les armes de la critique

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La république exemplaire de Mac-Tron

Classé dans : politique — 17 juillet, 2019 @ 11:19

M. Mac-Tron nous avait promis en 2017 un monde nouveau sans magouilles et prévarications politiciennes. Après un peu plus de 2 ans de mandature, on peut constater les résultats effectifs. M. Ferrand trône à l’Assemblée nationale malgré son abus présumé de bien social au profit de sa compagne aux Mutuelles de Bretagne. Le Proc de Nantes, sans doute pour complaire au pouvoir, avait commencé par un non-lieu mais l’affaire, sur plainte d’une association anti-corruption, a été reprise par un juge d’instruction et depuis pas de nouvelles. Cela traîne beaucoup et on se demande pourquoi.
M. Bayrou (de secours) et ses compères ou commères du MODEM s’est exfiltré de lui-même après avoir été accusé de tripatouillages sur les attachés parlementaires fictifs du MODEM. L’affaire est au point mort mais celle du RN, la même, galope. Mme Flessel, dite la guêpe, ministre furtif des sports, s’est piquée elle-même dans une affaire fiscale et a démissionné promptement. Puis on a bien rigolé à l’été 2018 avec le porte-flingue de Mac-Tron dans le feuilleton Benalla. La richissime Hulotte, ministre de l’écologie et avec une floppée de puissants 4*4, a rendu son tablier avec pertes et fracas ; il avait fini par comprendre qu’on ne peut pas servir « en même temps » Dieu et Mammon ; la défense de la planète et la logique du SLC qui est celle du président du Kapital élu en 2017 en se faisant passer aussi pour un bon socialo. M. Collomb, agacé par des querelles intestines, a démissionné pour revenir à Lyon avec sa rosette. Il a été remplacé par le kéké amateur de soirées arrosées en boîte qui dirige actuellement le ministère de l’intérieur, à savoir M. Castagnette. Mme Nyssen a dû se retirer, façon coïtus interruptus, après qu’on avait découvert son peu d’appétence pour le respect des règles régissant les monuments classés. Cela a aussi beaucoup vallsé dans les aréopages de technos au service du pouvoir qui se sont aperçus qu’ils turbinaient bien trop pour de faibles récompenses ou que le privé payait bien mieux ou victimes de ricochets par exemple dans l’affaire Benalla, dont M. Emellien qui, bien que démissionnaire, émargerait encore à l’Elysée. Il va créer sa boîte de conseil-consultance grâce aux droits d’auteur de son chef d’œuvre sur la nouvelle gouvernance. On sait que Mac-Tron est largement mouillé dans la cession de la branche énergie d’Alstom à General Electric qui ne tient pas ses engagements. Il apparaît assez nettement aussi que le Zident aime bien s’entourer de copains comme celui qui semble promis au centre national du cinéma. Il préfère les personnes issues de la « société civile » comme Mme Buzyness ou Mme Wargon ex-lobbyiste pour Danone ou Mme Bornée, ministre des transports (pas des liesses).
Et voilà Rugy qui se voit plus ou moins forcé de démissionner pour cause de homards géants, de château Yquem à 500 balles la bouteille, de rénovation de son logement de fonction, de location indue sous le régime de la loi Scellier, d’utilisation de son indemnité parlementaire pour payer ses cotisations aux Verts. Remarquez que cela va bien avec l’affichage du couple Mac-Tron dans les journaux people, dont (les soirées de) Gala pour lequel travaille Mme Servat-Rugy.
Les débuts de la zidence Mac-Tron ont été marqués par une conception verticale, centralisatrice, étatisante et descendante de l’exercice du pouvoir ; et cela au mépris des syndicats et des collectivités locales. Mais après le mouvement des gilets jaunes et le « grand débat », il a promis de s’amender. C’est pourquoi il prépare quelques gâteries pour les maires, dont la revalorisation de l’indemnité des ruraux. Mais on dispose de signes prometteurs comme quoi il s’agit d’un engagement cosmétique plus que réel. En effet, les discussions entre partenaires sociaux sur l’assurance-chômage ont débouché sur un abaissement des droits (il fallait économiser 3 milliards), sur une hausse de la contribution de l’UNEDIC au budget de Pôle-Emploi, sur une étatisation du chômedu. De même, pendant que Delevoye (de son maître) négociait avec les partenaires sociaux la géniale réforme des retraites universelle et à points, le pouvoir a fait courir le bruit qu’il y aurait un âge-pivot de 64 ans instaurant un système de bonus-malus conduisant les gens à retarder leur mise en retraite. De plus, il apparaît nettement que les retraites vont en fait être étatisées comme la Sécu.
On apprend ce jour même que Rugy va être remplacé par Born(é)e, une techno sans envergure, au ministère de l’écologie et que le parlement va voter sur le CETA avec le Canada. Le sémillant premier ministre du Canada, M. Trudeau, s’enthousiasme de la constitution d’un marché de 545 millions d’habitants… dont 30 millions de Canadiens ! Avec un traité commercial de ce genre avec un pays champion des pétroles et gaz bitumineux et aux normes agricoles très inférieures à celles de l’UE on est sûr d’un équilibre des échanges, surtout pour les bagnoles et la chimie teutonnes, beaucoup moins pour l’agriculture francaouie. Borne plus CETA plus Mercosur signifient en fait la fin de l’écologie macronienne. Il nous faut de la croissance… des multinationales pour assurer le plein emploi… en Allemagne.
Mac-Tron veut des sièges de sénateurs en 2020 (renouvellement d’un tiers du sénat après le municipales). Pour cela il faut qu’il ait des membres élus dans les municipalités car ils seront électeurs des sénateurs. L’idée, politicarde, de chez politiciens, est de débaucher des maires Macron compatibles (LR ou PS ou Verts) pour soumettre aux électeurs des listes munies de macroniens sans lesquels les anciennes équipes municipales ne seraient pas réélues. Ce qui confirme qu’il n’a pas été assez remarqué que le pouvoir tout neuf de Mac-Tron était en fait constitué de vieux chevaux de retour du LR et du PS ; cela na saurait faire commencer un nouveau monde car on a quasiment repris les mêmes, du moins au niveau stratégique, pour que tout change pour que rien ne change. Le rassemblement en dehors des vieux partis voulu par Mac-Tron pour se faire passer pour un homme neuf est en réalité une copie conforme de l’ancien monde. Celui qui a abandonné depuis longtemps le peuple pour faire du SLC avec un saupoudrage de sociétal. Il n’est donc pas étonnant que les anciennes habitudes d’utilisation des ressources publiques pour se donner un niveau de vie supérieur à ses moyens aux frais de la princesse perdure dans notre monarchie ripoublicaine. Mac-Tron est déjà rattrapé par l’écart énorme entre sa pensée profonde, ses dires et ses actes ; exactement ce dont les Francaouis ne veulent plus et qu’ont exprimé avec force et constance les gilets jaunes. Exactement ce qui se voit avec l’abstention massive aux élections et les votes extrêmes. Le vieux monde SLC est déjà mort, mais Mac-Tron est comme le coyote deTex Avery : il ne verra le précipice que quand il sera au-dessus.
Et cela sera encore pire quand Mac-Tron aura réussi son projet SLC de monopolisation étatique de tous les pouvoirs pour conduire le changement vers le SLC en France et en Europe. Cela est bien parti avec le renouvellement des dirigeants européens qui sont du genre plus SLC que moi, tu meurs.

En France, le pouvoir politique est toujours aussi fiscariote même dans la ripoublique exemplaire

Classé dans : politique — 17 juillet, 2019 @ 8:44

On est reparti dans la mise aux enchères des fréquences 5 G par le pouvoir. Encore une source de revenu pour les fiscariotes qui nous gouvernent : 2 milliards sont annoncés comme recette espérée et demandée. C’est bien moins que pour la 4 G pour laquelle les opérateurs de téléphonie mobile avaient dû aligner 6 milliards. Cette soudaine modération en période de vaches maigres vient de ce que nos technocrates ont fini par comprendre que les ubuesques 6 milliards avaient empêché les opérateurs, rentabilité oblige, d’investir dans les zones rurales en les délaissant et surtout en créant des « zones blanches » sans 4 G ni internet haute fréquence. Il en est de même pour les fréquences de radio ou de télévision pour lesquelles le pouvoir se fait des corones en or en vendant ce qui ne lui appartient pas.
Les fréquences d’émission sont un bien commun immatériel dont le pouvoir s’est arrogé la propriété. Certes, il faut une régulation centrale des émissions car sinon ce serait la cacophonie et la victoire des plus puissants. Mais les vendre à l’encan, alors qu’il ne s’agit que d’une définition formelle d’un bien immatériel, n’est ce pas les abandonner aux plus riches, à ceux qui peuvent concourir aux enchères comme pour une vente de tableaux ? S’il faut attribuer des fréquences de façon que les émissions ne se chevauchent pas, c’est bel et bien la tâche du pouvoir politique censé être au-dessus des parties. Cela justifie un impôt (un impôt n’a pas normalement d’assignation à une dépense précise) au pire une taxe (une taxe est la rémunération d’un service rendu par des pouvoirs publics ; itou pour une redevance sauf, exemple de la télé, qu’on vous fait payer la possession d’un appareil et non son usage) mais dans ce cas on demeure très loin des sommes astronomiques que rapporte la vente des fréquences par le pouvoir !
Soulignons qu’en réalité, ce ne sont pas les opérateurs qui sont « racketés » mais les consommateurs car les prix exorbitants de vente des fréquences sont évidemment répercutés dans les prix. Il s’agit donc d’un impôt sur la consommation qui se trouve ainsi déguisé en faisant croire en plus que ce sont les industriels qui le paient ! Mais en univers SLC cela semble normal puisque tous les impôts et taxes payés (ou les dépenses inutiles et fallacieuses comme la publicité) par les entreprises se retrouvent dans les prix (sauf l’impôt sur les sociétés). Ce qui, en outre, désavantage l’industrie française qui a pourtant été mise en concurrence mondialisée par le même pouvoir politique. A ce sujet, il est plaisant de voir les ex-dirigeants de France-télécom être les seuls à être jugés par suite des nombreux suicides de salariés pour cause de harcèlement alors même que cette façon de pressurer le personnel (et non pas de pressuriser comme on le lit chez maints journaleux) provient en droite ligne de la mise en concurrence de l’entreprise privatisée par le trotskard Jospin. France-télécom a dû se plier à la logique de rentabilité à court terme exigée par le marché mondialisé avant de devenir Orange version sanguine.
Les impôts ou taxes dissimulés aux regards sont très nombreux en France ; exemples : les redevances de concession d’EDF ou autre concessionnaire, les frais de levée d’hypothèque (astronomiques, alors que leur gestion ne coûte presque rien), la taxe sur les voies navigables mise subrepticement dans les factures d’eau, les frais de prélèvement gérés par le fisc pour les taxes locales (chez moi, 60 euros pour un boulot qui ne coûte pas plus de 5), etc. Et on ne s’imagine guère la profusion de taxes en tout genre pour un maigre service rendu ; les techno-fiscariotes ont une imagination débordante quand il s’agit de faire payer les citoyens tout en le justifiant bien que cela soit outrancier. Comme disait Colbert, voleur et corrompu, la fiscalité ressemble à l’art de plumer les oies : les tondre sans qu’elles ne crient trop.
Mac-Tron fait préparer le budget 2020 (dont il faut rappeler qu’il sera soumis à la grosse Kommission de Bruxelles avant même de passer devant le parlement !) pour environ 300 milliards ; il est heureusement séparé de celui de la Sécu alors même que c’est l’Etat qui gère ce-dernier, comme du reste il a imposé à l’UNEDIC de payer Pôle-Emploi (3 milliards par an et ça augmente sous Mac-Tron !) et comme il va étatiser l’assurance-chômage et ensuite les retraites. Cela tombe bien car l’essentiel des largesses de la macronie par suite du mouvement des gilets jaunes a été répercuté sur la Sécu qui va renouer avec son trou qui était près d’être résorbé. C’est la technocratie vue par le sapeur Camember et Gribouille. C’est marrant car à force de tout étatiser, un jour ou l’autre la Kommission exigera d’examiner tout le budget et son déficit général ; elle verra alors les jongleries étatiques des trous bouchés en en creusant d’autres et de la bonne vieille tactique du déshabiller Pierre pour vêtir Pau pour établir le budget en se contentant de transférer les charges d’un poste à l’autre ou d’un contribuable ou assujetti à l’autre… Comme disait à peu près Proudhon, être gouverné, c’est être imposé, taxé, apostillé, surveillé, normalisé, etc.
Dans cette préparation du budget 2020, on trouve déjà des loups : augmentation de 0,5 % du budget (4,5 milliards), soit sans doute 3 fois inférieure à celle de l’inflation, appropriation des 9 milliards d’économie sur la dette (par suite de la baisse des taux d’intérêts, Mac-Tron en profite pour augmenter le déficit qui devait être nul en 2022 ; et il le fait plus en faveur des trous du budget de fonctionnement que des investissements d’avenir). Appelons que cette baisse miraculeuse ne doit rien à Mac-Tron mais au marché mondial qui se réfugie, même à perte, dans les dettes étatiques estimées sûres. On garde le silence sur le fait qu’en 2020 il n’y aura pas à payer le CICE aux boîtes (moins 20 milliards) ; on surtaxe les chômeurs, les classes moyennes aisées, les retraités « riches » ; rien n’est pourtant donné aux plus pauvres car les largesses sont réservées aux actifs des classes moyennes inférieurs. Bref, le comptable Mac-Tron fait de la cavalerie et du jonglage. Et Rugy bouffe du homard avec ses copains aux frais de la princesse alors que le pâté Hénaff est si bon pour les grands gousiers prolétariens.

