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Archive pour la catégorie 'politique'

Les « black blocs » et les Gilets jaunes radicaux se trompent de stratégie

Posté : 4 mai, 2019 @ 8:34 dans politique | Commentaires fermés

Il faut souligner deux choses chez ces personnes : ils mobilisent toutes les ressources et les idées ancestrales des luttes contre la domination, l’exploitation, l’aliénation que le SLC a portées à leur paroxysme ; elles montrent un courage sans bornes, hélas. Las, leurs idées et pratiques révolutionnaires sont à la fois datées et contreproductives.
• Datées, obsolètes, dépassées, nuisibles. Elles participent du mythe de la révolution par une petite élite d sachants capables de faire basculer l’histoire au profit du peuple. Quel peuple ? Cela confine à l’idée de son unicité et « en même temps » de son aliénation dans sa soumission au système, qui, dans le SLC, est la consommation individuelle et l’individualisme. Cela participe aussi d’une conception autoritaire et descendante de la prise du pouvoir, de même que du fantasme de la révolution purement politique et d’en-haut. Gramsci, bien après Proudhon, a montré que l’on était en présence d’un système hégémonique articulant l’exploitation économique, la domination politique et l’aliénation spirituelle. C’est pourquoi on ne saurait s’attaquer seulement à une de ses facettes ; il faut vaincre simultanément la triple domination « du trône, du coffre-fort et de l’autel », démanteler « en même temps » l’alliance du « sabre, du goupillon et du capital. Rien ne sert de s’emparer de la forteresse étatique pour « tourner ses canons contre l’ancien occupant » : la révolution politique (la liberté et la justice » est le but, la révolution sociale, le moyen, disait Proudhon à l’encontre de tous les révolutionnaires politiques de son temps. Une révolution politique n’aboutit qu’à modifier les personnes occupant les sièges du pouvoir et conduit le plus souvent à une dictature encore plus néfaste que le régime précédent. Ces vues de Gramsci et de Proudhon ont été largement confirmées par le systémisme moderne montrant qu’une société est « un phénomène social total » où tous les domaines du sociétal sont imbriqués et interdépendants. Par ailleurs, le système n’est pas construit sur la base d’une tête pensante à autorité verticale sur ses éléments mais comme un réseau de nœuds et d’interactions avec des centres de direction nombreux et largement autonomes et un système d’information réticulé. Eh oui, il ne suffit pas de couper la tête principale de l’hydre de Lerne ; il faut toutes les couper pour abattre le système. Le temps des avant-gardes, de la prise révolutionnaire du pouvoir d’Etat, du léninisme, de la direction de la société par le pouvoir politique est révolu ! Or les « black blocs » (BB) me semblent conserver ces fantasmes à base de Lénine, Trotski, Mao, Napoléon, Bakounine, etc. Ils le savent sans doute eux-mêmes car ils s’en prennent plus aux symboles du pouvoir qu’à ce dernier. C’est cet aspect systémique de la société qui invalide l’appel des GJ au pouvoir pour faire évoluer les choses et qui annule leur slogan macron démission. S’il n’y a plus Macron, ce sera un autre compradore qui arrivera et, de toute façon, ce ne sont pas les politicards qui dirigent la société ; ils n’en sont que les faux-nez et hommes de paille.
• Contreproductives. Plus on s’attaque frontalement au pouvoir, et cela d’autant plus que celui-ci est en train de vaciller, ce qui est le cas du SLC que Mac-Tron veut installer définitivement en France alors qu’il est entrain de crever, plus o l’amène à réagir par la force. Il suffit de voir que dans les médias, actuellement, on entend force poulagas s’exprimer comme si le pouvoir macronien n’avait plus que lui pour le soutenir. Il faut bien voir que le SLC a détruit la planète mais que ceux qui profitent du désastre tiennent plus que jamais à défendre leurs privilèges, à faire perdurer le pouvoir fantastique du 1% contre les 99 % des terriens. Le système-réseau du SLC n’arrête pas de réagir brutalement contre tous ceux qui contestent son emprise. Et il dispose de moyens répressifs (maisons pouleman, royco, poulaga, armée de métier, moyens militaires, justice aux ordres, médias idéologiques, doxa néolibérale épandue partout par des « organes » en tout genre, moyens de renseignement et de surveillance contre les populations, etc.) capables de faire baigner toute révolte directe dans le sang. M. Thiers est encore là mais est devenu encore plus puissant. De plus, il ne faut pas négliger que l’on a environ 15% de la population qui profite du régime SLC ; celle qui a voté pour Macron. En outre, le spectacle des déprédations pendant les samedis des GJ et ce premier mai ne fait que dresser la population des apeurés et des soumis au désordre existant. Ce qui encourage le pouvoir à doper ses forces et à accroître la répression. En attendant le petit jeu des élections ; Mac-Tron contre le RN, ce qui le fera gagner à coup sûr, vieille entourloupe inventée par le franscisquain Tonton. Les BB veulent accélérer la mort du SLC ; mais au contraire son raidissement va le faire durer. De plus, combien de personnes seront-elles sacrifiées dans ce combat sans issue à moyen terme ? las, les révolutionnaires sont toujours assez peu soucieux des « dégâts collatéraux » qu’ils suscitent. Leur cause vaut toujours plus cher que la peau des autres.
• La méthode d’attaque de front ne marche donc pas. Ni la résistance passive chère à Gandhi car pendant ce temps-là le saccage continue. Que faire ? Eh bien s’en prendre à ce qui fait maintenir le SLC et son pouvoir détenu par ses compradores politicards : le pognon, le flouze, le fric, le grisbi, l’artiche, l’oseille … Voilà quelques idées :
Faire la grève de la consommation pendant que la production continue ; la production non vendue est une perte pour le capital ; les grèves de production, si chères aux syndicats, en fait ne coûtent pas grand-chose au kapital. Ne rien acheter, sauf la bouffe, pendant au moins un an. Pour la bouffe, s’adresser aux petites structures : AMAP, coopératives (réelles), commerces de proximité… Pour le reste organiser un réseau local de réparation des machines tombées en panne (souvent par « obsolescence programmée), se prêter des engins entre voisins, etc. Une « grève générale » de la consommation sera bien plus efficace que celle de la production.
Retirer son fric disponible des banques en leur laissant seulement la gestion des dépenses contraintes ; se prêter entre voisins en cas de besoin. Sortir des assurances privées et des fausses mutuelles, telle la MAIF, pour s’aider en « sociétés locales de secours mutuel. A long terme organiser un réseau mutualiste et coopératif de banque, telle la banque du Peuple imaginée par Proudhon.
Se retirer des villes et s’installer en petits groupes dans les villages désertés. Les avantages sont nombreux : mutualiser les dépenses (lavage et buanderie, frigo, moyen de locomotion…) ; toucher les aides sociales, le RSA… afin d’assécher les finances publiques ce qui entraînera aussi une expansion des gestionnaires d’icelles, disposer d’un potager collectif ; ne pas payer de loyer ou bien très faible, vivre au grand air. On pourra même faire de l’artisanat (tissage, cuir), du fromage et du lait, de l’élevage de poules ou autres afin de se fournir en aliments et de vendre hors circuits commerciaux capitalistes. On organisera entre parents l’éducation des enfants hors éducation nationale, on créera une monnaie locale d’échange et de troc fondée, non sur le degré de formation, mais sur le temps passé à se rendre des services mutuels. On se dotera d’une petite éolienne pour se passer de l’énergie étatique ou capitaliste ; le véhicule commun pourra être alimenté par un gazogène… Donc ou pourra vivre sainement, de façon peu gourmande en énergie, en mangeant bio…
L’idée générale, c’est de procéder à partir de la base et dans l’action directe de la construction d’une contre société, d’anarcho-structures. On reste donc dans le système mais on le sape de l’intérieur au lieu de l’attaquer de front. Ainsi, peu à peu, on fera tomber ses deux critères essentiels de fonctionnement : le pognon et l’autorité verticalisée. Car ces petites structures sont fondées sur la coopération, l’échange mutuel et la démocratie à la base. Elles développent donc en douceur et par l’expérimentation dans la durée un contre-modèle de société ; on ne lutte pas de front contre le système, on l’érode, on le vide de contenu, on le remplace. Certes cela prendra du temps mais cela ne coûtera aucune vie.
Puis, contrairement à une certaine pensée anarchiste qui considère la société comme une collection d’associations de base quasiment juxtaposées sans direction commune, on visera à se fédérer de proche en proche de façon à généraliser le contre-modèle en l’organisant et en l’animant. Il ne s’agit pas de réformisme à la petite semaine, celui des syndicats institutionnalisés, mais de stratégie révolutionnaire de changement car tout pas en avant se fait sans perdre de vue la fin visée : une société démocratique, fédérative, associative et mutuelliste fondée sur la Justice.

