les armes de la critique

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Maqueron et les « rentiers » de la société francouie

Classé dans : politique — 14 mars, 2018 @ 11:45

Maqueron avait déjà sévi sous le quinquennat de Zizi Rider en faisant la chasse aux rentes des notaires et des pharmaciens ; il continue avec celles des retraités et des agents de la SNCF ou des fonctionnaires ; c’est habile car cela va dans la direction du « sens commun » qui flatte les beaufs de toute obédience. Au passage, on oublie naturellement les vrais rentiers de l’économie française. La méthode employée pour cacher la merde au chat est celle du bombardement à jet continu et massif de réformes, des bouts de tunnel surajoutés en permanence à une cadence infernale (d’habitude, les politicrads laissent souffler le populo entre 2 réformes) telle que les assujettis ne savent plus où ils en sont ; on a ainsi un halo de réformes qui forment un brouillard impénétrable cachant l’essentiel, à savoir le but final qui est le triomphe du SLC en France. Voyons donc quelques rentiers que Maqueron camoufle derrière son rideau de fumée et qui, comme par hasard, sont des firmes capitalistes privées.
Les sociétés concessionnaires des eaux (Suez, Veolia, Saur) sont aux premières loges, dont la SEDIF (société de distribution d’eau d’Ile de France) présidée par le politicard Santini ; c’est un racket des consommateurs et une source de revenus pour les communes via la corruption de leur édile. Les concessions, qui durent des décennies entières sont un vieux truc de privatisation des biens communs.
Les groupements d’hypermarchés qui peuvent pressurer (et non pressuriser comme l’écrivent certains journaleux) légalement leurs fournisseurs et les producteurs et racketter les consommateurs avec la complicité des pouvoirs publics et des édiles locaux qui autorisent leurs implantations. De même pour l’agro-business autorisé en plus à farcir ses produits de sucre, d’huile de palme, d’adjuvants, de colorants…
Les pubards et autres communicants dont les services sont payés par les consommateurs et les contribuables (les frais de pub font partie des charges déductibles du résultat des entreprises)
Les sociétés d’autoroute qui rançonnent les automobilistes depuis qu’elles ont été privatisées par le trotskard Jospin puis par Fripouillon; de façon générale, tous les concessionnaires de service public, régime pervers inventé au 19ème siècle. Ce système repose sur l’attribution d’un droit d’exploitation d’un réseau même quand il n’existe pas encore ; le concédant réclame une « redevance de concession » (impôt déguisé, voire corruption ; exemple le réseau électrique basse tension à Paris donne 60 millions d’euros à la ville), et à la fin de la concession le concédant récupère le réseau qu’il n’a pas construit. Exemple, les barrages hydrauliques (construits par EDF et payés par les usagers) sont une concession d’Etat (les grands barrages) ; eh bien, sur pression de Bruxelles, le gouvernement va en attribuer déjà une centaine sur plus de 400 à la concurrence privée (au passage il pourra faire grimper la redevance de concession, ce qui est le but caché de cette privatisation de l’exploitation du barrage) ! Autre exemple les attributions de fréquence (télé, portables) aux opérateurs par le pouvoir sont un autre impôt déguisé et, in fine, payé par le consommateur.
Les boîtes de BTP qui construisent les infrastructures collectives sur appel d’offre public, souvent manipulé, et qui bénéficient des partenariats privé-public, ce qui leur procure des loyers exorbitants pendant des décennies .
Les semenciers qui ont obtenu le monopole du dressement de la liste des semences autorisées pour les agriculteurs grâce à la complicité des pouvoirs publics, de l’INRA et de la FNSEA (dont feu Belin était dirigeant de Sofiprotéol, semencier et huilier et producteur d’agrocarburant, devenu Avril, tout en dirigeant la FNSEA).
Les chimistes producteurs de fongicides, insecticides, pesticides inscrits par les pouvoirs publics sur une liste autorisée dressée avec les aimables conseils desdits chimistes, fussent-ils très nocifs comme le glyphosate ou le Régent ou consorts. D’où l’interdiction du purin d’ortie, produit bio.
Les laboratoires pharmaceutiques qui dictent pratiquement eux-mêmes leur taux de remboursement Sécu aux pouvoirs publics et dont les études avant mis e sur le marché ne sont jamais vérifiées sérieusement puisqu’on a tué les laboratoires publics.
Les édiles locaux qui ont la main sur les DUP, les appels d’offre, les autorisations de supermarchés, les concessions de service public, les plans d’occupation des sols, etc. y compris en zones inondables ou d’avalanche et qui en profitent pour se faire des bourses en or avec des expropriations en dessous de la valeur de marché.
Les journaux lourdement subventionnés s’ils sont dans la ligne « mainstream » ou:et propriété d’émirs de l’industrie et de la finance ;
Les banques, assurances, fonds et autres organes de crédit qui voient le taux d’usure fixé par le gouvernement à un niveau exorbitant, lequel gouvernement les laisse gonfler les différents frais facturables aux clients, surtout pour les plus vulnérables qui paient des agios et des pénalités à n’en plus finir. La phynance (dividendes, intérêts, agios, etc.) coûte bien plus cher au pays et aux consommateurs que les « privilèges » des petits… on peut y rajouter les rentes à vie des dirigeants de multinationales qui ont revenus et sécurité assurés : golden hello, stock-options, parachutes dorés…
Les constructeurs automobiles qui peuvent truquer sans problème les émissions malpropres de leurs véhicules sous l’œil bienveillant des pouvoirs publics et cela pendant des décennies.
Les industriels produisant des déchets et des produits nuisibles ad vitam æternam comme les boues rouges en Méditerranée ou les lisiers de porc (ou les nitrates) en Bretagne ou dont les accidents industriels ne sont jamais condamnés pénalement et très faiblement au civil (AZF, amiante, médiator…).
Toutes les petites activités que le législateur crée : par exemple, diagnostics avant vente d’un logement, contrôle de sécurité des véhicules (que le gouvernement vient d’alourdir sur le nombre de points de vérification et sur la périodicité des contrôles après 6 ans), amendes de stationnement confiées au privé… Les mutuelles d’entreprises créées par Zizi Rider ont donné une foultitude de mutuelles bidons en concurrence avec les assurances privées (une directive de Bruxelles a years ago aligné les mutuelles sur les assurances privées…). La FPC a permis une floraison de plus de 70 000 boîtes de formation drolatiques. En revanche, quand on veut tuer une fonction (chercheur, inspecteur du travail…) il suffit au gouvernement d’assécher son financement.
On notera que souvent le gouvernement, et encore plus le maqueronien, procède en douce via trois méthodes perverses : les décrets d’application (par exemple celui qui autorise dans les petites boîtes le patron à faire voter son projet à main levée par les salariés) qui vont au-delà de la loi, les amendements impromptus qui modifient le texte adopté en commission (refus de l’extension du périmètre des licenciements hors la France pour les multinationales) et le vote bloqué en faveur du texte du gouvernement (exemple, le refus d’augmenter la retraite minimale des salariés agricoles ou des agriculteurs)… Et Maqueron voudrait proportionner le nombre d’amendements proposables à celui des députés ! Le lecteur aura compris que si tous ces prébendes existent c’est parce que le pouvoir politique « démocratiquement élu » lrs a accordés au kapital avec en prime une dérégulation générale et un abaissement drastique des contrôles.

Comment le SLC a réussi à anesthésier les peuples ?

Classé dans : politique — 8 mars, 2018 @ 10:01

Si les dirigeants européens du SLC ayant construit l’Europe, comme je l’ai montré dans mon texticule précédent ont pu le faire, c’est qu’ils n’ont pas rencontré de résistance farouche des peuples, sauf chez les Francouis. C’est qu’ils ont été puissamment intégrés au système en même temps que leurs moyens de résistance on été peu à peu laminés. Voyons en gros comment.
* Le SLC a propulsé une culture qui atomise les gens, les groupements et les peuples, les met en compétition, suscite l’envie et la jalousie par comparaison et narcissisme, pousse au bien-être matériel par la consommation, encourage à compter sans cesse au lieu de vivre, remplace les relations humaines par le rapport aux choses… Le SLC a développé l’individualisme comme jamais auparavant et supprimé la solidarité. Il a porté l’inégalité au pinacle et en a même fait un signe distinctif positif et ostentatoire.Il a fait disparaître le sentiment de honte car il a hautement affirmé que l’économie n’avait rien à voir avec la morale; donc tout y est permis si c’est légal. C’est pourquoi il ne cesse de combattre les règles et les lois qui limiteraient sa totale liberté de faire ce qui maximise le profit. C’est ainsi que le SLC a trouvé les moyens de doper sans cesse la consommation qui fait seule les bénéfices de la production.
* le SLC a fait des promesses qui ont fait prendre patience à ses assujettis. La croissance devait améliorer le sort de chacun sans changer les parts de répartition du gâteau car sa taille grandirait sans cesse. L’ascenseur social ferait que le sort des enfants serait meilleur que celui de leurs parents. la méritocratie ferait que les fonctions seraient allouées en fonction des talents de chacun. C’est tout cela que le SLC a fichu en l’air depuis 30 ans, ce qui, naturellement,a entraîné une perte de confiance, un repli, du ressentiment. Le politique a été abandonné au profit du sociétal et des moeurs, comme droits-liberté nouveaux permettant de vivre sa vie; cela a accentué l’individualisme et promu le communautarisme des petits groupes. Il avait aussi promis la sécurité, dont sociale; cela n’a duré que pendant les 30 glorieuses avant la révolution conservatrice et néolibérale.
* Le SLC avait promis la démocratie, c’est-à-dire la participation du peuple à la préparation des décisions d’intérêt général. Cela a marché pendant un certain temps avant que les experts ne prennent le pouvoir, que les politicards ne se fassent les valets du kapital et ne noient le pays dans des sphères internationales et des automatismes économiques ou réglementaires (par exemple pour l’euro et la BCE teutonnisés), que le politique soit éliminé par le libre-échange, que, in fine, le peuple ne soit privé de la maîtrise de son destin et de sa souveraineté.
* Les acteurs de la propagation du SLC (politicards libéraux et milieux d’affaires et de la phynance) ont peu à peu pris les commandes des médias essentiels pour développer leur propagande en faveur du fameux TINA de Thatcher: there is no alternative; la chose a été encore plus facile après la disparition de l’URSS et du bloc communiste. Ils se sont emparés des grandes institutions de formation comme sciences-po, HEC, l’ENA, les écoles de gestion, de commerce et de management où on n’entend plus depuis longtemps que la théorie économique dominante. Ils ont poussé les pions de celle-ci avec les fondations, les « réservoirs de pensée », l’emprise sur les universités et la recherche; ils ont obtenu que leurs actes « charitables »ou bénévoles soient détaxés, ce qui fait qu’en réalité c’est le budget public qui les paye. le SLC a donc obtenu un quasi monopole de l’information; mais il redoute internet et les nouveaux médias de communication directe entre les gens.
* Le SLC a apparemment et théoriquement séparé le politique de l’économique et a obtenu que les politiques se rallient à cette position spécieuse. Ce n’est qu’apparent parce que, en fait, ses acteurs ont phagocyté les politiciens afin qu’ils votent les règles de dérégulation favorables aux affaires: directives européennes, traités internationaux, limitation du droit du travail, abaissement institutionnel des forces syndicales, remplacement des organisations de sécurité sociale et d’assurance mutuelle par des firmes privées en concurrence. Mais ils ont gardé la démocratie comme voile afin de faire croire aux électeurs que c’étaient toujours eux qui décidaient du bien public, ainsi on ne peut voir qui tire les ficelles des marionnettes politiques qui se sont mises globalement à leur service en tant que « fondés de pouvoir » du Kapital.
* Le SLC a subverti toutes les organisations internationales, notamment pour imposer des « ajustements structurels » à tous les pays en difficulté par suite de l’extension d’un libre-échange sans limites ruinant les nations les moins bien dotées pour supporter la concurrence et la concentration et la spécialisation qu’elle amène mécaniquement. Ces pays ont été tenus en laisse par leur dette publique, plus ou moins indue. C’est ce que perpétue die grosse Angela avec sa promotion de l’austérité en Europe. La misère de beaucoup a amené bien de leurs citoyens à se réfugier dans une religion fantasmée et dans l’abstention politique car les alternances ne changent rien à la ligne politique suivie par les dirigeants politiques élus.*
* le SLC a imposé ses propres normes partout, notamment dans les objectifs de gestion et de management et dans les statistiques; par exemple on a des normes comptables qui favorisent outrancièrement la gestion à court terme, les cours boursiers, la valeur des actions, la « valeur pour l’actionnaire », le retour sur investissement (en rentabilité financière, ROI en langue anglaise). ou le fait que dans les stats du chômage un demi emploi comme pour un entier ou le truquage du calcul de l’inflation et du pouvoir d’achat. Ces normes font les choux gras des cabinets de consultance en gestion (dont les « big fours US comme KPMG, Deloitte…) et des agences de notation (comme Standard and Poors) qui ont coté AAA les produits financiers toxiques des banques. Ces normes, qui ne représentent qu’un aspect financier, quantitatif, monétaire (comme le PIB) et tronqué de la réalité, permettent des comparaisons internationales normées (utilisées par des machins comme l’OCDE) qui donnent les moyens de stigmatiser les pays qui dévient de moyenne purement formelles (dont le fameux taux de prélèvements obligatoires qui fait condamner les pays qui assurent la protection sociale par des moyens publics).
* Par les délocalisations, les externalisations, les achats dans les pays low cost, le SLC a réussi à faire diminuer les salaires et la part du salariat dans le revenu national et à généraliser précarité et temps partiel, mini-jobs à la teutonne, extension des inégalités et réduction de la classe moyenne. Merdre, comme dit UBU avec sa grande gidouille et sa pompe à phynance, qui va acheter mes produits si les consommateurs deviennnt ainsi peu solvables? Fastoche: vive le crédit qui permet d’acheter mais qui surtout empêche de faire grève car il faut payer les traites. Et vive les magasins low cost, les soldes revolving et la boustifaille industrielle à la LIDL ou Wal Mart. Vive aussi le remplacement des assurances et allocations sociales par la charité opérée par les assoces, les ONG et les entrepreneurs de religion de tout poil. Comme cela le populo, qui pourra à continuer à vivre bien qu’ayant le nez au ras de la fosse à purin capitaliste, ne se révoltera pas.
* le SLC a un autre atout pour calmer le peuple et l’enfermer chez lui. C’est une télévision et des médias privés (de tout scrupule) fondée sur la pub., la télé réalité, les séries débiles, les « blockbusters », le sport commercial à la mode PSG, le barnum des élections, etc. C’est du « titaynment » (divertissement émoustillant, théorisé par l’ordure Brezynski aux USA du temps de Kissinger) qui nous fait revivre le beau temps des « jeux du cirque » chez les Romains et des romans-photos. Devant sa télé, avec une pizza décongelée et des barres chocolatées, des packs de bière ou de coca cola, etc., le prolo obèse oublie sa misérable existence et vit par procuration en admirant les stars et les « people ». Ne le critiquons pas car il n’a pas le choix bien que le néolibéralisme postule que tout est permis en fonction du mérite et de la prise de risque. Chose démentie par la disparition de « l’ascenseur social ».
* le SLC a associé les salariés à sa victoire en lui piquant leur pognon et en diminuant les salaires au profit, c’est le cas de le dire, de « l’épargne salariale », de la participation et de l’intéressement; choses que veut accentuer notre Maqueron national. mais le plus grand hold up, c’est la retraite par capitalisation au sein de « fonds de pension ». Ceal veut dire que la retraite dépend des bons résultats de l’économie en général et, souvent, de la boîte où on travaille car les fonds recueillis sont investis dans le capital de l’entreprise où on est! Le salarié est donc assujetti à l’entreprise ou au kapital comme membre de la boîte et travailleur et consommateur. Et on a vu le résultats avec le krach de 2008…
* le SlC a réussi à s’associer les syndicats avec maints privilèges (par exemple, en France, le droit de se sucrer sur les fonds de la FPC ou de la médecine du travail ou la cogestion de la sécu ou les oeuvres sociales du CE…); c’est le sens profond de la « co-détermination » tudesque qui nous a fait voir les syndicats de VW couvrir les tricheries de la boîte sur les moteurs diesel! Les syndicats institutionnalisés, subventionnés, munis de positions dans les faux organes paritaires, consultés pour la forme, on été intégrés au SLC et défendent leur place en son intérieur plutôt que leurs mandants.
Vu le nombre de gens qui ont intérêt à la perpétuation du SLC et des moyens de répression dont il dispose, l’attaquer de front est voué à l’échec. il faut construire dans l’action directe interne et expérimentale au SLC mais à logique contraire des blocs de résistance se fédérant peu à peu pour finir par l’invalider.

Les libéraux du système libéralo-capitaliste (SLC) ont tué l’Europe

Classé dans : politique — 6 mars, 2018 @ 11:54

L’UE fondée en 1957 sur ce qui est devenu un mensonge, à savoir y installer la paix, est devenue un mort-vivant. Il est vrai que la voie choisie pour la construire était d’emblée vicieuse : à partir de l’unification et du progrès économique et sur une base libérale de ce dernier.
Les récents événements le montrent à l’envi : Brexit, nationalisme-populisme en Hongrie, en Pologne, En Autriche, en Slovaquie, montée de la droite extrême en Hollande et en Italie ou en France, etc. La bonne question est pourquoi cette déréliction accélérée ?
La raison essentielle réside dans l’idéologie libéralo-économique et dans les décisions et les pratiques des dirigeants européens qui ont passé à l’as la construction d’une Europe sociale et vraiment fédérale. La chose a démarré sous auspices hautement intéressés des Américains qui ont façonné une Allemagne à leur image et poussé à l’unification européenne, notamment via leurs exigences pour disposer des fonds du plan Marshall. Les USA avaient aussi de très bons amis dans la place comme le sieur Monnet accusé par certains d’avoir été un honorable correspondant de la CIA. Il fallait aux USA une Europe libérale et dans leur giron. Or les Doryphores ne pouvaient accepter le libéralisme pur et dur des USA (ce fut fait quand la Gibbye intégra l’UE en 1973). Pourquoi ? Parce que la mentalité luthérienne est très individualiste chacun pouvant se faire sa lecture perso de la bible. On aurait donc eu trop de divergences pour ce qui est du contenu du libéralisme à mettre en place. Solution, puisque les luthériens doivent obéir au pouvoir comme l’a si bien dit Luther, imposer des normes communes ; ça tombait bien un courant socio-économique teuton de l’entre-deux guerres préconisait l’ordo-libéralisme ou libéralisme imposé par des règles décidées démocratiquement par le parlement et inscrites dans la Constitution. Banco : l’UE serait ordo-libérale, ce qui fut accepté par les autres pays largement assez dirigistes mais aussi libéraux devant se reconstruire.
Alors commença la 3ème destruction de l’Europe par la Teutonnie (14/18, 39/45 puis UE). On y installa la concurrence sans bornes tant en Europe qu’avec le monde entier avec l’acte unique de 1986. On eut une floraison de directives bruxelloises (ou bruxellose) imposant la disparition des grands services publics et la mise en concurrence des modèles économiques des différents pays ; on finit par rendre impossibles les coopérations inter-pays et les fusions d’entreprises pouvant créer de grands champions européens ; on installa la libre circulation de tout (marchandises et capitaux et hommes comme les travailleurs détachés), on abaissa les droits de douane, disparus au sein de l’UE, vis-à-vis de l’étranger ; on ouvrit l’UE sans limites aux ex-pays de l’Est (Europe centrale et orientale : les PECOs), pays très hétérogènes et aux coûts de production très inférieurs à ceux des pays occidentaux, ce qui aggrava drastiquement la concurrence (externalisations, délocalisations, importations low cost) ; on installa (via la CJCE puis la CJUE) la supériorité des directives sur les droits nationaux ; on n’harmonisa pas les droits fiscaux (paradis installés au cœur même de l’UE : Irlande, Gibbye [ses îles anglo-normandes, ses Bahamas, Iles Verges, etc.], Pays-bas, Luxembourg, Belgique, Malte, Chypre, Monaco…), sociaux, environnementaux afin de bâtir la croissance sur les différences de modèles sociaux, ce qui développa le moins-disant fiscal, social, écologique au profit du Kapital. On mit donc les peuples européens dans une concurrence échevelée de plus en plus sévère. Et tout cela a été ratifié par les traité de Maastricht et le traité de Lisbonne de 2008 reprenant le TCE avorté de 2005. Il faut souligner qu’à la suite de l’entrée des pays de l’Est dans l’UE à partir de 2004, les règles de décision ont été modifiées de façon à rendre l’UE ingouvernable et à mettre les pays en opposition ou en union tactique afin défendre leurs seuls intérêts. L’UE est devenue une cohue de pays défendant chacun leur bout de gras ; ce qui a donné à la Doryphorie une prééminence de fait qui se voit déjà au fait que les principaux dirigeants européens sont ses nationaux ou ses amis et sont à sa botte.
L’Allemagne finit par mener le bal avec une double idée : atomiser l’Europe et la diviser mais en pensant que le plus puissant des pays, elle, régulerait tout cela à son profit ; réduire la puissance économique des autres grands pays (surtout la France) afin d’imposer son imperium économique à toute l’UE. C’est pourquoi la Chleuie s’est appuyée sur les libéraux britanniques hostiles à toute planification et réglementation, sur les copains luthériens d’Europe du Nord et en même temps trop petits pour lui résister et ayant un grand intérêt à exporter parce que leur marché intérieur ne pouvait pas absorber leur production de plus en plus massive (par suite de la productivité des moyens modernes de production) et sur les PECOs qui lui devaient tout (entrée dans l’UE et emplois procurés comme hinterland teuton). La Tudesquie est allée jusqu’à favoriser l’éclatement de la Yougoslavie en reconnaissant toute seule la Croatie.
Le pire a été atteint avec la création de la zone euro et de la BCE suivant le modèle fridolin du Deutschmark et de la Bundesbank. Ce qui fit perdre aux autres pays la liberté de leur taux de change, de leur politique monétaire et de taux d’intérêt, leur droit d’avoir des avances de leur banque centrale et des financements. Parallèlement la vert-de-Grisie, ne pouvant pas jouer sur sa monnaie (ce qui est contraire à sa doctrine perso et à celle de la zone euro) s’est mise à jouer les passagers clandestins avec de la « désinflation compétitive » (lois Hartz et TVA sociale de 3 points) et le petit jeu de l’euro fort à son seul avantage. Le résultat de tout cela a été des déséquilibres structurels sans cesse aggravés entre les pays de l’UE (exemple la balance commerciale teutonne : plus 258 milliards en 2017, la française : moins 62 milliards).
Cette mise en concurrence permanente et sans cesse accrue des peuples a créé des inégalités croissantes, du chômage, des rivalités, a réveillé les nationalismes (ce qui été aggravé par les problème migratoire car les pays en rivalité ont été incapables d’avoir une législation commune sérieuse et des aides inter-étatique, laissant au passage la Grèce et l’Italie se dépatouiller toutes seules), a détruit l’adhésion des peuples à l’Europe… Tout cela a été évidemment permis parce que les autres pays étaient dirigés par des libéraux quelles que soient les alternances politiques et parce que lesdits pays ont joué à la contrainte extérieure (étau des règles de l’UE et des déficits publics avec la dette les accompagnant) afin de se défausser de leurs responsabilités et de force leur peuple à se soumettre au SLC.
Il ne faut donc pas s’étonner de l’état actuel de l’UE et de sa probable disparition si cette politique SLC continue. Maqueron ne pèse pas grand chose et ne changera rien au processus de destruction sauf à jouer sa seule vraie carte : menacer l’UE du Frexit au cas où sa politique et ses règles ne seraient pas modifiées radicale. Et il aura des alliés si la droite récemment élue en Italie réussit à former un gouvernement. Un de ses leaders a déjà dit : il n’y a pas d’euro, il n’y a qu’un Deutschmark européen. Car il faut continuer de construire l’Europe, cette grande idée de Victor Hugo, à condition qu’elle soit unie, sociale et fédérale intégrale (à la fois économique, politique, juridique et sociale) suivant le projet de Proudhon.

Où va l’Etat par Pierre Birnbaum ?

Classé dans : politique — 5 mars, 2018 @ 11:47

C’est le titre d’une diarrhée scripturale que vient de publier M. Pierre Birnbaum au Seuil pourtant grande maison d’édition. Cela m’étonne toujours qu’on continue de publier des auteurs ayant largement dépassé la date de péremption, ce qui n’est pas une question d’âge mais de contenu des écrits ou des paroles dans les médias. On retrouve ce monde de dinosaures chez les experts à nacelle comme les Minc ou Attila ou chez les journaleux patentés comme Duhamel ou Apathie qui fluctuat et merditur.
Avec une finesse pachydermique, Birnbaum essaie en fait de défendre la « gouvernance » Maqueron qui serait toujours au service de l’intérêt général et de s’opposer à la thèse de la dégénérescence de l’Etat et de la fonction publique. Cela se pense adroit mais l’auteur, sans s’en rendre compte, accumule sophismes, âneries libérales et informations permettant de contredire son blablabla.
Birnbaum établit avec précision que les cabinets ministériels sont truffés d’énarques et que Maqueron a même choisi les directeurs de cabinet des ministres et partagé une partie des siens avec le 1er ministre, sans nul doute pour le contrôler avec des hommes à lui (des hommes parce qu’il y a peu de femmes dans ces hautes sphères). Il montre que les cabinets sont très largement meublés d’énarques passés avant par une grande école de commerce et/ou ayant joué aux « revolving doors » entre le privé et le public via le pantouflage que la prétendue Kommission de Déontologie ne contrôle que de très loin (voir l’affaire Pérol, citée par l’auteur qui ne mentionne pas le problème Richard, le bien nommé). Et ce n’est pas la récente loi maqueronienne sur la transparence de la vie politique qui arrange les choses puisqu’elle fait l’impasse sur les conflits d’intérêt. En revanche le gouvernement repose, lui, sur des spécialistes issus de la « Société civile ». On voit tout de suite que 1) la division du gouvernement par expertises séparées fait le jeu du décideur en chef, seul en mesure de faire la synthèse, 2) que les ministres sont dépendants de leurs hauts fonctionnaires, qui, eux, sont évalués par ledit lider maximo et limogeables par lui en cas de non-obéissance ou d’opinions contraires. Cela revient à dire que l’Etat, si cher à Birnbaum, c’est Maqueron plus puissant que le roi-soleil en son temps. Bien joué, jeune Machiavel centralisateur, jacobin et impérial. Cela, Birnbaum ne le voit pas car son écrit est fait de phrases normales : un sujet, un verbe et un compliment. On voit au passage que la logique générale de cette gouvernance est régie par la technicité et l’efficacité. Ce qui pose la question du contenu même de l’Intérêt général (IG) ; question que ne se pose pas notre auteur qui dit que celui-ci continue d’être fort bien défendu par les énarques dont 75 % ne font pas de « revolving doors » en tant qu’administrateurs civils. Sophisme car il faudrait faire une péréquation : multiplier 75 par zéro pouvoir et 25 par un infini de pouvoirs.
Notre auteur, excipant de ce fort pourcentage d’énarques tout le temps au service de l’Etat sans pantoufler, en déduit que l’Etat francoui est toujours fort et sert le bien commun sans désemparer, qu’i préserve celui-ci tout en adaptant le pays au néolibéralisme régnant. Cela ne tient pas la route pour plusieurs raisons.
D’abord, lesdits énarques-fonctionnaires ont au dessus d’eux des grands chefs qui les dirigent suivant la conception verticale, descendante, néolithique du pouvoir que développe le pouvoir de Maqueron. Birnbaum fait comme s’il n’y avait pas une hiérarchie du pouvoir, un centre dominant et une périphérie d’exécutants aux ordres. Toute l’administration est mise sur le même plan ! Et les fonctionnaires subordonnés sont pris dans un étau : fixation des normes et des objectifs par les grands chefs et les dirigeants politiques, mise en place d’un système d’information ad hoc (en fonction des seuls buts gouvernementaux et souvent biaisé comme les statistiques du chômage ou du pouvoir d’achat et de l’inflation), contrôle des résultats et évaluation des performances par les échelons supérieurs. Il y a intérêt à marcher droit si on ne veut pas se retrouver au placard et bientôt viré.
Ensuite, tous ces braves gens ont la même culture, ce qui fait qu’ils peuvent s’entendre comme larrons en foire. Cela vient de leur passage dans une école qui développe depuis des décennies maintenant les bonnes recettes de la gestion privée appliquée au prétendu Etat : New Public Management, Public Choice, RGPP et formate donc tous ses anciens élèves aux canons de la pensée unique. Cette dimension idéologique et culturelle n’est pas vue par le sieur B. Il pense que la « méritocratie républicaine » fonctionne via le concours d’entrée. Il ne sait pas, ou ne dit pas, qu’en 30 ans le pourcentage d’élèves issus des petites classes sociales passés dans les grandes écoles (« ces séminaires de l’aristocratie », Proudhon) est descendu de 29 à 9%. Cela lui permet de s’en prendre à Bourdieu (qu’il ne cite pas) contre ses thèses de la reproduction sociale des élites, de la « noblesse d’Etat », de la sélection sur des normes d’appartenance bourgeoise défavorisant les candidats dépourvus de la culture ad hoc. Coup de griffe au passage à Pinçon-Charlot, mauvais sociologues. C’est pourquoi les énarques travaillent si bien avec les consultants issus du privé qui ont étudié toutes les réformes de la fonction publique : ils ont les mêmes idées. Ce qui n’empêche pas B. de dire que lesdits fonctionnaires ne prennent des propositions des KPMG et autres cabinets de consultance-voyance (américains pour les plus connus) que ceux qui protègent l’Etat et ses lois. B. a un remords : en fait ils protègent leur propre position de pouvoir et leur statut de maîtres de la société globale et des horloges.
B. ne voit pas que ce qui compte, c’est le contenu de l’IG et son mode de création. L’IG autrefois était défini par le pouvoir politique de type gaullien et était fondé sur la solidarité, l’universalité, la protection sociale, la maîtrise de l’économie, la planification, la nationalisation des grands moyens de production et de la finance. Ce qui reste de cette approche, c’est que c’est toujours l’Etat qui définit tout seul l’IG comme propulsion du SLC en France. En revanche, le contenu en a radicalement été modifié : c’est désormais le modèle du système libéralo-capitaliste (SLC) qui le donne. Quel est, cela dit grossièrement, son contenu et sa logique d’ensemble?: le fric, la compétition, le risque, l’individualisme… Le pouvoir absolu de l’Etat demeure mais il consiste désormais à ne fixer que les normes pour la société et à laisser le privé et la religion faire tout le reste. Bref, c’est de l’ordo-libéralisme à la tudesque plus que du libéralisme à l’anglo-saxonne. Mais dans son ordo-libéralisme, Maqueron ne suit pas la Doryphorie car c’est l’exécutif qui fixe les normes et non le parlement. Maqueron est l’empereur d’un régime normatif qui donne tout à la logique privée. Et B. ne voit rien de tout cela.
B. nous rebat les oreilles avec l’Etat alors même qu’il nous montre qu’en réalité ce sont le gouvernement, le parlement et l’administration qui existent pour définir les normes et contrôler le pays. Et il est vrai que l’Etat n’existe pas (en Gibbye il n’y a que le gouvernement) car c’est une invention juridique pour dépersonnaliser l’exercice (en outre maintenant provisoire) de la puissance souveraine du peuple en l’enlevant au roi et à tout gouvernant. Mais B. continue pourtant de croire à la neutralité de l’Etat et à sa puissance de régulation alors même qu’il ne s’agit que de la décision et de l’action du gouvernement, maintenant hypostasiées par Maqueron qui est devenu l’Etat à lui tout seul. Cela, c’est un vrai sociologue-politologue ! Tous les sophismes rhétoriques de B. viennent de sa posture initiale : défendre le libéralisme et son incarnation nouvelle, Maqueron.

La baudruche Maqueron commence de se dégonfler

Classé dans : politique — 3 mars, 2018 @ 11:36

Mme Pénicaud, DRH du ministère du travail pour le gouvernement « En Marche » (arrière), vient d’annoncer la réforme de l’assurance-chômage après « concertation » entre les partenaires sociaux. C’est très en dessous des promesses du candidat Maqueron. C’est du pipi de chat, l’accouchement d’une souris. Car les contraintes financières se sont montrées bien trop fortes. Cela illustre aussi la propension des politiciens de faire des promesses de campagne sans avoir étudié leurs tenants et aboutissants. Promettez, promettez, il en restera toujours quelque chose. Mais n’est pas Prométhée qui veut, ni non plus Epiméthée. Une loi constitutionnelle simple voudrait que tout élu ne tenant pas ses promesses soit destitué. Vous avez entendu, sire Maqueron ? Ce serait bien dans votre future réforme constitutionnelle avec la disparition de la fantoche Cour de Justice de la République.
On pourra démissionner tous les 5 ans (et non 7 comme préconisé par les partenaires sociaux mais à condition d’avoir un projet ; alors on sera indemnisé 2 ans comme tout le monde (3 ans pour les seniors). On table sur 30 000 candidats par an, ce qui est maigre en regard de la population ; mais elle a déjà la « rupture conventionnelle » avec indemnités et droit au chômedu.
Pour les petits entrepreneurs et autres artisans et indépendants, c’est minimaliste : il faudra être en faillite et avec un chiffre d’affaires supérieur à 10 000 euros ; on touchera alors 800 euros par mois pendant 6 mois. cela, c’est vraiment une grande sécurisation pour les indépendants. En revanche, les contrôles de chômeurs vont être renforcés avec un triplement des effectifs affectés à cette activité glorieuse. En outre, la remise en ordre des contrats courts est confiée aux branches professionnelles alors que le gouvernement entendait les taxer plus fortement. Cela va pas bien loin et ressemble fort à du Canada Dry. On voit que la flexibilité l’emporte de loin sur la sécurité. Cela se constate aussi dans la future réforme de l’apprentissage dont on sait que le Maqueron porte la rémunération des jeunes apprentis à plus 30 euros par mois tout en donnant au patron le droit de les remercier au bout de 45 jours sans passer devant les prud’hommes et le droit de les faire turbiner jusqu’à 45 heures par semaine ! Du reste, saisir les prud’hommes est devenu hyper difficile (ce qui force à avoir un avocat pour ficeler le dossier) et presque inutile puisque les indemnités pour licenciement abusif ont éte « forfaitées », qui plus est à un niveau très bas. Patrons, on dit merci qui ? Et en outre le nombre de tribunaux de prud’hommes va être diminué par la grande réforme judiciaire en préparation chez la (c) harpie Belloubet.
La réforme européenne des travailleurs détachés se précise: il faudra les payer comme les autres y compris pour les primes et les heures supplémentaires. Belle avancée car la directive de 1996 ne l’interdisait en rien. Ce qui a donc manqué, notamment en France, c’est un cdare réglementaire et surtout des contrôles! L’emploi de TD reste évidemment juteux puisqu’ils restent soumis aux cotisations sociales du pays d’origine.
On commence à comprendre que le fameux parcoursup est une sélection déguisée alors que le pourcentage d’enfants des classes modestes dans les Grandes Ecoles n’est plus que de 9 % contre 29 il y a 30 ans. On devait réviser la tarification à l’activité dans les hôpitaux (tarification inpete car poussant à la hausse des opérations vu que le budget de la Sécu diminuait [Ondam] au fur et à mesure de l’augmentation de l’activité, ce qui est typique d’une spirale sans fin à la diminution du financement des hôpitaux!). On attendra une réforme plus pertinente……
Les petits retraités (qui ont beaucoup voté pour lui et s’en mordent les doigts…) commencent de comprendre la duplicité de Maqueron pour le 1,7 points de plus de CSG. Déjà, 1,7 points n’ont l’air de rien mais en fait cela fait 25 % d’augmentation non signalés par « les éléments de langage » du pouvoir. De plus, cela s’applique à la retraite brute au-delà de 1200 euros pour une personne seuls. le taux réel en net sur cette retraite est de 1,83 %. Enfin, belle entourloupe, le fisc, lui, raisonne en revenu fiscal. C’est là qu’est la combine car prenons un couple; l’un a 800 euros de retraite et il pouvait penser quelle ne serait pas taxée. mais l’autre a 1500; le revenu fiscal par personne dépasse alors 921 euros, les deux époux seront donc taxés sur 2300! Bien joué, Maqueron, mais ça s’est vu et il est pris la main dans le sac du mensonge électoral. a quoi s’ajoutent les hausses de taxes et de prix en tout genre, ce qui amène une baisse consistante du pouvoir d’achat des petits retraités alors que Mme Pénicaud va toucher 62 000 euros en plus grâce à ses actions dont le capital taxable a disparu avec le remplacment de l’ISF par l’IFI (fortune immobilière seulement).
Le chef de guerre Maqueron entendait amener la paix anti-Daech dans le sahel. on voit les résultats au mali et en république Centrafricaine. Et, ô surprise, l’UE rechigne à cracher au bassinet pour financer une force africaine (Tchad et compagnie); « En même temps », l’ambassade francaouie au Burkini Facto vient d’être attaquée hier. En Syrie, la France ne pèse rien face à la Russie, à l’Iran et à Erdogan (de velours).
L’empereur est nu et cela finit par se voir dans les sondages. De profondis.

Le Pré-zident Auchan

Classé dans : politique — 2 mars, 2018 @ 1:07

Le résident à l’Elysée, grand défenseur SLC d’Auchan, de Cora, de Carrefour, Intermarché, de Leclerc, etc. a passé 12 heures au saloon des champs, des bêtes et des produits de terroir. Il a voulu montrer qu’il n’était pas seulement le président des villes et qu’il défendait l’agriculture francouie. Il s’est même servi de son passage prolongé au salon de l’agriculture pour lancer une pique aux cheminots qui eux ont des retraites confortables, précoces et un statut de poule aux œufs d’or. Diviser pour régner, monter les différentes populations du pays les unes contre les autres sont les 2 mamelles de la gouvernance maqueronienne. Il est déjà faux que les paysans n’aient pas de retraite car il y la mutualité sociale agricole (bien faiblichonne, on doit le concéder) et les agriculteurs ont aussi un capital, à savoir leurs terres que la spéculation foncière fait souvent monter. Cela n’enlève rien aux très grandes difficultés du monde agricole dans la concurrence mondiale et la faillite de la PAC.
Celle-ci, qui a ses débuts voulait créer l’auto-suffisance alimentaire de l’UE et défendre son agriculture, a fini par jeter le monde agricole dans la compétition sauvage mondialisée. Elle a encouragé  une agriculture hyper productiviste, ce qui a conduit à des excédents massifs et ingérables compte tenu du maigre budget de l’UE (en gros 1 % du PIB de l’ensemble de ses pays alors que la PAC en bouffe 45 %!). Pour tenter de résoudre le problème, l’UE est passé aux quotas de production, puis des aides à la production et au stockage aux aides personnalisée. Damned, ce fut raté. Alors, notamment avec l’aide précieuse de M. Le Maire (ministre de l’agriculture de Tsarko) à l’ouverture aux marchés mondiaux afin de forcer à la concentration des exploitations en vue de leur rentabilité. Damned, les grandes surfaces et les transformateurs en ont profité pour acheter à l’étranger car, produit par produit, il y a des zones spécialisées et hyper productives et low cost : mouton de Nouvelle Zélande, lait et oeufs de Hollande ou de Belgique, cochonnailles tudesques (via l’emploi de travailleurs détachés des PECOs à 5 euros de l’heure), bœuf de la Pampa, tomates et fraises d’Espagne, haricots verts du Kenya, bananes et ananas signés Chiquita (ex-United Fruit, la boîte qui a comploté avec la CIA contre Allende), cerises du Chili et fruits ou légumes exotiques ou hors saison parcourant des milliers de km, etc. Pour lutter contre cette concurrence, les agriculteurs se lancèrent dans les approvisionnements à bas prix (soja OGM argentin ou maïs US), les fermes industrielles, les pesticides, fongicides, insecticides, les produits anti-abeilles comme le Régent, l’engraissement aux hormones, les soins des animaux entassés sur caillebotis aux antibiotiques, l’usage de farines animales qui ont donné l’ESB, la viande de cheval de réforme de Roumanie, etc. On s’est ainsi trouvé dans une course perpétuelle au moins-disant suivant les canons de la logique du SLC. Naturellement, Maqueron n’a pas parlé de ce système dont il est un ardent propagandiste. Le but, à peine caché, est de faire baisser les prix afin de maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs ; ce qui est visiblement faux car ce qui augmente le plus, ce sont les profits parce que les marges augmentent bien plus que les prix devraient diminuer. Ce qui ne baisse pas, ce sont les émissions de CO2
Maqueron a promis de défendre notre agriculture mais « en même temps » il accepte le CETA (sans avoir cnsulté notre parlement) avec le Canada (mis en place par l’UE avant consultation des parlements des 27 pays de l’Europe et il acceptera le Mercosur, traités commerciaux qui laisseront la porte ouverte au bœuf aux hormones de croissance, aux OGM qui arriveront en masse en Europe (90 000 tonnes de viande de bœuf avec le Mercosur). Maqueron dit qu’il s’y opposera ; faux car il ne le pourra pas : tout produit importé par la Pologne ou autre et transformé verra sa double qualité de nourri aux OGM et hormoné disparaître. En effet, l’UE ne dispose pas de normes communes sur la traçabilité des produits et interdit qu’un produit d’un des pays ne puisse ailler partout ailleurs. De façon générale, le SLC est justement fondé sur cette disparité des normes en tout genre ; les françaises étant les plus sévères désavantagent notre agriculture qui est ainsi sans protection. L’interdiction du glyphosate sous 3 ans en France alors que l’UE a fixé 5 ans sera une catastrophe si on ne dispose pas d’un produit de substitution.
Maqueron en pince pour les AOP ; pur mensonge car son gouvernement vient de les réviser en leur autant la majeure partie de leur intérêt afin de permettre à Lactalis, Danone, Yoplait, etc. de produire du faux AOP sans limites avec, par exemple, du lait pasteurisé des pisseuses prim’Holstein bataves. On verra bientôt (c’est déjà largement réalisé) 2 types de produits dans les supermarché : du luxe chez Fauchon et de la boustifaille d’espèce teutonne et low cost. Il y faudrait un AOP de chez AOP créé par les vrais producteurs de produits authentiques et de qualité contre les règles étatiques. Lesquelles servent avant tout à permettre aux Lactalis d’exporter sous une étiquette de qualité des produits autrefois renommés mais frelatés. Maqueron est pour développer l’agriculture bio ; ce qu’il na pas dit, c’est que les aides avaient été ratiboisées pour 2018 pour cause de budget à fermer sous les 3 % de déficit.
La France avait pris des engagements pour réduire l’utilisation de pesticides ; c’est manqué faute de dispositions ad hoc et de contrôles. La France n’a toujours pas réglé le problème des algues vertes dues au lsiier de porcs et aux nitrates en Bretagne. ET pour cause, il n’y a eu aucune mesure sérieuse et au contraire la création de porcheries industrielles a été favorisée bien que l’UE nous menace de sanctions depuis des années. Maqueron a profité d’une injonction européenne pour la révision des zones agricoles défavorisées (il y a une subvention) pour faire de la dentelle défavorables à maintes régions. La réforme des prix issue des « états généraux de l’alimentation » est une plaisanterie en faveur des hypermarchés et des transformateurs et ne lutte en rien contre la logique des importations moins-disantes. Il faut aussi reconnaître que la FNSEA continue de les aider et d’inspirer le gouvernement pour une agriculture productiviste et exportatrice en faveur des grandes exploitations contre les éleveurs et les producteurs laitiers.
Il y a quand même une partie des activités rurales que Maqueron soigne gentiment : ce sont les chasseurs. Merci M. Hulot . Chers agriculteurs, soyez prudents : radio Maqueron ment, Radio Maqueron est allemand.

La « réforme de la SNCF

Classé dans : politique — 28 février, 2018 @ 11:55

Le grand transformateur Maqueron a eu subitement l’envie de réformer la vieille SNCF nationalisée en 1937. Comme un besoin de pisser d’un proSTAATique. Il doit se prendre pour la Dame de fer qui a brisé la grève des mineurs britanniques pour enfin voguer librement vers la fin de l’Etat-providence gibby. Attention, M. Chamboule tout, ne confondez pas vitesse et précipitation. Et avec une parfaite rouerie, le gouvernement lance un ballon d’essai plutôt mesuré : le statut n’est supprimé que pour les nouvelles recrues, on ne touche pas aux petites lignes (9 000 km quand même), on transforme en SA mais en gardant la majorité des titres pour que la boîte reste dans le giron public, on ouvre les « négociations » mais pendant 2 mois seulement avant de passer aux ordonnances. On nous a déjà fait le coup ; alors décryptons le message et la stratégie du gouvernement et du Maqueron.
*il n’est pas possible de supprimer le statut aux anciens car aucun texte ne peut être rétroactif et car chaque agent a une lettre d’engagement qui vaut contrat de travail personnel, lequel ne peut être modifié unilatéralement. Sauf à payer de volumineuses indemnités de licenciement. Quoique, avec leur récent plafonnement, ce soit est à voir de plus près car il s’agirait d’un licenciement collectif. Par ailleurs, vu les conditions de travail, les salaires et la technicité, il devient difficile de remplacer les agents qui partiraient. Il s’agit donc d’une promesse qui ne coûte rien. La présenter comme preuve de modération n’est donc que du flan, du blabla(car). Il faut rappeler que le statut date de 1920 et a été créé à la demande des boîtes privées de l’époque qui voulaient limiter la concurrence entre elles, notamment pour les embauches de personnel spécialisé. Supprimer le statut revient à en revenir à une concurrence sauvage pour l’entrée de l’étranger dans l’exploitation du réseau SNCF. A quand un Uber ou un Raynair du rail en Europe ? Le statut tient compte de la pénibilité pour l’âge de la retraite. Le supprimer revient à mettre les agents du rail (conducteurs et opérateurs d’entretien) au régime général de ladite pénibilité. Or Maqueron vient de diminuer radicalement les droits en la matière (compte pénibilité de Zizi Rider qui permettait d’abaisser l’âge de la retraite) en le transformant en compte personnel de prévention qui, notamment, ne tient pas compte des horaires décalés ni des conditions de travail par tous les temps. De plus, le statut n’a pas empêché la SNCF de recruter sans ; il lui a suffi de créer des filiales (bus, fret…)…
*les petites lignes sont dans la compétence des régions, ce qui veut dire que l’Etat s’est déchargé sur elles d’un lourd fardeau pécuniaire. Or, les régions et les collectivités locales, asphyxiées financièrement par la baisse de leurs dotations étatiques, cherchent des sous tout en ne voulant pas contrarier leurs électeurs usagers des petites lignes déficitaires. Le gouvernement se contente de leur refiler la patate chaude tout en sachant que l’ouverture européenne des réseaux à la concurrence devra être mise en place en 2019. Il sera donc loisible aux régions, soit de remplacer par des bus, soit de payer les déficits au nom de l’aménagement du territoire (rôle normal de l’Etat), soit de concéder l’exploitation des lignes à la concurrence. Ce sera cornélien…
*une SA à capitaux publics ne l’est pas ad vitam æternam. On peut faire du salami progressif. Par exemple pour GDF, devenu SA en 2005 grâce à Tsarko, puis Engie , l’Etat devait garder au moins la majorité des parts sociales ; manqué c’est allé à environ 30 %. L’Etat a gardé 85 % à EDF mais c’est parce que personne ne veut acheter des actions d’une maison aussi périlleuse : risques nucléaires à assurer par soi-même (aucun assureur ne veut le faire), dette abyssale, énormes travaux de mise en sûreté, engagements problématiques (dont Hinckley point pour les Rosbifs aux 2/3 de 23 milliards), tarifs réglementés par l’Etat et insuffisants. Du reste, le titre vendu 32 euros en 2005 n’en vaut plus que 10,60 ! L’Etat maqueronien a comme but de vendre ses actifs : Française des jeux, Aéroports de Paris. Et, bien sûr, des morceaux de SNCF quand le temps opportun en sera venu. Rappelons que la transformation d’EDF/GDF en SA a quand même permis ensuite de se débarrasser des retraites (mises au régime général de la Sécu) et de la « mutuelle » (obligatoire !) aux frais des entreprises. Sa veut donc dire porte ouverte à des réformes revolving annoncées par petits bouts et progressivement. Bonne vieille stratégie de Mademoiselle Modeste Petipas et de Staline.
*on nous a déjà fait le coup de la concertation et des ordonnances avec la loi travail…
*la dette astronomique de la SNCF (50 milliards plus 3 par an) n’est pas le fait de l’entreprise mais celui des politicards. Déjà, le réseau est un monopole naturel qui est d’obligation publique car tout l’intérêt d’un réseau est d’être unique (rendements croissants) ; il est effet idiot d’avoir plusieurs réseaux alors qu’un seul est d’autant plus rentable qu’il est plus utilisé. La solution la plus intelligente est d’en faire un bien commun pour tous ; il doit donc être socialisé et utilisable via un droit de péage ; loin des âneries de l’UE. Un tel réseau doit au minimum être créé et entretenu par la puissance publique, tant qu’il n’est pas socialisé suivant la méthode proudhonienne ou celle des « communs ». Bref, l’Etat aurait dû prendre à son compte la dette liée au réseau comme l’a fait l’Allemagne pour la Deutsche Bahn. Et cette dette est due aux politicards qui ont exigé des TGV partout, même non rentables ou qui ont demandé des gares partout, rendant la vitesse inopérante ! Par ailleurs, l’investissement TGV étant massif et non payé par l’Etat la SNCF qui le paye via un coût d’utilisation a négligé l’entretien des petites lignes. Ce sont les gouvernements successifs qui depuis 1981 ont assassiné la SNCF afin aussi de pouvoir s’en débarrasser en la cédant un jour ou l’autre au privé et pour préparer son ouverture à la concurrence exigée depuis 30 ans par l’UE. Une part des déficits vient de l’administration des tarifs que l’on compense, comme Gribouille, par des subventions insuffisantes compte tenu des coûts et des nécessaires dépenses d’entretien, lesquelles sont largement passées à l’as. Pour cacher l’impéritie des pouvoirs publics depuis 40 ans, le pouvoir maqueronien reporte la responsabilité de l’état de la SNCF sur le statut et les cheminots. Vieille opération de diversion cherchant à dresser les usagers et la population contre les cheminots dans le bon vieux diviser pour régner. Chez Maqueron, tout se tient afin de pousser les feux du SLC (système libéralo-capitaliste) en France.
*si les politicards ne l’ont pas tuée plus tôt, c’est à cause de son « pouvoir de nuisance » constaté en 1995 par Juppé. Si le pouvoir a pu avoir la peau d’EDF, c’est à cause de la technique nucléaire (80 % de la production) car il est impossible d’arrêter facilement les centrales et de confier leur gestion aux syndicalistes comme cela se faisait autrefois (cogestion de l’arrêt des centrales thermiques et hydrauliques avec les syndicats). On verra donc un beau bras de fer même si les syndicats de la SNCF seront bien moins soutenus par la population qu’en 1995. Maqueron fait de l’abattage de la SNCF la « mère des batailles » ; s’il gagne alors il pourra détruire tout ce qui reste du programme du CNR (Conseil National de la résistance). On remarque au passage que jusqu’à présent Maqueron n’a aucunement parlé des moyens et des financements qui devraient être mis en place pour éliminer les dysfonctionnements de la SNCF. On notera enfin que l’évolution de la SNCF est avant tout commandée par la directive duraille sur le rail qui existe déjà depuis des décennies…
*il n’est pas sûr que réformer la SNCF par ordonnances respecte la Constitution qui prévoit que les grands moyens de production soient nationaux. Mais cela n’a pas empêché qu’EDF devienne une SA… De plus, il faut savoir que les directives européennes sont supérieures à la Constitution francouie ; donc RAF (rien à foutre). Il y a un seul pays dont la Constitution l’emporte sur les directives. C’est la Doryphorie. Mais cela ne pose guère de problèmes (sauf pour la BCE et l’euro) car les directives sont ordo-libérales et la Constitution fridoline itou. Les directives sont donc par construction conformes à la Constitution tudesque. Nihil obstat, CQFD.
M. Maqueron a-t-il l’intention de prendre au compte de l’Etat la dette de 50 milliards qui serait alors à ajouter au 2220 de la dette publique, d’arrêter la construction de lignes TGV, d’organiser enfin le transport du fret, d’en finir avec la concurrence de ses autobus, de fermer les gares TGV inutiles… ? Qui vivra verra, mais on peut être sûr que sa solution consiste à faire porter le fardeau par les agents SNCF, les régions et les usagers.

Maqueron et les experts de la « société civile »

Classé dans : politique — 13 février, 2018 @ 12:24

La moitié du gouvernement Maqueron est constituée d’experts de la « société civile » ; ce n’est pas innocent et c’est très significatif du jacobinisme du résident francaoui et de son mode de gouvernance new look. Ou plutôt tiré du management des entreprises privées, lequel n’est pas moderne du tout. En appeler à l’expertise contre la politique, c’est prendre un tournant très important. Ce n’est pas étonnant car Maqueron avait annoncé pendant la campagne électorale une réforme des grands corps de l’Etat et de l’ENA, réforme qui a avorté en forme de souriceau. Ce n’est pas par hasard : Maqueron a besoin de la puissance des hauts fonctionnaires issus des desdits grands corps pour asseoir son pouvoir de surplomb sur le pays. Il se contente de mettre ceux-ci au pas en les virant s’ils ne poursuivent pas ses desseins de transformation brutale du pays. Il a besoin d’un Etat et d’une administration tout-puissants pour convertir les Francaouis au SLC. Cela passe par la domination tant des représentants du peuple élus sous sa bannière que de l’administration ; pas de moins d’Etat mais d’un autre Etat pleinement à son service.
Que signifie l’expertise mise aux commandes du pays ? Cela veut dire une prétendue efficacité, une fausse neutralité des décisions afin de faire taire les opposants politiques par un appel à « l’autorité de compétences », donc au bon vieil argument d’autorité. Avec quelle légitimité ? Celle de la soi-disant réussite de la gestion privée et de la théorie économique libérale du SLC. Un expert ne peut pas être neutre parce qu’il a ses vues personnelles et surtout parce qu’il est largement formaté par les conceptions, critères et méthodes de son époque, de son milieu. Il l’est encore moins quand il est au service d’un pouvoir de quelque nature que ce soit (politique, économique, religieux). On peut atteindre quelque neutralité quand on fait appel à une pluralité d’experts indépendants. Ce n’est évidemment pas le cas d’un gouvernement…
L’expertise a pour effet de saucissonner les problèmes en domaines spécialisés. C’est alors un excellent moyen pour diviser et régner : le chef, le manager, le président… écoutent les collaborateurs experts spécialisés et sont seuls à pouvoir faire la synthèse-foutaise. C’est une bien vieille technique managériale des pouvoirs autoritaires et descendants sur les troupes tout au long de la hiérarchie. Recourir à des experts, c’est les mettre en concurrence et se réserver la décision.
La pensée systémique a montré depuis longtemps que les choses et les acteurs étaient interdépendants, notamment par suite d’une « solidarité mécanique » issue de ce que les uns ne peuvent pas se passer des autres. Mais Maqueron, le moderne, n’a visiblement pas suivi les récents développements du systémisme (plus de 50 ans quand même) : un système n’a pas un centre unique de direction mais plusieurs relativement autonomes et il est capable d’effets de substitution d’un centre à un autre et de se réorganiser. Il est même capable d’apprendre en s’adaptant à l’environnement. Il en résulte que l’usage de l’expertise dans un système d’interdépendance et de transversalité des choses fait par Maqueron est une trahison de la méthode systémique ; ce qui reste comme transversalité, c’est le travail en équipe, mais celui-ci est largement réduit aux réunions présidées par le chef. Il en reste un découpage de l’intérêt général en intérêts particuliers, du global et transversal et en rondelles séparées et spécifiques. Si on se réclame de « la pensée complexe », chère à Edgar Morin, il serait bon de la connaître à fond et de l’utiliser à bon escient au lieu d’être un cuistre.
Maqueron aime l’expertise mais à condition qu’elle soit à ses ordres. Comment y parvenir ? Fastoche et classique dans le management privé ; par exemple en supprimant l’emploi protégé des fonctionnaires pour les rendre plus dociles et virer les « insoumis ». Du reste, Maqueron, contrairement à ses annonces de campagne, ne veut plus d’un parquet indépendant. Il fait la chasse aux corps intermédiaires et aux contre-pouvoirs (collectivités locales, syndicats, organismes paritaires…). Qui plus est il n’empêche pas ses experts d’être « en même temps » liés à des lobbys économiques. Ces experts-là sont donc doublement dépendants ; de lui sur le plan politique et des puissances d’argent sur le versant économique. Plus expert que moi, tu meurs !
L’expertise c’est bel et bien la fin de la démocratie au profit d’une caste technocratique mise au service d’un nouvel imperium. C’est la réalisation de « la fin de l’histoire » par la magique disparition des conflits via l’expertise confite dans « the one best way ». L’expertise, c’est l’institution du mépris:vous, les lambdas qui ne sortez pas des grandes écoles et n’êtes pas experts, taisez-vous (El Kabache). L’expertise, c’est la justification d’une politique SLC au nom de critères gestionnaires et comptables qui suppriment toute interrogation sur les fins, le bien commun, le bien-vivre, l’intérêt général. Reste l’efficacité instrumentale ; mais celle-ci n’est que présumée et toute la modernité prouve le contraire, comme, par exemple, la fausse théorie du ruissellement de l’argent des riches vers la création d’emplois (d’amidon, car enlevez, c’est empesé).Tout cela confirme que le règne de Maqueron est celui d’une conception néolithique du pouvoir. Celle-ci a renversé la parole de Marc Sangnier (on ne peut avoir la démocratie en politique ville et la monarchie à l’usine) : on ne peut avoir la monarchie dans le privé et la démocratie politique.

Le wigh Maqueron contre les Tories (le 8/2/18

Classé dans : politique — 7 février, 2018 @ 9:09

Maqueron a eu une grande idée qui, quand on l’analyse de près, explique ses décisions politiques et économiques : l’opposition droite/gauche, par ailleurs devenue purement formelle car leur pratique du pouvoir est la même, est dépassée. Or elle a structuré la politique française quasiment depuis son apparition lors de la Révolution Française. La bonne antinomie aujourd’hui, c’est celle entre les conservateurs et les progressistes. Pour sortir du jeu droite gauche, il faut créer un rassemblement des « progressistes ». C’est possible à condition de dynamiter les vieux partis PS et UMP. Le pari maqueronien a réussi parce que ces partis qui menaient le bal depuis 1958 se sont auto détruits tout seuls. C’est pourquoi avec 15 % des voix des inscrits au 2ème tour des législatives (cela fait peu de progressistes) Maqueron a obtenu « une chambre introuvable » qui permet de disposer de tous les pouvoirs alors qu’elle est électoralement très minoritaire.
Maqueron nous a donc rejoué le duel britannique du 19ème siècle entre les Whigs (libéraux) et les Tories (conservateurs). C’est moderne, nouveau, révolutionnaire…A la place de l’opposition droite vs gauche, il a monté en épingle celle entre progressistes et conservateurs. Nous devons donc sérier les nouveaux adversaires du conflit politique qui fait renaître l’opposition gibbye entre les « progressistes et les conservateurs ». En fait, la nouvelle ligne de partage est la frontière entre les partisans du SLC, y compris socialos, et les opposants déjà présents quand les Francouis ont voté non au TCE en 2005 ou au traité de Maastricht en 1992.
Qui sont les « progressistes » de l’armada Maqueron, de la cohue de ses députés issus de la « société civile »? Ce sont les « nomades », les flexibles, les « winners », les riches épargnants, les patrons qui investissent avec leur boîte petite ou grande, les « in » du sociétal comme les gays, les trans, les couples « différents », non conformistes, « libérés » comme dans la chanson sur la femme éponyme ou Max, les ouverts sur le monde moderne, les entrepreneurs même en auto, les financiers qui aident à la croissance, les « bobos » curieux de tout, les habitants des métropoles, les innovateurs et patrons de start-up, les membres des professions libérales non soumises à statut (exemple : avocats d’affaires), les inventeurs (pas les chercheurs qui ne trouvent rien), les « risquophiles ». Bref, tous ceux qui aiment les avantages qu’ils tirent du SLC qu’ils soutiennent, ceux qui sont pour le libre-échange sans frein, pour la concurrence illimitée, pour la mondialisation et la suppression des frontières, pour le primat de la société civile sur l’Etat (pas sur le pouvoir politique qui est réservé à Maqueron). Tous ceux qui sont au centre de la société, notamment par leur lieu de résidence dans les capitales ouvertes sur le monde et dynamiques. C’est bien normal : tous ces gens-là ont voté pour lui et ses députés, majoritaires à la chambre mais pas dans l’électorat, en sont issus. On y ajoutera les carriéristes, les ambitieux, les opportunistes comme les socialos qui l’ont rejoint ou les LR et les monceaux de journalistes qui l’encensent car il défend le SLC. Maqueron, loué ton nom ah que n’a-t’on au son du Ra des fanfares ripoublicaines!
Qui sont les conservateurs ? Ce sont les notables de province attachés à leurs libertés locales, les rentiers comme les agents des entreprises à statut et les fonctionnaires, les monopolistes d’une fonction comme les notaires ou les pharmaciens, les titulaires de CDI pas assez mobiles et flexibles, les syndicalistes attachés à la défense « des « droits acquis » comme le chante depuis longtemps François-Water de Closets. Maqueron a oublié dans cette liste les politicards et les hauts fonctionnaires qui ont le monopole et la rente de l’exercice du pouvoir et de la gestion de l’Etat. Ce sont ces illettrés de prolos, les moins-que-rien, les « sans-dents » de Zizi Rider, les descamisados qui n’ont qu’à travailler pour se payer un costume ; ceux-là votent FN et ne songent qu’à la défense de leur emploi. Ce sont les ploucs de la « France périphérique » dans les campagnes, le espaces rurbains, les banlieues qui sont fermés à la modernité et à la mondialisation. Bref, ce sont tous les perdants, chômeurs et précaires en tête, qui sont les grands perdants du SLC depuis 30 ans, ce sont tous ceux qui ont été trahis par la classe politicarde, par « l’establishment » PS et UMP, qui ont vu que les alternances ne faisaient que changer les titulaires des mandats électifs et que la mise en place en France du SLC continuait sans vergogne.
Cela éclaire fortement la politique de Maqueron : des cadeaux mirifiques au 1% les plus riches (IFI au lieu ISF, flat tax de 30 % sur, impôt sur les sociétés à 25 % par étapes) les revenus des capitaux mais tout en brimant la rente immobilière (IFI, taxe d’habitation maintenue pour « les riches » ayant plus de 3 000 euros par mois) ; des miettes de pouvoir d’achat pour les plus petits à condition qu’ils travaillent (vite annulées par des taxes et des hausses de prix en tout genre) ; une taxation à fond pour les classes moyennes supérieures et les retraités (CSG de plus 1,7 points dès qu’on a plus de 1250 euros par mois même pour un couple, maintien de la taxe d’habitation). Tout pour les 1 % très riches, à mort les 9 % qui suivent dans le premier décile, le nez au ras de la fosse à purin pour les plus pauvres. En fait, Maqueron ne marche pas sur 2 pattes, même en boitant fortement à droite, mais sur 3.
La véritable opposition n’est donc pas entre progressistes (tout le monde est pour le progrès et l’espoir mélioratif) et conservateurs (tout le monde st pour protéger ce qu’il a, surtout quand il fait partie des 99% qui n’ont pas grand chose), mais entre les tenants du SLC et les partisans de la solidarité, de la coopération, de l’entraide et du progrès social ; soit au moins 85 % de la population contre les 15 % qui ont voté pour les députains maquereaunistes. La lutte des classes n’est pas morte mais elle s’est déplacée vers toutes les victimes du SLC : ouvriers, employés, artisans, petits patrons, sans -emploi, privé et public confondus car les critères d’appartenance sont la précarité, l’insécurité sociale, la pauvreté laborieuse, la domination par les exploiteurs de tout poil.

Das hitlerswagen ou le modèle de Maqueron (le 2/2/18)

Classé dans : politique — 2 février, 2018 @ 12:37

Volkswagen (créée par Hitler) et ses filiales viennent encore de s’illustrer avec des cobayes humains et simiesques pour tester leurs gaz d’échappement diesel. Cela n’étonne pas car il faut se rappeler que l’Allemagne, grâce aux USA, a été fort peu dénazifiée. Les grands trusts et leurs patrons (Krupp, notamment) ont survécu et ont été peu punis. Et cela continue puisque Bayer, la firme chimique immense, (ex-alliée de BASF dans IG Farben la boîte hitlérienne qui a pondu le Zyclon B) peut racheter Monsanto (la boîte du glyphosate, de l’agent orange et des OGM). Comme l’Allemagne domine économiquement (et largement politiquement) l’UE, tout lui est permis : normes faibles pour le diesel et les produits chimiques, glyphosate pour 5 ans (suite à la non-tenue de la promesse faite à la France de voter contre car, à la dernière minute et par volte face, elle s’est abstenue), oui aux filets électriques de ses copains des Pays-Bas, électricité au lignite. Il vaut donc le coup d’examiner comment l’Allemagne a réussi à asseoir son imperium économique en Europe.
En premier lieu, il faut remonter loin : la mise en place de son ordo-libéralisme, chez elle puis dans l’UE dès sa création par le traité de Rome en 1957 puis son alliance avec l’hyper libéralisme britannique dès son entrée dans l’UE en 1973 ; ont eu alors une course à la « concurrence libre et non faussée » et au démantèlement des services publics à grands coups de directives européennes. Cette mise en concurrence drastique des pays européens, aggravée par l’euro, a conduit à la compétition entre peuples et à la surenchère incessante vers le moins-disant. Du coup, au lieu de coopérer, ce qui fut quasiment interdit par die Grosse Kommission de Bruxelles, les gouvernements se sont mis à ne défendre que leur intérêt (la croissance au détriment des autres) et une partie des populations s’est repliée sur le nationalisme. Puis l’Allemagne a obtenu des autres pays l’extension de l’UE à l’Est dès 2004 et cela sans approfondissement.
L’Allemagne a fort bien joué son jeu et n’a pu le faire que parce que, notamment, la France, les autres pays ont laissé faire, soit par alliance de fait avec elle (pays du Nord de l’Europe et Gibbye), soit y ont participé comme complices ou propulseur. La France a été le fer de lance de l’acte unique de 1986 (concurrence, libre-échange généralisé et internationalisé), traité de Maastricht (1992) pour préparer l’euro, création de l’euro et de la BCE (lancé en 2002 pour tout le monde dans la zone éponyme), admission de 10 pays de l’Europe centrale et orientale (PECO(s) dans l’UE à partir de 2004, acceptation des travailleurs détachés (1996), signature de traités internationaux de commerce accroissant la concurrence mondiale. L’euro et la BCE interdisant les dévaluations compétitivité-prix, les pays ne purent jouer que sur leur différentiel de lois sociales, fiscales, environnementales. Dès lors, les règles du jeu étaient en place et l’Allemagne a su en tirer le meilleur parti en jouant les passagers clandestins de l’UE. Voyons comment, le but étant de faire monter son industrie et ses exportations au plus haut.
2003/4 : création par Schröder (lois Hartz, DRH d’Hitlerswagen) des mini-jobs à 400 euros par mois et à temps partiel sans droits à la retraite ; il y en a dans les 5 millions actuellement. Ce sont essentiellement des emplois dans les services ou féminins. Du coup, les industries ont externalisé leurs prestations internes des services vers ces mini-jobs bien moins coûteux, ce qui est une subvention énorme et directe du secteur des services vers l’industrie. Au passage, on peut connaître une raison du faible taux de chômage en Doryphorie : les emplois à temps partiel y sont comptés comme de vrais emplois dans les statistiques (5 %) ; la pauvreté et la précarité travailleuses s’y sont installées à la place des emplois sûrs et correctement rémunérés. Et c’est exactement ce que veut faire le Maqueron en France. Ce n’est pas tout : Schröder a ratiboisé la durée et le montant des indemnités de chômage et diminué les pensions publiques de retraite au profit d’une capitalisation individuelle. C’est de la « désinflation compétitive » par la baisse des coûts de production.
Arrivée de die Grosse Angela au pouvoir (le social-traitre Schröder a été viré par les électeurs au profit de la CDU-CSU) : création d’une TVA sociale de 3 points, ce qui enchérit les importations et diminue les prix des exportations, ce qui correspond à « une désinflation compétitive » de 3 points contournant l’impossibilité de dévaluer dans la zone euro.
Dès 2004, élargissement de l’UE aux PECO(s) afin de permettre la délocalisation d’une bonne part des chaînes de production teutonnes chez eux (sous-traitance, délocalisations low cost) ; la Tudesquie garde le montage final et applique l’étiquette « made in Germany », ce que Bruxelles aurait dû interdire. 1996, directive sur les « travailleurs détachés » (TD) qui permet à la Teutonie, dépourvue de SMIC jusqu’en 2015, de faire travailler des gens de l’Est à 4 euros de l’heure, sans contrôle du temps de travail et sans cotisations sociales germaniques, logés dans des hangars (avec bon loyer!) et devant acheter fort cher leur subsistance à leur employeur. Cela a fait de l’Allemagne la 1ère agriculture industrielle d’Europe (lait, porc, patates) et ruiné les éleveurs francouis. La boustifaille pour prolos y est moins chère qu’en France, ce qui abaisse les tensions sur le pouvoir d’achat.
Rappelons que l’industrie allemande est favorisée par la cogestion avec les syndicats, lesquels sont devenus ses meilleurs défenseurs ; belle collaboration de classe. Par ailleurs, les boîtes d’électricité peuvent majorer leurs tarifs pour les consommateurs domestiques et les minorer pour l’industrie, ce qui est une subvention camouflée à celle-ci, ce qui aurait dû être interdit par l’UE. De plus les banques régionales allemandes peuvent financer les PME avec la complicité des Länder et des villes, ce qui est, là encore, une subvention indirecte ; ce qui explique que la Doryphorie a exclu de mettre ses petites banques dans l’union bancaire UE régulée.
L’Allemagne en voie de dépeuplement bénéficie de loyers faibles, ce qui diminue les tensions pour l’augmentation des salaires et les frais d’éducation. Par ailleurs, le système de formation teuton oriente très tôt les élèves moyens vers les filières courtes et l’apprentissage qui est effectivement une force considérable de l’industrie tudesque.
L’Allemagne joue en faveur de l’euro fort, ce qui ruine les autres pays. En effet, elle dispose d’une production industrielle de qualité (bagnoles, robots, machines, process industriels) qui lui permet des prix plus élevés à l’exportation. En outre, l’euro fort lui permet de payer avec une fronde les TD en provenance des PECOS(s) hors zone euro : un salaire de 4 euros de l’heure converti en zlotys est un pactole pour le (plombier polonais) compte tenu du taux de change et du niveau des salaires en Pologne. De même avec un euro fort la Vert-de-Grisie peut acheter low cost ses propres productions délocalisées dans les PECO(s).
Et voilà pourquoi votre sœur est muette. Vous me demanderez pourquoi les autres pays, dont la France, n’en font pas autant ? Parce que le peuple français n’est pas dans la soumission luthérienne au pouvoir, ni dans le syndicalisme cogestionnaire du kapital et car les gouvernements francaouis n’osent pas le brusquer par peur d’une révolte. C’est pourquoi ils sont allés vers le SLC à pas comptés et avec une stratégie de salami. C’est justement ce que fait sauter Maqueron avec brutalité hyper libérale.
Il faut aussi observer que si tous les pays faisaient comme la Casque-à-Pointie, ce serait une course perpétuelle au moins-disant, la déflation et surtout la guerre économique entre les peuples. Et pourtant, c’est la politique de l’UE, sous pression de l’Allemagne, avec les contraintes « austéritaires » sur les budgets, les déficits et la dette publique, ce qui force les pays à « des mesures structurelles » de flexibilité du travail, de baisse du coût de la main d’œuvre et de liquidation des biens et services publics. C’est la politique du Maqueron qui préfère biser à d’Essen la Krupp d’Angela afin de faire partie du club encensé par les maîtres du Kapital.

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