les armes de la critique

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Nouvelles de la crise

Classé dans : politique — 14 juin, 2011 @ 10:24

 M. Bertrand vient de se réjouir des statistiques du chômage en avril après 3 mois de baisse de la catégorie A (sans emploi du tout, en recherche et disponible immédiatement ; norme OCDE). On reste pourtant à un niveau élevé, pas loin de 10 %. Le ravissement de Bertrand (4 mois consécutifs de baisse du chômedu en catégorie 1) est pourtant mal à propos. Les catégories B et C (ayant travaillé ne serait-ce que quelques heures dans le mois) progressent toujours. Le chômage des « vieux » augmente bien que pour les retraités Tsarko ait décidé qu’ils devaient travailler jusqu’à 62 ans et jusqu’à 65 pour une retraite complète. Le chômage de longue durée augmente aussi. Seule petite embellie : le chômage des jeunes a légèrement diminué. Les créations d’emploi (précaires, intermittentes pour l’essentiel) sont trop faibles pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. Pis, de nombreux jeunes, dégoutés par les emplois offerts (salaires et conditions de travail), ne s’inscrivent plus au pôle emploi. Les radiations se portent toujours aussi bien. Le gouvernement fait du yoyo sur les emplois aidés, ce qui frappe financièrement les associations d’insertion en particulier et les associations en général. Cela ne risque pas de s’arranger car la crise n’est pas terminée ; elle est devenue rampante et camouflée. D’après les politicards, les experts et les journaleux au service du capitalisme, la crise serait derrière nous. La croissance revient (1,5 % en Allemagne et 1 % en France au 1er trimestre 2011). C’est du trompe l’œil car cette embellie est due à la reconstitution des stocks des entreprises, phénomène connu et ponctuel. La consommation piétine bien que les consommateurs aient puisé dans leur bas de laine. Le taux d’épargne repart à la hausse. La bourse est à la baisse depuis le début de l’année. La Grèce a besoin de 60 milliards d’euros de plus après les 110 accordés par l’UE et le FMI en 2010 (dont 12 immédiatement comme dernier versement des 110 de 2010) ; le Portugal a obtenu 78 milliards moyennant un plan d’austérité ayant amené la chute du gouvernement Socratès et la victoire de la droite (curieusement baptisée social-démocrate et qui a annoncé encore plus de rigueur) aux élections législatives anticipées du 5 mai. L’Irlande patine : son déficit budgétaire (10 %) progresse ; sa dette monte à 120 % de son PIB.  La récession n’a pas encore eu lieu parce que le commerce international est encore tiré par la croissance des pays émergents (Chine, Brésil, Inde). L’UE a péniblement accouché d’un fonds européen de stabilité financière en mai 2010 (750 milliards dont un tiers venant du FMI) qui ne deviendra permanent qu’en 2013 sous réserve d’une modification des traités européens. Ce fonds n’intervient qu’en dernier ressort à 6 % de taux d’intérêt alors qu’il faudrait renflouer les pays en difficulté avant l’imminence de la catastrophe du défaut de paiement de leurs remboursements d’emprunts. De plus ces aides du fonds sont conditionnées par des ajustements structurels drastiques qui créent de la récession et oblitèrent l’assainissement financier. On finira par faire de la cavalerie… Ou l’UE se résoudra à accepter un rééchelonnement soft de la dette grecque maintenant détentrice de la note la plus basse sur la fiabilité de ses capacités de remboursement. 

Gnafron 1er, le Hongre, et Merkel, la Teutonne, se sont mis d’accord sur « un pacte de compétitivité » destiné à promouvoir des réformes structurelles dans la zone euro : abandon de toute indexation des salaires alors que l’inflation redémarre, relèvement de l’âge de la retraite, harmonisation de l’impôt sur les sociétés (ce qui sera refusé notamment par l’Irlande qui l’utilise [12,5 % seulement contre 23 de moyenne en Europe] comme arme de dumping), adoption d’une « règle d’or constitutionnelle » (qui exige une modification de la constitution française sur laquelle Tsarko n’a sans doute pas la majorité nécessaire au parlement des deux chambres réunies) de limitation des déficits budgétaires publics. La France est du reste en sursis sous l’œil malveillant des agences de notation : 8 % de déficit budgétaire et 85 % du PIB en dette détenue à 70 % par l’étranger. Il s’agit donc d’une discipline de fer qui rajoute de l’austérité alors que la récession ou la croissance molle pointe son nez. Ce qui empêchera de rembourser les dettes. Du coup, si la Grèce, le Portugal, l’Irlande s’effondraient ce seraient les autres pays et l’euro qui suivraient par effet de domino du système de la zone euro. C’est pourquoi les allemands acceptent d’aider sous réserve d’une discipline drastique : en cas d’effondrement, adieu veaux, vaches, cochons, couvées, concombres et exportations en Europe. Le mauvais état de l’UE entraîne un regain de nationalisme et de protectionnisme ; on l’a vu avec l’affaire du concombre espagnol finalement innocenté, ce qui n’avait pas empêché la Germanie d’accuser l’Espagne et certains pays d’arrêter les importations de légumes ibères. On observe au passage que ce sont désormais les marchés financiers et les agences de notation qui font la politique économique à la place des gouvernements. Et il faut se dire que les banques européennes sont très impliquées dans les dettes des « PIGS » et qu’en cas de défaut de paiement ou de restructuration des dettes elles en prendraient plein les mirettes comme la BCE (qui a 85 milliards d’obligations grecques). Les USA, qui tirent encore la croissance mondiale, ne sont pas très brillants. Iles le font avec des déficits budgétaires considérables (plus de 800 milliards de dollars), en prêtant aux banques à 0,25 % et en faisant tourner la planche à billets. Pour faire tourner celle-ci, la FED (la réserve fédérale qui tient lieu de banque centrale aux USA) achète des obligations du trésor US et des actifs pourris des banques. Cela revient à accroître le volume de monnaie en circulation pour soutenir le crédit (on invente des « subprimes » pour les achats de voiture) et l’immobilier qui s’effondrerait sans cela et ruinerait des millions de petits propriétaires. Le chômage ne baisse guère malgré ces injections massives de monnaie et la croissance US est fort molle, ce qui a le mérite de conserver (formol) le statu quo. Ces largesses budgétaires permettent aux banques de financer des spéculations sur les matières premières et les denrées agricoles (avec les prêts à 0,25 %, elles spéculent à découvert pour la majeure part et profitent ainsi de l’effet de levier de l’emprunt comme dans un LBO). 

Les USA inondent donc le monde de dollars qui devraient d’ailleurs diminuer de valeur comme dans toute création excessive de monnaie, ce qui s’accompagne normalement aussi d’inflation interne. L’excès de dollars en circulation sur la planète amène aussi de l’inflation mondiale car il accroît la demande de leurs détenteurs et l’inflation du crédit chez eux aussi. Normalement le dollar devrait baisser (ce qu’espèrent les autorités US afin de rembourser en roupies de sansonnet) ; mais non, c’est l’euro qui baisse car mis en examen comme un vulgaire DSK par les agences de notation et rendu peu fiable par les difficultés de la zone euro. De plus, les pays exportateurs et détenteurs de dollars accumulent du dollar afin de préserver les achats US et éviter un effondrement brutal de cette monnaie. Enfin, le dollar apparaît encore comme plus sûr que l’euro ou le yen (l’économie japonaise a du mal à se remettre de la catastrophe de Fukushima). La catastrophe ne s’est donc que fort peu éloignée. Elle résulte du choix du tout-financier opéré par les politicards il y a plus de 20 ans. Les socialos l’ont opéré par imprévoyance pour se dépatouiller de la situation qu’ils avaient créée et financer les dépenses sociales ou les investissements nucléaires ou autres. Les politicards de droite, comme la montré Naomi Klein (La stratégie du choc), ont vu dans l’accroissement de la dette (largement lié aux baisses d’impôt pour les riches et aux largesses concédées au capital et aux financiers)  l’occasion ultérieure de serrer le kiki aux services publics, aux fonctionnaires et aux salariés au nom de la rigueur exigée par le redressement des comptes publics après des années de laxisme volontaire. Cette stratégie n’a que trop bien réussi : la faillite (involontaire cependant) menace tout l’Occident et c’est tant mieux. 

Pauvre Grèce

Classé dans : politique — 10 juin, 2011 @ 9:22

La Grèce est de nouveau dans la tourmente financière après une 1ère aide de 110 milliards d’euros en 2010, aide consentie après nombre de tergiversations, notamment chez les Teutons qui ne se rappellent pas avoir occupé et ruiné ce pays en 39/45.  Il y a eu depuis un premier plan « d’ajustement structurel » imposé par la troïka : FMI, BCE, UE. Toujours les mêmes recettes qui avaient fait faillite en Asie et en Amérique du Sud : réduction des salaires, privatisations, abaissement de l’âge de la retraite, augmentation des impôts et de la TVA, fin des prix réglementés, etc. Cette cure d’austérité n’a pas permis de redresser les comptes publics : 150 % du PIB comme dette, plus de 10 % de déficit budgétaire, chômage monté de 9 à 16 %, 300 milliards de dette privée et publique (très largement détenue par l’étranger). La Grèce a du coup impérativement besoin de 12 milliards tout de suite pour éviter la faillite. Evidemment puisque l’austérité ne peut engendrer que la récession, ce qui rend le remboursement des dettes plus que problématique. Alors, les agences de notation s’en donnent à cœur joie et, de plus, ont mis le Portugal (78 milliards d’aide pour 2011), l’Espagne, l‘Irlande (84 milliards en 2010), l’Italie. A qui le tour en plus des « PIGS » (Portugal, Irlande, Grèce et Spain) ? Soulignons aussi que la Grèce n’est plus un pays souverain et indépendant. En effet, des experts de l’UE contrôlent ses comptes (budget, déficit) pour empêcher toute nouvelle fraude. De plus, ce sont les agences de notation qui gouvernent ; le pouvoir politique cherche seulement à ne pas les vexer, ce qui fait que lesdites agences sont aux manettes. 

Il faut dire que les Grecs avaient poussé le bouchon assez loin : énorme évasion fiscale, travail au noir et marché noir, crédit à gogo, expansion des fonctionnaires (et de leurs salaires) à crédit, truquage des comptes publics sur la réalité des déficits avec l’aide de la banque pourrie Goldman Sachs (sous le gouvernement de droite de Caramanlis). Mais la rigueur n’a rien arrangé puisque le travail au noir et les bakchichs ont repris de plus belle. On se doit cependant de dire que les Grecs ont succombé à la tentation de l’argent facile (comme pour l’immobilier en Espagne) à cause de la mise en place de l’euro. En effet, la surface internationale de cette monnaie européenne, gérée seulement contre l’inflation, et la puissance de la zone euro considérée globalement avaient rassuré les marchés financiers qui prêtaient alors à de très faibles taux d’intérêt. Dès lors, moult pays se sont mis à vivre à crédit avant le voyage au bout de la nuit et la mort. Parallèlement, les Germains avaient compris que l’euro fort (géré à franc fort !) servait leurs intérêts en restant à leur main sur le Main. En effet, ils avaient (sous Schröder avec les lois Hardt, puis sous Merkel avec une TVA sociale de 3 %, ce qui correspond à une dévaluation équivalente) mené une politique de « désinflation compétitive » leur permettant d’exporter à qui–mieux-mieux dans les pays « cigales ». En même temps, ils avaient délocalisé (sous-traitance d’une bonne part de leur industrie dans les ex-pays de l’Est à bas salaires et, bien mieux, hors zone euro. D’où le pactole quand l’euro monte car la valeur des importations en provenance des ces pays, exprimée en euros, baisse lorsque la monnaie de ces derniers plonge. D’où les 153 milliards d’euros d’excédents de la balance commerciale tudesque en 2010. Ce que les Fridolins camouflent, c’est que les déficits commerciaux des uns se traduisent en excédents monétaires de sens inverse pour les autres. Il en résulte que les Doryphores sont devenus en fait les banquiers en dernier ressort de la zone euro : les dettes de la Grèce et consorts ne peuvent être garanties ou payées que par eux, sauf à envisager le retour au Reichs mark et la dégringolade de l’euro. 

Las, le plan de 110 milliards se révèle insuffisant (et pour cause : dégâts de l’austérité imposée aux Grecs). Il leur faut 60 milliards de plus, sans doute pour faire de la cavalerie. La troïka devient de plus en plus réticente, la mère Merkel-Tapedur énonce que les cigales ne peuvent avoir plus de vacances que les autres ; ce qui est faux puisque les Grecs travaillent 2200 heures dans l’année et les Germains 1350. En fait, l’UE craint de devoir choisir entre la cavalerie d’emprunts grecs jamais remboursés mais porteur d’intérêts ad vitam aeternam et la « restructuration de la dette ». Was ist das ? C’est un vasistas comme petite fenêtre de sortie d’une dette écrasante : étalement de la dette dans un temps plus long (ré-échelonnement) et abandon de créances au moins pour un tiers de leur valeur. Evidemment, la BCE (qui a 85 milliards d’obligations du trésor grec sur les bras) et les banquiers européens ne veulent pas de cette solution qui les mettrait en danger eux aussi ; or ces banquiers sont largement impliqués en Grèce, notamment les Français pour 17 milliards (et aussi au Portugal, en Espagne, en Italie), dont le Crédit Agricole. Le non-remboursement de la dette pourrait alors entraîner une crise des liquidités en Europe. C’est pourtant ainsi que l’Argentine était sortie de l’étau qui l’étranglait. On s’orientait donc (avec DSK) vers de nouvelles aides assorties d’un renforcement de la rigueur et de la braderie du secteur public pour 50 milliards. On a vu que cela ne résoudrait rien et enfoncerait la Grèce dans la récession. 

De petits malins suggèrent d’autres solutions. Par exemple, la sortie de l’euro, le retour à la drachme et la dévaluation pour booster les exportations et rembourser en roupies de sansonnet. Mauvaise idée ; en effet la Grèce n’a pas grand-chose à exporter puisque le deal passé avec l’Europe, notamment avec les Schleus, était qu’elle tue son industrie au profit du tourisme, de l’immobilier (vendu aux étrangers pour une bonne part) et des bateaux poubelles plus quelques produits agricoles… De plus, le coût des importations serait renchéri et les prêteurs, même à un taux d’intérêt élevé, disparaîtraient de la circulation. Enfin, l’inflation serait élevée comme partout lorsque la valeur de la monnaie diminue ; ce qui efface les dettes à condition qu’elles ne soient pas détenues par l’étranger, auquel cas il faut payer plus les remboursements et les intérêts (il faut bien plus de drachmes pour acheter un euro ou un dollar). Le remède serait donc encore pire. On tremble aussi pour le Portugal qui n’exporte que du tourisme et des produits de la terre ou l’Irlande qui ne vit que grâce aux sièges sociaux de boîtes qu’elle attire avec un taux d’impôt sur les sociétés de 12,5 % (moyenne européenne, 23). D’autres plaisantins disent que la Grèce n’a qu’à imposer d’autorité un abandon de créances (solution à l’argentine) ; alors elle ne trouverait plus de prêteurs sauf à des taux d’intérêt énormes. 

Les Grecs l’ont donc dans le baba ; la seule solution sérieuse serait que la BCE puisse faire des avances aux Etats ou que l’UE-euro  dispose d’un fonds d’aide (prévu pour 2013), ce qui est interdit par les statuts de la BCE et par le fameux pacte de stabilité passé après le traité de Maastricht. Les autres pays auraient tort de prendre les Grecs comme des victimes de leurs seules erreurs. La crise est loin d’être terminée. 

D’après les experts et journaleux au service du capitalisme, la crise serait derrière nous. C’est faux. La croissance revient (1,5 % en Allemagne et 1 % en France au 1er trimestre 2011). C’est du trompe l’œil car cette embellie est due à la reconstitution des stocks des entreprises, phénomène connu et ponctuel. La consommation piétine bien que les consommateurs aient puisé dans leur bas de laine. Le taux d’épargne repart à la hausse. La bourse est à la baisse depuis le début de l’année. Les dettes américaines sont abyssales (100 % du PIB de 15 000 milliards) ; les USA font tourner la planche à billets en faisant racheter par la FED des bons du trésor US et des titres pourris des banques. Ils prêtent auxdites banques à 0,25 %, prêts dont elles se servent (avec effet de levier des emprunts comme dans un LBO) pour spéculer sur les matières premières et les produits agricoles. D’où un regain d’inflation mondiale car il y a trop de liquidités et trop de spéculation. La Chine commence progressivement à se retirer des achats de bons du trésor US pour acheter des terres et des actifs à l’étranger (dont le port du Pirée). Aux USA, le chômage ne baisse guère, l’automobile repart mais grâce à des crédits de type subprime, l’immobilier est tenu en vie artificielle par les prêts de l’Etat. Il se peut que l’économie US finisse par entrer en récession, ce qui entraînerait la chute du commerce mondial. Les autres pays de l’UE, comme la France, ne sont guère brillants (dette, 85 % du PIB, déficit 2011 à 8 %, déficit commercial des 4 premiers mois de 2011 à 27 milliards plus 7 rien qu’au mois de mai). 

La Grèce danse sur un volcan et ne peut s’en tirer qu’avec l’aide des autres pays, ce qui réclame une vraie politique économique, fiscale et financière commune. On en est loin car le protectionnisme redémarre et car chaque pays joue perso ; du coup le nationalisme fait florès. 

 

« Notre poison quotidien »

Classé dans : politique — 4 juin, 2011 @ 10:18

Ici, je résume le livre éponyme de Marie-Monique Robin, déjà célèbre pour son démontage de Monsanto (Le monde selon Monsanto). On ne saurait trop conseiller la lecture de ce pavé superbement éclairant, documenté, sérieux, scientifique. 

Les domaines de l’alimentation, des médicaments, des produits « phytosanitaires » (pesticides, insecticides fongicides, herbicides, etc. ; phytosanitaire est une novlangue pour faire croire que ces produits chimiques soignent les plantes au lieu de détruire les « nuisisbles » … et les humains) ou des produits comme les plastiques (PVC par exemple), traités avec différentes substances dangereuses (PCB, disphénol A), ou des additifs alimentaires (aspartame) ou des médicaments, de la protection de l’environnement, de la santé sont particulièrement sensibles. Et ce sont ceux où l’on voit le mieux la collusion entre les politiques, les agences, les industriels, les experts stipendiés. La connivence, voire la corruption, se voit dans l’émission des réglementations publiques pour les produits dangereux, toujours en dessous des risques réels et des résultats observés. Ces règles sont en fait fixées par les industriels eux-mêmes, les agences se contentant le plus souvent de donner un coup de tampon sur des études bidouillées par les laboratoires des firmes privées, études de dangerosité que ces dernières sont tenues de fournir aux autorités chargées de les contrôler et ensuite d’accepter la mise sur le marché des produits sous certaines conditions. Ce qui intéresse les pouvoirs publics, ce ne sont pas les conséquences sur la santé ou l’environnement ; ce sont les résultats d’un calcul coût/bénéfice en fonction des risques encourus. Les politicards sont évidemment alléchés par les financements de leurs campagnes électorales et par le maintien ou la création de l’emploi. En définitive, les risques sont courus par les consommateurs, les voisins des usines ou des épandages ou les utilisateurs (comme les ouvriers ou les agriculteurs) et les profits sont encaissés par les boîtes comme la tristement célèbre Monsanto. 

On ne compte plus les affaires impliquant l’industrie et les autorités publiques : médiator, thalidomide, pyralène, distilbène, amiante, bisphénol A, parabène, hormones de croissance pour le bétail, phtalates, aspartame ; etc. Les conflits ont été récurrents entre les chercheurs indépendants et les labos des firmes privées, les autorités arbitrant généralement en faveur de ces dernières pour les autorisations de mise sur le marché, les non-retraits, les prolongations d’usage de produits avérés dangereux. Le conflit le plus récent, ces affaires durant souvent plus de 50 ans (DDT, aspartame), concerne les effets des multiples produits qui sont « des perturbateurs endocriniens », notamment les pesticides et les plastiques. Les glandes endocrines sont celles qui produisent des hormones notamment lors de la gestation des embryons ; une dose hyper minime de produits de synthèse analogues à ces hormones, ingérés par le fœtus  à un moment critique de sa croissance (par exemple lors de la formation des appareils génitaux pendant la grossesse quand la mère mange des choses toxiques), produisent des malformations, des futurs cancers, de l’obésité (plus 50 % en 30 ans), de la stérilité, des leucémies et des cancers du cerveau chez les enfants (en très forte hausse), des victimes de la maladie de Parkinson… Contrairement aux hormones naturelles, les artificielles ne sont pas métabolisées par l’organisme où elles finissent par s’incruster, notamment dans les graisses. Les conséquences sont humainement dramatiques ; elles le sont aussi pour le budget de la SS qui doit éponger les conséquences des maladies liées aux problèmes « environnementaux » (causés par les produits utilisés). Par exemple, les cancers (notamment du sein ou de la prostate) ont cru de plus de 30 % depuis l’expansion de ces produits chimiques, de même que l’obésité. C’est le vieux principe de la socialisation des pertes et de la privatisation des profits qui joue encore là. Et on sait que la nourriture bio ferait faire des économies considérables pour les dépenses de santé, notamment pour les affections de longue durée qui ont augmenté de façon exponentielle. Evidemment, les firmes chimiques et les autorités préfèrent dire que ce sont des facteurs génétiques ou des responsabilités personnelles (tabagisme, alcoolisme, malbouffe, etc.) qui sont à l’origine de la prolifération des maladies ou cancers. Ou ils incriminent l’allongement de la durée de vie, ce qui est manifestement faux puisque les plus atteints sont les enfants ; de plus les cancers, notamment, peuvent se déclarer bien plus tard alors que leur potentialité à été causée bien avant, dans la force de l’âge des victimes. 

Les méthodes utilisées par les autorités pour apprécier la nocivité des produits datent de Paracelse (16ème siècle : la dose fait le poison) ! Elles consistent à calculer une dose admissible sans effets par l’organisme et à la transformer en dose journalière admissible (DJA). Ladite DJA fonctionne produit par produit et ne tient donc pas compte des effets « cocktail » de poisons ingérés ou inhalés quotidiennement et simultanément par les gens. Elle néglige aussi les accumulations dans le temps et encore plus les ingestions aux moments critiques du développement des enfants. Elle sous-estime les drogues persistant dans l’organisme. Elle ignore que pour les produits perturbant les fonctions endocriniennes, des doses infinitésimales, très en dessous de la DJA,  suffisent. Il en est de même pour les calculs de limites maximales de résidus (LMR). Sachons qu’il y a entre 30 000 et 50 000 produits chimiques en Europe dont seulement 1 % ont été testés avec des méthodes calamiteuses inspirées par l’industrie. Des études récentes (aux USA qui sont les seuls à avoir un vrai labo public pour cela et par des ONG en Europe) ont montré que les urines et le sang des personnes contiennent souvent plus de 50 résidus toxiques ! 

Evidemment les firmes chimiques (Dow Chemical, Novartis, Sanofi, Dupont de Nemours, Monsanto, etc.) font de la résistance contre les interdictions ou les normes DJA. Elles emploient pour ce faire différents procédés dont certains sont ignominieux. Elles achètent les plaignants victimes de leurs produits ; elles circonscrivent les tribunaux. Elles font des études biaisées, voire trafiquées, avec lesquelles elles inondent les revues scientifiques à comité de lecture afin de semer le doute et entretenir  l’incertitude ou pour disqualifier les travaux sérieux des chercheurs indépendants ou des labos publics. Elles créent des labos bidons (mal équipés ; par exemple en appareils de détection des substances en dessous des fameuses DJA ou LMR) ou elles montent des partenariats (fondations et subventions à la clef) avec les Universités ; de cette façon elles peuvent faire pression sur elles pour qu’elles ne publient pas leurs recherches ou les amoindrissent, voire les falsifient. Elles achètent les experts ou les envoient comme sous-marins et espions dans les organismes publics. Elles payent la publication d’articles favorables dans les revues scientifiques où elles font aussi de la pub afin de les tenir par l’argent, etc. il faut dire qu’en la matière les autorités publiques ont accepté l’inversion de la charge de la preuve : c’est aux opposants de montrer la nocivité des produits lancés dans la nature et non aux firmes émettrices. Celles-ci ne sont tenues qu’à observer un « guide des bonnes pratiques » qui en fait n’est que de la procédure d’enregistrement des expériences sans mettre en cause leurs bases tronquées ; par exemple une étude privée avait pris comme rats à traiter une espèce largement insensible, sauf à dose considérable, aux effets des substances chimiques concernées ! Ou une « scientifique » avait truqué l’âge des souris observées pour camoufler les effets de son produit à un âge critique de la gestation des bébés. Le pire est que les organes publics reprennent ces études faussées sans les vérifier en se contentant de résumés sans voir les données brutes cachées au nom du « secret commercial ou de fabrication ». Par ailleurs, les articles sérieux dans les revues sont noyées dans les masses d’études bidonnées ; c’est marrant car, par exemple pour Zébulon 1er, la qualité d’un chercheur se mesure au nombre d’articles publiés ou repris. Or, par le biais des publications subventionnées par l’industrie, les bidonneurs sont bien plus publiés que les bons chercheurs. 

Les boîtes font des carrières « à portes tournantes » : leurs experts stipendiés vont dans le public puis reviennent dans l’industrie et vice versa. Du coup, les experts indépendants deviennent si rares que les organes ou instances publics font appel à des privés pour mener des études d’évaluation ou préparer des décisions. La chose est d’autant plus répandue que les moyens publics ont été radicalement amoindris par suite des politiques libérales menées par les politicards. Les conflits d’intérêt (experts à la fois utilisés pour le bien public et payés par des firmes privées) se sont multipliés, par exemple à l’OMS. Le pire est que les études menées sur de fausses bases influencées par les experts du privé ou agents doubles pour des organes publics de tel ou tel pays  à tel ou tel niveau plus ou moins international ou puissant (par exemple l’EPA des USA ou l’agence européenne de sécurité alimentaire) sont reprises par les instances des autres pays et à des niveaux locaux comme argent comptant et vérité révélée. 

Pourtant ce ne sont pas les « agences » qui manquent : AFSSE, AFSSA, AFSSET en France, Agence européenne de sécurité alimentaire, FGA aux USA (food and drugs administration) ou Agence de protection de l’environnement (EPA des USA). L’OMS ou la FAO ont-elles aussi leurs « organes ». Il y a aussi parmi les intervenants la SS (comme la mutualité sociale agricole) ou l’inspection du travail, etc. Tout cela fonctionne dans un univers qui est plus attaché à la protection des firmes polluantes qu’à la santé publique. Les protections desdites firmes sont nombreuses et il ne faut pas oublier que s’il en est ainsi c’est parce que les pouvoirs publics ont avalisé des règles ad hoc afin que les usagers fassent Tintin. 

Tout cela n’est guère surprenant : en univers capitaliste mondialisé ou en Europe hyper libérale, les accointances et connivences entre politicards, qui font les lois ou règles et qui sont censés faire évaluer et contrôler les choses, les firmes, les financiers, les publicitaires et autres agences de « Com.), les journaleux stipendiés, etc. sont institutionnalisées en vue de la maximisation du profit et de l’accumulation du capital. Le livre de Mme Robin apporte une pièce de plus à la critique de ce système prédateur camouflé derrière une apparence de démocratie. Et les ONG ou les chercheurs indépendants sont entrés dans la danse ; les politicards sont obligés de réagir contre leurs copains industriels ; d’où les récentes limitations ou interdictions du disphénol et de l’aspartame. 

Le G 8

Classé dans : politique — 29 mai, 2011 @ 6:27

Le G 8 est une extension du G 7, soit les 7 pays les plus puissants du monde développé, créé par Fiscard Déteint (en 1975, d’abord avec 5 pays, puis, en 76, avec l’Italie et le Canada ; actuellement : USA, Japon, Allemagne, G-B, France, Italie, Canada et Russie) pour réunir les chefs d’Etat ou de gouvernement (avec plus ou moins de ministres concernés par les sujets à l’ordre du jour) afin de papoter et de se concerter sur les problèmes économiques ou généraux en cours. Le 8 provient de l’admission de la Russie ce qui représente 43 % du PIB mondial contre 65 il y a 10 ans. Et il a été suivi, par effet de crise, avec la création du G 20, bien plus large car ouvert aux pays émergents comme le Brésil, le Mexique, la Corée du Sud,  l’Inde ou l’Afrique du Sud, etc. La présidence est tournante et c’est actuellement Tsarkozy qui en est le président comme pour le G 20. Le G 8 se réunit à Deauville en fin de semaine (26, 27 mai). Gnafron 1er a même eu l’idée d’organiser un « e-Geek 8 » sur l’internet ; en oubliant qu’il avait réduit l’accès au web avec sa loi Hadopi, punitive et anticonstitutionnelle parce qu’elle donnait à des instances privées des pouvoirs de sanction en l’absence de tout jugement. 

Les G 8 ou 20 débouchent sur des platitudes, des pétitions de principe, des vœux pieux et une belle photo de groupe. Et sur des manipulations de chiffres car, par exemple, le G 8 de Deauville a reçu un rapport (de l’UMP et sarkozyste de Riancourt) donnant 49 milliards de réalisation d’aide au développement (50 promis au G 8 de Gleneagles en 2005) au lieu de 31 en réalité (statistiques OCDE)… On sait aussi que chaque réunion des puissants de ce bas monde amène des contre-sommets animés par les altermondialistes et autres opposants à la marchandisation de la planète ; ce qui nous vaut un déploiement considérable de forces de police (12 000 flics en tout genre) et des entraves aux libertés de circulation et de travail des citoyens. Ainsi, pour Deauville, les pêcheurs ont été priés de rester à quai et la ville à été mise en état de siège. Les contestataires ont dû se replier sur Le Havre et Caen… 

Les sujets pour le sommet de Deauville, auquel l’UE est associée, ne manquent pas. La crise qui continue, notamment pas pour la zone euro, l’aide au développement, la situation dans les pays du printemps arabe (La Tunisie et l’Egypte sont invitées), la régulation financière mondiale, la sûreté nucléaire, le changement climatique, la paix et la sécurité en Afrique, l’internet, le terrorisme sont au menu. Semble, notamment, oubliée la renaissance de l’inflation et les manipulations des taux de change des monnaies 

Il ne faut pas s’attendre à autre chose que l’accouchement d’une souris par la montagne ; par exemple en ce qui concerne l’aide au développement (censée être de 0,7 % du PIB), l’UE en est loin. La France plafonne à moins de 0,5 (0,37 sous Jospin le socialiste) et, qui plus est, en truquant les chiffres (par exemple en y mettant les aides en matériel militaire). Le G 8 de 2005 à Gleneagles en Ecosse  avait, sur la base des objectifs du millénaire fixés par l’ONU (réduction de la pauvreté, éducation, santé, etc.), fixé un programme de 50 milliards de dollars d’aide dont 25 pour l’Afrique, programme qui  n’a pas été réalisé, et de loin (11 seulement pour l’Afrique). Cependant, à Deauville, on s’orienterait vers une aide de 25 milliards de dollars sur 5 ans pour l’Egypte (qui a besoin tout de suite de 11) et la Tunisie (qui demande aussitôt 5). Ce serait l’aide au « printemps arabe ». 

Sur le nucléaire après la catastrophe de Fukushima, il n’y aura qu’un accord en trompe-l’œil car les pays ne sont pas d’accord sur la nature des tests de sûreté à imposer aux centrales, notamment pour le degré de résistance aux séismes ; par exemple aussi, la France a fait exclure l’hypothèse d’un crash d’avion sur les centrales françaises ; historiquement, elles ne sont conçues que pour résister à la chute d’un Cesna ! 

Sur la crise, les grands déséquilibres commerciaux, monétaires et financiers entre pays ne sont pas à l’ordre du jour. Pourtant le yuan est sous-évalué malgré les excédents commerciaux et les réserves  de devises de la Chine ; le dollar devrait baisser car les USA font tourner la planche à billets (en achetant des bons du trésor US et des actifs toxiques des banques ; il ne baisse pas car la Chine et autres pays comme le Japon ou les émirats continuent d’acheter des obligations US) et ont une dette équivalente à leur PIB (environ 15 000 milliards de dollars) ; l’Allemagne engrange 153 milliards d’euros d’excédent de la balance commerciale au détriment des autres pays européens qui sont un gros déficit (la France 48 milliards en 2010), ce qui crée en sens inverse des dettes desdits pays, dettes qui font hurler les Tudesques qui ne veulent plus sauver la Grèce une 2ème fois. Le problème de type : les déficits commerciaux entraînent un flux financier de sens contraire sous forme d’endettement, est loin d’être résolu et le G 8 de Deauville ne le fera pas. De même, il ne traitera pas du problème central de la parité des monnaies ; ni des pratiques, notamment teutonnes, de désinflation et de dévaluation compétitive pour voler les parts de marché des autres pays et exporter chez eux. Ni des difficultés de l’euro avec le problème des « PIGS » (Portugal, Irlande, Grèce et Spain). Difficultés qui vont s’aggraver avec la hausse probable des taux d’intérêt par la BCE à cause de la reprise de l’inflation. 

Sur la régulation financière, le G 8 continuera de préconiser une tapette à mouches contre les ptérodactyles de la finance ; on n’a rien vu dans les précédents G 8 ou 20 et on ne verra rien de substantiel aujourd’hui sur les paradis fiscaux, les stock-options, les bonus, les produits dérivés, les opérations boursières à découvert et à crédit, les agences de notation, les achats par LBO, le contrôle de la finance fantôme (hors bilan et hors marchés organisés) et des réserves obligatoires des banques (cependant montées à 7 % des engagements des banques contre 2 auparavant), etc. Pourtant, c’est reparti comme en 40 avec des bénefs retrouvés pour les multinationales et les banques, la distribution de bonus aux traders, la spéculation sur les matières premières et vivrières, etc. Les autres sujets (changement climatique, qui a ses propres instances ayant échoué jusqu’à présent (à Cancun par exemple), la lutte contre le terrorisme, sujet bateau, la sécurité en Afrique (sujet tabou) seront sûrement peu traités car le grand problème est devenu le remplacement au FMI de DSK par Lagarde-Michu. Tsarkozy continuera de faire des moulinets pour se poser en leader mondial et sauveur suprême. 

Grands oubliés : la précarité et la pauvreté, la destruction des ressources naturelles, le chômage, l’immigration, les conséquences sociales des plans d’austérité ; bref tout ce qui est une conséquence négative du libéralo-capitalisme sur les peuples du Tiers Monde et des pays occidentaux ruinés par la crise. C’est que ces choses n’intéressent pas les puissants en tant que fondés de pouvoir des banques, des trusts, des financiers capitalistes. C’est le contre-sommet du Havre (CNT, Attac, altermondialistes, etc.) qui les rappellera…à distance. 

 

DSK et le FMI

Classé dans : politique — 19 mai, 2011 @ 11:23

Les événements amènent à s’interroger sur le rôle de DSK dans le traitement de la crise économique et financière en Europe et ailleurs. Il faut rappeler que la doctrine passée et ancienne du FMI repose sur les « plans d’ajustement structurel » imposés aux pays en difficulté pour obtenir une aide financière, difficultés liées le plus souvent à leur dette. La doctrine est toujours, bien que plus modérée et appliquée avec doigté par DSK, celle du « consensus de Washington » : ouverture des marchés intérieurs au libre-échange (notamment par baisse des droits de douane qui sont une ressource fiscale bien nécessaire), privatisation des services et entreprises publics, suppression des prix réglementés pour le maintien du pouvoir d’achat des classes défavorisées (notamment pour l’eau, l’électricité, les céréales), instauration de la concurrence « libre et non faussée » dans le pays avec disparition des « monopoles », libre circulation des capitaux et ouverture aux banques et investissements extérieurs, etc. Les plans d’ajustement avaient pour objectif caché de permettre aux pays ruinés de rembourser leurs dettes aux banquiers et aux affairistes privés. Le FMI est donc, par politique constante, au service du capitalisme financier privé. Notamment, la privatisation permet de céder les mines (uranium au Niger, par exemple) à des investisseurs étrangers  pour une bouchée de pain et des royalties maigrichonnes souvent versées aux dictateurs qui avaient privatisé sur demande du FMI. la F(our)MI est bien prêteuse… pour ruiner les cigales. 

Et ce qu’il y a d’insupportable dans cette position, c’est que la dette résultait de la stratégie des pays développés vis-à-vis des pays du Sud, souvent anciennes colonies. Celle-ci était la suivante : nous banquiers ou investisseurs (essentiellement privés) nous vous prêtons (en fait à taux variable) des capitaux pour vous développer à condition que vous vous positionnez dans la division internationale du travail avec vos « avantages comparatifs ». C’est pourquoi mettez-vous à produire des denrées ou des matières premières rentables pour vous et désirées par le commerce international : café, cacao, huile de palme, coton, minerais divers, combustibles fossiles, etc., au lieu de cultures vivrières et d’une maîtrise locale des ressources. Pour ce faire, nous vous prêtons afin d’investir (mines, latifundia, infrastructures de transports, barrages électriques, ports, etc.). Las, l’Occident avait oublié de mentionner (pur cynisme) que les pays emprunteurs se mettaient alors en concurrence sur les mêmes produits, ce qui a eu pour effet de faire baisser les prix. Par ailleurs, la non-convertibilité du dollar (décidée en 1971 par Nixon et opérationnelle en 1973) a conduit à une baisse dudit dollar, qui plus est monnaie d’USA très endettés (guerre du Vietnam, guerre des étoiles, choc pétrolier), ce qui a été compensé par une hausse des taux d’intérêts des prêts à taux variable consentis aux pays du SUD. D’où, en réalité, leur incapacité à rembourser et la croissance vertigineuse de la dette du Tiers Monde. D’où l’intervention du FMI assortie de plans d’ajustement qui, en instaurant l’austérité maximale pour les peuples soi-disant aidés, contribuaient à enfoncer les débiteurs dans la crise et l’aggravation de la dette. C’est exactement ce qui se passe  aujourd’hui dans les pays comme la Grèce ou le Portugal aidés par l’UE et le FMI moyennant un plan d’austérité : privatisations, baisse des salaires des fonctionnaires, hausse de l’âge de la retraite, diminution du nombre de fonctionnaires, restrictions du droit du travail, etc. Las, cette thérapeutique a produit l’effet inverse du but recherché : le déficit ne diminua guère car les recettes fiscales s’effondrèrent à cause de la rigueur. Ainsi, la Grèce ne parvient pas à descendre en dessous de 10 % du PIB comme déficit du budget et ne peut honorer son plan économique exigé par les 110 milliards d’euros que l’UE et le FMI lui ont déjà prêtés. D’où une 2ème crise en cours alors que DSQ est enchristé aux USA. Or notre homme, parlant le Germain, avait su convaincre les Teutons  d’accepter que l’UE aide la Grèce (l’Irlande, le Portugal) sans infliger aux Grecs un drastique plan d’ajustement structurel à la mode du FMI vis-à-vis des peuplades exotiques. La pilule était cependant très amère et insuffisante. D’où la rechute contre laquelle on espérait des miracles de DSK. Rechute que DSK proposait de contrer par un plan de privatisations de 50 milliards (sur les 280 d’actifs publics détenus par la Grèce) comme condition d’un nouveau prêt européen. Car DSK ne voulait pas d’une autre solution : la restructuration de la dette grecque (plus d’étalement dans le temps et abandon d’une partie des créances). Cela tombe bien : les banquiers européens, lourdement engagés dans des prêts douteux à la Grèce n’en veulent pas non plus. 

Certains pays se rebiffèrent (Malaisie, Chili) alors que d’autres (l’Argentine) furent ruinés par lesdits plans. Par ailleurs, des pays émergents comme le Brésil commencèrent à se développer suffisamment pour se passer du FMI et s’associèrent pour se financer entre eux. De plus, la Chine s’était mise à investir en Afrique, notamment en lieu et place des Occidentaux. Le FMI mit alors un peu d’eau dans son vin afin de conserver des clients (il émarge sur les emprunts, donc si pas d’emprunts, pas de budget). Il se mit à prendre en considération la situation sociale des emprunteurs, à se concerter bien davantage avec l’OIT, la FAO, l’OMC, l’OMS pour établir des plans moins sauvagement et uniquement économiques et financiers. C’est sur ces entrefaites que DSK arriva à sa tête il y a un peu plus de 4 ans et légèrement avant la crise commencée en 2007 et éclatée en 2008. DSK ne fit que prendre le train en marche, train lancé antérieurement par la montée des pays « émergents » ou BRIC (Brésil, Inde, Chine). 

La crise força les pays développés à ouvrir encore plus le FMI aux pays émergents : davantage de droits de vote au détriment notamment de l’Europe, qui en conserve cependant 30 %, et des USA 17 %. Petite amélioration donc, exécutée par DSK, qui laisse pourtant toujours aux USA un pouvoir de monopole dans les grandes décisions puisque pour celles-ci il faut obtenir 85 % des votes, ce qui est impossible avec les 17 % US. DSK, grand libéral qui a fortement contribué à convertir le socialisme français au libéralisme financier mondialisé, est à l’aise avec ce genre de solution qui sont rouges à l’extérieur et blanches dedans (contre 500 000 radis par an, pardon dollars, comme DG du FMI). Evidemment après la perte « irréparable » de DSK, les européens voudraient conserver pour eux le poste de DG du FMI, les émergents ou autres ne le veulent pas car cet organe, sous DSK, s’est mis plutôt à aider les pays ex-développés en crise post 2008. 

On sait que cette crise a ravagé les pays lourdement endettés à l’étranger comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal ; chose amusante : la dette y est essentiellement privée, notamment et surtout pour les banques. Ces pays avaient construit leur prospérité sur l’emprunt en profitant des faibles taux d’intérêt permis par l’euro ; leur industrie avait été sacrifiée au profit du tourisme, de l’immobilier, des investissements étrangers pour cause de bas salaires et de faible fiscalité ou protection sociale. D’autres pays (l’Espagne, la France, l’Angleterre) serrent les fesses : leur situation est médiocre et leurs banques privées ont beaucoup prêté aux PIGS (Portugal, Ireland, Greece, Spain). C’est ce qui explique que, malgré les grandes réticences germaniques, l’UE, assisté par le FMI pour un tiers, ait fini par prêter (ou garantir des emprunts internationaux) à la Grèce et au Portugal. En effet, sans cela, la faillite de ces pays amènerait des pertes considérables pour les banques privées (françaises, allemandes, espagnoles) très engagées dans ces pays. On attendait de DSK, auréolé de son étiquette de socialiste, les solutions permettant de sauver le système capitaliste européen et mondial tout en apparaissant comme réformatrices et progressistes. C’est manqué. 

On notera que sous DSQ on n’entend plus parler de l’Afrique ou des pays latino-américains. C’est que l’Afrique a trouvé de nouveaux investisseurs moins regardants, notamment sur le degré de démocratie des emprunteurs. La Chine, la Corée du Sud, les monarchies pétrolières y achètent des terres et s’y implantent en construisant des infrastructures contre le droit d’exploiter des ressources avec des contrats moins léonins qu’avec autrefois l’Occident. L’Afrique n’a donc plus besoin du FMI et cela d’autant plus que les prix des matières premières et des denrées agricoles augmentent par suite de la demande des pays émergents. En Amérique latine, ce sont des changements politiques (Venezuela, Bolivie) ou le développement qui amènent les pays à se passer du FMI, d’autant plus qu’ils ont été largement refroidis par les anciens plans d’ajustement structurel (Mexique, Argentine). Ces pays ont tendance à créer leurs propres institutions financières et bancaires en s’associant entre eux pour se passer du FMI. 

Donc, par ironie de l’histoire, alors que le FMI aidait les pays pauvres en difficulté, maintenant DSK assiste surtout les vieux pays européens. Enfin, quand je dis DSK, c’est une facilité de langage car le bonhomme ne décide pas tout seul de tout. C’est surtout un bon négociateur entre parties intéressées et leurs représentants au FMI, un bon coordonnateur des services du FMI, un bon pédagogue et « innovateur »  pour faire accepter la continuation des solutions libérales en tant que vieilles recettes déguisées en idées salvatrices et la primauté des banquiers privés. LE FMI n’a pas un DG tout-puissant à l’instar de la France avec son hyper et omni président, Tsarkozy de Bossa Nova. Lequel, sans vergogne est déjà en train de pousser Lagarde, pourtant dans le viseur de la cour de justice de la république (affaire Tapie), pour remplacer le priapique DSK. 

La bite et le (1er) couteau du PS

Classé dans : politique — 18 mai, 2011 @ 11:13

                                       

Le priapique DSK saute sur tout ce qui bouge et porte un jupon. C’est tristement connu depuis longtemps, notamment au PS qui était sans doute dans l’omerta sur la question. Cela ne l’empêchait pas de se lancer dans la (qué)quête du pouvoir et il commençait de mettre son engin électoral en branle. Las, avec cette affaire, cela va branler dans le manche au point de réinventer le célèbre couteau sans manche et bientôt sans lame. Notons qu’il n’est sans doute pas raciste puisque la femme de ménage agressée est d’origine africaine. A moins que ce double fait (une petite employée noire) ne produise chez l’impétrant des circonstances propisses aux débordements dont la nature serait alors raciste en tablant sur le fait que dans cette situation la victime ne porterait pas plainte. D’où les plaintes des féministes contre un PS qui oublie la victime. 

C’est peut être de la déformation professionnelle car DSK (Dick, Sex, Kapital) au FMI (Fellation, Masturbation, Intromission) a l’habitude de secouer des pays à l’agonie mais qui bougent encore. Comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande, ces PIGS qui lourdement endettés demandent l’assistance de l’UE et du FMI, lesquels les contraignent à des réformes structurelles drastiques qui ne font qu’aggraver leur problèmes d’hypothétique turgescence économique. Ce qu’il y a d’insupportable c’est que ces pays figurent au premier rang des conséquences du libéralisme et de la finance que DSK a fortement contribué à propulser en France, notamment sous Jospin, l’homme dont le programme n’était pas socialiste en 2002. C’était ben vrai comme aurait dit la mère Denis. Et il connait bien la cuisine libérale au point de nous avoir régalé à la téléréalité, en tant que maître-queue, de sa cuisson de tournedos charnus coûtant 10 % d’un RSA de base. Nous ne pleurerons évidemment pas sur la disparition de sa candidature aux primaires socialistes car ce candidat super libéral est heureusement éliminé par cette nouvelle mésaventure. Ne pleurons pas, non plus, sur la « décapitation » du FMI car cet organe de la mondialisation contient beaucoup de clones susceptibles de remplacer le grand homme. Qui en tant que socialiste rose bonbon ressemble de plus en plus à Piggy du Muppet Show. Et le langage nous éclaire car libéralisme et libertinage ont la même racine ; les patrons harcèlent les salariés au nom de la liberté d’entreprendre, souvent les politicards harcèlent leur entourage féminin. 

Sa moralité n’est pas douteuse que dans les affaires de sexe ; après avoir démissionné lors du gouvernement socialo de Jospin, lors de l’affaire de la MNEF (sans suite ultérieure), il faisait marcher son carnet d’adresses d’ex-ministre pour obtenir des « ménages » lucratifs dans les entreprises qu’il avait eu à charge de contrôler, par exemple à EDF où il émargeait comme consultant grassement rétribué. Rappelons-nous qu’il vit sur un grand pied(destal) grâce à la fortune de sa sémillante épouse : 2 appartements à Paris, dont un place des Vosges, un ryad à Marrakech (avec piscine car il lui faut un milieu a-queux), une maison aux USA. Cela nous fait des socialistes en peau de lapin, qui, sur la voie du changement anticapitaliste, vont piano (à queue). La droite déduit de l’affaire que les socialos n’ont plus le monopole de la morale mais depuis quand les affaires d’un bouc galeux peuvent-elles corrompre toute une corporation ? A ce compte là, la droite détient le record malgré les affaires du socialisme mitterrandien. Il n’empêche : un tel socialo jouisseur de fric, de luxe, de sexe donne un bien mauvais exemple, ce qui aurait dû suffire pour ne pas lui donner des rôles de star. 

Sa disparition des écrans, ne va certes pas nous rassurer sur la coloration politique du PS et de ses candidats à la candidature (le chamallow et plat Hollande, Aubry la psychorigide et tous les mitterrandiens ou éléphants roses à l’affût). Pour s’en convaincre, il suffit de lire le programme socialiste (3 euros, c’est déjà cher pour ce que c’est) trempé dans l’eau de rose et très en dessous des exigences de la post-crise libérale et financière du capitalisme triomphant et redoré maintenant alors que ses conséquences perdurent. Et on sait aussi que le PS connaissait sans doute les turpitudes de l’impliqué dont le comportement montre que Satan l’habite. L’intérêt électoral de DSK pour le PS était qu’il pouvait attirer des voix centristes, lesquelles vont fuir vers Bayrou ou Borloo à leur grande joie. Son aura au FMI en faisait un excellent trompe l’œil dans la résolution de la crise actuelle, notamment pour sauver les banques européennes des conséquences d’une faillite de la dette grecque, irlandaise ou portugaise. Mais ces peuples ingrats se réjouissent de la chute de DSK. 

Bien sûr, il y a la présomption d’innocence et il faut tabler sur la procédure accusatoire américaine (le proc. instruit uniquement à charge et les avocats à décharge [la bien nommée] ; ces derniers peuvent enquêter de leur côté, ce qui leur est interdit en France) où de bons avocats très bien payés peuvent vous tirer d’affaire comme O.J. Simpson ou Mickael Jackson. Nonobstant, il ne faut pas négliger que les procureurs US sont élus et qu’ils peuvent chercher à se faire de la pub avec un grosse affaire. Et le procureur, démocrate, va bientôt entrer en campagne pour sa réélection. Cela semble déjà en route : DSK a déjà passé 2 jours en garde à vue et a été conduit menotté et humilié à l’institut médico-légal pour des prélèvements corporels et autres. Sa remise en liberté sous caution a été refusée sous les sunlights par une juge féminine. N’oublions pas le plaisir des braves gens US  de voir un Français, un socialiste, un DG du FMI honni, traité comme un vulgaire criminel de bas étage. Sachons que la justice américaine trouve là une bonne occasion de montrer qu’elle traite les justiciables de façon égalitaire alors qu’il s’agit d’une justice de classe, notamment parce que les pauvres n’ont droit qu’à des avocats commis d’office et peu compétents ou impliqués. Il n’empêche ; le sieur DSK est grillé au grand plaisir de Tsarko et de ses concurrents socialos. 

Et vive sœur Sourire qui chantait ; Dominique, nique nique, ohé ohé. La droite dit que c’est surtout l’image de la France qui est niquée, mais qui a proposé DSK pour le Fmi si ce n’est le brillant Tsarko croyant se débarrasser d’un futur concurrent ? On s’en fout car comme le disait Proudhon : « là où est la justice, là est ma patrie ». Est-ce la France qui illustre la justice ? 

La démocratie

Classé dans : politique — 19 avril, 2011 @ 8:28

 

Je vais ici me contenter de montrer en quoi la démocratie libérale, dite représentative, est un mensonge théorique et une manipulation pratique. Quant à proposer une vraie démocratie, on se reportera aux articles déjà parus dans le Monde Libertaire et à mes livres (Agir ave Proudhon, Agir ensemble dans un monde partagé). Ici il faut expliquer pourquoi il importe de mettre en place une démocratie réelle assise sur la liberté des personnes et des groupes. 

Quand on parle de démocratie libérale représentative, il faut souligner que son vice premier est de faire du politique une instance extérieure et supérieure à la société, qui plus est (donc) séparée de l’économique et du social. C’est notamment parce que le pouvoir, quel qu’il soit, y est pensé comme domination et non comme relation équilibrée et partagée. Or la domination suppose que les protagonistes sont séparés et que l’un est au-dessus de l’autre. Il faut alors que le politique soit l’apanage d’acteurs dominants, à savoir les politicards qui planent sur la société au lieu d’être dedans avec les autres. Cette démocratie (que j’appellerais désormais « démocrassie » pour la différencier de la vraie) débouche sur l’Etat tout-puissant quelle que soit sa forme, centralisée ou fédérale. 

En effet le fédéralisme des libéraux demeure purement politique et, in fine, l’Etat central y est supérieur aux Etats fédérés, ce qui conserve l’unitarisme, vertical, absolu de l’Etat libéral. Car la démocratie y est fondée sur la conception d’un pouvoir politique indivisible, absolu (un peu moins dans un système fédéral type USA), assumé de haut en bas sur les éléments de la société et visant à assurer l’unité et l’uniformité du pays par un ordre imposé. Cette conception est naturellement « totalitaire » au sens où elle embrasse toutes les composantes sociales dans un modèle unique de prise en charge du politique. Cet Etat est légitimé par les élections, ce qui conduit les libéraux à assimiler la légitimité à la seule légalité des procédures électorales. Le vice de la démocrassie est donc d’abord au niveau des principes sociologiques qui fondent les relations entre le politique et la sociétal. A quoi s’ajoutent d’autres perversions libérales : la société n’existe pas et n’est qu’un ramassis d’atomes individuels en interaction aléatoire. Cet atomisme individualiste se traduit dans la nature même du suffrage en démocrassie puisqu’il y est individuel et néglige totalement tous les groupements qui forment, orientent et enracinent les personnes. Par exemple, si un syndicat, pourtant groupement collectif légitime, se mettait à présenter ces propres candidats aux élections cela serait interdit, de même que les cathos ou autres ne pourraient courir sous leurs propres couleurs. Le résultat du vote n’est donc jamais qu’une sommation de positions individuelles dans lesquelles chacun est censé se faire Hara Kiri dans ses intérêts propres pour voter vers l’intérêt général. Cette hypothèse fondatrice de la démocrassie est évidemment ridicule et fausse. 

La démocrassouille se targue de la séparation des pouvoirs entre exécutif, législatif et judiciaire. Il ne s’agit que d’une division formelle, juridique et postérieure aux vrais problèmes sociaux. Ce qui est vraiment séparé, ce sont les classes sociales, les fonctions (production, répartition, direction, gestion, etc.), les territoires (horizontalement et verticalement). Les « forces collectives » et les acteurs qui les constituent sont dans des  rapports conflictuels.  C’est un fait sociologique et non juridique. C’est pourquoi les divisions sociales doivent configurer l’organisation sociopolitique de façon que tous les acteurs et tous les conflits puissent s’exprimer et être débattus, chaque acteur gardant son identité et son autonomie. En cela, l’organisation démocratique d’un pays doit être structurée comme la sauvegarde des acteurs sociétaux, leur mise en relation, leur mise en débat et en expression, leur organisation de négociation et de prise de décision. La structuration de la démocratie réside dans la configuration réelle des forces sociales et des rapports de force entre elles, dans la division observable sociologiquement des pouvoirs et des niveaux de pouvoir des acteurs sociaux. 

La démocraCIA manipule la notion de souveraineté, c’est-à-dire de pouvoir de la société sur elle-même. Elle reconnait, certes, que la souveraineté est la propriété du peuple tout entier. Mais cette propriété n’est que potentielle. Pour passer à la puissance, dans la pensée libérale des premiers et grands auteurs de philosophie politique, il lui faut une structure institutionnelle qui confère transforme ladite puissance en lieu et instance de pouvoir. C’est pourquoi l’Etat, figure juridique fictive, symbolique à l’origine, a été imaginé : il ne s’agissait que d’enlever l’incarnation du pouvoir social au monarque pour la donner à une instance juridique impersonnelle (l’Etat). En effet, chaque individu pouvant dire, après l’élimination du roi de droit divin, c’est moi le souverain et tous pouvant dire la même chose, il fallait que la possession de la souveraineté fût l’apanage à la fois de tous et de personne. Ce que réalise l’Etat comme symbole. Or, les libéraux pratiques et politicards oublient toujours que l’Etat n’existe pas réellement mais comme idéalisation juridique. D’où le tsarkozysme qui revient à dire, comme Louis XIV, l’Etat, c’est moi et les citoyens sont des zéros différents de moi qui suis l’infini (l’Hun fini ; hélas pas encore). L’Etat est une fiction mais il y a bel et bien des structures et des hommes réels (ce qu’Althusser appelait les appareils d’Etat et non l’Etat) qui assurent la mise en œuvre du pouvoir politique : représentants, gouvernants, administrations. Il ne s’agit là que de l’exercice du pouvoir d’Etat et ce qu’oublient les politicards, c’est qu’ils ne sont que les dépositaires momentanés et provisoires de l’exercice dudit pouvoir pour le faire passer de la puissance à l’acte. Cette manipulation se produit parce que la construction théorique de l’ex-démocratie libérale est très fragile (très abstraite et juridique au lieu d’être fondée sociologiquement dans les réalités sociales) et que les politicards, intéressés aux abus de pouvoir et soucieux de le monopoliser et de le conserver ad vitam aeternam, transforment vite les contradictions et les impensés de la théorie (qu’ils ignorent souvent ; par exemple Tarko ne sait pas qu’une monarchie peut être élective) en avantages compétitifs et en justifications foireuses. 

La démocrassie cache un enjeu énorme : la détention soi-disant légitime du pouvoir politique donne aussi la puissance de faire les lois et de construire le droit. C’est déjà négliger qu’il ya d’autres formes de droit comme le contrat et la convention ; que le droit ne peut pas être sans référence aux normes sociales, aux us, coutumes, traditions, à la morale commune, bref à la culture. Réclamer le primat de la loi comme mode d’émission des normes juridiques confie aux politicards un pouvoir énorme dont ils vont se servir pour favoriser les capitalistes et les puissants et réprimer les autres classes sociales. La chose a même été théorisée par les Teutons sous forme « d’ordo-libéralisme » : il s’agit d’assurer l’ordre via la loi monopolisée par le pouvoir politique. C’est pourquoi Proudhon avait refusé la séparation entre le politique et le socio-économique car les deux sont liés : qui détient le pouvoir politique a les moyens d’assurer un ordre économique et social conforme aux intérêts de ses mandants, les politicards n’étant que les « fondés de pouvoir » du capital (Marx). On le voit bien avec la présidence de l’omni-président Tsarkowitch qui dès que le peuple proteste affirme que le pouvoir légitime (au lieu de légal) appartient aux élus de la démocrassie. La légitimité du pouvoir en tant que devant émaner du peuple et de la société est donc un problème fondamental puisque seule une vraie démocratie permet que la loi ne viole pas les intérêts de la population et du pays tout entier. Car c’est au peuple, dans ses différentes composantes, de mettre en débat les questions d’intérêt général et de décider des orientations et des solutions communes. Or dans la démocrassie, ce sont les législateurs élus qui décident seuls du bien commun. 

La démocra-CIE n’entend l’organisation des pouvoirs que comme hiérarchie verticale  et commandement de haut en bas au lieu d’une structuration horizontale des relations et de la coopération des groupes sociaux. Elle n’envisage que l’uniformité, notamment par l’émission de la loi. La démocrassie libérale centralise le pouvoir politique et soumet la périphérie et les acteurs collectifs ou individuels à ses volontés unitaires. Elle ne songe qu’à une seule forme de prise en charge du pouvoir politique, la modalité étatique comme pouvoir central plus ou moins absolu. L’unité y est pensée comme modèle unique que tous doivent respecter ; l’unité n’y est pas coordination et union dans la multiplicité mais imposition de la loi par le centre politique. La démocrassie ne respecte pas le pluralisme social et la liberté des constituants de la société. Les groupes naturels ou culturels (familles, communautés, territoires, cités) comptent pour du beurre dans la direction politique du pays. Leur autonomie, qui est pourtant le ressort de leur capacité à « persévérer dans leur être » et à conduire des actions conformes à leurs valeurs et à leurs intérêts, y est laminée, formatée, disciplinée, réprimée, bref gouvernée. Il en est de même pour les groupements professionnels (syndicats, entreprises, coopératives et mutuelles) et pour les associations. C’est une mise en résidence surveillée par la police d’Etat et une réglementation a priori par la législation ; par exemple, en appliquant les directives de Bruxelles, la France est en train de liquider la spécificité des mutuelles, à savoir couvrir les frais de la solidarité par les bénéfices tirés de leurs activités plus commerciales. Le but est d’aligner les mutuelles sur le secteur des services, tous pliés à la concurrence « libre et non faussée ». 

La démocrassouille repose sur une conception simpliste du politique : l’Etat est une forteresse (aisément visible et attaquable, ce qui a fait le jeu de révolutionnaires qui ont pensé qu’il suffisait de s’emparer de la forteresse pour ensuite retourner ses canons contre les anciens occupants) détenue par les représentants élus qui « ordonnent » (dans les deux sens du terme) la société en proie aux conflits. Or, la réalité à gérer par la démocratie relève de la complexité et de l’interdépendance des existences et des pouvoirs de tous les acteurs. Il ne s’agit pas d’imposer l’ordre mais d’instaurer une structure et un processus permanents d’équilibration des forces en respectant l’autonomie des acteurs et en répartissant les instances de pouvoir conformément aux forces sociales réelles. Dans l’équilibration des pouvoirs, « le centre est partout, la circonférence nulle part ». Le libéralisme en réalité n’a qu’une conception négative de la liberté : est permis ce qui n’est pas interdit et cela pour tous uniformément. Or, la liberté est un pouvoir, une force, une capacité d’agir en  direction  de ses buts propres d’existence en tant qu’être individuel ou collectif. 

Malgré ses dires, la démocrassie ne respecte pas le principe de subsidiarité, à savoir que les collectivités se gèrent elles-mêmes à la base et que ne sont centralisés que les problèmes que les niveaux intermédiaires (commune, département, région, etc.) ne peuvent pas régler. De façon générale, les organismes collectifs ne sont pas représentés en tant que tels puisque la démocrassie repose sur le prétendu contrat social entre chaque individu et la société et que, alors, il ne saurait exister d’intermédiaires entre la volonté individuelle et la volonté générale (doctrine française quelque peu atténuée dans les autres démocrassies). Il ne reste plus alors que l’opinion que l’on dégagera à partir de sondages et de votes atomistiques comme si le collectif pouvait émerger de ce qui le nie, à savoir sa réduction à des atomes indépendants et isolés les uns des autres sans prise en charge des espaces de socialisation et d’action qui englobent et orientent les actes et idées individuelles. Condorcet avait montré l’impossibilité de le faire. Vous objecterez qu’il y a des associations et des syndicats ; mais ils ne peuvent discuter et négocier qu’avec les représentants élus qui, en dernier lieu, gardent le monopole de ce qui est soumis au débat, du calendrier et de la décision on l’a bien vu avec les fausses concertations menées lors de la réforme des retraites. 

La démocrassie repose théoriquement sur l’information et le débat, sur la participation des gens à la chose politique. C’est bien trop hasardeux ; c’est pourquoi les « démocrates » ont inventé toute une batterie de mesures pour l’empêcher ou le fausser. Il a fallu batailler pour le suffrage universel, pour la liberté de la presse et d’expression, pour le droit de réunion et d’association, pour avoir des syndicats, etc. Et on peut observer que, aujourd’hui, ces droits libéraux régressent beaucoup, notamment en France. Notamment, l’argent est désormais, plus que jamais par exemple aux USA, est capable d’acheter les politicards, la presse et les journaleux, les médias. Comme les politicards ont le pouvoir législatif et constitutionnel, ils peuvent manipuler les règles et les procédures du scrutin pour se perpétuer comme caste de pouvoir. 

Le fédéralisme mutuelliste est sans doute la meilleure façon d’en finir avec ces entourloupes de la démocrassie. C’est une structure d’équilibre des forces autonomes qui, dans le contrat fédératif, s’engagent mutuellement pour respecter et garantir leur dignité et leur liberté (réciprocité de considération et de pouvoir) et pour développer des échanges « équivalent contre équivalent » (commutativité). Chacun gère ses propres affaires de façon directe, à la base, de façon participative et élit des délégués pour être représenté à l’échelon supérieur de la fédération. La multiplicité plurielle des groupements fédérés fait qu’aucun des membres de la fédération ne peut instaurer un pouvoir central limitant la liberté des autres. Le contrat fédératif « synallagmatique et commutatif » met tout le monde en relation sur la base de la démocratie à la fois locale ou sectorielle et généralisée de bas en haut. Ce contrat est tout à la fois social (dignité de tous), économique (égalisation des activités économiques et des échanges), et politique (liberté de chacun dans le pluralisme et union dans la multiplicité). Pour ce faire, le fédéralisme repose sur une structuration démocratique de l’expression, de la participation et de la mise en débat et de négociation à armes égales pour tous. 

Le socialisme

Classé dans : politique — 14 avril, 2011 @ 11:01

Depuis la chute de l’empire soviétique et du mur de Berlin en 1989, les analystes ont pronostiqué la victoire définitive du libéralisme et la « fin de l’histoire » et même du politique au profit, si j’ose dire, de la seule dimension économique des choses sociétales. Par ailleurs, les socialos de tout poil se sont convertis au libéralisme, parfois sans le dire comme l’on fait les Français ès 1983 sous Tonton. C’est ce qui explique que la construction européenne ait versé dans le tout-marché mondialisé et concurrentiel, la chose ayant été officialisée dans le fameux traité constitutionnel européen (TCE) rejeté par les Français en 2005 et remis en place sous Tsarkocescu.  Les socialos ont même facilité le mouvement de globalisation financière (DSK en tête en 98/99) et sont allés jusqu’à dire que leur programme n’était pas socialiste (Jospin en 2002). En avril 2011, le PS sort un programme de contre-réforme mais sans aller jusqu’à nous dire de quel projet idéologique et philosophique du socialisme ils se réclament. 

Les vaincus par le libéralisme débridé (même en Chine, eh eh) ne trouvent plus de système de valeurs socialistes susceptibles de les motiver au-delà de l’abstention, du vote nul ou blanc et du petit jeu de l’alternance pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui siègent autour de l’assiette au beurre. Pourtant, il faut bien souligner que l’idée socialiste n’est pas morte. Elle revit en permanence parce que le libéralisme n’est qu’un rapport de forces qui recrée en permanence ses opposants et ses exclus. 

Evidemment, il ne peut pas s’agir de n’importe quel type de socialisme. Le modèle communiste et soviétisant est mort officiellement en 1989 même s’il reste des pays communistes qui ne le savent pas encore (Cuba, Vietnam,  Corée du Nord). Ou plutôt, il y a encore des pays où des dictatures communistes s’accrochent à leur pouvoir et à leurs privilèges contre la grosse majorité de leur peuple. La Chine est un cas particulier : le pouvoir y est typiquement communiste en tant que tyrannie mais il a compris que son peuple se révolterait s’il ne bénéficiait pas d’une amélioration de son sort (ce qui se passe dans les pays arabes en ce moment). Alors le pouvoir a mis en place un régime interventionniste et à direction étatiste (par le parti communiste et ses millions de redevables et d’affidés) pour se lancer dans la concurrence mondiale, sans, d’ailleurs, en respecter les règles du jeu. 

Ici, nous allons donc définir quel mode de socialisme est désiré et attendu par tous les peuples pratiquement depuis toujours. 

  • Le socialisme a pour but de promouvoir les droits individuels : respect des personnes, de leur intégrité physique et morale, de leurs possessions personnelles à usage privé, protection de leur liberté contre l’Etat, l’administration et les puissances privées. Pour ce faire, il part de l’intérêt général (recherché à partir de mises en débat participatives et décentralisées et non déterminé par des experts et des politicards) alors que le libéralisme postule que celui-ci n’est qu’une résultante des interactions et des intérêts privés et individuels. Partir de l’intérêt général signifie que le projet socialiste se donne pour mission de créer les conditions législatives et structurelles auxquelles les personnes, les familles et les groupes seront respectés et pourront développer leur potentiel d’action au maximum de leurs capacités libres d’action (« capabilités » de Sen qui lie les capacités et les structures ou moyens grâce auxquels elles peuvent s’actualiser réellement). Ces conditions ne sont légitimes que si personne n’est exclu, marginalisé ou lésé. C’est pourquoi le socialisme promeut des droits réels (droits à) alors que le libéralisme ne propose que des droits formels ou abstraits ou théoriques (droits de). Par exemple, le droit au travail ou au logement ou à l’éducation ; de façon générale tous les droits qui permettent à tous de mener une vie digne en ayant accès aux biens fondamentaux de l’existence (par exemple, aujourd’hui car les choses varient en fonction du degré de développement des « forces productives », le droit à l’électricité, au chauffage, à l’eau, au téléphone, aux moyens de communication, etc.). Contrairement donc à la novlangue libérale, le socialisme ne nie pas les droits des personnes mais au lieu de laisser faire les interactions privées il les organise de façon  qu’ils soient effectifs. Oui, le socialisme est interventionniste ; sinon son projet ne serait pas possible. 

  • Le socialisme est républicain et démocratique. Il ne s’agit pas de la démocratie représentative dont les défauts sont visibles notamment aux USA, en France et en Grande-Bretagne. Il est question d’une démocratie ouverte et responsable (mandat impératif mais pas plus de 2 mandats tant dans l’espace que dans le temps) participative, décentralisée associant le fédéralisme tout à la fois politique, social et économique et le mutuellisme coopératif, c’est-à-dire sans Etat central. La démocratie ne saurait se réduire à un suffrage ponctuel et atomistique ou à des règles ; c’est un ensemble d’institutions, de valeurs, de structures de mise en débat et de décision et c’est un processus interactif d’expression, de mise en débat et de participation aux décisions à partir de la base et des collectifs sociaux décentralisés et reconnus. La démocratie ne se suffit pas ; il faut aussi un projet et des réalisations décrits dans le paragraphe précédent et symbolisés par la justice. Ce socialisme ne sépare pas la politique de l’économique et du social ; le politique est une instance de coordination, de relation et de régulation qui se situe dans la société et non au-dessus (cas de la démocratie représentative libérale où le politique est supérieur et extérieur à la société). C’est pourquoi la démocratie doit exister dans tous les domaines, à commencer par celui de l’entreprise et celui des collectivités de base ou locales. 

  • Le socialisme, c’est la liberté ; il est totalement libertaire dans une conception où le droit (Etat de droit) joue un rôle majeur. La liberté des personnes et des groupements est sa valeur principale avec la recherche de l’égalisation. Liberté et égalité n’y sont pas contradictoires comme dans le libéralisme mais combinées, « composées » entre elles. Du reste, sans la recherche de l’égalité, il n’y aurait pas de coopération sociale possible car chacun ou chaque groupe aspire à être reconnu et respecté, ce qui suppose que sa place dans la société est suffisamment égale avec celle des autres. Il n’y a de socialisme que libertaire comme anarchisme sociétaire. 

  • La recherche de la justice est la préoccupation permanente du socialisme. Il poursuit inlassablement l’égalisation des conditions, des situations et réclame l’égalité des chances, c’est-à-dire la mise en place de moyens, de dispositifs, de règles, de structures qui permettent vraiment à chacun d’aller jusqu’au maximum de ses capacités, notamment grâce aux structures éducatives et de formation professionnelle continue. C’est un effort incessant de poursuite de l’égalité tout en préservant la liberté. Egalité n’y signifie pas égalitarisme mais juste récompense des efforts et des mérites. Et en tout état de cause, chacun, de par son existence même, a droit à un sort et à une vie dignes. Pour la recherche de l’asymptote de l’égalisation, le socialisme est une « démopédie » en ce sens que ses structures et processus sont auto-apprenants, que son système éducatif ou formateur amène chacun à pouvoir aller au plus haut de ses talents, à avoir une profession lui permettant de bien vivre et aussi à participer pleinement à la vie de la cité comme citoyen lucide et raisonnable. C’est pourquoi la formation n’y est pas qu’utilitaire (employabilité, professionnalisation) ; elle dispense aussi les moyens d’être un esprit libre et bien armé par les disciplines critiques (histoire, philo, économie, en bref « les humanités »). 

  • Le socialisme rend la propriété des moyens de production chose commune ; ils sont socialisés : propriété en mains communes par les différents niveaux de la fédération, possession et gestion par les travailleurs, orientation et contrôle par un conseil d’administration multipartite (usagers, associations, syndicats, mandatés politiques). Il privilégie la forme sociale des petites entreprises (coopératives, mutuelles). Il socialise notamment la monnaie, la banque, le crédit et l’assurance. Il sait que la vie socio-économique ne va pas sans conflits. Le conflit est reconnu comme positif et réglé de façon pacifique. Au lieu de le comprimer dans la centralisation et la technocratie unitaires et imposées, il crée les structures permettant d’exprimer les conflits, d’en débattre et de négocier de façon pluraliste et démocratique (la fédération, comme prise en charge des problèmes sociétaux est faite pour). Ainsi, l’économique est-il remis à une place subordonnée dans la société. L’économie socialiste part des besoins individuels et sociaux puis se contente de les satisfaire au mieux sans rechercher l’extension à l’infini et la rentabilité financière (pas d’internationalisation de la production sans de bonnes raisons  sociales; pas d’importation si l’on peut produire nous-mêmes) ; elle est donc frugale et respectueuse des ressources. 

  • Diversité, pluralisme, internationalisme structurent le vrai socialisme qui, cependant, requiert la laïcité comme valeur transcendant les différences idéologiques, religieuses, « ethniques ». il vise une unité de composition dans la pluralité des acteurs sociaux et la diversité des cultures. Il cherche à unir  (union volontaire par adhésion et non unité imposée) en respectant les libertés et les différences dont, du reste, il se nourrit, loin des politiques d’exclusion et de fermeture montrées par la droite y compris soi-disant libérale. Les valeurs sociopolitiques qu’il promeut associent les acteurs dans la recherche de la cohésion sociale et la motivation pour l’action de tous dans le concert sociétal. Ces valeurs ne réclament pas une assimilation-disparition de celles des groupements mais simplement posent une sorte de transcendance supérieure aux parties en interaction, valeurs purement sociopolitiques : respect de l’autre et de ses opinions, valeurs et traditions, primat de la discussion, respect des minorités (et de la minorité politique), écoute des autres, recherche du consensus par le débat, laïcité (neutralité politique et juridique vis-à-vis des croyances), solidarité. Car sinon la paix ne peut pas régner alors que la sécurité et la paix pour tous et chacun sont une de ses finalités majeures. 

  • Le socialisme répudie l’individualisme libéral qui repose sur de pures monades individuelles toutes construites sur le même modèle biopsychologique de passions innées (égoïsme, utilitarisme, hédonisme, etc.). Mais cela n’implique pas la négation de l’individuation de chaque personne, la non-existence des individualités. Cela signifie que toute identité personnelle est une composition plurielle d’identités, d’appartenances, de références. Je suis moi-même, ma famille, mon collectif de travail, mon voisinage d’habitation, ma communauté de croyance ou d’idéologie, mon pays, mon appartenance à l’Europe et à la commune humanité des habitants du globe. De ce fait, l’identité unique à la sauce Tsarkozy est récusée parce qu’elle exclut ceux qui n’appartiennent pas au même et parce qu’elle implique la guerre des différents contre les autres. C’est pourquoi le socialisme est aussi pluriculturel et demeure internationaliste ; il vise ce qui rapproche et proscrit ce qui divise. D’ailleurs, le fédéralisme repose sur la combinaison des libres diversités et non sur la normalisation de tout le monde dans l’unicité. 

  • Le socialisme se soucie de la qualité de vie, de la nature, de l’environnement et ne peut donc être qu’écologiste et animé par le principe de précaution. C’est pourquoi la science ne saurait décider toute seule sans participation et implication de tous les acteurs sociaux. Il utilise l’expertise mais ne décide pas en fonction des positions des seuls experts, notamment dans le domaine de la santé et des médicaments ou de l’énergie. La technologie est remise sous la coupe d’une analyse multifactorielle de ses dimensions sociales, psychologiques, humaines, écologiques. L’approche socialiste des problèmes est multidimensionnelle et transdisciplinaire ; elle est associative et participative pour les acteurs ; elle n’est pas ponctuelle ou momentanée car elle vise à envisager les conséquences futures des décisions sur la terre tout entière (et non pas sur les nuisances locales) et pour les générations futures. On est loin des analyses court-termistes et financières chères au libéralisme. 

Telles sont les lignes directrices d’un socialisme libertaire ni communiste-étatique ni libéral-commercial. Qui en veut ? 

Va donc, eh, charnière (petit gond) !

Classé dans : politique — 9 avril, 2011 @ 10:56

Le président Tsarkozy vient d’impliquer notre pays dans des conflits extérieurs, sans consulter le parlement et même, dans le cas de la Libye, alors que le ministre des affaires étrangères n’était pas au parfum. C’est comme pour notre retour dans l’Otan et notre implication accrue en Afghanistan ou notre rôle de gardien des mers contre les pirates somaliens. Comme dab, il a décidé tout seul dans la précipitation et l’improvisation pour faire un coup médiatique et pour compenser ses déboires intérieurs. C’est la tactique de tout pouvoir controversé que de se lancer dans une diversion guerrière pour faire oublier ses manques intérieurs et racoler tous les patriotards au nom de « l’union sacrée ». Rappelons- nous Bush II en tenue d’aviateur après les attentats du 11 septembre ; cela lui a valu un 2ème mandat présidentiel. 

En Libye, notre conducator suprême a avalisé la représentativité d’une sorte de « coordination » d’opposants à Kadhafi, dont personne ne sait la vraie nature, les objectifs ou les accointances. Il s’est lancé dans des opérations aériennes de destruction des armes et des avions dudit Kadhafi sans savoir quoique ce soit des autres moyens terrestres du tyran libyen et de ses soutiens. Du coup, passées les victoires du début, ça patine sec sur le terrain et nous voilà mis dans une situation de guerre civile de longue durée. Gnafron 1er ne sait rien de l’attitude profonde des régimes arabes, largement marqués par le nationalisme, l’anticolonialisme et le despotisme et craignant sans doute d’être débarqués par leur peuple avec l’appui occidental. L’offensive occidentale peut fort bien donner des idées aux pays encore calmes ; elle peut aussi contribuer à détériorer l’image des Occidentaux qui, apparemment, interviennent surtout quand ça sent le pétrole et quand l’ennemi potentiel n’est pas trop puissant. C’est pourquoi les autres pays ont laissé le va-t-en-guerre français prendre la tête de l’offensive et commencent à renâcler devant l’enlisement actuel des opérations sur le terrain. Itou en Côte d’Ivoire où l’opération licorne finit par déboucher sur une intervention anti Gagbo au nom de la neutralité de la France dans le conflit de légitimité ivoirien. 

Notre nouveau cow-boy et maréchal Malborough s’en va t’en guerre tout le temps. Il ne peut pas exister sans ennemi ; il vit de susciter des conflits et des divisions. Il ne cesse d’opposer les différentes parties de la population les unes aux autres. Les vieux contre les jeunes, les riches contre tous les autres, les classes moyennes contre les exclus et autres « assistés », les Français de souche contre les immigrés de 2ème génération ; ces derniers contre les clandestins et nouvellement arrivés, les laïcards contre les Musulmans, les fonctionnaires contre les employés du privé, etc. il a besoin d’ennemis et ne conçoit les relations à l’autre que comme distinction entre l’ami et l’ennemi ; qui n’est pas avec lui est contre lui ; l’étranger, le musulman est pour lui un ennemi potentiel venant sans doute lui rappeler qu’il n’est qu’un Français de 2ème génération, qui plus est pouvant descendre des Huns (d’où son amitié pour Attali, anagramme d’Attila). Raskoltignac en est resté à la figure du même, comme lui et alors ami, du Un, de l’identité contre la diversité, la pluralité, le différent (pas le différend qu’il adore) qu’il ressent comme porteurs d’incertitude, de complexité et d’opposition à ses volitions de grandeur. Il ranime la politique de Metternich, celle de l’équilibre des grandes puissances contre le reste du monde pas encore assez entré dans l’histoire. Il est pour un multilatéralisme limité aux amis de la même prétendue civilisation ; il ne veut pas d’un internationalisme plurilatéral qui lui enlèverait le beau rôle de figure de proue de l’Occident. D’où les palinodies de sa politique étrangère qui mélange l’oxydant et la mêmeté identitaire. 

C’est une ruse archaïque de la politique : créer un objet de discorde qui permet de faire autre chose ni vu ni connu pendant que les autres se battent dans la cour de récréation ce qui permet aussi d’arriver ensuite en sauveur et conciliateur au-dessus de la mêlée. Mais c’est aussi une constante de la personnalité de notre ubuesque président : narcissisme et mégalomanie sont les deux mamelles de son ego et les deux poutres de son Lego de gestion des affaires du monde. 

C’est pourquoi la crise survenue en septembre 2008 (quoique décelable dès fin 2006) lui a procuré de nouveaux chevaux de bataille, de nouveaux moulins à vent qu’il va attaquer tel Don de Chiotte. Mais le dur ciné de la politique politicarde du toboggan a remplacé Dulcinée du Toboso. Voilà Zébulon 1er investi d’une nouvelle mission de chevalier lave plus blanc. Muni d’une rapière trop grande pour lui et d’un vieux tromblon à tirer dans les coins, il va terrasser le dragon de la finance et l’hydre du libéralisme qu’il avait auparavant goulument tétée. Il va plier l’UE à sa volonté réformatrice ; il va mener le bal au G 20 pour mettre de l’ordre dans la dérégulation mondiale. Du moins, c’est ce qu’il affiche même s’il ne le pense pas forcément. Car il sait très bien que son pouvoir est très minime dans le concert international ; il sait qu’il n’obtiendra rien de sérieux tant les intérêts des puissances sont antinomiques. Le but réel de la manœuvre est de montrer à l’électorat français qu’il prend à cœur ses craintes vis-à-vis de la mondialisation et de la finance. Et, avec machiavélisme, il pourra alors reporter la responsabilité de l’échec sur ses petits copains du G 20, Obama en tête. Rien de bien nouveau comme tactique politicarde : cela fait 30 ans que les différents gouvernements français prennent l’Europe ou le monde comme les instruments responsables de leur inefficacité et surtout de leurs abandons de souveraineté et du modèle social mis en place en 1945. 

Il y a cependant des guerres que Naboléon IV ne sait pas ou ne veut pas mener. Celles contre la pauvreté, l’exclusion, le chômage, la stagnation du pouvoir d’achat pour tous ‘en moyenne) et sa baisse pour beaucoup. C’est du reste ce qui explique avant tout la montée de la Marine car les laissés pour compte se rebiffent puisqu’ils ont observé qu’avec les socialos et les libéraux, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. C’est pourquoi notre nouveau la Palisse, qui un quart d’heure avant sa mort était encore en vie, fait comme le coyote de tex Avery : il ne se rend compte qu’il tombe de la falaise qu’après être au-dessus du vide  et il répète à chaque moment de sa descente : jusqu’ici tout va bien. 

 

Que faire quand le G 20 amuse la galerie ?

Classé dans : politique — 25 mars, 2011 @ 10:32

Bien des choses, et je ne donnerai que quelques idées car la matière pour réparer les dégâts du libéralisme capitaliste est immense, sont possibles.  On les examinera comme si l’on était un réformiste ne voulant introduire qu’un peu plus de régulation dans le concert international financier et économique. Il faut corriger en premier lieu les grands déséquilibres mondiaux. 

     Remédier aux désordres économiques internationaux 

§ Déjà, on crée une monnaie (comme le banco de Keynes) internationale, indépendante de tel ou tel pays et cogérée à égalité par tous ; cette monnaie est composée d’un panier de devises (dollar, euro, yen, yuan, etc.) et de la contrevaleur des stocks de matières premières et de produits agricoles. Cela aura l’avantage de contribuer à stabiliser les cours et de donner à leurs producteurs une réserve de capital ou une garantie pour leurs emprunts. Cette monnaie est gérée par un FMI rénové où chaque pays a une voix égale à celle des autres (aujourd’hui les droits de vote sont inégalitaires et donnent aux USA un quasi droit de veto). Ce FMI continue d’attribuer des prêts aux pays en difficulté mais sur la base d’indicateurs de développement humain et social. Par ailleurs, les monnaies ont une valeur exprimée en bancos à l’intérieur d’une fourchette étroite de fluctuation (à l’instar de feu le SME en Europe). Le but de la fourchette est d’empêcher les pays de jouer à la dévaluation compétitive ou à la sous-évaluation du taux de change (exemple du yuan ou de la livre des Gibbies). En outre, le FMI se dote d’une agence publique et internationale de notation afin de ne pas laisser le champ libre à des notateurs privés des finances des Etats ou des valeurs boursières. 

§ Actuellement certains pays (la Chine, l’Allemagne, etc.) ont d’énormes excédents commerciaux alors que d’autres montrent des déficits astronomiques (Espagne, France, USA, etc.) qui sont compensés en sens inverse par des emprunts à l’étranger ou des apports de capitaux privés. Ces déséquilibres sont largement fondés sur des pratiques protectionnistes mais surtout de dumping en toute matière : fiscale, environnementale, salariale, sociale, monétaire. Il est urgent que chaque pays ou chaque zone internationale (par exemple l’UE) puisse instaurer des droits compensatoires des différents dumpings ou avantages comparatifs indus ou provenant de la situation propre (par exemple, des niveaux de vie et de salaires très faibles ou des subventions à l’exportation comme celles des USA et de l’UE pour les produits agricoles) des exportateurs pour les importations. Ce sont des sortes de droits de douane mais calculés au cas par cas. Par exemple, pour compenser la TVA sociale des Teutons (3) points), qui n’est qu’une dévaluation déguisée, la France met 3 % de droit compensatoire sur les produits allemands. Dans le calcul de ces droits on impliquera le fait que bien des pays exportent avec leur label national des produits composés d’intrants fabriqués ailleurs (délocalisations, externalisations et sous-traitances) dans des pays à bas coûts ou à faible législation en matière environnementale ou sociale ; le droit s’appliquera donc intrant par intrant et sur la valeur ajoutée en propre par le pays exportateur. Ainsi, la Germanie verra sa stratégie d’hinterland-lebensraum dans les ex-pays de l’Est sévèrement contrecarrée. C’est analogue à la taxe carbone (qui patine) mais en l’étendant à tous les avantages compétitifs non justifiés et déséquilibrant le commerce mondial. C’est évidemment une mesure de protection, notamment pour les industries naissantes ou les petits pays ne pouvant amortir leur production sur des volumes considérables procurant des économies d’échelle. 

§ Les déséquilibres commerciaux proviennent aussi de la désindustrialisation des pays développés par suite de la libre circulation des marchandises et des capitaux dans un contexte de pays très hétérogènes. Pour se réindustrialiser l’UE (et la France chez elle) doit créer une banque d’investissement public pour le financement de la recherche, de l’innovation et la création d’entreprises. Les délocalisations à l’étranger (ou les prises de participation étrangères dans l’UE doivent être interdites quand elles s’accompagnent d’un transfert de technologie ou de brevet. Cela éviterait que la Chine dispose d’un TGV copié sur les brevets de Siemens (ou du Japon) ou d’un nucléaire à copier sur ceux de la France ou qu’une entreprise achète une PME française pour la fermer en lui piquant ses machines et ses brevets (cas de l’usine de Villemur-sur-Tarn avec un groupe US). 

            Empêcher la spéculation financière et réguler les flux de capitaux 

§ On interdit les hedge funds ou fonds spéculatifs ou d’arbitrage dont l’activité consiste à profiter des différences en tout genre : sur les taux de change, les taux d’intérêt, les prix des titres ou des matières 1ères ; les LBO sont aussi supprimés. Sont aussi interdites les opérations d’achat par une entreprise de ses propres titres et les absorptions (OPA, OPE) par échange de titres. On revient à une comptabilité aux coûts de revient et aux prix historiques avec amortissements à la place de celle dite de fair value (au prix du marché). Pour ne pas pousser à la cupidité, les rémunérations au bonus, en stock-options et en intéressement variable sont super taxées.   

§ Les produits dérivés (dont les CDS, credit default swap) sont limités à une seule opération sur la valeur de base assurée (le sous-jacent ; donc pas de dérivés de dérivés) ; la titrisation est interdite comme les produits structurés au carré (ABS d’ABS ou CDO de CDO, etc.). Les marchés de gré à gré (dits aussi over the counter) sont interdits comme les dérivés sur les monnaies et les emprunts d’Etat. Une chambre de compensation est créée pour enregistrer les opérations financières bilatérales. Les ventes à découvert sont aussi proscrites et celles à terme rigoureusement réglementées. 

§ Les capitaux investis dans un pays (par exemple sous forme d’IDE, investissement direct à l’étranger) sont tenus d’y rester au moins dix ans sauf à acquitter une pénalité de départ anticipé proportionnelle à la durée manquante et progressive en fonction de l’ampleur de cette durée. Une taxe est installée sur les transactions financières et sur les flux circulants de capitaux flottants et cela dans les deux sens (import et export). 

§ Les paradis fiscaux sont mis effectivement au ban des opérations financières (pas comme les listes bidons actuelles) ; les capitaux illégalement placés chez eux sont confisqués, les contrevenants encourent les tribunaux pénaux et la confiscation de leurs biens dans leur pays d’origine. Les « artistes » expatriés fiscaux voient leurs œuvres taxées dans leur pays. L’UE harmonise le taux de l’impôt sur les sociétés et ceux de TVA. Les revenus dans leur pays d’origine des expatriés sont déclarés dans le pays de résidence et taxés à l‘impôt normal dudit pays d’origine. Les grosses sorties de capitaux sont soumises à autorisation. 

§ Banques d’investissement ou affaires et banques de dépôt ou commerciales sont rigoureusement séparées (interdiction notamment de la banque universelle à la française). Les banques de dépôt sont tenues de disposer de fonds propres à hauteur de 20 % de leurs engagements de crédit ou d’opérations afin de limiter les risques et restreindre les effets multiplicateur  et de levier du crédit. 

§ Les banques centrales des pays sont à nouveau autorisées à consentir des avances à taux limité au taux d’inflation à leur Etat ou aux Etats (cas de la BCE). La banque nationale et publique d’investissement (en France, la caisse des dépôts et consignations avec un rôle ainsi étendu) a le droit de prêter à taux bonifiés au tiers secteur solidaire et social (coopératives, mutuelles, associations d’insertion, etc.). Elle détient le monopole du financement de l’immobilier social. Il est interdit à un Etat d’emprunter en dehors de ses nationaux ou citoyens (cas de l’UE). 

            Revenir à un partage équitable des progrès de productivité et de la croissance 

§ L’UE et la France adoptent une règle des 3 tiers pour la répartition des progrès de productivité : un tiers à l’investissement ou à la recherche, un tiers pour les salaires, un tiers pour les actionnaires (parole en l’air de Tsarko). L’indexation des salaires sur l’inflation est réintroduite. Les revenus financiers ou immobiliers-fonciers sont taxés au même niveau que les salaires. Les écarts de salaire sont limités dans la proportion de pas plus de 1 à 10 fois le salaire de base. 

§ Le barème de l’IRPP est agrémenté de bien plus de tranches de progressivité jusqu’à 70 %. Les niches fiscales sont supprimées (il y en a 486 coûtant 73 milliards par an). Les exonérations et niches sociales ou fiscales des entreprises (dont 23 milliards de cotisations sociales en-dessous du smic ; en tout dans les 170 milliards) sont aussi supprimées. Les multinationales sont imposées en France sur la base des bénéfices consolidés de toutes leurs filiales y compris celles sises à l’étranger. Cela évitera que Total malgré 10 milliards de bénéfices en 2010 ne paye rien du tout en impôt sur les sociétés (IS) en France et que lesdites multinationales ne payent que 8 % d’IS alors que les PME en acquittent 23 % sur la base d’un taux théorique de 33 %. Les licenciements  « boursiers » sont interdits de même que les « ruptures à l’amiable » de contrat de travail. 

§ Les loyers sont plafonnés et sont taxés au 1ereuro. Les logements vacants sont réquisitionnés de même que les immeubles de bureau vides. Des logements sociaux sont massivement construits de même que des cités étudiantes et de travailleurs. Les tranches sociales à bas coût sur l’eau, l’électricité, le gaz, le fuel, les transports sont élargies et étendues. La TVA est bien plus modulée en fonction du degré de nécessité du besoin et du degré de pollution entraîné par la consommation excessive. De façon générale, on met en place des structures, dispositifs, aides qui redonnent du pouvoir d’achat indirectement ou non aux moins aisés. 

§ Les services publics, là encore, (santé, transports en commun publics, éducation, culture et information, énergie, eau, banque publique, etc.) sont remis à leur place de mise à disposition égale de biens communs pour toute la population. Un service public décentralisé est créé, commune par commune ou communauté d’agglomération, pour l’achat et la vente de logements (faire concurrence aux parasitaires agences trop grassement rétribuées). Les monopoles sont laminés (taxis, notaires, pharmacies) ou mis en concurrence. Les droits de mutation, qui exagèrent les frais de déplacement des salariés sont supprimés et les hypothèques (sinécures incroyables des « conservateurs des hypothèques ») sont facturées à un tarif forfaitaire de 50 euros. 

Evidemment, ce qui vient d’être dit ne montre que quelques exemples de ce qu’il faudrait faire. Au niveau européen, il suffit pour la France qu’elle exige « l’opt-out » (sortie de la règle commune) accordée aux britanniques en matière de législation sociale ! 

                   Protéger l’environnement et la diversité des plantes et des animaux 

§ Les transports routiers supérieurs à 200 km sont lourdement taxés au niveau du carburant. Itou pour le transport aérien ou maritime de fret ou de passagers. Les produits importés (fruits, légumes, etc.) hors saison et faisant des milliers de km sont eux aussi lourdement taxés. Pour ne pas continuer dans la concurrence sauvage, qui conduit aux bateaux poubelles et aux chauffeurs routiers low cost, on imposera le respect de la législation nationale sur notre territoire (sécurité, environnement, clauses sociales) 

§ Les services publics (transports, électricité, poste, etc.) sont restaurés (par « opt-out ») en France et mis sous la supervision d’un conseil d’administration multipartite et fédéré (usagers, associations, collectivités locales, représentants des salariés : but les socialiser en évitant l’étatisation et la privatisation). 

§ Les combustibles et carburants fossiles sont fortement taxés mais des bons à tarif réduit sont procurés aux ménages isolés (ayant besoin d’un véhicule) ou munis de chaudières anciennes qu’ils ne peuvent pas remplacer (en dépit d’une aide possible). 

§ L’usage des pesticides, fongicides, engrais chimiques notamment phosphatés, semences OGM, produits phytosanitaires en tout genre sera très réglementé et contrôlé. Les semences qui ne se reproduisent pas pour une récolte ultérieure (genre Monsanto) sont interdites. La vente de semences conditionnée à des contrats léonins ou à des achats de produits phytosanitaires (toujours Monsanto et autres) est interdite : pratique de monopole et de dépendance des agriculteurs. 

§ Les responsables de nuisances et de pollutions (notamment dans les friches industrielles telles Metaleurop) sont poursuivis et obligés de payer les dégâts et les remises en état : notamment, faire payer les groupes y compris étrangers ayant abandonné une filiale dévastatrice (exemple, la mine d’or de Salsigne). L’agriculture paye l’eau à son prix ; les éleveurs de porcs  bretons payent l’enlèvement des algues vertes et les installations d’épuration. 

§ Les élevages industriels hors sol et avec animaux comprimés comme des sardines sont interdits. Les brevets sur les plantes  (ou les matières issues de bêtes) et la pharmacopée ancestrales sont interdits. La marine nationale tire à vue sur les baleiniers ou les chasseurs de phoques ou de requins aventurés dans nos eaux territoriales. Il n’y a plus besoin d’autorisation de mise sur le marché pour les produits naturels tels que le purin d’ortie, antiparasitaire bio. Le pays se passe des bois exotiques et sanctionne les importateurs de bois de forêts non régulées. Idem pour les peaux d’animaux sauvages, les défenses d’éléphant, les cornes de rhinocéros, etc. 

Devant de telles mesures, les libéraux et politicards se récrieront ; ils hurleront à la violation des règles de l’UE et au protectionnisme. Laissons les dire car la France a les moyens d’une autre politique centrée sur elle en dehors de l’Europe. Déjà, elle a largement de quoi manger et boire (fromages, vins, alcools, bières, eaux minérales, blé, légumes, fruits, etc.). Dans ses territoires tropicaux elle développe des cultures telles que le café, le cacao, les fruits exotiques, etc. Pour l’instant, on a de l’électricité bien que l’on importe l’uranium ; il faudra se mettre aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables (dont la biomasse avec nos grandes forêts ou la géothermie ou les usines marée-motrices, etc.) sans acheter du photovoltaïque à la Chine. Il faudra aussi sauvegarder la terre au lieu de favoriser les extensions rurbaines et péri urbaines et la bagnole. Une partie de la terre sera consacrée aux biocarburants et aux productions chimiques car nous n’avons pas de pétrole ni de gaz. Le nucléaire existant pourra être partiellement reconverti dans le cracking de la molécule d’eau pour obtenir de l’hydrogène remplaçant le gaz naturel et les carburants fossiles. 

L’armée (et ses arsenaux) est supprimée et reconvertie dans la production industrielle et dans l’aide aux PVD (pays en voie de développement) et PMA (pays les moins avancés) : formation, construction d’infrastructures, construction d’usines locales (avec prêts bonifiés), aide à l’administration et à la création de services publics, mise en place de structures financières coopératives, assistance à l’agriculture et à la pêche vivrières, remise de la dette. La France prend l’initiative d’un mouvement international, neutraliste et coopératif, d’aide à l’indépendance et au développement (devenant aussi écologique). Dans ce cadre, elle n’admet que le commerce équitable et respectueux de l’environnement, de la santé et de la protection sociale. 

Le pays investit à fond dans le développement écologique et dans la reconstruction de son industrie notamment dans les secteurs d’importation : textile, mécanique, électronique, informatique, etc. Naturellement, il protège la naissance et la vie de ses nouvelles industries. Il favorise absolument le tiers secteur social, notamment les coopératives, les associations et les mutuelles. Il consacre une part très importante de sa richesse à la recherche-développement et cela dans la réorganisation des rapports entre instituts de recherche et universités. 

La France met sa voix au conseil de sécurité de l’ONU à disposition du collège de pays qui s’allieront à elles dans un partenariat égalitaire entre Etats démocratiques. Elle conduit une politique multilatérale pacifique et humanitaire ; elle se place sous la protection de l’ONU. 

Ce ne sont que quelques idées ; évidemment elles ne feront pas l’affaire des politicards, des journaleux stipendiés, des publicitaires, des financiers, des actionnaires, des supermarchés, des multinationales, des banques et des assureurs, des dirigeants de tout poil, etc. Ces gens sont bien les seuls à profiter du système actuel et ne représentent qu’une infime partie de la population. Songez que pour spéculer et augmenter le rendement de leurs avoirs, ils investissent surtout à l’étranger où ils placent la moitié de l’épargne du pays. Ils alimentent la spéculation et contribuent à voler de plus en plus de part de PIB au détriment du salariat, des services publics et de la protection sociale. Ils forcent le pays à s’aligner sans cesse sur le moins-disant en toute matière. 

Pour les contrer, le pays devra redevenir démocratique ; cela passe par la mise en place d’un fédéralisme mutualiste et associatif remontant de la base au sommet et de la « circonférence au centre » et, mieux, en faisant en sorte que le centre soit partout et la circonférence nulle part. Les anarchistes proudhoniens savent comment faire… 

 

 

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