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Universalisme et relativisme

Posté : 25 septembre, 2010 @ 11:58 dans politique | Commentaires fermés

Le postmodernisme nous a accoutumé à considérer que toutes les valeurs ont le même niveau, que les différences et le pluralisme des conceptions du monde et des groupements ou cultures étaient une bonne chose et qu’il n’y avait pas lieu d’établir la moindre hiérarchie entre les sociétés ou les groupes. Il ne fait que confirmer en cela le vieux libéralisme politique qui prône la libre expression de toute religion ou valeur ou conception du monde, l’Etat et le droit devant être neutres par rapport à elles. 

L’universalisme a le tort d’émaner de l’Occident. Il est largement contenu dans la déclaration des droits de l’homme de 1948, laquelle a eu le précédent de celle de 1789 en France.celle-ci n’a pas le monopole des droits de l’homme ; elle n’a que celui d’avoir eu la 1ère déclaration en leur faveur. D’où la honte  qui résulte des menées actuelles du pouvoir contre les Roms et autres immigrés. Peut-on dire que les droits de l’homme sont une création occidentale devenue en outre opposable aux autres pays, Que disent les droits de l’homme ? Simplement que la personne est sacrée dans ses droits à la vie, à la liberté, aux fruits de son travail, à l’éducation, à la santé, à sa propriété laborieuse, à l’égalité de considération. Y a-t-il une seule religion, révélée ou non, dont les principes s’y opposeraient ? Non. Ce qui les contredit, ce sont des textes et us culturels, des charias, des torahs, des décrets catholiques, des prescriptions hindoues sur les castes sociales innées, des pratiques bouddhistes, historiquement culturellement marqués et sans valeur dogmatique. 

Il y a donc bien une conscience universelle malgré la différence des cultures. De plus, au nom de quoi devrait-on admettre que le sacrifice des veuves, les castes, l’enfermement des femmes dans la burqa, l’excision des filles, le primat des « grands frères », les meurtres d’honneur, les mariages forcés à 12 ans ou après, etc. soient équivalents à leur contraire de libération des êtres en général et des femmes en particulier ? Au nom du respect des cultures et du droit à la différence des communautés ? Certes, on peut respecter les différences, mais rien n’empêche de les évaluer et de considérer que certaines sont inférieures à ce que les droits de l’homme et de la femme exigent dans une république démocratique et libérale. C’est pourquoi, le relativisme qui met toutes les cultures sur le même plan égalitaire, n’est pas recevable. Il y a bel et bien une hiérarchie des valeurs qui fait que la liberté et le respect de la dignité de chaque être humain, notamment, est supérieure à tous les commandements religieux ou autres qui la limitent aux us et coutumes d’une communauté. La substance du pacte sociopolitique, même réduite aux droits de l’homme, d’une vraie république impose ses valeurs fondamentales aux communautés qui y résident car elles sont supérieures, au plan politique et moral, à celles qui ne sont pas partagées et car certaines pratiques sont incompatibles avec elles. S’il n’y avait pas de général de niveau supérieur, alors ce pourrait être la guerre entre les sous-cultures prétendant toutes à la supériorité. L’Europe a connu ce drame lors des guerres de religion ; n’encourageons pas d’y revenir en laissant les particularismes opposés à l’universel envahir l’espace public. C’est pourtant ce que fait Gnafron 1er en favorisant l’UIOF (union islamique des organisations françaises) au sein du CFCM (centre français du culte musulman) ou en cirant les pompes du CRIF, organisme de plus en plus sioniste. 

Cela ne veut pas dire que les particularismes sont interdits ou empêchés de se manifester dans ledit espace public, seules sont proscrites les pratiques incompatibles avec les droits de l’homme et de la femme. Prenons l’exemple de ce type de Nantes,  polygame. Il n’en a pas le droit légal et la pratique est dure à coincer en cas de non-cohabitation des épouses et des enfants. Mais il y a eu des Imams qui visiblement ont violé la loi qui interdit les mariages religieux sans passer avant par le mariage civil. Ce sont ces gens-là qu’il faut sanctionner. De même, le voile, voire la burqa, n’ont pas à être exclus de la rue, Ce qu’il faut interdire, c’est leur usage forcé. Car elles percutent des valeurs républicaines qui vont au-delà des droits de l’homme. Ces derniers sont individuels et n’excluent en rien la progression des inégalités, le refus de la solidarité et la progression des curetons de tout poil contre la laïcité, c’est-à-dire la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions et autres conceptions du monde. La version libérale des droits de l’homme (qualifiée à juste titre de « droitdel’hommisme » cher à Couchner) ne dit rien sur les aspects collectifs de la vie sociale et ignore tout simplement l’exigence de justice que contient le cœur de chaque homme et que promeut toute organisation de défense contre l’emprise du libéralisme en tant que relavant « des aux glacées du calcul égoïste ». C’est au nom de l’égalité, de la solidarité, de la justice et de la laïcité que l’universalisme républicain s’oppose à la démocratie libérale qui ne fait que consacrer le primat de l’individu sur les solidarités sociales. 

L’universalisme a comme condition nécessaire le pluralisme ; ce n’est pas suffisant car le libéralisme capitaliste moderne montre bien un universalisme du pluralisme, c’est-à-dire de la juxtaposition de communautés et de groupements. Le pluralisme ne doit s’entende que comme droit à la différence pour autant que celle-ci ne nuise pas au socle commun de valeurs  qui unifient une communauté politique et qui forgent la citoyenneté commune. Mais il y a pire : les Etats islamiques et maintenant la revendication en Israël d’un Etat juif. Juif comment ? Au nom d’une race qui n’existe pas suivant les données de la biologie moderne ? Si l’on reste, d’ailleurs, dans les approches raciales périmées, il n’existe que des sémites, dont les Arabes font partie. Au nom d’une religion ? Ce serait rénover la notion d’Etat confessionnel à l’encontre du pluralisme et de la neutralité idéologique de l’Etat. Au nom de la sécurité des Juifs « de souche » comme chez n’importe quel Tsarkozy ? Ce serait renouer avec une politique d’apartheid. Au nom d’un messianisme religieux ? Ce serait ressusciter le pire de l’impérialisme colonialiste qui prétendait apporter aux sous-développés les Lumières de l’Occident. Le pluralisme n’est qu’une condition de l’universalisme, pas une contrainte. 

Pourquoi la culture occidentale moderne fait-elle autant de place au droit à la différence, au relativisme niant toute hiérarchie des valeurs ? C’est parce que le capitalisme, s’engouffrant dans les valeurs soixante-huitardes, a tout intérêt à favoriser la différenciation des individus et des groupes car cela lui sert à diviser pour régner. Quand les personnes ne s’occupent que d’elles, quand les communautés se raidissent sur elles-mêmes et critiquent les autres, alors personne ne s’occupe des choses communes, ce qui est la définition même du politique,  et encore moins des menées  du kapital financier ou autre. Pour ce faire, il accepte que l’universalisme n’existe pas et renvoie tout le monde dos à dos sans différences, sans contenu hiérarchique des valeurs. Car, pendant que chaque communauté défend son bout de gras, on oublie la justice et la solidarité en tant que valeurs essentielles de l’universalisme républicain. 

Il faut donc rester ferme sur l’universalisme au sens républicain du terme, ce qui ne veut pas dire que l’on ne respecte pas les cultures qui ne l’admettent pas. Cela signifie simplement que ces cultures sont tolérées, les choses étant ce qu’elles sont, mais qu’elles ne sont pas mises sur le même plan de valeur. Il convient à la fois de les respecter et de lutter en permanence pour la promotion de l’universalisme républicain, et pas seulement démocratique ou droitdel’hommiste, dans son contenu substantiel : liberté, égalité, solidarité, laïcité. Il importe d’empêcher le développement en Occident ou ailleurs de tout ce qui contrevient à cet universalisme. Mais est-ce un universalisme quand on constate tant de régimes sociopolitiques qui le nient en pratique ? A commencer par la quasi-totalité du monde musulman, hormis la Turquie. Certes, il ne s’agit pas de la « musulhumanité », si j’ose dire, mais des régimes totalitaires, Arabie saoudite ou Iran en tête, qui s’en servent pour faire régner l’ordre chez eux au profit de leurs potentats ou de leurs politicards. Oui, car nul ne peut être contre la liberté, la dignité, l’égalité, les droits sociaux, les doits politiques, les droits environnementaux. Ou alors il ne reste que l’universel du commerce international que la Chien totalitaire respecte aisément comme Pinochet ou Poutine. 

L’universalisme républicain n’est pas, contrairement à ce que voudrait l’impérialisme culturel français, un refus de la différence, ethnique, religieuse, culturelle au nom de l’indivisibilité et de l’absolutisme de l’Etat. Il accepte toutes les cultures qui ne nient pas le pacte fondamental qui le fonde. Ce qui veut dire que les citoyens adhèrent à u socle commun de valeurs républicaines mais que dans la société civile sont admises toutes les cultures qui le prennent comme référence de rang supérieur en vue de la cohésion sociale. Car il y a différents niveaux dans la vie sociétale : le domestique, le civil, l’économique, le politique. L’universalisme ne signifie que le registre politique est indifférent aux valeurs particulières résidant dans les autres sphères pour autant que celles-ci ne percutent pas le socle commun, à savoir celui établi par l’universalisme. Il a au contraire pour vocation de les protéger pour autant que les valeurs politiques de cohésion citoyenne soient respectées. C’est précisément ce que détruit Nicolae Sarkozescu. 

La mort programmée de la république démocratique

Posté : 21 septembre, 2010 @ 11:40 dans politique | Commentaires fermés

Certes, les anars ont peu de goût pour la démocratie représentative (dite aussi  « délégative » puisqu’ elle confie le pouvoir à des mandataires ou délégués élus)) car elle ne fait que légitimer l’Etat comme mode d’exercice du pouvoir politique au détriment du fédéralisme laissant à toute communauté sa liberté. Hélas, une vraie démocratie sans Etat à la sauce unitaire, centralisée, absolutiste et totalitaire (qui envahit toutes les espaces d’action sociale et de réalité des groupes humains) est encore bien éloignée quand on observe que gauche et droite, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, et que les syndicats sont institutionnalisés au point de préférer leur situation d’honorables correspondants du pouvoir à la défense des intérêts du salariat. En attendant, il y a plutôt intérêt à conserver une démocratie parlementaire, sociale, économique réelle. Car si celle-ci est phagocytée par un pouvoir autoritaire et sans partage (ce que le sarkozysme a évidemment largement aggravé), alors le pouvoir étatique « de donner et de casser la loi » en profite pour favoriser ses vrais mandants, à savoir les entreprises, les riches, les financiers, les rentiers. Marx l’a dit : l’Etat n’est que le fondé de pouvoir du Kapital. La loi alors ne sert plus l’intérêt général ou le bien public, n’assure pas plus de justice pour les défavorisés (bien au contraire car elle renforce les inégalités) ; elle fonctionne encore plus en faveur du pouvoir économique et permet de torpiller tous les droits sociaux chèrement acquis autrefois. Il nous faut donc, nolens volens, en agissant parallèlement et simultanément pour avoir un autre système sociopolitique, sauver le soldat démocratie libérale. Celui-ci est en grand danger et Raskolrodotarintignac, notre nouveau prince depuis 2007, ne fait qu’accélérer le démantèlement de la république. 