Hugh, le grand Sachem Mac-Tron a parlé

Posté : 29 avril, 2019 @ 10:52 dans politique | Commentaires fermés

Je ne vais pas revenir en détail sur les annonces du Zident lors de sa séance de calumet de la paix avec les journaleux car il en a été abondamment parlé sur les étranges lucarnes et dans la presse. Je vais seulement en examiner les astuces et les apories. Rappelons que le tomawak a été enterré après une multitude pow-wow dans la France profonde.
Ce qui frappe en premier, c’est que le Zident semble avoir opéré une pause dans la mise en place de sa politique SLC, politique bien réelle et appliquée brutalement jusqu’à l’apparition des gilets Jaunes il y a près de 6 mois. Ce qui n’empêche pas les journaleux main-stream de dire après sa conférence de presse qu’ils n’y ont pas vu de vison ou de projet. C’est qu’il lui a fallu jeter du lest afin de calmer le jeu au moins jusqu’aux élections européennes le 26 mai en France. Le Zident s’est rendu compte que la marche forcée à tutti gambi ne favorisait pas son dessein : il fallait se rabibocher avec maints acteurs sociaux snobés et ignorés jusque là (collectivités locales, corps intermédiaires et syndicats, majorité de godillots commençant à ruer dans ses brancards) et apaiser la juste colère des Francaouis laissés en déshérence. Mais il ne s’agit que de stratégie car le Zident n’a en rien renoncé à son projet de « moderniser » le pays malgré lui. Et il l’a dit avec force. L’inflexion, en paroles qui volent, sert à gagner du temps et surtout à jouer sur le décalage qu’il y aura entre la sainte parole et les décisions d’application ; mais le bon peuple ne s’en apercevra qu’après et les élections auront eu lieu. Il s’agit aussi de pouvoir faire passer d’autres réformes dans un climat un peu plus serein, notamment celle sur les retraites, l’assurance-chômage, la proportionnelle et la baisse du nombre de représentants, etc. Bref, en réalité, ce n’est qu’un repli tactique.
Pour gagner les élections et calmer les oppositions, le Zident a lâché du pognon tout en étant fort peu disert et très flou sur comment seraient financées ses largesses. Ce qui apparaît nettement, c’est que ce largage de fric est soigneusement ciblé. Les classes moyennes, lourdement touchées par les fiscariotes précédant Mac-Tron et par lui-même dès qu’élu, vont avoir 5 milliards d’IRPP en moins. Et qu’auront les environ 50 % de foyers de contribuables qui ne paient pas d’impôts sur le revenu ? C’est comme les non-titulaires de la prime d’activité n’ayant pas un emploi suffisant et en-dessous du RMI. On observe aussi que l’aménagement prévu de la 1ère tranche d’IRPP n’est pas accompagné par une imposition plus importante des hautes tranches, ce qui aurait permis de financer l’abaissement de la 1ère. Non, le financement sera trouvé dans la suppression de niches fiscales des entreprises. Je doute qu’il en soit ainsi car on entend déjà les hurlements du patronat qui sent le crédit impôt recherche (6 milliards) visé. Ce serait pourtant bien car le contenu des recherches est défini de façon à y mettre n’importe quoi et à aider toutes les boîtes, même celles qui n’exportent pas. De façon générale, l’annonce fait a marri car elle est floue et ne répond guère à la demande des justice fiscale (par exemple avec une baisse de la TVA sur les produits de nécessité) exprimée par les Gilets jaunes et les Francaouis.
Le Zident avait matraqué les retraités, population qui vote souvent et en masse et surtout qui vote bien. Pas bon, ça pour avoir des électeurs en mai 2019. D’où un mouvement de mise en marche arrière (déjà sur la CSG diminuée pour les petites retraites) sur la prise en compte de l’inflation : ce sera fait au 1er janvier 2020 (année des municipales) pour les retraites inférieures à 1200 euros nets et 2021 pour les autres (c’est plus prudent car avoir deux taux de revalorisation aurait été sans doute anticonstitutionnel). Et, les pauvres retraités ayant eu une carrière complète se voient promettre 1 000 euros par mois comme minimum. Et les autres ? On ne récompense donc que le vrai travailleur, les autres sont sans doute maintenus dans le minimum vieillesse. On doit souligner que le retour à l’indexation
s sur les prix était déjà programmé mais une année plus tard… c’est comme le paiement des pensions alimentaires qui est déjà dans la loi. Voilà comment on fait du neuf avec d vieux et « en même temps ». En parallèle, on note que l’inflation en 2019, prévue à 1,5 %, est subitement passée à 1,1. Faisons confiance au gouvernement pour accommoder ces chiffres afin de maintenir le pouvoir d’achat, chose du reste oubliée dans le discours présidentiel. Le Zident ne dit pas non plus comment il va faire pour ne pas augmenter le déficit budgétaire malgré la promesse de ne pas supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Gageons qu’une fois la colère populaire passée les impôts seront augmentés pour combler les trous. Il faut laisser « du temps au temps », disait le francisquain Tonton.
La promesse jusqu’en 2022 (curieuse cette date qui coïncide avec la fin du quinquennat) de ne fermer aucun service public (hôpitaux, écoles…) est à préciser car rien n’empêche alors de fermer des classes et des services hospitaliers… il nous faut donc attendre les actes et décisions en la matière. Une maison des services publics par canton, ce n’est pas à négliger mais cela existe déjà à l’initiative de certaines collectivités locales ou régions ; quelle imagination ! la promesse du maintien à 62 ans de l’âge de départ à la retraite relève des gascons car ce qui compte, c’est le taux de remplacement, lequel sera manipulé par la durée de cotisations, sans doute avec décote et surcote et par la fixation de la valeur du point par le seul gouvernement alors muni des pleins pouvoirs par la réforme envisagée de la retraite par points.
On a d’autres cerises savamment saupoudrées sur le gâteau afin de séduire et faire taire les oppositions ou pour voler des électeurs aux autres partis. La proportionnelle (demande de la FI et du RN) serait passée de 15 % à 20) et on ne diminuerait le nombre de représentants que de 25 % au lieu de 30. Mais pas de RIC, seulement des RIL et un droit de pétition plus un adoucissement du RIP de Tsarko qui avait été calculé pour être rendu impossible… La demande des GJ ne saurait être admise par un pouvoir central monopoliste des décisions. De plus, c’était déjà dans le projet constitutionnel de Mac-Tron. Il se sert donc des GJ pour faire passer une réforme qui coinçait. Pour complaire à la droite de la droite, Mac-Tron a glorifié les frontières, critiqué Schengen et promis de travailler la question de l’immigration.
L’écologie est reportée à demain mais elle sera défendue par une assemblée citoyenne conjointe avec le CESE et un haut conseil de l’écologie qui rejoindra les 60 « comités Théodule » qui existent déjà en la matière. Vive la procrastination pendant laquelle la chasse et la diversité sont réunies sous la houlette des chasseurs. On n’a pas eu droit à grand-chose sur l’Europe, les interventions militaires et les relations extérieures. C’est que c’est le domaine réservé du Zident, en dehors de tout débat parlementaire et que les GJ n‘en n’ont pas parlé.
Waouh… le nez de Pinocchio s’allonge.

