les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

L’utilité libéralo-capitaliste

Classé dans : Non classé — 13 décembre, 2009 @ 12:48

 

Le libéralisme nous enseigne que c’est l’intérêt ou l’utilité qui mène les hommes. L’intérêt, à l’origine, s’entendait de tous les motifs personnels et égoïstes d’agir dans les relations avec les choses ou les autres ; il ne s’agissait donc pas que de l’intérêt matériel, qui, à l’usure si j’ose dire, est devenu le ressort majeur des motivations en univers de capitalisme financier. Il y avait aussi la gloire, l’honneur, la sécurité, la préservation de soi (amour de soi, passion orientée par le seul moi), l’amour propre (amour de son image dans l’esprit des autres, donc passion axée sur la relation avec l’autre en tant que désir de reconnaissance ou revendication d’identité), etc. Le libéralisme a ainsi sanctifié la philosophie des puces (devenues informatiques), celle des piqûres (épicurisme), à celle des (é)poux, des pique-têtes (stoïcisme). Des fleuves d’encre ont coulé pour décrire l’intérêt (devenu utilité, notamment en économie libérale) comme premier moteur de la relation à soi, aux choses, puis aux autres. A tel point que l’altruisme devenait une incongruité sauf à l’expliquer par l’idée qu’il ne serait que de l’égoïsme indirect et camouflé, notamment pour avoir bonne réputation en société ou pour mériter la grâce divine et acheter son salut dans un monde meilleur ou pour obtenir des faveurs et de la reconnaissance en retour, etc.

L’utilité libérale est majoritairement comprise comme individuelle, puisque la société n’existerait pas en dehors de la collection des individus qui la composent, et comme d’origine bio-psychologique en tant que liée à « la nature humaine » universelle, intemporelle et innée ou génétique pour l’espèce. Quelques francs-tireurs libéraux l’ont cependant pensée comme devant être sociale, à partir cependant des individus. Cela se trouve dans l’utilitarisme fondé par Bentham pour lequel il fallait se donner comme but moral des hommes formant société de « maximiser le bonheur du plus grand nombre ». Dès lors, ce qui est juste, mais alors seulement second, c’est d’augmenter le bien-être collectif ; la société n’est juste que si elle augment le plus possible le niveau de satisfaction de la majorité des gens. Cette position, qui fait partie pourtant du courant libéral, lequel contient bien des bifurcations ou embranchements, est affreuse et ignoble ; elle implique en effet qu’il puisse y avoir des êtres humains sacrifiés au bonheur du plus grand nombre. Se trouve ainsi niée la dignité intrinsèque de chaque homme, sa valeur devenant relative à sa contribution à la satisfaction générale et sa position pouvant être négligée.  L’égale dignité de chaque homme, sur laquelle repose la doctrine morale de Kant, est jetée aux orties avec pour conséquence l’acceptation de l’inégalité entre les hommes. Se trouve aussi et ainsi lancée une approche à la fois matérialiste, puisqu’il ne s’agit que de satisfactions bientôt réduites au seul aspect matériel de la vie, et calculatrice et rationaliste (plutôt de rationalité calculatrice), puisqu’il faut se donner la peine d’évaluer « ses plaisirs et ses peines ». Dans ce cadre, soit tout est calculable, quantifiable, ce qui est l’option choisie par le néolibéralisme actuel et par la prétendue science économique qui va avec, soit rien ne l’est et tout se vaut, ce qui est le leitmotiv de la philosophie moderne à commencer par celle de la soi-disant postmodernité. L’idée kantienne de la morale comme devoir être ou devoir agir comme  conduite  universalisable est mise à la poubelle ; en effet cet « impératif catégorique » (accompagné de l’exigence morale de toujours considérer l’autre comme une fin et jamais comme un moyen) implique que le principe de généralisation débouche sur une valeur morale (l’universalité) qui est supérieure à toutes les valeurs particulières, ce que nie justement le relativisme moderne pour lequel elles se valent toutes.

Du reste, le libéralisme n’a pas tardé à affirmer à la fois l’inégalité de nature des hommes (après avoir reçu le renfort du darwinisme à la sauce de la lutte pour la vie et de la sélection des meilleurs chères à Spencer, ou celui de la phénologie, de la crâniologie, de la biologie raciale, de l’innéité du crime,  etc.) et le primat du mérite individuel car les exclus sont les victimes de leurs propres carences. L’utilité de l’individu est mesurée par son mérite et l’intérêt personnel consiste à paraître méritant aux yeux des autres. Et le mérite, en univers de civilisation libérale, individualiste et matérialiste, compétitive et spectaculaire, est vient des signes ostentatoires de réussite ; c’est l’ère du bling bling, de l’opulence impudique, de la richesse. Et c’est évidemment par contraste celle de la disqualification des pauvres qui n’ont pas de Rolex à 50 ans, qui ont mérité leur sort parce qu’ils sont des ratés, des fainéants, des tire-au flanc, des assistés, des incapables, des « inemployables »…

Adam Smith, à la suite des philosophes écossais du 18ème siècle, a essayé de réhabiliter une approche de refus de l’intérêt comme seul motif (monisme) d’action humaine. L’homme voit dans l’autre un reflet de sa propre image et si celle-ci est positive alors il entrera en sympathie et l‘imitera. L’intérêt là est secondaire, le ressort de la sympathie vient de ce que pour chaque individu l’autre est un autre soi-même. Mais au nom de quoi peut-il y avoir sympathie par imitation ? Réponse de Smith : en se plaçant sous l’autorité « d’un spectateur impartial ». Qui donc ? La seule réponse cohérente est l’œil de la communauté extérieure aux deux protagonistes du mouvement d’empathie. Le spectateur impartial, c’est le système de conventions, de normes, de valeurs de la communauté ; c’est le regard de celle-ci sur votre comportement à partir de ses critères de réussite, d’utilité, de valorisation des bonnes conduites. Lesquelles sont donc forcées… C’est typiquement du puritanisme anglo-saxon, ce que l’on voit aux USA où chaque personne est obligée de se conformer aux normes des communautés. C’est donc cela la liberté libérale : le conformisme, la soumission, la normalisation ? Oui ; cependant Smith remet un peu de social dans l’intérêt ; il n’est plus individuel ; il dépend des conventions sociales préexistantes.

On approche alors du fond du vrai problème de l’opposition stérile entre égoïsme intéressé pour soi-même et altruisme intéressé par le rapport entre soi-même et l’autre dans un système de relations. Dire que tout part de l’intérêt n’est qu’un propos de café du commerce ; ce qui est important c’est de savoir de quel intérêt il s’agit, d’où il provient, comment il se forme, par quels processus, dans quelles conditions et dans quelles situations. La réponse libérale majoritaire, et aujourd’hui seule à dominer,  à toutes ces questions est simpliste. L’intérêt est personnel, impulsé par le seul individu qui privilégie d’abord son rapport à lui-même, comme s’il pouvait se donner tout seul ses normes de conduite et définir ses « utilités » en dehors de toute appartenance, de tout attachement, de toute insertion sociale. Smith, mis hors jeu par le libéralisme actuel, répond qu’il ya des conventions sociales qui « norment » et moralisent la nature des intérêts légitimes dans une société donnée. Bentham met l’utilité individuelle sous le primat et le contrôle de l’utilité sociale. Mais l’origine du processus réside toujours dans les individus atomisés et séparés.

On comprend alors qu’égoïsme individuel/altruisme solidaire est un faux débat. Si l’on accepte un acquis fondamental du vieux libéralisme, à savoir non pas l’individualisme néolibéral actuel mais l’individuation (Stirner) et le primat de la liberté personnelle (et des groupements) on est conduit à reconnaître la légitimité et la moralité du mouvement qui conduit chaque être humain à agir à partir d’abord de son estime de soi. Le vrai problème devient alors que ledit être ne s’y cantonne pas et ne devienne pas un jouet de son amour-propre (vanité, orgueil, envie, ostentation, solipsisme, etc.). Pour éviter de sombrer dans l’individualisme libéral, il faut qu’existent des structures sociales qui encouragent la générosité, l’altruisme, le souci des autres, la solidarité, l’entraide (Kropotkine) et qui procurent des espaces où cette attention à l’autre et aux autres puisse se réaliser et être valorisée. Il faut des processus, des méthodes, des activités, des parcours et des lieux où émergent des conventions et normes sociales propices au développement des principes et des valeurs d’égalité et de justice, de réciprocité, de mutualité (Proudhon). Car le problème réel est de procurer à la légitime individuation des occasions de se « composer » avec les différentes dimensions du social et de la sociabilité de façon que l’individu ne soit pas hors la société et que celle-ci ne phagocyte les personnes. Ce qui récuse à la fois le libéralisme individualiste et atomistique et le socialisme collectiviste où dans le 1er l’individu est roi et dans le second la société  totalitaire. Ce qui réfute le relativisme libéral où la seule valeur commune est l’utilité, toutes les autres devenant personnelles (ou communautaires) et relatives, et le collectivisme socialiste où l’idée que ce soit la personne qui choisisse librement et à partir de ses valeurs propres les objets et les espaces où elle investira son altruisme intéressé est refusée. Ce n’est pas un oxymore ; c’est « une composition » entre termes qui ne sont pas contraires et exclusifs l’un de l’autre (comme le disent libéralisme et socialisme) mais interdépendants et en recherche « d’équilibration » (Proudhon). Ce qui élimine la coupure libéralo-socialiste entre valeurs et intérêts. Altruisme valorisé et égoïsme intéressé ne sont que des « contradictoires » dont le contenu et les rapports ne dépendent que du type de civilisation dans lequel on se trouve.

Il faut alors observer que le libéralisme est construit sur l’hypothèse de la neutralité axiologique (refus de prendre en charge collectivement les conceptions du monde et les systèmes de valeur dans la sphère publique, ce qui donc les « privatise » au niveau des individus et des communautés, notamment via la laïcité) du droit et de la politique par rapport aux libertés individuelles ; cette idée est fausse parce qu’il est facile de prouver que la civilisation libérale repose au contraire sur des valeurs, qui plus est imposées à tout le monde, donc sans « neutralité axiologique » : utilité, risque, compétition, richesse, individualisme, mérite personnel et réussite matérielle, etc. Mais cette thèse est aussi lourde de conséquences : s’il n’y a plus de valeurs communes unissant le corps sociopolitique dans une approche commune et collective transcendant les individus privés et les communautés particulières (et aussi privées), alors pour faire société, pour créer le lien social et le développer il n’y a plus que le marché, c’est-à-dire l’échange entre intérêts privés. Le radicalisme libéral du refus des valeurs et de leur cantonnement dans la sphère privée conduit à la réduction de la société à sa seule dimension économique. D’où les thèses ineptes sur la disparition du politique et l’avènement du « village global » commercial et concurrentiel.

Pourquoi de telles bêtises libéralo-capitalistes perdurent-elles ? Elémentaire, mon, cher Sarko…  C’est que ces âneries sont intéressées, très : elles font croire que le pouvoir politique, soi-disant démocratiquement élu, est au-dessus des parties, est indépendant du capital, ne doit rien aux riches et aux puissants, que les politicards travaillent pour le bien commun et se dévouent à la république pour tous. Il n’en est rien car il est facile de prouver que la crise actuelle émane directement de décisions prises par les politiciens socialo-libéraux (qui, évidemment se sucrent au passage) en faveur de la « phynance » et des multinationales. C’est que ces mensonges idéologiques sont utiles : ils font croire que chacun est libre de mener sa vie comme il l’entend, que la compétition se fait à armes égales et donc que les riches et les puissants sont méritants, que les inégalités sont justifiées, que la poursuite d’intérêts matériels et personnels est légitime même en écrabouillant les faibles et immoralement. Ils font oublier au populo que les riches, en général, ne sont que des escrocs qui ont réussi, des héritiers sans réel mérite, des profiteurs des structures socio-économiques définies par l’Etat pour les favoriser. Rappelons que c’est Tonton qui a sauvé (le 2ème sauvetage) les affaires du baron Seillière, qui a fait financer Tapie (et bien d’autres aujourd’hui riches) par le Crédit Lyonnais, qui a nationalisé (en rachetant les titres au-dessus de leur cours !) pour recapitaliser et assainir et ensuite revendre au privé des entreprises devenues ainsi rentables.

Ces intérêts camouflés, ces utilités privatisées ont aussi l’avantage de mener une entreprise de division entre strates ou classes sociales : pauvres contre classes moyennes, chômeurs contre actifs, immigrés contre nationaux, petits bourgeois contre racaille, citadins prospères contre banlieues pourries, agents des services publics et fonctionnaires contre les salariés du privé, clandestins contre smicards officiels, etc. Cette « guerre de tous contre tous » est facilement justifiée : c’est un résultat de la guerre économique mondiale entre intérêts commerciaux, système contre lequel localement on ne peut rien faire ; alors que justement il a été mis en place par les politicards qui ont tout dérégulé. Alors, il ne reste au peuple qu’à courber l’échine et à chacun de tirer son épingle du jeu. Du reste, ce système offre des « opportunités » aux risquophiles et aux meilleurs. Si vous perdez, c’est que vous n’êtes pas dans la course car trop nul. Et c’est ainsi que, via notamment un bombardement médiatique et idéologique permanent, les exclus, les pauvres, les « prolos » cherchent à se pousser du col pour se placer au-dessus de leurs inférieurs et mériter l’estime de leurs supérieurs. « Bien creusé vieille taupe » : l’amour-propre utilitaire est devenu le ressort des divisions sociales et le moteur de la justification de l’individualisme néolibéral et inégalitaire. Le pauvre a peur de déchoir et pour ne pas être accusé de mériter son sort il se met à hurler avec les loups et à mépriser plus faible que lui. Dès lors, il vote pour le prétendant censé lui apporter reconnaissance (dans les allocutions familiales) et sécurité. La chouette de Minerve est enfin là, mais elle n’est pas chouette ; elle effraie.

La mort annoncée du colloque de Copenhague sur le climat

Classé dans : Non classé — 8 décembre, 2009 @ 11:57

Zébulon 1er, on se doit de le dire, se démène pour faire aboutir les négociations sur le sauvetage de la planète à l’horizon 2050 : voyage à Manaus, embrassades avec Lula, pressions diverses un peu partout. Notre Gnafron national a raison : la terre est en péril même si le pékin moyen ne le voit pas encore. A 450 ppm (parties par million en 2050, c’est le nombre de molécules de gaz par million de molécules d’atmosphère) de CO2, la terre est sans doute foutue d’après les prévisions du GIEC (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, organisme d’experts internationaux choisis par les gouvernements, organe donc international et gouvernemental mais moins technique qu’on ne le dit et plus politique que ce que l’on avoue). Lesquelles du reste sont sans doute minorées parce que ce sont les Etats qui décident du « résumé » des travaux qu’ils veulent bien laisser exfiltrer pour ne pas affoler le bon peuple et surtout pour se donner de la marge dans l’action et enfin pour ne pas trop heurter les puissants lobbys (de l’énergie, de l’industrie, de la pharmacie, de l’agro-alimentaire et de la finance) qui ne vivent que par la destruction de la terre au nom du profit capitaliste et de « la libre entreprise ».

