les armes de la critique

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Pourquoi le SLC durera, résistera et ses partisans vont se défendre à mort? Comment l’abattre à petits feux?

Classé dans : politique — 11 décembre, 2018 @ 12:00

Comme on l’a déjà vue le SLC est un « phénomène social total » (Mauss) et a envahi et dominé toutes les sphères de l’action sociale, politique, économique, culturelle et juridique. Il constitue « un bloc historique » (Gramsci) articulant l’exploitation économique, la domination politique et l’hégémonie culturelle et idéologique. il est la « triple alliance du sabre, du coffre-fort et de l’autel » (Proudhon). En tant que système social global, on ne peut l’attaquer par petits bouts, ni par petites étapes sans but final à atteindre et affiché (réformisme), ni de front ni par une révolution seulement politique et menée d’en-haut qui ne faut que changer ses (nos) maîtres comme l’a montré le dégagisme maqueronien. Il dispose, de structures, d’instances de diffusion, de moyens de reproduction, d’une logique aliénatrice car faisant appel au sens commun par lui propagé qui font que le plus grand nombre lui est assujetti. Il repose sur une base sociale de profiteurs étroite mais très puissante. C’est pourquoi Mac-Tron se berce d’illusions en pensant restaurer la calme par du dialogue et des roupies de sansonnet et les Gilets Jaunes se berlurent en s’adressant à celui qu’ils jugent responsable de leur situation. Que nenni, Mac-TRon n’est que l’incarnation physique et momentanée du SLC, lequel en repose pas sur la communication mais sur la trilogie exploitation, domination et hégémonie. En fait Mac-Tron et les Gilets Jaunes par leur attitude mutuelle ne font qu’éviter de mettre en cause le SLC. En réalité, c’est bonnet blanc et blanc bonnet pour sauver le SLC.
Dans l’armada des soutiens au SLC nous trouvons, sans prétendre être exhaustif, les acteurs suivant: le monde de la phynance (banques, assurances, fonds de pension par capitalisation, fonds d’investissement), les organes mondiaux (BM, FMI, BRI, OCDE, largement l’ONU, l’OMC, les G quelque chose, l’UE et die grosse kommission de Bruxelles, la BCE); la plupart des politicards d’obédience libérale qui sont devenus les « fondés de pouvoir » du kapital, y compris les socialistes en peau de lapin, les grands médias propriétés d’industriels ou de financiers, les « Think Tanks y compris soi-disant socialos, les boîtes d’audit et de conseil, genre KPMG, les agences de notation, les organes mondiaux de comptabilité et de statistiques, les communicants, les publicitaires, les avocats d’affaire, les grandes firmes (et leurs managers) et leurs lobbys, les universités et leurs économistes distingués ou leurs sociologues libéraux et d’individualisme méthodologique, les « fondations » largement détaxées… Cela fait du monde qui a tout intérêt à maintenir ses privilèges, l’exploitation des travailleurs, la domination politique camouflée en démocratie représentative et la destruction de la planète. Il faut insister sur le rôle des appareils politiques d’Etat qui font les lois favorables au kapital, les lois répressives et détiennent les « forces de l’ordre »et l’armée « en réserve » de la ripoublique, actionnent la justice contre les opposants et pour les capitalistes, manipulent les organes de statistiques et de comptabilité nationale, construisent les programmes de formation en vue de la propagande en faveur du kapital et du SLC, tiennent les cordons de la bourse via le ministère des finances et l’impôt, peuvent organiser le système électoral pour perpétuer la toute-puissance de la classe politicarde. Cette formidable armée ne peut être combattue de front car sa riposte, et elle en a les moyens, peut être terrible.
En face, nous avons une population atomisée par suite de la culture SLC qui a tout individualisé ou communautarisé (donc le tissu social est réduit à des atomes et à des molécules, ce qui permet de diviser pour régner); le règne de la consommation individuelle et ostentatoire qui est établi via la publicité et le crédit (on ne peut guère manifester ou faire grève quand on doit honorer ses crédits), via la téléréalité abrutissante et la « société du spectacle ». Les syndicats ont été très affaiblis à la fois par l’énorme diminution de la partie ouvrière des travailleurs et par l’émission permanente de lois anti syndicales et la répression des mouvements sociaux. Dans cette population, la part de la petite classe moyenne (celle des gilets jaunes, GL) n’a cessé d’être laminée par le SLC (délocalisations, sous-traitance, importations low cost) et les évolutions techniques qui détruisent toutes les fonctions susceptibles d’algorithmes informatiques. De plus les pouvoirs libéraux ont chargé sa barque par les impôts et taxes en détaxant les riches, le kapital et en n’aidant que les plus pauvres.
Le SLC dispose de tels moyens de rétorsion que les révoltes, sauf à être suicidaire, ne sauraient le combattre de face. De ce fait, il est inefficace de s’en prendre à lui ou à ses partisans politiques ou autres, de front. Il faut au contraire le combattre indirectement, quoique dedans, en construisant localement, par action directe autonome, par expérimentation, par fédération progressive une contre-société, des anarcho-structures dont la logique est opposée à la sienne et le videront de son contenu et des moyens. L’idée générale est que comme le SLC est fondé sur le fric, il faut lui couper les vivres et que comme l’Etat est son bras armé, il faut s’en passer et lui sucrer des ressources alors que les GL en appellent à lui. Voyons quelques exemples de ce qu’on peut faire pour détruire peu à peu le SLC tout en continuant d’y vivre (on n’a pas le choix de faire autrement) et tout en faisant semblant de respecter ses institutions et prétendues autorités:
* dès qu’on touche son pognon, même bien maigre, le retirer des banques sauf prélèvements programmés; substituer à la monnaie ayant cours légal et officielle, des monnaies parallèles mises en réseau de proximité pour échange mutuel de services; ça fera perdre la TVA à l’Etat. Le pognon liquide (retiré des banques) en monnaie officielle est mutualisé dans des petites agences locales de crédit coopératif et ces agences sont peu à peu fédérées pour constituer la « Banque du peuple » chère à Proudhon (j’ai déjà décrit la logique et le fonctionnement de cette banque).
* acheter le moins possible dans le commerce officiel genre super marchés; créer peu à peu des ateliers de réparation, des circuits d’échange et de distribution les plus courts possibles, des applications de mise en commun de moyens (bagnoles, logements, outils, fabrication de gazogènes, de petites éoliennes, de panneaux solaires, ateliers de tissage et de tricotage,…) au lieu du modèle VTC ou Deliveroo; créer des coopératives de consommation se fournissant auprès d’AMAP et de producteurs locaux (fromages, fruits, légumes, conserves…). Monter du covoiturage et des transports en commun par minibus au gazogène ou à l’hydrogène.
* se passer des distractions commerciales (cinoche, DVD, musées, opéras, théâtres…) en montant des fêtes de voisinage te locales, en mettant en commun livres et DVD déjà possédés, en projetant des films dans les villages et les quartiers…
* organiser des « communs » autogérés comme, par exemple, des étangs communautaires piscicoles ou des petits bateaux de pêche ou des conserveries, des structures d’irrigation, des grands jardins « ouvriers, ou des ateliers de tissage, de menuiserie-ébénisterie, de théâtre… Des communs aussi pour gérer la biomasse (y compris déchets ménagers) et en tirer de l’énergie (chauffage, gazogène, électricité) et du bois de construction, transformer, quand nécessaire, les végétaux en matières plastiques recyclables. Faire aussi des coopératives de construction sans béton (bois, paille, torchis, chaume). On fera des isbas et des yourtes, etc.
On laisse tomber usines et bureaux pour travailler ensemble, les fruits étant répartis par décision démocratique et payés en monnaie locale fondée sur le temps passé et non la qualification. Les salaires ayant disparu, plus de cotisations sociales étatisées, ni d’impôts et taxes.
* organiser la formation des enfants et la formation professionnelle continue avec les personnes qualifiées faisant partie des communautés locales associées en « communs ». Se passer, donc, des lieux de transmission de l’idéologie étatique et SLC, par exemple en montant aussi des bibliothèques, ludothèques, pédagothèques locales. Idem pour la création de dispensaires de soins courants locaux.
* les chômeurs et pauvres devraient quitter les villes et s’installer à la campagne où on trouve des maisons ou fermes pas chères; ils y vivent en commun en mutualisant les moyens comme lave-linge, cuisines, moyens de transport… Ils y tiennent des jardins potagers et fruitiers, des élevages de poules et lapins, des moyens de tissage, de poterie, de fabrication de produits laitiers. Ils mutualisent les RSA perçus (et autres allocations), ce qui assèchera les finances locales ou étatiques. Certes il y a eu ces choses après mai 68 mais elles ont échoué par suite de l’individualisme forcené de l’époque et de la domination de petits chefs d’origine socialo ou trotskiste ou maoïste imbus de leur petite personne et qui, du reste, ont généralement finis dans les fourgons de la social-démocratie et maintenant dans le SLC mac-tronien (Exemples; Goupil, le bien nommé, et Cohn-Bendit ou July). Ils n’ont fait que changer de dogmatisme, celui du marché au lieu du faux marxisme.
Vous pouvez compléter cette petite suite d’exemples possibles d’action directe t démocratique. Le résultat final sera la mort du SLC qui ne vendra presque plus rien, ds banques sans clients et de l’Etat sans ressources. Et si l’Etat SLC essaie de s’en sortir en taxant ces activités, alors il restera la grève générale des membres des communs. Le SLC ne veut pas de nous; tant mieux, on s’en retire et on s’auto-gère directement et démocratiquement.