De la démagogie macronienne : la suppression de l’ENA

Posté : 19 avril, 2019 @ 11:00 dans politique | Commentaires fermés

La fuite des projets de Mac-Tron dans les médias, sans doute organisée aux fins de ballons d’essai, nous apprend que le malhomme voudrait supprimer l’ENA. C’est de la démagogie en forme de métonymie car on prend alors le symbole pour le système. Car les vrais problèmes sont celui de la construction même du système scolaire en France et le système des grands corps d’Etat qui sévissent dans ce pays centralisé, hiérarchique et autoritaire à base de « noblesse d’Etat » et « d’héritiers ». Le problème est celui de la formation et de la reproduction des « élites », de la réalité de l’égalité des chances dans un régime méritocratique en apparence mais hyper sélectif en réalité ; à quoi s’ajoute évidemment le caractère monopolistique de la détention du pouvoir par une classe dirigeante quasiment inamovible. La Grande-Bretagne n’a pas d’ENA et pourtant c’est toujours la même classe sociale qui est aux manettes via Eton puis Oxford et Cambridge.
Voyons en premier les effets plus que néfastes du système des grands corps d’Etat. Ils dirigent tout, ils forment des corporations fermées, ils excipent de leur parcours méritocratique pour prétendre détenir la légitimité de commander et décider, ils sont organisés en réseau d’influence, ils sont hiérarchisés et pratiquent un exercice du pouvoir vertical et descendant. Ils sont formatés par la même logique, technicienne et idéologique qui leur fait croire (ce à quoi ils adhèrent volontiers car c’est la source de leur pouvoir) qu’ils ont toujours raison y compris contre le bon sens. Clemenceau disait : si vous voulez que l’Allemagne perde la guerre, donnez-lui une école polytechnique ; Proudhon racontait l’anecdote suivante : un X-ponts avait construit un pont sur la Saône si bas que les péniches ne pouvaient plus passer dessous ; les bateliers se plaignirent mais l’ingénieur leur répondit : les ponts, c’est fait pour passer dessus, pas dessous. Autre anecdote : les ingénieurs d’EDF, dans les années 50, avaient construit une ligne à haute tension au-dessus des vignes en espalier de la région de Bordeaux (vignes taillées verticalement et étendues sur des fils de fer et malheureusement parallèles à la ligne) ; les viticulteurs recevaient des décharges électriques par temps d’orage et dues aux courants induits par la ligne ; ils se plaignirent et la réponse des grands ingénieurs fut : vous n’avez qu’à planter ou replanter vos vignes perpendiculairement à la ligne. Belle réponse quand on sait qu’une vigne ne fait du bon vin qu’après 40 ans. Ces grands corps sont à l’origine d’une technostructure omnisciente et omnipotente. Et le pire est qu’il suffit d’en être diplômé pour que dès la sortie de la grande école la carrière soit déterminée en fonction du classement de sortie. A quoi s’ajoute naturellement le réseau des anciens pour pousser soi-disant les plus méritants mais en fait ceux qui ont les meilleures relations et ceux qui sont dans la ligne et obéissent sagement au pouvoir. C’est du reste la principale cause du manque d’innovation dans notre pays. Et cela correspond parfaitement à une conception en quelque sorte néolithique de l’exercice du pouvoir : c’est celui qui a le plus gros Massu qui commande. Par l’effet du réseau et de la diplômite méritocratique (je sais, j’ai ahané pour étudier, je fais partie des meilleurs, donc j’ai le droit de diriger), il est très facile d’installer une classe dirigeante monopoliste qui s’incruste dans tous les rouages de l’Etat et envahit l’espace politique. D’où la présence des énarques à tous les leviers du pouvoir. La chose est aggravée par les « portes tournantes » entre le privé et le public (pantouflage dans les deux sens) et par le jacobinisme indécrottable des dirigeants francouis. Solution : casser les grands corps et n’admettre aux plus hautes fonctions que ceux qui ont prouvé leur valeur dans une longue expérience de terrain (comme en Allemagne). Problème : Mac-Tron n’en veut certainement pas car il a besoin pour son impérium vertical et jupitérien du relais de grands fonctionnaires obéissants et à son service. En outre, comme il en vient, il croit que le savoir théorique et gestionnaire vaut plus que la pratique.
En ce qui concerne le système scolaire tout est organisé pour la reproduction sociale et culturelle des élites issues de la classe dirigeante, tant dans le privé que dans le public. Le contenu des enseignements correspond à celui détenu par la classe bourgeoise. Il y a une relation biunivoque entre ce contenu et celui nécessaire à l’occupation des fonctions de direction, notamment avec l’emprise des mathématiques comme voie royale. Blanquer prétend casser cela avec ses options (12 au lieu des filières S, L, ES…) offrant soi-disant une liberté de choix aux élèves dès la seconde. Ce qui suppose qu’à 15/16 ans, l’élève sait ce qu’il veut faire comme profession et études supérieures et qu’il ne subit pas l’influence des parents et de son milieu. Or les professions sont évaluées socialement et c’est leur bonne appréciation qui attire les candidats et détermine la filière de scolarité adéquate. De plus, l’enseignement supérieur est construit de façon à privilégier les bonnes filières vers les bonnes professions. Du reste, on apprend que 70 % des élèves touchés par la réforme à la prochaine rentrée ont choisi l’option Math ! Blanquer, c’est la liberté libérale sans déterminations ; c’est aussi le clivage accentué de l’éducation nationale entre les filières d’élite et de reproduction sociale et le reste très majoritaire et bon à former de futurs smicards très cultivés.
Le système d’orientation et de sélection fait que la sélection des primus inter pares s’opère très tôt et dans la bonne direction ; à cette fin l’existence de deux systèmes, privé et public, de formation est une aubaine pour une sélection soit par l’argent soit par une bonne information sur les bonnes filières. La filière technique, comme le travail manuel, est méprisée et sert d’espace de relégation. La plupart des parents ne disposent pas des codes pour choisir les bonnes filières et limitent leurs ambitions à ce qui est possible pour leur classe sociale. Rappelons que l’essentiel des énarques est passé d’abord par Sciences Po, l’ENA n’étant que le couronnement d’un long processus antérieur de sélection
Les moyens d’égalisation des chances sont indigents. De moins en moins de pensionnats pour les élèves des zones rurales, plus de salles d’études où les élèves faisaient « en même temps » leurs devoirs sans l’aide des parents ou de tuteurs, pauvreté des bibliothèques, des pédagothèques et des moyens modernes de formation, faiblesse des bourses, hausse des frais de scolarité à l’université, manque de cités universitaires assurant le logement et la nourriture, misère des universités, splendeur des grandes écoles où souvent les élèves sont payés ou voient leurs parents payer des sommes astronomiques pour la formation de leurs rejetons. Très grandes inégalités entre lieux d’enseignement assorties de tripatouillages contre la carte scolaire via les bonnes options, notamment en langue étrangère. Pas de salles de réunion pour les enseignants, pas de bureau dans l’école. Pas de répétiteurs et d’animateurs, peu de pions, plus ou presque de médecine scolaire… Mauvaises passerelles entre filières pour changer d’orientation, peu de rattrapages possibles sauf les antédiluviens cours par correspondance et la maigre promotion sociale (dont FPC où les dotations en temps ont été remplacées par une ridicule enveloppe financière de 500 euros par ans) par le CNAM ou l’AFPA, du reste à l’abandon. C’est que tout cela, madame Bouzigues, a un coût.
Les méthodes pédagogiques encouragent la reproduction sociale des façons de penser car elles sont fondées, encore et encore, sur le « modèle et l’écart » : le maître transmet le modèle d’en-haut à des élèves assis en rangs d’oignon et par des examens ou tests vérifie qu’ils restituent bien le modèle. Pas de pédagogie moderne : travail en groupe, débats, pédagogie de la découverte… Peu d’outils modernes d’acquisition des contenus : simulation, jeux de rôle, méthode des cas… Rôle de l’enseignant de transmission de sa seule discipline, en solo avec une pédagogie descendante et autoritaire. Evaluation fondée sur la stigmatisation par des notes punitives au lieu de l’encouragement et de l’aide par une évaluation de mesure des progrès et de facilitation de la motivation.
De plus en plus, la formation délaisse la culture générale d’adaptation et de compréhension au profit de l’opératoire et de l’instrumental directement applicable dans les boîtes. Rappelons qu’autrefois l’Education nationale donnait les fondements et les entreprises fournissaient la formation professionnelle ; mais c’était une charge insupportable vis-à-vis de la concurrence étrangère… EDF, par exemple, a zigouillé tout son système de formation interne, à commencer par ses écoles de métiers et ses centres de formation de l’encadrement.
Bref, tout cela se voit dans les comparaisons internationales où la France se distingue par sa dégringolade en moyenne, par le maintien d’un bon niveau pour « les meilleurs » et par les inégalités. Le seul bon correctif apporté actuellement est la promotion de l’enseignement primaire car, effectivement, les jeux sont joués essentiellement dans le bas-âge, notamment au niveau du langage et des premiers fondamentaux de la formation. Alors, de la fin de l’ENA (qui des autres grandes écoles, ces séminaires de l’aristocratie ?) on s’en bat l’œil. La classe dirigeante trouvera un autre moyen de se reproduire toute seule. C’est cela la démagogie : essayer de faire plaisir aux mécontents sans avoir étudié les causes profondes des problèmes en propulsant un bilboquet symbolique dans le débat en espérant qu’il n’aura pas lieu.

Notre-Dame ; suite du barnum zidentiel

Posté : 17 avril, 2019 @ 10:44 dans politique | Commentaires fermés

Le conseil des sinistres se réunit ce matin pour examiner les problèmes suscités par l’incendie de N-D de Paris ; cela vaut bien une messe. On se demande ce qui va sortir de cet aréopage d’incompétents ; ce n’est pas parce que l’on se met à plusieurs pour pondre de la bouse que ce n’en est point : on a seulement davantage.
Hier, le Zident nous a gratifié d’une homélie en forme de prêchi-prêcha sur la pauvre N-D. il en a profité pour en appeler à l’union sacrée et reporter ses mesures post-grand débat. Et il a dit qu’il voulait que N-D soit restaurée en 5 ans, soit pour les jeux olympiques de 2024. Plutôt son jeu olympien et politicien. Cela illustre à merveille les fantasmes de toute-puissance de l’empereur qui veut tout diriger à partir de son beau bureau lambrissé et doré de l’Elysée et cela avant même que les vrais experts se soient prononcés sur l’ampleur de la restauration, les moyens à mettre en place, les délais possibles de réalisation. Les volitions et l’imaginaire zidentiels remplacent les études sérieuses ; il n’y a qu’à, il faut qu’on, on doit. C’est de la pensée magique issue d’un gourou, d’un grand sorcier blanc. On apprend en parallèle que la douairière Trognon est une fervente catholique malgré ses amours avec un collégien de 24 ans de moins (16 ans, donc mineur) et son divorce. Qu’en pensent le pape et les sous-papes ? M. Nunez, flicard en sous-chef, continue de pérorer du haut de sa compétence en monuments historiques. Mais le pouvoir cache discrètement la pauvreté radicale des moyens alloués aux bâtiments historiques : 1,5 milliards par an, ce qui fait que pour les restaurer ou entretenir on est toujours dans le bricolage et la recherche du moins-disant. On apprend que les anciens s’étaient bien gardés de mettre de l’électricité dans les combles de N-D ; las, on y a installé 3 ascenseurs pour réparer la flèche ! On sait aussi que maintes entreprises intervenaient, ce qui laisse augurer des problèmes de coordination et de sous-traitance.
Donc, l’annonce des réflexions du zident a été reportée sine die ; tant mieux car ce qui en a fuité a fait que cette annonce a marri. Il est question de ne pas appliquer au 1/1/2020 la non-indexation des retraites pour les pensions de moins de 2 000 euros mensuels ; je doute que la mesure soit constitutionnelle car elle viole les principes d’égalité de traitement et d’universalité. On créerait 2 nouvelle tranches d’IRPP (5 et 10 % alors que la 1ère actuelle est à 14) afin d’alléger l’impôt des classes moyennes (en fait les petites) mais en supprimant des niches fiscales diminuant celui des classes moyennes aisées. On voit bien là l’esprit du fiscariote qui, pour ne rien changer à l’injustice fiscale, déshabille Pierre pour vêtir Paul. On fera une étude sur l’ISF. Puis il y a des cerises sur le gâteau afin de contenter telle ou telle fraction de la population ; par exemple, il y aura un fonds de versement des pensions issues d’un divorce et non payées. C’est toujours du diviser pour régner en isolant les mécontentements les uns des autres avec quelques carottes fiscales ou sociales soigneusement ciblées. Le Zident s’engagerait à ne pas supprimer d’hôpitaux et d’écoles ou de services publics pendant le reste de son mandat. Cela empêcherait-il la suppression de classes, de trains, de services hospitaliers dont le kiki est serré par la tarification à l’activité en même temps que le pouvoir (ONDAM annuelle) diminue régulièrement le tarif des actes ce qui pousse à les multiplier ? Cela fait quelque peu : après moi, le déluge ! Tout cela, c’est du pipi de chat qui ne touche en aucune façon aux problèmes fondamentaux du pays, ni la ligne politique de l’offre en faveur du SLC.
Et pour abaisser le populisme anti énarchique, le Zident envisagerait de supprimer l’ENA et l’école nationale de la magistrature tout en maintenant la méritocratie dans l’é=accès aux hautes fonctions publiques. Las, il ne s’agit pas seulement d’un problème d’école à accès par concours. Il s’agit de la reproduction de la caste dirigeante qui existe partout même sans ENA et Grandes Ecoles (« ces séminaires de l’aristocratie »), par exemple chez les Gybbies ou aux USA ; cela se fait par le contenu des enseignements, le mode de sélection, les frais de scolarité, la profusion d’écoles privées coûteuses, les réseaux de relation, l’absence de passerelles de rattrapage, le milieu culturel des parents (celui sur lequel on fait la sélection soi-disant neutre)… le Zident est favorable au RIC à condition qu’il soit local. Il propose de revoir le niveau de proportionnelle à introduire lors des élections législatives. Le CESE ne serait pas supprimé mais associé à une « assemblée citoyenne ». Et tout cela ne modifierait en rien le caractère monarchique de la Vème ripoublique, ni l’inféodation de la corporation politicienne au SLC. Il faut que pas grand-chose ne change pour que tout change est la nouvelle devise du prince de S’ALIGNA sur le SLC. Il est peu probable que cela fasse disparaître le mécontentement des Francaouis opposés au SLC, soit 80 % de la population. Il n’y a pas qu’en architecture que le Zident bricole des rustines et des emplâtres sur les jambes de bois.

De la catastrophe de Notre-Dame et du SLC

Posté : 16 avril, 2019 @ 10:58 dans politique | Commentaires fermés

L’incendie de Notre-Dame a eu énormément de conséquences et pas seulement sur le monument. Il a forcé le Zident à reporter son discours télévisé aux calendes grecques car le malhomme, en tant que politicard et communicant, a vite compris que ses annonces en forme de pet de souris ne feraient pas le poids vis-à-vis du désastre. Mais il a pigé aussi que cela lui permettait de reprendre le refrain du rassemblement national devant l’adversité, priant en creux les Gilets jaunes de s’y rallier. Adieu le pouvoir d’achat, l’injustice fiscale, la démocratie en peau de lapin et le RIC, soyons unis pour réparer les dégâts causés à la cathédrale et à la nation.
On a vu aussi tous les politicards, et cela à l’échelle de la planète occidentale, se précipiter sur l’événement et afficher leur compassion. Comme d’habitude, la concurrence entre les chaînes d’information en continu a été féroce et les « personnalités » se sont précipitées pour commenter le désastre. Au passage, on remarque la discrétion des pompiers, tout occupés à sauver le monument au lieu de pérorer et la mise sur le pavois de la maison poulaga habilitée à faire des commentaires éclairés en tant qu’experts des incendies et de l’évaluation des destructions. On attribue une mention spéciale à Laurent Nunez, vice-ministre de l’intérieur, qui s’est, comme la place Beauvau, la bien nommée exprimé d’abondance. On aperçoit là les priorités gouvernementales: l’ordre policier bien avant le courage des pompiers, la communication au-dessus du travail bien fait. Le Zident et la douairière Trognon se sont rendus sur les lieux car, naturellement, leur absence aurait fait désordre.
Une information judiciaire a été aussitôt ouverte ; on peut forger l’hypothèse qu’elle débouchera sur la mise en cause de lampistes. En effet, cet incendie est le symbole même de la France dirigée façon SLC : il y a une analogie entre le feu qui couvait depuis des années chez les petites classes moyennes et la flamme survenue sans prévenir des Gilets Jaunes. Il y a ressemblance entre le feu qui a sûrement couvé pendant des heures et l’alarme donnée à 18h50 ; ce qui na pas empêché les commentateurs de tous parler d’une déclaration de l’incendie à cette heure précise. Objection : ce qui a été vu ce n’est pas l’heure de départ de la catastrophe mais l’heure à laquelle on s’en est aperçu car il s’y est alors révélée ! C’est donc bien comme la révolte sourde desdites classes moyennes pressurées (et non pressurisées comme on lit souvent dans la presse) depuis longtemps et subitement déclarée à cause des prix du carburant.
Bien au-delà des potentiels lampistes, il convient de s’interroger sur la chaîne des décisions qui ont amené le malheur. Ce que, évidemment, les autorités ne feront pas afin de protéger le régime bananier qui nous gouverne depuis des lustres et d’échapper à leurs responsabilités comme n’importe quel dirigeant d’AZF ou de France-Télécom surpris par une « mode des suicides » dans la boîte. Il faut aussi se souvenir de la perte radicale des compétences dans notre pays, perte montrée par les tricheries de feu Creusot-Loire et le chantier du super-générateur de Flamanvile. Je demande donc ici solennellement les choses suivantes :
*quelle est l’architecture de la chaîne de commandement et d’intervention dans les travaux de réparation de la cathédrale ? Qui, quelles boîtes, articulées comment, suivant quel partage entre le privé et le public.
*y a-t-il une cascade de sous-traitants, laquelle, lesquels, Quelles sont leurs compétences techniques et opérationnelles ? Comment se fait leur coordination ?
* sur quelle base et sur quels critères de décision (le minimum de coût ? la durée des travaux ? la qualité des intervenants ?) ont été choisis les opérateurs et le maitre d’œuvre, le maître de chantier ? Comment se faisait le contrôle des travaux (qui, quand, à quel rythme…).
*y a-t-il des ouvriers à temps partiel, des intérimaires, des « travailleurs détachés », voire même des clandestins ? Payés comment ?
Les réponses claires et rapides à ces questions de bons sens permettront de lever les incertitudes, dont la principale est : a-t-on organisé les travaux à l’économie, au moins-disant, ce qui est la logique même du SLC qui ne fait que prospérer en France, notamment sous l’égide du Zident Mac-Tron… C’est trop demander à nos chers (au sens de coûteux) dirigeants ? Sans réponses, on devra constater l’omerta des pouvoirs publics, omerta alors proche de celle qu’on voit en Chine.

Manipulations et palinodies du « grand débat »

Posté : 11 avril, 2019 @ 3:36 dans politique | Commentaires fermés

Le premier sinistre vient de nous informer des premiers résultats du grand débat : assemblées, cahiers de doléances, panels de citoyens tirés au sort et surtout consultation sur internet. N’ayant pas encore toute l’information nécessaire à une évaluation correcte de cette imposture (ce qui a fait que les GJs ont refusé d’y participer et ont construit leur propre système d’information : assemblée des assemblées te « le vrai débat »), je vais me concentrer sur la consultation informatique.
Les thuriféraires de Mac-Tron nous disent que les Français se sont massivement exprimés sur la WEB. C’est une nouvelle escroquerie. Il y a eu environ 1,5 million de propositions mais on sait qu’elles émanent de seulement 500 000 personnes qui ont donc transmis plusieurs idées chacune. 500 000 gugusses, c’est à rapprocher du corps électoral qui est de 47 millions de personnes. C’est donc une participation riquiqui. Des enquêteurs hors sphère macroniste ont tenté de savoir le profil de ces participants. Eh bien, c’est fort loin d’être représentatif des Francaouis. Il s’agit très majoritairement de gens mûrs et âgés, disposant de revenus aisés et de temps libre (des retraités), sachant se servir du Net, urbains et plutôt de villes assez grosses, plutôt des hommes. Et c’est ce panel biaisé qui nous est donné comme porteur légitime des idées de changement ! Un centurion commandait un manipule, un politicard macronien est une crapule.
Rappelons que le questionnaire sur internet était particulièrement fermé et donc n’autorisait pas de grandes prises de position innovantes et surtout formant un système transversal et multi sujets à mettre en relation dans une perspective d’ensemble. Les thèmes étaient saucissonnés de façon à occulter le vrai problème : celui de l’emprise totale du SLC et de l’UE ordo-libérale sur la situation et la politique française, mainmise qui empêche toute approche écologique sérieuse et toute lutte contre les inégalités et le chômage. Du reste, lors du début de restitution du débat par Edouard, on note la disparition du thème de la justice fiscale et du RIC. Etait exclue du débat l’épineuse question de l’immigration sur laquelle on nous ment depuis des décennies en ne nous parlant que de flux et jamais de stocks de populations dont la culture est clairement opposée au modèle français de séparation du religieux et du politique. Par ailleurs, le questionnaire mettait les participants en situation perverse de double contrainte en les forçant à dire à la fois leur envie de baisse de la fiscalité et le maintien des services publics en univers de combat contre les déficits publics. On observe sans surprise non plus que l’opération aura permis de mettre en relief la forte répugnance des exprimés contre « l’assistanat » ; ce qui est évidemment une façon de dresser les populations les unes contre les autres afin de diviser pour régner.
La restitution en cours fait apparaître une forte convergence entre les idées macroniennes (proportionnelle, baisse de impôts, lutte contre l’énarchie…) et les idées des participants ; cela n’a rien d’étonnant puisque ce sont ses partisans qui n’ont pas craché pas dans la soupe du grand débat. C’est bien joué : Mac-Tron gagné du temps et semble avoir fait adopter sa ligne politique SLC par les francaouis. Faux, seulement par ceux qui lui sont favorables… Mais ce ne sera qu’une victoire à la Pyrrhus car aucun des problèmes de fond n’aura été réglé. Mal creusé, jeune Top (modèle).

Nos amis chinois

Posté : 29 mars, 2019 @ 11:23 dans politique | Commentaires fermés

La tournée en Europe du président chinois inamovible pour vendre sa nouvelle « route de la soie » (créer des infrastructures pour y faire transiter les marchandises chinoises dans le monde) vient de s’achever. Cela a encore montré la division de l’UE malgré le soutien de façade de Juncker et de Merkel à Mac-Tron, ; la demande mac-tronienne était pourtant fort limitée puisqu’il ne s’agissait que d’obtenir la réciprocité chinoise dans les appels d’offre.
Le commerce international avec la Chine a été une catastrophe pour les peuples occidentaux, calamité pourtant couronnée par son admission à l’OMC. La Chine n’applique en réalité aucune des règles d’un juste commerce : dumping (acier, cellules photovoltaïques…), contrefaçon, tromperies sur la marchandise souvent frelatée, non-observation des normes de sécurité et de santé, espionnage industriel industrialisé, copie et vol de brevets, pêche illégale, trafic d’ivoire et de cornes de rhinocéros, subventions et interventions étatiques (en fait du parti car toutes les entreprises chinoises lui sont soumises. Elle profite de ses réserves de change (acquises surtout auprès des USA qui sont ses premiers importateurs ; payées en dollars, ce qui fait que les USA se foutent du déficit commercial) pour faire des prêts aux pays nécessiteux (notamment pour les infrastructures de la route de la soie). Ou pour acquérir des terres au détriment des populations locales avec la complicité des gouvernements qui les leur cèdent. Les pays qui s’endettent ne voient que trop tard que la Chine use de la vielle arme fatale : la dette vous fait tenir par les « corones » et, qui plus est, les contrats chinois prévoient qu’en cas de défaut de paiement les infrastructures créées deviennent leur propriété. La dette, comme l’a montré Graeber est la cause de l’esclavage, de la domination et souvent du colonialisme. Cela fait déjà de très bonnes raisons de ne pas s’ouvrir aux sirènes commerciales chinoises.
Il y en a d’autres. Un industriel étranger ne peut investir en Chine que s’il a un associé chinois. Cela produit maintes fois la mésaventure suivante : l’associé chinois copie la technologie et les brevets, crée sa propre entreprise et accuse alors son partenaire de concurrence déloyale ; celui-ci est rapidement spolié car les tribunaux chinois sont naturellement au service du parti qui a favorisé ce genre d’arnaques. Et pourtant nombre de gros industriels européens (Siemens, Airbus qui vient de vendre 300 avions mais 290 seront montés en Chine, EDF) sont allés en Chine et ont été récompensés par le vol pur et simple de leur technologie. Pour une vente à court terme, ils ont permis qu’à long terme la Chine produise elle-même et se mette à les concurrencer sur leurs propres marchés ! Et voilà maintenant que la Chine s’arme à mort, s’empare d’ilots afin de régner dans la mer de Chine. C’est clairement une stratégie de puissance que mène le nouvel empereur de Chine. En outre, n’oublions pas que la Chine est un Etat-parti non démocratique, policier et fort peu partisan du respect des droits de l’homme et des populations minoritaires. Il appert de ce tableau que s’il y a un pays avec lequel il ne faut pas traiter, c’est bel et bien la Chine. Or cela a été fait par les Occidentaux et cela continue alors qu’il faudrait se garder des prétentions de la Chine. Pourquoi donc ?
• Les Occidentaux y ont vu l’émergence d’un grand marché où fourguer bagnoles et machines-outils allemandes, produits technologiques sophistiqués, excédents comme dans le plan Marshall ; ils s’y sont précipité avec comme logique celle du court terme et de la rentabilité immédiate.
• Bien plus, ils y vont vu un espace de production low cost, soit pour des achats, soit pour des délocalisations afin de contrer toute augmentation des salaires, tout progrès du droit social ; de plus on pouvait s’y décharger des déchets et y produire en se fichant des normes et des dégâts à l’environnement. La paix sociale y était assurée par une répression immédiate et l’absence de syndicats indépendants. On pouvait donc y pratiquer tout ce que les standards occidentaux et démocratiques interdisaient en Europe, aux USA et ailleurs.
• Produire et acheter à bas prix en Chine permettait surtout de redonner du pouvoir d’achat en dépit de la compression des salaires due à la mise en concurrence des peuples occidentaux et chinois.
• Enfin, c’était un moyen de croissance sans les inconvénients dans les pays occidentaux ; or la croissance est le deus ex machina pour clamer les populations européennes out en conservant les inégalités de répartition vu que la taille du gâteau augmentait sans modifier les parts de chacun.
• Et nos stratèges pensaient conserver le monopole des innovations technologiques et des productions à forte valeur ajoutée. Las, par la copie, la fraude, l’obligation d’un partenaire chinois, les Occidentaux se sont fait rattraper à très grande vitesse et la Chine est sans doute devenue par la première puissance mondiale et dispose d’un outil de production en avance dans bien des domaines tout en produisant à moindre coût.
Nos excellences n’ont toujours pas compris que la concurrence commerciale mondialisée amenait la compétition internationale entre pays et que pour s’en dépatouiller sans détruire la planète il fallait un protectionnisme raisonnable et un pouvoir politique fort pour pouvoir intervenir. Ce que font du reste et notamment la Chine et les USA… Il faut en revenir à « l’équilibre des puissances » (traité de Westphalie en 1948 puis de 1815), ce qui suppose une Europe politique puissante, fédérale et démocratique. Allo Mac-Tron ? Si non, cela fera comme avec les Mongols (Tamerlan, Gengis Khan) arrivés à pied par la Chine : ce sera alors la Chine qui viendra avec son impérialisme new look.

