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Les paras-messie et les paras-Ben

Posté : 28 juillet, 2013 @ 10:45 dans politique | Commentaires fermés

En mars 2003 l’armée US envahissait l’Irak et chassait le dictateur en place, déjà bien amenuisé après la guerre éclair de 1991 comme suite à l’invasion du Koweit par ce connard. Les paras, plus ou moins bel homme, apportaient la démocra-CIA. C’étaient des messies-dominici. En 2002, les USA avaient aussi envahi l’Afghanistan supposée être le sol-siège de Ben Laden et du terrorisme Al Quaida. Voyons les résultats des paras-messie. Car le but était d’exporter la démocratie, sans doute celle du modèle très pourri des USA et des Occidentaux, dans ces contrées orientales. La situation actuelle est lamentable. L’Afghanistan est à la merci des Talibans qui s’empareront du pouvoir dès que les troupes US et occidentales tourneront casaque. Ce ne sera pas difficile car ce pays est toujours divisé par des tribus, des chefs de guerre, des clans, des trafiquants d’opium et que lesdits Talibans constituent la seule force armée générale dans ce chaos patronné par la pourriture politicarde Karzaî, créature des Amerloques comme les soviétiques avaient Najibullah. Il n’y aura donc pas de démocratie en Afghanistan. Du reste, quelle démocratie ? La US ? Non merci.
En Irak, c’est déjà la guerre civile entre chiites, majoritaires, et sunnites plus ou moins infiltrés par les salafistes patronnés par l’Arabie saoudite, par Al Quaida et tous les excités de la charia d’Etat. Certes, les troupes US ont été retirées mais le pays n’a toujours pas la libre disposition de ses ressources pétrolières ou gazières dont les firmes des USA se sont emparées. Du reste, le très gros gisement de Kirkouk, en pays kurde, est à l’abri du pouvoir. Le Kurdistan irakien est quasiment indépendant, ce qui donne des idées à ses copains syriens, turcs ou iraniens. En Irak, les soldats américains ont été remplacés par des milices privées dont les employeurs sont US. Cela ne vise qu’à sécuriser les zones stratégiques, les membres du pouvoir, les étrangers opérant en Irak pour faire leur pelote, les riches. Pendant ce temps-là les attentats continuent car la minorité sunnite a été brimée par le pouvoir chiite arrivé dans les malles américaines.
En Libye, l’opération anglo-sarkozyenne a débouché sur un pays décomposé et incontrôlable. Les tribus s’affrontent, les groupes armés islamistes et/ou terroristes font la loi et essaiment au Mali et au Sahel, muni des armes de Kadhafi et de celles apportées à la résistance par Tsarko et compagnie. On est donc très lin de l’Etat de droit et de la démocratie que les Occidentaux, emmenés par BUSH II, voulaient soi-disant importer dans ces contrées. Avec sélectivité car l’Arabie Saoudite, dictature pétrolière et islamiste (qui finance en loucédé les salafistes et frères musulmans, Ben Ali, Moubarak, etc. n’étaient pas concernés par l’apport de la démocratie. Soit parce qu’ils avaient du pétrole et du gaz, soit parce qu’ils s’attaquaient au terrorisme. C’est amusant parce que maintenant les USA (dont la vraie raison d’intervenir en Irak était le pétrole) sont devenus autosuffisants grâce au pétrole et au gaz de schiste, quitte à détruire la planète au nez et à la barbe de ses autres occupants. Cela va produire un schiisme dans l’énergie mondiale. On sait que l’élimination de Kadhafi a amené les terroristes islamistes aux portes de Bamako jusqu’à ce que Guimauve le Concurrent fasse intervenir l’armée française. Le Mali va veaûter ce dimanche mais on n’aura qu’une apparence de démocratie et une stabilité très passagère du pays car les envahisseurs sont loin d’avoir été éradiqués. De plus les Touaregs attendent une très grande autonomie sinon l’indépendance. Le mieux qu’on peut attendre au Mali, c’est une démocratie islamique soutenue par l’Arabie saoudite qui y a implanté sa religion traditionnaliste (le wahhabisme, encore minoritaire mais très bien organisée dans le secteur de la charité grâce à son royal pognon pétrolier) dans un pays musulman à 95 %. L’opération libyenne a eu pour résultat essentiel de déstabiliser tout le Sahel, dont le Niger où la France exploite (dans les 2 sens du terme) son uranium.
Les démocra-CIA occidentales ont été comme une poule devant un couteau lors des « révolutions arables ». Elles ne tenaient pas à ce que ces peuples recouvrent leur liberté alors qu’elles soutenaient les dictatures en place. MAM avait même proposé le savoir-faire français pour mater la révolte de fin 2011 contre le régime corrompu et voleur de Ben Ali. Il aurait fallu soutenir ces révolutions suscitées par la pauvreté (exploitation des peuples par leurs gouvernants, leur armée, les trusts occidentaux mêlés aux affairistes locaux, le tout dans un contexte de terreur et de corruption), l’identité (les Arables ou les Musulmans méprisés ont trouvé dans la religion des ressources d’aide et d’identité, l’absence de liberté. Non, on a attendu en espérant que ça foire. Le résultat est que partout les courants religieux, souvent dogmatiques et traditionnalistes ou identitaires ont profité des élections pour s’implanter. Beau travail des diplomaties occidentales. Lesquelles ont mis de l’huile sur le feu en armant n’importe qui en Syrie, en soutenant Israël qui accroit sans cesse la colonisation, en faisant des mamours au Qatar, aux émirats dictatoriaux et à l’Arabie Saoudite, en ne reconnaissant pas la victoire électorale du Hamas à Gaza. Mais si le but occidental était la démocratie serait-ce qu’il y a de bonnes dictatures (Russie, Chine, Arabie Saoudite, Tchad, Maroc, « républiques » d’Asie centrale, ex-URSS, etc.) et de mauvaises (Corée du Nord, Libye, etc.) ?
Les paras apportant le messie démocratique (la messe peut-être ?) maintenant ont contre eux les paras, fils de, FIS de, les Ben en tout genre, donc. Au lieu d’envoyer des militaires, des milices privées, des barbouzes, politicards occidentaux amenez plutôt des investissements, des aides, du développement. A long terme, c’est bien plus porteur de démocratie que ce que vous continuez de faire. Mais, au fait, êtes-vous vraiment des démocrates, votre pays est-il authentiquement démocratique ? On peut en douter sérieusement.

Pendant le saccage en Palestine, les négociations continuent

Posté : 24 juillet, 2013 @ 11:18 dans politique | Commentaires fermés

On apprend avec ravissement que les négociations israélo-palestiniennes vont reprendre, après 4 ans d’interruption, grâce à l’entre-gens de Kerry, grossium US et accessoirement époux, des condiments Heinz. Traduction : les palestiniens vont encore être roulés dans la farine par Mahmoud Abbas, grand sachem du FATAH et de l’autorité palestinienne, laquelle du reste n’existe plus car en réalité on a le Hamas à Gaza et Abbas dans les territoires occupés, pardon « disputés » aux dires de l’Etat d’Israël. Cela fait plus de 20 ans que la plaisanterie continue (depuis les accords d’Oslo en 1992) : à chaque « négo » les colonies prospèrent, s’agrandissent, se multiplient à l’intérieur de terres appartenant aux Palestiniens, ce qui leur a été reconnu après la guerre de 1967 par une résolution de l’ONU (242).
Pierre Stambul, Juif français antisioniste, fils de résistants émigrés en France (dont je résume l’énorme pavé ici), démonte dans son ouvrage « Israël/Palestine, du refus d’être complice à l’engagement » (Editions Acratie) ce qui se passe en Palestine et en Israël depuis la guerre israélo-arabe de mai 1948 après que l’ONU avait reconnu le nouvel Etat israélien sur 52 % du territoire disputé (5 % à Jérusalem considérée comme internationalisée et le reste aux Palestiniens). L’ONU (résolution 194 de décembre 1948) avait reconnu la légitimité du droit au retour des 800 000 Palestiniens exilés lors de cette guerre dans laquelle les Etats arabes voisins n’avaient songé qu’à annexer (la Cisjordanie par la Jordanie, alors royaume hachémite, et la bande de Gaza par l’Egypte) des terres palestiniennes. Contre la résolution 194, les sionistes confisquent les terres et les biens des palestiniens enfuis et détruisent 500 villages afin d’empêcher leur retour. L’histoire alors racontée par les sionistes est que les Palestiniens étaient partis de leur plein gré. Stambul se réfère à des historiens israéliens qui prouvent qu’en réalité ils ont été chassés par la force et avec des massacres, que cette expulsion guerrière avait été programmée, notamment par des ententes secrètes avec les voisins arabes. Autre mythe sioniste : la victoire du petit David israélien sur le Goliath arabe : pas du tout car l’armée israélienne (assistée par des milices terroristes comme l’Irgoun qui s’en prirent aux Britanniques, puissance mandataire de la région depuis le règlement de la guerre de 14/18, jusqu’en 1942) était plus nombreuse, mieux armée (par les Occidentaux et l’URSS) que les Palestiniens. Seule l’armée jordanienne avait du répondant mais elle s’était concentrée sur les terres que son roi d’alors (Abdallah 1er) voulait annexer. Le mythe opposait les valeureux nouveaux Juifs défendant Israël aux vieux lâches allant gentiment dans les chambres à gaz. La guerre de 1948 a consacré la « ligne verte », frontière du reste non reconnue par les sionistes, qui donnait 78 % de la Palestine à Israël. La guerre des « six jours » en 1967 contre l’Egypte et la Syrie a permis à Israël de s’emparer du Golan syrien (qui est devenu son « château d’eau), du Sinaï égyptien et d’occuper la Cisjordanie plus Gaza. La résolution 242 de l’ONU (1967) ne donne aucune légitimité à une annexion éventuelle des 22 % de territoire resté théoriquement aux Palestiniens.
Depuis 1967, guerre elle aussi secrètement voulue et préparée par Israël (d’après Stambul qui s’appuie sur des sources récentes), le martyre de la Cisjordanie perdure malgré, et sans doute à cause, de toutes les négociations de paix menées sous la houlette des USA, notamment après les accords d’Oslo en 1993. L’objet des négociations est la « paix contre les territoires » ; or à chaque fois après une négociation la colonisation des territoires « disputés » n’a fait que progresser. Il y a actuellement 500 000 colons (souvent hyper religieux et fanatiques) dans ces territoires et cela continue. Leur situation est celle de « bantoustans », de morceaux de gruyère séparés les uns des autres par des routes de « contournement », des « check-points » (750), la construction bientôt achevée du « mur de séparation », par l’extension ou la construction de colonies qui les encerclent, la mise en place de glacis d’isolation (avec destruction des cultures, notamment des oliviers millénaires, et des maisons gênantes pour la surveillance des voisins et la sécurité des colonies). Leurs terres reçoivent les déchets (non traités) des colonies et ils n’ont droit qu’à 20 % de l’eau alors qu’ils font 50 % de la population (en comptant Gaza il y a 5 millions de Palestiniens pour autant d’Israéliens). Ils doivent acheter leur flotte aux compagnies israéliennes car ils n’ont pas le droit de construire des puits. Toutes les infrastructures sionistes sont construites avec expropriation sur leurs terres (routes, stations-service, etc.). Le mur préfigure le futur territoire palestinien en englobant les colonies qu’Israël veut conserver ; il sucre environ 8 % de plus. Les colons font des cartons sur leurs voisins notamment pour les empêcher de cultiver les olives ou arbres fruitiers. Dans le Néguev, les bédouins (qui sont israéliens car ils n’ont pas fui en 1948) ont été spoliés de leurs terres et leurs habitations ont été rasées. Il leur est interdit de construire en dur, ils sont privés d’eau, d’électricité. Israël s’est arrogé le monopole du commerce extérieur des Palestiniens et conserve longtemps l’argent de leurs exportations pour les punir collectivement (ce qui est interdit par les conventions internationales) des attentats perpétrés par de rares individus (souvent par vengeance). Gaza, évacuée (8 000 colons ont été virés par le légume Sharon mais leurs installations, plutôt que d’être laissées aux Gazaouites, ont été détruites) est devenue une poubelle à ciel ouvert manquant de tout car les frontières sont très souvent fermées et qu’Israël ne laisse passer que 50 camions par jour alors qu’il en faudrait 500. Reste le passage de Rafah vers l’Egypte mais celle-ci le ferme souvent pour complaire (sous Moubarak qui avait peur de perdre la manne américaine ; Morsi, président frère musulman, avait fait ouvrir davantage) à Israël.
En Israël même, les palestiniens qui étaient restés en 48, notamment à Jérusalem, sont des Israéliens de 2ème zone. De nombreux emplois leur sont interdits, ils n’ont pas le droit de construire et ils sont expropriés. Les mariages mixtes sont interdits en Israël (solution : se marier à l’étranger). Les rabbins ont le monopole des mariages et autres cérémonies. On est donc en présence d’un Etat Juif (ce qui est la dénomination officielle mais ce qui devrait exclure de l’ONU qui ne reconnaît pas en principe les Etats fondés sur une ethnie, une culture, une religion, une « race »), presque racial, qui scinde sa population entre Juifs et non-Juifs, qui colonise sans, de plus, s’occuper correctement des territoires occupés (ce qui est obligatoire normalement pour une puissance occupante ; solution : on n’occupe pas on assure notre sécurité), qui de plus en plus pratique un « apartheid » de fait. Il est donc assez clair que la politique sioniste menée avec constance depuis le début est d’écœurer les Palestiniens afin qu’ils décampent comme les 800 000 de 1948. Mais c’est perdu d’avance car ceux-ci ont compris la leçon : surtout ne pas partir car ils seraient à nouveau spoliés. La théorie défendue par les religieux et les plus jusqu’au-boutistes des Israéliens est de reconstituer l’antique royaume de Salomon en rejetant les palestiniens à la mer ; le Jourdain, pour de plus modérés, serait la frontière…
Depuis presque toujours, le pouvoir israélien prétend que les Arabes veulent éliminer les Juifs et qu’il n’a jamais d’interlocuteur valable pour négocier. La chose est mensongère car, par exemple, Arafat et son mouvement, l’OLP, avait reconnu en 1988 l’Etat d’Israël dans les frontières de la ligne verte. Arafat était alors réfugié en Tunisie après avoir été chassé du Liban victime d’une invasion israélienne en 1982 (1ère guerre du Liban) au cours de laquelle les milices phalangistes, sous l’œil bienveillant du criminel de guerre Sharon, avait perpétré le massacre de Sabra et Chatila. Le Liban Sud sera occupé très longtemps avant qu’Israël ne se retire faute d’avoir soumis le Hezbollah. En 2006, Israël, prétextant l’enlèvement de 3 ou 4 soldats patrouillant près de la frontière (sinon entrés au Liban pour provoquer ?), mènera la 2ème guerre du Liban contre le Hezbollah, lequel résistera fort bien et suscitera le soutien des autres composantes de la population (Israël avait bien entendu compté sur le contraire mais le peuple libanais s’est ligué contre l’agresseur). Les sionistes au pouvoir ont procédé à des destructions massives au Liban pendant cette guerre : usines électriques, ports, infrastructures, immeubles soi-disant occupés par le Hezbollah, et même une usine de lait qui avait remporté un appel d’offre de l’ONU contre une boîte israélienne (quelle coïncidence !). On a noté pendant ce énième épisode de guerre totale notamment avec celui de l’invasion de Gaza contre le Hamas fin 2008/début 2009) contre essentiellement des populations civiles des pratiques réprouvées par la communauté internationale et l’ONU. Mais les Occidentaux se sont contentés d’une admonestation avant que Tsahal ne se retire en ayant perdu la guerre idéologique sans remporter la victoire militaire, dont, en revanche, le Hezbollah se glorifiera. On notera que la FINUL, force onusienne de pacification forte de 7 000 hommes, n’a rien fait pour s’opposer à la 2ème invasion du Liban, comme à Sebrenica… D’où viennent ces invasions ? Du fait que chaque fois qu’il y a eu un négociateur possible Israël s’est ingénié à lui susciter un concurrent non disposé à le faire car tous avaient observé le double jeu sioniste : je fais semblant de négocier, en posant mes conditions (par exemple Abbas acceptera de s’occuper de la sécurité anti-terroriste à la place d’Israël et contre le Hamas, élu démocratiquement à Gaza) et en poursuivant la colonisation ce qui rend impossible la doctrine officielle de la paix contre les territoires. Israël a même quasiment crée le Hamas pour mettre Arafat hors jeu. Celui-ci espérait négocier malgré les brutales pressions de Clinton pour lui faire accepter un accord léonin en le menaçant de lui faire porter le chapeau de l’échec des négociations. Pour négocier il ne reste plus qu’Abbas mais celui-ci est totalement décrédibilisé en Palestine car chaque négociation a amené plus de colonies, de morcellement et d’apartheid sur son déjà maigre territoire.
Toutes ces atrocités sont menées avec constance au nom d’une réécriture de l’histoire du peuple Juif (en fait les Hébreux, d’où les accointances avec les religieux qui font et défont le parlement et qui représentent aujourd’hui 25 % des habitants ; ce qui fait qu’avec le clientélisme électoral (sachant qu’il y a dans ce pays la proportionnelle intégrale) rien ne change à la colonisation, gauche, droite, religieux, extrême droite confondues. M. Shimon Pérès, prix Nobel de la paix !, est le mètre étalon des retournements de veste. L’histoire officielle prétend que le peuple hébreu vit là depuis 4 000 ans, qu’il y avait un peuple uni (tribus d’Israël et de Juda), que Salomon régnait sur une magnifique Jérusalem où il avait fait construire le 1er temple, que la terre de Canaan avait été conquise par Josué (trompettes de Jéricho, au passage on doit signaler que l’histoire de cette conquête dans la bible magnifie le génocide des vaincus ; c’est curieux que les victimes d’un génocide se vantent du leur même surtout s’il n’a pas existé !), que les Juifs étaient fort nombreux après la conquête romaine, la destruction du 2ème temple par Titus en 70 après Jésus Christ et la défaite finale de 148. Magnifique histoire tirée pour l’essentiel de la bible, ce qui est curieux pour des sionistes qui au début n’étaient pas du tout religieux (pas tant que cela car il fallait obtenir l’appui politique des religieux). Las, les historiens modernes (y compris israéliens) et les archéologues démentent cette saga de glorification et de perpétuité du « peuple élu ». Par exemple, à l’époque de Salomon, Jérusalem était une petite bourgade, il n’y a jamais eu un royaume juif unifié, le génocide de Canaan n’a jamais eu lieu. les Juifs ne se sont pas enfuis d’Egypte, après Titus il n’est resté que eu de Juifs en Palestine. Ce qui fait qu’en réalité ce sont les Palestiniens d’aujourd’hui qui descendent des populations d’alors ! Il n’y a pas de peuple juif, encore moins d’un point de vue racial : comme partout il y a eu des mélanges au cours de l’histoire. Ce qui reste pour caractériser ledit peuple, c’est la religion à commencer pour les juifs venus d’Europe (notamment après la Shoah, et qui n’ont pas été bien accueillis par les sionistes implantés avant la guerre notamment après la déclaration Balfour de 1917) ou des pays arabes (chassés après 1948 ou 1967 alors qu’ils y vivaient bien intégrés quoique victimes de discriminations) ou d’URSS avec l’antisémitisme de Staline et consorts.
Mais cette réécriture politique de l’histoire a bien évidemment un but : rameuter tous les Juifs de la diaspora partout dans le monde pour qu’ils viennent dans leur pays d’origine et aussi bénéficier de la sécurité car les sionistes agitent en permanence la peur d’une nouvelle extermination. Ils crient à l’antisémitisme global des pays où des activistes ou intégristes musulmans suscitent des agressions idiotes, autant que les tirs de roquettes du Hamas ou du Hezbollah sur Israël. Ces stupidités sont montées en épingle dans le discours permanent sur le terrorisme et la sécurité, discours repris avec complaisance par les médias occidentaux qui gobent la propagande sioniste sans broncher. Et quand un journaliste fait bien son job comme Charles Enderlin, il est aussitôt accusé d’antisémitisme et poursuivi en justice par des « organes » comme le CRIF qui est devenu une officine d’Israël en France, officine du reste pas du tout représentative des 600 000 Juifs Français. On notera aussi que les socialos francaouis font des mamours à l’Etat d’Israël, de même que le génial Obama, prix Nobel de la paix, recule à toute vapeur devant le pouvoir sioniste. C’est qu’Obama a sur les bretelles un très puissant lobby juif aux USA (l’APAIC) et est en butte aux chrétiens fondamentalistes qui soutiennent le retour massif de tous les Juifs en Israël. Pour une excellente raison… antisémite : lorsque tous les Juifs seront réunis, alors le messie redescendra sur terre et éliminera le mal (Armageddon, soit les infidèles). Il procédera au jugement dernier dans lequel les Juifs auront le choix, se convertir ou périr ! Evidemment propagande, histoire trafiquée servent à attirer les Juifs du monde entier en Israël (cela ne marche pas tellement car il y en a encore environ 11 millions à l’extérieur ; mais ils apportent du fric, encore plus que les subventions US). On a donc une boucle : arrivée d’émigrants et colonisation, colonisation pour attirer de nouveaux migrants (ce qui implique que les sionistes n’arrêteront jamais la colonisation) de façon à faire des Arabes israéliens une minorité « raciale », d’obtenir, en chassant les palestiniens, un pays où la « race » sera enfin pure. Cela ne vous rappelle rien ? On notera donc la remarquable inaction de l’UE qui voit détruire les infrastructures qu’elle a financées sans broncher. De même que la continuité de la politique américaine de soutien inconditionnel à l’Etat juif. On sait que l’ONU est bloquée par le droit de veto US. Pourquoi ? Parce que les Occidentaux ont fait d’Israël, qui possède la bombe atomique, le gendarme de la région et s’appuient aussi sur les monarchies du Golfe, particulièrement rétrogrades, pour faire régner l’ordre pétrolier et contrer l’Iran et ses alliés (Syrie, Hezbollah…).
Mais les « révolutions » arabes ont changé la donne. Attendons la suite…