Minority report chez Mac-Tron

Classé dans : politique — 10 décembre, 2018 @ 11:50

Le journée de samedi 8 décembre 2018 a montré que notre système répressif est devenu très moderne et est en train de réaliser les vues de science fiction apportées, years ago, par le film Minority Report. 1984 d’Orwell est bel et bien déjà là et même dépassé quant aux ressources disponibles pour calmer la population. il suffit de voir et d’écouter les (é)mictions familiales des chaînes d’info en continu qui s’appliquent à affoler la population pour constater l’usage qui en a été fait par la maison Pouleman.
On a donc vu en action la récente loi sécuritaire maqueronienne qui a rendu permanentes des dispositions réservées à l’état d’urgence, la proclamation d’icelui ayant été rendue ainsi inutile bien que des gugusses aient réclamé la chose. On peut donc faire des « arrestations préventives » sur simple mandat général de la prétendue autorité judicaire (au lieu du cas par cas) et ainsi empêcher les gens visés d’aller manifester, ce qui est un droit constitutionnel. On peut arrêter au pif toute voiture et la fouiller pour chercher des instruments interdits d’aide à la manifestation; les occupants vont en garde à vue s’ils détiennent des boules de pétanque, des masques à gaz (fort utiles contre les bombes lacrymogènes des pandores), des Opinel (pour trancher votre saucisson en rondelles car vous n’avez pas les moyens d’aller au resto à « 200 euros pour 2 sans le vin » , etc. On voit donc que la garde-à-vue est utilisée comme moyen de garde à vous si vous circulez muni de trucs considérés par la maison poulaga comme pas très catholiques. rappelons que les voix qui s’étaient élevées contre cette loi ont été renovyées à la niche car elle devait améiorer la sécurité. On voit qu’il s’agissait surtout de celle de la maison Royco. ne lui jetons pas la pierre car elle ne fait qu’appliquer la loi voulue par les politicards cherchant à protéger leur « monopole de la violence légitime » pour défendre leur « ordre public » avec des ordres ad hoc pour les « forces de l’()eur ordre ».
Il est donc devenu patent que ce qui domine n’est pas du tout la fameuse « présomption d’innocence » mais celle de culpabilité avant même toute procédure judiciaire. Et cette présomption de culpabilité repose évidemment sur la pifomètre des poulets et sur des signes apparents: possession de gilet jaune (pis s’il est revêtu), faciès patibulaire, covoiturage dans une vieille diesel immatriculée en province… On voit que l’on peut être arrêté sur la seule base d’intentions présumées comme si la flicaille était devenue spécialisée en psychologie des profondeurs même sans analyse plus ou moins freudienne. Il est confirmé que l’un des vieux principes généraux du droit (ne sanctionner que des actes) a été jeté aux orties ainsi que celui de la présomption d’innocence dont la pouvoir et les journaleux se gargarisent dès qu’un grossium est arrêté, tel l’apatride fricophone Ghosn. Citoyens, vous savez ce que vous devez faire: restez chez vous sinon il peut vous en cuire. Vous pouvez comparaître en « comparution immédiate », ce qui limite drastiquement un autre principe de droit, à savoir celui du débat contradictoire en audience publique et avec un avocat ayant eu le temps d’analyser le dossier. Vous pouvez « plaider coupable », ce qui donne un pouvoir discrétionnaire au procureur et interdit à l’avocat de vous défendre (il n’est là que pour contrôler la procédure en observant). Vous me direz que ce n’est pas nouveau mais le pouvoir Mac-Tron est en train d’en profiter à tutti gambi. Naturellement, ces procédures ne s’appliquent pas aux huiles; comme disait le bon la Fontaine: selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Si vous êtes friqué, vous serez blanchi comme le phanérogame, ithyphallique, libidineux et priapique DSK.
Maître Moro-Gaffieri doit bien rigoler dans sa tombe, lui qui avait obtenu l’acquittement d’un quidam accusé de tentative de vol. Le bonhomme avait été surpris par les Hirondelles devant un vitrine de bijoutier muni d’une pince monseigneur planquée dans son sac. Moru-Gaffieri avait ainsi plaidé: j’ai sur moi tous les instruments du viol, puis-je pour autant en être accusé? Eh bien maintenant on peut arrêter et sans doute condamner sur la base des intentions cachées mais devinées par des flics munis d’une boule de cristal. Cela nous promet de belles nuits…
Il reste un problème: comment prévenir la dangerosité des mal-intentionnés à coup sûr et non au hasard de fouilles au faciès? L’Intelligence Artificielle est entrain de résoudre le problème. Des algorithmes sont en cours de mise en place pour établir, via une batterie de signes comportementaux observables par des caméras disposées dans les rues et tout endroit ad hoc, l’imminence du passage à l’acte. Enlevez, c’est pesé. Et l’IA permettra aussi d’appliquer automatiquement un barème de sanctions préétabli par des experts… Dans l’immense démocratie libérale qu’est la Chine, on peut déjà, grâce à la profusion de caméras de surveillance, établir le profil des mauvais citoyens et les ficher: jeter une cigarette ou papier dans la rue, cracher, ne pas respecter les règles de conduite (automobile ou autres) vous classe d’office dans les « classes dangereuses ». En France, le pouvoir tsarkozyste avait imaginé de détecter et de ficher dès la prime enfance les signes de promesse de problèmes. Cela reviendra car « on n’arrête pas le progrès ». Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse, disait Stendhal! Eh bien ça progresse car toute invention est utilisable à partir du moment où elle rapporte du « pognon de dingue » ou elle permet de « surveiller et punir » la population non conforme. Mac-Tron va mettre son pendule à l’heure de Jean-Pierre Foucault.
Conclusion: il faut tout un chacun résister afin d’éviter la petite histoire suivante: un jour on a arrêté à l’aube mon voisin, puis mon voisin syndicaliste, puis mon voisin opposant politique ou écolo, puis mon voisin lanceur d’alerte, puis mon voisin musulman, puis mon voisin gay… Je n’ai rien fait car je n’étais ni l’un ni l’autre. Et quand on est venu m’arrêter, il n’y avait plus personne pour me défendre. Il va de soi que je ne demeurais pas dans la même « villa » sécurisée que la famille Tsarkozy.

Les significations profondes du mouvement des gilets jaunes

Classé dans : politique — 9 décembre, 2018 @ 12:12

Comme d’hab, les politicards et les journaleux se livrent à des interprétations fausses, spécieuses et surtout superficielles. Il ne s’agit pas de jacquerie, encore moins de peste brune ou de révolte de gus « qui fument et roulent en diesel. Il s’agit d’une mouvement de fond qui vient de loin et couvait depuis longtemps. Mais pour quelles raisons? Là, il faut distinguer entre la théorie fondatrice du système libéralo-capitaliste (SLC qui est au coeur de la pensée t de l’idéologie maquereaunienne), qui contient des contradictions non tenables à long terme, et les pratiques du pouvoir et des puissants qui l’imposent (et Mac-Tron s’est cru autorisé à accélérer) à un peuple français qui n’en veut pas et qui tient à son vieux modèle social de solidarité et de communauté axé sur la justice.
* les contradictions de la théorie libérale SLC:
Le SLC est fondé sur la croissance du gâteau, de façon que la part de chacun grossisse sans toucher aux règles de répartition, et sur le bien-être par la consommation. C’est une belle promesse qui demande réalisation. Or, justement, les Gilets Jaunes (GL) ont vécu depuis déjà de nombreuses années que la réalité ne confirmait pas pour eux la promesse du SLC. De plus, la croissance sans fin suppose un monde naturel infini, ce que la crise écologique et la raréfaction des ressources contredit. Les GL, pris dans cette double contradiction, s’en tiennent pourtant à la promesse et, de ce point de vue, on peut dire que c’est un mouvement conservateur d’un monde et d’une logique qui ne peut fonctionner et qui est déjà mort même si Mac-Tron ne le sait pas encore. On peut même dire GL et MT même combat d’arrière-garde sauf que le 2ème a adopté une politique dont il croit qu’elle va faire renouer le pays avec la croissance: c’est le fameux ruissellement issu de la politique de l’offre qui ne marche que pour les riches et le capital. Les GL veulent donc une autre politique pour enfin consommer mieux et comme les autres. Car la richesse ostensible des uns suscite l’envie des autres. Ce n’est donc pas avec eux qu’on vaincra le SLC dont ils ne voient pas qu’il est le vrai responsable de leurs malheurs!
Le SLC est fondé sur la liberté individuelle, la responsabilité et la dignité y associées. mais c’est oublier qu’en fait la liberté sans régulation fait la joie des plus puissants car il n’y a pas de liberté sans moyens d’agir et plus on en a plus on est libre. Sauf si on s’associe mais alors il ne s’agit plus seulement de liberté individuelle mais collective. Le SLC individualiste ne peut marcher car rien de valable pour tous ne peut être réalisé sans la coopération au sein de collectifs. L’individualisme SLC pousse de plus à la compétition alors qu’il voudrait la cohésion sociale même si ce n’est que via la consommation suffisante pour chacun. Et visiblement les Gl n’ont pas grand chose contre cet individualisme de compétition.
Le SLC repose aussi sur le pluralisme sociétal. Mais sa logique même de concentration et de critères de réussite purement économiques et unidimensionnels conduit à l’uniformité des comportements sociaux, tous polarisés par le calcul coût-efficacité et les résultats quantitatifs et monétaires. Cette logique est devenue hyper majoritaire et conduit à la disparition du pluralisme des principes, des valeurs et critères d’évaluation de la vie bonne et du bien commun. On voit bien qu’il y a d’un côté ceux qui sont « in » car ils adhérent à ces critères et ceux qui sont « out » car ils les refusent comme les GL qui restent partisans au vieux modèle francoui de solidarité, d’intérêt général et de services publics. Ils demeurent partisans de l’Etat mais à condition qu’il leur assure en quelque sorte « la sécurité sociale », la justice et la solidarité, qu’il défende l’intérêt général. Les Gl demandent donc, non la limitation de l’Etat mais sa ré-extension au domaine social.
Le SLC affirme la démocratie comme mode de régulation des rapports entre sujets libres mais aux intérêts divergents. Las, il n’a produit que la démocratie représentative alors que celle-ci est « introuvable » et fait en permanence courir les risque d’être monopolisée par les représentants à leur profit ou, pis, à celui des puissants qui peuvent les acheter par mille moyens sans même parler de corruption. Les GL ne veulent qu’une restauration de la démocrassouille représentative et ne voient guère en quoi consiste une vraie démocratie.
Le SLC n’est pas contre la république, c’est-à-dire le bien commun et l’intérêt général. Mais il le considère comme une résultante de la combinaison des intérêts des individus libres. ce qui fait qu’il ne peut se dégager qu’ex post et ne peut provenir de l’affichage ex ante de buts communs de nature politique. La quetion devient qui définit l’intérêt général, comment, avec qui, pour qui? Réponse: les représentants. Mais alors on un bouclage indéfini entre la démocratie et la république qui fait que la démocratie sans la république n’est pas la démocratie et la république sans la démocratie n’est pas la république. La solution SLC, c’est de choisir la démocratie qui ne s’occupe pas d’égalité plutôt que la république qui risque de tuer la liberté. Les GL préfèrent la république à la liberté SLC sans limites mais ils ne comprennent pas que le SLC fait disparaître toute république en tant qque corps politique national.
Le SLC veut « ne même temps » la priorité du pays et l’abolition des frontières; c’est impossible d’avoir les deux et c’est pourquoi le SLC se fond dans le seul internationalisme du marché et de la libre circulation de tout. Au niveau politique dans l’UE le multilatéralisme est une ânerie car le SLC a fini par y imposer une sorte de confédéralisme (avec comme seul intérêt commun l »économie) au lieu du fédéralisme tout terrain.
* les pratiques des partisans du SLC:
Bien que le SLC regorge déjà de contradictions structurelles dans les théories qui le fondent, les dirigeants et autres élites à la tête des pouvoirs économique, politique, médiatique ont profité de leur position et avantages dus à la révolution hyper libérale lancée par Thatcher et Reagan pour se lancer dans une course folle à la concurrence sans limites via la libre circulation de tout au sein d’un marché mondial libéré de toute entrave. Ils ont mis les peuples en concurrence, détruit les souverainetés nationales, installé des règles de plus en plus favorables au kapital, accéléré la financiarisation de tout, négligé la croissance exponentielle des inégalités, de la précarité, de la pauvreté, détruit l’industrie, fait monter le chômedu, etc. Ils se sont servis de la toute-puissance de l’Etat pour imposer le SLC contre les modèles sociaux locaux, ont truqué la démocrate au point de la faire devenir illibérale, ont éradiqué la république en réduisant l’intérêt général à la seule économie et aux seuls puissants en ce domaine. Ils ont favorisé l’individualisme et le communautarisme afin de diviser pour régner. De même, ils ont accru toutes les fractures sociale, culturelle, territoriale. Ils ont remplacé les questions sociales par les sociétales au nom des droits individuels de l’homme. Ils ont détruit peu à peu le droit social, le droit syndical et les droits collectifs (dont les services publics socialisés) au profit de droits personnels individualisés. Ils ont favorisé l’immigration pour faire diminuer les salaires. Ils ont en quelque sorte privatisé l’Etat en alignant ses règles de gestions sur celles du privé. Ils ont réduit la protection sociale à un maigre filet de sécurité, selon le modèle anglo-saxon que Mac-Tron veut implanter en France en étatisant les retraites et l’assurance-chômage (la Sécu, c’est déjà fait par la loi de finance, les ARS, la T2A et la CSG). Et ils ont facilité la destruction de la planète par leur engagement permanent en faveur de la croissance, la consommation et l’accumulation.
Les GL ont parfaitement constaté les dégâts de ce système; ils y vont vu l’injustice, le manque de respect et leur Mort programmé en tant que groupe social reconnu. Mais ils n’ont pas assez analysé sa logique structurelle et mécanique, ce que j’ai fait ici dans des textes antérieurs. Je résume: le SLC est une sorte de machine thermique automatique dont le rendement dépend de la différence de température entre la source froide (la concurrence mondiale) et la source chaude (les différences de législation sociale, de fiscalité, de lois environnementales, de coût du travail, de protection sociale…). le kapital va toujours à où il y a assez de moins-disant en ces domaines, d’où le grand succès de la Chine. Et ce qu’il y a de merveilleux c’est que si les choses s’égalisent à long terme il y a la possibilité légale pour les politicards de recréer des différences; d’où la course permanente et généralisée au moins-disant, notamment dans l’UE qui a été construite suivant cette logique de cercle vicieux et d’étau invincible. C’est évidemment l’intérêt des plus puissants économiques qui peuvent se concentrer et éliminer la concurrence. C’est devenu aussi l’intérêt des politicards qui sont financés par les précédents (campagnes électorales et propagande médiatique) et qui y pantouflent ou font des allers-retours juteux entre le politique, l’administration et le privé. Or ce sont les politicards qui font la loi; ainsi le cercle infernal est bouclé. Les GL voient bien que ce système est illégitime car contraire à l’intérêt général et à la survie de la planète. Mais ils ne savent pas comment cela se fait. On ne saurait le leur reprocher quand on voit le niveau d’analyse socio-économique des politicards, des journaleux et… des analystes patentés.
Démunis, du reste comme Mac-Tron, d’une analyse sérieuse des causes de l’injustice du système, les GL ne veulent pas changer ce système. Ils n’entendent que le faire réformer et pour ce faire ils s’adressent à Mac-Tron, se disent respectueux de la démocratie, de la république, des institutions qu’il suffirait de modifier pour les améliorer. Mauvaise pioche car ce système est indécrottable, pourri jusqu’à la moelle, illégitime et incapable de se modifier car il est automatique, car ses bénéficiaires, politicards en tête, ne veulent nullement renoncer à leurs privilèges, car le pays n’a plus la liberté de décider vu que tous ses pouvoirs sont passés dans l’UE et les traités internationaux. Le pays n’a conservé que le droit d’adapter ses législations internes (fiscales et sociales) à la « concurrence libre et non faussée » et de réprimer les opposants. Sans pouvoirs réels, Mac-Tron n’offre que du dialogue et des allocutions familiales.
Louons les Gilets jaunes d’avoir par leur révolte mis en grande lumière que les institutions sont pourries, ce que les autres acteurs (syndicats, partis, médias…) n’ont pas fait car ils sont intégrés au système et en profitent. D’où leur refus de ces acteurs pour aider leur mouvement de peur d’être récupérés et, in fine, muselés et oubliés après quelques mesurettes. saluons cette petite classe moyenne qui a montré que l’empereur était nu. Lequel n’ a même pas compris qu’en fait les GL s’adressaient à lui en sauveur et que c’est cette classe moyenne qui ferait ultérieurement les élections car la base électorale actuelle de Mac-Tron (les 15 % de « In ») est bien trop faible et qu’il ne dispose pas de réseaux localement implantés.
Du reste, Mac-Tron, s’il voulait résoudre le problème des GL, ce qui est contraire à son idéologie, devrait commencer par lutter pour créer enfin l’Europe sociale, cette vieille lune du curé Delors (en barre) au lieu d’ y attiser une fracture entre « les progressistes et les conservateurs ». Il aurait des alliés dans l’Europe du Sud contre l’étau actuel mis en place par les Teutons et les luthériens du Nord et soutenu par les prébendiers de l’UE, à savoir les PECO(s) qui lui lèchent les ripatons.

Guignol, Madelon, Gnafron et Pandore, c’est le système Mac-(e)Tron

Classé dans : politique — 4 décembre, 2018 @ 10:51

Marx a écrit que l’histoire avait une 1ère forme dramatique et se reproduisait en comédie; Mac-(e, pour électronique 4.0)Tron en ajoute une 3ème: la pantalonnade. Il est Guignol, avec son épouse Madelon, son grand ami Gnafron (Philippe) et Pandore le gendarme qui manie la massue. Ce n’est plus la carotte et le bâton; c’est la parole et le gourdin. Aux plaintes légitimes du peuple en gilet jaune, Mac-(e)-Tron offre maintenant du dialogue, de la concertation, des entretiens et de la répression en parallèle. Comme si le problème pouvait être résolu par de la discussion si chère au philosophe teuton Habermas pape de « l’éthique de la discussion ». Et le philosophe Maqueron se montre bon disciple de Ricoeur comme si une philosophie subjectiviste, spiritualiste, individualiste et intersubjective pouvait nous apporter des lumières sur un « phénomène social total » dont l’enjeu majeur est: quel modèle de société voulons-nous pour vivre en république (primat de l’intérêt général) et en démocratie (le peuple est souverain et décide en dernier ressort des finalités et des buts communs).
Ces philosophies du sujet, fondées sur l’individualisme libéral, enterrent les problèmes réels, à savoir que les hommes ne vivent pas seulement de spiritualité mais aussi de pain, pas d’esprit éthéré mais de relations sociales fondées sur la Justice, pas de dialogue mais de travail, de luttes et de rapports de force, pas de modernité et de progrès dans le brouillard et l’incertitude mais d’enracinement et de sécurité, pas de soumission aux forces du marché mais d’espérance dans un avenir préparé en commun, pas d’individualisme mais de convivialité, pas de promesses et d’allocutions familiales mais de réalisations vers la Justice… L’homme est un animal politique et la société n’est pas pure liberté d’atomes, de « monades »: c’est aussi des structures, des règles, des représentations et des modes de pensée (culture) de contraintes issues du passé et dont on ne peut faire table rase à partir de son beau bureau lambrissé et doré.
OK pour commencer par le « dialogue ». Mais on va causer de quoi (de détails ou des problèmes structurels?) et comment ( à égalité, avec tous les acteurs concernés ou de façon bilatérale et sur le mode de la négociation ou de la consultation, publiquement ou en secret?). On sait la pratique de la concertation maquereaunienne: un par un, sous délai réduit, avec objectifs imposés et couteau sur la gorge, simple consultation, avec des sbires-fusibles du gouvernement… C’est je vous écoute et je déciderai tout seul, cause toujours, mon lapin, chante fauvette, j’irai mon train, les chiens aboient, la caravane passe… Donc quand Mac-(e)Tron propose de dialoguer, méfiance car c’est truqué. Cela, la CFDT le sait depuis longtemps mais que ne ferait-elle pas pour mériter son statut de réformatrice en chef ayant l’oreille et la préférence du gouvernement? Ce qu’il y a de sur, c’est que le pouvoir n’entend nullement remettre en cause le contenu global et transversal du SLC et ne renonce pas à sa toute-puissance issue de la démocrassouille actuelle de la ripoublique en place, qualifiées généreusement d’institutions de l’ordre public alors qu’il ne s’agit que du désordre établi. L’essentiel de ce qu’il faudrait mettre en débat est donc d’office hors jeu.
Parallèlement, Guignol et Gnafron font jouer la répression judiciaire et les maisons Poule-Man, Poulaga et Royco (police, CRS, Gendarmes). Certains en appellent à la déclaration de l’état d’urgence, ce qui est idiot car celui-ci vient d’être introduit comme permanent dans la loi ordinaire. D’autres demandent l’armée comme Charlot qui était allé à Baden-Baden voir le général Massu en 1968. On est donc bien dans la configuration de la carotte et du bâton en tant que conception néolithique (à coups de massue) de l’exercice du pouvoir. Et Maqueron voudrait que les gilets jaunes qui veulent de la démocratie s’en contentent? Eh bien non car on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Le chaos va donc continuer un bon moment car le pouvoir l’entretient et joue le pourrissement. Du reste, à qui incombe la responsabilité des violences? A Mac-Tron car quand on coupe toute possibilité de prise en compte des doléances, il ne reste plus que la rue pour s’exprimer. C’est un principe elementary my dear Maqueron… Eh bien, contre tes attentes, cela ne pourrit pas et la plupart des gens continuent de soutenir les gilets jaunes.
C’est fantastique: Mac-(e)Tron réunit en une seule personne les méthodes des principaux personnages francouis: Coué, Gribouille et le sapeur Camember, Queuille. Lequel s’est illustré par la phrase fameuse: il n’est point de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre. Queuille, de la IV ème ripoublique! Contre qui va-t-on le Troquer dans un ballet bleu horizon? On croyait avoir élu La Paille Au Nez Buonaparte au pont d’Arcole, on a l’abbé Rézina à trifouillis-les-oies. Maqueron, du haut de cette pyramide de débris, quarante jours vous contemplent. Que va-t-il se passer alors que l’ENA chie dans sa culotte de soie? Et l’arrogant et sémillant Mac-Tron qui devait sauver la planète est en train de faire se gausser grave ses collègues du leadership mondial: même pas fichu d’assurer l’ordre chez lui!

