les armes de la critique

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Un peu de jugement-footisme

Classé dans : politique — 17 juillet, 2018 @ 9:44

Bien que je me réjouisse aussi de la victoire de nos footeux, je ne puis partager la liesse qui s’en est suivie, notamment dans des médias unanimes et énamourés. Cette joie collective en forme de village à la Potemkine, qui ne concerne pas, loin de là, toute la population, fait plaisir mais n’est pas significative d’une unité du peuple, ni d’un rassemblement durable des populations. Les journaleux ont même parlé de bonheur collectif alors qu’il ne s’agit que de joie! Mais ce feu de paille a tout de suite été récupéré par les politicards et éditorialistes à nacelle, par Maqueron en premier. Certes, il était facile de saisir cette occasion mémorable pour tirer la couverture (médiatique) à soi. Cela n’a rien de nouveau, ni de « disruptif » et cela fait partie de la Com. Politicienne depuis que le sport est devenu tout à la fois un spectacle, un commerce juteux et un erzatz de nationalisme compétiteur sinon compétitif. C’est aussi devenu une des rares voies encore existantes de « circulation des élites » et de promotion sociale. On remarque naturellement que notre équipe francouie est, comme l’a dit un grossium iranien, est plus qu’à moitié Noire et métissée. Tant mieux, mais cela ne fait pas un symbole généralisable de la composition ethnique du pays, ni d’un pluralisme ou d’une diversité sans problèmes, encore moins une victoire de l’Afrique (dixit l’Iranien qui devrait quand même se demander pourquoi peu de Noirs débarquent volontairement en pays musulman ; fastoche : l’esclavage y est encore pratiqué malgré sa proscription théorique et le sport n’y est pas en odeur de sainteté). On sait qu’une telle victoire, et cela depuis fort longtemps, représente une excellente diversion pour la politique politicienne, un « préservatif » (comme dirait Proudhon) contre la morosité et un dérivatif aux soucis du moment pour bien des gens. Tout cela est bien connu et reste à la surface des choses et des enjeux.
L’enjeu principal, très bien vu par Maqueron et par ses opposants sociopolitique, est celui du modèle de société affichable et récupérable par la victoire et les semi-traces qu’elle laisse (Sami-traces dans le Grand Nord ou Samothrace en Grèce). Le problème est que la victoire est sans visage et permet à différentes ailes de battre l’espace en vue de le conquérir ou le raffermir comme « domaine de la lutte » idéologique et disqualification des adversaires de l’interprétation « main stream ».
Maqueron voit dans la victoire une démonstration illustrant sa ligne politique conforme au système libéralo-capitaliste (SLC). Providentielle occasion de la monter en épingle et de cravater les opposants. Providentielle car c’est la Croatie qui, vu sa qualité de jeu et son engagement, aurait dû gagner. Las, la chance a souri aux audacieux et aux audio-cieux. Maqueron y voit donc une éclatante confirmation de ses vues: le mérite, la responsabilité, l’engagement, le rôle déterminant des « premiers de cordée », l’égalité des chances quelles que soient les origines ou les conditions de vie, le succès acquis par le travail justement récompensé, l’excellence de ceux qui font leur devoir. Bref, toute la « moraline » libérale et petite-bourgeoise en tant que justification du « meilleur des mondes possibles » et comme demande de comportements ad hoc requis par le capitaine (pas Nemo, superman) du navire. Il est normal et même requis que la société soit inégalitaire car dans le cas contraire il n’y aurait pas d’occasion de se différencier en bien du troupeau. Et, bien sûr, rien ne serait possible sans un bon lider maximo qui fasse régner l’ordre et force à la coordination via une bonne vieille hiérarchie descendante. Il est apparent aussi que le maqueronisme rabat l’union, qui est un processus collectif et volontaire, sur l’unité qui est un état requis par les gouvernants.
En face, on répond que le succès est dû à la solidarité, à la coopération, au primat du collectif sur les individualités, à la qualité des infrastructures de formation, de mise en situation et de sélection, seules à même de développer les potentiels. On dit que la morale n’est pas dans l’observation d’un code et de normes pré-définies, mais dans le développement des personnalités, de l’altruisme, des attitudes coopératives et du sens de la justice, n’est pas obéissance et statisme car c’est en collaborant dans le respect d’autrui et de soi-même qu’elle se forge de façon dynamique sans qu’on lui assigne une fin et des principes fixes, encore moins universels dans le temps et dans l’espace. La morale est une construction sociale immanente et évolutive résultant des interactions dans un cadre sociétal plus ou moins favorable et repose sur une visée, non pas une norme; l’épanouissement de tous et la réalisation de la justice. C’est donc la conception proudhonienne contre les absolus, les devoirs, la déontologie normative et figée. naturellement, cet auto-réalisation-développement du sens moral requiert des moyens, des structures, des dispositifs, une logique des rapports sociaux qui favorisent l’émergence et le renforcement d’une mentalité idoine. Autant le SLC, en tant que « phénomène social total », favorise l’individualisme, la compétition, le matérialisme, l’égoïsme, une mentalité « néolithique » de la soumission et du commandement, autant des structures anarcho-libertaires, fédératives, auto-gestionnaires, coopératives, favorisant l’expérimentation, la collaboration, l’engagement collectif, l’implication personnelle, le courage et la responsabilité assumée, la mise en débat et en expression nous produiront à la longue à une vraie éthique de la responsabilité collective tant individuelle que sociale. C’était la proposition de Proudhon qui nous a montré que l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations car cela multiplie les capacités d’action collective et forge la communauté de destin. Car en traitant l’autre comme un égal en dignité on peut obtenir sa collaboration, ce qui signifie que la liberté et l’égalité ne sont pas une contradiction mais une nécessaire « composition » pour être efficace et ramer ensemble. dans ce cadre conceptuel, il est clair que plus les inégalités du SLC progressent, plus le sens social se perd, plus les rivalités détruisent le lien social. Il me semble que c’est un peu chez le Ricoeur de l’altérité que visiblement le Zident applique fort mal.

