les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Fillon, idéal-type de la démocrassouille ripoublicaine francaouie

Classé dans : politique — 4 février, 2017 @ 12:06

Le parti LR est en train de lâcher son récent élu comme candidat à la résidence élyséenne; on ne saurait parler de présidence tant le système représentatif français est pourri. Ce n’est pas Fripouillon qui pose problème: c’est le système lui-même qui par construction illustre le fameux un pour tous, tous pourris. Si le parti commence à pousser notre parangon de vertu, le moine friqué et pas encore défroqué, c’est que la chaussée aux moines est devenue glissante pour tout le monde. Les journaleux, enhardis par l’affaire, risquent de s’intéresser à tout le monde et de mettre au grand jour, ce qu’ils auraient dû faire depuis longtemps, la substantifique moelle de notre belle démocratie libérale et représentative. Le système risque d’être détricoté et toute la classe politicienne peut en payer le prix. Il faut donc sacrifier l’arbre Fillon, qui n’est pas un para bel homme du tonnerre, pour sauver la forêt LRPS.
La multiplication des mandats électifs, à la fois dans le temps et dans l’espace, permet de se constituer des fiefs, d’avoir un réseau de « clients » (au sens romain), de prébendiers, d’assistés (ce ne sont pas ceux que la droite à la Veau-Quiet désigne), de redevables. Ce qui colle mal avec la théorie suivant laquelle le député représente l’intérêt général de la nation (une et indivisible) et non les intérêts particuliers de son apanage. C’est facile puisque les dépenses afférentes sont payées par les contribuables; et les moyens d’acheter une clientèle sont fort nombreux: DUP, POS bidouillable, permis de construire, commandes publiques, attribution de concessions de service public, achats de publicité dans les médias, attribution de logements ou d’une place dans un bon lycée ou VIP au stade, subventions en tout genre, notamment aux associations amies y compris cultuelles, distribution de bons postes aux ex-bons syndicalistes (exemple: feu Chérèque à l’IGAS). En retour, le bon député reçoit des dons, peut placer ses amis dans le privé si généreux envers ceux qui l’ont bien servi, peut y pantoufler à condition, naturellement, qu’il défende bien les intérêts des lobbys en faisant voter des lois ou en prenant des décisions en leur faveur, en bloquant les initiatives ennuyeuses pour les profits. Le tunnel Lyon-Turin, l’ayraultport de Nantes, les nouvelles lignes TGV, les « partenariats public-privé », les bonnes relations avec les dictatures, etc., ça rapporte à qui? A Bouygues, à Dassault, qui, en outre, achète littéralement des voix et vient d’être condamné (son père, Marcel, distribuait des billets de 500 francs dans sa circonscription de l’Oise).
La théorie est que la Chambre des députains est quasiment la nation car elle est un hologramme en réduction du bon peuple; c’est la Chambre qui a fini par détenir la souveraineté à la place dudit peuple. C’est pourquoi, comme lui, elle est une et absolue. C’est ce qui donne un chèque en blanc muni des pleins pouvoirs au corps majoritaire des députains (j’imite Boris Vian: un général, dégénéré, un maréchal, des maraîchers, un député, des…). Avec cette prétendue délégation des pleins pouvoirs, la majorité peut décider ce qu’elle veut et c’est ainsi que Tonton, dès 1983, a fait voter toutes les lois nécessaires à la conversion du pays au libéralo-capitalisme sans limites. Vous me direz qu’il y a les alternances de majorité. Yes, mais c’est bonnet blanc et blanc bonnet car le LRPS a exactement une politique unique, différenciée seulement par le tempo et la brutalité. Il ne sert donc plus à rien de veaûter puisque ce sera toujours la même politique qui sera continuée.
La conséquence de ces inconséquences théoriques et des pratiques des partis ou des politicards fait que nous avons une classe politique très homogène, endogamique, quasi inamovible et cramponnée sur ses privilèges pourtant abolis le 4 aout 1789. A quoi s’ajoute que ses membres sortent des mêmes écoles où ils sucent le lait libéralo-capitaliste qui y est généreusement distribué: Sciences.Po, HEC, ENA, Dauphine, ces « séminaires de l’aristocratie » comme disait Proudhon. Il est normal que nos élites ainsi formatées ne disposent que d’une « pensée unique » axée sur le libéralisme et la technocratie. Au passage, on obtient trois phénomènes anti démocratiques: l’entre soi des élites fermées sur elles-mêmes, donc coupées cu peuple que, par dessus le marché, elles accusent d’être populiste, ignare, « sale et méchant »; le non-renouvellement des élites que pourtant des fascistes comme Pareto et Mosca avaient dit indispensable au maintien de la domination sous masque démocratique; la disparition de la méritocratie, donc de l’espoir des gens du peuple de voir leurs enfants réussir.
Ce qui frappe le plus, c’est que cette prétendue élite a perdu tout sens de l’honneur, tout sentiment de honte. Elles pensent que parce qu’elles ont été élues et même réélues (voir Balkany, Chirac) elles ont sont au-dessus du vulgum pecus et ont tous les droits de se sucrer. Elles ont un sentiment d’impunité, hélas nourri par une justice inéquitable à la la Fontaine (voir l’absolution donnée à C. Lagarde et la dispense de prison pour Serge Dassault): « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Du reste, le libéralisme n’est-il pas assis sur la proscription de la morale dans la sphère politique, comme l’économie scientifique et neutre? Et Dieu n’existant pas pour la plupart de nos élites, « tout est permis » (Ivan Karamazov). C’est pourquoi Fripouillon (condensé de fric et de Pouillon, oui, Fernand, l’architecte de la Garantie Générale Foncière sous Charlot) s’est tué lui-même: il a excipé d’une morale affichée qu’il ne pratiquait pas. Sic transit gloria mundi… Il va payer pour tout le monde en coupant un rameau pourri au lieu des branches maîtresses de l’arbre de la tentation. Penelope aurait dû s’appeler Eve.

