les armes de la critique

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Taxe carbone ou hypocrisie politicarde ; des impôts et des hommes

Classé dans : Non classé — 5 septembre, 2009 @ 10:18

Les (pro)éminences politiciennes , impulsées par le Grenelle de l’environnement et par la volonté de prendre des parts de marché politique sur les Verts, instaurent une « taxe carbone » sur les émissions de dioxyde de carbone  à hauteur de 14 euros la tonne. Il est clair que, comme dans toute stratégie gouvernementale, ce n’est qu’un début. On annonce, du reste 100 euros en 2020. C’est la bonne vielle stratégie des petits pas et du salami. Cela ne manque pas de sel dans un pays où les taxes sur l’énergie sont déjà fantastiques pour le pékin moyen : TIPP à 65 % plus la TVA, taxes sur l’électricité à entre 30 et 40 %, gaz dont le prix, calé sur celui du pétrole, n’a diminué que de 11 % bien que le prix du baril soit descendu de 150 dollars à 70 après être passé par 50. On prétend aider les consommateurs isolés réduits au chauffage au fuel ou obligés d’utiliser leur voiture, ou les ménages à faible revenu. On compte aussi compenser partiellement la perte de ressources fiscales des collectivités locales liée à la suppression d’une grosse part de la taxe professionnelle car l’omniprésident l’a juré : pas d’augmentation de la pression fiscale, ce qui est déjà en retrait par rapport à son engagement (de campagne…) de baisser de 4 points le taux des prélèvements obligatoires. Cela ne l’a pas empêché de créer dans les 22 prélèvements nouveaux notamment en ce qui concerne la sécurité sociale.  Qu’en résulte-t-il, qu’en résultera-t-il ? Fastoche : comme les riches ont vu leurs impôts baisser (loi TEPA de l’été 2007, du reste on ne sait pas si la taxe carbone va faire partie ou non de l’assiette des impôts plafonnés à 50 % de leur revenu, y compris CSG, RDS,  taxe d’habitation), comme les entreprises sont de plus en plus exonérées comme les revenus financiers (dividendes, intérêts et plus-values), comme les prolos (pas tous, loin s’en faut) bénéficient d’heures sup détaxées et du RSA, il ne reste plus qu’un seul acteur à payer plein pot. Ce sont les classes moyennes (2 Smic pour un ménage de 4 personnes vous mettent ipso facto dans cette prétendue catégorie) sur lesquelles tout l’impôt direct repose et qui ne bénéficient d’aucun avantage (sauf la demi  part d’impôt par enfant) pour cause de dépassement des plafonds ouvrant droit à des revenus d’assistance.

Une première question est qui va payer ?  M. Lemaire, prétendu ministre de l’agriculture, annonce déjà que les paysans et les pêcheurs devraient  être exonérés. Ils le  sont déjà parce qu’ils ne payent pas leur gasoil au tarif normal. Et il y a tant de prébendiers à soigner pour des raisons électoralistes : les ambulanciers, les chauffeurs de taxi, les routiers, les entreprises qui poussent des cris d’orfraie alors qu’elles peuvent répercuter leurs charges supplémentaires sur leurs clients. Lesquels, en dernier ressort sont effectivement les payeurs de ladite taxe. Il y a en effet un grand constat : toute taxe sur les entreprises, les agriculteurs, etc. est, en définitive, répercutée sur les consommateurs. Le problème est que ces taxes handicapent l’économie nationale par rapport aux pays qui ne les ont pas.

Il y a une solution facile : installer une taxe sur les importations de tout ce qui ne paye pas une contribution écologique équivalente, y compris en provenance des pays de l’UE. Et ce n’est pas que dans ce domaine écologique : il faudrait taxer toutes les importations en provenance de pays  sans droit fiscal, social, syndical, environnemental digne de ce nom. C’est là qu’on rencontre les absurdités de l’Europe (dès l’acte unique de 1986 voulu par le curé Delors) réduite à un marché sans règles de protection uniformisées au nom de « la concurrence libre et non faussée » constitutionnalisée par le « traité constitutionnel européen (TCE) » pondu par Fiscard Destin.  Car les Fridolins ont délocalisé en Europe de l’Est, réduit à quia leur protection sociale (législation Hardt sous Schröder) et,  en plus, ont instauré une TVA sociale de 3 %, ce qui n’est qu’une dévaluation déguisée et surtout un report sur les autres pays de l’UE de ce qui reste de leur protection sociale. Les Irlandais font du dumping fiscal avec des impôts sur les bénéfices des entreprises réduits à 12 % (moyenne européenne 25). Les Rosbifs protègent leur finance, la 2ème du monde, qui leur procure 10 % de leur PNB, spéculent sur leur monnaie hors zone euro et depuis toujours font obstacle à des réglementations européennes (par exemple sur le temps de travail avec leur opt-out) harmonisatrices. Lesdits « tuniques rouges » ont infecté l’Europe avec leur prion de la vache folle, en y  vendant des farines animales qu’ils avaient interdites chez eux ! Les Peco ne cherchent qu’à bénéficier des subventions européennes et des investissements des banques européennes. La France défend mordicus une PAC désastreuse (productivisme, pollutions, subventions d’exportation contre les cultures vivrières du, Tiers Monde). L’Espagne pique l’épargne européenne pour construire des villages de vacances.  C’est ça l’Europe ? Un grand marché sans harmonisation des règles fiscales, environnementales, du droit du travail du droit social ?

La solution est simple : soit l’Europe institue des taxes (y compris internes) sur les différentiels de législation en tout genre, soit la France le fait toute seule. Les bonnes âmes diront alors que la France se retire de l’Europe. Tant mieux, il ne s’agit que de l’Europe institutionnelle, du reste hyper libérale ; mais elle resterait dans l’Europe marché ; il y aurait des rétorsions ? Connerie, car alors il suffirait à la France de ne plus rien acheter en Europe…  Car quand on réduit tout à un marché, il n’est plus possible ensuite de se passer de ce marché, tout le monde se tenant par la barbichette. C’est du reste ce que font les Gibbies depuis leur réception dans la CEEE en 1973. La France pourrait enfin se livrer à une vraie politique de coopération avec les pays du Tiers Monde en échange équitable de ces produits contre ceux desdits pays. Il va de soi qu’instaurer une taxe carbone tout seul ne ferait que nuire au pays…

La moindre intelligence politique et sociale (c‘est sûrement cette  2ème épithète qui manque) voudrait que, avant de créer de nouvelles taxes, on mette à plat la fiscalité existante. C’est sans doute trop demander à des politiciens éclairés par des médias à leur service. Et on oublie généralement tous les impôts déguisés. Par exemple, le droit d’achat d’une licence supplémentaire de téléphonie mobile (on parle de 238 millions alors que les 1ères ont été vendues 630, d’où les plaintes de SFR et compagnie pour distorsion de concurrence) est un pur racket étatique car aucun service n’est vendu. L’Etat ne fait que profiter de son monopole d’attribution de fréquences ou de droits d’émission dans les ondes. Racket qui est évidemment payé par le consommateur final. Autre exemple. Dans vos impôts locaux vous voyez figurer « des frais de gestion ». 109 euros pour la taxe foncière, soit 720 francs pour garder une idée des ordres de grandeur (75 environ pour la taxe d’habitation pourtant plus difficile à calculer ; comprenne qui pourra). Or, par exemple, l’émission d’une facture EDF ne coûte pas plus de 45 francs et en plus cette firme a le bon goût de ne pas vous la facturer puisque cela figure dans les prix de l’électricité. Où passe donc la différence ? Dans les poches de l’Etat qui impose aux communes son monopole de calcul et de prélèvement. Une gestion sur un ordinateur PC par la commune serait évidemment bien moins chère. Il s’agit donc d’un impôt déguisé dont le montant ne figure pas dans les prélèvements obligatoires puisqu’il s’agit de prétendus frais de gestion. Autre exemple : les frais d’hypothèque qui sont outranciers et qui servent notamment à nourrir grassement les conservateurs des hypothèques à l’instar des charges officielles sous l’Ancien régime (2èmes fonctionnaires les mieux payés après les trésoriers payeurs généraux). Ces petites manipulations expliquent pourquoi si le taux de prélèvement obligatoire (Etat, SS, impôts locaux) est d’environ 43,5 % du PIB en 2009, celui des dépenses (là il faut compter les emprunts) 52, à peu près comme celui des diverses recettes fiscales et sociales.

Rappelons que, en bon français, une taxe est la contrepartie d’un service rendu. C’est du reste pourquoi on jongle avec le vocabulaire car les taxes foncière, professionnelle et d’habitation sont regroupées sous la bonne appellation d’impôts locaux. Car ce n’est pas relié du tout à un service effectif. En effet, sans cela on ne pourrait s’expliquer que les endroits où elles sont les moins élevées c’est à Neuilly, à Paris et dans les communes riches et disposant de sièges sociaux ou d’installations commerciales et industrielles. Voir le pactole apporté par la présence d’une centrale nucléaire… la justice voudrait que dans le futur « Grand Paris », dont l’étude et la conduite des travaux est monopolisée par le pouvoir tsarkozyen, les recettes de Neuilly, de Levallois, de Paris, etc. soit fusionnées avec celles de Clichy-sous bois, de Montfermeil, de Sevran, etc. Gageons qu’il n’en sera rien, de même que les actuelles dotations étatiques de péréquation ne bougeront guère, suivant le bon principe libéral : les riches en auto, les pauvres à vélo.

Electricité de France, pardon compagnie française d’électricité SA

Classé dans : Non classé — 3 septembre, 2009 @ 10:03

Cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 1946 a été transformé en SA en 2005 sous la houlette de Tsarkozy, lequel a promis, comme pour Gaz de France, que l’Etat garderait la majorité du capital. Pour GDF, il y a déjà eu trahison puisque, après la fusion avec Suez, ledit Etat n’a plus que 34 % des parts sociales.  C’est comme pour France-télécom qui avait fait l’objet des mêmes engagements…  Le gouvernement a bien entendu promis que la SA respecterait ses missions de service public malgré l’arrivée d’un actionnariat privé (et salarial !) dans son capital. On notera que le PCF-CGT-CCAS, syndicat majoritaire,  s’est montré peu vigoureux lors des tractations qui ont conduit Edf au statut de SA, c’est-à-dire à la logique de droit privé. Maintenant on sait pourquoi : la CCAS (caisse centrale d’action sociale, ou comité d’entreprise, truffée de cégétistes plus ou moins encartés au PCF et plus gros organisme de vacances de France) avait la justice au cul et, surtout, il fallait recaser des masses de salariés de ladite CCAS dans l’entreprise-mère. Au passage, le PCF-CGT-CCAS a accepté de casser le système mutualiste d’EDF/ GDF en permettant une 1ère mondiale : la création de la 1ère mutuelle obligatoire pour vieux salariés en retraite.

Rappelons les principes qui régissent les missions de service public, soi-disant maintenues.

·         Continuité du service ; c’est pourquoi il y a environ trois ans EDF a coupé une bonne partie de l’Ile de France car il fallait honorer un contrat de fourniture aux Teutons, lesquels avaient eu une panne générale liée à l’arrachement d’une ligne à Très Haute Tension par un bateau dans le port de Hambourg. C’est ainsi que le droit commercial privé a pris le pas sur les obligations de service public ; étonnant, non, comme dirait M. Cyclopède ? On a retardé et diminué les investissements, pour ensuite pleurnicher qu’avec les tarifs actuels EDF ne pouvait plus réinvestir (tout en plaçant le pognon à l’étranger pour acheter des rossignols comme LIGHT en Argentine ou Montedison en Italie). Du coup, les réseaux mal entretenus (nécessaires à la continuité du service) ne supportent pas les tempêtes, alors on mobilise les agents pour réparer ex post, au lieu de prévenir. Mais les agents, payés avec un lance-pierres et taillables et corvéables à merci, leur pacte social ayant été cassé pour faire du profit, commencent à regimber sérieusement et les volontaires, comme lors de la tempête de fin 99, se raréfient. Et les grèves musclées reparaissent : les récentes grèves dans le nucléaire, au moment de la révision et de l’entretien des centrales ont ratiboisé momentanément le taux de disponibilité (dans les 80 % alors que à l’étranger certains pays font bien mieux), ce qui n’a coûté à EDF que la modeste somme de 500 millions. Voilà une conséquence du néolibéralisme qui anime les dirigeants d’EDF : les économies de bouts de chandelles qui finissent par être fort dispendieuses et qui sont faites au mépris de la sécurité.

·         Service du pays avant tout, sinon, en bon français, on ne peut plus s’appeler Electricité de France (le roi de France est au service de la France) mais Compagnie française d’électricité. C’est raté : avec la bénédiction des différents gouvernements (socialos avec le PDG (B)Rousse-Lee, le président karaté, puis avec Gadonneix, dit So What ou Sot Watt, mis en place sous Jospin le trotskard et maintenu par la droite, EDF s’est mis à acheter des boîtes à l’étranger. Le dernier exploit est le rachat à prix d’or de British Energy (15 à 20 milliards d’euros, on ne sait tant le flou règne) une maison dont 4 centrales nucléaires sur 10 seront déclassées en 2015 ! Du coup, avec tous ces achats (en Amérique latine comme Light en Argentine, en Italie avec Montedison, ou des trucs dans les PECO), EDF a réussi le tour de force d’augmenter son endettement (qui diminuait avant comme les tarifs) à hauteur de 28 milliards d’euros (25 plus les 3 milliards d’emprunt grand public récent). Du coup, les investissements en France ont stationné et maintenant l’entreprise crie misère et a demandé une augmentation des tarifs de 20 % sur 3 ans. Cela ne manque pas de sel quand on sait que cette boîte affiche 3,119 milliards d’euros de résultat pour le seul 1er trimestre 2009.