SLC et jihad, même combat

Classé dans : politique — 16 juillet, 2018 @ 10:43

Le système libéralo-capitaliste (SLC) moderne et le jihad islamo-terroriste sont des frères jumeaux enfantés par la modernité. A la différence du califat ottoman qui s’est encroûté et sclérosé pendant des siècles en refusant les innovations (comme l’imprimerie qui ne fut autorisée qu’au 20ème siècle, ou les instruments de musique qualifiés d’haram et même la musique ou toute représentation par l’image) et n’a rien inventé du tout, même pas le coucou pendant ce temps, « l’Etat islamique » (EI) utilise toutes les ressources d’internet 3.0, des films ,de la vidéo, des jeux sur console, des téléphones portables, des réseaux sociaux… et copie massivement la propagande et la communication occidentales. C’est un salafisme actif, guerrier et moderne qui n’a pas grand chose à voir avec le salafisme quiétiste qui, lui, en rajoute sur le misonéisme ottoman. Et qui comme les dirigeants du SLC s’applique à détourner le sens du langage pour tromper les populations.
L’EI singe à merveille l’Occident ; déjà en s’appelant Etat, ce qui ne va pas sans contradiction avec le communautarisme religieux de l’Oumma. Etat et nation sont des créations de la philosophie politique européenne. Mais c’est surtout dans la production d’images que l’EI imite et dépasse même les créations US. La violence des blockbusters US, des vidéos et jeux guerriers amerloques est reprise par ce prétendu Etat. Toute la communication occidentale inspire l’EI : instantanéité, primat de l’image, sensationnalisme, caractère éphémère des productions sur le thème un clou chasse l’autre, glorification des héros, imaginaire des horreurs… à la différence que l’EI montre du vrai, du réalisé et ne fait pas confondre la réalité et la fiction. L’EI a, comme les USA, dépassé la propaganda-staffel et l’agit-prop, tout en retenant leurs recettes : former, recruter, diffuser l’idéologie, formater les esprits, prouver par l’image, endoctriner par le discours qui la commente. La com de l’EI est mondialisée comme celle de l’Occident ; elle ne vise pas que les musulmans et/ou les Arabes mais tous les anti-kouffars de la planète. Elle demande à tout musulman, où qu’il soit, donc pas seulement en terre islamisée, de s’engager contre tous les mécréants qui les exploite et les humilie depuis des décennies. L’EI, cependant, retourne la propagande occidentale contre elle-même en se servant souvent des mêmes images ; par exemple celle des bombardements tuant, non seulement des terroristes (versus occidental) mais encore des populations innocentes et sans défense (versus EI). Elle spécifie ainsi qui est le vrai terroriste en montrant les mensonges des images prises par des drones et reprises par les médias occidentaux. Car SLC et Daech sont universalistes (la foi musulmane, d’un côté, le marché mondialisé, de l’autre) et veulent imposer leur domination à tout le monde par la violence, le discours et l’image.
L’EI utilise la culture occidentale de l’individualisme forcené, du narcissisme, du désir de gloire à la Erostrate ou à la Warhol, du mérite acquis dans l’action (et pas seulement par la foi et la piété quiétiste), de la promesse d’un monde meilleur ici-bas pour les soldats du califat et dans l’autre monde pour les héros. Cela lui permet d’attirer avec le même système de valeurs tous les déçus et frustrés des promesses vaines du SLC ; ce que le SLC ne vous a pas donné, l’EI va vous le procurer quasiment à l’identique. En plus, Daech offre la réalisation des fictions propagées par l’imagerie occidentale, dont, naturellement, la naissance de héros et la légitimité d la violence dont se repaissent bien des Occidentaux pianotant sur leur console de jeux de guerre vidéo ou piraté sur internet. C’est le moyen de transformer les phantasmes de toute-puissance en réalité et, en outre, pour la bonne cause : défendre les musulmans et attaquer les vrais terroristes et menteurs du SLC militarisé. L’EI redonne un sens à la vie des marginalisés et rejetés par le SLC mais cela fonctionne bel et bien sur le même terreau : le besoin d’identité, de reconnaissance, de valeurs et de signification, que le SLC a laminé au profit du matérialisme hédoniste et narcissique. Mais l’un, le SLC, fonctionne sur la promotion des valeurs méritocratiques, l’autre, Daech, sur la frustration de leur manque de réalisation.
On voit que SLC et Daech sont l’avers et le revers d’une même médaille dont les deux faces sont indissolubles. Elles se disent l’une ou l’autre en creux ou en négatif de l’autre. De plus, il y a complicité de fait entre les deux, renforcement mutuel pour monter aux extrêmes. Les compères ont besoin l’un de l’autre pour coexister.
L’existence même de Daech et de ses exactions sert aux politicards « libéraux » renforcer sans cesse les lois sécuritaires; en fait cet arsenal de privation des droits civiques est une menace de répression à l’encontre de tous les opposants à un pouvoir qui vend le pays aux intérêts économiques de la phynance et des multinationales du SLC. De plus, le terrorisme entretient la peur et le sentiment d’insécurité dont le pouvoir profite pour en appeler à l’union nationale factice et de diversion par rapport aux fractures sociales et pour faire que les gens se renferment sur eux et désertent le terrain des luttes sociales.
Daech est utilisé pour s’armer, vendre des armes, faire prospérer les boîtes et moyens de sécurité. Le complexe militaro-politico-répressif est ainsi perpétué et renforcé tout en assurant une part de la prospérité du capital. La guerre perpétuelle contre Daech sert à monter des alliances, souvent contre nature afin de perpétuer une domination et de sécuriser les territoires producteurs d’énergie et de renforts contre les ennemis désignés du système géopolitique mondial, de plus en plus partagé entre sphères d’influence dirigées par un Etat régional à vue hégémonique ou un Etat se voulant puissance mondiale. La guerre, savamment entretenue dans l’affrontement Daech/Occident et alliés, permet de faire là encore diversion en camouflant la persistance des conflits économiques et du système totalitaire du SLC mondialisé.

Maqueron et l’Etat-providence du XXIème siècle

Classé dans : politique — 14 juillet, 2018 @ 10:42

Notre résident à l’Elysée vient de blablater pendant 1h30 devant le congrès ; du vent, des paroles verbales, des promesses, de la fausse humilité, rien de concret, tel est le bilan de cette opération de com. Pour se refaire la cerise devant l’opinion publique. Heureusement que le foot de France « black and white » est plus porteur, une fois.
Le Zident nous promet un Etat-providence du vingt-et-unième siècle ». Qu’est-ce que cela veut dire si on se souvient de ce qu’autrefois la providence était divine ? Parallèlement, un LREM propose de remplacer dans la Constitution, sécurité (sociale) par protection. C’est un abaissement car, par exemple, le hérisson derrière ses épines a une protection mais cela ne le met pas forcément en sécurité. Est-ce un test comme pour l’oursin? Auquel cas ne nous hérissons pas. Maqueron, en fait, nous ressort le vieux discours libéral : responsabilité individuelle (ce qui, en creux, signifie que si vous êtes dans le caca, c’est votre faute), droits et devoirs, égalité des chances, mérite, « activation des dépenses sociales », émancipation par le travail (pardon, l’emploi mais quelle que soit sa nature) comme levier universel de rédemption (du genre « arbeit macht frei »?), de ressources et de bonheur. Palsembleu, putains de fainéants envieux qui méritent leur sort. Il n’y manque que les dames patronnesses et la police. Du reste, il n’y a pas de cadeaux fiscaux aux riches mais seulement aux entreprises car elles vont investir et créer des emplois. Ce n’est pas CQFD mais CQRD, ce qui reste à démontrer. La stratégie est claire: il faute faire grossir le gateau (croissance du PIB) pour que la part de chacun augmente mais sans toucher aux règles de répartition des parts en pourcentage des droits de chacun. Remarquons aussi que toute cette idéologie libérale est fondée sur un individualisme forcené qui, naturellement, s’oppose à toute démarche de solidarité et d’esprit collectif. La devise n’est plus l’Etat, c’est moi mais l’Etat-providence, c’est moi…
Le leitmotiv libéralo-maqueronesque est la prise en charge par chacun de sa liberté; auquel cas il suffit de saisir sa chance pour aller vers une progression de sa situation et la réussite. mais cela une condition sine qua non: la réalité de l’égalité des chances. Le Zident promet grâce à ladite égalité des chances une réduction des inégalités sociales, objectif essentiel de l’Etat-providence du futur. Or, « en même temps » il s’applique à développer en France et dans l’UE la logique du SLC, celle-la même qui porte l’accroissement des inégalités comme « la nuée porte l’orage » via « la liberté du renard libre dans le poulailler libre » comme disait Jaurès. Et le 17 juillet, Maqueron Ier reçoit toutes les organisations syndicales pour lancer un calendrier de concertation; sans doute comme pour l’assurance-chômage: vous causez et je décide ou je fous tout en l’air, après vos négociations entre partenaires sociaux, pour en faire seulement à ma tête!
Le malhomme ignore visiblement que l’égalité des chances exige des structures, des moyens, des dispositifs, des règles qui encadrent sa possibilité de réalisation. Cela est particulièrement visible dans le domaine de la formation où l’on observe depuis déjà longtemps la réduction de l’accès des élèves des classes populaires aux Grandes Ecoles et aux formations universitaires les plus renommées. Le pays se prive ainsi d’un sang neuf lié à la « circulation des élites ». Le Zident proclame qu’il s’oppose aux rentes de situation, aux acquis perpétuels (et non pas éternels comme l’écrivent les journaleux qui ne savent pas qu’éternel signifie sans début, ni fin). Belles paroles, mais qu’a-t-il fait contre les rentes de l’énarchie et des grands corps dont le diplôme vaut carrière prestigieuse toute tracée ad vitam aeternam?
On sait par ailleurs que le gouvernement ne sait pas où trouver du fric pour redorer son blason social étant donné que les très riches et les boîtes ont été servis en premier et que le mythe de la croissance s’estompe compte tenu de la situation internationale. Cela tombe bien car la volonté cachée de SAI Maqueron Ier est de n’offrir qu’un mince filet de sécurité aux plus pauvres, aux handicapés de l’innovation et de la concurrence über alles. Les aides sociales seront réservées à ceux-ci tout en étant diminuées pour forcer les chômeurs à accepter n’importe quel emploi ainsi que la Doryphorie l’a fait sous Schröder en 2004. Au passage, sire Maqueron oublie que, les riches ne payant plus rien les plus pauvres étant exonérés, les classes moyennes sont les seules à payer tout en recevant de moins en moins. Un jour, ça va péter… En fait, il ne s’agit pas de sécurité, ni même de protection sociale, mais d’une charité providentielle fort chiche. C’est là qu’on voit quelle est la vraie conception pestilentielle de la liberté: on crée une cage de fer, du style de celle de La Ballue enfermé par Louis XI (on ne pouvait si tenir ni debout ni allongé; Louis Xi venait taquiner La Ballue: que veux-tu? Une cage plus grande…) ou de l’écureuil en train de tourner dans sa boîte, et on dit au prisonnier qu’il est libre de son destin et de ses désirs. La cage SLC est simple: une seule culture assise sur la conso individuelle et l’ostentatoire de compétition; un seul but, le pognon, une seule logique, accumulons et profitons au max, une logique financière et comptable, des institutions, des règles de dérégulation et des politicards au service du seul Kapital. Et que les petits, les sans-grade se démerdent dans ce cloaque. Il n’y a qu’une providence, c’est le marché efficient et auto-régulé. C’est ce qui existait déjà, de façon très moderne, au 19ème siècle… Comme quoi la providence, en tant que pro-évidence, est providentielle…

