les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

du bon usage médiatico-politique de la canicule

Classé dans : Non classé — 20 août, 2009 @ 9:09

Parmi les nouvelles valeurs essentielles de notre société, il y a la météo et, en ce moment, la canicule. Il est très plaisant de voir les médias faire assaut d’information sur le sujet. Tout y passe, notamment les bons conseils des experts sur la façon de s’en protéger. Comme si les gens avaient atteint un si haut niveau de débilité qu’il faille en permanence les tenir par la menotte (y compris policière) au point que j’imagine que bientôt les « savants » et autres « sachants » (ensachant le savoir) nous indiqueront comment aller pisser. On se penche avec compassion sur nos vieux qui ont oublié qu’il fallait boire. Pourtant, ils sont entourés d’experts qui en prennent soin. A moins que la grande misère en installations et en personnel des mouroirs où le plus grand nombre stationne ne soit le vrai problème politique que des médias inféodés doivent s’employer à celer. Evidemment ce n’est pas le seul sujet fondamental traité par les médias en ce moment. Il y a les sempiternels incendies de forêt pour lesquels nous apprenons qu’il ne faut pas fumer ou allumer de feu en balade forestière. M. Smet, exilé fiscal  à Gaadst, est déçu ; il jaunit à l’idée que la Suisse ne passe plus sa belle chanson toni-truante. Il est rare que les journaleux nous disent que nombre d’incendies estivaux, notamment en Corse, sont liés à des spéculations immobilières pour rendre les terrains dévastés enfin constructibles. Ce sont des taiseux quand les gouvernants ou les édiles municipaux ou régionaux  pourraient être mis en cause.

Le traitement médiatique de la canicule consiste à reporter la responsabilité des effets de la surchauffe sur ces imbéciles de Français. Circulez ; au plan politique il n’y a rien à voir. Objection votre honneur : quand j’étais jeune, j’habitais à Albi ; les beaux étés y étaient alors fréquents et l’on se tapait souvent du38/40 à l’ombre pendant plus d’une semaine. Personne n’en parlait (il n’y avait pas de rivalité dans le sensationnel et le populiste entre les chaines puisqu’il n’y en avait qu’une, puis 2, mais d’Etat) ; les gens avaient l’habitude et surtout les vieilles maisons étaient « faites  pour », comme dirait Coluche (murs épais, ventilations naturelles, volets en bois, etc. ; voir aussi l’exemple du M’Zaab au Sahara). Or, on a ensuite construit des clapiers en béton, aux murs très minces, sans ventilation naturelle ; et … peu coûteux à construire. Comme quoi, on retrouve toujours partout notre vieille amie du capitalisme triomphant, à savoir la recherche du moindre coût et de la rentabilité maximale. Recherche facilitée, propulsée, autorisée par qui ? Les législateurs et les pouvoirs publics. Comme les murs en béton (ou en parpaings creux des « villas » modernes), le délirium politico-financier est devenu tremens. Le vrai problème est donc le mode même de construction des habitations. Il faut donc l’éviter pour que les dirigeants dorment en paix dans leurs palais publics climatisés ou anciens.

La grippe, ex-porcine, a été débaptisée pour faire oublier que le virus est né dans des élevages abominables où les hommes côtoient les porcs sans la moindre précaution. Oh la la, s’il fallait enfin réglementer vraiment et surtout surveiller les élevages bretons (ou étrangers car la concurrence est le meilleur moyen de faire baisser les prix), ces braves gens levant facilement les fourches et déversant pour une fois le lisier non dans les rivières mais devant les préfectures. Plutôt que de prévenir ex ante, on va donc guérir ex post; pendant la grippe, les affaires doivent continuer sans inquiéter les vacanciers sans affaires sur eux et les consommateurs de travers (industriels) de porc. Donc, comme la pandémie menace, il est plus simple d’affoler le bon peuple minute par minute et surtout de montrer comment les autorités se sont emparé du problème à bras le corps et le traitent magistralement. M. Chââtel préconise de fermer les écoles dès qu’il y aura trois élèves atteints. Pourquoi pas 4 ?  Y a-t-il eu une étude scientifique ? On nous la cacherait pour justifier ce nombre ? Et. on stocke les masques et l’on commande des vaccins qui risquent de n’être pas disponibles au plus haut de l’épidémie. Alors, on pense à une liste de priorités en tête de laquelle ne figurent pas les gouvernants (oubli ou cachoterie ?) ou les policiers. C’est affolant. Qu’est-ce que le pays va faire si le gouvernement est décapité, si la police n’intervient plus pendant 15 jours ? On fera comme en 40/44 chez les charcutiers ou autres BOF profiteurs de guerre : décochons, des cochons, des cochons nos traits, des truies, des truies, détruisons l’ennemi, pourceaux, pourceaux, pour sauver la patrie.

Des suicides en prison ou dans les entreprises ? La réponse politico-médiatique est toujours la responsabilité et la « fragilité » individuelles. L’organisation du travail, son intensité, la pression des petits chefs pour le rendement, l’individualisation des salaires et des rapports sociaux, la mise en compétition des travailleurs par l’évaluation individuelle et surtout comparative dans des « tableaux d’honneur » de la semaine, la destruction des collectifs de travail où les plus faibles trouvaient une aide, etc. ne comptent pas. Mais comme le problème existe cependant, on va faire appel à des psychologues qui fourniront sans doute du Prozac. Les prisons sont invivables ? On va former des matons à la psychologie. Tout devient redevable des « psys ». C’est bien commode pour évacuer les dimensions sociopolitiques des problèmes.

Et quel est le résultat à long terme de toute cette exposition médiatique de faux problèmes et de mauvaises solutions, de cette défausse du politique à grand renfort d’information journaleuse et d’experts autoproclamés ? C’est la déresponsabilisation de tout le monde. Pourquoi se fatiguer à se gérer soi-même, à se protéger, à s’outiller s’il suffit de regarder la télé pour savoir quoi faire ?

Le siècle progresse vers l’Etat de droit

Classé dans : Non classé — 16 août, 2009 @ 11:14

                                              « Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse » 

                                                                           (Stendhal, Souvenirs d’égotisme)

Depuis 2001, ce qui veut dire que la dégradation des choses  a commencé sous les socialistes en peau de lapin, le droit a en pris un sacré coup dans les badigoinces. Voyons-le  en reliant quelques  vieux principes généraux du droit, lentement accrédités  par la morale et  la culture au cours de l’histoire, aux récentes évolutions en la matière.

·         L’audience publique (principe du débat public, la justice se rendant au nom du Peuple) concerne de moins en moins de monde grâce à la mise en place du « plaider coupable » procédure dans laquelle le justiciable « négocie » sa peine avec le procureur à condition de s’avouer coupable en présence d’un avocat dont le rôle est limité au respect de ladite procédure. Rappelons que, aux USA, l’avocat garde un rôle essentiel, y compris en plaider coupable, et peut même mener une contre-enquête, ce qui lui est interdit en France. On copie le pire sans prendre le meilleur. Le « repenti » avouera d’autant plus facilement que 48 heures de garde à vue (le nombre des gardes à vue a doublé pour dépasser 600 000 en 2008) lui auront assoupli les méninges et l’échine  et que l’on aura trouvé contre lui des indics payés et anonymes ou des témoins « sous X ». Le « coupable » ne saura donc pas qui le fait accuser, ce qui augure d’un simulacre de procès sans accès équitable à la justice.

·         A l’audience, juges et procureurs ont normalement leur liberté de parole. C’est trop. Alors, la bonne Arachid Data (huile donnée comme révélation ethnique à la nation) a sermonné des procureurs en usant de façon trop libre pour la chancellerie. Autre principe violé, celui du débat contradictoire qui n’existe plus dans le plaider coupable et fort peu en comparution immédiate.

·         Le procès doit être équitable. La chose est de moins en moins assurée avec les « comparutions immédiates » (ex-flagrants délits) où les avocats, en général commis d’office, reçoivent le dossier une heure avant l’audience et dans lesquelles les contrevenants ont été très diminués par leur passage au dépôt (une honte pour la dignité humaine vu leurs installations) et plusieurs fouilles à corps. Il va de soi aussi que l’anonymat des témoins à charge détruit cette notion d’équité dans la conduite du procès. La réduction drastique du nombre de tribunaux contribue aussi à éloigner le justiciable des lieux de jugement, ce qui évidemment nuit aux plus défavorisés notamment dépourvus de moyens autonomes de transport.

·         Le procès doit tenir compte de la personnalité du prévenu et des circonstances atténuantes. C’est le vieux principe de l’individualisation des peines. Or, les peines-planchers deviennent automatiques en cas de récidive. C’est du reste pourquoi un proc. s’est fait remonter les bretelles par la chancellerie : il avait justifié à l’audience pourquoi il ne demandait pas la peine plancher. Car celle-ci n’est pas automatique si, et seulement si, la dérogation est justifiée. On reconnaît là l’hypocrisie des gouvernements. Le droit semble respecté mais tout est organisé pour qu’il n’en soit rien. En effet, il suffit que des consignes ministérielles soient transmises aux parquets pour minimiser le droit à la dérogation par justification. Et si un proc. ne veut pas comprendre qu’il n’a en fait aucune marge de liberté d’interprétation alors on le sanctionnera : engueulade, baisse  de sa prime, mutation, perte des droits à avancement. Rappelons au passage que le droit est affaire d’interprétation, si non un barème géré sur ordinateur suffirait pour déterminer la peine. La liberté d’interpréter les textes de loi lors de leur application aux cas particuliers est donc sapée à la base, ce qui introduira une perte de valeur de la jurisprudence. Or celle-ci est une des sources majeures du droit…

·         C’est à l’accusation de faire la preuve de la culpabilité du prévenu. La loi Hadopi (censurée par le conseil constitutionnel parce qu’elle confiait une sanction pénale sans jugement à une autorité administrative comme sous Vichy) a innové : désormais c’est à l’accusé de prouver que ce n’est pas lui qui a téléchargé des choses, que son ordinateur a été piraté à son insu (facile en WiFi) et qu’il a  en place un logiciel de protection.

·         C’était aux juges de mettre ou de maintenir les gens en détention. Que nenni ; désormais pour les individus dangereux, notamment auteurs de crimes sexuels, une simple décision administrative suffira pour les maintenir enfermés ad libitum notamment dans un hôpital psychiatrique ou une structure ad hoc. On sait qu’environ 30 % des détenus relèvent en fait de la psychiatrie. Rien à cirer : les hébergements en prison sont moins chers et cela permet de répondre aux exigences des victimes qui veulent une peine infamante et non une cause psychologique ou sociale des délits et crimes. Cette rétention administrative institue par ailleurs un déni de la présomption d’innocence et surtout revient à prévenir des intentions. Or la justice d’autrefois ne devait juger que des actes ; d’où l’anecdote de Me Moro-Gaffieri qui défendait, years ago, un individu surpris devant une joaillerie muni d’une pince-monseigneur et sans début d’effraction. L’avocat plaida ainsi : je porte sur moi tous les instruments du viol, puis-je pour autant être condamné ? Cette montée en puissance de la répression des simples intentions est aussi le fait de la police : si vous vous trouvez par hasard sur le lieu (ou l’itinéraire) d’une manifestation vous pouvez en être écarté de façon préventive (ou ensuite être condamné pour cette seule présence, même si on ne peut prouver des actes, lorsqu’il y a eu du vandalisme). Notons que si le principe de la punition des seuls actes a été adopté, c’est parce que les intentions ne sont pas démontrables même pour un psychanalyste… Les lois Perben avaient lancé la chose en interdisant les rassemblements de beurs dans les halls d’immeubles ou en punissant la mendicité avec un chien. Remarquons que ce qui est en jeu c’est non seulement l’intention des rassemblés ou, mais encore la présomption de ce que les beurs et autres jeunes noirs sont dangereux par nature. Ce qui invalide alors un principe légal : le refus de stigmatisation des gens pour leur « race »  ou ethnie, chose poursuivie  par exemple dans les pratiques policières ou de videurs de boîtes de nuit en ce qui concerne le « délit de faciès ». Quelle contradiction : d’un côté on interdit, de l’autre on favorise ces pratiques !

·         Autre innovation inquiétante : la punition des actes collectifs alors que la justice ne connaissait que le principe libéral de la responsabilité individuelle, dont, par ailleurs, le Nicktalope (obscurvoyant) et ses sbires nous rebattent les oreilles. La punition, autrefois, ne pouvait être collective… Or, en outre, M. Estrosi, dit le motodidacte, peu versé en droit, nous prépare une loi contre les bandes et le seul fait d’en être ou d’être présumé en faire partie, impliquerait tout un chacun dans un phénomène collectif.

·         La loi est égale pour tous et un jugement d’un jury populaire ne saurait être contesté sauf événements nouveaux ou erreur de procédure. Eh bien maintenant les « communautés » peuvent exiger un autre procès, ce à quoi le garde des sceaux obtempère, sous la houlette de Naboléon qui ne veut pas perdre les suffrages des communautés, lesquelles du reste n’ont pas à être reconnues en tant que telles puisque la démocratie française ne connaît que des individus sans distinction de sexe, de race, de religion, de situation sociale. Et que devient la laïcité, ou principe de neutralité vis-à-vis des religions ou conceptions du monde, si une communauté ethnico-religieuse est en position de dicter la procédure aux autorités judiciaires ? Au passage, par ailleurs, signalons que l’avocat général, accusé de n’avoir pas requis pour tous les accusés le maximum des peines encourues, a été traité « d’antisémite génétique » (son père avait été collabo sous Vichy) sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent… Il est vrai que chez Zébulon 1er la pédophilie et l’homosexualité sont génétiques.

·         La présomption d’innocence est foulée aux pieds par l’institution judiciaire elle-même. On voit les procs. paraître à la télévision pour un oui ou un non. Il faut bien qu’ils justifient les gardes à vue. Ainsi, en l’espace d’une semaine, trois affaires d’accidents ayant causé une mort involontaire, ont amené les présumés responsables en garde à vue, y compris les lampistes, et les procureurs dans les étranges lucarnes. Dont le substitut de Senlis qui a donné deux versions différentes du même accident à 2 jours d’intervalle. Dans l’affaire Dray, les informations révélées par les médias ne peuvent provenir que de sources judiciaires, pourtant tenues au secret de l’instruction. Du coup, Dray semble condamné au moins par l’opinion publique…  Ainsi, la présomption d’innocence est mise à mal suivant le vieux dicton : pas de fumée sans feu. Les procs. usent et abusent maintenant de la procédure dite « d’enquête préliminaire ». Dans celle-ci, le justiciable et ses avocats ne sont pas associés à l’instruction et n’en connaissent pas les pièces, sauf si le proc. a la grande bonté de les leur communiquer ! Le proc. peut procéder, dans le secret des informations recueillies, à toutes les enquêtes qu’il veut et qu’il confie à la police, qui dépend de lui… Cette procédure n’est contrôlée par aucune autre instance (remarquez que dans le cas de l’affaire d’Outreau ces contrôles n’ont servi à rien… tant la corporation s’auto-protège). Le proc. est seul à décider des suites de l’affaire : non lieu ou mise en examen. Quand on sait que le Nicktalope (notre prince obscurvoyant) veut supprimer le juge d’instruction et tout confier aux parquets (magistrats non-indépendants comme vient de le souligner la Cour européenne des droits de l’homme) on peut craindre le pire. Cela promet pour l’accès équitable à la justice. On notera que le pouvoir des magistrats dans le conseil supérieur de la magistrature a été rogné pour y introduire des représentants de la société civile nommés par le pouvoir ; ils n’y ont plus qu’un tiers des sièges. L’hypocrisie consiste à dire que cette réforme est faite au nom de l’ouverture et du pluralisme. On observera qu’il n’est pas encore question de rendre les parquets indépendants de la chancellerie, ce qui serait nécessité par la suppression des juges d’instruction. Or dans toutes les vraies démocraties la justice est considérée comme un 3ème pouvoir indépendant. En France, ce n’est qu’une « autorité judiciaire ».

·         La justice doit traiter tous les justiciables sur un pied d’égalité. Ce n’est plus de saison. Les peines pour les quidams ordinaires ont fantastiquement augmenté (peines planchers, multiplication des délits à coup de lois sécuritaires et de modifications incessantes du code pénal depuis 2001, aggravation des peines par la magistrature couchée reprise en main par le pouvoir et incitée à la sévérité sous peine de blocage des primes, de l’avancement et des mutations). Depuis 2002, le code pénal a été modifié 116 fois et toujours dans le sens le plus répressif pour les « sauvageons ». Ce qui nous conduira à 80 000 détenus à l’horizon 2012 (64 000 en 2009 pour 55 000 places). En revanche, le nombre des délits pénaux pour les patrons a été réduit d’un bon tiers (140 on été supprimés depuis 2002) et cela continue. Du reste les moyens de contrôles par l’inspection du travail, par l’inspection sanitaire ou vétérinaire ou par la répression des fraudes ont été subrepticement réduits. Par ailleurs, la responsabilité pénale des entreprises a remplacé celle de leur patron (voir les deux explosions de gaz pour GDF par suite d’une décision ralentissant le programme de remplacement des fontes cassantes ; voir l’affaire Elf-Total dans l’explosion de Toulouse le 21 septembre 2001). En outre, les édiles et autres élus ne sont plus responsables des accidents causés par leurs services (loi Fauchon de 2004) sauf s’ils étaient informés des dangers. Enfin, depuis longtemps Nicolae Sarkocescu veut faire modifier le délit d’abus de biens sociaux en le faisant partir de la date de sa réalisation (ce qui conduit rapidement à la prescription) et non du moment de sa découverte.

·         La justice doit être une. Or la France, et c’est ancien, est la championne du monde des cours spéciales : tribunaux de commerce, des armées, des prud’hommes, de la Sécurité sociale, Cour de justice de la république (où les parlementaires s’auto-jugent), cour d’assises spéciale antiterroriste. Pire est la séparation entre les tribunaux administratifs où les actes du pouvoir et des fonctionnaires sont jugés et les tribunaux civils. Cela n’existe qu’en France. Amusant est le clivage entre le Conseil constitutionnel qui ne juge que de la conformité des lois (après vote) à la Constitution (et non aux traités européens) et le Conseil d’Etat qui examine les projets de lois (avant vote au parlement) y compris du point de vue européen. Cela est évité facilement : un député compradore introduit un amendement en séance (joliment surnommé « cavalier législatif ») et alors celui-ci n’a pas pu être examiné ex ante par le conseil d’Etat. Il est donc particulièrement difficile à un justiciable de circuler dans ce labyrinthe judiciaire. L’amendement en séance a pu être suscité par un lobby ayant plus ou moins stipendié un parlementaire. Ou par le gouvernement qui ainsi fait passer des choses en catimini tout en en faisant porter le chapeau à un « députain »  (je paraphrase Boris Vian : un général, dés générés,  un maréchal, des maraîchers, un député, des députains) appartenant à sa majorité de godillots. Rappelons que, aux USA, la Cour suprême juge de tous les contentieux non saucissonnés entre Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat et Cour de cassation.

Je dois donner un exemple précis des effets de ce découpage juridique. La loi villepéniste sous Chiracos ayant institué le « Contrat nouvelle embauche » (dont période d’essai portée à deux ans), plusieurs tribunaux de prud’hommes ont rendu des jugements invalidant des licenciements à ce titre (sans indemnités et sans justification puisque à l’intérieur de la période d’essai). Je rappelle que cette mesure, acceptée par le Conseil d’Etat et non censurée par le compradore Conseil constitutionnel ou 8 membres sur 9 sont de droite, sans compter les membres de droit à savoir les anciens présidents de la république, était contraire aux traités internationaux signés par la France à l’OIT (convention 158 de l’Organisation internationale du travail, où la période d’essai doit être raisonnable et le licenciement motivé) et que la France a fini par être condamnée pour cela. La chancellerie a demandé aux parquets de faire appel. La cour d’appel a débouté ces appels. Alors le gouvernement a prétendu que ces contentieux relevaient non du droit civil mais du droit administratif et devaient remonter au Conseil d’Etat (lequel n’avait rien dit sur l’illégalité de la chose eu égard aux conventions internationales lors de son examen du projet de loi instituant le CNE). On demandait donc à l’instance où l’Etat est juge et partie, où les juges sont directement nommés par le gouvernement, y compris sans être juristes puisqu’il suffit d’être énarque et partisan du pouvoir, de juger de l’application d’une loi qu’il avait approuvée ! , d’où un conflit entre juridictions. Ce conflit a été résolu par la Cour de cassation (tribunal des conflits), habilitée à ce rôle, au profit de la cour d’appel. CQFD : le droit pour le pouvoir n’a qu’un caractère instrumental et ledit pouvoir essaie de jouer sur la multiplicité des voies de recours…

Je m’arrête là bien que le sujet soit loin d’être épuisé. La conclusion qui s’impose c’est que si la démocratie est tronquée, si le législateur est illégitime, alors les lois et les tribunaux feront du la Fontaine : selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir.

eureka: solution néolibérale pour le chômage et autres problèmes du pays

Classé dans : Non classé — 29 juillet, 2009 @ 10:23

    

                             Le pays est confronté, dixit notre bonne vieille droite réactionnaire et bonapartiste rejointe en cela par le socialisme en peau de lapin, aux problèmes des déficits des régimes de retraites et d’assurance-maladie. A quoi s’ajoutent les difficultés de logement et le chômage des jeunes et moins jeunes alors que les plus de 58 ans sont déclarés HS. Par ailleurs Tsarkocescu implique la France dans des conflits armés afin de complaire à l’Empire ricain.

Je cherchais depuis quelques temps des solutions qui respectent les options libérales prises par le pays en mai 2007 avec l’élection de Tsarkowitch 1er ; il fallait obéir aux nouvelles valeurs du pays : individualité, responsabilité, prise de risque, utilité, rentabilité, eudémonisme consommatoire, etc.  Et alors j’ai eu une vision. Mais, bon sang, mais c’est bien sûr, il y a une solution. Il suffit d’envoyer les plus de 58 ans (dont 38 % sont sans emploi) et de moins de 75 ans faire la guerre. Car l’âge de la retraite sera bientôt remonté à 67 par Naboléon le petit ; alors j’anticipe car gouverner c’est prévoir… de faire la guerre. Ainsi beaucoup de problèmes seront résolus d’un seul coup.

Il y aura moins de retraites à payer et pendant moins longtemps. En effet, les vioques seront sans doute davantage tués par l’ennemi car ils sont moins agiles et moins costauds que les jeunes. Ils seront sans doute moins attachés à la vie et peut être moins agiles d’esprit pour éviter les dangers. Je parle des anciens des deux sexes au nom de la parité. Du même coup l’assurance maladie sera très soulagée car ce sont les vieux qui coûtent le plus cher en dépenses médicales en tout genre. Il y aura aussi moins de maisons de retraites médicalisées ou non.

On reviendra à la conscription au lieu de l’armée de métier qui coûte très cher en salaires, retraites (possible après seulement 15 ans de service), cotisations sociales. Les vieux conscrits sont déjà munis d’un revenu : RMI, ASS, Assedic, retraites, allocation vieillesse. Et il n’y aura plus besoin de casernes puisque les vieux ont déjà un logement pour revenir en permission ou autres épisodes de vie.

On aura bien d’autres possibilités d’économies. Les vieux ne pourront pas porter les lourds équipements militaires. On emploiera moins de matériel sophistiqué et très coûteux pour combattre l’ennemi sans risquer des vies de vieux. En effet, un calcul d’utilité et de rentabilité montre rapidement que ces équipements coûtent bien plus chers que les vieilles vies économisées. Pour un jeune, le calcul actuariel sur 60 ans de vie perdue à indemniser montrerait le contraire. On fera des économies d’enterrement ou d’incinération car les bombes émiettent et carbonisent les cadavres. Et comme les vieux seront moins équipés et outillés, ils n’en tomberont que davantage au combat, ce qui accélèrera les économies susdites. En outre, sous les effets de la chaleur et de l’effort, ils peuvent faire un malaise vagal, comme notre père inné musclé, et donc mourir encore plus.

En même temps, les jeunes pourront occuper les emplois détenus jusqu’alors par les vieux, ce qui facilitera la résolution du problème du chômage et des allocations afférentes. Les entreprises verseront comme à l’accoutumée des salaires moins élevés que pour les vieux. Elles n’auront plus à ruser pour éliminer leurs anciens avec les risques juridiques afférents. Les logements devenus vacants pourront être récupérés pour loger les jeunes sans construire davantage. On videra les administrations de tous les énarques au placard par suite des alternances politiques (ce qui fait des strates superposées de hauts fonctionnaires oisifs et même néfastes  pour la démocratie: les battus passent leur temps à freiner le nouveau gouvernement), puisque ceux qui ont parié sur le mauvais cheval continuent d’être payés par la princesse. La disparition de la pléthore d’énarques a aussi pour effet de faire diminuer le nombre de fonctionnaires sous leurs ordres ; en effet être haut placé, même sans pouvoir réel, exige pour l’honneur et le rang d’avoir une petite troupe de sous-fifres à sa main. On se débarrassera aussi de tous ces cadres supérieurs des entreprises ; lesquels ne songent qu’à dégraisser et à faire suer le burnous au maximum de rentabilité.

Les jeunes pourront faire l’amour au lieu de la guerre. Cela vaudra au pays un surcroît de naissances, ce qui dopera l’économie et la croissance : layettes, écoles, consommations familiales en tout genre, etc. On sait que les vieux consomment moins et épargnent trop. Ce ne sera plus le cas avec le boom lancé par les jeunes.

Sur le plan moral, on résout une difficulté. Pourquoi les vieux peuvent-ils envoyer les jeunes encore pleins d’avenir au casse-pipe tout en restant peinards chez eux, bien calés devant leur télévision où ils peuvent voir en direct la mort de certains de leurs enfants et descendants ? Que les décideurs soient les payeurs (au nom de la responsabilité individuelle si bien portée à droite et à gauche) et puisque les vieux sont devenus risquophiles, alors qu’ils soient mis face au danger au lieu de le faire par procuration. Notamment, on interdira tout mandat de président, de député ou de sénateur, etc. au-delà de 60 ans et, donc, ces gens-là pourront eux aussi faire leur devoir patriotique au lieu de toucher de gras émoluments ou retraites. Et sur le plan de l’honneur n’est-il pas bien plus satisfaisant et glorieux de mourir pour la patrie que d’un cancer de la prostate ou du sein ?

Ainsi, notre beau pays retrouvera de la compétitivité par les prix puisque ses charges générales diminueront. Mais il y a aussi des enjeux politiques. Il s’agit de restaurer plus de démocratie, cette dernière étant le principe suprême du libéralisme. Comme on le voit toujours lors des élections, les vieux votent à droite ; de plus ils s’accrochent au pouvoir comme Pasqua au Sénat à 82 ans ou Rocard à 79. Avec la limitation des mandats à 60 ans et le vote plus à gauche des jeunes, on pourra renouveler le parlement (et toutes les instances locales ou régionales de représentation)  de façon plus démocratique car la composition de celui-ci sera plus représentative des classes d’âge et car les mandats à vie disparaitront. Le seul problème est alors que les jeunes risquent de voter pour la guerre afin de toucher leur héritage plus tôt, de même que pour accéder aux logements et aux emplois. Las, on ne fait pas d’hommelettes sans casser les œufs et, justement, la poursuite perpétuelle de la guerre est le gage de la prospérité du pays.

In fine, ma solution n’est-elle pas plus clairvoyante que celle de notre  Nicktalope, l’obscurvoyant si  chouette qui m’innerve ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                           

les variations du pouvoir d’achat

Classé dans : Non classé — 25 juillet, 2009 @ 11:27

                                                       

Le Comte-président Tsarkovitch de Bossa-Nova été élu sur la promesse du pouvoir d’achat. Promesse tenue car avec le plan TEPA : cadeaux fiscaux aux riches pour 10 milliards d’euros (bouclier fiscal pour Í’ISF, déductions fiscales pour l’accession à la propriété, baisse des droits de succession, etc.) et aux travailleurs travaillant plus pour gagner plus (défiscalisation des heures sup,  déductions fiscales  pour l’intéressement, etc.), le pouvoir d’achat  des riches a augmenté mais celui des classes moyennes et surtout des pauvres s’est mis à stagner au lieu d’augmenter faiblement comme dans les années avant 2007.

 L’INSEE, organisme compradore au service du pouvoir et en même temps ayant encore un soupçon de dignité, fait apparaître une hausse du pouvoir d’achat ces dernières années, sauf en 2008 où une inflation de plus de 3 % l’an en période glissante (on est monté à 3,6 avant de redescendre à 3,2) a sévi. Je le dis tout de suite : c’est vrai…en moyenne. Quelle merveille que le raisonnement systématique en moyenne ! Prenez une population de 1 000 âmes, dont 900 membres ont 10 000 roupies de sansonnet de revenu annuel  (9 millions); considérez que les 100 autres ont 100 000 (10 millions). Pensez que les 1ers régressent de 5 % : perte 500 par tête de pipe et 450 000 en tout pour cette classe ; songez que les 100 riches gagnent 10 % de plus en année N+1, soit plus 10 000 par personne et 1 million en tout pour cette catégorie. Solde général : 1 million moins 450 000 donne + 550 000. A partir d’un revenu global antérieur de 19 millions (10+9), cela fait + 3,2 % de hausse moyenne du pouvoir d’achat à dépenses constantes et à prix inchangés. CQFD. Il faudrait donc afficher aussi un indicateur de progression des inégalités, ce que commence très timidement à faire l’INSEE. Il a fallu cependant que ce soit une association qui établisse le BIP 40 pour mesurer la progression des inégalités en France depuis plusieurs années.

 Qu’est-ce que la hausse du pouvoir d’achat ? C’est l’écart entre la hausse des revenus (nets d’impôts et y compris transferts sociaux) et celle des consommations, ce qui passe par un calcul, certes difficile, articulant volumes et prix ; en fait on raisonne en indice (des prix et des élévations de revenu).

Commençons par la hausse des prix (inflation) ; La hausse des prix est mesurée par l’INSE avec des indicateurs plus que suspects. Le poids des charges fixes, dites « dépenses contraintes », pour les ménages (électricité et chauffage, loyer, impôts locaux, frais de transport domicile-travail, assurances, remboursements d’emprunts à taux variables),  jusqu’à 75 % du revenu pour les plus pauvres, est sous-estimé et maigrement réactualisé. Le calcul INSEE est, si j’ose dire, un panier de répartition entre les dépenses : produits durables (électroménager, télé, numérique, voiture, etc.), charges contraintes, dépenses courantes. Tout dépend de la pondération entre les dépenses ; celle en service défavorise les charges fixes, elle surestime la baisse de prix des produits manufacturés que l’on n’achète que rarement  (sous prétexte d’effet qualité) et qui pourtant sont classés presque comme des dépenses quotidiennes, elle sous-estime la hausse des prix de l’alimentation sans doute en privilégiant les magasins low cost fondus avec les autres dans une, encore, aimable moyenne.

On avait déjà constaté (Que Choisir) il y a près d’un an une hausse réelle des produits de base dans les supermarchés, ce qui avait forcé le gouvernement (Lagarde et Michu en tête)  à faire des tests pour contredire ce magazine et l’avait amené à réunir les grands distributeurs pour les faire s’engager sur une baisse des prix, en quelque sorte par engagement moral volontaire. C’était rigolo : autant demander à des boites qui doivent rémunérer leur actionnaire à 15 % et plus de se limiter elles-mêmes dans la croissance exponentielle de leurs profits ! On sait depuis ce qu’il en est : les produits grandes marques ont légèrement baissé (et pour cause : les centrales d’achat peuvent faire pression sur elles) ; les produits signés par les distributeurs ont légèrement augmenté, alors que le bon peuple croit que les produits sans marque sont moins chers que les produits des distributeurs.

Mais ce n’est pas tout. Que choisir vient de prouver que les producteurs et fournisseurs opéraient des manipulations subreptices : changement de poids, d’emballage, d’ingrédients pour conserver leurs profits. Ces ruses ne sont évidemment jamais enregistrées par le compradore INSEE, qui, en outre, n’a fait aucun effort pour les détecter. Et le pouvoir « du pouvoir d’achat » n’a rien fait pour contrer ces manipulations pourtant visibles. Il s’ensuit que dans les statistiques officielles, l’évolution réelle des prix est minorée. Le pouvoir d’achat par la baisse des prix,  ou leur moindre augmentation relativement à celle des revenus, peut ainsi progresser puisque le poids des dépenses contraintes et des consommations courantes est très largement sous-estimé. On rappellera que si baisse des prix il y a dans certains domaines, c’est dû au fait que les distributeurs achètent en Chine, en Bulgarie, etc. et les producteurs y produisent itou pour profiter de la compétitivité-prix de ce genre de pays sans lois fiscales, sociales et environnementales sérieuses, à l’instar de Wal Mart.  Et vive, alors, la hausse du chômage par la délocalisation de la production et des achats, et vive encore le déficit commercial. Les calculs du fantoche INSEE procèdent par amalgame en moyenne, ce qui met sur le même plan les différentes catégories de population malgré l’hétérogénéité des dépenses et des consommations Il est clair que la situation d’un banlieusard des soi-disant classes moyennes, locataire dans le secteur privé et non en HLM, éloigné de son lieu de travail, sans apports sociaux, car son maigre revenu dépasse le plafond des aides, est, par exemple, différente de celle d’un retraité aisé, propriétaire, titulaire de revenus en actions ou en titres.

Sur le volet des revenus, la moyenne INSEE ne tient pas compte des inégalités, croissantes, des sources de revenu tant pour les rémunérations (boni, stock options des dirigeants, revenus versés en off shore) que pour les rentes financières ou immobilières. L’INSEE n’a guère de statistiques sur lesdits revenus financiers et immobiliers. Le FISC en a quelques unes, mais une bonne part des revenus réels lui échappe par suite de la fraude fiscale et des placements off shore dans des paradis fiscaux. Et cerise sur le gâteau, M.  Fabius, par exemple, en 2002 avait transformé les superbes commissions des traders en plus-values taxées à 16 % (plus 12 % de CSG, RDS, etc.) au lieu de salaires taxés à 40 % (tranche maximale) et payant aussi les cotisations sociales (salariales et patronales) à la SS ! Evidemment, il existe bien d’autres privilèges pour ne pas saisir et taxer les revenus financiers. L’enjeu est que si tous les revenus ne sont pas comptés sérieusement (financiers et immobiliers), le revenu médian est alors sous-estimé et le taux de pauvreté itou puisqu’il est calé sur 60 % du revenu médian. Et il y a du progrès car auparavant la France s’obstinait à fixer le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian, soit 7 % de pauvres, alors qu’avec 60, norme européenne, on monte à 12 %, certes encore en dessous des 18 des Gibbies.,

Le minimum minimorum exigible d’un organe officiel de statistique serait qu’il établisse des catégories de situation pour les revenus et les dépenses. Il n’y a rien de commun entre le revenu du petit salarié, même bénéficiaire d’aides étatiques, sans patrimoine financier (titres), sans patrimoine immobilier et celui du cadre dirigeant ou du rentier engraissés par l’inflation immobilière et financière. Dieu merci, la crise mondiale actuelle de la finance et de l’immobilier va y mettre bon ordre…involontairement. Mais, évidemment, la vraie solution pour obtenir des statistiques indépendantes du pouvoir et des lobbys serait que leur organe d’émission soit socialisé, fédéré, libéré de toute emprise étatique et mis sous la gestion et le contrôle des acteurs de la société civile.

L’analyse fine des revenus et des consommations en tout genre milite évidemment pour que dans l’estimation du pouvoir d’achat il y ait des catégories par nature de situation des populations. Serait-ce si difficile à faire ? Sûrement pas ; il n’y manque que la volonté politique de faire construire les instruments statistiques indépendants et adéquats. Pourquoi ce n’est pas fait, tant sous régime socialiste que libéral ? Ben voyons, il s’agit de cacher la merde au chat pour entuber les gens et surtout leur cacher la vérité. Mais ils la ressentent  et le décalage entre les mensonges statistiques officiels et la réalité perçue ne fait que délégitimer les politiciens.

Je ne crains pas de le dire : toutes les statistiques d’Etat sont biaisées, alors qu’une statistique ou une comptabilité n’est jamais la réalité mais une représentation de celle-ci, le plus souvent manipulée en faveur des puissants pour tromper le peuple. Le plus bel exemple est celui des statistiques du chômage qui ignorent superbement la progression du sous-emploi et de la précarité, car, par exemple, un emploi à temps partiel en CDD y est compté comme un emploi en CDI à temps plein. Avec l’obligation de prendre « tout emploi raisonnable » et la chasse aux chômeurs dispensés de recherche d’emploi, les statistiques vont-elles s’améliorer ? Peut être, mais sûrement pas la situation réelle de l’emploi.

Un autre exemple est la dette publique à 1267 milliards d’euros (2007). Ce chiffre ne tient pas compte des actifs du pays, qui devrait venir en diminution, par exemple des participations de l’Etat dans les rares firmes publiques restantes. Ni du patrimoine immobilier. Quant à la dette privée, son solde avec les avoirs privés détenus à l’étranger est positif…En réalité, quand on fait les comptes sérieusement, la France est encore largement bénéficiaire et non-endettée. A qui profite l’énonciation décliniste du contraire ? Au pouvoir libéralo-sarkozyste qui veut désengager l’Etat  de tout service public et aux banquiers et assureurs qui veulent tout transformer en assurances et prestations privées. Par ailleurs, la dette n’est pas si mauvaise si elle représente des investissements pour l’avenir. Ce que ne fait pas le pouvoir depuis longtemps car le déficit budgétaire vient des baisses d’impôts pour les riches et des frais de fonctionnement inchangés de l’Etat. Songez que nous avons 577 députains (à, passé partout salaire, frais de mandat, allocation pour la fonction, 21 000 euros pièces par mois !) et 343 sénateurs, des palais municipaux, départementaux et régionaux, 150 000 représentants locaux, 36 000 communes. Pour 310 millions d’habitants (5 fois plus) les USA n’ont que 435 représentants et 100 sénateurs. C’est que la soupe est bonne dans les palais de l’Etat et de ses périphéries. Pour diminuer la dette, commençons par abaisser cette pléthore de faux représentants et de tous les faux fonctionnaires qui vont avec.

C’est là que les subites professions de foi anticapitalistes  du comte-président Sarkozy de Bossa-Nova, après la démagogie de sa campagne électorale, sont à mourir de rire : il est,  depuis 2002 sous Chiracos bien moins immobile que les partisans de la rupture ne le disent, le principal propagandiste du libéralisme financier à outrance. Le discours est populiste, les actes depuis toujours sont en faveur du capitalisme financier. Le bouclier fiscal à 50 % du revenu, en comptant l’IRPP, la CSG, la RDS, la taxe foncière et d’habitation pour la résidence principale, RSA en est la meilleure preuve.

l’absence de vergogne gigogne

Classé dans : Non classé — 19 juillet, 2009 @ 10:13

On a eu johnny sous la tour Eiffel le 14 juillet. Un exilé fiscal taxé à 400 000 euros en Suisse (contre 4 millions s’il était en France) qui avait promis de revenir avec le bouclier fiscal tsarkozyste: Sigma des impôts (y compris CSG, taxe d’habitation ou foncière pour la résidence principale, ISF [hors oeuvres d'art et outil professionnel ainsi qu'en avait décidé Mitterrand], IRPP [net des déductions liées aux 486 niches fiscales] doit être inférieur à 50 % du revenu. ce qui exonère par avance ses bénéficiaires de toute augmentation d’impôts!

La fête en chansons a coûté 2 millions d’euros au contribuable avec peut être dans les 400/ 500 000 euros de cachet pour l’ami de Tsarko, non imposables en France! Quelle impudeur et quel mépris pour le cochon de payant!

Et Mme Tsarkozy chante pour Mandela et des oeuvres de charité à New York (18 juillet). j’ai regardé les images données en France par les médias: Carla est au pinacle, les autres chanteurs sont à peine cités et l’on voit le président s’esbaudir à la prestation de son épouse alors qu’elle ne fait que singer Barbara. Ce sont des petits faits concrets comme ceux-là qui montrent comment des médias inféodés et autocensurés font la Com. de Tsarko en s’appuyant notamment sur l’aspect  glamour et « people » de son épouse.

Nous avons eu aussi le grand discours de Tsarko devant l’OIT, discours où il en appelait aux mânes du Conseil national de la résistance (CNR) tout en pratiquant radicalement le contraire en France. Voir à ce sujet l’intervention de Gérard Filoche dans le dernier « Sarkophage ». Les journaleux compradores n’ont pas relevé la contradiction…

 Nous avons eu le cri de victoire de Tsarko et le tirage de la couverture (médiatique) à lui lors du G 20 d’avril 2009 sur la régulation de la finance alors que la base de celle-ci n’était aucunement remise en cause. Cette base, c’est que le marché financier (comme les autres) s’autorégule et permet la meilleure « allocation des ressources », c’est-à-dire le placement du fric flottant sur les meilleures « opportunités » de rendement. C’est la théorie dominante en économie néolibérale. Or le présent Krach montre précisément le contraire et rien n’a été envisagé pour réguler vraiment les marchés financiers. Car ce ne seraient (dixit nos gouvernants et nos experts libéraux) pas eux les fautifs; ce sont des dysfonctionnements des différents opérateurs (banques, assurances, agences de notation, etc.). Quelle vergogne!

Triste époque

EDF ment

Classé dans : Non classé — 9 juillet, 2009 @ 11:40

                                                                   Rappelons qu’EDF n’est plus depuis 2005 un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).  C’est une SA pouvant avoir des actionnaires privés (et avec des actions vendues à bas prix au personnel volontaire lors de l’introduction en bourse). L’Etat détient  actuellement environ 85 % des titres. Le titre a été offert en bourse pour 32 euros ; il en vaut 31 maintenant (il était monté avant le krach à 85). L’Etat, cela faisant partie du deal syndicats-Sarkozy en 2005, doit conserver au moins 51 % des titres. Il en était de même pour GDF qui a été bradé à Suez en 2007, ce qui malgré la promesse, a fait descendre la participation de l’Etat à 34 % du capital (et encore il a fallu faire grimper le cours de GDF en augmentant les tarifs de façon disproportionnée et en vendant ensuite les stocks achetés plus bas au nouveau tarif). C’est la même évolution que pour France-télécom et ce sera pareil pour EDF puis la Poste, car les promesses des gouvernants n’engagent jamais que les couillons qui les croient.

EDF conserve des missions de service public mais leur financement a été intégralement reporté sur les « clients » : aide aux familles démunies, tarif spécial de consommation minimale pour elles, avantages maintenus aux retraites d’EDF (passées au régime général et aux régimes généraux de complémentaires contre une « soulte », mais laissant à la charge d’EDF les avantages non disparus [dont le principal est que le taux de remplacement a été maintenu à 75 %  du salaire moyen des 6 derniers mois d’activité], alors que l’Etat sarkozyen avait promis d’éradiquer les régimes spéciaux), subvention aux énergies renouvelables (dont la production dite des auto-producteurs est obligatoirement rachetée par EDF à un tarif supérieur à son propre coût de production !), aide à la Corse et aux Dom-Tom.  Si on additionne toutes ces taxes nouvelles aux anciennes (taxe municipale et départementale variant entre 8 et 12 %), si on y ajoute la TVA, qui ô miracle s’applique non seulement au prix hors taxe mais aussi aux taxes, on arrive à Paris à une taxation de l’électricité, pourtant bien indispensable, à environ 38%. Et tenez-vous bien, dissimulée dans les comptes et inconnue du grand public, il faudrait à Paris y ajouter une « redevance de concession » de 400 millions de francs ! M. Delanoix ne s’en vante pas… (redevance existant aussi à Marseille et à Lyon et qui consiste à faire financer ces métropoles par le reste des régions et villes ou villages puisque les tarifs sont encore uniques sur le territoire au nom de l’égalité de traitement des usagers !).

Or donc, ne voilà-t-il pas que M. Gadonneix,  PG d’EDF, dit « so what ? ou Sot watt, réclame le 8 juillet 2009 une augmentation de 20 %  (sur 3 ans) des tarifs (domestiques, industriels ? ce n’est pas dit). Rappelons les taxes à Paris, soit 38 % du tarif hors taxes. Soyons  généreux et arrondissons à 40. Cela veut dire que le prix de l’électricité se verra ajouter 40% de 20%, soit plus 8 % en fait en plus des 20, donc plus 28 % environ. C’est la gabelle moderne ! Evidemment Sot watt n’a revendiqué que l’augmentation hors taxe…

Pourquoi une demande aussi exorbitante ? Rappelons que du temps de l’EPIC, géré par des Boîteux, des Massé, des Delouvrier, avant que les socialos n’y foutent des Ménage (repris de justice pour écoutes illégales) ou des Roussely, dit Brousse-lie car spécialiste de la terre brûlée ou Bruce Lit car c’est le président qu’a raté ou des Alphandéry (moins drôle que Robert), investissaient énormément, puis faisait baisser la dette (devenue colossale par suite des investissements nucléaires) tout en diminuant les tarifs. Et ne voilà-t-il pas que sans investissements de production, So What a re-haussé  la dette à environ 25 milliards d’euros. A quoi il faut ajouter les 3,2 milliards obtenus grâce au récent emprunt à prix d’or lancé dans le public français uniquement pour des raisons publicitaires et d’image.

Car Gado s’est en fait endetté et même surendetté. Comment ? En achetant des firmes à l’étranger, comme une grosse boîte (il y a cependant une procédure judiciaire aux USA pour cette affaire) aux USA (prix prévu dans les 4/5 Milliards) et surtout British Energy (production nucléaire) pour pas loin de 20 milliards (en partie payés par des ventes d’actifs). Car Gado-watt préfère acheter les concurrents étrangers qui sont plus rentables que la France où les tarifs sont « réglementés » par la puissance publique et inférieurs aux tarifs européens. Et maintenant la cigale se fait fourmi ! car l’argent dépensé à l’extérieur manque désormais pour investir en France ! Mais Gado, libéral formé aussi à Harvard après l’X et fervent partisan du benchmarking (comparaison), ment par omission. Car ledit benchmarking (que curieusement l’on n’applique pas dans ce cas) montre qu’EDF est moins endettée que les firmes multinationales de taille comparable. Elle peut donc continuer d’emprunter, ce qu’elle vient du reste de montrer, et sa notation est de type AAA (presque le mieux ; non, ce n’est pas l’association des amis de l’andouillette). Le but caché de la hausse des tarifs est donc déjà de ne pas trop augmenter la dette. En effet, la valeur boursière d’EDF  (total de la valeur des titres) est entrain de baisser par suite de la crise (baisse des valeurs et actifs mais aussi baisse des ventes, ce qui renforce la 1ère). Il s’ensuit que le taux d’endettement (dette sur valeur boursière propre ou sur l’ensemble des actifs) risque de grimper. La baisse boursière du titre est aussi liée au très maigre rendement des dividendes : en tant qu’ancien agent, j’avais acheté 72 titres (sur le marché pas en tant qu’agent car je ne voulais pas faire usage d’un nouveau privilège). Dividende 2009 : 40,53 euros pour 72 titres achetés 32 euros (2304) soit 1,17 % de rendement. On trouvera mieux, notamment avec le futur emprunt d’Etat.

Une raison, peut être la seule valable, mais cachée car trop compliquée pour ces ânes de Français, serait que les tarifs actuels ne correspondent plus au « coût marginal de développement ». C’est à vérifier.  Mais, si c’est le cas, ce serait un hommage du vice à la vertu car c’est L’Epic (sous Massé puis Boîteux) qui a inventé cette façon de tarifer. Aujourd’hui la SA EDF ne raisonne qu’en termes financiers, de coûts et de charges, de profits. D’où l’achat de British Energy, plus rentable.

Peut être croyez vous encore qu’un service public français doit d’abord servir la France. Illusion ; cela doit d’abord servir l’actionnaire. Il y a 2/3 ans, en été une panne accidentelle chez les Teutons a amené EDF à couper les clients d’Ile de France pour honorer le contrat de fourniture passé avec eux ! Couper les Français, malgré l’obligation de continuité du service, pour alimenter les Tudesques sans avoir de pénalité contractuelle, voilà un des bienfaits du libéralisme européen !

Sot watt se plaint de ce que les tarifs n’ont pas suivi  l’inflation (soi-disant moins 40 % en francs constants). Remarquons qu’il est normal dans un service public que les tarifs baissent à cause des progrès de productivité et des économies, notamment de personnel. Car ledit service doit obéir à un principe de « mutabilité » ; c’est-à-dire qu’il doit faire profiter ses « usagers » de toutes les améliorations effectuées dans tous les domaines. Evidemment, dans les SA, ces progrès sont phagocytés par les actionnaires. Adieu donc les principes de service public que le pouvoir continue pourtant d’afficher comme régissant encore l’entreprise. Et des progrès et des économies, il y en a. Déjà la boîte a bazardé tout son système interne d’écoles et de centres d’études, a vendu son parc immobilier pour devenir locataire de ses propres locaux (Roussely, etc., ce n’est pas forcément mieux car il faudrait prouver que louer est moins cher que d’être proprio), a porté la durée de vie des centrales à 40 ans au lieu de 30 (sur le papier, car justement une autorité indépendante est en train de les inspecter pour savoir si ce n’est pas dangereux ; et, tenez-vous bien !, EDF réclame déjà le passage à 60 ans, alors que l’inspection pour 40 n’est pas finie, sous prétexte qu’aux USA les ¾ des centrales ont obtenu les 60. Le benchmarker So what ? oublie que dans ce pays ce sont les lobbys énergétiques qui dirigent et, à l’instar d’Enron, des labos pharmaceutiques, de la finance, obtiennent tout ce qu’ils veulent de l’administration).

Autres économies : on rogne sur les salaires, et maintenant les dividendes des salariés et autres. Mais cela n’a pas empêché pas les dirigeants d’EDF d’avoir, par petites étapes (dont en 2009) multiplié leur rétribution par 8 à 10 par rapport à ce que touchaient les vrais serviteurs de l’Etat qu’étaient Massé, Boîteux ou Bergougnoux. Ces faibles augmentations des salaires,  ajoutées à des baisses d’effectifs  et à des passages massifs à la sous-traitance,  ont conduit à des grèves musclées avec coupures (et on appelle la maréchaussée plutôt que de négocier) et à une grève pour les opérations de maintenance, ce qui a retardé les plannings d’arrêts de tranche (entretien et révision), ce qui  conduit à importer du jus cet été chez les Gibbies, les Ibères, les Romains et les Germains.  C’est merveilleux ; les dirigeants se sucrent grassement et réduisent les agents à la portion congrue…comme ailleurs. Car EDF ne fait plus qu’appliquer les canons de l’économie libérale, concurrentielle, libre et non faussée. L e résultat brut d’exploitation, nommé désormais EBITDA ou à peu près, je m’en fous, est devenu la bible du management libéralo-capitaliste. Remarquez, ce serait pareil avec un EPIC qui obéirait à la logique libérale pure. Cela a du reste commencé dès 1989. Un secteur est victime tout particulièrement de cette course au profit ; c’est celui de la maintenance des centrales nucléaires sous-traitée à des sous-traitants de sous-traitants de sous-traitants (and so on, comme dirait So what ?) pour faire baisser les prix (et la formation et l’expérience des opérateurs). D’où le joli surnom reçu pas lesdits opérateurs extérieurs : « viande à rems ».

Donc, au lieu d’augmenter les tarifs, on pourrait réserver le pognon aux investissements de production en France à la place du rachat de boîtes étrangères (à prix d’or sans doute par surévaluation). On pourrait aussi revenir à la saine politique de productivité par l’investissement et l’organisation comme au bon vieux temps de l’EPIC.

Mais il y a une autre raison aux contorsions de Sot Watt. Les tarifs réglementés vont être supprimés par l’UE en 2010. Car au nom de la concurrence, il faut laisser jouer les prix. C’est magnifique ; d’habitude on invoque la concurrence pour les faire baisser. Là, ce sera pour les augmenter car les Teutons (et autres), munis de centrales au lignite (il faut donc les équiper de coûteux dispositifs de dépollution des fumées et d’enfermement du dioxyde de carbone), ont des coûts de revient supérieurs à ceux des grenouilles. C’est de la concurrence déloyale, pensez-donc ; grâce au nucléaire la France produit moins cher que les Tudesques ! Alors, Gado, sans doute poussé par le pouvoir qui veut lui faire endosser la chose, ou, c’est plus pervers se donner le luxe de rabattre ses prétentions pour défendre « le pouvoir d’achat » des Français, prend les devants. Comme disait l’autre : quand on ne peut rien aux phénomènes ou aux mystères, feignons de les organiser. Radio Gado ment, radio Gado est allemand (au lignite). 

la conception du pouvoir chez not’ maître

Classé dans : Non classé — 5 juillet, 2009 @ 7:58

 

                                                          

Notre Conducator a une idée très particulière du pouvoir ; du moins le croit-il en ignorant que sa rupture en ce domaine le rétrograde au rang des conceptions les plus éculées ; celles-ci bien entendu continuent de dominer dans les esprits mégalomanes des chefs ou autres « manageurs »  pour la plupart autoproclamés. Pour notre Lider (minimo ?) Maximo, Hun francisé de 2ème génération, le pouvoir c’est le droit de commander en étant obéi par les assujettis, sinon les sujets du monarque élu (eh oui, il y a des monarchies électives contrairement à ce qui a été répondu à  Joffrin,  du baveux Libération » ; il faut faire un peu de grec : monarchie signifie seulement gouvernement d’un seul).  D’où vient ce droit chez Tsarkocescu 1er ?  Elémentaire, mon cher François Fion : ce droit lui est conféré par le fait que il a été élu. Ce faisant, notre Caudillo confond deux notions : l’autorité et le pouvoir. L’autorité procède de la base vers le sommet ; elle se mérite ; elle est consentement à obéir à celui qui la détient. Le pouvoir, lui, émane du haut et descend sur la base ; il s’impose au besoin par la force, il s’exerce. Le pouvoir du chef est revendiqué comme attribution personnelle par nomination et est même présenté par lui comme étant sa propriété. L’autorité émane de la collectivité et repose sur un critère socialement reconnu de légitimité qui la fonde. Ce critère, si j’en crois Max Weber, peut être la compétence, la tradition ou le charisme ou aura personnelle. Dans le cas de notre Leader (price), ce ne peut être la tradition (à la place on a la trade-iction, l’addiction au commerce) puisqu’il la récuse au nom de la rupture. Est-ce son charisme ? J’en doute fort car il n’a rien du général de Gaulle (grand, cultivé, merveilleux écrivain, respectueux de la tradition républicaine et réformateur social, homme de conviction et de négociation, etc.), ni même de Pétain qui était auréolé par la victoire de Verdun  et son physique de beau vieillard en pleine forme.  Rappelons que normalement les titulaires provisoires du pouvoir suprême font preuve de retenue, de distance, de recul, de mystère, de majesté, ce qu’il a clairement aboli, notamment dans son langage vulgaire et sa syntaxe approximative. L’usage des talonnettes et, paraît-il, d’un coach en musculation du périnée (en tant que petit père inné du peuple), l’affichage bling bling à Rolex et à Ray-Ban, l’agitation des mouvements et des paroles, les colères contre les collaborateurs défaillants à ses yeux, l’affichage médiatique de sa nouvelle moitié si « pipole », la monopolisation de tous les pouvoirs comme s’il craignait d’en perdre la maîtrise, etc., tout cela ne plaide pas en faveur de son charisme. Tout se passe comme s’il  pressentait qu’il  n’en avait pas et qu’il lui faut des béquilles et des artifices pour le cacher. Reste la compétence. Eh bien, pas non plus : en dehors du droit des affaires (sachant qu’il piétine allégrement le reste du droit, avec sa sbire Arachid Data, notamment pour les principes généraux du droit et l’indépendance de l’autorité judiciaire), il ne me parait pas avoir des compétences en économie, en finance, en philosophie politique, en matière religieuse, en sociologie, etc. Par ailleurs, le Führer (de vivre) n’a pas encore compris qu’on « ne change pas la société par décret « (titre célèbre de Crozier, il y a bien 40 ans) : il faut négocier, discuter, mettre en débat public, prendre son temps pour ne pas bousculer les acquis sociaux et les traditions sans contrepartie et susciter des résistances (encore que…avec la complicité des syndicats fantoches et du social-libéralisme compradore du PS, notre grand chef ne risque pas grand-chose dans le domaine institutionnel). La résistance, faute de relais syndical ou politique, a lieu dans la rue. D’où la complainte du Prince : j’ai le pouvoir de l’Etat de droit (lire : j’ai le droit, par mon état, de tenir les rênes du pouvoir) par suite des élections de 2007, et ce n’est donc pas à la rue d’invalider ledit pouvoir qui m’a été légalement attribué. Ce qui ajoute un 4ème critère à la liste de Weber : la légalité ; objection, votre Altesse peu sérénissime, la légalité ne confère pas l’autorité parce qu’elle n’est pas un principe de légitimité. La loi n’a jamais été le critérium du juste, du bon, du bien ; elle n’est que le moyen dont disposent les représentants politiques pour établir un ordre juridique ; la loi établie n’est que le droit « positif » en place, qui peut parfaitement être illégitime parce qu’il peut violer la morale, les mœurs, la culture, l’histoire, la justice, les intérêts du plus grand nombre…Du reste, quelle légalité y a- t-il dans un mode de scrutin parfaitement inique et le bidouillage des circonscriptions électorales, la mainmise sur le  parlement avec des députés godillots, le primat des décrets et ordonnances de l’exécutif sur la loi votée ? Quelle légitimité y-a-t-il dans les lois que notre Conducator a fait voter et qui torpillent le droit social, le droit du travail, la fiscalité progressive, la sécurité sociale et l’hôpital public, l’université et la recherche au profit d’une optique libérale et managériale sans restriction ?  Ce Lider électif continue d’importer en France le modèle hyper-libéral anglo-saxon, alors même qu’il vient de faire faillite, contre le modèle social français établi dans la résistance (programme du Conseil National de la Résistance, CNR, dont le prince, ô surprise vient récemment de se réclamer !) qui est détricoté en contrebande. Voilà sa rupture, mais elle est illégitime (et faite sournoisement)  parce que le peuple ne l’a pas élu pour cela. Qu’est-ce alors que le pouvoir pour lui puisqu’il ne dispose ni de l’autorité ni de la légitimité ? La question est d’importance puisqu’il est un tenant, obsolète, archaïque, réactionnaire, de l’unicité du commandement édicté par le chef, comme à l’armée, ce qui ne l’a pas alarmé. Des chefs, munis du droit absolu de commander et de décider, il en met partout : à l’université, à l’école, au lycée, à l’hôpital. C’est que c’est comme cela qu’il pense le management, lequel est son modèle issu du privé pour la gestion de la chose publique (Res Publica). C’est parce que le chef est nommé personnellement. Par qui ? Par lui, parbleu, afin qu’il applique sa politique et lui fasse allégeance. Et celui qui ne le satisfait pas est tout simplement viré (ce ne sont pas les exemples qui manquent). Le chef pour lui n’est que le délégataire de son propre pouvoir. Il est à son service ; il est sa propriété ; il doit servir ses ambitions. Ce n’est qu’un pion. Son rôle n’est plus de défendre l’intérêt général et de promouvoir le bien public ; il est de réaliser les  desseins du big boss qui manage la France. Car le Caudillo n’est jamais que le préposé du Kapital.  Mais je m’aperçois que j’ai erré en affublant le big Chief (mol) des épithètes de Caudillo, Lider, etc. Car sa conception du pouvoir est rétrograde par rapport à ces différentes variétés de dictateurs. Ceux-ci prenaient soin de ne pas s’appeler chef mais guide, meneur, conducteur, animateur,  afin de cacher leur totalitarisme. Certes Tsarkocescu n’est pas un dictateur et il a au moins le mérite de ne pas cacher la couleur : il ne se prétend pas seulement guide, il affiche son statut de chef alors que même Louis XIV ne disait pas je veux mais nous voulons. Chez lui, c’est  « Je » à tout bout de champ. C’est bien de la rupture archi-rétrograde qu’il montre dans ce domaine. En fait, avec lui on revient au féodalisme, à l’idée du pouvoir comme apanage de l’UN (ce que La Boétie avait critiqué dans son Discours sur la servitude volontaire paru au 16ème siècle et sous-titré le Contr’ un !). On revient à Attila, roi des Huns. On retourne au pouvoir dans les chefferies comme si les Français formaient un peuple « pas assez entré dans l’histoire ». Car comme on disait contre Corneille : après Agésilas, hélas ; mais après Attila, holà ; et après Attali, hi hi… Le chef, chez notre chanoine de St-Jean de Latran, ne s’entoure que de béni-oui-oui, de Pathé-Marconi attachés à la voix de leur maître. Dans cette posture, foin de la créativité, de l’initiative et même de la responsabilité. Adieu la coopération, pourtant bien plus efficace que l’autoritarisme et la peur d’être révoqué. Même Berlusconi n’en use pas ainsi : l’Italie n’est pas à sa botte. L’ incompétence du chef,  en forme d’ignorance encyclopédique, se voit aussi dans sa conception de son rôle vis-à-vis de l’Etat. Il n’a pas  percuté que la notion d’Etat a été établie dès le 17ème siècle pour rendre le pouvoir de la société sur elle-même (la souveraineté) indépendant de toute personne, pour rompre avec le double corps du roi (le roi personne physique et le roi incarnation du corps social). L’Etat n’est qu’une fiction juridique pour symboliser la puissance souveraine et la faire passer du potentiel à la structure d’action ; c’est une forme d’organisation symbolique de la souveraineté (forme que l’anarchisme récuse comme tout pouvoir d’Etat). Comme notre chef à tous dit quasiment que l’Etat c’est lui puisqu’il a été légalement élu, on en revient à la personnalisation du pouvoir et de l’Etat, ce que justement les philosophes et les juristes libéraux avaient voulu proscrire dès le 17ème siècle ! Cela, c’est vraiment de la rupture par régression de près de 4 siècles. Ce qu’il n’a  pas pigé non plus, c’est que les représentants politiques ne sont pas les propriétaires de l’Etat, encore moins les possesseurs de la souveraineté, mais les détenteurs provisoires de l’exercice du pouvoir d’Etat afin d’utiliser la structure étatique pour conduire l’action politique. Car dans la philosophie libérale (que les Anars récusent mais dont le chef se réclame), l’Etat est non seulement impersonnel mais encore pérenne, institutionnalisé dans la très longue durée (ce qui est la définition de l’institution). Les dépositaires momentanés de l’exercice du pouvoir d’Etat sont donc illégitimes dès lors que leur passage au pouvoir se traduit par la coupure avec le passé, l’histoire et la culture du pays et la réduction des possibilités de l’avenir des générations futures à des tripatouillages circonstanciels pour favoriser leurs amis de la finance, de l’entreprise, des médias, du parti, tout en le camouflant suffisamment afin de se faire réélire. Car qui ne voit que le manageur en chef de l’entreprise France fait fi du passé et  obère le futur pour figer la société dans le modèle néolibéral de « la concurrence libre et non faussée » et la soumission au primat des USA ?  Toujours chez nos ancêtres libéraux de la philosophie politique, l’Etat doit être mis au service de l’intérêt général et du bien commun, non à celui d’intérêts particuliers, qui plus est historiquement marqués car le modèle libéralo-capitalisto-financier n’a rien d’universel ni de perpétuel. Il n’a guère que 30 ans… Notre propriétaire du pouvoir suprême ignore aussi que dans les sociétés libérales complexes, le pouvoir est un réseau formant système. Il n’y a pas le Pouvoir, avec un grand P, mais un système des pouvoirs, une interdépendance des pouvoirs tant en ce qui concerne leur contenu (pouvoir-savoir, pouvoir-avoir, pouvoir d’influence sociale, pouvoir politique), que pour leurs « sujets » de prise en charge (individus, organisations et institutions, entreprises, associations, etc.) et que pour leurs domaines de compétences (police, justice, économie, social, travail, santé, environnement, etc.). Cette complexité est l’autre nom de l’incertitude qui règne sur le résultat final de la confrontation permanente entre les pouvoirs. Elle ne dépend de personne et pourtant le chef a la fatuité, depuis son petit bureau, de vouloir régenter et contrôler la France, l’Europe, le monde comme s’il lui suffisait de claquer les doigts pour voir aussitôt ses volitions réalisées. Cela n’interdit pas de faire des projets (idée niée par le libéralisme actuel) mais requiert qu’ils soient élaborés collectivement avec tous les acteurs concernés. Mais, lui, il décide de tout tout seul (donc l’autre n’est pour lui qu’un toutou qui danse le one two two) et discute ensuite quand il s’étonne de rencontrer des oppositions. Notre super chef n’a pas compris que, à l’échelle de l’Europe, il n’était pas l’empereur mais seulement le Gauleiter de la France.  Last not least, chez Tsarkocescu le pouvoir, qui est évidemment une relation, est un rapport de domination et de subordination des autres, non un partage et un échange équilibré et symétrique. Du reste, son modèle est clair et même prôné et affiché : c’est celui du lien de subordination entre le manageur-chef et l’employé, cher à notre vieux contrat de travail, celui la-même que les socialos-libéraux en peau de lapin n’ont jamais modifié sur ce point… 

Psychanalyses de Tsarkocescu

Classé dans : Non classé — 3 juillet, 2009 @ 11:24

                                                       

Quand on examine le comportement de notre Conducator élu en 2007 on est perplexe. Lui qui veut détecter les comportements déviants dès la maternelle, qui veut faire enfermer les dingues ad vitam aeternam, lui qui veut empêcher par des décisions administratives les individus dangereux de sortir de taule, qui veut embastiller les bandes encore plus, qui veut sécuriser les écoles, karchériser les cités, etc. ne semble pas indemne des approches psychanalytiques. 

Le problème est que l’on ne sait pas laquelle lui appliquer. La psychologie d’Adler est une bonne candidate à l‘examen des conduites profondes du président. Rappelons que le comportement est observable par les tiers et qu’il a montré chez notre Caudillo de nombreux exemples de dérapage : colères contre les ministres, insultes (casse toi, pauv’con), bombage de torse (« descends, si t’es un homme tout en étant entouré de 200 CRS), mensonges éhontés (notamment celui de son rabibochage avec Cécilia, le temps de l’élection pour complaire à la droite catho, avant de s’en séparer 3 mois après et d’afficher sa nouvelle compagne), bling bling, affichage spectaculaire et spéculaire de sa nouvelle moitié, etc. Au contraire, la conduite, comme l’attitude, renvoie aux motivations profondes et permanentes du sujet, lesquelles s’actualisent en comportements lors des situations de relation. La psychologie adlérienne permet d’obtenir une 1ère analyse des conduites présidentielles. Rappelons qu’une des grandes conduites est le tout-à-l’égout, lequel, du reste, dispose de collecteurs importants que l’on appelle des « émissaires ». Comme bouc émissaire, comme émissaire.  L’omniprésident use abondamment des deux : le bouc émissaire (les terroristes de Tarnac, les voyous de la dalle d’Argenteuil, les bandes de la cité des 4000, les opposants en tout genre, la presse qui lui serait hostile ( !), la crise mondiale, les fonctionnaires drapés dans leurs acquis sociaux, les cons de Français qui ne comprennent pas sa géniale politique, etc. Cela permet d’éviter de s’interroger sur les conséquences de la politique libérale que le super président n’a cessé de soutenir et d’imiter. Et aussi l’émissaire, c’est-à-dire le délégué, le mandataire, le désigné pour le servir comme préposé aux basses œuvres. 

Revenons à Adler. Celui-ci nous explique que les complexes d’infériorité peuvent se transformer en sentiments de supériorité. Or le nano président a de multiples raisons d’être à l’origine complexé : pauvre (très relativement) chez les riches ; frère plus âgé et considéré comme supérieur, émigré de 2ème génération, études médiocres, diplôme de seconde zone, petite taille, physique peu avenant. D’où le renversement en sentiment de supériorité. Mais on se décide pas supérieur tout seul ; il faut que la supériorité soit reconnue et établie. D’où une volonté de puissance inébranlable et toutes les magouilles qui vont avec la conquête du pouvoir pour que les autres reconnaissent les éminentes qualités du chef en puissance puis avéré. Et souvenons-nous du précédent de Lapailleaunez (surnom donné à l’école de Brienne à Napoleone Buonaparte) de petite taille, peut être mauvais amoureux, ne sentant pas très bon et parlant un français très corsifié, et aux désastres où il a conduit la France. Le problème du sentiment de supériorité, c’est que ce n’est qu’un sentiment, lequel a besoin d’être certifié par le regard et l’attitude des autres. C’est pourquoi, l’omniprésident a besoin en permanence d’être rassuré sur ses capacités de séduction, d’être aimé, d’être suivi pour que le respect des autres lui confirme qu’il est effectivement le meilleur. Et malheur à celui qui l’ayant admiré perd ensuite l’estime du chef parce qu’il estimerait que l’impétrant lui aurait manqué. Triste situation d’immaturité psychologique où chacun se tient par la barbichette des signes mutuels d’amour réciproque à montrer sans cesse. C’est très anxiogène. 

Autre école : la bonne vieille  psychanalyse freudienne. Celle-ci diagnostique un narcissisme primaire chez tout enfant. C’est naturel et commun. Cependant, ce narcissisme, qui peut amener le sujet à vouloir réaliser ses volitions d’emprise sur ce qui l’entoure, est normalement tempéré par l’action du père, lequel, en tant que figure d’autorité et représentant de la culture fait acquérir les interdits sociaux au petit enfant. Il n’y a pas de société, il n’y a pas de culture sans intériorisation d’interdits et autres tabous et c’est le père qui, chez Freud, les fait acquérir. Eh bien, notre super président n’a guère eu de père puisque celui-ci s’est fait porter pâl(e) en abandonnant sa petite famille à la mère. Rappelons que chez Freud il y a 3 instances inconscientes de la personnalité : le ça, siège des pulsions, le surmoi, instance de l’intériorisation des interdits, le moi, lieu de l’autonomie de la personne en tant que sujet libre, raisonnable et capable de se conduire en société en endossant les multiples frustrations que ne manque pas de produire la vie individuelle en société. Privé de père, le surmoi  tsarkozyste est sûrement faible, ce qui veut dire que son moi narcissique et libidinal (libido, pulsion de vie et du sexe, d’où libidineux)  n’admet guère de limites à son ça : volonté de pouvoir, mégalomanie, désir de séduire, etc. En termes rousseauiste, cela signifie que l’amour de soi (que tout le monde a dans la société primitive sans inégalités sociales) se transforme en amour-propre ou attention permanente au regard des autres ou recherche incessante de l’approbation des autres. C’est ce que Adam Smith a transformé en sympathie par imitation : les pauvres ont de la sympathie pour les riches parce qu’il sont imitables en ce sens que tout le monde désire ce qui est désiré et montré par eux dans leurs possessions.  C’est sur cette psychologie de café du commerce qu’est bâti le libéralisme ! Il louange la jalousie (avoir ce que les autres ont) et sous-estime l’envie (détruire ce que les autres ont et que l’on n’a pas). Le passage de l’enfant à la maturité autonome exige chez Freud qu’il y ait des figures d’identification (idéal du moi, si je me souviens bien) auxquelles se raccrocher et qui servent de base à la construction de la personnalité. Mais  il faut aussi prendre son autonomie et se donner en outre un « moi idéal » comme modèle et visée « d’achievment » personnel.  D’où la possibilité de la mégalomanie et le discours permanent en termes de je, je, je qui est d’autant plus prégnant qu’il n’y a pas d’idéal du moi bien identifiable ou identifié. 

Nous avons aussi les développements de Mélanie Klein. A l‘origine, le bébé est un être totalement impuissant qui dépend entièrement de sa mère pour la réalisation du moindre de ses besoins. La mère est alors perçue par lui comme « imago » de toute-puissance ; c’est ce qui, si cette image persiste ensuite, donne la redoutable (imago) mère archaïque enfouie dans l’inconscient de l’adulte. Mais l’imago maternelle est clivée entre celle de la bonne mère qui accourt à ses cris pour le satisfaire et celle de la mauvaise mère qui ne vient pas et donc le menace de son retrait d’amour, chose impensable, sauf traumatisme profond par création d’un sentiment permanent et toujours réactualisé d’abandon, car alors le bébé périrait malgré sa libido de vie. Dès lors, toute personnalité est clivée, à des degrés divers en fonction de l’éducation, entre les deux imagos bonne ou mauvaise de la mère. D’où une angoisse permanente de perdre l’amour et les soins de la bonne mère, qui est pourtant la même que la mauvaise. Il n’y donc pas seulement clivage ; il y a aussi impossibilité de séparer les deux images et tout dépend de l’accentuation reçue dans l’esprit de l’enfant pour l’une ou l’autre image. Je pense que notre président a plutôt eu une mère versant sur le bon mais que pour des raisons que je ne connais pas, n’étant pas psychanalyste, il a incorporé l’image indifférenciée de la mère toute-puissante et a en permanence la peur d’être abandonné. D’où sa demande incessante de reconnaissance et d’admiration, sa mégalomanie, son désir de puissance absolue, son incapacité à reconnaître l’autre comme égal. Ainsi  a-t-il peut être développé plus que d’autres l’angoisse d’abandon, ce qui le pousse à faire des pieds et des mains pour être entouré afin de conjurer la menace de la solitude et de la non-reconnaissance de son identité et surtout de son excellence et de sa supériorité. 

Il y a aussi la psychologie profonde de Jung, père de la notion d’archétypes ou constantes enfouies de la psychologie humaine qui s’actualisent dans des symboles dont l’analyse historique et comparative, justement, permet de retrouver des déterminations universelles (les archétypes) dans toutes les cultures. Le pouvoir, dans ce qu’il a de sacré, est-il un de ces invariants transmis par la culture et intériorisés par certains ? Cela pourrait se détecter dans la conception du pouvoir développée par notre représentant en chef. Elle est des plus traditionnelles et renvoie à la mystique du chef quasiment prédestiné pour exercer les plus hautes fonctions et fondée sur l’unicité absolue du commandement. 

Et nous avons l’inénarrable Lacan dont je n’ai retenu que quelques idées-forces. Le phénomène majeur est l’accès au monde symbolique lors de l’âge du miroir : l’enfant perçoit qu’il est une entité grâce à son reflet dans la glace ; il accède ainsi à la conscience de soi. Mais, en même temps, il en résulte une « angoisse de morcellement » : l’image unifiée et unifiante du miroir crée la peur d’être coupé en rondelles séparées. Tsarkocescu ne serait-il pas tout le temps  dans la peur d’être saucissonné par le regard des autres, ce qui réactiverait l’insupportable angoisse de morcellement ? Par ailleurs, il y a le passage par le langage pour accéder au symbolique des interdits sociaux, car « l’inconscient est structuré comme un langage » et que le langage contient la symbolique sociale. Ce qui laisse inférer que l’acquisition du langage chez l’enfant est fondamentale. Mais lequel chez Tsarkocescu ? Le grec, le Magyar (ou HUN, eh eh,  comme symbole du non-morcellement),  le corse, le français de sa parentèle ? Un mix ? Cela expliquerait les difficultés que rencontre le nano président avec la syntaxe et la grammaire de la langue française. Mais s’il structure mal la langue, son inconscient n’est-il pas lui-même mal structuré ? Lacan analyse aussi que tout désir est désir d’un autre désir ? Celui de qui et avec quel contenu ? Il semble que le désir tsarkozyen soit le désir des riches, lequel est symbolisé par les signes de leur réussite, signes que évidemment pour être un pair (et manque) il faut pouvoir soi-même afficher : argent, pouvoir, renommée…Il imite les riches pour être en empathie avec eux car il reconnait que le désir des riches est légitime et est son modèle. On aura reconnu là la thèse libérale de l’empathie par imitation chère à Adam Smith. Thèse dont le remarquable défaut est d’être circulaire et autoréférentielle : son processus produit le désir d’imiter ce que les autres désirent comme désirable sans que l’on puisse sortir de ce désir mimétique qui se reflète à l’infini dans le désir du désir des autres. Ce qui nous amène à un grand auteur, à savoir René Girard, pour lequel l’identité mimétique des désirs conduit inévitablement au conflit entre « machines désirantes » (Deleuze et Guattari). C’est l’évidence même. Si Pierre (qui est en outre mon vrai jumeau) et moi, Jacques,  désirons Aglaé nous sommes forcément rivaux. Ce qui devrait donner à penser aux communistes égalitaristes puisque, alors, il ne suffit pas qu’un but soit identique pour qu’il devienne commun !  Bien au contraire ; la société ne peut être pacifiée que si elle est diversifiée et pluraliste et que l’expression, la mise en débat et la négociation entre acteurs différents dans leurs valeurs et leurs intérêts sont équilibrées grâce à des structures institutionnelles ad hoc. Une vraie démocratie, peut être ? 

Girard aggrave son cas : le mimétisme conduit à « la guerre de tous contre tous » chère à Hobbes. Et lorsque la société risque d’éclater, il faut exorciser le mal, le projeter à l’extérieur, en exonérer la société par désignation d’un bouc émissaire chargé de tous ses péchés. Et souvent le bouc émissaire dans les sociétés les plus anciennes est un couple de vrais jumeaux car leur identité physique est le symbole même du mimétisme qui a conduit la société aux portes de l’abîme. C’est pourquoi l’un des jumeaux de la louve romaine a tué l’autre. Tsarkocescu, en tant que chaud partisan du mimétisme ostentatoire et consumériste (Fouquet’s,  yacht de Bolloré, vacances de rêve chez Bush, Rolex, épouse riche et  glamour, etc.) fait du girardisme sans le savoir : les boucs émissaires sont les immigrés, les SDF, les pauvres, les chômeurs qui renvoient sur la société des riches les conséquences de leur mimétisme d’exclusion et qui  ternissent la bonne image de ladite société présentée faussement comme sociale et solidaire. Alors, autant exclure encore plus la possibilité de la mauvaise conscience des riches. Cachez ce (mal) sein que je ne saurai voir, ce malsain qui me culpabilise ! Zébulon 1er a bâti son succès sur un dérivé de qui m’aime me suive (imitez-moi car je vous imite) sans se rendre compte que son vrai slogan était : qui même me suive ! D’où le thème de l’identité nationale (pourtant porteuse du conflit mimétique) apparemment emprunté à Le Pen pour lui chouraver ses électeurs, mais conséquence profonde, en fait, du mimétisme tsarkozyen.  D’où le double discours de campagne et d’exercice du pouvoir. Le pas encore chauve sourit : voyez mes ailes, je vole au secours des riches, voyez ma peau,  je vous souris, prolos, car c’est la même que la vôtre que je vends aux riches sans vous le dire et en faisant semblant de la défendre. Sauf qu’il est aventureux de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… 

Aux psychanalystes de trancher sur la personnalité de notre président (putain, encore 3 ans à tirer). Mais on voit déjà que dans tous les cas de figure nous avons à faire à une bizarre psychologie. Quand il veut substituer la prison (ce qui est déjà largement fait puisque 25 % des détenus relèvent en fait de la psychiatrie) aux soins psychologiques a-t-il pensé que lui aussi, au lieu de séjourner en asile, pourrait peut être un jour se retrouver en zonzon pour trahison du peuple? 

Radio Tsarko ment, radio Tsarko est so british

Classé dans : Non classé — 1 juillet, 2009 @ 10:29

                                      

Actuellement le pouvoir nous ment effrontément : la situation s’améliore, les banques apurent, elles se restaurent, etc. C’est tout à fait faux : la crise financière et banquière est très loin d’être terminée ; elle ne fait même que commencer. La seule chose apparemment réglée est la crise des subprimes ou crédits accordés aux prolos insolvables et « titrisés » (genre, si je me rappelle bien, CTO : Credit titrised obligations). Mais et maintenant ce sont les classes moyennes US (ou Rosbifs ou Ibères et ailleurs) qui deviennent incapables de payer leurs emprunts (cartes bancaires revolving et immobilier ou achat de voiture ou emprunt pour payer les études des enfants ou payer des frais médicaux, etc.). Ces créances ont été aussi titrisées (transformées en obligations en forme de mille-feuille). La cause de ces défaillances est simple : la récession, le chômage liés à la crise du crédit rendant désormais impossible d’emprunter encore et encore sans garanties. Les créances douteuses vont encore plus impacter la solvabilité des banques par augmentation des actifs toxiques (insolvables ou sans valeur). 

Mais ce n’est pas tout. Les entreprises vampirisées par des « LBO » (1500 en France ; le LBO consiste pour un fonds d’investissement à acheter une entreprise avec 10 % de cash et 90 % d’emprunt bancaire [fastoche quand le crédit pas cher et illimité dominait) et à faire payer l’emprunt par la firme rachetée tout en lui faisant suer le burnous pour augmenter sa rentabilité avant de la revendre avec plus-value 4 ans après, le tout rapportant 20 à 30 % de plus que le petit investissement de départ) sont aux abois ; par suite de la récession, les boîtes « lbotisées » ne peuvent plus servir l’emprunt. D’où un nouveau flux pharamineux de créances douteuses ou toxiques pour les banques. Parallèlement, la bourse n’arrive pas à redémarrer (et pour cause ; les perspectives de profit étant très amenuisées par la crise économique), ce qui a divisé par deux (en moyenne) la valeur des actifs boursiers et participations détenus par les entreprises et les banques ou les assurances. Les banques, étant tenues à des ratios de solvabilité en pourcentage de leur actif par rapport au volume de leurs prêts, ne peuvent donc plus prêter comme auparavant. Toujours mieux ; les banques et les assurances (là en tant que « rehausseurs de crédits », c’est-à-dire facilitateurs de l’obtention de crédits par assurance envers le prêteur) s’étaient lancées dans les Credit Default Swap, CDS. C’est ce qu’on appelle des assurances sur les produits dits dérivés. Qu’est-ce qu’un produit dérivé ? Exemple, un spéculateur achète ou vend à terme (une valeur boursière, une matière première, un bien alimentaire) et à découvert (c’est-à-dire en ne payant qu’une infime partie de ses engagements, partie actuellement ridicule, le reste représentant du crédit lui-même super-risqué). La chose étant hasardeuse car liée à l’évolution des cours et aux spéculations d’autres opérateurs, il prend une assurance ; c’est le CDS. Le problème est que l’on s’est aussi mis à spéculer sur les CDS initiaux, ce qui a produit des assurances d’assurances d’assurances, etc.,  des CDS de CDS de CDS, etc., donc en fait des dérivés de dérivés de dérivés and so on. En gros, sur la base d’une garantie réelle, par exemple de 5 % du montant de la spéculation avancée en cash par le spéculateur, on a usé et abusé du « multiplicateur de crédit » et abouti à des sommes engagées (sans base objective mais correspondant pourtant à des dettes réelles) infiniment supérieures à la garantie de base. 

C’est pourquoi aujourd’hui personne (sauf les banques et les assurances qui gardent le secret afin d’éviter la faillite immédiate, et encore) ne sait quel est le montant réel des engagements en produits dérivés et autres CDS. Les estimations tournent autour de 5 à 10 fois le montant du PIB mondial de 60 000 milliards de dollars ! Soit 300 000 à 600 000 milliards qui n’ont aucune garantie et qui pourtant représentent des dettes réelles. Tant que la chose n’est pas apurée, si elle le peut un jour eu égard à son volume monstrueux, fictif quant à l’argent réel engagé, réel quand à la dette représentée, la finance mondiale danse sur la volcan qu’elle a elle-même créé avec la bénédiction des pouvoirs publics et des politiques qui depuis 20 ans ont édicté des lois pour laisser aller la bride sur le cou à ladite finance. Politiques, qui, évidemment, nient leur responsabilité et accusent les banques tout en les renflouant et en essayant de sauver le système capitalisto-financier néolibéral à coup de réformettes à côté de la question. Par suite de la crise économique, les défaillances de crédit vont exploser : surendettement lié à la baisse des retraites, des salaires, au chômage, au temps partiel, aux faillites d’entreprises, etc. C’est déjà le cas dramatique des pays de l’EST inclus dans l’UE. Or, les banques Teutonnes (et autres sûrement) leur ont énormément prêté, notamment aux particuliers endettés en euros (devise des prêts) et remboursant en devise locale en voie de perdition (par exemple les lats lettons). D’où de nouvelles et très volumineuses créances douteuses pour les banques et autres organes de crédit. Dans ce cadre, ce qui fait plaisir c’est que les Rosbifs installés en France lorsque la livre valait 50 % de plus que l’euro sont maintenant pris à la gorge par leurs revenus dévalués. Car les Gibbies sont les 1ères victimes de la finance dont ils étaient les rois (10 % de leur PIB était lié à la finance et à leurs paradis fiscaux curieusement oubliés par le G 20 d’avril 2009 !). 

Les pauvres Lettons ont déjà subi une amputation de 20 % des salaires et 10 % des retraites.  Gageons que Sarko ment et que la même chose nous pend au nez ; c’est du reste pourquoi il a pris les devants en annonçant le passage de l’âge de la retraite à 67ans, ce qui signifie en fait une baisse radicale des retraites car actuellement il n’y a que 38 % de la classe d’âge 55-65 ans qui sont encore employés en France !  Et les banques continuent de camoufler leurs engagements risqués : exemple les Sicav garanties à leur valeur d’émission ont déjà perdu 50 à 80 % de leur valeur ; or la banque devra payer la valeur d’émission au terme du titre. Que fait-elle ? Elle impute pour l’instant le risque de perte au client qui a souscrit ladite sicav. Sous prétexte que tant que le client n’a pas vendu, il n’y a pas de perte mais que s’il vend (hypothèse) il y perd. Certes, mais s’il n’y a pas vente du titre, à son échéance, la perte (automatique) est pour la banque, ce qu’elle ne provisionne pas. J’ai écrit à ce sujet à l’AMF (Autorité des marchés financiers dont le patron, M. Jouyet, socialo ex-collaborateur du WC de Tarsko, vient d’être augmenté de 48 % !). La réponse est ce que je viens de dire sur tant que je n’ai pas vendu je n’ai rien perdu et que la décôte actuelle m’est imputable au cas (problématique alors que la perte à échéance pour la banque est sûre) où je vendrais. Nous avons donc une AMF parfaitement complice des manipulations des banques pour cacher leurs pertes prévisibles. C’est curieux ; en ce moment on n’entend guère Walter (de) Closets, grand pourfendeur des privilèges des agents de la fonction publique. Cependant Grosminet Sylvestre a repris du poil de la bête.  Ce n’est qu’un menteur. 

les dernières de supermenteur

Classé dans : politique — 28 juin, 2009 @ 10:05

Devant l’OIT, supersarko a défendu le droit du travail et demandé que l’OIT soit consultée avant tout accord international à l’OMC dirigée par le socialiste en peau de lapin Lamy (pas du peuple). Comme chiracos en Afrique du Sud « la maison brûle et on regarde ailleurs », on a de beaux discours sans effection dans le pays. On aimerait que le sauveur de l’humanité pratique la chose en France. Or, depuis 2002, Sarkocescu ne cesse de torpiller le droit du travail, d’accroître la répression, de rogner sur les prestations sociales. Bel exercice de dédoublement de la personnalité sur le thème: voyez mes ailes, je suis oiseau, voyez ma peau, je suis souris.

Devant le congrès réuni à Versailles, le nanoprésident a annoncé un grand emprunt alors que l’on en est déjà à 1500 milliards de dette fin 2009 (dont 140 de plus en 2009) et à 7,5 % du PIB en déficit du budget de l’Etat. cela me rappelle la logique du sapeur Camembert (il creuse un trou pour reboucher le précédent) affichée par un de mes stagiaires, years ago, lors d’un séminaire pour cadres supérieurs d’EDF, en même temps PDG de filiales de cet « EPIC ». Le bonhomme me dit: ma filiale est dans le rouge, est-ce que je peux faire un emprunt pour redresser les comptes? je fus obligé de lui répondre que dans un bilan le déficit est la différence négative entre l’actif et le passif et qu’une dette figurant au passif elle ne faisait qu’accroître le déficit. C’est la même logique que développe notre omniprésident qui ne veut toujours pas revenir sur sa loi TEPA d’aout 2007, laquelle diminue les recettes de l’Etat de 10 à 12 milliards par an année pleine…Tsarko était ministre du budget lors de l’emprunt Balladur de 110 milliards de francs, offre tellement coûteuse qu’il y a été mis unterme rapido et que l’emprunt a été racheté. Il ne s’agit donc, avec cette annonce, que de séduire les classes moyennes ruinées par la chute de la bourse entre 50 et 80 %. Et puis dans 15 ans, quand il faudra rembourser l’emprunt, Tsarko ne sera plus là. c’est cela la politique: tirer des chèques en blanc sur l’avenir. Rappelons que l’emprunt Giscard de 6 milliards de francs, gagé sur l’or, a coûté in fine 65 milliards! le but réel des emprunts auprès du public et non des marchés financiers (qui prêtent déjà au bas mot 15 milliards par mois) est d’offrir  une rente aux petits bourgeois.

 

1...4849505152
 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr