les armes de la critique

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Démocratie « libérale » ou république ?

Classé dans : Non classé — 9 novembre, 2009 @ 12:28

 

La démocrassie libérale ne s’occupe que de politique et, normalement suivant les canons de ses saintes écritures, est fondée sur la protection des libertés individuelles et des propriétés afférentes, « acquises par le travail » et le « mérite ». La démocraCIA repose sur le suffrage périodique des citoyens quelles que soient la couleur de peau, la religion, les idées, la morale, le statut social, la richesse, etc. des « veautants ». J’insiste sur CIA en latinisant le concept car on voit bien que la prétendue protection des libertés s’accommode fort bien du FBI, de la CIA, du « Patriot act », de Guantanamo, des inégalités, de la répression la plus féroce, de l’immixtion dans les chambres à coucher, de la délation, etc. Elle admet n’importe quelle religion pourvu qu’il y en ait une, même si c’est une secte dangereuse et spoliatrice comme l’église de scientologie. Car le libéralisme n’a pas toujours été démocratique. Ses pères fondateurs se sont toujours méfiés de la « populace » et se sont longtemps opposés aux libertés permettant d’assurer la démocratie : suffrage censitaire, censure de la presse, interdiction du droit d’association, poursuite pénale du syndicalisme et, last but not least, aux USA un équilibrage institutionnel des pouvoirs de façon que les représentants et l’exécutif nationaux puissent gouverner le moins possible car tout dépend des suffrages locaux. Et quand la démocratie, même purement politicarde, bourgeoise et représentative, est devenue inévitable les libéraux « démocrates » ont appuyé sur le champignon de la religion. Les athées ont prôné « la religion civile » car « sans Dieu tout est permis », car « sans religion, rien n’interdirait à mon jardinier de me voler ». La religion est en effet un bon moyen d’installer un conformisme ou un ordre moral dans lequel les gens s’épient et se dénoncent mutuellement et où les déviants, les marginaux, les asociaux peuvent être stigmatisés et pourchassés. On peut s’expliquer ainsi pourquoi Gnafron 1er a trouvé que le curé ou le pasteur seront toujours plus à même d’inculquer des valeurs (sous-entendu de conformisme, de soumission, de charité) que l’instituteur laïque, gratuit et obligatoire, pourtant porteur d’une autre religion, celle de « l’Etat Français ». C’est pourquoi, bien que la politique et le droit, dans les principes libéraux,  soient théoriquement neutres par rapport aux différentes conceptions du monde, Zébulon 1er n’hésite pas à pousser la chanterelle religieuse et le communautarisme. La neutralité de l’Etat tsarkozyen ne va pas jusqu’à admettre que les athées aient autant de droits que les religieux de tout poil.

La démocrassie libérale libère le marché à fond car le « doux commerce » permet à chacun de s’occuper de ses propres affaires et de son enrichissement personnel sans s’impliquer dans l’action politique, ce qui laisse la bride sur le cou aux politicards professionnels et aux lobbys qui les financent. Elle adore l’individualisme et le communautarisme car ainsi les atomes individuels et les molécules communautaires ne s’occupent que d’eux et vivent juxtaposés les uns avec les autres. C’est  une stratégie efficace pour diviser afin de régner. Chacun pour soi et Dieu pour tous, telle est la devise qui unifie la zone dollar et l’Anglo-Saxie. Ce communautarisme, admis, reconnu et valorisé fonctionne dans toutes les dimensions de la société. Il régit les conduites individuelles, il formate chaque communauté dans ses valeurs  et intérêts particuliers, il procure les raisons de voter puisque dans ce type de démocratie les orientations politiques résultent de l’expression des intérêts lors du suffrage. Dès lors, le communautarisme sort de la sphère privée et de l’espace civil-public pour envahir l’espace public-politique. Dès lors, le politicard négocie sur son territoire avec tous les groupes de pression (économiques, sociaux, de défense de ceci ou cela, de genre, de sexualité, de religion, de communauté, etc.) en vue de dégager une majorité qui l’élise et le reconduise.

C’est ce qui explique que les représentants américains (à la chambre éponyme et au sénat ou comme gouverneurs d’un Etat) ne dépendent en aucune façon d’un parti car ce dernier n’est qu’une étiquette facilitant éventuellement l’élection. C’est ainsi que l’exécutif (Obama l’a bien vu) doit négocier avec chaque politicard ; par exemple le vote d’hier 7 novembre à la Chambre des Représentants US sur la réforme du système de santé n’a été acquis que par 220 voix contre 215, dont celles de 39 « démocrates » appartenant au groupe des « blue dogs » ou groupement d’extrême droite du parti démocrate. Car lesdits blue dogs ne sont en fait ni républicains ni démocrates ; ils sont réactionnaires puisque devant leur élection aux franges les plus droitières de l’électorat US. Il en découle que la politique, c’est-à-dire la fixation des buts pour la société tout entière en vue de l’intérêt général, n’est que la série des compromis  passés à court terme entre intérêts particuliers. L’intérêt général n’est que la résultante ex post des négociations entre politicards ayant des intérêts locaux à défendre ou des intérêts particuliers (ceux des 80 millions de chrétiens évangélistes, ceux de la National Rifle Association, ceux des lobbys économiques, etc.). En d’autres termes, le bien public n’est jamais recherché en tant que tel comme lié à l’existence même de la société globale, entité évidemment différente de la simple juxtaposition de ses parties. Cela colle évidemment avec la doctrine libérale individualiste pour laquelle la société n’existe pas. Le Nicktalope qui aime tant le modèle américain ne va pourtant pas réclamer que les représentants soient indépendants de son parti de godillots et que le régime politique français devienne vraiment présidentiel comme aux USA. C’est qu’il veut concilier à son profit les mérites de l’individualisme et du communautarisme américain,  dans la fausse démocratie qui caractérise notamment ce pays, avec les charmes de la république absolue, une et indivisible et propice à la monocratie du président non de la France, mais du parti.

Comme la démocrassie libérale n’est que politicienne et repose sur les divisions individualistes et communautaristes, elle se moque du bien commun et admet facilement les inégalités, sauf les « raciales » parce que, sinon, la base même du communautarisme serait sapée. En effet à ce moment-là, la possibilité même de l’égale considération pour chaque communauté disparaîtrait et le pacte social américain, si péniblement acquis après tant d’années  d’esclavage et de racisme (anti-noirs ou anti-indiens ou vis-à-vis des « Latinos »), sauterait. C’est pourquoi le mérite (travail, dons, efforts) et l’égalité des chances supplantent la recherche de l’égalisation des conditions ou résultats, les handicaps culturels ou ethniques devant être compensés par une discrimination positive (« affirmative action »), c’est-à-dire par un traitement en « équité » des différences ou handicaps.

On peut définir la république comme une communauté globale où l’existence même de la collectivité majeure et le bien commun sont à égalité de considération avec les libertés et les droits individuels ou des groupements sociaux. Alors, la république n’est pas une collection d’individus et de sous-communautés coexistant dans son espace territorial. La question est ainsi de savoir quelle est la consistance de cette grande communauté supérieure  à, et différente de, ses parties. Dans la tradition républicaine française, cette texture n’est pas ethnique, encore moins « raciale » ; elle n’est pas fondée sur les valeurs religieuses non plus et demeure laïque, elle ne dépend pas des  genres ou des statuts sociaux. Sur ces dimensions-là, la république est pluraliste. Qu’est-ce qui en fait alors une communauté particulière dans le concert international ?

Ce sont trois choses. La république, au nom du bien commun, recherche à tout le moins une certaine égalisation des conditions réelles de vie pour tous ses citoyens, de façon que la dignité, les capacités et les talents de chaque personne soient reconnus et valorisés. Car il n’y a pas de coopération sociale possible, il n’y a pas d’adhésion active du corps social et des personnes à la communauté politique si la considération accordée par la société et ses membres à chaque personne et à chaque groupement n’est pas traduite matériellement dans des moyens effectifs et suffisamment égaux qui prouvent que chacun a une place juste et reconnue dans le concert social. En d’autres termes, la 1ère justification de l’adhésion à la république est la recherche permanente de la Justice encore et encore. La 2ème est la recherche permanente de l’intérêt général et du bien commun pour la société tout entière et pour chacun de ses éléments individuels ou collectifs. La 3ème réside dans l’existence de valeurs à la fois morales et politiques qui définissent le contenu du pacte politique unifiant la société dans le pluralisme et le respect des différences. Mais cela ne veut pas dire que le relativisme, dans lequel toute valeur se vaut, est de bon aloi. La république répudie les valeurs qui divisent alors que la démocratie libérale les porte au pinacle : compétition, réussite, « équité », individualisme, charité (cette horreur qui fait que les riches montrent leur dédain des pauvres en leur faisant l’aumône), matérialisme ostentatoire, jalousie,  le temps d’activité (« travailler plus [longtemps] pour gagner plus), le repli sur soi, etc. Elle valorise au contraire les valeurs qui favorisent l’union de tous en même temps que le développement personnel : la solidarité, la fraternité, la justice, la coopération, la réciprocité, la mutualité, la belle ouvrage (l’œuvre ou le travail bien fait) dans le travail collectif et la contribution individuelle, le loisir et le repos pour créer et être avec les autres, la relation et la communication, etc. Voilà donc pour les valeurs morales.

Mais il y a aussi des valeurs proprement politiques : éthique de la discussion, communication égale entre toutes les parties prenantes au pacte politique et social, recherche de l’entente, égale participation de tous à la chose publique, respect de la minorité, équilibre des rapports de force dans les négociations, égale possibilité d’expression et de mise en débat de ses intérêts dans l’espace public, que celui-ci soit civil (dans la société civile comme on dit) ou politique, respect de la culture du pays et de ses traditions (ce qui ne veut pas dire s’y cramponner, cela signifie ne pas les bousculer sans connaissance de cause et sans consensus), primauté de la justice comme ressort du lien politique. En d’autres termes, la république est une communauté de volontés qui adhèrent à des valeurs, à des fins politiques, à un ordre juridique qui forgent et développent le lien social au lieu de le détruire dans l’individualisme compétitif et l’acceptation des inégalités, qui plus est croissantes et non justifiées. Et cela sous réserve d’inventaire permanent car, comme disait Renan « la nation est un plébiscite de tous les instants ».

D’après ce qui vient d’être énoncé, il est clair que la France, qui se targue de sa république depuis 1789, n’a jamais été républicaine. Or, si l’on veut que les gens et les groupements adhèrent à la république encore faut-il qu’elle soit réelle. Par ailleurs, notre république a été bien trop « assimilationniste », c’est-à-dire qu’elle a surtout visé à intégrer les populations immigrantes à sa culture globale, à faire disparaître les cultures provinciales (Basques, Bretons, Corses, Occitans, catalans, etc.) à plier à ses mœurs les peuples colonisés, à supprimer les groupements intermédiaires, à interdire l’existence politique des sous-communautés. En d’autres termes la république a amalgamé la culture civile qui caractérise une société globale, d’un côté, et les valeurs politiques, de l’autre. Or, par construction l’adhésion à la république repose sur le lien politique commun, les autres liens devant rester libres d’exister et de cohabiter dans la société civile puisque la république est neutre, c’est-à-dire laïque, vis-à-vis de ces derniers. C’est pourquoi, normalement, la vraie république admet la développement dans les sphères privées et civiles de toutes les pratiques et sous-cultures communautaires ou particulières à condition qu’elles ne troublent pas les principes républicains, par exemple celui de l’égalité des sexes ou genres ou celui de la liberté des pratiques sexuelles entre adultes consentants et, évidemment, celui du respect de la dignité des personnes et de leur intégrité physique (n’est-ce pas Mme Allo-Marrie qui songe à la castration physique ou chimique). Mais la république réelle admet aussi que toutes les forces sociales, tous les groupements puissent participer à armes égales aux débats politiques. C’est ce que la république assimilationniste  des Jules, laquelle perdure sous Gnafron 1er,  a refusé parce que ses soi-disant élites « méritocratiques » n’ont jamais voulu partager le pouvoir.

Car la république française est fort peu démocratique ; le pouvoir politique y est monopolisé par les partis dominants, la parole des communautés y reste interdite au niveau politique en dehors de la sphère privée ou civile, son régime est devenu monocratique car les contre-pouvoirs y ont été réduits à presque rien, etc.

Alors, que choisir entre la démocratie libérale US sans valeurs républicaines ou la fausse république francaoui sans démocratie ? Ni l’une ni l’autre car la démocratie sans la république est le règne des inégalités et du marché, car la république sans la démocratie n’est qu’un totalitarisme soft exercé par des politicards qui définissent tout seuls l’intérêt général, c’est-à-dire le leur et celui des capitalistes et des financiers dont ils ne sont « que les fondés de pouvoir » (Marx). Il nous faut une démocratie réelle, sociale et républicaine telle que celle que Proudhon avait conçue avec son fédéralisme mutuelliste et décentralisé, tout à la fois économique, social et politique, national et international, pluraliste et unificateur grâce à la recherche de la justice et de l’équilibration des forces sociales.

L’Etat, c’est moâââ (Louis XIV et Sacha Guitry)

Classé dans : Non classé — 7 novembre, 2009 @ 12:03

Dans la foulée du ci-devant roi, les politicards français ont accoutumé de prétendre représenter l’Etat parce que la légalité de leur élection, au demeurant fort discutable eu égard aux manipulations du mode de scrutin et des circonscriptions électorales, leur donne un brevet de légitimité. A ce moment-là, c’est Pétain qui était légitime et de Gaulle illégitime.

Cette prétention est exorbitante pour moult raisons, dont la 1ère est que l’Etat n’existe pas. Ce qui existe réellement, c’est une administration aux ordres du politique, administration qui s’est illustré sous Vichy et montre son excellence actuelle avec Ganelon-Besson et la chasse aux clandestins. Ce sont « les appareils idéologiques d’Etat » ; c’est le corps des politicards de tout poil et de tout niveau.

Ce qui existe aussi c’est une « idée » de la chose en tant qu’intérêt général, car l’Etat est la structure juridique grâce à laquelle les philosophes libéraux ont enlevé le pouvoir politique au roi (en tant que corps physique individuel et  organe collectif symbolique du pays) pour le redonner au peuple tout entier. C’est donc une représentation idéelle et idéale, fondée sur une certaine conception du pouvoir politique. Dans celle-ci le pouvoir d’une société sur elle-même (pour définir ses fins, cerner ses valeurs, adopter ses normes de vie collective, construire ses buts matériels et mener l’action politique correspondante) est ce que l’on a appelé « la souveraineté ». On notera que chez les Froggies, ladite souveraineté est absolue et indivisible, d’où la suppression des anciennes régions et des corporations par 1789, d’où la chasse aux langues régionales à grands coups de « hussards noirs de la République » sous les Jules de la 3ème république. Chez les Gibbies, elle est limitée à l’objet même du pacte social à savoir garantir la liberté, la sécurité et la propriété pour tous, ce qui laisse leur droit à l’existence de toutes les forces sociales, territoriales ou corporatives ou économiques.

Donc, la souveraineté est le pouvoir de la société tout entière sur elle-même. Dans ce cadre, l’Etat n’est que l’instrument symbolique et juridiquement formalisé de la prise en charge effective de ce pouvoir. Car la souveraineté n’est qu’un potentiel  tant qu’elle n’est pas dotée de structures d’action et de décision ; or l’idée d’Etat est le moyen de justifier qu’il y ait de telles structures de façon impersonnelle et indépendante de toutes les forces sociales. Autrement dit, pour l’instant cette simple idée d’Etat a pour but de garantir que la prise en charge de la souveraineté soit neutre pour tous les acteurs de la société globale. La notion de souveraineté est le moyen de passer du potentiel de pouvoir de la société sur elle-même à la puissance. Comme en électricité : le potentiel n’est pas la puissance. J’espère que le lecteur n’ampère pas son latin… Mais la puissance, c’est-à-dire la figure neutre et impersonnelle de l’Etat, doit pouvoir passer à l’acte, comme dirait Aristote, comme la puissance électrique se transforme en production de Kwh lorsque la puissance des centrales est mise en action (attention aux journaleux qui disent que le pays a consommé tant de mégawatts alors qu’il s’agit d’une puissance appelée et non d’une consommation). C’est le rôle des appareils d’Etat (gouvernants et représentants, corps de fonctionnaires, institutions politiques) d’opérer ce passage.

So What (ou Sot Watt, surnoms de l’ex-PDG d’EDF), la souveraineté-potentiel de pouvoir politique appartient au peuple tout entier, l’Etat-puissance n’appartient à personne et les politicards n’en ont que provisoirement la mise en action. Ce qui donne à penser en ce qui concerne les gesticulations politicardes de Gnafron 1er qui ne cesse de se réclamer de sa détention élective (et il dit même qu’il n’est pas un monarque puisqu’il est élu, ce qui montre qu’il ne sait pas ce que monarchie signifie) en prouvant au passage qu’il ignore la différence entre la puissance (simple degré de force que l’on peut éventuellement actionner) et le pouvoir comme force effective d’action. Et, enfin, le vrai pouvoir d’orientation, de décision et d’action appartient aux élus. Ce qui permet de démontrer  que les gouvernants et autres politicards ne sont que les détenteurs en actualité de service de l’exercice (acte-pouvoir) de la puissance de l’Etat. Or la politicaillerie française, le Nicktalope en tête, profitant de l’horrible thèse de la souveraineté absolue, donne tout le pouvoir à l’Etat, c’est-à-dire à elle-même, puisque le vrai pouvoir n’est pas dans l’Etat (pur symbole) mais dans les gouvernants, représentants et fonctionnaires, en continuant par ailleurs dans les horreurs du secret et de la raison d’Etat. Ainsi, des politicards, dont le rôle politique n’est qu’éphémère, se permettent-ils de fiche en l’air la culture, les instituons sociales et politiques, les principes généraux du droit, etc. pour changer la société, la civilisation, les mœurs, le contrat social contre les acquis de l’histoire. C’est ainsi que Nicolae Sarkocescu, inspiré par le MEDEF et M. Kessler, son grand penseur social, ne rêve que de détruire « le programme du Conseil National de la Résistance » mis en place à partir de 1945, ce qui avait donné « les 30 glorieuses » du pacte social conçu pour après la libération du pays de la botte tudesque.

Contre l’ignorance encyclopédique de la politicaillerie française, il faut donc insister : elle n’est pas le souverain, elle n’est pas l’Etat, elle n’a pas le monopole du bien public, elle n’a pas le droit de faire changer la France de type de société au nom de sa prétendue légitimité par la seule prétendue légalité de son élection. Elle n’est que l’exercice momentané et transitoire du pouvoir politique. Et quand ce corps de politicards sans scrupule vend le pays au libéralisme et à la finance et cela depuis 26 ans déjà avec le curé Delors (vite aux Aubrys) les peuples et les gens  vivant sur le territoire actuellement attribué à la France dans les instances internationales, privés de corps intermédiaires et de contre-pouvoirs actifs et puissants (voir la déréliction des syndicats et des partis), peuvent résister dans la rue. Oui, le pouvoir politique n’est pas que dans les instances oligopolistiques du pouvoir politique ; il est aussi dans les rues et a(d)venues.

Ce qui aggrave la situation française, c’est que le pouvoir politique y est monocratique (terme plus accessible peut-être à Zébulon 1er que monarchie) : il est totalement concentré dans les mains du président. Aux USA, les pouvoirs sont équilibrés et le président ne peut pas faire grand-chose sans l’assentiment des deux chambres du parlement. De plus la pratique tsarkozyste de l’exercice du pouvoir consiste à ne pas tenir compte des corps intermédiaires, ni même des représentants. En effet, les décisions sont prises par le monocrate avant toute concertation et, ensuite, les « négociations » ne sont que des discussions écoutées d’une oreille distraite. La pratique du pouvoir est assise sur des Agences, des Hauts conseils, des Commissions, des hautes autorités, des missions, etc. qui, en réalité, sont largement constitués de compradores et fantoches au service de la monocratie car nommés par elle. Ces « machins » sont truffés de fonctionnaires aux ordres (comme les parquets dans l’institution judiciaire) et de représentants (sous-marins) des lobbys. Ainsi le dernier truc (EPRUS, formé pour la grippe H1N1) de Rosy Cachalot, ministre de la santé, contient-il des experts, soi-disant neutres au nom de leur statut de professeurs de médecine, en même temps appointés par des laboratoires privés producteurs de vaccins (et l’ayant caché alors que la révélation de ce lien est obligatoire d’après une loi prise sous Jospin). Il est vrai que Rosy est une  « potarde » et qu’elle a autrefois elle-même travaillé pour un laboratoire, ce qu’elle se garde bien de faire figurer dans sa notice au Who is Who. Certes ces pratiques existaient avant le monocrate actuel, mais elles ont été largement intensifiées pour transformer la haute fonction publique en instrument de l’UMP et de son chef. La fiction de L’Etat neutre au service du bien public ne peut donc plus être maintenue et cela depuis longtemps ; car l’appareil d’Etat est devenu un apanage avec ses féodaux-partisans stipendiés.

Proudhon avait amplement démontré que l’Etat en tant qu’organe de prise en charge du pouvoir politique (sur un mode centralisé et unitaire comme en France ou un genre fédéral purement politique comme aux USA) était un instrument de domination extérieur et supérieur à la société qu’il exploite au profit des politicards et de leurs amis capitalistes. La crise actuelle vient de le prouver lumineusement : malgré le simulacre de la démocratie représentative bourgeoise, laquelle consiste à faire abdiquer le peuple tous les 5 ans au profit de politicards munis d’un chèque en blanc et des pleins pouvoirs, il est devenu très clair que le pouvoir d’Etat a été manipulé par les gouvernants pour édicter toutes les lois nécessaires à la mainmise de la finance sur la société, avec le résultat que l’on a constaté. Ce qui, au passage, révèle aussi qu’il n’y a pas eu disparition de l’Etat et de la politique au profit du marché mondial mais au contraire renforcement de celui-ci en tant qu’appareil législatif et répressif afin que les politicards mettent en place les lois utiles au capital contre le bien public et la population des pays.

Ce qui ne veut pas dire qu’une société puisse se passer d’un pouvoir politique régulateur, animateur et coordinateur inscrit dans la société civile et non situé au-dessus. Proudhon a proposé de le réintégrer dans la société et d’en faire la chose de tous avec son fédéralisme mutuelliste et décentralisé, tout à la fois social, économique et politique. C’est très loin de la conception qui prévaut depuis 1789 et qui a été instrumentalisée et renforcée par la Vème République et mise au service d’une personne et de son clan par le monocrate actuel.

De l’identité nationale française

Classé dans : Non classé — 1 novembre, 2009 @ 11:28

 

Et revoilà Gnafron 1er re-démangé par le prurit de l’identité nationale, sans doute aussi pour continuer à vider le Front National de sa clientèle et détourner les préoccupations des Français vers des sujets « rassembleurs ». Du moins le pense-t-il. Il la joue fine avec son futur musée de l’histoire, la lettre de Guy Mocquet, l’instruction civique, la pénalisation des outrages au drapeau et à l’hymne national, les « charters » d’Afghans, le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, le retour à la terre « qui ne ment pas » (Maurras), etc.

Pourtant, tout bon prof de philo en terminale recommande d’analyser, de façon terre à terre, qui ne ment pas, les concepts du sujet soumis à la sagacité du potache. Il convient donc de définir les termes du débat. D’où un grand raout avec « les forces vives » de la nation. Sans attendre d’avoir la liste desdites forces représentatives conviées à cadrer les choses et vraisemblablement triées sur le volet pour aller dans le sens souhaité, clarifions de notre côté les concepts concernés.

  • La nation ; un peu d’histoire, mais hélas le musée y consacré n’existe pas encore, nous apprend qu’il n’y a rien de plus difficile à cerner, surtout dans le cas de la France. Notre beau pays a toujours été un melting pot. Les 1ers habitants, les Celtes, ont été noyés sous les différentes invasions. En vrac et sans être exhaustif : Wisigoths, Ostrogoths, Huns, Alamans, Lombards, Romains, Francs (en fait des Allemands !), Normands. C’est ce brave Michelet qui a créé de toutes pièces le mythe des Gaulois et inventé la France. Ca tombait bien. La 3ème république, laïque, gratuite et obligatoire a pu puiser dans cette légende les fondements de l’histoire officielle si utile pour faire comprendre au salariat et à la paysannerie, si bien exploités par les Jules au profit de la bourgeoisie, qu’il y avait des intérêts communs : récupérer l’Alsace et la Lorraine, conquérir l’Indochine et l’Afrique, achever l’assimilation de l’Algérie en privant les Arabes ou Berbères de tout droit, ces peuplades arriérées auxquelles la France devait apporter les Lumières. Evidemment dans cette histoire romancée d’abord par Michelet puis mise au service de Michelin, du comité des forges et de la banque de France (entre autres), il fallait passer sous silence que la prétendue nation avait été créée de toutes pièces à grands coups de mariages, de guerres (par exemple celle des Albigeois), de centralisation (par exemple l’édit de Villers-Coterêt), de fiscalisation, d’imposition d’une seule religion, etc. Las, encore sous Louis XVI perduraient  18 provinces, chacune étant munie de sa langue, de sa culture, de ses coutumes, de ses poids et mesures, de ses octrois, de son autonomie. La Révolution française y mit bon ordre et paracheva la centralisation que les Rois avaient laissée en plan, notamment en menant une guerre civile sans merci contre les Vendéens (génocidaires colonnes « bleues » de Thureau). Ce que Michelet loua à grand renfort d’héroïsme des Marie-louise « français » (sortis de leurs campagnes à la « force des baïonnettes » et ne parlant que leur « patois »), par exemple au moulin de Valmy et à Jemmapes. Et « Lapailleaunez » continua d’exporter les Lumières françaises en Europe à grands coups de canons et de pillages. Et vous voudriez,  Zébulon 1er, que je me sente français au nom de cette histoire-là ? Je ne suis pas français ainsi,  même si vous, Hongre de 2ème génération, descendant des Huns, vous voulez être plus français que moi, descendant des Normands (mon nom l’atteste) depuis plus de 1000 ans.
  • Ensuite, vinrent les différentes vagues d’immigration espagnole, italienne, polonaise, maghrébine, etc. Tout cela pour signifier que la nation française est un construit politico-étatique car ce sont l’Etat et les gouvernants successifs qui ont imposé un cadre national, juridique, simplement juridique, au territoire. En fait il n’y a soi-disant nation que par l’existence d’institutions, de lois communes, d’une police unifiant un territoire dominé, de la guerre (celle de 14-18 a beaucoup contribué à « unifier »), d’un nationalisme latent porteur d’asservissement des « races inférieures » attardées auxquelles amener les « Lumières » et d’une langue par ailleurs imposée à grands coups de punition aux petits Corses, Bretons, Catalans, Basques, Occitans, etc. par « les hussards noirs de la République ». Il n’y a donc aucune raison pour un individu d’adhérer à cette conception de la nation et comme disait Proudhon : « là où est la justice, là est ma patrie ». Proudhon énonce ainsi avec vigueur  que tout homme, avant d’être citoyen d’un Etat national, est un membre de l’humanité. On voit ainsi et aussi que la nation n’existe pas ; ce qui existe, c’est l’Etat national, l’Etat Français du régime de … Vichy, chantre de la « révolution nationale », devenue aujourd’hui la « rupture ». Ce qui nous amène à une autre idée de la nation, notamment à celle de l’antisémite Renan pour lequel la nation est un « plébiscite de tous les instants ». Il veut dire par là que l’on adhère à ladite nation que par le vecteur de valeurs communes et partagées, non par le droit du sol et encore moins du sang.
  • Lesquelles ? Evidemment celles de la Révolution française de 1789 sur le thème «liberté,  égalité, fraternité ». associées à celles de neutralité, devenue ensuite laïcité, et de justice sociale. Cela impliquait la mise en place d’une république juste et démocratique, libérale et sociale. Je me demande depuis toujours pourquoi les ouvriers et paysans du pays sont allés se battre la fleur au fusil contre les Teutons en 14/18. Les promesses de la Révolution étaient fort loin d’être réalisées ;  le droit de se syndiquer ne fut admis qu’en 1884, les assurances sociales ne furent créées qu’en 1945 ; la catastrophe de Courrières en 1906 (plus de 1000 morts par suite d’une décision de la mine privée de ne pas investir contre les poussières) est restée impunie ; les gouvernements firent tirer sur le peuple en 1848 (révolution éponyme), en 1871 (Commune de Paris), en 1891 (Fourmies), en 1907 contre les viticulteurs du Midi, en 1920 contre les grévistes (Draveil, Villeneuve St Georges). La République donna raison au marquis de Solages, propriétaire des mines de Carmaux, contre le droit des ouvriers d’avoir un maire socialiste, ce qui nous valut la création en 1896, avec Jaurès de la verrerie ouvrière d’Albi.  Le repos dominical n’exista qu’en 1910 (supprimé en 2009 sous Tsarkozy). On eut le « livret ouvrier » pour espionner les déplacements des travailleurs ; on eut la magnifique loi  « en matière de gages, le patron est cru sur parole » ;  les sociétés de secours mutuels, les coopératives les « coalitions » furent pourchassées. Ah quelle belle république « nationale »… pour les patrons. Et j’en passe. C’est ce qui explique du reste pourquoi le syndicalisme français s’est bâti contre les politicards (charte d’Amiens de 1906). La seule raison de vouloir en découdre avec les Tudesques est sans doute le nationalisme soigneusement insufflé dans les esprits par l’école des Jules. Bref, l’immense majorité de la population du territoire n’avait aucune raison de croire en une instance supérieure dénommée nation. L’idée de nation est en fait un corollaire de celle d ‘Etat, c’est-à-dire une construction politicarde pour assujettir des peuples divers, vivant sur un même territoire obtenu par la guerre et la domination, sous un même joug. Et cela au profit de la bourgeoisie capitaliste « nationale » avant qu’elle ne devienne mondialisée.
  • Pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975), les valeurs constitutives et, si j’ose dire, adhésives d’une vraie nation (comme croyance dans le caractère juste de la république et espérance dans un avenir meilleur pour soi et surtout pour ses enfants) virent de fortes réalisations. Las, depuis Fiscard Destin en 1974 (avec proscription de la « nouvelle société de Chaban- Delmas) les gouvernements de la république se convertirent au néolibéralisme, notamment sous le curé Delors et Mauroy (1983), et se mirent à détricoter lentement mais sûrement les acquis des 30 glorieuses. Le populo redevint donc habilité à ne plus adhérer à une telle nation porteuse d’inégalités, d’injustice, de précarité, de régression sociale dans tous les domaines, ce qui s’est accéléré avec l’arrivée au pouvoir du Nicktalope UMP Tsarkozy. Ajoutons, par ailleurs, que ceux qui se réclament aujourd’hui de la nation ne furent pas les derniers à propulser la mondialisation commerciale, économique et financière, y compris et d’abord au sein de l’UE, qui détruit précisément les idées de politique, d’Etat, de nation au profit du tout-marché généralisé. Dans ce mouvement régressif, il n’y a plus de nation ; il n’y a qu’un Etat hyper libéral au service de la rente. Que dois-je faire, M. Tsarkowitch, adhérer à des valeurs nationales républicaines qui n’existent plus ou obéir à la toute-puissance de l’Etat que vous dirigez tout seul ?
  • Cette dégradation, qui percute de plein fouet les valeurs de la république, vaut encore plus pour les banlieues, ce qui explique la fureur des jeunes beurs et autres contre les symboles des institutions  perçues par eux comme pourries (et elles le sont effectivement) : la démocratie réservée aux blancos et aux petits mecs, la police, la justice à n vitesses, les pompiers, les employés d’EDF, les autobus, l’armée, la pseudo-démocratie, la Marseillaise, le drapeau, etc. Et voilà que le Tsar-cosy veut réhabiliter l’adhésion des personnes à la nation, tout en propulsant la mondialisation, en passant la surmultipliée de la répression et en mettant la justice à sa botte. Comme si l’aggravation permanente des injustices pouvait ressusciter le sentiment national, comme si c’était le rôle et la possibilité de l’école de l’imposer, comme si une histoire récrite par les fantoches du pouvoir pouvait compenser la perte des bases mêmes de l’adhésion au pays. Et, contrairement aux mensonges du pouvoir, si les jeunes se rebellent ce n’est pas parce qu’ils auraient perdu le sens de la nation et de la république ; c’est au contraire parce qu’ils veulent que la république tienne ses promesses alors qu’elle ne fait que les trahir.
  • L’identité. Pour une personne, c’est la conscience d’être un soi reconnu par les autres,  en tant qu’être singulier dont la dignité et la liberté sont respectées. C’est être admis comme égal parce que différent. C’est être soi-même avec les autres car seuls ces derniers peuvent vous donner votre identité sociale et personnelle, ce qui est fort loin d’une mise en carte. Ce n’est pas avoir des papiers comme si ceux-ci conféraient l’identité.  En fait toute identité personnelle est liée à l’unicité de la personne, laquelle est une « composition » (Proudhon) de multiples facettes d’appartenance à différents groupes. Si identité il y a, elle est multifactorielle, multidimensionnelle. Elle ne saurait être mise en carte.

Mais qu’est-ce que l’identité d’un groupe ? C’est ce qui le distingue des autres en le particularisant tout en le situant dans le concert social par rapport à tous les autres. C’est sa place singulière dans la société, c’est sa culture particulière, ce qui passe évidemment par la reconnaissance par les individus et les autres groupes de sa valeur particulière C’est ainsi que la France n’a pas d’ordre des éboueurs alors qu’elle a des ordres de la médecine ou de la pharmacie. C’est amusant, du reste, parce que la Révolution française avait supprimé les corporations. Il en reste donc deux cents après, ce qui prouve que le statut social, parfois érigé en ordre déontologique, confère une identité spécifique. Il n’empêche ; comme l’avait vu Proudhon tout groupe tend à exister pour lui-même, à se donner ses règles, à disposer de sa culture, à se différencier. Et c’est tant mieux car sinon il n’y aurait plus de pluralisme comme source de l’effervescence et de la dynamique sociales. Il importe donc que la spécificité de chaque groupe soit reconnue dans la société et c’est reconnaissance qui confère l’identité officielle et statutaire, laquelle n’a rien à voir avec l’identité de fait, c’est-à-dire avec les différences objectives qui caractérisent la particularité d’un groupe dans le concert social. L’identité groupale est donc une relation entre la demande d’un groupement d’être admis comme il est et une reconnaissance de sa position par les autres ; c’est ce double mouvement qui fait d’un groupe réel une entité sociale ayant une identité spécifique ; celle-ci n’étant que l’admission sociale du groupe comme ayant droit à une existence officielle. Mai, donc, l’identité, même non reconnue, existe. Mais elle est évolutive. Quelle est l’identité de M. Besson, ex-socialiste devenu tsarkozyste ? Il est vrai que tout besson, jumeau en vieux français, a un problème d’identité puisqu’il est identique à son double génétique.

C’est là que le problème commence car si rien ne vient s’opposer à l’existence de groupes ou communautés spécifiques dans la société civile, la chose devient problématique dans l’espace public et encore plus dans la sphère politique. Si l’on reste dans une caractéristique de l’identité française en tant que républicaine, il y a à la fois neutralité de l’espace public et de la politique vis-à-vis des différentes conceptions du monde (en outre base du libéralisme) et droit à être différent dans l’espace privé. Ce qui veut dire que la reconnaissance de communautés dans la société civile n’admet pas qu’elles puissent influencer les espaces publics et politiques.  Ce qui signifie que, au-delà du droit à être différent, il n’y a pas de droit à peser sur la politique ; que les valeurs de tolérance et de laïcité sont plus universelles et respectables que les communautaires tout simplement parce qu’elles unissent alors que le communautarisme divise. C’est ce qu’a bien vu le libéralisme actuel : les communautés et l’individualisme sont utiles à la segmentation des sociétés pour faire place nette au tout-marché. C’est pourquoi Gnafron 1er exalte la supériorité du curé vis-à-vis de l’instituteur et clame que la religion est utile à la société. Très vieux thème de la « religion civile » assurant la soumission du peuple comme idée développée par Voltaire : si Dieu n’existe pas, mon jardinier pourra me voler.

Quelle est « l’identité française » ? Ce n’est pas fondé sur un type humain à la manière de l’Etat arabe ou juif, ce n’est pas fondé sur une religion à l’instar d’un Etat islamique ou judaÏque,  ce n’est pas un Etat uni par l’idéologie à la sauce soviétique ou américaine. C‘est l’appartenance à un système de valeurs républicaines : liberté, justice, solidarité, laïcité. C’est ce que le Nicktalope continue de détruire au nom du commerce international et de la finance mondialisée. Il n’y a donc plus de nation ; Il n’y a que l’Etat auquel il est demandé non pas d’adhérer mais d’obéir sous couvert de stratagèmes identitaires.

Le rêve américain du Nicktalope

Classé dans : Non classé — 22 octobre, 2009 @ 10:26

Notre présidentissime en p(r)ince pour le modèle américain et a peur qu’Obama, usurpateur du prix Nobel de la paix (M. Copé l’a dit hier 13 octobre sur Canal +  en prétendant qu’il aurait dû être attribué à Tsarko… ), ne démolisse les splendeurs de l’ère Bush, temps où l’Amérique triomphante en Irak et en Afghanistan exportait la démocratie US dans le monde entier et où elle méritait encore le titre de modèle indépassable montré en exemple partout. Hélas, la crise aidant, cette admiration pour le néolibéralisme sauvage a été brouillée par des messages confinant au socialisme et en appelant aux mânes de Jaurès et autres. Cette rupture idéologique n’est que de l’empirisme à la godille et de la démagogie clientéliste. Voyons les performances du modèle américain si désirable.

·         Le modèle de santé le plus coûteux de l’OCDE avec 18 % du Pib contre 11 en France, espérance de vie moyenne 79 ans contre 81 en RF, 49 millions de gens sans couverture sociale malgré les programmes de secours dits Medicaid et Medicare (vieux et jeunes). Les labos font la loi sur le prix des médocs, à tel point que nombre de yankees se les procurent au Canada. Les assureurs de santé, via des polices individuelles, tarifient en fonction des risques, donc avec exclusion et sélection des candidats, soit en refusant les gros risques soit en les faisant payer un prix exorbitant. Ces assureurs organisent des réseaux de soin obligatoires pour les souscripteurs : hôpitaux ou cliniques, médecins affiliés, labos pharmaceutiques-fournisseurs, officines. La couverture minimale part d’un panier de soins normalisé établi par les experts médicaux des assureurs ; la taille du panier grandit avec le tarif souscrit. Des batteries d’avocats surveillent les contrats afin d’éliminer d’éventuelles poursuites au maximum et pour éviter de payer des soins trop coûteux à la marge du contrat ou sujets à interprétation du contrat. Les classes moyennes ne peuvent payer que des contrats minimum et sont à la merci, elles et leurs enfants, d’un pépin de santé non couvert. Les cotisations des entreprises à la couverture sociale des employés sont volontaires et dépendent de la force des syndicats. On observe une disparition progressive de cette couverture car elle constitue un surcoût dans la concurrence avec le reste du monde au nom du libre-échange intégral et du dumping chinois ou autre. C’est dans ce contexte que Clinton, via Hilary, a échoué à mettre en place un début de couverture universelle. Le projet (très limité eu égard aux normes européennes) a été repris par Obama.  Ce dernier n’avance pas et son idée régresse chaque jour à cause de l’opposition virulente des parlementaires, dont le groupe des 52 démocrates affiliés aux « blue dogs ».

·         Pour comprendre cette opposition il faut faire appel à deux séries de faits. Le premier est culturel : l’aversion des amerloques pour la socialisation des biens publics, leur hostilité à l’impôt due à la peur de payer pour les fainéants et autres cavaliers clandestins d’un hypothétique welfare state, le mythe de la réussite ide l’individu que l’Etat priverait des fruits de son travail, de sa prise de risque, de sa responsabilité. A quoi s’ajoute le poids considérable de la religion. Les communautés religieuses locales (regroupées dans des « églises évangéliques » au niveau national et comptant 80 millions d’adeptes aux USA) sont en fait des institutions d’espionnage des voisins, de contrôle de leurs mœurs, de conformation à la religion et à la culture. On n’y est libre qu’à condition de ne rien faire d’apparent pour nuire à sa « bonne réputation » ce qui implique une police des pratiques sous le regard suspicieux de la communauté et les anathèmes des pasteurs contre les déviants. C’est le rêve réalisé d’une société de surveillance mutuelle. Cette culture baigne dans la religion, laquelle est bel et bien une condition du libéralisme à la sauce US : si Dieu n’existait pas tout serait permis ou qu’est-ce qui interdirait à mon jardinier de me voler s’il n’y avait pas le risque de la géhenne éternelle ?

·         Le deuxième fait est que la démocratie américaine repose sur l’argent. Pour financer les campagnes électorales, le volume des fonds nécessaires est considérable parce que la publicité, la retape des électeurs (maintenant avec internet comme l’a superbement utilisé le clan Obama), les meetings, l’appel aux médias pour installer son image ou discréditer les adversaires font la loi. Cela coûte très cher et le candidat peut faire appel aux contributions privées sans limite de montant global s’il renonce aux fonds publics. C’est pourquoi, d’habitude, les candidats sérieux ont presque tous la caractéristique d’être riches ou d’appartenir à des familles riches (sauf Nixon ou Obama) et appuyés par des riches. La nouveauté avec Obama c’est que c’est essentiellement la multitude des pauvres qui a financé » sa campagne (pas seulement).

·         Mais les lobbys jouent aussi un rôle essentiel dans le financement des candidats car la soi-disant démocratie US est fondée sur les intérêts. Aux USA,  c’est clair depuis toujours : on vote pour ses intérêts ou des intérêts communs fussent-ils purement idéologiques ou moraux. Touche pas à mon droit d’avoir des armes à la maison et sur moi, d’où l’ultra puissante association américaine pour la liberté de détenir des armes ; c’est pourquoi on y  voit périodiquement des tueries  genre Colombine ou Waco et maintenant des coups de feu dans les églises ou sur leur parvis. Touche pas à la vie des fœtus, halte aux impôts, vive le Ku klux Klan, que l’Etat arrête de subventionner les pauvres ou les minorités, etc.

·         Comment cela marche-t-il ? C’est simple. Le représentant local (gouverneur, sénateur, député à la chambre des représentants, juge, procureur, shérif) a besoin de soutiens financiers et de séduire l’électorat. Ainsi Schwarzy pour se faire élire gouverneur de Californie a-t-il promis de diminuer les impôts fonciers (qui financent en partie les écoles publiques) ; d’où la faillite de cet Etat, le plus riche des USA, qui paye maintenant ses fournisseurs (très nombreux parce que les services publics US sont possédés et gérés par le privé) avec des reconnaissances de dettes pour 1,4 milliard de dollars ! Ainsi, les représentants des Etats agricoles ou forestiers ou de pêche promettent toujours de défendre les intérêts financiers des productions locales et, bien entendu, de l’emploi qui va avec. Tant pis pour les productions vivrières des pays du Tiers monde, à l’instar de la PAC dans l’UE. Ainsi, les Etats industriels (usines, labos, services, trusts énergétiques ou de télécom, etc.) procèdent de même. Evidemment, les lobbys font voir auxdits représentants l’intérêt de cette défense particulière et sortent leur carnet de chèques ou, cas des lobbys religieux ou associatifs, se servent de menaces. D’où la reculade de Schwarzy sur le mariage gay. Mais  nos représentants étant élus, commence dans les chambres le grand bargaining. Si tu soutiens mes culs-terreux, je vote en faveur de ta proposition de loi pour laisser aux labos le droit de fixer le prix des médocs. I Si tu aides mes producteurs de maïs OGM, je serai OK pour la diminution des impôts ou les subventions aux églises ou la totale liberté à rendre à la finance. And so on, quelle que soit la couleur politique du représentant. D’où des blocs massifs, soutenus encore et encore par les lobbys, pour s’opposer à la politique du président, lequel a beaucoup moins de pouvoirs que dans le faux régime présidentiel français. Car les constituants américains ont soigneusement veillé à l’équilibre des pouvoirs entre la présidence, le sénat, la chambre des représentants. Régime présidentiel aux USA signifie que les pouvoirs sont répartis entre les deux chambres législatives et l’exécutif. Et il y a bien sûr les intérêts des électeurs, du moins ceux qui votent (en général plus de 50 % d’abstentions). C’est ainsi que les 52 « blue dogs » démocrates ne sauraient aller à l’encontre des convictions anti-étatiques et anti-fiscales ou sociales de leurs électeurs en général isolés dans les Etats de ploucs ignorants et religieux qui les ont élus. Pauvre Obama !

·         Qui gouverne réellement aux USA ? Réponse, c’est la finance encore bien plus que les autres lobbys (pharmacie, énergie, phytosanitaire, etc.). Aux USA, les allers et retours entre les fonctions politiques, administratives, privées sont institutionnalisés. En outre on y pratique la politique des « dépouilles », that is to say  que, à chaque alternance, les hauts fonctionnaires sont changés au profit de la nouvelle majorité. Les virés de haut rang retournent dans le privé où ils sont accueillis avec joie par suite des services qu’ils lui ont rendu et se livrent souvent à de lucratives activités de lobbying en faisant fructifier leur carnet d’adresses dans la haute administration et le monde des politicards. Et en cas de retour des battus aux affaires, ils reviennent dans l’administration avec des missions demandées par leurs copains du privé. Dans ce contexte il ne faut pas s’étonner que la FED, le Trésor, la SEC, etc. soient truffés de représentants de la haute finance et de la banque qui y ont leur rond de serviette, quelle que soit la majorité au pouvoir. Même Obama a dans son équipe des financiers de haut vol issus de la grande banque. On connaît ainsi les raisons du peu d’empressement US à réformer le système financier. Mais il en est de même partout. Par exemple les autorités de contrôle (en matière de santé, de certification de médocs, de dangerosité des produits chimiques, de surveillance des aliments, de régulation de l’énergie, etc.) sont d’une part démunies de moyens autonomes, d’autre part truffées de membres stipendiés par les industriels. Elles sont aussi alimentées en études pro domo réalisées par les contrôlés eux-mêmes et bien sûr non vérifiées par les agences d’Etat. Ces lobbys subventionnent les universités bien pensantes, publient des tas d’articles dans les revues scientifiques bienveillantes (pub) et vont jusqu’à discréditer les études et les chercheurs sérieux.

·         La justice de type accusatoire (le procureur aidé par la police poursuit, la défense ayant de droit d’enquêter de son côté défend, le juge est un arbitre neutre, en principe) est vérolée. Déjà le proc peut négocier avec un accusé plaidant coupable ; les pauvres, ne pouvant payer un avocat et sachant que les commis d’office font des heures et sabotent le boulot car s’ils le faisaient cela ne leur rapporterait rien en plus, préfèrent souvent cette solution qui a l’avantage d’être peu coûteuse pour la justice, notamment parce qu’elle supprime les investigations complémentaires, évite un procès avec audience publique et débat contradictoire, et permet un rabais de peine pour le prévenu. Comme la justice est largement élective, on trouve à foison des procs qui font du chiffre, sabotent les enquêtes dès qu’un coupable est crédible et présentable (dans le cas de viol d’une blanche, un Noir s’impose automatiquement), cherchent à se faire de la pub pour être réélus ou obtenir de la gloire. C’est ainsi que Polanski a été dans le collimateur de la justice de Californie dans l’objectif précis de se payer une célébrité ; itou pour Mickael Jackson. On arrive ainsi à une justice partiale, à deux vitesses, car les riches peuvent se payer les meilleurs avocats et faire traîner d’appel en appel, expéditive, au rabais, utilitaire, rentabilisée.

·         Les USA ont développé la « tolérance zéro », les peines automatiques (la 3ème récidive peut amener perpète), les peines-planchers, le plaider-coupable. Comme, avec les armes en libre service et la violence latente ou ouverte liée à la pauvreté et aux inégalités, ce pays est extrêmement brutal, Il ne faut pas s’étonner que 1 % de la population y soit en taule, soit 3 millions de personnes pour 306 millions d’habitants. A comparer aux 62 000 taulards français pour 65, soit  un rendement quasiment 10 fois inférieur. On observera que les noirs et latinos détenus forment une large majorité de la population carcérale.

·         Les USA ont un système d’enseignement à au moins deux vitesses. On a d’un côté les écoles publiques (financées par des impôts locaux, des subventions par Comté et par Etat et des subventions fédérales, le tout s’amenuisant pour cause de crise et par idéologie anti-égalitariste) qui ont une qualité très variable avec des profs souvent payés au lance-pierres. Cela dépend de la richesse de la commune, du Comté et de l’Etat, donc cela introduit de fortes inégalités en fonction du lieu de résidence. Y compris entre quartiers, car les villes sont largement ségrégationnistes : dès que des Noirs parvenus à la classe moyenne arrivent dans un quartier huppé, les riches  blancs fichent le camp, les valeurs immobilières s’effondrent et la taxe foncière qui finance les petites écoles diminue, d’où un nouveau quartier miteux et l’école qui va avec. On a des universités publiques, évidemment de bien moindre qualité d’enseignement et notoriété. En face, des écoles et des universités privées payantes (ce qui est un peu corrigé par des bourses), parfois très onéreuses. Se finançant elles-mêmes, ces institutions font flèche de tout bois : frais de scolarité, fondations alimentées par les anciens élèves ou les entreprises, produits dérivés, recherches pour le privé, brevets, etc. Cela permet de bien payer les meilleurs profs et chercheurs, ce qui boucle le système en faveur des grandes universités (Yale, Harvard, etc.). Ce qui attire des étudiants du monde entier.

·         Les retraités sont à la merci des fonds de pension par capitalisation, lesquels ont perdu la moitié de la valeur de leurs actifs avec la crise ; de plus en plus on voit des retraités expropriés de chez eux pour cause de dettes (crise des subprimes) immobilières (krach immobilier). Nombreux, de plus en plus, sont ceux qui à un âge avancé sont obligés de prendre un petit boulot pour survivre car on peut cumuler une retraite et un revenu d’activité (ce que Tsarko a fait installer en France). Les inégalités de revenu et de patrimoine ont cru considérablement déjà sous ce bon monsieur Clinton. Il y a 18 % de la population sous le seuil de pauvreté contre 12 en France. D’un côté les salaires ont régressé (délocalisations, concurrence asiatique, faible salaire minimum ; mais le pouvoir d’achat n’a pas trop souffert à cause de la baisse des prix afférente via Wal Mart), de l’autre les riches se sont vus accorder des baisses d’impôts (sur le revenu, sur les successions, plus la défiscalisation des dons aux fondations) en tout genre. Les salaires et les protections sociales d’entreprise ont régressé parce que les USA sont le pays de l’OCDE où le droit syndical est le plus faible. C’est une ordalie que de créer un syndicat ou d’être syndiqué. Les boîtes font la chasse aux syndicalistes sans qu’on puisse les sanctionner tant les pénalités sont faibles, à supposer d’ailleurs que les tribunaux poursuivent.

 

Le lecteur diligent aura perçu que depuis 2002, avec accélération du processus par le Nicktalope, la France se rapprochait doucettement de ce beau modèle. Affaire à suivre.

Quelques réflexions d’ordre économique et anticapitalistes

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2009 @ 10:35

 

Dans la crise actuelle, il serait facile de croire que l’économie néolibérale relève avant tout de la finance. C’est ce que les économistes et leurs copains politicards de tout niveau, du local à l’international et au mondial, essaient de nous faire gober en agitant leurs petits bras contre ces pourris de banquiers, que, du reste, ils laissent libres de continuer leurs agiotages.

A l’origine de toute valeur, il y a la production de biens vendables nécessaires à la satisfaction des besoins, lesquels évidemment sont sociaux : une tribu de Guyakis n’a nul besoin de voitures. La production apporte une valeur ajoutée qui est la différence entre l’amortissement du capital fixe (machines, bureaux, installations), pour l’acquisition duquel l’industriel a souvent emprunté et pour lequel il paye un intérêt (normalement, sauf accident, l’amortissement doit correspondre au remboursement du  montant de capital emprunté, souvent dénommé « le principal ») plus les frais variables liés au « capital circulant » (Marx,  prix des matières, prestations de services extérieurs et coûts directs de main d’œuvre) et les recettes liées aux ventes. C’est une marge brute (je sais, les capitalistes et le pouvoir ne calculent pas la marge brute ainsi) d’où il faut retirer les intérêts des emprunts,  les impôts et les cotisations sociales qui alourdissent les frais de main d’œuvre. Si je raisonne ainsi c’est pour faire apparaître que différents acteurs : l’Etat, les collectivités locales, les organismes de sécurité sociale, où siègent des syndicalistes compradores et eux-mêmes rémunérés (directement ou par voie de corruption) sur la marge, les banquiers, les assureurs vivent sur la bête  de la marge brute ainsi définie, chacun essayant d’en dériver la plus grande partie à son profit. Mais s’il n’y avait pas de production, il n’y aurait pas de marge et  les parasites n’existeraient pas. Cette production en quelque sorte primaire (rien à voir avec le secteur primaire des économistes à nacelle) donne les revenus de base : les salaires, les revenus de compensation (retraites, indemnités maladies et accidents, la marge des entrepreneurs et tout ce qui est dérivé par les autres acteurs à partir de la marge brute ainsi définie, notamment les revenus de transfert à partir des impôts.

Réfléchissons 2 minutes. Salarié dans une boîte de production primaire (y compris dans l’agriculture et les industries de transformation des produits agricoles ou une firme productrice de machines-outils), je vais ensuite acheter les services d’un coiffeur. Ce dernier, donc, reçoit une partie de mon salaire mais c’est parce que j’ai un salaire issu de mon activité dans la production primaire. Puis le coiffeur (ou moi) va au cinéma. Itou, il s’agit d’un transfert à partir des revenus premiers issus de la sphère productive. Il est donc aisé de démontrer que toutes les activités de service n’existent que comme liées à la dépense issue des revenus antérieurs de la production agricole, industrielle, de machines, de bâtiments. Il devient clair aussi que les prélèvements des banques (taux d’intérêts, commissions), des assureurs, des impôts, des cotisations sociales se font sur les revenus primaires et la marge brute. C’est pourquoi il est nécessaire d’affirmer que c’est la production, non la finance, ni l’Etat, ni les services qui est à la base de la richesse, laquelle ensuite n’est que répartie. Certains industriels, inspirés par les âneries intéressées du MEDEF et des gouvernants libéraux, sont donc habilités à dire qu’ils payent tout à partir des richesses primaires qu’ils produisent. Ils ne font qu’oublier que c’est le travail et non le capital qui est à l’origine de la valeur et de la richesse. C’est cet aspect, du reste, qui est au fondement du libéralisme : la valeur-travail, reprise par Proudhon et Marx et aujourd’hui remplacée par l’utilité, laquelle met sur le même plan les carottes de la production primaire et les fourrures de lapin des services et de la finance. Il faudrait donc déjà que la justice dans l’évaluation des contributions et des rétributions des uns et des autres ait lieu en premier dans la sphère productive au lieu d’être simplement envisagée, comme chez les socio-démocrates, au niveau de la distribution et de la répartition. Par ailleurs, les industriels reconnaissent implicitement la valeur-travail, réduite il est vrai au temps d’activité de travail  en tant que « force d travail »: ils l’augmentent extensivement (48 heures par semaines, heures sup, retraite à 65 ans, « droit » de cumuler une retraite et un revenu de travail, etc.) et intensivement par le productivisme et le stress, genre Renault (8 suicides) ou France Télécom (25 suicides et 15 tentatives).

Certains « postmodernistes » nous affirment que l’économie de production a été remplacée par celle de la « connaissance », du savoir, de l’immatériel. Cela ne change rien à la marge brute ; de tous temps les capitalistes ont su voler les « forces productives », c’est-à-dire la science, la technique, le savoir des travailleurs, leur coopération. Le savoir, en tant que collectif, est un bien commun de l’humanité, « un capital social-mondial » et historique qui ne saurait être privatisé sous forme de brevets ou droits d’auteurs ou « droits de propriété intellectuelle » (DPI). La propriété privée de ce bien public reste un vol, ce bien public est lui-même du travail cristallisé et transformé en capital  cognitif à rembourser à la société, ce qui justifie des impôts sur les boîtes : droit d’usage d’un bien collectif. Qui plus est, le savoir collectif est toujours véhiculé dans les connaissances et les compétences des travailleurs, lesquels ne sauraient appartenir à l’entreprise. C’est donc en tant que travail que le savoir personnel est incorporé dans la production et cela existe depuis toujours. La seule chose moderne est que la « part immatérielle » du travail productif est bien plus élevée aujourd’hui.  Mais elle est aussi socialisée en tant que bien public et personnalisée en tant que compétence. ET cela le capital productif l’utilise en le volant, comme il vole toute « force collective » en la privatisant.  Je maintiens donc que c’est la production qui utilise le « capital humain », le capital immatériel. Et les savoirs liés aux services, aux biens publics, aux impôts payant les services publics, demeurent  rémunérés par des prélèvements sur la marge brute.

Du reste examinons ce qui se passe depuis 30 ans, depuis que le libre-échange est devenu l’alpha et l’oméga de la théorie et de la pratique économique au nom des bienfaits des «avantages comparatifs » (il faut qu’une économie se spécialise dans ses meilleurs atouts et achète le reste aux producteurs plus efficaces dans les autres secteurs) , lesquels font que le marché opère la meilleure affectation possible des ressources en fonction de leur rentabilité et de leur productivité différentielles de par le vaste monde concurrentiel. La Chine (ou d’autres pays dits PVD) est devenue l’atelier du monde, notamment parce que les multinationales occidentales y ont délocalisé leur production, en se réservant la conception (jusqu’à quand car la Chine est capable d’abord de tout imiter et ensuite d’innover toute seule ?). C’est que ladite Chine a d’innombrables avantages comparatifs : pas de syndicats indépendants, pas de droit social ou de protection sociale, dumping fiscal, subventions étatiques, prêts bancaires sans vérification de la solvabilité de l’industriel chinois investisseur (souvent un membre local ou régional du parti), pas de défense de l’environnement et pollution galopante, dumping commercial (elle vend souvent à perte à l’étranger et bien plus cher chez elle ; elle a en fait 2 sphères productives : une pour elle et une pour l’exportation), main d’œuvre illimitée et à très bas prix notamment en surexploitant 300 millions de « Mingongs » dépourvus de tout, y compris d’accès à l’école pour leurs enfants, école réservée aux enfants de la ville où viennent les paysans déracinés munis d’un passeport temporaire attestant ainsi qu’ils n’y sont pas citoyens.

Comme c’est la Chine qui fait désormais la production, souvent grâce à des investissements directs à l’étranger (IDE) effectués par les multinationales (lesquelles se déplacent dès qu’il y a moins cher ailleurs, au Vietnam par exemple) ou par appel à des sous-traitants (« sweat shops ») chinois, il s’ensuit que la base productive, notamment aux USA, a foutu le camp. D’où les conséquences : chômage, baisse ou stagnation des salaires, diminution continue des avantages sociaux consentis par les firmes US à leurs salariés (assurance-maladie ou chômage, contribution aux retraites), disparition de la force syndicale, montée de l’immigration (surtout latino) sous-payée, sans protection aucune et faisant office « de main d’œuvre industrielle de réserve » poussant tout à la baisse. Il est clair que le reste de l’Occident ou du monde industrialisé a suivi le même chemin. C’est d’ailleurs toute la politique du Nicktalope franchouillard. Et c’est logique puisque la base productive qui paye tout est en train de disparaître. Tous les revenus secondaires ou directs baissent (cependant, le pouvoir d’achat a été longtemps sauvegardé par la baisse des prix chère à Wal Mart achetant chinois et par le crédit facile ; jusqu’à la crise commencée en fait en juin 2007), sauf ceux de la finance. Car la délocalisation de la production a permis aux multinationales de faire des profits considérables, souvent dégagés dans des paradis fiscaux (ce qui explique que si aux USA le taux d’imposition des bénéfices des sociétés est théoriquement de 35 %, le taux réel pour les grosses boîtes n’est que de 8 % !). Ces profits, ajoutés à ceux des pétrodollars et à ceux des riches dont l‘imposition n’a cessé de baisser, cherchent évidemment à se placer au mieux. D’où les combines des banques et autres financiers pour développer la finance à l’échelle mondiale avec la bénédiction des politicards qui ont fait sauter toutes les régulations. A quoi s’ajoute la politique délibérée sous Clinton puis Bush, via Greenspan et la FED, de taux d’intérêt très faibles pour développer le crédit à la consommation ; ce qui a permis aussi pour les fonds spéculatifs de jouer sur la différence des taux entre celui auquel ils empruntent et celui  (en fait rendement financier des opérations) auquel ils spéculent. D’où les splendeurs de l’effet de levier très usité dans les LBO.

C’est la disparition de la production primaire, notamment dans l’agriculture ruinée par la concurrence des productions occidentales subventionnées (UE et USA), notamment parce que des firmes  locales ne peuvent atteindre le degré d’économies d’échelle des multinationales vendant au niveau mondial, qui explique le marasme de l’Afrique et de bien des pays du Tiers Monde. La concurrence mondiale y fait que tout simplement la production primaire est détruite dans l’œuf. A quoi s’ajoute le poids de la dette indue et les effets ravageurs des « réformes structurelles «  imposées par le FMI et la Banque Mondiale au nom du « consensus de Washington ».

La crise s’explique donc non pas par les errements des financiers mais par une logique systémique détruisant la sphère productive des Etats et des peuples au profit des pays faisant du dumping en tout genre. Et ce n’est donc pas par hasard que la Chine a rejoint l’OMC : c’est le gage de gagner à tous les coups dans la concurrence mondiale sans règles autres que commerciales sous la main de fer du parti communiste. Et c’est pourquoi le G20 n’y touchera pas : car à qui profite le crime ? Aux gouvernants, aux multinationales, aux financiers et aux riches. Une solution, quoique réformiste et à court terme : créer des taxes compensatoires sur les différents dumpings contenus par les exportations de la Chine et consorts.

Zappons l’Europe

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2009 @ 10:31

Qu’est-ce que l’UE sinon un grand marché de concurrence hyper libérale, « libre et non faussée » ? Sans consistance politique, sans même un début de fédéralisme, ne fusse que politique. Cirant les pompes à l’imperium US notamment au sein de l’OTAN, n’ayant aucune harmonisation fiscale, sociale, environnementale, ce qui permet à chaque pays de jouer en solo et de se comporter en passager clandestin faisant du dumping. A-t-on vraiment intérêt à rester dans ce bouzin ? NON.

Que manque-t-il à la France ? Pas grand-chose, elle a de quoi se nourrir (dont 400 fromages, 1ère agriculture d’Europe), de quoi picoler (pinards très divers, bière, cidre, eaux minérales, spiritueux très variés), de quoi se chauffer (1ère forêt d’Europe), de l’électricité, une industrie encore variée avec moult PME et PMI en plus du CAC 40 (du reste possédé à 45 % par l’étranger et ses fonds de pension), 15 % de taux d’épargne, de bonnes installations collectives (ou services, de moins en moins vu la chasse menée par l’UE contre les services publics), etc.  Sa recherche (et ses universités)  ne serait pas si mauvaise si le gouvernement ne s’employait pas à la détruire au nom du libéralisme. Elle dispose d’un immense patrimoine artistique, naturel et architectural. Il manque seulement du gaz et du pétrole.

Mais ces deux choses peuvent être remplacées aisément : biomasse dont méthane organique, agro-carburants (ça utiliserait les excédents sans passer par la PAC) et agro-matières plastiques, cracking de l’hydrogène (hélas encore avec du nucléaire pour longtemps) pour voitures propres, photovoltaïque, géothermie, force marémotrice ou éolienne, etc.

Mais j’entends déjà les thuriféraires du tout-marché qui se régule tout seul, qui affecte au mieux les ressources, qui fait bénéficier des avantages de la spécialisation des autres pays, qui agrandit la taille des espaces de vente pour faire des économies d’échelle, qui permet de trouver le fric dont on a besoins sur les marchés financiers internationaux à faible coût (pour financer les 140 milliards de déficit budgétaire, les prétendus 30 milliards de pertes de la Sécu  et les 1500 milliards d’euros de dettes en 2009, pour faire des OPA, pour investir, ô si peu  en secteur productif), etc. Les libéraux hurleraient au protectionnisme ; ils diraient que l’autarcie ruinerait le pays. Eh bien c’est faux.

Déjà à qui profitent les soi-disant avantages du tout marché en tous domaines ? Aux financiers : banques, assurances, « zinzins » [« investisseurs institutionnels »] comme les OPVCM avec leurs SICAV et FCP, les fonds de pension étrangers, fonds spéculatifs [hedge funds], fonds d’investissement privés [« private equities »], spécialistes du rachat de boîtes par LBO, c’est-à-dire par l’emprunt en le faisant payer par l’entreprise rachetée],  « fonds souverains » des Etats pétroliers ou de la Chine. Aux multinationales et à leurs dirigeants aux superbes revenus maintenant  100 fois supérieurs au salaire moyen. Aux laboratoires pharmaceutiques qui prolongent la durée de leurs brevets en rajoutant de la poudre de perlimpinpin à un produit devenant générique. De façon générale à toutes les boîtes qui excipent de « droits de propriété intellectuelle » (DPI) issus du savoir collectif ou ancestral qui sont des biens publics et des biens communs de l’humanité ; boîtes comme les producteurs de films ou de DVD qui ont fait voter la loi Hadopi pour conserver leurs rentes et exploiter les artistes.  Au complexe militaro-industriel. Et aux politicards qui se sont organisés en corporation inamovible de pouvoir, grassement rétribuée et touchant quelques miettes de leurs partenaires économiques pour lesquels ils votent de bonnes lois. L’appauvrissement drastique de ces rapaces  ne nuiraient pas aux pauvres et exclus de la société darwinienne qu’ils ont mis en place.  

Car cela ne profite pas au peuple : les inégalités de revenu et de patrimoine se sont accrues au profit des riches, lesquels sont quasiment exonérés d’impôts sur le revenu et les successions, la pauvreté a augmenté, le chômage officiel est à 2,5 millions  de  personnes, à quoi s’ajoute un nombre voisin pour le sous-emploi (précaires, temps partiel), le SMIC rémunère 17 % des salariés, l’âge de la retraite et le taux de remplacement diminue (retraite moyenne des moins aisés : 800 euros par mois, ce qui les conduit à prendre un petit boulot de survie grâce à la récente loi qui permet un cumul emploi-retraite) augmente, les salaires stagnent ou régressent, la protection sociale recule, les impôts locaux augmentent, etc. Comme le revenu national supplémentaire né de la mise de la France à l’encan sur le tout-marché mondialisé ne rapporte qu’à quelques acteurs sociaux facilement repérables, on ne voit pas pourquoi le peuple aurait intérêt à tout risquer-et il est désormais le seul à tout risquer- dans ce petit jeu de casino, dans ce mouvement brownien, qui, par ailleurs, vient d’être disqualifié par la crise mondiale.

Il est cependant probable que le retrait de l’Europe et de la concurrence mondiale amènerait une forte baisse (temporaire) du revenu national. Déjà, observons que c’est tant mieux : un peu de décroissance ne saurait nuire à l’environnement et on se remettrait à consommer économe, frugal, durable, solide et de qualité au lieu d’acheter de la camelote chinoise chez LIDL. Ensuite la perte de revenus peut être facilement compensée par des productions et des services collectifs. Il serait facile d’offrir à tous un logement décent proportionnel à la taille de la famille au lieu de faire du pavillon individuel excentré, ce qui bouffe des terres arables, facilite les hypermarchés maintenant ouverts le dimanche, rallonge les temps de transport et encourage le tout-bagnole pompeur de pétrole. Il serait aisé de remettre les transports collectifs sur le pavois et de les rendre fort peu onéreux si l’on renonce à la logique de rentabilité qui prévaut actuellement. De même la gestion de l’eau, du gaz, de l’électricité (y compris avec production locale propre), des déchets au niveau local et en régie municipale ferait faire d’énormes économies puisque les rentes de Veolia et Vivendi ou SUEZ, de même que les commissions versées à des politicards pour l’attribution des concessions, seraient supprimées. Autre idée : les commissions des officines immobilières seraient évacuées si l’on donnait aux municipalités le monopole de l’organisation de la vente des biens immobiliers. La transformation des assurances en secteur mutuel et coopératif éviterait les prédations des assureurs privés enfin mis en concurrence réelle. Les jardins « ouvriers » pourraient être développés à l’envi. Les ventes directes (ou cueillettes directes) chez les agriculteurs feraient baisser les marges de la distribution. Etc. etc. Ce serait facile de faire maigrir les prédateurs sans sombrer dans le collectivisme ; tout simplement en développant le secteur social de l’économie.

On peut faire aussi de grosses économies : suppression de l’armée (dans les 50 milliards d’euros de budget annuel) en se mettant sous la protection d’un statut de neutralité totale. Les militaires seraient reconvertis en coopérateurs pour le Tiers Monde avec lequel on coopérerait au lieu de l’exploiter. 200 députés au lieu de 577 députains, 100 sénateurs-conseillers économiques et sociaux au lieu de 343 sénateurs plus le Conseil économique et social. Suppression des départements et cantons (2 niveaux locaux : la commune ou la communauté de communes et la région). Je n’insiste pas : on peut aller très loin dans la diminution des frais généraux de l’Etat et des collectivités, frais qui  rétribuent une classe politique parasitaire, corporative et inamovible  et des fonctionnaires à son service et non à celui du peuple. 

On peut aussi trouver d’autres ressources de financement public. Par exemple, avec des taxes compensatoires sur les importations : taxes destinées à faire payer enfin aux exportateurs des frais de défense de l’environnement, de droit social et syndical, de droit fiscal rétablissant l’équilibre avec les coûts supportés par la France et que d’autres pays ne consentent pas pour faire du dumping. On taxera ainsi les Tudesques qui avec leur TVA sociale  de 3 % en plus ont tout simplement exporté leur charges sociales sur les copains. Ou les Yankees avec leur protectionnisme caché. Ou les Gibbies avec leurs paradis fiscaux off shore (leurs « îles ») qui font 20 % de leur PIB avec la finance. Ou les Ibères qui exploitent les saisonniers agricoles ; etc. Ces taxes seraient restitués aux pays du Tiers Monde qui ferait des efforts en ces matières ;

Les libéraux disent aussi que l’autarcie ou le protectionnisme (même les taxes de compensation des différentiels sociaux, fiscaux, etc.) aboutirait à un chômage fantastique par perte de marchés extérieurs si on ferme nos frontières. Déjà, on peut rétorquer que la performance libérale avec 5 millions de chômeurs réels ne leur permet pas de donner des leçons. Et c’est faux. D’abord, se « mettre au vert » pour défendre l’environnement créera des tas d’emplois dans le bâtiment, la recherche, l’énergie, etc.  Ensuite, on ne sort pas du « marché commun » ; on ne sort que de l’Europe institutionnelle et juridique avortée en nous redonnant le droit d’avoir nos propres lois et de nous défendre contre les différentes formes de dumping. Le droit d’avoir des fromages au lait cru, de l’or à 18 carats pour les bijoux, du chocolat sans matières grasses incorporées, etc. Les autres ont-ils vraiment intérêt à faire de la rétorsion ? Ensuite aussi, on peut compenser des pertes de marché en Europe par des échanges très accrus avec les pays du Tiers Monde, en se mettant enfin à pratiquer l’échange égal,  à les aider et à coopérer avec eux au lieu de les exploiter façon France-Afrique. Ce ne sont pas les Teutons ni les Saxons qui ont des matières 1ères, des produits agricoles, etc. Il suffit de les payer convenablement, d’aider à leur production, de donner des crédits pour moderniser l’agriculture, etc.

Enfin, depuis quand la richesse matérielle, le revenu monétaire, l’ostentation sont-ils le critère du mérite, le libéralisme affirmant qu’il est le seul régime à faire en sorte que l’accès aux positions sociales distinctives soit ouvert par l’égalité des chances ? Depuis quand, être riche en capital, en fric, est-il le critère du bonheur ? Se couper de l’Europe actuelle nous rendrait sans doute plus pauvres et c’est bien car nous retrouverions les valeurs de solidarité, d’entraide, de justice.

Le prince Jean bientôt avec terres

Classé dans : Non classé — 16 octobre, 2009 @ 10:59

La pré-nomination de Jean Sarkozy de Nagi-Bocsa à la tête de l’Epad a suscité une levée de boucliers sur le népotisme présidentiel. A quoi, avec un bel ensemble du plus beau comique d’accumulation, les thuriféraires du régime ont répondu que le jeune homme en 2ème année de droit devait tout à l’élection et non à la faveur. M. Chatel (déformation de château ou de castel) est même allé jusqu’à dire que les opposants faisaient une chasse au faciès, lequel s’est étrangement muni de lunettes etde cheveux courts et plus foncés.

Rappelons cependant les faits et rien que les faits. Le beau jeune homme a été élu au conseil général des Hauts-de-Seine, après la démission opportune de M. Marseille nommé bizarrement au Conseil économique et social peu après son retrait. On rappellera que dans ce département, le plus riche de France et truffé de compradores tels les repris de justice Balkany ou le prévenu Pasqua, à tel point que le président du Conseil Général, Devedjian, a dit qu’il lui fallait nettoyer les écuries d’Augias, ex-fief du président en exercice de la république bananière française, un âne décoré de la casaque UMP serait élu sans problème. Et Marseille s’étant retiré, le prince Jean a pu se présenter à sa place et a été effectivement élu conseiller général. Ce que je viens de dire, de façon purement factuelle, montre à l’envi qu’ être élu n’est que légal et n’est pas forcément légitime dans une démocratie à ce point truquée. De façon générale, le pouvoir UMP excipe de l’élection pour se présenter comme légal et affirmer que le pouvoir politique et législatif est dans les urnes et non dans la rue. Ce qui devrait amener les analystes politiques (les Périneau, les Giacometti, ce dernier étant en plus conseiller de l’Elysée, les Duhamel et consorts, etc.) à s’interroger sur la nature et la réalité de la démocratie française. Dieu merci, la question ne sera pas posée malgré tous les signes et tous les faits qui montrent que le monde politicard, professionnalisé et corporatif, tenant la politique pour un marché, est totalement coupé de la population, voire opposé à celle-ci comme l’a montré le vote sur le TCE, vote violé par le parlement qui a ensuite approuvé le traité.

Ce brave Devedjian, atteint par la limite d’âge de 65 ans,  a sollicité une prorogation de son mandat à la tête de l’Epad. Tsarkowitch a manœuvré pour que cela soit refusé. Las, pour devenir président de l’Epad, il faut être membre du conseil d’administration (18 membres) . Dans celui-ci il y a 8 élus locaux (4 de gauche et 4 UMP), 9 fonctionnaires et un CCI (chambre de commerce de Paris) . M. Marseille a opportunément démissionné, ce qui a libéré une place pour le conseiller général Jean sans terres. M. Marseille (ça rappelle la mafia de cette ville) sera, semble-t-il, un futur sénateur des Hauts-de-Seine. Peut être à la place de l’ex-fondateur du SAC (et de cordes, voir la tuerie d’Auriol), le vieux Pasqua en plus bien empêtré dans moult affaires judiciaires. A supposer que, avec la disparition des juges d’instruction, le parquet continue de poursuivre. A supposer que ledit Pasqua ne dispose pas de jolis dossiers susceptibles d’être opposés au pouvoir. A supposer aussi que  Pasqua, 83 ans aux prunes, n’échange pas son retrait contre la clémence pour son fiston corrompu et déjà condamné.

Or donc le CA de l’Epad va » veauter » tantôt pour élire son président. On a vu qu’il y avait déjà 8 élus locaux, dont 4 UMP. Mais il y a aussi 9 fonctionnaires de haut rang nommés par le pouvoir. Devinez comment va veauter cet aréopage distingué ? Pour le prince, évidemment sauf à se faire hara kiri, d’autant plus que l’on ne sait pas si le vote est secret, ce dont je doute vu les mœurs du pouvoir. Et des gugusses proposent maintenant que seul vote le CCI et les élus. Or ledit CCI est un UMP de Neuilly!

Pour arriver au conseil général, Jean maintenant avec terres, a été certes élu par les UMP du coin, devant tout à son papa, lequel a hanté les lieux pendant longtemps. Il a même été élu président du groupe UMP des lieux (prendre lieux au sens de lieux d’aisance politique). Je repose donc la question de fond : que valent ces élections dans ce contexte, dans ce milieu UMP, dans ce futur vote où des fonctionnaires nommés, plus 4 élus UMP,  sont majoritaires ? C’est cette question qu’aucun journaleux des grands médias n’a posée, que notre Nicktalope de monarque républicain a prestement évacuée et que les porte-flingue et les dignitaires, y compris ministres, de l’UMP ont niée. Sauf Rama Yade, laquelle ne devrait pas tarder à gicler pour cause de crime de lèse-majesté dynastique.

De la nouvelle agit-prop.

Classé dans : Non classé — 12 octobre, 2009 @ 10:10

La signature de la pétition-référendum populaire contre la privatisation de La Poste a recueilli plus de 2 millions d’expressions de personnes dont 90 % de non à l’opération gouvernementale. Je passe sur les noms d’oiseaux dont les 62 organisations « organisatrices » on été affublées par les porte-flingues du pouvoir pour soi-disant dénoncer une opération de manipulation. Au-delà des vitupérations de la droite UMP, il faut observer que le pouvoir a bien senti que cela signifiait quelque chose d’inquiétant pour lui, car il n’a pas encore rempli ses obligations liées à la réforme constitutionnelle de juillet 2008 sur le référendum d’initiative populaire. Il fait volontairement traîner le vote de la loi organique qui doit l’autoriser. Le pouvoir a donc réagi, après les aboiements de ses sbires, par une campagne de publicité dans les journaux et ailleurs. Vous avez pu admirer dans la presse des pages entières dédiées à l’affirmation de ce que le gouvernement ne privatisait pas La Poste.

Réfléchissons 2 minutes ; tous les sondages, dont le pouvoir est friand et qu’il fait souvent réaliser aux frais du contribuable, confirment le vote citoyen et participatif ci-dessus rappelé. Pour contrer la chose, le pouvoir fait de la « Com », de la « pub ». Et ile fait en tant que parti politique au pouvoir et à nos frais. Nos impôts (hormis chez les riches qui n’en payent plus avec les niches fiscales et les effets de la loi Tepa)  servent en partie à payer la propagande gouvernementale et partisane alors que l’Etat doit être neutre et au-dessus des partis. C’est fantastique : le pouvoir empapaoute le peuple et en plus il lui fait payer la vaseline ! Et il lui fait aussi payer les multiples sondages d’opinion chargés soit de prendre la température ex ante avant une mesure désagréable, soit ex post pour mesurer l’état des réactions du bon peuple.

Certes, cette exploitation des moyens publics pour financer des activités partisanes n’est pas une nouveauté ; tous les pouvoirs ont usé et abusé d’officines, de cabinets noirs, de services de renseignement (ex RG) pour espionner les opposants ou désinformer l’opinion publique. Plus récente est l’apparition de la Com gouvernementale ou l’usage des sondages. Mais ce n’est pas un monopole du pouvoir UMP. Ce qui frappe, cependant, c’est que ce dernier a passé la surmultipliée avec une croissance démesurée et exponentielle de ces pratiques. Et avec une avancée remarquable vers le service d’un homme ; il ne s’agit plus seulement d’usage partisan des ressources publiques, cela confine à leur privatisation individuelle.

Le Nicktalope (obscurvoyant, ayant bien besoin des lumières des sondages pour piloter à la godille son action clientéliste) s’est inspiré de Big Brother comme l’établit le Canard enchaîné dans son numéro spécial « Je te vois » d’octobre 2009. Il a comme organisateur de ses sondages privés un revenant de l’extrême droite (FN, minute) Patrick Besson, « jumeau » putatif et idéologique de Ganelon-Besson et proprio-fondateur de la boîte Publifact qui commande, moyennant de grosses commissions, les sondages aux instituts éponymes. Tarif jugé exorbitant par la Cour des comptes : 1,5 millions d’euros en 2007 et 2008 pour 134 « études » (toujours rapporté par le Canard enchaîné). Ce nouveau Goebbels, en bien plus petit quoique muni de la même mission de « Viol des foules par la propagande politique » (livre de Serge Tchakotine dans les années 50), a même trouvé mieux : les mêmes sondages (ceux d’Opinion Way commandés par Besson entre autres sondages à d’autres boîtes) se retrouvent parfois à moindres frais dans les colonnes du Figaro ; c’est ce qu’on appelle la « mutualisation des dépenses ». Tsarkowitch est aussi assisté par son conseiller en sondages, à savoir le sieur Pierre Giacometti, ex de BVA et d’Ipsos, en tant que « guetteur de tendances ». Le Pierrot, pas lunaire du tout, bretelles auditives de l’Elysée, sévit souvent, à titre d’expert neutre, dans les émissions journalières de la 5 (du compradore Yves Calvi qui sert la soupe sécuritaire et publicitaire du pouvoir sans vergogne) sans qu’il n’y soit jamais mentionné qu’il conseille le Prince…  Et il ne faut pas oublier les autres grenouilleurs en Com, pub, web et sondages qui pataugent dans la mare (le marigot ?) élyséenne : Thierry des Saussaies (Saussez), publicitaire, devenu « délégué interministériel à la communication » du château (coût passé en un an, de 2008 à 2009, de 5,3 millions à 23, source,  toujours notre cher Canard), Franck Louvrier de la 25ème heure, toujours sur la bonne route ; Sœur Emmanuelle Mignon (de porc) ex du couvent des Oiseaux, Jean-Michel Goudard, dit l’amer Michel, Pierre Charon qui n’amasse pas mousse dans sa charrette. La dernière idée de Charo(g)n(ard) est d’utiliser le web pour « obamiser »(cité par le Canard ; 5 personnes travaillent déjà dans un « cabinet » pour cela en vue de 2012) les élections à coup de retape des électeurs sur internet. Et nos Altesses royales viennent de se mettre sur Twitter pour y buzzer. On n’est jamais si bien servi que par soi-même…  Rien de plus sûr que d’avoir à la fois une ceinture et des bretelles, bien que le Prince puisse nommer les dirigeants des ondes publiques et soit à tu et à toi avec les bétonneurs, les avionneurs, les fournisseurs de luxe, etc. qui possèdent moult médias. La France est donc en train de se berlusconiser à grande vitesse aux frais du contribuable.

La chose est renforcée par ce qu’il faut analyser comme une privatisation de la justice, via les cireurs de parquet et autres chats-fourrés ayant le pied Marin pour louvoyer dans les palais d’injustice, par le Kronprinz avec l’affaire Clearstream où il règle ses comptes personnels avec l’hipponyme Galouzeau de Villepin. En ce qui concerne la plainte d’un citoyen de Neuilly à propos d’un appartement acheté par Tsarko, elle a été classée sans suite par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, de transmission.  Quand les juges d’instruction auront disparu, cela deviendra encore plus facile à moins que la Cour européenne des droits de l’homme ne condamne la France pour non-indépendance de l’autorité judiciaire ; elle a déjà tiré un coup de semonce… La statistique sécuritaire est aussi confiée à un honorable copain  de la rue des Saussaies. Il s’agit de M. Alain Bauer, proprio d’une officine privée en conseils de sécurité, fournisseur de la place « Beauveau », président de l’observatoire (public) de la délinquance par le fait du prince, nommé à une chaire (elle est faible) de  criminologie au CNAM sans avoir les diplômes nécessaires. On dit merci qui ?  Mais tout franc-maçon sait aussi construire les murs utiles à sa protection

Il y a aussi mobilisation privative des forces de police ; quand le génie se carapate en province, un minimum de 500 CRS et autres gardes mobiles est nécessaire pour empêcher le petit peuple contestataire de l’approcher ou de faire retentir ses cris à ses trop chastes oreilles. Sinon le préfet est viré. Par ailleurs, à titre d’autre exemple, la villa de son ami Clavier en Corse est désormais protégée jour et nuit par la gendarmerie. En 3-8 cela doit faire du monde. Pendant ce temps-là le FNLC doit rigoler. Quand le couple de monarchie républicaine fait des emplettes chez les ébénistes du 11ème arrondissement de Lutèce, les accès sont barrés et les riverains enfermés chez eux pendant une heure… Quand je pense à Angela Merckel  qui fait ses courses toute seule à la supérette du coin, j’en reste tout ébaubi. C’est que les Français ne prennent plus la Bastille, seulement la pilule ou la pastille ou la pastilla.

Toujours mieux ; maintenant le dauphin Jean est adoubé pour présider l’EPAD, établissement public crée sous le grand Charles et lieu de bien de scandales immobiliers et politiques. C’est qu’il ya des moyens et des sous éventuellement utilisables comme l’a fait Chirac qui a mis Paris en coupe réglée pendant 20 ans sans la moindre condamnation. Suivez le cheminement, par ailleurs affiché sans pudeur, ce qui nous change quand même des menées souterraines des politiciens précédents,  remise de moyens communs à un parti, privatisation au profit du monarque républicain (oui, M. Sarkozy monarchie signifie gouvernement d’un seul et une monarchie peut être élective) et pour couronner le tout, si j’ose dire, passage à un régime quasi dynastique. Finalement,  c’est encore mieux que la posture de Berlusconi…

Les réformes démocratiques en trompe l’œil de Sarkocescu

Classé dans : Non classé — 6 octobre, 2009 @ 10:59

 

L’omniprésident  avait promis de revaloriser le parlement, de soumettre la nomination des plus hauts fonctionnaires ou aux plus hauts postes des entreprises publiques  à celui-ci, de lui redonner du pouvoir dans la préparation des projets de loi, d’ouvrir le conseil supérieur de la magistrature et d’y distendre la relation au pouvoir exécutif, de donner au peuple un droit de pétition. Quand on regarde de près ces innovations, annoncées en grandes pompes à talonnettes, on s’aperçoit facilement qu’il s’agit de tromperie sur la marchandise, suivant la bonne vielle méthode du pâté d’alouettes : une alouette pour un percheron.

  • Contrairement à ce que raconte le porte-flingue Lefevbre ou consorts un haut fonctionnaire n’est pas nommé avec l’aval des 3/5 èmes  des parlementaires, mais si lesdits 3/5 èmes ne s’y opposent pas. Cela change tout car avec l’énorme majorité UMP actuelle il est impossible aux opposants de l’obtenir.
  • Désormais, ce seraient les commissions des 2 chambres qui étudieraient les lois à partir d’un projet émis par le gouvernement, donc la loi serait l’œuvre du parlement. Du coup, on en a profité pour diminuer le temps d’examen des projets lors des séances dans les chambres. La réforme serait acceptable si les commissions disposaient, comme aux USA, du personnel et des moyens nécessaires à l’étude approfondie des projets. Aux USA, chaque sénateur (1 par  Etat, soit 100 en tout pour  plus de 300 millions d’habitants, à comparer à nos 343 pour 65 ou 435 représentants pour 577 députés), par exemple, dispose de tout un staff pouvant monter jusqu’à 100 personnes pour l’aider. En France, nib de nib. Les commissions seront obligées de se faire aider par les services gouvernementaux, ce qui fait revenir la vraie rédaction du projet vers l’administration … De plus, la scandaleuse pratique des amendements déposés en séance n’a pas été supprimée. Car il faut savoir que tout projet de loi doit être soumis au Conseil d’Etat avant séance, alors que, évidemment, pour un amendement déposé à brûle-pourpoint, ce n’est pas le cas. Ces amendements sont souvent soufflés par le gouvernement à un parlementaire complaisant, ce qui permet ensuite de dire, si l’amendement soulève un tollé, qu’il n’émane pas du gouvernement mais de l’initiative malheureuse dudit parlementaire compradore. Ils prennent aussi  souvent la forme « d’un cavalier législatif » (exemple, l’amendement sur la reconnaissance des bienfaits de la colonisation lors d’une loi d’indemnisation des colons), c’est-à-dire qu’ils sont glissés dans un projet de loi où ils n’ont rien à faire car ce n’est pas l’objet dudit projet. Bien pire sont les amendements proposés à un parlementaire stipendié par un lobby.

Comme les commissions préparent désormais, sans grands moyens donc, les textes de loi proposés par le gouvernement (projets de loi), il va de soi que les initiatives des parlementaires (propositions de loi) s’en trouveront diminuées. L’élaboration ou la mise au point est donc remontée dans les commissions, lesquelles sont évidemment majoritairement truffées de représentants UMP. On a vu le résultat de cette procédure avec le récent cafouillage de l’annulation de l’article pénal permettant de dissoudre une secte condamnée pour escroquerie, juste après le procès de l’église de scientologie (les juges n’étant pas au parfum de la modification…) mais avant le rendu du jugement. O miracle, maintenant personne ne sait qui a eu cette bonne idée et l’on veut réintroduire la chose lors d’une nouvelle loi !

L’hypocrisie gouvernementale sur les soi-disant nouveaux droits du parlement est aussi montrée par l’avalanche, que dis-je, le tsunami de textes que gicle le pouvoir à tout propos et à jet continu, par exemple dès le moindre fait divers émouvant pour le bon peuple sécuritaire sinon sécurisé. Encore très récemment, avec le meurtre d’une femme par un récidiviste du viol, Sarkocescu a demandé une énième réforme de la loi pénale en la matière. Il en résulte que les commissions sont bien incapables de pouvoir faire face à cette inondation permanente de projets gouvernementaux. Cela se voit au fait que de plus en plus on ne peut pas prendre les décrets d’application de lois pourtant votées et inapplicables tellement elles sont mal ficelées, étudiées dans la précipitation, conçues pour séduire la clientèle électorale, improvisées en fonction des circonstances. Ainsi Besson-Ganelon a-t-il remisé les tests ADN au sujet des regroupements familiaux des immigrés. Enfin, le gouvernement a conservé la procédure d’urgence qui permet de réduire à sa plus simple expression le temps de préparation et de mise en débat des textes de lois. Vous aviez dit revalorisation du parlement ?

  • Le droit de pétition est lui aussi une franche rigolade de Gnafron 1er  tsar des guignols de la réforme constitutionnelle votée l’an dernier (juillet 2008) à une voix de majorité (celle de Jack Lang !). Déjà, la loi organique qui doit le réglementer (par cela il faut entendre une sorte de décret d’application de la Constitution, laquelle  requiert 20 % des parlementaires et une demande par 10 % du corps électoral (soit 4,5 millions de personnes) n’a toujours pas été mise en place. Et pour cause : il est urgent d’attendre, notamment par rapport au référendum d’initiative populaire (le fameux droit de pétition pouvant le faire exiger) réclamé par 60 organisations de gauche (suite à la « votation citoyenne » ayant rassemblé 2 123 000 votants et s’étant prononcé à 90 % pour la non-privatisation) à propos du changement de statut de la Poste. Changement, du reste, non exigé par l’Europe contrairement à ce que raconte le porte-flingue susmentionné. Ce changement amènera, avec certitude, le même itinéraire de privatisation (ouverture du capital aux investisseurs privés) que pour France télécom (par le PS) et GDF (par le futur mitron présidentiel malgré sa promesse de 2004 de conserver à l’Etat 51 % du capital). Le second couteau susdit prétend que la transformation de la poste en SA est obligée par l’UE pour recevoir des apports en capital par la Caisse des dépôts et consignations. Organisme public, qui alors opérerait une subvention occulte pour les p(r)inces de Bruxelles. Allons donc, la Poste n’en a pas besoin car elle dégage déjà bien trop de profit si l’on songe qu’un service public n’est tenu qu’à l’équilibre de ses comptes (c’est un des principes de service public avec, notamment, la facturation au coût de revient).

On observera que les conditions exigées pour la pétition sont déjà peu réalisables. Il n’y aura donc pas beaucoup de RIP (relevé d’identité postale ou référendum  avec adresse IP?) Et ce qu’il y a de plus drôle encore, c’est que cela ne change quasiment rien car un service public qui agit, déjà depuis bien longtemps, suivant la même logique de rentabilité et de profit qu’un entreprise de droit privé, c’est « bonnet blanc et blanc bonnet ». Vouloir changer à toute force le statut de la Poste révèle bien qu’il y a anguille sous roche : le statut de SA est un 1er pas pour ouvrir ensuite de plus en plus le capital au privé afin que le gouvernement puisse vendre au coup par coup un des derniers bijoux de famille. Y bout de le faire car ses finances sont dans les choux, ce qui  met des cailloux dans les pompes de notre Poucet national. C’est l’ABC de la stratégie des Ri-poux politiciens depuis bien longtemps : petites étapes progressives de glissement vers le but caché, chacune étant modeste et peu visible, et saucissonnage des problèmes en rondelles camouflant le résultat final projeté par le pouvoir.

  • Sur l’autonomisation du conseil supérieur de la magistrature, les magistrats n’y auraient plus la majorité des sièges car il serait fait appel en majorité à « des représentants de la société civile » nommés par le pouvoir. C’est un grand classique que la profusion d’Agences, de Commissions de régulation, de Hauts conseils, de Hauts comités (Théodule), de Hautes autorités, de commissions ad hoc (Attila, Ricard-Jupette, Ballajo-Jack, Styleglisse-Zen, etc.) truffés d’experts « indépendants » pour conseiller le gouvernement. Et cela a commencé sous la gauche plurielle notamment trotskiste. Comme les membres stratégiques et majoritaires desdits « machins » sont nommés par le pouvoir il est sûr qu’il en aura pour son a(r)gent, avec en prime le beurre et la crémière. Ces organes-bidons, faussement démocratiques, ont pour vrai but de dédouaner les vrais décideurs en faisant passer la décision comme étant neutre « à dire d’experts ». Et la dernière trouvaille est la représentation de la société (fort) civile à l’égard du pouvoir…

Désormais la démocratie dispose de la ceinture théorique du nouveau droit, réformé en faveur des protestants, et de bretelles le rendant peu applicable ou réel. Bien joué, vieille taupe, c’est chouette, Minerve !

La souffrance au travail

Classé dans : Non classé — 21 septembre, 2009 @ 11:21

 

Par suite des suicides de salariés de France-Télécom (Etat : 25 % du capital), annoncés au nombre de 23 (au 10 septembre 2009 pour l’année en cours) par les médias compradores alors qu’il y a eu 12 tentatives en plus, le PDG Lombard a parlé d’arrêter une mode au sortir de sa convocation chez François Fion, 1er sinistre de Zébulon 1er.

Comme d’habitude, avec beaucoup de retard et alors qu’il faut attendre chez les politicards l’apogée des problèmes pour les découvrir (en réalité, ils savent mais ils laissent pisser jusqu’à l’explosion avant de faire semblant de s’en emparer et de les traiter uniquement avec des attitudes compassionnelles), les excellences gouvernementales ont convoqué le patron… qu’elles ont nommé,  qu’elles n’ont en aucun cas surveillé ou modéré, qu’elles ont même dû pousser à faire du chiffre puisque c’est le leitmotiv de la politique actuelle. Car il est vrai qu’une bonne part des bénéfs part dans les caisses de l’Etat sous formes de dividendes et d’impôts sur les sociétés. Et le Lombard, patron de FT a bien la tête de l’emploi : costume grisâtre, rondouillard, rose comme un porcelet, regard fuyant de lapin pris dans les phares d’une auto, gestuelle d’esquive, visiblement peu touché personnellement par l‘inquiétude. Rassurez-vous ; ici je ne fais qu’appliquer les méthodes de la phrénologie et de la morphologie qui furent longtemps en exercice…  pour les criminels « nés ».

Cet ex-service public, où il ya encore 60 000 fonctionnaires vilipendés par la hiérarchie, est depuis sa transformation en SA l’objet (au sens strict, car les hommes n’y comptent pas) de réformes de structures en veux-tu-en-voilà, de pressions productivistes sur les salariés, de mutations d’office sans la moindre concertation ni la moindre prise en compte de la situation territoriale et familiale des salariés, de suppressions de postes à n’en plus finir, de délocalisations, notamment des services téléphoniques d’accueil des « clients », d’appel à la sous-traitance, de refus de prendre en compte les observations des médecins du travail, lesquels sont au bord de la dépression ou de la démission, etc.  Vous aurez reconnu là les méthodes du management moderne dans les boîtes privées, sauf que même chez elles le management y est plus humain et moins brutal.

Voilà bien de nombreuses années que les psycho-sociologues du travail  (notamment Danièle Linhart et Christophe Dejours en tant que pionniers depuis plus de 15 ans) alertent sur les conséquences de ce management new look sur les personnels. La suppression des collectifs de travail via l’individualisation des rapports aux salariés, le chantage à la performance via des stages de conditionnement des salariés (avec gourous, « psys », stages « hors limites » comme le saut à l’élastique, coachs, etc.), les réformes revolving, les pressions productivistes (souvent sous couvert de mérite, de compétition, d’esprit d’entreprise, de direction par objectifs sans donner les moyens correspondants), le management par le stress quand ce n’est pas par harcèlement moral, l’absence totale de reconnaissance (Norbert Alter dans son dernier livre), la chasse aux syndicalistes, etc. laissent le salarié seul face à une hiérarchie, elle-même poussée par le mode de gestion court-termiste et de rentabilité financière propulsé par les dirigeants pour faire grossir la valeur boursière pour l’actionnaire. Qui est de plus en plus un fonds de pension par capitalisation détenant suffisamment d’actions pour faire pression sur lesdits dirigeants. Isolé, le salarié est dépourvu de tout moyen de défense collective, ce qui le pousse à somatiser puis à « psychologiser » sa détresse, d’où la vague structurelle de suicides un peu partout : 1 par jour en France, on rappellera ceux de chez Renault ou d’EDF. Le problème est donc connu depuis longtemps. Il est organisationnel et structurel ; il est induit par la logique financière à court terme et les méthodes de gestion. Il vient de l’inverse de ce que l’on voit dans les coopératives de production, secteur dont le pouvoir et le Medef ne parlent jamais alors que son poids économique est loin d’être négligeable.

Et il n’y a pas qu’à FT ; c’est vrai aussi à EDF bien que l’Etat y ait encore 84,7 % des parts sociales… Alors le pouvoir va se contenter de faire les gros yeux à Lombard et de le prier de mettre la poussière sous le tapis : plus de DRH, plus de médecins du travail, continuation de la psychologisation des choses. C’est commode ; cela permet d’évacuer toute responsabilité des structures, du mode de gestion, des dirigeants organisant le cadre de travail des salariés.

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