Le GIEC a établi qu’il ne faudrait pas dépasser 450 ppm, niveau irréversible ensuite,  alors que l’on est déjà à 388 et que l’on prend en ce moment 3% de ppm de plus par an. Cela suppose que les émissions soient réduites de 25 à 40 % en 2020 par rapport à 1990. Il faut savoir que le CO2  vit 200 ans et que passé les 450 la chose sera cumulative et irréversible pour l’avenir, les nouvelles émissions s’ajoutant aux anciennes. Dans la meilleure des hypothèses, si rien n’est entrepris, la température moyenne de la terre augmentera de 2 degrés en 2020 (3 en France, et plus sur les pôles et les grandes montagnes). Toutes les terres autour de l’équateur seront dévastées par la sécheresse, le niveau de la mer montera de 50 cm à 1 m (en 2020, bien plus après), le permafrost (terre gelée notamment en Sibérie et en Alaska) fondra libérant des quantités gigantesques de CO2 et de méthane (gaz 10 fois plus nocif pour l’effet de serre que le précédent). Dans le fond des océans, de plus en plus acidifiés, ce qui tue le corail et les micro-éléments (dont le plancton), des volumes immenses de gaz sulfuré pourrait remonter à la surface et tuer toute vie marine puis terrestre. La catastrophe s’est déjà produite à l’ère du Prémien par suite d’éruptions volcaniques. Là, cela sera dû à l’action ou l’inaction humaine. Les pays les plus touchés seront- ceux du Sud et les plus pauvres comme le Bangladesh. Seuls bénéficiaires : la Russie et le Canada (plus l’Alaska US) qui pourront mettre en culture leurs immenses terres auparavant gelées et devenir le grenier du monde, arme alimentaire absolue…

C’est pourquoi Russie (qui a bien diminué ses émissions par suite de la destruction totale ou presque de son industrie à la soviétique) et Canada (qui, en outre bénéficieront de la navigabilité des océans du Nord par suite de la fonte de la banquise au printemps et en été) ne sont guère enclins à consentir des efforts. Ces deux pays sont déjà de grands pollueurs (schistes bitumineux de l’Alberta, production de gaz et de pétrole eu Russie).  Les USA, comme la Chine (40 % des émissions à eux deux), ne veulent pas s’engager sur des objectifs contraignants décidés au niveau international. Pourtant ce sont les 2 1ers pollueurs du monde (sauf que la Chine pollue 4 à 5 fois moins par habitant que les USA). Les USA  (après accord de la chambre des représentants mais pas du sénat) ont proposé de diminuer leurs émissions de 17 % en 2020 (et de 80 % en 2050) mais par rapport à 2005 (au lieu de 1990), ce qui correspond en fait à moins 5 %  en 2020 par rapport à la norme internationale. Le plan du 1er ministre australien (l’Australie est à la fois un des pays les plus pollueurs avec ses mines, ses élevages et des plus menacés) a été refusé par les députains.

Les pays en voie de développement, qui disent que l’accumulation de CO2 est due aux vieilles puissances occidentales depuis 200 ans, ne s’engageront que s’ils bénéficient d’aides (en argent, l’UE proposant 100 milliards d’euros par an jusqu’en 2030, et en technologies modernes sans payer les royalties des brevets). L’aide est indispensable pour inciter à ne plus massacrer les forêts, la déforestation (en Amazonie, en Indonésie, aux Philippines, en Malaisie, etc.) étant à l’origine de 20 % des émissions de CO2. Elle est aussi nécessaire pour compenser les pertes agricoles, développer l’agriculture vivrière locale et limiter la pêche qui a presque fait disparaître les ressources halieutiques. La Chine a déjà constitué un bloc de pays du Sud pour faire pression à Copenhague, notamment avec les pays dits du BRIC  (Brésil,  Russie, Chine, Inde). Cela va donc être très dur de parvenir à un accord, chaque gros pollueur préférant jouer solo, ce qui ne veut pas dire qu’il ne fera rien (la Chine a déjà compris et fait de gros efforts locaux ; de même les Etats locaux des USA comme la Californie ou le Texas), mais les USA  refuseront, comme sous Bush, toute contrainte internationale assortie d’un contrôle et de sanctions.

Quelques cinglés comme Allègre nient le réchauffement climatique lié aux activités humaines. Ils sont souvent stipendiés par les lobbys énergétiques très puissants, notamment aux USA, ce qui explique qu’Obama ne peut guère s’engager car le sénat et les républicains lui refuseront tout accord. D’autres communient dans le scientisme : la science et la technologie donneront les moyens de sauver la planète : capture du CO 2 à la sortie des centrales à combustible fossile, immersion de poussières de fer dans les océans, hydrogène et pile à combustible, fusion nucléaire, mise en place de capteurs des rayons du soleil dans l’espace (soit pour les renvoyer soit pour les transformer en énergie solaire), envoi de gaz sulfurés réfléchissants la lumière dans la stratosphère (ou l’atmosphère, ce qui serait sans doute dangereux).

Les plus sérieux misent sur les économies d’énergie (bâtiments, transports, véhicules propres, etc.)  et sur les énergies propres (éolienne, photovoltaïque, marémotrice, géothermie, solaire, biomasse, etc.). Les plus radicaux  réclament une logique de « décroissance ». Tout cela suppose un autre type de consommation et de croissance que celui développé par le libéralisme du tout-marché, de la concurrence folle, de la finance échevelée, de l’individualisme-roi, de la mondialisation ouverte à tous les vents de la circulation de tout et surtout du pognon. Bref du capitalisme fondé sur l’accumulation sans fin, sur le culte du profit et sur le déni des enjeux sociaux et environnementaux de la vie en société. Il va de soi que cette optique ne fait pas les affaires des multinationales, des financiers, des lobbys et des politicards largement assujettis aux puissances économiques dominantes. Ces gens-là font de la résistance tout en se préparant à investir dans le créneau porteur de la réparation des dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés. D’où des espoirs, largement infondés puisque la logique capitaliste serait conservée, dans une nouvelle croissance axée sur la rénovation de l’existant, les énergies propres, les retraitements des déchets, l’assainissement des eaux, la dépollution, etc. On aurait ainsi « un capitalisme vert » dont l’ennui est ses propositions de correction seraient en même temps des incitations à ne rien changer sur le mode de consommation et sur la civilisation de la consommation à outrance. C’est comme avec les fameux droits à polluer sur un marché d’échange desdits droits à partir de quotas de pollution attribués (on ne sait comment) par les autorités étatiques (comme dans l’UE) : celui qui dépasse son quota peut en acheter à celui qui est en-dessous ou « planter des arbres ». Cette solution est typiquement libérale et ne fait que favoriser des échanges à pollution égale alors qu’il faudrait la diminuer. Dans ce cadre, normalement pour avoir un effet positif à long terme, il faudrait que les pollueurs soient contraints à des quotas de plus en plus faibles. C’est là que l’on voit que le Super-Zoro Tsarkozy est un menteur : en France, les grands pollueurs (industries pétrolières et minières ou d’aciéries ou énergétiques, transports, agriculteurs, pêcheurs, etc.) ont été exonérés des efforts notamment parce que la taxe carbone récemment créée ne les touche pas. Dans le même temps, malgré les affichages du «Grenelle de l’environnement » , on milite pour un circuit automobile de formule 1 (celui des Yvelines au-dessus d’une nappe phréatique vient à peine d’être évité), on laisse faire un nouvel aéroport vers Nantes (avec la complicité du socialiste local et députain-maire Ayrault), on ne fait pas grand-chose contre les algues vertes en Bretagne (surtout ne pas déplaire à la FNSEA et aux producteurs porcins du coin), on ne fait rien contre les transports routier (on a même baissé la taxe à l’essieu) au profit du ferroviaire, on laisse la bride sur le cou à l’agriculture productiviste et polluante, on va investir 30 milliards dans un métro automatique loin autour de Paris et desservant des « pôles d’excellence », alors que les transports collectifs transversaux et horizontaux entre localités sont oubliés, etc. La vérité est que seul le populo va payer la lutte pour la protection du climat, soit directement en étant taxé, soit indirectement en souffrant la répercussion indirecte des surcoûts éventuels pesant sur les entreprises. On le voit déjà avec les concessions d’eau à Veolia et Suez.

Voyez mes ailes, je suis oiseau, ma peau, je suis souris, voilà la contradiction tsarkozyste entre le discours environnemental et la pratique de soumission aux lobbys productivistes. Le problème est qu’avant de donner des leçons écologistes au reste du monde, il faudrait balayer devant sa porte… Tant d’hypocrisie promet pour le sommet de Copenhague… Avec la mondialisation du problème, il ya gros à parier que les pays qui ne feront rien (car ils ont avantage à être des « passagers clandestins ») gagneront des parts de marché par dumping environnemental. La solution est d’instituer des droits de douane compensateurs contre ces pays (Chine, USA, etc.). On aurait déjà dû le faire en ce qui concerne l’absence totale de droits syndicaux et sociaux. On ne le pas fait parce que ce sont les multinationales (et les financiers), Wal Mart en tête, qui ont eu intérêt à délocaliser (30 % de la production chinoise est assurée par des délocalisations] ou à acheter dans des pays à très bas coûts de production par suite d’absence chez eux de tout droit : social, syndical, environnemental) qui fixent les règles du jeu aux députains. La solution doit être assise sur le remboursement desdits droits de douane compensateurs aux pays qui font des efforts afin d’alimenter un fonds d’aide au pays du Tiers-Monde. Facile, non ? Cette solution n’est pas protectionniste ; elle est seulement compensatrice des effets dramatiques d’une concurrence sans règles et sans protections ; elle est en même temps un processus de rattrapage par financement des pays concourant à la lutte contre les gaz à effet de serre (GES) en taxant les mauvais élèves.

Au sujet du 2 décembre 2009

Classé dans : Non classé — 2 décembre, 2009 @ 12:31

 

Cette date anniversaire doit rappeler quelque chose au lecteur puisqu’il s’agit de celle du coup d’Etat de 1851 perpétré par napoléon le petit. Eh bien, avec  le Naboléon d’aujourd’hui nous prenons un chemin similaire. Les personnes qui ont le temps de s’intéresser à la chose publique ont sûrement remarqué que le pouvoir exercé par Gnafron 1er va vers de plus en plus de centralisation et d’autoritarisme.

Les députés et autres représentants, malgré les promesses et la révision de la Constitution en 2008, sont transformés en godillots. Le président leur adresse ses consignes en gardant la tête de l’UMP, parti aux colloques duquel il assiste sans vergogne malgré son rôle de représentant de tous les Français. La justification en est surprenante : les ex-présidents en usaient de même mais ils le faisaient en douce. Comme si faire comme les autres dans des comportements immoraux permettaient de justifer leurs fautes. Quel bel argument aussi, digne des moutons de Panurge, que d’imiter ses prédécesseurs, qui plus est au nom de « la rupture » ! Vive le « monocrate » des lemmings…

Le gouvernement est réduit au rôle d’exécutant taillable et corvéable à merci et Nicolae Sarkocescu annonce tout seul comme un grand les réformes, qui plus est sans avoir réfléchi auparavant à leurs conséquences et à leur faisabilité. Il se mêle de tout, y compris de la grippe A. L’autorité judiciaire est reprise en mains au profit du parquet qui, bientôt, conduira les instructions et les enquêtes préliminaires (lesquelles ont l’avantage de se faire dans le secret et sans accès de la défense au dossier ;  ce qui, du reste, est déjà en cours). La santé publique et les hôpitaux seront dirigés par des préfets sanitaires, directeurs des agences régionales de santé (ARS) nommés par le pouvoir et décidant de tout pratiquement sans contre-pouvoirs. Il en est de même dans les universités avec leurs directeurs tout-puissants et nommés ; il en est ainsi dans les lycées, etc.

Le « Gross paris » sera piloté par un superpréfet  et prendra la forme d’un superEPAD; les collectivités locales perdent de leur autonomie financière avec la suppression d’un gros tiers de la taxe professionnelle (compensée seulement pour un an ; réforme donc lancée sans que l’on ait défini la répartition des compétences et la durabilité du financement) et avec la continuation du transfert de charges étatiques vers elles avec compensation financière calée seulement sur l’état des dépenses au moment du transfert (exemple le RMI prévu pour 400 000 bénéficiaires alors que l’on est monté à 1,2 millions).

Les « agences », les commissions d’étude, les « hauts comités », etc., censés être neutres et se prononcer « à dire d’expert », sont en fait truffés de partisans du pouvoir, de courtisans, de f(l)éaux, de compradores fantoches dont la compétence reste à prouver mais dont l’allégeance au Conducator ou à ses sbires et l’adhésion à ses vues néolibérales sont, elles, assurées. Rappelons aussi que lesdites agences, soi-disant indépendantes, donnent la part belle aux représentants de l’industrie et des lobbys.

Le pouvoir dispose de la haute main sur la nomination d’environ 1 000 hauts fonctionnaires ou dirigeants de ce qui reste de structures publiques. Certes, hypocritement, les commissions parlementaires concernées examinent les propositions de nomination mais celles-ci ne sont théoriquement repoussées que s’il y a une majorité des 3/5èmes pour s’y opposer ; c’est facile avec un parlement « bleu horizon ». Là encore nous avons le fait du prince ; on l’a vu avec la nomination de Proglio à la tête d’EDF (fastoche : le CA d’EDF comporte 18 membres ; 6 syndicalistes, 6 hauts fonctionnaires, 6 « personnalités » nommées par l’Etat…).

Tout cela est dans la logique d’un pouvoir fort et partisan voulant implanter ses « réformes » par la violence d’Etat. Elémentaire, Watson, il suffit de nommer ses pions, « les copains et les coquins » partout. Et on trouve toujours suffisamment de gens sans morale, sans convictions, sans personnalité pour accepter ces postes pourvu qu’ils soient bien rémunérés. Le retournement de vestes est du reste encouragé au plus haut niveau ; c’est aisé car les morales en univers de compétition sauvage et de « concurrence libre et non faussée » sont devenues réversibles en quelque sorte par construction puisque la société moderne et individualiste ne valorise que cela.

