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Ecologie et SLC

Classé dans : politique — 26 juin, 2020 @ 10:46

Mac-Tron commence à réaliser que son projet SLC et l’écologie obéissent à 2 logiques rigoureusement antinomiques. D’où ses palinodies, vallses-hésitations, rétropédalages, atermoiements et fausses promesses de refondation de sa politique. Voyons les raisons de cette contradiction radicale.
1) Qu’est-ce que le SLC ?
• L’accumulation, l’appropriation de toutes les ressources naturelles, la production croissante, la croissance comme promesse idéologique et politicarde de bonheur matériel des masses et cela sans modifier les règles de répartition du gâteau. Le tout entraînant sans cesse plus de concentration par suite de la concurrence entre forces inégales. Cette accumulation fonde l’extraction et l’exploitation à outrance de toutes les ressources naturelles (forêts, mers, terres, mines), y compris contre les populations où elles sont.
• La nécessité de vendre encore et encore pour écouler la production chez les consommateurs solvables ; d’où la publicité, l’obsolescence programmée, la com, la mode, le court-terme. C’est donc la mise en place d’un ménage à trois infernal : produire, consommer, avoir un revenu pour ce faire.
• Le culte du profit financier (la finance devenant le moteur du système) à grands coups d’augmentation de la valeur pour l’actionnaire (prix des titres de propriété et dividendes pour en augmenter sans cesse le rendement). Il en sort un saucissonnage des chaînes de valeur en fonction des différences en tout genre entre pays, des délocalisations, des investissements là où tout est plus rentable. En outre, la finance devient indispensable pour recycler les profits (y compris dans des paradis fiscaux) et nourrir des surprofits avec la spéculation
• Une idéologie de compétition, de performance, d’individualisme, de réussite montrée par la consommation ostentatoire : de concurrence entre individus, groupes sociaux et pays. Il s’ensuit une course généralisée au moins-disant (fiscal, social, environnemental, syndical). C’est la compétition ; si j’ose dire, entre « compétitivités » nationales amenant une baisse de la fiscalité sur les entreprises et les riches. La compétition se retrouve dans un nomadisme outrancier dont le la est donné par les riches et autres « peoples ».
• Une théorie fallacieuse d’efficience autorégulatrice des marchés fonctionnant automatiquement et pour le mieux grâce à la libre circulation mondiale de tout : marchandises, services, capitaux, humains (le libre-échange sans limites et sans contraintes). Il en résulte la chasse aux services et interventions publics. Cette idéologie interdit tout projet, toute coordination ou organisation, toute planification. Il suffit d’attendre le résultat des forces du marché. Le temps long disparaît au profit du court-terme et de la politique du chien crevé au fil de l’eau. Son leitmotive est la dérégulation au profit des entreprises. Ce libre-échange a amené une croissance exponentielle des transports, à longue distance surtout, de même qu’en tourisme exorbitant.
• Une captation du politique (tout prêt à se vendre car il adhère à cette idéologie sucée dans les Grandes écoles et car les « revolving doors » rendent le pantouflage juteux) par les puissances économiques et financières qui achètent le personnel politique. La démocratie devient démocrassouille au service du kapital au détriment de l’intérêt général. Et il faut tout centraliser car c’est plus facile pour les puissants d’acheter un pouvoir centralisé qui peut « donner et casser la loi » qu’une myriade de pouvoirs décentralisés.
• Une captation aussi du juridique, par exemple dans des traités internationaux de commerce qui chassent toute préoccupation environnementale ou sociale ; ave des juges privés ou imbus de leur pouvoir d’imposer la libre-circulation de tout et la liberté d’entreprendre (CJUE).
• Big is beautiful car cela permet des économies d’échelle, de supprimer les concurrents. Au passage, s’installe une technocratie attachée aux grandes structures où son ambition peut se réaliser. Cela induit ne conception verticale et hiérarchique de la gouvernance, une toute-puissance des experts.
• Un système d’information ad hoc purement quantitatif et financier, supprimant tout critère qualitatif et toute externalité négative, permettant de reporter les coûts (notamment de santé) des nuisances sur les peuples. Par exemple le PIB inclut la consommation et ignore les nuisances et même compte les dépenses pour les corriger comme un plus. Evidemment avec une appropriation des grands moyens médiatiques pour faire la pub du kapital et des politicards.
2) L’approche écologique ; c’est rigoureusement l’inverse de celle du SLC :
• Retour du pouvoir à la base, dans le local, décentralisé, fédéré, participatif et démocratique
• Consommation de proximité, produits de qualité, de bon goût et durables, frugalité et ajustement aux besoins
• Production en coopératives, réparation et recyclage au lieu de gaspillage ; énergies locales (méthanisation, éoliennes, ruisseaux, panneaux solaires en attendant une filière hydrogène et une de biomasse ; écoagriculture (refus des pesticides et engrais), filière lin, élevages de plein air, artisanat local, promotion des AOC …
• Principe de précaution et politique de pollueur-payeur, par exemple pour renflouer la sécu ; traités de commerce soumis à des normes sociales, de santé et environnementales
• Comptabilité et prix fondés sur l’utilité sociale, le coût de revient plus une juste marge ; intégration des nuisances dans le PIB, de plus ramené à la seule production
• Monnaies locales d’échange de services plus la Banque du Peuple dont j’ai maintes fois parlé
• Primat (pour leur statut et leur financement) des coopératives et mutuelles mais en les fédérant dans un syndicat général de la production agricole et industrielle associé à un syndicat général de la consommation
• Socialisation des instances d’information dans un organisme fédératif
• Retour aux biens communs (eau, énergie, transports collectifs, santé, information, télécommunications, recharche …) gérés par les salariés, propriété en mains communes et inaliénable des acteurs concernés et orientés par un conseil de surveillance multipartite
• Frais de publicité et de com exclus des dépenses d’exploitation et à payer sur le bénéfice après impôt (ce qui au passage diminuera les dividendes et augmentera l’IS)
• Retour de la planification indicative (socialisée) et de l’aménagement du territoire ; emprunt forcé et perpétuel sur les riches pour diminuer la dette extérieure
• Remboursement des cotisations sociales à l’exportation et taxation des importations au même niveau ; de même mise en place de droits compensateurs des différences (de fiscalité, de normes), ce qui implique une restauration de la douane, etc.
Il est clair qu’un tel projet s’oppose radicalement au SLC et à ses partisans. Hélas, ils ont l’essentiel du pouvoir et du droit du faux Etat de droit pondant des lois ad hoc pour le kapital. Ils vont faire de la résistance et en revenir à leurs bonnes vieilles solution (pour eux) de croissance et de financiarisation. Les politicards y reviendront car les structures en place surdéterminent leur vision et les possibilités de changement à court terme. Il faudra se replier sur le local autonome et créatif mais en le fédérant et en le concevant comme un équilibre entre le national et l’international. N’attendons rien de la politique, de la démocrassouille et du bon vouloir des puissants. Construisons une autre logique contre celle du SLC tout en restant, hélas il n’y a pas le choix, dedans : expérimentations locales, action directe et surtout processus de fédération. Le combat commence au sein de l’UE qui est entièrement à reconstruire dans la perspective écologique et d’un fédéralisme intégral.

