les armes de la critique

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Les prolos valent-ils qu’on lutte pour eux ?

Classé dans : politique — 6 août, 2012 @ 11:12

Voilà 40 ans que je me bats pour améliorer le sort des prolos et éliminer le système libéralo-capitaliste. Sorti d’HEC, j’aurais pu faire une très belle carrière. Rassurez-vous, j’ai quand même fini comme cadre supérieur « richesses humaines »), poussé dehors (à à peine 56 ans) pour cause de non-conformité idéologique, engagement syndical et non-allégeance à la personne des petits chefs qui prétendaient me commander des actes opposés à l’intérêt général de l’entreprise (publique, EDF/GDF) et de ses usagers. Remarquez que j’ai été puissamment incité à partir (en janvier 2000) mais que je n’ai pas été viré comme cela se ferait aujourd’hui. Je jouis donc d’une paisible retraite et puis me consacrer à toujours écrire des articles et des bouquins pour encourager les prolos à se séparer du capitalisme, du syndicalisme de cogestion, des productions de merde. Parlons-en.
Je vois les prolos se révolter contre la perte de leur emploi. Or que font-ils ? Des poulets de merde chez Doux (qui plus est vendus à très bas prix en Afrique, ce qui a tué la bonne production locale et dans des conditions effroyables pour nos frères animaux), de la flicaille privée chez Néo Security, des bagnoles polluantes et énergivores chez PSA, de l’agro-alimentaire frelaté et nuisible à la santé (sucres, graisses, additifs) et de l’agriculture productiviste avec des fruits sans goût, de la vente de gadgets et de pacotille dans les supermarchés, etc. Ils achètent low cost des produits, issus de « sweat shops » en Chine ou ailleurs, dans lesdits supermarchés, des voitures étrangères moins chères que les francaouis, le tout sans se rendre compte qu’ils détruisent leurs propres emplois. Je ne sais plus quand, il y eu une grande manif automobile, sous forme de grève-bouchon (pas dans leur usine) sur les avenues de Paris : la ½ des véhicules venaient de l’étranger alors que le thème de l’action était « fabriquons Français ». Ils désertent les syndicats (8 % de syndiqués en tout grâce au secteur public avec seulement 5 % dans le privé) au lieu de les forcer à lutter vraiment au lieu de rendre des services. Ils votent pour le Pen ou Tsarko ou s’abstiennent. Bref, ils n’ont plus du tout de conscience de classe, alors qu’il est clair que la classe salariale, malgré ses divisions et son hétérogénéité, n’a qu’un seul opposant, à savoir la classe financiaro-capitaliste. Ils préfèrent se battre pour acquérir leur pavillon et, si possible, une BMW à crédit. Ils veulent jouir individuellement dans l’hédonisme, le matérialisme et le narcissisme qui caractérisent l’époque. Certains, de plus en plus nombreux, se réfugient dans des sectes ou renouent avec la religion malgré son obscurantisme et son mensonge, à savoir qu’un monde ultra-mondain meilleur leur est promis après leur vie de misère ici bas. Ils se replient sur eux, se désintéressent du collectif, du bien public, de l’intérêt général. Chacun pour soi et Dieu pour tous dans le meilleur des mondes libéraux possible. Les psychologies de bazar (sophrologie, « zénitude », « souci de soi », « entrepreneur de soi », etc.) ont du succès en renfort du Prozac. Le prolo achète de la presse people pour se tenir au courant des potins et voir ce qui est à la mode. Car il est fasciné par la richesse, la beauté, la bêtise même si cela lui est impossible d’accès. La prolo rêve et s’en contente car il a admis que la société est juste.
Pourtant, la révolte n’est pas si malaisée si les syndicats et les politicards de vraie gauche l’organisaient. Déjà, ils pourraient créer la « Banque du peuple » dont j’ai beaucoup parlé dans des articles précédents. Ils pourraient mettre leur fric disponible, hors prélèvements automatiques dans une lessiveuse au lieu de le laisser en dépôt gratuit chez une banque privée. Ils pourraient faire grève de la consommation hors produits de nécessité. Ils pourraient se tourner les pouces sur leurs lieux de travail en faisant « une grève générale » comme en 1936 ou en 1968. Que feraient la finance sans pognon, le capital sans travail, les vendeurs sans clients, le gouvernement sans TVA et impôts ? Les prolos pourraient se regrouper en communautés agricoles et artisanales dans des fermes abandonnées sur nos territoires désertés. Ils pourraient organiser leurs immeubles avec des services collectifs (transport, cuisine, buanderie, bibliothèque, journal d’immeuble, crèche, formation mutuelle notamment pour assurer des activités utiles à la communauté, infirmerie, mise en commun des médocs inemployés, classe de niveau primaire assurée par des parents, bricolage et entretien, jardinage commun en « jardins ouvriers », mutuelle financière sous forme de « SEL », aide aux malades et handicapés ou personnes âgées, etc.) au lieu de s’adresser au marché ou à l’administration. Ils peuvent monter des coopératives ou des ANAP. Le marché vous vole, l’administration vous assiste et vous rend dépendant. Certains font déjà tout cela mais cela demeure bien trop minoritaire car l’individualisme régnant s’y oppose de même que la soif de consommation ostentatoire pour se distinguer. Or les prolos, comme on vient de le voir, ont le pouvoir de s’auto-organiser, de vivre pour eux avec des moyens simples et communs, de se séparer des exploiteurs en tout genre, comme les financiers, les capitalistes, les politicards, les journaleux, les commerçants, etc. Le problème est qu’une vie solidaire, « normale », paisible, ce n’est pas très « sexy ».
Mais le prolo a de solides excuses. Il y a la « trahison des clercs » de gauche qui n’ont pas repensé l’idéologie socialiste en fonction des nouvelles circonstances, notamment mondiales. Au contraire, ils se sont ralliés au néo-libéralisme, par exemple en adoptant le thème de l’équité (à chacun suivant son mérite) et en voulant ne s’occuper que des « exclus » en lieu et place de la recherche de l’égalité et pour tous. Pendant ce temps-là et depuis 1938 (colloque Lippman à Paris, puis la société du Mont Pèlerin, Davos, la tricontinentale, etc.), les libéraux (notamment des économistes comme Hayek) on reformulé le libéralisme. Parallèlement, les politicards professionnalisés et médiatisés, y compris socialos comme Blair se sont convertis à la nouvelle école ne serait-ce que parce qu’elle était subventionnée par le patronat, lequel finançait leurs campagnes électorales. La division du travail à l’échelle mondiale a fait éclater la classe salariale et entretenu les rivalités internes de même que l’hétérogénéité des intérêts. Les syndicats se sont généralement repliés sur le syndicalisme de service (Europe du Nord) pour conserver des adhérents ou se sont enfoncés dans une concurrence stérile (France). Globalement, ils sont devenus des bureaucraties davantage orientés vers leur propre conservation et les luttes internes de pouvoir que par un projet de changement. Roberto Michels l’avait prévu dès 1912 avec sa « loi d’airain de l’oligarchie ». Avec les moyens modernes, militaires et de police, il est devenu impossible de se révolter. On ne peut plus couper les tendons d’un cheval ou le faire déraper sur des billes d’acier. On voit là le véritable rôle de l’armée de métier et non plus de conscription. Elle en lève plus le pied comme en 1907 lors de la révolte des viticulteurs du Languedoc.
La fausse démocratie représentative a permis aux politicards de faire passer toutes les lois (notamment répressives) assurant le pouvoir sans partage du capital suivant les préceptes de l’ordo-libéralisme tudesque ou du libéralisme anglo-saxon (aucune intervention de l’Etat nulle part à commencer dans les affaires sociales et du travail). L’application des lois du marché à l’immobilier a chassé les prolos des villes au profit des « bobos » rose pâle. Lesdits prolos, victimes d’un travail de plus en plus stressant et prenant, du temps nécessaire pour se rendre au turbin, de l’exiguïté des logements, de la promiscuité bruyante interdisant le repos n’ont plus les moyens ni le temps de réfléchir, de s’associer, de s’engager. La droite et l’extrême droite tirent profit des tensions ethniques ou culturelles dans leurs cité ou au boulot pour mettre de l’huile sur le feu et attiser les divisions : vive le communautarisme de fait (dans le discours on est contre) car le mieux a toujours été de diviser pour régner. Le libéralisme a promu l’individualisme le plus forcené au nom des droits et libertés individuels. L’école a abandonné sa mission de développement de l’autonomie et de formation de l’esprit critique au profit d’un dressage utilitaire. Dès lors, chaque Narcisse en puissance ne se consacre qu’à ce qui lui plait personnellement : la défense de la nature, la lutte contre l’exclusion, la défense des immigrés, la protection des bébés phoques, la promotion des droits des minorités en tout genre, l’éradication du nucléaire, la lutte contre le tabac ou la pédophilie, « le souci de soi », l’insertion des handicapés dans la cité et le travail, la reconnaissance des « travailleurs du sexe », etc. Du coup, les luttes sociales sont éclatées en une myriade d’organes qui jouent en solo sans bien voir qu’elles ont le même ennemi, à savoir le capital et son idéologie libérale. Au passage, le combat contre le capitalisme a été abandonné de même que les ouvriers. Dieu merci, la concaténation des mouvements de défense est entrain de se faire, par exemple sous forme d’alter-mondialisme.
Et, diabolique surprise, le capital a mené à la plus grande crise économique et financière jamais rencontrée (ça a l’air de tenir mais en fait la crise s’aggrave rapidement malgré les discours rassurants). Les prolos sont au pied du mur comme en Grèce, en Espagne, en Italie et ailleurs. C’est l’occasion de répudier les politicards, de retrouver la démocratie, de jeter les bureaucrates syndicaux, de casser la finance ; bref de changer la société, non par décret, mais par l’engagement et l’action. Voir plus haut des éléments des pratiques possibles. Il est cependant nécessaire que la pensée sociale soit dotée d’une analyse correcte de la situation et élabore de façon décentralisée et participative un projet social moderne et tenant compte de la mondialisation. Car un tel projet commun est nécessaire pour fédérer les acteurs et les luttes. J’en ai proposé des linéaments.

Pour une réforme totale de la formation scolaire

Classé dans : politique — 4 août, 2012 @ 10:49

Les structures et institutions de formation sont devenues un des hauts lieux des situations injustes d’éducation et de torpillage de l’égalité des chances. Une des raisons en est l’application de règles standards d’égalité de traitement à des élèves en situations très différentes. Des indications statistiques ont déjà été données sur ce problème devenu récurrent. On a vu aussi que le pouvoir actuel n’a de cesse d’aggraver les choses. Ici, je vais donner une autre conception des finalités éducatives ou formatrices que celle développée par le néolibéralisme ; cela sera augmenté de considérations sur des structures susceptibles de rétablir la justice en ce domaine.
Le premier pas à effectuer est de rétablir les finalités de l’éducation et de l’instruction. La finalité essentielle est de procurer à chaque enfant les moyens de parvenir au développement maximal de son potentiel et de ses aptitudes. La 2ème est de former des personnes autonomes, ayant une culture générale suffisante pour s’orienter dans la vie, disposant d’armes intellectuelles pour être créatives et montrer de l’esprit critique constructif, possédant un bagage en faisant des citoyens éclairés pour participer à la vie démocratique. Cette fin, qui contient donc des valeurs institutionnelles et constituantes (capacité, créativité, autonomie, vertu démocratique, etc.), était voulue par tous ceux qui, nous précédant, ont voulu enlever l’éducation aux confessions religieuses en créant l’école publique laïque, par ceux qui voulaient retirer la formation professionnelle et l’apprentissage au patronat. L’anarchisme ou l’anarcho-syndicalisme retire en outre la formation à l’Etat au profit de structures indépendantes (bourses du travail, universités populaires à l’instar de celle de Caen créée par Michel Onfray). L’Etat, en fait les politicards élus et leurs sbires administratifs, peut en effet profiter de son monopole pour discipliner les esprits, pour inciter à la soumission à l’ordre, faire passer une idéologie, colonialiste par exemple. Cette 1ère finalité devrait avoir un poids constitutionnel dans la hiérarchie des normes juridiques. Elle requiert une formation de base commune, mixte, au moins jusqu’à la fin du « collège unique », qui, pour cette raison doit le rester car il procure un tronc commun de connaissances générales à tous les enfants jusqu’à 16 ans. Pour cette raison aussi, on doit revenir au principe que l’Etat ne subventionne, directement ou indirectement, aucune école privée.*La formation, comme autre finalité, propulse chacun au maximum de ses capacités ; donc elle doit mesurer ou évaluer les capacités, c’est-à-dire orienter au mieux les élèves et cela dans leur intérêt. L’école ne sélectionne qu’en second lieu ; elle pousse d’abord chacun au maximum de formation qu’il peut suivre. Déjà, il est nécessaire que l’évaluation ne soit pas « sommative », c’est-à-dire axée sur la sanction des résultats obtenus ; elle doit être « formative », c’est-à-dire aider à détecter les insuffisances, les progrès à faire, à encourager, à renforcer les acquis et compléter les manques. Mais il faut absolument que les fonctions secondaires d’évaluation et d’orientation soient exercées par des structures et des personnes rigoureusement indépendantes des entreprises, de l’Etat et des écoles. Elles doivent être socialisées ; les buts, critères, méthodes d’évaluation sont déterminées par une institution multipartite et fédérative (parents d’élèves, enseignants, sociologues, syndicats, administration, élèves majeurs, chambre des métiers, de commerce et d’agriculture) constituée par des délégués élus par les différentes parties prenantes de façon que les résultats individuels, notamment des évaluations, soient mis en débat et parfaitement justifiés. Ces fonctions n’ont pas de sens sans une variété de filières qui plus est étagées et, surtout offrant des passerelles variées de réorientation. En effet, les capacités d’un enfant peuvent apparaître à des âges différents et faire l’objet de révélations imprévues. On a vu qu’il en était de même pour peaufiner peu à peu ses capacités (ni innées, ni figées) d’observation et de comparaison dans les situations d’injustice. Ainsi on diversifiera les méthodes et les cursus en dépassant l’égalité de traitement. Les formations en alternance, après la sortie du socle commun, sont à contrôler de façon très précise de façon à éviter que les entreprises n’aient une main d’œuvre bon marché et surtout sans réelle formation professionnelle. Ce sera aussi un des rôles de notre structure multipartite.
L’égalité des chances, alors que l’on sait que les premières années de l’enfant sont les plus importantes dans l’éducation, passe par la généralisation des écoles maternelles où le petit enfant fait l’expérience de la langue, de la mixité, de la socialisation, de la coopération et de la relation à l’autre. C’est aussi essentiel pour l’égalité de traitement, qui est à conserver largement ici, face aux diverses situations socio-économiques des parents. On a vu que d’autres structures ou dispositifs, libres d’accès et munis d’animateurs-répétiteurs, pouvaient assurer plus d’égalité dans les parcours scolaires : études, pensionnats, pédagothèques et bibliothèques, gymnases, théâtre aux écoles, cinéclubs, etc.
Les horaires journaliers doivent être raccourcis avec l’allongement de l’année scolaire et la diminution des temps de vacances. On reviendra pour ce faire à une semaine étalée sur 6 jours, au lieu de 4, pour raccourcir les journées d’étude. En effet, cela est nécessité par les rythmes chrono-biologiques des enfants et par le fait que pendant les journées sans cours ou les vacances les enfants des familles défavorisées sont généralement livrés à la rue ou stressés par le chômage des parents et des « grands-frères » pendant que ceux des familles aisés font d’autres expériences formatrices. Je ris quand je vois le pouvoir stigmatiser les grèves des enseignants alors que les périodes de vacances ou les samedis libres laissent aussi et bien plus souvent et longtemps les enfants démunis dans la rue et sans encadrement. On étudiera donc le samedi matin, n’en déplaise aux commerçants et aux parents voulant partir en Week End.
L’enseignement actuel forme des « bêtes à concours », ce qui fait ensuite des ingénieurs et des cadres autoritaires envers les « Français d’en bas » (ils détiennent le savoir et ils sont les meilleurs car dûment sélectionnés) et obéissants à l’égard du haut (ils doivent se soumettre à l’autorité du maître tout-puissant car hiérarchique et muni du pouvoir de commandement), conformes (ils sont priés de reproduire le modèle enseigné par le maître), incultes hors la technique apprise, et surtout inaptes aux relations coopératives et à l’empathie avec leurs subordonnés. C’est sans doute voulu bien que cela représente une des meilleures façons d’organiser les inégalités hiérarchiques et le mépris pour les opérateurs considérés comme naturellement inférieurs et, finalement, de limiter l’efficacité des collectifs de travail. Car ce qui est important pour les dirigeants, c’est de conserver leur pouvoir. D’ailleurs, les enquêtes PISA dans 38 pays (compréhension des textes en lecture, math et sciences à 15 ans) montrent bien (la France étant classée 27ème mais ayant de bons résultats pour les excellents élèves, moins nombreux qu’ailleurs) que notre enseignement élitiste, sélectif, mandarinal et abstrait a abandonné les élèves les moins doués pour ces critères-là de réussite scolaire. La justice sociale exige donc, pour l’égalité des chances et de traitement, que les structures éducatives développent le travail en commun, la considération des autres dans les relations, la confiance, la coopération et l’entraide solidaire, l’activité des enseignés, la participation des élèves aux actes pédagogiques, l’altruisme, le don, etc. Cela suppose une révolution dans les pédagogies développées dans les structures éducatives. Révolution est un grand mot car nous avons vu que nombre de pédagogies existaient, et cela souvent depuis plus d’un centenaire, sans être pratiquées dans nos écoles axées sur la soumission, l’individualisme et la compétition, le solipsisme, la passivité, les contenus techniques sans valeur critique, la théorisation sans réflexion, la sélection sans discussion.
Révolutionnons donc les méthodes pédagogiques et les contenus enseignés à nos professeurs et appliqués à leurs élèves. Les pédagogies à développer sont celles de l’activité, de la découverte, de la résolution de problèmes en groupe, de l’acquisition de méthodes de travail et non de conformation à un modèle de contenu formaté et délivré par le maître, du travail concret ensuite théorisé, de l’apprentissage à partir des centres d’intérêt des élèves, de l’expression, de la participation et de la coopération des élèves, etc. travaillant en parallèle. La relation pédagogique, qui est éducative en elle-même bien au-delà de l’instruction, c’est-à dire du niveau de savoir, doit aller vers la coopération, la seule autorité de compétence, la participation des élèves à l’enseignement mutuel, l’écoute par les enseignants, etc. Tout cela existe depuis bien longtemps et est même pratiqué partiellement ou séparément par quelques enseignants qui s’attirent aussitôt les foudres des collègues et de l’administration.
La question devient : pourquoi un tel misonéisme des structures et de la plupart des enseignants perdure-t-il? C’est une question qu’un livre récent (« la fabrique de la défiance ») ne se pose pas. Une 1ère réponse rapide est que personne parmi les soi-disant élites ne veut d’un partage du pouvoir et de la démocratie réelle. Celle-ci est gênante pour les politicards inféodés au capital, pour les manageurs faisant cracher de la valeur pour l’actionnaire, pour les enseignants propriétaires de leur chaire. C’est pourquoi l’enseignement a été organisé quasiment dès l’origine en France de façon verticale et individualiste, chaque discipline étant séparée des autres et remise à un prof en général mono-disciplinaire. Ce prof est en quelque sorte propriétaire de son cours et exerce en profession libérale au sein d’une institution publique. Proprio de son savoir spécialisé, le prof n’aime pas travailler avec ses collègues d’une autre discipline. Il délivre un enseignement descendant comme modèle à apprendre et il évalue les écarts des résultats individuels à sa norme. Il n’aime pas être contesté et règne à l’autorité que lui confèrent son savoir et l’institution. Il doit 15 heures (agrégé à l’université) ou 18 par semaine (certifié ; donc le certifié, moins savant que l’agrégé, doit plus d’heures de cours !) de délivrance de cours au lycée (ou examens ou colles ou réunions), c’est-à-dire de présence. Les profs sont dans l’égalité de traitement, c’est pourquoi il n’y a que peu de différences entre le bon prof travailleur, qui donne et corrige des devoirs, prépare ses cours chez lui, qui reçoit les parents et les élèves, et celui qui se contente de ses heures de présence et a le même salaire que celui qui se défonce et qui mène des travaux transdisciplinaires. On a aussi le fait que le prof de philo avec 5 classes différentes de 35 élèves est payé comme celui de Russe avec 3 classes de 8 élèves. L’évaluation institutionnelle (note administrative du directeur d’établissement et note « pédagogique » par l’inspecteur d’académie qui, en outre, prévient de son passage) ne tient pratiquement pas compte des différences d’implication et de volume de travail. En réalité, ce sont les syndicats qui défendent leurs adhérents (et eux seuls) pour les promotions. Ainsi, nombre de profs sont devenus agrégés « au choix » et à l’endurance parce qu’ils avaient la bonne carte syndicale ; les autres plus travailleurs et plus compétents peuvent se brosser. Evidemment, les agrégés ne veulent pas abandonner leurs privilèges et se considèrent comme l’aristocratie de l’enseignement, les autres ayant intériorisé leur infériorité liée à leur échec aux concours les plus prestigieux. Cela risquait d’être aggravé avec le projet tsarkozyen de confier l’évaluation des professeurs au seul directeur d’établissement muni des pleins pouvoirs.
Si donc l’on veut commencer de mettre en place des pédagogies diversifiées et adaptées, il faut en finir avec l’enseignement mono-disciplinaire (bi-disciplinaire au collège) et avec une hiérarchie du savoir conférée par la hauteur du diplôme. On réservera les agrégés aux universités tout en en faisant aussi des chercheurs. Quant aux profs du secondaire, on les formera à deux disciplines (par exemple math et physique ou sciences de la vie et chimie) à maîtriser et on leur fera acquérir de solides notions des autres disciplines de façon que chacun puisse travailler avec les autres en comprenant son langage et ses problèmes. On supprimera aussi cette injuste séparation entre le temps passé en institution et le travail chez soi, dont je rappelle qu’il n’est actuellement pas décompté, ce qui permet à des plaisantins de droite de dire qu’il faut que les enseignants travaillent plus pour gagner plus (26 heures de présence au lieu de 18, ce qui fait plus 30 %, pour 25 % de salaire en plus ; comme on voit, il n’y a pas de petites économies, rien que de grands projets). Le travail chez soi sera mesuré en fonction du nombre et de la fréquence des devoirs et du temps de préparation et de correction ; le travail en institution sera organisé autrement (comment ? A voir plus bas) ; les deux sont complémentaires et donneront 35 heures par semaine, compte tenu de la diminution des vacances et de la semaine de 4 jours et demi. L’évaluation des profs est à révolutionner ; elle doit tenir compte notamment du travail en équipe, de la qualité des corrections, des capacités d’animation de travaux en classe ou en groupes transversaux à plusieurs classes ou en sous-groupes. Cette évaluation sera assurée par l’instance déjà prévue à cet effet pour l’orientation des élèves.
La formation des profs ira au-delà des contenus ; elle donnera une capacité à être un animateur de travail en groupe de résolution de problèmes transversaux. Par exemple, les problèmes de physique ou de chimie requièrent des connaissances en mathématiques ; on créera donc des situations-problèmes (de pédagogie de la découverte et de travail coopératif) interconnectant les 3 disciplines. On formera les profs à inventer de bonnes situations-problèmes en commun. On formera les profs aux pédagogies du travail en groupe, de l’activité des élèves, de la relation pédagogique horizontale, de la recherche autonome des solutions (au lieu de se contenter d’en transmettre une seule, soi-disant la meilleure, comme actuellement). Cette démarche entraînera ipso facto une quasi-suppression des préparations de cours chez soi au profit d’un travail en équipe pour définir les situations-problèmes. De même, les devoirs seront limités aux seuls contrôles des acquisitions individuelles. Il va de soi qu’il faudra que chaque prof dispose d’un bureau à l’école et qu’il y ait de nombreuses salles de réunion bien équipées en matériel pédagogique. Cela suppose la restauration des IUFM ; ces derniers ont trop souvent plongé dans le psychologisme, le « pédagogisme », la non-directivité à la Rogers, l’introspection, les palabres entre formés au détriment des contenus et même des méthodes pédagogiques. C’est ainsi que l’excellente méthode globale d’apprentissage de la lecture a été sabotée, puis supprimée. En effet, ladite méthode ne souffre pas d’être appliquée par des instituteurs incompétents. Dans les IUFM, le plus souvent on fait la philosophie et l’histoire des méthodes pédagogiques mais on n’apprend pas à s’en servir puisque c’est inutile si l’institution reste dans l’enseignement vertical et mono-disciplinaire.
Les profs ne passeront plus leur temps à délivrer des contenus formatés et de haut en bas. En effet, les contenus sont présents dans des quantités d’outils pédagogiques : livres, DVD ou CD, EAO, banques de données sur internet, etc., le tout devant être en accès libre dans la pédagothèque de l’établissement. Le prof donnera aux élèves une liste de savoirs à acquérir pour être utilisés dorénavant dans les situations-problèmes transversales (pluridisciplinaires) de travail actif et coopératif en groupe. Son rôle principal sera d’aider les élèves à se servir des connaissances pour résoudre des problèmes et de formaliser ex post lesdites connaissances. Il est clair que la progression pédagogique devient un enchaînement de situations-problèmes permettant d’aborder progressivement la théorisation et la maîtrise des savoirs. Le prof sera en même temps à l’écoute des élèves, il les aidera en tenant compte des différences de niveau, d’approche et aussi de situations familiales. Sa formation lui aura donc donné des capacités sociales et relationnelles, de même qu’une base psychologique, suffisantes pour faciliter les acquisitions et éradiquer les blocages individuels.
Le projet, que je viens rapidement d’exposer, permettra d’’en finir avec les injustes structures éducatives. Bien entendu, de multiples aspects de celui-ci seront à transposer dans la formation professionnelle continue, notamment en alternance. Pour abaisser le seuil des injustices en matière de qualification, il faut aussi et surtout que chaque chômeur ait droit à de nouvelles occasions de formation, bien au-delà des très maigres ressources que le pays leur consacre et du fait que la FPC est surtout faite pour les salariés qui ont déjà un bon bagage (les statistiques donnent 2 à 3 jours de formation par an en moyenne pour les faiblement qualifiés !). De même, l’université devra être largement réorganisée pour permettre des changements d’orientation aux étudiants via la mise en place de bien plus nombreuses passerelles entre cursus. Ses procédures d’évaluation et d’orientation seront revues dans le même sens que tout ce qui précède.
Nous devons ajouter que pour diminuer au maximum les inégalités (entre profs et entre élèves), il faut une institution scolaire très différemment orientée, organisée et gérée. Comme disait Proudhon, l’enseignement sera organisé en 4ème pouvoir et socialisé de façon à être indépendant de l’Etat et des entreprises, de façon que le pouvoir et l’autorité n’y soient pas monopolisés par le corps enseignant, l’administration et les syndicats corporatifs. Ce pouvoir serait une chambre législative fédérée, élue avec des représentants directs des différentes forces sociales concernées et organisées : enseignants, parents d’élèves, syndicats, associations éducatives, chambres de commerce et des métiers, fédération des collectivités locales, etc. Il faut en finir avec le mythe du député ou du manageur tout terrain se prononçant sur tout problème quel que soit son degré d’incompétence, au sens où il n’est pas vraiment concerné. Comme disait Proudhon, il faut avoir fréquenté cet isoloir qu’on appelle une assemblée nationale pour savoir combien les décisions sont prises par des gens qui ne connaissent rien aux réalités du pays.
Le mouvement ou la tendance lourde dans lequel l’éducation nationale est emportée montre à l’envi les ressorts du changement social de longue durée. A la base des causes ou des volontés gouvernementales il y a un changement très net des valeurs structurelles et structurantes qui inspirent la politique. On est passé des valeurs d’égalité, hélas perverties par l’égalité de traitement au nom des principes républicains, de solidarité, de don altruiste, de responsabilité collective et partagée, d’eudémonisme commun, etc. à celles de la liberté individuelle absolutisée, de la responsabilité personnelle, de la compétition efficiente, du risque assumé par les seuls individus, de l’utilité, de l’hédonisme. Ces nouvelles valeurs ont trouvé leurs racines dans une pensée libérale particulière et dans la primauté de l’économie activée par les bienfaits attendus de l’efficience des marchés. Cette idéologie a été intériorisée et propulsée par les dirigeants et les puissants, fussent-ils socialistes. Lesdits gouvernants ont profité de la démocratie représentative formelle pour impulser la révolution libérale par des règles nouvelles (grâce au monopole du pouvoir législatif plus ou moins comprimé par l’exécutif et sanctionné par le judiciaire) facilitant la mise en place d’institutions et de structures d’inspiration libéralo-capitaliste. Lesdites règles appartiennent à un ensemble, que j’ai appelé structure structurante, inspirée par une logique unique, à savoir celle de l’efficacité économique de l’action privée et intéressée. Celles-ci n’ont pu s’implanter que grâce à l’évolution des mentalités vers l’individualisme égoïste, la prétendue authenticité, la recherche du bonheur individuel, le refus de l’autorité bête et méchante de type militaire et caporaliste, le besoin d’épanouissement individuel, etc. On reconnait le détournement des valeurs de mai 68. Mais pour installer le nouveau système idéologique il a fallu toute la puissance de l’Etat, c’est-à-dire en fait des gouvernants camouflés derrière l’intérêt général réputé défendu par une structure indépendante et impersonnelle, à savoir l’Etat. On sait que ce dernier n’existe pas ; c’est une symbolique juridique inventée pour dissocier le pouvoir souverain de celui de la personne du roi à double corps (d’après, Kantorowicz, Etat figuré à la Louis XIV, Etat incarné et sacré, et personne physique). Ce qui existe, ce sont les appareils monopolistiques d’Etat, les structures étatiques, le corps des gouvernants même élus. Le pouvoir, grâce au « monopole de la violence légitime », peut donc pousser au changement sociétal. Avec prudence et progressivité parce qu’il faut que les gouvernés ne s’aperçoivent de ce que l’on veut les forcer à changer de culture et flouer leurs intérêts. C’est de l’ordo-libéralisme dévoyé.
L’éducation est un exemple majeur de ce que la logique et les structures du capital ont pu utiliser à leur profit les structures mentales individualistes et libertaires, les dispositions intériorisées par les personnes pour l’autonomie et la transparence, pour transformer le monde à partir d’enjeux culturels et moraux. Le prototype de la propagation des inégalités et de l’injustice se trouve dans les énormes changements en matière de monnaie, de banque centrale, de crédit, de finance. Ce sont eux qui ont installé le règne de la finance spéculative et hors sol, de la banque fantôme, des paradis fiscaux, de l’évasion fiscale au nom de la libre circulation des capitaux.

Déjà social-traitre moins de 3 mois après son élection ?

Classé dans : politique — 1 août, 2012 @ 10:24

Guimauve le Concurrent marche déjà en crabe par rapport à ses engagements de campagne. Lors du sommet européen de fin juin, Flanby avait annoncé qu’il avait obtenu un volet croissance ajouté au plan de stabilité exigé par Angela. Pendants la campagne électorale il avait promis de ne pas avaliser ledit pacte transformé en traité TSCG par Tsarko et Merkel. C’est devenu de la fumisterie. Le volet croissance de 120 milliards n’apporte en réalité que 10 milliards de capital frais à la Banque Européenne d’Investissement (BEI), qui pourra emprunter à l’étranger (effet de levier) si, toutefois, sa note ne se dégrade pas, ce qui est problématique car les Etats l’alimentant comme pour le FESF (fonds européen de solidarité, bientôt remplacé par le mécanisme européen de stabilité ou MES,) sont en danger de l’être, y compris l’Allemagne. En effet, s’il faut aider l’Espagne et l’Italie, les garanties apportées par les autres Etats, gages de dettes plus que potentielles, deviendront vertigineuses. Sur les prétendus 120 milliards, le reste est constitué de fonds structurels européens engagés mais non encore distribués ! Voilà de la belle ouvrage en contrepartie de laquelle Fraise des bois va essayer de faire signer le TSGC (traité de stabilité et de gouvernance commune) par la France sous forme de « loi organique » et non de réforme de la constitution. Opération de haute voltige juridique. SGDG.
Rappelons quelques aspects de ce formidable TSGC : pas plus de 0,5 % du PIB en déficit structurel de chaque budget étatique, contrôle semestriel des budgets par la grosse Commission (ex ante, avant passage au parlement !), pénalités en cas de non-observation des engagements, saisine de la CJUE en cas de contentieux, etc. Il n’y a donc rien de moins sur l’austérité teutonne malgré la « révolution » hollandaise contre les accords Tsarko-Merkel. Il faut savoir que celle-ci est dictée par le vieillissement accéléré de sa population, dont les retraites sont constituées en capitalisation. Il faut alors absolument les protéger contre l’inflation et la dévaluation de l’euro. Prétexte aussi que cela car ce qui est surtout protégé, c’est le capital et la rente. La Germanie, en effet, est le seul pays à profiter d’un euro fort : elle exporte des voitures de luxe, des produits de qualité et des machines-outils quelque soit leur prix ; elle fait produire les pièces en monnaie faible chez les PECOS et les assemble chez elle, achetant ainsi sa sous-traitance produite en roupies de sansonnet avec ses euros (elle a une prime de change). C’est pourquoi la Teutonie veut sauver l’euro mais à condition de ne pas payer pour des paniers-percés. D’où ses oukases de vertu financière et sa demande de plus de fédéralisme en Europe ! Fédéralisme en fait réduit à une Union Bancaire et à un contrôle bureaucratique des budgets par l’UE. Un fédéralisme aux acquêts, en quelque sorte. Le sieur « Au bonheur d’Edam », devenu par hasard candidat puis président à la place de « L’œdème chronique de la verge » par suite des exploits hôteliers de ce dernier, n’a rien compris au film. Ou, hypothèse plus raisonnable, il n’entend aucunement rien changer à l’ordo-libéralisme tudesque et au libre-échange anglo-saxon.

Parallèlement, les 100 milliards récemment promis à l’Espagne pour renflouer ses banques font du surplace (les banques ont profité des 1 000 milliards à 1 % sur 3ans prêtés par la BCE pour acheter de la dette publique espagnole à 6/7 %, pour faire des bénéfices et restaurer leurs comptes !). En effet, certains petits pays européens (Finlande, Pays-Bas) n’en veulent pas sous la pression de leur extrême droite. A cette occasion, le nouveau président francaoui s’est affolé devant le poids des petits pays dans l’UE, poids égal à celui des grands. Que n’avait-il relu les traités européens avant de se porter candidat ou pendant la campagne ! D’où le dilemme : soit ce type est incompétent, soit il nous prend pour des billes et prépare le terrain à ses prochains revirements qui seront justifiés par son impuissance au sein de l’UE. je dirai les 2, mon adjuvant. Little gouda ne pouvait ignorer que l’Europe à 27 était devenue une cohue ; n’avait-il pas recommandé de voter oui au TCE de 2005 ? Cette anarchie a été organisée afin que la seule chose qui règne soit le grand marché hyper concurrentiel qu’il fallait donc accroître sans cesse malgré l’hétérogénéité économique et sociale des nouveaux pays vis-à-vis des anciens. C’était voulu pour forcer les populations des vieux adhérents à abandonner « leurs privilèges » sociaux et faire baisser les coûts de production pour le capital au nom de la construction européenne et de la solidarité avec les peuples de l’EST. Bien creusé, vieille taupe. Mais à la dernière taupe (les derniers traités européens ; Lisbonne 2008, TSCG), c’est devenu l’heure de la nuit pour tous les peuples de la région. Le capital a réussi à mettre « sa zone ».
On va donc aller, qui plus est moderato, vers des renoncements et des abandons successifs et progressifs marquant la « résistible » descente dans l’enfer libéral de M. Françuro Hollandui. Déjà, on ne parle plus de la fusion de la CSG et de l’IRPP dans un impôt unique et progressif censé mettre un peu de justice sociale dans le lupanar fiscal. Il était même annoncé, par suite de la suppression de la TVA sociale de Tsarko, une augmentation de la CSG à la place de cotisations sociales patronales. Le pouvoir, surtout efficace en cassation de l’œuvre tsarkozyenne, a l’air d’y renoncer… pour le moment. Gageons qu’avec les 38 milliards à trouver en 2013 pour réduire le déficit à 3 % du PIB le serpent (monétaire) refera surface. L’augmentation du SMIC a été riquiqui. Le doublement du plafond du livret A semble repoussé aux calendes grecques sans doute parce qu’après avoir promis le candidat-président s’est mis à réfléchir à la faisabilité de ses propositions (heureusement il n’y en avait pas 110 comme en 1981). Il serait drôle, en effet, de doubler un plafond que seulement 10 % des livrets atteignent aujourd’hui, celui, actuel, de 15300 euros. On a eu une rustine sur les problèmes du logement avec l’encadrement des loyers. La banque d’investissement n’est qu’un regroupement de structures déjà existantes : OSEO, CDC-entreprises, Fonds spécial d’investissement. La séparation des banques d’affaires et de dépôts (car les banques françaises sont « universelles », c’est-à-dire qu’elles piquent dans les dépôts pour spéculer en trompant les déposants) bat de l’aile et est retardée sine die. Le taux de 75 % d’imposition des revenus supérieurs à 1 million d’euros se gélifie. Edam, Edam (pas dame, pas dame comme pour DSK) a crée 7 ou 8 « commissions », dont une sur l’organisation et la moralisation des mandats politiques, confiée à Jospin, 75 ans aux prunes. Rappelons-nous le mot de Clémenceau : quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission. En outre, c’est étrange : pendant les 9 mois de campagne, le PS n’avait donc pas eu le temps de préparer et négocier les dossiers ? Remarquez que ce n’est guère étonnant car les socialistes à l’eau de rose ont souvent été des « social-traitres ». Aurait-on « veauté » pour François Mollet ? Car il y avait deux mesures radicales à prendre immédiatement pour restaurer l’industrie française : rendre les cotisations sociales remboursables à l’exportation et applicables à l’importation ; créer un énorme pôle bancaire public, socialisé, mutualisé et fédéré, prêtant au pays (emprunts d’Etat et avances ; crédit aux coopératives, mutuelles, entreprises d’insertion et d’économie sociale, et même PME) et concurrençant les banques privées. On s’est contenté d’emplâtres sur une jambe de bois.
Par exemple, rien ne sert de prêter aux boîtes avec la banque d’investissement (du reste, dotée de combien de capital ?) si on n’en finit pas avec la politique d’aide aux entreprises pour les bas salaires (moins de 1,6 SMIC). Cette politique équivaut à celle de Fiscard Déteint et de Pompidur consistant à importer des travailleurs immigrés analphabètes pour diminuer les coûts de production et faire pression à la baisse sur les salaires. Cette politique a encouragé les industriels à ne pas investir dans les techniques modernes, exigeant des salariés qualifiés, à ne pas réorganiser le travail pour être plus compétitifs par productivité et non faible coût du travail. Renault, par exemple, avait failli en crever face à la concurrence de la production moderne de type japonais. La baisse des cotisations sociales sur les bas salaires continue d’encourager les industries à privilégier la productivité extensive (volume de travailleurs sous-payés et heures. Sup) au détriment de l’intensive (par les techniques, l’organisation et les relations de travail). Par ailleurs, cela crée une « trappe à bas salaires » car cela incite les boîtes à ne pas dépasser la limite de 1,6 SMIC pour payer des salariés plus qualifiés et plus productifs. Je ne crains pas d’affirmer que les baisses de cotisations sociales (à moduler), si on reste dans l’idéologie libérale, doivent n’être offertes que pour les hauts salaires. La politique des libéraux francaouis a consisté à privilégier les multinationales (lieu d’atterrissage des excellences bureaucratiques après les dénationalisations), d’un côté et « la boutique » (Proudhon), de l’autre : cafés-restaurants, petites boîtes vivotant, etc. Comme quoi le PS ne comprend même pas les références et les déterminants du capitalisme moderne ! Mais il est cependant clair qu’une politique industrielle moderne ne peut qu’échouer si l’on demeure dans le cadre de la concurrence internationale sans foi ni lois. Les moins-disant, et leur utilisation par le capital, ne peuvent que gagner s’il n’ y a pas de régulations de la concurrence (versant capitaliste) ou si l’on ne change pas de modèle (versus anticapitaliste). J’ai le regret de dire que les prolos se font berlurer. il faudrait les inciter à se qualifier plutôt que de défendre leur empoloi dans des centres d’accueil téléphonique, la production de merde du genre des poulets Doux, la production d’autos détruisant l’environnement, l’agriculuture industrielle. Où est la politique industrielle socialo?
Mais l’heure de vérité approche. Il est probable que 2013 verra l’effondrement de la zone euro. Alors Hollande ne pourra plus faire des réponses de Normand ((qu’il est) et des promesses de Gascon ; il faudra choisir entre l’austérité drastique pour rester dans le libéralisme mondialisé, porteuse d’une révolte des Français, et une vraie politique de contre-structures pour débuter un autre modèle socio-économique que le capitalisme exploiteur des peuples et destructeur de la nature. Le gélatineux Hollande saura-t-il nous méduser après nous avoir mésusé ?

Qu’est-ce que le Peuple ?

Classé dans : politique — 28 juillet, 2012 @ 11:13

Le dernier péché à la mode est le populisme, insulté véhiculée par les partis de pouvoir, fussent-ils socialistes. Las, dans populisme, il y a peuple. Faut-il le dissoudre suivant le mot célèbre de Brecht ? Il ya aussi peuple dans démocratie, pouvoir du peuple (démos, le peuple). Il ya même des tas de mouvements « populaires » : démocraties populaires (pléonasme), Rassemblement du Peuple Français (RPF, de Gaulle), Parti Populaire de France (Doriot), Mouvement du rassemblement Populaire (MRP, démocrate-chrétien), etc. sans compter les jeux de mots qu’on peut faire : démocra-CIA (Pinochet et bien d’autres dictatures d’Amérique du Sud soutenues par les USA, notamment avec l’opération Condor), Poli-CIA (de polis, la cité).
Il faut interroger en permanence la notion de démos ? Chez les Grecs où elle est née elle signifie unité en quelque sorte ethnique du peuple face aux métèques et aux barbares, face aux rivaux comme Sparte et Athènes. Le démos est en même temps l’unité des citoyens (mâles) contre les praticiens (nobles) et comme corps politique opposé aux étrangers qui en sont exclus. Mais le démos, c’est la multitude, c’est le nombre, c’est la majorité. Cette populace est dangereuse, elle est animée par des passions matérialistes et égalitaires, elle est manipulée par des « démagogues » (des populistes avant l’heure), des rhéteurs, des sophistes, des politicards. Car la société est traversée de contradictions : malgré l’unité politique présumée, via la légitimité acquise par le vote égalitaire dans le domaine politique, les inégalités économiques et sociales croissent et embellissent. Platon et Aristote ont bien vu les effets corrupteurs des inégalités sur l’unité politique et sur les manipulations de la démocratie du nombre, de la majorité. Déjà, chez les Grecs, la démocratie associe deux aspects du peuple : son unité souhaitée et son caractère de populace inculte et manipulable par la propagande des sophistes et des aristocrates. Or, face à l’adversité et aux ennemis, le peuple doit être obéissant et uni. C’est là, la conception nationale du peuple (ad hoc pour les politicards mais non conforme aux aspirations réelles des gens) qui fonde la théorie de la nation unie, homogène, refusant l’intrusion de corps étrangers. On n’est ici jamais loin du nationalisme exploité par les dirigeants politiques.
En réalité, on est en face de plusieurs peuples : le peuple démocratique qui participe aux décisions engageant la communauté, le peuple social agité par les inégalités socio-économiques, le peuple national uni contre l’étranger. Je m’inspire ici du remarquable livre de Laurent Bouvet (« Le sens du peuple », Gallimard). Bouvet montre bien que les démocraties modernes ont été prises dans une contradiction : la légitimité des gouvernants et législateurs dépendaient du consensus populaire alors même que l’expression de ce dernier pouvait renvoyer à la populace. C’est pourquoi, à leurs débuts, les prétendues démocraties s’évertuèrent à exclure le peuple du suffrage en le réservant aux propriétaires et aux hommes. Dès lors, contrairement au postulat démocratique, le peuple n’était plus un mais constitué de deux peuples opposés : les notables, les proprios, d’un côté, la multitude grossière de l’autre. Le phénomène de séparation était accentué et institutionnalisé par le caractère représentatif de la démocratie qui instaurait une 2ème coupure : entre les représentés, y compris ceux qui ne votaient pas au nom de l’unité, et les représentants. Cette autre exclusion perdure évidemment aujourd’hui dans tous les régimes représentatifs. Le peuple politique, lui, est l’ensemble systémique des 3 peuples (démocratique, social et national). La configuration du système populaire dépend des sociétés : par exemple, dans certaines, en général totalitaires, rabattent la politique sur la national (nazisme, nationalisme) ; d’autres considèrent que la démocratie est le tout et que le social est secondaire (libéralisme) ; d’autres privilégient la question sociale pour déterminer la société politique (socialisme républicain). Pour ma part, le peuple politique doit faire société (et non nation) en combinant efficacement la (vraie) démocratie et la justice sociale. Cela dit sans oublier que le peuple social est hétérogène et conflictuel ; cependant il existe, même aujourd’hui, car les différentes fractions salariées du peuple social ont un seul adversaire : la finance et le capital. Il y a donc bien une classe dominée disposant d’intérêts communs car tous ses éléments, bien qu’agités par des contradictions secondaires (cadres/ouvriers, hommes/femmes, public/privé, CDI/précaires, etc.), sont dans la même situation d’exploitation. C’est là qu’on mesure la trahison du PS qui s’est assimilé aux « bobos » (rapport de feu Ferran), aux multiculturalistes, aux diplômés, aux homos, etc. en oubliant la lutte des classes et les rapports de force entre elles. J’élimine d’emblée le peuple national qui n’est qu’une construction arbitraire et une manipulation politique ; il n’existe pas vu que la France, par exemple, a été unifiée par la force à partir de peuples très divers. Ce qui existe, ce sont des communautés et des cultures dont l’identité est à préserver.
La révolution amerloque contre les Rosbifs installa une démocratie de notables souvent esclavagistes ; elle prit acte des dangers de la populace, dont pourtant la démocratie dépend, en instaurant un superbe système de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui fonctionne toujours : une chambre de 400 représentants (à comparer aux 577 députains français pour 65 millions d’habitants contre 310 actuellement aux USA), un sénat représentant les Etats fédérés à raison de 2 sénateurs par Etat (soit 100 sénateurs contre 348 en France, un système politique fédéral avec des Etats autonomes (ce qui explique les statut de paradis fiscal du Delaware et autres) dirigés par un gouverneur élu, un régime présidentiel où le président élu (par les députés et gouverneurs des Etats avec la règle curieuse que si une majorité de l’Etat donné son vote pour tartempion toutes les voix dudit Etat vont à ce dernier ; le président n’est donc pas forcément celui qui a eu le plus de voix lors des élections présidentielles, cela dépend du nombre de délégués des Etats et donc de leur taille) n’a en réalité que des pouvoirs exécutifs limités. Ce qui explique qu’Obama n’a pas pu faire grand-chose puisque toute décision requiert déjà 6/10ème des sénateurs. Par ailleurs, les élus US font la course au financement de leur campagne électorale sans limitation des apports. Les lobbys font donc l’élection en arrosant les candidats « convénients » comme on dit à Marseille. C’est pourquoi, il y a peu de corruption aux USA car elle est légale. Ce qui explique que les « banksters » aient l’oreille du pouvoir et des élus comme les trusts pharmaceutiques ou industriels ou les assurances. Un élu local ne votera jamais pour une décision qui nuirait à ses bonnes relations tarifées avec un lobby de son territoire, par exemple pour une loi anti-OGM dans un Etat rural ou une loi antijeu au Nevada.
Cet aparté montre en quelle estime il faut tenir les parangons des vertus de la démocratie et pourquoi il faut analyser le prétendu peuple social dans les fausses démocraties inégalitaires. Le peuple démocratique US est donc divisé et, de façon générale, le peuple démocratique n’existe pas car le système de sa représentation en « démocratie libérale, ne l’est pas. Mais le peuple social l’est encore plus car les USA sont le prototype même des inégalités en tout genre, lesquelles ont été drastiquement accrues par 30 ans de libéralisme. Le peuple national, lui, n’est toujours pas unifié à cause du problème ethnique (Noirs et Hispaniques, surtout). Plus que Bouvet, j’insisterai cependant sur l’unicité d’un peuple culturel : croyance dans le rêve américain de la réussite par le travail, religiosité constante, voire fondamentaliste, à base de sectes protestantes, droit à la différence comme juxtaposition, comme coexistence de communautés en tout genre, droit à l’autodéfense (2ème amendement sur le droit de posséder des armes personnelles), illusion de la perfection de la démocratie américaine qui devient un modèle indépassable et à exporter, illusion du progrès technique qui permettra de résoudre tous les problèmes d’environnement, repli dans le consumérisme comme ressort de distinction et compensation des frustrations, individualisme forcené, matérialisme comme signe de réussite, etc. C’est cette culture que le gnome à talonnettes admirait et voulait renforcer en France. En fait, la notion de démocratie sert simplement à prétendre que c’est le peuple qui est souverain et non les représentants. Mais peu me chaut la nature du souverain (un roi, un corps politicard, le peuple) car cela ne change rien à l’absurdité principale, à savoir le caractère absolu, indivisible, perpétuel de la souveraineté de l’Etat exercée le plus souvent contre le peuple au nom d’une entité imaginaire, la nation..
Le peuple social est advenu devant le spectacle d’un libéralisme démocratique supportant aisément l’exploitation éhontée des classes ouvrières au 19ème siècle. Le problème des politicards revanchards après la cuisante défaite de 1870 contre les Prussiens est qu’il ne peut y avoir de peuple national (lire nationaliste) sans peuple social (égalisation des conditions, égalité des chances, moyens de vivre dignement) et sans peuple démocratique. Car dans les fausses démocraties que nous connaissons depuis longtemps, ce sont les élus, fort peu représentatifs (Proudhon disait de la chambre de 1848 que c’était « une cohue d’avocats »), qui font les lois… sociales au profit du capital. Or la démocratie est réputée être la source de la légitimité car elle représenterait les demandes du peuple. Fantasmagorie. Il suffit de constater que les socialos dès 1983 ont mené une politique libérale et européenne radicalement contraire aux intérêts du peuple et, en plus, contraire à leurs engagements de campagne et à leur idéologie fondée sur le primat de la classe ouvrière et du salariat. En 1981 on a donc eu soi-disant le peuple démocratique qui avait élu Tonton et l’abandon de la question sociale, c’est-à-dire du peuple social. Au lieu des problèmes socio-économiques concernant la situation, on a eu des questions de société : le mouvement gai et lesbien, la peine de mort, le droit à la différence, la reconnaissance des communautés, le multiculturalisme de fait, la lutte antisida ou contre le racisme, l’immigration comme chance pour le pays (sans évidemment mettre en place les structures et les moyens d’accueil pour une bonne intégration) etc. en lieu et place de l’égalité, de la justice sociale, de la laïcité, de la défense de l’industrie et de l’emploi, de la démocratie réelle. Il est vrai que déjà en 1981 les représentants élus n’avaient pas grand-chose à voir avec la sociologie dudit peuple : ce furent beaucoup d’enseignants, de fonctionnaires, de « barbus » à la mode Auroux, pas si franc du collier, d’énarques qui siégèrent pour « changer la vie » avec « une force tranquille ». Et cela ne s’est pas amélioré du tout (il n’y a pas un seul ouvrier à la chambre aujourd’hui et fort peu d’employés) ; dès lors comme disait Maurras, le pays légal n’était pas le pays réel. Le peuple devient « introuvable » car la magie du suffrage l’a fait disparaître en tant que pluralité, en tant qu’unité dans la diversité.
C’est que les politicards, volontaristes de la légitimité de l’élection, alors que l’électeur ne choisit plus rien : il élimine des candidats professionnalisés dûment présélectionnés par le parti, lui-même professionnalisé, médiatisé, financé par le contribuable pour l’essentiel et en sus par Mme Bettencourt et consorts, ont besoin de la fiction du peuple démocratique qui confère la légitimité (en fait la légalité électorale) et du peuple social uni malgré les inégalités exponentielles dues à leur politique. C’est que la France (ou plutôt ses exploiteurs politiciens) se pique d’être non seulement une démocratie mais encore une République. La démocratie n’assure que l’égalité de la participation au politique du peuple vu comme une collection d’individus ayant les mêmes droits. Ce qui implique que de la majorité des suffrages se dégage ce que Rousseau appelait « la volonté de tous », c’est-à-dire du nombre majoritaire et qu’après l’élection le peuple démocratique serait un derrière les politicards élus ayant en vue l’intérêt général et on celui de leur parti ou de leurs financeurs. Mais Rousseau a aussi énoncé que la « volonté générale », c’est-à-dire celle du peuple tout entier considéré comme unité, ne pouvait provenir d’un scrutin atomistique et majoritaire. C’est une belle illusion que de soutenir qu’un peuple divisé sociologiquement en classes sociales devient Un quand il a « veauté » comme disait de Gaulle. Mais Rousseau, en tant que démocrate et républicain, postulait que le peuple, sous le nom de nation, était un et indivisible comme ce qui en résultait, à savoir la souveraineté nationale devenant de ce fait absolue.
La république ajoute aux « droits-libertés » (des seuls individus : propriété, sécurité, pensée, puis association, etc.) et aux droits-participation (aux votes, à la chose publique), des droits-créances, c’est-à-dire des droits sociaux et économiques visant à donner à tous une situation suffisante et une sécurité économique et donc assis sur la recherche de l’égalité. Ce qui suppose, c’est là le hic, que la démocratie soit réelle et non détenue par de faux représentants votant des lois pour eux et leurs copains du capital. Mais la république devient facilement totalitaire si elle n’est pas démocratique ; pas plus vite que la démocratie libérale qui oppose les zéros (les électeurs atomisés) et l’infini de la puissance d’Etat (monopole de « la violence légitime », physique ou symbolique, monopole des lois, monopole du pouvoir de décision) détenu par les politicards élus. On est en face de deux manipulations : le peuple comme multitude d’atomes individuels séparés (version de la démocratie libérale et représentative) ; le peuple comme unité organique, comme totalité indivisible (version république collectiviste).
En réalité, le peuple-un ou le peuple-collection n’existent pas. Le peuple est une pluralité dans la diversité, une composition dans ses dimensions, un système d’oppositions dans sa sociologie et appartenances sociales. En tant que démocratique, il doit être représenté dans toutes ses fonctions économiques, dans toutes ses appartenances : territoriales, « corporatives » ou fonctionnelles et provinciales, culturelles, ethniques, etc. Le système véridique de représentation permet l’expression et la participation du peuple dans toutes ses composantes ; il est une structure et un processus de mise en rapports des acteurs sociaux où qu’ils soient, quoiqu‘ils pensent, quoiqu’ils fassent ; son architecture doit être isomorphique à la composition socio-économico-territoriale du peuple. Proudhon avait magistralement énoncé cela en s’opposant, non à la démocratie comme ses adversaires le prétendirent, mais à sa version tronquée en tant que démocratie « suffragière », atomistique, ponctuelle ou périodique et purement politique qui mettait l’Etat et les politicards au-dessus et en-dehors de la « société civile ». J’ai proposé une démocratie réelle dans mon essai : « Agir ensemble dans un monde partagé »).
En tant que social, le peuple est forcément divisé tout en étant marqué par l’interdépendance des fonctions socio-économiques ; les intérêts de ses parties ne sont pas les mêmes. Il n’empêche qu’il a des intérêts communs, à savoir le bien public, l’intérêt général, la solidarité, le bien-vivre ensemble dans la prospérité, la sécurité et la paix. C’est la démocratie en tant que structure d’expression et de négociation qui fait émerger les finalités communes, le projet de société. Celui-ci ne peut être que fédératif car il importe que chaque groupement soit mis en situation de gérer ses propres affaires dans le cadre fédéral commun de l’intérêt général. Seul le fédéralisme, dans l’ordre territorial et juridique, et le mutuellisme dans le domaine économique, peut assurer une unité politique de « composition » respectueuse des différences. Mais l’unité politique dans le pluralisme n’est pas un multiculturalisme de coexistence, de cohabitation de communautés séparées à la sauce anglo-saxonne. Elle n’est pas non plus l’assimilation des sous-cultures à la sauce lepéniste, ni l’intégration à la mode socialo-libérale. Elle veut que tous coopèrent, soient en relation, contribuent au bien commun sur la base de lois communes, de principes communs : neutralité de l’Etat et laïcité, résolution des conflits par la discussion et la négociation, recherche de la justice, intérêt général, respect mutuel, respect de la loi vraiment démocratiquement élaborée. On en est loin.

L’affaire PSA

Classé dans : politique — 25 juillet, 2012 @ 10:32

Le sieur Montebourg-Pif, ministre du redressement productif est bien encalminé avec l’affaire PSA, affaire byzantine que Mazarine Peugeot pourrait peut être désembrouiller en faisant appel aux mânes de Tonton qui a lancé le social-libéralisme en France dès 1983. Montebourg manque de Blair vu qu’il ne subodore pas que la vocation d’une boîte privée est de faire du profit. Ou bien alors il faut répudier le système capitaliste et non rester dans la 3ème voie dudit Blair. Le bonhomme a aussi sur les bras le problème des licenciements annoncés dans le secteur de la téléphonie mobile avec Free dont les offres ont sapé les bénéfices outrageants des autres opérateurs. Ceux-ci, munis d’une rente de monopole gentiment accordée par les pouvoirs sous forme d’attribution de licences, dormaient tranquillement à l’ombre de leur Cartel (Orange, SFR, Bouygues) et exploitaient les consommateurs avec des contrats léonins et des tarifs surdimensionnés. On a aussi Air France, victime des corporations syndicales qui avaient su imposer des horaires soft et des équipes hard. Et la liste n’est pas finie surtout quand on y ajoute les sous-traitants des activités en péril. Que faire ?
Il y a l’approche court-termiste, celle que choisira le gouvernement de Guimauve le Concurrent. Par exemple, on remettra quelques rustines comme le bonus-malus écologique pour les véhicules, un fonds d’investissement maigrichon (comme Oséo qui existe déjà), une transformation des cotisations sociales (branche famille de la sécu, la part patronale étant de 5,5 % des salaires, soit 33 milliards) en CSG (ce qui suppose une augmentation de ladite CSG de 3 points vu qu’un point rapporte 11 milliards) afin de retrouver de la compétitivité dans le coût du travail en France, une réorientation du fonds d’aide à la recherche (confisqué par les grosses boîtes qui y ont fait passer leurs « innovations » : produits financiers new look, nouveaux médocs [anciens modifiés par une poudre de perlimpinpin, etc.). On sucrera peut être les « éléphants blancs » comme le Gross Paris, les nouvelles lignes de TGV, le nouvel aéroport de Nantes, les centrales nucléaires EPR, etc. afin de faire des économies et de sauvegarder l’environnement (n’oublions pas qu’il y a des « Grünen » au gouvernement et dans la majorité pestilentielle). Gageons que le gaz de schiste remontera à la surface comme les forages pétroliers en Guyane. Faut bien faire des éconocroques et protéger la balance commerciale dans cet univers impitoyable à la Dallas. Le problème est de taille puisqu’il faut revenir sur 40 ans de sabotage de l’industrie française (13 % du PIB contre 25 il y a 20 ans) par les énarques et les corpsards (il leur faut de très grandes machines à la hauteur de leur talent et non des minables PME) et 30 ans d’enfoncement dans le libre-échange sous couvert de construction de l’UE. Parallèlement, l’Espagne s’enfonce dans la crise et doit payer maintenant un intérêt de 7,5 % pour ses emprunts à 10 ans, ce qui fait plonger les bourses hors celles de DSK le phanérogame.
Il y a la solution radicale et long-termiste de l’anarcho-structuralisme qui consiste à créer des contre-structures en opposition radicale avec la logique du capital et destinées à les concurrencer de telle sorte que les firmes et banques privées disparaissent peu à peu. On créera ainsi en tout 1er lieu une banque publique socialisée et fédérée à partir de la banque postale, du Trésor, de la Banque de France, de la CDC, de la Caisse d’épargne (donc en supprimant sa fusion sarkozyenne avec les banques populaires). Les banques mutuelles (crédit agricole, crédit mutuel) seront forcées de choisir : soit redevenir de vraies mutuelles et se fédérer avec la nouvelle banque publique, soit avoir le statut de banques privées capitalistes ordinaires. La banque sociale du peuple (BSP), outre les fonds dont elle dispose déjà (livrets A, livrets de caisse d’épargne, fonds de la CDC, etc.), sera dotée en capital par la transformation des contrats d’assurance-vie (dont les fonds vont actuellement essentiellement à l’étranger ou en emprunts souvent publics sur les marchés financiers) en titres obligataires publics et par un emprunt forcé auprès des riches. Munies de ce capital, la BSP rachètera les créances étrangères (les 2/3 détenus par l’extérieur des 1800 milliards de dette publique, soit 1200 milliards), ainsi on ne redoutera plus les agences de notation. La BSP émettra une monnaie interne réservée aux opérations en France (le Proudhon). Seules les transactions avec l’extérieur seront payées en euros. Si la balance des paiements devient négative, alors les importations sont arrêtées car ce sont les exportations qui alimentent les réserves de change. Il n’y aura donc plus de déséquilibres de la balance commerciale. La BSP prête à l’Etat et lui fait des avances. Elle collecte les dépôts en les rémunérant mais en éliminant tous les frais indus que les banques privées font actuellement payer à leurs clients. Elle place les emprunts publics (alors qu’autrefois le pouvoir les avait refilés aux seules banques privées). La BSP prête aux particuliers, aux petites entreprises au niveau de ses charges de gestion sans agios ou intérêts supérieurs à ses coûts. Elle crée des prêts bonifiés pour propulser la création de coopératives (de production et de consommation) et des mutuelles et, aussi de PME afin de concurrencer la grande distribution et les importations des multinationales (tout ce que le pays ne produit plus mais que les nouvelles maisons pourraient faire). Elle ne soutient que des investissements socialement et écologiquement responsables.
La fiscalité est entièrement réorganisée ; la TVA est modulée très fortement en fonction du degré de luxe et de nécessité des produits et services, du taux zéro, en passant par 5 (produits culturels, par exemple) et en allant jusqu’à 80 (BMW, par exemple ; CSG, impôts locaux et IRPP sont fusionnés et redeviennent fortement progressifs ; les revenus financiers (plus-values, dividendes, intérêts, assurances-vie, intéressement, etc.) sont traités comme les revenus du travail. Les dépenses de publicité et de communication des entreprises ne sont plus considérées comme des charges diminuant le résultat ; le but est de les faire diminuer drastiquement, notamment dans les médias : ce sont en fait des impôts privés sur le consommateur, des instruments de manipulation de la demande et des péages contre l’entrée de concurrents. Au nom du mérite, vertu libérale s’il en est, les successions et les donations au-delà de 30 000 euros sont taxées de façon progressive et sévère.
Les cotisations sociales des entreprises (soit environ 700 euros pour 1 000 versés au salarié) sont traitées comme la TVA : elles sont déductibles à l’exportation et sont appliquées à l’importation. Les pays étrangers n’auront qu’à en user de même. Ainsi, l’essentiel du problème de compétitivité du pays sera résolu sans que cela coûte au Trésor public. D’autres taxes ou assurances (anciennes ou à créer) pesant sur les entreprises seront traitées de la même manière : impôts locaux, taxe carbone, assurances sur les faillites, sur la dépollution des sites industriels après fermeture (5ongez que Glencore, proprio suisse de Metal Europ, fermé brutalement en laissant un environnement dévasté) n’a rien payé pour dépolluer ou que la dépollution des mines de Salsigne est à la charge du pays), sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, sur les risques industriels (voir AZF), etc. De même la CSG payée par les travailleurs exportateurs sera déduite des exportations. Et merde à l’Europe si elle moufte car les assurances et les cotisations sont encore du ressort du pays et non de l’UE. Il est clair aussi que les petits malins francaouis (Renault et autres) qui produisent à l’étranger low cost pour vendre en France en y important leurs produits extérieurs seront taxées itou.
Le logement est pris en charge par une structure socialisée et fédérée, orientée au niveau national et gérée de façon décentralisée par les régions et les communes. Les « aides à la pierre », genre loi Scellier ou déductions des emprunts sont supprimées. Les agences immobilières sont concurrencées par des agences communales faisant le travail de mise en relation des vendeurs et des acheteurs à un tarif forfaitaire de couverture des seuls frais de gestion. La BSP finance la construction de 150 000 logements sociaux par an en petits immeubles collectifs. Les terrains disponibles sont préemptés, les logements vacants sont expropriés ou réquisitionnés. Des maisons collectives du travailleur isolé ou de l’étudiant sont de même construits et gérés par les municipalités. Les taxes locales sont entièrement revues, fusionnées en une seule et payées en fonction du revenu des habitants. Les loyers deviennent du leasing : le loyer contient une part d’acquisition du logement par le locataire au bout de 30 ans (idée de Proudhon il y a 150 ans). Il en est de même pour les fermages ou autres locations de terres. La médecine, publique ou privée, est transformée en NHS (G-B, National Health Service) : toubibs payés à la capitation (au nombre de patients qui viennent chez eux), soins gratuits, médicaments achetés en gros uniquement par le NHS et distribués à une marge unique aux officines (comme pour les bureaux de tabac), soins en clinique payés à celles-ci par le NHS au niveau des frais du secteur public.
Il est mis en place un grand service national (évidemment toujours sous forme socialisée, multipartite, fédérative) de la recherche fondamentale et appliquée. Ce service coordonne, configure, oriente les organismes publics : CNRS, INRA, etc., les CHU (recherche biologique et pharmaceutique), les Universités (profs simultanément chercheurs et enseignants), les services de contrôle sanitaire en tout genre (des médicaments, des produits chimiques, des ondes électromagnétique, etc.), les laboratoires privés ayant passé des contrats de recherche avec lui. Les chercheurs, les doctorants sont enfin payés convenablement et munis d’un statut pérenne. Des allers et retours entre enseignement, activité de recherche appliquée, recherche fondamentale sont organisés dans des parcours diversifiés. Un conseil scientifique composé de personnes élues par leurs pairs et par leurs collaborateurs supervise le service, définit les axes de recherche, ventile les crédits.
Il est aussitôt créé une structure générale d’organisation de l’apprentissage et de l’alternance. Elle configure les relations entre l’apprenti ou le formé en alternance, l’éducation nationale, les confédérations syndicales plus les fédérations de branche, le patronat représenté non par le MEDEF mais par la CGPME, les chambres de métier et les chambres d’agriculture et de commerce. L’apprenti est payé sur la base de la valeur de sa production. Les contrats de travail organisent la formation entre ses parties de culture générale et de théorie (via les lycées ou collèges techniques ou généraux ou les facultés ou écoles spéciales) et ses moments de pratique dans une entreprise. L’entrée en apprentissage est décidée par une structure multipartite d’évaluation et d’orientation indépendante de l’éducation nationale et du corps professoral ; celle-ci dispose d’une instance d’appel. L’ENA et les grandes écoles, ces « séminaires de l’aristocratie » (Proudhon), sont supprimées. La formation professionnelle des adultes, notamment celle des chômeurs et de la promotion sociale, dépend de cette architecture d’apprentissage-alternance. A cette fin, l’AFPA et le CNAM lui sont rattachés. Le but est de redonner à la France une représentation positive des activités industrielles, agricoles, commerciales. Il est aussi d’organiser le système de façon que de multiples passerelles permettent une diversification des parcours, des formations, des activités professionnelles.
Un grand service fédéré des « biens publics » regroupe les entreprises (publiques ou non mais alors à socialiser) : énergie, transports, communications, eau ; la gestion des usagers est commune même si les activités techniques sont séparées tout en étant soumise la même logique de mission : maximiser l’intérêt général, préparer l’avenir, assurer les ressources d’approvisionnement et la continuité du service, développer les économies d’énergie et les techniques « vertes ». Les prestations sont servies au coût de revient (amortissements compris) plus une marge destinée aux investissements et à la recherche. Ce service obéit aux vieux principes du service public, ceux que l’UE a fichu en l’air. L’orientation du service dépend de l’assemblée nationale et d’un collège multipartite représentant tous les acteurs intéressés à son fonctionnement. La gestion est décentralisée et fonctionne régionalement sous forme de concessions de service public. Des concurrents susceptibles d’obtenir la concession peuvent donc exister mais je doute qu’ils puissent soutenir la concurrence d’un service national, fédéré, mutualisé et intégré (la grosse commission de Bruxelles a fait séparer les activités pour faire disparaître l’avantage de l’intégration et découper les choses en rondelles vendables au privé, y compris les réseaux qui sont pourtant des « monopoles naturels »).
Voilà seulement quelques pistes de contre-structures ayant pour fonction de taper dans la caisse du privé et d’éradiquer la logique du profit en faveur de celle de la solidarité et du socialisé. Non pas étatisé car les organes étatiques sont toujours des nids d’exploitation. Certes, ils ne facturent pas le profit en sus mais ils sont des lieux de pouvoir où les politicards placent leurs copains, extraient du fric, emploient trop pour se faire de la clientèle électorale, où les syndicats se professionnalisent exploitent des dirigeants qui n’en ont rien à fiche puisqu’ils ne payent pas les conséquences de leur décision. Un service socialisé est orienté et contrôlé en mains communes par des représentants de tous les acteurs intéressés à l’affaire réunis dans un conseil de surveillance multipartite. Il est géré à la base par ses opérateurs, il est décentralisé, il est mutualisé dans ses prestations. Il appartient à la fédération des communes, des régions et du pays, il est inaliénable. Il couvre simplement ses charges et ses investissements au « juste prix ». Ce n’est pas la révolution, ni le collectivisme. C’est une solution simple pour faire baisser les frais généraux du pays. C’est du socialisme libertaire.

Bientôt la fin de l’euro et de sa zone

Classé dans : politique — 21 juillet, 2012 @ 5:43

Ca sent le Sapin bien que les socialos se targuent de n’avoir pas accru les difficultés financières du pays avec leurs mesurettes (retour à la retraite à 60 balais pour ceux qui ont commencé très tôt de boulonner, hausse squelettique du SMIC, abandon de la TVA sociale, impôts sur les riches et les multinationales, etc.). Au contraire puisque les taux d’intérêt des emprunts que lève la France sur les marchés financiers internationaux ont diminué ; négatifs en termes réels pour les emprunts à 3 mois (moins 0,015), 2,8 pour les prêts à 10 ans. Triste illusion ou mensonge pour ne pas affoler l’opinion publique.
Cette baisse des taux, encore plus évidente et élevée pour la Teutonie, vient de ce que les créanciers liquident à tout-va leurs obligations sur les pays du Sud (Grèce, Italie, Espagne) afin de se réfugier dans des valeurs plus sûres même en y perdant. C’est déjà une grosse partie de la fuite des capitaux qui atteint sévèrement ces pauvres pays et qui s’accélère au fur et à mesure de la constatation de l’inefficacité des plans d’austérité. Loin de permettre des progrès de compétitivité, de faire retrouver un zeste de croissance, de faire diminuer ainsi les déficits (soi-disant que plus de croissance amène plus de rentrées fiscales et que moins de dépenses sociales fait baisser les coûts de production) lesdits plans enfoncent ces pays dans la crise. Les politicards ont visiblement oublié les leçons (récentes pourtant) de l’histoire économique : tous les plans d’ajustement structurels imposés aux pays endettés du Tiers-Monde, par suite de la hausse des taux d’intérêt (montés à 20 %) décidée en 1980/81 par Volcker, gouverneur de la réserve fédérale (FED) afin de faire remonter le dollar et diminuer l’inflation aux USA, ont ruiné lesdits pays dont les dettes se sont accrues et pour lesquels les capitaux étrangers ont fui. Ce fut le même scénario pour les pays d’Asie, le Mexique, le Brésil, l’Argentine via des crises à répétition. Les nombres qui vont suivre sont tirés d’un article de Médiapart pour l’essentiel.
L’autre partie de la fuite des capitaux vient des particuliers et des entreprises qui mettent leur argent à l’abri en Suisse ou dans des paradis fiscaux, lesquels existent toujours malgré les rodomontades de Rodotarin 1er aux G 20. Il est vrai que la liste officielle des pays « non coopératifs » en la matière est descendue à 7 ! Mais les gros paradis existent toujours : îles anglo-normandes, îles exotiques (Bermudes, Caïmans, etc.), Etats des USA (Delaware, Nevada, Wyoming, etc.), Singapour, Macao, Hong Kong pour la Chine, Monaco, Lichtenstein, Suisse pour l’Europe. Les fuites de capitaux atteignent des sommes astronomiques : ces dernières semaines les déposants ont retiré 200 milliards des banques d’Italie et 150 d’Espagne ; les investisseurs étrangers ont vendu pour 100 milliards de dette grecque et 160 en Italie. Rappelons que la pauvre Italie doit emprunter 415 milliards d’euros en 2012 (renouvellement d’emprunts et suite des déficits, qui plus est accrus par l’austérité) alors que son taux d’intérêt pour les emprunts à 10 ans dépasse 6,5 %. Le fonds d’investissement PIMCO (250 milliards de dollars, un des plus importants des USA) est en train de convertir ses titres en euros en bons du trésor US. La BCE a vu retirer 57 milliards de ses réserves prêtées par l’étranger. Les PVD ont cédé 35 milliards d’euros en réserve de change pour se réfugier dans le dollar. Parallèlement, le cours de l’euro sur le marché des changes plonge petit à petit ; on en est à 1,34 euros pour 1 dollar et on attend 1,15 et ainsi de suite car plus le fric se retire de la zone euro plus celui-ci baisse. C’est une mauvaise nouvelle pour les pays qui importent des matières 1ères ou du pétrole ou du gaz, une bonne pour les exportateurs comme Airbus ou les voitures tudesques. Le dernier sommet de l’UE avait accordé 100 milliards à l’Espagne pour ses banques (prêt du FESF) mais aux dernières nouvelles, c’est raté ; ce pays devra se démerder tout seul.
L’UE est donc impuissante pour sauver la zone euro malgré les soi-disant concessions faites par Angela à François qui a au passage gobé le pacte de stabilité et veut faire passer une loi organique (supérieure aux lois normales et inférieure à la constitution dont la modification requiert les 3 cinquièmes des parlementaires) pour signer le traité afférent en France. Ce n’est pas étonnant. Les politicards et eurocrates en sont restés aux poncifs de l’économie libérale : monétarisme (indépendance de la banque centrale qui ne doit pas émettre plus de monnaie que nécessaire à l’économie et ne pas prêter aux Etats qui tirent sur la planche à billets pour satisfaire leurs électeurs ; du coup les prix du travail et des marchandises augmentent suscitant une inflation par les coûts), économie de l’offre (ce sont les entreprises qui créent l’emploi et l’investissement si les charges ne sont pas trop lourdes, si les salaires sont faibles, si le travail est parfaitement flexible par absence de règles et de protections pour les salariés), thèse du Nairu ou taux de chômage naturel (niveau de chômage qui fait suffisamment pression sur les salaires pour qu’ils n’augmentent pas, efficience totale des marchés libres en concurrence ouverte et sans règles, bienfaits du libre échange permettant à chaque pays de se spécialiser dans ses avantages compétitifs et de tirer bénéfice des importations à meilleur prix et des exportations de ses spécialités, justification des inégalités qui encouragent la productivité des meilleurs et sont la cause de la richesse nationale. Cette panoplie des économistes libéraux, pondue il y a 40 ou 50 ans, a été appliquée par Thatcher et Reagan. Elle a été abandonnée par les dirigeants US depuis longtemps car elle s’est révélée fausse à l’usage dans les nouvelles conditions de fonctionnement du capital mondialisé depuis 30 ans.
Le monétarisme a été vaincu car ce ne sont plus les banques centrales qui émettent la monnaie. 90 % de la masse monétaire sont de la monnaie scripturale (titres de créances, chèques) ou des quasi-monnaies (cartes de crédit, monétique). Ce sont les banques privées qui émettent l’essentiel de la monnaie via le crédit. La Banque centrale ne peut jouer que sur le taux d’intérêt dit directeur auquel elle prête aux banques à court terme ou rémunère leurs dépôts chez elle. Ce taux directeur dirige tous les autres, notamment le taux interbancaire auquel les banques privées se prêtent entre elles (le « Libor », fixé par un panel de banques et qui vient d’être manipulé en Grande-Bretagne). C’est pourquoi la BCE ne veut en principe jamais le baisser (elle est quand même descendue à 0,75 récemment) pour empêcher l’inflation via le crédit pas cher.
La théorie de l’offre a été démentie parce que les entreprises n’ont pas investi, ni les riches dont l’épargne devait être placée chez elles. Les boîtes ont préféré spéculer, racheter leurs propres titres, distribuer des dividendes, investir à l’étranger, emprunter pour acheter en LBO ou pour profiter de l’effet de levier (surtout avec un crédit pas cher). Le « ruissellement promis sur le salariat (théorème de Schmidt : les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain) n’a pas eu lieu. Les riches et les firmes ont préféré spéculer car cela rapportait plus à court terme que d’investir à long terme. Elles on fait de « la valeur pour l’actionnaire », ce qui, au passage, augmentait la rémunération des PDG via les stock-options.
La thèse des effets bénéfiques des inégalités est controuvée par le fait que ce sont les pays les plus égalitaires (démonstration par James Kenneth Galbraith dans « l’Etat prédateur ») comme le Danemark (petit pays sans gaz et sans pétrole, n’ayant pas eu de colonies à exploiter) qui sont parmi les plus riches. En fait, les inégalités de salaires poussent les gens à la passivité ou à partir pour avoir mieux, d’où un chômage structurel de fuite devant les boulots peu payés et aux mauvaises conditions de travail. Ce qui diminue le ratio population active sur population en emploi (taux d’emploi). D’où moins de richesses produites et moins de PIB par habitant. Le discours sur les emplois offerts et non pourvus est donc une blague : il suffirait de les payer convenablement pour qu’ils soient occupés. Serait-ce que les libéraux seraient partisans de l’esclavage ? Les inégalités tuent la cohésion sociale, induisent une course au toujours plus porteuse de stress, de mépris de soi, de découragement, de maladies psychosomatiques qui augmentent le déficit de la Sécu sans que le patronat participe à son effacement. Les coûts généraux de la nation augmentent donc, ce qui diminue la valeur nette de la production.
L’idée de l’efficience des marchés est devenue une blague après le krach de 2008. Galbraith montre qu’il n’y a pas de marchés au sens de la théorie économique néo-classique (la théorie de l’équilibre général) car il n’y a jamais une infinité d’offreurs pour une infinité d’acheteurs, tous séparés les uns des autres. Il y a des grandes organisations (comme les multinationales) qui planifient leurs activités et fixent leur offre et leurs prix. La fameuse loi de l’offre et de la demande est une ineptie ; par exemple dans la finance ou dans l’immobilier quand les prix des actions ou des logements augmentent la demande aussi alors qu’elle devrait baisser d’après ladite loi… Les prétendus marchés (en fait des gros opérateurs et spéculateurs en très faible nombre) n’ont en rien affecté les ressources financières aux besoins d’investissement et de consommation : elles sont allées dans la spéculation sur tout. En réalité, depuis l’apparition des taux de change flottants entre monnaies (1973), ce sont les différences de change qui sont souvent le nerf de la guerre économique et non les marchés ou la concurrence.
Le thème de l’intérêt de la spécialisation est lui aussi démenti. Les pays qui s’en sortent sont ceux qui ont gardé une diversité de productions comme l’Allemagne qui fait encore de tout. Les pays spécialisés, surtout ceux qui ne font que des produits agricoles ou des matières 1ères sont à la merci d’u retournement de la demande et n’ont rien pour compenser leurs pertes d’exportations ; en revanche, ils doivent tout importer ; En outre la diversification est le ressort de synergies entre les différentes branches d’industrie et d’osmoses entre les innovations et leur transposition d’un secteur à l’autre. Ce qui fait la compétitivité d’un pays n’est pas le coût direct de production. Ce sont les externalités positives apportées par le pays : éducation, infrastructures, système bancaire, organisation des « marchés », dont celui du travail, stabilité et régulation juridiques, etc. La croissance, en fait, est « endogène », liée à la situation institutionnelle du pays. Rien ne sert de mettre des machines ou des usines modernes dans un pays qui n’a pas la main d’œuvre nécessaire ni les moyens de transport et de communication afférents. Les cadavres « d’éléphants blancs » en Afrique en atteste suffisamment. N’a-t-on pas vu aussi les soviétiques fournir l’Afrique en bidets dans des régions sans eau courante ou des tracteurs à chenille en Algérie ou la pellicule de terre est si mince qu’elles l’arrachaient ? Du reste, cette thèse donnée par Ricardo était fondée sur des rendements constants alors qu’ils sont croissants depuis longtemps. Ce qui peut être spécialisé en vue de rendements croissants à condition de vendre partout, c’est la firme, pas le pays. Le libre-échange entre pays spécialisés dans leurs avantages compétitifs est une vue de l’esprit. En réalité, les pays qui réussissent le font grâce à une impulsion et un financement public. Le discours libre-échangiste US est à l’usage de l’exportation car les USA sont en fait très protectionnistes et interventionnistes.
Il ne reste donc rien de l’édifice libéral en économie. Sauf dans l’esprit attardé de la teutonne Angela, des libéraux anglais et de Tsarko ; la perpétuation de cette thèse ne sert évidemment qu’à protéger les intérêts des dinosaures qui en ont profité à l’envi et qui voudraient continuer à exploiter la crédulité des autres. C’est bien parti pour fonctionner encore quelques temps, par exemple avec « little Gouda », alias Hollande.

