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Les ordures capitalistes

Posté : 10 septembre, 2012 @ 10:51 dans politique | Commentaires fermés

Les médias nous informent de ce que Bernard Arnault (copain de Tsarko, invité du Fouquet’s en 2007), le futur ermite, veut acquérir la nationalité belge en sus de la française. Le but est en fait de préparer la transmission sans impôts à sa famille ; le moment venu, il suffira de renoncer à la nationalité française pour ce faire. Une fois belge, il pourra aussi se déclarer résident à Monaco. Le fric n’a pas d’odeur ; il n’a pas non plus de patrie. Le sieur (huile du capital) Arnault a 32 milliards d’euros de fortune, soit la 1ère des Francaouis et la 4ème mondiale. Il dirige LVMH, 100 000 salariés de par le vaste monde. Mais voyons d’où vient ce type et comment il a fait fortune. Contrairement à la légende libérale des « self made men », il n’est pas parti de rien et il ne s’est pas fait tout seul.
C’est l’héritier d’une boîte de BTP dans le Nord transmise par son papounet. Il a ensuite créé une maison de promotion immobilière, Férinel, qui proposait des résidences de vacances à la mer. N’oublions pas que le BTP et la promotion immobilière sont les fleurons de la corruption des édiles et des passe-droits pour construire low cost grâce à des cadeaux des municipalités (terrain, par exemple, devenant subitement constructible sur le littoral soi-disant protégé du bétonnage ou expropriation pour cause d’utilité publique au profit du promoteur acquérant ainsi les terrains pour pas cher). Puis notre entrepreneur s’est vu accorder la reprise de l’empire Boussac (déjà sévèrement écorné par les frères Willot) par un tribunal de commerce peu regardant et avec un prêt étatique de 2 milliards de francs (316 millions d’euros aujourd’hui). Ce prêt a été consenti en 1984 par…, devinez qui, Fabius. En Contrepartie, Arnault devait sauver la boîte et maintenir l’emploi. Mais M. Arnault, rien à voir avec le pape des jansénistes, a vendu tout ce qu’il a pu (usines, beaux bâtiments ; à l’instar des Dalton qui avaient liquidé Saint-Frères) et conservé les fleurons de l’empire comme DIOR. Mais Fabius, dit Fabiola (fume, c’est du Belge), n’a pas exigé le retour des 316 millions, ni ses successeurs après la défaite électorale du PS en 1986.
Ensuite M. Arnault a racheté patiemment des tas de boîtes (dont Louis Vuiton) par des méthodes dignes du Leverage Buy Out (LBO), méthode autorisée par les socialos (il ne faut pas oublier que la dérèglementation financière a commencé sous eux avec Bérégovoy, Fabius, DSK) et qui consiste à sortir 10 % du prix de sa poche, à emprunter les 90 % manquant et a faire payer l’emprunt (amortissement et intérêts) à la boîte rachetée tout en la pressurant à mort (dégraissages, notamment) pour faire juter du profit. Au bout de 4 ou 5 ans la maison est revendue avec profit à un autre spéculateur ; le profit tiré du LBO dépasse donc souvent 90 % (fastoche, c’est au moins 100 de valeur initiale moins les 10 % d’apport frais, les 90 d’emprunt ayant été payés par les racheté). On imagine aussi que la méthode Tapie très à l’honneur (achat d’une boîte battant de l’aile puis dégraissage Willot des beaux actifs immobiliers) sous les socialistes mitterrandiens a été employée avec bonheur par notre chef d’entreprise audacieux. M. Arnault avait tenté de faire main basse sur Hermès (en achetant en loucédé des parts détenues par des membres de la famille sans informer le gendarme de la bourse et à la limite du délit d’initié) mais celle-ci s’est bien défendue jusqu’à présent.
C’est donc un homme de haute vertu qui s’est montré, seul, un remarquable capitaine d’industrie. Mais avec le concours de cet Etat socialiste si honni et qui veut maintenant imposer votre fortune. Sans la bienveillance des pouvoirs publics, LVMH n’existerait pas. C’est facile de faire fortune quand les gouvernements vous aident si bien à escroquer les autres.
Mais M. Arnault ne s’est pas non plus fait tout seul. Ila fait polytechnique aux frais du contribuable. Etudes quasiment gratuites dont le bonhomme est donc redevable à la France. Mais, soyons juste, on n’apprenait pas les manipulations financières à l’X à l’époque. Arnault a appris tout seul mais il avait l’exemple des Willot et de Tapie qui s’y connaissaient en trucages et montages olé olé. Cela dit, rien n’aurait été possible sans les opportunes lois gouvernementales qui les permettaient sans sanction. Sauf à dépasser les bornes comme les Dalton. La République a donc été bonne fille et la patrie lui a tout permis. On mesure donc le degré d’ingratitude quand ce quidam veut échapper aux impôts sur la fortune qu’elles lui ont permis d’accumuler. Les lois devraient permettre de retirer sa nationalité à un individu qui se montre apatride en allant chercher une autre nationalité. Le moins serait que de tels gugusses soient condamnés à rembourser les frais de formation et les aides de l’Etat avant de pouvoir filer à l’anglaise. On pourrait aussi nationaliser ses possessions en France contre des obligations d’Etat à 2 % sur 50 ans. Que va faire Little Gouda 1er ?
Cette biographie est une illustration exemplaire des collusions entre le politique et les puissances d’argent, du rôle des lois quand elles sont systématiquement édictées en faveur du capital sous couvert de démocratie représentative. Et avec le concours d’avocats d’affaires plus ou moins spécialisés dans « l’optimisation fiscale » à l’instar, peut être, du souverain précédent Chamallow, à savoir Rodotarinraskoltignac.
Ce que prouve Arnault, c’est que l’impudeur et l’immoralité n’ont plus de limites. On ne pense qu’à soi, tant pis pour les autres et le pays. Le révoltant de l’histoire est que les déplorateurs de la « perte des repères » sont en même temps et surtout de chauds partisans du libéralo-capitalisme mondialisé. Ils gémissent hypocritement sur la perte du sens moral sans voir que c’est une conséquence de leur philosophie. En effet, depuis 2 siècles, le libéralisme a encouragé l’individualisme, l’utilitarisme, le matérialisme, etc. Avec la mondialisation, le tout-marché, le tout-finance cette morale a pu se déchaîner. Dès lors, les dirigeants d’entreprise, les politicards, les journaleux stipendiés, les banquiers ont perdu tout sens de l’honneur, toute vergogne au point d’aller jusqu’à truquer les comptes (ENRON, Parmalat, Vivendi), à jouer contre leurs clients (Goldman Sachs qui a vendu des dérivés en spéculant à la baisse contre eux)), à se laisser acheter par les lobbys finançant leurs campagnes électorales pour faire voter des lois favorables aux monopoles et aux rentes, à payer de faux chercheurs pour contrer les attaquants de leurs produits nocifs, etc. mais il ne s’agit pas de comportements individuels : ces derniers n’ont pu se multiplier que par la grâce de la dérégulation financière et commerciale votée par les politicards aux ordres des puissances d’argent. C’est un système prédateur qui a été ainsi mis en place, système qui conduit à un abime exponentiel entre les 1% et 0,1 % les plus riches et les 99 autres pour cent (nom d’un mouvement d’indignés aux USA, les 99). Il faudrait déjà d’urgence, n’est-ce pas M. Hollande ?, re-règlementer le commerce et la finance. Avant d’arriver à la mise en place d’un tout autre système socio-économique, ce qui suppose l’apparition d’une vraie démocratie.

Déjà la fin du début !

Posté : 9 septembre, 2012 @ 10:21 dans politique | Commentaires fermés

Les socialos ne tiendront pas dix-huit mois. Ils ont gravement mésestimé l’ampleur de la crise, par exemple en affichant un taux de croissance de 1,2 % pour 2013 (0,5 pour la plupart des experts), et ils continuent de communier dans les saintes écritures libérales qui font la pluie et le mauvais temps à la grosse commission de Bruxelles. La meilleure preuve en est le vote programmé au parlement du Traité de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance concocté par Merkozy et que Guimauve le Concurrent voulait répudier… pendant la campagne pestilentielle. Ce traité impose un déficit structurel (quésaco ?) d’au maximum 0,5 % du PIB, la chose étant surveillée ex ante et semestriellement par la Commission, ce qui en fait enlève à la France (et aux autres) la souveraineté de son budget. Culbuto 1er a, en contrepartie, arraché à la grosse Angela un budget de croissance de 120 ridicules milliards (par ailleurs, déjà existants pour l’essentiel). C’est que l’austérité pour restaurer les comptes publics est la voie royale du libéralisme européen, de même que de retrouver de la compétitivité par les coûts dans les entreprises (lisez pas de Smic, flexibilité totale des contrats de travail, abolition des charges sociales sur les boîtes à reporter sur les contribuables et les assurés sociaux, baisse des rémunérations, suppression de fonctionnaires improductifs, etc.). Cette voie a été déjà imposée par la Troïka (BCE, Bruxelles et FMI), notamment à la Grèce, avec les résultats que l’on sait : récession très importante (près de moins 7 % de PIB en 2011, 25 % de chômeurs en septembre 2012), ce qui élimine la possibilité d’équilibrer le budget contrairement au but visé. Italie, Espagne, Portugal, G-B, bientôt la France appliquent cette médecine à la Diafoirus et donc toute l’Europe court vers la récession afin de sauver, soi-disant, l’euro mais surtout les rentes et le capital qui seraient entamés par une dévaluation. L’Espagne en est déjà à 25 % de taux de chômage (50 pour les jeunes !) ; la France vient de dépasser les 3 millions de chômeurs catégorie 1 (n’ayant aucunement travaillé dans le mois précédent) soit le seuil de 10 % de taux de chômedu et cela sans compter les 3 autres millions en sous-emploi ou précaires. L’INSEE vient de publier des chiffres pour 2010 : 14,1 % de pauvres (8,5 millions), moins 0,5 % de pouvoir d’achat (plus 1,3 % pour les 5 % les plus riches), 20 % d’enfants pauvres.
Les plans sociaux fleurissent comme des champignons en Corrèze à l’automne et Montebourg, le chevalier blanc du redressement productif, s’arrache ses beaux cheveux. Fraise des bois 1er avait promis une Banque Publique d’Investissement pour financer les PME que les banques n’aident plus car c’est plus juteux de spéculer avec les prêts à 1 % à elles consentis pour 3 ans par la BCE (1 000 milliards en tout en Europe). Malgré l’urgence, les excellences se déchirent entre deux politiques pour la future et prochaine BPI. D’un côté, les petits bras, les Shylock emmenés par Moscovici, ministre de l’économie et des finances : la BPI ne serait qu’une holding de coordination de structures préexistantes (OSEO, FSI, CDC) ne disposant que de 30 milliards pour faire redémarrer les PME et des projets novateurs. L’organisation de la BPI a été confiée, après un semblant d’appel d’offres mené par l’Agence des Participations de l’Etat (APE) dirigée par de hauts fonctionnaires de Bercy (puisque ce sont les fonctionnaires, par ailleurs libéraux car soucieux ensuite de pantoufler dans le privé et car ayant sucé le lait libéral à la mamelle de l’ENA et de Sciences-po qui gouvernent Bercy), à Mathieu Pigasse, banquier d’affaires socialo, directeur de la banque Lazard pour la France, proprio des Inrockuptibles (où il a nommé la copine de Montebourg comme directrice) et coactionnaire du Monde. C’est merveilleux que pour faire du public d’intérêt général on en passe par un appel au privé ! C’est comme introduire un loup dans la bergerie.
De l’autre, ceux qui voudraient une vraie structure ad hoc de financement de l’économie avec au moins 2 00 milliards de fonds. C’est tout à fait faisable quand on songe que les 1 600 milliards de l’assurance-vie (qui plus est largement détaxés) ne contribuent que pour 4 % à l’économie française et 1 % pour les PME ; en fait le fric part à l’étranger. C’est le projet Montebourg qui est donc en conflit politique et idéologique avec l’ex-Moscouvici. Le navigateur en pédalo saura-t-il trancher ? Dans quel sens ? Sans doute, la direction libérale qu’HEC et l’ENA lui ont enseignée de même que ses mentors tel le curé Delors (en Barre). Affaire à suivre. Comme pour la grande « conférence sociale » : le transfert de charges patronales (conseillé par Attali et Gallois et Parizot, la moutarde du MEDEF) par exemple sur la CSG (il faudrait deux points de CSG en plus rien que pour couvrir les cotisations pour les allocations familiales ; en sachant que le mollusque Hollande n’est même pas un couteau et qu’il craint d’annoncer la douloureuse au bon peuple) sera-t-il effectué, la flexibilité installée ? C’est plus que probable car l’austérité programmée réclame d’assassiner le salariat. De toute façon le projet Montebourg-pif est loin de celui de la création d’une banque socialisée, mutualisée, fédérée finançant d’abord les institutions de l’économie sociale, banque analogue à la Banque du peuple de Proudhon en 1849. On rigole devant l’augmentation en termes réels (en ôtant l’inflation) de 0,4 % du SMIC, on s’esclaffe devant la reculade sur la taxation à 75 % au-delà de 1 million d’euros de revenu (aux dernières nouvelles, ce serait 2 millions pour un couple et les revenus financiers seraient exclus), on se marre austèrement devant les palinodies sur le cumul des mandats, etc.
Alors que la crise des dettes publiques fait s’enfoncer la zone euro dans l’austérité par suite des réformettes libérales qui lui sont apportées, les banques d’affaires, Goldman Sachs en tête, redoublent de spéculation : sur les dettes publiques, les taux de change, les monnaies et sur aussi et notamment les produits agricoles. Il n’est pas rare qu’un cargo chargé de 2 000 tonnes de blé change 45 fois de destination en fonction des cours fixés par la bourse de Chicago où l’on spécule à la hausse à tout-va. Au bonheur d’Edam, fromage de hollande rouge à l’extérieur et jaune à l’intérieur, avait promis de s’attaquer à la finance. On n’a rien vu : les banques françaises ont aujourd’hui davantage de filiales dans les paradis fiscaux qu’avant, la séparation affaires/dépôts n’est pas réalisée, les produits dérivés toxiques (CDO, CDS, etc.) n’ont pas été interdits, le LBO est toujours là comme les marchés de gré à gré où l’on spécule « over the counter » (hors marché organisé et contrôlé) et à découvert (sans le fric, à crédit). Les banques, pourtant sauvées par les politicards aux frais des contribuables, continuent de saper les économies européennes. Tel le sapeur Camenbert, Little Gouda 1er laisse creuser un trou pour en combler un autre. Solution européenne : une union bancaire dirigée par des banquiers privés (de scrupules), par ailleurs très implantés dans les instances publiques (spécialité de Goldman Sachs : placer ses pions partout en usant de la technique des « revolving doors » entre les passages chez elle et les fonctions publiques : Rubin, Frank Paulson, Draghi, Monti, Papademos, Sutherland, etc.).
Fin septembre on aura le budget pour 2013, lequel fera dans les coupes budgétaires et les hausses d’impôts ou de taxes pour tout le monde alors que l’on devait ne s’attaquer qu’aux riches et à leurs niches. Il y a en effet entre 33 et 40 milliards à trouver pour n’avoir que 3 % de déficit en 2013 (4,5 en 2012, soit environ 82 milliards dont 47 de service de la dette et donc 35 de déficit primaire avant service de ladite dette), et cela en fonction du taux de croissance qui s’annonce étique (moins un point coûte 10 milliards). C’est sans doute pourquoi Peillon veut mettre de l’éthique à l’école jusqu’en (phase) terminale. La BCE ne peut toujours pas monétiser et mutualiser les dettes de la zone euro car la Doryphorie s’y oppose. Et Angela est largement soutenue par les Teutons qui ne veulent plus aider les cigales quand eux-mêmes ont été mis au régime sec par Schröder au début des années 2 000. Tudesques qui ne se rappellent pas qu’ils ont ruiné deux fois l’Europe et qu’ils sont très loin d’avoir payé les réparations correspondantes (notamment en Grèce pour 39/45). Par ailleurs, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe peut s’opposer à des aides ou à des transformations des fonctions de la BCE ; cette cour peut s’opposer à tout ce qui met en danger la souveraineté prussienne. Les Fridolins verraient d’un bon œil un nouveau mark, un Bis-Mark. Pourtant la BCE est indépendante et pourrait donc décider des mesures de sauvetage exceptionnel, non conformes à ses statuts. N’est-ce pas M. Draghi, président de la BCE et ex-Goldman-Sachs ? Du reste, on a eu une annonce (une énième) de la BCE le 6 septembre. La BCE va racheter sans limites des dettes publiques sur le marché secondaire des obligations. En fait, c’est un cadeau aux banques et aux marchés financiers qui savent ainsi que la BCE va racheter les obligations d’occasion (les obligations émises le sont sur le marché primaire, premier, le marché secondaire étant celui de 2ème ou énième main) en cas de risque de non remboursement. Entretemps l’achat de 2ème main est juteux : émise à 1 000 euros une obligation peut, disons par exemple, rapporter 5 % d’intérêts ; rachetée 500, on touche toujours 5 % sur 1 000 donc 10 % sur 500. C’est ce qui explique que les taux pour les nouvelles émissions augmentent car il faut alors servir au moins les 10 % des anciennes dont la valeur réelle n’est plus que de 500 pour un nominal de 1 000. Les banques et les financiers ont donc intérêt à jouer à la baisse car cela rapporte bien plus d’intérêts. Elles savent que le rachat par la BCE a pour objet de garantir les dettes ; donc elles peuvent encaisser des intérêts d’autant plus juteux que le prix de l’obligation ancienne baisse, ce qui augmente mécaniquement le rendement de l’obligation dévalorisée, ou que le taux d’intérêt des nouvelles augmente. Par ailleurs, la BCE de Draghi, ex-Goldman Sachs met des conditions draconiennes à ses rachats, notamment une demande justifiée de l’Etat auprès du FESF (fonds européen de stabilité financière) et des mesures d’austérité et de contrôle.
Ainsi, on continue de sauver les banques sans régler le problème économique de la crise. Celle-ci est renforcée par l’absence de demande liée à l’insuffisance des revenus, au retour à l’épargne, à la déchéance du crédit pour cause de faillite potentielle des emprunteurs. De plus ces derniers n’offrent plus de garanties car les prix des actifs ont plongé par suite d’un excès de ventes pour rembourser les dettes ou reconstituer des réserves fiables : ventes de plus en plus bradées des biens immobiliers et des titres financiers ; ce qui ne fait que s’accélérer et entraîne une déflation (chute des prix) permanente. Du coup, quand les Etats renflouent les banques en leur donnant des liquidités contre des titres pourris mis en pension à la banque centrale, cela ne fait que renforcer la spéculation puisque les gens et les entreprises n’empruntent plus faute de clients solvables ou d’actifs de garantie ou de revenus pour rembourser. La crise n’est pas celle des liquidités (fournies massivement à taux zéro par les banques centrales, notamment en faisant tourner la planche à billet comme aux USA) ; c’est celle de l’insuffisance des revenus et donc de la demande. C’est celle de l’insuffisance de la production interne (donc moins de salaires et d’emplois) compensée par des importations low cost. C’est du reste l’insuffisance des revenus, compensée par le recours massif au crédit, qui a déclenché la crise en 2007 quand les gens peu aisés n’ont pas pu honorer leur crédit immobilier. La suite de la crise n’est que l’aggravation de cette insuffisance de demande et de production locales. D’économique la crise est devenue financière, ce qui plombe l’économie. Et les dirigeants ne savent y répondre que par des solutions financières qui ne servent que les banques et la finance. C’est pourquoi la crise s’aggrave avec celle des dettes publiques. Les gouvernants, comme Hollande, persistent dans les rustines financières parce qu’ils ne veulent pas reconnaître que c’est leur politique socio-économique qui a déclenché la catastrophe et parce qu’ils sont inféodés à la fiance et même en sont prisonniers par suite de la dérèglementation qu’ils ont eux-mêmes organisée.
Et Chamallow 1er fait dans le cosmétique et la rustine au lieu d’opérer de vraies réformes de structure. Par exemple avec la loi en préparation sur le logement social ou celle sur les « contrats de génération » (500 000 pendant le quinquennat) après les « contrats d’avenir » (150 000 par an). Voyons cela. On a eu les TUC, les CES, les emplois-jeunes, etc. ils concernent essentiellement les fonctions publiques ou les associations. Résultat : les jeunes n’apprennent pas un vrai job dans le secteur marchand, ils ne cherchent plus activement un emploi, ils vont au chômedu à l’issue de leur contrat, ils remplacent de vraies embauches par effet d’aubaine. Il ne faut pas changer une méthode qui échoue depuis des lustres, voilà la leçon des nouveaux contrats hollandais. Quant aux 150 000 logements sociaux par an (dont Loi SRU portée à 25 % de logements sociaux) en cédant les terrains de l’Etat aux localités, on se tamponne le coquillard. Déjà la ministre Duflot (de paroles) a annoncé 930 terrains dont beaucoup sont déjà vendus depuis des mois ! Ensuite, les bénéficiaires potentiels seront-ils en mesure de payer les loyers et les charges alors que la pauvreté progresse ? Tant que les citoyens ou résidents ne seront pas sortis de la crise, construire tant de logements sociaux revient à créer un krach ultérieur pour l’amortissement des constructions, trou qui sera payé par qui ? Par les contribuables, lesquels en ont marre de tout payer sans rien toucher, par exemple pour les aides de rentrée scolaire. On sait depuis longtemps que donner des aides publiques individuelles à la personne pour « fluidifier » des marchés de logique privée ne fait qu’enrichir les propriétaires et les spéculateurs. Dès lors, c’est bientôt la fin des promesses et le début de la fin pour les pays en récession.
On continue donc dans la logique libérale mise en place par les socialos en 1983. On veut de la compétitivité par la baisse des salaires, la hausse des horaires, la flexibilité. Même en raisonnant en libéral, il serait plus judicieux d’améliorer la productivité car le coût des produits résulte de la combinaison des charges et de la productivité. Du reste, dans la production moderne, les coûts de production ne représentent que de 10 à 20 % du prix final de revient. Baisser les salaires et la protection sociale au lieu d’innover, d’organiser revient à s’aligner sur les pays les moins disant ; jusqu’où, jusqu’à quand ? C’est une compétition perdue d’avance sauf pour les profits des multinationales et des distributeurs. Même des économistes libéraux, quoique modérés comme Krugman, disent qu’il faudrait une grande relance économique publique avec une inflation de 4 % et que cela est très possible vu qu’il n’y a pas d’inflation et que le fric accordé aux banques tombe dans une « trappe à liquidités », à savoir la montée de l’épargne personnelle de précaution et le refus d’investir chez les boîtes faute de demande. Par exemple le fric accordé aux banques par la BCE (1 000 milliards à 1 % sur 3 ans contre la prise en pension de garantie de titres de dettes publiques dévalorisées) ne sert pas à prêter mais reste sagement dans les coffres de la BCE (les banques n’usent pas de leur crédit) ou financent de la spéculation. En fait l’austérité est une punition morale des cigales et surtout une protection du capital (surtout pas d’inflation causée par une relance, inflation qui éroderait la rente et le patrimoine), du marché et des riches. C’est du libéralisme conservateur, du Hollande donc.