Depuis une bonne vingtaine d’années on assiste à la montée en puissance des experts et autres technocrates non seulement en tant qu’individus isolés mais encore comme regroupement « d’autorités» dans des agences, commissions, hauts comités, instances, etc., tant nationaux qu’internationaux. On constate que les chiffres, la statistique, le quantitatif, le calcul ont tout envahi et que le phénomène ne fait que se renforcer. L’homme est « sans qualité », mais, changeant notre Musil d’épaule, il n’est plus sans quantité. Tout est de plus en plus standardisé, normalisé, numérisé, comparé (benchmarking), « débriefé », reporté. Tout est soumis à évaluation (quantitative) et la validation, qui consiste à vérifier que les buts n’ont pas seulement été atteints mais qu’ils sont aussi pertinents et bons pour une collectivité, est oubliée. 

Cette passion pour l’approche quantitative a pénétré le registre politique au nom de la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui divise l’action de l’Etat, non plus par ministères, mais en missions, programmes et actions, lesquels sont assortis d’objectifs à atteindre, d’indicateurs de résultats et de mesure, de tableaux de bord, de « reporting », de statistiques, de procédures d’évaluation des opérateurs, etc. Cela consiste à transporter les critères et les modes de gestion du capitalisme privé dans la conduite des affaires publiques. Donnons un exemple. L’hôpital est tarifé, comme le privé, à « l’activité », ce qui veut dire que des statistiques nationales ont dégagé des normes de coût et de temps d’hospitalisation pour les différentes pathologies, donc des types de maladies qui ne doivent coûter que la moyenne établie par lesdites statistiques. D’où l’ex-calcul de l’ex-dotation budgétaire globale d’un hôpital par la multiplication du nombre de pathologies traitées dans une spécialité par le coût unitaire moyen et l’addition de toutes les spécialités. Depuis la dotation budgétaire globale a disparu et les cliniques et hôpitaux se font concurrence pour attraper les pathologies juteuses, c’est-à-dire celles qui coûtent le moins et rapportent le plus dans la nomenclature des actes. De plus l’hôpital a un budget, soi-disant négocié (sur la base des réalisations de l’exercice précédent et avec objectif de diminution) avec l’Agence Régionale de Santé (dont le directeur est nommé par le pouvoir, comme M. Evin, ex-socialiste en Ile de France, qui propose de supprimer les actes chirurgicaux de nuit et de Week End ou jour férié dans la plupart des urgences au profit d’un seul hôpital au lieu de 7 ou 8), qui ne doit pas être dépassé. L’hôpital est prié de financer en plus la recherche, les équipements lourds, les pathologies lourdes ou multiples et les urgences. La statistique, imposée comme charge supplémentaire aux hôpitaux (avec en outre des postes de comptables, d’administrateurs, de gestionnaires au détriment de ceux des personnels soignants, coût que l’on ne connait pas et qui doit nettement dépasser les économies en personnel médical), a donc servi à normaliser non seulement les actes médicaux, mais encore les pratiques professionnelles contre l’ancienne liberté de diagnostic et de thérapeutique des praticiens. 

De même, la mise en place de statistiques pour les médecins libéraux du secteur « ambulatoire » a servi à créer des « références opposables » permettant de normaliser et contrôler les ordonnances et les arrêts-maladie, limitant là aussi la liberté des praticiens. Et, cerise sur le gâteau, ce sont les opérateurs eux-mêmes qui doivent « renseigner » les tableaux statistiques du pouvoir ou les fichiers destinés à espionner, comme la fameuse base élèves (qui, au début avant levée de boucliers, permettait de ficher les enfants d’immigrés clandestins) dans les écoles ou comme la 1ère mouture d’Edvige qui recensait les caractéristiques (religion, appartenance sexuelle, engagements politiques ou syndicaux, etc.) des « clients », même innocents ou lavés par la justice, de la police. 

On voit donc qu’en réalité, le quantitatif, les statistiques sont une technique de pouvoir correspondant à un ordre politique de plus en plus autoritaire. Le caractère dominateur de cet ordre se voit facilement dans la profusion de chefs, seuls décideurs, nommés par le pouvoir pour appliquer sa politique, un peu partout : écoles, universités, hôpitaux, entreprises encore publiques, agences « neutres », services d’Etat comme l’INSEE, etc. Le pouvoir est alors construit comme une pyramide, la pointe en haut (Tsarkowitch, qui de son beau bureau pense pouvoir tout diriger), qui descend par délégations successives de pouvoirs sur les personnels de base et sur les usagers des services publics. C’est un réseau, ou plutôt une toile d’araignée, qui repose sur la fidélité, le conformisme et l’obéissance sans faille des petits chefs nommés par le prince et ses sous-fifres.   

Cette centralisation a été légitimée par un beau discours contraire. La statistique, les objectifs, la comptabilité, etc. et toutes les opérations de « modernisation » en vue de l’efficacité de la dépense publique ont été mis en place pour favoriser l’autonomie des opérateurs et des structures. Qui donc pourrait s’opposer à l’autonomie, à la qualité, à la sécurité, à l’équité, à l’efficacité des services publics sans passer pour un dinosaure, un réac, un corpo ? C’est pourquoi les assujettis de base, en outre leurrés souvent par leurs syndicats, ont mis du temps à réagir avant que ne naissent des mouvements de « désobéissance civile » (les RASED, les hébergeurs de clandestins, les coupeurs d’OGM, les médecins délivrant des ordonnances sans faire le partage entre longue maladie et problème ponctuel de santé, les électriciens de « Robin des bois » réalimentant les clients coupés, les occupations d’immeubles vacants par des organisations de défense des sans-logis, etc.). 

Cette révolte émane des consciences individuelles qui se groupent naturellement par similitude des valeurs partagées par les opposants, ce qui donne ipso facto un caractère collectif au mouvement de désobéissance. La réunion des consciences morales provient aussi de ce que les « autorités » et autres représentants ou processus et structures de représentation démocratique ne fonctionnent plus. Ou que les « Autorités » n’aperçoivent même pas le problème de l’illégitimité de certaines pratiques gouvernementales ou la nature des cas de conscience soulevés par les situations crées par les détenteurs provisoires de l’exercice du pouvoir d’Etat. Cette absence de lucidité est facilitée par les astuces du pouvoir : découpage des problèmes en rondelles (le vieux salami de Staline), étalement progressif dans le temps sous forme de petites étapes constituant un point de non-retour et une avancée vers le but final caché, manipulation du langage commun, affichage d’une loi apparemment convenable mais dégradation de celle-ci par les textes réglementaires. Car la constitution et la loi, votées censément démocratiquement au parlement, sont violées par des décrets, règlements, arrêtés, circulaires de l’exécutif et de ses  pions administratifs ou ministériels. Ces textes sont le fait du pouvoir sans consultation et n’ont rien de facile à saisir car ils sont souvent internes à l’administration et ne font pas l’objet d’une publicité. Le dernier exemple est la circulaire, soigneusement camouflée, d’un séide d’Hortefeux insistant spécialement sur la destruction des camps illégaux de Roms (« illégaux » parce que la légalité républicaine obligeant les communes à offrir des aires de stationnement aux « gens du voyage », le plus souvent français de souche et non roumains ou bulgares, notez l’amalgame, est violée). C’est pourquoi la révolte des citoyens prend la forme de la désobéissance civile puisque tous les canaux de contestation et d’expression en démocratie réelle sont été bouchés par le pouvoir. Or, la stratégie quantitative des pieds nickelés du gouvernement, la concentration des pouvoirs sur les petits chefs à lui inféodés, le contenu même de la « modernisation » posent des problèmes de légitimité bien au-delà de la légalité du pouvoir en place et de ses décisions. 

Déjà, l’objectif d’autonomie et de décentralisation est volontairement trompeur. En effet, la liberté réelle des opérateurs de base est déjà restreinte par la déconcentration des pouvoirs sur la tête de compradores-chefs ayant les pleins pouvoirs à un niveau régional. En outre, le système statistique et quantitatif est construit, non plus pour contrôler les populations, ce qu’a toujours fait l’Etat, mais pour imposer des normes et des standards, pour évaluer les « bonnes pratiques » et les gens qui les ont ou pas, pour stigmatiser, évaluer et contrôler les fonctionnaires, notamment ceux qui ont les plus mauvais résultats montrés par le benchmarking. Ce qui pousse à la surenchère, à la « politique du chiffre » et sans doute au truquage des statistiques puisque les données de base viennent de la base (stat. du chômage, de la police, de l’immigration, etc.) Car les ordres d’en haut descendent toute la pyramide hiérarchique à partir des compradores du sommet jusqu’aux sicaires de proximité et enfin jusqu’aux agents de base : sans promotions, sans primes, sans logements de fonction s’ils ne sont pas efficaces ». 

En 2ème lieu, il y a manipulation du langage ordinaire et du sens commun car les mots affichés par le pouvoir, qui apparemment en relèvent mais pour tromper, contiennent en réalité une signification différente. Par exemple, efficacité ne signifie pas le meilleur service public rendu aux usagers au meilleur coût mais résultats mesurés par rapport aux objectifs d’amoindrissement des structures et services et de simple diminution des coûts. Ainsi dans l’Education nationale, l’efficacité est mesurée en termes d’acquisition des compétences de base et non plus en vue du développement maximum des potentiels de chaque élève. Equité ne donne plus justice adaptée aux situations différentes, mais affectation de ressources de plus en plus limitées aux populations ou aux individus méritants et ayant le plus besoin d’aide (s’ils le méritent car ils le « valent bien »). Cette équité trompeuse a de plus supplanté l’égalité. Liberté ne se comprend plus comme pouvoir de régler soi-même son action suivant les règles de l’art dans la profession, mais devoir d’appliquer les normes fixées par le pouvoir à partir de ses références statistiques et de ses objectifs valorisés en coûts/avantages. La liberté, ce n’est plus pouvoir être solidaire des autres mais mener sa propre barque via les évaluations personnelles et les récompenses au mérite individuel. Le pouvoir a ainsi acquis le pouvoir exorbitant de qualifier lui-même les choses, de leur donner leur sens,  en les enfermant dans des catégories comptables et statistiques, tout en faisant croire que les valeurs républicaines, auxquelles les opérateurs adhèrent, sont maintenues. Par ailleurs, outre la privation de la liberté d’exercer son métier, de se donner le sens et le langage de son action, le pouvoir a quasiment supprimé la liberté d’expression. C’est ce qui explique la désobéissance civile de nouveau à l’ordre du jour. 

En 3ème lieu, le gouvernement comme moyen de promotion de l’intérêt général, la loi comme instrument du bien public ont été remplacés par la « gouvernance » et le contrat. Par exemple, chaque employé  a maintenant « un entretien individuel » avec sa hiérarchie, une évaluation de sa pratique en cours et un contrat d’objectifs à atteindre pour l’exercice suivant. La logique du privé règne désormais dans la fonction publique. Mais c’est bizarre parce que le fonctionnaire n’est pas au service du patron, comme dans le lien de subordination des contrats de travail en entreprise privée, mais à celui de la communauté des citoyens. De plus les prestations d’un service public sont indivisibles (offertes à tous et organisées collectivement) et donc évaluer les individus et non les actions ou personnes collectives n’a guère de sens. La politique a disparu au profit de la gestion financière et économique. La démocratie a été remplacée par les experts inféodes au pouvoir. 

Enfin, derrière cette quantification, il n’y a plus de valeurs et de normes de légitimité fondées sur la pacte social et politique devant organiser la communauté des citoyens sous la bannière républicaine de l’égalité, de la liberté et de la solidarité. Il n’y a plus que des dépenses, des charges, des coûts. A-t-on vraiment besoin d’un Etat et d’un gouvernement pour cela ? Car comme disait Proudhon : « avant de se gouverner, la société travaille ». 