Approche culturaliste des différences de réussite entre la Germanie et la France

Classé dans : politique — 21 juillet, 2012 @ 5:41

Pour expliquer le succès de l’Allemagne dans la compétition économique on nous parle de la compétitivité et des PME. Ce sont des constats des différences entre les 2 pays ; cela ne constitue pas une explication de fond. En 2002, l’Allemagne était au fond du trou par rapport à la France. Mais Schröder fit passer une potion très amère baptisée « agenda 2010 » avec toute une série de lois : indemnités chômage ramenées à 12 mois au lieu de 32, obligation d’accepter un emploi proposé par l’ANPE du coin (d’où les 4 millions de jobs à 400 euros par mois), âge de la retraite à 65 puis 67 ans, flexibilité des contrats de travail avec promotion du temps partiel, etc. Ensuite, Angela a créé une TVA sociale de 3 points, sorte de dévaluation camouflée et équivalente. Banco, la Germanie a retrouvé de la compétitivité-coût. Par ailleurs, l’industrie allemande (23 % du PIB contre 13 en France comme en G-B) dispose d’un important volume de PME (le Mittelstand) innovatrices et exportatrices. Enfin la Teutonie utilise sans modération des sous-traitants chez les PECOS (‘ex-pays de l’Est soviétique) où les coûts salariaux sont très faibles et où la productivité est très élevée car les techniques modernes y ont été installées par les Allemands sous forme de délocalisations ou de rachats de boîtes. Ensuite, elle assemble chez elle et applique au résultat le label « made in Germany ». Il est évident que si tous les pays européens appliquaient la même politique de « désinflation compétitive », on aurait une course généralisée vers le moins-disant en tous domaines qui tuerait l’UE sauf à ce que tout le monde se mette à exporter hors de ses frontières. Ce n’est pas gagné vu le nombre de pays low cost qui couvrent la planète. L’escalade concurrentielle se traduirait par la disparition de toutes les règles européennes : sanitaire, environnementale, sociale, syndicale, droit du travail, niveau des salaires. C’est, du reste ce que visent les libéraux dans le monde. C’est déjà en cours ; par exemple les dirigeants schleus autorisent l’emploi de travailleurs de sous-traitants PECOS chez eux en appliquant les conditions du pays d’origine ou font turbiner des saisonniers étrangers sans SMIC (il n’y en a pas en Tudesquie, ce qui est bien commode pour les emplois à 1 euro de l’heure).
Cette situation appelle bien des remarques. Déjà, la potion Schrôder n’a pu passer que parce que culturellement l’Allemagne reste imprégnée par le vieux fonds luthérien de soumission aux autorités, quelles qu’elles fussent, y compris hitlériennes ou Bismarckiennes, et de centration sur soi via la « bildung » ou poursuite perpétuelle et personnelle de sa propre formation ou éducation. C’est du repli sur soi et de la délégation implicite de la gestion des affaires communes aux pouvoirs. Quand on sait que Marx a vu dans la défaite française en 1870 la victoire du socialisme allemand sur le proudhonisme, on rigole doucement. C’est ce qui explique que ce pays ait vu naître la social-démocratie de collaboration de classe avec le pouvoir politique et le patronat. L’anarchisme n’a pas eu de succès en Teutonie, le syndicat de rupture avec le capital et de coupure avec le pouvoir (rien d’équivalent au syndicalisme révolutionnaire ou à la charte d’Amiens) n’y existe pas. Les syndicats ont donc avalé la pilule Schrôder, par ailleurs social-démocrate reconverti ensuite dans le gaz poutinien.
Hollande, dit culbuto, ne pourra obtenir pareil résultat car le Français est frondeur, car le syndicalisme est divisé et conserve encore bien des structures antisystème. Le fridolin aime l’ordre, il est sérieux. Le syndicat doryphore négocie, coopère via « la mitbestimmung » (cogestion). Ce n’est pas étonnant que les libéraux fassent l’éloge de ce modèle de relations sociales qui privilégie l’existant car pour négocier avec le capital ou l’Etat ou la région (le land) il faut se situer dans les règles du jeu en cours. Celles du capital et du pouvoir, lequel règne via « l’ordo-libéralisme », à savoir le gouvernement par les règles, fussent-elles imposées par le capital via les politicards à leur service qui font voter les bonnes lois favorables à l’ordre libéral.
Le Teuton est nationaliste et traditionnaliste. Il est imprégné du romantisme doryphore (poètes, philosophes, politicards du 19ème siècle qui opposèrent à la raison des Lumières le sentiment, la passion, le droit du sang, la communauté, la tradition) ; je l’ai compris quand le goal boche, Schumacher, a descendu d’un coup de coude la mâchoire de Battiston sans que l’arbitre ne le sanctionne. Déjà, la Bochie régnait et imposait sa loi comme maintenant la grosse Bertha-Merkel. Il est vrai que l’équipe française aurait dû se retirer, elle ne l’a pas fait à cause, déjà, du foot-business et des sanctions d’une institution privée régissant déjà, encore, le football mondial, comme, du reste, le CIO, régit les jeux olympiques comme un Barnum. La nation française est fondée sur un « référendum de tous les instants », sur la décision volontaire et raisonnée d’en faire partie (ce que, du reste, Tsarko foutait en l’air). Le Fritz, lui, adhère par appartenance communautaire. Vous aimez ce modèle de relations sociales ? Tsarko, oui. Et « little Gouda » (Hollande) ? On verra. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que la Doryphorie, a réussi à imposer ses normes à l’UE via le « pacte de stabilité », la non-intervention de la BCE pour le rachat ou l’achat d’obligations étatiques européennes, le primat de la lutte contre l’inflation (hors immobilier et titres !). On observe quand même que la grosse Commission de l’UE n’a pas demandé que le « made in Germany, soit disqualifié puisque produit pour une très large part à l’étranger. Je croyais que la concurrence devait être loyale. Là, non ; ce qui prouve que la Prusse et ses amis de l’Est règnent dans l’UE.
Passons maintenant au Mittelstand. Il faut se rappeler que l’Allemagne, jusqu’en 1870, était un éparpillement de principautés petites et faibles (hors la Prusse, la Bavière et la Saxe). Les boites n’avaient pas de marché national et devaient se battre, déjà en Teutonie, pour vendre leurs produits malgré les droits de douane entre petits Etats. Elles étaient de ce fait contraintes d’innover et de serrer les coûts ou d’exporter hors Bochie. Cet aspect historique de décentralisation de l’économie a été repris par le fédéralisme allemand d’après la 2ème guerre mondiale. Fédéralisme imposé par les USA. Du coup, les régions (« les lânder ») ont eu le droit de gérer leurs affaires et de soutenir leurs industries locales, notamment avec leurs banques proches des collectivités locales et sous dépendance du pouvoir politique régionale ou local. Les collectivités territoriales ont le droit de subventionner leurs industries locales, ce qui, visiblement, n’attire pas les foudres de la grosse commission de l’UE, vu que ce n’est pas l’Etat central qui intervient et que cela ne concerne pas des « Konzern ». Pourquoi la dite grosse commission laisse-t-elle faire les aides et subventions locales tout en proscrivant ailleurs toutes les atteintes à la concurrence par des aides étatiques ? Peut être parce que c’est camouflé par le fait que les subventions peuvent être distribuées par des banques mutuelles locales en réalité dirigées par les politicards du coin. On voit là que l’étatisme français depuis le mercantiliste Colbert n’est pas à la page.
La schleuie s’illustre aussi par une tradition bien ancrée d’apprentissage, laquelle, à l’origine, venait de la nécessité pour les petites boîtes de former leurs travailleurs ; l’Etat a fini par s’en mêler, à leur demande, pour éviter des débauchages sauvages. Ainsi a été organisée une filière de formation par l’apprentissage, lequel en plus, comme l’avait vu Proudhon, fait payer par l’apprenti le coût de sa formation (par la production qu’il effectue. Parallèlement, l’accès aux études supérieures était soumis à une sélection-orientation précoce dont les enfants des classes laborieuses étaient les principales victimes. L’apprentissage est aussi une bonne façon de fidéliser les employés à condition que les transferts entre boîtes soient régulés et indemnisés. C’est le cas. Les PME teutonnes disposent donc d’un personnel fidèle, soumis par la bildung luthérienne, qualifié. D’où l’excellence du Mittelstand allemand alors que les PME et PMI françaises sont désertées au profit des grandes boîtes et de l’administration. Car, en outre, les relations sociales et les conditions de travail dans les PME tudesques sont bien souvent meilleures qu’en France. A quoi il faut ajouter qu’en Allemagne, comme dans les pays du Nord, les syndicats rendent des services aux salariés, ce qui justifie leur existence et explique que les effectifs syndiqués y soient encore considérables (8 % en France, 5 % dans le privé). D’où les conseils avisés proposant de transformer le syndicalisme français en syndicalisme de services (escalier de service, garde-chiourme de sévices).
En France, la culture, depuis Colvert et La Paille Au Nez Buonaparte, a favorisé les grandes écoles d’ingénieurs, puis, ô catastrophe, l’ENA. C’était ad hoc pour une économie étatique et centralisée dans la pure tradition gaullienne par la suite. Ces « séminaires de l’aristocratie », comme disait Proudhon, ont évidemment perpétué la culture autocratique des super diplômés super méritants que les syndicats froissaient dans leur volonté de puissance sans partage. Il n’est donc pas étonnant que l’industrie française soit dépourvue de la culture de la négociation avec le personnel et les syndicats. Rappelons que les analystes font porter cette responsabilité aux seuls syndicats « trop politisés ». Rappelons aussi que la démocratie républicaine française s’est illustrée par les massacres de travailleurs en grève ou en révolution contre le désordre établi : 1830,1848, 1871, 1891 (Fourmies), 1920 (Draveil), 1947 (Jules Moch), qu’il a fallu attendre 1884 pour le droit de grève, etc. Ce n’est donc pas étonnant que la tradition syndicale française soit méfiante vis-à-vis de l’Etat et du kapital. Vous préférez l’attitude allemande ?
Ce que l’on ne voit pas assez c’est que l’existence d’un corps de grands ingénieurs ou fonctionnaires entraîne ipso facto une demande de ceux-ci pour diriger des grosses machines ou imposer leurs oukases bureaucratiques du haut de la puissance d’Etat. L’énarque ou le corpsard des Mines ne saurait se contenter de diriger une PME. Ce n’est pas à la mesure de ses études et de son ego. On a donc eu une sainte alliance entre les super diplômés et les politicards de l’Etat centralisé pour privilégier les grosses boîtes, plus ou moins publiques en fonction des circonstances politiques. Foin des PME, des activités de service. Vive la grande banque « énarchisée » et la grande industrie plus ou moins sous forme de grands projets étatiques, du moins à l’origine. Ce qui, évidemment, a encouragé les jeunes à faire le plus d’étude possible afin soit d’avoir un beau diplôme soit un poste de fonctionnaire. D’où la répugnance bien française pour l’industrie et le travail manuel. Pas besoin d’apprentissage et de PME. En revanche, il fallait que le système éducatif soit réputé sélectionner les meilleurs pour les études longues et l’accès au bout de Graal d’un diplôme de grande école. Il fallait de la méritocratie effective et de l’égalité des chances. C’est ce à quoi se sont consacrés les « hussards noirs de la République » qui ont détecté les élèves les plus prometteurs des classes sociales défavorisées pour les pousser vers de hautes études afin d’assurer un minimum d’ascension sociale et surtout de justifier la place éminente et méritée de ceux qui ont réussi. Cela a marché ; n’avait-on pas autrefois 7 à 10 % de fils de prolos à Polytechnique ? Ces temps ne sont plus aujourd’hui. Entretemps, l’industrie française est allée à vau-l’eau et, maintenant, on ne jure plus que par les PME. Donc, la culture francaoui a privilégié les études générales et considéré les travailleurs comme des scories de la sélection scolaire, ce qui, naturellement, a forgé les représentations et les mentalités des familles et des élèves pour fuir les salopettes et le cambouis. En même temps, les grands diplômés se sont encroûtés à vie dans leur formation, si excellente qu’elle devait valoir un sauf-conduit permanent pour les hautes fonctions quelle que soit la compétence montrée. Ce qui explique l’incapacité de ces pseudo-élites à changer, à innover. Si Guimauve le Concurrent, Montebourg-pif et Peillon veulent changer les choses (créer une industrie de PME et encourager à l’alternance et à l’apprentissage), il y a du boulot et ça sent le Sapin avec Zayrault pointé. Cependant, le seul avantage de la culture française demeure que les élèves ne sont pas brutalement exclus des cycles longs pour aller vers l’apprentissage à la sortie du collège inique.
Un autre avantage du système éducatif français (mais cela dépend du point de vue auquel on se place) est qu’il produit énormément de frustrés : ceux dont les études longues n’ont débouché que sur un petit emploi de fonctionnaire (les concours d’accès à la fonction publique sont si concurrentiels qu’il y faut au moins une maîtrise de droit !) ou autre, ceux qui ont échoué en cours de route (un 1/3 des élèves de 1ère année à l’université abandonnent), ceux qui ont été sélectionnés par l’échec scolaire dès la fin du collège, etc. Il y a du ressentiment dans l’air social, notamment parce que les travaux sur « la reproduction sociale » montre à l’envi que les dés de l’égalité des chances sont pipés. Et, en outre, ce ressentiment s’appuie sur un bon niveau de connaissances générales qui donne les armes pour critiquer le système. Ces demi-soldes du travail sont bien armés, intellectuellement et psychologiquement, pour militer contre le système, contre les politicards, contre le kapital, contre le syndicalisme « d’accompagnement ». Vous préférez le prolo allemand bien à l’aise dans sa soumission et son petit confort, bon professionnel mais mauvais analyste de sa situation ? Il vient un temps ou la profusion de kartofeln, de wienerschnitzel, de sauerkraut, de saucisses du franc fort, de bronze-cul en Espagne, de grosses bagnoles, etc. sature. Surtout les autres peuples se mettent à vous détester.
Le malheur est que le vieux modèle francaoui ne fonctionne plus dans un monde ouvert à tous les vents mauvais de la concurrence planétaire sans freins. Mais qui l’a installée en Europe ? C’est le libéralisme anglais, l’ordo-libéralisme teuton et la social-démocratie française. Cela me rappelle une blague de l’après 39/45 : la guerre a été gagnée par l’or anglais, le sang russe, le matériel américain et … la comédie française. La France, certes, n’est pas à la hauteur du modèle libéral, à supposer que celui-ci soit souhaitable et perpétuel. Le modèle allemand n’est qu’en sursis car il trouvera rapidement du moins-disant ailleurs. D’ailleurs, les prolos allemands commencent à voir ses conséquences sur eux. D’autres pays (Grèce, Espagne, Italie) sont déjà engagés dans la contestation après l’indignation. Je ne sais pas quand, mais ça va péter. Peut être qu’alors les Teutons seront moins fiers de leur modèle qui les exploite à mort et qui rançonne les autres pays.

La polémique sur la suppression des avantages fiscaux pour les heures.sup

Classé dans : politique — 18 juillet, 2012 @ 10:23

Les socialos détricotent la loi TEPA de l’isatis (renard à couleurs changeantes en fonction des circonstances) à talonnettes votée en juillet 2007. Et, évidemment, la droite ne manque pas de dire que ce sont de pauvres travailleurs (9 millions sur 25) qui vont être touchés par l’austérité à rebours des promesses socialos. Faut-il lui rappeler que la défiscalisation des heures.sup était l’alouette par rapport au cheval dans le pâté des cadeaux fiscaux aux riches ? C’était, comme d’hab avec Tsarko, une manœuvre pour faire passer la pilule. Exactement comme Bush ou Reagan avaient justifié les baisses d’impôt aux USA en leur temps par la pincée de diminution donnée aux moins riches.
La droite a accusé dès le début les 35 heures de ruiner la compétitivité et l’emploi, ce que les faits ont démenti. En fait, elle en a profité en portant le quota d’heures.sup autorisées à 220 par an. L’idéal de flexibilité droitière serait, par exemple, un horaire légal de 10 heures par semaine sans limitation annuelle du volume possible. Surtout en y ajoutant la « décotisation » sociale et la défiscalisation pour les firmes ou les boîtes. Finalement, Zébulon 1er s’est montré timoré. Les heures.sup sont une merveille pour le capital, bien mieux que l’indemnisation du chômage partiel qui sévit en Teutonie. On ne paye de la main d’œuvre qu’en fonction du carnet de commande ; c’est souple et c’est peu coûteux car les charges financières de l’emploi ne varient pas proportionnellement au volume d’heures travaillées.
Faire faire des heures.sup est une aubaine pour le capital. Il faut donc que les prolos, et les syndicats censés les défendre, prennent conscience qu’en acceptant d’en faire ils renforcent la logique de rentabilité du capital. Cela évite d’embaucher et participe donc au drame du sous-emploi. Cela augmente l’antagonisme entre les « insiders » bien au chaud dans l’entreprise et les « outsiders » au chômedu, cela participe de la flexibilisation et de la précarisation du travail au même titre que les CDD, l’intérim, le temps partiel, le travail saisonnier ou intermittent. C’est, du reste, ce que visent les libéraux en criant partout et tout le temps que le marché du travail en France est particulièrement rigide.
La distribution des heures.sup est inégalitaire car elle dépend de la situation des entreprises et de la moralité des patrons. Certains n’ont pas hésité à proposer un deal à leurs salariés : pas d’augmentation des salaires mais attribution d’heures.sup plus ou moins fictives en compensation. Chez les fonctionnaires, on note, par exemple, que les profs agrégés à l’université, notamment ceux des classes préparatoires aux grandes écoles, bénéficient d’un gros volume d’heures.sup. Evidemment car leurs obligations de service ne sont que de 15 heures par semaine au lieu de 18 pour les profs certifiés.
Il en découle que les salariés qui font des heures.dup se comportent en fait comme des jaunes car ils usurpent le travail que les outsiders pourraient faire. C’est une conduite individualiste et immorale, c’est un comportement anti-collectif, anti-solidaire. Les heures.sup font partie de ce que j’ai appelé avec Bourdieu des « structures structurantes » car elles induisent (et même forcent) des comportements et des choix qui confortent la logique capitaliste et maintiennent donc et même renforcent le système d’exploitation y afférent. Une contre-structure ou une « anarcho-structure » pour changer de mentalité et de modèle consisterait à interdire toute heure.sup et à n’autoriser que de l’intérim pour passer les pointes d’activité. Car il ne faut pas empêcher ceux qui se contentent de quelques heures de travail de le faire. Je crois me rappeler qu’au 19ème siècle il y avait des « merveilleux », c’est-à-dire des travailleurs (en général qualifiés et demandés) qui travaillaient quand bon leur chantait, préférant faire autre chose : du militantisme, de la lecture, de l’herborisation à la mode de Rousseau, etc. Le fait que les structures, soi-disant libérales, forcent à choisir la solution privilégiée par le capital est une des raisons du comportement des prolos qui, comme on dit, n’ont pas le choix. Il faut bien qu’ils fassent bouillir la marmite pour eux et leur famille.
Certains « prolos » abrutis par la télé et les magazines people, voulant devenir propriétaire d’un pavillon pour montrer aux autres leur statut social d’appartenance à la prétendue classe moyenne, désirant consommer pour faire signe de « distinction » (Veblen, Bourdieu) votent à droite, font des heures.sup, refusent de se syndiquer, adhérent de fait au système capitaliste qui les engraisse un peu (« Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse » ; Stendhal dans Souvenirs d’égotisme). Ils en arrivent à ne pas voir qu’ils votent pour des politicards qui mettent en place une politique contraire à leurs intérêts. Un auteur américain c’est d’ailleurs posé la question. Sa réponse est fondée sur la domination culturelle de l’idéologie droitière, laquelle est profondément intériorisée dans les esprits après des siècles d’aliénation et des décennies de libéralisme. Il faut cependant reconnaître que les conditions de travail, les temps de transport, la vie dans des cités fort peu reposantes, l’exiguïté des logements interdisant de se concentrer et d’étudier (pour les enfants, notamment) ne facilitent pas la désaliénation des travailleurs. Et il faut reconnaître que ce faire réclame beaucoup de temps, de lecture, de réflexion, de discussion. Le capital a réussi à installer des structures de vie qui enferment les gens dans l’incapacité de se rebiffer et de s’associer pour le faire. Les heures.sup font partie de ces dispositifs de contrainte en réduisant le temps disponible pour arriver à se former et en partant parfois de leur nécessité pour payer l’accession à la propriété, seul moyen d’échapper aux cités-ghettos.
Il faut donc pardonner à beaucoup de prolos d’être aussi cons. Déjà, ils ont généralement été éjectés tôt de l’école (souvent avec des parents eux-mêmes prolos qui ne les poussaient pas à étudier mais surtout à cause des processus sélectifs et méritocratiques de l’enseignement et de l’insuffisance des moyens parentaux à la maison) et ne disposent donc pas des grilles de lecture leur permettant de contester et de critiquer. Excuse insuffisante car ils pourraient lire, s’informer, se documenter (notamment sur le Web maintenant) quand parvenus à l’âge adulte et ayant un travail. Mais on a vu que c’était devenu une solution devenue inaccessible. Leur aliénation s’explique aussi et surtout par la victoire du libéralisme.
Celui-ci a porté l’individualisme au maximum, notamment en détruisant les structures collectives et de solidarité. Il a réussi à faire passer la liberté du commerce, d’acheter, de vendre pour le maximum des libertés et le summum des possibilités de choix alors que, précisément, il détruisait peu à peu toutes les libertés. Ce n’est pas par hasard que le libéralisme sauvage actuel de la concurrence sans frein s’accompagne du durcissement et de l’inflation des lois répressives, de la pénalisation des comportements (67 000 taulards aujourd’hui en France pour 55 000 places en zonzon), du flicage par la prolifération des fichiers, de l’espionnage par les vidéo-caméras installées partout dans l’espace public. C’est que les traditionnelles libertés (de s’exprimer, de contester, de manifester, etc.) ont été remplacées par celle de faire ses courses au supermarché du coin et d’acheter des produits low cost produits en Chine. Et on oublie que l’offre de marchandises n’a en réalité rien d’ouvert au libre choix car ce sont les entreprises qui définissent ce qu’elles veulent vendre, et cela en trichant : produits à durée de vie raccourcie exprès, OGM camouflés dedans, pub orientant les achats et souvent mensongère, mise des produits à bas prix en haut des rayons, offre de crédit à la consommation (à un taux de 20 % d’intérêts), etc. La liberté de choisir entre des politiques alternatives a disparu au profit du duopole UMPS qui font la même politique libérale. C’est du reste une des raisons du vote ou de l’abstention des prolos puisque voter pour l’un ou l’autre parti dominant ne change rien. La liberté du travail a été rognée notamment par l’obligation d’accepter n’importe quel emploi après la 3ème proposition de pôle-emploi. Il n’y a donc que la liberté du commerce qui vaille, c’est-à-dire celle du capital et de la finance.
Quand il n’y a plus de vraie liberté de choix dans les domaines essentiels de la vie collective, il ne reste plus qu’à jouer solo, ce qui explique la disparition de l’esprit collectif par effet de normalisation des mentalités via les structures logiques et idéologiques du libéralo-capitalisme. Ce système a su jouer sur les passions humaines les plus viles (la jalousie par exemple qui pousse à avoir autant ou l’amour-propre qui exige d’avoir plus que les autres en étant reconnu par les autres comme étant le meilleur) pour éradiquer l’altruisme, la gratuité, le don, l’entraide, la solidarité. Ce qui explique que les plus menacés par la peur de descendre de l’échelle de perroquet sociale retrouvent de l’estime de soi en arguant qu’ils sont responsables de leur sort, qu’ils ont du mérite à surnager alors que d’autres se laissent aller aux délices de l’assistanat cher à Veau-Quiet. Ils n’ont pas de ressentiment vis-à-vis des riches qu’ils rêvent d’imiter mais à l’égard des plus pauvres qu’eux qui sont des fainéants, des poivrots, des drogués, des assistés, des « risquophobes », des ignares sans qualification qui ne méritent rien dans le « struggle for life ». C’est pourquoi ils ne veulent plus des impôts et cotisations qui servent à entretenir cette engeance de profiteurs vivant à leurs crochets. L’homme n’est plus un loup pour l’homme mais un crotale qui ne veut pas décrocher de la société libérale. Et, d’ailleurs, pourquoi en changer quand on a vu les prouesses du socialisme réel, qu’il soit soviétique ou social-démocrate?
Evidemment, tous ceux qui sont à l’aise dans le système votent pour lui ; pour eux c’est cohérent. Et les profiteurs ou les bons utilisateurs dudit système sont légion. Les traders, les financiers, les banquiers, les assureurs, les vendeurs de produits de luxe, les cadres dirigeants, les journaleux, les profs d’économie libérale, les politicards, les super diplômés munis d’une compétence rare, etc. Certains sont des cyniques, comme les politicards-énarques « pantoufleurs » ou les financiers spéculateurs, qui détournent le système, d’autres sont des « rationnels » qui en saisissent les occasions de valoriser leurs atouts et leurs intérêts. Tous ont intérêt à ce que ledit système perdure malgré sa faillite avérée, son injustice et son immoralité. C’est là que l’on voit l’inanité des socialos-libéraux : avec les heures.sup, simple détail comme dirait l’autre, ils attaquent l’ombre et laissent la proie tranquille. Préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge.

Les gros sabots de Guimauve le Concurrent

Classé dans : politique — 16 juillet, 2012 @ 10:50

Comme suite à l’annonce du plan de restructuration de PSA, Flanby a fait les gros yeux et menacé de le faire retoquer. Rigolons tout de suite car le gouvernement ne fera rien de tangible pour la bonne raison qu’il se situe dans l’orbite du libéralo-capitalisme qui fait pondre ce genre de solution nuisible à l’emploi. De plus, ses moyens d’action et de rétorsion sont tout à fait limités. Déjà, pour attaquer le plan PSA il doit trouver des gus pour l’attaquer devant un tribunal. Cela pourrait venir des syndicats dûment informés par l’audit promis par Montebourg–pif pour le 25 juillet. Il faudrait que cet audit prouve que le plan est spécieux, ce dont je doute pour une boîte qui doit publier ses comptes. De plus, les plans de licenciement édictés pour des raisons financières ne sont pas annulés car la Cour de Cass. a fait jurisprudence sur ce point au nom de la liberté d’entreprendre, laquelle est imposée par les règles européennes et la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) depuis des années. Le conflit de droit entre l’emploi et le commerce est réglé depuis longtemps au profit de la liberté des entrepreneurs et du droit de la concurrence. Le PS ne peut guère allonger d’autres aides à l’automobile francaoui car elles seraient aussitôt attaquées pour distorsion de la concurrence en Europe. Une nouvelle aide à la casse est interdite car les finances publiques sont exsangues et car elle profiterait aussi aux bagnoles étrangères, ce dont Tsarko ne s’était pas aperçu. C’est Dallas comme monde impitoyable de la concurrence « libre et non faussée », votée aussi par les socialistes, notamment pour faire adopter le TCE (refusé par le peuple) en mars 2005. Il est marrant que les politicards gouvernementaux s’insurgent contre les conséquences des textes qu’ils ont votés ou approuvés. Conclusion : les rodomontades socialistes sont du flanc, du blablabla, des exorcismes de l’impuissance qu’ils ont organisée. Le ministère de la parole va reprendre tous ses droits et cela tant que le pouvoir ne sera pas converti à un autre modèle de société.
Remarquons que la droite, pour expliquer la situation, s’appuie sur le manque de compétitivité-coût de la France. Or il se trouve que l’automobile teutonne se porte très bien malgré un coût horaire du travail (salaires, charges, intéressement ou participation) de 43, 14 euros contre 33,38 en France dans ce secteur. De façon générale, le coût du travail dans l’industrie manufacturière est de 33,17 en France contre 33,37 en Allemagne (entre 3 et 5 en Bulgarie ou Roumanie). Et dans cette industrie, généralement, la productivité française est meilleure. Exit donc l’argument du coût du travail pour justifier la défaillance de PSA. Cette boîte, en fait, a une trop forte capacité de production inemployée, manque d’internationalisation et de marques (Volkswagen en a une dizaine, ce qui lui permet de faire fabriquer des éléments communs et donc d’avoir des économies d’échelle pour toutes ses marques) et produit surtout des modèles moyens et petits (que Renault fait produire à l’étranger dans des pays low cost, comme les Tudesques qui font faire les pièces dans ces pays mais ont l’astuce de faire les montages en Germany) qui rapportent peu. Les Fridolins, eux, exportent du haut de gamme pour les riches qui pullulent de plus en plus grâce au libéralisme y compris en Chine et autres PVD. En réalité, si les parts de marché françaises diminuent (un petit 3,8 % au plan mondial ; avec un déficit du commerce extérieur de 70 milliards en 2011 et 12 % du PIB apporté par l’industrie), c’est qu’il n’y a pas eu de politique industrielle depuis 20 ans. Les gouvernants, de gauche ou de droite, ont favorisé les multinationales, la finance et les services au détriment de l’industrie. Car les excellences des cabinets ont préféré y pantoufler plutôt que de salir leurs blanches mains dans la production. On a par exemple fait disparaître Péchiney en la laissant racheter par un prédateur qui ne voulait que piquer ses brevets, sa technique et ses marchés. Itou pour les aciéries (renflouées par l’Etat au profit de la famille de Wendell !) rachetées par Mittal en roupies de sansonnet. Pendant ce temps-là, les PME n’avaient pas les moyens d’innover et d’investir car leurs marges étaient plumées par les impôts, genre taxe professionnelle, par les multinationales ou la grande distribution qui les rançonnaient comme sous-traitants ou fournisseurs et car les banques ne leur prêtaient pas faute de garanties et de confiance. Et spéculer (notamment avec l’argent des petits déposants) était plus avantageux pour elles. Pourquoi le Plan et la stratégie industrielle disparurent-ils des écrans radars ? A cause des oukases de Bruxelles autorisés par les dirigeants français sous forme de directives organisant le libre-échange concurrentiel en Europe (plus d’aides, plus de secteur public hors concurrence, plus d’intervention publique) et surtout à cause de la conversion des politicards de tout poil et de leurs technocrates énarchiques (souvent les mêmes) au libéralo-capitalisme financiarisé. Ces politicards ont en outre favorisé les produits de moyenne gamme en ouvrant (sous Giscard et Pompidou, d’abord) les vannes des emplois peu rémunérés souvent occupés par de la main d’œuvre immigrée et analphabète. Le travail ne coûtant pas cher, il suffisait de faire des heures.sup ou d’allonger la durée du travail et il était inutile d’investir dans des technologies modernes.
Le vrai problème est donc, si l’on veut reproduire en France, est de relancer la production industrielle et de sortir de la concurrence déloyale. Je vais ici proposer des mesures compatibles avec l’UE. Pour des approches plus radicales, le lecteur se rapportera à mes précédents textes. Il faut d’abord créer une banque publique et socialisée, fondée sur une monnaie interne gagée sur la production et les stocks, pour le financement des PME et de la recherche-développement. C’est facile : CDC plus banque postale plus Trésor plus caisse d’épargne (actuelle BPCE) plus les banques mutualistes (Crédit agricole ou mutuel) revenues dans la logique coopérative. Ce secteur est fédéré, il recueille les dépôts en les rémunérant, il accorde des prêts bonifiés aux PME et à l’économie sociale (coopératives, mutuelles, entreprises d’insertion, etc.). Il émet les emprunts publics et fait des avances au gouvernement. Parallèlement, les banques privées sont obligées de séparer leur fonction de collecte des dépôts et de commerce de prêts de leur rôle d’affaires ou d’investissement. Les assurances-vie sont obligées de consacrer les fonds recueillis à des investissements et des titres en France (elles ont dans les 1500 milliards dont l’essentiel fiche le camp à l’étranger !). Progressivement, une part croissante des cotisations-retraite sera capitalisée pour investir dans le logement (surtout social) dont les loyers serviront les retraites.
Je m’étonne toujours de ce que les exonérations ou baisses de cotisations sociales (plus de 30 milliards par an) soient appliquées à toutes les entreprises quel que soit leur degré de mise en concurrence ou d’ouverture à l’international et concernent les salaires inférieurs à 1,6 SMIC. Eureka : il suffit de faire comme pour la TVA ; elles seraient remboursées à l’exportation et les importations se verraient appliquer les mêmes. Cela permettrait notamment de contrer les tricheurs comme la Tudesquie ; celle-ci a laminé ses prélèvements sociaux, installé une TVA sociale de 3 points (ce qui équivaut à une dévaluation d’autant), fait appel à des saisonniers sans SMIC (au plus 400 euros par mois comme 4 millions de travailleurs allemands forcés de prendre n’importe quel emploi), détourne les règles européennes sur le détachement de salariés (appel à un prestataire, disons polonais, qui fournit des travailleurs payés au tarif polonais quoique turbinant en Bochie ; or les règles à appliquer ne sont pas celles du pays d’origine mais celles du pays d’accueil). Les dirigeants prussiens trichent aussi en utilisant le label « made in Germany » alors que l’essentiel du coût vient d’intrants fabriqués low cost dans les PECOS. On se demande pourquoi la grosse Commission de Bruxelles ne met pas ces abus dans les choux. Serait-ce que c’est la Grosse Bertha qui fait la loi ? Evidemment les pays exportateurs pourraient déduire leurs propres cotisations sociales (toujours comme la TVA), lesquelles sont souvent proches de zéro ou très faibles (ce qui explique que le coût du travail des Gibbies ne soit que de 20 euros de l’heure, qui plus avec des semaines pouvant monter à 65 heures [opt-out, c’est-à-dire horaire négocié entre le renard et la poule contractant librement entre eux] et une facilité totale pour les licenciements) dans leurs ventes en France.
Poursuivons dans la même veine ; toutes les financements imposés aux industriels : taxe carbone ou sur les carburants, obligations de sécurité sanitaire, taxes sur les frais de dépollution, etc. (si cela n’existe pas, il suffira de les créer) seront eux aussi détaxés à l’exportation. L’UE ne pourra contester la chose car il ne s’agit pas de droit de douane ni même de fiscalité européenne. Prenez en de la graine, vous les socialos sans idées.

Plus d’intégration européenne ?!

Classé dans : politique — 14 juillet, 2012 @ 10:34

C’est presque comique quand on songe à ce que depuis 20 ans les politicards de l’UE n’ont eu de cesse que d’élargir l’UE qui en est maintenant à presque 28 Etats. Il faut dire que 2 pays y ont sacrément poussé. C’est d’abord la Teutonie qui y voyait le moyen d’investir son ex-zone d’influence d’avant les 2 guerres mondiales. Elle y voyait aussi l’occasion de faire turbiner les ex-pays de l’Est comme sous-traitants low cost tout en assemblant leurs pièces détachées pour y appliquer une étiquette « made in Germany », comme gage de qualité prussienne. Les dirigeants rosbifs, eux, persévéraient dans leur conception de l’Europe, à savoir une simple zone, de plus en plus vaste, de libre échange soumise à l’impérium US et sans règles communes autres que commerciales. Ces deux pays apercevaient aussi qu’une Europe sans cesse étendue, mais sans substance, comme dirait Spinoza, serait dans l’impossibilité de décider quoique ce soit ; déjà dans les domaines où l’unanimité est requise (fiscalité, social) et ensuite dans ceux où une majorité dite qualifiée suffit mais où la voix de Malte (300 000 habitants) compte autant que celle de la France (65 millions). Ainsi l’Europe pouvait-elle avancer sur son erre hyper libérale décidée dès les 1ers traités. On a donc eu pour résultat un assemblage hétéroclite de pays tirant à hue et à dia, chacun essayant de majorer ses « avantages compétitifs » et faisant ainsi la course au moins-disant dans tous les domaines. Il faut dire que c’est une curieuse Europe : avec une monnaie unique pour 17 pays, un budget communautaire riquiqui (1 % du PIB de l’UE), aucun transfert compensatoire de l’hétérogénéité des économies et des modèles sociaux, peu à peu interdiction des coopérations entre certains pays sous prétexte d’atteinte à la « concurrence libre et non faussée » (Airbus serait aujourd’hui impossible), BCE chargée de contrer l’inflation mais interdite de prêts aux Etats, ouverture à tous les mauvais vents du marché international (notamment par quasi disparition des droits de douane vis-à-vis de l’extérieur. Et qu’on ne dise pas qu’un tel bordel est apparu malencontreusement en dépit des bonnes intentions des politicards européens. Cela a été fait exprès pour forcer les peuples les plus avancés à accepter des restrictions en tout genre au nom de la compétitivité dans la concurrence. C‘est, du reste, le cheminement que Guimauve le Concurrent s’apprête à continuer sans débander malgré l’absence de DSK. Car il faut bien noter que les dirigeants compradores français, depuis Pompidur puis Mythe-Errant et compagnie, soit n’ont rien compris au film teutono-gibbyen, soit l’ont validé pour se lancer eux aussi dans la mare vaseuse de la concurrence libéralo-capitaliste. C’est pourquoi Flanby et Monte-au- Bourg se trouvent bien démunis quand la bise est venue dans l’essaim de PSA.
Et voilà que face à la crise que leurs décisions ont entraînée les politicards européens demandent maintenant plus d’intégration ! Laquelle ? Ben voyons : il s’agit d’une police financière commune assise sur le pacte de stabilité concocté entre Tsarko et Angela. Ce traité, à ratifier tantôt y compris chez Hollande, prévoit que les budgets européens seront examinés ex ante par la grosse Commission de façon à vérifier que les engagements d’austérité sont tenus en visant pas plus de 0,5 % de déficit structurel par rapport au PIB (quésaco ?). En cas de contentieux, c’est la CJUE (Cour de justice de l’UE, depuis longtemps convertie à l’hyper libéralisme comme le montrent ses arrêts depuis longtemps) qui tranchera. Auparavant, en France, le Conseil Constitutionnel examinera la conformité du budget avec le pacte. A quoi servira le parlement, dont une mission essentielle est de voter le budget, dorénavant ? A rien. En échange, Flanby le magnifique, chevalier sans peur et sans reproche d’un pacte de croissance qui devait se substituer audit pacte de stabilité (avant son élection…), a obtenu 130 milliards (déjà existants notamment dans les fonds structurels non distribués ou avec la banque européenne d’investissement) pour investir dans les infrastructures et cela pour toute l’Europe ! C’est ce qu’on appelle une victoire à la Pyrrhus car la vraie gagnante est Angela Merguez. Cependant, l’Italie et l’Espagne ont obtenu de nouveaux prêts afin de détendre leur taux d’emprunt sur les marchés internationaux. Le gouvernement espagnol, auquel la zone euro prêtera, pourra donc soutenir ses banques (au bas mot 80 milliards) qui ploient sous les créances douteuses de leurs prêts immobiliers alors que le secteur s’y est écroulé. Mario Monti, ex-Goldman-Sachs, pourra faire acheter des titres publics, comme l’Espagne, par le FESF (fonds européen de stabilité financière) puis le MES, mécanisme européen de solidarité à 3 % au lieu de 7 sur les marchés. Il y a un hic : il y faut l’unanimité alors que l’Islande et les Pays-Bas s’y opposent !
Comment ça marche ? Le MES, qui remplacera le FESF, reçoit la garantie des Etats non encore dans la dèche (dont celle de la France pour 80 milliards, ce qui accroît sa propre dette publique d’autant) et peut emprunter jusqu’à 900 milliards à 2,5 % sur les marchés. C’est ce qu’on appelle l’effet de levier : par multiplication du montant de la garantie ou des fonds propres jusqu’à 10 fois dans le privé) Ce qui est drôle dans cette manip, c’est qu’une bonne part de la garantie est apportée par des Etats eux-mêmes dans le collimateur des agences de notation et des marchés, il s’ensuit, par exemple, que la confiance dans la dette française peut diminuer à la hauteur de la mise en jeu de la garantie donnée pour d’autres emprunteurs comme l’Espagne. Or celle-ci vient d’annoncer un nouveau plan d’austérité qui va définitivement tuer ses espoirs de croissance et de restauration de ses comptes. Si l’Espagne ne peut honorer ses emprunts, c’est notamment la France qui casque et qui verra sa note abaissée et son taux d’intérêt augmenter. Il s’en suivra que sa garantie au MES vaudra des roupies de sansonnet et ledit MES verra sa propre note (aujourd’hui triple A) abaissée. Le rigolo de l’affaire est donc que les garanties sont données par des Etats eux-mêmes à garantir ! Voilà où mène d’être conseillé par des banquiers comme dans notre pays bas par M. Macron dit bientôt Micronmégas. L’actuelle faveur dont jouit aujourd’hui la France risque fort de ne pas durer. Elle vient d’emprunter 6 milliards à 3 mois au taux (réel négatif si on déduit l’inflation de 1,5 à 2 %) de 0,5 % et ses emprunts à 10 ans ne lui coûtent que 2,4.
L’intégration serait aussi faite via un ministre européen des finances (chargé de faire procéder à un examen semestriel des budgets étatiques des emprunteurs) et la mise en place d’une union bancaire entre les banques privées ; elles seraient alors chargées de s’entraider au lieu d’être alimentées par les Etats. C’est de l’utopie au nom du toujours More, car les banques en profiteront pour absorber pour pas cher leurs collègues les plus vulnérables, par exemple celles de l’Espagne, laquelle ne pourra pas supporter la chose et sera donc obligée soit de nationaliser soit de mettre au pot. Ce qui continuera d’alimenter la confusion entre dette publique et dette privée, faillite étatique et faillite bancaire.
Certains, au vu de ces combines, de ces rustines de croissance et d’intégration plaquées sur le plan de stabilité, s’émerveillent et parlent d’un grand pas vers le fédéralisme. C’est oublier le sens du mot, y compris dans sa pauvre version hamiltonienne (simple union politique, non pas le fédéralisme proudhonien qui est tout à la fois politique, juridique et économique, où le « droit politique reçoit le contrefort du droit économique »). Le fédéralisme est un pacte d’association dans lequel les Etats fédérés se réservent plus de droits propres et locaux qu’ils n’en abandonnent à la fédération ; ils restent maîtres chez eux pour les affaires qui les concernent. En revanche, la fédération s’occupe des choses communes (la monnaie, la défense, la cour suprême) et organise des transferts financiers d’aide mutuelle via l’impôt fédéral. La fédération dispose d’un parlement de plein exercice et démocratique et d’un exécutif commun pour les affaires collectives. Cela ne ressemble guère à l’UE qui n’est qu’un ramassis d’Etats indépendants (une « confédération » de puissances souveraines alliées ; et dans ce cas uniquement pour le commerce, donc même pas pour la défense qui est assurée par les USA via l’OTAN) qui négocient entre eux au jour le jour (conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement). Une vraie fédération n’est pas près de naître tant sont nombreux les intérêts de ceux qui n’en veulent pas : les Rosbifs, les Tudesques, les Francaouis, et les petits pays qui profitent des bisbilles entre les grands. De plus, il y faudrait une culture commune. Or il n’y a en réalité pas grand-chose de commun entre la culture française et frondeuse de l’égalité, de l’Etat et du service public, celle des Gibbies du libre commerce, de la liberté sans égalité et de la « common law » (traditions), celle des Teutons du primat du droit (ordo-libéralisme) et de la soumission aux autorités via l’héritage de Luther (combien de révoltes en Germanie depuis celle de Thomas Münzer zigouillé grâce à Luther ?), celle des ex-pays de l’Est convertis au pur libéralisme et repliés sous le parapluie américain, celle des pays du Nord qui sont assis sur le consensus social et na négociation, celle des pays latins parfois calotins comme l’Italie ou anarchisants comme l’Espagne catalane, etc.
Ce qui milite, du reste, pour créer une fédération de l’Europe du Sud contre celle des protestants anglicans, luthériens et calvinistes, tous frappés par le mythe de l’austérité, de la prudence, de l’utilité. Songeons à ce que les protestants sévères n’ont rien fait de beau, de grand, de gratuit, de généreux. Par exemple, la plupart des beaux bâtiments rosbifs datent de l’époque catholique et des Normands avant la création de l’église anglicane sous Charles VIII. Pour s’en convaincre il suffit de regarder les horribles châteaux des Tudor et des Windsor. L’Europe du Sud est celle de l’art de vivre, de la vieille civilisation, bien antérieure aux hordes teutonnes et saxonnes qui l’ont envahie. Quand Rome construisait l’aqueduc du Pont du Gard, les Germains vivaient dans les forêts et les Saxons envahissaient la G-B, chassant les Celtes qui s’installèrent en Bretagne. Les Ostrogoths, Wisigoths et autres Germains, les Huns et les autres n’on fait que détruire. Est-ce que cela ne continuerait pas sous d’autres formes, à savoir la suprématie de l’économie teutonne dont l’essor vient en partie du faible remboursement des exactions germaines depuis 1870. Les grecs en savent quelque chose, eux auxquels l’Allemagne doit toujours plus de 100 milliards de réparations de guerre 39/45. J’ai une idée ; pour regonfler les trésors publics des pays du Sud, il faudrait constituer une commission d’évaluation des dégâts tudesques et des réparations versées, puis exiger le versement du solde auprès de la CJUE puis de celle de La Haye. Cela fait du pognon : rien que pour la France, les 5 milliards de francs-or versés à Bismarck en 1871, les manquements aux réparations dues après 14/18, les destructions de 39/45 et les 400 millions de francs versés par jour (vous avez bien lu) par Vichy au Reich. Et en plus la France a contribué à payer la réunification allemande via le franc fort calqué sur le mark sous Tonton. Lequel aurait été plus avisé d’exiger 500 milliards de marks pour autoriser ladite réunification. Cette somme (environ 250 milliards d’euros plus les 100 milliards grecs en 2012) serait ensuite partagée entre les différents pays du Sud européen. Et tant que les dirigeants Fritz n’auront pas payé la fédération du Sud interdira tout commerce avec eux. Une entente avec les Russes, auxquels la Teutonie n’a rien payé après 39/45 (c’est pourquoi ils ont déménagé les machines de la RDA chez eux) malgré les plus de 20 millions de morts qu’ils y ont faits, serait utile. La Russie pourrait vendre son gaz à la fédération plutôt que de rémunérer grassement M. Schröder.

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