Les facéties des institutions des religions

Posté : 19 juillet, 2013 @ 11:31 dans politique | Commentaires fermés

Les manifestations antimariage pour tous ont réuni de nombreux curetons de toutes obédiences. C’est amusant parce que la « gaytitude » est bien connue dans ces milieux. Déjà St Fançois-Xavier, jésuite en mission au Japon au 16ème siècle, gourmandait les moines bouddhistes Zen pour leurs abominables pratiques de sodomites. Et on sait que la prêtrise est dans les religions le plus souvent réservées aux hommes ou que les couvents ne sont pas mixtes. Et comme l’occasion, comme en zonzon, fait le larron, on se doute que si l’homosexualité est condamnée par les religions elle demeure souvent pratiquée par les religieux. Ces comportements sont en général soigneusement cachés par les autorités religieuses, lesquelles, d’ailleurs, ne sont pas en reste comme le montre l’exemple de feu le fondateur des « légionnaires du Christ » tant protégé par Jean-Paul II. C’est comme dans le libéralisme : le droit reste théorique, car pas appliqué, et subjectif car sont seuls concernés les individus fautifs et non les institutions qui facilitent et couvrent les pratiques.
En ces temps de nouveau pape François et de notre propre Français d’assise socialiste, en ces moments où la laïcité devient problématique (affaire de la crèche Babyloup), peut-on se pencher sur les bizarreries des institutions religieuses ? J’ai dit les institutions, pas les religions que, personnellement je récuse mais pour lesquelles je respecte la foi des croyants. Je n’ai rien contre l’expression des religieux dans le débat public à condition que les curetons n’aient pas la prétention d’y imposer leurs vues et encore moins de faire légiférer en fonction des dogmes et interdits religieux. Notamment en matière d’éthique car, là, les faits ne sont pas toujours en leur faveur et montrent une certaine hypocrisie. Hélas, les rabbins, curés, popes, pasteurs, imams, lamas, etc. ne peuvent s’empêcher de vouloir imposer à tout le onde leurs normes de moralité. Encore faudrait-il donner l’exemple, ce qui est loin d’être le cas.
Les curetons de tout poil brandissent leurs textes sacrés, soit de dogme, soit d’interprétations ou de règles de conduite pour condamner l’homosexualité et autres pratiques qui vous vouent à la géhenne éternelle (et où il y a de la géhenne, il n’y a pas de plaisir). On s’étonne alors de l’existence des conduites gays chez les religieux ; cela tendrait à prouver que les fautifs ne croient pas en leurs propres principes. Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis comme disait Ivan Karamazov cher à Dostoievski..
C’est assez drôle aussi car les institutions ou les règles facilitent souvent le contraire du dogme. Prenez les cathos. Les curés s’entourent d’enfants de chœur masculins et les autorités ne reconnaissent pas la prêtrise pour les femmes, ni le mariage des prêtres. On se retrouve donc entre hommes, ce qui est en outre le principe même des monastères. Il n’est donc pas étonnant, car la chair est faible, que l’homosexualité soit une pratique relativement courante quand ce n’est pas la pédophilie avec des éphèbes déguisés en petits curés. La chose est d’autant plus aisée que les prédateurs, déguisés en saints hommes, ont autorité sur les victimes, qui, comme au Canada, sont parfois des sourds-muets ou en Irlande des orphelins sans défense. Et le pêcheur dispose de la confession pour recommencer et ainsi de suite après chaque coup d’éponge. Au passage, l’institution est au courant des turpitudes de ses représentants, ce dont elle n’a pas fait grand usage, bien au contraire puisqu’elle s’est surtout évertuée à camoufler les scandales. L’interdiction de se marier conduit aussi souvent à des scandales sexuels, la plupart du temps homosexuels. Dieu merci, la plupart des curés ont une compagne cachée aux yeux du public mais sans doute pas de la hiérarchie.
La religion musulmane n’est pas exempte de ces tribulations. La séparation rigoureuse entre filles et garçons amène ces derniers à passer à quelques privautés mutuelles. La possibilité d’avoir 4 épouses fait qu’il peut y avoir 3 mecs sans femme et qui sont donc poussés à d’autres relations. L’exigence de virginité de l’épousée amène à des pratiques de type homosexuel : on peut sodomiser sa copine car l’hymen reste intact. La prosternation, le râble en l’air devant Dieu, permet aux fidèles de contempler l’arrière-train de leurs confrères mâles puisque les femmes prient entre elles. Les écoles religieuses, réservées aux garçons, offrent des tentations aux élèves et surtout aux maîtres. Et les 5 actes religieux prônés pour le bon musulman permettent là encore de passer facilement l’éponge. Ce qui expliquerait qu’en Afghanistan les riches puissent encore acheter des jeunes garçons pour en faire des danseurs et des esclaves sexuels. On raconte même que maints jeunes mariés Afghans ne procréent pas, du moins au début, parce qu’ils se trompent d’entrée. La religion israélite est peut être celle qui présente le moins d’écart entre les préconisations et les pratiques. Dans les lamaseries, il doit s’en passer de belles entre moinillons ou autres. C’est- à voir car je ne connais pas la question. On peut se demander si l’interdiction du mariage à la Catho ne crée pas des obsédés sexuels qui tenteraient d’exorciser leurs pulsions en prônant l’interdiction des relations hors mariage pour les autres. Pourtant les imams et les rabbins ou les anglicans peuvent se marier. Est-ce suffisant ? Il ne semble pas car comme l’a montré Freud l’homme est un pervers polymorphe. Un pervers ? Et si c’était dans la nature des choses ? Les anciens grecs étaient bisexuels : une épouse, souvent une emmerdeuse comme Xanthippe la femme de Socrate, et des petits copains pour l’amour vrai. Un connard du Tea party amerloque a dit que l’homosexualité avait perdu la Grèce. Ce quidam ignore que la relation amoureuse entre guerriers était favorisée, notamment à Sparte, parce que chacun se battait à mort pour sauver son amant.
On se demande donc pourquoi il y a à la fois condamnation de l’homosexualité et pratique d’icelle, ce dont profitent des Occidentaux au Maroc et ailleurs, Gide ayant été un précurseur. Serait-ce parce que cela permet de réprimer, de punir en vue d’assurer la paix sociale et surtout de faire planer une menace sur les déviants. Sauf, évidemment, s’ils sont riches et puissants. Cela permet aussi d’alléguer la bonne foi des prêtres puisqu’ils ne sauraient s’adonner à des pratiques qu’ils réprouvent. Et si les curetons peuvent fauter, cela laisse l’institution hors de cause. Cela leur permet aussi de contenir par une sorte d’exorcisme projectif (accuser les autres revient à se prémunir du danger de succomber à la tentation), hélas pour eux pas indéfiniment, leurs pulsions. On peut se demander si la condamnation des comportements « contre nature » ne viendrait pas de ce qu’ils réduisent le nombre des producteurs qui travaillent pour nourrir et entretenir grassement les églises. De quoi vivent les curetons ? Evidemment du travail des autres, surtout les moines mendiants et autres ascètes ou bonzes. Et si les homos pouvaient se marier, alors il deviendrait difficile d’espérer leur héritage. On se souvient de ce que la catho interdisait partiquement le remariage des veuves afin qu’elles entrent au couvent avec leurs biens dont l’Eglise héritait.
Faites ce que je dis énoncent les curetons de tout poil, pas ce qui est naturel ou possible. Et lesdits curetons se réservent les abus qu’ils condamnent chez le pékin moyen. Cela s’appelle de l’hypocrisie. Il faut hélas constater que c’est courant chez les religieux. La morale de l’histoire est que les curetons en tout genre sont avant tout des gens de pouvoir, à commencer sur leurs adhérents qui ne les voient que comme des saints hommes alors qu’ils ont leurs intérêts propres (sales serait plus approprié). Et comme ils sont liés au pouvoir politique, celui-ci les protège contre vents et marées. Sans compter que, évidemment, les institutions cléricales font tout pour cacher leurs turpitudes. Il en va de leur légitimité à dire la vérité, donc de leur position sociale d’alliées du pouvoir et des puissants. Car, bizarrement, les églises ou les curetons de toute obédience sont bien moins diserts sur d’autres péchés. Certes, il est plus difficile à un riche d’entrer au paradis qu’à un chameau de passer le chas d’une aiguille mais il faut rendre à César ce qui est à César. On a donc eu fort peu de prônes contre les injustices, l’esclavage, l’exploitation, les richesses mal acquises, ce qui, à la différence de la luxure librement consentie, fait bien plus de mal aux autres et tue plus ou moins directement. Du reste, l’Eglise s’en est mis plein les fouilles, bien au-delà du financement de la charité censé relever de ce pompage de fric. Mais, n’est-ce pas ?, le luxe est moins coupable que la luxure.
Il n’y a rien de bien surprenant là dedans car les religions ont toujours été l’appui et la légitimation du pouvoir, ont toujours eu besoin des riches pour construire des temples afin d’impressionner le croyant et lui montrer, force œuvres d’art à l’appui, combien Dieu reconnaissait leur mission terrestre. Comme disait Proudhon, c’est la sainte trinité du trône, appuyé sur le sabre, du goupillon et du coffre-fort, le même Dieu sous trois espèces (c’est le cas de le dire) : le pouvoir, l’argent et l’idéologie religieuse. On ne soulignera jamais assez les méfaits des religions : guerres, endoctrinement de couillons analphabètes, frustrés (par les conséquences des principes religieux) plus ou moins violents, justification des inégalités terrestres, soutien aux puissants et aux politicards, agitation des passions identitaires souvent réunies sous la bannière religieuse. M. Morsi en Egypte l’a très bien compris en soumettant la nouvelle constitution au bon vouloir des islamistes : il est sûr que les campagnes illettrées et dans la misère vont voter pour ; les bourges et les jeunes des grandes villes iront se faire voir comme en Iran. Et la vertueuse démocratie yankee est elle-même truffée d’excités incultes qui en pincent pour les sermons de pasteurs autoproclamés alimentant le Tea Party et la réaction. En France, les curetons, les Imams, les religieux de tout poil font peu à peu reculer la laïcité au point qu’on ne peut plus parler de rien dans les écoles, qu’on jette 8 000 petits pots au chocolat parce qu’ils contiennent un soupçon de matière de cochon, qu’on enlève un père Noël d’une école. Montesquieu, Condorcet avaient prévenu : la démocratie requiert la vertu et celle-ci n’a rien à voir avec celles des religions ; elle réclame une éducation du peuple ; éducation que les différentes calottes refusèrent longtemps en Occident et rejettent toujours dans certaines parties du monde, notamment pour les petites filles. Les républicains avaient aussi vite compris qu’elle demandait la neutralité du politique et du droit vis-à-vis de toutes les conceptions religieuses ou idéologiques du monde ; c’est cela la laïcité, laquelle n’interdit pas aux imbéciles de croire. Elle refuse seulement que les options religieuses viennent s’imposer dans a conduite de la politique et que la loi obéisse à quelque religion que ce soit. C’est pourquoi le grand démocrate qu’est Poutine s’appuie sur les popes et les dirigeants américains sur la bible. En France, il faut se méfier et boutiner les christineianisés hors de l’espace public.