Homard m’a tué a rugy le ministre

Classé dans : politique — 13 juillet, 2019 @ 10:55

La ripoublique macronienne est décidément exemplaire… des « errements » du passé. Le-ci-devant prince de Rugy s‘est cru revenu à Versaiiles et à ses fastes quand le peuple crevait de faim. Il tenait table ouverte à l’hôtel de Lassay, la résidence du président de l’Assemblée nationale : homard, caviar, grands crus et tout le toutim. « En même temps », Rugy (je dois rappeler aux journaleux qu’on ne met le de que quand il y a avant le prénom, le titre ou monsieur) serrait le kiki aux députés en bon père la rigueur plus sot que clément. Faites, ce que je dis, pas ce que je fais est un grand leitmotiv des puissants. Rugy, assisté de sa nouvelle épouse, née Serval (le serval, c’est plus mignon qu’un lion), journaliste people, tenait des soirées de Gala aux frais de la princesse, cette si bonne fille de république représentative et démocratique (pas populaire, ce qui serait redondant). C’étaient des dîners de travail avec des invités de la société civile a rétorqué le ministre adepte de la biodiversité sauf sans doute pour les homards. Du reste, je n’aime pas le homard ou les fruits de mer car j’y suis allergique. Dans ce cas, il vaut mieux dire que ce sont eux qui ne vous aiment pas. Gageons cependant que Mme Serval de Rugy invitait des copains à elle, ce qui a dû donner un panachage amusant. Signalons à cette dame qu’elle doit, en bonne langue française, se faire appeler Serval-Rugy et non ce qu’elle prétend. C’est fou cet attrait des roturiers pour la particule et en acceptant cette entorse au bon langage, l’écolo-ministre s’est montré plus fort de la particule que de la partie tête. Je passe sur les autres gâteries que Mediapart nous distille afin de faire du buzz et de faire en sorte que Rugy s’enfonce comme une mouche engluée dans le bocal de confiture.
Aussitôt le pouvoir a réagi pour sauver le soldat Rugy. Il fait faire des enquêtes avec diligence comme sous Louis XIV. Par qui ? Par des organes du pouvoir… C’est un grand classique francaoui : l’auto contrôle services de l’Etat par des services qui en dépendent directement. Il est ainsi prouvé que nos excellences n’ont toujours pas compris qu’un self-control ne valait rien comme dans le cas de l’IGPN, service de police qui enquête sur la police ! Et comme pour la Justice dont on attend toujours qu’elle commence les procédures contre le maréchal Ferrand ou Bayrou (de secours). C’est que les procs sont nommés par le pouvoir qui sélectionne les plus compatibles avec lui. Rappelons que sous Vichy un seul (vous avez bien lu) a refus de prêter serment au maréchal Putain. Si vous voulez un peu plus de justice, surtout ne saisissez pas un proc mais portez-vous partie civile auprès d’un juge d’instruction.
Cette nouvelle affaire issue de LREM est une bonne illustration de mon PQ sur les Narcisse dont le ci-devant baron (de la macronie peinte en vert) de Rugy fait partie. La girouette (dont on sait depuis Edgar Faure que ce n’est pas elle qui tourne mais le vent) Rugy a enfin trouvé sa voie : être ministre d’Etat après avoir sévi dans les groupuscules écolos. Gageons qu’il va bien défendre l’écologie contre les lobbys en tout genre si attachés au SLC comme la FNSEA ou les chasseurs. C’est pourquoi, après avoir cru à la chouette de Minerve chez Mac-Tron, la Hulotte avait claqué la porte après avoir compris que l’écologie pour le Zident n’était pas si chouette. Ce fut la chance de M. de Rugy qui s’en trouva bombardé écolo en grand chef et qu’enfin Pascal devint député européen au nom du WWF.
Cette lamentable histoire aura une fois de plus montré que la coupure nous, les puissants, les notables, eux les sans-grade est la véritable césure sociale ; pas celle entre les progressistes et les conservateurs ou la pantomime gôche/droite dans les partis.