Le cirque de la conférence citoyenne sur le climat

Classé dans : politique — 23 juin, 2020 @ 10:21

Elle vient de rendre son pensum et l’a même voté hier. Comme il fallait s’y attendre avec les barnums montés par Macronescu, nous avons droit à une montagne de caca car ce n’est pas parce que l’on se met à plusieurs pour faire de la merde que cela n’en est pas ; on a seulement davantage. Après 9 mois de travail, les 150 citoyens tirés au sort, ont rendu leur copie avec 150 mesures destinées à sauver le climat ; sûrement celui de Mac-Tron. Ils ont cependant consulté des experts (lesquels ?) et des acteurs concernés (lesquels ?). Résultat : un inventaire à la Prévert, un catalogue, un patchwork, un ensemble de rustines présentées de façon analytique et sur lesquelles le parlement votera (bien sûr ?) au coup par coup. Cela est sans doute dû en partie au fait que la lettre de mission cantonnait l’approche à la réduction des effets de serre pour 2030 en interdisant quasiment de faire les liens nécessaires entre économie, industrie, finance, consommation ; bref entre SLC et écologie, les deux étant largement incompatibles. Ce qu’ignore le rapport est le caractère systémique des problèmes, les interdépendances, les hiérarchies de causes dans la distinction entre les facteurs lourds et les secondaires.
Il y a deux propositions-phares. L’une est d’inscrire le crime d’écocide dans le code pénal déjà fort bien fourni et en expansion continue. L’autre est de mettre dans la Constitution l’impératif de sauvegarde de l’environnement. C’est marrant car, par exemple, y figure déjà le droit au travail, ce qui n’empêche pas le pays d’aller vers un taux de chômedu à 11 % pour cause de corona virus. Il faudrait enseigner au bon peuple la différence entre un droit théorique et un droit effectif … M-C doit se frotter les mains car ses désirs ont été désordres. Pour l’écocide on ne peut que rigoler car le SLC a tellement atomisé les chaînes de valeur et les responsabilités qu’il est largement devenu impossible de connaître le vrai décideur. De plus, comme c’est souvent un étranger (comme Warren Buffet proprio de Lubrisol), qui va le juger et va-t-il pouvoir être extradé ? Voilà des réformes qui ne vont pas coûter un « pognon de dingue ».
Il ne semble pas que nos représentants tirés au sort aient été sensibles à des problèmes majeurs. L’un est la prise en compte de la logique SLC qui veut « en même temps » qu’il n’y ait aucun projet puisque les marchés efficients s’autorégulent automatiquement et qui promeut accumulation incessante et moins-disant concurrentiel généralisé en vue du profit à maximiser. Ce qui est peu compatible avec l’écologie. L’autre est la relation à faire entre le niveau national, l’international et le mondial pour l’efficacité des mesures au sein de la concurrence mondiale. Par exemple, un pays jouant en solo serait contraint de remettre en place des contrôles douaniers pour éviter qu’un produit étranger contrevienne à ses normes en passant par la Roumanie. Sauf s’il y a une législation européenne qu’on peut attendre pour la St-Glinglin. Ou on ne peut créer des industries locales à subventionner au moins au début sans contredire les traités internationaux de commerce que Bruxelles continue de préparer à tire-larigot. On reconnait bien là l’esprit gaulois des irréductibles compagnons d’Astérix. La France universaliste se doit de guider le monde (où est le nouveau Delacroix et de la bannière ?) et de donner l’exemple éventuellement seule contre tous. Et où est l’industrie ? Il ne suffit pas de relocaliser ; il faut savoir quoi et où. Par exemple, relocaliser la production de batteries pour voitures électriques est une voie périmée vu que la filière porteuse est celle de l’hydrogène comme l’Allemagne l’a déjà compris. Vous interdisez ou limitez les pesticides, ok, mais ils vont revenir par le biais de la chimie allemande que Bruxelles ne rognera pas. Et le lien entre consommation (et la pub que vous stigmatisez sans voir qu’elle est nécessaire à la vente de la production) et production : le SLC est assis sur la production à écouler via la consommation qui doit être stimulée. Chers amis, ce qui est en jeu, c’est un mode de production-consommation fondé sur la croissance sans fin. Faites donc le lien plutôt que de proposer des préservatifs à la marge. Parlez-nous des filières écolos à créer ; par exemple celle de l’hydrogène ou la filière bois. ET où sont passés le nucléaire et la taxe carbone ? Sujets qui fâchent ? Vous voulez rénover les logements et les chaudières. Ce n’est pas prioritaire car justement le réchauffement climatique diminuera les besoins de chauffage ; interdisez plutôt la climatisation.
On rigole (jaune) devant cet ensemble d’emplâtres sur une jambe de bois qui illustre parfaitement les vices structurels de l’administration française : pénaliser, réglementer et taxer. Et on peut aussi s’interroger sur la pertinence des rustines annoncées. En voilà des exemples caractéristiques. Il est proposé de lutter contre l’artificialisation des sols agricoles. C’est bateau et bien moins efficace que de faire des enquêtes de déclaration d’utilité publique de vrais processus non manipulés par les autorités concédantes et par des experts nommés. Il faut interdire la pub pour les grosses bagnoles, les panneaux publicitaires et les grandes enseignes lumineuses. C’est là encore éculé et bien moins efficace que de se contenter d’enlever les dépenses de pub et de com des frais déductibles du chiffre d’affaires avant impôt (ce qui a aussi pour avantage de diminuer automatiquement les dividendes que vous voulez abaisser de 5 %). Il suffirait que ces dépenses, du reste payées deux fois par les consommateurs (elles sont incorporées dans les prix et elles réduisent les bénéfices des sociétés), ne soient admises qu’après impôt et en déduction des dividendes. Où est la taxe carbone ? Il y a pourtant une solution simple : taxer les produits vendus en hypermarché ou sur les étals en fonction du kilométrage parcouru. Vous voulez pousser à la relocalisation afin d’éviter les transports ; c’est bien mais il serait plus efficace de supprimer les cotisations sociales pour l’export et d’en mettre au même niveau (environ 30 %) pour l’importation.
Bref vous avez pondu du pipi de chat car vous avez tout saucissonné : Production, conso, écologie, social, politique et … morale. On dirait du Macron SLC.

Trump ou pas, quelle importance ?

Classé dans : politique — 22 juin, 2020 @ 10:31

Les journaleux se passionnent pour l’élection présidentielle US et les chances de Trump d’être réélu. On se réjouit en pariant sur le non. Pourtant, rien n’est moins sûr et de toute façon cela ne comptera que pour du beurre en regard de la politique américaine qui continuera comme si de rien n’était. Rien n’est moins sûr car, si la base électorale de Trump diminue et est minoritaire, celle d’en face est incertaine : les intentions de vote seront contrariées par une abstention massive alors que les trumpistes iront voter.
De toute façon, le système électoral et soi-disant démocratique des USA est pourri jusqu’à la moelle et il y a déjà fort longtemps que l’économico-financier y a capté les pouvoir politique. Qu’on se souvienne des forts maigres résultats d’Obama ou de la pourriture Clinton qui a fait supprimer toute régulation financière dans ce pays. Et qu’on regarde le candidat démocrate Biden qui est inodore, incolore, sans saveur et sans valeur. Et surtout l’enjeu n’est pas là. Quel est-il ? Elémentaire, my dear Watson : la puissance impériale des USA est minée depuis longtemps. C’est un pays qui, voyant son règne en perte de vitesse, se raidit et essaie de prolonger le match. Il doit faire flèche de tout bois pour perdurer dans son impérialisme mondial. Le problème-clef est celui du chômage qui met en jeu à la fois le social et le politique, notamment parce que le marché US du travail est soumis à la précarité et aux inégalités massives. Ce problème explique la réaction du pouvoir, quel qu’il soit, en matière de politique tant intérieure qu’extérieure face à la perte de puissance des USA. Il s’agit alors de relocaliser et de diminuer le déficit de la balance commerciale, notamment avec la Chine, le Japon et l’UE. Il s’agit aussi de s’appuyer sur les pays émergents d’Asie et d’Amérique du Sud. Pour ce faire, il est plus facile de s’en remettre à des accords bilatéraux où le reste de puissance des USA permet la force et le léonin.
Le maintien de ce qui reste de puissance interdit d’être sous la coupe d’organismes internationaux, tel l’ONU, qui entravent la liberté des USA. Il faut aussi défendre mordicus son pré-carré en se repliant sur ses zones d’influence encore intactes et sur son territoire. On en revient à une sorte d’isolationnisme (doctrine Monroë) mélangé de relation centre-périphérie pour les pays encore dépendants des USA. Et tout président poursuivra cette politique afin d’obtenir la confiance des Américains. « En même temps », les USA se doivent de protéger leurs multinationales ayant une puissance mondiale et jouant sur des enjeux stratégiques à long terme, comme pour les GAFAM. Il en va du soutien des milieux économiques et financiers internationalisés au régime politique et au président. Et dans cette lutte renouvelée pour la puissance mise en danger, il faut faire flèche de tout bas, par exemple continuer de jouer sur l’extraterritorialité du droit US, ce qui passe par une politique d’embargo ici ou là afin de pouvoir punir les firmes étrangères qui commerceraient encore avec les pays concernés. Il s’agit aussi de jouer sur la toute-puissance du dollar dans les échanges internationaux. Cette toute-puissance signifie que le dollar est leur monnaie et ses évolutions le problème du reste du monde (doctrine érigée sous Nixon). Il s’agit aussi de mener des guérillas ici ou là afin de rassurer le complexe militaro-industriel qui peut ainsi vendre des armes aux USA et aux pays en conflit. Les traités internationaux de commerce passés avec les USA doivent servir leurs intérêts, notamment ceux des agriculteurs US. Les USA mènent donc une guerre économique et nationaliste au plan mondial et s’appuient sur le vieux diviser pour régner, à commencer par semer le zizanie en Europe. L’évanescent Biden ne fera pas mieux que Trump …
Reste un problème interne aux USA : la peur des « Blancos », comme dirait Vallse, d’être submergés par les Latinos et les Noirs et de perdre leur mode de vie axé sur la consommation à outrance. Les « petits blancs » en bas de l’échelle sociale ont besoin d’avoir des populations à mépriser afin de conserver un peu d’estime de soi. C’est là l’atout majeur de Trump et des forces conservatrices soutenues par maintes églises évangéliques. S’’il est réélu, cette politique interne de division du corps social a toutes les chances d’être aggravée. Et Biden ne saura sans doute pas, même en tant que président, s’y opposer pour cause d’électoralisme commun à tous les politiciens en système de fausse démocratie représentative. Obama l’a prouvé puisqu’il n’a pas fait grand-chose contre les violences policières à l’encontre des Noirs et des pauvres.
Il n’y a donc pas lieu de se réjouir d’une éventuelle défaite de Trump aux présidentielles de novembre 2020. Ce qui frappe, c’est la déréliction totale de l’UE par rapport aux politiques de puissance des USA, de la Chine, de l’Iran et de la Turquie, de la Russie. Ce n’est pas étonnant car cette cohue de nations en opposition économique confédérée fiat que chaque pays ne pense qu’à ses intérêts : les PECOs au parapluie US de l’Otan, l’Allemagne à ses bagnoles et produits chimiques, les pays du Nord à exporter… La crise va exacerber les nationalismes et les politiques de puissance et le nain politique qu’est l’UE ne saura pas faire face.

