les armes de la critique

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La mondialisation pour les nuls

Classé dans : politique — 18 novembre, 2011 @ 10:30

L’ambition de ce texte est modeste ; il ne vise qu’à montrer les rouages de la spirale infernale dans laquelle les décisions politiques prises par les gouvernants de tout poil en vue de libéraliser totalement le commerce et la circulation des capitaux ont entraîné le monde. C’est un système en quelque sorte autocinétique qui a été mis en place et que plus aucun gouvernant ne peut maîtriser en restant dans le cadre néolibéral qui a été plébiscité par les politicards depuis 30 ans. Cette mécanique infernale est un étau à deux mâchoires : le libre-échange et la libre circulation des capitaux ; cette mécanique a une seule justification : « les marchés sont efficients » car ils conduisent automatiquement à l’équilibre de l’offre et de la demande et amènent la meilleure affectation possible des ressources vers les investissements les plus rentables. Et une seule valeur, présentée comme absolue, universelle et atemporelle : l’utilité des biens désirés par les consommateurs pour leur satisfaction optimale. 

Le libre commerce permet la circulation des marchandises ; la libre circulation des capitaux autorise que les investissements productifs aille dans les espaces où ils dégagent le maximum de profit (lieux sans lois substantielles pour la défense des salaires, de la protection sociale, de l’environnement, de la fiscalité, etc.). Par ailleurs, grâce à la libre circulation des biens, les produits peuvent revenir à bas prix chez les investisseurs. C’est ce qui explique les délocalisations de la production dans lesquelles il est apporté la technologie la plus moderne associée au plus bas coût de la main d’œuvre. En outre, les profits, toujours grâce à la libre circulation des capitaux, peuvent être situés dans de paradis fiscaux afin d’échapper à l’impôt. Ces profits pharaoniques, puisque les entreprises sont loin de répercuter les faibles coûts de production sur les consommateurs, alimentent ensuite une masse énorme de capitaux flottants à la recherche de la meilleure rentabilité. Celle-ci se retrouve dans la spéculation ; par exemple aux USA, 40 % des profits d’avant crise provenaient des placements financiers des entreprises. Lesdits paradis fiscaux permettent aussi, en l’absence de contrôle des changes et des sorties de capitaux, l’évasion fiscale des particuliers qui cherchent à placer au mieux leur pognon, comme, du reste, les mafias à travers le monde. Ils permettent aussi aux banques d’avoir une activité fantôme via des boîtes aux lettres de spéculation (les SPV, special purpose vehicle) car elles y logent leurs opérations les plus risquées. L’on voit donc que la libre circulation des capitaux est nécessaire au libre-échange et vice versa. Ce sont donc bien les deux faces d’une même monnaie de contrebande. Ce système bipolaire a eu des conséquences catastrophiques et a produit des effets en chaîne, notamment le plus important, à savoir la mise de la planète sous les lois, appliquées partout et pour tout, de la rentabilité à au moins deux chiffres (les ridicules 15 %). Dès lors, les investissements productifs sont devenus très inférieurs aux spéculatifs et financiers. 

Voyons maintenant l’enchaînement des conséquences de ce système. Il a globalement mis tous les pays et tous les travailleurs de la planète en concurrence pour l’emploi et les salaires. C’est ce qui entraîne la précarité et la flexibilité des emplois avec la multiplication du temps partiel contraint, des CDD, de l’intérim. Cela produit une pression constante sur les rémunérations, le temps de travail et l’âge de la retraite, la protection sociale, le droit syndical et social. Les emplois directement perdus par délocalisation des usines (avec désindustrialisation afférente) ne sont pas tout. Il y a aussi des pertes indirectes dans les activités connexes, notamment de service. Et il y a cette pression vers le moins-disant en toute matière. Il s’en est suivi une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée (environ 7 points). Mais cette part (environ 63 % sur la longue période) a été augmentée indûment par le transfert dans le salariat de rémunérations faisant autrefois partie des profits, donc de la part du capital dans la VA : Salaires mirifiques des patrons, disparition des courtiers en bourse et des agents de change devenus salariés des banques, avocat salariés au lieu de profession libérale, etc. En outre, la part salariale a été déséquilibrée par leurs hautes rémunérations ce qui fait que le salaire médian (celui qui regroupe la moitié des salariés) progresse bien moins vite que le salaire moyen. C’est l’effet Bill Gates : quand il pénètre dans un bar, le salaire moyen explose mais le médian reste identique à une personne près. Il va de soi que le chômage, le travail partiel, la stagnation voire la régression des salaires ont beaucoup diminué les recettes de la protection sociale tout en augmentant les dépenses de solidarité et même de charité (associations et ONG). Et malgré les importations low cost, le pouvoir d’achat a reculé pour les plus défavorisés, ce qui est masqué par son calcul en moyenne, grande spécialité de l’INSEE aux ordres du gouvernement pour cacher l’augmentation de la pauvreté (8 millions de pauvres en France, soit 13,5 % de la population). Dès lors, la crise est structurelle et économique. 

Cela explique la cause (secondaire) financière du déclenchement de la crise dès 2007 (et non septembre 2008 avec la faillite de Lehmann Brothers). En effet, les industriels et les distributeurs ont compensé la baisse du pouvoir d’achat par le crédit à gogo (dans les 2 sens du terme). Les banques, dont le crédit est le métier, se firent des gonades en or avec les intérêts et la revente de biens immobiliers (après saisie) dont les emprunts n’avaient pas été payés. Cependant, l’immobilier avait cru de façon démesurée grâce au crédit facile ; donc ses prix montaient ce qui permettait à la fois de rembourser l’emprunt avec une plus-value et d’emprunter encore plus sur la différence entre le montant de l’emprunt et le prix de marché du bien (chose que Tsarko voulait transposer en France). Las, cela fonctionnait comme une pyramide de Ponzi : cela ne marche que s’il y a de nouveaux entrants dans la combine. Or le marché immobilier s’est effondré par suite de la hausse des taux d’intérêt (décision de la FED, banque centrale US) et de la multiplication des faillites personnelles (chômage et faibles salaires accentués). Du coup, la valeur des biens hypothéqués (le « sous-jacent ») diminuaient et le crédit revolving s’est cassé la figure. D’où la crise des subprimes

Mais les banques avaient réussi à transférer les risques des prêts immobiliers douteux sur le voisin et à la finance mondialisée. Cela s’est fait par la titrisation et les produits financiers dérivés et »structurés », genre CDO (credit debt obligation) et les assurances de type CDS (crédit default swap). Il faut dire que les autorités financières étatiques avaient laissé se développer ces produits toxiques à l’infini au nom de la répartition des risques, de la « liberté d’entreprendre » et de l’efficience des marchés. On a donc eu des titres vendus partout et donnant une cascade de faux actifs organisés en millefeuille impénétrable car leur base réelle, à savoir le « sous-jacent », (l’hypothèque de départ ou l’actif servant de garantie pour les prêts à la consommation, par exemple une automobile ou un frigo) était d’un montant ridicule par rapport à la montagne d’engagements réels assis sur des sommes fictives. On avait bien une pyramide d’actifs (titres de produits financiers soi-disant garantis par un bien réel pour lequel les prolos avaient emprunté) mais reposant sur sa pointe. Par suite du retournement du marché immobilier la pyramide s’est écroulée et les pseudo-actifs ne valurent plus rien. Or, à l’échelle mondiale, les organes financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds d’investissement, etc.) étaient truffés de ces actifs bidonnés mais très juteux. 

Le retournement a eu deux conséquences. Une crise systémique partout dans le monde à cause de la diffusion généralisée des produits financiers toxiques ayant perdu toute valeur ou n’inspirant plus confiance quand à leur valeur réelle. Car la doctrine reposait sur l’hypothèse de concurrence pure et parfait entre individus atomisés et séparés. Or, il ne s’agissait pas d’atomes opérant séparément mais d’énormes molécules, qui plus est imbriquées les unes dans les autres et aux opérations interconnectées (à savoir les gros opérateurs financiers, banques en tête, lesquelles s’étaient gavées de ces titres parc qu’ils rapportaient très gros ; ce sont ces intervenants qui offrent et vendent des titres, donc constituent les soi-disant marchés financiers). Pour que cela ne se voie pas, ils les avaient mis dans les SPV off shore. Le marché était en fait lui-même systémique et oligopolistique, loin des hypothèses libérales de la concurrence « libre et non faussée ». Le krach a commencé en fait avec la faillite des « rehausseurs de crédit » (comme AIG), qui avaient garanti les engagements pour 20 à 30 % de leur montant. C’est drôle parce que c’est comme cela que le FESF (fonds européen de stabilité financière) porterait sa force d’intervention à 1 000 milliards (décision européenne du 27/10, tant vantée par Tsarko) : au lieu d’emprunter sur les marchés pour prêter aux Etats, il garantirait 25 % des emprunts directs desdits Etats ! Or si vous garantissez 25 % d’un emprunt de 1 000 milliards (par exemple italien) cela ne fait que les 250 qui restent aujourd’hui dans le FESF sur les 440 initiaux. Autre plaisanterie : l’Europe créerait un autre fonds, abondé par les pays émergents (du reste très réticents) qui prêterait aux futurs faillis. C’est amusant parce que c’est une sorte de SPV ! La zone euro, pour s’en sortir, crée donc des machins libéralo-financiers qui sont à l’origine de la crise ! 

La conséquence du krach a été que les fonds propres des banques (leurs actifs propres) chutèrent de très haut ; comme elles ne peuvent pas prêter sans rester dans un ratio fonds propres/engagements (règles de sécurité bancaire : 7%), elles diminuèrent leurs prêts ce qui accentua la déprime économique. Par ailleurs, se méfiant les unes des autres quant à leurs actifs toxiques respectifs, elles ne se prêtèrent plus entre elles. C’est le 2ème aspect : une crise des liquidités et du crédit conduisant à la récession. Pour la freiner, les gouvernements leurs firent des prêts à très faible taux, voire nationalisèrent (Par exemple, la Northern Rock chez les G-B). Las, lesdits gouvernements s’endettèrent eux-mêmes à mort pour prêter aux banques, ce qui gonfla magistralement les dettes publiques. En univers libéral, sauf cas particulier, il ne vient pas aux dirigeants l’idée de socialiser la banque et le crédit ! Ni de réguler et contrôler le secteur financier (interdire les ventes à découvert, les CDS, les LBO, la titrisation, les spéculations sur les matières premières ou agricoles, etc. au lieu des tartarinades du G 20). Les banques en profitèrent pour re-spéculer afin de se refaire (sur les emprunts d’Etat, sur les matières 1ères, les taux de change, etc.) en empruntant à 1 % aux Etats et en montant des opérations risquées bien plus rentables. 

En dernière phase, après la structurelle et la bancaire, les Etats, pour sauver les banques, la liquidité et le crédit, ont substitué de la dette publique à la dette privée. Du coup, les marchés financiers les ont pris dans le collimateur quant à leur capacité d’emprunter encore ou de payer. C’est la raison de la crise de l’euro. Pour restaurer leur crédibilité, les Etats se lancent tous dans des plans d’austérité, souvent drastiques (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne). Las, ces remèdes de cheval (Hongre, sans doute) vont tuer le malade en entraînant une baisse de la croissance, sinon une récession de longue durée. Sarkofoirus 1er  joue ce petit jeu de la politique du pire pour préparer le retour au libéralisme absolu. On va donc vers des peuples de plus en plus fauchés et incapables de rembourser car les rentrées fiscales vont plonger et donc le déficit s’accroîtra au lieu de diminuer. Le malade mourra guéri ; alors on pourra lui imposer des règles libéralissimes au lieu de revenir au modèle des « 30 glorieuses ». Mais, en restant en logique libérale, pourquoi ne pas faire crédit aux gens pour soutenir l’activité ? On pourrait alors recommencer le cycle : pouvoir d’achat maintenu à crédit (1er moment structurel), innovation financière, krach de la bulle (2ème moment), sauvetage des banques et endettement public, puis crise de la dette étatique (3ème moment). And so on… 

 

L’Europe, vas-is-tas ?

Classé dans : politique — 9 novembre, 2011 @ 12:32

C’est une mécanique hyper libérale et cela depuis ses débuts en 1954 (CECA) et surtout 1957 (traité de Rome entre pays fondateurs). Elle a été créée par des technocrates (Monnet, Schumann pour la France), soi-disant pour arriver à la paix perpétuelle, grâce à une stratégie économiciste : l’union politique proviendrait peu à peu des effets du commerce entre pays. L’intégration économique dans un grand marché unifié par les mêmes règles et concurrentiel développerait des interdépendances automatiques, conduirait à d’heureuses spécialisations, etc. dont tout le monde profiterait. Cette stratégie des petits pas économiques (courts, saucissonnés, étalés afin que les couillons de peuples ne voient pas où on voulait les amener, suivant la bonne vieille tactique du salami chère à Staline ou du bout du tunnel dans laquelle on rajoute une nouvelle portion dès que l’on voit la lumière) était perverse et délibérée chez les « élites » européennes. Celles-ci, depuis la conférence Lippmann en 1938, avaient adopté soit le libéralisme anglo-saxon, soit l’ordo-libéralisme teuton (détenir démocratiquement le pouvoir pour faire voter les lois et règles adaptées à une économie « sociale » de marché). Quand les Gibbies ont intégré l’UE en 1973, après une longue opposition gaullienne, la quadrille libéral était en place, les Teutons du « miracle économique » allemand (dû en fait à ce que les Ricains avaient abandonné en 1953 la quasi-totalité de leurs créances sur la Germanie) marchant « la mano en la mano », avec les libéraux anglais tchatchériens. Un des principes du traité de Rome, à savoir « la préférence communautaire » dans les échanges, a disparu alors des écrans radar ; l’Europe est devenue la région la plus ouverte du monde au libre-échange, sauf en ce qui concerne la PAC grassement « subventionnante » pour les gros agriculteurs, dont le prince Charles et le prince Albert. 