Mafias, gangs et libéralisme : un pouvoir caché

Posté : 17 juillet, 2013 @ 9:45 dans politique | Commentaires fermés

Jacques de Saint-Victor vient de sortir un superbe livre sur les mafias, l’argent, la politique, le libéralisme (« Un pouvoir invisible »). C’est un historien qui essaie de nous livrer les sagas des différentes mafias malgré le caractère lacunaire et souvent spécieux des sources. Brillant travail à lire absolument mais dont je ne retiendrai ici que la logique qu’on peut en dégager, ce que, du reste, fait notre auteur en tirant des enseignements de sa recherche et de ses analyses très fouillées. Un constat s’impose : depuis la libéralisation du commerce et la libre circulation des capitaux les investissements criminels de bandes organisées ont tout envahi (drogue, immobilier, stations de ski ou balnéaires, secteur de la santé [médocs, cliniques, hôpitaux, labos, pharmacies], racket, enlèvements crapuleux jeux et casinos, football, trafics d’organes, de bois, d’ivoire, de cigarettes, etc., prostitution, ventes d’armes, etc.). Le « doux commerce » a vu ses activités à la fois viciées, faussées, corrompues et proliférer dans l’économie invisible, la finance occulte partout dans le monde où sévissent de plus en plus les menaces, les extorsions de fonds, les meurtres de récalcitrants ou de « repentis » ou de politicards véreux devenus gênants. Les autorités publiques sont mollassonnes devant une telle extension qui sape la démocratie et fausse la concurrence, qui fait échapper au fisc des centaines de milliards, qui blanchit l’argent des trafics et le réinjecte dans l’économie via les paradis fiscaux. Pourquoi cette expansion des activités criminelles et cette absence de réaction efficace des pouvoirs publics, lesquels, par exemple, n’ont commencé de vouloir réguler la finance et contrôler les paradis fiscaux qu’après le krach de 2008 et le G 20 de 2010. On peut déjà énoncer qu’une partie de ce fric est réinjecté dans l’économie ce qui aide à entretenir le blablabla sur la croissance, qu’une autre partie sert à « fluidifier » les rapports sociaux, que l’on a des financements occultes des partis de pouvoir (du genre des « rétro-commissions Balladur ou des corruptions d’ElF sous Dédé la Sardine, Tarallo et Pink Floch-Prigent), que les sommes détournées par les politicards peuvent finir en Suisse et servir de poire pour la soif en cas d’alternance, etc. On peut aussi penser que le libéralo-capitalisme ayant entraîné la précarité, l’inégalité et la pauvreté, la réduction des moyens publics les mafias peuvent se substituer aux défaillances de l’Etat devenu impécunieux (dette, moins de recettes fiscales, plus de prestations à verser, déficit accru en spirale avec l’austérité) en aidant ou employant les laissés pour compte du capitalisme moderne. C’est du reste ce que font les religieux, notamment islamistes, pour s’installer dans le paysage en rendant des services aux démunis et âmes en déshérence. Là où l’Etat est défaillant s’installe toujours une solution compensatoire qui va de la charité aux mafias et aux sectes. C’est pourquoi, afin que la société tout entière n’implose pas, les politicards ferment les yeux. Ce qui explique la prolifération du trafic de drogue dans les banlieues : il apporte à beaucoup de l’occupation, du prestige dans les bandes et de quoi survivre.
Ce qu’on comprend en 1er lieu, c’est qu’il y a des liens incestueux, des « pactes scélérats » entre les politicards et les organisations mafieuses ou les gangs criminels. Les pouvoirs autoritaires se servent des gangs pour éradiquer leurs ennemis (par exemple les FARCS en Colombie, l’OAS sous Charlot 1er,), développer des réseaux après les décolonisations (réseau françafrique monté par Foccart), « lutter contre le communisme » (avec contribution de la CIA notamment en Amérique latine), zigouiller les syndicalistes et les indigènes réclamant des terres ou protégeant leur territoire contre les dégâts industriels (au profit des patrons ou des latifundiaires). Les relations nouées alors entre services secrets, politicards, grands propriétaires, police, justice ont évidemment des suites car tout ce beau monde se tient par la barbichette et a intérêt à l’omerta, car les exactions sont toujours accompagnées de flux de pognon à recycler (les mafieux ne travaillent pas gratos) ou de privilèges accordés (par exemple des permis de construire ou des appels d’offres truqués : exemple, le « gaullisme immobilier » et l’affaire de la Garantie Foncière) ou de règlements de comptes (exemple tuerie d’Auriol par le SAC fondé par Pasqua pour éradiquer l’OAS), de recrutements d’amis munis de sinécures ou de postes importants où ils peuvent magouiller, etc. La collaboration entre gangs et politiques a donc toujours amené de l’économie souterraine et prédatrice pour la suite de la vie des sociétés. Elle sabote aussi la démocratie e excluant le peuple du pouvoir au profit des partis plus ou moins gangrenés en place.
Les démocraties libérales ne sont pas en reste, surtout si elles sont faibles en tant qu’Etat. C’est le cas de l’Italie depuis son unité en 1876 : on a beaucoup utilisé les mafias dans le Sud et en Sicile soit pour réclamer l’indépendance (monarchistes, aristocratie, grands proprios et mafieux), soit pour lutter contre les indépendantistes. Après la 2ème guerre mondiale, la Démocratie Chrétienne a, dans le Sud, fait alliance avec les mafias afin de faire élire ses représentants contre les paysans sans terre, les cocos et les syndicalistes. Ce fut un clientélisme sans limites dans lequel les mafieux rabattaient les électeurs vers la DC (menaces, meurtres des candidats ennemis et de leurs soutiens, distribution de prébendes et avantages, embauche massive de prolos et de mafieux dans les services publics, etc.). Qu’on ne se moque pas de l’Italie car c’est ce qui s’est passé récemment à Corbeil-Essonne où les Dassault achètent les suffrages et il y a même une affaire de meurtre d’un rabatteur encombrant en cours d’instruction chez « le beau Serge » et son successeur à la mairie. Ou bien parlons des magouilles des Guérini et consorts à Marseille, côté PS. Une fois en place avec la complicité des politicards, les mafieux institutionnalisent le racket (impôt sur les commerçants, les industriels, le BTP, les boîtes de nuit, etc.) et ne sont pas poursuivis via une police pleine de ripous et des magistrats corrompus soutenus par les politiciens élus dont certains sont directement des mafieux. Les lois de décentralisation accordant une très grande autonomie locale ont facilité le système de collusion entre les notables, les bourgeois et possédants, les politiciens et les mafieux. Dans ce système il devient impossible de poursuivre les criminels et les corrompus parce que personne ne témoigne et que les témoins ou repentis sont assassinés ou leur famille menacée et parfois zigouillée. Des procès énormes, suite à des meurtres massifs ou des corruptions énormes, ont été montés par une justice italienne indépendante, elle, mais ils ont échoué car les lois n’étaient pas suffisantes pour poursuivre, surtout la « bourgeoisie mafieuse. Quand les juges n’étaient pas assassinés comme Falcone ! C’est Forza Italia, parti créé par Berlusconi qui a repris les pratiques sordides de la DC après la chute de celle-ci dirigée pendant près de 50 ans par feu Andreotti, toujours passé entre les gouttes malgré l’opération « mani pulite » menée par les juges du Nord.
Les démocraties fortes, c’est-à-dire celles qui ont une administration puissante à tous les niveaux territoriaux (un Etat, donc, soi-disant de droit), sont elles aussi atteintes par les phénomènes mafieux. C’est généralement dû au fait que certaines administrations sont en réalité devenues indépendantes du pouvoir politique ou mènent ses opérations secrètes : CIA, FBI, NSA. Pendant des années la CIA a aidé les « narcos » du général Noriega, président du Panama et qui a fini par porter le chapeau étant lui-même un gros trafiquant de drogue, afin de financer la lutte contre les révolutionnaires sandinistes au Nicaragua ou les castristes à Cuba via le dictateur Somoza. Les USA ont aidé à développer le trafic d’héroïne pendant les guerres d’Indochine pour éradiquer les cocos. On sait que la France a été l’espace des « barbouzes » utilisant des indics, des infiltrés et bien sûr des bandits pour mener leurs opérations occultes. On voit facilement que l’intérêt de l’industrie barbouzarde au service occulte du pouvoir est de dissimuler sa participation ; pas vu pas pris surtout avec la magnifique « secret défense » francaoui et une justice aux ordres. Mais quand les opérations sont finies les mafieux restent et il faut leur donner des rentes ou des capitaux pour qu’ils ferment leur clapet. Ainsi, on n’a jamais élucidé l’enlèvement et le meurtre de Ben Barka, l’assassinat de Fontanet, du duc de Broglie, de Markovic, de la tuerie d’Auriol (les commanditaires étant passés à l’as comme dans la plupart des cas de bourgeoisie mafieuse ou politicienne tirant les ficelles). Si besoin est celui qui est prêt à faire des révélations est aussitôt emmené dans un monde meilleur et coulé dans le béton d’un promoteur véreux.
Les évolutions récentes montrent une emprise de plus en plus disséminée et importante en volume. Car la mafia n’a pas intérêt à se concentrer, à se centraliser puisque cela deviendrait trop voyant ; elle travaille plutôt en réseau d’amis installés un peu partout et surtout sans liens officiels autres que la parole donnée ou la famiglia à l’instar des triades chinoises ou des Yakuzas japonais. La libéralisation totale des échanges, la libre circulation des capitaux, la dérégulation financière qui a fait disparaître toutes les protections contre la spéculation et autorisé des audaces en produits très risqués (pour le quidam ou le salarié ou le retraité, pas pour les banques et les financiers), qui a ruiné en même temps l’Etat-providence, la protection dont jouissent les paradis fiscaux, la transversalité des multinationales ont supprimé toutes les barrières à l’investissement dans les opérations criminelles camouflées en objets commerciaux licites. Les champs offerts aux activités criminelles ont été décuplés par le libéralo-capitalisme depuis son émergence sous Thatcher, Reagan et Milton Friedman et son école économique de Chicago. Les nouveaux moyens internet (stockage des données, vitesse d’exécution des ordres, passage par une chaîne d’écrans et de sites) ont facilité le blanchiment et les implications occultes. Même pour le denier d’Ô-culte avec les banques véreuses et « mafiatées » du Vatican (Loge P2 et ses ramifications). Cette libéralisation qui avait été accordée pour faciliter les délocalisations et investissements des multinationales a eu des effets pervers que les politicards n’auraient pas dû ignorer ou non-prévoir. Mais la théorie était à l’autorégulation des marchés, à leur efficience, aux « éthiques d’entreprise » et aux « chartes de déontologie des affaires ». Si le « mafiatage » pouvait exister, les marchés y mettraient rapidement fin. Las, comme on va le voir, le monde des affaires ne peut pas rater une occasion, même illicite, de s’enrichir dans tous les trafics juteux et permettant de ruiner les concurrents honnêtes. Je disais que tous les marchés étaient ouverts aussi parce que des économistes distingués et nobélisés ont écrit noir sur blanc (aux USA, c’est plutôt Blanc sur Noir comme vient de le prouver l’acquittement de l’assassin d’un jeune Noir sous prétexte de « légitime défense ») que l’essentiel était la liberté des individus et du commerce : on peut donc vendre ses ovules, son rein, son corps, sa morale, ses bras (ça, c’est fait depuis longtemps, c’est le salariat), etc. L’aporie est que la doctrine ne permet pas de savoir si l’on peut vendre aussi sa liberté, car rien ne s’y oppose en principe vu que tout doit être libre, responsable, risquophilisé.
La doctrine libérale a fait accroire que tout était permis pourvu qu’on réussisse, que l’économie n’avait rien à voir avec la morale, que la compétition était darwinienne et fondée sur la sélection des meilleurs, que seule la croissance monétarisée était l’objectif essentiel des sociétés, que seuls les individus existaient comme formes sociales, que les interactions entre ces monades conduisait à l’« harmonie spontanée » via la « main invisible du marché » dans le « meilleur des mondes possibles », que l’Etat et son intervention, c’était caca (pas Kaka, footeux émérite et profitant bien du système grâce à son excellence), que l’échange était toujours profitable à tous via la spécialisation et la compétitivité, etc. Les politicards, ayant été séduits par ce qui n’est qu’une idéologie à prétention scientifique et mathématisée, ont donc soit laissé faire les affaires, soit organisé eux-mêmes la dérégulation en faisant voter les lois ad hoc. C’est pourquoi il n’y aura bientôt plus de haddock dans la mer, d’air non pollué, de forêts, de glaciers, d’eau potable, de nourriture tant en volume qu’en qualité (agro-carburants et récoltes pour le bétail, OGM, pesticides et autres fongicides, désertification, pollution des terres arables, etc.), d’énergie bon marché, etc. Il n’y aura plus de services publics car le privé s’occupera seul des assurances, des retraites, de la santé, des prisons, des écoles ou universités, etc. car, abandonné à lui-même, sans règles, sans pouvoirs publics pour les fixer et contrôler leur application, la société devient le livre de la jungle où jongle le capital. C’est soi-disant plus efficace pour le pays alors que ce n’est que plus rentable pour les puissants. Les services doivent être laissés au privé, c’est d’ailleurs ce que préparait « l’AMI » (accord multilatéral sur l’investissement) sous le libéralo-trostkard Jospin, puis l’AGCS (accord général sur le commerce des services), la directive Bol-Frankenstein avec « le plombier polonais ». Et maintenant ce sera le traité commercial transatlantique.
Il n’y a pas de raison de se gêner car comme disait Ivan Karamazov « tout est permis » (s’il n’y a pas de Dieu) ; ce qui est devenu s’il n’y a pas de morale, de vergogne, de honte. Donnons un exemple : la transformation par la Mafia et la bourgeoisie mafieuses des terres fertiles et superbes entourant Naples en gigantesque dépotoir à ciel ouvert. Comment est-ce arrivé ? La mafia ayant aidé les politicards à être élus dans cette magnifique contrée a réclamé, et obtenu, en échange le monopole de l’adjudication du traitement et du stockage des déchets. La mafia s’est emparée des terrains nécessaires en spoliant leur propriétaire par différents moyens de menace et d’extorsion. Elle a ensuite fait des offres de service aux industriels : venez chez moi, je m’occupe du traitement et j’assure la sécurité sanitaire des sols et tout cela pour bien moins cher que les concurrents. Alors les industriels du Nord de l’Italie puis jusqu’aux Teutons si vertueux en écologie et honnêteté des affaires ont envoyé leurs déchets en masse, y compris de très toxiques non traités et non sécurisés. ; C’était bien moins cher parce que la mafia se contentait de stocker sans précautions et sans traitement. Les industriels ont vu là le moyen d’échapper aux contraintes écologiques et de sécurité et d’avoir un avantage compétitif, car, comme on le sait depuis Vespasien, l’argent n’a pas d’odeur. Le résultat est que régulièrement Naples est victime d’un énorme engorgement de déchets (les terrains devenant rares) et que ses environs sont devenus un cloaque fétide et dangereux, que les maladies du sang, des nerfs, des poumons, les déformations des fœtus, etc. ont grimpé en flèche. Et c‘était merveilleux car la camorra avait aussi investi, pour recycler l’argent sale, dans les hôpitaux et les cliniques, dans les labos et la pharmacie (très utiles pour les produits nécessaires à la fabrication de drogues).
On voit donc qu’en régime libéralo-capitaliste sans règles et sans Etat tout se tient : le profit, les élections truquées, la démocratie en trompe l’œil, le crime, l’argent sale, les paradis fiscaux et les multinationales si promptes à délocaliser leurs déchets (enter autres) en vue de la rentabilité et de la compétitivité. Ce qui explique très bien aussi les scandales de viande avariée, de lait toxique produit en Chine, etc. Merci, M. de Saint-Victor d’avoir déstructuré cette imparable logique dans votre magnifique livre. Vous nous avez montré comment le management, c’est de la mafia et celle-ci du management modern style.

Le traité transatlantique de libre-échange

Posté : 6 juillet, 2013 @ 8:55 dans politique | Commentaires fermés

L’UE vient d’obtenir mandat des chefs de gouvernement et autres compradores pour négocier un traité de libre-échange entre elle et les USA (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement, PTCI). Soulignons déjà que les termes de ce mandat, dont les actions doivent démarrer le 8 juillet 2013, ne sont pas publiés et que le Tartarin de l’Elysée se glorifie d’avoir obtenu la non-négociabilité de « l’exception culturelle » française. Or, le commissaire européen au commerce, Karel de Gucht, a déjà annoncé que cela pourrait être remis en question si la chose arrivait sur la table. Le Gland méchant Mou a donc obtenu une victoire provisoire et médiatique comme d’hab. Mais c’est super car on s’épargne une alouette de diversité culturelle contre un futur percheron de destruction de tout le reste. C’est à croire que les fantoches de l’UE et de Paris n’ont jamais analysé les conséquences d’accords équivalents (ALENA) entre le Mexique et les USA. Le Mexique a, par exemple, ruiné ses « maquiladoras » et zigouillé sa sécurité alimentaire au profit du maïs OGM des USA. De ce fait, l’immense diversité des semences de maïs, plante originaire dudit Mexique, est en train de disparaître comme les planteurs mexicains étranglés par des coûts de production plus élevés qu’aux USA. Tans pis, car nos onéreuses élites politicardes et économiques continuent de croire aux vertus du libre-échange et de la spécialisation suivant le vieux théorème de Ricardo. Lequel ne tenait pas compte des rendements croissants, de la monnaie et des taux de change, des problèmes de sécurité des fournitures et surtout des besoins et de la demande. On peut déjà se gausser de l’exception culturelle qui n’est en fait qu’un prétexte pour garantir des rentes de situation et des subventions à nos éminents producteurs et distributeurs de grande culture, aux firmes de CD ou DVD, aux réalisateurs de cinéma, etc. le plus souvent ringards. Et voulez-vous sauver tous nos grands artistes domiciliés en Suisse (ou ailleurs) pour échapper à l’impôt sur le revenu et aux droits de succession ? Il est clair aussi qu’il ne s’agit pas de sauver nos rares penseurs de notoriété internationale puisque de toute façon l’époque des Sartre, Derrida, Deleuze, Althusser, Debord, Lacan, etc. est révolue. Il nous reste BHV et Glucksmann et autres « nouveaux philosophes » passés du maoïsme au libéralisme le plus échevelé. Ou, en histoire, Rosanvallon et Furet à la place de Braudel et Bloch. Plus des inconnus remarquables comme Dupuy, Descombes, Badiou qui se passent très bien de l’exception française car ils continuent de penser pour l’universel et non les petites cours d’admiration mutuelle et les salons franco-français. Ce qui est grave, c’est que la France ait perdu sa capacité de produire d’immenses penseurs ou écrivains au profit des rapports comptables de l’énarchie.
Rappelons que la France, de même que tous les autres pays, ne participe plus aux négociations commerciales internationales car l’UE ne dispose que d’un négociateur au nom de toute l’Europe. Négociateur évidemment vendu aux thèses libérales soutenues par les Gibbies et les Teutons, comme d’ailleurs tous les gros membres de la grosse Commission de Bruxelles, à commencer par Barroso, ex-maoïste et ex-saigneur du Portugal qu’il dirigé il n’y a pas si longtemps. Et comme on ne connaît pas le mandat, il devient clair que les représentants de l’UE dans le bargaining auront carte blanche et chèque en blanc pour plomber l’Europe. L’enjeu des négociations n’est pas dans les droits de douane qui sont à moins de 5 % actuellement côté Europe, 3,5 côté USA. L’enjeu réel, ce sont les normes, ce qui fait comprendre que le PTCI est une resucée de l’AMI discuté en loucédé au château de la Muette (évidemment…) du temps du socialo-trotskiste Jospin et brutalement arrêté lorsque la chose s’est sue. C’est une reprise aussi de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) repris par l’UE qui aligne les mutuelles sur les boîtes privées à but purement économique. C’est encore la même méthode de création d’un arbitre pour régler les différents, arbitre qui, tel l’ORD de l’OMC, est composé de fantoches acquis au super libre-échange comme Barroso.
L’UE va se plier aux normes US sans difficulté quand on pense que Guimauve le Concurrent n’accorde pas l’asile politique à Snowden et interdit même l’avion de Morales de survol du territoire francaoui. On sait aussi que les Rosbifs, les Teutons et autres poussent à un abandon des normes européennes bien plus strictes que les ricaines et nuisibles, donc, aux grandes affaires. Par exemple, les normes Reach sur la dangerosité des produits chimiques déplaisent à BASF, inventrice du zyclon B, ou à Roche spécialiste de la dioxine à Seveso, aux cabinets (ministériels) dont les membres ne veulent pas s’interdire des voies de pantouflage dans le juteux privé… Les OGM pourront envahir les marchés européens (maïs, soja, etc.), on bouffera du poulet lavé au chlore, des bœufs aux hormones, des produits issus de carcasses de bovins passés à l’acide lactique. On se pliera aux exigences ricaines en matière de sécurité des données privées collectées par Google, Face Book, Amazon et remises aux « grandes oreilles » des USA. Les médocs s’aligneront sur les contrôles US et leurs autorisations de mise sur le marché. On s’alignera aussi sur les normes techniques des télécoms US. On admettra que la « brevétisation » du vivant se fasse suivant les procédures US, le copy-right sera US comme les droits d’auteur. On sera sans doute forcé de donner des permis d’extraction des gaz et pétroles de schiste aux firmes US (et donc aussi aux autres comme Total). On devra laisser Monsanto (et les chimistes européens) diffuser ses semences OGM et ses produits tueurs d’abeilles. Vive la mondialisation.
La cerise sur le millefeuille sera que les entreprises US (et autres) auront le droit d’attaquer un gouvernement (ce qui était prévu par l’AMI, du peuple, et Lamy des multinationales à l’OMC) en cas de décision contraire à leurs intérêts. Par exemple, si la France décide de porter le remboursement d’un médoc de 60 à 10 %, alors le labo le produisant pourra exiger des indemnisations ! Ou si la France interdit le régent et autre pesticide tuant les abeilles. Pendant ce temps, Hamon (commandement) fait accoucher d’une ridicule loi sur les « class actions », loi qui confie le monopole des plaintes en justice à des associations reconnues, qui exclue la pharmacie, la chimie, l’Etat et leurs pollutions ou dégâts, loi donc qui ne concerne que la consommation courante et non les autres nuisances, loi qui limité l’action collective au pénal et renvoie l’indemnisation au civil et au cas par cas individuel, loi qui limite la plainte civile aux préjudices directs et non à ce qui peut s’ensuivre ou à ce qui n’est pas encore prouvé. Le changement, c’est maintenant ! Et aussi quelle belle loi contre la finance et la banque, qui ne sépare affaires et dépôts et qui ne concerne que 1 % des activités pour compte propre des banques ! Décidemment la collusion politicards, technocrates, milieux d’affaires est à son summum. On vient ainsi d’apprendre que la Dircab de pépère était l’épouse du PDG de Vallourec qui veut des gaz de schistes pour vendre des tuyaux. Et des tuyaux, le sieur Crouzet (Mme ayant gardé son nom d’Hurbac pour que ce soit moins voyant) en a… par sa femme !

Le livre noir du libéralisme

Posté : 17 juin, 2013 @ 8:31 dans politique | Commentaires fermés

Il y a une bonne quinzaine d’années est sorti un bouquin intitulé « le livre noir du communisme », livre à charge contre le socialisme qui ne serait que le début du communisme totalitaire et livre hagiographique en faveur du libéralisme. Pur travail idéologique de disqualification des aspirations socialistes en faveur du capitalo-libéralisme. Un philosophe italien, Domenico Losurdo, vient de sortir un livre magnifique, dont je rends compte ici, intitulé « Contre-histoire du libéralisme ». Je préfère, eu égard à son contenu et à l’existence du honteux livre pro-libéralissime, l’appeler livre noir du libéralisme. Car Losurdo montre que le libéralisme s’est construit sur l’esclavage (donc c’est bien un livre Noir), le racisme et le travail forcé. Et si l’on fait le décompte morbide des victimes du communisme et du libéralisme, comme on dit, y a pas photo. C’est ce que nous allons voir ci-dessous.
La « démocrassie » libérale est née de la demande des classes bourgeoises et possédantes d’être libres de vaquer à leurs opérations de profit, de jouir de leurs propriétés (dont les esclaves qui d’après le « code Noir » de Louis XIV étaient des biens meubles), de les faire librement fructifier et, de développer leurs libres entreprises. Il fallait donc éradiquer le pouvoir royal qui les contrôlait, les taxait et surtout mettait des règles limitatrices à leurs exactions. Figurez-vous que les rois catholiques et absolus d’Espagne et de France interdisaient de maltraiter de trop les esclaves des colonies. La lutte contre l’absolutisme était donc en même temps une question raciale et un problème de pouvoir économique. A quoi s’ajoutait que les religieux catholiques (et chez les protestants, les Quakers) ne voulaient pas qu’on empêche les conversions en maltraitant les colonisés, plus ou moins « esclavagisés » ou réduits au travail forcé. Et ils demandaient que les esclaves puissent disposer du dimanche pour les offices. Que de temps de travail perdu ainsi ! C’est pourquoi on devait non seulement se débarrasser du monarque absolu (d’autant plus que ce con était catholique et un rival puissant) mais aussi des empêchements religieux. Le pouvoir politique démocratique devait être neutre par rapport aux convictions religieuses ou autres.
Ensuite, est apparue la question sociale de la misère et de l’exploitation éhontée des classes travailleuses au 19ème siècle. Il fallait que le pouvoir politique ne s’en mêle pas et ne limite pas « la liberté d’entreprendre » et le « droit de propriété. Il fallait que les problèmes économiques et sociaux ne relèvent pas de l’Etat, que celui-ci n’y interviennent pas. La charité suffisait à suppléer aux carences du contrat entre le travailleur libre et le patron libre. On voit ainsi que la démocratie libérale est en fait un appareillage de domination des possédants (des terres ou des entreprises ou des banques) sur les autres acteurs sociaux. Elle accouche de triplés (et non de jumeaux comme le dit Losurdo) : la répression raciale, ouvrière et religieuse, ces connards de curetons se mêlant du salut des âmes y compris esclaves ou misérables. Aujourd’hui, il ne s’agit plus que de domination pure et simple des financiers, actionnant les politicards compradores, dans les affaires économiques et sociales. C’est que les classes dominantes et propriétaires qui ont voulu la démocratie ne se sont jamais préoccupés que de leurs intérêts. La révolution française perturba ce beau monde avec ses idées universalistes d‘égalité entre les hommes et la déclaration des droits de l’homme. En outre elle libéra les esclaves en 1794, ce que le grand Napoléon fit défaire en 1804 tout en menant une expédition à St-Domingue contre la 1ère république noire. On comprend la haine de tous les rois et de toutes les démocraties en trompe l’œil contre ladite révolution.
Contrairement à ce que raconte la vulgate libérale, le pouvoir politique « démocratique », censé limiter au maximum les ingérences de l’Etat dans les affaires privées (et elles sont nombreuses : la propriété, l’entreprise, la liberté d’entreprendre, la vie privée, notamment sexuelle, la morale), pensé comme soumis aux libertés individuelles et au respect des droits subjectifs, conçu comme neutre par rapports aux acteurs sociaux, a été incroyablement totalitaire et interventionniste. Il a empêché l’organisation des ouvriers en interdisant la grève (ou « coalition »), l’association (et les syndicats), les caisses de secours mutuel (au profit de la caisse d’épargne gérée par des capitalistes), les manifestations et rassemblements ouvriers, les journaux (ceux de Proudhon étaient systématiquement censurés et punis d’amendes astronomiques pour les supprimer), les candidatures ouvrières (sous prétexte qu’un « députain » représentait la nation et l’intérêt général et non une classe sociale et un intérêt particulier). Le PP démocratique a pondu des lois ignoblement iniques et répressives pour protéger la propriété ; par exemple, voler un quignon de pain était passible du bagne (et de la pendaison en Grande-Bretagne). On se souvient des féroces répressions des révolutions des canuts, de 1830, de 1848 et de 1871, des dragonnades de Clémenceau en 1920, etc.
En réalité, le but caché de ces lois édictées contre le peuple, les chômeurs, les pauvres, etc. était de punir pour déporter les condamnés dans les colonies (c’est comme cela qu’on a peuplé l’Algérie de Blancos ou l’Australie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, les Indes, l‘Ouest des USA). Voilà comment la démocratie libérale résolvait la « question sociale » après avoir laissé le patronat libre de fixer les salaires et les horaires de travail, les relations de travail sur la base du contrat de droit privé. Il y a encore pire en démocratie libérale née aux Pays-Bas, en G-B et aux USA à partir d’une lutte des puissants-possédants contre le pouvoir central afin de pouvoir exploiter les autres sans vergogne. C’est la façon dont elle a favorisé les Blancs contre les Noirs et les Peaux-Rouges ou autres indigènes et races de « sous-hommes » comme les Arabes lors de la conquête de l’Algérie par le boucher Bugeaud (qui porte la casquette, mais il obéissait au pouvoir politique libéral de Louis-Philippe, monarque au service du capital). Les Noirs ne furent pas libérés lors de l’indépendance des USA ; et pour cause car les libéraux voulant chasser les Anglais qui, soi-disant, les traitaient comme les « Nègres » désiraient en fait supprimer les ingérences du gouvernement britannique et des religieux anglicans (et abolitionnistes quoique bien après les Quakers). Et les indépendantistes, tels Jefferson, Washington, Hamilton étaient des sudistes de Virginie propriétaires d’esclaves noirs. La démocratie libérale US, après la guerre de Sécession (qui libéra les esclaves Noirs que jusqu’en 1877, date d’un accord Nord/Sud restaurant une discrimination sévère), permit ensuite la chasse aux Indiens pour voler leurs terres à confier aux vagues de colons européens et blancs poussant vers l’Ouest et la ségrégation raciale pour les Noirs. Figurez-vous que nos libéraux et démocrates US interdisaient les rapports sexuels (a fortiori les mariages) interraciaux, les espaces mixtes (jusqu’au jugement de la Cour suprême avec l’affaire Laura Parks), l’éducation des Noirs (apprendre à lire et à écrire à un esclave était sévèrement puni même pour un Blanc). La diffusion de livres et de journaux ou textes favorables à la non-ségrégation était interdite et espionnée, etc.
Les libéraux-démocrates se servaient de la démocratie pour s’opposer au pouvoir central qui avait la prétention de limiter un peu les prédations des propriétaires et colons envers les Noirs et les Indiens. En clair, la démocratie n’appartenait qu’aux « hommes libres », ce qui n’incluait pas les races inférieures, y compris les ouvriers, trop bêtes pour appartenir au « peuple élu ». Car figurez-vous que la religion, protestante, faisait partie de la coalition contre les races inférieures. En effet, les Protestants brandissaient la bible (en fait l’ancien testament) qui louait les exploits des Hébreux ayant chassé du pays de Chanaan ses peuplades refusant le vrai et seul Dieu en les massacrant au passage (1er génocide montré par une œuvre écrite). Les indigènes et autres Noirs descendaient de Cham, le moricaud et père d’une race maudite, Sem étant le père de la race élue. On reconnait les proximités actuelles entre une certaine droite protestante pro-sioniste et les attendus de la religion : le retour de tous les Juifs en terre Promise permettra celui du Messie, ce qui pourra enfin permettre le jugement dernier. Les dirigeants d’Israël (ne pas confondre ceux-ci avec le peuple hébreux) devraient se méfier car le jugement promet que les Juifs ne seront sauvés que s’ils se convertissent …
Quant aux prolos, ils méritaient leur sort de manouvriers car la « sélection naturelle des meilleurs » (coucou, revoilà le droit naturel mais sous forme scientifique ; chose qui a été suivie de l’invention de l’eugénisme, non par les nazis, mais par les Anglo-Saxons dès la fin du 19ème siècle) les excluait du « banquet de la nature » (Malthus). Il était donc justifié de voter des lois démocratiques pour forcer ces déchets humains à travailler 15 heures par jour et 6 jours sur 7. Car le « jour du Seigneur » était sacré au grand dam des saigneurs capitalistes (en France, c’était 7 sur 7 jusqu’en 1910, sans compter la semaine de 10 jours des révolutionnaires-démocrates). Il fallait que les exploités priassent pour expier leurs fautes et mériter le paradis dans un monde meilleur. Et les lois démocratiques du libéralisme US imposaient, comme en G-B) l’assistance du populo aux offices ; mieux, poussées par les curetons des sectes protestantes, les lois entraient dans les chambres à coucher et interdisaient le sexe oral ou anal. Ce que ne disent pas les annales du libéralisme car cela montrerait que celui-ci n’est pas si démocratique, neutre (sur les conceptions de la vie) et libéral que le prétendent ceux qui ont voulu (et veulent toujours) exporter le magnifique modèle de la démocratie américaine. Cette exclusion des Noirs, des Indiens, des pauvres a été justifiée dès le milieu du 19ème siècle par la « science » de l’eugénisme, pseudo science créée par le rosbif Galton dans la foulée d’une interprétation raciste de la sélection naturelle de Darwin, qui permit de filtrer les immigrants aux USA, de stériliser les individus « anormaux » et les individus des races inférieures (notamment les aborigènes d’Australie). Losurdo montre qu’Hitler n’a rien inventé et que fascisme et nazisme n’ont pas été guère plus totalitaires que le libéralisme des 18 et 19èmes siècles. Si les USA (et autres) ont hurlé à l’horreur du génocide des Juifs en Allemagne, cela ne les a pas empêchés de maintenir la ségrégation raciale jusqu’en 1962 (et ce n’est pas les politicards qui le firent mais la Cour suprême lors de l’affaire des bus d’Atlanta avec Laura Parks ; et c’est lié au mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King) et de soutenir l’apartheid en Afrique du Sud (l’ANC de Mandela a été mise sur la liste des organisations terroristes jusqu’en, tenez-vous bien, 2008).
Si le colonialisme et l’esclavage ont fini par ne plus être légitimes et ont été officiellement supprimés, c’est par suite de pressions extérieures sur les libéraux. Par exemple, c’est à cause de la puissance de l’URSS, lors de « la guerre froide », que les USA finirent par abandonner la ségrégation raciale. En effet, la ségrégation alimentait les pulsions communistes et animait la révolte des peuples colonisés. Les bons hagiographes du libéralisme et de la démocratie US disent que les USA n’ont jamais eu de colonies. C’est exact car ils se sont contentés d’exterminer les Indiens et d’annexer des terres de leurs voisins (Texas, Californie, Floride, et Louisiane qu’ils ont achetée à Napoléon en 1803 mais qu’ils auraient sûrement annexée sans ce deal) ou de leurs opposants (annexion des Philippines, de Cuba). Ils ont aussi soutenu des coups d’Etat fascisants contre la démocratie dans toute l’Amérique latine, notamment Pinochet en 1973 ou ont pris le contrôle de territoires via des gouvernants de paille, par eux mis en place, par exemple au Panama pour y contrôler le canal. Et soulignons que l’étendue des USA fait qu’ils n’ont guère besoin de colonies. Du moins pas directement, il suffit d’autoriser l’expansion de leurs capitalistes et d’acheter des gouvernements compradores. Mais c’était de la démocratie, non ? Si la très démocratie libérale française a abandonné l’Indochine et l’Algérie et décolonisé en Afrique, c’est à cause des guerres de libération qu’elle n’avait plus les moyens de vaincre et à cause de la pression internationale. Voilà donc la belle histoire de la démocratie libérale une fois démaquillée !

Pourquoi la France patine-t-elle ?

Posté : 1 juin, 2013 @ 10:50 dans politique | Commentaires fermés

Notre pays est victime de ses rentiers, lesquels sont de toute façon nuisibles en tout régime libéral ou, plus encore, socialisé. On a déjà la rente institutionnalisée des politicards en fausse démocratie soi-disant représentative. Par le biais d’un mode de suffrage inique (uninominal majoritaire à 2 tours sans proportionnelle) on a créé un duopole UMP-PS qui ne fait que virevolter lors des alternances électorales. Il s’ensuit que la diversité du peuple (dans sa composition ethnique, dans sa mixité de genre, dans sa pluralité de professions, etc.) n’est pas représentée même si une bonne partie de celui-ci est sensible aux sirènes de la droite extrême. Et nous avons le triste cumul des mandats à la fois dans le temps (on a des députains élus sur plus de 4 ou 5 mandatures !) et dans l’espace avec des représentants multicartes, du local au national en passant par le régional. On observe une fusion entre l’énarchie et la représentation, fusion accompagnée du phénomène des « revolving doors » (portes tournantes ou, en France, pantouflage) des allers-retours entre les fonctions politiques, administratives et privées. Les assemblées sont notoirement blanches, vieilles, masculines, bien diplômées, très loin de la composition sociologique du « pays réel ». Il n’est pas étonnant qu’une telle sélection d’excellences fasse la politique du capital, de la rente, des vieux, des mâles. Comme elle parasite le pays avec ses amis du capital et ses compères des syndicats, elle a intérêt à ce que rien ne change : sans la prédation capitaliste, elle ne peut plus exploiter le chêne, comme dirait le gui, le mal passant.
Dans tout régime capitaliste les classes dirigeantes s’arrangent pour monopoliser le pouvoir derrière les apparences de la fausse démocratie représentative. Et il se trouve facilement que les dirigeants politiques sont acoquinés avec les grossiums de la finance, les huiles de l’industrie, les gros propriétaires fonciers, les langues fourchues des médias propriétés de conservateurs de la finance ou de l’industrie et aux petits soins pour les annonceurs, les diffuseurs de la science économique « normale », les magistrats compradores, les syndicalistes achetés, etc. Les dirigeants sont très largement issus de classes supérieures de la société via le système de reproduction élitiste qu’est l’éducation nationale maquillée en instrument méritocratique. Les enfants des classes subordonnées (7 % alors qu’ouvriers et employés font 50 % de la population) ne font pas de grandes études et quand ils y arrivent ils ne disposent pas du bon réseau de relation et de cooptation pour accéder aux sphères dirigeantes. Les arrivistes ont cependant besoin d’une bonne peau d’âne pour faire partie du club des classes dirigeantes ; c’est ce qui a poussé M. Léchevin, ex-ouvrier à EDF, ex-secrétaire de la fédération CFDT de l’énergie, ex-médiateur de l’énergie, président actuel de l’ADEME, à laisser croire qu’il sort de Sciences-Po Paris. Et le plus souvent, quand ils y parviennent, ils sont devenus des traitres à leur milieu originel d’appartenance. Car pour réussir ils ont dû montrer patte blanche et acquérir les normes de la culture dominante qui ainsi peut les assimiler à dose homéopathique. C’est ainsi que les socialos parvenus (dans tous les sens du terme) au pouvoir ne sont pas enclins à changer le système pour la bonne raison qu’ils n’en voient pas de meilleur que celui qui leur a permis de percer. Il devient clair alors que sur les plans culturel, moral, psychologique les dirigeants se ressemblent tous et sont conservateurs. On ne doit pas changer un système qui vous a si bien fait. On voit que « la circulation des élites », chère aux fascistes Mosca et Pareto, ne modifie rien à l’affaire car une alouette de promotion sociale ne dénature pas le percheron capitaliste.
Les dirigeants, politicards, même de « gôche » compris, sont misonéistes par construction et par parcours ; faire de l’alternance politique consiste à permuter sur les sièges électifs des gens tout à fait semblables dans leurs idées et leurs attitudes. Ce qui est aujourd’hui la pensée unique libérale (liberté, propriété, mérite), l’économisme, le culte de la croissance (pour faire croire aux pauvres que l’on va atteindre le bout du tunnel et que le monde de demain sera meilleur, comme chez le coiffeur qui rase gratis), le bricolage pour créer de l’emploi (tout en trafiquant les statistiques ; ainsi la Teutonie a 7 millions de gens sur des mini jobs à temps partiel payés 450 euros par mois : la décence voudrait que des demi-emplois soient comptés dans les statistiques en équivalent temps complet, ce qui dans le cas germain ferait tout de suite 3,5 millions de chômeurs de plus), la geste du libre-échange, l’épopée de la libre circulation du capital. Dans ce système prédateur, qui porte l’inégalité comme l’orage la nuée, les puissants en situation de domination pressurent les dominés et les petits. Les hypermarchés rançonnent leurs fournisseurs, la FNSEA fait la politique des gros céréaliers, betteraviers, pinardiers, les multinationales assujettissent leurs sous-traitants, notamment en les payant en retard, les patrons mégotent sur les salaires et les heures de travail tout en réclamant des subventions et des détaxations, les médecins libéraux font des dépassements d’honoraires, les syndics de faillite se font du gras sur les boîtes en perdition et vendent les dépouilles du failli à leurs copains via le tribunal de commerce, les juges pourchassent les vrais syndicalistes, les législateurs pondent des lois en faveur du capital, le fisc passe l’éponge sur les grosses fraudes fiscales, etc.
Et depuis des décennies des professions à monopole continuent d’exploiter leur rente : pharmaciens, notaires, huissiers, taxis, conservateurs des hypothèques, trésoriers-payeurs généraux. Les industries pharmaceutiques et chimiques peuvent mettre en danger la santé publique sous le regard bienveillant, et parfois la complicité, des autorités ou agences de contrôle (médiator, amiante, Régent, Cruiser ou Gaucho, perturbateurs endocriniens, pesticides en tout genre, etc.). Depuis une quinzaine d’années, des « agences », commissions, comités, hauts conseils, autorités ont été créées par les gouvernements afin de se défausser de leurs responsabilités sur des « organes » soi-disant neutres et indépendants. En réalité, ces organismes saprophytes font que ça profite au capital car ils sont truffés d’experts extérieurs inféodés. Depuis la révolution néolibérale les lobbys peuvent officiellement (cela se faisait en catimini avant) faire le siège des fonctionnaires, des élus, des dirigeants politiques pour faire passer des lois ou règlements en leur faveur ou à tout le moins amoindrir la portée des textes dangereux. C’est d’autant plus aisé que les « élites », de droite et de « gôche » communient dans les bienfaits de l’économie libérale, le respect de la propriété et du droit d’entreprendre, le mythe du progrès et de la croissance. Ce n’est pas étonnant car ils ont été formatés par la même formation, le même type de recrutement (cooptation par les réseaux libéraux), la même soumission à la « contrainte extérieure ». Car, en réalité, le capital est tout à fait internationalisé. Il suffit que les « marchés financiers » froncent les sourcils, que les collègues gouvernementaux, que la technocratie mondialisée (FMI, BM, OCDE, OMC, Grosse Commission de Bruxelles) tirent la sonnette d’alarme contre les dérives anticapitalistes et les normes de bonne « gouvernance » pour que le pouvoir politique en place se mette à faire allégeance, notamment à la rigueur imposée par la Gross Angela. En d’autres termes, toutes les instances, tant intérieures (par exemple la Cour des Comptes qui maintenant rivalise dans l’orthodoxie financière bien que présidée par un socialo mais nomme sous Tsarkozy au grand dam des mensonges du Lying Dutchman), qu’extérieures font pression pour maintenir l’ordre capitaliste en France, ordre dont Valls à 3 temps (moi, moi, moi) est le bon gardien sécuritaire.
L’ordre capitaliste est préservé par notre système d’éducation qui sélectionne les « meilleurs » via les concours des grandes écoles. Ce système est fondé sur l’autorité et le conformisme. De plus, les diplômés qui en sortent obtiennent une rente à vie avec promotion automatique. Comme ce sont des as très méritants, ils ne peuvent diriger de petites structures. C’est ce qui explique qu’en France les PME, PMI, PTI soient négligées par le pouvoir à base d’énarques et de grands ingénieurs en général peu ingénieux. Tout le paquet est mis sur la finance et sur les multinationales où les hauts fonctionnaires pantouflent malgré les conflits d’intérêt. Ce système se moque du travail quand il n’est pas théorique et abstrait, d’où la fuite devant les filières professionnelles de formation et l’apprentissage, voies méprisées par les parents d’élèves et les étudiants qui ont compris que la finance est plus juteuse. Et en plus notre « noblesse d’Etat » et des grosses firmes est respectée car elle a fait accroire que sons succès est mérité à l’issue d’une sélection impitoyable dans l’éducation nationale inégalitaire. Ces rentiers du savoir, savoir du reste purement technique sans culture générale, sans sens critique, sans ouverture sur les autres et le monde, maintiennent leur domination ne varietur et pratiquent un management par la force, le pouvoir, le dogmatisme, la calculette. Ce management empêche l’innovation, la coopération, la communication dans les entreprises et dans l’administration. D’où la dramatique désindustrialisation du pays au profit du fric et des multinationales. Et le pire est que ce sont ces rentiers qui accusent les travailleurs de résister au changement, d’être crispés sur leurs « acquis », de s’opposer à la « modernisation du pays. Pour ce faire, ils reçoivent le soutien de journaleux inféodés au système capitaliste, tel Walter Closets, l’inénarrable auteur de la saga « Toujours plus ».
On ne dira jamais assez que le régime capitaliste repose sur l’exploitation économique, la domination politique et l’hégémonie idéologique et culturelle. En fait, le système a réussi à s’ériger en « bloc historique » (Gramsci) lié par l’adhésion à une idéologie libérale. Et il se trouve que les dominés adhèrent largement à cette idéologie de la propriété, de l’individualisme, du mérite, du bonheur dans la consommation. D’où l’impératif de la croissance pour soutenir la croyance populaire dans les mérites du système. Cette croyance est d’autant plus admise que les syndicats officiels ont abandonné depuis longtemps la lutte des classes au profit de l’ordre « démocratique » dans lequel ses éléments « méritants » (les Le Duigou, Chérèque, Léchevin, Notat, etc.) font office de filtres des besoins populaires pour les transformer en demande acceptable par le patronat. Quand ils ne trahissent pas. Il est vrai qu’une bonne partie du peuple travailleur a abandonné depuis longtemps la lutte des classes au profit de l’embourgeoisement, du statut de propriétaire, du consumérisme, de la « distinction » par l’avoir, du « souci de soi » individualiste et narcissique. C’est du reste à encourager cette mentalité que joue généralement la presse, notamment les magazines « people », les émissions sur les têtes couronnées, les scandales sexuels ou autres. Des pains et des jeux, disaient les Romains pour endormir la plèbe. Il faut aussi noter qu’une protection sociale étatisée a déresponsabilisé tout le monde largement géré d’en haut et « assisté ». Et maintenant, avec la crise, des éléments du pouvoir et des partis politiques font de la diversion populiste avec les bons thèmes du bouc émissaire : les émigrés, les clandestins, les islamistes, les gays, les « assistés », les fraudeurs à la Sécu (4 milliards pour les fraudes aux prestations, 40 pour celles aux cotisations… et qui poursuit-on ? Les premières qui en font 10 fois moins que celles des patrons !). Evidemment, les curetons de tout poil encouragent ce conservatisme populaire et soutiennent les pouvoirs capitalistes.
Las, pour les rentiers et les conservateurs, un monde nouveau germe sous la cendre des destructions capitalistes. Mouvements de résistance, d’indignation, de révolte, ONG, nouvelles structures de production et de vente ou anciennes, comme les coopératives et les mutuelles qui reprennent du poil à la « bête immonde » qu’est le libéralo-capitalisme, altermondialistes, écologistes, « décroissants », associations, syndicats de base, etc. sont en train de s’unir, finiront par se fédérer pour, non pas tempérer et réguler le capital, mais mettre en place une contre-société grosse d’un autre régime dans tous les domaines : politique, social, économique, juridique, culturel. Et on a vu que les véritables conservateurs et amis du capital, ce sont… les libéraux!

Les syndicalistes compradores

Posté : 29 mai, 2013 @ 10:43 dans politique | Commentaires fermés

Je ne veux pas parler du militant de base ou local qui se dévoue corps et âme à la défense et à la protection de ses mandants, tel Martin à Arcelor-Mittal. Je veux parler des huiles syndicales censées jouer le rapport des forces en faveur des salariés dans les « négociations sociales ». Je ne veux pas parler des syndicalistes dont l’obédience même est un attribut de soumission aux intérêts du capital comme la CFE-CGC ou la CFTC. Il ne s’agit pas non plus des petits syndicats non institutionnalisés comme SUD ou l’UNSA. Je ne m’occupe que des « syndicats représentatifs » censés être radicaux ou réformistes de « progrès ». En d’autres termes, je vise la CFDT et la CGT.
A tout saigneur tout honneur ; voyons le cas de Mme Notat, ex secrétaire confédérale de la CFDT, syndicat qui a accompagné l’avancée rapide de la France socialiste vers le libéralisme, le libre-échange mondialisé, la transformation des entreprises publiques en centres de profit gérés comme une boîte privée. Quittant ses fonctions de « tsarine » à la CFDT elle a enfin réalisé son rêve : devenir patronne dans le privé. Elle a monté, avec l’appui de grosses entreprises qui n’avaient pas vu d’un mauvais œil son règne à la confédération, une boîte d’audit et de conseil en Responsabilité Sociale des Entreprises, VIGEO. Cette géniale et progressiste maison montre la particularité d’auditer surtout les entreprises qui l’ont financée et qui continuent de le faire. Et encore un conflit manifeste d’intérêt, ce qui n’a l’air d’ennuyer personne. Le rôle éminent des conseils en RSE, grands propagandistes de l’autodiscipline des entreprises, inspiratrices de « chartes de bonne conduite », de « codes de « déontologie » vient d’être illustré par la catastrophe de Dacca où 4 000 ouvriers et victimes (surtout ouvrières) du textile turbinaient pour 30 euros par mois dans un bâtiment surélevé de 3 étages sans autorisation (du reste, pourquoi ne pas l’avoir demandée puisque dans ce pays il suffit de graisser des pattes pour avoir ce que l’on veut ?). La veille, les ouvriers avaient vu des fissures importantes dans les murs de l’usine occupant un immeuble qui n’avait pas été construit pour supporter autant de monde et de machines et encore moins des groupes électrogènes mis sur sont toit. Ils furent priés de retourner au boulot. L’immeuble s’est écroulé causant 1127 victimes. Dans les gravats on trouvait moult emblèmes publicitaires de firmes occidentales (dont des françaises peut être conseillée par Vigéo) qui sous-traitent leur production au Bangla-Dèche via une cascade de sous-traitants impossibles à contrôler car on n’arrive plus à savoir quel est le donneur d’ordre réel. Cette catastrophe n’est que la dernière d’une longue série, quoiqu’étant à ce jour la plus meurtrière. Le Bangla-Desh est devenu le 2ème exportateur de textiles après la Chine qui a perdu des marchés parce que ses salaires augmentaient de trop vis-à-vis d’autres pays comme le Vietnam. Gageons que les bons élèves de Vigéo trouveront rapidement des pays où les salaires et les conditions de travail seront encore plus bas qu’au Bangladesh.
M. François Chérèque, lui, a été nommé après son départ du consortium français de trahison (CFDT) des mandants, Inspecteur Général des Affaires Sociales par le gouvernement de Flanby 1er. N’aurait-il pas poussé un peu trop en faveur de l’Accord nationale Interprofessionnel, transformé en loi et qui torpille le droit social de notre pays ? Serait-ce une promotion pour services rendus ? Autre cas intéressant, celui de M. Bruno Léchevin, le bien-nommé. Ce gazier a été secrétaire de la fédération de l’énergie (CFDT) à EDF/GDF. Il a beaucoup facilité la transformation d’EDF et de GDF, ainsi séparés, chacun en SA, sous la houlette de Tsarkozy. Avant, il avait aidé la direction des 2 EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial) à passer au « management » moderne, notamment en faisant aller de la DPRS (direction du personnel et des relations sociales) à une DRH « normale » assise sur l’individualisation des salaires et des récompenses ; il a poussé à la fusion entre la fédération de l’énergie, du secteur public, et celle de la chimie, du secteur privé, ce qui veut dire noyer l’esprit de service public dans la logique de gestion du privé. Il a été ensuite nommé cadre à la Commission de Régulation de l’Energie (CRE). Ensuite encore il est devenu un des responsables-médiateurs de ladite CRE où il s’occupe du tarif social et des réclamations des « clients ». Et aujourd’hui il est président de l’ADEME, une des agences bidon du pouvoir. Maintenant, il laisse dire qu’il est diplômé de Sciences-Po alors qu’il n’a qu’un diplôme de sociologie délivré par cette école dans le cadre du laboratoire de sociologie créé par feu Sainsaulieu. Car EDF/GDF avait passé un accord avec ce labo pour former en promotion sociale des syndicalistes méritants afin qu’ils deviennent cadres à l’arrêt de leur militance. Léchevin en a bénéficié, ce qui lui a permis de faire oublier qu’il avait commencé à EDF comme ouvrier. Et maintenant, donc, son diplôme de promotion sociale Sainsaulieu, souvent accordé quels que fussent les succès dans les études car notre grand sociologue spécialiste de « l’identité au travail » avait besoin d’un bon taux de reçu pour continuer de faire fonctionner la pompe de subvention de son labo par EDF, est devenu un titre de L’Ecole des Sciences Politiques, fourrier de l’ENA. Bravo l’artiste. Et nous avons l’inévitable le Duigou, grand chef de l’approche économique à la CGT. Ce syndicaliste méritant a été nommé conservateur (c’est le mot) des hypothèques, sinécure très bien payée, après sans doute moult services rendus au pouvoir.
On sait que le Conseil Economique et Social (plus environnement ajouté sous Tsarkozy) est un repaire de syndicalistes et de « personnalités » reconnues (par qui ? Par les gouvernements) récompensés pour leur travail (lisez pour leur adhésion aux vues du pouvoir ou pour leur obédience partisane ; mon ancienne chef à EDF/GDF, qui ne parlait pas très bien notre langue disait « adhérence ». Finalement elle avait raison en pratique et, du reste, elle est devenue grand chef d’ERDF, ex-direction de la distribution). On sait aussi que le pouvoir peut nommer des « conseillers d’Etat » (ou autres) « au tour extérieur », c’est-à-dire sans avoir fait l’ENA. Evidemment, cette propension du pouvoir à récompenser ceux qui le servent n’et pas nouvelle. Aucun pouvoir n’accepte facilement d’être critiqué ou d’avoir des adversaires sérieux ; il lui faut donc soit éliminer les postulants dangereux, soit les circonvenir. Ce faisant, le pouvoir fait d’une pierre 3 coups : il achète un peu de paix sociale car les promus se calment sensiblement et car ces derniers tiennent un double discours ; radical vis-à-vis de leurs mandants, politiquement correct dans les instances où ils siègent. Il fait passer des décisions partisanes pour neutres car « à dire d’expert ». Il peut se targuer d’avoir ouvert des négociations ou concertations sociales ouvertes et pluralistes. Remarquez que les syndicats en usent de même en nommant leurs féaux dans tous les organismes paritaires ou dans les instances ou agences gouvernementales. Par exemple, dans une élection aux prud’hommes, la CGT m’avait mis largement en position non éligible. Une succession de maladies et de décès m’a fait accéder au poste au grand dam des compradores. Il est vrai que les syndicats institutionnalisés, subventionnés par le pouvoir (l’ex-patron de FO avait un chauffeur et une voiture payés par la ville de Paris du temps de Chiracos) ou même le patronat, n’ont guère besoins d’adhérents et de cotisants. Cela explique sans doute leur mollesse.
Voilà dans quelle belle démocratie « sociale » nous vivons.

La Chine est arrivée à pied en Europe

Posté : 25 mai, 2013 @ 10:43 dans politique | Commentaires fermés

Et ce n’est pas seulement une contrepèterie mais une référence à la longue marche. Et car depuis son admission à l’OMC la Chine multiplie les violations des règles commerciales. Ainsi a-t-elle massivement subventionné sa production de panneaux photovoltaïques avec des machines allemandes… L’Europe, atteinte de bruxellose, maladie spécifique des moutons européens, vient de se réveiller après avoir ouvert ses frontières sans droits de douane à toutes les productions de l’empire du milieu (au sens strict vu les mafias politico-oligarchiques qui y règnent). Il est vrai que, à l’origine, ce sont des multinationales qui ont délocalisé ou sous-traité ou acheté (Wal Mart) en Chine afin de profiter d’un coût du travail très bas et que, donc, l’Europe a importé des produits manufacturés par ses propres industriels. C’est une des merveilles du libre-échange généralisé et de la libre circulation des capitaux pour obtenir des profits capiteux. Les USA ont déjà infligé 30 % de taxes sur ces panneaux dans lesquels ils étaient eux aussi tombé. L’UE envisage 47 % au grand dam des industriels allemands qui produisent les machines les fabriquant et de tous les autres qui redoutent des mesures de rétorsion de la Chine alors que l’Allemagne exporte pour 65 milliards dans ce pays. L’UE va-t-elle attendre la marée des libre-échangistes qui tirent profit du commerce avec la Chine au détriment du reste de l’Europe ? Sans doute oui car les mêmes acteurs poussent à un accord commercial avec les USA, accord qui sacrifierait l’agriculture européenne au big business amerloque : poulet à l’eau de javel, bœufs et porcs aux hormones, maïs et soja OGM, carcasses d’animaux rincées avec un détergent, etc. au profit, parfaitement hypothétique vu la façon dont ce pays protège son industrie, de ventes de TGV. Au passage, « l’exception culturelle française » (par exemple les aides au cinéma) serait jetée par-dessus bord. On est libre-échangiste ou on ne l’est pas. Et si on l’est, c’est dans tous les domaines, y compris moraux, comme le pratique déjà DSK. Et l’on voit que dans les produits frelatés, les USA, pays aux normes sanitaires très faibles,
La Chine est réputée pour ses productions frelatées et empoisonnées (jouets, fauteuils, produits laitiers, etc.) qui ne respectent pas les normes de santé ou de sécurité et qui pourtant débarquent en Europe. Avec des combines ; par exemple si un pays rejette ses produits elle les exporte dans un autre plus tolérant, lequel, étant dans l’Europe, peut les expédier ailleurs sous son propre (si l’on peut dire) label. Ainsi des éléments produits en Chine sont assemblés quelque part en Europe et bénéficient dans la composition finale de l’étiquette made in Europa. La Chine s’est du reste emparée de la moitié du port du Pirée pour y faire transiter ses produits qui vont inonder le reste de l’Europe. C’est le but de récentes implantations industrielles d’assemblage d’éléments chinois en Europe sous les bravos de maires soucieux de toucher des taxes locales ou du gouvernement ravi des emplois créés en forme de cheval de Troie : emplois à Châteauroux, certes, mais ultérieurement perdus ailleurs.
La Chine, en sens inverse, est particulièrement fermée aux implantations étrangères. Elle exige que les firmes voulant s’y implanter livrent leurs technologies de façon à les imiter et produire chinois. C’est ainsi qu’elle produit maintenant des Airbus et des TGV (Siemens) qui vont supplanter les originaux européens sur les marchés internationaux pour cause de low cost. Certains n’ont pas encore compris ou, plutôt, préfère le profit à court terme et contre l’intérêt des autres et du pays, au long terme et au bien public. Prenons Danone qui monte une « joint venture » en Chine avec un industriel du lait (déjà dans le collimateur pour ses produits trafiqués) avec un partage 51 % pour l’associé et 49 pour ladite Danone. Il se trouve que cette boîte avait déjà été échaudée dans un montage analogue (ce qui prouve que la recherche du profit est plus forte que l’expérience !) : l’associé avait créé une nouvelle usine en solo et avait accusé Danone d’avoir volé ses procédés de fabrication. Evidemment la justice chinoise, aux mains du parti, et le PCC, dont l’investisseur chinois était membre éminent, avaient soutenu l’opération. On devrait le savoir : toute usine exportée en Chine est rapidement dépossédée et au lieu d’obtenir une place sur le marché chinois on a un concurrent, bientôt monopoliste et protégé par les Autorités, sur ledit marché. Il se trouve aussi que les banques chinoises, publiques et tenues par le parti, financent sans compter les nouvelles usines y compris de futurs canards boiteux qui laisseront (et ont déjà laissé) des ardoises énormes qui forment des actifs pourris dans leur bilan. Ainsi l’industrie chinoise, comme la bulle immobilière, est-elle subventionnée massivement, les pertes étant mises sous le tapis. Ce n’est pas grave car c’est l’Etat qui les camoufle et ce sont les déposants chinois qui sont floués. Et les exportations chinoises sont en outre facilitées par le maintien d’un taux de change volontairement sous-évalué. Comme la protection sociale en Chine est très faible (d’où aussi des faibles coûts du travail), les Chinois sont forcés de placer leurs économies dans les banques du parti qui peut ainsi faire de la cavalerie. Ce sont les occidentaux qui ont les 1ers investis en Chine, ce qui y a donné l’accumulation primitive du capital (avec le rançonnement de l’agriculture sacrifiée sur l’autel de l’industrie). Les dirigeants chinois ont alors vite compris l’intérêt de fabriquer pour exporter, ce qui a rencontré la demande occidentale de produits à bas prix pour augmenter les profits, d’un côté, et, de l’autre, développer le crédit et remonter le pouvoir d’achat des travailleurs paupérisés par la stagnation ou la baisse des salaires ou la précarisation du travail. Tout le monde est donc content dans le meilleur des mondes libéral. Jusqu’à ce que la corde pète en Occident.
La Chine colonise économiquement l’Afrique en s’alliant avec des dirigeants corrompus et plus ou moins dictatoriaux comme dans le cas de la Françafrique de Foccart et suivants. La Chine exploite ainsi gaz, pétrole, minéraux, bois plus ou moins précieux (plus ou moins par trafic illégal et en contribuant à la déforestation du globe) ; en échange elle finance et construit des infrastructures utiles, évidemment, au transfert des produits chez elle. Ce faisant, elle utilise sa propre main d’œuvre importée de chez elle, parquée dans des hangars et ne consommant que des produits chinois au grand dam des locaux non employés et des commerces non utilisés. Elle y exporte évidemment sa camelote ce qui tue les industries locales ou les empêche de naître. Et maintenant elle achète des terres aux gouvernements compradores, lesquels en expulsent sans ménagement et sans indemnité consistante les populations indigènes. Car la Chine manque de terres arables, ce qui s’aggrave compte tenu de l’urbanisation galopante, des constructions de routes et de TGV, des expropriations pour construire des usines, du déboisement (le désert y progresse rapidement), de la sécheresse ou des inondations (dérèglement climatique), de la pollution des sols. On aura reconnu les mêmes méthodes que celles des Occidentaux après la décolonisation… On se rappelle cependant que la colonisation occidentale (y compris en Chine avec les villes ouvertes par la force à la faveur des guerres de l’opium menées par la G-B et la France) fut violente et assortie de massacres. La colonisation chinoise actuelle est soft et conforme aux règles dérégulées du commerce mondial.
On voit donc que le communisme totalitaire est tout à fait compatible avec le capitalisme libéral ; il est même plus efficace car les réactions de la population y sont vite réprimées par la police du parti unique, calmées par le syndicat unique, jugées par des tribunaux aux mains du pouvoir. C’est plus commode et c’est le rêve de biens d’industriels occidentaux. Mais là n’est pas l’essentiel. Celui-ci réside dans l’idéal libéral d’accumulation sans fin au service des puissants et dans les effets positifs pour tout pouvoir de l’individualisme et du célèbre « enrichissez-vous » de Guizot. La consommation individuelle, l’enrichissement dans les affaires, la demande d’être propriétaire détournent les ambitieux de la contestation et de la politique. L’individualisme atomise le corps social y compris dans un pays où la famille, les ancêtres, la communauté sont sacrées. Tous les enracinements et attachements sont éradiqués par l’individualisme libéral. Et c’est parfait pour une dictature qui ainsi voit fondre les opposants potentiels. C’est pourquoi totalitarisme et économie capitalo-libérale fonctionnent en harmonie. Le rêve du libéralisme, du reste, n’est-il-pas que chacun soit libre, responsable, égoïste, calculateur, renie ses attaches en devenant « citoyen du monde », refuse les frontières qui violent sa liberté de circuler, nie l’utilité du pouvoir politique qui fait obstacle à sa liberté de se servir des autres comme moyens. Il ne reste alors plus que le marché, le contrat entre individus : plus de nations, plus d’Etats, plus de communautés sauf celles qui divisent le corps social, plus d’idéologie ni de morale, seulement des problèmes de société : les gays, les « femen », les clandestins, les salles de shoot, la liberté du cannabis, etc. Et les droits individuels et théoriques de l’homme. Cela ne nuit pas au pouvoir puisque les luttes de classe, la justice, les inégalités, etc. sont passées à l’as.
Et il est vain de penser que le « doux commerce » finira par démocratiser la Chine, comme il est absurde de croire que la socialisation accrue sans cesse des « forces productives » fera tomber le capitalisme. Peut être mais alors on se retrouvera devant l’accumulation des valeurs d’échange (autre nom de la croissance), la consommation de gadgets, la mort de la planète, l’individualisme féroce de la lutte de tous contre tous. Car tout cela est l’aspect culturel et le mode de vie capitalistes comme phénomène social total allant bien au-delà de l’économie. Plus de capitalisme, oui peut être mais pour quelle conception de la vie en société, des rapports humains, du bien-vivre ? Lisez le dernier Michéa (Les mystères de la gauche), lequel m’inspire ici. On se demande cependant pourquoi les dirigeants occidentaux veulent tant commercer avec un pays qui viole les règles et détruit lentement leur propre pays. C’est qu’ils ne travaillent que pour le profit et que l’avenir leur est égal puisque quand leur pays implosera ils ne seront plus là pour assumer la facture. Que la fête (du capital) dure le plus longtemps possible est leur seul souci puisque c’est lui qui les engraisse.

Mossieu Lenglet, l’Anglais plutôt ou Pluto, chien fidèle du libéralisme

Posté : 21 mai, 2013 @ 11:16 dans politique | Commentaires fermés

Lenglet officie sur la chaîne (au sens propre) 2, sur BFM et autres officines de propagation de la doctrine libérale. Par curiosité, je viens de lire un de ces bouquins, que je ne citerai pas pour éviter de lui faire de la pub, à propos de la crise de l’euro. Notre auteur n’analyse aucunement les causes lointaines et structurelles de la crise : accumulation du capital financier (d’où une masse énorme de capitaux à la recherche de placements rentables et sûrs), libre-échange généralisé et sans protections, (d’où des balances commerciales déséquilibrées), libre circulation des marchandises, des capitaux et … des hommes (d’où la mise en concurrence des pays pour attirer des investissements et pour être compétitifs). Cette mise en compétition économique des systèmes sociaux en faveur des multinationales et des financiers via les pays les moins-disant en tous domaines (social, fiscal, environnemental) a multiplié les profits capitalistes, appauvri les travailleurs, saboté les protections sociales. D’où à la fois la folie des capitaux flottants, la spéculation, la baisse du pouvoir d’achat compensée par le crédit sans limites pour rendre la demande solvable. La pyramide des crédits et des titres de créance (dont les « structurés » et les « titrisés »), assis sur des garanties fictives, a fini par faire 10 fois le PIB mondial lequel est d’environ 60 000 milliards de dollars). Ce sont ces déséquilibres proprement liés au système capitaliste et aggravés par la libre circulation de la fiance qui ont conduit au Krach.
Mais notre bonhomme ne s’intéresse guère qu’aux aspects monétaires et bancaires du sujet et aux idioties des dirigeants européens pour sauver l’euro depuis maintenant 4 ans sans succès. Tout, naturellement, n’est pas à jeter dans les propos de l’auteur qui pointe et analyse avec pertinence les âneries desdits dirigeants européens. Ceux-ci ne cherchent qu’à sauver le capital financier et les rentiers ; ils ne pensent qu’aux banques en les faisant renflouer par les contribuables. Lenglet nous montre les merveilles des solutions de l’UE et de la zone euro. Par exemple feu le FESF (fonds européen de stabilité financière), remplacé en 2013 par le MES (mécanisme européen de stabilité), est doté de 700 milliards pour prêter aux Etats en difficulté ou à leurs banques. Or ces milliards sont en fait soit apportés (peu), soit garantis par les Etats (210 milliards pour l’Allemagne, 140 pour la France) car ledit MES en fait emprunte sur les marchés internationaux et multiplie ses fonds d’intervention par un classique effet de levier des emprunts ou des crédits. Ce qui veut dire que si les pays débiteurs des emprunts consentis via le MES font défaut, ce sont les « créditeurs-garantisseurs » comme la France qui vont rembourser. Rappelons que la dette publique de la France est déjà de 1800 milliards d’euros. Cette solution de garantie par les Etats du Nord encore éloignés de la tourmente a été mise en place pour rassurer la finance internationale soucieuse de ne pas perdre ses fonds prêtés aux pays impécunieux.
Lenglet montre très bien que tout a été fait par l’UE et la zone euro pour garantir le paiement des dettes et sauver les banques. En effet celles-ci détiennent énormément de dettes publiques et si ces dernières se transformaient en emprunts russes elles devraient soit faire faillite et ruiner les déposants, soit être recapitalisées par les Etats, lesquels verraient ainsi leurs dettes augmenter encore plus comme cela a déclenché déjà en 2008 la montée des dettes publiques puis leur crise en 2010 par suite des problèmes de la Grèce. Problèmes du reste non résolus après une vingtaine de « sommets européens de la dernière chance » et toute une série de « mesurettes » inopérantes. Puis il y a eu l’Irlande (85 milliards et cela sans lui enlever son dumping fiscal avec un impôt sur les sociétés de 12,5 % des bénefs, soit la moitié du taux moyen européen), le Portugal, l’Espagne, Chypre. Et l’Italie et la France sont menacées désormais : l’Italie car elle paie du 6 % de taux d’intérêt sur une dette publique de 130 % du PIB (mais avec un déficit nul avant paiement des intérêts), la France à cause de son déficit structurel, de sa dette approchant les 100 % du PIB (avec en fait un taux d’intérêt quasiment négatif pour ses emprunts à court terme, ce qui risque de na pas durer), de ses engagements dans le MES et autres dispositifs qui feraient exploser sa dette en cas de défaut des pays assistés. Dans ce contexte précaire, Lenglet démontre que les Etats et les banques se tiennent par la barbichette. D’où l’invention bricolée de « l’union bancaire » dans laquelle les 200 plus grosses banques européennes sont censées garantir mutuellement les dépôts (actuellement la garantie est le plus souvent publique pour, par exemple, 100 000 euros en France). C’est une farce car déjà de grandes banques sont en quasi faillite : les caisses d’épargne espagnoles, récemment fusionnées en une seule entité, Bankia, sont percluses de créances immobilières pourries ; les banques régionales allemandes sont grevées par leurs actifs en obligations publiques grecques et autres produits toxiques vendus par Goldman Sachs ; la banque franco-belge Dexia est sub-claquante. Du reste les banques ont déjà dû abandonner 100 milliards de dette grecque en 2011 lors du 3 ème « sauvetage » de la Grèce afin qu’elle puisse rester dans la zone euro. Ce qui est une demande de la finance internationale afin de sécuriser ses créances. Lenglet montre ainsi que la position des Européens pour sauver l’euro sert en réalité à rassurer les marchés financiers par la garantie apportée par l’Europe du Nord aux dettes du Sud. Et si les compradores de l’UE ne le faisaient pas, alors les taux d’intérêt payés par l’Italie, la France et même l’Allemagne grimperaient en flèche comme pour la Grèce. L’Europe est donc sous l’épée de Damoclès de la finance internationale et les gouvernements européens, eux-mêmes libéraux à donf, ne se soucient que de ses diktats.
On a eu ainsi les 1 000 milliards, inventés par Tsarko, prêtés aux banques par la BCE à 1 % pour 3 ans. Laquelle BCE a reçu en garantie des obligations publiques pourries détenues par les banques ! L’astuce était de demander en retour auxdites banques de prêter aux Etats ce que la BCE a interdiction de faire. Et les banques prêtent alors aux Etats à entre 5 et 6 % de taux. Bel exemple de contournement de la règle au grand dam des Teutons. C’est en même temps la vieille pratique de la cavalerie qui est remise à l’honneur par des gouvernements censés faire respecter la loi qui l’interdit… Mieux encore ; il est envisagé par certains que le MES soit transformé en banque auquel cas il pourrait emprunter à la BCE pour pouvoir prêter aux Etats. Evidemment, l’Allemagne et les Pays-Bas et autres pays du Nord sont dressés contre cette innovation. Autre idée de sauvetage : la création « d’euros-bonds », c’est-à-dire d’obligations européennes mutualisées pour tout le monde. Ce qui veut dire qu’elles auraient un taux moyen d’intérêt, bien plus élevés qu’actuellement pour la France (1,4 %) et l’Allemagne (1,2), bien plus faibles pour l’Espagne ou l’Italie (6 à 70 % actuellement) ou la Grèce (20 %). Le Nord subventionnerait le Sud. Ce serait un pas vers « le fédéralisme » à l’instar de l’idée de Tsarko, recyclée par Flanby, de « gouvernement économique de l’Europe » dont le 1er jalon est « l’union bancaire » ! Las, les riches pays du Nord en ont marre de payer pour les « cigales » du Sud et craignent que la France ne suive ces derniers plutôt que de faire les « réformes structurelles » que Chamallow 1er a promis d’entreprendre afin d’avoir un délai de grâce de 2 ans pour enfin descendre en dessous de 3 % de déficit/PIB. D’où le TSGC de Merkozy ratifié par Pédalo 1er qui met les budgets européens sous tutelle de Bruxelles. Dans les bricolages, on a encore le rachat par la BCE d’obligations étatiques sur le marché de l’occasion, afin de faire baisser les taux d’intérêt sur les émissions en 1ère main. Là encore les Germains n’apprécient pas. Notons qu’en réalité les prêts teutons ou franzozes aux pays nécessiteux rapportent en fait aux prêteurs à 5 % de taux d’intérêt. L’Allemagne, comme la France, a surtout garanti les emprunts mais elle y gagne et n’a que peu versé. En outre, son statut économique lui permet d’emprunter elle-même à très faible taux, ce qui lui rapporte 21 milliards sur une dette publique de 2100.
Lenglet montre bien que c’est l’euro qui a aggravé la crise financière en Europe. L’euro a été lancé alors que des économistes réputés avaient établi que l’Europe ne formait pas une zone monétaire viable (très faible budget fédéral, faibles transferts financiers entre pays, peu de mobilité des personnes à cause de la diversité des langues et des cultures, etc.). On l’a fait quand même afin d’arrimer l’Allemagne à réunifier à l’Ouest et afin de noyer sa puissance dans ledit Ouest. Mais les Tudesques acceptèrent le deal à condition que l’euro et la BCE soient faits à leurs conditions (pas d’inflation, pas de prêts aux Etats, indépendance de la BCE). Et il s’est produit ce qui devait se produire compte tenu du libre-échange et de la libre circulation des capitaux. Au lieu d’homogénéiser l’Europe, ce qui était la prétention des thuriféraires de l’euro comme monnaie unique, les déséquilibres se sont accentués. Car on n’avait même pas tenu compte de la dynamique du capital : il va là où il y a le plus d’occasions de profit, c’est-à-dire dans les zones déjà développées au détriment des périphéries. On avait ignoré les différentiels d’inflation entre pays, ce qui faisait que, compte tenu d’un taux d’intérêt moyen et fort bas pour la zone euro, les pays inflationnistes pouvaient emprunter à des taux négatifs ; d’où la spéculation immobilière, le déficit des balances commerciales car tout le monde empruntait (particuliers, banques, industriels) pour avoir son logement, investir parfois et surtout acheter Allemand. Et aux yeux de Bruxelles, ces pays étaient bien gérés car la dette publique y était faible et le budget positif malgré d’énormes déficits commerciaux. La crise ayant ruiné les banques (et les particuliers) de ces pays, ils durent emprunter pour les sauver ; d’où l’expansion des dettes publiques puis la crise de celles-ci faute de croissance. En outre l’Allemagne y gagne car les riches des pays faillis fuient massivement et placent leurs éconocroques en Suisse et en Teutonie
Le problème est qu’avec l’euro les pays n’ont plus d’autonomie ni monétaire (ils ne peuvent dévaluer pour redevenir compétitifs), ni budgétaire (coincés par la dette et les exigences de Bruxelles contre les déficits). Leur seul moyen, alors, est de faire de la désinflation compétitive (baisse des salaires, des prix, de la protection sociale, des services publics) pour re-exporter. Sauf que tout le monde ne peut exporter en même temps dans l’UE, les déficits commerciaux des uns étant les excédents des autres, ce qui est compensé par des importations de capitaux, donc de la dette. La situation, y compris celle des Fritz, est précaire car la récession généralisée sape les marchés de tout le monde. Mais l’Allemagne peut encore exporter, grâce à la qualité et à la nature de ses produits (biens d’équipement), dans les PVD. Et l’Allemagne a compris dès 2003 sous Schröder qu’elle pouvait exporter dans l’UE et la zone euro en faisant de la désinflation compétitive. Tant pis pour les 8 millions de travailleurs pauvres (à temps partiel, à 400 euros par mois, à 1 ou 2 euros de l’heure). L’industrie et la finance allemandes sont provisoirement sauvées par le maintien de l’euro, pas le peuple allemand. Car elles vont être imitées par tous les autres dans le cadre d’un sauve-qui-peut généralisé et d’une concurrence de compétitivité mortelle pour tout le monde. L’Allemagne a profité de l’euro en poussant à l’élargissement de l’UE à l’Est. Les buts ? : délocaliser ou sous-traiter dans ces pays low cost la production d’éléments de la « chaîne de valeur » chez eux, avec des machines modernes (triple gain : sur le coût du travail, sur la productivité et sur le taux de change, c’est-à-dire euros forts contre roupies de sansonnet hors zone euro) et garder l’assemblage et l’étiquetage « made in Germany » chez elle. La Teutonie milite alors pour la continuation de l’euro fort car c’est elle qui engrange le pognon. C’est dramatique pour les autres européens parce que la Chine, le Japon et les USA, etc. jouent à la dévaluation de leur devise.
Lenglet pense que l’euro est probablement foutu à cause des divisions entre pays, de la concurrence sauvage entre eux, du poids de la dette impossible à rembourser et du service de la dette (les intérêts) qui peuvent grimper en flèche si les marchés froncent les sourcils à cause de l’absence de réformes structurelles et aussi à cause des conséquences négatives des politiques afférentes d’austérité. Ces politiques structurelles ont montré leur inefficacité et pourtant l’UE persévère pour les appliquer. C’est que l’UE, Allemagne en tête, fait la politique économique souhaitée par les rentiers de mai 68, génération actuellement au pouvoir et qui a tout libéralisé pour sa liberté et sa sécurité contre les nouvelles générations de jeunes. En effet, les rentiers sont par nature hostiles à l’inflation et à l’insécurité des emprunts. Lenglet, en bon libéral, va même jusqu’à énoncer que les retraites sont des rentes payées par les jeunes aux vieux et que, finalement, toutes les générations de vieux sont complices de l’absolutisme de la rente. Il met donc dans le même sac le travailleur, le petit épargnant (assurances-vie), tous les acteurs atomisés et les financiers, énormes structures en fait coalisées en vue du maintien des avantages de la phynance. Car pour Lenglet, les marchés c’est la réunion de la multitude des petits vieux et des grosses molécules de financiers : fonds de pension, d’investissement, banques, assureurs, multinationales. Bel amalgame et renouvellement du tous pourris, même les petits qui n’ont pas eu le choix ou la possibilité de déroger aux règles du capital mises en place depuis 30 ans par les politicards. En outre, faut-il rappeler à l’Anglais, que les vues libérales existaient bien avant mai 68 (par exemple, colloque Lippman en 1938 ou traité de Rome en 1957. On voit le but de la manip : culpabiliser tout le monde et forcer tout un chacun à accepter des sacrifices pour sauver l’euro (lire la finance mondiale).
Pour sauver l’euro, Lenglet propose de réduire les dettes publiques impossibles à servir ou rembourser par abandon de créances, moratoire du service de la dette (on paye rien pendant quelques années), ré-échelonnement de la dette (augmentation de sa « maturité », c’est-à-dire allongement de la durée des emprunts ; bref des jongleries financières ne touchant aucunement à la logique du capital mais toucherait les épargnants et les retraités (déjà ceux qui sont dans un fonds de pension capitalisé). En fait Lenglet redécouvre le « jubilé » en tant que remise des dettes tous les 50 ans. Le moratoire permettrait de se refaire une santé le laps de temps nécessaire pour retrouver de la « compétitivité » (baisse des coûts du travail, « flexibilité » du marché du travail). il ne s’agit donc pas d’austérité mais de baisse des coûts. Ce que préconise aussi l’UE. Lenglet vient de découvrir le fil à couper le beurre après la grosse commission de Bruxelles et après 50 ans de préconisations de l’économie libérale ! L’idée est de faire payer, non les Etats, c’est-à-dire les contribuables, mais les créanciers privés tous mis dans le même sac des abominables rentiers. M. Lenget ne veut pas d’une dévaluation de l’euro, des euros-bonds, de l’harmonisation sociale, fiscale, environnementale de l’Europe. C’est impossible vu la chacun pour soi actuel des pays membres de l’UE et cela sent le totalitarisme car alors la technocratie de Bruxelles s’occuperait de tout. Mais c’est déjà fait, M. Lenglet. C’est fait depuis longtemps au service du capital.

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