîtrise de l’euro contre les autres économies de l’UE, austérité imposée). Maqueron, soit ne comprend pas que dans l’UE les pays n’ont que des intérêts particuliers, auquel cas il n’ a aucune vue géo-stratégique, soit il nous fait du cinéma pour nous faire croire qu’il fait tout ce qu’il peut pour faire bouger l’Europe et qu’en cas d’échec (programmé uv le mode de décision de l’UE à 27) ce sera la faute des autres pays. Comediante, tragediante disait Pie VII à l’empereur jupitérien La Paille Au Nez Buonaparte…
Se réconcilier avec l’Allemagne ne devrait pas empêcher de voir qu’actuellement ce pays domine et exploite le reste de l’Europe, ce qui est largement dû, hélas aux lâchetés des autres pays qui lui ont abandonné leur souveraineté depuis longtemps. L’ordre ordo-libéral teuton règne eu Europe et, en fait, Maqueron tente de se rallier à la domination allemande pour refaire la cerise de la France ; le deal serait notre armée, notre bombinette, notre diplomatie, notre image contre votre soutien financier et vos yeux fermés sur nos déficits financiers (83 milliards, soit mieux que jamais depuis 2010, pour 2018!). A la place de l’alliance entre le néolibéralisme anglo-saxon et l’ordo-libéralisme tudesque, Maqueron espère profiter du Brexit et remettre le couple franco-allemand sur le pavois. Ce sera une nouvelle entente cordiale sur le modèle du pâté d’alouette : un percheron de régime allemand et une alouette de gloriole francaouie. La France devrait au contraire prendre la responsabilité d’agir pour une union de l’Europe du Sud contre le néolibéralisme tudesque des pays du Nord et de leurs alliés des PECO(s).
Attention : quand Maqueron se sert de l’histoire, c’est du même tonneau que la célèbre Radio Paris ment, Radio Paris est allemand.

Les paradis fiscaux

Posté : 11 novembre, 2017 @ 9:32 dans politique | Commentaires fermés

Encore une découverte avec les « Paradise papers », enquête de journalistes internationaux sur les îles qui servent, en tant que micro Etats apparemment indépendants, de lieux d’optimisation fiscale et de dépôt du fric de tous les trafiquants et fraudeurs. Ca continue : Wikileaks, Swissleaks, Luxleaks, Panama papers alors que Tsarko avait annoncé « les paradis fiscaux, c’est fini. Eh bien non malgré quelques réformettes et des listes revolving des Etats voyous (3 listes en fonction de leur degré de coopération avec les pays traquant la fraude). C’est que, voyez-vous, les paradis fiscaux font intimement partie du système libéralo-capitaliste (SLC). On va le comprendre avec une métaphore scientifique.
Le SLC fonctionne comme un moteur thermique ; il obéit au 2ème principe de Carnot : le rendement d’un moteur dépend de la différence de température entre une source froide et une chaude. Pour le SLC, la source chaude, c’est la concurrence exacerbée entre pays, firmes et individus ; la source froide, c’est la différence des législations sociales, du travail, environnementales, fiscales, de productivité, de puissance des moyens de production, de l’accès aux ressources à bon prix, dont le coût du travail, de parité des monnaies, de pouvoirs d’achat ou coût de la vie. C’est pourquoi les entreprises, les multinationales, le capital se déplacent sans cesse en fonction des différences en ces domaines, le prix de la main d’oeuvre étant un des paramètres essentiels. C’est pourquoi la Fridolie a poussé dès 2004 à l’élargissement (sans « approfondissement » de l’UE aux pays de l’Europe centrale et orientale récemment libérés de l’emprise soviétique (les PECO(s)) : elle pouvait y reconstituer son « hinterland » et son « lebens raum » pour y délocaliser ses chaînes de production (en conservant l’assemblage final pour pouvoir apposer l’étiquette « made in Germany »), y pêcher des travailleurs détachés (TD) à 4 euros de l’heure (la Doryphorie à l’époque n’avait pas de SMIC), importer low cost, jouer sur la différence de parité des monnaies avec les pays hors zone euro (4 euros pouvant faire, par exemple, faire 100 zlotys les TD étaient riches… en Pologne eu égard au salaire moyen dans ce pays et les gros agriculteurs allemands pouvaient les payer avec un élastique, les loger et entasser dans des hangars et leur faire payer cher leurs fournitures).
Mais en plus un moteur a besoin d’huiles de lubrification ; il y en a deux : le coût et l’accès à l’énergie (la Bochie utilise le lignite à 40 % pour produire son électricité, tout en pouvant raser sans opposition des villages et des cimetières dont le sous-sol a du lignite ; et elle fait payer l’électricité bien plus cher aux particuliers pour financer le bas coût de cette énergie pour les industries) ; et le pognon rendu très mobile par la grâce de la libre circulation des capitaux à l’affût du meilleur investissement (le plus rentable) et les paradis fiscaux, qui sont donc un rouage fort utile du moteur SLC. C’est pourquoi la Teutonie a exclu de l’union bancaire les banques régionales qui financent au moindre coût les PME allemandes ; par ailleurs la Tudesquie en créant les mini-jobs (sans droit à la retraite) à 400 euros par mois dans les services et à temps partiel (essentiellement pour les femmes tenues de gérer la maison et les gosses) a trouvé un moyen de faire subventionner l’industrie (qui a pu externaliser les activités de service) par le secteur des services. L’Allemagne a donc compris bien plus vite et bien mieux que la France ce qu’était la logique du SLC et l’applique avec bien plus de résolution que les gouvernants francaouis qui redoutent une révolte d’un peuple très politique et attaché à la justice.
On voit que la logique financière du SLC, à bas de moins-disant et de toujours moins, soit le contraire de ce que clame Walter de Closets, a besoin de la liberté totale de la finance et de la suppression de tout code du travail. C’est pourquoi les gouvernants libéraux, qui sont « les fondés de pouvoir du kapital », ne feront jamais rien de consistant contre la libre circulation du pognon et les paradis fiscaux. Ce thème est donc devenu un « marronnier » chez les journaleux qui se contentent de désigner les voyous optimiseurs ou fraudeurs du SLC sans jamais mettre en cause ce dernier alors que lesdits voyous ne font jamais que profiter des législations mises en place par les gouvernants.
On le voit bien quand on constate que l’UE exclut de la liste des paradis fiscaux ceux-là mêmes qui sont en Europe : Malte, Chypre, l’Irlande, Belgique, Luxembourg, Monaco, île Maurice, les îles anglo-normandes (plus les innombrables paradis exotiques sous domination de la City de Londres, dont les îles Vierges), les Pays-Bas, le Liechtenstein, Andorre… Rassurez-vous car les USA font pareil avec, notamment, le Delaware ou l’Iowa qui sont les plus connus des Etats US forts cléments pour les impôts sur le capital. L’idée du Maqueron (flat tax à 30 % sur les revenus du capital et sortie de l’ISF des actifs en capital) est évidemment de diminuer la différence du moteur SLC en la matière.
Les paradis fiscaux sont utilisés légalement pour l’optimisation fiscale par les riches et les entreprises, dont les fameux « GAFAM ». la responsabilité de cette légalisation de la fraude incombe aux gouvernants qui administrent le SLC depuis des lustres. mais légal ne signifie pas légitime ou moral. C’est un viol de la justice entre contribuables pour le paiement des charges collectives, ce qui, via l’évasion fiscale, retombe sur les autres, à commencer par les pauvres via la TVA et tous les impôts sur la consommation. Les évadés fiscaux se livrent à un double pillage: ils ne paient pas les « externalités positives » (éducation, sécurité sociale, infrastructures tels les transports, la téléphonie, les communications, l’eau, etc.); ils ne paient pas non plus les « externalités négatives », c’est-à-dire les nuisances qu’ils causent dans leur activité (pesticides, pollutions, destruction de la anture et des cadres de vie des autres acteurs, etc.). Cadeaux fiscaux aux riches et aux multinationales et coupes budgétaires sont ainsi reportés sans fin sur les contribuables afin de faire de la compétitivité entre pays en concurrence sauvage.
Il y a cependant une bonne nouvelle qui ne concerne hélas qu’un avenir indéfinissable : le SLC crèvera un jour ou l’autre dans un futur qui n’est peut être pas trop lointain. Déjà, la source froide va se tarir car il y aura harmonisation par le bas par suite de la concurrence échevelée ; gageons que les pays les plus pauvres vont un peu monter et les plus riches descendre. Ensuite, la croissance, cet espoir entretenu par les gouvernants afin de faire patienter les peuples sur le thème « demain, on rasera gratis », ne va pas pouvoir continuer car la planète est à bout de souffle et de ressources exploitables. Enfin, le SLC et le changement climatique qu’il entraîne vont produire un tsunami d’émigration massive et incontrôlable, ce qui va fiche en l’air la logique du système : pour éviter cette vague les Etats devront investir partout où il faudra fixer les candidats à l’émigration, investissement en général peu rentable (hors ressources minières ou productions pour l’exportation comme le coton ou le café) et donc contraire à la logique financière du SLC.

