les armes de la critique

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Le socialisme

Classé dans : politique — 14 avril, 2011 @ 11:01

Depuis la chute de l’empire soviétique et du mur de Berlin en 1989, les analystes ont pronostiqué la victoire définitive du libéralisme et la « fin de l’histoire » et même du politique au profit, si j’ose dire, de la seule dimension économique des choses sociétales. Par ailleurs, les socialos de tout poil se sont convertis au libéralisme, parfois sans le dire comme l’on fait les Français ès 1983 sous Tonton. C’est ce qui explique que la construction européenne ait versé dans le tout-marché mondialisé et concurrentiel, la chose ayant été officialisée dans le fameux traité constitutionnel européen (TCE) rejeté par les Français en 2005 et remis en place sous Tsarkocescu.  Les socialos ont même facilité le mouvement de globalisation financière (DSK en tête en 98/99) et sont allés jusqu’à dire que leur programme n’était pas socialiste (Jospin en 2002). En avril 2011, le PS sort un programme de contre-réforme mais sans aller jusqu’à nous dire de quel projet idéologique et philosophique du socialisme ils se réclament. 

Les vaincus par le libéralisme débridé (même en Chine, eh eh) ne trouvent plus de système de valeurs socialistes susceptibles de les motiver au-delà de l’abstention, du vote nul ou blanc et du petit jeu de l’alternance pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui siègent autour de l’assiette au beurre. Pourtant, il faut bien souligner que l’idée socialiste n’est pas morte. Elle revit en permanence parce que le libéralisme n’est qu’un rapport de forces qui recrée en permanence ses opposants et ses exclus. 

Evidemment, il ne peut pas s’agir de n’importe quel type de socialisme. Le modèle communiste et soviétisant est mort officiellement en 1989 même s’il reste des pays communistes qui ne le savent pas encore (Cuba, Vietnam,  Corée du Nord). Ou plutôt, il y a encore des pays où des dictatures communistes s’accrochent à leur pouvoir et à leurs privilèges contre la grosse majorité de leur peuple. La Chine est un cas particulier : le pouvoir y est typiquement communiste en tant que tyrannie mais il a compris que son peuple se révolterait s’il ne bénéficiait pas d’une amélioration de son sort (ce qui se passe dans les pays arabes en ce moment). Alors le pouvoir a mis en place un régime interventionniste et à direction étatiste (par le parti communiste et ses millions de redevables et d’affidés) pour se lancer dans la concurrence mondiale, sans, d’ailleurs, en respecter les règles du jeu. 

Ici, nous allons donc définir quel mode de socialisme est désiré et attendu par tous les peuples pratiquement depuis toujours. 

  • Le socialisme a pour but de promouvoir les droits individuels : respect des personnes, de leur intégrité physique et morale, de leurs possessions personnelles à usage privé, protection de leur liberté contre l’Etat, l’administration et les puissances privées. Pour ce faire, il part de l’intérêt général (recherché à partir de mises en débat participatives et décentralisées et non déterminé par des experts et des politicards) alors que le libéralisme postule que celui-ci n’est qu’une résultante des interactions et des intérêts privés et individuels. Partir de l’intérêt général signifie que le projet socialiste se donne pour mission de créer les conditions législatives et structurelles auxquelles les personnes, les familles et les groupes seront respectés et pourront développer leur potentiel d’action au maximum de leurs capacités libres d’action (« capabilités » de Sen qui lie les capacités et les structures ou moyens grâce auxquels elles peuvent s’actualiser réellement). Ces conditions ne sont légitimes que si personne n’est exclu, marginalisé ou lésé. C’est pourquoi le socialisme promeut des droits réels (droits à) alors que le libéralisme ne propose que des droits formels ou abstraits ou théoriques (droits de). Par exemple, le droit au travail ou au logement ou à l’éducation ; de façon générale tous les droits qui permettent à tous de mener une vie digne en ayant accès aux biens fondamentaux de l’existence (par exemple, aujourd’hui car les choses varient en fonction du degré de développement des « forces productives », le droit à l’électricité, au chauffage, à l’eau, au téléphone, aux moyens de communication, etc.). Contrairement donc à la novlangue libérale, le socialisme ne nie pas les droits des personnes mais au lieu de laisser faire les interactions privées il les organise de façon  qu’ils soient effectifs. Oui, le socialisme est interventionniste ; sinon son projet ne serait pas possible. 

  • Le socialisme est républicain et démocratique. Il ne s’agit pas de la démocratie représentative dont les défauts sont visibles notamment aux USA, en France et en Grande-Bretagne. Il est question d’une démocratie ouverte et responsable (mandat impératif mais pas plus de 2 mandats tant dans l’espace que dans le temps) participative, décentralisée associant le fédéralisme tout à la fois politique, social et économique et le mutuellisme coopératif, c’est-à-dire sans Etat central. La démocratie ne saurait se réduire à un suffrage ponctuel et atomistique ou à des règles ; c’est un ensemble d’institutions, de valeurs, de structures de mise en débat et de décision et c’est un processus interactif d’expression, de mise en débat et de participation aux décisions à partir de la base et des collectifs sociaux décentralisés et reconnus. La démocratie ne se suffit pas ; il faut aussi un projet et des réalisations décrits dans le paragraphe précédent et symbolisés par la justice. Ce socialisme ne sépare pas la politique de l’économique et du social ; le politique est une instance de coordination, de relation et de régulation qui se situe dans la société et non au-dessus (cas de la démocratie représentative libérale où le politique est supérieur et extérieur à la société). C’est pourquoi la démocratie doit exister dans tous les domaines, à commencer par celui de l’entreprise et celui des collectivités de base ou locales. 

  • Le socialisme, c’est la liberté ; il est totalement libertaire dans une conception où le droit (Etat de droit) joue un rôle majeur. La liberté des personnes et des groupements est sa valeur principale avec la recherche de l’égalisation. Liberté et égalité n’y sont pas contradictoires comme dans le libéralisme mais combinées, « composées » entre elles. Du reste, sans la recherche de l’égalité, il n’y aurait pas de coopération sociale possible car chacun ou chaque groupe aspire à être reconnu et respecté, ce qui suppose que sa place dans la société est suffisamment égale avec celle des autres. Il n’y a de socialisme que libertaire comme anarchisme sociétaire. 

  • La recherche de la justice est la préoccupation permanente du socialisme. Il poursuit inlassablement l’égalisation des conditions, des situations et réclame l’égalité des chances, c’est-à-dire la mise en place de moyens, de dispositifs, de règles, de structures qui permettent vraiment à chacun d’aller jusqu’au maximum de ses capacités, notamment grâce aux structures éducatives et de formation professionnelle continue. C’est un effort incessant de poursuite de l’égalité tout en préservant la liberté. Egalité n’y signifie pas égalitarisme mais juste récompense des efforts et des mérites. Et en tout état de cause, chacun, de par son existence même, a droit à un sort et à une vie dignes. Pour la recherche de l’asymptote de l’égalisation, le socialisme est une « démopédie » en ce sens que ses structures et processus sont auto-apprenants, que son système éducatif ou formateur amène chacun à pouvoir aller au plus haut de ses talents, à avoir une profession lui permettant de bien vivre et aussi à participer pleinement à la vie de la cité comme citoyen lucide et raisonnable. C’est pourquoi la formation n’y est pas qu’utilitaire (employabilité, professionnalisation) ; elle dispense aussi les moyens d’être un esprit libre et bien armé par les disciplines critiques (histoire, philo, économie, en bref « les humanités »). 

  • Le socialisme rend la propriété des moyens de production chose commune ; ils sont socialisés : propriété en mains communes par les différents niveaux de la fédération, possession et gestion par les travailleurs, orientation et contrôle par un conseil d’administration multipartite (usagers, associations, syndicats, mandatés politiques). Il privilégie la forme sociale des petites entreprises (coopératives, mutuelles). Il socialise notamment la monnaie, la banque, le crédit et l’assurance. Il sait que la vie socio-économique ne va pas sans conflits. Le conflit est reconnu comme positif et réglé de façon pacifique. Au lieu de le comprimer dans la centralisation et la technocratie unitaires et imposées, il crée les structures permettant d’exprimer les conflits, d’en débattre et de négocier de façon pluraliste et démocratique (la fédération, comme prise en charge des problèmes sociétaux est faite pour). Ainsi, l’économique est-il remis à une place subordonnée dans la société. L’économie socialiste part des besoins individuels et sociaux puis se contente de les satisfaire au mieux sans rechercher l’extension à l’infini et la rentabilité financière (pas d’internationalisation de la production sans de bonnes raisons  sociales; pas d’importation si l’on peut produire nous-mêmes) ; elle est donc frugale et respectueuse des ressources. 

  • Diversité, pluralisme, internationalisme structurent le vrai socialisme qui, cependant, requiert la laïcité comme valeur transcendant les différences idéologiques, religieuses, « ethniques ». il vise une unité de composition dans la pluralité des acteurs sociaux et la diversité des cultures. Il cherche à unir  (union volontaire par adhésion et non unité imposée) en respectant les libertés et les différences dont, du reste, il se nourrit, loin des politiques d’exclusion et de fermeture montrées par la droite y compris soi-disant libérale. Les valeurs sociopolitiques qu’il promeut associent les acteurs dans la recherche de la cohésion sociale et la motivation pour l’action de tous dans le concert sociétal. Ces valeurs ne réclament pas une assimilation-disparition de celles des groupements mais simplement posent une sorte de transcendance supérieure aux parties en interaction, valeurs purement sociopolitiques : respect de l’autre et de ses opinions, valeurs et traditions, primat de la discussion, respect des minorités (et de la minorité politique), écoute des autres, recherche du consensus par le débat, laïcité (neutralité politique et juridique vis-à-vis des croyances), solidarité. Car sinon la paix ne peut pas régner alors que la sécurité et la paix pour tous et chacun sont une de ses finalités majeures. 

  • Le socialisme répudie l’individualisme libéral qui repose sur de pures monades individuelles toutes construites sur le même modèle biopsychologique de passions innées (égoïsme, utilitarisme, hédonisme, etc.). Mais cela n’implique pas la négation de l’individuation de chaque personne, la non-existence des individualités. Cela signifie que toute identité personnelle est une composition plurielle d’identités, d’appartenances, de références. Je suis moi-même, ma famille, mon collectif de travail, mon voisinage d’habitation, ma communauté de croyance ou d’idéologie, mon pays, mon appartenance à l’Europe et à la commune humanité des habitants du globe. De ce fait, l’identité unique à la sauce Tsarkozy est récusée parce qu’elle exclut ceux qui n’appartiennent pas au même et parce qu’elle implique la guerre des différents contre les autres. C’est pourquoi le socialisme est aussi pluriculturel et demeure internationaliste ; il vise ce qui rapproche et proscrit ce qui divise. D’ailleurs, le fédéralisme repose sur la combinaison des libres diversités et non sur la normalisation de tout le monde dans l’unicité. 

  • Le socialisme se soucie de la qualité de vie, de la nature, de l’environnement et ne peut donc être qu’écologiste et animé par le principe de précaution. C’est pourquoi la science ne saurait décider toute seule sans participation et implication de tous les acteurs sociaux. Il utilise l’expertise mais ne décide pas en fonction des positions des seuls experts, notamment dans le domaine de la santé et des médicaments ou de l’énergie. La technologie est remise sous la coupe d’une analyse multifactorielle de ses dimensions sociales, psychologiques, humaines, écologiques. L’approche socialiste des problèmes est multidimensionnelle et transdisciplinaire ; elle est associative et participative pour les acteurs ; elle n’est pas ponctuelle ou momentanée car elle vise à envisager les conséquences futures des décisions sur la terre tout entière (et non pas sur les nuisances locales) et pour les générations futures. On est loin des analyses court-termistes et financières chères au libéralisme. 

Telles sont les lignes directrices d’un socialisme libertaire ni communiste-étatique ni libéral-commercial. Qui en veut ? 

Va donc, eh, charnière (petit gond) !

Classé dans : politique — 9 avril, 2011 @ 10:56

Le président Tsarkozy vient d’impliquer notre pays dans des conflits extérieurs, sans consulter le parlement et même, dans le cas de la Libye, alors que le ministre des affaires étrangères n’était pas au parfum. C’est comme pour notre retour dans l’Otan et notre implication accrue en Afghanistan ou notre rôle de gardien des mers contre les pirates somaliens. Comme dab, il a décidé tout seul dans la précipitation et l’improvisation pour faire un coup médiatique et pour compenser ses déboires intérieurs. C’est la tactique de tout pouvoir controversé que de se lancer dans une diversion guerrière pour faire oublier ses manques intérieurs et racoler tous les patriotards au nom de « l’union sacrée ». Rappelons- nous Bush II en tenue d’aviateur après les attentats du 11 septembre ; cela lui a valu un 2ème mandat présidentiel. 

En Libye, notre conducator suprême a avalisé la représentativité d’une sorte de « coordination » d’opposants à Kadhafi, dont personne ne sait la vraie nature, les objectifs ou les accointances. Il s’est lancé dans des opérations aériennes de destruction des armes et des avions dudit Kadhafi sans savoir quoique ce soit des autres moyens terrestres du tyran libyen et de ses soutiens. Du coup, passées les victoires du début, ça patine sec sur le terrain et nous voilà mis dans une situation de guerre civile de longue durée. Gnafron 1er ne sait rien de l’attitude profonde des régimes arabes, largement marqués par le nationalisme, l’anticolonialisme et le despotisme et craignant sans doute d’être débarqués par leur peuple avec l’appui occidental. L’offensive occidentale peut fort bien donner des idées aux pays encore calmes ; elle peut aussi contribuer à détériorer l’image des Occidentaux qui, apparemment, interviennent surtout quand ça sent le pétrole et quand l’ennemi potentiel n’est pas trop puissant. C’est pourquoi les autres pays ont laissé le va-t-en-guerre français prendre la tête de l’offensive et commencent à renâcler devant l’enlisement actuel des opérations sur le terrain. Itou en Côte d’Ivoire où l’opération licorne finit par déboucher sur une intervention anti Gagbo au nom de la neutralité de la France dans le conflit de légitimité ivoirien. 

Notre nouveau cow-boy et maréchal Malborough s’en va t’en guerre tout le temps. Il ne peut pas exister sans ennemi ; il vit de susciter des conflits et des divisions. Il ne cesse d’opposer les différentes parties de la population les unes aux autres. Les vieux contre les jeunes, les riches contre tous les autres, les classes moyennes contre les exclus et autres « assistés », les Français de souche contre les immigrés de 2ème génération ; ces derniers contre les clandestins et nouvellement arrivés, les laïcards contre les Musulmans, les fonctionnaires contre les employés du privé, etc. il a besoin d’ennemis et ne conçoit les relations à l’autre que comme distinction entre l’ami et l’ennemi ; qui n’est pas avec lui est contre lui ; l’étranger, le musulman est pour lui un ennemi potentiel venant sans doute lui rappeler qu’il n’est qu’un Français de 2ème génération, qui plus est pouvant descendre des Huns (d’où son amitié pour Attali, anagramme d’Attila). Raskoltignac en est resté à la figure du même, comme lui et alors ami, du Un, de l’identité contre la diversité, la pluralité, le différent (pas le différend qu’il adore) qu’il ressent comme porteurs d’incertitude, de complexité et d’opposition à ses volitions de grandeur. Il ranime la politique de Metternich, celle de l’équilibre des grandes puissances contre le reste du monde pas encore assez entré dans l’histoire. Il est pour un multilatéralisme limité aux amis de la même prétendue civilisation ; il ne veut pas d’un internationalisme plurilatéral qui lui enlèverait le beau rôle de figure de proue de l’Occident. D’où les palinodies de sa politique étrangère qui mélange l’oxydant et la mêmeté identitaire. 

C’est une ruse archaïque de la politique : créer un objet de discorde qui permet de faire autre chose ni vu ni connu pendant que les autres se battent dans la cour de récréation ce qui permet aussi d’arriver ensuite en sauveur et conciliateur au-dessus de la mêlée. Mais c’est aussi une constante de la personnalité de notre ubuesque président : narcissisme et mégalomanie sont les deux mamelles de son ego et les deux poutres de son Lego de gestion des affaires du monde. 

C’est pourquoi la crise survenue en septembre 2008 (quoique décelable dès fin 2006) lui a procuré de nouveaux chevaux de bataille, de nouveaux moulins à vent qu’il va attaquer tel Don de Chiotte. Mais le dur ciné de la politique politicarde du toboggan a remplacé Dulcinée du Toboso. Voilà Zébulon 1er investi d’une nouvelle mission de chevalier lave plus blanc. Muni d’une rapière trop grande pour lui et d’un vieux tromblon à tirer dans les coins, il va terrasser le dragon de la finance et l’hydre du libéralisme qu’il avait auparavant goulument tétée. Il va plier l’UE à sa volonté réformatrice ; il va mener le bal au G 20 pour mettre de l’ordre dans la dérégulation mondiale. Du moins, c’est ce qu’il affiche même s’il ne le pense pas forcément. Car il sait très bien que son pouvoir est très minime dans le concert international ; il sait qu’il n’obtiendra rien de sérieux tant les intérêts des puissances sont antinomiques. Le but réel de la manœuvre est de montrer à l’électorat français qu’il prend à cœur ses craintes vis-à-vis de la mondialisation et de la finance. Et, avec machiavélisme, il pourra alors reporter la responsabilité de l’échec sur ses petits copains du G 20, Obama en tête. Rien de bien nouveau comme tactique politicarde : cela fait 30 ans que les différents gouvernements français prennent l’Europe ou le monde comme les instruments responsables de leur inefficacité et surtout de leurs abandons de souveraineté et du modèle social mis en place en 1945. 

Il y a cependant des guerres que Naboléon IV ne sait pas ou ne veut pas mener. Celles contre la pauvreté, l’exclusion, le chômage, la stagnation du pouvoir d’achat pour tous ‘en moyenne) et sa baisse pour beaucoup. C’est du reste ce qui explique avant tout la montée de la Marine car les laissés pour compte se rebiffent puisqu’ils ont observé qu’avec les socialos et les libéraux, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. C’est pourquoi notre nouveau la Palisse, qui un quart d’heure avant sa mort était encore en vie, fait comme le coyote de tex Avery : il ne se rend compte qu’il tombe de la falaise qu’après être au-dessus du vide  et il répète à chaque moment de sa descente : jusqu’ici tout va bien. 

 

Que faire quand le G 20 amuse la galerie ?

Classé dans : politique — 25 mars, 2011 @ 10:32

Bien des choses, et je ne donnerai que quelques idées car la matière pour réparer les dégâts du libéralisme capitaliste est immense, sont possibles.  On les examinera comme si l’on était un réformiste ne voulant introduire qu’un peu plus de régulation dans le concert international financier et économique. Il faut corriger en premier lieu les grands déséquilibres mondiaux. 

     Remédier aux désordres économiques internationaux 

§ Déjà, on crée une monnaie (comme le banco de Keynes) internationale, indépendante de tel ou tel pays et cogérée à égalité par tous ; cette monnaie est composée d’un panier de devises (dollar, euro, yen, yuan, etc.) et de la contrevaleur des stocks de matières premières et de produits agricoles. Cela aura l’avantage de contribuer à stabiliser les cours et de donner à leurs producteurs une réserve de capital ou une garantie pour leurs emprunts. Cette monnaie est gérée par un FMI rénové où chaque pays a une voix égale à celle des autres (aujourd’hui les droits de vote sont inégalitaires et donnent aux USA un quasi droit de veto). Ce FMI continue d’attribuer des prêts aux pays en difficulté mais sur la base d’indicateurs de développement humain et social. Par ailleurs, les monnaies ont une valeur exprimée en bancos à l’intérieur d’une fourchette étroite de fluctuation (à l’instar de feu le SME en Europe). Le but de la fourchette est d’empêcher les pays de jouer à la dévaluation compétitive ou à la sous-évaluation du taux de change (exemple du yuan ou de la livre des Gibbies). En outre, le FMI se dote d’une agence publique et internationale de notation afin de ne pas laisser le champ libre à des notateurs privés des finances des Etats ou des valeurs boursières. 

§ Actuellement certains pays (la Chine, l’Allemagne, etc.) ont d’énormes excédents commerciaux alors que d’autres montrent des déficits astronomiques (Espagne, France, USA, etc.) qui sont compensés en sens inverse par des emprunts à l’étranger ou des apports de capitaux privés. Ces déséquilibres sont largement fondés sur des pratiques protectionnistes mais surtout de dumping en toute matière : fiscale, environnementale, salariale, sociale, monétaire. Il est urgent que chaque pays ou chaque zone internationale (par exemple l’UE) puisse instaurer des droits compensatoires des différents dumpings ou avantages comparatifs indus ou provenant de la situation propre (par exemple, des niveaux de vie et de salaires très faibles ou des subventions à l’exportation comme celles des USA et de l’UE pour les produits agricoles) des exportateurs pour les importations. Ce sont des sortes de droits de douane mais calculés au cas par cas. Par exemple, pour compenser la TVA sociale des Teutons (3) points), qui n’est qu’une dévaluation déguisée, la France met 3 % de droit compensatoire sur les produits allemands. Dans le calcul de ces droits on impliquera le fait que bien des pays exportent avec leur label national des produits composés d’intrants fabriqués ailleurs (délocalisations, externalisations et sous-traitances) dans des pays à bas coûts ou à faible législation en matière environnementale ou sociale ; le droit s’appliquera donc intrant par intrant et sur la valeur ajoutée en propre par le pays exportateur. Ainsi, la Germanie verra sa stratégie d’hinterland-lebensraum dans les ex-pays de l’Est sévèrement contrecarrée. C’est analogue à la taxe carbone (qui patine) mais en l’étendant à tous les avantages compétitifs non justifiés et déséquilibrant le commerce mondial. C’est évidemment une mesure de protection, notamment pour les industries naissantes ou les petits pays ne pouvant amortir leur production sur des volumes considérables procurant des économies d’échelle. 

§ Les déséquilibres commerciaux proviennent aussi de la désindustrialisation des pays développés par suite de la libre circulation des marchandises et des capitaux dans un contexte de pays très hétérogènes. Pour se réindustrialiser l’UE (et la France chez elle) doit créer une banque d’investissement public pour le financement de la recherche, de l’innovation et la création d’entreprises. Les délocalisations à l’étranger (ou les prises de participation étrangères dans l’UE doivent être interdites quand elles s’accompagnent d’un transfert de technologie ou de brevet. Cela éviterait que la Chine dispose d’un TGV copié sur les brevets de Siemens (ou du Japon) ou d’un nucléaire à copier sur ceux de la France ou qu’une entreprise achète une PME française pour la fermer en lui piquant ses machines et ses brevets (cas de l’usine de Villemur-sur-Tarn avec un groupe US). 

            Empêcher la spéculation financière et réguler les flux de capitaux 

§ On interdit les hedge funds ou fonds spéculatifs ou d’arbitrage dont l’activité consiste à profiter des différences en tout genre : sur les taux de change, les taux d’intérêt, les prix des titres ou des matières 1ères ; les LBO sont aussi supprimés. Sont aussi interdites les opérations d’achat par une entreprise de ses propres titres et les absorptions (OPA, OPE) par échange de titres. On revient à une comptabilité aux coûts de revient et aux prix historiques avec amortissements à la place de celle dite de fair value (au prix du marché). Pour ne pas pousser à la cupidité, les rémunérations au bonus, en stock-options et en intéressement variable sont super taxées.   