On a eu une telle conception jacobine du pouvoir sous de Gaulle. Mais il y a de grosses différences avec les pratiques actuelles. La 1ère et sans doute la plus importante est que les hauts fonctionnaires d’alors étaient animés par le sens de l’intérêt général et du service de l’Etat. On n’a plus que des gens qui ne cherchent qu’à maximiser leur réseau de relation, leur carnet d’adresses, leur parcours et leur revenu en pratiquant « les revolving doors » (pantouflages et allers-retours entre le privé et le public). Ensuite, le pouvoir a institutionnalisé la mise en place de la logique du privé (rentabilité et finance) dans la fonction et les services publics, alimentant ainsi la propagation de l’idéologie néolibérale à tous les étages de l’Etat. Ce qui est à la mode gouvernementale, c’est « la gouvernance », le « corporate », l’efficacité comptable, la gestion quantitative en lieu et place de l’utilité et de la solidarité publiques. Enfin la logique des nominations partisanes en dehors de la compétence a été généralisée. on est donc plus proche de « l’Etat français » que du gaullisme ou de la République.

Certes tout ceci n’est pas nouveau ; ce n’est pas dans la rupture mais dans la continuité. Mais cela a été valorisé, érigé en principe d’adéquation au néolibéralisme, démultiplié, renforcé et accéléré par Zébulon 1er. Et c’est à ses actes de mise en place de la gestion financière et autoritaire dans le pays que l’on peut juger de ses grands discours « sociaux », écologistes, modernisateurs, de retour de l’Etat pour réguler la finance. C’est manifestement du flan, ce qui permet de poursuivre à toute vapeur et en catimini, derrière une parole mensongère, la destruction du pacte social défini par le Conseil nationale de la résistance pendant l’occupation nazie.

Téléthon, charité et libéralisme

Classé dans : Non classé — 27 novembre, 2009 @ 12:09

 

Le bon Bergé vient de déclencher une polémique sur le téléthon ; c’est amusant que les postulants au charity business se mettent à se déchirer sur le partage du pactole. Cela peut s’expliquer par le fait que 30 % des fonds recueillis disparaissent dans les frais administratifs de gestion, la communication et la pub, les rémunérations des « permanents », les « mailings », etc. et en sachant que les responsables se sucrent parfois au passage (frais de réception, hôtels 4 étoiles, voitures avec chauffeurs, indemnités diverse, etc.) comme l’avait montré, notamment, une enquête sur l’opération « pièces jaunes ». Disons tout de suite que ce n’est pas le cas de Pierre Bergé qui met du sien dans le Sidaction et qui le finance largement à ses frais.

Mais le vrai problème n’est pas là. Il réside dans le fait que le charity busines contient et véhicule une idéologie particulière, celle-là même qui est portée par le néolibéralisme moderne. Les braves donateurs prennent avec ce système l’habitude de remplacer les services publics par la charité privée, de faire disparaître la recherche de la justice derrière le don individuel. C’est pratique à la fois pour le gouvernement, qui peut ainsi se dégager des solutions collectives en les finançant de moins en moins, et pour les bienfaiteurs qui s’achètent ainsi une bonne conscience à bas prix car la chose est largement défiscalisée.  Ce qui montre bien que l’Etat pousse à la substitution de la charité à la justice.

Pour comprendre cette politique de régression vers « l’insolidarité » collective et la progression de l’esprit des dames patronnesses, il faut en revenir aux fondamentaux idéologiques du libéralisme. Déjà, ce dernier raisonne en termes de dons ou de tares individuels et de lutte pour la vie dans un monde concurrentiel impitoyable. Si vous naissez handicapé (ou le devenez accidentellement) ou frappé d’une maladie génétique, c’est que vous et vos parents ont tiré un mauvais numéro dans la loterie de la vie. Comme ce malheur vous arrive à vous, il n’y a pas de raison que la collectivité en paye les conséquences à votre place. C’est du reste le principe même de l’assurance privée qui fixe le montant des primes à verser en fonction de vos caractéristiques personnelles et de savants calculs d’actuaires sur les différences de risques. C’est pourquoi, les compagnies d’assurances privées réclament depuis longtemps le droit d’accéder au dossier médical des clients et seraient ravies de disposer de la carte génétique de chaque individu. Gageons que cela finira par leur être accordé au nom de la compétitivité des compagnies d’assurance françaises déjà en concurrence avec les étrangères sur le territoire francaoui. C’est pourquoi les compagnies d’assurances luttent pour faire remplacer notre bonne vieille « sécu » et les mutuelles complémentaires (lesquelles ont été alignées par Bruxelles sur les compagnies privées au nom de « la concurrence libre et non faussée » ; pensez donc : une mutuelle, qui ne fait pas de sélection des risques peut être moins chère qu’une assurance commerciale !) par l’individualisation des assurances et des primes et l’offre marchande et personnalisée. Car la « sécu » ne tient pas compte des âges, des sexes, des caractéristiques perso pour ses tarifs qui sont fondés sur des taux appliqués aux salaires, donc proportionnels aux moyens et non aux risques. C’est une solidarité collective qui est ainsi encore en place, solidarité qui signifie que toute vie se vaut et que personne n’est responsable tout seul des aléas de sa vie.

Fondé sur l’individualisme et l’inégalité, le libéralisme fait la chasse aux services publics, tels l l’école ou La poste ou l’hôpital, qui, dans son idéologie, présentent moult défauts : ils sont ouverts à tous sans rivalité et sans exclusive (théorie des biens publics) ; ils sont financés par les impôts ou les cotisations alors qu’il faudrait les diminuer… surtout pour les riches ; ils offrent une solidarité et des moyens d’égalité des chances et des conditions. Or, les inégalités sont à la fois liées aux « mérites » et aux dons individuels et résultent de l’exercice de la liberté individuelle. Les services publics, en procurant une offre égale pour tous limitent la liberté et instaurent un début de totalitarisme socialiste. Ils encouragent les fainéants à vivre aux crochets de la collectivité ; ils favorisent les « passagers clandestins » et les tire-au-flanc. Du reste, les pauvres ne sont que des nuls, des irresponsables et des « risquophobes » qui ne savent pas ou ne cherchent pas à se servir de leur liberté. Salauds de pauvres que le libéralisme recommande de ne pas aider, car ce serait un encouragement à leur multiplication. Laissons faire les lois de Malthus par lesquelles leur nombre ne peut que s’ajuster mécaniquement à l’état des ressources et de la population. C’est pourquoi les généreux Gibbies supprimèrent au 19ème siècle l’assistance des communes aux pauvres (loi sur les pauvres) dans le temps même où on leur enlevait leur droit d’accès aux terres communes (les fameuses « enclosures ») au profit des propriétaires terriens. Le libéralisme prône donc de laisser crever les inutiles, les malades, les handicapés qui augmentent les frais généraux du pays et sont sources d’inefficacité et d’improductivité (libéral dixit). Encore un effort, messieurs les libéraux, soyez logiques et conséquents avec vos principes ! Revenez à l’exposition des  bébés handicapés effectuée en Grèce pour les faire mourir ; imitez les Esquimaux  pour lesquels les vieux, bouches inutiles, doivent d’eux-mêmes se mettre seuls sur la banquise pour y mourir de froid. Du reste, Malthus recommandait de ne pas faire la charité. Pourquoi la facilitez-vous maintenant ? C’est contraire à votre doctrine ! Je reviendrai, infra, à cette question.

Le libéralisme est un utilitarisme où n’a de valeur que ce qui apporte des satisfactions individuelles et égoïstes.  Sauf chez Bentham qui veut que l’utilitarisme apporte le bonheur au plus grand nombre, ce qui signifie qu’il peut y avoir des personnes sacrifiées pourvu qu’elles contribuent ainsi audit bonheur du plus grand nombre. Ce qui veut dire aussi que, à rebours de l’évolution des sociétés modernes vers plus de justice et vers le respect inconditionnel de la dignité et de la vie de toute personne, fût-elle malade, le libéralisme milite pour que les lois ne s‘occupent que d’utilité et d’efficacité et certainement pas de morale. Il le dit clairement en économie,  présentée comme une science pure et amorale, et en doctrine politique pour laquelle la loi et le gouvernement doivent être neutres vis-à-vis des conceptions du monde, des finalités existentielles et des valeurs morales. Vous avez donc le droit, si c’est dans vos convictions, de faire la charité. C’est une 1ère raison de la laisser faire actuellement car dans le cas contraire l’Etat ne serait pas neutre à l’égard de cette conception-là de l’amour du prochain.

Une 2ème raison réside bien plus prosaïquement dans le fait que les politicards professionnalisés et partisans sont des rusés. Ils ne peuvent rayer d’un trait de plume les services publics et les solidarités mutuelles installées dans les consciences citoyennes et portées par des valeurs partagées. Il faut y aller en catimini, progressivement et par étapes, par saucissonnage des problèmes de façon que chaque « réforme » n’ait pas l’air d’une révolution heurtant la culture et les mœurs des citoyens. La stratégie consiste alors à cacher le but, à noyer le poisson sous une avalanche de « rupturettes » à la Tsarkozy, à diminuer les moyens publics, à creuser les déficits de façon à pouvoir dire enfin que la gestion publique est toujours inférieure à la privée et que l’Etat devenu ainsi impécunieux ne peut plus payer. L’exemple le meilleur est celui de l’hôpital, déjà victime de multiples réformes, que le gouvernement veut faire « converger » avec les cliniques sous la pression de l’unicité de la tarification à l’activité. Un réseau de cliniques s’étant glorifié de coûter 30 % moins cher que l’hôpital, il convient de rappeler que c’est de la désinformation totale. En effet, cela ne dit pas que les salaires des médecins ne sont pas comptés dans les frais des cliniques et que celles-ci ne font pas obligatoirement les urgences, les cas difficiles et la recherche-enseignement ! Le néolibéralisme consiste donc ins cher que l’ à l’sion de l’e le gouvernement veut faire «  à forcer les gens à recourir aux solutions privées (retraite par capitalisation, assurance-santé personnelle, école privée, etc.) et cela, en plus, en se fondant sur des comparaisons spécieuses. Qui a dit que le libéralisme c’est la liberté puisque, en fin de course de cette stratégie, le citoyen n’aura le choix que de s’adresser à des services privés ?  Mais, disent les libéraux, la liberté de choix demeurera puisque les offres privées et marchandes sont ouvertes à la concurrence. Cette réponse est un pur mensonge car l’heure est à la concentration et à la monopolisation à cause même de la concurrence sauvage qui pousse à la spécialisation et aux « économies d’échelle » par extension des entreprises et de leurs parts de marché. Du reste, le cas de la santé aux USA le montre bien : les offreurs forment un oligopole national et des monopoles locaux. Ce qui explique que le lobby des assureurs ne veut pas d’une offre minimale publique ouverte à tous (plan Obama) car, tenez-vous bien, ce monopole socialiste supprimerait la concurrence et la liberté de choix des clients de santé. Or le plan d’assurances publiques pour la santé vise précisément à mettre fin au monopole de l’offre privée, laquelle a conduit les USA à 48 millions de personnes sans couverture sociale et à une dépense de santé montant à 16 % du PIB (11 en France).

Une 3ème raison de faciliter une charité si contraire aux principes libéraux se trouve dans le fait que les politicards sont encore élus. Ils ne peuvent trop brimer les pauvres qui risqueraient de mal voter. Il faut donc laisser la charité occulter les conséquences de la politique libérale menée par les « députains » et les gouvernements et corriger ses dégâts. Le problème est que cette politique accroît sans cesse et massivement les « exclus du banquet de la nature » (Malthus). Donc la charité ne peut que s’épuiser car elle n’y suffira pas et que les classes moyennes sont de plus en plus essorées par la politique libérale du tout-marché mondialisé. Mais les politicards sont rusés et ont préparé une solution qui les rend irresponsables de la faillite prévisible. D’ores et déjà ils se sont défaussés des vraies décisions sur des « organes » internationaux (UE, OMC, FMI, etc.), et sur des automatismes (le marché et la concurrence) qui excluent la démocratie. Ils ne sont plus les vrais décideurs ; ce sont les experts et les multinationales qui prennent toutes les options importantes à la place des peuples et de leurs compradores élus soi-disant représentatifs. Dans cette logique, pourtant opposée au libéralisme politique qui a inventé la démocratie, il faut envisager la fin prochaine des faux-semblants démocratiques locaux. Le Nicktalope présidentiel est sur la bonne voie : recentralisation partout (exemple, l’hôpital où les directeurs manageurs sont nommés par le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS), lesquels sont des sortes de préfets médicaux nommés par le pouvoir ; autre exemple l’étouffement fiscal des collectivités locales ou la conduite du projet de « Gross Paris » transformé en nouvel EPAD) ; réduction des parlementaires au rôle de godillots de sa majesté, domestication des ministres au service du mitron, c’est-à-dire du général Boulanger en plus petit), etc. La logique voudrait donc que l’on fasse comme « Napoléon le petit » : institutionnaliser la réalité, à savoir l’inutilité totale des élections de représentants. Mais les politicards tiennent à ce rôle de faire-valoir parce que c’est un à-valoir rentable : le « députain » coûte environ 18 000 euros par mois au pays et par tête de pipe (multipliez  par 12 pour un an etpar 577 députés plus 343 sénateurs). La place est bonne si on est élu ou réélu pour ne pas faire grand-chose puisque le pouvoir réel est ailleurs, notamment chez Gnafron 1er.  C’est un si bon fromage qu’il serait idiot de s’en priver. Donc on va continuer d’un côté à vider la démocratie de toute substance, de l’autre à maintenir sa façade à l’instar des « villages à la Potemkine ». Cela ne marchera plus quand la charité deviendra inopérante et que le pays croulera sous la dette pourtant créée pour liquider les services publics.

On voit donc bien qu’il y a une collusion de fait entre le néolibéralisme et l’extension démesurée de la charité privée qui plus est de plus en plus médiatisée et transformée en grandes messes télévisées : il ya même un business des fichiers de donateurs (que fait la CNIL ?) et les officines de charité se refilent leurs listes de sorte que si vous avez mis le doigt dans l’engrenage vous êtes inondé de demandes.

Je fais une proposition : au lieu d’en appeler à la charité pour la santé, la recherche médicale, l’accès aux soins et aux médocs, il faudrait que les budgets de l’armée et de l’assemblée nationale y soient soumis. Je recommande aussi de ne rien donner au charity busines, ce qui encourage le gouvernement à se désengager. Mais donnez aux ONG de résistance civique comme Transparency International ou Oxfam ou  la Ligue des Droits de l’homme… Là, c’est utile pour lutter contre les ravages du libéralisme et de la corruption des politicards qui va avec.