Les Narcisse comme Mac-Tron

Classé dans : politique — 11 juillet, 2019 @ 10:38

Marie-France Hirigoyen, spécialiste du harcèlement notamment au travail, vient de nous gratifier d’un bon livre sur les Narcisse qui actuellement font la pluie et le beau temps dans le monde du SLC. Certes, il y a plusieurs types de Narcisse, notamment « le grandiose » car mégalomane illustré par la figure de Trump ou du quasiment pervers car séducteur à des fins personnelles et rusées comme Mac-Tron. Ces Narcisse peuplent le monde économique et encore plus celui de la politique ou celui des médias et du spectacle. Ils donnent le la de la bienséance et du succès et sont source d’imitation et de « followers » admiratifs. Quoique divers, ils ont des caractéristiques communes. Ils sont sans vergogne, sans honte, ils visent la réussite exceptionnelle à afficher partout, ils n’hésitent pas à écraser les autres, notamment leurs rivaux, pour se hisser au premier plan, ils s’entourent d’une cour de partisans et soutiens béats, ils sont largement des « people » dont l’image fourmille dans les médias, ils n’hésitent pas à mentir et à enjoliver leur parcours et même leur CV, ils se croient au-dessus des autres et méritants bien plus qu’eux… les plus dangereux sont évidemment ceux qui avancent masqués en se montrant affables, séduisants, serviables alors qu’ils ne sont au service que d’eux-mêmes et de leur image. Ils ont besoin que leur entourage et au-delà leur renvoie la belle image qu’ils ont d’eux sinon leur amour-propre en prend un coup déstabilisant. Rappelons ici l’apport de Rousseau (qu’Hirigoyen ne cite pas) qui distinguait entre l’amour de soi (qu’aujourd’hui on nomme plutôt estime de soi) et qui est parfaitement naturelle car liée à l’individuation de chacun, à son identité, à son désir de « persévérer dans son être » (Spinoza) et l’amour propre qui était d’avoir la reconnaissance des autres comme légitimant les prétentions du Narcisse. Rappelons Freud pour lequel le psychisme inconscient s’articulait entre le ça, siège des pulsions, le moi, ressort de la personnalité individuelle qui peut s’identifier à une figure extérieure en tant qu’idéal du moi supérieur au moi idéal spécifique du sujet, et le surmoi, système des interdits en provenance de la société et incorporés. Freud soulignait que le narcissisme était en quelque sorte naturel car il provenait du fantasme de toute-puissance du Bébé (quand il pleure, ses parents accourent ce qui lui donne l’impression qu’il les domine). Eh bien nos Narcisse modernes n’ont tout simplement pas de surmoi (tout est permis si Dieu n’existe pas, disait Ivan Karamazov) ni pour beaucoup d’idéal du moi car leur moi propre phagocyte tout sur le soi. Le Narcisse a aussi tendance à faire s’estomper la relation sujet/objet, intérieur/extérieur en ramenant tout à lui seul ; sa relation « libidinale » à l’objet est purement instrumentale et utilitaire, y compris quand l’objet est une personne ce qui en fait des Don Juan affichant leurs trophées féminins. Il n’y a plus « de soi-même comme un autre » (Paul Ricoeur, le soi-disant mentor de Mac-Tron, sûrement en tant qu’idéal du moi provisoire après qu’il a été recalé deux fois à Normale Sup) mais l’autre assimilé à soi-même. Certes, il y a chez tout chacun un Narcisse normal, celui issu de la toute petite enfance, mais ce qui prédomine aujourd’hui, c’est le Narcisse en quelque sorte pathologique, démagogue, manipulateur, mégalo ou paranoïaque, souvent pervers car faisant tout pour leurrer les autres et les dominer tout en faisant semblant de les considérer. Pour faire cela, être jeune, beau, cultivé, beau parleur… est naturellement un avantage et ce sont des qualités favorisées par le SLC.
M-F Hirigoyen rappelle que les narcisse outranciers ont pu le devenir par suite de blessures narcissiques subies dès la petite enfance et après lors des situations de relation. Les Narcisse veulent souvent se venger, en les effaçant par le succès, desdites blessures narcissiques. Celles-ci proviennent souvent de l’écart vécu entre la position d’enfant-roi dans la famille et l’arrivée dans le monde extérieur relationnel et rival. Mais Mme Hirigoyen ne se contente pas de cette approche psychologisante et intersubjective si répandue aux USA (où la psychanalyse a été jetée aux oubliettes) où la psychologie sert à adapter les gens au monde extérieur et non à développer leur moi propre et leur maturité et leur autonomie. Elle rapproche l’expansion moderne du narcissisme de la culture globale impulsée par le SLC qui en constitue le terreau et l’engrais.
La culture du SLC prédispose au narcissisme. Elle a comme traits caractéristiques : individualisme, compétition, performance et réussite, consumérisme qui plus est ostentatoire, égoïsme, matérialisme hédoniste. Elle repose sur la responsabilité purement individuelle et l’atomisme social en excluant toute détermination par les structures sociales. Elle favorise le court-terme, le spectacle, l’image, l’affichage du moi-je. Elle a inversé la problématique de la rationalité instrumentale de Weber, celle qui signifiait l’adéquation des moyens aux fins poursuivies, à la place on a la recherche de nouveaux buts pour employer rentablement les moyens existants. Les moyens deviennent donc supérieurs aux finalités. Elle développe une logique purement comptable, quantitative, gestionnaire éliminant toutes les dimensions qualitatives, psychologiques, sociales, environnementales de la prétendue efficacité affichée pour « moderniser ». Dans ce cadre orientant les mentalités collectives, la « personnalité de base », les « patterns » de conduite attendue dans l’exercice des rôles sociaux, il n’est pas étonnant que toute le monde soit peu ou prou narcissique. Cependant, certains le sont bien davantage que d’autres et remportent la mise contre eux qui font la grande majorité des populations. Ils sont en fait parfaitement favorisés par les logiques d’action et les cadres sociaux du SLC. Celui-ci a fait disparaître tous les interdits au nom des droits subjectifs des individus et des communautés en tout genre. Dès lors, tout est permis à qui sait mener sa barque et a des ambitions à la Rastignac. Dépourvu de tout scrupule, sans convictions, ni morale, sans surmoi, le narcissique doué et disposant de moyens plus que les autres (dont son éducation, son milieu social) fait merveille dans le monde de la performance et de l’efficacité comptables. Prenons l’exemple de ce qui se passe dans les sphères économiques ou financières et politiques.
Pour celles-ci, ce qui compte c’est l’argent et la croissance, ce que j’ai déjà montré dans d’autres textes. Par exemple, il s’agit de faire grandir la part du résultat attribué aux actionnaires (« la valeur actionnariale »), ce qui passe naturellement par l’accroissement du résultat par tous les moyens y compris la fraude (voir les affaires Enron, Parmalat…) ou l’endettement pour rachat des concurrents (voir Jean-Marie Messier de Vivendi, dit J6M). Car l’efficacité n’est que celle affichée par la comptabilité, laquelle peut être truquée ou gonflée. Pour ce faire, il faut des Machiavel capables de tout et pervers : ruser, manipuler, instrumentaliser les autres comme marchepieds, faire de l’esbroufe et du vent, être audacieux pour faire des montages olé olé mais juteux s’ils réussissent, se constituer un réseau de fidèles soutiens, se faire connaître et tenir le haut du pavé… Pour celles-ci, ce qui compte c’est l’argent et la croissance, ce que j’ai déjà montré dans d’autres textes. Par exemple, il s’agit de faire grandir la part du résultat attribué aux actionnaires (« la valeur actionnariale »), ce qui passe naturellement par l’accroissement du résultat par tous les moyens y compris la fraude (voir les affaires Enron, Parmalat…) ou l’endettement pour rachat des concurrents (voir Jean-Marie Messier de Vivendi, dit J6M). Car l’efficacité n’est que celle affichée par la comptabilité, laquelle peut être truquée ou gonflée. Pour ce faire, il faut des Machiavel capables de tout : ruser, manipuler, instrumentaliser les autres comme marchepieds, faire de l’esbroufe et du vent, être audacieux pour faire des montages olé olé mais juteux s’ils réussissent, se constituer un réseau de fidèles soutiens, se faire connaître et tenir le haut du pavé, dénigrer les rivaux et bien mentir ou tromper… Ces Narcisse peuvent être aisément recrutés par un alter ego de rang N+1. Ils sont en phase et cela présente un avantage : si le Narcisse N réussit une opération audacieuse et juteuse, c’est N+1 qui en tirera la gloire mais s’il échoue, c’est bien N qui payera les pots cassés. Rappelons-nous le bon mot de Foch : je ne sais pas qui a remporté la victoire de la Marne, mais je sais qui l’aurait perdue. Cela marche aussi avec un N+1 non narcissique, du moins au stade du narcissisme commun à tous dans la culture SLC. Le problème reste que se débarrasser d’un Narcisse est plutôt difficile car il a su se constituer un bon réseau de soutien et car il n’hésitera pas à dénigrer les responsables de son éviction. C’est devenu très facile avec les réseaux sociaux où tout le monde peut se faire des amis (fictifs) et répandre son fiel et son ressentiment sur la place publique. Le Narcisse a su s’entourer d’une cour d’admirateurs bien qu’il soit pingre en reconnaissance des services rendus parce qu’il veut faire croire que la réussite ne vient que de lui. Victime d’un retour de flamme comme M. Ghosn ou Messier, le Narcisse sait souvent rebondir ailleurs car ses qualités propices au SLC sont méritoires et parce qu’il dispose de son réseau de relations. Il faut un revers plein de honte sociale pour que le Narcisse finisse par comprendre les ressorts de sa chute ; par exemple comme M. Cahuzac et finisse dans les poubelles de l’Histoire. Mais, naturellement, tout Narcisse en haut du pouvoir est vite remplacé par un autre qui piaffait déjà d’impatience. Ce qui fait que l’amicale des Narcisse outranciers continue de tenir les manettes des pouvoirs et que le SLC perdure. Car, comme sous Vichy, le Narcisse ambitieux et manipulateur est partout.

A bas la publicité du SLC macronien (et autres communicants)

Classé dans : politique — 8 juillet, 2019 @ 9:58

La pub est une des armes de destruction massive du SLC car elle amène des foultitudes de phénomènes nuisibles au lien social et néfastes pour la planète et la bonne vie des terriens. La pub pollue et détruit les ressources naturelles : prospectus dans les boîtes aux lettres, doublement du volume des magazines par les pages qui lui sont consacrées, nuisances visuelles dans les villes et leurs voies d’accès par les panneaux publicitaires qui, en outre, détournent l’attention et peuvent ainsi créer des accidents. C’est un gaspillage éhonté des forêts pour produire du papier à la fois inutile et aux effets pervers. La pub mise dans les boites aux lettres, déployée à une échelle industrielle dans les médias nuit à la liberté des personnes et dévore leur temps disponible.
Mais les dégâts de la pub ne sont pas, loin de là, que matériels. Elle impulse la culture SLC à base d’individualisme et de narcissisme pathologique. Car elle pousse à la consommation et au gaspillage et cela de plusieurs façons. Pour la seule consommation comme moyen d’accéder au prétendu bien-être elle encourage la malbouffe, elle favorise les achats inutiles, notamment de gadgets, elle facilite les ventes associées à l’obsolescence programmée. En effet, la rentabilité du SLC réside dans la profusion des ventes afin de réaliser la valeur des produits dont la valeur sans vente n’est que « puissancielle » (Proudhon). Elle aide à diffuser les produits de mauvaise qualité à renouveler souvent au détriment des biens durables et souvent esthétiques. Elle stimule la vente de produits nocifs et bourrés de chimie, voire même contrefaits. Elle encourage donc un matérialisme hédoniste, qui plus est sans qualité, ce qui favorise au passage le court terme et l’éphémère. Sur un versant sociologique, la pub incite à l’esprit de consumérisme individuel comme compensation des frustrations, ce qui évidemment ne marche que pour ceux qui ont les moyens de consommer et amène chez les autres, bien plus nombreux, ressentiment voire révolte.
La pub amène d’énormes dégâts économiques. Elle renchérit le prix des produits puisque ses dépenses sont incorporées dans le coût de revient. Elle empêche l’arrivée de nouveaux compétiteurs qui n’ont pas les moyens financiers de la payer afin de se faire connaître. C’est donc une barrière à l’entrée qui déséquilibre la concurrence tant vantée par ailleurs par les partisans du SLC. Les coûts de ses nuisances sont répercutés dans les prix et externalisés chez les consommateurs. Les ressources fiscales sont diminuées car ses dépenses sont imputées au compte d’exploitation dont elles diminuent le résultat et par suite les bénéfices imposables au titre de l’impôt sur les sociétés. Les consommateurs la payent donc deux fois : en tant qu’acheteurs et comme contribuables. Elle favorise les boîtes du genre GAFAM (qui en outre font de l’optimisation fiscale sans vergogne) qui en vivent : les utilisateurs des réseaux sociaux croient le service gratuit alors qu’il n’en est rien puisque leurs données sont vendues aux publicitaires et aux firmes et puisque leurs écrans sont truffés de pub payante. De même les médias privés attirent le client pour avoir des pubs grassement rétribuées en fonction de leur audience, ce qui, cela dit au passage, entraîne la téléréalité et toutes les émissions de distraction sans intérêt et abrutissantes. La pub fait la promotion des « winners » jeunes beaux, riches et le plus souvent blancos » comme disait Valls et suscite l’imitation des classes supérieures par des gens éblouis par leur mode de vie ; cette imitation conduit au surendettement par le crédit et, bien souvent à l’envie comme sentiment destructeur. Et cela parce que les producteurs SLC ont besoin de vendre le plus possible pour maximiser leur profit. Ce qui impulse une croissance à l’infini dont on sait qu’elle détruit la planète. La pub crée toute une caste de nullités qui se prennent pour des génies et qui méprisent les gens en leur donnant des attrape-couillons. Elle nourrit une profusion de « bullshit » jobs (boulots de merde décrits par Graeber)) inutiles car ils émargent sur la plus-value collective de la population productive (et c’est pourtant compté dans le PIB comme plus alors qu’il s’agit d’un moins prélevé sur la production) et souvent mauvais car sans grand intérêt sauf pour les manipulateurs d’opinion qui y trouvent la satisfaction de leur narcissisme. Ces jobs sont par ailleurs les colporteurs de la culture SLC et leurs occupants sont des fermes soutiens du système qui les crée et les nourrit. Ces gens-là sont les facilitateurs du gaspillage généralisé dans les économies capitalistes.
Sur le plan psychosociologique la culture véhiculée par la pub a de redoutables effets néfastes tant sur les conduites des personnes que sur le lien social. Elle donne le la de la consommation souhaitable et normale en affichant celles des « winners » comme modèle dominant issu des classe supérieures qui, du coup, s’en trouvent légitimées puisque ce qu’elles font est présenté comme le must. Elle encourage la compétition et l’individualisme narcissique par la consommation ostentatoire déjà critiquée par Veblen years ago. Elle porte donc la culture darwinienne du SLC comme la nuée l’orage. Elle désigne la richesse des consommations comme le signe du grand mérite des winners, ce qui en creux fait des pauvres des losers coupables de leurs insuffisances et devant leur pauvreté à leur irresponsabilité individuelle. Elle coupe et oppose la population en deux : nous, les bons méritants leurs avoirs et leur style de vie, eux, les mauvais qui n’ont ni su ni voulu faire partie des gagnant. Elle entretient une coupure entre les heureux élus qui son affichés, comme notamment les « people », et les autres réduits à l’envie, à la frustration et au ressentiment. La pub a cassé la différence essentielle entre le besoin qui est normal et doit être satisfait, qui est fixé par son objet et son utilité, et le désir qu’elle fait devenir insatiable et sans relation avec les objets nécessaires et utiles à la bonne vie. Elle conduit à une course sans fin car le désir est illimité. Elle transforme la société en spectacle éphémère et fait qu’il n’y a plus de différence entre le réel et le fictif, entre le faisable et souhaitable, d’un côté, et ce qui est exigé par la norme sociale consumériste de l’autre. Naturellement, comme son fondement culturel SLC, elle propage l’individualisme et casse toutes les solidarités, les différentes strates de population s’épuisant à se jalouser les unes et les autres en visant toujours d’abord la strate juste au-dessus d’elles.
La pub est un secteur de manipulation cachée des mentalités en vue d’un consumérisme échevelé. Il s’y trouve des « hidden persuaders » destinés à jouer sur notre inconscient via des images subliminales pour nous faire acheter encore et encore. Les supermarchés diffusent des musiques et des odeurs attrayantes pour faire consommer par des impulsions d’achat liées à un bien-être momentané. La pub s’empare des instincts les plus primaires flattés en douce pour vendre par exemple en associant une photo de bimbo avec une belle bagnole ; elle utilise la disparition des interdits amenée par la culture SLCL qui a fait disparaître tout surmoi au profit de personnalités narcissiques et souvent perverses. Elle se montre machiste, sexiste, ce qui entretient les discriminations de genre. La pub utilise la culture SLC de l’enfant-roi pour influencer les gosses qui veulent imiter les gamins vus à la tété afin qu’ils poussent leurs parents à acheter tout et n’importe quoi, notamment des vêtements à la mode, des sucreries, des gâteries à l’origine d’une compétition dans les écoles, de harcèlement des out, de l’obésité précoce. Cela fait des enfants des champions de l’éphémère, de la rivalité dans le paraître, de la consommation inutile et dangereuse. Et il faut bien voir que la pub n’est pas une information comme le prétendent les pubards mais une incitation souvent mensongère à la consommation superfétatoire et nuisible.
Ces maux (économiques, politiques, culturels, psychosociologiques, médicaux…) sont connus sans doute depuis longtemps et on en peut que se demander pourquoi les politiciens n’y mettent pas fin. La réponse est qu’ils sont eux-mêmes des chauds partisans du SLC et de sa supposée croissance dont les extériorités négatives sont toujours payées par la population et jamais par les offreurs de produits, les publicitaires et les politicards ; que la croissance est nécessaire pour augmenter la taille du gâteau et la part de chacun sans modifier les règles de sa répartition. Et pourtant ce serait facile de rogner les ailes de la pub qui, comme l’albatros, ne cesse de voler (dans les deux sens du terme) :
1) Interdire les panneaux publicitaires, les néons (consommation d’énergie et pollution lumineuse nuisible notamment aux animaux nocturnes), les prospectus dans les boîtes aux lettres
2) Créer un organisme public multipartite et indépendant pour vérifier le contenu des publicités à tout point de vue (mensonge, tromperie, incitation dangereuse…) et pénaliser les contrevenants
3) Et surtout extraire la pub du compte d’exploitation et obliger les firmes à la payer sur les bénéfices après impôt. Cela améliorera les finances publiques et diminuer les prix. C’est faisable car l’UE exige l’unanimité pour les décisions fiscales communes et laisse une totale liberté aux Etats pour le reste. Ce qui nous vaut d’ailleurs le dumping fiscal pratiqué avec bonheur par l’Irlande, les Pays-Bas, etc. et source de l’optimisation fiscale si chère à AMAZON.
Qu’en dites vous M. Mac-Tron ?