Qui a créé les gilets jaunes? Mac-Tron

Classé dans : politique — 2 décembre, 2018 @ 12:34

Le chaos hier à Paris et en province est un effet direct de la politique de fouteur de merde sociopolitique de Mac-(E)Tron. Mine de rien Mac-Tron est un des plus fervents populistes car il voulu instaurer un lien direct entre lui et le peuple en se passant des corps intermédiaires de représentation: syndicats, collectivités locales et mêmes députés largement coupés du terrain pour voter des lois à jet continu. Cela rappelle furieusement le plébiscite à la Napoléon III ou l’approche avortée de Boulanger. C’est aussi ce que fit de Gaulle mais n’est pas le général qui veut.
Un des problèmes, vu que Mac-Tron parle des rapports entre lui et « son peuple », est de savoir de quel peuple il s’agit. Il ne s’agit en aucun cas du peuple tout entier lequel n’a pas vraiment voté pour lui mais contre la Marine. Certes nombre de gilets jaunes ont voté pour lui puis ses députés mais, comme on le verra infra, c’est sur la base d’un malentendu et d’un sauve-qui-peut devant la piètre représentation monopolisée par des partis traditionnels à bout de souffle et qui ont été balayés au nom du dégagisme plébiscité par Mac-Tron. Le peuple qui soutient Maqueron est en fait très minoritaire. Cela est indiqué par l’élection des députés qui, en moyenne, l’ont été avec 15% des voix des inscrits compte tenu de l’abstention massive et des votes blancs ou nuls. Qui sont ces 15 % riquiquis? Ce sont les « bobos », les nomades, les « in » mobiles, diplômés, acquis au SLC, les habitants des grandes métropoles, les fanatiques de l’ouverture et de la diversité (ils ont besoin de domestiques immigrés payés au lance-pierre et précaires), les tenants des « minorités » en tout genre qui remplacent le sociopolitique par les prétendues avancées sociétales, les adeptes du multiculturalisme et du relativisme des valeurs, les « mondialisés » sans frontières et d’esprit apatride… Malgré une majorité législative légale ayant donné une « chambre introuvable » à Mac-Tron, on voit facilement que le reste du peuple, majoritaire, n’est pas représenté et que pourtant Mac-Tron excipe d’une légitimité dont il ne dispose pas. En particulier, notons qu’il n’y a pas un seul ouvrier à la chambre des « députains » (un général, des générés, un maréchal, des maraîchers, etc. comme ironisait déjà Boris Vian) alors que les ouvriers sont 25 % de la population (avec les employés pratiquement par représentés non plus, on dépasse les 50 % du peuple). Mac-Tron s’est réjoui d’effacer le clivage droite/gauche et de bâtir son imperium sur la « société civile »; yes mais c’est celle des 15 %. <malgré cette faible légitimité estimée en représentativité réelle, Mac-Tron a en outre imposé sa vision SLC contre les aspirations de la très grande majorité du peuple, ce qui fait du contenu même de sa politique quelque chose d'illégitime. Il s'en moque car grâce à la Constitution et aux "institutions" de la V ème ripoublique il dispose de tous les pouvoirs. Les gilets jaunes ont bien perçu que lesdites institutions n'étaient pas représentatives et que l'on n'était pas dans un Etat de droit ni en démocratie depuis des décennies. L'ordre public doit régner, dixit Philippe sans masse idoine de légitimité, mais un ordre illégitime et une autorité usurpée. Mac-Tron et ses acolytes ont oublié que l'autorité réelle vient du bas et est conférée par lui comme droit légitime de diriger; ils considèrent qu'ils la détiennent à partir d'eux-mêmes parce qu'ils ont été légalement élus.
Mac-Tron s'est drapé dans son bouquin programmatique (Révolution) dans la défense de la "France périphérique", celle qui constitue les troupes des gilets jaunes. Cela rappelle "la fracture sociale" dont s'était emparé Chiracos avant de la jeter derechef aux orties. Mac-Tron a été plus subtil car son idéologie SLC lui interdisait d'améliorer le sort de la France périphérique et c'est cela qui fait le malentendu car les gens n'ont pas pressenti que le SLC, doctrine pourtant affichée par le candidat et déjà pratiquée sous Zizi Rider, détruisait les classes moyennes depuis déjà longtemps et partout dans le monde occidental ex industrialisé. La politique de Mac-Tron, non perçue car largement cachée, consiste à rallier le modèle anglo-saxon: tout pour le capital et les capitalistes (politique de l'offre) et un maigre filet de sécurité accordé par l'Etat (modèle de Beveridge assis sur l'impôt au lieu du bismarckien francaoui fondé sur les cotisations sociales) aux seuls plus démunis; et, donc, abandon des petites classes moyennes laminées par le libre-échange et les évolutions techniques. Dès le début ce fut clair: grosse détaxation du capital, prime aux actifs (via le remplacement de cotisations sociales par 1,7 points de CSG; chose qui rapporte d'autant plus que le salaire est plus gros…), racket des retraités dès 1200 euros nets de pension malgré la suppression d'une partie de la taxe d'habitation (en dessous de 2500 euros mensuels de revenus pour un couple)… Blocage à 0,3 % d'augmentation des retraites (inflation 2018 à 2,3). mais toute petites hausses des minima sociaux (minimum vieillesse, allocation adulte handicapés… mais baisse des APL). En résumé: gros gains pour les 1 % les plus riches, quelques miettes pour les plus pauvres, taxation des classes moyennes aisées au-delà de 2500 euros (mais elles peuvent encore payer dès 4000 euros), attaques contre le pouvoir d'achat des petites classes moyennes. Devinez où sont les gilets jaunes?
Mac-Tron avait annoncé qu'il s'en prendrait aux "rentiers" mais les gilets jaunes ont fini par voir que les vrais rentiers c'étaient eux, surtout les retraités. Et le fiscariote Mac-Tron en a rajouté une bonne louche sur l'augmentation des taxes (plus de 15 milliards!) alors qu'il avait promis de baisser les dépenses publiques et les impôts qui ont augmenté sous son pontificat. Résultat des courses à Auteuil-Neuilly-Passy: les gilets jaunes ont répondu à l'appel de Mac-Tron: l'attaquer en tant que l'homme du rapport direct entre lui et eux. C'est ce qu'on appelle un effet boomerang ou de l'arroseur arrosé. Car Maqueron a ignoré que les intermédiaires filtraient les revendications, les ramassait en projet commun et, ainsi, modéraient les aspirations du peuple et lui donnaient des raisons d'espérer en organisant une riposte graduée et modérée. Alors,il est arrivé ce qui devait arriver: le roi est nu et tout seul face à la révolte des moins que rien, des sans-chemises, des sans-dents… Et bientôt sans culottes?

Pourquoi Mac-Tron ne peut ni ne veut répondre aux gilets jaunes

Classé dans : politique — 29 novembre, 2018 @ 12:13

Le pouvoir, comme les journaleux, n’a pas vu venir le mouvement de ras-le-bol des gilets jaunes. Pourtant cela fait belle lurette que les classes moyennes, surtout les petites, sont victimes des coupures et fractures sociales, politiques, fiscales, culturelles, territoriales. Elles ont un revenu trop important (!) pour recevoir des aides, paient les mêmes impôts que les autres (sauf les riches et les capitalistes de plus en plus exonérés) car ces impôts ou taxes sont généraux et uniformes sur le territoire quelles que soient les situations des populations, ont vu leur revenus stagner ou baisser et leurs dépenses contraintes ou charges fixes augmenter, donc leur pouvoir d’achat diminuer. Elles ont été surtaxées par les différents gouvernements successifs alors qu’elles s’appauvrissaient et entraient dans la précarité. Et Mac-Tron en a rajouté une grosse louche qui a déclenché le mouvement de protestation et de défense des gilets jaunes. C’était plus que prévisible mais on ne sait plus que « gouverner, c’est prévoir »; du coup le gouvernement propose des mesurettes pour calmer le jeu, des mesures atomisées, parcellaires et saucissonnées alors que le problème à résoudre est global et transversal (loin du simpliste « en même temps ») et touche à tous les aspects de la société et du quotidien desdites petites classes moyennes. Il nous faut donc voir pourquoi Mac-Tron en est réduit à des expédients, à de la Com. et à de « la pédagogie ».
Mac-Tron s’est enfermé lui-même dans une idéologie obsolète, des contraintes extérieures ayant réduit à presque rien son pouvoir d’action et dans sa conception verticale, technocratique et mégalo du pouvoir.
1) dogmes, croyances et attitudes de Maqueron:
Mac-Tron, formaté dans les Grandes Ecoles du pouvoir et de la phynance a gobé tout cru les fariboles de la pensée économique libérale et dominante: théorie du ruissellement, primat de l’offre sur la demande, efficience des marchés, théorème de Schmidt (l’épargne d’aujourd’hui est l’investissement de demain et l’emploi d’après demain), la concurrence fait baisser les prix, le libre-échange conduit à l’harmonisation, à la convergence économique et à la réduction de la pauvreté, la croissance peut seule résoudre la question sociale, la mondialisation est « heureuse », etc. Tous ces bilboquets, par ailleurs fort intéressés, ont été controuvés tant par des économistes, même libéraux, que par les faits telle la crise de 2008. Armé de sa science, alors que les Francouis seraient nuls en économie, Mac-Tron s’est lancé dans une politique de l’offre fondant la baisse des impôts sur le capital et les capitalistes (qui n’ont pas investi en France mais développé les dividendes, les placements à l’étranger, l’évasion fiscale, la spéculation) et sur le travail (les « actifs »). Mais comme il devait « en même temps » respecter les équilibres comptables exigés par Bruxelles und die grosse Angela, la luthérienne austère, il a fallu trouver du « pognon de dingue » chez les autres, à savoir les classes moyennes car les plus pauvres ne pouvant plus payer il fallait les assister mais seulement eux. Et toujours pour des raisons budgétaires il a commencé par arroser les plus riches, pensant qu’ils apporteraient de la croissance, avant de redonner quelques miettes aux actifs de moins de 2500 euros de revenu familial par mois. C’est raté car la croissance n’est pas là et que le chômedu persiste. Mac-Tron devait baisser d’un point le niveau des prélèvements obligatoires pendant son quinquennat; c’est mal parti car ils sont montés à 48 % du PIB contre 46 à son arrivée! Cette ponction sur la consommation ne va pas susciter la croissance espérée…
Mac-Tron ne raisonne qu’en terme d’économie coupée de toutes les autres dimensions du social, notamment de la morale comme le veulent les saintes écritures libérales. Il est un ponte du calcul, du quantitatif, du comptable, un spécialiste des « eaux glacées du calcul égoïste » (Marx). Il pense comme un « sachant », un technocrate. Il se prend pour un génie. Mais avec Macronescu, la réalité fait que le génie se carapate, le peuple réel repoussant cette arrogance. Imbu de son intelligence de cuistre, Macronescu a entrepris un travail de Roumain consistant à tout régenter à partir de son bureau en aplatissant tous les corps intermédiaires. Las, maintenant qu’il n’y a plus d’organes de médiation entre le peuple en colère et le pouvoir, Macronescu se trouve tout seul pour affronter la colère sociale entre lui et ses mégalo-pôles, d’un côté, et la foule en révolte, de l’autre. Mac-Tron n’est qu’un mégalo narcissique coupé des réalités quotidiennes vécues par la majorité du peuple « périphérique ». Son mode de pensée n’est pas dialectique (« en même temps ») mais dualiste car il oppose sans cesse les choses, les idées et les gens au lieu de les combiner, de les composer dans un pluralisme de bon aloi. En tant qu’idéologue libéral, Mac-Tron pense qu’il n’y a rien à planifier, qu’il n’y a pas besoin de projet collectif, d’aménagement du territoire pour combattre les disparités. Le marché règle tout automatiquement et au mieux, foin du plan gaullien indicatif et négocié entre tous les acteurs, à bas la Datar, la solidarité et les services publics, tous ces machins d’inspiration « collectiviste » comme dirait Fiscart Déteint. Mais ses prédécesseurs avaient déjà entrepris le massacre; lui il aggrave les choses au profit, c’est le cas de le dire, des lobbys qui ont son oreille bienveillante. Jupiter est macro(n)céphale et cela se voit. Le pays était déjà largement déchiré et Mac-Tron a accentué les cassures sociales. Mac-Tron ignore tout du droit et fiche en l’air ses principes fondamentaux comme l’égalité de traitement et l’universalité des lois.
En sociologie, Mac-Tron est un individualiste et considère que le collectif n’existe pas; c’est du Thatcher pur sucre. La société n’est pour lui qu’une collection d’individus en compétition et il n’y a que des contrats bilatéraux de gré à gré entre le renard libre et la poule libre.
Mac-Tron croit que la démocratie libérale fonctionne et lui a procuré la légitimité de changer de peuple par ordonnance. Il ne voit pas que cette chose n’est plus depuis longtemps qu’une démocrassouille non représentative et seulement légale bien qu’elle confère au Zident tous les pouvoirs (Constitution de la V ème ripoublique). Il n’a été en fait adoubé que par une petite fraction de la population, celle des « bobos » nomades, sans racines, ouverts à la mondialisation, bien formés et diplômés. Ce qui a donné 15 % de vote des inscrits en faveur de l’hyper majorité maquereaunienne à la chambre des députés. Il a oublié que le vote protestataire a fait 40 % au premier tour des pestilentielles! Muni de sa légalité électorale, il se croit tout permis contre l’intérêt général du pays. En outre sa conception du pouvoir est verticale, descendante, néolithique, personnelle, napoléonienne. Et qui peut croire en une démocratie ou le député de l’essonne vient d’être élu avec moins de 20 % de participation électorale?!
2) les Contraintes: SLC, traités internationaux, UE
Les pouvoirs internes à la France mobilisables par Mac-Tron sont dérisoires; ils sont réduits à la fiscalité (sauf la TVA normalisée par l’UE), au droit social et syndical, lequel doit être adapté pour être pleinement concurrentiel et aux normes environnementales. Mac-Tron n’a pas le droit de fixer les droits de douane, le droit de passer les traités de commerce international, de moduler le taux de change de la monnaie, de fixer le taux d’intérêt, de construire le budget en dehors des clous de la TSGC Merkel-Tsarkozy, de sortir des normes européennes sur les produits toxiques, ni d’indiquer sur les produits leur provenance. Il est entièrement prisonnier des traités passés par ses prédécesseurs pour l’UE. Et l’UE n’a été bâtie que sur sa dimension économique à grands coups de directives considérés par la CJUE comme supérieures au droit national. l’Europe est ordo-libérale, c’est-à-dire sur la vison teutonne d’une économie régie par des règles absolues et intangibles. Les règles européennes en place, aggravées par la monnaie unique dans la zone euro, forment un gigantesque étau construit pour mettre les peuples en concurrence illimitée. Ce qui ne peut qu’amener à des divergences (et non à la convergence qui est la théorie au nom desquelles il a été mis en place), notamment parce que le budget de l’UE est ridiculement faible (1 % de la somme des budgets de tous les Etats contre 20 % aux USA) et interdit tout transfert de compensation des déséquilibres entre pays. De plus les aides financières entre banques centrales des pays sont interdites et les coopérations pourchassées.
Il n’a pas pigé, car cela serait contraire à ses croyances libérales, que le SLC amène l’essor des inégalités, la division léonine du travail, l’accumulation sans limites, ce qui détruit la planète, la concentration économique dans les territoires les plus puissants et dotés, les déséquilibres fantastiques des balances commerciales. Il ne voit pas que la concentration monopolistique ou duopolistique provient directement de la loi du profit: celle-ci conduit à grossir, à absorber, à monopoliser les marchés car plus on vend ou produit plus il y a d’économies d’échelle. Et même des rendements croissants avec les économies de réseau, lequel est d’autant plus rentable qu’il reçoit de passages; c’est ainsi que les GAFAM deviennent des monopoles mondiaux. C’est le libre-échange sans régulation qui conduit à la désertification des campagnes et à la concentration urbaine qui regroupe toutes les infrastructures nécessaires au plein développement du Kapital. Infrastructures payées également par tous les contribuables de l’ensemble du territoire alors que les zones périphériques n’en disposent que peu. Les gilets jaunes voient bien qu’ils paient le même impôt universel national alors qu’ils ne récupèrent que les miettes des services publics laminés au nom du privé soi-disant plus efficace.
Mac-Tron adhère à ce système, d’une part parce qu’il y croit et, d’autre part, par narcissisme. Il veut faire partie du club des dirigeants libéraux et modernes et, bien plus, il veut en être le lider maximo, le primus inter pares, et même, en tant que mégalo, le meilleur agent et propagandiste. Il ne fera donc rien pour résoudre les problèmes des gilets jaunes; cela supposerait qu’il se batte pour une réorientation drastique de l’UE afin que chaque pays retrouve des marges de manoeuvre pour lutter contre le SLC qui est la doctrine actuelle de l’UE.
Le rapport des forces est tel que les gilets jaunes perdront leur combat mais pour Mac-Tron ce sera une victoire à la Pyrrhus. ils n’ont pas de projet ni construit, ni commun et ils ne sont pas organisés. De plus, des partis font semblant de les aider alors que leur but essentiel est de conserver le monopole de la représentation en la réduisant aux jeux politiques institués en monopole. Mais, tôt ou tard, la plante semée par les gilets jaunes germera, par exemple aux européennes.

Les Voraces et les Coriaces: Carlos Ghosn

Classé dans : politique — 24 novembre, 2018 @ 12:21

Les mésaventures du PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi sont le symbole incarné de ce qui peut se passer en régime de SLC, nonobstant que ce que lui reproche la justice nippone soit avéré. Mais il n’y a pas besoin de connaître la suite pour dire ce que je vais énoncer infra.
En SLC, les vieilles valeurs (honneur, courage, honnêteté), celles qui nous ont donné le combat entre les Horaces et les Curiaces, ont été passées au néoCid et ont été remplacées par la voracité, la rapacité, l’avidité, la « coriacité », si j’ose dire. le mantra est: moi d’abord, les autres ensuite; Moa, Moa, Moa comme disait Guitry. C’est l’impérialisme culturel de la morale SLC qui règne, à savoir l’individualisme narcissique, mégalomane et paranoïaque. Les PDG d’aujourd’hui n’ont jamais assez de pognon et se comparent sans cesse aux autres (vive le benchmarking SLC) pour exiger toujours plus comme dit Walter (de) Closets… mais pour les syndicalistes et les fonctionnaires et les salariés de base et non pour les patrons. La lutte des places s’est substituée à celle des classes. Il faut être « entrepreneur de soi-même » et se vendre au plus offrant. On est prêt à accepter n’importe quel boulot de merde ou inutile ou nuisible pourvu que cela paye une blinde car pour être admiré il faut pouvoir afficher son pouvoir d’achat aux yeux des autres via des consommations qui vous distingue du vulgum pecus (vieille analyse de Veblen dans « La classe de loisirs ») et belle illustration de « La société du spectacle » décrite par Debord.
M. Ghosn (ça se prononce comme ça s’éternue) est le prototype du kapitaliste apatride avec ses 3 nationalités (sauf la bonne, à savoir la japonaise); 3 passe-porc illustrent que l’on est avant tout au service du kapital, lequel n’a que faire des frontières, des pays et de la « décence commune ».
Le sieur Ghosn a été à très bonne école: X-Ponts, ce qui, comme à ses congénères, donne le droit de mépriser les autres au nom de la méritocratie ripoublicaine. Proudhon qualifiait les Grandes Ecoles de « séminaires de l’aristocratie » et Bourdieu les hauts administrateurs ou fonctionnaires de « noblesse d’Etat ». C’est ben vrai, comme disait la mère Denis mise en vedette par une marque de machines à laver. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Proudhon racontait l’anecdote suivante: un X-Ponts avait présidé à la construction d’un pont sur la Saône si bas que les péniches ne pouvaient plus passer dessous; les batelliers se plaignirent et l’ingénieur leur répondit avec superbe « les ponts, c’est fait pour passer dessus, pas dessous. Autre petite histoire: dans les années 60, EDF avait construit une ligne à très haute tension au dessus des espaliers de vigne en Gironde; les viticulteurs se plaignirent de recevoir de grosses châtaignes d’électricité par temps d’orage, réponse des X-Ponts d’EDF: vous n’avez qu’à planter vos vignes en espalier perpendiculairement aux lignes au lieu de les laisser en parallèle. Ces gens-là savent tout et ont donc le droit de commander. Et l’engeance à la Ghosn le fait d’une manière particulièrement autoritaire, même pour le Japon où l’obéissance est culturelle et forte.
Nos génies, habilités par leurs diplômes et toute la camarilla des diplômés, sacralisés par les institutions et malheureusement respectés par les dominés, ont tous les droits et n’ont pas à respecter la morale du bas peuple; ils peuvent donc être insatiables et se conduire en despotes (voir les suicides chez Renault au centre de recherche de Guyancourt ou la ténébreuse affaire de cadres supérieurs innocents mais virés pour cause d’affaire d’espionnage montée de toutes pièces par des sbires de sécurité au service du seul et paranoïaque Ghosn); ce sont des mégalos et des narcissiques par construction car toute leur formation a tendu à leur faire croire qu’ils sont des aristos (les meilleurs en grec). Il s’entourent de courtisans et de béni oui oui qui leur tendent le miroir qui tous les jours leur dit que qu’ils sont des phénix sortis de la cuisse de Jupiter alors qu’ils ne sortent que de la boîte de Pandore. Cela s’est vu au remariage de Ghosn au château de Versailles, les Japonais l’accusant d’avoir fait payer la note par Nissan. En outre, le quidam s’est vu ériger une statue de 5m de haut sur un pont à côté du siège de Nissan! Oh Nissan qui mal y pense! Mais cela relève de l’individualisme SLC exacerbé par la diplômite méritocratique francouie.
Je ne sais évidemment pas si Ghosn, franco (de port)-bilan né-samba (b)résil (le) a fauté car il faut se méfier d’une opération montée par les Japonais se plaignant d’être trop absents de la direction de Nissan alors que notre malhomme projetait de fusionner les entreprises d’autos au-delà de l’actuel partenariat Nissan-Renault-Mitsubishi. Ils le voyaient mal car en fait Nissan, bien plus grosse que Renault, est le leader effectif de l’association. Et on peut déjà augurer que Nissan va absorber Renault car le titre d’ycelle est en train de plonger. Cela peut donc relever de la lutte des places, voire du nationalisme nippon. Y aura-t-il ippon? On ne sait, mais « l’itinérance » ghossienne est possible vu qu’il a la grosse tête depuis longtemps. En outre, le génie n’a rien vu venir à l’instar de Mac-Tron qui n’a pas pensé que les gilets jaunes en avaient ras-le-bol d’être plumés encore plus par les fiscariotes et comptables de Bercy. C’est pourquoi il a été cueilli comme une fleur de cerisier à la sortie de son jet privé au kérosène détaxé. On ne pleurera pas et cela me rappelle une blague de Balzac: on quêtait dans son immeuble (5 francs par habitant) pour enterrer un huissier qui y habitait; Balzac donna 10 francs et dit: enterrez-en deux.
De plus, sachons que l’intelligence du pharaon de l’auto n’est pas si extraordinaire que cela; ses décisions sont à la portée du premier manager venu: productivisme par pression constante et accrue sans cesse sur les travailleurs, ressources financières par le crédit-auto et les dividendes versés par Nissan (2,5 milliards), délocalisations dans les pays low cost, chasse aux syndicalistes, heures.sup, etc. Il n’y a pas de quoi s’extasier et être payé 15 millions par an.
I

Ordre public, forces de l’ordre, Etat de droit, légalité et ordre républicains, respect des institutions de la démocratie…

Classé dans : politique — 20 novembre, 2018 @ 11:59

Les fantoches qui nous dirigent, y compris Mac-Tron président du nouveau monde, nous ont accoutumés aux belles notions d’ordre public, de forces de l’ordre, de l’égalité républicaine, d’Etat de droit, de respect des institutions démocratiques. Tout mouvement de protestation, comme celui hier des « gilets jaunes », est aussitôt soupçonné d’enfreindre l’état des choses décrit par les mots ci-dessus verbalisés (dans les 2 sens du terme) et psittacisés à l’infini par les « autorités en place ». Tâchons de voir les pièges tendus à la démocratie réelle par ce florilège de normes.
Bon déjà, d’ou vient l’ordre? Il vient de la législation en place. Cette législation assure-t-elle l’ordre? Oui, mais de quel ordre s’agit-il? A cette question on peut répondre sous deux angles principaux. D’abord l’observation et l’analyse des formes et pratiques dudit ordre dans la situation actuelle; alors, la réponse est claire. L’ordre est celui de l’inégalité, de l’injustice, de la pauvreté du plus grand nombre, de la précarité, de la disparition de l’espoir, de l’insécurité du lendemain, de la répression judiciaire et policière. Constate-t-on un progrès, une amélioration? Non, on va de plus en plus vite vers la mise en place en France du SLC qui amène concurrence, puis compétition, puis oppositions, puis conflits latents et ensuite ouverts entre les populations favorables à l’hyper libéralisme dérégulé et ses très nombreuses victimes vues hier en partie dans la rue. les « fractures sociales » ne cessent de grandir avec le SLC mac-tronien alors même que ledit Maqueron prétend les réduire. On a pu admirer les effets de l’opposition dans le fait que certains excités du macronisme et de l’individualisme libéral ont foncé dans le tas des piquets de bouchons. C’était un signal manifeste; je vous emmerde, vous les petits, les sans-grade, les « moins que rien », les sans-costume, les populistes réactionnaires, nationalistes,  » fumeurs de clopes et utilisateurs de diesel ». Et d’ailleurs notre président nous a couvert par avance car nous représentons le progrès contre les « Gaulois » hostiles au changement. Vous n’avez pas le droit d’empêcher la circulation, droit fondamental du SLC, au nom de vos petits problèmes, et d’aller contre la politique du président démocratiquement élu. Nous sommes le bien et vus êtes le mal; donc nous faisons le bien en vous faisant mal. Du reste, derrière une théorie du « en même temps », en fait Maqueron a attisé les dualités: riches contre pauvres, métropoles contre bourgades, actifs contre retraités, prétendus investisseurs contre rentiers… Et pour cela faire, il n’a été qu’un fiscariote, c’est-à-dire un champion des impôts et taxes et un spécialiste du transfert des charges de Pierre à Paul. Cela nous fait une belle anarchie dans le temps même où Edouard Philippe, 1er sinistre, affirme que les gilets jaunes, c’est l’anarchie! D’autres LREM stigmatisent l’aspect « poujadiste » du mouvement. Et tous en appellent au maintien de « l’ordre républicain ». Cela doit être à géométrie variable car où se voit ledit ordre dans les zones de non-droit, d’agressions en tout genre, de voitures incendiées, d’agressions dans les écoles, d’espaces monopolisés par des bandes ou des islamistes, dans le crime organisé, notamment albanais qui prospère, dans les trafics de drogue, dans les immeubles qui s’effondrent, dans les banlieues ghettoïsées, dans les campements sauvages…? On se demande s’il y a encore un Etat de droit. La réponse est non et pourquoi? Parce que ces phénomènes ne sont pas politisés ni organisés et ne mettent nullzment en cause le système libéralo-capitaliste. Mieux, plus ces gens-là s’isolent, se battent entre eux, plus la division sociale fait les affaires d’un SLC sans adversaires organisés. Et voilà pourquoi les politicards main-stream ne font pas grand chose pour assurer l’ordre là. Mais quand on conteste le pouvoir, alors là il réagit vivement ou menace de le faire comme a dit si bien Castagnette, ex-délinquant juvénile devenu ministre sous Mac-Tron.
Sur le 2ème volet de l’existence « d’un ordre juste » comme dit Ségo Bas-de-laine politique, rappelons la séquence: élection de représentants habilités légalement par icelle à « donner et casser la loi » (souveraineté), vote des lois (Etat de droit), judiciarisation de leur application (qui donnent « l’ordre public »), sanction des violations, répression (forces de l’ordre), zonzon. La question devient: est-ce que les lois sont justes, c’est-à-dire établies dans l’intérêt général et en vue du bien commun? La réponse est non car elles sont données pour le seul bien du SLC et de ses acteurs économiques et financiers. Comment est-ce possible? Elementary, my dear Watson: profitant des énormes vices structurels de la démocrassouille libérale, soi-disant représentative, les représentants politiques sont devenus depuis 30 ans les gilets rayés du kapital. J’ai déjà décrit amplement la nature et les vices de cette démocrassouille qui est une façade à la Potemkine laissant accroire aux citoyens qu’ils sont encore en démocratie alors qu’en réalité c’est le kapital qui dirige le pays. Ce voile impudique est nécessaire pour continuer de faire des affaires tout en faisant accroire au peuple que les gouvernants décident démocratiquement en vue de son bonheur; si ce masque disparaissait alors il serait clair pour tous que, d’un côté, il y a les capitalistes et leurs sbires et, de l’autre, la grande masse des exploités, des dominés et des leurrés (triple alliance du trône, du coffre-fort et de l’autel; « bloc historique » unissant par hégémonie la domination, l’exploitation et l’aliénation idéologique). Qui plus est, il y a belle lurette que les pouvoirs souverains du pays ont fichu le camp vers la technocratie de Bruxelles, les petits arrangements entre amis libéraux au Conseil européen et les traités internationaux de commerce pour lesquels seule die Grosse Kommission de Bruxelles (techno plus Conseil plus parlement européen dominé par la droite libérale teutonifiée) décide. Le pays, ex-souverain, a perdu grands et essentiels leviers de commande, à savoir sa politique monétaire, son taux de change, ses droits de douane, la décision d’ouvrir ou non ses frontières au commerce international, son droit d’emprunter à sa banque centrale, sa politique d’immigration. Il ne lui reste plus que la fiscalité, le droit social et syndical, la protection sociale et … la répression. Or ces leviers ne peuvent plus être utilisés autrement que comme variables d’adaptation à la compétition internationale et européenne et c’est pourquoi ils font partie de la course permanente au moins-disant.
Tout découle donc de la nature de la démocratie en place et de sa légitimité; car elle est bel et bien légale et donne le contenu du droit « positif » (décidé et en actualité de service), le prétendu ordre public et Etat de droit. Notre démocratie est-elle légitime? Non; elle ne peut l’être quand l’assemblée nationale dispose d’une majorité absolue de députés avec en moyenne 15 % des inscrits aux législatives, quand il n’y a pas un seul ouvrier, quand les grands médias (dans la main des industriels et financiers qui ont payé la campagne de Mac-Tron) n’arrêtent pas de promouvoir ou justifier sa politique SLC, quand tous les pouvoirs sont concentrés sur le zident, quand les collectivités locales et les corps intermédiaires sont snobés et laminés, quand un projet de réforme de la justice va accroître les pouvoirs discrétionnaires des procureurs, quand le droit syndical est ratiboisé au détriment de la défense du salariat, quand les riches sont détaxés et les retraités assommés, quand la prétendue élite méprise ou vertement le peuple… Et comme ce régime de prétendue démocratie pond les lois qui régissent le soi-disant ordre public, celui-ci n’est pas légitime non plus, ni « les forces de l’ordre » à le défendre. CQFD

Gilets rayés et gilets jaunes

Classé dans : politique — 15 novembre, 2018 @ 12:31

D’où vient la colère des gilets jaunes? Des saloperies politicardes et technocratiques des gilets rayés. Qui sont-ce? Les politicards qui obéissent au doigt et à l’oeil aux consignes des zélateurs du SLC et qui sont dominés par les technocrates de Bercy, eux mêmes chauds partisans dudit SLC. Autrefois, les politiques étaient « les fondés de pouvoir du capital » (Marx); ce temps n’est plus car ils en sont devenus les domestiques serviles.
La colère vient aussi de ce que ce gouvernement de « nouveau monde » est tout aussi centralisateur que ses prédécesseurs; ce qui veut dire autoritaire, technocratique, normalisateur, standard. Il prend des mesures générales quelle que soit la diversité des situations des différentes populations; c’est bien plus facile que de faire face à la complexité et à la pluralité des problèmes et des acteurs sociaux. Cela permet, comme dans le privé qu’il imite et dont il a a adopté la logique unidimensionnelle, de construire des indicateurs et des tableaux de bord simplistes et uniquement quantitatifs et financiers. C’est le rêve des mégalomanes de Bercy que de pouvoir suivre la marche du pays sur un 29.7 où ne figurent que du général et des moyennes; cela permet de gommer les écarts et les cas particuliers. Cela permet de continuer dans la logique shadok car un système d’information purement quantitatif interdit de comprendre les causes profondes des échecs; alors on adopte ladite logique qui a pour principe numéro 1: plus on échoue, plus on a des chances de réussir. Pompons, pompons … le pognon des Francaouis. Ce qui devient dans le ressenti des citoyens: c’est le pompon pidou.
La frustration vient de ce qu’une fois de plus le gouvernement, pourtant si moderne et progressiste, s’en prend à ceux qui sont censés ne pas pouvoir réagir: isolés, dispersés dans les périphéries pour la plupart d’entre eux, atomisés, sans moyens à consacrer à se défendre, sans syndicats ni organisation, les vieux récemment rackettés. On ne taxe pas ou beaucoup moins les avions, les paquebots, les grands pollueurs, les agriculteurs productivistes de la FNSEA, les boîtes de transports routiers qui ont de puissants lobbys pour les défendre, ni Total qui, au contraire vient d’avoir le droit de détruire une partie de la Guyane pour trouver du pétrole et d’acheter 300 000 tonnes d’huile de palme pour faire du biocarburant. Et tous ces acteurs-là sont évidemment l’objet des soins les plus attentifs de die Gross Kommission de Bruxelles. On réinvente la gabelle et on a sans doute pensé que les oies ne se révolteraient pas; certes ce n’est pas nouveau car depuis des lustres, c’est le rôle de la TVA de plumer tout le monde, surtout les plus pauvres qui n’en peuvent mais. Et où est donc, non ornicar, mais le « nouveau monde »? Et cela s’ajoute au ras-le-bol fiscal dû à l’augmentation permanente des impôts et taxes sauf pour les plus fortunés. Il est probable que le gros des gilets jaunes dans la rue viendra des classes moyennes qui en ont marre d’être les seules à payer plein pot sans avoir quoi que ce soit en retour car les aides, rustines et mesurettes annoncées par le gouvernement n’iront qu’aux 20 % les plus pauvres de la population. Ce qui, cela étant dit au passage, entretient une coupure de plus en plus grande entre les classes sociales au lieu de recherche de la cohésion sociale.
La grogne vient d »une décision brutale, à première vue non préparée sérieusement, c’est-à-dire en anticipant les conséquences de la mesure; ensuite, comme il y a des réactions (soi-disant non prévues) le gouvernement fait mine de rétropédaler et de se donner une image paternelle en cherchant des solutions. Pourquoi dis-je à première vue? C’est parce que la tactique du pouvoir relève de plusieurs facteurs possibles. Il y a celui que je préfère qui consiste à lancer l’affaire comme un ballon d’essai et d’attendre les réactions, le pari étant qu’il n’y en aura pas à cause des raisons exposées supra. On n’a donc pas à étudier solidement la mesure ex ante et on répondra au coup par coup en tant que de besoin au cas où il y aurait de la ruée dans les brancards. Cela permet de gagner du temps et de se donner une aura sociale en faisant semblant d’adapter la décision aux réactions. C’est évidemment vieux comme Hérode (et hérodé) et une des ficelles classiques du gouvernement néolithique qui assène ses Massu comme Charlot en 68. L’autre solution est une combinaison d’incompétence (surtout avec des gens qui viennent de plus en plus du privé et ignorent complètement la chose publique et sa logique d’intérêt général), de fatuité (moi, je sais tout à l’encontre des ploucs que je méprise), de cuistrerie (j’affiche un savoir que je n’ai pas pour impressionner le populo), de jean-foutrisme (personne totalement incontrôlable car, en l’occurrence, au-dessus des lois), de flemme (c’est bien plus facile de faire du standard que du complexe). Avec ce pedigree, il est tout à fait inutile de se creuser les méninges pour préparer une législation efficace. Et puis de toute façon on peut se rattraper via la méthode 1 ou on rétropédale et on fait de la « pédagogie ». Quel mépris puis que la pédagogie suppose qu’on s’adresse à des andouilles qui finiront par comprendre si on leur explique plus longtemps les choses, qui pourtant ne relèvent pas de la pédagogie mais de la démagogie camouflant les réalités en les qualifiant de simple ressenti. Et qui est généralement un tissu de mensonges. Exemple: la taxation supplémentaire du carburant s’expliquerait par l’urgence écologique et par le privilège donné au travail; double menterie car l’essentiel du fric en plus va dans les fouilles de l’Etat et car le travailleur a très souvent besoin de circuler en bagnole, faute de transports en commun, pour aller turbiner souvent pour des queues de cerises. Le gouvernement Mac-Tron a largement aggravé ces stratégies classiques en se moquant du parlement et des commissions préparatoires: il leur communique les textes en retard et leur laisse un très court délai pour les étudier ou les amender ou il s’oppose aux amendements. Et le projet Mac-Tron à l’étude va encore réduire plus les droits du parlement!
On note que le traitement uniforme des problèmes et des textes législatifs relève de la centralisation étatique chère à l’énarchie eux mégalos du pouvoir. Mais maintenant cela ne porte que sur ce qui est encore dans le pouvoir du gouvernement alors que tous les leviers de la souveraineté sont passés dans l’UE et les traités de commerce: plus de maîtrise des droits de douane, du budget, de la monnaie, de la politique monétaire, du taux de change; restent la fiscalité et le social. En revanche, tout ce qui n’est pas régalien a été refilé au privé qui pond ses propres normes de plus en plus décentralisées car produites directement dans les entreprises (moins de lois, de conventions collectives de branche; vive les accords d’entreprise). C’est super car cette « flexibilité » exigée par le SLC a pour effet d’accroître la course au moins-disant et la concurrence sauvage. Dans ce cadre d’impuissance, on observe que Mac-Tron a une stratégie à la gribouille (un trou chasse l’autre) et joue aux chaises fiscales en reportant une bonne part des coûts de ses décisions sur d’autres acteurs: collectivités locales, budget de la Sécu, entreprises. C’est très moderne. Cela a marché mais les gilets jaunes ne rient plus et vont prouver que trop c’est trop et qu’il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.

Le multilatéralisme mactronien

Classé dans : politique — 13 novembre, 2018 @ 12:13

Mac-Tron contre l’isolationnisme trumpien et le nationalisme populiste prône le retour au multilatéralisme onusien. C’est un combat d’arrière-garde si on tient compte des évolutions qui ont amené à la situation actuelle: montée des extrémismes, nationalismes en hausse rapide, tendances au replis sur soi, inefficacité totale de l’ONU, cohue de pays dans l’UE qui devait propager la paix et assurer la convergence des économies, lutte contre les pays dérogeant aux écritures saintes du SLC. Comme toujours Maqueron monte au créneau alors que ce qu’il défend est déjà mort même si ses dirigeants ne le savent pas encore tant ils tiennent à le défendre car il est le ressort de leurs positions dominantes et juteuses.
Il suffit déjà d’examiner l’état de la planète pour penser que le multilatéralisme n’est plus à l’ordre du jour. les conflits de toute sorte et pour l’instant de faible portée extrêmement nombreux prolifèrent ou s’annoncent déjà: pour les énergies, pour l’eau, pour les ressources alimentaires et minérales, pour la puissance, pour la religion, pour l’identité, pour le climat, contre l’immigration, pour les territoires et les terres, pour les océans, pour les idéologies… Le monde est devenu très conflictuel et instable et les institutions internationales fondées juste après la fin de la 2ème guerre mondiale sont démonétisées, voire démonisées. La finance mondiale et largement off shore a déstabilisé les économies. Le libre-échange sans limites pour tout (marchandises, services, capitaux, et théoriquement les « ressources humaines », soit les 4 grandes libertés de circulation de l’UE) a amené pauvreté relative, inégalités, précarité, insécurité culturelle et sociale. Ne reste plus que des possibilités d’accords peu latéraux (2 à 3 ou 4) entre pays ayant des convergences momentanées d’intérêts. on voit du reste aisément la montée des antagonismes et des nationalismes à l’expansion soutenue des dépenses d’armement dans notre pauvre monde, dépenses qui vont bien au-delà de ce qui serait nécessaire pour aider les pays pauvres, supprimer la faim et l’absence d’eau, protéger le climat, investir dans l’écologie.
Mac-Tron est dans le politique et veut la paix; fort bien et qui dirait le contraire? (ce qui est mon test favori de non-falsification, si on répond personne, c’est que le discours est du blablabla). Or, si on n’est pas un énarque mais un sociologue, un économiste, un philosophe on se demande d’abord qu’elles sont les conditions concrètes et réelles de la paix. Ce que ne font pas les partisans du SLC cher à Maqueron; tout simplement parce que le SLC mondial et aussi et surtout européen « porte la guerre comme la nuée l’orage ». Depuis 30 ans l’UE, à grands coups de directives ordolibérales, d’arrêts hyper libéraux de la CJUE (ex-CJCE), puis de monnaie unique, puis d’élargissement à l’Est sans approfondissement, le tout étant fondé sur les seules conceptions et les seuls intérêts de la Teutonie, met les peuples en concurrence « pure et parfaite »: économique, fiscale, sociale et environnementale. Il n’y a pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que la concurrence dégénère en compétition, celle-ci en antagonisme et ce dernier en nationalisme porteur de guerres, tant dans les pays (fin de la cohésion sociale) qu’entre eux. On ne peut donc pas « en même temps » vouloir la paix et défendre un système socio-économico-politique qui amène peu à peu à la guerre de tous contre tous. Même si au début la guerre n’est qu’économique, ce qui est bien mieux que les menées nazies, tôt ou tard celle-ci conduit à la guerre tout court. Du reste avant 1914, des penseurs comme Rosa Luxembourg ou Jaurès avait bien analysé que les impérialismes et les colonisations pour monopoliser les ressources, via notamment la course à la maîtrise des mers entre Gibbys et Tudesques, causeraient la guerre; d’où la boucherie de 14/18. Bien plus que l’enchaînement des traités entre puissances, la cause profonde de la « Der des Der » fut la guerre économique entre elles. Ce que Proudhon avait fort bien vu dans « La guerre et la paix » où il montrait que la guerre économique supplantait la militaire.
Contrairement aux âneries qu’on nous ressort sur l’idée que ce serait le traité de Versailles qui aurait amené Hitler au pouvoir, c’est encore la situation et la guerre économiques qui ont créé les conditions de la guerre de 39/45. Certes, les clauses infligées à la Doryphorie par le traité de Versailles (dont des réparations et des indemnisations au niveau de 500 milliards d’euros actuels) étaient extrêmement dures. Mais si la Tudesquie avait gagné, question qu’on ne se pose pas pour excuser la Schleuie? Cela aurait été bien pire comme le montre le traité de Brest-Litovsk qui dépeçait la Russie et aussi une proposition d’armistice du Kronprinz à la France en 1917 (quand les casques-à-pointe engagés à l’Est purent rejoindre le front occidental après la défection de Lénine) était encore plus scandaleuse que le traité de Versailles. Et je rappelle qu’après 1870 la France avait dû payer 5 milliards de francs-or à Bismarck, que la Bochie n’a payé qu’un quart des réparations grâce à ses amis anglais et américains et que le Nord, l’Est de la France plus la Belgique avaient été dévastés de fond en comble par la guerre (l’Allemagne pas du tout) et aussi par des vengeances pures et simples (destruction des usines du Nord, tirs sur la cathédrale de Reims et même sur Paris à coups de Gross Angela). Mais comme seules la France et la Belgique avaient subi des destructions immenses, les autres pays s’en sont moqué pour reprendre leurs affaires avec les Tudesques et pour faire plaisir à leur population d’origine teutonne. Rappelons que la dynastie britannique actuelle est d’origine saxonne, au point que le jules d’Elizabeth est devenu lord Mountbatten à la place de von Battenberg.
Certes la Doryphorie a compris que la guerre armée n’était pas la solution pour recréer son Hinterland et son Lebensraum (du reste la bombinette francouie la refroidirait si d’aventure…); elle a changé son fusil d’épaule avec la guerre économique qu’elle mène en Europe depuis 30 ans. Elle s’est trouvé des alliés (Europe du Nord libérale et luthérienne, pays d’Europe centrale et orientale, PECO) pour s’emparer de tous les pouvoirs européens: la Kommission de Bruxelles avec son sbire Juncker (lire Junker; réputé ivrogne et surtout champion de l’optimisation fiscale du Luxembourg contre les autres pays), le parlement européen, la majorité au conseil européen, la mainmise sur l’austérité via sa banque centrale et ses alliés anti-cigales. Et cela a fini par susciter les réactions anti-européennes qui proviennent surtout de ce que l’UE n’est qu’une cohue de pays ne défendant que leurs intérêts et se livrant une guerre économique, commerciale, sociale et fiscale sans merci.
Mac-Tron est pour le multilatéralisme mais cela ne l’empêche pas de privilégier la coopération bilatérale avec la Teutonie. Coopération qui ressemble fort à « l’entente cordiale entre Rosbifs et Francaouis du 19 ème siècle: une alouette française et un percheron tudesque. On le voit aisément car die Grosse Angela a refusé tous les projets maqueroniens, dernier en date la dérobade teutonne envers la taxation des firmes du GAFAM. Les dirigeants allemands ne cessent de défendre leur bout de gras et leur impérium européen et la gouvernance française garde le monopole des bonnes paroles et des projets impossibles. Mac-Tron est très fort en beaux discours politiques, humanistes et philosophiques mais cela ne repose sur aucun substrat socio-économique réel. Il doit sans doute réserver ses preuves d’amour à la douairière Trognon.
L’UE est en bonne voie d’éclatement à cause de cet écartèlement entre le discours de la paix, de la coopération, du multilatéralisme et la pratique permanente d’un libéralisme économique sans merci. Ce n’est qu’une question de temps après le Brexit, l’assassinat de la Grèce, la stigmatisation des membres du groupe de Visegrad et maintenant de l’Italie, avec la progression des partis droitiers et nationalistes et anti-UE. Pour maintenir cette heureuse idée d’une Europe unie et sociale, il faudrait que l’UE change de politique et aille vite vers un budget commun de 20 % du total des PIB des 27 pays qui la composent (afin de faire des transferts entre pays riches et pauvres, des investissements de structure et écologiques, de lutter contre la pauvreté et la précarité), vers une BCE attentive au chômage et prêteuse en dernier ressort aux pays en difficulté, vers une monnaie commune et non unique, vers la justice social, vers une harmonisation des règles fiscales et sociales, vers le rétablissement de la démocratie contre la technocratie et l’entre-soi du Conseil Européen, vers la neutralité entre blocs ou pays impériaux. bref, il faudrait que l’UE devienne un système fédératif intégral (économique, politique, social, juridique). Rien n’empêche de se battre contre l’isolationnisme mondial tout en construisant une Europe vraiment fédératrice en tous domaines. Rien n’empêche de militer pour la paix et « en même temps » de construire, au moins en Europe, les conditions matérielles de celle-ci. Le « en même temps » mac-tronien est en fait un dualisme binaire (par exemple progressistes contre nationalistes), un syncrétisme brouillon et brouillant et une volonté d’avoir le beurre, l’argent du beurre et les producteurs laitiers.

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