La mise en place de « la concurrence libre et non faussée », du tout-marché sans union sociale, budgétaire (budget communautaire : 1 % du PIB de l’Europe ! contre 25 % aux USA) ou fiscale, a été symbolisée par « l’acte unique » de 1986, précédé du livre blanc pondu sous la houlette du curé Delors. Le tout-marché a été ensuite accentué par le traité de Maastricht en 1992 (suivi du pacte de stabilité après les critères de convergence des économies pour ledit traité : pas plus de 3 % de déficit budgétaire, moins de 60 % du PIB en dette publique). Puis l’étau a été fermé par l’arrivée de l’euro en 2002. Rendons grâce à Trichet, le retraité qui a irradié l’Europe avec l’euro fort (traduit en français : le Franc-Fort mais sans les saucisses) au grand profit de la Teutonie et contre la compétitivité par le taux de change pour le reste de l’Europe. La Germanie a alors délocalisé sa productivité à l’Est à faible coût salarial. D’où un double effet de rentabilité : par la productivité équivalente à celle des industries développées et par les faibles charges salariales. Puis elle a payé ses sous-traitants dans les ex-pays de l’Est en euro alors que les ventes-exportations se faisaient en roupies de sansonnet, genre zloty. Et quand l’euro montait, l’achat en zloty ou autre se faisait encore moins cher. Il ne restait plus qu’à assembler en Germanie et à apposer une étiquette « made in Germany » pour vendre moins cher dans le reste de l’UE (faibles coûts unitaires de production des éléments sous-traités et gains de change entre monnaies). 

De quoi cet étau est-il fait ? D’un côté, nous avons le libre-échange sans freins, sans réserves contre toutes les formes de dumping, le primat de l’exportation comme moyen de stimuler la croissance, les règles communes de la concurrence ouverte à tous les vents ; de l’autre, on a la zone euro avec monnaie unique pour 17 pays. Avec l’euro et les contraintes du pacte de stabilité, les pays concernés ne disposent plus de la possibilité de dévaluer pour améliorer leur compétitivité afin d’exporter (plus de politique monétaire) ; avec le pacte, les mêmes pays ont mis leur budget sous contrôle des autres (plus de politique budgétaire nationale alors que les transferts budgétaires dans l’UE entre pays sont très faibles et ne permettent pas de compenser les déséquilibres structurels). Qu’est-ce qui reste pour être compétitif ? Le dumping en tout genre, par exemple fiscal avec les 12 ,5 % d’impôt sur les sociétés en Irlande, écologique avec les flottes de pêche de l’Espagne qui font de la surpêche y compris hors de leurs eaux territoriales, social avec la désinflation compétitive allemande (indemnités et durées de chômage rognées, pas de Smic dans l’agriculture avec appel à des salariés agricoles de l’Est, obligations d’accepter des jobs à 1 euro de l’heure ou à 5 en fonction de leur nature, TVA sociale de 3 % ; etc.), financier avec les paradis fiscaux des Gibbies et les privilèges de la City (20 % du PIB de la G-B viennent du secteur financier !). Car la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des travailleurs a mis les différents pays en concurrence sauvage les uns avec les autres, ce qui crée des déséquilibres structurels de compétitivité et d’inflation et pousse au moins-disant dans tous les domaines où, notamment, les règles européennes exigent l’unanimité (fiscal, social, etc.). Ce système de forces mécaniques suppose que tout le monde exporte, ce qui est évidemment impossible au sein de l’Europe. Reste l’autre monde, mais celui-ci est monopolisé par les pays à faible salaires, souvent à haute productivité dans certains secteurs (par suite de la délocalisation des techniques), à durée du travail incontrôlé, sans système de protection sociale, sans lois protectrices de l’environnement, voire par les pays fraudeurs, voleurs de brevets, contrefacteurs, etc. C’est le sens réel de la désinflation compétitive en tant que nom savant pour rigueur et austérité pour les peuples. D’ailleurs, si tout le monde s’y mettait en plus des Tudesques alors on entrerait dans la spirale infernale de la récession en Europe car personne n’achèterait à ses voisins. C’est ce que Merkel a compris pour accepter de sauver la Grèce en imposant ses conditions, posées par le parlement allemand, à Tsarko, soi-disant leader et sauveur du monde. Et même de l’univers Au passage, certains pays se sont désindustrialisés comme la France (14 % d’industrie dans le PIB aujourd’hui contre 21 en Italie et 25 en Allemagne) au profit d’autres, alors que c’est la production exportée (par exemple, l’Allemagne obtient 70 % de ses excédents commerciaux dans la zone euro) qui fait la fameuse croissance et nourrit le commerce. 

Ce système de forces impersonnelles, celles confiées par les pouvoirs politicards et libéraux, fussent-ils socialistes, à la finance mondialisée et aux mécanismes de marché, a fait que certains pays accumulent des excédents commerciaux et les autres des déficits. Or les pertes des uns étant les gains des autres, il se produit un flux financier de sens inverse dans lequel les perdants empruntent et nourrissent une dette augmentant sans fin. Jusqu’à ce que la corde casse à cause de ces trop grands déséquilibres commerciaux et financiers. Du coup, les taux d’intérêt des obligations étatiques divergent (France, 3 %, Italie 6 %, Allemagne, 2,30 %) alors que, soi-disant, l’euro permettait à tout le monde d’emprunter au même faible taux (vrai au début) ; ce qui a poussé certains pays à la dette privée (Espagne, Irlande) ou publique (France, Italie), de plus en plus exponentielle.  Les marchés et les agences de notation finirent par en prendre acte, les 1ers en s’assurant contre les dettes pourries (via les fameux CDS) et en vendant les obligations étatiques qu’ils détiennent ; c’est du reste ce qu’ont fait les banques européennes avant qu’on leur impose 50 % de décote sur la dette grecque, les seconds en baissant les notes des Etats sans équilibre budgétaire. C’est la seule solution qu’offre le système capitaliste que les dirigeants mondiaux veulent sauver malgré sa faillite. 

Et la situation européenne a sans cesse été aggravée par l’arrivée de nouveaux pays dans l’UE sans qu’il y ait davantage d’intégration politique, sociale, fiscale de la zone. Pourquoi cet élargissement continu ? Parce que les Allemands y voyaient l’occasion de réoccuper leurs vieux « lebens raum » (cercle vital) en faisant turbiner les PECOS (ex-pays de l’Est soviétisé) comme sous-traitants à bas prix. Parce que les Grands-Bretons y trouvaient le moyen de n’arriver qu’à une zone de libre-échange leur laissant leur autonomie de relation avec les USA. Parce que les PECOS croyaient que l’UE les enrichirait vite fait bien fait et que 50 ans de communisme les avaient convertis au libéralisme. Parce que la France pensait ainsi conserver le pouvoir pour ses politicards sans abandonner leurs privilèges locaux. Parce que l’euro permettait aux pays pauvres ou endettés d’emprunter à bas taux, ce qui a nourri la bulle immobilière en Espagne. Parce que tout le monde pensait pouvoir jouer son jeu perso pour prospérer au détriment des autres. Et, de façon générale, parce que l’élargissement permettait, aux yeux des dirigeants des pays les plus développés, de faire pression sur les salaires (via ceux, très faibles, des PECOS ou autre Portugal) et la protection sociale au nom de « la contrainte extérieure ». L’élargissement s’est fait sans tenir compte des caractéristiques structurelles des pays entrants. Cela a pu se faire à cause d’une contradiction institutionnelle fondamentale : le commerce relève d’une Europe supranationale, quasiment fédérale alors que sur le plan politique on en est resté à une Europe des nations (une confédération de pays indépendants et non une fédération d’Etats unis tout en conservant la gestion de leurs propres affaires, seul ce qui les dépasse ayant été remis à l’Etat fédéral : la monnaie, les poids et mesures, la politique extérieure, etc. par ailleurs si le gouvernement de l’UE est le conseil européen des chefs d’Etat ou de gouvernement, ce n’est vrai que pour les choses fondamentales. Pour l’important, comme les règles commerciales, c’est la commission qui gouverne et fait les directives de façon parfaitement technocratique. La commission, alliée à la Cour de justice de la communauté européenne (CJCE) a ainsi pu imposer le libéralisme absolu en Europe avec l’appui d’un parlement bidon et très majoritairement acquis au capitalo-libéralisme. 

Pourquoi les politicards français, notamment socialistes, ont-ils plié devant l’ordo-libéralisme et le tout-marché anglo-saxon ? Parce que, déjà, formatés par l’ENA et Sciences-po, ils communiaient dans l’idéologie libérale et voulaient imiter les succès à l’étranger (d’où la vague des modèles : japonais, coréen, allemand, etc.) ; ils voulaient aussi se dépatouiller du lisier où ils s’étaient mis en faisant de la relance par la consommation et des nationalisations (imitation des vieilles recettes de Keynes qui ne marchent que dans une économie largement fermée). Ils pensaient surtout que la construction européenne, avec sa force impersonnelle, extérieure et automatique, obligeraient ces couillons de Français, crispés sur leurs « avantages acquis », à se plier à des diktats indépendants de la France et de son gouvernement, alors que justement c’était ce dernier qui organisait la chose en abandonnant la souveraineté du pays. Il ne faut pas négliger cependant des intérêts prosaïques car moult politicards et hauts fonctionnaires associés au développement de l’Europe heureuse se sont reconvertis dans les affaires notamment en poussant à la privatisation des firmes publiques qu’ils dirigeaient par suite des nationalisations. Ils se sont aussi implantés dans les « organes » comme la Commission européenne (Delors) ou l’OMC (Lamy), chose impossible s’ils n’avaient pas affiché leurs options libéralo-capitalistes. 

Il était ridicule de vouloir une monnaie unique alors que les différents pays constituant l’UE ou la zone euro étaient hétérogènes tant dans leur niveau de développement et de vie que dans leurs législations en tout domaine sauf pour ce qui est du sacro-saint commerce concurrentiel. Cela supposait que c’était l’économie et la monnaie qui feraient l’Etat fédéral européen alors que l’histoire montre que l’Etat a toujours précédé une monnaie commune. C’était idiot de penser que les forces du marché libéral induiraient progressivement la convergence économique et c’est l’inverse qui s’est produit à cause de la concurrence sauvage entre modèles socio-économiques très hétérogènes. Cela n’a induit que des déséquilibres entre pays et la compétition entre les peuples, chacun de ceux-ci, eu égard à l’absence d’aides européennes (et de possibilité de dévaluer ou, théoriquement, de faire du déficit budgétaire), se battant avec ses propres armes de dumping et de contournement des règles communes. Qu’attendre d’autre d’une construction effectuée dans le plus pur esprit du capitalisme globalisé et sans frein et du libéralisme individualiste ? Qu’espérer d’autre d’une idéologie qui avec son anthropologie (la nature humaine est égoïste, intéressée et calculatrice) et sa conception de « neutralité axiologique » du droit et de la politique a jeté par-dessus bord tous les autres aspects de la condition humaine ? A savoir, la morale (entraide, solidarité, respect de la dignité de tous, coopération), l’esthétique (l’art étant devenu un commerce) et tout bêtement les relations sociales et l’intersubjectivité dans les familles, les groupes, les communautés. Ainsi la logique utilitaire et financière du capital a substitué les relations entre les choses (via l’argent) et entre les choses et les hommes (matérialisme impersonnel) aux rapports humains et sociaux de face à face dans l’intersubjectivité. Fondée sur ces prémisses capitalistes, l’Europe ne pouvait être qu’un échec sauf pour les riches. Il faut la reconstruire sur des bases vraiment socialistes, c’est-à-dire partant de la justice et de la recherche d’une société libre d’égaux. Ne nous y trompons pas ; la crise européenne et de l’euro vient de ses vices de construction et de ses déséquilibres structurels (notamment commerciaux). La crise financière n’en est que la conséquence et ne régler que celle-ci (surtout avec des rustines et des emplâtres de court terme) ne résoudra rien. 

Le grand gagnant a été l’Allemagne qui a joué les « passagers clandestins » (profiter du système sans payer sa part). Las, s’il n’y a pas de réformes structurelles, antimondialisation  et anticapitalistes, l’Europe va éclater en commençant par la zone euro. Les rustines présentement posées (y compris celle du 22 octobre à Bruxelles) sont loin des nécessités : politique industrielle commune, harmonisation des législations, au moins 25 % de budget commun, aides structurelles et transferts de fonds entre pays, BCE achetant (officiellement) des emprunts d’Etat (monétisation des dettes et emprunts, par exemple sous forme d’avances de la BCE aux Etats), droit des pays à une autonomie budgétaire, mutualisation des dettes (euro-bonds), protections aux frontières contre la concurrence déloyale, etc. Il est donc à prévoir que le dernier rafistolage de la zone euro ne tiendra pas jusqu’aux élections françaises. 

Même en univers libéral et commercial, Il faudrait abandonner cette monnaie unique au profit d’une monnaie commune réservée aux transactions internationales. En même temps, il y aurait retour aux monnaies nationales afin que celles-ci puissent se différencier en fonction des conditions structurelles de chaque pays (en productivité, en charge salariale et protection sociale, en taux d’inflation) de façon à maintenir la compétitivité de chacun. Evidemment, ces différences évolutives feraient que les parités entre monnaies évolueraient (par exemple moins 20 % pour la lire, plus 25 % pour le mark). On aurait une autorité monétaire européenne chargée de lisser les évolutions, de calculer les bons taux de change, de les stabiliser de façon que dans l’intervalle ils soient fixes pour sécuriser les transactions. Cela supposerait un Etat (oh le vilain mot) fédéral… 

La mondialisation pour les nuls

Classé dans : politique — 9 novembre, 2011 @ 12:16

L’ambition de ce texte est modeste ; il ne vise qu’à montrer les rouages de la spirale infernale dans laquelle les décisions politiques prises par les gouvernants de tout poil en vue de libéraliser totalement le commerce et la circulation des capitaux ont entraîné le monde. C’est un système en quelque sorte autocinétique qui a été mis en place et que plus aucun gouvernant ne peut maîtriser en restant dans le cadre néolibéral qui a été plébiscité par les politicards depuis 30 ans. Cette mécanique infernale est un étau à deux mâchoires : le libre-échange et la libre circulation des capitaux ; cette mécanique a une seule justification : « les marchés sont efficients » car ils conduisent automatiquement à l’équilibre de l’offre et de la demande et amènent la meilleure affectation possible des ressources vers les investissements les plus rentables. Et une seule valeur, présentée comme absolue, universelle et atemporelle : l’utilité des biens désirés par les consommateurs pour leur satisfaction optimale. 

Le libre commerce permet la circulation des marchandises ; la libre circulation des capitaux autorise que les investissements productifs aille dans les espaces où ils dégagent le maximum de profit (lieux sans lois substantielles pour la défense des salaires, de la protection sociale, de l’environnement, de la fiscalité, etc.). Par ailleurs, grâce à la libre circulation des biens, les produits peuvent revenir à bas prix chez les investisseurs. C’est ce qui explique les délocalisations de la production dans lesquelles il est apporté la technologie la plus moderne associée au plus bas coût de la main d’œuvre. En outre, les profits, toujours grâce à la libre circulation des capitaux, peuvent être situés dans de paradis fiscaux afin d’échapper à l’impôt. Ces profits pharaoniques, puisque les entreprises sont loin de répercuter les faibles coûts de production sur les consommateurs, alimentent ensuite une masse énorme de capitaux flottants à la recherche de la meilleure rentabilité. Celle-ci se retrouve dans la spéculation ; par exemple aux USA, 40 % des profits d’avant crise provenaient des placements financiers des entreprises. Lesdits paradis fiscaux permettent aussi, en l’absence de contrôle des changes et des sorties de capitaux, l’évasion fiscale des particuliers qui cherchent à placer au mieux leur pognon, comme, du reste, les mafias à travers le monde. Ils permettent aussi aux banques d’avoir une activité fantôme via des boîtes aux lettres de spéculation (les SPV, special purpose vehicle) car elles y logent leurs opérations les plus risquées. L’on voit donc que la libre circulation des capitaux est nécessaire au libre-échange et vice versa. Ce sont donc bien les deux faces d’une même monnaie de contrebande. Ce système bipolaire a eu des conséquences catastrophiques et a produit des effets en chaîne, notamment le plus important, à savoir la mise de la planète sous les lois, appliquées partout et pour tout, de la rentabilité à au moins deux chiffres (les ridicules 15 %). Dès lors, les investissements productifs sont devenus très inférieurs aux spéculatifs et financiers. 

Voyons maintenant l’enchaînement des conséquences de ce système. Il a globalement mis tous les pays et tous les travailleurs de la planète en concurrence pour l’emploi et les salaires. C’est ce qui entraîne la précarité et la flexibilité des emplois avec la multiplication du temps partiel contraint, des CDD, de l’intérim. Cela produit une pression constante sur les rémunérations, le temps de travail et l’âge de la retraite, la protection sociale, le droit syndical et social. Les emplois directement perdus par délocalisation des usines (avec désindustrialisation afférente) ne sont pas tout. Il y a aussi des pertes indirectes dans les activités connexes, notamment de service. Et il y a cette pression vers le moins-disant en toute matière. Il s’en est suivi une baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée (environ 7 points). Mais cette part (environ 63 % sur la longue période) a été augmentée indûment par le transfert dans le salariat de rémunérations faisant autrefois partie des profits, donc de la part du capital dans la VA : Salaires mirifiques des patrons, disparition des courtiers en bourse et des agents de change devenus salariés des banques, avocat salariés au lieu de profession libérale, etc. En outre, la part salariale a été déséquilibrée par leurs hautes rémunérations ce qui fait que le salaire médian (celui qui regroupe la moitié des salariés) progresse bien moins vite que le salaire moyen. C’est l’effet Bill Gates : quand il pénètre dans un bar, le salaire moyen explose mais le médian reste identique à une personne près. Il va de soi que le chômage, le travail partiel, la stagnation voire la régression des salaires ont beaucoup diminué les recettes de la protection sociale tout en augmentant les dépenses de solidarité et même de charité (associations et ONG). Et malgré les importations low cost, le pouvoir d’achat a reculé pour les plus défavorisés, ce qui est masqué par son calcul en moyenne, grande spécialité de l’INSEE aux ordres du gouvernement pour cacher l’augmentation de la pauvreté (8 millions de pauvres en France, soit 13,5 % de la population). Dès lors, la crise est structurelle et économique. 

Cela explique la cause (secondaire) financière du déclenchement de la crise dès 2007 (et non septembre 2008 avec la faillite de Lehmann Brothers). En effet, les industriels et les distributeurs ont compensé la baisse du pouvoir d’achat par le crédit à gogo (dans les 2 sens du terme). Les banques, dont le crédit est le métier, se firent des gonades en or avec les intérêts et la revente de biens immobiliers (après saisie) dont les emprunts n’avaient pas été payés. Cependant, l’immobilier avait cru de façon démesurée grâce au crédit facile ; donc ses prix montaient ce qui permettait à la fois de rembourser l’emprunt avec une plus-value et d’emprunter encore plus sur la différence entre le montant de l’emprunt et le prix de marché du bien (chose que Tsarko voulait transposer en France). Las, cela fonctionnait comme une pyramide de Ponzi : cela ne marche que s’il y a de nouveaux entrants dans la combine. Or le marché immobilier s’est effondré par suite de la hausse des taux d’intérêt (décision de la FED, banque centrale US) et de la multiplication des faillites personnelles (chômage et faibles salaires accentués). Du coup, la valeur des biens hypothéqués (le « sous-jacent ») diminuaient et le crédit revolving s’est cassé la figure. D’où la crise des subprimes

Mais les banques avaient réussi à transférer les risques des prêts immobiliers douteux sur le voisin et à la finance mondialisée. Cela s’est fait par la titrisation et les produits financiers dérivés et »structurés », genre CDO (credit debt obligation) et les assurances de type CDS (crédit default swap). Il faut dire que les autorités financières étatiques avaient laissé se développer ces produits toxiques à l’infini au nom de la répartition des risques, de la « liberté d’entreprendre » et de l’efficience des marchés. On a donc eu des titres vendus partout et donnant une cascade de faux actifs organisés en millefeuille impénétrable car leur base réelle, à savoir le « sous-jacent », (l’hypothèque de départ ou l’actif servant de garantie pour les prêts à la consommation, par exemple une automobile ou un frigo) était d’un montant ridicule par rapport à la montagne d’engagements réels assis sur des sommes fictives. On avait bien une pyramide d’actifs (titres de produits financiers soi-disant garantis par un bien réel pour lequel les prolos avaient emprunté) mais reposant sur sa pointe. Par suite du retournement du marché immobilier la pyramide s’est écroulée et les pseudo-actifs ne valurent plus rien. Or, à l’échelle mondiale, les organes financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds d’investissement, etc.) étaient truffés de ces actifs bidonnés mais très juteux. 

Le retournement a eu deux conséquences. Une crise systémique partout dans le monde à cause de la diffusion généralisée des produits financiers toxiques ayant perdu toute valeur ou n’inspirant plus confiance quand à leur valeur réelle. Car la doctrine reposait sur l’hypothèse de concurrence pure et parfait entre individus atomisés et séparés. Or, il ne s’agissait pas d’atomes opérant séparément mais d’énormes molécules, qui plus est imbriquées les unes dans les autres et aux opérations interconnectées (à savoir les gros opérateurs financiers, banques en tête, lesquelles s’étaient gavées de ces titres parc qu’ils rapportaient très gros ; ce sont ces intervenants qui offrent et vendent des titres, donc constituent les soi-disant marchés financiers). Pour que cela ne se voie pas, ils les avaient mis dans les SPV off shore. Le marché était en fait lui-même systémique et oligopolistique, loin des hypothèses libérales de la concurrence « libre et non faussée ». Le krach a commencé en fait avec la faillite des « rehausseurs de crédit » (comme AIG), qui avaient garanti les engagements pour 20 à 30 % de leur montant. C’est drôle parce que c’est comme cela que le FESF (fonds européen de stabilité financière) porterait sa force d’intervention à 1 000 milliards (décision européenne du 27/10, tant vantée par Tsarko) : au lieu d’emprunter sur les marchés pour prêter aux Etats, il garantirait 25 % des emprunts directs desdits Etats ! Or si vous garantissez 25 % d’un emprunt de 1 000 milliards (par exemple italien) cela ne fait que les 250 qui restent aujourd’hui dans le FESF sur les 440 initiaux. Autre plaisanterie : l’Europe créerait un autre fonds, abondé par les pays émergents (du reste très réticents) qui prêterait aux futurs faillis. C’est amusant parce que c’est une sorte de SPV ! La zone euro, pour s’en sortir, crée donc des machins libéralo-financiers qui sont à l’origine de la crise ! 

La conséquence du krach a été que les fonds propres des banques (leurs actifs propres) chutèrent de très haut ; comme elles ne peuvent pas prêter sans rester dans un ratio fonds propres/engagements (règles de sécurité bancaire : 7%), elles diminuèrent leurs prêts ce qui accentua la déprime économique. Par ailleurs, se méfiant les unes des autres quant à leurs actifs toxiques respectifs, elles ne se prêtèrent plus entre elles. C’est le 2ème aspect : une crise des liquidités et du crédit conduisant à la récession. Pour la freiner, les gouvernements leurs firent des prêts à très faible taux, voire nationalisèrent (Par exemple, la Northern Rock chez les G-B). Las, lesdits gouvernements s’endettèrent eux-mêmes à mort pour prêter aux banques, ce qui gonfla magistralement les dettes publiques. En univers libéral, sauf cas particulier, il ne vient pas aux dirigeants l’idée de socialiser la banque et le crédit ! Ni de réguler et contrôler le secteur financier (interdire les ventes à découvert, les CDS, les LBO, la titrisation, les spéculations sur les matières premières ou agricoles, etc. au lieu des tartarinades du G 20). Les banques en profitèrent pour re-spéculer afin de se refaire (sur les emprunts d’Etat, sur les matières 1ères, les taux de change, etc.) en empruntant à 1 % aux Etats et en montant des opérations risquées bien plus rentables. 

En dernière phase, après la structurelle et la bancaire, les Etats, pour sauver les banques, la liquidité et le crédit, ont substitué de la dette publique à la dette privée. Du coup, les marchés financiers les ont pris dans le collimateur quant à leur capacité d’emprunter encore ou de payer. C’est la raison de la crise de l’euro. Pour restaurer leur crédibilité, les Etats se lancent tous dans des plans d’austérité, souvent drastiques (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne). Las, ces remèdes de cheval (Hongre, sans doute) vont tuer le malade en entraînant une baisse de la croissance, sinon une récession de longue durée. Sarkofoirus 1er (sous le règne duquel la dette a augmenté de 500 milliards) joue ce petit jeu de la politique du pire pour préparer le retour au libéralisme absolu. On va donc vers des peuples de plus en plus fauchés et incapables de rembourser car les rentrées fiscales vont plonger et donc le déficit s’accroîtra au lieu de diminuer. Le malade mourra guéri ; alors on pourra lui imposer des règles libéralissimes au lieu de revenir au modèle des « 30 glorieuses ». Mais, en restant en logique libérale, pourquoi ne pas faire crédit aux gens pour soutenir l’activité ? On pourrait alors recommencer le cycle : pouvoir d’achat maintenu à crédit (1er moment structurel), innovation financière, krach de la bulle (2ème moment), sauvetage des banques et endettement public, puis crise de la dette étatique (3ème moment). And so on… 

 

Youp la boum

Classé dans : politique — 2 novembre, 2011 @ 12:07

Après les rustines du 27 octobre, le duo Merkel-Tsarko pensait avoir enfin résolu au moins pour quelques temps, sans doute celui des élections, la crise grecque et de l’euro. Patatras, Papandréou veut faire un référendum pour consulter les Grecs. Enfer et damnation, ce projet redouble les incertitudes, ce qui horripile les marchés financiers. D’où la descente des bourses mondiales et la virilité froissée de Tartarin 1er. Celui-ci s’est aussitôt rebiffé et en bon père fouettard, mâtiné de père Ubu, a menacé les Grecs. Evidemment ce n’est qu’une rodomontade car tout charbonnier, fût-il grec, est maître chez lui.

Pourquoi cette folle initiative peu orthodoxe du sous-pape Andréou ? C’est que le peuple grec n’apprécie pas le diktat de la mère UBU-Merkel, comparse de Zébulon 1er. Ce diktat rappelle les mauvais souvenirs de l’occupation de la Grèce par les fridolins en 39/45, occupation qu’ils n’ont du reste jamais remboursée. La Grèce se voyait imposer non seulement un 3ème plan de rigueur extrême en 18 mois mais encore un contrôle de son exécution, dans les 2 sens du terme, par des émissaires extérieurs venus de l’Europe et du FMI. Le 1er ministre grec ne pouvait ignorer la fronde de la population et s’est rappelé que son pays avait inventé la démocratie. D’où son pari : soit les grecs approuvent le plan de rigueur et le maintien dans la zone euro, ce qu’il espère sans doute car les Grecs sont dans le fameux TINA tchatchérien (« there is no alternative »), soit ils le refusent et alors ils devront se dépatouiller par leurs propres moyens, façon Argentine. S’ils approuvent, le pacte pour sauver la Grèce aura une légitimité qui rejaillira sur Papandréou et les socialos grecs.

On peut aussi que le bonhomme pense faire un peu de chantage à l’UE pour que le plan soit atténué et étalé davantage dans le temps. Mais la crise n’attend pas et les spéculateurs visent déjà l’Italie alors que déjà le Portugal, l’Irlande et l’Espagne sont sur le fil du rasoir. L’Italie a vu hier le taux d’intérêt de ses obligations dépasser les 6 %, ce qui rend la charge de sa dette d’autant plus insoutenable. Une tranche de 8 milliards de prêt devait être livrée à la Grèce début novembre ; elle risque de ne pas l’être ce qui provoquera aussitôt la banqueroute du pays. Les banques françaises perdraient aussitôt les 12 milliards d’obligations grecques qu’elles détiennent (rassurez vous ; elles en avaient bien plus avant mais elles en ont beaucoup vendu en anticipant la catastrophe). Pourquoi les banques achetaient-elles de la dette grecque ? C’est parce qu’elles empruntaient à 1 % à la BCE et prêtaient alors déjà à plus de 6. On ne va donc pas pleurer et on s’inspirera de l’adage juridique : « nemo auditur turpidinem suam allegans », nul ne peut être entendu quand il excipe de sa turpitude (ainsi on n’a pas à rembourser les dettes de jeu illicite). Pour rigoler, on rappelle que cette maxime vient d’un procès célèbre dans lequel un plombier non payé avait réalisé les salles d’eau d’un lupanar. Le plombier, qui avait saisi la justice s’est vu opposer qu’il ne pouvait pas ignorer le caractère immoral et illicite (quoique légal !) des installations.

Surpris par le référendum envisagé par les grecs, notre président Naboléon 1er a mauvaise mine car il est désappointé comme on dit chez Caran d’Ache. Il se gargarisait d’être le sauveur de l’euro, le protecteur du bas de laine franzose, tout en se pliant aux exigences tudesques, le président à aura internationale et très écouté. Il l’avait dit à la télé et, fouchtra, son beau château de cartes s’effondre. La pièce (de boulevard et Pécuchet) péniblement montée est dans les choux de Bruxelles. Le G 20 de Cannes (3 et 4 novembre) va se transformer en G vain  pour les puissants et G geint pour les Grecs. Duracell 1er croyait profiter de la crise pour se refaire une santé mais, hélas pour lui, son discours et ses actes sont démentis par l’aggravation de la crise. Il croyait avoir saisi le kairos (moment opportun), il a obtenu crisis. Car il ne fait guère de doute maintenant que les 18 mois d’atermoiements et de palinodies européens n’ont pas fait avancer le schmilblic ; au contraire car l’indécision a tout aggravé ; l’incendie aurait pu être éteint au début avec un seau d’eau par une UE en Réunion et maintenant les canadairs risquent de ne pas suffire. Attendons-nous à des attaques sauvages contre l’Italie et l’Espagne par suite du défaut de paiement grec et vraisemblablement de l’éclatement de la zone euro. Les 1 000 milliards de garanties du FESF risquent de peu peser face aux 1 900 milliards de dettes italiennes dont la charge pèse déjà 5,6 % du PIB italien. La France avec ses 1650 milliards (plus 150 fin 2012) ne se porte pas très bien non plus.

Las, les dirigeants n’ont toujours pas compris, et surtout n’en veulent pas à cause de leur idéologie et de leurs intérêts liés à ceux de la fiance et des multinationales, que le capitalisme est mort. Mais il est comme le coyote des dessins animés : il ne réalisera qu’il va tomber qu’une fois au-dessus du précipice. Et cela malgré tous les effets de manche de notre Speedy Gonzalez national. Le pire est qu’il peut être réélu tant les socialos nous bourrent le mou sans programme de rechange solide. Oremus. Ora pro nobis.

Les banques, qu’elles crèvent

Classé dans : politique — 27 octobre, 2011 @ 11:14

La banque franco-belge Dexia, après avoir déjà été sauvée en 2008 pour plus de 6 milliards, est de nouveau en faillite et va être saucissonnée en 3. Cette banque avait passé avec succès les récents stress tests  (9ème sur 91 banques testées en Europe)! Elle est plombée par la masse de ses actifs toxiques (en subprimes), ses créances en dettes publiques (dont les grecques qui vont être restructurées en perdant au moins 50 % de leur valeur) et le fait que les autres banques refusent de lui prêter pour faire face à ses énormes besoins de trésorerie. Dexia s’est illustré par des prêts hautement risqués (à taux variable indexé par exemple sur le Franc suisse qui augmente) auprès des collectivités locales et même des hôpitaux. Sur ces entrefaites, une agence de notation (Standard and Poors) abaisse les notes de la BNP et du Crédit agricole. Car les banques détiennent trop d’obligations pourries des Etats en quasi faillite : il y en aurait, en cas de défaillance, pour entre 200 et 300 milliards de décote qui s’annonce à 50 % de la créance (la dette publique grecque est de 350 milliards, dont 206 auprès des banques privées, donc la décote entraîne 103 milliards de pertes pour ces banques). Rodomont 1er, qui avait refusé la recapitalisation des banques, sachant que cela signifiait mise au pot par l’Etat déjà impécunieux et à la dette grossissant à la vitesse V, s’y résout sous la pression de la chancelière de fer et de l’opinion teutonne qui la tient. Soulignons que le Bundestag, lui, débat des problèmes alors que Tsarko fait les choses tout seul dans son coin avec ses experts. Il faut dire que les 5 plus grandes banques françaises se sont refait une santé depuis qu’elles avaient tenu la sébile à l’Etat (en 2008 ; depuis elles ont remboursé) : 25 milliards de profits en 2010, qui ont été largement transformés en dividendes au lieu d’être réinvestis dans leur capital ou fonds propres. Les banques sont infestées de prêts aux Etats « cigales », prêts qu’elles ont consentis parce que c’était très rentable (elles empruntent à 1 % à la BCE et prêtent largement à plus de 5). Elles craignent donc que les cigales fassent défaut. Dans ce cas, leurs fonds propres baisseraient de façon vertigineuse, alors que déjà leur capitalisation boursière (la valeur en bourse de leurs titres) a été divisée par 2. C’est pourquoi même Tsarko, après le FMI, demande leur recapitalisation. En effet, d’après les nouveaux accords de Bâle, ce trou en Suisse, les banques devront garder 9 % du montant de leurs créances (c’était 7 lors des accords dits Bâle III ; quel progrès !) et engagements à titre de fonds de garantie. Or les susdites baisses de capital les empêcheront d’atteindre ce ratio si elles ne se recapitalisent pas. Avec l’enjeu pour l’économie qu’elles ne puissent plus prêter aux entreprises et aux particuliers si elles descendent en dessous des 9 % (plus 2 % obligatoirement mis en réserve dans les banques centrales afin d’alimenter les prêts à court terme aux banques et le marché interbancaire des prêts de trésorerie entre lesdites banques). Les banques préfèrent que les Etats les recapitalisent, évidemment sans entrer dans leur conseil d’administration ou contre des garanties, ce que Tsarko n’avait pas demandé lors du précédent sauvetage. Mais les Etats sont déjà ruinés hormis l’Allemagne ou les Pays-Bas. 

Parallèlement, le FESF, doté de 440 milliards (à porter à 2 000 suivant Tsarko, 1 000 suivant Angela pour cause de crise aggravée ; 250 ont déjà été engagés…) va pouvoir se mettre en place puisque le dernier Etat, la Slovaquie, qui avait refusé de mettre au pot la semaine dernière, vient de revoter pour. Le FESF a pour mission d’emprunter pas trop cher sur les marchés financiers (à 3 %) afin de prêter aux pays dans la dèche moyennant un intérêt plus substantiel (6 % pour la Grèce) mais très inférieur à celui que ces pays trouveraient eux-mêmes sur lesdits marchés (du 16% pour la Grèce !). Le FESF est composé de garanties apportées par les Etats (Allemagne, déjà 211 milliards, France 90), lesquelles seraient à payer en cas de défection, ce qui alourdirait la dette du pays garant. Tsarko demande sa transformation en banque pour qu’il puisse emprunter à la BCE et prêter; l’Allemagne refuse ce statut qui tuerait l’indépendance de la banque centrale et ferait tourner la planche à billets. La grosse rustine, décidée hier dans la nuit du 26 octobre à Bruxelles, porte le FESF à 1 000 milliards mais sous forme de garanties assurantielles (20 à 30 % des apports des investisseurs privés chez les cigales seraient garantis comme dans un vulgaire CDS, cela même qui avait déclenché la crise des subprimes ! Par ailleurs, un fonds abondé par les PVD (Chine, etc. Contre quelles contreparties ?) prêterait aussi. Ce fonds serait en quelque sorte un Special Purpose Vehicle (support spécial ad hoc) à l’instar de ceux créés par la finance hors bilan ! La situation est aggravée par la mise sous surveillance de la dette de la France pour 3 mois par l’agence Moody’s et par SP ; si à l’issue de ce délai le note française diminue, alors la qualité de sa signature dans le FESF baisserait ce qui ferait aussi diminuer la note de cet organisme. On aurait une spirale vicieuse. On est donc au bord du précipice et on risque de faire un grand pas en avant. La situation est de plus en plus critique que les plans d’austérité décidés par les gouvernements, apeurés par les agences de notation (une baisse de leur note entraînerait une forte hausse des taux de leurs emprunts ou même les rendrait tricards sur les marchés financiers), font diminuer la croissance donc les rentrées fiscales et accroissent ainsi les dettes. Pourquoi les gouvernements font-ils quand même ces plans de rigueur ? Parce que c’est pour eux une « divine surprise » que ce regain de crise : ils vont pouvoir imposer leurs mesures libérales, saboter les services publics, détruire la santé et l’éducation en les livrant au privé sans que les peuples puissent moufter. Du moins le pensent-ils alors que se multiplient pourtant les mouvements indignés. Pour eux la crise n’est pas due au libéralisme mais à son insuffisance ; il leur faut donc passer la surmultipliée. Par ailleurs, il est probable que certains gouvernements, dont celui du Tartarin de Neuilly, ne seraient pas contrits par une défaite électorale ; cela obligerait la prétendue gauche à faire le sale boulot et assurerait leur victoire massive aux élections suivantes comme le pense très fort M. Copé ou ses partisans UMP. En même temps l’euro, qui devrait baisser par suite de la situation de la zone éponyme, se maintient ce qui handicape les exportateurs européens. Why ? Because les autres pays font baisser leur propre monnaie afin de demeurer compétitifs dans la concurrence internationale. Dans cette ruse, les USA sont les meilleurs : leur taux d’intérêt est nul en termes réels et ils font tourner la planche à billet en monétisant la dette (la banque centrale, la FED, achète des bons du trésor US à gogo sur le thème de « l’ajustement quantitatif » ; donc contre des dettes US la Fed émet des dollars). Du coup les investisseurs empruntent en dollars à très faible taux pour investir dans les PVD ou dans les obligations sûres (celles de l’Allemagne qui rapportent 3 % sans risques) ; en retour les pays investis ainsi vendent les dollars apportés par les investisseurs, ce qui maintient le dollar à la baisse. Et les Chinois en profitent car le Yuan est indexé sur le dollar. 

Les solutions européennes à la crise de la dette et aux difficultés des banques restent dans le sauvetage libéral à tout prix, c’est-à-dire contre les peuples, du système libéral pourtant en train de s’écrouler. Comme avant 1940, ils préfèrent la honte à la guerre mais ils auront les deux sous forme de luttes sociales. C’est pourquoi ils font tout pour sauver les banques capitalistes ; et malgré les moulinets sur talonnettes les gouvernements n’ont en fait rien entrepris de sérieux contre la spéculation, les paradis fiscaux, la finance de l’ombre, la puissance des financiers. On a eu que des mesurettes comme Bâle III, les « accords » entre paradis fiscaux (certains, du reste, étant restés en dehors comme les îles britanniques ou le Luxembourg ou le Delaware ou Hong Kong) et les Etats, l’hypothétique taxe sur les transactions financières. Rien contre les agences de notation, les Hedge Funds, les CDS, les produits dérivés (dont les CDO titrisés), les LBO, etc. Pas de séparation entre banques de dépôt (ou commerciales) et les banques d’affaires (ou d’investissement) sauf aux USA et chez les Gibbies. Tsarko n’a toujours pas cassé le modèle frenchy de banque universelle, dont la partie dépôts est utilisée par la partie affaires pour spéculer. Pas grand-chose contre les marchés inorganisés (sans contrôle, dits de gré à gré) dont les ventes à découvert (en empruntant l’actif pour le revendre à terme) ou « à nu » (c’est-à-dire sans avoir les fonds ou les actifs, notamment pour les CDS où on peut s’assurer contre la perte d’un bien que l’on n’a pas !)) sont le fer de lance de la finance fantôme, contre l’effet de levier (acheter en empruntant pour l’essentiel), etc. D’ailleurs la spéculation a repris de plus belle mais cette fois sur les matières premières, les produits agricoles et les dettes publiques. En outre, en France les banques peuvent continuer de rançonner leurs clients avec leurs prétendus frais, les dates de valeur (vous déposez 100 euros le 1er du mois, il ne vous est compté que les 3 ou 4) et sans rémunérer les dépôts. Il y a pourtant une solution bien simple pour se débarrasser des banques privées. Il suffit de créer une grande banque socialisée (dirigée par une fédération combinant les représentants des clients (déposants, transformés en « actionnaires »), des collectivités locales, des associations de défense, des salariés et, moderato de la puissance publique, des entreprises du tiers secteur social et coopératif) qui recueillerait les dépôts en les rémunérant et ferait la médiation entre les emprunteurs et les déposants, sans spéculer. Des éléments de cette banque existent déjà en France avec la banque postale, le crédit coopératif ou mutuel, la Caisse des dépôts et consignations et même le trésor où autrefois chacun pouvait autrefois avoir un compte. Il suffirait de les étendre et de les socialiser. Cette banque, bien moins onéreuse que les banques privées, les ferait peu à peu disparaître au nom de la « concurrence libre et non faussée » ! Il n’y aurait donc pas à les recapitaliser ; on se contenterait de les laisser crever en incitant les déposants à retirer leur fric en danger pour le mettre dans la banque fédérée. Cette banque serait autorisée à faire des avances au gouvernement comme cela se faisait autrefois avant que Pompidou et Giscard ne le suppriment pour forcer l’Etat à emprunter sur les marchés financiers (d’où le fait que 70 % de la dette extérieure publique française sont détenus par l’étranger et donc les pressions des agences de notation). Cette banque aurait le monopole des emprunts d’Etat, lesquels seraient ré-ouverts au public alors que les compradores socialistes ont donné aux banques privées l’oligopole de la chose (un pékin ne peut pas souscrire directement des obligations publiques et les banques se les réservent ; essayez donc aujourd’hui d’acheter des obligations d’Etat ; c’est quasiment impossible). Ainsi la dette publique pourrait être détenue par les résidents français au lieu d’être soumise à la spéculation internationale ; c’est ce qui la force du japon dont 97 % de la dette appartient aux Japonais ! On notera que tout a été fait pour obliger les pays à emprunter aux marchés financiers ou aux banques. C’est aussi la fonction de l’euro avec lequel il leur est interdit d’émettre de la monnaie ; ils n’ont donc plus de politique monétaire possible ni le droit de dévaluer. Grand vainqueur : la Teutonie qui depuis des lustres a imposé son « ordo-libéralisme » à l’Europe. 

On notera que ce qui a permis la spéculation sur les dettes d’Etat (suppression des avances de la banque de France, monopole de la souscription des emprunts publics donné aux banques privées, arrêt du contrôle des changes, libre circulation des capitaux, désindexation des salaires sur l’inflation, diminution des impôts sur les revenus financiers, distribution de stock-options, etc.) a été créé par les gouvernements libéraux, y compris socialistes. Or la monnaie et le crédit sont des biens publics que nul gouvernement ne peut confier légitimement à des banques privées. Même Adam Smith, dont les libéraux se réclament, avait prévu une exception pour la finance : celle-ci ne pouvait faire l’objet d’un marché autorégulateur ! Il faut donc aujourd’hui supprimer les banques privées, non par la force mais en les privant de déposants et d’outils de spéculation. On observera aussi que le rôle des parlements consiste à avaliser les décisions de l’exécutif pour appliquer les directives et les règlements européens (qu’ils ont déjà adoptés au sein du conseil). Sauf dans un cas, celui de la Germanie. En effet un arrêt déjà ancien de la cour constitutionnelle de Karlsruhe oblige le gouvernement teuton à faire examiner et approuver les projets de directives par le Bundestag, donc avant leur adoption par le conseil européen sur proposition de la commission de Barre-au-zoo. Ce qui confirme que la construction européenne, non seulement  a été faite en fonction des intérêts ordo-libéraux des Tudesques (l’ordo-libéralisme consiste à se servir de la loi érigée en fausse démocratie pour édicter les règles favorables au tout-marché concurrentiel) et cela depuis le début, mais encore que les cousins germains ont pris leur précaution pour empêcher toute directive contraire. C’est pourquoi Raskoltignac 1er  est obligé de mendier auprès d’Angela. C’est ainsi que les Fridolins ont imposé un euro fort et une BCE concentrée sur la seule inflation et interdite de prêts aux Etats. C’est tout bénef car la Germanie fait fabriquer en Europe de l’Est à bas salaires et à monnaie hors euro (donc si l’euro monte, la valeur des achats allemands à ces pays, exprimée en euros, baisse.) et fait assembler en Teutonie en ajoutant l’étiquette « made in Germany ». Par ailleurs, les Germains ont fait une politique de désinflation compétitive (équivalent à une dévaluation de 10 %, dont 3 % de TVA « sociale ») pour exporter chez les voisins tout en réduisant leur consommation intérieure. Félicitations. Que faisait la France (et les autres) pendant le « miracle allemand » ? Cela ne pouvait pas marcher car les pays unis sous une monnaie unique étaient trop hétérogènes et parce que les excédents commerciaux des uns étaient les déficits des autres, compensés par un flux d’emprunts de sens inverse. Résoudre les problèmes financiers ne servira à rien si ceux des déficits commerciaux structurels et de la désindustrialisation de l’Europe (hors Teutonie) ne sont pas réglés. Oremus. 

Et si la France vivait en autarcie ?

Classé dans : politique — 11 octobre, 2011 @ 11:29

L’UMP moque les propositions de Montebourg ou de Mélenchon pour ce qui est d’une « démondialisation » par un protectionnisme modéré contre la concurrence déloyale de moult pays. Elle souligne qu’un travailleur sur 4 opère pour l’exportation, ce qui ne fait jamais, grosso modo, que 25 % du PIB. Dans le PIB nous trouvons nombre d’activités prédatrices et rentières : la banque, la finance, l’assurance privée, qui sont socialisables, la publicité qui est à interdire. On a aussi des fonctions inutiles comme l’armée et ses bombinettes (dans les 40 milliards) ou surdimensionnées comme la poulaille en tout genre. Nous avons aussi les boîtes qui bénéficient d’une concession indue de service public et qui rançonnent le consommateur en étant aidées par des politicards bienveillants ; l’exemple typique en étant les compagnies des eaux. Nous avons les fonctions qui seraient mieux rendues, et cela pour beaucoup moins cher, par des organismes publics ; par exemple, les agences immobilières, qui taxent les transactions en pourcentage, pourraient être utilement remplacées par un service public municipal facturant au forfait. Nous enregistrons les délégations de service dans des partenariats public/privé dans lesquelles le profit accroît la facture. Car, on ne le dira jamais assez, une entreprise privée est toujours plus coûteuse qu’un service public bien géré car il y a le profit en plus. On compte dans le PIB la réparation de toutes les nuisances causées par l’industrie, la chimie, la pharmacie, les transports par camion ou avion, etc. On ferait mieux de prévenir. On a dans les fonctions publiques de vraies prédations comme, par exemple, l’activité des conservateurs des hypothèques en doublon avec celle des notaires. On a une sur- administration avec le millefeuille territorial ce qui fait des tas de notables rétribués et des redondances de compétences et de fonctionnaires. Ne croyez-vous pas que tout cela fait nettement plus que 25 % de PIB et que le supprimer compenserait la perte des exportations ? Je demande donc à un économiste distingué de faire le calcul, assez simple pour qui dispose des comptes nationaux, et qui, curieusement, n’est jamais fait par les statisticiens publics. Prenons le risque d’être accusé d’utopisme. Rêvons d’une France en quasi autarcie, sans monnaie, à économie fondée sur les coopératives et les mutuelles décentralisées, fédérées  et contractant entre elles sur le principe équivalent contre équivalent. Serait-on dans la misère ? Non, la France a de tout, même des bananes, du chocolat, du thé et du café, des épices (avec ses DOM-TOM) ; elle a 400 fromages, de nombreuses races de bovins superbes (Aubrac, Salers, Charolais, Limousine, Normande, etc.) ou de moutons ou de porcs et de volailles, des milliers de bons vins, des spiritueux nombreux et variés (cognac, armagnac, chartreuse, bénédictine, génépi, calvados, eaux de vie de fruit comme le kirsch, etc.). Elle a de longues côtes encore poissonneuses mais exploitées par les flottes étrangères jusque dans ses eaux territoriales. Elle a la plus grande forêt d’Europe et plein de gibier. Elle a encore des chercheurs, des toubibs, des enseignants, des ingénieurs de haut niveau. Elle n’a pas besoin de financiers, de banquiers, de traders, de pubards. Elle a trop de comptables chargés de calculer les recettes, les dépenses et les profits, d’administratifs, de cadres et de bureaucrates chargés de surveiller les travailleurs, de statisticiens au service du pouvoir ou des boîtes privées. Sans valorisation monétaire, tous ces gens sont à reconvertir dans des activités socialement utiles. La France, en revanche manque d’agriculteurs (eu égard aux exportations) mais sa production pour son territoire est bien suffisante en regard de ses besoins alimentaires et de sa productivité. On pourrait donc, en se contentant d’une production ajustée aux besoins, diminuer drastiquement l’usage des engrais, pesticides, fongicides et développer une agriculture « bio », on pourrait renouer avec l’élevage de prairie et développer la forêt (source de plaisir, de matériau-bois au lieu de béton, et de biomasse). On devrait supprimer les élevages intensifs de porcs et de volailles calibrés sur l’exportation et produisant du lisier et autres cochonneries, si j’ose dire, qui polluent les nappes phréatiques, les rivières et même les plages avec les algues vertes. 

De même, la productivité industrielle actuelle permet de réduire le temps de travail puisqu’on ne ferait fonctionner les machines que le temps nécessaire à la production satisfaisant les besoins. Il nous manque du pétrole et du gaz ? Faribole : on peut développer les transports en commun au lieu de la bagnole avec ses routes qui mangent les terres au profit du BTP et des compagnies d’autoroutes (privatisées par Villepin) ; on peut utiliser du gaz de biomasse et retrouver les bons vieux gazogènes utilisés pour les véhicules pendant la 2ème guerre mondiale (pour les transports locaux de marchandises) ; les algues peuvent en donner aussi et tout végétal ; on utiliserait les productions locales, notamment dans des AMAP, ce qui diminuerait les transports à distance, rendant le gazogène suffisant. Les matières organiques peuvent être utilisées pour faire des plastiques et autres biens issus du pétrole. On aura dans quelque temps l’énergie de l’hydrogène qui est non polluante. Les usages de dérivés du pétrole comme le kérosène (avions) peuvent être très lourdement taxés ; du reste la France n’est-elle pas très riche en sites et en monuments (d’où les 70 millions de visiteurs étrangers par an) que les Français pourraient aller voir au lieu d’aller faire par avion du bronze-cul ailleurs ? On n’a plus certaines industries manufacturières (produits bruns et blancs comme les téléviseurs, les PC, l’électroménager, etc.) ou pas assez ? On peut en recréer car si on ne le fait plus aujourd’hui c’est à cause de la spécialisation mondiale et du défaut de rentabilité des productions françaises concurrencées par le low costOn sait faire et on saura innover pour le futur grâce à la qualité de notre recherche enfin débarrassée des impératifs de rentabilité. On peut faire des économies de temps de travail : plus d’armée, beaucoup moins de politicards, de fonctionnaires administratifs et fiscaux, pas de publicitaires et d’agents de relations publiques, pas de financiers et banquiers, bien meilleure santé et diminution des frais médicaux (nature retrouvée, alimentation saine, plus de produits chimiques, moins de stress), moins de flics puisqu’il n’y aurait plus d’incitation à la consommation ostentatoire et rivale, bien moins de riches et donc moins d’envie et de vols, etc. Dans ce modèle de société frugale, égalitaire, libérée du pognon serait-on moins riche ? Bien sûr que non car aujourd’hui on calcule la richesse en termes monétaires et non en termes réels de satisfaction des besoins, de qualité de vie, de bonheur. On ne serait pas riche des nuisances, des gaspillages, des corruptions, etc. qu’amène l’argent-roi. On aurait le BBN (bonheur brut national) comme le Bhoutan dans l’Himalaya au lieu du PIB (production dans le pays) ou du PNB (PIB plus solde des échanges, y compris financiers, avec l’extérieur). En revanche, les profiteurs (banquiers, PDG, financiers, politicards, grandes surfaces commerciales, multinationales, industriels privés, publicitaires, communicants, etc.) seraient bien moins riches. S’ils ne sont pas contents, « qu’ils s’en aillent tous » (dixit Mélenchon). Mais leurs biens resteront en France, de même que leurs capitaux (la fraude sera très sévèrement punie) et ils perdront leur citoyenneté. Comme on dit, on ne peut être à la fois dedans et dehors comme le facilite la ridicule création de sièges de représentants des Français à l’étranger (plus 11 députés, plus 5 sénateurs, récemment !). 

Avec tout cela et la suppression des activités inutiles, serait-on malheureux ? On aurait certes moins de fric amis est-ce la vraie richesse ? On aurait plus facilement une « société des égaux » car les fruits de l’économie seraient bien mieux répartis et la richesse monétaire aurait disparu à l’étranger. On retrouverait beaucoup de temps libre pour des activités festives, relationnelles, amicales, artistiques, créatrices, etc. Le travail serait très partagé car les inutiles ou nuisibles ou budgétivores seraient remis au boulot dans des fonctions répondant aux besoins. On aurait moins de compétition, d’ostentation, de stress. Bref, on serait bien plus heureux et bien plus riche de qualité de la vie et des relations sociales. En fait, on n’aurait pas perdu de PIB ; seulement l’expression monétaire de celui-ci. 

Je veux devenir président, na !

Classé dans : politique — 10 octobre, 2011 @ 11:17

Ce n’est pas si difficile de devenir calife à la place du calife. Mais certaines conditions ou stratégies sont requises. Elles ne font pas honneur à l’espèce humaine et elles sont visiblement développées par l’individualisme utilitariste sans limites qui caractérise notre modèle de société. 

Déjà, une morale limitée aux acquêts et approximative se révèle prometteuse. Il faut pouvoir traiter les autres comme des marchepieds utiles à sa progression et jetables après usage intéressé. L’autre n’est qu’un objet ; ce n’est pas un visage, un regard qui mérite notre sympathie par appartenance commune au genre humain. Il faut avoir un esprit dominateur et autoritaire afin de s’imposer brutalement si nécessaire (car les résistants ou indignés sont peu nombreux ; les béni-oui-oui se prosternent facilement devant le lider maximo ; il n’y a donc que peu de militants à faire plier par la force). Le mensonge, la tromperie, le double langage, le chantage, la trahison sont des ruses adaptées à la volonté paranoïde de grimper à la place des concurrents et des opposants. Ainsi, Tsarko a imité Chiracos qui avait trahi Fiscard Déteint, qui avait trahi Chaban-Delmas, en trahissant au profit de Ballamou, l’Ottoman aux chaussettes cardinalices de soie. Pensons aussi à Ganelon-Besson qui a renié le PS pour avoir un maroquin (et en sus une jeune marocaine, je crois), à Kouchner et son sac de riz, etc. Matamore 1er a commencé sa carrière en 9.2 en trahissant Pasqua, son mentor pourtant, pour s’emparer de la mairie de Neuilly. Pasqua lui avait appris son grand art des coups fourrés, du billard à 3 bandes, des pratiques barbouzardes, des renseignements de basse police, si utiles en politique, des manipulations foireuses (comme celle montée contre le juge Halphen avec son beau-père acheté devant les poulets fortuitement présents à la transaction). Et il y a bien d’autres qualités pour devenir président d’une république « irréprochable » : l’absence de scrupules et de sentiments de honte, l’agressivité pour piétiner ses adversaires, le narcissisme orgueilleux et mégalomaniaque, la démagogie, l’absence d’empathie et de sympathie pour les autres, l’insensibilité aux autres causes que la sienne, etc. Tous ces talents sont puissamment encouragés par les institutions politiques françaises qui demeurent celles du césarisme, du bonapartisme, de l’autoritarisme d’un faux régime présidentiel sans contre-pouvoirs et contrôles et assuré de l’impunité. 

Mais ces qualités morales ne suffisent pas pour accéder à la présidence ou à un poste élevé dans la fausse méritocratie électorale française. Laissons de côté les cas de népotisme (les « élus » qui succèdent à leur père-député comme MAM ou Rosy Cachalot). Il faut s’outiller, s’organiser, se doter en moyens et pognon, se constituer un bon réseau d’amis et d’aboyeurs. De multiples moyens facilitent la progression vers les hautes sphères car « la route est longue et la pente dure ». Il est très utile d’être ministre de l’intérieur. On y a la haute main sur la DCRI ou les ex-RG ; on dispose de fiches compromettantes pour éliminer les concurrents. Ainsi, rien n’interdit de subodorer que le soudain abandon de Borloo (il serait possible que ce soit lui qui ait donné le feu vert à l’arbitrage privé abandonnant 400 millions à son ami tapi dans l’ombre) serait lié à de petites fiches concernant ses magouilles d’avocat d’affaires avec Tapie, lequel était un émule des escrocs Willot et faisait du LBO avant de dépecer les entreprises rachetées à crédit. Souvenons-nous de la disparition des écrans politicards du prometteur Fourcade et de Douste-blabla (une rumeur insinue que ce serait lui le « ministre poissé dans une partouze avec de jeunes garçons à Marrakech »). On peut penser à des fiches ou à des « notes blanches ». On peut y tâter le pouls de l’opinion afin de cibler au mieux les clientèles électorales. Songeons aux succès de Staline et de Ben Ali dans le métier. On peut faire espionner et écouter les téléphones, voire pirater les ordinateurs, comme l’avait fait faire Tonton et comme cela a été fait dans l’affaire Bettencourt-Woerth ou les rumeurs sur le couple Carla-Tsarko. 

Il est aussi très utile d’être ministre du budget. En effet on peut alors faire paraître des feuilles d’impôt (comme celle de Chaban Delmas, ce qui l’avait discrédité dans la course à la candidature contre le Giscariote). On peut commanditer des contrôles fiscaux. On est au courant des magouilles d’évasion fiscale. On peut avantager des copains industriels qui renverront l’ascenseur (succession de Lagardère-père). On se monte un petit réseau de bénéficiaires et d’obligés. C’est utile car les copains favorisés dans leur entreprise (Dassault, Lagardère, Bouygues, etc.) possèdent en même temps des journaux ou des médias où la propaganda staffel ou l’agit-prop peut se déverser en faveur du bon candidat. 

Le nerf de la guerre est le fric. Il est donc recommandé de faire main basse sur un parti politique et la manne financière qu’il récolte grâce à la loi de financement des partis politiques. On peut aussi pomper des rétro-commissions liées aux commissions (interdites en 2000) versées à des intermédiaires douteux sur les ventes d’armement et aux affaires pétrolières. Voir Ballamou et le PS de Tonton (ELF-Total, frégates de Taïwan, sous-marins de Karachi, etc.). On peut faire appel aux porteurs de valises (voir affaires Bourgi, Djouhri, Takiedinne, etc.) en provenance des dictatures amies d’Afrique noire. On crée des micro-partis servant de pompes à fric en détournant la loi sur le financement des partis. On peut truquer les appels d’offre des marchés publics, comme le fit si bien la mairie chiraquienne pendant 18 ans avec en prime les emplois fictifs. 

L’essentiel est de se constituer un réseau diversifié dans tous les secteurs qui peuvent vous aider : industriels, promoteurs, médias, artistes, intellectuels, police, justice, avocats d’affaires, paradis fiscaux, affidés, sympathisants, donateurs, etc. Un industriel s’est plaint d’avoir été contacté par le jeune Tsarko, encore avocat, et de s’être fait proposer un contrat de « protection » juridique annuel à prix d’or ; la cible ayant refusé ce qui ressemblait fort à un racket, l’avocaillon lui aurait jeté à la figure une menace : « je m’en souviendrai ». Promesse tenue : les affaires du sieur menacé ont périclité. 

Là encore, en ce qui concerne les moyens de propulsion vers le pouvoir, il faut rappeler que ce sont les institutions françaises qui facilitent toutes les magouilles et autres grenouillages. Certes la corruption n’est pas nouvelle et elle n’est pas encore institutionnalisée comme aux USA où les lobbys font la loi (au sens propre et figuré). Mais il est clair que c’est le plus rusé, celui qui ne se fait pas prendre les mains dans le pot de confiture sur le thème « pas vu, pas pris » qui est le mieux placé dans la course à l’échalote. C’est dans cette optique qu’il faut analyser les volitions de Tsarko pour faire disparaître l’abus de bien social ou son recel en allongeant un peu le délai de prescription mais en le faisant partir de la date du délit et non de celle de sa découverte alors que ces manipulations sont tout à fait opaques. A quoi s’ajoutent la nomination de procureurs aux ordres et la baisse des moyens et des effectifs des cellules financières dans la police et la justice. On a aussi très diminué l’intervention des juges d’instruction indépendants qui n’enquêtent plus que sur 5 % des affaires (lorsqu’il y a généralement constitution de partie civile) au lieu de 30 % il y a peu. D’où la préfiguration de la suppression dudit juge d’instruction annoncée par le prince. Il n’a pas encore osé ; mais s’il est réélu en 2012, cela promet. 

Sur ces entrefaites, la primaire socialiste ayant été un succès, l’UMP la critique que le thème : ces cons de socialos ne sont pas capables d’avoir un « candidat naturel » en se divisant sur tout, à commencer par le candidat qu’ils sont incapables de choisir eux-mêmes. C’est ahurissant de voir autant de bêtise. Tout ce qui précède montre le caractère naturel, pour ainsi dire inné, du candidat Tsarkozy. On y a vu sa « nature » profonde et aussi les artefacts, les moyens bien peu naturels, de son arrivée au pouvoir. Pour poursuivre l’analogie de l’UMP, Rodomont 1er serait de « droit naturel » comme louis XIV était de droit divin. Quel progrès pour la monarchie républicaine française ! Il est vrai que cela correspond parfaitement à sa conception de l’exercice du pouvoir : régalienne, sans partage, autoritariste, fondée sur une « société de cour » avec les « copains et les coquins », barbouzarde, etc. C’est un césarisme ou un bonapartisme, bien dans la tradition française mais certainement pas en rupture avec elle. Qui était le candidat de la rupture et de la « république irréprochable » ? 

L’horreur de la croissance

Classé dans : politique — 1 octobre, 2011 @ 11:42

Pour nous sortir le nez de la fosse à purin où ils nous ont mis les politicards UMPS n’ont que le mot croissance dans leur bec enfariné. Que le ciel nous préserve de la croissance et cela pour moult raisons. La 1ère est qu’elle pousse à gaspiller et à surexploiter les ressources de la planète. Les chercheurs canadiens viennent d’énoncer que dès le 1er octobre les humains avaient épuisé les ressources renouvelables de la terre. On vit donc déjà à crédit le dernier trimestre de l’année. Seule une croissance non utilisatrice de matières premières et d’énergie fossile peut désormais être souhaitée et conduite : énergies renouvelables, réutilisation de matériaux, limitation des transports de marchandises et de voyageurs, économie de la connaissance, de l’innovation, réduction de la consommation aux besoins sans pression publicitaire, usage intensif des communications électroniques, etc. La croissance de biens matériels souvent vite obsolètes est à proscrire ; les productions doivent être durables alors qu’on sait que le capitalisme va jusqu’à limiter la durée de vie des produits pour faire des bénéfices. Par exemple, une voiture est conçue pour ne durer que 10 ans. Cette pulsion effrénée de la croissance, uniquement en termes de valorisation monétaire, ne fait qu’alimenter les profits. Par ailleurs, la façon de comptabiliser la pseudo-croissance néglige totalement les « externalités », à commencer par les négatives, c’est-à-dire les nuisances, les pollutions et autres « dégâts du progrès ». On sait aussi que la croissance incessante des maladies et des soins médicaux est de plus en plus liée, non pas au vieillissement, mais aux effets des produits chimiques sur l’environnement et les êtres vivants, nous compris. Le dernier exemple en est le bisphénol A que l’on trouve dans plus de 60 produits. Les industriels peuvent se ficher du développement des cancers, des maladies neurologiques, des malformations, etc. car c’est la sécurité sociale qui paie. Comme on se moque des conséquences de l’organisation du travail et des rythmes de production (accidents, irradiations, TMS, stress, burn-out, etc.). C’est, du reste, la principale raison du creusement permanent de son fameux trou en relation avec l’insuffisance dramatique de la prévention. Car celle-ci ne rapporte rien aux professions médicales alors que les soins sont juteux. Il en est de même pour la réparation des dégâts industriels. De plus la croissance est propulsée par la mentalité propagée par le libéralisme, à savoir le matérialisme, l’hédonisme grossier de la satisfaction quasiment bestiale, la compétition entre tous et l’individualisme ostentatoire. La croissance dans le gaspillage, le gadget, le « jeunisme », la révolution permanente des objets, etc. alimente en retour ledit individualisme compétitif, la jalousie, les rancœurs des laissés pour compte de la consommation inutile. Les ressorts de la croissance par la consommation sont donc peu honorables. On en est même à consommer des solutions aux dégâts industriels, vendues par lesdits industriels et considérées comme des augmentations de PIB au même titre que les réparations des accidents de la route ! 

La croissance fondée sur la consommation est une catastrophe dans une économie qui a été ouverte sans modération par les politicards de France et de l’UE (et de partout). Procéder ainsi dans un pays, c’est ouvrir en grand la porte aux importations expédiées par les autres pays, comme si l’exportation était l’alpha et l’oméga et que tout pays puisse être exportateur net. C’est ce qu’a fait la Germanie (sous Schröder) en serrant la bourse des Allemands avec sa « désinflation compétitive » et sa « modération salariale » ; au lieu de pouvoir consommer les Teutons ont exporté chez les autres (70 % de leur commerce est dans l’UE, 40 % dans la zone euro). Croissance des importations ici signifie déficit de la balance commerciale et obligation de s’endetter ailleurs alors qu’exportation là donne le contraire. Mais, chers libéraux de droite ou de gauche, avez vous réfléchi à ce que dans une zone commerciale unifiée avec monnaie unique (sans dévaluation possible) les exportations des uns sont les consommations des autres et que, surtout, tout le monde ne peut pas avoir une balance commerciale excédentaire ! Le mot d’ordre libéral : exportez, exportez se heurte au fait que tout le monde ne peut pas exporter sauf à l’extérieur d’une pseudo-zone euro ou UE. Or le libéralisme ne jure que par la croissance via les exportations… 

Une croissance saine ne peut reposer que sur la satisfaction des besoins intérieurs par la production interne. C’est là qu’il faut pleurer car la puissance actuelle des moyens de production fait qu’un marché intérieur ne peut absorber la production sauf en la limitant aux besoins, ce qui, évidemment renchérit les coûts de production unitaires puisqu’on ne peut pas les amortir sur un énorme volume de ventes à l’extérieur. C’est ce qui mène à l’extension indéfinie des échanges et surtout à la spécialisation des pays dans leurs « avantages comparatifs ». Si l’on veut éviter la surexploitation des ressources et la surconsommation gaspilleuse, se centrer sur les seuls besoins internes signifie d’accepter un moindre PIB et une rentabilité inférieure. Sauf pour les grands pays qui ont un marché intérieur assez vaste (Chine,  Inde, USA, UE) et qui sont tout à fait capables d’encaisser les progrès de productivité. Mais qu’est-ce que le PIB sinon une façon de valoriser monétairement la richesse produite en une année ? Ce qui revient à faire croire que s’il n’y a pas valeur en numéraire la richesse en biens ou services n’existe pas. Une croissance exprimée en argent gagné est une conception très réductrice de la richesse et a pour effet d’encourager à surproduire et survendre pour dégager une richesse fictive et symbolique et maximiser les profits. Ainsi, le travail domestique, les échanges entre voisins ou amis, le troc, la qualité des relations sociales, le bien-vivre solidaire et convivial, etc.  seront-ils en jour comptés comme richesse sociale ? On ne compterait que la richesse individuelle exprimée en argent, en capital, en revenu financier ? On ne s’occuperait que de ce qui est rentable ? 

Le gros mot est lâché : rentabilité, c’est-à-dire possibilité de profit, de marge par rendements croissants et économies d’échelle. La croissance, vue dans les hypothèses de l’économie libérale et capitaliste, suppose la rentabilité et la productivité (de façon extensive par de nouveaux moyens productifs ou de façon intensive, par l’extension des horaires des travailleurs). La croissance dépend ainsi d’une valorisation qui n’est pas vraiment matérielle mais quantitativement monétaire. Ce qui compte c’est la valorisation financière de la production. Et valoriser ainsi encourage les manipulations pour arriver au maximum de rentabilité. En sens inverse, vouloir maximiser le profit, enregistré comme croissance monétarisée, pousse à le faire croître indéfiniment. C’est ce que Marx avait prédit comme accumulation incessante de capital. 

Raisonnons par l’absurde. Supposons que la production ne soit pas évaluée en termes monétaires. Est-ce qu’elle n’existerait pas alors que c’est ainsi qu’est calculé le sinistre PIB ? C’est pourquoi certains, comme les « abondancistes », ont préconisé que la production soit quantitativement calibrée sur les besoins réels calculés en volume et que la consommation soit évaluée sous forme de bons d’achat quantitatifs (remplaçant la monnaie) en tant que droits à une portion de la production. Ainsi, il n’y a plus de surproduction puisqu’elle correspond aux besoins et il n’y a plus d’inflation puisque la rareté est jugulée. Il reste la question épineuse de la répartition des droits à bons d’achat. Je propose une échelle allant de 0 à 6 : 0 pour les banquiers et financiers, 1 droit pour les politicards et les manageurs, 3 pour les ouvriers et employés vrais créateurs de la richesse, 4 pour les ingénieurs, 5 pour les chercheurs, professeurs et enseignants, 6 pour les inventeurs et créateurs. Dans ce système, il est clair que la production est ajustée à la demande et que la monnaie est inutile. Il est clair aussi que la hiérarchie des rétributions ne va que de 1 à 6 et qu’elle est fonction du mérite social des professions. Rappelons que la hiérarchie actuelle des rémunérations va de 1 à 500 ! On voit ainsi que la mentalité libéralo-capitaliste du calcul en monnaie, de l’expression des résultats en termes financiers pousse à la croissance quels qu’en soient les effets sociaux ou environnementaux. 

La sacro-sainte croissance du PIB valorisé en monnaie est un moteur de l’accroissement des dettes publiques et privées. Les industriels et leur lobbys poussent les gouvernements à investir sans arrêt. Par exemple, on a construit trop de lignes TGV (souvent en massacrant la nature et en piétinant les riverains et la propriété agricole, en réduisant dramatiquement la surface de terres arables, etc.) et délaissé les lignes secondaires et de banlieue. Résultat : le reste du réseau est en déshérence, il y a moult lignes TGV déficitaires et la dette de réseau ferré de France (RFF) est devenue astronomique (30 milliards). Qui rigole ? Le BTP et les fournisseurs de motrices, de rails, etc. De même le lobby industrialo-nucléaire pousse à construire des centrales nucléaires bien plus juteuses pour lui que les énergies renouvelables et décentralisées. Les banques et industries poussent au crédit afin que les gens surinvestissent et consomment. Et ainsi de suite : dettes publique et privée atteignent des sommets impossibles à gérer comme le montre actuellement la crise de la dette. 

Prenons le risque d’être accusé d’utopisme. Rêvons d’une France en quasi autarcie, sans monnaie, à économie fondée sur les coopératives et les mutuelles décentralisées, fédérées  et contractant entre elles sur le principe équivalent contre équivalent. Serait-on dans la misère ? Non, la France a de tout, même des bananes, du chocolat, du thé et du café (avec ses DOM-TOM) ; elle a 400 fromages, de nombreuses races de bovins superbes (Aubrac, salers, Charolais, etc.) ou de moutons ou de porcs et de volailles, des milliers de bons vins, des spiritueux nombreux et variés, etc. Elle a encore des chercheurs, des toubibs, des enseignants, des ingénieurs de haut niveau. Elle n’a pas besoin de financiers, de banquiers, de traders. Elle a trop de comptables chargés de calculer les recettes, les dépenses et les profits, d’administratifs, de cadres et de bureaucrates chargés de surveiller les travailleurs. Sans valorisation monétaire, tous ces gens sont à reconvertir dans des activités socialement utiles. La France, en revanche manque d’agriculteurs (eu égard aux exportations) mais sa production pour son territoire est bien suffisante en regard de ses besoins alimentaires et de sa productivité. On pourrait donc, en se contentant d’une production ajustée aux besoins, diminuer drastiquement l’usage des engrais, pesticides, fongicides et développer une agriculture « bio », on pourrait renouer avec l’élevage de prairie et recréer la forêt (source de plaisir, de matériau bois au lieu de béton, et de biomasse). On devrait supprimer les élevages intensifs de porcs et de volailles calibrés sur l’exportation et produisant du lisier et autres cochonneries, si j’ose dire, qui polluent les nappes phréatiques, les rivières et même les plages avec les algues vertes. De même, la productivité industrielle actuelle permet de réduire le temps de travail puisqu’on ne ferait fonctionner les machines que le temps nécessaire à la production satisfaisant les besoins. 

Il nous manque du pétrole et du gaz ? Faribole : on peut développer les transports en commun au lieu de la bagnole avec ses routes qui mangent les terres ; on peut utiliser du gaz de biomasse et retrouver les bons vieux gazogènes utilisés pour les véhicules pendant la 2ème guerre mondiale (pour les transports locaux de marchandises) ; les algues peuvent en donner aussi et tout végétal ; on utiliserait les productions locales, ce qui diminuerait les transports à distance. Les matières organiques peuvent être utilisées pour faire des plastiques et autres biens issus du pétrole. On aura dans quelque temps l’énergie de l’hydrogène qui est non polluante. Les usages de dérivés du pétrole comme le kérosène (avions) peuvent être très lourdement taxés ; du reste la France n’est-elle pas très riche en sites et en monuments (d’où les 70 millions de visiteurs étrangers par an) que les Français pourraient aller voir au lieu de faire du bronze-cul ailleurs ? On n’a plus certaines industries manufacturières (produits bruns et blancs comme les téléviseurs, les PC, l’électroménager, etc.) ou pas assez. On peut en recréer car si on ne le fait pas aujourd’hui c’est à cause de la spécialisation mondiale et du défaut de rentabilité des productions françaises concurrencées par le low cost. On sait faire et on saura innover pour le futur grâce à la qualité de notre recherche enfin débarrassée des impératifs de rentabilité. 

On peut faire des économies de temps de travail : plus d’armée, beaucoup moins de politicards, de fonctionnaires administratifs et fiscaux, pas de financiers et banquiers, bien meilleure santé et diminution des frais médicaux (nature retrouvée, alimentation saine, plus de produits chimiques, moins de stress), moins de flics puisqu’il n’y aurait plus d’incitation à la consommation ostentatoire et rivale, bien moins de riches et donc moins d’envie et de vols, etc. Dans ce modèle de société frugale, égalitaire, libérée du pognon serait-on moins riche ? bien sûr que non car aujourd’hui on calcule la richesse en termes monétaires et non en termes réels de satisfaction des besoins, de qualité de vie, de bonheur. On ne serait pas riche des nuisances, des gaspillages, des corruptions, etc. qu’amène l’argent-roi. On aurait le BBN (bonheur brut national) comme le Bhoutan dans l’Himalaya au lieu du PIB (production dans le pays) ou du PNB (PIB plus solde des échanges, y compris financiers, avec l’extérieur). En revanche, les profiteurs (banquiers, PDG, financiers, politicards, grandes surfaces commerciales, multinationales, industriels privés, etc.) seraient bien moins riches. S’ils ne sont pas contents, « qu’ils s’en aillent tous » (dixit Mélenchon). Mais leurs biens resteront en France, de même que leurs capitaux (la fraude sera très sévèrement punie) et ils perdront leur citoyenneté. Comme on dit, on ne peut être à la fois dedans et dehors comme le facilite la ridicule création de sièges de représentants des Français à l’étranger (plus 11 députés, plus 5 sénateurs, récemment !). 

Va-t-on tenir jusqu’en mai 2012 ?

Classé dans : politique — 27 septembre, 2011 @ 11:19

Les mâchoires de l’étau se resserrent sur la France, l’Europe, Tsarko, le PS. La situation économique se dégrade et le FMI, du reste, vient de ramener les prévisions de croissance de la France en 2012 à 1,4 % alors que le gouvernement avait fini par tabler sur 1,7 au lieu de 2,5. Le chômage se rapproche des 10 % car, le gouvernement dixit, le pays fait trop d’enfants, ce que les créations d’emploi ne parviennent pas à compenser. La bourse (CAC 40) est descendue en dessous de 3 000 points et fait du yoyo. Les banques sont dans le collimateur des agences de notation car elles ne résisteraient pas à un défaut de paiement de la dette grecque et, dans la foulée, des autres membres du club des « PIGS », puis encore moins de l’Italie dont la note de solvabilité a été dégradée par Standard and Poor’s. L’acronyme PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Spain) est devenu PIIGS en y ajoutant l’Italie, dont pourtant la dette est détenue largement par les Italiens contrairement au cas de la France où elle appartient à 70 % à l’étranger. 

Les banques françaises et européennes sont très impliquées dans les dettes publiques des pays menacés par une crise de solvabilité tant publique que privée. Leurs titres de créances font partie de leurs actifs alors que la valeur de ces derniers diminue sur le marché secondaire des obligations (marché d’occasion et de revente). Cela diminue leurs fonds propres, base de l’octroi de crédit aux PME et aux particuliers. Mme Lagarde-Michu vient donc de demander leur recapitalisation alors que les crash-tests effectués (par les autorités nationales et sans ou contrôle européen !) les disaient capables de faire front. A cette occasion le pékin de base a découvert que lesdits tests étaient bidonnés car ils ne tenaient pas compte de l’exposition des banques aux défauts de dettes souveraines, pays par pays et encore moins en cas d’effet systémique. Or la Grèce se rapproche de la faillite d’autant plus que les membres de la zone euro n’arrivent pas à se mettre d’accord sur son sauvetage. Il s’agit pourtant pour eux d’éviter les conséquences d’un krach grec sur leurs banques. Celles-ci ne pourraient pas se recapitaliser en émettant de nouvelles actions car le cours des anciennes est très bas et car les investisseurs ne leur font pas confiance pour en acheter de nouvelles. Pour recapitaliser, il ne reste que les Etats dont les poches sont vides. Alors le FMI leur conseille de faire appel au Fonds européen de solidarité financière (FESF) qui emprunterait à l’international sous garantie desdits Etats ! 

La Grèce ou les autres Pigs, ne peuvent pas diminuer leur déficit budgétaire parce que les plans d’austérité qui les frappent (sur demande de l’UE et du FMI) ne font que conduire à une récession, donc à une baisse de leurs rentrées fiscales. De plus le FESF, mis en place en mai 2010, avait prêté à la Grèce au « modeste » taux de 6 %, ce qui impliquait que la croissance grecque fut bien supérieure afin de dégager un surplus budgétaire dit primaire (avant amortissement des dettes et paiement des intérêts) ramenant le déficit en dessous de zéro. C’est manqué : la dette grecque est montée à 160 % du PIB et montera à 189 fin 2012 si rien n’est fait. L’Irlande est arrivée à 122 %, la France à 85 et ainsi de suite. C’est pourquoi le sémillant et phanérogame DSK a énoncé que l’on devait remettre la dette grecque en la passant par pertes et profits. Fillon a hurlé à l’irresponsabilité. C’est pourtant ce qui arrivera bientôt avec au minimum une restructuration de ladite dette (abandon d’une part des créances et rééchelonnement dans le temps du reste). 

Une récession européenne montre le bout du groin, ce qui ennuie les PVD qui ne pourraient plus exporter dans cette zone sinistrée. En attendant la BCE rachète des obligations publiques sur le marché secondaire, de même que le FESF garantit des emprunts nouveaux. Or ledit FESF repose sur des apports et des garanties des autres pays comme la France et l’Allemagne. C’est dire que, s’il y avait défaut de paiement, ces 2 pays (et d’autres comme la Finlande ou la Slovénie qui se rebiffent) devraient payer, donc accroître leur propre dette ! Face à la crise, Rodomont 1er effectue des moulinets et danse : 2 pas en avant, 3 en arrière ; contrairement à celle d’une abeille sa danse n’indique ni la direction ni la distance. Les dirigeants européens sont dans l’incertitude. Ils jouent la montre en attendant la rafale d’élections qui auront lieu en 2012. Pire, on peut subodorer que la crise, si elle n’éclate pas avant lesdites élections, est pour eux une divine surprise ; s’ils sont réélus, ils pourront enfin passer brutalement à l’abordage de l’Etat-providence et des acquis sociaux alors qu’ils ne le faisaient qu’en douce et progressivement. Ils pourront alors imposer le libéralisme hard dans la compétition entre pays pour le toujours moins. Ils en rêvent depuis 30 ans. D’ailleurs Fillon vient de vendre la mèche : il veut aligner le système social français sur celui des Germains, notamment en portant l’âge de la retraite à 67 ans. C’est de l’alignement sur le moins-disant car la Teutonie n’inflige pas la double peine aux « retraitables » : 67 ans  en 2030 (65 pour l’instant ; 62 en France en 2018) et une durée de cotisation de 35 ans pour une retraite sans grande décote contre 41,5 en France en 2018). Cela, c’est oublié, de même que la démographie française est bonne alors que les Tudesques deviennent un peuple de vieux. 

Par ailleurs, le régime tsarkozyen branle dans le manche. Il est peu à peu rattrapé par les affaires avec ses amis peu fréquentables : Djouhri, Bourgi, Takieddine. Les juges d’instruction (que se passerait-il s’il n’y en avait plus comme le voulait Rodomont 1er ?) progressent malgré l’opportun secret défense récemment étendu aux bâtiments en plus des documents. Ballamou (qui de plus en plus fait penser au mot de Napoléon contre Talleyrand : « vous êtes de la merde coulée dans un bas de soie ») doit faire dans ses chaussettes cardinalices (de soie) en ce qui concerne les rétro-commissions des ventes d’armes (sous-marins à Karachi, frégates à l’Arabie Saoudite). Tsarko voit le financement illicite de son parti (lièvre levé par l’affaire Bettencourt) être en ligne de mire de la justice. Et cela malgré un parquet aux ordres comme l’a montré encore une fois ses réjouissantes réquisitions dans le procès Chirac, réquisitions qui ressemblaient aux plaidoyers de la défense. De très proches amis de Raskoltignac, comme Bazire (ex-responsable de campagne de Balladur, Tsarko étant porte-parole) ou Hortefeux ou Gaubert (copain de Neuilly, déjà enlisé dans une affaire de pompage des fonds du 1% logement), ont été mis en examen ; ça sent le soufre. Ce qui ne saurait faire oublier l’affaire Elf-Total et celle des vedettes de Taïwan (qui nous coûte 400 millions d’euros) chez les socialos. De plus, les comportements barbouzards des séides de Tsarko dans les affaires judiciaires (les fadettes d’un journaliste du Monde, l’espionnage d‘Arachid Data soupçonnée de propager des rumeurs sur le  glamour couple présidentiel) sentent de plus en plus mauvais pour le régime. Si Matamore 1er est rattrapé par la justice, qu’il s’efforce de ralentir et de détourner, notamment par la nomination de parquetiers à sa botte, pourra-t-il se représenter ? En attendant, il déploie une intense activité sur le plan international, susceptible de faire diversion par rapport à la crise, au chômage et aux affaires. Car il a aussi intérêt à être réélu puisque cela arrêterait les poursuites pendant la durée de son 2ème mandat, à l’instar du « roi fainéant » Chirac. 

Les socialos de droite, qui foisonnent, commencent à faire dans leur froc. Si la crise se renforce et même éclate avant les élections, que vont-ils pouvoir faire alors que leurs solutions restent dans le cadre libéral rafistolé par quelques rustines sociales ? Ont-ils vraiment intérêt à saisir le bâton merdeux au risque de se fâcher définitivement avec le peuple ? Ils feraient mieux d’aider à développer un mouvement social de grande ampleur, associant et fédérant tous les acteurs de la société civile. Dans ce cadre, ils pourraient faciliter l’émergence d’un contre-projet antilibéral issu de ladite société civile au lieu des sphères technocratiques et politicardes. Michel Onfray ne vient-il pas d’écrire dans le Monde que son idéal socialiste était proudhonien ? Il vaut bien mieux miser sur le mouvement social, qui dispose de l’arme redoutable de la grève générale, que de rester dans la politicaillerie et le libéralisme commercial et financier. C’est de la société qu’il faut espérer un avenir de justice, de développement écologique, de refus du tout-marché, de coopération dans la solidarité au lieu de compétition dans l’individualisme exacerbé. La politique est à la fois impuissante et disqualifiée. Mais cette optique est en dehors de l’entendement des socialos qui sont imprégnés de libéralisme, d’économisme et d’étatisme, poisons qu’ils ont sucé en général à l’ENA, ce qui les a mithridatisés contre le socialisme décentralisateur, fédératif et mutuelliste, contre la défense de l’intérêt général, contre le souci du peuple. Ils ne voient pas, parce qu’ils sont eux-mêmes en haut, que la rénovation du pays viendra d’en bas. Ils ne songent qu’à leur rente de pouvoir politique sur la société. 

Le libéralisme totalitaire est arrivé à pieds par la Chine

Classé dans : politique — 27 septembre, 2011 @ 10:52

Le dragon chinois se prépare à bouffer la vieille Europe. Il faut dire tout de suite que cette possibilité provient, non pas de la Chine, mais des Occidentaux qui ont tout fait pour que leurs firmes multinationales débarquent dans ce pays, à l’époque encore ruiné par les folies de la révolution culturelle de Mao. Les multinationales, débarrassées de toute entrave par leur gouvernement (libre circulation des capitaux, des marchandises, des services et des travailleurs), ont délocalisé et acheté à bas prix dans ce merveilleux pays low cost, à salaires comprimés, sans droit syndical, à faible niveau de vie pour les prix. L’idée, à la portée du 1er imbécile venu ce qui prouve l’inanité des rémunérations des PDG, est simple : doper les profits en ne répercutant qu’une faible partie des marges sur les consommateurs. Les nouveaux dirigeants de la Chine post-maoïste (Mao rit dans sa tombe ?), craignant des révoltes de la misère et sans doute mus par l’ambition de dominer le monde en douceur dans 50 ans, sont alors devenus les chantres de la New Zèle Land du travail plus ou moins forcé par la répression. Les multinationales ont payé ru(g)bis sur l’ongle. 

Au passage était réalisé en très grand le rêve de l’ordo-libéralisme teuton (vite adopté par les autres dirigeants au nom du faux « miracle allemand » dû en réalité au fait que les USA ont annulé leurs énormes créances sur la RFA en 1953), après un modeste essai chez Pinochet. C’est une configuration dans laquelle il suffit de tenir le pouvoir (en Chine d’une main de fer au lieu d’un  apparent gant de velours démocratique) pour imposer des lois favorables à l’ordre capitaliste et au libéralisme économique. On a là l’harmonieuse conjonction entre ledit libéralisme commercial sans retenue et le pouvoir totalitaire. Ce qui montre que le libéralisme du tout-marché n’a rien à voir avec le libéralisme politique bien que les libéraux s’appuient sur ce dernier, au nom de la liberté, pour justifier le premier. Les multinationales ayant réalisé « l’accumulation primitive » de capital productif, les exportations ayant effectué l’accumulation financière de réserves (dans les 3 500 milliards de dollars actuellement) et de capitaux, la Chine est devenue la 2ème puissance économique du monde (pas, évidemment en PIB par tête de pipe eu égard aux 1,3 milliards de Chinois qui ont fait du tronc à partir des 500 millions de la chanson). Les pays développés ont même eu la bêtise d’ouvrir les portes de l’OMC à un pays qui en violait toutes les règles du jeu. La Chine du parti et du syndicat uniques joue au Go (gens, allez-y) et pas aux échecs ; elle fait du Ju Jitsu (ancêtre du judo) en retournant la force de l’adversaire à son profit. On ne saurait le lui reprocher ; c’est aux autres dirigeants d’être moins stupides. 

Par exemple, la Chine fait de la contrefaçon et pille les brevets des délocalisés chez elle. Elle impose des « joint-ventures » et, après, le partenaire chinois crée sa propre boîte en utilisant les mêmes techniques. On a même vu Danone poursuivie par son ancien partenaire chinois pour vol des brevets de…Danone. Fastoche : la police et la justice totalitaires et corrompues, détenues par le parti communiste, arbitrent toujours en faveur de leurs ressortissants. Elle impose aux investisseurs la communication de leur technologie ; ainsi Siemens s’est-il créé son 1er concurrent mondial avec le TGV tudesque refilé aux Chinois comme le nucléaire français ! La Chine pratique le dumping à l’exportation et y vend moins cher, en 1ère instance, que sur le marché intérieur ; dans un 2ème temps, s’il reste des invendus pour l’extérieur, elle les brade à l’intérieur. C’est très subtil, digne d’une culture de 4 000 ans. La Chine subventionne allégrement ses poulains pour qu’ils taillent des croupières aux Occidentaux et met des tas de restriction ou de conditions pour l’entrée des étrangers sur son sol. Elle n’en est pas encore, loin de là, à protéger son environnement, ou celui de notre terre commune, car cela renchérirait ses exportations. Elle n’a pas de vrai droit social, ni de système de retraites ce qui explique l’épargne volumineuse des Chinois, épargne aussitôt appropriée par les banques du pouvoir. Et surtout la Chine joue sur le taux de change, accroché à celui du dollar, de sa monnaie, qui plus est non convertible. Il est notoirement sous-évalué de 40 % et il profite de toute baisse du dollar. C’est un avantage compétitif majeur surtout quand on pense à ce que, avec la zone euro, les pays qui y sont ne peuvent pas dévaluer (ce qui explique partiellement la quasi faillite de la Grèce). Plus malins, les Teutons ont dévalué de 3 % leurs exportations en instaurant une TVA sociale du même taux ! Pour les dirigeants chinois, la concurrence est donc merveilleuse à condition de ne pas en respecter les règles. 

La Chine exploite admirablement la situation des USA. Ce pays, qui a encore (et pour longtemps si l’euro se casse la figure) la seule grande monnaie de réserve et d’échange internationaux, est obligé de calibrer son émission de monnaie, non pas sur ses activités intérieures, mais sur le volume international de transactions libellées en dollars. Il y a donc trop de dollars émis en regard de l’intérieur sauf si les USA compensent en achetant à l’extérieur, ce qui correspond à une sortie de dollars donc à la diminution de leur volume interne. Ce fait implique donc que les USA aient toujours une balance commerciale déficitaire. Ils s’en fichaient parce que leur monnaie peut être émise à volonté puisqu’elle sert aux échanges internationaux et qu’elle est donc acceptée même si une émission excessive de dollars la dévalue. Leur problème est plutôt leur déficit budgétaire et la stagnation économique entraînés par les guerres et la crise de 2008. 

Le loup est donc déjà dans la bergerie de l’OMC et l’UE lui a grandement ouvert ses frontières. Et voilà la crise de la dette publique après celle des banques en 2008. La Chine annonce qu’elle est prête à secourir la zone euro (notamment en achetant des obligations des dettes d’Etat) à condition qu’on lève toutes les restrictions, déjà bien faibles, à ses exportations. Ce serait évidemment une catastrophe alors qu’il faudrait au contraire lui imposer des droits compensateurs de tous les différentiels indus dont elle bénéficie, notamment sur le taux de change (il faut en exclure les bas salaires liés à la faiblesse du niveau de vie). Cette offre ne doit rien à la générosité. Il s’agit de diversifier son portefeuille de créances publiques car une dévaluation menace le dollar, ce qui ferait perdre de la valeur aux bons du trésor US qu’elle détient en quantité. Par ailleurs, les USA roulent vers la stagnation ; il serait alors vain de continuer le troc entre ses exportations chez les Yankees et ses achats d’obligations US. Il vaut mieux soutenir la demande des Européens. 

Si la Chine achète des obligations publiques européennes sur le marché secondaire (occasion) et non lors de leur émission (marché primaire), c’est parce qu’elles ont déjà beaucoup perdu de valeur au moins pour les PIGS. Or une obligation lancée à 100 euros au taux de 5 % et qui ne vaut plus que 50 à la revente donne tout de suite un rendement de 10 % car le taux de 5 reste appliqué à la valeur nominale de 100 ! C’est juteux si la dette est honorée ; il convient donc d’aider les pays en difficulté à le faire. La Chine est aussi en mesure d’acheter à la bourse des actions dévaluées des banques et entreprises européennes. Les OPA permettent alors d’avoir des actifs pour pas cher et d’espérer des plus-values puisque les titres sont sous-évalués à cause de la spéculation et de la baisse irrationnelle des bourses. On peut racheter la Société Générale pour 40 % de sa valeur à condition de le faire par petits paquets de titres ; car si les rachats étaient massifs cela ferait remonter leur cours. La Chine est prête à racheter des entreprises ou des services publics (on force la Grèce à en vendre pour 50 milliards) ; cela lui permettrait de s’implanter, de profiter des technologies, d’avoir des têtes de pont d’exportation (par exemple un port comme celui du Pirée, ce qui est déjà partiellement fait) vers le reste de l’Europe (comme à Châteauroux où l’on parle du rachat des vieilles installations de l’OTAN). Elle peut aussi faire comme les multinationales : racheter, saigner, enlever les machines, piquer les brevets et fermer la boîte. Fastoche en univers de capitalisme financier. C’est ce qui est arrivé à Pechiney, years ago ! Le capitalisme est une jungle où gagnent les plus rusés ou salauds. Devant ces manipulations, l’UE a abandonné toute défense depuis longtemps. Il serait temps qu’elle réagisse de façon coordonnée avant que la Chine ne passe la surmultipliée. 

Or on connait déjà les capacités d’exploitation des autres par la Chine. C’est le cas en Afrique où elle achète des terres pour presque rien aux potentats locaux qui en expulsent leurs propres citoyens au profit de comptes numérotés en Suisse. Elle achète des mines et tout ce qui fournit des matières 1ères à son industrie. En contrepartie, elle propose de construire ou d’améliorer des infrastructures ; évidemment à bas prix et sans doute peu durables. Elle n’emploie pas la main d’œuvre locale mais fait venir ses travailleurs surnuméraires en Chine, lesquels sont parqués dans des hangars peu salubres, quasiment enfermés, nourris avec un bol de riz et payés avec une fronde. Elle réussit donc la performance d’avoir des travailleurs chinois moins payés que les indigènes ! Elle en profite aussi pour inonder les marchés africains de produits à bas prix (notamment des bicyclettes, des vélomoteurs et des motos, des tissus ruinant l’artisanat local). Ne jetons pas la pierre à la Chine ; elle ne fait que reprendre les bonnes recettes capitalistes des anciens exploitants occidentaux et exploiter les abandons des potentats locaux. 

La Chine a donc merveilleusement compris la logique du capitalisme mondialisé ou non, ce qui prouve que l’exploitation ne cessera qu’avec la fin de ce système. En attendant, la Chine s’en sert pour devenir bientôt la 1ère puissance économique du monde. Elle n’a pas intérêt à rompre maintenant avec le capitalisme totalitaire d’Etat à pratiques économiques libérales et aux règles du jeu facilement contournables. C’est ce qui fait sa croissance et qui venge son humiliation passée par les Occidentaux. Bien creusé, vieille taupe. Ce qui montre le degré d’ânerie des dirigeants européens ! Ce qui prouve aussi l’inanité de la théorie économique postulant « l’efficience des marchés », c’est-à-dire leur équilibrage spontané et l’affectation optimale des ressources aux activités et investissements. Figurez-vous que la crise 2008 avec resucée très grave en 2011 n’a toujours pas invalidé cette thèse chez nos dirigeants. Ils sont toujours prêts à acheter ou à vendre à la Chine la corde avec laquelle elle les pendra (comme disait Marx des capitalistes). 

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