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Les gros sabots de Guimauve le Concurrent

Classé dans : politique — 16 juillet, 2012 @ 10:50

Comme suite à l’annonce du plan de restructuration de PSA, Flanby a fait les gros yeux et menacé de le faire retoquer. Rigolons tout de suite car le gouvernement ne fera rien de tangible pour la bonne raison qu’il se situe dans l’orbite du libéralo-capitalisme qui fait pondre ce genre de solution nuisible à l’emploi. De plus, ses moyens d’action et de rétorsion sont tout à fait limités. Déjà, pour attaquer le plan PSA il doit trouver des gus pour l’attaquer devant un tribunal. Cela pourrait venir des syndicats dûment informés par l’audit promis par Montebourg–pif pour le 25 juillet. Il faudrait que cet audit prouve que le plan est spécieux, ce dont je doute pour une boîte qui doit publier ses comptes. De plus, les plans de licenciement édictés pour des raisons financières ne sont pas annulés car la Cour de Cass. a fait jurisprudence sur ce point au nom de la liberté d’entreprendre, laquelle est imposée par les règles européennes et la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) depuis des années. Le conflit de droit entre l’emploi et le commerce est réglé depuis longtemps au profit de la liberté des entrepreneurs et du droit de la concurrence. Le PS ne peut guère allonger d’autres aides à l’automobile francaoui car elles seraient aussitôt attaquées pour distorsion de la concurrence en Europe. Une nouvelle aide à la casse est interdite car les finances publiques sont exsangues et car elle profiterait aussi aux bagnoles étrangères, ce dont Tsarko ne s’était pas aperçu. C’est Dallas comme monde impitoyable de la concurrence « libre et non faussée », votée aussi par les socialistes, notamment pour faire adopter le TCE (refusé par le peuple) en mars 2005. Il est marrant que les politicards gouvernementaux s’insurgent contre les conséquences des textes qu’ils ont votés ou approuvés. Conclusion : les rodomontades socialistes sont du flanc, du blablabla, des exorcismes de l’impuissance qu’ils ont organisée. Le ministère de la parole va reprendre tous ses droits et cela tant que le pouvoir ne sera pas converti à un autre modèle de société.
Remarquons que la droite, pour expliquer la situation, s’appuie sur le manque de compétitivité-coût de la France. Or il se trouve que l’automobile teutonne se porte très bien malgré un coût horaire du travail (salaires, charges, intéressement ou participation) de 43, 14 euros contre 33,38 en France dans ce secteur. De façon générale, le coût du travail dans l’industrie manufacturière est de 33,17 en France contre 33,37 en Allemagne (entre 3 et 5 en Bulgarie ou Roumanie). Et dans cette industrie, généralement, la productivité française est meilleure. Exit donc l’argument du coût du travail pour justifier la défaillance de PSA. Cette boîte, en fait, a une trop forte capacité de production inemployée, manque d’internationalisation et de marques (Volkswagen en a une dizaine, ce qui lui permet de faire fabriquer des éléments communs et donc d’avoir des économies d’échelle pour toutes ses marques) et produit surtout des modèles moyens et petits (que Renault fait produire à l’étranger dans des pays low cost, comme les Tudesques qui font faire les pièces dans ces pays mais ont l’astuce de faire les montages en Germany) qui rapportent peu. Les Fridolins, eux, exportent du haut de gamme pour les riches qui pullulent de plus en plus grâce au libéralisme y compris en Chine et autres PVD. En réalité, si les parts de marché françaises diminuent (un petit 3,8 % au plan mondial ; avec un déficit du commerce extérieur de 70 milliards en 2011 et 12 % du PIB apporté par l’industrie), c’est qu’il n’y a pas eu de politique industrielle depuis 20 ans. Les gouvernants, de gauche ou de droite, ont favorisé les multinationales, la finance et les services au détriment de l’industrie. Car les excellences des cabinets ont préféré y pantoufler plutôt que de salir leurs blanches mains dans la production. On a par exemple fait disparaître Péchiney en la laissant racheter par un prédateur qui ne voulait que piquer ses brevets, sa technique et ses marchés. Itou pour les aciéries (renflouées par l’Etat au profit de la famille de Wendell !) rachetées par Mittal en roupies de sansonnet. Pendant ce temps-là, les PME n’avaient pas les moyens d’innover et d’investir car leurs marges étaient plumées par les impôts, genre taxe professionnelle, par les multinationales ou la grande distribution qui les rançonnaient comme sous-traitants ou fournisseurs et car les banques ne leur prêtaient pas faute de garanties et de confiance. Et spéculer (notamment avec l’argent des petits déposants) était plus avantageux pour elles. Pourquoi le Plan et la stratégie industrielle disparurent-ils des écrans radars ? A cause des oukases de Bruxelles autorisés par les dirigeants français sous forme de directives organisant le libre-échange concurrentiel en Europe (plus d’aides, plus de secteur public hors concurrence, plus d’intervention publique) et surtout à cause de la conversion des politicards de tout poil et de leurs technocrates énarchiques (souvent les mêmes) au libéralo-capitalisme financiarisé. Ces politicards ont en outre favorisé les produits de moyenne gamme en ouvrant (sous Giscard et Pompidou, d’abord) les vannes des emplois peu rémunérés souvent occupés par de la main d’œuvre immigrée et analphabète. Le travail ne coûtant pas cher, il suffisait de faire des heures.sup ou d’allonger la durée du travail et il était inutile d’investir dans des technologies modernes.
Le vrai problème est donc, si l’on veut reproduire en France, est de relancer la production industrielle et de sortir de la concurrence déloyale. Je vais ici proposer des mesures compatibles avec l’UE. Pour des approches plus radicales, le lecteur se rapportera à mes précédents textes. Il faut d’abord créer une banque publique et socialisée, fondée sur une monnaie interne gagée sur la production et les stocks, pour le financement des PME et de la recherche-développement. C’est facile : CDC plus banque postale plus Trésor plus caisse d’épargne (actuelle BPCE) plus les banques mutualistes (Crédit agricole ou mutuel) revenues dans la logique coopérative. Ce secteur est fédéré, il recueille les dépôts en les rémunérant, il accorde des prêts bonifiés aux PME et à l’économie sociale (coopératives, mutuelles, entreprises d’insertion, etc.). Il émet les emprunts publics et fait des avances au gouvernement. Parallèlement, les banques privées sont obligées de séparer leur fonction de collecte des dépôts et de commerce de prêts de leur rôle d’affaires ou d’investissement. Les assurances-vie sont obligées de consacrer les fonds recueillis à des investissements et des titres en France (elles ont dans les 1500 milliards dont l’essentiel fiche le camp à l’étranger !). Progressivement, une part croissante des cotisations-retraite sera capitalisée pour investir dans le logement (surtout social) dont les loyers serviront les retraites.
Je m’étonne toujours de ce que les exonérations ou baisses de cotisations sociales (plus de 30 milliards par an) soient appliquées à toutes les entreprises quel que soit leur degré de mise en concurrence ou d’ouverture à l’international et concernent les salaires inférieurs à 1,6 SMIC. Eureka : il suffit de faire comme pour la TVA ; elles seraient remboursées à l’exportation et les importations se verraient appliquer les mêmes. Cela permettrait notamment de contrer les tricheurs comme la Tudesquie ; celle-ci a laminé ses prélèvements sociaux, installé une TVA sociale de 3 points (ce qui équivaut à une dévaluation d’autant), fait appel à des saisonniers sans SMIC (au plus 400 euros par mois comme 4 millions de travailleurs allemands forcés de prendre n’importe quel emploi), détourne les règles européennes sur le détachement de salariés (appel à un prestataire, disons polonais, qui fournit des travailleurs payés au tarif polonais quoique turbinant en Bochie ; or les règles à appliquer ne sont pas celles du pays d’origine mais celles du pays d’accueil). Les dirigeants prussiens trichent aussi en utilisant le label « made in Germany » alors que l’essentiel du coût vient d’intrants fabriqués low cost dans les PECOS. On se demande pourquoi la grosse Commission de Bruxelles ne met pas ces abus dans les choux. Serait-ce que c’est la Grosse Bertha qui fait la loi ? Evidemment les pays exportateurs pourraient déduire leurs propres cotisations sociales (toujours comme la TVA), lesquelles sont souvent proches de zéro ou très faibles (ce qui explique que le coût du travail des Gibbies ne soit que de 20 euros de l’heure, qui plus avec des semaines pouvant monter à 65 heures [opt-out, c’est-à-dire horaire négocié entre le renard et la poule contractant librement entre eux] et une facilité totale pour les licenciements) dans leurs ventes en France.
Poursuivons dans la même veine ; toutes les financements imposés aux industriels : taxe carbone ou sur les carburants, obligations de sécurité sanitaire, taxes sur les frais de dépollution, etc. (si cela n’existe pas, il suffira de les créer) seront eux aussi détaxés à l’exportation. L’UE ne pourra contester la chose car il ne s’agit pas de droit de douane ni même de fiscalité européenne. Prenez en de la graine, vous les socialos sans idées.

Plus d’intégration européenne ?!

Classé dans : politique — 14 juillet, 2012 @ 10:34

C’est presque comique quand on songe à ce que depuis 20 ans les politicards de l’UE n’ont eu de cesse que d’élargir l’UE qui en est maintenant à presque 28 Etats. Il faut dire que 2 pays y ont sacrément poussé. C’est d’abord la Teutonie qui y voyait le moyen d’investir son ex-zone d’influence d’avant les 2 guerres mondiales. Elle y voyait aussi l’occasion de faire turbiner les ex-pays de l’Est comme sous-traitants low cost tout en assemblant leurs pièces détachées pour y appliquer une étiquette « made in Germany », comme gage de qualité prussienne. Les dirigeants rosbifs, eux, persévéraient dans leur conception de l’Europe, à savoir une simple zone, de plus en plus vaste, de libre échange soumise à l’impérium US et sans règles communes autres que commerciales. Ces deux pays apercevaient aussi qu’une Europe sans cesse étendue, mais sans substance, comme dirait Spinoza, serait dans l’impossibilité de décider quoique ce soit ; déjà dans les domaines où l’unanimité est requise (fiscalité, social) et ensuite dans ceux où une majorité dite qualifiée suffit mais où la voix de Malte (300 000 habitants) compte autant que celle de la France (65 millions). Ainsi l’Europe pouvait-elle avancer sur son erre hyper libérale décidée dès les 1ers traités. On a donc eu pour résultat un assemblage hétéroclite de pays tirant à hue et à dia, chacun essayant de majorer ses « avantages compétitifs » et faisant ainsi la course au moins-disant dans tous les domaines. Il faut dire que c’est une curieuse Europe : avec une monnaie unique pour 17 pays, un budget communautaire riquiqui (1 % du PIB de l’UE), aucun transfert compensatoire de l’hétérogénéité des économies et des modèles sociaux, peu à peu interdiction des coopérations entre certains pays sous prétexte d’atteinte à la « concurrence libre et non faussée » (Airbus serait aujourd’hui impossible), BCE chargée de contrer l’inflation mais interdite de prêts aux Etats, ouverture à tous les mauvais vents du marché international (notamment par quasi disparition des droits de douane vis-à-vis de l’extérieur. Et qu’on ne dise pas qu’un tel bordel est apparu malencontreusement en dépit des bonnes intentions des politicards européens. Cela a été fait exprès pour forcer les peuples les plus avancés à accepter des restrictions en tout genre au nom de la compétitivité dans la concurrence. C‘est, du reste, le cheminement que Guimauve le Concurrent s’apprête à continuer sans débander malgré l’absence de DSK. Car il faut bien noter que les dirigeants compradores français, depuis Pompidur puis Mythe-Errant et compagnie, soit n’ont rien compris au film teutono-gibbyen, soit l’ont validé pour se lancer eux aussi dans la mare vaseuse de la concurrence libéralo-capitaliste. C’est pourquoi Flanby et Monte-au- Bourg se trouvent bien démunis quand la bise est venue dans l’essaim de PSA.
Et voilà que face à la crise que leurs décisions ont entraînée les politicards européens demandent maintenant plus d’intégration ! Laquelle ? Ben voyons : il s’agit d’une police financière commune assise sur le pacte de stabilité concocté entre Tsarko et Angela. Ce traité, à ratifier tantôt y compris chez Hollande, prévoit que les budgets européens seront examinés ex ante par la grosse Commission de façon à vérifier que les engagements d’austérité sont tenus en visant pas plus de 0,5 % de déficit structurel par rapport au PIB (quésaco ?). En cas de contentieux, c’est la CJUE (Cour de justice de l’UE, depuis longtemps convertie à l’hyper libéralisme comme le montrent ses arrêts depuis longtemps) qui tranchera. Auparavant, en France, le Conseil Constitutionnel examinera la conformité du budget avec le pacte. A quoi servira le parlement, dont une mission essentielle est de voter le budget, dorénavant ? A rien. En échange, Flanby le magnifique, chevalier sans peur et sans reproche d’un pacte de croissance qui devait se substituer audit pacte de stabilité (avant son élection…), a obtenu 130 milliards (déjà existants notamment dans les fonds structurels non distribués ou avec la banque européenne d’investissement) pour investir dans les infrastructures et cela pour toute l’Europe ! C’est ce qu’on appelle une victoire à la Pyrrhus car la vraie gagnante est Angela Merguez. Cependant, l’Italie et l’Espagne ont obtenu de nouveaux prêts afin de détendre leur taux d’emprunt sur les marchés internationaux. Le gouvernement espagnol, auquel la zone euro prêtera, pourra donc soutenir ses banques (au bas mot 80 milliards) qui ploient sous les créances douteuses de leurs prêts immobiliers alors que le secteur s’y est écroulé. Mario Monti, ex-Goldman-Sachs, pourra faire acheter des titres publics, comme l’Espagne, par le FESF (fonds européen de stabilité financière) puis le MES, mécanisme européen de solidarité à 3 % au lieu de 7 sur les marchés. Il y a un hic : il y faut l’unanimité alors que l’Islande et les Pays-Bas s’y opposent !
Comment ça marche ? Le MES, qui remplacera le FESF, reçoit la garantie des Etats non encore dans la dèche (dont celle de la France pour 80 milliards, ce qui accroît sa propre dette publique d’autant) et peut emprunter jusqu’à 900 milliards à 2,5 % sur les marchés. C’est ce qu’on appelle l’effet de levier : par multiplication du montant de la garantie ou des fonds propres jusqu’à 10 fois dans le privé) Ce qui est drôle dans cette manip, c’est qu’une bonne part de la garantie est apportée par des Etats eux-mêmes dans le collimateur des agences de notation et des marchés, il s’ensuit, par exemple, que la confiance dans la dette française peut diminuer à la hauteur de la mise en jeu de la garantie donnée pour d’autres emprunteurs comme l’Espagne. Or celle-ci vient d’annoncer un nouveau plan d’austérité qui va définitivement tuer ses espoirs de croissance et de restauration de ses comptes. Si l’Espagne ne peut honorer ses emprunts, c’est notamment la France qui casque et qui verra sa note abaissée et son taux d’intérêt augmenter. Il s’en suivra que sa garantie au MES vaudra des roupies de sansonnet et ledit MES verra sa propre note (aujourd’hui triple A) abaissée. Le rigolo de l’affaire est donc que les garanties sont données par des Etats eux-mêmes à garantir ! Voilà où mène d’être conseillé par des banquiers comme dans notre pays bas par M. Macron dit bientôt Micronmégas. L’actuelle faveur dont jouit aujourd’hui la France risque fort de ne pas durer. Elle vient d’emprunter 6 milliards à 3 mois au taux (réel négatif si on déduit l’inflation de 1,5 à 2 %) de 0,5 % et ses emprunts à 10 ans ne lui coûtent que 2,4.
L’intégration serait aussi faite via un ministre européen des finances (chargé de faire procéder à un examen semestriel des budgets étatiques des emprunteurs) et la mise en place d’une union bancaire entre les banques privées ; elles seraient alors chargées de s’entraider au lieu d’être alimentées par les Etats. C’est de l’utopie au nom du toujours More, car les banques en profiteront pour absorber pour pas cher leurs collègues les plus vulnérables, par exemple celles de l’Espagne, laquelle ne pourra pas supporter la chose et sera donc obligée soit de nationaliser soit de mettre au pot. Ce qui continuera d’alimenter la confusion entre dette publique et dette privée, faillite étatique et faillite bancaire.
Certains, au vu de ces combines, de ces rustines de croissance et d’intégration plaquées sur le plan de stabilité, s’émerveillent et parlent d’un grand pas vers le fédéralisme. C’est oublier le sens du mot, y compris dans sa pauvre version hamiltonienne (simple union politique, non pas le fédéralisme proudhonien qui est tout à la fois politique, juridique et économique, où le « droit politique reçoit le contrefort du droit économique »). Le fédéralisme est un pacte d’association dans lequel les Etats fédérés se réservent plus de droits propres et locaux qu’ils n’en abandonnent à la fédération ; ils restent maîtres chez eux pour les affaires qui les concernent. En revanche, la fédération s’occupe des choses communes (la monnaie, la défense, la cour suprême) et organise des transferts financiers d’aide mutuelle via l’impôt fédéral. La fédération dispose d’un parlement de plein exercice et démocratique et d’un exécutif commun pour les affaires collectives. Cela ne ressemble guère à l’UE qui n’est qu’un ramassis d’Etats indépendants (une « confédération » de puissances souveraines alliées ; et dans ce cas uniquement pour le commerce, donc même pas pour la défense qui est assurée par les USA via l’OTAN) qui négocient entre eux au jour le jour (conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement). Une vraie fédération n’est pas près de naître tant sont nombreux les intérêts de ceux qui n’en veulent pas : les Rosbifs, les Tudesques, les Francaouis, et les petits pays qui profitent des bisbilles entre les grands. De plus, il y faudrait une culture commune. Or il n’y a en réalité pas grand-chose de commun entre la culture française et frondeuse de l’égalité, de l’Etat et du service public, celle des Gibbies du libre commerce, de la liberté sans égalité et de la « common law » (traditions), celle des Teutons du primat du droit (ordo-libéralisme) et de la soumission aux autorités via l’héritage de Luther (combien de révoltes en Germanie depuis celle de Thomas Münzer zigouillé grâce à Luther ?), celle des ex-pays de l’Est convertis au pur libéralisme et repliés sous le parapluie américain, celle des pays du Nord qui sont assis sur le consensus social et na négociation, celle des pays latins parfois calotins comme l’Italie ou anarchisants comme l’Espagne catalane, etc.
Ce qui milite, du reste, pour créer une fédération de l’Europe du Sud contre celle des protestants anglicans, luthériens et calvinistes, tous frappés par le mythe de l’austérité, de la prudence, de l’utilité. Songeons à ce que les protestants sévères n’ont rien fait de beau, de grand, de gratuit, de généreux. Par exemple, la plupart des beaux bâtiments rosbifs datent de l’époque catholique et des Normands avant la création de l’église anglicane sous Charles VIII. Pour s’en convaincre il suffit de regarder les horribles châteaux des Tudor et des Windsor. L’Europe du Sud est celle de l’art de vivre, de la vieille civilisation, bien antérieure aux hordes teutonnes et saxonnes qui l’ont envahie. Quand Rome construisait l’aqueduc du Pont du Gard, les Germains vivaient dans les forêts et les Saxons envahissaient la G-B, chassant les Celtes qui s’installèrent en Bretagne. Les Ostrogoths, Wisigoths et autres Germains, les Huns et les autres n’on fait que détruire. Est-ce que cela ne continuerait pas sous d’autres formes, à savoir la suprématie de l’économie teutonne dont l’essor vient en partie du faible remboursement des exactions germaines depuis 1870. Les grecs en savent quelque chose, eux auxquels l’Allemagne doit toujours plus de 100 milliards de réparations de guerre 39/45. J’ai une idée ; pour regonfler les trésors publics des pays du Sud, il faudrait constituer une commission d’évaluation des dégâts tudesques et des réparations versées, puis exiger le versement du solde auprès de la CJUE puis de celle de La Haye. Cela fait du pognon : rien que pour la France, les 5 milliards de francs-or versés à Bismarck en 1871, les manquements aux réparations dues après 14/18, les destructions de 39/45 et les 400 millions de francs versés par jour (vous avez bien lu) par Vichy au Reich. Et en plus la France a contribué à payer la réunification allemande via le franc fort calqué sur le mark sous Tonton. Lequel aurait été plus avisé d’exiger 500 milliards de marks pour autoriser ladite réunification. Cette somme (environ 250 milliards d’euros plus les 100 milliards grecs en 2012) serait ensuite partagée entre les différents pays du Sud européen. Et tant que les dirigeants Fritz n’auront pas payé la fédération du Sud interdira tout commerce avec eux. Une entente avec les Russes, auxquels la Teutonie n’a rien payé après 39/45 (c’est pourquoi ils ont déménagé les machines de la RDA chez eux) malgré les plus de 20 millions de morts qu’ils y ont faits, serait utile. La Russie pourrait vendre son gaz à la fédération plutôt que de rémunérer grassement M. Schröder.

De la compétitivité en milieu capitaliste

Classé dans : politique — 10 juillet, 2012 @ 10:59

La compétitivité est redevenue le mot à la mode (de quand ?). Parisot prend la moutarde au nez : l’industrie française n’est pas compétitive car les charges sociales pesant sur les entreprises, l’absence de flexibilité du travail, la lenteur des licenciements et la lourdeur des pénalités pour licenciement abusif, les lourdes condamnations des entreprises en cas de fraude ou de vol des clients, la faible durée du temps de travail (35 heures, congés, jours fériés, âge de la retraite), le coût exorbitant des salaires, le poids de la fiscalité, etc. font que le pays doit vendre trop cher par rapport à la concurrence, à commencer par celle des Fridolins.
On remarque que ces plaintes récurrentes mettent toutes les entreprises dans le même sac (d’embrouilles). Les multinationales qui ont largement délocalisé dans les pays les moins-disant en toute matière n’en souffrent guère. Les PME ou TPE, genre boîtes de service (gardiennage, sécurité) ou salons de coiffure, boulangeries, artisanat, etc., ne sont pas soumises à la concurrence internationale. Les activités de service ont lieu sur un territoire donné, mais, justement, c’est la raison pour laquelle la grosse Commission européenne veut, avec sa directive service, faire en sorte qu’un coiffeur ou autre puisse exercer en France au tarif bulgare contre lequel il n’y a pas de parapluie. C’est déjà fait pour les chauffeurs routiers ou les saisonniers agricoles en Prusse orientale (le nouvel acide prussique qui ruine l’agriculture française astreinte, elle, à un SMIC). Et quand s’arrêtera-t-on et où ? La course au moins-disant est perpétuelle et se déroule sur toute la planète. On peut sans doute en faisant comme les Tudesques (lois Hartz sous Schröder en 2003/4 et TVA sociale de 3 points sous Angela en 2009) améliorer la « compétitivité » française en Europe au détriment des autres pays qui n’en ont vraiment pas besoin. Ce serait la ruine de l’UE car la spirale de la déflation s’enclencherait, chaque pays cherchant à tirer son épingle du jeu contre les autres. Par ailleurs, il est clair que la France et l’UE ne rattraperont jamais le niveau du moins-disant que l’on trouve partout dans le monde. Ne voit-on pas que la Chine est aujourd’hui délaissée pour le Vietnam, le Bengladesh, tel ou tel pays d’Afrique, etc. ? Les chantres de la mondialisation disaient que l’UE avait intérêt à faire fabriquer dans les pays low cost les produits manufacturés classiques (textile, chaussures, productions agricoles, etc.) et à vendre leurs fabrications haut de gamme et à haute technicité. C’est raté car les PVD comme la Chine ou l’Inde sont maintenant implantés dans les activités à forte valeur ajoutée (informatique, aviation, trains à grande vitesse, pharmacie, chimie, etc.) et, grâce au Web, offrent des services délocalisés (centre d’appel, comptabilité, statistiques, etc.). La course au moins-disant est donc perdue d’avance à plus long terme.
Le discours libéralo-capitaliste sur la « compète » ne dit pas comment on y arrive. Elémentaire, dear Watson. Tout patron peut l’améliorer en sucrant les charges sociales et les impôts (il y a là beaucoup de fraude impunie, dans les 80 milliards par an en France dont 20 via les paradis fiscaux ; il y a aussi « l’optimisation fiscale »), en laissant les salaires au SMIC stationnaire, en augmentant le temps de travail (il faudra moins de salariés pour la même production comme par exemple avec les heures-sup de Tsarko en 2007 ; ce qui diminue le coût horaire de production par unité produite). Petite parenthèse : dans les 20 branches professionnelles ont un salaire de base inférieur au SMIC ; donc quand le SMIC augmente leurs « minima sociaux » ne bougent pas, cqfd. Continuons la liste des astuces pour, en fait, « dégager de la marge ». Ne pas respecter les règles de sécurité ou environnementales ou sanitaires (en cas de pépin, c’est l’Etat ou la Sécu qui payent ; par ailleurs il faut 20 à 30 ans pour faire admettre les maladies professionnelles ou la dangerosité des produits sur les personnes ou sur la nature [cruiser, médiator, amiante, bisphénol A, glycols, etc. ; par ailleurs encore les patrons siégeant dans les tribunaux des affaires sociales ou les commissions de la Sécu, il faut se lever très tôt pour gagner un procès et avoir une indemnisation]. Gruger les consommateurs, notamment par entente sur les prix. Pressurer les fournisseurs et sous-traitants, ce que font avec bonheur les grands distributeurs et les multinationales. Recourir au temps partiel, aux CDD, à l’intérim pour diminuer les charges fixes de main d’œuvre. Faire accepter au salarié « une rupture conventionnelle » (Tsarko-innovation) qui interdit d’aller ensuite aux prud’hommes et qui permet de camoufler les plans sociaux (on peut aussi, dans ce cas, qui impose au groupe de reclasser le salarié sans emploi, proposer un poste en Roumanie ou en Bulgarie). Assouplir le code du travail si complexe qu’il exige une armée d’avocats et si rigide et porteur d’incertitudes. En fait, c’est facile d être patron ou dirigeant : il ne s’agit que d’appliquer un logiciel commun au « monde des affaires » (dans les 2 sens du mot). ETC.
On n’en finirait pas d’énoncer ces magouilles autorisées par les politicards et peu sanctionnées par la justice. Ce qui s’en dégage, c’est que les patrons sont trop payés pour des « qualités » médiocres et surtout nuisibles au salariat et que se mettre en pôle position dans la course au moins-disant entraîne inexorablement la réduction du modèle social français (ou d’autres pays) par baisse de la protection sociale (financement reporté sur le salariat et le petit contribuable qu’on ne peut plus taxer tant il l’est déjà), par baisse des salaires (via la précarité et le temps partiel), par disparition du code du travail et des lois sociales, par évacuation des préoccupations environnementales et sanitaires, etc. La compète capitaliste est intrinsèquement perverse. En outre, sa croissance indéfinie et incessante est en train de tuer la planète comme l’a montré le pet de souris accouché à la 2ème conférence de Rio (2012 après 1992). Il faut donc de façon urgente changer de logiciel.
La logique libéralo-capitaliste repose sur l’accumulation des quantités et sur leur valorisation monétaire. Tous les outils de calcul de la sacro-sainte croissance sont quantitatifs et monétaires, à commencer par le PIB. Or cela ne veut rien dire par rapport à la seule richesse réelle, à savoir la production faite en fonction des besoins, en fonction des valeurs d’usage et non d’échange. Pourquoi y-a-t’il compète (combinaison de compétitivité et de compétition) monétaire ? Parce que les niveaux de vie des pays sont très hétérogènes et que « le coût de la vie » n’y est pas le même. C’est pourquoi les politicards européens, sous la pression des dirigeants doryphores (qui font produire dans les PECOS et assembler en Teutonie), ont élargi sans cesse l’UE : cela permettait de mettre en concurrence les travailleurs des 1ers pays, plus développés, avec les salariés de l’Est appartenant à des pays pauvres (en volume de monnaie, pas en qualité de vie…) sans protection sociale ou si peu, sans impôts ou si peu, sans défense de l’environnement, etc. Pour le constater, il suffit de voyager : tout y est bien moins cher, ce qui, en plus, est aggravé, lorsqu’ils n’appartiennent pas à la zone euro, par un taux de change défavorables (un zloty converti en euro ne vaut pas grand-chose). C’est que les coûts monétaires de tout y sont bien plus faibles que dans l’Europe des 6 premiers adhérents. Quand on raisonne en fric et non en volume de production adéquate aux besoins, le logiciel fait comparer des carottes et des lapins. Encore faut-il que l’étalon de mesure, à savoir la monnaie, soit fiable et stable. D’où le fait que les dirigeants schleus ne jurent que par la stabilité de l’euro. Ce qui est bizarre puisque les devises actuelles, dont l’euro, ne reposent sur rien de réel comme garantie de valeur effective (depuis la suppression de la convertibilité du dollar en or en 1971/73). Elle « flottent », comme un iceberg… mais sur la mer agitée des intérêts des banquiers et autres financiers. Pourtant, il faut bien disposer d’une monnaie car celle-ci est un symbole de la confiance et de la souveraineté.
Je propose une monnaie garantie par du réel, à savoir la production et les stocks (idée de Proudhon et ensuite de Keynes avec le « Banco » au moment des accords de Bretton Woods en 1944 qui ont fondé l’étalon de change-or (une seule monnaie internationale est gagée sur l’or, le dollar, ce que fera péter Nixon en 1971). Cette monnaie présente en outre l’avantage de mettre toutes les productions sur le même pied et de stabiliser les cours de stocks (idée de Mendès-France). Encore faut-il savoir comment on valorise la production. Pour Keynes, c’était en monnaie classique, ce qui donnait un superbe serpent (monétaire) se mordant la queue comme dirait le priapique, libidineux et phanérogame DSK : la monnaie est garantie par la production, laquelle est gagée par la monnaie ! Un début de solution se trouve chez les économistes classiques (dont Marx) : c’est le temps de travail incorporé dans les produits qui permet de les valoriser. Mais la valeur d’usage de l’heure d’ingénieur diffère de celle de l’OS : il a fallu beaucoup plus de temps pour former un médecin, par exemple, qu’un balayeur ; le travail abstrait n’est pas le concret, etc. Par ailleurs le temps incorporé dans les produits évolue en fonction de la productivité de la technologie et de la qualité de l’organisation. Il n’y a pas de valeur absolue du travail ; il n’y a que relativité différentielle, ce que Proudhon, refusant toute approche essentialiste comme l’utilité ou la valeur-travail, appelait la valeur constituée. En fait, il y a une échelle des valeurs et la place de chaque produit dans cette échelle dépend de la productivité afférente. Si une innovation diminue le temps de sa production, tel produit descend de l’échelle (en fait théorie des prix de revient relatis).
Une banque centrale socialisée et disposant d’un réseau de banques mutuelles fédérées (assurant la collecte des dépôts et le crédit aux entreprises et aux ménages) émet et surveille la monnaie (le proudhon) gagée sur la production et veille à ce que la quantité de monnaie soit calibrée sur les besoins de l’économie en liquidités. Les exportateurs y apportent leurs devises étrangères (dont l’euro) échangées contre des proudhons. Les importateurs viennent y chercher des devises externes contre leurs proudhons. Si le solde des échanges nécessitant des monnaies étrangères devient négatif, c’est simple : on arrête d’importer (contrôle des changes restauré). Ce qui assure qu’il n’y a pas de déficit commercial pour le pays. La banque centrale fait des avances au gouvernement et place ses emprunts, uniquement en proudhons auprès des particuliers, ce qui interdit d’en appeler à l’étranger et d’être étranglé par la dette extérieure.
Le volume de monnaie part donc de la production estimée en temps de travail. Chaque année une instance multipartite, socialisée et fédérée est chargée d’émettre les statistiques ad hoc (et, du reste, toutes les stats) et de faire procéder aux calculs afférents par branches de production et par nature d’emplois. Un vote au parlement établit alors une pondération de valeur des catégories d’heures de travail ; par exemple, trader ou financier, 0, DG et ingénieurs, médecins, enseignants, 4, ouvriers et employés, 1, techniciens, infirmiers, 3, chercheurs, 5, flics ou autres, 0,75, etc. On valorise alors la production et on y ajoute le volume d’heures correspondant aux amortissements des installations (qui sont du travail cristallisé) et à un niveau d’investissement ou de recherche (qui sont un travail à effectuer en plus pour préparer l’avenir), plus le salaire d’inactivité versé aux retraités (exprimé en volume d’heures équivalent à ce qu’ils produiraient). Et on assigne à chaque branche le volume de proudhons correspondant (travail réalisé, amortissements, investissement), une heure de travail valant 1 proudhon. Chaque branche fait ensuite la répartition dans chaque établissement et pour chaque travailleur qui reçoit ainsi sa dotation annuelle en fonction de l’année précédente. Il n’y a pas d’impôts. Les activités communes, publiques, sociales sont elles aussi estimées en volume d’heures de travail réalisé ou à amortir ou à investir dans les infrastructures ou à verser aux retraités. Plus un volume affecté à la santé, au logement social, à la formation et à l’indemnisation des salariés à reconvertir, masse répartie ensuite suivant des besoins dûment négociés entre acteurs sociaux. Et qu’on ne dise pas que ces calculs sont impossibles vu la puissance actuelle des ordinateurs… Evidemment, cette idée est à peaufiner avec des moyens dont je ne dispose pas, mais que l’actuel gouvernement socialo-libéral possède. Naturellement, la péréquation de valorisation des heures varie avec la productivité et est réévaluée chaque année. Aucune entreprise ou aucun établissement qui produit au moins autant qu’il n’incorpore de production entrante ne peut être fermé : en solde d’heures de travail consommées il est à l’équilibre et ainsi utile au pays en valeurs d’usage. S‘il passe au déficit, il est fermé et ses salariés sont soit employés chez les établissements restant soit reconvertis. Ainsi, une saine émulation n’est pas interdite mais sans sombrer dans une concurrence sauvage. Pour rester dans l’UE, la France s’efforcera de s’allier avec des pays équivalents (sans doute l’Europe du Sud). En cas d’échec, elle passera à l’autarcie.

Enfin Zayrault est arrivé

Classé dans : politique,politique — 5 juillet, 2012 @ 10:41

Le discours de politique générale du prime minister Zorault va être gratiné. Ce n’est pas étonnant quand on reste dans la logique libéralo-financière que les socialistes ont tant fait pour installer en France et en Europe depuis 1983 avec Delors (en barre) sous Mauroy. Béret-Govoy, avec son âme damnée attachée à ses basques, Naouri, actuel PDG d’un grand distributeur, a lancé tous les produits financiers à risque reporté sur les petits épargnants et les salariés. Le priapique, libidineux et phanérogame DSK a continué le saccage libéral, de même que son compère Fabius qui n’a pas laissé contaminer que le sang. La logique libéralo-financière n’a qu’un credo : toujours plus comme dirait Walter Closets (de fric, de rentabilité, d’espace privatisé pour faire de l’argent) ; ce qui passe par la mise en sécurité des prêteurs (il faut leur laisser des huîtres et du caviar à béqueter) et de leur cassette, donc la surveillance du caractère soutenable des dettes publiques, l’abaissement des salaires et des retraites, la taxation des salariés et l’exonération du capital et des riches, la flexibilité et la précarité du travail, la suppression du code du travail et de « ses rigidités » pour « fluidifier le marché de l’emploi ». La méthode est simple : ouverture sans frein des frontières à toutes les marchandises, libre circulation des capitaux et dérèglementation du secteur financier. Elle est perverse car après avoir fait voter les lois ad hoc pour ce faire, il suffit d’accuser l’Europe et la mondialisation des conséquences négatives qui s’ensuivent et prétendre qu’il n’y a pas d’alternative (le fameux TINA de Thatcher). Les peuples sont alors mis en concurrence pour être plus compétitifs que les autres (la Teutonie a remporté la palme dans l’UE à grands coups de « désinflation compétitive »). Ils sont pris dans un étau dont la 1ère mâchoire est la concurrence des pays les moins-disant en tous domaines et la 2ème les prédations de la finance exigeant des taux de rentabilité à deux chiffres.
Pour y arriver la France a emprunté à tire larigot sur les marchés financiers internationaux au point que près de 70 % de sa dette publique est détenue par l’étranger (Japon, presque zéro, USA ou Italie, 30 %). Pour ce faire, Pompidur et Fiscart-Déteint ont interdit les avances et prêts de la Banque de France (1973/75) au gouvernement et imposé les banques privées comme seuls placiers des emprunts (au lieu du Trésor et des achats directs d’obligations par les épargnants français). Il a fallu ensuite dérèglementer le contrôle des capitaux et installer leur libre circulation. Résultat, tous les Etats se sont endettés. Pour couronner l’édifice, on a ajouté l’euro comme monnaie unique pour des pays très hétérogènes. Cela s’est fait sous le diktat Tudesque avec une BCE interdite d’avances aux Etats et à leurs organes publics et chargée seulement de lutter contre l’inflation des salaires et des prix courants (hors actifs financiers et immobilier) et responsable d’un taux de change unique pour toute la zone euro. Résultat, les pays les moins compétitifs et les moins industrialisés ont pu emprunter presqu’au même taux que les Prussiens. D’où la dette privée astronomique en Espagne, Grèce, Irlande. Parallèlement, l’UE n’avait qu’un budget de 1 % du PIB de l’Europe (20 % aux USA pour l’Etat fédéral), le faisait bouffer à 40 % par la PAC, ne disposait que de maigres fonds structurels afin d’aider au rattrapage économique par les pays à petit PIB par habitant, n’offrait pas de transferts compensatoires entre les différents pays malgré la disparité de leurs ressources. Le phénomène a été sans cesse aggravé avec l’arrivée de nouveaux pays que l’on ne pouvait aider puisque le budget européen restait fixé à 1 %. Résultat, ils dopèrent leurs atouts compétitifs et s’installèrent dans la spirale du moins-disant, notamment en matière fiscale ou environnementale ou salariale. Et qu’on ne dise pas que c’était une conséquence non voulue. Au contraire, cela a été décidé exprès pour que les pauvres entrants forcent les riches associés antérieurs à abandonner leurs privilèges (droit social, syndicalisme, CDI, protection sociale, services publics, etc.). C’est la Teutonie qui a tiré le meilleur profit de la situation ainsi installée : sous-traitants de l’Est, payés en euros plus fort que leur propre devise quand ils n’étaient pas dans la zone monétaire unique (d’où l’intérêt d’avoir un euro fort car les Tudesques sortaient alors moins d’euros pour payer les prestataires), assemblage en Tudesquie avec étiquette « made in Germany », appel aux saisonniers payés en roupies de sansonnet car l’Allemagne n’a pas de SMIC, mise au régime ascétique de son propre peuple avec les lois Hartz sous Schröder (notamment, emplois obligés à 400 euros par mois pour les chômeurs), dévaluation de 3 points avec une « TVA sociale ». Bravo, les artistes de l’exportation à tout va (70 % en Europe).
Zayrault et Flanby restent essentiellement dans les « pacte de stabilité » teuton, auquel a été ajouté un zeste de crédits pour la croissance (120 petits milliards pour 12 000 de PIB de la zone UE). Le modèle fridolin est donc conservé et tous les pays sont priés de l’adopter. Ce qui veut dire rigueur pour tout le monde, récession, augmentation des déficits et de la dette, puis rebelote and so on. Le malade pourra guéri et les Schleus aussi car ils n’auront plus de clients en Europe, car les pays émergents sont aussi en difficulté et qu’ils vont restreindre leurs importations. Parallèlement, on va continuer à jouer au petit jeu de la barbichette entre banques et gouvernements. L’accroissement des dettes publiques sert à sauver les banques ; mais cette augmentation rend la dette incertaine et grosse de perte de valeur. Or les banques en détiennent une grosse part. Si donc la dette ne peut plus être remboursée, est annulée pour une part, est aussi rééchelonnée, ce sont les banques qui vont faire faillite. Alors les Etats, ruinés, ne pourront les secourir. La crise est donc à la fois portée par la dette publique et la fragilité des banques pourries de prêts toxiques.
A demeurer en tant que demeurés ou idéologues du libéralisme dans ces cercles vicieux, Zayrault et Fraise des bois s’enferment dans la course au moins-disant et ne peuvent que promettre : « de la sueur, des larmes et du sang » comme disait Churchill, duc de Malborough (s’en va-t-en guerre) en 1940. Un 1er redressement consisterait, tout en jouant encore au marché et à la « concurrence libre et non faussée » à réduire la finance privée à zéro en lui créant des contre-structures (par exemple, banque nationale du peuple socialisée, fédérée et mutualisée de dépôt et de crédit aux ménages, aux collectivités territoriales et aux entreprises) à logique anticapitaliste. La banque du peuple referait des avances et des prêts à l’Etat ; l’euro serait gardé pour les échanges extérieurs mais une monnaie nationale (le proudhon) interne, gagée sur la production, les stocks, les encours serait interne et son taux de change vis-à-vis de l’euro serait à taux variable. Des taxes compensatoires des différentiels indus en tant que moins-disant avérés et « on purpose » seraient instaurées aux frontières, y compris pour les pays non coopératifs de la zone euro (Teutonie, Hollande, Luxembourg, Autriche, G-B, Irlande, etc. avec leur dumping ou leurs paradis fiscaux). Les industries disparues seraient recréées sous forme de coopératives et de mutuelles financées par la banque du peuple. Les assurances privées se verraient opposer une fédération de mutuelles. Tous les produits financiers vicieux et spéculatifs seraient interdits, à commencer par les LBO. Tout commerce avec les pays ou les multinationales faisant usage des paradis fiscaux serait proscrit. Les emprunts d’Etat ne seraient émis qu’en France auprès des résidents. La France doit actuellement emprunter 180 milliards par an ; on le fera auprès du peuple. Tout de suite les 280 milliards du livret A seront transformés en obligations d’Etat dont le taux sera le même que pour le livret (et ajustable). Les détenteurs de livret pourront vendre les obligations, très liquides, ou recevoir des avances dessus. Les riches (disons plus de 100 000 euros de patrimoine immobilier ou financier) se voient tout de suite imposer un emprunt forcé, comme en 1976, au taux directeur de la BCE (1 %) qui servira à éviter un autre prêt de l’extérieur. A plus long terme, une partie des cotisations retraites sera capitalisée et investie dans la construction d’immeubles sociaux. Le contrôle des changes est rétabli et les contrevenants voient leurs fraudes (triplées par une amende) confisquées et leurs biens mis sous séquestre.
Tout cela permet théoriquement de rester dans l’UE et l’économie de marché. Mais le mur d’argent se dressera comme en 1936 ou 1981, mais les autres pays de l’UE prendront des mesures de rétorsion. A moins que la France n’arrive à convaincre les Etats du Sud européen de créer une fédération adoptant les règles exposées ci-dessus. Ce serait long et improbable. On en viendra alors au plan B : celui de l’autarcie et de la mise en place d’une économie, autogérée, mutualisée et fédérée. J’ai déjà dit ailleurs et avant sur mon blog cette solution qui, seule, permettrait de rompre enfin avec le modèle libéralo-capitaliste.

Les mensonges des libéraux sur les fonctions publiques

Classé dans : politique — 2 juillet, 2012 @ 11:27

Les théoriciens, les journaleux et les politicards libéraux ont l’habitude de dire que l’Etat ne sert à rien, sauf pour les fonctions régaliennes (police, justice, armée, affaires étrangères), que les fonctionnaires sont inutiles, que les services publics sont mal gérés et plus coûteux que le privé, que la protection sociale est de l’assistance à des fainéants, que l’intervention publique est néfaste et perturbe l’efficience des marchés, etc. Et cela continue malgré la débâcle du libéralisme en 2008, Bérézina qui a montré l’utilité de l’intervention publique (sauvetage des banques, relance économique, rôle stabilisateur de la redistribution sociale). La crise a montré clairement que les marchés n’étaient ni efficients, ni autorégulateurs, que les allocations de ressources financières n’allaient pas à l’industrie comme investissement productif, mais à la spéculation notamment immobilière ou boursière en vue d’une rentabilité outrée et porteuse de krach. Lesdites allocations par le marché des capitaux, des taux d’intérêt et de change ont été très loin des meilleures possibles. Les marchés ont perdu l’équilibre qui, du reste, n’est jamais à l’optimum mais à un état chronique de sous-emploi du travail et des installations de production. Fort opportunément le livre de Christophe Ramaux (L’Etat social) vient démentir les balivernes libérales.
Les libéraux assimilent la protection sociale à une « charge », une dépense à éliminer, qui fait partie des « prélèvements obligatoires » de l’Etat sur le privé, les entreprises et les individus. C’est de la novlangue construite pour tromper les gens car ces prétendues dépenses « obligatoires » et nuisibles sont en fait parfaitement utiles et constituent souvent des investissements et non des charges de fonctionnement. Les impôts et cotisations ne servent pas qu’à entretenir les fonctionnaires et les excellences. Cela sert largement à redistribuer des revenus et non pas qu’à « de la dépense publique » (56 % du PIB en 2010, 52,5 en 2007, 44 % de prélèvements en 2011 pour cause de crise alors que Tsarko avait dit qu’ils les diminueraient de 4 points pendant son règne) ; il faut différencier car ladite dépense a 3 composantes : la 1ère est utilisée pour les services publics et les fonctionnaires. Mais ce sont les ménages et les entreprises qui consomment ces services qui ne sont donc pas inutiles et réservés auxdits fonctionnaires. La 2ème est constituée de prestations sociales en espèces (retraites, chômage, allocations familiales, aides diverses et variées) ; ces prestations, qui donc ne restent pas dans les caisses de l’Etat, s’élèvent à 378 milliards, soit 35 % de la dépense publique et surtout 30 % du revenu disponible brut des ménages. La 3ème est formée de prestations sociales en nature (remboursements médicaux, allocations logement), soit 181 milliards, ce qui donne en tout 559 milliards, soit la moitié de la dépense publique, qui sont redistribués aux ménages.
La dépense publique est indispensable au secteur privé : formation des travailleurs, infrastructures collectives à accès général, recherche publique, crèches et école maternelle ou aide à domicile (augmente la population active féminine), santé (ce qui maintient le salarié au travail), complément au revenu des ménages, ce qui renforce la demande effective. Les fonctionnaires produisent des valeurs d’utilité, ce qui est pris en compte par la comptabilité nationale pour déterminer le PIB non marchand. En 2010, la valeur ajoutée par les fonctionnaires est montée à 318 milliards soit le 1/3 de celle des sociétés non financières (973 milliards) ; les libéraux disent que c’est inutile parce que c’est non marchand et non monétaire. Mais il s’agit bel et bien de valeurs d’usage pour la société. 42 % du revenu des ménages est « socialisé », ce qui procure les fameux « stabilisateurs sociaux » qui ont largement diminué les effets de la crise en France en 2009. Les services étatiques régaliens ont apporté 169 milliards en 2010. Tout cela profite surtout aux entreprises, qui payent de moins en moins d’impôts sur les sociétés ou de taxe professionnelle. Surtout aux multinationales qui sont imposées réellement à 8 % alors que les PME le sont à 23 en moyenne. Itou pour les riches qui payent aussi de moins en moins.
L’impôt ou la cotisation sociale qui finance tout cela est donc indispensable. Le sens de la position des libéraux devient limpide : tout ce qui est public empêche le capital financier de s’en emparer pour en faire des lieux de profit. Par exemple avec les cliniques et les assurances-santé privées, avec les salaires remplacés par de l’intéressement et de la participation, qui sont variables, aléatoires, risqués et qui échappent largement aux cotisations sociales. De ce point de vue, Ramaux écrit que la socialisation est anticapitaliste. Je n’en suis pas si sûr : elle est une contribution publique aux fins privées pour le capital, elle l’aide à être profitable, elle obéit en fait à sa logique de socialisation des coûts et des pertes et de privatisation des profits.
Le discours sur la dette publique est un autre exemple manifeste des menteries des libéraux. Rappelons-nous le rapport Pébereau (banquier BNP et libéral acharné) sur le sujet en 2006. La dette publique de 1170 milliards à l’époque y était présentée comme insoutenable et comme prélèvement sur les générations futures ; un bébé héritait de 8 000 euros de dette ! Ce n’est pas étonnant quand on regarde la toute-puissance des banquiers sur les gouvernants.
La grande puissance de la banque et son emprise sur les gouvernants s’est manifestée récemment sans ambages. La BCE a prêté aux banquiers 1 000 milliards d’euros sur 3 ans à 1 % et rien du tout aux Etats par suite des règles imposées à la banque centrale de l’UE par les Teutons. Et les banques ont utilisé ces 1 000 milliards pour prêter aux Etats à 6 % minimum ! Lors du krach de 2008 le gouvernement français a prêté massivement aux banques nationales tout en mettant en place un plan de relance tout à fait riquiqui (35 milliards dont 13 déjà engagés ; Guimauve le conquérant vient d’obtenir de sa cousine germaine 120 milliards, eux aussi déjà engagés [fonds structurels inemployés, banque européenne d’investissement] pour toute l’UE). Pébereau, libéral tout miel tout lucre, conseillait le pouvoir et voyait Tsarko nuitamment. Son signal (alors pour Chriracos) était clair : seule la dette publique est mauvaise, comme, du reste, l’Etat, la fonction publique, la protection sociale (47 % des dépenses publiques). Le sbire prétendait que chaque nouveau-né héritait d’un passif brut. On estime maintenant ce dernier à 25 000 euros par personne pour nos successeurs alors que les actifs publics, qu’ignorait Pébereau, (518 milliards en actifs financiers plus les infrastructures en tout genre) font que la dette fait hériter le nourrisson de 8 000 euros d’actif (chiffres donnés par Ramaux). En fait, les nouvelles générations bénéficient des investissements des précédentes, comme les entreprises disposent, maintenant presque gratos, des infrastructures publiques sous forme « d’externalités positives ». Si ce monsieur avait noirci le tableau en ne parlant que de la dette publique brute, il omettait aussi la dette privée (ménages et entreprises) : 120 % du PIB en France mais 175 aux USA, 200 % en Espagne et en Grande-Bretagne. Or c’est la dette privée qui est l’origine de la crise US en 2008 et des crises irlandaises ou espagnoles. Le bonhomme confondait un flux (celui des déficits) avec un stock (la dette). Il ne disait donc pas que ce qui compte c’est le montant des intérêts (48 milliards en France en 2011, soit 2,5 % du PIB) qui sont liés au stock (lequel est renouvelable par de nouveaux emprunts) et au taux d’intérêt. Si ce dernier monte trop (7 % pour l’Italie ou l’Espagne, 2,49 pour la France, 1,40 pour l’Allemagne en 2012), le budget est effectivement étranglé et les remboursements mis en question. Il en découle que le discours libéral sur la dette publique a pour seule fonction d’inquiéter les gouvernants, de les mettre sous tutelle au nom des agences de notation, de garantir le service de la dette aux banquiers et de continuer à faire payer aux contribuables les intérêts versés aux banques. La banque tue la juste démocratie en conférant un pouvoir démesuré à la finance et en faisant des gouvernants élus ses « fondés de pouvoir » (Marx). Gouvernants sans doute incompétents (ou complices) pour gober les balivernes et billevesées d’un banquier ! Lequel est intéressé par les dettes car son métier est de prêter le plus cher et le plus possible avec comme base le fric détenu par les riches grâce aux exonérations d’impôt et les dépôts gratuits des petits clients des banques (un banquier qui a 10 en dépôt peut prêter 90, c’est ce qu’on appelle l’effet de levier du crédit). Et le banquier préfère les créances publiques qui sont bien rémunérées et garanties… Le banquier aime aussi à spéculer (en principe pour compte propre avec son fric ; en fait aussi avec celui des clients ; d’où la nécessité de séparer les banques d’affaires de celles de dépôt). C’est juteux grâce à la finance fantôme offshore appuyée sur les paradis fiscaux, les différences de législation fiscale et surtout la dérégulation de la circulation des capitaux… donnée par les gouvernants. On comprend que les banquiers se refusent à toute re-régulation et fassent pression sur les politicards pour qu’elle disparaisse des écrans. Où est la promesse de Tsarko d’en finir avec les paradis fiscaux ? Que fait Flanby ?

Les paradis fiscaux

Classé dans : politique — 21 juin, 2012 @ 11:00

Via la presse libérale on a accoutumé de penser que les paradis fiscaux sont des îles paradisiaques et exotiques ou des micro-Etats comme Monaco ou le Lichtenstein. Un livre superbe et très bien documenté vient infirmer cette fable (« Les paradis fiscaux », par Nicholas Shaxson, chez André Versaille, éditeur ; livre dont je m’inspire librement en y ajoutant mon grain de sel). Comme, du reste, celle des efforts de l’OCDE et du G 20 pour lutter contre eux. Une autre histoire à dormir debout consiste à faire croire que les paradis fiscaux sont avant tout utiles aux trafiquants en tout genre, au crime organisé (drogue, traite des femmes, trafics, rackets, etc.) et aux dictateurs de tout poil (Marcos, Bongo, Pinochet, etc.).
En réalité, il y a deux énormes paradis fiscaux (PF), à savoir la Grande-Bretagne en tout premier lieu, avec « la City de Londres », véritable Etat dans l’Etat et réseau tentaculaire, et ses dépendances « autonomes » comme les Iles Anglo-normandes (Jersey, Man, des Iles tropicales (les Caïmans, par exemple) et des confettis de l’ex-empire. Le 2ème énorme paradis se situe aux USA où certains petits Etats (Delaware, Wyoming) ont mis en place une fiscalité et des règles de gouvernance financière qui fonctionnent comme espaces totalement dérégulés. On a évidemment la Suisse, dont c’est l’activité traditionnelle, mais aussi le Luxembourg, l’Autriche, la Belgique, l’Irlande, les Pays-Bas, Chypre, Malte, tous paradis situés dans la vertueuse UE. On peut donc insister sur le fait que l’UE, qui s’auto-décerne des prix de vertu, a organisé elle-même ses paradis fiscaux (G-B, Luxembourg, Monaco, îles françaises [St-Barth] ou anglaises, Andorre, Liechtenstein, etc.). Certes, les PF ne sont pas une nouveauté ; la Suisse est célèbre pour avoir mis à l’abri les avoirs nazis, les patrimoines français ou autres avant et pendant la 2ème guerre mondiale ; pour avoir aussi spolié les descendants des Juifs morts dans les camps nazis et ayant avant pensé mettre en sécurité leur argent dans les banques de ce pays. Mais les PF se sont intensément développés avec la mise en place depuis 30 ans du libre-échange mondialisé et de la libre circulation des capitaux. L’auteur démontre avec succès qu’en réalité les PF sont nécessaires au libéralo-capitalisme, en font partie intégrante et sont dominés par de puissants réseaux comme celui de la City de Londres. Ce qui fait de celle-ci à la fois le promoteur et l’utilisateur principal des PF. On voit pourquoi la G-B s’oppose à toute réglementation et taxation financières en Europe : c’est son gagne pain sur le dos des autres pays et de ses ex-colonies.
Les conséquences du réseau plus ou moins intégré des PF (celui de la G-B l’est parfaitement et est sous contrôle de la City qui, rappelons-le, ne fait qu’un mile carré) sont désastreuses. Tous les pays et leurs modèles sociaux sont mis en concurrence vers le moins-disant fiscal, social, environnemental, syndical, salarial accéléré, ce qui conduit à la baisse des revenus des travailleurs, à la réapparition de l’esclavage dans des « sweat shops » (usines à sueur en Chine et ailleurs), à la perte des droits de douane, des impôts sur les sociétés et les dividendes, et des revenus financiers (issus des investissements des multinationales dans la logistique, comme Bolloré, l’ami de Tsarko, ou dans les gisements de matières premières, de gaz et de pétrole comme Rio Tinto et Total ou dans les produits agricoles (huile de palme, agrumes, coton, café, etc.) ou dans le négoce ou dans la banque). Les pays pauvres sont mis alors dans un nouveau système d’exploitation qui est encore plus féroce que le régime colonial. Les inégalités de revenu et de patrimoine s’accroissent partout. L’environnement, la biodiversité et les cultures vivrières sont massacrés au nom du profit. Les multinationales et les banques n’investissent plus dans la production mais dans le rendement financier. En fait les investissements directs étrangers [IDE ; la France est au 3ème rang en Europe en 2010)] dont se glorifie la France sont des investissements de boîtes françaises, via des PF, dans des LBO, des prises de participation, des absorptions de concurrents ou de PME. Les capitaux flottent tous les jours dans des volumes énormes à la recherche de la meilleure rentabilité ; les spéculations sur les taux de change engagent 4 000 milliards de dollars par jour. La pyramide des titres d’engagements financiers, simples bouts de papier ou simples écritures électroniques, ne repose plus que sur une pointe acérée de dettes garanties par des actifs ; sait-on que le volume des « produits dérivés » financiers représentait en 2008 la somme fabuleuse mais imaginaire de 600 000 milliards de dollars alors que le PIB mondial était de 60 000 ? Cette économie irréelle conduit à des déséquilibres croissants et à des crises financières à répétition, dont la dernière en date est celle de l’euro. Les services publics, notamment de santé et d’éducation, sont en déshérence au nom de la meilleure rentabilité du privé, laquelle n’est qu’apparente et repose sur des montagnes de dettes gagées sur du sable. Et pourtant le monde libéral continue de s’accrocher à la prétendue « efficience des marchés », à la thèse de la « meilleure allocation des ressources » par la concurrence !
Comment ça marche ? Fastoche ; de tout petits Etats, apparemment indépendants des ex-puissances coloniales (confettis des empires), ou de l’Etat central (cas des petits Etats américains qui peuvent avoir des règles propres en particulier en matière de fiscalité et d’enregistrement des entreprises ; votent des lois qui dérégulent totalement la finance. Ces micro-Etats, dépourvus de juristes et de fonctionnaires de haut niveau et manquant de ressources productives pour lever des impôts classiques, sont soumis aux pressions des énormes banques et de leurs experts et lobbyistes. Ils votent les lois financières et fiscales que lesdites banques (ou les financiers comme les fonds privés [private equities] ou les fonds d’investissement ou les « hedge funds » [onds spéculatifs] veulent pour développer leurs affaires occultes, faire du « shadow banking », maintenir le secret pour leurs clients, « optimiser » leurs impôts et ceux de leurs clients, échapper aux marchés organisés et régulés (au profit des marchés dits de gré à gré, sans contrôle), avoir des caisses noires pour acheter les politicards desdits petits pays, spéculer en propre avec l’argent des déposants, financer la propagande libérale (journaux, médias, « think tanks », fondations universitaires avec professeurs stipendiés) pour mettre l’opinion publique contre les autorités centrales. L’ile de jersey est pour la City, qui la domine totalement faute de démocratie locale (les institutions de Jersey sont quasiment féodales au sens propre car elles remontent au Moyen Age ! Parmi elles, on trouve « le trust », c’est-à-dire une astuce juridique qui permet de garder sa fortune dans le secret en faisant semblant de la confier à un homme de confiance, dit le trustee. Jersey est un banc d’essai des « innovations » de dérégulation. Une loi dérégulatrice y est votée en un rien de temps car les puissants politicards au service de la finance y disposent de tous les pouvoirs (la presse, le logement, l’emploi, les prestations sociales, toutes choses qui peuvent être enlevées illico aux mal-pensants et aux opposants) ; ensuite cette loi est proposée aux gouvernants en G-B sur le thème que la concurrence (celle de Jersey) viderait le pays de ses « avantages comparatifs » en matière financière. Or le PIB anglais est à 20 % issu des activités financières internationales. Le gouvernement (notamment celui de Blair ou de Gordon Brown) s’empresse alors de généraliser la loi de Jersey dans le Royaume-Uni et ses dépendances. Il en est de même aux USA où l’existence des petits Etats laxistes et quasi-achetés fait pression sur le gouvernement fédéral pour que la finance soit débarrassée de toute contrainte au nom de la concurrence internationale. Par ailleurs, aux USA la finance est aux manettes politiques via le mécanisme des « portes tournantes » (« revolving doors ») entre la grande banque et le secrétariat d’Etat au Trésor (y compris chez les démocrates), la FED (banque centrale) et ses émanations régionales (la FED de New York, par exemple), la SEC (organe de contrôle équivalent à l’AMF en France). En France, on appelle cela « le pantouflage » des hauts fonctionnaires dans les activités privées, surtout dans les banques et les assurances. L’idée de la G-B est simple : les gouvernements de PF, s’ils sont dans le Commonwealth, sont cependant indépendants de la Couronne. CQFD, donc la G-B n’en est pas responsable. Peu à peu, tous les pays, même les plus importants, sont contraints de déréguler pour éviter la fuite des capitaux et des entreprises. D’où le renforcement incessant de la dérégulation financière, grâce, notamment, à la libre circulation des capitaux et des marchandises. Les PF permettent aux entreprises de découper la « chaîne de valeur », ensemble des opérations (des éléments et des phases de la production et de la distribution à partir des fournitures) découpé en rondelles séparées dans le temps et dans l’espace. Conçu pour échapper aux impôts, ce dispositif d’émiettement conduit à une concurrence déloyale vis-à-vis des PME, qui elles sont trop petites pour disposer du bataillon d’avocats et de fiscalistes qu’emploient les multinationales et qui donc payent des impôts alors que lesdites multinationales y échappent. En outre, le découpage en sous-parties de la production facilite grandement la délocalisation et la sous-traitance des activités dans… les PF ou les pays low cost ayant recours aux PF. Enfin, grâce aux PF et à la banque fantôme qu’ils autorisent, les financiers ont imaginé des instruments (produits structurés et dérivés, titrisation) dont la caractéristique principale est qu’ils dispersent le risque dans le monde entier et sur les petits-épargnants, qu’ils le rendent totalement opaque et immaîtrisable. Les libéraux prétendaient que ces produits assuraient la liquidité, la rentabilité et même la sécurité des placements par dissémination des risques sur une multitude d’opérateurs.
En réalité, le risque a été généralisé, rendu systémique. C’est ainsi que les 1 000 milliards de dollars des subprimes, une goutte d’eau mais seul titre garanti par des actifs réels, à savoir, les logements hypothéqués, ont conduit à l’effondrement généralisé de la finance, de la banque et de la bourse quand le marché immobilier US s’est retourné en 2006. C’est comme le battement d’ailes d’un papillon ici qui déclenche un cyclone là (théorie des catastrophes) Des Annapurna d’engagements étaient construits sur cette base ridiculement étroite. Gavées de titres toxiques et opaques, les banques ne se prêtèrent plus entre elles (marché interbancaire ; d’où une crise des liquidités) car elles ne connaissaient même pas leur propre turpitude. Le crédit (aux ménages, à l’investissement) s’effondra, de même que la valeur des actions qu’on n’achetait plus ou qu’il fallait vendre pour honorer ses dettes. Les « actifs » des banques plongèrent de telle façon qu’elles n’avaient plus les moyens de garantir des prêts et d’observer le taux obligatoire de réserves pour faire face à leurs engagements. Le cycle de la récession était ainsi enclenché et les gouvernants s’endettèrent encore plus pour sauver les banques (prêts, rachat de titres pourris et même nationalisations) et relancer l’économie. Bis repetita placent, les dettes publiques sont alors entrées dans le collimateur des banques spéculatrices (et autres) renflouées par les Etats. D’où la crise de l’euro et des dettes publiques en Europe. And so on, le processus n’étant pas terminé ; après la Grèce, l’Espagne, l’Italie, à qui le tour ?
Ce système pervers avait été renforcé par d’autres puissants moyens. On y trouve les 4 grands cabinets américains d’audit (KPMG, Price Waterhouse, notamment) ; il y en avait 5 mais Arthur Andersen a été éliminé après avoir certifié les comptes d’Enron la veille de sa faillite frauduleuse. Ces cabinets ont le privilège exorbitant (autorisé par les lois US) de pouvoir à la fois être conseil et consultant en gestion et organisation pour les entreprises et commissaires aux comptes pour elles aussi ! Un cabinet ne refuse donc pas à une boîte de certifier ses comptes de peur de perdre sa clientèle de consultance ! Autre dérogation extraordinaire aux règles et au bon sens : les cabinets peuvent se constituer en société de « partnerships with limited responsibility » (PLR, qui a été d’abord introduit à Jersey, puis en G-B, puis aux USA). Autrement dit, les associés dans le cabinet ne sont pas responsables sur leurs deniers de leurs décisions malheureuses ou malhonnêtes ! Au contraire d’une SARL où les associés perdent leur apport en cas de faillite. Un 2ème moyen est le monopole US sur les 3 agences de notation qui appliquent une conception purement libérale de la sécurité financière et terrorisent les Etats endettés (ce qui menace l’Europe et l’euro). Ensuite, on a la mise en place d’une comptabilité à l’anglo-saxonne pondue et propulsée par une association privée (l’IASB), financée par les 4 cabinets d’audit et les multinationales et sise à Londres ! Cette comptabilité new look permet d’enregistrer à l’actif des recettes futures même incertaines, de valoriser les actions inscrites audit actif à leur valeur instantanée de marché (« fair value », valeur honnête !), ce qui a fait sombrer les boîtes et les banques dont la capitalisation boursière a été divisée par 2 lors de la crise de 2008, de compter comme patrimoine les brevets non encore essayés, les logos, les marques (le « good will » ou à votre bon cœur pour valoriser ces actifs immatériels), de valoriser les installations non à leur valeur d’amortissement dans le temps mais à celle de leurs prix d’occasion sur le marché, etc. Il se trouve aussi que les autorités de contrôle (SEC, AMF, etc.) ont vu leurs moyens d’investigation sérieusement amoindris, ce qui fait qu’elles arrivent après la bataille ou la catastrophe comme les carabiniers.
A l’origine, ce sont les multinationales et les banques qui ont poussé aux PF parce que ceux-ci étaient des maillons primordiaux pour faire jouer à fond la libre circulation des marchandises et des capitaux. Pourquoi, nos 2 grands prédateurs avaient-ils demandé aux gouvernements cette libéralisation dérégulée de ces 2 circulations ? Les banques pour pouvoir utiliser à leur profit les énormes masses de capitaux flottants (pétrodollars, fonds de pension US ou G-B ou, par exemple, épargne française à 16 % des revenus). Ce à quoi les gouvernants ont vu comme intérêt la possibilité d’emprunter pour pas cher à l’international des marchés financiers. D’où la croissance exponentielle des dettes publiques (c’est comme cela que la France a fait financer son programme électronucléaire et ses réductions d’impôts pour les riches et les sociétés). Les multinationales l’ont voulue car le degré de productivité atteint par les moyens modernes de production faisait que les marchés nationaux étaient beaucoup trop étroits pour faire du profit (sinon, surproduction ou capacités de production inutilisées) : vendre partout permettait de faire des économies d’échelle et d’obtenir même des rendements croissants. Une fois en place cette double circulation déréglementée a créé l’utilité démultipliée des PF.
La montée en puissance du néolibéralisme capitaliste et financier a été autorisée par les gouvernants, fussent-ils socio-démocrates, des riches pays du Nord développé. Ce sont eux qui ont fait voter les lois qui ont totalement libéré la finance par dérèglementation généralisée avec libération du commerce et des capitaux. A la décharge, c’est le bon mot, desdits dirigeants il faut bien dire que nos deux acteurs très puissants les y ont poussés, plus ou moins en les corrompant ou en faisant pression sur eux : les multinationales et les banques. Les 1ères voulaient augmenter leurs profits en multipliant et fractionnant leurs filiales à travers le monde ; l’astuce est de jouer sur les « prix de transfert » et les surfacturations, via les PF, afin de mettre leurs frais (par exemple de recherche et de marketing ou de fournitures de matières premières) dans les pays à forte imposition et leurs bénéfices dans ceux à très faible fiscalité sur les sociétés (« optimisation fiscale »). C’est ce qui fait qu’en réalité 60 % du commerce mondial s’effectuent à l’intérieur des multinationales qui se sont organisées en réseau, notamment de sous-traitants souvent fictifs (en fait, ils leur appartiennent via des prête-noms). En outre les multinationales ont voulu placer au mieux leurs profits, se sont mises, elles aussi, à spéculer, ca qui fait qu’aux USA 40 % des profits émanent de leurs activités financières et non de la production. Les 2èmes, les banques, voulaient développer leurs affaires avec des innovations financières de plus en plus risquées (titrisation de dettes, CDO de réorganisation des dettes, CDS, assurances contre les risques) et utiliser l’énorme quantité de capital en circulation et à recherche de rentabilité et de sécurité à leur avantage (opérations en nom propre à condition de les cacher dans les PF ou services rendus à leurs très gros clients). En effet, il y avait de gigantesques quantités d’argent disponible et flottant : celui des émirats pétroliers, les dollars émis par les USA pour combler leurs déficits commercial et budgétaire liés à leurs guerres, puis ensuite à leurs diminutions d’impôts pour les riches et les sociétés. Ces sommes fabuleuses ont été gérées par la City de Londres qui a créé le marché (« euromarket ») des « eurodollars », c’est-à-dire des dollars détenus en dehors des USA (réserve de change des pays exportateurs, profits des entreprises non-rapatriés, argent des trafics, etc.).
Les PF permettent aux multinationales et aux banques de multiples prédations à l’encontre des Etats, notamment ceux du Tiers-Monde, victimes de leurs dictateurs et autres dirigeants corruptibles, mais aussi et surtout de la spoliation de leurs matières premières exploitées à bas prix (via des concessions extorquées à ces pays en état de faiblesse, étranglés par leur dette et réduits à l’austérité [baisse des droits de douane, non-imposition des profits opérateurs occidentaux, privatisation de services publics, service de la dette aux banques privées, etc.] par les potions du FMI dans les plans de restructuration de ladite dette). Il s’ensuit qu’en réalité les flux de capitaux ne vont pas du Nord vers le Sud mais en sens inverse et cela dans des proportions considérables, très supérieures à « l’aide au développement » qui culmine aux environs de 100 milliards de dollars par an. Les PF permettent aux multinationales d’être imposées nulle part au nom des accords excluant une double imposition (accords internationaux propulsés par l’OCDE, club des pays riches, au détriment des pays pauvres et peu puissants ; même topo pour l’OMC avant que les PVD (les BRICS, comme le Brésil) ne se rebiffent. Les traités de non-double imposition sont devenus grâce aux PF des doubles non-impositions. C’est ainsi que Total (12 milliards de profit en 2010) ne paye que 10 millions d’impôt en France, et même zéro comme en 2011. Les banques se servent, quant à elles, des PF pour faire « du shadow banking », banque de l’ombre ; c’est dans les PF que « les produits structurés » particulièrement risqués et opaques sont gérés via des entités de paille (SPE, spécial purpose entities) ou des formules de collecte de capitaux flottants spéculatifs (SIV, spécial investment vehicles). C’est grâce aux PF que les banques, via des filiales bidonnées, tournent la réglementation sur les réserves obligatoires des banques (en gros 10 % de leurs engagements doivent être des fonds propres ou des avoirs réalisables ou liquides, suivant les règles des accords de Bâle passés pour la Banque des règlements internationaux, BRI). On a vu des banques prêter jusqu’à 30 fois le plafond autorisé mais, justement la BRI et les autorités de contrôle bancaire n’en savaient rien. Enron, avant sa faillite, malgré la certification de ses comptes par Arthur Andersen (mise en faillite judiciaire depuis), disposait de 682 filiales dans les PF (essentiellement iles Caïmans et Bahamas). Parmalat truquait ses comptes et prétendait avoir 4 milliards de capital disponible dans un beau PF. Le fait d’outrepasser le taux de réserve obligatoire conduit en outre à une émission scripturale de monnaie (les titres de crédit) bien trop excessive sans que les autorités monétaires chargées de réguler le volume de monnaie en fonction des besoins de l’économie (trop de monnaie conduit à l’inflation) puissent la contrôler. Il y a eu effectivement inflation : des actions en bourse, de l’immobilier et des matières premières. Mais la BCE, elle, ne s’est occupée que de l’inflation salariale !
Au G 20 de 2009, présidé par Tsarko, on a fait semblant de prendre des mesures ; on a établi une « liste noire » de PF (hors les principaux appartenant aux pays dominateurs) dont on pouvait sortir en signant des conventions de mise en ordre avec 12 pays. Qu’ont fait les PF ? Ils ont contracté entre eux pour l’essentiel afin de sortir de la liste ! On a eu aussi des conventions fiscales sur le secret : un PF sollicité par un Etat doit fournir les ns des évadés fraudeurs trafiquants y ayant un compte. Mais il faut donner une preuve du délit alors que justement ce sont les renseignements demandés qui permettraient de l’établir ! Seuls des échanges automatiques de données seraient efficaces. Refusé. Avez-vous entendu M. Hollande parler de tout cela ? Niet ; le quadrille (banques, assurances, multinationales, fonds spéculatifs) avec les PF va donc continuer peut être jusqu’à la catastrophe économique et financière mondiale. Que la fête sur le volcan commence, disait le régent après louis XIV. Mais c’est la fête pour les riches, à court terme avant la révolution.

Et si on avait eu la gaule moche (DSK) au lieu de la « gauche molle » (Flanby) ?

Classé dans : politique — 10 juin, 2012 @ 10:43

Hypothèse d’école car Tsarko espérait avoir DSK comme rival. En effet, les dossiers à sortir opportunément étaient prêts. Il ne faut pas oublier comment on accède au pouvoir dans nos fausses démocraties. Il faut avoir été ministre de l’intérieur pour disposer de jolis dossiers afin de disqualifier le concurrent. Il devait y en avoir un sur le ministre « pécho » à Marrakech dans une partouze avec des éphèbes prépubères. Qui ? On l’aurait su s’il s’était présenté à la présidentielle à moins que le dossier, permettant d’exercer une pression, ne l’ait découragé ex ante. Puis un tour au budget permet d’obtenir des amis (Bettencourt, Wildenstein, feu Bernheim, Bouygues, Lagardère, etc.) et surtout de leur consentir des faveurs fiscales et de les taper pour son parti ou ses micro-partis ; voire d’avoir aussi un dossier s’ils soutenaient l’opposition. Il faut faire main basse sur le parti, ses godillots et ses troupes. C’est du Copé-collé maintenant et l’autre l’aura dans le Fillon. Il faut n’avoir pas de scrupules et s’entourer de séides et d’aboyeurs. On a donc évité la gaule moche avec le phanérogame DSK, (phanérogame, se dit d’une fleur qui exhibe ses organes sexuels). Lequel était un social-démocrate convaincu des bienfaits du libéralo-capitalisme. Quand il était au pouvoir il avait bien mérité du capital reconnaissant comme ses amis Fabius et Bérérgovoy ou consorts.
En revanche, Guimauve le conquérant est un socio-démocrate honteux : il sait que le libéralo-capitalisme est intrinsèquement pervers, comme disait Pie XII du marxisme (encyclique « Mit brennender sorge » ; mais pas du nazisme ou du fascisme !), mais il pense comme toute la gauche molle que la mondialisation impose de rester dans le système. Tenter d’en sortir avec des réformes « structurelles » amènerait l’exil des riches et la fuite de leurs capitaux capiteux, la fuite des managers, des traders, des artistes et des sportifs que le monde entier nous envie, le déménagement des sièges sociaux des multinationales en Hollande (comme les labos du Loup-Servier conseillé par le cabinet d’avocats d’affaires de Tsarko), la disparition des investissements directs en provenance de l’étranger, l’impossibilité d’emprunter à un bon taux sur les marchés financiers internationaux, l’assèchement des liquidités monétaires, les banques ne prêtant plus, ni entre elles ni aux autres, l’obligation de sortir de l’Europe, etc. Les socialos, qui en ont fait l’expérience historique, plient devant « le mur de l’argent », les 200 familles, le cartel des entreprises. D’où leur timidité et leur bonne gestion tranquille du système accompagnée de réformettes (ou réformes « correctrices »). Les socialos ont une voix de tigre, mais vis-à-vis du capital, ce sont des cléments sots. Ils préfèrent louvoyer dans une « 3ème voie » quitte à perdre les voix du populo abandonné au profit des « bobos ». Ils ont du Blair mais pas de pif : ils sentent le rose, pas le rouge. La 3ème voie a commencé par conserver les valeurs du socialisme (justice, solidarité, entraide, coopération) pour se ranger derrière la bannière des solutions libérales ; puis elle a abandonné ensuite lesdites valeurs pour adopter celles des libéraux : réalisation de soi, responsabilité purement personnelle, mérite individuel, prise de risque, utilité de la compétition. Le pornocrate DSK y est immergé. Je pense qu’Hollande croit encore aux valeurs socialistes. C’est à vérifier dans la pratique.
La gauche molle va donc nous administrer des cautères sur la langue de bois. Les smicards auront 3,5 % de corde en plus. Quelques retraitables (déchets pas encore enrichis) pourront partir plus tôt que les 62 ans fixés par Tsarko. On aura peut être quelques fonds de la Banque européenne d’Investissement, une taxation des transactions financières (4 000 milliards de dollars par jour dans le monde), on diminuera les salaires des PDG du public ; on continuera de soutenir les banques privées, tout en créant une banque publique. Les socialos ne voient pas qu’on peut agir nationalement tout en restant dans l’UE. Ils oublient que les traités européens ont prévu à quelles conditions y entrer mais rien pour en sortir. Ils négligent le « Compromis de Luxembourg » (1966, texte toujours en vigueur) qui permet à un pays de mettre son veto à une mesure qui nuirait gravement à ses intérêts fondamentaux. On les comprend car se mettre à y recourir serait avouer qu’on ne l’a pas utilisé par exemple contre les directives sur l’énergie ou les transports et les services « d’intérêt général ». Or cet accord permettrait de s’opposer au traité de Merkozy sur la convergence et la stabilité financière. Et il permettrait sans doute de rallier différents pays qui se mettent à douter de l’efficacité du libéralisme pratiqué par l’UE.
La gauche, du moins ce qui s’affiche sous ce nom, oublie que le libéralo-capitalisme concurrentiel à base de libre circulation de tout, à commencer par le fric, sur des marchés internationaux n’est pas naturel, n’est pas une contrainte nécessaire au nom de lois physiques. C’est le résultat de décisions politiques que les politicards ont prises ces 30 dernières années. Ces décisions ont créé le monstre Bol(Fran)kenstein qui s’auto-dévore sans fin et dont ils disent qu’on ne peut plus le maîtriser. Ce que les lois de dérégulation ont fait peut être aboli par des lois contraires. Les « horreurs économiques » et financières ne sont que l’effet des décisions néfastes prises par les politicards, y compris de gauche. On peut mettre en place des contre-structures qui feront renaître au moins le « compromis fordiste » des « 30 glorieuses » : intervention publique dans l’économie, banque de France au service du pays, salaires progressant au rythme des progrès de productivité, services publics, protection sociale, contrôle des flux de capitaux et du crédit, épargne nationale investie dans le développement industriel, protection douanière contre la concurrence déloyale, etc. Ce serait revenir au capitalisme régulé d’après-guerre calomnié comme Etat-providence.
Cela a-t-il été envisagé ? Pas par le libidineux DSK, ni par le livide-neu neu Fraise des bois. Ces gens-là croient que l’économico-financier domine la politique et que l’Etat, de ce fait, disparaît. Ils ne voient pas que c’est justement l’Etat qui a considérablement renforcé ses pouvoirs pour servir les puissants. Les gouvernants, socialos compris, se sont convertis à l’ordo-libéralisme tudesque sur le plan politique et au libre-échangisme des Gibbies sur le plan économique. DSK en est partisan car qu’est-ce qu’une partouze sinon du libre échange ? Les Teutons on en effet théorisé que le gouvernement doit se faire par des règles. Il suffit donc d’avoir le pouvoir, y compris démocratiquement (l’UE s’en passe avec sa technocratie d’instances non élues), pour faire voter les bonnes lois. Les Rosbifs ont évidemment ajouté que lesdites lois devaient favoriser le marché, la finance, le libre-échange et donc tous les acteurs en profitant. L’UE s’est donc construite et élargie sans cesse avec deux mamelles contrefaites de Sully: les lois de dérégulation votées par les politicards de toute obédience et le « grand marché » ouvert à tous les vents mauvais du capitalisme. Les Francaouis ont compté les points dans l’espoir que cette politique imposée par l’UE et la grosse commission de Bruxelles mettraient les opposants dans les choux au nom de la contrainte extérieure. Peine perdue car l’élargissement à 27 pays, les nouveaux entrants n’étant pas soutenu faute de budget communautaire consistant (1 % des PIB contre 25 aux USA pour l’Etat fédéral), ont été pris comme fer de lance de la réduction de tout à leurs normes sociales de pays pauvres. Aucun socio-démocrate libéral n’a moufté contre cet élargissement permanent. Les gouvernants ont vu là l’occasion de laminer les avantages sociaux de leur pays au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Déjà, maintenant, les Ibères-nation au chômedu, envahissent le Sud de la France pour y brader leurs prestations au détriment des artisans locaux. C’est la conséquence des directives sur la concurrence.
Contrairement au discours, l’Etat, soi-disant libéral, n’a fait que se renforcer afin d’imposer les règles qui ont mis les peuples européens et les modèles sociaux en concurrence les uns avec les autres. L’Etat est plus puissant que jamais. La différence réelle est que cette puissance a été privatisée, mise au service des intérêts privés. Et contre les réactions des peuples spoliés, l’Etat est devenu de plus en plus judiciaire, pénal, policier et répressif. Ne voit-on pas au Québec un gouvernement « libéral » mettre en place la « loi 78 » qui abaisse les libertés publiques pour interdire les manifestations contre la hausse des frais de scolarité dans les Universités ? C’est cela la face cachée du libéralisme : la force brute et pure quand la manipulation de la loi ne suffit plus à faire passer le prétendu libéralisme.
Les vrais socialistes devraient donc profiter de cette toute puissance de l’Etat, du compromis de Luxembourg et de la souveraineté pour invalider les structures et les logiques de l’Europe commerciale et financière. La France ne sera pas toute seule. Que faire ? D’abord, refuser d’avaliser le traité Merkozy sur la stabilité financière et la « gouvernance ». Y rajouter un volet croissance est idiot car celui de l’austérité continuera de prédominer.
Ensuite demander : une BCE qui remise sous l’autorité politique, prêtant aux Etats, rachète la dette publique (monétisation), garantit des euros-bonds pour financer des investissements. Je n’ai pas encore compris (ou trop bien) pourquoi la BCE prête sur 3 ans à 1 % 1 000 milliards d’euros aux banques, lesquelles prêtent aux Etats à au moins à 6 % comme pour l’Espagne, alors qu’elle ne pourrait pas les accorder directement aux Etats au même taux réel négatif (inflation à plus de 2). C’est absurde et lié aux traités européens imposés, sur ce plan là, par la Teutonie. Elle devrait se méfier : déjà les peuples européens ne l’aime pas de trop puisqu’elle a ruiné l’Europe (et la Grèce) deux fois de suite ; ensuite à qui vendra-t-elle ses produits assemblés chez elle une fois que l’Europe sera ruinée par son dogmatisme monétariste ? Si la coalition du libre-échangisme (cher à DSK), de l’ordo-libéralisme et des PECOS (ex-pays de l’Est qui sont les sous-traitants des assemblages tamponnés « made in Germany ») refuse, on passe à l’étape suivante.
La France prend la tête d’une démarche visant à fédérer l’Europe du Sud (Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Chypre, Malte). Cette fédération politique se doterait d’un budget communautaire de 15 % du PIB de la zone afin d’opérer des transferts entre Etats afin d’équilibrer leurs ressources. Elle aurait une banque centrale liée à une assemblée représentative et élue ; cette banque ferait ce que devrait faire la BCE comme vu supra. Dans la zone, toutes les banques privées sont socialisées-mutualisées et donnent un grand ensemble public dévoué à la collecte de l’épargne de la zone et assurant les crédits aux industries et aux ménages. La socialisation des banques se fait par échanges de leurs titres (aujourd’hui bien bas) contre des obligations d’Etats à 3 %. Seuls les résidents sont amenés à souscrire des emprunts publics via le réseau fédéré des banques (les Etats ne peuvent emprunter à l’étranger). Les produits ou procédés financiers de spéculation (titrisation, CDO, CDS, ventes à découvert, marchés de gré à gré, effet de levier par LBO), rachat de ses propres titres par une boîte, stocks-options, cartes de crédit revolving, etc.) sont interdits. Le taux usuraire pour le crédit est fixé à 5 %. Les mouvements de capitaux sont contrôlés et l’utilisation des paradis fiscaux proscrite. Une monnaie commune, l’eurosud, est créée : chaque Etat recrée sa propre monnaie interne et peut modifier son taux de change vis-à-vis de l’eurosud, monnaie commune des échanges externes entre pays de la zone. Cependant, les parités entre monnaies sont maintenues dans une fourchette décidée en commun (par le parlement de la zone) et révisée périodiquement (en fait retour au SME avec contrôle des changes et des mouvements de capitaux). L’Europe du Sud (EDS) répudie les dettes illégitimes, notamment celles liées aux baisses d’impôt consenties aux riches et aux multinationales, baisses qui ont diminué les recettes des pays et creusé les déficits et qui, par-dessus le marché, ont permis auxdits riches et aux banques de souscrire aux dettes publiques ! C’était magnifique : on diminuait les impôts des puissants pour leur créer une bonne occasion de placer leur nouvel arrivage de fric avec des emprunts payés par les pauvres !
L’EDS harmonise la fiscalité, les lois sociales, les règlements du marché, des conditions et du statut du travail, les règles environnementales, les brevets sur son territoire afin d’éviter le dumping entre pays de sa zone. Elle crée des droits compensateurs des différentiels de législation sur les importations, y compris contre, par exemple, les produits estampillés Germany mais produits à salaires compressés dans les PECOS, et la TVA « sociale » prussienne de 3 points (qui est une dévaluation compétitive déguisée). Elle taxe les transactions financières et le contenu en carbone des importations (notamment pour les produits fabriqués avec le jus des centrales électriques teutonnes fonctionnant au lignite) afin de financer partiellement la mise en place de solutions d’énergie durable et de production (notamment agricole) écologique. L’EDS reconstitue ses services publics en cessant d’appliquer les directives européennes en la matière. Elle se dote de sa propre PAC orientée vers l’agriculture écologique. Elle impose que les progrès de productivité soient partagés avec les travailleurs de façon que la part de ceux-ci dans la valeur ajoutée de la zone atteigne 70 %. Elle taxe sévèrement les produits fabriqués à l’étranger par ses multinationales ayant délocalisé en détruisant des emplois chez elle. La France lui donne son droit de veto à l’ONU afin de s’opposer à toute règle nuisant à l’environnement, la santé, le droit du travail (en revenant au contenu de la conférence de Philadelphie). L’EDS se retire de l’OMC mais monte des partenariats coopératifs avec les PVD et autres pays du SUD, notamment ceux de l’Afrique (du Nord y compris). L’EDS est riche, belle, truffée de beaux monuments, pleine de spécialités du terroir ; il ne faut pas oublier sa très ancienne culture alors que les hordes des Huns et des autres plus ou moins germains n’ont cessé de la détruire.
Les Germano-Saxons seraient donc bien emmerdés et cela tout à fait légalement et démocratiquement, ce qui n’est pas le cas dans l’UE actuelle des gouvernements et non des peuples. Gageons que la simple menace de créer la fédération d’EDS fera réfléchir les gouvernants fridolins et rosbifs et leurs alliés. De tout façon, le parlement français, du reste comme la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (eh oui, les gouvernants Schleus ont pris, eux, la précaution de garder leur souveraineté démocratique), interdira tout ce qui nuit à sa souveraineté et aux mesures décidée par son peuple. Si la menace ne suffit pas, l’EDS fera sécession et pourra vivre en autarcie. Sera-t-elle moins riche pour cela ? Que nenni car la prétendue richesse actuelle n’est que la valorisation monétaire du PIB. Il suffit de la calculer en temps de travail incorporé dans chaque produit. On notera que toutes ces mesures structurelles n’ont rien à voir avec les réformes correctrices (réformisme) de la gauche libérale. Ce n’est pas non plus la révolution anti-économie de marché. Certes, on peut vouloir bien plus à savoir la fin de la propriété privée des moyens de production. Soyons modestes et contentons nous de ce qui est souhaitable et faisable tout de suite.

La lutte populaire des classes au cours des siècles

Classé dans : politique — 5 juin, 2012 @ 10:06

Je viens de lire un livre magnifique de Chris Harman (« Une histoire populaire de l’humanité », à la Découverte, plus de 700 pages pour 29,50 euros). On y découvre la lutte des classes au cours des siècles, vue du point de vue des exploités de tous les temps. Je ne vais pas faire un résumé de cet ouvrage passionnant, érudit et super riche. Je vais simplement en tirer la structure logique de l’exploitation et des révoltes ou révolutions périodiques quand le peuple est trop pressuré par les pseudo-élites.
Sans m’avancer de trop, je pense que l’auteur pense comme Gramsci : à chaque moment de l’histoire, il y a un « bloc historique » qui en fait forme une coalition d’intérêts pour le monopole du pouvoir et de la rente extorquée au peuple. Cette mafia de puissants combine l’exploitation économique, la domination politique et l’hégémonie culturelle ou idéologique. Proudhon l’avait déjà dit en analysant la réunion dominatrice « du coffre-fort, du trône et de l’autel », l’alliance du sabre, de l’argent et du goupillon. L’auteur reprend aussi l’analyse marxiste de la contradiction objective entre l’état des « forces productives » (le travail, la technologie, l’état des connaissances, la division du travail) et celui des rapports de production, à savoir la mainmise de fait ou non de certains sur la production (propriété de fait des moyens de production, sur le capital, sur l’échange, sur « la force de travail » (l’usage des travailleurs et de leur production comme simple marchandise vendus sur un marché). Un jour au l’autre, la privatisation des rapports de production (éventuellement avec le droit sous forme alors de rapports de propriété) assassine les forces productives, qui, elles, sont socialisées par la division du travail et l’interdépendance qui en résulte. Proudhon l’avait montré avec sa parabole de l’érection de l’obélisque de Louxor en 1830 sur la place de la Concorde. Il avait fallu 2 heures à 200 soldats pour ce faire avec force palans, poulies, treuils, organisation de la coopération des opérateurs, plan d’opération. Supposons que l’on ait employé un capitaliste privé pour mener ce travail collectif. Il aurait payé 400 heures de travail. Supposons qu’il ait employé un seul travailleur pendant 400 heures. Il aurait déboursé le même montant et l’obélisque serait resté à terre. Conclusion : le capitaliste ne paye que le travail individuel et nullement les « forces collectives ». La « prélibation « ou « l’aubaine » capitaliste consiste en ce que le propriétaire privé empoche la différence, à savoir la valeur ajoutée produite par l’effort collectif, la spécialisation, la coopération, les connaissances des opérateurs. Marx ajoute que la part de privatisation de cette valeur ajoutée dépend du taux d’exploitation du salariat, sous forme de surtravail : s’il faut 4 heures de travail pour que le travailleur reproduise sa « force de travail » (sa consommation et celle de sa famille) et que le capitaliste le fait turbiner 8 le taux d’exploitation est de 100 %. Cette possibilité du capitaliste de payer le travail bien moins cher qu’il ne rapporte provient de ce que le travail n’est qu’une marchandise achetée (nommée force de travail) sur le marché du travail libre. Cette marchandise est appropriée sur la base d’un contrat entre deux acteurs supposés égaux, libres, pareillement capables de défendre leurs intérêts. Cette fiction est contredite par le droit du travail lui-même car le salarié y est dans un lien de subordination.
Proudhon explique donc l’origine générale de la valeur ajoutée collectivement quel que soit le régime des rapports de production. La VA peut être confisquée par toute classe dominante (seule ou avec des associés) : les curetons du Tibet, la bureaucratie communiste, la technocratie mandarinale et politicarde française, etc. C’est ce point de vue que prend Harman. Marx ne fait que déterminer le taux d’extorsion des capitalistes à partir de la VA. Car pour extraire plus de jus d’un citron (surtravail), il faut encore qu’il en ait (valeur ajoutée). Marx explique l’exploitation du travail, dont le surtravail donne la plus-value absolue privatisée par la classe capitaliste ; à laquelle s’ajoute la plus-value relative provenant de la productivité différentielle des installations capitalistes. C’est du reste pour accroître la PV relative, qui leur donne un avantage comparatif (Ricardo) par rapport aux concurrents moins modernes dans leurs technologies, que les capitalistes se servent de la concurrence. Ricardo l’avait déjà dit avec la rente foncière : ceux qui ont une terre plus productive ont une rente par rapport aux terres plus ingrates car le prix de marché est fixé par le niveau des besoins alimentaires du populo. C’est pourquoi le sieur Ricardo avait préconisé que les Gibbies achètent leur bouffe à l’étranger afin de faire baisser le coût des subsistances nécessaires aux consommations prolétariennes, donc pour pouvoir baisser les salaires de subsistance. Evidemment, les landlords, très très gros propriétaires terriens, y étaient opposés. Rappelons que lesdits landlords étaient les héritiers des féodaux ayant taillé leur fief à coups d’épée et qu’ils avaient agrandi leurs terres en chassant les prolos des pâtures communales (enclosures). Ricardo avait bien vu que l’avantage comparatif de la Grande-Bretagne était dans son industrie à condition de prôner le libre-échange. List, au contraire, avait compris qu’il fallait protéger les industries naissantes contre la puissance établie de l’économie britannique qui avait déjà ruiné la production de tissus de coton de l’Inde ave les manufactures de Manchester en profitant de son statut de puissance coloniale.
L’analyse de Chris Harman est plus générale car Proudhon et Marx décrivent et analysent le système capitaliste de la propriété bourgeoise du capital, ce qui part des rapports de production propres à cette société. Lesquels sont fondés sur la liberté des échanges et surtout du travail. Les poules salariales doivent être libres de vendre leur force de travail aux renards capitalistes libres et proprios des moyens de production. Les rapports capitalistes de production impliquent qu’il n’y ait plus d’esclaves, de serfs, de convicts, de travail contraint au nom du libre contrat équilibré passé entre chaque prolo et chaque capitaliste, entre la poule (aux œufs d’or) et le renard. Marx et Proudhon en ont fait tout un fromage, hélas spécifique à une toute petite portion de l’histoire de l’exploitation des peuples producteurs.
Qu’elle est le leitmotiv de l’analyse d’Harman ? Dans un 1er temps, les gens vivaient en tant que chasseurs-cueilleurs de façon égalitaire, y compris pour les femmes dans une société « d’abondance ». Puis survint l’agriculture qui permit de dégager un surplus grâce aux techniques agricoles ; ce surplus pose le problème de sa propriété et de celle des terres. L’histoire constate que le surplus a permis de nourrir des puissants. D’abord des curetons de tout poil qui ont fait croire au populo qu’ils étaient en liaison avec les dieux et que leur astrologie permettait de prévoir les moments propices aux récoltes. Pour ce faire, il fallait entretenir la classe sacerdotale et construire des temples (plein de jeunes filles à disposition des prêtres). Pour payer lesdits temples et curetons, il fallait prélever sur le surplus agricole. Cela devenait dur en l’absence d’innovations de productivité dans l’agriculture. Les curetons eurent alors besoin de soldats, puis d’un roi fédérant la soldatesque, pour extorquer le surplus productif aux paysans. Rien de bien original ; c’est ce qui fit Staline en faisant payer l’industrialisation à marches forcées de l’URSS par la paysannerie. Dès lors, les religieux, peu doués pour le combat car attachés à leurs petits plaisirs, par exemple celui de se servir sexuellement des moinillons comme au Tibet, ou d’hétaïres comme en Grèce, se rendirent prisonniers de la force brute. Dès lors, le religieux et le pouvoir militaire puis royal-politique se trouvèrent ligués pour faire suer le burnous au peuple. S’y rajoutèrent des négociants et marchands enrichis par le commerce afin de pourvoir les excellences en biens de luxe payés par les prédations sur le peuple paysan. Si bien enrichis qu’ils pouvaient faire des prêts aux puissants. S’est donc mise en place progressivement la triple exploitation par les princes munis du pouvoir politique, disposant de la soldatesque pour réprimer les révoltes et voler la production et appuyés sur des féodaux féaux munis de terres, les religieux chargés de justifier l’ordre établi et les commerçants-capitalistes devant payer des redevances aux précédents. Tout ce beau monde vit sur la bête jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sauf si une invention permet d’augmenter le surplus en gardant les proportions de son partage. Peine perdue car les puissants se mettent alors à vouloir davantage que leur part. Et ainsi de suite jusqu‘à ce que ça pète.
Car il se trouve que pour défendre leur bout de gras, alors que les puissants recherchaient le Graal de l’exploitation sans limite pour financer leurs palais, leurs temples, leurs serviteurs ou soldats et leurs guerres contre les ambitieux aspirants à devenir calife à la place du calife, les agriculteurs innovèrent à plusieurs reprises, ce qui retarda le moment où les producteurs ne purent plus payer le surplus exigé par les puissants. Les forces productives étaient insuffisantes pour assumer les exigences des puissants maîtres des rapports de production et de propriété. D’où des jacqueries, des révoltes et mêmes des révolutions récurrentes. Cette contradiction explique facilement que quand les puissants furent envahis par des prédateurs externes les peuples laissèrent faire sans défendre leurs potentats. C’est ainsi que les Incas ou les Aztèques furent vaincus par Cortès ou Pizarro qui n’avaient que des moyens très limités. Que l’empire romain d’Occident succomba sous les invasions « barbares ». Que l’empire indien des Moghols fut phagocyté par les Rosbifs, que la Chine succomba aux Mongols puis eut tant et tant de dynasties prédatrices jusqu’à ce que des innovations permettent de nourrir la cour et ses curetons et ainsi de suite. C’est ainsi que la sublime porte turque fut éliminée par les Occidentaux, notamment en Egypte et en Algérie. C’est comme cela qu’est tombé l’empire soviétique. Partout et en tous temps, les exploités soit se révoltèrent, soit aidèrent les envahisseurs ou les concurrents. Car le surplus économique était si privatisé au détriment de la classe travailleuse que celle-ci s’est moquée des changements de régime. Et cela d’autant plus facilement que les nouveaux prédateurs apportaient en général des innovations qui amélioraient momentanément sa situation. Par exemple, les envahisseurs espagnols amenèrent en Amérique du Sud le fer, le cheval, le collier d’attelage (inventé en Chine), la roue, le moulin à eau puis à vent. La lutte n’est donc pas celle des classes nées dans le capitalisme mais celle, perpétuelle, entre les travailleurs exploités et asservis et les puissants coalisés pour maintenir leurs prédations en vue de leur bonne vie.
Evidemment, la configuration exploiteuse change au cours des temps. Mais sa logique reste la même : elle s’empare de la valeur ajoutée et accroit sa puissance en fonction des innovations augmentant le surplus privatisable. Jusqu’à ce que la corde pète quand il n’y a plus de surplus sauf à zigouiller le peuple producteur, lequel ne manque pas de se révolter. Ce qui nous amène à aujourd’hui. Quelle est la configuration, la structure de l’exploitation ?
Les curetons sont encore là et prennent ici ou là du poil de la bête, tant les gens, plus ou mains analphabètes ou croyants en un avenir meilleur au ciel, sont majoritaires. C’est ce qui explique le succès des islamistes et des curetons fondamentalistes, notamment aux USA. Les financiers ont les pleins pouvoirs et dirigent en sous-main les Etats, les multinationales font flèche de tout bois pour profiter des différentiels de législation en tous genres (de droit fiscal, social, environnemental) et des paradis fiscaux, les idéologues (think tanks, universités et profs libéraux, fondations, journaleux) propagent les saintes écritures libérales, les politicards ne songent qu’à se faire réélire et surfent sur la vague libérale en lui offrant tout ce qu’elle demande, d’un côté, et en faisant des moulinets sociaux, de l’autre. Ce « bloc historique » normalement ne tient plus la route depuis la crise de 2008. E pur si muove…
Mais ce monde-là, surtout si l’on prend en compte en plus la crise écologique, est comme le coyote des dessins animés : il ne tombe que quand il a pris conscience du précipice au-dessus duquel il est. Il est condamné et il est sûr que les peuples vont se révolter contre l’ordre socio-économique dominant, dont le plus ferme soutien est la Chine ! Laquelle risque aussi d’imploser : 28 % seulement du PIB consacré à la consommation (contre 60 ailleurs), 400 millions de « Mingongs » (travailleurs migrants sans droits), bulle immobilière en train d’éclater, baisse des exportations pour cause de récession ailleurs, corruption endémique, immoralité des membres du parti au moins au niveau local, pas de protection sociale, évolution démographique inquiétante par suite de la politique de l’enfant unique, homosexualité vertigineuse par suite de l’élimination des filles à la naissance ou comme fœtus (échographie), terrorisme d’Etat, totalitarisme et répression, etc. Ca va péter, à commencer dans les pays arabes qui se font voler leur printemps au profit des militaires et des curetons islamiques. Ca va péter en Chine et autres Etats compradores d’icelle. Cela casse déjà en Europe avec les « indignés ». L’Egypte ne supporte plus le vieux système des janissaires (soldats missionnés par le sultan truc et qui ont mis l’économie en coupe plus ou moins réglée) perpétué par l’armée qui détient en fait le pouvoir économique comme en Algérie. Pourquoi ? C’est parce que dans les faits tout est socialisé à cause, notamment, de la révolution de l’immatériel alors que le surplus et la productivité collective sont privatisés. A tel point que les peuples ne peuvent plus vivre convenablement compte tenu des possibilités des techniques modernes. Souvenons-nous que la part du travail dans la valeur ajoutée est descendue en moyenne dans l’OCDE de 67 % à 57 depuis 30 ans. Cela va rompre avec un taux moyen de chômage européen à 11 %, 25 % en Espagne, 10 % en France, 20 % en Grèce. Et pour les jeunes, c’est bien pire : 50 % en Espagne, 40 en Grèce, 23 en France. Oremus, mes bien chers frères.

Achtung, verboten

Classé dans : politique — 2 juin, 2012 @ 11:02

La grosse commission de Bruxelles vient de tirer un coup de semonce contre le président Hollande. Pour le rappeler à l’ordre libéral : la France montre trop de déficits, de dépenses publiques et sociales, a un système de retraites, dont la réforme est insuffisante surtout en revenant à 60 ans, inapproprié (comme dirait le phanérogame DSK), souffre d’un droit du travail trop rigide vis-à-vis des licenciements, manque de compétitivité par suite du coût du travail et a perdu 20 % de parts de marché à l’exportation. Bref il lui faut une politique de l’offre (tout pour le patronat, seul vrai producteur et créateur de demande) et d’austérité pour se conformer aux normes du libéralo-capitalisme. Décidemment, ces gens-là n’ont rien appris de la crise et de la récession que les politiques d’austérité ont amenée partout en Europe. On croirait lire les programmes « d’ajustement structurel » imposés par le FMI pour que les pays du Tiers Monde payent leurs dettes illégitimes !
Cela donne l’occasion de se pencher sur le traité intergouvernemental pondu par Merkozy et signé le 1er mars 2012 par 25 Etats de l’UE sur 27. Ce traité sur la « stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG), décrit par le Monde Diplomatique, impose que :
*les budgets soient en équilibre et que le déficit structurel (hors crise et événements exceptionnels) ne dépasse pas 0,5 % du PIB. La France en est à 5 %… Descendre à 0,5 imposerait 87 milliards d’éconocroques ;
*les Etats inscrivent la « règle d’or » (d’équilibre budgétaire, la vieille antienne des moins de 3 % de déficit et de 60 de dette par rapport au PIB)) dans leur Constitution ; c’est alors un automatisme qui gouvernera et le parlement ne discutera plus du budget ; c’est le Conseil constitutionnel qui veillera au respect de la règle. Cela renifle fort l’ordo-libéralisme tudesque ou gouvernement par la règle ;
*que si la dette publique excède 60 % du PIB, les Etats résorbent le dépassement en 3 ans. La France étant à 87 %, il lui faudrait donc consentir un nouvel effort de 1,35 % de son PIB par an, soit 26 milliards et cela sans croissance. Rappelons que la dette est due aux cadeaux fiscaux depuis 2 000 (ce qui baisse les recettes de 100 milliards par an depuis 2010, à l’absence d’avances de la banque centrale à l’Etat depuis 1973, aux intérêts ;
*les Etats en déficit de plus de 3 % présentent un plan de réformes structurelles à la grosse Commission et au Conseil européen ;
*les pays soumettent à la commission leurs projets d’emprunts ; lorsque ladite commission juge un pays en infraction elle peut imposer des sanctions financières alors même qu’il est déjà dans la panade ;
*puisse être attaqué devant la cour de justice de l’UE (CJUE) par un autre pays l’Etat déficient et désigné par la commission.
Par ailleurs, le TSCG entrera en vigueur lorsque 12 des 25 Etats signataires l’auront ratifié. C’est proprement scandaleux car ce n’est même pas la majorité des pays. Or sur les 25, nombre de petits pays sont prêts à valider le traité dans l’espoir de recevoir des aides de l’UE ! Il se pourrait que les représentants politicards de 50 millions d’habitants contraignent donc à l’appliquer chez les 450 autres millions de citoyens de l’UE ! Si un parlement socialiste français ne ratifiait pas le traité, il serait quand même imposé au pays ! Voilà ce qu’avait concocté Tsarko ! On doit observer aussi que les parlements perdent le pouvoir essentiel de déterminer le budget, que la commission et la CJUE (d’obédience hyper libérale) prennent beaucoup plus de pouvoir, que les citoyens sont hors jeu. Belle démocratie ! Le TSCG est donc tout aussi venimeux que le TCE de 2005. On assiste à un véritable coup d’Etat juridique contre les peuples européens et en faveur de la finance. Félicitations aux Irlandais, pourtant sérieusement dans la mouise, qui viennent de ratifier ledit traité scélérat par référendum !
On doit aussi considérer les méfaits potentiels du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) qui doit remplacer le FESF en 2013 et créé en procédure simplifiée par le Conseil européen. Le MES, dirigé par un conseil des ministres des finances, est indépendant des parlements, y compris celui de l’UE. Il ne pourra pas faire l’objet de poursuites tel un vulgaire président français. La grosse commission examinera la pertinence des demandes de prêt. C’est en quoi le MES est subrepticement relié au TSCG. Le MES doit pouvoir prêter aux Etats en difficulté (la commission, assistée du FMI et de la BCE, décidera ou non d’aider !) ; à partir d’un capital de 700 milliards apporté par les Etats (dont 143 pour la France qui a déjà 1800 milliards de dette !) et en pouvant emprunter en son nom sur les marchés financiers mondiaux afin de jouer de l’effet de levier (avec un capital de 10, par exemple, pouvoir emprunter 100). Il est clair que si les emprunteurs font défaut la créance sera pour la pomme du MES, engageant ainsi les 143 milliards apportés par la France ! Et, tenez-vous bien, les banques, auxquelles la BCE prête jusqu’à 1 000 milliards sur 3 ans à 1 %, peuvent prêter au MES à un taux bien supérieur, lequel MES prêtera ensuite aux Etats à encore plus. On espère que ces taux n’atteindront pas 7 % comme les marchés le réclament aujourd’hui à l’Espagne malgré ses 25 % de chômeurs (50 % pour les jeunes).
Que faire ? Sortir de la zone euro et propulser une union fédérale des pays européens du Sud avec une monnaie commune, chacun gardant sa devise à l’intérieur de larges marges de fluctuation prédéfinies et ajustées périodiquement. Répudier la dette indue. Organiser une autarcie desdits pays qui, compte tenu de leur diversité et de leurs atouts, n’ont pas besoin des importations teutonnes ; construire une banque centrale commune faisant des avances aux Etats. Réserver l’épargne locale aux emprunts d’Etat et au financement d’un tiers secteur solidaire, social et hors compétition. Imposer aux importations des droits différentiels compensant la concurrence déloyale. Pendre haut et court les évadés fiscaux. Interdire la spéculation et ses méthodes, dispositifs, procédés.
En fait, la France est dans un merdier effroyable : 10 % de chômage, 87 % du PIB de dette publique, 5,5 % de déficit budgétaire, 75 milliards de déficit commercial, 10 % de consommation en plus par rapport à la production, 56 % de dépenses publiques, à peu près 44 % de taux de prélèvements obligatoires, 50 % de recettes par rapport au PIB. La différence de 4 points des recettes en regard des prélèvements s’explique par des impôts déguisés et des dividendes piqués aux participations de l’Etat dans les ex-entreprises publiques. Celle de 6 points entre dépenses et recettes vient largement des déficits. Il est difficile d’envisager qu’Hollande mette tout à plat. Les Français doivent s’attendre à bouffer de la batavia dans les salades qu’on va leur servir pour expliquer que le programme socialo n’est pas applicable. Par rapport à la catastrophe annoncée, il n’y a que 3 solutions. Continuer à jouer aux règles du jeu libéral. C’est ce que vont faire les socialos car il est dur de gagner si on ne les applique pas dans un monde où tous les pays rivalisent pour s’y conformer. Pourtant, à continuer dans un système général qui perd, on perdra tant notre niveau de vie que notre honneur. La 2ème solution est d’apporter des réformes correctrices audit système que lesdites réformettes conservent tout en procédant à des ajustements à la marge. C’est voué à l’échec. La 2ème est de faire des réformes structurelles qui font changer de système socio-économique. Ce serait l’objet d’un structuro-anarchisme fondé sur la justice, le mutuellisme, la coopération et le fédéralisme. Mais cela conduirait rapidement à l’autarcie. Autant y aller directement pour mettre en place les réformes structurelles dont les autres pays ne veulent pas au nom de leur libéralo-capitalisme.

C’est fichu, sauf si…

Classé dans : politique — 30 mai, 2012 @ 11:30

La crise s’aggrave rapidement : les banques ibères sont dans le rouge (il leur faudrait 53 milliards, dont les 23 réclamés par Bankia récemment nationalisée) par suite des défections des emprunteurs immobiliers ruinés par l’austérité et la chute des prix de vente des logements. La Grèce est encore en plus mauvais état que prévu et si la gauche passe aux nouvelles élections, il est probable qu’elle refusera les plans de la troïka (FMI, BCE, Bruxelles). Les Gibbies sont en récession accentuée malgré la dévaluation de la livre sterling et les prêts de leur banque centrale au gouvernement. La BCE a prêté 1 000 milliards sur 3 ans à 1 % (donc taux réel négatif à cause de l’inflation à plus de 2 dans la zone euro) aux banques européennes qui ainsi se refont des fonds et pourtant ne se prêtent plus entre elles ni à l’industrie. Ces banques préfèrent prêter à 6 % notamment à l’Italie ou à l’Espagne. Faute de demande, les industries n’investissent plus, craignant un matraquage fiscal ou le chômage, les ménages épargnent de plus en plus, notamment en Grande-Bretagne où l’inflation a grimpé à 4,5 %.
De plus en plus, le défaut de la Grèce sur sa dette devient probable. Cela coûterait entre 50 et 65 milliards à la France et 80 à la BCE et au FESF (fonds européenne de solidarité financière). Certaines banques engagées en Grèce (Crédit agricole notamment) accentueraient leurs pertes. Le plus grave est que ce défaut de paiement risquerait d’emporter l’euro. En effet, les spéculateurs s’en donneraient à cœur joie contre les maillons faibles : Espagne, Italie, France, et les taux d’intérêts des emprunts publics monteraient en flèche (la France pourrait passer de 3 % pour ses emprunts à 10 ans à 6 et ensuite de plus en plus).
La raison cachée bien que principale de la crise est que les pays européens, sauf l’Allemagne, ont laissé péricliter leur industrie. Par exemple, la France qui avait encore plus de 20 % d’industrie dans son PIB il y a 10 ans est descendue à 10/11. Du coup les déficits du commerce extérieur sont venus aggraver la dette, laquelle ne cessait d’augmenter car le pays se finançait à crédit depuis 30 ans. Les gouvernements successifs payaient la protection sociale et le déficit du budget en empruntant en liaison avec l’accroissement des déficits budgétaires. En arrière-pensée, ils se disaient que le jour où la fête serait finie ils pourraient alors sabrer dans les dépenses publiques et saborder les entreprises publiques, la protection sociale, le droit du travail « trop rigide et complexe ». Et cela au nom du fameux TINA (« there is no alternative ») de Madame Thatcher. L’idée était de pouvoir alors tout refiler au privé et de mettre la compétitivité du pays aux normes libérales, c’est-à-dire celles de la concurrence sauvage et du moins-disant en tous domaines : écologie, salaires, protection sociale, fiscalité, droit social et syndical. Le TINA est une formulation de ce que les économistes distingués (par leurs confrères libéraux, tout le monde s’auto-congratulant dans la propulsion du libéralisme) appellent « la contrainte extérieure ». Celle-ci a été organisée par la mise en place du tout-marché mondial et de la libre circulation des capitaux afin que la concurrence entre pays force à l’abaissement généralisé des coûts de production et des droits du travail. Au profit, si j’ose dire, de qui ? Des multinationales hyper productives ayant besoin d’étendre leurs marchés pour faire des économies d’échelle et d’abaisser leurs coûts de production pour être plus compétitives que la concurrence. Des financiers qui pouvaient prêter aux Etats moyennant de grosses commissions pour placer les emprunts et toucher des intérêts, qui pouvaient spéculer en fonction des occasions de rentabilité, qui pouvaient ordonnancer les fusions-acquisitions moyennant la rémunération de leurs services. Des capitalistes et rentiers (Etats pétroliers, profits des multinationales, rentes des riches ne payant plus d’impôts) débordant de capitaux et cherchant à les placer de façon sûre et juteuse. Les fonds de pension à l’américaine voulant placer l’argent économisé par les futurs retraités ; ces fonds, devant payer les retraites, réclamaient du 15 % de rendement car 5 % était imposés par les frais de gestion, 5 % par les commissions et la rémunération des organes financiers de placement, 5 % pour servir les retraites ; pour ce faire ils sont entrés en masse dans le capital des multinationales et, devenus ainsi gros actionnaires, ils ont exigé de « la valeur pour l’actionnaire » (dividendes et plus-values sur les actions par eux détenues). Ce qui a poussé les dirigeants des multinationales à renforcer leur stratégie décrite supra pour augmenter la capitalisation boursière de leur boîte (valeur des actions à la bourse). Des politicards qui empruntaient pour pas cher, reportaient aux calendes grecques les problèmes de déficit et de dette et comptaient se servir de la faillite de l’Etat pour imposer l’austérité et le capitalisme pur et dur.
La conséquence de cette forme de capitalisme a été la destruction des industries nationales et, donc, le chômage structurel, la flexibilité et la précarité du travail (temps partiel, CDD, intérim, multiplication des mauvais statuts de l’emploi), la baisse des salaires, la mise en danger de la protection sociale, les inégalités de revenu et de patrimoine, la pauvreté de beaucoup. Solution politicarde er financière ? Le crédit à tout va, genre subprimes et cartes bancaires revolving. Et l’achat à l’étranger de camelote low cost pour faire baisser les prix (mais sans répercuter toute la baisse sur les consommateurs afin d’augmenter les marges). Résultat : une illusion de maintien du pouvoir d’achat et un endettement privé massif jusqu’à ce que les emprunteurs ne puissent plus rembourser leurs crédits. Le pompon était détenu par les prêts immobiliers à taux variable fourgués aux plus pauvres des américains et « titrisés » ou transformés en « produits structurés » par les banques. On a vu ce que cela a donné en 2008 et on voit ce que cela produit en Espagne maintenant.
Au passage, l’industrie a donc été détruite. Cela a pris de multiples formes comme la délocalisation extérieure et la sous-traitance interne (ou externe), le dégraissage, le LBO, etc. Or la production manufacturière est le fer de lance de la valeur ajoutée d’un pays au plan interne des industries produisant pour le marché national ou vers l’extérieur pour les firmes exportatrices. C’est elle qui donne le la de la recherche et de l’innovation de même que des commandes aux fournisseurs. C’est pourquoi le fait qu’elles aient externalisé leurs activités internes de service (ménage, logistique, comptabilité, études informatiques, etc.) a augmenté le PIB des services et diminué d’autant celui de l’industrie. Avec une différence notable : les services internes contribuaient à la valeur ajoutée industrielle ; une fois externalisés, ils la diminuent car ce sont devenus des charges ou des intrants à déduire de celle-là. La valeur ajoutée exportée (par l’industrie, par les services, par les prestations financières, par le tourisme, par les produits culturels), moins celle importée comme intrants dans le PIB (matières premières, composants, sous-produits et, évidemment tout le reste des importations) donne le solde de la balance extérieure. Comme on l’a vu, s’il est négatif il s’ensuit un flux équivalent et de sens inverse de monnaie extérieure. Cela conduit normalement à une dévaluation de la monnaie pour rétablir l’équilibre. Sauf qu’avec l’euro le pays ne le peut pas pour le plus grand plaisir des dirigeants fridolins qui y exportent tout en refusant de combler son déficit extérieur, lequel aggrave celui du budget.
Ce n’est pas le plus grave. Il faut bien voir que le solde de la valeur ajoutée (notamment l’industrielle) est en même temps la source du revenu national, lequel est ventilé entre différents acteurs socio-économiques. Il y a la part salariale (en baisse de 7 à 10 points suivant les auteurs et les dates de référence), la part du capital, celle de l’Etat et des collectivités locales via les impôts et les cotisations sociales, celle des prédations de la finance via les taux d’intérêt, les grosses commissions et la facturation excessive de services indus. Si la valeur ajoutée différentielle (le solde extérieur) acquise par le pays diminue, alors la lutte des classes s’accentue, sachant que le capital, la banque, le pouvoir et son administration feront tout pour conserver le montant absolu de leur part même si la taille du gâteau diminue. Ce que les puissants visent, c’est de faire porter tout l’effort résultant de la perte de valeur ajoutée ou d’une insuffisance de la croissance pour payer les prestations sociales et les services publics sur le salariat et la population. Il en résulte une insuffisance de la demande.
Car Il faut aussi bien percevoir que c’est la valeur ajoutée, en quelque sorte primaire ou première, de l’industrie et de l’exportation en tout genre qui donne le revenu affectable à de la consommation de valeur ajoutée secondaire. Je m’explique : la somme dépensée au cinéma, ou chez le coiffeur ou pour tout service de deuxième rang par rapport à la production, vient du revenu primaire acquis dans la production première (manufactures plus activités immatérielles utilisées et effectuées en France ou exportées en solde positif). Et voilà pourquoi votre fille socialiste est muette et votre marâtre libérale prête à vous prostituer au service du capital et de la finance.
Que faire, dirait Lénine ? Il faut socialiser la banque, le crédit, la finance et l’assurance afin de retirer au privé sa principale « pompe à phynance » : ce que le capital eût bu, il le boirait encore. Il faut que ce nouveau secteur financier socialisé et mutualisé recueille l’épargne, partiellement en la prêtant au pouvoir politique, lui-même devenu fédératif décentralisé et socio-politico-économique. Celle-ci doit être affectée à la reconstitution des capacités industrielles du pays, principalement sous forme de coopératives de production et de consommation. Comme l’a montré LIST, les industries naissantes doivent être protégées contre les trusts puissants liés à la concentration du capital et extérieurs au pays. Parallèlement, les usines appartenant aux multinationales et sises sur le territoire seront socialisées. Pour pouvoir le faire, il faut que les intrants qu’elles y importent soient à nouveau produits localement ou échangés sur un mode loyal. Ce qui implique que le pays mette en place des droits compensateurs sur les importations en provenance des pays moins-disant en tout domaine et profitant ainsi d’une concurrence à armes très inégales. Il faut restaurer la justice fiscale en faisant payer les impôts en fonction de la capacité contributive de chacun. Partout, il faudra remplacer les services d’Etat par des services publics socialisés et, dans le domaine assurantiel de la santé, du grand âge et de la perte d’autonomie, de l’assistance à toute personne, par des mutuelles fédérées. Evidemment, il faudra interdire la spéculation et toutes ses combines ou dispositifs ou procédés. Et il faudra faire bien d’autres choses encore que j’ai traitées dans d’autres textes. L’idée générale est d’instaurer un structuro-anarchisme fédératif par des contre-structures dont la logique générale de pensée (la structure intellectuelle et de pratique, d’où le « structuro ») serait la recherche de la justice et de la coopération. Las, il est bien probable que le capital mondialisé se liguera contre une telle politique. Ce qui conduirait le pays à l’autarcie. Comme je l’ai montré ailleurs, c’est possible et le peuple n’y perdrait pas. Le capitalisme et ses alliés de la finance et de la politique, si.

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