·         Toujours dans l’obligation du service du pays en premier, y compris en matière environnementale, EDF fait des pieds et des mains pour ralentir l’implantation du photovoltaïque (dont elle doit racheter les excédents de production comme pour les éoliennes et l’hydraulique à un tarif supérieur à ses coûts de production mais la chose est payée par une taxe écologique incluse dans lesdits tarifs). Il ya en effet une législation en forme d’usine à gaz (d’où vient-elle et sous quelles amicales pressions ? Devinez) qui fait de l’accès au réseau un véritable parcours du combattant qui prend en moyenne deux ans ! Il en est de même pour les énergies renouvelables.

·         Vendre au coût de revient sans faire des bénéfices. Resaluons les 3,1 milliards de résultat au 1er semestre 2009, lesquels partent vers l’actionnaire principal (à savoir l’Etat à 85 %) et l’impôt sur les sociétés, qui n’existait pas avant la SA. Evidemment, ces profits pourraient être provisionnés pour financer les investissements sans augmenter les tarifs. Par ailleurs, EDF vient d’obtenir une revalorisation de ses tarifs dits « régulés » (1,9 % en moyenne pour les clients domestiques, 5 % pour les industriels). Comme l’ont soigneusement caché les médias aux ordres, en réalité, les petits clients (3 KVA maximum de puissance souscrite) ont vu leur abonnement grimper en flèche ce qui les conduit à entre 5 et 10 % d’augmentation sur l’année. Observons qu’il ya là une justification : le fameux tarif binôme inventé par Massé et Boiteux ; la part abonnement sert à amortir les infrastructures (lignes d’alimentation, part de production, donc la mise à disposition d’une puissance), la partie tarif paye les consommations. Notons que les petits et anciens clients ont déjà amorti depuis longtemps les installations qui les alimentent. Donc, ils devraient être exemptés. Quant aux nouveaux petits clients, les surtaxer au moment de leur arrivée (souvent des jeunes en début de carrière, voire pis) fait montre d’une saine conception de la justice sociale dans un service encore public. C’est le nouveau principe de Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se rentabilise. Rappelons que les différentes taxes sur l’électricité (38 % à Paris ) font en plus de ce service aujourd’hui indispensable une nouvelle gabelle : taxes locale et départementale (entre 4 et 12 %), contribution pour les DOM-TOM et la Corse, contribution pour l’aide aux démunis, taxe de compensation pour le service des retraites du service public en ce qui concerne les avantages maintenus après transfert à la SS et aux complémentaires (dont le taux de remplacement de 75 % du salaire des 6 derniers mois, avantage le plus important des services spéciaux, non supprimé par le super réformateur Tsarkocescu), taxe pour favoriser les nouvelles énergies renouvelables, taxe sur l’hydraulique, reprise à un tarif outrancier des surplus des « auto-producteurs », redevance de concession (à Paris, Lyon, Marseille) et TVA… y compris sur les taxes ! Et de bonnes âmes voudraient que l’on y ajoute une « taxe carbone », comme en rajouter aussi sur la TIPP (en gros 75 % du prix du litre d’essence) pour la même raison !

·         Principe de tarification au cout marginal de développement (pas vraiment de service public mais installé depuis 40 ans à EDF) ; c’est ce principe qui justifierait, quoique l’entreprise n’en dise rien, car elle estime que c’est trop compliqué pour le Français moyen, une augmentation des tarifs. En réalité, EDF ne s’en sert plus depuis longtemps. Ce qui compte c’est le prix de l’électricité sur les marchés, suivant en cela les conséquences de la libéralisation voulue par l’UE, c’est-à-dire en fait par les gouvernements (qui après accusent la commission européenne). Or, en univers libéral de « concurrence libre et non faussée » le prix est fixé par le coût de production des dernières centrales mises en service pour faire face à la demande, c’est-à-dire le coût des centrales les plus chères car ce sont celles-ci que l’on fait fonctionner en dernier. C’est cette conception lumineuse qui a permis les spéculations et les manipulations d’ENRON : cette boîte organisait des pénuries, des fausses pannes de réseau et de centrale, pour justifier une augmentation des prix de production et de transport alors que les tarifs des distributeurs étaient plafonnés (d’où la faillite des distributeurs en Californie en 2001 et une panne mémorable). Et c’est à cela que spécule en fait EDF : empocher la différence entre le prix européen, calé sur les dispendieuses centrales tudesques, et son faible coût de production nucléaire.  Faible coût obtenu en portant la durée de vie des centrales à 40 ans au lieu de 30 (et EDF réclame maintenant 60) moyennant quelques adaptations bien moins coûteuses que la construction d’une centrale neuve (400 millions contre 2 à 3 milliards).

·         Principe de mutabilité, à savoir : tous les progrès de productivité et de qualité doivent être reversés aux usagers sous forme de meilleurs services et de baisse des prix. Or, il se trouve qu’une boîte (Voltalis) a inventé un boîtier qui permet d’effacer le client pendant les heures pleines de consommation, boîtier du reste commandé par le service du transport (filiale d’EDF quoique séparé). Eh bien via la Commission de régulation de l’électricité, où ne siègent que des compradores nommés par le pouvoir et largement inféodés à EDF (ce qui permet à EDF de dire, c’est pas moi, c’est la CRE), Voltalis a été sommée de payer à ladite EDF les consommations perdues ! Oh honte, car pendant les heures pleines, EDF est obligé de mettre en route ses centrales les plus coûteuses (ou d’acheter à l’étranger) et donc Voltalis lui permet de faire des économies… D’après ce principe de mutabilité, les tarifs devraient diminuer en fonction des progrès de productivité ; c’est ce qui se faisait avant le passage en SA. C’est du reste une conséquence de la tarification au coût de développement : les futurs investissements étant plus productifs, leur coût marginal d’exploitation diminue à long terme. Afin d’améliorer la qualité du service, EDF a liquidé ses centres de formation et vendu ses immeubles pour en devenir locataire (cela a du bon : à la fin de la concession, le concédant n’a plus que les yeux pour pleurer ; les Français, cependant l’ont dans l’os puisque les actifs qu’ils ont payé ont disparu pour acheter des firmes, en général mal portantes, à l’étranger) afin d’investir à l’étranger au lieu de servir le pays. Edf se réorganise presque tous les jours et diminue les effectifs notamment en poussant les vieux trop coûteux vers la sortie, ce qui stresse et déboussole ses agents (d’où quelques suicides) et fait perdre en productivité, en qualité et en capital humain et en expérience. Qu’à cela ne tienne ; désormais EDF, pour calmer les troubles sociaux qui s’ensuivent, fait appel à la maréchaussée et aux tribunaux pour faire la chasse aux syndicalistes. Et cela sans doute au nom du dialogue social et de la négociation. Et pour stimuler leur rendement et leur créativité, les dirigeants se sont sucrés en multipliant par 10 leur rémunération par rapport à celle que recevaient des Boiteux, Delouvrier ou Massé alors que les employés sont payés en roupies de sansonnet et qu’on leur accorde royalement 1 % d’augmentation générale.

·         Principe de sécurité pour les habitants. On est très loin ; les centrales nucléaires sont entretenues par des sous-traitants de sous-traitants de sous-traitants, joliment appelés « viande à rem » (ou les voltigeurs, les trapézistes, les moutons, etc. Les centrales sont prévues pour résister au choc d’un petit avion Cessna et non d’un avion de ligne, encore moins d’une attaque genre Trade World Center. Et cette cachotterie fait partie « du secret défense », ce qui a valu à un écologiste le dévoilant une mise en examen avant que la justice ne rétropédale : le procès aurait été croquignolet et le pouvoir a fini par se rendre compte de ce qu’il aurait offert une tribune aux écolos ! Cela me rappelle un sordide calcul de GDF : ne pouvant à la fois, soi-disant, payer la mise en sécurité des installations intérieures des usagers ( pour financer l’opération dite « qualigaz » car il faut en passer par les chauffagistes du privé vu qu’il est interdit à GDF d’intervenir sur les installations intérieures ; on se demande pourquoi sauf à protéger les intérêts des artisans en dépit de la sécurité des citoyens) et le remplacement des conduites en « fonte cassante », GDF a choisi de ralentir le programme d’élimination des fontes cassantes (extinction annoncée par un PDG de l’époque, Gutmann pour l’an 2000). Résultat : explosion de Dijon en 2000 et de Mulhouse en 2004, avec dans les 40 victimes en tout ! Car avec les SA, ce qui prime (dans les 2 sens du terme) c’est la rentabilité ; la sécurité n’est plus qu’une dépense improductive…

·         Egalité de traitement sur tout le territoire et en fonction de la nature des consommations, c’est-à-dire péréquation des tarifs ou unicité des tarifs sur le territoire. C’est du reste pourquoi, l’usager, pardon, le client, paye la taxe spéciale DOM-TOM et Corse et que le Breton ne paye pas plus cher qu’ailleurs. Le principe est en voie de disparition ; déjà des concurrents, genre Poweo, peuvent avoir des tarifs différentiels, lesquels ont la particularité d’être plus bas que ceux d’EDF (à laquelle, du reste, ils achètent leur énergie en très gros) dans les zones à forte densité de population et d’infrastructure, c’est-à-dire là où les coûts d’acheminement sont les moins élevés. Et c’est amusant : UE obligeant, EDF est forcée de vendre à ses concurrents pour qu’ils lui fassent concurrence ! Tant pis pour les zones rurales à faible densité, comme, du reste, pour le courrier de la Poste qui suit le même chemin rentabiliste ou les lignes secondaires de la SNCF. Et, un de ces quatre, EDF sera obligée d’observer la même logique : faire payer en fonction des coûts malgré le principe d’obligation de desserte au même tarif partout. Cela me rappelle une ancienne combine socialiste ; les supermarchés à succursale multiple ont fini, il ya quelques années, par obtenir d’être facturés non pas au niveau de chaque magasin mais pour leur consommation globale. En gros, pour fournir un magasin, on est dans la moyenne tension (demi-gros) ; pour alimenter l’ensemble de la chaîne de supermarchés, on est dans la très haute tension (très gros). Ce qui est une violation flagrante de la tarification au coût marginal des frais supportés puisque chaque magasin dispose d’un réseau d’alimentation spécifique et local, ce qui coûte très cher en lignes et en transformateurs, lequel n’est plus facturé puisque tout se passe comme si l’ensemble des magasins étaient concentré en un lieu unique fourni aux bornes d’une centrale de production dédiée sans frais de transport de l’énergie. C’est comme si les Français formaient une association nationale et réclamaient d’être facturés pour l’ensemble de leur consommation. C’est la même logique, sauf que, là, le pouvoir n’accéderait pas à cette demande légitime…  Pour mémoire, rappelons que Ballamou, alors prime minister,  avait eu l’idée géniale de transformer l’Etat en actionnaire d’EDF (alors que l’Etat, via la Nation, était déjà le propio) en lui refilant le réseau de transport… qui lui appartenait déjà. Le but de la manip était que le gouvernement impécunieux récupère des dividendes, comme dans une SA, donc de préfigurer la transformation ultérieure en SA ! C’est, du reste, la stratégie générale des gouvernements pour « réformer » : celle des glissements progressifs (sans plaisir) et peu visibles au bout desquels les Français se retrouvent en slip sans savoir comment et sans que les syndicats et autres forces d’opposition n’y aient vu autre chose que de la fumée… sans feu. Technique heureusement combinée avec celle du salami, du découpage des problèmes en petites rondelles, de façon que les braves gens ne voient pas qu’à la fin des opérations il n’y a plus de saucisson.

·         Droit des concessions. Rappelons que l’Etat (ou une collectivité locale) a le droit, après avoir construit ou fait construire une installation qui lui appartient, d’en concéder la gestion et l’exploitation à une boîte privée. C’est parfait si c’est bien une collectivité qui paye l’investissement ou la firme privée concessionnaire. Mais, depuis des décennies, ce principe tout simple est violé.  En effet, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a été en fait payée par les usagers de l’électricité et par personne d’autre ; ce qui veut dire qu’elle appartenait aux Français et qu’elle ne pouvait pas être vendue pour des roupies de sansonnet à SUEZ. Il en est de même pour les autoroutes financées par les péages et qui devaient devenir gratuites après amortissement des investissements. Ben non, on les a fourguées pour une bouchée de pain à Bouygues et Veolia. Et maintenant le pouvoir envisage de céder à d’autres concessionnaires le réseau de transport d’électricité (dit réseau d’alimentation générale, RAG parce que dans ce cas la concession dépend de L’Etat). Là encore, les Français seraient spoliés car ledit RAG a été payé ni par l’Etat, ni par le concessionnaire, mais par les usagers. Plus marrant encore, dans ce cas-là, EDF est (était) le bras armé de l’Etat et lui enlever la concession de RAG revient à ce que ledit Etat s’ampute lui-même de son bras armé électrique au profit du privé ! Gageons que bientôt les futures prisons construites et gérées par des concessionnaires privés comme aux USA et chez les Gibbies (commode, l’Etat ne paye plus rien et ne détient plus, de fil en aiguille, quelque service public que ce soit) seront finalement financées par les détenus eux-mêmes et leur famille qui payeront tout, y compris en travaillant pour des nèfles. Le principe de la concession est simple : à son terme, l’instrument de production appartient à la collectivité qui ne peut l’aliéner mais simplement en accorder la gestion à un autre concessionnaire moins-disant après appel d’offres. On n’apprend pas cela à l’ENA ?

 

Il ya d’autres principes, mais déjà les choses sont claires : le Nickatalope, à la suite des socialos, ment.

 

 

les boni des traders et le Nicktalope

Classé dans : Non classé — 30 août, 2009 @ 11:14

L’omnipotent, l’omniscient président vient de convoquer le 24 aout les banquiers pour leur passer un savon  à propos des boni (and Clyde) des traders. L’obscur voyant Nicktalope, soit ne sait pas que c’est un tout petit problème, un bouton d’acmé financière sur la face rougeaude des banquiers, auquel cas il est incompétent (comme le serait tout avocat d’affaires sans culture économique profonde), soit il continue de mener le bon peuple en bateau. Car celui-ci réclame des têtes pour punir les coupables de la crise et car la reprise des boni, alors qu’il s’enfonce dans la mouise, lui est insupportable. Alors il suffit de faire de la COM. et du compassionnel, d’afficher urbi et orbi des rustines pour lui faire accroire que le pouvoir fait quelque chose d’important. Cette 2ème interprétation est renforcée quand on sait que si M. Pro(u)t,  DG de la BNP, s’empresse d’obéir aux ordres du Prince côté cour, M. Pébereau, président de la même BNP, hyper libéral monté en graine grâce à Balladur, grand mamamouchi du libéralisme,  et à ses « noyaux durs », est le meilleur conseiller de Tsarkowitch en matière financière, côté (et coté) arrière-cuisine. Cela devient encore plus évident si l’on pense que les banquiers ne sont pas complètement nases car, autant que Tsarkocescu, ils savent qu’afficher à nouveau des boni, qu’ils auraient pu tenir secrets sans difficulté,  est un chiffon rouge sous le pif des bons Francaouis. Alors pourquoi le font-ils quand même ? Elémentaire, my dear Watson, c’est parce que cela donne l’occasion à Zébulon 1er de se remettre en selle et d’afficher ses muscles antilibéraux à peu de frais vu que les médias relayeront sa position faussement outragée.  Enfin, cette manipulation de l’opinion est encore plus accréditée par le fait que les aides sarkozyennes aux banques, notamment en apport de capital (5 milliards pour la miséreuse BNP de Pet-Hobereau de la finance) n’ont été assorties d’aucunes mesures pour mieux les contrôler, notamment via des administrateurs d’Etat à leur Conseil d’Administration. Du reste, on les laisse gentiment exploiter à leur profit (ben voyons) la différence de taux d’intérêt entre les prêts de la banque de France (1 %) et les taux aux particuliers et aux entreprises (4 à 5 %).

Or, il ne s’agit que de sparadrap sur la gangrène de la phynance, d’emplâtres sur une jambe d’or, de sangsues contre la grippe porcine. Si l’on veut mettre au pas les banquiers, les assureurs, les agences de notation, les cabinets-conseil en stratégie, les fonds de pension, les fonds spéculatifs, il y a de vraies mesures à prendre. Leur logique est simple : éradiquer l’idée des économistes théoriciens de l’équilibre général qui postule que les marchés s’autorégulent d’eux-mêmes et aboutissent à la meilleure allocation possible des ressources dans tous les domaines. Cette logique inspire depuis 30 ans tous les organismes internationaux (FMI, BM, BRI, OCDE, G 20, UE, OMC, etc.) au nom du « consensus de Washington » et de ses « ajustements structurels ». Cette pensée « unique » a conduit à la libre circulation des capitaux, au libre-échange généralisé, à la suppression des services publics et des inutiles fonctionnaires. Elle a favorisé la spéculation à base de « produits financiers innovants » et aussi dans tous les domaines (ressources agricoles, matières premières, assurances, et maintenant les terres, etc.). Au passage les travailleurs et les pays du monde entier ont été mis en concurrence, avec les dégâts que l’on sait, et la planète en coupe réglée quel que fût son état écologique. Or, cette idée est fausse.  D’habitude, quand les prix montent sur un marché de biens ou de services, la demande baisse ce qui réintroduit un équilibre  de plus bas niveau. C’est la thèse des avantages de la « concurrence libre et non faussée ».  Mais en matière financière il n’en est rien : les spéculateurs continuent d’acheter dans l’espoir d’une hausse ininterrompue des cours et même pour les faire monter, ce qui crée une bulle spéculative (immobilière, des actions en bourse). Ils savent qu’il y aura un krach, mais ils estiment qu’ils sont plus malins que les autres et qu’ils se retireront juste à temps (ce qu’a sans doute fait Goldman-Sachs, bien initiée…   et qui a sorti ses marrons du feu de la crise au bon moment). Et, comme les moutons de Panurge, tout le monde en procède de même…  Car « l’exubérance irrationnelle des marchés » est fondée sur une psychologie : individualisme, égoïsme, avidité, rapacité, celle-là même qu’a développé le néolibéralisme sur la base des âneries du libéralisme. M. Adam Smith ne voyait-il pas dans l’imitation des gens qui ont réussi le ressort de la sympathie envers eux ? Cette psyché est uniforme et propagée par les médias, les « think tanks », les universités, les organes internationaux. C’est pourquoi, dans le domaine des attitudes, de la rationalité, de la pensée économique le libéralisme est un totalitarisme qui s’ignore.

Les traders n’existeraient pas sans salles des marchés dans les banques ; ces salles ne seraient pas là si tout n’était pas devenu matière à spéculation, si les effets de levier et démultiplication du crédit n’avaient pas été surexploités, si l’on avait tenu solidement en mains les rênes de la phynance au lieu de les laisser dans les pattes du père UBU, etc. Donc pour empêcher les exactions de la phynance et ses conséquences de multiplication des petits pains (de TNT, car la phynance est chrétienne et renouvelle les miracles du Jésus ou saucisson de Lyon), il faudrait, par exemple afin d’éliminer le plus gros des nuisances financières :

* contrôler et taxer sévèrement les mouvements spéculatifs de capitaux, supprimer tous les paradis fiscaux, dont les plus redoutables sont camouflés en Grande-Bretagne et aux USA ou dans leurs « filiales » territoriales, obliger les capitaux à rester au moins 10 ans dans les pays où ils ont été investis,

* créer une monnaie internationale, partiellement fondée sur les matières 1ères, les productions agricoles, les encours industriels, sur des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) fondés sur un panel de monnaies nationales ou régionales ; cette monnaie de réserve, d’aide et de coopération est administrée par un FMI-BM-BRI fusionné et enfin cogéré à droits égaux par tous les pays, en éliminant totalement la prépondérance des USA et de l’UE, en enlevant au dollar, comme à l’euro, leur caractère de monnaie mondiale ; cette idée est vieille : elle remonte à Proudhon et surtout à Keynes (le bancor). Chaque pays y déposerait des réserves obligatoires proportionnelles au poids de son PIB,

* interdire les titrisations (CDO, ABS), interdire les achats et vents à terme et à découvert dans tous les domaines, interdire les marchés non organisés où ces choses se passent sans contrôle, encadrer sévèrement les CDS (sorte d’assurance pour les spéculations) et tous les produits dérivés ; obliger les banques à n’avoir qu’un seul bilan (au lieu de l’actuel hors bilan possible  dans lequel nichent toutes les spéculations hasardeuses et les défausses de risque reportés sur le travail et la petite épargne). Augmenter drastiquement (30 % au lieu de 8 à 10 %, dont 2 % en réserve obligatoire déposée à la banque centrale) les réserves des banques (taux d’actifs propres [fonds propres et avoirs] par rapport aux encours de crédit) afin de limiter l’effet de levier par l‘emprunt (comme dans les LBO) et le crédit illimité. Revenir à la séparation totale entre banques de dépôts et banques d’affaires, annulée par Bush II aux USA et détournée en France via les filiales spéculatives des banques de dépôt, lesquelles du reste ont dû payer les frasques des 1ères (Crédit agricole et Caisse nationale d’épargne, via les caisses régionales).  Interdiction des cartes de crédit revolving et limitation des taux d’intérêt des cartes restantes et des prêts bancaires à un taux d’usure légal limité à 8 % pour aujourd’hui. En France le taux d’usure légal est actuellement de 21 % ! et est imposé uniquement pour les prêts bancaires et non pour les boîtes de crédit revolving qui sont, devinez ?, généralement des filiales des banques, pas étonnant leurs dirigeants viennent de la haute fonction publique et vice versa  aux USA,

*ramener les banques centrales dans le giron public ; ré-autoriser celles-ci à prêter au gouvernement (avances de la banque de France interdites par Pompidur) à un niveau d’intérêt couvrant seulement l’inflation (annulé par Fiscard Destin) ; interdire aux Etats d’emprunter à l’étranger hormis pour les prêts du FMI-BM-BRI. Placement des emprunts nationaux, donc, auprès de l’épargne française. Enfin créer une banque nationale de dépôt, mutualisée et socialisée, concurrente des banques privées et gérée en mains communes par les acteurs concernés (banque du Peuple de Proudhon) ; cette banque, fédérale en quelque sorte,  notamment, reprend la banque postale, la caisse d’épargne, le crédit mutuel ou coopératif, la banque populaire, la caisse des dépôts et les fusionne dans un ensemble élargi et surtout changeant totalement de mode de gestion et d’objectifs,

* revoir la fiscalité des revenus financiers en ramenant  les dividendes et les plus-values (mobilières et immobilières) sur cessions de titres (ou d’immeubles) à l’IRPP, au taux normal atteint par le contribuable,

* interdire les rachats d’entreprises par LBO, les rachats de leurs propres titres par les entreprises, les fusions et absorptions d’entreprises par seulement échanges de leurs titres (échange à limiter à 30 %) sans nouvel apport d’argent frais, les pratiques du hors bilan ; légiférer sur les prix de transferts entre filiales (et avec la maison-mère) des multinationales.  Ramener la comptabilité aux choses réelles et aux amortissements comptables afférents en détruisant la nouvelle comptabilité internationale avec sa prise en compte de recettes futures, de « good will », d’éléments immatériels, de ressources espérées des brevets ou du logo ou de la marque… Interdire les stock-options… et les boni liés à la spéculation. Revenir aux salaires et supprimer toutes les formules d’intéressement et de plans d’épargne d’entreprise qui transforment les salariés en rentiers et surtout rendent les revenus aléatoires et individualisés, diminuent les ressources de la sécurité sociale, suppriment les augmentations générales, reportent les risques sur lesdits salariés en financiarisant les rémunérations,

* créer une agence de notation mondiale, rattachée au FMI-BM-BRI ; obliger les boîtes de conseil qui font en même temps l’audit et la certification des comptes des entreprises de choisir l’une ou l’autre activité afin d’éliminer les conflits d’intérêt,

* empêcher l’arrivée de nouvelles spéculations, notamment celles fondées sur les « droits à polluer » et autres taxes carbone, car elles incluent l’idée que, reposant sur des droits de propriété (en l’occurrence de parts de nature terrestre) dont les détenteurs-propriétaires doivent indemniser les autres pour leurs nuisances, la nature est privatisable et les dégâts calculables. Il n’en est rien car, par exemple, les droits des futurs habitants de la terre ne sont pas pris en compte, ni les droits d’habitants éloignés d’une source de pollution.  

* Eradiquer la course aux différentiels de législations (fiscale, environnementale, sociale, du travail, économique [subventions, interventions étatiques, droit des brevets, etc.]) pour baisser les coûts de production et toutes les charges (qui conduisent aux délocalisations de production et d’achat en faussant la concurrence au profit des pays les moins-disant) en créant une taxe compensatoire sur les importations, taxe reversée aux pays y compris les USA qui, mine de rien, sont des champions dans le dumping en tout genre (droit social anémique, pas de couverture sociale obligatoire, études payantes, subventions à l’industrie et à l’agriculture, syndicalisme poursuivi, droit environnemental étique, etc.) ou l’Allemagne championne des délocalisations dans les PECO et qui a créé une TVA « sociale » de 3 %  alors qu’elle a démoli son droit social sous Schröder, et en fonction de leurs efforts d’harmonisation avec les législations les plus avancées,

ETC. et cela dit uniquement dans le domaine financier car il ya bien d’autres choses à faire dans les domaines économiques et sociaux pour en finir avec le libéralisme économique et le capitalisme d’accumulation sans frein. On voit déjà que les oukases de Tsarkowitch remplacent le salami par sa peau de saucisson, la variable principale par sa énième dérivée. On voit bien que l’agitation de Zébulon 1er a le même effet que la brise marine sur la surface de l’eau. C’est qu’il reçoit une onde impure en provenance de la finance, laquelle se confond avec le pouvoir politique d’Etat. Car les préconisations ci-dessus ne sont jamais qu’un retour à la vraie régulation, laquelle a été détricotée pendant 30 ans par les politicards de tout poil au service du capital et du patronat. Avant d’enlever les boni des traders, il faut déjà faire disparaître tous les processus, structures et dispositifs de spéculation. C’est raté, Kasstwapovcon…  l’hyperlibéral camouflé en social, qui, derrière les discours lénifiants, poursuit inexorablement sa politique de destruction du ‘faux)modèle social francaoui.

du bon usage médiatico-politique de la canicule

Classé dans : Non classé — 20 août, 2009 @ 9:09

Parmi les nouvelles valeurs essentielles de notre société, il y a la météo et, en ce moment, la canicule. Il est très plaisant de voir les médias faire assaut d’information sur le sujet. Tout y passe, notamment les bons conseils des experts sur la façon de s’en protéger. Comme si les gens avaient atteint un si haut niveau de débilité qu’il faille en permanence les tenir par la menotte (y compris policière) au point que j’imagine que bientôt les « savants » et autres « sachants » (ensachant le savoir) nous indiqueront comment aller pisser. On se penche avec compassion sur nos vieux qui ont oublié qu’il fallait boire. Pourtant, ils sont entourés d’experts qui en prennent soin. A moins que la grande misère en installations et en personnel des mouroirs où le plus grand nombre stationne ne soit le vrai problème politique que des médias inféodés doivent s’employer à celer. Evidemment ce n’est pas le seul sujet fondamental traité par les médias en ce moment. Il y a les sempiternels incendies de forêt pour lesquels nous apprenons qu’il ne faut pas fumer ou allumer de feu en balade forestière. M. Smet, exilé fiscal  à Gaadst, est déçu ; il jaunit à l’idée que la Suisse ne passe plus sa belle chanson toni-truante. Il est rare que les journaleux nous disent que nombre d’incendies estivaux, notamment en Corse, sont liés à des spéculations immobilières pour rendre les terrains dévastés enfin constructibles. Ce sont des taiseux quand les gouvernants ou les édiles municipaux ou régionaux  pourraient être mis en cause.

Le traitement médiatique de la canicule consiste à reporter la responsabilité des effets de la surchauffe sur ces imbéciles de Français. Circulez ; au plan politique il n’y a rien à voir. Objection votre honneur : quand j’étais jeune, j’habitais à Albi ; les beaux étés y étaient alors fréquents et l’on se tapait souvent du38/40 à l’ombre pendant plus d’une semaine. Personne n’en parlait (il n’y avait pas de rivalité dans le sensationnel et le populiste entre les chaines puisqu’il n’y en avait qu’une, puis 2, mais d’Etat) ; les gens avaient l’habitude et surtout les vieilles maisons étaient « faites  pour », comme dirait Coluche (murs épais, ventilations naturelles, volets en bois, etc. ; voir aussi l’exemple du M’Zaab au Sahara). Or, on a ensuite construit des clapiers en béton, aux murs très minces, sans ventilation naturelle ; et … peu coûteux à construire. Comme quoi, on retrouve toujours partout notre vieille amie du capitalisme triomphant, à savoir la recherche du moindre coût et de la rentabilité maximale. Recherche facilitée, propulsée, autorisée par qui ? Les législateurs et les pouvoirs publics. Comme les murs en béton (ou en parpaings creux des « villas » modernes), le délirium politico-financier est devenu tremens. Le vrai problème est donc le mode même de construction des habitations. Il faut donc l’éviter pour que les dirigeants dorment en paix dans leurs palais publics climatisés ou anciens.

La grippe, ex-porcine, a été débaptisée pour faire oublier que le virus est né dans des élevages abominables où les hommes côtoient les porcs sans la moindre précaution. Oh la la, s’il fallait enfin réglementer vraiment et surtout surveiller les élevages bretons (ou étrangers car la concurrence est le meilleur moyen de faire baisser les prix), ces braves gens levant facilement les fourches et déversant pour une fois le lisier non dans les rivières mais devant les préfectures. Plutôt que de prévenir ex ante, on va donc guérir ex post; pendant la grippe, les affaires doivent continuer sans inquiéter les vacanciers sans affaires sur eux et les consommateurs de travers (industriels) de porc. Donc, comme la pandémie menace, il est plus simple d’affoler le bon peuple minute par minute et surtout de montrer comment les autorités se sont emparé du problème à bras le corps et le traitent magistralement. M. Chââtel préconise de fermer les écoles dès qu’il y aura trois élèves atteints. Pourquoi pas 4 ?  Y a-t-il eu une étude scientifique ? On nous la cacherait pour justifier ce nombre ? Et. on stocke les masques et l’on commande des vaccins qui risquent de n’être pas disponibles au plus haut de l’épidémie. Alors, on pense à une liste de priorités en tête de laquelle ne figurent pas les gouvernants (oubli ou cachoterie ?) ou les policiers. C’est affolant. Qu’est-ce que le pays va faire si le gouvernement est décapité, si la police n’intervient plus pendant 15 jours ? On fera comme en 40/44 chez les charcutiers ou autres BOF profiteurs de guerre : décochons, des cochons, des cochons nos traits, des truies, des truies, détruisons l’ennemi, pourceaux, pourceaux, pour sauver la patrie.

Des suicides en prison ou dans les entreprises ? La réponse politico-médiatique est toujours la responsabilité et la « fragilité » individuelles. L’organisation du travail, son intensité, la pression des petits chefs pour le rendement, l’individualisation des salaires et des rapports sociaux, la mise en compétition des travailleurs par l’évaluation individuelle et surtout comparative dans des « tableaux d’honneur » de la semaine, la destruction des collectifs de travail où les plus faibles trouvaient une aide, etc. ne comptent pas. Mais comme le problème existe cependant, on va faire appel à des psychologues qui fourniront sans doute du Prozac. Les prisons sont invivables ? On va former des matons à la psychologie. Tout devient redevable des « psys ». C’est bien commode pour évacuer les dimensions sociopolitiques des problèmes.

Et quel est le résultat à long terme de toute cette exposition médiatique de faux problèmes et de mauvaises solutions, de cette défausse du politique à grand renfort d’information journaleuse et d’experts autoproclamés ? C’est la déresponsabilisation de tout le monde. Pourquoi se fatiguer à se gérer soi-même, à se protéger, à s’outiller s’il suffit de regarder la télé pour savoir quoi faire ?

Le siècle progresse vers l’Etat de droit

Classé dans : Non classé — 16 août, 2009 @ 11:14

                                              « Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse » 

                                                                           (Stendhal, Souvenirs d’égotisme)

Depuis 2001, ce qui veut dire que la dégradation des choses  a commencé sous les socialistes en peau de lapin, le droit a en pris un sacré coup dans les badigoinces. Voyons-le  en reliant quelques  vieux principes généraux du droit, lentement accrédités  par la morale et  la culture au cours de l’histoire, aux récentes évolutions en la matière.

·         L’audience publique (principe du débat public, la justice se rendant au nom du Peuple) concerne de moins en moins de monde grâce à la mise en place du « plaider coupable » procédure dans laquelle le justiciable « négocie » sa peine avec le procureur à condition de s’avouer coupable en présence d’un avocat dont le rôle est limité au respect de ladite procédure. Rappelons que, aux USA, l’avocat garde un rôle essentiel, y compris en plaider coupable, et peut même mener une contre-enquête, ce qui lui est interdit en France. On copie le pire sans prendre le meilleur. Le « repenti » avouera d’autant plus facilement que 48 heures de garde à vue (le nombre des gardes à vue a doublé pour dépasser 600 000 en 2008) lui auront assoupli les méninges et l’échine  et que l’on aura trouvé contre lui des indics payés et anonymes ou des témoins « sous X ». Le « coupable » ne saura donc pas qui le fait accuser, ce qui augure d’un simulacre de procès sans accès équitable à la justice.

·         A l’audience, juges et procureurs ont normalement leur liberté de parole. C’est trop. Alors, la bonne Arachid Data (huile donnée comme révélation ethnique à la nation) a sermonné des procureurs en usant de façon trop libre pour la chancellerie. Autre principe violé, celui du débat contradictoire qui n’existe plus dans le plaider coupable et fort peu en comparution immédiate.

·         Le procès doit être équitable. La chose est de moins en moins assurée avec les « comparutions immédiates » (ex-flagrants délits) où les avocats, en général commis d’office, reçoivent le dossier une heure avant l’audience et dans lesquelles les contrevenants ont été très diminués par leur passage au dépôt (une honte pour la dignité humaine vu leurs installations) et plusieurs fouilles à corps. Il va de soi aussi que l’anonymat des témoins à charge détruit cette notion d’équité dans la conduite du procès. La réduction drastique du nombre de tribunaux contribue aussi à éloigner le justiciable des lieux de jugement, ce qui évidemment nuit aux plus défavorisés notamment dépourvus de moyens autonomes de transport.

·         Le procès doit tenir compte de la personnalité du prévenu et des circonstances atténuantes. C’est le vieux principe de l’individualisation des peines. Or, les peines-planchers deviennent automatiques en cas de récidive. C’est du reste pourquoi un proc. s’est fait remonter les bretelles par la chancellerie : il avait justifié à l’audience pourquoi il ne demandait pas la peine plancher. Car celle-ci n’est pas automatique si, et seulement si, la dérogation est justifiée. On reconnaît là l’hypocrisie des gouvernements. Le droit semble respecté mais tout est organisé pour qu’il n’en soit rien. En effet, il suffit que des consignes ministérielles soient transmises aux parquets pour minimiser le droit à la dérogation par justification. Et si un proc. ne veut pas comprendre qu’il n’a en fait aucune marge de liberté d’interprétation alors on le sanctionnera : engueulade, baisse  de sa prime, mutation, perte des droits à avancement. Rappelons au passage que le droit est affaire d’interprétation, si non un barème géré sur ordinateur suffirait pour déterminer la peine. La liberté d’interpréter les textes de loi lors de leur application aux cas particuliers est donc sapée à la base, ce qui introduira une perte de valeur de la jurisprudence. Or celle-ci est une des sources majeures du droit…

·         C’est à l’accusation de faire la preuve de la culpabilité du prévenu. La loi Hadopi (censurée par le conseil constitutionnel parce qu’elle confiait une sanction pénale sans jugement à une autorité administrative comme sous Vichy) a innové : désormais c’est à l’accusé de prouver que ce n’est pas lui qui a téléchargé des choses, que son ordinateur a été piraté à son insu (facile en WiFi) et qu’il a  en place un logiciel de protection.

·         C’était aux juges de mettre ou de maintenir les gens en détention. Que nenni ; désormais pour les individus dangereux, notamment auteurs de crimes sexuels, une simple décision administrative suffira pour les maintenir enfermés ad libitum notamment dans un hôpital psychiatrique ou une structure ad hoc. On sait qu’environ 30 % des détenus relèvent en fait de la psychiatrie. Rien à cirer : les hébergements en prison sont moins chers et cela permet de répondre aux exigences des victimes qui veulent une peine infamante et non une cause psychologique ou sociale des délits et crimes. Cette rétention administrative institue par ailleurs un déni de la présomption d’innocence et surtout revient à prévenir des intentions. Or la justice d’autrefois ne devait juger que des actes ; d’où l’anecdote de Me Moro-Gaffieri qui défendait, years ago, un individu surpris devant une joaillerie muni d’une pince-monseigneur et sans début d’effraction. L’avocat plaida ainsi : je porte sur moi tous les instruments du viol, puis-je pour autant être condamné ? Cette montée en puissance de la répression des simples intentions est aussi le fait de la police : si vous vous trouvez par hasard sur le lieu (ou l’itinéraire) d’une manifestation vous pouvez en être écarté de façon préventive (ou ensuite être condamné pour cette seule présence, même si on ne peut prouver des actes, lorsqu’il y a eu du vandalisme). Notons que si le principe de la punition des seuls actes a été adopté, c’est parce que les intentions ne sont pas démontrables même pour un psychanalyste… Les lois Perben avaient lancé la chose en interdisant les rassemblements de beurs dans les halls d’immeubles ou en punissant la mendicité avec un chien. Remarquons que ce qui est en jeu c’est non seulement l’intention des rassemblés ou, mais encore la présomption de ce que les beurs et autres jeunes noirs sont dangereux par nature. Ce qui invalide alors un principe légal : le refus de stigmatisation des gens pour leur « race »  ou ethnie, chose poursuivie  par exemple dans les pratiques policières ou de videurs de boîtes de nuit en ce qui concerne le « délit de faciès ». Quelle contradiction : d’un côté on interdit, de l’autre on favorise ces pratiques !

·         Autre innovation inquiétante : la punition des actes collectifs alors que la justice ne connaissait que le principe libéral de la responsabilité individuelle, dont, par ailleurs, le Nicktalope (obscurvoyant) et ses sbires nous rebattent les oreilles. La punition, autrefois, ne pouvait être collective… Or, en outre, M. Estrosi, dit le motodidacte, peu versé en droit, nous prépare une loi contre les bandes et le seul fait d’en être ou d’être présumé en faire partie, impliquerait tout un chacun dans un phénomène collectif.

·         La loi est égale pour tous et un jugement d’un jury populaire ne saurait être contesté sauf événements nouveaux ou erreur de procédure. Eh bien maintenant les « communautés » peuvent exiger un autre procès, ce à quoi le garde des sceaux obtempère, sous la houlette de Naboléon qui ne veut pas perdre les suffrages des communautés, lesquelles du reste n’ont pas à être reconnues en tant que telles puisque la démocratie française ne connaît que des individus sans distinction de sexe, de race, de religion, de situation sociale. Et que devient la laïcité, ou principe de neutralité vis-à-vis des religions ou conceptions du monde, si une communauté ethnico-religieuse est en position de dicter la procédure aux autorités judiciaires ? Au passage, par ailleurs, signalons que l’avocat général, accusé de n’avoir pas requis pour tous les accusés le maximum des peines encourues, a été traité « d’antisémite génétique » (son père avait été collabo sous Vichy) sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent… Il est vrai que chez Zébulon 1er la pédophilie et l’homosexualité sont génétiques.

·         La présomption d’innocence est foulée aux pieds par l’institution judiciaire elle-même. On voit les procs. paraître à la télévision pour un oui ou un non. Il faut bien qu’ils justifient les gardes à vue. Ainsi, en l’espace d’une semaine, trois affaires d’accidents ayant causé une mort involontaire, ont amené les présumés responsables en garde à vue, y compris les lampistes, et les procureurs dans les étranges lucarnes. Dont le substitut de Senlis qui a donné deux versions différentes du même accident à 2 jours d’intervalle. Dans l’affaire Dray, les informations révélées par les médias ne peuvent provenir que de sources judiciaires, pourtant tenues au secret de l’instruction. Du coup, Dray semble condamné au moins par l’opinion publique…  Ainsi, la présomption d’innocence est mise à mal suivant le vieux dicton : pas de fumée sans feu. Les procs. usent et abusent maintenant de la procédure dite « d’enquête préliminaire ». Dans celle-ci, le justiciable et ses avocats ne sont pas associés à l’instruction et n’en connaissent pas les pièces, sauf si le proc. a la grande bonté de les leur communiquer ! Le proc. peut procéder, dans le secret des informations recueillies, à toutes les enquêtes qu’il veut et qu’il confie à la police, qui dépend de lui… Cette procédure n’est contrôlée par aucune autre instance (remarquez que dans le cas de l’affaire d’Outreau ces contrôles n’ont servi à rien… tant la corporation s’auto-protège). Le proc. est seul à décider des suites de l’affaire : non lieu ou mise en examen. Quand on sait que le Nicktalope (notre prince obscurvoyant) veut supprimer le juge d’instruction et tout confier aux parquets (magistrats non-indépendants comme vient de le souligner la Cour européenne des droits de l’homme) on peut craindre le pire. Cela promet pour l’accès équitable à la justice. On notera que le pouvoir des magistrats dans le conseil supérieur de la magistrature a été rogné pour y introduire des représentants de la société civile nommés par le pouvoir ; ils n’y ont plus qu’un tiers des sièges. L’hypocrisie consiste à dire que cette réforme est faite au nom de l’ouverture et du pluralisme. On observera qu’il n’est pas encore question de rendre les parquets indépendants de la chancellerie, ce qui serait nécessité par la suppression des juges d’instruction. Or dans toutes les vraies démocraties la justice est considérée comme un 3ème pouvoir indépendant. En France, ce n’est qu’une « autorité judiciaire ».

·         La justice doit traiter tous les justiciables sur un pied d’égalité. Ce n’est plus de saison. Les peines pour les quidams ordinaires ont fantastiquement augmenté (peines planchers, multiplication des délits à coup de lois sécuritaires et de modifications incessantes du code pénal depuis 2001, aggravation des peines par la magistrature couchée reprise en main par le pouvoir et incitée à la sévérité sous peine de blocage des primes, de l’avancement et des mutations). Depuis 2002, le code pénal a été modifié 116 fois et toujours dans le sens le plus répressif pour les « sauvageons ». Ce qui nous conduira à 80 000 détenus à l’horizon 2012 (64 000 en 2009 pour 55 000 places). En revanche, le nombre des délits pénaux pour les patrons a été réduit d’un bon tiers (140 on été supprimés depuis 2002) et cela continue. Du reste les moyens de contrôles par l’inspection du travail, par l’inspection sanitaire ou vétérinaire ou par la répression des fraudes ont été subrepticement réduits. Par ailleurs, la responsabilité pénale des entreprises a remplacé celle de leur patron (voir les deux explosions de gaz pour GDF par suite d’une décision ralentissant le programme de remplacement des fontes cassantes ; voir l’affaire Elf-Total dans l’explosion de Toulouse le 21 septembre 2001). En outre, les édiles et autres élus ne sont plus responsables des accidents causés par leurs services (loi Fauchon de 2004) sauf s’ils étaient informés des dangers. Enfin, depuis longtemps Nicolae Sarkocescu veut faire modifier le délit d’abus de biens sociaux en le faisant partir de la date de sa réalisation (ce qui conduit rapidement à la prescription) et non du moment de sa découverte.

·         La justice doit être une. Or la France, et c’est ancien, est la championne du monde des cours spéciales : tribunaux de commerce, des armées, des prud’hommes, de la Sécurité sociale, Cour de justice de la république (où les parlementaires s’auto-jugent), cour d’assises spéciale antiterroriste. Pire est la séparation entre les tribunaux administratifs où les actes du pouvoir et des fonctionnaires sont jugés et les tribunaux civils. Cela n’existe qu’en France. Amusant est le clivage entre le Conseil constitutionnel qui ne juge que de la conformité des lois (après vote) à la Constitution (et non aux traités européens) et le Conseil d’Etat qui examine les projets de lois (avant vote au parlement) y compris du point de vue européen. Cela est évité facilement : un député compradore introduit un amendement en séance (joliment surnommé « cavalier législatif ») et alors celui-ci n’a pas pu être examiné ex ante par le conseil d’Etat. Il est donc particulièrement difficile à un justiciable de circuler dans ce labyrinthe judiciaire. L’amendement en séance a pu être suscité par un lobby ayant plus ou moins stipendié un parlementaire. Ou par le gouvernement qui ainsi fait passer des choses en catimini tout en en faisant porter le chapeau à un « députain »  (je paraphrase Boris Vian : un général, dés générés,  un maréchal, des maraîchers, un député, des députains) appartenant à sa majorité de godillots. Rappelons que, aux USA, la Cour suprême juge de tous les contentieux non saucissonnés entre Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat et Cour de cassation.

Je dois donner un exemple précis des effets de ce découpage juridique. La loi villepéniste sous Chiracos ayant institué le « Contrat nouvelle embauche » (dont période d’essai portée à deux ans), plusieurs tribunaux de prud’hommes ont rendu des jugements invalidant des licenciements à ce titre (sans indemnités et sans justification puisque à l’intérieur de la période d’essai). Je rappelle que cette mesure, acceptée par le Conseil d’Etat et non censurée par le compradore Conseil constitutionnel ou 8 membres sur 9 sont de droite, sans compter les membres de droit à savoir les anciens présidents de la république, était contraire aux traités internationaux signés par la France à l’OIT (convention 158 de l’Organisation internationale du travail, où la période d’essai doit être raisonnable et le licenciement motivé) et que la France a fini par être condamnée pour cela. La chancellerie a demandé aux parquets de faire appel. La cour d’appel a débouté ces appels. Alors le gouvernement a prétendu que ces contentieux relevaient non du droit civil mais du droit administratif et devaient remonter au Conseil d’Etat (lequel n’avait rien dit sur l’illégalité de la chose eu égard aux conventions internationales lors de son examen du projet de loi instituant le CNE). On demandait donc à l’instance où l’Etat est juge et partie, où les juges sont directement nommés par le gouvernement, y compris sans être juristes puisqu’il suffit d’être énarque et partisan du pouvoir, de juger de l’application d’une loi qu’il avait approuvée ! , d’où un conflit entre juridictions. Ce conflit a été résolu par la Cour de cassation (tribunal des conflits), habilitée à ce rôle, au profit de la cour d’appel. CQFD : le droit pour le pouvoir n’a qu’un caractère instrumental et ledit pouvoir essaie de jouer sur la multiplicité des voies de recours…

Je m’arrête là bien que le sujet soit loin d’être épuisé. La conclusion qui s’impose c’est que si la démocratie est tronquée, si le législateur est illégitime, alors les lois et les tribunaux feront du la Fontaine : selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir.

eureka: solution néolibérale pour le chômage et autres problèmes du pays

Classé dans : Non classé — 29 juillet, 2009 @ 10:23

    

                             Le pays est confronté, dixit notre bonne vieille droite réactionnaire et bonapartiste rejointe en cela par le socialisme en peau de lapin, aux problèmes des déficits des régimes de retraites et d’assurance-maladie. A quoi s’ajoutent les difficultés de logement et le chômage des jeunes et moins jeunes alors que les plus de 58 ans sont déclarés HS. Par ailleurs Tsarkocescu implique la France dans des conflits armés afin de complaire à l’Empire ricain.

Je cherchais depuis quelques temps des solutions qui respectent les options libérales prises par le pays en mai 2007 avec l’élection de Tsarkowitch 1er ; il fallait obéir aux nouvelles valeurs du pays : individualité, responsabilité, prise de risque, utilité, rentabilité, eudémonisme consommatoire, etc.  Et alors j’ai eu une vision. Mais, bon sang, mais c’est bien sûr, il y a une solution. Il suffit d’envoyer les plus de 58 ans (dont 38 % sont sans emploi) et de moins de 75 ans faire la guerre. Car l’âge de la retraite sera bientôt remonté à 67 par Naboléon le petit ; alors j’anticipe car gouverner c’est prévoir… de faire la guerre. Ainsi beaucoup de problèmes seront résolus d’un seul coup.

Il y aura moins de retraites à payer et pendant moins longtemps. En effet, les vioques seront sans doute davantage tués par l’ennemi car ils sont moins agiles et moins costauds que les jeunes. Ils seront sans doute moins attachés à la vie et peut être moins agiles d’esprit pour éviter les dangers. Je parle des anciens des deux sexes au nom de la parité. Du même coup l’assurance maladie sera très soulagée car ce sont les vieux qui coûtent le plus cher en dépenses médicales en tout genre. Il y aura aussi moins de maisons de retraites médicalisées ou non.

On reviendra à la conscription au lieu de l’armée de métier qui coûte très cher en salaires, retraites (possible après seulement 15 ans de service), cotisations sociales. Les vieux conscrits sont déjà munis d’un revenu : RMI, ASS, Assedic, retraites, allocation vieillesse. Et il n’y aura plus besoin de casernes puisque les vieux ont déjà un logement pour revenir en permission ou autres épisodes de vie.

On aura bien d’autres possibilités d’économies. Les vieux ne pourront pas porter les lourds équipements militaires. On emploiera moins de matériel sophistiqué et très coûteux pour combattre l’ennemi sans risquer des vies de vieux. En effet, un calcul d’utilité et de rentabilité montre rapidement que ces équipements coûtent bien plus chers que les vieilles vies économisées. Pour un jeune, le calcul actuariel sur 60 ans de vie perdue à indemniser montrerait le contraire. On fera des économies d’enterrement ou d’incinération car les bombes émiettent et carbonisent les cadavres. Et comme les vieux seront moins équipés et outillés, ils n’en tomberont que davantage au combat, ce qui accélèrera les économies susdites. En outre, sous les effets de la chaleur et de l’effort, ils peuvent faire un malaise vagal, comme notre père inné musclé, et donc mourir encore plus.

En même temps, les jeunes pourront occuper les emplois détenus jusqu’alors par les vieux, ce qui facilitera la résolution du problème du chômage et des allocations afférentes. Les entreprises verseront comme à l’accoutumée des salaires moins élevés que pour les vieux. Elles n’auront plus à ruser pour éliminer leurs anciens avec les risques juridiques afférents. Les logements devenus vacants pourront être récupérés pour loger les jeunes sans construire davantage. On videra les administrations de tous les énarques au placard par suite des alternances politiques (ce qui fait des strates superposées de hauts fonctionnaires oisifs et même néfastes  pour la démocratie: les battus passent leur temps à freiner le nouveau gouvernement), puisque ceux qui ont parié sur le mauvais cheval continuent d’être payés par la princesse. La disparition de la pléthore d’énarques a aussi pour effet de faire diminuer le nombre de fonctionnaires sous leurs ordres ; en effet être haut placé, même sans pouvoir réel, exige pour l’honneur et le rang d’avoir une petite troupe de sous-fifres à sa main. On se débarrassera aussi de tous ces cadres supérieurs des entreprises ; lesquels ne songent qu’à dégraisser et à faire suer le burnous au maximum de rentabilité.

Les jeunes pourront faire l’amour au lieu de la guerre. Cela vaudra au pays un surcroît de naissances, ce qui dopera l’économie et la croissance : layettes, écoles, consommations familiales en tout genre, etc. On sait que les vieux consomment moins et épargnent trop. Ce ne sera plus le cas avec le boom lancé par les jeunes.

Sur le plan moral, on résout une difficulté. Pourquoi les vieux peuvent-ils envoyer les jeunes encore pleins d’avenir au casse-pipe tout en restant peinards chez eux, bien calés devant leur télévision où ils peuvent voir en direct la mort de certains de leurs enfants et descendants ? Que les décideurs soient les payeurs (au nom de la responsabilité individuelle si bien portée à droite et à gauche) et puisque les vieux sont devenus risquophiles, alors qu’ils soient mis face au danger au lieu de le faire par procuration. Notamment, on interdira tout mandat de président, de député ou de sénateur, etc. au-delà de 60 ans et, donc, ces gens-là pourront eux aussi faire leur devoir patriotique au lieu de toucher de gras émoluments ou retraites. Et sur le plan de l’honneur n’est-il pas bien plus satisfaisant et glorieux de mourir pour la patrie que d’un cancer de la prostate ou du sein ?

Ainsi, notre beau pays retrouvera de la compétitivité par les prix puisque ses charges générales diminueront. Mais il y a aussi des enjeux politiques. Il s’agit de restaurer plus de démocratie, cette dernière étant le principe suprême du libéralisme. Comme on le voit toujours lors des élections, les vieux votent à droite ; de plus ils s’accrochent au pouvoir comme Pasqua au Sénat à 82 ans ou Rocard à 79. Avec la limitation des mandats à 60 ans et le vote plus à gauche des jeunes, on pourra renouveler le parlement (et toutes les instances locales ou régionales de représentation)  de façon plus démocratique car la composition de celui-ci sera plus représentative des classes d’âge et car les mandats à vie disparaitront. Le seul problème est alors que les jeunes risquent de voter pour la guerre afin de toucher leur héritage plus tôt, de même que pour accéder aux logements et aux emplois. Las, on ne fait pas d’hommelettes sans casser les œufs et, justement, la poursuite perpétuelle de la guerre est le gage de la prospérité du pays.

In fine, ma solution n’est-elle pas plus clairvoyante que celle de notre  Nicktalope, l’obscurvoyant si  chouette qui m’innerve ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                           

les variations du pouvoir d’achat

Classé dans : Non classé — 25 juillet, 2009 @ 11:27

                                                       

Le Comte-président Tsarkovitch de Bossa-Nova été élu sur la promesse du pouvoir d’achat. Promesse tenue car avec le plan TEPA : cadeaux fiscaux aux riches pour 10 milliards d’euros (bouclier fiscal pour Í’ISF, déductions fiscales pour l’accession à la propriété, baisse des droits de succession, etc.) et aux travailleurs travaillant plus pour gagner plus (défiscalisation des heures sup,  déductions fiscales  pour l’intéressement, etc.), le pouvoir d’achat  des riches a augmenté mais celui des classes moyennes et surtout des pauvres s’est mis à stagner au lieu d’augmenter faiblement comme dans les années avant 2007.

 L’INSEE, organisme compradore au service du pouvoir et en même temps ayant encore un soupçon de dignité, fait apparaître une hausse du pouvoir d’achat ces dernières années, sauf en 2008 où une inflation de plus de 3 % l’an en période glissante (on est monté à 3,6 avant de redescendre à 3,2) a sévi. Je le dis tout de suite : c’est vrai…en moyenne. Quelle merveille que le raisonnement systématique en moyenne ! Prenez une population de 1 000 âmes, dont 900 membres ont 10 000 roupies de sansonnet de revenu annuel  (9 millions); considérez que les 100 autres ont 100 000 (10 millions). Pensez que les 1ers régressent de 5 % : perte 500 par tête de pipe et 450 000 en tout pour cette classe ; songez que les 100 riches gagnent 10 % de plus en année N+1, soit plus 10 000 par personne et 1 million en tout pour cette catégorie. Solde général : 1 million moins 450 000 donne + 550 000. A partir d’un revenu global antérieur de 19 millions (10+9), cela fait + 3,2 % de hausse moyenne du pouvoir d’achat à dépenses constantes et à prix inchangés. CQFD. Il faudrait donc afficher aussi un indicateur de progression des inégalités, ce que commence très timidement à faire l’INSEE. Il a fallu cependant que ce soit une association qui établisse le BIP 40 pour mesurer la progression des inégalités en France depuis plusieurs années.

 Qu’est-ce que la hausse du pouvoir d’achat ? C’est l’écart entre la hausse des revenus (nets d’impôts et y compris transferts sociaux) et celle des consommations, ce qui passe par un calcul, certes difficile, articulant volumes et prix ; en fait on raisonne en indice (des prix et des élévations de revenu).

Commençons par la hausse des prix (inflation) ; La hausse des prix est mesurée par l’INSE avec des indicateurs plus que suspects. Le poids des charges fixes, dites « dépenses contraintes », pour les ménages (électricité et chauffage, loyer, impôts locaux, frais de transport domicile-travail, assurances, remboursements d’emprunts à taux variables),  jusqu’à 75 % du revenu pour les plus pauvres, est sous-estimé et maigrement réactualisé. Le calcul INSEE est, si j’ose dire, un panier de répartition entre les dépenses : produits durables (électroménager, télé, numérique, voiture, etc.), charges contraintes, dépenses courantes. Tout dépend de la pondération entre les dépenses ; celle en service défavorise les charges fixes, elle surestime la baisse de prix des produits manufacturés que l’on n’achète que rarement  (sous prétexte d’effet qualité) et qui pourtant sont classés presque comme des dépenses quotidiennes, elle sous-estime la hausse des prix de l’alimentation sans doute en privilégiant les magasins low cost fondus avec les autres dans une, encore, aimable moyenne.

On avait déjà constaté (Que Choisir) il y a près d’un an une hausse réelle des produits de base dans les supermarchés, ce qui avait forcé le gouvernement (Lagarde et Michu en tête)  à faire des tests pour contredire ce magazine et l’avait amené à réunir les grands distributeurs pour les faire s’engager sur une baisse des prix, en quelque sorte par engagement moral volontaire. C’était rigolo : autant demander à des boites qui doivent rémunérer leur actionnaire à 15 % et plus de se limiter elles-mêmes dans la croissance exponentielle de leurs profits ! On sait depuis ce qu’il en est : les produits grandes marques ont légèrement baissé (et pour cause : les centrales d’achat peuvent faire pression sur elles) ; les produits signés par les distributeurs ont légèrement augmenté, alors que le bon peuple croit que les produits sans marque sont moins chers que les produits des distributeurs.

Mais ce n’est pas tout. Que choisir vient de prouver que les producteurs et fournisseurs opéraient des manipulations subreptices : changement de poids, d’emballage, d’ingrédients pour conserver leurs profits. Ces ruses ne sont évidemment jamais enregistrées par le compradore INSEE, qui, en outre, n’a fait aucun effort pour les détecter. Et le pouvoir « du pouvoir d’achat » n’a rien fait pour contrer ces manipulations pourtant visibles. Il s’ensuit que dans les statistiques officielles, l’évolution réelle des prix est minorée. Le pouvoir d’achat par la baisse des prix,  ou leur moindre augmentation relativement à celle des revenus, peut ainsi progresser puisque le poids des dépenses contraintes et des consommations courantes est très largement sous-estimé. On rappellera que si baisse des prix il y a dans certains domaines, c’est dû au fait que les distributeurs achètent en Chine, en Bulgarie, etc. et les producteurs y produisent itou pour profiter de la compétitivité-prix de ce genre de pays sans lois fiscales, sociales et environnementales sérieuses, à l’instar de Wal Mart.  Et vive, alors, la hausse du chômage par la délocalisation de la production et des achats, et vive encore le déficit commercial. Les calculs du fantoche INSEE procèdent par amalgame en moyenne, ce qui met sur le même plan les différentes catégories de population malgré l’hétérogénéité des dépenses et des consommations Il est clair que la situation d’un banlieusard des soi-disant classes moyennes, locataire dans le secteur privé et non en HLM, éloigné de son lieu de travail, sans apports sociaux, car son maigre revenu dépasse le plafond des aides, est, par exemple, différente de celle d’un retraité aisé, propriétaire, titulaire de revenus en actions ou en titres.

Sur le volet des revenus, la moyenne INSEE ne tient pas compte des inégalités, croissantes, des sources de revenu tant pour les rémunérations (boni, stock options des dirigeants, revenus versés en off shore) que pour les rentes financières ou immobilières. L’INSEE n’a guère de statistiques sur lesdits revenus financiers et immobiliers. Le FISC en a quelques unes, mais une bonne part des revenus réels lui échappe par suite de la fraude fiscale et des placements off shore dans des paradis fiscaux. Et cerise sur le gâteau, M.  Fabius, par exemple, en 2002 avait transformé les superbes commissions des traders en plus-values taxées à 16 % (plus 12 % de CSG, RDS, etc.) au lieu de salaires taxés à 40 % (tranche maximale) et payant aussi les cotisations sociales (salariales et patronales) à la SS ! Evidemment, il existe bien d’autres privilèges pour ne pas saisir et taxer les revenus financiers. L’enjeu est que si tous les revenus ne sont pas comptés sérieusement (financiers et immobiliers), le revenu médian est alors sous-estimé et le taux de pauvreté itou puisqu’il est calé sur 60 % du revenu médian. Et il y a du progrès car auparavant la France s’obstinait à fixer le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian, soit 7 % de pauvres, alors qu’avec 60, norme européenne, on monte à 12 %, certes encore en dessous des 18 des Gibbies.,

Le minimum minimorum exigible d’un organe officiel de statistique serait qu’il établisse des catégories de situation pour les revenus et les dépenses. Il n’y a rien de commun entre le revenu du petit salarié, même bénéficiaire d’aides étatiques, sans patrimoine financier (titres), sans patrimoine immobilier et celui du cadre dirigeant ou du rentier engraissés par l’inflation immobilière et financière. Dieu merci, la crise mondiale actuelle de la finance et de l’immobilier va y mettre bon ordre…involontairement. Mais, évidemment, la vraie solution pour obtenir des statistiques indépendantes du pouvoir et des lobbys serait que leur organe d’émission soit socialisé, fédéré, libéré de toute emprise étatique et mis sous la gestion et le contrôle des acteurs de la société civile.

L’analyse fine des revenus et des consommations en tout genre milite évidemment pour que dans l’estimation du pouvoir d’achat il y ait des catégories par nature de situation des populations. Serait-ce si difficile à faire ? Sûrement pas ; il n’y manque que la volonté politique de faire construire les instruments statistiques indépendants et adéquats. Pourquoi ce n’est pas fait, tant sous régime socialiste que libéral ? Ben voyons, il s’agit de cacher la merde au chat pour entuber les gens et surtout leur cacher la vérité. Mais ils la ressentent  et le décalage entre les mensonges statistiques officiels et la réalité perçue ne fait que délégitimer les politiciens.

Je ne crains pas de le dire : toutes les statistiques d’Etat sont biaisées, alors qu’une statistique ou une comptabilité n’est jamais la réalité mais une représentation de celle-ci, le plus souvent manipulée en faveur des puissants pour tromper le peuple. Le plus bel exemple est celui des statistiques du chômage qui ignorent superbement la progression du sous-emploi et de la précarité, car, par exemple, un emploi à temps partiel en CDD y est compté comme un emploi en CDI à temps plein. Avec l’obligation de prendre « tout emploi raisonnable » et la chasse aux chômeurs dispensés de recherche d’emploi, les statistiques vont-elles s’améliorer ? Peut être, mais sûrement pas la situation réelle de l’emploi.

Un autre exemple est la dette publique à 1267 milliards d’euros (2007). Ce chiffre ne tient pas compte des actifs du pays, qui devrait venir en diminution, par exemple des participations de l’Etat dans les rares firmes publiques restantes. Ni du patrimoine immobilier. Quant à la dette privée, son solde avec les avoirs privés détenus à l’étranger est positif…En réalité, quand on fait les comptes sérieusement, la France est encore largement bénéficiaire et non-endettée. A qui profite l’énonciation décliniste du contraire ? Au pouvoir libéralo-sarkozyste qui veut désengager l’Etat  de tout service public et aux banquiers et assureurs qui veulent tout transformer en assurances et prestations privées. Par ailleurs, la dette n’est pas si mauvaise si elle représente des investissements pour l’avenir. Ce que ne fait pas le pouvoir depuis longtemps car le déficit budgétaire vient des baisses d’impôts pour les riches et des frais de fonctionnement inchangés de l’Etat. Songez que nous avons 577 députains (à, passé partout salaire, frais de mandat, allocation pour la fonction, 21 000 euros pièces par mois !) et 343 sénateurs, des palais municipaux, départementaux et régionaux, 150 000 représentants locaux, 36 000 communes. Pour 310 millions d’habitants (5 fois plus) les USA n’ont que 435 représentants et 100 sénateurs. C’est que la soupe est bonne dans les palais de l’Etat et de ses périphéries. Pour diminuer la dette, commençons par abaisser cette pléthore de faux représentants et de tous les faux fonctionnaires qui vont avec.

C’est là que les subites professions de foi anticapitalistes  du comte-président Sarkozy de Bossa-Nova, après la démagogie de sa campagne électorale, sont à mourir de rire : il est,  depuis 2002 sous Chiracos bien moins immobile que les partisans de la rupture ne le disent, le principal propagandiste du libéralisme financier à outrance. Le discours est populiste, les actes depuis toujours sont en faveur du capitalisme financier. Le bouclier fiscal à 50 % du revenu, en comptant l’IRPP, la CSG, la RDS, la taxe foncière et d’habitation pour la résidence principale, RSA en est la meilleure preuve.

l’absence de vergogne gigogne

Classé dans : Non classé — 19 juillet, 2009 @ 10:13

On a eu johnny sous la tour Eiffel le 14 juillet. Un exilé fiscal taxé à 400 000 euros en Suisse (contre 4 millions s’il était en France) qui avait promis de revenir avec le bouclier fiscal tsarkozyste: Sigma des impôts (y compris CSG, taxe d’habitation ou foncière pour la résidence principale, ISF [hors oeuvres d'art et outil professionnel ainsi qu'en avait décidé Mitterrand], IRPP [net des déductions liées aux 486 niches fiscales] doit être inférieur à 50 % du revenu. ce qui exonère par avance ses bénéficiaires de toute augmentation d’impôts!

La fête en chansons a coûté 2 millions d’euros au contribuable avec peut être dans les 400/ 500 000 euros de cachet pour l’ami de Tsarko, non imposables en France! Quelle impudeur et quel mépris pour le cochon de payant!

Et Mme Tsarkozy chante pour Mandela et des oeuvres de charité à New York (18 juillet). j’ai regardé les images données en France par les médias: Carla est au pinacle, les autres chanteurs sont à peine cités et l’on voit le président s’esbaudir à la prestation de son épouse alors qu’elle ne fait que singer Barbara. Ce sont des petits faits concrets comme ceux-là qui montrent comment des médias inféodés et autocensurés font la Com. de Tsarko en s’appuyant notamment sur l’aspect  glamour et « people » de son épouse.

Nous avons eu aussi le grand discours de Tsarko devant l’OIT, discours où il en appelait aux mânes du Conseil national de la résistance (CNR) tout en pratiquant radicalement le contraire en France. Voir à ce sujet l’intervention de Gérard Filoche dans le dernier « Sarkophage ». Les journaleux compradores n’ont pas relevé la contradiction…

 Nous avons eu le cri de victoire de Tsarko et le tirage de la couverture (médiatique) à lui lors du G 20 d’avril 2009 sur la régulation de la finance alors que la base de celle-ci n’était aucunement remise en cause. Cette base, c’est que le marché financier (comme les autres) s’autorégule et permet la meilleure « allocation des ressources », c’est-à-dire le placement du fric flottant sur les meilleures « opportunités » de rendement. C’est la théorie dominante en économie néolibérale. Or le présent Krach montre précisément le contraire et rien n’a été envisagé pour réguler vraiment les marchés financiers. Car ce ne seraient (dixit nos gouvernants et nos experts libéraux) pas eux les fautifs; ce sont des dysfonctionnements des différents opérateurs (banques, assurances, agences de notation, etc.). Quelle vergogne!

Triste époque

EDF ment

Classé dans : Non classé — 9 juillet, 2009 @ 11:40

                                                                   Rappelons qu’EDF n’est plus depuis 2005 un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).  C’est une SA pouvant avoir des actionnaires privés (et avec des actions vendues à bas prix au personnel volontaire lors de l’introduction en bourse). L’Etat détient  actuellement environ 85 % des titres. Le titre a été offert en bourse pour 32 euros ; il en vaut 31 maintenant (il était monté avant le krach à 85). L’Etat, cela faisant partie du deal syndicats-Sarkozy en 2005, doit conserver au moins 51 % des titres. Il en était de même pour GDF qui a été bradé à Suez en 2007, ce qui malgré la promesse, a fait descendre la participation de l’Etat à 34 % du capital (et encore il a fallu faire grimper le cours de GDF en augmentant les tarifs de façon disproportionnée et en vendant ensuite les stocks achetés plus bas au nouveau tarif). C’est la même évolution que pour France-télécom et ce sera pareil pour EDF puis la Poste, car les promesses des gouvernants n’engagent jamais que les couillons qui les croient.

EDF conserve des missions de service public mais leur financement a été intégralement reporté sur les « clients » : aide aux familles démunies, tarif spécial de consommation minimale pour elles, avantages maintenus aux retraites d’EDF (passées au régime général et aux régimes généraux de complémentaires contre une « soulte », mais laissant à la charge d’EDF les avantages non disparus [dont le principal est que le taux de remplacement a été maintenu à 75 %  du salaire moyen des 6 derniers mois d’activité], alors que l’Etat sarkozyen avait promis d’éradiquer les régimes spéciaux), subvention aux énergies renouvelables (dont la production dite des auto-producteurs est obligatoirement rachetée par EDF à un tarif supérieur à son propre coût de production !), aide à la Corse et aux Dom-Tom.  Si on additionne toutes ces taxes nouvelles aux anciennes (taxe municipale et départementale variant entre 8 et 12 %), si on y ajoute la TVA, qui ô miracle s’applique non seulement au prix hors taxe mais aussi aux taxes, on arrive à Paris à une taxation de l’électricité, pourtant bien indispensable, à environ 38%. Et tenez-vous bien, dissimulée dans les comptes et inconnue du grand public, il faudrait à Paris y ajouter une « redevance de concession » de 400 millions de francs ! M. Delanoix ne s’en vante pas… (redevance existant aussi à Marseille et à Lyon et qui consiste à faire financer ces métropoles par le reste des régions et villes ou villages puisque les tarifs sont encore uniques sur le territoire au nom de l’égalité de traitement des usagers !).

Or donc, ne voilà-t-il pas que M. Gadonneix,  PG d’EDF, dit « so what ? ou Sot watt, réclame le 8 juillet 2009 une augmentation de 20 %  (sur 3 ans) des tarifs (domestiques, industriels ? ce n’est pas dit). Rappelons les taxes à Paris, soit 38 % du tarif hors taxes. Soyons  généreux et arrondissons à 40. Cela veut dire que le prix de l’électricité se verra ajouter 40% de 20%, soit plus 8 % en fait en plus des 20, donc plus 28 % environ. C’est la gabelle moderne ! Evidemment Sot watt n’a revendiqué que l’augmentation hors taxe…

Pourquoi une demande aussi exorbitante ? Rappelons que du temps de l’EPIC, géré par des Boîteux, des Massé, des Delouvrier, avant que les socialos n’y foutent des Ménage (repris de justice pour écoutes illégales) ou des Roussely, dit Brousse-lie car spécialiste de la terre brûlée ou Bruce Lit car c’est le président qu’a raté ou des Alphandéry (moins drôle que Robert), investissaient énormément, puis faisait baisser la dette (devenue colossale par suite des investissements nucléaires) tout en diminuant les tarifs. Et ne voilà-t-il pas que sans investissements de production, So What a re-haussé  la dette à environ 25 milliards d’euros. A quoi il faut ajouter les 3,2 milliards obtenus grâce au récent emprunt à prix d’or lancé dans le public français uniquement pour des raisons publicitaires et d’image.

Car Gado s’est en fait endetté et même surendetté. Comment ? En achetant des firmes à l’étranger, comme une grosse boîte (il y a cependant une procédure judiciaire aux USA pour cette affaire) aux USA (prix prévu dans les 4/5 Milliards) et surtout British Energy (production nucléaire) pour pas loin de 20 milliards (en partie payés par des ventes d’actifs). Car Gado-watt préfère acheter les concurrents étrangers qui sont plus rentables que la France où les tarifs sont « réglementés » par la puissance publique et inférieurs aux tarifs européens. Et maintenant la cigale se fait fourmi ! car l’argent dépensé à l’extérieur manque désormais pour investir en France ! Mais Gado, libéral formé aussi à Harvard après l’X et fervent partisan du benchmarking (comparaison), ment par omission. Car ledit benchmarking (que curieusement l’on n’applique pas dans ce cas) montre qu’EDF est moins endettée que les firmes multinationales de taille comparable. Elle peut donc continuer d’emprunter, ce qu’elle vient du reste de montrer, et sa notation est de type AAA (presque le mieux ; non, ce n’est pas l’association des amis de l’andouillette). Le but caché de la hausse des tarifs est donc déjà de ne pas trop augmenter la dette. En effet, la valeur boursière d’EDF  (total de la valeur des titres) est entrain de baisser par suite de la crise (baisse des valeurs et actifs mais aussi baisse des ventes, ce qui renforce la 1ère). Il s’ensuit que le taux d’endettement (dette sur valeur boursière propre ou sur l’ensemble des actifs) risque de grimper. La baisse boursière du titre est aussi liée au très maigre rendement des dividendes : en tant qu’ancien agent, j’avais acheté 72 titres (sur le marché pas en tant qu’agent car je ne voulais pas faire usage d’un nouveau privilège). Dividende 2009 : 40,53 euros pour 72 titres achetés 32 euros (2304) soit 1,17 % de rendement. On trouvera mieux, notamment avec le futur emprunt d’Etat.

Une raison, peut être la seule valable, mais cachée car trop compliquée pour ces ânes de Français, serait que les tarifs actuels ne correspondent plus au « coût marginal de développement ». C’est à vérifier.  Mais, si c’est le cas, ce serait un hommage du vice à la vertu car c’est L’Epic (sous Massé puis Boîteux) qui a inventé cette façon de tarifer. Aujourd’hui la SA EDF ne raisonne qu’en termes financiers, de coûts et de charges, de profits. D’où l’achat de British Energy, plus rentable.

Peut être croyez vous encore qu’un service public français doit d’abord servir la France. Illusion ; cela doit d’abord servir l’actionnaire. Il y a 2/3 ans, en été une panne accidentelle chez les Teutons a amené EDF à couper les clients d’Ile de France pour honorer le contrat de fourniture passé avec eux ! Couper les Français, malgré l’obligation de continuité du service, pour alimenter les Tudesques sans avoir de pénalité contractuelle, voilà un des bienfaits du libéralisme européen !

Sot watt se plaint de ce que les tarifs n’ont pas suivi  l’inflation (soi-disant moins 40 % en francs constants). Remarquons qu’il est normal dans un service public que les tarifs baissent à cause des progrès de productivité et des économies, notamment de personnel. Car ledit service doit obéir à un principe de « mutabilité » ; c’est-à-dire qu’il doit faire profiter ses « usagers » de toutes les améliorations effectuées dans tous les domaines. Evidemment, dans les SA, ces progrès sont phagocytés par les actionnaires. Adieu donc les principes de service public que le pouvoir continue pourtant d’afficher comme régissant encore l’entreprise. Et des progrès et des économies, il y en a. Déjà la boîte a bazardé tout son système interne d’écoles et de centres d’études, a vendu son parc immobilier pour devenir locataire de ses propres locaux (Roussely, etc., ce n’est pas forcément mieux car il faudrait prouver que louer est moins cher que d’être proprio), a porté la durée de vie des centrales à 40 ans au lieu de 30 (sur le papier, car justement une autorité indépendante est en train de les inspecter pour savoir si ce n’est pas dangereux ; et, tenez-vous bien !, EDF réclame déjà le passage à 60 ans, alors que l’inspection pour 40 n’est pas finie, sous prétexte qu’aux USA les ¾ des centrales ont obtenu les 60. Le benchmarker So what ? oublie que dans ce pays ce sont les lobbys énergétiques qui dirigent et, à l’instar d’Enron, des labos pharmaceutiques, de la finance, obtiennent tout ce qu’ils veulent de l’administration).

Autres économies : on rogne sur les salaires, et maintenant les dividendes des salariés et autres. Mais cela n’a pas empêché pas les dirigeants d’EDF d’avoir, par petites étapes (dont en 2009) multiplié leur rétribution par 8 à 10 par rapport à ce que touchaient les vrais serviteurs de l’Etat qu’étaient Massé, Boîteux ou Bergougnoux. Ces faibles augmentations des salaires,  ajoutées à des baisses d’effectifs  et à des passages massifs à la sous-traitance,  ont conduit à des grèves musclées avec coupures (et on appelle la maréchaussée plutôt que de négocier) et à une grève pour les opérations de maintenance, ce qui a retardé les plannings d’arrêts de tranche (entretien et révision), ce qui  conduit à importer du jus cet été chez les Gibbies, les Ibères, les Romains et les Germains.  C’est merveilleux ; les dirigeants se sucrent grassement et réduisent les agents à la portion congrue…comme ailleurs. Car EDF ne fait plus qu’appliquer les canons de l’économie libérale, concurrentielle, libre et non faussée. L e résultat brut d’exploitation, nommé désormais EBITDA ou à peu près, je m’en fous, est devenu la bible du management libéralo-capitaliste. Remarquez, ce serait pareil avec un EPIC qui obéirait à la logique libérale pure. Cela a du reste commencé dès 1989. Un secteur est victime tout particulièrement de cette course au profit ; c’est celui de la maintenance des centrales nucléaires sous-traitée à des sous-traitants de sous-traitants de sous-traitants (and so on, comme dirait So what ?) pour faire baisser les prix (et la formation et l’expérience des opérateurs). D’où le joli surnom reçu pas lesdits opérateurs extérieurs : « viande à rems ».

Donc, au lieu d’augmenter les tarifs, on pourrait réserver le pognon aux investissements de production en France à la place du rachat de boîtes étrangères (à prix d’or sans doute par surévaluation). On pourrait aussi revenir à la saine politique de productivité par l’investissement et l’organisation comme au bon vieux temps de l’EPIC.

Mais il y a une autre raison aux contorsions de Sot Watt. Les tarifs réglementés vont être supprimés par l’UE en 2010. Car au nom de la concurrence, il faut laisser jouer les prix. C’est magnifique ; d’habitude on invoque la concurrence pour les faire baisser. Là, ce sera pour les augmenter car les Teutons (et autres), munis de centrales au lignite (il faut donc les équiper de coûteux dispositifs de dépollution des fumées et d’enfermement du dioxyde de carbone), ont des coûts de revient supérieurs à ceux des grenouilles. C’est de la concurrence déloyale, pensez-donc ; grâce au nucléaire la France produit moins cher que les Tudesques ! Alors, Gado, sans doute poussé par le pouvoir qui veut lui faire endosser la chose, ou, c’est plus pervers se donner le luxe de rabattre ses prétentions pour défendre « le pouvoir d’achat » des Français, prend les devants. Comme disait l’autre : quand on ne peut rien aux phénomènes ou aux mystères, feignons de les organiser. Radio Gado ment, radio Gado est allemand (au lignite). 

la conception du pouvoir chez not’ maître

Classé dans : Non classé — 5 juillet, 2009 @ 7:58

 

                                                          

Notre Conducator a une idée très particulière du pouvoir ; du moins le croit-il en ignorant que sa rupture en ce domaine le rétrograde au rang des conceptions les plus éculées ; celles-ci bien entendu continuent de dominer dans les esprits mégalomanes des chefs ou autres « manageurs »  pour la plupart autoproclamés. Pour notre Lider (minimo ?) Maximo, Hun francisé de 2ème génération, le pouvoir c’est le droit de commander en étant obéi par les assujettis, sinon les sujets du monarque élu (eh oui, il y a des monarchies électives contrairement à ce qui a été répondu à  Joffrin,  du baveux Libération » ; il faut faire un peu de grec : monarchie signifie seulement gouvernement d’un seul).  D’où vient ce droit chez Tsarkocescu 1er ?  Elémentaire, mon cher François Fion : ce droit lui est conféré par le fait que il a été élu. Ce faisant, notre Caudillo confond deux notions : l’autorité et le pouvoir. L’autorité procède de la base vers le sommet ; elle se mérite ; elle est consentement à obéir à celui qui la détient. Le pouvoir, lui, émane du haut et descend sur la base ; il s’impose au besoin par la force, il s’exerce. Le pouvoir du chef est revendiqué comme attribution personnelle par nomination et est même présenté par lui comme étant sa propriété. L’autorité émane de la collectivité et repose sur un critère socialement reconnu de légitimité qui la fonde. Ce critère, si j’en crois Max Weber, peut être la compétence, la tradition ou le charisme ou aura personnelle. Dans le cas de notre Leader (price), ce ne peut être la tradition (à la place on a la trade-iction, l’addiction au commerce) puisqu’il la récuse au nom de la rupture. Est-ce son charisme ? J’en doute fort car il n’a rien du général de Gaulle (grand, cultivé, merveilleux écrivain, respectueux de la tradition républicaine et réformateur social, homme de conviction et de négociation, etc.), ni même de Pétain qui était auréolé par la victoire de Verdun  et son physique de beau vieillard en pleine forme.  Rappelons que normalement les titulaires provisoires du pouvoir suprême font preuve de retenue, de distance, de recul, de mystère, de majesté, ce qu’il a clairement aboli, notamment dans son langage vulgaire et sa syntaxe approximative. L’usage des talonnettes et, paraît-il, d’un coach en musculation du périnée (en tant que petit père inné du peuple), l’affichage bling bling à Rolex et à Ray-Ban, l’agitation des mouvements et des paroles, les colères contre les collaborateurs défaillants à ses yeux, l’affichage médiatique de sa nouvelle moitié si « pipole », la monopolisation de tous les pouvoirs comme s’il craignait d’en perdre la maîtrise, etc., tout cela ne plaide pas en faveur de son charisme. Tout se passe comme s’il  pressentait qu’il  n’en avait pas et qu’il lui faut des béquilles et des artifices pour le cacher. Reste la compétence. Eh bien, pas non plus : en dehors du droit des affaires (sachant qu’il piétine allégrement le reste du droit, avec sa sbire Arachid Data, notamment pour les principes généraux du droit et l’indépendance de l’autorité judiciaire), il ne me parait pas avoir des compétences en économie, en finance, en philosophie politique, en matière religieuse, en sociologie, etc. Par ailleurs, le Führer (de vivre) n’a pas encore compris qu’on « ne change pas la société par décret « (titre célèbre de Crozier, il y a bien 40 ans) : il faut négocier, discuter, mettre en débat public, prendre son temps pour ne pas bousculer les acquis sociaux et les traditions sans contrepartie et susciter des résistances (encore que…avec la complicité des syndicats fantoches et du social-libéralisme compradore du PS, notre grand chef ne risque pas grand-chose dans le domaine institutionnel). La résistance, faute de relais syndical ou politique, a lieu dans la rue. D’où la complainte du Prince : j’ai le pouvoir de l’Etat de droit (lire : j’ai le droit, par mon état, de tenir les rênes du pouvoir) par suite des élections de 2007, et ce n’est donc pas à la rue d’invalider ledit pouvoir qui m’a été légalement attribué. Ce qui ajoute un 4ème critère à la liste de Weber : la légalité ; objection, votre Altesse peu sérénissime, la légalité ne confère pas l’autorité parce qu’elle n’est pas un principe de légitimité. La loi n’a jamais été le critérium du juste, du bon, du bien ; elle n’est que le moyen dont disposent les représentants politiques pour établir un ordre juridique ; la loi établie n’est que le droit « positif » en place, qui peut parfaitement être illégitime parce qu’il peut violer la morale, les mœurs, la culture, l’histoire, la justice, les intérêts du plus grand nombre…Du reste, quelle légalité y a- t-il dans un mode de scrutin parfaitement inique et le bidouillage des circonscriptions électorales, la mainmise sur le  parlement avec des députés godillots, le primat des décrets et ordonnances de l’exécutif sur la loi votée ? Quelle légitimité y-a-t-il dans les lois que notre Conducator a fait voter et qui torpillent le droit social, le droit du travail, la fiscalité progressive, la sécurité sociale et l’hôpital public, l’université et la recherche au profit d’une optique libérale et managériale sans restriction ?  Ce Lider électif continue d’importer en France le modèle hyper-libéral anglo-saxon, alors même qu’il vient de faire faillite, contre le modèle social français établi dans la résistance (programme du Conseil National de la Résistance, CNR, dont le prince, ô surprise vient récemment de se réclamer !) qui est détricoté en contrebande. Voilà sa rupture, mais elle est illégitime (et faite sournoisement)  parce que le peuple ne l’a pas élu pour cela. Qu’est-ce alors que le pouvoir pour lui puisqu’il ne dispose ni de l’autorité ni de la légitimité ? La question est d’importance puisqu’il est un tenant, obsolète, archaïque, réactionnaire, de l’unicité du commandement édicté par le chef, comme à l’armée, ce qui ne l’a pas alarmé. Des chefs, munis du droit absolu de commander et de décider, il en met partout : à l’université, à l’école, au lycée, à l’hôpital. C’est que c’est comme cela qu’il pense le management, lequel est son modèle issu du privé pour la gestion de la chose publique (Res Publica). C’est parce que le chef est nommé personnellement. Par qui ? Par lui, parbleu, afin qu’il applique sa politique et lui fasse allégeance. Et celui qui ne le satisfait pas est tout simplement viré (ce ne sont pas les exemples qui manquent). Le chef pour lui n’est que le délégataire de son propre pouvoir. Il est à son service ; il est sa propriété ; il doit servir ses ambitions. Ce n’est qu’un pion. Son rôle n’est plus de défendre l’intérêt général et de promouvoir le bien public ; il est de réaliser les  desseins du big boss qui manage la France. Car le Caudillo n’est jamais que le préposé du Kapital.  Mais je m’aperçois que j’ai erré en affublant le big Chief (mol) des épithètes de Caudillo, Lider, etc. Car sa conception du pouvoir est rétrograde par rapport à ces différentes variétés de dictateurs. Ceux-ci prenaient soin de ne pas s’appeler chef mais guide, meneur, conducteur, animateur,  afin de cacher leur totalitarisme. Certes Tsarkocescu n’est pas un dictateur et il a au moins le mérite de ne pas cacher la couleur : il ne se prétend pas seulement guide, il affiche son statut de chef alors que même Louis XIV ne disait pas je veux mais nous voulons. Chez lui, c’est  « Je » à tout bout de champ. C’est bien de la rupture archi-rétrograde qu’il montre dans ce domaine. En fait, avec lui on revient au féodalisme, à l’idée du pouvoir comme apanage de l’UN (ce que La Boétie avait critiqué dans son Discours sur la servitude volontaire paru au 16ème siècle et sous-titré le Contr’ un !). On revient à Attila, roi des Huns. On retourne au pouvoir dans les chefferies comme si les Français formaient un peuple « pas assez entré dans l’histoire ». Car comme on disait contre Corneille : après Agésilas, hélas ; mais après Attila, holà ; et après Attali, hi hi… Le chef, chez notre chanoine de St-Jean de Latran, ne s’entoure que de béni-oui-oui, de Pathé-Marconi attachés à la voix de leur maître. Dans cette posture, foin de la créativité, de l’initiative et même de la responsabilité. Adieu la coopération, pourtant bien plus efficace que l’autoritarisme et la peur d’être révoqué. Même Berlusconi n’en use pas ainsi : l’Italie n’est pas à sa botte. L’ incompétence du chef,  en forme d’ignorance encyclopédique, se voit aussi dans sa conception de son rôle vis-à-vis de l’Etat. Il n’a pas  percuté que la notion d’Etat a été établie dès le 17ème siècle pour rendre le pouvoir de la société sur elle-même (la souveraineté) indépendant de toute personne, pour rompre avec le double corps du roi (le roi personne physique et le roi incarnation du corps social). L’Etat n’est qu’une fiction juridique pour symboliser la puissance souveraine et la faire passer du potentiel à la structure d’action ; c’est une forme d’organisation symbolique de la souveraineté (forme que l’anarchisme récuse comme tout pouvoir d’Etat). Comme notre chef à tous dit quasiment que l’Etat c’est lui puisqu’il a été légalement élu, on en revient à la personnalisation du pouvoir et de l’Etat, ce que justement les philosophes et les juristes libéraux avaient voulu proscrire dès le 17ème siècle ! Cela, c’est vraiment de la rupture par régression de près de 4 siècles. Ce qu’il n’a  pas pigé non plus, c’est que les représentants politiques ne sont pas les propriétaires de l’Etat, encore moins les possesseurs de la souveraineté, mais les détenteurs provisoires de l’exercice du pouvoir d’Etat afin d’utiliser la structure étatique pour conduire l’action politique. Car dans la philosophie libérale (que les Anars récusent mais dont le chef se réclame), l’Etat est non seulement impersonnel mais encore pérenne, institutionnalisé dans la très longue durée (ce qui est la définition de l’institution). Les dépositaires momentanés de l’exercice du pouvoir d’Etat sont donc illégitimes dès lors que leur passage au pouvoir se traduit par la coupure avec le passé, l’histoire et la culture du pays et la réduction des possibilités de l’avenir des générations futures à des tripatouillages circonstanciels pour favoriser leurs amis de la finance, de l’entreprise, des médias, du parti, tout en le camouflant suffisamment afin de se faire réélire. Car qui ne voit que le manageur en chef de l’entreprise France fait fi du passé et  obère le futur pour figer la société dans le modèle néolibéral de « la concurrence libre et non faussée » et la soumission au primat des USA ?  Toujours chez nos ancêtres libéraux de la philosophie politique, l’Etat doit être mis au service de l’intérêt général et du bien commun, non à celui d’intérêts particuliers, qui plus est historiquement marqués car le modèle libéralo-capitalisto-financier n’a rien d’universel ni de perpétuel. Il n’a guère que 30 ans… Notre propriétaire du pouvoir suprême ignore aussi que dans les sociétés libérales complexes, le pouvoir est un réseau formant système. Il n’y a pas le Pouvoir, avec un grand P, mais un système des pouvoirs, une interdépendance des pouvoirs tant en ce qui concerne leur contenu (pouvoir-savoir, pouvoir-avoir, pouvoir d’influence sociale, pouvoir politique), que pour leurs « sujets » de prise en charge (individus, organisations et institutions, entreprises, associations, etc.) et que pour leurs domaines de compétences (police, justice, économie, social, travail, santé, environnement, etc.). Cette complexité est l’autre nom de l’incertitude qui règne sur le résultat final de la confrontation permanente entre les pouvoirs. Elle ne dépend de personne et pourtant le chef a la fatuité, depuis son petit bureau, de vouloir régenter et contrôler la France, l’Europe, le monde comme s’il lui suffisait de claquer les doigts pour voir aussitôt ses volitions réalisées. Cela n’interdit pas de faire des projets (idée niée par le libéralisme actuel) mais requiert qu’ils soient élaborés collectivement avec tous les acteurs concernés. Mais, lui, il décide de tout tout seul (donc l’autre n’est pour lui qu’un toutou qui danse le one two two) et discute ensuite quand il s’étonne de rencontrer des oppositions. Notre super chef n’a pas compris que, à l’échelle de l’Europe, il n’était pas l’empereur mais seulement le Gauleiter de la France.  Last not least, chez Tsarkocescu le pouvoir, qui est évidemment une relation, est un rapport de domination et de subordination des autres, non un partage et un échange équilibré et symétrique. Du reste, son modèle est clair et même prôné et affiché : c’est celui du lien de subordination entre le manageur-chef et l’employé, cher à notre vieux contrat de travail, celui la-même que les socialos-libéraux en peau de lapin n’ont jamais modifié sur ce point… 

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