les armes de la critique

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Pourquoi les Allemands ne résistent-ils pas au libéralo-capitalisme propulsé par Angela et Maqueron ?

Classé dans : politique — 8 octobre, 2017 @ 11:24

D’abord parce qu’ils sont nationalistes ; traumatisés par les exactions nazies, stigmatisés par l’opprobre internationale pendant des décennies, il se sont très naturellement repliés sur eux-mêmes et ont voulu se refaire la cerise grâce à l’excellence de leur économie, forcément libérale car impulsée chez eux par les USA. Mais c’est aussi et peut être surtout à cause de leur fond communautariste et culturaliste immémorial. Déjà, comme l’établit Emmanuel Todd (voir son dernier livre : Où en sommes-nous?), parce que leur tréfonds familial est la famille souche patrilinéaire avec primogéniture successorale et inégalitaire. La famille souche produit de la communauté et toute communauté se distingue, défend son identité, se sépare des autres. La chose était déjà fort visible au 18 et19èmes siècles quand les Allemands s’opposèrent notamment aux idéaux de la Révolution Française en prônant l’esprit du peuple, la culture allemande, la communauté de sang et de culture en tant que processus historique particulier ayant forgé une identité spéciale fondant « le droit du sang » (supprimé très récemment). Certes, la France révolutionnaire était nationaliste mais c’était au nom de la raison universelle dont elle entendait porter les «Lumières » dans le monde entier en se donnant en exemple. Las, les monarchies se liguèrent contre elle et surtout La Paille Au Nez Buonaparte entreprit d’exporter le modèle francaoui à coups de canon et de sabre. Ce qui ne fit qu’envenimer le nationalisme allemand, lequel se souvenait aussi des dragonnades de Louis XIV en Westphalie.
Les Allemands ont aussi une culture imprégnée de « lutherianisme », ce qui signifie repli individuel sur la lecture personnelle de la bible, auto-formation spirituelle («Bildung »), enfermement dans sa communauté de croyants. Or Luther a préconisé en plus la soumission au pouvoir politique quel qu’il soit. On a donc un oxymore étonnant et détonant d’individualisme communautariste. Cette culture patriarcale, autoritaire (tant par la famille que par la religion) donne à la fois de la soumission aux puissants et de l’autoritarisme sur les subordonnés et les inférieurs comme les femmes et, bien pis. Cette culture porte en elle le goût du travail, de l’épargne, du sacrifice. Elle contient aussi, quoique de façon moindre que le calvinisme, la thèse de la prédestination divine qui, au niveau communautaire, procure les fantasmes du peuple élu (ce qui est aussi le leitmotiv de l’Ancien Testament biblique que les Allemands relisent à l’infini), de la supériorité du peuple, de la réussite dans le travail voulue par Dieu Pour lire la Bible, prescription de Luther, les Allemands ont misé sur la lecture bien avant les autres peuples. Las, il ne suffit pas de connaître la Bible ou tout texte sacré pour être raisonnable et s’ouvrir aux autres… Mais il ne faut pas confondre la culture dont le peuple allemand reste imprégné et le culte protestant qui est devenu largement « zombi ». En effet, si le système libéralo-capitaliste (SLC) s’est construit à partir du substrat des valeurs du protestantisme, il n’en reste pas moins qu’il a en détruit la valeur de solidarité et d’esprit communautaire au profit, comme partout, d’un individualisme et d’un utilitarisme matérialiste forcenés. Las, la culture demeure essentiellement chez le peuple basique car les « élites » ont depuis longtemps abandonné toute « décence commune » pour s’enrichir en s’internationalisant. C’est pourquoi les Schröder et compagnie ont pu réformer au profit du kapital alors que le peuple s’est réfugié dans sa culture et, parfois, un retour au culte. Ce qui explique aussi le succès de Trump qui a fait semblant d’adopter la culture du peuple profond alors qu’il est vendu au kapital et qu’il est un affairiste sans scrupules.
Vaincus, méprisés, ruinés, les Allemands se sont lancés à fond dans le domaine économique par patriotisme quelque peu nationaliste mais non-dit. Mais ce qui compte le plus pour eux c’est sans doute la réussite du pays bien plus que sa situation personnelle. C’est ce qui explique en partie l’acceptation docile des réformes Schröder approfondies par Merkel et son austérité de fille de pasteur luthérien. A quoi s’ajoute dès le début la trahison permanente de la social-démocratie et des syndicats qui ont tout accepté du pouvoir et du kapital par économicisme marxiste et par nationalisme caché. Du coup, sans l’avoir voulu, l’Allemagne a pris le pilotage de l’UE; ce fut mécanique par suite de la qualité et de la puissance de son industrie, de la modération salariale (due au « dialogue social » avec des syndicats compradores du kapital) et des dépenses sociales (à cause des faibles loyers liés à la mauvaise démographie et des faibles prix de l’alimentation), de l’exploitation des ressources des ex-pays de l’Europe Orientale et centrale, PECO (dont travailleurs détachés, TD, payés en euros et avec une fronde à 4 euros de l’heure, dont délocalisation d’éléments des chaînes de production), du subventionnement de l’industrie par les services et l’agriculture (lieux des mini-jobs à 450 euros par mois et des TD), des soutiens des collectivités et des banques locales et régionales, de la force de l’euro (cela permet d’attirer les TD des pays hors zone euro via un taux de change très avantageux pour eux; cela permet d’acheter pas cher en euros les productions délocalisées dans les PECO ou leurs rares usines rentables).
On voit donc que le grand bénéficiaire de l’UE à 27, c’est l’Allemagne. Maqueron soit s’illusionne, soit se moque de nous quand il propose de modifier l’UE et la zone euro car ni l’Allemagne, ni ses alliés de l’Europe du Nord luthérienne, ni des PECO, ni l’Irlande ou le Luxembourg (dumping fiscal) n’y ont intérêt. Ce qui explique que l’UE ne soit qu’une cohue de pays ne défendant que leurs intérêts et tirant à hue et à dia. ce qui explique qu’une concurrence économique sauvage y règne, concurrence dans laquelle la victoire va aux gros bataillons très productifs et aux moins-disants (salaires, fiscalité, lois sociales, défense de l’environnement).
Maqueron, esprit totalement acquis au SLC, à la flexibilité, à la concurrence sans limites, nous prépare donc « une étrange défaite » économique. Il veut imiter le SLC à la teutonne mais cela ne peut qu’accroître la concurrence où les dirigeants doryphores ont tous les atouts pour triompher avec leurs alliés. La France finira par devenir un sous-traitant de la Tudesquie et un lieu de bronzette pour Teutons naturistes ou amateurs de bons vins et de la qualité de la vie qui leur faisait dire « heureux comme Dieu en France ». Certes, ce sera européen, mais pas pour les Francouis réduits à une bouffe standard, au TGV et aux bagnoles allemands. radio Maqueron ment, radio Maqueron est allemande.
L’étrange défaite portera aussi et surtout sur les valeurs rémanentes de la culture française issues du « catholicisme zombi » et de la famille nucléaire égalitaire et exogame née dans le bassin parisien et ayant inspiré la Révolution de 1789 (si j’en crois Todd). Adieu égalité, fraternité, laïcité, universalisme des droits de l’homme et des citoyens, amour de la patrie (qui n’est pas un nationalisme mais une défense de la singularité dans un concert international pluraliste et multilatéral). On aura à la place les seules valeurs économiques du SLC (efficacité, libre concurrence à armes inégales, utilité, richesse, individualisme, consommation, primauté du contrat sur la loi ou la convention collective) et les valeurs morales du protestantisme, fût-il zombi (Régis Debray). Transparence et authenticité (d’où la légalité des lupanars en zone luthérienne et même de la mise en vitrine des putes comme à Amsterdam), vertu (austérité, épargne, moralité) au lieu du bonheur à la Saint-Just, communautarisme de juxtaposition de cultures différentes et parfois opposées, religiosité au lieu de neutralité (par exemple, le droit des religions de percevoir des taxes sur les salaires), simplicité (apparente car cela permet de s’enrichir en douce) au lieu des mystères républicains. Las, car alors comment la douairière Maqueron pourra-t’elle s’afficher avec des superbes fringues prêtées par les bons amis du capital? Ah ça ira car ces valeurs culturelles, issues du culte protestant zombi en Allemagne ou de l’évangélisme US triomphant, sont à usage purement populaire pour le faire taire. Il y a belle lurette que les classes dirigeantes ne les observent que formellement en se livrant in petto à toutes les turpitudes, notamment en truquant la concurrence et en violant la légalité.

Au nom de la loi ; les excellences sont des shérifs

Classé dans : politique — 5 octobre, 2017 @ 11:24

Le roi Philippe VI a sermonné hier les indépendantistes catalans au nom du respect de la loi, de la Constitution et de « l’unité » de l’Espagne. Maqueron nous a déjà dit que ce n’était pas la rue qui faisait la loi. Tous les gouvernants européens en appellent au respect des lois. Tous les mêmes en tant qu’animés par le fantasme de l’unité, la défense de l’ordre établi qui leur donne leurs privilèges, la toute-puissance du pouvoir central et la fausse démocratie représentative et « libérale ».
Eh bien je vais faire comme le sire de Coucy qui répondit au monarque qui lui avait demandé « qui t’a fait sire ?, qui t’a fait roi ? Car les bonnes questions sont : qui fait la loi, comment, avec qui, pour quelle durée, sur quel territoire et pour quelles population s, dans l’intérêt de qui, au nom de quoi? Répondre à ces questions qui portent sur la légitimité de la loi et non sur sa simple légalité permet de refouler le discours du pouvoir (c’est-à-dire de ceux qui le détiennent) sur la légalité, laquelle établit le « droit positif ». Le droit positif n’est qu’une construction théorique des scientistes à la Auguste Comte qui a prétendu créer une science positive (lisez scientifique, c’est-à-dire hors toute référence religieuse, morale ou idéologique) de la société. Proudhon avait ironisé en qualifiant cette thèse, elle-même parfaitement idéologique car non démontrable ou « falsifiable » (Popper), de « sociâtrie » divinisant la société. En réalité, malgré les efforts de Kelsen pour rendre le droit scientifique, le droit « positif » n’est jamais que le droit existant, en place, en actualité de service, c’est-à-dire celui qui impose le « désordre établi » (Marc Sangnier), celui du « pays légal et non du pays réel » (Mauras). Reprenons nos questions.
* qui fait la loi, avec qui  et comment? Ce furent les religieux (droit divin) puis les princes. C’est depuis environ 2 siècles en Occident les démocrassouilles électorales. Il faudrait donc que la représentation nationale soit elle-même légitime pour avoir le pouvoir de « donner et casser la loi ». Cela ne peut exister que si elle correspond assez exactement au peuple lui-même (malgré toute sa diversité, tant de population que de valeurs et d’intérêts). On sait depuis longtemps que c’est une blague car le suffrage atomistique (individuel) ne permet pas de représenter les forces sociales réelles du pays, à savoir les groupements (collectivités territoriales de différents niveaux, groupements économiques et fonctionnels, groupes d’intérêts). En 1849 Proudhon écrivait à peu près : il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle une assemblée nationale pour comprendre comment le pays est presque toujours représenté par des gens qui ne le connaissent pas. Proudhon préférait presque avoir un roi car ce dernier peut avoir un cœur alors qu’une assemblée n’en a jamais. De toute façon, les récentes élections aux USA, en France, en Allemagne viennent de démontrer concrètement ce qu’il en est de l’état réel de la démocratie ; c’est pire dans l’UE en tant que cohue de 27 Etats hétérogènes dirigée par la technocratie bruxelloise, la CJUE et le Conseil Européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Ce n’est pas étonnant car dès le début les personnes prétendant agir démocratiquement au nom du peuple se sont méfiées de lui en tant que populace incontrôlable et ennemie de la propriété. La démocratie a donc été sciemment organisée pour confisquer le pouvoir et en chasser les représentants du peuple, par exemple par le suffrage censitaire le mode de suffrage, le découpage des circonscriptions, la division juridique du pouvoir souverain en rondelles (législatif, exécutif, juridique). En réalité, il n’y a qu’une oligarchie représentative qui oppose les dirigeants aux dirigés, les gouvernants aux gouvernés et qui repose sur une « partitocratie » professionnalisée. La loi est préparée par une technocratie ou « noblesse d’Etat » (haute administration diplômée dans un des « séminaires de l’aristocratie » comme l’X ou l’ENA) suivant les directives du pouvoir légalement élu et est votée par les godillots qui siègent dans les chambres. Certes le pouvoir a dû finir par consulter les corps intermédiaires (par exemple les syndicats) mais il détient toujours le dernier mot au nom du vieux « quoniam nominor leo ». La loi est donc élaborée de façon centralisée, y compris dans les Etats fédéraux. Ce qui change, c’est que le pouvoir fédéral se contente généralement de concentrer l’émission des principes et laisse les Etats fédérés écrire leur musique d’application. Alors qu’en France, règne l’uniformité et le jacobinisme centralisateur. Et ce n’est pas avec 15 % des voix des inscrits que la chambre des députains peut être vue comme légitime même si elle demeure légale…
Quand à la durée de la loi et même de la Constitution, il faut rire. En effet, on ne saurait exiger des générations futures qu’elle fasse perdurer ne varietur ce que les précédentes ont voté. Et, en Catalogne, la Constitution a été établie en 1978 dans un pays encore largement franquiste, c’est-à-dire unitaire; ce qui explique que le statut des « généralités » (provinces) ne soit pas allé jusqu’au fédéralisme comme en Allemagne. la loi est par construction provisoire car on ne saurait préjuger des évolutions futures, des accidents possibles, des aléas en tout genre. Bref, aucune loi ne peut être gravée dans le marbre. On ne peut faire durer que des principes de légitimité. cela concerne au premier chef la loi électorale qui a été pondue pour ne pas représenter la pluralité des populations vivant sur un même territoire mais pour assurer la perpétuation des partis politiques.
Pour ce qui est des acteurs concernés et des intérêts, on trouve là la question de la souveraineté du peuple. Même si le peuple voit l’exercice de sa souveraineté (et pas le principe souverain) délégué de fait à des représentants, il n’en reste pas moins que ceux-ci ne peuvent légitimement décider et agir que dans l’intérêt général, le bien commun, la cohésion sociale dans la diversité des groupes sociaux. Or il est clair que depuis la révolution libérale de 1980 les représentants se sont servis de la toute-puissance législative des chambres et de l’Etat pour imposer aux peuples un système libéralo-capitaliste (SLC) contraire à leurs intérêts. Contrairement au blablabla des libéraux, l’Etat n’a pas vu sa puissance interne diminuer; il l’ont utilisée à mort pour avancer vers le SLC à grands coups de règles favorables au Kapital, de lois répressives à l’encontre des opposants (d’où l’intérêt des lois sécuritaires ou anti-terroristes), de la montée incessante des forces de police. En revanche, il sont cédé la souveraineté à usage externe aux traités internationaux, à l’UE, à l’OMC et autres organes internationaux. C’est ce qui permet au Maqueron, avec ses 15 % de légalité de violer impunément l’intérêt général. Mais il excipe d’une justification économiciste: favoriser les riches etle kapital, c’est faire ruisseler le fric sur les pauvres, créer des emplois par l’investissement productif. C’est la thèse libérale qui n’a jamais été empiriquement prouvée, bien au contraire car le fric va vers les paradis fiscaux, la phynance et les dividendes au profit des « 1 % » les plus riches, ceux que favorise Maqueron!. cependant on doit ajouter que la définition de l’intérêt général ne saurait en aucun être le monopole des élus tout simplement par ce que les populations et les groupements ne sont pas homogènes et que, donc, il ne peut résulter que d’un processus de négociation et de compromis provisoire entre ces acteurs sociaux. Ce que, précisément, les excellences unitaires, centralisatrices et politicardes veulent éviter en parlant de l’unité du peuple (qui est un état au lieu de l’union qui est un processus d’action et de décision); cela leur sert à monopoliser le pouvoir, à éliminer la concurrence (dont en économie ils nous rebattent les oreilles) à tout uniformiser pour se conformer aux normes du SLC.
Pour ces raisons, les populations désavantagées par le SLC, les gouvernants au service du kapital, les règles iniques contre l’auto-détermination des peuples (dont celles de l’ONU qui ont réduit cela à des cas très limités car ce sont les dirigeants en place qui y font la loi) sont parfaitement et légitimement habilitées à se révolter contre la légalité en place et à venir et à réclamer leur indépendance

Amiens, foot et Macaron

Classé dans : politique — 3 octobre, 2017 @ 10:14

L’autre jour, 500 supporters du LOSC qui venait de marquer un but contre Amiens se sont précipités vers la barrière de séparation des tribunes d’avec la pelouse, entraînant sa destruction et la chute d’une centaine de personnes les unes sur les autres et 29 blessés dont 7 gravement. Comme le résident à l’Elysée, à savoir Macaron (spécialité de la pâtisserie Trognon appartenant à la famille de la douairière-présidente), on peut en déduire une jolie parabole métaphorique et analogique.
Le stade est assimilé au peuple francaoui car il regroupe une diversité de populations qui veulent un but commun, à savoir un beau match de foot et est divisée par un but particulier: que ce soit son équipe qui gagne. La barrière, c’est la législation qui est censée, comme disait Lacordaire, protéger les faibles contre les forts même si c’est très imparfait, ce qui permet de critiquer toute conception, action ou décision qui tendraient à l’affaiblir. Comme le macaron (et le président lui-même) la loi est biface: une face efficacité politique et une face régulation des conflits d’intérêts et de valeurs. Il est vrai que la couche de confiture entre les deux faces peut tromper le goût. Dans notre métaphore, la confiture, c’est la « communication » qui est un remarquable outil de séduction, de désinformation et de bourrage « de temps de cerveau disponible ». Ce dont le résident Macaron use à la perfection. Et les deux faces du macaron vivent « en même temps » et « à la fois » comme dans tout syncrétisme éclectique foireux des fausses pensées complexes. Las, le brave Edgar Morin, 96 ans aux prunes, trouve que le « en même temps » de Macaron 1er est vraiment un début de pensée complexe; je dirais plutôt de complexe de supériorité pour la pensée.
Dans un coin-tribune du stade national, se trouve une minorité active qui a légalement acquis la majorité de la représentation de la pluralité du peuple avec 15 % du vote des inscrits. Elle a donc marqué un but essentiel contre le reste de la population, celle qui n’est pas représentée dans les institutions électorales iniques de la V ème ripoublique. Aussi est-elle en mesure de fondre en masse sur la législation afin de marquer son triomphe et son droit « de donner et casser la loi », attribut de la souveraineté selon Jean Bodin. Cet assaut violent détruit le droit du travail au profit des soutiens de cette minorité majoritaire, à savoir la kapital et le MEDEF. Mais la métaphore, ici, échoue car les blessés ne sont pas dans la ruée LREM contre le droit; ils se trouvent dans la population non représentée à la chambre des « fondés de pouvoir du capitalisme » (Marx). Rien à fiche pour les thuriféraires du système libéralo-capitaliste (SLC): ce sont des « illettrés », des « sans-dents », des « sans-costume », des « moins que rien », des inadaptables, des sédentaires, des racistes, de la piétaille du FN… On a donc, pour l’instant, 1/0 pour la majorité législative macaronesque et des estropiés chez les opposants. Et là le match n’est pas arrêté. ladite majorité va ensuite s’attaquer aux tribunes du droit du chômage, du droit au logement, aux retraites, à la progression du taux d’intérêt du livret A, des allocations familiales, de la fiscalité locale, de l’ISF… C’est la chronique annoncée du chamboulement-renversement de tout le droit protecteur et redistributif en faveur des riches et du kapital.
Comme disait un de mes profs il y a 56 ans: quand il n’y a plus de barrières, il n’y a plus de limites. Ou Ivan Karamazov: si Dieu n’existe pas, tout est permis. C’est ce que fait Macaron avec LREM, sauf que tout est permis aux seuls tenants du Kapital, de la bourse, des dividendes. La devise est :ToutenMacron, le phénix de l’Elysée.
Macaron oublie quelques petits détails. Si toutes les barrières sautent, tous les opposants vont se retrouver mélangés et mélenchonnés contre lui et sa garde jupitérienne car tous les intérêts anti-capitalistes auront été touchés par l’éradication des droits des uns et des autres, lesquels verront promptement qu’ils se trouvent face au même adversaire et qu’ils peuvent alors se coaliser. Macaron néglige que les Francaouis ne sont pas luthériens et ont la révolte facile quand on s’attaque à l’universalité et à l’égalité de leurs droits. Il ne voit pas qu’il veut mettre en place avec 30 ans de retard en France un SLC déjà mort en 2008 et que le contexte mondial, sauf chez les élites qui en profitent comme les champignons éponymes (les saprophytes), s’élève déjà contre lui et cela de façon de plus en plus massive et répandue. Ce qui confirme que la droite française est toujours la plus bête du monde tant elle est accrochée à ses rentes de situation. Macaron veut, du reste, lutter contre les rentes alors que ce sont elles qui l’ont fait élire! Macaron agit à contretemps et va subir 2 contre-effets: sa recherche de compétitivité va forcer à court terme les autres pays à durcir leur course au moins-disant. Ce qui va conduire à une déflation généralisée et à la misère pour tout le monde. On peut donc prédire, je ne sais pour quand, une révolte globale des peuples contre le SLC et ses dirigeants.

Feue la CGE, à bas l’industrie francouie

Classé dans : politique — 1 octobre, 2017 @ 11:38

La superbe boîte francouie que fut la CGE du temps où elle était dirigée par Ambroise Roux, alors parrain des industriels français, vient d’être achevée par l’Equipe Maqueron. les ex-chantiers de l’Atlantique (STX) ont été vendus à l’Italie et Alstom-matériel ferroviaire vient d’être bouffée par la tudesque Siemens. Auparavant, GE (US) avait absorbé le département énergie d’Alstom et Alcatel (téléephonie avait été mangée par Lucent. Years ago, l’activité Com. avait été abandonnée à Vivendi. Après une dispersion, façon puzzle, des activités, les concurrents avaient eu la possibilité d’acheter les morceaux alors qu’ils auraient été incapables d’acheter le tout conforté par les noyaux durs de Ballamou après re-privatisation de ce qui avait été nationalisé par Tonton. On se rappelle que Lafarge, bien copine avec Daech en Syrie, vient d’être absorbée par le suisse Holcim. Autrefois, on avait vu Péchiney vendue et dépecée de même qu’Arcelor (ex-Usinor) ou Rhone-Poulenc, Technip, Alcan, ou Rhodia. Le pouvoir de Maqueron justifie ses opérations au nom de champions européens dans la concurrence internationale. Foutaise comme on va le voir.
Ce qui frappe dans les arrangements maquereaunesques, c’est qu’ils sont à durée limitée, durée qui, comme par hasard, va à peu près jusqu’aux prochaines élections pestilentielles. Après moi, le déluge disait le Régent… Voyons les choses à plus long terme et essayons de comprendre pourquoi l’industrie française (aujourd’hui à 11 % du PIB contre 16 en Italie et 23 en Allemagne) a fichu le camp.
Comme devrait le savoir n’importe quel énarque libéral, toute fusion ou absorption est faite dans des buts bien précis, ce qui conduit rapidement à la disparition de la firme absorbée:
* prendre les commandes du nouvel ensemble et y faire ce que l’absorbeur veut; ce n’est qu’une question de temps malgré les faibles freins mis en place par Maqueron.
* piquer le marché de l’absorbé afin de faire des économies d’échelle via la taille et la suppression des doublons (services de recherche, de gestion, de marketing, de force de vente ou productions équivalentes); du coup l’activité de l’absorbé diminue et il devient de moins en moins rentable jusqu’à ce que l’absorbeur puisse le déclarer mourant et le fermer. Cela tombe bien car Maqueron vient de restreindre le périmètre de responsabilité des firmes au seul niveau national, par exemple pour les plans de licenciement. Le kleenex peut donc être jeté sans frais pour l’absorbeur. Maqueron a fait semblant de nationaliser STX, le temps d’avoir mis en place sa loi travail, ce après quoi on a annoncé la fusion Siemens-Alstom. Dans 4-5 ans, le système teuton de train à grande vitesse éliminera notre TGV en lui empruntant ses meilleurs atouts et il sera fabriqué en Chien car Siemens a déjà abandonné une bonne part de sa technique à ce pays. Dans 4/5 ans STX sera déménagée en Chine, partenaire de Ficianteri. Où sera le « grand chamion européen » annoncé par Maqueron? Comme a dit Churchill pour les accords de Munich avec Hitler en 1938: ils voulaient (les négociateurs: Chambre-Berlin et Saladier) éviter la guerre et le déshonneur; ils ont eu les 2.
* voler les brevets et les techniques et les concentrer chez la firme absorbante (cas de GE); cela est d’autant plus facile que les services d’innovation ont fusionné. Du coup, l’absorbé n’a plus d’avenir vu qu’il est incapable de s’adapter à l’évolution des marchés, que par ailleurs il a déjà presque perdus.
* on a vu dans bien des cas, les machines et outils de travail déménager (cas de Molex) chez l’absorbeur ou être délocalisés dans des filiales low cost. N’oublions pas que la firme italienne (en fait firme d’Etat) qui prend STX est acoquinée avec les Chinois et que Siemens travaille avec les PECO low cost. u des outils privilégiés pour ce faire, c’est le LBO que Maqueron ne propose pas d’abolir alors qu’il permet de s’emparer des grosses PME.
* faire supporter les coûts de la fusion à l’absorbé via des prix de transferts ou des sortes de redevances pour prestations souvent indues et toujours surtaxées à payer à l’absorbeur; cela accélère la perte de rentabilité de l’absorbé.
Maqueron ment, radio Maqueron est allemand. En fait, l’opération Alstom-Siemens sert à cacher que dans l’affaire Bouygues va récupérer 1,5 milliards, en cédant ses actions d’Alstom, que notre impécunieux Trésor devait lui racheter fin octobre car il ne s’agissait que d’une option d’achat, à Siemens. c’est donc « ne même temps, un don au privé et une opération comptable du Trésor!
Si l’industrie française s’évanouit depuis 20 ans, c’est pour de multiples raisons, dont celles qui suivent:
* les énarques qui dirigent le pays et font des allers et retours entre les fonctions politico-étatiques et le privé (« revolving doors » et pantouflage francoui) sont techniquement incompétents (à rebours de la Teutonie où les ingénieurs sont en réalité le fer de lance du pouvoir dans les boîtes et ailleurs) et préfèrent la phynance qui rapporte plus gros et est à leur niveau intellectuel; ils se moquent donc de l’industrie. Par ailleurs, ils poussent tout vers la dimension européenne car ils en espèrent une puissance et un revenu bien plus élevés que s’ils restaient dans l’hexagone. Ils préfèrent être plus petits chez des très grands que grands dans du petit. Ils se foutent du pays car leur espace vital est l’UE et la mondialisation. on peut dire sans exagérer que l’ENA a tué la démocratie française en y substituant la technocratie, en abandonnant la souveraineté du pays à l’UE et tué l’industrie en s’abandonnant entièrement la phynance.
* on sait depuis LIST (qui l’a écrit en 1841), Proudhon (1846), Maurice Allais (il y a 30 ans) que le libre-échange sans régulation, sans protection, sans freins conduit automatiquement à la concentration, à l’absorption des plus faibles et moins gros ou moins productifs ou moins riches par les plus puissants.
* si l’industrie allemande est la grande gagnante de l’UE, c’est parce qu’elle est soutenue par les syndicats (effet de la « cogestion »), par les länder et les collectivités locales, par les banques régionales (en cheville avec les collectivités et, du reste, soigneusement écartées de « l’Union bancaire européenne), par l’Etat qui la favorise (les lois Hartz de 2004 ont pour effet de mettre les services qui sont pleins de mini-obs à 450 euros par mois sans cotisations retraites en situation de subventionnement occulte de ladite industrie), par le système éducatif qui oriente très tôt la majorité des élèves vers l’apprentissage. A quoi, naturellement, s’ajoute, à cause de la préférence nationale pour la technique le goût de la qualité et la production de machines-outil et de robots.
* depuis le début, l’UE appliqua l’ordolibéralisme teuton; cela a fini par donner sa pleine puissance après la digestion de la réunification tudesque et surtout le retour de l’hinterland et du lebensraum doryphoriques avec l’extension à partir de 2004 de l’UE aux PECO (délocalisations, achats low cost, importation de travailleurs détachés car jusqu’en 2015 il n’y avait pas de SMIC, d’où des emplois à 4 euros de l’heure notamment dnas l’agriculture et l’agro-alimentaire). L’Allemagne a profité à fond de la cohue de 28 pays hétérogènes et en concurrence pour que rien ne change à un système avantageux pour elle (ce que ne voit pas Maqueron qui prône des changements pendant que die Grosse Angela joue la montre): il faut l’unanimité ou une quasi impossible « majorité qualifiée » pour prendre une décision. On doit reconnaître que si cela a pu se faire c’est grâce aux abandons de souveraineté, notamment par les dirigeants francouis. Et, aujourd’hui, la situation est très claire: l’Allemagne pilote l’UE avec ses alliés de l’Europe du Nord et des PECO. L’Allemagne n’a pas pris le pouvoir dans l’UE; ce sont les autres pays, surtout la France et les Gibbys (qui, en échange, disposaient de dérogations en tout genre), qui le lui ont donné.
* la France a abandonné depuis plus de 30 ans toute politique industrielle et agricole et l’UE n’en a pas; ce qui est voulu, car le marché automatique et efficient fait les choses tout seul et au mieux, ce qui est aussi la doctrine de Maqueron. Elle s’est contentée d’acheter… surtout allemand, en creusant sans cesse le déficit commercial. Ce n’était pas grave puisqu’il y avait la monnaie unique qui permettait d’emprunter pas cher… à l »Allemagne. Cela dure encore mais cela ne va pas durer; les taux commencent d’augmenter, ce qui n’empêche pas Maqueron de continuer d’augmenter la dette publique via le déficit budgétaire…
Et, évidemment, sans industries on voit mal comment le chômedu diminuerait… Mais on voit comment Maqueron qui défiscalise les très riches et maintient le pif des plus faibles juste au-dessus de la fosse à purin, qui déshabille Pierre pour habiller Paul dans un jeu comptable à somme nulle, fera tout payer à la seule classe moyenne aisée. Il n’y gagnera rien: le chômage diminuera sans doute un peu mais la précarité et la pauvreté travailleuse augmenteront en flèche, ce qui fait douter que lesdits plus pauvres (qui s’abstiennent ou votent FN), voteront pour lui. Lesdites classes moyennes, surtaxées et n’ayant droit à rien, même au nom du vieux principe d’universalité (par exemple, même plus d’allocations familiales), ne le suivront plus. Et les 200 000 très riches, qui ne pèsent rien électoralement, continueront de placer leur fric, dont celui détaxé par Maqueron, à l’étranger ou dans la finance, exigeront des dividendes accrus (suite à la baisse du taux de l’IS et à la flat tax de 30 % sur les revenus financiers). Ils n’investiront rien dans la production qui est à la fois risquée et moins rentable que la finance mondialisée. Le seul acteur, in fine, qui va « ruisseler » ce sera LREM; mais de pleurs en 2022.

Ode à Macareux-Trognon

Classé dans : politique — 28 septembre, 2017 @ 11:06

Bonnes gens oyez oyez la belle histoire
de ce qui nous advint comme si jolie foire.
Amiens y vit naître un couple ambitieux
qui fut bien fortement soutenu par les cieux.
Un trognon puceau, fort excité par ses sens
était encor’en quéquête de jouissance.
Il ne savait pas vraiment comment s’y prendre
et cherchait fiévreusement comment apprendre.
Cela tombait à point : dans son lycée catho
se trouvait une prof très proche des « bobos ».
La belle quadra avait de l »expérience
et ses appas étaient bien loin d’être rances.
La morale, la loi et les jésuites mœurs
s’opposaient bien pourtant à ce réel bonheur.
Heureusement, ce n’était plus sous Pompidou 
et les bons amants n’eurent pas à filer doux.
Cependant, les tourtereaux fuirent à Paris
afin de pouvoir éviter tous les ennuis.
Mais un grand amour nuit assez aux études
car les amants sont en état d’hébétude.
A Normale Sup, un beau bide fit Macareux
bien qu’il eut en philo un appétit heureux.
Heureusement l’ENA se trouvait désignée
pour donner au noyé sa superbe bouée.
Mais la philo tenait toujours notre ambitieux
qui tourna derechef vers Paul Ricoeur ses yeux.
Et de cette « assistance » il tira force gloire
dans tout le pays, Nord et sud de la Loire.
Bien sorti de l’ENA, il eut des relations
et aussi chez Rotschild de bien belles actions.
Attila l’appela servir la sarkozye
puis il alla servir le mou Rider Zizi
pour lequel il oeuvra aux fins du Kapital
dont il avait acquis à l’ENA le moral.
L’on vit alors bientôt la justice foutue
et sur ce manquement une bouche cousue.
Avec sa bien aimée, il se claquemura
pour contre l’opposant jouer à l’omerta.
Puis notre Rastignac a pu trouver sa voie
en donnant sa personne aux électives voix
sans craindre de trahir, ni d’être un félon.
Il fut du Hollandais le nouveau Ganelon.
La stratégie paya, il vint à l’Elysée
où reclus il lança sa politique osée,
et où sa Dulcinée poussa son ascension
et leur si grand amour grimpa vers l’assomption.
Jupiter ne vit pas, et non plus sa madone,
qu’auprès des Francaouis, on recevait maldonne.
Les gens l’avaient élu pour être protégés
mais il avait déjà ses propres protégés:
les puissances d’argent qui l’avaient à la bonne.
L’opinion recula, ce qui change la donne.
Pour contrer le chaos, y a pas d’e-manuel
et c’est ce qui arrive à notre Emmanuel.
Pauvre France, voilà où l’ambition
quand les grands dirigeants croient être des champions.
Et voilà du pays l’assez noire histoire
où l’on vit des requins l’éternelle nageoire.
Eh oui, je sais, ce sont des vers de mirliton
mais pour la narration qu’importe l’histrion.

Le pouvoir n’est pas dans la rue!

Classé dans : politique — 23 septembre, 2017 @ 10:50

C’est ce que viens de déclarer le Maqueron, après tant d’autres excellences politicardes; qui plus est, il l’a fait aux USA dans le cadre d’une interview par une célèbre journaleuse yankee. C’est ce que dit le crypto-franquiste Rajoy en Espagne contre les Catalans. Aux yeux des représentants du peuple, ce qui est légitime, c’est la parlement légalement élu. Quand la démocratie a voté, ce sont les élus qui sont légitimes et pas la rue. Qu’en est-il?
Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait d’abord que les élus soient légitimes. Passons vite sur ce qui est bien connu: une information insuffisante et biaisée parce que les médias sont dans l’audimat, la pub, le divertissement, le service de leurs propriétaires, tous ou presque des puissants de l’économie et de la finance. Depuis très longtemps déjà, les médias ne sont pas au service de la formation de l’intérêt général et de l’élévation de l’esprit critique des citoyens, mais fonctionnent pour leurs seuls intérêts utilitaires et sonnant et trébuchant. On a bien vu comment le Maqueron a été monté en épingles par les grands médias et pas ses riches amis. Un mode de scrutin parfaitement inique. un cantonnement de la participation du peuple à la chose politique à des élections à la fois sporadiques et momentanées alors que la vraie démocratie suppose processus permanent de mise en débat, d’expression et de participation. Une abstention carabinée car nombre d’électeurs se sont retirés du suffrage: ils ont été à chaque fois cocufiés, notamment par de fausses promesses (la fracture sociale de Chiracos) et par des mensonges cachés (la facture sociale de Zizi Rider). Les 312 députains du Maqueron ont été élus par 15 % des inscrits si l’on cumule l’abstention (57 %) et les votes blancs et nuls (10 %). Or ces 15% ont ramassé près de 60 % des sièges! Et encore ces 15 % ont été largement dus à l’effet anti FN au nom du fameux « front républicain ». De même qu’aux pestilentielles, nombre d’électeurs n’ont pas vraiment choisi mais éliminé. Au 1er tour le Maqueron a eu 24 % des exprimés, soit 18 % des inscrits. Cela c’est de la légalité et pas du tout de la légitimité. En outre le Maqueron a avancé masqué: il avait bien annoncé une réforme du code du travail mais s’était bien gardé de préciser son contenu et surtout il a dissimulé que l’ensemble des réformes envisagées formaient un système dont on ne verra le projet que lorsque toutes les tranches de salami seront coupées et les étapes du découpage d’icelui seront terminées. Et ce système, on le voit bien mieux après l’élection, c’est l’implantation en France du SLC et de l’ordo-libéralisme tudesque. Des demi mensonges et des dissimulations ne font pas une vérité mais une tromperie des électeurs.
En Espagne, Rajoy se drape dans la Constitution qui, comme par hasard, interdit la sécession. Natürlich, comme on dit à Berlin. la Constitution a été établi après la mort de Franco. Est-elle gravée dans le marbre, vaut-elle pour l’éternité, les générations futures n’ont-elles plus rien à ajouter après la disparition de leurs ancêtres? Et c’est sur ces sophismes de politicards, qu’on défend la légitimité des pouvoirs installés légalement?
L’histoire montre que la rue (surtout quand elle est armée) a souvent imposé ce qui est vraiment légitime. L’Irlande a eu son indépendance de même que les ex-colonisés, la monarchie a été abolie en France en après 1789, le suffrage universel a été imposé en 1848, les féministes britanniques ont eu droit elles aussi et pour toutes les femmes au suffrage universel. C’est la rue qui a imposé les avancées sociales de 1936 et de 1968. C’est la rue qui en 1984 a fait ôter la loi Savary contre les écoles privées subventionnées, qui en 1995 a fait reculer les « réformes » Chiracos-Juppé et fait retirer l’infâme CPE en 2006. Encore faut-il qu’il y ait assez de monde dans la rue… Encore faut-il organiser un solide rapport de force… C’est le contraire de ce que font actuellement les soi-disant forces d’opposition. Voyons comment.
Les faux opposants se sont donné beaucoup de mal pour rendre la grogne populaire inefficiente. Comme d’hab. on fait des manifs revolving (déjà 2 pour la CGT). On fait des manifs catégorielles, secteur par secteur au lieu de rassembler tous les mécontents d’un seul gros coup. On n’appelle pas à la grève, encore moins à la grève générale. De plus Méluche et Martinez ont cru bon de séparer politique et mouvement social… les dirigeants ont peur, soit que cela ne marche pas (mais on pourrait au moins savoir à quoi s’en tenir sur le degré de réactivité des victimes du Maqueron), soit d’être débordés et dépassés comme en 68 (réaction de rentier de la représentation officielle). Cela démontre à l’envi que des syndicats professionnalisés, institutionnalisés ne défendent pas leurs mandants mais leurs intérêts. Il y a gros à parier qu’ils arrêteront tout quand le pouvoir leur aura concédé quelques queues de cerise qu’ils pourront afficher comme grande victoire du peuple et d’eux-mêmes. Cette fusion au sein du SLC, en singeant à l’intérieur de l’organisation le modèle extérieur des organes du kapital, ne date pas d’aujourd’hui. Dès 1914, Roberto Michels avait établi « la loi d’airain de l’oligarchie » en parlant des organes de la social-démocratie. Seule solution; se libérer soi-même en tant que groupement de résistance et construire autre chose, à côté et contre et surtout, sans se faire représenter par qui que ce soit, surtout pas de parti ou de syndicat officiels.

Vie et mort du socialisme d’après Axel Honneth

Classé dans : politique — 22 septembre, 2017 @ 9:00

Axel Honneth fait partie de la 3ème génération de l’Ecole de Francfort, celle de la « théorie critique », celle qui avait critiqué le régime capitaliste et révisé le marxisme. il se situe dans la lignée d’Habermas (2ème génération après les fondateurs: Adorno, Horckheimer…). Il est productif et intéressant bien qu’à mon humble avis il soit un exemple des socialistes de la « 3ème voie », celle de Blair, à savoir une adaptation totale de la social-démocratie au système libéralo-capitaliste (SLC) et à lz forme représentative de la démocratie libérale..
Les idées directrices d’Honneth dans son dernier livre sur le socialisme actuel sont: 1) il abandonné l’approche normative et coopérative des 1ers socialistes (où il ne cite pas Leroux, ni Cabet et où visiblement il tronque la pensée de Proudhon qu’il en connaît pas bien), axée sur la critique morale du capitalisme qui ne donne aucune reconnaissance au monde ouvrier. Ce socialisme prône la solidarité, l’association la coopération, l’entraide, non seulement en tant que modèle opposé au régime capitaliste mais encore comme contenant une vraie démocratie fondée sur le débat dans un espace public. Il met les associés à égalité pour leur participation et leur expression dans les débats internes au groupe de coopérants visant à l’entente démocratique par la communication ouverte à tous (agir communicationnel cher à Habermas). Ce socialisme, s’il se prononce à fond pour la liberté, exige en même temps et surtout la solidarité comme valeur morale essentielle à la cohésion de la communauté des travailleurs. on retrouve là les deux valeurs princeps de Proudhon: la liberté et la justice.
2) il est resté cantonné au monde industrialisé et du travail, oubliant tous les autres acteurs sociaux apparus lors du processus historique de différenciation du capitalisme, différenciation qui donne la solidarité mécanique (interdépendance des fonctions et de fait chère à Durkheim) du monde ouvrier. Il a ignoré les mouvements sociaux et communautaires des femmes, des ex-colonisés, des stigmatisés pour leur race ou leur culture, des minorités sexuelles. Il a fait fonder toute la protection sociale sur le seul travail en partant du principe que le but principal était la suppression de la propriété privée des moyens de production et que tout le reste était secondaire. Il a prôné l’intervention étatique en économie sans s’occuper de la propriété, ni étatique, ni privée, à savoir la propriété sociale (associations, coopératives, mutuelles). Ce faisant, il a limité la « liberté sociale », celle qui conjugue les droits individuels et les droits collectifs pour organiser la participation libre de tous à la coopération dans l’agir ensemble fondée sur à la coopération et le respect mutuel.
3) il n’a pas vu que l’instance politique avait une autonomie (effet de la différenciation) et qu’il était primordial d’assurer le pouvoir politique par des voies démocratiques réelles. Il s’est coulé dans le moule centralisateur de la démocrassouille représentative et à conçu le politique comme instance extérieure et supérieure à la société. C’est donc, sur ce point, une continuation de l’approche du politique par les libéraux. Il a donc pas investi dans une nouvelle forme de la démocratie malgré de nombreuses expériences (par exemple les conseils des années 1920 ou la Catalogne anarchiste de 1936 ou l’anarcho-syndicalisme en France). Il a sous-estimé l’intérêt des expérimentations sociales en tant que porteuses d’un autre modèle de « liberté sociale » (c’est la grande idée d’Honneth) contre le SLC. Il na pas vu que la démocratie était porteuse de la participation de tous à la formation de l’intérêt général en tant que projet collectif élaboré en commun et à parts égales d’amélioration pour l’avenir.
4) il s’est trouvé une population porteuse des espoirs de révolution; la classe ouvrière à la fois la plus exploitée et cela dans les mêmes conditions capitalistes et la plus favorable à un autre régime socio-économique. La différenciation du salariat (employés, techniciens, cadres ayant des objectifs différents quant à leur avenir) n’y a rien changé pendant longtemps. Il reste encore aujourd’hui à constituer en quelque sorte une fédération démocratique (et unie par des valeurs et des intérêts communs) des groupements victimes du modèle SLC.
5) il a cru trop longtemps (sauf le léninisme et autre socialisme autoritaire) que la classe ouvrière était spontanément (de par sa situation) révolutionnaire et universelle. las, elle s’est embourgeoisée par suite des réformes que le syndicalisme avait arrachées au capital et au pouvoir politique. la classe, non seulement est éclatée mais encore elle est devenue une cohue d’individualistes attachés à la consommation.
6) il se moque du droit considéré comme une superstructure, il sous-estime l’intérêt des droits subjectifs accordés par le libéralisme même si ceux-ci sont théoriques (des droits de et pas des droits à). car ces droits ont ouvert la voie à la reconnaissance d’acteurs jusqu’alors relégués (dont la « classe ouvrière ») et méprisés. Il ignore l’apport des « droits de l’homme » à l’institutionnalisation de droits personnels pour tous et partout. En effet, même violés par maints régimes, ils donnent une norme morale générale, donc des critères permettant de prouver l’illégitimité desdits régimes.
Je ne peux contester Honneth sur les grandes lignes de sa critique du mouvement socialiste. Mais sa description du mouvement me semble largement inspirée par le courant social-démocrate et par la critique rebattue du modèle communiste-collectiviste. Il y en a eu d’autres, comme le socialisme libertaire que notre auteur passe quasiment sous silence. Il reproche aux 1ers socialistes leur centration sur le monde ouvrier et industriel, mais c’est de l’anachronisme de dire cela aujourd’hui en oubliant les conditions de l’époque et en sous-estimant qu’il s’agissait du travail de pionniers qui pensaient l’avenir alors même que le monde industrialo-capitaliste ne faisait que balbutier.
Ce qu’on peut et doit reprocher aux socialistes ultérieurs, c’est qu’ils n’ont rien pensé de nouveau depuis des décennies malgré d’innombrables travaux de penseurs de la modernité et de son évolution (Honneth en cite pourtant un bon nombre). En fait, ils se sont coulés dans le moule SLC qui les a si bien nourris et ont accepté que le salariat déserte le combat car ils ont abandonné ses membres en rase campagne. Cela montre que se construire seulement contre, c’est en fait adopter le modèle existant et ne vivre que grâce à lui. En outre, l’aspect contre le SLC du socialisme remontait au 19ème siècle sans innovation sauf sa trahison par le sociaux-démocrates, avec en tête les Britanniques et les Teutons.
M. Honneth nous rebat les oreilles avec l’importance du droit et de l’éthique qui en est le soubassement ou sur laquelle la liberté collective peut s’appuyer. Certes, le droit est une instance essentielle, comme l’avait bien vu Proudhon. mais Honneth privilégie « le droit positif » (celui qui est en place et norme l’ordre social existant en cadrant les attentes réciproques de comportement licite des acteurs). Ce faisant, il ne se demande guère qui fait le droit et comment et pour qui? Il verrait alors que dans nos démocrassouilles actuelles, la loi est faite par des représentants inféodés au SLC et imbus de néolibéralisme.
M. Honneth nous bassine avec la démocratie, la communication, le débat, la recherche de l’entente par la discussion discursive (argumentée sous éthique de la discussion), l’accès égal à l’espace public. Tout cela suppose que la démocratie soit réelle: moyens d’accès libre et égal pour tous, information pure et parfaite, si j’ose dire, des acteurs, égale participation aux débats, respect des structures locales et des corps intermédiaires de formation des opinions, etc. On en est fort loin en démocrassouille. M. Honneth néglige totalement les asymétries structurelles de pouvoirs, les hiérarchies sociales, les conflits et surtout les rapports de force C’est de l’Habermas et, sur le versant de la justice, du Rawls. C’est fort beau et bien intentionné mais cela met la charrue avant les boeufs et suppose le problème résolu. Car, discuter, c’est bien mais comment y arriver tant que la démocratie n’est que démocrassouille, que les conflits de valeurs et d’intérêts sont vitaux et intenses, que les inégalités se renforcent, que la terre est détruite, que les rapports de force sont déséquilibrés et cela de plus en plus. la poule SLC est bien là et super puissante; l’oeuf contestaire mais vraiment démocratiquement est à couver. Ce n’est pas le baiser Lamourette, le « embrassons-nous Folleville », le « aimons-nous les uns les autres », le discutons sans entraves et à armes égales alors que cela n’existe pas, qui va faire éclore l’oeuf; C’est la lutte et, comme l’a bien dit Marx, ce qui crée la classe, c’est la lutte des classes. Remplaçons classe par mouvements sociaux à coordonner et fédérer et, au lieu de discuter, construisons autre chose à côté et contre. Quelque chose qui préfigure le monde futur souhaité (notamment comme démocratie sociale et politique à la base) et qui, peu à peu par l’action autonome et directe, privera le SLC de ses moyens. ce n’est pas neuf: c’est le projet anarcho-syndicaliste des années 1900.

La blague de la formation pour faire reculer le chômage

Classé dans : politique — 20 septembre, 2017 @ 10:38

Les experts (en économie libéralo-capitaliste) et les politicards nous bassinent avec l’idée que s’il y a des chômeurs c’est parce qu’ils ne sont pas adaptés au marché du travail faute de qualification. Solution: les former, les recycler afin qu’ils puissent se relancer en tant qu’actifs. Cette solution ne tient pas la route, ni maintenant, ni, encore plus à long terme.
Pour l’instant, nous avons maints emplois pour lesquels il n’y a pas de clients et qui ne demandent pas des qualifications prononcées (plus de 300 000 suivant le MEDEF qui, naturellement, force la note). Les gens seraient des « fainéants » qui préfèrent le chômedu et les aides sociales au travail. Faux car toutes les enquêtes de motivation montrent qu’ils préfèrent de loin le travail, source de relations, d’amitiés, de reconnaissance, d’activité au farniente et à l’oisiveté. En fait, nombre d’emplois ne trouvent pas preneurs car ils sont sous-payés et présentent des conditions de travail peu attirantes. Cela est oublié par le pouvoir et le patronat afin de laisser libre cours au travail des clandestins et des marginaux que l’on peut exploiter sans vergogne et qui font baisser le prix de la force de travail. Par ailleurs, depuis des décennies, la France n’a pas investi dans l’apprentissage et il y a même des boîtes (EDF, par exemple) qui ont fermé leurs propres écoles d’apprentissage et de formation. il y a aussi peu de candidats à l’apprentissage car il est socialement dénigré (par l’EN et les excellences énarchiques) et car les contrats proposés, en l’absence de législation publique et de contrôle, sont souvent léonins. On manque donc effectivement de professionnels dans certains domaines d’activité mais ce n’est pas dû à la flemme. Cela concerne pourtant des emplois locaux et fort peu délocalisables. Pour les emplois en concurrence sur le marché mondialisé, il est très clair que l’on y trouve tout ce qu’on veut et à bas coût. Il s’agit d’emplois de production assez peu qualifiés qui sont occupés par les pays low cost et cela ne devrait pas s’arranger car il est clair que les techniques nouvelles sont très coûteuses en capital et qu’il vaut mieux alors employer des quasi esclaves dont les droits sont inexistants dans bien des pays. on peut penser que ce discours de manque de qualification a surtout pour fonction de culpabiliser les « illettrés », les « sans-dents », les « sans-costar » et de légitimer les surdiplômés qui dirigent l’Etat et les grosses boîtes parce qu’ils sont issus des « séminaires de l’aristocratie ». Or il y a des tas de jobs, par exemple de service à la personne, qui ne demandent de grandes études mais des fortes capacités relationnelles et de l’empathie; choses qui sont fort peu valorisées dans les critères de compétence en cours dans les boîtes et l’administration
Il y a déjà longtemps que des personnes fort qualifiées et diplômées sont employées dans des tâches très inférieures à leur niveau et, naturellement, sous-payées. Ce qui manque, ce sont les emplois, pas la formation et recycler ou former davantage ne fera jamais que modifier la liste d’attente pour l’emploi. Il suffit de raisonner par l’absurde pour s’en convaincre. Supposons que tout le monde, garçons et filles, sorte de Polytechnique. Eh bien, il restera des chômeurs, à commencer par les filles. Je n’ose pas imaginer sur quels critères les X seraient alors discriminés.
Cet état actuel des choses ne veut pas dire qu’ils ne faut pas former. Il faut, bien évidemment, le faire mais pas pour offrir des salariés au kapital. Ce sera pour développer des petites structures artisanales, par exemple de réparation au lieu de favoriser le neuf et le clinquant via, notamment la publicité et « l’obsolescence programmée ». Il y a des foultitudes d’emplois possibles à créer, moyennant formation adaptée, dans l’agriculture et les produits agricoles artisanaux et de qualité ou dans le petit commerce de proximité. Ce qui suppose de ne pas favoriser systématiquement les grands magasins capitalistes et les produits industriels genre ceux de Lactalis et consorts. On peut aussi créer énormément d’emploi dans l’exploitation de la biomasse afin de remplacer le pétrole et ses dérivés, afin de retrouver une filière bois (scieries, papèteries, petites fabriques de meubles à l’épreuve du temps, gazogènes pour véhicules, construction de maisons en bois, etc.). C’est à cela que doit servir immédiatement la FPC (32 milliards): former des artisans créant des emplois locaux et allant contre la logique du système libéralo-capitaliste.
Passons au plus long terme. Robotisation, automatisation, régulation informatique vont procurer une gigantesque productivité qui, si la consommation n’augmente pas drastiquement (ce qui est incompatible avec la protection de l’environnement et l’économie des ressources naturelles), fera une très importante diminution des emplois. Notamment parce que les pays actuellement les plus producteurs (les « low cost ») se mettront eux aussi à ces technologies. L’idée schumpéterienne comme quoi la destruction d’emplois dans les industries obsolètes est compensée (et même bien plus) par la création de nouveaux jobs ailleurs devint de plus en plus caduque. Dans les domaines de la gestion des entreprises et de l’administration, tous les emplois de moyenne qualification liés à l’application de procédures seront rapidement remplacés par des dispositifs informatiques et par des délocalisations grâce au Net. Il restera des emplois très hautement qualifiés de conception de systèmes productifs et informatifs, de recherche, d’innovation. On aura aussi une progression (très insuffisante) des emplois de pub, com., marketing, force de vente, du commerce (le gros, celui qui détruit l’artisanat et les magasins de proximité) de la finance; or ces emplois, du reste pas assez nombreux eu égard au volume de la population qualifiée et à la concurrence féroce entre pays, sont parasitaires et nocifs car ils entretiennent la culture du gaspillage et de la surconsommation plus ou moins gadgetisée et font augmenter les prix pour les consommateurs par suite de la concurrence qui pousse aux dépenses afin de rester sur les marchés. Pour compenser ce futur manque d’emplois, Maqueron et ses collègues lbéralo-cappitalistes veulent laisser libre cours à l’uberisation, aux systèmes Deliveroo, aux auto-entrepreneurs, aux modèles Ryanair, aux emplois dans la sécurité des biens et des personnes, au services à la personne, tous précaires et sous-payés et à l’explosion des effectifs de la police.
Il est alors très clair que si l’on continue de laisser agir la logique automatique du système libéralo-capitaliste (SLC) de profit, d’accumulation et de concurrence (ce à quoi nous pousse Maqueron), alors le problème de l’emploi ne sera résolu que par la pauvreté, la précarité et… la charité plus un très maigre filet de sécurité sociale pour les seuls plus pauvres. C’est cela que vous voudriez pour vos enfants? Et, en outre, il faut tenir compte de ce que le SLC continué va détruire très rapidement ce qui reste de la planète.

La retraite Maqueron en comptes « notionnels »

Classé dans : politique — 18 septembre, 2017 @ 11:16

Le malhomme veut instaurer un système unique et universel de retraites pour les Francaouis. Pour cela, il s’inspire du système suédois dit des « comptes notionnels ». Au passage, le problème jusqu’ici insoluble, des régimes spéciaux, serait résolu par leur disparition pure et simple. Evidemment, la « réforme » est présentée, comme toujours, sous l’angle de l’efficacité et de la justice. Cela peut passer si les Francouis ignorent ce que le système des « comptes notionnels » signifie en réalité et quelles sont ses conséquences. Maqueron espère aussi en finir avec les problèmes de déficit des régimes de retraite, ce qui amène à des jongleries perpétuelles de jeu sur l’âge de départ en retraite (ou durée obligatoire des cotisations) et sur le montant des cotisations (patronales et salariales) versées pour équilibrer les comptes. Les précédentes « réformes » avaient permis d’annoncer triomphalement un retour à l’équilibre vers 2020. Las le Conseil d’Orientation des Retraites (COR, au pied) vient de réviser ses calculs d’apothicaire : il faudra attendre 2040 et rajouter une pincée de mesures d’équilibration des comptes ; je souligne qu’équilibre est un état, équilibrage, un acte et équilibration un processus, lequel n’est annoncé que morceau par morceau avec la bonne vieille stratégie des bouts du tunnel qui, évidemment, ne cessent de reculer.
Mais qu’est-ce qu’un système de « comptes notionnels »  pour lequel le syndicat CFDT, compradore du système libéralo-capitaliste (SLC) et du pouvoir, s’il en est, a les yeux de Chimène alors qu’il va passer les retraités au néocide? C’est bel et bien et encore un système par répartition et non de capitalisation personnelle investie en titres boursiers comme aux USA (ou en Allemagne où les retraites générales par répartition ont été laminées par Schröder au profit de complémentaires par capitalisation), ce qui a ruiné les retraités dès 2008 avec l’effondrement de la bourse. L’idée est que les cotisations, dont sans doute le taux serait fixé par les services comptables et technocratiques de Jupiter, servent à acheter des points de future retraite (les mêmes pour tout le monde). Ces points sont enregistrés dans un compte personnel (ce qui est une avancée décisive vers un système individualisé éloigné de la conception actuelle de droits collectifs) qui « capitalise » (simple cumul formel) lesdits points acquis tout au long de la carrière individuelle : exit donc les problèmes de durée de cotisation ; chacun, peut prendre sa retraite quand il veut ; ce qui suppose de calculer le montant de la retraite, c’est-à-dire ce que le cumul des points vaut au moment de la prendre. D’où une notion fondamentale : celle de la valeur du point.
La valeur du point dépend des circonstances économiques à ce moment-là, du nombre de cotisants et du volume de cotisations à répartir entre les retraites simultanées. S’il y a peu de cotisants ou s’ils cotisent peu (par exemple s’ils sont à temps partiel ou au chômedu, sauf s’ils achètent des points mais avec quel pognon?), s’il y a beaucoup de « retraitables » (mot idoine car ils sont envisagés comme des déchets) à se bousculer au portillon, si l’économie est en plein marasme et les salaires bas, alors la valeur du point diminue fortement ; de plus il devient clair qu’elle est variable et ne permet donc pas de savoir à l’avance (avant liquidation de sa retraite) combien on touchera. Ce qui touchent des retraites complémentaires ARCO ou AGIRC savent bien cela et la grande innovation maquereaunesque ne consiste qu’à généraliser ce système pour le régime général qui serait étendu à tout le monde. Il n’y a pas besoin de vouloir faire moderne et du benchmarking en allant reprendre l’idée à la Suède. Ce qui apparaît aussi clairement, c’est que le système fonctionne en pilotage automatique, ce qui permet d’éviter aux excellences de prendre des décisions plus ou moins mal vues. Le système « notionnel » s’adapte tout seul aux évolutions économiques, ce qui est une confirmation de la conception libérale suivant laquelle les marchés sont efficients, auto-régulés et se passent fort bien de l’intervention du politique. Ils la proscrivent même au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Que les syndicats suédois aient accepté ce système en dit long sur la récupération de la social-démocratie par le SLC…
Maqueron nous parle de la justice de ce système ; c’est amalgamer en vue de tromper justice, justesse et justification (idéologique). Car il ne s’agit là que de justesse (exactitude) comptable, et pour cause puisque l’équilibrage est automatique : quand il n’y a pas assez de cotisations (pour des tas de raisons), on verse tout simplement moins de retraite. Le moderne Maqueron a réinventé l’étalon-or : quand on n’a plus d’or dans les caisses, on cesse d’importer ! De plus le calcul de liquidation ne se fait qu’au moment ad hoc (le sparadrap qui va coller au si « transformateur » Macaron).
Et ledit système ignore superbement tout le cheminement antérieur qui mène à la retraite et à son niveau. Car, grâce à la réforme du code du travail, de l’assurance-chômage, etc. toutes ces avancées étant d’obédience SLC (avancées vers le capital, AVC), les rémunérations et les carrières vont éclater dans la plus grande disparité possible (le meilleur des mondes possibles suivant Pangloss-Maqueron). Pour un même emploi, les salaires vont dépendre : de la nature de la boîte (les grosses pouvant en outre faire pression sur les petites qui sont souvent leurs prestataires), du secteur économique, de l’état de l’économie en concurrence avec tous les moins-disants possibles, du degré de qualification (on est déjà partagé entre les qualifications porteuses de ceux qui peuvent être « nomades », mercenaires du kapital et les obligés d’accepter n’importe quoi comme petits boulots de service). Les lois Maqueron vont sans doute faire baisser nominalement le chômage mais au profit de la précarité, de l’alternance entre job et chômage, de l’intérim : il est évident que faire une carrière continue est exclu par le SLC cher à Maqueron. C’est pourquoi, du reste, il a déjà prévu une hausse (oh si faible) du minimum vieillesse ou des minima sociaux en tant que mesures de « justice ».
Chers lecteurs, vous êtes maintenant en possibilité de voir si la justification de ce système par le blablabla SLC maqueronien est légitime…

Pour l’indépendance de la Catalogne

Classé dans : politique — 16 septembre, 2017 @ 11:07

Les Catalans font partie de ces peuples meurtris par la violence des royautés unitaires au gré de leurs conquêtes et des vicissitudes de l’histoire. Il s’agit bel et bien d’un peuple car les Catalans ont une langue, une culture, une histoire commune même si ils font partie de fausses nations (peuples différents unis par la force) et ont été partagés entre la France et l’Espagne. Côté Espagne, les Catalans furent victimes des rois très catholiques et de Franco. Ce dernier a vaincu la Catalogne républicaine et anarchiste en s’alliant avec Hitler; je rappelle que les Basques ont été dans la même situation. Comme toujours, lors de la conquête de la Catalogne par les rois castillans, c’est la province la plus arriérée, à savoir la Castille qui a asservi l’autre, de même que les rustres du Nord de la France ont massacré la belle Occitanie des Comtes de Toulouse ave le concours de l’Eglise catholique que les Cathares indisposaient.
L’Espagne est soi-disant un pays quais fédéral puisque les provinces (les généralités) disposent d’une large autonomie par rapport au pouvoir central. cette autonomie n’empêche la Catalogne, province la plus riche d’Espagne, d’être spoliée par le pouvoir étatique. rappelons que le système libéralo-capitaliste (SLC), celui-là même auquel adhèrent les dirigeants Ibères (nation), prône la concurrence, la « destruction créatrice », l’innovation. Or la dépendance de la Catalogne lui interdit de répondre à ce programme. L’UE devrait donc être favorable à l’indépendance de la Catalogne car cela augmenterait la concurrence entre ses peuples. Eh bien, non. le junker Juncker, nommé à la tête de l’UE grâce à la teutonne Merkel, vient de se prononcer contre le mouvement référendaire en cours en Catalogne. En réalité, les dirigeants européens, tous partisans d’une UE technocratique et hyper libérale, ne peuvent accepter des indépendances qui nuiraient à leur domination unitaire: la concurrence, c’est fort bien mais elle ne peut être assurée qu’au sein d’un espace unifié et surtout maîtrisé. Il n’est pas sûr du tout qu’un nouvel Etat veuille souscrire aux règles ordolibérales de l’UE et au SLC qui va avec. Et la Catalogne a de fortes racines anarchisantes, ce qui ne colle guère avec l’impérium de l’UE imposée par une coalition (Europe du Nord et PECOs) sous emprise doryphorique. La Catalogne libre pourrait fort bien prendre le large et s’allier avec bien des pays d’Amérique du Sud ou/et contester le SLC qui fait les choux gras de la gross kommission de Bruxelles. Et elle pourrait inspirer d’autres indépendantismes ou les renforcer (Ecosse, Pays Basque, Bretagne, Flandre). Ce serait terrible même si ces nouveaux pays restaient dans l’UE: il faudrait coordonner, non plus un cohue de 27 pays (après le Brexit) mais de 31, voire de plus en plus. Les dirigeants de l’UE ont donc de bonnes raisons politicardes et économiques (comment serviraient-ils aussi bien le Kapital si l’UE faisait de la scissiparité?)
Il va de soi aussi que les politicards au pouvoir préfèrent régner sur un vaste territoire que sur une peau de chagrin. Verriez-vous le jupitérien Maquereau exercer son empire sur une France sans la Bretagne, la Catalogne, le Pays Basque, l’Alsace-Lorraine, l’Occitanie, A de si grands personnages, il faut de grands empires, de même qu’un énarque (ou tout grand diplômé de la « noblesse d’Etat » ne peut diriger qu’une très grand entreprise, si possible multinationale car il parle le globish) se moque des PME, PMI, et autres petites boîtes. Tout doit être grand chez les grands…
On voit donc que les excellences étatiques et unitaires ont de bonnes raisons utilitaristes car fondées sur leurs intérêts de s’opposer à l’indépendance de la Catalogne puisque ce serait un fort mauvais exemple plus la réduction de leur territoire de domination à leur profit et surtout à celui de leurs mandataires du SLC. Sauf que le SLC peut s’en ficher si les nouveaux pays communient dans sa doctrine et respectent ses règles. Ce qui n’est pas assuré du tout. Ces bonnes raisons ne font cependant pas une légitimité. Celle-ci est du côté de l’histoire, de la langue et de la culture. Elle est aussi du côté du droit international qui reconnaît depuis longtemps les « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », leur droit à l’autodétermination, ce que prouverait un référendum réussi en Catalogne (ou, par exemple au Québec, mais le pouvoir anglo-saxon du Canada a pris la précaution d’imposer à sa « belle province » une immigration non francophone…). C’est pourquoi le libéral-étatiste pouvoir (libéral en économie et centralisateur-unitaire en politique avec une démocrassouille de fait) espagnol veut empêcher par tous moyens (judiciaires et policiers pour l’instant )la tenue du référendum en vue de l’indépendance en Catalogne. Il a pour cela le soutien des excellences européennes. Las, il faut remplacer le vers de Racine: « plus le désir s’accroît, plus l’effet se recule », par l’énoncé suivant: plus la pression (étatique) s’accroît, plus les fesses (catalanes) reculent.
La réaction anti-indépendantiste des « autorités » autoproclamées (car c’est le peuple qui donne l’autorité aux gouvernants et non ceux-ci qui la détiennent; eux, ils n’ont que le pouvoir, alias la force), est un bon exemple des conceptions libérales: les peuples, les nations, les groupes, les collectifs n’existent pas; il n’y a que des collections d’individus libres de se vendre au plus offrant, fût-ce le diable du SLC. L’indépendance de la Catalogne ferait mentir Thatcher qui disait à la fois et en même temps (vive Maqueron): la société n’existe pas et TINA (there is no alternative). Ce serait la démonstration que, contre les empires, « small is beautiful ».Comme disait le poète: mon verre n’est pas grand mais je bois dans mon verre. Les Catalans ajoutent votre verre castillan est grand mais j’en veux un autre. En effet, je suis convaincu que de par sa tradition anarchiste la Catalogne peut inventer un modèle de développement qui contre le SLC.

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