De la corruption et des méthodes patronales en France

Classé dans : Non classé — 22 novembre, 2009 @ 12:13

 

Vient de paraître un classement du degré de corruption (par une ONG) des différents pays ; la France figure à la 24ème place dans l’ordre croissant de la corruption. Beau résultat pour « le pays des droits de l’homme ». Car notre pays est la victime de la collusion de plus en plus grande entre la classe politique et les menées patronales pour augmenter sans risque et sans cesse leur taux de profit. 

On connait les malversations anciennes commises par les partis (dont le socialiste avec l’affaire URBA) pour financer  des campagnes électorales de plus en plus coûteuses à cause de l’importance prise par les médias audio-visuels dans le « viol des foules par la « propagande politique » (Serge Tchakotine), l’agit-prop à la Staline, la propaganda staffel à la  Goebbels. Chiracos qui mit la mairie de Paris en coupe réglée au profit de son parti RPR avec à son actif 13 affaires pénales (aucune condamnée à ce jour, une allant vers le procès en correctionnelle) en sait quelque chose ; mais aussi le PR de Longuet, les Noir, les Carignon, etc. Les lois sur le financement des partis politiques, dont la première en 1995 sous Rocard, du reste assortie d’une amnistie pour les délits antérieurs !, étaient censées y mettre fin. Gageons que c’est devenu seulement plus discret et prudent grâce à l’aveuglement de la justice aux ordres du pouvoir et surtout aux moyens de dissimulation via les hommes de paille, les sociétés fictives et les paradis fiscaux, ce qui été grandement facilité par la mise en place des transactions électroniques en temps réel et « intraçables ».

Rappelons que pour qu’il y ait des corrompus « passifs « (les politicards) il faut des corrupteurs » actifs » (les patrons ou leur lobbys) ; mais sous Chiracos et Tonton, en fait, c’étaient les politicards qui sollicitaient souvent les patrons en échange de « commissions » (plus ou moins grosses, entre le pipi de chat et la bouse de vache). Les espaces de corruption étaient nombreux. Il y avait les marchés publics de BTP avec  en tête à la manœuvre le vertueux Francis Bouygues, futur adjudicataire pour services rendus de la privatisation de TF1. Il y eut la rénovation des lycées d’Ile de France où, sous la férule de Giraud, président de la région, les partis (il y avait une savante répartition entre les partis, dont le PS) émargeaient aux rétro-commissions versées par les adjudicataires sélectionnés en fonction du montant de leur obole aux partis. Il y eut la rénovation des HLM (et de leurs ascenseurs) de la ville de Paris et des municipalités d’Ile de France via leurs offices d’HLM, dont l’OPAC (la bien-nommée) de Paris. Il y avait les dessous de table versés aux membres des commissions départementales d’attribution de surfaces commerciales, car figurez-vous que les lois Royer, Galland, Raffarien pour la protection du « petit commerce » favorisaient en fait la grande distribution (poursuites pénales contre Mulliez d’Auchan et Bourriez de Cora). Il y avait les attributions de concession de services publics locaux aux entreprises privées. Là, les champions de la corruption furent les deux grandes compagnies des eaux (Suez et CGE devenue Vivendi puis Veolia, dont l’actuel président, Henri Proglio,  vient d’être nommé à la tête d’EDF !). Ces compagnies ont fait flèche de tout bois : concessions de transports publics, traitement des déchets, services aux municipalités, etc. Il y avait, évidemment, la corruption liée aux ventes d’armement à l’étranger (récente condamnation de Mossieu Pasqua ou affaire des frégates de Taïwan) et au pétrole/gaz (affaire ELF sous Pink Floch nommé par Tonton avant la privatisation et la fusion avec Total). Autre sources de corruption, les beaux contrats souscrits grâce à la « Françafrique » sous la houlette de Foccart puis des sbires de Tonton et de Chiracos, avec pactoles pour les concédants africains et rétro-commissions pour les politicards français (notamment pour le pétrole du Gabon via Bongo).

Une grande partie des affaires de corruption, tant active que passive et dans les deux sens entre politicards et patrons, est liée à l’existence d’une nomenklatura d’Etat issue du même moule à savoir la filière IEP et ENA. Pauvre Michel Debré qui en créant l’ENA en 1945 voulait une haute administration compétente, républicaine et méritocratique et, surtout, au service de l’intérêt général. Manqué car comme l’avait dit Proudhon les grandes écoles ne sont jamais que « les séminaires de l’aristocratie ». Ce vœu a duré un peu avec les grands commis de l’Etat comme Delouvrier ou Massé. Las, les socialos en 1983 se convertirent sans le dire à l’économie libérale après avoir nationalisé les banques et les grandes boîtes stratégiques (acier, armement, informatique, aluminium, etc.) en 1981. Ces « nationalisations » (en fait étatisations) permirent de renflouer moult entreprises au bord de la faillite, lesquelles ont été revendues après recapitalisation aux frais du contribuable et à bas prix aux intérêts privés. C’est le début de la fortune de certains capitaines d’industrie soi-disant méritants, comme Bolloré ou Pinault, via les largesses du Crédit lyonnais qui fit faillite en laissant une ardoise de plus de 16 milliards d’euros et qui ensuite, via sa structure de « defeasance » (le CDR) brada ses actifs au profit de Tapie, Bolloré et consorts.

Mais des hauts fonctionnaires avaient été nommés à la tête des entreprises étatisées et ensuite sont restés grâce à la privatisation en forme de « noyaux durs » inventés par Ballamou (participations croisées pour empêcher la venue d’investisseurs étrangers). Nos hauts fonctionnaires comprirent alors que travailler dans le privé était bien plus juteux que de rester fonctionnaire. On mit alors en place une furieuse endogamie entre fonctions d’Etat, pantouflages dans le privé et allers-retours dans le public (« revolving doors » comme au pays de M. Colt) ; par ailleurs les dirigeants des boîtes se croisaient, au sens propre, dans des conseils d’administration où figuraient toujours les mêmes personnes, de même formation énarchique ou de grands corps d’Etat. D’où les Pébereau, les Bouton, les Messier, Richard, Breton, Mer, Pink Floch, etc.

Les méthodes patronales ont toujours consisté à se protéger derrière les décisions de la puissance publique afin de se garantir des rentes. Les moyens pour y parvenir sont nombreux et supposent la connivence des autorités publiques soi-disant au service de l’intérêt général. Nous avons l’exploitation des « organismes paritaires » ; le patronat a fait ses choux gras de la médecine du travail, du 1 % logement, de la FPC, de la taxe sur les entreprises employant moins de 6 % de travailleurs. C’était paritaire avec les syndicats, lesquels émergeaient  aussi. Ces belles institutions  paritaires permettaient au patronat bien des choses : salariés fictifs, implantation de  structures patronales dans les locaux paritaires pour ces choses, stagiaires fictifs (FPC), dérivation d’une grosse partie du fric des subventions publiques, etc. Les syndicats n’étaient pas en reste avec l’exploitation des comités d’entreprise (SNCF, CCAS d’EDF/GDF) et les stagiaires fictifs des formations aux fonctions prud’homales. Car les syndicats n’avaient plus que 8 % d’adhérents payant des cotisations. Ils s’en contentaient car ils étaient subventionnés par l’Etat et avec les petites prédations patronales auxquelles ils émargeaient. D’où la caisse noire de l’UIMM « pour fluidifier les relations sociales » et, surtout, acheter des politicards bienveillants

La 2ème méthode patronale est le lobbying afin d’obtenir des textes de lois les favorisant ou les protégeant. C’est particulièrement vrai pour les laboratoires pharmaceutiques qui sont présents, à dire d’experts, lesquels sont souvent stipendiés par lesdits laboratoires, dans les organes soi-disant neutres de contrôle étatique. L’exemple le plus récent est celui des vaccins contre la grippe H1n1 et de leur mode d’administration zappant les médecins généralistes au profit d’une usine à gaz. Mais la ministre de la santé, Rosy Cachalot (pour dire que c’est assez) est une ancienne potarde (fastoche : les études sont faciles si on a des parents qui payent leur durée non assortie d’un concours set qui donnent leur pharmacie à leur chère fifille, en même temps du reste que leur siège de « députain) ; elle a travaillé pour un laboratoire, ce qu’elle ne dit pas. Le meilleur lobby fut celui du CPA, comité professionnel de l’amiante (dénoncée comme dangereuse dès 1907) qui obtint pendant plus de 10 ans la continuation de l’usage de l’amiante interdite seulement en 1997.

Une autre façon de circonvenir les autorités publiques est de siéger dans les organes de recherche et de contrôle à dire d’expert. Les agences gouvernementales (AFSSET, AFSSAPS, etc.). Au sein de l’agence française de la santé (AFS) et du comité des médicaments avec ses 1200 médecins plus de 20 % sont payés par des laboratoires, lesquels viennent d’obtenir le droit de relancer les malades victimes d’affections de longue durée chez eux sous prétexte de les aider à prendre leurs médocs, lesquels labos ont le doit d’informer les médecins via leurs « visiteurs médicaux » au bas mot 3 fois plus nombreux que dans d’autres pays de l’UE. Truffés de chercheurs et d’experts stipendiés, alors même que la politique gouvernementale vise à diminuer sans cesse les moyens publics et indépendants d’expertise, les « organes » publics se contentent d’avaliser les propositions des sbires du privé ; l’Afsset  a ainsi cautionné une étude sur la non-dangerosité des ondes électromagnétiques des antennes pour la téléphonie mobile.

Nous avons aussi les « revolving doors » ou pantouflages-tourniquets entre fonctions privées et publiques. Ainsi M. Pérol, du cabinet de Tsarkowitch, vient de passer à la tête des Caisses d’Epargne-banques populaires ou M. Richard, au cabinet de Mme Lagarde vient de pantoufler comme 2ème homme d’Orange. Ou M. Pierret, ex-ministre sous Jospin a migré vers la Cogema. Ou M. Bazire de chez Tsarko and Co est allé à LVMH et a, antérieurement, occupé des fonctions à la banque Rothschild, comme Pompidou. Ou M. Ballamou ex-président du tunnel du Mont Blanc et ses 39 morts ou pantoufleur dans une boîte informatique amie.

Une grande méthode est celle des attributions de reprise d’activité par les Tribunaux de commerce et les exactions des syndics de faillite. Ainsi, après moult péripéties, Boussac-St- Frères a été repris par Bernard Arnauld avec une grosse subvention publique jamais remboursée. Comme les frères Willot qui avait déjà été les repreneurs scandaleux de Boussac,  Arnault a dépecé les bons actifs à son profit et liquidé le reste sans se préoccuper de l’emploi. Même méthode que tapie dans la reprise de Manufrance et autres boîtes. Inutile de dire que ce n’est pas demain que l’on verra une réforme des tribunaux de commerce où tout se passe entre amis.

On a aussi les syndicats de jaunes (CFT-CSL) montés avec l’appui du pouvoir et les nervis de l’ex-OAS et du SAC de Pasqua. On a les organes de propagande et de formation en faveur du libéralisme : Institut de France, Institut supérieur du travail, cercle du Siècle, groupe Bilderberg, la Trilatérale, la société du Mont-Pélerin et son colloque annuel de Davos, le club St-Simon. Ces « think tanks » ou boîtes à idées libérales sont aidées par des « penseurs » comme Minc, le super-conseiller des grosses entreprises et de Tsarko ou comme Attali, à la fois patron d’une maison de conseil aux boîtes et conseiller du prince avec sa commission sur la réforme de la France commanditée par Gnafron 1er, laquelle a pondu 316 propositions hyper libérales que le prince a dû remiser au placard. Ou Mme Notat (benêt) ex-CFDT, qui a crée Vigéo, une boîte de conseil éthique aux entreprises, boîte financée à 30 % par les maisons qu’elle est censée auditer. Ou M. Denis Kessler, ex-vice président du MEDEF et apôtre de la « rénovation sociale » avec éradication du programme du Conseil national de la résistance (CNR) mis en place à la libération. On a les sauvetages étatiques pour sauver la mise du patronat : étatisation de Sacilor en faillite et renflouage donc du groupe de Wendel, dont le dirigeant futur, le baron Seillière, devint président et créateur du nouveau MEDEF.

On a la mise en coupe réglée des marchés publics, notamment avec la pompe à fric de L’Epad à la Défense, pompe juteuse pour le RPR des Hauts- de-Seine où Gnafron a bien prospéré et qu’il espérait transmettre au prince Jean. Pompe super-juteuse pour le promoteur Pellerin, futur failli et condamné en Corse pour construction illégale dans sa propriété. On a les organes-bidons de contrôle des opérations financières (COB puis AMF), l’AMF n’ayant rien trouvé à redire à la spoliation des petits actionnaires de Rhodia (sous M. Thierry Breton président du contrôle interne) ou de Vivendi (Class action en cours aux USA pour manipulation de cours, où les actionnaires français peuvent être plaignants alors que la France voulait l’interdire). On a que les nuisances et pollutions laissées par une entreprise privée en faillite sont à la charge du contribuable : cas de Métaleurop ou des mines de Salsigne. De même que des accidents créés par l’impéritie privée : cas d’AZF ou de l’Erika qui, par la grâce de tribunaux complaisants, n’ont pas grand-chose à payer pour indemniser les victimes.

Le lecteur aura compris que les bonnes affaires patronales sont liées à des méthodes que la morale réprouve et que les politiciens approuvent, secondent, facilitent et absolvent. La corruption est une caractéristique endogène du monde des affaires et rappelons que Mercure ou Hermès était à la fois le dieu des commerçants et des voleurs. Gageons cependant que la corruption officielle, car ce n’est qu’une affaire de définition juridique du délit, va baisser. Le Nicktalope, ami des patrons, s’y emploie : révision à la baisse des délits en col blanc, notamment celui d’abus de bien social, dépénalisation du monde des affaires (notamment pour les affaires relevant des violations du code du travail, lequel du reste a été réduit en ces matières lors de sa réforme soi-disant « à droit constant »), suppression du juge d’instruction. Avant, sous Chiracos et Jospin, on a eu la transformation des entreprises en personnes morales pénales, ce qui exonérait leurs dirigeants, et la loi excluant les édiles de responsabilités en cas d’infraction non volontaire. Zébulon 1er a aussi entrepris le changement du code des marchés publics pour permettre les « partenariats privé-public » qui ne sont qu’une généralisation du système des concessions de service public aux services de l’Etat (écoles, prisons, hôpitaux, etc.). Elémentaire, Watson, quand la corruption est institutionnalisée il n’y a plus de délit de corruption. La chose provient de ce que les pouvoirs publics sont désormais officiellement au service du patronat et du néolibéralisme et font voter les lois qui le favorisent et l’exonèrent de toute responsabilité.