La « discrimination positive » et la république

Posté : 31 août, 2012 @ 10:29 dans politique | Commentaires fermés

La France et ses politicards se retranchent derrière le paravent de la diversité, de la mixité, du métissage et de la discrimination positive pour prétendre que les principes de la république sont toujours observés tout en tenant compte d’un multiculturalisme de fait et même d’un communautarisme. Le multiculturalisme, qui repose sur la reconnaissance de l’égalité des cultures dans leur diversité et leur relativité non susceptible de jugement de valeur, sur le respect de l’identité culturelle des groupements humains, est à la fois une philosophie de la reconnaissance et de la coopération pacifique entre groupes et une réalité sociologique dans des sociétés plurielles. Il est sans doute compatible avec la république démocratique puisque celle-ci prône la neutralité de l’Etat vis-à-vis des croyances et conceptions du monde et l’égalité de traitement des individus et, pourquoi pas ?, des groupes si l’on modernise la pensée des Lumières au lieu de rester dans la thématique de l’indivisibilité de la souveraineté, de l’absence d’intermédiaires entre la nation et l’individu., du refus de reconnaître les groupes et de n’admettre que des individus atomisés et assimilés par la citoyenneté. En d’autres termes, la république doit rompre avec l’individualisme libéral, « l’assimilation » des individus dans la prétendue nation et la négation politique des groupes intermédiaires. Le communautarisme, lui, désigne plutôt un repli identitaire des groupements sur eux-mêmes dans la mesure où poser son identité singulière c’est en même temps placer une frontière entre nous et les autres, ce qui, du reste, pousse les autres à se poser en différents, voire en opposés, des nous. La fermeture des uns amène celle des autres et vice versa et se durcit au fur et à mesure des revendications identitaires des uns et des autres. Le communautarisme est donc un danger mortel pour la cohésion des pays qui se réduit à une juxtaposition de communautés en tension, voire hostiles. La république ne peut l’accepter alors que la démocratie, qui accepte les inégalités sans barguigner, s’en accommode fort bien. La démocratie n’est qu’une forme politique, qui se résume souvent aux jeux politicards du diviser pour régner, alors que la république est une combinaison de social, de culturel, d’économique et de politique axée sur la recherche de l’égalisation des conditions de tous. La république est construite sur l’universel indépendamment des cultures qui ne sont pour elles que des dérivées secondes quoiqu’importantes. La démocratie libérale se sert des cultures communautarisées pour fragmenter le corps social. Le problème princeps de la république est la question sociale ; celui de la démocratie à l’anglo-saxonne, c’est de gouverner légalement en assurant, soi-disant, les libertés (surtout celles de ceux qui la financent) quelles que soient les inégalités. Encore faut-il qu’il s’agisse d’une république réelle veillant à intégrer tout le monde dans le respect de la diversité des groupes et des personnes en assurant à chacun son droit à une vie digne dans une égalisation des conditions et l’assurance de l’accès à « la bonne vie ». ce qui met la question sociale au premier plan. Ainsi, la démocratie sans la république n’est que le règne des puissants et la république sans démocratie n’est que celui des politicards et l’abandon de la justice.

En principe et en paroles, nos politicards demeurent républicains. Ils brandissent très haut et faussement le drapeau de la neutralité de l’Etat, de l’universalisme (les mêmes droits pour tous), de l’égalité politique (une personne, un droit de vote), de l’égalité de traitement quelles que soient les appartenances culturelles, religieuses ou ethniques, quels que soient les choix sexuels ou les ex-classes sociales. En réalité, le communautarisme de séparation, de coexistence, de juxtaposition est mis en place insidieusement. C’est la conséquence des politiques qui ont été menées par les différents gouvernements. Leurs processus de communautarisation se combinent pour donner le résultat actuel. La traitrise des républicains et socialos n’est pas nouvelle : déjà, lors de la période colonialiste ils prétendaient concilier le respect des cultures « indigènes » avec une politique d’assimilation afin de « régénérer » la race. Ce qui veut du reste dire que les races existent (c’est du « racialisme ») puisque si elles n’existaient pas il n’y aurait pas besoin de les fusionner par assimilation de l’une à l’autre. La vraie république se contenterait d’intégrer économiquement et socialement en respectant les cultures et en prônant une union simplement politique dans la mise en place de lois et références communes. Ce qui n’est pas incompatible avec la neutralité laïque de l’Etat et avec l’interdiction de pratiques opposées au pacte républicain, notamment sur l’égalité homme/femme ou sur l’intégrité corporelle ou sur le respect d’usages communs. Ok pour les cultures mais cela ne veut pas dire que celle de l’œdème chronique de la verge, à la DSK, ou du zizi à l’air ou des fanatiques de l’économie libérale soient reconnues dans l’espace sociopolitique commun.
L’élément essentiel de l’abandon du pacte républicain réside dans la conversion des politicards (libéraux et socialos) au libéralo-capitalisme et aux lois du marché. Le chômage, total ou partiel, la précarité, la pauvreté ont rejeté les immigrés récents ou plus anciens (sauf ceux en ascension sociale) vers les banlieues et les prolos « souchiens » (Français de souche) vers les zones rurales et périurbaines. Les riches ou les aisés, bien adaptés à la mondialisation de par leur qualification, se sont concentrés dans les villes ; cependant celles-ci regroupent des immigrés de fraîche date dans des taudis et des logements du parc privé dégradé, immigrés se battant pour des emplois de service, mal payés, et souvent en tant que clandestins payés au noir. On a donc 3 types de ghettos : les ruraux, périurbains pour prolos déclassés ; les zones déshéritées des villes ; les banlieues. La situation résulte des marchés : du travail, du logement, du foncier et elle donne la question sociale, c’est-à-dire la croissance exponentielle des inégalités et de la pauvreté en dehors des principes républicains d’égalisation des conditions et d’égale considération pour tous. Sur cette question sociale non résolue, bien au contraire avec la mondialisation économique et financière, s’est greffé le problème des identités : dans la pauvreté et l’insécurité (des violences et des revenus), les personnes, tout naturellement, se regroupent dans des communautés où elles sont reconnues et assistées. Phénomène bien connu dès 1920 avec l’école sociologique de Chicago et illustré par la montée de l’islamisme radical via le soutien apporté par les frères musulmans et les salafistes aux pauvres comme on le voit actuellement dans les pays arabes libérés du joug de leur tyran (Tunisie, Lybie, Egypte). Car un besoin irréfragable des humains est celui de reconnaissance de son identité propre. La communauté est le 1er lieu où la reconnaissance opère et sécurise et confère à chacun son identité singulière. Certes, l’identité est multiple et composite mais quand la famille ne peut plus aider, quand le collectif de travail disparaît au profit de la compétition, quand la propriété ne donne plus de sécurité et de prestige, etc., alors le seul espace identitaire qui reste est celui de la communauté. L’individualisme libéral est une ânerie : toute personne ne peut se constituer que par l’appartenance à des collectifs humains et sociaux. Le libéralisme postule que chacun, librement, se fera lui-même et peut réussir à sortir de tout attachement social. Peut être, mais à condition de disposer des ressources nécessaires (formation, appuis de l’entourage) et après avoir été préformé et socialisé par un groupe duquel il faut pouvoir s’arracher. Chose très ardue quand on vit dans l’insécurité et sans ressources de développement.
Mais l’abandon du peuple au nom de l’équité, de la diversité, de la discrimination positive résulte aussi d’un changement culturel et sociologique chez les socialos ; les « bobos » en sont le fer de lance. Or ils sont attachés à la « postmodernité » qui consiste à refuser « les grands récits » (thèse déconstructionniste des philosophes français à la mode ; à savoir ceux de l’abandon de la lutte des classes, de l’anticapitalisme, etc.). La postmodernité prône le relativisme des valeurs et des cultures, le culte de la différence, le primat de l’individu contre les structures et le collectif. La justice, en tant qu’égalité, finit par être remplacée par l’équité au nom de laquelle il s’agit seulement de compenser par des actions ciblées les handicaps des individus et des communautés défavorisées. Loin de pousser à l’égalité de traitement et à l’égalisation des conditions, on ne s’occupera que des « exclus » et on leur donnera des compensations sous forme de discrimination positive. On allouera le pognon public au ZEP, aux ZUS, aux ZUP, aux ZPS, aux immeubles de banlieue (« politiques de la ville »), etc. On admettra les enfants méritants des lycées en ZEP dans les classes préparatoires aux grandes écoles. On met les aides sociales sous condition de ressources, dont la CMU. Le résultat renforce les lois du marché ; par exemple les APL, les ALE ne servent en fait qu’à renchérir les loyers puisque le locataire, grâce aux aides, peut payer plus. Cela évitera de construire des logements étudiants ou des logements sociaux. Car il n’y a plus de lutte des classes et de question sociale ; il n’y a que des cas individuels ou communautaires à soigner. Il ne faut soigner que la mixité culturelle, ce que le marché immobilier à logique privée torpille constamment ou que la quasi suppression de la carte scolaire élimine rapidement. Et on assiste au phénomène curieux que ceux-là mêmes qui discourent sur la mixité, la diversité, à savoir les bobos, prennent soin de vivre entre eux et d’envoyer leurs enfants hors des écoles mixtes. En même temps lesdits bobos sont individualistes et pensent que leur réussite ne provient que de leurs qualités personnelles. Les exclus ne sont à secourir que lorsqu’ils sont victimes d’un sort contraire et indépendant de leur volonté et ne reçoivent des aides discriminantes que dans ce cas.
Beau discours qui permet d’évacuer les causes profondes (socio-économiques) de la misère et de l’exclusion et de justifier les inégalités. Avec ce résultat que l’assistance se concentre sur les seuls plus démunis car il s’agit de justifier que les budgets sociaux, étant de plus en plus maigres par suite de la politique libérale menée, ne soient distribués qu’à eux. Au passage, ceux qui paient encore des impôts ne reçoivent rien tout en payant pour les autres. D‘où le ressentiment qu’a exploité avec bonheur le tsarkozysme et que les socialos-bobos visiblement ne veulent pas comprendre puisqu’ils profitent de la situation de mondialisation. Il s’ensuit que la discrimination est loin d’être positive : elle facilite la séparation, le clivage du corps social et entretient le racialisme et le communautarisme de division.

