les armes de la critique

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La prochaine loi de moralisation-transparence de la vie politique

Classé dans : politique — 5 juin, 2017 @ 10:46

M. Bayrou, vieux cheval de retour de la politique, a soutenu Maqueron à condition d’obtenir une « moralisation de la politique », moralisation nécessaire et encore mise en lumière par les tripatouillages « légaux » de Ferrand. D’après la conférence de presse du garde des Sceaux, il semblerait que les lois en préparation ne vont pas casser 3 pattes à un canard enchaîné. Il y aurait limitation des mandats à 2 dans le temps (le cumul territorial étant déjà interdit sous Zizi Rider) sauf pour les petites communes où les volontaires deviennent rares tant il y a de normes, de responsabilités et de moins en moins de fric des dotations de l’Etat.
La réserve parlementaire des députains et sénateurs (170 millions d’euros par an), vieille cagnotte qui permet d’arroser ses copains et sa circonscription, serait supprimée. On ne pourrait plus embaucher ses parents. Mais quid des participations croisées, si j’ose dire. Il suffira de faire des échanges de cons joints avec un autre parlementaire… Quid des maîtresses, des amants, des relations, des réseaux d’amis? Il serait interdit d’être parlementaire tout en exerçant la fonction de conseil ou d’avocat d’affaires. On attend la liste complète des interdictions professionnelles. Acheter sa permanence avec l’argent de l’indemnité de représentation serait interdit. Il serait question de réglementer le financement privé des partis, ce qui a conduit à une inflation de micro-partis personnels, au profit d’un développement du financement public. La durée d’inégibilité en cas de condamnation serait portée à 10 ans. Dans l’ensemble de ce que l’on peut savoir dévoilé aujourd’hui, on peut penser que la prétendue moralisation va reposer essentiellement sur des rustines ou des emplâtres sur une jambe de bois ou des cataplasmes sur le poitrine d’un ectoplasme des poumons.
On ne voit pas dans le projet de suppression du monopole du ministère des finances pour les poursuites de fraudeurs du fisc. On ne voit pas réglementer pour l’instant les relations avec les lobbyistes. On ne voit rien qui permettrait enfin d’obliger les représentants à s’occuper de l’intérêt général dans la production des lois et autres textes juridiques. Or M. Ferrand nous a déjà dit, comme n’importe quel Fripouillon, qu’il n’avait commis que des choses légales. Ce à quoi aucun journaleux n’a répondu: qui fait la loi? Eh bien, les députains qui sont donc habilités à voter des textes encourageant l’immoralité mais évidemment légaux. On n’est jamais si bien servi que par soi-même disait Onan. Surtout avec 577 députains et 348 sénateurs pour 65 millions d’habitants (voir USA: 100 sénateurs et 435 représentants pour 310 millions); comme cela, les turpitudes individuelles sont camouflées dans la solidarité de la masse. On ne nous a pas parlé d’une obligation de publication de la liste des soutiens et contributeurs aux campagnes électorales. Il est vrai que Maqueron répugne à faire de la publicité pour les siens, que seul Dieu reconnaîtra comme autrefois à Béziers et Carcassonne.
Faut-il rappeler que d’après le libéralisme, doctrine qui est le fonds de commerce des actuels politiciens majoritaires, la politique et le droit doivent être neutres et a-moraux vis-à-vis des différentes conceptions du monde, religions et idéologies? Mettre de la morale dans la politique, alors que la loi est défaillante et que c’est contraire aux principes libéraux, c’est sans doute vouloir détourner l’attention des vrais problèmes de la démocrassie représentative actuelle. Celle-ci, qui n’est qu’un masque apposé sur la réalité, n’existe plus depuis longtemps. Mais l’entretien de sa fiction est fort utile puisqu’il permet d’exciper faussement de la légitimité des représentants alors qu’ils ne sont que légaux et avec une légalité autoproclamée qu’ils ont eux-mêmes déterminée. Or, ce sont ces représentants à la légalité formelle, qui « donnent et cassent la loi » en monopolisant la souveraineté du peuple au profit des intérêts particuliers des puissants. Une démocrassie putative et putassière permet de s’emparer de la toute-puissance de l’Etat, qui est le bras armé de la souveraineté, pour la tourner contre le bien commun. C’est- ce que les libéralo-capitalistes, de droite ou de « gôche » font depuis plus de 30 ans. C’est ce qui sera aggravé si Maqueron obtient une majorité de députains car la Constitution de la Ve ripoublique permettra de les transformer immédiatement en godillots serviles. On aura donc avec Maqueron 1er la confirmation du césarisme sous couvert de démocratie et il en résultera une accélération de la mise au pas (de vis) de la France dans le concert néolibéral mondial. Cet attelage César, marioles d’En Marche, Brigitte (hommage à la trilogie d’Alphonse Baudet) nous mettra Fanny au bout des 5 ans du bail élyséen de Maqueron. Aujourd’hui, Le Parisien révèle la couleur des projets concernant « la fluidité de l’emploi », la destruction de notre droit du travail. La philosophie en est simple: permettre au patron de dire quoniam nominor leo; tout est permis car il n’y a plus de code du travail harmonisé et national. Naturellement, cette fluidification ne permettra pas de créer des emplois, sauf sous forme de mini-jobs à temps partiel dans les sévices comme en Teutonie. Si la France ne crée pas d’emplois en nombre (qui plus est en nombre suffisant compte tenu de sa démographie), c’est pour les raisons suivantes: spécialisation dans le milieu de gamme, celui où la compétitivité-coût compte le plus eu égard à la concurrence des pays low cost; incapacité des énarques et autres politicards qui préfèrent pantoufler dans la phynance, donc non-volonté politique, d’avoir une politique industrielle adaptée (ce qui requiert coopération et coordination entre le numérique, la R-D, les compétences, le financement, les territoires pour disposer de « clusters », de « hubs » technologiques, commerciaux et innovateurs créant de synergies et des externalités partagées au sein d’un réseau…), manque d’entreprises de taille intermédiaire (grosses PME) faute de financement car notre pognon s’investit à l’étranger ou se transforme en dividendes improductifs, concurrence déloyale des autres pays, notamment via les travailleurs détachés, consommation ostentatoire et individualiste par les riches de produits à forte image comme les grosses bagnoles tudesques… D’où un déficit de la balance des paiements courants (dans les 50 à 60 milliards par an), ce qui contribue aux dettes privées et publiques. Or pour l’instant, Maqueron n’a de solutions que pour la compétitivité-coût, ce qui aggravera la compétition vers le moins-disant entre pays et annulera nos progrès momentanés et ainsi de suite. Comme les copains, Maqueron augmentera les impôts sur la classe moyenne qui sera la seule à payer les dépenses collectives et sociales: les pauvres seront exonérés comme les très riches; les pauvres car ils n’ont pas les moyens de payer et risquent de se révolter, les riches car ils peuvent partir et c’est pourquoi du reste le pouvoir diminue leurs impôts en univers de concurrence fiscale mondialisée. Les classes moyennes, qui plus est laminées par les technologies modernes, ont largement voté Maqueron, elles seront cocufiées mais elles s’en apercevront trop tard.

L’Allemagne, champion du monde de la prédation sur les autres et de la dette impayée

Classé dans : politique — 4 juin, 2017 @ 9:01

La Doryphorie (surnom de l’Allemagne nazie parce qu’elle volait les patates françaises en laissant aux Francouis les rutabagas) vient encore de s’illustrer en refusant à la Grèce une réduction de sa dette publique malgré ses gigantesques efforts « d’assainissement » (le budget primaire, hors service de la dette, est désormais à l’équilibre) et de nouvelles ponctions sur le peuple, notamment sur les retraités, ont été annoncées. Les nazis ont aussi volé les oeuvres d’art, les vins, le blé… dans toute l’Europe sauf ses chers alliés comme l’Italie fasciste ou l’Espagne franquiste.
Ce refus, malgré les objurgations du FMI, est mené par die Grosse Angela et le crypto-nazi à roulettes, Schaüble. Et cela en vue des prochaines élections alors que Merkel ambitionne un 4e mandat. Car le peuple schleu ne veut pas payer pour les autres et ne veut pas d’inflation (alors qu’on est en UE en pleine déflation!). Poussé par ses dirigeants verts-de-gris, il a mauvaise mémoire. Rappelons-lui un peu d’histoire.
En 1871, la Teutonie prussienne exige 5,6 milliards de francs-or (valeur actuelle, 300 milliards d’euros, soit 15 % du PIB français de l’époque) pour « dommages de guerre », alors qu’il n’y en avait eu qu’en France (sauf pour les morts au combat) et que c’était Bismarck qui avait provoqué la guerre avec la fameuse dépêche d’Ems que ce couillon de Napoléon le petit avait prise au pied de la lettre aux fins de sa propre gloriole et avait déclaré bêtement la guerre. En outre, Les Tudesques piquaient l’Alsace et la Lorraine (l’actuelle Moselle), ce qui enlevait à la France un gros morceau de son PIB. Cette somme astronomique avait été calculée pour ne pas être remboursable; ce fut manqué car notre pays a payé rubis sur l’ongle et même en avance. L’idée était aussi de se venger de « la grande Nation » et des prédations indiscutables de Louis XIV en Westphalie et de Napoléon 1er tout en parachevant l’unité de la Fridolie. Il doit aussi être clair qu’une somme pareille n’est pas pour rien dans le développement économique de l’Allemagne, ce qui lui permettra ensuite de déclencher la guerre de 14/18. 1871 soldait alors la pratique habituelle des Etats guerriers de vivre sur les ressources des pays occupés. Chose normalement terminée par le congrès de Vienne (1815) qui a obligé la France à payer 700 millions de francs-or au titre des prédations de Napoléon
En 1921 (traité de Versailles), la Fritzie a été condamnée à payer 132 milliards de marks-or (1420 milliards d »euros actuels) au titre de « réparations de guerre » malgré les protestations de Keynes. En même temps pour mener sa guerre, l’Allemagne avait beaucoup emprunté, ce qui est à différencier des réparations. Rappelons que la guerre de 14/18 a vu les dirigeants fridolins violer la neutralité de la Belgique et commettre des destructions inouïes dans ce pays et en France, tout en aidant la Turquie à liquider les Arméniens en 1915. Clemenceau s’était bien souvenu des 5,6 milliards de francs-or de 1871. En 1932, le plan Hoover annule les réparations de guerre (soi-disant moratoire, en fait extinction). En réalité, la Fridolie n’a payé que 17 % des indemnités de guerre; 1235 milliards d’euros sont ainsi passés à la trappe. En 1930 et 1932, plans et emprunts Young et Daves remplacent la dette allemande en or par des emprunts en dollars et rééchelonnés), ce qui amène une réduction d’un tiers des dettes de guerre. En 1934, Hitler ne rembourse plus les emprunts, ce qui a facilité le réarmement de l’Allemagne et sa politique de conquêtes. En 1953 (traité de Londres), les USA poussent à un accord général réduisant le dette de 50 % et allongeait la durée à 50 ans! Et les Teutons obtenaient de ne verser le solde qu’après la réunification (ce qui fut fait entre 1999 et 2010 pour 269 millions de marks). En fait, les Schleus de l’époque avaient soumis les derniers paiement à la condition d’un traité de réunification. Et ils se sont bien gardés d’en signer un, ce qui explique la somme ridicule de 269 millions. Si Tonton n’avait pas été germanophile, il aurait dû exiger le solde des réparations de guerre dues à la France pour autoriser (droit de veto à l’ONU) la réunification de la Doryphorie!
Les Casques-à-pointe ont hurlé contre les indemnités de guerre et crié au traité léonin. Ils ont évidemment oublié le traité de Brest-Litovsk imposé aux Bolcheviks en 1918; ce traité impitoyable a enlevé aux Russes la Pologne, la Finlande, les pays Baltes et des morceaux de frontières pour les donner aux fidèles alliés turcs. Plus la réquisition de 84 tonnes d’or. Traité peu appliqué par suite de la victoire des alliés en 1918. En 1917, les Teutons avaient proposé à la France une paix séparée dans des termes encore plus terribles que ceux du traité de Versailles. On n’ose pas se demander ce qui ce serait passé si Guillaume II avait gagné la guerre!
Pour la guerre de 39/45, dont les destructions par les nazis furent incommensurables, ce fut pire. La Bochie n’a presque pas payé un rond et a même eu droit au plan Marshall. Elle a surtout subi des démontages d’usines pour l’URSS, les USA, la France, la Gibbye. On doit rappeler que l’Allemagne nazie saignait aussi les pays occupés en leur imposant « une indemnité d’occupation ». Pour sa part, la France fut astreinte à payer 400 millions de francs par jour, soit pour 4 ans l’équivalent de 146 milliards d’euros actuels. Jamais remboursés, comme pour la Grèce qui évalue la dette de guerre teutonne à plus de 100 milliards. On doit se souvenir que les Fritz avaient voulu s’emparer du stock d’or de la banque de France, stock heureusement mis à l’abri aux USA avant la déroute de 1940, de même que les collections du Louvre. Et ne parlons pas des spoliations des Juifs, des vols de tableau, des destructions massives. On doit cependant signaler qu’une bonne part des destructions en France furent le travail des alliés anglo-saxons qui balançaient des bombes sur le pays à 5 km d’altitude sans guère se préoccuper des civils. A moins que cela ait été délibéré pour le ruiner définitivement. On doit se souvenir aussi que la dénazification du pays a été plus que modérée. Nombre d’industriels qui avaient soutenu et financé Hitler, fourni à la Fridolie ses moyens de « destruction massive » ont été fort peu sanctionnés et leurs firmes occupent aujourd’hui le haut du pavé, comme Bayer (membre avec BASF d’IG-Farben, la firme nazifiée qui a inventé le Zyclon B!), comme Porsche, Krupp et compagnie. C’est que la bienveillante Amérique US a reconstruit l’Allemagne à son image hyper libérale afin de lutter contre l’URSS et cela en défaveur pour d’autres pays comme la France jugée trop communiste ou socialiste. La construction de l’UE sur des normes ordolibérales fut suscitée par les USA avec la complicité de types comme Jean Monnet, qui a travaillé pour la CIA! En fait, les seuls qui ont vraiment payé pour 39/45, ce sont les Allemands de l’Est où les Russes ont démonté les usines pour les remonter en URSS. En revanche, les USA se sont emparés de scientifiques teutons (les Russes aussi) et l’Amérique du Sud a récupéré des nazis en quantité, ce qui y a sans doute facilité les coups d’Etat organisés par la CIA.
Ce rappel, alors que la mémoire teutonne flanche visiblement sur ce sujet, devrait amener l’Allemagne actuelle à être bien plus compatissante vis-à-vis du reste de l’Europe, à commencer par la Grèce. Un peu de modestie ne nuirait pas au gouvernement allemand actuel.

L’affaire du maréchal Ferrand

Classé dans : politique — 1 juin, 2017 @ 10:36

Le bras gauche (le socialiste) de Maqueron s’est lui-même enferré dans une affaire qui va lui coûter le bras droit utilisé dans sa partie de bras de fer avec les journaleux et l’opinon publique. Car il faut battre le Ferrand tant qu’il est chaud et représentatif des moeurs de la classe politicienne, laquelle prétend maintenant devenir blacnhe comme l’agneau qui vient de naître. Comme dit le loup de la fable, si ce n’est toi, puisque tu es pur, c’est donc ton frère. Cela alimente les attaques des anti institutions qui vont le faire plonger au nom de la morale: cette leçon ne vaut plus un fromage sans doute.
Ferrand jusqu’à présent joue petit bras, comme un vulgaire Fripouillon: il n’y a rien d’illégal et je ne suis pas mis en examen. Ce qui ne veut rien dire puisqu’il y a trois types de magistrature: l’assise, la debout et la couchée (qui a fini par se réveiller hier par suite de nouvelles plaintes) qui attend que la faveur des dirigeants reconnaisse ses bons et aloyaux sévices. Le malhomme concède qu’aujourd’hui il en le ferait plus car l’opinion publique n’en veut plus. Comprenez que l’affaire n’est pas morale; c’est un simple problème d’opinion, laquelle varie et bien (Le) fôl est qui s’y fie. O tempora, O mores, vérités en 2011, erreurs en 2017, pratiques mutuelles antiques et comportements utilitaristes et népotiques récents. Figurez-vous que le saint maréchal, ferrant sa fonction de directeur d’une Mutuelle, fût-ce en Bretagne, a profité de ses fonctions pour accorder (et pas piano) des faveurs à ses proches et à ses amis aux frais des mutuellistes dont les cotisations et les remboursements ont dû s’en ressentir. Mais ce n’est pas la peine de changer de mutuelle car lesdites mutuelles ont été contraintes par l’UE de s’aligner sur les pratiques des assurances privées (distinguer entre les risques par les tarifs au lieu d’une cotisation unique de solidarité). Le sieur Ferrand, comme un vulgaire Balkany, s’en remet aussi au jugement des électeurs! on le défend en arguant qu’il s’agit d’une affaire privée comme si une fonction sociale dans une mutuelle n’avait à voir qu’avec un comportement personnel!
J’observe donc que la défense des politicards pris les bras dans le pot de confiture se distancie du vrai problème qui est celui de leur morale contredisant la « common decency » qui anime encore le peuple ainsi que nous le rappelle sans cesse J-C Michéa: sens de l’honneur et de la dignité, solidarité, honnêteté, travail bien fait, justice. Car il y a belle lurette que le corps professionnel des politiciens a adpoté la morale (de fait car officiellement le libéralisme récuse tout lien avec la morale tant en politique, qui doit rester neutre, qu’en économie qui ne doit être qu’efficace) libéralo-capitaliste: moi, d’abord, les autres ensuite en commençant par ma famille et mes copains. La vie est courte, amassons, c’est la loi et les prophètes. La propriété sociale ou publique, c’est le vol (des faux cons au dessus d’un nid de cocus). Vive Mammon et le profit. Monopolisons l’argent et le pouvoir au nom de la libre petite entreprise comme chante Bashung. Les politicards, comme les PDG, les journaleux stipendiés, se moquent de l’intérêt général et du bien public alors que les citoyens normaux y restent fort attachés. Aujourd’hui, être député, c’est servir sa famille, ses coquins et les lobbys qui financent en loucédé vos campagnes électorales!
On attend sans impatience la loi Bayrou (de secours) sur « la moralisation » de la vie politique. Elle n’instaurera sûrement pas de sanction comme l’inégibilité à vie et le retrait immédiat du mandat. Elle laissera de côté l’influence des lobbys. Elle ne fera sans doute pas une liste de professions à interdire en cours de mandat. Elle n’interdira pas les pantouflages et « portes tournantes » entre politique, administration et privé. Elle ne reviendra pas sur un texte odieux qui permet aux excellences de devenir avocats sans en avoir les diplômes. Ce sera du « Canada Dry » et comme elle aura été torchée dans l’urgence sur un coin de table elle sera sûrement retoquée par le Conseil Constitutionnel. En marche, s’en fout: l’essentiel n’est-il pas de communiquer et de faire semblant? ce qui compte, c’est le maintien de la nomenklatura au pouvoir et il se trouve que celle-ci est à la fois énarchique et d’obédience libéralo-capitaliste.

La religion et le péché

Classé dans : politique — 28 mai, 2017 @ 11:20

La grande spécificité des religions est de culpabiliser tout le monde par les péchés éventuellement commis par les personnes. Cependant, il faut s’interroger sur l’origine de cette notion de péché. Prenons, la chrétienté; à ma connaissance l’homosexualité ne fait pas partie des 10 commandements, ni des 7 péchés capitaux; elle est pourtant poursuivie avec violence par les curetons traditionalistes. Ce qui commence de prouver que la plupart des péchés sont une invention de ce que j’appelle des « entrepreneurs de religion », c’est-à-dire des prêtres de tout poil. Rappelons, en outre, que les textes sacrés (y compris le Coran même si les extrémistes prétendent qu’il est directement la parole de Mahomet recueillie par le Prophète) ont été écrits et réécrits bien après la mort du prophète qui avait pensé la religion. En général, les entrepreneurs de religion (ER) vivent aux crochets de ceux qui les écoutent. Il en est de même pour les puissants détenteurs, souvent autoproclamés, du pouvoir politique. Il s’est donc facilement institué une convergence d’intérêts et une collusion entre les monarques et les religieux. les 2 compères ont le plus grand intérêt à faire croire aux gens qu’il existe un monde supra terrestre où ils seront perpétuellement heureux à condition de n’avoir pas commis de péchés sur cette terre. Même les hommes de pouvoir politique ou idéologique) non croyants, comme la Paille Au Nez Buonaparte, Robespierre ou Thiers ou Voltaire ou Comte, etc. sont partisans de la religion car elle assagit le peuple en lui faisant redouter les flammes de l’enfer. Ce que reprend Ivan Karamazov avec son fameux: si Dieu n’existe pas, tout est permis. Ou ce que disait Voltaire à peu près: la croyance en Dieu est ce qui empêche mon jardinier de me voler. C’est pourquoi Napoléon a passé le concordat avec Pie VII. Feuerbach avait divinisé l’humanité, ce qui fait aujourd’hui les choux gras des humanistes et des droitsdel’hommistes. C’est pourquoi Robespierre avait inventé le culte de l’être suprême et que St Simon avait inventé son nouveau christianisme ou Comte sa « sociocratie » (Proudhon). C’est que les riches, les puissants, les religieux de haut rang défendent leurs acquis, leurs propriétés, leurs privilèges, leurs rentes contre l’envie des pauvres et en même temps leur signifient leur grandeur et leur élection divine par leur magnificence. Songeons aux splendeurs de l’Eglise catholique, à la richesse et à la beauté des espaces de culte des lamas tibétains, aux temples bouddhistes, aux superbes mosquées, au château de Versailles… Dans ce cadre, la société repose sur les inégalités et la force. Ce qui évidemment ne suffit pas car la soumission aux puissants et à l’ordre établi peut être simulée. Il y faut en plus une croyance partagée, un plus idéologique et spirituel. Ce qu’a retenu le collectivisme soviétique exactement construit comme une religion (une doctrine, le socialisme scientifique, une Eglise, le parti, un guide suprême et… la confession publique de ses erreurs avant la balle dans la tête ou les travaux forcés maoïstes à la campagne). Ainsi, la croyance devient un processus de compensation pour les pauvres: ils en bavent en ce bas monde mais ils auront la vie éternelle dans la jouissance de la vue de Dieu dans l’au-delà ou, versus socialisme collectiviste, une contribution à un monde meilleur et des « lendemains qui chantent via le sacrifice des générations présentes… Le processus est loin d’être terminé quand on constate le succès actuel d’une myriade de sectes (dont les gourous sont très riches et parfois prédateurs sexuels) comme Moon, la « scientologie, les évangélistes et quand on observe le regain moderne du religieux dans le monde. Ce n’est pas étonnant car le monde libéralo-capitaliste est à la fois très anxiogène et très individualiste: chacun peut essayer de conjurer ses peurs personnelles via la gigantesque offre de solutions « spirituelles ».
La bonne question est de savoir pourquoi les victimes immémoriales du pacte entre puissants et les ER se laissent aller à la « servitude volontaire ». C’est que l’homme est une des rares créatures à avoir conscience de la mort et la seule à pouvoir exorciser la peur afférente dans un appareillage imaginaire et symbolique parfaitement détachable de la réalité. le problème est que cette mise à distance de la réalité par l’imagination ouvre la porte à toutes les erreurs et aux fantasmes, de même qu’à toutes les croyances y compris farfelues. Cette frêle créature a besoin d’espérance pour faire face aux aspects tragiques de la vie. Les ER se sont alors aisément mis en situation d’exploiter les peurs, à commencer par les naturelles comme la maladie, la souffrance et la mort, puis à en imaginer de nature à faire peur, à savoir les péchés. Notre créature a aussi besoin de sens pour vivre en ayant le sentiment que cela sert à quelque chose. Hélas, notre cerveau est un système hyper complexe qui mélange tout: imaginaire et réalité, pensée et affects, passions et raison, sujet et objet, le moi et le culturel, etc. la religion fait bon ménage avec cette indifférenciation en unifiant le tout dans un magma dont le principal résultat est ce compenser l’incomplétude, l’ignorance et la peur des hommes. C’est ce qui donne sa fonction essentielle: servir de prothèse à l’inachèvement humain, lequel est en même temps la source de l’innovation, laquelle dérange les institutions et les puissants en place. Cette prothèse, habilement exploitée et mise en place par les puissants et les ER, permet de diriger les frustrations sur d’autres qu’eux: les autres religions, l’étranger, le différent… et de faire oublier le désordre établi au profit du supra terrestre. Cela fonctionne sur l’exploitation du registre affectif et passionnel des humains, la rationalité étant la pire ennemie des religions. Naturellement, le chaos ayant été porté à son maximum avec le libéralo-capitalisme, il y a un encouragement illimité à faciliter l’accès à tout paradis artificiel: drogue, fanatisme, religion, communautarisme, sport extrême, sophrologie, antidépresseurs, etc. afin de pouvoir vivre « zen » malgré tout.
Pour sortir de la confusion inhérente à la constitution de notre cerveau, il faut être capable de prendre de la distance, d’avoir un esprit réflexif, ce qui suppose éducation et instruction suffisantes. C’est pourquoi les puissants et les ER ont toujours milité pour l’ignorance du plus grand nombre et la « modernité » a entrepris la chasse aux humanités et à la philosophie dans la formation au profit d’une instruction la plus technique possible. Pour les religieux, la formation se limiterait aisément à la mémorisation de leur dogme. Cela existe encore… Au 19e siècle, en France, la formation avait été confiée (pour les pauvres) aux « ignorantins ». il faut ainsi empêcher que les sujets comprennent que tous les interdits ou péchés n’ont rien de divin: ils sont d’institution sociale et ont été inventés par les ER et les puissants.
Parmi les péchés, l’homosexualité et la sodomie tiennent une place de choix (le sexe, de façon générale), ce qui en dit long sur les passions cachées de leurs inventeurs. Et ce qui est assez amusant parce que les mondes religieux sont organisés souvent de façon en quelque sorte homosexualisante: virginité des femmes avant mariage, prêtres surtout de sexe masculin et parfois interdits de mariage, monastères fermés entre hommes, droit à plusieurs femmes en fonction du statut social, prosternations les fesses en l’air, etc. Mais tout cela, c’est en général pour le vulgum pecus car les ER et les puissants s’en dispensent largement dans le secret de leur palais. Songeons aux papes Borgia, à Hadrien et Antinoüs, à Soliman et Ibrahim… En fait il n’y a qu’un seul péché rationnel: faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas subir, agir de façon que son comportement ne soit pas généralisable, se servir des autres comme moyens. Merci Kant.

