les armes de la critique

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Téléthon, charité et libéralisme

Classé dans : Non classé — 27 novembre, 2009 @ 12:09

 

Le bon Bergé vient de déclencher une polémique sur le téléthon ; c’est amusant que les postulants au charity business se mettent à se déchirer sur le partage du pactole. Cela peut s’expliquer par le fait que 30 % des fonds recueillis disparaissent dans les frais administratifs de gestion, la communication et la pub, les rémunérations des « permanents », les « mailings », etc. et en sachant que les responsables se sucrent parfois au passage (frais de réception, hôtels 4 étoiles, voitures avec chauffeurs, indemnités diverse, etc.) comme l’avait montré, notamment, une enquête sur l’opération « pièces jaunes ». Disons tout de suite que ce n’est pas le cas de Pierre Bergé qui met du sien dans le Sidaction et qui le finance largement à ses frais.

Mais le vrai problème n’est pas là. Il réside dans le fait que le charity busines contient et véhicule une idéologie particulière, celle-là même qui est portée par le néolibéralisme moderne. Les braves donateurs prennent avec ce système l’habitude de remplacer les services publics par la charité privée, de faire disparaître la recherche de la justice derrière le don individuel. C’est pratique à la fois pour le gouvernement, qui peut ainsi se dégager des solutions collectives en les finançant de moins en moins, et pour les bienfaiteurs qui s’achètent ainsi une bonne conscience à bas prix car la chose est largement défiscalisée.  Ce qui montre bien que l’Etat pousse à la substitution de la charité à la justice.

Pour comprendre cette politique de régression vers « l’insolidarité » collective et la progression de l’esprit des dames patronnesses, il faut en revenir aux fondamentaux idéologiques du libéralisme. Déjà, ce dernier raisonne en termes de dons ou de tares individuels et de lutte pour la vie dans un monde concurrentiel impitoyable. Si vous naissez handicapé (ou le devenez accidentellement) ou frappé d’une maladie génétique, c’est que vous et vos parents ont tiré un mauvais numéro dans la loterie de la vie. Comme ce malheur vous arrive à vous, il n’y a pas de raison que la collectivité en paye les conséquences à votre place. C’est du reste le principe même de l’assurance privée qui fixe le montant des primes à verser en fonction de vos caractéristiques personnelles et de savants calculs d’actuaires sur les différences de risques. C’est pourquoi, les compagnies d’assurances privées réclament depuis longtemps le droit d’accéder au dossier médical des clients et seraient ravies de disposer de la carte génétique de chaque individu. Gageons que cela finira par leur être accordé au nom de la compétitivité des compagnies d’assurance françaises déjà en concurrence avec les étrangères sur le territoire francaoui. C’est pourquoi les compagnies d’assurances luttent pour faire remplacer notre bonne vieille « sécu » et les mutuelles complémentaires (lesquelles ont été alignées par Bruxelles sur les compagnies privées au nom de « la concurrence libre et non faussée » ; pensez donc : une mutuelle, qui ne fait pas de sélection des risques peut être moins chère qu’une assurance commerciale !) par l’individualisation des assurances et des primes et l’offre marchande et personnalisée. Car la « sécu » ne tient pas compte des âges, des sexes, des caractéristiques perso pour ses tarifs qui sont fondés sur des taux appliqués aux salaires, donc proportionnels aux moyens et non aux risques. C’est une solidarité collective qui est ainsi encore en place, solidarité qui signifie que toute vie se vaut et que personne n’est responsable tout seul des aléas de sa vie.

Fondé sur l’individualisme et l’inégalité, le libéralisme fait la chasse aux services publics, tels l l’école ou La poste ou l’hôpital, qui, dans son idéologie, présentent moult défauts : ils sont ouverts à tous sans rivalité et sans exclusive (théorie des biens publics) ; ils sont financés par les impôts ou les cotisations alors qu’il faudrait les diminuer… surtout pour les riches ; ils offrent une solidarité et des moyens d’égalité des chances et des conditions. Or, les inégalités sont à la fois liées aux « mérites » et aux dons individuels et résultent de l’exercice de la liberté individuelle. Les services publics, en procurant une offre égale pour tous limitent la liberté et instaurent un début de totalitarisme socialiste. Ils encouragent les fainéants à vivre aux crochets de la collectivité ; ils favorisent les « passagers clandestins » et les tire-au-flanc. Du reste, les pauvres ne sont que des nuls, des irresponsables et des « risquophobes » qui ne savent pas ou ne cherchent pas à se servir de leur liberté. Salauds de pauvres que le libéralisme recommande de ne pas aider, car ce serait un encouragement à leur multiplication. Laissons faire les lois de Malthus par lesquelles leur nombre ne peut que s’ajuster mécaniquement à l’état des ressources et de la population. C’est pourquoi les généreux Gibbies supprimèrent au 19ème siècle l’assistance des communes aux pauvres (loi sur les pauvres) dans le temps même où on leur enlevait leur droit d’accès aux terres communes (les fameuses « enclosures ») au profit des propriétaires terriens. Le libéralisme prône donc de laisser crever les inutiles, les malades, les handicapés qui augmentent les frais généraux du pays et sont sources d’inefficacité et d’improductivité (libéral dixit). Encore un effort, messieurs les libéraux, soyez logiques et conséquents avec vos principes ! Revenez à l’exposition des  bébés handicapés effectuée en Grèce pour les faire mourir ; imitez les Esquimaux  pour lesquels les vieux, bouches inutiles, doivent d’eux-mêmes se mettre seuls sur la banquise pour y mourir de froid. Du reste, Malthus recommandait de ne pas faire la charité. Pourquoi la facilitez-vous maintenant ? C’est contraire à votre doctrine ! Je reviendrai, infra, à cette question.

Le libéralisme est un utilitarisme où n’a de valeur que ce qui apporte des satisfactions individuelles et égoïstes.  Sauf chez Bentham qui veut que l’utilitarisme apporte le bonheur au plus grand nombre, ce qui signifie qu’il peut y avoir des personnes sacrifiées pourvu qu’elles contribuent ainsi audit bonheur du plus grand nombre. Ce qui veut dire aussi que, à rebours de l’évolution des sociétés modernes vers plus de justice et vers le respect inconditionnel de la dignité et de la vie de toute personne, fût-elle malade, le libéralisme milite pour que les lois ne s‘occupent que d’utilité et d’efficacité et certainement pas de morale. Il le dit clairement en économie,  présentée comme une science pure et amorale, et en doctrine politique pour laquelle la loi et le gouvernement doivent être neutres vis-à-vis des conceptions du monde, des finalités existentielles et des valeurs morales. Vous avez donc le droit, si c’est dans vos convictions, de faire la charité. C’est une 1ère raison de la laisser faire actuellement car dans le cas contraire l’Etat ne serait pas neutre à l’égard de cette conception-là de l’amour du prochain.

Une 2ème raison réside bien plus prosaïquement dans le fait que les politicards professionnalisés et partisans sont des rusés. Ils ne peuvent rayer d’un trait de plume les services publics et les solidarités mutuelles installées dans les consciences citoyennes et portées par des valeurs partagées. Il faut y aller en catimini, progressivement et par étapes, par saucissonnage des problèmes de façon que chaque « réforme » n’ait pas l’air d’une révolution heurtant la culture et les mœurs des citoyens. La stratégie consiste alors à cacher le but, à noyer le poisson sous une avalanche de « rupturettes » à la Tsarkozy, à diminuer les moyens publics, à creuser les déficits de façon à pouvoir dire enfin que la gestion publique est toujours inférieure à la privée et que l’Etat devenu ainsi impécunieux ne peut plus payer. L’exemple le meilleur est celui de l’hôpital, déjà victime de multiples réformes, que le gouvernement veut faire « converger » avec les cliniques sous la pression de l’unicité de la tarification à l’activité. Un réseau de cliniques s’étant glorifié de coûter 30 % moins cher que l’hôpital, il convient de rappeler que c’est de la désinformation totale. En effet, cela ne dit pas que les salaires des médecins ne sont pas comptés dans les frais des cliniques et que celles-ci ne font pas obligatoirement les urgences, les cas difficiles et la recherche-enseignement ! Le néolibéralisme consiste donc ins cher que l’ à l’sion de l’e le gouvernement veut faire «  à forcer les gens à recourir aux solutions privées (retraite par capitalisation, assurance-santé personnelle, école privée, etc.) et cela, en plus, en se fondant sur des comparaisons spécieuses. Qui a dit que le libéralisme c’est la liberté puisque, en fin de course de cette stratégie, le citoyen n’aura le choix que de s’adresser à des services privés ?  Mais, disent les libéraux, la liberté de choix demeurera puisque les offres privées et marchandes sont ouvertes à la concurrence. Cette réponse est un pur mensonge car l’heure est à la concentration et à la monopolisation à cause même de la concurrence sauvage qui pousse à la spécialisation et aux « économies d’échelle » par extension des entreprises et de leurs parts de marché. Du reste, le cas de la santé aux USA le montre bien : les offreurs forment un oligopole national et des monopoles locaux. Ce qui explique que le lobby des assureurs ne veut pas d’une offre minimale publique ouverte à tous (plan Obama) car, tenez-vous bien, ce monopole socialiste supprimerait la concurrence et la liberté de choix des clients de santé. Or le plan d’assurances publiques pour la santé vise précisément à mettre fin au monopole de l’offre privée, laquelle a conduit les USA à 48 millions de personnes sans couverture sociale et à une dépense de santé montant à 16 % du PIB (11 en France).

Une 3ème raison de faciliter une charité si contraire aux principes libéraux se trouve dans le fait que les politicards sont encore élus. Ils ne peuvent trop brimer les pauvres qui risqueraient de mal voter. Il faut donc laisser la charité occulter les conséquences de la politique libérale menée par les « députains » et les gouvernements et corriger ses dégâts. Le problème est que cette politique accroît sans cesse et massivement les « exclus du banquet de la nature » (Malthus). Donc la charité ne peut que s’épuiser car elle n’y suffira pas et que les classes moyennes sont de plus en plus essorées par la politique libérale du tout-marché mondialisé. Mais les politicards sont rusés et ont préparé une solution qui les rend irresponsables de la faillite prévisible. D’ores et déjà ils se sont défaussés des vraies décisions sur des « organes » internationaux (UE, OMC, FMI, etc.), et sur des automatismes (le marché et la concurrence) qui excluent la démocratie. Ils ne sont plus les vrais décideurs ; ce sont les experts et les multinationales qui prennent toutes les options importantes à la place des peuples et de leurs compradores élus soi-disant représentatifs. Dans cette logique, pourtant opposée au libéralisme politique qui a inventé la démocratie, il faut envisager la fin prochaine des faux-semblants démocratiques locaux. Le Nicktalope présidentiel est sur la bonne voie : recentralisation partout (exemple, l’hôpital où les directeurs manageurs sont nommés par le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS), lesquels sont des sortes de préfets médicaux nommés par le pouvoir ; autre exemple l’étouffement fiscal des collectivités locales ou la conduite du projet de « Gross Paris » transformé en nouvel EPAD) ; réduction des parlementaires au rôle de godillots de sa majesté, domestication des ministres au service du mitron, c’est-à-dire du général Boulanger en plus petit), etc. La logique voudrait donc que l’on fasse comme « Napoléon le petit » : institutionnaliser la réalité, à savoir l’inutilité totale des élections de représentants. Mais les politicards tiennent à ce rôle de faire-valoir parce que c’est un à-valoir rentable : le « députain » coûte environ 18 000 euros par mois au pays et par tête de pipe (multipliez  par 12 pour un an etpar 577 députés plus 343 sénateurs). La place est bonne si on est élu ou réélu pour ne pas faire grand-chose puisque le pouvoir réel est ailleurs, notamment chez Gnafron 1er.  C’est un si bon fromage qu’il serait idiot de s’en priver. Donc on va continuer d’un côté à vider la démocratie de toute substance, de l’autre à maintenir sa façade à l’instar des « villages à la Potemkine ». Cela ne marchera plus quand la charité deviendra inopérante et que le pays croulera sous la dette pourtant créée pour liquider les services publics.

On voit donc bien qu’il y a une collusion de fait entre le néolibéralisme et l’extension démesurée de la charité privée qui plus est de plus en plus médiatisée et transformée en grandes messes télévisées : il ya même un business des fichiers de donateurs (que fait la CNIL ?) et les officines de charité se refilent leurs listes de sorte que si vous avez mis le doigt dans l’engrenage vous êtes inondé de demandes.

Je fais une proposition : au lieu d’en appeler à la charité pour la santé, la recherche médicale, l’accès aux soins et aux médocs, il faudrait que les budgets de l’armée et de l’assemblée nationale y soient soumis. Je recommande aussi de ne rien donner au charity busines, ce qui encourage le gouvernement à se désengager. Mais donnez aux ONG de résistance civique comme Transparency International ou Oxfam ou  la Ligue des Droits de l’homme… Là, c’est utile pour lutter contre les ravages du libéralisme et de la corruption des politicards qui va avec.

De la corruption et des méthodes patronales en France

Classé dans : Non classé — 22 novembre, 2009 @ 12:13

 

Vient de paraître un classement du degré de corruption (par une ONG) des différents pays ; la France figure à la 24ème place dans l’ordre croissant de la corruption. Beau résultat pour « le pays des droits de l’homme ». Car notre pays est la victime de la collusion de plus en plus grande entre la classe politique et les menées patronales pour augmenter sans risque et sans cesse leur taux de profit. 

On connait les malversations anciennes commises par les partis (dont le socialiste avec l’affaire URBA) pour financer  des campagnes électorales de plus en plus coûteuses à cause de l’importance prise par les médias audio-visuels dans le « viol des foules par la « propagande politique » (Serge Tchakotine), l’agit-prop à la Staline, la propaganda staffel à la  Goebbels. Chiracos qui mit la mairie de Paris en coupe réglée au profit de son parti RPR avec à son actif 13 affaires pénales (aucune condamnée à ce jour, une allant vers le procès en correctionnelle) en sait quelque chose ; mais aussi le PR de Longuet, les Noir, les Carignon, etc. Les lois sur le financement des partis politiques, dont la première en 1995 sous Rocard, du reste assortie d’une amnistie pour les délits antérieurs !, étaient censées y mettre fin. Gageons que c’est devenu seulement plus discret et prudent grâce à l’aveuglement de la justice aux ordres du pouvoir et surtout aux moyens de dissimulation via les hommes de paille, les sociétés fictives et les paradis fiscaux, ce qui été grandement facilité par la mise en place des transactions électroniques en temps réel et « intraçables ».