Les « fractures » françaises

Posté : 18 août, 2012 @ 11:21 dans politique | Commentaires fermés

Un excellent livre du géographe Stéphane Guilluy vient de paraître avec le titre donné ci-dessus. Ce n’est pas indifférent que ce soit un géographe qui l’ait écrit. En effet les prétendus sociologues actuels ne traitent plus que de sujets de « société » : la « diversité », la drogue, la drague et le sexe, l’exclusion, le racisme, l’homophobie, la parité, les « banlieues », « le souci de soi », les violences et l’insécurité, les médias, etc. Il n’y a plus de « socio-géné » (du genre Comte, Marx, Durkheim, Gurvitch, Proudhon, etc.). il n’y a plus d’analyse en profondeur des rapports sociaux et des classes sociales. On se souvient de ce que feu olivier Ferrand, animateur de « Terra nova », un « think tank » socialo new look (je m’amuse à causer anglais car c’est la langue du libéralisme international qu’affectionnent désormais les « bobos » , « bourgeois-bohèmes », mondialisés) qui a, avant les présidentielles, pondu une étude révoltante postulant que le PS devait chercher son électorat, non plus chez ces prolos « sales, bêtes et méchants », « beaufs » incultes et attachés à une vie égoïste dans leur pavillon isolé, risquophobes, racistes, homophobes, fermés à la « mondialisation heureuse », mais chez les nouvelles classes bien enracinées dans le commerce international, très qualifiées, tolérantes, ouvertes, risquophiles, etc. Il faut cependant différencier les bobos, munis d’un capital culturel adéquat et en ascension sociale des aristos, détenteurs d’un gros patrimoine immobilier ou financier dans des fortunes anciennes et souvent héritées. Le livre de Guilluy montre clairement l’ineptie du projet Ferrand, de même que l’abandon des classes populaires par les socialos.
Que dit ce magnifique essai qui a défrisé la gauche-caviar ? Depuis 30 ans (émeutes de Vaux- en-Velin), on nous « berlure » et bassine avec les banlieues, ces ghettos lieux de violence, de trafics et d’insécurité, territoires où la « légalité républicaine » est bafouée, où les communautés ethniques règnent. Certes, ce n’est pas faux mais encore faudrait-il en déterminer les causes avant de réitérer sans fin une » politique de la ville » à base de rénovation des « quartiers », de démolition-reconstruction des immeubles, de « mixité sociale », de ZUS (zone urbaine de sécurité), de ZEP (zone d’éducation prioritaire), etc., le tout sans résultats probants malgré le déploiement, en outre, de la police et la répression féroce de la délinquance. Les « banlieues » sont une aubaine idéologique pour la droite et la gauche rose pâle. Elles permettent de focaliser les analyses sur l’ethnique et l’exclusion, sur le maintien (apparent) des principes républicains (égalité de traitement sans considération de culte, de race, de culture, d’orientation sexuelle) contre le communautarisme à l’anglo-saxonne. La « question sociale » disparaît alors de l’agenda politique et de l’information médiatique. Tout, ou presque, est fondu dans la vénération de la « classe moyenne », laquelle est improbable vu que ses revenus (afin d’établir des classes statistiques et non sociologiques) varient de 1 200 euros à 3 000. Flanby n’avait-il pas fixé en 2007 le seuil de richesse à 4 000 euros ?
La question sociale, pourtant, sous l’effet de la mondialisation, ne fait que croître et embellir. Les classes populaires (25 % de la population) sont réfugiées dans les zones rurales ou périurbaines, loin des centres-villes et des banlieues proches. Ce n’est pas très rationnel car ainsi ils se sont éloignés des lieux porteurs d’emplois. Mais ils ont fui l’insécurité des banlieues et ils ont été chassés des villes par suite de l’augmentation vertigineuse (depuis 1995) des prix de l’immobilier et du montant des loyers (plus la hausse des « dépenses contraintes » : gaz, électricité, assurances, eau, impôts locaux), pour cause de chômage, de précarité, de temps partiel, bref de pauvreté. Car ils ne font pas partie des travailleurs recherchés par les employeurs dans le cadre de la mondialisation, c’est-à-dire des très qualifiés (souvent des bobos) qui, eux, vue la croissance très inégalitaire de leurs revenus par rapport à ceux des ouvriers et des employés, peuvent habiter au cœur des grandes villes insérées dans la concurrence mondiale. Ils ont recherché sans succès de l’emploi dans des zones rurales et semi-industrielles, lesquelles sont devenues l’espace des victimes des délocalisations et des restructurations. Car on ne trouve plus de logement bon marché dans le parc social, lequel a été phagocyté par les petits fonctionnaires, les immigrés en ascension sociale et … les « bobos » (le tout avec l’aide des politicards spécialistes des passe-droits et des sociétés d’HLM soucieuses d’une clientèle solvable mais cependant attachées à la mixité sociale et culturelle. Le parc privé est trop cher ou trop dégradé. La partie dégradée (immeubles vétustes et insalubres) du parc privé est en fait occupé par des immigrants de fraîche date qui viennent habiter les centres-villes parce qu’ils y retrouvent des membres de leur ethnie qui vont les aider à survivre. Le phénomène est bien connu depuis les travaux sociologiques de l’école de Chicago dans les années 1920 ! Ce qui, évidemment, développe le communautarisme en France et ailleurs. Ces immigrants sont, du reste, nécessaires à la « boboïsation » ; ils occupent pour pas cher (faute de papiers en règle ou de qualification) des emplois de service payés avec une fronde par les bobos ou les entreprises (nurses, femmes de ménage, aides ménagères, (techniciennes de surface », sécurité, employés de restaurants, etc.).Sans ces victimes du mirage de l’immigration dans les pays riches les restos seraient plus chers de même que tous les services. On a donc là l’exemple du caractère systémique de la mondialisation : production de riches (ou moins) bien insérés dans l’économie internationale et de prolos basanés venant les servir pour des roupies de sansonnet mais c’est mieux que chez eux (croient-ils) où ladite mondialisation a détruit leur emploi, leurs ressources vivrières et leur habitat.
Les classes populaires ont refusé de s’installer dans les immeubles de proche banlieue à cause de l’insécurité réelle qui y règne. Cette insécurité est multiple (sociale, culturelle, économique) car les « ghettos » cumulent tous les handicaps de la question sociale (faible niveau de formation, violence, chômage, notamment considérable des jeunes, difficultés de transport et d’accès aux services publics). Par ailleurs, il n’y avait pas d’emplois peu qualifiés pour eux dans ces banlieues, ceux de service, du reste dévalorisants à leurs yeux, étant pris par les vagues d’immigrés (180 000 par an depuis longtemps malgré les discours politiques sur le contrôle de l’immigration). Les banlieues se sont ethnicisées car les migrants en ascension sociale ou descendants de migrants, donc de plus anciennes générations, sont partis et ont été remplacés par des regroupements ethniques comme, du reste, dans le parc privé de logements dégradés dans les villes. Mais aussi parce que la seule richesse qui leur restait était leur identité nationale ; d’où une des raisons de leur fuite avec pour effet leur regroupement de « blancos » (Valls) dans le périurbain et le rural (Français de souche plus descendants d’émigrés anciens comme les Espagnols, les Italiens ou les portugais).
Les fractures sociales liées aux conditions socio-économiques, celles dont les socialos s’occupent fort peu, se sont aggravées avec la mondialisation et la crise. Mais elles se redoublent de dramatiques fractures culturelles ou ethniques qui mettent en danger la cohésion nationale. Tout le monde se replie sur son territoire : les banlieues dégradées, l’immobilier de fortune dans les villes, le périurbain ou le rural, les quartiers (ou lotissements) fermés des riches. Mais les bobos cohabitent, ce dont ils ont fait une idéologie, avec les communautés de migrants, dont ils ont besoin comme employés de services personnels et qui habitent leurs quartiers mais dans le parc dégradé ou les chambres de bonne de 10 mètres carrés au 8ème étage sans ascenseur. Ils ne sont pas fous : leurs immeubles, dont les blancos-prolos ont été chassés à leur profit (d’où la faveur des « lofts », ex-ateliers désaffectés), sont bardés de digicodes et autres sécurités contre les intrusions. Les bobos, qui se constituent peu à peu un patrimoine immobilier, aiment bien les ethnies mais à condition qu’elles restent chez elles, notamment à l’école (fuite des collèges mal famés, notamment grâce aux dérogations et à « l’assouplissement de la carte scolaire »). Chez tous, l’entre-soi domine. Le tissu social est de plus en plus un manteau d’Arlequin constitué de pièces juxtaposées. Finalement, malgré les discours sur le maintien des principes républicains et l’amour verbal des bobos pour la mixité, le pays sombre dans le communautarisme de coexistence dans la séparation territoriale des habitats et des écoles.
Cette communautarisation de fait du pays provient du passage de l’immigration de travail (dans les années 1975 sous Fiscard déteint qui en avait ouvert les vannes pour le plus grand bonheur des industriels manquant de main d’œuvre bon marché) à l’immigration familiale ; laquelle s’est logée comme elle a pu et a trouvé des emplois déqualifiés (souvent au noir, si j’ose dire ; toujours sous-payés comme dans la restauration) dans les services. Elle provient aussi de ce que les politicards n’ont, en fait contrairement à la doxa, pas abandonné les banlieues où les services publics existent toujours et qui ont été rénovées avec les politiques de la ville. En revanche, les « blancos », réfugiés dans le périurbain et le rural, eux, ont été abandonnés : transports, logement, écoles (trop éloignées et privées d’internat), services sociaux, etc. bien moins accessibles que dans les banlieues. Lesquelles ne sont pas des espaces de relégation car la mobilité, contrairement aux idées reçues, y est très importante : le flux est alimenté par le départ des immigrés (ou descendants) en ascension sociale et l’arrivée de nouveaux immigrants quittant souvent le parc immobilier privé dégradé. Cette communautarisation est principalement l’effet des lois du marché (scolaire, immobilier, du travail) que la mondialisation libérale a installées, ce qui a empêché une bonne intégration économique des immigrants (faillite de la république par ailleurs si louée, mais non meublée) et a entraîné la paupérisation et la précarisation des ouvriers et employés, blancos ou non. C’est ce qui a fait le bonheur en 2007 de Rodotarinraskoltignac 1er qui a surfé sur le ressentiment, l’insécurité, les conflits ethnico-culturels sans avoir aucunement l’intention d’y porter remède. Le pire est que les socialos n’ont visiblement pas pris la mesure de la double fracture, sociale et culturelle, les deux se renforçant mutuellement et formant un couple pervers qui tue la république à petit feu.

