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Archive pour la catégorie 'politique'

Compte rendu de l’essai : « Le capitalisme c’est le vol » par jacques Langlois, Editions libertaires

Posté : 25 décembre, 2011 @ 11:48 dans politique | Commentaires fermés

Ce livre a pour but d’aider le lecteur à comprendre le fonctionnement pratique du capitalisme, de la finance mondialisée et de la logique générale de gestion des entreprises dans le monde moderne. Il est écrit de façon lisible et avec humour. Il fait le point sur la situation et les processus concrets tout en dévoilant l’incertitude de leurs théories justificatrices. L’auteur explique comment la crise actuelle est arrivée et par quels processus. Cette crise est gravissime et bien plus dangereuse que les crises récurrentes qui animent le capitalisme depuis toujours et encore plus depuis la libéralisation totale de la finance et du commerce il y a 30 ans. Ce qui a conduit aux désordres, déséquilibres et spoliations actuels et aggravés des peuples.
Le livre s’attache à « déconstruire » les concepts de base de la théorie économique libérale. La rareté, l’utilité, l’offre, la demande, la « loi de l’offre et de la demande », le marché autorégulateur, les bienfaits « de la concurrence libre et non faussée » sont à la fois des idées très discutables contredites par les faits. Ainsi, la théorie de « l’équilibre général », pour laquelle les « marchés sont efficients » quand ils sont concurrentiels, est fausse car, précisément, les entreprises capitalistes recherchent toujours le monopole et le maximum de marge. La loi offre/demande suppose que si les prix augmentent la demande baissera. Or, dans la finance, c’est le contraire : plus le prix des actions monte, plus la demande croît et devient spéculative. Fausse aussi est la théorie de la spécialisation profitable pour tout le monde ; en réalité elle aboutit à des concentrations et ruine les industries des pays les moins compétitifs. De façon générale, le libéralisme est fondé sur le primat de l’égoïsme et sur l’individualisme atomistique de la société réduite à une collection de petits pois en concurrence sauvage. En outre, il remplace la décision par des mécanismes automatismes sans projet et le court-terme.
Ensuite le fonctionnement, en régime capitaliste, de la propriété (notion de base aussi très relative) des moyens et ressources, du travail toujours exploité vers le moins-disant en tout domaine, de la division du travail en vue de la compétitivité par tous moyens au profit des patrons, des taux déments de rentabilité recherchés par les capitalistes, de l’accumulation sans fin et nuisible du capital surtout financier, des illusions quantitatives et nocives de la croissance, de l’épargne consacrée à la spéculation plutôt qu’à l’investissement (moins rentable), de la monnaie et du crédit monopolisés par les banques, etc. est pervers et induit des déséquilibres et des prédations structurels.
Ces derniers sont créés en permanence par le capitalisme productif et financier : le noyautage de la concurrence par les plus puissants (concentration, monopolisation), la désindustrialisation du Nord au profit des délocalisations dans les pays les moins-disant en toutes matières, l’impossibilité de s’industrialiser pour la plupart des pays du Sud, les crises de sous-consommation à cause de la faiblesse du pouvoir d’achat des travailleurs, les méfaits du crédit à outrance pour compenser cette faiblesse, les krachs financiers dus à la spéculation et supprimant brutalement la liquidité du crédit et des actifs, les excédents commerciaux des pays compétitifs qui sont les déficits des autres, compensés par des emprunts en sens inverse, le chômage et le sous-emploi permanents, la croissance de la pauvreté, de la précarité et des inégalités, les limitations de la protection sociale et du droit du travail, la baisse de la part du salariat dans la valeur ajoutées, la destruction de la planète.
Ce travail de destruction de la société civile et de la nature est justifié par des outils idéologiques : la prétendue rationalité utilitaire et calculatrice du capitalisme, le caractère partiel et partial des moyens d’information et de gestion (comptabilité, statistiques, etc.), l’ approche purement quantitative des buts ou activités des entreprises, de l’économie privée et même publique ; les appareils de communication, de publicité, de propagande en faveur des écritures libérales (dont les « think tanks », les journaux et les facultés d’économie). L’auteur énonce les non-dits et les déformations de l’idéologie justificatrice du capital : le droit réduit au contrat, la justice transformée en récompense du mérite individuel et de la responsabilité et revenant à la charité, les biens et services publics privatisés pour étendre la sphère du profit contre l’intérêt général, les impôts reportés sur les pauvres et les classes moyennes, les retraites laminées sous des raisonnements fallacieux, l’ignorance des besoins d’industrie locale et de justes taxes pour financer les « frais généraux » de la nation (services publics, protection sociale). Enfin le livre examine la partialité et le « réductionnisme » des agrégats macro-économiques au nom desquels l’économie est pilotée par la technocratie : PIB purement monétaire et quantitatif, balance commerciale sacralisée, taux d’inflation ou de change manipulé, truquage des statistiques du pouvoir d’achat, dette soi-disant astronomique). La conclusion synthétise la logique du capitalisme, qu’il soit financier ou non : accumulation forcenée d’argent au profit de quelques uns.

Tsarkozescu a sauvé l’euro

Posté : 16 décembre, 2011 @ 12:25 dans politique | Commentaires fermés

Lors du sommet européen, last week, Tsarko et Merkel ont fait avaliser un projet de « traité intergouvernemental » censé résoudre les problèmes de la zone euro et de l’UE. 26 pays sur 27 se proposent de faire ratifier cet accord chez eux; les Gibbies ont refusé parce qu’ils refusent que l’UE prenne des dispositions anti spéculation financière alors que 15 % du PIB de leur pays en provient via les nombreux paradis fiscaux toujours actifs qu’il abrite. C’est encore réussi puisque très rapidement après ce 3ème plan de sauvetage l’euro plonge, les titres bancaires baissent lourdement et les bourses continuent leur volatilité orientée à la baisse. Par ailleurs cet accord n’a aucune chance d’être ratifié, à commencer en France où il faut une majorité des 3/5èmes pour modifier la constitution ; or avec la récente majorité PS au sénat Tsarko ne les aura pas. Et même si le traité était avalisé (avant juillet !), cela serait bien trop tard pour les marchés financiers. Pour des intérêts électoralistes, Matamore II torpille la construction européenne. En effet, avec Merkel il s’appuie sur le conseil des chefs de gouvernements, aréopage de division, de nationalisme et de compromis à géométrie variable, au détriment de la Commission et du parlement européens qui, eux, représentent la communauté en tant qu’espace relativement fédéral. Mais le but du traité intergouvernemental n’est guère là : il s’agit de permettre à Tsarkowicth de se présenter comme un sauveur et un protecteur aux yeux des Français. Et de gêner Flanby qui refuse la règle d’or et veut renégocier un traité qui pourtant n’existera pas en mai 2012 ; il suffirait déjà de ne pas le faire ratifier.
L’objectif premier dudit accord est de graver l’ex-pacte de stabilité financière, jusqu’à présent pourtant non respecté, dans le marbre de façon que les budgets déficitaires des membres du club deviennent un cas rare (il y aura des tolérances en cas de difficultés spéciales). La règle d’or de l’équilibre budgétaire sera inscrite dans les constitutions comme cela est déjà fait chez les Teutons et les Ibères. Au passage cela permet d’accuser les socialistes qui la refusent (avant les élections de 2012) d’être des irresponsables et de refuser « l’union sacrée » à la sauce Tsarko. Les budgets européens seraient soumis ex ante à l’aréopage des chefs de gouvernement (et non à la technocratique grosse commission de Barroso), ce qui est pour Zébulon 1er une avancée démocratique comme si les chefs de gouvernement étaient légitimes… pour évacuer les déficits il est clair que les pays se lanceraient dans des politiques d’austérité avec les bons résultats qu’on apprécie en Grèce, au Portugal, en Irlande et en Espagne (l’austérité entraîne la récession et finit donc par augmenter les déficits faute de rentrées fiscales). Il s’agit donc bien plus d’un pacte de rigueur supporté par les peuples que d’un pseudo pacte de stabilité. Pacte déjà insane car, avec son existence depuis Maastricht et suivant, des pays aujourd’hui en crise gravissime comme l’Irlande ou l’Espagne étaient dans les clous (déficit inférieur à 3% du PIB, dette inférieure à 60). En effet, comme maintenant avec la règle d’or on ne s’occupait pas de la dette privée, ni de l’inflation immobilière ou boursière (la BCE ne visait que l’inflation salariale soupçonnée d’être la seule cause de la hausse des prix).
Un Mécanisme Européen de stabilité (MES) sera créé dès juillet 2012 (au lieu de 2013) pour garantir les émissions d’emprunt des pays en difficulté sur les marchés (taux d’intérêt très élevé comme les 7 % actuels de l’Italie). Ce fonds est doté de la somme « énorme » de 80 milliards, à comparer à la dette italienne de près de 2 000 et aux quelques 300 qu’elle doit lever chaque année pour payer le service de la dette et remplacer les emprunts échus (France : 180 pour 1 700 de dette cumulée aujourd’hui). Rappelons que le plan précédent prévoyait 1 000 milliards alors que le FESF (Fonds européen de stabilité financière, remplacé par le MES) n’avait plus que 250 milliards en caisse. Mais c’est la même combine : garantir des emprunts bien plus volumineux grâce à une sorte de CDS dont on connait bien les vertus et jouer de l’effet de levier (emprunter par exemple 1 000 avec 100 d’apport personnel). On est ravi d’apprendre que les banques ne seront plus victimes d’une dépréciation des obligations publiques qu’elles détiennent. Par ailleurs elles pourront se financer à court terme auprès de la BCE au tarif d’ami de 1 % tout en pouvant acheter des titres publics rapportant plus de 4. Banques qui du reste liquident leurs vieilles obligations étatiques ( sur le marché d’occasion ou marché secondaire, avec pertes mais pour éviter des pertes encore plus grandes) pour en acheter de nouvelles (à l’émission ou marché primaire) au taux d’intérêt bien plus élevé et davantage garanties par les Etats. La zone euro va aussi apporter 250 milliards (comment et d’où vient le fric ? mystère et boule de gomme) au FMI pour que celui-ci puisse prêter aux Etats en difficulté. Belle manip. Qui permet de contourner l’interdiction (officielle) faite à la BCE d’acheter de la dette d’Etat.
Le projet parle essentiellement de coordination des politiques budgétaires et fiscales (convergence des fiscalités). Rien sur les politiques commerciales, industrielles, sociales… Or la crise provient de l’hétérogénéité en ces matières avec une monnaie unique pour des pays très différents et jouant en solo pour maximiser leurs avantages compétitifs au détriment de leurs voisins. Une monnaie unique suppose un budget fédéral très conséquent à l’instar de celui des USA (25 % du PIB, à comparer au minable 1% de l’UE) et des transferts budgétaires importants entre pays différents pour soutenir les plus faibles en taxant les autres. La crise émane des déséquilibres des balances commerciales, certaines étant excédentaires, d’autres, en compensation des 1ères, déficitaires ce qui provoque un flux équivalent et de sens contraire de capitaux. D’où les dettes de certains asphyxiés par la politique non coopérative d’autres comme la Germanie. Une monnaie unique suppose aussi des moyens d’intervention de la banque centrale comme prêteur en dernier ressort (aux Etats et aux banques), notamment par achat des obligations publiques ou à tout le moins par création d’un marché commun des obligations (euro-bonds). On n’a rien de cela et le fabuleux accord n’envisage rien pour ne pas froisser les oreilles tudesques. C’est ce qui explique que les marchés financiers ne croient pas du tout aux vertus du diktat de Merkozy. On est bon pour le passage de la note de la dette française à AA au lieu du triple A sans doute avant Noël.
On se demande quelle est la légitimité de Rodotarinraskoltignac pour engager le pays à 5 mois de l’élection présidentielle et 6 des législatives de 2012, alors qu’il plafonne à 25 % des voix dans les sondages du 1er tour et que sa cote de popularité traîne dans les bas-fonds du classement. Elle est nulle et de toute façon, tant que le traité intergouvernemental n’est pas signé, ses futurs remplaçants aux manettes de l’Etat n’ont pas à honorer des promesses putatives et contraires aux vœux probables des Français qui, rappelons-le, avaient rejeté le TCE en mars 2005. Accuser M. Fraise des bois de vouloir renégocier un engagement de la France est une attaque stupide puisque c’est un engagement, non de la France, mais d’un politicard en fin de mandat, assis sur un trône éjectable et qui, surtout, n’a consulté personne, même pas son parti, encore moins le parlement pour ce faire. Dans ce cadre, on se félicite de la condamnation de Chiracos qui a pillé Paris pendant 18 ans pour ses propres intérêts et ceux du RPR. Et on lit cet arrêt du TGI de Paris, 11ème chambre correctionnelle, comme un avertissement des « petits pois » (mot dont Tsarko avait affublé les magistrats) au futur ex-président. Ce dernier est actuellement concerné par une foultitude d’affaires, gageons que son départ libérera la magistrature et qu’alors il y sera impliqué. Quelle est la différence entre concerné et impliqué ? C’est comme dans les œufs au bacon : la poule est concernée et le cochon impliqué.

Imiter les Boches, c’est moche

Posté : 8 décembre, 2011 @ 12:00 dans politique | Commentaires fermés

Le président Tsarkozescu veut « converger » avec l’Allemagne, notamment en se pliant à de sévères critères de respect de la stabilité financière du pays, critères existant déjà (pas plus de 3 % du PIB en déficit annuel, pas plus de 60 % de dette publique, ce qui, du reste, oublie la dette privée qui a coulé l’Espagne et l’Irlande) et qu’il n’a pas du tout respectés tant quand il était ministre de Ballamou et de Chiracos que depuis qu’il est président (plus 500 milliards de dette depuis 2007). Mais la bonne question est qu’est-ce que le modèle allemand ? Ce n’est pas jojo. Disons tout de suite que mon vocabulaire vise les dirigeants allemands qui mènent une politique non coopérative contre les autres peuples d’Europe et une politique d’austérité contre leur propre peuple.
C’est déjà une culture issue du protestantisme luthérien (avec respect sans révolte contre les privilèges des riches et des puissants) : chacun doit se faire sa propre formation (Bildung en germain) sans faire de politique et en obéissant aveuglément aux autorités sans barguigner. Evidemment une telle soumission a été installée par les dirigeants doryphores avec le concours des curetons d’ailleurs payés à cette fin par le pouvoir aux frais des contribuables (bel exemple de laïcité). On a vu ce que cela a donné en 39/45 où presque seuls les catholiques bavarois ont eu une résistance anti-hitlérienne sérieuse. En plus, il d’agit de nationalité acquise par le droit du sang jusqu’à une réforme récente loin de modifier les attitudes du politicard Chleu. On est allemand par nature et non par un référendum rationnel de tous les instants. Il en découle le primat de la communauté teutonne sur tous ses adjuvants, les autres n’étant pas des hommes car n’étant pas allemands. D’où les exactions des autorités fridolines en 1870, 14/18 (usage de l’ypérite et bombardement de la cathédrale de Reims), massacre de civils en 39/45. Il faut rappeler que les dirigeants boches ont exigé 5 millions de francs-or en 1871 (somme astronomique) malgré les destructions par leurs armées en France, qu’ils ont été loin de payer les réparations de la guerre de 14/18 (quelque peu exagérées, il faut le dire), qu’ils demandaient 400 millions de francs par jour en 39/45 à la France, sommes jamais remboursées. Sans même parler de la compensation des destructions en tout genre, notamment en Grèce. C’est facile de faire de la croissance avec le pognon des autres… Qui plus est, les Yankees en 1953 ont remis la quasi-totalité de la dette tudesque issue du plan Marshall, ce qui est à l’origine réelle du décollage de l’économie allemande. Ce qu’on ne comprend pas c’est pourquoi Mitterrand a donné son feu vert à la réunification des casques-à-pointe sans exiger 100 milliards d’euros pour solde de tout compte. La France, certes, devait créer une union, mais pas avec les politiciens verts-de gris, avec ceux des pays du SUD (Italie, Espagne, Maghreb, Portugal, Grèce). Cela, c’est le passé fortement orienté par les Americains qui tenaient à un glacis allemand contre l’URSS.
Pour le récent et l’actuel, c’est quoi le modèle allemand ? C’est de l’hyper libéralisme imposé par la prétendue démocratie représentative sous forme « d’ordo-libéralisme », à savoir la détention légale du pouvoir pour faire voter les bonnes lois convenant au libéralisme économique. C’est ainsi que les gouvernants peuvent imposer légalement un ordre conçu pour le capital sous les saintes écritures de « l’économie sociale de marché ». Les libéraux glorifient la cogestion et la négociation à l’allemande avec les syndicats ; cela signifie simplement que les syndicats allemands, qu’on peut dire d’accompagnement, sont des associés aux intérêts du capital allemand et cela au nom de la social-démocratie. D’ailleurs les réformes Schröder, il y a 10 ans, sont passées comme une lettre à la poste. Or ces réformes ont laminé l’Etat social : réforme des retraites, baisse des allocations chômage, contention des salaires, etc. Il en est résulté une baisse du pouvoir d’achat et donc de la demande intérieure, la croissance étant assurée par les exportations chez les voisins grâce à cette politique de « désinflation compétitive ». Cette politique a été continuée et aggravée sous Angela Merkel notamment avec une TVA sociale de 3 points (ce qui revient à transférer une partie des charges de la protection sociale sur les consommateurs et équivaut à une dévaluation de 3 %). C’est comme cela que la politique prussienne s’est refait une santé et une compétitivité et a connu des excédents massifs de sa balance commerciale (153 milliards en 2010 ; 40 % de leurs exportations sont faites dans la zone euro) et cela en solo et de façon non coopérative. Il faut dire aussi que la direction des Fritz n’a pas créé de SMIC (9,18 euros de l’heure en France) et que les salaires à 5 euros de l’heure sont légion. Il ne faut pas se leurrer sur le taux de chômage par rapport à la population active à 6,4 % car les dirigeants teutons oublient que le considérable temps partiel n’y est pas compté. Qui plus est la Germanie a adopté la pratique Bolkenstein du « pays d’origine » par laquelle les travailleurs étrangers sur le sol tudesque sont maintenus dans les lois sociales et les salaires du pays d’où ils viennent. Du coup l’agriculture teutonne se porte comme un charme avec force de salariés agricoles étrangers surexploités. L’Allemagne a délocalisé la production des composants industriels à des sous-traitants sis dans l’ex-Est soviétique et fait ensuite de l’assemblage, faussement étiqueté « made in Germany » chez elle. Elle a ainsi baissé encore plus les coûts de production (technologie allemande super productive et faible coût de la force de travail). Par ailleurs, l’euro fort l’avantage car il permet de payer moins cher les productions faites dans les monnaies faibles des PECOS (ex-pays de l’Est). On comprend pourquoi les dirigeants teutons ont tellement poussé à l’élargissement sans fin de l’UE ; su reste la relation France/Allemagne est magnifiquement symbolisée par Mitterrand et Kohl se tenant pas la main à Douaumont ; c’est de l’entente cordiale, un cheval, une alouette.
Le premier problème est que ce modèle d’austérité compétitive reporte tous les efforts sur le peuple allemand et surtout les populations les moins favorisées. Il n’est donc pas envisageable de le copier. Et surtout ce modèle implique que toute l’Europe devienne exportatrice, ce qui à l’évidence est impossible, soit à l’extérieur de l’UE, car les PVD lui font une concurrence largement déloyale, soit à l’intérieur où tout le monde ne peut être exportateur. Enfin ce modèle implique une concurrence sauvage entre tous les pays pour être plus compétitifs, ce qui fait entrer dans la spirale descendante du moins-disant et de la rigueur. Enfin, cette approche est hyper libérale au moment même où ce libéralisme sans entraves a fait faillite avec le crise. Continuer ainsi, c’est faire comme le bon docteur Purgon : encore une saignée d’austérité et le malade mourra guéri.
Cependant, pour être juste, on préfère le système fédéral et vraiment parlementaire allemand, imposé par les Américains, au régime bonapartiste et faussement (il y faudrait de véritables contre-pouvoirs comme aux USA) présidentiel français. Quoique que le modèle sociopolitique soit loin de mes vœux d’une organisation à la fois politique, juridique et économique en tant que fédéralisme mutuelliste et associatif. Mais c’est un autre problème.

la marchandisation de l’école

Posté : 30 novembre, 2011 @ 11:19 dans politique | Commentaires fermés

La marchandisation de l’école
On sait les dégâts des politiques libérales dans les services publics, dont les structures de formation, de la maternelle à l’Université. On a, en vrac, la suppression de dizaines de milliers de postes, des RASED, de la formation pédagogique des maîtres en UIFM, la fin programmée de l’accès des enfants de 3 ans aux classes maternelles (remplacées par des sortes de « jardins d’enfants » comme ceux de Peppone dans les Don Camilo), la réforme du secondaire (pour soi-disant permettre aux élèves de choisir leur orientation et leurs options en fonction de leur « livret de compétences » et de leur évaluation), les séances de rattrapage dites de soutien personnalisé pour les élèves en difficulté, les prétendues évaluations des compétences (pour repérer les enfants à problème) sous forme de quizz et de petits exo (axés sur « les compétences de base » ; lire, écrire, compter, ce qui faisait déjà rêver Jules Ferry), l’ouverture des écoles et universités sur le monde des entreprises avec stages « de découverte » ou de 1ère expérience, les formations en alternance ou d’apprentissage, la loi LRU qui donne aux présidents d’université les pleins pouvoirs (sélection, recrutement, promotion, gestion, recherche de financements ou de fondations privés, choix des thèmes de recherche, etc.), la promotion des proviseurs et chefs d’établissement au rang de petits chefs napoléoniens, le développement de l’évaluation (de sanction et de tri, non pas formative et informative), le primat de « l’orientation », c’est-à-dire de la sélection des élèves vers des filières adaptées aux besoins utilitaires des entreprises, l’implication de ces dernières en tant que « fondations » pour compléter les budgets, le développement des heures.sup en lieu et place de recrutements, lesquels peuvent être faits via l’ANPE avec des gens recalés aux examens ou des prestataires extérieurs (truffés de retraités), la disparition programmée des « humanité » pour cause d’inutilité professionnelle, développement des boîtes privées de soutien scolaire ou de préparation aux concours ou examens, encouragé par des réductions d’impôt (soi-disant aides à la personne), subventions accrues pour les écoles privées, etc. , etc.
Toutes ces évolutions, sous prétexte de modernisation et de « benchmarking » (comparaison) avec l’étranger (voir enquête PISA ou classement de Shangaï), prises en ordre dispersé, n’ont l’air de rien. Pourtant elles relèvent de la même inspiration néolibérale et de la même stratégie des petites étapes (non réversibles ou « stratégie incrémentale ») par tranches de salami étalées dans le temps et séparées les unes des autres pour cacher le dessein réel des gouvernements. Il convient de décrypter, de « déconstruire » l’idéologie sous-jacente et les buts cachés (et en faveur de quels acteurs) de cette réformite aiguë et de deviner où celle-là va conduire le système de formation français.
En ce qui concerne l’idéologie il y a inspiration avant tout par la théorie économique dite standard. Celle-là suppose que les « marchés sont efficients » en régime de « concurrence pure et parfaite » (infinité d’offreurs et de demandeurs en ordre dispersé), « d’ophélimité » (transparence) de l’information, d’absence de coûts pour les reconversions d’industrie et de personnels. Le krach boursier de 2008 et les oligopoles de multinationales révèlent ce qu’il en est. Réellement : un modèle purement théorique qui, pourtant, est appliqué avec ferveur par les gouvernants et les experts du FMI, de l’OMC, de l’OCDE, de l’UE. Sur cette déjà fausse théorie s’appuie celle de l’offre : ce sont les entrepreneurs qui créent la demande et toutes les utilités ; par exemple, ils offrent les emplois. Quel retournement de sens ! Car les employeurs, en réalité, demandent des travailleurs capables d’occuper lesdits emplois sans moufter et, si possible, pour des queues de cerise sans protection sociale, sans droits syndicaux. Hélas, c’est facile à trouver, en Chine notamment. Ce sont les travailleurs qui offrent leur travail que les employeurs demandent pour faire de la production de marchandises de l’argent. Pour couronner l’idéologie économiciste libérale, s’ajoute le « monétarisme » qui reprend en fait la vieille théorie quantitative de la monnaie : celle-ci n’est qu’un voile, un simple étalon de mesure qui varie en fonction des émissions de monnaie, sources d’inflation et surtout de comportements de précaution et d’anticipation pour contrer la baisse de valeur des actifs et des rentes que ladite inflation amène. Or la monnaie (dont celle de crédit) n’est pas qu’un étalon de mesure des valeurs ; c’est aussi un moyen de paiement et une réserve de valeur et de puissance pour ceux qui en détiennent ; c’est pourquoi ils tout fait pour que l’inflation soit éradiquée, ce qui est le seul rôle de la BCE à partir du moment où elle est indépendante du pouvoir politique. L’idéologie a inspiré les gouvernants et les a poussés à la mettre en place via l’ordo-libéralisme teuton, à savoir que la détention du pouvoir législatif, détenu à la suite « d’élections démocratique » permet de faire voter les bonnes lois favorables au capital et à la finance.
Parallèlement, il y a eu l’action des multinationales et des banques ou des financiers pour étendre leurs marchés et développer leurs profits en produisant dans les pays low cost. Cela, ce n’est pas de l’idéologie, laquelle ne sert qu’à justifier les choses ; c’est du simple calcul gestionnaire et la simple application de la logique de maximisation des profits. Les multinationales (et les patronats) ont poussé à la mondialisation et à la transformation des boîtes (flexibilité, productivisme intensif, précarité du salariat, soi-disant gestion autonome des travailleurs, concentration sur le cœur de métier et externalisation ou délocalisation du reste, critères et objectifs de gestion avec statistiques, tableaux de bord, comptabilité, rémunérations au mérite et « responsabilisation du personnel sur les objectifs, demande de dévouement corps et âme du travailleur à l’entreprise, etc.) pour des raisons pratiques (techniques, commerciales et financières). Les dirigeants politiques ont accepté leur pression pour des raisons idéologiques, la théorie économique justifiant les choses : a priori pour les politicards imprégnés (comme les oies cendrées de Lorenz) à l’ENA, à HEC ou à Sciences-po ; après coup, pour justifier leur demande de libre circulation de tout, pour les patrons qui plus intéressés aux résultats de la « valeur pour l’actionnaire » via les stock-options. Résultat : la logique de la rentabilité à outrance, du toujours plus de fric, de la gestion über alles, de la toute- puissance du marché s’est imposé partout ; en 1er lieu dans le privé, ensuite dans le public à grands coups de New Public Management, de LOLF (loi organique des lois de finance), de RGPP (révision générale des politiques publiques). Le public, via les politicards, a donc adopté les critères de gestion du privé. Et cela dans tous les domaines des services publics, ce qui naturellement impacte l’éducation.
Tous les poncifs de « l’école capitaliste » (beau livre récent de Christian Laval) sont en place : les établissements sont dirigés par des petits chefs dotés des pleins pouvoirs (cela, c’est une accentuation portée par le sarkome de Sarkozy qui ne conçoit le pouvoir que sous sa forme napoléonienne) ; les profs sont gérés à la sauce RH (la responsable des RH du ministère était de la DRH de la RATP ; M. Chatel, ministre, ex-DRH chez l’Oréal : évaluations, bilans de compétences, rémunérations au mérite, usage des heures.sup, volant de main d’œuvre en CDD ou intérim, etc.) ; les élèves sont fichés et fliqués (fichier « base-élèves ») dès le plus jeune âge (afin de repérer les déviants sous prétexte de repérage des difficultés des élèves à problème) ) et sont dotés d’un livret de compétences (à l’instar de l’ex-livret ouvrier au 19ème siècle), lequel va être informatisé et communicable à des autorités extérieures (mairies, police, justice) sans aval des parents ; les écoles et les profs sont mis en concurrence via la future suppression, déjà bien entamée, de la carte scolaire et via les privilèges accordés à l’enseignement privé ; des « comparaisons » entre résultats des établissements permettent aux « clients » des services éducatifs de sélectionner les établissements, d’évaluer les profs qui y exercent (mauvais lycée égale mauvais profs), etc. Les connaissances sont complétées, voire éliminées à terme, par des « compétences », exactement comme dans les entreprises où elles ont remplacé les qualifications fondées sur des savoirs et des savoir-faire et corrélées avec des positions professionnelles (fixant les niveaux de salaire et de hiérarchie dans les conventions collectives). Lesdites compétences sont limitées aux savoirs fondamentaux de base (lire, écrire, compter à la sortie du primaire) et intègrent des savoir-être (traits de personnalité, attitudes vis-à-vis de l’entreprise ou de l’école ou de l’autorité, dévouement, fidélité à l’entreprise, souplesse d’échine, état d’esprit « positif » et non critique, capacité relationnelle et à « travailler en équipe », etc. ; panoplie complète de la RH en boîte). Les élèves sont responsables de la « construction d’eux-mêmes » en dehors de toute prise en considération de leur contexte social (comme dans les boîtes où les performances individuelles et les objectifs ignorent les collectifs de travail, les institutions, l’environnement économique et culturel). Ils s’auto-orientent dans les classes de transition et de choix (dès la 3ème ; il est question de supprimer le collège unique au profit d’une « personnalisation des parcours », avec mise en apprentissage dès 14 ans) avec l’aide des centres d’orientation et des profs transformés en psychologues de comptoir. Certes, dans l’école capitaliste les élèves des bonnes familles disposent, eux, de parents au courant des arcanes de l’éducation, de cours particuliers, de conseils avisés par le réseau familial. L’école aggrave donc les inégalités culturelles si bien montrées par Bourdieu et Passeron, years ago (les contenus et examens étaient calibrés sur les classes aisées).
A l’université, sous la poussée européenne bien volontiers acceptée (notamment par Jospin lors du « processus de Bologne » : avoir dans 10 ans la meilleure économie de la connaissance dans le monde ; suivi par le traité de Lisbonne) on a mis en place l’uniformisation des diplômes européens (le « LMD », licence, master, doctorat) pour pouvoir comparer les universités en mesurant et comparant les parcours professionnels les et les salaires des étudiants issus de telle ou telle université. Les frais de scolarité augmentent (parfois illégalement) ; on s’oriente vers les processus anglo-saxons où ils sont énormes comme, du reste, dans les écoles de commerce francaouis. C’est tout cela de gagné pour l’Etat et cela permet aux institutions les plus chères de recruter des profs prestigieux (ce qui justifie qu’elles soient coûteuses et vice versa). La chose est justifiée par la théorie économique du « capital humain » (Gary Becker). La formation personnelle est considérée comme un investissement privé dont la rentabilité dépend des rémunérations futures espérées et capitalisées lors de la carrière professionnelle ; les rétributions dépendent évidemment de la qualité de la formation suivie et par construction plus une école est célèbre (ce qui est estimé à partir des succès des anciens élèves : nombre de prix Nobel, de 1ers ministres, de PDG, etc.) plus l’investissement doit être élevé. On reconnaît là un raisonnement typiquement circulaire, spécialité de la pensée libérale. Evidemment cette logique économique pour un bien public amène une compétition féroce entre établissements, ce qui ne va pas tarder à descendre jusque vers les écoles primaires.
La formation est donc bel et bien intégrée à un processus général de marchandisation des services publics ; ce n’est pas étonnant quand on sait que les politicards, du reste idéologiquement acquis à cette logique, cèdent tout aux lobbies financiers et industriels. Lesquels cherchent des lieux où investir et où faire suer le burnous au maximum alors que la sphère privée de la production s’épuise par suite de surcapacités de production et de concurrence mondiale entre pays moins-disant. On est déjà dans une école à deux vitesses : cycle court et professionnel pour les enfants des classes sociales inférieures, cycle long et prometteur pour les autres ; cependant même le cycle long voit ses contenus orientés vers l’utilité professionnelle, la spécialisation, l’opératoire au détriment du général et des humanités. Faut-il rappeler que même chez Jules ferry l’éducation devait donner à chacun les moyens de conduire sa vie et d’être un citoyen apte à faire des choix sur la base de connaissances générales ? Par ailleurs, comme dans le privé, les profs sont pris dans un étau entre le travail prescrit par le ministère (à la place de l’autonomie dans leurs méthodes), les objectifs préfixés et imposés (circulaires et protals petits chefs) en termes de performances exigées, l’évaluation de leur mérite (lié auxdites performances exigées). Qui a dit que le libéralisme était fondé sur la liberté ?

Comment démondialiser ?

Posté : 23 novembre, 2011 @ 12:35 dans politique | Commentaires fermés

C’est la dernière tarte à la crème, partagée par Montebourg, Mélenchon, Le Pen et certains « économistes atterrés » (pas tous ; on peut sortir de cette catégorie des personnes comme Jacques Sapir, Frédéric Lordon). En réalité, il faudrait décapitaliser, « délibéraliser », d’abord les esprits, et ensuite l’économie, laquelle est à replacer dans la société et non à part. Il faudrait aboutir à une société fédérée, où l’économique n’est pas séparée du politique, du sociologique et du juridique, une fédération socio-politico-économique à base de mutuelles, de coopératives elles-mêmes associées et fédérées. La banque, l’assurance, les services publics, les grandes entreprises seraient socialisées (orientées en main commune par une représentation des acteurs concernés : les usagers, les collectivités locales et régionales, les syndicats, les associations) à partir de leur décentralisation et de leur gestion de base par les travailleurs. Et il se trouve que des linéaments consistants de cette logique existent déjà et il faut se coopératives, mutuelles, associations, AMAP, SELS, secteur social, banques publiques (La poste, CDC, banque de France), etc.  existent déjà ; il faudrait les coordonner, les organiser, les socialiser, les financer. C’est ce que devrait faire un pouvoir politique démocratique et orienté par la justice et le bien commun. Hélas, cette démarche demande un projet à assez long terme et surtout mené avec continuité et ténacité. Evidemment, on n’en a rien vu dans le programme socialiste en peau de lapin de « little Gouda ». 

Mais la crise est là et s’aggrave à la vitesse V ; il faut donc des mesures de court terme pourvu qu’elles dessinent un horizon de changement radical contre ce libéralo-capitalisme pourri. Des solutions qui tapent dans la caisse et qui asservissent la finance aux besoins sociaux. 

  • Créer un euro-franc à usage interne, géré par une banque de France socialisée, laquelle ferait à nouveau des avances à l’Etat comme c’était le cas avant 1973. Cette banque émettrait aussi des emprunts d’Etat sans passer par les banques privées (celles-ci ont obtenu, years ago,  le monopole desdits emprunts), donc directement auprès de l’épargne française qui est considérable. Depuis 1973 les gouvernants français, de droite ou de gauche, se sont acharnés à confier les emprunts étatiques aux banques privées et aux marchés financiers internationaux sous prétexte que les taux d’intérêt étaient plus faibles. Le résultat en est la dette publique à 1 700 milliards, dont 66% détenu par l’étranger. La banque de France se voit interdire des prêts aux banques privées (aujourd’hui elles peuvent emprunter à la BCE, via ses filiales nationales, à 1 % à 3 mois pour monter des spéculations à plus de 6 %). L’euro-franc pourrait être dévalué ou, ce qui revient au même, faire l’objet d’émissions monétaires comme le pratique la FED ou la Banque d’Angleterre. Cela, évidemment, contrevient aux règles européennes ou de la zone euro ; punir la France, cependant, est peu probable car alors l’Europe se priverait du marché français. Il suffit d’un peu de courage et d’abandonner l’idéologie libérale. Le mieux serait évidemment que la BCE achète les obligations publiques ou émettent des euro-bonds pour toute la zone euro. Mais comme les Teutons n’en veulent pas, ni les Gibbies… 

  • Regrouper la CDC, la Banque postale, le Crédit coopératif, les caisses d’épargne (séparées de la BCPE, la banque créée par Tsarkowitch et confiée à un copain), le Crédit agricole, le Crédit mutuel pour créer un grand pôle bancaire socialisé et mutualisé chargé de recueillir les dépôts et de financer le tiers secteur social, les PME et les PMI. Cette banque émettrait des « bons de circulation », sorte de lettres de change, gagés sur la production, les stocks de produits finis ou en cours ; ce serait une monnaie de crédit et de paiement offerte à l’ensemble des coopérateurs qui viendraient dans son réseau d’échanges (c’était l’idée socialiste de « banque du peuple », reprise par Proudhon). Ainsi le volume et la vitesse de circulation du « numéraire » (avec cette monnaie « parallèle ») seraient adaptés aux besoins de la production et de la consommation en liant les producteurs aux consommateurs dans un réseau coopératif et mutuelliste. 

  • Il est créé une banque spécialisée dans le financement de la recherche et de l’innovation et dans l’investissement à risques avec de nouvelles activités. Cette banque réunit les fonds alloués à la recherche par l’Etat et est alimentée par une taxe sur les investissements des boîtes françaises à l’étranger et par la part de l’impôt sur les sociétés attachée aux dividendes distribués aux actionnaires et non réinvestis (avec augmentation de l’impôt des sociétés sur lesdits bénéfices non réinvestis). Elle finance uniquement des recherches fondamentales, publiques ou privées, ou stratégiques pour des industries nouvelles ou redéployées pour le pays. 

  • Les EPIC (EDF, GDF, SNCF, France-télécom, RATP, la Poste) sont socialisés et soustraits aux directives européennes sur les services publics. Leurs fonctions sont à nouveau intégrées (par exemple production, transport, distribution pour l’électricité ou le gaz, circulation et réseau pour la SNCF). Le service des eaux, du traitement des déchets, de l’assainissement est décentralisé, fédéré et géré en régie par les municipalités (fin des concessions de service public à VEOLIA et consorts). Il est créé un service public décentralisé de l’achat et de la vente de logements, concentrant l’offre et la demande et taxant les transactions à un prix forfaitaire de gestion (et non en pourcentage comme le font les agences immobilières privées, enfin mises en concurrence avec un mode public de gestion). Il en est de même pour les pompes funèbres et les transports municipaux. Car les services publics sont à enlever à l’accumulation privative du capital et à la logique du profit ; ils sont en effet des pompes à fric pour la financiarisation privée de la société tout entière. Et merde à l’Europe comme dirait Cambronne. 

  • La finance est à nouveau réglementée : pas d’options de vente ou d’achat à terme, pas d’opérations à découvert ou « à nu », pas de CDS, CDO, ABS (donc pas de produits dérivés ouvrant la route de la spéculation dès leur simple existence, notamment sur les produits agricoles et les matières premières ou les dettes publiques), pas de « titrisation des dettes, interdiction d’utiliser des paradis fiscaux  (en attendant leur suppression internationale ou au minimum européenne) pour les particuliers et entreprises ; en cas de délit les biens en France sont confisqués, les fraudeurs sont déchus de la nationalité française et bannis), coupure stricte entre les banques de dépôt et les banques d’affaires (donc plus de banque universelle à la française, celle où la partie affaires fourgue des produits financiers aux clients de la partie dépôt ou pique des dépôts pour spéculer), limitation de l’effet de levier (volume des prêts ou engagements des banques à partir de maigres fonds propres ; actuellement, une banque s’engage souvent pour 32 fois ou plus le niveau propre) en imposant que ne soit pas engagé plus de 5 fois les fonds propres (soit des réserves ou du capital propre égal à 20 % des prêts), interdiction des LBO (leverage buy out, achat par effet de leviers d’une boîte avec peu de cash, par un emprunt par exemple à 80 % du montant de l’opération, ledit emprunt étant remboursé et servi par l’acheté !), suppression des privilèges de l’assurance-vie ou de l’épargne retraite capitalisée, etc. les exilés fiscaux sont interdits d’exercice et de vente en France. Ce sont des 1ères idées pour supprimer la finance spéculative et lui enlever tout moyen de pompage de fric sur le pays. 

  • Les grandes surfaces sont soumises au prix unique du fournisseur (pas de négociation entre le Goliath-centrale d’achat et le Micromégas-fournisseur ; les prix agricoles sont contrôlés, les transformateurs de produits agricoles (par exemple Lactalis pour le lait) se vient imposer un prix d’achat conforme au coût de revient. De façon générale, la production française est soumise à de vraies normes de qualité et les magouille sur les étiquettes interdites (par exemple, le camembert fabriqué en Normandie, avec du lait importé, pasteurisé est interdit au profit du camembert de Normandie, au lait cru issu de vaches normandes paissant en Normandie). Le but est de faire baisser les prix en ratiboisant l’énorme rente des supermarchés et d’assurer des débouchés aux productions françaises de qualité. 

  • La France institue des droits de douanes compensateurs des différentiels déloyaux (de normes, de coût du travail, de fiscalité, de défense de l’environnement, de droit du travail et de protection sociale). Ce ne sont pas une « TVA sociale » (remplaçant les cotisations patronales) mais des taxes nouvelles de protection de la production française. Ainsi les tomates ou fraises espagnoles ou les cochonnailles tudesques à salaires compressés (saisonniers Marocains ou venus des PECOS, ex-pays de l’Est) sont taxées. La TVA sociale germaine est annulée par un droit équivalent de 3 %. Les assemblages prussiens, marqués made in Germany, mais produits dans les PECOS, sont victimes d’une compensation salariale et de taux de change (les Teutons achètent en euros forts des produits à devise faible hors zone euro). 

  • Les multinationales sont imposées sur leur valeur ajoutée en France et sur leurs bénéfices à l’étranger sans déduction de leurs pertes qui sont organisées pour faire les bénefs là où il n’y a pas d’impôt et les pertes là où il y en a grâce à des prix de transfert trafiqués. C’est ainsi que Total, avec 10 milliards de bénéfices ne paye pas un sou d’impôt en France ! il s’agit de trouver de nouvelles ressources fiscales sans exploiter les seuls citoyens. Dans la même veine, les exonérations ou niches fiscales ou sociales  en tout genre des entreprises sont supprimées ; il y en a pour plus de 100 milliards dont 30 pour les cotisations sociales exonérées pour moins d’1,6 SMIC ou les 35 heures ou les heures.sup. 

  • La justice fiscale, détruite par tous les gouvernements, est restaurée. IRPP, CSG, RDS sont fusionnés, rendus progressifs avec tranche maximale à 70 % (41 aujourd’hui, 65 sous Jospin), les revenus financiers ou immobiliers sont taxés comme les salariaux. Les niches fiscales ou sociales (486 pour 70 milliards sans utilité ou efficacité) sont supprimées, notamment le quotient familial. En revanche, les allocations familiales sont remplacées par une allocation universelle par enfant fonction de son âge et de ses études, allocation intégrée dans le revenu déclarable. La TVA est modulée : 0 % sur les produits ou services nécessaires (résidence principale, transports urbains, eau, gaz, électricité, nourriture (ordinaire ou bio ou de qualité), téléphone fixe, abonnement internet, livres, etc. ; 15 % sur les produits non indispensables (petite auto, DVD, CD, etc.) ; 80 % sur les produits de luxe (grosses autos, caviar, grands restaurants, bijoux de valeur, écoles de luxe, etc.) ; 100 % pour le super luxe (bateaux, villas, limousines, voitures de sport. La TIPP est transformée en taxe-carbone pour subventionner les productions et constructions écologiques ; cependant elle est fortement accrue pour les transports routiers, les bateaux de plaisance, les grosses cylindrées. Les subventions aux écoles privées sont supprimées et reconverties dans la restauration de l’enseignement public, lui aussi socialisé (cogéré par les personnels, les parents d’élèves, les élèves majeurs, les syndicats ; décentralisé et fédéré). But : restaurer la justice et orienter les consommations vers la défense de l’environnement. 

  • L’armée est supprimée et est reconvertie en coopération avec l’étranger des Pays les moins avancés (PMA) ou en développement (PVD) ; le matériel de guerre est détruit. On économisera ainsi une bonne partie des 32 milliards budgétés de ladite armée. La police est socialisée et, comme les pompiers, fait appel à des bénévoles dûment sélectionnés. Le sénat est supprimé au profit d’un conseil économique et social ayant pouvoir législatif ; le nombre des députés est ramené à 300 avec 5 000 euros d’indemnité et c’est tout ; les services publics étant socialisés et fédérés, les administrations centrales sont passées à la moulinette ; les départements sont supprimés, de même que les communes remplacés par des communautés d’agglomération et de vraies provinces autonomes ; les pseudo-agences, commissions, hautes autorités ou conseils truffées de prébendes et de sinécures au service du pouvoir sont supprimées ; les partis se fiancent par leurs seules cotisations d’adhérents mais les financements occultes sont traqués (comme la fraude fiscale ou sociale des entrepreneurs) et hyper sévèrement punis . On élimine ainsi les doublons de compétences et les frais dispendieux de sur-administration. 

Et ainsi de suite. Le lecteur a noté que ces mesures font disparaître plus de 200 milliards de dépenses et éliminent largement le déficit. La nouvelle fiscalité devrait, en sens inverse, redonner de grandes ressources. Economies et nouvelles recettes pourront ainsi être consacrées à l’éducation, à la santé publique, aux services publics, à un revenu universel inconditionnel, au logement, à l’emploi et à la qualification, au développement des industries, à l’institution judiciaire, etc. On aura ôté au capital nombre d’espaces d’investissement et de marchandisation de la vie sociale tout en restant un pays d’économie marchande enfin policée et supprimant les rentes et monopoles ou oligopoles dans les activités relevant du bien commun non marchand. On aura aussi au passage enlevé des lieux ou des moyens de corruption et un peu réévalué la démocratie. 

Ca y est, on est en haut du toboggan

Posté : 18 novembre, 2011 @ 10:32 dans politique | Commentaires fermés

Le sauvetage de la zone euro (et du monde) par Merkozy a duré 4 jours. Papandréou en demandant un référendum en Grèce (et la démocratie ? fouchtra) sur le plan de sauvetage et la cure d’austérité afférente a foutu par terre le diktat germano-français. Les menaces du couple UBU pour maintenir la pompe à phynance ont permis de virer Berlusconi avec sa grande gidouille et en ont rajouté dans l’incertitude en Italie. Celle-là a vu le taux d’intérêt de ses emprunts obligataires monter à plus de 7 %, ce qui est insupportable par rapport à une dette de plus de 1 900 milliards d’euros (120 % du PIB). Cependant l’Italie a un déficit primaire nul (avant le service de la dette), 4% de déficit par rapport au PIB et seulement 40 % de sa dette est détenu par l’étranger, ce qui n’est pas le cas de la France (déficit structurel primaire important, 5,7 % en tout et 65 % de la dette appartenant aux non-résidents) qui est donc dans une situation aussi mauvaise (sans doute pis) que ce pays surtout disqualifié par l’absence de confiance en Berlusconi. D’ailleurs le ministre des finances gibbies vient d’enfoncer le clou en admonestant la France ; il est vrai que les banques anglaises sont très impliquées dans notre pauvre pays et que l’U-K fait 43 % de son commerce en Europe. Belle hypocrisie de la perfide Albion qui a laissé sa monnaie se dévaluer de 10 % par « quantitative easing », (assouplissement quantitatif), soit achat de dettes publiques par la banque d’Angleterre, ce qui signifie émission de monnaie (360 milliards d’euros pour les Gibbies, 960 pour les Ricains). Comme les Prussiens elle fait de la « désinflation compétitive » sur le dos de ses voisins. 

Sarkusconi aurait tort de se vanter. La dette de la France court rapidement vers 1 800 milliards et le taux d’intérêt  des obligations à 10 ans est monté à 3, 3 % (1,74 pour la Teutonie, le « spread », c’est-à-dire l’écart de taux avec ce pays, passant alors à 1,54 alors qu’il y a 6 mois les taux étaient équivalents). Standard and Poors a mis le royaume de Rodomont 1er sous surveillance pendant 3 mois quant à sa note Triple A (authentique avantage de l’andouille). Il faut considérer que l’affaire est dans le sac car les CDS (credit default swap, échange de défaut de paiement) sur la dette française s’envolent, ce qui signifie que les marchés financiers parient sur la faillite du pays. En fait, les agences de notation ne sont jamais qu’un (mauvais) thermomètre ne faisant que prendre le pouls desdits marchés. Le casser ne servirait à rien tant que les marchés ont la bride sur le cou, malgré les tartarinades du G 20 présidé par Raskoltignac 1er, et tant que les déséquilibres structurels (surtout la balance commerciale, les inégalités de pouvoir d’achat et l’injustice fiscale) dureront. 

Le sauvetage annoncé le 27 octobre pour la Grèce était une escroquerie et les marchés l’ont tout de suite vu. Les banques y sont censées abandonner 50 % de leurs créances publiques (soit 100 milliards sur 200). Or Merkozy leur a consenti une garantie de 30 milliards, ce qui abaisse l’addition à 70 pour toutes les banques européennes. Le plan prévoit que le FESF (fonds européen de solidarité) passe à 1 000 milliards mais c’est par un montage digne du regretté Ponzi : en fait, le FESF garantirait 30 % des nouveaux emprunts des futurs faillis de l’euro à la manière d’un vulgaire « rehausseur de crédit », c’est-à-dire d’un assureur comme AIG dont le sauvetage a coûté 185 milliards aux USA en septembre 2008. Par ailleurs, un fonds mondial serait créé pour que les pays émergents y apportent leur soutien (on parle de 73 milliards pour la Chine) ; ce genre de fonds fonctionne à l’instar des SPV (special purpose vehicle, support à but spécial ; ô combien) offshore pour faire de la finance hors bilan dans des paradis fiscaux. L’ensemble des garanties souscrites par Rodotarin 1er dépasse les 100 milliards d’euros (sans compter les 80 sur les actifs pourris de Dexia renflouée en plus de 10 milliards par les gouvernements belge et français) qu’il faudrait ajouter à la dette frankaoui en cas de défaillance des emprunteurs. Le 2ème plan d’austérité de Tsarkocescu (4 novembre, 7 milliards, après celui d’aout, 11 : en tout 18 avec 15,2 de recettes nouvelles contre 2,8 de dépenses en moins), petit bricolage très en dessous des problèmes, est déjà mort-né. La commission européenne a aussitôt annonce qu’il était insuffisant car la croissance ne serait que de 0,6 au lieu du 1 estimé en novembre. D’ailleurs les CDS s’envolent… Tsarko joue la montre en prévision des élections. La grosse pilule, très amère pour le peuple, viendra après. Le but de la manipulation est d’accroître le chaos pour ensuite se présenter en sauveur (après avoir joué au faux protecteur) et alors imposer encore plus de libéralisme en faveur de la rente et du monopole. Car la faillite du système est par lui (et par les autres dirigeants politicards européens) interprétée non pas comme un vice de construction d’icelui mais comme une insuffisance d’application de ses recettes qui impliquent l’austérité pour les peuples afin de le sauver. 

Les banques françaises n’ont pas que des obligations publiques (qui leur coûteraient 7,5 milliards sur les 15 engagés en juin 2011 suite à la rémission de 50 % de la dette grecque). Elles ont aussi des créances privées (42 milliards en juin) car elles ont, par exemple, acheté des obligations des banques grecques, lesquelles sont truffées de dette publique et la décote de 50 % va les mettre en faillite en transformant leurs obligations en emprunts russes. Cet « événement de crédit » (vocabulaire d’euphémisme pour défaut de paiement), entraîné par le refus allemand de monétiser les dettes des pays cigales ou PIGS (c’est-à-dire de faire acheter des obligations publiques par la BCE comme le fait la Federal Reserve US ou la Banque d’Angleterre ou de créer des « euro-bonds » garantis par la BCE), risque de coûter très cher aux banques françaises. Et si les autres PIGS s’y mettent, Italie en tête, c’est la faillite assurée. Rappelons que la dette propre (sale mais en propre plutôt) de l’Etat UMP avoisine les 1 700 milliards d’euros soit 85 % du PIB ; cette dette a été accrue d’environ 700 milliards depuis 2002, dont 500 sous Tsarkozy régnant. Une bonne partie de ce surcroît provient des cadeaux fiscaux en faveur des riches et des multinationales (70 à 80 milliards par an, cadeaux commencés sous Jospin). Cette situation explique que Tartarin 1er soit allé à Canossa devant les exigences de stabilité financière des Teutons : pas de monétisation des dettes, mise à contribution des banques, contrôle a priori des budgets des Etats par la Commission européenne (avant leur discussion dans les parlements !), plans d’austérité pour diminuer les déficits, règle d’or (pas de budget en déséquilibre), refus de porter le FESF à 2 000 milliards, à 1 000 seulement et encore sans apport de cash, etc. La France ne pèse plus rien face aux Tudesques… 

On se demande pourquoi la France ne voulait pas mettre les banques à contribution. Jean-Michel Quatrepoint (dans son dernier livre : mourir pour le Yuan) apporte la réponse… qui fait froid dans le dos. C’est à cause des CDS qui sont des assurances prises sur les titres en tout genre, notamment sur les dettes publiques. C’est un contrat avec prime d’assurance qui augmente en fonction du risque porté par l’actif assuré. Vous pouvez ainsi assurer la maison de votre voisin (donc sans la posséder) et souhaiter qu’elle brûle. Si une assurance est compréhensible, il est inacceptable qu’on spécule dessus car dans ce cas ce n’est pas le risque qui augmente mais la prime pour faire croire qu’il en est ainsi. C’est pure spéculation à la baisse mais qui, en tant qu’auto-réalisatrice, entraîne plus de risque réel. Qui plus est les opérations de CDS (et même de CDS de CDS) se font sur des marchés inorganisés et opaques (de gré à gré) et à découvert (à nu, c’est-à-dire sans détenir le titre). Personne ne sait combien il y a de CDS sur les dettes européennes en circulation. Rappelons simplement qu’en 2008 il y avait pour 600 000 milliards de dollars de produits dérivés (d’une dette ou engagement primaire gagée sur un actif réel ; soit dix fois le PIB mondial) et pour 60 000 de CDS. On estime au bas mot les CDS sur la dette grecque et européenne à 620 milliards (chiffre issu de la chambre de compensation des CDS qui n’offre qu’un solde des opérations). C’est sûrement bien plus. Or en cas de défaut de paiement, il faudrait solder les CDS que les banques US détiennent en masse. Ce qui explique que les USA tiennent beaucoup à ce que la zone euro fasse le ménage et aide ses pauvres. Sinon, on aurait une autre crise analogue à celle des subprimes. Car les CDS sont comme les subprimes une pyramide d’engagements obligatoires reposant sur une pointe hyper riquiqui de valeur matérielle réalisable. Les CDS sont supposés liquides (aisément cessibles ou transférables comme actifs valorisés) mais en cas de krach ils ne vaudraient plus rien et seraient invendables, ce qui ruinerait les financiers US. 

Le vrai problème de la France (et des cigales européennes) est le déficit commercial structurel (54 milliards en 2010 contre 150 d’excédent pour la Germanie) lié à la désindustrialisation (14 % du PIB français actuel est industriel contre 30 en Allemagne et 20 en Italie ; la France n’a plus que 3,8 % de parts de marché dans les échanges mondiaux), laquelle provient du libre-échange sans protection vis-à-vis de la concurrence déloyale, de la libre circulation des capitaux qui vont là où c’est le plus rentable et où on peut faire mousser de la « valeur pour l’actionnaire » (ROI, return on investment), de l’euro trop fort qui est un désavantage compétitif pour l’économie et une sécurité pour les propriétaires d »actifs et d’obligations. Ces déficits commerciaux sont compensés par un flux financier de sens inverse sous forme d’apports des excédentaires (comme la Chine pour les USA ou l’Allemagne pour les cigales). Il faut souligner que la libre circulation des capitaux a fait que l’épargne française, considérable à 16 % du revenu national, s’est transportée à l’étranger (hors l’immobilier) notamment via les contrats d’assurance-vie en euros (donc pleins d’obligations étatiques des pays cigales) ; par ailleurs, les multinationales réservent leurs profits aux actionnaires (dont plus de 45 % sont étrangers) aux investissements financiers (rachat de boîtes par OPA ou autre manip) au lieu de création d’activités et aux délocalisations. Cette désindustrialisation constante et même accélérée explique que le pays n’ait plus les moyens de sa protection sociale et de ses services publics. 

Le déficit provient donc de la désindustrialisation, laquelle a en outre apporté chômage et baisse du pouvoir d’achat pour les travailleurs. Les plans d’austérité ne font qu’aggraver les choses. On ne peut pas compter sur les banquiers, qui ont infiltré les gouvernements. Aux USA, c’est patent depuis longtemps ; en Italie, Mario Monti, successeur de Berlusconi, était juste avant consultant pour Goldman Sachs, comme Draghi, remplaçant de Trichet à la BCE, avait travaillé avec la même banque pour trafiquer les comptes de la Grèce, comme Papademos, ex-ministre grec ayant aidé à les trafiquer et nouveau ministre après la démission Papandréou, ou Sutherland ex-commissaire européenne. Les gouvernements sous influence bancaire ne peuvent envisager autre chose que la survie de la finance et la protection des avoirs des riches et des multinationales. C’est aussi ce qui explique le refus de la BCE (avec l’Allemagne) de monétiser les dettes car cela pourrait amener de l’inflation vu que la contrepartie serait de la création monétaire, donc de fric en circulation ce qui a des effets inflationnistes et diminue la valeur du capital et des intérêts. En revanche, la BCE encourage la baisse des salaires, des cotisations sociales, l’augmentation du temps de travail et de l’âge de la retraite, la souplesse des licenciements, etc. La nouvelle crise, ou plutôt la continuation de celle de 2008 par d’autres moyens, va développer l’aplatissement des choses au niveau de la Chine et consorts. C’est ce qu’il fallait faire pour le plus grand bien des multinationales et de la finance. Et ne comptons pas sur les USA pour aider l’Europe : ils ne sont pas en meilleur état et ils tiennent à sauver les privilèges du dollar (monnaie de réserve internationale) que l’on peut émettre à volonté pour payer ses dettes ; en effet les pays qui détiennent de la dette US en rachètent de peur que si les dollars excessifs ne sont pas pris par eux leur valeur diminue en faisant fondre leurs réserves accumulées dans cette monnaie. 

La mondialisation pour les nuls

Posté : 18 novembre, 2011 @ 10:30 dans politique | Commentaires fermés

L’ambition de ce texte est modeste ; il ne vise qu’à montrer les rouages de la spirale infernale dans laquelle les décisions politiques prises par les gouvernants de tout poil en vue de libéraliser totalement le commerce et la circulation des capitaux ont entraîné le monde. C’est un système en quelque sorte autocinétique qui a été mis en place et que plus aucun gouvernant ne peut maîtriser en restant dans le cadre néolibéral qui a été plébiscité par les politicards depuis 30 ans. Cette mécanique infernale est un étau à deux mâchoires : le libre-échange et la libre circulation des capitaux ; cette mécanique a une seule justification : « les marchés sont efficients » car ils conduisent automatiquement à l’équilibre de l’offre et de la demande et amènent la meilleure affectation possible des ressources vers les investissements les plus rentables. Et une seule valeur, présentée comme absolue, universelle et atemporelle : l’utilité des biens désirés par les consommateurs pour leur satisfaction optimale. 

Le libre commerce permet la circulation des marchandises ; la libre circulation des capitaux autorise que les investissements productifs aille dans les espaces où ils dégagent le maximum de profit (lieux sans lois substantielles pour la défense des salaires, de la protection sociale, de l’environnement, de la fiscalité, etc.). Par ailleurs, grâce à la libre circulation des biens, les produits peuvent revenir à bas prix chez les investisseurs. C’est ce qui explique les délocalisations de la production dans lesquelles il est apporté la technologie la plus moderne associée au plus bas coût de la main d’œuvre. En outre, les profits, toujours grâce à la libre circulation des capitaux, peuvent être situés dans de paradis fiscaux afin d’échapper à l’impôt. Ces profits pharaoniques, puisque les entreprises sont loin de répercuter les faibles coûts de production sur les consommateurs, alimentent ensuite une masse énorme de capitaux flottants à la recherche de la meilleure rentabilité. Celle-ci se retrouve dans la spéculation ; par exemple aux USA, 40 % des profits d’avant crise provenaient des placements financiers des entreprises. Lesdits paradis fiscaux permettent aussi, en l’absence de contrôle des changes et des sorties de capitaux, l’évasion fiscale des particuliers qui cherchent à placer au mieux leur pognon, comme, du reste, les mafias à travers le monde. Ils permettent aussi aux banques d’avoir une activité fantôme via des boîtes aux lettres de spéculation (les SPV, special purpose vehicle) car elles y logent leurs opérations les plus risquées. L’on voit donc que la libre circulation des capitaux est nécessaire au libre-échange et vice versa. Ce sont donc bien les deux faces d’une même monnaie de contrebande. Ce système bipolaire a eu des conséquences catastrophiques et a produit des effets en chaîne, notamment le plus important, à savoir la mise de la planète sous les lois, appliquées partout et pour tout, de la rentabilité à au moins deux chiffres (les ridicules 15 %). Dès lors, les investissements productifs sont devenus très inférieurs aux spéculatifs et financiers. 

Voyons maintenant l’enchaînement des conséquences de ce système. Il a globalement mis tous les pays et tous les travailleurs de la planète en concurrence pour l’emploi et les salaires. C’est ce qui entraîne la précarité et la flexibilité des emplois avec la multiplication du temps partiel contraint, des CDD, de l’intérim. Cela produit une pression constante sur les rémunérations, le temps de travail et l’âge de la retraite, la protection sociale, le droit syndical et social. Les emplois directement perdus par délocalisation des usines (avec désindustrialisation afférente) ne sont pas tout. Il y a aussi des pertes indirectes dans les activités connexes, notamment de service. Et il y a cette pression vers le moins-disant en toute matière. Il s’en est suivi une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée (environ 7 points). Mais cette part (environ 63 % sur la longue période) a été augmentée indûment par le transfert dans le salariat de rémunérations faisant autrefois partie des profits, donc de la part du capital dans la VA : Salaires mirifiques des patrons, disparition des courtiers en bourse et des agents de change devenus salariés des banques, avocat salariés au lieu de profession libérale, etc. En outre, la part salariale a été déséquilibrée par leurs hautes rémunérations ce qui fait que le salaire médian (celui qui regroupe la moitié des salariés) progresse bien moins vite que le salaire moyen. C’est l’effet Bill Gates : quand il pénètre dans un bar, le salaire moyen explose mais le médian reste identique à une personne près. Il va de soi que le chômage, le travail partiel, la stagnation voire la régression des salaires ont beaucoup diminué les recettes de la protection sociale tout en augmentant les dépenses de solidarité et même de charité (associations et ONG). Et malgré les importations low cost, le pouvoir d’achat a reculé pour les plus défavorisés, ce qui est masqué par son calcul en moyenne, grande spécialité de l’INSEE aux ordres du gouvernement pour cacher l’augmentation de la pauvreté (8 millions de pauvres en France, soit 13,5 % de la population). Dès lors, la crise est structurelle et économique. 

Cela explique la cause (secondaire) financière du déclenchement de la crise dès 2007 (et non septembre 2008 avec la faillite de Lehmann Brothers). En effet, les industriels et les distributeurs ont compensé la baisse du pouvoir d’achat par le crédit à gogo (dans les 2 sens du terme). Les banques, dont le crédit est le métier, se firent des gonades en or avec les intérêts et la revente de biens immobiliers (après saisie) dont les emprunts n’avaient pas été payés. Cependant, l’immobilier avait cru de façon démesurée grâce au crédit facile ; donc ses prix montaient ce qui permettait à la fois de rembourser l’emprunt avec une plus-value et d’emprunter encore plus sur la différence entre le montant de l’emprunt et le prix de marché du bien (chose que Tsarko voulait transposer en France). Las, cela fonctionnait comme une pyramide de Ponzi : cela ne marche que s’il y a de nouveaux entrants dans la combine. Or le marché immobilier s’est effondré par suite de la hausse des taux d’intérêt (décision de la FED, banque centrale US) et de la multiplication des faillites personnelles (chômage et faibles salaires accentués). Du coup, la valeur des biens hypothéqués (le « sous-jacent ») diminuaient et le crédit revolving s’est cassé la figure. D’où la crise des subprimes

Mais les banques avaient réussi à transférer les risques des prêts immobiliers douteux sur le voisin et à la finance mondialisée. Cela s’est fait par la titrisation et les produits financiers dérivés et »structurés », genre CDO (credit debt obligation) et les assurances de type CDS (crédit default swap). Il faut dire que les autorités financières étatiques avaient laissé se développer ces produits toxiques à l’infini au nom de la répartition des risques, de la « liberté d’entreprendre » et de l’efficience des marchés. On a donc eu des titres vendus partout et donnant une cascade de faux actifs organisés en millefeuille impénétrable car leur base réelle, à savoir le « sous-jacent », (l’hypothèque de départ ou l’actif servant de garantie pour les prêts à la consommation, par exemple une automobile ou un frigo) était d’un montant ridicule par rapport à la montagne d’engagements réels assis sur des sommes fictives. On avait bien une pyramide d’actifs (titres de produits financiers soi-disant garantis par un bien réel pour lequel les prolos avaient emprunté) mais reposant sur sa pointe. Par suite du retournement du marché immobilier la pyramide s’est écroulée et les pseudo-actifs ne valurent plus rien. Or, à l’échelle mondiale, les organes financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds d’investissement, etc.) étaient truffés de ces actifs bidonnés mais très juteux. 

Le retournement a eu deux conséquences. Une crise systémique partout dans le monde à cause de la diffusion généralisée des produits financiers toxiques ayant perdu toute valeur ou n’inspirant plus confiance quand à leur valeur réelle. Car la doctrine reposait sur l’hypothèse de concurrence pure et parfait entre individus atomisés et séparés. Or, il ne s’agissait pas d’atomes opérant séparément mais d’énormes molécules, qui plus est imbriquées les unes dans les autres et aux opérations interconnectées (à savoir les gros opérateurs financiers, banques en tête, lesquelles s’étaient gavées de ces titres parc qu’ils rapportaient très gros ; ce sont ces intervenants qui offrent et vendent des titres, donc constituent les soi-disant marchés financiers). Pour que cela ne se voie pas, ils les avaient mis dans les SPV off shore. Le marché était en fait lui-même systémique et oligopolistique, loin des hypothèses libérales de la concurrence « libre et non faussée ». Le krach a commencé en fait avec la faillite des « rehausseurs de crédit » (comme AIG), qui avaient garanti les engagements pour 20 à 30 % de leur montant. C’est drôle parce que c’est comme cela que le FESF (fonds européen de stabilité financière) porterait sa force d’intervention à 1 000 milliards (décision européenne du 27/10, tant vantée par Tsarko) : au lieu d’emprunter sur les marchés pour prêter aux Etats, il garantirait 25 % des emprunts directs desdits Etats ! Or si vous garantissez 25 % d’un emprunt de 1 000 milliards (par exemple italien) cela ne fait que les 250 qui restent aujourd’hui dans le FESF sur les 440 initiaux. Autre plaisanterie : l’Europe créerait un autre fonds, abondé par les pays émergents (du reste très réticents) qui prêterait aux futurs faillis. C’est amusant parce que c’est une sorte de SPV ! La zone euro, pour s’en sortir, crée donc des machins libéralo-financiers qui sont à l’origine de la crise ! 

La conséquence du krach a été que les fonds propres des banques (leurs actifs propres) chutèrent de très haut ; comme elles ne peuvent pas prêter sans rester dans un ratio fonds propres/engagements (règles de sécurité bancaire : 7%), elles diminuèrent leurs prêts ce qui accentua la déprime économique. Par ailleurs, se méfiant les unes des autres quant à leurs actifs toxiques respectifs, elles ne se prêtèrent plus entre elles. C’est le 2ème aspect : une crise des liquidités et du crédit conduisant à la récession. Pour la freiner, les gouvernements leurs firent des prêts à très faible taux, voire nationalisèrent (Par exemple, la Northern Rock chez les G-B). Las, lesdits gouvernements s’endettèrent eux-mêmes à mort pour prêter aux banques, ce qui gonfla magistralement les dettes publiques. En univers libéral, sauf cas particulier, il ne vient pas aux dirigeants l’idée de socialiser la banque et le crédit ! Ni de réguler et contrôler le secteur financier (interdire les ventes à découvert, les CDS, les LBO, la titrisation, les spéculations sur les matières premières ou agricoles, etc. au lieu des tartarinades du G 20). Les banques en profitèrent pour re-spéculer afin de se refaire (sur les emprunts d’Etat, sur les matières 1ères, les taux de change, etc.) en empruntant à 1 % aux Etats et en montant des opérations risquées bien plus rentables. 

En dernière phase, après la structurelle et la bancaire, les Etats, pour sauver les banques, la liquidité et le crédit, ont substitué de la dette publique à la dette privée. Du coup, les marchés financiers les ont pris dans le collimateur quant à leur capacité d’emprunter encore ou de payer. C’est la raison de la crise de l’euro. Pour restaurer leur crédibilité, les Etats se lancent tous dans des plans d’austérité, souvent drastiques (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne). Las, ces remèdes de cheval (Hongre, sans doute) vont tuer le malade en entraînant une baisse de la croissance, sinon une récession de longue durée. Sarkofoirus 1er  joue ce petit jeu de la politique du pire pour préparer le retour au libéralisme absolu. On va donc vers des peuples de plus en plus fauchés et incapables de rembourser car les rentrées fiscales vont plonger et donc le déficit s’accroîtra au lieu de diminuer. Le malade mourra guéri ; alors on pourra lui imposer des règles libéralissimes au lieu de revenir au modèle des « 30 glorieuses ». Mais, en restant en logique libérale, pourquoi ne pas faire crédit aux gens pour soutenir l’activité ? On pourrait alors recommencer le cycle : pouvoir d’achat maintenu à crédit (1er moment structurel), innovation financière, krach de la bulle (2ème moment), sauvetage des banques et endettement public, puis crise de la dette étatique (3ème moment). And so on… 

 

L’Europe, vas-is-tas ?

Posté : 9 novembre, 2011 @ 12:32 dans politique | Commentaires fermés

C’est une mécanique hyper libérale et cela depuis ses débuts en 1954 (CECA) et surtout 1957 (traité de Rome entre pays fondateurs). Elle a été créée par des technocrates (Monnet, Schumann pour la France), soi-disant pour arriver à la paix perpétuelle, grâce à une stratégie économiciste : l’union politique proviendrait peu à peu des effets du commerce entre pays. L’intégration économique dans un grand marché unifié par les mêmes règles et concurrentiel développerait des interdépendances automatiques, conduirait à d’heureuses spécialisations, etc. dont tout le monde profiterait. Cette stratégie des petits pas économiques (courts, saucissonnés, étalés afin que les couillons de peuples ne voient pas où on voulait les amener, suivant la bonne vieille tactique du salami chère à Staline ou du bout du tunnel dans laquelle on rajoute une nouvelle portion dès que l’on voit la lumière) était perverse et délibérée chez les « élites » européennes. Celles-ci, depuis la conférence Lippmann en 1938, avaient adopté soit le libéralisme anglo-saxon, soit l’ordo-libéralisme teuton (détenir démocratiquement le pouvoir pour faire voter les lois et règles adaptées à une économie « sociale » de marché). Quand les Gibbies ont intégré l’UE en 1973, après une longue opposition gaullienne, la quadrille libéral était en place, les Teutons du « miracle économique » allemand (dû en fait à ce que les Ricains avaient abandonné en 1953 la quasi-totalité de leurs créances sur la Germanie) marchant « la mano en la mano », avec les libéraux anglais tchatchériens. Un des principes du traité de Rome, à savoir « la préférence communautaire » dans les échanges, a disparu alors des écrans radar ; l’Europe est devenue la région la plus ouverte du monde au libre-échange, sauf en ce qui concerne la PAC grassement « subventionnante » pour les gros agriculteurs, dont le prince Charles et le prince Albert. 

La mise en place de « la concurrence libre et non faussée », du tout-marché sans union sociale, budgétaire (budget communautaire : 1 % du PIB de l’Europe ! contre 25 % aux USA) ou fiscale, a été symbolisée par « l’acte unique » de 1986, précédé du livre blanc pondu sous la houlette du curé Delors. Le tout-marché a été ensuite accentué par le traité de Maastricht en 1992 (suivi du pacte de stabilité après les critères de convergence des économies pour ledit traité : pas plus de 3 % de déficit budgétaire, moins de 60 % du PIB en dette publique). Puis l’étau a été fermé par l’arrivée de l’euro en 2002. Rendons grâce à Trichet, le retraité qui a irradié l’Europe avec l’euro fort (traduit en français : le Franc-Fort mais sans les saucisses) au grand profit de la Teutonie et contre la compétitivité par le taux de change pour le reste de l’Europe. La Germanie a alors délocalisé sa productivité à l’Est à faible coût salarial. D’où un double effet de rentabilité : par la productivité équivalente à celle des industries développées et par les faibles charges salariales. Puis elle a payé ses sous-traitants dans les ex-pays de l’Est en euro alors que les ventes-exportations se faisaient en roupies de sansonnet, genre zloty. Et quand l’euro montait, l’achat en zloty ou autre se faisait encore moins cher. Il ne restait plus qu’à assembler en Germanie et à apposer une étiquette « made in Germany » pour vendre moins cher dans le reste de l’UE (faibles coûts unitaires de production des éléments sous-traités et gains de change entre monnaies). 

De quoi cet étau est-il fait ? D’un côté, nous avons le libre-échange sans freins, sans réserves contre toutes les formes de dumping, le primat de l’exportation comme moyen de stimuler la croissance, les règles communes de la concurrence ouverte à tous les vents ; de l’autre, on a la zone euro avec monnaie unique pour 17 pays. Avec l’euro et les contraintes du pacte de stabilité, les pays concernés ne disposent plus de la possibilité de dévaluer pour améliorer leur compétitivité afin d’exporter (plus de politique monétaire) ; avec le pacte, les mêmes pays ont mis leur budget sous contrôle des autres (plus de politique budgétaire nationale alors que les transferts budgétaires dans l’UE entre pays sont très faibles et ne permettent pas de compenser les déséquilibres structurels). Qu’est-ce qui reste pour être compétitif ? Le dumping en tout genre, par exemple fiscal avec les 12 ,5 % d’impôt sur les sociétés en Irlande, écologique avec les flottes de pêche de l’Espagne qui font de la surpêche y compris hors de leurs eaux territoriales, social avec la désinflation compétitive allemande (indemnités et durées de chômage rognées, pas de Smic dans l’agriculture avec appel à des salariés agricoles de l’Est, obligations d’accepter des jobs à 1 euro de l’heure ou à 5 en fonction de leur nature, TVA sociale de 3 % ; etc.), financier avec les paradis fiscaux des Gibbies et les privilèges de la City (20 % du PIB de la G-B viennent du secteur financier !). Car la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des travailleurs a mis les différents pays en concurrence sauvage les uns avec les autres, ce qui crée des déséquilibres structurels de compétitivité et d’inflation et pousse au moins-disant dans tous les domaines où, notamment, les règles européennes exigent l’unanimité (fiscal, social, etc.). Ce système de forces mécaniques suppose que tout le monde exporte, ce qui est évidemment impossible au sein de l’Europe. Reste l’autre monde, mais celui-ci est monopolisé par les pays à faible salaires, souvent à haute productivité dans certains secteurs (par suite de la délocalisation des techniques), à durée du travail incontrôlé, sans système de protection sociale, sans lois protectrices de l’environnement, voire par les pays fraudeurs, voleurs de brevets, contrefacteurs, etc. C’est le sens réel de la désinflation compétitive en tant que nom savant pour rigueur et austérité pour les peuples. D’ailleurs, si tout le monde s’y mettait en plus des Tudesques alors on entrerait dans la spirale infernale de la récession en Europe car personne n’achèterait à ses voisins. C’est ce que Merkel a compris pour accepter de sauver la Grèce en imposant ses conditions, posées par le parlement allemand, à Tsarko, soi-disant leader et sauveur du monde. Et même de l’univers Au passage, certains pays se sont désindustrialisés comme la France (14 % d’industrie dans le PIB aujourd’hui contre 21 en Italie et 25 en Allemagne) au profit d’autres, alors que c’est la production exportée (par exemple, l’Allemagne obtient 70 % de ses excédents commerciaux dans la zone euro) qui fait la fameuse croissance et nourrit le commerce. 

Ce système de forces impersonnelles, celles confiées par les pouvoirs politicards et libéraux, fussent-ils socialistes, à la finance mondialisée et aux mécanismes de marché, a fait que certains pays accumulent des excédents commerciaux et les autres des déficits. Or les pertes des uns étant les gains des autres, il se produit un flux financier de sens inverse dans lequel les perdants empruntent et nourrissent une dette augmentant sans fin. Jusqu’à ce que la corde casse à cause de ces trop grands déséquilibres commerciaux et financiers. Du coup, les taux d’intérêt des obligations étatiques divergent (France, 3 %, Italie 6 %, Allemagne, 2,30 %) alors que, soi-disant, l’euro permettait à tout le monde d’emprunter au même faible taux (vrai au début) ; ce qui a poussé certains pays à la dette privée (Espagne, Irlande) ou publique (France, Italie), de plus en plus exponentielle.  Les marchés et les agences de notation finirent par en prendre acte, les 1ers en s’assurant contre les dettes pourries (via les fameux CDS) et en vendant les obligations étatiques qu’ils détiennent ; c’est du reste ce qu’ont fait les banques européennes avant qu’on leur impose 50 % de décote sur la dette grecque, les seconds en baissant les notes des Etats sans équilibre budgétaire. C’est la seule solution qu’offre le système capitaliste que les dirigeants mondiaux veulent sauver malgré sa faillite. 

Et la situation européenne a sans cesse été aggravée par l’arrivée de nouveaux pays dans l’UE sans qu’il y ait davantage d’intégration politique, sociale, fiscale de la zone. Pourquoi cet élargissement continu ? Parce que les Allemands y voyaient l’occasion de réoccuper leurs vieux « lebens raum » (cercle vital) en faisant turbiner les PECOS (ex-pays de l’Est soviétisé) comme sous-traitants à bas prix. Parce que les Grands-Bretons y trouvaient le moyen de n’arriver qu’à une zone de libre-échange leur laissant leur autonomie de relation avec les USA. Parce que les PECOS croyaient que l’UE les enrichirait vite fait bien fait et que 50 ans de communisme les avaient convertis au libéralisme. Parce que la France pensait ainsi conserver le pouvoir pour ses politicards sans abandonner leurs privilèges locaux. Parce que l’euro permettait aux pays pauvres ou endettés d’emprunter à bas taux, ce qui a nourri la bulle immobilière en Espagne. Parce que tout le monde pensait pouvoir jouer son jeu perso pour prospérer au détriment des autres. Et, de façon générale, parce que l’élargissement permettait, aux yeux des dirigeants des pays les plus développés, de faire pression sur les salaires (via ceux, très faibles, des PECOS ou autre Portugal) et la protection sociale au nom de « la contrainte extérieure ». L’élargissement s’est fait sans tenir compte des caractéristiques structurelles des pays entrants. Cela a pu se faire à cause d’une contradiction institutionnelle fondamentale : le commerce relève d’une Europe supranationale, quasiment fédérale alors que sur le plan politique on en est resté à une Europe des nations (une confédération de pays indépendants et non une fédération d’Etats unis tout en conservant la gestion de leurs propres affaires, seul ce qui les dépasse ayant été remis à l’Etat fédéral : la monnaie, les poids et mesures, la politique extérieure, etc. par ailleurs si le gouvernement de l’UE est le conseil européen des chefs d’Etat ou de gouvernement, ce n’est vrai que pour les choses fondamentales. Pour l’important, comme les règles commerciales, c’est la commission qui gouverne et fait les directives de façon parfaitement technocratique. La commission, alliée à la Cour de justice de la communauté européenne (CJCE) a ainsi pu imposer le libéralisme absolu en Europe avec l’appui d’un parlement bidon et très majoritairement acquis au capitalo-libéralisme. 

Pourquoi les politicards français, notamment socialistes, ont-ils plié devant l’ordo-libéralisme et le tout-marché anglo-saxon ? Parce que, déjà, formatés par l’ENA et Sciences-po, ils communiaient dans l’idéologie libérale et voulaient imiter les succès à l’étranger (d’où la vague des modèles : japonais, coréen, allemand, etc.) ; ils voulaient aussi se dépatouiller du lisier où ils s’étaient mis en faisant de la relance par la consommation et des nationalisations (imitation des vieilles recettes de Keynes qui ne marchent que dans une économie largement fermée). Ils pensaient surtout que la construction européenne, avec sa force impersonnelle, extérieure et automatique, obligeraient ces couillons de Français, crispés sur leurs « avantages acquis », à se plier à des diktats indépendants de la France et de son gouvernement, alors que justement c’était ce dernier qui organisait la chose en abandonnant la souveraineté du pays. Il ne faut pas négliger cependant des intérêts prosaïques car moult politicards et hauts fonctionnaires associés au développement de l’Europe heureuse se sont reconvertis dans les affaires notamment en poussant à la privatisation des firmes publiques qu’ils dirigeaient par suite des nationalisations. Ils se sont aussi implantés dans les « organes » comme la Commission européenne (Delors) ou l’OMC (Lamy), chose impossible s’ils n’avaient pas affiché leurs options libéralo-capitalistes. 

Il était ridicule de vouloir une monnaie unique alors que les différents pays constituant l’UE ou la zone euro étaient hétérogènes tant dans leur niveau de développement et de vie que dans leurs législations en tout domaine sauf pour ce qui est du sacro-saint commerce concurrentiel. Cela supposait que c’était l’économie et la monnaie qui feraient l’Etat fédéral européen alors que l’histoire montre que l’Etat a toujours précédé une monnaie commune. C’était idiot de penser que les forces du marché libéral induiraient progressivement la convergence économique et c’est l’inverse qui s’est produit à cause de la concurrence sauvage entre modèles socio-économiques très hétérogènes. Cela n’a induit que des déséquilibres entre pays et la compétition entre les peuples, chacun de ceux-ci, eu égard à l’absence d’aides européennes (et de possibilité de dévaluer ou, théoriquement, de faire du déficit budgétaire), se battant avec ses propres armes de dumping et de contournement des règles communes. Qu’attendre d’autre d’une construction effectuée dans le plus pur esprit du capitalisme globalisé et sans frein et du libéralisme individualiste ? Qu’espérer d’autre d’une idéologie qui avec son anthropologie (la nature humaine est égoïste, intéressée et calculatrice) et sa conception de « neutralité axiologique » du droit et de la politique a jeté par-dessus bord tous les autres aspects de la condition humaine ? A savoir, la morale (entraide, solidarité, respect de la dignité de tous, coopération), l’esthétique (l’art étant devenu un commerce) et tout bêtement les relations sociales et l’intersubjectivité dans les familles, les groupes, les communautés. Ainsi la logique utilitaire et financière du capital a substitué les relations entre les choses (via l’argent) et entre les choses et les hommes (matérialisme impersonnel) aux rapports humains et sociaux de face à face dans l’intersubjectivité. Fondée sur ces prémisses capitalistes, l’Europe ne pouvait être qu’un échec sauf pour les riches. Il faut la reconstruire sur des bases vraiment socialistes, c’est-à-dire partant de la justice et de la recherche d’une société libre d’égaux. Ne nous y trompons pas ; la crise européenne et de l’euro vient de ses vices de construction et de ses déséquilibres structurels (notamment commerciaux). La crise financière n’en est que la conséquence et ne régler que celle-ci (surtout avec des rustines et des emplâtres de court terme) ne résoudra rien. 

Le grand gagnant a été l’Allemagne qui a joué les « passagers clandestins » (profiter du système sans payer sa part). Las, s’il n’y a pas de réformes structurelles, antimondialisation  et anticapitalistes, l’Europe va éclater en commençant par la zone euro. Les rustines présentement posées (y compris celle du 22 octobre à Bruxelles) sont loin des nécessités : politique industrielle commune, harmonisation des législations, au moins 25 % de budget commun, aides structurelles et transferts de fonds entre pays, BCE achetant (officiellement) des emprunts d’Etat (monétisation des dettes et emprunts, par exemple sous forme d’avances de la BCE aux Etats), droit des pays à une autonomie budgétaire, mutualisation des dettes (euro-bonds), protections aux frontières contre la concurrence déloyale, etc. Il est donc à prévoir que le dernier rafistolage de la zone euro ne tiendra pas jusqu’aux élections françaises. 

Même en univers libéral et commercial, Il faudrait abandonner cette monnaie unique au profit d’une monnaie commune réservée aux transactions internationales. En même temps, il y aurait retour aux monnaies nationales afin que celles-ci puissent se différencier en fonction des conditions structurelles de chaque pays (en productivité, en charge salariale et protection sociale, en taux d’inflation) de façon à maintenir la compétitivité de chacun. Evidemment, ces différences évolutives feraient que les parités entre monnaies évolueraient (par exemple moins 20 % pour la lire, plus 25 % pour le mark). On aurait une autorité monétaire européenne chargée de lisser les évolutions, de calculer les bons taux de change, de les stabiliser de façon que dans l’intervalle ils soient fixes pour sécuriser les transactions. Cela supposerait un Etat (oh le vilain mot) fédéral… 

La mondialisation pour les nuls

Posté : 9 novembre, 2011 @ 12:16 dans politique | Commentaires fermés

L’ambition de ce texte est modeste ; il ne vise qu’à montrer les rouages de la spirale infernale dans laquelle les décisions politiques prises par les gouvernants de tout poil en vue de libéraliser totalement le commerce et la circulation des capitaux ont entraîné le monde. C’est un système en quelque sorte autocinétique qui a été mis en place et que plus aucun gouvernant ne peut maîtriser en restant dans le cadre néolibéral qui a été plébiscité par les politicards depuis 30 ans. Cette mécanique infernale est un étau à deux mâchoires : le libre-échange et la libre circulation des capitaux ; cette mécanique a une seule justification : « les marchés sont efficients » car ils conduisent automatiquement à l’équilibre de l’offre et de la demande et amènent la meilleure affectation possible des ressources vers les investissements les plus rentables. Et une seule valeur, présentée comme absolue, universelle et atemporelle : l’utilité des biens désirés par les consommateurs pour leur satisfaction optimale. 

Le libre commerce permet la circulation des marchandises ; la libre circulation des capitaux autorise que les investissements productifs aille dans les espaces où ils dégagent le maximum de profit (lieux sans lois substantielles pour la défense des salaires, de la protection sociale, de l’environnement, de la fiscalité, etc.). Par ailleurs, grâce à la libre circulation des biens, les produits peuvent revenir à bas prix chez les investisseurs. C’est ce qui explique les délocalisations de la production dans lesquelles il est apporté la technologie la plus moderne associée au plus bas coût de la main d’œuvre. En outre, les profits, toujours grâce à la libre circulation des capitaux, peuvent être situés dans de paradis fiscaux afin d’échapper à l’impôt. Ces profits pharaoniques, puisque les entreprises sont loin de répercuter les faibles coûts de production sur les consommateurs, alimentent ensuite une masse énorme de capitaux flottants à la recherche de la meilleure rentabilité. Celle-ci se retrouve dans la spéculation ; par exemple aux USA, 40 % des profits d’avant crise provenaient des placements financiers des entreprises. Lesdits paradis fiscaux permettent aussi, en l’absence de contrôle des changes et des sorties de capitaux, l’évasion fiscale des particuliers qui cherchent à placer au mieux leur pognon, comme, du reste, les mafias à travers le monde. Ils permettent aussi aux banques d’avoir une activité fantôme via des boîtes aux lettres de spéculation (les SPV, special purpose vehicle) car elles y logent leurs opérations les plus risquées. L’on voit donc que la libre circulation des capitaux est nécessaire au libre-échange et vice versa. Ce sont donc bien les deux faces d’une même monnaie de contrebande. Ce système bipolaire a eu des conséquences catastrophiques et a produit des effets en chaîne, notamment le plus important, à savoir la mise de la planète sous les lois, appliquées partout et pour tout, de la rentabilité à au moins deux chiffres (les ridicules 15 %). Dès lors, les investissements productifs sont devenus très inférieurs aux spéculatifs et financiers. 

Voyons maintenant l’enchaînement des conséquences de ce système. Il a globalement mis tous les pays et tous les travailleurs de la planète en concurrence pour l’emploi et les salaires. C’est ce qui entraîne la précarité et la flexibilité des emplois avec la multiplication du temps partiel contraint, des CDD, de l’intérim. Cela produit une pression constante sur les rémunérations, le temps de travail et l’âge de la retraite, la protection sociale, le droit syndical et social. Les emplois directement perdus par délocalisation des usines (avec désindustrialisation afférente) ne sont pas tout. Il y a aussi des pertes indirectes dans les activités connexes, notamment de service. Et il y a cette pression vers le moins-disant en toute matière. Il s’en est suivi une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée (environ 7 points). Mais cette part (environ 63 % sur la longue période) a été augmentée indûment par le transfert dans le salariat de rémunérations faisant autrefois partie des profits, donc de la part du capital dans la VA : Salaires mirifiques des patrons, disparition des courtiers en bourse et des agents de change devenus salariés des banques, avocat salariés au lieu de profession libérale, etc. En outre, la part salariale a été déséquilibrée par leurs hautes rémunérations ce qui fait que le salaire médian (celui qui regroupe la moitié des salariés) progresse bien moins vite que le salaire moyen. C’est l’effet Bill Gates : quand il pénètre dans un bar, le salaire moyen explose mais le médian reste identique à une personne près. Il va de soi que le chômage, le travail partiel, la stagnation voire la régression des salaires ont beaucoup diminué les recettes de la protection sociale tout en augmentant les dépenses de solidarité et même de charité (associations et ONG). Et malgré les importations low cost, le pouvoir d’achat a reculé pour les plus défavorisés, ce qui est masqué par son calcul en moyenne, grande spécialité de l’INSEE aux ordres du gouvernement pour cacher l’augmentation de la pauvreté (8 millions de pauvres en France, soit 13,5 % de la population). Dès lors, la crise est structurelle et économique. 

Cela explique la cause (secondaire) financière du déclenchement de la crise dès 2007 (et non septembre 2008 avec la faillite de Lehmann Brothers). En effet, les industriels et les distributeurs ont compensé la baisse du pouvoir d’achat par le crédit à gogo (dans les 2 sens du terme). Les banques, dont le crédit est le métier, se firent des gonades en or avec les intérêts et la revente de biens immobiliers (après saisie) dont les emprunts n’avaient pas été payés. Cependant, l’immobilier avait cru de façon démesurée grâce au crédit facile ; donc ses prix montaient ce qui permettait à la fois de rembourser l’emprunt avec une plus-value et d’emprunter encore plus sur la différence entre le montant de l’emprunt et le prix de marché du bien (chose que Tsarko voulait transposer en France). Las, cela fonctionnait comme une pyramide de Ponzi : cela ne marche que s’il y a de nouveaux entrants dans la combine. Or le marché immobilier s’est effondré par suite de la hausse des taux d’intérêt (décision de la FED, banque centrale US) et de la multiplication des faillites personnelles (chômage et faibles salaires accentués). Du coup, la valeur des biens hypothéqués (le « sous-jacent ») diminuaient et le crédit revolving s’est cassé la figure. D’où la crise des subprimes

Mais les banques avaient réussi à transférer les risques des prêts immobiliers douteux sur le voisin et à la finance mondialisée. Cela s’est fait par la titrisation et les produits financiers dérivés et »structurés », genre CDO (credit debt obligation) et les assurances de type CDS (crédit default swap). Il faut dire que les autorités financières étatiques avaient laissé se développer ces produits toxiques à l’infini au nom de la répartition des risques, de la « liberté d’entreprendre » et de l’efficience des marchés. On a donc eu des titres vendus partout et donnant une cascade de faux actifs organisés en millefeuille impénétrable car leur base réelle, à savoir le « sous-jacent », (l’hypothèque de départ ou l’actif servant de garantie pour les prêts à la consommation, par exemple une automobile ou un frigo) était d’un montant ridicule par rapport à la montagne d’engagements réels assis sur des sommes fictives. On avait bien une pyramide d’actifs (titres de produits financiers soi-disant garantis par un bien réel pour lequel les prolos avaient emprunté) mais reposant sur sa pointe. Par suite du retournement du marché immobilier la pyramide s’est écroulée et les pseudo-actifs ne valurent plus rien. Or, à l’échelle mondiale, les organes financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds d’investissement, etc.) étaient truffés de ces actifs bidonnés mais très juteux. 

Le retournement a eu deux conséquences. Une crise systémique partout dans le monde à cause de la diffusion généralisée des produits financiers toxiques ayant perdu toute valeur ou n’inspirant plus confiance quand à leur valeur réelle. Car la doctrine reposait sur l’hypothèse de concurrence pure et parfait entre individus atomisés et séparés. Or, il ne s’agissait pas d’atomes opérant séparément mais d’énormes molécules, qui plus est imbriquées les unes dans les autres et aux opérations interconnectées (à savoir les gros opérateurs financiers, banques en tête, lesquelles s’étaient gavées de ces titres parc qu’ils rapportaient très gros ; ce sont ces intervenants qui offrent et vendent des titres, donc constituent les soi-disant marchés financiers). Pour que cela ne se voie pas, ils les avaient mis dans les SPV off shore. Le marché était en fait lui-même systémique et oligopolistique, loin des hypothèses libérales de la concurrence « libre et non faussée ». Le krach a commencé en fait avec la faillite des « rehausseurs de crédit » (comme AIG), qui avaient garanti les engagements pour 20 à 30 % de leur montant. C’est drôle parce que c’est comme cela que le FESF (fonds européen de stabilité financière) porterait sa force d’intervention à 1 000 milliards (décision européenne du 27/10, tant vantée par Tsarko) : au lieu d’emprunter sur les marchés pour prêter aux Etats, il garantirait 25 % des emprunts directs desdits Etats ! Or si vous garantissez 25 % d’un emprunt de 1 000 milliards (par exemple italien) cela ne fait que les 250 qui restent aujourd’hui dans le FESF sur les 440 initiaux. Autre plaisanterie : l’Europe créerait un autre fonds, abondé par les pays émergents (du reste très réticents) qui prêterait aux futurs faillis. C’est amusant parce que c’est une sorte de SPV ! La zone euro, pour s’en sortir, crée donc des machins libéralo-financiers qui sont à l’origine de la crise ! 

La conséquence du krach a été que les fonds propres des banques (leurs actifs propres) chutèrent de très haut ; comme elles ne peuvent pas prêter sans rester dans un ratio fonds propres/engagements (règles de sécurité bancaire : 7%), elles diminuèrent leurs prêts ce qui accentua la déprime économique. Par ailleurs, se méfiant les unes des autres quant à leurs actifs toxiques respectifs, elles ne se prêtèrent plus entre elles. C’est le 2ème aspect : une crise des liquidités et du crédit conduisant à la récession. Pour la freiner, les gouvernements leurs firent des prêts à très faible taux, voire nationalisèrent (Par exemple, la Northern Rock chez les G-B). Las, lesdits gouvernements s’endettèrent eux-mêmes à mort pour prêter aux banques, ce qui gonfla magistralement les dettes publiques. En univers libéral, sauf cas particulier, il ne vient pas aux dirigeants l’idée de socialiser la banque et le crédit ! Ni de réguler et contrôler le secteur financier (interdire les ventes à découvert, les CDS, les LBO, la titrisation, les spéculations sur les matières premières ou agricoles, etc. au lieu des tartarinades du G 20). Les banques en profitèrent pour re-spéculer afin de se refaire (sur les emprunts d’Etat, sur les matières 1ères, les taux de change, etc.) en empruntant à 1 % aux Etats et en montant des opérations risquées bien plus rentables. 

En dernière phase, après la structurelle et la bancaire, les Etats, pour sauver les banques, la liquidité et le crédit, ont substitué de la dette publique à la dette privée. Du coup, les marchés financiers les ont pris dans le collimateur quant à leur capacité d’emprunter encore ou de payer. C’est la raison de la crise de l’euro. Pour restaurer leur crédibilité, les Etats se lancent tous dans des plans d’austérité, souvent drastiques (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne). Las, ces remèdes de cheval (Hongre, sans doute) vont tuer le malade en entraînant une baisse de la croissance, sinon une récession de longue durée. Sarkofoirus 1er (sous le règne duquel la dette a augmenté de 500 milliards) joue ce petit jeu de la politique du pire pour préparer le retour au libéralisme absolu. On va donc vers des peuples de plus en plus fauchés et incapables de rembourser car les rentrées fiscales vont plonger et donc le déficit s’accroîtra au lieu de diminuer. Le malade mourra guéri ; alors on pourra lui imposer des règles libéralissimes au lieu de revenir au modèle des « 30 glorieuses ». Mais, en restant en logique libérale, pourquoi ne pas faire crédit aux gens pour soutenir l’activité ? On pourrait alors recommencer le cycle : pouvoir d’achat maintenu à crédit (1er moment structurel), innovation financière, krach de la bulle (2ème moment), sauvetage des banques et endettement public, puis crise de la dette étatique (3ème moment). And so on… 

 

Youp la boum

Posté : 2 novembre, 2011 @ 12:07 dans politique | Commentaires fermés

Après les rustines du 27 octobre, le duo Merkel-Tsarko pensait avoir enfin résolu au moins pour quelques temps, sans doute celui des élections, la crise grecque et de l’euro. Patatras, Papandréou veut faire un référendum pour consulter les Grecs. Enfer et damnation, ce projet redouble les incertitudes, ce qui horripile les marchés financiers. D’où la descente des bourses mondiales et la virilité froissée de Tartarin 1er. Celui-ci s’est aussitôt rebiffé et en bon père fouettard, mâtiné de père Ubu, a menacé les Grecs. Evidemment ce n’est qu’une rodomontade car tout charbonnier, fût-il grec, est maître chez lui.

Pourquoi cette folle initiative peu orthodoxe du sous-pape Andréou ? C’est que le peuple grec n’apprécie pas le diktat de la mère UBU-Merkel, comparse de Zébulon 1er. Ce diktat rappelle les mauvais souvenirs de l’occupation de la Grèce par les fridolins en 39/45, occupation qu’ils n’ont du reste jamais remboursée. La Grèce se voyait imposer non seulement un 3ème plan de rigueur extrême en 18 mois mais encore un contrôle de son exécution, dans les 2 sens du terme, par des émissaires extérieurs venus de l’Europe et du FMI. Le 1er ministre grec ne pouvait ignorer la fronde de la population et s’est rappelé que son pays avait inventé la démocratie. D’où son pari : soit les grecs approuvent le plan de rigueur et le maintien dans la zone euro, ce qu’il espère sans doute car les Grecs sont dans le fameux TINA tchatchérien (« there is no alternative »), soit ils le refusent et alors ils devront se dépatouiller par leurs propres moyens, façon Argentine. S’ils approuvent, le pacte pour sauver la Grèce aura une légitimité qui rejaillira sur Papandréou et les socialos grecs.

On peut aussi que le bonhomme pense faire un peu de chantage à l’UE pour que le plan soit atténué et étalé davantage dans le temps. Mais la crise n’attend pas et les spéculateurs visent déjà l’Italie alors que déjà le Portugal, l’Irlande et l’Espagne sont sur le fil du rasoir. L’Italie a vu hier le taux d’intérêt de ses obligations dépasser les 6 %, ce qui rend la charge de sa dette d’autant plus insoutenable. Une tranche de 8 milliards de prêt devait être livrée à la Grèce début novembre ; elle risque de ne pas l’être ce qui provoquera aussitôt la banqueroute du pays. Les banques françaises perdraient aussitôt les 12 milliards d’obligations grecques qu’elles détiennent (rassurez vous ; elles en avaient bien plus avant mais elles en ont beaucoup vendu en anticipant la catastrophe). Pourquoi les banques achetaient-elles de la dette grecque ? C’est parce qu’elles empruntaient à 1 % à la BCE et prêtaient alors déjà à plus de 6. On ne va donc pas pleurer et on s’inspirera de l’adage juridique : « nemo auditur turpidinem suam allegans », nul ne peut être entendu quand il excipe de sa turpitude (ainsi on n’a pas à rembourser les dettes de jeu illicite). Pour rigoler, on rappelle que cette maxime vient d’un procès célèbre dans lequel un plombier non payé avait réalisé les salles d’eau d’un lupanar. Le plombier, qui avait saisi la justice s’est vu opposer qu’il ne pouvait pas ignorer le caractère immoral et illicite (quoique légal !) des installations.

Surpris par le référendum envisagé par les grecs, notre président Naboléon 1er a mauvaise mine car il est désappointé comme on dit chez Caran d’Ache. Il se gargarisait d’être le sauveur de l’euro, le protecteur du bas de laine franzose, tout en se pliant aux exigences tudesques, le président à aura internationale et très écouté. Il l’avait dit à la télé et, fouchtra, son beau château de cartes s’effondre. La pièce (de boulevard et Pécuchet) péniblement montée est dans les choux de Bruxelles. Le G 20 de Cannes (3 et 4 novembre) va se transformer en G vain  pour les puissants et G geint pour les Grecs. Duracell 1er croyait profiter de la crise pour se refaire une santé mais, hélas pour lui, son discours et ses actes sont démentis par l’aggravation de la crise. Il croyait avoir saisi le kairos (moment opportun), il a obtenu crisis. Car il ne fait guère de doute maintenant que les 18 mois d’atermoiements et de palinodies européens n’ont pas fait avancer le schmilblic ; au contraire car l’indécision a tout aggravé ; l’incendie aurait pu être éteint au début avec un seau d’eau par une UE en Réunion et maintenant les canadairs risquent de ne pas suffire. Attendons-nous à des attaques sauvages contre l’Italie et l’Espagne par suite du défaut de paiement grec et vraisemblablement de l’éclatement de la zone euro. Les 1 000 milliards de garanties du FESF risquent de peu peser face aux 1 900 milliards de dettes italiennes dont la charge pèse déjà 5,6 % du PIB italien. La France avec ses 1650 milliards (plus 150 fin 2012) ne se porte pas très bien non plus.

Las, les dirigeants n’ont toujours pas compris, et surtout n’en veulent pas à cause de leur idéologie et de leurs intérêts liés à ceux de la fiance et des multinationales, que le capitalisme est mort. Mais il est comme le coyote des dessins animés : il ne réalisera qu’il va tomber qu’une fois au-dessus du précipice. Et cela malgré tous les effets de manche de notre Speedy Gonzalez national. Le pire est qu’il peut être réélu tant les socialos nous bourrent le mou sans programme de rechange solide. Oremus. Ora pro nobis.

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