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EDF, la vache à lait du pouvoir bradée au SLC par tous les gouvernements francaouis

Posté : 11 juin, 2019 @ 10:56 dans politique | Commentaires fermés

Cela fait des décennies qu’EDF est démantibulée et exploitée par le pouvoir. Je mentionne là quelques exemples des prédations étatiques mais je ne vais pas remonter aux calendes grecques pour ce faire. Une des plus terribles et énorme première prédation fut quand le pouvoir piqua la Compagnie Nationale du Rhône à EDF pour la refiler au privé par suite d’une première injonction de Bruxelles pour casser le monopole du producteur national d’électricité en France. Il faut rappeler que la CNR a été entièrement financée par l’usager et le contribuable, ce qui fait de cette opération une pure spoliation. De plus la CNR ne produisait pas que de l’électricité : elle avait aussi pour mission l’irrigation et la régulation du niveau des eaux dans la vallée de la Durance. Rappelons qu’EDF a été nationalisée, c’est-à-dire étatisée en 1946 (avec GDF) ; cela explique la facilité des prédations gouvernementales au nom de l’Etat qui, du reste, n’existe pas ; ce qui existe, c’est le gouvernement, les élus et l’administration. Du reste, à cause de cela, EDF a très souvent servi de lieu de placement des amis du pouvoir ; après le départ de Boiteux en retraite on a vu défiler les présidents incompétents ou ripoux : Ménage, condamné en justice et copain de Tonton le francisquain, Alphandéry (de droite après alternance), l’ancien préfet Roussely mitterrandesque qui fliquait le personnel et l’affairiste Proglio, du reste pas le pire… EDF était priée de financer des anciennes gloires des partis, par exemple DSK qui recevait 500 000 francs par comme « consultant ».
On a eu aussi une manipulation de Balladur consistant à vendre à EDF le réseau de transport à très haute intensité (dit RAG, réseau d’alimentation générale), réseau qu’elle avait construit là encore avec l’argent des clients et contribuables et qui lui appartenait donc déjà, contre des titres (actions vendables sur un marché boursier). Edf n’avait pas de capital sous forme d’actions transmissibles puisque c’était une entreprise d’Etat (un EPIC, établissement public à caractère industriel et commercial). Cette manip était un premier pas vers la transformation de l’établissement en firme à logique privée ; Au passage Balladur ramassait des picaillons pour boucher les trous du budget de l’Etat. Rappelons que le malhomme était président de la Société du Tunnel du Mont-Blanc (émargeant à 50 000 francs pour ne rien foutre) lors de la catastrophe qui fit 39 morts faute d’investissement et d’entretien. Il faut aussi dire que le RAG était sous le régime de la concession (par l’Etat), régime francofrançais inventé au 19ème siècle et qui a la monstrueuse particularité de donner au concédant (l’Etat ou une collectivité locale) tous les biens construits et payés par le concessionnaire à l’issue de la concession ! C’est donc un système de spoliation légale des financements faits en fait par les usagers. En général le concessionnaire privé, par exemple une compagnie des eaux ou d’autoroutes, en profite pour gonfler les tarifs car il sait qu’il peut perdre la concession à son échéance s’il n’est pas reconduit.
Et le cirque continue. Vers 1985, le gouvernement sucre les dotations d’investissement à EDF, priée d’emprunter sur le marché financier international à ses frais, c’est-à-dire à ceux des usagers. C’est là qu’on voit l’esprit court-termiste et comptable (et dans comptable, il y a table) de nos élites car l’opération améliore la balance des paiements l’année de l’emprunt mais la détériore les années suivantes (remboursements et intérêts du prêt). Pour faire payer l’emprunt aux usagers, il aurait fallu augmenter suffisamment les tarifs : niet car le gouvernement n’en voulait pas, d’où une augmentation vertigineuse de la dette… EDF, par suite des décisions étatiques a toujours couru avec un sac de béton sur le dos et les pieds et mains liés. Ce qui a commencé de tuer la bête quand on est passé à la concurrence.
En 2005, EDF a été transformée en société par actions et séparée de GDF (devenue Engie et fusionnée avec Suez), le gouvernement y gardant une majorité des titres à 87 % (descendu aujourd’hui à 83). Puis les titres ont été vendus (à 32 euros pièce ; 12,78 actuellement) et pour rendre la mariée plus attractive il fallait diminue sa dette. Ce fut fait en refilant les régimes spécial de retraites à la sécu moyennant une grosse soulte : belle opération comptable car au passage ladite sécu empochait la soulte et ainsi diminuait le déficit public. Au passage, la cotisation retraite des salariés passait de 8 à près de 12 % (record battu pour ces cotisations, ce qui n’empêche pas un ministricule actuel, le lion qui a Rugy, de réclamer la fin du tarif agent à 10 % du tarif normal) et le gouvernement créait une taxe spéciale sur l’électricité pour payer la part patronale excédant la normale car il avait fallu conserver les avantages du régime spécial (retraite dès 55 ans pour les « actifs », au taux de 75 % du dernier salaire) pour faire avaler la pilule au personnel et aux syndicats. Itou pour la mutuelle qui fut séparée des comptes d’EDF car c’était une dette à long terme. Au passage, le taux de cotisation, surtout celui des retraités, a été fortement augmenté.
Toujours plus, comme dit Wa(l)ter de Closets. Une taxe spéciale dite de contribution au service de l’électricité a été créée pour financer le développement des énergies renouvelables par les consommateurs eux-mêmes. Les fiscariotes continuent de sévir : les taxes sur l’électricité plus la TVA (qui s’applique aux taxes !) font 36 % du prix réglementé. Mais « on ne nous dit pas tout » : il y a aussi des « redevances de concession », telle celle servie à la ville de Paris d’environ 70 millions d’euros par an. C’est amusant car EDF paie toutes les installations de la concession de distribution publique et « en même temps » une redevance de concession. Si on ajoute les multiples taxes locales qui, plus qu’ailleurs, sont payées par EDF on aboutit facilement à plus de 50 % de taxes sur l’électricité (sur l’usager ou sur l’entreprise) incorporées dans le prix de vente, ce qui en fait la nouvelle gabelle. Il n’est pas étonnant qu’il faille aider les pauvres mais aux frais des autres consommateurs ; c’est un impôt déguisé et cela montre que nos fiscariotes pratiquent avec bonheur la stratégie du sapeur Camember : creuser un trou pour en boucher un autre. Et sous Tsarko fut inventée la loi NOME qui oblige EDF à fournir au prix de revient un quart de sa production nucléaire à des concurrents ; lesquels trouvent aujourd’hui cette proportion bien insuffisante. C’est une révolution, même dans l’idéologie libérale : qu’une boîte alimente et crée elle-même ses propres concurrents. C’est maintenant Gribouille qui se jette à l’eau de la concurrence pour éviter la pluie du marché. Encore plus fort : EDF vend même maintenant cette part du nucléaire en dessous de son prix de revient réel. Car le prix officiel est très sous-estimé par suite de la minoration des dépenses suivantes ; retraitement, stockage ou enfouissement des déchets, destruction des centrales déclassées, remise aux normes et frais de rénovation des centrales dont le coût a vertigineusement augmenté (on parle d’au moins 100 milliards) par suite de l’allongement de la durée de vie des centrales. C’est une autre astuce comptable : amortir sur 40 ans au lieu de 30 diminue d’autant le compte amortissements de l’entreprise ! Et, bien entendu, les gouvernements ont toujours empêché une augmentation des tarifs.
Dès les années 90, EDF s’est mise à investir à l’étranger au point que la moitié de son CA s’y fait. J’avais donc demandé que l’on supprime, à cause de la bonne langue française, l’appellation Electricité de France (et de Navarre) pour le nom Société Française d’Electricité. On ne m’a même pas répondu. La dernière escroquerie d’investissement est la centrale rosbif de Hinckley Point, payée par EDF pourtant déjà lourdement endettée, contre l’engagement du gouvernement des Gibbys d’un prix de vente garanti et plutôt juteux. Je doute que le deal marche encore bien après le Brexit. Autre bizarrerie : par des accords léonins EDF s‘est engagée, par exemple, à fournir la Doryphorie en électricité, ce qui, il y a quelques années, a amené la boîte à couper l’alimentation en Ile de France au profit de la région de Hambourg où le réseau de transport avait eu une panne !
La Kommission de régulation de l’Electricité vient d’obtenir une hausse de 5,9 % du tarif réglementé (plus 1,9 % en préparation pour les frais de transport et de distribution) sur la base d’un calcul mathématique truqué qui y oblige. C’est le rêve des libéraux : remplacer les décisions politiques par des automatismes comme des règles de calcul ou l’appel « aux forces du marché » auto-régulé et optimisateur. La formule est aux petits oignons car, non seulement elle prend en compte le coût de revient mais encore le prix du marché européen. C’est actuellement le désespoir des concurrents d’EDF : le prix auquel ils s’approvisionnent durablement (en dehors du marché dit spot qui est très variable car son prix dépend des aléas climatiques et du rapport offre/demande à l’instant t, lui-même fonction des capacités de production et des heures de forte consommation) sont devenus supérieurs à ceux d’EDF ; solution : non pas faire baisser les prix extérieurs mais hisser celui d’EDF ! Les prix européens augmentent (je dois rappeler que la concurrence est censée les faire baisser !) pour plusieurs raisons. La Teutonie a liquidé son nucléaire presqu’amorti, a investi énormément dans l’éolien, plus cher pour le moment, a remis le paquet sur les centrales au lignite (vive l’écologie allemande) elles aussi plus chères. De plus l’éolien ne fonctionne que quand il y a du vent, ce qui force à prévoir sa compensation par des bonnes vieilles centrales classiques, d’où évidemment davantage de coûts, notamment pour faire face aux pointes de consommation. Là, les Tudesques ont trouvé une solution : faire appel à l’électricité française au nom du marché libre européen ! rappelons que la mise en concurrence entraîne ipso facto l’augmentation des frais de publicité, de chasse aux clients et de communication payés par les usagers ; la baisse des prix est donc problématique jusqu’à la concentration issue de la concurrence sauvage car dérégulée.
Dès 1990 EDF, tout en restant un EPIC s’est lancée dans la mise en place de la logique de gestion capitaliste, à base de réorganisation, externalisation, diminution des charges, client-roi (au lieu de l’usager qui a des droits établis) . Aujourd’hui EDF a perdu ce qui faisait sa force, à savoir son système de formation interne (écoles des métiers pour les agents de base, écoles nationales de métier pour les agents de maîtrise, formation des cadres, Promotion ouvrière par concours interne). Elle a développé l’appel à la sous-traitance pour l’entretien, notamment, des centrales nucléaires, elle a choisi le moins-disant comme fournisseur. Le résultat est là : baisse drastique des compétences accélérée par le départ en retraite des anciens professionnels. D’où les déboires de l’EPR, notamment avec des chaudières défectueuses fabriquées sans grand contrôle d’EDF, par Creusot-Loire ou ce qu’il en reste après la mort d’AREVA (constituée après la mort de Framatome) ou les défauts du béton fabriqué par des sous-traitants de sous-traitants de Bouygues. On peut se demander si ce n’est pas voulu car une ruse traditionnelle pour supprimer un service public est d’exciper de sa déréliction… organisée.
Depuis longtemps déjà, l’UE, poussée par la Doryphorie, exige que la France abandonne ses grands barrages hydrauliques en concession nationale (environ 450) pour les donner à la concurrence. Cela tombe bien car la concession de nombre d’entre eux (un bon quart) va expirer ; vu notre régime de concession, la solution est simple : on sucre la concession du barrage payé par les usagers d’EDF et non indemnisé et on l’offre à l’étranger. Jusqu’ici, la France renâclait mais Mac-Tron va le faire faire. EDF va donc perdre un moyen de faire face aux pointes de consommation et d’abaisser son prix moyen. Pire, la fonction irrigation des barrages va disparaître car un utilisateur privé ne va lâcher l’eau qu’au moment le plus juteux et non pour les besoins de l’agriculture. Bravo car, on le voit ainsi, la France va perdre sur tous les tableaux, y compris en faveur de l’agriculture teutonne ! De même, Mac-Tron fait liquider nos vieilles centrales à charbon susceptibles d’effacer les pointes. Notre pays n’aura qu’à acheter son jus à l’Allemagne qui, les jours de grand vent, est excédentaire.
La Kommission de Bruxelles a exigé et obtenu que les activités d’EDF (production, transport et distribution) soient séparées comptablement. Mais c’était déjà fait et en pratique cela a abouti à une séparation de fait. Formidable car l’atout majeur d’EDF était d’être une entreprise intégrée, qui plus est liée à GDF avec lequel elle avait des Directions communes (personnel et Distribution). On préparait ainsi sournoisement la mise en pièces de l’entité EDF/GDF puis des différentes parties de ces deux EPIC. Il ne restera qu’à privatiser. Mac-Tron a un projet récent de réorganisation d’EDF. D’après ce qu’on en sait car le secret est bien gardé on aurait, d’un côté un nucléaire étatisé, de l’autre tout ce qui pourrait être mis sous la coupe du marché concurrentiel et vendable à la découpe. Encore des combines financières et politicardes car le nucléaire, trop risqué, ne peut relever du privé. Et il s’agirait de mettre la rente nucléaire dans la poche du gouvernement. Idiotie, car si on tient compte des coûts cachés déjà mentionnés ladite rente est … négative ! Il s’en fout car le pot-aux-roses seras vraiment découvert quand il sera en retraite avec la douairière Trognon. Court-termisme, comptabilité plus ou moins truquée et centralisation, voilà les mamelles intellectuelles du macronisme. Ce qui fait boucler sur la politique énergétique et écologique du pays. La voiture du futur, c’est à l’hydrogène produit par la décomposition de l’eau par les centrales nucléaires (à conserver tant qu’elles sont sûres) et non l’électrique très polluante dans sa fabrication ; c’est le chauffage à l’hydrogène, c’est la réduction des gaz à effet de serre et non le dernier mantra, à savoir la neutralité carbonique qui consiste à remplacer un arbre détruit par un neuf au lieu de diminuer les émissions. C’est la biomasse et non les éoliennes, c’est le transport par rail et non le camion ou la bagnole, etc . Mais cela ferait tant de peine à tant de monde dans le monde industriel du SLC…
Les libéraux se prononcent contre les interventions et les propriétés publiques, les socialos contre le marché. Entre le Charybde libéral et le Scylla socialo, il y a le ni Etat, ni le marché : l’anarcho-structuralisme. C’est la solution de Proudhon avec son idée de « Compagnies ouvrières ». Vas is tas ? C’est une entreprise faisant appel à maintes « forces collectives » propriété en « mains communes » de tous les acteurs intéressés (salariés, collectivités locales, nation, fournisseurs, utilisateurs-consommateurs), donc inaliénable, appartenant donc à la fédération sociopolitique et autogérée par ses salariés sous contrôle d’un conseil d’administration multipartite. Cette institution n’est donc ni privée, ni étatique et échappe à toutes les définitions de l’UE. Elle n’est donc pas attaquable ni par des OPA, ni par le pouvoir, ni par les directives de Bruxelles. Il nous reste donc à créer enfin une grande compagnie ouvrière de l’énergie en France… Cela éviterait la mise en pièces d’EDF.

Commémoration du D Day : l’hommage de l’hypocrisie à la vertu

Posté : 7 juin, 2019 @ 9:31 dans politique | Commentaires fermés

75 ans après les puissants et les rares rescapés encore vivants commémorent le jour du déparquement le 6 juin 1944. Certes, on ne peut oublier de salut la mort de tant de jeunes hommes par la faute des nazis et, aussi, de la gloriole de certains généraux comme Montgomery. Ils méritent d’être honorés mais, en « même temps » de rappeler que « maudite soit la guerre » comme on l’a vu écrit sur un monument aux morts de la « der des der ». Ce jour de terreur et de gloire doit être mis en perspective historique quitte à « bémoliser » l’anniversaire en cours et à se souvenir de quelques aspects désagréables que la mémoire des vainqueurs a glissé sous le tapis. Quant au qualificatif de héros, je laisse cela aux historiens mais il me semble que les conscrits n’étaient guère libres d’aller au casse-pipe et que les enrôlés ne l’étaient pas toujours de leur plein gré ou pouvaient n’avoir pas le choix. Beaucoup de héros de toutes les guerres sont surtout des victimes involontaires de conflits et de structures qui les dépassent.
Le débarquement a été suivi par la « bataille de Normandie » qui a été sauvage et a amené bien des événements par la suite occultés. Il y a eu dans les 30 000 à 60 000 Normands zigouillés au titre de victimes civiles collatérales. De nombreuses villes (Cherbourg, Caen, Le Havre, St-Lô…) ont été rasées par les bombardements alliés opérés à 5 km de haut pour ne pas encourir de pertes : souvent ses quartiers entiers ont été démolis sans que l’objectif visé ne soit atteint comme à St-Etienne (Loire) où la gare ciblée n’a pas été touchée alors que les alentours ont été détruits. Les alliés ont fait bien plus de dégâts que les Doryphores en 4 ans. Les Big Chiefs des forces alliées faisaient alors peu de cas des civils et des intérêts ultérieurs de la France. Certains historiens se sont même demandé si ces destructions massives n’étaient pas volontaire dans le but de ruiner définitivement le pays au profit de la puissance anglo-saxonne d’après-guerre. On doit aussi se souvenir de ce que le gouvernement en exil de de Gaulle n’avait pas été associé et que Charlot s’était opposé à ce débarquement en partie pour cette raison de gloriole perso. On a pudiquement minimisé que les résistants normands et français avaient été mis à solide contribution pour saboter les lignes arrière et les infrastructures utilisées par les Verts-De-Gris (voies ferrées, ponts, routes, télécommunications afin d’empêcher l’arrivée de renforts teutons). On a même souvent mis ces résistants en danger, voire même sacrifiés, au profit de ruses anglo-saxonnes ou pour contenir l’ennemi en se déployant plus loin. Il fallait que la victoire fût purement anglo-saxonne afin de se parer des plumes de seul sauveur.
On a passé sous silence le fait que les USA ne sont intervenus qu’assez tard (comme en 14/18) et seulement parce que Hitler, allié aux Nippons, leur avait déclaré la guerre. Car les USA étaient fort divisés sur une intervention tant au nom de la doctrine Monroe que de par la présence sur le sol US d’une forte germanophilie liée à la forte population d’Allemands et de leurs descendants chez eux ou à l’activisme de pro-nazis comme Lindbergh ou Kennedy, le père de JFK. On a fortement sous-estimé que la victoire devait énormément aux Russes, lesquels pour la énième fois n’ont pas été invités aux commémorations. Une blague de l’époque disait que la victoire était due : au sang russe, au matériel américain et à l’or anglais. Et même aux bouchers français avec leur hymne : décochons, décochons nos traits, détruisons, détruisons l’ennemi, pour sau., pour sau. ,pour sauver la patrie.
Et surtout il faut se rappeler deux choses qui expliquent largement le peu de souci qu’avaient les alliés de la France et des populations françaises largement amalgamées aux collabos par la propagande alliée. Les USA voulaient faire de noter pays un protectorat US réduit à l’agriculture et muni par leurs soins d’une nouvelle monnaie ; itou pour la Tudesquie. Ils voulaient aussi propager leur bon modèle US de démocratie, de paix, de coordination internationale (doctrine Roosevelt rappelant fortement celle des 14 points de Wilson après 14/18). Le premier point a magistralement été déjoué par le général de Gaulle qui a su mettre en place un gouvernement provisoire efficace et éviter la guerre civile et qui a su faire participer des armées françaises à la victoire finale (Leclerc, de Lattre de Tassigny de Corvée de Chiotte demain matin, Koenig…).
Sur le deuxième point, il faut considérer que pour se reconstruire les belligérants européens avaient noté qu’une des raisons de la 2ème guerre mondiale avait été l’insécurité sociale et politique récupérée par les populistes fascistes : ils ont alors mis en place un « Welfare State » (programme du CNR en France) peu compatibles avec l’hyper libéralisme économique US. Sur ces entrefaites, il y a eu création par la force du bloc de l’Est, d’où une ferveur anti communiste aux USA pendant des décennies. Ce qui a justifié le plan Marshall dont la Doryphorie a été une grande bénéficiaire (10 %) et l’annulation de ses dettes de 14/18. L’Allemagne devenait la tête de pont des USA contre le communisme et sa reconstruction économique a été largement favorisée notamment par la création de la CEE sous houlette US. Mais les USA ont eux-mêmes disqualifié les belles intentions de Roosevelt : chasse aux sorcières interne (notamment avec le célèbre Hoover du FBI), pronunciamentos en Amérique latine ou en Indonésie organisés avec la CIA pour défendre les intérêts des boîtes US (comme la redoutable United Fruit), notamment avec Pinochet, guerres anti communistes, ingérences un peu partout. Ok, pour la paix, mais c’était pour les autres pays, pas pour la puissance impériale.
Par ailleurs, en ce qui concerne la régulation économique, les USA sabotèrent en 1971 (fin, sous Nixon, de la convertibilité du dollar en or) les institutions de Bretton Woods qui avaient pourtant, contre Keynes, construites su mesure pour eux. Dès lors, à partir de 1973, le SLC néolibéral put s’implanter partout par suite du flottement des monnaies et de la libre circulation des capitaux. Le résultat final aujourd’hui est la guerre économique partout, la fin du multilatéralisme et la domination de l’Allemagne sur l’Europe. Heil Merkel. Le D Day ne serait-il pas en fait une victoire à la Pyrrhus ? Ce qui nous changerait des commémorations mémorielles axées sur le prétendu monde libre.

La non-politique industrielle de la France prolongée sous Mac-Tron

Posté : 5 juin, 2019 @ 10:44 dans politique | Commentaires fermés

On n’est pas bien payé mais qu’est-ce qu’on rigole. Dernière blague gouvernementale la faillite de British Steel (BS), repreneur « fiable » d’Ascoval, l’aciérie qui fabriquait des gros tubes pour Pont-à-Mousson. Le gouvernement ne savait donc pas, malgré des recherches soi-disant approfondies, que BS était une filiale d’un fonds vautour et que le proprio direct d’icelle était inscrit dans le paradis fiscal qu’est l’île de Jersey. Et il n’apparaît qu’aujourd’hui que la reprise était mal tricotée… On se rappelle la pantalonnade de la de la reprise de Whirpool par un entrepreneur local et fiable : fiasco sur toute la ligne.
Presque en « même temps », nous eûmes l’annonce par General Electric, repreneur de l’activité turbines d’Alstom et qui avait promis la création de 1 000 emplois, de la suppression de 4 800 postes, principalement dans le Territoire de Belfort. On se demande quand nos gouvernants et technocrates comprendront que les buts premiers des rachats, fusions, absorptions, etc. d’entreprises via le marché international des capitaux sont : de piquer la clientèle, les techniques et les brevets de l’entreprise absorbée. Au passage, il n’y a pas création de nouvelles industries par investissement productif mais simplement réorganisation afin de bénéficier de « synergies ». Le rachat se fait souvent par un fonds vautour avec la technique redoutable du LBO (leverage by out, achat avec effet de levier par un emprunt payé par la boîte rachetée !) Combine qu’aucun gouvernement français n’a interdit…). Il ne saurait donc y avoir création d’emplois, ni même sauvegarde de l’emploi. Rappelons que cette fusion a été facilitée par Mac-Tron contre la solution Montebourg. On sait que Ford à Blanquefort se fiche de la tête du gouvernement depuis longtemps.
Les associations d’entreprises sont le plus souvent présentées comme ensuite codirection à égalité par les dirigeants des boîtes associées ou fusionnées. C’est ce qu’on a vu avec Lafarge maintenant totalement dirigée par Holcim son ex-concurrent suisse qui l’a bouffée. C’est ce qui nous attend avec le projet de fusion Fiat-Renault qui permettra à Fiat de disposer de tous les brevets et recherches et marchés de Renault ; c’est sans doute pourquoi le gouvernement s’est déclaré favorable à l’union. La fusion Alstom (matériel ferroviaire) et de Siemens a été rejetée par la grosse Kommission de Bruxelles ; sauvé par le gong car Siemens aurait volé tous les brevets et marchés d’Alstom. A ce sujet, il faut se souvenir de la catastrophe de la fusion Alcatel-Lucent et du désastre Péchiney. On peut rappeler aussi le bradage des autoroutes au privé commencé sous le trotskard Jospin et achevé par l’hipponyme Galouzeau de Villepin ou l’entrée d’un actionnaire principal sinisé et douteux à l’aéroport de Toulouse. On peut craindre pire avec la vente des titres publics d’ADP au privé. On sait que le gouvernement s’apprête à refiler au privé une bonne partie des grands barrages hydrauliques aujourd’hui en concession à EDF. Pendant le règne SLC de Mac-Tron le saccage de l’industrie française continue. On apprend encore que Naouri, le génie de la finance de Beregovoy, s’est fichu avec son holding rallye dans les pattes d’un fonds d’investissement dont il ne peut plus rembourser le prêt garanti par la valeur des titres de Casino, laquelle a plongé.
On sait moins que depuis qu’un Allemand est à la tête d’Airbus (M. Enders) l’entreprise a été truffée d’américanophiles qui ont beaucoup donné de secrets à Boeing et qui ont cafté aux USA une affaire de corruption qui va coûter les yeux de la tête à Airbus au nom de l’extraterritorialité du droit US. Généralement ces fusions sont préparées par des banques d’affaire, comme Rothschild où Mac-Tron avait commencé de s’enrichir avant d’entrer en politique, et touchent au passage de juteuses kommissions. Et il y a déjà un loup dans l’union Fiat-Renault : la banque conseil de Renault est la Société Générale qui est « en même temps » actionnaire de Fiat (pas lux) !
Il est donc clair que la France malgré la BPI, ridiculement dotée, n’a aucune politique industrielle depuis longtemps et que cela perdure. Why ? Elémentaire my dear Watson :
• Les gouvernants sont presque tous des adeptes fervents du SLC et du marché qui optimise tout ; donc il ne faut rien faire et, comme disait Guizot, laisser faire, laisser passer.
• Les énarques qui nous gouvernent sont incapables de comprendre l’industrie car ce sont avant tout des comptables et des financiers, des stratifs, des idéologues libéraux.
• Dès lors ils préfèrent naturellement la finance à l’industrie ; en outre la finance paie bien mieux.
• Ils soignent donc la finance qui peut leur procurer de beaux postes par pantouflage et maintenant, comme aux USA, portes tournantes d’aller et retours entre les fonctions politiques, hauts fonctionnaires et de la finance privée.
• Ils soignent donc les banques, font des lois pour la favoriser et soutiennent leurs opérations rentables de fusion-acquisition.
• Ils se moquent de la souveraineté car ils ne visent que les grands espaces internationaux où ils espèrent faire la démonstration de leur absence totale d’attachement au pays au profit de la finance apatride.
• Ils ont un PC à la place du cerveau et surtout du cœur ; ce sont des microcéphales incapables de sortir des habitudes du SLC et perdus quand la rationalité comptable échoue à traiter un problème.
Le problème n’est donc pas du tout de supprimer l’ENA mais de refonder totalement la démocratie, afin de pouvoir mieux lutter contre le SLC, tant au plan national qu’international, et de retrouver des voies pluralistes d’accès aux fonctions supérieures du pays.

De la situation politique en France avec Mac-Tron

Posté : 3 juin, 2019 @ 10:52 dans politique | Commentaires fermés

Les grands analystes politiques et autres sondeurs, après les européennes, restent à la surface des choses. Ce qui n’est guère innocent car cela permet de camoufler les raisons du succès de Mac-Tron tout en lui tissant des louanges qui tournent en boucle sur les grands médias au service du kapital. Essayons de mettre un peu d’ordre dans la logorrhée actuelle.
Le premier moment, indispensable, est de partir d’une analyse de la situation du pays afin, ensuite, de positionner les courants politiques dans un cadre conceptuel commun. Je propose de construire une matrice structurelle montée autour de deux axes essentiels du contexte vécu par les Francaouis et cela depuis des années même si les politistes ont généralement refusé de le mettre en relief. Le premier axe est celui du modèle socio-économique en place, le SLC, VS les évolutions dites sociétales et culturelles. Le SLC, c’est la victoire incontestable du SLC, tant dans les esprits des puissants, y compris les politicards, dans le monde, l’UE et la France. C’est la logique en place de la concurrence ûber alles, du libre-échange sans limites, de la rentabilité à court terme, de l’emprise de la finance sur l’industrie et l’économie. Mais ce sont aussi leurs conséquences visibles sur les populations impliquées malgré elles : compétition, individualisme, narcissisme, précarité, pauvreté, diminution de la protection sociale et du droit social et syndical, mépris de la planète… C’est la partition sociale entre les In, les nomades, les bien formés, les partisans de la mondialisation, de la modernité et du » progrès » et les laissés pour compte, notamment la classe moyenne, accusés d’être des losers, des réactionnaires, des racistes homophobes, des populistes plus ou moins nationalistes et anti immigrés…
Le deuxième axe est celui des oppositions VS des partisans en ce qui concerne l’état des choses et leur évolution souhaitée ou déplorée. Les opposants sont de tout poil, des conservateurs aux réacs en passant par ceux qui veulent renverser la table (cela dit pour rappeler le mot de Malthus qui prétendait qu’il n’y avait pas de la place pour tous au grand banquet de la nature) ; les partisans sont les chantres de la modernité, du progrès, de la diversité, de l’ouverture au monde…
Ces deux axes découpent quatre cadrans dans lesquels on peut aisément situer les forces politiques en présence et les populations. N’étant pas un champion du traitement de texte, je suis incapable de représenter graphiquement la chose sur mon PC ; mais vous allez, cher lecteur, faire comme moi en vous munissant d’une feuille A4 et d’un crayon pour positionner ce que je vais vous dire maintenant que le quadrille est en place.
• Quadrant en haut à gauche (SLC/oppositions). Nous y trouvons facilement le RN, LFI, Dupont-Aignan et une partie des écolos ou des gilets jaunes. Notons qu’on retrouve de l’écologie dans tous les partis ou presque et que les « Verts » de Jadot sont très partagés entre les partisans du SLC et ceux qui ont compris qu’il n’y a pas d’écologie possible si on reste dans la logique du SLC. C’est la position de la Hulotte qui a claqué la porte au nez de Mac-Tron. Il y a aussi les ex-frondeurs du PS qui ont gardé une fibre sociale et torpillé le Grand Gentil Mou, à savoir le plat et rose très pâle Hollande. Et aussi les patriotes de Philippot.
• Quadrant en haut à droite. Nous y avons LREM, les centristes (MODEM) et autres libéraux en économie (dont Avenir, une dissidence de LR), une bonne partie de ce qui reste du PS frondeur (dont une bonne part est déjà partie chez LREM), de très nombreux écologistes SLC friendly car ils pensent que pour amender le SLC en économie de marché il suffit de faire confiance aux mécanismes dudit marché en orientant la consommation et la production par des taxes et des incitations. C’est la position de Canfin, le copain vert de Mac-Tron ; le malhomme fut à la tête de WWF France alors que WWF est financé par les pires industriels et banquiers du monde pétrochimique et a été fondé par des fachos.
• Quadrant en bas à gauche (axe oppositions/ évolutions sociétales). On peut y regrouper ce qui reste de LR après le départ de la droite centriste et libérale chez Mac-Tron, les membres ultra cathos de la manif pour tous, le RN (eh oui, un parti n’est jamais dans un seul quadrant), Dupont-Saignant, les extrémistes populistes, notamment chez certains gilets jaunes.
• Quadrant en bas à droite (même axe que le précédent quadrant). On y place tous les partisans de la vieille « gôche », celle du franscisquain Tonton qui a fait adhérer le PS au SLC tout ne remplaçant la justice sociale par les avancées sociétales, la prime au communautarisme, l’anti racisme, le mouvement des Beurs et de ne touche pas mon pote, les immigrés opprimés et à recevoir en nombre… Mac-Tron est naturellement très ouvert à la « diversité » qui est le symbole le plus éclatant de l’ouverture et du progrès à grands coups de progression des droits individuels au détriment des droits collectifs et sociaux. Mais il est rusé et tient à ne pas trop l’afficher car celui lui ferait perdre le soutien d’une partie de la droite qui s’est ralliée à son panache en voie d’alopécie. LFI est largement de cette eau-là, ce qui explique qu’elle a perdu ses partisans populaires au profit du RN. Des mouvements comme celui des indigènes de la république sont de cette mouture comme toutes les communautés fans de la diversité en tout domaine.
Ce grossier repérage, que vous avez tout loisir de peaufiner, permet de mettre en relief que le pays est un « archipel » balkanisé en oppositions en tout genre, ce qui rend très difficile tout rassemblement politique stable ; Dieu merci, nous avons les merveilleuses institutions de la Vème ripoublique qui permettent à une minorité électorale d’obtenir sans coup férir la plénitude des pouvoirs, à commencer par une majorité législative de type bleu horizon. Et cela d’autant plus que s’il y a duopole LREM/RN alors la première est assurée de la victoire du front républicain conter le fascisme. Cela tombe bien car le RN ne veut pas exercer le pouvoir ; il veut simplement profiter de ses privilèges. RN Et LREM se tiennent par la barbichette au détriment des autres forces sociopolitiques.
Il reste à positionner le peuple. Celui-ci, dans son écrasante majorité se situe dans l’opposition au SLC et en bonne partie dans le refus des évolutions sociétales qui font perdre au pays son identité, sa culture, ses mœurs. Une petite fraction du peuple (15 % des inscrits, dont maints socialistes champions de la diversité et du marché)) est à fond pour le SLC et la modernité en tout domaine ; c’est la base du macronisme qui a su ensuite attirer une bonne partie de la droite, la bourgeoise qui n’a pas de convictions mais seulement des acquis et un portefeuille. Ce « rassemblement » est par nature instable car il suffirait que Mac-Tron ne satisfasse pas à des demandes contradictoires pour que des remaniements et dissidences surviennent. Il est clair aussi que les 15 % ne pourront pas durablement dominer la grande majorité dont les gilets jaunes non populistes sont les symboles. Mac-Tron peut gagner les élections mais cela n’empêche pas les problèmes structurels du pays de perdurer.
Cette grille de lecture est déjà fort éclairante pour la situation politique du pays. Mais il faudrait la complexifier pour rendre compte au moins d’un autre système de partition du pays et des forces partisanes. Je propose deux autres axes à intercaler entre les premiers : un axe nord-est/ sud-ouest de mode de direction du pays ; soit la démocratie participative, soit la démocratie illibérale : les gilets jaunes sont pour la participation, comme du reste les vrais populistes de gauche, Mac-Tron pour la technocratie verticale, la démocrature à la Orban auquel il ressemble beaucoup bien qu’il feigne de le combattre, la centralisation, l’encadrement de l’expression, la répression par le droit… LFI est libérale dans le discours mais risquerait fort d’être totalitaire dans la pratique de même que le RN. Et l’autre axe (nord-ouest/sud-est) est celui du rapport à la mondialisation VS souverainisme. Le RN est souverainiste dans le blablabla mais serait mondialiste/SLC en faveur de ses copains du kapital ; Mac-Tron est « à la fois » parangon de la démocrature technocratique et du SLC mondial car il ne peut plier le pays au libre-échange généralisé que par la force des lois pondues par ses experts (c’est de l’ordo-libéralisme…). Je suis prêt à parier qu’une bonne fraction des écolos serait prête à assurer la mise en place de la défense de l’environnement et de la diversité par la voie illibérale. Evidemment on peut imaginer d’autres axes pour mettre en relief les grands enjeux sociopolitiques actuels et pour tous les pays. On aurait ainsi un superbe rosace des positionnements, ce que se gardent bien de faire nos politistes, sondagiers, spin-doctors, communicants, journaleux et autres chiens de garde du système SLC. L’enfer naquit un jour de la simplicité…
On a donc déjà une rosace des positions politiques. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi hiérarchiser les enjeux si l’on veut avoir une ligne politique suffisante pour faire évoluer les choses. Or, nous avons deux phénomènes étroitement imbriqués : celui du SLC qui détruit la planète et tous les repères sociaux au profit du kapital industriel et de la finance et celui de la disparition de la démocratie réelle. Les deux sont liés car les politiciens illibéraux sont financés par le kapital et, en retour, font voter des lois de dérégulation en sa faveur. Je dirais que la priorité numéro 1 est de restaurer la démocratie, qui aujourd’hui n’est qu’un paravent du kapital, afin d’enlever aux politicards le pouvoir de « donner et casser la loi » nationale (premier attribut de la souveraineté) pour la remplacer par celle du fric apatride. Certes, le système électoral est construit pour faciliter l’emprise du kapital. On ne peut le détruire de front et immédiatement. On peut en revanche l’éradiquer peu à eu en faisant de la démocratie à la base par action directe et expérimentale et « en même temps » en construisant peu à peu la fédération des luttes et des expériences anti capitalistes et anti-gouvernance verticale.
La rosace des positions permet d’éliminer la fausse opposition droite/gauche actuelle (fausse car il y a accord sur l’essentiel entre les deux, ce qui, justement, fait émerger les oppositions soi-disant populistes) et le ridicule progressisme VS conservatisme de Mac-Tron. En fait le SLC a ressuscité la lutte des classes à condition de la redéfinir : c’est le combat entre les bénéficiaires du SLC, amis de Mac-Tron, et les populations en voie d’exclusion et de paupérisation, à savoir toutes les victimes du SLC. La vraie opposition est celle entre les riches et les pauvres et tous les exclus, entre la vraie droite pro kapital et une vraie gauche redevenue socialiste, c’est-à-dire fondée sur la Justice. Eh oui en devenant de gauche, le vrai socialisme a disparu au profit de la promotion du SLC compensée par du sociétal à l’infini. L’Etat de droit est une fumisterie car il ne s’agit que du droit de la concurrence et de l’état des droits individuels dont la progression incessante pour résultat d’atomiser le peuple « façon puzzle » afin de diviser pour régner. C’est comme cela qu’il faut lire l’opposition entre mondialistes et souverainistes : entre l’économie financière sans régulation et la justice sociale comme modèle d’une communauté politique nationale.

Triste époque Macron compatible

Posté : 28 mai, 2019 @ 10:51 dans politique | Commentaires fermés

Comme visé par le duopole RN/LREM, nous nous retrouvons avec deux forces monopolistes qui se tiennent par la barbichette et se renforcent mutuellement. Macron a donc gagné son pari : n’avoir comme opposant sérieux que le RN, ce qui lui ouvre un boulevard pour sa réélection en 2022 au nom du front ripoublicain. La Marine est aussi gagnante car elle peut se targuer d’être la seule opposante tout en sachant qu’elle ne sera pas présidente ; ce n’est pas son but réel qui est d’accroître son marché de représentants chargés seulement de casser la baraque sans projet crédible. Son credo est : je casse, donc je suis.
Mais il nous faut dépasser le traditionnel bavardage rationalisateur des analystes politiques, journaleux et autres figures du blablabla contemporain qui reste toujours à la surface des choses afin de maintenir le système car on se garde bien d’ne déconstruire les fondements. Et pendant qu’on blablate, le saccage SLC et néolibéral peut continuer. Or, ces élections ont définitivement prouvé plusieurs choses qui sont à la fois structurelles et processuelles dans le long terme.
• La fiction de l’électeur votant pour l’intérêt général, ce qui fait de la chambre élue sa détentrice soi-disant légitime alors qu’elle n’est que légale, a volé en éclats (de voix). L’électeur ne vote pas pour l’IG mais seulement pour l’idée qu’il s’en fait en fonction de ses préoccupations personnelles, lesquelles, naturellement, peuvent s’agglomérer pour donner une impression de vote collectif. Or une simple addition statistique ne fait nullement un courant de pensée et encore moins une organisation structurée munie d’un projet et disposant à la fois d’un projet commun et de moyens de pression pour prétendre le réaliser.
• La société est définitivement fracturée, constituée d’ilots et d’archipels. Le vote est atomistique et individualisé et « en même temps » montre l’existence de communautés plus ou moins formelles qui se disputent la direction politique de la société à partir de son émiettement sociologique. La société est un manteau d’Arlequin d’atomes individuels et de molécules communautaires ou statistiquement agglomérées. Dans ce magma en fusion permanente, il suffit de réunir le plus gros bataillon pour l’emporter. Une minorité électorale peut se transformer en majorité parlementaire comme on l’a vu avec l’élection de la chambre Macron en 2017 dont en moyenne les élus n’ont obtenu au premier tour des législatives que 15 % des suffrages des inscrits. Les majorités et blocs politiciens ne se constituent que postérieurement au vote, lequel est devenu volatil. Car il est devenu purement individuel conformément à la culture individualiste propagée par le SLC (je rappelle qu’il s’agit du système libéralo-capitaliste). L’électeur ne se réfère plus à un groupe d’appartenance (social, politique ; mais attention à la montée du vote culturalo-communautaire) et les partis, qui en étaient porteurs sont en voie de disparition. Cependant apparaissent des appartenances culturelles et/ou religieuses qui deviennent structurantes au détriment des vieux partis. Mais dans ce cas, c’est l’appartenance personnelle à telle ou telle culture
• Pour ce faire, il suffit que le système électoral et les institutions politiques organisent structurellement la domination d’une minorité sur la majorité du peuple. C’est chose faite avec la Vème ripoublique, l’élection du président au suffrage universel, al réduction de son mandat à 5ans et le passage des législatives après les pestilentielles. C’est pourquoi l’arrivée promise par Mac-Tron d’une part de suffrage proportionnel sera calibrée de façon à maintenir les vertus du suffrage uninominal majoritaire à deux tours.
• Il en ressort que la stratégie du Zident n’est pas du tout touchée (au plan national car dans l’UE sa position est affaiblie) : profiter au maximum de la plénitude des pouvoirs qu’il détient pour imposer le SLC au pays ; c’est une ânerie car dans la concurrence sauvage européenne, tous les autres pays vont réajuster leur politique de compétitivité contre les autres et cela sans fin possible. Mais pour lui tant pis : mieux vaut le libre-échange sans freins que l’existence du pays dont il prévoit qu’il sera heureusement noyé dans une UE ordo-libérale d’obédience teutonne. Mac-Tron vise sans doute deux mandats et après de se lancer dans les affaires par pantouflage juteux à l’instar de Barroso ou Schröder.
• L’opposition structurante droite/gauche n’existe plus au profit, versus Mac-Tron de celle entre progressistes et populistes et, versus la Marine, entre mondialistes et nationalistes. Ce qui est de l’amalgame car il reste à définir ce que veulent dire ces choses, à commencer par le progrès dont il est assez clair que chez Mac-Tron, mais pas pour les gens ordinaires, il signifie modernisation vers le SLC ; c’est-à-dire reculs sociaux pour le peuple. Il faudrait aussi savoir si la nation existe encore entant que corps politique cohésif. La réponse me semble non car le pays est devenu la Micronésie éparpillée dans l’océan peu pacifique du SLC.
• La balkanisation de la société en atomes individuels et en molécules groupales est devenue telle qu’il est quasi impossible d’agglomérer des populations et leurs votes en ensembles majoritaires. En effet il y a beaucoup trop de différences, d’oppositions d’intérêts et de valeurs, de conceptions de la vie pour en tirer un projet commun. Mais, hélas, il y a une exception qui, quoique minoritaire, donne une assise capable d’utiliser à son profit les institutions politiques pour dominer la majorité trop divisée du peuple tout entier. C’est la petite minorité assemblée autour du projet SLC de modernisation du pays à l’avantage des nomades, des polyglottes, des manageurs apatrides, des séparés du peuple vivant dans des ghettos de riches, de ceux qui ont intérêt à la mondialisation contre l’identité de la France. Vous aurez reconnu les soutiens de Mac-Tron, soit au maximum les 18,5 % des inscrits qui ont voté pour lui au premier tour des pestilentielles. La véritable coupure structurante est donc l’opposition entre les tenants de la mondialisation et ceux de l’enracinement, entre les mentalités apatrides et les partisans de l’identité culturelle et sociale du pays.
• La montée du nationalisme est fort regrettable mais c’est une conséquence directe de la guerre commerciale entre pays organisée par l’UE et avivée par Trump. On en est revenu à la politique des puissances, chacune essayant de dominer les autres. On a le regret de dire que pour lutter contre l’emprise du SLC il est hélas nécessaire de défendre les intérêts nationaux ; sauf à ce que l’UE soit réformée et se constitue en puissance indépendante et en revienne à la préférence communautaire. Las, ce n’est pas demain la veille. On le saura bientôt avec la nomination aux postes principaux de responsabilité dans l’UE. L’hydre SLC d’obédience ordo-libérale reste bien vivace même si elle a un peu changé de têtes par suite des élections européennes.
• La remontada des écolos n’est pas forcément bon signe car ce mouvement est hétéroclite, truffé de libéraux comme Jadot alors que le SLC néolibéral est le pire ennemi de l’écologie. De plus, on peut craindre des ambitions gouvernementales afin d’exercer un peu de pouvoir ; la Hulotte a déjà montré ce qu’il en était sous Mac-Tron. Le naufrage de LFI est prometteur car ce courant politique est intimement vertical, sectaire et soumis aux egos, tel celui de Mélanchthon.

Le « nouveau monde » de Mac-Tron, kif-kif la politique politicienne

Posté : 25 mai, 2019 @ 11:30 dans politique | Commentaires fermés

Le sémillant jeune homme nous avait promis une « république exemplaire » ; elle l’est effectivement en tant que presque démocrature illibérale, pas si éloignée de celle d’Orban, déguisée en démocratie encore représentative. Le Zident utilise toutes les ficelles de la politique à l’ancienne avec presqu’autant de brio que le francisquain Tonton. Essayons d’en montrer la réalité que les médias copains s’époumonent à dissimuler, notamment les chaînes d’info en continu qui rivalisent dans leur manque d’objectivité.
On voit nettement que les procédures judiciaires à l’encontre du MODEM (Bayrou, de secours, et la ci-devant Mme de Sarnez) piétinent alors que celles contre le RN ou LFI galopent. On constate que celle contre les prévarications du maréchal Ferrand sont encore en dessous de la pile et végètent dans les cartons. On voit que les inspections de la police ont beaucoup de peine à instruire les plaintes des victimes ; en revanche, les pauv’s cons qui se sont fait pincer parce qu’ils ne cassaient pas assez vite devant les CRS (pas SS mais SA, société anonyme) sont condamnés à tour de bras. C’est que notre bon prince n’a pas modifié en profondeur les rapports entre le gouvernement et le parquet et a même renouvelé le cheptel avec des soumis à l’épreuve des balles, comme le nouveau Proc. de Paris ou celui qui n’a pas poursuivi un gradé s’acharnant contre un homme déjà neutralisé ou celui qui a justifié aussi sec, comme son maître, la ruade policière contre une septuagénaire… « En même temps », Mac-Tron fait convoquer maints journalistes par la DGSI car ils auraient révélé des « secrets d’Etat », notamment le fait que les armes vendues à l’Arabie saoudite servaient contre les populations civiles du Yémen ! On sait aussi que la petite règle anti « fake news » concoctée par le gouvernement est du genre canada dry car elle n’empêche rien, par exemple Castagnette, le kéké devenu ministre de la maison Poulaga, de dire qu’un service de réanimation avait été attaqué par des gilets jaunes avant de rétropédaler. De même, la redéfinition du « secret des affaires », bien plus large, permet maintenant d’attaquer les donneurs d’alerte devant les tribunaux de commerce (pour avoir des indemnités) au lieu du vieux délit de presse. C’est ainsi que Carrefour s’en est pris à un journaliste pourtant de droite et que Bollloré attaque Elise Lucet pour ses révélations des manigances du malhomme en Afrique. Répression, mainmise sur le parquet, menaces envers les journalistes, tout cela rappelle furieusement le monde ancien remis en place en Pologne.
Le Zident, qui, en tant que président de tous les Français, devrait garder une sage neutralité dans la campagne électorale des européennes s’implique en jouant sur le vieux thème du « Moa ou le chaos ». Il transforme ces élections en duel entre le progressisme et le nationalisme, entre lui et le RN, ce qui est sans doute contreproductif comme le montrera le résultat des élections. Dans l’espoir de faire peur et de gagner par suite du retour du très vieux front républicain contre le fascisme, il cible avant tout la Marine en attendant de refaire le coup en 2022. Car, lors des pestilentielles, un duel Mac-Tron vs Le Pen serait remporté à coup sûr comme en 2002 par Chiracos ou son excellence en 2017. Ce n’est pas neuf du tout et Tonton avait été le premier à l’inaugurer en flattant l’électorat Beur (marche des beurs, Touche pas à mon pote) pour faire monter le FN et ainsi remporter les triangulaires. Le Zident, « ne même temps » a transformé l’enjeu européen en problème franco-français en opposant le péril nationaliste au progressisme, en faisant peur aux électeurs menacés par une victoire populiste aux européennes, victoire confiant au retour du fascisme. D’est du flan car : 1) les « populistes » seront loin d’avoir un groupe suffisant au parlement européen, 2) ils sont très divisés et sans projet commun hormis l’immigration, 3) le parlement européen est une instance croupion sans réels pouvoirs.
Effet Gilets jaunes, le Zident a lâché des picaillons et des classes moyennes inférieures pour se refaire la cerise vis-à-vis des petits retraités et des classes moyennes inférieures pourvu qu’elles soient travailleuses ; et, ça tombe bien, il a pu faire arroser avant les élections. Tant pis pour le déficit budgétaire et la dette publique. Car, en plus de rallier des mécontents, il s’agit surtout de calmer le pays afin de faire passer « les modernisations » encore dans les cartons. C’est une resucée de « la fracture sociale » (lire facture) au lieu de la justice éponyme demandée par les gilets jaunes car pendant le saccage de la démocratie l’avancée vers le SLC über alles se poursuit. Le Zident arrose pour arrondir son électorat : les chasseurs ont eu leurs cadeaux (division par 2 du prix du permis de chasse, comité Théodule réunissant la biodiversité avec la chasse, droit de tirer les oies cendrées en migration, d’attraper les petits oiseaux avec de la glu ; les Francouis « périphériques » voient le retour aux 90 km.h sur les départementales. Et le Zident est devenu subitement écolo à l’occasion de la conférence sur la biodiversité. Il vient de tenir son premier « conseil de défense écologique » (organe bidon où il n’y a que des membres de l’Etat et la « conférence écologique de citoyens tirés au sort va être rapidement créée. En même temps, rien sur la bétonisation des sols, une simple suspension de la mine d’or en Guyane, rien sur les 300 000 tonnes d’huile de palme achetées par Total pour faire du biocarburant. Espérons que ces manipulations seront rejetées par les électeurs le 26 mai. On voit cependant déjà l’ampleur des mensonges et des ambiguïtés macroniennes.
Le Zident se plaint de l’abstention. Mais qui a refusé, contrairement aux promesses après Gilets jaunes, de légaliser le vote blanc comme suffrage exprimé ? Sans possibilité de vote blanc, pourquoi se déplacer ? Comme il a refusé le RIC national au profit de riquiquis RIL. Pour la réforme des institutions politiques, il nous faudra attendre la lecture des décisions non encore discutées au parlement et prises ensuite. On peut déjà craindre une restriction des droits de proposition et d’amendement du parlement, un raccourcissement des délais impartis aux études préalables aux votes, une concentration de l’examen des textes dans les commissions parlementaires. Il a aussi le projet de restreindre encore plus le RIP créé par Tsarkozy, référendum déjà quasiment impossible à monter mais qui, une fois et la seule, a fait retarder massivement la vente des parts de l’Etat dans ADP. C’est cela la nouvelle démocratie macronienne.
Mac-Tron est devenu le super menteur politicard : il ne veut pas qu’on touche à l’âge officiel de la retraite (62 ans), mais il va jouer sur cet âge devenant « pivot » pour installer des décotes qui forceront les gens à rester plus longtemps en emploi alors même que les plus de 50 ans sont largement envoyés au chômedu. Il publie de glorieuses statistiques du chômage sans faire préciser la nature des emplois occupés qui sont de plus en plus précaires. Il fait comme tous les fiscariotes qui l’ont précédé : déshabiller Pierre pour vêtir Paul ; par exemple les largesses obtenues grâce aux Gilets jaunes (CSG diminuée pour les petits retraités, heures.sup défiscalisées, suppression de la taxe sociale sur l’intéressement et la participation…) vont en fait entraîner des pertes de recettes pour la Sécu ; mais ce sera pas maintenant avant les élections mais après car il ne s’agit que de gagne du temps en jouant aux chaises musicales des transferts de charges, fort vieille technique des spécialistes des budgets en trump-l’œil . Il est écolo mais on annonce que c’est désormais le préfet qui instruira les demandes de travaux et constructions sur les sites protégés ! Or un préfet : 1) est aux ordres du pouvoir, 2) est forcément sensible aux demandes des notables et grossiums locaux. Aïe. Il a promis d’être dans le dialogue au lieu de la décision verticale ; exemple : il a fixé 5 ans pour reconstruire Notre-Dame et il a nommé tout seul une baderne pour diriger les travaux !!!
Et, pour finir le tableau de la « nouvelle gouvernance », rappelons que le Zident a les médias les plus importants in the pocket, soit parce qu’ils sont détenus par ses amis de la finance et de l’industrie, soit parce que les médias encore publics s’autocensurent de peur de voir leur financement compromis car c’est le pouvoir qui décide de leur budget. J’ai aussi noté que le seul prospectus consistant que ma boîte aux lettres a reçu est la propagande de LREM, qui, elle, a des sous, beaucoup. Vive l’agit-prop et la propaganda-staffel ? Ce qui n’est pas très neuf. Mac-Tron a donc presque totalement réussi à détenir les leviers du pouvoir : la répression, l’information, la démocrassouille aux ordres, le pognon. Voilà qui marque bien le caractère réel du « nouveau monde ».

Pourquoi il ne faut pas voter le 26 mai : étau et mécano européens

Posté : 22 mai, 2019 @ 11:03 dans politique | Commentaires fermés

Si on veut continuer de se faire pigeonner par le système libéralo-capitaliste européen, il faut aller voter le 26 mai pour les l’élections du parlement de l’UE, ce qui contribuera à perpétuer la disparition de la démocratie en Europe et la mainmise du kapital mondialisé sur la région. Démontrons pourquoi il est inutile et même contreproductif de se rendre aux urnes.
Le système européen a été construit, brique par brique et lentement afin que les citoyens ne s’en aperçoivent pas, comme un étau implacable et un mécano automatique. C’est la méthode de Louis XI contre le cardinal de La Ballue ; il l’avait fait enfermer dans une « fillette » (cage où on ne pouvait se tenir ni debout ni allongé) et lui rendait visite régulièrement pour lui demander ce qu’il souhaitait : réponse, une cage plus grande, sire. Eh bien l’UE c’est la fillette des peuples européens, fillette qui fonctionne « en même temps » comme un toboggan sans fin et où on ne peut s’arrêter. Comment donc ? Elémentaire, mon cher couillonné.
L’étau européen dispose de trois griffes impitoyables et automatiques. La première est l’ensemble des « lois » économiques qui imposent « la concurrence libre et non faussée » et la libre circulation de tout, à commencer par les capitaux, dans le monde entier. De ce fait l’UE est devenue une passoire sans préférence communautaire européenne pour tous les produits, services et capitaux du monde entier (acte unique mis en place en 1986). Cette mâchoire de l’étau a été mis en place selon la méthode du salami ou du bout de tunnel sans cesse rajouté par les directives, règlements et normes européens, par les arrêts de la Cour européenne de Justice (toujours en faveur du « droit d’entreprendre contre le droit social »), par l’édiction par ladite CJUE (appelée CJCE alors, en 1964) de la supériorité du droit européen sur les droits nationaux. Cette mâchoire ultra puissante relève de la domination sans partage de l’ordo-libéralisme tudesque, à savoir le gouvernement par des règles intangibles parce que constitutionnalisées (ce que tentait d’imposer le TCE rejeté par les Francaouis en 2005). De ce fait, tous les peuples européens (et leur modèle social) ont été mis en concurrence sauvage ; ce qui a été poussé à la puissance 10 par l’extension de l’UE à 10 pays de l’Europe Centrale et Orientale dès 2004 sous la pression de la Doryphorie. Il ne faut donc pas s’étonner de la résurgence des nationalismes et autres populismes en Europe car, comme l’avait vu Proudhon, la concurrence économique remplace les guerres politiques. Mais notre auteur n’avait pas assez vu que la guerre économique finit par conduire à la guerre tout court, ce qui est en train d’advenir à l’échelle de la planète pour cause de rareté des ressources, de crise climatique et de luttes pour la domination mondiale. On en revient à la lutte entre puissances, ce qui demanderait un nouvel équilibre de celles-ci ; sauf que les plus grandes actuelles (USA, Chine, puis bientôt Inde) ou anciennes désireuses de retrouver leur statut (Russie) préfèrent, à l’instar de Trump, tenter de gagner la partie contre les autres.
Naturellement, on ne peut être automatiquement contre un gouvernement par les lois car c’est le principe même d’un Etat de droit et c’est là une partie de l’astuce pour faire passer le droit économique pour un droit universel. Le problème est le contenu de ce droit européen qui est purement commercial et économique, d’un côté, et largement procédural (au lieu de substantiel-normatif), de l’autre. Le TCE édictait un doit économique en dur et, pour le social, une simple charte indicative de droits de au lieu de droits à (un droit de travailler n’est que théorique car il n’implique pas sa réalité et n’est donc pas un droit à travailler ; itou pour le logement, etc.).
Il faut noter que, privés de l’économique qui est fortement défini, il ne reste aux gouvernements que des libertés secondaires (fiscalité, droit social, droit syndical, répression, droit environnemental) afin qu’ils puissent adapter leur pays à la concurrence et cela sous les bons conseils concurrence des libéraux éclairés : il faut, notamment, ne plus protéger le travail, diminuer les dépenses sociales, flexibiliser le travail, etc. C’est ce qu’a fait l’Allemagne (lois Hartz sous Schröder) dès 2003. C’est aller dans la course sans fin à la « désinflation compétitive », ce que, justement Mac-Tron veut mener en France. En fait, ce qui est dans la cage de type La Ballue, ce sont les peuples hormis les riches et les barreaux en sont solidement tenus par les instances européennes.
La deuxième mâchoire de l’étau est financière : ce sont les règles budgétaires austéritaires directement issues de la pensée teutonne. Ce fut lancé au traité de Maastricht en 1992 qui stipula « les critères de convergence » (futur pacte de stabilité) : pas plus de 3 % du PIB en déficit budgétaire annuel, pas plus de 60 % de dette publique. C’était en vue de la monnaie unique, l’euro mis en place pour tout le monde en 2002. Celle-ci est gérée par la Banque Centrale Européenne pour les 18 pays de la zone euro. La BCE a été fait suivant les canons allemands et imitée de la Bundesbank avec une seule mission : inflation en-dessous de 2 %, inflation qui, comme par hasard, ne concernait que les coûts directs de production (dont, natürlich, les salaires) et nullement l’immobilier ou les valeurs boursières. Avec l’euro, les pays adhésifs sont scotchés ; ils perdent leur politique monétaire (taux d’intérêts et masse monétaire) et leur politique de change. Il ne leur reste, compte tenu des critères budgétaires, que la désinflation compétitive, par exemple la « TVA sociale » de 3 points montée par Angela contre les autres pays car cela correspond exactement à une dévaluation de 3 points. Cette mécanique a été notablement aggravée en 2012 avec le traité Merkozy (TSCG, aggravé davantage avec le « semestre européen voulu par les 6 et deux « packs » budgétaires) qui met les budgets sous la surveillance de die grosse Kommission de Bruxelles avant même leur passage devant le parlement national. La Kommission peut lancer des procédures pour « déficits excessifs » et retoquer des projets de budget (cas récent de l’Italie) ; c’est amusant de sanctionner financièrement un pays qui est déjà en difficulté. Rappelons que la Kommission devrait aussi s’attaquer aux excédents excessifs ; ce qu’elle ne fait jamais car cela concerne surtout l’Allemagne avec ces 220 milliards de balance commerciale positive par an.
Plus de politique de change, plus de politique monétaire, plus d’autonomie budgétaire, le tout sous contrôle automatique, plus de douane, plus de réglementation interne du commerce et des flux (marchandises, services, capitaux) dites-moi ce qui reste comme degrés de liberté aux gouvernements européens ? En outre, les aides financières entre pays sont interdites, de même que les prêts des banques centrales et encore plus de la BCE. Chacun est tenu d’appliquer l’austérité chez lui au lieu de jouer les cigales et d’aller mendier chez les industrieuses fourmis du Nord
La troisième mâchoire réside dans le système de répartition des compétences et de prise de décision dans l’UE. Le véritable et seul décideur est le conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement ; mais c’est une cohue de 28 autonomistes nationaux attachés, chacun, à leurs rentes ou sources de dumping particulier comme la fiscalité des sociétés (Irlande, notamment) ou l’exportation de travailleurs détachés ou l’exploitation du charbon (Allemagne, Pologne). De plus, suivant les cas, pour décider il faut soit l’unanimité (par exemple pour la fiscalité), soit « la majorité qualifiée ». Celle-ci est définie de telle façon qu’elle ne peut être obtenue que par des alliances entre pays. Qui a suffisamment d’alliances (c’est-à-dire d’affidés) ? Vous avez deviné : l’Allemagne qui copine avec les pays protestants du Nord de l’Europe ou paradis fiscaux comme le Luxembourg et les Pays-Bas et qui s’est attaché la plupart des PECOs avec des délocalisations de ses industries chez eux (ça fait de l’emploi) et les fameux « travailleurs détachés ». La Kommission prépare les dossiers et les textes réglementaires en tant que fer de lance administratif et applique les décisions en tant que quasi exécutif. Elle a un monopole : instruire les traités internationaux de commerce (CETA, TAFTA, par exemple) et même de les faire appliquer avant même leur ratification par les parlements nationaux (cas du CETA avec le Canada) ! Et le parlement européen est véritablement croupion et muni de fort peu de pouvoirs, sauf sur des queues de cerise qu’on appelle domaines partagés (comme celui de la nomination du président de la Kommission). De plus, ce parlement est depuis longtemps un duopole (PPE et SPD) dominé par l’Allemagne ; les prochaines élections vont sans doute le casser mais cela ne changera rien à son absence de pouvoirs sérieux. D’où l’échec probable de Mac-Tron pour constituer une troisième force libérale et centriste en son sein. En mineure, il ne faut pas oublier est qu’une des raisons du statisme actuel se trouve dans le fait que pratiquement toutes les prétendues élites dirigeantes sont d’obédience SLC. De plus les gens, à cause de leur en concurrence et du carcan des dispositifs libéraux (crédit, individualisme, inégalités, narcissisme ostentatoire…) sont maintenant situés à droite. Et ne nous y trumpons pas : le RN ferait une politique économique en faveur du kapital; comme la droite libérale, mais avec comme spécificité l’anti-immigration et le protectionnisme nationaliste. Comme Trump.
Dans ce bordel institutionnel où règnent les politicards nationaux et les technocrates (encore plus pour la zone euro), il suffit de se doter des postes-clefs. C’est ce qu’a réussi l’Allemagne avec ses amis car une austère et prudent prussien a toujours une ceinture et des bretelles : la mise en concurrence des gouvernements afin de diviser pour régner et l’hégémonie sur les fonctions de direction. Bien creusé, vieille taupe-niveau. C’est pourquoi il est facile de constater qu’aucune décision ne se prend contre les intérêts de l’Allemagne (glyphosate, normes du diesel, taxation des GAFA, ouverture totale de l’énergie à la concurrence, traités internationaux de libre-échange, défense européenne, budget de l’euro-group accepté à un niveau ridicule, mini union bancaire, pas de taxes sur les transactions financières …).
Cependant, la victoire de l’ordo-libéralisme des gouvernants vert-de-gris est très largement due à la complicité néolibérale des autres dirigeants. Prenons un exemple. En Allemagne le gouvernement ne peut faire passer un projet de règle européenne que s’il est conforme à la Constitution teutonne ; ce que vérifie ex ante et scrupuleusement la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe. Ce qui signifie que le droit européen et supérieur aux droits nationaux est toujours conforme au droit allemand… En France, les institutions politiques sont construites de façon à laisser au pouvoir élu toute décision. Le Conseil constitutionnel ne vérifie pas (hors de sa mission) la conformité des projets européens à notre Constitution. En revanche, le Conseil d’Etat, juridiction publique spéciale et exorbitante (cela n’existe pas dans les vraies démocraties) et où les juges sont nommés par le pouvoir, vérifie que les projets de loi francaouis sont conformes aux règles européennes, c’est-à-dire tudesques ! Et ni Mac-Tron, ni les autres, ne nous ont parlé de l’impossibilité française de modifier la ligne politique de l’UE si la France ne changeait pas elle-même son système institutionnel construit en faveur d’une technocratie devenue ensuite hyper libérale. Et il faut rappeler que c’est le franscisquain Tonton, traître au socialisme, qui a lancé à grande vitesse le néolibéralisme en France et l’entente cordiale avec les dirigeants casque-à-pointe (revoyez Tonton, le nabot, serrant la main du « taureau de Bavière », Kohl, à Douaumont ; c’était clair : une alouette francouie et un mammouth prussien). Depuis, tous les dirigeants français ont fait du suivisme ordo-libéral. Plus malins furent les Gibbys qui refusèrent avec succès tous les règlements européens rognant leur souveraineté au nom de « l’opt-out ». En gros, après le départ de Charlot, le président français n’est qu’une sorte de gauleiter chargé d’appliquer les directives d’origine allemande. Ils n’y sont pas forcés ; ils le font pour imposer aux Français des réformes néolibérales sous prétexte de « contrainte extérieure », celle-là même qu’ils ont contribué à créer tout en se défaussant sur l’Europe, des inconvénients subis par le peuple. Pourquoi vouloir continuer à jouer aux cons alors que la ficelle est devenue une corde d’amarrage au SLC ordo-libéral ?
Il apparaît donc clairement que l’on ne peut pas réussir à faire évoluer l’Europe sans des alliances solides et majoritaires. C’est ce que voulait Mac-Tron mais l’Allemagne lui a mis des bâtons dans les roues et il s’est fâché avec les PECOs avec son discours anti populiste et pro immigration.
Voter pour l’UE ne sert donc à rien. Il faut se concentrer sur le combat anti SLC au sein du pays. C’est possible et j’en ai déjà donné des idées. Pour mémoire et par exemple : la fin des suppressions ou baisses des cotisations sociale pour le patronat au profit de leur détaxation à l’exportation (donc uniquement pour les boîtes qui exportent) et leur taxation au même taux pour les importations ; la taxation des produits en fonction du kilométrage parcouru, un emprunt forcé sur le patrimoine pour rembourser la partie extérieure de la dette publique, la création d’une banque du peuple avec une monnaie interne et procurant des avances à l’Etat, la création de droits compensateurs pour les différentiels de législation sociale et environnementale, le contrôle et le renforcement des normes écologiques et de santé en même temps applicables aux produits importés… On est loin des professions de foi des listes candidates aux européennes, toutes rédigées en on doit, il faut, y a qu’à modifier les règles européennes. Comment et avec qui, Ducons ? Tout ce beau monde est en fait macronien : la volonté remplace la réalité et il suffit de vouloir pour tout changer en Europe !

La MAIF (ex-mutuelle d’assurance des instituteurs de France)

Posté : 18 mai, 2019 @ 11:11 dans politique | Commentaires fermés

Mon frère et mon jumeau sont « sociétaires » de la MAIF depuis des lustres et cela me permet de dire combien cette mutuelle est devenue une firme à logique capitaliste qui n’a plus que des clients ou des usagés par ses pratiques commerciales. Du reste, la MAIF a depuis longtemps élargi son audience à qui le veut bien (il suffit d’être assez idiot pour payer plus cher qu’ailleurs). Mais c’est tout le secteur mutualiste qui est concerné (ou le secteur coopératif) depuis une directive européenne qui a aligné le statut des mutuelles sur les assurances privées en ordonnant le même traitement pour tout le monde, qu’il soit client ou sociétaire. Rappelons qu’une vraie mutuelle pratique des cotisations universelles qui ne sélectionnent pas par l’âge, le sexe, la santé, le statut social, le climat, l’emplacement dans des zones inondables ou de coulées d’avalanche… Du reste les petites mutuelles, à la faveur de la loi Zizi Rider qui a obligé les entreprises à la création d’une mutuelle (obligatoire) pour la santé de leurs ouailles, ont presque toutes été rachetées par les grosses compagnies d’assureurs privés voyant là un beau marché captif. Car toute loi ou norme promulguée par l’Etat a en général pour effet de créer un marché (exemples, ceux des contrôles des véhicules ou des logements mis en vente). Faut-il redire que l’adhésion à une mutuelle est en principe volontaire ? Remarquez que la mutuelle obligatoire a été inventée il y a belle lurette, par exemple à EDF/GDF ; il faut dire que cela faisait partie du statut du personnel.
Mais la MAIF ne s’est pas encore vraiment lancée officiellement (elle le fait en douce par l’extension et la sévérité accrue de ses normes d’adhésion) dans la sélection des risques car il lui était facile d’appliquer le même tarif, le max, à tout le monde en profitant de sa solide clientèle de rente (les Instits sont plus prudents que la moyenne) presque captive de l’Education Nationale. Rappelons qu’une mutuelle doit normalement applique un tarif qui est réajusté en fin d’exercice si les dépenses ont été plus hautes que prévu : ce fut le cas en je ne sais plus quelle année un clampin avait amené un bilan désastreux par implication d’un car, d’un train et même d’une péniche en contrebas de la voie ferrée où s’est produit l’accident ; le rappel de cotisation fut sévère. Depuis, sans doute la MAIF a-t-elle paré à la chose en se donnant des tarifs qu’il ne sera pas utile de revoir en cas de catastrophe. Pour illustrer mes propos je vais vous raconter quelques historiettes dont ma famille a été victime et qui montrent que la MAIF n’a plus rien à fiche du statut de sociétaire. Car il faut faire comme tout le monde unifié par la directive européenne : du fric.
Parti en retraite, j’ai demandé s’il y avait un tarif adapté à des conditions d’usage de mon véhicule très fortement abaissé ; niet, nenni. J’ai donc cherché ailleurs et j’ai trouvé deux fois moins cher ; CQFD, car comme disait Proudhon : la concurrence est le moyen de se passer des services de quelqu’un qui les surfait. Puis ma fille aînée a, après plusieurs années sans conduite faute de véhicule, repris une voiture ; je demandais à la MAIF qui, entretemps s’était ouverte à toute clientèle, de l’assurer ; réponse au tarif maximum car sans conduite depuis quelques années on aurait tout oublié et on devrait repartir de zéro (sans bonus) ; ce n’était donc pas mieux que chez n’importe quel assureur privé.
Mais le meilleur des attitudes hyper commerciales de la MAIF concerne mon jumeau. Il fait une maladie pour laquelle le toubib lui interdit de conduire ; donc il vend sa bagnole en mars 2018. Mais il n’a pas le temps de résilier son contrat car il fait un AVC avec un mois d’hosto et ensuite un état de conscience restreint. Notons que tout se passait par internet et que, donc, je ne pouvais, n’ayant pas le code perso MAIF de mon frère, le faire à sa place. Et, oh surprise, début 2019, je reçois (car le courrier du frangin m’est transmis vu qu’il ne peut pas gérer ses affaires) l’appel de cotisation de la MAIF pour 2019 alors que le véhicule a été vendu en mars 2018 ! Je me rapprochais donc de la MAIF qui m’a envoyé bouler, sans même répondre à une lettre recommandée avec accusé de réception. Voilà donc ce que pratique une prétendue mutuelle avec ses soi-disant sociétaires ! cepedant, il n’y a pas que la MAIF qui se comporte ainsi car c’est devenu une logique imposée par le système SLC.
Il est à craindre que cette attitude se soit généralisée pour une raison très simple que ne veulent pas comprendre les libéraux, les socialos, les cocos, etc. Le régime de propriété (public, privé, social) ne compte pas en univers SLC. Ce qui compte, c’est la logique de fonctionnement du capitalisme globalisé ; rentabilité über alles dans un monde de libre circulation de tout, à commencer par le capital, de libre-échange sans protections, de concurrence « libre et non faussée » échevelée. Par construction, tous les compétiteurs sont obligés de s’aligner sur la chasse au profit à maximiser et sur l’exploitation maximale des cochons de payant, fussent-ils sociétaires. Et pour améliorer la rentabilité, le meilleur moyen est d’amortir les frais fixes sur le plus grand nombre possible de clients, quitte à les gruger. Une fois atteint le « point mort » (celui où le nombre d’abonnés couvre ces frais), tout ce qui vient en plus est du bénéf. D’où les concentrations pour piquer le marché des concurrents, d’où la course à la publicité … payée par les clients ! Une conséquence pourtant dommageable pour les opérateurs est que le client finit par ne s’intéresser qu’au prix, d’où une course généralisée au moins-disant et une sur-concentration chez ceux qui le peuvent. Comme disait Proudhon, la concurrence sans limites conduit ipso facto au monopole. Vive l’UE qui a réussi à casser l’économie sociale, c’est-à-dire à la faire marcher exactement comme la capitaliste car tout opérateur est soumis à sa logique. C’est du reste pourquoi l’UE ordo-libérale a fait mettre les mutuelles et les assurances privées en concurrence : pour les forcer à adopter la logique du profit en concurrence sans limites.

Mac-Tron a célébré le 8 mai 1945

Posté : 12 mai, 2019 @ 11:16 dans politique | Commentaires fermés

C’est bien que l’on ait de belles cérémonies comme celle-là car on voit dans quoi passe notre pognon de contribuables et de citoyens en mal de pouvoir d’achat. Rappelons que le 8 mai 45 marque la victoire des alliés contre le régime nazi. Il m’a toujours étonné que les dirigeants français en fassent tout un plat car, selon une blaguounette de l’époque, la victoire fut acquise avec le sang russe, le matériel américain et l’or anglais. La contribution francouie fut maigre ; et l’on se souvient des masses qui acclamèrent le maréchal peu avant l’arrivée de Charlot en 1944.
74 ans après, on ne peut que constater que ce 8 mai fut en fait la date de renaissance de la domination de l’Allemagne su l’Europe et que celle dernière est aujourd’hui la seule bénéficiaire de la construction européenne. Ce n’est guère étonnant puisque celle-ci s’est faite sous la houlette bienveillante des USA qui ont tout fait pour que l’Allemagne soit leur représentant en Europe et le fer de lance de la lutte contre le communisme. C’est pourquoi ce pays ne refuse rien aux USA, par exemple son espionnage par eux, l’absence de concurrent à l’OTAN, les traités de commerce internationaux… il faut dire qu’il a été bien soigné car la vertueuse Allemagne, grâce aux USA, n’a pas payé un fifrelin pour les massacres et destructions de 39/45 (sauf une obole à Israël) et a vu ses dettes de 14/18 ramenées à un gros quart des indemnités prévues sur le thème cher à Clemenceau : l’Allemagne paiera. Des nèfles. Ce qui fait de ce pays une excellente caution morale pour son exigence actuelle du paiement des dettes en Europe. L’Allemagne a même eu droit à 10 % du plan Marshall (après actualisation, dans les 16 milliards d’euros), soit à peine moins que la France dévastée, surtout par les bombardements anglo-saxons …Je dois rappeler que la France a payé 400 millions de francs par jour (vous avez bien lu) comme « indemnité d’occupation » pendant plus de 4 ans et jamais remboursée. Il semble que le but des Anglo-saxons était de faire de la France un protectorat limité à l’agriculture ; plan déjoué par De Gaulle mais qui explique que leurs avions pouvaient détruire Le Havre, Caen, etc. sans vergogne.
Les USA ont présidé en catimini à la construction de l’UE en tant que zone de libre circulation de tout. Cela a commencé dès le traité de Rome en 1957 (et même avant avec la CECA et la CED avortée car refusée par la France) ; à la manœuvre, on avait en France (et ailleurs) des pions US comme Monnet (dont on a su qu’il était subventionné par la CIA) et le quasi apatride et fantoche Schumann. C’est pourquoi la stratégie employée fut, au nom de la paix, une progressive unification de l’Europe par la voie économique du libre-échange. Une stratégie de petits glissements et de saucissonnage des problèmes sans union politique qui ne devait en être que le couronnement. On attend toujours vu que l’UE est une cohue de pays tirant à hue et à dia et cherchant chacun à défendre son pré carré et ses petits avantages de dumping comme ceux liés à la fiscalité du capital. Cela est un effet automatique de la voie choisie dès 1986 (l’acte unique de libre circulation du capital, des services, des marchandises et des hommes [d’où les travailleurs détachés depuis la directive éponyme de 1996]) : la concurrence sauvage entre pays, ce qui, par construction, fait remonter les nationalismes et le chacun pour soi, voire conduirait in fine à la guerre armée après la commerciale. Ce qui aussi empêche toute « Europe puissance », donc politique et fédérée, conformément aux vues US soutenues par l’Allemagne.
Evidemment, l’Allemagne n’a pas réussi à imposer sa domination toute seule ; elle le doit aux multiples abandons de souveraineté commis par les autres pays et à ses alliances avec d’autres comme les pays protestants d’Europe du Nord et ensuite, après « élargissement de l’UE », les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO), à partir de 2004. L’Allemagne pour asseoir son imperium a joué sur 5 leviers :
• L’ordo-lbéralisme ou règne du libre-échange et de la « concurrence libre et non faussée » par des règles, intangibles, quasi constitutionnelles (c’est ce que voulait faire le TCE de 2005), à application quasi automatique. C’est le rôle de la Cour Constitutionnelle teutonne à Karlsruhe que de veiller au strict respect de ces règles votées par le parlement ; cela est fait en Europe par la cour de Justice de l’UE (CJUE, ex CJCE) qui applique les directives et règlements européens et les a même en 1964 rendues supérieurs au droit national. Il est clair que ces règles ont été approuvées par les gouvernements bien que ceux-ci cherchent à se défausser en rejetant tous les problèmes sur la Grosse Kommission de Bruxelles.
• La politique de la monnaie forte ; avec déjà le mark fort lors de la réunification (l’Allemagne avait « en même temps » fait grimper les taux d’intérêts afin d’attirer les capitaux européens, ce qui a poussé le francisquain Tonton à faire du Franc Fort [eh €h], ce qui a conduit à une déflation en France). Une monnaie forte a pour elle de nombreux avantage : pouvoir acheter les usines de RDA puis des PECO (puis en Grèce après les diktats de l’UE imposés par le « troïka » [FMI, BCE, UE] pour une bouchée de pain (d’où le fait que l’Allemagne fait produire ailleurs low cost et se contente d’assembler chez elle et d’apposer l’étiquette « made in Germany »), payer au lance-pierres les travailleurs détachés qui, compte tenu du taux de change avec les devises faibles des PECO fait qu’ils ramènent 5 ou six fois plus après conversion en monnaie du pays (l’Allemagne a refusé tout SMIC jusqu’en 2015).
• La politique de l’offre consistant à faire en Allemagne de la désinflation compétitive (Lois Hartz sous Schröder puis TVA sociale de 3 points sous Merkel; politique anti coopérative de cavalier seul) comprimant les salaires et la protection sociale afin de maximiser les profits ; l’Allemagne est devenue très riche avec des Allemands travailleurs et retraités de plus en plus pauvres. Cette désinflation contribue naturellement à la monnaie forte et aux exportations dont l’Allemagne est le champion avec plus de 250 milliards de balance commerciale positive par an ces derniers temps.
• L’exportation über alles afin de faire des réserves permettant notamment d’acheter les fleurons des autres pays et d’avoir un gros matelas de précaution en raison du vieillissement accéléré du pays. Le problème est qu’il est impossible que tous les pays de l’UE soient exportateurs nets simultanément ; les excédents des uns sont les déficits des autres. Sauf, évidemment hors UE mais l’Allemagne fait 60 % de son commerce dans l’UE. De plus, cela renforce la compétition, le dumping et amène une guerre commerciale sans fin.
• Le monétarisme imposé avec l’euro, la BCE, puis le TSCG (accord Merkozy » de 2012) : l’idéal étant pas d’inflation, pas de déficit, pas de dette publique, pas de prêts aux Etats par leur banque centrale, pas de prêts entre Etats au sein de l’UE, indépendance de la BCE. Le but est évidemment l’absence d’inflation et l’austérité budgétaire pour tout le monde
• L’entrisme et la monopolisation des grandes fonctions dans l’UE. L’Allemagne règne par le biais du PPE parti européen allié avec le SPD allemand majoritaire chez les socialos, de la présidence de l’UE par un compradore (l’ivrogne et ami de la finance et de la fiscalité zéro pour les trusts, M. Juncker), par la prise en main des commissaires européens (soit pour elle, soit pour ses alliés), par un jeu d’alliance afin d’avoir au moins la majorité qualifiée dans la prise de décision au sein du Conseil Européen des chefs de gouvernement (présidé par un fantoche à elle, M. Tusk) et de diviser pour régner…
Bravo ; l’Allemagne, grâce à la lâcheté des autres pays (surtout la France francisquaine) et à la connivence des Gibbys (toujours à la fois dedans et dehors de l’Europe, hyper libéraux ce qui allait bien avec l’ordo-libéralisme et refusant toute supra nationalité, ce que voulaient les USA et l’Allemagne, puis maintenant tous les pays redevenus nationalistes par la compétition économique) a reconstitué son « lebensraum » et son « hinterland » et assuré sa domination sur l’Europe par le droit « positif » et la finance. Mais c’est évidemment mieux qu’avec des armes et la seule force car cela été consenti. Cet imperium se voit évidemment dans les décisions prises récemment au sein de l’UE. En voilà quelques exemples :
• Le dieselgate démontré par Volkswagen a conduit à revoir à la hausse les normes de pollution ; ce fut a minima afin de protéger les berlines tudesques.
• Le glyphosate a été reconduit pour 5 ans (la France demandait 3) par suite d’un revirement de die grosse Angela ; natürlich car Bayer venait de racheter Monsanto. Rappelons que Bayer unie à BASF dans IG-Farben sous Hitler a produit le zyclon B. rappelons que la décision a été prise sur la base d’un dossier truqué par le laboratoire officiel allemand qui s’était contenté d’un copié-collé de documents de Monsanto !
• La directive sur les travailleurs détachés n’a été corrigée qu’en pipi de chat (le principe des cotisations sociales du pays d’origine a été maintenu [c’est la principale source de dumping] et le cas des camionneurs n’a pas été traité !
• L’Union bancaire est une fumisterie car hyper légère (le montant prévu pour ne pas taxer les particuliers est très insuffisant et même il a été prévu de s’emparer de leur fric au-delà de 100 000 euros de dépôt et de leurs titres et obligations). Il fallait ne pas mettre le pif dans les trafics des grosses banques teutonnes comme la Deutsche Bank à moitié en faillite, ni dans les banques régionales et les caisses d’épargne qui ont tant financé l’industrie allemande.
• Pas de taxation européenne des GAFAM car l’Allemagne veut continuer d’exporter ses bagnoles aux USA. Pas d’harmonisation du droit social ; pas d’harmonisation de la fiscalité.
• Pas de traçabilité européenne des produits alimentaires, ni de code européen sur leur valeur nutritive ou leur dangerosité.
• Budget de la zone euro enfin accepté par Merkel mais à un niveau totalement riquiqui.
• Passage à un nouveau traité de commerce avec les USA contre la position de Mac-Tron qui n’en veut pas tant que les USA ne reviennent dans l’accord sur le climat de la COP 21 ; mise en place du traité avec le Canada avant sa ratification par les parlements nationaux !
• Pas vraiment d’armée européenne car l’Allemagne et ses copains veulent rester sous le seul parapluie de l’OTAN dirigé par les USA. De plus l’Allemagne interdit à la France d’exporter des armes si elles contiennent des composants teutons.
• Très vague promesse d’étudier le droit européen de la concurrence ou le droit d’asile et la politique migratoire. Affaire mise en valeur par le refus de la fusion siemens-Alstom dans le ferroviaire. Dieu merci, car l’opération visait surtout à piquer les brevets et les marchés d’Alstom par der gross Konzern Siemens.
• Volonté teutonne de déréguler l’électricité (supprimer les tarifs réglementés et vente des barrages hydrauliques francouis) afin d’écouler en Europe son électricité au charbon et au lignite, très excédentaire quand les éoliennes fonctionnent bien ; en revanche obligation pour la France de la fournir en jus en cas de déficit ; ce qui suppose, comme cela a déjà été fait, de couper des utilisateurs francaouis pour alimenter l’Allemagne.
• Pas de taxe carbone anti-camions.
Pauvre Mac-Tron qui voulait révolutionner l’Europe. Il nous faut cependant rester dans l’Europe, mais pas celle-là. Exigeons de profondes réformes ; si non, agissons par nous-mêmes et contre la domination ordo-libérale et monétariste teutonnes et européennes. Comme je l’ai déjà écrit, il y a des tas d’idées pour ce faire.

Le national-libéralisme remplace aujourd’hui le national-socialisme

Posté : 7 mai, 2019 @ 10:59 dans politique | Commentaires fermés

On se souvient de ce que « la bête immonde » du national-socialisme (NS ; Hitler, Mussolini, Franco, Peron, Vichy…) est née de la conjonction entre les ressentiments divers et variés de populations en déshérence et des aspirants-tyrans voulant s’emparer du pouvoir afin de restaurer la grandeur la nation ; pour s’emparer ou conserver ensuite le pouvoir, il fallait répondre aux besoins de sécurité des populations déboussolées et abandonnées ; il fallait aussi s’appuyer sur le grand kapital afin de financer le nouveau pouvoir. La logique a été de favoriser l’industrie, la finance et les gros capitalistes afin de développer la puissance militaire de la nation et d’avoir des ressources financières, de redonner une identité, un projet et une gloire aux populations, ce qui passait par la haine de l’étranger et du différent, de répondre à leurs besoins fondamentaux (emploi, sécurité, infrastructures collectives). « En même temps », le NS a agi en faveur du capital en lui procurant une force de travail docile et mal payée mais quand même en emploi et fière de contribuer à la renaissance de la nation. Le terme de socialisme est donc usurpé car il ne s’agissait pas de justice sociale mais de puissance de l’Etat et de réponse aux besoins élémentaires du peuple pour qu’il ne se révolte pas. C’était en quelque sorte le deal de Bismarck : vous avez des assurances sociales et je conserve le pouvoir avec mes amis les junkers prussiens et les industriels. Le seul mot vrai de cette idéologie est le nationalisme avec la haine de l’étranger. En parallèle, on avait le national-communisme en URSS. Eh bien cela refait surface sous une autre forme : le national-libéralisme. Voyons comment et pourquoi.
On sait que les populismes, les nationalismes, de droite ou de gauche, se développent partout dans le monde occidental. C’est que celui-ci est en train de constater la disparition de sa grandeur passée au profit de la Chine et autres puissances émergentes ou renaissantes. La domination occidentale est déjà morte et les dirigeants de nos pays sont sans doute désireux de conserver au moins une puissance commerciale. Et le plus puissant des pays, les USA, développe avec Trump un combat d’arrière-garde rendu possible par ses moyens de domination et de rétorsion encore hyper puissants. Trump, c’est America first, ce qui flatte l’ego de l’américain des petites villes, des villages, des campagnes, des industries en perdition. Le nationalisme trumpien est une façon sauvage de sauver le capitalisme et la finance US (il en vient) tout en faisant croire aux populations en déshérence qu’il travaille pour elles ; ce qui est momentanément et partiellement vrai : combat contre les importations afin de faire remonter l’industrie et l’emploi US, refus de l’écologie pour satisfaire les ouvriers du pétrole, du gaz, des mines (tout en rendant rentables ces activités pour les capitalistes, par exemple en faisant tout pour faire monter le prix du pétrole, ce qui rentabilise celui de schiste), refus du multilatéralisme onusien, de la CPI ; négation des traités internationaux (cas de l’IRAN), recours à l’extraterritorialité du droit US comme moyen de pression et de lutte contre les concurrents, retour à l’isolationnisme, dépenses militaires et promotion de l’OTAN mais à faire financer par les autres… En même temps, appui de Trump sur les positions identitaires, conservatrices, traditionalistes (anti-immigration, détention d’armes, faveur aux sectes religieuses et anti-avortement, répression, cour suprême hyper conservatrice…) car cela fait l’identité du peuple de base contre la côte Est ou Ouest libérale). Au Brésil, Bolsonaro est un clone de Trump : économie capitaliste à fond les manettes contre les populations indigènes, la forêt amazonienne, les gays pour créer de l’emploi mais surtout faire du SLC pur et dur.
En Europe, la politique ordo-libérale teutonne mise en place à fond les ballons depuis le traité de Maastricht en 1992 (mais annoncée par l’acte unique de 1986), l’euro aux conditions tudesques, l’extension aux pays de l’Est (PECO) depuis 2004 a produit ce qui était voulu par le kapital : la mise en concurrence sauvage entre pays, l’accentuation des déséquilibres économiques au détriment des pays et des territoires les moins développés, le déclassement des classes moyennes, la précarité et la pauvreté, l’expansion sans fin des inégalités, le triomphe de la finance à l’anglo-saxonne, l’amenuisement des services publics, la diminution des assurances sociales collectives et des droits sociaux, etc. Le tout sous la houlette d’une austérité exigée par Berlin (qui détient toutes les manettes de l’UE par elle-même et avec ses alliés) pour les peuples mais surtout pas pour les capitalistes. Cela est d’autant plus facile que la direction politique de l’UE est devenue impossible, via la complexité de se structures et modes de décision : il ne reste plus que des alliances entre amis (Allemagne, pays luthériens et libéraux d’Europe du Nord, PECOs auxquels la Doryphorie fournit de l’emploi, des délocalisations et sous-traitances, des débouchés, des aides par le budget de l’UE. Et notre Big Macron prétend la réformer alors que jamais le capital ne lâche quoi que ce soit sur son pouvoir et son pognon de dingue, que la Teutonie a fondé son hégémonie sur le SLC de « la concurrence libre et non faussée » et sur le refus de tout déficit budgétaire ! Macron veut imiter le modèle allemand sans voir que si l’Allemagne est riche, son peuple a été pressuré à mort et est pauvre. Ou, plutôt, il le sait mais il travaille pour le capital où il pantouflera quand les Francouis l’auront viré. Il fera comme Barroso et maints ex-dirigeants de l’UE.
Et ce qui devait arriver à cause des effets délétères du SLC ordo-libéral est arrivé : la montée partout en Europe de mouvements, de partis et de gouvernements populistes et/ou nationalistes surfant sur les mécontentements et les ressentiments des populations en voie de perdition : Pologne, Hongrie, Italie, Autriche, RN en France, AFD et PEGIDA en Allemagne, Vox en Espagne et même dans les tranquilles démocraties, luthériennes ou calvinistes, du Nord de l’Europe, et, naturellement avec le Brexit, la Grande-Bretagne. Les ennemis du peuple sont faciles à désigner par ces mouvements : « l’establishment », les immigrés, les Musulmans, les terroristes, les riches ; un sentiment d’abandon de la nation est exploité à fond par ces entrepreneurs de politique politicarde surfant sur les frustrations des populations dominées et laminées. D’où la fermeture des frontières et le refus de l’immigration. D’où l’embellissement de l’histoire du pays, la promotion de son identité et de ses valeurs « chrétiennes ». Mais il y a toujours un grand oublié : le SLC et ses méfaits, SLC dans lequel tous ces entrepreneurs de division veulent rester alors qu’il est la cause principale du « bordel ambiant ». Les peuples sentent que c’est bien lui le problème alors même que les dirigeants populistes veulent continuer de l’implanter pour ne pas se couper de l’UE et du libéralisme.
Droite, populistes, nationalistes, LREM communient tous dans la promotion du SLC libre-échangiste et à base de disparition des frontières au nom de la circulation de tout (capitaux, marchandises, services, personnes) ; ce qui conduit à la fois à la spéculation, aux délocalisations, au moins-disant, à la baisse des protections sociales, au sabotage de la nature… il n’est pas possible que la concurrence soit à armes égales entre pays jouant tous au dumping en toutes matières. Comme la politique SLC ne peut que faire sauter les modèles sociaux les plus avancés, ses partisans sont amenés à la faire passer en force avec en plus le mensonge, la communication et la ruse. De façon générale, nos soi-disant démocraties sont en fait vidées de contenu au profit dune technocratie centralisée et répressive ; ce qui fait que la différence entre, par exemple, le régime d’Orban et celui de Mac-Tron n’est pas de nature mais de degré ; les deux communient dans le national-libéralisme. Libéralisme parce que SLV über alles ; national parce qu’il faut se rallier le bon peuple sur le thème de Merkel : alternativlos, soit le même que le TINA (there is no alternative) de Thatcher, sur l’union nationale, le freinage de l’immigration, le contrôle du salafisme, sur la compassion envers les pauvres pendant même que l’on en accroît le nombre, sur la reprise de l’anti-establishment par réforme des grandes écoles. Mac-Tron a promis une autre méthode de gouvernance : en appeler au dialogue social et à la concertation. Notons que cela n’engage en rien le pouvoir de décision car il n’y a pas négociation. Et de toute façon, c’est impossible : les profondes réformes encore dans les cartons (retraites, assurance-chômage, institutions) ne peuvent passer qu’en force car elles susciteront des oppositions massives. Il ne s’agit que de compétition électorale entre forces politiciennes, toutes ne jurant que par la démocrature illibérale et anti-socialiste.
Mais le national-libéralisme ne peut pas durer longtemps car, rapidement, les populations verront qu’elles se sont fait flouer et que tout a changé pour que rien ne change. Las, la gauche ne fait plus que 30 % et est en miettes, la droite est divisée et sur le même créneau que LREM ; Mac-Tron joue donc sur la montée du RN, qu’il fait semblant de combattre tout en lui piquant quelques idées nationalistes, afin d’être réélu en 2022. Et cela risque de marcher si l’opposition ne formule pas un projet et ne s’organise pas. Oremus.

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