L’Europe teutonne

Classé dans : Non classé — 21 novembre, 2009 @ 11:20

 

Tsarkowitch a invité Angela  Merkel aux commémorations du 11 novembre.  Passons sur la bizarrerie de cette invitation  après que les Français eurent à subir la fureur tudesque à 3 reprises en moins d’un siècle. Les « poilus » doivent s’en retourner dans leur tombe. En 1871, par suite de la dépêche d’Ems, belle provocation de Bismarck pour unifier l’Allemagne sous la domination de la Prusse, la France perdit l’Alsace et la Lorraine et paya 5 milliards de Francs-or de l’époque au titre d’indemnités de guerre. Somme phénoménale qui permit aux Saxons d’investir, notamment dans la chimie (ypérite, bien utile en 1914-18). Après la 2ème guerre mondiale, l’Allemagne ne paya presque pas les réparations de guerre… En 39-45, les nazis extorquèrent 400 millions de francs par jour (vous avez bien lu) à la France. Ils ne furent Jamais remboursés et, bien mieux, la Germanie fut une des principales bénéficiaires des fonds du plan Marshall au titre de la lutte contre le communisme. Il ya donc là de solides raisons historiques pour nous laisser nous souvenir de nos morts chez nous sans la présence tudesque. Certes, on peut et on doit oublier les exactions de la Teutonie car les descendants ne sont pas responsables des crimes de leurs aïeux. A condition, toutefois, que les fautes ne reprennent pas le dessus ;

Ce qui empêcherait alors de poursuivre la politique de réconciliation, de coopération et de paix débutée avec Adenauer et de Gaulle. Mais cela suppose que la Germanie ne joue pas solo (du reste comme tous les pays de l’UE) et cesse de tailler des croupières à la France et au reste de l’Europe. Or des exemples nombreux et récents montrent que la Saxie continue de se comporter en pays dominateur et entend bien se réserver le quasi-monopole des relations avec les anciens pays de l’EST libérés du joug soviétique à partir de la fin 1989. Après la réunification de 1991, elle a maintenu sa politique de mark fort, bien qu’elle ait fait que 1 mark de l’Est, roupie de sansonnet, soit transmué en 1 mark de l’Ouest. En même temps, elle s’endettait pour moderniser l’ex-RDA (1300 milliards d’euros déjà dépensés et ce n’est pas fini), ce qui aurait dû faire chuter sa monnaie, la dette allemande devenant alors considérable bien que les Fridolins continuent à imposer ledit mark fort. En réalité, cela forçait la France, par exigence allemande, et les autres pays de l’union, à adopter elle aussi une politique de Franc-Fort, ce qui revint en fait à faire payer la réunification par les autres pays. « Tonton » posa 3 conditions à la réunification : intangibilité de la frontière germano-polonaise (Oder-Neisse), dénucléarisation de la Bochie et monnaie unique. Il aurait dû exiger au moins 150 milliards de marks afin de rembourser les destructions des Schleus en France. Tonton ne comprit pas (parce que les socialos étaient déjà convertis au libéralisme, à la finance mondialisée, à la lutte contre l’inflation, à la stabilité de la monnaie en faveur des rentiers et autres capitalistes, au libre-échange) que ladite monnaie unique était le vœu secret des Verts-de-gris pour asseoir leur domination et leur modèle financier. En outre, perversement, les socialos pensaient que les contraintes de l’euro et de l’UE forceraient les Français à accepter des changements. Facilement, car alors jouaient les automatismes de la monnaie et les contraintes supra nationales de l’UE en dédouanant la responsabilité des gouvernements français dans la mise en place de l’ultra-libéralisme. Alors arriva l’euro en 2001 puis le désastreux Traité constitutionnel européen.

Avec cette monnaie européenne unique, associée aux critères de Maastricht, la France perdait la liberté de son taux de change pour dévaluer en cas de perte de compétitivité. Les autres pays aussi et alors, par suite des traités européens transformant l’Europe en zone de libre-échange hyper concurrentielle, sans possibilité de jouer sur la monnaie et les droits de douane, tous les pays de l’UE furent mis en concurrence sauvage les uns avec les autres. C’est que les doryphores avaient, eux, parfaitement compris qu’une monnaie unique, qu’ils faisaient semblant de refuser, assorties de critères draconiens qu’ils exigeaient et qui furent acceptés par les autres pays, créait la 1ère mâchoire de l’étau qui allait asphyxier les peuples européens dans le néolibéralisme financier et globalisé. La 2ème étant la réduction de l’Europe à une législation commune purement commerciale. Les Teutons avaient inventé « l’ordo-libéralisme » dans les années 30/40, c’est-à-dire l’imposition des règles économiques libérales par un Etat fort ; les temps n’étant pas mûrs, ils s’étaient contentés de « l’économie sociale de marché » (libéralisme mais Etat-providence et cogestion). Après 1989, ils purent en revenir, sans le dire, à l’ordo-libéralisme, donc à des lois favorisant les menées des entreprises et des lobbys appuyées sur la réduction drastique de l’Etat social en 2004.

L’impérialisme teuton s’est vu dans bien d’autres domaines. Grâce aux conneries françaises, ils ont réussi à mettre la main sur l’aéronautique européenne en dominant EADS où ils sont maintenant majoritaires et où ils imposent leurs dirigeants. Les Fridolins étaient mal placés dans les industries porteuses d’avenir mais bien dans les industries traditionnelles et surtout la machine-outil ; la France avait de bonnes positions ; las, les Schleus les ont minées.  Leur lobby des industries chimiques, BASF en tête, a torpillé le projet REACH qui visait à installer dans l’UE un contrôle des produits chimiques nuisibles à la santé et à l’environnement. Quand le Nicktalope présidentiel voulut créer une « union pour la Méditerranée » afin de déplacer le centre de l’Europe vers le Sud, la teutonne Merkel lui rappela qu’il existait déjà  un processus de Barcelone et exigea la présence au raout tsarkozyen de tous les membres de l’UE, dont moult pays n’ayant aucun accès à la « mare nostrum ». Ce qui fit sombrer l’idée de Gnafron 1er dans le ridicule. Car la Bochie ne pense qu’en termes d’expansion vers l’EST et, si les temps changeaient, rien n’empêche de penser qu’elle préférerait une fédération dudit Est sous sa houlette plutôt que de s’arrimer à l’Europe de l’Ouest et du Sud. Car avant d’être européenne, la Germanie est tout simplement tudesque. J’en ai autant pour la France, la GB, etc.

 Ils ont, sans consulter leurs partenaires, poussé à l’indépendance accélérée de la Serbie, laquelle en a profité pour s’attaquer aux Bosniaques (et à la Croatie), d’où le massacre de 8 000 musulmans à Sebrenica. Car les Boches visaient les territoires de l’EST comme marché libéralisé et surtout comme espace de délocalisations de leurs industries de main d’œuvre dans ces nouveaux pays à bas coût. D’un côté, ils militaient pour l’euro fort, ce qui aggravait les problèmes de compétitivité extérieure (à l’euro-groupe) des autres pays ; de l’autre, à l’intérieur de l’UE, ils amélioraient leur compétitivité grâce à leurs délocalisations en Europe de l’EST. C’est pourquoi, avec les Rosbifs, ils ont poussé à l’extension sans fin de l’UE avec comme seules règles réelles communes celles du marché hyper concurrentiel et du libre-échange.

Parallèlement, ils se sont opposés à la baisse de TVA sur la restauration en France ; ils polluent à tout-va avec leurs centrales électriques au lignite tout en essayant de barrer le nucléaire français ; ils tentent de racornir Areva, via Siemens, actionnaire, etc. Leur récente politique anti-sociale (sous Schröder, continuée par Merkel), contribuant ainsi à détruire ce qui reste d’Etats-providence en Europe car dans le cadre de l’étau ci-dessus décrit les autres pays sont forcés de suivre pour rester compétitifs, a visé à s’emparer des  marchés des autres. Et, cerise sur le gâteau, la mise en place d’une TVA « sociale » de 3% a été conçue pour opérer une dévaluation déguisée. En effet, les importations en provenance du reste de l’Europe sont taxées 3% de plus, ce qui a le même effet qu’une dévaluation.

Jusqu’où les Tudesques iront-ils pour favoriser leurs intérêts ? Ont-ils vraiment perdu leurs vieilles ambitions de « lebensraum » (espace vital) ? Si leur situation empirait, que feraient-ils pour se protéger en dépit des autres pays ? Rappelons-nous que la Germanie a une culture spéciale, due au luthérianisme : chacun reste chez lui et cultive sa « bildung » en laissant les mains libres au pouvoir en lui obéissant, quoi qu’il arrive. Ce qui explique que l’Allemagne luthérienne a accepté Hitler sans broncher, seule la catholique Bavière s’y opposant. Cela ne pourrait-il pas revenir en cas de crise ? Le Teuton est discipliné et garde son Kant à soi quand il a des saucisses (de Franc-Fort) à bouloter. Qui nous garantit qu’ne cas de crise un lider maximo plein de fuhreur nationaliste (un Tsarkozy mais allemand, par exemple) n’émergerait pas dans les urnes ?

Dans ce contexte, il ne fallait pas inviter les doryphores au 11 novembre. Mais «  le Hongre » qui nous dirige depuis 2007 n’est français que depuis 55 ans et est un néolibéral forcené. J’ai pris l’exemple de l’Allemagne pour décrire l’état réel de la soi-disant Europe. Gageons qu’un polémiste allemand pourrait écrire des choses équivalentes sur la France. Les Gibbies ne sont pas non plus blancs-bleus : finance faisant 20 % de leur PIB, paradis fiscaux, opposition constante à l’unification politique de l’Europe et à l’euro, défense de l’ultra libéralisme et suivisme des USA, dévaluation en douce de la livre, opposition à toutes les lois européennes  un peu plus sociales, etc. D’où une intense poilade quand on voit le conseil européen nommer une Gibbie comme diplomate en chef de l’UE ! Mais les vaches grasses des rosbifs disparaissent : leur pétrole et leur gaz en Mer du Nord (piqués à l’Ecosse), leurs bases financières spéculatives (quoique… le G20 n’a pas l’air de la viser dans ses paradis fiscaux) ; leurs 5 milliards annuels d’euros payés par l’UE, exigés par Thatcher sur le thème « I want my money back » sont mis en question. Quand j’écris doryphores, fridolins, etc., ce n’est pas dirigé contre le peuple Allemand, c’est contre ses dirigeants et j’en ai autant contre le pouvoir français. C’est pour rappeler que l’on n’a pas le droit d’oublier (pas même des surnoms à l’époque bien mérités) et qu’il faut continuer de se méfier tant que l’Europe ne sera pas une véritable union politique. Or le libre échange qui l’anime contient au contraire tous les ferments de la division entre les peuples ; ce qu’encourage les dirigeants politicards car, comme dit la sagesse populaire, ils préfèrent « être petits chez eux que grands chez les autres ». Et regardons : est-ce qu’une Europe fédérale, à la sauce de Proudhon, c’est-à-dire à la fois dans les domaines économique, social et politique, aurait élu Zébulon 1er, notre monocrate francaoui, comme président ?

République et communautarisme

Classé dans : Non classé — 13 novembre, 2009 @ 12:06

La république est une union politique et démocratique qui admet en son sein le pluralisme social des diversités et différences en tout genre. La république est neutre vis-à-vis des différentes conceptions du monde, ce qui en d’autres termes signifie qu’elle est laïque, terme français mais qui a son équivalent dans les autres démocraties sous forme de ladite neutralité de l’Etat au regard des systèmes de valeurs de ses habitants. La république ne s’oppose pas aux communautés dès lors qu’elles ne violent pas le contenu politique et commun du pacte républicain. Celui-ci est assez simple : principe d’égale considération pour chaque personne ou chaque groupe, ce qui implique l’égalité de la femme et de l’homme ou de chaque sous-culture par exemple Basque ou Corse, etc. Cela implique aussi le respect de la liberté, de la dignité et de l’intégrité physique de chaque personne ou de chaque groupe doté d’une identité spécifique dans le concert et le corps sociaux. A quoi s’ajoute le principe de fraternité ou de solidarité, donc de justice. Chaque acteur social y a le droit de faire valoir, exprimer ou négocier ses valeurs et ses intérêts dans toutes les sphères de l’action sociétale : privée, civile, politique. La pseudo-république française depuis 1789 a nié la prise en compte dans la sphère politique des intérêts particuliers au  nom de l’ânerie rousseauiste affirmant que le « contrat social » était passé directement entre chaque individu, censé abandonner ses propres intérêts (stupidité) au profit du bien commun (intérêt général), et la nation. Redoutable fiction qui a permis aux « députains » élus  et réunis en chambre législative de se considérer comme le modèle réduit et représentatif de ladite nation et de prétendre être eux-mêmes les bons détenteurs monopolistes de la souveraineté absolue et indivisible du pays, c’est-à-dire d’avoir seuls le droit de donner la loi en niant l’intervention de tout groupement intermédiaire. A tel point que les corporations, associations, provinces, langues vernaculaires, etc. furent interdits et proscrits pendant très longtemps.

La république moderne ne peut continuer dans cette proscription des groupements, en les consignant dans la seule dimension civile. J’ai proposé ailleurs que tous les acteurs inclus dans la société puissent participer à armes égales, sans asymétrie de pouvoir et d’expression ou de négociation, à un double débat public. Dans l’espace public-civil et dans l’espace public-politique ou civique. A quoi s’ajoutait que tous lesdits acteurs étaient concernés et impliqués dans la préparation des décisions dans le double espace public et que la décision politique, une fois prise après débat antérieur dans les instances décentralisées de la république, civiles ou civiques, et après débat dans le parlement politique, devenait imposable à tous comme loi universelle sans distinction de quelque sorte que ce soit. Dans ce cadre, des valeurs politiques comme l’équilibre des débats et participations, l’éthique de la discussion dans le respect de l’autre et la tolérance à l’expression de ses positions, la recherche de l’entente à partir de la pluralité des points de vue, le caractère neutre de la loi vis-à-vis des conceptions du monde, la justesse du régime représentatif, le principe de la transcendance de la loi générale sur les pratiques particulières sont indépassables et régissent l’émission des règles communes. En d’autres termes, les groupes particuliers ou les communautés peuvent participer aux débats de mise en forme des décisions politiques en vue de l’intérêt général, lequel ne souffre pas d’exceptions communautaristes, une fois les décisions prises dans une procédure légitime d’émission des lois.

