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Va-t-on tenir jusqu’en mai 2012 ?

Posté : 27 septembre, 2011 @ 11:19 dans politique | Commentaires fermés

Les mâchoires de l’étau se resserrent sur la France, l’Europe, Tsarko, le PS. La situation économique se dégrade et le FMI, du reste, vient de ramener les prévisions de croissance de la France en 2012 à 1,4 % alors que le gouvernement avait fini par tabler sur 1,7 au lieu de 2,5. Le chômage se rapproche des 10 % car, le gouvernement dixit, le pays fait trop d’enfants, ce que les créations d’emploi ne parviennent pas à compenser. La bourse (CAC 40) est descendue en dessous de 3 000 points et fait du yoyo. Les banques sont dans le collimateur des agences de notation car elles ne résisteraient pas à un défaut de paiement de la dette grecque et, dans la foulée, des autres membres du club des « PIGS », puis encore moins de l’Italie dont la note de solvabilité a été dégradée par Standard and Poor’s. L’acronyme PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Spain) est devenu PIIGS en y ajoutant l’Italie, dont pourtant la dette est détenue largement par les Italiens contrairement au cas de la France où elle appartient à 70 % à l’étranger. 

Les banques françaises et européennes sont très impliquées dans les dettes publiques des pays menacés par une crise de solvabilité tant publique que privée. Leurs titres de créances font partie de leurs actifs alors que la valeur de ces derniers diminue sur le marché secondaire des obligations (marché d’occasion et de revente). Cela diminue leurs fonds propres, base de l’octroi de crédit aux PME et aux particuliers. Mme Lagarde-Michu vient donc de demander leur recapitalisation alors que les crash-tests effectués (par les autorités nationales et sans ou contrôle européen !) les disaient capables de faire front. A cette occasion le pékin de base a découvert que lesdits tests étaient bidonnés car ils ne tenaient pas compte de l’exposition des banques aux défauts de dettes souveraines, pays par pays et encore moins en cas d’effet systémique. Or la Grèce se rapproche de la faillite d’autant plus que les membres de la zone euro n’arrivent pas à se mettre d’accord sur son sauvetage. Il s’agit pourtant pour eux d’éviter les conséquences d’un krach grec sur leurs banques. Celles-ci ne pourraient pas se recapitaliser en émettant de nouvelles actions car le cours des anciennes est très bas et car les investisseurs ne leur font pas confiance pour en acheter de nouvelles. Pour recapitaliser, il ne reste que les Etats dont les poches sont vides. Alors le FMI leur conseille de faire appel au Fonds européen de solidarité financière (FESF) qui emprunterait à l’international sous garantie desdits Etats ! 

La Grèce ou les autres Pigs, ne peuvent pas diminuer leur déficit budgétaire parce que les plans d’austérité qui les frappent (sur demande de l’UE et du FMI) ne font que conduire à une récession, donc à une baisse de leurs rentrées fiscales. De plus le FESF, mis en place en mai 2010, avait prêté à la Grèce au « modeste » taux de 6 %, ce qui impliquait que la croissance grecque fut bien supérieure afin de dégager un surplus budgétaire dit primaire (avant amortissement des dettes et paiement des intérêts) ramenant le déficit en dessous de zéro. C’est manqué : la dette grecque est montée à 160 % du PIB et montera à 189 fin 2012 si rien n’est fait. L’Irlande est arrivée à 122 %, la France à 85 et ainsi de suite. C’est pourquoi le sémillant et phanérogame DSK a énoncé que l’on devait remettre la dette grecque en la passant par pertes et profits. Fillon a hurlé à l’irresponsabilité. C’est pourtant ce qui arrivera bientôt avec au minimum une restructuration de ladite dette (abandon d’une part des créances et rééchelonnement dans le temps du reste). 

Une récession européenne montre le bout du groin, ce qui ennuie les PVD qui ne pourraient plus exporter dans cette zone sinistrée. En attendant la BCE rachète des obligations publiques sur le marché secondaire, de même que le FESF garantit des emprunts nouveaux. Or ledit FESF repose sur des apports et des garanties des autres pays comme la France et l’Allemagne. C’est dire que, s’il y avait défaut de paiement, ces 2 pays (et d’autres comme la Finlande ou la Slovénie qui se rebiffent) devraient payer, donc accroître leur propre dette ! Face à la crise, Rodomont 1er effectue des moulinets et danse : 2 pas en avant, 3 en arrière ; contrairement à celle d’une abeille sa danse n’indique ni la direction ni la distance. Les dirigeants européens sont dans l’incertitude. Ils jouent la montre en attendant la rafale d’élections qui auront lieu en 2012. Pire, on peut subodorer que la crise, si elle n’éclate pas avant lesdites élections, est pour eux une divine surprise ; s’ils sont réélus, ils pourront enfin passer brutalement à l’abordage de l’Etat-providence et des acquis sociaux alors qu’ils ne le faisaient qu’en douce et progressivement. Ils pourront alors imposer le libéralisme hard dans la compétition entre pays pour le toujours moins. Ils en rêvent depuis 30 ans. D’ailleurs Fillon vient de vendre la mèche : il veut aligner le système social français sur celui des Germains, notamment en portant l’âge de la retraite à 67 ans. C’est de l’alignement sur le moins-disant car la Teutonie n’inflige pas la double peine aux « retraitables » : 67 ans  en 2030 (65 pour l’instant ; 62 en France en 2018) et une durée de cotisation de 35 ans pour une retraite sans grande décote contre 41,5 en France en 2018). Cela, c’est oublié, de même que la démographie française est bonne alors que les Tudesques deviennent un peuple de vieux. 

Par ailleurs, le régime tsarkozyen branle dans le manche. Il est peu à peu rattrapé par les affaires avec ses amis peu fréquentables : Djouhri, Bourgi, Takieddine. Les juges d’instruction (que se passerait-il s’il n’y en avait plus comme le voulait Rodomont 1er ?) progressent malgré l’opportun secret défense récemment étendu aux bâtiments en plus des documents. Ballamou (qui de plus en plus fait penser au mot de Napoléon contre Talleyrand : « vous êtes de la merde coulée dans un bas de soie ») doit faire dans ses chaussettes cardinalices (de soie) en ce qui concerne les rétro-commissions des ventes d’armes (sous-marins à Karachi, frégates à l’Arabie Saoudite). Tsarko voit le financement illicite de son parti (lièvre levé par l’affaire Bettencourt) être en ligne de mire de la justice. Et cela malgré un parquet aux ordres comme l’a montré encore une fois ses réjouissantes réquisitions dans le procès Chirac, réquisitions qui ressemblaient aux plaidoyers de la défense. De très proches amis de Raskoltignac, comme Bazire (ex-responsable de campagne de Balladur, Tsarko étant porte-parole) ou Hortefeux ou Gaubert (copain de Neuilly, déjà enlisé dans une affaire de pompage des fonds du 1% logement), ont été mis en examen ; ça sent le soufre. Ce qui ne saurait faire oublier l’affaire Elf-Total et celle des vedettes de Taïwan (qui nous coûte 400 millions d’euros) chez les socialos. De plus, les comportements barbouzards des séides de Tsarko dans les affaires judiciaires (les fadettes d’un journaliste du Monde, l’espionnage d‘Arachid Data soupçonnée de propager des rumeurs sur le  glamour couple présidentiel) sentent de plus en plus mauvais pour le régime. Si Matamore 1er est rattrapé par la justice, qu’il s’efforce de ralentir et de détourner, notamment par la nomination de parquetiers à sa botte, pourra-t-il se représenter ? En attendant, il déploie une intense activité sur le plan international, susceptible de faire diversion par rapport à la crise, au chômage et aux affaires. Car il a aussi intérêt à être réélu puisque cela arrêterait les poursuites pendant la durée de son 2ème mandat, à l’instar du « roi fainéant » Chirac. 

Les socialos de droite, qui foisonnent, commencent à faire dans leur froc. Si la crise se renforce et même éclate avant les élections, que vont-ils pouvoir faire alors que leurs solutions restent dans le cadre libéral rafistolé par quelques rustines sociales ? Ont-ils vraiment intérêt à saisir le bâton merdeux au risque de se fâcher définitivement avec le peuple ? Ils feraient mieux d’aider à développer un mouvement social de grande ampleur, associant et fédérant tous les acteurs de la société civile. Dans ce cadre, ils pourraient faciliter l’émergence d’un contre-projet antilibéral issu de ladite société civile au lieu des sphères technocratiques et politicardes. Michel Onfray ne vient-il pas d’écrire dans le Monde que son idéal socialiste était proudhonien ? Il vaut bien mieux miser sur le mouvement social, qui dispose de l’arme redoutable de la grève générale, que de rester dans la politicaillerie et le libéralisme commercial et financier. C’est de la société qu’il faut espérer un avenir de justice, de développement écologique, de refus du tout-marché, de coopération dans la solidarité au lieu de compétition dans l’individualisme exacerbé. La politique est à la fois impuissante et disqualifiée. Mais cette optique est en dehors de l’entendement des socialos qui sont imprégnés de libéralisme, d’économisme et d’étatisme, poisons qu’ils ont sucé en général à l’ENA, ce qui les a mithridatisés contre le socialisme décentralisateur, fédératif et mutuelliste, contre la défense de l’intérêt général, contre le souci du peuple. Ils ne voient pas, parce qu’ils sont eux-mêmes en haut, que la rénovation du pays viendra d’en bas. Ils ne songent qu’à leur rente de pouvoir politique sur la société. 

Le libéralisme totalitaire est arrivé à pieds par la Chine

Posté : 27 septembre, 2011 @ 10:52 dans politique | Commentaires fermés

Le dragon chinois se prépare à bouffer la vieille Europe. Il faut dire tout de suite que cette possibilité provient, non pas de la Chine, mais des Occidentaux qui ont tout fait pour que leurs firmes multinationales débarquent dans ce pays, à l’époque encore ruiné par les folies de la révolution culturelle de Mao. Les multinationales, débarrassées de toute entrave par leur gouvernement (libre circulation des capitaux, des marchandises, des services et des travailleurs), ont délocalisé et acheté à bas prix dans ce merveilleux pays low cost, à salaires comprimés, sans droit syndical, à faible niveau de vie pour les prix. L’idée, à la portée du 1er imbécile venu ce qui prouve l’inanité des rémunérations des PDG, est simple : doper les profits en ne répercutant qu’une faible partie des marges sur les consommateurs. Les nouveaux dirigeants de la Chine post-maoïste (Mao rit dans sa tombe ?), craignant des révoltes de la misère et sans doute mus par l’ambition de dominer le monde en douceur dans 50 ans, sont alors devenus les chantres de la New Zèle Land du travail plus ou moins forcé par la répression. Les multinationales ont payé ru(g)bis sur l’ongle. 

Au passage était réalisé en très grand le rêve de l’ordo-libéralisme teuton (vite adopté par les autres dirigeants au nom du faux « miracle allemand » dû en réalité au fait que les USA ont annulé leurs énormes créances sur la RFA en 1953), après un modeste essai chez Pinochet. C’est une configuration dans laquelle il suffit de tenir le pouvoir (en Chine d’une main de fer au lieu d’un  apparent gant de velours démocratique) pour imposer des lois favorables à l’ordre capitaliste et au libéralisme économique. On a là l’harmonieuse conjonction entre ledit libéralisme commercial sans retenue et le pouvoir totalitaire. Ce qui montre que le libéralisme du tout-marché n’a rien à voir avec le libéralisme politique bien que les libéraux s’appuient sur ce dernier, au nom de la liberté, pour justifier le premier. Les multinationales ayant réalisé « l’accumulation primitive » de capital productif, les exportations ayant effectué l’accumulation financière de réserves (dans les 3 500 milliards de dollars actuellement) et de capitaux, la Chine est devenue la 2ème puissance économique du monde (pas, évidemment en PIB par tête de pipe eu égard aux 1,3 milliards de Chinois qui ont fait du tronc à partir des 500 millions de la chanson). Les pays développés ont même eu la bêtise d’ouvrir les portes de l’OMC à un pays qui en violait toutes les règles du jeu. La Chine du parti et du syndicat uniques joue au Go (gens, allez-y) et pas aux échecs ; elle fait du Ju Jitsu (ancêtre du judo) en retournant la force de l’adversaire à son profit. On ne saurait le lui reprocher ; c’est aux autres dirigeants d’être moins stupides. 

Par exemple, la Chine fait de la contrefaçon et pille les brevets des délocalisés chez elle. Elle impose des « joint-ventures » et, après, le partenaire chinois crée sa propre boîte en utilisant les mêmes techniques. On a même vu Danone poursuivie par son ancien partenaire chinois pour vol des brevets de…Danone. Fastoche : la police et la justice totalitaires et corrompues, détenues par le parti communiste, arbitrent toujours en faveur de leurs ressortissants. Elle impose aux investisseurs la communication de leur technologie ; ainsi Siemens s’est-il créé son 1er concurrent mondial avec le TGV tudesque refilé aux Chinois comme le nucléaire français ! La Chine pratique le dumping à l’exportation et y vend moins cher, en 1ère instance, que sur le marché intérieur ; dans un 2ème temps, s’il reste des invendus pour l’extérieur, elle les brade à l’intérieur. C’est très subtil, digne d’une culture de 4 000 ans. La Chine subventionne allégrement ses poulains pour qu’ils taillent des croupières aux Occidentaux et met des tas de restriction ou de conditions pour l’entrée des étrangers sur son sol. Elle n’en est pas encore, loin de là, à protéger son environnement, ou celui de notre terre commune, car cela renchérirait ses exportations. Elle n’a pas de vrai droit social, ni de système de retraites ce qui explique l’épargne volumineuse des Chinois, épargne aussitôt appropriée par les banques du pouvoir. Et surtout la Chine joue sur le taux de change, accroché à celui du dollar, de sa monnaie, qui plus est non convertible. Il est notoirement sous-évalué de 40 % et il profite de toute baisse du dollar. C’est un avantage compétitif majeur surtout quand on pense à ce que, avec la zone euro, les pays qui y sont ne peuvent pas dévaluer (ce qui explique partiellement la quasi faillite de la Grèce). Plus malins, les Teutons ont dévalué de 3 % leurs exportations en instaurant une TVA sociale du même taux ! Pour les dirigeants chinois, la concurrence est donc merveilleuse à condition de ne pas en respecter les règles. 

La Chine exploite admirablement la situation des USA. Ce pays, qui a encore (et pour longtemps si l’euro se casse la figure) la seule grande monnaie de réserve et d’échange internationaux, est obligé de calibrer son émission de monnaie, non pas sur ses activités intérieures, mais sur le volume international de transactions libellées en dollars. Il y a donc trop de dollars émis en regard de l’intérieur sauf si les USA compensent en achetant à l’extérieur, ce qui correspond à une sortie de dollars donc à la diminution de leur volume interne. Ce fait implique donc que les USA aient toujours une balance commerciale déficitaire. Ils s’en fichaient parce que leur monnaie peut être émise à volonté puisqu’elle sert aux échanges internationaux et qu’elle est donc acceptée même si une émission excessive de dollars la dévalue. Leur problème est plutôt leur déficit budgétaire et la stagnation économique entraînés par les guerres et la crise de 2008. 

Le loup est donc déjà dans la bergerie de l’OMC et l’UE lui a grandement ouvert ses frontières. Et voilà la crise de la dette publique après celle des banques en 2008. La Chine annonce qu’elle est prête à secourir la zone euro (notamment en achetant des obligations des dettes d’Etat) à condition qu’on lève toutes les restrictions, déjà bien faibles, à ses exportations. Ce serait évidemment une catastrophe alors qu’il faudrait au contraire lui imposer des droits compensateurs de tous les différentiels indus dont elle bénéficie, notamment sur le taux de change (il faut en exclure les bas salaires liés à la faiblesse du niveau de vie). Cette offre ne doit rien à la générosité. Il s’agit de diversifier son portefeuille de créances publiques car une dévaluation menace le dollar, ce qui ferait perdre de la valeur aux bons du trésor US qu’elle détient en quantité. Par ailleurs, les USA roulent vers la stagnation ; il serait alors vain de continuer le troc entre ses exportations chez les Yankees et ses achats d’obligations US. Il vaut mieux soutenir la demande des Européens. 

Si la Chine achète des obligations publiques européennes sur le marché secondaire (occasion) et non lors de leur émission (marché primaire), c’est parce qu’elles ont déjà beaucoup perdu de valeur au moins pour les PIGS. Or une obligation lancée à 100 euros au taux de 5 % et qui ne vaut plus que 50 à la revente donne tout de suite un rendement de 10 % car le taux de 5 reste appliqué à la valeur nominale de 100 ! C’est juteux si la dette est honorée ; il convient donc d’aider les pays en difficulté à le faire. La Chine est aussi en mesure d’acheter à la bourse des actions dévaluées des banques et entreprises européennes. Les OPA permettent alors d’avoir des actifs pour pas cher et d’espérer des plus-values puisque les titres sont sous-évalués à cause de la spéculation et de la baisse irrationnelle des bourses. On peut racheter la Société Générale pour 40 % de sa valeur à condition de le faire par petits paquets de titres ; car si les rachats étaient massifs cela ferait remonter leur cours. La Chine est prête à racheter des entreprises ou des services publics (on force la Grèce à en vendre pour 50 milliards) ; cela lui permettrait de s’implanter, de profiter des technologies, d’avoir des têtes de pont d’exportation (par exemple un port comme celui du Pirée, ce qui est déjà partiellement fait) vers le reste de l’Europe (comme à Châteauroux où l’on parle du rachat des vieilles installations de l’OTAN). Elle peut aussi faire comme les multinationales : racheter, saigner, enlever les machines, piquer les brevets et fermer la boîte. Fastoche en univers de capitalisme financier. C’est ce qui est arrivé à Pechiney, years ago ! Le capitalisme est une jungle où gagnent les plus rusés ou salauds. Devant ces manipulations, l’UE a abandonné toute défense depuis longtemps. Il serait temps qu’elle réagisse de façon coordonnée avant que la Chine ne passe la surmultipliée. 

Or on connait déjà les capacités d’exploitation des autres par la Chine. C’est le cas en Afrique où elle achète des terres pour presque rien aux potentats locaux qui en expulsent leurs propres citoyens au profit de comptes numérotés en Suisse. Elle achète des mines et tout ce qui fournit des matières 1ères à son industrie. En contrepartie, elle propose de construire ou d’améliorer des infrastructures ; évidemment à bas prix et sans doute peu durables. Elle n’emploie pas la main d’œuvre locale mais fait venir ses travailleurs surnuméraires en Chine, lesquels sont parqués dans des hangars peu salubres, quasiment enfermés, nourris avec un bol de riz et payés avec une fronde. Elle réussit donc la performance d’avoir des travailleurs chinois moins payés que les indigènes ! Elle en profite aussi pour inonder les marchés africains de produits à bas prix (notamment des bicyclettes, des vélomoteurs et des motos, des tissus ruinant l’artisanat local). Ne jetons pas la pierre à la Chine ; elle ne fait que reprendre les bonnes recettes capitalistes des anciens exploitants occidentaux et exploiter les abandons des potentats locaux. 

La Chine a donc merveilleusement compris la logique du capitalisme mondialisé ou non, ce qui prouve que l’exploitation ne cessera qu’avec la fin de ce système. En attendant, la Chine s’en sert pour devenir bientôt la 1ère puissance économique du monde. Elle n’a pas intérêt à rompre maintenant avec le capitalisme totalitaire d’Etat à pratiques économiques libérales et aux règles du jeu facilement contournables. C’est ce qui fait sa croissance et qui venge son humiliation passée par les Occidentaux. Bien creusé, vieille taupe. Ce qui montre le degré d’ânerie des dirigeants européens ! Ce qui prouve aussi l’inanité de la théorie économique postulant « l’efficience des marchés », c’est-à-dire leur équilibrage spontané et l’affectation optimale des ressources aux activités et investissements. Figurez-vous que la crise 2008 avec resucée très grave en 2011 n’a toujours pas invalidé cette thèse chez nos dirigeants. Ils sont toujours prêts à acheter ou à vendre à la Chine la corde avec laquelle elle les pendra (comme disait Marx des capitalistes). 

Une « république irréprochable » ! Tsarko dixit en 2007

Posté : 14 septembre, 2011 @ 11:24 dans politique | Commentaires fermés

On commence vraiment à avoir une idée de la grande pureté du régime tsarkozyen. Des affaires apparaissent peu à peu même si rien n’est prouvé ; d’ailleurs, ce serait difficile car Sarkocescu dispose de tous les moyens de l’Etat (police, justice, corps préfectoral) et de la presse d’argent pour mettre les choses sous le tapis au moins jusqu’à sa réélection qui, comme Chiracos, le rendra intouchable pendant sa seconde présidence. Récapitulons les squelettes supposés dans le placard en ce qui concerne un personnage plein de morgue. 

Il y a eu l’affaire du réaménagement de l’appartement de Neuilly, à prix d’ami, par une boîte qui avait les faveurs de la mairie, voire du conseil général, dans les appels d’offre municipaux. Un quidam porta plainte pour prise illégale d’intérêts ; réponse de la justice : circulez, il n’y a rien à voir. Vive les Courroye de transmission. On a l’affaire des sous-marins du Pakistan avec création de 2 sociétés offshore (des boîtes-aux-lettres) au Luxembourg sous la houlette du ministre du budget de l’époque, Tsarkozy, devenu ensuite porte-parole de la campagne de Balladur en 1995, officines chargées de verser les commissions aux intermédiaires et aussi les rétro-commissions aux politicards. Chirac a interrompu le processus, ce qui nous aurait valu l’attentat de Karachi (dans les bottes) contre les 11 agents tués de la DCN. On se rappelle l’affaire Bettencourt (la madame ayant été de surcroît dans les petits papiers du fisc) et des dons putatifs à Woerth et à l’UMP. Cela a été « dépaysé » à Bordeaux par suite de moult péripéties judiciaires et d’embrouilles. On attend le jugement, voire le non-lieu, pour les calendes grecques. On sait que Sarkozescu était l’avocat d’affaires de Servier, décoré de la grand-croix de la légion d’honneur par qui vous savez, comme bien de patrons ou d’artistes méritants. Il y a une affaire Wildenstein pour 2 raisons : évasion fiscale (fort peu étudiée par le fisc) lors de la succession très sous-évaluée grâce à des placements dans des « trusts » Anglo-Normands avec spoliation de la femme  du défunt patriarche de la famille ; découverte de tableaux disparus, volés, recélés ?, dans les coffres de Guy, un des héritiers, gros supporter de Tsarko aux USA et pressenti comme un des futurs 11 députés de l’étranger. Il y a eu la succession de Jean-Luc Lagardère, traitée avec bien de faveurs toujours par un fisc complaisant et muni de consignes politiques, comme pour Mme Bettencourt d’ailleurs, au profit du fiston, ami de Naboléon. On se souvient de que l’avocat d’affaires portait dans son jeune temps des valises de billets en Suisse, par exemple pour le compte de Leconte le tennisman. 

M. Bourgi, le Monsieur Afrique de Chiracos, digne émule de Foccart et de la Françafrique, vient de révéler avec fracas que les potentats africains soutenus par la France versaient des valises de billets aux politicards français, dont Chirac et Villepin, pour leurs campagnes électorales. Seul Tsarkozy n’aurait rien reçu ! Le financement occulte s’est arrêté aux portes de l’Elysée en 2007 comme le nuage de Tchernobyl à celles de la France en 1986 ! Pourtant Tartarin de Neuilly avait révoqué » Bockel, ministre de la coopération, à la demande de feu Omar Bongo. Pourtant, les procès au sujet des biens mal acquis en France par les dictatures noires sont en panne car bloqués par le ministère public. Pourtant Bourgi était encore récemment un grand ami de Sarkusconi qui l’a fait chevalier de la légion d’honneur… Mais tout cela n’arrive pas à hauteur des talonnettes présidentielles. Pierre Péan nous raconte dans un livre en cours de parution les exploits de M. Alexandre Djourhi, homme de l’ombre, porteur de valises et grand ami de Rodotarin, de Guéant, de Copé, etc. Le pouvoir n’entend rien car ses oreilles de Guéant l’empêchent de marcher. Pendant ce temps, Takieddine, grand médiateur de ventes d’armes, de commissions, de rétro-commissions pour le clan Tsarkozy-Balladur commence à être dans le collimateur de la justice. 

Le régime a ordonné illégalement la remise de fadettes téléphoniques d’un journaliste du Monde afin de détecter une taupe chez le garde des sceaux ; la nouvelle BCRI, fusion des RG et de la DST, a obtempéré. Il faut dire que toute la haute police a été nommée parmi les amis de l’ex-ministre de l’intérieur : Péchenard, Squarcini, etc. Il faut dire que tout ce beau monde a été à bonne école, celle de Pasqua, homme de SAC, de barbouzes et de combines tordues. Mme Joly, vous savez cette femmelette norvégienne peu française car elle n’honore notre beau pays que depuis 50 ans, aurait diffamé M. Olier, le mec d’Alliot-Marie, à propos de ses accointances avec Kadhafi ; résultat, elle passe 3 heures à la PJ de Marseille pour être entendue pour une plainte en diffamation du Franc dit Olier alors que 50 crimes non résolus hantent la cité phocéenne… Il en a été de même pour Claire Thébout, comptable de Mme Bettencourt, littéralement harcelée et menacée pour avoir révélé des dons d’argent aux politicards UMP. La juge Prevost-Desprez va être attaquée pour la même raison. Ne serait-ce pas encore une mise à disposition du pouvoir des moyens de l’Etat dans une affaire privée ? 

Vous me direz, c’est l’argument en défense du pouvoir, que ce n’est pas nouveau ; les socialos ont aussi beaucoup pratiqué de telles turpitudes et, du reste gardent un profil assez bas sauf le chevalier blanc Montebourg, seul à cibler le clan Guérini à Marseille et les ripous socialos (Navarro à Montpellier, par exemple). Cela consiste à dire que, puisque cela a été fait par les autres, alors on est habilité à procéder de même à l’instar des moutons de Panurge ou des lemmings du conte d’Andersen. Argument évidemment spécieux et immoral car ce n’est parce que les autres font mal qu’il faut en user de même. Sinon, cela sape toute morale dans les affaires publiques (ou autres) et installe une tradition et une impunité des politicards. Or la notion et la pratique de la tradition ne sont-elles pas opposées à celles de rupture et de changement ? Notre autoproclamé chantre dur de la rupture ne s’est-il pas posé en adversaire du chancre mou des acquis et des traditions ? 