Maqueron qui rie, Maqueron qui pleure

Classé dans : politique — 8 juillet, 2018 @ 11:05

Maqueron peut rire car il a réussi à casser le code du travail, le dialogue social et le syndicalisme. Il est adulé par les riches auxquels il a fait de beaux cadeaux fiscaux. Et ce n’est qu’un début ; il peut espérer en finir avec les retraites, les chômeurs, la Sécu et les aides sociales. Las, il a plongé dans les sondages et il devient clair que sa base sociale est fort réduite, c’est-à-dire aux 15 % de Francaouis inscrits qui ont voté pour ses godillots au 2è tour des législatives ou au 18 % qu’il a obtenus lors du 1er tour des pestilentielles. Il peut rire car il a atomisé l’opposition, ce qui n’est pas très difficile car elle était déjà morte avant les élections même si elle ne le savait pas encore. Lui, en a eu la géniale pré-science. Il doit pleurer car ses réformes sociales patinent et sont retardées. Car après avoir tant donné aux riches et très riches et en espérant l’arrivée de la croissance comme on attendait Godot, il se trouve qu’il n’a plus de pognon pour honorer sa prétendue sensibilité de gôche. Il peut pleurnicher car les godillots deviennent moins allant qu’avant et renâclent et car ses sinistres multiplient les déclarations à la con, ce qui l’oblige, avec ses thuriféraires, à ramer et rétropédaler en permanence. In media stat virtus…Et, en même temps, le malhomme s’effondre dans les sondages. Il n’y a pas loin de l’Elysée à la roche tropézienne près de la piscine de Brégançon.
On avait beaucoup glosé sur Tsarkozy (et sa star cosy) qualifié de Zébulon, de lapin Duracell, d’agité du bocal, de malotru ; eh bien Maqueron ne fait guère mieux avec ses petites phrases, ses qualificatifs méprisants, ses palinodies, ses envolées lyriques, son prêchi-prêcha spiritualiste. De plus en plus, les électeurs perçoivent le décalage (le gap, dirait-il) entre les si beaux et généreux discours et les actes ou décisions. Le dernier, en contradiction flagrante avec le blablabla sur la biodiversité, est le fait que la France a voté à l’UE contre l’interdiction de la pêche raclant les fonds marins dans 5 zones fragiles à protéger. Ou la contradiction entre la tendresse affichée pour les migrants et les actes réels, entre la motion nègre-blanc des chefs de gouvernement et d’Etat de l’UE reposant sur « le volontariat », et l’urgence des actions de sauvegarde à mener. Le gouvernement menait la « reforme » du pays à grand train et de façon parfaitement technocratique avec une « gouvernance top down ». L’exercice, qui renvoie à la prétention énarchique de tout conduire à partir de son petit bureau en réformant « la société par décret » a perdu sa belle ordonnance et les résistances se multiplient. C’est pourquoi Maqueron est allé voir le pape francisquain et jésuite pour aborder, notamment, la casuistique de la pauvreté et des migrations. Cela ne fera pas de mal pour se rallier l’électorat catholique tout en maintenant sa présence cathodique dans les médias.
Maqueron doit gémir aussi sur les infidélités de die Grosse Angela, dont il flattait la Krupp à d’Essen pour rassembler l’Europe sous la bannière franco-teutonne. C’est raté et la nouvelle Bertha continue de jouer en solo, par exemple en se ralliant à la CSU sur le problème des migrants ou en prônant une baisse des droits de douane européens (10 %) vis-à-vis des USA afin d’aider les bagnoles tudesques dans le collimateur de Trump. Son projet de gouvernement et de budget de la zone euro est au frigo du gouvernement doryphore. Aujourd’hui, et Maqueron ne l’a pas compris car son idéologie est hyper libéralo-capitaliste, un pays européen n’a pas d’amis; il n’a que des intérêts et des alliances de circonstance en cas de convergence d’iceux. Forte de sa puissance et de son réseau d’alliés, la Doryphorie n’est certainement pas prête à aider Maqueron à l’abaisser au profit d’un collectif eurozonesque.
Lundi, Son Altesse Impériale (SAI) Maqueron 1er va plancher devant le parlement réuni en congrès à Versailles pour entendre la parole de Dieu. Eh oui Emmanuel signifie littéralement « Dieu est parmi nous », ce que l’apostrophe Manu disqualifie en faisant de Dieu un quidam ordinaire qui, de plus, fonctionne manu militari. D’où la réaction (aux deux sens du terme) de SAI contre le lycéen mal embouché qui n’avait pas respecté le corps mystique du Dieu fait homme. SAI aime beaucoup parader à Versailles, lieu de la grandeur et de l’excellence française sous Louis XIV. Mais aussi, endroit où les Versaillais, dirigés par M. Thiers, organisèrent le massacre des Communards. Lieu aussi qui tombait en ruine jusqu’à ce que les Américains financent sa restauration. La formule a changé; ce n’est plus l’Etat, c’est moi mais MOA, c’est l’Etat.
L’étourneau Maqueron est entré sans sonner dans l’Histoirepar la porte de derrière les fagots et les fayots. Las, cela ne lui fait pas une implantation locale et régionale; solution: faire la danse du ventre chez les grands maires LR maquereaux compatibles. Il voulait des listes transnationales pour les européennes de 2019; c’est raté mais il peut, en France, changer le mode de scrutin en le rendant national au lieu de régional; l’avantage est de réduire l’aura des barons régionaux des autres partis. C’est grand, c’est beau la politique électoraliste du monde nouveau prôné par SAI.
Mais comme on dit à Salers (de la peur): c’est à la fin du marché » aux bestiaux qu’on compte les bouses; on verra donc en 2022 combien il y en aura car, comme disait Proudhon, faire de la politique, c’est se laver les mains dans la crotte.

Comment les Francaouis sont-ils rackettés ?

Classé dans : politique — 4 juillet, 2018 @ 10:08

Pas seulement les Français mais aussi tous ceux qui vivent en France et y paient impôts, taxes, redevances, services publics y compris ceux qui sont en délégation au privé. Une des combines du pouvoir est de nous parler que des impôts alors qu’il y a une foultitude de moyens pour faire cracher au bassinet. Je me rappelle que pour faire lever une hypothèque (dont la prise avait entraîné des frais de dossier non négligeables) sur un prêt immobilier que j’avais remboursé par avance il me fallait payer 7000 francs de « main levée d’hypothèque », laquelle n’avait presque rien coûté à l’Etat ! La solution pour éviter ce racket fut d’attendre tout simplement l’échéance du prêt. Le pouvoir entretient les confusions entre impôt (à payer sans contrepartie), taxe (qui est la contrepartie d’un service rendu), redevance (prix d’accès à offre de service public comme l’accès aux programmes de la télé et aux ondes qui les transportent), contribution (qui remplace une cotisation obligatoire). Voyez la taxe d’habitation qui est en fait un impôt car la moitié des assujettis ne la payent pas… Voyez la CSG-RDS qui est un impôt camouflé en cotisation sociale. Savez-vous que votre facture d’eau en tant qu’usager domestique comporte une taxe sur les voies navigables que vous n’empruntez jamais ! Comme disait Colbert la fiscalité s’apparente à l’art de plumer une oie : obtenir le maximum de plumes avec le minimum de cris. Le taux de prélèvement obligatoire est de 46 % du PIB, celui des dépenses publiques de 57, soit 11 points d’écart. Cette différence réside déjà dans le déficit (environ 80 milliards, soit 4 % du PIB) et dans les dividendes reçues des participations de l’Etat (dans les 5 milliards mais en chute constante par suite de leur vente par un Etat impécunieux et faisant du court-termisme), soyons généreux et arrondissons les autres recettes de l’Etat à 2 points de PIB. Manquent donc 5 points de différence. Eh bien ce sont tous les impôts, taxes, redevances camouflées parce que vraisemblablement l’Etat n’en est pas le percepteur direct, par exemple où passent les redevances de concession payées par EDF aux collectivités territoriales ou les frais d’hypothèque?
Pour être concret, je vais prendre l’exemple du racket sur l’eau et, plus généralement des prédations des concessionnaires de services publics.
Voyons quelques chiffres éloquents. Les consommations de flotte de l’agriculture, de l’industrie et des pékins domestiques font respectivement 70 %, 22 % et 8 % des volumes. En revanche, les taxes à verser aux agences des bassins d’eau (il y en a 6, un bassin étant tout ce qui est couvert par un fleuve jusqu’à son embouchure, y compris ses affluents) sont respectivement de 1 %, 14 % et 85 % ! Ainsi les pékins subventionnent-ils les agriculteurs, ces derniers pompant 70 % de l’eau et ne payant que 1% ! C’est pareil pour les carburants car les agriculteurs et les routiers sont largement exonérés de la TIPP. Et vive l’écologie.
Maintenant, regardez votre facture d’eau. Voici ma dernière : en gros 100 euros (28 mètres cube) répartis comme suit : le concessionnaire (le SEDIF présidé par l’inénarrable Santini, 77 ans aux prunes), 25 %, les organes publics, 25 %, les diverses taxes sur l’eau 50 %. C’est pourquoi il faut compenser un peu afin que les plus pauvres aient quand même de l’eau. Rappelons que les taxes sur l’électricité à Paris font plus de 35 % du prix et cela sans compter une « redevance de concession » de 60 millions d’euros qu’EDF verse à la ville pour avoir le droit d’y distribuer l’électricité !
Nombre de services publics payant ont été délégués au privé via le système antique des concessions ; c’est le cas de la plupart des dessertes d’eau déléguées et trustées par l’oligopole Véolia, Suez et la SAUR (desservant 61 % de la population) ; restent les très nombreuses régies directes mais la plupart sont minuscules.. Le contrat de concession est par construction léonin ; en effet il prévoit que les installations construites par le concessionnaire reviendront sans bourse délier au concédant à l’issue de la concession. Le concédant est alors libre de monter une régie ou d’offrir une nouvelle concession à un concurrent (ou non) moyennant un droit d’entrée et/ou une redevance de concession. Il est évident que c’est le consommateur qui paye toutes ces largesses via les tarifs comme on le voit aujourd’hui dans les concessions de parking ou d’aéroports et même de stationnement sur la voie publique (voirie). Ce type de contrat a évidemment la faveur du privé car il est juteux et car, en fait, c’est le concédant qui prend les risques d’une sous-utilisation des infrastructures que, d’ailleurs, il est souvent le seul à payer, le concessionnaire n’assurant que le transport de l’eau. Les compagnies des eaux ont été le fer de lance de la corruption des concédants, en général des collectivités locales sans expertise ou cédant la concession contre des commissions occultes. Il y a une exception à la corruption : EDF car la loi de nationalisation de 1946 ne donnait aux collectivités locales qu’un concessionnaire possible sauf à demeurer en régie. (Bordeaux, Strasbourg). C’est pourquoi l’UE s’est évertuée à obliger EDF à la concurrence, par exemple dans le renouvellement des concessions étatiques des grands barrages hydrauliques ; en clair, le privé, y compris étranger, pourra récupérer les barrages, payés par les usagers d’EDF et amortis, pour lui faire concurrence. Ce qui prive EDF d’une ressource peu coûteuse permettant de faire baisser le prix moyen de l’électricité ! En position de force vis-à-vis des petites collectivités locales, les compagnies des eaux en ont profité pour établir leurs prix à l’instar des autoroutes privatisées par Villepin contre uns soulte de 15 milliards largement sous-évaluée. Et, grâce à des autorités libérales les contrats de concession s’étendent à tout; par exemple les plages de Deauville, ce qui va faire raquer à mort les plagistes et hôtels-restaurants de bord de mer.
On sait que le discours libéral, celui qui prétend que la gestion publique est plus chère que la privée, est faux; exemple:les mutuelles-santé ont 28 % de frais de gestion quand la Sécu n’a que moins de 4 ; la santé aux USA, c’est 18 % du PIB, en France 12! Ce devrait être une évidence car dans le privé il y a en plus le profit. Mais il y a aussi l’explosion des frais de PUB, de Com.pour étendre sa part de marché en concurrence. Il y a aussi les intérêts des emprunts finançant des fusions-acquisitions et les frais liés aux restructurations…
Les libéraux oublient toujours que, in fine, ce sont les consommateurs qui payent tout: pub, taxes, cotisations, redevances. L’antique Fabius du sang contaminé avait fait payer des sommes monstrueuses pour l’achat par les opérateurs Télé ou de Télécom des fréquences d’émission. Il est à rappeler que ces fréquences ne sont pas une création de l’Etat mais que leur affectation est un pur arbitraire régalien ou monétisable pour boucler le budget. C’est comme si le gouvernement créait une taxe pour l’usage de la langue ou de l’alphabet! Qui a payé en réalité les droits d’utilisation des fréquences? Les consommateurs doublement rackettés par les prix et les autres taxes en tout genre. L’exercice a une limite car le pouvoir ne peut racketter que les activités en France et pas les importations étrangères qui ne sont pas, elles, surchargées de taxes. D’où les efforts gouvernementaux depuis 30 ans pour baisser les charges des entreprises tout en faisant l’incroyable connerie d’exonérer tout le monde, même ceux qui ne sont pas en concurrence! Quand le pouvoir crée une charge, il devrait veiller à ce qu’elle ne soit pas répercutée sur les consommateurs. J’ai ainsi proposé que les frais de Pub et de Com soient exclus des coûts d’exploitation (déductibles avant IS) pour n’être pris que sur les bénéfices après impôt. C’est prêcher dans le dessert libéral soutenu par le pouvoir. Et qui paie les conséquences des catastrophes sanitaires, médicamenteuses ou chimiques?
Les prédations étatiques se trouvent aussi dans les mensonges ou les présentations spécieuses des problèmes par le pouvoir. Exemple, le fameux trou de la branche maladie de la Sécu dont on nous rebat les oreilles (et pas rabat en style de journaleux modernes) depuis 30 ans. Pour le diminuer, on taxe les usagers (augmentation du reste à charge, déremboursement de médocs, taxe sur eux et autres opérations de soin, frais d’hébergement dans les hostos…), on les culpabilise (alcool, tabac, mode de vie) et on excipe du vieillissement et des plus coûteuses nouvelles technologies). Ce qui est systématiquement caché, ce sont les conséquences des produits chimiques, de la pollution, des perturbateurs endocriniens, de la course à la productivité dans les boîtes (stress, burn out, troubles musculo-squelettiques…). En gros, plus la « chimisation » du pays augmente, moins les firmes en payent les effets nocifs.
Mais il n’y a pas que les vols étatiques; nous avons aussi les prédations bancaires (intérêts, agios, commissions, pénalités), les marges excessives des industriels, les rackets des grande surfaces, l’explosion des dividendes financés par le travail et la consommation, les fraudes aux cotisations sociales, l’évasion fiscale, la corruption, les magouilles en tout genre, les normes abusives et favorisant le kapital, les contrôles « techniques créant un marché obligatoire… Tout cela, c’est la logique du SLC soutenu par le pouvoir soi-disant démocratique. .