Rappelons que pour qu’il y ait des corrompus « passifs « (les politicards) il faut des corrupteurs » actifs » (les patrons ou leur lobbys) ; mais sous Chiracos et Tonton, en fait, c’étaient les politicards qui sollicitaient souvent les patrons en échange de « commissions » (plus ou moins grosses, entre le pipi de chat et la bouse de vache). Les espaces de corruption étaient nombreux. Il y avait les marchés publics de BTP avec  en tête à la manœuvre le vertueux Francis Bouygues, futur adjudicataire pour services rendus de la privatisation de TF1. Il y eut la rénovation des lycées d’Ile de France où, sous la férule de Giraud, président de la région, les partis (il y avait une savante répartition entre les partis, dont le PS) émargeaient aux rétro-commissions versées par les adjudicataires sélectionnés en fonction du montant de leur obole aux partis. Il y eut la rénovation des HLM (et de leurs ascenseurs) de la ville de Paris et des municipalités d’Ile de France via leurs offices d’HLM, dont l’OPAC (la bien-nommée) de Paris. Il y avait les dessous de table versés aux membres des commissions départementales d’attribution de surfaces commerciales, car figurez-vous que les lois Royer, Galland, Raffarien pour la protection du « petit commerce » favorisaient en fait la grande distribution (poursuites pénales contre Mulliez d’Auchan et Bourriez de Cora). Il y avait les attributions de concession de services publics locaux aux entreprises privées. Là, les champions de la corruption furent les deux grandes compagnies des eaux (Suez et CGE devenue Vivendi puis Veolia, dont l’actuel président, Henri Proglio,  vient d’être nommé à la tête d’EDF !). Ces compagnies ont fait flèche de tout bois : concessions de transports publics, traitement des déchets, services aux municipalités, etc. Il y avait, évidemment, la corruption liée aux ventes d’armement à l’étranger (récente condamnation de Mossieu Pasqua ou affaire des frégates de Taïwan) et au pétrole/gaz (affaire ELF sous Pink Floch nommé par Tonton avant la privatisation et la fusion avec Total). Autre sources de corruption, les beaux contrats souscrits grâce à la « Françafrique » sous la houlette de Foccart puis des sbires de Tonton et de Chiracos, avec pactoles pour les concédants africains et rétro-commissions pour les politicards français (notamment pour le pétrole du Gabon via Bongo).

Une grande partie des affaires de corruption, tant active que passive et dans les deux sens entre politicards et patrons, est liée à l’existence d’une nomenklatura d’Etat issue du même moule à savoir la filière IEP et ENA. Pauvre Michel Debré qui en créant l’ENA en 1945 voulait une haute administration compétente, républicaine et méritocratique et, surtout, au service de l’intérêt général. Manqué car comme l’avait dit Proudhon les grandes écoles ne sont jamais que « les séminaires de l’aristocratie ». Ce vœu a duré un peu avec les grands commis de l’Etat comme Delouvrier ou Massé. Las, les socialos en 1983 se convertirent sans le dire à l’économie libérale après avoir nationalisé les banques et les grandes boîtes stratégiques (acier, armement, informatique, aluminium, etc.) en 1981. Ces « nationalisations » (en fait étatisations) permirent de renflouer moult entreprises au bord de la faillite, lesquelles ont été revendues après recapitalisation aux frais du contribuable et à bas prix aux intérêts privés. C’est le début de la fortune de certains capitaines d’industrie soi-disant méritants, comme Bolloré ou Pinault, via les largesses du Crédit lyonnais qui fit faillite en laissant une ardoise de plus de 16 milliards d’euros et qui ensuite, via sa structure de « defeasance » (le CDR) brada ses actifs au profit de Tapie, Bolloré et consorts.

Mais des hauts fonctionnaires avaient été nommés à la tête des entreprises étatisées et ensuite sont restés grâce à la privatisation en forme de « noyaux durs » inventés par Ballamou (participations croisées pour empêcher la venue d’investisseurs étrangers). Nos hauts fonctionnaires comprirent alors que travailler dans le privé était bien plus juteux que de rester fonctionnaire. On mit alors en place une furieuse endogamie entre fonctions d’Etat, pantouflages dans le privé et allers-retours dans le public (« revolving doors » comme au pays de M. Colt) ; par ailleurs les dirigeants des boîtes se croisaient, au sens propre, dans des conseils d’administration où figuraient toujours les mêmes personnes, de même formation énarchique ou de grands corps d’Etat. D’où les Pébereau, les Bouton, les Messier, Richard, Breton, Mer, Pink Floch, etc.

Les méthodes patronales ont toujours consisté à se protéger derrière les décisions de la puissance publique afin de se garantir des rentes. Les moyens pour y parvenir sont nombreux et supposent la connivence des autorités publiques soi-disant au service de l’intérêt général. Nous avons l’exploitation des « organismes paritaires » ; le patronat a fait ses choux gras de la médecine du travail, du 1 % logement, de la FPC, de la taxe sur les entreprises employant moins de 6 % de travailleurs. C’était paritaire avec les syndicats, lesquels émergeaient  aussi. Ces belles institutions  paritaires permettaient au patronat bien des choses : salariés fictifs, implantation de  structures patronales dans les locaux paritaires pour ces choses, stagiaires fictifs (FPC), dérivation d’une grosse partie du fric des subventions publiques, etc. Les syndicats n’étaient pas en reste avec l’exploitation des comités d’entreprise (SNCF, CCAS d’EDF/GDF) et les stagiaires fictifs des formations aux fonctions prud’homales. Car les syndicats n’avaient plus que 8 % d’adhérents payant des cotisations. Ils s’en contentaient car ils étaient subventionnés par l’Etat et avec les petites prédations patronales auxquelles ils émargeaient. D’où la caisse noire de l’UIMM « pour fluidifier les relations sociales » et, surtout, acheter des politicards bienveillants

La 2ème méthode patronale est le lobbying afin d’obtenir des textes de lois les favorisant ou les protégeant. C’est particulièrement vrai pour les laboratoires pharmaceutiques qui sont présents, à dire d’experts, lesquels sont souvent stipendiés par lesdits laboratoires, dans les organes soi-disant neutres de contrôle étatique. L’exemple le plus récent est celui des vaccins contre la grippe H1n1 et de leur mode d’administration zappant les médecins généralistes au profit d’une usine à gaz. Mais la ministre de la santé, Rosy Cachalot (pour dire que c’est assez) est une ancienne potarde (fastoche : les études sont faciles si on a des parents qui payent leur durée non assortie d’un concours set qui donnent leur pharmacie à leur chère fifille, en même temps du reste que leur siège de « députain) ; elle a travaillé pour un laboratoire, ce qu’elle ne dit pas. Le meilleur lobby fut celui du CPA, comité professionnel de l’amiante (dénoncée comme dangereuse dès 1907) qui obtint pendant plus de 10 ans la continuation de l’usage de l’amiante interdite seulement en 1997.

Une autre façon de circonvenir les autorités publiques est de siéger dans les organes de recherche et de contrôle à dire d’expert. Les agences gouvernementales (AFSSET, AFSSAPS, etc.). Au sein de l’agence française de la santé (AFS) et du comité des médicaments avec ses 1200 médecins plus de 20 % sont payés par des laboratoires, lesquels viennent d’obtenir le droit de relancer les malades victimes d’affections de longue durée chez eux sous prétexte de les aider à prendre leurs médocs, lesquels labos ont le doit d’informer les médecins via leurs « visiteurs médicaux » au bas mot 3 fois plus nombreux que dans d’autres pays de l’UE. Truffés de chercheurs et d’experts stipendiés, alors même que la politique gouvernementale vise à diminuer sans cesse les moyens publics et indépendants d’expertise, les « organes » publics se contentent d’avaliser les propositions des sbires du privé ; l’Afsset  a ainsi cautionné une étude sur la non-dangerosité des ondes électromagnétiques des antennes pour la téléphonie mobile.

Nous avons aussi les « revolving doors » ou pantouflages-tourniquets entre fonctions privées et publiques. Ainsi M. Pérol, du cabinet de Tsarkowitch, vient de passer à la tête des Caisses d’Epargne-banques populaires ou M. Richard, au cabinet de Mme Lagarde vient de pantoufler comme 2ème homme d’Orange. Ou M. Pierret, ex-ministre sous Jospin a migré vers la Cogema. Ou M. Bazire de chez Tsarko and Co est allé à LVMH et a, antérieurement, occupé des fonctions à la banque Rothschild, comme Pompidou. Ou M. Ballamou ex-président du tunnel du Mont Blanc et ses 39 morts ou pantoufleur dans une boîte informatique amie.

Une grande méthode est celle des attributions de reprise d’activité par les Tribunaux de commerce et les exactions des syndics de faillite. Ainsi, après moult péripéties, Boussac-St- Frères a été repris par Bernard Arnauld avec une grosse subvention publique jamais remboursée. Comme les frères Willot qui avait déjà été les repreneurs scandaleux de Boussac,  Arnault a dépecé les bons actifs à son profit et liquidé le reste sans se préoccuper de l’emploi. Même méthode que tapie dans la reprise de Manufrance et autres boîtes. Inutile de dire que ce n’est pas demain que l’on verra une réforme des tribunaux de commerce où tout se passe entre amis.

On a aussi les syndicats de jaunes (CFT-CSL) montés avec l’appui du pouvoir et les nervis de l’ex-OAS et du SAC de Pasqua. On a les organes de propagande et de formation en faveur du libéralisme : Institut de France, Institut supérieur du travail, cercle du Siècle, groupe Bilderberg, la Trilatérale, la société du Mont-Pélerin et son colloque annuel de Davos, le club St-Simon. Ces « think tanks » ou boîtes à idées libérales sont aidées par des « penseurs » comme Minc, le super-conseiller des grosses entreprises et de Tsarko ou comme Attali, à la fois patron d’une maison de conseil aux boîtes et conseiller du prince avec sa commission sur la réforme de la France commanditée par Gnafron 1er, laquelle a pondu 316 propositions hyper libérales que le prince a dû remiser au placard. Ou Mme Notat (benêt) ex-CFDT, qui a crée Vigéo, une boîte de conseil éthique aux entreprises, boîte financée à 30 % par les maisons qu’elle est censée auditer. Ou M. Denis Kessler, ex-vice président du MEDEF et apôtre de la « rénovation sociale » avec éradication du programme du Conseil national de la résistance (CNR) mis en place à la libération. On a les sauvetages étatiques pour sauver la mise du patronat : étatisation de Sacilor en faillite et renflouage donc du groupe de Wendel, dont le dirigeant futur, le baron Seillière, devint président et créateur du nouveau MEDEF.

On a la mise en coupe réglée des marchés publics, notamment avec la pompe à fric de L’Epad à la Défense, pompe juteuse pour le RPR des Hauts- de-Seine où Gnafron a bien prospéré et qu’il espérait transmettre au prince Jean. Pompe super-juteuse pour le promoteur Pellerin, futur failli et condamné en Corse pour construction illégale dans sa propriété. On a les organes-bidons de contrôle des opérations financières (COB puis AMF), l’AMF n’ayant rien trouvé à redire à la spoliation des petits actionnaires de Rhodia (sous M. Thierry Breton président du contrôle interne) ou de Vivendi (Class action en cours aux USA pour manipulation de cours, où les actionnaires français peuvent être plaignants alors que la France voulait l’interdire). On a que les nuisances et pollutions laissées par une entreprise privée en faillite sont à la charge du contribuable : cas de Métaleurop ou des mines de Salsigne. De même que des accidents créés par l’impéritie privée : cas d’AZF ou de l’Erika qui, par la grâce de tribunaux complaisants, n’ont pas grand-chose à payer pour indemniser les victimes.

Le lecteur aura compris que les bonnes affaires patronales sont liées à des méthodes que la morale réprouve et que les politiciens approuvent, secondent, facilitent et absolvent. La corruption est une caractéristique endogène du monde des affaires et rappelons que Mercure ou Hermès était à la fois le dieu des commerçants et des voleurs. Gageons cependant que la corruption officielle, car ce n’est qu’une affaire de définition juridique du délit, va baisser. Le Nicktalope, ami des patrons, s’y emploie : révision à la baisse des délits en col blanc, notamment celui d’abus de bien social, dépénalisation du monde des affaires (notamment pour les affaires relevant des violations du code du travail, lequel du reste a été réduit en ces matières lors de sa réforme soi-disant « à droit constant »), suppression du juge d’instruction. Avant, sous Chiracos et Jospin, on a eu la transformation des entreprises en personnes morales pénales, ce qui exonérait leurs dirigeants, et la loi excluant les édiles de responsabilités en cas d’infraction non volontaire. Zébulon 1er a aussi entrepris le changement du code des marchés publics pour permettre les « partenariats privé-public » qui ne sont qu’une généralisation du système des concessions de service public aux services de l’Etat (écoles, prisons, hôpitaux, etc.). Elémentaire, Watson, quand la corruption est institutionnalisée il n’y a plus de délit de corruption. La chose provient de ce que les pouvoirs publics sont désormais officiellement au service du patronat et du néolibéralisme et font voter les lois qui le favorisent et l’exonèrent de toute responsabilité.

L’Europe teutonne

Classé dans : Non classé — 21 novembre, 2009 @ 11:20

 

Tsarkowitch a invité Angela  Merkel aux commémorations du 11 novembre.  Passons sur la bizarrerie de cette invitation  après que les Français eurent à subir la fureur tudesque à 3 reprises en moins d’un siècle. Les « poilus » doivent s’en retourner dans leur tombe. En 1871, par suite de la dépêche d’Ems, belle provocation de Bismarck pour unifier l’Allemagne sous la domination de la Prusse, la France perdit l’Alsace et la Lorraine et paya 5 milliards de Francs-or de l’époque au titre d’indemnités de guerre. Somme phénoménale qui permit aux Saxons d’investir, notamment dans la chimie (ypérite, bien utile en 1914-18). Après la 2ème guerre mondiale, l’Allemagne ne paya presque pas les réparations de guerre… En 39-45, les nazis extorquèrent 400 millions de francs par jour (vous avez bien lu) à la France. Ils ne furent Jamais remboursés et, bien mieux, la Germanie fut une des principales bénéficiaires des fonds du plan Marshall au titre de la lutte contre le communisme. Il ya donc là de solides raisons historiques pour nous laisser nous souvenir de nos morts chez nous sans la présence tudesque. Certes, on peut et on doit oublier les exactions de la Teutonie car les descendants ne sont pas responsables des crimes de leurs aïeux. A condition, toutefois, que les fautes ne reprennent pas le dessus ;

Ce qui empêcherait alors de poursuivre la politique de réconciliation, de coopération et de paix débutée avec Adenauer et de Gaulle. Mais cela suppose que la Germanie ne joue pas solo (du reste comme tous les pays de l’UE) et cesse de tailler des croupières à la France et au reste de l’Europe. Or des exemples nombreux et récents montrent que la Saxie continue de se comporter en pays dominateur et entend bien se réserver le quasi-monopole des relations avec les anciens pays de l’EST libérés du joug soviétique à partir de la fin 1989. Après la réunification de 1991, elle a maintenu sa politique de mark fort, bien qu’elle ait fait que 1 mark de l’Est, roupie de sansonnet, soit transmué en 1 mark de l’Ouest. En même temps, elle s’endettait pour moderniser l’ex-RDA (1300 milliards d’euros déjà dépensés et ce n’est pas fini), ce qui aurait dû faire chuter sa monnaie, la dette allemande devenant alors considérable bien que les Fridolins continuent à imposer ledit mark fort. En réalité, cela forçait la France, par exigence allemande, et les autres pays de l’union, à adopter elle aussi une politique de Franc-Fort, ce qui revint en fait à faire payer la réunification par les autres pays. « Tonton » posa 3 conditions à la réunification : intangibilité de la frontière germano-polonaise (Oder-Neisse), dénucléarisation de la Bochie et monnaie unique. Il aurait dû exiger au moins 150 milliards de marks afin de rembourser les destructions des Schleus en France. Tonton ne comprit pas (parce que les socialos étaient déjà convertis au libéralisme, à la finance mondialisée, à la lutte contre l’inflation, à la stabilité de la monnaie en faveur des rentiers et autres capitalistes, au libre-échange) que ladite monnaie unique était le vœu secret des Verts-de-gris pour asseoir leur domination et leur modèle financier. En outre, perversement, les socialos pensaient que les contraintes de l’euro et de l’UE forceraient les Français à accepter des changements. Facilement, car alors jouaient les automatismes de la monnaie et les contraintes supra nationales de l’UE en dédouanant la responsabilité des gouvernements français dans la mise en place de l’ultra-libéralisme. Alors arriva l’euro en 2001 puis le désastreux Traité constitutionnel européen.

Avec cette monnaie européenne unique, associée aux critères de Maastricht, la France perdait la liberté de son taux de change pour dévaluer en cas de perte de compétitivité. Les autres pays aussi et alors, par suite des traités européens transformant l’Europe en zone de libre-échange hyper concurrentielle, sans possibilité de jouer sur la monnaie et les droits de douane, tous les pays de l’UE furent mis en concurrence sauvage les uns avec les autres. C’est que les doryphores avaient, eux, parfaitement compris qu’une monnaie unique, qu’ils faisaient semblant de refuser, assorties de critères draconiens qu’ils exigeaient et qui furent acceptés par les autres pays, créait la 1ère mâchoire de l’étau qui allait asphyxier les peuples européens dans le néolibéralisme financier et globalisé. La 2ème étant la réduction de l’Europe à une législation commune purement commerciale. Les Teutons avaient inventé « l’ordo-libéralisme » dans les années 30/40, c’est-à-dire l’imposition des règles économiques libérales par un Etat fort ; les temps n’étant pas mûrs, ils s’étaient contentés de « l’économie sociale de marché » (libéralisme mais Etat-providence et cogestion). Après 1989, ils purent en revenir, sans le dire, à l’ordo-libéralisme, donc à des lois favorisant les menées des entreprises et des lobbys appuyées sur la réduction drastique de l’Etat social en 2004.

L’impérialisme teuton s’est vu dans bien d’autres domaines. Grâce aux conneries françaises, ils ont réussi à mettre la main sur l’aéronautique européenne en dominant EADS où ils sont maintenant majoritaires et où ils imposent leurs dirigeants. Les Fridolins étaient mal placés dans les industries porteuses d’avenir mais bien dans les industries traditionnelles et surtout la machine-outil ; la France avait de bonnes positions ; las, les Schleus les ont minées.  Leur lobby des industries chimiques, BASF en tête, a torpillé le projet REACH qui visait à installer dans l’UE un contrôle des produits chimiques nuisibles à la santé et à l’environnement. Quand le Nicktalope présidentiel voulut créer une « union pour la Méditerranée » afin de déplacer le centre de l’Europe vers le Sud, la teutonne Merkel lui rappela qu’il existait déjà  un processus de Barcelone et exigea la présence au raout tsarkozyen de tous les membres de l’UE, dont moult pays n’ayant aucun accès à la « mare nostrum ». Ce qui fit sombrer l’idée de Gnafron 1er dans le ridicule. Car la Bochie ne pense qu’en termes d’expansion vers l’EST et, si les temps changeaient, rien n’empêche de penser qu’elle préférerait une fédération dudit Est sous sa houlette plutôt que de s’arrimer à l’Europe de l’Ouest et du Sud. Car avant d’être européenne, la Germanie est tout simplement tudesque. J’en ai autant pour la France, la GB, etc.

 Ils ont, sans consulter leurs partenaires, poussé à l’indépendance accélérée de la Serbie, laquelle en a profité pour s’attaquer aux Bosniaques (et à la Croatie), d’où le massacre de 8 000 musulmans à Sebrenica. Car les Boches visaient les territoires de l’EST comme marché libéralisé et surtout comme espace de délocalisations de leurs industries de main d’œuvre dans ces nouveaux pays à bas coût. D’un côté, ils militaient pour l’euro fort, ce qui aggravait les problèmes de compétitivité extérieure (à l’euro-groupe) des autres pays ; de l’autre, à l’intérieur de l’UE, ils amélioraient leur compétitivité grâce à leurs délocalisations en Europe de l’EST. C’est pourquoi, avec les Rosbifs, ils ont poussé à l’extension sans fin de l’UE avec comme seules règles réelles communes celles du marché hyper concurrentiel et du libre-échange.

Parallèlement, ils se sont opposés à la baisse de TVA sur la restauration en France ; ils polluent à tout-va avec leurs centrales électriques au lignite tout en essayant de barrer le nucléaire français ; ils tentent de racornir Areva, via Siemens, actionnaire, etc. Leur récente politique anti-sociale (sous Schröder, continuée par Merkel), contribuant ainsi à détruire ce qui reste d’Etats-providence en Europe car dans le cadre de l’étau ci-dessus décrit les autres pays sont forcés de suivre pour rester compétitifs, a visé à s’emparer des  marchés des autres. Et, cerise sur le gâteau, la mise en place d’une TVA « sociale » de 3% a été conçue pour opérer une dévaluation déguisée. En effet, les importations en provenance du reste de l’Europe sont taxées 3% de plus, ce qui a le même effet qu’une dévaluation.

Jusqu’où les Tudesques iront-ils pour favoriser leurs intérêts ? Ont-ils vraiment perdu leurs vieilles ambitions de « lebensraum » (espace vital) ? Si leur situation empirait, que feraient-ils pour se protéger en dépit des autres pays ? Rappelons-nous que la Germanie a une culture spéciale, due au luthérianisme : chacun reste chez lui et cultive sa « bildung » en laissant les mains libres au pouvoir en lui obéissant, quoi qu’il arrive. Ce qui explique que l’Allemagne luthérienne a accepté Hitler sans broncher, seule la catholique Bavière s’y opposant. Cela ne pourrait-il pas revenir en cas de crise ? Le Teuton est discipliné et garde son Kant à soi quand il a des saucisses (de Franc-Fort) à bouloter. Qui nous garantit qu’ne cas de crise un lider maximo plein de fuhreur nationaliste (un Tsarkozy mais allemand, par exemple) n’émergerait pas dans les urnes ?

Dans ce contexte, il ne fallait pas inviter les doryphores au 11 novembre. Mais «  le Hongre » qui nous dirige depuis 2007 n’est français que depuis 55 ans et est un néolibéral forcené. J’ai pris l’exemple de l’Allemagne pour décrire l’état réel de la soi-disant Europe. Gageons qu’un polémiste allemand pourrait écrire des choses équivalentes sur la France. Les Gibbies ne sont pas non plus blancs-bleus : finance faisant 20 % de leur PIB, paradis fiscaux, opposition constante à l’unification politique de l’Europe et à l’euro, défense de l’ultra libéralisme et suivisme des USA, dévaluation en douce de la livre, opposition à toutes les lois européennes  un peu plus sociales, etc. D’où une intense poilade quand on voit le conseil européen nommer une Gibbie comme diplomate en chef de l’UE ! Mais les vaches grasses des rosbifs disparaissent : leur pétrole et leur gaz en Mer du Nord (piqués à l’Ecosse), leurs bases financières spéculatives (quoique… le G20 n’a pas l’air de la viser dans ses paradis fiscaux) ; leurs 5 milliards annuels d’euros payés par l’UE, exigés par Thatcher sur le thème « I want my money back » sont mis en question. Quand j’écris doryphores, fridolins, etc., ce n’est pas dirigé contre le peuple Allemand, c’est contre ses dirigeants et j’en ai autant contre le pouvoir français. C’est pour rappeler que l’on n’a pas le droit d’oublier (pas même des surnoms à l’époque bien mérités) et qu’il faut continuer de se méfier tant que l’Europe ne sera pas une véritable union politique. Or le libre échange qui l’anime contient au contraire tous les ferments de la division entre les peuples ; ce qu’encourage les dirigeants politicards car, comme dit la sagesse populaire, ils préfèrent « être petits chez eux que grands chez les autres ». Et regardons : est-ce qu’une Europe fédérale, à la sauce de Proudhon, c’est-à-dire à la fois dans les domaines économique, social et politique, aurait élu Zébulon 1er, notre monocrate francaoui, comme président ?

République et communautarisme

Classé dans : Non classé — 13 novembre, 2009 @ 12:06

La république est une union politique et démocratique qui admet en son sein le pluralisme social des diversités et différences en tout genre. La république est neutre vis-à-vis des différentes conceptions du monde, ce qui en d’autres termes signifie qu’elle est laïque, terme français mais qui a son équivalent dans les autres démocraties sous forme de ladite neutralité de l’Etat au regard des systèmes de valeurs de ses habitants. La république ne s’oppose pas aux communautés dès lors qu’elles ne violent pas le contenu politique et commun du pacte républicain. Celui-ci est assez simple : principe d’égale considération pour chaque personne ou chaque groupe, ce qui implique l’égalité de la femme et de l’homme ou de chaque sous-culture par exemple Basque ou Corse, etc. Cela implique aussi le respect de la liberté, de la dignité et de l’intégrité physique de chaque personne ou de chaque groupe doté d’une identité spécifique dans le concert et le corps sociaux. A quoi s’ajoute le principe de fraternité ou de solidarité, donc de justice. Chaque acteur social y a le droit de faire valoir, exprimer ou négocier ses valeurs et ses intérêts dans toutes les sphères de l’action sociétale : privée, civile, politique. La pseudo-république française depuis 1789 a nié la prise en compte dans la sphère politique des intérêts particuliers au  nom de l’ânerie rousseauiste affirmant que le « contrat social » était passé directement entre chaque individu, censé abandonner ses propres intérêts (stupidité) au profit du bien commun (intérêt général), et la nation. Redoutable fiction qui a permis aux « députains » élus  et réunis en chambre législative de se considérer comme le modèle réduit et représentatif de ladite nation et de prétendre être eux-mêmes les bons détenteurs monopolistes de la souveraineté absolue et indivisible du pays, c’est-à-dire d’avoir seuls le droit de donner la loi en niant l’intervention de tout groupement intermédiaire. A tel point que les corporations, associations, provinces, langues vernaculaires, etc. furent interdits et proscrits pendant très longtemps.

La république moderne ne peut continuer dans cette proscription des groupements, en les consignant dans la seule dimension civile. J’ai proposé ailleurs que tous les acteurs inclus dans la société puissent participer à armes égales, sans asymétrie de pouvoir et d’expression ou de négociation, à un double débat public. Dans l’espace public-civil et dans l’espace public-politique ou civique. A quoi s’ajoutait que tous lesdits acteurs étaient concernés et impliqués dans la préparation des décisions dans le double espace public et que la décision politique, une fois prise après débat antérieur dans les instances décentralisées de la république, civiles ou civiques, et après débat dans le parlement politique, devenait imposable à tous comme loi universelle sans distinction de quelque sorte que ce soit. Dans ce cadre, des valeurs politiques comme l’équilibre des débats et participations, l’éthique de la discussion dans le respect de l’autre et la tolérance à l’expression de ses positions, la recherche de l’entente à partir de la pluralité des points de vue, le caractère neutre de la loi vis-à-vis des conceptions du monde, la justesse du régime représentatif, le principe de la transcendance de la loi générale sur les pratiques particulières sont indépassables et régissent l’émission des règles communes. En d’autres termes, les groupes particuliers ou les communautés peuvent participer aux débats de mise en forme des décisions politiques en vue de l’intérêt général, lequel ne souffre pas d’exceptions communautaristes, une fois les décisions prises dans une procédure légitime d’émission des lois.

Certains diront que c’est déjà le cas, la république, volens nolens, ayant fini par admettre l’existence des groupements spécifiques (syndicats, associations, collectivités). Ce n’est vrai que formellement car le corps politique détient toujours le monopole du débat politique et de la décision afférente, les groupements n’étant associés que par des consultations, des fausses négociations, de l’écoute fallacieuse. Du reste, Gnafron 1er a osé dire : « j’écoute, mais je n’en tiens pas compte » et prend des décisions avant même toute consultation des « forces vives de la nation » (Ganelon-Besson dixit) ou monte des « commissions d’étude » (avec membres dûment sélectionnés pour leur conformité à ses vues) munies d’un feuille de route ne laissant aux commissions que la latitude de justifier a posteriori la pré-décision présidentielle. Il arrive même au Nicktalope, obscur-voyant, de décider avant même que le rapport de la commission d’étude lui soit remis (par exemple la commission Léger sur la réforme judiciaire avec suppression du juge d’instruction).

La république est de plus en plus en difficulté vis-à-vis de communautés en tout genre qui veulent obtenir que les lois et règles leur confèrent des garanties, des assurances, des privilèges exorbitants du droit commun, qui exigent que la loi universelle soit calquée sur leurs positions particulières. Ces communautés réclament des exceptions au nom du moderne principe d’égale valeur de toutes les cultures, qui, de ce fait, ne sauraient être assimilées et digérées dans une culture globale unique et supérieure. Cette égale valeur de chaque communauté dans la société globale débouche automatiquement sur le relativisme : puisque tout se vaut, alors rien ne vaut de plus que le reste. Cela induit aussi la juxtaposition des communautés dans l’espace public, chacune étant potentiellement repliée sur ses mœurs et ses valeurs. Alors, le tissu social se réduit à la seule sphère politique chargée de réguler les conflits potentiels entre communautés divisées et considérant de fait que son droit à l’existence est liée à son excellence, ce qui contredit le principe de départ, à savoir que toutes les cultures se valent, ce qui montre que le discours de l’égale valeur dans la différence  ne vaut que pour pouvoir se constituer en espace autonome coupé du reste de la société. Le corps social étant alors balkanisé, il ne reste, en plus de la politique, que le marché en tant qu’espace commun des activités de relations entre communautés. Il n’y a guère à se demander pourquoi le pouvoir actuel du clan de Nicolae Sarkocescu encourage, comme aux USA, ce « différencialisme » communautariste  conflictuel.  Elémentaire, Watson : c’est le bon vieux diviser pour régner et plus les divisions sont potentiellement fortes, plus la nécessité d’un pouvoir autoritaire s’impose pour tous. C’est une resucée de Hobbes : puisque la société est le lieu de la lutte de tous contre tous, alors il faut un pouvoir tout-puissant pour imposer la sécurité et la paix. Eh oui, M. Tsarkozy vous n’êtes pas si moderne et en rupture que cela.

Le tsarkozysme oublie volontiers qu’il n’y a rien de pire que la communauté à cause de l’emprise qu’elle exerce sur les individus en limitant leur liberté à la stricte observance de ses règles. Aller dans le sens du communautarisme, c’est revenir sur le principe libéral par excellence, à savoir la liberté des personnes. Cependant, la communauté est indépassable car c’est l’espace dans lequel chaque individu acquiert langage, éducation, morale et culture et forge les 1ers éléments de son identité, ce que nie le libéralisme individualiste et atomistique pour lequel la société ou les groupes culturels n’existent pas. Il faut donc, en bonne république, respecter les communautés et les admettre aux débats publics et aux processus politiques démocratiques. Mais il faut les surveiller de façon qu’elles respectent les valeurs communes et extérieures à elles. En aucun cas, la république ne peut accepter que les valeurs de liberté (notamment de mariage mixte ou non, de pratique sexuelle consentie, de divorce), d’égalité des genres, de respect de la dignité de chacun, de solidarité entre tous, notamment dans le paiement de l’impôt, de justice, de neutralité laïque soient niées par telle ou telle culture communautaire. Car contre le relativisme actuel, j’affirme que les valeurs, du reste résumables dans la charte internationale ou européenne des droits de l’homme et dans la devise française (liberté, égalité, fraternité, à quoi s’ajoute la neutralité ou laïcité), sont supérieures (à la fois comme place dans la hiérarchie des valeurs et comme contenu intrinsèque) à celles des communautés tout simplement parce qu’elles unissent et unifient alors que celles des communautés divisent, même si, paradoxalement, certaines de leurs valeurs peuvent être meilleures que celles de la république. Par exemple, l’interdiction de l’usure dans le prêt à intérêt ou  l’égalité de traitement interne à la communauté alors que la (mauvaise) république actuelle n’établit que l’égalité des droits et des chances et non celle d’un écart minimal et justifié entre les situations. Il appartient alors à la république, non pas de sanctionner ces valeurs, mais de les étudier, de les évaluer, de les respecter quand elles ne troublent pas l’ordre public, de les généraliser quand elles peuvent être partagées par tous. Inversement, la république ne peut accepter des pratiques qui violent ses principes et ses valeurs générales. Par exemple, elle luttera contre le mariage forcé, le crime d’honneur, les privilèges communautaires, les discriminations (du genre, on se traite également entre coreligionnaires mais on traite différemment le quidam extérieur), l’excision, le mariage multiple, l’homophobie, le sexisme, le racisme vis-à-vis de l’étranger, la censure des opinions, l’enfermement dans la communauté plus ou moins sectaire, etc. je n’y mets pas le voile ou le nikab. Ce qui est dangereux pour les valeurs de la république, ce n’est pas lui ; c’est la communauté, alors sectaire voire fondamentaliste,  qui s’en sert pour afficher ses options et exclure les autres. La république reconnaît toutes les religions et n’en favorise aucune. Mais elle refuse que telle ou telle religion dicte son ordre moral à tous les citoyens. Ce que la république refuse, c’est le communautarisme autarcique et sectaire, religieux ou non ; celui des l’église catholique quand elle régnait encore, celui de l’orthodoxie Amish ou judaîque imposée à tout le monde, celui du fondamentalisme musulman ou hindou, etc. Il y a du travail… qui ne sera réalisé qu’en mettant en place une vraie république, désirable pour ses valeurs partagées et sa réalisation de la Justice et non en faisant la chasse à des symboles comme le voile.

Démocratie « libérale » ou république ?

Classé dans : Non classé — 9 novembre, 2009 @ 12:28

 

La démocrassie libérale ne s’occupe que de politique et, normalement suivant les canons de ses saintes écritures, est fondée sur la protection des libertés individuelles et des propriétés afférentes, « acquises par le travail » et le « mérite ». La démocraCIA repose sur le suffrage périodique des citoyens quelles que soient la couleur de peau, la religion, les idées, la morale, le statut social, la richesse, etc. des « veautants ». J’insiste sur CIA en latinisant le concept car on voit bien que la prétendue protection des libertés s’accommode fort bien du FBI, de la CIA, du « Patriot act », de Guantanamo, des inégalités, de la répression la plus féroce, de l’immixtion dans les chambres à coucher, de la délation, etc. Elle admet n’importe quelle religion pourvu qu’il y en ait une, même si c’est une secte dangereuse et spoliatrice comme l’église de scientologie. Car le libéralisme n’a pas toujours été démocratique. Ses pères fondateurs se sont toujours méfiés de la « populace » et se sont longtemps opposés aux libertés permettant d’assurer la démocratie : suffrage censitaire, censure de la presse, interdiction du droit d’association, poursuite pénale du syndicalisme et, last but not least, aux USA un équilibrage institutionnel des pouvoirs de façon que les représentants et l’exécutif nationaux puissent gouverner le moins possible car tout dépend des suffrages locaux. Et quand la démocratie, même purement politicarde, bourgeoise et représentative, est devenue inévitable les libéraux « démocrates » ont appuyé sur le champignon de la religion. Les athées ont prôné « la religion civile » car « sans Dieu tout est permis », car « sans religion, rien n’interdirait à mon jardinier de me voler ». La religion est en effet un bon moyen d’installer un conformisme ou un ordre moral dans lequel les gens s’épient et se dénoncent mutuellement et où les déviants, les marginaux, les asociaux peuvent être stigmatisés et pourchassés. On peut s’expliquer ainsi pourquoi Gnafron 1er a trouvé que le curé ou le pasteur seront toujours plus à même d’inculquer des valeurs (sous-entendu de conformisme, de soumission, de charité) que l’instituteur laïque, gratuit et obligatoire, pourtant porteur d’une autre religion, celle de « l’Etat Français ». C’est pourquoi, bien que la politique et le droit, dans les principes libéraux,  soient théoriquement neutres par rapport aux différentes conceptions du monde, Zébulon 1er n’hésite pas à pousser la chanterelle religieuse et le communautarisme. La neutralité de l’Etat tsarkozyen ne va pas jusqu’à admettre que les athées aient autant de droits que les religieux de tout poil.

La démocrassie libérale libère le marché à fond car le « doux commerce » permet à chacun de s’occuper de ses propres affaires et de son enrichissement personnel sans s’impliquer dans l’action politique, ce qui laisse la bride sur le cou aux politicards professionnels et aux lobbys qui les financent. Elle adore l’individualisme et le communautarisme car ainsi les atomes individuels et les molécules communautaires ne s’occupent que d’eux et vivent juxtaposés les uns avec les autres. C’est  une stratégie efficace pour diviser afin de régner. Chacun pour soi et Dieu pour tous, telle est la devise qui unifie la zone dollar et l’Anglo-Saxie. Ce communautarisme, admis, reconnu et valorisé fonctionne dans toutes les dimensions de la société. Il régit les conduites individuelles, il formate chaque communauté dans ses valeurs  et intérêts particuliers, il procure les raisons de voter puisque dans ce type de démocratie les orientations politiques résultent de l’expression des intérêts lors du suffrage. Dès lors, le communautarisme sort de la sphère privée et de l’espace civil-public pour envahir l’espace public-politique. Dès lors, le politicard négocie sur son territoire avec tous les groupes de pression (économiques, sociaux, de défense de ceci ou cela, de genre, de sexualité, de religion, de communauté, etc.) en vue de dégager une majorité qui l’élise et le reconduise.

C’est ce qui explique que les représentants américains (à la chambre éponyme et au sénat ou comme gouverneurs d’un Etat) ne dépendent en aucune façon d’un parti car ce dernier n’est qu’une étiquette facilitant éventuellement l’élection. C’est ainsi que l’exécutif (Obama l’a bien vu) doit négocier avec chaque politicard ; par exemple le vote d’hier 7 novembre à la Chambre des Représentants US sur la réforme du système de santé n’a été acquis que par 220 voix contre 215, dont celles de 39 « démocrates » appartenant au groupe des « blue dogs » ou groupement d’extrême droite du parti démocrate. Car lesdits blue dogs ne sont en fait ni républicains ni démocrates ; ils sont réactionnaires puisque devant leur élection aux franges les plus droitières de l’électorat US. Il en découle que la politique, c’est-à-dire la fixation des buts pour la société tout entière en vue de l’intérêt général, n’est que la série des compromis  passés à court terme entre intérêts particuliers. L’intérêt général n’est que la résultante ex post des négociations entre politicards ayant des intérêts locaux à défendre ou des intérêts particuliers (ceux des 80 millions de chrétiens évangélistes, ceux de la National Rifle Association, ceux des lobbys économiques, etc.). En d’autres termes, le bien public n’est jamais recherché en tant que tel comme lié à l’existence même de la société globale, entité évidemment différente de la simple juxtaposition de ses parties. Cela colle évidemment avec la doctrine libérale individualiste pour laquelle la société n’existe pas. Le Nicktalope qui aime tant le modèle américain ne va pourtant pas réclamer que les représentants soient indépendants de son parti de godillots et que le régime politique français devienne vraiment présidentiel comme aux USA. C’est qu’il veut concilier à son profit les mérites de l’individualisme et du communautarisme américain,  dans la fausse démocratie qui caractérise notamment ce pays, avec les charmes de la république absolue, une et indivisible et propice à la monocratie du président non de la France, mais du parti.

Comme la démocrassie libérale n’est que politicienne et repose sur les divisions individualistes et communautaristes, elle se moque du bien commun et admet facilement les inégalités, sauf les « raciales » parce que, sinon, la base même du communautarisme serait sapée. En effet à ce moment-là, la possibilité même de l’égale considération pour chaque communauté disparaîtrait et le pacte social américain, si péniblement acquis après tant d’années  d’esclavage et de racisme (anti-noirs ou anti-indiens ou vis-à-vis des « Latinos »), sauterait. C’est pourquoi le mérite (travail, dons, efforts) et l’égalité des chances supplantent la recherche de l’égalisation des conditions ou résultats, les handicaps culturels ou ethniques devant être compensés par une discrimination positive (« affirmative action »), c’est-à-dire par un traitement en « équité » des différences ou handicaps.

On peut définir la république comme une communauté globale où l’existence même de la collectivité majeure et le bien commun sont à égalité de considération avec les libertés et les droits individuels ou des groupements sociaux. Alors, la république n’est pas une collection d’individus et de sous-communautés coexistant dans son espace territorial. La question est ainsi de savoir quelle est la consistance de cette grande communauté supérieure  à, et différente de, ses parties. Dans la tradition républicaine française, cette texture n’est pas ethnique, encore moins « raciale » ; elle n’est pas fondée sur les valeurs religieuses non plus et demeure laïque, elle ne dépend pas des  genres ou des statuts sociaux. Sur ces dimensions-là, la république est pluraliste. Qu’est-ce qui en fait alors une communauté particulière dans le concert international ?

Ce sont trois choses. La république, au nom du bien commun, recherche à tout le moins une certaine égalisation des conditions réelles de vie pour tous ses citoyens, de façon que la dignité, les capacités et les talents de chaque personne soient reconnus et valorisés. Car il n’y a pas de coopération sociale possible, il n’y a pas d’adhésion active du corps social et des personnes à la communauté politique si la considération accordée par la société et ses membres à chaque personne et à chaque groupement n’est pas traduite matériellement dans des moyens effectifs et suffisamment égaux qui prouvent que chacun a une place juste et reconnue dans le concert social. En d’autres termes, la 1ère justification de l’adhésion à la république est la recherche permanente de la Justice encore et encore. La 2ème est la recherche permanente de l’intérêt général et du bien commun pour la société tout entière et pour chacun de ses éléments individuels ou collectifs. La 3ème réside dans l’existence de valeurs à la fois morales et politiques qui définissent le contenu du pacte politique unifiant la société dans le pluralisme et le respect des différences. Mais cela ne veut pas dire que le relativisme, dans lequel toute valeur se vaut, est de bon aloi. La république répudie les valeurs qui divisent alors que la démocratie libérale les porte au pinacle : compétition, réussite, « équité », individualisme, charité (cette horreur qui fait que les riches montrent leur dédain des pauvres en leur faisant l’aumône), matérialisme ostentatoire, jalousie,  le temps d’activité (« travailler plus [longtemps] pour gagner plus), le repli sur soi, etc. Elle valorise au contraire les valeurs qui favorisent l’union de tous en même temps que le développement personnel : la solidarité, la fraternité, la justice, la coopération, la réciprocité, la mutualité, la belle ouvrage (l’œuvre ou le travail bien fait) dans le travail collectif et la contribution individuelle, le loisir et le repos pour créer et être avec les autres, la relation et la communication, etc. Voilà donc pour les valeurs morales.

Mais il y a aussi des valeurs proprement politiques : éthique de la discussion, communication égale entre toutes les parties prenantes au pacte politique et social, recherche de l’entente, égale participation de tous à la chose publique, respect de la minorité, équilibre des rapports de force dans les négociations, égale possibilité d’expression et de mise en débat de ses intérêts dans l’espace public, que celui-ci soit civil (dans la société civile comme on dit) ou politique, respect de la culture du pays et de ses traditions (ce qui ne veut pas dire s’y cramponner, cela signifie ne pas les bousculer sans connaissance de cause et sans consensus), primauté de la justice comme ressort du lien politique. En d’autres termes, la république est une communauté de volontés qui adhèrent à des valeurs, à des fins politiques, à un ordre juridique qui forgent et développent le lien social au lieu de le détruire dans l’individualisme compétitif et l’acceptation des inégalités, qui plus est croissantes et non justifiées. Et cela sous réserve d’inventaire permanent car, comme disait Renan « la nation est un plébiscite de tous les instants ».

D’après ce qui vient d’être énoncé, il est clair que la France, qui se targue de sa république depuis 1789, n’a jamais été républicaine. Or, si l’on veut que les gens et les groupements adhèrent à la république encore faut-il qu’elle soit réelle. Par ailleurs, notre république a été bien trop « assimilationniste », c’est-à-dire qu’elle a surtout visé à intégrer les populations immigrantes à sa culture globale, à faire disparaître les cultures provinciales (Basques, Bretons, Corses, Occitans, catalans, etc.) à plier à ses mœurs les peuples colonisés, à supprimer les groupements intermédiaires, à interdire l’existence politique des sous-communautés. En d’autres termes la république a amalgamé la culture civile qui caractérise une société globale, d’un côté, et les valeurs politiques, de l’autre. Or, par construction l’adhésion à la république repose sur le lien politique commun, les autres liens devant rester libres d’exister et de cohabiter dans la société civile puisque la république est neutre, c’est-à-dire laïque, vis-à-vis de ces derniers. C’est pourquoi, normalement, la vraie république admet la développement dans les sphères privées et civiles de toutes les pratiques et sous-cultures communautaires ou particulières à condition qu’elles ne troublent pas les principes républicains, par exemple celui de l’égalité des sexes ou genres ou celui de la liberté des pratiques sexuelles entre adultes consentants et, évidemment, celui du respect de la dignité des personnes et de leur intégrité physique (n’est-ce pas Mme Allo-Marrie qui songe à la castration physique ou chimique). Mais la république réelle admet aussi que toutes les forces sociales, tous les groupements puissent participer à armes égales aux débats politiques. C’est ce que la république assimilationniste  des Jules, laquelle perdure sous Gnafron 1er,  a refusé parce que ses soi-disant élites « méritocratiques » n’ont jamais voulu partager le pouvoir.

Car la république française est fort peu démocratique ; le pouvoir politique y est monopolisé par les partis dominants, la parole des communautés y reste interdite au niveau politique en dehors de la sphère privée ou civile, son régime est devenu monocratique car les contre-pouvoirs y ont été réduits à presque rien, etc.

Alors, que choisir entre la démocratie libérale US sans valeurs républicaines ou la fausse république francaoui sans démocratie ? Ni l’une ni l’autre car la démocratie sans la république est le règne des inégalités et du marché, car la république sans la démocratie n’est qu’un totalitarisme soft exercé par des politicards qui définissent tout seuls l’intérêt général, c’est-à-dire le leur et celui des capitalistes et des financiers dont ils ne sont « que les fondés de pouvoir » (Marx). Il nous faut une démocratie réelle, sociale et républicaine telle que celle que Proudhon avait conçue avec son fédéralisme mutuelliste et décentralisé, tout à la fois économique, social et politique, national et international, pluraliste et unificateur grâce à la recherche de la justice et de l’équilibration des forces sociales.

L’Etat, c’est moâââ (Louis XIV et Sacha Guitry)

Classé dans : Non classé — 7 novembre, 2009 @ 12:03

Dans la foulée du ci-devant roi, les politicards français ont accoutumé de prétendre représenter l’Etat parce que la légalité de leur élection, au demeurant fort discutable eu égard aux manipulations du mode de scrutin et des circonscriptions électorales, leur donne un brevet de légitimité. A ce moment-là, c’est Pétain qui était légitime et de Gaulle illégitime.

Cette prétention est exorbitante pour moult raisons, dont la 1ère est que l’Etat n’existe pas. Ce qui existe réellement, c’est une administration aux ordres du politique, administration qui s’est illustré sous Vichy et montre son excellence actuelle avec Ganelon-Besson et la chasse aux clandestins. Ce sont « les appareils idéologiques d’Etat » ; c’est le corps des politicards de tout poil et de tout niveau.

Ce qui existe aussi c’est une « idée » de la chose en tant qu’intérêt général, car l’Etat est la structure juridique grâce à laquelle les philosophes libéraux ont enlevé le pouvoir politique au roi (en tant que corps physique individuel et  organe collectif symbolique du pays) pour le redonner au peuple tout entier. C’est donc une représentation idéelle et idéale, fondée sur une certaine conception du pouvoir politique. Dans celle-ci le pouvoir d’une société sur elle-même (pour définir ses fins, cerner ses valeurs, adopter ses normes de vie collective, construire ses buts matériels et mener l’action politique correspondante) est ce que l’on a appelé « la souveraineté ». On notera que chez les Froggies, ladite souveraineté est absolue et indivisible, d’où la suppression des anciennes régions et des corporations par 1789, d’où la chasse aux langues régionales à grands coups de « hussards noirs de la République » sous les Jules de la 3ème république. Chez les Gibbies, elle est limitée à l’objet même du pacte social à savoir garantir la liberté, la sécurité et la propriété pour tous, ce qui laisse leur droit à l’existence de toutes les forces sociales, territoriales ou corporatives ou économiques.

Donc, la souveraineté est le pouvoir de la société tout entière sur elle-même. Dans ce cadre, l’Etat n’est que l’instrument symbolique et juridiquement formalisé de la prise en charge effective de ce pouvoir. Car la souveraineté n’est qu’un potentiel  tant qu’elle n’est pas dotée de structures d’action et de décision ; or l’idée d’Etat est le moyen de justifier qu’il y ait de telles structures de façon impersonnelle et indépendante de toutes les forces sociales. Autrement dit, pour l’instant cette simple idée d’Etat a pour but de garantir que la prise en charge de la souveraineté soit neutre pour tous les acteurs de la société globale. La notion de souveraineté est le moyen de passer du potentiel de pouvoir de la société sur elle-même à la puissance. Comme en électricité : le potentiel n’est pas la puissance. J’espère que le lecteur n’ampère pas son latin… Mais la puissance, c’est-à-dire la figure neutre et impersonnelle de l’Etat, doit pouvoir passer à l’acte, comme dirait Aristote, comme la puissance électrique se transforme en production de Kwh lorsque la puissance des centrales est mise en action (attention aux journaleux qui disent que le pays a consommé tant de mégawatts alors qu’il s’agit d’une puissance appelée et non d’une consommation). C’est le rôle des appareils d’Etat (gouvernants et représentants, corps de fonctionnaires, institutions politiques) d’opérer ce passage.

So What (ou Sot Watt, surnoms de l’ex-PDG d’EDF), la souveraineté-potentiel de pouvoir politique appartient au peuple tout entier, l’Etat-puissance n’appartient à personne et les politicards n’en ont que provisoirement la mise en action. Ce qui donne à penser en ce qui concerne les gesticulations politicardes de Gnafron 1er qui ne cesse de se réclamer de sa détention élective (et il dit même qu’il n’est pas un monarque puisqu’il est élu, ce qui montre qu’il ne sait pas ce que monarchie signifie) en prouvant au passage qu’il ignore la différence entre la puissance (simple degré de force que l’on peut éventuellement actionner) et le pouvoir comme force effective d’action. Et, enfin, le vrai pouvoir d’orientation, de décision et d’action appartient aux élus. Ce qui permet de démontrer  que les gouvernants et autres politicards ne sont que les détenteurs en actualité de service de l’exercice (acte-pouvoir) de la puissance de l’Etat. Or la politicaillerie française, le Nicktalope en tête, profitant de l’horrible thèse de la souveraineté absolue, donne tout le pouvoir à l’Etat, c’est-à-dire à elle-même, puisque le vrai pouvoir n’est pas dans l’Etat (pur symbole) mais dans les gouvernants, représentants et fonctionnaires, en continuant par ailleurs dans les horreurs du secret et de la raison d’Etat. Ainsi, des politicards, dont le rôle politique n’est qu’éphémère, se permettent-ils de fiche en l’air la culture, les instituons sociales et politiques, les principes généraux du droit, etc. pour changer la société, la civilisation, les mœurs, le contrat social contre les acquis de l’histoire. C’est ainsi que Nicolae Sarkocescu, inspiré par le MEDEF et M. Kessler, son grand penseur social, ne rêve que de détruire « le programme du Conseil National de la Résistance » mis en place à partir de 1945, ce qui avait donné « les 30 glorieuses » du pacte social conçu pour après la libération du pays de la botte tudesque.

Contre l’ignorance encyclopédique de la politicaillerie française, il faut donc insister : elle n’est pas le souverain, elle n’est pas l’Etat, elle n’a pas le monopole du bien public, elle n’a pas le droit de faire changer la France de type de société au nom de sa prétendue légitimité par la seule prétendue légalité de son élection. Elle n’est que l’exercice momentané et transitoire du pouvoir politique. Et quand ce corps de politicards sans scrupule vend le pays au libéralisme et à la finance et cela depuis 26 ans déjà avec le curé Delors (vite aux Aubrys) les peuples et les gens  vivant sur le territoire actuellement attribué à la France dans les instances internationales, privés de corps intermédiaires et de contre-pouvoirs actifs et puissants (voir la déréliction des syndicats et des partis), peuvent résister dans la rue. Oui, le pouvoir politique n’est pas que dans les instances oligopolistiques du pouvoir politique ; il est aussi dans les rues et a(d)venues.

Ce qui aggrave la situation française, c’est que le pouvoir politique y est monocratique (terme plus accessible peut-être à Zébulon 1er que monarchie) : il est totalement concentré dans les mains du président. Aux USA, les pouvoirs sont équilibrés et le président ne peut pas faire grand-chose sans l’assentiment des deux chambres du parlement. De plus la pratique tsarkozyste de l’exercice du pouvoir consiste à ne pas tenir compte des corps intermédiaires, ni même des représentants. En effet, les décisions sont prises par le monocrate avant toute concertation et, ensuite, les « négociations » ne sont que des discussions écoutées d’une oreille distraite. La pratique du pouvoir est assise sur des Agences, des Hauts conseils, des Commissions, des hautes autorités, des missions, etc. qui, en réalité, sont largement constitués de compradores et fantoches au service de la monocratie car nommés par elle. Ces « machins » sont truffés de fonctionnaires aux ordres (comme les parquets dans l’institution judiciaire) et de représentants (sous-marins) des lobbys. Ainsi le dernier truc (EPRUS, formé pour la grippe H1N1) de Rosy Cachalot, ministre de la santé, contient-il des experts, soi-disant neutres au nom de leur statut de professeurs de médecine, en même temps appointés par des laboratoires privés producteurs de vaccins (et l’ayant caché alors que la révélation de ce lien est obligatoire d’après une loi prise sous Jospin). Il est vrai que Rosy est une  « potarde » et qu’elle a autrefois elle-même travaillé pour un laboratoire, ce qu’elle se garde bien de faire figurer dans sa notice au Who is Who. Certes ces pratiques existaient avant le monocrate actuel, mais elles ont été largement intensifiées pour transformer la haute fonction publique en instrument de l’UMP et de son chef. La fiction de L’Etat neutre au service du bien public ne peut donc plus être maintenue et cela depuis longtemps ; car l’appareil d’Etat est devenu un apanage avec ses féodaux-partisans stipendiés.

Proudhon avait amplement démontré que l’Etat en tant qu’organe de prise en charge du pouvoir politique (sur un mode centralisé et unitaire comme en France ou un genre fédéral purement politique comme aux USA) était un instrument de domination extérieur et supérieur à la société qu’il exploite au profit des politicards et de leurs amis capitalistes. La crise actuelle vient de le prouver lumineusement : malgré le simulacre de la démocratie représentative bourgeoise, laquelle consiste à faire abdiquer le peuple tous les 5 ans au profit de politicards munis d’un chèque en blanc et des pleins pouvoirs, il est devenu très clair que le pouvoir d’Etat a été manipulé par les gouvernants pour édicter toutes les lois nécessaires à la mainmise de la finance sur la société, avec le résultat que l’on a constaté. Ce qui, au passage, révèle aussi qu’il n’y a pas eu disparition de l’Etat et de la politique au profit du marché mondial mais au contraire renforcement de celui-ci en tant qu’appareil législatif et répressif afin que les politicards mettent en place les lois utiles au capital contre le bien public et la population des pays.

Ce qui ne veut pas dire qu’une société puisse se passer d’un pouvoir politique régulateur, animateur et coordinateur inscrit dans la société civile et non situé au-dessus. Proudhon a proposé de le réintégrer dans la société et d’en faire la chose de tous avec son fédéralisme mutuelliste et décentralisé, tout à la fois social, économique et politique. C’est très loin de la conception qui prévaut depuis 1789 et qui a été instrumentalisée et renforcée par la Vème République et mise au service d’une personne et de son clan par le monocrate actuel.

De l’identité nationale française

Classé dans : Non classé — 1 novembre, 2009 @ 11:28

 

Et revoilà Gnafron 1er re-démangé par le prurit de l’identité nationale, sans doute aussi pour continuer à vider le Front National de sa clientèle et détourner les préoccupations des Français vers des sujets « rassembleurs ». Du moins le pense-t-il. Il la joue fine avec son futur musée de l’histoire, la lettre de Guy Mocquet, l’instruction civique, la pénalisation des outrages au drapeau et à l’hymne national, les « charters » d’Afghans, le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, le retour à la terre « qui ne ment pas » (Maurras), etc.

Pourtant, tout bon prof de philo en terminale recommande d’analyser, de façon terre à terre, qui ne ment pas, les concepts du sujet soumis à la sagacité du potache. Il convient donc de définir les termes du débat. D’où un grand raout avec « les forces vives » de la nation. Sans attendre d’avoir la liste desdites forces représentatives conviées à cadrer les choses et vraisemblablement triées sur le volet pour aller dans le sens souhaité, clarifions de notre côté les concepts concernés.

  • La nation ; un peu d’histoire, mais hélas le musée y consacré n’existe pas encore, nous apprend qu’il n’y a rien de plus difficile à cerner, surtout dans le cas de la France. Notre beau pays a toujours été un melting pot. Les 1ers habitants, les Celtes, ont été noyés sous les différentes invasions. En vrac et sans être exhaustif : Wisigoths, Ostrogoths, Huns, Alamans, Lombards, Romains, Francs (en fait des Allemands !), Normands. C’est ce brave Michelet qui a créé de toutes pièces le mythe des Gaulois et inventé la France. Ca tombait bien. La 3ème république, laïque, gratuite et obligatoire a pu puiser dans cette légende les fondements de l’histoire officielle si utile pour faire comprendre au salariat et à la paysannerie, si bien exploités par les Jules au profit de la bourgeoisie, qu’il y avait des intérêts communs : récupérer l’Alsace et la Lorraine, conquérir l’Indochine et l’Afrique, achever l’assimilation de l’Algérie en privant les Arabes ou Berbères de tout droit, ces peuplades arriérées auxquelles la France devait apporter les Lumières. Evidemment dans cette histoire romancée d’abord par Michelet puis mise au service de Michelin, du comité des forges et de la banque de France (entre autres), il fallait passer sous silence que la prétendue nation avait été créée de toutes pièces à grands coups de mariages, de guerres (par exemple celle des Albigeois), de centralisation (par exemple l’édit de Villers-Coterêt), de fiscalisation, d’imposition d’une seule religion, etc. Las, encore sous Louis XVI perduraient  18 provinces, chacune étant munie de sa langue, de sa culture, de ses coutumes, de ses poids et mesures, de ses octrois, de son autonomie. La Révolution française y mit bon ordre et paracheva la centralisation que les Rois avaient laissée en plan, notamment en menant une guerre civile sans merci contre les Vendéens (génocidaires colonnes « bleues » de Thureau). Ce que Michelet loua à grand renfort d’héroïsme des Marie-louise « français » (sortis de leurs campagnes à la « force des baïonnettes » et ne parlant que leur « patois »), par exemple au moulin de Valmy et à Jemmapes. Et « Lapailleaunez » continua d’exporter les Lumières françaises en Europe à grands coups de canons et de pillages. Et vous voudriez,  Zébulon 1er, que je me sente français au nom de cette histoire-là ? Je ne suis pas français ainsi,  même si vous, Hongre de 2ème génération, descendant des Huns, vous voulez être plus français que moi, descendant des Normands (mon nom l’atteste) depuis plus de 1000 ans.
  • Ensuite, vinrent les différentes vagues d’immigration espagnole, italienne, polonaise, maghrébine, etc. Tout cela pour signifier que la nation française est un construit politico-étatique car ce sont l’Etat et les gouvernants successifs qui ont imposé un cadre national, juridique, simplement juridique, au territoire. En fait il n’y a soi-disant nation que par l’existence d’institutions, de lois communes, d’une police unifiant un territoire dominé, de la guerre (celle de 14-18 a beaucoup contribué à « unifier »), d’un nationalisme latent porteur d’asservissement des « races inférieures » attardées auxquelles amener les « Lumières » et d’une langue par ailleurs imposée à grands coups de punition aux petits Corses, Bretons, Catalans, Basques, Occitans, etc. par « les hussards noirs de la République ». Il n’y a donc aucune raison pour un individu d’adhérer à cette conception de la nation et comme disait Proudhon : « là où est la justice, là est ma patrie ». Proudhon énonce ainsi avec vigueur  que tout homme, avant d’être citoyen d’un Etat national, est un membre de l’humanité. On voit ainsi et aussi que la nation n’existe pas ; ce qui existe, c’est l’Etat national, l’Etat Français du régime de … Vichy, chantre de la « révolution nationale », devenue aujourd’hui la « rupture ». Ce qui nous amène à une autre idée de la nation, notamment à celle de l’antisémite Renan pour lequel la nation est un « plébiscite de tous les instants ». Il veut dire par là que l’on adhère à ladite nation que par le vecteur de valeurs communes et partagées, non par le droit du sol et encore moins du sang.
  • Lesquelles ? Evidemment celles de la Révolution française de 1789 sur le thème «liberté,  égalité, fraternité ». associées à celles de neutralité, devenue ensuite laïcité, et de justice sociale. Cela impliquait la mise en place d’une république juste et démocratique, libérale et sociale. Je me demande depuis toujours pourquoi les ouvriers et paysans du pays sont allés se battre la fleur au fusil contre les Teutons en 14/18. Les promesses de la Révolution étaient fort loin d’être réalisées ;  le droit de se syndiquer ne fut admis qu’en 1884, les assurances sociales ne furent créées qu’en 1945 ; la catastrophe de Courrières en 1906 (plus de 1000 morts par suite d’une décision de la mine privée de ne pas investir contre les poussières) est restée impunie ; les gouvernements firent tirer sur le peuple en 1848 (révolution éponyme), en 1871 (Commune de Paris), en 1891 (Fourmies), en 1907 contre les viticulteurs du Midi, en 1920 contre les grévistes (Draveil, Villeneuve St Georges). La République donna raison au marquis de Solages, propriétaire des mines de Carmaux, contre le droit des ouvriers d’avoir un maire socialiste, ce qui nous valut la création en 1896, avec Jaurès de la verrerie ouvrière d’Albi.  Le repos dominical n’exista qu’en 1910 (supprimé en 2009 sous Tsarkozy). On eut le « livret ouvrier » pour espionner les déplacements des travailleurs ; on eut la magnifique loi  « en matière de gages, le patron est cru sur parole » ;  les sociétés de secours mutuels, les coopératives les « coalitions » furent pourchassées. Ah quelle belle république « nationale »… pour les patrons. Et j’en passe. C’est ce qui explique du reste pourquoi le syndicalisme français s’est bâti contre les politicards (charte d’Amiens de 1906). La seule raison de vouloir en découdre avec les Tudesques est sans doute le nationalisme soigneusement insufflé dans les esprits par l’école des Jules. Bref, l’immense majorité de la population du territoire n’avait aucune raison de croire en une instance supérieure dénommée nation. L’idée de nation est en fait un corollaire de celle d ‘Etat, c’est-à-dire une construction politicarde pour assujettir des peuples divers, vivant sur un même territoire obtenu par la guerre et la domination, sous un même joug. Et cela au profit de la bourgeoisie capitaliste « nationale » avant qu’elle ne devienne mondialisée.
  • Pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975), les valeurs constitutives et, si j’ose dire, adhésives d’une vraie nation (comme croyance dans le caractère juste de la république et espérance dans un avenir meilleur pour soi et surtout pour ses enfants) virent de fortes réalisations. Las, depuis Fiscard Destin en 1974 (avec proscription de la « nouvelle société de Chaban- Delmas) les gouvernements de la république se convertirent au néolibéralisme, notamment sous le curé Delors et Mauroy (1983), et se mirent à détricoter lentement mais sûrement les acquis des 30 glorieuses. Le populo redevint donc habilité à ne plus adhérer à une telle nation porteuse d’inégalités, d’injustice, de précarité, de régression sociale dans tous les domaines, ce qui s’est accéléré avec l’arrivée au pouvoir du Nicktalope UMP Tsarkozy. Ajoutons, par ailleurs, que ceux qui se réclament aujourd’hui de la nation ne furent pas les derniers à propulser la mondialisation commerciale, économique et financière, y compris et d’abord au sein de l’UE, qui détruit précisément les idées de politique, d’Etat, de nation au profit du tout-marché généralisé. Dans ce mouvement régressif, il n’y a plus de nation ; il n’y a qu’un Etat hyper libéral au service de la rente. Que dois-je faire, M. Tsarkowitch, adhérer à des valeurs nationales républicaines qui n’existent plus ou obéir à la toute-puissance de l’Etat que vous dirigez tout seul ?
  • Cette dégradation, qui percute de plein fouet les valeurs de la république, vaut encore plus pour les banlieues, ce qui explique la fureur des jeunes beurs et autres contre les symboles des institutions  perçues par eux comme pourries (et elles le sont effectivement) : la démocratie réservée aux blancos et aux petits mecs, la police, la justice à n vitesses, les pompiers, les employés d’EDF, les autobus, l’armée, la pseudo-démocratie, la Marseillaise, le drapeau, etc. Et voilà que le Tsar-cosy veut réhabiliter l’adhésion des personnes à la nation, tout en propulsant la mondialisation, en passant la surmultipliée de la répression et en mettant la justice à sa botte. Comme si l’aggravation permanente des injustices pouvait ressusciter le sentiment national, comme si c’était le rôle et la possibilité de l’école de l’imposer, comme si une histoire récrite par les fantoches du pouvoir pouvait compenser la perte des bases mêmes de l’adhésion au pays. Et, contrairement aux mensonges du pouvoir, si les jeunes se rebellent ce n’est pas parce qu’ils auraient perdu le sens de la nation et de la république ; c’est au contraire parce qu’ils veulent que la république tienne ses promesses alors qu’elle ne fait que les trahir.
  • L’identité. Pour une personne, c’est la conscience d’être un soi reconnu par les autres,  en tant qu’être singulier dont la dignité et la liberté sont respectées. C’est être admis comme égal parce que différent. C’est être soi-même avec les autres car seuls ces derniers peuvent vous donner votre identité sociale et personnelle, ce qui est fort loin d’une mise en carte. Ce n’est pas avoir des papiers comme si ceux-ci conféraient l’identité.  En fait toute identité personnelle est liée à l’unicité de la personne, laquelle est une « composition » (Proudhon) de multiples facettes d’appartenance à différents groupes. Si identité il y a, elle est multifactorielle, multidimensionnelle. Elle ne saurait être mise en carte.

Mais qu’est-ce que l’identité d’un groupe ? C’est ce qui le distingue des autres en le particularisant tout en le situant dans le concert social par rapport à tous les autres. C’est sa place singulière dans la société, c’est sa culture particulière, ce qui passe évidemment par la reconnaissance par les individus et les autres groupes de sa valeur particulière C’est ainsi que la France n’a pas d’ordre des éboueurs alors qu’elle a des ordres de la médecine ou de la pharmacie. C’est amusant, du reste, parce que la Révolution française avait supprimé les corporations. Il en reste donc deux cents après, ce qui prouve que le statut social, parfois érigé en ordre déontologique, confère une identité spécifique. Il n’empêche ; comme l’avait vu Proudhon tout groupe tend à exister pour lui-même, à se donner ses règles, à disposer de sa culture, à se différencier. Et c’est tant mieux car sinon il n’y aurait plus de pluralisme comme source de l’effervescence et de la dynamique sociales. Il importe donc que la spécificité de chaque groupe soit reconnue dans la société et c’est reconnaissance qui confère l’identité officielle et statutaire, laquelle n’a rien à voir avec l’identité de fait, c’est-à-dire avec les différences objectives qui caractérisent la particularité d’un groupe dans le concert social. L’identité groupale est donc une relation entre la demande d’un groupement d’être admis comme il est et une reconnaissance de sa position par les autres ; c’est ce double mouvement qui fait d’un groupe réel une entité sociale ayant une identité spécifique ; celle-ci n’étant que l’admission sociale du groupe comme ayant droit à une existence officielle. Mai, donc, l’identité, même non reconnue, existe. Mais elle est évolutive. Quelle est l’identité de M. Besson, ex-socialiste devenu tsarkozyste ? Il est vrai que tout besson, jumeau en vieux français, a un problème d’identité puisqu’il est identique à son double génétique.

C’est là que le problème commence car si rien ne vient s’opposer à l’existence de groupes ou communautés spécifiques dans la société civile, la chose devient problématique dans l’espace public et encore plus dans la sphère politique. Si l’on reste dans une caractéristique de l’identité française en tant que républicaine, il y a à la fois neutralité de l’espace public et de la politique vis-à-vis des différentes conceptions du monde (en outre base du libéralisme) et droit à être différent dans l’espace privé. Ce qui veut dire que la reconnaissance de communautés dans la société civile n’admet pas qu’elles puissent influencer les espaces publics et politiques.  Ce qui signifie que, au-delà du droit à être différent, il n’y a pas de droit à peser sur la politique ; que les valeurs de tolérance et de laïcité sont plus universelles et respectables que les communautaires tout simplement parce qu’elles unissent alors que le communautarisme divise. C’est ce qu’a bien vu le libéralisme actuel : les communautés et l’individualisme sont utiles à la segmentation des sociétés pour faire place nette au tout-marché. C’est pourquoi Gnafron 1er exalte la supériorité du curé vis-à-vis de l’instituteur et clame que la religion est utile à la société. Très vieux thème de la « religion civile » assurant la soumission du peuple comme idée développée par Voltaire : si Dieu n’existe pas, mon jardinier pourra me voler.

Quelle est « l’identité française » ? Ce n’est pas fondé sur un type humain à la manière de l’Etat arabe ou juif, ce n’est pas fondé sur une religion à l’instar d’un Etat islamique ou judaÏque,  ce n’est pas un Etat uni par l’idéologie à la sauce soviétique ou américaine. C‘est l’appartenance à un système de valeurs républicaines : liberté, justice, solidarité, laïcité. C’est ce que le Nicktalope continue de détruire au nom du commerce international et de la finance mondialisée. Il n’y a donc plus de nation ; Il n’y a que l’Etat auquel il est demandé non pas d’adhérer mais d’obéir sous couvert de stratagèmes identitaires.

Le rêve américain du Nicktalope

Classé dans : Non classé — 22 octobre, 2009 @ 10:26

Notre présidentissime en p(r)ince pour le modèle américain et a peur qu’Obama, usurpateur du prix Nobel de la paix (M. Copé l’a dit hier 13 octobre sur Canal +  en prétendant qu’il aurait dû être attribué à Tsarko… ), ne démolisse les splendeurs de l’ère Bush, temps où l’Amérique triomphante en Irak et en Afghanistan exportait la démocratie US dans le monde entier et où elle méritait encore le titre de modèle indépassable montré en exemple partout. Hélas, la crise aidant, cette admiration pour le néolibéralisme sauvage a été brouillée par des messages confinant au socialisme et en appelant aux mânes de Jaurès et autres. Cette rupture idéologique n’est que de l’empirisme à la godille et de la démagogie clientéliste. Voyons les performances du modèle américain si désirable.

·         Le modèle de santé le plus coûteux de l’OCDE avec 18 % du Pib contre 11 en France, espérance de vie moyenne 79 ans contre 81 en RF, 49 millions de gens sans couverture sociale malgré les programmes de secours dits Medicaid et Medicare (vieux et jeunes). Les labos font la loi sur le prix des médocs, à tel point que nombre de yankees se les procurent au Canada. Les assureurs de santé, via des polices individuelles, tarifient en fonction des risques, donc avec exclusion et sélection des candidats, soit en refusant les gros risques soit en les faisant payer un prix exorbitant. Ces assureurs organisent des réseaux de soin obligatoires pour les souscripteurs : hôpitaux ou cliniques, médecins affiliés, labos pharmaceutiques-fournisseurs, officines. La couverture minimale part d’un panier de soins normalisé établi par les experts médicaux des assureurs ; la taille du panier grandit avec le tarif souscrit. Des batteries d’avocats surveillent les contrats afin d’éliminer d’éventuelles poursuites au maximum et pour éviter de payer des soins trop coûteux à la marge du contrat ou sujets à interprétation du contrat. Les classes moyennes ne peuvent payer que des contrats minimum et sont à la merci, elles et leurs enfants, d’un pépin de santé non couvert. Les cotisations des entreprises à la couverture sociale des employés sont volontaires et dépendent de la force des syndicats. On observe une disparition progressive de cette couverture car elle constitue un surcoût dans la concurrence avec le reste du monde au nom du libre-échange intégral et du dumping chinois ou autre. C’est dans ce contexte que Clinton, via Hilary, a échoué à mettre en place un début de couverture universelle. Le projet (très limité eu égard aux normes européennes) a été repris par Obama.  Ce dernier n’avance pas et son idée régresse chaque jour à cause de l’opposition virulente des parlementaires, dont le groupe des 52 démocrates affiliés aux « blue dogs ».

·         Pour comprendre cette opposition il faut faire appel à deux séries de faits. Le premier est culturel : l’aversion des amerloques pour la socialisation des biens publics, leur hostilité à l’impôt due à la peur de payer pour les fainéants et autres cavaliers clandestins d’un hypothétique welfare state, le mythe de la réussite ide l’individu que l’Etat priverait des fruits de son travail, de sa prise de risque, de sa responsabilité. A quoi s’ajoute le poids considérable de la religion. Les communautés religieuses locales (regroupées dans des « églises évangéliques » au niveau national et comptant 80 millions d’adeptes aux USA) sont en fait des institutions d’espionnage des voisins, de contrôle de leurs mœurs, de conformation à la religion et à la culture. On n’y est libre qu’à condition de ne rien faire d’apparent pour nuire à sa « bonne réputation » ce qui implique une police des pratiques sous le regard suspicieux de la communauté et les anathèmes des pasteurs contre les déviants. C’est le rêve réalisé d’une société de surveillance mutuelle. Cette culture baigne dans la religion, laquelle est bel et bien une condition du libéralisme à la sauce US : si Dieu n’existait pas tout serait permis ou qu’est-ce qui interdirait à mon jardinier de me voler s’il n’y avait pas le risque de la géhenne éternelle ?

·         Le deuxième fait est que la démocratie américaine repose sur l’argent. Pour financer les campagnes électorales, le volume des fonds nécessaires est considérable parce que la publicité, la retape des électeurs (maintenant avec internet comme l’a superbement utilisé le clan Obama), les meetings, l’appel aux médias pour installer son image ou discréditer les adversaires font la loi. Cela coûte très cher et le candidat peut faire appel aux contributions privées sans limite de montant global s’il renonce aux fonds publics. C’est pourquoi, d’habitude, les candidats sérieux ont presque tous la caractéristique d’être riches ou d’appartenir à des familles riches (sauf Nixon ou Obama) et appuyés par des riches. La nouveauté avec Obama c’est que c’est essentiellement la multitude des pauvres qui a financé » sa campagne (pas seulement).

·         Mais les lobbys jouent aussi un rôle essentiel dans le financement des candidats car la soi-disant démocratie US est fondée sur les intérêts. Aux USA,  c’est clair depuis toujours : on vote pour ses intérêts ou des intérêts communs fussent-ils purement idéologiques ou moraux. Touche pas à mon droit d’avoir des armes à la maison et sur moi, d’où l’ultra puissante association américaine pour la liberté de détenir des armes ; c’est pourquoi on y  voit périodiquement des tueries  genre Colombine ou Waco et maintenant des coups de feu dans les églises ou sur leur parvis. Touche pas à la vie des fœtus, halte aux impôts, vive le Ku klux Klan, que l’Etat arrête de subventionner les pauvres ou les minorités, etc.

·         Comment cela marche-t-il ? C’est simple. Le représentant local (gouverneur, sénateur, député à la chambre des représentants, juge, procureur, shérif) a besoin de soutiens financiers et de séduire l’électorat. Ainsi Schwarzy pour se faire élire gouverneur de Californie a-t-il promis de diminuer les impôts fonciers (qui financent en partie les écoles publiques) ; d’où la faillite de cet Etat, le plus riche des USA, qui paye maintenant ses fournisseurs (très nombreux parce que les services publics US sont possédés et gérés par le privé) avec des reconnaissances de dettes pour 1,4 milliard de dollars ! Ainsi, les représentants des Etats agricoles ou forestiers ou de pêche promettent toujours de défendre les intérêts financiers des productions locales et, bien entendu, de l’emploi qui va avec. Tant pis pour les productions vivrières des pays du Tiers monde, à l’instar de la PAC dans l’UE. Ainsi, les Etats industriels (usines, labos, services, trusts énergétiques ou de télécom, etc.) procèdent de même. Evidemment, les lobbys font voir auxdits représentants l’intérêt de cette défense particulière et sortent leur carnet de chèques ou, cas des lobbys religieux ou associatifs, se servent de menaces. D’où la reculade de Schwarzy sur le mariage gay. Mais  nos représentants étant élus, commence dans les chambres le grand bargaining. Si tu soutiens mes culs-terreux, je vote en faveur de ta proposition de loi pour laisser aux labos le droit de fixer le prix des médocs. I Si tu aides mes producteurs de maïs OGM, je serai OK pour la diminution des impôts ou les subventions aux églises ou la totale liberté à rendre à la finance. And so on, quelle que soit la couleur politique du représentant. D’où des blocs massifs, soutenus encore et encore par les lobbys, pour s’opposer à la politique du président, lequel a beaucoup moins de pouvoirs que dans le faux régime présidentiel français. Car les constituants américains ont soigneusement veillé à l’équilibre des pouvoirs entre la présidence, le sénat, la chambre des représentants. Régime présidentiel aux USA signifie que les pouvoirs sont répartis entre les deux chambres législatives et l’exécutif. Et il y a bien sûr les intérêts des électeurs, du moins ceux qui votent (en général plus de 50 % d’abstentions). C’est ainsi que les 52 « blue dogs » démocrates ne sauraient aller à l’encontre des convictions anti-étatiques et anti-fiscales ou sociales de leurs électeurs en général isolés dans les Etats de ploucs ignorants et religieux qui les ont élus. Pauvre Obama !

·         Qui gouverne réellement aux USA ? Réponse, c’est la finance encore bien plus que les autres lobbys (pharmacie, énergie, phytosanitaire, etc.). Aux USA, les allers et retours entre les fonctions politiques, administratives, privées sont institutionnalisés. En outre on y pratique la politique des « dépouilles », that is to say  que, à chaque alternance, les hauts fonctionnaires sont changés au profit de la nouvelle majorité. Les virés de haut rang retournent dans le privé où ils sont accueillis avec joie par suite des services qu’ils lui ont rendu et se livrent souvent à de lucratives activités de lobbying en faisant fructifier leur carnet d’adresses dans la haute administration et le monde des politicards. Et en cas de retour des battus aux affaires, ils reviennent dans l’administration avec des missions demandées par leurs copains du privé. Dans ce contexte il ne faut pas s’étonner que la FED, le Trésor, la SEC, etc. soient truffés de représentants de la haute finance et de la banque qui y ont leur rond de serviette, quelle que soit la majorité au pouvoir. Même Obama a dans son équipe des financiers de haut vol issus de la grande banque. On connaît ainsi les raisons du peu d’empressement US à réformer le système financier. Mais il en est de même partout. Par exemple les autorités de contrôle (en matière de santé, de certification de médocs, de dangerosité des produits chimiques, de surveillance des aliments, de régulation de l’énergie, etc.) sont d’une part démunies de moyens autonomes, d’autre part truffées de membres stipendiés par les industriels. Elles sont aussi alimentées en études pro domo réalisées par les contrôlés eux-mêmes et bien sûr non vérifiées par les agences d’Etat. Ces lobbys subventionnent les universités bien pensantes, publient des tas d’articles dans les revues scientifiques bienveillantes (pub) et vont jusqu’à discréditer les études et les chercheurs sérieux.

·         La justice de type accusatoire (le procureur aidé par la police poursuit, la défense ayant de droit d’enquêter de son côté défend, le juge est un arbitre neutre, en principe) est vérolée. Déjà le proc peut négocier avec un accusé plaidant coupable ; les pauvres, ne pouvant payer un avocat et sachant que les commis d’office font des heures et sabotent le boulot car s’ils le faisaient cela ne leur rapporterait rien en plus, préfèrent souvent cette solution qui a l’avantage d’être peu coûteuse pour la justice, notamment parce qu’elle supprime les investigations complémentaires, évite un procès avec audience publique et débat contradictoire, et permet un rabais de peine pour le prévenu. Comme la justice est largement élective, on trouve à foison des procs qui font du chiffre, sabotent les enquêtes dès qu’un coupable est crédible et présentable (dans le cas de viol d’une blanche, un Noir s’impose automatiquement), cherchent à se faire de la pub pour être réélus ou obtenir de la gloire. C’est ainsi que Polanski a été dans le collimateur de la justice de Californie dans l’objectif précis de se payer une célébrité ; itou pour Mickael Jackson. On arrive ainsi à une justice partiale, à deux vitesses, car les riches peuvent se payer les meilleurs avocats et faire traîner d’appel en appel, expéditive, au rabais, utilitaire, rentabilisée.

·         Les USA ont développé la « tolérance zéro », les peines automatiques (la 3ème récidive peut amener perpète), les peines-planchers, le plaider-coupable. Comme, avec les armes en libre service et la violence latente ou ouverte liée à la pauvreté et aux inégalités, ce pays est extrêmement brutal, Il ne faut pas s’étonner que 1 % de la population y soit en taule, soit 3 millions de personnes pour 306 millions d’habitants. A comparer aux 62 000 taulards français pour 65, soit  un rendement quasiment 10 fois inférieur. On observera que les noirs et latinos détenus forment une large majorité de la population carcérale.

·         Les USA ont un système d’enseignement à au moins deux vitesses. On a d’un côté les écoles publiques (financées par des impôts locaux, des subventions par Comté et par Etat et des subventions fédérales, le tout s’amenuisant pour cause de crise et par idéologie anti-égalitariste) qui ont une qualité très variable avec des profs souvent payés au lance-pierres. Cela dépend de la richesse de la commune, du Comté et de l’Etat, donc cela introduit de fortes inégalités en fonction du lieu de résidence. Y compris entre quartiers, car les villes sont largement ségrégationnistes : dès que des Noirs parvenus à la classe moyenne arrivent dans un quartier huppé, les riches  blancs fichent le camp, les valeurs immobilières s’effondrent et la taxe foncière qui finance les petites écoles diminue, d’où un nouveau quartier miteux et l’école qui va avec. On a des universités publiques, évidemment de bien moindre qualité d’enseignement et notoriété. En face, des écoles et des universités privées payantes (ce qui est un peu corrigé par des bourses), parfois très onéreuses. Se finançant elles-mêmes, ces institutions font flèche de tout bois : frais de scolarité, fondations alimentées par les anciens élèves ou les entreprises, produits dérivés, recherches pour le privé, brevets, etc. Cela permet de bien payer les meilleurs profs et chercheurs, ce qui boucle le système en faveur des grandes universités (Yale, Harvard, etc.). Ce qui attire des étudiants du monde entier.

·         Les retraités sont à la merci des fonds de pension par capitalisation, lesquels ont perdu la moitié de la valeur de leurs actifs avec la crise ; de plus en plus on voit des retraités expropriés de chez eux pour cause de dettes (crise des subprimes) immobilières (krach immobilier). Nombreux, de plus en plus, sont ceux qui à un âge avancé sont obligés de prendre un petit boulot pour survivre car on peut cumuler une retraite et un revenu d’activité (ce que Tsarko a fait installer en France). Les inégalités de revenu et de patrimoine ont cru considérablement déjà sous ce bon monsieur Clinton. Il y a 18 % de la population sous le seuil de pauvreté contre 12 en France. D’un côté les salaires ont régressé (délocalisations, concurrence asiatique, faible salaire minimum ; mais le pouvoir d’achat n’a pas trop souffert à cause de la baisse des prix afférente via Wal Mart), de l’autre les riches se sont vus accorder des baisses d’impôts (sur le revenu, sur les successions, plus la défiscalisation des dons aux fondations) en tout genre. Les salaires et les protections sociales d’entreprise ont régressé parce que les USA sont le pays de l’OCDE où le droit syndical est le plus faible. C’est une ordalie que de créer un syndicat ou d’être syndiqué. Les boîtes font la chasse aux syndicalistes sans qu’on puisse les sanctionner tant les pénalités sont faibles, à supposer d’ailleurs que les tribunaux poursuivent.

 

Le lecteur diligent aura perçu que depuis 2002, avec accélération du processus par le Nicktalope, la France se rapprochait doucettement de ce beau modèle. Affaire à suivre.

Quelques réflexions d’ordre économique et anticapitalistes

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2009 @ 10:35

 

Dans la crise actuelle, il serait facile de croire que l’économie néolibérale relève avant tout de la finance. C’est ce que les économistes et leurs copains politicards de tout niveau, du local à l’international et au mondial, essaient de nous faire gober en agitant leurs petits bras contre ces pourris de banquiers, que, du reste, ils laissent libres de continuer leurs agiotages.

A l’origine de toute valeur, il y a la production de biens vendables nécessaires à la satisfaction des besoins, lesquels évidemment sont sociaux : une tribu de Guyakis n’a nul besoin de voitures. La production apporte une valeur ajoutée qui est la différence entre l’amortissement du capital fixe (machines, bureaux, installations), pour l’acquisition duquel l’industriel a souvent emprunté et pour lequel il paye un intérêt (normalement, sauf accident, l’amortissement doit correspondre au remboursement du  montant de capital emprunté, souvent dénommé « le principal ») plus les frais variables liés au « capital circulant » (Marx,  prix des matières, prestations de services extérieurs et coûts directs de main d’œuvre) et les recettes liées aux ventes. C’est une marge brute (je sais, les capitalistes et le pouvoir ne calculent pas la marge brute ainsi) d’où il faut retirer les intérêts des emprunts,  les impôts et les cotisations sociales qui alourdissent les frais de main d’œuvre. Si je raisonne ainsi c’est pour faire apparaître que différents acteurs : l’Etat, les collectivités locales, les organismes de sécurité sociale, où siègent des syndicalistes compradores et eux-mêmes rémunérés (directement ou par voie de corruption) sur la marge, les banquiers, les assureurs vivent sur la bête  de la marge brute ainsi définie, chacun essayant d’en dériver la plus grande partie à son profit. Mais s’il n’y avait pas de production, il n’y aurait pas de marge et  les parasites n’existeraient pas. Cette production en quelque sorte primaire (rien à voir avec le secteur primaire des économistes à nacelle) donne les revenus de base : les salaires, les revenus de compensation (retraites, indemnités maladies et accidents, la marge des entrepreneurs et tout ce qui est dérivé par les autres acteurs à partir de la marge brute ainsi définie, notamment les revenus de transfert à partir des impôts.

Réfléchissons 2 minutes. Salarié dans une boîte de production primaire (y compris dans l’agriculture et les industries de transformation des produits agricoles ou une firme productrice de machines-outils), je vais ensuite acheter les services d’un coiffeur. Ce dernier, donc, reçoit une partie de mon salaire mais c’est parce que j’ai un salaire issu de mon activité dans la production primaire. Puis le coiffeur (ou moi) va au cinéma. Itou, il s’agit d’un transfert à partir des revenus premiers issus de la sphère productive. Il est donc aisé de démontrer que toutes les activités de service n’existent que comme liées à la dépense issue des revenus antérieurs de la production agricole, industrielle, de machines, de bâtiments. Il devient clair aussi que les prélèvements des banques (taux d’intérêts, commissions), des assureurs, des impôts, des cotisations sociales se font sur les revenus primaires et la marge brute. C’est pourquoi il est nécessaire d’affirmer que c’est la production, non la finance, ni l’Etat, ni les services qui est à la base de la richesse, laquelle ensuite n’est que répartie. Certains industriels, inspirés par les âneries intéressées du MEDEF et des gouvernants libéraux, sont donc habilités à dire qu’ils payent tout à partir des richesses primaires qu’ils produisent. Ils ne font qu’oublier que c’est le travail et non le capital qui est à l’origine de la valeur et de la richesse. C’est cet aspect, du reste, qui est au fondement du libéralisme : la valeur-travail, reprise par Proudhon et Marx et aujourd’hui remplacée par l’utilité, laquelle met sur le même plan les carottes de la production primaire et les fourrures de lapin des services et de la finance. Il faudrait donc déjà que la justice dans l’évaluation des contributions et des rétributions des uns et des autres ait lieu en premier dans la sphère productive au lieu d’être simplement envisagée, comme chez les socio-démocrates, au niveau de la distribution et de la répartition. Par ailleurs, les industriels reconnaissent implicitement la valeur-travail, réduite il est vrai au temps d’activité de travail  en tant que « force d travail »: ils l’augmentent extensivement (48 heures par semaines, heures sup, retraite à 65 ans, « droit » de cumuler une retraite et un revenu de travail, etc.) et intensivement par le productivisme et le stress, genre Renault (8 suicides) ou France Télécom (25 suicides et 15 tentatives).

Certains « postmodernistes » nous affirment que l’économie de production a été remplacée par celle de la « connaissance », du savoir, de l’immatériel. Cela ne change rien à la marge brute ; de tous temps les capitalistes ont su voler les « forces productives », c’est-à-dire la science, la technique, le savoir des travailleurs, leur coopération. Le savoir, en tant que collectif, est un bien commun de l’humanité, « un capital social-mondial » et historique qui ne saurait être privatisé sous forme de brevets ou droits d’auteurs ou « droits de propriété intellectuelle » (DPI). La propriété privée de ce bien public reste un vol, ce bien public est lui-même du travail cristallisé et transformé en capital  cognitif à rembourser à la société, ce qui justifie des impôts sur les boîtes : droit d’usage d’un bien collectif. Qui plus est, le savoir collectif est toujours véhiculé dans les connaissances et les compétences des travailleurs, lesquels ne sauraient appartenir à l’entreprise. C’est donc en tant que travail que le savoir personnel est incorporé dans la production et cela existe depuis toujours. La seule chose moderne est que la « part immatérielle » du travail productif est bien plus élevée aujourd’hui.  Mais elle est aussi socialisée en tant que bien public et personnalisée en tant que compétence. ET cela le capital productif l’utilise en le volant, comme il vole toute « force collective » en la privatisant.  Je maintiens donc que c’est la production qui utilise le « capital humain », le capital immatériel. Et les savoirs liés aux services, aux biens publics, aux impôts payant les services publics, demeurent  rémunérés par des prélèvements sur la marge brute.

Du reste examinons ce qui se passe depuis 30 ans, depuis que le libre-échange est devenu l’alpha et l’oméga de la théorie et de la pratique économique au nom des bienfaits des «avantages comparatifs » (il faut qu’une économie se spécialise dans ses meilleurs atouts et achète le reste aux producteurs plus efficaces dans les autres secteurs) , lesquels font que le marché opère la meilleure affectation possible des ressources en fonction de leur rentabilité et de leur productivité différentielles de par le vaste monde concurrentiel. La Chine (ou d’autres pays dits PVD) est devenue l’atelier du monde, notamment parce que les multinationales occidentales y ont délocalisé leur production, en se réservant la conception (jusqu’à quand car la Chine est capable d’abord de tout imiter et ensuite d’innover toute seule ?). C’est que ladite Chine a d’innombrables avantages comparatifs : pas de syndicats indépendants, pas de droit social ou de protection sociale, dumping fiscal, subventions étatiques, prêts bancaires sans vérification de la solvabilité de l’industriel chinois investisseur (souvent un membre local ou régional du parti), pas de défense de l’environnement et pollution galopante, dumping commercial (elle vend souvent à perte à l’étranger et bien plus cher chez elle ; elle a en fait 2 sphères productives : une pour elle et une pour l’exportation), main d’œuvre illimitée et à très bas prix notamment en surexploitant 300 millions de « Mingongs » dépourvus de tout, y compris d’accès à l’école pour leurs enfants, école réservée aux enfants de la ville où viennent les paysans déracinés munis d’un passeport temporaire attestant ainsi qu’ils n’y sont pas citoyens.

Comme c’est la Chine qui fait désormais la production, souvent grâce à des investissements directs à l’étranger (IDE) effectués par les multinationales (lesquelles se déplacent dès qu’il y a moins cher ailleurs, au Vietnam par exemple) ou par appel à des sous-traitants (« sweat shops ») chinois, il s’ensuit que la base productive, notamment aux USA, a foutu le camp. D’où les conséquences : chômage, baisse ou stagnation des salaires, diminution continue des avantages sociaux consentis par les firmes US à leurs salariés (assurance-maladie ou chômage, contribution aux retraites), disparition de la force syndicale, montée de l’immigration (surtout latino) sous-payée, sans protection aucune et faisant office « de main d’œuvre industrielle de réserve » poussant tout à la baisse. Il est clair que le reste de l’Occident ou du monde industrialisé a suivi le même chemin. C’est d’ailleurs toute la politique du Nicktalope franchouillard. Et c’est logique puisque la base productive qui paye tout est en train de disparaître. Tous les revenus secondaires ou directs baissent (cependant, le pouvoir d’achat a été longtemps sauvegardé par la baisse des prix chère à Wal Mart achetant chinois et par le crédit facile ; jusqu’à la crise commencée en fait en juin 2007), sauf ceux de la finance. Car la délocalisation de la production a permis aux multinationales de faire des profits considérables, souvent dégagés dans des paradis fiscaux (ce qui explique que si aux USA le taux d’imposition des bénéfices des sociétés est théoriquement de 35 %, le taux réel pour les grosses boîtes n’est que de 8 % !). Ces profits, ajoutés à ceux des pétrodollars et à ceux des riches dont l‘imposition n’a cessé de baisser, cherchent évidemment à se placer au mieux. D’où les combines des banques et autres financiers pour développer la finance à l’échelle mondiale avec la bénédiction des politicards qui ont fait sauter toutes les régulations. A quoi s’ajoute la politique délibérée sous Clinton puis Bush, via Greenspan et la FED, de taux d’intérêt très faibles pour développer le crédit à la consommation ; ce qui a permis aussi pour les fonds spéculatifs de jouer sur la différence des taux entre celui auquel ils empruntent et celui  (en fait rendement financier des opérations) auquel ils spéculent. D’où les splendeurs de l’effet de levier très usité dans les LBO.

C’est la disparition de la production primaire, notamment dans l’agriculture ruinée par la concurrence des productions occidentales subventionnées (UE et USA), notamment parce que des firmes  locales ne peuvent atteindre le degré d’économies d’échelle des multinationales vendant au niveau mondial, qui explique le marasme de l’Afrique et de bien des pays du Tiers Monde. La concurrence mondiale y fait que tout simplement la production primaire est détruite dans l’œuf. A quoi s’ajoute le poids de la dette indue et les effets ravageurs des « réformes structurelles «  imposées par le FMI et la Banque Mondiale au nom du « consensus de Washington ».

La crise s’explique donc non pas par les errements des financiers mais par une logique systémique détruisant la sphère productive des Etats et des peuples au profit des pays faisant du dumping en tout genre. Et ce n’est donc pas par hasard que la Chine a rejoint l’OMC : c’est le gage de gagner à tous les coups dans la concurrence mondiale sans règles autres que commerciales sous la main de fer du parti communiste. Et c’est pourquoi le G20 n’y touchera pas : car à qui profite le crime ? Aux gouvernants, aux multinationales, aux financiers et aux riches. Une solution, quoique réformiste et à court terme : créer des taxes compensatoires sur les différents dumpings contenus par les exportations de la Chine et consorts.

Zappons l’Europe

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2009 @ 10:31

Qu’est-ce que l’UE sinon un grand marché de concurrence hyper libérale, « libre et non faussée » ? Sans consistance politique, sans même un début de fédéralisme, ne fusse que politique. Cirant les pompes à l’imperium US notamment au sein de l’OTAN, n’ayant aucune harmonisation fiscale, sociale, environnementale, ce qui permet à chaque pays de jouer en solo et de se comporter en passager clandestin faisant du dumping. A-t-on vraiment intérêt à rester dans ce bouzin ? NON.

Que manque-t-il à la France ? Pas grand-chose, elle a de quoi se nourrir (dont 400 fromages, 1ère agriculture d’Europe), de quoi picoler (pinards très divers, bière, cidre, eaux minérales, spiritueux très variés), de quoi se chauffer (1ère forêt d’Europe), de l’électricité, une industrie encore variée avec moult PME et PMI en plus du CAC 40 (du reste possédé à 45 % par l’étranger et ses fonds de pension), 15 % de taux d’épargne, de bonnes installations collectives (ou services, de moins en moins vu la chasse menée par l’UE contre les services publics), etc.  Sa recherche (et ses universités)  ne serait pas si mauvaise si le gouvernement ne s’employait pas à la détruire au nom du libéralisme. Elle dispose d’un immense patrimoine artistique, naturel et architectural. Il manque seulement du gaz et du pétrole.

Mais ces deux choses peuvent être remplacées aisément : biomasse dont méthane organique, agro-carburants (ça utiliserait les excédents sans passer par la PAC) et agro-matières plastiques, cracking de l’hydrogène (hélas encore avec du nucléaire pour longtemps) pour voitures propres, photovoltaïque, géothermie, force marémotrice ou éolienne, etc.

Mais j’entends déjà les thuriféraires du tout-marché qui se régule tout seul, qui affecte au mieux les ressources, qui fait bénéficier des avantages de la spécialisation des autres pays, qui agrandit la taille des espaces de vente pour faire des économies d’échelle, qui permet de trouver le fric dont on a besoins sur les marchés financiers internationaux à faible coût (pour financer les 140 milliards de déficit budgétaire, les prétendus 30 milliards de pertes de la Sécu  et les 1500 milliards d’euros de dettes en 2009, pour faire des OPA, pour investir, ô si peu  en secteur productif), etc. Les libéraux hurleraient au protectionnisme ; ils diraient que l’autarcie ruinerait le pays. Eh bien c’est faux.

Déjà à qui profitent les soi-disant avantages du tout marché en tous domaines ? Aux financiers : banques, assurances, « zinzins » [« investisseurs institutionnels »] comme les OPVCM avec leurs SICAV et FCP, les fonds de pension étrangers, fonds spéculatifs [hedge funds], fonds d’investissement privés [« private equities »], spécialistes du rachat de boîtes par LBO, c’est-à-dire par l’emprunt en le faisant payer par l’entreprise rachetée],  « fonds souverains » des Etats pétroliers ou de la Chine. Aux multinationales et à leurs dirigeants aux superbes revenus maintenant  100 fois supérieurs au salaire moyen. Aux laboratoires pharmaceutiques qui prolongent la durée de leurs brevets en rajoutant de la poudre de perlimpinpin à un produit devenant générique. De façon générale à toutes les boîtes qui excipent de « droits de propriété intellectuelle » (DPI) issus du savoir collectif ou ancestral qui sont des biens publics et des biens communs de l’humanité ; boîtes comme les producteurs de films ou de DVD qui ont fait voter la loi Hadopi pour conserver leurs rentes et exploiter les artistes.  Au complexe militaro-industriel. Et aux politicards qui se sont organisés en corporation inamovible de pouvoir, grassement rétribuée et touchant quelques miettes de leurs partenaires économiques pour lesquels ils votent de bonnes lois. L’appauvrissement drastique de ces rapaces  ne nuiraient pas aux pauvres et exclus de la société darwinienne qu’ils ont mis en place.  

Car cela ne profite pas au peuple : les inégalités de revenu et de patrimoine se sont accrues au profit des riches, lesquels sont quasiment exonérés d’impôts sur le revenu et les successions, la pauvreté a augmenté, le chômage officiel est à 2,5 millions  de  personnes, à quoi s’ajoute un nombre voisin pour le sous-emploi (précaires, temps partiel), le SMIC rémunère 17 % des salariés, l’âge de la retraite et le taux de remplacement diminue (retraite moyenne des moins aisés : 800 euros par mois, ce qui les conduit à prendre un petit boulot de survie grâce à la récente loi qui permet un cumul emploi-retraite) augmente, les salaires stagnent ou régressent, la protection sociale recule, les impôts locaux augmentent, etc. Comme le revenu national supplémentaire né de la mise de la France à l’encan sur le tout-marché mondialisé ne rapporte qu’à quelques acteurs sociaux facilement repérables, on ne voit pas pourquoi le peuple aurait intérêt à tout risquer-et il est désormais le seul à tout risquer- dans ce petit jeu de casino, dans ce mouvement brownien, qui, par ailleurs, vient d’être disqualifié par la crise mondiale.

Il est cependant probable que le retrait de l’Europe et de la concurrence mondiale amènerait une forte baisse (temporaire) du revenu national. Déjà, observons que c’est tant mieux : un peu de décroissance ne saurait nuire à l’environnement et on se remettrait à consommer économe, frugal, durable, solide et de qualité au lieu d’acheter de la camelote chinoise chez LIDL. Ensuite la perte de revenus peut être facilement compensée par des productions et des services collectifs. Il serait facile d’offrir à tous un logement décent proportionnel à la taille de la famille au lieu de faire du pavillon individuel excentré, ce qui bouffe des terres arables, facilite les hypermarchés maintenant ouverts le dimanche, rallonge les temps de transport et encourage le tout-bagnole pompeur de pétrole. Il serait aisé de remettre les transports collectifs sur le pavois et de les rendre fort peu onéreux si l’on renonce à la logique de rentabilité qui prévaut actuellement. De même la gestion de l’eau, du gaz, de l’électricité (y compris avec production locale propre), des déchets au niveau local et en régie municipale ferait faire d’énormes économies puisque les rentes de Veolia et Vivendi ou SUEZ, de même que les commissions versées à des politicards pour l’attribution des concessions, seraient supprimées. Autre idée : les commissions des officines immobilières seraient évacuées si l’on donnait aux municipalités le monopole de l’organisation de la vente des biens immobiliers. La transformation des assurances en secteur mutuel et coopératif éviterait les prédations des assureurs privés enfin mis en concurrence réelle. Les jardins « ouvriers » pourraient être développés à l’envi. Les ventes directes (ou cueillettes directes) chez les agriculteurs feraient baisser les marges de la distribution. Etc. etc. Ce serait facile de faire maigrir les prédateurs sans sombrer dans le collectivisme ; tout simplement en développant le secteur social de l’économie.

On peut faire aussi de grosses économies : suppression de l’armée (dans les 50 milliards d’euros de budget annuel) en se mettant sous la protection d’un statut de neutralité totale. Les militaires seraient reconvertis en coopérateurs pour le Tiers Monde avec lequel on coopérerait au lieu de l’exploiter. 200 députés au lieu de 577 députains, 100 sénateurs-conseillers économiques et sociaux au lieu de 343 sénateurs plus le Conseil économique et social. Suppression des départements et cantons (2 niveaux locaux : la commune ou la communauté de communes et la région). Je n’insiste pas : on peut aller très loin dans la diminution des frais généraux de l’Etat et des collectivités, frais qui  rétribuent une classe politique parasitaire, corporative et inamovible  et des fonctionnaires à son service et non à celui du peuple. 

On peut aussi trouver d’autres ressources de financement public. Par exemple, avec des taxes compensatoires sur les importations : taxes destinées à faire payer enfin aux exportateurs des frais de défense de l’environnement, de droit social et syndical, de droit fiscal rétablissant l’équilibre avec les coûts supportés par la France et que d’autres pays ne consentent pas pour faire du dumping. On taxera ainsi les Tudesques qui avec leur TVA sociale  de 3 % en plus ont tout simplement exporté leur charges sociales sur les copains. Ou les Yankees avec leur protectionnisme caché. Ou les Gibbies avec leurs paradis fiscaux off shore (leurs « îles ») qui font 20 % de leur PIB avec la finance. Ou les Ibères qui exploitent les saisonniers agricoles ; etc. Ces taxes seraient restitués aux pays du Tiers Monde qui ferait des efforts en ces matières ;

Les libéraux disent aussi que l’autarcie ou le protectionnisme (même les taxes de compensation des différentiels sociaux, fiscaux, etc.) aboutirait à un chômage fantastique par perte de marchés extérieurs si on ferme nos frontières. Déjà, on peut rétorquer que la performance libérale avec 5 millions de chômeurs réels ne leur permet pas de donner des leçons. Et c’est faux. D’abord, se « mettre au vert » pour défendre l’environnement créera des tas d’emplois dans le bâtiment, la recherche, l’énergie, etc.  Ensuite, on ne sort pas du « marché commun » ; on ne sort que de l’Europe institutionnelle et juridique avortée en nous redonnant le droit d’avoir nos propres lois et de nous défendre contre les différentes formes de dumping. Le droit d’avoir des fromages au lait cru, de l’or à 18 carats pour les bijoux, du chocolat sans matières grasses incorporées, etc. Les autres ont-ils vraiment intérêt à faire de la rétorsion ? Ensuite aussi, on peut compenser des pertes de marché en Europe par des échanges très accrus avec les pays du Tiers Monde, en se mettant enfin à pratiquer l’échange égal,  à les aider et à coopérer avec eux au lieu de les exploiter façon France-Afrique. Ce ne sont pas les Teutons ni les Saxons qui ont des matières 1ères, des produits agricoles, etc. Il suffit de les payer convenablement, d’aider à leur production, de donner des crédits pour moderniser l’agriculture, etc.

Enfin, depuis quand la richesse matérielle, le revenu monétaire, l’ostentation sont-ils le critère du mérite, le libéralisme affirmant qu’il est le seul régime à faire en sorte que l’accès aux positions sociales distinctives soit ouvert par l’égalité des chances ? Depuis quand, être riche en capital, en fric, est-il le critère du bonheur ? Se couper de l’Europe actuelle nous rendrait sans doute plus pauvres et c’est bien car nous retrouverions les valeurs de solidarité, d’entraide, de justice.

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