Les contradictions du système libéralo-capitaliste (SLC) si cher à Mac-Tron

Classé dans : politique — 6 juillet, 2019 @ 10:21

Le SLC et son fondement, le libéralisme, sont pleins de contradictions qui les minent et font qu’ils sont à bout de souffle au moment même où Mac-Tron veut les installer à fond en France. La contradiction majeure réside dans le « gap » énorme entre, d’un côté les promesses et le valeurs du SLC et, de l’autre, la réalité observable. Il faudra naturellement examiner les rasions de cet écart qui plus est grandissant.
1) Les promesses. L’inconvénient des promesses est qu’elles sont vérifiables ; d’où l’avantage des religions qui, plus malignes, promettent le bonheur dans l’autre monde :
• Le SLC promet la croissance, l’augmentation du gâteau (sans modifier les règles de sa répartition), la consommation et l’accès ainsi au bien-être par l’obtention par chacun des moyens de la bonne vie (consumérisme hédoniste). Le SLC consacre le mythe du progrès qui fait que la vie s’améliore et que les descendants auront une vie meilleure que leurs parents. Rappelons que la croissance incessante est la point de convergence entre capitalistes (accumulation d’actifs et de profits) et les politiciens (moins de chômage). Le SLC va assurer la sécurité matérielle de tous et réduire les inégalités et la précarité en offrant une base minimale de biens souhaitables à tout un chacun. Cela, c’est le versant économique du SLC, notamment en promettant la promotion sociale des générations. Le SLC nous dit aussi que grâce aux machines assurant l’amélioration de la productivité du travail, ce dernier deviendra de moins en moins pénible car le libre-échange et la concurrence conduiront au progrès des techniques de production et à la libre circulation des produits du monde entier. En outre, les produits deviendront moins chers, ce qui augmentera le pouvoir d’achat et l’accès à tous les biens désirables.
• Sur le versant politique, issu du libéralisme, le SLC promet la démocratie, à savoir que par un système de représentation équilibré de la population, les décisions seront légitimes et orientées vers l’intérêt général. L’Etat y défend le bien commun, assure la sécurité et la paix civile, l’équité des règles de droit et le primat de la loi générale sur les intérêts particuliers. L’Etat de droit est une promesse politique assurant l’unification du corps politique dans un destin commun collectivement et égalitairement voulu et établi quant à ses fins.
• Sur le plan juridique, le SLC de philosophie libérale, promet l’égalité en droit de tous, la liberté de se réaliser, l’extension de la propriété comme moyen de la liberté et d’accomplissement personnel. Comme le politique, le droit d’être neutre vis-à-vis des convictions de chacun ou de chaque groupement sociétal ; le pluralisme y est garanti sous réserve du maintien de l’ordre public et de la cohésion sociale. Le droit y est « négatif » au sens où tout ce qui n’est pas interdit par les règles collectives est autorisé. Le droit y est « subjectif » car fondé sur les libertés individuelles contre la toute-puissance de l’Etat et des monopoles économiques ou culturels ou cultuels. La devise juridico-politique du SLC est : liberté, égalité, propriété (à quoi Marx ajoute : et Bentham, l’utilitariste).
• Sur le côté culturel, le SLC assume le pluralisme des cultures et des communautés, de même que leur égal respect et leur égal accès à la mise en débat politique et à la prise de décision.