L’Union européenne : une cohue SLC

Classé dans : politique — 18 juin, 2020 @ 10:09

Pourquoi l’Union européenne n’est-elle qu’un assemblage de pays disparates et en concurrence sauvage, ce qui pousse sans cesse à la division et à l’exacerbation des nationalismes ? Réponse : elle a été construite pour dans le double but de donner le pouvoir à une technocratie hyper libérale et pour empêcher l’union dans la souveraineté des peuples.
Cela se voit sous plusieurs aspects :
• Le mode de prise de décision actuel est particulièrement pervers. Soit il s’agit de l’unanimité du Conseil européen dans des zones de compétence stratégiques : fiscalité, budget, politique sociale, défense, affaires étrangères, justice. Autrement dit, on en peut avoir aucune harmonisation dans ces domaines sans unanimité, ce qui permet, notamment, à certains pays de jouer sur la fiscalité contre les autres ou de n’avoir aucune loi sociale homogénéisatrice. Soit il s’agit de la majorité qualifiée (65 % des populations sont à représenter et cela doit être voté par 55 % des Etats ; plus un minorité de blocage : au moins 4 Etats représentant 35 % des populations de l’UE).
• Les 27 pays sont extrêmement hétérogènes. Il y a 12 micro-pays de moins de 2 millions d’habitants (dont les ridicules Malte, Luxembourg, le champion de la fiscalité très douce pour les entreprises), 10 mini-pays tournant autour de 10-12 millions d’habitants (dont les radins Danemark, Suède, Autruche…), seulement sept grands pays d’environ 20 millions et plus. On y trouve du catholique et du luthérien, du Sud et du Nord, du vieil Ouest et des PECOs, des très riches et des bien pauvres, des supporters du parapluie otanesque et américain et maintenant une seul puissance nucléaire … C’est le résultat d’un élargissement continu depuis 2004 sans approfondissement. Et cela conduit à une division permanente où l’Allemagne tire les marrons du feu car elle seule peut obtenir des majorités grâce à ses amis luthériens et austéritaires du Nord et ses prébendiers (délocalisations et travailleurs détachés) des PECOs. Les affaires sont d’abor instruites par di grosse Kommission de Bruxelles, laquelle a été judicieusement truffée d’amis allemands ou pro Allemagne, laquelle occupe, directement ou non, tous les grands postes de responsabilité. Bien qu’ayant vu ses pouvoirs élargis, le parlement européen n’est qu’un croupion qui plus est majoritairement constitué de libéraux pur sucre.
• La logique générale de l’UE est le libre-échange concurrentiel fondé sur les directives et règlements de type ordo-libéraux (gouvernement par les règles) accompagné d’une situation de différences outrancières. C’est ce qui permet la logique SLC dite du 2ème principe thermique de Carnot : le rendement de la machine dépend de la différence de température entre la source froide (les règles purement économiques et universelles) et la source chaude (les différences de législations en tout domaine sauf celui de l’unanimité). Dans cette logique les pays et leurs modèles sociaux sont mis en concurrence. Dès lors, chacun maximise ses « avantages comparatifs » qui, sans surprise, résident dans les domaines où une décision unanime est exigée : fiscalité (Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Malte, Chypre…), social (PECOs friands de délocalisations et d’exportation de travailleurs), budget (austérité portée par les luthériens et l’Allemagne), gloire (la France qui pourtant a laissé disparaître sa souveraineté), règles de la concurrence (Allemagne et pays du Nord qui soit tiennent à exporter, soit y sont forcés car ils sont trop petits pour écouler leur production sur le marché intérieur) …
• La deuxième mâchoire de l’étau économique européen est la finance qui doit permettre « en même temps » de ratiboiser les pays les moins concurrentiels, donc de plus en plus en déficits (notamment commercial, ce qui force à emprunter ou à vendre ses bijoux de famille), et d’exiger des équilibres budgétaires et des dettes faibles. Le tout étant surveillé par la BCE, la zone euro et les règles de Maastricht (plus le TSGC et les 2 and 6 packs).
• Dans ce cadre européen, les pays ont perdu la plupart des moyens de la souveraineté : la monnaie, la politique monétaire (taux d’intérêt et de change), l’autonomie budgétaire (surveillée par Bruxelles), la politique industrielle et les services publics, l’étude des traités internationaux de commerce, la Justice et l’indépendance législative subordonnées à la CJUE et aux règles de l’Union supérieures à celles du pays. Il leur reste les politiques internes d’adaptation au modèle SLC : la répression judiciaire et policière, la fiscalité devant être attrayante pour être compétitif et pour le kapital et les kapitalistes, les lois sociales devant faciliter la flexibilité en faveur des évolutions économiques et financières, la formation qui doit être adaptée aux lois de l’économie, les économies budgétaires sur le dos des services publics et de leurs agents, la Sécu et les charges sociales à diminuer sans cesse pour cause de compétitivité … C’est ce que voulait accélérer Mac-Tron. Le tout avec un budget européen réduit à 1 % du PIB de l’Europe.
Il ressort de cette logique de fonctionnement que l’UE n’est en fait qu’une confédération (union d’Etats en vue d’un but commun) économique et financière dirigée par une technocratie quasiment autonome et dont ledit but a pour caractéristique, non d’unir (donc contrairement aux bonnes raisons d’établir une confédération), mais d’opposer les intérêts des uns et des autres. Le minimum serait d’avoir une UE politique fédérale : un président élu au suffrage universel, un sénat (1 membre par Etat), une chambre législative élue directement au prorata des populations et approuvant la composition du gouvernement, un budget fédéral de 25 % du PIB, une cour suprême élue au suffrage universel et renouvelable tous les 4 ans.
Naturellement ce genre de projet ne sera pas porté par M-C et encore moins accepté par la mafia SLC de Bruxelles. Il faut plutôt se tourner pour un projet à double détente, à la fois de souveraineté nationale et d’internationalisme anti SLC. Ce serait possible avec la création d’une fédération des pays du Sud (Espagne, Italie, France, Grèce) ouverte sur une coopération équitable avec les autres pays méditerranéens et avec le Tiers-Monde. Malte et Chypre peuvent entrer dans la fédération mais pour Chypre il faudrait enfin en rejeter la Turquie, ce que l’UE n’a pas fait par suite de l’appartenance de celle-ci au parapluie américain de l’OTAN. L’internationalisme est nécessaire parce qu’il faut éradiquer le faux internationalisme très diviseur du libre-échange et parce qu’un seul pays serait trop contraint à l’autarcie s’il veut des règles anti SLC.

Colonialisme, racisme et mémoire

Classé dans : politique — 16 juin, 2020 @ 9:36

Macron vient de nous annoncer que rien ne serait déboulonné et que le séparatisme communautariste serait proscrit au nom de la ripoublique une et indivisible. En parallèle, des entrepreneurs de mémoire militent contre le passé colonial et le racisme actuel de société francouie. Je vais renvoyer ce beau monde dos à dos car le problème est bien plus complexe que cela.
Certes, notre pays a un lourd passé colonialiste et raciste et cela doit être traduit dans l’histoire, dans les discours et dans les pratiques. Et on a un peu trop tendance à confondre l’Histoire, méthode sérieuse d’analyse des faits et des contextes, avec la mémoire qui est sentimentale et exploitable par telle ou telle communauté se ressentant comme négligée. Il convient de stigmatiser le colonialisme et le racisme mais cela n’implique pas une « repentance » des Français actuels. Ils ne sauraient porter les crimes de leurs ancêtres. Et il ne faut pas sombrer dans l’anachronisme : les mœurs déplorables du passé ne sont pas à juger à l’aune des normes d’aujourd’hui, ce que permet justement l’Occident qui a vu ses valeurs changer profondément. C’est bizarre de voir juger les normes d’autrefois avec celles d’aujourd’hui Contrairement aux excitations actuelles, le code noir de Colbert était en fait une amélioration de la situation des esclaves mais il est vrai qu’il les considérait comme des biens meubles et qu’il officialisait l’infériorité des races. On doit rappeler aux excités de la mémoire que c’est dans les démocraties occidentales qu’il y a eu une volte-face contre la traite des Noirs, l’esclavage, le colonialisme. C’est là que l’on peut exprimer sa colère grâce aux libertés publiques. Et on doit aussi marquer que les Occidentaux sont loin d’être les seuls à avoir mis en place l’esclavage, la traite des Noirs et le racisme. Les rois Noirs vendaient volontiers les prisonniers de leurs guerres aux marchands d’esclaves Arabes et Européens. L’esclavage existe toujours et veuillez, SVP, regarder où. De plus, la France n’a pas été le pire des pays colonialistes et racistes. Rappelons-nous les exactions insupportables du belge Léopold II, les massacres allemands en Namibie en 1904, l’extermination des Indiens d’Amérique par les conquistadors et les colons espagnols, portugais, américains, anglais, les méfaits des compagnies des Indes néerlandaises ou britanniques. Cela n’empêche pas de condamner le colonialisme français, notamment avec les ratonnades de Bugeaud en Algérie ou les massacres, l’acculturation et les conversions forcées d’indigènes en Indochine, en Afrique, en Nouvelle Calédonie, en Océanie … Rappelons que la France n’a pas admis l’esclavage sur le territoire métropolitain sauf au temps du servage des paysans français. Cela ne saurait faire oublier la guerre contre Haïti et se mise sous une dette énorme de remboursement des propriétaires d’esclaves. La révolution avait aboli l’esclavage et la paille Au Nez Buonaparte (cela en ferait des statues à déboulonner et des rues à débaptiser ou des éloges à effacer des livres d’histoire) l’a rétabli. Comme disait Talleyrand : quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console. On ne saurait nier les faits historiques. La décolonisation remonte à 70 ans et, via la désastreuse Françafrique à la Foccart sous Charlot et même après, les populations noires ont toujours été exploités par des hommes de paille complices du capitalisme et du pouvoir français (e cela continue, notamment avec l’affairiste Bolloré) ; beaucoup d’Africains ont vu leur salut dans l’immigration en France et celle-ci l’a admise. Mais la dette vis-à-vis des colonisés reste énorme et elle devrait être remboursée ou indemnisée, via, par exemple, une aide massive aux ex-colonies ou aux descendants des colonisés restés français.
Déboulonner les statues et autres actions symboliques ne sert pas à grand-chose ; il vaudrait bien mieux enseigner l’histoire de façon sincère et vraie ou mettre sous les statues une information sur le pedigree et les actes du statufié. Ou enfin créer un musée de la colonisation ne cachant rien des faits historiques et de leurs conséquences.
Reste, naturellement, un racisme et une discrimination actuels, notamment pour l’accès aux emplois ou aux logements, que la république ne combat pas avec la vigueur nécessaire depuis très longtemps. C’est là qu’il faut décider, agir et sanctionner. Cela a l’air de demeurer bien timide dans l’approche macronienne des choses. La république doit en finir avec les droits généraux et théoriques du libéralisme et installer des droits réels et substantiels, non seulement pour les discriminés pour cause de couleur de peau, mais encore pour tous les exclus du SLC comme « les petits blancs », les « souchiens ». Cela permettra aux « racialisés » d’aujourd’hui de prendre en compte que le SLC abaisse et précarise tout le monde, à commencer par les plus faibles qu’ils sont mais pas seulement Car une des causes de la persistance du racisme réside bel et bien dans les inégalités sociales, chacun ayant tendance à reporter sur un prétendu inférieur les ressentiment liés à sa faible position. Quand on ressent qu’on est un perdant, une personne méprisée, on a un penchant psychologique pour s’en prendre à plus faible que soi afin de retrouver un peu d’estime de soi : sa femme, son enfant, son chien, les différents … En réalité, le problème ne sera pas résolu par des paroles, du communautarisme instrumentalisé par des entrepreneurs de ressentiment, mais par les progrès de la Justice réelle, par l’enseignement d’une histoire impartiale et fondée sur les faits et leur compréhension contextualisée, par l’interdiction effective et fortement sanctionnée de toute parole ou comportement raciste et par une culture portée sur les relations aux autres et la solidarité au lieu de l’individualisme et de la compétition du SLC. C’est avant tout ce dernier qui empêche toute absence de discrimination pour tout le monde.

Le mérite et l’égalité des chances : simplisme libéral et macronien

Classé dans : politique — 15 juin, 2020 @ 10:01

Le mérite et l’égalité des chances sont les deux mamelles du libéralisme, idéologie de Mac-Tron, en tant que justification-légitimation du SLC. Elles ont le mérite (eh eh) de tout fonder sur la responsabilité individuelle, les dons et aptitudes naturels en dehors de tout contexte social, de tout rapport de forces, de toute hiérarchie sociale. Tout est dû à la psychologie (évidemment individuelle) et en excluant toute démarche sociologique. Il s’agit d’une représentation idéologique de l’idée de justice. Las, cette légitimation révèle maints problèmes non résolus et du reste impossibles à résoudre dans cette perspective qui arrange bien les dominants en justifiant leur position. Passons en revue quelques apories de ces concepts si en vogue aujourd’hui.
La notion de mérite est déjà plus que problématique en elle-même. Le mérite est-il purement individuel ? Quand une armée remporte une victoire est-ce dû aux seules éminentes qualités de ses chefs ? Quand un groupe de chercheurs invente un vaccin, faut-il ne récompenser que le directeur d’études ? Le succès d’un VRP dans la vente d’une marchandise ne dépend-il pas quelque peu d’un ensemble de processus et participations collectives ? Le critère du mérite n’est-il pas d’emblée social, c’est-à-dire relatif à une société ou un groupement en fonction de sa culture et des ses valeurs ou représentations ? Un « premier de cordée a-t-il plus de mérite qu’un « premier de corvée » ? Le mérite est-il fondé sur le résultat ou sur l’effort ? N’y-a-t-il pas différentes formes et différents aspects des mérites des uns et des autres ? Quels sont les natures et les critères des mérites ? Quels sont les obstacles, difficultés sociaux qui obstruent les parcours des non-méritants ? Qui juge des mérites respectifs ? Comment sont-ils récompensés ? Par qui ? Le mérite ne serait-il pas plus échelonné et graduel que des réponses en tout ou rien ? Comment évalue-t-on le mérite ? par une mesure de QI ? C’est oublier que celui-ci ne mesure pas l’intelligence mais seulement l’idée que son concepteur en a. Par des concours ? Mais ceux-ci sont organisés en fonction des critères méritocratiques de la société où ils sont mis e place. Etc.
La réponse apportée à ces questions et à bien d’autres possibles par le libéralisme est l’égalité des chances pour accéder aux positions sociales. Remarquons d’emblée que cette réponse n’interroge pas du tout les inégalités et hiérarchies de positions. L’égalité des chances ne vise qu’à permettre à chacun d’accéder à la fonction adaptée à son niveau en tenant pour définitives les hiérarchies sociales. Ce qui occulte la différence à faire entre nature des fonctions liées à la division du travail et valorisation sociale de celles-ci. C’est là pourtant le fondement des inégalités puisque des fonctions mutuellement nécessaires dans un système général d’interdépendance de la division du travail ne sont pas valorises de la même façon tant en prestige qu’en rémunération. Pourquoi, par exemple, y a-t-il un ordre des médecins et pas des éboueurs ? Où est passée la structure sociale ou ses hiérarchies ? Si les différentes fonction sociales sont également nécessaires au bon fonctionnement de la société, pourquoi ne sont-elles pas considérées également ? L’interdépendance systémique des activités exigerait que tout soit rémunéré également. On peut cependant admettre des différences au nom de l’utilité publique, par exemple avec des incitations financières pour les fonctions pénibles, dangereuses ou difficiles. Comment accède-t-on aux différentes positions sociales ? Réponse libérale et socialo à la Chevènement : par le cursus scolaire et ses degrés de difficulté. Bourdieu et Passeron ont montré, il y a des décennies, ce qu’il fallait penser de la méritocratie scolaire et cela ne s’est pas amélioré depuis. Et cependant le libéralisme a alors poussé la chansonnette sur les dons innés, la nature des aptitudes individuelles, l’effort et la ténacité des méritants du système scolaire sans même voir que les cursus et les concours reposaient sur des critères de sélection pour le moins partiels et partiaux. Ce n’est pas par hasard car ce mode de justification conforte à la fois l’estime de soi du diplômé-méritant et l’autodisqualification du perdant. C’est donc une légitimation du système existant de sélection pour accéder aux fonctions dominantes en ayant le réconfort de son bon droit à diriger ou en se résignant à obéir.
L’égalité des chances s’oppose radicalement à la conception de la justice comme égalité des droits. Mais le libéralisme n’ignore pas ce problème ; il le résout par prétérition : il y a égalité des droits mais ce ne sont que des droits individuels et théoriques (des droits personnels de) et non des droits collectifs et individuels (des droits à). De plus, le libéralisme, qui a bien vu que les droits légaux sont trop universels par rapport à la diversité et à l’inégalité des situations, s’est rabattu sur les droits naturels (par exemple, de l’infériorité de la femmes vis-à-vis des hommes) et a inventé (John Rawls), de remplacer l’égalité par l’équité ; de ce fait les inégalités sont justifiées si elles améliorent la position des plus défavorisés, le fameux principe de différence au nom duquel une société peut être à la fois (l’autre dirait « en même temps ») inégalitaire et juste. Les inégalités sont justifiées par la liberté des individus dans une société démocratique. Ce qui oppose la liberté à l’égalité alors que ce sont deux termes en composition, en combinaison et non en opposition radicale (démonstration par Proudhon).
La liberté libérale est compétitive : chacun obtient ce à quoi il peut aspirer à condition de se battre pour l’obtenir. Vous voulez être un peu plus riche ? Alors travaillez plus pour gagner plus comme disait Tsarko. Vous voulez un costume ? Fastoche, travaillez pour vous le payer (cela, c’est Mac-Tron). L’égalité des chances libérales est un darwinisme de la sélection des meilleurs. C’est un naturalisme des dons innés et des capacités à lutter contre soi et contre les autres. C’est une fusion de l’estime de soi et de l’amour-propre (la reconnaissance de vos mérites par les autres rencontre la haute estime que vous avez de vous).
La liberté libérale est fondée sur le droit, par exemple celui qui établit des discriminations « positives » en vue d’un traitement plus équitable des individus et des groupes défavorisés ou stigmatisés. Mais, SVP, qui fait le droit, comment et pour qui ? Le droit est-il nécessairement juste parce que voté par une chambre élue ? La réalité du libéralisme, c’est la continuation du désordre établi par le SLC.

Il ne vient pas à l’esprit des libéraux que la démocratie représentative puisse être faussée comme la concurrence. Ils rabattent toutes les écoles socialistes sur celle du socialisme autoritaire, bien loin du socialisme fédéraliste et libertaire à la Proudhon. C’est bel et bien un refus de la complexité au service du SLC simpliste. L’ennui naquit un jour de la complexité qque le « en même temps » ne saurait saisir…

je te tiens, tu me tiens par la barbichette

Classé dans : politique — 11 juin, 2020 @ 10:55

C’est un plaisir que de constater les palinodies du gouvernement de Mac-Tron. Après les manifs partout dans le monde pour George Floyd et celles pour Adama Traoré, il vient de découvrir le secret de polichinelle. Il y a en effet des flics ou des gendarmes racistes, homophobes, sexistes, fascistes, violents dans notre belle maison poulaga pléthorique et républicaine. On en l’avait pas vu pendant l’ère des Gilets jaunes, ni avant ! Or on sait depuis longtemps qu’une fraction importante du corps Royco vote pour le RN. Et ce ne sont pas les bavures qui manquent alors même que les radiations de poulets sont faibles malgré les efforts démesurés de l’IGPN, police chargée de contrôler la police … La justice n’est pas non plus en retard pour délivrer des absolutions judiciaires aux flics impliqués ou concernés par des agissements peu recommandables dans un Etat de droit. Le Zident avait prié Castaner de proposer des réformes. Les événements ont précipité la chose qui traînaillait place Beauvau, la bien-nommée. Alors Castaner s’est fendu d’une allocution en appelant à plus de déontologie chez la flicaille et en proposant d’interdire le placage par le cou. Aussitôt, la gent policière est montée au créneau contre ces paroles de défiance envers la vertueuse police. C est là que c’est drôle. Car nous assistons à une vieille danse à trois acteurs : le pouvoir, la maison pouleman et l’opinion publique. Rappelons quelques évidences prouvées par l’histoire en France et ailleurs. Tout pouvoir peu démocratique dispose d’une garde prétorienne à son service contre le peuple afin de pouvoir réprimer les manifestations contre lui. Certes, en France, cela n’existe pas encore, sauf peut-être dans des services barbouzards comme le SAC d triste mémoire. Mais la police et la gendarmerie peuvent en tenir lieu. Et même l’armée comme l’a fait faire souvent l’idole de Vallse, à savoir Clemenceau et comme l’avait demandé Trump contre la Constitution des USA. Le problème est que ladite garde devient indispensable et sait monnayer chèrement ses services. Dès lors, pouvoir et police se tiennent ar la barbichette et nul des deux partenaires n’envisage de rire. Ona même assisté à des captations du pouvoir par la garde. Ainsi à Rome, la garde prétorienne a fini par nommer elle-même les empereurs, dont les inénarrables Caligula ou Héliogabale. La captation est aisée car le pouvoir qui, sans cela, est sans armes, a besoin d’être relayé pour l’action. Il ne suffit pas de décider, il faut encore être obéi et contre leur soumission au pouvoir les forces dites de l’ordre obtiennent respect et prérogatives. C’est ainsi que les syndicats de police disposent d’une reconnaissance évidente par le pouvoir au point d’en arriver à une sorte de co-gestion des opérations. La police aux ordres veut en retour être soutenue. Et Castagnette vient de rompre le pacte. Et c’est donc parti comme en 40. Las, le pouvoir en France, qui n’est pas encore une dictature bine quelle progresse via l’extension indéfinie des lois sécuritaires et la restriction des libertés individuelles des citoyens à grands coups d’état d’urgence provisoires mais successifs au point que Guimauve le Concurrent l’a fait passer dans la loi ordinaire.permanente, est bien forcé de tenir compte de l’opinion publique qui en a assez du racisme, des contrôles au faciès, de la non-application de la loi (dont celle de l’affichage du numéro matricule ou de l’interdiction des LBD à tir tendu), des bavures impunies, des restrictions à la liberté de circuler et de manifester. Le nouveau préfet de police de Paris, le bien-nommé Lallement, doit être dans ses petits souliers, lui qui vient de réinventer les policiers à moto comme du temps de Charly Pasqua. Et entre la police et la peur de n’être pas réélu, le pouvoir doit choisir ; il choisit l’opinion, ce qui ne plaît pas, évidemment, à la maison Royco. Les choses sont plus simples en régime de dictature car il n’y a pas d’élections ou elles sont truquées. Et ce n’est pas le seul contentieux avec elle car depuis longtemps celle-ci subit les ravages des diminutions de budget pour cause de compétitivité SLC ou les changements de doctrine comme, par exemple, la suppression de la police de proximité rétablie sous le Hollandais volant. Grave dilemme car le Zident-imperator élu en 2017 a bien besoin de la police face à ce qui se profile pour la rentrée par suite du corona virus et après le confinement des oppositions. Comme disait l’autre : en France, il y a 67 millions de sujets sans compter ceux de mécontentement après 30 ans de politique SLC. On peut s’attendre à une convergence des luttes : chômeurs, retraités pauvres, travailleurs du sexe, Gilets jaunes, politicards instrumentant les problèmes, petits entrepreneurs, auto-entrepreneurs de « l’économie du partage » , smicards et premiers de corvée, etc. Le pouvoir est dans la seringue tant la situation socio-économique est désastreuse : 460 milliards déjà de soutien à l’économie, 120 % du PIB en dette publique, réduction de 12,5 % du PIB, chômedu à 11 %, etc. Et l’UE n’a pas encore décidé de son plan de soutien pour l’Europe et a déjà l’air de mettre à la poubelle le sémillant plan MACERL Mac-Tron, qui plonge dans les sondages quand Philippe monte, a donc bien du mouron à se faire pour sa réélection en 2020. C’est pourquoi, dimanche, il va nous gratifier d’une nouvelle allocution familiale annonçant une 2ème ère de son règne (bien moins verticale et plus sociale et verte). En attendant, il continue de jouer aux chaises fiscales en reportant sur la Sécu (déjà à 52 milliards de déficit) et l’Unédic (45 milliards) le maximum de charges devant ainsi sociales au lieu d’être publiques (d’où le maintien de la RDS et de la Cades jusqu’en 2033 alors qu’elles devaient être supprimées en 2009!). Mac-Tron joue sur les enveloppes budgétaires : il annonce ne pas vouloir augmenter les impôts et, « en même temps » tout est prêt pour augmenter les cotisations sociales. Oremus.

Le libéralisme macronien : défaite de la pensée, de la décision et de l’action

Classé dans : politique — 9 juin, 2020 @ 11:11

La crise du corona virus met en lumière les vices structurels du libéralisme à la française, celui que Mac-Tron voulait imposer définitivement à notre pays après 30 ans de palinodies et de louvoiements. Elle prouve une défaite totale de la pensée libérale adaptée à la sauce francouie.
Tout le système socio-politico-économique du pays repose depuis fort longtemps sur la réaction aux événements survenant par temps calme ; les tempêtes ne sont pas au programme. Cela interroge le mode de pensée de nos prétendues élites. En tant que statistique et gaussien (loi « normale » de distribution de Gauss, probabilisable) il laisse de côté l’incertitude radicale des aléas qu’on ne peut pas probabiliser car il s’agit de « cygnes noirs » imprévisibles faute de série statistiques enregistrées. La pensée française préfère de loin l’ordre au mouvement, le statique au dynamique. Elle est « normale », comme la science éponyme, c’est-à-dire établie, installée comme vérité, prompte à faire la chasse aux idées nouvelles et aux opposants. Mais, à la grande surprise de Mac-Tron elle s’est montrée divisée sur le corona, ce qui l’a laissé dans l’incertitude et l’obligation de décider néanmoins. Elle est « universaliste » en ce sens qu’elle privilégie les règles générales contre la variété des situations ; elle n’hésite pas à imposer son point de vue théorique et général contre la diversité portée par les terrains et les situations. De ce point de vue, elle est normative alors même que le libéralisme classique interdit toute intrusion de la morale dans le politique, le juridique et l’économique. Car le libéralisme français ne s’est jamais débarrassé du centralisme jacobin, de la toute-puissance de l’Etat et des gouvernants. Sa norme doit s’imposer dans haut vers le bas, verticalement, ce qui a caractérisé la première phase du règne de Mac-Tron.
C’est une pensée du modèle à répéter et appliquer ne varietur ; déjà à l’école, la pédagogie est dogmatique, fondée sur la présentation d’en haut du modèle par l’enseignant et sur le contrôle de l’application de celui-ci par l’élève. Bref, sorti de la norme, du modèle, du train-train de la répétition des standards ayant normé les expériences analogues du passé, le gouvernement, les politicards, les fonctionnaires sont incapables d’innover, de réagir, de s’adapter dans des délais convenables face aux aléas et imprévus. De plus, le libéralisme étant devenu relativiste par suite des évolutions sociétales et du culte de la diversité, la pensée francouie est schizophrène car clivée (la fameuse « double contrainte ») en permanence entre sa quête du pouvoir absolu par la norme standard et la réalité de la société qui est bigarrée et évidemment relativiste en ce sens que toutes les normes non interdites par la loi peuvent s’y retrouver.
S’y ajoute l’idéologie libérale du wait and see, de l’excellence des marchés, de la spontanéité bienveillante et méliorative de la concurrence … Dès lors, il est inutile de faire des projets, d’anticiper dans des scénarii, de planifier, d’organiser. Il n’y a pas de problème que les « marchés efficients » ne puissent résoudre. La régulation socio-économique se fait automatiquement et à court terme. Les gouvernants doivent se contenter de laisser jouer librement les lois du marché après avoir mis en place les règles de son jeu (façon ordo-libéralisme). On peut se demander alors à quoi sert la représentation politique puisque les décisions sont prises par les marchés. Peut-être à se contenter de la répression juridique et de la police pour forcer les gens à se conformer librement aux lois économiques. Comme disait Rousseau, on contraindra les gens à être libres d’obéir aux lois qu’ils se sont données. Sauf qu’il y a belle lurette que ce sont les gouvernants qui font la loi en fonction des marchés et des lobbys économiques qui les ont captés au nom du SLC.
Et, cerise, sur le gâteau, nous avons une haute fonction publique convertie au SLC, soucieuse de sa carrière et, si j’ose dire, de sa rentabilisation, voulant dominer et agrandir son territoire, ne pouvant fonctionner qu’à la norme, incapable de créer et si froussarde vis-à-vis de ses privilèges qu’elle regarde toute initiative survenue en dehors d’elle avec suspicion. L’administration règne par la règle standard, imposée, refuse le débat et la critique et se barricade derrière les normes qu’elle a pondues. De plus le pouvoir politique s’applique à balkaniser l’administration en territoires spécialisés (en apanages plutôt) qui se tirent la bourre et sont souvent contradictoires. Et c’est à la fois fait exprès par le pouvoir (par suite des conflits entre administrations les problèmes lui remontent) et une conséquence automatique de l’attribution des postes à des ambitieux qui veulent être sur la pavois. Comme disait Courteline, une administration est un lieu où les hauts fonctionnaires passent leur matinée à déjouer les pièges montés par leurs concurrents et leur après-midi à en monter. C’est aussi un espace où, par suite de l’impuissance des politicards à la contrôler car ils en dépendent pour l’exécution de leurs décisions et car ils ont intérêts à y conserver des amis puisqu’ils en viennent, chacun fait souvent ce qu’i veut au point qu’il faudrait mettre des lignes blanches dans les couloirs afin que ceux qui partent en avance ne percutent pas ceux qui arrivent en retard. D’où l’inefficacité et le manque de réactivité des ARS face au corona ! Et de façon générale, l’administration a peur de l’incertitude car il y perd son pouvoir de réponse aux situations de demande de protection de la population. C’est le revers de la médaille de la centralisation : il n’y a plus que foule d’individus atomisés qui, pour vivre librement, se reposent de la résolution de leurs problèmes sur le pouvoir. La pensée, la décision, l’action dans la logique française sont dépendantes de la dialectique du zéro (le citoyen) et de l’infini (l’Etat).

Après la crise, l’Allemagne rafle la mise, sauf si…

Classé dans : politique — 7 juin, 2020 @ 10:10

Why ? Parce que l’UE va continuer dans son jeu de poker menteur SLC. Parce que ce dernier est rigoureusement incompatible avec les mesures nécessaires pour lutter enfin efficacement contre la destruction écologique de la planète et contre l’émergence et surtout la diffusion de nouveaux virus. Le gouvernement francaoui, faisant volte-face à 180 degrés avec sa politique SLC antérieure, nous dit vouloir relocaliser, assurer l’indépendance du pays dans les domaines essentiels (médocs, industrie, agriculture). C’est une blague en univers SLC et dans la logique actuelle de l’UE, laquelle a assuré justement le règne des Teutons, lesquels ne sont outillés que pour ledit SLC, lesquels ont su s’assurer le soutien des PECOs et des pays d’Europe du Nord, lesquels ne savent qu’exporter comme la Doryphorie. L’UE est allemande et la Vert-de-Grisie ne va pas abandonner si facilement sa position impériale, son « lebens raum », son « hinterland » (ou hitlerland commercial, économique et financier pacifique au nom du « doux commerce » libre-échangiste). Cela a été facilité par les abandons de souveraineté des autres pays en faveur des logiques tudesques : ordo-libéralisme (les « directives » et « règlements » de l’UE), libre circulation de tout (surtout des capitaux afin d’imposer la rigueur budgétaire aux pays emprunteurs et déficitaires), euro et BCE aux conditions allemandes et surévalué pour tous les pays « cigales » (sous-évalué de 15 % pour l’Allemagne), primat du droit européen ordo-libéral sauf pour la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. L’Allemagne a réussi à s’emparer de tous les leviers de commande de l’UE, ce qui explique qu’elle n’a jamais été poursuivie pour son excédent commercial au-delà des 6 %, que le projet Reach ait été fort clément pour les firmes chimiques teutonnes, que les normes diesel viennent de la Teutonie afin de protéger son industrie automobile, que les pays de l’UE soient passés à partir de 2004 de 12 à 28 par élargissement à l’Est (PECO) afin de pouvoir y délocaliser la production des pièces détachées allemandes, etc. Si l’Allemagne a pris le pouvoir en Europe, c’est que les autres pays le lui ont donné avec l’aide bienveillante des USA, lesquels ont fait annuler ou presque la dette doryphorienne en 1953 (et déja en 1932). Bref, sans le SLC et l’UE, l’Allemagne perdrait son empire commercial et sa prospérité (celle du pays, pas celle du petit peuple).
Pour l’illustrer, voyons ce qui va se passer si Renault relocalise sa production en France ainsi que Le Maire (du palais comme pour Charlemagne à Aix-la-Chapelle)) l’exige en contrepartie d’un prêt de 5 milliards. Les coûts de Renault (qui, en outre, avait tout délocalisé, même l’assemblage, chose que n’ont pas faite les Tudesques afin de pouvoir apposer l’étiquette made in Germany sur leurs bagnoles) vont grimper en flèche et en univers de marché ouvert à tous les pays les ventes en France seront celles de voutures étrangères, surtout allemandes ! Le Maire aurait prévu le coup en orientant Renault vers la voiture électrique dont il faudrait faire le leader européen. Thèse, antithèse, foutaise car la bagnole électrique est déjà condamnée (pollution par les batteries et manque de ressources pour en fabriquer). On ne pourra donc produire en France que si toute l’UE procède ainsi ou si des barrières (douanières, de normes) sont installées. Et tout à lavement comme dirait Bérurier pour toutes les productions. En effet, le marché français est trop petit pour le rendement des moyens modernes de production. Il faudrait donc exporter : donc rester en concurrence SLC. M. le Maire fait semblant d’ignorer que le SLC est « un fait social total » où tout se tient par la barbichette. Relocaliser sans baisser les coûts de production et de main d’œuvre (ce que réclame déjà le patronat) est peine perdue d’avance. Il faut choisir : soit un changement de cap anti-SLC qui ne peut être que systémique et radical, ce qui est largement impossible au niveau d’un seul pays sans une forme d’autarcie, soit la continuation du SLC par d’autres moyens ou voies. C’est ce qui motive les palinodies du pouvoir actuel.
Ce dernier ne peut pas ne pas savoir, car c’est sa culture, que la solution SLC a tendance tout naturellement à s’imposer car toutes les structures sociales (économiques, culturelles, normatives …) sont imprégnées de la seule logique SLC. Alors s’applique logiquement la loi de la tartine de beurre : elle retombe systématiquement sur le côté beurré. Et cela vaut aussi pour l’UE tout entière. Supposez que la France interdise le bœuf aux hormones, rien n’empêche qu’elle arrive par un autre pays, comme le cheval de réforme en provenance de Roumanie, sauf si l’UE l’interdit, ce qu’elle ne peut faire car si elle tient encore malgré la cohue concurrentielle qui y règne, c’est parce que chaque pays y a ses petits avantages compétitifs (la finance pour le Luxembourg et l’Irlande, les bas coûts de production délocalisée et le détachement de travailleurs low cost pour les PECOs et la Pologne, l’exportation über alles pour la Doryphorie, les Pays-Bas, la Suède, l’Autruche, les saisonniers et le tourisme pour l’Espagne, la Mafia pour l’Italie, le climat et l’histoire pour la Grèce et le monopole de la parole pour la France. Si on ne s’y oppose pas vigoureusement, derechef et radicalement, le SLC va repartir et rebondir de plus belle. En effet, la course au moins-disant et la détention d’avantages financiers (comme ceux de l’Allemagne enrichie par 20 ans d’exploitation du reste de l’Europe) ou économiques va induire mécaniquement des concentrations à partir du rachat d’entreprises en faillite ou affaiblies par les plus puissantes (économies d’échelle et appropriation, voire monopolisation des marchés.
C’est en ce moment et « en même temps » un plaisir d’entendre les actuelles déplorations sur la baisse du PIB (moins 11 % prévus pour la France en 2020) et sur l’effondrement de la consommation. Celle-ci est en effet un signe majeur de la continuation de l’esprit SLC et de ses normes comptables. Car les comptabilités publiques, établies suivant les critères du SLC (approche quantitative, financière et court-termiste et en-dehors de toute morale et de tout souci écologique) prennent en compte la consommation, qui n’est en réalité qu’un des usages des revenus issus de la production interne ou de l’étranger, dans le calcul du PIB. Eh bien, la baisse de la consommation n’entame en rien le vrai revenu national, ce qui est soigneusement caché par la norme PIB. Du reste, la baisse de la consommation est une bénédiction écologique et sanitaire ; moins de malbouffe souvent importée, moins de transports pour fruits hors saison, moins de choses inutiles propulsées par la pub, plus de recyclage et de réparation, de circuits courts ; à plus long terme moins de pesticides, de pêche non soutenable, d’effets de mode, de gadgets, de smartphones, de viande, de fromages plâtreux, etc. la qualité et la durabilité des produits revient enfin à l’ordre du jour, ce qui ne fait pas les affaires des partisans du SLC. La convivialité locale reprend du poil de la bête contre l’individualisme consumériste et compétitif… Une politique sérieuse doit donc interdire de revenir au gaspillage SLC. Or pendant que Mac-Tron discours soudainement sur ses vues écologiques, il laisse le feu vert à die Grosse Kommission de Bruxelles le soin de négocier de nouveaux traités de libre-échange, notamment avec le Mexique … Et quand on regarde les traités internationaux de commerce déjà propulsés par l’UE (dont CETA) on s’aperçoit aisément qu’ils échangent l’industrie teutonne contre l’agriculture française.
Dans la compétition accrue qui vient, chaque pays tentant de tirer seul son épingle du jeu contre les autres, la France perdrait la bataille ; il faut donc qu’elle change radicalement de cap. En effet la France est loin de disposer des atouts teutons : 11 % de PIB dans l’industrie contre 22, déficit budgétaire exponentiel comme la dette publique et sociale, déficit commercial permanent et astronomique. Et poids démesuré de l’administration et de la politique centrale. Par exemple, il y a une foultitude d’organes pour la santé ; ils ont des points communs : ils sont étatiques ou étatisés et, de par leur dispersion même, ils se tirent dans les pattes afin de permettre à l’impérator de décider tout seul de tout. De plus, ces politicards et hauts fonctionnaires (souvent les mêmes par suite des revolving doors appelées pantouflage en France) se moquent de l’industrie. Comme Mac-Tron, ils préfèrent la phynance plus juteuse et plus apte à réaliser leurs ambitions d’enrichissement personnel. C’est pendant les quinquennats Mac-Tron (sous Hollande et le sien) que la France a abandonné Alstom, Alcatel, Technip, Lafarge à l’étranger. Je n’ai rien contre une administration puissante à condition qu’elle se dévoue à l’intérêt général, ce qui n’est possible que si elle est sortie des mains des politicards et de l’Etat. Ce n’est donc pas seulement l’Allemagne qui a ruiné l’industrie française ; c’est notre gouvernance technocratique, politicienne, réglementaire et centralisée. C’est notre élite convaincue de l’excellence des marchés financiers. Il reste un atout à notre pays : la débrouillardise de ses habitants à condition qu’on les laisse libres d’innover, ce à quoi l’administration jacobine et les politicards de la Ripoublique une et indivisible s’opposent depuis toujours.
Si donc M-C continue de discourir tout en continuant sa politique SLC, le pays ira vers le chaos. Le mesure primordiale et urgente à prendre, c’est un moratoire sur le libre-échange, à commencer par l’UE. La France doit fermer ses frontières pendant un an, à la fois pour se réorganiser et pour faire pression absolue et radicale contre l’actuelle politique SLC de l’UE.

Adama Traoré et George FLYOD

Classé dans : politique — 4 juin, 2020 @ 9:59

L’histoire fait que deux morts policières, une aux USA et une en France, font les gros titres de l’actualité. Les deux cas ne sont pas équivalents même s’ils impliquent tous les deux les « forces de l’ordre », ou, plutôt ; du désordre établi dans les deux pays concernés. Il y a évidemment deux contextes historique, institutionnel et culturel différents quoique dans une même situation d’inégalités galopantes mises au grand jour par le corona.
1) Aux USA, nous avons un racisme endémique remontant à l’ère de l’esclavage et on doit rappeler que l’égalité (juridique) des droits civiques ne date que de 1963. Egalité de droit ne signifie pas du tout que la réalité se transforme d’un coup de baguette législatif. Il y faut aussi un profond changement culturel et des conditions institutionnelles d’effectivité dans la vie sociale et quotidienne. La violence y est permanente et même justifiée par le mythe de l’égalité de chances dans la compétition sociale. On y baigne dans un climat de religiosité exploité par les puissants : aux pauvres, aux Noirs, aux Latinos …, la religion comme espérance, réconfort, lien social, normalisation des conduites dans l’espionnage entre voisins, aux riches et aux habitants des grandes villes assurant l’anonymat, les turpitudes camouflées par l’affichage de la conformité religieuse. Il n’y a qu’à voir Trump, salopard prêt à tout pour le pognon, la réussite et l’exploitation des femmes et « en même temps » brandissant la bible. La religion y est en fait un moyen d’ordre social à usage des « gens de peu ». Rappelons que l’Ancien Testament sur lequel se fondent les sectes évangéliques est plein de violence et de racisme (les Noirs y sont une engeance méprisée). Les inégalités socio-économiques y sont considérables et nécessitent une forte prévention des révoltes populaires. Le socialisme y est un gros mot au nom de la liberté de chacun (surveillée par les sectes et la police). Ces injustices permanentes créent un terreau favorable à la violence chez tous les acteurs sociaux, violence réciproque d’action-réaction qui fait monter la situation aux extrêmes.
Au plan institutionnel, c’est catastrophique : les procureurs sont élus et, évidemment, dépendent des rapports de force électoraux. On y voit des procureurs financés par la police et, naturellement, les lobbys d’affaires et les entrepreneurs de religion. De plus la justice y est procédurale et accusatoire : le proc., avec la police, mène la danse, ce dont les riches peuvent se dépatouiller en payant grassement des cabinets d’avocats habilités à mener une contre-enquête. D’où le non-lieu pénal l’encontre du priapique, phanérogame, ithyphallique, libidineux DSK qui a payé, au civil, de grosses indemnités à la plaignante. La police bénéficie « d’une immunité qualifiée » qui gêne toute poursuite. En l’absence d’harmonisation nationale, un flic condamné ici peut refaire surface là. Et, par suite de la décentralisation de la police dans les Etats, il n’y a pas de statistiques officielles des « bavures » (on estime dans les ONG à 1 000 par an les victimes de la flicaille, dont 22 % de Noirs alors qu’ils ne font que 12 % de la population). La police est formée (de façon très diverse mais avec le même culte de sa propre sécurité) à tirer d’abord et à justifier ensuite.
Mais il n’en demeure pas moins que la justice est indépendante du pouvoir politique et que de puissantes associations peuvent intervenir, au nom de la grande liberté d’expression, malgré le laxisme généralisé des politicards (il y a eu aussi autant de morts sous Obama que sous les autres présidents) qui ont tous tendance à instrumentaliser la situation au profit de leurs intérêts électoraux.
2) En France les inégalités sociales n’ont cessé de grimper par suite de la politique SLC menée depuis plus de 30 ans. Les fractures sociale, culturelle, territoriale, économique, politique sont à leur apogée et la crise du corona n’a fait que les exacerber. Pour éviter que cela ne finisse par déborder, les pouvoirs n’ont cessé depuis 20 ans d’accroître la répression législatives à grands coups de lois sécuritaires (plus d’une vingtaine) sous tous les prétextes (dont le terrorisme et maintenant le corona), de faire appel à la police contre les manifestations (dont celles des Gilets jaunes ou contre la réforme des retraites ou de la SNCF), de laisser le communautarisme se développer (il est légitime et prôné aux USA, toléré en France), ont abandonné l’ordre républicain dans les « cités » ou « quartiers » où le trafic de drogue contribue au niveau de vie de la population qui sans cela pourrait se révolter violemment. De même, les « incivilités » peuvent y continuer en tant que marqueur de la liberté des bandes sur leur territoire. Rappelons que l’Etat centralisé, jacobin, normatif y tend depuis toujours à se protéger, lui, pas vraiment la population de plus en plus abandonnée aux vents mauvais du SLC. Les pouvoirs publics ferment les yeux devant la violence potentielle qu’entraine le développement des inégalités et de la pauvreté. ET pour cause car, au contraire, il faudrait brider le SLC pour empêcher leur extension.
Mais ce qui frappe le plus dans nos institutions, c’est que nous avons un Etat (politicards et administrations) qui se juge lui-même. La Justice n’y est qu’une autorité administrative, les procureurs dépendant directement du pouvoir et les juges du siège devant obéir pour obtenir des promotions. La police dispose de ses propres instances étatiques : labos d’expertise, inspections internes aux corps policiers. D’où l’affaire Traoré car tout le monde peut mettre en suspicion un appareil d’Etat aux ordres du pouvoir et s’autocontrôlant sans contre-pouvoirs indépendants. D’un côté, on a la vérité étatique toute-puissante et donc soupçonnable de partialité, de l’autre, des moyens insuffisants de défense pour faire valoir une autre thèse. Pour les politicards, on a la Cour de Justice de la Ripoublique où les ministres sont jugés par leurs pairs. Vient, par exemple, le corona, aussitôt on monte une commission d’enquête parlementaire bidon où les députés du pouvoir vont juger des effets des décisions de ce dernier ! Et l’Etat se juge lui-même via les cours administratives (filière Conseil d’Etat et tribunaux administratifs). Même le Conseil constitutionnel voit ses membres nommés par les excellences d’Etat. Reste la justice ordinaire dont les moyens sont depuis longtemps impécunieux et rabotés. On en peut alors s’étonner que notre pseudo-justice soit du côté du manche dans la plupart des cas impliquant la police. D’où le fort faible nombre de condamnations de la maison Royco en France. Cependant, officiellement et dans ses formations, la police française cultive davantage la sécurité des gens que celle des USA ? Elle est pourtant habilitée aux contrôles aux faciès comme dans ce pays « démocratique ».
Côté racisme, il n’est pas aussi endémique qu’aux USA mais il existe par suite des effets historiques des anciennes colonies et grimpe peu à peu par suite de l’immigration instrumentalisée par les politiciens et le RN. Comme les inégalités s’accroissent doucettement, on assiste aussi à des incriminations de tous contre tous en fonction des positions sociales menacées par la concurrence entre tous les acteurs sociaux.
Finalement, la grande différence entre les cas Traoré et Flyod, c’est qu’en France on ne peut pas savoir où est la vérité, tandis qu’aux USA elle est patente et que c’est elle que les autorités veulent étouffer. C’est le moment que choisit le « député » Ciotti pour une proposition de loi visant à interdire l’usage de vidéos montrant la police en acte. La quasi-présomption de légitime défense qui existe déjà ne lui suffit pas ? Ce qui montre que la France se dirige peu à peu vers une situation de type US ? C’est normal tant que le pays continue de progresser vers le modèle hyper libéral américain en économie. Mais où sont les autres libertés libérales, si j’ose dire, de ce modèle décentralisé ? Et il ne faut pas s’y trumper : la France et les USA sont dans une situation globale et une pente descendante analogues. Le SLC, le libre-échange, la finance y règnent en maîtres, les inégalités y sont criantes, le racisme y subsiste la place dans le monde régresse, la police de court terme (souvent au nom du risque sanitaire ou terroriste qui permet d’empêcher les manifs) remplace la politique de long terme, le souverainisme y progresse … les différences n’y sont pas de nature mais de degré et d’état d’avancement vers la décrépitude.

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