La honte

Posté : 17 septembre, 2010 @ 11:37 dans politique | Commentaires fermés

Ce qui frappe le plus dans les événements actuels concernant  la mafia politicienne UMP, c’est la disparition d’un sentiment traditionnel, celui de la honte. Les politicards d’aujourd’hui sont des agneaux en aval de la pollution de l’onde fraiche, ladite pollution n’étant qu’un effet des médias. M. Woerth a menti n fois plus une par omission. Il se replie dans sa vertu. Il ignore que ses casquettes de ministre du budget, de trésorier de l’UMP, de racoleur de subsides auprès des riches pour financer l’UMP et la campagne de Tsarko en 2007 posent des problèmes de conflits d’intérêt et de financement occulte d’un parti ? Il est pur ; il n’est pour rien dans les magouilles de l’association du développement de l’Oise, condamnées en justice alors qu’il en était un des responsables sous la houlette de Mancel, lui-même condamné. Il n’est pour rien dans la vente illégale à bas prix d’une partie de la forêt de Compiègne pour ses copains hippiques, assisté en cela par le sénateur très vertueux pour les finances publiques, le sieur Marini, maire de Compiègne. Amalgamer les Roms de Bulgarie et de Roumanie avec les gens du voyage français depuis des siècles, les délinquants avec l’immigration, ne pose aucun problème de conscience. Utiliser les services de l’Etat, y compris ceux du contre-espionnage, au profit d’intérêts privés est normal. Il est vrai que Tonton (tu m’acoutes, pourquoi tu tousses ?) avait ouvert la voie. Crier haro sur ces salopards de juges qui démentent la police est légitime à Grenoble. Et pourtant la chambre d’accusation en appel a donné raison au juge des libertés. C’est là que l’on voit toutes les saloperies possibles avec les témoignages anonymes ou sous X. Un gendarme a abattu un prévenu entravé, menotté, de 7 balles dans le dos dans la cour de la gendarmerie, c’est normal car il s’enfuyait, dixit l’avocat général sans doute aux ordres. Là aussi, il n’y a plus de vergogne ; tout est permis car c’est couvert par le pouvoir qui confond la fin et les moyens et qui n’interroge aucunement les fins. Ne pas ouvrir d’instruction dans l’affaire Bettencourt-Woerth confirme le diagnostic : les services de l’Etat de défendent plus l’intérêt général ; ils sont au service d’un pouvoir qui a monopolisé tous les pouvoirs, partout, en y nommant ses sbires et affidés. Aucune honte à avoir dans ce torpillage en règle de la démocratie. La culpabilité et l‘illégitimité ont disparu ; il ne reste que la responsabilité comme disait la mère Dufoix, socialiste : responsable mais pas coupable dans l’affaire du sang contaminé. Mais au pénal il n’y a plus de politicards ou de managers responsables ; cela a été reporté sur les entreprises en tant que personnes morales ; cela a été exclu pour les notables par la loi Fauchon de 2 000 (sous Jospin) qui les exonère en cas de non-connaissance des risques. Avant Raskoltignac, les riches étaient honteux ; ils se camouflaient en Suisse ou ailleurs en profitant au passage des avantages fiscaux de pays non coopératifs dans la lutte contre l’évasion fiscale. Maintenant, ils ont le droit et la fatuité de s’afficher. Ce n’est pas dû à Tsarko même si celui-ci est de ce bord là. C’est le résultat de 30 ans de politiques libérales cachant les prédations, magouilles, privilèges d’Etat sous le masque de la réussite méritée par le travail. L’idéologie libérale, que Raskoltignac partage et propulse, est que la fortune sourit aux audacieux risquophiles et travailleurs. Leur succès est mérité, ce qui évacue toute honte dans les moyens d’y arriver. Seul le résultat compte. Evidemment, le fait que 100 milliards d’euros d’impôts aient disparu au profit des riches depuis 2002 (déjà sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin qui joue  les vertueux maintenant) n’est pour rien dans l’affaire. Ni les privatisations de services publics au profit d’ex-hauts fonctionnaires reconvertis dans les affaires, analogues aux rachats d’entreprises publiques par les oligarques en Russie sous Eltsine. Ni les faveurs aux fournisseurs d’Etat, en même temps propriétaires de médias, comme Dassault, Lagardère ou Bouygues ; ni les magouilles de la françafrique en faveur des Bollloré et consorts ; ni les arrangements fiscaux dans les grosses successions (César, Wildenstein, Lagardère, Bettencourt, etc.) ; ni les faveurs du fisc pour les expatriés fiscaux, etc. Tout cela est normal car les riches font ruisseler leur fric sur les prolos en achetant leurs services et créent ainsi de l’emploi induit. Sans les privilèges du luxe, il y aurait moins d’emplois induits par leur consommation. Ce que, pourtant, les statistiques ne confirment pas puisque les riches n’investissent pas dans la production mais dans la spéculation.  Et, en outre, si on les impose de trop ils partent à l’étranger comme n’importe quel Jean-Philippe Smet. Comme l’a dit le président Tsarkowitch : il faut réhabiliter l’argent et le mérite qui le procure. Il s’ensuit que les riches n’ont plus à avoir des scrupules vis-à-vis des pauvres : ils ont ce qu’ils méritent et les exclus aussi. 

L’absence de honte des riches est amplement montrée par les enquêtes du couple Pinçon-Charlot (dernier opus : « le président des riches »). Ces gens-là forment un groupe uni, fermé, endogamique ; ils ont leur habitat séparé dans les banlieues chic bien protégées par les sbires policiers ; ils ont leurs institutions de rencontre et de fermeture au vulgum pecus : jockey club, rallyes, bal des deb, écoles privées, etc. En fait, ce sont des chauds partisans de la lutte des classes (et des places) et ils se sont organisés pour conserver leurs privilèges face à un monde du travail de plus en plus atomisé. Donc, les riches n’ont plus honte ; du reste, aux USA ils veulent donner la moitié de leur fortune à des associations ou fondations. Ce n’est pas nouveau ; c’est ce qu’avaient fait les barons voleurs aux 19ème et 20 ème siècles pour faire oublier leurs prédations sur le bien public. De toute façon, la restitution aux bonnes œuvres est très inférieure au montant des vols commis sur la richesse publique. C’est ce modèle du vol privé, exonéré par le don, la charité, que souhaite Tsarko l’américain, de même que l’accès du plus grand nombre à la propriété de son logement, ce qui permet aux « accèdants » de la fermer tant que l’hypothèque court et de rejoindre les cohortes sécuritaires pour protéger leur bien. La propriété est le début de la justification et de l’acceptation des inégalités car si j’ai pu devenir proprio, pourquoi les autres n’en useraient-ils pas de même ? S’ils n’y arrivent pas, c’est donc que ce sont des pauvres types, voire des immigrés clandestins, des « racailles » à karchériser. 

C’est pourquoi, bien seuls en univers libéral, les prolos, eux, ont honte. Ils ont retenu la leçon libérale propagée par les médias et les politicards de droite : si vous ne réussissez pas, c’est que vous êtes des fainéants qui « ne travaillent pas plus pour gagner plus », des ratés, des nuls, des minables, des risquophobes qui êtes payés au niveau de votre maigre productivité marginale. Soyez déjà bien heureux qu’il y ait encore de la protection sociale. Cependant il faut amoindrir celle-ci car elle encourage votre dépendance, votre soumission à l’assistanat public. Les assurances sociales ne font que vous déresponsabiliser; c’est pourquoi il faut les abaisser. Ayez honte de ne pas réussir et de vivre aux crochets de la collectivité. Baigné dans cette idéologie individualiste et fricophile, le prolo se sent coupable. Or, il n’y arien de pire que les sentiments de culpabilité et de honte car ils touchent au plus profond de l’estime de soi, de l’amour-propre dans la relation aux autres. La honte est l’envers du mépris que les autres peuvent afficher à votre égard. La honte est insupportable parce qu’elle est indicible et plus qu’elle est soumise aux regards de ses propres enfants et de son voisinage. Il faut y échapper. Pour cela, on peut faire appel à des circonstances fortuites, notamment la malchance ou un milieu défavorable. Cela ne marche guère puisque les pauvres sont responsables de leur situation au bout d’un certain temps. Que reste-t-il alors ?  Le bon vieux bouc émissaire : les immigrés, les communautés, les beurs et autre noirs mal assimilés, les Roms, etc. On aura reconnu le terreau du F-Haine maintenant exploité avec bonheur électoral par Rodotarin 1er .  Mais la honte peut être aussi tournée vers soi-même, ce qui peut expliquer une bonne part des suicides de salariés : ils ont trop honte de ne pas atteindre les objectifs irréalistes fixés unilatéralement par leurs petits chefs suivant les consignes managériales de leur direction, ils ont peur de ne pas être à la hauteur de cette entreprise et de leur job dans lesquels ils se sont trop investis. 

Cependant, ne prenons pas Raskoltignac comme seul coupable de cette stigmatisation des pauvres en forme de projection de ses propres peurs sur des boucs émissaires.  La chose est dramatiquement liée aux effets de 30 ans de politiques libérales en faveur du pognon, politiques menées aussi par les socio-démocrates, qui, curieusement, sont cois et n’affichent pas pour l’instant le moindre début de programme sérieux ; ils n’ont que des champions en vue des élections de 2012 : Ségolène, la mère Térésa du socialisme, Martine la convertie à la compassion du « care », François, dit chamallow ou fraise des bois ; Dominique, le purgatif du FMI, Valls à 3 temps (moi, moi, moi), etc. Comme disait l’autre, protégez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. Il y a aussi que l’idéologie libérale, individualiste, égoïste, utilitariste, matérialiste, etc. règne depuis longtemps en maître sur les esprits. C’est pourquoi l’élection de Raskolrodotarintignac en 2007 n’est que le résultat d’une conjoncture entre l’homme de la situation,  la désespérance honteuse des exclus de la société libérale et la peur des vieux soucieux de protéger leurs maigres biens contre les « racailles ». Le candidat UMP en 2007 avait su merveilleusement faire foisonner les électorats en sa faveur. Il n’avait pas lésiné sur les discours contradictoires en fonction desdits électorats : libéral, ce qui est sa tendance profonde, devant les uns, socialisant, devant les autres. Double discours et écart entre le dire et la pensée rapidement démentis par les festivités au Fouquet’s et autres et par le vote de la loi fiscale de 2007. 

Las, le démagogue a été pris à revers par la crise de 2008, crise qu’il n’avait pas vu venir eu égard en sa croyance dans l’efficience des marchés et de la « concurrence libre et non faussée ». Du coup, il a essayé de se rattraper (à usage interne vis-à-vis de l’électorat) en gueulant comme Rodomont, le bravache, et Tartarin de Tarascon, le hâbleur, contre la dérégulation financière qu’il n’avait pas vue lorsqu’il était ministre du budget sous Chiracos. Il en était d’autant plus partisan qu’un avocat d’affaires n’existe pas sans affaires autorisées par ladite dérégulation. Cette crise montre que les prolos n’ont pas à avoir honte d’une situation que le libéralisme à tout crin soutenu alors par Tsarko a créée. Ils reprennent du poil de la bête malgré des syndicats qui s’emploient à diviser pour régner afin de protéger leur statut d’honorables correspondants institutionnalisés du pouvoir. Sarkozescu joue la montre avec des mesurettes fiscales et sociales en vue de 2012. Stratégie aléatoire car rien ne dit que les « marchés » ne vont pas les trouver rapidement insuffisantes et forcer le prince à augmenter les impôts avant. C’est sans doute, du reste, ce qu’il joue : attendre que les événements forcent le pays à en passer par une potion FMI comme en Grèce. Lors ; il dira alors : c’est pas ma faute, c’est obligé par les circonstances de la faillite de la France. Il oubliera évidemment que cette faillite a été amenée par sa politique et celle de ses amis de droite, bien assistée par la gauche social-démocrate, qui y a conduit. En attendant, la honte des pauvres continue de saper les fondements de la société. Pour y échapper, il faudrait pouvoir l’exprimer, être écouté, être soutenu afin de faire montre de résilience. Cher Boris Cyrulnik, avec ce pouvoir-là vous rêvez.