Chronique de la ripoublique

Classé dans : politique — 1 février, 2017 @ 12:18

Le candidat LR, si propre sur lui, si honnête vient d’être atteint par un Scud : il aurait salarié sa femme comme assistante parlementaire (relais pris pas son remplaçant à la Chambre des députains, M. Joulaud, lequel est allé jusqu’à payer 10 000 euros sa chère assistante parlementaire alors que la limite est à 4 000) et il aurait fait bénéficier celle-ci d’un emploi rémunérateur à la revue des 2 Mondes (5 000 euros par mois), propriété de son cher ami Ladreit de Lacharrière. Il a aussi rémunéré 2 de ses enfants (sa fille pendant 14 mois à 3 000 euros, son fils pendant 6 mois à près de 5 000) comme assistants compétents en tant qu’avocats, ce qu’ils n’étaient pas encore au moment du passage de Fripouillon au sénat. Médiapart révèle aussi que le malhomme aurait touché 21 000 euros à partir de tripatouillages du Sénat sur une réserve destinée aux attachés parlementaires. Mais le candidat se défend comme le diable dans son bénitier de Sablé : calomnies, boules puantes, pureté virginale, amour passionnel de Pénélope avec son Grand Ulysse ; le tout avec des affirmations sans la moindre preuve de bonne foi. Il se met à arguer de ce que ses détracteurs ont confondu salaire brut et net ; quelle mentalité de comptable ! Il proteste de sa bonne foi (catholique), il n’aurait même pas offert le thé et des petits sablés à ses administrés. Il spécifie que tout cela était légal. Sans doute, mais est-ce légitime ? Est-ce moral ? Et, cher candidat à la mandature suprême, qui fait les lois ? Eh bien, ce sont les députés qui donc sont innocents comme l’agneau qui vient de naître : ils respectent les lois qu’ils ont eux-mêmes pondues à leur profit, comme, par exemple, leur remarquable système de retraite. C’est super d’être juge et partie ! Du reste ledit remplaçant dudit Fripouillon garde pour l’instant de Conrad le silence prudent. Il se susurre aussi que l’honorable Fillon aurait reçu de fortes sommes d’industriels ou financiers russes ou de juteuses prestations d’industriels français. Pas sûr, mais notre homme avait créé son cabinet de conseil, ce qui laisse à penser qu’un représentant du peuple n’est pas occupé à 100 pour 100 à défendre le bien commun et l’intérêt général. Normal, car il faut beaucoup de grisbi pour faire de la politique et entretenir le manoir de Solesmes ; heureusement, on peut faire retraite dans l’abbaye du même nom afin d’expier ses petits péchés. Il faut bien la soupape du fric pour faire carrière comme sous-pape François. Bref, on attend les conclusions de la justice financière qui s’est saisie des casseroles Fillon. On verra bien car pour l’heure le malhomme est présumé innocent et n’est même pas mis en examen comme tout voleur de poule jugée en comparution immédiate. En attendant, l’impétrant joue à la victimisation et à la théorie du complot ; et même à la misogynie ! Cependant les journaleux et les politicards, qui se concentrent sur le caractère fictif ou non des emplois donnés aux proches sans passer par les ASSEDIC, ne se demandent pas si les salaires étaient bien proportionnés en regard des compétences des prétendus salariés. C’est une bonne question, celle du « juste salaire » qu’avait soulevée il y a des siècles saints Thomas d’Aquin et qu’un bon catholique non cathodique comme FF devrait se poser. Moi-même, en débutant comme cadre mieux diplômé que les enfants Fillon, je touchais bien moins. Dans l’opinion publique, encore attachée à la « commune décence », Fripouillon (et la Tapie-ssière de Sablé) est ensablé profond, ce qui permet à Bayou de refaire surface, à la gauche de reprendre espoir, au FN de prospérer encore plus et ce qui suscite des nouvelles candidatures à droite. Il y aura en fin de course un élu mais ce sera comme Flanby : par défaut par suite de la conduite de l’ithyphallique DSK à New York. Depuis déjà longtemps, le peuple ne choisit plus un candidat aux élections : il élimine parmi ceux qui ont été sélectionnés par les partis et maintenant par les électeurs les plus impliqués, ceux qui votent aux primaires et qui sont loin du peuple.
Hamon a remporté les primaires de la « belle alliance populaire » organisée par l’ex-trostkard et repris de justice Cambadélis contre le crypto franquiste Valls, le caudillo des parlementaires hollandistes et du 49-3. Cela promet car ce n’est pas non plus, loin de là, un perdreau de l’année avec ses 25 ans de magouilles au PS, du reste comme le politicard professionnel Valls. Et maintenant Hamon se présente comme un novateur et un vrai socialiste qui veut redonner le pouvoir au peuple. Comme on sait, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais ce n’est un idiot : il sait très bien que les pestilentielles de 2017 sont foutues pour le PS et que c’est peut-être Maqueron qui tirera les marrons du feu si Fillon reste empêtré dans le penelopegate. Du reste, la valsse des hollandistes a déjà commencé vers ledit Maqueron. On a même des députains qui excipent d’un droit de retrait pour aller soutenir le Maqueron. Quels bons démocrates qui organisent des primaires et ensuite renient le verdict des urnes ! Non, Hamon vise des résultats aux législatives par alliance avec Mélanchthon (épigone de Luther en version socialo-puritaine) et les écolos et il va restaurer un PS de gôche.
Ces phénomènes illustrent à merveille le caractère ripou de notre démocratie confisquée par des politicards professionnels, vivant très longtemps aux crochets de notre 5e république, votant des lois en faveur de leurs copains de la finance et en fonction de leurs intérêts de classe politique où gauche et droite représentent les mêmes choses, à savoir la peste ou le choléra. Songeons à ce que le libéral-socialo Zizi Rider n’a travaillé que 2 ou 3 ans à la Cour des Comptes tout en y conservant son droit à retraite. De même, Hamon et Vallse n’ont pratiquement fait que de la politique, ce qui du reste correspond à leur médiocre niveau d’études. Et tout est à lavement, comme dirait Bérurier.
Fillon ou Hamon, c’est, du point de vue idéologique, presque bonnet blanc et blanc bonnet. Le premier est un libéral-capitaliste (L-C) convaincu mâtiné de bonne conscience chrétienne et soutenu par la bourgeoisie et les chaisières. S’il est élu, il relancera le pays dans la course au moins-disant en imitant la Doryphorie de die Grosse Angela. Ce sera fort bon pour le capital via la mise en concurrence aggravée de tous les pays européens. Hamon se veut anti L-C mais il n’a pas compris le film. Il croit toujours au primat de la lutte des classes structurées autour de la propriété privée des moyens de production. Certes, c’est important dans l’analyse marxiste mais cela oublie que le problème fondamental posé par le L-C, c’est la logique de l’accumulation sans fin (la croissance chez les libéraux même socialos), sans limites (mêmes écologiques), c’est le règne de la marchandise, c’est l’absolutisme de la valeur d’échange, c’est « l’empire » (au sens de Hardt et Negri) du toujours plus de Profit, lequel donne le la du système (on n’y produit pas pour les consommateurs mais pour faire du profit via les consommateurs). Le capital est un système social total et hégémonique qui subsume sous une logique unique et unidimensionnelle, donc totalisante et totalitaire, l’exploitation économique, la domination politique et l’aliénation culturelle et morale. Cela ne peut se réduire à corriger ledit système par des réformettes qui laissent entière la logique du système. Mais, hélas, le système est devenu trop puissant pour un combat frontal ; ce qui n’empêche pas de construire autre chose à côté et contre : des anarcho-structures d’action directe fondées sur la coopération, le respect de la nature, la justice, le don au lieu de Mammon.
Les deux bonshommes ont l’air d’ignorer que le pays est encastré dans la logique L-C via son appartenance à l’UE ; celle-ci est organisée en étau hyperlibéral qui ne laisserait qu’un choix à ses membres : y rester ou partir (il y a une autre solution : construire chez soi une logique anti L-C sans sortir mais en n’appliquant plus les saintes écritures ordo libérales des Teutons. Mais cette 3e voie est ignorée par les deux comparses comme par Mélanchton ou le Pen). Fillon l’ignore car pour lui la seule solution est le toujours plus de L-C propulsé par l’UE. Hamon l’ignore par pure pensée crypto marxiste, cela se voit avec son revenu universel totalement inapplicable si on reste dans le système L-C et l’UE ; il mise donc sur la politique du pire pour espérer une révolution, un homme nouveau, des lendemains qui chantent ! S’il est élu, son projet ratera mais il dira alors : ce n’est pas ma faute, c’est celle de l’UE ; ce que disent les socialos depuis 1983 sur le grand air « de la contrainte extérieure ». Ce qui ressemble beaucoup aux magouilles de la famille Soprano.
Comment faire pour rester dans l’UE tout en contrant sa logique et en donnant un exemple de contre-politique ? Fastoche : casser la dépendance à la dette extérieure en la remboursant via un emprunt forcé, converti en rente perpétuelle, sur le patrimoine des riches, créer la Banque du peuple avec sa monnaie interne réservée à l’économie intérieure via un réseau d’entreprises, à commencer par les PME-PMI, artisans, coopératives, mutuelles (la BDP fait aussi des avances à l’Etat), n’emprunter qu’à l’intérieur du pays, rendre les cotisations sociales (salariales et patronales) déductibles à l’exportation et applicables au même taux aux importations ; imposer une taxe carbone aux transports et aux marchandises en fonction du kilométrage parcouru, créer des droits compensateurs des différences de législation (fiscale, sociale, environnementale) sur les importations en provenance de pays low cost… etc. J’en ai déjà parlé dans maints articles précédents. Hamon commandement, partez.