Certains diront que c’est déjà le cas, la république, volens nolens, ayant fini par admettre l’existence des groupements spécifiques (syndicats, associations, collectivités). Ce n’est vrai que formellement car le corps politique détient toujours le monopole du débat politique et de la décision afférente, les groupements n’étant associés que par des consultations, des fausses négociations, de l’écoute fallacieuse. Du reste, Gnafron 1er a osé dire : « j’écoute, mais je n’en tiens pas compte » et prend des décisions avant même toute consultation des « forces vives de la nation » (Ganelon-Besson dixit) ou monte des « commissions d’étude » (avec membres dûment sélectionnés pour leur conformité à ses vues) munies d’un feuille de route ne laissant aux commissions que la latitude de justifier a posteriori la pré-décision présidentielle. Il arrive même au Nicktalope, obscur-voyant, de décider avant même que le rapport de la commission d’étude lui soit remis (par exemple la commission Léger sur la réforme judiciaire avec suppression du juge d’instruction).

La république est de plus en plus en difficulté vis-à-vis de communautés en tout genre qui veulent obtenir que les lois et règles leur confèrent des garanties, des assurances, des privilèges exorbitants du droit commun, qui exigent que la loi universelle soit calquée sur leurs positions particulières. Ces communautés réclament des exceptions au nom du moderne principe d’égale valeur de toutes les cultures, qui, de ce fait, ne sauraient être assimilées et digérées dans une culture globale unique et supérieure. Cette égale valeur de chaque communauté dans la société globale débouche automatiquement sur le relativisme : puisque tout se vaut, alors rien ne vaut de plus que le reste. Cela induit aussi la juxtaposition des communautés dans l’espace public, chacune étant potentiellement repliée sur ses mœurs et ses valeurs. Alors, le tissu social se réduit à la seule sphère politique chargée de réguler les conflits potentiels entre communautés divisées et considérant de fait que son droit à l’existence est liée à son excellence, ce qui contredit le principe de départ, à savoir que toutes les cultures se valent, ce qui montre que le discours de l’égale valeur dans la différence  ne vaut que pour pouvoir se constituer en espace autonome coupé du reste de la société. Le corps social étant alors balkanisé, il ne reste, en plus de la politique, que le marché en tant qu’espace commun des activités de relations entre communautés. Il n’y a guère à se demander pourquoi le pouvoir actuel du clan de Nicolae Sarkocescu encourage, comme aux USA, ce « différencialisme » communautariste  conflictuel.  Elémentaire, Watson : c’est le bon vieux diviser pour régner et plus les divisions sont potentiellement fortes, plus la nécessité d’un pouvoir autoritaire s’impose pour tous. C’est une resucée de Hobbes : puisque la société est le lieu de la lutte de tous contre tous, alors il faut un pouvoir tout-puissant pour imposer la sécurité et la paix. Eh oui, M. Tsarkozy vous n’êtes pas si moderne et en rupture que cela.

Le tsarkozysme oublie volontiers qu’il n’y a rien de pire que la communauté à cause de l’emprise qu’elle exerce sur les individus en limitant leur liberté à la stricte observance de ses règles. Aller dans le sens du communautarisme, c’est revenir sur le principe libéral par excellence, à savoir la liberté des personnes. Cependant, la communauté est indépassable car c’est l’espace dans lequel chaque individu acquiert langage, éducation, morale et culture et forge les 1ers éléments de son identité, ce que nie le libéralisme individualiste et atomistique pour lequel la société ou les groupes culturels n’existent pas. Il faut donc, en bonne république, respecter les communautés et les admettre aux débats publics et aux processus politiques démocratiques. Mais il faut les surveiller de façon qu’elles respectent les valeurs communes et extérieures à elles. En aucun cas, la république ne peut accepter que les valeurs de liberté (notamment de mariage mixte ou non, de pratique sexuelle consentie, de divorce), d’égalité des genres, de respect de la dignité de chacun, de solidarité entre tous, notamment dans le paiement de l’impôt, de justice, de neutralité laïque soient niées par telle ou telle culture communautaire. Car contre le relativisme actuel, j’affirme que les valeurs, du reste résumables dans la charte internationale ou européenne des droits de l’homme et dans la devise française (liberté, égalité, fraternité, à quoi s’ajoute la neutralité ou laïcité), sont supérieures (à la fois comme place dans la hiérarchie des valeurs et comme contenu intrinsèque) à celles des communautés tout simplement parce qu’elles unissent et unifient alors que celles des communautés divisent, même si, paradoxalement, certaines de leurs valeurs peuvent être meilleures que celles de la république. Par exemple, l’interdiction de l’usure dans le prêt à intérêt ou  l’égalité de traitement interne à la communauté alors que la (mauvaise) république actuelle n’établit que l’égalité des droits et des chances et non celle d’un écart minimal et justifié entre les situations. Il appartient alors à la république, non pas de sanctionner ces valeurs, mais de les étudier, de les évaluer, de les respecter quand elles ne troublent pas l’ordre public, de les généraliser quand elles peuvent être partagées par tous. Inversement, la république ne peut accepter des pratiques qui violent ses principes et ses valeurs générales. Par exemple, elle luttera contre le mariage forcé, le crime d’honneur, les privilèges communautaires, les discriminations (du genre, on se traite également entre coreligionnaires mais on traite différemment le quidam extérieur), l’excision, le mariage multiple, l’homophobie, le sexisme, le racisme vis-à-vis de l’étranger, la censure des opinions, l’enfermement dans la communauté plus ou moins sectaire, etc. je n’y mets pas le voile ou le nikab. Ce qui est dangereux pour les valeurs de la république, ce n’est pas lui ; c’est la communauté, alors sectaire voire fondamentaliste,  qui s’en sert pour afficher ses options et exclure les autres. La république reconnaît toutes les religions et n’en favorise aucune. Mais elle refuse que telle ou telle religion dicte son ordre moral à tous les citoyens. Ce que la république refuse, c’est le communautarisme autarcique et sectaire, religieux ou non ; celui des l’église catholique quand elle régnait encore, celui de l’orthodoxie Amish ou judaîque imposée à tout le monde, celui du fondamentalisme musulman ou hindou, etc. Il y a du travail… qui ne sera réalisé qu’en mettant en place une vraie république, désirable pour ses valeurs partagées et sa réalisation de la Justice et non en faisant la chasse à des symboles comme le voile.

Démocratie « libérale » ou république ?

Classé dans : Non classé — 9 novembre, 2009 @ 12:28

 

La démocrassie libérale ne s’occupe que de politique et, normalement suivant les canons de ses saintes écritures, est fondée sur la protection des libertés individuelles et des propriétés afférentes, « acquises par le travail » et le « mérite ». La démocraCIA repose sur le suffrage périodique des citoyens quelles que soient la couleur de peau, la religion, les idées, la morale, le statut social, la richesse, etc. des « veautants ». J’insiste sur CIA en latinisant le concept car on voit bien que la prétendue protection des libertés s’accommode fort bien du FBI, de la CIA, du « Patriot act », de Guantanamo, des inégalités, de la répression la plus féroce, de l’immixtion dans les chambres à coucher, de la délation, etc. Elle admet n’importe quelle religion pourvu qu’il y en ait une, même si c’est une secte dangereuse et spoliatrice comme l’église de scientologie. Car le libéralisme n’a pas toujours été démocratique. Ses pères fondateurs se sont toujours méfiés de la « populace » et se sont longtemps opposés aux libertés permettant d’assurer la démocratie : suffrage censitaire, censure de la presse, interdiction du droit d’association, poursuite pénale du syndicalisme et, last but not least, aux USA un équilibrage institutionnel des pouvoirs de façon que les représentants et l’exécutif nationaux puissent gouverner le moins possible car tout dépend des suffrages locaux. Et quand la démocratie, même purement politicarde, bourgeoise et représentative, est devenue inévitable les libéraux « démocrates » ont appuyé sur le champignon de la religion. Les athées ont prôné « la religion civile » car « sans Dieu tout est permis », car « sans religion, rien n’interdirait à mon jardinier de me voler ». La religion est en effet un bon moyen d’installer un conformisme ou un ordre moral dans lequel les gens s’épient et se dénoncent mutuellement et où les déviants, les marginaux, les asociaux peuvent être stigmatisés et pourchassés. On peut s’expliquer ainsi pourquoi Gnafron 1er a trouvé que le curé ou le pasteur seront toujours plus à même d’inculquer des valeurs (sous-entendu de conformisme, de soumission, de charité) que l’instituteur laïque, gratuit et obligatoire, pourtant porteur d’une autre religion, celle de « l’Etat Français ». C’est pourquoi, bien que la politique et le droit, dans les principes libéraux,  soient théoriquement neutres par rapport aux différentes conceptions du monde, Zébulon 1er n’hésite pas à pousser la chanterelle religieuse et le communautarisme. La neutralité de l’Etat tsarkozyen ne va pas jusqu’à admettre que les athées aient autant de droits que les religieux de tout poil.

La démocrassie libérale libère le marché à fond car le « doux commerce » permet à chacun de s’occuper de ses propres affaires et de son enrichissement personnel sans s’impliquer dans l’action politique, ce qui laisse la bride sur le cou aux politicards professionnels et aux lobbys qui les financent. Elle adore l’individualisme et le communautarisme car ainsi les atomes individuels et les molécules communautaires ne s’occupent que d’eux et vivent juxtaposés les uns avec les autres. C’est  une stratégie efficace pour diviser afin de régner. Chacun pour soi et Dieu pour tous, telle est la devise qui unifie la zone dollar et l’Anglo-Saxie. Ce communautarisme, admis, reconnu et valorisé fonctionne dans toutes les dimensions de la société. Il régit les conduites individuelles, il formate chaque communauté dans ses valeurs  et intérêts particuliers, il procure les raisons de voter puisque dans ce type de démocratie les orientations politiques résultent de l’expression des intérêts lors du suffrage. Dès lors, le communautarisme sort de la sphère privée et de l’espace civil-public pour envahir l’espace public-politique. Dès lors, le politicard négocie sur son territoire avec tous les groupes de pression (économiques, sociaux, de défense de ceci ou cela, de genre, de sexualité, de religion, de communauté, etc.) en vue de dégager une majorité qui l’élise et le reconduise.

C’est ce qui explique que les représentants américains (à la chambre éponyme et au sénat ou comme gouverneurs d’un Etat) ne dépendent en aucune façon d’un parti car ce dernier n’est qu’une étiquette facilitant éventuellement l’élection. C’est ainsi que l’exécutif (Obama l’a bien vu) doit négocier avec chaque politicard ; par exemple le vote d’hier 7 novembre à la Chambre des Représentants US sur la réforme du système de santé n’a été acquis que par 220 voix contre 215, dont celles de 39 « démocrates » appartenant au groupe des « blue dogs » ou groupement d’extrême droite du parti démocrate. Car lesdits blue dogs ne sont en fait ni républicains ni démocrates ; ils sont réactionnaires puisque devant leur élection aux franges les plus droitières de l’électorat US. Il en découle que la politique, c’est-à-dire la fixation des buts pour la société tout entière en vue de l’intérêt général, n’est que la série des compromis  passés à court terme entre intérêts particuliers. L’intérêt général n’est que la résultante ex post des négociations entre politicards ayant des intérêts locaux à défendre ou des intérêts particuliers (ceux des 80 millions de chrétiens évangélistes, ceux de la National Rifle Association, ceux des lobbys économiques, etc.). En d’autres termes, le bien public n’est jamais recherché en tant que tel comme lié à l’existence même de la société globale, entité évidemment différente de la simple juxtaposition de ses parties. Cela colle évidemment avec la doctrine libérale individualiste pour laquelle la société n’existe pas. Le Nicktalope qui aime tant le modèle américain ne va pourtant pas réclamer que les représentants soient indépendants de son parti de godillots et que le régime politique français devienne vraiment présidentiel comme aux USA. C’est qu’il veut concilier à son profit les mérites de l’individualisme et du communautarisme américain,  dans la fausse démocratie qui caractérise notamment ce pays, avec les charmes de la république absolue, une et indivisible et propice à la monocratie du président non de la France, mais du parti.

Comme la démocrassie libérale n’est que politicienne et repose sur les divisions individualistes et communautaristes, elle se moque du bien commun et admet facilement les inégalités, sauf les « raciales » parce que, sinon, la base même du communautarisme serait sapée. En effet à ce moment-là, la possibilité même de l’égale considération pour chaque communauté disparaîtrait et le pacte social américain, si péniblement acquis après tant d’années  d’esclavage et de racisme (anti-noirs ou anti-indiens ou vis-à-vis des « Latinos »), sauterait. C’est pourquoi le mérite (travail, dons, efforts) et l’égalité des chances supplantent la recherche de l’égalisation des conditions ou résultats, les handicaps culturels ou ethniques devant être compensés par une discrimination positive (« affirmative action »), c’est-à-dire par un traitement en « équité » des différences ou handicaps.

On peut définir la république comme une communauté globale où l’existence même de la collectivité majeure et le bien commun sont à égalité de considération avec les libertés et les droits individuels ou des groupements sociaux. Alors, la république n’est pas une collection d’individus et de sous-communautés coexistant dans son espace territorial. La question est ainsi de savoir quelle est la consistance de cette grande communauté supérieure  à, et différente de, ses parties. Dans la tradition républicaine française, cette texture n’est pas ethnique, encore moins « raciale » ; elle n’est pas fondée sur les valeurs religieuses non plus et demeure laïque, elle ne dépend pas des  genres ou des statuts sociaux. Sur ces dimensions-là, la république est pluraliste. Qu’est-ce qui en fait alors une communauté particulière dans le concert international ?