La république n’a pas besoin de savants

Posté : 31 août, 2010 @ 10:56 dans politique | Commentaires fermés

On aura sans doute observé que Rodotarin (mix de Rodomont le bravache et de Tartarin des galéjades pagnolesques, soit le même homme que Raskoltignac, notre président des seuls Français de l’UMP) a reçu nos sportifs victorieux en grandes pompes à talonnettes à l’Elysée. Il renoue ainsi avec la tradition romaine des jeux du cirque : gloire aux jeunes gens beaux et talentueux qui ont remporté la victoire. Je lui suggère d’ajouter une réception avec discours patriotique sous l’arc de Triomphe. Ave Caesar, morituri te salutant. Evidemment, les romanichels du cirque Romanès ne seront pas invités à la cérémonie. Peu après, nous apprenions que 3 individus sans importance, quoique français, avaient reçu des distinctions majeures en mathématiques (dont 2 médailles Fields, équivalent du prix Nobel. Il est vrai que la mathématique française est une des 3 premières au monde car il suffit de peu de moyens pour en faire, ce qui n’est pas le cas du reste de la recherche. On aurait donc dû penser que Rodotarin s’empresserait de recevoir et de féliciter ces olibrius qui consacrent leur vie à des tâches non utilitaires et qui ont prouvé leur mérite et leur excellence sur la scène internationale. Il est vrai qu’ils approchent la quarantaine et ne sont pas très musclés. Il vaut donc mieux les tenir en quarantaine. Du reste, un savant ne peut être que maboule. Pensez donc : au lieu de faire le max de pognon, il ne cherche qu’à connaître et à être utile pour le savoir de l’humanité. Donc il ne fait pas du petit vélo sur route, mais dans sa tête ; il ne court pas, il pense ; il ne « jogge » pas, il cherche. Donc, le locataire élyséen, Raskoltignac, n’a pas invité nos matheux de renom. Ils ne sont pas assez  sexys ni glamours. Il y en a même un qui est chevelu façon 19ème siècle romantique et qui porte une énorme lavallière. La république n’a pas besoin de savants mais de jeunes dieux du stade comme en 1936 aux jeux olympiques en Allemagne, de nageurs aimant glisser dans la piscine (attention, c’est une contrepèterie). Ainsi, la république de 1789 et suivantes avait-elle raccourci Lavoisier et Condorcet sur le même thème. 

La république n’a pas besoin non plus de vrais artistes ; elle préfère les artistes populaires. C’est pourquoi, les morts de Ferrat et de Terzieff n’ont pas eu droit aux mêmes paroles élyséennes et médiatiques que le décès de Giraudeau. Du reste, on connait le modèle de Raskoltignac en matière de gestuelle et de mimiques : c’est Louis de Funès.  Rodoraskoltarintignac continue donc de séparer les Français en catégories n’ayant pas les mêmes droits, la même reconnaissance, les mêmes honneurs. Un sportif, c’est mieux qu’un savant, de même qu’un curé est supérieur à un instituteur ou un croyant à un « laïcard » athée ; un riche vaut plus qu’un smicard, un françaoui de souche qu’un naturalisé, un sédentaire qu’un membre des « gens du voyage », un comique troupier qu’un grand acteur, etc. C’est l’abécédaire de la politique politicienne : il faut diviser pour régner, il faut dresser les communautés les unes contre les autres au nom du droit à la différence recyclé en scissions. Vive la république, vive la France ! Aux grands hommes, la patrie et Rodotarin reconnaissants ! 

PS: j’ai appris que Raskotignac avait fini par recevoir nos matheux. mais ce fut tellement discret que l’info a glissé sur l’opinion comme l’eau sur les plumes d’un canard

La Pestilence (pardon, la présidence) élyséenne et française de Raskoltignac

Posté : 26 août, 2010 @ 10:20 dans politique | Commentaires fermés

Notre bon président a déjà été affublé de surnoms en tout genre. J’ai donc cherché à être à la fois original et à trouver quelque chose qui le décrive très bien. Eureka. Voilà Raskoltignac, composé de Raskolnikov (si Dieu n’existe pas, tout est permis), personnage de Dostoïevski et Rastignac, cher à Balzac. Ce « mix » associe l’absence de vergogne à l’arrivisme sans scrupules. Raskoltignac est en effet un individu sans foi ni loi, narcissique, opportuniste, ambitieux qui combine aisément les vices des deux personnages romanesques. Raskol racole, Tignac est teigneux et cultive le  culte du Moâ, cher à Sacha Guitry. C’est aussi une imitation du tricheur décrit par le même Guitry dans le Roman d’un tricheur ». 

Marianne l’a traité de « voyou de la république » ; pourquoi de la seule république puisque quelqu’un qui semble ne rien respecter, pas même sa fonction au service de tous, pas même la constitution qui ne fait pas de différences entre les Français de différentes origines, y compris hongroise, est bel et bien un voyou ? Un autre (Pwenel) l’a qualifié du titre de « délinquant constitutionnel ». C’est que Raskoltignac vient de faire très fort. Il a stigmatisé tout un groupe culturel, celui des Roms, tous assimilés aux « gens du voyage » et associés en tant que tels à la délinquance comme les immigrés. Il avait parlé des « racailles » à nettoyer au kärcher… Cela le reprend car le filon électoral du sécuritaire lui avait bien réussi en 2007 malgré un échec patent dans la lutte contre les atteintes aux personnes. Cela risque de ne pas marcher en 2012 car la droite chrétienne est effarée et suit la bulle du pape et car les frontistes se reprennent à préférer l’original à la copie, car la droite républicaine prend ses distances avec les amalgames tsarkozyens. Mais pour notre arriviste une diversion, permettant en même temps d’espérer récupérer les électeurs du FN, ralliés en 2007 mais en voie de désertion, et de faire oublier l’affaire Woerth est la bienvenue. Sans oublier que sur le plan socio-économique, il vaut mieux faire oublier la situation française que des effets de manche et d’annonce ne sauraient améliorer. 

Cet homme nous a montré qu’il était peu regardant sur les moyens lui permettant d’atteindre les fins de sa clique ainsi que les siennes. Pendant la campagne électorale de 2007, il montrait sa chère Cécilia, laquelle était déjà avec Attias ; il fallait ne pas décevoir l’électorat catho. Et il divorçait 3 mois après son élection pour un 3ème mariage, ce qui aurait dû interdire au pape de le recevoir au Vatican comme chat-moine de Latran. Parallèlement, il séduisait l’électorat frontiste en lui piquant ses idées sécuritaires et anti-immigration ; en même temps, il affichait son rapport aux mânes des grands socialistes, de Guy Mocquet et des résistants afin de préserver les voix du bon peuple de gauche. Il se rendait dans les usines pour faire des promesses sans suite. Dans ses discours, on le notait comme spécialiste des contenus de circonstance en fonction de l’auditoire. Leur but n’est évidemment pas d’argumenter mais de séduire au coup par coup comme le fait tout avocat d’affaires plus intéressé par le résultat que par les principes juridiques. C’est du boniment de camelot (du roi ?) vendant des cravates dans un parapluie. Il emploie à dessein le langage du populo, matraquant au passage la grammaire, la syntaxe et la langue. Il ne maîtrise pas sa gestuelle, ses mimiques et ses « attouchements » à tel point qu’Angela Merkel (habituée au baisemain de la RDA)  s’est fait passer des films de louis de Funès pour comprendre un président si tactile. Ce n’est pas sans doute par pure inculture ; c’est pour s’attirer les grâces des prolos, auxquels du reste il fait, assisté par le Motodidacte Estrosi, des promesses peu suivies d’effets en ce qui concerne la pérennité des entreprises et des emplois. Cela ne l’empêche pas de faire aussi du bling bling avec sa star cosy, la belle Carla chez laquelle il brunit en été tout en s’occupant du tout-à-l’égout de la résidence. Faut-il en déduire que l’égout ça le connaît quoique dégout et des couleurs, on ne discute pas. 

Elu, il n’a pu s’empêcher d’afficher ses vraies convictions : son amour pour les riches et pour l’idéologie américaine alors encore propulsée par Bush II qu’il admirait tant ; cela s’est traduit par le fameux bouclier fiscal (inventé sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin) et de multiples cadeaux à son électorat ; crédit d’impôt pour l’accès à la propriété, quasi-suppression de l’impôt sur les successions, bouclier descendu à 50 % du revenu fiscal de référence (c’est-à-dire après prise en compte des niches fiscales ce qui fait que certains riches ne payent plus rien comme impôt) au lieu de 60 tout en y ajoutant la CSG et la RDS (plus, pour être juste, la détaxation des heures sup.). Le divorcé 2 fois, marié 3, est pourtant allé faire des mamours à benoît XVI, qui plus est accompagné de Bigard, spécialiste du « lancer de salopes ». Et pour faire bon poids, il lui a affirmé que le curé valait mieux que l’instituteur pour éduquer les enfants ; de même en Arabie Saoudite (ou dans le coin), il a prôné le retour aux valeurs spirituelles et religieuses. En pleine crise (de spiritualité ?), il se fait augmenter de 172 %  et adapter un avion pour 180 millions d’euros. 

Raskoltignac développe une approche événementielle, spéculaire et spectaculaire du droit ; depuis 2002 on en est à 33 lois de sécurité ou d’anti-immigration ; lois de circonstances, lois instrumentales ne valant guère que pour leur effet d’annonce aux yeux du public. Il piétine la constitution (les Français de souche et les autres) et le droit européen qui interdit de faire des apatrides. Il transforme des cas individuels en stigmatisation de groupes sociaux ou ethniques. Etc.  Cet individu ne recule donc devant rien et cela au mépris de la culture républicaine et du droit. Il a affiché ses tendances népotiques à propos de la désignation de son fils Jean (sans terres) à l’EPAD. Il transforme les fonctions publiques en féodalités à son service et les hauts fonctionnaires en satrapes révocables à merci selon son bon vouloir. Il a fait des universités, des hôpitaux, de la radiotélévision publique, de la magistrature, des services statistiques, etc. des instruments à sa botte et gérés comme des entreprises privées dirigées par un chef tout-puissant. Il a continué l’œuvre de Chirac pour torpiller droit social et droit du travail contre le pacte social français mis en place à la libération en 1945. 

Il dit vouloir une « république irréprochable », mais il se pourrait bien que des affaires l’impliquant finissent par apparaître, au moins dans la presse. J’en ai déjà touché un mot dans des articles précédents (sous-marins de Karachi, financement possiblement illicite de la campagne de 2007 et de l’UMP par les Bettencourt). Gageons que l’affaire Woerth-UMP n’ira pas en justice ; le risque est trop grand de voir les comptes de campagne déclarés illégaux et donc l’élection présidentielle invalidée. Ce qui aussi conduirait en Cour de justice de la république et, en cas fort hypothétique de condamnation, au retrait de nationalité d’un français de fraîche date pour « indignité nationale ». Il n’est pas interdit de faire comme si et de rêver. 

 

EDF, ex-service public de l’électricité

Posté : 16 août, 2010 @ 11:45 dans politique | Commentaires fermés

 

EDF annonce une hausse moyenne de 3 % de ses tarifs domestiques. Ce n’est qu’une moyenne, car les heureux bénéficiaires d’un contrat EJP (effacement jour de pointe, donc abonnés qui diminuent leur consommation lors des pointes pendant lesquelles EDF met en service les centrales les moins productives, ce qui est un plus pour le pays et l’entreprise) vont faire plus. 