2) Les valeurs du SLC. Celui-ci promeut l’individualisme atomistique, notamment en ce qui concerne les libertés et les droits subjectifs ; ce qui l’amène à une profusion incessante de lois en tout genre pour répondre aux demandes, notamment culturelles et sociétales, des individus via les regroupements identitaires où ils s’unissent pour les faire valoir. Il monte en épingle la compétition entre acteurs ou individus comme ressort de dynamisme social et économique ou culturel. Il porte la réussite individuelle au pinacle comme dépassement de soi, auto-réalisation, principe de légitimité. Chacun doit avoir la jouissance de tout ce qu’il a acquis par son travail, à commencer par ses propriétés. Le SLC pousse en avant le bonheur matériel, le consumérisme, l’hédonisme en ce bas monde. Profitez, profitez, Dieu reconnaîtra les siens. L’avoir y supplante l’être, l’objet y remplace la signification, le besoin de sens de la vie se voit substituer l’ostentation des biens possédés. La valeur de chacun est mesurée socialement à l’aune de sa réussite matérielle qui est, qui plus est chez les calvinistes, la preuve de sa prédestination au paradis. La valeur princeps est la liberté qui du reste, grâce à la main invisible du marché et à la concurrence « libre et non faussée », amènera l’égalisation des conditions. Soulignons que l’égalité est comprise avant tout comme égalité des chances. La responsabilité individuelle est sanctifiée. Les valeurs collectives comme la solidarité passe au second plan. L’immédiateté est préférée au long terme. Le respect est dû aux individus et aux groupements qu’ils forment. Chacun est censé viser son accomplissement personnel, être « entrepreneur de soi-même. Le SLC, donc, contient bel et bien une morale même s’il se dit neutre par rapport à toute conception du monde…
3) La réalité constatée est bien loin des promesses annoncées suivant la méthode Pangloss : tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
• La démocratie politique a été captée par les puissances économiques dont les politiciens sont devenus les fondés de pouvoir. Et cela pour plusieurs raisons. Pour mener campagne, notamment via les moyens modernes de communication, il faut « un pognon de dingue ». Qui peut l’apporter aux candidats et aux partis ? Naturellement les puissances d’argent avec, en outre, l’appui des médias qu’elles détiennent. De plus, une collusion entre elles et les politiciens a fait que se pratiquent à fond les « portes tournantes » entre fonctions politiques, de haute administration et dans les affaires, souvent bancaires ; comme cela, les affairistes peuvent acheter les politiciens et cela sans corruption parce qu’avec ce système elle se trouve institutionnalisée. En outre, les futurs politiciens ont sucé le lait idéologique et culturel du SLC lors de leurs études dans « les séminaires de l’aristocratie » (Proudhon). Pour eux, il faut servir le kapital et le marché car il produit spontanément l’optimum économique démontré par la science économique « normale » et mainstream. Ce sont en fait les politiciens qui ont installé une législation dérégulatrice en faveur du libre-échange concurrentiel sans règles ou presque. Ils ont pensé que c’était le meilleur moyen de croissance et de lutte contre le chômage via la politique de l’offre et la détaxation du kapital qui ensuite fait ruisseler la richesse sur tout le monde. La démocratie représentative n’est plus qu’un voile qu’il convient de conserver au maximum pour cacher les vrais détenteurs du pouvoir politique et faire accroire que le pouvoir légalement élu est légitime bien qu’il favorise des intérêts particuliers au lieu du bien commun. Dans ce cadre, la centralisation politique et la technocratie sont bien commodes car il suffit de circonvenir les hauts détenteurs du pouvoir pou avoir toutes les lois souhaitables. La souveraineté a donc été privatisée tout en demeurant nécessaire pour bénéficier de la toute-puissance des politiques sur le territoire national. Lesquels ont le double monopole de l’émission des lois et de « la violence légitime ».
• Le droit est devenu procédural au lieu de substantiel, ce qui signifie qu’on laisse agir les affairistes et qu’on ne les attaque qu’ensuite quand ils ont commis des grosses infractions ou des catastrophes en se contentant d’indemniser les victimes actuelles sans tenir compte des lointaines ni des générations futures. Le droit a été balkanisé en droits subjectifs ou communautaires afin de compenser les dégâts économiques par des satisfactions sociétales. Ce qui a naturellement renforcé l’atomisation de la société en individus ou sa molécularisation en groupements. C’est à al fois une conséquence et sans doute un projet des pro SLC car dans la division à l’infini du corps social ils peuvent régner.
• Les inégalités, la précarité, la pauvreté sont devenus astronomiques (les 1 % les plus riches contre les 99 % autres). Cependant, il faut reconnaître que la taille du gâteau mondial a été accrue, que la faim a reculé et que l’extrême pauvreté a baissé. Mais sa répartition est de plus en plus déséquilibrée tant entre les pays (les gagnants sont les USA, la Chine, l’Allemagne, les pays pétroliers) qu’entre les populations : mort de la classe moyenne en Occident, pauvreté accrue pour les moins qualifiés, classe de super riches. Sauf, par exemple en Chine (et quelques autres pays émergents ») où une grande classe moyenne est apparue. Cela risque de ne pas durer par suite de la guerre économique qui se développe partout, notamment entre pays de l’UE, par suite de la désertification, de la raréfaction des ressources, de la montée de la population. Il faut dire aussi que tout dépend de comment on calcule les progrès. Par exemple, il y a eu une vertigineuse augmentation du seuil d’extrême pauvreté dans le monde : il est passé de 1 dollar par jour à 1,25 !
• La planète a été ravagée (réchauffement climatique, diversité des espèces, désertification, baisse des ressources en eau potable et halieutiques…). Et si on laisse continuer le SLC, la phynance, les pétroliers, etc. Cela ne devrait pas changer. Car cela suppose que le politique se sépare enfin des puissances économiques et change de logiciel culturel.
• L’écart entre les promesses et les situations a suscité de plus en plus de ressentiment, de l’envie généralisée par rapport à l’ostentation de la richesse d’une maigre minorité (via la publicité, notamment), des partis populistes réactionnaires, une énorme abstention aux élections, des incivilités, des attaques contre les biens publics et leur personnel et même du terrorisme car certains, non reconnus, exclus, méprisés, sans espoir ont préféré donner un sens à leur mort plutôt que de ne pas en avoir pour leur vie. Le SLC a détruit la promotion et la protection sociales, annihilé la solidarité en recréant les conditions de la guerre de tous contre tous (compétition darwinienne, non-récompense du travail, anomie sociale…), créé des ghettos communautaires hostiles les uns aux autres, détruit les cadres de vie et de sociabilité. Bref, il a tué un besoin essentiel des hommes : l’espérance, qui n’est pas une vertu théologale par hasard. Il a donc zigouillé l’avenir et ridiculisé le progrès auquel on a bien du mal à croire.
• Le travail demeure toujours hyper exploité. Si beaucoup de tâches physiques ont été supprimées grâce à l’évolution technique, cela a été remplacé par une intense pression productiviste et la mise en compétition des salariés : le résultat est un stress grandissant, des burn -out, des troubles musculo-squelettiques, des suicides par suite de sentiments d’incapacité à atteindre les objectifs requis ou mises au placard. Il y a de plus maints emplois inférieurs au niveau de formation de ceux qui les occupent et une profusion de « bullshit jobs » sans signification ni utilité sociale. De façon générale la charge mentale s’est massivement accrue, notamment via les PC et autres smartphones qui permettent aux employeurs de poursuivre les salariés à tout moment. En outre, dans les services, notamment à la personne, il y a un salariat précaire et sous payé. Et que dire des travailleurs sans aucune garantie car ubérisés ?
4) Les causes essentielles de cet immense abysse entre les promesses et les réalités sont, cela dit à titre non exhaustif :
• La mise en concurrence sauvage et illimitée au niveau mondial des pays, des modèles sociaux et naturellement des travailleurs de la planète tout entière. Il s’agit d’une course permanente au moins-disant qui entraîne délocalisations et achats low cost, saucissonnage de la chaîne de valeurs afin de faire augmenter les profits et compenser les pertes de pouvoir d’achat dues au chômage et au sous-emploi, dues à la baisse des salaires liées à l’armée industrielle de réserve de travailleurs sans défense car les syndicats et le droit social ont été laminés.
• Les vices structurels de la démocratie représentative, vices dont j’ai déjà parlé dans maints articles et, notamment dans mon livre : « Agir ensemble dans un monde partagé ». Le vice principal est l’atomisme individualiste de la représentation fondée sur le vote individuel. Les groupes sociaux de la société civile et leurs intérêts sont laissés de côté et ne sont, ni mis en expression, ni débattus, ni représentés. Cela ne peut être corrigé que par un système électoral fondé sur le fédéralisme associant tous les groupements à la fonction politique et allant de la base vers le sommet. De plus, le politique a été séparé de la société civile et de ses acteurs groupaux et mis en surplomb comme décideur unique, supérieur et extérieur à la société. Certes, les politiciens ont des relais et ils les écoutent (pas beaucoup Mac-Tron) mais ils conservent le monopole de la décision. C’est ce qui a permis, le coût des campagnes aidant et via le primat des partis pour sélectionner les candidatures, la captation du politique par l’économique.
• Le SLC n’a installé que des droits théoriques et formels, des droits de et non des droits à (par exemple le droit de se loger ou de travailler et non le droit au logement ou au travail). Or la liberté réelle ne peut s’exercer que si l’on dispose effectivement des moyens de le faire, à commencer par la fameuse égalité des chances. C’est ce qu’avait commencé d’installer la protection sociale des Etats-providence après la 2ème guerre mondiale ; le SLC a fichu en l’air cette conception d’un libéralisme assis sur la « capabilité » réelle (SEN) des gens à exercer leur liberté de choix.
• Le SLC a mis en place l’atomisation des individus et la molécularisation de la société en groupements communautaires, ce qui a totalement cassé le corps social et la cohésion interne des pays. La division du travail et la spécialisation ont fait éclater le monde salarial en un archipel de groupes corporatifs. Cela a été accéléré par un diviser pour régner politique et économique afin d’éviter toute coagulation dangereuse pour le monopole du pouvoir. Pis, les communautés ont été multiplies et juxtaposées en chiens de faïence. Ce que, justement, une organisation fédérative éliminerait par mise en relation et en débat de tous les groupements. Il n’y a plus rien entre les zéros et l’infini d’un pouvoir qui, en outre, disparaît dans des méandres insondables via une organisation en réseau et en cascade de pouvoirs. Il ne peut plus y avoir de centre unifié de résistance contre le SLC.
• Le SLC a développé la publicité afin de pousser à la consommation, au gaspillage, à l’ostentation. Cela a accéléré l’individualisme mais surtout excité les frustrations par la vision de ce qu’ont et vivent les riches alors que par imitation encouragée on voudrait y accéder mais sans en avoir les moyens. Ainsi, le SLC a-t-il poussé à la frustration au ressentiment et à l’envie (détruire ce que les autres ont sans qu’on l’ait) au lieu de la jalousie (avoir ce que les autres ont). Et les groupes sociaux ont fini par s’envier les uns les autres ce qui détruit toute cohésion sociale.
• Le SLC a inversé la rationalité instrumentale chère à Weber. Pour celui-ci elle était la façon d’adapter la stratégie à la réalisation des buts. Elle est devenue le contraire : adapter les moyens existants à la définition de nouveaux buts rentables. Par exemple, les biotechnologies permettent des tas de choses ; il faut donc les marchandiser en créant ou assistant une demande comme celle d’avoir un enfant en cas de stérilité… La rationalité est devenue purement quantitative et comptable en ne s’occupant que d’efficacité et de rentabilité monétaire. Le politique, à savoir la définition des buts communs de la société et la négociation entre acteurs pour mes déterminer, est devenu la gouvernance comptable et financière à court terme. D’où le jeu des chaises fiscales mené par Mac-Tron actuellement. La rationalité transdisciplinaire, généraliste, humaniste a cédé la place à la spécialisation et à l’expertise technique. D’où le pouvoir accru des experts chez les politiques, notamment en communication et story telling. La rationalité instrumentale a intégré le relativisme pour lequel tout se vaut, ce qui a permis de justifier le communautarisme de juxtaposition des groupements, et a conduit à une conception opératoire de la formation. Il en résulte une disparition accélérée de l’esprit critique, de l’attention et de la concentration, de la continuité et de la ténacité dans l’effort de réflexion. Cela a été grandement favorisé par les réseaux sociaux où l’expression spontanée, l’exhibition, le moment remplacent la profondeur d’idées.
• La culture véhiculée par le SLC a implanté l’individualisme, le narcissisme, l’égoïsme, le « moi, je », la recherche du quart d’heure de gloire ; elle a impulsé la compétition et la comparaison avec l’autre sous forme de jalousie ou d’envie. Elle a conduit à une psychologisation des rapports sociaux au détriment de la prise en compte des structures et logiques sociales. Elle a cassé les repères et les significations, notamment pour le sens de la vie. Et cela s’est fait largement via la publicité qui affiche le bonheur, le bien-être par la consommation hédoniste, qui suscite des besoins impossibles à satisfaire par comparaison avec le mode de vie de plus riches qui y sont montés en épingle. Elle pousse à la « foule solitaire » de l’isolement de chacun dans la masse des individus. La solitude du chacun contre chacun a été facilitée par l’atomisation des structures sociales de proximité.
Elle a fait passer en premier la logique de la seule responsabilité individuelle devenue une norme sociale impérative, un appel la conformité des comportement encore plus terrible que la pression ancestrale des communautés traditionnelles. Ce qui sera encore plus aidé par la surveillance et la normalisation des comportements via les caméras de surveillance à la chinoise complétées par une banque de données sur les comportements en public et par un système de punition sociale des déviants du genre Big Brother. Cette responsabilité a des effets plus que néfastes sur les personnes. Elles sont culpabilisées en permanence (« ces utilisateurs de diesel et fumeurs de clopes »), stigmatisées pour leurs consommations déviantes et leur manque de souci de leur apparence corporelle. Quand elles se défoncent pour être à la hauteur des attentes sociales et qu’elles n’en ont aucune récompense, elles finissent par croire que leur échec vient seulement d’elles ; ce qui entraîne repli, pensées suicidaires ou refuge dans des paradis artificiels ou recherche de sécurité et de réconfort dans des communautés. Il faut être « entrepreneur de soi-même » et en cas de difficultés on fait du yoga, on consulte un psy, on se met dans un groupe d’échanges ; ou on se suicide ou on s’affiche sur Facebook qui donne une famille imaginaire à la place des relations de voisinage et de famille. Cette pression de la responsabilité est insupportable pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de l’assumer, ce qui accentue le clivage entre eux, les bons, les winners, les nomades, les ouverts au monde, les démocrates, les progressistes et nous, les losers, sédentaires et fermés, les populistes, les conservateurs.
Voilà le monde que Mac-Tron veut installer en France et en Europe alors qu’il est déjà agonisant. Son passage aux affaires ne sera qu’une chiure de mouche sur la grande page de l’histoire.

Nouvelles du front (de plus en plus dégarni) de Mac-Tron

Classé dans : politique — 2 juillet, 2019 @ 10:22

Afin de redonner une grande pureté à l’Allemagne (au passage on trahit l’histoire mas celle-là et le macronisme, cela fait deux car cette discipline, ainsi que la géo, est aux abonnés absents à l’ENA) on nous ressort la rengaine de la Doryphorie assassinée par le traité de Versailles en 1919, ce qui aurait amené Hitler. Donc, CQFD, la responsable du nazisme, c’est la France. Natürlich, Mac-Tron laisse dire car il n’est plus que la gauleiter franzoze de la Tudesquie.
On se voit dans l’obligation de rappeler que le traité de Versailles a été bien moins sévère que celui imposé par l’Allemagne à la Russie devenue soviétique fin 1918 à Brest-Litovsk. Que la Kaiser avait proposé la paix à la France sur la base d’une proposition de traité bien plus drastique que celui de Versailles. Qu’en fait la Doryphorie n’a payé que 20 % des 132 milliards de marks-or (valeur actuelle 510 milliards d’euros) et cela grâce aux 3 allégements décidés par les USA, que la France n’a eu que 9,5 milliards de marks-or sur les 68 prévus, que le montant des destructions et pensions de guerre pour la France s’est élevé à 25 milliards, que la charge annuelle moyenne sur le PIB allemand de l’époque n’a été que de 2,4 %. Les 132 milliards exigés ne sont jamais qu’une compensation des énormes destructions causées par les Allemands (dont la destruction de la cathédrale de Reims et de tout le Nord du pays), notamment en Belgique, pays neutre, envahi par les armées teutonnes (ce qui a causé l’entrée en guerre de la Gibbye) et dévasté et ruiné. Que, les dettes liées aux réparations ont été diminuées à 3 reprises et ont été étalées sur 70 ans (jusqu’en 1988 par le plan Young). Que les USA, où il y avait à la fois une forte population d’origine tudesque et maints sympathisants (le mafieux de père de J-F Kennedy ou Lindbergh), n’est entré en guerre qu’en 1917 (par suite d’une grosse connerie teutonne, à savoir le fait d’avoir coulé le Lusitania) et que leur armée n’a été vraiment sur le terrain qu’en avril 1918 ; ils étaient sans doute trop contents de voir la France détruite et de faire des affaires avec les konzerns allemands. Et tout cela n’est pas grand-chose quand on pense que pour la guerre de 39/45 l’Allemagne n’a pas payé un rond alors qu’elle avait obligé la France à lui verser 400 millions de francs par jour (vous avez bien lu) à titre « d’indemnité d’occupation » !
Le traité lui-même était un compromis vasouillard entre la France et les Anglo-Saxons (le revanchard Clemenceau et le révérend Wilson) et, du reste, a été rejeté par le sénat US, ce qui fait que les garanties données à la France contre une nouvelle guerre avec l’Allemagne ont été abandonnées au profit d’une pactisation des Anglo-saxons avec les Allemands (jusqu’aux accords de Munich en 1938 et l’arrivée de Churchill au pouvoir. La France a même dû envahir la Ruhr afin d’obtenir ses livraisons en charbon ! Et les Anglo-saxons ont laissé faire par Hitler tous les manquements au traité de Versailles (dont l’Anschluss avec l’Autriche et la remilitarisation).
Contrairement aux saintes écritures pro Vert-de-Grisie, Hitler vient surtout de la crise économique enclenchée après 1929 (après la création du nouveau mark anti hyper inflation en 1925) et la politique de déflation menée ensuite par les dirigeants teutons. La France s’est trouvée entre les deux guerres prise en tenaille par la montée du nazisme et l’abandon de notre pays par les Anglo-Saxons. Lesquels, du reste, se sont conduits de telle façon que Staline a fini par signer un pacte de non-agression avec l’Allemagne. Hormis les 132 milliards non payés pour l’essentiel, les sanctions contre l’Allemagne furent modérées : perte de ses colonies (dont la Namibie où les Allemands s’étaient livrés à un génocide en 1904), perte de l’Alsace-Lorraine et de quelques territoires (par exemple le corridor de Dantzig). On demande donc à Mac-Tron de défendre un peu son pays et non la finance internationale et l’hégémonie tudesque en Europe.
C’est une merveille de voir comment la Macronie a conservé les habitudes des fiscariotes et le jeu de chaises fiscales des élites énarchiques sous tous les gouvernements francouis. Ce n’est pas très « nouveau monde » et ressemble beaucoup à la stratégie du sapeur Camember qui creuse un trou pour boucher le précédent. Pour calmer le mouvement des gilets jaunes, Mac-Tron a lâché des picaillons (environ 10 milliards, plus, récemment, 5 milliards d’allégements fiscaux). Aïe : que devenait le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB ? Eureka. On va taxer les chômeurs (3,5 milliards d’éconocroque notamment sur les cadres ; ballon d’essai sur une population très mince et qui ne se défend pas avant d’imposer la dégressivité des allocations-chômedu à tout le monde suivant la stratégie stalinienne du salami), les futurs retraités en instituant tout de suite, avant le passage au système inique et universel par points, une accélération du processus de surcote et décote des retraites par rapport à 64 ans tout en faisant semblant de maintenir l’âge de la retraite à 62. Parallèlement, on ne compense pas la perte par la Sécu d’une partie de l’ex-hausse générale de la CSG et, c’est une première, en ne compensant pas les pertes de cotisations liées à la détaxation des heures.sup. Cela s’appelle déshabiller Pierre (la Sécu qui va renouer avec son fameux trou) pour vêtir Paul, à savoir les seuls actifs des classes moyennes inférieures (rien pour les non-actifs qui n’ont qu’à travailler). Zizi Rider, le comptable, n’aurait pas fait mieux. Tsarko non plus qui en fusionnant pôle-emploi avec l’Unedic a gentiment transféré la charge du premier à la seconde (plus de 3 milliards).
Mac-Tron, l’écologiste désormais bien connu, a donné son feu vert au traité de commerce UE/Mercosur. Comme pour le CETA avec le Canada. Il s’est glorifié d’avoir obtenu l’engagement des heureux élus vis-à-vis de la COP21 sur le climat en 2015. C’est très drôle. En effet, le Canada va polluer encore plus en ayant donné le feu vert au pétrole de schiste bitumineux de l’Alberta et Bolsonaro a entrepris de zigouiller la forêt amazonienne et ses indigènes. On doit remarquer que le principal bénéficiaire du nouveau traité sera l’Allemagne pour laquelle les droits de douane sur les bagnoles et la chimie seront diminuées. En revanche l’agriculture et l’élevage français seront les grands perdants (importation massive de bœuf aux hormones et aux antibiotiques, de poulets en batterie, de soja transgénique, normes très inférieures à celles imposées aux agriculteurs français…). Vous me direz qu’in fine la France peut ne pas appliquer ce traité. C’est de la rigolade car les produits lui parviendront via les importations d’autres pays alors même que l’Allemagne fait tout pour interdire la traçabilité des produits et le non-affichage de type nutriscore à l’échelle européenne. Et le bétonnage de terres agricoles continue avec par exemple Europa City.
Le gauleiter Mac-Tron mérite bien sa médaille de lider maximo du SLC en Europe et est le champion toutes catégories du double jeu et du mensonge.

Caber puerperit; c’est du Mac-Tron

Classé dans : politique — 24 juin, 2019 @ 11:19

Je me souviens de mon passage du bac en 1961 et du candidat qui, pour faire joli, avait traduit cela par : la chèvre a mis ses socquettes au lieu de : a mis ses petits bas. C’est du Macron tout craché : détourner le langage en lui faisant dire souvent le contraire de ce qu’il signifie, en le travestissant, en l’ornant, en cachant le but visé et en creusant l’écart entre le dire, toujours séduisant et justifié et le faire qui le contredit. etc. Bref, de la novlangue chère à Orwell dans 1984. Les mots de réforme, de modernisation, de progrès… y signifient au contraire : repli, régression, retour au 19ème siècle ; ceux de sauver ou d’améliorer le système existant, par exemple de Sécu, veulent dire qu’on va continuer de la casser pour, alors qu’il sera devenu défectueux, le refiler à la gestion privative qui est, chacun le sait, bien plus efficace. Lors d’un projet de fusion de deux entreprises (exemple, celle de GE et Alstom-turbines conduite par Mac-Tron en personne sous Guimauve le Concurrent), on excipe de synergies, de complémentarités, de mise à égalité des partenaires… Eh bien, c’est tout le contraire qui advient. Par exemple, l’union Lafarge-Holcim a donné tous les pouvoirs de direction à la firme suisse. Naturellement, l’absorption se traduit surtout par des fermetures d’usines et de services en doublon, des délocalisations, des économies d’échelle… Ce qui était le but visé mais camouflé derrière les avantages pompeusement annoncés. Un repreneur « fiable » donne en fait une pantalonnade de quelques mois avant faillite comme pour Whirlpool.ou Ascoval. La sacro-sainte efficacité est réduite à une démarche purement comptable, quantitative, monétarisée qui oublie tous les coûts cachés d’une opération et surtout les aspects humains, sociaux et écologiques des réformes et autres modernisations.
Il faut regarder de près le fameux « en même temps » de droite et de gauche. Cela, c’est le discours de justification ; la réalité est que la jambe droite est hypertrophiée et la gauche rachitique. La pratique est unijambiste. Les « réformes » vont toutes sans le sens de la mise en place du SLC ordo-libéral en France à cela près que ce qui est de gauche relève du sociétal (la GPA, par exemple) et ne coûte pas grand-chose.
Par suite de mouvement des gilets jaunes, le Zident a promis d’opérer un virage social et de changer de méthode de « gouvernance ». Cela se constate avec le projet anti-chômeurs qui, par-dessus le marché, sera imposé par décret. Le Zident continue de légiférer par décret afin d’aller le plus vite possible pour casser notre modèle social. Cela présente malgré tout un avantage : on peut attaquer un décret, souvent mal torché, devant la filière des tribunaux administratifs et certains ont été annulés. Le Zident veut implanter un RIC, demande des gilets jaunes, mais ce sera du Canada Dry car le résultat de la consultation (seuils très abaissés par rapport au RIP de Tsarko, cette escroquerie) sera in fine soumis au parlement qui pourra décider le contraire ! Non mais, où allait-on si le parlement « représentatif » était dépossédé de ses prérogatives législatives par une prétendue démocratie sociale directe ? Le Zident continue de tout centraliser au profit du pouvoir suprême, par exemple le futur système de retraite par points, comme du reste pour l’assurance-chômage dont les cotisations salariales ont été remplacées par la CSG, devenu encore plus impôt étatique. Pour les cotisations patronales, cela ne saurait tarder. D’ailleurs déjà, l’UNEDIC doit payer les charges de pôle-emploi qui relèvent en fait de l’Etat (fait sous Tsarko qui a fusionné UNEDIC et pôle-emploi). Parallèlement, le Zident a un peu arrosé les actifs des petites classes moyennes, ce qui ne répond pas à la demande de justice sociale émise par maints gilets jaunes car cela laisse de côté tous les plus pauvres, dont les chômeurs ou les travailleurs à temps partiel qui, en outre, vont être durement frappés par la réforme de l’assurance-chômage. Ces cadeaux, qui ne sont pas encore financés et font hurler les libéraux pur sucre au keynésianisme (relance de la demande qui risque fort de favoriser les importations au détriment de l’industrie francaouie) du Zident , ne sont pas consentis par pur sens de la justice sociale ; c’est fait sous la pression et dans un souci électoraliste. Et cela ne renforce que peu fort peu la jambe gôche du résident à l’Elysée. Mas, avec une dette publique à 2 300 milliards et un accroissement du déficit budgétaire hors des clous de Bruxelles, le Zident du nouveau monde rame et godille entre deux eaux dans les marais de la comptabilité publique.
Le politicard Mac-Tron a bien compris qu’il avait quand même besoin des collectivités locales pour faire passer ses réformes et aussi pour gagner des municipalités lors des communales de 2020. Aussi, il leur cire les bottes et manifeste des mamours. Las, c’est en jouant aux chaises fiscales et sur le report des choses dans l’avenir. Pour compenser la suppression de la taxe d’habitation, il déshabille Pierre (départements et régions ou communautés de communes) d’une part de la taxe foncière et compense cette dernière par une fraction de TVA. C’est du saute-mouton comptable, des transferts de fiscariote et cela se fait à l’instant t sans garantie de progression des transferts pour le futur. Vieille astuce comptable de tous les gouvernements.
le Zident, par suite des tendances nouvelles en faveur de l’écologie (vues lors des élections européennes et de la mobilisation des jeunes en faveur du climat et de la biodiversité), a pris un virage écologique spontané dont il faut apprécier la sincérité au projet mené en loucédé de confier aux préfets la décision en cas de menaces sur un site, par exemple naturel et protégé par la loi littoral. C’est super car il est clair qu’un préfet est absolument imperméable aux aimables pressions des maires ou des investisseurs ou des chasseurs. Cela se voit dans la profusion actuelle de petites retenues d’eau en faveur des gros producteurs de maïs du Sud-Ouest soutenus par la FNSEA et les chambres d’agriculture et les agences (étatiques) de bassin. On a déjà eu Sivens, on a Caussade où un bassin de retenue a été quand même construit malgré des décisions de justice et même, pour une fois, préfectorales (un préfet qui applique la loi même après décision de justice, c’est devenu rare). Il y a un endroit protégé et ouvert aux promeneurs où le pouvoir a donné le feu vert pour réserver l’essentiel de la zone aux chasseurs. La mine d’or de Guyane n’est que suspendue… Les chasseurs ont vu le prix du permis divisé par 2 et ont le droit de piéger les petits oiseaux à la glu et de tirer les oies cendrées en migration. Un opportun décret se prépare contre les nuisibles (fouines, renards…); qui nuisent à qui? Aux chasseurs. Le Zident continue sa politique SLC dont on sait pourtant qu’elle est la principale cause de la destruction de l’environnement.
Le Zident est devenu bien plus cool dans son langage provocateur ; ce n’est pas un changement profond de mentalité mais la prudence électoraliste qui l’y a amené ; en attendant la politique SLC, qui doit remettre à leur place les « sans-dents », les « sans costumes », les fumeurs de clopes, les illettrés, les rouleurs au diesel, les feignasses qui refusent de faire 100 km par jour pour aller au turbin, etc. se développe contre vents et marées. On le voit bien avec la « réforme » de l’assurance-chômage. La douairière Trognon se lance dans la communication pour faire savoir que son mari est la crème des hommes, le dernier humaniste, la bienveillance toute crachée (au bassinet), la compassion même ; en bref le nouveau père de la nation et du régiment du SNU. Du reste, lors de son discours pour le centième anniversaire de la création de l’OIT, le Zident a eu des accents marxistes aussi sincères que ceux de Zizi Rider contre la finance. On attend, sans espoir, les actes réels. On a eu super voleur avec Chiracos, super magouilleur avec Tsarko, super mollasson avec Fraise des Bois. On a désormais super manipulateur du langage et super champion de l’écart entre le penser,le dire et le faire.

Et si les puissants voulaient le changement climatique ?

Classé dans : politique — 21 juin, 2019 @ 9:06

Devant l’inaction des politiciens et la résistance des firmes et des banques à propos du désastre climatique, on peut légitimement se demander si ce laxisme coupable et cette obstruction criminelle n’est pas voulue dans les hautes sphères de la « gouvernance » mondiale ? Pour répondre à cette question, il nous faut bien spécifier les enjeux et les acteurs impliqués, sachant que les peuples, eux, sont concernés. C’est comme dans les œufs au bacon : la poule est concernée, mais le porc est impliqué.
Nous avons les politicards dont la mentalité est le narcissisme, la soif de pouvoir, la domination, les honneurs bien plus que la richesse ; ce qui n’empêche évidemment pas nombre d’entre eux de se sucrer au passage comme dans tous les régimes bananiers. Exemples : M. Poutine voit très bien que le dégel de la Sibérie et des mers boréales ouvre à son pays des perspectives magnifiques : mise en culture de territoires immenses et libre circulation de bateaux dans l’Arctique pour, notamment exporter son gaz et son pétrole. Poutine détiendrait une grosse part de la production agricole mondiale et pourrait ainsi faire pression sur des pays affamés. M. Trump, eu égard à son territoire immense et relativement peu peuplé, aux ressources en gaz et pétrole de schiste, à la mise en valeur des terres de l’Alaska voit son pays continuer de dominer. Et la montée du niveau des mers le débarrasserait des populations bobos, par exemple de New York et de Los Angeles ou San Francisco, etc., ces villes pleines de gays et de mécréants qui votent mal. Il perdrait quand même une bonne partie de la Floride, ce « swing state » où on peut facilement truquer les élections. Les politiciens allemands verraient sans doute leur pays devenir le grenier de l’Europe même s’il faudra quitter Hambourg et les ports du Nord. Le président à vie de la république populaire de Chine a déjà prévu de remplacer les petits Chinois des campagnes surpeuplées par des terres acquises à l’étranger et les travailleurs de l’industrie par ceux des pays conquis via la « route de la soie », stratégie qui consiste à tenir les pays adhérents par les coucougnettes de l’investissement et de la dette. Au passage il sera débarrassé de Hong Kong passée sous le niveau de l’océan comme Shanghai ; mais on en fait pas d’omelettes sans casser des œufs. D’immenses territoires seront désertifiés comme ceux jouxtant la Mongolie ; rien à fiche car ce qui compte, c’est la classe moyenne aisée, celle qui soutient le pouvoir qui l’enrichit et, ô miracle, les populations pauvres seront laminées par la montée des eaux et la désertification. De plus, les pays impactés par la sécheresse se battront entre eux pour l’accès à l’eau, ce qui accentuera la baisse des populations de « métèques ». Mais il restera suffisamment de monde pour turbiner pour les Occidentaux en faisant marcher des usines largement automatisées et numérisées. Certes, la diminution de la population mondiale diminuera « l’armée industrielles de réserve » low cost mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter car on aura des robots en tout genre pour remplacer les remuants « prolos » ; cela vaut évidemment pour les travailleurs européens qui seront réduits à l’impuissance par suite du manque de jobs. Certes, les moyens de bouffer seront dramatiquement réduits ; d’où des famines meurtrières, mais les riches pourront toujours acheter le nec plus ultra. La stratégie du chaos et du choc profitera de toutes les « opportunités » pour favoriser la richesse et la séparation riches/pauvres. Et cela créera quelques emplois de mercenaires fort fidèles au service de la sécurité des riches. Ces derniers ont donc tout intérêt à laisser la catastrophe s’installer.
Tous les pays merdiques, et j’emploie là la pensée cachée des stratèges mondialisés de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg (Kissinger, « prix Nobel de la paix », est toujours là à tirer des ficelles à long terme), seront laminés ; notamment les pays musulmans assommés par le chaleur : pays pétroliers, Iran, Irak, Sahel, Pakistan, Egypte, Afrique du Nord, Australie, Afrique du SUD, etc. L’Amérique du Sud devrait payer cash la destruction de ses forêts et l’asséchement de ses glaciers au profit des USA qui seront les seuls à régner en Amérique. Il faudra consentir à une perte collatérale, l’Etat d’Israël qui sera avalé par la sécheresse comme ses voisins et ne sera plu un noeud d’agitation anti occidentale. Seront aussi calmés par la misère les Philippines et l’Indonésie. Le Bangladesh sera rayé de la carte comme les petites îles du Pacifique. L’Inde devrait être réduite à pas grand-chose. De façon générale, la population mondiale sera réduite par la famine à condition d’empêcher son arrivée dans les pays du Nord. Itou pour l’Asie qui verra ses ressources halieutiques supprimées par l’acidité des océans et la surpêche ; ses forêts asséchées, sa riziculture réduite à peu de chose et ses ports envahis par l’eau. L’Afrique que certains donnent aujourd’hui pour la grande puissance du futur sera laminée par le réchauffement climatique et quémandera des vivres pour une population de plus en plus anémique. Pour nos grands stratèges politicards, la division sans doute par deux de la population mondiale sera un grand bienfait ; enfin entre nous et plus de « sans-dents » à faire bouffer à nos frais. En outre, la disparition de nombreuses populations musulmanes amènera le triomphe des sectes évangéliques qui assurent si bien la paix sociale en ce monde au profit de l’au-delà.
Nous avons, bien sûr, les puissants économiques et financiers. Pour eux, il faut continuer d’exploiter au maximum les ressources fossiles non renouvelables qui générèrent d’immenses profits et qui sont à la base du monde productiviste de l’accumulation capitaliste. Pour les dirigeants, l’idée est « après moi le déluge » et accumuler un magot suffisant pour se réfugier, eux et leurs enfants, dans des endroits épargnés par le réchauffement climatique ou apparus comme de nouveaux eldorados pour rupins séparés du reste de la population. C’est une stratégie élitiste de super riches qui pensent qu’ils ont droit à un traitement de faveur eu égard à leurs mérites. La diminution drastique et probable de la population mondiale n’est pas pour eux un problème car la demande ne suivrait pas la tendance : les éliminés, de toute façon, sont des piètres consommateurs et coûtent fort cher en assistance sociale. Ce qui faut soigner, c’est la classe mondiale aisée, celle qui achète et dépense trop en s’épuisant à imiter les ultra riches. Il n’y a donc pas lieu d’en finir avec le SLC qui aura l’avantage d’éliminer les remuants, les opposants et les « sans-dents » qui ne consomment pas assez. La moitié du monde peut périr sans que cela perturbe les ultra riches qui ont déjà les moyens d’échapper à la catastrophe. Celle-ci amènera un monde plus homogène et débarrassé de se vibrions agités et contestataires au profit d’une gouvernance mondiale USA, Chine, Russie. Les grandes variables de commande pourront rester dans l’hémisphère Nord, lequel malgré d’énormes dégâts devrait quand même sen tirer bine mieux que les pays du Sud. Et les USA pourront continuer leur hégémonie en rassemblant autour d’eux ces pays du Nord. La Chine resterait un très grand pays mais ses ambitions seraient rognées ; en tout cas, par suite de la déréliction de l’Inde, elle demeurerait la grande puissance de l’Asie. On n’entendra plus parler des Etats voyous comme l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, la Corée du Nord. Les ripoubliques d’Asie centrale seront réduites à des déserts ayant encore un peu de gaz et de pétrole. L’Europe ne sera qu’un vassal des USA et la France sera dirigée par un gauleiter nommé par Washington. Sic transit gloria mundi…

Achtung : écologie politique et écologistes tout terrain

Classé dans : politique — 17 juin, 2019 @ 10:47

Après le « triomphe » de Jadot aux européennes et le fait que, surfant sur la vague des jeunes écolos, tous les partis sont devenus verts, à commencer par LREM où le Ier sinistre veut accélérer le passage de la France à l’écologie, nous devons de Conrad garder le silence prudent avant de nous enthousiasmer. Il y a des pièges et des non-dits dans la vague actuelle de « greenwashing ». Déjà, on aimerait que les partis écologistes ou écologisés nous disent quels sont les enjeux principaux et quels sont les acteurs sur lesquels s’appuyer ou, au contraire, à tenir en lisière.
L’enjeu numéro 1 n’est pourtant pas difficile à énoncer : c’est la destruction de la planète, des rapports sociaux, du salariat et de sa protection sociale, de la morale de solidarité, de l’entraide et de la coopération au profit du consumérisme individualiste et ostentatoire. Les acteurs alliés pour cette destruction sont naturellement les puissants économiques et financiers associés aux gouvernants politiques. Quels sont les fondements de cette alliance « objective » ? Il y a déjà la convergence de ces deux acteurs les plus puissants dans le talisman de la croissance. Pour les tenants du kapital, la croissance, c’est celle de l’accumulation et des profits. Pour les politicards, fussent-ils démocrates, la croissance est le mantra de l’emploi et de l’accroissement du gâteau dont les parts de chacun peuvent grossir sans toucher aux règles capitalistes de sa répartition. Il y a une deuxième point de convergence même s’il est contradictoire et peu susceptible de se perpétuer indéfiniment. C’est le couple pouvoir d’achat-baisse des prix. Les politicards son ravis de la baisse des prix car cela augmente le pouvoir d’achat ; les puissants aussi : ils peuvent vaincre les concurrents et prendre leur clientèle et ils empochent une bonne partie de la baisse possible car elle est loin d’être intégralement répercutée sur les consommateurs. Ce tonneau des Danaïdes du low cost, de la déflation des salaires et des prix alimente la course, par exemple, à la destruction de la forêt pour faire du soja ou de l’huile de palme, etc. à la surexploitation des océans, à l’agriculture productiviste, à la mécanisation et à la suppression des emplois, à la précarisation du travail, aux produits de mauvaise qualité pour faire bouffer les pauvres tandis que les riches tortorent le nec plus ultra. Comme les trusts s’approprient l’essentiel de la baisse des coûts de production, les salaires baissent et le pouvoir d’achat itou. Alors le kapital a remplacé les salaires et la sécurité de l’emploi par le crédit, lequel a plus l’intérêt de forcer les prolos à se tenir tranquille pour payer leurs échéances de remboursement.
On a donc des intérêts convergents entre politicards et puissants. Mais comment se forme l’alliance ? Elémentaire : les politicards ont besoin d’un « pognon de dingue » pour financer leurs campagnes électorales, ils cherchent un point de chute en cas de défaite et celui-ci est aisé à trouver car il réside chez les puissants via la tactique des « portes tournantes » entre fonctions administratives, politiques et affairistes ; les puissants n’ont pas le pouvoir de « donner et casser la loi » et ils sont obligés de s’en remettre aux politicards élus (ou non car l’autoritarisme et la dictature vont très bien aussi et même bien mieux car les opposants sont en taule. Il s’ensuit que les politicards votent les bonnes lois en faveur du kapital et que celui-ci les récompense à la hauteur de leurs mérites. Mais le deal est problématique tant qu’il reste des élections car les politicards peuvent être virés. Du coup, les puissants arrosent tout le monde et alors les politicards s’alignent presque tous sur le SLC. D’où des alternances sans conséquence sur le régime SLC en place et la transformation de la démocratie représentative en village à la Potemkine, en Canada-Dry, en mascarade rituelle, en « voile d’ignorance », en « régime des partis » (pris). Les puissants ont besoin de ce masque et de cette illusion pour cacher qu’en réalité ils tirent les ficelles et que les politicards sont leurs marionnettes. Comme disait Marx, ils sont les « fondés de pouvoir du kapital. C’est donc l’absence de démocratie qui fait que les politicards vont au-devant des désirs des puissants pour implanter le SLC néolibéral. Il faut donc renouer avec une démocratie authentique. Las, c’est impossible immédiatement et par la voie électorale car les institutions politiques francouies sont inamovibles et donnent le monopole du pouvoir politique au zident élu et à sa clique. Et car la voie révolutionnaire de prise du pouvoir d’Etat est aussi interdite par la puissance des moyens de prévention et de répression dont dispose le couple politicards/puissants. Il reste la voie progressive et lente d’action sociale directe à condition de fédérer les expériences destinées à éradiquer la logique SLC dans la société.

Cependant, il ne faut pas croire que tous les politicards sont des ripoux à la Balkany ou à la Cahuzac. En réalité, ils ont bonne conscience car ils sucent le bon lait du néolibéralisme dans tous les « organes » que l’argent du kapital a fini par phagocyter ; grandes écoles, universités, think tanks, économistes mainstream, médias, etc. et ils sont imprégnés comme presque tout le monde de la culture SLC (individualisme, propriété perso, consommation, crédit). Ils sont généralement de bonne foi, au sens de croyance. Il n’y a pas de complot mais seulement un ajustement mutuel des croyances, des valeurs, des représentations et des intérêts dans « le meilleur des mondes possibles ». Macron en est l’apogée politicienne alors même que le SLC est déjà mourant ; c’est pourquoi du reste les puissants essaient par tous moyens de la maintenir en vie car il va de leur situation et que le bon vieux « que la fête continue en attendant le déluge » les habitent comme Satan.
Le panorama étant planté, les enjeux spécifiés, les acteurs et leurs relations de connivence étant analysées, la mécanique des rapports entre acteurs ayant été « déconstruite », où donc se situent nos écologistes dans ce barnum ? Déjà, ce sont le plus souvent eux aussi des politicards désireux de monter sur le pavois et d’afficher leur narcissique ego comme les autres. Ce sont aussi des puissants richissimes, à la Hulotte, qui voient dans l’écologie un bon moyen de continuer de faire des affaires car le système est merveilleux : non seulement il cause d’insondables dégâts mais en plus il peut faire payer par les autres les moyens de les réparer ; de plus, verdir son activité fait de la bonne publicité tout en maintenant l’intégralité du système et surtout de sa logique prédatrice. Voyons de plus près les placements politiques des courants écologiques politiciens.
Nous avons le flot des politicards qui s’inscrivent (pas sincères) dans les partis de gouvernement ; désormais nous avons des écologistes partout sauf que pour eux, l’écologie n’est que décorative comme chez LREM qui continue la bétonisation du pays et propage à une vitesse accélérée la mise de ce dernier aux normes du SLC européen et mondial. LFI est écolo mais continue de penser qu’on y arrivera par la voie politique avec un lider maximo alors même que cela ne pourrait être fait que si la démocratie était réelle. Itou pour le RN dont, en plus, les convictions en la matière restent suspectes. M. Jadot est certes un écolo sincère mais il semble que ce soit dans le cadre du SLC. Méfions-nous du courant écolo qui soutient que la technique et les incitations financières peuvent modifier suffisamment la logique d’exploitation outrancière de la planète. Un courant écolo, mais qui me semble minoritaire en politique, dont « les décroissants » a bien vu que SLC et écologie étaient rigoureusement incompatibles. On a aussi tout un courant écolo, sans doute proche de la politicaillerie, qui nous pousse à modifier les comportements individuels tout en laissant largement de côté le fait que l’essentiel du désastre provient des firmes, des banques, des riches. Cette culpabilisation de tout un chacun a l’avantage de faire croire que les sacrifices individuels suffisent et qu’il faut alors consentir à l’écologie « taxative » chère à la théorie nobélisée des « incitations ». La bonne écologie doit être résolument anticapitaliste et pro démocratique.
Les écolos se divisent aussi en deux courants principaux et opposés. Nous avons d’un côté, les localistes » qui veulent agir au seul niveau local et national. Pendant ce temps, les pays opposés à toute prise en charge sérieuse des problèmes écologiques ou n’ayant pas les moyens d’y faire face continuent de zigouiller la planète ; l’agir local n’est donc qu’une goutte de colibri dans l’océan de la prédation, comme si la société n’était qu’une collection de comportements individuels. L’autre courant veut une coordination mondiale, à tout le moins européenne. Comme c’est aussi impossible à moyen terme, ce courant est donc typiquement socialo à l’ancienne (molletisme marxisant) : révolution dans les mots, inaction dans les pratiques et bonne conscience par-dessus. La bonne stratégie consiste à coordonner les deux voies : agir localement et surtout viser la généralisation des actes dans une fédération structurée et organisée faisant boule de neige. Agir local mais dans un cadre général d’extension. La société internationale, ni la nationale, ne sauraient se réduire à une juxtaposition d’expériences locales (erreur notamment d’en certain anarchisme spontanéiste d’une société constitue d’associations de base contractant entre elles librement sans cadre d’ensemble) ; il y faut de la coordination à long terme
Est-ce possible par la voie politique même si elle peut en être un levier à condition de la replacer dans un contexte fédératif de vraie démocratie ? Je dirais non car « la révolution politique est le but et la révolution sociale le moyen ». Il faut donc surtout privilégier une voie autonome d’action directe à a base, de « propagande par le fait, de construction progressive, via la fédération des expériences, d’anarcho-structures portant un contre-modèle tant de démocratie que de mode de vie, de production et de consommation. La logique en est d’agir au niveau social car « avant de se gouverner la société travaille » en développant tout ce qui peut enlever au SLC ses rentes volées aux travailleurs et au pays. Les comportements individuels cèdent la priorité aux structures anticapitalistes qui sont déjà nombreuses et développables : coopératives de production et de consommation, mutuelles, AMAP, commerces de proximité, production bio… Ce qui leur manque cruellement, c’est une organisation d’ensemble, globale, fédérative : banque du peuple pour les financer, structure de collecte et d’analyse des expériences (notamment de retour d’expérience », d’information et de conseil, notamment pour les consommateurs, moyens d’aide à la gestion et à la commercialisation, etc. Ce qui manque aussi beaucoup, c’est une organisation prenant en charge une « mondialisation » de cette approche allant au-delà du forum social et des mouvements locaux. L’écologie doit se battre avant tout sur le terrain avec tous les acteurs socio-économiques qui ont tout intérêt à la bonne gestion des « communs » et à la pris en charge d’un autre modèle anticapitaliste. Cela vient, cela progresse mais il faut bien voir qu’en sens contraire l’alliance politicards-puissants fait tout pour saboter le mouvement. Or le problème est de grande urgence car c’est la vie su terre qui est en grand danger et cela maintenant à court terme. Et, naturellement, l’écologie politicienne n’est pas du tout un préservatif contre le désastre programmé par le SLC puisque ses tenants cherchent surtout à sauver le système. Celui-ci développe une logique procédurale alors qu’il faudrait immédiatement des normes substantielles et obligatoires pour sauver la terre et l’humanité. C’est le contraire d’un macronisme qui pousse à l’auto-régulation, au droit à l’erreur, aux incitations, au SLC. Pourtant, muni de tous les pouvoirs, Mac-Tron pourrait agir efficacement. Par exemple, il pourrait faire mettre en place une taxation des produits au kilométrage parcouru afin de favoriser la production et le commerce local et éviter les importations de produits agricoles hors saison et à grands coups de kérosène. Eh bien, il en le fait pas parce qu’il ne jure que par le commerce mondialisé.

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