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Archive pour la catégorie 'politique'

Et maintenant, que va-t-on faire ?

Posté : 14 mai, 2012 @ 10:20 dans politique | Commentaires fermés

Flanby a été élu ; tant mieux car on est débarrassé d’un individu dangereux pour les libertés publiques, le droit, la justice et même l’économie. Bling Bling est en effet depuis toujours, malgré ses appels aux mânes de Jaurès, de Blum, du grand Charles, etc. un indécrottable admirateur de la secte néolibérale. Celle-ci est un bien commun des gouvernants libéraux qui assassinent l’Europe à grands coups de stabilité budgétaire, d’austérité, de « règle d’or ». C’était emblématique du couple Merkozy, champions de la politique de « l’offre » qui consiste à restaurer les marges des entreprises en réduisant le salariat à zéro : salaires réduits, flexibilité totale, suppression du droit du travail, laminage des retraites et des droits sociaux, privatisation de ce qui reste de services publics ; dogme de la « concurrence libre et non faussée », des effets bienheureux de la libre circulation des marchandises et des capitaux, stéréotype des effets positifs de la spécialisation de chaque pays dans ses « avantages compétitifs », monétarisme, etc.
Guimauve le conquérant a gagné mais pas encore son parti qui peut redouter les législatives avec convergence du FN et de certains députés UMP de la « droite libérale ». Quel est le programme de fraise des bois ? Les 60 propositions du candidat de la rose sont modérées ; elles vont seulement mettre un peu de guimauve socialiste dans la forêt noire du libéralisme dont tous les processus et dispositifs ou règles sont conservés pieu-sement. Le supplice du pal socialiste sera agréable au début mais ne pourra que mal se terminer car le système libéralo-capitaliste, malgré sa faillite démontrée, va perdurer. Flanby sera coincé entre les écologistes, qui veulent à juste titre une économie sans carbone et sans nucléaire, sans pesticides, sans bagnoles avec économies d’énergie et énergies renouvelables, et le gauche de la gauche qui maintient les saintes écritures marxistes. Or la transition vers l’économie couterait les yeux de la tête en ces périodes d’endettement massif et exponentiel. Plus grave est que comme les pays concurrents ne feront rien (les échecs des conférences sur le climat l’ont montré) afin de conserver leur compétitivité dans la concurrence internationale la France sera isolée et mettra en danger ce qui reste de son industrie (13 % du PIB). Dans la crise actuelle, chaque pays joue en effet en solo, ce qu’avait tenté de contrer Tsarkowitch en s’alliant avec Merkel. C’était le baiser de la mort car l’euro ne profite qu’à la Germanie. Laquelle, bêtement afin de maintenir son avantage monétaire et commercial (40 % de ses exportations sont dans la zone euro et 70 au sein de l’UE), veut punir les cigales : la Grèce (à laquelle elle n’a pas fini de payer les réparations de guerre 39/45), l’Espagne, le Portugal. Ces pays n’en peuvent plus de l’austérité teutonne et ils ne sont pas les seuls dans la mouise : Grande-Bretagne, Irlande, Italie, France, pays Baltes, etc. Flanby se contentera d’un peu de pacte de croissance à l’intérieur du pacte de stabilité concocté en traité européen par Merkozy. Il obtiendra peut être un renforcement de la banque européenne d’investissement (BEI), quelques « euro-bonds » pour financer des investissements d’avenir, une taxation européenne sur les transactions financières, une légère réorientation des fonds structurels européens qui sont d’un médiocre niveau (car le budget de l’UE n’est que de 1 % de son PIB, contre 25 % de budget fédéral aux USA, et 45 % de ce maigre 1 % vont à la PAC). Il n’aura pas de mutualisation de la dette au niveau de la zone euro, ni d’avances ou de prêts de la BCE aux Etats en panne, ni de taxes aux frontières contre les exportateurs déloyaux, ni de réforme sérieuse du système financier, ni d’harmonisation de l’imposition des bénéfices des entreprises, etc. Et cela à cause du chacun pour soi et d’une UE non fédérée et restée une Europe des Etats.
Flanby étant l’héritier du socialisme social-démocrate qui dès 1983 s’est converti au néo-libéralisme, étant déformé par sa formation commercialo-énarchique comme la plupart de ses copains et des pseudo-élites françaises ne pourra ni ne voudra faire grand-chose pour le peuple. Par ailleurs, le reste du monde fera tout pour s’opposer à la fin du libéralo-capitalisme. Que faire alors, dirait Lénine ? Eh bien je préconise la création d’une fédération des pays de l’Europe du Sud ; comme cela, le monde anglo-saxon (utilitarisme, empirisme, égoïsme, individualisme et culs bénits, dollarophone), la dictature libérale chinoise, l’ordo-libéralisme tudesque, etc. auront le sud au cul.
Les Etats Fédérés du Sud Européen (EFSE) auront une monnaie commune, l’eurosud, pour leurs échanges entre eux, chaque pays conservant sa devise propre à l’intérieur d’un serpent monétaire commun permettant des variations des taux de change dans des limites préfixées et révisées tous les 3 mois afin de permettre aux pays les moins compétitifs de se refaire une santé en dévaluant leur monnaie. Cette monnaie sera gérée par une banque centrale faisant des avances aux différents pays et leur consentant des prêts. Les dettes seront mutualisées dans cette EFSE et celle-ci n’empruntera qu’à l’intérieur de ses frontières auprès de ses habitants admis à souscrire aux empruntes publics sans passer par les banques privées. Une grande banque publique et socialisée de financement de grands travaux d’infrastructure ou de transformations des outils de production ou de projets d’avenir (R-D et innovation) sera créée au niveau de l’EFSE. Elle fonctionnera comme la banque du peuple créée par Proudhon. Toutes les combines de la phynance ubuesque du privé seront interdites : LBO, produits dérivés, titrisation des dettes, private equities et hedge funds, opérations spéculatives à découvert, marchés boursiers de gré à gré, spéculation sur les matières premières et les denrées alimentaires ou produits agricoles, placements spéculatifs à court terme les obliger à rester 10 ans dans le pays de destination), usage des paradis fiscaux, etc. Les « évadés fiscaux » verront leurs biens confisqués et leur nationalité annulée ; les artistes expatriés seront interdits de production dans l’EFSE et leurs DVD, films et autres seront taxés comme des produits étrangers.
Au début, l’EFSE vivra en autarcie. Prenons l’exemple de la France. Pourquoi pas l’autarcie ? Y perdrait-on ? Cela dépend de qui serait concerné et de la nature de ce qui serait perdu. Certes, on y perdrait du faux argent en refusant l’idéologie de la seule valorisation monétaire et financière du PIB. Mais il nous resterait les quantités naturelles et objectives de la production sur notre territoire. La France a tout ce qu’il faut : quantités de bons vins et alcools, une énorme quantité de produits du terroir, une grande variété de fromages, des races bovines magnifiques (Aubrac, Charolais, Salers, blonde d’Aquitaine, etc.), des moutons pour la laine, une grande agriculture fournissant de tout, des forêts, des eaux territoriales pour la pêche (à condition de pourchasser par exemple les chalutiers espagnols qui y braconnent et ruinent la ressource), encore une industrie, de l’artisanat, des PME/PMI, etc.
Ce serait plus coûteux, moins productif et moins rentable nous diraient en cœur les libéraux et les économistes. Plus coûteux ? Pourquoi puisqu’on ne compterait que des quantités produites et échangées et non du fric, notamment en créant une monnaie d’échange établie sur la base du contenu de la production (exprimé en temps et en niveau de qualification) en travail incorporé dans les produits. Moins productif ? Et alors, pourquoi faudrait-il continuer à courir après la productivité en comprimant le travail et en stressant les travailleurs ? Certes, il nous manque du pétrole et du gaz, mais il y a la ressource inépuisable des énergies renouvelables et la possible utilisation des algues et de la biomasse pour faire des carburants et des matières transformables en équivalent plastique ou entrants chimiques ; il nous manque certains produits (électronique, électroménager, informatique) ; rien n’empêche d’en refaire chez nous car nous en avons les compétences. On ne les a perdus que pour des raisons de rentabilité et de productivité dans la concurrence internationale axée sur le profit. On perdrait le dynamisme de l’innovation propulsée par le marché et la concurrence ? Rien ne dit que cette fonction sociale ne pourrait pas être assurée par une recherche socialisée valorisant les savants et les chercheurs et libérée des contraintes du profit et des demandes étatiques en faveur du militaire, qui serait d’ailleurs supprimé. On peut honorer et motiver les chercheurs par des avantages en nature et un statut social reconnu comme, du reste, celui des enseignants. On n’aurait plus de produits exotiques ? Mais on en a déjà avec nos territoires tropicaux et on peut y produire (café, chocolat, fruits, etc.) si on laisse de côté la rentabilité exaspérée par la concurrence internationale et la division afférente du travail. On peut faire de très grosses économies de consommations. Par exemple, on peut remplacer le ciment et le béton par des habitations en paille, en pisé, voire en briques de terre (comme dans la splendide ville de Tombouctou), les toits en tuile par du chaume ou de l’ardoise. Les transports en voiture individuelle seront remplacés par les transports en commun dans les agglomérations et par des véhicules « gazogènes » (dont hydrogène par pile à combustible) ailleurs. Les prospectus publicitaires seront interdits et les journaux et livres deviendront électroniques afin d’économiser le papier et les forêts. Je signale qu’à l’heure actuelle la France exporte notre bois en Chine, laquelle nous réexpédie des meubles low cost qui ruinent la filière bois française ! On peut remplacer les textiles synthétiques par la laine, le lin et même le chanvre. On peut aussi miser sur la qualité et la durabilité des produits de façon à décourager le gaspillage et le zapping consumériste par la publicité, laquelle serait interdite. On sait qu’actuellement les industriels font que les produits aient une durée de vie limitée pour vendre ensuite leurs remplaçants. Une économie frugale et économe des ressources non renouvelables peut être mise en place contre l’hyper consommation ostentatoire propulsée par le néo-libéralisme.
En réalité, la question est de savoir qui gagnerait ou perdrait dans l’autarcie. Le peuple n’y perdrait rien si la richesse est exprimée en volume et si la monnaie est calée sur la production dont elle serait le reflet. Cet aspect est parfaitement établi par « l’abondancisme ». Les perdants seraient les spéculateurs, les rentiers, les banquiers, les PDG et autres managers, les assureurs, les journaleux, les experts médiatiques stipendiés, les politicards plus ou moins achetés et surtout vivant sur la bête de la fausse démocratie représentative, bref tous ceux qui bénéficient de la rente financière assise sur rien de concret et n’étant qu’une simple valorisation monétaire des prédations du capital, bref tous ceux qui profitent des inégalités de pouvoir et de situation patrimoniale. Soyons en sûrs, l’argent n’est pas la richesse, il n’en est qu’un signe particulièrement artificiel et manipulable. Il est l’unité de compte de la richesse monétaire qui n’a rien à voir avec celle des biens réels satisfaisant aux besoins des humains. La preuve en est que le PIB mondial n’était que de 60 000 milliards de dollars en 2007 alors que les produits financiers dérivés montaient à 10 fois plus. La valeur purement financière d‘empilement de dettes de dettes, de titres sur titres atteignait donc une somme fantastique mais imaginaire car dépourvue de toute garantie réelle. On peut sans passer et se concentrer sur des biens réels et utiles à tous. Par ailleurs, le PIB n’est qu’un calcul monétaire de la richesse et, en outre, il y compte les nuisances et les dégâts du capitalisme et il oublie les externalités positives apportées par les services et bien publics.
L’autarcie de l’EFSE serait mieux que celle de la seule France. En effet, on aurait alors la puissante industrie de l’Italie, la grande agriculture et la pêche espagnoles, les ressources agricoles et maritimes de la Grèce, les relations du Portugal (ou de l’Espagne) avec l’Amérique du Sud. L’Europe du Sud peut commencer en se suffisant à elle-même et, dans ce cadre, peut cependant installer des rapports privilégiés et coopératifs (au début sous forme de troc) avec le Maghreb, l’Afrique, l’Amérique du Sud, la Turquie, l’Asie (hors pays totalitaires sans Etat de droit, ce qui exclut aussi la Russie).
L’EFSE devrait n’être pas trop difficile à construire. En effet les pays du sud européen disposent de la même culture et sont complémentaires et moins hétérogènes que l’actuelle UE à 28 pays. L’EFSE prendra grand soin de se construire comme union politique fédérale et exclura ce qui a tué l’Europe, à savoir l’élargissement sans frein en vue seulement de la constitution d’un grand marché concurrentiel. L’EFSE est très riche de son patrimoine culturel, de ses sites naturels, de ses bâtiments historiques, de sa cuisine variée. C’est chez elle que la culture occidentale a été forgée, non pas chez les Gibbies ou les Teutons. Bref, l’EFSE est un monde pluriel et commun tout à la fois, monde qui n’a pas besoin des diktats prussiens, ni de l’utilitarisme écossais. Elle n’a pas besoin ni des Huns ni des autres. Ni d’Attila, ni d’Attali.

Dégagez M. Sarkozy de Nagy-Bocsa

Posté : 14 avril, 2012 @ 10:50 dans politique | Commentaires fermés

L’élection du 22 avril va permettre de se débarrasser d’un individu nuisible à tous points de vue. Certes, Hollande n’offre rien de bien attrayant. C’est en effet un politicard blanchi sous le harnais depuis si longtemps. Mais surtout c’est un exemplaire membre du courant libéralo-capitalisto-financier (comme le compassionnel Bayrou de secours) qui a ruiné la planète. Il ne faut pas attendre de cet homme un changement de modèle socio-économique ou politique. Seulement, un peu plus de moralité publique. Mélenchon nous ramène aux illusions communistes et à 1981. On ne peut faire qu’un gros poutou à Poutou qui ranime la flamme trostskarde comme Arthaud. Etc. On a un gaulliste avec Dupont-Aignan, alors que le gaullisme est d’essence étatico-libérale. On n ‘a pas envie de cheminer avec Cheminade. L’écologie est hélas sur le reculoir car les urgences économiques l’on fait remiser au placard. Bref, on ne sait à quel saint se vouer. Mais il y a une chose sûre, c’est qu’il faut dégager TsarKo. Pourquoi ?
Cet individu a détruit les principes généraux du droit et a asservi la magistrature (hors quelques juges pugnaces comme Trévidic ou Van Ruynbecke) à son profit. Sa réélection entraînerait une fantastique progression de la magistrature « couchée » et une inflation de textes sécuritaires en général et en fonction des circonstances.
Cet individu est mouillé dans nombre d’affaires obscures. Il y a l’affaire Karachi à partir de la candidature Balladur en 1995 ; avant il était ministre du budget au nom duquel il a signé l’acte de création de la société offshore Heine au Luxembourg, société boite aux lettres chargée de recevoir et de faire circuler les grosses commissions, voire les rétro-commissions. Il est donc impliqué comme dans la blague sur les œufs au bacon : la poule est concernée, le cochon, lui, est impliqué.
Il est impliqué dans l’affaire Woerth-Bettencourt sur le volet financement occulte de l’UMP ; il est soupçonné de détournement de la loi sur le financement des partis avec la profusion de la création de micro-partis à son service. Il a aux fesses le financement de l’achat de son luxueux appartement de l’Ile de la Jatte à Nanterre. Il a été entouré d’intermédiaires douteux comme Takhiedine, Djouhri, Bourgi. Ce type n’est pas net du tout et le réélire reviendrait à reporter de 5 ans des poursuites judiciaires éventuelles. Il a de l’espoir ; Chiracos a tenu plus de 15 ans.
Cet individu est un spécialiste du discours à géométrie variable en fonction des auditoires et des circonstances. Voyez mes ailes, je suis anticapitaliste et anti-financier, voyez ma peau j’aide les banquiers à ne pas faire face à leurs turpitudes. Voyez mes ailes, je suis pour le peuple contre l’establishment ; voyez mes actes, j’ai favorisé la rente et la richesse. Voyez ma peau, je suis un perdreau de l’année qui n’a pas géré les affaires depuis 10 ans ; voyez mes ailes, je vais prendre un nouvel envol car j’ai changé comme je l’ai déjà promis en 2007. C’est un pro des promesses démagogiques comme pour me zéro SDF dans le rue ou la baisse d’un tiers de la pauvreté. Et il recommence avec le permis de conduire, la taxe sur les transactions financières, la baisse du prix de l’essence, etc. Sa politique est erratique et l’a conduit à se contredire avec notamment la suppression d’une part de sa loi TEPA de 2007. Bref, c’est un politicard clientéliste de la plus belle eau.
Il a accru la dette de 500 milliards tout en essayant de faire croire que c’était dû à la crise alors que celle-ci n’explique que 150 milliards (soit plus 650 milliards de dette) ; dette qui du reste a cru de façon pharaonique sous le gouvernement Chirac auquel il a participé. Et i a le culot de se présenter comme le protecteur de la nation, comme le rassembleur alors qu’il n’ a cessé de diviser en dressant les populations les unes contre les autres, notamment les salariés du privé contre les fonctionnaires.
Sa mentalité est hyper libérale même s’il a prononcé des discours nombreux en sens contraire pour s’attirer les grâces d’une partie de l’électorat. Avant la chute des subprimes en 2007 aux USA, il préconisait le même système d’accession à la propriété et au crédit revolving pour la France. Il ne jurait que par Bush II, il était américanophile comme le montre la réintégration du pays dans les forces de l’OTAN. Il est toujours un disciple d’Israël contre l’émancipation du peuple palestinien. C’était un VRP de la vente des armes françaises, avec réception de Kadhafi, d’Assad à Paris, c’était un soutien de Ben Ali et de Moubarak avant les révolutions arabes.
Normalement, un président élu est transcendé par sa fonction de représentant de l’intérêt général. Il n’a cessé de dégrader l’autorité de la fonction en s’affichant dans les médias avec ses affaires privées, en s’affichant avec ses riches amis, en employant un langage de corps de garde, en massacrant la langue française, en ne privilégiant que le mérite financier. Il n’a pas de dessein pour la France car c’est un libéral invétéré ; or le libéralisme fait tout reposer sur les forces impersonnelles et automatiques du marché, ce qui exclut la notion de projet ; il suffit d’attendre les résultats des forces économiques et financières. C’est de l’empirisme à la petite semaine et à la sauce anglo-saxonne et non du pragmatisme que résume la formule de Proudhon : « la théorie vient de l’action et retourne à l’action à peine de déchéance pour l’agent ».
Ce keum est un menteur pathologique ; par exemple, il a fait croire en 2007 pour les élections qu’il formait un bon couple avec Cécilia alors que celle-ci était déjà avec Attias. Il a eu le culot de se présenter au Pape bien que divorcé 2 fois, lequel pape, du reste, n’aurait jamais dû le recevoir pour cette raison. C’est un type sans ambition pour le pays car il n’a que des intérêts. Ce en quoi il est bien un libéral pur sucre car cette idéologie développe un utilitarisme individualiste généralisé. Dans ce cadre, il n’y a pas d’honneur, de dignité, de morale ; il n’y a que des intérêts. Ainsi, il se présente comme chrétien (le curé est supérieur à l’instituteur) alors que toute sa conduite piétine les valeurs catholiques. Il avait promis le dialogue social mais il n’a cessé de passer en force en violant la loi Larcher de janvier 2007.
Il pratique la fuite en avant, une loi de circonstance chassant l’autre, pour se présenter comme un réformateur alors qu’il fait du surplace avec des réformettes. Par exemple, sa réforme surprise des retraites en 2010 (l’échéance normale était 2013) n’a pas assuré la continuité du système puisque le nouveau régime n’est plus financé à partir de 2018. Il croit que l’agitation remplace la sérénité et le travail de long terme et les réflexions et négociations approfondies. C’est un ludion agité car il raisonne comme un avocat d’affaires : chaque affaire doit être traitée au coup par coup avant de passer à la suivante. C’est du « wait and see » permanent, sans continuité ni projet.
Il se représente comme ayant changé, ce qu’il avait déjà dit en 2007. C’est vrai, il change tout le temps au gré des circonstances et des clientèles électorales à séduire, surtout celle du Front National. Il fait trafiquer les chiffres du chômage et du pouvoir d’achat de l’INSEE dont il s’est emparé. D’ailleurs, il a mis en place un Etat UMP en nommant ses séides et amis à tous les postes de responsabilité de l’administration, à commencer par ceux du service public de l’audiovisuel ou ceux de la magistrature et de la police. C’est un bonapartiste sans scrupule.

Le partage du travail

Posté : 20 mars, 2012 @ 12:29 dans politique | Commentaires fermés

Les socialistes ont inauguré le thème du partage du travail avec la loi sur les 25 heures moyennant 20 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales pour les entreprises. Celles-ci en ont profité pour rationaliser leurs méthodes de travail, pour ajuster les temps de production sur toute l’année en fonction des carnets de commande, pour augmenter les cadences et diminuer les temps morts. Des experts disent que cela aurait créé 300 000 emplois (ou permis de conserver)… De quelle nature ? Car en réalité et de façon bien plus large et profonde, le partage du travail (de l’emploi plutôt) ressortit à des facteurs bien différents.
Le 1er aspect de la chose est le partage entre travailleurs employés et chômeurs. Fin 2011, la France recensait 2,8 millions de chômeurs de catégorie 1 (disponibles aussitôt, n’ayant pas travaillé dans le mois précédent et demandeurs d’emplois inscrits ; on sait qu’il y a beaucoup de non-inscrits pour des tas de raison). Passé partout, avec les autres catégories, on obtient en gros plus de 4,5 millions de personnes en sous-emploi. Le chômage ou le sous-emploi sont la 1ère forme du partage du travail. Une 2ème forme réside dans la différence entre emplois stables, à temps complet, en CDI et emplois précaires (CDD, intérim) ou à temps partiel (17 %, essentiellement des femmes à 60 %). Ce ne sont pas les mêmes statuts d’emploi qui sont partagés ; la forme précaire ou à temps partiel (dont les emplois saisonniers) est celle qui entraîne quasiment automatiquement la pauvreté du travailleur (3 millions de travailleurs pauvres). Le modèle tudesque est soi-disant supérieur : il y a 5 millions de travailleurs disposant de « mini-jobs » (à 400 euros par mois, à 5 euros de l’heure voire 2 euros, étant entendu que la Teutonie ne dispose pas d un SMIC national et que le travailleur est forcé d’accepter ce type d’emploi sous peine de perdre l’indemnisation de 358 euros mensuels offerts au chômeur après un an de chômage ; à comparer au 458 de l’ASS française).
Une 3ème ligne de partage concerne la position des personnes en fonction de leur âge. C’est ainsi que les jeunes de moins de 25 ans arrivent à un taux de chômage de 24 % contre un peu moins de 10 pour l’ensemble de la population (il y a pire : 40 % et 20 % par exemple en Espagne). Ceux qui sont largement le plus en emploi sont les 25-55 ans. Au-delà de 55 ans on entre dans l’inactivité des salariés âgés dont le taux d’emploi (chômeurs sur ensemble de la population concernée) après 58 ans est d’environ 57 %. Il faut aussi prendre en considération les heureux bénéficiaires d’un emploi aidé ou en formation ; ils ont la chance de ne plus figurer dans les statistiques.
On peut aussi observer qu’il y a des travailleurs qui ont des heures-sup et non d’autres. Il est évident qu’il y a un partage du travail entre les « insiders » plus ou moins titulaires d’heures-sup et les « outsiders » au chômedu ; les premiers contribuent à refouler les seconds du marché du travail. Certes, les heures-sup apportent de la souplesse dans les plannings eu égard aux charges de travail mais ce n’est pas un raison pour les défiscaliser (loi TEPA de 2007) en partie au coût annuel de plus de 4 milliards d’euros. Nous avons aussi les travailleurs en chômage technique comme variante du temps partiel dans les boîtes en sous-activité. Ils sont indemnisés (par le patron et une aide étatique) à hauteur de 80 % du salaire plein en attendant la reprise du carnet de commandes. La France a consacré 600 millions à la chose et la Germanie 5 milliards en 2008. C’est qu’en Teutonie, les patrons négocient avec les syndicats pour sauver l’emploi. En France, lesdits patrons préfèrent reporter sur la collectivité le coût du chômage ou du sous-emploi.
Le partage du travail est aussi largement lié à l’état des technologies, à la division du travail et au degré de qualification des travailleurs. Il y a une séparation nette entre les agents bien formés et ceux qui n’ont pas de qualification ; or 150 000 jeunes sortent chaque année de l’Education nationale sans le moindre diplôme, lequel est le critère même de la méritocratie à la française. Ce qui se redouble du clivage entre ceux qui sont dans une boîte ou ont un statut collectif (notamment via les conventions collectives de branche) et ceux qui sont isolés, individualisés comme l’essentiel des emplois de service à la personne, emplois facilités par le chèque emploi-service universel (CESU) qui laisse le salarié seul face à plusieurs employeurs individuels éloignés les uns des autres et donnant des horaires entre lesquels le travailleur doit jongler pour essayer d’avoir un salaire raisonnable.
On a aussi le travail au noir notamment avec des clandestins surexploités, ou les « auto-entrepreneurs » qui assument tous les frais tout en étant souvent employés totalement par leur ancien patron qui les a virés pour faire des éconocroques. Le partage porte donc aussi bien sur les statuts des travailleurs que sur la durée de l’emploi. Cela va encore plus loin car il y a manifestement un partage entre les résidents nationaux et les travailleurs de l’étranger via les entreprises délocalisées. La division du travail est mondialisée en fonction de la spécialisation internationale des activités économiques.
En conclusion, tout cela montre bien que la vraie variable de lutte contre le partage inégalitaire du travail réside dans l’industrialisation du pays ou plutôt la ré-industrialisation. Ce n’est pas dans la croissance, surtout si elle est fondée sur la consommation… de produits importés. C’est dans le rééquilibrage de la balance commerciale en produisant dans le pays et en exportant. Le comment y parvenir est une autre question qu’on ne traitera pas ici. Elle passe aussi par une réforme totale des structures de formation de façon que chacun aille jusqu’au maximum de son potentiel (sans préjudice d’une formation générale) et dispose de plusieurs chances de requalification au cours de sa vie active et de ses périodes de chômage. C’est pourquoi très justement le gouvernement a réduit les moyens de l’AFPA…

Compte rendu de l’essai : « Le capitalisme c’est le vol » par jacques Langlois, Editions libertaires

Posté : 25 décembre, 2011 @ 11:48 dans politique | Commentaires fermés

Ce livre a pour but d’aider le lecteur à comprendre le fonctionnement pratique du capitalisme, de la finance mondialisée et de la logique générale de gestion des entreprises dans le monde moderne. Il est écrit de façon lisible et avec humour. Il fait le point sur la situation et les processus concrets tout en dévoilant l’incertitude de leurs théories justificatrices. L’auteur explique comment la crise actuelle est arrivée et par quels processus. Cette crise est gravissime et bien plus dangereuse que les crises récurrentes qui animent le capitalisme depuis toujours et encore plus depuis la libéralisation totale de la finance et du commerce il y a 30 ans. Ce qui a conduit aux désordres, déséquilibres et spoliations actuels et aggravés des peuples.
Le livre s’attache à « déconstruire » les concepts de base de la théorie économique libérale. La rareté, l’utilité, l’offre, la demande, la « loi de l’offre et de la demande », le marché autorégulateur, les bienfaits « de la concurrence libre et non faussée » sont à la fois des idées très discutables contredites par les faits. Ainsi, la théorie de « l’équilibre général », pour laquelle les « marchés sont efficients » quand ils sont concurrentiels, est fausse car, précisément, les entreprises capitalistes recherchent toujours le monopole et le maximum de marge. La loi offre/demande suppose que si les prix augmentent la demande baissera. Or, dans la finance, c’est le contraire : plus le prix des actions monte, plus la demande croît et devient spéculative. Fausse aussi est la théorie de la spécialisation profitable pour tout le monde ; en réalité elle aboutit à des concentrations et ruine les industries des pays les moins compétitifs. De façon générale, le libéralisme est fondé sur le primat de l’égoïsme et sur l’individualisme atomistique de la société réduite à une collection de petits pois en concurrence sauvage. En outre, il remplace la décision par des mécanismes automatismes sans projet et le court-terme.
Ensuite le fonctionnement, en régime capitaliste, de la propriété (notion de base aussi très relative) des moyens et ressources, du travail toujours exploité vers le moins-disant en tout domaine, de la division du travail en vue de la compétitivité par tous moyens au profit des patrons, des taux déments de rentabilité recherchés par les capitalistes, de l’accumulation sans fin et nuisible du capital surtout financier, des illusions quantitatives et nocives de la croissance, de l’épargne consacrée à la spéculation plutôt qu’à l’investissement (moins rentable), de la monnaie et du crédit monopolisés par les banques, etc. est pervers et induit des déséquilibres et des prédations structurels.
Ces derniers sont créés en permanence par le capitalisme productif et financier : le noyautage de la concurrence par les plus puissants (concentration, monopolisation), la désindustrialisation du Nord au profit des délocalisations dans les pays les moins-disant en toutes matières, l’impossibilité de s’industrialiser pour la plupart des pays du Sud, les crises de sous-consommation à cause de la faiblesse du pouvoir d’achat des travailleurs, les méfaits du crédit à outrance pour compenser cette faiblesse, les krachs financiers dus à la spéculation et supprimant brutalement la liquidité du crédit et des actifs, les excédents commerciaux des pays compétitifs qui sont les déficits des autres, compensés par des emprunts en sens inverse, le chômage et le sous-emploi permanents, la croissance de la pauvreté, de la précarité et des inégalités, les limitations de la protection sociale et du droit du travail, la baisse de la part du salariat dans la valeur ajoutées, la destruction de la planète.
Ce travail de destruction de la société civile et de la nature est justifié par des outils idéologiques : la prétendue rationalité utilitaire et calculatrice du capitalisme, le caractère partiel et partial des moyens d’information et de gestion (comptabilité, statistiques, etc.), l’ approche purement quantitative des buts ou activités des entreprises, de l’économie privée et même publique ; les appareils de communication, de publicité, de propagande en faveur des écritures libérales (dont les « think tanks », les journaux et les facultés d’économie). L’auteur énonce les non-dits et les déformations de l’idéologie justificatrice du capital : le droit réduit au contrat, la justice transformée en récompense du mérite individuel et de la responsabilité et revenant à la charité, les biens et services publics privatisés pour étendre la sphère du profit contre l’intérêt général, les impôts reportés sur les pauvres et les classes moyennes, les retraites laminées sous des raisonnements fallacieux, l’ignorance des besoins d’industrie locale et de justes taxes pour financer les « frais généraux » de la nation (services publics, protection sociale). Enfin le livre examine la partialité et le « réductionnisme » des agrégats macro-économiques au nom desquels l’économie est pilotée par la technocratie : PIB purement monétaire et quantitatif, balance commerciale sacralisée, taux d’inflation ou de change manipulé, truquage des statistiques du pouvoir d’achat, dette soi-disant astronomique). La conclusion synthétise la logique du capitalisme, qu’il soit financier ou non : accumulation forcenée d’argent au profit de quelques uns.

Tsarkozescu a sauvé l’euro

Posté : 16 décembre, 2011 @ 12:25 dans politique | Commentaires fermés

Lors du sommet européen, last week, Tsarko et Merkel ont fait avaliser un projet de « traité intergouvernemental » censé résoudre les problèmes de la zone euro et de l’UE. 26 pays sur 27 se proposent de faire ratifier cet accord chez eux; les Gibbies ont refusé parce qu’ils refusent que l’UE prenne des dispositions anti spéculation financière alors que 15 % du PIB de leur pays en provient via les nombreux paradis fiscaux toujours actifs qu’il abrite. C’est encore réussi puisque très rapidement après ce 3ème plan de sauvetage l’euro plonge, les titres bancaires baissent lourdement et les bourses continuent leur volatilité orientée à la baisse. Par ailleurs cet accord n’a aucune chance d’être ratifié, à commencer en France où il faut une majorité des 3/5èmes pour modifier la constitution ; or avec la récente majorité PS au sénat Tsarko ne les aura pas. Et même si le traité était avalisé (avant juillet !), cela serait bien trop tard pour les marchés financiers. Pour des intérêts électoralistes, Matamore II torpille la construction européenne. En effet, avec Merkel il s’appuie sur le conseil des chefs de gouvernements, aréopage de division, de nationalisme et de compromis à géométrie variable, au détriment de la Commission et du parlement européens qui, eux, représentent la communauté en tant qu’espace relativement fédéral. Mais le but du traité intergouvernemental n’est guère là : il s’agit de permettre à Tsarkowicth de se présenter comme un sauveur et un protecteur aux yeux des Français. Et de gêner Flanby qui refuse la règle d’or et veut renégocier un traité qui pourtant n’existera pas en mai 2012 ; il suffirait déjà de ne pas le faire ratifier.
L’objectif premier dudit accord est de graver l’ex-pacte de stabilité financière, jusqu’à présent pourtant non respecté, dans le marbre de façon que les budgets déficitaires des membres du club deviennent un cas rare (il y aura des tolérances en cas de difficultés spéciales). La règle d’or de l’équilibre budgétaire sera inscrite dans les constitutions comme cela est déjà fait chez les Teutons et les Ibères. Au passage cela permet d’accuser les socialistes qui la refusent (avant les élections de 2012) d’être des irresponsables et de refuser « l’union sacrée » à la sauce Tsarko. Les budgets européens seraient soumis ex ante à l’aréopage des chefs de gouvernement (et non à la technocratique grosse commission de Barroso), ce qui est pour Zébulon 1er une avancée démocratique comme si les chefs de gouvernement étaient légitimes… pour évacuer les déficits il est clair que les pays se lanceraient dans des politiques d’austérité avec les bons résultats qu’on apprécie en Grèce, au Portugal, en Irlande et en Espagne (l’austérité entraîne la récession et finit donc par augmenter les déficits faute de rentrées fiscales). Il s’agit donc bien plus d’un pacte de rigueur supporté par les peuples que d’un pseudo pacte de stabilité. Pacte déjà insane car, avec son existence depuis Maastricht et suivant, des pays aujourd’hui en crise gravissime comme l’Irlande ou l’Espagne étaient dans les clous (déficit inférieur à 3% du PIB, dette inférieure à 60). En effet, comme maintenant avec la règle d’or on ne s’occupait pas de la dette privée, ni de l’inflation immobilière ou boursière (la BCE ne visait que l’inflation salariale soupçonnée d’être la seule cause de la hausse des prix).
Un Mécanisme Européen de stabilité (MES) sera créé dès juillet 2012 (au lieu de 2013) pour garantir les émissions d’emprunt des pays en difficulté sur les marchés (taux d’intérêt très élevé comme les 7 % actuels de l’Italie). Ce fonds est doté de la somme « énorme » de 80 milliards, à comparer à la dette italienne de près de 2 000 et aux quelques 300 qu’elle doit lever chaque année pour payer le service de la dette et remplacer les emprunts échus (France : 180 pour 1 700 de dette cumulée aujourd’hui). Rappelons que le plan précédent prévoyait 1 000 milliards alors que le FESF (Fonds européen de stabilité financière, remplacé par le MES) n’avait plus que 250 milliards en caisse. Mais c’est la même combine : garantir des emprunts bien plus volumineux grâce à une sorte de CDS dont on connait bien les vertus et jouer de l’effet de levier (emprunter par exemple 1 000 avec 100 d’apport personnel). On est ravi d’apprendre que les banques ne seront plus victimes d’une dépréciation des obligations publiques qu’elles détiennent. Par ailleurs elles pourront se financer à court terme auprès de la BCE au tarif d’ami de 1 % tout en pouvant acheter des titres publics rapportant plus de 4. Banques qui du reste liquident leurs vieilles obligations étatiques ( sur le marché d’occasion ou marché secondaire, avec pertes mais pour éviter des pertes encore plus grandes) pour en acheter de nouvelles (à l’émission ou marché primaire) au taux d’intérêt bien plus élevé et davantage garanties par les Etats. La zone euro va aussi apporter 250 milliards (comment et d’où vient le fric ? mystère et boule de gomme) au FMI pour que celui-ci puisse prêter aux Etats en difficulté. Belle manip. Qui permet de contourner l’interdiction (officielle) faite à la BCE d’acheter de la dette d’Etat.
Le projet parle essentiellement de coordination des politiques budgétaires et fiscales (convergence des fiscalités). Rien sur les politiques commerciales, industrielles, sociales… Or la crise provient de l’hétérogénéité en ces matières avec une monnaie unique pour des pays très différents et jouant en solo pour maximiser leurs avantages compétitifs au détriment de leurs voisins. Une monnaie unique suppose un budget fédéral très conséquent à l’instar de celui des USA (25 % du PIB, à comparer au minable 1% de l’UE) et des transferts budgétaires importants entre pays différents pour soutenir les plus faibles en taxant les autres. La crise émane des déséquilibres des balances commerciales, certaines étant excédentaires, d’autres, en compensation des 1ères, déficitaires ce qui provoque un flux équivalent et de sens contraire de capitaux. D’où les dettes de certains asphyxiés par la politique non coopérative d’autres comme la Germanie. Une monnaie unique suppose aussi des moyens d’intervention de la banque centrale comme prêteur en dernier ressort (aux Etats et aux banques), notamment par achat des obligations publiques ou à tout le moins par création d’un marché commun des obligations (euro-bonds). On n’a rien de cela et le fabuleux accord n’envisage rien pour ne pas froisser les oreilles tudesques. C’est ce qui explique que les marchés financiers ne croient pas du tout aux vertus du diktat de Merkozy. On est bon pour le passage de la note de la dette française à AA au lieu du triple A sans doute avant Noël.
On se demande quelle est la légitimité de Rodotarinraskoltignac pour engager le pays à 5 mois de l’élection présidentielle et 6 des législatives de 2012, alors qu’il plafonne à 25 % des voix dans les sondages du 1er tour et que sa cote de popularité traîne dans les bas-fonds du classement. Elle est nulle et de toute façon, tant que le traité intergouvernemental n’est pas signé, ses futurs remplaçants aux manettes de l’Etat n’ont pas à honorer des promesses putatives et contraires aux vœux probables des Français qui, rappelons-le, avaient rejeté le TCE en mars 2005. Accuser M. Fraise des bois de vouloir renégocier un engagement de la France est une attaque stupide puisque c’est un engagement, non de la France, mais d’un politicard en fin de mandat, assis sur un trône éjectable et qui, surtout, n’a consulté personne, même pas son parti, encore moins le parlement pour ce faire. Dans ce cadre, on se félicite de la condamnation de Chiracos qui a pillé Paris pendant 18 ans pour ses propres intérêts et ceux du RPR. Et on lit cet arrêt du TGI de Paris, 11ème chambre correctionnelle, comme un avertissement des « petits pois » (mot dont Tsarko avait affublé les magistrats) au futur ex-président. Ce dernier est actuellement concerné par une foultitude d’affaires, gageons que son départ libérera la magistrature et qu’alors il y sera impliqué. Quelle est la différence entre concerné et impliqué ? C’est comme dans les œufs au bacon : la poule est concernée et le cochon impliqué.

Imiter les Boches, c’est moche

Posté : 8 décembre, 2011 @ 12:00 dans politique | Commentaires fermés

Le président Tsarkozescu veut « converger » avec l’Allemagne, notamment en se pliant à de sévères critères de respect de la stabilité financière du pays, critères existant déjà (pas plus de 3 % du PIB en déficit annuel, pas plus de 60 % de dette publique, ce qui, du reste, oublie la dette privée qui a coulé l’Espagne et l’Irlande) et qu’il n’a pas du tout respectés tant quand il était ministre de Ballamou et de Chiracos que depuis qu’il est président (plus 500 milliards de dette depuis 2007). Mais la bonne question est qu’est-ce que le modèle allemand ? Ce n’est pas jojo. Disons tout de suite que mon vocabulaire vise les dirigeants allemands qui mènent une politique non coopérative contre les autres peuples d’Europe et une politique d’austérité contre leur propre peuple.
C’est déjà une culture issue du protestantisme luthérien (avec respect sans révolte contre les privilèges des riches et des puissants) : chacun doit se faire sa propre formation (Bildung en germain) sans faire de politique et en obéissant aveuglément aux autorités sans barguigner. Evidemment une telle soumission a été installée par les dirigeants doryphores avec le concours des curetons d’ailleurs payés à cette fin par le pouvoir aux frais des contribuables (bel exemple de laïcité). On a vu ce que cela a donné en 39/45 où presque seuls les catholiques bavarois ont eu une résistance anti-hitlérienne sérieuse. En plus, il d’agit de nationalité acquise par le droit du sang jusqu’à une réforme récente loin de modifier les attitudes du politicard Chleu. On est allemand par nature et non par un référendum rationnel de tous les instants. Il en découle le primat de la communauté teutonne sur tous ses adjuvants, les autres n’étant pas des hommes car n’étant pas allemands. D’où les exactions des autorités fridolines en 1870, 14/18 (usage de l’ypérite et bombardement de la cathédrale de Reims), massacre de civils en 39/45. Il faut rappeler que les dirigeants boches ont exigé 5 millions de francs-or en 1871 (somme astronomique) malgré les destructions par leurs armées en France, qu’ils ont été loin de payer les réparations de la guerre de 14/18 (quelque peu exagérées, il faut le dire), qu’ils demandaient 400 millions de francs par jour en 39/45 à la France, sommes jamais remboursées. Sans même parler de la compensation des destructions en tout genre, notamment en Grèce. C’est facile de faire de la croissance avec le pognon des autres… Qui plus est, les Yankees en 1953 ont remis la quasi-totalité de la dette tudesque issue du plan Marshall, ce qui est à l’origine réelle du décollage de l’économie allemande. Ce qu’on ne comprend pas c’est pourquoi Mitterrand a donné son feu vert à la réunification des casques-à-pointe sans exiger 100 milliards d’euros pour solde de tout compte. La France, certes, devait créer une union, mais pas avec les politiciens verts-de gris, avec ceux des pays du SUD (Italie, Espagne, Maghreb, Portugal, Grèce). Cela, c’est le passé fortement orienté par les Americains qui tenaient à un glacis allemand contre l’URSS.
Pour le récent et l’actuel, c’est quoi le modèle allemand ? C’est de l’hyper libéralisme imposé par la prétendue démocratie représentative sous forme « d’ordo-libéralisme », à savoir la détention légale du pouvoir pour faire voter les bonnes lois convenant au libéralisme économique. C’est ainsi que les gouvernants peuvent imposer légalement un ordre conçu pour le capital sous les saintes écritures de « l’économie sociale de marché ». Les libéraux glorifient la cogestion et la négociation à l’allemande avec les syndicats ; cela signifie simplement que les syndicats allemands, qu’on peut dire d’accompagnement, sont des associés aux intérêts du capital allemand et cela au nom de la social-démocratie. D’ailleurs les réformes Schröder, il y a 10 ans, sont passées comme une lettre à la poste. Or ces réformes ont laminé l’Etat social : réforme des retraites, baisse des allocations chômage, contention des salaires, etc. Il en est résulté une baisse du pouvoir d’achat et donc de la demande intérieure, la croissance étant assurée par les exportations chez les voisins grâce à cette politique de « désinflation compétitive ». Cette politique a été continuée et aggravée sous Angela Merkel notamment avec une TVA sociale de 3 points (ce qui revient à transférer une partie des charges de la protection sociale sur les consommateurs et équivaut à une dévaluation de 3 %). C’est comme cela que la politique prussienne s’est refait une santé et une compétitivité et a connu des excédents massifs de sa balance commerciale (153 milliards en 2010 ; 40 % de leurs exportations sont faites dans la zone euro) et cela en solo et de façon non coopérative. Il faut dire aussi que la direction des Fritz n’a pas créé de SMIC (9,18 euros de l’heure en France) et que les salaires à 5 euros de l’heure sont légion. Il ne faut pas se leurrer sur le taux de chômage par rapport à la population active à 6,4 % car les dirigeants teutons oublient que le considérable temps partiel n’y est pas compté. Qui plus est la Germanie a adopté la pratique Bolkenstein du « pays d’origine » par laquelle les travailleurs étrangers sur le sol tudesque sont maintenus dans les lois sociales et les salaires du pays d’où ils viennent. Du coup l’agriculture teutonne se porte comme un charme avec force de salariés agricoles étrangers surexploités. L’Allemagne a délocalisé la production des composants industriels à des sous-traitants sis dans l’ex-Est soviétique et fait ensuite de l’assemblage, faussement étiqueté « made in Germany » chez elle. Elle a ainsi baissé encore plus les coûts de production (technologie allemande super productive et faible coût de la force de travail). Par ailleurs, l’euro fort l’avantage car il permet de payer moins cher les productions faites dans les monnaies faibles des PECOS (ex-pays de l’Est). On comprend pourquoi les dirigeants teutons ont tellement poussé à l’élargissement sans fin de l’UE ; su reste la relation France/Allemagne est magnifiquement symbolisée par Mitterrand et Kohl se tenant pas la main à Douaumont ; c’est de l’entente cordiale, un cheval, une alouette.
Le premier problème est que ce modèle d’austérité compétitive reporte tous les efforts sur le peuple allemand et surtout les populations les moins favorisées. Il n’est donc pas envisageable de le copier. Et surtout ce modèle implique que toute l’Europe devienne exportatrice, ce qui à l’évidence est impossible, soit à l’extérieur de l’UE, car les PVD lui font une concurrence largement déloyale, soit à l’intérieur où tout le monde ne peut être exportateur. Enfin ce modèle implique une concurrence sauvage entre tous les pays pour être plus compétitifs, ce qui fait entrer dans la spirale descendante du moins-disant et de la rigueur. Enfin, cette approche est hyper libérale au moment même où ce libéralisme sans entraves a fait faillite avec le crise. Continuer ainsi, c’est faire comme le bon docteur Purgon : encore une saignée d’austérité et le malade mourra guéri.
Cependant, pour être juste, on préfère le système fédéral et vraiment parlementaire allemand, imposé par les Américains, au régime bonapartiste et faussement (il y faudrait de véritables contre-pouvoirs comme aux USA) présidentiel français. Quoique que le modèle sociopolitique soit loin de mes vœux d’une organisation à la fois politique, juridique et économique en tant que fédéralisme mutuelliste et associatif. Mais c’est un autre problème.

la marchandisation de l’école

Posté : 30 novembre, 2011 @ 11:19 dans politique | Commentaires fermés

La marchandisation de l’école
On sait les dégâts des politiques libérales dans les services publics, dont les structures de formation, de la maternelle à l’Université. On a, en vrac, la suppression de dizaines de milliers de postes, des RASED, de la formation pédagogique des maîtres en UIFM, la fin programmée de l’accès des enfants de 3 ans aux classes maternelles (remplacées par des sortes de « jardins d’enfants » comme ceux de Peppone dans les Don Camilo), la réforme du secondaire (pour soi-disant permettre aux élèves de choisir leur orientation et leurs options en fonction de leur « livret de compétences » et de leur évaluation), les séances de rattrapage dites de soutien personnalisé pour les élèves en difficulté, les prétendues évaluations des compétences (pour repérer les enfants à problème) sous forme de quizz et de petits exo (axés sur « les compétences de base » ; lire, écrire, compter, ce qui faisait déjà rêver Jules Ferry), l’ouverture des écoles et universités sur le monde des entreprises avec stages « de découverte » ou de 1ère expérience, les formations en alternance ou d’apprentissage, la loi LRU qui donne aux présidents d’université les pleins pouvoirs (sélection, recrutement, promotion, gestion, recherche de financements ou de fondations privés, choix des thèmes de recherche, etc.), la promotion des proviseurs et chefs d’établissement au rang de petits chefs napoléoniens, le développement de l’évaluation (de sanction et de tri, non pas formative et informative), le primat de « l’orientation », c’est-à-dire de la sélection des élèves vers des filières adaptées aux besoins utilitaires des entreprises, l’implication de ces dernières en tant que « fondations » pour compléter les budgets, le développement des heures.sup en lieu et place de recrutements, lesquels peuvent être faits via l’ANPE avec des gens recalés aux examens ou des prestataires extérieurs (truffés de retraités), la disparition programmée des « humanité » pour cause d’inutilité professionnelle, développement des boîtes privées de soutien scolaire ou de préparation aux concours ou examens, encouragé par des réductions d’impôt (soi-disant aides à la personne), subventions accrues pour les écoles privées, etc. , etc.
Toutes ces évolutions, sous prétexte de modernisation et de « benchmarking » (comparaison) avec l’étranger (voir enquête PISA ou classement de Shangaï), prises en ordre dispersé, n’ont l’air de rien. Pourtant elles relèvent de la même inspiration néolibérale et de la même stratégie des petites étapes (non réversibles ou « stratégie incrémentale ») par tranches de salami étalées dans le temps et séparées les unes des autres pour cacher le dessein réel des gouvernements. Il convient de décrypter, de « déconstruire » l’idéologie sous-jacente et les buts cachés (et en faveur de quels acteurs) de cette réformite aiguë et de deviner où celle-là va conduire le système de formation français.
En ce qui concerne l’idéologie il y a inspiration avant tout par la théorie économique dite standard. Celle-là suppose que les « marchés sont efficients » en régime de « concurrence pure et parfaite » (infinité d’offreurs et de demandeurs en ordre dispersé), « d’ophélimité » (transparence) de l’information, d’absence de coûts pour les reconversions d’industrie et de personnels. Le krach boursier de 2008 et les oligopoles de multinationales révèlent ce qu’il en est. Réellement : un modèle purement théorique qui, pourtant, est appliqué avec ferveur par les gouvernants et les experts du FMI, de l’OMC, de l’OCDE, de l’UE. Sur cette déjà fausse théorie s’appuie celle de l’offre : ce sont les entrepreneurs qui créent la demande et toutes les utilités ; par exemple, ils offrent les emplois. Quel retournement de sens ! Car les employeurs, en réalité, demandent des travailleurs capables d’occuper lesdits emplois sans moufter et, si possible, pour des queues de cerise sans protection sociale, sans droits syndicaux. Hélas, c’est facile à trouver, en Chine notamment. Ce sont les travailleurs qui offrent leur travail que les employeurs demandent pour faire de la production de marchandises de l’argent. Pour couronner l’idéologie économiciste libérale, s’ajoute le « monétarisme » qui reprend en fait la vieille théorie quantitative de la monnaie : celle-ci n’est qu’un voile, un simple étalon de mesure qui varie en fonction des émissions de monnaie, sources d’inflation et surtout de comportements de précaution et d’anticipation pour contrer la baisse de valeur des actifs et des rentes que ladite inflation amène. Or la monnaie (dont celle de crédit) n’est pas qu’un étalon de mesure des valeurs ; c’est aussi un moyen de paiement et une réserve de valeur et de puissance pour ceux qui en détiennent ; c’est pourquoi ils tout fait pour que l’inflation soit éradiquée, ce qui est le seul rôle de la BCE à partir du moment où elle est indépendante du pouvoir politique. L’idéologie a inspiré les gouvernants et les a poussés à la mettre en place via l’ordo-libéralisme teuton, à savoir que la détention du pouvoir législatif, détenu à la suite « d’élections démocratique » permet de faire voter les bonnes lois favorables au capital et à la finance.
Parallèlement, il y a eu l’action des multinationales et des banques ou des financiers pour étendre leurs marchés et développer leurs profits en produisant dans les pays low cost. Cela, ce n’est pas de l’idéologie, laquelle ne sert qu’à justifier les choses ; c’est du simple calcul gestionnaire et la simple application de la logique de maximisation des profits. Les multinationales (et les patronats) ont poussé à la mondialisation et à la transformation des boîtes (flexibilité, productivisme intensif, précarité du salariat, soi-disant gestion autonome des travailleurs, concentration sur le cœur de métier et externalisation ou délocalisation du reste, critères et objectifs de gestion avec statistiques, tableaux de bord, comptabilité, rémunérations au mérite et « responsabilisation du personnel sur les objectifs, demande de dévouement corps et âme du travailleur à l’entreprise, etc.) pour des raisons pratiques (techniques, commerciales et financières). Les dirigeants politiques ont accepté leur pression pour des raisons idéologiques, la théorie économique justifiant les choses : a priori pour les politicards imprégnés (comme les oies cendrées de Lorenz) à l’ENA, à HEC ou à Sciences-po ; après coup, pour justifier leur demande de libre circulation de tout, pour les patrons qui plus intéressés aux résultats de la « valeur pour l’actionnaire » via les stock-options. Résultat : la logique de la rentabilité à outrance, du toujours plus de fric, de la gestion über alles, de la toute- puissance du marché s’est imposé partout ; en 1er lieu dans le privé, ensuite dans le public à grands coups de New Public Management, de LOLF (loi organique des lois de finance), de RGPP (révision générale des politiques publiques). Le public, via les politicards, a donc adopté les critères de gestion du privé. Et cela dans tous les domaines des services publics, ce qui naturellement impacte l’éducation.
Tous les poncifs de « l’école capitaliste » (beau livre récent de Christian Laval) sont en place : les établissements sont dirigés par des petits chefs dotés des pleins pouvoirs (cela, c’est une accentuation portée par le sarkome de Sarkozy qui ne conçoit le pouvoir que sous sa forme napoléonienne) ; les profs sont gérés à la sauce RH (la responsable des RH du ministère était de la DRH de la RATP ; M. Chatel, ministre, ex-DRH chez l’Oréal : évaluations, bilans de compétences, rémunérations au mérite, usage des heures.sup, volant de main d’œuvre en CDD ou intérim, etc.) ; les élèves sont fichés et fliqués (fichier « base-élèves ») dès le plus jeune âge (afin de repérer les déviants sous prétexte de repérage des difficultés des élèves à problème) ) et sont dotés d’un livret de compétences (à l’instar de l’ex-livret ouvrier au 19ème siècle), lequel va être informatisé et communicable à des autorités extérieures (mairies, police, justice) sans aval des parents ; les écoles et les profs sont mis en concurrence via la future suppression, déjà bien entamée, de la carte scolaire et via les privilèges accordés à l’enseignement privé ; des « comparaisons » entre résultats des établissements permettent aux « clients » des services éducatifs de sélectionner les établissements, d’évaluer les profs qui y exercent (mauvais lycée égale mauvais profs), etc. Les connaissances sont complétées, voire éliminées à terme, par des « compétences », exactement comme dans les entreprises où elles ont remplacé les qualifications fondées sur des savoirs et des savoir-faire et corrélées avec des positions professionnelles (fixant les niveaux de salaire et de hiérarchie dans les conventions collectives). Lesdites compétences sont limitées aux savoirs fondamentaux de base (lire, écrire, compter à la sortie du primaire) et intègrent des savoir-être (traits de personnalité, attitudes vis-à-vis de l’entreprise ou de l’école ou de l’autorité, dévouement, fidélité à l’entreprise, souplesse d’échine, état d’esprit « positif » et non critique, capacité relationnelle et à « travailler en équipe », etc. ; panoplie complète de la RH en boîte). Les élèves sont responsables de la « construction d’eux-mêmes » en dehors de toute prise en considération de leur contexte social (comme dans les boîtes où les performances individuelles et les objectifs ignorent les collectifs de travail, les institutions, l’environnement économique et culturel). Ils s’auto-orientent dans les classes de transition et de choix (dès la 3ème ; il est question de supprimer le collège unique au profit d’une « personnalisation des parcours », avec mise en apprentissage dès 14 ans) avec l’aide des centres d’orientation et des profs transformés en psychologues de comptoir. Certes, dans l’école capitaliste les élèves des bonnes familles disposent, eux, de parents au courant des arcanes de l’éducation, de cours particuliers, de conseils avisés par le réseau familial. L’école aggrave donc les inégalités culturelles si bien montrées par Bourdieu et Passeron, years ago (les contenus et examens étaient calibrés sur les classes aisées).
A l’université, sous la poussée européenne bien volontiers acceptée (notamment par Jospin lors du « processus de Bologne » : avoir dans 10 ans la meilleure économie de la connaissance dans le monde ; suivi par le traité de Lisbonne) on a mis en place l’uniformisation des diplômes européens (le « LMD », licence, master, doctorat) pour pouvoir comparer les universités en mesurant et comparant les parcours professionnels les et les salaires des étudiants issus de telle ou telle université. Les frais de scolarité augmentent (parfois illégalement) ; on s’oriente vers les processus anglo-saxons où ils sont énormes comme, du reste, dans les écoles de commerce francaouis. C’est tout cela de gagné pour l’Etat et cela permet aux institutions les plus chères de recruter des profs prestigieux (ce qui justifie qu’elles soient coûteuses et vice versa). La chose est justifiée par la théorie économique du « capital humain » (Gary Becker). La formation personnelle est considérée comme un investissement privé dont la rentabilité dépend des rémunérations futures espérées et capitalisées lors de la carrière professionnelle ; les rétributions dépendent évidemment de la qualité de la formation suivie et par construction plus une école est célèbre (ce qui est estimé à partir des succès des anciens élèves : nombre de prix Nobel, de 1ers ministres, de PDG, etc.) plus l’investissement doit être élevé. On reconnaît là un raisonnement typiquement circulaire, spécialité de la pensée libérale. Evidemment cette logique économique pour un bien public amène une compétition féroce entre établissements, ce qui ne va pas tarder à descendre jusque vers les écoles primaires.
La formation est donc bel et bien intégrée à un processus général de marchandisation des services publics ; ce n’est pas étonnant quand on sait que les politicards, du reste idéologiquement acquis à cette logique, cèdent tout aux lobbies financiers et industriels. Lesquels cherchent des lieux où investir et où faire suer le burnous au maximum alors que la sphère privée de la production s’épuise par suite de surcapacités de production et de concurrence mondiale entre pays moins-disant. On est déjà dans une école à deux vitesses : cycle court et professionnel pour les enfants des classes sociales inférieures, cycle long et prometteur pour les autres ; cependant même le cycle long voit ses contenus orientés vers l’utilité professionnelle, la spécialisation, l’opératoire au détriment du général et des humanités. Faut-il rappeler que même chez Jules ferry l’éducation devait donner à chacun les moyens de conduire sa vie et d’être un citoyen apte à faire des choix sur la base de connaissances générales ? Par ailleurs, comme dans le privé, les profs sont pris dans un étau entre le travail prescrit par le ministère (à la place de l’autonomie dans leurs méthodes), les objectifs préfixés et imposés (circulaires et protals petits chefs) en termes de performances exigées, l’évaluation de leur mérite (lié auxdites performances exigées). Qui a dit que le libéralisme était fondé sur la liberté ?

Comment démondialiser ?

Posté : 23 novembre, 2011 @ 12:35 dans politique | Commentaires fermés

C’est la dernière tarte à la crème, partagée par Montebourg, Mélenchon, Le Pen et certains « économistes atterrés » (pas tous ; on peut sortir de cette catégorie des personnes comme Jacques Sapir, Frédéric Lordon). En réalité, il faudrait décapitaliser, « délibéraliser », d’abord les esprits, et ensuite l’économie, laquelle est à replacer dans la société et non à part. Il faudrait aboutir à une société fédérée, où l’économique n’est pas séparée du politique, du sociologique et du juridique, une fédération socio-politico-économique à base de mutuelles, de coopératives elles-mêmes associées et fédérées. La banque, l’assurance, les services publics, les grandes entreprises seraient socialisées (orientées en main commune par une représentation des acteurs concernés : les usagers, les collectivités locales et régionales, les syndicats, les associations) à partir de leur décentralisation et de leur gestion de base par les travailleurs. Et il se trouve que des linéaments consistants de cette logique existent déjà et il faut se coopératives, mutuelles, associations, AMAP, SELS, secteur social, banques publiques (La poste, CDC, banque de France), etc.  existent déjà ; il faudrait les coordonner, les organiser, les socialiser, les financer. C’est ce que devrait faire un pouvoir politique démocratique et orienté par la justice et le bien commun. Hélas, cette démarche demande un projet à assez long terme et surtout mené avec continuité et ténacité. Evidemment, on n’en a rien vu dans le programme socialiste en peau de lapin de « little Gouda ». 

Mais la crise est là et s’aggrave à la vitesse V ; il faut donc des mesures de court terme pourvu qu’elles dessinent un horizon de changement radical contre ce libéralo-capitalisme pourri. Des solutions qui tapent dans la caisse et qui asservissent la finance aux besoins sociaux. 

  • Créer un euro-franc à usage interne, géré par une banque de France socialisée, laquelle ferait à nouveau des avances à l’Etat comme c’était le cas avant 1973. Cette banque émettrait aussi des emprunts d’Etat sans passer par les banques privées (celles-ci ont obtenu, years ago,  le monopole desdits emprunts), donc directement auprès de l’épargne française qui est considérable. Depuis 1973 les gouvernants français, de droite ou de gauche, se sont acharnés à confier les emprunts étatiques aux banques privées et aux marchés financiers internationaux sous prétexte que les taux d’intérêt étaient plus faibles. Le résultat en est la dette publique à 1 700 milliards, dont 66% détenu par l’étranger. La banque de France se voit interdire des prêts aux banques privées (aujourd’hui elles peuvent emprunter à la BCE, via ses filiales nationales, à 1 % à 3 mois pour monter des spéculations à plus de 6 %). L’euro-franc pourrait être dévalué ou, ce qui revient au même, faire l’objet d’émissions monétaires comme le pratique la FED ou la Banque d’Angleterre. Cela, évidemment, contrevient aux règles européennes ou de la zone euro ; punir la France, cependant, est peu probable car alors l’Europe se priverait du marché français. Il suffit d’un peu de courage et d’abandonner l’idéologie libérale. Le mieux serait évidemment que la BCE achète les obligations publiques ou émettent des euro-bonds pour toute la zone euro. Mais comme les Teutons n’en veulent pas, ni les Gibbies… 

  • Regrouper la CDC, la Banque postale, le Crédit coopératif, les caisses d’épargne (séparées de la BCPE, la banque créée par Tsarkowitch et confiée à un copain), le Crédit agricole, le Crédit mutuel pour créer un grand pôle bancaire socialisé et mutualisé chargé de recueillir les dépôts et de financer le tiers secteur social, les PME et les PMI. Cette banque émettrait des « bons de circulation », sorte de lettres de change, gagés sur la production, les stocks de produits finis ou en cours ; ce serait une monnaie de crédit et de paiement offerte à l’ensemble des coopérateurs qui viendraient dans son réseau d’échanges (c’était l’idée socialiste de « banque du peuple », reprise par Proudhon). Ainsi le volume et la vitesse de circulation du « numéraire » (avec cette monnaie « parallèle ») seraient adaptés aux besoins de la production et de la consommation en liant les producteurs aux consommateurs dans un réseau coopératif et mutuelliste. 

  • Il est créé une banque spécialisée dans le financement de la recherche et de l’innovation et dans l’investissement à risques avec de nouvelles activités. Cette banque réunit les fonds alloués à la recherche par l’Etat et est alimentée par une taxe sur les investissements des boîtes françaises à l’étranger et par la part de l’impôt sur les sociétés attachée aux dividendes distribués aux actionnaires et non réinvestis (avec augmentation de l’impôt des sociétés sur lesdits bénéfices non réinvestis). Elle finance uniquement des recherches fondamentales, publiques ou privées, ou stratégiques pour des industries nouvelles ou redéployées pour le pays. 

  • Les EPIC (EDF, GDF, SNCF, France-télécom, RATP, la Poste) sont socialisés et soustraits aux directives européennes sur les services publics. Leurs fonctions sont à nouveau intégrées (par exemple production, transport, distribution pour l’électricité ou le gaz, circulation et réseau pour la SNCF). Le service des eaux, du traitement des déchets, de l’assainissement est décentralisé, fédéré et géré en régie par les municipalités (fin des concessions de service public à VEOLIA et consorts). Il est créé un service public décentralisé de l’achat et de la vente de logements, concentrant l’offre et la demande et taxant les transactions à un prix forfaitaire de gestion (et non en pourcentage comme le font les agences immobilières privées, enfin mises en concurrence avec un mode public de gestion). Il en est de même pour les pompes funèbres et les transports municipaux. Car les services publics sont à enlever à l’accumulation privative du capital et à la logique du profit ; ils sont en effet des pompes à fric pour la financiarisation privée de la société tout entière. Et merde à l’Europe comme dirait Cambronne. 

  • La finance est à nouveau réglementée : pas d’options de vente ou d’achat à terme, pas d’opérations à découvert ou « à nu », pas de CDS, CDO, ABS (donc pas de produits dérivés ouvrant la route de la spéculation dès leur simple existence, notamment sur les produits agricoles et les matières premières ou les dettes publiques), pas de « titrisation des dettes, interdiction d’utiliser des paradis fiscaux  (en attendant leur suppression internationale ou au minimum européenne) pour les particuliers et entreprises ; en cas de délit les biens en France sont confisqués, les fraudeurs sont déchus de la nationalité française et bannis), coupure stricte entre les banques de dépôt et les banques d’affaires (donc plus de banque universelle à la française, celle où la partie affaires fourgue des produits financiers aux clients de la partie dépôt ou pique des dépôts pour spéculer), limitation de l’effet de levier (volume des prêts ou engagements des banques à partir de maigres fonds propres ; actuellement, une banque s’engage souvent pour 32 fois ou plus le niveau propre) en imposant que ne soit pas engagé plus de 5 fois les fonds propres (soit des réserves ou du capital propre égal à 20 % des prêts), interdiction des LBO (leverage buy out, achat par effet de leviers d’une boîte avec peu de cash, par un emprunt par exemple à 80 % du montant de l’opération, ledit emprunt étant remboursé et servi par l’acheté !), suppression des privilèges de l’assurance-vie ou de l’épargne retraite capitalisée, etc. les exilés fiscaux sont interdits d’exercice et de vente en France. Ce sont des 1ères idées pour supprimer la finance spéculative et lui enlever tout moyen de pompage de fric sur le pays. 

  • Les grandes surfaces sont soumises au prix unique du fournisseur (pas de négociation entre le Goliath-centrale d’achat et le Micromégas-fournisseur ; les prix agricoles sont contrôlés, les transformateurs de produits agricoles (par exemple Lactalis pour le lait) se vient imposer un prix d’achat conforme au coût de revient. De façon générale, la production française est soumise à de vraies normes de qualité et les magouille sur les étiquettes interdites (par exemple, le camembert fabriqué en Normandie, avec du lait importé, pasteurisé est interdit au profit du camembert de Normandie, au lait cru issu de vaches normandes paissant en Normandie). Le but est de faire baisser les prix en ratiboisant l’énorme rente des supermarchés et d’assurer des débouchés aux productions françaises de qualité. 

  • La France institue des droits de douanes compensateurs des différentiels déloyaux (de normes, de coût du travail, de fiscalité, de défense de l’environnement, de droit du travail et de protection sociale). Ce ne sont pas une « TVA sociale » (remplaçant les cotisations patronales) mais des taxes nouvelles de protection de la production française. Ainsi les tomates ou fraises espagnoles ou les cochonnailles tudesques à salaires compressés (saisonniers Marocains ou venus des PECOS, ex-pays de l’Est) sont taxées. La TVA sociale germaine est annulée par un droit équivalent de 3 %. Les assemblages prussiens, marqués made in Germany, mais produits dans les PECOS, sont victimes d’une compensation salariale et de taux de change (les Teutons achètent en euros forts des produits à devise faible hors zone euro). 

  • Les multinationales sont imposées sur leur valeur ajoutée en France et sur leurs bénéfices à l’étranger sans déduction de leurs pertes qui sont organisées pour faire les bénefs là où il n’y a pas d’impôt et les pertes là où il y en a grâce à des prix de transfert trafiqués. C’est ainsi que Total, avec 10 milliards de bénéfices ne paye pas un sou d’impôt en France ! il s’agit de trouver de nouvelles ressources fiscales sans exploiter les seuls citoyens. Dans la même veine, les exonérations ou niches fiscales ou sociales  en tout genre des entreprises sont supprimées ; il y en a pour plus de 100 milliards dont 30 pour les cotisations sociales exonérées pour moins d’1,6 SMIC ou les 35 heures ou les heures.sup. 

  • La justice fiscale, détruite par tous les gouvernements, est restaurée. IRPP, CSG, RDS sont fusionnés, rendus progressifs avec tranche maximale à 70 % (41 aujourd’hui, 65 sous Jospin), les revenus financiers ou immobiliers sont taxés comme les salariaux. Les niches fiscales ou sociales (486 pour 70 milliards sans utilité ou efficacité) sont supprimées, notamment le quotient familial. En revanche, les allocations familiales sont remplacées par une allocation universelle par enfant fonction de son âge et de ses études, allocation intégrée dans le revenu déclarable. La TVA est modulée : 0 % sur les produits ou services nécessaires (résidence principale, transports urbains, eau, gaz, électricité, nourriture (ordinaire ou bio ou de qualité), téléphone fixe, abonnement internet, livres, etc. ; 15 % sur les produits non indispensables (petite auto, DVD, CD, etc.) ; 80 % sur les produits de luxe (grosses autos, caviar, grands restaurants, bijoux de valeur, écoles de luxe, etc.) ; 100 % pour le super luxe (bateaux, villas, limousines, voitures de sport. La TIPP est transformée en taxe-carbone pour subventionner les productions et constructions écologiques ; cependant elle est fortement accrue pour les transports routiers, les bateaux de plaisance, les grosses cylindrées. Les subventions aux écoles privées sont supprimées et reconverties dans la restauration de l’enseignement public, lui aussi socialisé (cogéré par les personnels, les parents d’élèves, les élèves majeurs, les syndicats ; décentralisé et fédéré). But : restaurer la justice et orienter les consommations vers la défense de l’environnement. 

  • L’armée est supprimée et est reconvertie en coopération avec l’étranger des Pays les moins avancés (PMA) ou en développement (PVD) ; le matériel de guerre est détruit. On économisera ainsi une bonne partie des 32 milliards budgétés de ladite armée. La police est socialisée et, comme les pompiers, fait appel à des bénévoles dûment sélectionnés. Le sénat est supprimé au profit d’un conseil économique et social ayant pouvoir législatif ; le nombre des députés est ramené à 300 avec 5 000 euros d’indemnité et c’est tout ; les services publics étant socialisés et fédérés, les administrations centrales sont passées à la moulinette ; les départements sont supprimés, de même que les communes remplacés par des communautés d’agglomération et de vraies provinces autonomes ; les pseudo-agences, commissions, hautes autorités ou conseils truffées de prébendes et de sinécures au service du pouvoir sont supprimées ; les partis se fiancent par leurs seules cotisations d’adhérents mais les financements occultes sont traqués (comme la fraude fiscale ou sociale des entrepreneurs) et hyper sévèrement punis . On élimine ainsi les doublons de compétences et les frais dispendieux de sur-administration. 

Et ainsi de suite. Le lecteur a noté que ces mesures font disparaître plus de 200 milliards de dépenses et éliminent largement le déficit. La nouvelle fiscalité devrait, en sens inverse, redonner de grandes ressources. Economies et nouvelles recettes pourront ainsi être consacrées à l’éducation, à la santé publique, aux services publics, à un revenu universel inconditionnel, au logement, à l’emploi et à la qualification, au développement des industries, à l’institution judiciaire, etc. On aura ôté au capital nombre d’espaces d’investissement et de marchandisation de la vie sociale tout en restant un pays d’économie marchande enfin policée et supprimant les rentes et monopoles ou oligopoles dans les activités relevant du bien commun non marchand. On aura aussi au passage enlevé des lieux ou des moyens de corruption et un peu réévalué la démocratie. 

Ca y est, on est en haut du toboggan

Posté : 18 novembre, 2011 @ 10:32 dans politique | Commentaires fermés

Le sauvetage de la zone euro (et du monde) par Merkozy a duré 4 jours. Papandréou en demandant un référendum en Grèce (et la démocratie ? fouchtra) sur le plan de sauvetage et la cure d’austérité afférente a foutu par terre le diktat germano-français. Les menaces du couple UBU pour maintenir la pompe à phynance ont permis de virer Berlusconi avec sa grande gidouille et en ont rajouté dans l’incertitude en Italie. Celle-là a vu le taux d’intérêt de ses emprunts obligataires monter à plus de 7 %, ce qui est insupportable par rapport à une dette de plus de 1 900 milliards d’euros (120 % du PIB). Cependant l’Italie a un déficit primaire nul (avant le service de la dette), 4% de déficit par rapport au PIB et seulement 40 % de sa dette est détenu par l’étranger, ce qui n’est pas le cas de la France (déficit structurel primaire important, 5,7 % en tout et 65 % de la dette appartenant aux non-résidents) qui est donc dans une situation aussi mauvaise (sans doute pis) que ce pays surtout disqualifié par l’absence de confiance en Berlusconi. D’ailleurs le ministre des finances gibbies vient d’enfoncer le clou en admonestant la France ; il est vrai que les banques anglaises sont très impliquées dans notre pauvre pays et que l’U-K fait 43 % de son commerce en Europe. Belle hypocrisie de la perfide Albion qui a laissé sa monnaie se dévaluer de 10 % par « quantitative easing », (assouplissement quantitatif), soit achat de dettes publiques par la banque d’Angleterre, ce qui signifie émission de monnaie (360 milliards d’euros pour les Gibbies, 960 pour les Ricains). Comme les Prussiens elle fait de la « désinflation compétitive » sur le dos de ses voisins. 

Sarkusconi aurait tort de se vanter. La dette de la France court rapidement vers 1 800 milliards et le taux d’intérêt  des obligations à 10 ans est monté à 3, 3 % (1,74 pour la Teutonie, le « spread », c’est-à-dire l’écart de taux avec ce pays, passant alors à 1,54 alors qu’il y a 6 mois les taux étaient équivalents). Standard and Poors a mis le royaume de Rodomont 1er sous surveillance pendant 3 mois quant à sa note Triple A (authentique avantage de l’andouille). Il faut considérer que l’affaire est dans le sac car les CDS (credit default swap, échange de défaut de paiement) sur la dette française s’envolent, ce qui signifie que les marchés financiers parient sur la faillite du pays. En fait, les agences de notation ne sont jamais qu’un (mauvais) thermomètre ne faisant que prendre le pouls desdits marchés. Le casser ne servirait à rien tant que les marchés ont la bride sur le cou, malgré les tartarinades du G 20 présidé par Raskoltignac 1er, et tant que les déséquilibres structurels (surtout la balance commerciale, les inégalités de pouvoir d’achat et l’injustice fiscale) dureront. 

Le sauvetage annoncé le 27 octobre pour la Grèce était une escroquerie et les marchés l’ont tout de suite vu. Les banques y sont censées abandonner 50 % de leurs créances publiques (soit 100 milliards sur 200). Or Merkozy leur a consenti une garantie de 30 milliards, ce qui abaisse l’addition à 70 pour toutes les banques européennes. Le plan prévoit que le FESF (fonds européen de solidarité) passe à 1 000 milliards mais c’est par un montage digne du regretté Ponzi : en fait, le FESF garantirait 30 % des nouveaux emprunts des futurs faillis de l’euro à la manière d’un vulgaire « rehausseur de crédit », c’est-à-dire d’un assureur comme AIG dont le sauvetage a coûté 185 milliards aux USA en septembre 2008. Par ailleurs, un fonds mondial serait créé pour que les pays émergents y apportent leur soutien (on parle de 73 milliards pour la Chine) ; ce genre de fonds fonctionne à l’instar des SPV (special purpose vehicle, support à but spécial ; ô combien) offshore pour faire de la finance hors bilan dans des paradis fiscaux. L’ensemble des garanties souscrites par Rodotarin 1er dépasse les 100 milliards d’euros (sans compter les 80 sur les actifs pourris de Dexia renflouée en plus de 10 milliards par les gouvernements belge et français) qu’il faudrait ajouter à la dette frankaoui en cas de défaillance des emprunteurs. Le 2ème plan d’austérité de Tsarkocescu (4 novembre, 7 milliards, après celui d’aout, 11 : en tout 18 avec 15,2 de recettes nouvelles contre 2,8 de dépenses en moins), petit bricolage très en dessous des problèmes, est déjà mort-né. La commission européenne a aussitôt annonce qu’il était insuffisant car la croissance ne serait que de 0,6 au lieu du 1 estimé en novembre. D’ailleurs les CDS s’envolent… Tsarko joue la montre en prévision des élections. La grosse pilule, très amère pour le peuple, viendra après. Le but de la manipulation est d’accroître le chaos pour ensuite se présenter en sauveur (après avoir joué au faux protecteur) et alors imposer encore plus de libéralisme en faveur de la rente et du monopole. Car la faillite du système est par lui (et par les autres dirigeants politicards européens) interprétée non pas comme un vice de construction d’icelui mais comme une insuffisance d’application de ses recettes qui impliquent l’austérité pour les peuples afin de le sauver. 

Les banques françaises n’ont pas que des obligations publiques (qui leur coûteraient 7,5 milliards sur les 15 engagés en juin 2011 suite à la rémission de 50 % de la dette grecque). Elles ont aussi des créances privées (42 milliards en juin) car elles ont, par exemple, acheté des obligations des banques grecques, lesquelles sont truffées de dette publique et la décote de 50 % va les mettre en faillite en transformant leurs obligations en emprunts russes. Cet « événement de crédit » (vocabulaire d’euphémisme pour défaut de paiement), entraîné par le refus allemand de monétiser les dettes des pays cigales ou PIGS (c’est-à-dire de faire acheter des obligations publiques par la BCE comme le fait la Federal Reserve US ou la Banque d’Angleterre ou de créer des « euro-bonds » garantis par la BCE), risque de coûter très cher aux banques françaises. Et si les autres PIGS s’y mettent, Italie en tête, c’est la faillite assurée. Rappelons que la dette propre (sale mais en propre plutôt) de l’Etat UMP avoisine les 1 700 milliards d’euros soit 85 % du PIB ; cette dette a été accrue d’environ 700 milliards depuis 2002, dont 500 sous Tsarkozy régnant. Une bonne partie de ce surcroît provient des cadeaux fiscaux en faveur des riches et des multinationales (70 à 80 milliards par an, cadeaux commencés sous Jospin). Cette situation explique que Tartarin 1er soit allé à Canossa devant les exigences de stabilité financière des Teutons : pas de monétisation des dettes, mise à contribution des banques, contrôle a priori des budgets des Etats par la Commission européenne (avant leur discussion dans les parlements !), plans d’austérité pour diminuer les déficits, règle d’or (pas de budget en déséquilibre), refus de porter le FESF à 2 000 milliards, à 1 000 seulement et encore sans apport de cash, etc. La France ne pèse plus rien face aux Tudesques… 

On se demande pourquoi la France ne voulait pas mettre les banques à contribution. Jean-Michel Quatrepoint (dans son dernier livre : mourir pour le Yuan) apporte la réponse… qui fait froid dans le dos. C’est à cause des CDS qui sont des assurances prises sur les titres en tout genre, notamment sur les dettes publiques. C’est un contrat avec prime d’assurance qui augmente en fonction du risque porté par l’actif assuré. Vous pouvez ainsi assurer la maison de votre voisin (donc sans la posséder) et souhaiter qu’elle brûle. Si une assurance est compréhensible, il est inacceptable qu’on spécule dessus car dans ce cas ce n’est pas le risque qui augmente mais la prime pour faire croire qu’il en est ainsi. C’est pure spéculation à la baisse mais qui, en tant qu’auto-réalisatrice, entraîne plus de risque réel. Qui plus est les opérations de CDS (et même de CDS de CDS) se font sur des marchés inorganisés et opaques (de gré à gré) et à découvert (à nu, c’est-à-dire sans détenir le titre). Personne ne sait combien il y a de CDS sur les dettes européennes en circulation. Rappelons simplement qu’en 2008 il y avait pour 600 000 milliards de dollars de produits dérivés (d’une dette ou engagement primaire gagée sur un actif réel ; soit dix fois le PIB mondial) et pour 60 000 de CDS. On estime au bas mot les CDS sur la dette grecque et européenne à 620 milliards (chiffre issu de la chambre de compensation des CDS qui n’offre qu’un solde des opérations). C’est sûrement bien plus. Or en cas de défaut de paiement, il faudrait solder les CDS que les banques US détiennent en masse. Ce qui explique que les USA tiennent beaucoup à ce que la zone euro fasse le ménage et aide ses pauvres. Sinon, on aurait une autre crise analogue à celle des subprimes. Car les CDS sont comme les subprimes une pyramide d’engagements obligatoires reposant sur une pointe hyper riquiqui de valeur matérielle réalisable. Les CDS sont supposés liquides (aisément cessibles ou transférables comme actifs valorisés) mais en cas de krach ils ne vaudraient plus rien et seraient invendables, ce qui ruinerait les financiers US. 

Le vrai problème de la France (et des cigales européennes) est le déficit commercial structurel (54 milliards en 2010 contre 150 d’excédent pour la Germanie) lié à la désindustrialisation (14 % du PIB français actuel est industriel contre 30 en Allemagne et 20 en Italie ; la France n’a plus que 3,8 % de parts de marché dans les échanges mondiaux), laquelle provient du libre-échange sans protection vis-à-vis de la concurrence déloyale, de la libre circulation des capitaux qui vont là où c’est le plus rentable et où on peut faire mousser de la « valeur pour l’actionnaire » (ROI, return on investment), de l’euro trop fort qui est un désavantage compétitif pour l’économie et une sécurité pour les propriétaires d »actifs et d’obligations. Ces déficits commerciaux sont compensés par un flux financier de sens inverse sous forme d’apports des excédentaires (comme la Chine pour les USA ou l’Allemagne pour les cigales). Il faut souligner que la libre circulation des capitaux a fait que l’épargne française, considérable à 16 % du revenu national, s’est transportée à l’étranger (hors l’immobilier) notamment via les contrats d’assurance-vie en euros (donc pleins d’obligations étatiques des pays cigales) ; par ailleurs, les multinationales réservent leurs profits aux actionnaires (dont plus de 45 % sont étrangers) aux investissements financiers (rachat de boîtes par OPA ou autre manip) au lieu de création d’activités et aux délocalisations. Cette désindustrialisation constante et même accélérée explique que le pays n’ait plus les moyens de sa protection sociale et de ses services publics. 

Le déficit provient donc de la désindustrialisation, laquelle a en outre apporté chômage et baisse du pouvoir d’achat pour les travailleurs. Les plans d’austérité ne font qu’aggraver les choses. On ne peut pas compter sur les banquiers, qui ont infiltré les gouvernements. Aux USA, c’est patent depuis longtemps ; en Italie, Mario Monti, successeur de Berlusconi, était juste avant consultant pour Goldman Sachs, comme Draghi, remplaçant de Trichet à la BCE, avait travaillé avec la même banque pour trafiquer les comptes de la Grèce, comme Papademos, ex-ministre grec ayant aidé à les trafiquer et nouveau ministre après la démission Papandréou, ou Sutherland ex-commissaire européenne. Les gouvernements sous influence bancaire ne peuvent envisager autre chose que la survie de la finance et la protection des avoirs des riches et des multinationales. C’est aussi ce qui explique le refus de la BCE (avec l’Allemagne) de monétiser les dettes car cela pourrait amener de l’inflation vu que la contrepartie serait de la création monétaire, donc de fric en circulation ce qui a des effets inflationnistes et diminue la valeur du capital et des intérêts. En revanche, la BCE encourage la baisse des salaires, des cotisations sociales, l’augmentation du temps de travail et de l’âge de la retraite, la souplesse des licenciements, etc. La nouvelle crise, ou plutôt la continuation de celle de 2008 par d’autres moyens, va développer l’aplatissement des choses au niveau de la Chine et consorts. C’est ce qu’il fallait faire pour le plus grand bien des multinationales et de la finance. Et ne comptons pas sur les USA pour aider l’Europe : ils ne sont pas en meilleur état et ils tiennent à sauver les privilèges du dollar (monnaie de réserve internationale) que l’on peut émettre à volonté pour payer ses dettes ; en effet les pays qui détiennent de la dette US en rachètent de peur que si les dollars excessifs ne sont pas pris par eux leur valeur diminue en faisant fondre leurs réserves accumulées dans cette monnaie. 

La mondialisation pour les nuls

Posté : 18 novembre, 2011 @ 10:30 dans politique | Commentaires fermés

L’ambition de ce texte est modeste ; il ne vise qu’à montrer les rouages de la spirale infernale dans laquelle les décisions politiques prises par les gouvernants de tout poil en vue de libéraliser totalement le commerce et la circulation des capitaux ont entraîné le monde. C’est un système en quelque sorte autocinétique qui a été mis en place et que plus aucun gouvernant ne peut maîtriser en restant dans le cadre néolibéral qui a été plébiscité par les politicards depuis 30 ans. Cette mécanique infernale est un étau à deux mâchoires : le libre-échange et la libre circulation des capitaux ; cette mécanique a une seule justification : « les marchés sont efficients » car ils conduisent automatiquement à l’équilibre de l’offre et de la demande et amènent la meilleure affectation possible des ressources vers les investissements les plus rentables. Et une seule valeur, présentée comme absolue, universelle et atemporelle : l’utilité des biens désirés par les consommateurs pour leur satisfaction optimale. 

Le libre commerce permet la circulation des marchandises ; la libre circulation des capitaux autorise que les investissements productifs aille dans les espaces où ils dégagent le maximum de profit (lieux sans lois substantielles pour la défense des salaires, de la protection sociale, de l’environnement, de la fiscalité, etc.). Par ailleurs, grâce à la libre circulation des biens, les produits peuvent revenir à bas prix chez les investisseurs. C’est ce qui explique les délocalisations de la production dans lesquelles il est apporté la technologie la plus moderne associée au plus bas coût de la main d’œuvre. En outre, les profits, toujours grâce à la libre circulation des capitaux, peuvent être situés dans de paradis fiscaux afin d’échapper à l’impôt. Ces profits pharaoniques, puisque les entreprises sont loin de répercuter les faibles coûts de production sur les consommateurs, alimentent ensuite une masse énorme de capitaux flottants à la recherche de la meilleure rentabilité. Celle-ci se retrouve dans la spéculation ; par exemple aux USA, 40 % des profits d’avant crise provenaient des placements financiers des entreprises. Lesdits paradis fiscaux permettent aussi, en l’absence de contrôle des changes et des sorties de capitaux, l’évasion fiscale des particuliers qui cherchent à placer au mieux leur pognon, comme, du reste, les mafias à travers le monde. Ils permettent aussi aux banques d’avoir une activité fantôme via des boîtes aux lettres de spéculation (les SPV, special purpose vehicle) car elles y logent leurs opérations les plus risquées. L’on voit donc que la libre circulation des capitaux est nécessaire au libre-échange et vice versa. Ce sont donc bien les deux faces d’une même monnaie de contrebande. Ce système bipolaire a eu des conséquences catastrophiques et a produit des effets en chaîne, notamment le plus important, à savoir la mise de la planète sous les lois, appliquées partout et pour tout, de la rentabilité à au moins deux chiffres (les ridicules 15 %). Dès lors, les investissements productifs sont devenus très inférieurs aux spéculatifs et financiers. 

Voyons maintenant l’enchaînement des conséquences de ce système. Il a globalement mis tous les pays et tous les travailleurs de la planète en concurrence pour l’emploi et les salaires. C’est ce qui entraîne la précarité et la flexibilité des emplois avec la multiplication du temps partiel contraint, des CDD, de l’intérim. Cela produit une pression constante sur les rémunérations, le temps de travail et l’âge de la retraite, la protection sociale, le droit syndical et social. Les emplois directement perdus par délocalisation des usines (avec désindustrialisation afférente) ne sont pas tout. Il y a aussi des pertes indirectes dans les activités connexes, notamment de service. Et il y a cette pression vers le moins-disant en toute matière. Il s’en est suivi une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée (environ 7 points). Mais cette part (environ 63 % sur la longue période) a été augmentée indûment par le transfert dans le salariat de rémunérations faisant autrefois partie des profits, donc de la part du capital dans la VA : Salaires mirifiques des patrons, disparition des courtiers en bourse et des agents de change devenus salariés des banques, avocat salariés au lieu de profession libérale, etc. En outre, la part salariale a été déséquilibrée par leurs hautes rémunérations ce qui fait que le salaire médian (celui qui regroupe la moitié des salariés) progresse bien moins vite que le salaire moyen. C’est l’effet Bill Gates : quand il pénètre dans un bar, le salaire moyen explose mais le médian reste identique à une personne près. Il va de soi que le chômage, le travail partiel, la stagnation voire la régression des salaires ont beaucoup diminué les recettes de la protection sociale tout en augmentant les dépenses de solidarité et même de charité (associations et ONG). Et malgré les importations low cost, le pouvoir d’achat a reculé pour les plus défavorisés, ce qui est masqué par son calcul en moyenne, grande spécialité de l’INSEE aux ordres du gouvernement pour cacher l’augmentation de la pauvreté (8 millions de pauvres en France, soit 13,5 % de la population). Dès lors, la crise est structurelle et économique. 

Cela explique la cause (secondaire) financière du déclenchement de la crise dès 2007 (et non septembre 2008 avec la faillite de Lehmann Brothers). En effet, les industriels et les distributeurs ont compensé la baisse du pouvoir d’achat par le crédit à gogo (dans les 2 sens du terme). Les banques, dont le crédit est le métier, se firent des gonades en or avec les intérêts et la revente de biens immobiliers (après saisie) dont les emprunts n’avaient pas été payés. Cependant, l’immobilier avait cru de façon démesurée grâce au crédit facile ; donc ses prix montaient ce qui permettait à la fois de rembourser l’emprunt avec une plus-value et d’emprunter encore plus sur la différence entre le montant de l’emprunt et le prix de marché du bien (chose que Tsarko voulait transposer en France). Las, cela fonctionnait comme une pyramide de Ponzi : cela ne marche que s’il y a de nouveaux entrants dans la combine. Or le marché immobilier s’est effondré par suite de la hausse des taux d’intérêt (décision de la FED, banque centrale US) et de la multiplication des faillites personnelles (chômage et faibles salaires accentués). Du coup, la valeur des biens hypothéqués (le « sous-jacent ») diminuaient et le crédit revolving s’est cassé la figure. D’où la crise des subprimes

Mais les banques avaient réussi à transférer les risques des prêts immobiliers douteux sur le voisin et à la finance mondialisée. Cela s’est fait par la titrisation et les produits financiers dérivés et »structurés », genre CDO (credit debt obligation) et les assurances de type CDS (crédit default swap). Il faut dire que les autorités financières étatiques avaient laissé se développer ces produits toxiques à l’infini au nom de la répartition des risques, de la « liberté d’entreprendre » et de l’efficience des marchés. On a donc eu des titres vendus partout et donnant une cascade de faux actifs organisés en millefeuille impénétrable car leur base réelle, à savoir le « sous-jacent », (l’hypothèque de départ ou l’actif servant de garantie pour les prêts à la consommation, par exemple une automobile ou un frigo) était d’un montant ridicule par rapport à la montagne d’engagements réels assis sur des sommes fictives. On avait bien une pyramide d’actifs (titres de produits financiers soi-disant garantis par un bien réel pour lequel les prolos avaient emprunté) mais reposant sur sa pointe. Par suite du retournement du marché immobilier la pyramide s’est écroulée et les pseudo-actifs ne valurent plus rien. Or, à l’échelle mondiale, les organes financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds d’investissement, etc.) étaient truffés de ces actifs bidonnés mais très juteux. 

Le retournement a eu deux conséquences. Une crise systémique partout dans le monde à cause de la diffusion généralisée des produits financiers toxiques ayant perdu toute valeur ou n’inspirant plus confiance quand à leur valeur réelle. Car la doctrine reposait sur l’hypothèse de concurrence pure et parfait entre individus atomisés et séparés. Or, il ne s’agissait pas d’atomes opérant séparément mais d’énormes molécules, qui plus est imbriquées les unes dans les autres et aux opérations interconnectées (à savoir les gros opérateurs financiers, banques en tête, lesquelles s’étaient gavées de ces titres parc qu’ils rapportaient très gros ; ce sont ces intervenants qui offrent et vendent des titres, donc constituent les soi-disant marchés financiers). Pour que cela ne se voie pas, ils les avaient mis dans les SPV off shore. Le marché était en fait lui-même systémique et oligopolistique, loin des hypothèses libérales de la concurrence « libre et non faussée ». Le krach a commencé en fait avec la faillite des « rehausseurs de crédit » (comme AIG), qui avaient garanti les engagements pour 20 à 30 % de leur montant. C’est drôle parce que c’est comme cela que le FESF (fonds européen de stabilité financière) porterait sa force d’intervention à 1 000 milliards (décision européenne du 27/10, tant vantée par Tsarko) : au lieu d’emprunter sur les marchés pour prêter aux Etats, il garantirait 25 % des emprunts directs desdits Etats ! Or si vous garantissez 25 % d’un emprunt de 1 000 milliards (par exemple italien) cela ne fait que les 250 qui restent aujourd’hui dans le FESF sur les 440 initiaux. Autre plaisanterie : l’Europe créerait un autre fonds, abondé par les pays émergents (du reste très réticents) qui prêterait aux futurs faillis. C’est amusant parce que c’est une sorte de SPV ! La zone euro, pour s’en sortir, crée donc des machins libéralo-financiers qui sont à l’origine de la crise ! 

La conséquence du krach a été que les fonds propres des banques (leurs actifs propres) chutèrent de très haut ; comme elles ne peuvent pas prêter sans rester dans un ratio fonds propres/engagements (règles de sécurité bancaire : 7%), elles diminuèrent leurs prêts ce qui accentua la déprime économique. Par ailleurs, se méfiant les unes des autres quant à leurs actifs toxiques respectifs, elles ne se prêtèrent plus entre elles. C’est le 2ème aspect : une crise des liquidités et du crédit conduisant à la récession. Pour la freiner, les gouvernements leurs firent des prêts à très faible taux, voire nationalisèrent (Par exemple, la Northern Rock chez les G-B). Las, lesdits gouvernements s’endettèrent eux-mêmes à mort pour prêter aux banques, ce qui gonfla magistralement les dettes publiques. En univers libéral, sauf cas particulier, il ne vient pas aux dirigeants l’idée de socialiser la banque et le crédit ! Ni de réguler et contrôler le secteur financier (interdire les ventes à découvert, les CDS, les LBO, la titrisation, les spéculations sur les matières premières ou agricoles, etc. au lieu des tartarinades du G 20). Les banques en profitèrent pour re-spéculer afin de se refaire (sur les emprunts d’Etat, sur les matières 1ères, les taux de change, etc.) en empruntant à 1 % aux Etats et en montant des opérations risquées bien plus rentables. 

En dernière phase, après la structurelle et la bancaire, les Etats, pour sauver les banques, la liquidité et le crédit, ont substitué de la dette publique à la dette privée. Du coup, les marchés financiers les ont pris dans le collimateur quant à leur capacité d’emprunter encore ou de payer. C’est la raison de la crise de l’euro. Pour restaurer leur crédibilité, les Etats se lancent tous dans des plans d’austérité, souvent drastiques (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne). Las, ces remèdes de cheval (Hongre, sans doute) vont tuer le malade en entraînant une baisse de la croissance, sinon une récession de longue durée. Sarkofoirus 1er  joue ce petit jeu de la politique du pire pour préparer le retour au libéralisme absolu. On va donc vers des peuples de plus en plus fauchés et incapables de rembourser car les rentrées fiscales vont plonger et donc le déficit s’accroîtra au lieu de diminuer. Le malade mourra guéri ; alors on pourra lui imposer des règles libéralissimes au lieu de revenir au modèle des « 30 glorieuses ». Mais, en restant en logique libérale, pourquoi ne pas faire crédit aux gens pour soutenir l’activité ? On pourrait alors recommencer le cycle : pouvoir d’achat maintenu à crédit (1er moment structurel), innovation financière, krach de la bulle (2ème moment), sauvetage des banques et endettement public, puis crise de la dette étatique (3ème moment). And so on… 

 

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