La mort annoncée du droit protecteur du travail

Classé dans : politique — 26 mai, 2017 @ 9:32

La mort annoncée du droit protecteur du travail
Le libéralo-capitaliste Maqueron a manifesté sa volonté de zigouiller ce qui reste de l’ancien code du travail si les élections lui donnent une majorité suffisante. Le malhomme compte ainsi payer son ticket d’entrée dans le club UE (et G7 ou G20) et faire allégeance à die grosse Angela. Le club réclame à la France depuis longtemps des « réformes structurelles », dont la plus classique est celle de la flexibilité du travail afin d’assurer prétendûment la compétitivité du pays, ce qui permettrait d’en finir avec les déficits de la balance commerciale, des paiements et du budget. On doit ici rappeler que nulle étude sérieuse n’a prouvé que cette flexibilité empêchait le chômage. Certes, la flexibilité semble réussir au Danemark mais c’est dans un contexte fort différent de vrai dialogue social et surtout de protection des chômeurs et de formations qualifiantes de reconversion sérieuses, longues et efficaces; loin des misérables pratiques de pôle emploi en France.
On constate que le ministère macronien du travail est truffé d’ex-DRH et d’ex-experts du MEDEF, ce qui en dit long sur les vrais destinataires de la prochaine réforme allant bien plus loin que la loi El Khonerie. L’idée générale est de faire sauter définitivement la « hiérarchie des normes » suivant laquelle la loi est supérieure à la convention collective de branche (que le législateur peut du reste « tendre et généraliser), laquelle est supérieure aux accords d’entreprise. Cette construction avait pour but d’empêcher une concurrence sauvage entre les entreprises (selon leur puissance) et les territoires puisqu’un droit commun et minimum s’imposait à tous aux fins d’égalisation des positions des salariés quel que soit leur lieu de travail tant professionnel que territorial. Si les accords d’entreprise (salaires, temps de travail, conditions de travail, protection sociale…) prennent le dessus, la concurrence entre salariés entre eux et entreprises entre elles pour attirer les employés ou diminuer les acquis sociaux redeviendra sauvage, ce qui du reste ne fait pas l’affaire de tous les patrons. Les grands gagnants seront les grosses boîtes qui en profiteront pour saigner leurs fournisseurs, prestataires et autres sous-traitants; de même les régions les plus dynamiques rafleront la mise au détriment des « territoires oubliés » de la République. Dans les bassins sinistrés de l’emploi, les employeurs pourront imposer leurs règles sans résistance possible. Et Maqueron va au-delà des dispositions El Khonerie: référendum d’entreprise à la demande des syndicats minoritaires s’ils réunissent 30 % des salariés. Et vive la démocratie sociale puisqu’une minorité peut casser un refus par les syndicats majoritaires des propositions patronales. Maqueron envisage que le patron puisse lui seul aussi organiser le référendum d’entreprise. En outre, les domaines de l’accord d’entreprises seraient étendus pratiquement à toutes les matières concernant le travail des salariés! La loi se contenterait de fixer pour eux un plancher super minimal au niveau national. De plus, Maqueron accompagne le renversement de la hiérarchie des normes de dispositions fragilisant les salariés et les syndicats.
Maqueron, en effet, veut installer des sanctions en cas de deux refus d’un autre emploi par un chômeur. Et la question de savoir si le nouvel emploi est assez rémunéré, assez bien situé ou de qualification voisine est loin d’être résolue. Mais c’est ce qu’ont fait, entre autres, les Doryphores qui inspirent tant Maqueron qui s’est muni de ministres germanophiles en veux-tu, en voilà. Par ailleurs, au nom du dialogue social, le Zident nouveau veut étatiser l’UNEDIC, actuellement cogérée par les syndicats et le patronat. Ce sera plus sûr pour exercer les sanctions. Et bravo pour la « démocratie sociale ». En outre, les indemnités pour les salariés ayant gagné leur procès aux Prud’hommes feraient l’objet d’un plancher et surtout d’un plafond. Ne croyez-plus que les tribunaux sont là pour juger en équité, interpréter les faits et ajuster le jugement à chaque cas particulier. Ils deviennent les exécutants d’un tarif. Et vive l’indépendance de la justice! La sucette est qu’on pourrait démissionner (en plus des séparations à l’amiable installées par Tsarko) tout en touchant les indemnités de chômage. C’est aburde et fort coûteux! maqueron va instituer de façon permanente les cadeaux faits au patronat par Zizi Rider en remplaçant le CICE (temporaire) par une baisse des cotisations sociales; pour payer il augmente la CSG de 1,7 points, ce qui va faire plaisir aux retraités. Aux dernières nouvelles, les petites retraites seraient épargnées, ce qui est un début de rétropédalage mais à usage des législatives, de même que le LR a réduit drastiquement le programme du naufragé Fillon. Rappelons que le président nouveau maintiendra la suppression de l’élection des prud’hommes; on peut parier que l’étape suivante est leur disparition au profit de juges professionnels en profitant de qu’il y aura beaucoup moins de contentieux par suite du plafonnement des indemnités de licenciement.
Maqueron, comme Philippe (putain?) a reçu les dirigeants syndicaux en ordre dispersé de façon à diviser pour régner. C’est la bonne vieille concertation-consultation à la francaouie: je fais semblant d’écouter et de dialoguer, puis je décide tout seul. Et la charrue a été mise avant les boeufs car il apparaît clairement que le texte des ordonnances sur le droit du travail est déjà prêt. recevoir les syndicats, ce n’est que pour prendre la température afin d’évaluer le climat social à la rentrée car le Maqueron, si Dieu lui donne une majorité, compte bien édicter ses ordonnances pendant l’été quand les salariés seront en vacances. Vieille et classique manipulation gouvernementale. Maqueron, c’est le canada dry du changement: on fait semblant de tout changer pour que rien ne change du cadre institutionnel de la Ve ripoublique et pour continuer le petit jeu de l’oligarchie des partis.

Le dernier empereur, le Maqueron

Classé dans : politique — 23 mai, 2017 @ 10:22

La France se rejoue le beau film de Bertolucci, le dernier empereur, avec Brigitte dans le rôle de Tseu Hi, l’amante du chou Emmanuel (faut suivre, c’est la Mandchoue), lequel est le gamin Pu Yi qui finira jardinier dans la Chine rouge. Notre nouveau monarque présidentiel a en effet déjà montré la couleur de son règne: l’autorité de l’empereur. Il nous avait déjà dit qu’il fallait en revenir à la théorie de Kantorowicz sur les 2 corps du roi (le charnel qui meurt et le « mystique » qui est éternel et symbolique). Maqueron trouvait que le pays et les politiciens manquaient de mystique. Et de symboles, comme celui du chef de guerre sur son command car et auprès de ses troupes au Mali (qui mal y pense). Il a besoin des institutions monarchiques de la Ve ripoublique pour installer son pouvoir absolu issu de son élection. Rappelons que celle-ci ne lui donne qu’une légalité limitée et non une légitimité car moins de 40 % des votants ont voté pour lui; ils ont voté contre la Marine à laquelle il faut ajouter 25 % d’abstentions et 11,5 % de votes blancs et nuls plus 8 % de non-inscrits. Sa recomposition politique, fondée sur la décomposition de l’UMPS qu’il avait bien comprise et anticipée, n’est que politicienne. Elle n’est pas sociologique eu égard aux forces vives et réelles du pays. Mais s’il obtient une majorité législative pérenne, ce dont je doute fort, ou une majorité à géométrie variable, ce qui me semble le plus probable, il pourra transformer autoritairement le pacte social de la nation afin d’entrer de plain pied dans le modèle libéralo-capitaliste, ce à quoi l’encourage Bruxelles via la menace de sanctions sur les déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB.
Protéger le corps mystique du roi requiert d’entretenir son mystère, ses secrets, son aura. C’est pourquoi Maqueron 1er sélectionne lui-même les journalistes accrédités à l’approcher, lui et sa cour de ministres. Et le monarque est bisexué: c’est lui et son épouse, l’impératrice qui règnent. Aussi celle-ci aura-t-elle une fonction officielle, un bureau, un secrétaire de haut niveau, de même qu’un ministre, comme si elle avait élue en même temps que son César (tsar en russe…) de Jules. L’empereur jaspine le Je mieux que le moi de l’anaphore de Flanby. Avec lui, ce n’est plus le nous de majesté de louis XIV qui disait: l’Etat, c’est moi. M. 1er dit Je à tout bout de champ (de guerre); moi, c’est l’Etat, c’est que qu’il nous signifie en tant qu’autoritaire et jacobin, napoléonien et gaulliste. Cela fait partie de la très vieille conception de l’exercice du pouvoir descendant sur le bas peuple inculte qui consiste à s’imaginer qu’un seul, fût-il intelligent, peut tout diriger à partir de son bureau avec une ambition proportionnée à la taille et aux dorures de ce dernier. Heureusement, l’impératrice douairière pourra le conseiller en tant qu’égérie de grande expérience et durée. Hermès et Aphrodite, vous dis-je, ce qui donne hermaphrodite…
M. 1er s’appuie aussi le bon vieux diviser pour régner. Il peut se vanter d’avoir fait éclater l’UMPS façon puzzle, d’avoir ruiné le PS de Tonton dont il devient le flingueur posthume, d’avoir ventilé le LR, d’avoir rogné le parti de gauche, d’avoir rabaissé le caquet de la Marine. Il espère donc tirer parti des divisions d’une chambre hétérogène pour avoir des moments de coalition qui lui permettront de faire passer ces ordonnances à la façon d’un édit impérial. mais ce ne sera qu’un Eddie baclé. Il a composé son premier gouvernement itou: l’hétérogénéité lui permettra de planer au dessus des dissensus et d’imposer ce qu’il veut. Car le malhomme, hyper libéral en économie, germanophile et gérontophile adorateur d’Angela, interventionniste en politique au nom de l’Etat fort, entend bien forcer le pays à se plier aux exigences de la concurrence libre et non faussée mondialisée en se servant de la toute-puissance de l’Etat. Pour ce faire, il s’appuiera sur un gouvernement restreint à la manière d’un commando et sur la gestion à dire d’experts que lui apporte ses sinistres et « experts » issus de la « société civile ». Or, on voit aisément que ceux-ci relèvent le plus souvent de l’optique libérale et managériale employée dans les entreprises; car il entend gérer le pays comme une entreprise capitaliste flottant (semper merditur) sur les « eaux glacées du calcul égoïste » illustrant la culture libéralo-capitaliste. On le sent déjà à sa débauche de mots issus du globish anglo-saxon qui émaille ses allocutions familiales. OTAN, en emporte le vent mauvais qui souffle des USA depuis 1945. Las, si l’interventionnisme étatique de l’ère gaullienne avait bien réussi, c’est parce qu’à l’époque les frontières étaient bien plus fermées que maintenant et que le pays n’avait pas abandonné les plus importants leviers de sa souveraineté à Bruxelles. Actuellement, il est dans les choux et ne peut plus s’appuyer sur l’ex-excellence des entreprises publiques, ni sur la planification indicative, ni sur la Banque de France, ni sur une monnaie souveraine. M. 1er, dépourvue des moyens d’action du gaullisme, moyens déjà sabordés sous Tonton dès 1983, ne pourra faire que de l’ordolibéralisme (régner par des lois économiques d’obédience libéralo-capitaliste) et de la fiscalité permettant d’inciter à une politique de l’offre. Ce qui signifie cadeaux aux entreprises et au kapital, exonération des plus pauvres afin de leur maintenir les narines juste au-dessus de la fosse à purin et du H2S des nitrates et taxation aggravée des classes moyennes supérieures. Comme je l’ai dit dans un texte précédent, c’est perdu d’avance car cette politique ne pourra qu’exacerber la concurrence des autres pays de l’UE. M. Maqueron va se concerter avec les syndicats. C’est du flan car il faudrait négocier. Et lesdits syndicats vont faire l’objet de rencontres bilatérales afin de diviser pour régner et surtout permettre au grand chef de décider tout seul ce qu’il avait prévu de faire. Comme les Napoléon et les Louis. Et en quoi il maintient la conception française et régalienne du faux dialogue social: je fais semblant d’écouter et je décide comme un grand. tel Don Quichotte, il voit les syndicats comme des moulins à vent qu’il va renverser avec sa Rossinante et sa Dulcinée du toboggan médiatique.
Dans 5 ans M. 1er n’aura pas vaincu le chômage sauf à multiplier à l’infini les mini-jobs à temps partiel qui ne donnent que 5 % de chômeurs à la Doryphorie. mais alors, ce sera la pauvreté qui aura drastiquement grimpé. En 2022 la Marine tirera alors les marrons du feu et le Maqueron risquera de finir comme Pu Yi voire d’être raccourci comme Louis XVI par une révolution. En revanche, Tseu hi sera grâciée comme le maréchal Putain à cause de son âge.

Le maquereau rassemble ses gagneuses

Classé dans : politique — 17 mai, 2017 @ 10:06

Le nouveau zident Maqueron, adorné du macaron présidentiel sur sa bagnole de service, rassemble dans toutes les directions idéologiques afin d’avoir une majorité législative le 18 juin. Déjà nombre d’opportunistes, de véhicules tout terrain, d’ambitieux, de pétochards qui craignent de ne pas être réélus, bref de gens sans convictions ni principes, rejoignent le char du corso Maqueron. Pour l’empêcher, ce qui serait barrer la route à une catastrophe, il faut que les Francouis se reprennent et votent pour n’importe qui pourvu qu’il n’aille pas dans la basse-cour maqueronesque. Il ne faut pas qu’il dispose d’une majorité d’élus aux législatives car un Maqueron, ça Trump énormément. N’oublions pas qu’il fut éléphanteau du PS.
Car un immense péril nous menace: celui d’avoir un gouvernement à la fois très libéral en économie et très autoritaire. En clair, le libéral-interventionniste et jacobin Maqueron compte bien se servir de la toute-puissance de l’Etat pour imposer en France l’ordre libéralo-capitaliste dans sa variante teutonne, à savoir l’ordolibéralisme qui consiste à mettre en place des règles intangibles (croient-ils?) pour forcer le peuple à se bien conduire, c’est-à-dire à accepter la fin des régulations sociales et des services publics, notamment par mise en concurrence avec le privé et asséchement de leur financement. Pour ce faire, Maqueron utilisera toutes les ressources de la Ve ripoublique: ordonnances, article 16 si le peuple descend dans la rue, article 49-3. C’est pourquoi il s’en remet à l’énarchie qui va truffer son appareil gouvernemental et administratif. Il a même annoncé un « spoil system » francaoui pour nommer ses propres pions et féaux à la tête de la haute administration. Ce qui suppose de remiser les ex au placard (on ne peut les virer pour l’instant), ce qui sera inflationniste puisqu’il faudra continuer de les payer! Et c’est dangereux car les énarques ne sont pas connus pour leur courage. Rappelons la blague du lapereau aveugle qui tombe par hasard sur un serpent qui lui dit: tâte moi et dis moi qui je suis et si c’est juste je ne te mangerai pas. Le lapereau passe une patte sur le serpent et dit: tu es froid, humide, glauque, t’as pas de couilles; t’es un énarque. Mais il lui faut un minimum de majorité, même à configuration variable, car pour faire des ordonnances il doit obtenir une habilitation du parlement et car elles doivent être ratifiées par les deux chambres. Il a donc besoin de rassembler, d’où la formation d’un gouvernement mi figue, mi raisin, mi-chèvre, mi chou. Il en passera donc par toutes les figures obsolètes de l’Union sacrée, des combinazzione de la IVe ripoublique, du gouvernement « au centre » (vieille lune giscardienne et pompidolienne), du patriotisme (de façade), de la sécurité, de la gloire militaire (n’a t-il pas défilé sur un command car en remontant les Champs Elysées?) afin d’obtenir sa majorité parlementaire assise sur l’adhésion d’une majorité d’électeurs. C’est un copié-collé de la 3e voie de Blair qui avait continué le TINA (there is no alternative) de la dame de fer sous une autre forme, du passage de la social-démocratie au libéralo-capitalisme organisé par Schröder en Doryphorie. Le problème est que sa stratégie de débauchage de pointures à la droite et ailleurs contribue à la faire se raidir et à mener une bataille absolue pour les législatives afin d’avoir une majorité de cohabitation. De même, FN, parti de gauche et débris du PS frondeur vont tout faire pour obtenir le maximum de sièges à l’occasion de triangulaires voire de quadrangulaires. Il n’est donc pas sûr du tout que le maquereau ait sa majorité.
Il y a longtemps que les politicards francouis veulent zigouiller le modèle social français issu du programme du CNR en 1945. Mais ils ont toujours redouté la réaction du peuple français qui, au contraire des luthériens tudesques, n’obéit pas gentiment au pouvoir. Peur de la rue et peur de perdre les élections les encouragaient à la prudence. Mais ils ont profité de la construction européenne, à laquelle ils ont eux mêmes poussé en participant à l’émission de ses règles, pour mettre le pays sous contrainte extérieure afin de faire passer des réformes progressives en arguant faussement: c’est pas nous, c’est l’Europe alors qu’ils avaient co-construit cette dernière pour qu’elle soit hyper libérale. C’est en partie ce qui a mené au duopole UMPS, les deux faisant semblant de s’affronter sur une opposition droite/gauche factice afin que les alternances ne dérangent pas les arrangements avec l’UE et leur assurent toujours assez de sièges de VRP de la politique pour faire bonne figure et surtout faire croire qu’on était en démocratie. L’affaire du TCE en 2005 avait pourtant manifesté clairement le contraire.
Le racolage maqueronesque peut réussir car il n’y a que l’épaisseur du papier à cigarette entre le projet de Maqueron et celui de la droite et du centre. IL peut réunir assez de gens de centre gauche (ex-PS), du centre (UDI et Modem), de centre droit (juppéistes et droitiers intelligents comme Lemaire ou Bertrand). Tout se beau monde oligarchique et élitiste pense que la France doit enfin se convertir totalement au libéralo-capitalisme. Il croit que la politique de l’offre, la flexibilité du travail, les cadeaux fiscaux au kapital relanceront l’investissement et apporteront de l’emploi. C’est une schön connerie car le seul résultat sera une concurrence encore plus exacerbée au sein de l’UE, ce qui amènera une déflation généralisée par une course accélérée au moins-disant. Gageons aussi que les profits ne seront pas réinvestis en France mais à l’étranger ou seront versés sous forme de dividendes puisque la taxation des revenus du capital sera ramenée à 30 % par Maqueron. Et dans 5 ans, le pays en sera toujours au même niveau de chômage, si ce n’est pas pis, ou verra proliférer les mini-jobs à temps partiel et sous-payés à la sauce Hartz.
Le calcul maqueronesque repose sur une analyse sociologique plus que déficiente. Car un rassemblement politique au centre suppose qu’il y ait une classe moyenne en position centrale. Or ce n’est plus le cas sous les effets de la technologie moderne et de la concurrence mondiale. Il y a déjà longtemps que les pays dits émergents (mais aussi les ex-pays de l’Europe centrale et orientale, les PECOS) ne se contentent pas de piquer les emplois sous-qualifiés de prolos aux Occidentaux; ils ont des ingénieurs, des informaticiens, des chercheurs, des salariés qualifiés. Ceux-ci prennent évidemment les emplois correspondants qui nourrissaient la classe moyenne des pays capitalistes. La technologie hyper productive et sophistiquée a deux effets sur l’emploi: la réduction en proportion de la population des postes qualifiés et la diminution des emplois en production. Par ailleurs, la doxa libérale faisant la chasse aux services étatiques ou sociaux, on voit fondre peu à peu la petite classe moyenne des fonctionnaires ou assimilés. On assiste donc depuis de nombreuses années à une tripartition sociologique de la population. On a une maigre frange d’hyper riches associés (et vice versa) à une petite masse de bobos, de partisans du nomadisme, de la mondialisation, du libre-échange car elle est gagnante dans l’univers libéralo-capitaliste à cause de sa qualification haute et souvent spécialisée (par exemple dans la com., la pub., les services, l’informatique et les NTIC). On a la masse énorme des précaires, des temps partiels, des CDD et autres intérimaires ou saisonniers, des petits boulots de service, des petits agriculteurs, des personnels non qualifiés ou peu. Soulignons que de plus en plus une bonne partie de ce lumpen prolétariat est bien diplômée et ne peut en avoir qu’un énorme ressentiment qui nourrit les partis extrêmistes. Et on a une classe « moyenne » qui rétrécit comme la peau de chagrin de Balzac (001); elle a peur du déclassement pour elle et surtout pour ses descendants. Elle est elle aussi pleine de ressentiment et soutient de moins en moins les options politiques du centre. On voit donc qu’à plus long terme, et déjà maintenant, le Maqueron n’a pas de majorité sociologique. C’est pourquoi il tient tant aux institutions monarchiques de la Ve ripoublique car elle assure des majorités électorales. Ce qu’il a bien vu, seulement sur le versant électoral, c’est que désormais, vu la composition sociale du pays, il fallait en passer par une majorité législative composite car aucun des grands old partys n’a actuellement la majorité à lui tout seul. C’est le sens de la recomposition du panorama partitaire menée par le Maqueron après avoir pris bonne note de sa récente et officielle décomposition (en réalité, cela fait longtemps mais le système électoral unidimensionnel majoritaire à deux tours l’a longtemps caché).
Le libéralo-capitaliste Maqueron veut installer le pays à fond dans la logique du système libre-échangiste actuel. Pour ce faire il a besoin du soutien de la Mamma de l’Europe, à savoir Mutti la teutonne. Laquelle règne aussi sur l’Europe du Nord luthérienne et sur les PECOS qu’elle utilise au profit du Reich en tant qu’hinterland et lebensraum. lesquels ont envie que rien ne change dans l’UE puisqu’elle leur profite dans le sillage de la Tudesquie. Maqueron est allé se faire adouber par Mutti à Berlin. Comme tous les présidents francaouis dont la devise est visiblement Berlin go et à mort la veuve de Carpentras. Mais Mutti est mutique malgré les salamalecs de circonstance. Car elle ne veut pas froisser les Doryphores avant sa rélection de septembre. Et surtout elle ne veut rien lâcher de ce qui assure la suprématie schleuesque. Elle ne cédera rien à la France tant que celle-ci n’aura pas mené ses « réformes structurelles » d’inspiration libéralo-capitaliste du genre « consensus de Washington ». Elle a déjà dit cela à Maqueron et a ajouté finement avec la grâce d’un hippopotame: le charme, c’est bien, mais il faut des résultats. Et Bruxelles a re-sermonné Paris sur son déficit budgétaire prévu à un peu moins de 3 % pour 2017 (Zizi Rider a dû faire un peu truquer les chiffres et reporter des dépenses sur 2018) et devant remonter à 3,5 en 2018 car la transition maqueronesque va coûter cher. Gageons que les classes moyennes déjà exsangues vont ressortir à poil du quinquennat si Maqueron réussit son pari de rassemblement de toute la droite libéralo-capitaliste! Elles vont déjà payer la disparition de 80 % des assujettis à la taxe d’habitation et les retraités aisés vont sûrement encaisser 2,5 points de CSG supplémentaire car Maqueron n’osera pas appliquer son 1,7 point de CSG à tous les retraités, à commencer par les plus pauvres! On peut s’attendre à une hausse de la TVA demandée par la droite pour compenser la baisse de la taxation des dividendes… Chers cons-citoyens, Oremus…

Ce 14 mai j’ai vu passer mon fric à la télé

Classé dans : politique — 14 mai, 2017 @ 11:36

Les télés en continu et commerciales (y compris France Info pourtant publique) ont commencé de nous bassiner avec la passation de pouvoirs de Zzi Rider à maqueron dès 7 heures du matin. C’est notamment en ces moments de « ferveur populaire » (à Fatima, c’est papulaire, mais c’est du même tonneau de la crédulité publique) que l’on peut admirer combien la ripoublique monarchique francouie nous coûte cher pour fort peu de résultats. Hegel avait vu passer la raison à cheval en visionnant le passage de La Paille Au Nez Buonaparte à Iéna; moi, hier j’ai vu passer mon fric à moto, en auto, en décorum avec gardes républicains en grand uniforme et hauts gradés caparaçonnés de médailles (il n’y a qu’elles qui Maille), avec tout l’aréopage des excellences passées, présentes et à venir. Comme Mac Mahon, je me suis écrié, non pas que d’eau, que d’eau, mais que de pognon, que de pognon foutu en l’air. Il est vrai, autre citation célèbre de ce maréchal, que tout ce beau monde, engraissé aux deniers publics via des impôts et cotisations ou taxes qui montent à 45 % du PIB (la dépense publique étant cependant de 56 %, ce qui nous donne une des raisons du déficit budgétaire depuis des années) a pour devise, sonnante et trébuchante, « j’y suis, j’y reste. » Et pour les petits nouveaux macroniens; « je (me) maintiendrai ».
Pour s’ébaubir au spectacle, nombre de quidams se pressent avec femmes et enfants sur les Champs Elysées, rançonnés, cocus et contents. Mais, ducons, ce sont vos impôts qui passent là! Et pas que là. Pour 65 millions d’âmes en France nous avons 577 députains, 328 sénateurs (plus le Conseil économique, social et de l’environnement, dans les 300) alors que les USA avec 320 millions d’habitants n’ont que 405 représentants et 100 sénateurs. Nous avons aussi dans les 60 000 mille élus locaux, départementaux et régionaux (avec 36 000 communes dont la moitié sont quasiment vides ou mourantes). or un représentant national nous coûte dans les 22 000 euros par tête de pipe et par an. Nous avons dans les 800 agences ou « hauts comités » ou kommissions ou « autorités », mix de membres privés et publics, donc largement dirigées en faveur des intérêts privés, qui servent surtout aux gouvernants à se défausser de leurs décisions que lesdites agences, prétendûment indépendantes et appréciant les choses en rationalité, présentent comme neutres et scientiiques. Voir les exploits des agences du médicament, de l’alimentation et de la santé qui laissent passer les pertubateurs endocriniens et autres pesticides, de même que la malbouffe sucrée, grasse et bourré de produits chimiques, de même que les camemberts plâtreux. Malgré cet énorme appareil d’Etat, on se demande qui dirige le pays. Eh bien, la réponse est simple: ce sont les puissances économiques et financières et l’UE auxquels nos gouvernants ont abandonné le pays dès 1983. Sans doute le décorum ripoublicain ne sert-il qu’à faire croire que les politiciens gouvernent en vue du bien commun. Moins c’est le cas, plus les fastes augmentent, plus le spectacle médiatique se transforme en Barnum pro gouvernemental. Il importe en effet de faire croire au peuple qu’il est encore suverain car, si non, la légitimité du pouvoir sauterait. D’où comme sous le roi Soleil les débordements de spectacles pour manifester son pouvoir. Qui pourtant se réduit à la répression des opposants, au droit social et à la fiscalité, tout le reste étant administré par die grosse Kommission de Bruxelles.
Je préconise donc que Maqueron officialise la chose en supprimant le pouvoir politique francoui au profit de die grosse Angela et de Bruxelles qui exrcent depuis longtemps tous les pouvoirs en Europe. Ce serait honnête même s’il lui faudrait revenir chez Rotschild. Cela nous coûterait moins cher.

Conceptions du politique et crise de la représentation

Classé dans : politique — 13 mai, 2017 @ 10:46

Le fait que les élites politiciennes oligarchiques ont été soit balayées provisoirement comme en France avec la récente pestilentielle, soit ont fait l’objet de mouvements « populistes » (au dire desdites élites) tant de droite (Le Pen) que de « gôche » (Mélanchthon) n’est pas qu’une crise momentanée de la représentation dans la démocrassie formelle; c’est le symptôme d’un mal bien plus profond et durable. Ce que ne voient pas le Maqueron, ni le PS, ni les LR qui comptent bien recomposer ladite démocrassouille lors des législatives et cela afin de conserver le monopole du pouvoir politique sur la société et le peuple en tant que classe politicienne professionnalisée. Maqueron va faire comme les copains et seulement changer la liste des politiciens assis autour de l’assiette au beurre. Ce ne sera qu’une partie de chaises musicales avec quelques nouvelles têtes et beaucoup de vieux chevaux de retour (Idrac, Goulard, Delevoye, Borloo…) de la politique. L’establishment politicien sera toujours là et appliquera les vielles recettes d’une très ancienne conception de la politique. Maqueron, ce sera le (général) Boulanger, la boulangère et le petit litron (Borloo). Il n’instaurera qu’un rajeunissement du corps des politiciens pour donner l’impression que tout change alors que rien ne change. Nous allons voir pourquoi.
D’abord, il faut différencier le politique de la politique. Le politique, c’est la nécessité pour toute communauté durable, républicaine et démocratique à long terme de se doter de buts partagés, de situer son identité et de poser ses frontières d’identification des gens envers elle et d’union entre eux (je n’ai pas dit d’unité), de définir ses ennemis et ses amis, de viser le bien commun, la justice et l’intérêt général, de se doter d’une puissance d’action appelée classiquement « souveraineté », de disposer de moyens institutionnels de prise de décision, surtout en cas de crise majeure. La politique, c’est l’action à court terme et au jour le jour, le gouvernement temporaire, les luttes entre partis pour disposer d’une majorité électorale, l’organisation du suffrage, la gestion de la communauté…
L’idée du politique nous vient des vieilles philosophies de l’antiquité et des juristes du 17e/18e siècles. Nous disposions alors des idées-force de souveraineté du peuple en tant que communauté politique et nationale de citoyens, c’est-à-dire de la puissance de la nation sur elle-même, d’intérêt général à représenter et déterminer, de démocratie en tant qu’égalité politique (et formellement juridique) des citoyens réunis en République et en tant que liberté des citoyens. le risque était de forger une frontière entre eux (l’étranger, le différent) et nous (la communauté nationale) et de sombrer dans le nationalisme refusé par l’universalité des idéaux de la Révolution française mais porté à l’extérieur par la force des armes, ce qu’a aggravé intensément La Paille Au Nez Buonaparte. Ce qui a suscité le nationalisme généralisé, source des deux grandes guerres mondiales. En fait l’universalisme actuel n’est qu’un cosmopolitisme du marché associé aux droits de l’homme qui sont purement individuels et passent à l’as les identités collectives. Il porte un universalisme des sujets individuels purement rationnels et intéressés. Au contraire de ce qu’il faudrait viser, à savoir un pluralisme des groupements sociaux habilités à exprimer et défendre leurs droits collectifs y compris en cas de conflit. la fonction majeure de la démocratie réelle est de permettre de résoudre pacifiquement les conflits pourvu que les dissensus ne portent pas sur les valeurs et l’éthique républicaines et démocratiques.
Il n’y a pas de démocratie possible si l’on n’admet pas les antagonismes entre groupes sociaux qui, du reste, sont au fondement du politique, la politique se contentant de les réguler ici et maintenant. C’est pourquoi les théoriciens de la « fin du politique », de la 3e voie, de la « gouvernance » s’illusionnent en pariant sur le consensus, le rassemblement et la rationalité. Car on ne peut pas éliminer la dimension agonistique du politique, ni le caractère passionnel des groupes humains. Une bonne démocratie, je ne dis pas parfaite et perpétuelle, a pour but de laisser s’exprimer les conflits. C’est pourquoi être ni de droite, ni de gauche est une tromperie: il faut arbitrer et décider entre positions concurrentes et antagonistes! la fin du politique ne signifie que la perpétuation de l’oligarchie qui se contente aisément d’un consensus de façade, d’une union factice et des jeux électoraux entre fausses oppositions.
Ce que cache, tant l’universalisme que l’oligarchie politicienne, c’est leur fantasme de l’UN, de l’unité, du commandement de la société par le haut des élites autoproclamées. Pure illusion car ni la société, ni le peuple, ni la nation ne forment une totalité unifiée. Au contraire, c’est marqué par le pluralisme et le conflit entre groupes pour la direction de la société, c’est-à-dire par la recherche de l’hégémonie sur les autres groupes. Cela marche si tous les groupes y retrouvent du mieux pour eux, mais ce n’est qu’un armistice dans la conflictualité naturelle des sociétés.
Aujourd’hui plusieurs conceptions du politique consistent à en évacuer les dimensions essentielles: la démocratie en tant que mode pluraliste de prise en charge des conflits entre acteurs, la souveraineté du peuple, la justice en tant qu’égalité républicaine, la soumission des représentants aux fins du bien commun. Nous avons le marxisme primaire qui pense que la fin de la propriété privée des moyens de production, c’est-à-dire des luttes de classe, amènera la fin du politique en transformant le pays en espace de coexistence d’associations indépendantes; cela le rapproche d’un certain anarchisme individualiste sans pouvoir politique fédératif. Le libéralisme fait disparaître le politique sous le marché international auto-régulateur et « efficient »; quand chacun s’occupe de ses intérêts, se lance dans « le doux commerce » et l’interdépendance des échangistes, il n’y a plus besoin de pouvoir politique national puisque le marché est universel. La social-démocratie a réduit le pouvoir politique à la gouvernance gestionnaire, à la politique résumée à l’atteinte d’une majorité électorale, à la substitution du parlement à la souveraineté du peuple. L’internationalisme bêlant refuse que le politique soit lié à une communauté particulière et rejoint donc l’universalisme fictif du marché. Dans tous les cas, le politique disparaît au profit de la politique en tant que gestion comptable et court-termiste du pays, lequel, du reste, n’est qu’une survivance à éradiquer complètement.
Beaucoup de théories et analyses récentes (par exemple, celles de Hardt et Negri ou de Laclau et Mouffe) sous-estiment les rapports entre l’instance politique et la sphère socio-économique. Mais elles en reviennent à l’essence du politique et à la nécessité d’une démocratie réelle assurant la souveraineté du peuple (vu comme divers, formé de collectifs qui doivent négocier entre eux pour déterminer le bien commun) et d’une république faisant progresser la justice contre l’oligarchie, les ploutocrates et les politiciens monopolistes de la représentation et de la définition de l’intérêt général. Ces théoriciens voient bien la déréliction de la démocratie représentative et la disparition du lien social via les dégâts du libéralo-capitalisme (inégalités, pauvreté, précarité, concurrence sauvage de tous contre tous, disparition de la souveraineté nationale). Cependant, ils ne relient pas assez la relation entre ces deux aspects de la « modernité ». car si la souveraineté nationale a disparu, ce n’est pas le cas du pouvoir politique exercé sous la forme de la politique.
Au contraire, muni de la légalité conférée par l’élection, habilement transformée en légitimité, le pouvoir politique, même local sans parler de la bureaucratie de la Grosse Kommission de Bruxelles, s’est considérablement renforcé: technocratie et expertise, monopole de la représentation par les grands partis, police, répression judiciaire, standardisation et normalisation des pratiques, lavage de cerveau par des médias inféodés, manipulation du langage pour lui faire dire le contraire de ce qu’il signifiait (par exemple, réforme veut dire régression), hégémonie idéologique et culturelle du libéralo-capitalisme (via l’individualisme et la consommation encouragés par le pouvoir et l’industrie). Les politiciens, munis à tort de la puissance souveraine, ont utilisé celle-ci contre le bien commun et au profit du kapital. Ils ont ainsi pu transformer le modèle socio-économique de type Etat-providence et social en course infinie à la compétitivité via la concurrence internationale « libre et non faussée ». Et tous les gouvernants, quelle que soit leur obédience, y ont participé. Ce qui a doublement démonétisé la représentation politique: ça ne sert à rien de voter puisque l’alternance aboutira au même résultat; il n’y a aucune amélioration tangible de la situation socio-économique. Las, les PRAF (plus rien à foutre) ne voient pas toujours que les deux sont liés via la médiation et la toute-puissance du corps de politiciens professionnalisés UMPS et tous d’esprit libéralo-capitaliste.
Si l’on veut restaurer le politique en tant que souveraineté démocratiquement exercée du peuple constitué en République, il faut bien comprendre que cela veut aussi dire pacte national entre acteurs sociaux. C’est ce qu’exploitent les souverainistes de droite (Le Pen, Dupon-Aignan) et de gauche (Chévènement). Mais ces gugusses font du souverainisme une stratégie d’exclusion de l’autre et une opposition frontale à l’internationalisme. ce qui est tout le contraire d’un patriotisme de défense de l’intérêt national en même temps que de participation aux affaires du monde dans le respect des autres pays et dans une coopération avec eux afin de faire progresser les droits individuels et collectifs partout et dans un esprit égalitaire. Certes, on peut déplorer qu’on en soit réduit à partir de la nation pour y parvenir. Mais c’est l’état actuel du monde qui y force afin, par exemple, de remettre tous les pouvoirs à une instance non élue comme l’UE, instance qui propage un libéralo-capitalisme contraire aux intérêts des peuples à l’échelle mondiale. En outre, si l’on veut être entendu dans le concert mondial il faut disposer d’une base qui donne l’exemple d’une logique contraire à celle du libéralo-capitalisme et voulant aider les autres pays à s’en débarrasser. Ce qui suppose une communauté politique solide et souveraine qui fasse du politique et pas seulement de la politique. Car alors celle-ci n’est que celle « du chien crevé au fil de l’eau ».

Père, pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait

Classé dans : politique — 8 mai, 2017 @ 10:45

Hier, 7 mai, plus de 20 millions de Francaouis (66 % des exprimés) ont élu Maqueron comme président du pays pour 5 ans. Il y avait 47 millions d’électeurs inscrits (8 à 10 % des électeurs potentiels ne sont pas inscrits); le malhomme a donc réuni environ 43 % des inscrits. le reste, c’est 34 % des exprimés pour la Marine (10,5 millions) et aussi 34 % d’abstentions (25 %) et de nuls ou blancs (9 %). il va de soi aussi que les votes Maqueron ne sont pas seulement des votes d’adhésion; il s’y trouve énormément de votes dits « utiles » pour faire barrage au FN. L’élection est donc loin d’être un triomphe et Maqueron est d’emblée en proie à une hostilité certaine, ce qui va lui rendre très difficile d’obtenir une majorité à la chambre des députains (il en faut 289 pour avoir une majorité absolue). Gageons que la France Insoumise, nombre de frondeurs à la Hamon, le FN et la droite proche de Veau-Quiet vont se démener pour l’empêcher d’avoir une majorité. Gageons aussi que des débris du PS, des opportunistes à la Vallse ou à la Lemaire vont rejoindre En Marche (d’où la vieille expression: prendre le train en marche). Cela ne fera pas une majorité stable et le maqueron gouvernera sans doute avec autoritarisme. Du reste, il a déjà annoncé la couleur: faire passer des lois majeures par ordonnances. Ces lois seront naturellement d’obédience libéralo-capitaliste. Le seul point positif de ces élections pestilentielles est que le duopole UMPS a éclaté en miettes et que l’oligarchie politicienne a été renvoyée (momentanément car elle va rapidement se reconstituer) à ses chères études.
Le Maqueron et la Maquerelle ont vite affiché leurs intentions; le sieur-président s’est dirigé vers son podium sis dans la cour du Louvre près de la pyramide de Peï à la façon de Tonton au Panthéon et avec l’Hymne à la joie, hymne de l’UE et accessoirement tiré de la 9e symphonie du Teuton Beethoven (d’où un surnom de DSK, dit Bite-au-vent). C’est un double signal: je me réjouis de moi-même en affichant ma joie perso et je montre mes convictions européennes. D’ailleurs, Die Grosse Angela et le tricheur fiscal luxembourgeois Juncker ont été dans les premiers à féliciter le nouveau président, qui une fois intronisé, ira baiser les babouches de Merkel à Berlin, comme l’avait fait Zizi Rider. Maqueron va mettre le pays aux normes ordolibérales tudesques alors que c’est cette politique, suivie depuis 30 ans, qui a dressé les peuples européens les uns contre les autres par mise en concurrence sauvage, ce qui a été aggravé dès 2004 par la vague d’entrée de PECO (s) dans l’UE. La France va enfin adopter des « mesures structurelles » afin de s’adapter comme les autres pays à la logique mortifère du libéralo-capitalisme. Merkel s’en réjouit déjà. ce qui est une idiotie car si notre pays se lance dans la course au moins-disant pour rattraper son retard en la matière les autres pays vont accentuer la leur, ce qui va installer encore plus l’UE dans un tonneau des Danaïdes et sur un toboggan sans limites autres que le rabaissement des normes socio-économiques sur le plus bas niveau, sans doute celui de la Roumanie à moins que la Bulgarie ne remporte le titre.
Pendant les petits jeux de la politique politicienne, la « fracture sociale » (territoriale, éducative, économique, ethnique, culturelle, religieuse) a été mise sous le Tapie. Elle va reprendre ses droits et sa descente de toutes les normes ou références. La politique maqueronesque va l’aggraver alors que l’impétrant a promis de restaurer la situation via la bonne vieille politique de l’offre et la théorie du « ruissellement » (les riches et les entreprises, à condition qu’on les laisse libres de toutes leurs décisions, investissent, innovent, embauchent, ce qui rejaillit sur tout le monde). C’était le théorème de Schmidt, social-démocrate teuton: les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain. D’où les 7 à 8 millions de mini-jobs à temps partiel à 500 euros par mois qui ont ramené le chômage tudesque à 5 %. Du reste, ce qui a augmenté en réalité ce sont les marges et les profits, pas du tout l’emploi. L’Allemagne est très riche, mais pas le peuple allemand qui a payé un lourd tribut au libéralo-capitalisme ordolibéral. Et c’est pareil dans toute l’Europe.
Une alternative va se présenter assez rapidement. Soit la politique du maquignon Maqueron est soutenue par une majorité législative et dans 5 ans la fracture sociale aura vu sa facture alourdie au point de faire élire la Marine triomphalement en 2022, soit il n’y a pas de majorité et la « gouvernance » par décrets va susciter une révolte sociale que le gouvernement ne saura que réprimer violemment. Je n’ose alors penser à ce qui pourrait se produire…

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