Souveraineté, Etat et démocratie

Posté : 18 août, 2012 @ 8:57 dans politique | Commentaires fermés

Louis XIV a dit : l’Etat, c’est moi. Faux et le monarque absolu était en retard sur son temps car les juristes du 16ème et du 17èmesiècles avaient montré qu’il n’en était rien. Depuis quelque temps, on tournait autour de la notion de souveraineté avec deux conceptions ; celle de son appartenance au roi en tant que souverain (Bodin, Hobbes), celle de l’appartenance aux propriétaires, dépositaires du pouvoir législatif, l’exécutif n’étant confié à un roi que sous forme de confiance provisoire (le « trust » de Locke, avec droit de résistance au monarque manquant à son contrat de respect de la liberté et de la propriété). Les juristes avaient aussi établi que les souverains devaient respecter les « droits naturels » des « gens » (liberté, sécurité, propriété) en tant qu’individus égaux devant Dieu. C’est Rousseau, qui plus tard, a énoncé que la souveraineté, en tant que pouvoir du peuple sur lui-même, appartenait au peuple et non à un roi ou à une assemblée représentative. De façon générale, la souveraineté est la puissance d’une collectivité sur elle-même et vis-à-vis de l’extérieur.
Mais il fallait une sorte de miracle pour transformer la multitude des individus en une unité politique souveraine. C’est par le truchement d’un « contrat social » (fictif, comme modèle de raisonnement des individus abandonnant leur liberté pour la collectivité globale alors munie de la souveraineté du peuple, fiction inaugurée par Hobbes) que la masse atomisée devient un corps politique uni de citoyens. Le malheur est que la souveraineté à la Rousseau, après celle de Hobbes qui la donnait au monarque, devenait ainsi absolue et indivisible ; mais ce dont il est question chez notre auteur, c’est de la souveraineté pour faire les lois, en quelque sorte la souveraineté du droit. D’où la phrase terrible établissant que l’on forcera l’individu récalcitrant à être libre car les lois ont été librement consenties par tous, dont lui, ce qu’il ne comprend pas. Il faut donc le lui infuser, y compris par la force. L’astuce de Rousseau est que chaque homme abandonne volontairement une grande part de sa liberté au profit du peuple tout entier, seul créateur et dépositaire « de la volonté générale », qui, évidemment, ne saurait être contredite puisqu’elle émane de tous et de chacun.
Que la souveraineté soit confiée à une personne ou à une assemblée ne change pas grand-chose tant qu’elle est considérée comme absolue. Proudhon disait qu’avec une assemblée c’était même pire, car un roi peut avoir un cœur, comme Louis XV, le bien-aimé, alors qu’un groupe n’en a pas. Il suffit de constater les exactions de la république bourgeoise française dès sa création (les journées et massacres de février 1848 avec Cavaignac, la commune de Paris avec Thiers, les dragonnades à Draveil et Villeneuve-St-Georges en 1920 avec Clémenceau, la répression des viticulteurs languedociens en 1907, Fourmies en 1906, etc.) pour se faire une idée de ce qu’elle est réellement. C’est pourquoi le prolétariat français sera toujours méfiant vis-à-vis de la pseudo-république, ce qui explique notre syndicalisme de contestation et non de cogestion comme celui des Tudesques.
C’est pourquoi les juristes ont inventé l’Etat. Celui-ci est une entité symbolique dont le sens est de proclamer que la souveraineté ne peut appartenir à aucune personne physique. Ils sont partis de l’idée que la souveraineté n’était qu’une puissance incapable de passer à l’acte. Pour se préparer à devenir pouvoir effectif au lieu de rester simple potentiel, la souveraineté doit disposer d’un organe, d’une structure pour l’agir, d’une « personne morale » organisée. Cet organe, c’est l’Etat impersonnel, symbolique et durable car représentant la continuité de la collectivité. Il est le dépositaire permanent de la souveraineté. Mais, en tant que figure symbolique, il ne peut l’exercer. Il faut quelque chose ou quelqu’un pour exercer la souveraineté, c’est-à-dire la faire passer de la puissance à l’acte, du potentiel au pouvoir. Les Rosbifs ont fait l’impasse sur l’Etat qui n’existe pas chez eux. Pour le pouvoir, ils ont la chambre législative et le gouvernement exécutif. Les deux sont sous la domination du droit des individus à partir de la vieille charte des droits personnels (le « bill of rights des USA, la « Magna Carta » en G-B) et du droit coutumier ou « common law ». Sages édictions qui rendent la souveraineté relative et inférieure aux traditions et aux « droits de l’homme ». En principe car, notamment sous Bush II (Patroit Act, conservé par Obama), les libertés et la sécurité individuelle ont été piétinées au nom de la lutte contre le terrorisme. Comme, ensuite, partout ailleurs avec des lois d’exception et le « secret défense » français.
La bonne question est de savoir qui manipule la conduite de l’Etat ou qui dirige en fait le gouvernement ? Normalement, c’est la représentation démocratique qui détient les leviers de l’Etat, à savoir l’édiction des lois et la « gouvernance » de l’administration en vue du bien commun sous la direction de l’exécutif, prétendument sous contrôle du législatif. Démocratie, représentative ? C’est à voir. L’enjeu est d’importance car le vote des lois ou autres règles détermine les degrés de liberté des gens et du peuple. C’est ainsi que les Fridolins ont émis leur thèse de l’ordo-libéralisme : il suffit que la loi établisse la suprématie de la finance et du capital à condition que les votes démocratiques lui donnent la légitimité nécessaire. C’est évidemment confondre la légalité avec la légitimité. C’est assurer la primauté du « droit positif » (le légal en place) sur la morale et la tradition.
Ici, Rousseau nous est indispensable. Il distinguait entre la volonté de tous émanant d’une majorité législative et la « volonté générale », émanation des besoins et des intérêts collectifs du peuple. Et, là, on voit le vice fondamental de la pseudo-démocratie représentative : elle prétend substituer à l’unité organique du peuple, en tant qu’entité ayant comme but collectif l’intérêt général et le bien commun, le calcul arithmétique des votes atomisés émis en sa faveur, ce qui n’est qu’une démocratie du nombre et ouvre la porte à la mise au rencart de la minorité par la majorité législative. L’unité du peuple ne saurait résulter d’une sorte de sondage périodique auprès d’individus atomisés et séparés de leurs attachements et enracinements, de leurs intérêts nés dans leur groupe d’appartenance, de fonction sociale, de vie locale. On ne peut espérer une quelconque unité à partir d’un mode de suffrage qui est fondé sur les seuls individus. Le suffrage individualisé et déraciné divise au lieu d’unir. Du reste, les politicards de 1789 et suivantes avaient émis l’idée grotesque, inspirée de Rousseau, que le votant, se dépouillant de ses intérêts et appartenances de groupe ou personnels, votait en vue de l’intérêt général. Il se faisait saint-homme sans intérêt personnel. C’est cette fiction qui a fait construire la démocratie républicaine à la française.
Certes, l’Etat est une forme juridique et symbolique mais il dispose de quelque chose de bien réel, à savoir l’administration, qualifiée par Althusser « d’appareils idéologiques d’Etat. C’est ladite administration qui exerce le pouvoir au quotidien et les ministres ne peuvent pas faire grand-chose sans elle. C’est pourquoi la France s’est mise à pratiquer « la politique des dépouilles », c’est-à-dire le changement des grosses têtes de l’administration en fonction des alternances politiques. Le meilleur a été Tsarkozy qui a placé ses copains partout dans des proportions jamais vus jusqu’alors. Et cette administration juge ses méfaits elle-même (tribunaux administratifs et Conseil d’Etat). La nature de l’Etat, centralisé et unitaire ou fédéral, ne change pas grand-chose au fait que le pouvoir politique reste, in fine, absolu pour les affaires communes ; en dernière instance, c’est le pouvoir d’Etat qui a le dernier mot dans les décisions. Par ailleurs, le fédéralisme actuel (USA, Teutonie, Suisse, etc.) reste purement politique ; ce qui signifie que les décisions touchant au social et à l’économie ne sont prises que par les politicards sans représentation directe des acteurs sociétaux. Certes, le gouvernement consulte les corps intermédiaires (syndicats, associations, etc.) mais il est seul détenteur du pouvoir de décision.
Proudhon d’est élevé contre cette conception de la démocratie représentative, ce qui l’a fait traiter d’antidémocrate. Certes non. Il voulait une démocratie fédérative qui représente non des individus mais des groupes sociaux en fonction de la composition sociologique, économique et territoriale du pays de façon que tous les intérêts soient mis en situation de s’exprimer et de négocier afin de dégager par la confrontation et le débat, non un intérêt général théorique et postulé fictivement à la Rousseau, mais un intérêt commun comme compromis entre forces sociales dûment représentées. Dès lors, le suffrage devient processuel, structurel, fondé sociologiquement sur les forces sociales réelles et non une opération ponctuelle, individualisée, majoritaire comme dans la démocratie bourgeoise.
Le vice de fond de la démocratie actuelle étant ainsi pointé et corrigé, il est amusant de repérer et analyser les perversions actuelles. Voyons déjà la merveilleuse démocratie américaine. Tout y a été prévu pour organiser l’impuissance du gouvernement par suite du partage des pouvoirs entre la chambre des représentants, le sénat et le président. Le sénat dispose de 2 sièges par Etat, quelque soit le nombre d’habitants, soit 100 sénateurs qui ont un droit de veto s’ils réunissent 60 des leurs pour s’opposer à un projet présidentiel. La chambre a 400 députés (à comparer aux 577 français, pour 65 millions d’habitants contre 310 aux USA, et 343 sénateurs francaouis). Pour être élus, sénateurs, représentants, président, gouverneurs et même juges, procureurs et shérifs au niveau local ou étatique (pour les 50 Etats) mènent de dispendieuses campagnes électorales dans lesquelles les apports d’individus riches ou les dons des lobbys ou des firmes n’ont pas de limites. Il s’ensuit que le poids des financiers (banques d’affaires, assurances, fonds de pension ou d’investissement, etc.) et des industriels (pharmacie, assurance-santé, chimie, pétrole, trusts agro-alimentaires, abattoirs, céréaliers, etc.) est décisif dans les élections. On ne peut donc voter aux USA des textes qui chagrinent les financeurs des campagnes. Les « députains » passent des « deals » : tu me soutiens pour tel projet favorable à mes agriculteurs, je te renvoie l’ascenseur pour tes chimistes et vice versa. Aux USA, l’administration fédérale est puissante surtout pour la police (FBI), les services secrets (CIA et autres), l’armée. Le « patriot Act » de Bush II qui, au nom du terrorisme a donné les pleins pouvoirs à la flicaille et drastiquement réduit les libertés civiles (sauf celle de posséder des armes privées multiples et variées), n’a pas arrangé les choses. Les élections peuvent même être truquées (1ère élection de Bush II en 2000) comme dans une république bananière sud-américaine.
La démocrassouille française, est une blague ; en fait, ce sont les partis qui choisissent les candidats et l’électeur ne sélectionne pas : il élimine. Le parlement est constitué de godillots inféodés au parti majoritaire maître de l’exécutif. Le scrutin uninominal majoritaire à 2 tours crée une bipolarisation fondatrice de l’UMP/PS, UMPS comme on dit au FN. Le cumul des mandats alimente une caste politicarde inamovible où l’essentiel est de conserver le pouvoir (on voit des députains élus sur 6 législatures et plus, et « fils de ») plutôt que de servir l’intérêt général. Toute la caste s’est convertie au libéralisme, ce qui fait que l’alternance consiste à mettre des emplâtres sur une jambe de bois ou des rustines sur, non plus la question sociale, mais les problèmes sociétaux. L’exécutif français se distingue par son mode d’édiction des règles : l’ordonnance, le décret, l’arrêté, la circulaire, etc. dominent largement la loi votée par le parlement. L’Etat s’est doté de sa propre justice avec des juges administratifs qui dépendent de lui et du parti au pouvoir. La justice n’est qu’une autorité judiciaire et non le 3ème pouvoir cher à Montesquieu. De plus, l’insertion dans l’UE (et l’OMC, l’OCDE, les G 8 et 20) fait qu’en réalité l’essentiel des textes réglementaires vient de la grosse Commission de Bruxelles ; la démocratie est donc dans les choux et les gouvernements en pincent pour elle car ils peuvent dire, faussement, que ce n’est pas eux mais Bruxelles qui a décidé. Et cela ne va pas s’améliorer avec le traité de stabilité, de coordination et de gouvernance concocté par Merkozy et avalisé par Guimauve le Concurrent. Les lois sécuritaires depuis 2002 (sans oublier celle de Jospin/Vaillant en 2001) aboutissent en France au même résultat que le patriot act et les fichiers de police ne cessent de croître et d’embellir comme les lois répressives. La Grande-Bretagne est une caricature de démocratie avec son scrutin majoritaire à 1 seul tour et sa chambre des Lords inamovibles.
La démocratie actuelle et sa conception souverainiste et étatique du pouvoir politique conduisent à une fausse représentation du peuple dans sa diversité et à l’absolutisme des politicards légalement élus mais souvent preneurs de décisions et de lois illégitimes en faveur du capital et de la finance. Rendre la souveraineté au peuple et à ses multiples composantes, rendre la souveraineté divisible, pluraliste, partagée, restaurer la démocratie réelle passe par la solution proudhonienne du fédéralisme tout à la fois territorial, politique, économique et juridique de façon que tous les acteurs soient représentés en partant de la base de la société et en construisant le système d’expression sur la réalité socio-économique (ou culturelle) des acteurs de cette base. J’ai développé cette idée dans « Agir ensemble dans un monde partagé » (l’Harmattan, 2005).

Les prolos valent-ils qu’on lutte pour eux ?

Posté : 6 août, 2012 @ 11:12 dans politique | Commentaires fermés

Voilà 40 ans que je me bats pour améliorer le sort des prolos et éliminer le système libéralo-capitaliste. Sorti d’HEC, j’aurais pu faire une très belle carrière. Rassurez-vous, j’ai quand même fini comme cadre supérieur « richesses humaines »), poussé dehors (à à peine 56 ans) pour cause de non-conformité idéologique, engagement syndical et non-allégeance à la personne des petits chefs qui prétendaient me commander des actes opposés à l’intérêt général de l’entreprise (publique, EDF/GDF) et de ses usagers. Remarquez que j’ai été puissamment incité à partir (en janvier 2000) mais que je n’ai pas été viré comme cela se ferait aujourd’hui. Je jouis donc d’une paisible retraite et puis me consacrer à toujours écrire des articles et des bouquins pour encourager les prolos à se séparer du capitalisme, du syndicalisme de cogestion, des productions de merde. Parlons-en.
Je vois les prolos se révolter contre la perte de leur emploi. Or que font-ils ? Des poulets de merde chez Doux (qui plus est vendus à très bas prix en Afrique, ce qui a tué la bonne production locale et dans des conditions effroyables pour nos frères animaux), de la flicaille privée chez Néo Security, des bagnoles polluantes et énergivores chez PSA, de l’agro-alimentaire frelaté et nuisible à la santé (sucres, graisses, additifs) et de l’agriculture productiviste avec des fruits sans goût, de la vente de gadgets et de pacotille dans les supermarchés, etc. Ils achètent low cost des produits, issus de « sweat shops » en Chine ou ailleurs, dans lesdits supermarchés, des voitures étrangères moins chères que les francaouis, le tout sans se rendre compte qu’ils détruisent leurs propres emplois. Je ne sais plus quand, il y eu une grande manif automobile, sous forme de grève-bouchon (pas dans leur usine) sur les avenues de Paris : la ½ des véhicules venaient de l’étranger alors que le thème de l’action était « fabriquons Français ». Ils désertent les syndicats (8 % de syndiqués en tout grâce au secteur public avec seulement 5 % dans le privé) au lieu de les forcer à lutter vraiment au lieu de rendre des services. Ils votent pour le Pen ou Tsarko ou s’abstiennent. Bref, ils n’ont plus du tout de conscience de classe, alors qu’il est clair que la classe salariale, malgré ses divisions et son hétérogénéité, n’a qu’un seul opposant, à savoir la classe financiaro-capitaliste. Ils préfèrent se battre pour acquérir leur pavillon et, si possible, une BMW à crédit. Ils veulent jouir individuellement dans l’hédonisme, le matérialisme et le narcissisme qui caractérisent l’époque. Certains, de plus en plus nombreux, se réfugient dans des sectes ou renouent avec la religion malgré son obscurantisme et son mensonge, à savoir qu’un monde ultra-mondain meilleur leur est promis après leur vie de misère ici bas. Ils se replient sur eux, se désintéressent du collectif, du bien public, de l’intérêt général. Chacun pour soi et Dieu pour tous dans le meilleur des mondes libéraux possible. Les psychologies de bazar (sophrologie, « zénitude », « souci de soi », « entrepreneur de soi », etc.) ont du succès en renfort du Prozac. Le prolo achète de la presse people pour se tenir au courant des potins et voir ce qui est à la mode. Car il est fasciné par la richesse, la beauté, la bêtise même si cela lui est impossible d’accès. La prolo rêve et s’en contente car il a admis que la société est juste.
Pourtant, la révolte n’est pas si malaisée si les syndicats et les politicards de vraie gauche l’organisaient. Déjà, ils pourraient créer la « Banque du peuple » dont j’ai beaucoup parlé dans des articles précédents. Ils pourraient mettre leur fric disponible, hors prélèvements automatiques dans une lessiveuse au lieu de le laisser en dépôt gratuit chez une banque privée. Ils pourraient faire grève de la consommation hors produits de nécessité. Ils pourraient se tourner les pouces sur leurs lieux de travail en faisant « une grève générale » comme en 1936 ou en 1968. Que feraient la finance sans pognon, le capital sans travail, les vendeurs sans clients, le gouvernement sans TVA et impôts ? Les prolos pourraient se regrouper en communautés agricoles et artisanales dans des fermes abandonnées sur nos territoires désertés. Ils pourraient organiser leurs immeubles avec des services collectifs (transport, cuisine, buanderie, bibliothèque, journal d’immeuble, crèche, formation mutuelle notamment pour assurer des activités utiles à la communauté, infirmerie, mise en commun des médocs inemployés, classe de niveau primaire assurée par des parents, bricolage et entretien, jardinage commun en « jardins ouvriers », mutuelle financière sous forme de « SEL », aide aux malades et handicapés ou personnes âgées, etc.) au lieu de s’adresser au marché ou à l’administration. Ils peuvent monter des coopératives ou des ANAP. Le marché vous vole, l’administration vous assiste et vous rend dépendant. Certains font déjà tout cela mais cela demeure bien trop minoritaire car l’individualisme régnant s’y oppose de même que la soif de consommation ostentatoire pour se distinguer. Or les prolos, comme on vient de le voir, ont le pouvoir de s’auto-organiser, de vivre pour eux avec des moyens simples et communs, de se séparer des exploiteurs en tout genre, comme les financiers, les capitalistes, les politicards, les journaleux, les commerçants, etc. Le problème est qu’une vie solidaire, « normale », paisible, ce n’est pas très « sexy ».
Mais le prolo a de solides excuses. Il y a la « trahison des clercs » de gauche qui n’ont pas repensé l’idéologie socialiste en fonction des nouvelles circonstances, notamment mondiales. Au contraire, ils se sont ralliés au néo-libéralisme, par exemple en adoptant le thème de l’équité (à chacun suivant son mérite) et en voulant ne s’occuper que des « exclus » en lieu et place de la recherche de l’égalité et pour tous. Pendant ce temps-là et depuis 1938 (colloque Lippman à Paris, puis la société du Mont Pèlerin, Davos, la tricontinentale, etc.), les libéraux (notamment des économistes comme Hayek) on reformulé le libéralisme. Parallèlement, les politicards professionnalisés et médiatisés, y compris socialos comme Blair se sont convertis à la nouvelle école ne serait-ce que parce qu’elle était subventionnée par le patronat, lequel finançait leurs campagnes électorales. La division du travail à l’échelle mondiale a fait éclater la classe salariale et entretenu les rivalités internes de même que l’hétérogénéité des intérêts. Les syndicats se sont généralement repliés sur le syndicalisme de service (Europe du Nord) pour conserver des adhérents ou se sont enfoncés dans une concurrence stérile (France). Globalement, ils sont devenus des bureaucraties davantage orientés vers leur propre conservation et les luttes internes de pouvoir que par un projet de changement. Roberto Michels l’avait prévu dès 1912 avec sa « loi d’airain de l’oligarchie ». Avec les moyens modernes, militaires et de police, il est devenu impossible de se révolter. On ne peut plus couper les tendons d’un cheval ou le faire déraper sur des billes d’acier. On voit là le véritable rôle de l’armée de métier et non plus de conscription. Elle en lève plus le pied comme en 1907 lors de la révolte des viticulteurs du Languedoc.
La fausse démocratie représentative a permis aux politicards de faire passer toutes les lois (notamment répressives) assurant le pouvoir sans partage du capital suivant les préceptes de l’ordo-libéralisme tudesque ou du libéralisme anglo-saxon (aucune intervention de l’Etat nulle part à commencer dans les affaires sociales et du travail). L’application des lois du marché à l’immobilier a chassé les prolos des villes au profit des « bobos » rose pâle. Lesdits prolos, victimes d’un travail de plus en plus stressant et prenant, du temps nécessaire pour se rendre au turbin, de l’exiguïté des logements, de la promiscuité bruyante interdisant le repos n’ont plus les moyens ni le temps de réfléchir, de s’associer, de s’engager. La droite et l’extrême droite tirent profit des tensions ethniques ou culturelles dans leurs cité ou au boulot pour mettre de l’huile sur le feu et attiser les divisions : vive le communautarisme de fait (dans le discours on est contre) car le mieux a toujours été de diviser pour régner. Le libéralisme a promu l’individualisme le plus forcené au nom des droits et libertés individuels. L’école a abandonné sa mission de développement de l’autonomie et de formation de l’esprit critique au profit d’un dressage utilitaire. Dès lors, chaque Narcisse en puissance ne se consacre qu’à ce qui lui plait personnellement : la défense de la nature, la lutte contre l’exclusion, la défense des immigrés, la protection des bébés phoques, la promotion des droits des minorités en tout genre, l’éradication du nucléaire, la lutte contre le tabac ou la pédophilie, « le souci de soi », l’insertion des handicapés dans la cité et le travail, la reconnaissance des « travailleurs du sexe », etc. Du coup, les luttes sociales sont éclatées en une myriade d’organes qui jouent en solo sans bien voir qu’elles ont le même ennemi, à savoir le capital et son idéologie libérale. Au passage, le combat contre le capitalisme a été abandonné de même que les ouvriers. Dieu merci, la concaténation des mouvements de défense est entrain de se faire, par exemple sous forme d’alter-mondialisme.
Et, diabolique surprise, le capital a mené à la plus grande crise économique et financière jamais rencontrée (ça a l’air de tenir mais en fait la crise s’aggrave rapidement malgré les discours rassurants). Les prolos sont au pied du mur comme en Grèce, en Espagne, en Italie et ailleurs. C’est l’occasion de répudier les politicards, de retrouver la démocratie, de jeter les bureaucrates syndicaux, de casser la finance ; bref de changer la société, non par décret, mais par l’engagement et l’action. Voir plus haut des éléments des pratiques possibles. Il est cependant nécessaire que la pensée sociale soit dotée d’une analyse correcte de la situation et élabore de façon décentralisée et participative un projet social moderne et tenant compte de la mondialisation. Car un tel projet commun est nécessaire pour fédérer les acteurs et les luttes. J’en ai proposé des linéaments.

Pour une réforme totale de la formation scolaire

Posté : 4 août, 2012 @ 10:49 dans politique | Commentaires fermés

Les structures et institutions de formation sont devenues un des hauts lieux des situations injustes d’éducation et de torpillage de l’égalité des chances. Une des raisons en est l’application de règles standards d’égalité de traitement à des élèves en situations très différentes. Des indications statistiques ont déjà été données sur ce problème devenu récurrent. On a vu aussi que le pouvoir actuel n’a de cesse d’aggraver les choses. Ici, je vais donner une autre conception des finalités éducatives ou formatrices que celle développée par le néolibéralisme ; cela sera augmenté de considérations sur des structures susceptibles de rétablir la justice en ce domaine.
Le premier pas à effectuer est de rétablir les finalités de l’éducation et de l’instruction. La finalité essentielle est de procurer à chaque enfant les moyens de parvenir au développement maximal de son potentiel et de ses aptitudes. La 2ème est de former des personnes autonomes, ayant une culture générale suffisante pour s’orienter dans la vie, disposant d’armes intellectuelles pour être créatives et montrer de l’esprit critique constructif, possédant un bagage en faisant des citoyens éclairés pour participer à la vie démocratique. Cette fin, qui contient donc des valeurs institutionnelles et constituantes (capacité, créativité, autonomie, vertu démocratique, etc.), était voulue par tous ceux qui, nous précédant, ont voulu enlever l’éducation aux confessions religieuses en créant l’école publique laïque, par ceux qui voulaient retirer la formation professionnelle et l’apprentissage au patronat. L’anarchisme ou l’anarcho-syndicalisme retire en outre la formation à l’Etat au profit de structures indépendantes (bourses du travail, universités populaires à l’instar de celle de Caen créée par Michel Onfray). L’Etat, en fait les politicards élus et leurs sbires administratifs, peut en effet profiter de son monopole pour discipliner les esprits, pour inciter à la soumission à l’ordre, faire passer une idéologie, colonialiste par exemple. Cette 1ère finalité devrait avoir un poids constitutionnel dans la hiérarchie des normes juridiques. Elle requiert une formation de base commune, mixte, au moins jusqu’à la fin du « collège unique », qui, pour cette raison doit le rester car il procure un tronc commun de connaissances générales à tous les enfants jusqu’à 16 ans. Pour cette raison aussi, on doit revenir au principe que l’Etat ne subventionne, directement ou indirectement, aucune école privée.*La formation, comme autre finalité, propulse chacun au maximum de ses capacités ; donc elle doit mesurer ou évaluer les capacités, c’est-à-dire orienter au mieux les élèves et cela dans leur intérêt. L’école ne sélectionne qu’en second lieu ; elle pousse d’abord chacun au maximum de formation qu’il peut suivre. Déjà, il est nécessaire que l’évaluation ne soit pas « sommative », c’est-à-dire axée sur la sanction des résultats obtenus ; elle doit être « formative », c’est-à-dire aider à détecter les insuffisances, les progrès à faire, à encourager, à renforcer les acquis et compléter les manques. Mais il faut absolument que les fonctions secondaires d’évaluation et d’orientation soient exercées par des structures et des personnes rigoureusement indépendantes des entreprises, de l’Etat et des écoles. Elles doivent être socialisées ; les buts, critères, méthodes d’évaluation sont déterminées par une institution multipartite et fédérative (parents d’élèves, enseignants, sociologues, syndicats, administration, élèves majeurs, chambre des métiers, de commerce et d’agriculture) constituée par des délégués élus par les différentes parties prenantes de façon que les résultats individuels, notamment des évaluations, soient mis en débat et parfaitement justifiés. Ces fonctions n’ont pas de sens sans une variété de filières qui plus est étagées et, surtout offrant des passerelles variées de réorientation. En effet, les capacités d’un enfant peuvent apparaître à des âges différents et faire l’objet de révélations imprévues. On a vu qu’il en était de même pour peaufiner peu à peu ses capacités (ni innées, ni figées) d’observation et de comparaison dans les situations d’injustice. Ainsi on diversifiera les méthodes et les cursus en dépassant l’égalité de traitement. Les formations en alternance, après la sortie du socle commun, sont à contrôler de façon très précise de façon à éviter que les entreprises n’aient une main d’œuvre bon marché et surtout sans réelle formation professionnelle. Ce sera aussi un des rôles de notre structure multipartite.
L’égalité des chances, alors que l’on sait que les premières années de l’enfant sont les plus importantes dans l’éducation, passe par la généralisation des écoles maternelles où le petit enfant fait l’expérience de la langue, de la mixité, de la socialisation, de la coopération et de la relation à l’autre. C’est aussi essentiel pour l’égalité de traitement, qui est à conserver largement ici, face aux diverses situations socio-économiques des parents. On a vu que d’autres structures ou dispositifs, libres d’accès et munis d’animateurs-répétiteurs, pouvaient assurer plus d’égalité dans les parcours scolaires : études, pensionnats, pédagothèques et bibliothèques, gymnases, théâtre aux écoles, cinéclubs, etc.
Les horaires journaliers doivent être raccourcis avec l’allongement de l’année scolaire et la diminution des temps de vacances. On reviendra pour ce faire à une semaine étalée sur 6 jours, au lieu de 4, pour raccourcir les journées d’étude. En effet, cela est nécessité par les rythmes chrono-biologiques des enfants et par le fait que pendant les journées sans cours ou les vacances les enfants des familles défavorisées sont généralement livrés à la rue ou stressés par le chômage des parents et des « grands-frères » pendant que ceux des familles aisés font d’autres expériences formatrices. Je ris quand je vois le pouvoir stigmatiser les grèves des enseignants alors que les périodes de vacances ou les samedis libres laissent aussi et bien plus souvent et longtemps les enfants démunis dans la rue et sans encadrement. On étudiera donc le samedi matin, n’en déplaise aux commerçants et aux parents voulant partir en Week End.
L’enseignement actuel forme des « bêtes à concours », ce qui fait ensuite des ingénieurs et des cadres autoritaires envers les « Français d’en bas » (ils détiennent le savoir et ils sont les meilleurs car dûment sélectionnés) et obéissants à l’égard du haut (ils doivent se soumettre à l’autorité du maître tout-puissant car hiérarchique et muni du pouvoir de commandement), conformes (ils sont priés de reproduire le modèle enseigné par le maître), incultes hors la technique apprise, et surtout inaptes aux relations coopératives et à l’empathie avec leurs subordonnés. C’est sans doute voulu bien que cela représente une des meilleures façons d’organiser les inégalités hiérarchiques et le mépris pour les opérateurs considérés comme naturellement inférieurs et, finalement, de limiter l’efficacité des collectifs de travail. Car ce qui est important pour les dirigeants, c’est de conserver leur pouvoir. D’ailleurs, les enquêtes PISA dans 38 pays (compréhension des textes en lecture, math et sciences à 15 ans) montrent bien (la France étant classée 27ème mais ayant de bons résultats pour les excellents élèves, moins nombreux qu’ailleurs) que notre enseignement élitiste, sélectif, mandarinal et abstrait a abandonné les élèves les moins doués pour ces critères-là de réussite scolaire. La justice sociale exige donc, pour l’égalité des chances et de traitement, que les structures éducatives développent le travail en commun, la considération des autres dans les relations, la confiance, la coopération et l’entraide solidaire, l’activité des enseignés, la participation des élèves aux actes pédagogiques, l’altruisme, le don, etc. Cela suppose une révolution dans les pédagogies développées dans les structures éducatives. Révolution est un grand mot car nous avons vu que nombre de pédagogies existaient, et cela souvent depuis plus d’un centenaire, sans être pratiquées dans nos écoles axées sur la soumission, l’individualisme et la compétition, le solipsisme, la passivité, les contenus techniques sans valeur critique, la théorisation sans réflexion, la sélection sans discussion.
Révolutionnons donc les méthodes pédagogiques et les contenus enseignés à nos professeurs et appliqués à leurs élèves. Les pédagogies à développer sont celles de l’activité, de la découverte, de la résolution de problèmes en groupe, de l’acquisition de méthodes de travail et non de conformation à un modèle de contenu formaté et délivré par le maître, du travail concret ensuite théorisé, de l’apprentissage à partir des centres d’intérêt des élèves, de l’expression, de la participation et de la coopération des élèves, etc. travaillant en parallèle. La relation pédagogique, qui est éducative en elle-même bien au-delà de l’instruction, c’est-à dire du niveau de savoir, doit aller vers la coopération, la seule autorité de compétence, la participation des élèves à l’enseignement mutuel, l’écoute par les enseignants, etc. Tout cela existe depuis bien longtemps et est même pratiqué partiellement ou séparément par quelques enseignants qui s’attirent aussitôt les foudres des collègues et de l’administration.
La question devient : pourquoi un tel misonéisme des structures et de la plupart des enseignants perdure-t-il? C’est une question qu’un livre récent (« la fabrique de la défiance ») ne se pose pas. Une 1ère réponse rapide est que personne parmi les soi-disant élites ne veut d’un partage du pouvoir et de la démocratie réelle. Celle-ci est gênante pour les politicards inféodés au capital, pour les manageurs faisant cracher de la valeur pour l’actionnaire, pour les enseignants propriétaires de leur chaire. C’est pourquoi l’enseignement a été organisé quasiment dès l’origine en France de façon verticale et individualiste, chaque discipline étant séparée des autres et remise à un prof en général mono-disciplinaire. Ce prof est en quelque sorte propriétaire de son cours et exerce en profession libérale au sein d’une institution publique. Proprio de son savoir spécialisé, le prof n’aime pas travailler avec ses collègues d’une autre discipline. Il délivre un enseignement descendant comme modèle à apprendre et il évalue les écarts des résultats individuels à sa norme. Il n’aime pas être contesté et règne à l’autorité que lui confèrent son savoir et l’institution. Il doit 15 heures (agrégé à l’université) ou 18 par semaine (certifié ; donc le certifié, moins savant que l’agrégé, doit plus d’heures de cours !) de délivrance de cours au lycée (ou examens ou colles ou réunions), c’est-à-dire de présence. Les profs sont dans l’égalité de traitement, c’est pourquoi il n’y a que peu de différences entre le bon prof travailleur, qui donne et corrige des devoirs, prépare ses cours chez lui, qui reçoit les parents et les élèves, et celui qui se contente de ses heures de présence et a le même salaire que celui qui se défonce et qui mène des travaux transdisciplinaires. On a aussi le fait que le prof de philo avec 5 classes différentes de 35 élèves est payé comme celui de Russe avec 3 classes de 8 élèves. L’évaluation institutionnelle (note administrative du directeur d’établissement et note « pédagogique » par l’inspecteur d’académie qui, en outre, prévient de son passage) ne tient pratiquement pas compte des différences d’implication et de volume de travail. En réalité, ce sont les syndicats qui défendent leurs adhérents (et eux seuls) pour les promotions. Ainsi, nombre de profs sont devenus agrégés « au choix » et à l’endurance parce qu’ils avaient la bonne carte syndicale ; les autres plus travailleurs et plus compétents peuvent se brosser. Evidemment, les agrégés ne veulent pas abandonner leurs privilèges et se considèrent comme l’aristocratie de l’enseignement, les autres ayant intériorisé leur infériorité liée à leur échec aux concours les plus prestigieux. Cela risquait d’être aggravé avec le projet tsarkozyen de confier l’évaluation des professeurs au seul directeur d’établissement muni des pleins pouvoirs.
Si donc l’on veut commencer de mettre en place des pédagogies diversifiées et adaptées, il faut en finir avec l’enseignement mono-disciplinaire (bi-disciplinaire au collège) et avec une hiérarchie du savoir conférée par la hauteur du diplôme. On réservera les agrégés aux universités tout en en faisant aussi des chercheurs. Quant aux profs du secondaire, on les formera à deux disciplines (par exemple math et physique ou sciences de la vie et chimie) à maîtriser et on leur fera acquérir de solides notions des autres disciplines de façon que chacun puisse travailler avec les autres en comprenant son langage et ses problèmes. On supprimera aussi cette injuste séparation entre le temps passé en institution et le travail chez soi, dont je rappelle qu’il n’est actuellement pas décompté, ce qui permet à des plaisantins de droite de dire qu’il faut que les enseignants travaillent plus pour gagner plus (26 heures de présence au lieu de 18, ce qui fait plus 30 %, pour 25 % de salaire en plus ; comme on voit, il n’y a pas de petites économies, rien que de grands projets). Le travail chez soi sera mesuré en fonction du nombre et de la fréquence des devoirs et du temps de préparation et de correction ; le travail en institution sera organisé autrement (comment ? A voir plus bas) ; les deux sont complémentaires et donneront 35 heures par semaine, compte tenu de la diminution des vacances et de la semaine de 4 jours et demi. L’évaluation des profs est à révolutionner ; elle doit tenir compte notamment du travail en équipe, de la qualité des corrections, des capacités d’animation de travaux en classe ou en groupes transversaux à plusieurs classes ou en sous-groupes. Cette évaluation sera assurée par l’instance déjà prévue à cet effet pour l’orientation des élèves.
La formation des profs ira au-delà des contenus ; elle donnera une capacité à être un animateur de travail en groupe de résolution de problèmes transversaux. Par exemple, les problèmes de physique ou de chimie requièrent des connaissances en mathématiques ; on créera donc des situations-problèmes (de pédagogie de la découverte et de travail coopératif) interconnectant les 3 disciplines. On formera les profs à inventer de bonnes situations-problèmes en commun. On formera les profs aux pédagogies du travail en groupe, de l’activité des élèves, de la relation pédagogique horizontale, de la recherche autonome des solutions (au lieu de se contenter d’en transmettre une seule, soi-disant la meilleure, comme actuellement). Cette démarche entraînera ipso facto une quasi-suppression des préparations de cours chez soi au profit d’un travail en équipe pour définir les situations-problèmes. De même, les devoirs seront limités aux seuls contrôles des acquisitions individuelles. Il va de soi qu’il faudra que chaque prof dispose d’un bureau à l’école et qu’il y ait de nombreuses salles de réunion bien équipées en matériel pédagogique. Cela suppose la restauration des IUFM ; ces derniers ont trop souvent plongé dans le psychologisme, le « pédagogisme », la non-directivité à la Rogers, l’introspection, les palabres entre formés au détriment des contenus et même des méthodes pédagogiques. C’est ainsi que l’excellente méthode globale d’apprentissage de la lecture a été sabotée, puis supprimée. En effet, ladite méthode ne souffre pas d’être appliquée par des instituteurs incompétents. Dans les IUFM, le plus souvent on fait la philosophie et l’histoire des méthodes pédagogiques mais on n’apprend pas à s’en servir puisque c’est inutile si l’institution reste dans l’enseignement vertical et mono-disciplinaire.
Les profs ne passeront plus leur temps à délivrer des contenus formatés et de haut en bas. En effet, les contenus sont présents dans des quantités d’outils pédagogiques : livres, DVD ou CD, EAO, banques de données sur internet, etc., le tout devant être en accès libre dans la pédagothèque de l’établissement. Le prof donnera aux élèves une liste de savoirs à acquérir pour être utilisés dorénavant dans les situations-problèmes transversales (pluridisciplinaires) de travail actif et coopératif en groupe. Son rôle principal sera d’aider les élèves à se servir des connaissances pour résoudre des problèmes et de formaliser ex post lesdites connaissances. Il est clair que la progression pédagogique devient un enchaînement de situations-problèmes permettant d’aborder progressivement la théorisation et la maîtrise des savoirs. Le prof sera en même temps à l’écoute des élèves, il les aidera en tenant compte des différences de niveau, d’approche et aussi de situations familiales. Sa formation lui aura donc donné des capacités sociales et relationnelles, de même qu’une base psychologique, suffisantes pour faciliter les acquisitions et éradiquer les blocages individuels.
Le projet, que je viens rapidement d’exposer, permettra d’’en finir avec les injustes structures éducatives. Bien entendu, de multiples aspects de celui-ci seront à transposer dans la formation professionnelle continue, notamment en alternance. Pour abaisser le seuil des injustices en matière de qualification, il faut aussi et surtout que chaque chômeur ait droit à de nouvelles occasions de formation, bien au-delà des très maigres ressources que le pays leur consacre et du fait que la FPC est surtout faite pour les salariés qui ont déjà un bon bagage (les statistiques donnent 2 à 3 jours de formation par an en moyenne pour les faiblement qualifiés !). De même, l’université devra être largement réorganisée pour permettre des changements d’orientation aux étudiants via la mise en place de bien plus nombreuses passerelles entre cursus. Ses procédures d’évaluation et d’orientation seront revues dans le même sens que tout ce qui précède.
Nous devons ajouter que pour diminuer au maximum les inégalités (entre profs et entre élèves), il faut une institution scolaire très différemment orientée, organisée et gérée. Comme disait Proudhon, l’enseignement sera organisé en 4ème pouvoir et socialisé de façon à être indépendant de l’Etat et des entreprises, de façon que le pouvoir et l’autorité n’y soient pas monopolisés par le corps enseignant, l’administration et les syndicats corporatifs. Ce pouvoir serait une chambre législative fédérée, élue avec des représentants directs des différentes forces sociales concernées et organisées : enseignants, parents d’élèves, syndicats, associations éducatives, chambres de commerce et des métiers, fédération des collectivités locales, etc. Il faut en finir avec le mythe du député ou du manageur tout terrain se prononçant sur tout problème quel que soit son degré d’incompétence, au sens où il n’est pas vraiment concerné. Comme disait Proudhon, il faut avoir fréquenté cet isoloir qu’on appelle une assemblée nationale pour savoir combien les décisions sont prises par des gens qui ne connaissent rien aux réalités du pays.
Le mouvement ou la tendance lourde dans lequel l’éducation nationale est emportée montre à l’envi les ressorts du changement social de longue durée. A la base des causes ou des volontés gouvernementales il y a un changement très net des valeurs structurelles et structurantes qui inspirent la politique. On est passé des valeurs d’égalité, hélas perverties par l’égalité de traitement au nom des principes républicains, de solidarité, de don altruiste, de responsabilité collective et partagée, d’eudémonisme commun, etc. à celles de la liberté individuelle absolutisée, de la responsabilité personnelle, de la compétition efficiente, du risque assumé par les seuls individus, de l’utilité, de l’hédonisme. Ces nouvelles valeurs ont trouvé leurs racines dans une pensée libérale particulière et dans la primauté de l’économie activée par les bienfaits attendus de l’efficience des marchés. Cette idéologie a été intériorisée et propulsée par les dirigeants et les puissants, fussent-ils socialistes. Lesdits gouvernants ont profité de la démocratie représentative formelle pour impulser la révolution libérale par des règles nouvelles (grâce au monopole du pouvoir législatif plus ou moins comprimé par l’exécutif et sanctionné par le judiciaire) facilitant la mise en place d’institutions et de structures d’inspiration libéralo-capitaliste. Lesdites règles appartiennent à un ensemble, que j’ai appelé structure structurante, inspirée par une logique unique, à savoir celle de l’efficacité économique de l’action privée et intéressée. Celles-ci n’ont pu s’implanter que grâce à l’évolution des mentalités vers l’individualisme égoïste, la prétendue authenticité, la recherche du bonheur individuel, le refus de l’autorité bête et méchante de type militaire et caporaliste, le besoin d’épanouissement individuel, etc. On reconnait le détournement des valeurs de mai 68. Mais pour installer le nouveau système idéologique il a fallu toute la puissance de l’Etat, c’est-à-dire en fait des gouvernants camouflés derrière l’intérêt général réputé défendu par une structure indépendante et impersonnelle, à savoir l’Etat. On sait que ce dernier n’existe pas ; c’est une symbolique juridique inventée pour dissocier le pouvoir souverain de celui de la personne du roi à double corps (d’après, Kantorowicz, Etat figuré à la Louis XIV, Etat incarné et sacré, et personne physique). Ce qui existe, ce sont les appareils monopolistiques d’Etat, les structures étatiques, le corps des gouvernants même élus. Le pouvoir, grâce au « monopole de la violence légitime », peut donc pousser au changement sociétal. Avec prudence et progressivité parce qu’il faut que les gouvernés ne s’aperçoivent de ce que l’on veut les forcer à changer de culture et flouer leurs intérêts. C’est de l’ordo-libéralisme dévoyé.
L’éducation est un exemple majeur de ce que la logique et les structures du capital ont pu utiliser à leur profit les structures mentales individualistes et libertaires, les dispositions intériorisées par les personnes pour l’autonomie et la transparence, pour transformer le monde à partir d’enjeux culturels et moraux. Le prototype de la propagation des inégalités et de l’injustice se trouve dans les énormes changements en matière de monnaie, de banque centrale, de crédit, de finance. Ce sont eux qui ont installé le règne de la finance spéculative et hors sol, de la banque fantôme, des paradis fiscaux, de l’évasion fiscale au nom de la libre circulation des capitaux.

Déjà social-traitre moins de 3 mois après son élection ?

Posté : 1 août, 2012 @ 10:24 dans politique | Commentaires fermés

Guimauve le Concurrent marche déjà en crabe par rapport à ses engagements de campagne. Lors du sommet européen de fin juin, Flanby avait annoncé qu’il avait obtenu un volet croissance ajouté au plan de stabilité exigé par Angela. Pendants la campagne électorale il avait promis de ne pas avaliser ledit pacte transformé en traité TSCG par Tsarko et Merkel. C’est devenu de la fumisterie. Le volet croissance de 120 milliards n’apporte en réalité que 10 milliards de capital frais à la Banque Européenne d’Investissement (BEI), qui pourra emprunter à l’étranger (effet de levier) si, toutefois, sa note ne se dégrade pas, ce qui est problématique car les Etats l’alimentant comme pour le FESF (fonds européen de solidarité, bientôt remplacé par le mécanisme européen de stabilité ou MES,) sont en danger de l’être, y compris l’Allemagne. En effet, s’il faut aider l’Espagne et l’Italie, les garanties apportées par les autres Etats, gages de dettes plus que potentielles, deviendront vertigineuses. Sur les prétendus 120 milliards, le reste est constitué de fonds structurels européens engagés mais non encore distribués ! Voilà de la belle ouvrage en contrepartie de laquelle Fraise des bois va essayer de faire signer le TSGC (traité de stabilité et de gouvernance commune) par la France sous forme de « loi organique » et non de réforme de la constitution. Opération de haute voltige juridique. SGDG.
Rappelons quelques aspects de ce formidable TSGC : pas plus de 0,5 % du PIB en déficit structurel de chaque budget étatique, contrôle semestriel des budgets par la grosse Commission (ex ante, avant passage au parlement !), pénalités en cas de non-observation des engagements, saisine de la CJUE en cas de contentieux, etc. Il n’y a donc rien de moins sur l’austérité teutonne malgré la « révolution » hollandaise contre les accords Tsarko-Merkel. Il faut savoir que celle-ci est dictée par le vieillissement accéléré de sa population, dont les retraites sont constituées en capitalisation. Il faut alors absolument les protéger contre l’inflation et la dévaluation de l’euro. Prétexte aussi que cela car ce qui est surtout protégé, c’est le capital et la rente. La Germanie, en effet, est le seul pays à profiter d’un euro fort : elle exporte des voitures de luxe, des produits de qualité et des machines-outils quelque soit leur prix ; elle fait produire les pièces en monnaie faible chez les PECOS et les assemble chez elle, achetant ainsi sa sous-traitance produite en roupies de sansonnet avec ses euros (elle a une prime de change). C’est pourquoi la Teutonie veut sauver l’euro mais à condition de ne pas payer pour des paniers-percés. D’où ses oukases de vertu financière et sa demande de plus de fédéralisme en Europe ! Fédéralisme en fait réduit à une Union Bancaire et à un contrôle bureaucratique des budgets par l’UE. Un fédéralisme aux acquêts, en quelque sorte. Le sieur « Au bonheur d’Edam », devenu par hasard candidat puis président à la place de « L’œdème chronique de la verge » par suite des exploits hôteliers de ce dernier, n’a rien compris au film. Ou, hypothèse plus raisonnable, il n’entend aucunement rien changer à l’ordo-libéralisme tudesque et au libre-échange anglo-saxon.

Parallèlement, les 100 milliards récemment promis à l’Espagne pour renflouer ses banques font du surplace (les banques ont profité des 1 000 milliards à 1 % sur 3ans prêtés par la BCE pour acheter de la dette publique espagnole à 6/7 %, pour faire des bénéfices et restaurer leurs comptes !). En effet, certains petits pays européens (Finlande, Pays-Bas) n’en veulent pas sous la pression de leur extrême droite. A cette occasion, le nouveau président francaoui s’est affolé devant le poids des petits pays dans l’UE, poids égal à celui des grands. Que n’avait-il relu les traités européens avant de se porter candidat ou pendant la campagne ! D’où le dilemme : soit ce type est incompétent, soit il nous prend pour des billes et prépare le terrain à ses prochains revirements qui seront justifiés par son impuissance au sein de l’UE. je dirai les 2, mon adjuvant. Little gouda ne pouvait ignorer que l’Europe à 27 était devenue une cohue ; n’avait-il pas recommandé de voter oui au TCE de 2005 ? Cette anarchie a été organisée afin que la seule chose qui règne soit le grand marché hyper concurrentiel qu’il fallait donc accroître sans cesse malgré l’hétérogénéité économique et sociale des nouveaux pays vis-à-vis des anciens. C’était voulu pour forcer les populations des vieux adhérents à abandonner « leurs privilèges » sociaux et faire baisser les coûts de production pour le capital au nom de la construction européenne et de la solidarité avec les peuples de l’EST. Bien creusé, vieille taupe. Mais à la dernière taupe (les derniers traités européens ; Lisbonne 2008, TSCG), c’est devenu l’heure de la nuit pour tous les peuples de la région. Le capital a réussi à mettre « sa zone ».
On va donc aller, qui plus est moderato, vers des renoncements et des abandons successifs et progressifs marquant la « résistible » descente dans l’enfer libéral de M. Françuro Hollandui. Déjà, on ne parle plus de la fusion de la CSG et de l’IRPP dans un impôt unique et progressif censé mettre un peu de justice sociale dans le lupanar fiscal. Il était même annoncé, par suite de la suppression de la TVA sociale de Tsarko, une augmentation de la CSG à la place de cotisations sociales patronales. Le pouvoir, surtout efficace en cassation de l’œuvre tsarkozyenne, a l’air d’y renoncer… pour le moment. Gageons qu’avec les 38 milliards à trouver en 2013 pour réduire le déficit à 3 % du PIB le serpent (monétaire) refera surface. L’augmentation du SMIC a été riquiqui. Le doublement du plafond du livret A semble repoussé aux calendes grecques sans doute parce qu’après avoir promis le candidat-président s’est mis à réfléchir à la faisabilité de ses propositions (heureusement il n’y en avait pas 110 comme en 1981). Il serait drôle, en effet, de doubler un plafond que seulement 10 % des livrets atteignent aujourd’hui, celui, actuel, de 15300 euros. On a eu une rustine sur les problèmes du logement avec l’encadrement des loyers. La banque d’investissement n’est qu’un regroupement de structures déjà existantes : OSEO, CDC-entreprises, Fonds spécial d’investissement. La séparation des banques d’affaires et de dépôts (car les banques françaises sont « universelles », c’est-à-dire qu’elles piquent dans les dépôts pour spéculer en trompant les déposants) bat de l’aile et est retardée sine die. Le taux de 75 % d’imposition des revenus supérieurs à 1 million d’euros se gélifie. Edam, Edam (pas dame, pas dame comme pour DSK) a crée 7 ou 8 « commissions », dont une sur l’organisation et la moralisation des mandats politiques, confiée à Jospin, 75 ans aux prunes. Rappelons-nous le mot de Clémenceau : quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission. En outre, c’est étrange : pendant les 9 mois de campagne, le PS n’avait donc pas eu le temps de préparer et négocier les dossiers ? Remarquez que ce n’est guère étonnant car les socialistes à l’eau de rose ont souvent été des « social-traitres ». Aurait-on « veauté » pour François Mollet ? Car il y avait deux mesures radicales à prendre immédiatement pour restaurer l’industrie française : rendre les cotisations sociales remboursables à l’exportation et applicables à l’importation ; créer un énorme pôle bancaire public, socialisé, mutualisé et fédéré, prêtant au pays (emprunts d’Etat et avances ; crédit aux coopératives, mutuelles, entreprises d’insertion et d’économie sociale, et même PME) et concurrençant les banques privées. On s’est contenté d’emplâtres sur une jambe de bois.
Par exemple, rien ne sert de prêter aux boîtes avec la banque d’investissement (du reste, dotée de combien de capital ?) si on n’en finit pas avec la politique d’aide aux entreprises pour les bas salaires (moins de 1,6 SMIC). Cette politique équivaut à celle de Fiscard Déteint et de Pompidur consistant à importer des travailleurs immigrés analphabètes pour diminuer les coûts de production et faire pression à la baisse sur les salaires. Cette politique a encouragé les industriels à ne pas investir dans les techniques modernes, exigeant des salariés qualifiés, à ne pas réorganiser le travail pour être plus compétitifs par productivité et non faible coût du travail. Renault, par exemple, avait failli en crever face à la concurrence de la production moderne de type japonais. La baisse des cotisations sociales sur les bas salaires continue d’encourager les industries à privilégier la productivité extensive (volume de travailleurs sous-payés et heures. Sup) au détriment de l’intensive (par les techniques, l’organisation et les relations de travail). Par ailleurs, cela crée une « trappe à bas salaires » car cela incite les boîtes à ne pas dépasser la limite de 1,6 SMIC pour payer des salariés plus qualifiés et plus productifs. Je ne crains pas d’affirmer que les baisses de cotisations sociales (à moduler), si on reste dans l’idéologie libérale, doivent n’être offertes que pour les hauts salaires. La politique des libéraux francaouis a consisté à privilégier les multinationales (lieu d’atterrissage des excellences bureaucratiques après les dénationalisations), d’un côté et « la boutique » (Proudhon), de l’autre : cafés-restaurants, petites boîtes vivotant, etc. Comme quoi le PS ne comprend même pas les références et les déterminants du capitalisme moderne ! Mais il est cependant clair qu’une politique industrielle moderne ne peut qu’échouer si l’on demeure dans le cadre de la concurrence internationale sans foi ni lois. Les moins-disant, et leur utilisation par le capital, ne peuvent que gagner s’il n’ y a pas de régulations de la concurrence (versant capitaliste) ou si l’on ne change pas de modèle (versus anticapitaliste). J’ai le regret de dire que les prolos se font berlurer. il faudrait les inciter à se qualifier plutôt que de défendre leur empoloi dans des centres d’accueil téléphonique, la production de merde du genre des poulets Doux, la production d’autos détruisant l’environnement, l’agriculuture industrielle. Où est la politique industrielle socialo?
Mais l’heure de vérité approche. Il est probable que 2013 verra l’effondrement de la zone euro. Alors Hollande ne pourra plus faire des réponses de Normand ((qu’il est) et des promesses de Gascon ; il faudra choisir entre l’austérité drastique pour rester dans le libéralisme mondialisé, porteuse d’une révolte des Français, et une vraie politique de contre-structures pour débuter un autre modèle socio-économique que le capitalisme exploiteur des peuples et destructeur de la nature. Le gélatineux Hollande saura-t-il nous méduser après nous avoir mésusé ?

Qu’est-ce que le Peuple ?

Posté : 28 juillet, 2012 @ 11:13 dans politique | Commentaires fermés

Le dernier péché à la mode est le populisme, insulté véhiculée par les partis de pouvoir, fussent-ils socialistes. Las, dans populisme, il y a peuple. Faut-il le dissoudre suivant le mot célèbre de Brecht ? Il ya aussi peuple dans démocratie, pouvoir du peuple (démos, le peuple). Il ya même des tas de mouvements « populaires » : démocraties populaires (pléonasme), Rassemblement du Peuple Français (RPF, de Gaulle), Parti Populaire de France (Doriot), Mouvement du rassemblement Populaire (MRP, démocrate-chrétien), etc. sans compter les jeux de mots qu’on peut faire : démocra-CIA (Pinochet et bien d’autres dictatures d’Amérique du Sud soutenues par les USA, notamment avec l’opération Condor), Poli-CIA (de polis, la cité).
Il faut interroger en permanence la notion de démos ? Chez les Grecs où elle est née elle signifie unité en quelque sorte ethnique du peuple face aux métèques et aux barbares, face aux rivaux comme Sparte et Athènes. Le démos est en même temps l’unité des citoyens (mâles) contre les praticiens (nobles) et comme corps politique opposé aux étrangers qui en sont exclus. Mais le démos, c’est la multitude, c’est le nombre, c’est la majorité. Cette populace est dangereuse, elle est animée par des passions matérialistes et égalitaires, elle est manipulée par des « démagogues » (des populistes avant l’heure), des rhéteurs, des sophistes, des politicards. Car la société est traversée de contradictions : malgré l’unité politique présumée, via la légitimité acquise par le vote égalitaire dans le domaine politique, les inégalités économiques et sociales croissent et embellissent. Platon et Aristote ont bien vu les effets corrupteurs des inégalités sur l’unité politique et sur les manipulations de la démocratie du nombre, de la majorité. Déjà, chez les Grecs, la démocratie associe deux aspects du peuple : son unité souhaitée et son caractère de populace inculte et manipulable par la propagande des sophistes et des aristocrates. Or, face à l’adversité et aux ennemis, le peuple doit être obéissant et uni. C’est là, la conception nationale du peuple (ad hoc pour les politicards mais non conforme aux aspirations réelles des gens) qui fonde la théorie de la nation unie, homogène, refusant l’intrusion de corps étrangers. On n’est ici jamais loin du nationalisme exploité par les dirigeants politiques.
En réalité, on est en face de plusieurs peuples : le peuple démocratique qui participe aux décisions engageant la communauté, le peuple social agité par les inégalités socio-économiques, le peuple national uni contre l’étranger. Je m’inspire ici du remarquable livre de Laurent Bouvet (« Le sens du peuple », Gallimard). Bouvet montre bien que les démocraties modernes ont été prises dans une contradiction : la légitimité des gouvernants et législateurs dépendaient du consensus populaire alors même que l’expression de ce dernier pouvait renvoyer à la populace. C’est pourquoi, à leurs débuts, les prétendues démocraties s’évertuèrent à exclure le peuple du suffrage en le réservant aux propriétaires et aux hommes. Dès lors, contrairement au postulat démocratique, le peuple n’était plus un mais constitué de deux peuples opposés : les notables, les proprios, d’un côté, la multitude grossière de l’autre. Le phénomène de séparation était accentué et institutionnalisé par le caractère représentatif de la démocratie qui instaurait une 2ème coupure : entre les représentés, y compris ceux qui ne votaient pas au nom de l’unité, et les représentants. Cette autre exclusion perdure évidemment aujourd’hui dans tous les régimes représentatifs. Le peuple politique, lui, est l’ensemble systémique des 3 peuples (démocratique, social et national). La configuration du système populaire dépend des sociétés : par exemple, dans certaines, en général totalitaires, rabattent la politique sur la national (nazisme, nationalisme) ; d’autres considèrent que la démocratie est le tout et que le social est secondaire (libéralisme) ; d’autres privilégient la question sociale pour déterminer la société politique (socialisme républicain). Pour ma part, le peuple politique doit faire société (et non nation) en combinant efficacement la (vraie) démocratie et la justice sociale. Cela dit sans oublier que le peuple social est hétérogène et conflictuel ; cependant il existe, même aujourd’hui, car les différentes fractions salariées du peuple social ont un seul adversaire : la finance et le capital. Il y a donc bien une classe dominée disposant d’intérêts communs car tous ses éléments, bien qu’agités par des contradictions secondaires (cadres/ouvriers, hommes/femmes, public/privé, CDI/précaires, etc.), sont dans la même situation d’exploitation. C’est là qu’on mesure la trahison du PS qui s’est assimilé aux « bobos » (rapport de feu Ferran), aux multiculturalistes, aux diplômés, aux homos, etc. en oubliant la lutte des classes et les rapports de force entre elles. J’élimine d’emblée le peuple national qui n’est qu’une construction arbitraire et une manipulation politique ; il n’existe pas vu que la France, par exemple, a été unifiée par la force à partir de peuples très divers. Ce qui existe, ce sont des communautés et des cultures dont l’identité est à préserver.
La révolution amerloque contre les Rosbifs installa une démocratie de notables souvent esclavagistes ; elle prit acte des dangers de la populace, dont pourtant la démocratie dépend, en instaurant un superbe système de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui fonctionne toujours : une chambre de 400 représentants (à comparer aux 577 députains français pour 65 millions d’habitants contre 310 actuellement aux USA), un sénat représentant les Etats fédérés à raison de 2 sénateurs par Etat (soit 100 sénateurs contre 348 en France, un système politique fédéral avec des Etats autonomes (ce qui explique les statut de paradis fiscal du Delaware et autres) dirigés par un gouverneur élu, un régime présidentiel où le président élu (par les députés et gouverneurs des Etats avec la règle curieuse que si une majorité de l’Etat donné son vote pour tartempion toutes les voix dudit Etat vont à ce dernier ; le président n’est donc pas forcément celui qui a eu le plus de voix lors des élections présidentielles, cela dépend du nombre de délégués des Etats et donc de leur taille) n’a en réalité que des pouvoirs exécutifs limités. Ce qui explique qu’Obama n’a pas pu faire grand-chose puisque toute décision requiert déjà 6/10ème des sénateurs. Par ailleurs, les élus US font la course au financement de leur campagne électorale sans limitation des apports. Les lobbys font donc l’élection en arrosant les candidats « convénients » comme on dit à Marseille. C’est pourquoi, il y a peu de corruption aux USA car elle est légale. Ce qui explique que les « banksters » aient l’oreille du pouvoir et des élus comme les trusts pharmaceutiques ou industriels ou les assurances. Un élu local ne votera jamais pour une décision qui nuirait à ses bonnes relations tarifées avec un lobby de son territoire, par exemple pour une loi anti-OGM dans un Etat rural ou une loi antijeu au Nevada.
Cet aparté montre en quelle estime il faut tenir les parangons des vertus de la démocratie et pourquoi il faut analyser le prétendu peuple social dans les fausses démocraties inégalitaires. Le peuple démocratique US est donc divisé et, de façon générale, le peuple démocratique n’existe pas car le système de sa représentation en « démocratie libérale, ne l’est pas. Mais le peuple social l’est encore plus car les USA sont le prototype même des inégalités en tout genre, lesquelles ont été drastiquement accrues par 30 ans de libéralisme. Le peuple national, lui, n’est toujours pas unifié à cause du problème ethnique (Noirs et Hispaniques, surtout). Plus que Bouvet, j’insisterai cependant sur l’unicité d’un peuple culturel : croyance dans le rêve américain de la réussite par le travail, religiosité constante, voire fondamentaliste, à base de sectes protestantes, droit à la différence comme juxtaposition, comme coexistence de communautés en tout genre, droit à l’autodéfense (2ème amendement sur le droit de posséder des armes personnelles), illusion de la perfection de la démocratie américaine qui devient un modèle indépassable et à exporter, illusion du progrès technique qui permettra de résoudre tous les problèmes d’environnement, repli dans le consumérisme comme ressort de distinction et compensation des frustrations, individualisme forcené, matérialisme comme signe de réussite, etc. C’est cette culture que le gnome à talonnettes admirait et voulait renforcer en France. En fait, la notion de démocratie sert simplement à prétendre que c’est le peuple qui est souverain et non les représentants. Mais peu me chaut la nature du souverain (un roi, un corps politicard, le peuple) car cela ne change rien à l’absurdité principale, à savoir le caractère absolu, indivisible, perpétuel de la souveraineté de l’Etat exercée le plus souvent contre le peuple au nom d’une entité imaginaire, la nation..
Le peuple social est advenu devant le spectacle d’un libéralisme démocratique supportant aisément l’exploitation éhontée des classes ouvrières au 19ème siècle. Le problème des politicards revanchards après la cuisante défaite de 1870 contre les Prussiens est qu’il ne peut y avoir de peuple national (lire nationaliste) sans peuple social (égalisation des conditions, égalité des chances, moyens de vivre dignement) et sans peuple démocratique. Car dans les fausses démocraties que nous connaissons depuis longtemps, ce sont les élus, fort peu représentatifs (Proudhon disait de la chambre de 1848 que c’était « une cohue d’avocats »), qui font les lois… sociales au profit du capital. Or la démocratie est réputée être la source de la légitimité car elle représenterait les demandes du peuple. Fantasmagorie. Il suffit de constater que les socialos dès 1983 ont mené une politique libérale et européenne radicalement contraire aux intérêts du peuple et, en plus, contraire à leurs engagements de campagne et à leur idéologie fondée sur le primat de la classe ouvrière et du salariat. En 1981 on a donc eu soi-disant le peuple démocratique qui avait élu Tonton et l’abandon de la question sociale, c’est-à-dire du peuple social. Au lieu des problèmes socio-économiques concernant la situation, on a eu des questions de société : le mouvement gai et lesbien, la peine de mort, le droit à la différence, la reconnaissance des communautés, le multiculturalisme de fait, la lutte antisida ou contre le racisme, l’immigration comme chance pour le pays (sans évidemment mettre en place les structures et les moyens d’accueil pour une bonne intégration) etc. en lieu et place de l’égalité, de la justice sociale, de la laïcité, de la défense de l’industrie et de l’emploi, de la démocratie réelle. Il est vrai que déjà en 1981 les représentants élus n’avaient pas grand-chose à voir avec la sociologie dudit peuple : ce furent beaucoup d’enseignants, de fonctionnaires, de « barbus » à la mode Auroux, pas si franc du collier, d’énarques qui siégèrent pour « changer la vie » avec « une force tranquille ». Et cela ne s’est pas amélioré du tout (il n’y a pas un seul ouvrier à la chambre aujourd’hui et fort peu d’employés) ; dès lors comme disait Maurras, le pays légal n’était pas le pays réel. Le peuple devient « introuvable » car la magie du suffrage l’a fait disparaître en tant que pluralité, en tant qu’unité dans la diversité.
C’est que les politicards, volontaristes de la légitimité de l’élection, alors que l’électeur ne choisit plus rien : il élimine des candidats professionnalisés dûment présélectionnés par le parti, lui-même professionnalisé, médiatisé, financé par le contribuable pour l’essentiel et en sus par Mme Bettencourt et consorts, ont besoin de la fiction du peuple démocratique qui confère la légitimité (en fait la légalité électorale) et du peuple social uni malgré les inégalités exponentielles dues à leur politique. C’est que la France (ou plutôt ses exploiteurs politiciens) se pique d’être non seulement une démocratie mais encore une République. La démocratie n’assure que l’égalité de la participation au politique du peuple vu comme une collection d’individus ayant les mêmes droits. Ce qui implique que de la majorité des suffrages se dégage ce que Rousseau appelait « la volonté de tous », c’est-à-dire du nombre majoritaire et qu’après l’élection le peuple démocratique serait un derrière les politicards élus ayant en vue l’intérêt général et on celui de leur parti ou de leurs financeurs. Mais Rousseau a aussi énoncé que la « volonté générale », c’est-à-dire celle du peuple tout entier considéré comme unité, ne pouvait provenir d’un scrutin atomistique et majoritaire. C’est une belle illusion que de soutenir qu’un peuple divisé sociologiquement en classes sociales devient Un quand il a « veauté » comme disait de Gaulle. Mais Rousseau, en tant que démocrate et républicain, postulait que le peuple, sous le nom de nation, était un et indivisible comme ce qui en résultait, à savoir la souveraineté nationale devenant de ce fait absolue.
La république ajoute aux « droits-libertés » (des seuls individus : propriété, sécurité, pensée, puis association, etc.) et aux droits-participation (aux votes, à la chose publique), des droits-créances, c’est-à-dire des droits sociaux et économiques visant à donner à tous une situation suffisante et une sécurité économique et donc assis sur la recherche de l’égalité. Ce qui suppose, c’est là le hic, que la démocratie soit réelle et non détenue par de faux représentants votant des lois pour eux et leurs copains du capital. Mais la république devient facilement totalitaire si elle n’est pas démocratique ; pas plus vite que la démocratie libérale qui oppose les zéros (les électeurs atomisés) et l’infini de la puissance d’Etat (monopole de « la violence légitime », physique ou symbolique, monopole des lois, monopole du pouvoir de décision) détenu par les politicards élus. On est en face de deux manipulations : le peuple comme multitude d’atomes individuels séparés (version de la démocratie libérale et représentative) ; le peuple comme unité organique, comme totalité indivisible (version république collectiviste).
En réalité, le peuple-un ou le peuple-collection n’existent pas. Le peuple est une pluralité dans la diversité, une composition dans ses dimensions, un système d’oppositions dans sa sociologie et appartenances sociales. En tant que démocratique, il doit être représenté dans toutes ses fonctions économiques, dans toutes ses appartenances : territoriales, « corporatives » ou fonctionnelles et provinciales, culturelles, ethniques, etc. Le système véridique de représentation permet l’expression et la participation du peuple dans toutes ses composantes ; il est une structure et un processus de mise en rapports des acteurs sociaux où qu’ils soient, quoiqu‘ils pensent, quoiqu’ils fassent ; son architecture doit être isomorphique à la composition socio-économico-territoriale du peuple. Proudhon avait magistralement énoncé cela en s’opposant, non à la démocratie comme ses adversaires le prétendirent, mais à sa version tronquée en tant que démocratie « suffragière », atomistique, ponctuelle ou périodique et purement politique qui mettait l’Etat et les politicards au-dessus et en-dehors de la « société civile ». J’ai proposé une démocratie réelle dans mon essai : « Agir ensemble dans un monde partagé »).
En tant que social, le peuple est forcément divisé tout en étant marqué par l’interdépendance des fonctions socio-économiques ; les intérêts de ses parties ne sont pas les mêmes. Il n’empêche qu’il a des intérêts communs, à savoir le bien public, l’intérêt général, la solidarité, le bien-vivre ensemble dans la prospérité, la sécurité et la paix. C’est la démocratie en tant que structure d’expression et de négociation qui fait émerger les finalités communes, le projet de société. Celui-ci ne peut être que fédératif car il importe que chaque groupement soit mis en situation de gérer ses propres affaires dans le cadre fédéral commun de l’intérêt général. Seul le fédéralisme, dans l’ordre territorial et juridique, et le mutuellisme dans le domaine économique, peut assurer une unité politique de « composition » respectueuse des différences. Mais l’unité politique dans le pluralisme n’est pas un multiculturalisme de coexistence, de cohabitation de communautés séparées à la sauce anglo-saxonne. Elle n’est pas non plus l’assimilation des sous-cultures à la sauce lepéniste, ni l’intégration à la mode socialo-libérale. Elle veut que tous coopèrent, soient en relation, contribuent au bien commun sur la base de lois communes, de principes communs : neutralité de l’Etat et laïcité, résolution des conflits par la discussion et la négociation, recherche de la justice, intérêt général, respect mutuel, respect de la loi vraiment démocratiquement élaborée. On en est loin.

L’affaire PSA

Posté : 25 juillet, 2012 @ 10:32 dans politique | Commentaires fermés

Le sieur Montebourg-Pif, ministre du redressement productif est bien encalminé avec l’affaire PSA, affaire byzantine que Mazarine Peugeot pourrait peut être désembrouiller en faisant appel aux mânes de Tonton qui a lancé le social-libéralisme en France dès 1983. Montebourg manque de Blair vu qu’il ne subodore pas que la vocation d’une boîte privée est de faire du profit. Ou bien alors il faut répudier le système capitaliste et non rester dans la 3ème voie dudit Blair. Le bonhomme a aussi sur les bras le problème des licenciements annoncés dans le secteur de la téléphonie mobile avec Free dont les offres ont sapé les bénéfices outrageants des autres opérateurs. Ceux-ci, munis d’une rente de monopole gentiment accordée par les pouvoirs sous forme d’attribution de licences, dormaient tranquillement à l’ombre de leur Cartel (Orange, SFR, Bouygues) et exploitaient les consommateurs avec des contrats léonins et des tarifs surdimensionnés. On a aussi Air France, victime des corporations syndicales qui avaient su imposer des horaires soft et des équipes hard. Et la liste n’est pas finie surtout quand on y ajoute les sous-traitants des activités en péril. Que faire ?
Il y a l’approche court-termiste, celle que choisira le gouvernement de Guimauve le Concurrent. Par exemple, on remettra quelques rustines comme le bonus-malus écologique pour les véhicules, un fonds d’investissement maigrichon (comme Oséo qui existe déjà), une transformation des cotisations sociales (branche famille de la sécu, la part patronale étant de 5,5 % des salaires, soit 33 milliards) en CSG (ce qui suppose une augmentation de ladite CSG de 3 points vu qu’un point rapporte 11 milliards) afin de retrouver de la compétitivité dans le coût du travail en France, une réorientation du fonds d’aide à la recherche (confisqué par les grosses boîtes qui y ont fait passer leurs « innovations » : produits financiers new look, nouveaux médocs [anciens modifiés par une poudre de perlimpinpin, etc.). On sucrera peut être les « éléphants blancs » comme le Gross Paris, les nouvelles lignes de TGV, le nouvel aéroport de Nantes, les centrales nucléaires EPR, etc. afin de faire des économies et de sauvegarder l’environnement (n’oublions pas qu’il y a des « Grünen » au gouvernement et dans la majorité pestilentielle). Gageons que le gaz de schiste remontera à la surface comme les forages pétroliers en Guyane. Faut bien faire des éconocroques et protéger la balance commerciale dans cet univers impitoyable à la Dallas. Le problème est de taille puisqu’il faut revenir sur 40 ans de sabotage de l’industrie française (13 % du PIB contre 25 il y a 20 ans) par les énarques et les corpsards (il leur faut de très grandes machines à la hauteur de leur talent et non des minables PME) et 30 ans d’enfoncement dans le libre-échange sous couvert de construction de l’UE. Parallèlement, l’Espagne s’enfonce dans la crise et doit payer maintenant un intérêt de 7,5 % pour ses emprunts à 10 ans, ce qui fait plonger les bourses hors celles de DSK le phanérogame.
Il y a la solution radicale et long-termiste de l’anarcho-structuralisme qui consiste à créer des contre-structures en opposition radicale avec la logique du capital et destinées à les concurrencer de telle sorte que les firmes et banques privées disparaissent peu à peu. On créera ainsi en tout 1er lieu une banque publique socialisée et fédérée à partir de la banque postale, du Trésor, de la Banque de France, de la CDC, de la Caisse d’épargne (donc en supprimant sa fusion sarkozyenne avec les banques populaires). Les banques mutuelles (crédit agricole, crédit mutuel) seront forcées de choisir : soit redevenir de vraies mutuelles et se fédérer avec la nouvelle banque publique, soit avoir le statut de banques privées capitalistes ordinaires. La banque sociale du peuple (BSP), outre les fonds dont elle dispose déjà (livrets A, livrets de caisse d’épargne, fonds de la CDC, etc.), sera dotée en capital par la transformation des contrats d’assurance-vie (dont les fonds vont actuellement essentiellement à l’étranger ou en emprunts souvent publics sur les marchés financiers) en titres obligataires publics et par un emprunt forcé auprès des riches. Munies de ce capital, la BSP rachètera les créances étrangères (les 2/3 détenus par l’extérieur des 1800 milliards de dette publique, soit 1200 milliards), ainsi on ne redoutera plus les agences de notation. La BSP émettra une monnaie interne réservée aux opérations en France (le Proudhon). Seules les transactions avec l’extérieur seront payées en euros. Si la balance des paiements devient négative, alors les importations sont arrêtées car ce sont les exportations qui alimentent les réserves de change. Il n’y aura donc plus de déséquilibres de la balance commerciale. La BSP prête à l’Etat et lui fait des avances. Elle collecte les dépôts en les rémunérant mais en éliminant tous les frais indus que les banques privées font actuellement payer à leurs clients. Elle place les emprunts publics (alors qu’autrefois le pouvoir les avait refilés aux seules banques privées). La BSP prête aux particuliers, aux petites entreprises au niveau de ses charges de gestion sans agios ou intérêts supérieurs à ses coûts. Elle crée des prêts bonifiés pour propulser la création de coopératives (de production et de consommation) et des mutuelles et, aussi de PME afin de concurrencer la grande distribution et les importations des multinationales (tout ce que le pays ne produit plus mais que les nouvelles maisons pourraient faire). Elle ne soutient que des investissements socialement et écologiquement responsables.
La fiscalité est entièrement réorganisée ; la TVA est modulée très fortement en fonction du degré de luxe et de nécessité des produits et services, du taux zéro, en passant par 5 (produits culturels, par exemple) et en allant jusqu’à 80 (BMW, par exemple ; CSG, impôts locaux et IRPP sont fusionnés et redeviennent fortement progressifs ; les revenus financiers (plus-values, dividendes, intérêts, assurances-vie, intéressement, etc.) sont traités comme les revenus du travail. Les dépenses de publicité et de communication des entreprises ne sont plus considérées comme des charges diminuant le résultat ; le but est de les faire diminuer drastiquement, notamment dans les médias : ce sont en fait des impôts privés sur le consommateur, des instruments de manipulation de la demande et des péages contre l’entrée de concurrents. Au nom du mérite, vertu libérale s’il en est, les successions et les donations au-delà de 30 000 euros sont taxées de façon progressive et sévère.
Les cotisations sociales des entreprises (soit environ 700 euros pour 1 000 versés au salarié) sont traitées comme la TVA : elles sont déductibles à l’exportation et sont appliquées à l’importation. Les pays étrangers n’auront qu’à en user de même. Ainsi, l’essentiel du problème de compétitivité du pays sera résolu sans que cela coûte au Trésor public. D’autres taxes ou assurances (anciennes ou à créer) pesant sur les entreprises seront traitées de la même manière : impôts locaux, taxe carbone, assurances sur les faillites, sur la dépollution des sites industriels après fermeture (5ongez que Glencore, proprio suisse de Metal Europ, fermé brutalement en laissant un environnement dévasté) n’a rien payé pour dépolluer ou que la dépollution des mines de Salsigne est à la charge du pays), sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, sur les risques industriels (voir AZF), etc. De même la CSG payée par les travailleurs exportateurs sera déduite des exportations. Et merde à l’Europe si elle moufte car les assurances et les cotisations sont encore du ressort du pays et non de l’UE. Il est clair aussi que les petits malins francaouis (Renault et autres) qui produisent à l’étranger low cost pour vendre en France en y important leurs produits extérieurs seront taxées itou.
Le logement est pris en charge par une structure socialisée et fédérée, orientée au niveau national et gérée de façon décentralisée par les régions et les communes. Les « aides à la pierre », genre loi Scellier ou déductions des emprunts sont supprimées. Les agences immobilières sont concurrencées par des agences communales faisant le travail de mise en relation des vendeurs et des acheteurs à un tarif forfaitaire de couverture des seuls frais de gestion. La BSP finance la construction de 150 000 logements sociaux par an en petits immeubles collectifs. Les terrains disponibles sont préemptés, les logements vacants sont expropriés ou réquisitionnés. Des maisons collectives du travailleur isolé ou de l’étudiant sont de même construits et gérés par les municipalités. Les taxes locales sont entièrement revues, fusionnées en une seule et payées en fonction du revenu des habitants. Les loyers deviennent du leasing : le loyer contient une part d’acquisition du logement par le locataire au bout de 30 ans (idée de Proudhon il y a 150 ans). Il en est de même pour les fermages ou autres locations de terres. La médecine, publique ou privée, est transformée en NHS (G-B, National Health Service) : toubibs payés à la capitation (au nombre de patients qui viennent chez eux), soins gratuits, médicaments achetés en gros uniquement par le NHS et distribués à une marge unique aux officines (comme pour les bureaux de tabac), soins en clinique payés à celles-ci par le NHS au niveau des frais du secteur public.
Il est mis en place un grand service national (évidemment toujours sous forme socialisée, multipartite, fédérative) de la recherche fondamentale et appliquée. Ce service coordonne, configure, oriente les organismes publics : CNRS, INRA, etc., les CHU (recherche biologique et pharmaceutique), les Universités (profs simultanément chercheurs et enseignants), les services de contrôle sanitaire en tout genre (des médicaments, des produits chimiques, des ondes électromagnétique, etc.), les laboratoires privés ayant passé des contrats de recherche avec lui. Les chercheurs, les doctorants sont enfin payés convenablement et munis d’un statut pérenne. Des allers et retours entre enseignement, activité de recherche appliquée, recherche fondamentale sont organisés dans des parcours diversifiés. Un conseil scientifique composé de personnes élues par leurs pairs et par leurs collaborateurs supervise le service, définit les axes de recherche, ventile les crédits.
Il est aussitôt créé une structure générale d’organisation de l’apprentissage et de l’alternance. Elle configure les relations entre l’apprenti ou le formé en alternance, l’éducation nationale, les confédérations syndicales plus les fédérations de branche, le patronat représenté non par le MEDEF mais par la CGPME, les chambres de métier et les chambres d’agriculture et de commerce. L’apprenti est payé sur la base de la valeur de sa production. Les contrats de travail organisent la formation entre ses parties de culture générale et de théorie (via les lycées ou collèges techniques ou généraux ou les facultés ou écoles spéciales) et ses moments de pratique dans une entreprise. L’entrée en apprentissage est décidée par une structure multipartite d’évaluation et d’orientation indépendante de l’éducation nationale et du corps professoral ; celle-ci dispose d’une instance d’appel. L’ENA et les grandes écoles, ces « séminaires de l’aristocratie » (Proudhon), sont supprimées. La formation professionnelle des adultes, notamment celle des chômeurs et de la promotion sociale, dépend de cette architecture d’apprentissage-alternance. A cette fin, l’AFPA et le CNAM lui sont rattachés. Le but est de redonner à la France une représentation positive des activités industrielles, agricoles, commerciales. Il est aussi d’organiser le système de façon que de multiples passerelles permettent une diversification des parcours, des formations, des activités professionnelles.
Un grand service fédéré des « biens publics » regroupe les entreprises (publiques ou non mais alors à socialiser) : énergie, transports, communications, eau ; la gestion des usagers est commune même si les activités techniques sont séparées tout en étant soumise la même logique de mission : maximiser l’intérêt général, préparer l’avenir, assurer les ressources d’approvisionnement et la continuité du service, développer les économies d’énergie et les techniques « vertes ». Les prestations sont servies au coût de revient (amortissements compris) plus une marge destinée aux investissements et à la recherche. Ce service obéit aux vieux principes du service public, ceux que l’UE a fichu en l’air. L’orientation du service dépend de l’assemblée nationale et d’un collège multipartite représentant tous les acteurs intéressés à son fonctionnement. La gestion est décentralisée et fonctionne régionalement sous forme de concessions de service public. Des concurrents susceptibles d’obtenir la concession peuvent donc exister mais je doute qu’ils puissent soutenir la concurrence d’un service national, fédéré, mutualisé et intégré (la grosse commission de Bruxelles a fait séparer les activités pour faire disparaître l’avantage de l’intégration et découper les choses en rondelles vendables au privé, y compris les réseaux qui sont pourtant des « monopoles naturels »).
Voilà seulement quelques pistes de contre-structures ayant pour fonction de taper dans la caisse du privé et d’éradiquer la logique du profit en faveur de celle de la solidarité et du socialisé. Non pas étatisé car les organes étatiques sont toujours des nids d’exploitation. Certes, ils ne facturent pas le profit en sus mais ils sont des lieux de pouvoir où les politicards placent leurs copains, extraient du fric, emploient trop pour se faire de la clientèle électorale, où les syndicats se professionnalisent exploitent des dirigeants qui n’en ont rien à fiche puisqu’ils ne payent pas les conséquences de leur décision. Un service socialisé est orienté et contrôlé en mains communes par des représentants de tous les acteurs intéressés à l’affaire réunis dans un conseil de surveillance multipartite. Il est géré à la base par ses opérateurs, il est décentralisé, il est mutualisé dans ses prestations. Il appartient à la fédération des communes, des régions et du pays, il est inaliénable. Il couvre simplement ses charges et ses investissements au « juste prix ». Ce n’est pas la révolution, ni le collectivisme. C’est une solution simple pour faire baisser les frais généraux du pays. C’est du socialisme libertaire.

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