On voit ainsi continuer une république qui ressemble à Joséphine Baker : nue avec des bananes comme cache-sexe. Banane hier, phallus aujourd’hui avec le phanérogame DSK ou le « pièdophile » Tron. Un ex-maire de Lyon, years ago, disait que la politique, c’est comme l’andouillette : il faut que ça sente la merde mais pas trop. Il semble qu’il n’y ait plus de telles limites au comportement des politicards, la république est devenue un égout pestilentiel, un cloaque. Même Hercule refuserait de nettoyer ces nouvelles incuries d’Augias. Et par-dessus le marché, les politicards demandent  de la vertu au peuple et prônent l’austérité ! Pendant ce temps la zone euro s’effondre et les politicards n’y peuvent rien. 

Libéralisme, économie et démocratie

Posté : 8 septembre, 2011 @ 10:58 dans politique | Commentaires fermés

Les compradores libéraux ont accoutumé de lier la démocratie avec le libéralisme car la première liberté serait celle de l’économie. La pensée de Locke n’est toujours pas en loque chez eux : la liberté et la sécurité pour soi, sa famille, son travail et sa propriété, laquelle découle du travail, sont les fondements d’un ordre libéral. Mais Locke est surtout le 1er penseur d’un système politique qui interdit au pouvoir d’Etat de violer les libertés et droits individuels, lesquels ont été majestueusement catégorisés comme droits de l’homme à partir des travaux des jus-naturalistes  des 16ème  et 17ème siècles. Ces derniers fondaient les droits personnels (mais aussi des familles et des groupements) sur l’idée de « droit naturel ». Par construction de notre humaine, chaque homme a des droits imprescriptibles et inaliénables liés à la nature humaine, droits que le pouvoir doit respecter. Ces droits sont individuels par nature et évidemment égaux. Les jus-naturalistes ont inauguré un renversement conceptuel. Désormais, ce n’est plus la collectivité ou la communauté en tant que tout qui a la prépondérance sur ses parties (ce qui ne veut pas dire que les individus n’existaient pas ; simplement que leurs droits étaient subordonnés au grand tout) mais ce sont les individus qui forment société tout en conservant leurs droits personnels. Ainsi était lancé le mouvement vers l’individualisme que le libéralisme ne fait que renforcer. 

On peut alors comprendre que les idéologies se partagent entre celles qui postulent que leur fondement est la liberté individuelle (individualisme) et l’égalité et celles qui pensent communauté et hiérarchie dans un régime collectif. La 1ère école donne le socialisme libéral, la seconde le collectivisme ou le socialisme autoritaire. Le libéralisme, lui, part de la liberté mais l’égalité, hormis celle des droits formels, lui est très secondaire. On pourrait distinguer les idéologies en les positionnant sur des quadrants découpés par 2 axes : l’axe liberté-égalité et l’axe communauté-individualité. Mais entrent en ligne de compte aussi le rapport des idéologies au mouvement, à la dynamique par opposition au pôle de la tradition, de même que la relation entre l’aspect formel et juridique des droits en regard de leur mise en pratique réelle. A quoi s’ajoute la différence fondamentale entre une société qui préexiste aux individus vis-à-vis de la thèse dans laquelle la société n’est que la résultante de leurs interactions. Le libéralisme est à mauvais escient pour la 2ème branche de l’alternative. Mais le socialisme collectiviste aussi est fautif : il n’y a pas de primat du collectif préexistant, il y combinaison entre le communautaire (à l’origine ethnico-religieux) et les individus plus ou moins coalisés en tant que clans derrière un totem. 

Le libéralisme a fondé sa doctrine sur l’idée de contrat social ou politique ; ceci fait résulter la formation de la société politique d’une hypothèse dans laquelle il y aurait eu un contrat originel passé entre les individus pour former une collectivité unie et pacifiée par des règles politiques et sociales. Ce raisonnement sous forme de modèle théorique ne correspond à rien de réel (l’anthropologie et l’ethnologie le démontrent) mais a le mérite de fonder le pouvoir politique sur le consensus des individus et non sur la religion ou la puissance d’un seul. Au passage, les droits « libéraux » de l’homme se sont réduits à la liberté des propriétaires, ce qui s’est concrétisé dans le suffrage censitaire cher aux premiers libéraux-démocrates affolés par « la tyrannie du nombre », c’est-à-dire de la majorité  égalitariste (Tocqueville) et craignant le vote de classes sociales « dangereuses », incultes, et sans intérêt pour l’ordre politique puisque dépourvues de propriété (les constituants américains). Car  la démocratie universelle suppose l’égalité des suffrages. Dans le cadre libéral conservateur, les libertés individuelles ne requièrent pas un régime démocratique dans l’égalité de participation des personnes aux décisions politiques. Du reste, la première théorie du contrat, celle de Hobbes, débouche sur la monarchie absolue dans laquelle les gens ne conservent en fait comme droits que la sécurité de leur personne et de leurs biens. En effet, le pacte social hobbésien vise à empêcher la lutte de tous contre tous en remettant le pouvoir à une instance tierce chargée d’assurer la sécurité. Tsarkozy devrait lire Hobbes ; cela lui plairait beaucoup : l’exigence de sécurité débouche sur le pouvoir absolu d’un seul. Cette conception de la naissance de l’ordre social avant lequel on était dans l’état de nature, supposé par Hobbes comme rivalité et lutte entre tous, venait de l’effroi issu des conséquences des guerres de religion. Il découlait alors du pacte social que le monarque (ou le souverain même constitué du peuple tout entier) devrait être neutre vis-à-vis des conceptions du monde, quelles qu’elles soient. Ce qu’a repris la France sous forme de laïcité. On voit ainsi que les liens entre démocratie et libéralisme sont ténus. Il en est de même pour les vieux droits de l’homme que le libéralisme réduit à la propriété, la sécurité et la liberté. 

Le libéralisme originel, s’il a combattu la souveraineté absolue d’un seul, l’a reportée sur une oligarchie, voire même une ploutocratie, issue du vote des possédants. C’est Rousseau qui a étendu la participation égale à la souveraineté pour tout le peuple. Il n’en reste pas moins qu’alors la souveraineté demeure absolue : on n’a fait que changer le nombre de ses titulaires, non sa nature, en fait antidémocratique puisqu’une assemblée souveraine, soi-disant représentative, peut décider de lois qui détruisent les droits individuels. La révolution française l’a prouvé. De même que « l’ordo-libéralisme » teuton qui sévit depuis 30 ans et qui consiste à dire qu’il suffit de détenir démocratiquement (sous la forme représentative) le pouvoir pour l’exercer en faveur de l’économie libérale. Tsarko en est un bon représentant. Le prétendu « Etat de droit » finit par ne concerner que quelques droits, par dessus le marché purement formels, et la régulation des choses par une démocratie purement procédurale, donc au contenu substantiel de plus en plus étroit en direction de la seule sécurité.. 

Le libéralisme, parti de la lutte contre l’absolutisme politique et l’intolérance religieuse, s’est en fait rapidement converti au primat de l’économie, de la propriété et des libertés économiques des seuls propriétaires. La démocratie représentative, y est la dernière roue de la charrette et les droits de l’homme n’y ont aucune exigence de réalité. Cela a facilité la conversion des dirigeants à l’économisme ; par ailleurs lesdits dirigeants, soi-disant libéraux, ont réussi depuis 30 ans à transformer l’économie et la finance en système généralisé, interdépendant et surtout automatique : contre les marchés, il n’y a plus rien à décider ; la politique ne compte plus, encore moins si elle est nationale ; le droit devient flexible et surtout de plus en plus privatisé pour les détenteurs du pouvoir économique. Le droit public se restreint, le droit social plonge vers le tout individualisé. Le libéralisme « économiciste » s’est coupé de L’Etat de droit envisagé par les jus-naturalistes. Si par Etat de droit on entend un régime politique : vraiment démocratique où le parlement fait les lois et contrôle l’exécutif, où il y a une cour suprême indépendante des gouvernants et politicards, où les droits individuels (par exemple d’avoir des relations journalistiques sans être surveillé) et les droits collectifs (à l’information, à la liberté de la presse, à l’association, etc.) sont respectés, où des droits sociaux assurent réellement à chacun une existence digne et une protection contre la propriété et les puissants, alors il devient clair que la prétendue démocratie française n’en est pas un… C’est une autocratie mâtinée d’oligarchie ploutocratique. Ce n’est ni un Etat de droit, ni une démocratie ; du reste il ne peut pas y avoir d’Etat de droit si la démocratie n’est pas réelle, ce que ne réalise aucunement un système simplement représentatif qui délègue l’exercice de la souveraineté à des « députains » via des procédures de suffrage en général magouillées. 

Il est apparu une autre distinction entre la nature du pouvoir politique ou de l’Etat et les fonctions de ces derniers. La nature relève de la nécessité d’une souveraineté légitime pour asseoir une société politique commune. Pour tous les démocrates, hormis les anarchistes, l’Etat est neutre et n’est que la force de coordination qui assure les libertés et la sécurité en exerçant la souveraineté. Mais pour les libéraux, l’Etat a toujours éveillé la méfiance quant à ce qui est de ces fonctions. L’Etat doit être « minimal » ; il n’a pas à se mêler d’économie ou des rapports sociaux ou des mœurs ou des religions. Il ne doit assurer que l’ordre social par « le monopole de la violence légitime » et l’indépendance vis-à-vis de l’extérieur. Il n’exerce que des fonctions dites régaliennes : police, justice (application des lois du « droit positif »), diplomatie, armée. Il ne s’occupe pas des autres droits autrement que par des règles abstraites, du genre droit au travail ou au logement ou à l’éducation ou à la santé, etc. La « justice sociale » n’est pas le problème (Hayek). Les socialistes démocrates ont, au contraire, years ago, lutté pour l’égalité et la justice, pour des droits sociaux, pour la limitation de l’emprise de l’économie et du capital sur la société. 

Le socialisme était interventionniste en ce qui concerne les fonctions pratiques de l’Etat. Il s’est transformé en social-démocratie, en un vague libéralisme conservateur, où il ne s’agit de n’intervenir qu’en faveur des plus pauvres (en rançonnant la classe moyenne) en dehors de tout droit général et égalitaire. Ce socialisme capitaliste, bien illustré par le phanérogame DSK (le mot s’applique aux plantes qui exhibent leurs organes sexuels) ou l’antiquaire Fabius ou le curé Delors ou le nase Blair, a sombré dans l’économisme, dans l’hyper libre-échange, dans la circulation et l’accumulation de la « phynance » (des rumeurs disent que Martine eût bu), etc. Il ne s’occupe plus que de gouvernance, de PIB, de croissance, de statistiques, de calcul rationnel à l’instar de ses rivaux de droite. Il s’en tient à « la lutte des places » électorales autour de l’assiette au beurre bien grasse de la « représentation démocratique ». Le socialisme « démocrate » et le libéralisme conservateur sont d’accord : la démocratie n’est qu’un instrument pour manipuler le peuple et accéder à de confortables positions de rentiers de la politique politicarde. Bon appétit Messieurs, ô représentants intègres ! 

 

 

Pourquoi Tsarko a des chances très sérieuses d’être réélu

Posté : 6 septembre, 2011 @ 9:29 dans politique | Commentaires fermés

Gnafron 1er va probablement être réélu car les Français ont peur. Et La Fontaine a montré dans la fable des grenouilles (des Froggies comme disent les Rosbifs) qu’avec la frousse les assujettis réclament un roi, ne serait-ce qu’un soliveau. La peur est devenue omniprésente, notamment parce qu’elle bien exploitée (et même suscitée dans les esprits) par Raskoltignac et ses sbires, séides et autres barbouzes ou nervis. L’insécurité a été le thème, avec le « travailler plus pour gagner plus », du succès de Rodotarin en 2007. Ce thème n’est pas épuisé comme outil de racolage des voix du Fronte Crapular avec ses gars de la Marine. Mais la vraie insécurité, sociale et économique, a cru sous son règne au point que l’INSEE (statistiques 2009, donc avec déjà 2 ans de retard !) a dû sortir la vérité : accroissement de la pauvreté plus 400 000 par rapport à 2008, soit 8,2 millions de personnes, soit 13,5 % de la population au lieu de 13) ; augmentation des inégalités, avancée de la précarité. Et ce n’est pas fini compte tenu des politiques du monarque qui ont favorisé les riches et les entreprises du CAC 40 et cela à contre courant de ce que la crise demandait. Du reste, le chômage repart à la hausse de puis 3 mois  et la croissance est en Berne (évasion fiscale en Suisse) après une maigre embellie au 1er trimestre 2011. On sait aussi que, bien que Zébulon soit le 1er flic de France depuis près de 10 ans, les violences et les vols avec violences aux personnes ont augmenté et que les zones de non-droit que la police déserte croissent et embellissent malgré le limogeage de préfets et leur remplacement par des fidèles zélés. Cette insécurité crée naturellement des réflexes de défense et de repli : pour protéger ses biens et sa famille, pour éviter de dégringoler l’échelle sociale, pour maintenir son pouvoir d’achat, etc. Ces demandes du bon peuple font que la situation favorisera le candidat le plus à même d’y répondre. Or il n’y a plus grand monde pour penser que le pays échappera à une sévère cure d’austérité après 2012 ; en attendant Duracell 1er joue la montre avec des rustines minimalistes au moment même où un rapport de l’inspection des finances prouve qu’il y a 53 milliards de niches fiscales ou sociales inefficaces (elles ratent leur but) ou inefficientes (elles coûtent plus que ce qu’elles rapportent) sur 104 (étudiées car en tout il y en a plus de 500 ; de plus, certaines sont camouflées parce qu’elles on été « déclassées » et mises dans un e annexe du budget). Nonobstant l’utilisation continuée des 3 peurs exploitées par Sarko Le Bref (identité, insécurité, immigration), ce qui n’ira pas sans pépin dans la vieille droite républicaine, la bataille se jouera surtout sur l’économie. Ce qui n’empêche pas le gnome de confier le racolage des différentes parties de l’électorat à des sous-marins comme la « droite populaire » (40 députains proches du FN) ou la « droite sociale » (Veau-Quiet) qui drague chez les cathos attachés au mérite et à la charité, la droite minaudante avec Roselyne, la droite libérale avec Novelli et consorts. Le râteau est large et permet de se défausser. Le résident de l’Elysée s’est mis en retrait pour faire plus président et a confié les attaques et boules puantes à ses sbires (Guéant, Hortefeux, Balkany, etc.) ; il disposera aussi de tous les moyens de l’Etat pour faire campagne aux frais de la république jusqu’à sa déclaration de candidature, la plus tardive possible. Si l’économie sera l’enjeu central de la campagne, Guignol II a des beaux atouts. Il peut exploiter à fond son image de sauveur international contre la finance et la crise avec sa présidence du G 20 et son entente avec la teutonne Merckel. Image totalement imméritée quand on observe que son action internationale n’a produit que des queues de cerise. Mais pour le bien voir, il faut faire partie de cette minorité de Français bien informés car ils ont les moyens d’échapper aux grands médias. Vis-à-vis des autres, il peut faire illusion et apparaître comme le garant du sauvetage de la patrie (lire partie riche du peuple). Ses moulinets de batteur d’estrade et ses discours gauchistes (notamment celui de Toulon, écrit par Guano) communiquent qu’il prend les problèmes à cœur. Mais il y a bien loin entre la parole et le faire, entre la pensée profonde et cachée (c’est un libéral pur sucre dans la suite de Say pour lequel il a le Béghin) et le dire. Il est rare de voir une personnalité aussi clivée entre sa pensée, sa parole et son action ! Mais c’est en fait de la démagogie populiste et du racolage d’électeurs. 

Tartarin II a les moyens de faire passer sa parole pour l’évangile selon Judas. Il règne sur les médias, propriétés de ses amis industriels ou financiers (Rotschild à Libé, Bouygues à TF1, LCI, la presse Lagardère qui s’est rendue à lui, Canal Plus, etc.) et sur les médias publics dont il nomme les responsables. La plupart des éditorialistes sont sarkozystes (il n’y a qu’à lire Le Point, l’Express, le Nouvel Obs qui vient de monter la diversion des riches voulant payer des impôts). Ces médias occultent les affaires gênantes pour le pouvoir : Bettencourt, Sous-marins de Karachi, Wildenstein, etc. qui montrent la collusion entre le pouvoir et les affaires. Et si la presse ne suffit pas, le clan de Rodomont dispose de la justice aux ordres, de la police et même de la DCRI (ex-DST, affaire des fadettes de journalistes du Monde espionnés illégalement). Car Tsarko 1er a nommé partout des fidèles que, du reste, il limoge au moindre manquement considéré comme un crime de lèse-majesté. Donc, toutes les affaires seront mises sous l’éteignoir pour l’après 2012 et même bien après si Gnafron est réélu (voir Chirac, dont un seul procès sur une quinzaine possible ne passe en justice que plus de 15 ans après les faits). Mais cela marche à cause de la peur des grenouilles qui, d’ailleurs, ont du mal à trouver mieux ailleurs. En effet, les socialo-capitalistes font désormais assaut de rivalité pour se présenter comme les meilleurs atouts de l’austérité. Les idées socialistes sont du genre de la chèvre de M. Séguin : par rapport à mon piquet, veux-tu 3,5 % de corde en plus ou 4 ? Et il faut tenir compte de la psychologie : en univers d’incertitude, le réflexe est « un tiens vaut mieux que deux, tu l’auras. Non, nous ne sommes pas des veaux, comme disait le général, mais des grenouilles… Rodotarinraskoltignac a aussi pour lui le fait d’être en place ; la crise peut lui profiter, notamment par la peur de la réaction des agences de notation si la gauche passait en 2012. Ce serait aussi comme en 36 avec le mur d’argent qui s’est enfui en Suisse, comme en 1981 avec là encore une fuite massive de capitaux. Il faut être documenté et avoir accès à une autre presse (notamment sur internet avec Médiapart) pour savoir que, en réalité, le Hongre a aggravé la crise avec ses cadeaux fiscaux ; il a renforcé l’exonération des riches et des multinationales commencée sous Chiracos et même bien avant, dès 1983 sous les socialos avec les Delors, Fabius, DSK, Bérégovoy (ce qui fait, d’après Piketty, 150 milliards de pertes par an pour le fisc en cumulant toutes les niches et baisses d’impôt depuis 2002 ; cela dit sans oublier les baisses et concessions antérieures sous les socialos), etc. Il a agi à contretemps (mesures libérales quand le système se cassait la figure) et il agit de façon pro-cyclique (ce qui aggrave la tendance) avec ses plans d’austérité. Comme les autres dirigeants européens en usent de même, c’est l’ensemble de l’Europe qui perdra tout espoir de croissance. Car la doctrine libérale le veut alors même qu’elle est invalidée par la crise. Nicolae Tsarkocescu a un autre atout dans le jeu de poker menteur. Il n’a cessé de diviser les Français : jeunes contre vieux, riches contre classes moyennes, celles-ci contre les smicards, ceux-ci contre les « assistés », Français de souche contre récents, résidents permanents contre immigrés, etc. Vous ne trouvez pas trace de cette stratégie dans les médias serviles ou complaisants. Mais sa conséquence politique est profitable au pouvoir : par rapport à un pays divisé, il ne peut guère y avoir de forces sociales assez unifiées pour le contrer ; de plus, le seul moyen d’union devient de se ranger derrière le père de la nation, de profiter de la force du président (rappelez-vous « la force du maréchal »), si tenace et réactif, d’adhérer à sa puissance paternelle et protectrice, la seule qui existe. C’est extraordinaire : après avoir foutu la merde partout en la plaçant devant le ventilateur politique, on devient le seul à pouvoir la ramasser ! C’est souvent ainsi en France : devant le désordre, on en appelle à un sauveur (de Gaulle) ou un ambitieux ramasse la mise (les Bonaparte). Le Magyar d’importation se rattrape sur sa brillante politique étrangère. Après avoir soutenu toutes les dictatures arabes (la tente de Kadhafi à l’hôtel Marigny, Assad au défilé du 14 juillet, les risettes à Ben Ali, les mamours avec Moubarak), il fait mousser le succès de ses armes en Lybie. Il se vante de sa médiation en Géorgie, honteuse car ayant tout donné à Poutine. Il a réintégré l’Otan et développé notre implication en Afghanistan avec 25 soldats tués récemment. Ce bilan est donc négatif. Comme il est aussi plus que nuisible sur le plan des libertés publiques, de la sécurité, de l’immigration, du pouvoir d’achat, du contrôle des banques et des financiers. Et pourtant on peut redouter sa réélection. La peur et le refus du risque vont faire reconduire l’hôte de l’Elysée si la prétendue gauche socialiste ne pond pas d’urgence un vrai programme de rupture avec le capitalo-libéralisme ! On n’en prend pas le chemin… Et rien ne dit que ce serait suffisant car les politicards ne peuvent plus rien contre le tsunami économico-financier qui résulte de leurs décisions depuis 30 ans. Droite, gauche,  révolutionnaires politiques, etc. n’y changeront rien. Ce qui confirme le slogan : « élections, piège à cons » (dans notre démocratie représentative bananière). Alors qu’il serait bien plus efficace de s’arrêter de travailler, tout simplement, pour amorcer un changement de système. 

Pendant le saccage par la crise, le libéralisme continue

Posté : 22 août, 2011 @ 11:26 dans politique | Commentaires fermés

C’est fascinant de voir un monde s’écrouler aussi rapidement alors que l’idéologie qui le fonde perdure. L’agonie risque d’être longue car les dirigeants se cramponnent aux dogmes libéraux, notamment au plus démenti par les événements à savoir celui de l’autorégulation maximisatrice des marchés. C’est au nom de ce credo, propagé par l’économie néo-néo classique moderne, que les gouvernements ont installé le libre-échange sans contrôle et sans protections, de même que la libre circulation des capitaux à l’échelle mondiale. La foi inférait que la libre concurrence généralisée entraînerait une spécialisation des pays dans leur « avantage compétitif » au sein d’une division du travail mondial ainsi portée au maximum et avantageuse pour tout le monde ; elle comportait aussi l’idée que les ressources, notamment financières, seraient allouées aux secteurs les plus rentables et efficaces, dégageant ainsi des moyens pour la croissance internationale. La croissance serait dopée par cette optimisation des économies et le sort de tous les peuples s’amélioreraient. Les faits ont déjà contredit ce dernier point puisque le système n’a profité ni aux peuples du Tiers Monde (hors les rares pays émergents et les fameux « dragons d’Asie »), ni aux pays développés de longue date où les inégalités, la précarité et la pauvreté ont prospéré dramatiquement. La crise financière de 2008, qui repart maintenant, a montré l’inanité de l’autorégulation des marchés. Ainsi, la finance  est-elle allée vers la spéculation au lieu de l’investissement, ce qui a contribué à désindustrialiser les pays occidentaux. L’analyse de la situation économique réelle prouve que la nouvelle division du travail a appauvri les pays producteurs de matières 1ères ou agricoles (ne disposant pas des industries de transformation ad hoc) et a déporté l’industrie manufacturière vers les pays spécialisés dans le moins-disant en tout domaine : les frais de main d’œuvre, l’environnement, la fiscalité, la protection des brevets, le droit social et le tout répressif. 

Car le modèle tant vanté par les économistes et appliqué par les gouvernants suppose que la croissance s’opère par les exportations, ce qui met tous les peuples en concurrence les uns avec les autres dans une spirale sans fin du moins-disant. Il faut être compétitif, ce qui se fait en diminuant le coût du travail (salaires, charges sociales…), en « assouplissant » le droit du travail (statuts précaires, heures supplémentaires, droit du licenciement…), en diminuant ce que j’ai appelé « les frais généraux de la nation » (services et entreprises publics, infrastructures, aides sociales…), en diminuant les impôts pesant sur les entreprises et les riches, etc. 

L’idéologie libérale, assumée par tous les gouvernants, y compris totalitaires, a produit d’énormes déséquilibres, lesquels sont la vraie raison de la crise dont l’origine n’est pas financière mais économique. Il y a eu, avec cette politique libérale, 4 asymétries grandioses entre les pays et entre les membres des populations. D’abord (ceci dit pour la clarté de l’exposé car les choses sont largement concomitantes dans la réalité), on a des balances commerciales de plus en plus déficitaires (USA, France, Espagne…), fautes d’industries et d’exportations (plus le coût des importations de pétrole et autres matières renchéries par la demande mondiale) et d’autres très bénéficiaires (Chine, Allemagne, laquelle a conservé 25 % de son PIB dans l’industrie contre 13 pour la France). Cela est obligatoirement compensé par un flux de sens contraire d’importation de capitaux. C’est ce qui est la cause profonde de la croissance de la dette. 

Ce qui amène au 2ème déséquilibre : le fric disponible est dans les PVD qui épargnent et exportent, dans les émirats pétroliers, dans les caisses des multinationales (qui ont délocalisé ou qui achètent à bas coûts sans baisser au même niveau les prix de ventes ; voir les grands distributeurs à la Wal Mart), dans les poches des riches dont a fortement diminué les impôts sur les revenus (notamment du capital). Ces capitaux sont surabondants par rapport aux besoins de l’investissement alors que la demande plafonne et que les technologies modernes sont très productives. Du coup, ils cherchent le meilleur rendement qui se trouve être financier grâce aux « innovations » de la finance US ; ils cherchent aussi une part de sécurité qu’ils trouvaient jusqu’alors dans les dettes publiques. C’est ce fric surabondant qui a autorisé les Etats à emprunter à faible taux par suite de la concurrence entre capitaux à rémunérer. On a donc d’un côté des capitaux flottants et massifs, de l’autre des Etats impécunieux qui vivent à crédit. 

Le 3ème déséquilibre est celui des revenus, stagnant ou diminuant pour les classes travailleuses et grossissant de façon exponentielle pour les riches, dont les dirigeants d’entreprise, les stars, les sportifs des sports-spectacles, les propriétaires de patrimoine (immobilier et titres), les titulaires de revenus liés à la finance (dont traders), les politicards corrompus et souvent dictatoriaux, etc. Les progrès de productivité, bien partagés lors des 30 glorieuses, ont été confisqués par le capital et les salaires nets rognés par la hausse des cotisations sociales et des impôts pour les petits. Du coup, pour maintenir son pouvoir d’achat, le peuple s’est lancé dans le crédit, lequel était encouragé par les pouvoirs publics (cela permet de consommer, de maintenir artificiellement le pouvoir d’achat et de toucher les taxes afférentes), par les entreprises (pour vendre avec force carte de crédit), par les banques qui touchaient des intérêts tout en reportant les risques d’insolvabilité sur le titrisation des créances. C’est ce qui a déclenché la crise des « subprimes » aux USA lorsque le marché immobilier s’est effondré et les plus-values avec. 

