les armes de la critique

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De l’identité nationale française

Classé dans : Non classé — 1 novembre, 2009 @ 11:28

 

Et revoilà Gnafron 1er re-démangé par le prurit de l’identité nationale, sans doute aussi pour continuer à vider le Front National de sa clientèle et détourner les préoccupations des Français vers des sujets « rassembleurs ». Du moins le pense-t-il. Il la joue fine avec son futur musée de l’histoire, la lettre de Guy Mocquet, l’instruction civique, la pénalisation des outrages au drapeau et à l’hymne national, les « charters » d’Afghans, le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, le retour à la terre « qui ne ment pas » (Maurras), etc.

Pourtant, tout bon prof de philo en terminale recommande d’analyser, de façon terre à terre, qui ne ment pas, les concepts du sujet soumis à la sagacité du potache. Il convient donc de définir les termes du débat. D’où un grand raout avec « les forces vives » de la nation. Sans attendre d’avoir la liste desdites forces représentatives conviées à cadrer les choses et vraisemblablement triées sur le volet pour aller dans le sens souhaité, clarifions de notre côté les concepts concernés.

  • La nation ; un peu d’histoire, mais hélas le musée y consacré n’existe pas encore, nous apprend qu’il n’y a rien de plus difficile à cerner, surtout dans le cas de la France. Notre beau pays a toujours été un melting pot. Les 1ers habitants, les Celtes, ont été noyés sous les différentes invasions. En vrac et sans être exhaustif : Wisigoths, Ostrogoths, Huns, Alamans, Lombards, Romains, Francs (en fait des Allemands !), Normands. C’est ce brave Michelet qui a créé de toutes pièces le mythe des Gaulois et inventé la France. Ca tombait bien. La 3ème république, laïque, gratuite et obligatoire a pu puiser dans cette légende les fondements de l’histoire officielle si utile pour faire comprendre au salariat et à la paysannerie, si bien exploités par les Jules au profit de la bourgeoisie, qu’il y avait des intérêts communs : récupérer l’Alsace et la Lorraine, conquérir l’Indochine et l’Afrique, achever l’assimilation de l’Algérie en privant les Arabes ou Berbères de tout droit, ces peuplades arriérées auxquelles la France devait apporter les Lumières. Evidemment dans cette histoire romancée d’abord par Michelet puis mise au service de Michelin, du comité des forges et de la banque de France (entre autres), il fallait passer sous silence que la prétendue nation avait été créée de toutes pièces à grands coups de mariages, de guerres (par exemple celle des Albigeois), de centralisation (par exemple l’édit de Villers-Coterêt), de fiscalisation, d’imposition d’une seule religion, etc. Las, encore sous Louis XVI perduraient  18 provinces, chacune étant munie de sa langue, de sa culture, de ses coutumes, de ses poids et mesures, de ses octrois, de son autonomie. La Révolution française y mit bon ordre et paracheva la centralisation que les Rois avaient laissée en plan, notamment en menant une guerre civile sans merci contre les Vendéens (génocidaires colonnes « bleues » de Thureau). Ce que Michelet loua à grand renfort d’héroïsme des Marie-louise « français » (sortis de leurs campagnes à la « force des baïonnettes » et ne parlant que leur « patois »), par exemple au moulin de Valmy et à Jemmapes. Et « Lapailleaunez » continua d’exporter les Lumières françaises en Europe à grands coups de canons et de pillages. Et vous voudriez,  Zébulon 1er, que je me sente français au nom de cette histoire-là ? Je ne suis pas français ainsi,  même si vous, Hongre de 2ème génération, descendant des Huns, vous voulez être plus français que moi, descendant des Normands (mon nom l’atteste) depuis plus de 1000 ans.
  • Ensuite, vinrent les différentes vagues d’immigration espagnole, italienne, polonaise, maghrébine, etc. Tout cela pour signifier que la nation française est un construit politico-étatique car ce sont l’Etat et les gouvernants successifs qui ont imposé un cadre national, juridique, simplement juridique, au territoire. En fait il n’y a soi-disant nation que par l’existence d’institutions, de lois communes, d’une police unifiant un territoire dominé, de la guerre (celle de 14-18 a beaucoup contribué à « unifier »), d’un nationalisme latent porteur d’asservissement des « races inférieures » attardées auxquelles amener les « Lumières » et d’une langue par ailleurs imposée à grands coups de punition aux petits Corses, Bretons, Catalans, Basques, Occitans, etc. par « les hussards noirs de la République ». Il n’y a donc aucune raison pour un individu d’adhérer à cette conception de la nation et comme disait Proudhon : « là où est la justice, là est ma patrie ». Proudhon énonce ainsi avec vigueur  que tout homme, avant d’être citoyen d’un Etat national, est un membre de l’humanité. On voit ainsi et aussi que la nation n’existe pas ; ce qui existe, c’est l’Etat national, l’Etat Français du régime de … Vichy, chantre de la « révolution nationale », devenue aujourd’hui la « rupture ». Ce qui nous amène à une autre idée de la nation, notamment à celle de l’antisémite Renan pour lequel la nation est un « plébiscite de tous les instants ». Il veut dire par là que l’on adhère à ladite nation que par le vecteur de valeurs communes et partagées, non par le droit du sol et encore moins du sang.
  • Lesquelles ? Evidemment celles de la Révolution française de 1789 sur le thème «liberté,  égalité, fraternité ». associées à celles de neutralité, devenue ensuite laïcité, et de justice sociale. Cela impliquait la mise en place d’une république juste et démocratique, libérale et sociale. Je me demande depuis toujours pourquoi les ouvriers et paysans du pays sont allés se battre la fleur au fusil contre les Teutons en 14/18. Les promesses de la Révolution étaient fort loin d’être réalisées ;  le droit de se syndiquer ne fut admis qu’en 1884, les assurances sociales ne furent créées qu’en 1945 ; la catastrophe de Courrières en 1906 (plus de 1000 morts par suite d’une décision de la mine privée de ne pas investir contre les poussières) est restée impunie ; les gouvernements firent tirer sur le peuple en 1848 (révolution éponyme), en 1871 (Commune de Paris), en 1891 (Fourmies), en 1907 contre les viticulteurs du Midi, en 1920 contre les grévistes (Draveil, Villeneuve St Georges). La République donna raison au marquis de Solages, propriétaire des mines de Carmaux, contre le droit des ouvriers d’avoir un maire socialiste, ce qui nous valut la création en 1896, avec Jaurès de la verrerie ouvrière d’Albi.  Le repos dominical n’exista qu’en 1910 (supprimé en 2009 sous Tsarkozy). On eut le « livret ouvrier » pour espionner les déplacements des travailleurs ; on eut la magnifique loi  « en matière de gages, le patron est cru sur parole » ;  les sociétés de secours mutuels, les coopératives les « coalitions » furent pourchassées. Ah quelle belle république « nationale »… pour les patrons. Et j’en passe. C’est ce qui explique du reste pourquoi le syndicalisme français s’est bâti contre les politicards (charte d’Amiens de 1906). La seule raison de vouloir en découdre avec les Tudesques est sans doute le nationalisme soigneusement insufflé dans les esprits par l’école des Jules. Bref, l’immense majorité de la population du territoire n’avait aucune raison de croire en une instance supérieure dénommée nation. L’idée de nation est en fait un corollaire de celle d ‘Etat, c’est-à-dire une construction politicarde pour assujettir des peuples divers, vivant sur un même territoire obtenu par la guerre et la domination, sous un même joug. Et cela au profit de la bourgeoisie capitaliste « nationale » avant qu’elle ne devienne mondialisée.
  • Pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975), les valeurs constitutives et, si j’ose dire, adhésives d’une vraie nation (comme croyance dans le caractère juste de la république et espérance dans un avenir meilleur pour soi et surtout pour ses enfants) virent de fortes réalisations. Las, depuis Fiscard Destin en 1974 (avec proscription de la « nouvelle société de Chaban- Delmas) les gouvernements de la république se convertirent au néolibéralisme, notamment sous le curé Delors et Mauroy (1983), et se mirent à détricoter lentement mais sûrement les acquis des 30 glorieuses. Le populo redevint donc habilité à ne plus adhérer à une telle nation porteuse d’inégalités, d’injustice, de précarité, de régression sociale dans tous les domaines, ce qui s’est accéléré avec l’arrivée au pouvoir du Nicktalope UMP Tsarkozy. Ajoutons, par ailleurs, que ceux qui se réclament aujourd’hui de la nation ne furent pas les derniers à propulser la mondialisation commerciale, économique et financière, y compris et d’abord au sein de l’UE, qui détruit précisément les idées de politique, d’Etat, de nation au profit du tout-marché généralisé. Dans ce mouvement régressif, il n’y a plus de nation ; il n’y a qu’un Etat hyper libéral au service de la rente. Que dois-je faire, M. Tsarkowitch, adhérer à des valeurs nationales républicaines qui n’existent plus ou obéir à la toute-puissance de l’Etat que vous dirigez tout seul ?
  • Cette dégradation, qui percute de plein fouet les valeurs de la république, vaut encore plus pour les banlieues, ce qui explique la fureur des jeunes beurs et autres contre les symboles des institutions  perçues par eux comme pourries (et elles le sont effectivement) : la démocratie réservée aux blancos et aux petits mecs, la police, la justice à n vitesses, les pompiers, les employés d’EDF, les autobus, l’armée, la pseudo-démocratie, la Marseillaise, le drapeau, etc. Et voilà que le Tsar-cosy veut réhabiliter l’adhésion des personnes à la nation, tout en propulsant la mondialisation, en passant la surmultipliée de la répression et en mettant la justice à sa botte. Comme si l’aggravation permanente des injustices pouvait ressusciter le sentiment national, comme si c’était le rôle et la possibilité de l’école de l’imposer, comme si une histoire récrite par les fantoches du pouvoir pouvait compenser la perte des bases mêmes de l’adhésion au pays. Et, contrairement aux mensonges du pouvoir, si les jeunes se rebellent ce n’est pas parce qu’ils auraient perdu le sens de la nation et de la république ; c’est au contraire parce qu’ils veulent que la république tienne ses promesses alors qu’elle ne fait que les trahir.
  • L’identité. Pour une personne, c’est la conscience d’être un soi reconnu par les autres,  en tant qu’être singulier dont la dignité et la liberté sont respectées. C’est être admis comme égal parce que différent. C’est être soi-même avec les autres car seuls ces derniers peuvent vous donner votre identité sociale et personnelle, ce qui est fort loin d’une mise en carte. Ce n’est pas avoir des papiers comme si ceux-ci conféraient l’identité.  En fait toute identité personnelle est liée à l’unicité de la personne, laquelle est une « composition » (Proudhon) de multiples facettes d’appartenance à différents groupes. Si identité il y a, elle est multifactorielle, multidimensionnelle. Elle ne saurait être mise en carte.

Mais qu’est-ce que l’identité d’un groupe ? C’est ce qui le distingue des autres en le particularisant tout en le situant dans le concert social par rapport à tous les autres. C’est sa place singulière dans la société, c’est sa culture particulière, ce qui passe évidemment par la reconnaissance par les individus et les autres groupes de sa valeur particulière C’est ainsi que la France n’a pas d’ordre des éboueurs alors qu’elle a des ordres de la médecine ou de la pharmacie. C’est amusant, du reste, parce que la Révolution française avait supprimé les corporations. Il en reste donc deux cents après, ce qui prouve que le statut social, parfois érigé en ordre déontologique, confère une identité spécifique. Il n’empêche ; comme l’avait vu Proudhon tout groupe tend à exister pour lui-même, à se donner ses règles, à disposer de sa culture, à se différencier. Et c’est tant mieux car sinon il n’y aurait plus de pluralisme comme source de l’effervescence et de la dynamique sociales. Il importe donc que la spécificité de chaque groupe soit reconnue dans la société et c’est reconnaissance qui confère l’identité officielle et statutaire, laquelle n’a rien à voir avec l’identité de fait, c’est-à-dire avec les différences objectives qui caractérisent la particularité d’un groupe dans le concert social. L’identité groupale est donc une relation entre la demande d’un groupement d’être admis comme il est et une reconnaissance de sa position par les autres ; c’est ce double mouvement qui fait d’un groupe réel une entité sociale ayant une identité spécifique ; celle-ci n’étant que l’admission sociale du groupe comme ayant droit à une existence officielle. Mai, donc, l’identité, même non reconnue, existe. Mais elle est évolutive. Quelle est l’identité de M. Besson, ex-socialiste devenu tsarkozyste ? Il est vrai que tout besson, jumeau en vieux français, a un problème d’identité puisqu’il est identique à son double génétique.

C’est là que le problème commence car si rien ne vient s’opposer à l’existence de groupes ou communautés spécifiques dans la société civile, la chose devient problématique dans l’espace public et encore plus dans la sphère politique. Si l’on reste dans une caractéristique de l’identité française en tant que républicaine, il y a à la fois neutralité de l’espace public et de la politique vis-à-vis des différentes conceptions du monde (en outre base du libéralisme) et droit à être différent dans l’espace privé. Ce qui veut dire que la reconnaissance de communautés dans la société civile n’admet pas qu’elles puissent influencer les espaces publics et politiques.  Ce qui signifie que, au-delà du droit à être différent, il n’y a pas de droit à peser sur la politique ; que les valeurs de tolérance et de laïcité sont plus universelles et respectables que les communautaires tout simplement parce qu’elles unissent alors que le communautarisme divise. C’est ce qu’a bien vu le libéralisme actuel : les communautés et l’individualisme sont utiles à la segmentation des sociétés pour faire place nette au tout-marché. C’est pourquoi Gnafron 1er exalte la supériorité du curé vis-à-vis de l’instituteur et clame que la religion est utile à la société. Très vieux thème de la « religion civile » assurant la soumission du peuple comme idée développée par Voltaire : si Dieu n’existe pas, mon jardinier pourra me voler.

Quelle est « l’identité française » ? Ce n’est pas fondé sur un type humain à la manière de l’Etat arabe ou juif, ce n’est pas fondé sur une religion à l’instar d’un Etat islamique ou judaÏque,  ce n’est pas un Etat uni par l’idéologie à la sauce soviétique ou américaine. C‘est l’appartenance à un système de valeurs républicaines : liberté, justice, solidarité, laïcité. C’est ce que le Nicktalope continue de détruire au nom du commerce international et de la finance mondialisée. Il n’y a donc plus de nation ; Il n’y a que l’Etat auquel il est demandé non pas d’adhérer mais d’obéir sous couvert de stratagèmes identitaires.

Le rêve américain du Nicktalope

Classé dans : Non classé — 22 octobre, 2009 @ 10:26

Notre présidentissime en p(r)ince pour le modèle américain et a peur qu’Obama, usurpateur du prix Nobel de la paix (M. Copé l’a dit hier 13 octobre sur Canal +  en prétendant qu’il aurait dû être attribué à Tsarko… ), ne démolisse les splendeurs de l’ère Bush, temps où l’Amérique triomphante en Irak et en Afghanistan exportait la démocratie US dans le monde entier et où elle méritait encore le titre de modèle indépassable montré en exemple partout. Hélas, la crise aidant, cette admiration pour le néolibéralisme sauvage a été brouillée par des messages confinant au socialisme et en appelant aux mânes de Jaurès et autres. Cette rupture idéologique n’est que de l’empirisme à la godille et de la démagogie clientéliste. Voyons les performances du modèle américain si désirable.

·         Le modèle de santé le plus coûteux de l’OCDE avec 18 % du Pib contre 11 en France, espérance de vie moyenne 79 ans contre 81 en RF, 49 millions de gens sans couverture sociale malgré les programmes de secours dits Medicaid et Medicare (vieux et jeunes). Les labos font la loi sur le prix des médocs, à tel point que nombre de yankees se les procurent au Canada. Les assureurs de santé, via des polices individuelles, tarifient en fonction des risques, donc avec exclusion et sélection des candidats, soit en refusant les gros risques soit en les faisant payer un prix exorbitant. Ces assureurs organisent des réseaux de soin obligatoires pour les souscripteurs : hôpitaux ou cliniques, médecins affiliés, labos pharmaceutiques-fournisseurs, officines. La couverture minimale part d’un panier de soins normalisé établi par les experts médicaux des assureurs ; la taille du panier grandit avec le tarif souscrit. Des batteries d’avocats surveillent les contrats afin d’éliminer d’éventuelles poursuites au maximum et pour éviter de payer des soins trop coûteux à la marge du contrat ou sujets à interprétation du contrat. Les classes moyennes ne peuvent payer que des contrats minimum et sont à la merci, elles et leurs enfants, d’un pépin de santé non couvert. Les cotisations des entreprises à la couverture sociale des employés sont volontaires et dépendent de la force des syndicats. On observe une disparition progressive de cette couverture car elle constitue un surcoût dans la concurrence avec le reste du monde au nom du libre-échange intégral et du dumping chinois ou autre. C’est dans ce contexte que Clinton, via Hilary, a échoué à mettre en place un début de couverture universelle. Le projet (très limité eu égard aux normes européennes) a été repris par Obama.  Ce dernier n’avance pas et son idée régresse chaque jour à cause de l’opposition virulente des parlementaires, dont le groupe des 52 démocrates affiliés aux « blue dogs ».

·         Pour comprendre cette opposition il faut faire appel à deux séries de faits. Le premier est culturel : l’aversion des amerloques pour la socialisation des biens publics, leur hostilité à l’impôt due à la peur de payer pour les fainéants et autres cavaliers clandestins d’un hypothétique welfare state, le mythe de la réussite ide l’individu que l’Etat priverait des fruits de son travail, de sa prise de risque, de sa responsabilité. A quoi s’ajoute le poids considérable de la religion. Les communautés religieuses locales (regroupées dans des « églises évangéliques » au niveau national et comptant 80 millions d’adeptes aux USA) sont en fait des institutions d’espionnage des voisins, de contrôle de leurs mœurs, de conformation à la religion et à la culture. On n’y est libre qu’à condition de ne rien faire d’apparent pour nuire à sa « bonne réputation » ce qui implique une police des pratiques sous le regard suspicieux de la communauté et les anathèmes des pasteurs contre les déviants. C’est le rêve réalisé d’une société de surveillance mutuelle. Cette culture baigne dans la religion, laquelle est bel et bien une condition du libéralisme à la sauce US : si Dieu n’existait pas tout serait permis ou qu’est-ce qui interdirait à mon jardinier de me voler s’il n’y avait pas le risque de la géhenne éternelle ?

·         Le deuxième fait est que la démocratie américaine repose sur l’argent. Pour financer les campagnes électorales, le volume des fonds nécessaires est considérable parce que la publicité, la retape des électeurs (maintenant avec internet comme l’a superbement utilisé le clan Obama), les meetings, l’appel aux médias pour installer son image ou discréditer les adversaires font la loi. Cela coûte très cher et le candidat peut faire appel aux contributions privées sans limite de montant global s’il renonce aux fonds publics. C’est pourquoi, d’habitude, les candidats sérieux ont presque tous la caractéristique d’être riches ou d’appartenir à des familles riches (sauf Nixon ou Obama) et appuyés par des riches. La nouveauté avec Obama c’est que c’est essentiellement la multitude des pauvres qui a financé » sa campagne (pas seulement).

·         Mais les lobbys jouent aussi un rôle essentiel dans le financement des candidats car la soi-disant démocratie US est fondée sur les intérêts. Aux USA,  c’est clair depuis toujours : on vote pour ses intérêts ou des intérêts communs fussent-ils purement idéologiques ou moraux. Touche pas à mon droit d’avoir des armes à la maison et sur moi, d’où l’ultra puissante association américaine pour la liberté de détenir des armes ; c’est pourquoi on y  voit périodiquement des tueries  genre Colombine ou Waco et maintenant des coups de feu dans les églises ou sur leur parvis. Touche pas à la vie des fœtus, halte aux impôts, vive le Ku klux Klan, que l’Etat arrête de subventionner les pauvres ou les minorités, etc.

·         Comment cela marche-t-il ? C’est simple. Le représentant local (gouverneur, sénateur, député à la chambre des représentants, juge, procureur, shérif) a besoin de soutiens financiers et de séduire l’électorat. Ainsi Schwarzy pour se faire élire gouverneur de Californie a-t-il promis de diminuer les impôts fonciers (qui financent en partie les écoles publiques) ; d’où la faillite de cet Etat, le plus riche des USA, qui paye maintenant ses fournisseurs (très nombreux parce que les services publics US sont possédés et gérés par le privé) avec des reconnaissances de dettes pour 1,4 milliard de dollars ! Ainsi, les représentants des Etats agricoles ou forestiers ou de pêche promettent toujours de défendre les intérêts financiers des productions locales et, bien entendu, de l’emploi qui va avec. Tant pis pour les productions vivrières des pays du Tiers monde, à l’instar de la PAC dans l’UE. Ainsi, les Etats industriels (usines, labos, services, trusts énergétiques ou de télécom, etc.) procèdent de même. Evidemment, les lobbys font voir auxdits représentants l’intérêt de cette défense particulière et sortent leur carnet de chèques ou, cas des lobbys religieux ou associatifs, se servent de menaces. D’où la reculade de Schwarzy sur le mariage gay. Mais  nos représentants étant élus, commence dans les chambres le grand bargaining. Si tu soutiens mes culs-terreux, je vote en faveur de ta proposition de loi pour laisser aux labos le droit de fixer le prix des médocs. I Si tu aides mes producteurs de maïs OGM, je serai OK pour la diminution des impôts ou les subventions aux églises ou la totale liberté à rendre à la finance. And so on, quelle que soit la couleur politique du représentant. D’où des blocs massifs, soutenus encore et encore par les lobbys, pour s’opposer à la politique du président, lequel a beaucoup moins de pouvoirs que dans le faux régime présidentiel français. Car les constituants américains ont soigneusement veillé à l’équilibre des pouvoirs entre la présidence, le sénat, la chambre des représentants. Régime présidentiel aux USA signifie que les pouvoirs sont répartis entre les deux chambres législatives et l’exécutif. Et il y a bien sûr les intérêts des électeurs, du moins ceux qui votent (en général plus de 50 % d’abstentions). C’est ainsi que les 52 « blue dogs » démocrates ne sauraient aller à l’encontre des convictions anti-étatiques et anti-fiscales ou sociales de leurs électeurs en général isolés dans les Etats de ploucs ignorants et religieux qui les ont élus. Pauvre Obama !

·         Qui gouverne réellement aux USA ? Réponse, c’est la finance encore bien plus que les autres lobbys (pharmacie, énergie, phytosanitaire, etc.). Aux USA, les allers et retours entre les fonctions politiques, administratives, privées sont institutionnalisés. En outre on y pratique la politique des « dépouilles », that is to say  que, à chaque alternance, les hauts fonctionnaires sont changés au profit de la nouvelle majorité. Les virés de haut rang retournent dans le privé où ils sont accueillis avec joie par suite des services qu’ils lui ont rendu et se livrent souvent à de lucratives activités de lobbying en faisant fructifier leur carnet d’adresses dans la haute administration et le monde des politicards. Et en cas de retour des battus aux affaires, ils reviennent dans l’administration avec des missions demandées par leurs copains du privé. Dans ce contexte il ne faut pas s’étonner que la FED, le Trésor, la SEC, etc. soient truffés de représentants de la haute finance et de la banque qui y ont leur rond de serviette, quelle que soit la majorité au pouvoir. Même Obama a dans son équipe des financiers de haut vol issus de la grande banque. On connaît ainsi les raisons du peu d’empressement US à réformer le système financier. Mais il en est de même partout. Par exemple les autorités de contrôle (en matière de santé, de certification de médocs, de dangerosité des produits chimiques, de surveillance des aliments, de régulation de l’énergie, etc.) sont d’une part démunies de moyens autonomes, d’autre part truffées de membres stipendiés par les industriels. Elles sont aussi alimentées en études pro domo réalisées par les contrôlés eux-mêmes et bien sûr non vérifiées par les agences d’Etat. Ces lobbys subventionnent les universités bien pensantes, publient des tas d’articles dans les revues scientifiques bienveillantes (pub) et vont jusqu’à discréditer les études et les chercheurs sérieux.

·         La justice de type accusatoire (le procureur aidé par la police poursuit, la défense ayant de droit d’enquêter de son côté défend, le juge est un arbitre neutre, en principe) est vérolée. Déjà le proc peut négocier avec un accusé plaidant coupable ; les pauvres, ne pouvant payer un avocat et sachant que les commis d’office font des heures et sabotent le boulot car s’ils le faisaient cela ne leur rapporterait rien en plus, préfèrent souvent cette solution qui a l’avantage d’être peu coûteuse pour la justice, notamment parce qu’elle supprime les investigations complémentaires, évite un procès avec audience publique et débat contradictoire, et permet un rabais de peine pour le prévenu. Comme la justice est largement élective, on trouve à foison des procs qui font du chiffre, sabotent les enquêtes dès qu’un coupable est crédible et présentable (dans le cas de viol d’une blanche, un Noir s’impose automatiquement), cherchent à se faire de la pub pour être réélus ou obtenir de la gloire. C’est ainsi que Polanski a été dans le collimateur de la justice de Californie dans l’objectif précis de se payer une célébrité ; itou pour Mickael Jackson. On arrive ainsi à une justice partiale, à deux vitesses, car les riches peuvent se payer les meilleurs avocats et faire traîner d’appel en appel, expéditive, au rabais, utilitaire, rentabilisée.

·         Les USA ont développé la « tolérance zéro », les peines automatiques (la 3ème récidive peut amener perpète), les peines-planchers, le plaider-coupable. Comme, avec les armes en libre service et la violence latente ou ouverte liée à la pauvreté et aux inégalités, ce pays est extrêmement brutal, Il ne faut pas s’étonner que 1 % de la population y soit en taule, soit 3 millions de personnes pour 306 millions d’habitants. A comparer aux 62 000 taulards français pour 65, soit  un rendement quasiment 10 fois inférieur. On observera que les noirs et latinos détenus forment une large majorité de la population carcérale.

·         Les USA ont un système d’enseignement à au moins deux vitesses. On a d’un côté les écoles publiques (financées par des impôts locaux, des subventions par Comté et par Etat et des subventions fédérales, le tout s’amenuisant pour cause de crise et par idéologie anti-égalitariste) qui ont une qualité très variable avec des profs souvent payés au lance-pierres. Cela dépend de la richesse de la commune, du Comté et de l’Etat, donc cela introduit de fortes inégalités en fonction du lieu de résidence. Y compris entre quartiers, car les villes sont largement ségrégationnistes : dès que des Noirs parvenus à la classe moyenne arrivent dans un quartier huppé, les riches  blancs fichent le camp, les valeurs immobilières s’effondrent et la taxe foncière qui finance les petites écoles diminue, d’où un nouveau quartier miteux et l’école qui va avec. On a des universités publiques, évidemment de bien moindre qualité d’enseignement et notoriété. En face, des écoles et des universités privées payantes (ce qui est un peu corrigé par des bourses), parfois très onéreuses. Se finançant elles-mêmes, ces institutions font flèche de tout bois : frais de scolarité, fondations alimentées par les anciens élèves ou les entreprises, produits dérivés, recherches pour le privé, brevets, etc. Cela permet de bien payer les meilleurs profs et chercheurs, ce qui boucle le système en faveur des grandes universités (Yale, Harvard, etc.). Ce qui attire des étudiants du monde entier.

·         Les retraités sont à la merci des fonds de pension par capitalisation, lesquels ont perdu la moitié de la valeur de leurs actifs avec la crise ; de plus en plus on voit des retraités expropriés de chez eux pour cause de dettes (crise des subprimes) immobilières (krach immobilier). Nombreux, de plus en plus, sont ceux qui à un âge avancé sont obligés de prendre un petit boulot pour survivre car on peut cumuler une retraite et un revenu d’activité (ce que Tsarko a fait installer en France). Les inégalités de revenu et de patrimoine ont cru considérablement déjà sous ce bon monsieur Clinton. Il y a 18 % de la population sous le seuil de pauvreté contre 12 en France. D’un côté les salaires ont régressé (délocalisations, concurrence asiatique, faible salaire minimum ; mais le pouvoir d’achat n’a pas trop souffert à cause de la baisse des prix afférente via Wal Mart), de l’autre les riches se sont vus accorder des baisses d’impôts (sur le revenu, sur les successions, plus la défiscalisation des dons aux fondations) en tout genre. Les salaires et les protections sociales d’entreprise ont régressé parce que les USA sont le pays de l’OCDE où le droit syndical est le plus faible. C’est une ordalie que de créer un syndicat ou d’être syndiqué. Les boîtes font la chasse aux syndicalistes sans qu’on puisse les sanctionner tant les pénalités sont faibles, à supposer d’ailleurs que les tribunaux poursuivent.

 

Le lecteur diligent aura perçu que depuis 2002, avec accélération du processus par le Nicktalope, la France se rapprochait doucettement de ce beau modèle. Affaire à suivre.

Quelques réflexions d’ordre économique et anticapitalistes

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2009 @ 10:35

 

Dans la crise actuelle, il serait facile de croire que l’économie néolibérale relève avant tout de la finance. C’est ce que les économistes et leurs copains politicards de tout niveau, du local à l’international et au mondial, essaient de nous faire gober en agitant leurs petits bras contre ces pourris de banquiers, que, du reste, ils laissent libres de continuer leurs agiotages.

A l’origine de toute valeur, il y a la production de biens vendables nécessaires à la satisfaction des besoins, lesquels évidemment sont sociaux : une tribu de Guyakis n’a nul besoin de voitures. La production apporte une valeur ajoutée qui est la différence entre l’amortissement du capital fixe (machines, bureaux, installations), pour l’acquisition duquel l’industriel a souvent emprunté et pour lequel il paye un intérêt (normalement, sauf accident, l’amortissement doit correspondre au remboursement du  montant de capital emprunté, souvent dénommé « le principal ») plus les frais variables liés au « capital circulant » (Marx,  prix des matières, prestations de services extérieurs et coûts directs de main d’œuvre) et les recettes liées aux ventes. C’est une marge brute (je sais, les capitalistes et le pouvoir ne calculent pas la marge brute ainsi) d’où il faut retirer les intérêts des emprunts,  les impôts et les cotisations sociales qui alourdissent les frais de main d’œuvre. Si je raisonne ainsi c’est pour faire apparaître que différents acteurs : l’Etat, les collectivités locales, les organismes de sécurité sociale, où siègent des syndicalistes compradores et eux-mêmes rémunérés (directement ou par voie de corruption) sur la marge, les banquiers, les assureurs vivent sur la bête  de la marge brute ainsi définie, chacun essayant d’en dériver la plus grande partie à son profit. Mais s’il n’y avait pas de production, il n’y aurait pas de marge et  les parasites n’existeraient pas. Cette production en quelque sorte primaire (rien à voir avec le secteur primaire des économistes à nacelle) donne les revenus de base : les salaires, les revenus de compensation (retraites, indemnités maladies et accidents, la marge des entrepreneurs et tout ce qui est dérivé par les autres acteurs à partir de la marge brute ainsi définie, notamment les revenus de transfert à partir des impôts.

Réfléchissons 2 minutes. Salarié dans une boîte de production primaire (y compris dans l’agriculture et les industries de transformation des produits agricoles ou une firme productrice de machines-outils), je vais ensuite acheter les services d’un coiffeur. Ce dernier, donc, reçoit une partie de mon salaire mais c’est parce que j’ai un salaire issu de mon activité dans la production primaire. Puis le coiffeur (ou moi) va au cinéma. Itou, il s’agit d’un transfert à partir des revenus premiers issus de la sphère productive. Il est donc aisé de démontrer que toutes les activités de service n’existent que comme liées à la dépense issue des revenus antérieurs de la production agricole, industrielle, de machines, de bâtiments. Il devient clair aussi que les prélèvements des banques (taux d’intérêts, commissions), des assureurs, des impôts, des cotisations sociales se font sur les revenus primaires et la marge brute. C’est pourquoi il est nécessaire d’affirmer que c’est la production, non la finance, ni l’Etat, ni les services qui est à la base de la richesse, laquelle ensuite n’est que répartie. Certains industriels, inspirés par les âneries intéressées du MEDEF et des gouvernants libéraux, sont donc habilités à dire qu’ils payent tout à partir des richesses primaires qu’ils produisent. Ils ne font qu’oublier que c’est le travail et non le capital qui est à l’origine de la valeur et de la richesse. C’est cet aspect, du reste, qui est au fondement du libéralisme : la valeur-travail, reprise par Proudhon et Marx et aujourd’hui remplacée par l’utilité, laquelle met sur le même plan les carottes de la production primaire et les fourrures de lapin des services et de la finance. Il faudrait donc déjà que la justice dans l’évaluation des contributions et des rétributions des uns et des autres ait lieu en premier dans la sphère productive au lieu d’être simplement envisagée, comme chez les socio-démocrates, au niveau de la distribution et de la répartition. Par ailleurs, les industriels reconnaissent implicitement la valeur-travail, réduite il est vrai au temps d’activité de travail  en tant que « force d travail »: ils l’augmentent extensivement (48 heures par semaines, heures sup, retraite à 65 ans, « droit » de cumuler une retraite et un revenu de travail, etc.) et intensivement par le productivisme et le stress, genre Renault (8 suicides) ou France Télécom (25 suicides et 15 tentatives).

Certains « postmodernistes » nous affirment que l’économie de production a été remplacée par celle de la « connaissance », du savoir, de l’immatériel. Cela ne change rien à la marge brute ; de tous temps les capitalistes ont su voler les « forces productives », c’est-à-dire la science, la technique, le savoir des travailleurs, leur coopération. Le savoir, en tant que collectif, est un bien commun de l’humanité, « un capital social-mondial » et historique qui ne saurait être privatisé sous forme de brevets ou droits d’auteurs ou « droits de propriété intellectuelle » (DPI). La propriété privée de ce bien public reste un vol, ce bien public est lui-même du travail cristallisé et transformé en capital  cognitif à rembourser à la société, ce qui justifie des impôts sur les boîtes : droit d’usage d’un bien collectif. Qui plus est, le savoir collectif est toujours véhiculé dans les connaissances et les compétences des travailleurs, lesquels ne sauraient appartenir à l’entreprise. C’est donc en tant que travail que le savoir personnel est incorporé dans la production et cela existe depuis toujours. La seule chose moderne est que la « part immatérielle » du travail productif est bien plus élevée aujourd’hui.  Mais elle est aussi socialisée en tant que bien public et personnalisée en tant que compétence. ET cela le capital productif l’utilise en le volant, comme il vole toute « force collective » en la privatisant.  Je maintiens donc que c’est la production qui utilise le « capital humain », le capital immatériel. Et les savoirs liés aux services, aux biens publics, aux impôts payant les services publics, demeurent  rémunérés par des prélèvements sur la marge brute.

Du reste examinons ce qui se passe depuis 30 ans, depuis que le libre-échange est devenu l’alpha et l’oméga de la théorie et de la pratique économique au nom des bienfaits des «avantages comparatifs » (il faut qu’une économie se spécialise dans ses meilleurs atouts et achète le reste aux producteurs plus efficaces dans les autres secteurs) , lesquels font que le marché opère la meilleure affectation possible des ressources en fonction de leur rentabilité et de leur productivité différentielles de par le vaste monde concurrentiel. La Chine (ou d’autres pays dits PVD) est devenue l’atelier du monde, notamment parce que les multinationales occidentales y ont délocalisé leur production, en se réservant la conception (jusqu’à quand car la Chine est capable d’abord de tout imiter et ensuite d’innover toute seule ?). C’est que ladite Chine a d’innombrables avantages comparatifs : pas de syndicats indépendants, pas de droit social ou de protection sociale, dumping fiscal, subventions étatiques, prêts bancaires sans vérification de la solvabilité de l’industriel chinois investisseur (souvent un membre local ou régional du parti), pas de défense de l’environnement et pollution galopante, dumping commercial (elle vend souvent à perte à l’étranger et bien plus cher chez elle ; elle a en fait 2 sphères productives : une pour elle et une pour l’exportation), main d’œuvre illimitée et à très bas prix notamment en surexploitant 300 millions de « Mingongs » dépourvus de tout, y compris d’accès à l’école pour leurs enfants, école réservée aux enfants de la ville où viennent les paysans déracinés munis d’un passeport temporaire attestant ainsi qu’ils n’y sont pas citoyens.

Comme c’est la Chine qui fait désormais la production, souvent grâce à des investissements directs à l’étranger (IDE) effectués par les multinationales (lesquelles se déplacent dès qu’il y a moins cher ailleurs, au Vietnam par exemple) ou par appel à des sous-traitants (« sweat shops ») chinois, il s’ensuit que la base productive, notamment aux USA, a foutu le camp. D’où les conséquences : chômage, baisse ou stagnation des salaires, diminution continue des avantages sociaux consentis par les firmes US à leurs salariés (assurance-maladie ou chômage, contribution aux retraites), disparition de la force syndicale, montée de l’immigration (surtout latino) sous-payée, sans protection aucune et faisant office « de main d’œuvre industrielle de réserve » poussant tout à la baisse. Il est clair que le reste de l’Occident ou du monde industrialisé a suivi le même chemin. C’est d’ailleurs toute la politique du Nicktalope franchouillard. Et c’est logique puisque la base productive qui paye tout est en train de disparaître. Tous les revenus secondaires ou directs baissent (cependant, le pouvoir d’achat a été longtemps sauvegardé par la baisse des prix chère à Wal Mart achetant chinois et par le crédit facile ; jusqu’à la crise commencée en fait en juin 2007), sauf ceux de la finance. Car la délocalisation de la production a permis aux multinationales de faire des profits considérables, souvent dégagés dans des paradis fiscaux (ce qui explique que si aux USA le taux d’imposition des bénéfices des sociétés est théoriquement de 35 %, le taux réel pour les grosses boîtes n’est que de 8 % !). Ces profits, ajoutés à ceux des pétrodollars et à ceux des riches dont l‘imposition n’a cessé de baisser, cherchent évidemment à se placer au mieux. D’où les combines des banques et autres financiers pour développer la finance à l’échelle mondiale avec la bénédiction des politicards qui ont fait sauter toutes les régulations. A quoi s’ajoute la politique délibérée sous Clinton puis Bush, via Greenspan et la FED, de taux d’intérêt très faibles pour développer le crédit à la consommation ; ce qui a permis aussi pour les fonds spéculatifs de jouer sur la différence des taux entre celui auquel ils empruntent et celui  (en fait rendement financier des opérations) auquel ils spéculent. D’où les splendeurs de l’effet de levier très usité dans les LBO.

C’est la disparition de la production primaire, notamment dans l’agriculture ruinée par la concurrence des productions occidentales subventionnées (UE et USA), notamment parce que des firmes  locales ne peuvent atteindre le degré d’économies d’échelle des multinationales vendant au niveau mondial, qui explique le marasme de l’Afrique et de bien des pays du Tiers Monde. La concurrence mondiale y fait que tout simplement la production primaire est détruite dans l’œuf. A quoi s’ajoute le poids de la dette indue et les effets ravageurs des « réformes structurelles «  imposées par le FMI et la Banque Mondiale au nom du « consensus de Washington ».

La crise s’explique donc non pas par les errements des financiers mais par une logique systémique détruisant la sphère productive des Etats et des peuples au profit des pays faisant du dumping en tout genre. Et ce n’est donc pas par hasard que la Chine a rejoint l’OMC : c’est le gage de gagner à tous les coups dans la concurrence mondiale sans règles autres que commerciales sous la main de fer du parti communiste. Et c’est pourquoi le G20 n’y touchera pas : car à qui profite le crime ? Aux gouvernants, aux multinationales, aux financiers et aux riches. Une solution, quoique réformiste et à court terme : créer des taxes compensatoires sur les différents dumpings contenus par les exportations de la Chine et consorts.

Zappons l’Europe

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2009 @ 10:31

Qu’est-ce que l’UE sinon un grand marché de concurrence hyper libérale, « libre et non faussée » ? Sans consistance politique, sans même un début de fédéralisme, ne fusse que politique. Cirant les pompes à l’imperium US notamment au sein de l’OTAN, n’ayant aucune harmonisation fiscale, sociale, environnementale, ce qui permet à chaque pays de jouer en solo et de se comporter en passager clandestin faisant du dumping. A-t-on vraiment intérêt à rester dans ce bouzin ? NON.

Que manque-t-il à la France ? Pas grand-chose, elle a de quoi se nourrir (dont 400 fromages, 1ère agriculture d’Europe), de quoi picoler (pinards très divers, bière, cidre, eaux minérales, spiritueux très variés), de quoi se chauffer (1ère forêt d’Europe), de l’électricité, une industrie encore variée avec moult PME et PMI en plus du CAC 40 (du reste possédé à 45 % par l’étranger et ses fonds de pension), 15 % de taux d’épargne, de bonnes installations collectives (ou services, de moins en moins vu la chasse menée par l’UE contre les services publics), etc.  Sa recherche (et ses universités)  ne serait pas si mauvaise si le gouvernement ne s’employait pas à la détruire au nom du libéralisme. Elle dispose d’un immense patrimoine artistique, naturel et architectural. Il manque seulement du gaz et du pétrole.

Mais ces deux choses peuvent être remplacées aisément : biomasse dont méthane organique, agro-carburants (ça utiliserait les excédents sans passer par la PAC) et agro-matières plastiques, cracking de l’hydrogène (hélas encore avec du nucléaire pour longtemps) pour voitures propres, photovoltaïque, géothermie, force marémotrice ou éolienne, etc.

Mais j’entends déjà les thuriféraires du tout-marché qui se régule tout seul, qui affecte au mieux les ressources, qui fait bénéficier des avantages de la spécialisation des autres pays, qui agrandit la taille des espaces de vente pour faire des économies d’échelle, qui permet de trouver le fric dont on a besoins sur les marchés financiers internationaux à faible coût (pour financer les 140 milliards de déficit budgétaire, les prétendus 30 milliards de pertes de la Sécu  et les 1500 milliards d’euros de dettes en 2009, pour faire des OPA, pour investir, ô si peu  en secteur productif), etc. Les libéraux hurleraient au protectionnisme ; ils diraient que l’autarcie ruinerait le pays. Eh bien c’est faux.

Déjà à qui profitent les soi-disant avantages du tout marché en tous domaines ? Aux financiers : banques, assurances, « zinzins » [« investisseurs institutionnels »] comme les OPVCM avec leurs SICAV et FCP, les fonds de pension étrangers, fonds spéculatifs [hedge funds], fonds d’investissement privés [« private equities »], spécialistes du rachat de boîtes par LBO, c’est-à-dire par l’emprunt en le faisant payer par l’entreprise rachetée],  « fonds souverains » des Etats pétroliers ou de la Chine. Aux multinationales et à leurs dirigeants aux superbes revenus maintenant  100 fois supérieurs au salaire moyen. Aux laboratoires pharmaceutiques qui prolongent la durée de leurs brevets en rajoutant de la poudre de perlimpinpin à un produit devenant générique. De façon générale à toutes les boîtes qui excipent de « droits de propriété intellectuelle » (DPI) issus du savoir collectif ou ancestral qui sont des biens publics et des biens communs de l’humanité ; boîtes comme les producteurs de films ou de DVD qui ont fait voter la loi Hadopi pour conserver leurs rentes et exploiter les artistes.  Au complexe militaro-industriel. Et aux politicards qui se sont organisés en corporation inamovible de pouvoir, grassement rétribuée et touchant quelques miettes de leurs partenaires économiques pour lesquels ils votent de bonnes lois. L’appauvrissement drastique de ces rapaces  ne nuiraient pas aux pauvres et exclus de la société darwinienne qu’ils ont mis en place.  

Car cela ne profite pas au peuple : les inégalités de revenu et de patrimoine se sont accrues au profit des riches, lesquels sont quasiment exonérés d’impôts sur le revenu et les successions, la pauvreté a augmenté, le chômage officiel est à 2,5 millions  de  personnes, à quoi s’ajoute un nombre voisin pour le sous-emploi (précaires, temps partiel), le SMIC rémunère 17 % des salariés, l’âge de la retraite et le taux de remplacement diminue (retraite moyenne des moins aisés : 800 euros par mois, ce qui les conduit à prendre un petit boulot de survie grâce à la récente loi qui permet un cumul emploi-retraite) augmente, les salaires stagnent ou régressent, la protection sociale recule, les impôts locaux augmentent, etc. Comme le revenu national supplémentaire né de la mise de la France à l’encan sur le tout-marché mondialisé ne rapporte qu’à quelques acteurs sociaux facilement repérables, on ne voit pas pourquoi le peuple aurait intérêt à tout risquer-et il est désormais le seul à tout risquer- dans ce petit jeu de casino, dans ce mouvement brownien, qui, par ailleurs, vient d’être disqualifié par la crise mondiale.

Il est cependant probable que le retrait de l’Europe et de la concurrence mondiale amènerait une forte baisse (temporaire) du revenu national. Déjà, observons que c’est tant mieux : un peu de décroissance ne saurait nuire à l’environnement et on se remettrait à consommer économe, frugal, durable, solide et de qualité au lieu d’acheter de la camelote chinoise chez LIDL. Ensuite la perte de revenus peut être facilement compensée par des productions et des services collectifs. Il serait facile d’offrir à tous un logement décent proportionnel à la taille de la famille au lieu de faire du pavillon individuel excentré, ce qui bouffe des terres arables, facilite les hypermarchés maintenant ouverts le dimanche, rallonge les temps de transport et encourage le tout-bagnole pompeur de pétrole. Il serait aisé de remettre les transports collectifs sur le pavois et de les rendre fort peu onéreux si l’on renonce à la logique de rentabilité qui prévaut actuellement. De même la gestion de l’eau, du gaz, de l’électricité (y compris avec production locale propre), des déchets au niveau local et en régie municipale ferait faire d’énormes économies puisque les rentes de Veolia et Vivendi ou SUEZ, de même que les commissions versées à des politicards pour l’attribution des concessions, seraient supprimées. Autre idée : les commissions des officines immobilières seraient évacuées si l’on donnait aux municipalités le monopole de l’organisation de la vente des biens immobiliers. La transformation des assurances en secteur mutuel et coopératif éviterait les prédations des assureurs privés enfin mis en concurrence réelle. Les jardins « ouvriers » pourraient être développés à l’envi. Les ventes directes (ou cueillettes directes) chez les agriculteurs feraient baisser les marges de la distribution. Etc. etc. Ce serait facile de faire maigrir les prédateurs sans sombrer dans le collectivisme ; tout simplement en développant le secteur social de l’économie.

On peut faire aussi de grosses économies : suppression de l’armée (dans les 50 milliards d’euros de budget annuel) en se mettant sous la protection d’un statut de neutralité totale. Les militaires seraient reconvertis en coopérateurs pour le Tiers Monde avec lequel on coopérerait au lieu de l’exploiter. 200 députés au lieu de 577 députains, 100 sénateurs-conseillers économiques et sociaux au lieu de 343 sénateurs plus le Conseil économique et social. Suppression des départements et cantons (2 niveaux locaux : la commune ou la communauté de communes et la région). Je n’insiste pas : on peut aller très loin dans la diminution des frais généraux de l’Etat et des collectivités, frais qui  rétribuent une classe politique parasitaire, corporative et inamovible  et des fonctionnaires à son service et non à celui du peuple. 

On peut aussi trouver d’autres ressources de financement public. Par exemple, avec des taxes compensatoires sur les importations : taxes destinées à faire payer enfin aux exportateurs des frais de défense de l’environnement, de droit social et syndical, de droit fiscal rétablissant l’équilibre avec les coûts supportés par la France et que d’autres pays ne consentent pas pour faire du dumping. On taxera ainsi les Tudesques qui avec leur TVA sociale  de 3 % en plus ont tout simplement exporté leur charges sociales sur les copains. Ou les Yankees avec leur protectionnisme caché. Ou les Gibbies avec leurs paradis fiscaux off shore (leurs « îles ») qui font 20 % de leur PIB avec la finance. Ou les Ibères qui exploitent les saisonniers agricoles ; etc. Ces taxes seraient restitués aux pays du Tiers Monde qui ferait des efforts en ces matières ;

Les libéraux disent aussi que l’autarcie ou le protectionnisme (même les taxes de compensation des différentiels sociaux, fiscaux, etc.) aboutirait à un chômage fantastique par perte de marchés extérieurs si on ferme nos frontières. Déjà, on peut rétorquer que la performance libérale avec 5 millions de chômeurs réels ne leur permet pas de donner des leçons. Et c’est faux. D’abord, se « mettre au vert » pour défendre l’environnement créera des tas d’emplois dans le bâtiment, la recherche, l’énergie, etc.  Ensuite, on ne sort pas du « marché commun » ; on ne sort que de l’Europe institutionnelle et juridique avortée en nous redonnant le droit d’avoir nos propres lois et de nous défendre contre les différentes formes de dumping. Le droit d’avoir des fromages au lait cru, de l’or à 18 carats pour les bijoux, du chocolat sans matières grasses incorporées, etc. Les autres ont-ils vraiment intérêt à faire de la rétorsion ? Ensuite aussi, on peut compenser des pertes de marché en Europe par des échanges très accrus avec les pays du Tiers Monde, en se mettant enfin à pratiquer l’échange égal,  à les aider et à coopérer avec eux au lieu de les exploiter façon France-Afrique. Ce ne sont pas les Teutons ni les Saxons qui ont des matières 1ères, des produits agricoles, etc. Il suffit de les payer convenablement, d’aider à leur production, de donner des crédits pour moderniser l’agriculture, etc.

Enfin, depuis quand la richesse matérielle, le revenu monétaire, l’ostentation sont-ils le critère du mérite, le libéralisme affirmant qu’il est le seul régime à faire en sorte que l’accès aux positions sociales distinctives soit ouvert par l’égalité des chances ? Depuis quand, être riche en capital, en fric, est-il le critère du bonheur ? Se couper de l’Europe actuelle nous rendrait sans doute plus pauvres et c’est bien car nous retrouverions les valeurs de solidarité, d’entraide, de justice.

Le prince Jean bientôt avec terres

Classé dans : Non classé — 16 octobre, 2009 @ 10:59

La pré-nomination de Jean Sarkozy de Nagi-Bocsa à la tête de l’Epad a suscité une levée de boucliers sur le népotisme présidentiel. A quoi, avec un bel ensemble du plus beau comique d’accumulation, les thuriféraires du régime ont répondu que le jeune homme en 2ème année de droit devait tout à l’élection et non à la faveur. M. Chatel (déformation de château ou de castel) est même allé jusqu’à dire que les opposants faisaient une chasse au faciès, lequel s’est étrangement muni de lunettes etde cheveux courts et plus foncés.

Rappelons cependant les faits et rien que les faits. Le beau jeune homme a été élu au conseil général des Hauts-de-Seine, après la démission opportune de M. Marseille nommé bizarrement au Conseil économique et social peu après son retrait. On rappellera que dans ce département, le plus riche de France et truffé de compradores tels les repris de justice Balkany ou le prévenu Pasqua, à tel point que le président du Conseil Général, Devedjian, a dit qu’il lui fallait nettoyer les écuries d’Augias, ex-fief du président en exercice de la république bananière française, un âne décoré de la casaque UMP serait élu sans problème. Et Marseille s’étant retiré, le prince Jean a pu se présenter à sa place et a été effectivement élu conseiller général. Ce que je viens de dire, de façon purement factuelle, montre à l’envi qu’ être élu n’est que légal et n’est pas forcément légitime dans une démocratie à ce point truquée. De façon générale, le pouvoir UMP excipe de l’élection pour se présenter comme légal et affirmer que le pouvoir politique et législatif est dans les urnes et non dans la rue. Ce qui devrait amener les analystes politiques (les Périneau, les Giacometti, ce dernier étant en plus conseiller de l’Elysée, les Duhamel et consorts, etc.) à s’interroger sur la nature et la réalité de la démocratie française. Dieu merci, la question ne sera pas posée malgré tous les signes et tous les faits qui montrent que le monde politicard, professionnalisé et corporatif, tenant la politique pour un marché, est totalement coupé de la population, voire opposé à celle-ci comme l’a montré le vote sur le TCE, vote violé par le parlement qui a ensuite approuvé le traité.

Ce brave Devedjian, atteint par la limite d’âge de 65 ans,  a sollicité une prorogation de son mandat à la tête de l’Epad. Tsarkowitch a manœuvré pour que cela soit refusé. Las, pour devenir président de l’Epad, il faut être membre du conseil d’administration (18 membres) . Dans celui-ci il y a 8 élus locaux (4 de gauche et 4 UMP), 9 fonctionnaires et un CCI (chambre de commerce de Paris) . M. Marseille a opportunément démissionné, ce qui a libéré une place pour le conseiller général Jean sans terres. M. Marseille (ça rappelle la mafia de cette ville) sera, semble-t-il, un futur sénateur des Hauts-de-Seine. Peut être à la place de l’ex-fondateur du SAC (et de cordes, voir la tuerie d’Auriol), le vieux Pasqua en plus bien empêtré dans moult affaires judiciaires. A supposer que, avec la disparition des juges d’instruction, le parquet continue de poursuivre. A supposer que ledit Pasqua ne dispose pas de jolis dossiers susceptibles d’être opposés au pouvoir. A supposer aussi que  Pasqua, 83 ans aux prunes, n’échange pas son retrait contre la clémence pour son fiston corrompu et déjà condamné.

Or donc le CA de l’Epad va » veauter » tantôt pour élire son président. On a vu qu’il y avait déjà 8 élus locaux, dont 4 UMP. Mais il y a aussi 9 fonctionnaires de haut rang nommés par le pouvoir. Devinez comment va veauter cet aréopage distingué ? Pour le prince, évidemment sauf à se faire hara kiri, d’autant plus que l’on ne sait pas si le vote est secret, ce dont je doute vu les mœurs du pouvoir. Et des gugusses proposent maintenant que seul vote le CCI et les élus. Or ledit CCI est un UMP de Neuilly!

Pour arriver au conseil général, Jean maintenant avec terres, a été certes élu par les UMP du coin, devant tout à son papa, lequel a hanté les lieux pendant longtemps. Il a même été élu président du groupe UMP des lieux (prendre lieux au sens de lieux d’aisance politique). Je repose donc la question de fond : que valent ces élections dans ce contexte, dans ce milieu UMP, dans ce futur vote où des fonctionnaires nommés, plus 4 élus UMP,  sont majoritaires ? C’est cette question qu’aucun journaleux des grands médias n’a posée, que notre Nicktalope de monarque républicain a prestement évacuée et que les porte-flingue et les dignitaires, y compris ministres, de l’UMP ont niée. Sauf Rama Yade, laquelle ne devrait pas tarder à gicler pour cause de crime de lèse-majesté dynastique.

De la nouvelle agit-prop.

Classé dans : Non classé — 12 octobre, 2009 @ 10:10

La signature de la pétition-référendum populaire contre la privatisation de La Poste a recueilli plus de 2 millions d’expressions de personnes dont 90 % de non à l’opération gouvernementale. Je passe sur les noms d’oiseaux dont les 62 organisations « organisatrices » on été affublées par les porte-flingues du pouvoir pour soi-disant dénoncer une opération de manipulation. Au-delà des vitupérations de la droite UMP, il faut observer que le pouvoir a bien senti que cela signifiait quelque chose d’inquiétant pour lui, car il n’a pas encore rempli ses obligations liées à la réforme constitutionnelle de juillet 2008 sur le référendum d’initiative populaire. Il fait volontairement traîner le vote de la loi organique qui doit l’autoriser. Le pouvoir a donc réagi, après les aboiements de ses sbires, par une campagne de publicité dans les journaux et ailleurs. Vous avez pu admirer dans la presse des pages entières dédiées à l’affirmation de ce que le gouvernement ne privatisait pas La Poste.

Réfléchissons 2 minutes ; tous les sondages, dont le pouvoir est friand et qu’il fait souvent réaliser aux frais du contribuable, confirment le vote citoyen et participatif ci-dessus rappelé. Pour contrer la chose, le pouvoir fait de la « Com », de la « pub ». Et ile fait en tant que parti politique au pouvoir et à nos frais. Nos impôts (hormis chez les riches qui n’en payent plus avec les niches fiscales et les effets de la loi Tepa)  servent en partie à payer la propagande gouvernementale et partisane alors que l’Etat doit être neutre et au-dessus des partis. C’est fantastique : le pouvoir empapaoute le peuple et en plus il lui fait payer la vaseline ! Et il lui fait aussi payer les multiples sondages d’opinion chargés soit de prendre la température ex ante avant une mesure désagréable, soit ex post pour mesurer l’état des réactions du bon peuple.

Certes, cette exploitation des moyens publics pour financer des activités partisanes n’est pas une nouveauté ; tous les pouvoirs ont usé et abusé d’officines, de cabinets noirs, de services de renseignement (ex RG) pour espionner les opposants ou désinformer l’opinion publique. Plus récente est l’apparition de la Com gouvernementale ou l’usage des sondages. Mais ce n’est pas un monopole du pouvoir UMP. Ce qui frappe, cependant, c’est que ce dernier a passé la surmultipliée avec une croissance démesurée et exponentielle de ces pratiques. Et avec une avancée remarquable vers le service d’un homme ; il ne s’agit plus seulement d’usage partisan des ressources publiques, cela confine à leur privatisation individuelle.

Le Nicktalope (obscurvoyant, ayant bien besoin des lumières des sondages pour piloter à la godille son action clientéliste) s’est inspiré de Big Brother comme l’établit le Canard enchaîné dans son numéro spécial « Je te vois » d’octobre 2009. Il a comme organisateur de ses sondages privés un revenant de l’extrême droite (FN, minute) Patrick Besson, « jumeau » putatif et idéologique de Ganelon-Besson et proprio-fondateur de la boîte Publifact qui commande, moyennant de grosses commissions, les sondages aux instituts éponymes. Tarif jugé exorbitant par la Cour des comptes : 1,5 millions d’euros en 2007 et 2008 pour 134 « études » (toujours rapporté par le Canard enchaîné). Ce nouveau Goebbels, en bien plus petit quoique muni de la même mission de « Viol des foules par la propagande politique » (livre de Serge Tchakotine dans les années 50), a même trouvé mieux : les mêmes sondages (ceux d’Opinion Way commandés par Besson entre autres sondages à d’autres boîtes) se retrouvent parfois à moindres frais dans les colonnes du Figaro ; c’est ce qu’on appelle la « mutualisation des dépenses ». Tsarkowitch est aussi assisté par son conseiller en sondages, à savoir le sieur Pierre Giacometti, ex de BVA et d’Ipsos, en tant que « guetteur de tendances ». Le Pierrot, pas lunaire du tout, bretelles auditives de l’Elysée, sévit souvent, à titre d’expert neutre, dans les émissions journalières de la 5 (du compradore Yves Calvi qui sert la soupe sécuritaire et publicitaire du pouvoir sans vergogne) sans qu’il n’y soit jamais mentionné qu’il conseille le Prince…  Et il ne faut pas oublier les autres grenouilleurs en Com, pub, web et sondages qui pataugent dans la mare (le marigot ?) élyséenne : Thierry des Saussaies (Saussez), publicitaire, devenu « délégué interministériel à la communication » du château (coût passé en un an, de 2008 à 2009, de 5,3 millions à 23, source,  toujours notre cher Canard), Franck Louvrier de la 25ème heure, toujours sur la bonne route ; Sœur Emmanuelle Mignon (de porc) ex du couvent des Oiseaux, Jean-Michel Goudard, dit l’amer Michel, Pierre Charon qui n’amasse pas mousse dans sa charrette. La dernière idée de Charo(g)n(ard) est d’utiliser le web pour « obamiser »(cité par le Canard ; 5 personnes travaillent déjà dans un « cabinet » pour cela en vue de 2012) les élections à coup de retape des électeurs sur internet. Et nos Altesses royales viennent de se mettre sur Twitter pour y buzzer. On n’est jamais si bien servi que par soi-même…  Rien de plus sûr que d’avoir à la fois une ceinture et des bretelles, bien que le Prince puisse nommer les dirigeants des ondes publiques et soit à tu et à toi avec les bétonneurs, les avionneurs, les fournisseurs de luxe, etc. qui possèdent moult médias. La France est donc en train de se berlusconiser à grande vitesse aux frais du contribuable.

La chose est renforcée par ce qu’il faut analyser comme une privatisation de la justice, via les cireurs de parquet et autres chats-fourrés ayant le pied Marin pour louvoyer dans les palais d’injustice, par le Kronprinz avec l’affaire Clearstream où il règle ses comptes personnels avec l’hipponyme Galouzeau de Villepin. En ce qui concerne la plainte d’un citoyen de Neuilly à propos d’un appartement acheté par Tsarko, elle a été classée sans suite par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, de transmission.  Quand les juges d’instruction auront disparu, cela deviendra encore plus facile à moins que la Cour européenne des droits de l’homme ne condamne la France pour non-indépendance de l’autorité judiciaire ; elle a déjà tiré un coup de semonce… La statistique sécuritaire est aussi confiée à un honorable copain  de la rue des Saussaies. Il s’agit de M. Alain Bauer, proprio d’une officine privée en conseils de sécurité, fournisseur de la place « Beauveau », président de l’observatoire (public) de la délinquance par le fait du prince, nommé à une chaire (elle est faible) de  criminologie au CNAM sans avoir les diplômes nécessaires. On dit merci qui ?  Mais tout franc-maçon sait aussi construire les murs utiles à sa protection

Il y a aussi mobilisation privative des forces de police ; quand le génie se carapate en province, un minimum de 500 CRS et autres gardes mobiles est nécessaire pour empêcher le petit peuple contestataire de l’approcher ou de faire retentir ses cris à ses trop chastes oreilles. Sinon le préfet est viré. Par ailleurs, à titre d’autre exemple, la villa de son ami Clavier en Corse est désormais protégée jour et nuit par la gendarmerie. En 3-8 cela doit faire du monde. Pendant ce temps-là le FNLC doit rigoler. Quand le couple de monarchie républicaine fait des emplettes chez les ébénistes du 11ème arrondissement de Lutèce, les accès sont barrés et les riverains enfermés chez eux pendant une heure… Quand je pense à Angela Merckel  qui fait ses courses toute seule à la supérette du coin, j’en reste tout ébaubi. C’est que les Français ne prennent plus la Bastille, seulement la pilule ou la pastille ou la pastilla.

Toujours mieux ; maintenant le dauphin Jean est adoubé pour présider l’EPAD, établissement public crée sous le grand Charles et lieu de bien de scandales immobiliers et politiques. C’est qu’il ya des moyens et des sous éventuellement utilisables comme l’a fait Chirac qui a mis Paris en coupe réglée pendant 20 ans sans la moindre condamnation. Suivez le cheminement, par ailleurs affiché sans pudeur, ce qui nous change quand même des menées souterraines des politiciens précédents,  remise de moyens communs à un parti, privatisation au profit du monarque républicain (oui, M. Sarkozy monarchie signifie gouvernement d’un seul et une monarchie peut être élective) et pour couronner le tout, si j’ose dire, passage à un régime quasi dynastique. Finalement,  c’est encore mieux que la posture de Berlusconi…

Les réformes démocratiques en trompe l’œil de Sarkocescu

Classé dans : Non classé — 6 octobre, 2009 @ 10:59

 

L’omniprésident  avait promis de revaloriser le parlement, de soumettre la nomination des plus hauts fonctionnaires ou aux plus hauts postes des entreprises publiques  à celui-ci, de lui redonner du pouvoir dans la préparation des projets de loi, d’ouvrir le conseil supérieur de la magistrature et d’y distendre la relation au pouvoir exécutif, de donner au peuple un droit de pétition. Quand on regarde de près ces innovations, annoncées en grandes pompes à talonnettes, on s’aperçoit facilement qu’il s’agit de tromperie sur la marchandise, suivant la bonne vielle méthode du pâté d’alouettes : une alouette pour un percheron.

  • Contrairement à ce que raconte le porte-flingue Lefevbre ou consorts un haut fonctionnaire n’est pas nommé avec l’aval des 3/5 èmes  des parlementaires, mais si lesdits 3/5 èmes ne s’y opposent pas. Cela change tout car avec l’énorme majorité UMP actuelle il est impossible aux opposants de l’obtenir.
  • Désormais, ce seraient les commissions des 2 chambres qui étudieraient les lois à partir d’un projet émis par le gouvernement, donc la loi serait l’œuvre du parlement. Du coup, on en a profité pour diminuer le temps d’examen des projets lors des séances dans les chambres. La réforme serait acceptable si les commissions disposaient, comme aux USA, du personnel et des moyens nécessaires à l’étude approfondie des projets. Aux USA, chaque sénateur (1 par  Etat, soit 100 en tout pour  plus de 300 millions d’habitants, à comparer à nos 343 pour 65 ou 435 représentants pour 577 députés), par exemple, dispose de tout un staff pouvant monter jusqu’à 100 personnes pour l’aider. En France, nib de nib. Les commissions seront obligées de se faire aider par les services gouvernementaux, ce qui fait revenir la vraie rédaction du projet vers l’administration … De plus, la scandaleuse pratique des amendements déposés en séance n’a pas été supprimée. Car il faut savoir que tout projet de loi doit être soumis au Conseil d’Etat avant séance, alors que, évidemment, pour un amendement déposé à brûle-pourpoint, ce n’est pas le cas. Ces amendements sont souvent soufflés par le gouvernement à un parlementaire complaisant, ce qui permet ensuite de dire, si l’amendement soulève un tollé, qu’il n’émane pas du gouvernement mais de l’initiative malheureuse dudit parlementaire compradore. Ils prennent aussi  souvent la forme « d’un cavalier législatif » (exemple, l’amendement sur la reconnaissance des bienfaits de la colonisation lors d’une loi d’indemnisation des colons), c’est-à-dire qu’ils sont glissés dans un projet de loi où ils n’ont rien à faire car ce n’est pas l’objet dudit projet. Bien pire sont les amendements proposés à un parlementaire stipendié par un lobby.

Comme les commissions préparent désormais, sans grands moyens donc, les textes de loi proposés par le gouvernement (projets de loi), il va de soi que les initiatives des parlementaires (propositions de loi) s’en trouveront diminuées. L’élaboration ou la mise au point est donc remontée dans les commissions, lesquelles sont évidemment majoritairement truffées de représentants UMP. On a vu le résultat de cette procédure avec le récent cafouillage de l’annulation de l’article pénal permettant de dissoudre une secte condamnée pour escroquerie, juste après le procès de l’église de scientologie (les juges n’étant pas au parfum de la modification…) mais avant le rendu du jugement. O miracle, maintenant personne ne sait qui a eu cette bonne idée et l’on veut réintroduire la chose lors d’une nouvelle loi !

L’hypocrisie gouvernementale sur les soi-disant nouveaux droits du parlement est aussi montrée par l’avalanche, que dis-je, le tsunami de textes que gicle le pouvoir à tout propos et à jet continu, par exemple dès le moindre fait divers émouvant pour le bon peuple sécuritaire sinon sécurisé. Encore très récemment, avec le meurtre d’une femme par un récidiviste du viol, Sarkocescu a demandé une énième réforme de la loi pénale en la matière. Il en résulte que les commissions sont bien incapables de pouvoir faire face à cette inondation permanente de projets gouvernementaux. Cela se voit au fait que de plus en plus on ne peut pas prendre les décrets d’application de lois pourtant votées et inapplicables tellement elles sont mal ficelées, étudiées dans la précipitation, conçues pour séduire la clientèle électorale, improvisées en fonction des circonstances. Ainsi Besson-Ganelon a-t-il remisé les tests ADN au sujet des regroupements familiaux des immigrés. Enfin, le gouvernement a conservé la procédure d’urgence qui permet de réduire à sa plus simple expression le temps de préparation et de mise en débat des textes de lois. Vous aviez dit revalorisation du parlement ?

  • Le droit de pétition est lui aussi une franche rigolade de Gnafron 1er  tsar des guignols de la réforme constitutionnelle votée l’an dernier (juillet 2008) à une voix de majorité (celle de Jack Lang !). Déjà, la loi organique qui doit le réglementer (par cela il faut entendre une sorte de décret d’application de la Constitution, laquelle  requiert 20 % des parlementaires et une demande par 10 % du corps électoral (soit 4,5 millions de personnes) n’a toujours pas été mise en place. Et pour cause : il est urgent d’attendre, notamment par rapport au référendum d’initiative populaire (le fameux droit de pétition pouvant le faire exiger) réclamé par 60 organisations de gauche (suite à la « votation citoyenne » ayant rassemblé 2 123 000 votants et s’étant prononcé à 90 % pour la non-privatisation) à propos du changement de statut de la Poste. Changement, du reste, non exigé par l’Europe contrairement à ce que raconte le porte-flingue susmentionné. Ce changement amènera, avec certitude, le même itinéraire de privatisation (ouverture du capital aux investisseurs privés) que pour France télécom (par le PS) et GDF (par le futur mitron présidentiel malgré sa promesse de 2004 de conserver à l’Etat 51 % du capital). Le second couteau susdit prétend que la transformation de la poste en SA est obligée par l’UE pour recevoir des apports en capital par la Caisse des dépôts et consignations. Organisme public, qui alors opérerait une subvention occulte pour les p(r)inces de Bruxelles. Allons donc, la Poste n’en a pas besoin car elle dégage déjà bien trop de profit si l’on songe qu’un service public n’est tenu qu’à l’équilibre de ses comptes (c’est un des principes de service public avec, notamment, la facturation au coût de revient).

On observera que les conditions exigées pour la pétition sont déjà peu réalisables. Il n’y aura donc pas beaucoup de RIP (relevé d’identité postale ou référendum  avec adresse IP?) Et ce qu’il y a de plus drôle encore, c’est que cela ne change quasiment rien car un service public qui agit, déjà depuis bien longtemps, suivant la même logique de rentabilité et de profit qu’un entreprise de droit privé, c’est « bonnet blanc et blanc bonnet ». Vouloir changer à toute force le statut de la Poste révèle bien qu’il y a anguille sous roche : le statut de SA est un 1er pas pour ouvrir ensuite de plus en plus le capital au privé afin que le gouvernement puisse vendre au coup par coup un des derniers bijoux de famille. Y bout de le faire car ses finances sont dans les choux, ce qui  met des cailloux dans les pompes de notre Poucet national. C’est l’ABC de la stratégie des Ri-poux politiciens depuis bien longtemps : petites étapes progressives de glissement vers le but caché, chacune étant modeste et peu visible, et saucissonnage des problèmes en rondelles camouflant le résultat final projeté par le pouvoir.

  • Sur l’autonomisation du conseil supérieur de la magistrature, les magistrats n’y auraient plus la majorité des sièges car il serait fait appel en majorité à « des représentants de la société civile » nommés par le pouvoir. C’est un grand classique que la profusion d’Agences, de Commissions de régulation, de Hauts conseils, de Hauts comités (Théodule), de Hautes autorités, de commissions ad hoc (Attila, Ricard-Jupette, Ballajo-Jack, Styleglisse-Zen, etc.) truffés d’experts « indépendants » pour conseiller le gouvernement. Et cela a commencé sous la gauche plurielle notamment trotskiste. Comme les membres stratégiques et majoritaires desdits « machins » sont nommés par le pouvoir il est sûr qu’il en aura pour son a(r)gent, avec en prime le beurre et la crémière. Ces organes-bidons, faussement démocratiques, ont pour vrai but de dédouaner les vrais décideurs en faisant passer la décision comme étant neutre « à dire d’experts ». Et la dernière trouvaille est la représentation de la société (fort) civile à l’égard du pouvoir…

Désormais la démocratie dispose de la ceinture théorique du nouveau droit, réformé en faveur des protestants, et de bretelles le rendant peu applicable ou réel. Bien joué, vieille taupe, c’est chouette, Minerve !

La souffrance au travail

Classé dans : Non classé — 21 septembre, 2009 @ 11:21

 

Par suite des suicides de salariés de France-Télécom (Etat : 25 % du capital), annoncés au nombre de 23 (au 10 septembre 2009 pour l’année en cours) par les médias compradores alors qu’il y a eu 12 tentatives en plus, le PDG Lombard a parlé d’arrêter une mode au sortir de sa convocation chez François Fion, 1er sinistre de Zébulon 1er.

Comme d’habitude, avec beaucoup de retard et alors qu’il faut attendre chez les politicards l’apogée des problèmes pour les découvrir (en réalité, ils savent mais ils laissent pisser jusqu’à l’explosion avant de faire semblant de s’en emparer et de les traiter uniquement avec des attitudes compassionnelles), les excellences gouvernementales ont convoqué le patron… qu’elles ont nommé,  qu’elles n’ont en aucun cas surveillé ou modéré, qu’elles ont même dû pousser à faire du chiffre puisque c’est le leitmotiv de la politique actuelle. Car il est vrai qu’une bonne part des bénéfs part dans les caisses de l’Etat sous formes de dividendes et d’impôts sur les sociétés. Et le Lombard, patron de FT a bien la tête de l’emploi : costume grisâtre, rondouillard, rose comme un porcelet, regard fuyant de lapin pris dans les phares d’une auto, gestuelle d’esquive, visiblement peu touché personnellement par l‘inquiétude. Rassurez-vous ; ici je ne fais qu’appliquer les méthodes de la phrénologie et de la morphologie qui furent longtemps en exercice…  pour les criminels « nés ».

Cet ex-service public, où il ya encore 60 000 fonctionnaires vilipendés par la hiérarchie, est depuis sa transformation en SA l’objet (au sens strict, car les hommes n’y comptent pas) de réformes de structures en veux-tu-en-voilà, de pressions productivistes sur les salariés, de mutations d’office sans la moindre concertation ni la moindre prise en compte de la situation territoriale et familiale des salariés, de suppressions de postes à n’en plus finir, de délocalisations, notamment des services téléphoniques d’accueil des « clients », d’appel à la sous-traitance, de refus de prendre en compte les observations des médecins du travail, lesquels sont au bord de la dépression ou de la démission, etc.  Vous aurez reconnu là les méthodes du management moderne dans les boîtes privées, sauf que même chez elles le management y est plus humain et moins brutal.

Voilà bien de nombreuses années que les psycho-sociologues du travail  (notamment Danièle Linhart et Christophe Dejours en tant que pionniers depuis plus de 15 ans) alertent sur les conséquences de ce management new look sur les personnels. La suppression des collectifs de travail via l’individualisation des rapports aux salariés, le chantage à la performance via des stages de conditionnement des salariés (avec gourous, « psys », stages « hors limites » comme le saut à l’élastique, coachs, etc.), les réformes revolving, les pressions productivistes (souvent sous couvert de mérite, de compétition, d’esprit d’entreprise, de direction par objectifs sans donner les moyens correspondants), le management par le stress quand ce n’est pas par harcèlement moral, l’absence totale de reconnaissance (Norbert Alter dans son dernier livre), la chasse aux syndicalistes, etc. laissent le salarié seul face à une hiérarchie, elle-même poussée par le mode de gestion court-termiste et de rentabilité financière propulsé par les dirigeants pour faire grossir la valeur boursière pour l’actionnaire. Qui est de plus en plus un fonds de pension par capitalisation détenant suffisamment d’actions pour faire pression sur lesdits dirigeants. Isolé, le salarié est dépourvu de tout moyen de défense collective, ce qui le pousse à somatiser puis à « psychologiser » sa détresse, d’où la vague structurelle de suicides un peu partout : 1 par jour en France, on rappellera ceux de chez Renault ou d’EDF. Le problème est donc connu depuis longtemps. Il est organisationnel et structurel ; il est induit par la logique financière à court terme et les méthodes de gestion. Il vient de l’inverse de ce que l’on voit dans les coopératives de production, secteur dont le pouvoir et le Medef ne parlent jamais alors que son poids économique est loin d’être négligeable.

Et il n’y a pas qu’à FT ; c’est vrai aussi à EDF bien que l’Etat y ait encore 84,7 % des parts sociales… Alors le pouvoir va se contenter de faire les gros yeux à Lombard et de le prier de mettre la poussière sous le tapis : plus de DRH, plus de médecins du travail, continuation de la psychologisation des choses. C’est commode ; cela permet d’évacuer toute responsabilité des structures, du mode de gestion, des dirigeants organisant le cadre de travail des salariés.

Le mépris du droit

Classé dans : Non classé — 21 septembre, 2009 @ 11:10

Le plus stupéfiant dans le micro-régime actuel, c’est son usage intensif et incontrôlé des normes juridiques. On légifère à tout-va avec des textes précipités, mal étudiés, en fonction des circonstances politiciennes ou des attentes d’une population devenue sécuritaire sous l’emprise des médias et des politicards. La population a peur pour son avenir (la crise, la grippe A) et pour sa sécurité (les « banlieues » et les bandes, les dingues, les vols avec violence, les chiens dangereux). Certes le pouvoir avait promis la sécurité et pour ce faire avait multiplié les lois sécuritaires à l’infini depuis 2001 (loi Vaillant) et soumis la police à des exigences de résultats (comme à France-télécom),  à des contraintes de chiffres (quoique trafiqués). Las, les dernières statistiques soulignent l’échec de cette « politique du chiffre » sur laquelle Gnafron a été en partie élu.

Les textes juridiques sont si mal conçus que bien souvent les décrets d’application patinent et révèlent leur caractère inadapté. Le dernier exemple est le test ADN à propos du regroupement familial des migrants ; Ganelon-Besson le supprime tout seul comme un grand alors qu’il s’agit d’une loi votée par le parlement. Quelle gifle pour celui-ci ! On croyait que la Commission des lois (entre autres) avait maintenant le droit de plancher sur les projets gouvernementaux et de les amender avant passage au vote, ce qui avait justifié que la chambre des députés ait  son temps et son mode de débat et d’intervention soigneusement encadré et limité. Peut être, mais visiblement cela a ajouté à la confusion puisque désormais personne ne peut savoir d’où vient vraiment le texte : des commissions ou des services de la chancellerie ou des ministères ? Sarkocescu doit être ravi car alors, dans le bordel ambiant et les conflits entre chambres et gouvernement, il n’y a plus que lui en position d’arbitre et de décideur.

Un exemple de ce foutoir est le petit amendement ajouté par la commission des lois pour éliminer la sanction de dissolution des sectes ou autres personnes morales ayant commis des escroqueries, juste avant  le procès de l’église de scientologie, sans que la chose soit parvenue aux oreilles des juges et alors que la chancellerie avoue ne pas savoir d’où cela vient. Notez que le nouveau texte a en réalité une portée bien supérieure aux seules sectes puisque toute personne morale (une entreprise, une association, une église, etc.) conserve maintenant le droit « de persévérer dans son être » vicieux. Cela se situe dans le vaste mouvement de dépénalisation du monde des affaires entrepris sous Chiracos puis Tsarkowitch. D’après la loi Fauchon, les édiles municipaux (ou autres) ne peuvent plus être condamnés pour les accidents survenus chez eux alors qu’ils n’auraient pas été au courant des dangers de leurs installations (par exemple une avalanche dans un couloir où ils auraient donné des permis de construire ou dans des zones inondables). Par ailleurs, la responsabilité pénale des personnes physiques ayant décidé de choses ayant conduit à des accidents graves (explosions de gaz [2000 à Dijon, 2004 à Mulhouse] par suite du ralentissement du programme de remplacement des fontes cassantes à GDF, explosion de Toulouse dans une filiale de Total en septembre 2001) a été remplacée par celle de la personne morale qu’elles dirigent ! Ce qui instaure en plus, en violation de tout principe juridique consacré, une responsabilité pénale collective !

Le droit est instrumentalisé de plus en plus dans un double processus : aggravation des peines et multiplication des délits pour le peuple ; exonération des puissants et des affairistes et autres banquiers. C’est donc tout un programme bien en phase avec la poursuite des politiques libérales en économie et répressives en société, malgré le cinéma ostentatoire du Mitron contre les bonus et les paradis fiscaux.

les prédateurs

Classé dans : Non classé — 18 septembre, 2009 @ 11:12

a)      Première partie : l’âge d’or et l’arrivée des rapaces et autres charognards 

Pendant l’âge d’or des « 30 glorieuses » (1945-1975), existait un modèle socio-économique qui reposait sur un « compromis fordiste » (voir l’école française d’économie dite de la « régulation ». C’était un mixage de multiples acteurs. Il y avait des politiciens et des hauts fonctionnaires orientés par la recherche de l’intérêt public. Ces derniers veillaient encore à ce qu’il y ait des institutions et des structures collectives : Sécurité sociale, droit du travail, institutionnalisation (hélas pour le meilleur et pour le pire) des syndicats, réglementation de l’économie et planification indicative (règles de concurrence, de propriété publique ou privée, de sécurité, mais pas encore sur l’environnement) ; grands services publics fournissant à tous des services gratuits (hors impôts), fiscalité progressive sur les revenus et taxation des dividendes, des intérêts et des plus-values, construction de logements sociaux (hélas souvent des « barres »), etc.

Il y avait des syndicats bien implantés dans les grandes entreprises. Mais aussi des grandes organisations industrielles appuyées sur « une technostructure » (John Kenneth Galbraith) et dirigées par des manageurs qui comprenaient la complexité et le rôle social de leur entreprise et qui étaient payés en fonction de leur efficacité économique et non de leurs résultats financiers. Ces 3 acteurs (pouvoir politique et pouvoir administratif, pouvoir syndical, pouvoir managérial et grandes organisations plus ou moins tayloriennes) avaient dégagé des compromis, notamment en matière salariale et d’emploi. On ne licenciait que s’il y avait de gros problèmes et non de mauvais résultats financiers ; les salaires étaient indexés sur les progrès de productivité [et même sur la hausse des prix], les cotisations sociales assuraient collectivement la protection contre les risques ; sur la fin on avait institué la Formation professionnelle continue (FPC) et les Assedic ; il y avait de la promotion sociale dans les entreprises, etc. Ces acteurs y trouvaient chacun leur compte, de même que le salariat : les ingénieurs dirigeant la technostructure des grandes entreprises étaient récompensés par leur statut social et la reconnaissance de leur travail envers le bien commun ; les syndicalistes « avaient du grain à moudre » et justifiaient ainsi leur rôle ; le pouvoir politique jouissait d’une certaine paix sociale et de légitimité. Cependant tout n’était pas rose et on était encore très loin de vérifier la devise nationale : liberté, égalité, fraternité. La bureaucratie régnait ; les politiciens magouillaient, les syndicats devenaient des gestionnaires du pacte social et des professionnels éloignés de leur base.

Ce qu’il faut aussi bien voir, c’est que ce compromis n’arrangeait pas tout le monde et avait bien des opposants puisqu’il favorisait les grandes entreprises et le salariat. Les grandes maisons avaient les reins assez solides pour encaisser les surcoûts de la politique sociale (qu’elles compensaient par leur technologie et leur productivité), ce qui les privilégiait dans la concurrence avec les petites structures moins modernes, moins productives, moins technologiques (les PME, les PMI), l’agriculture encore artisanale). C’était aussi la mort du petit commerce cher à Poujade et  Royer, député-maire de Tours. Il n’empêche ; le compromis était solide parce qu’il reposait sur des institutions collectives et sur « un bloc historique » dont l’hégémonie était assise sur des valeurs partagées (le souci du bien commun et de la justice sociale) et sur une idéologie commune, à savoir l’économie keynésienne et le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), que la droite veut éradiquer. Les banquiers et les assureurs ne tenaient pas le haut du pavé ; les politiciens avaient encore pour rôle effectivement joué de défendre l’intérêt public en intervenant dans le jeu-socio-économique pour réguler les rapports sociaux.

Las, dès les années 80, ce modèle (qui existait même aux USA sous forme des suites du « New Deal » et de politique du démocrate Gerald Ford) a perdu sa vigueur. Pourquoi ? Il y a de multiples causes qui se sont combinées. Dans d’autres articles j’ai largement analysé les causes économiques et financières, de même que les politiques. Je voudrais ici insister tout particulièrement sur les facteurs politiques et culturels de cette dégénérescence ou sur des aspects sous-estimés de la dégradation qui ont conduit à la crise actuelle.

Une cause majeure réside dans la transformation de la démocratie en oligarchie représentative encore moins soucieuse du bien commun qu’autrefois. La politique a été professionnalisée par la mise en place de partis oligopolistiques détenant le monopole de la présentation des candidats et assis sur la multiplicité des mandats à la fois dans le temps et dans l’espace aux différents échelons territoriaux. Le processus a été facilité par un mode de scrutin inique : uninominal majoritaire à 2 tours en France, à un seul tour chez les Gibbies et aux USA ; cette 2ème forme est encore plus dégueulasse et c’est pourquoi Tsarko voudrait la mettre en place dès les régionales de 2010 ; en effet la liste (unie avec  le « nouveau centre », le MPF et CPNT) de la droite aura d’emblée une majorité relative et  fera une razzia sur les sièges…  Avec la télévision, la politique est devenue médiatisée ; l’image compte plus que le fond, la trombine avenante des politicards et les « petites phrases » ont remplacé l’analyse et le projet. Tout est devenu « communication » dans le sillage de « l’agit-prop » ou de la « propaganda staffel », le totalitarisme en moins et la subtilité de l’idéologie véhiculée en plus. La politique a fini par devenir un marché (oligopolistique) que les politiciens partisans et « partitaires » essaient de canaliser à leur profit. Leur intérêt personnel (prestige et, naturellement, retombées économiques personnelles liées à leur fonction et à leur position dans le jeu des relations d’influence) a pris le pas sur l’intérêt général, ce qui s’est facilement transposé dans la haute administration énarchique. Les énarques sont très souvent des politiciens et des pantouflards faisant des allers et retours entre la politique, l’administration et, depuis Balladur, le management des ex-entreprises publiques et des banques (« noyaux durs » par participations croisées). Ce qui entraîne la substitution de la logique privée à celle du service public. Seuls les petits fonctionnaires ou agents de services publics défendent encore le bien public, ce qui leur vaut la haine des thuriféraires du marché et des manageurs par le stress et la destruction revolving des collectifs de travail (d’où la vague de suicides de salariés à France télécom et ailleurs). Par ailleurs, la politique a dû s’appuyer de plus en plus sur l’expertise à cause de la complexité grandissante des sociétés. Les politiciens en ont profité pour subordonner les experts en les achetant par des places dans toutes les formes d’expertise faussement neutre (car nommée par les politicards et à composition très nettement orientée) : agences, hauts comités, commissions, hauts conseils, etc. L’oligarchie a toujours existé, mais là elle est devenue quasiment inamovible et alors ne cherche plus de compromis sociaux stables.

Ce qui n’a pas été vu dans ce processus, c’est sa conséquence. En effet, la détention du pouvoir politique (simple constat dans nos prétendues démocraties représentatives) permet de faire la loi et le règlement. La question est de savoir en faveur de qui ou quoi : l’intérêt public et le peuple ou la propriété et le capital ou la finance ? La réponse, depuis 30 ans, est claire : c’est pour le grand profit, dans tous les sens du terme, de la phynance mondialisée. Contre les discours, très intéressés, de ceux qui disent que l’Etat a disparu car le marché ouvert, concurrentiel, « libre et non faussé » l’a remplacé, car « il est trop grand pour les petites affaires (locales ou nationales) et trop petit pour les grandes (internationales), car ledit marché s’autorégule (bien mieux) de lui-même sans qu’il soit besoin d’interventions politiques, l’Etat est en fait bien plus puissant qu’il ne l’a été et aussi bien plus subreptice. En tant que faux nez légitimé par les élections, le corps des politicards se sert de la puissance souveraine pour avancer les pions de ses amis banquiers et autres financiers et, dans une moindre mesure, industriels. Et cela provient directement de la disparition de la démocratie représentative, aussi imparfaite qu’elle soit. Ce qui n’empêche pas le Nicktalope présidentiel de hurler en permanence que le pouvoir est chez les « députains-godillots » et non dans la rue. C’est la fausse démocratie qui permet au pouvoir politique d’abandonner le bien commun pour faciliter les prédations de la finance, des multinationales et des riches, qui permet de remplacer peu à peu les institutions collectives par des subventions (ou des règles) publiques que les organismes et les personnes privés (banquiers, manageurs, etc.) peuvent mettre dans leur poche. Dans ces conditions, comme aux USA où les dépenses publiques sont en réalité énormes, le vrai chiffre à considérer n’est pas le taux des prélèvements obligatoires sur le PIB (minoré aux USA car, par exemple, les assurances sociales privées n’y sont pas comptées  bien qu’elles soient subventionnées) mais celui des dépenses publiques : en France, le 1er est de 43,6 % en 2009 mais le 2ème est de 52, proche de celui des USA. Ce qui compte c’est que lesdites subventions ou dépenses publiques sont organisées en direction des dépenses privées des individus dans des organismes privés et fonctionnant sur la logique du profit privé (assurances, écoles, universités, services à la personne, etc.). C’est ce mécanisme qui fonde la prédation, c’est-à-dire le transfert d’argent public vers les affairistes rapaces. C’est ce modèle que veut importer Tsarkocescu en France, au moment même où il a fait faillite ! En Europe, surtout celle du Nord scandinave, les dépenses publiques vont encore essentiellement dans des institutions communes à logique sociale et non financière de pure recherche du profit privé.

Il en résulte que les politicards ont cédé aux sollicitations de la finance pour émettre des règles qui lui sont favorables et que les banquiers et eux marchent « la mano en la mano ». Mais on ne peut pas dire que la phynance détient le pouvoir politique réel, même si elle fait bien plus que l’influencer (elle y a ses pions à la fois chez les politiciens et dans l’administration ; elle recourt à l’influence énorme des lobbies qui financent largement, plus ou moins en douce, les campagnes électorales). En effet, les politicards doivent, nolens volens, en passer par les élections ce qui ne coïncide pas avec les intérêts purement économiques. C’est pourquoi on s’oriente peu à peu vers la disparition totale de la démocratie formelle car si la population se rebiffe, alors qu’il n’y a plus qu’à « dissoudre le peuple ». Cette disparition permettra d’accentuer le jeu du grand casino financier mondial créé par le fait que les politicards ont autorisé la libre circulation des capitaux, instauré les taux de change flexibles et supprimé le contrôle des changes ; alors l’argent peut se déplacer sans cesse pour nourrir n’importe quelle spéculation avide et juteuse, à la recherche du meilleur taux de rentabilité possible en jouant, par exemple, sur lesdits taux de change des monnaies, sur les taux d’intérêts, sur les raretés plus ou moins organisées pour spéculer. Cependant, de telles merveilles n’ont été possibles que par suite d’un intense travail idéologique. En effet, il fallait convaincre les peuples que ce nouveau système était le meilleur « dans le meilleur des mondes possibles », comme disait Pangloss. La chose a été facilitée par l’écroulement du bloc de l’Est en 1989 et en même temps, des justifications anticapitalistes. De plus, dans cette disparition dudit bloc, il se trouve que l’URSS, décédée en 1991, n’a plus pu financer les « pays amis » du socialisme collectiviste (Cuba, Corée du Nord, qui avaient l’air d’offrir un autre mode de développement que le capitaliste, mais c’était l’effet des subventions et du commerce extérieur de l’URSS), ce qui a éradiqué les bases secondaires de la propagande anticapitaliste.

b) 2ème partie du texte les prédateurs : l’idéologie carnassière du tout-marché et du libre-échange généralisé

Une autre cause majeure de la disparition du compromis fordiste et de la mise en coupe réglée des moyens de l’Etat par les prédateurs politiciens, financiers et managériaux mus par une logique privée d’enrichissement personnel et ayant abandonné les institutions collectives à logique sociale, les torpillant même pour récupérer leurs budgets publics pour des activités privées,  se trouve dans le fait que le néolibéralisme a gagné la bataille des idées. Et cela progressivement en gagnant tous les esprits, y compris ceux des politiciens socialistes en peau de lapin. Cela a commencé dès le lendemain de la 2ème guerre mondiale avec, notamment, « l’ordolibéralisme » teuton (l’Etat doit être fort pour imposer la démocratie sociale de marché, thèse non adoptée par les libéraux fanatiques et développée en 1938 lors de la conférence Walter Lippmann à Paris) et la Société du Mont-Pèlerin (1947, Hayek qui, lui, répudie l’Etat et dont la thèse l’a emporté sur celle des Tudesques, le sommet annuel de Davos et les réunions de « la Trilatérale » des penseurs et dirigeants libéraux). Cela a continué avec l’Ecole de Chicago dont le maître à ne pas penser fut Milton Friedman : monétarisme (la monnaie n’est qu’un voile, un simple étalon de mesure quantitative qui s’il y en a trop se dévalue automatiquement et qui si elle est manipulée par le gouvernement est corrigée à la baisse par les gens eux-mêmes, resucée de la théorie quantitative de la monnaie) ; politique de l’offre (retour du théorème de Say : les produits s’échangent contre des produits), ce qui veut dire que ce qui compte c’est l’offre des producteurs et que la demande s’ajuste automatiquement à elle, ce qui implique que tout ce qui rigidifie la demande [salaire minimum, syndicats, lois sociales, normes environnementales, indexation des salaires sur les prix, etc.) doit être supprimé.

Mais le nec plus ultra est la théorie économique (dite de l’équilibre général, à lire comme de tous les marchés) justifiant que le marché est autorégulateur et aboutit mécaniquement à la meilleure combinaison des facteurs de production et à la meilleure affectation possible des ressources financières ou autres. La chose est parfaitement fausse. Elle suppose, notamment, qu’il y a une myriade d’offreurs vis-à-vis d’une demande dispersée (concurrence parfaite et compétition), que toute l’information est disponible pour chacun des acteurs, lesquels sont supposés rationnels, et que tous les marchés sont ouverts et non faussés. Or, il a été prouvé qu’il y a des « asymétries d’information », que celle-ci n’est pas transparente, que les acteurs ne sont pas seulement rationnels, qu’ils n’agissent pas ou ne décident pas  en rivalité les uns avec les autres (la coopération est plus efficace que la compétition). Par ailleurs, la concurrence pure et parfaite n’existe pas. Il y a de plus en plus de monopoles (notamment par l’innovation) et d’oligopoles constitués de grandes firmes multinationales.

Il y a aussi de plus en plus de lois, de normes et de règles (et de subventions) décidées par les politicards pour favoriser les lobbies qui restreignent la concurrence. C’est ainsi qu’une des raisons de la crise provient de l’abrogation en 1999 du Glass Steagall Act, voté en 1933 après le krach  bancaire de 1929. Ce texte  interdisait à une banque commerciale et de dépôt d’être en même temps banque d’affaires et d’investissement et a été supprimé sous le président Clinton qui, décidemment, avait bien des choses dans le cigare. Ainsi, a pu se développer « une banque de l’ombre » purement spéculative, c’est-à-dire sans contrôle et sans réserves obligatoires, très liée aux paradis fiscaux et spécialisée dans le « hors bilan ». Soyons modestes en tant que Francaouis avant d’accuser les Ricains : les différents gouvernements n’ont rien fait pour que les banques de dépôt ne puisse pas créer de filiales d’affaires et développer le « hors bilan » afin d’échapper à la contrainte des réserves obligatoires pour garantir les dépôts et limiter le crédit. C’est là que l’on voit le caractère ridicule des pantalonnades du Gnafron présidentiel sur les bonus et les paradis fiscaux car ce serait supprimer le thermomètre pour arrêter la température : s’il y a de la spéculation prédatrice, c’est par ce que toutes les nouvelles règles édictées par les gouvernements ont créé le cadre institutionnel qui le permet et même le facilite. Les bonus ne sont qu’un symptôme et un moyen commode de se refaire une virginité politique en faisant porter le chapeau de la crise aux traders.

De plus, tout n’est pas transformable en marché (« libre et non faussé ») possible. Par exemple, dans le domaine de la santé, le « client » n’a aucun pouvoir ni aucune information face au médecin ou à la compagnie d’assurance. Il y a aussi des « monopoles naturels », par exemple les grands réseaux d’électricité alors que le pouvoir Tsarkozyen vient d’annoncer qu’il militait pleinement pour la libéralisation de ce secteur ! Il y a encore des « biens publics », dont la valeur de marché n’est pas calculable et pour lesquels le marché ne procure aucune prise en charge des générations futures car il fonctionne à l’instant T, dans l’existant, et non à partir de l’avenir : l’éducation, l’eau, l’air, la nature, etc.. Enfin le marché ne prend pas en compte les « externalités » positives (ni les négatives comme les nuisances et pollutions) comme la mise à disposition des acteurs d’infrastructures collectives payées par les impôts car sinon aucun opérateur privé ne les construirait faute de rentabilité et de restriction possible de l’accès (par exemple, un phare ou l’assèchement d’un marais, exemples canoniques dès le 17ième siècle).

Si un seul marché était faussé, il n’y aurait pas d’équilibre général possible. En effet, si un seul est corrompu les acteurs de tous les autres se transportent vers celui-ci parce qu’il est sûrement plus juteux, ce qui détruit la concurrence et « l’affectation optimale des ressources ». Or, il y en a au moins un.  C’est celui de la phynance qui n’obéit jamais à la prétendue loi de l’offre et de la demande (si les prix augmentent, la demande diminue). En effet quand, par exemple, les prix augmentent les spéculateurs achètent encore plus dans l’espoir que cela va continuer de monter, d’où les bulles spéculatives immobilières et financières (ou autres : l’or, le  pétrole) ; personne ne s’arrête car chacun estime qu’il, lui, cessera juste à temps avant le krach. De plus, le marché financier est celui qui se prête le mieux aux asymétries d’information, aux délits d’initiés, aux comportements irrationnels en moutons de Panurge, à la corruption, aux paniques bancaires, au « capitalisme de connivence » (Japon, Corée du Sud, Indonésie… et surtout depuis Bush II les USA) entre les politicards au pouvoir et les milieux d’affaires , à la « prophétie auto-réalisatrice » (un Soros quelconque lance une rumeur sur la faiblesse de la livre en 1992, fait baisser son cours pour spéculer à la baisse et alors ladite rumeur se réalise). Et pourtant l’idée de la primauté du marché sur toute autre considération l’a emporté depuis 30 ans…  Du reste, les banques et financiers viennent de trouver une autre spéculation : racheter les assurances vie de vieux ruinés par la crise pour, par exemple, 300 000 dollars au lieu des 2 millions de l’assurance, et on titrise aussi cet abominable « votum mortis » (latin, lui, non garanti…).

Cette théorie est donc manifestement fausse. Celle qui l’accompagne aussi. C’est celle qui prétend que le libre-échange améliore la situation de tout le monde parce que chaque pays ou chacun va se spécialiser dans la production où il est, même relativement vis-à-vis des autres, dans la meilleure position de compétitivité, ce qui fait que tout sera moins cher sur l’ensemble de la planète et que, moult years after (shave , car on peut prévoir, notamment sa candidature, en se rasant), les situations finiront par s’égaliser. C’est une resucée des « avantages comparatifs » de Ricardo. Cette thèse est contredite par la fantastique envolée des inégalités et par le non-décollage de l’Afrique. En effet, un pays qui n’a aucun avantage comparatif ne peut que périr à petit feu. En outre, cette théorie implique qu’il ya ait, ne serait-ce que momentanément, des peuples et des individus sacrifiés parce que moins compétitifs, conformément à la doctrine utilitariste de la maximisation « du bonheur du plus grand nombre ».

Tout-marché et libre-échange ont été véhiculés comme une nouvelle religion monothéiste et unique : un dogme, une foi,, un prophète (Hayek), des grands prêtres (universités, économistes, « think tanks », journaleux spécialisés à la Sylvestre Grominet ou au grand Gaillard d’avant, penseurs à nacelle et essayistes « In » comme Attila ou Minc(e)) ; des praticiens-relayeurs (politicards, énarques, manageurs, syndicalistes « réformistes »), des dispositifs d’endoctrinement (la publicité, le marketing, le merchandising, les journaleux médiatiques, les « nouveaux philosophes » plus ou moins repentis de leur passé maoïste ou trotskiste, etc.), des confesseurs-assureurs de bonne conscience (psychologues, sectes religieuses, médecins prescripteurs de prozac, gourous, coachs même en musculation du périnée), un peuple élu, celui des bons petits consommateurs accros aux  bas prix de la camelote chinoise produite dans des filiales « sweat shops » des multinationales. La religion dispose d’un catéchisme. C’est le « Consensus de Washington » et ses principes de « bonne gouvernance économique » imposés à tous les pays en crise par les organes internationaux : FMI, BM, BRI, OCDE, G8 (devenu 20 à cause du krach de 2008). La médecine est corsée : ouverture des frontières et baisse des droits de douane (libre-échange), libre circulation des capitaux et suppression du contrôle des changes, privatisation des entreprises et services publics, libération des prix, disparition des subventions, diminution des dépenses sociales, libéralisation des services, équilibre budgétaire [augmentations d’impôts et baisse de la protection sociale], respect des « droits de propriété », etc. Cette thérapie a pour inconvénient de mener ipso facto à la récession, ce qui aggrave la situation et rend le pays incapable de rembourser ses dettes. Or c’est l’objectif des DR Folamour du FMI. En fait pas si dingues que cela car le but est de rembourser avant tout les dettes privées, ce qui montre que les institutions financières internationales sont au service du secteur privé. Par ailleurs les « obligations pourries » (Junk Bonds, achetées pour 20 % de leur valeur faciale) font les délices des « Hedge Funds » (fonds de couverture, en fait fonds spéculatifs). Partout ou les chamanes du néolibéralisme des « ajustements structurels » sont passés les pays assujettis (souvent par leur dette liée à l’envolée des taux d’intérêt fixés par les USA avec Reagan afin de sauver le dollar, lequel est devenu alors très fort et ainsi a assassiné encore plus les débiteurs en dollars puisque le taux de change s’effondrait pour les monnaies desdits débiteurs), ce fut une dégradation économique totale, une Bérézina. Les pays qui prirent une voie autonome de développement via l’intervention étatique (Chine, Corée du Sud) et qui ainsi ne furent pas obligés d’en passer par les Fourches Caudines du FMI, comme par hasard s’envolèrent.

Les dégâts de cette « pensée unique » furent considérables.  A l’intérieur des pays comme les USA ou la France, elle a justifié, comme on l’a vu, l’emprise prédatrice du capital financier et industriel sur les ressources et les institutions collectives et sociales peu à peu diminuées, voire démantelées, au profit des dispositifs privés et individualisés par le désengagement de l’Etat en tant que gestionnaire ou garant de ces structures. Elle a permis la mise en place de la collusion prédatrice et conjointe des politicards et des financiers au nom de la liberté individuelle de choisir (donc plus de monopoles, par exemple de Sécurité sociale ou d’éducation). Et comme il s’agissait de « liberté », les bœufs américains ont plébiscité la disparition des impôts pour les riches et pour les revenus financiers sous prétexte que c’était à chacun de gérer ses propres affaires sans en passer par une offre instituée. Bien mieux, comme déjà dit, les subventions étatiques à titre individuel ont pu se déverser vers les caisses privées, d’où la prédation. Et la pilule qui les spoliait est passée sans problème grâce à la promesse de la sécurité du pays, des personnes et des biens. Ne rigolons pas. La France suit depuis longtemps le même chemin et Zébulon 1er, prince du discours et des méthodes sécuritaires sans effet, ne fait qu’accélérer les choses sans prendre les gants hypocrites et progressifs de ses prédécesseurs socialistes ou chiraquiens. Et on a fini par déboucher sur la crise mondiale tout à la fois financière, économique, sociale, idéologique et culturelle par rapport à laquelle les gouvernants se contentent de cautères sur une jambe de bois en ne faisant que sauver les privilèges des banquiers et de la phynance.

La théorie continue d’être prônée et appliquée dans les discours et les pratiques. Pourquoi quelque chose d’aussi faux et catastrophique continue-t-il de plus belle malgré les promesses de régulation (à la marge seulement) ? Pourquoi continue-t-on d’implanter dans l’administration les critères, la comptabilité et la logique de gestion du privé, ce qui a accompagné le processus de cheminement vers la crise ? Elémentaire, mon cher Watson : le fric n’est pas perdu pour tout le monde : les banques prêtent à des taux d’intérêt trop hauts (en France, elles prêtent à plus de 5 % alors qu’elles ne payent que 1 pour leurs emprunts à la banque centrale) et reçoivent de grosses commissions, les assureurs procurent des solutions individuelles et sélectionnent les risques pour toucher au max sans avoir beaucoup à payer, les producteurs vendent partout et font plus de marge grâce aux économies d’échelle, les distributeurs achètent en Chine tout en maintenant largement leurs marges vis-à-vis des clients qui sont loin de toucher la différence des prix, l’agriculture productiviste et subventionnée envahit les PVD et tue leur paysannerie et leurs cultures vivrières, les boîtes de dépollution vendent de quoi réparer les nuisances de leurs copines industrielles, les riches et les entreprises ne payent presque plus d’impôts, les politicards confortent leur position grâce à l’aide de leurs amis de la finance, les syndicats font de la figuration tout en étant institués et subventionnés, etc.  Ils finiront tous ensemble par recréer les conditions de l’explosion de la lutte des classes encore larvée mais dont le grondement vrombit. En attendant, dans le cadre du court-termisme de la rentabilité et du « max » de profit, ils continuent de danser sur le volcan, en se disant presque comme le régent : que la fête continue.

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