Arnaques pour les véhicules normalement à mettre à la casse mais revendus

Posté : 4 novembre, 2017 @ 12:10 dans politique | Commentaires fermés

Bien des braves gens, évidemment pas riches, ont acheté des véhicules d’occasion présentés comme roulants par un garage et soi-disant expertisés avant réparation après un grave accident. C’était une escroquerie associant des épavistes, des experts-automobile et des garagistes agissant en bande organisée pour tromper le client en lui vendant un véhicule fort dangereux quoique d’excellente apparence.
Ce n’est pas, loin de là, le seul domaine où les experts, tous dans le privé, sévissent pour garantir des choses dangereuses. On les retrouve, notamment, dans la certification des médicaments et dans l’examen des produits dangereux (perturbateurs endocriniens, pesticides, herbicides…). Vous me direz que la certification dépend d’autorités publiques. Par exemple de l’AME ou de l’ANSES ou l’EFSA de l’UE. Belle illusion car, au nom des économies budgétaires et de la supériorité du privé sur le public, les agences, les Commissions, les « hautes autorités » et tous les « comités Théodule » créés par le pouvoir ont été vidés d’experts publics et indépendants. Du coup, pour analyser un produit, les pouvoirs publics recourent à des experts largement stipendiés par le privé. Ils vont même (cas récent de l’UE pour le glyphosate via un « organe allemand » qui recopia une étude de Monsanto ; il est vrai que la teutonne Bayer allait absorber cette firme) jusqu’à recopier les études du secteur privé. Une autre façon de ne pas recruter d’experts dans le secteur public consiste à les payer avec un lance-pierres, ce qui, naturellement ne suscite pas de vocations ou les incite à travailler aussi et en loucédé pour le privé. C’était la technique du loup Servier pour le médiator avant qu’une toubib lanceur d’alerte tire la sonnette et d’alarme et force le ministère de la santé à réagir. Evidemment, la tactique de Servier, en tant que grand classique des laboratoires et des Monsanto, fut de discréditer ladite lanceuse d’alerte. Avec de tels pouvoirs publics, on voit à quel point les citoyens sont protégés par leur pouvoir politique légalement élu ! Rappelons qu’il a fallu 100 ans pour éliminer l’amiante (reconnue nocive dès 1907) en France. A la Sécu, c’est pareil : la liste des maladies professionnelles est établie par une kommission où siègent les représentants du patronat. Itou dans l’agriculture où les firmes établissent au nez et à la barbe des experts du public la liste des semences ou des pesticides autorisés sur le marché ! Parallèlement, les universités, lieu normal de la recherche publique et de l’expertise ont été peu à peu vendues au privé et les enseignants-chercheurs ont été priés de faire de l’administratif avant tout tout en étant payés avec un élastique. Des organismes de recherche comme l’INRA ont été mis au service du productivisme, des chimistes du privé et de la FNSEA.
Il n’est quand même pas difficile de comprendre qu’une prestation privée est toujours plus onéreuse qu’un service public car il y a le profit et les frais de publicité et de communication en plus. Le problème est que les services publics ou les entreprises publiques sont étatisées, ce qui le met sous le joug des politicards (manipulation des tarifs pour empêcher toute baisse du pouvoir d’achat, embauche d’amis et sinécures, de « fils de », production d’éléphants blancs pour la gloriole du pouvoir, pompage direct de fric dans les budgets, commandes publiques surévaluées aux copains, direction par des compradores nommés par le pouvoir, petits soins pour les syndicats et cogestion avec eux, etc.). Pour tant la solution est simple : au lieu d’étatiser il suffit de socialiser, c’est-à-dire de donner la propriété de la firme non à l’Etat mais à une fédération des collectivités locales, des personnels et des usagers en la faisant diriger par un conseil d’administration pluripartite et contrôler par un conseil de surveillance composé de représentants élus du personnel et des des consommateurs.

En Marche, c’est une resucée du club des jacobins

Posté : 31 octobre, 2017 @ 12:12 dans politique | Commentaires fermés

Le moderne et révolutionnaire Maqueron ne fait qu’imiter le Club des Jacobins (CJ) sous la Révolution Française. Le CJ était un ramassis de notables appartenant à la classe bourgeoise et se cooptant les uns les autres. Son idéologie était évidemment « jacobine » au sens où le pouvoir politique devait se situer au-dessus de la société civile et où le politique, en tant que projet de changement de la société par le haut d’une « élite « éclairée » (le droit d’entrée dans le club était de 32 livres, somme considérable pour l’époque) supplantait le social. Le jacobinisme était à la fois hyper individualiste et atomistique (la société n’est qu’une collection de personnes) et centralisateur ou étatique. Ce qui supposait une dialectique de l’absolu (le pouvoir politique central) et des zéros (les individus-citoyens) qui ne nous a pas quittés ensuite. Le jacobinisme poursuivait les « girondins » (régionalistes et décentralisateurs) de sa vindicte afin de normaliser l’ensemble du pays de façon unitaire : ainsi le capital pourrait-il circuler sans entraves sur tout le territoire unifié par les mêmes règles. Dans le projet libéral et individualiste, à imposer via la toute-puissance du pouvoir politique central, il fallait casser les ordres, les corporations, les provinces afin d’instaurer la liberté d’entreprendre, d’assurer la primauté de la propriété et, en économie, de remplacer la loi par le contrat de gré à gré. Cela a donné, notamment le décret d’Allarde et la loi le Chapelier qui ont interdit tous les moyens de défense du salariat.
Le jacobinisme était animé par le culte de la raison si cher aux Lumières du 18ème siècle ; il était viscéralement opposé la démocratie directe et à la souveraineté du peuple. Il préconisait le suffrage censitaire (les propriétaires étant censé être raisonnables et bons gestionnaires) et se méfiait du peuple assimilé à la populace ignare et irrationnelle. Il supposait que l’électeur (le bourgeois ayant l’argent du cens) votait non pour son intérêt particulier mais pour l’intérêt général. Il a rapidement pensé que chaque député, bien que localement élu, représentait la nation tout entière, ce qui fit de la chambre élue le vrai dépositaire de la souveraineté à la place du peuple, ladite chambre étant en quelque sorte le modèle réduit de la nation, son microcosme représentatif. Eh bien le maqueronisme est dans une parfaite continuité avec ces absurdités, dont l’avantage est de faire de l’Etat (qui n’existe pas car il n’est qu’une forme symbolique destinée à recueillir l’exercice de la souveraineté ; ce qui existe ce sont le gouvernement et son administration) le Deus ex machina de la société : centralisation, primat des « autorités » et autres « sachants », direction de la société par le politique, imposition à celle-ci du projet menée par le gouvernement, individualisme libéral absolu, autorité sans conteste de l’Etat, réduction à zéro des corps intermédiaires comme les syndicats et les collectivités locales ou tous les organes de « dialogue social » comme l’UNEDIC ou les sociétés d’HLM ou la Sécu. Sa différence essentielle avec le jacobinisme est qu’il ne s’agit pas d’assurer la force de l’Etat sur la nation mais de faire fondre celle-ci dans la mondialisation néo-libérale.
Les jacobins formaient un club très puissant épandu sur l’ensemble du territoire ; ils avaient pour but d’influencer l’assemblée législative et les dirigeants de la révolution. Ses bourgeois ainsi rassemblés par une sorte d’affectio societatis due à leur appartenance commune à la classe des riches, comptaient influencer le pouvoir. L’astuce différente de Maqueron a été de se constituer lui-même son club de soutien et de représentants ; mais dans les deux cas, les membres appartiennent pour l’essentiel à « l’élite » de la « société civile ». En réalité, sous la révolution francouie, le pouvoir était détenu, non par l’assemblée, ni le club, mais par le « Comité de salut Public » et, in fine, par ses trois dirigeants : Robespierre, St-Just et Couthon, trois purs et illuminés. Pareil sous Maqueron . Sa majorité législative est un dosage rusé de puceaux de la politique et cooptés et de vieux chevaux de retour piqués au PS, au Modem et à LR. Ce « mix » a pour intérêt caché de lui assurer une escouade de godillots qui voteront ses 4 volontés les yeux fermés. Son comité central est son gouvernement exécutif de briscards et d’experts issus de la prétendue société civile ; et il n’y a qu’un dirigeant, Maqueron lui-même, ce qui transforme un peu le jacobinisme en bonapartisme.
Dans les deux cas, on a une conception « néolithique » du pouvoir, c’est-à-dire fort ancienne et assise sur l’autorité indivisible de la centralisation étatique et la démarche « top down » des décisions. Adieu la démocratie et le peuple ; du reste, la politique maqueraunienne consiste précisément à changer de peuple pour en faire un lou Ravi du système liébralo-capitaliste et un adorateur des babouches de die Grosse Angela.

Te Deum maquereaunien pour les TD

Posté : 24 octobre, 2017 @ 11:23 dans politique | Commentaires fermés

Urbi et orbi, Maqueron salue lui-même sa grande victoire européenne sur la question des Travailleurs Détachés. Comme disait Onan, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. O le grand homme qui tient sa promesse de campagne! il nous faut donc examiner de plus près le contenu réel de l’accord intervenu hier entre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Comme d’hab, tout le monde est content, surtout Maqueron qui croit que l’étalage de ses muscles devant ses collègues lui a donné la victoire. Voyons donc les traces de SAM ( Son Altesse Méritante, mais la victoire n’a ni tête ni queue) dans le déroulement exact du fait d’armes maquereaunien.
il ne prendra effet que dans 4 ans, c’est-à-dire en début de campagne de réélection pour Maqueron. C’est bien calculé et un compromis relativement boiteux entre les 2 ans réclamés par les Francaouis et les 5 exigés par les pays de l’EST. Il exigera que les TD reçoivent le même salaire plus les primes et le 13ème mois que les salariés français. il me semble que c’était déjà la règle prévue par la directive de 1996, laquelle disait que les cotisations sociales étaient à verser dans le pays d’origine, ce qui coûtait déjà environ 30 % de moins (charges sociales plus rémunérations) que pour un entrepreneur français salariant des Francaouis. La durée du contrat sera réduite à 12 mois plus un éventuel renouvellement de 6, soit 18 mois maxi. C’est une avancée fulgurante quand on sait que la durée moyenne actuelle est de 4 mois. Par ailleurs, les « boîtes aux lettres », en fait des maisons fantômes qui font le trafic de TD entre utilisateur final et cascade d’intermédiaires, seront interdites. C’est déjà le cas si, par exemple, on applique et contrôle sérieusement le vieux délit de prêt de main d’oeuvre. Eh bien, s’il faut contrôler quel taf pour des services publics démunis sciemment depuis des années.
L’accord ne dit rien sur la durée du travail (ou les conditions de logement ou de nourriture), ce qui paraît bizarre quand on sait que les TD font quantités d’heures sup, souvent non payées. il ne s’agirait que d’un problème de contrôle, ce qui tombe bien car ces dernières années les moyens de l’Inspection du travail ont été drastiquement réduits. Pire, le problème des chauffeurs routiers a été remis aux calendes grecques. Or il est vital pour la sécurité des autoroutes et des routes et le niveau d’emploi de chauffeurs francaouis, bien plus coûteux que les Espagnols ou les Polonais taillables et corvéables à merci, roupillant dans leur camion, se lavant dans les stations-service, bouffant un sandwich sans s’arrêter et violant gentiment les heures de conduite et de repos, trafiquant les disques d’enregistrement ou changeant tout simplement de camion pour une 2ème tournée. rappelons que des agences d’intérim ou des filiales des transporteurs francouis (qui ont donc eux-mêmes intérêt au système quand ils sont assez gros) peuvent embaucher les chauffeurs à l’étranger. on dit merci qui?
Et, cerise sur le gâteau, la solution du Conseil européen sera à votre par le parlement; donc rien n’est acquis pour l’instant. Pyrrhus disait: encore une victoire comme celle-ci et je serais mort.
On retrouve dans ce cinéma la méthode Maqueron: communiquons, communiquons, il en restera toujours quelque chose. Naturellement, cet accord « Canada Dry » n’a pas été désossé par les médias tant ils admirent l’audace du nouveau résident à l’Elysée (reclus). Encore un bon exemple de mon leitmotiv: radio Maqueron ment, radio Maqueron est allemand.

Napoléon III et Maqueron

Posté : 23 octobre, 2017 @ 10:13 dans politique | Commentaires fermés

Le Maqueron n’est pas du tout une innovation, encore moins une révolution. Il ne fait que suivre les traces de « Badinguet », de Napoléon le petit comme disait Hugo. Louis Buonaparte a été élu président de la ripoublique après la révolution de février 1848 et les massacres de juin de la même année, le « républicain « Cavaignac étant à la manoeuvre contre les insurgés. il n’avait pas de parti et il se présentait, lui est ses amis, comme les candidats officiels On lui avait judicieusement opposé comme candidat à la présidence le sieur Cavaignac; vous avez bien lu: le massacreur des journées de juin 1848! Eh bien, en 2017, Maqueron fut élu parce que ses concurrents ont été démonétisés ou éreintés par une presse complice et des soutiens pro-capitalisme soigneusement camouflés. Ils avaient tablé sur un vice du système électoral et sur l’attitude des partis: le primat du vote utile et du front républicain contre le FN, la stratégie étant d’aboutir à une confrontation finale avec la Marine dans laquelle le Maqueron ne pouvait que gagner électoralement tout en étant très minoritaire chez les électeurs. pari réussi comme celui de Badinguet. les deux furent légalement élus mais leur légitimité est plus que douteuse.
Ensuite Badinguet fit un coup d’Etat pour devenir empereur. Maqueron n’en aura pas besoin car notre régime politique actuel fait qu’il dispose désormais de tous les pouvoirs que, du reste, il est déjà en train d’accentuer avec une centralisation démentielle, la destruction des corps intermédiaires (syndicats, collectivités locales, Unedic…), la mort du dialogue social collectif, le recours sans limite à l’expertise et à la technocratie. Il n’aura pas le titre mais il est déjà bien plus puissant en France que Badinguet. En Europe, c’est une autre histoire bien qu’il rêve de fondre le pays dans celle-ci en abandonnant ce qui lui reste de souveraineté aux instances internationales.
La Paille Au Nez III et Maqueron sont tous deux « et de droite et de gauche ». Le Ier s’est illustré par une brochure sur « l’extinction du paupérisme » au point que Proudhon, fort maladroitement, lui a demandé de conduire lui-même la révolution sociale sous peine d’être éliminé par celle-ci. Mais Badinguet, à l’instar du Maqueron, a commencé par donner les pleins pouvoirs à « la féodalité industrielle » et financière, à signer un traité de libre-échange avec le Royaume Uni (genre CETA), à réprimer la classe ouvrière et ses organes de défense (dont les sociétés de secours mutuel), à intervenir militairement au Mexique et en Italie. C’est sur le tard, après qu’Haussmann ait éventré Paris pour faire place nette pour des tirs directs de canon et pour laisser libre cours à la spéculation immobilière, que Badinguet accorda en 1864 le droit de grève et alla même jusqu’à aider les syndicalistes à participer au Ier congrès de la I ère internationale à Londres. on voit le raisonnement qui justifie la mise aux ordres du politique par le kapital: croissance, first, puis, si cela marche et si les capitalistes sont partageux, quelques miettes à redistribuer au peuple. La différence est que Badinguet s’est bêtement opposé à Bismarck alors que Maqueron lèche les bottes de die Grosse Angela.
Badinguet croyait au progrès, Maqueron et Félicie aussi. Mais celui-ci devait être conduit par une élite technocratique inspirée par St-Simon: remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses via la science et les ingénieurs; comme cela on atteindrait une alliance capital-travail au niveau des entreprises. On retrouvera cette collusion sous le maréchal Putain et sa « dyarchie ». Sous Badinguet, l’affaire fut rondement menée par les banquiers animateurs de la création de sociétés par actions (les SA) et par les polytechniciens, issus de « ce séminaire de l’aristocratie » qu’est une grande Ecole (Proudhon). Ce primat de l’élite étatique fut restauré sous Charlot et le rôle majeur des grands ingénieurs de l’Etat fut longtemps magnifié par la revue de l’X, à savoir « La jaune et la rouge » et le mouvement X-mines. Mais Charlot, lui, avait « le plan » qui était une superbe structure de dialogue social entre tous les acteurs intéressés au développement du pays. Las, sous Maqueron, les entreprises d’Etat sont déjà mortes ou moribondes via l’emprise du système libéralo-capitaliste (SLC) mise en place en France dès 1983. Il n’y a plus que des multinationales dirigées suivant la logique du seul profit à court terme. L’X a perdu le pouvoir au profit de l’énarchie qui se moque tant de l’industrie que du pays. Donc la technocratie hyper centralisatrice de Maqueron ne sert qu’à plier définitivement le pays aux exigences néolibérales du SLC mondialisé. Mais sous les deux malhommes c’est bel et bien le césarisme qui sert de fer de lance de la transformation sociétale capitaliste.
Car les deux individus, si partisans de la modernité et du progrès, ne font que maintenir une conception du pouvoir politique (centralisation, étatisme, répression, fiscalité confiscatoire, répression judiciaire et policière des protestataires, domination de la société tout entière, recherche de la puissance, confiscation de la souveraineté du peuple…) qu’Alain Badiou a magnifiquement qualifiée de « néolithique ». Ce qui veut dire que ce pouvoir extérieur et supérieur à la société n’a pu apparaître qu’avec la 1ère révolution agricole (à la place du nomadisme, de la chasse et de la cueillette où on coopérait, on était solidaire et où le pouvoir était partagé et délibératif dans des sociétés « sans Etat »), la création d’un surplus économique dont le pouvoir pouvait s’emparer afin de financer des châteaux, des armées, de la police et des temples justifiant son origine divine. Avec Maqueron et Badinguet nous restons dans l’âge de pierre, mais avec le 1er on va revenir à la toute-puissance du kapital contre le travail comme sous le second. Vive le progrès car les acquis de 1945 vont disparaître et car on régressera en-dessous de la dyarchie de Vichy.

Individu et système

Posté : 20 octobre, 2017 @ 9:04 dans politique | Commentaires fermés

Je viens de lire dans le bouquin du philosophe Frédéric Gros (« Désobéir ») un commentaire fort intéressant (comme le livre) sur le procès Eichmann. Le problème posé, notamment par Hannah Arendt sur « la banalité du mal », est celui de la responsabilité individuelle d’une personne monstrueuse, qui peut relever des psys, ou de celle d’un système auquel le criminel n’aurait fait qu’obéir. On sait qu’au nom du système, les bonnes âmes ont vite fait d’exonérer les individues de toute responsabilité, que si le système fonctionne tout seul il devient inutile de forger des projets de changement et qu’il suffit d’attendre qu’il tombe comme une poire blette. C’est ce que disait le marxisme vulgaire au nom du déterminisme historique et c’est ce que prétend le néolibéralisme au nom de la spontanéité créatrice du marché libre de toute entrave. Inversement, on a assisté à la montée en flèche de la « psychologisation » des phénomènes sociaux, ce qui présente l’avantage de dédouaner les puissants, les managers, les patrons des conséquences négatives des décisions des entreprises (apr exemple sur l’organisation du travail ou le mode de management), en fait les leurs. Autrefois, on opposait l’individu au collectif, la liberté individuelle à l’intervention de l’Etat ou du gouvernement.
Il y eut la belle période du structuralisme dans lequel le sujet disparaissait totalement (un système socio-économique sans sujet, sans acteur, sans liberté). Puis celle du système auto-régulé, auto-ré-organisateur de ses défaillances dans son environnement. Mais Crozier a montré qu’en fait, si le système (entreprise dans sa sociologie de base, mais société par extension) cadre les actions et les décisions par des règles, il reste maints degrés de liberté dus aux « trous » et aux « bruits »du système qui a du jeu (comme une pièce mal calibrée ou usée), ce qui permet aux acteurs d’y jouer leur propre jeu. Car tout système comporte des lacunes et est victime de l’impossibilité de tout prévoir, notamment face aux évolutions extérieures. Comme disait Pierre Dac, le seul mouvement sérieux est le « MOU », mouvement ondulatoire universel . On peut en déduire que les acteurs gardent une bonne part de responsabilité car ils exploitent les ressources et les incertitudes du système à leur profit contre les autres partenaires et rivaux. Eichmann n’a pas créé le totalitarisme nazi mais il y a tiré son épingle du jeu » avec intelligence bureaucratique, carriérisme et opportunisme. Maqueron na pas créé la démocrassouille de la Vème ripoublique mais il a su sans servir au mieux de son ambition.
L’opposition système vs individu est caractéristique d’un type de pensée qui fonctionne de façon binaire sur l’opposition des contraires exactement comme le moderne Maqueron raisonne sur le « en même temps ». C’est tout à fait dépassé et c’est inexact ; la complexité des choses veut qu’on raisonne en termes de combinaison des contradictoires, de « composition » comme disait Proudhon. Et il est évident qu’un système ne peut être actionné, utilisé, détourné que par des personnes, ce qui élimine toute coupure entre « l’acteur et le système ». Le système n’est pas construit sur l’opposition individu vs structure systémique ; c’est une articulation, une relation instable entre les objets, les techniques, les règles, les acteurs ; c’est un système hommes-machines-produits qui évolue, est incertain, procure des latitudes et des occasions d’action. Le système est le fruit du passé et des moyens existants, de la culture en place, des attentes réciproques des acteurs ; on ne peut en faire table rase ni l’utiliser tout seul à son seul profit car il constitue forcément la rampe de lancement de l’avenir pour les acteurs qui sauront en tirer parti et le faire évoluer. Naturellement, le système en place comme cadre d’actions, de moyens et de règles, ouvre des occasions ou des possibilités aux acteurs mais tout n’est pas possible. ce qui y est désirable n’est pas forcément faisable techniquement ou économiquement ni souhaitable moralement pour tous les acteurs. En tant que phénomène social total, en tant que structure « surdéterminée » par de multiples facteurs combinés, interdépendants mais en partie autonomes, le système ne peut pas être détruit brutalement par ne révolution seulement politique car il faudrait vaincre simultanément « l’alliance du trône, du coffre-fort et de l’autel » (Proudhon).
Mais si le système est en quelque sorte « résistif », cela ne veut pas dire qu’on ne peut rien y faire. Il y a plusieurs attitudes possibles : s’en servir pour ses intérêts, c’est la position des néolibéraux et des puissants qui y trouvent leur position d’exploitation et de domination ; l’accepter et s’y fondre comme le fait le consommateur attaché à sa seule vie matérielle ou le résigné ou le croyant en un monde meilleur ; le combattre tant individuellement que collectivement. Certes, le collabo n’y est pas à mettre sur le même plan que le missionnaire propagateur, tel Maqueron envers le SLC ou Eichmann pour la « solution finale ». Ces acteurs sont responsables du bon fonctionnement et de la propagation du système.
Ceux qui profitent du système (les soumis et les exploiteurs) sont responsables de leurs actes et des conséquences dramatiques du système libéralo-capitaliste (SLC) : destruction de la planète, précarité et pauvreté, inégalités abyssales, disparition de la démocratie, montée des nationalismes, guerres larvées entre idéologies et pour se disputer les ressources, montée de l’ignorance et regain de l’obscurantisme religieux, etc. La banalité (du mal) de Maqueron, en tant que partisan du SLC vient tout simplement de sa bêtise (au sens d’Arendt) qui est de faire comme les trois petits singes : ne rien voir, ne rien dire, ne rien faire contre, obéir aux normes du SLC sans esprit critique, par soumission à sa logique qu’il a sucée dans les grandes écoles du pouvoir. La religion laïque de Maqueron, c’est l’islam SLC, c’est la soumission à ses règles, au regard de ses confrères dirigeants.
Pour ne pas être complice du SLC, il faut résister ; il faut faire acte de « désobéissance civile » (Gros), c’est-à-dire lutter au jour le jour au nom de ses convictions, il faut « s’engager » comme disait Sartre. Comment  vu qu’on ne saurait prendre le système de front tant il est puissant et assis. Mais on sait qu’il n’est pas homogène, que ses partisans et exploitants ont des divergences d’intérêts, qu’il a des trous béants, qu’il n’a pas de centre de commandement mondial, ni même national. Qu’il n’a pas été construit volontairement par quelques uns mais qu’il est un construit historique et immanent résultant de la convergence fortuite puis organisée de forces néolibérales. Soyons tous et chacun des colibris qui apportent leur petite goutte d’eau pour éteindre l’incendie de la forêt, des papillons dont le battement des ailes va provoquer un cyclone anti SLC.
Ce qui veut dire que chacun peut et doit faire ce qu’il peut, ici et maintenant, là où il est, seul ou avec d’autres pour construire des espaces de vie et de pratiques, même très limités, qui invalident la logique du SLC. cela se fait, non pas de front, mais à côté et autrement par l’action directe et l’expérimentation de nouvelles formes sociales de coopération et de solidarité. Puis, de proche en proche, ces initiatives finiront par se fédérer de sorte que le SLC devienne une coquille vide. C’est la vieille leçon de l’anarcho-syndicalisme. C’est ce que le visiblement libéral mais bien intentionné Frédéric Gros semble ignorer.