§ Les produits dérivés (dont les CDS, credit default swap) sont limités à une seule opération sur la valeur de base assurée (le sous-jacent ; donc pas de dérivés de dérivés) ; la titrisation est interdite comme les produits structurés au carré (ABS d’ABS ou CDO de CDO, etc.). Les marchés de gré à gré (dits aussi over the counter) sont interdits comme les dérivés sur les monnaies et les emprunts d’Etat. Une chambre de compensation est créée pour enregistrer les opérations financières bilatérales. Les ventes à découvert sont aussi proscrites et celles à terme rigoureusement réglementées. 

§ Les capitaux investis dans un pays (par exemple sous forme d’IDE, investissement direct à l’étranger) sont tenus d’y rester au moins dix ans sauf à acquitter une pénalité de départ anticipé proportionnelle à la durée manquante et progressive en fonction de l’ampleur de cette durée. Une taxe est installée sur les transactions financières et sur les flux circulants de capitaux flottants et cela dans les deux sens (import et export). 

§ Les paradis fiscaux sont mis effectivement au ban des opérations financières (pas comme les listes bidons actuelles) ; les capitaux illégalement placés chez eux sont confisqués, les contrevenants encourent les tribunaux pénaux et la confiscation de leurs biens dans leur pays d’origine. Les « artistes » expatriés fiscaux voient leurs œuvres taxées dans leur pays. L’UE harmonise le taux de l’impôt sur les sociétés et ceux de TVA. Les revenus dans leur pays d’origine des expatriés sont déclarés dans le pays de résidence et taxés à l‘impôt normal dudit pays d’origine. Les grosses sorties de capitaux sont soumises à autorisation. 

§ Banques d’investissement ou affaires et banques de dépôt ou commerciales sont rigoureusement séparées (interdiction notamment de la banque universelle à la française). Les banques de dépôt sont tenues de disposer de fonds propres à hauteur de 20 % de leurs engagements de crédit ou d’opérations afin de limiter les risques et restreindre les effets multiplicateur  et de levier du crédit. 

§ Les banques centrales des pays sont à nouveau autorisées à consentir des avances à taux limité au taux d’inflation à leur Etat ou aux Etats (cas de la BCE). La banque nationale et publique d’investissement (en France, la caisse des dépôts et consignations avec un rôle ainsi étendu) a le droit de prêter à taux bonifiés au tiers secteur solidaire et social (coopératives, mutuelles, associations d’insertion, etc.). Elle détient le monopole du financement de l’immobilier social. Il est interdit à un Etat d’emprunter en dehors de ses nationaux ou citoyens (cas de l’UE). 

            Revenir à un partage équitable des progrès de productivité et de la croissance 

§ L’UE et la France adoptent une règle des 3 tiers pour la répartition des progrès de productivité : un tiers à l’investissement ou à la recherche, un tiers pour les salaires, un tiers pour les actionnaires (parole en l’air de Tsarko). L’indexation des salaires sur l’inflation est réintroduite. Les revenus financiers ou immobiliers-fonciers sont taxés au même niveau que les salaires. Les écarts de salaire sont limités dans la proportion de pas plus de 1 à 10 fois le salaire de base. 

§ Le barème de l’IRPP est agrémenté de bien plus de tranches de progressivité jusqu’à 70 %. Les niches fiscales sont supprimées (il y en a 486 coûtant 73 milliards par an). Les exonérations et niches sociales ou fiscales des entreprises (dont 23 milliards de cotisations sociales en-dessous du smic ; en tout dans les 170 milliards) sont aussi supprimées. Les multinationales sont imposées en France sur la base des bénéfices consolidés de toutes leurs filiales y compris celles sises à l’étranger. Cela évitera que Total malgré 10 milliards de bénéfices en 2010 ne paye rien du tout en impôt sur les sociétés (IS) en France et que lesdites multinationales ne payent que 8 % d’IS alors que les PME en acquittent 23 % sur la base d’un taux théorique de 33 %. Les licenciements  « boursiers » sont interdits de même que les « ruptures à l’amiable » de contrat de travail. 

§ Les loyers sont plafonnés et sont taxés au 1ereuro. Les logements vacants sont réquisitionnés de même que les immeubles de bureau vides. Des logements sociaux sont massivement construits de même que des cités étudiantes et de travailleurs. Les tranches sociales à bas coût sur l’eau, l’électricité, le gaz, le fuel, les transports sont élargies et étendues. La TVA est bien plus modulée en fonction du degré de nécessité du besoin et du degré de pollution entraîné par la consommation excessive. De façon générale, on met en place des structures, dispositifs, aides qui redonnent du pouvoir d’achat indirectement ou non aux moins aisés. 

§ Les services publics, là encore, (santé, transports en commun publics, éducation, culture et information, énergie, eau, banque publique, etc.) sont remis à leur place de mise à disposition égale de biens communs pour toute la population. Un service public décentralisé est créé, commune par commune ou communauté d’agglomération, pour l’achat et la vente de logements (faire concurrence aux parasitaires agences trop grassement rétribuées). Les monopoles sont laminés (taxis, notaires, pharmacies) ou mis en concurrence. Les droits de mutation, qui exagèrent les frais de déplacement des salariés sont supprimés et les hypothèques (sinécures incroyables des « conservateurs des hypothèques ») sont facturées à un tarif forfaitaire de 50 euros. 

Evidemment, ce qui vient d’être dit ne montre que quelques exemples de ce qu’il faudrait faire. Au niveau européen, il suffit pour la France qu’elle exige « l’opt-out » (sortie de la règle commune) accordée aux britanniques en matière de législation sociale ! 

                   Protéger l’environnement et la diversité des plantes et des animaux 

§ Les transports routiers supérieurs à 200 km sont lourdement taxés au niveau du carburant. Itou pour le transport aérien ou maritime de fret ou de passagers. Les produits importés (fruits, légumes, etc.) hors saison et faisant des milliers de km sont eux aussi lourdement taxés. Pour ne pas continuer dans la concurrence sauvage, qui conduit aux bateaux poubelles et aux chauffeurs routiers low cost, on imposera le respect de la législation nationale sur notre territoire (sécurité, environnement, clauses sociales) 

§ Les services publics (transports, électricité, poste, etc.) sont restaurés (par « opt-out ») en France et mis sous la supervision d’un conseil d’administration multipartite et fédéré (usagers, associations, collectivités locales, représentants des salariés : but les socialiser en évitant l’étatisation et la privatisation). 

§ Les combustibles et carburants fossiles sont fortement taxés mais des bons à tarif réduit sont procurés aux ménages isolés (ayant besoin d’un véhicule) ou munis de chaudières anciennes qu’ils ne peuvent pas remplacer (en dépit d’une aide possible). 

§ L’usage des pesticides, fongicides, engrais chimiques notamment phosphatés, semences OGM, produits phytosanitaires en tout genre sera très réglementé et contrôlé. Les semences qui ne se reproduisent pas pour une récolte ultérieure (genre Monsanto) sont interdites. La vente de semences conditionnée à des contrats léonins ou à des achats de produits phytosanitaires (toujours Monsanto et autres) est interdite : pratique de monopole et de dépendance des agriculteurs. 

§ Les responsables de nuisances et de pollutions (notamment dans les friches industrielles telles Metaleurop) sont poursuivis et obligés de payer les dégâts et les remises en état : notamment, faire payer les groupes y compris étrangers ayant abandonné une filiale dévastatrice (exemple, la mine d’or de Salsigne). L’agriculture paye l’eau à son prix ; les éleveurs de porcs  bretons payent l’enlèvement des algues vertes et les installations d’épuration. 

§ Les élevages industriels hors sol et avec animaux comprimés comme des sardines sont interdits. Les brevets sur les plantes  (ou les matières issues de bêtes) et la pharmacopée ancestrales sont interdits. La marine nationale tire à vue sur les baleiniers ou les chasseurs de phoques ou de requins aventurés dans nos eaux territoriales. Il n’y a plus besoin d’autorisation de mise sur le marché pour les produits naturels tels que le purin d’ortie, antiparasitaire bio. Le pays se passe des bois exotiques et sanctionne les importateurs de bois de forêts non régulées. Idem pour les peaux d’animaux sauvages, les défenses d’éléphant, les cornes de rhinocéros, etc. 

Devant de telles mesures, les libéraux et politicards se récrieront ; ils hurleront à la violation des règles de l’UE et au protectionnisme. Laissons les dire car la France a les moyens d’une autre politique centrée sur elle en dehors de l’Europe. Déjà, elle a largement de quoi manger et boire (fromages, vins, alcools, bières, eaux minérales, blé, légumes, fruits, etc.). Dans ses territoires tropicaux elle développe des cultures telles que le café, le cacao, les fruits exotiques, etc. Pour l’instant, on a de l’électricité bien que l’on importe l’uranium ; il faudra se mettre aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables (dont la biomasse avec nos grandes forêts ou la géothermie ou les usines marée-motrices, etc.) sans acheter du photovoltaïque à la Chine. Il faudra aussi sauvegarder la terre au lieu de favoriser les extensions rurbaines et péri urbaines et la bagnole. Une partie de la terre sera consacrée aux biocarburants et aux productions chimiques car nous n’avons pas de pétrole ni de gaz. Le nucléaire existant pourra être partiellement reconverti dans le cracking de la molécule d’eau pour obtenir de l’hydrogène remplaçant le gaz naturel et les carburants fossiles. 

L’armée (et ses arsenaux) est supprimée et reconvertie dans la production industrielle et dans l’aide aux PVD (pays en voie de développement) et PMA (pays les moins avancés) : formation, construction d’infrastructures, construction d’usines locales (avec prêts bonifiés), aide à l’administration et à la création de services publics, mise en place de structures financières coopératives, assistance à l’agriculture et à la pêche vivrières, remise de la dette. La France prend l’initiative d’un mouvement international, neutraliste et coopératif, d’aide à l’indépendance et au développement (devenant aussi écologique). Dans ce cadre, elle n’admet que le commerce équitable et respectueux de l’environnement, de la santé et de la protection sociale. 

Le pays investit à fond dans le développement écologique et dans la reconstruction de son industrie notamment dans les secteurs d’importation : textile, mécanique, électronique, informatique, etc. Naturellement, il protège la naissance et la vie de ses nouvelles industries. Il favorise absolument le tiers secteur social, notamment les coopératives, les associations et les mutuelles. Il consacre une part très importante de sa richesse à la recherche-développement et cela dans la réorganisation des rapports entre instituts de recherche et universités. 

La France met sa voix au conseil de sécurité de l’ONU à disposition du collège de pays qui s’allieront à elles dans un partenariat égalitaire entre Etats démocratiques. Elle conduit une politique multilatérale pacifique et humanitaire ; elle se place sous la protection de l’ONU. 

Ce ne sont que quelques idées ; évidemment elles ne feront pas l’affaire des politicards, des journaleux stipendiés, des publicitaires, des financiers, des actionnaires, des supermarchés, des multinationales, des banques et des assureurs, des dirigeants de tout poil, etc. Ces gens sont bien les seuls à profiter du système actuel et ne représentent qu’une infime partie de la population. Songez que pour spéculer et augmenter le rendement de leurs avoirs, ils investissent surtout à l’étranger où ils placent la moitié de l’épargne du pays. Ils alimentent la spéculation et contribuent à voler de plus en plus de part de PIB au détriment du salariat, des services publics et de la protection sociale. Ils forcent le pays à s’aligner sans cesse sur le moins-disant en toute matière. 

Pour les contrer, le pays devra redevenir démocratique ; cela passe par la mise en place d’un fédéralisme mutualiste et associatif remontant de la base au sommet et de la « circonférence au centre » et, mieux, en faisant en sorte que le centre soit partout et la circonférence nulle part. Les anarchistes proudhoniens savent comment faire… 

 

 

En économie, Marx a raison

Classé dans : politique — 28 février, 2011 @ 11:32

Si l’on veut comprendre la situation actuelle de la France et de l’Europe, il faut en passer par un détour marxien, à savoir la primauté des forces productives et de la production. C’est celle-ci qui dégage la valeur ajoutée du pays : production interne, agricole et industrielle, consommée dans le pays ou exportée plus l’exportation à l’étranger de services produits  par le travail des résidents. Les services utilisés dans la production sont évidemment incorporés dans la valeur ajoutée de la production comme consommations intermédiaire d’intrants. Cette valeur ajoutée est ventilée entre les différents acteurs sociaux : les rentiers (ceux qui disposent d’un monopole propriétaire sur un bien ou actif comme la terre ou les immeubles ou des ressources de sous-sol), les salariés avec leur travail, les entrepreneurs avec leur profit, les actionnaires avec la part du profit qui leur revient sous forme de dividendes, les banquiers et autres prêteurs avec les intérêts. D’où le conflit principal entre ces acteurs pour le partage de la valeur ajoutée nationale au sein du mode de production capitaliste dont les rapports de production entre propriétaires des moyens de production, qui utilisent et dominent les forces productives collectives dans une appropriation individuelle de leurs fruits, et le salariat sont conflictuels par nature. 

Il faut bien voir aussi que c’est la valeur ajoutée qui permet de financer la protection sociale (salaires indirects ou différés), les garanties pour le salariat et la population et les services publics via des cotisations et des impôts prélevés sur ladite valeur ajoutée. Les consommations de service (coiffeur, garagiste, etc.) ou de loisirs et de biens culturels (cinéma, théâtre, spectacles, DVD, etc.) ne sont que des attributions d’une part de la valeur ajoutée consentie au salariat dans l’ensemble de ses consommations. Une autre part réside dans l’épargne. Il convient donc de distinguer la production de la répartition, laquelle est double : en amont  entre les acteurs, en aval comme affectation par chaque acteur de sa part de VA à ses consommations. On observe déjà que le capitalisme financier a fait réduire la part salariale de la VA d’environ 8 points en faveur des revenus du capital et du patrimoine. On doit surtout noter que sans VA, par manque de production et d’industrie, il n’y a plus de protection sociale et de services publics possibles. 

C’est pourquoi on déplore que la part de l’industrie dans le PIB en France soit lentement descendue à 13 %  en 2009 (22 en 1998, 29 en 1982) contre 16 en Italie et en Grande-Bretagne et 30 en Allemagne. De même la part de marché française à l’international a été divisée par 2 en 10 ans pour chuter à 3,8 %. On sait aussi que le déficit de la balance commerciale du pays est de 51,4 milliards d’euros contre un excédent de 153 en Allemagne en 2010. Parallèlement le déficit budgétaire a été de 150 milliards et la dette publique est montée à plus de 1500. Solution tsarkozyenne : serrer la ceinture du peuple pour remettre le déficit à 3 % du PIB en 2013 contre près de 8 en 2010. Comment en est-on arrivé à cette piteuse désindustrialisation commencée en 1983 avec le tournant socialiste de la rigueur ? 

C’est dû au choix effectué par les élites françaises, à commencer par celles de « gôche », de la haute mer du libéralisme commercial, de la finance mondialisée, de la dérèglementation, de la monnaie forte, du primat des firmes multinationales sur le tissu industriel de moyennes entreprises, etc. Ce choix s’est fait par le biais de la construction européenne dans laquelle la souveraineté française a été abandonnée au profit du grand marché concurrentiel, libre et non faussé et des pleins pouvoirs conférés à la technocratie hyper libérale de la Commission de Bruxelles. Pourquoi ce choix ? Parce que les soi-disant élites ont toutes sucé la mamelle de la doctrine libérale à Sciences PO et à l’ENA. De plus, elles sont devenues individualistes, peu soucieuses de l’intérêt général car pantoufler dans des ex-entreprises publiques françaises privatisées permettait de quintupler, au bas mot, son salaire. C’est pourquoi il fallait privatiser et liquider le secteur public en s’abritant derrière les directives de Bruxelles sabordant lesdits services publics au profit du privé et du tout-marché. 

Dès 1983, tout a été dérèglementé : suppression de l’indexation des salaires sur les prix, libre circulation mondiale des capitaux, suppression des avances (à taux d’intérêt limité à l’inflation) de la Banque de France à l’Etat (sous Pompidur en 1973, puis Fiscard Déteint en 1976 ; cela a forcé à emprunter à l’étranger et permis de verser  depuis lors 1200 milliards d’intérêts, soit l’équivalent de la dette publique en 2007), droit pour une firme de racheter ses propres titres afin de gonfler le dividende par action restante, autorisation des fonds spéculatifs et des LBO, stock-options, OPA ou OPE payée avec ses propres titres au lieu d’argent frais, droit des banques universelles (dépôt et investissement) de spéculer, lois en faveur de la grande distribution, suppression des dotations des services publics ainsi obligés d’emprunter sur les marchés, comptabilité au prix de marché, etc. 

Dans ce contexte libéré, les multinationales purent s’en donner à cœur joie. Elles investirent en Chine et autres pays à bas coûts (sociaux, salariaux, environnementaux, fiscaux) ou y firent appel à des sous-traitants ou y achetèrent low cost pour importer en France. Cela avait l’avantage d’empêcher la baisse du pouvoir d’achat liée à l’appel à l’énorme « armée industrielle de réserve » des PVD. Cela a été accompagné chez les anglo-saxons du crédit revolving à tout va, notamment immobilier ; d’où le déclencheur de la crise des subprimes. 

 

 

 

République et démocratie

Classé dans : politique — 28 février, 2011 @ 11:27

Chez les fervents de l’idéologie libérale, on confond pratiquement les 2 termes. Il est vrai que quand la réalité observable montre à la fois la politique comme raie publique et démocrassie on peut être enclin à ne pas chinoiser. Grave erreur. 

La démocratie n’est qu’une procédure juridique de mise en forme du pouvoir politique. Elle sépare le registre politique de l’économique et du social et le place même à l’extérieur et au-dessus de ces derniers. Elle est indifférente aux conceptions de la société et des rapports sociaux entre individus ou acteurs. Plus exactement, subrepticement, elle privilégie l’idée que la société n’est qu’une collection d’individus libres et raisonnables capables de défendre leurs intérêts particuliers dans le concert social. Tout y repose sur les droits individuels : droits-libertés (au travail, à la propriété, à l’intégrité, à l’autonomie, etc.) et droits-participation à l’expression sociale et politique (expression, manifestation, droit de vote, droit à l’information, etc.). Ces droits sont théoriques, c’est-à-dire possibles et ouverts, mais ne sont garantis qu’en tant qu’accès potentiel de tout un chacun à leur exercice. Ce sont des droits de et non des droits à. Vous avez, par exemple le droit de travailler ou de vous loger, mais vous n’avez pas droit à un travail réel ou à un logement effectif (ce qui a été corrigé en France par la loi DALO, loi qui rencontre d’énormes difficultés d’application car elle entre en contradiction avec le droit de propriété qui a été abandonné au marché immobilier). Pour des droits de type travail, logement, sécurité sociale, transport, etc., type qui donne accès à des biens et sécurités matériels, on a accoutumé d’appeler la chose : droits-créances (de l’individu sur la société). La démocratie ne garantit nullement la réalité de tels droits-créances. Cela provient de ce qu’elle s’attache avant tout aux libertés en laissant en marge le problème des inégalités de situation et de  condition. Dans le meilleur des cas, elle promeut l’égalité des chances en la liant au mérite individuel. Comme la société n’y existe pas, il s’ensuit que l’idée de nation non plus. La démocratie s’accommode facilement de la juxtaposition de communautés sans éprouver le besoin de lier ses habitants avec des valeurs communes supérieures et transversales à celles des communautés. En plus clair, la démocratie n’a pas vraiment besoin de citoyens unis dans une grande communauté de destin. 

La devise de la démocratie c’est : liberté, propriété, utilité, individualité. La démocratie suppose que l’intérêt général n’existe que comme résultante future des rapports et actions entre individus. Le libéralisme ajoute que cette interaction produit le meilleur état ou équilibre possible du bien commun, notamment en économie. Comme la société n’existe pas en tant qu’entité ayant une vie et une structure propres, il ne peut y avoir de projet pour la société, ni d’intérêt général pensable a priori. C’est le hasard et l’incertitude des relations qui déterminent le résultat sociétal atteint dans les interactions. Pour que l’optimum soit atteint et aussi que la démocratie soit réelle, il faut que des procédures et institutions formelles soient respectées : élections libres et à armes égales dans les compétitions électorales, liberté de s’associer (partis, syndicats, etc.), liberté et pluralisme de la presse, indépendance de la justice, neutralité de l’administration, garantie des droits individuels (à la vie, à la sécurité, à l’intégrité de chaque personne, respect de la minorité, séparation des pouvoirs -législatif, exécutif, judiciaire-, etc.). C’est ce qu’on appelle un Etat de droit. C’est déjà important car cela permet de se demander si le régime du magyar présidentiel est bien démocratique : neutralité de l’administration phagocytée par les nominations tsarkozyennes aux postes de responsabilité ? Indépendance de la justice ? Respect des citoyens par la police ? Pluralisme et indépendance de la presse et des médias ? Séparation des pouvoirs ou omni présence de l’exécutif et hyper présidence ? Et que dire des USA où les élections sont  à armes inégales car elles sont régies par des masses de dollars (on parle déjà de 1 milliard pour les élections présidentielles de 2012 !) apportées par les lobbys et les riches aux prétendants. On y arrive en France comme l’a montré l’affaire Woerth-Bettencourt. 

La république est bien différente. C’est un système intégré et intégrant les registres politiques, moraux, juridiques, économiques et politiques de la société tout entière. Le politique est dedans la société au lieu d’être au-dessus. La morale y régit les attitudes et les comportements des acteurs sociaux. Mais elle repose aussi sur la vraie démocratie. La république sans démocratie n’est pas la république ; mais la démocratie sans la république se suffit dans maints régimes (US, G-B). Ce qui caractérise essentiellement la république, c’est la place primordiale qu’y occupent la justice et la solidarité. C’est ce qui en fait une communauté nationale, c’est-à-dire de destin commun. Cela ne signifie pas le nationalisme mais le respect de la patrie ; ni le refus des communautés. Celles-ci sont à intégrer dans des valeurs communes à tous les citoyens, ce qui ne veut pas dire assimilation au nom d’une universalité desdites valeurs. Cela ajoute à la justice et à la solidarité l’exigence de neutralité politique vis-à-vis de toutes les conceptions du monde ou religions, c’est-à-dire la bonne vieille laïcité. La république, comme l’avait dit Montesquieu, repose sur la vertu, notamment avec le dévouement des représentants politiques et des fonctionnaires au bien public. La vertu interdit de faire voter des lois favorables aux riches et aux groupes de pression. En fausse démocratie, une fois élus les politicards peuvent favoriser les intérêts particuliers, et cela d’autant plus qu’en cas de revers politique ils pantouflent dans le privé. 

Comme disait Proudhon, là où est la justice, là est ma patrie. Car la république est affaire d’adhésion volontaire et réfléchie des individus aux lois de la cité, bien loi des approches teutonnes, communautaristes et ethnicistes de l’appartenance par naissance à une communauté de sang, bien loin des thuriféraires de la soumission à la tradition et à la kultur. Comme disait Renan, la nation est un plébiscite de tous les instants et non une appartenance naturelle, permanente ou forcée des citoyens à un ordre politico-communautariste. Ce qui signifie que la république des citoyens ne peut exister que si le lien social est défendu pour tous, qui si la justice est effective et progressive. Car sans justice il ne saurait y avoir de solidarité. C’est pourquoi la république met le paquet sur les droits-créances, lesquels visent à faire en sorte que chaque citoyen dispose des moyens d’une vie digne dans une égalité de considération. L’égalité des chances y est reconnue mais elle en se réduit pas à que le meilleur gagne dans une compétition de « struggle for life » si chère aux libéraux. Cette égalité des chances ne saurait advenir par des mesures de « discrimination positive » qui visent à subventionner l’accès au marché concurrentiel des personnes assistées comme dans le monde anglo-saxon. Elle est fondée sur la mise en place de structures, de procédures et de moyens qui la rendent objective. Donnons un petit exemple de ces structures : dans les lycées il devrait y avoir des heures d’études en commun dans de grandes salles avec des répétiteurs et des aides pédagogiques (pédagothèque, documentation) de façon que les élèves fassent leurs devoirs et apprennent ensemble sans que les parents puissent sans mêler, sans que les conditions de vie et de culture des classes sociales privilégiées puissent aider seulement leurs enfants. Ces études de 17 à 19 heures assurent l’égalité d’accès aux connaissances. Las ; il faut investir : salles, chauffage, éclairage, pions, répétiteurs. C’est moins coûteux de laisser les parents libres de payer les services d’une officine d’enseignement privé. Autre exemple : mettre en place des maisons des étudiants avec logement et services (restauration, laverie, internet, etc.) au lieu de donner une ALE pour que les étudiants se logent dans le privé au tarif du marché, qui plus est gonflé par ladite ALE. Autre exemple : l’allocation d’étude pour tout enfant en fonction de son âge ; allocation remplaçant la demi part d’impôt du quotient familial et intégrée dans les revenus familiaux. Les structures sont aussi des services publics ouverts à tous, loin des lois du marché. C’est encore l’offre de logements sociaux loin de l’immobilier privé. C’est la sécurité sociale universelle et non la CMU permettant d’aller chez des assureurs privés aux lois du marché. C’est la mise en place de moyens de formation et de qualification tout au long de la vie. C’est ce que Durkheim appelait des « droits restitutifs » de la société hypothéquée (dette sociale chère aux « solidaristes ») vis-à-vis de ses membres apportant leur travail et leurs idées à la république. Notons que c’est l’inverse chez Proudhon : c’est chaque individu qui a une dette vis-à-vis de la société qui l’a formé et des collectifs de travail qui l’ont rendu solidaire des autres travailleurs et qui donnent, grâce à l’interdépendance et à la coopération, un surplus à partager. 

La république est indissociable d’un projet commun des citoyens fondé sur le débat public décentralisé et participatif associant les corps intermédiaires et les représentants politiques libres de légiférer sans obéir aux diktats de l’exécutif. Ce projet, ce peut être la fédération, l’association et la mutualité chères au socialisme libertaire. La république part de la réalité sociologique de l’existence réelle des groupements (communes, associations, syndicats) et de la société comme ensemble sui generis différent de la somme de ses parties et composants, ayant une objectivité propre, tout en étant composite et devant respecter l’autonomie de ses éléments. C’est ce que violent le communisme totalitaire en imposant sa loi et en supprimant l’expression des collectivités intermédiaires (absence de démocratie) et le libéralisme en niant l’existence de groupes réels en dehors des individus (manque de pluralisme et de pensée sociologique). Cela dit en même temps que l’intérêt général de la communauté politique des citoyens ne saurait être défini d’en haut par des technocrates  (version UE) ou par des politicards élus sur la base d’un suffrage individualisant et atomistique leur conférant les pleins pouvoirs pour « donner et casser la loi » (version tsarkozyste). Nul ne connaît l’intérêt général a priori ; il doit être défini en tant que projet par la mise en débat des problèmes entre instances de tout niveau et les acteurs sociaux. C’est en quoi une république est une authentique démocratie bien plus sociale et pluraliste que la soi-disant démocratie représentative fondée sur les seuls individus votant en leur âme et conscience et isolément dans l’isoloir pour leur idée personnelle de l’intérêt général en leur demandant d’oublier leurs appartenances et références. 

Tsarko l’Allemand

Classé dans : politique — 23 février, 2011 @ 11:32

Après Tsarko l’Américain, fervent disciple de Bush II, voilà l’Allemand à la remorque d’Angela et propagandiste du « pacte de compétitivité » européen avec sa nouvelle copine teutonne. Il a failli être Tsarko le Britannique tant il admirait la « 3ème voie » de Blair. Las, la crise mondiale est passée par là et a quelque peu démonétisé le libéralisme en général et la finance en particulier, choses avant tout anglo-saxonn Après Tsarko l’Américain, fervent disciple de Bush II, voilà l’Allemand à la remorque d’Angela et propagandiste du « pacte de compétitivité » européen avec sa nouvelle copine teutonne. Il a failli être Tsarko le Britannique tant il admirait la « 3ème voie » de Blair. Las, la crise mondiale est passée par là et a quelque peu démonétisé le libéralisme en général et la finance en particulier, choses avant tout anglo-saxonnes. Par ailleurs, en tant que demi Hongre et époux d’une Italienne, notre président  bon françaoui, se montre plutôt apatride. On n’a rien contre mais cela place mal le bonhomme pour propulser « l’identité nationale » ou pour renouer avec le thème pétainiste de « la terre ne ment pas ». Tant de plasticité, notamment idéologique, est dans l’air du temps car, comme on le sait depuis longtemps, le capital n’a pas de patrie. Il n’a que des intérêts et déménage en fonction des taux de rentabilité et des assiettes et taux fiscaux. De plus, la doctrine libérale a sauté toutes les frontières pour justifier l’emprise du modèle de « la valeur pour l’actionnaire ». 

Notre bon prince nous avait accoutumé aux discours à géométrie variable en fonction des auditoires et des nécessités électorales d’un populisme grand teint. La démocrassie représentative exige en effet de ratisser large en racolant des suffrages chez les gens tentés par le Front National et autres électeurs en puissance prompts à s’effrayer du retour de la gauche interventionniste et de l’insécurité. Et en outre les circonstances ont changé puisque la crise a ressuscité la demande de régulation, de contrôle et d’intervention de l’Etat, précédemment voué aux gémonies libérales, notamment par Raskoltignac. Vous me direz, comme avec un argument typiquement sarkozyste, qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Ainsi, avec la volonté affichée pour le G 20 de réguler les marchés de matières 1ères, la finance, les paradis fiscaux, de revoir le système monétaire international et le rôle monétaire du FMI  et pour l’Union européenne de coordonner les politiques économiques et fiscales en bonne gouvernance sous la houlette du couple franco-allemand, on assiste à une poussée verbale de reprise en main du cours des choses par les Etats. 

Ne nous affolons pas ; il ne s’agit que de discours pour faire croire que le logiciel libéral a été abandonné alors qu’il n’en est rien dans les faits et que les « partenaires » sont fort loin d’avoir fait leur aggiornamento. L’électoralisme explique déjà ce revirement parolier. Mais il y a plus profond. Ledit logiciel est engrammé dans le cerveau reptilien de Tsarko. Il fait partie du patrimoine génétique de Rodotarin ; c’est le génotype tsarkozyen, auquel du reste il croit lui-même en tant que partisan du déterminisme génétique des homosexuels et des criminels. Mais, le phénotype, c’est-à-dire les marqueurs variables des gens ou espèces (la couleur de peau, la frisure des tifs, etc.), lui, peut changer. Ainsi, si le génotype de Naboléon est strictement libéral (propriété, responsabilité et mérite individuels, travail et patrie, concurrence pure et parfaite, libre et non faussée,  libre-échange généralisé, dénigrement du public et des fonctionnaires, primat de l’offre sur la demande, etc.), le bonhomme a pu colorier son phénotype et ses plumes en les parant des soudaines vertus de la régulation étatique et de la coordination économique entre Etats. Mais le génotype demeure : le prince ne veut pas qu’on touche de trop à la fiscalité si avantageuse pour le patrimoine. Il veut même supprimer l’ISF. De même, Tsarko ne peut ignorer le caractère hyper libéral du pacte gaulo-teuton de compétitivité qui prévoit, notamment, d’’imposer partout la désindexation des salaires sur les prix de même que des normes strictes de déficit budgétaire ; de façon générale, ce pacte est purement fondé sur des critères financiers et laisse de côté les aspects sociaux et environnementaux des choses. Ce pacte de compétitivité a un vrai nom, mais caché : c’est en réalité un nouveau pacte d’austérité dirigé contre les peuples européens pour leur faire gober l’adaptabilité renforcée à la concurrence internationale et intra-européenne. 

La psychologie nous apprend aussi à distinguer l’attitude (tendance profonde et permanente de l’esprit) et le comportement (adaptation stratégique aux évolutions et circonstances). Par exemple, supposons que je sois un Blanc costaud et raciste ; je vois un  frêle éboueur noir dans la rue, aussitôt s’actualise dans mon cerveau une injure (attitude) et vu que le Noir est malingre je la profère. Supposons que, toujours raciste dans mon attitude, je sois un Blanco maigrichon et le Blacko une armoire à glaces ; alors l’injure restera mentale car l’exprimer (comportement) est risqué. C’est du Tsarko  en matière électorale: l’attitude est en faveur des riches, des puissants et contre les risquophiles et assistés ; mais ces derniers sont nombreux et donc puissants pour les élections ; mon comportement doit en tenir compte bien que mon attitude fasse que je n’en pense pas un mot. 

Tsarko change donc son Musil d’épaule (comme « l’homme sans qualité »). Il se met à la colle avec Angela et à la remorque de l’Allemagne. Encore un modèle de réussite à imiter maintenant que les autres (japonais, américain, anglais, danois) ont capoté… Comme l’a dit Edgar Faure, ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent. Le modèle tudesque est-il si intéressant et probant au point d’en faire l’alpha et l’oméga européen sous forme de pacte de compétitivité ? 

Il ne faut pas se laisser obnubiler par l’excédent commercial allemand de 2010 (environ 150 milliards d’euros contre un déficit français de 50). Il faut se demander comment il est obtenu. Nos cousins germains ont commencé, sous le socialiste Schröder continué par Angela, à serrer le kiki aux salariés, aux chômeurs, à la protection sociale (« désinflation compétitive ») ; cela a déprimé la demande intérieure et donc poussé les feux de l’exportation. Par ailleurs, les Saxons ont délocalisé (sous-traitance et investissements industriels) dans les pays de l’Est nouvellement européens (d’où la pression allemande pour élargir l’UE aux PECO sans approfondir les règles communes hormis celles de la concurrence). Cela leur a permis de produire beaucoup moins cher, d’où le regain du chômage  chez eux: il suffit d’assembler en Allemagne les intrants délocalisés et d’estampiller le produit final « made in Germany ». Par ailleurs, il faut bien voir que l’euro fort est du pain bénit. En effet, nombre des ex-pays de la zone soviétique ne sont pas dans l’Euro-group. Si donc, l’euro augmente les importations prussiennes exprimées en euros valent moins cher car la valeur relative de la monnaie du produit exportateur diminue vis-à-vis de la devise (l’union ne fait pas la force commune mais celle de l’Allemagne) de l’Euro-group. De plus, le produit final baptisé  teuton va être vendu aux prix  allemands exprimés en euros… De même, les Teutons peuvent aller bronzer en Europe du Sud pour pas cher ou y acheter des villas. Enfin, l’euro fort et la zone euro ont permis aux cigales grecques ou espagnoles ou irlandaises ou portugaises de vivre à crédit car les taux d’intérêts des emprunts souverains de ces pays étaient plutôt ceux, nettement plus bas, de la zone euro, que ceux des marchés monétaires internationaux. Ces « cigales » ont donc pu acheter allemand, de même que les USA achètent chinois vu que ces derniers prennent en contrepartie les obligations souveraines US. L’Allemagne n’a donc aucun intérêt à saborder la zone euro puisqu’elle en est le principal bénéficiaire. Euro, d’ailleurs, qui est géré aux conditions qu’elle a imposées : indépendance de la banque centrale chargée uniquement de lutter contre l’inflation (des prix et salaires, car elle n’a rien fait contre celle des actifs immobiliers et boursiers) sans se préoccuper du taux de change ni des dettes privées (uniquement les publiques ); ce qui faisait que l’Espagne était un des meilleurs élèves de la zone euro avant de s’effondrer pour cause de bulle immobilière et d’endettement privé calamiteux. 

Plus fort ; l’Allemagne a instauré une TVA sociale de 2 points afin de taxer ses importations et d’améliorer sa compétitivité. Dans les faits, cela équivaut à une dévaluation d’un taux équivalent puisque les prix des importations sont renchéris de 2 %. Elle a donc reporté sur ses concurrents européens les effets de sa politique économique et fiscale. Les Gibbies en ont usé de même en laissant baisser la livre de 20 % et en augmentant leur taux de TVA de 3 points. 

Le modèle allemand implique que tous les pays se mettent à augmenter leurs ressources de compétitivité, y compris en tondant la laine sur le dos de leurs voisins. Economiquement, c’est un non-sens. En effet, dans un système assez fermé (80 % des échanges sont intra-européens), on ne voit pas comment tout le monde pourrait exporter, qui plus est en restreignant la demande intérieure avec des politiques restrictives et déflationnistes (baisse des salaires, des pensions et par voie de conséquence des prix). N’importe quel comptable public sait que les excédents des uns sont les déficits des autres…  Dans ces conditions, la course à la compétitivité entraîne celle au moins-disant à cause de la situation de concurrence sauvage qu’ont mise en place les traités européens et que le pacte de compétitivité aggraverait. 

Mais il y une astuce dans le projet franco-allemand : il demande des harmonisations, par exemple en matière de fiscalité européenne. Ainsi, le taux d’imposition des bénéfices des entreprises (impôt sur les sociétés, IS) serait commun (dans les 25 %). C’est pourquoi, les autres pays européens ont refusé le projet sarkomerkélien : les petits avantages comparatifs (par exemple l’IS à 12,5 % irlandais) des uns et des autres dans le « struggle for life » pourraient être laminés peu à peu. Ils ont bien compris que la nouvelle « entente cordiale » entre Frank et Deutsch Reich impliquait que les deux compères se feraient du gras sur eux. 

 

 

 

La présidence Tsarko ? Une chiure de mouche sur les pages d’histoire

Classé dans : politique — 10 février, 2011 @ 12:03

 

La présidence part en quenouille malgré le roué Tsar-and Co. En dépit de son agitation, de fil en aiguille maintenant rentrée, à base de populisme et de racolage des électeurs du Front national, il n’y peut rien. C’est que le prince est anachronique. En effet, il est un libéral pro-américain et tchatchérien au moment même où ce n’est plus de saison. 

Raskoltignac a été élu sur un programme hyper libéral habilement maquillé derrière un discours tout à la fois gauchisant et super droitier afin de ratisser large. Cela a réussi ; il faut ajouter que son adversaire n’avait pas grand-chose pour séduire l’électorat. Le Mitron, général Boulanger en plus petit, a sucé les mamelles du libéralisme. Pour ce dernier, le politique (souci du bien commun à long terme, de la justice et de la cohésion sociale) n’est qu’une instance secondaire qui passe après l’économie, laquelle doit être justement délivrée de toutes ses entraves par la politique (magouilles au jour le jour des politiciens « élus »). Il s’agit de laisser jouer les « lois naturelles » du marché et de la concurrence qui aboutissent mécaniquement et spontanément au meilleur équilibre possible. Dans ce contexte idéologique, il n’y a pas besoin du politique ni de projet pensé et construit pour améliorer les choses. Il suffit de s’abandonner aux forces du marché en les laissant jouer librement. Il n’y a pas besoin d’encourager la solidarité et la coopération puisque la « main invisible du marché » réglera tout, notamment en assurant la croissance qui permettra d’arrondir la part de gâteau de chacun sans modifier les règles de sa répartition entre les convives du « grand banquet de la nature ». Tant pis si cela promeut la compétition, la « lutte pour la vie », le stress.  Rodotarin, c’est le laissez faire, laissez passer des libéraux et des économistes. C’est le « enrichissez-vous » de Guizot et consorts, notamment en « travaillant plus pour gagner plus ». C’est le devenez propriétaires si cher aux politicards américains, ce qui a déclenché la crise des subprimes et la suite. C’est laisser la bride sur le cou aux financiers, industriels, commerçants, parfois escrocs et de moins en moins poursuivis, tout en augmentant la répression de la petite délinquance en vertu de la loi : plus les inégalités, la précarité, la pauvreté s’accroissent, par suite des conséquences du tout libéral, plus il faut « surveiller et punir » les « classes dangereuses ». 

Dans cette conception du monde et des rapports sociaux, le gouvernement est remplacé par la gouvernance, la loi par le contrat et la convention locale, les libertés par la répression et le soupçon, la régulation sociale par la force et la technocratie, la réglementation par les codes de « déontologie » des affaires ou les chartes de « bonne conduite » ou d’éthique. Cela tombe bien, c’est justement l’idéologie des avocats d’affaires dont Tsarkowitch a sucé le sein dans son cabinet. Ces avocats ne cherchent pas à faire respecter la loi ; tout au contraire leur travail consiste à la contourner, notamment pour faire « de l’optimisation fiscale » pour leurs riches clients. Il ne s’agit pas d’avoir des convictions et de monter un projet ; il faut simplement faire des coups juteux au coup par coup. Il n’y a pas à être cohérent dans une ligne de conduite continue et utile à la société ; il suffit d’attraper les « opportunités » au vol et de surfer sur les circonstances. Il n’y a pas de responsabilité sociale mais une obligation de résultat financier. La loi n’est qu’un instrument manipulable pour faire de bonnes affaires juridiques. Les dégâts du libéralisme ne sont pas à amoindrir mais sont le terreau des affaires car sans affaires il ne saurait exister de cabinets d’affaires. Or il y a d’affaires possibles surtout dans un monde privé et libéral. C’est pourquoi, peut s’y développer une engeance qui ignore tout de la nature du droit. Le président l’a montré avec constance en piétinant ses principes généraux et ses procédures, en s’en servant comme d’un outil circonstanciel en fonction des faits divers inquiétants le bon peuple, en réduisant la magistrature à l’état d’adjuvant (Kronenbourg) de la répression et du pouvoir, en la démolissant aux yeux de l’opinion publique, en lui faisant perdre toute stabilité par la multiplication incohérente des lois pénales. Donnons quelques exemples de la transformation de notre droit en direction du modèle américain : plus de débat contradictoire public avec le plaider coupable, plus d’adaptation du jugement au prévenu et au contexte avec les peines planchers, mise sous tutelle du parquet, rétention sans jugement des individus dangereux ayant purgé leur peine ou des aliénés, augmentation indéfinie des sanctions, multiplication des délits, etc. 

La chose s’accompagne de la très libérale idée que la religion est un moyen de calmer le peuple en lui faisant miroiter un monde meilleur dans l’au-delà, de même que l’appartenance à une communauté de base assure la paix par la surveillance mutuelle de ses membres et la mise en quarantaine des déviants ou supposés tels. Comme l’a dit le sous-pape Nicolas à la suite de Thiers (et bien d’autres) et en plein scandale de pédophilie chez les catholiques : l’instituteur ne vaudra jamais le curé pour éduquer les enfants. Il est vrai que le libéralisme encourage la recherche individuelle du salut et le besoin de compensations pour son triste sort. Tsarko surfe bien sur le regain de religiosité qui a saisi moult contemporains à la vue des méfaits du matérialisme et de l’hédonisme utilitaire du libéralisme actuel. Cela ne durera pas comme le montrent les événements survenus dans le monde Arabe malgré les « barbus ». Certes, le pouvoir peut embastiller beaucoup de monde mais pas tout le monde… il peut tuer beaucoup mais pas tous car alors qui travaillera pour les frelons ? 

La gouvernance libérale consiste à monopoliser toutes les clefs du pouvoir et à faire la chasse aux corps intermédiaires (syndicats, associations, collectivités locales). Le parlement plus que jamais devient une instance-croupion au service de l’exécutif. Toutes les autorités, agences, commissions sont bidonnées par le biais des nominations de leurs membres. Tous les postes de direction sont transformés en préfets aux ordres du pouvoir : ARS, recteurs, dirigeants de ce qui reste du secteur public, télévision publique, hauts magistrats, etc. Ils sont tous nommés en fonction de leur commune idéologie libéralo-capitaliste et leur allégeance à la personne du prince et de ses ministres. Il y a dans les 4 000 postes publics de responsabilité soumis à la discrétion du pouvoir. Ils sont phagocytés par le clan Ben Sarkozi, ce qui assure un envol de frelons prédateurs contre les abeilles productrices du pays, ainsi que l’avait dit Saint-Simon. 

La gouvernance libérale remplace le bon sens et la justice par une approche gestionnaire, comptable, quantitative, statistique (quitte à manipuler les chiffres, leur publication et leur présentation). Ainsi la gestion publique aura-telle la même logique et les mêmes indicateurs que la privée. Parallèlement, il faut réduire et désorganiser les moyens publics afin de les disqualifier et justifier leur transmission au privé soi-disant plus efficace. Il faut ainsi agrandir le territoire du privé afin qu’il trouve de nouveaux espaces d’investissement rentable et de placement de ses énormes excédents de liquidité. Par ailleurs, la notion de conflits d’intérêts est caduque puisque les intérêts privés sont toujours supérieurs à ceux du public et que seule la gouvernance privée, libre de ses mouvements, assure l’optimum socio-économique. Chaque « nominé » peut donc dire que ses propres utilités participent du bien commun. Du reste, l’économie, en univers d’idéologie libérale, n’est pas une affaire de morale mais d’efficacité. 

Derrière le nouveau discours de leader autoproclamé du G 20 et de sauveteur du monde retiré aux griffes de la finance rapace, la casse continue. Le discours ne sert qu’à se poser en défenseur putatif du travailleur, de la veuve, de l’orphelin, des honnêtes gens car pendant ce temps les affaires continuent. Raskoltignac a compris que la pilule de la crise était dure à avaler et il ne cherche que des boucs émissaires et des rustines pour faire croire qu’il domine le sujet. Alors qu’il continue d’adhérer à la source première de la crise à savoir le libéralisme, le tout-marché, le tout-finance, le tout-individualisme atomistique. Il croit toujours à la seule responsabilité individuelle, individualisme hors de propos qui est la constante de l’idéologie libérale. Celle-ci est commode : les « responsables » se font eux-mêmes et méritent ce qu’ils ont obtenu ; les risquophobes, les ratés, les irresponsables ne sont pas victimes d’un système ou des circonstances mais de leur propre inaptitude, qui plus est largement congénitale. 

Pourtant la crise a montré avec éclat que l’individualisme, l’équilibre spontané des « marchés efficients », l’absence de régulation et de contrôle politique sur l’économie et la finance ne marchent pas, ce qui a été démontré il y a longtemps. Mais les libéraux sont comme St-Thomas ; ils ne croient que ce qu’ils voient quand cela détruit leur foi. Là, ils ont vu et cependant ils continuent de croire bien que cela soit devenu un anachronisme. La réalité finira par l’emporter sur les fausses croyances libérales. Alors on verra que le règne d’Olibrius II (le 1er, avec un Y, fut un éphémère empereur romain, fantasque, jean-foutre et fanfaron) était une fiente (d’où le conseiller spécial Guano) de l’histoire de France. 

De toute façon, Rodoraskoltarintignac ne peut pas changer tout seul le système économique mondial, totalement dérégulé, qu’il a contribué à mettre en place sans en prévoir les conséquences. D’ailleurs, vraisemblablement, comme tout avocat d’affaires spécialisé, activiste, réactif, « urgentiste », volontariste, narcissique il ne connait pas grand-chose à la philosophie, au droit, à l’économie, à la sociologie, etc. Il se contente de croire aux écritures libérales dont le Dieu est le veau d’or. Avec une analyse sérieuse de la situation systémique actuelle de l’économie et de la finance mondialisées, il verrait qu’il ne faut pas compter sur les autres pays car ceux-ci, surtout les plus puissants, profitent du désordre international et ne veulent guère réformer le système qu’il faudrait plutôt mettre en l’air. Car un pays capitaliste, notamment quand il y voit son intérêt, ça profite comme les champignons qui pompent leur milieu pour prospérer (les saprophytes, les bien nommés). La France devrait donc, tout en luttant contre le capital et en cherchant peu à peu des alliés, se battre elle-même et retrouver de son indépendance vendue à l’Union Européenne et à l’OMC. Par exemple, elle devrait créer à ses frontières un droit compensatoire des différences de législation : sociale, du travail, de l’environnement, de l’impôt, etc. Cela lui permettrait de retrouver une compétitivité à armes égales avec des concurrents déloyaux ou différant d’elle, à son désavantage, dans tous les domaines. L’Allemagne l’a bien fait en instituant 3 points de TVA sociale, ce qui correspond à taxer les importations et à dévaluer et en jouant sur les faibles coûts des ex-pays de l’EST. Ce qui, cela dit au passage, lui permet de profiter de l’euro fort puisqu’elle achète pour sa propre production (elle fait du montage et appose l’étiquette teutonne ou elle délocalise) dans ces pays hors zone euro des produits dont la valeur exprimée en euros diminue quand celui-ci augmente. 

Ces droits compensatoires sortiraient le pays de la course au moins-disant généralisé qui saborde son industrie et son modèle social. Et ceci n’est qu’une des mesures qu’il faudrait prendre tout de suite pour extirper la France du tonneau des Danaïdes où ses dirigeants politiques, quelle que soit leur obédience, l’ont mise depuis 30 ans avec la libre circulation (seulement européens) des capitaux, des marchandises et produits et des travailleurs dans une concurrence « libre et non faussée » tout azymut. 

Les « hautes » autorités et les grosses commissions

Classé dans : politique — 17 janvier, 2011 @ 12:34

L’affaire du merdiator, supervisé par l’AFSSAPS (ex-agence du médicament), n’a rien de surprenant dans un régime de fausse démocratie knoutocratique. Pour le comprendre, il faut se placer dans le contexte : 

  • Le fait que l’Etat est depuis déjà longtemps subordonné à des structures internationales (OMC, UE, FMI, OCDE, etc.), à des multinationales plus puissantes que bien des Etats et à des « règles » économiques et commerciales mondialisées, le tout sans régulation mondiale. L’Etat national est devenu un nain politique avec la complicité des gouvernants qui ont installé leur propre dépossession de la souveraineté afin de favoriser le capital qui les finance et les enrichit. 

  • En revanche, l’Etat a conservé chez lui son monopole régalien de détention « de la violence légitime » et de production législative. Celle-ci donne aux gouvernants le pouvoir de faire des lois en faveur de leurs copains (notamment fiscales et financières pour la libre circulation des capitaux) et d’autres lois pour réprimer les résistances et les réactions des victimes de « la mondialisation heureuse ». Ensuite, la police et la justice, armées de ces lois de plus en plus répressives, s’en donnent à cœur joie pour faire la chasse aux exclus, aux précaires, aux pauvres mécontents de leur sort. 

  • On a alors assisté à un renforcement interne de l’Etat, à une recentralisation (voir la réforme territoriale de Tsarkowitch et la suppression de la source principale d’autonomie financière des communes, à savoir la taxe professionnelle ; voir la façon dont le « Gross paris » a été négocié et dont il sera mis en place, etc.) de l’administration et à l’emprise d’un président muni de super pouvoirs, à l’instauration de préfets-satrapes, nommés par le pouvoir, dans tous les domaines : autorités régionales de santé, directeurs d’hôpitaux, de lycées, recteurs d’académie, etc. le pouvoir actuel use largement de son droit de nommer des amis aux plus hauts postes de responsabilité : par exemple, les directeurs de chaînes médiatiques publiques, les hauts magistrats, les PDG des entreprises publiques, les membres du conseil économique, social et environnemental, les ambassadeurs, etc. Certes cela se pratiquait avant mais Tsarko a passé la surmulitpliée avec extension de ses pouvoirs et nominations de plus en plus politiciennes. 

Ainsi a été réalisée une doctrine libérale (en économie) teutonne : celle de l’ordo-libéralisme. Vasistas ? : une petite fenêtre de tir consistant à mettre en place un pouvoir politique fort, démocratique en apparence, pour imposer les lois favorables à l’économie sociale de marché » chère aux socio-démocrates tudesques. Cette doctrine justifie l’emprise des gouvernants et autres législateurs sur la société afin de la transformer par la force. Elle conduit à tout centraliser et à faire la chasse aux opposants. 

Ce qui est cependant important pour légitimer ce système, c’est de sauver la légalité démocratique d’un prétendu Etat de droit soucieux des libertés individuelles et du bien public. La limitation des libertés a pu se faire grâce à la « divine surprise » du terrorisme qui, mis à toutes les sauces répressives, permet aujourd’hui de poursuivre en justice n’importe quelle action et n’importe quel résistant. Et cela même préventivement, sans délit sur la base d’une soi-disant dangerosité ou d’intentions. Quant au bien public, il a été assimilé à la croissance et légitimé par lesthéories de « l’efficience des marchés », des bienfaits du libre commerce par la spécialisation dans les « avantages comparatifs », du primat de l’offre sur la demande. Citoyens, ne vous occupez de rien car les forces automatiques du marché réalisent spontanément « le meilleur des mondes possibles ». Cette « panglossie », cette pan-glossolalie a été répandue par les économistes libéraux, les « think tanks », les journaleux, les « organes » (OMC, FMI, etc.), les politicards de tout poil. Elle vient de se casser la figure avec la crise ; eh bien on recommence pourtant sans vergogne tout en faisant semblant de vouloir re-réglementer la finance (via les g 8,  G 20 et super Sarko). 

Mais l’Etat de droit doit être neutre par rapport aux acteurs et aux idéologies puisqu’il doit poursuivre l’intérêt général, au moins en apparence… Alors, en France (et ailleurs mais en France c’est caricatural), le pouvoir a inventé les instances d’expertise et de représentation des acteurs concernés, soi-disant indépendantes de lui. C’est la profusion d’agences (genre AFSSAPS, AFSSET ou agences régionales de santé), de « hautes autorités » (par exemple, la Haute autorité de la santé ou la HALDE), de commissions de « régulation (par exemple la CRE, commission de régulation de l’énergie), de médiateurs (type le futur « défenseur des droits ». 

Ces « organes » présentent de multiples avantages : le pouvoir peut y placer ses amis et les rémunérer avec ces sinécures ; le gouvernement définit la composition de ces machins, les critères d’accès et bien souvent en désigne les membres peu actifs en général. L’exécutif peut faire représenter les forces sociales qui lui conviennent (par exemple la FNSEA et pas la confédération paysanne) et choisir les bons experts (ceux d&signés par l’industrie et les lobbys). Il peut exciper de ce que les décisions prises ne sont pas de son fait mais de celui de la commission indépendante ayant pondu « à dire d’expert ». C’est ce qui explique que les « régulés » finissent par capter le régulateur au point de lui faire avaler de grosses couleuvres en toute indépendance putative du pouvoir. 

En effet, ces machins sont largement financés par les régulés (taxes, subventions, commandes d’études ou de contrôles) comme le montre clairement le cas de l’AFSSAPS qui doit presque tous ses moyens aux laboratoires pharmaceutiques. Même ainsi, l’organe n’a guère de moyens propres ; il doit faire appel à des experts externes qui très souvent ont des liens d’intérêt avec les régulés. Ils sont donc souvent dans une situation de conflit d’intérêt à l’instar des agences de notation US qui sont payées par les banques pour construire leurs produits financiers foireux et aussi ensuite pour les évaluer en vue de leur mise sur la marché (ce n’est pas l’acheteur des produits notamment « structurés » qui paye le notateur pour savoir les risques qu’il prend !). Faute de moyens indépendants, le prétendu régulateur se contente souvent de prendre clé en main des études bidonnées par le régulé. 

Dans le cas du loup-Servier, des sommets ont été atteints sans qu’Oeil-de-lynx 1er voie des inconvénients à son élévation au rang de grand officier de la légion d’honneur. Ce labo a utilisé les grands moyens : VRP (ex-visiteurs médicaux) sous forme d’accortes jeunes femmes (pas de jeunes hommes car la maison est homophobe) ; subventions aux chercheurs, publicités dans les journaux médicaux, édition de publications ou bouquins amis, financement de congrès, colloques, voyages d’étude dans des lieux paradisiaques, embauche d’ex-politicards de droite ou de gauche, envoi de propositions de lois clé en main aux députés amis (il y a en proportion et en chiffre absolu beaucoup de médecins au parlement…), placement de pions dans les instances gouvernementales, lobbying, menaces contre les auteurs de rapports défavorables, disqualification des opposants, rapports bidonnés, études camouflées, recrutement filtré par des ex de la police et des RG (pas de gays, d’athées, d’ex- gauchistes, de moricauds), etc. Quel palmarès ! 

Et maintenant on tire sur l’ambulance Ben Ali après, seulement après, qu’il s’est enfui et en l’ayant soutenu pendant des lustres. Avec ce que l’on vient de voir, est-on si sûr que le régime Ben Lusconi ou Ben Sarkosi soit bien un parangon de démocratie ? 

Tsark-ouille (aïe aïe), fripouille ?

Classé dans : politique — 30 décembre, 2010 @ 11:39

 

La question reste posée bien qu’il n’y ait aucune preuve. Et pour cause puisque notre petit Prince détient les clefs de la magistrature et d’un bonne partie des médias. Il n’empêche que des bruits et des éléments d’information le concernent. Attention, il faut être prudent et distinguer entre être concerné et être impliqué. C’est la blague des œufs au bacon : dans ceux-ci, la poule est concernée et le cochon impliqué. Je vais donc me contenter de recenser les différentes affaires dans lesquelles notre personnage apparait. 

Nous avons les travaux à prix d’ami effectués dans son ex-logement de Neuilly par une entreprise qui bénéficiait des permis de construire délivrés par la mairie. Un quidam a porté plainte mais il été renvoyé à ses chères études par le procureur Courroye (de transmission) nommé à Nanterre par qui vous savez malgré l’opposition du conseil supérieur de la magistrature. L’affaire a donc disparu sans être jugée. On sait aussi que les banquiers suisses prétendent que Tsark-ouille, alors avocat d’affaires, exportait des valises de billets pour le compte du tennisman Henri Leconte. Il est vrai que le président a eu l’audace d’attaquer la banque suisse et son secret bancaire. 

Il y a l’affaire des sous-marins de Karachi et de l’attentat contre les employés de la DCN pour cause supposée de non-versement des commissions promises aux Pakistanais impliqués dans le contrat passé en 1994, Ballamou étant prime minister et Tsarko ministre du budget. On a de forts relents de rétro-commissions pour financer la campagne présidentielle dudit Ballamou en 1995, Tsarko étant alors son porte-parole attitré. Quand Raskoltignac était ministre du budget, d’étranges sociétés avaient été montées au Luxembourg  (Heine, par exemple) pour payer les commissions et faire sans doute transiter les rétros. Un certain Boi(pot de)vin, ex-cadre à la DCN, chargé des commissions et des boîtes aux lettres pour les acheminer, aurait tenté de faire chanter Rikiki 1er pour 8 millions d’euros ; las, pas de preuves. Pour Fiscard Déteint, c’était le carat chic de Bokassa, pour Gnafron 1er, c’est du Karachi dans la colle. 

On vient d’annoncer le 29 décembre (Wikileaks, d’après un haut fonctionnaire de la banque de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO après la mort d’Omar Bongo), que le dictateur du  Gabon aurait détourné 30 millions d’euros pour financer essentiellement le RPR puis l’UMP. Avec la Côte d’ivoire, c’est donc Gabon Banania à moins que ce soit défense d’y voir. 

On a eu droit aux péripéties de l’affaire Woerth-Bettencourt-De Maistre de laquelle suinte un filet de financement illicite des partis politiques RPR/UMP avec remise de décorations et parfum de conflit d’intérêt. L’affaire a été dépaysée à Bordeaux et saucissonnée en 4 ou 5 instructions, ce qui laisse à penser que si par hasard des parties cachées de l’iceberg remontent à la surface ce sera après les élections de 2012. 

Œil-de lynx 1er, sans doute pas au courant des manigances du loup-Servier pour fourguer son merdiator à un taux de 65 % de remboursement par la sécu, a décoré le vénérable patron du laboratoire de la grand croix d’officier de la légion d’honneur. Il est vrai que notre avocat d’affaires avait bien défendu dans son cabinet (c’est le mot adapté) les intérêts de ce monsieur très méritant et habitant Neuilly avec son labo. 

Suite au prochain numéro de la vie paisible d’une république putativement irréprochable. 

Environnement et économie

Classé dans : politique — 28 décembre, 2010 @ 11:34

 

Plusieurs événements récents laissent à penser que la défense de l’environnement et la lutte contre le réchauffement de la planète bleue, d’un côté, et l’économie et la finance, de l’autre, ne font pas bon ménage. Nous eûmes le « l’environnement, ça commence à bien faire » exprimé dans le langage de Gnafron 1er au salon de l’agriculture 2010, l’échec de la conférence de Copenhague, les très maigres réalisations de celle de Cancun (une aide de 100 milliards de dollars aux PVD pour adopter des technologies propres et ne pas déboiser). La France vient de saper aussi le photovoltaïque en réduisant brutalement les avantages des investisseurs. Hongre 1er a aussi fait siffler la fin de la récré pour la taxe carbone dont le montant était pourtant ridicule et dont avaient été exonérés les gros pollueurs (routiers, industries, agriculteurs, pêcheurs ; ce qui a fait que le conseil constitutionnel a censuré le projet). Ce qui a été négocié jusqu’à présent par les gouvernements, alors que l’alarme a été donnée dès 1970, n’est pas du tout à la hauteur des prévisions du GIEC, même les plus optimistes. Le réchauffement de la terre dépassera donc largement les 2 degrés admissibles au maximum (et même 1,5 maintenant que l’on a pris beaucoup de retard), ce qui conduira à des catastrophes écologiques en tout genre, surtout, comme par hasard, pour les pays les plus pauvres. 

Pourtant, les gouvernements et les industriels nous promettent monts et merveilles pour la « croissance verte » à base de technologies nouvelles, économes, propres, durables, créatrices d’emplois. Le hic, c’est qu’elles coûtent plus chers à court terme, ce qui est cependant imposé car il faut absolument diminuer les émissions de gaz à effet de serre au plus tard en 2015. L’os, c’est qu’il est impossible de se passer des énergies fossiles et des structures en place (par exemple pour les transports ou l’isolation des logements) d’un seul coup dans le temps même où il faut drastiquement investir dans le renouvelable et les économies d’énergie. En fait il faudrait tout de suite remplacer la sacro-sainte croissance productiviste et au moindre coût par le développement d’un autre type de société assurant démocratiquement la satisfaction des besoins de tous. C’est là que l’on peut commencer de comprendre pourquoi le monde poursuit sa lancée suicidaire. 

En effet le capitalo-libéralisme est fondé sur l’accumulation de produits en vue, non pas de leur valeur d’usage, de leur utilité en rapport à des besoins, mais pour le profit : plus on produit et plus on vend, plus il y a transformation des marchandises en capital-argent. Ce mode de production, qui implique la propriété privée des moyens de production pour la monopolisation des profits et rentes, a pour conséquence la course au gigantisme. En effet, plus les boîtes sont grosses, plus elles monopolisent les marchés et plus elles font d’économies d’échelle ; ce mécanisme est facilité par le fait que les moyens actuels de production sont si productifs que pour les rentabiliser il faut vendre en très grandes quantités sur le plus grand territoire possible. Et pour vendre partout, il faut être « compétitif », donc serrer les coûts (notamment de main d’œuvre)  au maximum. Il s’ensuit que par une logique automatique, le capitaliste va chercher les endroits où tout revient moins cher par le moins-disant dans tous les domaines (environnemental, social, fiscal, de la santé, de la protection contre les nuisances et produits dangereux, etc.) ; c’est ce qui explique la délocalisation de la production et l’importation de produits low cost

Le seul critère de décision des capitalistes est celui du rapport efficacité/coût, rapport biaisé par le fait que dans les dépenses ou les charges, les dégâts en tout genre (mines, industries polluantes, dioxyde de carbone, etc. ; comme dans le PIB où rien n’est pris en compte non plus comme externalités négatives) ne sont pas comptés : c’est la société, ensuite, qui paye les nuisances générales produites par les capitalistes. On voit au passage que la production capitaliste suppose de puissantes structures centralisées et totalitaires pour imposer aux peuples bien des exactions : énormes latifundia avec des terres volées aux populations, déforestation au profit de grands trusts forestiers internationaux, mines polluantes et exploitées en virant les voisins indigènes, immenses barrages avec expulsion sans indemnité des premiers occupants, pêche avec des filets de 20 km raclant le fond des mers et détruisant les fonds marins et la pêche artisanale, etc. Les firmes capitalistes ont donc besoin de l’appui de gouvernements compradores et corrompus pour procéder à ces expropriations et faire taire les victimes. En clair, le productivisme accumulateur pour le profit par la vente implique l’absence de  démocratie réelle. 

Ce régime de croissance quantitative, privative, spoliatrice, gaspilleuse,  antidémocratique est évidemment soutenu par tous les acteurs sociaux qui en profitent et dont la liste est facile à faire : il suffit de recenser tous ceux qui ont un intérêt pécuniaire au maintien du système. Ce sont les propriétaires des terres ou du sous-sol, les industriels notamment de l’agro-alimentaire, les hypermarchés et autres distributeurs, les assureurs, les banquiers, les journaleux stipendiés au libéralisme et chantres de « la société du risque », les syndicats « réformistes » ou non parfaitement institutionnalisés dans la protection du régime d’accumulation capitaliste et, évidemment, les gouvernants et autres « députains ». Le leitmotiv de ces puissants rentiers du système est « il faut préserver la compétitivité du pays dans la concurrence internationale ». Ne demandez pas qui a mis en place ladite concurrence comme ressort de l’accumulation au meilleur prix pour dégager le plus d’argent possible ; ce sont eux. En fait, ce bon discours cache que le but réel est de maximiser les profits en profitant au maximum des effets de rente (pétrolière, nucléaire, pharmaceutique par les brevets même périmés car maintenus par adjonction de poudre de perlimpinpin, etc.), de la baisse des coûts dans la course au moins-disant, par la perception de subventions en tout genre ou des exonérations de charges sociales et d’impôts, par la baisse de la part du salariat dans le revenu national, etc. Comme il n’y a que la rationalité efficacité/coût qui compte dans la logique des décideurs, il en découle que les solutions classiques (le tout- pétrole, le tout-énergies fossiles, les multinationales bien connues et supposées sans risque, etc.) sont privilégiées : elles sont sûres et rentables. C’est pourquoi, on n’investit que lorsque l’ancienne solution est moins rentable qu’une nouvelle ou que ladite nouvelle devient rentable compte tenu de la hausse du prix de la classique : exemples, les catastrophiques schistes bitumineux (ou les gaz de schiste que certains lorgnent déjà dans le Massif Central) ou les forages pétroliers offshore et de plus en plus profonds (voir la catastrophe causée par BP dans le golfe du Mexique). Et c’est la spécialité des banques que de ne prêter qu’aux riches, aux bien établis, aux rentables et non aux PME. C’est ce qui explique que les grandes banques soient les structures les plus polluantes car elles financent les industries les plus chargées en nuisance. 

Et bien que le productivisme émane d’un système, on culpabilise les gens individuellement en leur disant que leur voiture, leur éclairage, leurs déchets, etc. polluent, tout en les incitant à acheter des cerises du Chili en hiver, voire des 4/4. Le bon couillon se plie à ces injonctions relayées par les médias en oubliant que, en fait, c’est son argent déposé en banque (il y est forcé par le système) qui pollue le plus et de très loin. Car, comme on l’a déjà vu, ce sont les banques qui encouragent l’accumulation polluante en la finançant. Par ailleurs, les banquiers, via leur réseau de « conseillers clientèle » (en fait des commerciaux chargés de placer les produits rentables pour les financiers et non pas les clients), incitent leurs usagers à placer leur pognon dans les activités destructrices de la nature. C’est pourquoi les banques ne proposent guère les investissements socialement responsables (ISR) qui ne représentent en France que 2 % des placements. On préfère, par exemple, l’agro-business des carburants agricoles (éthanol de maïs ou de canne à sucre) qui devient rentables à cause des prix grimpants du pétrole et qui ont l’avantage de ne pas forcer à modifier les moteurs ni ne réseau de distribution de carburant. On aime aussi beaucoup la peu coûteuse huile de palme, que l’on met à peu près dans tout et pour laquelle on zigouille les forêts d’Indonésie ou des Philippines. Les banques fiancent des barrages destructeurs de l’environnement et des populations locales, des achats de terre vendues aux gouvernements corrompus, des mines et activités dangereuses, etc. 

Cependant les industriels et les banques commencent de redouter l’intervention des ONG et des associations de consommateurs. Alors, elles font installer des labels écologiques (en général autoproclamés) et font de la communication pour rendre publics leurs maigres, très maigres, investissements pour la défense de l’environnement. Par exemple Total a investi dans les 400 millions d’euros pour la bonne cause alors que ses bénefs sont de 12 milliards en 2009. Bien mieux, le capitalisme cherche à tirer profit de la crise environnementale. Au lieu de réglementations imposées et strictes pour diminuer les émissions nocives, il a inventé, grâce aux gouvernements, les « droits à polluer » (ou droits d’émission) vendables sur le marché du même nom, de même que le droit de dépasser son quota d’émission en investissant dans des pays où on est loin de le faire, ce qui est censé compenser. On observe alors qu’il est beaucoup moins coûteux, par exemple, de planter une forêt dans ces pays (pour faire « des puits de carbone »), d’investir à l’étranger peu développé que dans les pays très développés. Et, cela n’a pas loupé, le marché des droits d’émission est devenu un nouvel espace de spéculation. 

Ce système n’est pas réformable ; il faut sans cesse par des innovations, des expérimentations lui opposer des structures offrant un régime de développement démocratique, local, décentralisé, axé sur d’autres valeurs comme le partage, la solidarité, la participation, la qualité des produits, leur durabilité à long terme, la possibilité de les échanger dans des relation sociales de proximité et de coopération. C’est précisément ce que les puissants actuels ne veulent pas : les politicards ne veulent pas de la décentralisation et de la démocratie authentique ; les industriels et les financiers veulent continuer le libre-échange mondialisé et la concentration des moyens de production. Il y a de l’espoir car des structures porteuses de cette autre logique existent déjà (mutuelles, coopératives, associations de consommateurs ou autres, ONG, AMAP, agriculture bio. Sels, confédération paysanne, déclencheurs d’alertes, etc.). Malheureusement il faut craindre que le temps ne soit trop compté pour que la planète puisse être sauvée. 

 

 

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