Mac-Tron est devenu le général Tapioca

Posté : 22 mars, 2019 @ 10:07 dans politique | Commentaires fermés

Par suite des exactions du 16 mars, Mac-Tron est revenu du pont d’Arcole présentement situé à La Mongie pour reprendre les rênes du pouvoir répressif. A la télé, sur toutes les chaînes nom tout à fait mérité et plein de sens) se fut un festival de violences passées en boucle et agrémentées de commentaires poussant à la défense de l’ordre public contre les casseurs, les black blocs, et les Gilets Jaunes accusés de complicité. Il fallait enfin assurer l’ordre, scrogneugneu pour la population apeurée par l’insécurité. Le préfet de police de Paris, son adjoint, le responsable des brigades mobiles sont tus les trois virés. Le préfet de police de la région de Bordeaux, M. Lallement, le bien nommé, doit reprendre en mains la police, des armes nouvelles sont données aux « forces de l’ordre » (sic, il faut dire membres des forces de l’ordre), il est préconisé désormais d’aller au contact et d’arrêter les trublions manu militari. Les manifestations dans les lieux choisis par le pouvoir sont interdites et les sanctions pour violation triplées. La justice des procureurs aux ordres est priée de sanctionner au mieux. Et, ô innovation, l’armée doit garder les monuments publics. On sanctionnera durement les propos des Gilets Jaunes accusés d’attiser le feu.
Notre pauvre pays rejoint les rangs des vraies démocraties ; nous avons désormais l’armée pour maintenir l’ordre à l’instar du Venezuela, de l’Algérie et compagnie. Cela nous ramène au bon vieux temps où l’armée tirait à Fourmies (1891) contre les ouvriers, à Lyon contre les Canuts (1830), à Béziers contre les vignerons (1907) … Et alors même qu’il a déjà été prévu une énième loi anticasseurs donnant les pleins pouvoirs à l’administration. Maintenant le pouvoir peut interdire un quartier (les Champs Elysées ou à Nice), en attendant l’accès aux villes, aux ronds-points et finalement à tout espace public. Et « en même temps » on affirme qu’on ne touche en rien à la liberté constitutionnelle de manifester. Faut-il rappeler à nos excellences la différence entre un droit théorique et formel et un droit réel ? Car par des mesures administratives autorisées par les faiseurs de lois on peut facilement vider de son contenu concret ladite liberté de manifestation (et toutes les autres). Pourquoi ce raidissement sécuritaire-t-il lieu ?
• Il faut faire diversion pour qu’on oublie que le gouvernement actuel est une pétaudière où rien ne va plus : affaire Benalla et bisbilles Sénat-exécutif, cacophonies sur l’âge de départ à la retraite, sur le bonus/malus des CDD courts, concours Lépine des députés et ministres en matière de fiscalité, retour de la taxe carbone, continuation du bétonnage des sols, huile de palme pour Total, montée du mouvement de défense du climat, fermetures de maternité de proximité, hausse du prix des carburants …
• Le Zident croyait s’être refait la cerise avec le grand débat-barnum ; las, les vandales du 16 mars ont tout fichu par terre. Les Francaouis ont peur et il faut alors monter ses muscles.
• De façon générale, il faut attirer vers LAREM les électeurs de droite attachés à la sécurité afin de gagner les élections européennes du 26 mai.
• Comme le Zident sait qu’à l’issue du grand débat il n’aura à offrir au bon peuple que des roupies de sansonnet et des réformes en forme de pipi de chat, il faut qu’il renforce les forces de sécurité en prévision de mouvements sociaux de déception et de ressentiment ; montrer ses muscles suivant la méthode Benalla est une façon d’intimider préventivement les récalcitrants.
Tout cela est de la politique à l’ancienne qui montre que le pouvoir politique n’a rien perdu de sa nocivité depuis M. Thiers, Cavaignac, Mac Mahon, Bugeaud, Gallifet, Joxe, Clemenceau, auquel du reste se réfère M. Castagnette à l’instar de Vallse, l’anarcho-crypto franquiste. Mac-Tron n’a toujours pas compris que son monde SLC était en train de crever et qu’on n’arrête pas une révolution.

Mac-Tron est dans la seringue où il s’est lui-même mis

Posté : 18 mars, 2019 @ 11:30 dans politique | Commentaires fermés

C’est là que les Athéniens s’atteignirent, que les perses se percèrent, que les satrapes s’attrapèrent et que les croisés sautèrent par les fenêtres. C’est bientôt l’heure de vérité. Le Grand débat (GD) a montré son ambiguïté car dans les réunions menées et dans les cahiers de doléances, il s trouve que la participation est biaisée en faveur des retraités, des informatisés et des relativement aisés et disponibles. Les Gilets jaunes, de même que les « banlieues » en sont largement absents. Les commissions avec « citoyens » tirés au sort patinent faute d’assez de volontaires prêts à perdre 2 jours sans salaire ou disponibles ou intéressés. Les boîtes privées chargées de mouliner l’énorme matériau recueilli et souvent contradictoire peinent à élaborer une synthèse sous l’œil peu présent des 5 « garants ». En revanche, le Zident a bien réussi sa communication dans les séances régionales, non de débat, mais de questions-réponses. Il s’est refait la cerise dans les sondages. Mais par suite des cassages de samedi 16 mars, exactions dues au fait que les magasins des Champs Elyséens étaient peu protégés au profit des palais de la ripoublique, cela redescend. On est en droit de soupçonner que le pouvoir se sert des violences et dégradations pour bien se positionner en défenseur de l’ordre contre les sauvages en vue des élections ; c’est sans doute raté car visiblement la sécurité de tous n’est pas assurée.
Las, il va falloir opter, prendre des décisions, passer aux actes et c’est là que le bât blesse ; le Zident est pris en tenaille entre sa politique néolibérale SLC, les contraintes budgétaires imposées par die Grosse Kommission » de Bruxelles, les attentes des différentes populations du pays très loin d’être uni derrière le panache brun de Mac-Tron, les promesses de campagne, la philosophie politique du lider maximo d’obédience SLC. Voyons les apories de la situation dont il sera fort difficile de se dépêtrer.
1) Du GD apparaissent des lignes de force communes : ras-le-bol fiscal, justice fiscale, présence des services publics, pouvoir d’achat, démocratie plus participative. Ces lignes ont un gros défaut ; elles sont strictement contraires aux vues de la majorité législative installée au palais Bourbon et godillant après les consignes macroniennes.
2) La justice fiscale est impossible car la ligne Mac-Tron est fondée sur un maigre soutien aux plus pauvres, sur la détaxation des riches qui feraient ruisseler leur fric sur l’investissement et l’emploi, sur la réduction des retraites, sauf peut-être pour les plus petites, sur la taxation des seuls qui peuvent encore payer, à savoir les classes moyennes-moyennes et moyennes-supérieures, classes qui, en outre, n’ont droit à rien en dépit du principe d’universalité. Rappelons cependant que même les plus pauvres ne cessent de payer des impôts (TVA, TICE, électricité, gaz, eau etc.), que les fiscariotes de Bercy ont inventé depuis longtemps les taxes sur les taxes et même l’imposition d’un revenu qu’on ne touche pas (CSG). Par ailleurs, les dépenses contraintes et obligatoires n’ont cessé de progresser, de même que des obligations nouvelles (contrôle des véhicules, inspection des logements mis en vente…). Ce qui déjà a mis à mal le pouvoir d’achat avant Mac-Tron mais celui-ci en rajouté une bonne couche. Et de toute façon Mac-Tron, à supposer qu’il en ait l’intention, ne peut rien y changer car seules les classes moyennes susdites peuvent encore payer la mise du pays aux normes du SLC européen et mondial.
3) Depuis longtemps nos élites ont suivi une politique de compétitivité fondée sur la production à bas coût, via, notamment la permanente baisse des charges sur les bas salaires. Cela a créé un seuil de limitation des salaires afin de rester en dessous du fameux 1,6 SMIC, seuil difficile à franchir et diminuant l’échelle de progression dans les salaires. Cela a encouragé les boîtes à ne pas investir dans des techniques modernes (robots, par exemple) car il suffisait de mal payer le travail. En plus, c’était idiot de vouloir concurrencer les pays low cost sur leur terrain au lieu de faire de la qualité et de l’innovation (les seuls trucs qui marchent encore sont les produits de luxe, les AOP et les techniques avancées comme l’aéronautique, l’agro-alimentaire) ; d’où la désindustrialisation au profit de la Doryphorie. D’où le chômage, la flexibilité, le temps partiel et les contrats new look (intérim, CDD en tout genre) ; d’où la baisse du pouvoir d’achat. CQFD. Car les énarques n’avaient d’yeux que pour la fiance où ils pantouflent. Comme disait à peu près Proudhon : pour revaloriser les salaires il faut d’abord revaloriser le travail. Ce qui est contraire au type de capitalisme soutenu par notre nouvel empereur.
4) Le fiscariote est obligé d’obéir à Bruxelles et d’assurer l’équilibre budgétaire ; il ne peut « en même temps » donner du pognon de dingue et restaurer les services publics sur tout le territoire. Du reste, il est lui-même convaincu que le SLC doit tuer le secteur public au profit du privé, comme par exemple en vendant aéroport de Paris à ce dernier. Il en s’agit plus de gouvernement à des fins politiques mais de simple gouvernance fondée sur le calcul coûts/bénéfices à court terme.
5) L’écologie est rigoureusement incompatible avec le SLC ; or Mac-Tron n’a en vue que la croissance, l’accumulation, le fric. Las, un mouvement international est né pour sauver la planète. Il voit sans peine qu’on continue de bétonner (Europa City, Roybon, tunnel Lyon-Turin), de favoriser les exploitations agricoles polluantes et non respectueuses des animaux (projet de ferme cochonnière avec 6 000 bêtes à Ossun), de ne rien faire d sérieux contre les pesticides et les industries pétrolières et gazières, minières, bancaires qui les financent. Les gens, dont les jeunes, ont perçu le gap entre les discours écolos de Mac-Tron et les pratiques de sa gouvernance.
6) Mac-Tron a promis de restaurer un peu plus de démocratie, notamment en ne condamnant pas le RIC des Gilets jaunes. Ce sera du minimum syndical car on ne peut instaurer le SLC sans violer la démocratie ; le peuple n’en veut plus et a crié assez. Car il a vu que la technocratie de l’UE avançait en piétinant le vote ; par exemple celui contre le TCE en 2005. Du reste, la philosophie politique de l’UE, depuis ses débuts, c’est de fondre les pays dans le marché mondialisé, de tuer la politique et les nations alors que le politique n’existe que pour le bien commun démocratiquement défini. Mac-Tron va simplement profiter du GD pour faire passer ses projets de réforme auxquels le sénat a fait obstacle.
7) Mac-Tron a adopté la « stratégie du chaos » à partir duquel, de crise en crise, comme l’UE, la technocratie et les élites dirigeants peuvent rebondir pour aller encore plus loin par suite de la peur de l’inconnu et de l’insécurité.
Le GD ne débouchera donc sur rien de tangible et de neuf, ce qui ne fera qu’augmenter les tensions et le ressentiment. Mac-Tron a gagné un peu de temps avec son barnum. Mais, in fine, il se retrouvera comme une poule devant un couteau sans manche ni lame.

La momie Bouteflika dans la situation algérienne et Mac-Tron

Posté : 11 mars, 2019 @ 12:00 dans politique | Commentaires fermés

Le pouvoir algérien a eu le culot de présenter Boutef à un 5ème mandat présidentiel alors qu’il a perdu les pédales depuis 2013 par suite d’un AVC. Il ne faut pas se tromper sur le sens de cette combine qui est de gagner du temps au maximum. Pourquoi ? Pour garder le pouvoir détenu par une kleptocratie composée de politicards du FLN, de militaires, dont les redoutables services secrets et de renseignement, d’affairistes vivant de commandes publiques et de monopoles donnés par les dirigeants, de notables inféodés, de religieux chargés de contenir l’islamisme et de convertir la société aux bonnes mœurs. Et cela dure depuis l’indépendance obtenue en 1962. Le nerf de la guerre est la rente pétrolière et gazière, largement confisquée par la mafia au pouvoir, entamée par les affairistes et en partie redistribuée pour assurer la paix sociale. Depuis l’indépendance, cette rente maousse n’a aucunement été investie dans le développement industriel ou agricole du pays, d’où un taux de chômage fantastique touchant une population où près de 50 % de la population (43 millions) a moins de 30 ans. Jeunesse qui, en plus, est contrainte par les mentalités traditionnelles imposées par l’islamisation et l’arabisation du pays. Las, avec la chute du prix du gaz et du pétrole, le pouvoir ne peut plus faire cela encore longtemps car les réserves de change sont descendues de 200 milliards de dollars à 85. Et avec la crise mondiale, cela ne va pas s’arranger. Ce qui a contribué aussi à la paix sociale, c’est le besoin de sécurité après l’horrible période de terrorisme salafiste de la décennie 90. On n’ose pas trop non plus s’en prendre au FLN qui se drape en permanence dans le drapeau des martyrs de la guerre d’indépendance et dans la sécurité, notamment en agitant l’épouvantail d’une évolution à la syrienne. La France se fait toute petite de peur d’être accusée d’ingérence, d’en revenir à ses pulsions coloniales et parce que l’Algérie l’aide beaucoup à contenir l’expansion du terrorisme islamiste au Sahel. Cela ne l’empêche pas de soutenir le régime en lui achetant depuis toujours pétrole et gaz à un prix supérieur à celui du marché.
De façon générale, le climat est à l’explosion sociale pour toutes ces raisons plus, naturellement, une dictature soft (une « démocrature ») camouflée derrière des élections factices et largement truquées avec des scores de réélection des notables du FLN dignes des républiques bananières ou des dictatures bananières d’Amérique du Sud, africaines ou d’Asie centrale. Las, le pouvoir n’a pas encore de plan B et doit gagner du temps pour en trouver un ; d’où la mascarade Bouteflika (et pourquoi pas Flicka, chien fidèle ?). Sa dernière astuce est d’avancer la date des vacances pour les étudiants afin qu’ils décampent du plancher des universités ! Il leur faut du temps pour s’arranger entre membres de la nomenklatura occulte qui dirige le pays en tirant sur les ficelles de la marionnette Bouteflika. Car il s’agit d’un cartel de parts de marché, cartel par construction instable puisque truffé de rivalités pour le partage de la rente. Boutef n’est là que pour camoufler la réalité du pouvoir occulte et dévoué au culte et au pognon et sa mort politique pousse à un réaménagement du deal existant entre membres du cartel.
Je fais le pari qu’en fait Boutef est déjà mort, moribond ou complétement HS et, du reste, l’hôpital de Genève n’en dit rien au nom du prétendu secret médical. On nous a déjà fait le coup avec Franco, Tito, Staline…On comprend alors mieux la « naphta ligne » (axe du pétrole) pour garder Boutef dans la naphtaline. Cela ne pourra durer très longtemps et il est urgent que le pouvoir trouve un remplaçant crédible quoique toujours manipulable par les puissants cachés aux yeux du bon peuple de moins en moins crédule. Il est urgent aussi que les forces d’opposition aujourd’hui dispersées et se tirant la bourre (ce qui explique aussi l’immobilisme du régime dès ses débuts) se coordonnent, se fédèrent et se dotent d’un « programme commun ». Mais on ne peut faire de pronostic. Attention, la Chine est sûrement déjà en embuscade pour sortir les marrons du feu.
Pendant ce temps, Macron serre les miches per peur d’une guerre civile qui amènerait en France un flot d’émigrés considérable vu qu’il y a en Algérie plus de 200 000 binationaux ! La France qui a autorisé des flux massifs d’immigration algérienne pour remplir ses usines à bas coût, pour complaire au régime algérien de peur d’être accusée de racisme et pour compenser ses fautes coloniales, qui laisse des imams analphabètes (en français) venir d’Algérie s’occuper des croyants, qui a eu maille à partir avec le GIA, qui a toléré les faux mariages mixtes (des beurs déjà français avec des algériennes ou vice versa) voit là les conséquences à long terme de sa politique incontrôlée. Rappelons que pas moins de 4 présidents francouis ont avalisé le cinéma Boutef. On attend Mac-Tron au tournant. Un soutien timide se dessine ; par exemple, M. Griveaux a dit que la décision appartenait au peuple algérien. Façon subtile de soutenir le clan car ce malhomme ne saurait ignorer que les élections en Algérie ne sont qu’une mascarade pour redonner le pouvoir aux mêmes. Mes bien chers frères, prions.
Bouteflika a le cerveau en compote mais la France est-elle dans une situation si différente avec un jeune président dont la cervelle fonctionne en permanence avec un seul logiciel, à savoir les mantras du SLC über alles et quoiqu’il arrive ? Ne pas penser n’est pas si différent que de penser toujours la même chose n toutes circonstances. Le peuple ne soutient plus Boutef mais le peuple français ? On a eu la réponse : il ne s’agit que des 18,5 % d’inscrits qui ont voté mac-Tron en 2017 au premier tour des pestilentielles l’élection d’une chambre bleu horizon avec seulement 15 % des inscrits au premier tour des législatives. Le sémillant et Ultra Brite Mac-Tron n’est donc guère plus légitime que la grosse légume Bouteflika. Mac-Tron est un vieux phonographe la Voix de Son Maître qui passe toujours le même disque rayé. Sic transit gloria mundi.

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