les armes de la critique

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Le progrès, la prospérité, la croissance, le bonheur

Classé dans : politique — 10 juillet, 2011 @ 11:27

« Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse. » Stendhal, Souvenirs d’égotisme 

 

La notion de progrès remonte au 18ème siècle ; elle est associée à l’idée de satisfaction matérielle continuellement accrue, incessante. Elle est connectée à celle d’utilité chère à Bentham. Elle implique un accroissement de la prospérité, de la richesse ; donc elle contient le concept de croissance dont l’économie fait ses choux gras et qui est signifiée par l’indicateur principal qu’est le PIB par habitant. Elle est indissociable de la montée de l’individualisme et de la subjectivité. Notamment, l’utilité est définie comme une préférence individuelle dans les objets de satisfaction. Le rôle des gouvernements utilitaristes est de maximiser le bien-être collectif, lequel n’est que l’agrégation des plaisirs personnels bien que Condorcet puis Arrow ait prouvé que rien de collectif ne pouvait émerger de la sommation  et de la hiérarchie des préférences individuelles. Plus tard, le progrès est devenu une évolution mécanique et fatale des sociétés modernes (notamment chez Hegel et Marx). 

Le progrès (matériel) a été vu par les 1ers libéraux comme un résultat du commerce, déjà dans « le doux commerce » de Montesquieu. Plus les échanges augmentaient, plus les richesses (les biens, les produits, les avoirs, les actifs, l’argent, etc.) circulaient et croissaient, plus les sociétés se pacifiaient. Pour ce faire, il suffisait que les gouvernements laissassent jouer librement les lois « naturelles » de l’économie comme le recommandèrent très tôt les physiocrates. Le « laissez faire, laissez passer », cher à Guizot, devint rapidement le leitmotiv des libéraux en impliquant la réduction du vivre ensemble aux contrats de gré à gré passés entre individus. L’Etat devait être un simple « veilleur de nuit » chargé de la sécurité des biens, des échanges et des personnes. Car, il se trouvait que la division du travail assurait à la fois des gains incessants de productivité et l’interdépendance des individus. Cette « solidarité mécanique » se suffit à elle-même pour assurer la cohésion sociale d’autant plus que la « main invisible » de « l’ordre spontané » du marché produisait « le meilleur des mondes possibles ». Cependant, très rapidement, des auteurs plaidèrent en sens inverse pour que l’Etat intervienne afin de réguler les marchés et les activités économiques en vue d’assurer une croissance plus équitable dans la redistribution de ses fruits entre les différents acteurs. Cette vision « socialiste » modérée conserve le but de partir des individus et de maximiser leur satisfaction en s’appuyant sur leurs libertés et leurs droits personnels. Il s’agit d’assurer plus de répartition (socialement juste) du bien alors que les libéraux ne s’intéressent qu’au juste (via l’égalité des chances). On voit que socialisme soft (social-démocrate) et libéralisme sont des frères jumeaux : protéger les droits individuels et développer l’économie en vue de la prospérité générale. Mais l’un pense que les individus et les groupes sont assez grands pour gérer seuls leurs intérêts et l’autre qu’une gestion publique est nécessaire afin d’éviter la jungle et la loi du plus fort. Car la production et l’échange libres n’assurent aucune garantie en ce qui concerne la répartition et la diminution des inégalités, c’est-à-dire la justice sociale. On note que le libéralisme privilégie la liberté et néglige l’égalité alors que le socialisme donne la priorité à l’égalisation des conditions et  des parcours en encadrant les libertés. Faux débat car liberté et égalité ne sont pas exclusives l’une de l’autre mais combinées et interdépendantes ; contradictoires mais « composées », en équilibration permanente mais circonstancielle des 2 termes, comme disait Proudhon. 

Stendhal avait bien compris que la nouvelle ère, qui culmine aujourd’hui avec le consumérisme (soi-disant fondé sur la liberté individuelle de désirer mais en réalité propulsé par la publicité), contenait un changement de culture et de valeurs. Ce consumérisme est fondé sur la liberté individuelle d’exercer ses préférences en dehors de toute norme sociale ou contrainte. Car en univers libéral, l’individu est indépendant, hors contexte social, non socialisé par un groupe d’appartenance. C’est faire fi des normes implicites encouragées par la publicité et le libéralisme : être beau, bronzé,  jeune, sexy, en bonne santé, mince, sportif, musclé, bien habillée, bien situé dans le concert social. C’est négliger que la possession des ressources pour se conformer au modèle est inéquitable. C’est oublier qu’aucune personne ne se fait elle-même sans relations aux autres. 

A la solidarité, au travail bien fait, à l’intérêt collectif, au don et à la générosité, à la bonne vie frugale et joyeuse, à la dignité se l’être,  à l’honneur, à la spiritualité et au dépassement de soi au-dessus du bas monde, à l’amour de soi, à la recherche de la justice, à la morale, etc. se substituaient l’individualisme, l’hédonisme (recherche du plaisir en lieu et place de l’eudémonisme ou recherche du bonheur), la rivalité ostentatoire, « l’amour propre », les « eaux glaciales du calcul égoïste » (Marx), le matérialisme le plus grossier avec la primauté de l’avoir et du paraître, la jouissance personnelle et sans limite, l’amour de l’argent, la rentabilité pour toute chose, la défense des inégalités, etc. Et pourtant les libéraux pur sucre prétendent que le libéralisme ne prône aucune conception du bien et de la morale ; on vient de voir celles qu’il a autorisées et même défendues. Car le libéralisme est le plus souvent aujourd’hui une consécration de l’ordre existant puisque celui-ci montre à l’œuvre les « lois » universelles et permanentes de l’économie. C’est pourquoi la croissance quantitative est devenue un synonyme de prospérité car l’idée sous-jacente est que plus le gâteau augmente de volume plus la part de chacun grandit sans que l’on remette en cause la distribution des portions. On espère ainsi assurer la paix sociale. 

Le règne de « l’homme sans qualité », attaché à la seule quantité, comporte une autre conséquence bien vue par Tocqueville : les affaires publiques, le bien commun, le bien-vivre ensemble, le sentiment d’appartenance à une communauté, la bonne vie pour tous,  bref la politique disparaît au profit des régulations automatiques de l’économie, de l’ordre marchand, la loi générale s’évanouit en faveur du contrat bilatéral entre 2 individus, la « gouvernance » (la bonne gestion de la croissance économique et la régulation des conflits entre lobbys) remplace le gouvernement. Parallèlement, la société n’est plus vue comme la « communauté majeure » d’appartenance ; elle devient une collection d’individus atomisés en interaction aléatoire. C’est oublier que le marché est un cadre institutionnel et que la distribution des ressources, de même que l’état des structures sociales, limite gravement les espaces de circulation individuels, les cheminements possibles et les choix effectuables et cela, comme par hasard, essentiellement pour les pauvres et les faibles. Miracle : la démocratie représentative, dans son approche quantitative et individuante, restaure l’équilibre des pouvoirs : un homme, une voix, la majorité statistique fait loi et donne les ressorts de la détermination de l’intérêt commun par ladite majorité électorale. Même la politique devient alors une question de chiffres et de simple gestion comptable. 

Déconstruisons le scénario du primat de la croissance en univers libéral. On a une conjonction, une congruence entre plusieurs dimensions : satisfaction matérielle, individualisme généralisé, liberté totale des désirs et préférences considérés comme extérieurs au politique pour autant « que la liberté de l’un ne nuise pas à celle des autres », refus du collectif, des normes sociales, des projets et du bien communs, limitation du rôle de l’Etat à la mise en place des conditions de la prospérité, évolution incessante vers le plus de progrès. Comme les préférences sont individuelles, comme elles ne sont pas cadrées par du collectif et des structures sociales (et le libéral, du reste, prône d’empêcher l’emprise du social sur les individus, libres de leurs croyances, conceptions, valeurs, désirs), il ne peut y avoir de consensus sur un contenu substantiel du bien commun, il n’existe pas d’échelle de mesure ou de valeur pour apprécier les évolutions, comparer les pratiques, qualifier les résultats. La seule évaluation possible devient la quantité de biens, le volume de richesse, en tant qu’observables et quantifiables dans un critère commun ; dès lors, il s’ensuit que le calcul monétaire est la seule méthode apte à saisir les progrès quantitatifs de la prospérité. C’est pourquoi le PIB est devenu le critère essentiel de l’opulence matérielle : il est calculé comme somme des valeurs ajoutées estimées en monnaie de compte (volume par prix de marché). Le quantitatif pour évaluer les choses a bien des mérites : c’est apparemment neutre et cela renvoie toute dispute sur le contenu, sur le sens de la production aux oubliettes. On ne se bat pour un taux de croissance ; on se contente de dire que le gouvernement n’a pas mené une bonne politique pour le maximiser. Du coup, la droite et la gauche politicardes s’engueulent sur les agrégats économiques au lieu de questionner la nature des critères du bien-vivre et du bien commun. Il est vrai que l’on entrerait, dans le cas contraire, dans des débats de choix de société, de valeurs, de projets. Courage, fuyons. Une approche quantitative et monétaire a aussi l’avantage de mettre les experts sur le pavois, ce qui permet aux politiques de se défausser de leurs responsabilités sur eux. De plus, le quantitatif financiarisés permet des comparaisons faciles entre pays et entre périodes gouvernementales plus ou moins alternées. 

C’est ainsi que ce qui a changé entre les 30 glorieuses de l’Etat social, industriel et planificateur et la période néolibérale lancée par Thatcher et Reagan, ce n’est que la disparition du partage de la croissance ; en aucun cas le primat de cette finalité chez les politiques. Las, les socialos de la gauche truffière, voire libidineuse, se lancèrent dans le tonneau des Danaïdes de la mondialisation ; notamment en libérant à tout-va la finance et les mouvements de capitaux, de même que le commerce en forme de libre-échange sans régulation. La recherche à tout prix de la compétitivité (bien établie par les statistiques quantitatives) devient le moteur de la croissance en univers mondialisé et hyper concurrentiel ; il faut exporter au maximum ; ce qui passe par la baisse de tous les coûts à commencer par ceux de main d’œuvre et de charges sociales ou fiscales. On entre ainsi dans le course au moins-disant généralisé et ont met tous les pays en concurrence, c’est-à-dire leurs modèles sociaux. Evidemment, un pays sans modèle social coûteux décroche le pompon dans la concurrence sauvage. Que faire pour gagner la bataille de la compétitivité ? Bien des choses, mais cela passe aussi par la mise en place d’une foultitude d’indicateurs, comme par hasard tous tirés du management des entreprises privées. Les indicateurs quantitatifs ont pour but de mesurer et comparer les résultats des actions gouvernementales en concurrence. La culture (la dictature) des objectifs quantitatifs et des résultats s’installe partout dans le secteur public sur la logique du privé. En France, c’est le but de la réforme générale des politiques publiques (RGPP) chère à Tsarkozy. C’est ainsi que la politique devient gestion économique et financière et que la gouvernance supplante le gouvernement. C’est ainsi que la « politique du chiffre » remplace celle des buts pour la société et le bien commun. 

Alors, il n’y a plus à s’étonner de la disparition du politique et de l’abstentionnisme ou de l’inconstance des citoyens : la gestion ne passionne personne, la réforme est l’autre mot pour régression du bien commun, l’alternance des politicards ne change rien puisqu’ils sont tous des « quantativistes » du progrès. On vote un coup à droite, un coup à gauche afin que ce ne soit pas toujours les mêmes qui tondent le peuple. Dans ce contexte, on s’intéresse à la vie privée des représentants car leurs vices personnels pourraient avoir des conséquences fâcheuses dans leur action publique. C’est tant mieux pour les médias qui remplacent le débat politique par l’étalage des politicards ; cela fait vendre et surtout cela ne change rien au modèle de société axé sur la prospérité matérielle, l’accumulation de capital, la consommation et le gaspillage. 

Les politicards objectent que la politique et l’Etat ont perdu leur puissance par suite de la mondialisation et de l’internationalisation des problèmes. Ils oublient facilement que ce sont eux qui ont créé les conditions de la globalisation sauvage et de la concurrence sans limites. Ils omettent de dire qu’au lieu de faire une Europe fédérale et coopérative, ils jouent perso et intérêts nationaux ; pas ceux du peuple, ceux des industriels et financiers qui financent leurs campagnes électorales. Ils cachent qu’ils sont imprégnés par le libéralisme capitaliste et refusent tout autre modèle de société. 

EDF, le colosse aux pieds d’argile

Classé dans : politique — 1 juillet, 2011 @ 11:29

Le fleuron de ce qui reste des entreprises publiques en France affiche une façade à la Potemkine. Il va lentement mais sûrement vers la dégradation après se demi-privatisation décidée en 2004, avec ouverture du capital en 2005. A l’époque, l’action a été introduite en bourse au prix sous-estimé de 32 euros (pour réussir l’opération et pour satisfaire les investisseurs ravis de privatiser le capital collectif) ; elle n’en vaut plus que 26, en baisse continue depuis 2010. Ce qu’il y a aussi d’amusant, c’est que les agents d’EDF avaient eu droit à des titres à prix d’ami (28 euros, si je me rappelle bien) au lieu d’une augmentation de salaire… Cela, avec la bénédiction des syndicats. 

EDF, c’est 42,5 milliards d’euros de dette au 1/1/2010 pour 17,5 milliards de résultat d’exploitation et 65 de chiffre d’affaires en 2010. Une opération comptable de vol des provisions constituées pour le démantèlement des centrales périmées (un fonds dédié est obligatoire) a rapporté 12 milliards mais la dette nette n’a baissé que de 8,1,  la ramenant à 34,4 au 31/12/2010 et cela malgré la cession du réseau britannique pour 6,7 milliards. En 2010, le bénéfice est tombé de 3,9 milliards en 2009 à 1 seul. Proglio a dû passer 1 milliard de provision pour rompre avec Constellation Energy, achetée aux USA (pour 4 milliards en 2009) d’en l’espoir d’y fourguer de l’EPR, et 915 millions chez sa filiale à 49,9 % Edison en Italie (pas de majorité suite à l’opposition de Berlusconi à la prise de contrôle d’Edison par EDF). De plus, le land allemand du Bade-Wurtemberg veut virer EDF d’ENBW où elle détient 45 % des titres. Malgré tout EDF a versé un dividende… supérieur au bénéfice de 2010 car l’Etat impécunieux et voleur est actionnaire à 85 %. 

Tout cela, c’était avant la catastrophe de Fukushima qui a entraîné le retrait de l’Allemagne et de l’Italie du nucléaire. Cela signifie qu’EDF devient le seul gros client d’Areva pour l’enrichissement de l’uranium (ex-Eurodif), le retraitement des déchets, la production avec eux de MOX (produit très dangereux, ce qu’a montré Fukushima) ; les prix vont donc monter pour notre cher producteur nationale d’électricité nucléaire. Mais qui va payer Doudou dis donc ? EDF, devenue leader dudit nucléaire en France après le non-renouvellement de Mme Lauvergeon à la tête d’AREVA, va devoir réviser ses ambitions françaises et tsarkozyennes pour la propagation des centrales EPR. Déjà, Abou Dhabi avait choisi la Corée du Sud  (petits réacteurs bien moins puissants et coûteux que l’EPR) dans un appel d’offre au grand dam de Tsarkozy et avec la complicité implicite de Proglio qui, lui, préconisait des centrales moins sûres… avant Fukushima ; après, changement de discours : il faut acheter de l’EPR car il serait beaucoup plus sûr. Cette affirmation est contestée par des experts par suite des déboires de l’EPR construit en Finlande. Ce dernier chantier a déjà pris 4 ans de retard et sont coût est passé de 3 à 6 milliards d’euros. A cette occasion, les autorités de sûreté ont constaté moult malfaçons dues à Bouygues et ont vu que le système de contrôle commande était très insuffisant (pas assez de redondance des circuits en cas de panne du réseau principal). Bouygues s’illustre aussi sur l’EPR de Flamanville en faisant appel à des sous-traitants faisant du trafic de main d’œuvre polonaise avec contrats de travail douteux et appliquant en France le droit social polonais (ouvriers payés 2 fois moins, sans SS, etc.). Bouygues forcerait aussi sur la sous-déclaration des accidents du travail à Flamanville. Comme EDF est le donneur d’ordre, la chose ne saurait manquer de rejaillir sur elle avec les pénalités y associées. Par ailleurs, Fukushima a lancé un grand  mouvement de hausse des normes de sécurité, ce qui va encore augmenter des coûts de construction déjà très élevés, de même que le prix du KWh. Ce dernier va monter à 60 euros le MWh alors que Proglio vient d’obtenir 42 (au lieu de 45 demandés contre 38 offerts) pour vendre le quart de son jus nucléaire à ses concurrents (suite à la loi NOME, nouvelle organisation du marché de l’électricité, imposée par Bruxelles et le gouvernement afin d’ouvrir le secteur à la concurrence « libre et non faussée) ! Devinez qui va payer la facture ? 

Le nucléaire en France s’est construit dès le début sur la base de décisions des gouvernements, par décrets, sans consultation du parlement. Les politicards ont monté un Meccano où tout se tient par la barbichette sous la houlette des ingénieurs X-Mines ; il a fallu attendre 2006 pour qu’une loi très modérée installe quelque contrôle des opérateurs nucléaires. Loi souvent violée et, mieux, sans décrets d’application, comme par exemple pour la surveillance du fonds dédié à doter par EDF pour provisionner le coût du démantèlement des vieilles centrales déclassées. Ce coût est estimé par EDF (!) à 35 milliards ; or la désaffection de Brennilis (1ère et minuscule centrale) va déjà couter 500 millions. Les experts étrangers ou indépendants (fort rares en France et souvent en conflits d’intérêts car ils font des ménages pour EDF) estiment le coût réel pour 58 tranches à entre 100 et 200 milliards d’euros. Devinez qui va payer ? La loi inappliquée de 2006 pour le contrôle du fonds a permis à EDF de le provisionner seulement 12 milliards fin 2010 (ce qui est exigé pour l’instant), après avoir pioché dedans. Sont très sous-estimés aussi les coûts de stockage des déchets, surtout pour ceux de très longue durée de vie pour lesquels seul le site de Bure existe aujourd’hui. Les Allemands avaient un site eux aussi ; celui-ci s’est révélé fuyant dans la nappe phréatique et on a été obligé de le vider. Quand aux assurances en cas d’accident, on est dans le ridicule : EDF est tenu à indemniser à hauteur de 91 millions et la France de 500 ; c’est à comparer aux dégâts de Fukushima estimés à entre 100 et 150 milliards d’euros ! Du reste, nul assureur n’existe pour de tels risques. Devinez qui va payer en cas de gros accident ou de la multiplication des « viandes à REM » développant un cancer à l’instar des travailleurs de l’amiante ? 

En catastrophe, le mot est juste, l’Europe vient d’imposer des « stress tests » comme pour les banques. La France a obtenu que ces tests ne porteraient pas sur les séismes ni sur le crash d’un gros avion genre les tours jumelles de New York en 2001. Mieux, il semble que ce soient les autorités françaises qui procéderont à ces tests et non des experts européens ! Or les experts en France sont juge et partie, stipendiés par le lobby nucléaire. Rappelons-nous les exploits du Professeur Pellerin (poursuivi mais en quelque sorte acquitté !) qui avait dit que le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté aux frontières de la France ; ou de l’inénarrable professeur Tubiana, directeur de la sûreté nucléaire à EDF, qui avait estimé le nombre de morts en Ukraine à 30 ! Gageons que les Allemands et autres finiront par obtenir des tests plus sérieux et plus indépendants au niveau européen. D’où il ressortira une remise à jour de nos centrales vers de nouvelles normes drastiques, ce qui augmentera encore les coûts. Devinez qui paiera ? Les tranches de type PWR (pressurized water reactor, licence Westinghouse, 17 en France dont Fessenheim) seront les 1ères touchées. 

EDF s’enorgueillissait d’exporter du jus ; cela est bien compromis car les capacités de production (en recul de 5 % en 2010) sont atteintes par les révisions de tranche dont le coût et la durée de travaux s’accroissent avec le vieillissement des installations, dont pourtant EDF et le gouvernement veulent porter la durée d’amortissement de 30 à 40 ans, voire plus (une mise à niveau pour prolongation de l’usage coûte 500 millions minimum et cela avant le durcissement des normes qui va se produire en Europe). Rappelons que le taux de disponibilité des tranches nucléaires françaises n’est pas fameux avec seulement 82 à 83 %,  en dessous du taux US ou britannique. Par ailleurs, les sécheresses se multiplient et déjà en 2011 l’étiage des rivières ou fleuves est bien bas ; rassurons-nous ; dans sa bienveillance le gouvernement autorisera EDF à continuer de pomper la flotte de tous en donnant une dérogation sur le seuil de température des eaux au-delà duquel il faut ralentir les centrales ou les fermer. Il est donc probable qu’avec un peu plus de temps, EDF ne vendra plus aucun courant même aux Allemands qui en auront pourtant besoin avec la fermeture très rapide de leurs centrales nucléaires. Devinez qui va payer les centrales à gaz ou au charbon qu’il faudra mettre en service pour passer les pointes de consommation et les étés ? De plus, la concurrence entre EDF, GDF-Suez et autres fournisseurs (dont une boîte dirigée par un ex-directeur commercial d’EDF !) s’intensifie ; il faudra bien veiller à ne pas estourbir les clients par des tarifs trop élevés. 

EDF avait poussé au chauffage électrique pour rentabiliser ses centrales ; manque de pot le chauffage devient bien trop ruineux pour les habitants des logements tout-électrique ; ils fuient et profitent des aides pour l’isolation, ce qui diminue heureusement la consommation, donc les résultats financiers d’EDF. EDF va sans doute perdre une bonne part de ses 500 concessions de barrage hydraulique (ouverture des appels d’offres à tout soumissionnaire au lieu du vieux monopole). Or les centrales hydrauliques produisent pour pas cher du tout (elles sont amorties, télécommandées et ont peu d’entretien sauf les grands barrages) et leur courant fait baisser le coût de revient moyen de l’électricité. C’est la raison pour laquelle le gouvernement avait cadeau à Suez de la CNR (compagnie nationale du Rhône). Une bonne nouvelle, toutefois : EDF Energies nouvelles (où EDF vient de prendre tout le capital) a obtenu un droit d’installation du photovoltaïque juste avant que le gouvernement n’amenuise très sérieusement les facilités offertes (aux frais des clients par le biais de la taxe de « contribution au service public de l’électricité), violant en cela son propre plan issu du Grenelle de l’environnement. Il doit y avoir des ondes favorables quelque part sous forme d’accointances… 

EDF est limitée dans l’augmentation des tarifs (elle réclame 5 % par an mais n’a eu que 2,8 au 1er juillet 2011). En effet, cela pèse sur le pouvoir d’achat et les taxes qui pèsent sur l’électricité ressemblent à la gabelle (40 % à paris !, on se rapproche de la TIPP à 60 % sur l’essence). Or on a vu qu’il faut s’attendre à un prix de revient fortement accru par suite des tribulations décrites ci-dessus. Dur, dur la vie de PDG et de ministre de Ganelon-Besson. 

Le climat social n’est plus ce qu’il était. Passons sur le choc des cultures de service public (chez les vieux agents) et de gestion libérale. Cela fait 20 ans que l’on y est et par le biais du recrutement et des promotions EDF a depuis longtemps une masse importante de béni-oui-oui. Je veux parler de ce que l’entreprise n’hésite plus à faire appel à l maison Pouleman, aux huissiers, aux tribunaux pour faire la chasse aux syndicalistes et aux grévistes. C’est la nouvelle forme du dialogue social à la sauce libérale comme aux USA. Parallèlement, les conditions salariales maigrissent. Les progressions générales de salaires sont en berne au profit de l’avancement au mérite (ou « prime de lèche ») et de l’épargne salariale. La cotisation retraite est passée de 7,85 % à près de 12. L’âge de la retraite légale va augmenter à partir de 2016. Il est question de diminuer voire de supprimer l’avantage des agents sur le prix de l’électricité, tentative avortée pour l’instant, avantage en nature (électricité à 10 % de son prix normal) dont la fiscalisation vient d’être joliment augmentée en douce. Tout cela dans le temps où les dirigeants se sucrent grassement. Un directeur délégué touche maintenant, fixe et primes variables compris, 60 000 euros par mois (400 000 francs) à comparer au salaire de l’ex-PDG Marcel Boiteux (environ 120 000 francs). Ah qu’il est loin le temps où les dirigeants d’EDF travaillaient en vue de l’intérêt général avec des écarts de salaire faible avec leurs troupes. Ces 60 000 euros sont à comparer au salaire du prolo de base, soit dans les 2200 euros. On est donc passé à une différence de près de 30 fois. Et ce n’est pas fini car Proglio  (spécialiste des « bonnes « relations avec les autorités concédantes, ami de Tsarko et ex-copain du clan pré-mafieux Guérini à Marseille) ramène à EDF ses copains de VEOLIA avec des contrats en or. On peut donc s’attendre à une explosion sociale un de ces quatre matins. 

Devant les menaces qui pèsent sur le nucléaire, EDF promet et promeut les énergies renouvelables (d’où sa reprise totale de sa filiale EDF-Energies Nouvelles). Il serait temps même si la différence de coût risque d’être ennuyeuse pour les tarifs et les clients. Qui va payer ? 

Il suffirait d’un incident obligeant EDF à fermer momentanément les tranches nucléaires de type PWR pour que l’entreprise s’effondre. Aussi, je ne saurais trop conseiller aux heureux détenteurs de titres EDF de les liquider illico presto ; ils ont déjà perdu de la valeur mais ce n’est rien à côté de ce qui risque d’arriver. 

Europe et multinationales

Classé dans : politique — 27 juin, 2011 @ 9:02

Les multinationales ont profité à merveille de la construction européenne, notamment de son élargissement incessant à de nouveaux pays (aujourd’hui 27, bientôt 28 avec la Croatie ou 29 avec la Turquie…). Ce sont la Grande-Bretagne et l’Allemagne qui ont poussé à l’élargissement indéfini ; la 1ère pour propulser un grand marché sans union politique, la 2ème pour étendre sa zone de marchés et de pays à bas salaires. Avec la connerie de la France qui n’y a rien compris ou, pis, a facilité le mouvement avec ses excellences hyper libérales, de droite ou de gauche. 

 L’Europe est régie par un « ordolibéralisme » d’inspiration allemande des années 30 et ensuite d’après guerre avec Luswig Ehradt.. Vasistas ? C’est l’idée que l’Europe se fait par le droit et les règles communautaires qui sont supérieures à celles des Etats. Or les seules règles générales édictées visent au libre-échange interne et externe à l’union ; elles sont commerciales et imposent la « concurrence libre et non faussée » dans tous les domaines depuis l’acte unique de 1986. Dans les autres domaines : le social, le fiscal, l’économique il n’y a pas de règles communes sauf celles décidées par le Conseil européen, aréopage des chefs de gouvernement, soit à la majorité relative, soit à l’unanimité. Le domaine fiscal, stratégique s’il en est relève de l’unanimité. Pour l’environnement, il y a cependant des règles générales ; notamment, l’UE a adopté une politique des 3 vingt : 20 % de consommation d’énergie en moins, 20 % d’énergies renouvelables dans la production, 20 % d’émission de CO2 en moins d’ici 2020. Rappelons qu’il y a 27 pays dans l’union dont 16 dans la zone euro. Soulignons que dès le début il a été présupposé que le « doux commerce » généralisé conduirait à la fédération politique. Sachons que le budget de l’Europe n’est que de 1 % du PIB (dont 40 % pour la PAC) contre 24 pour la fédération des Etats-Unis et que les anciens communautaires s’opposent à l’augmentation du budget, ce qui veut dire que les récents entrants n’ont eu comme aide que des clopinettes. Les « PECOS » (ex-pays de l’EST, pays de l’Europe centrale et orientale)) ont donc été obligés de se débrouiller pour entrer dans l’UE et y progresser malgré les énormes disparités de législation et de ressources. Enfin, depuis le début l’Europe est dirigée, notamment au sein de la commission, par des libéraux pur sucre, dont le célèbre Bolkenstein pape de la libéralisation totale des services avec application des règles, non du pays où ils sont rendus, mais de celles « du pays d’origine » (plombier ou routier polonais exerçant en France au tarif et aux règles sociales de la Pologne). 

 Il n’y a pas, évidemment dans ce contexte, de politique économique, industrielle, monétaire, budgétaire commune à part les règles du pacte de stabilité (3 % de déficit annuel du budget, 60 % du PIB comme niveau de dette publique). Par exemple, la dette privée qui a plombé l’Espagne et la Grèce (350 milliards de dette publique, sans doute 1 000 de dette privée) ou l’Irlande n’était pas concernée ; ou l’inflation des prix des  titres financiers et de l’immobilier était exclue de la surveillance par la BCE concentrée sur l’inflation… salariale et des prix des marchandises ou services. La seule chose qui reste, c’est la pression de diminution de la fiscalité des entreprises  et des riches: en France, depuis 2002, ce sont 100 milliards par an qui leur ont été donnés, dont 73 milliards de niches fiscales, plus 30 milliards de cotisations sociales sur les bas salaires, plus 8 milliards d’abaissement de la taxe professionnelle ; pas étonnant que le déficit budgétaire s’accroisse. C’est cohérent avec le choix libéral de remplacer les impôts des riches par l’emprunt auprès d’eux en leur versant des intérêts payés par les pauvres. C’est cohérent avec la stratégie de ruiner les services publics pour ensuite les accuser d’inefficacité alors que le privé, lui, serait efficace et moins coûteux, notamment via les partenariats privé/public (PPP, le privé construit et assure l’entretien contre un loyer exorbitant et de très longue durée). La gabegie du nouvel hôpital de Corbeil montre le contraire. 

Traités comme des parents pauvres, les (nouveaux) membres de l’UE utilisent avec bonheur le dumping fiscal, salarial, social afin de se développer et de se faire une petite place au soleil. Les multinationales sont passées maîtres en slalom entre les écarts de législation des différents pays, à commencer en Europe. Elles installent, par exemple, leurs filiales de production les plus juteuses dans le pays où l’impôt sur les sociétés est le plus faible (notamment l’Irlande où il est à 12,5 % au lieu de 23 de moyenne européenne). Ou dans les pays où les lois environnementales ou sociales sont squelettiques. Ou dans les paradis fiscaux (notamment les iles Anglo-Normandes des Britanniques). Pour l’aspect fiscal, les filiales facturent très cher leurs prestations aux sociétés ou autres établissements de la multinationale installés dans les pays à plus forte fiscalité. Résultat : elles y dégagent des pertes. Solution proposée par le fameux Bolkenstein (eh oui, mais là, c’est parce que le dumping fiscal déséquilibre la concurrence à laquelle il est fort attaché) : frapper le bénéfice total consolidé au niveau de la multinationale et le ventiler entre les différents pays où il y a des établissements au prorata des chiffres d’affaires ou des valeurs ajoutées. Ainsi, chaque pays n’applique son impôt que sur la part de la production totale de la multinationale effectuée chez lui. Mais cette solution est en panne de décision ; le conseil européen n’a pas trouvé le temps d’en discuter ! Les multinationales jouent donc sur les différences ; c’est pourquoi elles délocalisent la production dans les pays les moins-disant (Chine, Pecos, etc.) ou y achètent la camelote vendue en Europe ou dans le monde, grande spécialité de Wal Mart.  Les Teutons ont délocalisé une large part de leur industrie dans les ex-pays de l’Est où le coût du travail est 4 à 5 fois moindre (les PECOS, comme la Pologne ou la Bulgarie ou la Roumanie)). Les firmes automobiles françaises ne sont pas en reste : Renault ne produit en France que 20 % de ses bagnoles (PSA, 50). Il en résulte la désindustrialisation dans le reste de l’Europe et, ô merveille, la désintégration continue de la balance commerciale quand vous pensez acheter français, notamment en ce qui concerne les intrants produits par des filiales délocalisées ou des sous-traitants. C’est ce qui explique que la part de l’industrie dans le PIB français soit descendue à 12 % (au niveau de la Grèce). 

Qu’on se le dise : une multinationale n’a pas de patrie ; elle n’a que des intérêts, ce qui explique que les boîtes du CAC 40 répugnent au nouveau discours politicien sur le protectionnisme patriotique. D’où une opposition frontale avec les intérêts des PME et autres sous-traitants. Devinez en faveur de qui le pouvoir de Sarkocescu va arbitrer ? Les multinationales n’aiment que le marché mondial ouvert à toutes leurs combines. Elles font du 1er principe de Carnot (thermodynamique) sans le savoir : le rendement dépend de la différence de température entre la source chaude (les pays moins-disant) et la source froide (la fiscalité, les lois sociales, les lois sanitaires et écologiques, etc.). En concurrence les uns avec les autres grâce à l’UE, les pays se sont livrés à une lutte acharnée pour baisser leur source froide : fiscalité des sociétés, des patrons, des riches, amoindrissement des codes du travail et des forces syndicales ; baisse des cotisations sociales et des impôts locaux (d’où la réforme de la taxe professionnelle en France), baisse des salaires et des conditions de prise de la retraite et de protection sociale-maladie, disparition des structures de services publics, etc. Et dans cette course, le grand gagnant a été la Germanie avec les lois Hartz 4 de Schrôder et la TVA sociale de 3 points de Merkel ; les Tudesques ont réussi à baisser le coût interne du travail tout en délocalisant encore moins cher dans les PECOS. Cette politique de « désinflation compétitive » les a conduits à la stagnation de leur marché intérieur et à l’accroissement de leurs exportations en Europe au grand dam de leurs copains des différents pays. Les multinationales ne s’y sont pas trompées. Le problème posé par la solution germaine est qu’elle cousine avec la récession généralisée en Europe ; en effet, si tous les pays prennent des mesures pour diminuer leur demande intérieure comme l’a fait la Bochie, alors il n’y a plus de débouchés pour les producteurs encore européens. 

Et l’euro ; quelle merveille ! Les multinationales n’ont plus à se protéger contre les disparités et les variations des taux de change des monnaies au moins dans les 16 pays de la zone euro). Les firmes des Goths (ostro de l’Est et wisi de l’Ouest) sont ravis de la baisse de valeur des monnaies des PECOS car elles peuvent y acheter à plus bas prix à leurs sous-traitants ou dans le commerce low cost) lorsque les prix d’achat exprimés en monnaie locale sont convertis en euros forts. Elles encaissent la dégradation du change et ne poussent pas à une dévaluation de l’euro. 

Pendant ce temps et depuis longtemps aussi, la commission européenne, assistée efficacement par la Cour de Justice des communautés européennes (CJE), fait la chasse aux regroupements industriels dans l’Union pour le plus grand plaisir des protectionnismes japonais, américain ou chinois qui développent leurs géants sans obstacle en les subventionnant et en leur réservant les marchés intérieurs (par des normes, des questions de « sécurité », des brevets, etc.). L’Europe est bien la zone la plus ouverte à la concurrence pour le plus grand plaisir des multinationales, notamment étrangères. Elles font du lobbying à Bruxelles pour empêcher toute tentative de réglementation protectrice des industries européennes et d’harmonisation fiscale ou économique pu sociale. C’est facile car les institutions européennes ont organisé l’impossibilité d’en décider en modifiant leurs règles de représentation des pays et de participation aux prises de décision (ce qui a été avalisé par le traité de Lisbonne ayant remplacé le TCE refusé par les Français en 2005). Dans cette pétaudière, les petits pays pèsent relativement bien plus que les gros. 

Il s’ensuit que les petits pays s’opposent avec succès à toute modification allant dans le sens d’une harmonisation des politiques. Et pour cause puisque leur avantage compétitif réside dans l’absence de règles communes au grand plaisir des multinationales et des Etats qui depuis toujours jouent les uns contre les autres au nom de leur souveraineté locale. On verra le sort qui sera réservé au « pacte de compétitivité » passé entre Merkel et Tsarko (hausse de l’âge de la retraite, contention de l’inflation 

Comment les banquiers ont volé et volent les épargnants, les Etats et le monde

Classé dans : politique — 21 juin, 2011 @ 11:07

C’est une histoire navrante dans laquelle on peut voir que l’agitation verbale de Zébulon 1er  vise à conserver le statu quo tout en donnant l’impression d’être un révolutionnaire altermondialiste. Au commencement est le désir typiquement amerloque de devenir proprio comme signe visible de réussite sociale car les « tenants » (locataires) sont considérés aux USA comme du pipi de chat. C’est la version US du « si t’as pas une Rolex à 50 balais, t’as raté ta vie ». Ce désir est évidemment encouragé par les politicards de toute obédience puisque, pendant que le salarié paye les traites de son logement, il est tranquille : il aménage, il embellit, il ne fait pas grève, il participe à la vie sociale où il est reconnu comme personne et non plus comme prolo. On comprend pourquoi Gnafron 1er voulait importer ce modèle en France, modèle qui en plus enrichit les banques par le biais du versement des intérêts de l’emprunt et les municipalités via les taxes foncières. C’est pourquoi, du reste, on n’entend guère les « socialistes municipaux ». 

Las, après la révolution libérale de Reagan/Thatcher les salaires se sont mis à stagner et même souvent à reculer quand exprimés en dollars constants depuis 1970. Le revenu des Américains n’a globalement augmenté que parce que le taux d’activité des femmes  s’est accru et que les ménages ont eu alors un double salaire C’est un effet induit et voulu de la mise en concurrence des différents pays sur un marché mondialisé avec la libre circulation des capitaux : les pays les moins disant (frais de main d’œuvre, etc.) ont détruit les emplois industriels des autres et exercé une pression à la baisse sur les rémunérations. Accéder à la propriété devenait chose impossible pour les petites gens. Eureka : on a ouvert en grand les vannes du crédit, notamment immobilier. En plus des crédits hypothécaires dits «primes » pour les emprunteurs aisés et solvables, les banques inventèrent les « subprimes » pour les fauchés peu fiables. Pas de problème : en cas de défaillance de l’emprunteur, la banque ferait saisir le bien qui, ô miracle, aurait augmenté de valeur entretemps. En effet, le développement du crédit entraînait un boom immobilier et une inflation des prix des maisons et logements. Et ces plus-values immobilières attendues permettaient de souscrire des crédits supplémentaires à la consommation de type « revolving » (cartes de crédit renouvelable à 20 % de taux d’intérêt que Tsarko admirait tant). Il se trouve que les subprimes étaient à taux d’intérêt variable. Or, en 2005/2006, la FED augmenta son taux directeur afin de conserver et attirer des acheteurs de bons du trésor US comblant les énormes déficits budgétaires dus aux guerres d4irak et d’Afghanistan. Patatras, les taux d’intérêt montèrent en flèche, ce qui empêcha les pauvres de payer leurs traites mensuelles. De plus, dans ces prêts on ne payait le capital emprunté que vers la fin et les 1èeres années étaient à faible taux d’intérêt. Tout cela précipita les prolos dans la mouise. 

Dès 2006 et surtout dès début 2007, les banquiers d’affaires virent que le marché immobilier se retournait et que les défaillances d’emprunteurs en subprimes se multipliaient. Eureka et première solution véreuse : titriser les titres d’hypothèques, c’est-à-dire en faire des paquets par milliers, en les transformant en un effet financier unique vendable sur le marché. Ce sont les Assets backed Securities (ABS) qui ont l’avantage en étant vendables de transférer les risques aux acheteurs et de pouvoir ainsi être sortis alors du bilan des banques (qui auraient été obligées de passer des provisions pour pertes) et d’échapper aux obligations prudentielles (avoir 2 %  des engagements de la banque  en ressources propres et actifs). C’est le début de la finance fantôme dite aussi hors bilan. Las, ces papiers risqués finirent par avoir du mal à trouver preneur. Les subprimes ne représentaient pourtant que 4 % du PIB (600 milliards de dollars) contre une dette privée globale atteignant 190 % (près de 30 000 milliards). Pourquoi, alors, cet écroulement de la finance US ? C’est à cause de l’installation d’un risque systémique introduit par icelle. La titrisation fait partie de cette complexité où une chatte ne reconnaîtrait pas ses petits. 

Eureka bis. Les banques inventèrent alors la Collaterized Debt Obligation (CDO). Vasistas ? C’est « un produit structuré », regroupant différents paquets d’ABS (ou autres titrisés comme les MBS, mortage backed securities, paquets regroupant des créances sur les  hypothèques primes, ou tout autre titre de regroupement de créances par exemple sur les crédits voiture ou sur les prêts pour études ou traitement médical lourd)), hiérarchisés par niveau de risque ou découpés en tranches à taux d’intérêt différents, comme un millefeuille où la tranche supérieure serait de la nougatine (les bons du trésor US peu rentables mais sans risque) et l’inférieure de la génoise (les subprimes).  Quand il y a défaillance, ce sont les tranches du bas qui écopent en 1er ; ce sont celles qui rapportent le plus mais sont les plus osées et défaillantes en premier. C’est ce qui explique que les CDO s’écroulèrent car la génois a pourri tout le paquet comme une pomme véreuse dans un panier. Grâce aux subprimes, cependant, le CDO était un produit financier juteux sur lequel les banques européennes se précipitèrent aussi en les intégrant dans des « SICAV dynamiques ». En France, les banques « universelles » (à la fois de dépôt et d’investissement ou affaires) en achetaient dans leur partie affaires et celle-ci priait la partie dépôt de les fourguer aux petits épargnants. De façon générale, les banques souscrivaient des montagnes de CDO juteux. Las, les ABS plombèrent rapidement les CDO. Et, parallèlement, les banques avaient mis leurs CDO dans des filiales sises dans des paradis fiscaux. 

Eureka ter, ce qui a accru encore le risque systémique. On inventa alors génialement le Credit Debt Swap (CDS, échange de titres de dettes). Vasistas ? C’est une assurance contre la perte de valeur des titres : un acheteur de CDS paie une prime à un assureur (ce fut en général AIG, dont la faillite a été évitée car elle a été rachetée par le gouvernement US pour 185 milliards de dollars) ; en cas de perte, l’assureur la rembourse. Le CDS est merveilleux : vous pouvez (comme pour les ABS, CDO et tout autre titre  ou comme pour tout objet de spéculation) l’acheter à terme, à découvert ou « à nu ». C’est-à-dire sans dépôt de garantie ou avoir préalable existant. Auquel cas, en cas de perte, vous ne payez que la différence entre l’engagement et la réalité (vous promettez de vendre 100 titres à 90 euros (sans les avoir) en espérant qu’ils vaudront 80 euros dans 3 mois ; s’ils en valent 100 vous devez 100 multiplié par 10 [100 moins 90) à l’acheteur soit 1 000. C’est donc une perte sur un avoir fictif (ou un gain si vous avez spéculé à la hausse) sans avoir réellement acheté puis vendu la marchandise ou le titre ! On s’est rapidement retrouvé avec des CDO et des CDS au carré, au cube, etc. 

Mais le CDS a une autre qualité : c’est comme si vous pouviez assurer la voiture de votre voisin en espérant un accident ; on peut spéculer sur ce que les autres ont. Par exemple, des obligations de la dette grecque. Plus de CDS sont souscrits sur celle-ci, plus la confiance dans ladite dette diminue, plus sa valeur faiblit, plus les taux d’intérêt exigés pour la refinancer sont élevés. Ce qui ruine la Grèce et qui procure d’énormes bénéfices aux spéculateurs (des banques ou Hedge Funds, évidemment) à la baisse des titres de dette grecs. Et comment fait-on chez les spéculateurs pour acheter des CDS (ou des CDO ou des ABS) ? On emprunte au trésor US à 0,25 % ou à la BCE à 1 % (le fameux effet de levier de l’emprunt) ! Rappelons que Tsarko avait fait prêter des sommes considérables aux banques françaises pour qu’elles maintiennent et développent le crédit aux entreprises et aux ménages. Prêts sans contrepartie et vite remboursés car les banques ont profité de ces prêts à faible taux d’intérêt pour spéculer à nouveau : d’où la réapparition des bonus versés aux traders (seule règle : ils sont gelés pendant 3 ans) et les gros profits bancaires. Seuls les britanniques avaient nationalisé leurs banques pourries… 

Les banques ont multiplié à l’infini les « produits dérivés ». Vasistas ? En premier lieu, c’est une technique d’assurance ; par exemple, vous vendez à terme un stock de blé à un prix convenu à un acheteur prêt à prendre le risque d’une diminution de valeur du stock constitué. Votre capital, réel dans ce cas là est sauvé. Cet accord est le produit dérivé ; il est cessible sur le marché financier ; le blé qui sert de garantie réelle (ou tout autre matière ou produit ou créance réelle ou titre financier comme les actions ou obligations, etc.) est appelé le « sous-jacent ». Ensuite, c’est devenu de la spéculation pure à terme et à découvert. Les produits dérivés sont rapidement devenus des papiers (et surtout maintenant des écritures électroniques circulant à la vitesse de la lumière) sans garantie objective comme les ABS, CDO, etc. Qui plus est, les échanges de dérivés se sont rapidement faits sur des marchés inorganisés (sans surveillance publique ou de la corporation) dits de gré à gré (ou « over the counter », par-dessus le comptoir) entre échangistes. Pour ce faire en toute discrétion, les banques usèrent de filiales offshore dans des paradis fiscaux afin de développer l’évasion fiscale et surtout les activités hors bilan de cette finance fantôme. On en est arrivé ainsi à une pyramide, dont la pointe servait de base en reposant sur les subprimes pour une très petite part (600 milliards, 4 % du PIB US), de 600 000 milliards de dollars alors que le PIB mondial n’est que de 60 000 et le PIB US de 15 000. Cette pyramide, qui pourtant est imaginaire et n’offre aucune garantie objective, produit des engagements toxiques (et systémiques où tout le monde se tient par la barbichette) à respecter sans que, évidemment, il y ait les liquidités nécessaires pour les honorer. D’où la débandade des banques avec la faillite de Lehmann Brothers en septembre 2008 : personne ne savait ce qu’avaient les autres banques comme titres pourris, dès lors lesdites banques refusèrent de se faire crédit entre elles et coupèrent le crédit aux autres acteurs pour refaire leurs ressources et actifs sûrs afin d’éviter la faillite. 

Si les banques, les assureurs, les multinationales s’étaient mis à spéculer, c’est parce qu’il y avait une masse énorme de capitaux flottants à la recherche d’un placement (dont les dettes publiques) et parce que les entreprises étaient en situation de surproduction à cause de l’énorme productivité des moyens modernes et de la faiblesse de la demande au pouvoir d’achat faible malgré l’inondation de produits low cost en provenance de Chine et autres pays. Elles n’investissaient donc pas. Au contraire ; les entreprises rachetaient leurs propres titres pour en faire monter la valeur, notamment pour payer des fusions par échange d’actions. Les PDG poussaient à ces manœuvres à cause de leurs stock-options (titre de la boîte vendable après 5 ans ; d’où l’idée d’en gonfler la plus-value). La surproduction provient de ce que par l’accumulation des intérêts au fil du temps le capital cherche sans cesse à entasser des moyens productifs de profit. Mais quand écouler la production devient trop difficile, alors le capital s’accumule de façon purement financière pour le plus grand profit des organes de spéculation et en outre des fonds de pension par capitalisation. Au passage du capital productif est détruit par suite des fusions-acquisitions supprimant un concurrent et donnant lieu à des restructurations. 

Il doit être clair que les pratiques des banques et autres financiers ont été tout simplement autorisées et facilitées par les législations et les fausses régulations décidées par les politicards y compris socialistes (les Fabius, DSK, Bérégovoy, etc.). Cela a conduit au pied du gouffre ; le capital ne vas tarder à y tomber ; hélas avec nous. Il n’y a qu’à regarder la situation de la Grèce (dette publique de 154 % du PIB), du Portugal et de l’Irlande… A qui le tour ? Rien d’étonnant : en réalité, par la pratique des portes tournantes entre le public et le privé (le « pantouflage » en France), ce sont les banquiers qui dirigent la politique financière des USA, y compris avec Obama. Et en France, Tsarkowitch s’entoure des précieux conseils du banquier Pébereau et les inspecteurs des finances pantouflent dans la banque… 

Cela dit, la débâcle financière ne révèle que la surface des choses ; en profondeur, ce sont les énormes déséquilibres mondiaux qui en sont la cause : excédents commerciaux chinois contre déficits américains (ou  excédents allemands contre déficits européens des « cigales ») compensé en sens inverse par un flux de fric chinois  (2800 milliards de dollars de réserves dont 800 en bons du trésor) et des PVD vers le trésor US et l’Occident (ce devrait être l’inverse !), stagnation du pouvoir d’achat des salariés (malgré les achats low cost venant de Chine et autres PVD) contre fortunes croissantes (patrimoine immobilier et en titres financiers) et mal acquises des riches (poussés à spéculer car ne pouvant dépenser leur pactole), poids de la finance (20 à 30 % du PIB britannique) infiniment supérieur à celui de l’investissement productif, valse des taux de change et des taux d’intérêt entre pays nourrissant des spéculations, etc. Les G 8 et G 20, emmenés par Tartarin de Neuilly, n’ont rien prévu pour régler ces déséquilibres… 

PS : il faut féliciter la France d’avoir donné aux banques les meilleurs concepteurs de produits structurés grâce à son excellence en mathématique en général et financière en particulier, notamment via l’Université de Paris-Dauphine. Pour une fois que l’on est dans les meilleurs… C’est M. Tourre (de cochon) qui avait inventé un CDO particulièrement vicieux et fumeux que Goldman Sachs a vendu à des spéculateurs ou investisseurs tout en jouant à la baisse contre ce produit miracle ! Ce qui a ruiné les clients, d’où le procès intenté à Tourre (de vice) aux USA. 

Nouvelles de la crise

Classé dans : politique — 14 juin, 2011 @ 10:24

 M. Bertrand vient de se réjouir des statistiques du chômage en avril après 3 mois de baisse de la catégorie A (sans emploi du tout, en recherche et disponible immédiatement ; norme OCDE). On reste pourtant à un niveau élevé, pas loin de 10 %. Le ravissement de Bertrand (4 mois consécutifs de baisse du chômedu en catégorie 1) est pourtant mal à propos. Les catégories B et C (ayant travaillé ne serait-ce que quelques heures dans le mois) progressent toujours. Le chômage des « vieux » augmente bien que pour les retraités Tsarko ait décidé qu’ils devaient travailler jusqu’à 62 ans et jusqu’à 65 pour une retraite complète. Le chômage de longue durée augmente aussi. Seule petite embellie : le chômage des jeunes a légèrement diminué. Les créations d’emploi (précaires, intermittentes pour l’essentiel) sont trop faibles pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. Pis, de nombreux jeunes, dégoutés par les emplois offerts (salaires et conditions de travail), ne s’inscrivent plus au pôle emploi. Les radiations se portent toujours aussi bien. Le gouvernement fait du yoyo sur les emplois aidés, ce qui frappe financièrement les associations d’insertion en particulier et les associations en général. Cela ne risque pas de s’arranger car la crise n’est pas terminée ; elle est devenue rampante et camouflée. D’après les politicards, les experts et les journaleux au service du capitalisme, la crise serait derrière nous. La croissance revient (1,5 % en Allemagne et 1 % en France au 1er trimestre 2011). C’est du trompe l’œil car cette embellie est due à la reconstitution des stocks des entreprises, phénomène connu et ponctuel. La consommation piétine bien que les consommateurs aient puisé dans leur bas de laine. Le taux d’épargne repart à la hausse. La bourse est à la baisse depuis le début de l’année. La Grèce a besoin de 60 milliards d’euros de plus après les 110 accordés par l’UE et le FMI en 2010 (dont 12 immédiatement comme dernier versement des 110 de 2010) ; le Portugal a obtenu 78 milliards moyennant un plan d’austérité ayant amené la chute du gouvernement Socratès et la victoire de la droite (curieusement baptisée social-démocrate et qui a annoncé encore plus de rigueur) aux élections législatives anticipées du 5 mai. L’Irlande patine : son déficit budgétaire (10 %) progresse ; sa dette monte à 120 % de son PIB.  La récession n’a pas encore eu lieu parce que le commerce international est encore tiré par la croissance des pays émergents (Chine, Brésil, Inde). L’UE a péniblement accouché d’un fonds européen de stabilité financière en mai 2010 (750 milliards dont un tiers venant du FMI) qui ne deviendra permanent qu’en 2013 sous réserve d’une modification des traités européens. Ce fonds n’intervient qu’en dernier ressort à 6 % de taux d’intérêt alors qu’il faudrait renflouer les pays en difficulté avant l’imminence de la catastrophe du défaut de paiement de leurs remboursements d’emprunts. De plus ces aides du fonds sont conditionnées par des ajustements structurels drastiques qui créent de la récession et oblitèrent l’assainissement financier. On finira par faire de la cavalerie… Ou l’UE se résoudra à accepter un rééchelonnement soft de la dette grecque maintenant détentrice de la note la plus basse sur la fiabilité de ses capacités de remboursement. 

Gnafron 1er, le Hongre, et Merkel, la Teutonne, se sont mis d’accord sur « un pacte de compétitivité » destiné à promouvoir des réformes structurelles dans la zone euro : abandon de toute indexation des salaires alors que l’inflation redémarre, relèvement de l’âge de la retraite, harmonisation de l’impôt sur les sociétés (ce qui sera refusé notamment par l’Irlande qui l’utilise [12,5 % seulement contre 23 de moyenne en Europe] comme arme de dumping), adoption d’une « règle d’or constitutionnelle » (qui exige une modification de la constitution française sur laquelle Tsarko n’a sans doute pas la majorité nécessaire au parlement des deux chambres réunies) de limitation des déficits budgétaires publics. La France est du reste en sursis sous l’œil malveillant des agences de notation : 8 % de déficit budgétaire et 85 % du PIB en dette détenue à 70 % par l’étranger. Il s’agit donc d’une discipline de fer qui rajoute de l’austérité alors que la récession ou la croissance molle pointe son nez. Ce qui empêchera de rembourser les dettes. Du coup, si la Grèce, le Portugal, l’Irlande s’effondraient ce seraient les autres pays et l’euro qui suivraient par effet de domino du système de la zone euro. C’est pourquoi les allemands acceptent d’aider sous réserve d’une discipline drastique : en cas d’effondrement, adieu veaux, vaches, cochons, couvées, concombres et exportations en Europe. Le mauvais état de l’UE entraîne un regain de nationalisme et de protectionnisme ; on l’a vu avec l’affaire du concombre espagnol finalement innocenté, ce qui n’avait pas empêché la Germanie d’accuser l’Espagne et certains pays d’arrêter les importations de légumes ibères. On observe au passage que ce sont désormais les marchés financiers et les agences de notation qui font la politique économique à la place des gouvernements. Et il faut se dire que les banques européennes sont très impliquées dans les dettes des « PIGS » et qu’en cas de défaut de paiement ou de restructuration des dettes elles en prendraient plein les mirettes comme la BCE (qui a 85 milliards d’obligations grecques). Les USA, qui tirent encore la croissance mondiale, ne sont pas très brillants. Iles le font avec des déficits budgétaires considérables (plus de 800 milliards de dollars), en prêtant aux banques à 0,25 % et en faisant tourner la planche à billets. Pour faire tourner celle-ci, la FED (la réserve fédérale qui tient lieu de banque centrale aux USA) achète des obligations du trésor US et des actifs pourris des banques. Cela revient à accroître le volume de monnaie en circulation pour soutenir le crédit (on invente des « subprimes » pour les achats de voiture) et l’immobilier qui s’effondrerait sans cela et ruinerait des millions de petits propriétaires. Le chômage ne baisse guère malgré ces injections massives de monnaie et la croissance US est fort molle, ce qui a le mérite de conserver (formol) le statu quo. Ces largesses budgétaires permettent aux banques de financer des spéculations sur les matières premières et les denrées agricoles (avec les prêts à 0,25 %, elles spéculent à découvert pour la majeure part et profitent ainsi de l’effet de levier de l’emprunt comme dans un LBO). 

Les USA inondent donc le monde de dollars qui devraient d’ailleurs diminuer de valeur comme dans toute création excessive de monnaie, ce qui s’accompagne normalement aussi d’inflation interne. L’excès de dollars en circulation sur la planète amène aussi de l’inflation mondiale car il accroît la demande de leurs détenteurs et l’inflation du crédit chez eux aussi. Normalement le dollar devrait baisser (ce qu’espèrent les autorités US afin de rembourser en roupies de sansonnet) ; mais non, c’est l’euro qui baisse car mis en examen comme un vulgaire DSK par les agences de notation et rendu peu fiable par les difficultés de la zone euro. De plus, les pays exportateurs et détenteurs de dollars accumulent du dollar afin de préserver les achats US et éviter un effondrement brutal de cette monnaie. Enfin, le dollar apparaît encore comme plus sûr que l’euro ou le yen (l’économie japonaise a du mal à se remettre de la catastrophe de Fukushima). La catastrophe ne s’est donc que fort peu éloignée. Elle résulte du choix du tout-financier opéré par les politicards il y a plus de 20 ans. Les socialos l’ont opéré par imprévoyance pour se dépatouiller de la situation qu’ils avaient créée et financer les dépenses sociales ou les investissements nucléaires ou autres. Les politicards de droite, comme la montré Naomi Klein (La stratégie du choc), ont vu dans l’accroissement de la dette (largement lié aux baisses d’impôt pour les riches et aux largesses concédées au capital et aux financiers)  l’occasion ultérieure de serrer le kiki aux services publics, aux fonctionnaires et aux salariés au nom de la rigueur exigée par le redressement des comptes publics après des années de laxisme volontaire. Cette stratégie n’a que trop bien réussi : la faillite (involontaire cependant) menace tout l’Occident et c’est tant mieux. 

Pauvre Grèce

Classé dans : politique — 10 juin, 2011 @ 9:22

La Grèce est de nouveau dans la tourmente financière après une 1ère aide de 110 milliards d’euros en 2010, aide consentie après nombre de tergiversations, notamment chez les Teutons qui ne se rappellent pas avoir occupé et ruiné ce pays en 39/45.  Il y a eu depuis un premier plan « d’ajustement structurel » imposé par la troïka : FMI, BCE, UE. Toujours les mêmes recettes qui avaient fait faillite en Asie et en Amérique du Sud : réduction des salaires, privatisations, abaissement de l’âge de la retraite, augmentation des impôts et de la TVA, fin des prix réglementés, etc. Cette cure d’austérité n’a pas permis de redresser les comptes publics : 150 % du PIB comme dette, plus de 10 % de déficit budgétaire, chômage monté de 9 à 16 %, 300 milliards de dette privée et publique (très largement détenue par l’étranger). La Grèce a du coup impérativement besoin de 12 milliards tout de suite pour éviter la faillite. Evidemment puisque l’austérité ne peut engendrer que la récession, ce qui rend le remboursement des dettes plus que problématique. Alors, les agences de notation s’en donnent à cœur joie et, de plus, ont mis le Portugal (78 milliards d’aide pour 2011), l’Espagne, l‘Irlande (84 milliards en 2010), l’Italie. A qui le tour en plus des « PIGS » (Portugal, Irlande, Grèce et Spain) ? Soulignons aussi que la Grèce n’est plus un pays souverain et indépendant. En effet, des experts de l’UE contrôlent ses comptes (budget, déficit) pour empêcher toute nouvelle fraude. De plus, ce sont les agences de notation qui gouvernent ; le pouvoir politique cherche seulement à ne pas les vexer, ce qui fait que lesdites agences sont aux manettes. 

Il faut dire que les Grecs avaient poussé le bouchon assez loin : énorme évasion fiscale, travail au noir et marché noir, crédit à gogo, expansion des fonctionnaires (et de leurs salaires) à crédit, truquage des comptes publics sur la réalité des déficits avec l’aide de la banque pourrie Goldman Sachs (sous le gouvernement de droite de Caramanlis). Mais la rigueur n’a rien arrangé puisque le travail au noir et les bakchichs ont repris de plus belle. On se doit cependant de dire que les Grecs ont succombé à la tentation de l’argent facile (comme pour l’immobilier en Espagne) à cause de la mise en place de l’euro. En effet, la surface internationale de cette monnaie européenne, gérée seulement contre l’inflation, et la puissance de la zone euro considérée globalement avaient rassuré les marchés financiers qui prêtaient alors à de très faibles taux d’intérêt. Dès lors, moult pays se sont mis à vivre à crédit avant le voyage au bout de la nuit et la mort. Parallèlement, les Germains avaient compris que l’euro fort (géré à franc fort !) servait leurs intérêts en restant à leur main sur le Main. En effet, ils avaient (sous Schröder avec les lois Hardt, puis sous Merkel avec une TVA sociale de 3 %, ce qui correspond à une dévaluation équivalente) mené une politique de « désinflation compétitive » leur permettant d’exporter à qui–mieux-mieux dans les pays « cigales ». En même temps, ils avaient délocalisé (sous-traitance d’une bonne part de leur industrie dans les ex-pays de l’Est à bas salaires et, bien mieux, hors zone euro. D’où le pactole quand l’euro monte car la valeur des importations en provenance des ces pays, exprimée en euros, baisse lorsque la monnaie de ces derniers plonge. D’où les 153 milliards d’euros d’excédents de la balance commerciale tudesque en 2010. Ce que les Fridolins camouflent, c’est que les déficits commerciaux des uns se traduisent en excédents monétaires de sens inverse pour les autres. Il en résulte que les Doryphores sont devenus en fait les banquiers en dernier ressort de la zone euro : les dettes de la Grèce et consorts ne peuvent être garanties ou payées que par eux, sauf à envisager le retour au Reichs mark et la dégringolade de l’euro. 

Las, le plan de 110 milliards se révèle insuffisant (et pour cause : dégâts de l’austérité imposée aux Grecs). Il leur faut 60 milliards de plus, sans doute pour faire de la cavalerie. La troïka devient de plus en plus réticente, la mère Merkel-Tapedur énonce que les cigales ne peuvent avoir plus de vacances que les autres ; ce qui est faux puisque les Grecs travaillent 2200 heures dans l’année et les Germains 1350. En fait, l’UE craint de devoir choisir entre la cavalerie d’emprunts grecs jamais remboursés mais porteur d’intérêts ad vitam aeternam et la « restructuration de la dette ». Was ist das ? C’est un vasistas comme petite fenêtre de sortie d’une dette écrasante : étalement de la dette dans un temps plus long (ré-échelonnement) et abandon de créances au moins pour un tiers de leur valeur. Evidemment, la BCE (qui a 85 milliards d’obligations du trésor grec sur les bras) et les banquiers européens ne veulent pas de cette solution qui les mettrait en danger eux aussi ; or ces banquiers sont largement impliqués en Grèce, notamment les Français pour 17 milliards (et aussi au Portugal, en Espagne, en Italie), dont le Crédit Agricole. Le non-remboursement de la dette pourrait alors entraîner une crise des liquidités en Europe. C’est pourtant ainsi que l’Argentine était sortie de l’étau qui l’étranglait. On s’orientait donc (avec DSK) vers de nouvelles aides assorties d’un renforcement de la rigueur et de la braderie du secteur public pour 50 milliards. On a vu que cela ne résoudrait rien et enfoncerait la Grèce dans la récession. 

De petits malins suggèrent d’autres solutions. Par exemple, la sortie de l’euro, le retour à la drachme et la dévaluation pour booster les exportations et rembourser en roupies de sansonnet. Mauvaise idée ; en effet la Grèce n’a pas grand-chose à exporter puisque le deal passé avec l’Europe, notamment avec les Schleus, était qu’elle tue son industrie au profit du tourisme, de l’immobilier (vendu aux étrangers pour une bonne part) et des bateaux poubelles plus quelques produits agricoles… De plus, le coût des importations serait renchéri et les prêteurs, même à un taux d’intérêt élevé, disparaîtraient de la circulation. Enfin, l’inflation serait élevée comme partout lorsque la valeur de la monnaie diminue ; ce qui efface les dettes à condition qu’elles ne soient pas détenues par l’étranger, auquel cas il faut payer plus les remboursements et les intérêts (il faut bien plus de drachmes pour acheter un euro ou un dollar). Le remède serait donc encore pire. On tremble aussi pour le Portugal qui n’exporte que du tourisme et des produits de la terre ou l’Irlande qui ne vit que grâce aux sièges sociaux de boîtes qu’elle attire avec un taux d’impôt sur les sociétés de 12,5 % (moyenne européenne, 23). D’autres plaisantins disent que la Grèce n’a qu’à imposer d’autorité un abandon de créances (solution à l’argentine) ; alors elle ne trouverait plus de prêteurs sauf à des taux d’intérêt énormes. 

Les Grecs l’ont donc dans le baba ; la seule solution sérieuse serait que la BCE puisse faire des avances aux Etats ou que l’UE-euro  dispose d’un fonds d’aide (prévu pour 2013), ce qui est interdit par les statuts de la BCE et par le fameux pacte de stabilité passé après le traité de Maastricht. Les autres pays auraient tort de prendre les Grecs comme des victimes de leurs seules erreurs. La crise est loin d’être terminée. 

D’après les experts et journaleux au service du capitalisme, la crise serait derrière nous. C’est faux. La croissance revient (1,5 % en Allemagne et 1 % en France au 1er trimestre 2011). C’est du trompe l’œil car cette embellie est due à la reconstitution des stocks des entreprises, phénomène connu et ponctuel. La consommation piétine bien que les consommateurs aient puisé dans leur bas de laine. Le taux d’épargne repart à la hausse. La bourse est à la baisse depuis le début de l’année. Les dettes américaines sont abyssales (100 % du PIB de 15 000 milliards) ; les USA font tourner la planche à billets en faisant racheter par la FED des bons du trésor US et des titres pourris des banques. Ils prêtent auxdites banques à 0,25 %, prêts dont elles se servent (avec effet de levier des emprunts comme dans un LBO) pour spéculer sur les matières premières et les produits agricoles. D’où un regain d’inflation mondiale car il y a trop de liquidités et trop de spéculation. La Chine commence progressivement à se retirer des achats de bons du trésor US pour acheter des terres et des actifs à l’étranger (dont le port du Pirée). Aux USA, le chômage ne baisse guère, l’automobile repart mais grâce à des crédits de type subprime, l’immobilier est tenu en vie artificielle par les prêts de l’Etat. Il se peut que l’économie US finisse par entrer en récession, ce qui entraînerait la chute du commerce mondial. Les autres pays de l’UE, comme la France, ne sont guère brillants (dette, 85 % du PIB, déficit 2011 à 8 %, déficit commercial des 4 premiers mois de 2011 à 27 milliards plus 7 rien qu’au mois de mai). 

La Grèce danse sur un volcan et ne peut s’en tirer qu’avec l’aide des autres pays, ce qui réclame une vraie politique économique, fiscale et financière commune. On en est loin car le protectionnisme redémarre et car chaque pays joue perso ; du coup le nationalisme fait florès. 

 

« Notre poison quotidien »

Classé dans : politique — 4 juin, 2011 @ 10:18

Ici, je résume le livre éponyme de Marie-Monique Robin, déjà célèbre pour son démontage de Monsanto (Le monde selon Monsanto). On ne saurait trop conseiller la lecture de ce pavé superbement éclairant, documenté, sérieux, scientifique. 

Les domaines de l’alimentation, des médicaments, des produits « phytosanitaires » (pesticides, insecticides fongicides, herbicides, etc. ; phytosanitaire est une novlangue pour faire croire que ces produits chimiques soignent les plantes au lieu de détruire les « nuisisbles » … et les humains) ou des produits comme les plastiques (PVC par exemple), traités avec différentes substances dangereuses (PCB, disphénol A), ou des additifs alimentaires (aspartame) ou des médicaments, de la protection de l’environnement, de la santé sont particulièrement sensibles. Et ce sont ceux où l’on voit le mieux la collusion entre les politiques, les agences, les industriels, les experts stipendiés. La connivence, voire la corruption, se voit dans l’émission des réglementations publiques pour les produits dangereux, toujours en dessous des risques réels et des résultats observés. Ces règles sont en fait fixées par les industriels eux-mêmes, les agences se contentant le plus souvent de donner un coup de tampon sur des études bidouillées par les laboratoires des firmes privées, études de dangerosité que ces dernières sont tenues de fournir aux autorités chargées de les contrôler et ensuite d’accepter la mise sur le marché des produits sous certaines conditions. Ce qui intéresse les pouvoirs publics, ce ne sont pas les conséquences sur la santé ou l’environnement ; ce sont les résultats d’un calcul coût/bénéfice en fonction des risques encourus. Les politicards sont évidemment alléchés par les financements de leurs campagnes électorales et par le maintien ou la création de l’emploi. En définitive, les risques sont courus par les consommateurs, les voisins des usines ou des épandages ou les utilisateurs (comme les ouvriers ou les agriculteurs) et les profits sont encaissés par les boîtes comme la tristement célèbre Monsanto. 

On ne compte plus les affaires impliquant l’industrie et les autorités publiques : médiator, thalidomide, pyralène, distilbène, amiante, bisphénol A, parabène, hormones de croissance pour le bétail, phtalates, aspartame ; etc. Les conflits ont été récurrents entre les chercheurs indépendants et les labos des firmes privées, les autorités arbitrant généralement en faveur de ces dernières pour les autorisations de mise sur le marché, les non-retraits, les prolongations d’usage de produits avérés dangereux. Le conflit le plus récent, ces affaires durant souvent plus de 50 ans (DDT, aspartame), concerne les effets des multiples produits qui sont « des perturbateurs endocriniens », notamment les pesticides et les plastiques. Les glandes endocrines sont celles qui produisent des hormones notamment lors de la gestation des embryons ; une dose hyper minime de produits de synthèse analogues à ces hormones, ingérés par le fœtus  à un moment critique de sa croissance (par exemple lors de la formation des appareils génitaux pendant la grossesse quand la mère mange des choses toxiques), produisent des malformations, des futurs cancers, de l’obésité (plus 50 % en 30 ans), de la stérilité, des leucémies et des cancers du cerveau chez les enfants (en très forte hausse), des victimes de la maladie de Parkinson… Contrairement aux hormones naturelles, les artificielles ne sont pas métabolisées par l’organisme où elles finissent par s’incruster, notamment dans les graisses. Les conséquences sont humainement dramatiques ; elles le sont aussi pour le budget de la SS qui doit éponger les conséquences des maladies liées aux problèmes « environnementaux » (causés par les produits utilisés). Par exemple, les cancers (notamment du sein ou de la prostate) ont cru de plus de 30 % depuis l’expansion de ces produits chimiques, de même que l’obésité. C’est le vieux principe de la socialisation des pertes et de la privatisation des profits qui joue encore là. Et on sait que la nourriture bio ferait faire des économies considérables pour les dépenses de santé, notamment pour les affections de longue durée qui ont augmenté de façon exponentielle. Evidemment, les firmes chimiques et les autorités préfèrent dire que ce sont des facteurs génétiques ou des responsabilités personnelles (tabagisme, alcoolisme, malbouffe, etc.) qui sont à l’origine de la prolifération des maladies ou cancers. Ou ils incriminent l’allongement de la durée de vie, ce qui est manifestement faux puisque les plus atteints sont les enfants ; de plus les cancers, notamment, peuvent se déclarer bien plus tard alors que leur potentialité à été causée bien avant, dans la force de l’âge des victimes. 

Les méthodes utilisées par les autorités pour apprécier la nocivité des produits datent de Paracelse (16ème siècle : la dose fait le poison) ! Elles consistent à calculer une dose admissible sans effets par l’organisme et à la transformer en dose journalière admissible (DJA). Ladite DJA fonctionne produit par produit et ne tient donc pas compte des effets « cocktail » de poisons ingérés ou inhalés quotidiennement et simultanément par les gens. Elle néglige aussi les accumulations dans le temps et encore plus les ingestions aux moments critiques du développement des enfants. Elle sous-estime les drogues persistant dans l’organisme. Elle ignore que pour les produits perturbant les fonctions endocriniennes, des doses infinitésimales, très en dessous de la DJA,  suffisent. Il en est de même pour les calculs de limites maximales de résidus (LMR). Sachons qu’il y a entre 30 000 et 50 000 produits chimiques en Europe dont seulement 1 % ont été testés avec des méthodes calamiteuses inspirées par l’industrie. Des études récentes (aux USA qui sont les seuls à avoir un vrai labo public pour cela et par des ONG en Europe) ont montré que les urines et le sang des personnes contiennent souvent plus de 50 résidus toxiques ! 

Evidemment les firmes chimiques (Dow Chemical, Novartis, Sanofi, Dupont de Nemours, Monsanto, etc.) font de la résistance contre les interdictions ou les normes DJA. Elles emploient pour ce faire différents procédés dont certains sont ignominieux. Elles achètent les plaignants victimes de leurs produits ; elles circonscrivent les tribunaux. Elles font des études biaisées, voire trafiquées, avec lesquelles elles inondent les revues scientifiques à comité de lecture afin de semer le doute et entretenir  l’incertitude ou pour disqualifier les travaux sérieux des chercheurs indépendants ou des labos publics. Elles créent des labos bidons (mal équipés ; par exemple en appareils de détection des substances en dessous des fameuses DJA ou LMR) ou elles montent des partenariats (fondations et subventions à la clef) avec les Universités ; de cette façon elles peuvent faire pression sur elles pour qu’elles ne publient pas leurs recherches ou les amoindrissent, voire les falsifient. Elles achètent les experts ou les envoient comme sous-marins et espions dans les organismes publics. Elles payent la publication d’articles favorables dans les revues scientifiques où elles font aussi de la pub afin de les tenir par l’argent, etc. il faut dire qu’en la matière les autorités publiques ont accepté l’inversion de la charge de la preuve : c’est aux opposants de montrer la nocivité des produits lancés dans la nature et non aux firmes émettrices. Celles-ci ne sont tenues qu’à observer un « guide des bonnes pratiques » qui en fait n’est que de la procédure d’enregistrement des expériences sans mettre en cause leurs bases tronquées ; par exemple une étude privée avait pris comme rats à traiter une espèce largement insensible, sauf à dose considérable, aux effets des substances chimiques concernées ! Ou une « scientifique » avait truqué l’âge des souris observées pour camoufler les effets de son produit à un âge critique de la gestation des bébés. Le pire est que les organes publics reprennent ces études faussées sans les vérifier en se contentant de résumés sans voir les données brutes cachées au nom du « secret commercial ou de fabrication ». Par ailleurs, les articles sérieux dans les revues sont noyées dans les masses d’études bidonnées ; c’est marrant car, par exemple pour Zébulon 1er, la qualité d’un chercheur se mesure au nombre d’articles publiés ou repris. Or, par le biais des publications subventionnées par l’industrie, les bidonneurs sont bien plus publiés que les bons chercheurs. 

Les boîtes font des carrières « à portes tournantes » : leurs experts stipendiés vont dans le public puis reviennent dans l’industrie et vice versa. Du coup, les experts indépendants deviennent si rares que les organes ou instances publics font appel à des privés pour mener des études d’évaluation ou préparer des décisions. La chose est d’autant plus répandue que les moyens publics ont été radicalement amoindris par suite des politiques libérales menées par les politicards. Les conflits d’intérêt (experts à la fois utilisés pour le bien public et payés par des firmes privées) se sont multipliés, par exemple à l’OMS. Le pire est que les études menées sur de fausses bases influencées par les experts du privé ou agents doubles pour des organes publics de tel ou tel pays  à tel ou tel niveau plus ou moins international ou puissant (par exemple l’EPA des USA ou l’agence européenne de sécurité alimentaire) sont reprises par les instances des autres pays et à des niveaux locaux comme argent comptant et vérité révélée. 

Pourtant ce ne sont pas les « agences » qui manquent : AFSSE, AFSSA, AFSSET en France, Agence européenne de sécurité alimentaire, FGA aux USA (food and drugs administration) ou Agence de protection de l’environnement (EPA des USA). L’OMS ou la FAO ont-elles aussi leurs « organes ». Il y a aussi parmi les intervenants la SS (comme la mutualité sociale agricole) ou l’inspection du travail, etc. Tout cela fonctionne dans un univers qui est plus attaché à la protection des firmes polluantes qu’à la santé publique. Les protections desdites firmes sont nombreuses et il ne faut pas oublier que s’il en est ainsi c’est parce que les pouvoirs publics ont avalisé des règles ad hoc afin que les usagers fassent Tintin. 

Tout cela n’est guère surprenant : en univers capitaliste mondialisé ou en Europe hyper libérale, les accointances et connivences entre politicards, qui font les lois ou règles et qui sont censés faire évaluer et contrôler les choses, les firmes, les financiers, les publicitaires et autres agences de « Com.), les journaleux stipendiés, etc. sont institutionnalisées en vue de la maximisation du profit et de l’accumulation du capital. Le livre de Mme Robin apporte une pièce de plus à la critique de ce système prédateur camouflé derrière une apparence de démocratie. Et les ONG ou les chercheurs indépendants sont entrés dans la danse ; les politicards sont obligés de réagir contre leurs copains industriels ; d’où les récentes limitations ou interdictions du disphénol et de l’aspartame. 

Le G 8

Classé dans : politique — 29 mai, 2011 @ 6:27

Le G 8 est une extension du G 7, soit les 7 pays les plus puissants du monde développé, créé par Fiscard Déteint (en 1975, d’abord avec 5 pays, puis, en 76, avec l’Italie et le Canada ; actuellement : USA, Japon, Allemagne, G-B, France, Italie, Canada et Russie) pour réunir les chefs d’Etat ou de gouvernement (avec plus ou moins de ministres concernés par les sujets à l’ordre du jour) afin de papoter et de se concerter sur les problèmes économiques ou généraux en cours. Le 8 provient de l’admission de la Russie ce qui représente 43 % du PIB mondial contre 65 il y a 10 ans. Et il a été suivi, par effet de crise, avec la création du G 20, bien plus large car ouvert aux pays émergents comme le Brésil, le Mexique, la Corée du Sud,  l’Inde ou l’Afrique du Sud, etc. La présidence est tournante et c’est actuellement Tsarkozy qui en est le président comme pour le G 20. Le G 8 se réunit à Deauville en fin de semaine (26, 27 mai). Gnafron 1er a même eu l’idée d’organiser un « e-Geek 8 » sur l’internet ; en oubliant qu’il avait réduit l’accès au web avec sa loi Hadopi, punitive et anticonstitutionnelle parce qu’elle donnait à des instances privées des pouvoirs de sanction en l’absence de tout jugement. 

Les G 8 ou 20 débouchent sur des platitudes, des pétitions de principe, des vœux pieux et une belle photo de groupe. Et sur des manipulations de chiffres car, par exemple, le G 8 de Deauville a reçu un rapport (de l’UMP et sarkozyste de Riancourt) donnant 49 milliards de réalisation d’aide au développement (50 promis au G 8 de Gleneagles en 2005) au lieu de 31 en réalité (statistiques OCDE)… On sait aussi que chaque réunion des puissants de ce bas monde amène des contre-sommets animés par les altermondialistes et autres opposants à la marchandisation de la planète ; ce qui nous vaut un déploiement considérable de forces de police (12 000 flics en tout genre) et des entraves aux libertés de circulation et de travail des citoyens. Ainsi, pour Deauville, les pêcheurs ont été priés de rester à quai et la ville à été mise en état de siège. Les contestataires ont dû se replier sur Le Havre et Caen… 

Les sujets pour le sommet de Deauville, auquel l’UE est associée, ne manquent pas. La crise qui continue, notamment pas pour la zone euro, l’aide au développement, la situation dans les pays du printemps arabe (La Tunisie et l’Egypte sont invitées), la régulation financière mondiale, la sûreté nucléaire, le changement climatique, la paix et la sécurité en Afrique, l’internet, le terrorisme sont au menu. Semble, notamment, oubliée la renaissance de l’inflation et les manipulations des taux de change des monnaies 

Il ne faut pas s’attendre à autre chose que l’accouchement d’une souris par la montagne ; par exemple en ce qui concerne l’aide au développement (censée être de 0,7 % du PIB), l’UE en est loin. La France plafonne à moins de 0,5 (0,37 sous Jospin le socialiste) et, qui plus est, en truquant les chiffres (par exemple en y mettant les aides en matériel militaire). Le G 8 de 2005 à Gleneagles en Ecosse  avait, sur la base des objectifs du millénaire fixés par l’ONU (réduction de la pauvreté, éducation, santé, etc.), fixé un programme de 50 milliards de dollars d’aide dont 25 pour l’Afrique, programme qui  n’a pas été réalisé, et de loin (11 seulement pour l’Afrique). Cependant, à Deauville, on s’orienterait vers une aide de 25 milliards de dollars sur 5 ans pour l’Egypte (qui a besoin tout de suite de 11) et la Tunisie (qui demande aussitôt 5). Ce serait l’aide au « printemps arabe ». 

Sur le nucléaire après la catastrophe de Fukushima, il n’y aura qu’un accord en trompe-l’œil car les pays ne sont pas d’accord sur la nature des tests de sûreté à imposer aux centrales, notamment pour le degré de résistance aux séismes ; par exemple aussi, la France a fait exclure l’hypothèse d’un crash d’avion sur les centrales françaises ; historiquement, elles ne sont conçues que pour résister à la chute d’un Cesna ! 

Sur la crise, les grands déséquilibres commerciaux, monétaires et financiers entre pays ne sont pas à l’ordre du jour. Pourtant le yuan est sous-évalué malgré les excédents commerciaux et les réserves  de devises de la Chine ; le dollar devrait baisser car les USA font tourner la planche à billets (en achetant des bons du trésor US et des actifs toxiques des banques ; il ne baisse pas car la Chine et autres pays comme le Japon ou les émirats continuent d’acheter des obligations US) et ont une dette équivalente à leur PIB (environ 15 000 milliards de dollars) ; l’Allemagne engrange 153 milliards d’euros d’excédent de la balance commerciale au détriment des autres pays européens qui sont un gros déficit (la France 48 milliards en 2010), ce qui crée en sens inverse des dettes desdits pays, dettes qui font hurler les Tudesques qui ne veulent plus sauver la Grèce une 2ème fois. Le problème de type : les déficits commerciaux entraînent un flux financier de sens contraire sous forme d’endettement, est loin d’être résolu et le G 8 de Deauville ne le fera pas. De même, il ne traitera pas du problème central de la parité des monnaies ; ni des pratiques, notamment teutonnes, de désinflation et de dévaluation compétitive pour voler les parts de marché des autres pays et exporter chez eux. Ni des difficultés de l’euro avec le problème des « PIGS » (Portugal, Irlande, Grèce et Spain). Difficultés qui vont s’aggraver avec la hausse probable des taux d’intérêt par la BCE à cause de la reprise de l’inflation. 

Sur la régulation financière, le G 8 continuera de préconiser une tapette à mouches contre les ptérodactyles de la finance ; on n’a rien vu dans les précédents G 8 ou 20 et on ne verra rien de substantiel aujourd’hui sur les paradis fiscaux, les stock-options, les bonus, les produits dérivés, les opérations boursières à découvert et à crédit, les agences de notation, les achats par LBO, le contrôle de la finance fantôme (hors bilan et hors marchés organisés) et des réserves obligatoires des banques (cependant montées à 7 % des engagements des banques contre 2 auparavant), etc. Pourtant, c’est reparti comme en 40 avec des bénefs retrouvés pour les multinationales et les banques, la distribution de bonus aux traders, la spéculation sur les matières premières et vivrières, etc. Les autres sujets (changement climatique, qui a ses propres instances ayant échoué jusqu’à présent (à Cancun par exemple), la lutte contre le terrorisme, sujet bateau, la sécurité en Afrique (sujet tabou) seront sûrement peu traités car le grand problème est devenu le remplacement au FMI de DSK par Lagarde-Michu. Tsarkozy continuera de faire des moulinets pour se poser en leader mondial et sauveur suprême. 

Grands oubliés : la précarité et la pauvreté, la destruction des ressources naturelles, le chômage, l’immigration, les conséquences sociales des plans d’austérité ; bref tout ce qui est une conséquence négative du libéralo-capitalisme sur les peuples du Tiers Monde et des pays occidentaux ruinés par la crise. C’est que ces choses n’intéressent pas les puissants en tant que fondés de pouvoir des banques, des trusts, des financiers capitalistes. C’est le contre-sommet du Havre (CNT, Attac, altermondialistes, etc.) qui les rappellera…à distance. 

 

DSK et le FMI

Classé dans : politique — 19 mai, 2011 @ 11:23

Les événements amènent à s’interroger sur le rôle de DSK dans le traitement de la crise économique et financière en Europe et ailleurs. Il faut rappeler que la doctrine passée et ancienne du FMI repose sur les « plans d’ajustement structurel » imposés aux pays en difficulté pour obtenir une aide financière, difficultés liées le plus souvent à leur dette. La doctrine est toujours, bien que plus modérée et appliquée avec doigté par DSK, celle du « consensus de Washington » : ouverture des marchés intérieurs au libre-échange (notamment par baisse des droits de douane qui sont une ressource fiscale bien nécessaire), privatisation des services et entreprises publics, suppression des prix réglementés pour le maintien du pouvoir d’achat des classes défavorisées (notamment pour l’eau, l’électricité, les céréales), instauration de la concurrence « libre et non faussée » dans le pays avec disparition des « monopoles », libre circulation des capitaux et ouverture aux banques et investissements extérieurs, etc. Les plans d’ajustement avaient pour objectif caché de permettre aux pays ruinés de rembourser leurs dettes aux banquiers et aux affairistes privés. Le FMI est donc, par politique constante, au service du capitalisme financier privé. Notamment, la privatisation permet de céder les mines (uranium au Niger, par exemple) à des investisseurs étrangers  pour une bouchée de pain et des royalties maigrichonnes souvent versées aux dictateurs qui avaient privatisé sur demande du FMI. la F(our)MI est bien prêteuse… pour ruiner les cigales. 

Et ce qu’il y a d’insupportable dans cette position, c’est que la dette résultait de la stratégie des pays développés vis-à-vis des pays du Sud, souvent anciennes colonies. Celle-ci était la suivante : nous banquiers ou investisseurs (essentiellement privés) nous vous prêtons (en fait à taux variable) des capitaux pour vous développer à condition que vous vous positionnez dans la division internationale du travail avec vos « avantages comparatifs ». C’est pourquoi mettez-vous à produire des denrées ou des matières premières rentables pour vous et désirées par le commerce international : café, cacao, huile de palme, coton, minerais divers, combustibles fossiles, etc., au lieu de cultures vivrières et d’une maîtrise locale des ressources. Pour ce faire, nous vous prêtons afin d’investir (mines, latifundia, infrastructures de transports, barrages électriques, ports, etc.). Las, l’Occident avait oublié de mentionner (pur cynisme) que les pays emprunteurs se mettaient alors en concurrence sur les mêmes produits, ce qui a eu pour effet de faire baisser les prix. Par ailleurs, la non-convertibilité du dollar (décidée en 1971 par Nixon et opérationnelle en 1973) a conduit à une baisse dudit dollar, qui plus est monnaie d’USA très endettés (guerre du Vietnam, guerre des étoiles, choc pétrolier), ce qui a été compensé par une hausse des taux d’intérêts des prêts à taux variable consentis aux pays du SUD. D’où, en réalité, leur incapacité à rembourser et la croissance vertigineuse de la dette du Tiers Monde. D’où l’intervention du FMI assortie de plans d’ajustement qui, en instaurant l’austérité maximale pour les peuples soi-disant aidés, contribuaient à enfoncer les débiteurs dans la crise et l’aggravation de la dette. C’est exactement ce qui se passe  aujourd’hui dans les pays comme la Grèce ou le Portugal aidés par l’UE et le FMI moyennant un plan d’austérité : privatisations, baisse des salaires des fonctionnaires, hausse de l’âge de la retraite, diminution du nombre de fonctionnaires, restrictions du droit du travail, etc. Las, cette thérapeutique a produit l’effet inverse du but recherché : le déficit ne diminua guère car les recettes fiscales s’effondrèrent à cause de la rigueur. Ainsi, la Grèce ne parvient pas à descendre en dessous de 10 % du PIB comme déficit du budget et ne peut honorer son plan économique exigé par les 110 milliards d’euros que l’UE et le FMI lui ont déjà prêtés. D’où une 2ème crise en cours alors que DSQ est enchristé aux USA. Or notre homme, parlant le Germain, avait su convaincre les Teutons  d’accepter que l’UE aide la Grèce (l’Irlande, le Portugal) sans infliger aux Grecs un drastique plan d’ajustement structurel à la mode du FMI vis-à-vis des peuplades exotiques. La pilule était cependant très amère et insuffisante. D’où la rechute contre laquelle on espérait des miracles de DSK. Rechute que DSK proposait de contrer par un plan de privatisations de 50 milliards (sur les 280 d’actifs publics détenus par la Grèce) comme condition d’un nouveau prêt européen. Car DSK ne voulait pas d’une autre solution : la restructuration de la dette grecque (plus d’étalement dans le temps et abandon d’une partie des créances). Cela tombe bien : les banquiers européens, lourdement engagés dans des prêts douteux à la Grèce n’en veulent pas non plus. 

Certains pays se rebiffèrent (Malaisie, Chili) alors que d’autres (l’Argentine) furent ruinés par lesdits plans. Par ailleurs, des pays émergents comme le Brésil commencèrent à se développer suffisamment pour se passer du FMI et s’associèrent pour se financer entre eux. De plus, la Chine s’était mise à investir en Afrique, notamment en lieu et place des Occidentaux. Le FMI mit alors un peu d’eau dans son vin afin de conserver des clients (il émarge sur les emprunts, donc si pas d’emprunts, pas de budget). Il se mit à prendre en considération la situation sociale des emprunteurs, à se concerter bien davantage avec l’OIT, la FAO, l’OMC, l’OMS pour établir des plans moins sauvagement et uniquement économiques et financiers. C’est sur ces entrefaites que DSK arriva à sa tête il y a un peu plus de 4 ans et légèrement avant la crise commencée en 2007 et éclatée en 2008. DSK ne fit que prendre le train en marche, train lancé antérieurement par la montée des pays « émergents » ou BRIC (Brésil, Inde, Chine). 

La crise força les pays développés à ouvrir encore plus le FMI aux pays émergents : davantage de droits de vote au détriment notamment de l’Europe, qui en conserve cependant 30 %, et des USA 17 %. Petite amélioration donc, exécutée par DSK, qui laisse pourtant toujours aux USA un pouvoir de monopole dans les grandes décisions puisque pour celles-ci il faut obtenir 85 % des votes, ce qui est impossible avec les 17 % US. DSK, grand libéral qui a fortement contribué à convertir le socialisme français au libéralisme financier mondialisé, est à l’aise avec ce genre de solution qui sont rouges à l’extérieur et blanches dedans (contre 500 000 radis par an, pardon dollars, comme DG du FMI). Evidemment après la perte « irréparable » de DSK, les européens voudraient conserver pour eux le poste de DG du FMI, les émergents ou autres ne le veulent pas car cet organe, sous DSK, s’est mis plutôt à aider les pays ex-développés en crise post 2008. 

On sait que cette crise a ravagé les pays lourdement endettés à l’étranger comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal ; chose amusante : la dette y est essentiellement privée, notamment et surtout pour les banques. Ces pays avaient construit leur prospérité sur l’emprunt en profitant des faibles taux d’intérêt permis par l’euro ; leur industrie avait été sacrifiée au profit du tourisme, de l’immobilier, des investissements étrangers pour cause de bas salaires et de faible fiscalité ou protection sociale. D’autres pays (l’Espagne, la France, l’Angleterre) serrent les fesses : leur situation est médiocre et leurs banques privées ont beaucoup prêté aux PIGS (Portugal, Ireland, Greece, Spain). C’est ce qui explique que, malgré les grandes réticences germaniques, l’UE, assisté par le FMI pour un tiers, ait fini par prêter (ou garantir des emprunts internationaux) à la Grèce et au Portugal. En effet, sans cela, la faillite de ces pays amènerait des pertes considérables pour les banques privées (françaises, allemandes, espagnoles) très engagées dans ces pays. On attendait de DSK, auréolé de son étiquette de socialiste, les solutions permettant de sauver le système capitaliste européen et mondial tout en apparaissant comme réformatrices et progressistes. C’est manqué. 

On notera que sous DSQ on n’entend plus parler de l’Afrique ou des pays latino-américains. C’est que l’Afrique a trouvé de nouveaux investisseurs moins regardants, notamment sur le degré de démocratie des emprunteurs. La Chine, la Corée du Sud, les monarchies pétrolières y achètent des terres et s’y implantent en construisant des infrastructures contre le droit d’exploiter des ressources avec des contrats moins léonins qu’avec autrefois l’Occident. L’Afrique n’a donc plus besoin du FMI et cela d’autant plus que les prix des matières premières et des denrées agricoles augmentent par suite de la demande des pays émergents. En Amérique latine, ce sont des changements politiques (Venezuela, Bolivie) ou le développement qui amènent les pays à se passer du FMI, d’autant plus qu’ils ont été largement refroidis par les anciens plans d’ajustement structurel (Mexique, Argentine). Ces pays ont tendance à créer leurs propres institutions financières et bancaires en s’associant entre eux pour se passer du FMI. 

Donc, par ironie de l’histoire, alors que le FMI aidait les pays pauvres en difficulté, maintenant DSK assiste surtout les vieux pays européens. Enfin, quand je dis DSK, c’est une facilité de langage car le bonhomme ne décide pas tout seul de tout. C’est surtout un bon négociateur entre parties intéressées et leurs représentants au FMI, un bon coordonnateur des services du FMI, un bon pédagogue et « innovateur »  pour faire accepter la continuation des solutions libérales en tant que vieilles recettes déguisées en idées salvatrices et la primauté des banquiers privés. LE FMI n’a pas un DG tout-puissant à l’instar de la France avec son hyper et omni président, Tsarkozy de Bossa Nova. Lequel, sans vergogne est déjà en train de pousser Lagarde, pourtant dans le viseur de la cour de justice de la république (affaire Tapie), pour remplacer le priapique DSK. 

La bite et le (1er) couteau du PS

Classé dans : politique — 18 mai, 2011 @ 11:13

                                       

Le priapique DSK saute sur tout ce qui bouge et porte un jupon. C’est tristement connu depuis longtemps, notamment au PS qui était sans doute dans l’omerta sur la question. Cela ne l’empêchait pas de se lancer dans la (qué)quête du pouvoir et il commençait de mettre son engin électoral en branle. Las, avec cette affaire, cela va branler dans le manche au point de réinventer le célèbre couteau sans manche et bientôt sans lame. Notons qu’il n’est sans doute pas raciste puisque la femme de ménage agressée est d’origine africaine. A moins que ce double fait (une petite employée noire) ne produise chez l’impétrant des circonstances propisses aux débordements dont la nature serait alors raciste en tablant sur le fait que dans cette situation la victime ne porterait pas plainte. D’où les plaintes des féministes contre un PS qui oublie la victime. 

C’est peut être de la déformation professionnelle car DSK (Dick, Sex, Kapital) au FMI (Fellation, Masturbation, Intromission) a l’habitude de secouer des pays à l’agonie mais qui bougent encore. Comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande, ces PIGS qui lourdement endettés demandent l’assistance de l’UE et du FMI, lesquels les contraignent à des réformes structurelles drastiques qui ne font qu’aggraver leur problèmes d’hypothétique turgescence économique. Ce qu’il y a d’insupportable c’est que ces pays figurent au premier rang des conséquences du libéralisme et de la finance que DSK a fortement contribué à propulser en France, notamment sous Jospin, l’homme dont le programme n’était pas socialiste en 2002. C’était ben vrai comme aurait dit la mère Denis. Et il connait bien la cuisine libérale au point de nous avoir régalé à la téléréalité, en tant que maître-queue, de sa cuisson de tournedos charnus coûtant 10 % d’un RSA de base. Nous ne pleurerons évidemment pas sur la disparition de sa candidature aux primaires socialistes car ce candidat super libéral est heureusement éliminé par cette nouvelle mésaventure. Ne pleurons pas, non plus, sur la « décapitation » du FMI car cet organe de la mondialisation contient beaucoup de clones susceptibles de remplacer le grand homme. Qui en tant que socialiste rose bonbon ressemble de plus en plus à Piggy du Muppet Show. Et le langage nous éclaire car libéralisme et libertinage ont la même racine ; les patrons harcèlent les salariés au nom de la liberté d’entreprendre, souvent les politicards harcèlent leur entourage féminin. 

Sa moralité n’est pas douteuse que dans les affaires de sexe ; après avoir démissionné lors du gouvernement socialo de Jospin, lors de l’affaire de la MNEF (sans suite ultérieure), il faisait marcher son carnet d’adresses d’ex-ministre pour obtenir des « ménages » lucratifs dans les entreprises qu’il avait eu à charge de contrôler, par exemple à EDF où il émargeait comme consultant grassement rétribué. Rappelons-nous qu’il vit sur un grand pied(destal) grâce à la fortune de sa sémillante épouse : 2 appartements à Paris, dont un place des Vosges, un ryad à Marrakech (avec piscine car il lui faut un milieu a-queux), une maison aux USA. Cela nous fait des socialistes en peau de lapin, qui, sur la voie du changement anticapitaliste, vont piano (à queue). La droite déduit de l’affaire que les socialos n’ont plus le monopole de la morale mais depuis quand les affaires d’un bouc galeux peuvent-elles corrompre toute une corporation ? A ce compte là, la droite détient le record malgré les affaires du socialisme mitterrandien. Il n’empêche : un tel socialo jouisseur de fric, de luxe, de sexe donne un bien mauvais exemple, ce qui aurait dû suffire pour ne pas lui donner des rôles de star. 

Sa disparition des écrans, ne va certes pas nous rassurer sur la coloration politique du PS et de ses candidats à la candidature (le chamallow et plat Hollande, Aubry la psychorigide et tous les mitterrandiens ou éléphants roses à l’affût). Pour s’en convaincre, il suffit de lire le programme socialiste (3 euros, c’est déjà cher pour ce que c’est) trempé dans l’eau de rose et très en dessous des exigences de la post-crise libérale et financière du capitalisme triomphant et redoré maintenant alors que ses conséquences perdurent. Et on sait aussi que le PS connaissait sans doute les turpitudes de l’impliqué dont le comportement montre que Satan l’habite. L’intérêt électoral de DSK pour le PS était qu’il pouvait attirer des voix centristes, lesquelles vont fuir vers Bayrou ou Borloo à leur grande joie. Son aura au FMI en faisait un excellent trompe l’œil dans la résolution de la crise actuelle, notamment pour sauver les banques européennes des conséquences d’une faillite de la dette grecque, irlandaise ou portugaise. Mais ces peuples ingrats se réjouissent de la chute de DSK. 

Bien sûr, il y a la présomption d’innocence et il faut tabler sur la procédure accusatoire américaine (le proc. instruit uniquement à charge et les avocats à décharge [la bien nommée] ; ces derniers peuvent enquêter de leur côté, ce qui leur est interdit en France) où de bons avocats très bien payés peuvent vous tirer d’affaire comme O.J. Simpson ou Mickael Jackson. Nonobstant, il ne faut pas négliger que les procureurs US sont élus et qu’ils peuvent chercher à se faire de la pub avec un grosse affaire. Et le procureur, démocrate, va bientôt entrer en campagne pour sa réélection. Cela semble déjà en route : DSK a déjà passé 2 jours en garde à vue et a été conduit menotté et humilié à l’institut médico-légal pour des prélèvements corporels et autres. Sa remise en liberté sous caution a été refusée sous les sunlights par une juge féminine. N’oublions pas le plaisir des braves gens US  de voir un Français, un socialiste, un DG du FMI honni, traité comme un vulgaire criminel de bas étage. Sachons que la justice américaine trouve là une bonne occasion de montrer qu’elle traite les justiciables de façon égalitaire alors qu’il s’agit d’une justice de classe, notamment parce que les pauvres n’ont droit qu’à des avocats commis d’office et peu compétents ou impliqués. Il n’empêche ; le sieur DSK est grillé au grand plaisir de Tsarko et de ses concurrents socialos. 

Et vive sœur Sourire qui chantait ; Dominique, nique nique, ohé ohé. La droite dit que c’est surtout l’image de la France qui est niquée, mais qui a proposé DSK pour le Fmi si ce n’est le brillant Tsarko croyant se débarrasser d’un futur concurrent ? On s’en fout car comme le disait Proudhon : « là où est la justice, là est ma patrie ». Est-ce la France qui illustre la justice ? 

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