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Archive pour la catégorie 'politique'

EDF contre SNCF: la lutte entre services publics pour faire oublier la privatisation de tout

Posté : 1 août, 2018 @ 10:29 dans politique | Commentaires fermés

L’incendie de la sous-station Harcourt ou poste haute tension (PHT) a privé la gare Montparnasse du courant approprié (c’est pas du 220v) pour alimenter les trains et les ateliers d’entretien des TGV, d’où une pagaille noire un an après la panne des appareils électroniques ou électriques ici même l’an dernier. Du coup, la SNCF, encore étatisée, et EDF, service public transformé en SA avec 82 % de détention étatique des titres se tirent la bourre et se renvoient la responsabilité des faits. « En même temps », l’affaire Benalla montre les effets d’une privatisation de la sécurité du résident à l’Elysée. Gageons que la lutte SNCF/EDF sera une occasion de plus de dire que le public ne vaut rien par rapport à la gestion privée alors même que le nervi présidentiel montre ce qu’est ladite gestion. Or les torts sont largement partagés pour, de chaque côté, des raisons d’économies sordides dues à la mis en place de la logique « rentabiliste » du privé dans les services publics.
Le PHT qui a pris feu date des années 50 et les câbles électriques sont enrobés d’une matière totalement obsolète (qui a pu en outre être entamée par des rats); il n’est donc pas étonnant qu’il y ait eu surchauffe par suite de la canicule. Cela montre un défaut d’entretien pour faire des économies de bouts de chandelle. Ce défaut se trouve un peu partout, notamment dans les investissements routiers, les routes étant en mauvais état, comme le viaduc de Gennevilliers, ce qui est à l’origine de 45 % des accidents. on constate aussi la diminution continuelle des contrôles de l’Etat au profit (c’est le cas de le dire) du soi-disant autocontrôle privé, ce qui nous a valu l’affaire Lactalis. On peut encore plus s’attrister d’une décision gouvernementale qui donne aux entreprises et aux fraudeurs un droit à l’erreur! Quant à la SNCF, elle est victime de son refus de payer à EDF une alimentation de secours, ce qui a fait qu’elle n’était forunie que par le PHT qui a brûlé!
Pendant la destruction lente et programmée des services publics, tous contraints à la gestion financière libérale (comme les hôpitaux via la T2A), le privé s’est goinfré: compagnies des eaux concessionnaires, partenariats privé-public (hôpitaux, prisons, palais de justice, immeuble de l’armée, etc.), grands travaux inutiles (exemple: le tunnel sous les Alpes pour une ligne ferroviaire Lyon-Turin), privatisation des autoroutes sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin; puis récemment accord entre le ministère de la santé et Bigpharma pour assurer à cette dernière un marché en croissance continue, appel du gouvernement contre l’arrêt du tribunal administratif contre Europa City, concessions minières et pétrolières (dont mine d’or en Guyane), modification en loucédé du code forestier pour donner 200 hectares de forêt à Central Parcs à Roybon (notre roi est bon), semenciers ou « pesticidiers » qui établissent avec l’Etat la liste des produits autorisés sur le marché, INAO qui établit avec l’agro-alimentaire les normes des AOP pour favoriser les fromages industriels pasteurisés et au lait venant de partout! Et que fait la Hulotte, notre ministre de l’écologie devant cette faveur permanente envers le Kapital au nom de la croissance sans fin contre l’environnement et ses habitants?
Et l’affaire Benalla nous prouve que non seulement tout se privatise au détriment des fonctions publiques, mais encore que cette privatisation s’accompagne dans certains cas d’une personnalisation. Ce n’est pas étonnant: un monarque muni de la toute-puissance de l’Etat s’entoure toujours de féaux, de copains, de copains, d’une cour qui rappelle l’heureux temps de la féodalité. Et ainsi le monarque peut attribuer des marocains selon son bon plaisir. Inch Benalla…

Quelques nouvelles du contexte SLC

Posté : 28 juillet, 2018 @ 10:49 dans politique | Commentaires fermés

Les dernières stats trimestrielles du chômedu en France viennent de sortir; ce n’est pas le lancement de la victoire contre icelui annoncée au nom des réformes Maqueron consistant à donner du pognon aux riches et aux boîtes pour qu’ils investissent et créent des emplois. C’est la politique de l’offre via le « ruissellement » de la richesse et en vertu du théorème du teuton Schmidt: l’épargne d’ajourd(hui donne l’investissement de demain et les emplois d’après demain. Et c’est à ce vieux postulat, invalidé depuis belle lurette, que SMI Maqueron se réfère au nom de sa conception du nouveau monde!
Voyons les chiffres: catégorie A (les n’ayant pas travaillé du tout et, naturellement, inscrits): plus 0,2 % à plus de 3 millions six, les catégories B et C (à temps partiel, en sous-emploi et cherchant mieux): plus 6,5 %, les chômeurs de longue durée: plus 7 %. Naturellement les commentateurs, souvent pro Maqueron, interprètent ces mauvais résultats: un creux lié à la grève de la SNCF et aux craintes sur la commerce mondial à cause du trumpisme, une conséquence de l’arrivée sur le marché du travail de classes démographiques nombreuses nées il y a 20 ans. Mais, donc, ça va repartir après ce trou d’air. On n’a évidemment aucune référence sur la nature des emplois, mais ces derniers temps quelques études ont pointé l’expansion sans contrôle des CDD de moins d’un mois qui coûtent très cher à l »assurance chômage. C’est pourquoi le gouvernement voudrait taxer les contrats courts plus ou moins revolving mais il la peur de froisser le MEDEF. On ne sait guère où trouver les heureux entrepreneurs travaillant pour Uber, Deliveroo et consorts.
On a eu droit aussi au « benchmarking » qui nous fait comparer aux autres pays d’Europe. On est effectivement très loin des 5% de chômage affiché par la Doryphorie; mais les commentateurs oublient de rappeler que la Teutonie a une démographie en chute libre et qu’il y a 7 millions de « minijobs » à temps partiel surtout dans les services et pour les femmes et à 450 euros par mois et sans protection sociale. Le Portugal est présenté comme un champion et reçoit un prix de vertu avec sa descente à seulement 7 % de chômeurs. Sans doute, mi=ais ne serait-ce pas légèrement dû aux causes suivantes: exil de très nombreux jeunes faute de job, démographie en berne, non-inscription au chômedu par désespoir de trouver un emploi et départ dans toute l’Europe de « travailleurs détachés »? Des stats sans commentaire et recherche des raisons ne valent rien. Par ailleurs, on sait que ces stats sont truquées à la base car elles comptent, par exemple, un demi emploi pour un entier!
Autres joyeusetés des commentateurs journalistiques et politiques ou économiques: les attaques contre Trump à cause de sa virulence contre le libre-échange. Or, même si c’est pour de mauvaises raisons, c’est une bonne nouvelle pour la planète que des marchandises fassent 10 000 km pour être exportées et que la croissance diminue car cela lui économisera des dégradations en plus ou les ralentira. En France, les analystes pleurent sur le fait que le PIB n’a augmenté que de 0,2 % au 2ème trimestre faute de consommation, Eh bien, c’est encore une bonne nouvelle car cela évite de dégrader la balance commerciale du pays en important des bagnoles teutonnes ou des cerises du Chili? Je proteste depuis longtemps contre cette ineptie de compter la consommation dans le PIB même s’il ne s’agit que de valeur ajoutée en France par le réseau de vente!
M. Juncker, l’escroc du fisc luxembourgeois, négocie tout seul avec Trump sur le commerce USA-UE. L’UE importerait donc notamment du gaz de schiste, voire du soja OGM… Et vive l’écologie et les normes européennes. En contrepartie, Trump ne taxera pas les bagnoles…tudesques. Il est visible de constater une fois de plus que celui qui devrait s’appeler Junker (nom des hobereaux prussiens militaristes et soutiens du Kaiser) car c’est die Grosse Angela qui l’a fait nommer à la tête de la grosse Kommission de Bruxelles. Et les USA ne renonceront pas aux privilèges donnés aux firmes US pour fournit les marchés publics… Vive l’UE qui travaille pour sauver les miches de la Vert-de-Grisie (je parle de ses gouvernants).
Le feuilleton Benalla continue; il est interviewé dans des médias fort complaisants (Le MONDE, TF1) où il se dit bon citoyen volant à la rescousse de l’ordre public et sans la moindre violence. Pour TF1, il s’est rasé sa barbe d’apparence islamique et a chaussé des lunettes pour faire posé et intello. Las, une nouvelle vidéo, qu’il croyait avoir effacé de force, vient de sortir et elle prouve le contraire. Le comique Maqueron continue d’assumer la responsabilité alors que l’article 68 de la Constitution le dit irresponsable sauf en cas de haute trahison!

Enfin Zorro-Maqueron est arrivé sur son blanc destrier

Posté : 26 juillet, 2018 @ 11:26 dans politique | Commentaires fermés

Après la Tornado politicienne et médiatique, Sa Majesté Impériale (SMI) qui s’était cantonnée dans le silence pendant près d’une semaine a exprimé ce qu’elle avait dans le citron. Mais devant ses copains du gouvernement et députés LREM et visiblement avec une langue de bois fourchue. Hugh, comme disait Capet ouvrant son clapet rond (référence à Clapeyron, grand spécialiste des locomotives à vapeur et des régulateurs à boule). Dans le flou artistique, à la manière d’Hamilton, c’était du grand tard. Faut-il que je vous z’aide à décrypter le message?
SMI, grand soutien du FMI, a dénoncé les « faque news » de la presse et des politicards-opposants voulant monter en mayonnaise une simple péripétie et une affaire de basse police. Benalla n’avait pas un appartement de 300 m2 dans l’immeuble du quai Branleurs d’Etat (mais il en avait obtenu un après ses exploits du 1er mai et de 80 à 100 m2 quand même et après réfection antérieure aux frais des contribuables); il ne gagnait pas 10 000 euros par mois (de 5 000 à 7113 suivant les sources quand même; il n’était pas mon amant (et de Madame? Un aimant peut être polarisé par SMI?); il n’avait pas les codes de la force nucléaire francouie (mais un badge H pour circuler à l’assemblée nationale et peut-être une habilitation secret-défense); il m’a trahi (et pourtant il a été opérationnel deux mois et demi après sa trahison!). Il a été sanctionné par 15 jours de mise à pied sans salaire et avec mise au placard (ah bon? car on apprend qu’il a touché ledit salaire en mai et que le fric ne lui sera repris que sur ses droits à congé comme pour un vulgaire gréviste CGT à la SNCF, car il a continué d’agir en électron libre ensuite; ah bon, est-ce une sanction suffisante pour une trahison?). On voit que la dérision pestilentielle en forme de défense pro domo reste dans le flou at quand c’est flou il y a un loup comme dit la mèremptoire Aubry.
La presse s’est jetée sur l’affaire comme la vérole sur le bas clergé breton pour la transformer en scandale d’Etat. Putain de médias qui jusqu’ici ne lui avait tressé que des louanges, l’avait montré, lui et la douairière Trognon (au sens populaire de l’expression: c’est trognon) sous toutes les coutures façon les albums de Martine et l’avait comparé au grand Charlie (couture). Et salopards d’opposants politiques qui se refont la cerise sur une petite turpitude et veulent faire capoter la grande réforme constitutionnelle et autres lois majeures en préparation (sur l’asile et l’immigration, sur la formation professionnelle). Tout cela n’est qu’une affaire judiciaire; il peut le dire vu que personne n’accuse les institutions absolutistes de la Vème.
Il vous faut un responsable, eh bien, c’est moi et j’assume et venez me chercher. Quel courage, quelle vertu républicaine! En premier lieu, qu’il soit le responsable (mais pas coupable de ce coup de sang d’un Rambo de carnaval), c’est un secret de polichinelle car il s’occupe de tout et car ses sbires (Côlon, Delpuech…) ont botté vers l’Elysée. Quand on est monté sur le pavois, on y est bel et bien seul. En deuxième lieu, comment peut-on aller le chercher, lui qui est protégé par toutes les polices de France et de Navarre, mis hors jeu par une Justice qui ne va traiter que du volet judiciaire de l’affaire, assuré d’être défendu à la chambre par sa majorité de godillots, séparé du bas peuple et de la justice ordinaire par la Constitution de 1958 et la « séparation des pouvoirs » (belle fiction alors qu’il détient tous les pouvoirs via ladite Constitution ). A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, pourrait dire ce néo-Cid anti pesticides du 21ème siècle. Sauf qu’il y aura ensuite des élections (européennes en 2019, municipales en 2020, présidentielles et législatives en 2022). Aussi va-t-il tout faire pour ensevelir le scandale sous un tombereau de Com. et de réformes qu’il faut achever avant d’être viré en 2022 car il lui sera difficile de rallier le bon peuple à son panache sali (on ne peut dire l’athée sali). Comme on disait en droit; nemo auditur turpidinem suam allegans (nul ne peut être entendu quand il excipe de sa turpitude; jugement de la Cour de Cass au 19ème siècle à propos de bidets non payés dans un lupanar).
On constate avec amusement que la camarilla maqueronienne qui avait adopté un profil bien bas pendant le silence de Jupiter, s’est retrouvée sacrément requinquée après ce beau discours qui lui a fourni ses éléments de langage pour cacher le pipi de chat (au sens du bavardage sur les réseaux sociaux). Il n’empêche, le Zident et elle ont la gueule bien enfarinée et la tempête va continuer de sortir du verre d’eau où on prétend la maintenir.
PS: j’ai constaté que mes écrits sont suivis par des taupes du pouvoir, voilà qui va justifier leur travail.

L’Infini politique, les zéros citoyens et le SLC

Posté : 26 juillet, 2018 @ 9:39 dans politique | Commentaires fermés

La démocrassouille libérale et représentative est fondée sur l’idée que le pouvoir politique, devenu Etat, est neutre, ainsi que le droit, par rapport aux conceptions du monde (religieuses, idéologiques, économiques, morales) et aux actions ou structures économiques, que le système électoral représente bien tous les acteurs et assure l’émergence d’un intérêt général légitime. Elle assure que la finalité princeps est le respect des droits individuels et la liberté (« négative », car limitée par celle des autres et les interdictions légales) de tout un chacun. Et que la société n’est qu’une collection de personnes en interaction, ce qui oblige à la création d’un Etat pour la coordonner. Cette doctrine traditionnelle est mise à mal par l’apparition actuelle de plus en plus de centralisation, de normes, de « démocratures », de mouvements sans Etat, de revendications régionalistes. L’Etat ne cesse de se développer et de se renforcer un peu partout dans le monde. Les analystes du politique, les libéraux sans profondeur et idéologues, tel l’inusable Alain Duhamel, ne s’intéressent pas au phénomène. Ils en restent à l’Etat libéral en surplomb de la société afin de la réguler, d’assurer sa stabilité et sa cohésion et de garantir les libertés civiles et les droits subjectifs. Sans voir que lesdits libertés et droits se réduisent comme peau de chagrin à la faveur de la centralisation et de la répression des oppositions. Ils en restent au fameux contrat libéral entre le renard libre et les poules libres, entre les baleines du business et du pouvoir et le krill des individus atomisés. Bref, ils n’y comprennent rien et surtout ils n’essaient pas de comprendre car pour eux nous sommes dans « le meilleur des mondes possibles ».
C’est pourtant facile à comprendre si on se rapproche des magnifiques analyses du toitalitarisme conduites par la philosophe Hanna Arendt il y a plus de 60 ans. Complétées par les analyses récentes sur la lutte pour la reconnaissance (Honneth, avec reprise de la pensée de Hegel sur ce point), Elles montrent qu’il y a d’un côté des individus atomisés par le libéralo-capitalisme, individus dont la massification en foules dangereuses est le corollaire de leur réduction à des zéros politiques et, de l’autre, un pouvoir, absolu, infini en tant que transcendant les individus. Ces derniers refusent d’être réduits à des pions sur le marché libéral et cherchent par tous moyens une reconnaissance sociale et du sens pour leur vie. Car, contrairement aux présupposés anthropologiques du libéralisme économique (et aussi largement politique), les hommes ne sont pas mus que par leurs intérêts égoïstes; ils ont aussi une sociabilité (Aristote: l’homme est un animal politique et sociable ou la sympathie d’Adam Smith dans sa théorie des sentiments moraux que les libéraux de l’économie ont jetée à la poubelle de l’histoire), une spiritualité, un besoin de signification, une revendication d’identité propre et de reconnaissance… Las, les individus sont tellement séparés, divisés, atomisés par le SLC et le suffrage purement individuel dans les démocrassouilles représentatives qu’ils sont à la merci des démagogues politiques voulant instrumentaliser le pouvoir pour asseoir leur règne, des idéologies de la violence, des religions de réconfort et des « entrepreneurs de religion ». Ce qui nous a donné les totalitarismes nazi et soviétique en tant que religions profanes et, ensuite, les théocraties électives ou la mise sous la coupe des religieux des démocraties formelles.
Arendt avait sous les yeux les conséquences d’un capitalisme sauvage et sans freins, les dévastations guerrières et génocides des fascismes et communismes, qui furent calmés pendant 30 ans (les « 30 glorieuses » de 1945 à 1975) par les Etats-providence d’après guerre. Las, dès les années 1980 le libéralisme s’est vengé, a pris le pouvoir et a installé un SLC concurrentiel mondialisé tout aussi dérégulateur que le vieux capitalisme, quoique plus financier qu’industriel. On a vu alors se mettre en place une relation complexe entre le pouvoir politique infini et tout-puissant, la démocratie des individus-zéros et le marché du libre-échange globalisé. Les individus ont été encore plus atomisés par la complexité sans cesse accrue de la division technique, sociale et politique du travail, par la naissance des communautarismes, par l’individualisation et l’évolution des moeurs, par les revendications identitaires, par la consommation personnelle et ostentatoire encouragée par la publicité afin de vendre toujours plus, par la concurrence entre tous, par le creusement abyssal des inégalités de revenu et de patrimoine. Le capitalisme, fondé sur l’accumulation, l’accaparement ou appropriation des biens tant personnels que communs, la privatisation de tous les domaines juteux et la course sans limites au profit, n’a cessé de se concentrer tout en détruisant la planète et les concurrents les moins compétitifs. Les gens, les groupements, les pays sont devenus à la fois plus interdépendants et mis en situation antagonique, ce qui a fait monter la conflictualité sociétale entre des intérêts concurrents ou négligés par les puissances installées et leurs bénéficiaires. Les sociétés sont devenues de plus en plus complexes et diversifiées, ce qui a poussé le pouvoir politique à accroître sans fin ses domaines d’intervention avec sa bureaucratie devenue technocratie (expertise spécialisée).
Et dans le temps même où les conflits se multipliaient par suite des désordres et de la perte de sens et de cohésion sociale impulsés par le SLC, le pouvoir politique a réagi de deux façons. Il a sans cesse augmenté la répression juridique, judiciaire et policière afin d’assurer « l’ordre public », notamment au nom bien commode de la lutte anti terroriste. Il s’est converti au SLC afin de tirer son épingle nationale du jeu au sein de la concurrence « libre et non faussée » généralisée. Ce qui du reste n’a fait que faire monter aux extrêmes les inégalités en tout genre et casser tous les modèles sociopolitiques non adéquats au SLC. C’est ce qui a détruit l’UE devenue une cohue d’intérêts nationaux et de gouvernements d’autant plus en conflit qu’ils ont la même politique qui les met en concurrence échevelée. Le désordre sans régulation économique n’a ainsi fait que croître et prospérer, ce qui a enclenché le cycle sans fin de la gouvernance autoritaire contre tous les fauteurs de trouble contre « le désordre établi » par le SLC. Dans cette spirale sans fin les gouvernants convertis au SLC ont instrumentalisé l’Etat central pour le mettre au service du capitalisme. Mais il fallait que cela ne soit pas visible car cela était contraire à l’esprit du libéralisme et à sa justification démocratique (neutralité de l’Etat, service de l’intérêt général et respect des droits individuels). L’idée a été simple: il suffisait de conserver les formes de la démocratie libérale tout en la vidant de contenu et de pouvoir. Il suffisait d’installer une démocratie « Canada Dry », sous un « voile d’ignorance » opaque, une « démocrature » à la Erdogan. On a ainsi fait de la légalité majoritaire des élections un principe de légitimité et de l’Etat un infini, un souverain absolu dont les élus sont les propriétaires en même temps que les seuls détenteurs de la construction du bien commun. C’est le rôle de Maqueron, prototype du pouvoir personnel et technocratique que de convertir la France à ce modèle. Muni d’un pouvoir quasiment féodal, le sire Maqueron-Coucy s’est laissé aller aux copinages de féaux. Mais ce n’est qu’un épiphénomène par rapport aux tendances lourdes de la collusion entre les dirigeants élus et les puissances économiques et financières du SLC… L’affaire Benalla relève du doigt que montre le chef et des imbéciles journalistiques ou des LREM énamourés qui le regardent au lieu de la réalité des processus de domination en cours.
Les politologues, les politicards, la plupart des médias entretiennent le mystère et la confusion en ne traitant que de la surface des choses. Ce qui est profondément caché, c’est la nature monarcho-présidentielle du pouvoir liée à la Constitution de la Vème ripoublique et, plus enterrée encore, la symbiose SLC, pouvoir politique et puissances d’argent. Maqueron n’est pas grand chose mais il dispose de la toute-puissance de l’infini étatique. Et songeons à ce qui pourrait arriver en 2022: que le pouvoir tombe dans les pattes d’un populiste extrémiste de droite ou de gauche?

La monarchie inconstitutionnelle

Posté : 24 juillet, 2018 @ 10:48 dans politique | Commentaires fermés

Maqueron a perfectionné la monarchie inconstitutionnelle qu’est la Vème ripoublique. On se rappelle la réponse de Tsarko-Witch à laurent Joffrin qui l’avait accusé d’être un monarque : réponse, non parce que j’ai été élu. Avec cette rebuffade, Tssarko-Witch montrait son ignorance de l’étymologie, puisque monarchie signifie gouvernement d’un seul, et de l’histoire, puisqu’il y a eu maintes monarchies électives. Mais Tsarko n’était qu’un avocaillon d’affaires alors que Jupiter est un énarque de l’Inspection des Finances. Eh bien ce régime monarchique s’accentue avec un Zident qui abuse de ses pouvoirs et veut réduire à pas grand chose le rôle du parlement et des corps intermédiaires. Caligula avait nommé son cheval sénateur ; Maqueron a fait nommer un gorille, lieutenant-colonel de réserve ! Avec un très bon salaire qui ressemble à une lettre de cachet. Cela correspond à une république bananière apte à alimenter très correctement le gorille de son président.Car ons se demande ce qui reste de l’Etat de droit et non de privilèges d’ancien régime?
Les péripéties déclenchées par les actes incontrôlés de Benalla (akbar) montrent qu’il avait été nommé par le fait du prince « intutu personæ » et, que de fil en aiguille, une police parallèle et barbouzarde avait été constituée pour défendre le couple résidentiel et bien au-delà. Il a fallu la diffusion inopinée de vidéos et un article du Monde pour que l’affaire, tenue secrète pendant deux mois et demi, fasse surface ; il y aurait donc eu en quelque sorte un cabinet noir à l’Elysée afin de protéger le prince-président tel un vulgaire Napoléon le Petit. Pendant ce temps-là, cet individu de SAC et de corde, ainsi que son ami Vincent (Auriol?) Crasse, ont pu jouer aux flics Barbie en toute impunité et discrétion. Le pouvoir avait fait dire qu’il avait été sévèrement sanctionné (mise à pied de 15 jours et abaissement de fonction) ; cela cadre mal avec le fait que l’on a vu ensuite le nervi pestilentiel paraître aux obsèques nationales des époux Veil, au défilé du 14 juillet et près du bus des Bleus. Qui vraiment se défile de ses responsabilités dans cette affaire abracadabrantesque ? Un enquête conduite par la commission des lois de l’Assemblée nationale », bien que sa présidente LREM ait tout fait pour l’empêcher, devrait faire la lumière sur les événements. Mais il est assez clair que les choses ne remonteront pas jusqu’au vrai responsable, à savoir SA Maqueron 1er qui a nommé le sbire dans sa garde rapprochée, pour ne pas dire prétorienne. Elle commence par auditionner ce jour à 10 heures le ministre Collomb dont le rectum est profondément emmanché par l’affaire gorgeon-Zola. Comme on dit à Lyon, cela va faire un bouchon pour le sinistre à rosette arrosée par ce gorgeon de problème beau-gelé. Cela dit, Benalla n’a pas encore la rosette en tant que signe de faveur du prince; serait-ce parce qu’il serait musulman?
Benalla excipe de l’article 73 du code de procédure pénale pour prétendre qu’il était habilité, en tant que citoyen témoin de désordres, à assister les forces de l’ordre. Or il se trouve que c’était lors d’une manif minuscule et avec des pacifistes non violents (avant la démonstration de force de la maison Royco) place de la Contrescarpe. Des flics là peuvent laisser supposer une provocation policière pour alimenter les télés afin de dresser le bon peuple contre les manifestants du 1er mai…. On constate alors que le rôle de la police n’est plus d’assurer l’ordre public ou la paix pour les citoyens mais de se mêler de politique. Où sont les vieux « gardiens de la paix »? En revanche, nul chez le staff de Maqueron ou dans la police n’a fait usage de l’article 40 qui exige que tout fonctionnaire témoin de telles choses saisissent la justice. Why, si ce n’est au nom du prince? Auditionné aujourd’hui, Côlon n’a rien dit du tout; en revanche le préfet de police de Paris a fait savoir que c’était au cabinet noir de la présidence d’intervenir. Et que c’était dans ce cabinet que la présence musclée de Benalla avait été organisée.
Notre régime de plus en plus monarcho-présidentiel (sans les contrepouvoirs des USA qui sont un vrai régime présidentiel) est celui de la toute-puissance verticalisée du pouvoir personnel. Il ne se sent plus, comme on dit ; il est au-dessus des lois valables au nom de l’universalité et de l’égalité républicaines ; il méprise ouvertement les institutions comme le fit Tonton qui lança sa police secrète contre le Rainbow Warrior, les Irlandais de Vincennes et les journalistes dévoilant l’existence de Mazarine. Ou comme on le vit avec Alliot-Marie et la Justice aux ordres poursuivant, non le crime, mais des révolutionnaires de papier dans l’affaire du « groupe de Tarnac ». De plus et surtout l’autoritarisme descend toute la chaîne de commandement de telle sorte que personne ne peut plus contrer un individu paré des plumes du Maqueron. Cela tombe bien car ces gens-là, trop respectueux du pouvoir perso, trop soumis à leur hiérarchie verticale, ayant abandonné la notion de service public dévoué à l’intérêt général et non à la personne du souverain, feront de très bons lampistes ; c’est déjà fait à l’encontre de trois hauts flics de la préfecture de Paris qui ont remis à Benalla les vidéos des manifs en croyant que c’était la volonté du prince. Ce dernier, pourtant grand twitter en Rafale à l’instar de Trump, et grand communicant et aussi en matière de « revolving doors », se révèle d’une discrétion de violette et laisse ses fusibles monter au créneau pour protéger César et sa Dulcinée du Trop-Beau-Zoo. Car il n’y a plus de souverain sans mystère (20) et sans Mirage ; il faut défendre les corps mystiques et physiques du roi. Car l’Etat-Providence, c’est lui.
Maqueron n’a pas dû lire Montesquieu : le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument ; il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Bien au contraire le pouvoir s’impose sans restrictions en piétinant le droit. On voit cinquante clampins (sur 577) discuter à l’Assemblée nationale de la réforme constitutionnelle car les autres députés savent que ladite réforme est dans les cartons et sera votée par une majorité de godillots quoiqu’il arrive et quels que soient les amendements. Sauf pour le prince qui peut annoncer à brûle-pourpoint que l’année prochaine il restera devant le parlement pour répondre à la représentation nationale. Le prince a fait du principe du contrat asymétrique (du genre de celui passé entre le renard et les poules) sa marque de fabrique : les collectivités locales se sont fait proposer un contrat entre l’Etat et elles sur le thème mafieux : vous signez ou je vous sucre les subventions et dotations. Quelques départements réticents à ce chantage se sont fait exclure de la promesse maqueronienne de compenser les manques étatiques vis-à-vis du RSA par une dotation supplémentaire. C’est du brutal même si le pouvoir n’a jamais tenu ses promesses de compenser au franc le franc les compétences dont il se défausse sur les collectivités locales. Le RSA, créé en 2003, n’est actuellement compensé qu’au niveau des charges de 2005 !
Il y a déjà longtemps que l’intérêt général a été remplacé par la gouvernance politique au profit des puissants. En tant que monarque omnipotent et omniscient, Maqueron entend le supprimer définitivement au profit du SLC. Le pire est qu’il a encore 4 ans pour le faire. Sauf si l’affaire Benalla le torpille en plein vol (de l’argent des Francaouis). je conseille au Zident de partir en vacances avec la chanson de Brassens Gare au gorille.

Son Altesse Maqueron 1er et ses « Joyeuse »

Posté : 22 juillet, 2018 @ 10:40 dans politique | Commentaires fermés

Henri III avait ses « mignons », dont le très jeune duc de Joyeuse était le plus beau fleuron. Contrairement aux insinuations de Le Pen les mignons n’étaient pas des gitons mais de redoutables bretteurs qui formaient la garde rapprochée du souverain. Tout grand homme de pouvoir, à la fois mégalo et parano car entouré d’ennemis, est servi par une cour de fidèles, de chiens de garde plus ou moins prétoriens, d’admirateurs inconditionnels, de féaux énamourés, parfois de sbires et de nervis incontrôlables. Ce qui, naturellement, n’est pas nouveau et montre que notre Zident n’est pas aussi moderne qu’il le prétend ni le pape d’une république « exemplaire ». La vertu, c’est bien, mais la sûreté est incompressible pour les grands manitous du pouvoir. Même de Gaulle avait un SAC à sa main dirigé par l’inénarrable Pasqua. Car un grand homme ne peut pas être trop regardant sur ceux qui le défendent y compris au péril de leur vie. Et l’époque est plutôt à l’opportunisme et aux retournements de veste. Naturellement, les grognards du grand homme sont aussi appâtés par quelques privilèges interdits aux pékins du coin : logement (comme Tonton qui avait logé sa 2ème épouse et sa fille Mazarine dans le même bel hôtel du quai Branleurs d’Etat), bagnole de luxe avec gyrophare, rémunération, décorations, joujoux réservés. Et la barbouze Benalla avait même un badge d’accès illimité au parlement! Et le prince-président l’avait fait nommer lieutenant-colonel de gendarmerie (à 26 ans!) à la vitesse de la lumière qu’il ne fait toujours pas sur cette affaire! Las, la barbouze qui se prenait pour Barbadur est devenue Barbouille. C’est du classique et, pour ainsi dire normal, dans une conception néolithique (mot d’Alain Badiou) de l’exercice du pouvoir. On se demande pourquoi la police avait réprimé une minuscule portion de manif du 1er mai; pour laisser à Benalla une occasion de s’illustrer avec peu de risques? Pour monter une provocation contre une centaine de personnes plutôt baba cools? Cela dit, Benalla est bien à l’image du Zident: un Rastignac hyper ambitieux, narcissique et individualiste comme le veut la mentalité SLC. Que se ressemble, s’assemble, dit la sagesse populaire… Dans les vieilles pratiques, on peut citer le fait que pour protéger le Zident le pouvoir a vite trouvé 3 hauts flics, fusiblés pour l’exemple et qu’il y a toujours deux poids deux mesures pour la justice, très lente pour les protégés du pouvoir, bien plus rapide pour les lampistes et le commun des mortels. Il est dommage que Benalla ne puisse plus aller protéger le Zident et la douairière Trognon à Brégançon; une plongée dans la nouvelle piscine l’aurait refroidi.
Notre CRS (et c’est nous qui payons le casque et les émoluments) en herbe (mais qui touche beaucoup de blé eu égard à son mérite, ce qui est pourtant la valeur princeps de SA Maqueron 1er et du SLC qu’il soutient), est loin d’être aussi mignon que Joyeuse ; il est bien grassouillet, voire obèse, et barbouzard, grossier, brutal, mal attifé, fruste. Mais il est un affidé de la première heure ; cela vaut bien un fromage à 7 000 euros par mois, sans doute. C’est aussi un ex-marocain, faut-il y voir une relation privilégiée avec M 6 ? Mais qui sont les autres Joyeuse de son altesse ? On peut y classer les jeunes et sémillants ministres comme Denormandie, Grivaux, Darmanin, Lecornu et les féaux dans la force de l’âge comme Philippe, Castaner, Ferrand ; la liste n’est pas limitative et, cher lecteur, je vous appelle à la compléter. Las, santo (subito) Manuelo a comme San Antonio, son Bérurier, notre Benalla nommé dare dare. Why, that is the question?
Le Zident-Altesse serait-il gay ? Car il faut bien constater que ses ministres féminin(e)s ne sont pas de première fraicheur ; ce sont pour la plupart des vieilles parfois moches. Il y a un contraste surprenant entre ces deux populations. Et la douairière Trognon avait, pendant la campagne électorale, affirmé avec peut-être trop d’insistance que son Jules n’était pas gay. Ce qui rappelle le mot vachard de Clemenceau à propos de Félix Faure : il se voulait César et ne fut que Pompée. De toute façon, on s’en moque même si les électeurs devraient le savoir au cas où. Ce qui est important, c’est qu’on se leurre en croyant qu’un jeune dirigeant, un bon représentant du « jeunisme » inhérent au SLC comme le montre la flopée actuelle de sémillants gouvernants dans le monde, a de jeunes idées. Eh non, un jeune peut appartenir à l’ancien monde, ce qui est le cas de Maqueron qui se dit partisan d’un nouveau monde, et un vieux peut avoir des idées neuves.

Les conceptions politiques néolithiques de Maqueron 1er

Posté : 21 juillet, 2018 @ 10:50 dans politique | Commentaires fermés

Notre Zident n’innove pas du tout en ce qui concerne ses vues politiciennes qui appartiennent sans contestation possible au registre le plus éculé de la philosophie politique. Quelles sont-elles ?
* la souveraineté, si elle appartient au peuple, ne peut être exercée que par des représentants élus qui, réunis en chambre législative, détiennent le pouvoir absolu de légiférer au nom de la « volonté générale » et dans l’intérêt général dont ils sont les détenteurs. Cette souveraineté est indivisible et absolue au nom du pays tout entier au-dessus des particularités locales, professionnelles, politiques, sociales ; elle renvoie à l’unité de la nation en tant que grand tout unique. Le « UN » transcende tous les singuliers au nom du général. Le UN s’entend comme au-dessus du multiple et consiste à le nier comme pluralisme effectif de la société, qui, donc, n’est pas pas à prendre en compte. L’unité postulée en tant que rassemblement du peuple tout entier, comme disait Staline, via le microcosme qu’est la chambre élue, récuse le fait qu’il n’y a qu’un état temporaire alors que l’union est un processus permanent et évolutif sans cesse remis en débat. La chambre souveraine à la place du peuple détient le monopole de la mise en forme de l’intérêt général. Les députés sont censés être élus pour le représenter, ce qui ne devrait convenir qu’à une chambre élue sur une seule circonscription,à savoir le territoire tout entier. Sinon, le « députain » devient « en même temps », le porteur d’intérêts locaux, d’autant plus solides qu’il est implanté dans plusieurs niveaux de collectivité. C’est du reste cela conteste Maqueron, non pas pour en revenir à l’IG détenu par la chambre législative, mais pour conforter sa monopolisation par l’exécutif et, in fine, par lui seul. C’est du césarisme… Accompagné d’une cour de fidèles, d’une garde rapprochée du souverain, comme continue de le montrer l’affaire Benala.
* l’Etat détient en fait la souveraineté à la place des peuples. Or l’Etat n’existe pas; c’est une fiction juridique créée pour enlever au roi la souveraineté exercée à titre personnel. Ce qui existe, ce sont le gouvernement, les chambres, les administrations. L’état est une construction idéologique pour recevoir la souveraineté et donner son exercice aux gouvernants qui n’en sont pas les propriétaires mais seulement les détenteurs provisoires. Ce qui devrait empêcher Maqueron de révolutionner la société française en engageant son avenir dans une seule direction et pour bien trop longtemps. L’Etat ainsi conçu permet de tout centraliser, de tout mettre sous la coupe des dirigeants politiques; c’est une forteresse qui est le siège d’une classe corporative de politiciens professionnels. Cela a donné des idées aux révolutionnaires: il suffit de s’emparer de la forteresse et de tourner ses canons contre ses anciens occupants, ce qui n’est qu’une révolution politique et non une révolution sociale. L’Etat « libérale » est censé être neutre par rapport aux conceptions du monde et religions. C’est une fiction prétendant à la légitimité et au monopole de la définition de l’intérêt général (IG) car, en réalité, les titulaires des fonctions d’Etat, donc ceux qui exercent son pouvoir, ont des conceptions morales et interviennent en politique pour favoriser leurs copains et coquins. L’Etat « libéral » a tendance à exercer le pouvoir de façon verticale, descendante, hiérarchique; il monopolise le pouvoir politique qui est pourtant l’affaire de tous (politique vient de polis, la cité…). L’Etat encourage à diviser pour régner; il sépare les fonctions sociales, qui sont pourtant interdépendantes et solidaire en tant que système sociétal. Il met le politique au-dessus de toutes les autres dimensions du social, ce qui est nier que « avant de se gouverner », la société travaille ». Comme l’a vu Proudhon, la révolutions ne peut être que globale, systémique et sociale car il faut faire disparaître simultanément la triple domination, exploitation et aliénation par le trône, le coffre-fort et l’autel. L’IG ne peut normalement résulter que d’un lent processus de mise en expression, de débat et de négociation entre acteurs sociaux concrets et agissant en tant que groupes. La division libéralo-étatique des fonctions sociales interdépendantes permet de justifier qu’il y ait un pouvoir central au-dessus des parties et transversal aux problèmes sociétaux car il faut coordonner et conduire tout cela dans une logique d’unité et d’intérêt général postulé comme légitimement détenu par le seul prétendu Etat.
* La société n’existe pas, comme disait Maggie; ce n’est qu’une collection d’individus. Ce qui légitime le suffrage purement individuel. On peut donc avoir, d’un côté, extérieur et supérieur au peuple ou à la société, c’est-à-dire le pouvoir absolu, centralisateur, unique expert des choses sociales, dirigeant en étant séparé des dirigés, seul créateur des lois, omnipotent et omniscient, de l’autre la somme des zéros que sont les individus-électeurs. On est alors dans la dialectique confortable pour les gouvernants de l’infini et des zéros. Tous les groupes réels (naturels comme les collectivités locales et au-dessus), fonctionnels (producteurs, par exemple, ou consommateurs), communautaires sont niés, ainsi que leur représentation directe (syndicats, associations, ONG). Les évolutions d’après guerre avaient fait s’installer un dialogue social mais, après concertation, le gouvernement décidait tout seul car seul détenteur du pouvoir politique défini comme étant celui de l’Etat. Le changement chez Maqueron a consisté à décider avant toute concertation, à minorer les corps intermédiaires, à essayer de supprimer leur rôle. Il en arrivait à la « gouvernance » avec les seuls experts, soi-disant issus de le « société civile », et sur la base du seul critère de l’efficacité. La coupure dirigeants/dirigés a pour effet de refuser l’idée (et la pratique) que les groupements locaux ou particuliers sont les seuls à même de bine connaître leur situation et leurs problèmes à résoudre grâce à leur vécu et à leur expérience, à combattre aussi le fait que les groupements autogérés sont capables d’expérimenter, de se former, de débattre, de se développer et de décider par eux-mêmes de ce qui répond à leur situation. Ainsi s’est installée la mégalomanie de l’énarque décidant tout seul à partir de son beau bureau lambrissé pour « changer la société par décret ». par ailleurs, s’est installée une classe de politiciens ayant tous intérêt à détenir l’Etat et à prétendre représenter l’IG.
* la démocratie se réduit à quelques moments périodiques, ceux des votes, entre lesquels le peuple est censé abandonner tous ses pouvoirs aux représentants légitimement (au lieu de légalement) élus. Pendant ces périodes, infiniment plus longues que les interludes électoraux, le pouvoir politique peut faire ce qu’il veut, y compris contre l’intérêt général et le bien commun. C’est ce que veut accentuer et accélérer Maqueron afin d’installer enfin le SLC hyper libéral en France. Le pouvoir peut alors se moquer de la culture, des institutions sociales (règles, normes, valeurs), des conventions sociales, des us et coutumes et tenter de les modifier afin d’obtenir une mentalité et des pratiques conformes au modèle qu’il veut implanter (le SLC). Il nie que la démocratie est un processus permanent, pluriel, relationnel dont l’effectivité requiert des procédures, des dispositifs, des règles (information, débat…), de l’éducation et de l’instruction, des libertés « corporatives et locales », du dialogue social institué et instituant comme l’a montré years ago l’analyse institutionnelle (Lapassade, Lourau…).
* le pouvoir politique en sa forme étatique est extérieur, supérieur, transversal à la société. Il est la seule force de synthèse entre les différentes dimensions de la société. Il est en surplomb par rapport au politique, au culturel, au spirituel, au sociétal et décide seul du cadre général des actions de chacun et de chaque groupe. Ayant seul le pouvoir de « donner et casser la loi » dans tous les domaines, attribut principal de la souveraineté, il permet à Maqueron d’instituer l’ordo-libéralisme (OL) tudesque en France; cela dit en sachant que ce mode de gouvernement par les lois ignore visiblement celles qui ne sont pas d’obédience SLC. Le TCE, rejeté en 2005, permettait du reste d’implanter l’OL en France car il n’en était qu’une copie.
* le suffrage individuel et atomistique est censé donner la « volonté générale »; c’est trahir Rousseau qui disait qu’ainsi on n’obtenait que « la volonté de tous », en fait celle de la majorité électorale. Laquelle n’a pas tardé à permettre la violation permanente des droits de la minorité. Ce que la « chambre introuvable » de Maqueron permet d’asseoir sans vergogne, au nom du vieux principe  » quoniam nominor leo ». Celui qui commande est celui qui a la plus grosse Massu. Cet atomisme, évidemment, ne permet pas de faire émerger la pensée « synthétique  » du peuple, coupé de ses situations réelles, de son vécu et des groupements intermédiaires. On est censé voter pour l’intérêt général alors qu’il est évident que chacun ne vote que pour la représentation qu’il en a et en fonction de son idéologie particulière. En réalité, on ne vote que pour ses intérêts, ce qui devrait faire construire une procédure et des institutions de vote qui mettent en relation, en expression, en débat, en négociation les acteurs sociaux réels via des représentants diects des groupements sociaux réels et sociologiquement observables. Ce mode libéral de suffrage correspond à l’idée idiote de Rousseau au nom de laquelle il ne doit rien y avoir entre chaque individu et la nation souveraine et indivisible. Le suffrage devrait partir des groupes réels et procéder par étages de regroupement, loin du césarisme de l’élection directe du président par la majorité électorale des gens. On en est loin et cela d’autant plus que les partis politiques monopolisent les candidatures électorales dans une logique parfaitement corporative et rentière.
* la séparation des pouvoirs n’est qu’une fiction juridique car, en réalité, c’est l’exécutif qui dirige tout, encore plus dans la Vème ripoublique que Maqueron, du reste, veut exploiter à fond en renforçant le pouvoir présidentiel sans les contrepoids US. La vraie séparation réside dans le pluralisme social des acteurs; elle est sociologique et requiert que le « check and balance » ne soit pas formel et juridique mais soit l’objet de pouvoirs et contre-pouvoirs réels en tant que forces sociales organisées et reconnues. C’est ainsi que le pouvoir pourra arrêter le pouvoir; dans les antagonismes concrets et dans leur régulation par un système sociopolitique de « fédéralisme intégral ».
Il n’ ya que 2 structures qui fonctionnent suivant le modèle néolithique que je viens de décrire; ce sont l’Etat maqueronien et la mafia.

Un peu de jugement-footisme

Posté : 17 juillet, 2018 @ 9:44 dans politique | Commentaires fermés

Bien que je me réjouisse aussi de la victoire de nos footeux, je ne puis partager la liesse qui s’en est suivie, notamment dans des médias unanimes et énamourés. Cette joie collective en forme de village à la Potemkine, qui ne concerne pas, loin de là, toute la population, fait plaisir mais n’est pas significative d’une unité du peuple, ni d’un rassemblement durable des populations. Les journaleux ont même parlé de bonheur collectif alors qu’il ne s’agit que de joie! Mais ce feu de paille a tout de suite été récupéré par les politicards et éditorialistes à nacelle, par Maqueron en premier. Certes, il était facile de saisir cette occasion mémorable pour tirer la couverture (médiatique) à soi. Cela n’a rien de nouveau, ni de « disruptif » et cela fait partie de la Com. Politicienne depuis que le sport est devenu tout à la fois un spectacle, un commerce juteux et un erzatz de nationalisme compétiteur sinon compétitif. C’est aussi devenu une des rares voies encore existantes de « circulation des élites » et de promotion sociale. On remarque naturellement que notre équipe francouie est, comme l’a dit un grossium iranien, est plus qu’à moitié Noire et métissée. Tant mieux, mais cela ne fait pas un symbole généralisable de la composition ethnique du pays, ni d’un pluralisme ou d’une diversité sans problèmes, encore moins une victoire de l’Afrique (dixit l’Iranien qui devrait quand même se demander pourquoi peu de Noirs débarquent volontairement en pays musulman ; fastoche : l’esclavage y est encore pratiqué malgré sa proscription théorique et le sport n’y est pas en odeur de sainteté). On sait qu’une telle victoire, et cela depuis fort longtemps, représente une excellente diversion pour la politique politicienne, un « préservatif » (comme dirait Proudhon) contre la morosité et un dérivatif aux soucis du moment pour bien des gens. Tout cela est bien connu et reste à la surface des choses et des enjeux.
L’enjeu principal, très bien vu par Maqueron et par ses opposants sociopolitique, est celui du modèle de société affichable et récupérable par la victoire et les semi-traces qu’elle laisse (Sami-traces dans le Grand Nord ou Samothrace en Grèce). Le problème est que la victoire est sans visage et permet à différentes ailes de battre l’espace en vue de le conquérir ou le raffermir comme « domaine de la lutte » idéologique et disqualification des adversaires de l’interprétation « main stream ».
Maqueron voit dans la victoire une démonstration illustrant sa ligne politique conforme au système libéralo-capitaliste (SLC). Providentielle occasion de la monter en épingle et de cravater les opposants. Providentielle car c’est la Croatie qui, vu sa qualité de jeu et son engagement, aurait dû gagner. Las, la chance a souri aux audacieux et aux audio-cieux. Maqueron y voit donc une éclatante confirmation de ses vues: le mérite, la responsabilité, l’engagement, le rôle déterminant des « premiers de cordée », l’égalité des chances quelles que soient les origines ou les conditions de vie, le succès acquis par le travail justement récompensé, l’excellence de ceux qui font leur devoir. Bref, toute la « moraline » libérale et petite-bourgeoise en tant que justification du « meilleur des mondes possibles » et comme demande de comportements ad hoc requis par le capitaine (pas Nemo, superman) du navire. Il est normal et même requis que la société soit inégalitaire car dans le cas contraire il n’y aurait pas d’occasion de se différencier en bien du troupeau. Et, bien sûr, rien ne serait possible sans un bon lider maximo qui fasse régner l’ordre et force à la coordination via une bonne vieille hiérarchie descendante. Il est apparent aussi que le maqueronisme rabat l’union, qui est un processus collectif et volontaire, sur l’unité qui est un état requis par les gouvernants.
En face, on répond que le succès est dû à la solidarité, à la coopération, au primat du collectif sur les individualités, à la qualité des infrastructures de formation, de mise en situation et de sélection, seules à même de développer les potentiels. On dit que la morale n’est pas dans l’observation d’un code et de normes pré-définies, mais dans le développement des personnalités, de l’altruisme, des attitudes coopératives et du sens de la justice, n’est pas obéissance et statisme car c’est en collaborant dans le respect d’autrui et de soi-même qu’elle se forge de façon dynamique sans qu’on lui assigne une fin et des principes fixes, encore moins universels dans le temps et dans l’espace. La morale est une construction sociale immanente et évolutive résultant des interactions dans un cadre sociétal plus ou moins favorable et repose sur une visée, non pas une norme; l’épanouissement de tous et la réalisation de la justice. C’est donc la conception proudhonienne contre les absolus, les devoirs, la déontologie normative et figée. naturellement, cet auto-réalisation-développement du sens moral requiert des moyens, des structures, des dispositifs, une logique des rapports sociaux qui favorisent l’émergence et le renforcement d’une mentalité idoine. Autant le SLC, en tant que « phénomène social total », favorise l’individualisme, la compétition, le matérialisme, l’égoïsme, une mentalité « néolithique » de la soumission et du commandement, autant des structures anarcho-libertaires, fédératives, auto-gestionnaires, coopératives, favorisant l’expérimentation, la collaboration, l’engagement collectif, l’implication personnelle, le courage et la responsabilité assumée, la mise en débat et en expression nous produiront à la longue à une vraie éthique de la responsabilité collective tant individuelle que sociale. C’était la proposition de Proudhon qui nous a montré que l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations car cela multiplie les capacités d’action collective et forge la communauté de destin. Car en traitant l’autre comme un égal en dignité on peut obtenir sa collaboration, ce qui signifie que la liberté et l’égalité ne sont pas une contradiction mais une nécessaire « composition » pour être efficace et ramer ensemble. dans ce cadre conceptuel, il est clair que plus les inégalités du SLC progressent, plus le sens social se perd, plus les rivalités détruisent le lien social. Il me semble que c’est un peu chez le Ricoeur de l’altérité que visiblement le Zident applique fort mal.

SLC et jihad, même combat

Posté : 16 juillet, 2018 @ 10:43 dans politique | Commentaires fermés

Le système libéralo-capitaliste (SLC) moderne et le jihad islamo-terroriste sont des frères jumeaux enfantés par la modernité. A la différence du califat ottoman qui s’est encroûté et sclérosé pendant des siècles en refusant les innovations (comme l’imprimerie qui ne fut autorisée qu’au 20ème siècle, ou les instruments de musique qualifiés d’haram et même la musique ou toute représentation par l’image) et n’a rien inventé du tout, même pas le coucou pendant ce temps, « l’Etat islamique » (EI) utilise toutes les ressources d’internet 3.0, des films ,de la vidéo, des jeux sur console, des téléphones portables, des réseaux sociaux… et copie massivement la propagande et la communication occidentales. C’est un salafisme actif, guerrier et moderne qui n’a pas grand chose à voir avec le salafisme quiétiste qui, lui, en rajoute sur le misonéisme ottoman. Et qui comme les dirigeants du SLC s’applique à détourner le sens du langage pour tromper les populations.
L’EI singe à merveille l’Occident ; déjà en s’appelant Etat, ce qui ne va pas sans contradiction avec le communautarisme religieux de l’Oumma. Etat et nation sont des créations de la philosophie politique européenne. Mais c’est surtout dans la production d’images que l’EI imite et dépasse même les créations US. La violence des blockbusters US, des vidéos et jeux guerriers amerloques est reprise par ce prétendu Etat. Toute la communication occidentale inspire l’EI : instantanéité, primat de l’image, sensationnalisme, caractère éphémère des productions sur le thème un clou chasse l’autre, glorification des héros, imaginaire des horreurs… à la différence que l’EI montre du vrai, du réalisé et ne fait pas confondre la réalité et la fiction. L’EI a, comme les USA, dépassé la propaganda-staffel et l’agit-prop, tout en retenant leurs recettes : former, recruter, diffuser l’idéologie, formater les esprits, prouver par l’image, endoctriner par le discours qui la commente. La com de l’EI est mondialisée comme celle de l’Occident ; elle ne vise pas que les musulmans et/ou les Arabes mais tous les anti-kouffars de la planète. Elle demande à tout musulman, où qu’il soit, donc pas seulement en terre islamisée, de s’engager contre tous les mécréants qui les exploite et les humilie depuis des décennies. L’EI, cependant, retourne la propagande occidentale contre elle-même en se servant souvent des mêmes images ; par exemple celle des bombardements tuant, non seulement des terroristes (versus occidental) mais encore des populations innocentes et sans défense (versus EI). Elle spécifie ainsi qui est le vrai terroriste en montrant les mensonges des images prises par des drones et reprises par les médias occidentaux. Car SLC et Daech sont universalistes (la foi musulmane, d’un côté, le marché mondialisé, de l’autre) et veulent imposer leur domination à tout le monde par la violence, le discours et l’image.
L’EI utilise la culture occidentale de l’individualisme forcené, du narcissisme, du désir de gloire à la Erostrate ou à la Warhol, du mérite acquis dans l’action (et pas seulement par la foi et la piété quiétiste), de la promesse d’un monde meilleur ici-bas pour les soldats du califat et dans l’autre monde pour les héros. Cela lui permet d’attirer avec le même système de valeurs tous les déçus et frustrés des promesses vaines du SLC ; ce que le SLC ne vous a pas donné, l’EI va vous le procurer quasiment à l’identique. En plus, Daech offre la réalisation des fictions propagées par l’imagerie occidentale, dont, naturellement, la naissance de héros et la légitimité d la violence dont se repaissent bien des Occidentaux pianotant sur leur console de jeux de guerre vidéo ou piraté sur internet. C’est le moyen de transformer les phantasmes de toute-puissance en réalité et, en outre, pour la bonne cause : défendre les musulmans et attaquer les vrais terroristes et menteurs du SLC militarisé. L’EI redonne un sens à la vie des marginalisés et rejetés par le SLC mais cela fonctionne bel et bien sur le même terreau : le besoin d’identité, de reconnaissance, de valeurs et de signification, que le SLC a laminé au profit du matérialisme hédoniste et narcissique. Mais l’un, le SLC, fonctionne sur la promotion des valeurs méritocratiques, l’autre, Daech, sur la frustration de leur manque de réalisation.
On voit que SLC et Daech sont l’avers et le revers d’une même médaille dont les deux faces sont indissolubles. Elles se disent l’une ou l’autre en creux ou en négatif de l’autre. De plus, il y a complicité de fait entre les deux, renforcement mutuel pour monter aux extrêmes. Les compères ont besoin l’un de l’autre pour coexister.
L’existence même de Daech et de ses exactions sert aux politicards « libéraux » renforcer sans cesse les lois sécuritaires; en fait cet arsenal de privation des droits civiques est une menace de répression à l’encontre de tous les opposants à un pouvoir qui vend le pays aux intérêts économiques de la phynance et des multinationales du SLC. De plus, le terrorisme entretient la peur et le sentiment d’insécurité dont le pouvoir profite pour en appeler à l’union nationale factice et de diversion par rapport aux fractures sociales et pour faire que les gens se renferment sur eux et désertent le terrain des luttes sociales.
Daech est utilisé pour s’armer, vendre des armes, faire prospérer les boîtes et moyens de sécurité. Le complexe militaro-politico-répressif est ainsi perpétué et renforcé tout en assurant une part de la prospérité du capital. La guerre perpétuelle contre Daech sert à monter des alliances, souvent contre nature afin de perpétuer une domination et de sécuriser les territoires producteurs d’énergie et de renforts contre les ennemis désignés du système géopolitique mondial, de plus en plus partagé entre sphères d’influence dirigées par un Etat régional à vue hégémonique ou un Etat se voulant puissance mondiale. La guerre, savamment entretenue dans l’affrontement Daech/Occident et alliés, permet de faire là encore diversion en camouflant la persistance des conflits économiques et du système totalitaire du SLC mondialisé.

Maqueron et l’Etat-providence du XXIème siècle

Posté : 14 juillet, 2018 @ 10:42 dans politique | Commentaires fermés

Notre résident à l’Elysée vient de blablater pendant 1h30 devant le congrès ; du vent, des paroles verbales, des promesses, de la fausse humilité, rien de concret, tel est le bilan de cette opération de com. Pour se refaire la cerise devant l’opinion publique. Heureusement que le foot de France « black and white » est plus porteur, une fois.
Le Zident nous promet un Etat-providence du vingt-et-unième siècle ». Qu’est-ce que cela veut dire si on se souvient de ce qu’autrefois la providence était divine ? Parallèlement, un LREM propose de remplacer dans la Constitution, sécurité (sociale) par protection. C’est un abaissement car, par exemple, le hérisson derrière ses épines a une protection mais cela ne le met pas forcément en sécurité. Est-ce un test comme pour l’oursin? Auquel cas ne nous hérissons pas. Maqueron, en fait, nous ressort le vieux discours libéral : responsabilité individuelle (ce qui, en creux, signifie que si vous êtes dans le caca, c’est votre faute), droits et devoirs, égalité des chances, mérite, « activation des dépenses sociales », émancipation par le travail (pardon, l’emploi mais quelle que soit sa nature) comme levier universel de rédemption (du genre « arbeit macht frei »?), de ressources et de bonheur. Palsembleu, putains de fainéants envieux qui méritent leur sort. Il n’y manque que les dames patronnesses et la police. Du reste, il n’y a pas de cadeaux fiscaux aux riches mais seulement aux entreprises car elles vont investir et créer des emplois. Ce n’est pas CQFD mais CQRD, ce qui reste à démontrer. La stratégie est claire: il faute faire grossir le gateau (croissance du PIB) pour que la part de chacun augmente mais sans toucher aux règles de répartition des parts en pourcentage des droits de chacun. Remarquons aussi que toute cette idéologie libérale est fondée sur un individualisme forcené qui, naturellement, s’oppose à toute démarche de solidarité et d’esprit collectif. La devise n’est plus l’Etat, c’est moi mais l’Etat-providence, c’est moi…
Le leitmotiv libéralo-maqueronesque est la prise en charge par chacun de sa liberté; auquel cas il suffit de saisir sa chance pour aller vers une progression de sa situation et la réussite. mais cela une condition sine qua non: la réalité de l’égalité des chances. Le Zident promet grâce à ladite égalité des chances une réduction des inégalités sociales, objectif essentiel de l’Etat-providence du futur. Or, « en même temps » il s’applique à développer en France et dans l’UE la logique du SLC, celle-la même qui porte l’accroissement des inégalités comme « la nuée porte l’orage » via « la liberté du renard libre dans le poulailler libre » comme disait Jaurès. Et le 17 juillet, Maqueron Ier reçoit toutes les organisations syndicales pour lancer un calendrier de concertation; sans doute comme pour l’assurance-chômage: vous causez et je décide ou je fous tout en l’air, après vos négociations entre partenaires sociaux, pour en faire seulement à ma tête!
Le malhomme ignore visiblement que l’égalité des chances exige des structures, des moyens, des dispositifs, des règles qui encadrent sa possibilité de réalisation. Cela est particulièrement visible dans le domaine de la formation où l’on observe depuis déjà longtemps la réduction de l’accès des élèves des classes populaires aux Grandes Ecoles et aux formations universitaires les plus renommées. Le pays se prive ainsi d’un sang neuf lié à la « circulation des élites ». Le Zident proclame qu’il s’oppose aux rentes de situation, aux acquis perpétuels (et non pas éternels comme l’écrivent les journaleux qui ne savent pas qu’éternel signifie sans début, ni fin). Belles paroles, mais qu’a-t-il fait contre les rentes de l’énarchie et des grands corps dont le diplôme vaut carrière prestigieuse toute tracée ad vitam aeternam?
On sait par ailleurs que le gouvernement ne sait pas où trouver du fric pour redorer son blason social étant donné que les très riches et les boîtes ont été servis en premier et que le mythe de la croissance s’estompe compte tenu de la situation internationale. Cela tombe bien car la volonté cachée de SAI Maqueron Ier est de n’offrir qu’un mince filet de sécurité aux plus pauvres, aux handicapés de l’innovation et de la concurrence über alles. Les aides sociales seront réservées à ceux-ci tout en étant diminuées pour forcer les chômeurs à accepter n’importe quel emploi ainsi que la Doryphorie l’a fait sous Schröder en 2004. Au passage, sire Maqueron oublie que, les riches ne payant plus rien les plus pauvres étant exonérés, les classes moyennes sont les seules à payer tout en recevant de moins en moins. Un jour, ça va péter… En fait, il ne s’agit pas de sécurité, ni même de protection sociale, mais d’une charité providentielle fort chiche. C’est là qu’on voit quelle est la vraie conception pestilentielle de la liberté: on crée une cage de fer, du style de celle de La Ballue enfermé par Louis XI (on ne pouvait si tenir ni debout ni allongé; Louis Xi venait taquiner La Ballue: que veux-tu? Une cage plus grande…) ou de l’écureuil en train de tourner dans sa boîte, et on dit au prisonnier qu’il est libre de son destin et de ses désirs. La cage SLC est simple: une seule culture assise sur la conso individuelle et l’ostentatoire de compétition; un seul but, le pognon, une seule logique, accumulons et profitons au max, une logique financière et comptable, des institutions, des règles de dérégulation et des politicards au service du seul Kapital. Et que les petits, les sans-grade se démerdent dans ce cloaque. Il n’y a qu’une providence, c’est le marché efficient et auto-régulé. C’est ce qui existait déjà, de façon très moderne, au 19ème siècle… Comme quoi la providence, en tant que pro-évidence, est providentielle…

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