Attention aux grandes ONG mondialisées

Posté : 18 octobre, 2017 @ 11:34 dans politique | Commentaires fermés

Il faut faire gaffe aux ONG de type WWF, Green Peace, Transparency International, etc. qui fonctionnent souvent comme des officines de torpillage des pays (et de leurs intérêts) qui ne vénèrent pas le Dieu USA, sa morale puritaine, son veau d’or. Leur premier défaut, rédhibitoire à mon sens, est de saucissonner les problèmes mondiaux en rondelles séparées, ce qui a pour but de camoufler une large part de leur origine commune, à savoir les méfaits du système libéralo-capitaliste (SLC) qui, lui, n’est pas un assemblage d’éléments mais une structure globale de mise en coupe réglée de la planète et d’exploitation des humains, des êtres vivants et de toutes les ressources ad majorem kapitalismus gloriam. Pour s’en convaincre, il suffit de constater combien les multinationales les subventionnent : d’un côté, je détruis la terre, j’exploite les travailleurs, j’empoisonne les hommes ; de l’autre je m’achète une virginité, je fais du « green washing » en donnant du fric (largement détaxé) auxdites ONG. Avant de donner un sou à celles-ci, prenez la précaution de vérifier la liste des firmes qui les soutiennent, voire sont même présentes dans leur conseil d’administration . Vérifiez aussi par qui et comment elles ont été fondées, comment elles sont dirigées et elles fonctionnent.
Un deuxième défaut structurel est que ce sont de grandes organisations qui bouffent un bon tiers de leur budget à s’auto-entretenir, à se faire de la pub, à communiquer, à payer des permanents. Charité bien ordonnée, visiblement, commence par soi-même avec maints permanents bien rémunérés, notamment pour organiser la com. de l’assoce.
On peut noter aussi que leur action n’est pas toujours positive; par exemple une assoce de sauvegarde de la nature a contribué à chasser de leur territoire des peuplades indigènes (des Pygmées en Afrique) car elles prétendaient rester sur celui-ci alors que ladite assoce voulait, avec le gouvernement, en faire une zone soi-disant protégée! le but du gouvernement était en réalité de transformer la forêt en zone d’exploitation du bois aux fins d’exportation sans faire de l’abattage sauvage. Quand une ONG s’associe avec un gouvernement, le plus souvent non démocratique, c’est qu’il y a un loup et un enjeu caché.
Souvent les ONG sont en fait au service du SLC ou d’un pouvoir gouvernemental pour disqualifier un autre pays ou le stigmatiser en tant que ne jouant pas assez le jeu libéral. prenez Transparency International TI, elle-même pas si transparente que ça) qui lutte contre la corruption et établit un classement des pays suivant leur degré de vertu. La France y est régulièrement mal classée. TI ne se demande jamais quel est le contexte et comment est définie la corruption. Car celle-ci n’existe pas en soi; elle est qualifiée par la législation, laquelle est créée par le pouvoir. TI repère des pratiques non autorisés par les lois mais ne voit pas du tout celles qui le sont. Aux USA, la corruption est largement minorée parce qu’elle a été institutionnalisée. par exemple, les boîtes peuvent financer comme elles le veulent les campagnes électorales des politicards, lesquels, naturellement, entendent qu’en retour ils votent des lois qui leur soient favorables. Il n’y a donc pas besoin d’acheter directement des politicards. De même, pour avoir ses hommes d’influence dans les hautes sphères du pouvoir ou de l’administration il n’est pas utile de verser des pots-de-vin; il suffit de profiter de la politique officielle US des « revolving doors » entre les fonctions privée et publique. Dans ce cadre législatif particulièrement laxiste, les conflits d’intérêts sont passés sous silence et deviennent du lobbying institutionnel parfaitement légal. Donc TI ne peut rien observer de délictueux. D’où le bon classement des USA pourtant fort loin de la vertu des pays luthériens d’Europe du Nord. rappelons que TI a été créée à Berlin et est sponsorisée par maints très grosses industries. De même WWF a été fondée par des fascistes très écolos voulant créer des parcs naturels pour y chasser. Depuis longtemps, Green Peace voue une haine tenace à la France à cause des essais nucléaires dans le pacifique et du sabotage du Rainbow Warrior par des sbires (et pieds nickelés) de Tonton.
Les ONG peuvent être des armes au service de la lutte d’influence entre Etats et d’intérêts économiques des multinationales. Cela va avec l’extraterritorialité juridique que se sont arrogée les USA contre souvent les entreprises européennes. Les USA déclarent unilatéralement un embargo et malheur aux firmes qui le violent si elles ont le malheur d’utiliser le dollar pour leurs transactions pourtant légales aux yeux du droit international et si elles ont des succursales aux USA. Ce pays poursuit les actes de corruption des boîtes des autres pays et bien moins ceux de leur propres firmes; Airbus va entrer dans la tourmente par suite des agissements de son PDG teuton alors qu’on n’a pas vu Boeing attaquée alors qu’elle pratique de même. TI néglige aisément que pour vendre à certains pays il faut des dessous de table pour graisser la patte des décideurs alors que cela n’est pas nécessaire pour les USA qui ont bien d’autres moyens de puissance et d’influence. TI ne tient pas compte du contexte. Par exemple les petits fonctionnaires de maints pays se livrent aux bakchichs tout simplement parce qu’ils ne sont pas payés assez pour vivre. Et pourquoi? parce que le « consensus de Washington » leur a imposé sous peine de ne pas avoir de prêts du FMI ou de la Banque mondiale de diminuer à fond leurs services publics.
Les ONG participent donc souvent au déséquilibre entre pays dans les rapports commerciaux; cela va généralement toujours dans le même sens: en faveur des boîtes US ou anglo-saxonnes. Pour lutter contre cette influence cachée et perfide il y a une possibilité aisée: pas un rond pour les ONG d’obédience anglo-saxonne ou sponsorisée par des multinationales (souvent elles aussi anglo-saxonnes mais pas que) pratiquant le SLC sans retenue…

Affaire Ferrand : en latin de cuisine minimus jus, maxima injuria

Posté : 15 octobre, 2017 @ 10:22 dans politique | Commentaires fermés

Le procureur de la Ripoublique de Brest vient de lancer un coup de tonnerre : le maréchal Ferrand ne sera pas poursuivi ; c’est ce qu’ont peut appeler les services mutuelles de Bretagne. Cette décision ne surprendra que ceux qui ne font pas la différence entre légitimité et légalité, ceux qui ont déférence envers la justice, diff-errance avec le droit. Et on se prétend dans un Etat démocratique et de droit ! Voyons ce qu’il en est.
En France, la justice n’est pas le 3ème pouvoir avec le législatif et l’exécutif; ce n’est qu’une autorité judiciaire. Depuis toujours, les procureurs (ou magistrature debout ou parquet : procureurs, substituts, avocats généraux) ne sont pas indépendants du pouvoir. Maqueron a promis d’y mettre fin tant il est vrai que notre pays est l’opprobre des instances internationales pour cette soumission et cela depuis des lustres y compris en Europe. Est-il con ce gars pour faire une promesse de Gascon jamais tenue par ses prédécesseurs ? Et pour cause car avec la non-indépendance des magistrats il peut toujours trouver assez de procureurs dont les dents rayent le parquet pour arrêter toute affaire compromettante le visant soit lui, soit un de ses sbires. Sont indépendants les juges ou magistrature assise. On voit qu’avec la non-indépendance du parquet et le carriérisme de maints juges on a en fait une magistrature couchée devant le pouvoir.
C’est pourquoi je m’étonne qu’Anticor (et une autre assoce) n’ait déposé qu’une plainte contre X chez le proc au lieu de se porter partie civile tout de suite auprès d’un juge d’instruction ; la différence est que dans ce cas le juge est obligé d’ouvrir une enquête à charge et à décharge (procédure inquisitoire) alors que le proc peut ne travailler que vers une décharge car pour lui, afin d’être bien vu du pouvoir, ce qui lui vaut avancement et décorations, poubelle est la vie. Il est vrai cependant que la procédure en partie civile oblige à verser un cautionnement assez important pour une assoce fauchée. Heureusement la 2ème assoce, (FRICC) se porte maintenant partie civile après ce remarquable déni de justice (il semble qu’Anticor va faire de même). Les cris de réjouissance et de victoire du maréchal Ferrand sont donc prématurés. Et ses bêlements d’agneau qui vient de naître sont déplacés car sur le 2ème chef de poursuite (prise illégale d’intérêts) il n’est pas blanchi ; il n’est que sauvé par le gong car les faits seraient prescrits. Ce n’est plus pas vu pas pris, c’est bien vu mais pas pris.
Tiens donc : les actes de corruption, les conflits d’intérêts des politicards sont si vite prescrits alors que le simple fait qu’ils aient été commis par un représentant du peuple devrait faire qu’ils ne le soient jamais ! Une bizarrerie dans un si bel Etat de droit ? Hélas non car il faut se demander qui fait la loi, ce qui montrera qui a intérêt à ce qu’elle soit défectueuse. Eh bien ce sont les représentants légalement élus (en fait depuis longtemps ils se contentent de veauter les injonctions de l’exécutif). Certes les lois votées sont légales mais elles ne sont légitimes que si elles visent l’intérêt général et le bien commun du peuple tout entier dans sa diversité. Or des lois, telle celle voulue par Chiracos pour organiser l’impunité du chef de l’Etat ou celle qui fait passer les prévaricateurs, voleurs, corrompus du gouvernement ou des assemblées devant une Cour de Justice de la république entièrement bidonnée, qui renforcent des intérêts particuliers, ceux des élus ou ceux de leurs vrais mandants, à savoir les puissances d’argent, ce qui se pratique en France depuis plus de 30 ans en faveur de l’UE, du marché et du système libéralo-capitaliste, ne sont évidemment pas légitimes. C’est pourquoi le pouvoir a besoin d’une magistrature couchée à ses pieds pour effacer ses turpitudes et celles de ses séides. Et pour encore mieux s’exonérer de leurs fautes les détenteurs provisoires de l’exercice du pouvoir d’Etat ont inventé, ce qui n’existe dans nulle autre démocrassouille libérale, une justice administrative (Conseil d’Etat et tribunaux administratifs) dont les juges ont été nommés par eux ! Et si tout cela ne suffit pas, il reste la police pour museler les opposants et les spoliés (par exemple par une DUP truquée comme à Sivens). Plus les allocutions familiales du résident à l’Elysée…
Vous me direz qu’une justice parfaitement indépendante comme aux USA (que Tsarko avait singé avec le plaider coupable, les négociations de peines entre le proc et le poursuivi et les peines-plancher et même une velléité de suppression des juges d’instruction) ce n’est pas forcément mieux. Mais c’est parce que ce gouvernement des juges n’est pas contrôlé ni réglé (indépendance de la justice oblige) par aucun pouvoir. Sauf par les médias qui font l’opinion publique en s’élevant contre des scandales telle l’impunité des flics, absous par des procs élus, qui zigouillent des Noirs et des Latinos sans vergogne ! Le plus simple est alors de s’allier avec les médias ou plutôt avec leurs dirigeants qui sont aujourd’hui pour la plupart des capitaines d’industrie sensibles à l’audimat et proches du pouvoir. Vous avez dit démocratie et Etat de Droit ? Laissez-moi rigoler.

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