Libéralo-capitalisme et théories de la « déconstruction »

Classé dans : politique — 8 janvier, 2017 @ 12:07

Derrière ce mot mystérieux de la « déconstruction » se cache tout simplement ce que l’on appelait critique; par exemple le fameux livre « Dialectique de la raison » d’Adorno et Horckeimer penseurs novateurs de l’école de Francfort qui ont analysé les erreurs du marxisme years ago. Ils ont aussi ciblé les prétentions de la « raison pure » en montrant ses limites et aussi les horreurs qu’elle a produites: technique criminelle, régimes totalitaires, bombe atomique, libéralo-capitalisme sans limites réduisant tout à l’état de marchandise. J’insiste sur le mot dialectique car il signifie qu’iil ne faut pas jeter le bébé de la raison avec le bain du technicisme et du totalitarisme. Il faut continuer de s’appuyer sur l’entendement mais en analysant son incomplétude et ses défaillances. Ce que semblent rejeter les déconstructeurs (Foucault, Lyotard, Deleuze, Derrrida, etc.; les papes de la « french theory » si en vogue aux USA, ce qui n’est pas un hasard) qui se livrent à une critique radicale de la pensée des Lumières et de la société occidentale. Dans ce cadre, ils continuent le travail des « maîtres du soupçon » (Marx, Nietzsche, Freud) qui ont eux aussi sapé les fondements de la culture et de la civilisation occidentales. Les déconstructeurs n’appliquent pas la devise de Proudhon: destruam et aedificabo (je détruis et je construirai); ils en restent à destruam. Comme Schumpeter, sur lequel Foucault biche ou « like » grave, la destruction de la pensée occidentale n’est que créatrice, comme l’innovation chère à l’économiste autrichien. Deux ronds de réflexion montrent pourtant que l’innovation ou la destruction ne sont pas forcément créatrices. Les déconstructeurs ont aussi une propension à négliger ou dénigrer les penseurs modernes qui les ont précédés, tels Marcuse, Debord, Lukacs, Gramsci ou Castoriadis. Naturellement leur critique du marxisme et du totalitarisme, éloignée de toute préoccupation socialisante, a fait florès aux USA qui avaient bien besoin de « compagnons de route » idéologiques pour faire monter la mayonnaise de leur hyper libéralisme économique. Rappelons quelques apports de la « déconstruction ».
La prétention de l’Occident à avoir produit des valeurs universelles est mensongère. Il ne saurait y avoir de supériorité des principes et normes dudit Occident sur celles des autres cultures. Il n’y a pas de valeurs absolues et transcendant le monde. Les valeurs sont relatives et, si j’ose dire, elles se valent toutes. Respecter toutes les différences est donc justifié. Cela est parfaitement pertinent et permet de fonder le pluralisme des sociétés en remettant les autres cultures à leur place contre les discours coloniaux qui ont légitimé l’oppression des peuples au nom de la soi-disant supériorité occidentale. Notamment, les descendants des autres peuples ont parfaitement le droit de revendiquer leur identité culturelle et de vivre leurs propres valeurs. Le problème est que cette thèse, bien que juste, a fait sombrer dans la repentance certains pays plus humanistes que d’autres. La France se repent à tours de bras, mais pas les USA ou le Japon dont les exploits sont pourtant autrement négatifs. Bien plus ennuyeux est que cette théorie fait disparaître toute référence ou tout repère dans les conduites sociales. Ce qui revient au vieux « si Dieu n’existe pas, tout est permis  » d’Ivan karamazov. La justice, l’humanisme, la dignité, les droits de l’homme n’ayant de valeur qu’occidentale ne peuvent plus servir de fondement moral sur terre. De plus, même si toutes les cultures se valent, elles contiennent cependant des aspects peu compatibles avec le mode de vie d’autres peuples. C’est ce qui fonde le multiculturalisme: les cultures se valant, ayant des points majeurs de conflictualité, la meilleure solution est un pluralisme de juxtaposition au sein des pays pluriels. Et, de fil en aiguille, la juxtaposition peut se transformer en hégémonie de la culture la plus nombreuse ou la plus sûre de sa valeur ou la plus dynamique. Autrement dit, au nom du pluralisme et du droit à la différence, on peut laisser s’installer des cultures qui les supprimeront si elles accèdent au pouvoir via leur organisation par de vigoureux « entrepreneurs de religion ». Enfin, ce n’est pas la même chose d’admettre l’égalité des cultures que d’accepter des pratiques telles que l’inégalité hommes/femmes, l’excision, la souffrance animale, la non-mixité, l’esclavage, etc. Naturellement, la disparition des normes et des règles unifiant, coordonnant les attentes réciproques et pacifiant des communautés globales, coïncide avec le libéralo-capitalisme qui exige un pouvoir politique neutre vis-à-vis de toute conception du monde et se prévaut d’une « science économique » imperméable à toute valeur. Ainsi, la prostitution devient légitime si elle se produit entre adultes consentants et procure un revenu d’efficience. Se prostituer devient un calcul coûts/bénéfices. Ne reste qu’une valeur, celle qui fonde le libéralisme, à savoir la liberté de tout faire si cela ne nuit pas à autrui et si c’est consenti. les déconstructeurs, fusse involontairement, ont largement contribué à justifier cette idéologie libérale. Il en est de même pour la critique des règles qui seraient toutes imposées par la domination.
Le pouvoir est partout, il y a du pouvoir partout et tout système social forme un réseau inextricable de pouvoirs. Sans doute; il n’y a pas que le pouvoir politique absolu, centralisé et répressif par ses normes et ses contrôles « bio-politiques ». Certes, tout le monde ou tout groupe conserve du pouvoir, notamment pour résister afin de conserver sa part de liberté. Mais les déconstructeurs font du réseau en tant que système global une chose indépendante de tous et inattaquable. Il ne reste plus qu’à mener des résistances locales contre les normes qui nuisent à l’identité et aux intérêts de tout groupe pouvant avoir quelque chose de commun: les gays, les lesbiennes, les femmes, les ethnies, les exclus, les déviants, les marginaux, etc. La société peut alors se diviser à l’infini. Il n’y a qu’à constater les bagarres au sein du groupe gays entre lesbiennes, bi, trans, Drag Queens, travestis, sado-maso, etc. Du coup, le libéralo-capitalisme peut se contenter de regarder les disputes entre « communautés », compter les coups et voir que cela lui profite puisqu’aucun groupe ne se mêle de saper le pouvoir économique et se fiche de la politique commune. Cette approche ne permet pas de comprendre que si les pouvoirs sont divers, ils ne sont pas de même force, ce qui permet au libéralo-capitalisme de faire oublier qu’il régit tout via sa logique unidimensionnelle et imposée partout. Or il y a pour tout le monde un enjeu de luttes communes et d’association des pouvoirs de résistance, à savoir la mise en place d’une démocratie réelle et la réalisation d’un pluralisme des formes économiques hors domination du capital financier. Comme le disent Negri et Hardt, il n’y a plus que le face à face de « la multitude » (atomisée) et de « l’empire » (formant un bloc hégémonique à la Gramsci). Et, comme le pouvoir est partout et réciproquement, faut-il attendre que la multitude informe, atomisée, inorganisée concentre ses pouvoirs pour faire la révolution? Non, mais il faut saisir localement toutes les occasions de résister et de faire tomber les normes. Bien vu, comme si les piqûres d’abeille pouvaient avoir la peau de l’ours? C’est faire comme la religion: promettre un monde meilleur dans un au-delà. L’erreur de Staline a été de promettre le bonheur ici-bas et pour bientôt, ce qui, hélas pour l’URSS, était vérifiable. Le libéralo-capitalisme peut faire la même promesse car il prend la précaution de ne pas fixer d’échéance à l’ère du bonheur matériel pour tous. Et il peut même dire que si cela tarde c’est parce que les politiques, les syndicalistes, les ONG, les « humanistes », les écologistes, etc. lui mettent des bâtons dans les roues. Sans règles et sans démocratie tout irait bien plus vite.
Les fondements absolus (progrès, humanité, vérité, justice, lutte des classes, raison, souveraineté politique, puissance de la technique capable de résoudre tout problème…), les idéologies de masse, les « grands récits » de justification de l’action sociale, les grandes théories explicatives (marxisme, socialisme, anarchisme; évolutionnisme; et pourquoi pas le libéralisme?) sont trompeurs, manipulateurs et périmés. Ils ont produit les horreurs colonialistes ou nationalistes, les guerres mondiales et les systèmes totalitaires. Certes, mais cela des Heidegger, Arendt, Ellul, Anders, Illitch, etc. le disaient déjà et en faisaient une critique raisonnable: la raison est limitée, faillible, incomplète, erratique… Mais s’il n’y a plus de raison afin d’analyser, comprendre, améliorer la « condition humaine », il ne reste plus que l’expression des volitions et des affects individuels à base de refus de toute solidarité collective. C’est bel et bien un nihilisme soft. Le terrorisme islamiste va sans doute nous faire changer le regard avant que ce soit lui qui nous déconstruise ainsi que nos valeurs. Mais le capital s’en moque: comme on voyait chez Darty en mai 68: « pendant le saccage, la vente continue ».

Les derniers feux de feu Obama

Classé dans : politique — 31 décembre, 2016 @ 12:14

N’ayant pas pu faire grand chose pendant ses 2 présidences, Obama savonne la planche de Trump par de multiples initiatives bien trop tardives pour être sincères. Avec plusieurs décennies de retard les USA n’opposent pas leur droit de veto à une résolution de l’ONU contre les occupations illégales par Israël de territoires palestiniens en Cisjordanie. Il est clair que Trump reviendra rapidement à un soutien sans faille à Israël.
Mossieu Obama s’insurge contre les intrusions russes dans les petits secrets des USA. C’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité quand on a constaté à grands coups de Wikileaks, (Snowden, Assange, etc.) combien les USA espionnaient partout et tout le temps même leurs alliés avec l’aide de la Gibbye et de la Teutonie. Qui ne connait la profusion d’agences US pour espionner toute le monde: CIA, NSA, NCIS, FBI, etc.? Qui ne sait combien les évangélistes de tout poil et les « radios libres » s’ingèrent dans les affaires des autres pays, notamment les ex-membres de l’URSS disparue en 1991?
Sous Obama, les USA se sont mis à durcir leurs sanctions contre les entreprises européennes qui violèrent les embargos par eux décidés au nom d’une sorte d’imperium de leur droit. Il est vrai cependant que les entreprises fraudeuses voulaient le beurre et l’argent du beurre: violer les embargos tout en profitant du dollar, monnaie des USA, ce qui a permis aux juristes des « organes » publics US d’intervenir. parallèlement les sanctions contre les banques US ont été très maigres, notamment parce que leurs dirigeants avaient rapidement plaidé coupable et négocié avec les autorités. C’est qu’aux USA le droit est peu substantiel: il est utilitariste et négociable en fonction évidemment des ressources que vous avez, par exemple de faire appel à de grands avocats comme le fit le phanérogame, ithyphallique, libidineux et priapique DSK. La justice y est bien plus qu’ailleurs dans les autres démocraties à géométrie variable. Cela tombe bien car les USA se sont pour cela dotés d’une gigantesque armée d’avocats. il est vrai que ce pays ne repose pas sur la loi mais sur le contrat et l’autodéfense des citoyens devant les tribunaux comme le montre le film Erin Brokowich. On peut donc y détruire d’abord et indemniser ensuite, ce qui ne concerne que les vivants et les proches voisins des dégâts car il n’y a pas de règles substantielles à observer a priori. Cela marche parfois comme l’ont prouvé les Amérindiens qui ont obtenu en justice le détournement de la ligne de chemin de fer devant acheminer le gaz et le pétrole de l’Alberta.
Obama s’est soudain souvenu que l’exploitation de gisements de pétrole dans l’Arctique posait problème. Et, hop, il l’interdit 3 semaines avant son enterrement officiel. Ce n’est pas grave, les bataillons d’avocats sont là au cas peu probable où Trump, ami de la finance et des combustibles fossiles, adversaire de la lutte pour le climat, n’annulerait pas cette décision en forme d’adieu aux armes. Finalement notre grand homme n’aura sérieusement gouverné que pendant le dernier mois de son deuxième mandat. Sous son magistère, les flics ont pu continuer de tirer d’abord sur les Noirs avant de s’expliquer après devant une justice discriminatoire, le gaz de schiste a prospéré, l’assurance-maladie a été une réforme en trump-l’oeil (les Amerloques ont dû s’assurer auprès des grandes compagnies qui tiennent tout le marché de la santé aux USA). Les banquiers n’ont pas été punis, les gens chassés de leur logement pour impayés n’ont guère été soutenus, la spéculation a repris. La politique sécuritaire et le poids démesuré des organes de renseignement n’ont pas été écornés sous Obama même au bas mot. Et vive les libertés individuelles par lesquelles seules le droit aux armes se porte bien.
N’accablons pas Obama car un président US ne peut pas faire grand chose eu égard à la nature du partage des pouvoirs entre lui, le sénat, la chambre des représentants, l’autonomie des 50 Etats et car il y a bien longtemps déjà que la démocratie américaine a été pourrie par l’argent, les lobbys et les chaises tournantes entre la politique, l’administration et les affaires privées. Il n’y qu’à voir le futur gouvernement Trump truffé de milliardaires. Mais cela ne fait qu’aggraver ce qui existait déjà et qu’on peut qualifier de démocratie à la sauce Goldman Sachs déjà en place avec sucé sous Clinton et les Bushmen.

Les socialos continuent de manipuler les chiffres du chômage

Classé dans : politique — 28 décembre, 2016 @ 11:48

Menteurs un jour, menteurs toujours. La ridicule « embellie » publiée avant-hier, ne signifie pas grande chose. Elle est due au plan de 500 000 formations et aux radiations. L’astuce consiste, via les stages « qualifiants » à sortir des chômeurs de la catégorie 1 (ceux qui dont immédiatement disponibles et qui n’ont pas travaillé du tout dans le mois précédent; dans la semaine précédente dans les vicieuses statistiques internationales) vers la catégorie « chômeurs en formation ». Toutes catégories confondues il reste environ 6 millions de personnes soit au chômedu, soit en sous-emploi. C’est énorme comme conséquences sociales en termes de précarité et de pauvreté; ce qui explique que le taux de pauvreté (13,4 % en 2008) est aujourd’hui à 14,3.
Mais tous les gouvernements trichent. Les 5 à 6 % de chômedu chez les Teutons est dû aux emplois à temps partiel à 450 euros mensuels (les « mini-jobs » au nombre de 7 à 8 millions surtout dans les services et pour les femmes). Les pays de l’Europe du Nord (et la Gibbye) gonflent la population en handicap ou longue maladie. les USA oublient que leur bon taux (5 à 6 %) tient à ce que nombre de chômeurs se sont retirés du marché de l’emploi. Les pays de l’Europe Centrale et Orientale (PECO) exportent leur surpopulation chômeuse via « les travailleurs détachés ») dont la Tudesquie fait ses choux gras dans ses abattoirs et son agriculture. C’est pourquoi ils s’opposent à une révision de la directive de 1996, celle qui a institué ce mécanisme pervers de mise en concurrence de la force de travail en Europe. Tous les gouvernements ne veulent rien entendre sur une idée simple: un emploi à temps partiel, par exemple à mi-temps, ne devrait être compté que comme un demi emploi ou un demi chômage, ce qui évidemment ferait chuter le taux d’emploi. Car celui-ci, fort peu évoqué en direction de l’opinion sauf pour déplorer sa faiblesse en France, c’est le nombre de personnes en emploi (quel que soit le statut dudit emploi) rapporté en pourcentage à un classe d’âge (c’est 15-64 ans dans les stats mondiales, ce qui veut dire que les potaches ou étudiants sont considérés comme devant être en emploi, ce qui signifie que les pays où les études sont longues ont forcément un taux d’emploi inférieur!) ou à une catégorie sociale (par exemple les femmes de 25 à 29 ans) ou à une tranche d’âge (par exemple, les jeunes de 15 à 25 ans). Un demi emploi ferait donc automatiquement le taux d’emploi. Il est assez curieux qu’un jeune en études ne soit pas considéré en France comme non-chômeur, ce qui rapporté à toute la population 15-25 ans fait gonfler le taux de chômage des jeunes à environ 25 %, chiffre en fait absurde qui permet aux statistiques internationales de stigmatiser la France. Si on en prend que les jeunes actifs à la recherche d’un emploi, le chiffre du chômedu tombe à 12 %!
Une autre statistique est largement passée sous silence, c’est le taux d’activité: le nombre d’actifs, en emploi ou chômeurs sur la population en âge de travailler (donc à partir de 15 ans dans les stats compradores et libéralo-capitalistes de l’OCDE et jusqu’à 65). L’astuce réside dans le fait que l’on ne tient compte que des chômeurs inscrits; donc on passe à l’as tous les chômeurs découragés. O miracle, plus les gens se retirent du marché de l’emploi et du chômage enregistré, plus le taux d’activité peut augmenter alors que le taux d’emploi diminue! Comme disait Churchill: les seules statistiques fiables sont celles que j’ai moi-même truquées. Ou l’humoriste: les stats, c’est comme le bikini, ça cache le plus important. Et rappelons que ces stats trafiquées servent de base à des comparaisons internationales afin de critiquer les pays qui ne sont pas dans la norme, norme qui, comme on vient de le voir, ne signifie rien sans interprétation approfondie. Ce n’est pas étonnant car cette norme vient en direct de l’optique libéralo-capitaliste imposée par des « organes » internationaux au service du « consensus de Washington ».