Le cinoche Maqueron

Classé dans : politique — 3 juillet, 2018 @ 9:41

Son altesse impériale (SAI) Maqueron 1er continue de balancer de la poudre aux yeux, de faire prendre sa vessie natatoire en eaux troubles pour une lanterne, les mesures Canada Dry ou à la Potemkine pour du solide. C’est de la Maggie, de l’illusionnisme, du Barnum. Mais pour y voir plus clair, il suffit d’ôter les peaux de saucisson de nos yeux enamourés.
SAI se raccroche aux arbres pour faire accroire que l’accord européen sur l’immigration vaut plus que son encre. Ce n’est qu’une ancre pour amarrer le bateau ivre qu’est devenue l’UE à un semblant de rocher solide. Cet accord ne contient que des principes vasouillards et des promesses. Car il repose sur le volontariat des Etats ! C’est du Trump l’oeil.
SAI va faire inscrire dans la Constitution le respect de l’environnement et de la biodiversité. Ce n’est pas robuste car ce texte n’énonce que des principes qui pourraient être « régulateurs » au sens de Kant s’ils étaient respectés et transformés en actes et décisions conformes. L’histoire montre qu’il n’en est rien, par exemple sur le retour à la nation des grands moyens de production ou le respect des droits de l’homme ou l’indépendance de la Justice pour lesquels la Cour européenne éponyme nous condamne régulièrement. Sans sombrer dans le juridisme peut-on demander qu’il soit établie une distinction entre un droit de (formel, hypothétique comme le droit de travailler dans l’UE et en France ; qui dirait le contraire ?) et un droit à (réel comme celui d’avoir un logement comme le stipule la loi DALO, laquelle, du reste, n’est guère appliquée, ou un droit au travail comme on le demandait en 1848, ce qui veut dire que l’absence de travail doit être compensée par une allocation). C’est l’idée même du libéralisme, qui est le fond de la pensée de Maqueron : des droits généreux sur le papier mais inappliqués. Toujours des promesses…
SAI se montre très gay avec sa fête de la musique à l’Elysée ; il y a des votes à prendre et tant pis pour le Pape qui a reçu cependant le mari d’une divorcée et un peu pédophile sur les bords ; enfin pas tant que cela puisque le pouvoir a fait fixer la majorité sexuelle (celle où il peut y avoir consentement du mineur, autrement il y a viol) à 15 ans. Cela tombe bien car c’est l’âge auquel Maqueron a séduit sa Dulcinée du Trop Beau Zoo de Beauval. Maqueron, qui devait en finir avec « une présidence bavarde », telle celle de Zizi Rider, qui devait limiter sa communication et ses relations avec les médias s’est déjugé et tweete à mort à l’instar de Trump. On vient de voir la douairière Trognon au 90è anniversaire de Line Renaud et le Zident lui a envoyé un message de sympathie. Renaud le mérite bien, elle qui s’amourache de chaque nouveau président.
SAI n’a pas manqué, lors de la cérémonie de transfert des cendres de Simone et Antoine Veil au Panthéon, de nous adresser un petit message politique et une belle leçon de morale; cela faisait une belle trame de communication et on aurait tort de se gendarmer.
Bref, pendant le saccage de notre modèle social, la publicité continue, par exemple en faveur du 80 km.h sur les bi-routes campagnardes. Maqueron, loué ton nom ah que n’a-t’on!

La Confédération Française Des Traitres (CFDT)

