les armes de la critique

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Et maintenant il récupère le squelette de Charles de Gaulle

Classé dans : politique — 10 novembre, 2010 @ 11:45

Le général est mort le 9 novembre 1970 ; pendant 3 ans Rodotarin n’a pas cru bon de faire pèlerinage à Colombey ; mais pour ce 40ième anniversaire, il s’y rend en grandes pompes. Cela illustre son talent de sarkophage après avoir exploité les mânes des grands socialistes en 2007. Raskoltignac a la talonnette funèbre. Dans le cas présent, afin d’éviter la récupération d’ossements, la bonne question à se poser est de savoir en quoi Tsarkowitch est fondé à se réclamer de l’héritage gaulliste. 

Eh bien, nullement comme le souligne indirectement l’hipponyme Galouzeau de Villepin. De  Gaulle est sorti de l’OTAN au nom de l’indépendance de la France et de son autonomie nucléaire. Duracell 1er en est sorti, s’est mis sous la coupe du commandement US, obéit à ce dernier en Afghanistan où il met des troupes françaises (environ 1500 soldats) sans consulter le parlement, a signé un accord de coopération nucléaire avec les britanniques. O tempora, O mores. Comme dirait Montesquieu, vérité en 1960, autre vérité en 2007. 

De Gaulle a fait ressusciter l’économie et l’industrie du pays. Pour ce faire, il s’est entouré de grands commis de l’Etat (les Delouvrier, Massé, Debré, etc.) qui ne visaient que l’intérêt général de la France et ne pantouflaient pas pour faire du fric dans le privé. Sarkocescu, lui, est entouré de courtisans, de féaux avides de prébendes, de faveurs, de sinécures, de passage rapide dans le privé après avoir rempli leur carnet d’adresses grâce aux fonctions étatiques. De Gaulle voulait des serviteurs de l’Etat adhérant à un politique, Tsarko veut une allégeance à sa personne et a redonné vie au crime de lèse-majesté tout en transformant son entourage en « société de cour ». De Gaulle avait constitué des équipes gouvernementales, Tsarko divise pour régner, entretient les jalousies, dirige tout en n’ayant que des « collaborateurs ». Le général s’occupait des orientations à long terme, définissait les finalités avec hauteur de vue avec des lignes directrices et sens quasi visionnaire de l’anticipation. Le Nicktalope applique la politique du « chien crevé au fil de l’eau » (Metternich), réagit en fonction des circonstances, attaque tous les problèmes en même temps après les avoir saucissonnés, fait des coups, du spectacle, de la « com ». Le grand Charles rassemblait les Français, Gnafron 1er ne fait que les opposer les uns aux autres. Mon général avait à ses côtés des gaullistes de gauche (Vallon, Hamon, Capitant, etc.). Y-a-t-il autre chose que des sarkozystes de droite ? De Gaulle s’opposait aux partis, y compris au sien dont il ne s’occupait pas. Rodomont les a ressuscités et dirige le sien qui est à sa seule botte au point qu’il se permet de désigner son dirigeant officiel en dehors de toute participation des militants. 

De Gaulle était partisan du rôle éminent de l’Etat dans le développement socio-économique du pays, notamment avec le Commissariat général au plan et l’EPAD, avec les grands services publics ou EPIC comme EDF/GDF ou la SNCF, avec la DATAR et l’aménagement du territoire. Tsarko est un libéral à la sauce Thatcher ou Reagan ; le rôle de l’Etat en économie doit tendre vers zéro pour laisser le champ libre aux activités lucratives du privé comme celles du Groupe Médéric, dirigé par son frangin Guillaume, ex-CNPF, ex-failli pour sa petite boîte de textile. De Gaulle a partagé les ambitions du programme du Conseil national de la résistance. Mitron 1er, général Boulanger en plus petit, passe son temps à saborder la Sécurité sociale et l’Etat-providence afin de favoriser les assurances-vie, maladie du privé et les retraites par capitalisation chez Médéric et consorts. Notre bon prince n’a aucune politique industrielle sérieuse ; et pour cause puisque l’Etat ne doit pas intervenir. De Gazulle, de façon générale faisait de la grande politique, Tsarko n’est qu’un politicien opportuniste. 

De Gaulle consultait le peuple français par référendum. Lorsqu’il fut battu en 1969 sur le thème de la régionalisation, il partit se retirer à Colombey-les-deux-églises. Le gouvernement que soutenait Tsarko en 2005 perdit le référendum sur le TCE (traité constitutionnel européen). Chiracos resta et Naboléon, une fois élu en 2007, le fit adopter dans le dos des Français sous forme de traité simplifié dit de Lisbonne. Soyons justes : le 1er à violer le verdict des électeurs fut Tonton qui se maintint à la présidence malgré sa défaite aux législatives de 1986. 

De Gaulle n’aimait pas les patrons qui avaient largement collaboré avec l’occupant nazi pendant la guerre. Il voulait que la politique ne se fît pas « à la corbeille ». Badinguet II aime les riches, l’argent, le « bling-bling », les montres de luxe comme Julien Dray, les affaires dont il était avocat ; il adore les patrons new look, ceux qui appartiennent au privé et dirigent leur affaire (pas ceux qui ne sont que DG appointés d’une grosse firme). Il rêve de devenir riche lorsqu’il reviendra à la vie normale. Il favorise les banquiers qui nous ont conduits à la crise actuelle ; il a vu tout l’intérêt des carrières en forme de « revolving doors » (portes de saloon) qui permettent à des féaux de beaux allers-retours entre les fonctions publiques et privées. 

De Gaulle avait un train de vie modeste ; il payait ses factures d’électricité de son appartement privé à l’Elysée. Sarkusconi vit sur un grand pied, à la fois dans les palais officiels et dans les propriétés de son épouse ou de sa belle famille ou de ses amis patrons. De Gaulle avait l’esprit collectif et visait l’honneur ; Tsarko and Co est matérialiste tout en se servant de la religion comme adjuvant de la paix sociale ; il est super individualiste comme toute sa cour, hyper utilitariste et intéressé. 

De Gaulle avait du style, de la hauteur, de la distance ; c’était un grand orateur s’exprimant dans une langue parfaite tant à l’oral qu’à l’écrit. Il rédigeait lui-même ses discours. Le Nicktalope obscur-voyant fait peuple, tape sur le ventre ou l’épaule de tout le monde, se montre tactile, parle mal un vague français bourré de fautes de grammaire et de syntaxe avec un vocabulaire pauvre, se fait écrire ses interventions par des scribouillards. Sa gestuelle est pleine de tics et de mimiques tout juste adaptés à un prétoire de province profonde. Il est grossier et brutal dans ses relations avec ceux qui le gênent. Le général avait du charisme, Tsarko de l’esbroufe. Le général était grand, je ne parle pas de sa taille comme disait Napoléon à un grand : vous n’êtes pas grand, vous êtes haut. Tsarko est riquiqui à tous les points de vue 

Légalité et légitimité : la république knouto-sarkozyenne

Classé dans : politique — 4 novembre, 2010 @ 12:30

Le pouvoir autoritaro-cleptocrate de Naboléon 1er excipe en permanence de sa légitimité contre  « la rue » parce qu’il a été élu en 2007 par une large majorité de citoyens. Il confond donc légitimité et légalité ; du reste Pétain n’était-il pas légalement désigné par le parlement alors que de Gaulle n’était qu’un félon et un traître ? Mais même légalement élu, Artaban 1er  est-il fondé à se parer des plumes de la légitimité ? Non, déjà, à titre factuel, observons que si le mitron (Boulanger en plus petit) a obtenu 55 % des voix, il ne s’agit que des suffrages exprimés ; or il faut tenir compte des non-inscrits (10 %) et des abstentions et non-exprimés (20 %) pour voir que cela ne fait pas la majorité du peuple. D’un point de vue quantitatif, la légalité par la majorité est donc suspecte. 

Non, observons les faits. Un cheval de mesures pour les riches ; une alouette pour les travailleurs sous forme de détaxation des heures supplémentaires. Les études les plus récentes montrent que lesdits travailleurs n’y ont pas vraiment gagné grand-chose. Les patrons ont souvent officialisé des heures sup auparavant non payées ; ils ont transformé des augmentations de salaire en heures sup, etc. Par ailleurs, ces heures ont eu pour effet de limiter l’emploi puisqu’il suffit de faire turbiner davantage à moindre coût les salariés en actualité de service au lieu d’embaucher. Au passage, beaucoup ont perdu la prime pour l’emploi. Tous ont vu les salaires stagner. Enfin, les hypothétiques augmentations de revenu des travailleurs accordées de la main droite ont été reprises de la main gauche via les hausses de tarifs (gaz, électricité, eau, rail, mutuelles santé) et d’impôts locaux de même que par les déremboursements de sécu. Voyez mes ailes, je suis oiseau, voyez ma peau, je suis souris, voilà toute la science de Raskoltignac 1erNon, plus profondément. En effet, il a été élu sur un programme qu’il n’a cessé de violer et sur des non-dits qu’il a exploités contre le pacte social qui régit le pays, à savoir la devise républicaine, si mal appliquée depuis longtemps : « liberté, égalité, fraternité. Dans son projet, et ensuite dans moult discours, il avait promis de ne pas toucher à l’âge de départ en retraite à 60 ans. Ila donc menti. Il s’est fait élire sur le thème de la réhabilitation du travail et « du travailler plus pour gagner plus ». Or, qu’a-t-il fait dès son élection ? Il a favorisé les riches et le patrimoine. Le « bouclier fiscal » (porté à 50 % du revenu fiscal, après niches de réduction de ce dernier, prenant en compte l’ISF, la CSG/RDS, l’IRPP, les taxes foncière et d’habitation pour la résidence principale) est une superbe récompense pour les revenus financiers et immobiliers, lesquels ne sont guère acquis par le travail mais par l’accumulation et la spéculation. Rappelons que les faveurs immobilières ou d’investissement Outre-mer (lois Scellier, de Robien,  défiscalisation pour le tourisme, les bateaux dans nos îles paradisiaques, etc.) permettent d’acquérir un capital immobilier et les revenus afférents aux frais du contribuable. On a vu comment grâce à de « l’optimisation fiscale » et une « comptabilité créative », les 300 millions de revenu annuel de Mme Bettencourt sont ramenés à 60 et font l’objet d’un remboursement de 30 millions en 2009. Les droits de succession et de donation entre vifs ont été radicalement réduits ; or bénéficier d’un héritage est-il vraiment le signe du mérite et la contrepartie d’un travail ? De même, l’accession à la propriété des classes moyennes a été favorisée par des réductions d’impôt avant de s’apercevoir que cela coûtait trop cher par temps, de crise. 

Il avait promis le « dialogue social » ; l’expérience de celui-ci sur le problème des retraites montre qu’il s’est réduit à de l’écoute (« j’écoute, puis je décide ») ou de la concertation sans négociation réelle. Du reste, dialogue social, c’est une expression-valise qui ne signifie rien puisque les formes de celle-ci vont du moins au plus dans les relations sociales. Il y a plus grave : le message du dialogue social s’est accompagné d’une régression du droit du travail, des missions de l’inspection du travail, du droit de grève. Il devait y avoir « une république irréprochable ». Raté, on voit émerger des affaires douteuses que le pouvoir essaie d’empêcher de passer au stade judiciaire, comme je l’ai montré dans des textes antérieurs. On voit une justice sous contrôle, on observe un processus législatif incessant de pénalisation des plus démunis et de répression policière. La France, est devenue, en référence à Bakounine, une république knouto-tsarkozyenne avec 800 000 gardes à vue par an. On devait en finir avec les méthodes de la Françafrique et les mamours aux pays violant les droits de l’homme ; c’est manqué. Notre César au petit pied (lire ses arrhes), plus ami du foot que du rugby con, avait promis de renforcer les droits du parlement. C’était du blablabla car les pratiques montrent le contraire. Il avait promis de la décentralisation ; va te faire fiche : on assiste partout dans tous les domaines à la mise en place de sortes de préfets (ARS, Universités, Grand Paris, télévision, etc.) nommés intuitu personae par le pouvoir et munis de pouvoir exorbitants. Ce qui ne manque pas de sel car le bonhomme à talonnettes avait déclaré, avant d’être élu, « le président est celui de la nation, pas d’un parti, ni d’un clan ». Tout cela, c’est ce qui est contraire aux discours affichés. On peut donc questionner une légalité acquise par la ruse ou le mensonge avant les élections, notamment avec les clins d’œil à gauche (jaurès, Moulin, Mocquet, etc.) et les discours socialisants à l’instar de « la fracture sociale » de Chiracos. 

Plus sournoises sont les politiques sur lesquelles le silence avait été gardé et qui ont été menées pour transformer la France en paradis libéral à la sauce Thatcher ou Reagan ou Bush.  Il est désormais clair que Rodotarin 1er vise à détruire le programme du Conseil national de la Résistance mis en place dès 1945. C’est M. Kessler, ami de DSK,  qui a vendu la mèche. Or notre bon maître n’a pas été élu pour cela ; c’est une violation directe du pacte social établi à la Libération, donc c’est illégitime et, en outre, machiavélique puisque ce choix de société  n’a pas été présenté aux Français lors des élections présidentielles. La stratégie, que Tsarko n’a fait que renforcer et accélérer, est connue. Il s’agit de démanteler peu à peu et en ordre dispersé les services publics et sociaux. On joue sur l’accroissement volontaire de la dette publique avant, une masse critique ayant été atteinte (ce qui est arrivé plus tôt que prévu à cause de la crise), de crier au loup, ce qui justifie des coupes sombres dans les budgets et des limitations de moyens. On désorganise les services publics avec des soi-disant réformes et réorganisations permanentes. Après, on hurle à l’inefficacité de la gestion publique pour légitimer le transfert des activités au coup par coup, vers le secteur privé. Parallèlement, on transpose les critères et les méthodes de la gestion capitaliste dans le secteur public pour prouver son inefficacité alors que les missions et les charges ne sont pas les mêmes. L’exemple de l’hôpital est patent en la matière. Les prétendues réformes ont pour but de forcer les Français à s’orienter vers le privé qui guigne depuis longtemps les espaces publics susceptibles de devenir des sources de placement et de profit : l’école, la santé, les retraites par capitalisation, les « partenariats » public/privé. Il en résulterait une baisse des prix… faux ; par exemple, depuis que les concessions de pompes funèbres, autrefois réservées par les municipalités, ont été « ouvertes à la concurrence », les tarifs et les escroqueries se sont envolées comme pour le gaz et maintenant l’électricité. Aujourd’hui,  le CNR, c’est le Conseil National du Renseignement (coordination des multiples services policiers de France), directement supervisé par l’Elysée, notamment pour l’écoute et le suivi des journalistes qui révèlent les magouilles du pouvoir… La cause est donc entendue ; la « rue » est légitime dans ses protestations contre un régime et une politique qui ne fonctionnent que par ruse, mensonge, fausses promesses, autoritarisme, violence, répression de la contestation, trahison de la république. Cela se retrouvera sans doute en 2012. 

Les retraites, encore et encore

Classé dans : politique — 3 novembre, 2010 @ 3:45

Je reviens sur le problème des retraites. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR, au pied, ici, couché) vient de pondre son rapport pour le gouvernement. Il est encore difficile d’accès et je ne l’ai pas lu en entier ; je n’ai qu’un résumé. Ce qui en a transpiré est à la hauteur des espérances d’Epiméthée 1er. Fastoche : sa composition a été décidée par le pouvoir et sa présidence confiée à un MEDEF pur jus. Il a donc été scénarisé pour alarmer le bon peuple et lui faire accroire qu’il allait devoir se serrer la ceinture. Le meilleur scénario (4,5 % de taux de chômage dès 2015, 1,8 % de productivité par an)  prévoit un trou de 310 milliards d’euros en 2020 et 570 en 2050, soit 13,7 % du PIB et 16 contre 12,8 aujourd’hui. Pour combler le trou le besoin de financement supplémentaire serait de 0,8 point de PIB en 2020 et 3,1 en 2050. C’est curieux que des gens qui ne peuvent prévoir le déficit annuel de la France puissent augurer pour 40 ans plus tard. 

Les syndicalistes ne veulent pas entendre parler de la modification de l’âge officiel de départ en retraite, 60 ans depuis Tonton (tu m’acoutes ?), ni de l’allongement de la durée des cotisations (41 ans en 2012, ce qui veut dire qu’en-dessous de 41 ans il y a décote sur le montant de la retraite versée). Le MEDEF s’oppose à toute cotisation patronale supplémentaire et à toute assiette nouvelle assise sur les bénéfices des entreprises (et celles qui n’en font pas ou les dissimulent dans les paradis fiscaux,) ou la chiffre d’affaires ou les revenus financiers. Or les syndicats prônent de taxer les intéressements et participations ou plans d’épargne d’entreprise et les stock-options. Ils proposent d’élargir la base des cotisations aux revenus du capital, dont les stock-options introduites en France par DSK, socialiste en peau de lapin. Evidemment, cela suppose de nouveaux impôts ce qui heurte la doctrine de Gnafron 1er qui a promis de ne pas les augmenter (et même de les baisser pour les riches, ce qui a commencé sous Fabius) et même de diminuer de 4 points de PIB les prélèvements obligatoires (cela vient, grâce à la crise : on est descendu de près de 44 % du PIB à moins de 42, plus que 2 points à grappiller). Il est clair que les solutions comptables envisagées (âge et durée des cotisations) heurtent le fait que l’âge réel de départ hors l’emploi est de 58 ans mais l’âge de liquidation de la retraite de 61,5. Rallonger les choses consiste à laisser plus de gens dans l’entre-deux (entre retraite et perte d’emploi, compte tenu de ce qu’il n’y a aujourd’hui que 38 % des 55/64 ans qui sont au turbin). Rallonger la durée de cotisation implique donc que le taux de remplacement du salaire par la pension sera diminué, ce à quoi il faut ajouter les effets désastreux des carrières incomplètes (périodes de chômage, de temps partiel, de fonctions moins bien payées) sur le montant des retraites. Le gouvernement dit qu’il ne veut en aucun cas d’une diminution des retraites. Il parle d’or et cela d’autant plus facilement que la réforme Balladur (93,) puis la réforme Fillon (2003) entraînent déjà pour un avenir proche, mais que le peuple n’a pas encore senti, une baisse de 20  % des retraites. Si on se contente de modifier ces 2 paramètres (durée de cotisation et âge de départ), le processus de perte de pouvoir d’achat pour les futurs retraités ne peut que s’accélérer. On peut prévoir pour 2030 la réapparition des vieux pauvres faute de retraites suffisantes. C’est pourquoi, le Nicktalope, l’obscur-voyant, a fait « acter » que l’on pouvait cumuler une retraite et une rémunération d’activité (salaire ou revenu « d’auto-entrepreneur »). On pourra donc travailler jusqu’à 80 ans comme aux USA et chez les Gibbies. Pour rire, jaune, signalons qu’un socialiste de salon vient de proposer de faire payer les retraités car ils sont, en moyenne, aujourd’hui plus riches que les jeunes actifs. Il a droit à une grosse bise de Mme Parisot. 

On réfléchit aussi à transformer le système de répartition en imitant celui des « comptes notionnels » suédois (ressemblant un peu au système par points de l’Agirc ou de l’Arcco), lequel a été négocié entre l’Etat et les partenaires sociaux pendant plus de 10 ans, à comparer aux 6 mois du calendrier et de la consultation sarkozystes. Le système suédois procède par accumulation de placements à un compte individuel de chaque futur retraité en fonction de son salaire ; une partie des sommes est capitalisée, l’autre sert à payer les pensions en cours. Lors de la liquidation des droits à retraite, le retraité ne sait pas de combien sera sa pension puisque les sommes placées feront l’objet d’une péréquation en fonction de la situation économique du pays, de la croissance, du nombre des retraités et d’actifs, du niveau des retraites et que la partie capitalisée dépendra des cours de la bourse à ce moment-là. Le compte est « notionnel » parce que le capital accumulé est théorique jusqu’à la liquidation. M. Chérèque en pince pour cette démarche qui peut procurer, le moment venu d’avoir les doigts de pied en éventail, des chè(rè)ques en bois… 

Le pouvoir s’oppose à la taxation des revenus financiers pour cause de « perte de compétitivité » de la France s’il le faisait. Bref, le problème ressemble assez à la quadrature du cercle tant que l’on reste dans la mondialisation libérale sans règles. Rappelons que les exonérations de cotisations sociales en dessous de 1,6 SMIC ou sur les heures.sup (33 milliards en 2009, exonérations même pour les boîtes qui ne travaillent qu’en France et sont hors de la compétition internationale, comme les restaurateurs qui en plus ont vu leur taux de TVA passer à 5,5 % au lieu de 19,6, soit 3 milliards de moins pour les caisses de l’Etat) ne sont pas pour rien dans les déficits de la protection sociale. Soulignons que les exonérations pour les plans d’épargne d’entreprises et autre épargne salariale ont substitué à des salaires fixes des revenus variables exonérés. Il y là quand même là du grain à moudre, notamment parce que ne pas faire payer les entreprises hors concurrence internationale ne se justifie pas du point de vue de la compétitivité. Ni le fait que l’épargne individuelle remplace peu à peu les contributions socialisées, sauf évidemment pour les libéraux pour lesquels tout ce qui individualisé et capitalisé apporte de l’eau au moulin du casino financier qui pourtant vient de s’écrouler comme un château de cartes. Gageons cependant que le gouvernement va lâcher sur les retraites des salariés ayant commencé tôt et effectué des travaux pénibles. 

Sur le fond, je me demande comment le COR a bien traité les problèmes suivants. D’abord, ce qui compte, c’est le nombre de personnes qui ne travaillent pas par rapport à la population active : femmes au foyer, enfants, étudiants (on dit que 23,5 %  de la classe 18/24 ans sont au chômage, mais si on enlève les étudiants cela ne fait plus que 13 à 15 % …), retraités, handicapés ne pouvant pas travailler. Or, il semble bien que l’on ne fasse que le rapport retraités sur actifs, qui se dégrade fortement compte tenu de l’espérance de vie ; on va déjà vers 1,5 actif pour 1 retraité, ratio qui peut s’améliorer avec l’immigration ; momentanément, car les immigrés vieillissent aussi ; et pas sûr car leurs enfants pèsent sur le ratio inactifs/actifs). En France, le taux d’emploi des femmes est déjà plus que convenable. Et on y fait encore des enfants, presqu’au niveau du remplacement des générations soit 2,1 enfants par femme), mais cela altère le ratio inemployés sur actifs et c’est tant mieux. Notons que le gouvernement s’emploie à faire baisser la natalité en remplaçant les crèches par des « jardins d’enfants », en plafonnant le quotient familial (sous les socialos) et en n’augmentant pas les allocations familiales en fonction de l’inflation. 

Une variable clef est le niveau de chômage (pas la précarité des emplois), celui-ci est pris compte dans les calculs prospectifs mais pas forcément dans les politiques, par exemple industrielle. Du reste, peut-on prévoir le taux de chômage dans 40 ans ? Reste aussi les étudiants, mais là aussi il faut se féliciter d’en avoir beaucoup car c’est l’avenir qui se prépare avec eux. Si donc, l’on comparait les ratios inemployés sur actifs dans les pays européens, je ne suis pas sûr que la France serait dans une position si défavorable. De façon générale, le taux d’emploi de la population ne peut s’améliorer que si le chômage se réduit.  Bref, au lieu d’une approche comptable du problème, il faudrait se focaliser sur les dimensions sociétales et politiques du chômage et du problème des retraites. 

Une variable fondamentale est le taux de croissance afin d’établir le niveau du PIB en 2050. Le COR (poration) a émis plusieurs scénarios. Apparemment, il suppose que le taux de croissance est identique à celui des progrès de productivité. Rien n’est moins sûr car si la productivité est supérieure à la croissance, alors c’est le chômage qui augmente. L’enjeu est d’importance car les comptables raisonnent en part du PIB consacrée aux retraites. 

Prenons les choses autrement, car ce qui importe le plus, c’est la façon de compter. Supposons que le taux de croissance soit de 7 % ; au bout de 10 ans le PIB a doublé, ce qui veut dire que si ledit PIB est de 1 000, en 2009, le prélèvement est de 130 sur 1 000. Cela, ce sont les versements aux retraités à ne pas confondre avec les cotisations. Supposons que le taux des cotisations soit d’environ 10 % du PIB  comme aujourd’hui en moyenne. On aurait donc 100 milliards de cotisations en 2009, pour 130 de versements, donc 30 milliards de déficits. En 2020, dix ans après, il y aurait, à taux de cotisations  égal, 200 milliards de recettes ce qui permettrait d’accepter facilement 100 milliards de versement en plus. Où serait le trou ? Certes l’hypothèse d’un taux de croissance de 7 % par an sur 10 ans est irréaliste mais c’est dit pour donner un autre mode de réflexion. Qu’en serait-il de 1,8 % sur 40 ans, meilleure hypothèse du COR ? A peu près pareil, le PIB aurait doublé. Le taux de croissance, nonobstant son caractère destructeur de la planète, est la variable-clef s’il est identique à celui des progrès de productivité. La question devient : comment le COR a-t-il fait ses petits calculs de croissance et donc de politique industrielle et commerciale du pays ? Est-ce que la recherche-développement et l’investissement en France seront exonérés d’impôts et les bénéfices non réinvestis des entreprises surtaxés ? Cela fait partie de la politique industrielle. Comment le COR (y dort ?) l’a-t-il pris en compte ? 

Une autre variable réside dans le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital. Le salariat touchait environ 65 % de celle-ci en 2007, en baisse de 8 points au profit du capital par rapport à la période glorieuse de l’Etat-providence. Si on retrouvait, par le salaire différé des retraites, la part d’antan, le problème serait sans doute résolu. La question ne sera pas évoquée car il s’agit de la compétitivité de la France par rapport à tous les pays moins-disant (Chine en en tête) en matière de protection sociale et, du reste, pour tout (fiscalité, social, santé, environnement, etc.). La solution sarkozienne sera donc imposée par l’état de concurrence mondialisée dans laquelle le pays s’est mis avec l’UE (déjà sous le curé Delors), l’OMC, le libéralisme sans contraintes sur la libre circulation des marchandises et des capitaux. Car ce qui est en concurrence, ce sont aussi des modèles sociaux, des types de sociétés. Mais alors à quoi sert un gouvernement si c’est le système commercial et financier qui prend les décisions automatiquement ? A rien, et c’est bien ce que disent les libéraux qui, paradoxalement, essaient  avec succès de faire accéder « démocratiquement » leurs copains politiciens au pouvoir. C’est un paradoxe apparent car la détention du pouvoir sert justement à faire passer toutes les règles qui profitent aux riches et à taper sur le crâne obtus des prolos s’ils s’avisent de contester. 

Cela signifie que si l’on reste dans le système capitaliste concurrentiel, le libéralisme du « marché total », on ne fera jamais payer le capital et on continuera de détruire le système de répartition au profit de la capitalisation individuelle. Ceux qui vont payer, ce sont les futurs retraités, soit par une baisse très conséquente de leur pension, soit en se payant une complémentaire (avant une totale) individuelle. Ce ne sera dans ce cas que chez les riches, que, du reste, on exonère déjà (assurances-vie) pour qu’ils s’y rallient. Adieu, la maigre égalisation actuelle et la solidarité entre générations et membres d’une même classe d’âge… Certes, officiellement, on ne cassera pas la répartition car il faudrait que les politicards fussent « sévèrement burnés » au lieu d’être Tapie dans l’ombre. Mais avec ruse et progressivité on continuera de s’appliquer à la rendre non désirable, pour years later et dans la vieille stratégie « pas vus, pas pris », enfin la supprimer. 

 

Un 

 

La grève générale

Classé dans : politique — 31 octobre, 2010 @ 10:48

Les événements ont permis de revenir à la stratégie de la grève générale (GV) comme moyen d’en finir avec les exactions du capital en général et du régime libéralo-sarkozyste en particulier. On oublie que c’est aussi un mythe mobilisateur, une utopie salvatrice qui a pour fonction de réunir la classe salariale contre l’ennemi commun et de développer la conscience de sa situation. La GV ne donne pas un programme, ne formule pas un projet ; elle permet seulement de tendre les forces, de renforcer la conscience de la situation et de mettre à mal le capital. 

Le mythe est donc accompagné du projet de société anar, en tant que fédération des producteurs associés et régis par le principe de mutualité et l’autogestion. Ce qui impliquait la suppression de l’Etat bourgeois au service des classes dirigeantes. Ce qui répudiait la « démocratie bourgeoise » ou représentative ou « délégative » de tous les pouvoirs à un gouvernement central. Ce projet demeure d’actualité. Reste à savoir si la GV permet aujourd’hui d’y arriver. La réponse est sans doute non, sauf à titre d’adjuvant ; en effet, il faut tenir compte de la mondialisation de l’économie et de la finance qui aboutirait rapidement à un transfert du capital et des ressources à l’étranger. De plus, après 100 ans d’individualisme, il est clair que même les salariés exploités ont beaucoup de mal à s’associer, à se coaliser pour constituer un front uni de résistance. Il importe donc de recréer la mentalité solidaire et coopérative, ce qui ne peut se faire que dans la durée, l’action, le travail commun, l’autoformation, que dans des structures qui fonctionnent « autrement », loin du productivisme et de la « lutte de tous contre tous ». 

La riposte du capital doit être parée ex ante ; il faut alors que la société ait déjà suffisamment de moyens de production et d’échange qui soient autonomes et n’appartiennent pas aux capitalistes. L’économie, dans ses structures, doit antérieurement être largement composée de coopératives, de mutuelles, de « compagnies ouvrières », de banques socialisées, d’associations de solidarité, etc. Ce seront des lieux indépendants du capital et du pouvoir, dans lesquels le salariat fera l’apprentissage de la gestion  sur le mode de l’action directe, sans intermédiaires et sans managers disposant du pouvoir d’organisation des activités. Pour préparer cela, il faut constituer des « avances » en capital, une « accumulation primitive » de moyens de financement et de développement. Car l’origine essentielle du pouvoir des capitalistes et de leurs fondés de pouvoir gouvernementaux et politicards, c’est l’argent. Il faut donc taper dans la caisse et retirer au capital l’argent qui revient aux travailleurs et dont il dispose, via les banques privées, contre eux. Il faut donc consommer le moins possible, ce qui frappe le capital à la caisse, et ne lui laisser en aucun cas son argent disponible ; il y a donc lieu de le retirer des banques en ne laissant à celles-ci que la gestion et les coûts des prélèvements programmés. L’argent ainsi libéré sera déposé dans une banque mutuelle et coopérative, autogérée, indépendante du pouvoir et du capital, à l’instar de « la banque du peuple » préconisée par Proudhon. Cette banque doit être formée le plus tôt possible pour recueillir les fonds auparavant gardés chez soi. Cette banque aura pour mission d’aider, en le finançant, le secteur « libre » à se développer pour substituer la capital socialisé de production et de commerce mutuel au capital privé. Cela fera ainsi progressivement passer d’une gestion axée sur le profit, la rentabilité, l’accumulation privatisée à une logique de solidarité, de frugalité et de coopération. Bien mieux, la banque du peuple créera sa propre monnaie de circulation et de crédit en laissant de côté l’abominable euro. 

Il faut aussi prendre en compte le fait que les moyens actuels de production ont une énorme productivité, ce qui, du point de vue du capital, empêche de vendre dans un seul pays et pousse à la globalisation des échanges. L’association en coopératives et mutuelles dans tous les domaines sera d’emblée occupée à satisfaire les besoins nécessaires au lieu de faire du fric en détruisant la planète avec des gadgets et des consommations inutiles et ostentatoires, qui ne font qu’attiser la jalousie et la rivalité, qui aident à renforcer l’individualisme contre la coopération. Les moyens de production et d’échange seront donc proportionnés aux besoins au lieu d’être surdimensionnés en vue de l’exportation et de la consommation à outrance. La croissance ne peut plus être le fer de lance des activités socio-économiques et de l’emploi. L’accroissement permanent de la productivité ne doit plus être recherché. Sinon, on consacre la logique capitaliste en prétendant, par exemple, répartir autrement les gains de productivité pour financer les retraites et la protection sociale. Ce qui, cela dit au passage, néglige que l’emploi ne peut progresser que si l’accroissement de la productivité est inférieur au taux de croissance ou, inversement, si le taux de croissance, soutenu aujourd’hui par les exportations, est supérieur aux gains de productivité. Ce qui oublie aussi que la croissance donnée par la consommation intérieure contribue avant tout à augmenter les importations et donc à déséquilibrer la balance commerciale, ce qui est compensé par des emprunts à l’étranger et met le pays sous la coupe de ce dernier. Par ailleurs, comme les moyens de production ont un énorme rendement, on passera de l’accroissement capitaliste des heures de travail et de la durée d’activité à tous les horizons de temps au temps libre : ne travailler que 3 ou 4 heures par jour, voire encore moins, permettra de satisfaire les besoins intérieurs sans avoir besoin d’exporter. 

Une société coopérative et solidaire, vraiment démocratique, est donc une société économe, parcimonieuse vis-à-vis de la nature, frugale et sans rivalité quand au mode de consommation. Pour y arriver, la seule grève n’est plus le bon moyen car elle fait perdre l’argent que l’on pourrait consacrer à l’édification progressive et dans la durée des contre-structures anticapitalistes que l’on a vu ci-dessus et car elle ne peut être que d’assez courte durée. Par ailleurs, elle oppose les grévistes à ceux qui veulent continuer de consommer et de payer leurs traites à la grande joie du pouvoir qui crie à « la prise d’otages » et dresse les gens les uns contre les autres. Il faut une stratégie qui mélange le court terme et le long terme. Ce dernier a été décrit ci-dessus. Mais à court terme, pour aider le succès de la GV menée en parallèle, on peut tous simultanément retirer notre pognon des banques et assurances. Ce qu’il faut faire aussi brutalement, c’est arrêter de consommer pendant un certain temps dans les temples du capitalisme (supermarchés) et garages ; cela sera d’autant plus facile que l’on disposera de magasins coopératifs ou d’AMAPS. 

On se postera, surtout les retraités et inactifs, dans les gares, les aéroports, les postes frontières et les frontières, de façon à repérer les porteurs de valises de fric vers l’étranger et porter cet argent illicite, donc n’existant pas légalement et peu susceptible, donc, de faire l’objet d’une plainte, aux grévistes. De même, on empêchera la sortie du territoire des machines, bateaux, avions, etc. et produits en-cours et des stocks non assortis d’une commande effective en bonne et due forme. Les salariés de ce qui reste de services publics se mettront soit à faire du zèle pour bloquer la bureaucratie soit à travailler autrement sans respecter les consignes des petits chefs. N’oublions pas qu’un fonctionnaire a un droit de résistance contre les ordres mettant à mal les missions d’intérêt général du service public et même un devoir de désobéissance contre tout vise aux intérêts privés. Donnons un exemple d’action : au « pôle emploi », l’efficacité de la mission (réinsérer, organiser la requalification, suivre chaque chômeur individuellement, etc.) suppose que le portefeuille de personnes à gérer ne dépasse pas 30/40 personnes (c’est ce qui le succès de la chose en Europe du Nord). Or, il y en a 130/160 actuellement. L’agent peut donc se consacrer à fond à 40, les cas les plus difficiles, sans faire du chiffre et du dossier comme le demandent les petits chefs du pôle. Car le gouvernement tsarkozyste a imité la solution du Nord sans se donner les moyens de le faire ! De même, les douaniers, au lieu d’emmerder les acheteurs de pastis en Andorre, se livreront à la chasse aux grosses berlines et aux trafics des riches. 

Les « inactifs », retraités ou non, peuvent aussi se livrer à des « incivilités » en masse, du genre insultes ou injures aux autorités de façon à engorger les commissariats et les tribunaux, tout en montrant l’inanité de leurs lois répressives et de cette justice bourgeoise que le tsarkozysme a développé à l’envi. Les inactifs pauvres  seront alors de plus logés, chauffés et nourris à l’œil. On peut aussi se rendre en masse aux urgences des hôpitaux pour montrer la faillite du système libéral de médecine. On peut décider de se rendre en grand nombre avec son véhicule à un endroit précis : embouteillages monstres garantis et cela sans infraction. On peut renvoyer à la Poste (sans timbre ni enveloppe, les mettre dans une boîte-aux-lettres suffit) toutes les publicités qui encombrent nos boîtes aux lettres. On peut occuper par nuées les logements vacants, suivant des listes faites par le DAL ou toute autre association, au lieu de faire des opérations ponctuelles. On veillera à verser des loyers (Niveau HLM) sur un compte de séquestre. On engorgera les transports en commun pour montrer leur insuffisance. 

Tout cela n’est qu’un ensemble d’idées que tout un chacun peut compléter. Le lecteur aura compris le sens de la stratégie : frapper le capital à la caisse, organiser le chaos dans les services publics, mettre la « chienlit » partout et cela le plus légalement du monde. En même temps, il s’agit de donner un coup d’accélérateur à la politique de long terme : la création progressive mais sûre des contre-structures permettant de se passer du Kapital et de l’Etat. 

JAVERT 1er

Classé dans : politique — 18 octobre, 2010 @ 11:39

On n’a pas assez attiré l’attention sur la fusion des RG et de la DST pour donner la DCRI.  Cela a donné un énorme service policier au service de l’Etat mais aussi de notre président, Javert 1er, qui, comme on le verra, recourt à ses services à des fins privées et partisanes. Bien entendu, la direction du service a été confiée à un fidèle de l’omniprésident, M. Squarcini, lequel fait partie du clan de Neuilly, des corses amis et des vieux séides de l’ex-ministre de l’intérieur. Car Javert 1er a ses réseaux : les Corses via sa 1ère épouse et la mafia des Hauts-de-Seine (Pasqua, Ceccaldi-Reynaud, feu Achille Peretti, etc.), les collaborateurs de la mairie de Neuilly et du conseil général du 92, les hauts flics du ministère de l’intérieur (Guéant, Péchenard, etc.). On a donc la concentration d’un pouvoir quasiment absolu dans un petit nombre de mains. A quoi il convient d’ajouter ses amis dans les médias et les milieux économiques (dépendant souvent des commandes ou des zones d’influence de l’Etat), lesquels sont assez souvent les mêmes. 

Les missions de la DCRI sont essentiellement de lutter contre l’espionnage et le terrorisme. A quoi s’ajoute désormais le combat contre tout ce qui pourrait déstabiliser non seulement le pays mais aussi les intérêts en place. Les pouvoirs très étendus de la DCRI concernent désormais tous les mouvements sociaux et toutes les actions de désobéissance civile : arracheurs de plantes OGM, défenseurs des prisonniers et des immigrants (d’où la réactivation du délit quasi-vichyste d’aide à un immigré clandestin, créant un frein à la solidarité), « anarcho-libertaires » (comme l’a montré l’affaire de Tarnac, montée de toutes pièces ; cela rappelle « les hitléro-trotskistes chers à Staline)), défenseurs des Palestiniens (comme par exemple les boycotteurs des produits israéliens issus des territoires occupés). Bien sûr, il ne s’agit pas de poursuivre tout le monde, mais de menaces permanentes, mais de cibles potentielles à usage politico-médiatique aux fins de maintien des sentiments d’insécurité. Cependant, eu égard à la profusion de textes répressifs depuis 2002 et encore plus 2007 et au raidissement des lois antiterroristes, il y a l’idée de faire peur à tout contestataire potentiel ou avéré. Toute personne qui s’engage dans un combat pour les libertés ou la défense d’intérêts généraux contre la finance et le capital est dûment prévenue qu’elle court des risques, notamment via la garde à vue notablement renforcée en cas de terrorisme dont la qualification appartient aux forces de police et aux parquets. C’est dire que l’on peut être très facilement accusé de la chose. Ce qui cadre en plus avec le fait que maintenant la simple appartenance à un groupe soupçonné d’activisme est sévèrement punie. Horreur juridique puisque des intentions, qui plus est supposées, et des « dangerosités » potentielles sont réprimées au lieu des actes et des faits. 

C’est là que l’on perçoit que les choses ont été conçues pour aller dans le même sens en mobilisant tous les moyens : la police, la justice, la loi, les parquets. Tout cela a été pensé pour fusionner au nom de la toute-puissance du pouvoir tsarkozyen. Evidemment, les différents paramètres d’action ont été mis en place de façon séparée et étalée dans le temps pour que personne n’aperçoive vite la cohérence du projet de pénalisation de la société civile. La réforme du Conseil supérieur de la magistrature, où désormais les magistrats sont minoritaires au profit de « personnalités » nommées par Javert et les deux présidents de chambre législative, permet de nommer des procureurs dociles et opportunistes qui, par exemple, poursuivront une personne ayant aidé un immigré en lui prêtant un téléphone portable ou couvriront les manipulations policières (Tarnac) ou politicardes (Clearstream). Ou noieront le poisson sans poursuivre (Bettencourt/Woerth ou affaire des sous-marins du Pakistan impliquant Ballamou et qui vous savez, etc). 

La création de la DCRI est une innovation qui apporte aux ex-RG la couverture du « secret-défense » dont ils ne jouissaient pas avant. La prétendue loi pour protéger les sources des journalistes est bidon parce qu’elle annonce une liste d’exceptions particulièrement floue et discrétionnaire pour les parquetiers aux ordres. Et le must, c’est une loi passée en douce en juillet 2009, qui étend le secret-défense à des lieux où nul ne pourra plus enquêter : locaux ou installations militaires, DCRI elle-même, usines liées à des productions stratégiques ou militaires (la Hague, la DCN, etc.). Evidemment, la suppression du juge d’instruction, si elle finit par être votée, n’arrangera pas les choses car alors disparaîtrait la possibilité de se porter partie civile en cas de refus d’un procureur d’ouvrir une instruction. Tout concourt donc à empêcher une justice indépendante. Reste le Conseil d’Etat (CE) et les tribunaux administratifs ; mais les membres en sont nommés par le pouvoir qui, par le simple jeu des nominations, peut obtenir une justice administrative aux ordres. Il en est de même pour les tribunaux jusqu’à la Cour de cassation (CC). Reste la nouvelle procédure de question préalable de constitutionnalité devant le Conseil Constitutionnel ; mais c’est soumis à une ordalie procédurale (passage antérieur devant le CE ou la CC) et il suffira de jouer sur le renouvellement des membres déjà tous à droite sauf 1 sur 11 (dont les 2 ex-présidents, Diamantinos et Chiracos). C’est ce que l’on continue d’appeler « un Etat de droit ». Heureusement, nous conservons la Cour de justice des communautés européennes et celle des droits de l’homme ; mais les recours y prennent du temps et, pour la cour européenne des droits de l’homme il faut avoir épuisé toutes les voies de recours en France. 

La DCRI est donc en bonne posture pour violer les procédures et les contrôles : il lui suffira d’en appeler à un magistrat complaisant ou au secret-défense. Ainsi, a-t-elle écouté des gens ou analysé leurs « fadettes » pour rechercher qui était à l’origine de la rumeur sur les infidélités du couple Javert-Carla. De même, elle a obtenu les fadettes concernant la taupe ayant donné au Monde des indications sur l’affaire Bettencourt/ Woerth. Là, le procureur de Paris (Marin en eaux troubles), a demandé la levée du secret-défense ; refusé ; appel, accordé. Et maintenant il faut que le comité Théodule haddock, faux-nez de neutralité truffé de d’obligés du pouvoir, lève ledit secret. On attend sans grand espoir comme pour les sous- Marin de Karachi. Cela rappelle l’affaire Pérol, conseiller du prince, nommé à la tête de la banque issue de la fusion des caisses d’épargne et des banques populaires alors qu’il l’avait préparée chez Tsarkowitch. Le pouvoir a prétendu que la Commission de déontologie, chargée d’examiner les pantouflages de hauts fonctionnaires dans le privé, avait été consultée. Pur mensonge : c’est le président compradore de ladite commission qui a donné le feu vert tout seul comme un grand hors toute procédure légale ! 

Vive la république, vive la France, vive le droit, vive la démocratie ; aux larmes citoyens… 

Retraites: thèse, antithèse, synthèse, foutaise

Classé dans : Non classé — 12 octobre, 2010 @ 10:56

Le gouvernement de Menteur 1er, à ne pas confondre avec mentor, nous a servi beaucoup de contre-vérités à propos des retraites et autres. L’Allemagne avait un « bouclier fiscal » et un ISF. Que nenni. Les pays européens étaient déjà à 65 ans, voire 67, pour l’âge de départ en retraite. Que nenni : c’est en général après 2025 (2029 en Allemagne) et non en 2018 comme dans le projet porté par Woerth. La durée exigée de cotisation pour la retraite est en Allemagne de 35 ans et non de 41,5 puis 42. Les gens vivent bien plus âgés (yes) mais ce qui compte pour les retraités c’est l’espérance de vie en bonne santé. Or une étude britannique montre qu’à 50 ans cette espérance est de 19 ans (soit 9 ans après 60 ans ou 7 après 62 ou 2 après la retraite à taux plein à 67 ans…). En outre, il se trouve que cette espérance augmente légèrement pour les hommes mais stagne pour les femmes qui donc s’en trouveront brimées encore plus dans la loi sarkozyenne des 67 ans pour une retraite à taux plein. On verra infra pourquoi elle ne peut que diminuer dans le futur. La réforme, contrairement aux affirmations élyséennes, n’est pas financée pour 2018. Le trou de 40 milliards n’est comblé (outre les effets comptables des mesures d’âge et de durée de cotisation ou de taux de cotisation pour les fonctionnaires) que par une hypothétique croissance et surtout par une contribution étatique pour les retraites des fonctionnaires de 15 milliards. Cette contribution n’est rien d’autre qu’une ligne de dépense budgétaire, c’est-à-dire une participation à l’aggravation du déficit du budget de l’Etat, chose que l’on pratique déjà aujourd’hui. Quelle rupture dans le sérieux de la gestion de la dépense publique ! 

Reprenons le problème de l’espérance de vie en bonne santé. Déjà n’oublions pas que l’âge de la retraite est celui auquel on peut toucher sa pension. Or 6 salariés sur 10 sont sans emploi avant 60 ans actuellement. C’est dire que porter l’âge du droit à 62 accroît d’autant la période sans salaire, voire sans revenu. On sait que Rodotarin 1er ne fait pas tenir compte de la pénibilité du travail et concède seulement que ceux qui auraient 20 % d’invalidité (les « concessions » iraient jusqu’à 10 %) pourraient partir à 60 ans. De plus, Raskoltignac 1er nous offre un choix : on ne vire pas les vieux et on n’embauche alors pas les jeunes ou l’inverse. C’est là que l’on aperçoit le machiavélisme de pissotière de la droite. En effet, la médecine du travail, via un « cavalier législatif » (amendement  hors sujet glissé de façon subreptice dans un projet de loi) inséré dans le projet sur les retraites, continue d’être démolie : de simples infirmières ou psychologues ou autres personnes non diplômées en médecine du travail (MDT, c’est une spécialité) pourraient s’occuper de la santé des travailleurs. Rappelons que la MDT passe sous la coupe des patrons et que les vacations des toubibs ont été doublées de même que la périodicité des examens (tous les 2 ans au lieu d’un). Toutes les conditions sont donc réunies pour que la prévention et l’analyse médicale sérieuse disparaissent. 

De même, la MDT n’aura plus le droit de s’occuper des conséquences de l’organisation du travail, du harcèlement productiviste ou autre, du stress, des maladies professionnelles, des produits dangereux et de la sécurité y afférente, des causes des accidents du travail. Le pouvoir réunit donc toutes les chances pour que la santé des salariés se dégrade tout en faisant confier sans doute la détermination en 1ère instance de l’invalidité par des assistants médicaux compradores. Rappelons en plus que les patrons siègent déjà dans les commissions de la SS qui examinent les dangerosités,  les maladies professionnelles et les accidents ou longues maladies et sont aussi présents dans les TASS (tribunaux des affaires sociales à la SS). Il faudra donc être sans doute mourant pour se voir conférer un taux d’invalidité ; les scandales de type amiante vont sournoisement progresser, les accidents du travail camouflés aussi, etc. Dans le même temps, les remboursements de la SS diminuent sans cesse et petit à petit, ce qui fait baisser la prévention car de plus en plus de gens ne se rendent chez un toubib ou aux urgences qu’à la dernière extrémité. Déjà d’après une étude de la fédération des mutuelles 35 % de malades ont reporté des soins ou les ont supprimés. En effet, les dégagements de la SS sont transférés aux mutuelles qui augmentent leurs tarifs . 

Par ailleurs, la droite, surtout depuis 2002, s’ingénie à diminuer les contrôles : de l’inspection du travail dont les moyens stagnent voire diminuent et qui n’est plus obligatoirement saisie en cas d’accident grave avec blessés ou décès ; des « agences » officielles de sécurité (de santé, de produits comme les pesticides ou les nitrates, d’OGM, de médicaments, etc.) peu dotées en moyens publics, truffées de zigotos travaillant pour le privé ou s’adressant à des labos privés eux-mêmes stipendiés. 

Ainsi peut-on augurer que la santé des travailleurs et de la population, que l’espérance de vie en bonne santé après la retraite, faute de prévention et de contrôle, se dégraderont dans le temps même où les retraités devront partir plus tard. Et cela, évidemment, entraînera des surcoûts que la SS s’épuisera à essayer d’éponger en diminuant ses prestations. C’est de la bonne politique libérale pour détruire le service public de santé au profit du privé. A moins que l’idée cachée soit de ne pas verser de retraites puisque les impétrants seront morts. C’est ce que fit Bismarck lorsqu’il instaura la retraite à 65 ans en Allemagne : cet âge était celui où les bénéficiaires seraient ridiculement peu nombreux ! 

Pour y parvenir, la stratégie, usitée depuis longtemps par les gouvernements, est simple. Déjà, il s’agit de découper le problème central en rondelles de salami comme le préconisait feu Staline. Par exemple, le problème fondamental est celui du partage de la valeur ajoutée entre salariat et capital, la part des salariés se ventilant entre salaires, temps de travail (dont congés et sur toute la vie et dans tous les horizons de temps de la journée à la carrière en passant par la durée hebdomadaire, mensuelle, annuelles du travail), temps de retraite, assurance-maladie et accident, couverture du chômage, etc. Donc le pouvoir saucissonne les choses en s’attaquant au coup par coup aux différentes rondelles de façon que l’on ne s’aperçoive pas assez vite que toutes les variables sont liées. Ainsi a-t-on attaqué en ordre dispersé le droit du travail, de grève, la représentation syndicale, la garantie du chômage,  la SS (et là en séparant maladie et retraite ou allocations), la sécurité alimentaire ou de santé. 

En même temps, le pouvoir étale  les réformes dans le temps en procédant par petites étapes progressives dont chacune représente un point de non-retour et une avancée vers le but final caché, à savoir la destruction du système antérieur de protection sociale et de partage du PIB. C’est ainsi que l’on a avancé dans le problème des retraites : livre blanc de Rocard 1991, Ballamou 1993, Fillon 2003, Tsarko 2008 (fonctionnaires et régimes spéciaux « alignés »), Tsarko 2010… On attend la suite en 2018, notamment pour l’alignement des régimes spéciaux sur la réforme de 2010 ; c’est du cousu main : on descend le régime privé et quelques temps après on aligne le secteur public au nom de l’équité. Disons plutôt sous la règle du diviser pour régner, ce qui fait hurler la droite quand elle voit que ce sont les agents des services publics, soi-disant non concernés par la réforme, qui sont le fer de lance de la contestation. 

Et cette politique des voraces et des coriaces est employée dans tous les domaines afin d’aligner la France sur le moins-disant libéral au nom de la compétitivité. En face, qu’a-t-on ? Caton, l’ancien qui n’a pas révisé ses analyses du modèle capitaliste, qui n’a pas construit de projet, qui applique lui aussi les recettes libérales. Pauvre de nous. 

Cependant, il y a un domaine où les gouvernements ne mouftent pas mot ; celui du sport qui occasionne des accidents ou des maladies ultérieures à sa pratique. Il est à peur près sûr que les charges afférentes sont énormes bien qu’il n’y ait aucune statistique officielle disponible sur la chose. Bien mieux, des études sur le sujet ont été soigneusement mises sous le boisseau. Songez aux sportifs professionnels qui touchent des mille et des cent et que la SS soigne aux frais des autres sans contribution des clubs ; songez aux sportifs de haut niveau qui, eux, ne gagnent pas grand-chose mais émargent à la sécu. Pensez aux accidents du WE pour les amateurs qui ne peuvent reprendre le boulot le lundi. C’est que le sport est l’emblème de la logique libérale : émulation, compétition, mérite, individualisme, pognon, bonne santé pour être plus productif et performant au boulot. Cette logique libérale est isomorphe en économie et dans le sport et, du reste, partout. Par ailleurs, le sportif est un individu qui pendant son activité de Stakhanov du dépassement de soi ne s’occupe pas de politique ou de la chose publique. Il laisse cela aux vieux investis dans des associations en tant que bénévoles. Il y a pourtant là un secteur d’économies pour diminuer le trou de la sécu au lieu des privatiser la gloire, les minettes et le pognon et de socialiser les dépenses liées aux conséquences des activités sportives. La solution est simple : la SS ne paye plus et les pratiquants prennent des assurances privées, notamment dans les sports à haut risque (varappe, spéléologie, alpinisme, deltaplane, etc.). 

Elémentaire, mon cher, Tsarko. A moins que, mais nous n’avons pas de chiffres, les sportifs ne fassent pas de vieux os, ce qui évite de payer des retraites. Comme disait je ne sais plus qui : le seul sport que j’ai pratiqué, c’est la marche à pied derrière le cercueil de mes amis sportifs. 

On la dans l’os ou le Fillon, sauf si…

Classé dans : politique — 1 octobre, 2010 @ 11:11

Je ne redirai jamais assez que c’est la production industrielle et agricole qui donne la base essentielle du revenu national, lequel est ensuite ventilé entre les différents acteurs : l’Etat (impôts), la protection sociale, les services internes au pays (restos, coiffeurs, garagistes, etc.), les banques et autres mangeurs d’intérêts, les assureurs et autres profiteurs de la couverture des risques, etc. certes, on peur rêver une société où les revenus, notamment ceux des retraités, proviendraient des placements financiers à l’étranger. C’est du reste ce qui été fait avec les solutions de capitalisation individuelle des retraites et des assurances. 

Il se trouve que la mondialisation ou globalisation, n’en déplaise aux partisans de la révolution dans un seul pays, s’il en reste, a rendu toutes les économies et les systèmes sociaux interdépendants. Ce n’est pas venu du ciel ; c’est le résultat de 30 ans de politiques libérales conçues chez les Anglo-Saxons et menées, y compris par les socialistes new look, pour ouvrir les frontières à la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes (encore que, là…). Malgré la crise éclatée en 2008, le « logiciel néolibéral » (déclaration hier d’économistes français « atterrés ») est toujours en place chez les dirigeants politiques et économiques qui régentent toujours et encore la planète malgré les rodomontades de Raskoltignac. 

Un des problèmes est que ce logiciel date de 1920 et que les économistes modernes l’ont invalidé depuis longtemps. Pourquoi les politicards et autres manageurs y sont-ils encore accrochés ? Parce qu’ils ont été formés il y a au moins 30 ans par des profs qui en avaient déjà 50 (donc les contenus transmis avaient environ 50 ans il y a 30 ans) et que depuis ils n’ont rien lu ni appris vu qu’ils sont dans l’action réactive à court terme et n’ont pas le temps de penser, sauf aux prochaines élections. Quelle rémanence ! Quelle hystérésis ! Mais c’est surtout parce que ce logiciel est une idéologie qui donne des justifications et autres arguments bien utiles pour promouvoir les intérêts du néolibéralisme. Sans compter l’ignorance encyclopédique de certains politicards qui n’ont comme formation que celle d’avocats d’affaires. 

La mondialisation fonctionne comme une machine thermique ; la source froide est la rentabilité recherchée pour le placement des capitaux et les opérations économiques au nom de « l’efficience des marchés » qui allouent au mieux les ressources en fonction d’icelle. La source chaude réside dans les différences de législation entre pays : lois ou règles économiques, de niveau de vie et de répartition du revenu national,  de droit social et syndical, de droit fiscal, de droit environnemental. La source chaude met évidemment tous les pays en concurrence les uns avec les autres dans le moins-disant généralisé et accéléré. C’est ce qui explique la montée en puissance des firmes multinationales, leur concentration, leur appel aux paradis fiscaux, leur lancement dans la spéculation (40 % de leurs bénéfs aux US), les délocalisations et les achats les moins coûteux, de type Wal Mart,  à l’étranger. Cela explique aussi le chômage, la flexibilité des emplois, la stagnation des salaires, la baisse de la part du salariat dans le revenu national, le maintien malgré tout du pouvoir d’achat grâce à la baisse des prix des produits importés et mis en concurrence sauvage et à l’expansion du crédit, dont on a vu les résultats en 2008. Le malheur est un des principes de la thermodynamique (ignorée par les libéraux qui ont conçu leurs théories économiques à partir de la mécanique de Newton) de Carnot : le rendement de la machine dépend de l’écart de température entre les deux sources de chaleur. Or, la source chaude tend vers ses limites, à savoir la paupérisation accélérée qui empêche les prolos d’acheter ; de même la source froide a atteint son maximum de rentabilisation et, d’ailleurs, le système financier sur lequel elle repose s’est effondré. Par ailleurs, il y a la loi d’entropie ou de dégradation de l’énergie qui montre que la nature ne peut plus supporter les dégâts environnementaux que le capitalisme lui cause depuis bien trop longtemps. Alors vient le temps des vaches maigres pour tous puisque, un jour ou l’autre si l’on continue ainsi, tout le monde sera dans le même sac : les pays du Sud rattrapant ceux du Nord, lesquels descendent inexorablement vers les premiers. 

Dans cette compétition féroce, dont les seuls gagnants provisoires sont les financiers et les classes dirigeantes qui en dépendent (notamment les politicards qui ne sont que les « fondés de pouvoir  du kapital »), notre belle Europe en a rajouté une couche en devenant son fer de lance et surtout en appliquant ses recettes généralement et brutalement en son sein. Comment les politicards européens, de droite ou de gauche, s’y sont-ils pris pour transformer l’UE en grand marché sans fois ni lois communes, sans protection contre la concurrence internationale du moins-disant en tous domaines ? 

Déjà, ils ont fait exprès, afin de pouvoir dire aux peuples : « C’est pas moi, c’est l’Europe », d’élargir sans fin le périmètre européen maintenant à 27 pays. Ces derniers sont une juxtaposition de territoires hétérogènes à tous points de vue ; de plus il a été pris grand soin de n’harmoniser que les règles commerciales dont l’application est contrôlée avec soin par la grosse Commission européenne et par la Cour de justice des communautés européennes où règne un hyper libéralisme sans ambages. C’est la fameuse doctrine de la « concurrence libre et non faussée » qui  a fait disparaître les services publics et qui s’attaque désormais à tous les services au nom de la poursuite de la directive Frankenstein et « du plombier polonais ». Les Gibbies ont poussé à cette réduction de l’Europe à un marché ouvert à l’international extérieur ; les Teutons aussi, pressés de délocaliser en Europe de l’Est ; les Irlandais aussi qui ont bien vu qu’ils pouvaient se donner des règles fiscales en forme de moins-disant pour attirer les capitaux et les sièges sociaux ; les Ibères itou qui ont vu dans l’Euro le moyen de payer de faibles taux d’intérêt pour transformer leurs rivages en bronze-cul bétonné, etc. Et les Françaouis encore, qui ont vu là le moyen de faire du déficit à gogo en empruntant à l’étranger et qui se sont dits qu’ils compenseraient leur handicap économique vis-à-vis des Prussiens par un leadership politique et la force nucléaire. Car, évidemment, il n’y a pas de règles fiscales, sociales, environnementales sérieuses pour mettre un peu d’harmonie dans le big bazar commercial qu’est l’UE. 

Et l’UE en a rajouté une grosse louche avec la mise en place de la monnaie unique, dans 16 pays dits « Euro-group », et de la banque centrale européenne sise à Francfort (pour avoir le franc fort). C’est une merveille de machiavélisme imposée par les Germains. D’un côté, les membres de l’euro-group ne peuvent plus dévaluer pour compenser des pertes de compétitivité par les coûts  et n’ont plus le droit d’emprunter à la banque centrale comme ils le faisaient autrefois à faible taux d’intérêt et dans leur monnaie. Désormais, ils doivent emprunter sur les marchés internationaux de capitaux et de devises (certainement pas « l’union fait la force »), ce qui les met directement sous la coupe de la phynance internationale et des agences de notation pour les dettes publiques. Il est vrai que les Tudesques avaient bien besoin d’emprunter à bas coût à l’international pour continuer de financer leur réunification et les Français pour continuer de vivre à crédit en laissant filer le déficit budgétaire encore et encore. 

De l’autre, ils peuvent mener leur politique de compétitivité afin de tailler des croupières à leurs concurrents y compris européens. C’est ainsi que la Fridolinie a conduit une politique « de désinflation compétitive » sur le dos de ses voisins en exportant 40 % de sa production en Europe. Cette politique consiste à produire à moindres frais dans les ex-pays de l’Est, à créer une TVA « sociale » de 3 % sur tout y compris et surtout ses importations, ce qui revient à une dévaluation du même taux, à zigouiller le pacte social teuton avec les lois Hartz IV. Résultat : les produits des Doryphores ont rattrapé vers le bas les coûts de production de leurs voisins et les cousins (au sens de vecteur du chikungunya) germains engrangent les excédents commerciaux sans pour autant vouloir prêter à leurs copains de l’UE. C’est le contraire du pacte sino-américain dans lequel les Yankees achètent chinois sans être bridés et les Chinois en retour achètent les bons du trésor US pour que le dollar reste au plus haut, ce qui favorise leurs exportations en maintenant le yuan sous-évalué. C’est dengue. Pourtant, il y a ma conjecture favorite : rien ne se perd, rien ne se crée dans les équilibres internationaux : les déficits des uns sont le fric des autres. En Europe cette équation ne marche guère car le pognon extorqué par les Germains est plutôt prêté en dehors de l’UE qu’à ces cigales de Grecs ou d’espagnols ou investi en Europe de l’EST hors zone Euro. Il n’empêche, les rosbifs continuent de saboter l’Europe politique parce qu’ils tirent 15 % de leur PIB des opérations financières à Londres et grâce à leurs paradis fiscaux comme les iles anglo-normandes. En même temps, chaque pays joue solo en espérant tirer son épingle du jeu au détriment des voisins. 

Raskoltignac n’a pas l’air de piger grand-chose à cette situation ou alors il est trop persuadé des bienfaits du libre-échange même si cela nuit à la France. Ou alors encore il se dit in Pétaud, comme sa cour éponyme, qu’un jour ou l’autre les Franzozes devront accepter une cure de déflation libérale, comme la Grèce ou l’Irlande, analogue à celle subie par les pauvres Teutons de base. 

C’est ce qui nous attend si l’on ne corrige pas le tir. Il y a des solutions. Lisez, par exemple, le livre de Thomas Coutrot, membre d’Attac, (« Jalons vers un autre monde possible ») pour vous en persuader. C’est loin du capitalisme et de l’étatisme et l’auteur (le sait-il ?) retrouve le proudhonisme par exemple en proposant de socialiser la banque et le crédit (banque du Peuple et crédit « gratuit ») ou l’activité économique et les moyens de production  (compagnies ouvrières et mutuelles et coopératives fédérées de Proudhon) ou en refusant la démocratie représentative et étatique au profit de la participation de tous les acteurs aux activités socio-économico-politiques dans le cadre « d’une démocratie  active » analogue à celle de Porto-Alegre. Ou en demandant que les associations, les expérimentateurs d’autres solutions de production et d’échange, les mouvements sociaux et syndicats se fédèrent. C’est loin des inepties de la croissance durable et verte qui ne fait que continuer de confier le pouvoir d’organiser nos vies au complexe financiaro-techno-politique. C’est la continuation de la recherche du profit par d’autres moyens. 

C’est aussi loin des âneries de la « décroissance ». En effet, les pays du Sud (1 milliard de mal-nourris, 2 milliards de personnes vivant avec 1,5 dollars par jour) ont bien besoin de croissance. L’enjeu est donc celui d’une autre sorte de croissance frugale et économe en énergie et matières. C’est ce que le capitalisme ne fera jamais pour cause de concurrence.  De plus, l’économie ne saurait être réduite à une juxtaposition de groupements autonomes. Il faudra des règles que seul le pouvoir politique, nécessairement international (UE ?), voire mondial, pourra imposer contre les capitalistes mondialisés. J’ai peur que les zélateurs de la décroissance amalgament capitalisme et marché. Objection : on peut avoir un marché efficace sans le capitalisme qui, du reste, ne l’a pas inventé. Le problème est donc d’organiser le marché sur une base démocratique, participative et décentralisée/fédérée avec des règles qui empêchent la captation des ressources et la monopolisation de la production et de l’échange par quelques uns, qui, d’ailleurs, ne sont pas forcément des capitalistes ; il y a aussi la nomenklatura d’Etat et même des fausses associations liberticides. 

Certes, un projet pour un autre monde ne peut valoir que pour un seul pays ; cela ne dispense pas d’en avoir un et de le défendre et promouvoir déjà au sein de l’UE. Avez-vous vu les socialistes en peau de lapin en afficher un ? Pensez-vous que l’anticapitalisme du NPG à la Mélenchon ou du NPA à la Besancenot soient adapté au capitalisme de fait ?  Evidemment, non. L’espoir vient de ce que, à long terme, tous les mouvements sociaux, nationaux et internationaux, de résistance au néolibéralisme et au capitalisme finiront par se coaliser parce qu’ils ont tous le même adversaire même si leur point d’entrée dans la contestation du kapital n’est pas le même. 

Universalisme et relativisme

Classé dans : politique — 25 septembre, 2010 @ 11:58

Le postmodernisme nous a accoutumé à considérer que toutes les valeurs ont le même niveau, que les différences et le pluralisme des conceptions du monde et des groupements ou cultures étaient une bonne chose et qu’il n’y avait pas lieu d’établir la moindre hiérarchie entre les sociétés ou les groupes. Il ne fait que confirmer en cela le vieux libéralisme politique qui prône la libre expression de toute religion ou valeur ou conception du monde, l’Etat et le droit devant être neutres par rapport à elles. 

L’universalisme a le tort d’émaner de l’Occident. Il est largement contenu dans la déclaration des droits de l’homme de 1948, laquelle a eu le précédent de celle de 1789 en France.celle-ci n’a pas le monopole des droits de l’homme ; elle n’a que celui d’avoir eu la 1ère déclaration en leur faveur. D’où la honte  qui résulte des menées actuelles du pouvoir contre les Roms et autres immigrés. Peut-on dire que les droits de l’homme sont une création occidentale devenue en outre opposable aux autres pays, Que disent les droits de l’homme ? Simplement que la personne est sacrée dans ses droits à la vie, à la liberté, aux fruits de son travail, à l’éducation, à la santé, à sa propriété laborieuse, à l’égalité de considération. Y a-t-il une seule religion, révélée ou non, dont les principes s’y opposeraient ? Non. Ce qui les contredit, ce sont des textes et us culturels, des charias, des torahs, des décrets catholiques, des prescriptions hindoues sur les castes sociales innées, des pratiques bouddhistes, historiquement culturellement marqués et sans valeur dogmatique. 

Il y a donc bien une conscience universelle malgré la différence des cultures. De plus, au nom de quoi devrait-on admettre que le sacrifice des veuves, les castes, l’enfermement des femmes dans la burqa, l’excision des filles, le primat des « grands frères », les meurtres d’honneur, les mariages forcés à 12 ans ou après, etc. soient équivalents à leur contraire de libération des êtres en général et des femmes en particulier ? Au nom du respect des cultures et du droit à la différence des communautés ? Certes, on peut respecter les différences, mais rien n’empêche de les évaluer et de considérer que certaines sont inférieures à ce que les droits de l’homme et de la femme exigent dans une république démocratique et libérale. C’est pourquoi, le relativisme qui met toutes les cultures sur le même plan égalitaire, n’est pas recevable. Il y a bel et bien une hiérarchie des valeurs qui fait que la liberté et le respect de la dignité de chaque être humain, notamment, est supérieure à tous les commandements religieux ou autres qui la limitent aux us et coutumes d’une communauté. La substance du pacte sociopolitique, même réduite aux droits de l’homme, d’une vraie république impose ses valeurs fondamentales aux communautés qui y résident car elles sont supérieures, au plan politique et moral, à celles qui ne sont pas partagées et car certaines pratiques sont incompatibles avec elles. S’il n’y avait pas de général de niveau supérieur, alors ce pourrait être la guerre entre les sous-cultures prétendant toutes à la supériorité. L’Europe a connu ce drame lors des guerres de religion ; n’encourageons pas d’y revenir en laissant les particularismes opposés à l’universel envahir l’espace public. C’est pourtant ce que fait Gnafron 1er en favorisant l’UIOF (union islamique des organisations françaises) au sein du CFCM (centre français du culte musulman) ou en cirant les pompes du CRIF, organisme de plus en plus sioniste. 

Cela ne veut pas dire que les particularismes sont interdits ou empêchés de se manifester dans ledit espace public, seules sont proscrites les pratiques incompatibles avec les droits de l’homme et de la femme. Prenons l’exemple de ce type de Nantes,  polygame. Il n’en a pas le droit légal et la pratique est dure à coincer en cas de non-cohabitation des épouses et des enfants. Mais il y a eu des Imams qui visiblement ont violé la loi qui interdit les mariages religieux sans passer avant par le mariage civil. Ce sont ces gens-là qu’il faut sanctionner. De même, le voile, voire la burqa, n’ont pas à être exclus de la rue, Ce qu’il faut interdire, c’est leur usage forcé. Car elles percutent des valeurs républicaines qui vont au-delà des droits de l’homme. Ces derniers sont individuels et n’excluent en rien la progression des inégalités, le refus de la solidarité et la progression des curetons de tout poil contre la laïcité, c’est-à-dire la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions et autres conceptions du monde. La version libérale des droits de l’homme (qualifiée à juste titre de « droitdel’hommisme » cher à Couchner) ne dit rien sur les aspects collectifs de la vie sociale et ignore tout simplement l’exigence de justice que contient le cœur de chaque homme et que promeut toute organisation de défense contre l’emprise du libéralisme en tant que relavant « des aux glacées du calcul égoïste ». C’est au nom de l’égalité, de la solidarité, de la justice et de la laïcité que l’universalisme républicain s’oppose à la démocratie libérale qui ne fait que consacrer le primat de l’individu sur les solidarités sociales. 

L’universalisme a comme condition nécessaire le pluralisme ; ce n’est pas suffisant car le libéralisme capitaliste moderne montre bien un universalisme du pluralisme, c’est-à-dire de la juxtaposition de communautés et de groupements. Le pluralisme ne doit s’entende que comme droit à la différence pour autant que celle-ci ne nuise pas au socle commun de valeurs  qui unifient une communauté politique et qui forgent la citoyenneté commune. Mais il y a pire : les Etats islamiques et maintenant la revendication en Israël d’un Etat juif. Juif comment ? Au nom d’une race qui n’existe pas suivant les données de la biologie moderne ? Si l’on reste, d’ailleurs, dans les approches raciales périmées, il n’existe que des sémites, dont les Arabes font partie. Au nom d’une religion ? Ce serait rénover la notion d’Etat confessionnel à l’encontre du pluralisme et de la neutralité idéologique de l’Etat. Au nom de la sécurité des Juifs « de souche » comme chez n’importe quel Tsarkozy ? Ce serait renouer avec une politique d’apartheid. Au nom d’un messianisme religieux ? Ce serait ressusciter le pire de l’impérialisme colonialiste qui prétendait apporter aux sous-développés les Lumières de l’Occident. Le pluralisme n’est qu’une condition de l’universalisme, pas une contrainte. 

Pourquoi la culture occidentale moderne fait-elle autant de place au droit à la différence, au relativisme niant toute hiérarchie des valeurs ? C’est parce que le capitalisme, s’engouffrant dans les valeurs soixante-huitardes, a tout intérêt à favoriser la différenciation des individus et des groupes car cela lui sert à diviser pour régner. Quand les personnes ne s’occupent que d’elles, quand les communautés se raidissent sur elles-mêmes et critiquent les autres, alors personne ne s’occupe des choses communes, ce qui est la définition même du politique,  et encore moins des menées  du kapital financier ou autre. Pour ce faire, il accepte que l’universalisme n’existe pas et renvoie tout le monde dos à dos sans différences, sans contenu hiérarchique des valeurs. Car, pendant que chaque communauté défend son bout de gras, on oublie la justice et la solidarité en tant que valeurs essentielles de l’universalisme républicain. 

Il faut donc rester ferme sur l’universalisme au sens républicain du terme, ce qui ne veut pas dire que l’on ne respecte pas les cultures qui ne l’admettent pas. Cela signifie simplement que ces cultures sont tolérées, les choses étant ce qu’elles sont, mais qu’elles ne sont pas mises sur le même plan de valeur. Il convient à la fois de les respecter et de lutter en permanence pour la promotion de l’universalisme républicain, et pas seulement démocratique ou droitdel’hommiste, dans son contenu substantiel : liberté, égalité, solidarité, laïcité. Il importe d’empêcher le développement en Occident ou ailleurs de tout ce qui contrevient à cet universalisme. Mais est-ce un universalisme quand on constate tant de régimes sociopolitiques qui le nient en pratique ? A commencer par la quasi-totalité du monde musulman, hormis la Turquie. Certes, il ne s’agit pas de la « musulhumanité », si j’ose dire, mais des régimes totalitaires, Arabie saoudite ou Iran en tête, qui s’en servent pour faire régner l’ordre chez eux au profit de leurs potentats ou de leurs politicards. Oui, car nul ne peut être contre la liberté, la dignité, l’égalité, les droits sociaux, les doits politiques, les droits environnementaux. Ou alors il ne reste que l’universel du commerce international que la Chien totalitaire respecte aisément comme Pinochet ou Poutine. 

L’universalisme républicain n’est pas, contrairement à ce que voudrait l’impérialisme culturel français, un refus de la différence, ethnique, religieuse, culturelle au nom de l’indivisibilité et de l’absolutisme de l’Etat. Il accepte toutes les cultures qui ne nient pas le pacte fondamental qui le fonde. Ce qui veut dire que les citoyens adhèrent à u socle commun de valeurs républicaines mais que dans la société civile sont admises toutes les cultures qui le prennent comme référence de rang supérieur en vue de la cohésion sociale. Car il y a différents niveaux dans la vie sociétale : le domestique, le civil, l’économique, le politique. L’universalisme ne signifie que le registre politique est indifférent aux valeurs particulières résidant dans les autres sphères pour autant que celles-ci ne percutent pas le socle commun, à savoir celui établi par l’universalisme. Il a au contraire pour vocation de les protéger pour autant que les valeurs politiques de cohésion citoyenne soient respectées. C’est précisément ce que détruit Nicolae Sarkozescu. 

La mort programmée de la république démocratique

Classé dans : politique — 21 septembre, 2010 @ 11:40

Certes, les anars ont peu de goût pour la démocratie représentative (dite aussi  « délégative » puisqu’ elle confie le pouvoir à des mandataires ou délégués élus)) car elle ne fait que légitimer l’Etat comme mode d’exercice du pouvoir politique au détriment du fédéralisme laissant à toute communauté sa liberté. Hélas, une vraie démocratie sans Etat à la sauce unitaire, centralisée, absolutiste et totalitaire (qui envahit toutes les espaces d’action sociale et de réalité des groupes humains) est encore bien éloignée quand on observe que gauche et droite, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, et que les syndicats sont institutionnalisés au point de préférer leur situation d’honorables correspondants du pouvoir à la défense des intérêts du salariat. En attendant, il y a plutôt intérêt à conserver une démocratie parlementaire, sociale, économique réelle. Car si celle-ci est phagocytée par un pouvoir autoritaire et sans partage (ce que le sarkozysme a évidemment largement aggravé), alors le pouvoir étatique « de donner et de casser la loi » en profite pour favoriser ses vrais mandants, à savoir les entreprises, les riches, les financiers, les rentiers. Marx l’a dit : l’Etat n’est que le fondé de pouvoir du Kapital. La loi alors ne sert plus l’intérêt général ou le bien public, n’assure pas plus de justice pour les défavorisés (bien au contraire car elle renforce les inégalités) ; elle fonctionne encore plus en faveur du pouvoir économique et permet de torpiller tous les droits sociaux chèrement acquis autrefois. Il nous faut donc, nolens volens, en agissant parallèlement et simultanément pour avoir un autre système sociopolitique, sauver le soldat démocratie libérale. Celui-ci est en grand danger et Raskolrodotarintignac, notre nouveau prince depuis 2007, ne fait qu’accélérer le démantèlement de la république. 

Depuis une bonne vingtaine d’années on assiste à la montée en puissance des experts et autres technocrates non seulement en tant qu’individus isolés mais encore comme regroupement « d’autorités» dans des agences, commissions, hauts comités, instances, etc., tant nationaux qu’internationaux. On constate que les chiffres, la statistique, le quantitatif, le calcul ont tout envahi et que le phénomène ne fait que se renforcer. L’homme est « sans qualité », mais, changeant notre Musil d’épaule, il n’est plus sans quantité. Tout est de plus en plus standardisé, normalisé, numérisé, comparé (benchmarking), « débriefé », reporté. Tout est soumis à évaluation (quantitative) et la validation, qui consiste à vérifier que les buts n’ont pas seulement été atteints mais qu’ils sont aussi pertinents et bons pour une collectivité, est oubliée. 

Cette passion pour l’approche quantitative a pénétré le registre politique au nom de la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui divise l’action de l’Etat, non plus par ministères, mais en missions, programmes et actions, lesquels sont assortis d’objectifs à atteindre, d’indicateurs de résultats et de mesure, de tableaux de bord, de « reporting », de statistiques, de procédures d’évaluation des opérateurs, etc. Cela consiste à transporter les critères et les modes de gestion du capitalisme privé dans la conduite des affaires publiques. Donnons un exemple. L’hôpital est tarifé, comme le privé, à « l’activité », ce qui veut dire que des statistiques nationales ont dégagé des normes de coût et de temps d’hospitalisation pour les différentes pathologies, donc des types de maladies qui ne doivent coûter que la moyenne établie par lesdites statistiques. D’où l’ex-calcul de l’ex-dotation budgétaire globale d’un hôpital par la multiplication du nombre de pathologies traitées dans une spécialité par le coût unitaire moyen et l’addition de toutes les spécialités. Depuis la dotation budgétaire globale a disparu et les cliniques et hôpitaux se font concurrence pour attraper les pathologies juteuses, c’est-à-dire celles qui coûtent le moins et rapportent le plus dans la nomenclature des actes. De plus l’hôpital a un budget, soi-disant négocié (sur la base des réalisations de l’exercice précédent et avec objectif de diminution) avec l’Agence Régionale de Santé (dont le directeur est nommé par le pouvoir, comme M. Evin, ex-socialiste en Ile de France, qui propose de supprimer les actes chirurgicaux de nuit et de Week End ou jour férié dans la plupart des urgences au profit d’un seul hôpital au lieu de 7 ou 8), qui ne doit pas être dépassé. L’hôpital est prié de financer en plus la recherche, les équipements lourds, les pathologies lourdes ou multiples et les urgences. La statistique, imposée comme charge supplémentaire aux hôpitaux (avec en outre des postes de comptables, d’administrateurs, de gestionnaires au détriment de ceux des personnels soignants, coût que l’on ne connait pas et qui doit nettement dépasser les économies en personnel médical), a donc servi à normaliser non seulement les actes médicaux, mais encore les pratiques professionnelles contre l’ancienne liberté de diagnostic et de thérapeutique des praticiens. 

De même, la mise en place de statistiques pour les médecins libéraux du secteur « ambulatoire » a servi à créer des « références opposables » permettant de normaliser et contrôler les ordonnances et les arrêts-maladie, limitant là aussi la liberté des praticiens. Et, cerise sur le gâteau, ce sont les opérateurs eux-mêmes qui doivent « renseigner » les tableaux statistiques du pouvoir ou les fichiers destinés à espionner, comme la fameuse base élèves (qui, au début avant levée de boucliers, permettait de ficher les enfants d’immigrés clandestins) dans les écoles ou comme la 1ère mouture d’Edvige qui recensait les caractéristiques (religion, appartenance sexuelle, engagements politiques ou syndicaux, etc.) des « clients », même innocents ou lavés par la justice, de la police. 

On voit donc qu’en réalité, le quantitatif, les statistiques sont une technique de pouvoir correspondant à un ordre politique de plus en plus autoritaire. Le caractère dominateur de cet ordre se voit facilement dans la profusion de chefs, seuls décideurs, nommés par le pouvoir pour appliquer sa politique, un peu partout : écoles, universités, hôpitaux, entreprises encore publiques, agences « neutres », services d’Etat comme l’INSEE, etc. Le pouvoir est alors construit comme une pyramide, la pointe en haut (Tsarkowitch, qui de son beau bureau pense pouvoir tout diriger), qui descend par délégations successives de pouvoirs sur les personnels de base et sur les usagers des services publics. C’est un réseau, ou plutôt une toile d’araignée, qui repose sur la fidélité, le conformisme et l’obéissance sans faille des petits chefs nommés par le prince et ses sous-fifres.   

Cette centralisation a été légitimée par un beau discours contraire. La statistique, les objectifs, la comptabilité, etc. et toutes les opérations de « modernisation » en vue de l’efficacité de la dépense publique ont été mis en place pour favoriser l’autonomie des opérateurs et des structures. Qui donc pourrait s’opposer à l’autonomie, à la qualité, à la sécurité, à l’équité, à l’efficacité des services publics sans passer pour un dinosaure, un réac, un corpo ? C’est pourquoi les assujettis de base, en outre leurrés souvent par leurs syndicats, ont mis du temps à réagir avant que ne naissent des mouvements de « désobéissance civile » (les RASED, les hébergeurs de clandestins, les coupeurs d’OGM, les médecins délivrant des ordonnances sans faire le partage entre longue maladie et problème ponctuel de santé, les électriciens de « Robin des bois » réalimentant les clients coupés, les occupations d’immeubles vacants par des organisations de défense des sans-logis, etc.). 

Cette révolte émane des consciences individuelles qui se groupent naturellement par similitude des valeurs partagées par les opposants, ce qui donne ipso facto un caractère collectif au mouvement de désobéissance. La réunion des consciences morales provient aussi de ce que les « autorités » et autres représentants ou processus et structures de représentation démocratique ne fonctionnent plus. Ou que les « Autorités » n’aperçoivent même pas le problème de l’illégitimité de certaines pratiques gouvernementales ou la nature des cas de conscience soulevés par les situations crées par les détenteurs provisoires de l’exercice du pouvoir d’Etat. Cette absence de lucidité est facilitée par les astuces du pouvoir : découpage des problèmes en rondelles (le vieux salami de Staline), étalement progressif dans le temps sous forme de petites étapes constituant un point de non-retour et une avancée vers le but final caché, manipulation du langage commun, affichage d’une loi apparemment convenable mais dégradation de celle-ci par les textes réglementaires. Car la constitution et la loi, votées censément démocratiquement au parlement, sont violées par des décrets, règlements, arrêtés, circulaires de l’exécutif et de ses  pions administratifs ou ministériels. Ces textes sont le fait du pouvoir sans consultation et n’ont rien de facile à saisir car ils sont souvent internes à l’administration et ne font pas l’objet d’une publicité. Le dernier exemple est la circulaire, soigneusement camouflée, d’un séide d’Hortefeux insistant spécialement sur la destruction des camps illégaux de Roms (« illégaux » parce que la légalité républicaine obligeant les communes à offrir des aires de stationnement aux « gens du voyage », le plus souvent français de souche et non roumains ou bulgares, notez l’amalgame, est violée). C’est pourquoi la révolte des citoyens prend la forme de la désobéissance civile puisque tous les canaux de contestation et d’expression en démocratie réelle sont été bouchés par le pouvoir. Or, la stratégie quantitative des pieds nickelés du gouvernement, la concentration des pouvoirs sur les petits chefs à lui inféodés, le contenu même de la « modernisation » posent des problèmes de légitimité bien au-delà de la légalité du pouvoir en place et de ses décisions. 

Déjà, l’objectif d’autonomie et de décentralisation est volontairement trompeur. En effet, la liberté réelle des opérateurs de base est déjà restreinte par la déconcentration des pouvoirs sur la tête de compradores-chefs ayant les pleins pouvoirs à un niveau régional. En outre, le système statistique et quantitatif est construit, non plus pour contrôler les populations, ce qu’a toujours fait l’Etat, mais pour imposer des normes et des standards, pour évaluer les « bonnes pratiques » et les gens qui les ont ou pas, pour stigmatiser, évaluer et contrôler les fonctionnaires, notamment ceux qui ont les plus mauvais résultats montrés par le benchmarking. Ce qui pousse à la surenchère, à la « politique du chiffre » et sans doute au truquage des statistiques puisque les données de base viennent de la base (stat. du chômage, de la police, de l’immigration, etc.) Car les ordres d’en haut descendent toute la pyramide hiérarchique à partir des compradores du sommet jusqu’aux sicaires de proximité et enfin jusqu’aux agents de base : sans promotions, sans primes, sans logements de fonction s’ils ne sont pas efficaces ». 

En 2ème lieu, il y a manipulation du langage ordinaire et du sens commun car les mots affichés par le pouvoir, qui apparemment en relèvent mais pour tromper, contiennent en réalité une signification différente. Par exemple, efficacité ne signifie pas le meilleur service public rendu aux usagers au meilleur coût mais résultats mesurés par rapport aux objectifs d’amoindrissement des structures et services et de simple diminution des coûts. Ainsi dans l’Education nationale, l’efficacité est mesurée en termes d’acquisition des compétences de base et non plus en vue du développement maximum des potentiels de chaque élève. Equité ne donne plus justice adaptée aux situations différentes, mais affectation de ressources de plus en plus limitées aux populations ou aux individus méritants et ayant le plus besoin d’aide (s’ils le méritent car ils le « valent bien »). Cette équité trompeuse a de plus supplanté l’égalité. Liberté ne se comprend plus comme pouvoir de régler soi-même son action suivant les règles de l’art dans la profession, mais devoir d’appliquer les normes fixées par le pouvoir à partir de ses références statistiques et de ses objectifs valorisés en coûts/avantages. La liberté, ce n’est plus pouvoir être solidaire des autres mais mener sa propre barque via les évaluations personnelles et les récompenses au mérite individuel. Le pouvoir a ainsi acquis le pouvoir exorbitant de qualifier lui-même les choses, de leur donner leur sens,  en les enfermant dans des catégories comptables et statistiques, tout en faisant croire que les valeurs républicaines, auxquelles les opérateurs adhèrent, sont maintenues. Par ailleurs, outre la privation de la liberté d’exercer son métier, de se donner le sens et le langage de son action, le pouvoir a quasiment supprimé la liberté d’expression. C’est ce qui explique la désobéissance civile de nouveau à l’ordre du jour. 

En 3ème lieu, le gouvernement comme moyen de promotion de l’intérêt général, la loi comme instrument du bien public ont été remplacés par la « gouvernance » et le contrat. Par exemple, chaque employé  a maintenant « un entretien individuel » avec sa hiérarchie, une évaluation de sa pratique en cours et un contrat d’objectifs à atteindre pour l’exercice suivant. La logique du privé règne désormais dans la fonction publique. Mais c’est bizarre parce que le fonctionnaire n’est pas au service du patron, comme dans le lien de subordination des contrats de travail en entreprise privée, mais à celui de la communauté des citoyens. De plus les prestations d’un service public sont indivisibles (offertes à tous et organisées collectivement) et donc évaluer les individus et non les actions ou personnes collectives n’a guère de sens. La politique a disparu au profit de la gestion financière et économique. La démocratie a été remplacée par les experts inféodes au pouvoir. 

Enfin, derrière cette quantification, il n’y a plus de valeurs et de normes de légitimité fondées sur la pacte social et politique devant organiser la communauté des citoyens sous la bannière républicaine de l’égalité, de la liberté et de la solidarité. Il n’y a plus que des dépenses, des charges, des coûts. A-t-on vraiment besoin d’un Etat et d’un gouvernement pour cela ? Car comme disait Proudhon : « avant de se gouverner, la société travaille ». 

La honte

Classé dans : politique — 17 septembre, 2010 @ 11:37

Ce qui frappe le plus dans les événements actuels concernant  la mafia politicienne UMP, c’est la disparition d’un sentiment traditionnel, celui de la honte. Les politicards d’aujourd’hui sont des agneaux en aval de la pollution de l’onde fraiche, ladite pollution n’étant qu’un effet des médias. M. Woerth a menti n fois plus une par omission. Il se replie dans sa vertu. Il ignore que ses casquettes de ministre du budget, de trésorier de l’UMP, de racoleur de subsides auprès des riches pour financer l’UMP et la campagne de Tsarko en 2007 posent des problèmes de conflits d’intérêt et de financement occulte d’un parti ? Il est pur ; il n’est pour rien dans les magouilles de l’association du développement de l’Oise, condamnées en justice alors qu’il en était un des responsables sous la houlette de Mancel, lui-même condamné. Il n’est pour rien dans la vente illégale à bas prix d’une partie de la forêt de Compiègne pour ses copains hippiques, assisté en cela par le sénateur très vertueux pour les finances publiques, le sieur Marini, maire de Compiègne. Amalgamer les Roms de Bulgarie et de Roumanie avec les gens du voyage français depuis des siècles, les délinquants avec l’immigration, ne pose aucun problème de conscience. Utiliser les services de l’Etat, y compris ceux du contre-espionnage, au profit d’intérêts privés est normal. Il est vrai que Tonton (tu m’acoutes, pourquoi tu tousses ?) avait ouvert la voie. Crier haro sur ces salopards de juges qui démentent la police est légitime à Grenoble. Et pourtant la chambre d’accusation en appel a donné raison au juge des libertés. C’est là que l’on voit toutes les saloperies possibles avec les témoignages anonymes ou sous X. Un gendarme a abattu un prévenu entravé, menotté, de 7 balles dans le dos dans la cour de la gendarmerie, c’est normal car il s’enfuyait, dixit l’avocat général sans doute aux ordres. Là aussi, il n’y a plus de vergogne ; tout est permis car c’est couvert par le pouvoir qui confond la fin et les moyens et qui n’interroge aucunement les fins. Ne pas ouvrir d’instruction dans l’affaire Bettencourt-Woerth confirme le diagnostic : les services de l’Etat de défendent plus l’intérêt général ; ils sont au service d’un pouvoir qui a monopolisé tous les pouvoirs, partout, en y nommant ses sbires et affidés. Aucune honte à avoir dans ce torpillage en règle de la démocratie. La culpabilité et l‘illégitimité ont disparu ; il ne reste que la responsabilité comme disait la mère Dufoix, socialiste : responsable mais pas coupable dans l’affaire du sang contaminé. Mais au pénal il n’y a plus de politicards ou de managers responsables ; cela a été reporté sur les entreprises en tant que personnes morales ; cela a été exclu pour les notables par la loi Fauchon de 2 000 (sous Jospin) qui les exonère en cas de non-connaissance des risques. Avant Raskoltignac, les riches étaient honteux ; ils se camouflaient en Suisse ou ailleurs en profitant au passage des avantages fiscaux de pays non coopératifs dans la lutte contre l’évasion fiscale. Maintenant, ils ont le droit et la fatuité de s’afficher. Ce n’est pas dû à Tsarko même si celui-ci est de ce bord là. C’est le résultat de 30 ans de politiques libérales cachant les prédations, magouilles, privilèges d’Etat sous le masque de la réussite méritée par le travail. L’idéologie libérale, que Raskoltignac partage et propulse, est que la fortune sourit aux audacieux risquophiles et travailleurs. Leur succès est mérité, ce qui évacue toute honte dans les moyens d’y arriver. Seul le résultat compte. Evidemment, le fait que 100 milliards d’euros d’impôts aient disparu au profit des riches depuis 2002 (déjà sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin qui joue  les vertueux maintenant) n’est pour rien dans l’affaire. Ni les privatisations de services publics au profit d’ex-hauts fonctionnaires reconvertis dans les affaires, analogues aux rachats d’entreprises publiques par les oligarques en Russie sous Eltsine. Ni les faveurs aux fournisseurs d’Etat, en même temps propriétaires de médias, comme Dassault, Lagardère ou Bouygues ; ni les magouilles de la françafrique en faveur des Bollloré et consorts ; ni les arrangements fiscaux dans les grosses successions (César, Wildenstein, Lagardère, Bettencourt, etc.) ; ni les faveurs du fisc pour les expatriés fiscaux, etc. Tout cela est normal car les riches font ruisseler leur fric sur les prolos en achetant leurs services et créent ainsi de l’emploi induit. Sans les privilèges du luxe, il y aurait moins d’emplois induits par leur consommation. Ce que, pourtant, les statistiques ne confirment pas puisque les riches n’investissent pas dans la production mais dans la spéculation.  Et, en outre, si on les impose de trop ils partent à l’étranger comme n’importe quel Jean-Philippe Smet. Comme l’a dit le président Tsarkowitch : il faut réhabiliter l’argent et le mérite qui le procure. Il s’ensuit que les riches n’ont plus à avoir des scrupules vis-à-vis des pauvres : ils ont ce qu’ils méritent et les exclus aussi. 

L’absence de honte des riches est amplement montrée par les enquêtes du couple Pinçon-Charlot (dernier opus : « le président des riches »). Ces gens-là forment un groupe uni, fermé, endogamique ; ils ont leur habitat séparé dans les banlieues chic bien protégées par les sbires policiers ; ils ont leurs institutions de rencontre et de fermeture au vulgum pecus : jockey club, rallyes, bal des deb, écoles privées, etc. En fait, ce sont des chauds partisans de la lutte des classes (et des places) et ils se sont organisés pour conserver leurs privilèges face à un monde du travail de plus en plus atomisé. Donc, les riches n’ont plus honte ; du reste, aux USA ils veulent donner la moitié de leur fortune à des associations ou fondations. Ce n’est pas nouveau ; c’est ce qu’avaient fait les barons voleurs aux 19ème et 20 ème siècles pour faire oublier leurs prédations sur le bien public. De toute façon, la restitution aux bonnes œuvres est très inférieure au montant des vols commis sur la richesse publique. C’est ce modèle du vol privé, exonéré par le don, la charité, que souhaite Tsarko l’américain, de même que l’accès du plus grand nombre à la propriété de son logement, ce qui permet aux « accèdants » de la fermer tant que l’hypothèque court et de rejoindre les cohortes sécuritaires pour protéger leur bien. La propriété est le début de la justification et de l’acceptation des inégalités car si j’ai pu devenir proprio, pourquoi les autres n’en useraient-ils pas de même ? S’ils n’y arrivent pas, c’est donc que ce sont des pauvres types, voire des immigrés clandestins, des « racailles » à karchériser. 

C’est pourquoi, bien seuls en univers libéral, les prolos, eux, ont honte. Ils ont retenu la leçon libérale propagée par les médias et les politicards de droite : si vous ne réussissez pas, c’est que vous êtes des fainéants qui « ne travaillent pas plus pour gagner plus », des ratés, des nuls, des minables, des risquophobes qui êtes payés au niveau de votre maigre productivité marginale. Soyez déjà bien heureux qu’il y ait encore de la protection sociale. Cependant il faut amoindrir celle-ci car elle encourage votre dépendance, votre soumission à l’assistanat public. Les assurances sociales ne font que vous déresponsabiliser; c’est pourquoi il faut les abaisser. Ayez honte de ne pas réussir et de vivre aux crochets de la collectivité. Baigné dans cette idéologie individualiste et fricophile, le prolo se sent coupable. Or, il n’y arien de pire que les sentiments de culpabilité et de honte car ils touchent au plus profond de l’estime de soi, de l’amour-propre dans la relation aux autres. La honte est l’envers du mépris que les autres peuvent afficher à votre égard. La honte est insupportable parce qu’elle est indicible et plus qu’elle est soumise aux regards de ses propres enfants et de son voisinage. Il faut y échapper. Pour cela, on peut faire appel à des circonstances fortuites, notamment la malchance ou un milieu défavorable. Cela ne marche guère puisque les pauvres sont responsables de leur situation au bout d’un certain temps. Que reste-t-il alors ?  Le bon vieux bouc émissaire : les immigrés, les communautés, les beurs et autre noirs mal assimilés, les Roms, etc. On aura reconnu le terreau du F-Haine maintenant exploité avec bonheur électoral par Rodotarin 1er .  Mais la honte peut être aussi tournée vers soi-même, ce qui peut expliquer une bonne part des suicides de salariés : ils ont trop honte de ne pas atteindre les objectifs irréalistes fixés unilatéralement par leurs petits chefs suivant les consignes managériales de leur direction, ils ont peur de ne pas être à la hauteur de cette entreprise et de leur job dans lesquels ils se sont trop investis. 

Cependant, ne prenons pas Raskoltignac comme seul coupable de cette stigmatisation des pauvres en forme de projection de ses propres peurs sur des boucs émissaires.  La chose est dramatiquement liée aux effets de 30 ans de politiques libérales en faveur du pognon, politiques menées aussi par les socio-démocrates, qui, curieusement, sont cois et n’affichent pas pour l’instant le moindre début de programme sérieux ; ils n’ont que des champions en vue des élections de 2012 : Ségolène, la mère Térésa du socialisme, Martine la convertie à la compassion du « care », François, dit chamallow ou fraise des bois ; Dominique, le purgatif du FMI, Valls à 3 temps (moi, moi, moi), etc. Comme disait l’autre, protégez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. Il y a aussi que l’idéologie libérale, individualiste, égoïste, utilitariste, matérialiste, etc. règne depuis longtemps en maître sur les esprits. C’est pourquoi l’élection de Raskolrodotarintignac en 2007 n’est que le résultat d’une conjoncture entre l’homme de la situation,  la désespérance honteuse des exclus de la société libérale et la peur des vieux soucieux de protéger leurs maigres biens contre les « racailles ». Le candidat UMP en 2007 avait su merveilleusement faire foisonner les électorats en sa faveur. Il n’avait pas lésiné sur les discours contradictoires en fonction desdits électorats : libéral, ce qui est sa tendance profonde, devant les uns, socialisant, devant les autres. Double discours et écart entre le dire et la pensée rapidement démentis par les festivités au Fouquet’s et autres et par le vote de la loi fiscale de 2007. 

Las, le démagogue a été pris à revers par la crise de 2008, crise qu’il n’avait pas vu venir eu égard en sa croyance dans l’efficience des marchés et de la « concurrence libre et non faussée ». Du coup, il a essayé de se rattraper (à usage interne vis-à-vis de l’électorat) en gueulant comme Rodomont, le bravache, et Tartarin de Tarascon, le hâbleur, contre la dérégulation financière qu’il n’avait pas vue lorsqu’il était ministre du budget sous Chiracos. Il en était d’autant plus partisan qu’un avocat d’affaires n’existe pas sans affaires autorisées par ladite dérégulation. Cette crise montre que les prolos n’ont pas à avoir honte d’une situation que le libéralisme à tout crin soutenu alors par Tsarko a créée. Ils reprennent du poil de la bête malgré des syndicats qui s’emploient à diviser pour régner afin de protéger leur statut d’honorables correspondants institutionnalisés du pouvoir. Sarkozescu joue la montre avec des mesurettes fiscales et sociales en vue de 2012. Stratégie aléatoire car rien ne dit que les « marchés » ne vont pas les trouver rapidement insuffisantes et forcer le prince à augmenter les impôts avant. C’est sans doute, du reste, ce qu’il joue : attendre que les événements forcent le pays à en passer par une potion FMI comme en Grèce. Lors ; il dira alors : c’est pas ma faute, c’est obligé par les circonstances de la faillite de la France. Il oubliera évidemment que cette faillite a été amenée par sa politique et celle de ses amis de droite, bien assistée par la gauche social-démocrate, qui y a conduit. En attendant, la honte des pauvres continue de saper les fondements de la société. Pour y échapper, il faudrait pouvoir l’exprimer, être écouté, être soutenu afin de faire montre de résilience. Cher Boris Cyrulnik, avec ce pouvoir-là vous rêvez.

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