Ce que ne dit pas le gouvernement ou l’entreprise, c’est qu’il faut prendre en compte les multiples taxes qui pèsent en sus sur l’électricité. Or, en fonction du lieu d’habitation, le montant total de ces taxes varie entre 35 et 42 % à cause des taxes municipale et départementale qui vont entre 4 et 12 %. Ainsi, dans un courrier des lecteurs (le Monde Magazine), une personne se plaignait de payer 41 % de taxes… sur un service indispensable, à l’instar de  la vielle gabelle ! Il faut donc ajouter aux  3 %  les 41 de taxes, soit 1,23 de plus. La hausse réelle TTC est donc de 4,23 %. Dieu merci, les impécunieux bénéficient d’un tarif spécial et stigmatisant (payé par les consommateurs alors que ce devrait l’être par l’impôt puisqu’il s’agit d’une obligation étatique de solidarité) allégé de 30 %. Récapitulons les dites taxes : municipale (4 à 8 %), départementale (4), taxe de contribution aux charges du service public (notamment pour la péréquation des tarifs sur tout le territoire), taxe écolo (obligation de rachat de l’électricité produite par les « auto-producteurs » d’hydraulique, d’éolien, de photovoltaïque, etc. à un prix supérieur au coût de revient d’EDF, ce qui explique que les toits des hypermarchés et des hangars soient désormais couverts de cellules photovoltaïques)  pour les énergies renouvelables, taxe de compensation du régime spécial de retraite (payée sur le service du transport exercé par le RTE, réseau de transport de l’électricité, qui évidemment répercute la chose sur la distribution), plus la TVA qui, ô merveille, s’applique sur les taxes précédentes. Ce n’est pas tout : camouflées dans les comptes, il y a des « redevances de concession » (Lyon, Marseille, Paris, là 60 millions d’euros) et la mirifique taxe Pasqua sur l’hydraulique (300 millions d’euros) ; il y en a sûrement d’autres que je ne connais pas. Il va de soi que toutes ces taxes sont incluses dans la facture, ce qui peut faire estimer que la taxation réelle de l’électricité est proche, passé partout, de 50 %. 

Le prix de revient d’EDF (hors taxes ; et où est la comparaison en Europe entre les prix TTC et les prix hors taxes ?) est en gros de 30 % inférieur à celui de la moyenne européenne grâce aux investissements nucléaires effectués auparavant. C’est pourquoi, l’UE est mécontente et veut forcer l’entreprise à augmenter ses tarifs dits « régulés ». Lesquels expliquent que peu de clients fuient EDF, ce qui est une pratique anticoncurrentielle aux yeux de l’Europe hyper-libérale. Les doryphores voient là l’occasion de rentabiliser leurs centrales plus coûteuses et plus polluantes. En effet, l’électricité ne se stockant encore pas dans les masses exigées par le niveau de consommation, le prix de marché se fixe toujours, normalement en univers pleinement concurrentiel, au coût de revient marginal des dernières unités produites, celles sorties par les centrales les moins rentables. D’où la pression des verts-de-gris et des heureux propriétaires de rossignols auxquels l’augmentation de prix éviterait d’investir, ce qui explique au passage que l’UE soit dans une situation de plus en plus tendue dans le rapport de la production à la consommation, surtout lors des périodes de pointe. Mais le privé a une solution : des petites centrales à gaz, peu chères et rapidement mises en route pour effacer lesdites pointes de consommation ; du coup leur courant se vendrait au coût marginal élevé des vieilles usines, alors que leur coût de revient est bien plus faible, donc ils toucheraient une superbe rente différentielle, comme les heureux propriétaires des terres les plus fertiles (analyse de la rente foncière par Ricardo) ; c’est kif kif. Les Rosbifs, eux, sont plutôt dans le registre idéologique : le salut ne peut venir que du tout-marché. 

Le gouvernement français serait heureux de la fin des tarifs régulés car il empocherait des dividendes et de l’impôt sur les sociétés en plus par suite de la hausse des prix. Ce que, du reste, vient de recommander le rapport Roussely (ex-PDG d’EDF, ex-socialisant devenu banquier suisse, à la botte sarkozyenne) : l’augmentation des prix permettrait de séduire les investisseurs privés ; CQFD. Proglio, nouveau PDG, ex-Veolia voit dans la hausser des tarifs le moyen de financer les investissements (laissée en déshérence lors de ces dernières années) sans toucher aux dividendes et à « la valeur pour l’actionnaire ».  Rappelons qu’autrefois EDF finançait à la fois les investissements tout en diminuant ses prix et sa dette. On y respectait des principes de service public, dont celui dit de « mutabilité » (faire profiter l’usager des progrès en tout genre) et celui de vente au coût de revient (équilibre des comptes et rentabilité pour financer l’investissement). Sous les Brousse-lie, Sot Watt (Gadonneix, prédécesseur de Proglio qui disait toujours « so what ? »), Improglio, on a la totale : augmentation des tarifs (plus que l’inflation ces derniers temps malgré la promesse de n’en rien faire sur 5 ans), augmentation de la dette (pour financer des rachats d’entreprise ou investissements spéculatifs à l’étranger), sous-investissement (que l’on espère compenser par le passage de la durée de vie des centrales de 30 à 40 ans), stagnation des salaires (sauf ceux des dirigeants qui ont été multipliés au moins par 6), baisse de la qualité de service (de plus en plus de coupures hors grands centres urbains). 

Il est donc urgent d’augmenter les tarifs pour faire financer les investissements par les clients lambda sans toucher aux actionnaires, dont l’impécunieux Etat. C’est ce que vise le gouvernement avec la loi « NOME » (Nouveau marché de l’électricité) qui obligera EDF à céder 25 % de sa production nucléaire à ses concurrents, à un prix sans doute inférieur au coût complet (dont le traitement des déchets, le démantèlement des centrales arrêtées, la rénovation des actuelles pour les porter à 40 ans, etc.). Et, comme on l’a vu, tout le monde se jettera sur la rente (différence entre le prix de marché et le coût de revient) pour faire augmenter les prix au niveau de la dernière unité produite, la plus coûteuse. C’ainsi que l’UE organisera la 1ère opération de « concurrence libre et non faussée » destinée non pas à faire baisser les prix mais à les augmenter. Cette médecine des Diafoirus libéraux pose problème : le malade risque de mourir guéri dans le meilleur des mondes concurrentiels possible voulu par notre Pangloss présidentiel. 

Le pré-fascisme en fleurs

Posté : 3 août, 2010 @ 11:20 dans politique | Commentaires fermés

On le pressentait depuis longtemps : le régime de Nabot-Léon IV est sur le terrain glissant du fascisme pré-pétainiste. On savait que depuis 2002 les lois répressives avaient fleuri sans discontinuer à l’occasion du moindre événement exploité par les médias pour renforcer les sentiments d’insécurité et dresser les catégories de population les unes contre les autres. Le code pénal a été tellement modifié et aggravé qu’il n’est pas étonnant que les gardes à vue aient montré une inflation époustouflante au point d’atteindre les 800 000 par an. Et le tout sans résultat puisque les atteintes et violences aux personnes n’ont cessé d’augmenter. Baissent, cependant, les vols de voiture et les effractions domiciliaires mais c’est par suite d’une meilleure protection des bagnoles et des habitations. On connaissait le langage (racaille, Kärcher, casse toi pauv’con, etc.) de Mitron 1er (général Boulanger en plus petit) qui nous a mis dans le pétrin en aggravant la crise grâce à son « bouclier fiscal » et à ses baisses d’impôts pour les riches et les entreprises. On savait que Nicolae Sarkozescu monopolisait tous les pouvoirs, nommait ses pions partout, virait les préfets et les hauts fonctionnaires coupables d’avoir fauté à ses yeux, avait transformé toutes les institutions publiques (universités, hôpitaux, écoles, INSEE, etc.) en entreprises régies par un chef tout-puissant par lui nommé comme le président de France télévision. On connaissait le fait que le gouvernement n’existait plus et avait été remplacé par les membres de son cabinet, l’ex-préfet et flicard Guéant en tête. On avait vu son double langage pendant les élections présidentielles, visant à piquer les voix du Fronte Crapular de Le Pen et à exhiber des options socialisantes à base de Jaurés tout en favorisant les riches et en étalant ses amours, sa Rolex (devenue Patek Philippe, c’est plus cher et plus chic) et ses amis fortunés au Fouqet’s et ailleurs. On sait que l’UMP reste sa chose qu’il dirige par Bertrand interposé et dont il invite les membres et autres « députains » à l’Elysée aux frais du contribuable tout en prétendant qu’il est le président de tous les Français et non le chef d’un parti. De ces faits, la France est devenue une égocrassie, une monocrassie digne de Berlusconi. On ignorait cependant que Duracell 1er, l’homme d’une « république irréprochable », pouvait avoir des casseroles aux fesses : l’affaire du logement de Neuilly aménagé à prix d’ami par un promoteur jouissant des faveurs de la municipalité (sans suite grâce au procureur Courroye ); les déplacements en Suisse en « porteur de valise » truffée de billets pour les économies du tennisman Leconte quand il était avocat d’affaires (aux dires de banquiers suisses) ; maintenant, la justice se rapproche des rétro-commissions versées pour la campagne de Balladur en 95, Zébulon 1er étant ministre du budget et ayant donné le feu vert à une société écran à l’étranger pour les contrats de sous-marins vendus au Pakistan (et autres contrats d’armement), affaire que le parquet s’emploie à déminer en contrant les initiatives du juge Trévidic qui instruit l’attentat contre les employés de la DCN (11 tués lors d’un meurtre commis au Pakistan peut être parce que Chiracos, élu, avait supprimé le versement des commissions aux ripoux du Pakistan). Et maintenant l’affaire Bettencourt avec son prolongement putatif de financement illicite de l’UMP pour la campagne présidentielle de 2007. Cela commence à faire beaucoup de soupçons sur la virginité du président Sarkozy de Bossa-Nova, l’homme impitoyable pour les petits délinquants de banlieue et les voleurs de poule des « gens du voyage ». Tsarkowitch illustre à merveille les temps libéraux du tout-marché : plus les inégalités s’accroissent, plus la répression pour les petits augmente et plus celle des cols-blancs diminue. Cela va bien avec la suppression envisagée du juge d’instruction. Est-ce la peine puisque désormais à peine 3 % des affaires sont instruites par un juge et que 80 % des jugements sont effectués sur la base des dépositions et informations recueillies lors des GAV (de pot aux roses). Dans ce contexte de faillite dans la politique sécuritaire (plus 16 % d’agressions et violences contre les personnes entre 2003 et 2009) et de parfums nauséabonds émanant des « affaires » que le procureur Courroye (de transmission) s’emploie à noyer sous une avalanche d’enquêtes préliminaires conduites en secret sans juge d’instruction indépendant, rien ne vaut d’en revenir au sécuritaire pour préparer 2012 (faire redescendre l’étiage électoral du Fronte Crapular et faire se serrer les vieux autour du prince). Et Zébulon 1er n’hésite devant rien ; il vient d’en appeler à la déchéance de la nationalité des Français d’origine étrangère agresseurs de flics et gendarmes et autres figures d’autorité. Visiblement, notre avocat d’affaires ignore la différence entre pouvoir et autorité, car les statuts dont il parle reflètent la détention d’un pouvoir et aucunement celle d’une légitimité (du reste, toujours confondue avec la légalité). Cela ne le gêne pas de violer la constitution qui demande qu’on traite tous les citoyens également sans distinction d’origine, ni les règles européennes qui interdisent la transformation des gens en apatrides. On se demande si agresser un médecin, un savant, un simple quidam est moins grave que pour une « figure d’autorité ». La détention d’un pouvoir donnerait alors 2 catégories de citoyens, celle des alliés du pouvoir, des sbires de l’Etat, des nommés par le prince et ses hiérarques pour diffuser la peur, etc. et celle des individus sans importance… pour la république (bananière). Et pourtant, en tant que fils d’émigré, le prince devrait se méfier d’un passage devant la cour de justice de la république, passage qui devrait concerner tous les politicards qui depuis 30 ans sabotent la république pour lui substituer le libéralisme du tout marché sans foi ni loi ; c’est en effet une violation du pacte social qui fonde la communauté nationale dans ses mœurs, ses valeurs historiques, ses institutions sociales. L’affaire des « gens du voyage », suite à la mort d’un jeune délinquant abattu par la gendarmerie, donne une bonne idée du climat de xénophobie anti-communautaire que propage le pouvoir : quel bel amalgame entre un jeune et les « (Rom)anichels », par ailleurs parfaitement sédentarisés dans ce cas et pour la plupart en France. On va donc les chasser manu militari de leurs campements illégaux en oubliant que s’ils sont illicites c’est parce que la loi qui oblige les municipalités de plus de 5 000 âmes à aménager des espaces de vie pour eux n’est qu’à moitié observée. Pour faire bon poids, M. Boutefeux veut légiférer sur les coupables de polygamie, d’excision, de traite des êtres humains. Bel amalgame encore qui mêle des communautés stigmatisées et des mafieux. Un « députain » (pour compléter la liste : un général, des générés, un maréchal, des maraîchers, comme disait Boris Vian) des Alpes maritimes, ce département quasi mafieux (pour cause d’immobilier et de jeux), député de Nice précisément, cette belle cité où le clan Médecin s’est illustré, va déposer un projet de loi pour punir de 2 ans de taule les parents qui n’auraient pas empêché leurs enfants de commettre des délits. Rappelons que le code pénal ne permet de poursuivre que les auteurs des actes ; encore un sabotage du droit français. On aura donc à l’automne une nouvelle loi de prévention de l’insécurité. Notre Sarkusconi décidément n’arrête jamais de trafiquer la loi pour ses ambitions partisanes… Par exemple avec de futures peines planchers pour certains délits. Rappelons que les principes généraux du droit requièrent que les juges interprètent en fonction du contrevenant et des circonstances ? Le conseil constitutionnel n’avait accepté ce genre de peines en cas de récidive qui si les juges gardaient un droit d’ajustement. Ce fut observé : si les juges n’appliquent pas la peine automatique, ils doivent le justifier avec des arguments. Bien joué, car les juges qui le feraient mettraient en danger leur carrière et leurs primes. Généralement, ils ne font donc pas ce qui rend les sanctions automatiques contre le droit et la morale. Aristote, lui-même, disait que les juges doivent apprécier les choses en équité et pas en appliquant littéralement un code. C’est que cet auteur ne confondait pas, lui, la justice, le droit et la jurisprudence ! Pendant ce temps, les socialos en peau de lapin restent prudents car ils craignent que Sarkoutine ait le soutien des bons français de souche ; ils devraient mettre plus en relief que le prince a supprimé la police de proximité et des milliers d’agents de police nationale ou de gendarmerie ; cela, pour forcer les municipalités à créer des polices municipales à leurs frais (tout en accusant les villes socialos d’augmenter les impôts). Las, bien des villes n’ont pas les moyens de faire payer à leurs habitants des effectifs de police locaux. Devinez lesquelles ? Cependant, les socialos prépareraient des propositions en matière de sécurité. On attend, mais méfiants car c’est le couple Jospin-Vaillant qui a lancé en premier (2001) une loi sécuritaire, avant les lois Sarko et Perben

Le vertueux WOERTH

Posté : 16 juillet, 2010 @ 11:43 dans politique | Commentaires fermés

Un nom pareil ne se prononce pas ; cela s’éternue comme à chasser (HEC). Ce monsieur, comme ne le disent que certains médias (Le Point, le Monde, Marianne) peu susceptibles d’une hyper diffusion, était déjà impliqué dans les magouilles de l’Association pour le développement de l’Oise qui ont valu à son mentor, J-F Mancel, députain du secteur, 18 mois de taule avec sursis, ce qui ne l’a pas empêché de rebondir comme Balkany et bien d’autres. Quand  je dis députain, je paraphrase Boris Vian qui disait un général, desgénérés, un maréchal des maraîchers. On apprend, via la presse  suisse que notre bonhomme avait organisé des rencontres avec des résidents français en Helvétie (à l’ambassade ? aux frais des Français ?) pour les convaincre de subventionner l’UMP. Cela ne manque pas de sel : le ministre du budget, chargé de la lutte contre  l’évasion fiscale, faisait de la promotion pour son parti à l’étranger, comme, du reste, on vit la même chose pour les expatriés à Londres ou aux USA ! On sait aussi que Mme éternuée allait souvent en Suisse pour  Thétys, « Family equity » de la mère Bettencourt en cheville avec Clymène, sa société dirigée en France par M. de Maistre en vue de l’évasion fiscale. Qu’est-ce qu’une Family equity ? C’est un fonds très privé de gestion des avoirs en Suisse d’un évadé fiscal personnel. Passons sur les responsabilités de Mme Bettencourt accusée d’être gâteuse par sa propre fille ; sachons que le de Maistre est seul maître à bord des magouilles de sa bienfaitrice qui lui a donné 5 millions d’euros (plus 3 millions d’impôts afférents) pour services rendus. Ou pour abus de personne en situation de faiblesse. On sait aussi que l’ex-PDG de l’Oréal, le rosbif Lindsay-Jones, a reçu 100 millions d’euros (plus 30 d’impôts). On sait que la douairière avait 78 millions dans des paradis fiscaux plus l’île d’Arros (500 millions) dont on ne sait pas à qui elle appartient réellement. 

Le Nouvel Obs a révélé que des « associations » politiques, proches de l’UMP et créées manifestement pour détourner la loi qui interdit à un personne physique de verser plus de 7500 euros à un parti, avaient reçues 30 000 euros en 4 chèques. On apprend que Woerth, atchoum, a bradé 50 hectares de forêt de Compiègne à des copains. Il s’en défend en disant que c’était sur la base d’une cotation par les Domaines. Cher M. Woerth, très cher, de qui dépendent les Domaines ? Ben voyons, du ministère des Finances… L’inspection des Finances, ou plutôt son directeur aidé de 4 compradores, au mépris de toutes les règles de l’enquête collective par l’IGF, a absous Woerth pour toute bienveillance à l’égard de Mme Bettencourt, la généreuse donatrice à l’UMP et à tous ses multiples satellites. Le vertueux Woerth ne se rend pas compte de ce que ses connivences, ses accointances, ses amitiés avec le monde de l’argent et de l’évasion fiscale posent problème. Tsarkowitch  (tsar, comme monocrate, co, comme abrégé  de compagnie, et witch, sorcier) non plus. C’est normal ; comme disait Spencer, on s’adapte à son environnement en étant le plus apte à en tirer profit, ce qui fait que l’on ne se rend plus compte de la nature immorale du milieu et que, en outre, on considère que l’on fait partie de la catégorie des meilleurs, les autres n’étant que des minables plus ou moins assistés, ce qu’il faut supprimer dare-dare pour que les faibles ne se reproduisent pas. 

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye de transmission, noble magistrat adoubé par qui vous savez et cirant le Parquet, après s’être opposé longtemps à l’examen de la demande de mise sous tutelle de la Mamie Bettencourt (contre une juge indépendante du Siège), soupçonnée par sa propre fille de sucrer les fraises et d’arroser subséquemment les politicards en veux-tu-en-voilà, fait maintenant flèche de tout bois (de justice ?). veut-il subitement prendre un bain de Siège ou est-il un vain assiégé ? Il met en garde à vue les requins de l’entourage de Mistress Bettencourt qui se servaient sans doute au passage. Il veut peut être ouvrir des contre-feux pour protéger son protecteur, à savoir Sarkozescu. Las, quand on commence de tirer un fil de la pelote, il est à craindre que tout le reste vienne avec. Dès lors, le contribuable et le  citoyen n’ont pas fini d’assister au dévoilement progressif des turpitudes du pouvoir et de ses amis fortunés. Qu’est-ce qu’on va rire, jaune hélas ! M. Woerth, atchoum, n’est pas à considérer comme une personne coupable ou responsable. En fait, il n’est qu’un pion du système Sarko de faveur pour le libéralisme de connivence entre les puissances d’argent et les politicards, celui-là même qui a conduit à la crise actuelle à partir des subprimes, celui dans lequel les banquiers d’affaires de Wall Street deviennent les secrétaires d’Etat au Trésor US (Rubin ex-de Goldamn Sachs sous Clinton, Paulson ex-PDG de la même banque sous Bush II, Geithner, ex de la même, sous Obama). Dans lequel les  hauts fonctionnaires français dévoués à l’intérêt général sous de Gaulle ont été remplacés par les avocats d’affaires (Borloo, Lagarde, Tsarko…) et les capitaines d’industrie ou de finance (Breton, Ouda, Pérol…). Mais il ne s’agit pas que de Sarko, « l’américain fan de Bush à passeport français.  Les socialos : Bérégovoy (inspiré par Naouri devenu PDG d’un des plus gros distributeurs français), Fabius, DSK, et avant le curé Delors, ont été les artisans de la conversion de la France au tout-financier : suppression du contrôle des changes, libéralisation de la circulation des capitaux, suppression de l’indexation  des salaires sur l’inflation, début de la baisse des impôts sur le revenu des riches, autorisation des stock-options et des LBO, etc. la seule différence est que les socialos faisaient ça pour s’adapter à la concurrence mondialisée et que Naboléon le fait par conviction envers les bienfaits du tout-marché efficient et par idéologie libérale modèle Thiers sur lequel il s’étalonnette. Mais c’est un politicard rusé : maintenant il accentue sa démagogie en faveur des petits pour être réélu en 2012  et en chassant sur les terres du Fronte Nationale et Crapular. Et il accuse ses adversaires politiques d’être des « populistes ». Objection, votre déshonneur : le populisme est l’essence même de la démocratie qui, comme le nom l’indique, part du peuple ; c’est à ne pas confondre avec la démagogie. 

L’affaire, suite

Posté : 12 juillet, 2010 @ 11:38 dans politique | Commentaires fermés

On vit dans un monde merveilleux : le vendredi, il y a des affaires politico-judiciaires,  le lundi, tout aura disparu. Et pourtant il faudrait s’inspirer de la blague des œufs au bacon : dans ces derniers, la poule est concernée, le cochon impliqué. A quoi est parvenu Gnafron 1er ? A ce qu’il ne soit pas impliqué. La comptable de Mme Bettencourt maintient que les politicards de droite défilaient chez elle et  feu son mari, André Bettencourt qui s’était illustré dans des journaux antisémites en 39/45 avant de faire une grande carrière « gaulliste » comme Papon. C’étaient sans doute pour fumer le cigare et prendre le thé. Rappelons que la comptable a été ramenée manu militari de son lieu de repos dans le Sud pour être auditionnée très longuement par la police financière. D’aucuns crient à la pression inadmissible contre un témoin, avec peut être des  menaces voilées qui l’ont conduite à se reprendre : elle n’a pas vu Sarkozescu toucher du papier kraft garni. Ce qui ne veut pas dire que la chose n’a pas eu lieu ; cela signifie simplement qu’il n’y a plus de témoin. En revanche, elle ne retire pas le reste de son témoignage à Médiapart, notamment l’implication de Woerth dans la collecte de fonds pour l’élection présidentielle de 2007. 

Le procureur Courroye, ami de Duracell 1er,  a monté 3 enquêtes préliminaires. Rappelons ce que c’est, car les journaleux ne le font pas. Ce sont des investigations menées par le seul parquet, organe commandé par le pouvoir, ainsi que l’a signalé la justice européenne qui lui dénie le doux nom « d’autorité judiciaire indépendante ». Ces enquêtes ne sont pas à charge et à décharge ; elles ne font pas l’objet d’un « contradictoire » ; les avocats n’y sont pas présents ; les dossiers sont secrets, les moyens de recherche inférieurs à ceux d’un juge d’instruction, magistrat indépendant. On ne peut donc pas être sûr du tout de la neutralité de l’instructeur ; en revanche on pourra noyer le poisson (d’où la multiplication des enquêtes préliminaires) et surtout donner l’illusion que les puissants sont des justiciables comme les autres. Cela dit, il se pourrait que la chose soit honnête, mais le doute subsistera comme la suspicion. C’est l’inconvénient des structures institutionnelles dont les responsables sont nommés par le pouvoir. On vient de le voir avec le limogeage de Guillon et Porte par le duo Hees-Val. Même si c’est une décision indépendante, l’ombre du prince flotte. Il paraît que Zébulon 1er n’aurait pas apprécié parce que cela a renforcé les suspicions sur l’inféodation des dirigeants de France Inter à sa personne. Eh oui, la femme de ces arrhes doit être insoupçonnable ; ce que ne facilitent pas les dispositions institutionnelles voulues par le prince. 

C’est comme le rapport de l’Inspection générale des finances sur les relations entre le fisc/Woerth et Mme Bettencourt. Paru en avance, il dit « circulez, il n’y a rien à voir ». Les meilleurs journaleux signalent que l’IGF dépend du ministère des finances, ce qui laisse augurer de son indépendance réelle. Et aucun médium notoire n’a signalé que le rapport a été rédigé par le seul directeur de l’IGF, nommé par le pouvoir, à l’encontre de toute pratique qui veut que ce soit un collectif de ladite IGF qui enquête ! Là encore, que le dirlo soit honnête ne joue guère : sa position institutionnelle même le fait soupçonner de partialité. Dans ce cadre, avec un dirlo dépendant et une justice parquetière aux ordres, peut-on espérer que les présumés responsables soient impliqués ? Sans doute non, et le pouvoir va se refaire une virginité tout en restant, nolens volens, concerné. 

Certains dégagent une odeur de sainteté, d’autres un parfum de scandale même si l’on ne peut rien prouver. Ce serait étonnant : depuis l’affaire URBA on ne tient plus de petits carnets pour noter les noms des généreux donateurs aux partis et le montant donné. Et puis avec internet et les paradis fiscaux, l’argent peut circuler incognito à la vitesse de la lumière. M. De Maistre a largement eu le temps de faire disparaître les documents compromettants, car on ne l’a pas embastillé tout de suite comme Kerviel. 

D’où vient l’odeur de soufre (douleur ; de la presse, des socialos et de Médiapart) ? Eh bien de l’accumulation d’affaires où le pouvoir est concerné : l’aménagement du logement du prince à Neuilly, les sous-marins du Pakistan et l’assassinat de 11 collaborateurs de la DCN, les privilèges du « premier cercle », les dérapages des ministres peu soucieux des deniers publics, la prolifération de petits parties pouvant toucher (le dernier en date a été crée par Wauquiez) en contournant la loi sur le financement des politicards, etc. 

Mais Zorro parle ce soir dans les étranges lucarnes. Il va évidemment s’en sortir comme tout bavard dans un procès, avec des effets de manche et des questions de rhétorique, des affirmations péremptoires et des coups de botte en touche. Gageons que M. Pouajudas ne sera pas très offensif. On n’est pas dans la démocratie à l’américaine ou à la britannique, ici. on est dans la république oligocratique et monarchique et l‘intervieweur est nommé par le PDG de la télé (guidée) publique, lequel est nommé par le président. Il est vrai que la chose demande que les commissions parlementaires concernées l’acceptent. Mais contrairement à ce que laissent penser moult journaleux, ce n’est pas à la majorité des 3 cinquièmes d’approuver : c’est le contraire : il faut que ceux-là ne s’y opposent pas. Fastoche avec une chambre Sarko-horizon. 

Le meccano de la Générale capitaliste

Posté : 8 juin, 2010 @ 9:49 dans politique | Commentaires fermés

Quand on voit à partir du glossaire économique les exactions permanentes du système capitaliste on est amené à s’interroger sur sa logique profonde, laquelle n’a été que modifiée et exacerbée par la mondialisation du commerce, par les avancées technologiques de l’informatique et surtout par la libre circulation des capitaux. Il y a des « stabilités » dans ce régime ; mais il y eu aussi des changements importants. 

Les faits révèlent des invariants qui structurent la logique profonde du système capitaliste et qui en font un système particulier quelles que soient les formes qu’il prend en fonction de l’évolution des contextes dans lesquels il opère. Cela met en relief sa capacité d’adaptation malgré ses constantes.  Le capitalisme a pour détermination la recherche de la maîtrise de la nature à des fins soi-disant utiles aux communautés humaines. Le capitalisme a pour but et pour effet de pousser sans cesse à l’accumulation des biens et du profit, même sans se préoccuper de ses conséquences sur la nature elle-même. Et encore moins sur les êtres humains à commencer par les travailleurs.

Le capitalisme tend à la concentration par suite de sa recherche constante d’économies d’échelle en vue de la rentabilité, ce qui suppose l’extension du marché pour le producteur capitaliste. Cette extension peut être générale et tous les capitalistes peuvent en profiter s’ils ont les moyens de production nécessaires. Si le capitaliste trouve, dans un marché peu porteur, des concurrents sur son chemin, il fera tout pour les éliminer et s’emparer de leur part de marché. C’est donc un tour de passe de passe que de lier capitalisme, libre-échange et libéralisme. Par construction, la réalité du capitalisme est la tendance au monopole et il résulte de la concurrence qui est nécessaire aux capitalistes pour absorber les concurrents, pour réaliser la plus grande concentration possible des moyens de production et de circulation.

Le capital repose indéniablement sur la détention individuelle des moyens de production. C’est ce que Marx a appelé les rapports de propriété qui sont juridiques et permettent légalement l’appropriation des productions et des usines et machines. Mais l’enjeu des rapports de propriété est celui des rapports réels de production : il faut d’un côté » une main d’œuvre qui est obligée de vendre sa « force de travail », qui plus est « librement », et de l’autre un patron qui donne du travail dans ses propriétés productives. De tout temps, le capital a cherché à obtenir des lois qui rendent les travailleurs mobiles et libres de se vendre au meilleur  moins-disant : contre le servage, les esclaves, les convicts, etc. Ou incapables de se défendre comme avec les lois de la Révolution française contre les corporations et les « coalitions ». Les rapports réels de production sont le plus important des paramètres car si les capitalistes avaient le pouvoir effectif de domination et d’exploitation sans lois de protection du salariat (ce qu’ils ont finalement obtenu actuellement des gouvernants) ils se passeraient des rapports juridiques de propriété. Le recours au droit est une contrainte d’ordre politique pour le capital. Car un régime sociopolitique démocratique ne peut pas durer s’il n’a pas un minimum de légitimité. Le problème est donc renforcé par l’émergence de la démocratie : les politicards ont intérêt à se faire élire ; il leur faut donc donner des gages aux citoyens. Donc, lier démocratie et capitalisme est un non-sens. Les capitalistes s’en passeraient facilement comme on le voit en Chine ou comme on l’a vu avec Pinochet au Chili. On a même vu une théorie feldgrau, vert-de-gris, celle de l’ordo-libéralisme tudesque pour énoncer que l’Etat devait être fort pour imposer l’absence libérale de tout droit social. Du reste, le capital lutte toujours pour faire voter des bonnes lois à son profit. La loi, le droit lui servent à éradiquer la contestation au nom du respect dû à la législation…pondue par des représentants que tout le temps les capitalistes essaient d’acheter ou de presser (lobbys, députés à leur solde déposant en séance des « cavaliers législatifs », etc.). On observe au passage que l’exigence de liberté du travail n’a rien à voir avec la morale ou l’humanisme ou le libéralisme. Il s’agit de pouvoir voler aux autres capitalistes la main d’œuvre nécessaire à sa boutique.

Le capitalisme est une gigantesque machine à détruire du capital. Schumpeter a même appelé cela « la destruction créatrice » par l’innovation qui fait abandonner les anciennes machines même encore performantes. C’est sans doute un effet un effet de la concurrence, effet pervers pour les capitalistes qui ne peuvent pas suivre en investissant dans des technologies plus productives. C’est un gaspillage permanent de moyens et de ressources.

Le capitalisme repose sur le profit, sur la transformation du capital marchandise ou machine en argent, sur « la valeur actionnariale » comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire sur la confiscation maximale des fruits du travail. C’est un système automatique à logique fatale : les capitalistes individuels ne peuvent échapper à ses règles sauf à faire faillite ; il est général et indépendant de ses acteurs. C’est un système bouclé, c’est-à-dire d’interdépendance des facteurs.

Mais depuis 30 ans le capitalisme dit « post-moderne »a changé, non dans sa logique intrinsèque, mais dans ses modalités. Le cycle n’est plus M A M (ce n’est pas Michèle Alliot-Marie mais marchandise-argent-marchandise) mais A M A. les flux financiers qui circulent sont devenus très supérieurs à ceux de marchandises. 2500 à 3000 milliards de dollars circulent tous les jours dans les deux sens. Ce qui est mondialisé, c’est la finance ; pour le commerce ce ne l’est pas plus qu’en 1913. Le profit résulte pour une large part d’opérations financières. La logique n’est plus seulement de faire du profit, même plus de le maximiser, mais d’en faire toujours plus encore et encore. Les opérations de bourse dominent les stratégies managériales ou d’entreprises : OPA, OPE, LBO, rachat de ses propres titres par l’entreprise pour en faire augmenter la valeur à profit global constant (le même divisé par moins de titres augmente le dividende versable à chacun).

Le capitalisme actuel est régi par la maximisation de la « valeur actionnariale » pour les propriétaires du capital financier sous forme d’actions vendables en bourse. Les dirigeants ont pour fonction de valoriser au maximum le patrimoine financier de l’entreprise, c’est-à-dire la valeur des titres-valorisation boursière, laquelle dépend peu des dividendes versés mais  surtout des plus-values en bourse. Les technocrates, qui visaient surtout à accroître la puissance de l’entreprise, notamment en achetant la paix sociale, n’existent plus (contrairement aux analyses de J-K Galbraith sur l’ère des managers lors de la phase du capitalisme moderne des 30 glorieuses). Les managers à l’ancienne ont perdu le pouvoir parce que la dispersion des titres est révolue par suite, notamment, de l’emprise des fonds de pension capitalisée. Mais surtout les managers new look  ont compris que leur rémunération dépendait de leur capacité à faire suer de la valeur pour l’actionnaire. De grands groupes bancaires ou d’investissement  ou des fonds de pension (investisseurs institutionnels ou zinzins) détiennent aujourd’hui de suffisamment gros paquets d’action pour que leurs exigences de rentabilité financière soient satisfaites par les dirigeants d’entreprises plus ou moins multinationales. La montée considérable en puissance des fonds de pension résulte directement des modalités, qui se généralisent peu à peu, d’assurances-vie individuelles et des régimes de retraite par capitalisation lancées par le capitalisme anglo-saxon. Les manageurs (les « agents ») sont alors soumis à la pression des propriétaires (« le principal ») pour faire de l’excellent chiffre trimestriel, c’est-à-dire pour être plus rentables à très court terme que leurs concurrents, sinon lesdits propriétaires transportent leurs fonds dans des entreprises plus performantes au plan financier. Par ailleurs, le principal appâte le manager avec des salaires mirifiques, des parachutes en or, des « retraites -chapeau »  et des stock-options. Ce qui pousse les manageurs à faire gonfler, y compris artificiellement, le cours des titres : ce qui rapporte dans les stock-options, ce sont les plus-values sur vente des titres à échéance.

L’enjeu principal est l’énorme pression exercée sur toutes les entreprises (rappelons-nous que le capitalisme forme un système automatique auquel nul ne peut échapper)pour augmenter la rentabilité par tout moyen : baisse des salaires et dégradation des conditions de travail, mise sous pression et en concurrence exacerbée des fournisseurs et prestataires de services, délocalisations dans les pays sans taxes, sans fiscalité (d’où le développement des paradis fiscaux devenus nécessaires au recyclage des profits afin d’ échapper aux impôts dans le pays du siège social), sans écologie, sans droit du travail sans protection sociale et à faibles coûts de main d’œuvre, baisse du coût des transports (concurrence dans le camionnage, pavillons de complaisance, bateaux poubelles) ; dégraissages (downsizing), réorganisations (reengineering), autonomisation des opérateurs (empowerment, par exemple par raccourcissement des lignes hiérarchiques et mise en place de groupes autonomes de travail), sous-traitance aux moins-disant par externalisation des fonctions annexes. Dans les pays développés, reprise de toutes les garanties apparues dans les Etats-providence : retraites par répartition, SS, salaires minima, indemnités de chômage, CDI et temps complet au profit des CDD, de l’intérim et du temps partiel (exigence de flexibilité), suppression ou diminution des impôts pour les riches ou baisse des charges sociales payées par les entreprises, reportées sur les contribuables ou avec diminution des droits, etc. les conséquences sur le travail sont terribles.

Un enjeu caché réside dans la perte de légitimité du pouvoir politique et de l’Etat dont les dirigeants en sont réduits à proclamer qu’ils ne peuvent rien faire contre ce toboggan où une fois sur la pente on ne peut plus s’arrêter. Et c’est largement vrai même si certains pays (ceux de l’Europe du Nord) arrivent encore à sauver les meubles momentanément. C’est vrai car le système est automatique, autocinétique ; le tonneau des Danaïdes n’a pas de fond, la spirale vers le moins-disant n’a pas de fin, sauf politique, mais maintenant à un niveau international. Car le système entraîne la mise en concurrence non seulement des salariés mais encore des peuples, des régimes sociaux, des modes de production. C’est du reste ce à quoi s’applique ne varietur depuis 30 ans l’Union européenne avec son dogme de la concurrence libre et non faussée et son refus de toute harmonisation (notamment fiscale) et de toute intervention publique dans le capital.

Le capitalisme post-moderne est marqué du sceau de la flexibilité. Aucune culture ne prend un produit clé en main ; les marchandises et services doivent, pour être vendus partout, être adaptables aux mœurs locales ; par ailleurs l’individualisme régnant fait que les individus, pour se distinguer les uns des autres, demandent de la variété. Pour ces raisons, le capitalisme est une « économie de la variété ». Il n’est plus question de commander une Ford T, à condition qu’elle soit noire. Il faut, afin de rester dans des enveloppes de coût raisonnable de production, produire du standard, mais modulable. Par exemple pour une auto, avec le même châssis, le même moteur, les mêmes roues, la même boîte de vitesse, etc.,  on peut jouer sur les formes, les couleurs, les équipements, les performances. Cette nécessaire double adaptabilité (culturelle et consommatoire individuelle) rend obsolète le travail à la chaîne sur des séries standard car la transformation des chaînes de production pour une production différente est extrêmement coûteuse.

Pour développer sa rentabilité le capital cherche des « économies d’échelle ». L’idée est simple : plus la production vendue est élevée, à facteurs de production constants, plus le coût de la dernière unité produite (le fameux coût marginal) est faible, ce qui déjà permet d’être plus rentable que le concurrent  dont le marché est moins vaste. En effet, les frais de structure ou « charges fixes » sont amortis sur une plus grande quantité d’objets produits. Il se trouve que les moyens modernes sont hyper productifs et que par construction les marchés nationaux sont trop étroits. Sauf normalement pour de grands pays comme les USA, la Chine, l’Inde ; cependant les 2 derniers ont actuellement choisi de faire financer leur développement par les exportations de biens ou de services. C’est pourquoi le capital financier ne cesse d’exiger l’ouverture des frontières pour disposer d’un marché d’échelle mondiale, ce qui le conduit à la variété, ce qui le pousse à la flexibilité tout en se concentrant en vue des économies d’échelle. Ce qui le conduit aussi à vendre au maximum des produits standards ou des biens « variables » à la marge. La variété est évidemment un des moyens d’étendre son marché et l’innovation en vue d’une offre diversifiée vers une clientèle hétérogène une façon d’éliminer les concurrents grâce à un monopole momentané.

L’exigence de rentabilité a eu des conséquences majeures : le remplacement de la primauté de la production par celle de la finance, l’appel aux sous-traitants étrangers au détriment de l’emploi local, l’aggravation des inégalités, la précarisation du travail, le développement outrancier du crédit, la concurrence exacerbée entre pays. Ces résultats proviennent de plusieurs causes, lesquelles sont interdépendantes.

* L’énorme productivité des moyens de production actuels ne peut être accompagnée de profits que si les biens et marchandises s’exportent partout afin de faire des économies d’échelle sur le volume de la production vendue. C’est pourquoi depuis plus de 30 ans, des lobbys patronaux se sont employés à faire pression sur les politiciens de façon que les frontières soient annihilées. En Europe, l’European Round table (ERT), club des grosses entreprises européennes (ou l’‘AFEP, association française des entreprises privées, soit les gros bonnets du CACa(a)40, a obtenu, notamment du curé Delors (livre blanc et grand marché lors de sa  présidence de l’UE), l’ouverture totale des marchés à la concurrence. Cependant, il n’en reste pas moins que les moyens de production sont sous-employés ce qui conduit à une concurrence de plus en plus sauvage. A cela s’ajoute que désormais bien des domaines sont dans les rendements croissants car le coût direct des moyens de production est très faible par rapport aux frais d’investissement. Toute production supplémentaire vendue au-delà du point mort est du bénéfice. Ce n’et pas si nouveau car aux lendemains de la libération du nazisme et pour obtenir las aides du plan Marshall la France, notamment, a dû accepter le cinéma américain pour cette raison : que les producteurs Yankees amortissent leurs coûts sur un vaste marché.

*  L’abondance de pognon à la recherche  d’espaces d’investissement rentable ou sûr : les Etats pétroliers, les multinationales, les riches détaxés un peu partout, la Chine et l’Allemagne avec leurs excédents commerciaux. Ce fric s’accommode de taux d’intérêt assez faible si la dette a l’air assurée. C’est du reste pourquoi il fallait libérer la circulation des capitaux pour en bénéficier. Or les excédents commerciaux des uns (des Huns) se transforment, sou pour sou, en appel de capitaux prêtés par les autres pour couvrir les déficits ; ce qui rend la sphère financière inéluctable pour les Etats endettés, ce qui les a poussés à accepter la libre circulation des capitaux. Les Etats ont choisi de financer leurs déficits, parfois leurs investissements (le programme nucléaire français), par l’appel à des emprunts sur un marché international des capitaux, ce qui les a mis sous la coupe desdits marchés. Parce que les emprunts internationaux coûtaient moins chers que les locaux et parce que l’épargne locale n’offraient pas les ressources nécessaires (sauf, notamment en France, mais c’était plus coûteux).

* Des Etats qui ont laissé filer la protection sociale au profit de la dette généralement extérieure, puis qui se sont lancés dans des politiques de compétitivité en abaissant les charges sociales pesant sur les entreprises, y compris celles qui n’étaient pas dans la concurrence internationale.

* Des Etats qui ont vu dans la spéculation financière une source de profits pour leurs banques et leurs assureurs ou leurs multinationales, lesquels, du reste, on fait pression sur les politiciens pour avoir les mains libres. Des Etats qui ont tout fait pour favoriser les profits au nom de la compétitivité et qui ont compensé la perte de pouvoir d’achat des salariés par l’appel au crédit pas cher et aux productions importées à bas coût à partir de pays les moins-disant dans tous les domaines.

* Des multinationales qui ont vu dans les marchés extérieurs la possibilité d’acheter au moindre coût et de vendre ou de produire au plus bas prix possible pour éliminer leurs concurrents et vendre plus, qui ont vu dans la spéculation financière le moyen d’arrondir leurs bénéfices.

* Des banques et autres financiers qui ont poussé à la dérégulation pour spéculer afin de maximiser leurs bénéfices. Ces instances ont reçu le renfort des économistes à la mode chez les gouvernants, tous convaincus de l’excellence des théories, et les journaleux stipendiés et idéologisés par les « réservoirs de pensée » libérale.

  * Ces politiques ont été facilitées et accélérées par les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont une grande importance dans la financiarisation du capitalisme. Les NTIC ont multiplié de façon exponentielle la vitesse de traitement et de circulation des informations et les capacités de son stockage. Elles permettent le travail à distance. Elles facilitent les échanges d’idées et donc la créativité car les cadres concepteurs surfent sur Internet. Le coût de l’information, de l’accès aux données, aux centres de ressources est devenu presque négligeable relativement aux autres dépenses. Elles permettent l’accélération de la circulation financière en temps réel. Elles ont facilité l’appel aux paradis fiscaux et rendu le traçage des fonds, de l’évasion fiscale, des trafics illicites et de la corruption très difficile. Elles ont permis le développement des opérations hors bilan via des filiales off shore. Elles ont rendu plus productives les tâches de gestion et d’administration (y compris à distance), de même qu’elles ont facilité celles de conception assistée par ordinateur. Le développement des NTIC (le Web, le Wi, l’ADSL sur fibres optiques)  a aussi produit  que ce que l’on vend de plus en plus souvent ce ne sont plus seulement des produits ou des services mais « des accès » à leur mise à disposition.

 *  L’écroulement du communisme en tant que système socio-économique et comme idéologie a renversé les rapports de force en faveur du capitalisme débridé (même en Chine), triomphant et envahissant.

 * Les évolutions socio-culturelles (hédonisme, relativisme des valeurs, culte de soi et de l’authenticité, autonomie anti-hiérarchique, etc. ont procuré au capital de nouvelles occasions d’expansion, mais ceci concerne avant tout l’influence de la publicité, de la mode, de la gadgétisation, de la différenciation des produits en regard du caractère ostentatoire des consommations. Elles ont fini, à partir de l’individualisme matérialiste libéral, l’apparition de l’immoralité, de la cupidité rapace dans les affaires. Cela a été facilité par une comptabilité new look dite au prix de marché et par les conflits d’intérêt dans les agences de notation.

La transformation du capitalisme en mondialisation financière et en primauté de la rentabilité exponentielle n’est pas une auto-création spontanée de sa nouvelle logique. Ce qui prouve que les lois du capital n’ont rien d’intemporel. Ce sont des décisions politiques qui ont installé les lois propices à l’expansion de la finance à la place du capitalisme de production et d’industrie. Ces lois sont en général issues du court-termisme des dirigeants politiques, de leur incompétence, de leur façon politicarde de se sortir de la merde par des expédients non étudiés quant à leurs conséquences quand le pays sombre économiquement, de leur propension à la corruption, de leur soumission aux sirènes capitalistes usant de l’arme fatale de la fermeture des usines. C’est un effet malheureux de la fausse démocratie soi-disant représentative.  

 

 

 

 

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