Classé dans : politique — 3 juillet, 2018 @ 9:13

La CFDT est née en 1964 d’une scission au sein de la CFTC, le syndicat des calotins. Il s’agissait de rompre avec l’étiquette confessionnelle et de se lancer dans une gauche réformiste et autogestionnaire bien illustrée par Edmond Maire. Une fois terminés les enthousiasmes de mai 68, la confédération ne mit pas longtemps à verser dans la collaboration avec le pouvoir, sinon le patronat. Elle devint rapidement « une filière d’excellence » pour recaser avec grand profit personnel (de pouvoir et d’influence) ses dirigeants les plus méritants ; entendez ceux qui avaient facilité les « réformes » et avancées sociales concoctées par les différents pouvoirs pour adapter le pays à la politique néolibérale de l’UE et des « élites » francaouies. Je ne peux pas citer tout le monde mais « ça a eu payé » dans le cadre d’une cogestion informelle entre la centrale (devenue une maison d’arrêt pour ce qui est du social). Beaucoup ont essayé d’aider le pouvoir et ils n’ont pas eu de problèmes. Donnons quelques exemples de carrière illustrant le transformisme cédétiste.
Mme Nicole Notat n’a pas eu à se plaindre de son réformisme de fer et de sa mise au pas des fédérations récalcitrantes. Elle a pu créer sa propre boîte, VIGEO, en surfant sur les avancées des aspirations écologistes. Cette entreprise, destinée à verdir et à socialiser les entreprises au nom de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), a été portée sur les fonts baptismaux par de grosses boîtes qui avaient apprécié son travail de syndicaliste néolibérale. VIGEO a suivi le modèle des agences de notation US : être à la fois consultant pour les boîtes, intervenant-conseil et appréciateur-notateur de leurs performances ; elle y a ajouté la collecte d’aides substantielles, en plus des commandes d’audit, d’aides desdites boîtes. Félicitations pour l’annulation de tous les conflits d’intérêt… Vigéo a bien survécu aux alternances politicardes ; Mme Notat est toujours en état de grâce et on susurre que le pouvoir pourrait la proposer pour un bon poste à l’OIT.
Nombre de bifteckards ont profité de leur adhésion à la CFDT pour faire carrière. C’est le cas à EDF du couple Daurès ; M., simple ingénieur des Ponts et Chaussées, est devenu DRH (ex-DPRS, direction du personnel et des relations sociales d’EDF et de GDF) puis DG d’EDF (poste normalement réservé à un X-Ponts ou à un grand matheux comme Massé ou Boiteux). On eut un joli duo car l’un était DG et l’autre directrice du service de la formation professionnelle (SFP) ; je n’ai pas eu 20 ans dans les Aurès mais 10 ans sous les Daurès, ce qui n’est guère mieux. On y assista à de grandes avancées vers une gestion « moderne » des « ressources humaines ». Mais, en « même temps », il fallait amenuiser l’hostilité de la CFDT au nucléaire ; mission facilitée par Pierrot qui venait d’une centrale nucléaire. Pierrot voulait devenir président d’EDF : las, le pouvoir a nommé cette crêpe politicarde d’Alphandéry (suivi par d’autres politicards qui ont sabordé la boîte : Ménage, très aux écoutes pour Tonton, le flic Roussely, dit Brousse-Lie). Alors, Pierrot la lavande est allé pantoufler chez Bouygues auquel EDF avait donné tant de contrats de bétonnage dans les centrales nucléaires…
Le pouvoir sait recaser ses amis ; quelques exemples : Jacques Chérèque comme préfet chargé d’organiser la fermeture des mines et de gérer le chômedu dans le Nord et feu son fils François devenu Inspecteur Général des Affaires sociales après son mandat…
Mais mon champion est le sieur (il devint une huile) Bruno Léchevin, le bien-nommé, qui fut secrétaire général du syndicat EDF/GDF de l’énergie (gaz et élec) et lèche-cul patenté des directions néolibérales de ces établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC). B(enito) a commencé à la base comme ouvrier (menuisier, je crois me rappeler, à l’école de Gurcy-Le-Châtel) et a eu une résistible ascension car il était bien ouï de ses ouailles et des directions. Devenu SG du syndicat il a bien travaillé pour normaliser nos 2 EPIC dans le sens de la « concurrence libre et non faussée ». Après services rendus, il a été nommé secrétaire général de la Commission de Régulation de l’Electricité (CRE, devenu Energie ensuite). Entre temps, la direction lui avait offert une formation de sociologue d’entreprise à Sciences.Po ; ces quelques semaines ont été payantes car notre bonhomme a ensuite excipé d’être diplômé de Sciences.Po. Puis le bonhomme est allé à l’ADEME, dont il finit président à 400 000 euros par an. Cela paye bien de trahir. Le sieur avait organisé la fusion entre les syndicats de l’énergie (secteur public) et la Chimie (privé) afin de préparer le syndicalisme EDF à la gestion capitaliste. Il avait mis sur pied une AG de syndicalistes EDF/GDF pour l’approuver. J’étais contre, avec mon syndicat des Services centraux et nous montâmes un dossier à distribuer à l’entrée de la salle des débats ; des nervis de Lèche-truc nous chassèrent mais, comme on était aussi congressistes, on a pu mettre le dossier sur les tables d’un magnifique petit déjeuner offert aux congressistes. On a été évidemment battus. Le sieur récidiva lors du congrès de fusion dont il annonça le résultat au Monde avant la fin dudit congrès ; je protestai alors auprès du baveux qui, naturellement, ne fit rien et ne me répondit même pas… C’est beau d’avoir de bons amis dans les médias.
Si la CFDT est un des syndicats les plus consensuels avec les puissants, elle n’est pas la seule à être institutionnalisée, c’est-à-dire de vivre aux crochets de ses mandants. Les moyens utilisés par le pouvoir pour « fluidifier les relations sociales » sont nombreux : sièges au conseil économique et social, nominations dans les « agences » ou « autorités indépendantes » d’Etat ou les inspections (jusqu’au Conseil d’Etat par « le tour extérieur), subventions, commandes de pub à leurs médias, places dans les « organes » paritaires, médailles, raouts officiels… Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge… Par exemple, l’excellent M. Le Duigou de la CGT a été nommé à une sinécure bien rémunérée au ministère des finances…