Ce sont trois choses. La république, au nom du bien commun, recherche à tout le moins une certaine égalisation des conditions réelles de vie pour tous ses citoyens, de façon que la dignité, les capacités et les talents de chaque personne soient reconnus et valorisés. Car il n’y a pas de coopération sociale possible, il n’y a pas d’adhésion active du corps social et des personnes à la communauté politique si la considération accordée par la société et ses membres à chaque personne et à chaque groupement n’est pas traduite matériellement dans des moyens effectifs et suffisamment égaux qui prouvent que chacun a une place juste et reconnue dans le concert social. En d’autres termes, la 1ère justification de l’adhésion à la république est la recherche permanente de la Justice encore et encore. La 2ème est la recherche permanente de l’intérêt général et du bien commun pour la société tout entière et pour chacun de ses éléments individuels ou collectifs. La 3ème réside dans l’existence de valeurs à la fois morales et politiques qui définissent le contenu du pacte politique unifiant la société dans le pluralisme et le respect des différences. Mais cela ne veut pas dire que le relativisme, dans lequel toute valeur se vaut, est de bon aloi. La république répudie les valeurs qui divisent alors que la démocratie libérale les porte au pinacle : compétition, réussite, « équité », individualisme, charité (cette horreur qui fait que les riches montrent leur dédain des pauvres en leur faisant l’aumône), matérialisme ostentatoire, jalousie,  le temps d’activité (« travailler plus [longtemps] pour gagner plus), le repli sur soi, etc. Elle valorise au contraire les valeurs qui favorisent l’union de tous en même temps que le développement personnel : la solidarité, la fraternité, la justice, la coopération, la réciprocité, la mutualité, la belle ouvrage (l’œuvre ou le travail bien fait) dans le travail collectif et la contribution individuelle, le loisir et le repos pour créer et être avec les autres, la relation et la communication, etc. Voilà donc pour les valeurs morales.

Mais il y a aussi des valeurs proprement politiques : éthique de la discussion, communication égale entre toutes les parties prenantes au pacte politique et social, recherche de l’entente, égale participation de tous à la chose publique, respect de la minorité, équilibre des rapports de force dans les négociations, égale possibilité d’expression et de mise en débat de ses intérêts dans l’espace public, que celui-ci soit civil (dans la société civile comme on dit) ou politique, respect de la culture du pays et de ses traditions (ce qui ne veut pas dire s’y cramponner, cela signifie ne pas les bousculer sans connaissance de cause et sans consensus), primauté de la justice comme ressort du lien politique. En d’autres termes, la république est une communauté de volontés qui adhèrent à des valeurs, à des fins politiques, à un ordre juridique qui forgent et développent le lien social au lieu de le détruire dans l’individualisme compétitif et l’acceptation des inégalités, qui plus est croissantes et non justifiées. Et cela sous réserve d’inventaire permanent car, comme disait Renan « la nation est un plébiscite de tous les instants ».

D’après ce qui vient d’être énoncé, il est clair que la France, qui se targue de sa république depuis 1789, n’a jamais été républicaine. Or, si l’on veut que les gens et les groupements adhèrent à la république encore faut-il qu’elle soit réelle. Par ailleurs, notre république a été bien trop « assimilationniste », c’est-à-dire qu’elle a surtout visé à intégrer les populations immigrantes à sa culture globale, à faire disparaître les cultures provinciales (Basques, Bretons, Corses, Occitans, catalans, etc.) à plier à ses mœurs les peuples colonisés, à supprimer les groupements intermédiaires, à interdire l’existence politique des sous-communautés. En d’autres termes la république a amalgamé la culture civile qui caractérise une société globale, d’un côté, et les valeurs politiques, de l’autre. Or, par construction l’adhésion à la république repose sur le lien politique commun, les autres liens devant rester libres d’exister et de cohabiter dans la société civile puisque la république est neutre, c’est-à-dire laïque, vis-à-vis de ces derniers. C’est pourquoi, normalement, la vraie république admet la développement dans les sphères privées et civiles de toutes les pratiques et sous-cultures communautaires ou particulières à condition qu’elles ne troublent pas les principes républicains, par exemple celui de l’égalité des sexes ou genres ou celui de la liberté des pratiques sexuelles entre adultes consentants et, évidemment, celui du respect de la dignité des personnes et de leur intégrité physique (n’est-ce pas Mme Allo-Marrie qui songe à la castration physique ou chimique). Mais la république réelle admet aussi que toutes les forces sociales, tous les groupements puissent participer à armes égales aux débats politiques. C’est ce que la république assimilationniste  des Jules, laquelle perdure sous Gnafron 1er,  a refusé parce que ses soi-disant élites « méritocratiques » n’ont jamais voulu partager le pouvoir.

Car la république française est fort peu démocratique ; le pouvoir politique y est monopolisé par les partis dominants, la parole des communautés y reste interdite au niveau politique en dehors de la sphère privée ou civile, son régime est devenu monocratique car les contre-pouvoirs y ont été réduits à presque rien, etc.

Alors, que choisir entre la démocratie libérale US sans valeurs républicaines ou la fausse république francaoui sans démocratie ? Ni l’une ni l’autre car la démocratie sans la république est le règne des inégalités et du marché, car la république sans la démocratie n’est qu’un totalitarisme soft exercé par des politicards qui définissent tout seuls l’intérêt général, c’est-à-dire le leur et celui des capitalistes et des financiers dont ils ne sont « que les fondés de pouvoir » (Marx). Il nous faut une démocratie réelle, sociale et républicaine telle que celle que Proudhon avait conçue avec son fédéralisme mutuelliste et décentralisé, tout à la fois économique, social et politique, national et international, pluraliste et unificateur grâce à la recherche de la justice et de l’équilibration des forces sociales.

L’Etat, c’est moâââ (Louis XIV et Sacha Guitry)

Classé dans : Non classé — 7 novembre, 2009 @ 12:03

Dans la foulée du ci-devant roi, les politicards français ont accoutumé de prétendre représenter l’Etat parce que la légalité de leur élection, au demeurant fort discutable eu égard aux manipulations du mode de scrutin et des circonscriptions électorales, leur donne un brevet de légitimité. A ce moment-là, c’est Pétain qui était légitime et de Gaulle illégitime.

Cette prétention est exorbitante pour moult raisons, dont la 1ère est que l’Etat n’existe pas. Ce qui existe réellement, c’est une administration aux ordres du politique, administration qui s’est illustré sous Vichy et montre son excellence actuelle avec Ganelon-Besson et la chasse aux clandestins. Ce sont « les appareils idéologiques d’Etat » ; c’est le corps des politicards de tout poil et de tout niveau.

Ce qui existe aussi c’est une « idée » de la chose en tant qu’intérêt général, car l’Etat est la structure juridique grâce à laquelle les philosophes libéraux ont enlevé le pouvoir politique au roi (en tant que corps physique individuel et  organe collectif symbolique du pays) pour le redonner au peuple tout entier. C’est donc une représentation idéelle et idéale, fondée sur une certaine conception du pouvoir politique. Dans celle-ci le pouvoir d’une société sur elle-même (pour définir ses fins, cerner ses valeurs, adopter ses normes de vie collective, construire ses buts matériels et mener l’action politique correspondante) est ce que l’on a appelé « la souveraineté ». On notera que chez les Froggies, ladite souveraineté est absolue et indivisible, d’où la suppression des anciennes régions et des corporations par 1789, d’où la chasse aux langues régionales à grands coups de « hussards noirs de la République » sous les Jules de la 3ème république. Chez les Gibbies, elle est limitée à l’objet même du pacte social à savoir garantir la liberté, la sécurité et la propriété pour tous, ce qui laisse leur droit à l’existence de toutes les forces sociales, territoriales ou corporatives ou économiques.

Donc, la souveraineté est le pouvoir de la société tout entière sur elle-même. Dans ce cadre, l’Etat n’est que l’instrument symbolique et juridiquement formalisé de la prise en charge effective de ce pouvoir. Car la souveraineté n’est qu’un potentiel  tant qu’elle n’est pas dotée de structures d’action et de décision ; or l’idée d’Etat est le moyen de justifier qu’il y ait de telles structures de façon impersonnelle et indépendante de toutes les forces sociales. Autrement dit, pour l’instant cette simple idée d’Etat a pour but de garantir que la prise en charge de la souveraineté soit neutre pour tous les acteurs de la société globale. La notion de souveraineté est le moyen de passer du potentiel de pouvoir de la société sur elle-même à la puissance. Comme en électricité : le potentiel n’est pas la puissance. J’espère que le lecteur n’ampère pas son latin… Mais la puissance, c’est-à-dire la figure neutre et impersonnelle de l’Etat, doit pouvoir passer à l’acte, comme dirait Aristote, comme la puissance électrique se transforme en production de Kwh lorsque la puissance des centrales est mise en action (attention aux journaleux qui disent que le pays a consommé tant de mégawatts alors qu’il s’agit d’une puissance appelée et non d’une consommation). C’est le rôle des appareils d’Etat (gouvernants et représentants, corps de fonctionnaires, institutions politiques) d’opérer ce passage.

So What (ou Sot Watt, surnoms de l’ex-PDG d’EDF), la souveraineté-potentiel de pouvoir politique appartient au peuple tout entier, l’Etat-puissance n’appartient à personne et les politicards n’en ont que provisoirement la mise en action. Ce qui donne à penser en ce qui concerne les gesticulations politicardes de Gnafron 1er qui ne cesse de se réclamer de sa détention élective (et il dit même qu’il n’est pas un monarque puisqu’il est élu, ce qui montre qu’il ne sait pas ce que monarchie signifie) en prouvant au passage qu’il ignore la différence entre la puissance (simple degré de force que l’on peut éventuellement actionner) et le pouvoir comme force effective d’action. Et, enfin, le vrai pouvoir d’orientation, de décision et d’action appartient aux élus. Ce qui permet de démontrer  que les gouvernants et autres politicards ne sont que les détenteurs en actualité de service de l’exercice (acte-pouvoir) de la puissance de l’Etat. Or la politicaillerie française, le Nicktalope en tête, profitant de l’horrible thèse de la souveraineté absolue, donne tout le pouvoir à l’Etat, c’est-à-dire à elle-même, puisque le vrai pouvoir n’est pas dans l’Etat (pur symbole) mais dans les gouvernants, représentants et fonctionnaires, en continuant par ailleurs dans les horreurs du secret et de la raison d’Etat. Ainsi, des politicards, dont le rôle politique n’est qu’éphémère, se permettent-ils de fiche en l’air la culture, les instituons sociales et politiques, les principes généraux du droit, etc. pour changer la société, la civilisation, les mœurs, le contrat social contre les acquis de l’histoire. C’est ainsi que Nicolae Sarkocescu, inspiré par le MEDEF et M. Kessler, son grand penseur social, ne rêve que de détruire « le programme du Conseil National de la Résistance » mis en place à partir de 1945, ce qui avait donné « les 30 glorieuses » du pacte social conçu pour après la libération du pays de la botte tudesque.

Contre l’ignorance encyclopédique de la politicaillerie française, il faut donc insister : elle n’est pas le souverain, elle n’est pas l’Etat, elle n’a pas le monopole du bien public, elle n’a pas le droit de faire changer la France de type de société au nom de sa prétendue légitimité par la seule prétendue légalité de son élection. Elle n’est que l’exercice momentané et transitoire du pouvoir politique. Et quand ce corps de politicards sans scrupule vend le pays au libéralisme et à la finance et cela depuis 26 ans déjà avec le curé Delors (vite aux Aubrys) les peuples et les gens  vivant sur le territoire actuellement attribué à la France dans les instances internationales, privés de corps intermédiaires et de contre-pouvoirs actifs et puissants (voir la déréliction des syndicats et des partis), peuvent résister dans la rue. Oui, le pouvoir politique n’est pas que dans les instances oligopolistiques du pouvoir politique ; il est aussi dans les rues et a(d)venues.

Ce qui aggrave la situation française, c’est que le pouvoir politique y est monocratique (terme plus accessible peut-être à Zébulon 1er que monarchie) : il est totalement concentré dans les mains du président. Aux USA, les pouvoirs sont équilibrés et le président ne peut pas faire grand-chose sans l’assentiment des deux chambres du parlement. De plus la pratique tsarkozyste de l’exercice du pouvoir consiste à ne pas tenir compte des corps intermédiaires, ni même des représentants. En effet, les décisions sont prises par le monocrate avant toute concertation et, ensuite, les « négociations » ne sont que des discussions écoutées d’une oreille distraite. La pratique du pouvoir est assise sur des Agences, des Hauts conseils, des Commissions, des hautes autorités, des missions, etc. qui, en réalité, sont largement constitués de compradores et fantoches au service de la monocratie car nommés par elle. Ces « machins » sont truffés de fonctionnaires aux ordres (comme les parquets dans l’institution judiciaire) et de représentants (sous-marins) des lobbys. Ainsi le dernier truc (EPRUS, formé pour la grippe H1N1) de Rosy Cachalot, ministre de la santé, contient-il des experts, soi-disant neutres au nom de leur statut de professeurs de médecine, en même temps appointés par des laboratoires privés producteurs de vaccins (et l’ayant caché alors que la révélation de ce lien est obligatoire d’après une loi prise sous Jospin). Il est vrai que Rosy est une  « potarde » et qu’elle a autrefois elle-même travaillé pour un laboratoire, ce qu’elle se garde bien de faire figurer dans sa notice au Who is Who. Certes ces pratiques existaient avant le monocrate actuel, mais elles ont été largement intensifiées pour transformer la haute fonction publique en instrument de l’UMP et de son chef. La fiction de L’Etat neutre au service du bien public ne peut donc plus être maintenue et cela depuis longtemps ; car l’appareil d’Etat est devenu un apanage avec ses féodaux-partisans stipendiés.

Proudhon avait amplement démontré que l’Etat en tant qu’organe de prise en charge du pouvoir politique (sur un mode centralisé et unitaire comme en France ou un genre fédéral purement politique comme aux USA) était un instrument de domination extérieur et supérieur à la société qu’il exploite au profit des politicards et de leurs amis capitalistes. La crise actuelle vient de le prouver lumineusement : malgré le simulacre de la démocratie représentative bourgeoise, laquelle consiste à faire abdiquer le peuple tous les 5 ans au profit de politicards munis d’un chèque en blanc et des pleins pouvoirs, il est devenu très clair que le pouvoir d’Etat a été manipulé par les gouvernants pour édicter toutes les lois nécessaires à la mainmise de la finance sur la société, avec le résultat que l’on a constaté. Ce qui, au passage, révèle aussi qu’il n’y a pas eu disparition de l’Etat et de la politique au profit du marché mondial mais au contraire renforcement de celui-ci en tant qu’appareil législatif et répressif afin que les politicards mettent en place les lois utiles au capital contre le bien public et la population des pays.

Ce qui ne veut pas dire qu’une société puisse se passer d’un pouvoir politique régulateur, animateur et coordinateur inscrit dans la société civile et non situé au-dessus. Proudhon a proposé de le réintégrer dans la société et d’en faire la chose de tous avec son fédéralisme mutuelliste et décentralisé, tout à la fois social, économique et politique. C’est très loin de la conception qui prévaut depuis 1789 et qui a été instrumentalisée et renforcée par la Vème République et mise au service d’une personne et de son clan par le monocrate actuel.