Politicards francaouis et islamistes

Classé dans : politique — 26 décembre, 2016 @ 11:44

Depuis des décennies les politiciens français sont « incapables » de réguler l’immigration en fonction des possibilités d’intégration dans le pays. Politicards de droite le font pour cause d’incitation par le patronat qui voit dans l’afflux d’immigrés une façon de peser sur le niveau des salaires. Politicards de gauche, avant leur conversion libérale, le faisaient pour des raisons d’internationalisme socialiste et droits-de-l’hommistes. Politicards « democrates-chrétiens « et centristes étaient des humanitaires prêts à accueillir « toute la misère du monde » et en raison des valeurs libérales en faveur des droits subjectifs ouverts à toute personne. Et tous les politicards des deux forces majoritaires, à savoir ceux de « l’UMPS » favorisaient l’immigration incontrôlée afin de faire monter le Front National. Le calcul électoral est simple: avec un front à 20/25 % d’électorat, la question devient qui figure au 2ème tour des élections pestilentielles; le second, maintenant derrière le Front, empoche sûrement la mise car alors se met en branle le totem socialo du « front républicain » contre le fascisme. plus le front national est gros, plus les chances de devenir 2ème et futur élu sont grandes. Pour ce faire, il faut donner des gages aux communautés d’immigrés; c’est-à-dire concéder des « arrangements raisonnables » en ce qui concerne l’admission de leurs moeurs, fussent-elles contraires aux valeurs de la république. C’est ce qui valut à Pépère en 2012 la faveur du vote musulman, faveur qu’il a perdue avec le « mariage pour tous ». Pendant ce temps, le terrorisme islamiste a pu prospérer sur un terreau favorable, ce qui, naturellement, a fait encore plus les affaires du FN. Voilà ce qui se passe quand on ne songe qu’à instrumentaliser l’immigration à des fins politiciennes.
Tout ce beau monde politicard a négligé plusieurs dimensions fondamentales du problème de l’immigration:
1) l’effet de densité et de masse sur la longue période. En effet, par exemple 100 000 immigrés par an (toutes causes confondues, dont le regroupement familial, l’immigration de travail, celle d’asile), largement de même culture, pendant 20 ans cela fait 2 millions de personnes à quoi s’ajoutent les naissances, dont celles issues de pseudo-mariages mixtes, en fait souvent des mariages entre un immigré devenu français ou français de naissance et un(e) parent(e) péché dans le pays d’origine. Il n’est pas donc étonnant que la France aujourd’hui ait de 4 à 5 millions de musulmans. Mais ils ne sont pas répartis de façon homogène pour la raison qui est développée ci-dessous. Et, surtout, raisonner sur des flux annuels au lieu de sur le long terme, c’est volontairement masquer les problèmes de l’avenir. rappelons qu’un élément de stratégie des islamistes est de faire faire beaucoup d’enfants afin de pouvoir peser de plus en plus fort sur les choix du pays via la pression démographique. Et cela au moment où la terre est sans doute surpeuplée!
2) L’effet culturel. Il se trouve que les immigrés récents, par un processus parfaitement naturel analysé dès 1920 par l’école de sociologie de Chicago, cherchent de l’aide dans la communauté déjà établie (problèmes de langue, de culture, d’entraide, de réseau pour trouver un emploi ou circuler dans les arcanes juridiques du pays afin dy avoir les aides normales); cela produit donc des regroupements dans certaines zones où la population immigrée peut devenir majoritaire et ainsi imposer sa culture. Le processus de densification dans ces territoires de reconstitution de la mère-patrie ou de l’Ecclesia ou de l’Umma religieuse a été renforcé par la mise en place du libéralo-capitalisme dans le domaine du logement et des transports. Les pauvres parmi les pauvres se retrouvent alors dans les logements les moins chers parce que les plus défavorisés à tout point de vue. Dans les endroits où il y a une densité ou masse « critique », il n’est pas étonnant que les populations d’origine immigrée reconstituent leurs conditions de vie et reproduisent leurs pratiques culturelles.
3) Les spécificités de l’Islam. Les politicards arguent de la laïcité en tant que liberté de culte pour tout un chacun; liberté en outre très affirmée par les instances européennes et par la plupart des démocraties en quelques sorte d’obédience religieuse (USA, G-B, Allemagne, etc.). Le problème est que l’Islam n’est pas qu’une religion: c’est un système religio-socio-politique total où la politique n’est pas séparée de la religion et lui est même très clairement subordonnée, où les lois de Dieu s’imposent et prévalent sur les lois humaines et politiques. Et cela dit sans compter que ces lois religieuses, qui s’appliquent partout et concernent aussi les moeurs, l’alimentation, le vêtement, les relations hommes/femmes, etc. remontent au 7ème siècle PC et sont en outre intangibles car révélées par Allah lui-même, via l’ange Gabriel (Jibril), à Mahomet. Chevènement, vieux cheval de retour du socialisme, va être président d’un machin « culturel » en plus du truc cultuel (le CFCM) et visiblement ignore que, sous couvert de religion, c’est la culture qui s’annonce et peut progresser petit à petit, ce qui s’observe depuis plus de 20 ans! cette culture est certes tout aussi estimable que les autres mais ce n’est pas l’enjeu politique. Le vrai problème est de conserver les libertés chèrement acquises dans le modèle libéral-républicain. Les islamistes s’en servent du reste, au nom du droit à la différence, à la liberté de culte, à la non-discrimination, à la tolérance, des droits de l’homme pour avancer leurs pions. Et il est assez clair que s’ils arrivent à prendre le pouvoir tous ces droits seront annulés façon Arabie saoudite. Les femmes ont-elles envie d’être ramenées au gynécée, les athées d’être pourchassés, etc.?
4) Dès qu’il y a un regroupement suffisant de population surgissent des « entrepreneurs de religion », c’est-à-dire des affairistes qui comptent instrumentaliser la foi pour se tailler des bonnes places dans le pays (postes politiques, administratifs, de représentation « officielle », etc.). Pour accélérer le processus, quelques manipulations ne sont pas négligeables: appel à la solidarité religieuse et/ou ethnique, stigmatisation des déviants, éventuellement menaces et impôt forcé, rachat des commerces (parfois après racket ou menaces ou propositions de « protection »; c’est la méthode de toute mafia). Cela marche si les politiciens cèdent des avantages à la population soi-disant représentée. Toute concession amène ensuite une exigence supplémentaire suivant la bonne vieille stratégie du salami. C’est ainsi que, volens nolens, l’énorme majorité des gens, qui ne cherchent qu’à vivre en paix leur croyance, se retrouvent embrigadés dans les voies rigoristes sinon extrêmes. D’où la stratégie de Daech: terroriser, ce qui fera stigmatiser les musulmans par les autres, ce qui les poussera encore plus dans les bras de manipulateurs de religion. Naturellement, Daech ne peut avoir cette stratégie que parce que les politicards lui ont ouvert cette voie en niant la nature des problèmes. Et souvenons-nous que soit toute classe religieuse veut dominer le politique pour ses intérêts propres au nom de sa religion, soit que les politicards se servent de la religion pour justifier leur pouvoir et leurs conquêtes territoriales.
5) L’importance de la solidarité communautaire. Par solidarité, les membres de la communauté se taisent (jusqu’à l’omerta en cas de possibles rétorsions) pour tout ce qui est des comportements incivils, voire inadmissibles. Les voyous, voire les terroristes ne sont-ils pas des « frères » malgré tout?
L’Islam n’est pas pire que les autres religions (même le bouddhisme ainsi qu’on peut constater ses exploits en Birmanie sous la houlette d’une prix Nobel!) en tant que culte et croyance. Toutes les religions ont besoin de vivre sur le dos des croyants, y compris les braves Lamas bouddhistes. Toutes les religions prétendent à l »universalité et veulent s’imposer contre les autres. A cette fin, elles ont besoin du bras armé du politique qui, en retour s’appuie sur la légitimité qu’elles leur donnent au nom de leur monopole du divin. Il n’y a pas eu de religion sans spadassins et sans massacres. En Occident (ou en Chine), les religions se sont fait normalement interdire l’espace public, non en tant que cultes qui restent tout à fait libres, mais en tant qu’imposant leurs valeurs et leurs normes à tout le monde. C’est ce que n’ont pas encore fait les entrepreneurs islamistes de religion. En revanche, toutes les religions continuent de s’implanter via les services aux pauvres et la charité; ce qui explique qu’elles soutiennent ou acceptent tacitement le libéralo-capitalisme qui en accroissant la misère pour le plus grand nombre assure leur propagation et leur utilité. En plus, en promettant le bonheur dans l’au-delà, elles contribuent à démobiliser les gens contre les injustices. Ce que fait aussi, du reste, la religion libéralo-capitaliste en promettant demain la consommation pour tous. Mais c’est comme chez le coiffeur qui affiche tous les jours : demain on rase gratis.
Si on est pour la liberté de conscience, de culte, d’expression, on ne saurait interdire les religions. En revanche, tout ce qui n’est pas relatif au cultuel: valeurs sociopolitiques contraires aux valeurs républicaines (égalité hommes/femmes, droit à l’apostasie, droit à la liberté sexuelle, droit à l’athéisme, laïcité, neutralité de l’espace public, droit à la mise en débat et à la controverse, etc.), comportements et vêtements ostentatoires et de prosélytisme dans l’espace public doit être limité et combattu. Mais intelligemment, par exemple avec des repas différents dans les cantines ou le refus d’horaires non mixtes dans les piscines. On doit surtout surveiller de très près les « entrepreneurs de religion » et sévir pour toute incivilité, surtout celles qui montrent que l’on privatise et « cléricalise » l’espace public. Par exemple, dans les abattoirs il faut s’assurer que les bêtes sont bel et bien étourdies avant d’être assassinées (c’est la règle européenne mais en France les politicards laissent filer).
La civilisation arabo-musulmane a été superbe pendant plusieurs siècles et elle a transmis à l’Occident énormément de fort belle choses ou idées. Puis elle s’est encroûtée par suite de sa fermeture aux autres civilisations et aux innovations. En revanche, l’Islam tolérant a continué de se répandre dans le monde entier, notamment en Asie. Soyons sûrs que 99 % des Musulmans ne demandent qu’a vivre en paix dans leur foi. Quelques penseurs de leur obédience énoncent la compatibilité de l’Islam avec les lois de la République; il sont à soutenir et à faire connaître.
Il y a un moyen de pacifier les choses en se fondant sur l’Islam lui-même. C’est le statut de « dhimmi » qu’il a pratiqué pendant des siècles en faveur des religions minoritaires chez lui. Rappelons que le dhimmi était un « tributaire »: libre de pratiquer sa religion à condition de payer un impôt spécial et de respecter des contraintes dans l’espace public, obligations souvent vexatoires et discriminantes. Eh bien , en France le dhimmi moderne sera traité comme tout le monde sans discrimination, avec tous les droits subjectifs des autres, toutes les allocations offertes par le pays. En revanche, il sera tenu de se comporter comme tout le monde dans l’espace public, ce qui implique notamment le non-affichage de signes religieux ou culturels distinctifs. La même obligation s’impose à toutes les religions: pas de vêtement Amish, de croix, de calottes, de turbans, etc. Dans le pays ce qui prévaut ce sont les usages communs, par exemple au travail, sauf contrat entre le salarié et le patron. Nous aurons donc en quelque sorte un dhimmi inversé: tout le monde dans l’espace public, hors domicile et lieu de culte, est traité de la même façon. ll ne saurait y avoir de règles générales dérogatoires; seulement des accords négociés entre parties prenantes.

« Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse »

Classé dans : politique — 22 décembre, 2016 @ 12:22

écrivit Stendhal. Il avait une grande pré-science des manipulations de l’idée de progrès. Les Lumières avaient tablé sur les progrès incessants de la raison humaine via l’éducation et l’information. C’est raté car la raison pure, chère à Kant, n’existe pas. L’homme, et dans ce mot j’embrasse aussi toutes les femmes, est aussi passions, sentiments, désirs, rationalité limitée, incomplétude. Sa psychologie l’empêche d’être un pur esprit, un entendement illimitables. Et on est bien forcé de constater que la moralité n’a pas progressé. Bien au contraire avec le libéralo-capitalisme qui nous a tous enfermés dans l’individualisme, le matérialisme, l’hédonisme consumériste, la compétition de tous contre tous, le calcul utilitariste et ses « eaux glacées », le productivisme et la croissance sans fin.
Sorel, qui sent le soufre tant chez les libéraux que chez les socialos, avait bien compris que l’idéologie du progrès amenait avec elle la passivité, le refus de s’engager, la négation de tout projet de changement. En effet, si les choses progressent pour ainsi dire automatiquement par suite des innovations techniques, scientifiques, si la production peut croître sans cesse, supprimer la rareté et, au passage, les conflits pour l’appropriation des biens rares, assurer le confort et le bien être, tout cela étant apporté par les mode industriel de production, en général capitaliste mais aussi léniniste (« les soviets plus l’électricité », vive Taylor et le fordisme; on peut assécher la mer d’Aral pour produire du coton), il n’est plus besoin de penser à l’avenir, notamment à celui des générations futures. La taille du gâteau augmentant énormément et sans arrêt grâce à la « croissance » et au « développement » les prolétaires pourront enfin consommer à loisir sans pour autant que les parts de chacun soient révisées pour être plus égales. le progrès est alors un préservatif contre la révolte du peuple et il suffit de conseiller aux prolos d’épargner et d’attendre, non la « révolution sociale », mais la croissance. La croissance pour tous et sa religion pour chacun, voilà le deal libéralo-capitaliste et la stratégie des politicards: il suffit d’attendre et si le progrès fait des dégâts alors des inventions à venir les corrigeront. C’est du reste le raisonnement actuel d’une bonne part de ceux qui refusent de s’inquiéter des problèmes écologiques. Attendez, braves gens, et travaillez, le capital vous le rendra à vous ou à vos descendants; SGDG et on ne sait quand.
On constate aussi que le progrès couvre de sa haute autorité plus ou moins scientifique tous les discours et le pratiques de « modernisation », de « réforme »; tout cela est fort bon car c’est dans le sens du progrès, de la « modernité » même si cela amène en fait des régressions, par exemple pour sauver la Sécu ou les retraites pour la énième fois. Ne soyez pas des dinosaures dans « Jurassik Park » ‘Avenue), soyez dans « le sens de l’histoire ». Tout ira mieux dans le meilleur des mondes possibles; il suffit de patienter sans se révolter. Il faut changer, bouger afin que tout s’améliore sans rien changer au système L-C.
On n’a pas vu de progrès dans les relations sociales et inter-individuelles, ni dans la morale. Soyez des individus libres et responsables plutôt que des personnes engluées dans des solidarités et corsetées par l’altruisme. L’entraide, le troc, l’échange local empêchent de consommer; c’est donc vous les altruistes qui créaient le chômage en vous opposant à la victoire totale de l’individualisme et en vous obstinant à vous attacher à des communautés. Quoique, les communautés soient quand même utiles au libéralo-capitalisme: elles divisent, ce qui lui permet de régner à condition qu’elles n’aient que des objectifs sociétaux et non économiques ou politiques.
En revanche, on subit les conséquences du progrès des armes, des substances toxiques, du changement climatique, des médocs dangereux, des guerres de basse intensité un peu partout, du retour au religieux qui est si utile puisqu’il permet le bonheur dans l’au-delà, ce qui n’est pas vérifiable au contraire des résultats du stalinisme (pour le capitalisme aussi, mais la question en sera pas posée). S’il n’y a plus de « grande guerre » (pour l’instant), c’est seulement à cause de la menace nucléaire et du souvenir des atrocités et des dégâts des deux « der des der ».
Consommez, distrayez-vous, amusez-vous; ce sont les tables de la loi L-C. Pas de frugalité, pas de courage, pas d’effort, pas de vertu, pas d’honneur, donc pas de honte: cela ne favorise pas la modernité du chacun pour soi qui, seule, permet de « jouir sans entraves ». Contentez-vous de la « société du spectacle » et dormez tranquille; le capital et le libéralisme politique mettent en place les conditions du progrès et comme vous êtes trop incultes et bêtes pour le comprendre, laissez faire les gens sérieux: experts, technocrates, savants, politicards qui résoudront tous les problèmes pour vous. la démocratie ne va pas dans le sens de l’histoire car la politique, c’est fini comme on le voit à Bruxelles et dans les « machins » internationaux ». Souriez, vous êtes surveillés de façon que vous ne sortiez pas de la sphère privée, laquelle du reste régresse comme peau de chagrin via l’espionnage généralisé pour cause de « terrorisme ». On comprend l’Electre d’Anouilh: « je ne veux pas devenir grande, tout est trop laid ».

La mort du faux socialisme social–démocrate

Classé dans : politique — 17 décembre, 2016 @ 11:43

Le socialisme européen, devenu libéralisme social-démocrate (LSD, donc opium du peuple) a toujours été un système social total partisan de la conquête du pouvoir par les urnes; sa terre d’élection a été la Teutonie où les écrits de Marx faisaient florès (Marx s’était réjoui de la défaite de la Commune de Paris en 1871 car cela faisait de la Fridolie prussienne la patrie du socialisme). L’idée était que l’accès au pouvoir politique permettrait de résoudre la question sociale pacifiquement et démocratiquement. le léninisme marxiste disait le contraire: seule la révolution peut arracher le pouvoir aux propriétaires capitalistes des moyens de production et renvoyer les politicards bourgeois qui en étaient les simples fondés de pouvoir. En 1912 Roberto Michels écrivait « la loi d’airain de l’oligarchie » qui montrait que les partis ou les syndicats se bureaucratisaient pour défendre leurs intérêts et leur pouvoir, non celui de leurs mandants. Ce fut fait avec brio car le LSD unifiait et amalgamait syndicat, parti, association, municipalités, coopératives et mutuelles, entreprises privées mais possédées par ledit système; c’était une remarquable façon d’investir toute la société en y implantant partout ses « organes » et en distribuant des postes et des fonctions à tous les affidés. La réussite fut telle qu’une immense part de la population finit par dépendre des structures du LSD et avait donc intérêt à le défendre de même que le système libéralo-capitaliste (L-C) qui avait favorisé sa naissance. Ce fut aussi en Gibbye la réussite de la fusion du parti travailliste avec le syndicat, lequel du reste avait en quelque sorte créé son parti à l’inverse de la théorie léniniste de la subordination du syndicat au parti. En France, la charte d’Amiens de 1906 assurait l’indépendance du syndicat vis-à-vis des partis et de la politique.
Naturellement, le LSD, qui vivait sur la société qu’il était censé transformer, s’était tellement intégré dans le L-C, avait acquis tant de privilèges, de rentes, de fonctions, de positions de pouvoir grâce à la démocrassouille libérale et représentative, qu’il n’avait aucun intérêt ni à une vraie démocratie qui pouvait faire remettre en cause ses élus par les électeurs et le peuple, ni à un vrai changement de régime économique qui le nourrissait et lui permettait d’arracher quelques réformettes redistributives en faveur de ses mandants. ll était facile d’acheter le bon peuple luthérien avec quelques saucisses qui se transformèrent en Zeppelin car le nazisme fit bien plus pour le peuple que le LSD. Ainsi, grâce au LSD, le capitalisme put perdurer puisque les deux protagonistes se tenaient par la barbichette une fois la 2ème guerre mondiale terminée. le LSD tudesque se glissa facilement dans les habits neufs de la RFA sous protectorat américain. Et il vira sa cuti à Bad Gödesberg (1952) pour se convertir définitivement au libéralisme teuton, à savoirl’ordo-lbéralisme. les choses trainèrent en Gibbye où il fallut attendre Blair pour faire sombrer le parti travailliste dans le L-C sous le joli nom de » 3ème voie ». En France, le PS se convertit au LSD en 1983, mais sans le dire: voyez mes ailes, je suis toujours socialo, voyez ma peau, je souris au L-C. Au grand dam d’Oskar Lafontaine qui ne voulut pas de cette eau saumâtre! C’est Schröder qui a achevé la transformation du SPD en LSD avec les lois Hartz de 2003/4. Car ce triste sire de couci-couça a abandonné les intérêts du parti au profit de sa carrière personnelle au service de Gazprom et de Poutine. Restent en Allemagne les débris du SPD avec Sigmar(ingen) Gabriel qui travaille avec die Grosse Angela, la marâtre de l’UE. Il faut ajouter que le LSD en appliquant le L-C sans désemparer depuis 30 ans dans l’UE a tué sa base sociale, à savoir le monde salarial des ouvriers et des employés. Il était donc obligé de faire la chasse à de nouveaux électeurs: bobos, immigrés, mouvements sociaux en tout genre (d’où le remplacement de la question sociale par les problèmes sociétaux)… Le peuple s’est alors transporté ailleurs, ce qui a renforcé le repli du LSD sur le sociétal.
Le socialisme collectiviste-léniniste s’est tué lui-même et a disparu en 1991 avec la chute de l’URSS suivant celle du mur de Berlin en 1989. La réunification de la Vert-de-Grisie en 1991 a mis l’UE sous la coupe de l’austérité germaine au point que l’on vient de voir le crypto-nazi Stauble (ministre des finances d’Angela) arrêter les prêts à la Grèce sous prétexte que celle-ci allait voter une aide ponctuelle de 600 millions aux retraités les plus pauvres (alors que la Grèce avait dégagé un excédent primaire allant au-delà des exigences de la Troïka!). Restent des dictatures « socialistes » Chine, Corée du Nord, Vietnam, Cuba et quelques ripoubliques d’Asie centrale ex-soviétiques.
Le socialisme tout à la fois gouvernemental, autoritaire, libéral en économie, sociétal… est donc mort mais comme le chacal poursuivant Bip Bip il ne le sait pas encore, d’où les contorsions ridicules du PS et de la « belle alliance ». c’est ce qu’a compris Maqueron qui, à moitié honnête, se situe au centre droit tout en tenant un discours rassembleur en direction des débris du PS. C’est ce qu’a compris le parti travailliste après le Brexit en se rapprochant, lui, des idéaux du socialisme des origines.
Il faut être heureux de l’agonie agonistique de ce socialisme-là; cela ouvre la voie au seul socialisme correct, le socialisme libertaire animé par la justice, l’égalité, l’universalité des droits et la liberté, par la sincérité de la démocratie fédératrice et fédérative distribuant le pouvoir dans toute la société au lieu de le laisser confisqué par un gouvernement peu légitime et situé au-dessus des groupements sociaux. Gageons que le gouvernement de droite extrême qui se dessine pour 2017 en France, parfaitement décidé à poursuivre la voie L-C, contribuera à accélérer le mouvement car il va casser ce qui reste du modèle social auquel les Francaouis sont encore attachés. La société civile a du reste enfin compris que pour réorganiser le pouvoir il ne faut en aucun cas faire appel à lui. Il faut s’organiser à la base et à côté et contre. Pour ce faire, notre pays trouvera certainement l’alliance fédérée de l’Europe du Sud contre l’Europe germano-luthérienne et ordo-libérale.

Juppé l’a dans le Fillon et le pays aussi

Classé dans : politique — 28 novembre, 2016 @ 12:23

On y est: le peuple de droite est en voie de se regrouper avec la victoire éclatante de Fillon aux primaires des républicains. Certes, cela ne représente que 10 % de l’électorat mais la dynamique est en marche vers la droite toute. Ces 10 % représentent essentiellement des vieux, cathos, bourges comme on a pu le voir sur les images des files d’électeurs se pressant vers les isoloirs-urinoirs des fluides et du fiel des rancoeurs rancies des réactionnaires du pays. La droite extrême a trouvé son champion et se réunit. L’extrême droite est prise à revers; Fillon va lui piquer les voix des traditionalistes en matière de moeurs et des apeurés par l’immigration et l’insécurité. Du coup, la Marine va pousser les feux vers son programme anti-mondialisation et nationaliste et protectionniste. C’est marrant parce que à ce moment là les jeux électoraux se feront à front renversé: l’extrême droite défendant mieux le peuple (dans son discours…) que l’ex-droite libérale engloutie dans le désastre Juppé et le droite extrême défendant mieux le sociétal réactionnaire que l’ex-FN.
Cela montre que le pays glisse vers la droite comme d’ailleurs dans bien d’autres pays européens (Pologne, Hongrie, Autriche, Hollande. Cela montre aussi que le fameux clivage agonistique Droite vs Gauche ne signifie que la course à l’électorat pour monopoliser le maximum de sièges d’élus. En effet, cette opposition de façade ne dit rien du tout du contenu réel des projets des partis (quand il y en a, ce qui n’est pas le cas au PS); être à gauche de la droite extrême, c’est glisser vers la droite de telle sorte que plus la Droite est à droite, plus le socialisme gouvernemental devient lui aussi de droite, à commencer par son adhésion pleine et entière au libéralo-capitalisme mondialisé le plus sauvage.
La Droite extrême DE) faisant son unité, l’extrême droite (ED) étant forcée de s’attaquer à l’hyper libéralisme sans frontières de Fillon, le PS étant en pleine capilotade, il est probable que le second tour des présidentielles de 2017 verra la victoire de DE sur ED. Ce sera assez facile car la prétendue Gauche est divisée comme jamais car la bataille des EGO a tué l’émergence de tout projet commun. De plus la Gauche s’est démonétisée elle-même vis-à-vis de son électorat salarial via le socialisme gouvernemental acquis au libéralisme depuis 1983. On ne pouvait à la fois défendre le peuple et le vendre aux appétits de la finance des multinationales et du capital. La crise née en 2008 et en réalité non résolue mais au contraire aggravée par la politique austéritaire suivie par l’UE sous l’emprise de l’ordolibéralisme tudesque et l’imperium de la Gross Angela, qui est pro européenne à condition que l’Europe soit teutonne, a cassé l’illusion. La Gauche sera dispersée aux élections de 2017 et sera réduite à pas loin de zéro malgré Zorro-Vallse à 1 000 temps.
A long terme, c’est une bonne nouvelle car la Droite extrême élue va faire tant et si bien qu’elle va faire éclater à la fois le peuple français et l’Europe. En effet sa politique économique et sociale ultra libérale va ramener le salariat vers le socialisme et la compétition entre pays européens vers la course au moins-disant (ce qu’a fait l’Allemagne en 2003/4 et que veut faire Fillon) deviendra folle. Par exemple, l’Espagne s’était un peu refait la cerise avec une politique de déflation salariale mais si la France fait pareil elle devra aller encore plus loin, ce qui, tous les pays en usant de même, amènera une spirale infernale d’insécurité sociale, de pauvreté, d’inégalité, de précarité. Alors les peuples se rebelleront comme ils ont du reste commencé de le faire (Podemos, Syriza, élection de Trump, Brexit, Pegida en Tutonie, etc.).
Flanby aura achevé la Gauche après son martyre commencé sous Tonton de l’Observatoire et de ses copains collabos et continué par le trotskard Jospin. Il a tué le socialisme gouvernemental. mais il n’a pas zigouillé le socialisme qui est une espérance éternelle, souvent utopique mais toujours renouvelée. Car le socialisme, le vrai, celui des libertaires, c’est à la fois la Justice et la liberté. Ce sont des passions éternelles qui couvent toujours et partout sous la cendre des saloperies gouvernementales. Or, là où il aurait fallu Tyson pour ranimer la flamme du socialisme on a eu la Gauche biftekarde, nomenklaturiste et mollassonne à l’instar de son chef, le petit gros binoclard, roi de la « synthèse » et surtout disciple de Queuille: il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre, d’Edgar Faure: ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent et de Guy Mollet: faisons le contraire de nos principes et convictions. Le pays, enfin débarrassé des socialistes en peau de lapin, pourra reconstruire un projet de changement anti-capitaliste, anti-gouvernemental et anti-autorité ou pouvoir.

Courage, fuillons

Classé dans : politique — 23 novembre, 2016 @ 12:01

Il faut lire le programme de Fillon; il est double: arrière toute sur les questions sociétales (avortement, GPA), en avant toute vers le libéralisme économique le plus dur. Le gazier préconise les 48 heures de travail hebdomadaire (norme européenne déjà dépassée par la Gibbye qui bénéficiait avant le Brexit d’une dérogation, dite clause d’opt out, pour aller encore plus loin), la retraite à 65 ans, les accords d’entreprise pour casser définitivement le code du travail, la baisse des charges sociales pour tous les emplois, la suppression de 500 000 emplois en 5 ans dans la fonction publique, augmentation de 2 points de la TVA, 100 milliards d’économies budgétaires, la dégressivité des indemnités de chômage, etc. N’en jetez plus, la coupe est pleine. S’il est élu en 2017 comme président de la ripoublique, ses supporters vont être déçus car ce beau programme libéral de chez libéral est impossible. Ce zombie venu du 19ème siècle préconise l’austérité, qui plus est radicale, au moment même où Bruxelles commence à mettre de l’eau dans son vin de peur de la révolte des peuples pressurés à mort et craint des nouveaux Brexit ici ou là.Visiblement notre candidat catho a oublié que la demande dépendait du pouvoir d’achat, que ces mesures vont abaisser, que les salariés étaient aussi des consommateurs, ce qu’ils ne pourront plus être, ce qui achèvera l’économie du pays surtout avec le low cost importable.
Le logiciel du malhomme vient en droite ligne de la politique de compétitivité über alles qui cherche à faire mieux que les voisins afin d’exporter, ce qui implique la baisse drastique du coût du travail: salaires et cotisations sociales. il s’agit de déflation salariale et des prix. C’est la Teutonie de Schröder qui a inauguré le bal en 2003/4 avec les lois Hartz afin de tailler des croupières aux autres économies de l’UE suivant la bonne vieille stratégie du passager clandestin. On sait les résultats de ces mesures (complétées par la Gross Angela avec une TVA sociale de 3 points, ce qui équivaut à une dévaluation interne de même tonneau): 7 millions de mini-jobs sans couverture sociale et à 400 euros par mois (dans les services et à temps partiel…surtout pour les femmes), obligation faite aux chômeurs de travailler pour 1 euro de l’heure dans les municipalités ou les associations sous peine de perdre leurs indemnités, baisse des retraites; etc. Plus un usage massif de « travailleurs détachés » venus de l’EST (notamment dans l’agriculture), plus les délocalisations d’usines ou d’achats dans les ex-pays de l’Europe centrale et orientale (PECO(s)). Gagné: la compétitivité par les prix a cru en flèche, la Tudesquie fait 250 milliards annuels d’excédent commercial et a porté son taux de pauvreté à près de 15 %. Ensuqués par le crédit facile, via l’euro commun, bien d’autres pays au lieu de suivre cette voie ont emprunté à mort. A qui? A l’Allemagne!
Ce logiciel qui met en concurrence sauvage les modèles sociaux, fiscaux, environnementaux de tous les pays européens ne voit pas que tout le monde ne peut pas être exportateur net car les excédents des uns sont les déficits des autres. Et ce modèle induit une course à la déflation et à la concurrence fiscale qui ne peut que faire exploser l’Europe. Cela a commencé avec le Brexit, les pouvoirs politiques d’extrême droite (Pologne, Hongrie) et les mouvements de contestation (Podemos, Syriza, Cinq étoiles, partis d’extrême droite. Car le modèle ne marche que si tout le monde ne fait pas pareil, n’imite pas la politique tudesque. Fillon adopte donc le modèle allemand d’hyper compétitivité au moment même où il est mort. Mais comme le coyote poursuivant Bip Bip au-dessus du précipice il ne le sait pas encore.
Supposons réalisées les 48 heures et la retraite à 65 ans. le chômage va augmenter en flèche via l’augmentation du temps de travail (on aura besoin de moins de travailleurs) et le chômage des vieux (mis à la porte à 55 ans, qui devront donc attendre 10 ans avant de toucher une retraite rabougrie faute d’annuités de cotisations). Mais Fillon a sa solution cachée: le passage au temps partiel généralisé pour augmenter le volume d’emplois mais pas les frais de main d’oeuvre plus, sans doute, la charité chrétienne de ses ouailles, et sa solution officielle: la compétitivité retrouvée par les entreprises les fera investir et embaucher. Or on sait que c’est faux car, notamment, les entreprises préfèrent spéculer vu que c’est plus rentable. Ou préfèrent absorber (notamment via les LBO par effet de levier des emprunts) les concurrents. La finance faisait 20 % du PIB américain et 40 % des profits des firmes industrielles avant le krach de 2008. Et c’est reparti car les banques centrales prêtent aujourd’hui aux banques et aux boîtes à un taux négatif.
Cette politique de désinflation compétitive n’a qu’un seul gagnant: la finance ayant en outre envahi les multinationales. En revanche les salariés de base et les petites classes moyennes y perdent tout? Et cela va s’aggraver car la robotisation l’informatique et la technologie moderne va faire que dans 30 ou 40 ans on n’aura plus besoin que de 20 % de la population active pour tout produire. faire du Fillon, c’est à plus long terme la catastrophe assurée: il n’y aura plus que du temps partiel, des jobs de service fort mal payés et de « l’économie collaborative » genre Uber, ce qui fait revenir au bon vieux travail à domicile du 19ème siècle. Poursuivre dans cette voie « moderne », c’est la fin prochaine de l’UE (d’où la récente tolérance de l’UE sur les déficits budgétaires), c’est la révolte sociale assurée, la séparation totale entre la pseudo-élite et le peuple, la victoire des consolateurs et entrepreneurs en religion. Mais Fillon ou Juppé (droite plus modérée) ou consorts sera parti; après lui le déluge, en attendant il danse sur le volcan.

12345...50
 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr