les armes de la critique

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La réforme gouvernementale des retraites

Classé dans : Non classé — 17 septembre, 2010 @ 11:36

Le contexte : Raskolnikoff entend passer en force au parlement à partir du 7 septembre, jour d’une grande manif-grevée (de diviser pour régner) « unitaire » organisée contre. il est clair que les retraites posent problème dans un univers libéral de tout-marché dans lequel il faut être compétitif en tant que pays. C’est une sorte de charge sociale nationale qui ne peut plus être financée quand les entreprises et les riches sont exonérés du paiement de l’impôt et des cotisations sociales. Songeons que les exonérations pour les entreprises représentent dans les 65 milliards d’euros, dont 30 vis-à-vis de la protection sociale, dont 10 pour le financement des retraites. Les cadeaux fiscaux  depuis l’élection de Rastignac atteignent 30 milliards, dont 20 pour les riches ; 100 milliards depuis 2002 quoiqu’en dise l’hipponyme Galouzeau de Villepin qui fait aujourd’hui dans la résistance. On doit noter que les socialos ont été les premiers à abaisser le taux marginal de l’IRPP de 57 à 50 %. Le contexte est surtout que les libéraux ont entrepris de faire payer aux salariés et aux retraités les conséquences de la crise éclatée en 2008 et continuent de plus belle à vouloir orienter les capitaux des retraites vers le régime de la capitalisation individuelle qui fournirait alors encore plus de moyens de spéculer. C’est fastoche : il suffit que les retraites en répartition diminuent pour que les riches et les aisés prennent des assurances-vie ou réclament un système par capitalisation. Les gouvernants veulent réduire les déficits qui résultent pourtant de leur politique parce qu’ils obéissent aux marchés financiers et redoutent les agences de notation. Celles-ci menacent de retirer la note AAA (ce n’est pas l’Association des Amis de l’Andouillette) si les déficits ne sont pas jugulés. Rappelons que la part du salariat dans le PIB a baissé de 10 points depuis 1975. Dans ces circonstances et ces optiques libérales, il est clair que le fait que l’on aura plus qu’1,2 actif pour un retraité en 2030 pose problème puisqu’il s’agit de ne faire contribuer en rien les revenus du capital pour cause de compétitivité dans le barnum du commerce international. On doit rappeler que la réforme Ballamou de 1993 (les 25 meilleures années au lieu de 10, l’indexation des cotisations versées sur l’inflation et non sur les salaires d’activité) entraine mécaniquement une baisse des pensions et surtout un décrochage de 20 points en 2030 des retraites par rapport aux revenus des actifs. La chose a été aggravée par la réforme Fillon de 2003 qui porte les annuités de cotisation à 41 ans (au lieu de 37,5, ce qui accroît la décote de retraite quand on est en dessous) en 2012 et à 41,5 après. Rodomont a promis que sa réforme ne réduirait pas les pensions ; c’est évidemment un gros mensonge. Il faut souligner que la tranche d âge 55/64ans n’a un taux d’emploi que de 38 %  (record européen) parce que les entreprises virent les vieux qui coûtent plus chers et sont réputés moins employables. Nous avons aussi 4 millions de chômeurs officiels, sans doute au moins 5 si l’on prend en compte le sous-emploi. Il appert alors que les difficultés des retraites proviennent essentiellement du sous-emploi (chômage, CDD, Intérim, intermittents,  temps partiel, saisonniers) qui prive les organismes de retraite de cotisations. Elles émanent aussi des exonérations de cotisations en dessous de 1,6 SMIC, seuil qui conduit en outre les entreprises à ne pas revaloriser les salaires au-dessus. 

Pour assurer les retraites, les variables essentielles sont donc le taux d’emploi et le niveau de chômage ou de sous-emploi. En outre, il faudrait prendre en compte les apports de l’immigration qui, malgré Tartarin, se situent à un haut niveau : « immigration choisie » pour certaines catégories d’emplois déficitaires et développement du « regroupement familial ». Cela peut compenser l’espérance de vie qui a atteint 81 ans en 2009 (84 pour les femmes, 78 pour les hommes (d’où le 1,2 actif pour un retraité). Mais la vraie variable est celle de l’espérance en bonne santé après 60 ans : on descend à 67 ans soit 7 ans au-delà de 60. L’espérance des ouvriers est inférieure de 7 ans à celle d’un cadre et n’est que de 2/3ans après 60 ans. Ce 1,2 est sujet à caution car la situation démographique de la France est bien supérieure à celle des Tudesqques (63 millions d’habitants en métropole en 2009 et un taux final de fécondité près du renouvellement des générations de 2,1 enfants par femme.  Une autre variable fondamentale réside dans le partage des gains de productivité entre le salariat et le  capital. On a vu qu’il s’était notablement dégradé parce que les dividendes ont cru de 750 % depuis 1960. Les revenus financiers sont sous-imposés : 16 % pour les dividendes et les intérêts, plus CSG et RDS à 12, bien en-dessous du taux marginal de l’IRPP à 40 ; 18 % pour les plus-values reçues par les particuliers, 0 % pour les plus-values des cessions de filiales par les multinationales, suite à un amendement Copé devenu ensuite et aussi avocat d’affaires, soit 14 milliards de moins pour l’Etat en 2009. Les assurances-vie, les plans d’intéressement et de participation font aussi l’objet de privilèges fiscaux. Les « niches fiscales» coûtent 75 milliards par an à l’Etat. On peut aussi se demander pourquoi sauver le soldat retraité puisque 75 % des plus de 65 ans ont voté pour Raskoltignac en 2007. La réponse est parce qu’ils se conduisent de façon moins conne que leur vote attisé par la politique sécuritaire de Gnafron 1er : ils animent les associations, ils aident leurs enfants victimes de la crise, ils sont charitables pour les ONG et les associations. Ils jouent donc un rôle social éminent qui justifie leur existence non égoïste sauf… chez les riches qui sont beaucoup moins généreux que les pauvres. Diminuer leurs moyens d’existence, c’est ouvrir la porte à une grave crise sociale. Le projet de réforme de Rodotarin. Le projet est complexe et technique ; je vais me contenter des lignes principales. Un comité de pilotage des retraites, truffé de compradores (sans syndicalistes) nommés par le pouvoir (fonctionnaires aux ordres, représentants des caisses de retraite, « personnalités qualifiées », etc.) se substituera au Comité d’orientation des retraites (COR) qui contenait des représentants syndicaux et qui a pondu les simulations qui ont servi au pouvoir en les travestissant. Ce comité de suivi et de contrôle pourra proposer des évolutions, lesquelles pourront être imposées par simple décret sans consultation du parlement. 

Les mesures phare sont le passage à 62 ans de l’âge de la retraite et la durée de cotisation à 41,5 années en 2020. C’est la double peine puisqu’aucun pays ne combine les deux, ce qui ferait du régime de Raskoltignac le pire d’Europe. Nombre de pays ont un âge officiel de départ en retraite de 65 ans, mais on peut partir avant sans subir autant de décote que celle entrainée par la règle fillionnnesque des 41,5 années de cotisations. Le passage à 62 ans entraine que la retraite à taux plein pour les carrières incomplètes monte à 67 ans au lieu de 65, ce qui pénalise beaucoup les femmes. Comme on sait que les gens sont en inactivité à 58 ans et qu’ils liquident actuellement leur retraite à 62,  il s’ensuit que la réforme ne fait qu’entériner ce fait en le pénalisant. Tartarin 1er avait promis de ne pas toucher aux 60 ans ; raté car les 62 ont un effet immédiat de 20 milliards d’économies sur les retraites.  Il en découle  aussi que les carrières incomplètes ou intermittentes (des femmes surtout) vont être lourdement pénalisées. Il faut souligner que les dispositifs tsarkozyens de mise au boulot des vieux (suppression de la dispense d’emploi à 57,5 ans, droit de cumuler une retraite  et un emploi, taxation des entreprises virant les âgés) ne marchent guère pour augmenter le taux d’emploi (2 % seulement des vieux prennent un emploi complémentaire). Le projet accepte les départs anticipés pour les carrières longues, dès 16 ans. Mais il refuse la pénibilité en la cantonnant à un problématique taux d’invalidité de 20 %  car sur un dossier médical tenu par les employeurs (Woerth a glissé dans le projet de loi , sous forme de cavalier législatif [amendements qui n'ont rien à voir avec la loi sur les retraites]une réforme de la médecine du travail qui met les docteurs sous la coupe de l’entreprise) et passage devant les commissions et tribunaux ad hoc de la SS où siègent les patrons qui depuis toujours s’opposent à l’extension de la liste des maladies professionnelles, des produits dangereux pour la santé et limitent les indemnisations des accidents du travail. Les fonctionnaires verront leur taux de cotisation porté à 10,55 % en 10 ans (donc alignement progressif sur le privé) ; les femmes fonctionnaires verront leur droit à retraite à 30 % du dernier salaire après 15 ans de service supprimé dès 2012. Les ayants-droit ayant plus de 15 ans maintenant sont priés d’opter avant le 31/12/2010 ! Les régimes spéciaux seront alignés en 2015. Les âges de départ spéciaux (par exemple 55 ans) sont rallongés de deux ans (57). On notera la stratégie des Horaces et des Curiaces conçues pour ne pas coaliser tout le monde en même temps contre la prétendue réforme. On ne doit pas oublier la stratégie des petits pas qui consiste à étaler les choses dans le temps de façon que chaque étape soit un point de non-retour et permette ensuite une avancée supplémentaire ; les 62 ans et les 41,5 annuités de cotisation ne sont qu’une étape destinée à ne pas trop brusquer le corps social. 

On doit noter qu’il s’agit d’une approche comptable qui laisse de côté la démographie réelle et surtout les progrès de productivité. Le meilleur scénario du COR (au pied) : 4,5 % de taux de chômage dès 2015, 1,8 % de productivité par an,  prévoit un besoin de financement (en cotisations et autres ressources possibles) de 310 milliards d’euros en 2020 (40 milliards de trou àsituation inchangée depuis la réforme Fillon de 2003)) et 570 en 2050 (100 milliards de déficit), soit 13,7 % du PIB pour les retraites puis 16 contre 12,8 aujourd’hui. Pour combler le trou le besoin de financement supplémentaire serait de 0,8 point de PIB en 2020 et 3,1 en 2050. Ce scénario montre donc involontairement que si la part du salariat dans le PIB remontait de 6 à 10 % en étant consacrée aux retraites, on dépasserait le passage de 12,8 à 16, ce qui couvrirait les besoins de financement supplémentaire pour les retraites. C’est précisément ce qu’il s’agit de proscrire chez les libéraux : un autre partage de la valeur ajoutée du pays. Il faut souligner qu’un actif dans 40 ans, avec un taux de croissance de 1,8 en plus par an (très optimiste) produirait 2 fois plus que maintenant, donc que le ponctionner de 6 points en plus serait noyé dans la progression de sa rémunération ayant  normalement doublé. Sauf si le capital se met dans la poche les progrès de croissance et de productivité. Il faut cependant souligner que la croissance ne crée d’emplois que si son taux est supérieur à celui des progrès de productivité. Le  scénario du COR (poration) est très optimiste sur le taux de chômage et ne parle guère du sous-emploi. Or la réforme de Rodotarin consiste à espérer que la croissance contiendra le chômage. En effet, son projet ne touche pas aux mécanismes libéraux de concurrence mondialisée qui font de l’emploi le problème majeur et la clef de la résolution des problèmes de financement des retraites : le péril actuel résulte précisément du sous-emploi qui amenuise les ressources de la SS-retraites (de la SS en général), ce qui est aggravé par les exonérations de cotisations patronales (8 % pour les retraites, taux inchangé depuis des lustres). Il faut donc se rapprocher des politiques de l’emploi du pouvoir tsarkozyen : radiations, obligation d’accepter n’importe quel emploi à la 3ème offre, soumission des indemnités de chômage à conditions, mesures en faveur de l’emploi des vieux pour améliorer leur taux d’emploi, heures sup détaxées, etc. Le problème est que ces mesures ne font que changer la file d’attente dans l’emploi (les vieux restent contre les jeunes) et n’augmentent pas l’embauche puisque les heures sup flexibles évitent d’employer de nouveaux salariés. L’emploi total ne contribue donc en rien à un plus de financement de la SS et des retraites. Enfin, le plan de Rodotignac est sous-financé : il apporte 40 milliards en 2020 alors que les besoins ultérieurs sont de 100 (200 si on revenait sur les réformes Ballamou et Fion). Raskoltarin espère que la croissance comblera le manque. De plus, ces 40 milliards sont apportés pour l’essentiel par le salariat (en tout, passage à 62 et 67 ans, plus 4 de contributions supplémentaires, plus subvention de l’Etat de 16 milliards) le capital et les riches ne contribuant que pour 4. ET, magnifiquement, l’Etat apporte 16 milliards en plus pour les retraites des fonctionnaires, pris sur le budget, c’est-à-dire en tant que déficit du régime de retraite des fonctionnaires comblé par ledit budget). Il est clair aussi que la réforme aggravera la baisse du taux de remplacement des salaires par les retraites (de 78 % à 64 en 2040) et accroîtra l’écart entre les revenus d’activité et de pension. Quelques idées pour une autre réforme. Dans un aspect simplement réformiste à court terme (pour garder les 60 ans et passer à 38 annuités), il faut rogner les structures et procédés qui favorisent le tout-financier. On établira une norme disant que 50 % des progrès de productivité sont versés aux salariés. Afin de limiter les délocalisations destructrices d’emplois, on instaurera un droit de douane compensatoire entre la part du PIB consacrée en France aux retraites et celle des pays exportateurs chez elle (12,8 en France, 7 à 8 dans l’UE, 3  en Chine). Ce droit tiendra compte de ce que par exemple les produits estampillés Tudesques sont en fait produits (hors assemblage) dans l’ex-Europe de l’EST ou de ce qu’une  Renault contient 75 % d’intrants étrangers. On fera de même pour la totalité des prélèvements sociaux. Les emplois précaires et les heures sup doivent être surtaxés pour empêcher leur prolifération. Les plans d’intéressement et de participation, qui substituent des rémunérations aléatoires et sous-taxées à des salaires progressifs et fixes, sont eux aussi à surtaxer comme les assurances-vie. Les dividendes et plus-values sont taxés au niveau normal du barème de l’IRPP. Les périodes de chômage ou de sous-emploi ou de stage ou de formation (y compris pour les étudiants), afin de sauvegarder les doits à retraite des salariés, sont assorties d’une cotisation sociale, y compris de retraite, claquée sur l’équivalent de l’emploi correspondant. Le but est de ne pas pénaliser les carrières tardives ou discontinues (voir infra le fonds de capitalisation). 

Pour le financement, on taxera les revenus financiers des entreprises (dans les 300 milliards) à 8 %, soit 20), on taxera les stock-options (3 milliards). On amoindrira la spéculation en taxant les transactions financières, les mouvements journaliers de capitaux. Les exonérations de cotisations en dessous de 1,6 MIC sont supprimées (30 milliards). La détaxe Copé sur les plus-values de cession de filiales par les multinationales est supprimée (15 à 20 milliards). On abolira la fiscalité de Raskoltignac votée en 2007. On  consacrera une bonne part de toutes ces récupérations d’impôts ou taxes nouvelles à la création d’un fonds de capitalisation collective, investi dans la construction d’HLM et de résidences pour étudiants et personnes âgées ou travailleurs immigrés ou pauvres. Les loyers perçus servant à payer les cotisations manquantes chez les précaires.

La république n’a pas besoin de savants

Classé dans : politique — 31 août, 2010 @ 10:56

On aura sans doute observé que Rodotarin (mix de Rodomont le bravache et de Tartarin des galéjades pagnolesques, soit le même homme que Raskoltignac, notre président des seuls Français de l’UMP) a reçu nos sportifs victorieux en grandes pompes à talonnettes à l’Elysée. Il renoue ainsi avec la tradition romaine des jeux du cirque : gloire aux jeunes gens beaux et talentueux qui ont remporté la victoire. Je lui suggère d’ajouter une réception avec discours patriotique sous l’arc de Triomphe. Ave Caesar, morituri te salutant. Evidemment, les romanichels du cirque Romanès ne seront pas invités à la cérémonie. Peu après, nous apprenions que 3 individus sans importance, quoique français, avaient reçu des distinctions majeures en mathématiques (dont 2 médailles Fields, équivalent du prix Nobel. Il est vrai que la mathématique française est une des 3 premières au monde car il suffit de peu de moyens pour en faire, ce qui n’est pas le cas du reste de la recherche. On aurait donc dû penser que Rodotarin s’empresserait de recevoir et de féliciter ces olibrius qui consacrent leur vie à des tâches non utilitaires et qui ont prouvé leur mérite et leur excellence sur la scène internationale. Il est vrai qu’ils approchent la quarantaine et ne sont pas très musclés. Il vaut donc mieux les tenir en quarantaine. Du reste, un savant ne peut être que maboule. Pensez donc : au lieu de faire le max de pognon, il ne cherche qu’à connaître et à être utile pour le savoir de l’humanité. Donc il ne fait pas du petit vélo sur route, mais dans sa tête ; il ne court pas, il pense ; il ne « jogge » pas, il cherche. Donc, le locataire élyséen, Raskoltignac, n’a pas invité nos matheux de renom. Ils ne sont pas assez  sexys ni glamours. Il y en a même un qui est chevelu façon 19ème siècle romantique et qui porte une énorme lavallière. La république n’a pas besoin de savants mais de jeunes dieux du stade comme en 1936 aux jeux olympiques en Allemagne, de nageurs aimant glisser dans la piscine (attention, c’est une contrepèterie). Ainsi, la république de 1789 et suivantes avait-elle raccourci Lavoisier et Condorcet sur le même thème. 

La république n’a pas besoin non plus de vrais artistes ; elle préfère les artistes populaires. C’est pourquoi, les morts de Ferrat et de Terzieff n’ont pas eu droit aux mêmes paroles élyséennes et médiatiques que le décès de Giraudeau. Du reste, on connait le modèle de Raskoltignac en matière de gestuelle et de mimiques : c’est Louis de Funès.  Rodoraskoltarintignac continue donc de séparer les Français en catégories n’ayant pas les mêmes droits, la même reconnaissance, les mêmes honneurs. Un sportif, c’est mieux qu’un savant, de même qu’un curé est supérieur à un instituteur ou un croyant à un « laïcard » athée ; un riche vaut plus qu’un smicard, un françaoui de souche qu’un naturalisé, un sédentaire qu’un membre des « gens du voyage », un comique troupier qu’un grand acteur, etc. C’est l’abécédaire de la politique politicienne : il faut diviser pour régner, il faut dresser les communautés les unes contre les autres au nom du droit à la différence recyclé en scissions. Vive la république, vive la France ! Aux grands hommes, la patrie et Rodotarin reconnaissants ! 

PS: j’ai appris que Raskotignac avait fini par recevoir nos matheux. mais ce fut tellement discret que l’info a glissé sur l’opinion comme l’eau sur les plumes d’un canard

La Pestilence (pardon, la présidence) élyséenne et française de Raskoltignac

Classé dans : politique — 26 août, 2010 @ 10:20

Notre bon président a déjà été affublé de surnoms en tout genre. J’ai donc cherché à être à la fois original et à trouver quelque chose qui le décrive très bien. Eureka. Voilà Raskoltignac, composé de Raskolnikov (si Dieu n’existe pas, tout est permis), personnage de Dostoïevski et Rastignac, cher à Balzac. Ce « mix » associe l’absence de vergogne à l’arrivisme sans scrupules. Raskoltignac est en effet un individu sans foi ni loi, narcissique, opportuniste, ambitieux qui combine aisément les vices des deux personnages romanesques. Raskol racole, Tignac est teigneux et cultive le  culte du Moâ, cher à Sacha Guitry. C’est aussi une imitation du tricheur décrit par le même Guitry dans le Roman d’un tricheur ». 

Marianne l’a traité de « voyou de la république » ; pourquoi de la seule république puisque quelqu’un qui semble ne rien respecter, pas même sa fonction au service de tous, pas même la constitution qui ne fait pas de différences entre les Français de différentes origines, y compris hongroise, est bel et bien un voyou ? Un autre (Pwenel) l’a qualifié du titre de « délinquant constitutionnel ». C’est que Raskoltignac vient de faire très fort. Il a stigmatisé tout un groupe culturel, celui des Roms, tous assimilés aux « gens du voyage » et associés en tant que tels à la délinquance comme les immigrés. Il avait parlé des « racailles » à nettoyer au kärcher… Cela le reprend car le filon électoral du sécuritaire lui avait bien réussi en 2007 malgré un échec patent dans la lutte contre les atteintes aux personnes. Cela risque de ne pas marcher en 2012 car la droite chrétienne est effarée et suit la bulle du pape et car les frontistes se reprennent à préférer l’original à la copie, car la droite républicaine prend ses distances avec les amalgames tsarkozyens. Mais pour notre arriviste une diversion, permettant en même temps d’espérer récupérer les électeurs du FN, ralliés en 2007 mais en voie de désertion, et de faire oublier l’affaire Woerth est la bienvenue. Sans oublier que sur le plan socio-économique, il vaut mieux faire oublier la situation française que des effets de manche et d’annonce ne sauraient améliorer. 

Cet homme nous a montré qu’il était peu regardant sur les moyens lui permettant d’atteindre les fins de sa clique ainsi que les siennes. Pendant la campagne électorale de 2007, il montrait sa chère Cécilia, laquelle était déjà avec Attias ; il fallait ne pas décevoir l’électorat catho. Et il divorçait 3 mois après son élection pour un 3ème mariage, ce qui aurait dû interdire au pape de le recevoir au Vatican comme chat-moine de Latran. Parallèlement, il séduisait l’électorat frontiste en lui piquant ses idées sécuritaires et anti-immigration ; en même temps, il affichait son rapport aux mânes des grands socialistes, de Guy Mocquet et des résistants afin de préserver les voix du bon peuple de gauche. Il se rendait dans les usines pour faire des promesses sans suite. Dans ses discours, on le notait comme spécialiste des contenus de circonstance en fonction de l’auditoire. Leur but n’est évidemment pas d’argumenter mais de séduire au coup par coup comme le fait tout avocat d’affaires plus intéressé par le résultat que par les principes juridiques. C’est du boniment de camelot (du roi ?) vendant des cravates dans un parapluie. Il emploie à dessein le langage du populo, matraquant au passage la grammaire, la syntaxe et la langue. Il ne maîtrise pas sa gestuelle, ses mimiques et ses « attouchements » à tel point qu’Angela Merkel (habituée au baisemain de la RDA)  s’est fait passer des films de louis de Funès pour comprendre un président si tactile. Ce n’est pas sans doute par pure inculture ; c’est pour s’attirer les grâces des prolos, auxquels du reste il fait, assisté par le Motodidacte Estrosi, des promesses peu suivies d’effets en ce qui concerne la pérennité des entreprises et des emplois. Cela ne l’empêche pas de faire aussi du bling bling avec sa star cosy, la belle Carla chez laquelle il brunit en été tout en s’occupant du tout-à-l’égout de la résidence. Faut-il en déduire que l’égout ça le connaît quoique dégout et des couleurs, on ne discute pas. 

Elu, il n’a pu s’empêcher d’afficher ses vraies convictions : son amour pour les riches et pour l’idéologie américaine alors encore propulsée par Bush II qu’il admirait tant ; cela s’est traduit par le fameux bouclier fiscal (inventé sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin) et de multiples cadeaux à son électorat ; crédit d’impôt pour l’accès à la propriété, quasi-suppression de l’impôt sur les successions, bouclier descendu à 50 % du revenu fiscal de référence (c’est-à-dire après prise en compte des niches fiscales ce qui fait que certains riches ne payent plus rien comme impôt) au lieu de 60 tout en y ajoutant la CSG et la RDS (plus, pour être juste, la détaxation des heures sup.). Le divorcé 2 fois, marié 3, est pourtant allé faire des mamours à benoît XVI, qui plus est accompagné de Bigard, spécialiste du « lancer de salopes ». Et pour faire bon poids, il lui a affirmé que le curé valait mieux que l’instituteur pour éduquer les enfants ; de même en Arabie Saoudite (ou dans le coin), il a prôné le retour aux valeurs spirituelles et religieuses. En pleine crise (de spiritualité ?), il se fait augmenter de 172 %  et adapter un avion pour 180 millions d’euros. 

Raskoltignac développe une approche événementielle, spéculaire et spectaculaire du droit ; depuis 2002 on en est à 33 lois de sécurité ou d’anti-immigration ; lois de circonstances, lois instrumentales ne valant guère que pour leur effet d’annonce aux yeux du public. Il piétine la constitution (les Français de souche et les autres) et le droit européen qui interdit de faire des apatrides. Il transforme des cas individuels en stigmatisation de groupes sociaux ou ethniques. Etc.  Cet individu ne recule donc devant rien et cela au mépris de la culture républicaine et du droit. Il a affiché ses tendances népotiques à propos de la désignation de son fils Jean (sans terres) à l’EPAD. Il transforme les fonctions publiques en féodalités à son service et les hauts fonctionnaires en satrapes révocables à merci selon son bon vouloir. Il a fait des universités, des hôpitaux, de la radiotélévision publique, de la magistrature, des services statistiques, etc. des instruments à sa botte et gérés comme des entreprises privées dirigées par un chef tout-puissant. Il a continué l’œuvre de Chirac pour torpiller droit social et droit du travail contre le pacte social français mis en place à la libération en 1945. 

Il dit vouloir une « république irréprochable », mais il se pourrait bien que des affaires l’impliquant finissent par apparaître, au moins dans la presse. J’en ai déjà touché un mot dans des articles précédents (sous-marins de Karachi, financement possiblement illicite de la campagne de 2007 et de l’UMP par les Bettencourt). Gageons que l’affaire Woerth-UMP n’ira pas en justice ; le risque est trop grand de voir les comptes de campagne déclarés illégaux et donc l’élection présidentielle invalidée. Ce qui aussi conduirait en Cour de justice de la république et, en cas fort hypothétique de condamnation, au retrait de nationalité d’un français de fraîche date pour « indignité nationale ». Il n’est pas interdit de faire comme si et de rêver. 

 

EDF, ex-service public de l’électricité

Classé dans : politique — 16 août, 2010 @ 11:45

 

EDF annonce une hausse moyenne de 3 % de ses tarifs domestiques. Ce n’est qu’une moyenne, car les heureux bénéficiaires d’un contrat EJP (effacement jour de pointe, donc abonnés qui diminuent leur consommation lors des pointes pendant lesquelles EDF met en service les centrales les moins productives, ce qui est un plus pour le pays et l’entreprise) vont faire plus. 

Ce que ne dit pas le gouvernement ou l’entreprise, c’est qu’il faut prendre en compte les multiples taxes qui pèsent en sus sur l’électricité. Or, en fonction du lieu d’habitation, le montant total de ces taxes varie entre 35 et 42 % à cause des taxes municipale et départementale qui vont entre 4 et 12 %. Ainsi, dans un courrier des lecteurs (le Monde Magazine), une personne se plaignait de payer 41 % de taxes… sur un service indispensable, à l’instar de  la vielle gabelle ! Il faut donc ajouter aux  3 %  les 41 de taxes, soit 1,23 de plus. La hausse réelle TTC est donc de 4,23 %. Dieu merci, les impécunieux bénéficient d’un tarif spécial et stigmatisant (payé par les consommateurs alors que ce devrait l’être par l’impôt puisqu’il s’agit d’une obligation étatique de solidarité) allégé de 30 %. Récapitulons les dites taxes : municipale (4 à 8 %), départementale (4), taxe de contribution aux charges du service public (notamment pour la péréquation des tarifs sur tout le territoire), taxe écolo (obligation de rachat de l’électricité produite par les « auto-producteurs » d’hydraulique, d’éolien, de photovoltaïque, etc. à un prix supérieur au coût de revient d’EDF, ce qui explique que les toits des hypermarchés et des hangars soient désormais couverts de cellules photovoltaïques)  pour les énergies renouvelables, taxe de compensation du régime spécial de retraite (payée sur le service du transport exercé par le RTE, réseau de transport de l’électricité, qui évidemment répercute la chose sur la distribution), plus la TVA qui, ô merveille, s’applique sur les taxes précédentes. Ce n’est pas tout : camouflées dans les comptes, il y a des « redevances de concession » (Lyon, Marseille, Paris, là 60 millions d’euros) et la mirifique taxe Pasqua sur l’hydraulique (300 millions d’euros) ; il y en a sûrement d’autres que je ne connais pas. Il va de soi que toutes ces taxes sont incluses dans la facture, ce qui peut faire estimer que la taxation réelle de l’électricité est proche, passé partout, de 50 %. 

Le prix de revient d’EDF (hors taxes ; et où est la comparaison en Europe entre les prix TTC et les prix hors taxes ?) est en gros de 30 % inférieur à celui de la moyenne européenne grâce aux investissements nucléaires effectués auparavant. C’est pourquoi, l’UE est mécontente et veut forcer l’entreprise à augmenter ses tarifs dits « régulés ». Lesquels expliquent que peu de clients fuient EDF, ce qui est une pratique anticoncurrentielle aux yeux de l’Europe hyper-libérale. Les doryphores voient là l’occasion de rentabiliser leurs centrales plus coûteuses et plus polluantes. En effet, l’électricité ne se stockant encore pas dans les masses exigées par le niveau de consommation, le prix de marché se fixe toujours, normalement en univers pleinement concurrentiel, au coût de revient marginal des dernières unités produites, celles sorties par les centrales les moins rentables. D’où la pression des verts-de-gris et des heureux propriétaires de rossignols auxquels l’augmentation de prix éviterait d’investir, ce qui explique au passage que l’UE soit dans une situation de plus en plus tendue dans le rapport de la production à la consommation, surtout lors des périodes de pointe. Mais le privé a une solution : des petites centrales à gaz, peu chères et rapidement mises en route pour effacer lesdites pointes de consommation ; du coup leur courant se vendrait au coût marginal élevé des vieilles usines, alors que leur coût de revient est bien plus faible, donc ils toucheraient une superbe rente différentielle, comme les heureux propriétaires des terres les plus fertiles (analyse de la rente foncière par Ricardo) ; c’est kif kif. Les Rosbifs, eux, sont plutôt dans le registre idéologique : le salut ne peut venir que du tout-marché. 

Le gouvernement français serait heureux de la fin des tarifs régulés car il empocherait des dividendes et de l’impôt sur les sociétés en plus par suite de la hausse des prix. Ce que, du reste, vient de recommander le rapport Roussely (ex-PDG d’EDF, ex-socialisant devenu banquier suisse, à la botte sarkozyenne) : l’augmentation des prix permettrait de séduire les investisseurs privés ; CQFD. Proglio, nouveau PDG, ex-Veolia voit dans la hausser des tarifs le moyen de financer les investissements (laissée en déshérence lors de ces dernières années) sans toucher aux dividendes et à « la valeur pour l’actionnaire ».  Rappelons qu’autrefois EDF finançait à la fois les investissements tout en diminuant ses prix et sa dette. On y respectait des principes de service public, dont celui dit de « mutabilité » (faire profiter l’usager des progrès en tout genre) et celui de vente au coût de revient (équilibre des comptes et rentabilité pour financer l’investissement). Sous les Brousse-lie, Sot Watt (Gadonneix, prédécesseur de Proglio qui disait toujours « so what ? »), Improglio, on a la totale : augmentation des tarifs (plus que l’inflation ces derniers temps malgré la promesse de n’en rien faire sur 5 ans), augmentation de la dette (pour financer des rachats d’entreprise ou investissements spéculatifs à l’étranger), sous-investissement (que l’on espère compenser par le passage de la durée de vie des centrales de 30 à 40 ans), stagnation des salaires (sauf ceux des dirigeants qui ont été multipliés au moins par 6), baisse de la qualité de service (de plus en plus de coupures hors grands centres urbains). 

Il est donc urgent d’augmenter les tarifs pour faire financer les investissements par les clients lambda sans toucher aux actionnaires, dont l’impécunieux Etat. C’est ce que vise le gouvernement avec la loi « NOME » (Nouveau marché de l’électricité) qui obligera EDF à céder 25 % de sa production nucléaire à ses concurrents, à un prix sans doute inférieur au coût complet (dont le traitement des déchets, le démantèlement des centrales arrêtées, la rénovation des actuelles pour les porter à 40 ans, etc.). Et, comme on l’a vu, tout le monde se jettera sur la rente (différence entre le prix de marché et le coût de revient) pour faire augmenter les prix au niveau de la dernière unité produite, la plus coûteuse. C’ainsi que l’UE organisera la 1ère opération de « concurrence libre et non faussée » destinée non pas à faire baisser les prix mais à les augmenter. Cette médecine des Diafoirus libéraux pose problème : le malade risque de mourir guéri dans le meilleur des mondes concurrentiels possible voulu par notre Pangloss présidentiel. 

Le pré-fascisme en fleurs

Classé dans : politique — 3 août, 2010 @ 11:20

On le pressentait depuis longtemps : le régime de Nabot-Léon IV est sur le terrain glissant du fascisme pré-pétainiste. On savait que depuis 2002 les lois répressives avaient fleuri sans discontinuer à l’occasion du moindre événement exploité par les médias pour renforcer les sentiments d’insécurité et dresser les catégories de population les unes contre les autres. Le code pénal a été tellement modifié et aggravé qu’il n’est pas étonnant que les gardes à vue aient montré une inflation époustouflante au point d’atteindre les 800 000 par an. Et le tout sans résultat puisque les atteintes et violences aux personnes n’ont cessé d’augmenter. Baissent, cependant, les vols de voiture et les effractions domiciliaires mais c’est par suite d’une meilleure protection des bagnoles et des habitations. On connaissait le langage (racaille, Kärcher, casse toi pauv’con, etc.) de Mitron 1er (général Boulanger en plus petit) qui nous a mis dans le pétrin en aggravant la crise grâce à son « bouclier fiscal » et à ses baisses d’impôts pour les riches et les entreprises. On savait que Nicolae Sarkozescu monopolisait tous les pouvoirs, nommait ses pions partout, virait les préfets et les hauts fonctionnaires coupables d’avoir fauté à ses yeux, avait transformé toutes les institutions publiques (universités, hôpitaux, écoles, INSEE, etc.) en entreprises régies par un chef tout-puissant par lui nommé comme le président de France télévision. On connaissait le fait que le gouvernement n’existait plus et avait été remplacé par les membres de son cabinet, l’ex-préfet et flicard Guéant en tête. On avait vu son double langage pendant les élections présidentielles, visant à piquer les voix du Fronte Crapular de Le Pen et à exhiber des options socialisantes à base de Jaurés tout en favorisant les riches et en étalant ses amours, sa Rolex (devenue Patek Philippe, c’est plus cher et plus chic) et ses amis fortunés au Fouqet’s et ailleurs. On sait que l’UMP reste sa chose qu’il dirige par Bertrand interposé et dont il invite les membres et autres « députains » à l’Elysée aux frais du contribuable tout en prétendant qu’il est le président de tous les Français et non le chef d’un parti. De ces faits, la France est devenue une égocrassie, une monocrassie digne de Berlusconi. On ignorait cependant que Duracell 1er, l’homme d’une « république irréprochable », pouvait avoir des casseroles aux fesses : l’affaire du logement de Neuilly aménagé à prix d’ami par un promoteur jouissant des faveurs de la municipalité (sans suite grâce au procureur Courroye ); les déplacements en Suisse en « porteur de valise » truffée de billets pour les économies du tennisman Leconte quand il était avocat d’affaires (aux dires de banquiers suisses) ; maintenant, la justice se rapproche des rétro-commissions versées pour la campagne de Balladur en 95, Zébulon 1er étant ministre du budget et ayant donné le feu vert à une société écran à l’étranger pour les contrats de sous-marins vendus au Pakistan (et autres contrats d’armement), affaire que le parquet s’emploie à déminer en contrant les initiatives du juge Trévidic qui instruit l’attentat contre les employés de la DCN (11 tués lors d’un meurtre commis au Pakistan peut être parce que Chiracos, élu, avait supprimé le versement des commissions aux ripoux du Pakistan). Et maintenant l’affaire Bettencourt avec son prolongement putatif de financement illicite de l’UMP pour la campagne présidentielle de 2007. Cela commence à faire beaucoup de soupçons sur la virginité du président Sarkozy de Bossa-Nova, l’homme impitoyable pour les petits délinquants de banlieue et les voleurs de poule des « gens du voyage ». Tsarkowitch illustre à merveille les temps libéraux du tout-marché : plus les inégalités s’accroissent, plus la répression pour les petits augmente et plus celle des cols-blancs diminue. Cela va bien avec la suppression envisagée du juge d’instruction. Est-ce la peine puisque désormais à peine 3 % des affaires sont instruites par un juge et que 80 % des jugements sont effectués sur la base des dépositions et informations recueillies lors des GAV (de pot aux roses). Dans ce contexte de faillite dans la politique sécuritaire (plus 16 % d’agressions et violences contre les personnes entre 2003 et 2009) et de parfums nauséabonds émanant des « affaires » que le procureur Courroye (de transmission) s’emploie à noyer sous une avalanche d’enquêtes préliminaires conduites en secret sans juge d’instruction indépendant, rien ne vaut d’en revenir au sécuritaire pour préparer 2012 (faire redescendre l’étiage électoral du Fronte Crapular et faire se serrer les vieux autour du prince). Et Zébulon 1er n’hésite devant rien ; il vient d’en appeler à la déchéance de la nationalité des Français d’origine étrangère agresseurs de flics et gendarmes et autres figures d’autorité. Visiblement, notre avocat d’affaires ignore la différence entre pouvoir et autorité, car les statuts dont il parle reflètent la détention d’un pouvoir et aucunement celle d’une légitimité (du reste, toujours confondue avec la légalité). Cela ne le gêne pas de violer la constitution qui demande qu’on traite tous les citoyens également sans distinction d’origine, ni les règles européennes qui interdisent la transformation des gens en apatrides. On se demande si agresser un médecin, un savant, un simple quidam est moins grave que pour une « figure d’autorité ». La détention d’un pouvoir donnerait alors 2 catégories de citoyens, celle des alliés du pouvoir, des sbires de l’Etat, des nommés par le prince et ses hiérarques pour diffuser la peur, etc. et celle des individus sans importance… pour la république (bananière). Et pourtant, en tant que fils d’émigré, le prince devrait se méfier d’un passage devant la cour de justice de la république, passage qui devrait concerner tous les politicards qui depuis 30 ans sabotent la république pour lui substituer le libéralisme du tout marché sans foi ni loi ; c’est en effet une violation du pacte social qui fonde la communauté nationale dans ses mœurs, ses valeurs historiques, ses institutions sociales. L’affaire des « gens du voyage », suite à la mort d’un jeune délinquant abattu par la gendarmerie, donne une bonne idée du climat de xénophobie anti-communautaire que propage le pouvoir : quel bel amalgame entre un jeune et les « (Rom)anichels », par ailleurs parfaitement sédentarisés dans ce cas et pour la plupart en France. On va donc les chasser manu militari de leurs campements illégaux en oubliant que s’ils sont illicites c’est parce que la loi qui oblige les municipalités de plus de 5 000 âmes à aménager des espaces de vie pour eux n’est qu’à moitié observée. Pour faire bon poids, M. Boutefeux veut légiférer sur les coupables de polygamie, d’excision, de traite des êtres humains. Bel amalgame encore qui mêle des communautés stigmatisées et des mafieux. Un « députain » (pour compléter la liste : un général, des générés, un maréchal, des maraîchers, comme disait Boris Vian) des Alpes maritimes, ce département quasi mafieux (pour cause d’immobilier et de jeux), député de Nice précisément, cette belle cité où le clan Médecin s’est illustré, va déposer un projet de loi pour punir de 2 ans de taule les parents qui n’auraient pas empêché leurs enfants de commettre des délits. Rappelons que le code pénal ne permet de poursuivre que les auteurs des actes ; encore un sabotage du droit français. On aura donc à l’automne une nouvelle loi de prévention de l’insécurité. Notre Sarkusconi décidément n’arrête jamais de trafiquer la loi pour ses ambitions partisanes… Par exemple avec de futures peines planchers pour certains délits. Rappelons que les principes généraux du droit requièrent que les juges interprètent en fonction du contrevenant et des circonstances ? Le conseil constitutionnel n’avait accepté ce genre de peines en cas de récidive qui si les juges gardaient un droit d’ajustement. Ce fut observé : si les juges n’appliquent pas la peine automatique, ils doivent le justifier avec des arguments. Bien joué, car les juges qui le feraient mettraient en danger leur carrière et leurs primes. Généralement, ils ne font donc pas ce qui rend les sanctions automatiques contre le droit et la morale. Aristote, lui-même, disait que les juges doivent apprécier les choses en équité et pas en appliquant littéralement un code. C’est que cet auteur ne confondait pas, lui, la justice, le droit et la jurisprudence ! Pendant ce temps, les socialos en peau de lapin restent prudents car ils craignent que Sarkoutine ait le soutien des bons français de souche ; ils devraient mettre plus en relief que le prince a supprimé la police de proximité et des milliers d’agents de police nationale ou de gendarmerie ; cela, pour forcer les municipalités à créer des polices municipales à leurs frais (tout en accusant les villes socialos d’augmenter les impôts). Las, bien des villes n’ont pas les moyens de faire payer à leurs habitants des effectifs de police locaux. Devinez lesquelles ? Cependant, les socialos prépareraient des propositions en matière de sécurité. On attend, mais méfiants car c’est le couple Jospin-Vaillant qui a lancé en premier (2001) une loi sécuritaire, avant les lois Sarko et Perben

Le vertueux WOERTH

Classé dans : politique — 16 juillet, 2010 @ 11:43

Un nom pareil ne se prononce pas ; cela s’éternue comme à chasser (HEC). Ce monsieur, comme ne le disent que certains médias (Le Point, le Monde, Marianne) peu susceptibles d’une hyper diffusion, était déjà impliqué dans les magouilles de l’Association pour le développement de l’Oise qui ont valu à son mentor, J-F Mancel, députain du secteur, 18 mois de taule avec sursis, ce qui ne l’a pas empêché de rebondir comme Balkany et bien d’autres. Quand  je dis députain, je paraphrase Boris Vian qui disait un général, desgénérés, un maréchal des maraîchers. On apprend, via la presse  suisse que notre bonhomme avait organisé des rencontres avec des résidents français en Helvétie (à l’ambassade ? aux frais des Français ?) pour les convaincre de subventionner l’UMP. Cela ne manque pas de sel : le ministre du budget, chargé de la lutte contre  l’évasion fiscale, faisait de la promotion pour son parti à l’étranger, comme, du reste, on vit la même chose pour les expatriés à Londres ou aux USA ! On sait aussi que Mme éternuée allait souvent en Suisse pour  Thétys, « Family equity » de la mère Bettencourt en cheville avec Clymène, sa société dirigée en France par M. de Maistre en vue de l’évasion fiscale. Qu’est-ce qu’une Family equity ? C’est un fonds très privé de gestion des avoirs en Suisse d’un évadé fiscal personnel. Passons sur les responsabilités de Mme Bettencourt accusée d’être gâteuse par sa propre fille ; sachons que le de Maistre est seul maître à bord des magouilles de sa bienfaitrice qui lui a donné 5 millions d’euros (plus 3 millions d’impôts afférents) pour services rendus. Ou pour abus de personne en situation de faiblesse. On sait aussi que l’ex-PDG de l’Oréal, le rosbif Lindsay-Jones, a reçu 100 millions d’euros (plus 30 d’impôts). On sait que la douairière avait 78 millions dans des paradis fiscaux plus l’île d’Arros (500 millions) dont on ne sait pas à qui elle appartient réellement. 

Le Nouvel Obs a révélé que des « associations » politiques, proches de l’UMP et créées manifestement pour détourner la loi qui interdit à un personne physique de verser plus de 7500 euros à un parti, avaient reçues 30 000 euros en 4 chèques. On apprend que Woerth, atchoum, a bradé 50 hectares de forêt de Compiègne à des copains. Il s’en défend en disant que c’était sur la base d’une cotation par les Domaines. Cher M. Woerth, très cher, de qui dépendent les Domaines ? Ben voyons, du ministère des Finances… L’inspection des Finances, ou plutôt son directeur aidé de 4 compradores, au mépris de toutes les règles de l’enquête collective par l’IGF, a absous Woerth pour toute bienveillance à l’égard de Mme Bettencourt, la généreuse donatrice à l’UMP et à tous ses multiples satellites. Le vertueux Woerth ne se rend pas compte de ce que ses connivences, ses accointances, ses amitiés avec le monde de l’argent et de l’évasion fiscale posent problème. Tsarkowitch  (tsar, comme monocrate, co, comme abrégé  de compagnie, et witch, sorcier) non plus. C’est normal ; comme disait Spencer, on s’adapte à son environnement en étant le plus apte à en tirer profit, ce qui fait que l’on ne se rend plus compte de la nature immorale du milieu et que, en outre, on considère que l’on fait partie de la catégorie des meilleurs, les autres n’étant que des minables plus ou moins assistés, ce qu’il faut supprimer dare-dare pour que les faibles ne se reproduisent pas. 

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye de transmission, noble magistrat adoubé par qui vous savez et cirant le Parquet, après s’être opposé longtemps à l’examen de la demande de mise sous tutelle de la Mamie Bettencourt (contre une juge indépendante du Siège), soupçonnée par sa propre fille de sucrer les fraises et d’arroser subséquemment les politicards en veux-tu-en-voilà, fait maintenant flèche de tout bois (de justice ?). veut-il subitement prendre un bain de Siège ou est-il un vain assiégé ? Il met en garde à vue les requins de l’entourage de Mistress Bettencourt qui se servaient sans doute au passage. Il veut peut être ouvrir des contre-feux pour protéger son protecteur, à savoir Sarkozescu. Las, quand on commence de tirer un fil de la pelote, il est à craindre que tout le reste vienne avec. Dès lors, le contribuable et le  citoyen n’ont pas fini d’assister au dévoilement progressif des turpitudes du pouvoir et de ses amis fortunés. Qu’est-ce qu’on va rire, jaune hélas ! M. Woerth, atchoum, n’est pas à considérer comme une personne coupable ou responsable. En fait, il n’est qu’un pion du système Sarko de faveur pour le libéralisme de connivence entre les puissances d’argent et les politicards, celui-là même qui a conduit à la crise actuelle à partir des subprimes, celui dans lequel les banquiers d’affaires de Wall Street deviennent les secrétaires d’Etat au Trésor US (Rubin ex-de Goldamn Sachs sous Clinton, Paulson ex-PDG de la même banque sous Bush II, Geithner, ex de la même, sous Obama). Dans lequel les  hauts fonctionnaires français dévoués à l’intérêt général sous de Gaulle ont été remplacés par les avocats d’affaires (Borloo, Lagarde, Tsarko…) et les capitaines d’industrie ou de finance (Breton, Ouda, Pérol…). Mais il ne s’agit pas que de Sarko, « l’américain fan de Bush à passeport français.  Les socialos : Bérégovoy (inspiré par Naouri devenu PDG d’un des plus gros distributeurs français), Fabius, DSK, et avant le curé Delors, ont été les artisans de la conversion de la France au tout-financier : suppression du contrôle des changes, libéralisation de la circulation des capitaux, suppression de l’indexation  des salaires sur l’inflation, début de la baisse des impôts sur le revenu des riches, autorisation des stock-options et des LBO, etc. la seule différence est que les socialos faisaient ça pour s’adapter à la concurrence mondialisée et que Naboléon le fait par conviction envers les bienfaits du tout-marché efficient et par idéologie libérale modèle Thiers sur lequel il s’étalonnette. Mais c’est un politicard rusé : maintenant il accentue sa démagogie en faveur des petits pour être réélu en 2012  et en chassant sur les terres du Fronte Nationale et Crapular. Et il accuse ses adversaires politiques d’être des « populistes ». Objection, votre déshonneur : le populisme est l’essence même de la démocratie qui, comme le nom l’indique, part du peuple ; c’est à ne pas confondre avec la démagogie. 

L’affaire, suite

Classé dans : politique — 12 juillet, 2010 @ 11:38

On vit dans un monde merveilleux : le vendredi, il y a des affaires politico-judiciaires,  le lundi, tout aura disparu. Et pourtant il faudrait s’inspirer de la blague des œufs au bacon : dans ces derniers, la poule est concernée, le cochon impliqué. A quoi est parvenu Gnafron 1er ? A ce qu’il ne soit pas impliqué. La comptable de Mme Bettencourt maintient que les politicards de droite défilaient chez elle et  feu son mari, André Bettencourt qui s’était illustré dans des journaux antisémites en 39/45 avant de faire une grande carrière « gaulliste » comme Papon. C’étaient sans doute pour fumer le cigare et prendre le thé. Rappelons que la comptable a été ramenée manu militari de son lieu de repos dans le Sud pour être auditionnée très longuement par la police financière. D’aucuns crient à la pression inadmissible contre un témoin, avec peut être des  menaces voilées qui l’ont conduite à se reprendre : elle n’a pas vu Sarkozescu toucher du papier kraft garni. Ce qui ne veut pas dire que la chose n’a pas eu lieu ; cela signifie simplement qu’il n’y a plus de témoin. En revanche, elle ne retire pas le reste de son témoignage à Médiapart, notamment l’implication de Woerth dans la collecte de fonds pour l’élection présidentielle de 2007. 

Le procureur Courroye, ami de Duracell 1er,  a monté 3 enquêtes préliminaires. Rappelons ce que c’est, car les journaleux ne le font pas. Ce sont des investigations menées par le seul parquet, organe commandé par le pouvoir, ainsi que l’a signalé la justice européenne qui lui dénie le doux nom « d’autorité judiciaire indépendante ». Ces enquêtes ne sont pas à charge et à décharge ; elles ne font pas l’objet d’un « contradictoire » ; les avocats n’y sont pas présents ; les dossiers sont secrets, les moyens de recherche inférieurs à ceux d’un juge d’instruction, magistrat indépendant. On ne peut donc pas être sûr du tout de la neutralité de l’instructeur ; en revanche on pourra noyer le poisson (d’où la multiplication des enquêtes préliminaires) et surtout donner l’illusion que les puissants sont des justiciables comme les autres. Cela dit, il se pourrait que la chose soit honnête, mais le doute subsistera comme la suspicion. C’est l’inconvénient des structures institutionnelles dont les responsables sont nommés par le pouvoir. On vient de le voir avec le limogeage de Guillon et Porte par le duo Hees-Val. Même si c’est une décision indépendante, l’ombre du prince flotte. Il paraît que Zébulon 1er n’aurait pas apprécié parce que cela a renforcé les suspicions sur l’inféodation des dirigeants de France Inter à sa personne. Eh oui, la femme de ces arrhes doit être insoupçonnable ; ce que ne facilitent pas les dispositions institutionnelles voulues par le prince. 

C’est comme le rapport de l’Inspection générale des finances sur les relations entre le fisc/Woerth et Mme Bettencourt. Paru en avance, il dit « circulez, il n’y a rien à voir ». Les meilleurs journaleux signalent que l’IGF dépend du ministère des finances, ce qui laisse augurer de son indépendance réelle. Et aucun médium notoire n’a signalé que le rapport a été rédigé par le seul directeur de l’IGF, nommé par le pouvoir, à l’encontre de toute pratique qui veut que ce soit un collectif de ladite IGF qui enquête ! Là encore, que le dirlo soit honnête ne joue guère : sa position institutionnelle même le fait soupçonner de partialité. Dans ce cadre, avec un dirlo dépendant et une justice parquetière aux ordres, peut-on espérer que les présumés responsables soient impliqués ? Sans doute non, et le pouvoir va se refaire une virginité tout en restant, nolens volens, concerné. 

Certains dégagent une odeur de sainteté, d’autres un parfum de scandale même si l’on ne peut rien prouver. Ce serait étonnant : depuis l’affaire URBA on ne tient plus de petits carnets pour noter les noms des généreux donateurs aux partis et le montant donné. Et puis avec internet et les paradis fiscaux, l’argent peut circuler incognito à la vitesse de la lumière. M. De Maistre a largement eu le temps de faire disparaître les documents compromettants, car on ne l’a pas embastillé tout de suite comme Kerviel. 

D’où vient l’odeur de soufre (douleur ; de la presse, des socialos et de Médiapart) ? Eh bien de l’accumulation d’affaires où le pouvoir est concerné : l’aménagement du logement du prince à Neuilly, les sous-marins du Pakistan et l’assassinat de 11 collaborateurs de la DCN, les privilèges du « premier cercle », les dérapages des ministres peu soucieux des deniers publics, la prolifération de petits parties pouvant toucher (le dernier en date a été crée par Wauquiez) en contournant la loi sur le financement des politicards, etc. 

Mais Zorro parle ce soir dans les étranges lucarnes. Il va évidemment s’en sortir comme tout bavard dans un procès, avec des effets de manche et des questions de rhétorique, des affirmations péremptoires et des coups de botte en touche. Gageons que M. Pouajudas ne sera pas très offensif. On n’est pas dans la démocratie à l’américaine ou à la britannique, ici. on est dans la république oligocratique et monarchique et l‘intervieweur est nommé par le PDG de la télé (guidée) publique, lequel est nommé par le président. Il est vrai que la chose demande que les commissions parlementaires concernées l’acceptent. Mais contrairement à ce que laissent penser moult journaleux, ce n’est pas à la majorité des 3 cinquièmes d’approuver : c’est le contraire : il faut que ceux-là ne s’y opposent pas. Fastoche avec une chambre Sarko-horizon. 

L’affaire

Classé dans : Non classé — 7 juillet, 2010 @ 11:13

M. Woerth est de plus en plus empêtré dans ses relations incestueuses avec le monde de l’argent et des combines politiques pour financer les partis. Ce monsieur sort d’HEC, comme son épouse, école peu connue pour son enseignement de la philanthropie et où l’on apprend comment faire suer de « la valeur pour l’actionnaire ». Il a travaillé pour le cabinet de conseil Arthur Andersen en France. Rappelons que ce cabinet (comme WC, Woerth Conseil) a été acculé à la faillite par suite de sa compromission dans l’escroquerie d’ENRON. Il a été le digne élève de Jean-François Mancel, député de l’Oise condamné il y a quelques années pour ses magouilles par ce qui reste de justice française. Il s’est occupé de l’Association pour le développement de l’Oise (ADO), laquelle était sans doute une pompe à fric pour le RPR local : études bidon, voyages à l’étranger, repas gargantuesques, journées chevalines, etc. Mais Woerth est aveugle : il ne s’est alors rendu compte de rien ; il fait la paire avec la sourde Liliane Bettencourt. 

Comme, du reste, il ne voit aucune incompatibilité ou conflit d’intérêts entre ses ex-fonctions de ministre du budget, chargé de poursuivre la fraude fiscale, de trésorier de l’UMP depuis 2002 et de fondateur du « 1er Cercle » qui organise des repas à la cantine du Bristol entre M. Sarkozy et de riches admirateurs qui versent au moins 3 000 euros à la caisse de l’UMP. Mais moins de 7 500, comme le veut la loi pour les seules personnes physiques. Loi qui est facile à contourner, par exemple en rameutant les membres de sa famille pour cette bonne œuvre sociale. On s’étonne que la HALDE n’ait pas signalé cette discrimination, car au nom de quoi, dans leur philanthropie, les ouvriers charpentiers n’auraient-ils pas le droit de se cotiser pour 30 euros ? 

Mme Woerth, qui fait partie de la crème de Chantilly comme son maire d’époux, a été embauchée par M. de Maistre, descendant de Joseph le contre-révolutionnaire français auteur des fameuses « soirées de St-Petersbourg », dans une officine (Clymène) qui gère les dividendes perçus par Mme Bettencourt au titre de sa détention d’actions dans l’Oréal dont elle est encore le plus gros actionnaire avec Nestlé (dans les 30 %). Rappelons que l’Oréal a été fondée par François Dalle, grand ami de Tonton, et père de Liliane. La petite histoire raconte que l’Oréal aurait bien profité de la spoliation des biens des Juifs pendant l’ère nazie et aurait même expérimenté ses produits sur la peau de prisonniers des SS (avec Mengele ?).  Mme Woerth, qui a démissionné après la découverte de l’affaire, n’a rien vu, rien entendu sur les comptes en Suisse de sa daronne canonique, ni sur son île paradisiaque aux Seychelles. Donc M. Woerth n’a pas pu être informé de la chose par elle, qui a pour lui les yeux de Clymène. Or cette officine a pour raison sociale, comme tous les cabinets d’avocats d’affaires, de faire de « l’optimisation fiscale ». Traduisez évasion fiscale. 

Las, pour son procès contre sa mère au titre de l’abus de sa faiblesse par M. Banier (procès reporté et que le procureur de Nanterre, M. Courroye [de transmission de son ami Sarko ?] voulait empêcher), la fille a utilisé des enregistrements clandestins effectués par le « majordome » de Mme Bettencourt. D’où il ressortirait la fraude fiscale et que Woerth aurait demandé à de Maistre d’embaucher son épouse. 

Toujours mieux et toujours au conditionnel, la mère Bettencourt aurait signé des chèques de 7 500 euros pour Mme Pécresse, M. Woerth et pour l’UMP, soit 22 500 euros pour le même parti… L’astuce est simple ; la loi, concoctée à la 6-4-2 pour mettre de l’ordre dans le financement des partis, permet leur prolifération au point que les excellences en ont créé 42 (dont une association de soutien à Woerth et un particule pour Pécresse). Dès lors un généreux donateur peut donner à chaque sous-parti de la holding partitaire majoritaire, ce qui explique les 22 500 euros, légaux. Il est inutile d’essayer d’expliquer aux avocats d’affaires devenus politicards ou l’inverse la différence entre légalité, légitimité et moralité. La même loi, pondue sans doute sur un coin de table par les socialistes lors des affaires concernant le PS, autorise des dons de 4 600 euros pour chaque candidat en campagne. Mme Bettencourt pourrait donc signer un chèque de 4 600 euros à chaque candidat UMP à toutes les élections. Rappelons qu’il s’agit d’élections démocratiques dans « un Etat de droit » ! Un banquier suisse a fait écrire par la République de Genève que Mme Woerth faisait de fréquents déplacements en Suisse et pas pour faire du tourisme. 

L’ex-comptable de Mme Liliane Bettencourt, soupçonnée d’être partie avec des documents de sa patronne, vient de déclarer que Woerth avait reçu 150 000 euros en liquide en mars 2007 pour financer la campagne de Tsarkozy ; démenti aussitôt par l’Elysée. Aïe, la Dalle est en pente et glissante même si d’après les autorités il y a que dalle dans le dossier. Du coup, Courroye se tâte et envisage des poursuites, sous réserve de l’authenticité des enregistrements, contre Maistre et  Bettencourt, voire plus haut. Serait-ce parce qu’il n’a pas obtenu le poste de procureur général à Paris qu’il pourrait virer sa cuti pro-sarkozyenne ? 

Ladite ex-comptable a aussi dit que l’on voyait souvent l’ex-maire de Neuilly manger chez les Bettencourt. Au café, dans le petit salon, on servait les enveloppes garnies. Propos confirmé par l’ex-chauffeur du couple. Que croyez vous qu’il arriva ? Mitron 1er, général Boulanger en plus petit, se marra : en tant qu’ami des riches pour lesquels il est premier de Corday, il assura qu’il ne connaissait guère Mme Bettencourt et qu’il ne l’avait vue que 2 fois. D’heureux chefs de la droite entrent dans la bataille : tout ceci n’est que rumeur, ragot, diffamation exploités par des socialistes « sans conscience ». Les « chiens »  (lire les journalistes) sont lâchés comme pour Bérégovoy et Salengro. 

On apprend aussi que Mme Bettencourt n’aurait pas subi de contrôle fiscal pendant 15 ans alors que la norme est de tous les 3 ans pour les grosses fortunes Serait-ce à relier aux largesses de Mme Bettencourt pour l’UMP ?  Que Woerth a décerné la légion d’honneur à Maistre, qu’il a dîné chez Liliane, que les services fiscaux n’ont guère réagi quand le procureur de Nanterre a transmis au fisc un signalement sur les possibles fraudes fiscales de Banier, que la pauvresse bête en cour a reçu du fisc un chèque de 30 millions au titre du bouclier fiscal et que M. Woerth n’était pas au courant, ce qui a  bien fait rigoler Charasse, ex-ministre du budget sous Tonton (tu m’acoutes ?). 

Les socialistes, pourtant bien discrets et n’ayant exploité l’affaire qu’assez tardivement, sont accusés par le pouvoir de « populisme » et de vouloir déboulonner Woerth parce qu’il conduit la réforme des retraites… Parallèlement, deux sous-ministres (le fidèle Castro du Grand Paris, spécialiste du cigare mais pas pour le même usage que Clinton ; le tricheur sur permis de construire et grand voyageur à 116 000 euros d’avion privé) démissionnent ou sont démissionnés pour sauver le soldat Woerth. Avec les affaires Boutin, Estrosi, Amara, Yade, c’est le bal des vampires suceurs de fonds publics. Mais il faut sauver Woerth car il est la dernière ligne de défense avant qui vous savez. 

Car notre parangon de vertu a déjà connu le vent du boulet ; une affaire de réaménagement de son logement à Neuilly à prix d’ami par la promotrice en même temps dans les petits papiers de la mairie RPR a fait promptement l’objet d’un refus de poursuivre du procureur des Hauts-de-Seine. Je vous laisse deviner qui. Une révélation de ce qu’il transportait des valises de billets en Suisse pour le compte d’Henri Leconte du temps où il était avocat dans un cabinet d’affaires a été publiée et n’a pas fait l’objet d’un procès en diffamation. 

Pour un anar, il n’y a dans ces révélations rien de bien surprenant. Il sait depuis longtemps que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, comme disait Montesquieu. Les scandales politico-financiers-affairistes sont le lot de tout pouvoir d’Etat, fût-il assis sur la démocratie représentative : banqueroute frauduleuse de Law, affaires des diamants de la reine, krach de la compagnie de Panama, affaire des ventes de décorations, scandale de la Garantie Foncière et Pouillon, affaire URBA, chalandonnettes, avions renifleurs, diamants de Bokassa, rétro-commissions d’ELF, contrat des sous-marins vendus au Pakistan, etc. Mais Nicolae Sarkozescu a en outre eu le tort de couloir « une démocratie irréprochable ». C’est raté. Mais on va s’amuser longtemps ; l’imProglio ne fait que commencer et chaque jour apporte son contingent de révélations croustillantes. 

Comme Chiracos, le président est intouchable pendant son mandat. Dieu merci, vu l’état des socialistes, il peut être réélu en 2012 car il ne manquera pas de se représenter ne serait-ce que pour avoir 5 ans de plus de paix. En attendant, le sémillant nouveau ministre du budget annonce la douloureuse pour cause de crise et de nervosité des marchés financiers vis-à-vis de la France surendettée. Parions que cela ne suffira pas à les rassurer puisqu’après une relance insuffisante le pouvoir va saborder la reprise en installant la « rilance », combinaison de rigueur et de relance suivant le bon mot de Mme lagarde-Michu. On n’a pas fini de rigoler. Vive la République, vive la France. On va se faire avoir comme les bleus. 

Le meccano de la Générale capitaliste

Classé dans : politique — 8 juin, 2010 @ 9:49

Quand on voit à partir du glossaire économique les exactions permanentes du système capitaliste on est amené à s’interroger sur sa logique profonde, laquelle n’a été que modifiée et exacerbée par la mondialisation du commerce, par les avancées technologiques de l’informatique et surtout par la libre circulation des capitaux. Il y a des « stabilités » dans ce régime ; mais il y eu aussi des changements importants. 

Les faits révèlent des invariants qui structurent la logique profonde du système capitaliste et qui en font un système particulier quelles que soient les formes qu’il prend en fonction de l’évolution des contextes dans lesquels il opère. Cela met en relief sa capacité d’adaptation malgré ses constantes.  Le capitalisme a pour détermination la recherche de la maîtrise de la nature à des fins soi-disant utiles aux communautés humaines. Le capitalisme a pour but et pour effet de pousser sans cesse à l’accumulation des biens et du profit, même sans se préoccuper de ses conséquences sur la nature elle-même. Et encore moins sur les êtres humains à commencer par les travailleurs.

Le capitalisme tend à la concentration par suite de sa recherche constante d’économies d’échelle en vue de la rentabilité, ce qui suppose l’extension du marché pour le producteur capitaliste. Cette extension peut être générale et tous les capitalistes peuvent en profiter s’ils ont les moyens de production nécessaires. Si le capitaliste trouve, dans un marché peu porteur, des concurrents sur son chemin, il fera tout pour les éliminer et s’emparer de leur part de marché. C’est donc un tour de passe de passe que de lier capitalisme, libre-échange et libéralisme. Par construction, la réalité du capitalisme est la tendance au monopole et il résulte de la concurrence qui est nécessaire aux capitalistes pour absorber les concurrents, pour réaliser la plus grande concentration possible des moyens de production et de circulation.

Le capital repose indéniablement sur la détention individuelle des moyens de production. C’est ce que Marx a appelé les rapports de propriété qui sont juridiques et permettent légalement l’appropriation des productions et des usines et machines. Mais l’enjeu des rapports de propriété est celui des rapports réels de production : il faut d’un côté » une main d’œuvre qui est obligée de vendre sa « force de travail », qui plus est « librement », et de l’autre un patron qui donne du travail dans ses propriétés productives. De tout temps, le capital a cherché à obtenir des lois qui rendent les travailleurs mobiles et libres de se vendre au meilleur  moins-disant : contre le servage, les esclaves, les convicts, etc. Ou incapables de se défendre comme avec les lois de la Révolution française contre les corporations et les « coalitions ». Les rapports réels de production sont le plus important des paramètres car si les capitalistes avaient le pouvoir effectif de domination et d’exploitation sans lois de protection du salariat (ce qu’ils ont finalement obtenu actuellement des gouvernants) ils se passeraient des rapports juridiques de propriété. Le recours au droit est une contrainte d’ordre politique pour le capital. Car un régime sociopolitique démocratique ne peut pas durer s’il n’a pas un minimum de légitimité. Le problème est donc renforcé par l’émergence de la démocratie : les politicards ont intérêt à se faire élire ; il leur faut donc donner des gages aux citoyens. Donc, lier démocratie et capitalisme est un non-sens. Les capitalistes s’en passeraient facilement comme on le voit en Chine ou comme on l’a vu avec Pinochet au Chili. On a même vu une théorie feldgrau, vert-de-gris, celle de l’ordo-libéralisme tudesque pour énoncer que l’Etat devait être fort pour imposer l’absence libérale de tout droit social. Du reste, le capital lutte toujours pour faire voter des bonnes lois à son profit. La loi, le droit lui servent à éradiquer la contestation au nom du respect dû à la législation…pondue par des représentants que tout le temps les capitalistes essaient d’acheter ou de presser (lobbys, députés à leur solde déposant en séance des « cavaliers législatifs », etc.). On observe au passage que l’exigence de liberté du travail n’a rien à voir avec la morale ou l’humanisme ou le libéralisme. Il s’agit de pouvoir voler aux autres capitalistes la main d’œuvre nécessaire à sa boutique.

Le capitalisme est une gigantesque machine à détruire du capital. Schumpeter a même appelé cela « la destruction créatrice » par l’innovation qui fait abandonner les anciennes machines même encore performantes. C’est sans doute un effet un effet de la concurrence, effet pervers pour les capitalistes qui ne peuvent pas suivre en investissant dans des technologies plus productives. C’est un gaspillage permanent de moyens et de ressources.

Le capitalisme repose sur le profit, sur la transformation du capital marchandise ou machine en argent, sur « la valeur actionnariale » comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire sur la confiscation maximale des fruits du travail. C’est un système automatique à logique fatale : les capitalistes individuels ne peuvent échapper à ses règles sauf à faire faillite ; il est général et indépendant de ses acteurs. C’est un système bouclé, c’est-à-dire d’interdépendance des facteurs.

Mais depuis 30 ans le capitalisme dit « post-moderne »a changé, non dans sa logique intrinsèque, mais dans ses modalités. Le cycle n’est plus M A M (ce n’est pas Michèle Alliot-Marie mais marchandise-argent-marchandise) mais A M A. les flux financiers qui circulent sont devenus très supérieurs à ceux de marchandises. 2500 à 3000 milliards de dollars circulent tous les jours dans les deux sens. Ce qui est mondialisé, c’est la finance ; pour le commerce ce ne l’est pas plus qu’en 1913. Le profit résulte pour une large part d’opérations financières. La logique n’est plus seulement de faire du profit, même plus de le maximiser, mais d’en faire toujours plus encore et encore. Les opérations de bourse dominent les stratégies managériales ou d’entreprises : OPA, OPE, LBO, rachat de ses propres titres par l’entreprise pour en faire augmenter la valeur à profit global constant (le même divisé par moins de titres augmente le dividende versable à chacun).

Le capitalisme actuel est régi par la maximisation de la « valeur actionnariale » pour les propriétaires du capital financier sous forme d’actions vendables en bourse. Les dirigeants ont pour fonction de valoriser au maximum le patrimoine financier de l’entreprise, c’est-à-dire la valeur des titres-valorisation boursière, laquelle dépend peu des dividendes versés mais  surtout des plus-values en bourse. Les technocrates, qui visaient surtout à accroître la puissance de l’entreprise, notamment en achetant la paix sociale, n’existent plus (contrairement aux analyses de J-K Galbraith sur l’ère des managers lors de la phase du capitalisme moderne des 30 glorieuses). Les managers à l’ancienne ont perdu le pouvoir parce que la dispersion des titres est révolue par suite, notamment, de l’emprise des fonds de pension capitalisée. Mais surtout les managers new look  ont compris que leur rémunération dépendait de leur capacité à faire suer de la valeur pour l’actionnaire. De grands groupes bancaires ou d’investissement  ou des fonds de pension (investisseurs institutionnels ou zinzins) détiennent aujourd’hui de suffisamment gros paquets d’action pour que leurs exigences de rentabilité financière soient satisfaites par les dirigeants d’entreprises plus ou moins multinationales. La montée considérable en puissance des fonds de pension résulte directement des modalités, qui se généralisent peu à peu, d’assurances-vie individuelles et des régimes de retraite par capitalisation lancées par le capitalisme anglo-saxon. Les manageurs (les « agents ») sont alors soumis à la pression des propriétaires (« le principal ») pour faire de l’excellent chiffre trimestriel, c’est-à-dire pour être plus rentables à très court terme que leurs concurrents, sinon lesdits propriétaires transportent leurs fonds dans des entreprises plus performantes au plan financier. Par ailleurs, le principal appâte le manager avec des salaires mirifiques, des parachutes en or, des « retraites -chapeau »  et des stock-options. Ce qui pousse les manageurs à faire gonfler, y compris artificiellement, le cours des titres : ce qui rapporte dans les stock-options, ce sont les plus-values sur vente des titres à échéance.

L’enjeu principal est l’énorme pression exercée sur toutes les entreprises (rappelons-nous que le capitalisme forme un système automatique auquel nul ne peut échapper)pour augmenter la rentabilité par tout moyen : baisse des salaires et dégradation des conditions de travail, mise sous pression et en concurrence exacerbée des fournisseurs et prestataires de services, délocalisations dans les pays sans taxes, sans fiscalité (d’où le développement des paradis fiscaux devenus nécessaires au recyclage des profits afin d’ échapper aux impôts dans le pays du siège social), sans écologie, sans droit du travail sans protection sociale et à faibles coûts de main d’œuvre, baisse du coût des transports (concurrence dans le camionnage, pavillons de complaisance, bateaux poubelles) ; dégraissages (downsizing), réorganisations (reengineering), autonomisation des opérateurs (empowerment, par exemple par raccourcissement des lignes hiérarchiques et mise en place de groupes autonomes de travail), sous-traitance aux moins-disant par externalisation des fonctions annexes. Dans les pays développés, reprise de toutes les garanties apparues dans les Etats-providence : retraites par répartition, SS, salaires minima, indemnités de chômage, CDI et temps complet au profit des CDD, de l’intérim et du temps partiel (exigence de flexibilité), suppression ou diminution des impôts pour les riches ou baisse des charges sociales payées par les entreprises, reportées sur les contribuables ou avec diminution des droits, etc. les conséquences sur le travail sont terribles.

Un enjeu caché réside dans la perte de légitimité du pouvoir politique et de l’Etat dont les dirigeants en sont réduits à proclamer qu’ils ne peuvent rien faire contre ce toboggan où une fois sur la pente on ne peut plus s’arrêter. Et c’est largement vrai même si certains pays (ceux de l’Europe du Nord) arrivent encore à sauver les meubles momentanément. C’est vrai car le système est automatique, autocinétique ; le tonneau des Danaïdes n’a pas de fond, la spirale vers le moins-disant n’a pas de fin, sauf politique, mais maintenant à un niveau international. Car le système entraîne la mise en concurrence non seulement des salariés mais encore des peuples, des régimes sociaux, des modes de production. C’est du reste ce à quoi s’applique ne varietur depuis 30 ans l’Union européenne avec son dogme de la concurrence libre et non faussée et son refus de toute harmonisation (notamment fiscale) et de toute intervention publique dans le capital.

Le capitalisme post-moderne est marqué du sceau de la flexibilité. Aucune culture ne prend un produit clé en main ; les marchandises et services doivent, pour être vendus partout, être adaptables aux mœurs locales ; par ailleurs l’individualisme régnant fait que les individus, pour se distinguer les uns des autres, demandent de la variété. Pour ces raisons, le capitalisme est une « économie de la variété ». Il n’est plus question de commander une Ford T, à condition qu’elle soit noire. Il faut, afin de rester dans des enveloppes de coût raisonnable de production, produire du standard, mais modulable. Par exemple pour une auto, avec le même châssis, le même moteur, les mêmes roues, la même boîte de vitesse, etc.,  on peut jouer sur les formes, les couleurs, les équipements, les performances. Cette nécessaire double adaptabilité (culturelle et consommatoire individuelle) rend obsolète le travail à la chaîne sur des séries standard car la transformation des chaînes de production pour une production différente est extrêmement coûteuse.

Pour développer sa rentabilité le capital cherche des « économies d’échelle ». L’idée est simple : plus la production vendue est élevée, à facteurs de production constants, plus le coût de la dernière unité produite (le fameux coût marginal) est faible, ce qui déjà permet d’être plus rentable que le concurrent  dont le marché est moins vaste. En effet, les frais de structure ou « charges fixes » sont amortis sur une plus grande quantité d’objets produits. Il se trouve que les moyens modernes sont hyper productifs et que par construction les marchés nationaux sont trop étroits. Sauf normalement pour de grands pays comme les USA, la Chine, l’Inde ; cependant les 2 derniers ont actuellement choisi de faire financer leur développement par les exportations de biens ou de services. C’est pourquoi le capital financier ne cesse d’exiger l’ouverture des frontières pour disposer d’un marché d’échelle mondiale, ce qui le conduit à la variété, ce qui le pousse à la flexibilité tout en se concentrant en vue des économies d’échelle. Ce qui le conduit aussi à vendre au maximum des produits standards ou des biens « variables » à la marge. La variété est évidemment un des moyens d’étendre son marché et l’innovation en vue d’une offre diversifiée vers une clientèle hétérogène une façon d’éliminer les concurrents grâce à un monopole momentané.

L’exigence de rentabilité a eu des conséquences majeures : le remplacement de la primauté de la production par celle de la finance, l’appel aux sous-traitants étrangers au détriment de l’emploi local, l’aggravation des inégalités, la précarisation du travail, le développement outrancier du crédit, la concurrence exacerbée entre pays. Ces résultats proviennent de plusieurs causes, lesquelles sont interdépendantes.

* L’énorme productivité des moyens de production actuels ne peut être accompagnée de profits que si les biens et marchandises s’exportent partout afin de faire des économies d’échelle sur le volume de la production vendue. C’est pourquoi depuis plus de 30 ans, des lobbys patronaux se sont employés à faire pression sur les politiciens de façon que les frontières soient annihilées. En Europe, l’European Round table (ERT), club des grosses entreprises européennes (ou l’‘AFEP, association française des entreprises privées, soit les gros bonnets du CACa(a)40, a obtenu, notamment du curé Delors (livre blanc et grand marché lors de sa  présidence de l’UE), l’ouverture totale des marchés à la concurrence. Cependant, il n’en reste pas moins que les moyens de production sont sous-employés ce qui conduit à une concurrence de plus en plus sauvage. A cela s’ajoute que désormais bien des domaines sont dans les rendements croissants car le coût direct des moyens de production est très faible par rapport aux frais d’investissement. Toute production supplémentaire vendue au-delà du point mort est du bénéfice. Ce n’et pas si nouveau car aux lendemains de la libération du nazisme et pour obtenir las aides du plan Marshall la France, notamment, a dû accepter le cinéma américain pour cette raison : que les producteurs Yankees amortissent leurs coûts sur un vaste marché.

*  L’abondance de pognon à la recherche  d’espaces d’investissement rentable ou sûr : les Etats pétroliers, les multinationales, les riches détaxés un peu partout, la Chine et l’Allemagne avec leurs excédents commerciaux. Ce fric s’accommode de taux d’intérêt assez faible si la dette a l’air assurée. C’est du reste pourquoi il fallait libérer la circulation des capitaux pour en bénéficier. Or les excédents commerciaux des uns (des Huns) se transforment, sou pour sou, en appel de capitaux prêtés par les autres pour couvrir les déficits ; ce qui rend la sphère financière inéluctable pour les Etats endettés, ce qui les a poussés à accepter la libre circulation des capitaux. Les Etats ont choisi de financer leurs déficits, parfois leurs investissements (le programme nucléaire français), par l’appel à des emprunts sur un marché international des capitaux, ce qui les a mis sous la coupe desdits marchés. Parce que les emprunts internationaux coûtaient moins chers que les locaux et parce que l’épargne locale n’offraient pas les ressources nécessaires (sauf, notamment en France, mais c’était plus coûteux).

* Des Etats qui ont laissé filer la protection sociale au profit de la dette généralement extérieure, puis qui se sont lancés dans des politiques de compétitivité en abaissant les charges sociales pesant sur les entreprises, y compris celles qui n’étaient pas dans la concurrence internationale.

* Des Etats qui ont vu dans la spéculation financière une source de profits pour leurs banques et leurs assureurs ou leurs multinationales, lesquels, du reste, on fait pression sur les politiciens pour avoir les mains libres. Des Etats qui ont tout fait pour favoriser les profits au nom de la compétitivité et qui ont compensé la perte de pouvoir d’achat des salariés par l’appel au crédit pas cher et aux productions importées à bas coût à partir de pays les moins-disant dans tous les domaines.

* Des multinationales qui ont vu dans les marchés extérieurs la possibilité d’acheter au moindre coût et de vendre ou de produire au plus bas prix possible pour éliminer leurs concurrents et vendre plus, qui ont vu dans la spéculation financière le moyen d’arrondir leurs bénéfices.

* Des banques et autres financiers qui ont poussé à la dérégulation pour spéculer afin de maximiser leurs bénéfices. Ces instances ont reçu le renfort des économistes à la mode chez les gouvernants, tous convaincus de l’excellence des théories, et les journaleux stipendiés et idéologisés par les « réservoirs de pensée » libérale.

  * Ces politiques ont été facilitées et accélérées par les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont une grande importance dans la financiarisation du capitalisme. Les NTIC ont multiplié de façon exponentielle la vitesse de traitement et de circulation des informations et les capacités de son stockage. Elles permettent le travail à distance. Elles facilitent les échanges d’idées et donc la créativité car les cadres concepteurs surfent sur Internet. Le coût de l’information, de l’accès aux données, aux centres de ressources est devenu presque négligeable relativement aux autres dépenses. Elles permettent l’accélération de la circulation financière en temps réel. Elles ont facilité l’appel aux paradis fiscaux et rendu le traçage des fonds, de l’évasion fiscale, des trafics illicites et de la corruption très difficile. Elles ont permis le développement des opérations hors bilan via des filiales off shore. Elles ont rendu plus productives les tâches de gestion et d’administration (y compris à distance), de même qu’elles ont facilité celles de conception assistée par ordinateur. Le développement des NTIC (le Web, le Wi, l’ADSL sur fibres optiques)  a aussi produit  que ce que l’on vend de plus en plus souvent ce ne sont plus seulement des produits ou des services mais « des accès » à leur mise à disposition.

 *  L’écroulement du communisme en tant que système socio-économique et comme idéologie a renversé les rapports de force en faveur du capitalisme débridé (même en Chine), triomphant et envahissant.

 * Les évolutions socio-culturelles (hédonisme, relativisme des valeurs, culte de soi et de l’authenticité, autonomie anti-hiérarchique, etc. ont procuré au capital de nouvelles occasions d’expansion, mais ceci concerne avant tout l’influence de la publicité, de la mode, de la gadgétisation, de la différenciation des produits en regard du caractère ostentatoire des consommations. Elles ont fini, à partir de l’individualisme matérialiste libéral, l’apparition de l’immoralité, de la cupidité rapace dans les affaires. Cela a été facilité par une comptabilité new look dite au prix de marché et par les conflits d’intérêt dans les agences de notation.

La transformation du capitalisme en mondialisation financière et en primauté de la rentabilité exponentielle n’est pas une auto-création spontanée de sa nouvelle logique. Ce qui prouve que les lois du capital n’ont rien d’intemporel. Ce sont des décisions politiques qui ont installé les lois propices à l’expansion de la finance à la place du capitalisme de production et d’industrie. Ces lois sont en général issues du court-termisme des dirigeants politiques, de leur incompétence, de leur façon politicarde de se sortir de la merde par des expédients non étudiés quant à leurs conséquences quand le pays sombre économiquement, de leur propension à la corruption, de leur soumission aux sirènes capitalistes usant de l’arme fatale de la fermeture des usines. C’est un effet malheureux de la fausse démocratie soi-disant représentative.  

 

 

 

 

L’impunité de l’Etat d’Israël

Classé dans : politique — 2 juin, 2010 @ 6:06

L’abordage dans les eaux internationales de la flottille humanitaire, fût-elle organisée par des islamistes patentés, est encore un exemple de ce que l’Etat israélien est au-dessus des lois de la communauté mondiale. Ce n’est qu’une péripétie dans une longue histoire d’exactions, à commencer par la façon dont les Palestiniens ont été chassés de leurs terres en 1948. Ce sont même des historiens israéliens qui ont dévoilé le pot aux roses.

On sait que depuis 1967, Israël occupe la Cisjordanie (il y avait aussi le territoire de Gaza, il y a aussi le Golan syrien) indûment malgré de nombreuses résolutions des Nations Unies. Et puis il y a la construction, presqu’achevée, du « mur de séparation », qui empiète, soi-disant pour des raisons de sécurité, sérieusement sur le futur territoire palestinien, car il dessine des frontières qui vont au-delà de la « ligne verte ». Ce mur divise des villages, empêche les travailleurs des territoires de rejoindre leurs terres ou d’aller travailler en Israël ou de visiter leur famille établie à Jérusalem-Est, sauf à franchir des check points humiliants et où l’on attend des heures son entrée, y compris pour des ambulances.

Le territoire est quadrillé par des routes ou autoroutes réservées aux Israéliens et qui morcellent les terres agricoles et balkanisent le territoire palestinien ; les Palestiniens ne peuvent pas circuler sans papiers délivrés au compte-goutte. Les colonies ne cessent de s’étendre (croissance de 5 % par an) ou de se multiplier malgré toutes les tentatives de paix. On observe qu’elles ont essaimé au fur et à mesure des pourparlers de paix au point que l’on peut se demander si ceux-ci n’avaient pas pour but caché de faciliter cette progression avec laquelle les palestiniens se sont estimés floués par leurs propres négociateurs, ce qui a favorisé l’émergence du Hamas. En tout état de cause, Israël tenait a cette extension afin de se donner des marges de manœuvre dans les négociations notamment en vue d’échanges de territoires. Ces colonies disposent d’une sorte de no man’s land dans lequel  les Palestiniens ne peuvent s’aventurer, y compris quand il s’agit de travailler leurs terres, sans risquer de très gros ennuis car des colons excités s’y livrent à des « ratonnades » ou tirent à vue. Jérusalem-Est est patiemment grignotée par des expropriations arbitraires, des interdictions de construire pour les Arabes israéliens. Les oliveraies, les orangeraies, les plantations palestiniennes sont souvent détruites sans indemnisation pour l’extension des routes et des colonies. Israël a monopolisé les eaux du Jourdain, l’espace aérien, les frontières, les voies d’accès.

Depuis 2007 Gaza est sous blocus sous prétexte que le Hamas, qui s’est emparé illégalement de ce territoire contre l’autorité légitime des Palestiniens, évacué par Israël afin de s’étendre ailleurs et surtout afin de ne pas le nourrir (les règles internationales prévoient que les occupants doivent répondre aux besoins de la population), ne reconnaît pas l’Etat Israélien. C’est une stratégie constante de cet Etat que d’exciper de sa non-reconnaissance et du « terrorisme » afférent pour continuer d’occuper la Cisjordanie et maintenant mettre les Gazaouis  sous embargo. C’était déjà  le cas lors de l’OLP et du Fatah d’Arafat. Par ailleurs, ce sont les Israéliens qui ont suscité le développement du Hamas, comme les USA avaient soutenu les talibans contre l’URSS, pour faire pièce à Arafat avec les conséquences que l’on sait : rivalité entre l’autorité palestinienne d’Abbas et le Hamas qui a organisé la  sécession de Gaza. Le blocus de gaza depuis 2007 est une énorme punition collective d’une population de 1,5 millions d’habitants sur un territoire de 40 km de long sur 10 de large. Les pêcheurs de Gaza ne peuvent plus sortir en mer car la zone côtière qui leur est ouverte est ridicule. Les Gazaouis manquent de tout, à commencer de travail car lors de sa dernière intervention Israël a méthodiquement détruit toutes les installations de production. Ils ont le nez maintenu au-dessus de la fosse à purin grâce à l’aide internationale humanitaire, provenant notamment et beaucoup de l’UE. Les entrées de matériaux de construction pour reconstruire et reloger les gens dont les habitations ont été détruites sont numérotées, même pour l’Hôpital que la France s’est engagée à réparer… On sait que l’Etat hébreu s’amuse à retenir le plus longtemps possible le produit des exportations palestiniennes ou les droits de douane ou taxes d’importation à leur profit. Il s’agit vraisemblablement d’affamer ce peuple pour que le maximum de gens aille chercher à survivre ailleurs. Dans ces conditions l’aide européenne sert indirectement l’Etat d’Israël comme si l’on était dans des vases communicants. En effet, cette aide dispense la puissance occupante de subvenir aux besoins des occupés. Plus fantastique encore est le fait qu’Israël vient d’être admis à l’OCDE en y incluant les productions agricoles ou industrielles de la Cisjordanie. Les Occidentaux consacrent donc l’idée d’annexion de celle-ci par les occupants et cela sans la moindre légitimité.

Il faut rappeler qu’en droit international (et dans le droit normal tout court des pays démocratiques), les punitions collectives sont interdites. Et ce n’est même pas efficace car le seul résultat tangible est le soutien massif des Gazaouis au Hamas et l’hostilité des peuples d’Arabes à Israël. On se rappelle les très meurtrières (pour les populations civiles) interventions d’Israël au Liban et à Gaza après des lancements  de roquettes sur son territoire idiotement effectués par le Hezbollah libanais et le Hamas de Gaza. Ces réponses étaient manifestement disproportionnées. Certes Israël a raison de punir ces attaques, mais il faut se souvenir que le nombre de victimes israéliennes est dérisoire par rapport à celui des palestiniennes ou libanaises. On sait qu’Israël mène des attentats « ciblés » contre des opposants y compris à l’étranger, évidemment sans le moindre jugement ; par exemple le chef spirituel du Hamas, cheikh Yassine, vieillard aveugle et paralytique, a été zigouillé par un missile. Les maisons où des « terroristes «  sont présumés être sont détruites par des missiles expédiés par des drones, ce qui souvent tue toute la maisonnée familiale même quand la personne visée n’y est pas. Quand un terroriste est attrapé, sa maison est rasée, tant pis pour ses autres occupants. On a la pénible impression que la vie des Palestiniens, généralement des civils non impliqués, n’a aucune valeur. Et aussi celle des étrangers soutenant le peuple palestinien : une jeune américaine a ainsi été écrasée par un engin de terrassement lors d’une manifestation.

La communauté internationale supporterait-elle tout cela de la part d’un autre pays ? La réponse est non. Enfin presque toujours sauf quand il s’agit d’alliés de la Chine ou de la Russie qui ont aussi un droit de veto. Si cela dure depuis 1967, c’est à cause du soutien indéfectible des USA et de l’UE, laquelle d’ailleurs joue un double jeu puisqu’elle finance largement la Cisjordanie du Fatah et l’humanitaire à Gaza. A l’ONU, à cause du droit de veto US, Israël n’est jamais puni que par des remontrances. Ainsi, l’arraisonnement de la flottille humanitaire (9 morts, une trentaine de blessés) dans les eaux internationales vient de faire l’objet d’une simple admonestation et de la demande d’une enquête menée par le coupable lui-même avec sa propre police, ses propres enquêteurs, sa propre justice ! Les USA (administration Obama) ont plié devant le gouvernement israélien qui a obtenu de continuer ses extensions de colonies dans la zone de Jérusalem malgré l’ouverture d’une négociation sur la création de deux Etats (stoppée ou encalminée actuellement à cause de cela). Mme Clinton vient cependant de critiquer le blocus de Gaza…

Rappelons qu’Israël a aussi le soutien des pays arabes du coin : l’Egypte (qui a obtenu sa part de Sinaï), la Syrie (qui veut récupérer le Golan), la Jordanie. Cela risque de ne pas durer tant les populations arabes sont remontées contre leurs gouvernements qui laissent faire leur puissant voisin pour ne pas se fâcher avec les USA (qui aide économiquement l’Egypte, bien que moins qu’Israël). Du reste, l’Egypte vient de rouvrir le terminal de Rafah pour que les Gazaouis puissent s’approvisionner sans passer par des tunnels interdits (par Israël et l’Egypte) et dangereux. Par ailleurs, la Turquie (la plupart des 9 morts dans l’assaut des bateaux sont des Turcs et c’est une organisation humanitaire turque, proche des islamistes, qui était  chef de file de l’opération) peut fort bien désormais retirer son soutien à l’Etat israélien.

Puisque la France est si soucieuse des droits de l’homme, je suggère à M. Sarkozy d’organiser une opération humanitaire de livraisons à Gaza avec un bateau de guerre. Par exemple, la Jeanne d’Arc. Si les Israéliens la coulent, ce ne sera pas grave : elle est en train d’aller à la casse. Au passage, on verra si les soldats israéliens sont aussi courageux contre un bateau de guerre et un équipage bien armé, lui, et si leur gouvernement osera l’attaquer ?

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