Le 4ème est l’écart énorme entre la finance officielle, organisée, contrôlée (si peu) et la finance fantôme, hors bilan, offshore. Cela a permis l’expansion des produits financiers dits dérivés et structurés au point que lesdits dérivés (d’une créance ou d’un produit réel) étaient montés jusqu’à 600 000 milliards de dollars, soit 10 fois le PIB mondial. Le crédit et la finance occulte avait construit une gigantesque pyramide d’engagements  reposant sur une pointe de garanties réelles minuscule. Cependant, il faut bien voir que ces astuces de la finance pour faire du profit (notamment en achetant à crédit à très faible taux des titres spéculatifs) n’ont fait qu’aggraver les conséquences des 3 premières causes. Cette folie a été autorisée par les gouvernements, US en 1er lieu, qui ont déréglementé la finance et annulé les garanties prudentielles. Cette démesure a conduit à la crise des liquidités éclatées en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. Pour maintenir la liquidité (le crédit, la vente de titres sans pertes, le bon fonctionnement des marchés financiers et le rôle prêteur des banques, la sécurité des avoirs des comptes courants des gens) qui est en quelque sorte l’huile du moteur économique, les gouvernements ont recouru au déficit public, ce qui a considérablement aggravé leur dette. Et ne voilà-t-il pas, que la finance renflouée par les contribuables se met en 2010 à spéculer sur les obligations d’Etat, qui plus est en empruntant notamment à la banque centrale (quasiment 0 % de taux d’intérêt à la FED des USA, 1% à la BCE) ! C’est l’origine de la 2ème vague actuelle de la crise. Ce nouveau plongeon a été facilité par le fait que les G 20 ou 8 n’ont rigoureusement rien entrepris de sérieux contre la finance, malgré les rodomontades de Raskoltignac. 

Bien plus grave est que rien non plus n’a été fait pour remédier aux déséquilibres économiques. Déjà, il y faudrait des coordinations et accords internationaux que l’Europe, notamment, n’a pas réalisés. Chaque pays joue solo pour tirer ses marrons du feu, l’Allemagne en tête. Plus fondamentalement, le faire signifierait un abandon de l’idéologie libérale dont les gouvernants ont sucé le lait vénéneux depuis 30 ans. Ils ne peuvent rien envisager d’autre car ils sont porteurs d’une pensée unique encodée et encastrée dans leur cerveau reptilien. Et, en réalité, ils ne peuvent abandonner sans résistances un système qu’ils parasitent et dont ils tirent un grand profit grâce à leurs connivences et accointances avec le capital et les médias. Ils préfèrent accuser ou briser le thermomètre, à savoir les agences de notation, et les spéculateurs, à savoir les financiers (banques d’affaires, Hedge Funds). Et cela sans les réguler et contrôler, voire interdire. Il faut donc, pour espérer refouler la crise, changer de perspective et de logiciel idéologique. Que faire  même en restant une économie de marché? 

Déjà, par exemple, pour se réindustrialiser, instaurer des taxes compensatoires des différentiels (de taux de change, de charges salariales, de fiscalité, de lois sociales ou environnementales, etc.) pour les importations. Le taux des taxes est fonction des écarts entre le pays importateur et l’exportateur. Une bonne partie du produit de ces taxes est affecté aux subventions pour la défense de l’environnement et l’écologie. Ce serait à l’UE de le faire… En cas de refus, que la France le fasse toute seule. Pour la balance commerciale, il faut pouvoir dévaluer l’euro en fonction des écarts de compétitivité par les prix. Si l’UE refuse (à cause des traités ayant créé la BCE), la France récupère le franc et fait comme la Grande-Bretagne qui a gardé la livre et l’a déjà dévalué. C’est possible pour une grande économie. 

Il faut de suite redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs : hausse des salaires et pensions, baisse des impôts pour les pauvres (en modulant la TVA : taux zéro pour les produits de nécessité [par exemple l’électricité actuellement taxée à 40 % en Ile de France], taux progressifs en fonction du degré d’utilité et de luxe des produits ou services), hausse des impôts sur le revenu avec des tranches à taux progressif et élevé pour les hauts revenus (salariaux et financiers placés alors sur le même plan), restauration des services et entreprises publics (notamment avec reprise publique du service des eaux) dans leur rôle d’égalisation sociale pour leur accès, suppression des déremboursements médicaux, création d’un service public du logement en concurrence avec les agences immobilières, construction accélérée de logements sociaux et  collectifs (économiser la terre si nécessaire par ailleurs) financée par la suppression des niches du genre Scellier, mise au pas des activités et des prix (d’achat et de vente) des surfaces commerciales, réglementation des prix agricoles, etc. Ce ne sont que des exemples des marges de manœuvre. Les solutions coopératives et mutualistes sont privilégiées tout en étant constituées par un réseau fédéré d’unités décentralisées. Les services et entreprises publics sont « socialisés » : gestion autonome par les employés et orientations et contrôle conférés à une fédération des usagers, des associations de consommateurs et des syndicats. 

Pour l’aspect financier, tout le secteur (banques, assurances, crédits) est socialisé et peut faire des avances de fonds au pays. La titrisation est interdite comme les CDS, les produits structurés, les LBO et les ventes à découvert. Les profits spéculatifs sont lourdement taxés, les filiales dans les paradis fiscaux (des banques et des multinationales) sont interdites. La possibilité de souscrire directement aux emprunts du pays est redonnée aux citoyens (cela avait été donné aux seules banques touchant alors des commissions et se réservant une partie des emprunts comme fonds propres sûrs …) comme au Japon dont 95 % de la dette est détenue par ses habitants (30 % en France) ! Le pays s’interdit d’emprunter à l’étranger. On transformera aussi l’AMF en agence socialisée d’information, de cotation et de contrôle des opérations boursières et des valeurs cotées. En effet, il faut de l’information transparente et indépendante et non pas supprimer l’instrument de mesure. 

Evidemment, la bonne solution vraiment radicale à long terme serait de mettre en place les structures d’une économie socialisée, coopérative, mutualisée, autogérée à la base et fédérée au niveau du pays. Hélas, on en est loin tant l’économie est devenue dépendante des exportations en univers libéral et mondialisé. Mais rien n’empêche que peu à peu soient créées des structures qui avancent vers ce but de mise un terme au capitalisme. Ce serait du « réformisme révolutionnaire », du « pragmatisme radical » loin des réformettes confortant le système qu’imagine la gauche capitaliste abandonnée au libéralisme. 

La gauche capitaliste

Posté : 18 août, 2011 @ 11:21 dans politique | 1 commentaire »

Certes à gauche, il y a beaucoup de riches ou enrichis grâce à la politique et ses connivences ; songeons à DSK et consorts. Il y a aussi beaucoup de renégats du marxisme. C’e n’est pas le vrai problème ; après tout pourquoi interdire à un riche de pistonner la gauche comme le fait M. Bergé ? Ce serait sombrer d’emblée dans la restriction des libertés. 

Le problème est bien plus grave : les socialos en peau de lapin, baptisés sociaux-démocrates, se sont totalement immergés dans le grand bain du capitalisme. Ils y adhèrent, ils le favorisent, ils le soutiennent. Songeons à ce que c’est sous les socialos que la libre circulation des capitaux, les avantages et libertés accordées à la finance, le plongeon dans le libre-échange sans règles autres que commerciales, la « concurrence libre et non faussée, les stock-options, les LBO, la désindexation des salaires sur l’inflation, le début de l’abaissement des impôts pour les riches, etc. ont démarré ou on été votés. Les socialos continuent d’afficher les valeurs antiques de la gauche : justice sociale, laïcité, solidarité, nécessité du collectif et du public, etc. Mais visiblement la pratique reste contraire ; le discours tourne à vide et les faits l’invalident depuis 1983 en France. En Allemagne, c’est un social-démocrate, Schröder, qui a installé le plan le plus antisocial de ce pays pour faire de la désinflation compétitive (pour exporter à moindre coût) au détriment de ses voisins. Au Royaume-Uni, le blairisme a mené une politique libérale ripolinée avec un peu plus de préoccupations sociales qu’en avait Mme Thatcher. En Espagne, les socialos se sont contentés des prêts à faible taux permis par l’euro pour faire de la spéculation immobilière et abaisser le chômage (aujourd’hui 20 %, record de la zone euro). 

Depuis longtemps, les socialos ne font que gérer le capitalisme et adhérer au libéralisme. Ils ont encouragé l’individualisme tout en le complétant par un zeste de communautarisme (un éléphant en Angleterre) ; ils ont fait dans le culturel, le relativisme des valeurs, la propulsion de la « différence » (ou « diff-errance), la liberté des mœurs, etc. Et cela sans voir que cela profitait au libéralo-capitalisme qui se nourrit des différences pour diviser et régner, qui préfère que les gens s’adonnent à leurs petits destins privés au lieu de s’investir dans le collectif. La gauche capitaliste n’a de cesse que d’encourager la consommation  alors que c’est le moteur du capitalisme financier et du libéralisme individualiste en même temps que la cause de la destruction de l’environnement. La différence avec la droite consiste à rééquilibrer les moyens des consommateurs défavorisés, via une redistribution plus équitable, ce qui évidemment permet à ces derniers d’avoir les narines juste au-dessus de la fosse à purin, ce qui les maintient dans un sentiment de résignation peu propice au changement. En gros, la réponse socialiste moderne aux injustices et à l’exploitation structurelle par le capital consiste à dire aux peuples : à partir du piquet auquel vous êtes attachés, voulez-vous 3,5 % de corde en plus pour aller brouter un peu plus loin l’herbe consumériste  pourtant tondue très ras par les puissants? 

Les socialo-capitalistes restent dans le champ de l’économie libérale dont ils « abreuvent les sillons » avec les larmes du peuple qui ne voit pas d’alternative plus séduisante que d’être exploité soit par la droite, soit par la gauche. « Bonnet blanc et blanc bonnet », disait Duclos years ago ; ça n’a pas changé comme dit Julot Essuie-glace pour lui. Ils ne proposent aucune réforme de structure pour avoir un autre modèle de société comme si le capital était la fin de l’histoire, de l’Etat et de la politique (thèse à la mode). Envers la crise, ils sont comme une poule devant un couteau sans manche. Ils ne savent pas que faire car ils ne veulent pas vraiment changer de système. Ils y sont trop bien installés avec leurs fiefs politiques, locaux, régionaux ou nationaux. Ils émargent grassement au budget de la république ; songeons qu’un « députain » (« un maréchal, des maraîchers, un général, des générés », un député, des…) nous coûte, passé partout, environ 22 000 euros par mois. Ils cumulent souvent les mandats électifs et ceux de leurs amis capitalistes qui les soutiennent (c’est dire leur dangerosité vis-à-vis de ces derniers). Il y a plus de 600 000 postes électifs en France (1 pour 100 habitants, record mondial). Bref, ils sont installés, institutionnalisés dans la pseudo-démocratie représentative, comme moult syndicats. Le système leur convient tout à fait. Pourquoi modifier quelque chose qui marche … pour eux et leurs confrères de la droite. Ils partagent la toile d’araignée libérale avec la grosse mygale UMP, eux n’étant qu’une épeire. 

La gauche capitaliste fait semblant de ne pas voir que les structures (fiscales, économiques, politiques, sociales), qui contiennent la logique « fricophile » du capital et « l’esprit du capitalisme » qui lui sert de ferment et de liant moral, sont porteuses de toutes les injustices et du désastre écologique en cours. Elle gère, elle fait de la « gouvernance » comme les copains de droite. Du temps de la gauche mitterrandienne, on a vu poindre un vague secrétariat d’Etat à l’économie sociale et fort peu de modifications des règles pour encourager et favoriser ce secteur porteur d’une autre conception de l’économie et des relations de travail.  Au contraire, on a permis à Bruxelles d’aligner la mutualité sur les règles commerciales empêchant ainsi celle-ci  de subventionner sa part sociale par sa composante commerciale. On a vu peu à peu (sous la droite et la gauche) les grands services ou entreprises publics passer dans la logique commerciale et de la rentabilité en reniant le principe de l’accès aux mêmes prestations pour tous. 

Pourtant, toutes les prémices ou solutions d’un autre modèle socio-économique existent ici et là. Il suffirait de les organiser, de les financer, de les fédérer au lieu d’exonérer le capital privé d’impôts et de cotisations sociales. Je ne vais pas le dire ici l’ayant fait avant et ailleurs. La réforme radicale et urgente à opérer tout de suite est la socialisation (au sens de participation de toutes les forces sociopolitiques à la définition d’objectifs mutualistes et de la autonome gestion par les salariés) de la banque, de l’assurance et du crédit. Tout cela serait chapeauté par la banque de France, devenue banque du peuple, laquelle referait des avances de fonds au pays. Ce secteur socialisé aurait pour mission 1ère de financer coopératives, mutuelles, entreprises d’insertion et de requalification-reconversion, associations d’aide aux personnes, etc. Parallèlement, il faudrait remplacer la démocratie représentative par celle que j’ai décrite dans « agir ensemble dans un monde partagé ». cela va bien au-delà de la VIème république du sémillant Monte-au-Bourg. 

Or que voit-on ? Angela et Tartuffe 2ème se réunir pour sauver l’Europe en deux heures, donc pour faire des effets d’annonce (gouvernement économique de la zone euro avec cette nouille de van Rompuy, règle d’or pour les déficits publics, taxe Tobin sur les transactions financières). Du vent et surtout du long terme alors qu’il faut contrer tout de suite la spéculation. En effet, il faudrait d’abord mettre d’accord les différents pays et faire voter les parlements. Ensuite, c’est conférer le leadership à la Teutonie, la France se rangeant à ses vues orthodoxes. Du reste, Tsarko a abandonné l’idée qu’il défendait auparavant des obligations européennes mutualisées. Que disent les socialistes en toc ? Pas grand-chose : ils critiquent les sous-entendus électoraux de Gnafron 1er et proposent des rustines sur une jambe de bois. Pôvre de nous ! 

C’est le début de la fin pour le libéralisme occidental

Posté : 7 août, 2011 @ 11:33 dans politique | Commentaires fermés

Tsarkozy a déjà sauvé l’économie mondiale à plusieurs reprises, ce qui lui vaut une recrudescence de faveur dans l’opinion des vieux, des riches, des libéraux intéressés au sauvetage du libéralisme du tout-marché et de la libre circulation des capitaux ; ce sont des benêts. Le dernier sauvetage (pour la Grèce) remonte au 21 juillet. C’est manqué encore une fois : les bourses s’écroulent comme celles de DSK, la croissance patine, les banques refusent de se prêter entre elles (marché interbancaire) et elles sont atteintes par la dévalorisation des dettes publiques ou privées en Grèce et ailleurs, le chômage remonte malgré toutes les astuces statistiques pour le camoufler, la dette grimpe inexorablement parce que les politiques d’austérité tuent la croissance, ce qui accentue les déficits. 

Supertsarko et ses confrères gouvernementaux ne mesurent pas l’ampleur des problèmes et en ignorent la vraie nature, la cause profonde. Celle-ci réside dans la croyance aveugle du libéralisme (leur dogme pourtant invalidé par la crise de 2008) dans les automatismes du marché et de la concurrence, lesquels marchés sont censés s’équilibrer d’eux-mêmes. L’ouverture totale des frontières aux marchandises et aux capitaux devait permettre l’affectation des investissements là où ils étaient les plus rentables, garantir la meilleure allocation des ressources et propulser la croissance mondiale. Les divers G 20, même depuis que Tsarko en est le président, n’ont proposé que des réformes cosmétiques et peu suivies d’effets. Or les marchés financiers sentent bien que les initiatives « gouvernementalesques » sont abracadrabrantesques et que les économies occidentales perdent pied. Tout imprégnées des bienfaits du libéralisme, les excellences politicardes depuis 30 ans n’ont pas vu que les multinationales, auxquelles ils avaient abandonné tout le pouvoir économique, en profiteraient pour jouer solo en faisant bondir leur « valeur actionnariale » (valeur en bourse de leurs titres) : délocalisations, sous-traitances, achats à bas prix à l’étranger « low cost », nouvelles usines porteuses de technologies copiables voire vendues clé en main, etc. Tout cela afin de maximiser leur rentabilité, leur « retour sur investissement », leur conquête des marchés. C’est cela qui faisait monter la valeur en bourse des actions par la combinaison des dividendes et des plus-values sur titres à la grande joie des investisseurs institutionnels (notamment les fonds de pension par capitalisation). Les excellences n’ont pas perçu non plus que les taux d’intérêt très bas encouragés par las banques centrales ouvraient la voie aux effets de levier considérables des emprunts pour acheter à crédit des entreprises (le fameux LBO monté par des fonds spéculatifs comme Carlyle ou Blackstone)) ou monter des spéculations en tout genre (sur les différentiels de parité des monnaies, sur les taux d’intérêt, sur les matières premières ou agricoles, sur les prêts immobiliers, sur les actions, sur les obligations étatiques, etc.). 

Les politicards étaient tout contents de pouvoir financer leurs politiques à crédit en empruntant sur les marchés financiers internationaux ; d’où la croissance incessante en France de la dette publique depuis 35 ans (1650 milliards d’euros fin 2011). Ils pensaient même se servir ensuite de la dette pour imposer des réformes antisociales sur le thème « on ne peut plus payer ». S’endetter permettait d’augmenter les cadeaux fiscaux aux riches (et, ô bonheur redoublé, de leur servir des intérêts !) et aux entreprises tout en maintenant momentanément le modèle social qui a été dégradé progressivement pour éviter que les assujettis ne voient pas tout de suite les enjeux cachés de cette stratégie. Ce que n’avaient pas compris et anticipé les politicards (hypothèse bienveillante car une autre serait qu’ils l’ont fait exprès afin d’aider les riches amis qui financent leurs campagnes électorales ; cette autre pensée est improbable car un politicard ne voit jamais plus loin que le bout du nez de ses intérêts), c’est que cette belle politique conduisait à la désindustrialisation (multinationales et LBO), à la compression des effectifs employés et des salaires, à la baisse du pouvoir d’achat global (chômage et diminution de la protection sociale), lequel cependant  devait être soi-disant maintenu par le crédit à bas taux et par les importations de produits low cost en provenance des sweat shops du Tiers Monde. 

Les politicards n’ont pas « intuité » non plus que la stratégie de conquête de marchés extérieurs, politique suivie par tous les gouvernements, n’était pas « gagnant, gagnant » ; les uns exportaient mais les autres importaient et creusaient ainsi le déficit de leur balance commerciale. Certains (l’Allemagne en Europe ou la Chine pour les USA) ont mené une politique non coopérative d’exportation au détriment de leurs voisins. Et la cerise sur le gâteau était que les profits ainsi dégagés pouvaient être prêtés aux importateurs pour combler leur déficit. C’est la loi de Langlois : tout déficit commercial est compensé en sens inverse par un flux équivalent de capitaux prêtés. La conséquence en a été une « lutte de tous contre tous », dans la concurrence généralisée entre pays et modèles sociaux ; les perdants voyant alors s’étioler davantage leurs capacités productives par suite de la productivité bien supérieure des exportateurs qui peuvent vendre moins cher et piquer les marché intérieurs des importateurs. Or, 2ème loi de Langlois, ce sont la production consommée en interne et les exportations (de produits, de fric ou de services) qui font la richesse d’un pays une fois défalqué le montant des importations. C’est pourquoi la situation de l’Allemagne n’est pas si bonne car si elle exporte beaucoup, elle produit de moins en moins en ayant confié la production (qu’elle importe pour assembler chez elle et mettre ainsi l’étiquette « made in Germany ») à des sous-traitants ou des délocalisés dans les ex-pays de l’Est (les PECOS). C’est comme quand vous achetez une Renault produite à 70 % ailleurs ce qui dégrade la balance commerciale, chose non anticipée par les excellences compradores, de droite ou de gauche. Par ailleurs, les Allemands se trouveront eux aussi en faillite quand les autres pays de l’UE, ruinés, ne pourront plus importer. 

Dans ce contexte, les marchés financiers n’ont pas tort de spéculer. Ils anticipent la décadence de l’Occident qui a exploité le reste du monde pendant bien trop longtemps. Déjà, l’Occident n’a presque plus d’industrie manufacturière ; la haute technologie est aussi copiée ; la recherche-développement se déplace rapidement vers les PVD, l’agriculture se développe bien plus ailleurs (achat de terres au Sud et même en Sibérie par la Chine, la Corée du Sud, les émirats pétroliers et boom du Brésil et de l’argentine avec le soja et les plantes produisant des agro-carburants). Bref, l’Occident n’aura bientôt plus grand-chose à vendre ; la croissance deviendra un souvenir même en développant les techniques écologiques car ses concurrents en profiteront pour ne pas se lancer eux-aussi dans un désavantage compétitif, fût-il momentané (la mise en place d’une économie verte demande de très coûteux investissements). Lesdits marchés savent très bien que les plans d’austérité rendent le remboursement de la dette difficile. Or l’Occident est hyper endetté : Grèce, 150 % du PIB, Irlande 120, Italie 100, France 85, Allemagne 80, USA 100, Espagne 65, etc. Les gouvernementaux en libéralisant tout ont ouvert la boîte de pandore et ne peuvent plus la refermer car la finance est devenue autonome et, en plus, occupe les plus hautes responsabilités politiques via les pantouflages public/privé en France ou les « revolving doors » (portes tournantes) aux USA. Ce qui explique que les gouvernements ne veulent pas ou ne peuvent pas la corriger. 

La zone euro et les traités européens (synthétisés dans le récent traité de Lisbonne qui reprenait le TCE rejeté pourtant en France par les citoyens en mars 5005) aggravent beaucoup la situation européenne car ce n’est qu’une région de libre-échange sans limite et sans coordination politique, économique et financière. Les pays de la zone euro ont perdu le droit de dévaluer pour être plus compétitifs ; ils ont perdu la possibilité d’avoir des avances quasi gratuites de leur banque centrale (chose faite en France sous Fiscard déteint et Pompidur) alors que les USA ne s’en privent pas (la FED fait déjà tourner la planche à billets) ; leur politique budgétaire est contrainte par les critères de convergence de Maastricht et le pacte de stabilité qui l’a suivi : pas plus de 60 % du PIB en dettes publiques, pas plus de 3 % de déficit budgétaire. Pour sauver la Grèce, on a inventé le fonds européen de stabilité financière (FESF) doté de 440 milliards. Mais ce fonds n’est pas encore en place car pour l’adopter il faut passer devant les parlements nationaux et il faut modifier le traité de Lisbonne (le FESF formalisé est prévu en 2013). En attendant la BCE bricole ; par ailleurs, 440 milliards c’est bien trop peu quand on voit que l’Italie et l’Espagne battent de l’aile (leurs obligations sont rémunérées à plus de 6 % contre 3 pour la France). On sait aussi que c’est l’euro qui a permis l’endettement des « cigales » à faible taux quasiment harmonisé vers le bas et qui a propulsé les excès de crédit au privé et aux particuliers. L’UE et la zone euro ont auparavant organisé la mise en concurrence de tous les pays entre eux, notamment pour la fiscalité, les droits sociaux, le droit environnemental, les politiques de compétitivité) : il n’y a donc pas de politiques communes ; même pas de budget européen consistant (1 % seulement du PIB de l’UE contre 25 aux USA). D’où un fonctionnement réel sur la base des égoïsmes nationaux et la compétition entre chefs d’Etat pour se prétendre le plus vertueux ou le plus actif. C’est là que Tsarko détient le pompon, mais c’est du village à la Potemkine. Et pourtant la droite le loue (non meublé) pour son volontarisme et son activisme ; elle ne se rend pas compte que ces 2 termes sont péjoratifs ! 

Tsarko agite ses petits bras, vitupère, se dresse sur ses talonnettes mais il ne changera rien à la situation car les gouvernements ont organisé antérieurement eux-mêmes leur impuissance et car l’Europe court à la désindustrialisation et aux déficits commerciaux. A moins d’un gouvernement fédéral de l’Europe, d’obligations mutualisées pour toute la zone euro et l’UE (opposition allemande garantie car alors le taux de ses emprunts augmenterait avec une moyenne européenne favorable aux pays en difficulté), d’un rôle de la BCE pour prêter aux Etats une horreur pour les libéraux), d’un fédéralisme socio-économique, d’un vrai budget commun, l’Europe sombrera malgré son sombre héros Tsarko.  Mais que les pays émergents ne se réjouissent pas ; à court terme, la faillite occidentale les privera de débouchés. Seuls de grands pays émergents ayant un immense marché intérieur encore fort mal pourvu pourront compenser en se développant pour leur interne. 

Réjouissons-nous ; c’en est fini de la domination US et occidentale et les rapports internationaux finiront par être rééquilibrés en faveur des émergents. Le capitalisme et le libéralisme sans freins sont mortellement blessés à long terme. Mais il faut hélas envisager de grandes souffrances  à moyen terme si l’Europe ne s’unit pas politiquement et n’adopte pas un autre modèle socio-économique. Ce n’est pas gagné tant la situation actuelle montre de francs-tireurs nationalistes chez les dirigeants politiques européens et des socialistes en peau de lapin. Mais cela finira par se faire car les peuples ne veulent pas mourir. Alors l’épisode Tsarko ne sera qu’une chiure de mouche sur les pages de l’histoire. 

L’impuissance des Etats ?

Posté : 1 août, 2011 @ 11:28 dans politique | 2 commentaires »

On lit de plus en plus dans une littérature, sans doute ad hoc pour justifier l’emprise de l’économie et de la finance, que les Etats sont des dinosaures en voie de disparition. Lesdits Etats, en tant que puissance souveraine tant à l’intérieur qu’a l’extérieur des pays, seraient laminés de tous les côtés. Ils seraient réduits à pas grand-chose eu égard à leur enfermement dans des zones plus vastes et plurilatérales comme l’UE ou la CEI. Il est vrai que l’UE tient les manettes en ce qui concerne les affaires économiques, financières et budgétaires. Mais elle ne détient ni le fiscal, ni le social bien que les marges de liberté des adhérents soient limitées puisqu’on ne peut plus dévaluer dans la zone euro et que de lourdes contraintes pèsent sur les budgets, les déficits et le niveau d’endettement (pacte de stabilité et critères de convergence issus du traité de Maastricht. Mais il ne faut pas oublier que cet asservissement à l’Europe a été décidé par les gouvernants en tant que détenteurs (provisoires ; cela, ils le négligent) de l’exercice du pouvoir d’Etat ou souveraineté. C’est donc l’Etat qui a été puissant et en a profité pour abandonner son pouvoir. Il en est de même pour la domination du tout-commerce et de la finance internationalisée par la liberté totale des mouvements de capitaux. Ce sont des décisions étatiques (notamment en faveur de l’OMC) qui ont mis en place le système actuel, autocinétique et automatique, qui réduit à rien le pouvoir des Etats en matière économique et financière 

Il est notoire que les Etats sont attaqués de l’intérieur par les ONG et associations, par les lobbys économiques, par le régionalisme, par le multiculturalisme religieux ou ethnique. Cela signifie simplement qu’ils ne sont plus tout puissants et capables de faire de la politique « top down » (du haut gouvernemental vers le bas des assujettis priés de la fermer). Il y a donc davantage de contre-pouvoirs. Mais cela ne veut pas dire que la puissance de l’Etat, au moins sur le territoire national, s’en trouve diminuée. Les bons apôtres de la fin de l’Etat et de la politique et même de l’histoire, bien sûr intéressés à la suprématie du capitalisme financier et du libre-échange généralisé, confondent les différentes phases et moments des actions gouvernementalo-étatiques. Il y a une étape de préparation des décisions ; là les contre-pouvoirs interviennent et le pouvoir a été peu à peu obligé au moins de faire semblant de négocier, d’écouter, de consulter. Je dis faire semblant car, par exemple, le passage en force de Tsarkozy sur la récente réforme des retraites a bien montré la nature du simulacre de concertation avec les partenaires sociaux (obligée par une loi Fillon sur la consultation des syndicats en matière sociale, mais évidemment vidée de son contenu tout en maintenant son apparence). Il y a ensuite le moment de la décision et il devient clair alors que le pouvoir décide tout seul via un parlement  à sa botte et un exécutif qui a préparé la décision à faire voter par les godillots élus aux deux chambres législatives. Il en est de même dans les Etats fédéraux comme les USA ; les 50 Etats y ont certes bien plus de pouvoir que les régions françaises mais c’est bien le pouvoir central qui décide de l’essentiel pour la fédération. Enfin, il y a la mise en application qui peut évidemment rencontrer des résistances, voire ne pas avoir lieu (notamment car les décrets d’application ne sont pas pris, par exemple à cause de l’intervention des lobbys, lesquels du reste sont bien plus écoutés que les autres acteurs lors de la phase de préparation). 

Le semblant de participation de la « société civile » et de ses différents acteurs a été entraîné par la complexité grandissante des sociétés et par leur grande ouverture à l’extérieur. Cependant, le pouvoir technocratique et gouvernemental s’est démonétisé lui-même. Il avait produit trop de scandales, notamment en écoutant bien trop les lobbys industriels : amiante, ESB, sang contaminé, hormones de synthèse, mediator, vent de Tchernobyl arrêté aux frontières françaises, crise bancaire de 2008, mini tsunami en Vendée (autorisations de construire en zones inondables comme dans les couloirs d’avalanche) etc. Les acteurs de la société civile, en attendant d’autres catastrophes : nucléaires ou OGM, ou biologiques (disparition des abeilles, des poissons, de la diversité, des forêts) ou sanitaires ou environnementales (algues vertes, sécheresse, inondations sur sols trop bétonnés) se sont mobilisés pour rogner les serres du conglomérat étatico-financier. Il n’en reste pas moins que l’Etat est toujours là et puissant en face des atomes que sont les individus et des petites molécules associatives. On est toujours dans la dialectique de la puissance entre les zéros et l’infini. Ladite participation, en général tronquée, provient aussi de l’incertitude face à la multiplication des risques et de la nécessité d’étudier les problèmes avec le maximum de savoirs, y compris ceux des populations et profanes ; on a même inventé la notion de « recherche en plein air » opposée à celle de recherche « confinée » (dans les laboratoires et chez les experts). Le « one best way » (à tout problème, il n’y a qu’une solution, la meilleure) cher à nos technocrates énarques ou polytechniciens n’est plus de saison tant la technocratie se trompe et surtout trompe les populations et tant il est devenu évident qu’il y a plusieurs voies de recherche et de solution à un problème, lequel d’ailleurs n’est jamais isolé des autres (interdépendance, systèmes, réseaux). Il faut être un tyranosaure tsarkozyen pour s’imaginer tout régler tout seul à partir de son petit bureau. Même sur des talonnettes, one voit jamais alors plus loin que le bout de son (tar)tarin. 

Les Etats conservent des pouvoirs exorbitants en matière de libertés publiques et individuelles, de police, de sécurité, de répression. Et ils ont été renforcés de façon massive  sous prétexte de terrorisme et par suite de la crise économique et sociale impulsée par le néo-libéralisme depuis 30 ans. En effet, les dégâts sociaux ainsi causés ne manquent pas de susciter l’envie envenimée par la publicité, la révolte, le vol, l’incivilité, les bandes, la marginalisation en réaction à l’insécurité sociale et à la pauvreté. D’où la loi : plus la misère et l’inégalité s’accroissent, plus l’Etat réprime les déviants et opposants. Les révolutions dans le monde arabe montrent que cela ne marchera plus très longtemps. Plus la liberté économique des puissants augmente, plus celles des pauvres diminue. L’Etat conserve donc une fonction dans le nouveau partage des rôles induit par le libéralisme : à la globalisation, les choses sérieuses, c’est-à-dire la finance et l’économie mondialisées. 

Il en est ainsi parce que l’Etat, par construction, est de nature répressive et anti-démocratique. Certes, pour le cacher les libéraux ont inventé la démocratie représentative. Celle-ci n’est qu’un paravent car, en réalité, les procédures et le système électoral mis en place instaurent une oligarchie inféodée aux puissances d’argent et aux politicards professionnels qui en sont les fondés de pouvoir. Ce qui existe, c’est une oligarchie ploutocratique et maintenant médiatique qui s’auto-reproduit et qui ne manifeste que des alternances illusoires et cosmétiques. C’est ce qui explique que les gouvernants, qui font du cinéma aux G 20 ou 8 ou à l’UE, n’ont aucunement mis au pas et réglementé la finance au politique et sabordent le social et le secteur public pour lui permettre de « socialiser les pertes et privatiser les gains ». En fait, au niveau international, les agences de notation continuent de régner et le FMI de recommander des plans de rigueur. C’est ce qui fait comprendre qu’aucun frein n’a été mis au libre-échange sans contraintes et à la concurrence sauvage entre les peuples et leur modèle social. Par définition l’Etat est totalitaire. Certains pays ne le cachent même pas ; ce sont eux qui réussissent le mieux dans la concurrence internationale car ils disposent de tous les pouvoirs pour l’imposer à leur population quels que soient les conséquences pour elles. D’autres ont une apparence démocratique mais ne jouent pas le jeu de la concurrence ; ils sont interventionnistes et protectionnistes (Corée du sud, japon, USA). D’autres ont ouvert à fond les vannes d’entrée commerciale dans leur territoire (UE et les pays adhérents) grâce à la puissance de la loi et sabordent en réaction leur modèle social. D’ailleurs, c’est le régime de Pinochet, fidèle toutou du monétarisme et du libre-échange qui avait mérité les éloges des libéraux. 

On comprend que les Etats ne peuvent être véritablement démocratiques. Il faut donc supprimer l’Etat. Mais comme il est nécessaire que les peuples aient une vraie protection contre les méfaits du capitalisme, industriel ou financier, il  faut une organisation d’un pouvoir politique (dont l’Etat n’est qu’une modalité, qu’il soit unitaire ou fédéral) faisant coopérer et participer l’ensemble des forces sociales à la définition du bien public et à sa réalisation. Cette organisation politique n’est qu’une force d’animation, d’impulsion, de coordination. Elle est fédérative tout à la fois sur les plans économique, politique, social, environnemental, juridique. Elle procède « de la circonférence au centre », de la base au sommet ; comme disait Pascal : « le centre est partout, la circonférence nulle part. Elle respecte l’autonomie de toutes les collectivités de base, à la fois, territoriales, communautaires, économiques. Elle fait fonctionner les relations entre acteurs en les mettant en réseau dans le cadre d’un système politique commun. Ses élections se déroulent à la base à partir de ces collectivités représentées en tant que telles ; elles élisent leurs délégués aux échelons suivants de la fédération. Les élus n’ont qu’un mandat, renouvelable une seule fois. Ils ont un mandat impératif » en ce qui concerne leur mission de défense des finalités et buts de la collectivité qui les a élus. Ils disposent de degré de liberté sur les procédures et les objectifs intermédiaires, qui sont de nature tactique ; aucunement politiques ou stratégiques. La fédération réunit « la Marianne des champs et la sociale des cités » dans une double représentation : celle des territoires et celle des activités socio-économiques et cela par étages successifs, de la base au sommet, jusqu’au niveau de la fédération tout entière. 

Comme l’Etat « libéral » fonctionne mal, sauf en ce qui concerne l’émission de lois favorables au capital et la répression du peuple, on se demande pourquoi on ne passe pas à une organisation démocratique du pouvoir politique. C’est parce que l’Etat est une forteresse bien visible dont on peut tourner aisément les canons contre la population. Le pouvoir y est concentré de telle sorte qu’il suffit de l’y prendre, ce que, du reste, certains révolutionnaires patentés (Blanqui, Marx, Lénine, etc.) ont prôné. Pour eux, il suffisait de s’emparer de la bastille du pouvoir pour retourner ses obusiers contre les anciens occupants. Les politicards d’extrême gauche ont pensé que la révolution politique (s’emparer du pouvoir d’Etat) permettrait la suppression de la propriété privée des moyens de production et un changement radical de société. Proudhon, lui, disait : « la révolution politique est le but, la révolution sociale le moyen ». Car on ne peut pas transformer une société d’en haut par l’Etat alors qu’il s’agit de le supprimer en vue de la liberté politique de tous ; Pol Pot, Staline, Castro, Mao, etc. en ont fait la démonstration. Il faut d’abord préparer les forces économiques, sociales, culturelles à changer de modèle et à gérer le nouveau. La révolution sociale ne peut être que graduelle sans jamais perdre de vue que c’est le but de l’action autonome et directe des acteurs sociaux. Chaque expérimentation sociale à la base doit préfigurer le projet et faire une avancée vers ce dernier afin d’éviter à la fois le romantisme révolutionnaire et le réformisme utilitaire, plat et soi-disant pragmatique. 

Une organisation du pouvoir politique est nécessaire à cause de la souveraineté, c’est-à-dire de la puissance du peuple pour lui et sur lui-même. Les politicards libéraux ont accoutumé de parler de « l’Etat souverain » ; non, c’est le peuple qui est souverain. Or la souveraineté n’est qu’un potentiel si elle n’est pas organisée, structurée. En régime démocratique réel, cette structuration est sociologique, fondée sur les forces sociales existantes et mises en relation : en régime étatique (forme perverse du pouvoir politique), l’organisation est juridique et formelle, ce qui a quand même l’avantage de signifier que le pouvoir souverain n’appartient à personne hormis la collectivité du peuple tout entier. L’organisation du pouvoir politique permet la transformation de la souveraineté de potentiel en pourvoir effectif. Mais les « délégués » détiennent momentanément son exercice, ce qu’oublient les politicards de la pseudo-démocratie représentative : ils ne détiennent l’action du pouvoir souverain qu’à titre provisoire et révocable. L’enjeu est radical car la détention de le souveraineté législative permet de faire passer n’importe quelle loi contre l’intérêt général du pays. Or l’exercice de la souveraineté est le seul moyen que possède le peuple pour lutter contre les vents mauvais du libre-échange, de la libre circulation du fric, de la concurrence « libre et non faussée ». La souveraineté est loin d’être une conception obsolète comme nous le disent les libéraux actuels. Ce qui relève du Jurassik Park, c’est l’Etat comme forme d’organisation du pouvoir politique et la démocratie représentative dont les délégués perpétuent une coupure radicale entre les dirigeants et les dirigés. 

Comment les Teutons asservissent le reste de l’Europe

Posté : 26 juillet, 2011 @ 11:24 dans politique | Commentaires fermés

Chacun aura constaté les atermoiements et les palinodies des dirigeants européens en ce qui concerne le problème de la dette grecque (portugaise, irlandaise puis bientôt italienne, espagnole, française et…, in fine, allemande), de l’euro et de la zone éponyme. Pour décrypter et « déconstruire » (afin de vous derrider) le phénomène, il faut faire un peu d’histoire. Enfin, après 18 mois de valse-hésitation et de discordes, les dirigeants européens se sont mis d’accord le 21 juillet 2011 : 159 milliards de plus pour la Grèce pour aller jusqu’en 2019,  renforcement du fonds européen de solidarité financière (FESF, 440 milliards déjà décidés avant) pour acheter des obligations grecques (sur le marché d’occasion ou directement lors de l’émission) et prêter à 3,5/4 % (au lieu de 6 avant) tout en portant la durée des emprunts de 15 à 30 ans. C’est une amorce de FMI européen ; projet à étudier d’un gouvernement économique de l’Europe (qui vivra verrat), mise à contribution des banques privées à hauteur de 59 milliards, dont 17 d’abandon de créances par ventes de titres dévalués, donc avec pertes d’environ 30 %)  et rachat de nouveaux emprunts grecs. Cela va-t-il calmer les spéculateurs ? Suite au prochain numéro car l’UE a dit : c’est pour sauver la Grèce et ce ne sera pas renouvelé pour d’autres pays. Soulignons que pour doter le FESF les autres pays vont garantir les emprunts grecs (15 milliards pour la France), donc s’endetter encore plus aux frais éventuels du contribuable si la Grèce ne rembourse pas. Les premiers européens ont pensé faire l’Europe sur la base de l’unification économique. Ensuite, ils ont versé dans le libéralisme de type germain, à savoir l’ordo-libéralisme qui consiste à coordonner les activités économiques et financières par des procédures, des lois et des règles, via l’Etat de droit libéral, grand ordonnateur de « l’économie sociale de marché ». La démocratie se réduit alors à une procédure législative qui permet aux majorités électorales de faire passer tous les règlements favorisant le libéralisme über alles. C’est cette conception de la construction européenne qui a prévalu dès le début. Nos excellences comprirent vite que pour éviter tout recul et toute contestation lors des alternances politiques il suffisait de transformer le système économique en mécanique automatique. Ce fut la grande œuvre du « socialiste » Jacques Delors, à la tête de la grosse commission européenne : avec l’acte unique de 1986, on se lançait dans le libre-échange, l’ouverture des frontières aux produits, services, capitaux et « hommes » (là, moderato pour cause d’immigration), la libre circulation du fric, la « concurrence libre et non faussée », la suppression des services et entreprises publics, les services avec « pays d’origine » comme règles du travail, des salaires et de la protection sociale (le fameux plombier polonais). C’en était fini du modèle de l’Etat providence » et de la « régulation fordienne » ou compromis entre patronat, pouvoir, syndicalisme et salariat, donc de cela même qui avait permis « les trente glorieuses » (1945-1975). Dès lors (lire Delors mais avec Barre), l’économie libéralisée devenait autocinétique et nul ne pouvait plus arrêter la mécanique infernale de la mise en concurrence des peuples et des modèles sociaux, pas même ceux qui l’avaient mise en place précisément dans ce but sans se rendre compte des dégâts que cela entraînerait sur le salariat et son pouvoir d’achat malgré l’importation de produits low cost manufacturés par des sous-traitants délocalisés et maintenant le pouvoir d’achat par la baisse des prix, etc.). 

Les avances des banques centrales, à faible taux d’intérêt, aux gouvernements furent supprimées et les dirigeants se lancèrent alors dans les facilités de la dette publique financée par les marchés financiers ou par des emprunts nationaux aux riches locaux, lesquels, parallèlement, étaient les bénéficiaires d’énormes réductions d’impôt afin que leur épargne alors augmentée soit prêtée aux pouvoirs publics. Ce fut fantastique : les riches exonérés prêtaient aux Etats impécunieux aux frais des contribuables pauvres (TVA et taxes en tout genre comme la TIPP sur les carburants) et des classes moyennes. En même temps, comme les salaires stagnaient, voire baissaient en monnaie  constante, on ouvrit les vannes du crédit à la consommation et à la spéculation immobilière. Puis vint l’ambition d’une monnaie commune. Les Froggies y voyaient le moyen de s’abriter de l’inflation sous l’aile d’une généralisation des principes du Mark et donc de s’interdire toute manipulation ou dévaluation de la monnaie, source d’inflation et surtout « euthanasie des rentiers », lesquels alors ne prêteraient plus. C’était l’imposition d’un nouveau mécanisme automatique pour contrer toute contestation par les opposants au libéralisme. C’était remplacer le débat démocratique par « la contrainte externe » (voulue aussi par les socialos qui y voyaient le moyen de se défausser de toute responsabilité dans la destruction du modèle social français) mise en place par des experts. C’était une caution donnée au monétarisme, lequel prétend que tout excès de monnaie conduit à l’inflation et détruit la sécurité des affaires. Les tenants du pouvoir tudesque y voyaient le moyen d’imposer leur orthodoxie bancaire : la banque centrale est indépendante du politique et ne s’occupe que de parer à l’inflation. Tout le monde pensa qu’une monnaie unique supprimerait les variations de taux de change entre monnaies (les parités), unifierait l’espace commercial, diminuerait « les coûts de transaction » (contrats rédigés en une seule monnaie et pas de couverture contre les risques de change), stimulerait le commerce, faciliterait les prêts à un bas taux d’intérêt presque commun puisque garantis par la même banque centrale (ho hisse, Francfort, siège de la BCE). Les Anglais gardèrent la liberté de leur monnaie car leur but dans l’UE c’est d’en faire seulement un espace de libre échange ouvert à tout vent sous l’aile des américains, lesquels ont pour la même raison poussé à l’élargissement sans limites. 

La machine infernale du libéralisme européen, propulsé par les dirigeants Verts-de-gris, combine le monétarisme (coupure entre le politique et le monétaire, lutte contre l’inflation), le libre-échange sans régulation et en concurrence illimitée, la monnaie unique dans l’indépendance absolue de la banque centrale (sans liberté budgétaire et monétaire des pays de la zone euro). Elle associe la ponte incessante et progressive (à la manière du rajout de tuyaux quand on aperçoit le bout du tunnel, avec étalement dans le temps et saucissonnage des mesures de façon qu’on ne voie le but qu’à la fin des opérations) d’un droit communautaire (directives européennes) supérieur au droit national et la vérification de son application par la Cour de Justice européenne (CJE) composée de juges désignés par les gouvernements et d’obédience hyper-libérale. La CJE, associée à la Commission, a fini par interdire toute union de firmes pour constituer des champions nationaux ou internationaux, ce qui a réduit à rien les coopérations industrielles hormis les anciennes (Airbus par exemple). Cette machine est plus libre-échangiste que le reste du monde et a supprimé toutes les protections (par exemple avec des droits de douane communs à 3 %) du marché intérieur européen à la grande joie des USA et de la Chine et consorts. Cette machine a été lancée dès le traité de Rome (1957) et chaque nouveau traité l’a renforcée. Cela se fait à la fois avec de nouvelles règlementations ordo-libérales, par la modification du mode de décision (la règle de la « majorité qualifiée » dans le commerce et l’économie ; la règle de l’unanimité pour le fiscal et le social), par l’élargissement de la zone UE (27 pays maintenant). Or les nouveaux pays sont encore plus fascinés par le modèle américain que les anciens et ne votent rien qui gêne leurs avantages comparatifs. De plus, ils se font un plaisir de s’opposer aux pays dominants, voire dominateurs (notamment « les arrogants » françaouis). Ce qui n’avait pas été prévu, c’est l’effondrement du bloc soviétique en 1991. Alors les ex-pays de l’Est (ou PECOS) postulèrent pour entrer dans l’UE. Les gouvernements Germains se mirent  à pousser à « l’élargissement de l’union européenne ». L’argument officiel était moral : ces pays avaient tant souffert de l’ère communiste qu’ils méritaient que l’Europe les accueille en son sein ; il fallait leur ouvrir la porte mais, attention, en gardant le porte-monnaie fermé. En effet, le budget ridicule de l’UE (1 % du PIB total, contre 25 pour l’Etat fédéral US) ne fut pas augmenté, ni même d’ailleurs les aides, y compris celles de la PAC. Les nouveaux entrants n’avaient qu’à jouer de leurs atouts pour être compétitifs. En réalité, les politicards prussiens savaient qu’une monnaie unique, sans la moindre coordination des politiques économiques et budgétaires entre pays très hétérogènes, avaient de grands avantages pour eux si le cercle infernal des adhérents grossissaient ; par ailleurs ils anticipèrent que les règles de convergence du traité de Maastricht puis du « pacte de stabilité » (in fine, pas plus de 3 % de déficit budgétaire, pas plus de 60 % du PIB comme dette publique, indépendance de la BCE centrée sur la seule inflation salariale et des produits ou services) gêneraient leurs voisins ainsi privés de toute politique monétaire autonome (jouer sur le taux de change pour être plus compétitif). Les Teutons laissèrent volontairement de côté la dette privée car l’idée était que le crédit à même et faible taux d’intérêt en Europe permettrait aux voisins d’acheter allemand. Ils en oublièrent que le crédit privé à gogo ouvrait les portes à la spéculation, notamment immobilière, ce qui fit les choux gras du développement fictif de l’Espagne, de l’Irlande, du Royaume-Uni, etc. Car les pays se divisèrent en 2 approches : la croissance externe par l’exportation (Allemagne surtout) et l’emprunt pour une croissance interne. Le problème est que certains pays (la Grèce, le Portugal, l’Espagne) ne peuvent pas exporter grand-chose et importent beaucoup car leur déjà faible industrie a été cassée par les pays industriellement compétitifs. Même maintenant, après le sauvetage du 22 juillet 2011, on ne sait pas comment la Grèce va assurer une croissance suffisante pour payer ses dettes. 

Le toboggan est rendu plus glissant avec l’euro comme monnaie unique. D’un côté un pays qui visait à la compétitivité : baisse des coûts salariaux par des lois iniques  du socio-démocrate Schröder (lois Hartz IV), TVA sociale de 3 points (sous Merkel, ce qui correspond à une dévaluation équivalente), délocalisations de la sous-traitance industrielle dans les PECOS.  Ce n’est plus du « made in Germany », mais du made by or for Germany. Et cerise sur le gâteau : quand l’euro monte, les monnaies des PECOS hors zone euro baissent, ce qui diminue le coût (exprimé en euro) des importations tudesques à partir de ses sous-traitants. Jackpot supplémentaire. C’est pourquoi les Germains, qui commercent essentiellement avec l’Europe (70 % de leur commerce extérieur), dégagent des excédents astronomiques de leur balance commerciale (plus de 150 milliards en 2010) quand la France affiche 54 milliards de déficit commercial. Elémentaire, Watson : des règles uniformes pour la concurrence dans le libre-échange, une monnaie serre-kiki pour tous et aucune harmonisation sociale, fiscale, budgétaire, économique, soit « la lutte de tous contre tous » et Dieu pour chacun, conduisent à ce résultat. On a donc vu chaque pays vouloir tirer son épingle du jeu en jouant les passagers clandestins du rafiot commercial Europe. Le moins-disant s’est généralisé : fiscal avec la baisse des impôts des riches et des sociétés (et des taux « attractifs, notamment en Irlande : 12,5 % d’impôt sur les sociétés contre 25 de moyenne en Europe ; ou la « flat tax » de certains PECOS, c’est-à-dire un IRPP à taux unique, donc un impôt non progressif) ; social avec la baisse des protections sociales, des droits à retraite ; environnemental (usines poubelles à l’Est, salarial (durée du travail, SMIC, désindexation des salaires de sur l’inflation, etc. ; privatisation et réduction des services publics (qui sont un moyen de plus de justice sociale avec leur accès ouvert à tous) ; attaques contre les services de santé, d’éducation, etc. Le gagnant pour le commerce est en même temps celui qui a fait le plus perdre à sa population. Certes, la Doryphorie est riche mais les Allemands sont plus pauvres que, par exemple, les Français. Et les fridolins oublient que si le reste de l’Europe est ruiné par leur compétitivité factice ils n’auront plus grand-chose à lui vendre. Tout le monde se tient par la barbichette dans le monde merveilleux de l’euro, de la concurrence et du libre-échange sans entraves.  Car ce qu’oublie les Fridolins, c’est que les excédents commerciaux des uns sont les déficits des autres et que cela s’accompagne d’un flux de capitaux de sens inverse vers les pays déficitaires forcés d’emprunter pour assurer leur matérielle. Tant mieux, le crédit est facile pour le privé encore plus que pour le public. Du reste, c’est la dette privée (des banques, des acheteurs immobiliers, des emprunteurs de tout poil) qui a plombé l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, etc. Ces pays étaient d’ailleurs donnés en exemple car ils respectaient les critères du pacte de stabilité et n’avaient pas d’inflation salariale, seule surveillée par la BCE ; celle-ci était immobilière et a donné une bulle qui a crevé, ruinant les banques prêteuses. Or voilà que les dirigeants schleus (évidemment, je les oppose au peuple allemand, très estimable et par eux pressuré) refusent d’aider les « cigales », qu’ils ont eux-mêmes créés avec l’euro et le crédit à tout rompre. Voilà le résultat de l’ordo-libéralisme prussique : par des règles on peut créer les structures, dispositifs, rouages de l’appauvrissement de presque tous au profit de quelques uns : banquiers, financiers, dirigeants de multinationales, assureurs, politicards, pubards, journaleux compradores et médiatiques. Et le rôle de la France dans cette évolution mortifère ? Ce fut la ruée vers le libéralisme européen teutonisé, dès la mort du Général de Gaulle. Les socialos ne furent pas les moins ardents dès 1983 avec le « tournant de la rigueur ». Leur idée était simple ; faire jouer la fameuse contrainte externe d’une Europe technocratique pour démolir l’Etat social en disant : there is no alternative (TINA, le slogan de Thatcher) pour rendre le pays compétitif, profiter des facilités du crédit (30 ans sans équilibre budgétaire) avec l’euro, fourguer notre agro-alimentaire contre l’industrie. Rien ne montre plus la disproportion des forces que la fameuse photo de Tonton (tu m’acoutes) à la Kohl, la mano en la mano, avec le chancelier germain à Verdun. 

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