Immigration, SLC et hypocrisie politicienne

Classé dans : politique — 28 juin, 2018 @ 10:42

Les politicards européens se déchirent à propos de l’afflux des immigrants en Europe et n’arriveront pas à se mettre d’accord pour réviser les accords de Schengen et le « dublinage » des immigrés. C’est que tout ce beau monde défend à mort le SLC, lequel empêche toute solution sensée, par ailleurs les situations des différents pays sont peu comparables car les uns sont ciblés de plein fouet à cause de leur proximité et avec les lieux de départ et de cheminement et par suite de l’émergence de pouvoirs nationalistes et xénophobes.
Le SLC, dans lequel communie tous les dirigeants européens, est à l’origine des causes d’émigration: sa logique fait détruire la nature, le climat, l’environnement depuis deux siècles; son libre-échangisme sans freins favorise les multinationales, les industries agro-alimentaires, l’appropriation de terres, l’expulsion des agriculteurs ou pêcheurs locaux, la substitutions de produits low cost, standards et largement frelatés, OGM, de très basse qualité aux productions vivrières locales. Par ailleurs, la finance internationale a mis les PVD et les PMA sous la coupe d’une dette inique justifiant la mise en place des solutions du « consensus de Washington (plus de droits de douane, privatisations, plus de tarifs administrés, privé plutôt que services publics…). Enfin, les ex-puissances coloniales ont mis à leur tête des compradores plus ou moins dictatoriaux qui zigouillent leurs opposants ou favorisent leurs exploiteurs à l’instar de Bolloré et consorts. La dette vient largement des combines US qui ont fait flotter le dollar dès 1973 et augmenter les taux d’intérêts alors que les emprunts étaient à taux variable. Par ailleurs, les Occidentaux ont encouragé la spécialisation sans, évidemment, signaler que cela mettrait les pays en concurrence et ferait baisser les prix (coton, café, chocolat, bananes, ananas, etc.) ce qui rendait la dette due aux investissements conseillés (et pour cause, cela faisait des marchés pour les banques et tous les Bouygues du Monde avec des ports, des routes, des voies ferrées à financer pour exporter) insoutenable.
Le SLC, plus les menées occidentales ou chinoises, a donc conduit à la perte des faibles économies locales et à la crise climatique qui produisent des immigrés économiques à la pelle. Il devrait être clair que, à plus long terme, pour restreindre l’émigration à partir de pays ruinés par le SLC la seule solution est une politique contraire: aide au développement local, fin des exportations low cost chez les PVD et PMA (notamment via les subventions à l’agriculture européenne intensive et productiviste), l’interdiction de la pêche industrielle dans leurs eaux territoriales (qui a ruiné la Somalie, ce qui nous a donné les pirates), la mise place de droits de douane (pour les financer et abaisser leurs importations), l’interdiction des appropriations de terres, un juste prix pour l’exploitation des ressources naturelles (métaux rares, combustibles fossiles …), l’annulation des dettes illégitimes, etc. A quoi s’ajoutent des conflits plus ou moins religieux menés par des pays que soutient la France (Exemple: Arabbie saoudite qui achète ses belles armes contre les Houtistes au Yemen). Qu’en pense M. Maqueron? Il devient alors plus que nécessaire de diviser tout de suite au moins par 2 les dépenses militaires mondiales pour financer le développement. c’est le moment qu’a choisi Maqueron pour porter le budget de l’armée francaouie à 52 milliards! Notre armée est à supprimer et à reconvertir dans l’aide au développement en adoptant un statut de neutralité comme la Suisse et en donnant notre droit de veto à l’ONU aux 10 membres non permanents du conseil de sécurité.
Pour assurer leur accès aux ressources naturelles (combustibles fossiles, minéraux, terres, pêche) les puissances pro SLC ont tout à la fois construit des monopoles et des participations léonines et suscité ou mené des guerres locales avec des gouvernements de paille ou contre ceux qui leur résistaient. Cela produit un flux massif de réfugiés dits politiques susceptibles du droit d’asile.
On ne saurait toucher au droit d’asile pour les personnes mises en grand danger par les guerres et les dictatures religieuses ou non. Mais il serait judicieux que la France fasse passer en premier les victimes de ses menées guerrières et de ses soutiens à des régimes non démocratiques.
La distinction de nos démocrassouilles libérales entre réfugiés économiques et politiques n’est pas claire du tout car les victimes économiques qui émigrent proviennent des résultats du SLC promu par notre pays auprès des régimes les plus controversés. Il faut aussi, à court terme tant que la politique d développement anti SLC ne fonctionne pas, maintenir des principes républicains. Par exemple, la démocratie ne peut marcher que sur une base de pluralisme et de diversité qui interdit normalement les grandes densités de population homogène; on doit aussi empêcher que notre laïcité, en tant que neutralité du politique vis-à-vis des religions et conceptions du monde et, vice versa, ce qui est généralement oublié, ne soit mise en danger par des vues qui refusent la séparation du politique et du religieux. Et on ne saurait accepter que se renforcent des conceptions qui s’opposent à l’égalité femmes/hommes et à la liberté des orientations sexuelles, à la liberté de conscience, à l’apostasie… Sur la densité, observons que nos politicards depuis 40 ans nous parlent que de flux d’arrivée; or, par exemple, 200 000 venues par an pendant 20 ans nous font un stock de 4 millions auquel il faut ajouter les naissances et le regroupement familial. Il devient clair ainsi que notre stock actuel de personnes d’origine Arabe et/ou musulmane nuit déjà gravement au pluralisme, surtout dans les lieux de grande concentration créés par la logique de marché SLC (logement, transport, frais d’éducation qui font concentrer les plus pauvres et les nouveaux arrivants dans les endroits les moins chers et où il y a déjà des personnes pouvant les aider culturellement). On doit donc favoriser d’autres origines: asiatiques, latines, noires, et d’autres cultures d’appartenance: athées, bouddhistes, shintoïstes, confucianistes, etc. Pour respecter l’égalité femmes/hommes, il faudrait établir une règle de parité quant au nombre d’immigrés à installer dans le pays. La naturalisation des arrivants devrait être subordonnée à une longue période de probation sans problèmes de façon à pouvoir renvoyer toute personne s’en étant prise aux minorités sexuelles et aux femmes, de même qu’à la laïcité. Itou pour les permis de séjour devenant révocable au premier délit. Les religieux étrangers n’auront droit qu’à des visas de courte durée afin d’&éviter l’installation d’entrepreneurs de religion hostiles à notre système sociopolitique.
A très très long terme, il faut espérer la fin des Etats-Nations car la terre appartient à tout le monde. Et cela au profit d’un gouvernement mondial; en effet si on laisse le SLC continuer on aura un internationalisme du kapital sans frontières et sans régulation. Pour l’instant, hélas, l’Etat peut encore être notre seule protection contre le SLC et une UE purement commerciale et financière. Entre les 2 (Etats ou gouvernement mondial), on peut envisager un fédéralisme intégral et multi-territorial par grandes zones géographiques, ce que pourrait être une Europe démocratique, pluraliste et fédérative au lieu de l’actuelle cohue de nations tirant à hue et à dia.

Démocrature ottomane et démocrassouille francouie

Classé dans : politique — 25 juin, 2018 @ 10:34

Les journaleux français ont accoutumé de dauber sur le régime du sultan Erdogan depuis ses dernières réformes constitutionnelles qui serait une sorte de dictature instrumentalisant la religion musulmane. Pourtant, il n’est pas sûr que le système politique de notre pays lui soit supérieur ou en soit très différent. Voyons pourquoi et comment.
Erdogan peut légiférer de son propre chef et tout seul par décret ou ordonnance. Il est à la fois président et premier ministre de son pays. Il peut nommer tout seul les hauts magistrats. Il a une majorité toute acquise à ses vues à la chambre de représentation du peuple. En économie, il est libéral de chez libéral.
Donc, une même majorité législative de « godillots » à la différence que celle des Turcs a été élue (sous réserve d’une triche démontrée) par 52 % des votants avec 20 % d’abstention, donc avec 41 % des inscrits alors que la majorité absolue LREM ne l’a été qu’avec 15 %.
En France, la séparation présidence/Ier ministre n’est qu’une fiction car, en fait, c’est le seul président qui dispose de toutes les manettes et que le Ier ministre n’est que son « collaborateur », son directeur exécutif comme dans une firme capitaliste dirigée par un PDG. Certes, les ordonnances maqueroniennes sont à valider par le parlement mais ce n’est qu’une formalité dans un régime majoritaire installé par la Ve ripoublique. Et le Ier ministre, aux ordres du président peut pondre des décrets attaquables devant le Conseil d’Etat qui n’est qu’un organe où le pouvoir se fait juger par des gens qu’il y a nommés.
La « sublime porte » ottomane nomme les hauts magistrats ; la « superbe vaisselle » de l’Elysée dispose d’une « autorité judiciaire » qui n’est pas un troisième pouvoir indépendant, ce que stigmatise depuis longtemps l’UE. Et Maqueron n’entend pas y renoncer…
Le « grand turc » a asservi brutalement la presse ; le Zident profite d’un système plus doux et subtil ; il suffit de copiner avec leurs patrons, par exemple avec Paris Match qui très régulièrement entonne des péans à la gloire du couple résidentiel à l’Elysée ou de la douairière Trognon si catholique bien que divorcée et si réactionnaire après sa carrière dans des écoles privées jésuites. La France est dans l’OTAN, la Turquie aussi, sa démocratie est bancale, la Turquie aussi, La France fait la guerre, la Turquie aussi.
Erdogan est partisan de l’islamisme laïc, Maqueron prône la laïcité « apaisée » et « positive », ce qui n’est qu’un camouflage d’un rabibochage avec les religieux et d’un communautarisme sous-jacent. Les deux gugusses instrumentalisent donc la religion comme La Paille Au Nez Buonaparte ou Thiers. Il faut que les petites gens croient en l’au-delà pour que le « désordre établi » soit tranquille. Grâce à cela, les bonnes affaires du SLC commun aux malhommes peuvent perdurer malgré son cortège d’inégalités et de pauvreté. Ce n’est pas grave puisque les religieux font montre de charité et que les croyants font l’aumône.
On voit ainsi que la France et son Zident ne sont guère habilités à donner des leçons de morale au régime turc, pas plus qu’à l’Italie. Je vous laisse juge de déterminer quel est le système le moins hypocrite et le moins totalisant pour ne pas dire totalitaire…

Islamisme et système libéralo-capitaliste (SLC)

Classé dans : politique — 24 juin, 2018 @ 11:21

Il y a belle lurette que les idéologues libéraux ont accoutumé d’assimiler le communisme, le marxisme, le socialisme à une religion profane. Ces trucs ont un peuple élu, le prolétariat, une bible, le Kapital, un prophète, Marx, une flèche du temps, le progrès, une promesse, le bonheur dans ce bas monde, un rituel, la grève, la manif, la pétition… Les mêmes idéologues avaient stigmatisé les millions de morts du communisme sans jamais faire le même calcul pour le capitalisme (esclavage, colonisation, guerres, pollutions, catastrophes chimiques, barbouzeries et coups d’Etat, famines…).
Maintenant, je vais énoncer que le SLC fonctionne exactement comme l’islamisme (à distinguer de l’Islam en tant que religion fondée sur le Coran). Après une période de magnificence (7è/14è siècles), cette religion s’est ossifiée, formalisée, codifiée, ritualisée sous la double emprise des « entrepreneurs de religion » (Ulemas, Ayatollahs) et des despotes détenant le pouvoir politique. Cette stérilisation, cette normalisation de tous les aspects de la vie sociale (politique, moral, culturel, religieux, hygiénique, alimentaire, vestimentaire) s’est définitivement encroutée sous le califat ottoman. L’islamisme, en lieu et place de l’Islam, est devenu depuis des siècles un système totalisant et souvent totalitaire. Il y eut des tentatives de réforme, de renaissance mais jusqu’à présent elles ont toutes été combattues victorieusement par les docteurs de la loi alliés à des pouvoirs politiques instrumentalisant la religion pour faire obéir les masses, en excipant du futur bonheur dans l’autre monde si on était un bon musulman observant les prescriptions et obéissant au pouvoir terrestre, Dieu ne s’occupant pas de politique. Ne rigolez pas trop en tant qu’Occidentaux car c’est le fondement du luthérianisme dévoyé en rituel. Les seules réformes réussies, si j’ose dire, ce sont les retours aux origines (salafisme et autres frère musulmans…). Défense de se moquer car c’est la même chose que pour les Amish dont on sait que pour les curetons évangéliques US les Amish de nos Amish sont nos amis. Las, ainsi menotté et « camisolé » le musulman de base n’a comme secours que sa foi, l’observance des rites et pratiques, la croyance en un monde meilleur ; ce qui ne procure que répétition mortifère sans innovation. Et, ainsi, le système (SLC ou islamiste) se met en pilotage automatique de retour aux vieilles solutions, ce qui le rend inadaptable aux évolutions, lesquelles sont, du reste, attaquées et repoussées par tous les bénéficiaires dudit système islamiste : émirs, politicards, religieux, exploiteurs. Eh bien le SLC, c’est itou.
Islamisme et SLC ont un Dieu unique, Allah ou Mammon, le fric, le flouze, l’oseille, le pognon, le grisbi, le kapital, l’artiche que les ratichons de toute obédience prennent avec leurs ratiches. Ce dieu est universel en tous temps et en tous lieux. Ces deux religions sont donc universalistes, atopiques et atemporelles.
Les deux ont un livre sacré, le Coran ou « la richesse des nations », dont le dogme est imprescriptible, soit comme vérité divine révélée, soit comme répondant à des lois naturelles ou scientifiques. Ces livres on été complétés par des dires, soit du prophète, soit de théories économiques d’obédience libéralo-capitaliste (marginalisme, monétarisme, TEG, public choice, capital humain, etc. Les deux systèmes ont leurs exégètes et défenseurs de la vraie foi; les ulémas, d’un côté, les économistes main stream, de l’autre. Ces officiels glosent à l’infini mais sur les mêmes bases, ce qui produit une idéologie figée, réductrice et surtout intériorisée par la plupart des habitants où elle sévit. les deux gloses sont binaires: vous êtes dedans ou dehors, vous croyez ou vous êtes impie. Il y a ce qui est halal et et ce qui est haram. Le marché est halal, le public ou le collectif est haram. Les écritures promettent le bonheur, dans le ciel (où on pourra faire tout ce qui est interdit sur terre) ou sur terre via le bien-être, amené par le progrès, promu par l’économie éponyme. Mais dans les deux cas, c’est toujours demain comme chez le coiffeur qui rase gratis.
Islamisme et SLC fonctionnent par formatage des esprits, conformation aux prescriptions des saintes écritures, excommunication des déviants, punition des réformistes. Ce qui produit naturellement les bonnes pratiques attendues par les ulémas et finit par fossiliser le système dans une doxa unidimensionnelle incapable de faciliter les adaptations aux changements: il faut toujours en revenir à la pureté dogmatique des origines ou des règles de vie (« salaf » ou « consensus de Washington »).
Les deux systèmes sont institutionnalisés; ils ont des organisations, des règles, des normes, des acteurs officiels. Les acteurs du SLC sont, sans exhaustivité, les « organes » internationaux (FMI, BM, BRI, OCDE, l’OMC, les  » G », les sections spécialisées de l’ONU comme la FAO, l’UNESCO, l’OIT, etc.; les Universités d’économie et les grandes écoles comme l’ENA, les think tanks, les firmes de conseil, conseil, audit, les fondations, les agences de notation, les normalisateurs (surtout en comptabilité, statistiques, critères de gestion; la finance (banques et assurances, fonds de gestion et d’investissement y compris de pension) et les paradis fiscaux: les politicards libéraux qui font de l’Etat et de la démocrassouille représentative les « fondés de pouvoir » du Kapital); les médias et les journaleux aux mains des puissants; les multinationales et pas mal d’ONG financées en fait par le kapital; les publicitaires et autres communicants.
Les deux religions sont hyper individualistes; les uns sont concentrés sur leur foi (genre « bildung » luthérienne) et l’observation des rituels et prescriptions dans un formalisme strict, les autres répondent par la compétition, la réussite exigée comme norme, le mérite montré par le patrimoine et le revenu, la démonstration de leur responsabilité personnelle… On ne s’occupe donc pas de politique, ni de solidarité; on reste soumis aux pouvoirs institués comme le préconisait Luther. Les deux religions propagent et imposent une morale (une « moraline » plutôt) qui, dans le SLC, est valeur efficacité, consommation, hédonisme matérialiste, auto-gouvernance, libertarisme, esprit de compétition sans merci. Soulignons que le libéralisme prétend être neutre par rapport à toute morale, ce qui est absolument faux puisqu’il en contient une.
Les deux systèmes sont totalisants car ils régentent l’ensemble des dimensions de la vie: politique, morale, économie, culture, alimentation, hygiène, rapports à autrui ou à soi-même. Ce qui finit par déboucher sur un totalitarisme de fait où la liberté est restreinte aux choix des queues de cerise. Ils interdisent tout pluralisme et tiennent la démocratie (la vraie, pas la démocratie Canady dry qu’est la représentative) en suspicion. la seule différence dans ces systèmes est que l’islamisme part de la religion pour étendre son hégémonie à tout alors que le SLC part de l’économie pour phagocyter tout le reste. Autre petite différence: l’islamisme a 1300 ans (quand les ulémas ont codifié le Coran, les Hadith) alors que le SLC généralisé n’en a que 50. L’islamisme, en fait, ne dérange pas le Kapital car grâce à lui les budgets d’armement et de guerre sont florissants. De plus, comme toutes les religions, il n’a rien dit sur l’économie, pas même en termes de social, de justice et de solidarité. Et, in fine, ils se ressemblent trop pour se combattre vraiment.

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