De l’identité nationale française

Classé dans : Non classé — 1 novembre, 2009 @ 11:28

 

Et revoilà Gnafron 1er re-démangé par le prurit de l’identité nationale, sans doute aussi pour continuer à vider le Front National de sa clientèle et détourner les préoccupations des Français vers des sujets « rassembleurs ». Du moins le pense-t-il. Il la joue fine avec son futur musée de l’histoire, la lettre de Guy Mocquet, l’instruction civique, la pénalisation des outrages au drapeau et à l’hymne national, les « charters » d’Afghans, le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, le retour à la terre « qui ne ment pas » (Maurras), etc.

Pourtant, tout bon prof de philo en terminale recommande d’analyser, de façon terre à terre, qui ne ment pas, les concepts du sujet soumis à la sagacité du potache. Il convient donc de définir les termes du débat. D’où un grand raout avec « les forces vives » de la nation. Sans attendre d’avoir la liste desdites forces représentatives conviées à cadrer les choses et vraisemblablement triées sur le volet pour aller dans le sens souhaité, clarifions de notre côté les concepts concernés.

  • La nation ; un peu d’histoire, mais hélas le musée y consacré n’existe pas encore, nous apprend qu’il n’y a rien de plus difficile à cerner, surtout dans le cas de la France. Notre beau pays a toujours été un melting pot. Les 1ers habitants, les Celtes, ont été noyés sous les différentes invasions. En vrac et sans être exhaustif : Wisigoths, Ostrogoths, Huns, Alamans, Lombards, Romains, Francs (en fait des Allemands !), Normands. C’est ce brave Michelet qui a créé de toutes pièces le mythe des Gaulois et inventé la France. Ca tombait bien. La 3ème république, laïque, gratuite et obligatoire a pu puiser dans cette légende les fondements de l’histoire officielle si utile pour faire comprendre au salariat et à la paysannerie, si bien exploités par les Jules au profit de la bourgeoisie, qu’il y avait des intérêts communs : récupérer l’Alsace et la Lorraine, conquérir l’Indochine et l’Afrique, achever l’assimilation de l’Algérie en privant les Arabes ou Berbères de tout droit, ces peuplades arriérées auxquelles la France devait apporter les Lumières. Evidemment dans cette histoire romancée d’abord par Michelet puis mise au service de Michelin, du comité des forges et de la banque de France (entre autres), il fallait passer sous silence que la prétendue nation avait été créée de toutes pièces à grands coups de mariages, de guerres (par exemple celle des Albigeois), de centralisation (par exemple l’édit de Villers-Coterêt), de fiscalisation, d’imposition d’une seule religion, etc. Las, encore sous Louis XVI perduraient  18 provinces, chacune étant munie de sa langue, de sa culture, de ses coutumes, de ses poids et mesures, de ses octrois, de son autonomie. La Révolution française y mit bon ordre et paracheva la centralisation que les Rois avaient laissée en plan, notamment en menant une guerre civile sans merci contre les Vendéens (génocidaires colonnes « bleues » de Thureau). Ce que Michelet loua à grand renfort d’héroïsme des Marie-louise « français » (sortis de leurs campagnes à la « force des baïonnettes » et ne parlant que leur « patois »), par exemple au moulin de Valmy et à Jemmapes. Et « Lapailleaunez » continua d’exporter les Lumières françaises en Europe à grands coups de canons et de pillages. Et vous voudriez,  Zébulon 1er, que je me sente français au nom de cette histoire-là ? Je ne suis pas français ainsi,  même si vous, Hongre de 2ème génération, descendant des Huns, vous voulez être plus français que moi, descendant des Normands (mon nom l’atteste) depuis plus de 1000 ans.
  • Ensuite, vinrent les différentes vagues d’immigration espagnole, italienne, polonaise, maghrébine, etc. Tout cela pour signifier que la nation française est un construit politico-étatique car ce sont l’Etat et les gouvernants successifs qui ont imposé un cadre national, juridique, simplement juridique, au territoire. En fait il n’y a soi-disant nation que par l’existence d’institutions, de lois communes, d’une police unifiant un territoire dominé, de la guerre (celle de 14-18 a beaucoup contribué à « unifier »), d’un nationalisme latent porteur d’asservissement des « races inférieures » attardées auxquelles amener les « Lumières » et d’une langue par ailleurs imposée à grands coups de punition aux petits Corses, Bretons, Catalans, Basques, Occitans, etc. par « les hussards noirs de la République ». Il n’y a donc aucune raison pour un individu d’adhérer à cette conception de la nation et comme disait Proudhon : « là où est la justice, là est ma patrie ». Proudhon énonce ainsi avec vigueur  que tout homme, avant d’être citoyen d’un Etat national, est un membre de l’humanité. On voit ainsi et aussi que la nation n’existe pas ; ce qui existe, c’est l’Etat national, l’Etat Français du régime de … Vichy, chantre de la « révolution nationale », devenue aujourd’hui la « rupture ». Ce qui nous amène à une autre idée de la nation, notamment à celle de l’antisémite Renan pour lequel la nation est un « plébiscite de tous les instants ». Il veut dire par là que l’on adhère à ladite nation que par le vecteur de valeurs communes et partagées, non par le droit du sol et encore moins du sang.
  • Lesquelles ? Evidemment celles de la Révolution française de 1789 sur le thème «liberté,  égalité, fraternité ». associées à celles de neutralité, devenue ensuite laïcité, et de justice sociale. Cela impliquait la mise en place d’une république juste et démocratique, libérale et sociale. Je me demande depuis toujours pourquoi les ouvriers et paysans du pays sont allés se battre la fleur au fusil contre les Teutons en 14/18. Les promesses de la Révolution étaient fort loin d’être réalisées ;  le droit de se syndiquer ne fut admis qu’en 1884, les assurances sociales ne furent créées qu’en 1945 ; la catastrophe de Courrières en 1906 (plus de 1000 morts par suite d’une décision de la mine privée de ne pas investir contre les poussières) est restée impunie ; les gouvernements firent tirer sur le peuple en 1848 (révolution éponyme), en 1871 (Commune de Paris), en 1891 (Fourmies), en 1907 contre les viticulteurs du Midi, en 1920 contre les grévistes (Draveil, Villeneuve St Georges). La République donna raison au marquis de Solages, propriétaire des mines de Carmaux, contre le droit des ouvriers d’avoir un maire socialiste, ce qui nous valut la création en 1896, avec Jaurès de la verrerie ouvrière d’Albi.  Le repos dominical n’exista qu’en 1910 (supprimé en 2009 sous Tsarkozy). On eut le « livret ouvrier » pour espionner les déplacements des travailleurs ; on eut la magnifique loi  « en matière de gages, le patron est cru sur parole » ;  les sociétés de secours mutuels, les coopératives les « coalitions » furent pourchassées. Ah quelle belle république « nationale »… pour les patrons. Et j’en passe. C’est ce qui explique du reste pourquoi le syndicalisme français s’est bâti contre les politicards (charte d’Amiens de 1906). La seule raison de vouloir en découdre avec les Tudesques est sans doute le nationalisme soigneusement insufflé dans les esprits par l’école des Jules. Bref, l’immense majorité de la population du territoire n’avait aucune raison de croire en une instance supérieure dénommée nation. L’idée de nation est en fait un corollaire de celle d ‘Etat, c’est-à-dire une construction politicarde pour assujettir des peuples divers, vivant sur un même territoire obtenu par la guerre et la domination, sous un même joug. Et cela au profit de la bourgeoisie capitaliste « nationale » avant qu’elle ne devienne mondialisée.
  • Pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975), les valeurs constitutives et, si j’ose dire, adhésives d’une vraie nation (comme croyance dans le caractère juste de la république et espérance dans un avenir meilleur pour soi et surtout pour ses enfants) virent de fortes réalisations. Las, depuis Fiscard Destin en 1974 (avec proscription de la « nouvelle société de Chaban- Delmas) les gouvernements de la république se convertirent au néolibéralisme, notamment sous le curé Delors et Mauroy (1983), et se mirent à détricoter lentement mais sûrement les acquis des 30 glorieuses. Le populo redevint donc habilité à ne plus adhérer à une telle nation porteuse d’inégalités, d’injustice, de précarité, de régression sociale dans tous les domaines, ce qui s’est accéléré avec l’arrivée au pouvoir du Nicktalope UMP Tsarkozy. Ajoutons, par ailleurs, que ceux qui se réclament aujourd’hui de la nation ne furent pas les derniers à propulser la mondialisation commerciale, économique et financière, y compris et d’abord au sein de l’UE, qui détruit précisément les idées de politique, d’Etat, de nation au profit du tout-marché généralisé. Dans ce mouvement régressif, il n’y a plus de nation ; il n’y a qu’un Etat hyper libéral au service de la rente. Que dois-je faire, M. Tsarkowitch, adhérer à des valeurs nationales républicaines qui n’existent plus ou obéir à la toute-puissance de l’Etat que vous dirigez tout seul ?
  • Cette dégradation, qui percute de plein fouet les valeurs de la république, vaut encore plus pour les banlieues, ce qui explique la fureur des jeunes beurs et autres contre les symboles des institutions  perçues par eux comme pourries (et elles le sont effectivement) : la démocratie réservée aux blancos et aux petits mecs, la police, la justice à n vitesses, les pompiers, les employés d’EDF, les autobus, l’armée, la pseudo-démocratie, la Marseillaise, le drapeau, etc. Et voilà que le Tsar-cosy veut réhabiliter l’adhésion des personnes à la nation, tout en propulsant la mondialisation, en passant la surmultipliée de la répression et en mettant la justice à sa botte. Comme si l’aggravation permanente des injustices pouvait ressusciter le sentiment national, comme si c’était le rôle et la possibilité de l’école de l’imposer, comme si une histoire récrite par les fantoches du pouvoir pouvait compenser la perte des bases mêmes de l’adhésion au pays. Et, contrairement aux mensonges du pouvoir, si les jeunes se rebellent ce n’est pas parce qu’ils auraient perdu le sens de la nation et de la république ; c’est au contraire parce qu’ils veulent que la république tienne ses promesses alors qu’elle ne fait que les trahir.
  • L’identité. Pour une personne, c’est la conscience d’être un soi reconnu par les autres,  en tant qu’être singulier dont la dignité et la liberté sont respectées. C’est être admis comme égal parce que différent. C’est être soi-même avec les autres car seuls ces derniers peuvent vous donner votre identité sociale et personnelle, ce qui est fort loin d’une mise en carte. Ce n’est pas avoir des papiers comme si ceux-ci conféraient l’identité.  En fait toute identité personnelle est liée à l’unicité de la personne, laquelle est une « composition » (Proudhon) de multiples facettes d’appartenance à différents groupes. Si identité il y a, elle est multifactorielle, multidimensionnelle. Elle ne saurait être mise en carte.

Mais qu’est-ce que l’identité d’un groupe ? C’est ce qui le distingue des autres en le particularisant tout en le situant dans le concert social par rapport à tous les autres. C’est sa place singulière dans la société, c’est sa culture particulière, ce qui passe évidemment par la reconnaissance par les individus et les autres groupes de sa valeur particulière C’est ainsi que la France n’a pas d’ordre des éboueurs alors qu’elle a des ordres de la médecine ou de la pharmacie. C’est amusant, du reste, parce que la Révolution française avait supprimé les corporations. Il en reste donc deux cents après, ce qui prouve que le statut social, parfois érigé en ordre déontologique, confère une identité spécifique. Il n’empêche ; comme l’avait vu Proudhon tout groupe tend à exister pour lui-même, à se donner ses règles, à disposer de sa culture, à se différencier. Et c’est tant mieux car sinon il n’y aurait plus de pluralisme comme source de l’effervescence et de la dynamique sociales. Il importe donc que la spécificité de chaque groupe soit reconnue dans la société et c’est reconnaissance qui confère l’identité officielle et statutaire, laquelle n’a rien à voir avec l’identité de fait, c’est-à-dire avec les différences objectives qui caractérisent la particularité d’un groupe dans le concert social. L’identité groupale est donc une relation entre la demande d’un groupement d’être admis comme il est et une reconnaissance de sa position par les autres ; c’est ce double mouvement qui fait d’un groupe réel une entité sociale ayant une identité spécifique ; celle-ci n’étant que l’admission sociale du groupe comme ayant droit à une existence officielle. Mai, donc, l’identité, même non reconnue, existe. Mais elle est évolutive. Quelle est l’identité de M. Besson, ex-socialiste devenu tsarkozyste ? Il est vrai que tout besson, jumeau en vieux français, a un problème d’identité puisqu’il est identique à son double génétique.

C’est là que le problème commence car si rien ne vient s’opposer à l’existence de groupes ou communautés spécifiques dans la société civile, la chose devient problématique dans l’espace public et encore plus dans la sphère politique. Si l’on reste dans une caractéristique de l’identité française en tant que républicaine, il y a à la fois neutralité de l’espace public et de la politique vis-à-vis des différentes conceptions du monde (en outre base du libéralisme) et droit à être différent dans l’espace privé. Ce qui veut dire que la reconnaissance de communautés dans la société civile n’admet pas qu’elles puissent influencer les espaces publics et politiques.  Ce qui signifie que, au-delà du droit à être différent, il n’y a pas de droit à peser sur la politique ; que les valeurs de tolérance et de laïcité sont plus universelles et respectables que les communautaires tout simplement parce qu’elles unissent alors que le communautarisme divise. C’est ce qu’a bien vu le libéralisme actuel : les communautés et l’individualisme sont utiles à la segmentation des sociétés pour faire place nette au tout-marché. C’est pourquoi Gnafron 1er exalte la supériorité du curé vis-à-vis de l’instituteur et clame que la religion est utile à la société. Très vieux thème de la « religion civile » assurant la soumission du peuple comme idée développée par Voltaire : si Dieu n’existe pas, mon jardinier pourra me voler.

Quelle est « l’identité française » ? Ce n’est pas fondé sur un type humain à la manière de l’Etat arabe ou juif, ce n’est pas fondé sur une religion à l’instar d’un Etat islamique ou judaÏque,  ce n’est pas un Etat uni par l’idéologie à la sauce soviétique ou américaine. C‘est l’appartenance à un système de valeurs républicaines : liberté, justice, solidarité, laïcité. C’est ce que le Nicktalope continue de détruire au nom du commerce international et de la finance mondialisée. Il n’y a donc plus de nation ; Il n’y a que l’Etat auquel il est demandé non pas d’adhérer mais d’obéir sous couvert de stratagèmes identitaires.

1...4849505152...54
 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr