les armes de la critique

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De la construction de l’UE vue par l’hipponyme vicomte de Villiers de Saintignon

Classé dans : Non classé — 21 mars, 2019 @ 12:04

Le vicomte vendéen nous gratifie d’un plaisant récit de la construction européenne ; tout en échouant pour cause de pensée quelque peu complotiste, réactionnaire, souverainiste, nationaliste et surtout libérale en économie. Cependant, il y a des points fascinants et sans doute vrais dans son analyse :
1) Les « pères fondateurs », Monnet, Schuman et Hallstein étaient des chauds partisans de la disparition des nations au nom d’un mondialisme anti guerre et commercial. Cette pensée leur venait de leurs origines et de leur parcours. Monnet était un mondialiste des échanges, un affairiste doublé d’un entregent politique, un américanophile voulant imiter le fédéralisme yankee, un entremetteur entre politiciens, un missi dominici des affairistes. Schuman est né en Alsace doryphorisée, démocrate chrétien, pacifiste. Il avait en quelque sorte le sang et la culture allemands dans la peau et n’était français que juridiquement après la guerre de 39-45 quand l’Alsace-Lorraine fit retour à la France. Hallstein, 1er président de la Kommission européenne était un juriste voulant appliquer les mêmes normes à l’Europe, idée développée par le grand Reich millénaire (il s’agit évidemment du droit positif allemand à la mode ordo-libérale). Le vicomte nous apprend, preuves à l’appui, que Monnet et Schuman étaient financés par les USA via une cascade d’écrans au service de la CIA, que Monnet donnait en contrepartie des renseignements confidentiels sur l’Europe et la France au département d’Etat US, qu’Hallstein avait un bon passé nazi et qu’il avait été dénazifié par les USA comme maints hauts fonctionnaires et politicards (du genre Waldheim devenu pourtant patron de l’ONU) après la défaite d’Hitler. Les 3 hommes étaient partisans du secret et de l’avancée par la technocratie économique ou juridique. Monnet et Schuman avaient été inspirés par l’école vichyste d’Uriage, école qui prônait l’union européenne, y compris sous la houlette teutonne.
2) Sous l’influence occulte (et présumée car cela était dans l’air des temps pour les politicards de l’époque) des 3 compères, l’UE a été construite suivant une stratégie de crémaillère, d’engrenage, d’incrémentation à petits pas de non-retour ou non-rebroussement : on commence petit pour n’effaroucher personne et sur des objectifs limités (CECA, feue la CED, Euratom, puis le traité de Rome), petits pas faisant progresser dans la direction voulue (nous verrons laquelle ensuite) tout en camouflant cette destination finale. On reconnaîtra avec bonheur dans ce processus constructiviste (Hayek, un des pères spirituels d’Hallstein était contre…) de l’UE la technique du salami à la Staline, la stratégie des coriaces et des voraces, la politique des salafistes, l’entrisme trotskard…
3) La destination affichée était une Europe fédérale destinée à la paix. La paix était la grande finalité affichée par les européistes pour faire avaler le processus aux peuples. L’union pour la paix a cependant été viciée, ce que le vicomte ne dit pas, par la nature même du processus : il était purement économique et juridique ; fusionnant les deux grands thèmes de l’ordo-Libéralisme tudesque, à savoir l’économie de marché (auquel fut ajouté sociale pour dorer la pilule) et le gouvernement par les normes juridiques. Ce qui fait que toutes les normes européennes furent axées sur la « concurrence libre et non faussée », les 4 libres circulation (des marchandises, du capital, des services et des hommes), le libre-échange généralisé au monde entier sans protection de l’industrie européenne. La préférence européenne pour les échanges économiques fut, du reste, jetée par-dessus bord avec l’acte unique de 1986.
Le vicomte prétend que le but affiché était aussi était une Europe-puissance fédérale mais qu’en secret tout était fait pour que cela n’arrive pas car les USA n’en voulait pas au détriment de la pax americana. C’est là le complotisme du vicomte car cet objectif n’a jamais été affiché en tant que tel aux yeux des peuples européens. D’ailleurs, cela n’intéressait naturellement pas les USA qui voulait simplement généraliser leur système fédéral, démocratique et libre-échangiste, de même que leur culture, à tous les pays (ils ont commencé par l’Allemagne où ils l’ont imposé) et écouler leurs marchandises (objectif du plan Marshall). Et les Allemands, penauds et contrits et voulant se faire oublier et oublier eux-mêmes leur passé, n’ont jamais voulu être une puissance, de même que la Gibbye n’a jamais voulu abandonner sa souveraineté. Le but de puissance a seulement été francaoui. Et Mac-Tron y revient alors que les autres pays n’en veulent pas !
Le processus progressif et constructiviste de l’UE a échoué dans sa prétention fédérative sans qu’il soit besoin de complot. Des raisons majeures expliquent le résultat actuel : une UE comme simple cohue de pays nationalistes tirant à hue et à dia en fonction de leurs intérêts, une absence totale d’harmonisation dans les domaines clés de la fiscalité et du droit social. Cette division de l’UE profite à l’Allemagne qui tire toutes les ficelles et impose son point de vue avec ses alliés de l’Europe du Nord, de l’Est et du Centre. Tous les pouvoirs de l’UE sont entre ses mains. Pourquoi donc et comment en est-on arrivé là en quelque sorte mécaniquement ?
1) On ne peut faire du fédéralisme facilement quand les langues, les cultures, les histoires, les religions sont si différentes ; l’Europe n’est pas les USA, pays unifié culturellement (langue, quasiment même religion protestante, individualisme, patriotisme…) après l’extermination des Indiens et la mise en esclavage des Noirs et la ségrégation raciale. Il faut aussi dire qu’un Etat fédéral dispose d’un gros budget pour assurer des transferts et des aides afin de déduire les inégalités entre régions et entre citoyens : 20 % du PIB aux USA, un gros 1 % dans l’UE ! Enfin, si les USA sont contre la puissance des Etats, c’est pour mieux assurer la leur.
2) La démarche économiciste a négligé tous les autres déterminants d’une union politique (dont l’adhésion des peuples et leurs intérêts spécifiques).
3) Le processus technocratique a éliminé la démocratie comme ressort de la participation des peuples à la construction vers l’union ; vous n’adhérez pas à ce qui a été fait malgré vous et encore moins contre vous.
4) La politique économique hyper concurrentielle a mis les pays, leur modèle social, les peuples en compétition totale ; ce qui ne peut que diviser. Elle a exacerbé les inégalités entre pays malgré le discours officiel de la convergence des économies. C’est cela qui a fini par susciter le populisme.
5) Les pays européens ont été enfermés dans une machine à broyer. Ces éléments sont :
• L’uniformisation du libre-échange concurrentiel en Europe et vis-à-vis du reste du monde par les directives et règlements de type ordo-libéral, les traités internationaux dont Bruxelles a en quelque sorte le monopole de création.
• Les arrêts de la cour de justice de l’UE (CJUE après CJCE) qui donnent systématiquement le pas au droit d’entreprendre contre le droit social ; la CJCE, de plus, en 1964 a décidé que le droit européen était supérieur aux droits des pays.
• Les arrêts de la cour européenne des droits de l’homme qui ne s’occupent que des droits subjectifs individuels contre les droits sociaux ou collectifs.
• Le mode de décision au Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement : soit l’unanimité dans les domaines essentiels (comme la fiscalité), ce qui est devenu impossible à 28 pays ; soit la « majorité qualifiée », que seuls l’Allemagne et ses copains peuvent réunir.
• L’imposition de la bonne gouvernance budgétaire après le traité de Maastricht (critères de convergence : pas plus de 3 % du PIB de déficit, pas plus de 60 % de dette publique) ; cela s’est transformé en norme austéritaire teutonne après la crise de l’euro en 2010 (TSCG, 6 et 2 packs).
• Et pour 18 pays les normes tudesques de l’euro et de la BCE avec impossibilité de dévaluer, d’avoir une politique monétaire, de recevoir des prêts de la BCE, de se prêter entre banques centrales !
Toute cela a créé la cage de La Ballue, celle de l’écureuil dont on ne peut sortir et qui forme un étau imposant les politiques essentielles en réduisant les pays à adapter leur droit social, leur police, leur législation répressive pour forcer les peuples à se plier à l’ordre SLC. C’est ce contre quoi le vicomte libéral en économie ne s’insurge pas; il ne ne voit pas bien le problème!
Certes, il nous faut de l’Europe et unie mais la politique économique actuelle s’y oppose ; la bonne stratégie est donc de lutter pour changer cette Europe en place et d’obédience doryphorienne.

Mac-Tron est dans la seringue où il s’est lui-même mis

Classé dans : politique — 18 mars, 2019 @ 11:30

C’est là que les Athéniens s’atteignirent, que les perses se percèrent, que les satrapes s’attrapèrent et que les croisés sautèrent par les fenêtres. C’est bientôt l’heure de vérité. Le Grand débat (GD) a montré son ambiguïté car dans les réunions menées et dans les cahiers de doléances, il s trouve que la participation est biaisée en faveur des retraités, des informatisés et des relativement aisés et disponibles. Les Gilets jaunes, de même que les « banlieues » en sont largement absents. Les commissions avec « citoyens » tirés au sort patinent faute d’assez de volontaires prêts à perdre 2 jours sans salaire ou disponibles ou intéressés. Les boîtes privées chargées de mouliner l’énorme matériau recueilli et souvent contradictoire peinent à élaborer une synthèse sous l’œil peu présent des 5 « garants ». En revanche, le Zident a bien réussi sa communication dans les séances régionales, non de débat, mais de questions-réponses. Il s’est refait la cerise dans les sondages. Mais par suite des cassages de samedi 16 mars, exactions dues au fait que les magasins des Champs Elyséens étaient peu protégés au profit des palais de la ripoublique, cela redescend. On est en droit de soupçonner que le pouvoir se sert des violences et dégradations pour bien se positionner en défenseur de l’ordre contre les sauvages en vue des élections ; c’est sans doute raté car visiblement la sécurité de tous n’est pas assurée.
Las, il va falloir opter, prendre des décisions, passer aux actes et c’est là que le bât blesse ; le Zident est pris en tenaille entre sa politique néolibérale SLC, les contraintes budgétaires imposées par die Grosse Kommission » de Bruxelles, les attentes des différentes populations du pays très loin d’être uni derrière le panache brun de Mac-Tron, les promesses de campagne, la philosophie politique du lider maximo d’obédience SLC. Voyons les apories de la situation dont il sera fort difficile de se dépêtrer.
1) Du GD apparaissent des lignes de force communes : ras-le-bol fiscal, justice fiscale, présence des services publics, pouvoir d’achat, démocratie plus participative. Ces lignes ont un gros défaut ; elles sont strictement contraires aux vues de la majorité législative installée au palais Bourbon et godillant après les consignes macroniennes.
2) La justice fiscale est impossible car la ligne Mac-Tron est fondée sur un maigre soutien aux plus pauvres, sur la détaxation des riches qui feraient ruisseler leur fric sur l’investissement et l’emploi, sur la réduction des retraites, sauf peut-être pour les plus petites, sur la taxation des seuls qui peuvent encore payer, à savoir les classes moyennes-moyennes et moyennes-supérieures, classes qui, en outre, n’ont droit à rien en dépit du principe d’universalité. Rappelons cependant que même les plus pauvres ne cessent de payer des impôts (TVA, TICE, électricité, gaz, eau etc.), que les fiscariotes de Bercy ont inventé depuis longtemps les taxes sur les taxes et même l’imposition d’un revenu qu’on ne touche pas (CSG). Par ailleurs, les dépenses contraintes et obligatoires n’ont cessé de progresser, de même que des obligations nouvelles (contrôle des véhicules, inspection des logements mis en vente…). Ce qui déjà a mis à mal le pouvoir d’achat avant Mac-Tron mais celui-ci en rajouté une bonne couche. Et de toute façon Mac-Tron, à supposer qu’il en ait l’intention, ne peut rien y changer car seules les classes moyennes susdites peuvent encore payer la mise du pays aux normes du SLC européen et mondial.
3) Depuis longtemps nos élites ont suivi une politique de compétitivité fondée sur la production à bas coût, via, notamment la permanente baisse des charges sur les bas salaires. Cela a créé un seuil de limitation des salaires afin de rester en dessous du fameux 1,6 SMIC, seuil difficile à franchir et diminuant l’échelle de progression dans les salaires. Cela a encouragé les boîtes à ne pas investir dans des techniques modernes (robots, par exemple) car il suffisait de mal payer le travail. En plus, c’était idiot de vouloir concurrencer les pays low cost sur leur terrain au lieu de faire de la qualité et de l’innovation (les seuls trucs qui marchent encore sont les produits de luxe, les AOP et les techniques avancées comme l’aéronautique, l’agro-alimentaire) ; d’où la désindustrialisation au profit de la Doryphorie. D’où le chômage, la flexibilité, le temps partiel et les contrats new look (intérim, CDD en tout genre) ; d’où la baisse du pouvoir d’achat. CQFD. Car les énarques n’avaient d’yeux que pour la fiance où ils pantouflent. Comme disait à peu près Proudhon : pour revaloriser les salaires il faut d’abord revaloriser le travail. Ce qui est contraire au type de capitalisme soutenu par notre nouvel empereur.
4) Le fiscariote est obligé d’obéir à Bruxelles et d’assurer l’équilibre budgétaire ; il ne peut « en même temps » donner du pognon de dingue et restaurer les services publics sur tout le territoire. Du reste, il est lui-même convaincu que le SLC doit tuer le secteur public au profit du privé, comme par exemple en vendant aéroport de Paris à ce dernier. Il en s’agit plus de gouvernement à des fins politiques mais de simple gouvernance fondée sur le calcul coûts/bénéfices à court terme.
5) L’écologie est rigoureusement incompatible avec le SLC ; or Mac-Tron n’a en vue que la croissance, l’accumulation, le fric. Las, un mouvement international est né pour sauver la planète. Il voit sans peine qu’on continue de bétonner (Europa City, Roybon, tunnel Lyon-Turin), de favoriser les exploitations agricoles polluantes et non respectueuses des animaux (projet de ferme cochonnière avec 6 000 bêtes à Ossun), de ne rien faire d sérieux contre les pesticides et les industries pétrolières et gazières, minières, bancaires qui les financent. Les gens, dont les jeunes, ont perçu le gap entre les discours écolos de Mac-Tron et les pratiques de sa gouvernance.
6) Mac-Tron a promis de restaurer un peu plus de démocratie, notamment en ne condamnant pas le RIC des Gilets jaunes. Ce sera du minimum syndical car on ne peut instaurer le SLC sans violer la démocratie ; le peuple n’en veut plus et a crié assez. Car il a vu que la technocratie de l’UE avançait en piétinant le vote ; par exemple celui contre le TCE en 2005. Du reste, la philosophie politique de l’UE, depuis ses débuts, c’est de fondre les pays dans le marché mondialisé, de tuer la politique et les nations alors que le politique n’existe que pour le bien commun démocratiquement défini. Mac-Tron va simplement profiter du GD pour faire passer ses projets de réforme auxquels le sénat a fait obstacle.
7) Mac-Tron a adopté la « stratégie du chaos » à partir duquel, de crise en crise, comme l’UE, la technocratie et les élites dirigeants peuvent rebondir pour aller encore plus loin par suite de la peur de l’inconnu et de l’insécurité.
Le GD ne débouchera donc sur rien de tangible et de neuf, ce qui ne fera qu’augmenter les tensions et le ressentiment. Mac-Tron a gagné un peu de temps avec son barnum. Mais, in fine, il se retrouvera comme une poule devant un couteau sans manche ni lame.

La momie Bouteflika dans la situation algérienne et Mac-Tron

Classé dans : politique — 11 mars, 2019 @ 12:00

Le pouvoir algérien a eu le culot de présenter Boutef à un 5ème mandat présidentiel alors qu’il a perdu les pédales depuis 2013 par suite d’un AVC. Il ne faut pas se tromper sur le sens de cette combine qui est de gagner du temps au maximum. Pourquoi ? Pour garder le pouvoir détenu par une kleptocratie composée de politicards du FLN, de militaires, dont les redoutables services secrets et de renseignement, d’affairistes vivant de commandes publiques et de monopoles donnés par les dirigeants, de notables inféodés, de religieux chargés de contenir l’islamisme et de convertir la société aux bonnes mœurs. Et cela dure depuis l’indépendance obtenue en 1962. Le nerf de la guerre est la rente pétrolière et gazière, largement confisquée par la mafia au pouvoir, entamée par les affairistes et en partie redistribuée pour assurer la paix sociale. Depuis l’indépendance, cette rente maousse n’a aucunement été investie dans le développement industriel ou agricole du pays, d’où un taux de chômage fantastique touchant une population où près de 50 % de la population (43 millions) a moins de 30 ans. Jeunesse qui, en plus, est contrainte par les mentalités traditionnelles imposées par l’islamisation et l’arabisation du pays. Las, avec la chute du prix du gaz et du pétrole, le pouvoir ne peut plus faire cela encore longtemps car les réserves de change sont descendues de 200 milliards de dollars à 85. Et avec la crise mondiale, cela ne va pas s’arranger. Ce qui a contribué aussi à la paix sociale, c’est le besoin de sécurité après l’horrible période de terrorisme salafiste de la décennie 90. On n’ose pas trop non plus s’en prendre au FLN qui se drape en permanence dans le drapeau des martyrs de la guerre d’indépendance et dans la sécurité, notamment en agitant l’épouvantail d’une évolution à la syrienne. La France se fait toute petite de peur d’être accusée d’ingérence, d’en revenir à ses pulsions coloniales et parce que l’Algérie l’aide beaucoup à contenir l’expansion du terrorisme islamiste au Sahel. Cela ne l’empêche pas de soutenir le régime en lui achetant depuis toujours pétrole et gaz à un prix supérieur à celui du marché.
De façon générale, le climat est à l’explosion sociale pour toutes ces raisons plus, naturellement, une dictature soft (une « démocrature ») camouflée derrière des élections factices et largement truquées avec des scores de réélection des notables du FLN dignes des républiques bananières ou des dictatures bananières d’Amérique du Sud, africaines ou d’Asie centrale. Las, le pouvoir n’a pas encore de plan B et doit gagner du temps pour en trouver un ; d’où la mascarade Bouteflika (et pourquoi pas Flicka, chien fidèle ?). Sa dernière astuce est d’avancer la date des vacances pour les étudiants afin qu’ils décampent du plancher des universités ! Il leur faut du temps pour s’arranger entre membres de la nomenklatura occulte qui dirige le pays en tirant sur les ficelles de la marionnette Bouteflika. Car il s’agit d’un cartel de parts de marché, cartel par construction instable puisque truffé de rivalités pour le partage de la rente. Boutef n’est là que pour camoufler la réalité du pouvoir occulte et dévoué au culte et au pognon et sa mort politique pousse à un réaménagement du deal existant entre membres du cartel.
Je fais le pari qu’en fait Boutef est déjà mort, moribond ou complétement HS et, du reste, l’hôpital de Genève n’en dit rien au nom du prétendu secret médical. On nous a déjà fait le coup avec Franco, Tito, Staline…On comprend alors mieux la « naphta ligne » (axe du pétrole) pour garder Boutef dans la naphtaline. Cela ne pourra durer très longtemps et il est urgent que le pouvoir trouve un remplaçant crédible quoique toujours manipulable par les puissants cachés aux yeux du bon peuple de moins en moins crédule. Il est urgent aussi que les forces d’opposition aujourd’hui dispersées et se tirant la bourre (ce qui explique aussi l’immobilisme du régime dès ses débuts) se coordonnent, se fédèrent et se dotent d’un « programme commun ». Mais on ne peut faire de pronostic. Attention, la Chine est sûrement déjà en embuscade pour sortir les marrons du feu.
Pendant ce temps, Macron serre les miches per peur d’une guerre civile qui amènerait en France un flot d’émigrés considérable vu qu’il y a en Algérie plus de 200 000 binationaux ! La France qui a autorisé des flux massifs d’immigration algérienne pour remplir ses usines à bas coût, pour complaire au régime algérien de peur d’être accusée de racisme et pour compenser ses fautes coloniales, qui laisse des imams analphabètes (en français) venir d’Algérie s’occuper des croyants, qui a eu maille à partir avec le GIA, qui a toléré les faux mariages mixtes (des beurs déjà français avec des algériennes ou vice versa) voit là les conséquences à long terme de sa politique incontrôlée. Rappelons que pas moins de 4 présidents francouis ont avalisé le cinéma Boutef. On attend Mac-Tron au tournant. Un soutien timide se dessine ; par exemple, M. Griveaux a dit que la décision appartenait au peuple algérien. Façon subtile de soutenir le clan car ce malhomme ne saurait ignorer que les élections en Algérie ne sont qu’une mascarade pour redonner le pouvoir aux mêmes. Mes bien chers frères, prions.
Bouteflika a le cerveau en compote mais la France est-elle dans une situation si différente avec un jeune président dont la cervelle fonctionne en permanence avec un seul logiciel, à savoir les mantras du SLC über alles et quoiqu’il arrive ? Ne pas penser n’est pas si différent que de penser toujours la même chose n toutes circonstances. Le peuple ne soutient plus Boutef mais le peuple français ? On a eu la réponse : il ne s’agit que des 18,5 % d’inscrits qui ont voté mac-Tron en 2017 au premier tour des pestilentielles l’élection d’une chambre bleu horizon avec seulement 15 % des inscrits au premier tour des législatives. Le sémillant et Ultra Brite Mac-Tron n’est donc guère plus légitime que la grosse légume Bouteflika. Mac-Tron est un vieux phonographe la Voix de Son Maître qui passe toujours le même disque rayé. Sic transit gloria mundi.

La mécanique du SLC prôné par Mac-Tron, l’écologie et les inégalités

Classé dans : politique — 2 mars, 2019 @ 12:28

Pris par surprise par le mouvement des Gilets jaunes (GJ), Mac-Tron se dépatouille pour sauver sa politique SLC tout en contenant et évacuant la révolte via la répression et le grand débat. Les GJ demandent, entre autres, de la justice fiscale et la possibilité de se déplacer sans être matraqués par le Fisc soi-disant pour des raisons écologiques. Le problème structurel est que le SLC est radicalement antinomique avec l’écologie, l’égalité, la justice fiscale, la Justice. Le SLC est à l’origine tant de la destruction de la planète que de l’accroissement des inégalités. Pourquoi et comment ?
Le SLC a pour logique profonde l’accumulation sans fin et l’accroissement sans limites du profit. Il doit produire et vendre au maximum pour faire augmenter les profits et, maintenant, en compensant la baisse des prix due à la concurrence, par l’extension du volume des ventes à frais fixes peu variables (les rendements deviennent alors croissants alors que la théorie économique officielle est construite sur l’inverse !)). La logique SLC est purement financière et on ne prend en compte, notamment dans les statistiques comme le PIB ou les tableaux de bord des entreprises, que ce qui est quantifiable, chiffrable, monétisables, exprimable en fric ; on ne fait que des calculs du rapport coûts/bénéfices et on ne prend aucunement en compte les dégâts causés sur l’environnement, les populations, la santé, les animaux, les plantes, ni l’extension des inégalités au profit des 1 % qui détiennent la plus grosse part du capital productif et surtout financier… Cette accumulation démentielle depuis 2 siècles et conduisant à la ruine des ressources de la terre, tant fossiles que renouvelables, est appelée du doux nom de croissance par les économistes, mot qui a pour vocation d’éradiquer le vocable marxiste d’accumulation. Pour les ressources fossiles (minerais, gaz, pétrole) le SLC ne paye que les coûts d’extraction, de transport et de transformation, plus des redevances à des Etats rentiers qui ont le bonheur de les avoir chez eux et qui, depuis assez peu, ne sont pas victimes d’une prédation directe et sans indemnisation consistante par les firmes occidentales Pour les ressources renouvelables (eau, poissons, mers, vents, soleil…) qualifiées de « res nullius » (sans droits de propriété), les firmes SLC ne payent que les transformations, les dépollutions rendues obligatoires pour la consommation humaine, les coûts d’appropriation et de vente. Pour celles qui font partie des propriétés privées, c’est réglé par des contrats ; pour les « biens communs » appartenant souvent à des peuplades sans défense, il y a tout simplement accaparement par la force. Evidemment, les plus faibles, les plus mal placés géographiquement sont les premières victimes des nuisances, de même que de la dégradation de l’environnement et des conditions de vie et des atteintes à leur santé. Cela est aggravé par la course incessante au rendement via tous les produits chimiques qui sont répandus dans la nature et par le productivisme de plus en plus intensif qui ruine la santé et la liberté des travailleurs. Et la concurrence est le moyen structurel par lequel toutes les entreprises du monde sont obligées d’accumuler, de vendre, d’économiser, d’augmenter la productivité et de baisser (partiellement) les prix afin de vivre et se développer. Cette concurrence sans limites est devenue le mantra de l’UE depuis 1986 (acte unique). Certes, la concurrence fait baisser les prix mais cette diminution va essentiellement dans la poche du kapital et en outre ne tient pas compte des conséquences sur l’emploi et les salaires qui sont nivelés peu à peu vars le plus bas niveau. C’est donc le SLC et non les boîtes ou les personnes, qui poussent au productivisme sans limites. C’est mécanique, automatique, fatal, ce qui n’empêche pas les libéraux de prétendre que c’est la liberté qui mène le système !
Hélas la croissance est devenue le point de convergence des puissants et de bien des acteurs sociaux. Les politicards en sont fanatiques pour des raisons électoralistes : si les électeurs sont restreints dans leur pouvoir d’achat et leur consommation ils vont nous blackbouler aux élections ; la croissance est censée faire diminuer le chômage qui est un paramètre hyper important de la confiance de l’électorat ; la croissance a contredit le thème marxiste de la paupérisation absolue (les prolos ont pu accéder à la consommation et ils y tiennent, ce qui diminue drastiquement les velléités révolutionnaires) surtout pendant les « 30 glorieuses » (1945-1975) du pacte social de 1945. Le néolibéralisme hyper concurrentiel et sans bornes (sauf Elizabeth ministre de Mac-Tron) nous a fait revenir à la paupérisation au moins relative entre les différentes classes sociales. On a donc une convergence instable et non voulue pour la croissance chez les acteurs : faire du fric dans l’économie SLC, se faire réélire chez les politicards, consommer chez la plupart des gens. La croissance a ceci de fort agréable pour tous : elle augmente la part de gâteau de chacun sans toucher aux règles capitalistes de répartition. En outre, elle calme les ardeurs contestataires ou révolutionnaires : traites à payer, ne pas perdre son job, ne pas risquer sa vie alors qu’on a beaucoup à perdre (l’inverse de l’antique : du pain ou du plomb).
Mais depuis que le SLC néolibéral (depuis le début des années 1980) a zigouillé le pacte social d’après-guerre (partage des gains de productivité, protection et assurances sociales, Etat-Providence) qui avaient rallié les électeurs à la démocratie représentative et au système capitaliste, les gouvernements sont bien obligés de voir que la croissance ne supprime ni le chômage, ni les inégalités, ni la pauvreté et la précarité. Le vote est donc devenu aléatoire, alternatif et l’abstentionnisme massif. « En même temps », l’absence continue, quel que soit le gouvernement, de solutions a amené les divers populismes nationalistes. A cette situation, la solution des libéraux, dont Mac-Tron, est de dire que si cela ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de libéralisme et qu’il y a des opposants qui bloquent le progrès. C’est ce que disait Staline devant les échecs du socialisme collectiviste : il n’y a pas assez de socialisme et il y a des saboteurs. Cela me rappelle une blague : 3 ouvriers sont arrivés dans leur usine, l’un en avance, l’autre en retard et le 3ème à l’heure ; le 1er a été condamné pour espionnage au profit d’une puissance impérialiste, le second pour sabotage de l’économie socialiste et le 3ème pour conformisme petit-bourgeois. Dans le SLC néolibéral à la Mac-Tron, c’est pareil : le pouvoir peut toujours accuser les gens de n’importe quoi sans qu’ils puissent s’en défendre.
Comme le SLC détruit la planète, les ressources, les personnes, les groupements sociaux, il ne saurait continuer longtemps car il est rigoureusement incompatible avec les impératifs écologiques et la justice sociale qui est à la base de toute légitimité démocratique. Mac-Tron pédale contre l’histoire et fait du SLC à contretemps car celui-ci est déjà à l’agonie. La croissance est morte pour cause de finitude des ressources fossiles, de perte drastique de renouvellement des autres, de prise de conscience par la plupart des injustices du système et de son incapacité à résoudre des problèmes structurels et universels. Car le SLC ne fonctionne que sur des critères financiers, que dans le court terme (rentabilité pour l’actionnaire et rythme des élections) alors que résoudre les problèmes de fond suppose un politique à très long terme, ne marche que comme compétition entre pays alors qu’ils sont mondiaux et impliquent une politique internationale coordonnée. Pris entre ces contradictions et son dogmatisme SLC, Mac-Tron n’a qu’une ressource : le discours sympa et mensonger, le faux dialogue, la duplicité. En voilà un exemple récent : le malhomme a engueulé la SNCF pour avoir fermé une petite ligne (Epinal-St-Dié) alors qu’il avait promis le contraire. Mais qui a imposé la fermeture de petites lignes à la SNCF si ce n’est la politique rentabiliste et concurrentielle de son gouvernement ? De plus : la ligne n’est que suspendue pour cause de travaux à faire, notamment sur un tunnel en train (c’est le cas de le dire ; comme on dit en Belgique : la nourrice montre son sein et le tunnel s’effrite) de s’effondrer ! Cela explique aussi les palinodies écologiques de Mac-Tron : tout dans le discours écolo alors que les actes et les décisions sont favorables au SLC (mine d’or de Guyane, glyphosate, boues rouges de Gardanne, permis d’exploration pétrolière ou gazière, chasse aux oies cendrées, Roybon, barrage de Caussade, Europacity, tunnel Lyon-Turin, route pour éviter Aix En Provence, non-paiement des aides promises aux producteurs bio…). Comme le disait Lincoln : on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde. Las, comme le système politique est verrouillé par la Constitution et le régime électoral, que les corps intermédiaires et les collectivités locales sont by-passées, il ne reste aux opposants que la rue. Ce à quoi le pouvoir répond par la répression. Cela ne saurait durer très longtemps à condition de ne pas attaquer le système de front mais de construire autre chose en son sein et contre lui. Les moyens ne manquent pas : grève générale, grève des banques et de la consommation, boycott des boîtes capitalistes au profit de la petite production locale, commerce de proximité, ateliers de réparation, bourses d’échange, coopératives, mutuelles, troc, monnaies locales, expérimentations, etc. ; bref construire des anarcho-structures porteuses d’une autre logique et d’un projet socio-politico-économique vraiment socialiste. C’est ce que en fait pas LFI qui, malgré des analyses assez justes, reste dans les conceptions actuelles et ne propose aucun projet vraiment alternatif, ni une stratégie correcte de changement. LFI ne veut qu’un changement du corps politique. Qu’elle lise Proudhon : la révolution politique est le but, la révolution sociale le moyen. ; il faut vaincre tout à la fois le sabre, l’autel et le coffre-fort (la domination, l’hégémonie culturelle et l’exploitation économique ; ce qu’a redit Gramsci).

Les promesses agricoles de Mac-Tron

Classé dans : politique — 27 février, 2019 @ 3:02

Ce ne sont pas les embrassades, les bises, les risettes, les sourires et les promesses de Mac-Tron au Salon 2019 de l’agriculture qui vont améliorer le triste sort de l’agriculture française car elle est enfermée dans l’étau européen du SLC mis en place par l’UE ordo-libérale osus domination teutonne. La loi sur l’alimentation, issue de la farce des Etats généraux éponymes, n’a en rien jugulé les artifices et autres combines ou astuces de la grande distribution pour faire baisser les prix auxquels les produits agricoles sont achetés aux paysans. La situation reste toujours celle des baleines bleues négociant avec le krill grâce à la merveilleuse thèse libérale du contrat libre passé entre parties égales.
Cette situation provient de la lancée déjà ancienne de l’agriculture européenne dans le grand bain de la concurrence sans freins ; concurrence qui n’a fait que s’exacerber avec la disparition des régulations de la PAC : sur les prix et par le stockage des excédents, puis par les quotas pour sombrer dans les aides personnelles aux agriculteurs au lieu du soutien des produits par des subventions compensatrices des prix mondiaux. Cette concurrence sans limites met à « armes égales » des agricultures très diverses afin de faire baisser les prix (baisse qui profite surtout aux transformateurs comme Lactalis, Nestlé, Danone, Yoplait [fausse coopérative qui fait comme les autres] et aux supermarchés). Qui peut gagner en France par exemple contre les immenses exploitations ricaines ou brésiliennes, contre les fermes d’élevage industriel teutonnes ou bataves qui, en outre, emploient des travailleurs détachés des PECO(s) pour une bouchée de pain, contre les fruits et légumes ibères avec travailleurs immigrés low cost, contre les latifundias sud-américaines ou les exploitations d’huile de palme indonésiennes qui détruisent les forêts et tuent les indigènes pour faire du soja OGM, ou la production de crevettes en Asie tout en éradiquant les mangroves, etc. ? Que peut faire la pêche française contre les énormes chalutiers ibères ou norvégiens ou japonais qui traînent des filets de 8 km détruisant tout et ramassant tout sur leur passage ? Cette guerre sur les prix est aussi conduite sur les normes. Il se trouve que même en Europe, l’agriculture française est la plus soumise à des normes drastiques que n’ont pas ses concurrents : OGM, pesticides, usage d’antibiotiques et d’hormones, lavage des carcasses au chlore, traçabilité, etc. Et ces normes sont appliquées et contrôlées en France et bien moins souvent ailleurs (quand elles y existent).
Pour continuer d’exister dans la concurrence sauvage, celle qui permet aussi les filets électriques et les lasagnes au cheval de réforme, l’UE, et souvent sur demande de la France, s’est lancée dans une production intensive et hyper productive à base d’industrialisation ou de grandes surfaces remembrées qui lamine tous les jours les petits producteurs, lesquels en sont à se suicider (un tous les deux jours souvent pour cause d’endettement au Crédit Agricole). Cette politique a été encouragée et demandée aussi par la FNSEA qui défend surtout les gros exploitants et qui truste toutes les institutions de l’agriculture française (SAFER, Chambre d’agriculture, mutualité sociale, lieux de négociation, par exemple avec l’INAO…). Elle a été propulsée par le Crédit Agricole qui prête aux agriculteurs solvables ou non (si insolvables, le CA fait vendre les fermes aux gros) et en tire ses bénéfices. Les producteurs de machines agricoles, comme ceux de pesticides (baptisés produits phytosanitaires pour camoufler leurs effets négatifs), s’en sont frotté les mains car ils pouvaient vendre à tire-larigot. Parallèlement, les transformateurs achètent là où c’est moins cher (voir Lactalis et son lait de faible qualité qui vient de partout), ce que, naturellement, la loi sur l’alimentation ne saurait empêcher puisque ce serait contraire aux règles ordo-libérales de l’UE. Rappelons que les grandes surfaces se sont elles-mêmes mises à vendre sous leur propre marque sans doute afin de pouvoir acheter les ingrédients n’importe où. « En même temps », les « organes » d’Etat ont facilité le mouvement. L’INRA a cherché des variétés de semences (ce qui nous a donné le catalogue des semences autorisées pour le plus grand bonheur des semenciers comme Avril, ex-Sofiprotéol de la FNSEA de feu Beulin et contre les semences anciennes interdites de séjour sur le marché) permettant plus de rendement et de durée, moins de dégâts dans les transports. Résultats voulus : des produits sans saveur et standardisés pour exporter. L’INAO, où siègent les requins comme Lactalis, a manipulé la définition des AOC (AOP dans l’UE) pour permettre la production de plâtres à la place des produits de qualité. Bref, tous les acteurs ont participé à la curée contre les petits exploitants et les produits ancestraux, sains, et de qualité. Il en résulta la diminution rapide du nombre d’exploitations agricoles. Dans cette évolution vers le moins-disant en prix, permettant de se rattraper sur les quantités exportables, l’UE et sa PAC ont jeté par-dessus bord la qualité des produits. Cette bataille est sans fin car l’UE sera toujours confrontée à des productions moins chères. C’est sans doute du reste pourquoi dans les traités internationaux (genre CETA avec le Canada) elles échangent l’industrie contre l’agriculture qui lui sert de variable d’ajustement et ce qui ne fait qu’augmenter la concurrence sauvage pour elle). Il faut aussi signaler que le pouvoir et ses organes se sont systématiquement servi des normes, construites en faveur de l’agriculture industrielle, pour asphyxier les petites exploitations soumises à des contrôles drastiques quand les industriels comme Lactalis pouvaient s’auto-contrôler. Et en plus Mac-Tron leur a donné un « droit à l’erreur » !
Comme dans l’industrie la France a fait le choix du low cost. L’industrie française a été tuée par les diminutions de charges sociales au niveau du SMIC. Cela a encouragé le travail peu qualifié et le non-investissement dans la technologie puisque les industriels préféraient les emplois low cost (tout ne s’efforçant de ne pas aller au-delà du SMIC) à la qualité et à la productivité par les machines et les emplis qualifiés. Cette stratégie de diminution des charges sociales, inaugurée par Ballamou en 1993, est particulièrement idiote car on trouve toujours un pays bien moins cher comme la Chine ou les PECO(s). Elle rappelle l’immigration de travail chez Renault sous Fiscart Déteint qui a failli tuer cette firme nationale dispensée d’investir car ne payant pas le travail. L’Allemagne a fait l’inverse : tout sur la qualité et l’innovation et la nature des produits à haute valeur ajoutée. Les têtes d’œuf (économistes libéraux, énarques) ont pensé que la compétitivité par les bas prix du travail ferait qu’on exporterait et qu’ensuite il faudrait des emplois qualifiés pour ce faire. Raté car on ne peut être compétitif contre des pays à encore plus bas coûts et sans foi ni loi. Eh bien pour l’agriculture, on a fait de même ce qui a permis à l’Allemagne de vendre plus que la France ! De toute façon les gouvernants énarchiques s’en foutent car il n’y a que la finance où ils peuvent pantoufler qui les intéresse.
Evidemment Mac-Tron n’a pas l’intention de modifier ce système, si tant est, du reste, qu’il en ait le pouvoir vu que l’UE ne lui en donne aucun en la matière. Pourtant, on peut changer de politique :
• Aider et favoriser les productions de qualité et de proximité en donnant les aides de la PAC aux petits exploitants produisant du bio et des AOC plutôt qu’aux grandes surfaces et aux gros exploitants ; imposer un représentant de l’Etat dans les négociations entre centrales d’achat et fournisseurs ; aider massivement la production bio, l’agriculture économe en eau et en énergie ou produits phytosanitaires ; taxer les pesticides, fongicides, insecticides, etc.
• Redéfinir les AOC en faveur des produits respectant les normes traditionnelles de production ; ce qui suppose de rééquilibrer les forces en présence dans les « organes » en faveur des représentants de la petite agriculture et de la pêche
• Taxer fortement (TVA) les produits agricoles hors saison, genre fraises du Chili à Noël, itou pour les produits qui détruisent la nature ou en respectent pas les animaux (huile de palme, crevettes, soja, porcs et animaux d’élevage en batteries énormes…)
• Installer une taxe carbone en fonction du kilométrage parcouru par les produits afin de favoriser les productions de proximité
• Autoriser les semences traditionnelles et les pesticides naturels (comme le purin d’ortie)
• Contrôler les boîtes de transformateurs, notamment sur l’application des normes, les prix payés aux producteurs ; imposer une signalétique du contenu des produits, imposer des normes de traçabilité (notamment pour tout ce qui contrevient aux normes françaises comme les animaux aux hormones et aux antibiotiques)
• Interdire les maxi exploitations, genre fermes aux 1 000 vaches ou élevages de 20 000 poulets
• Faire enfin réellement des agriculteurs des entreteneurs rémunérés de la nature ; notamment ceux qui font une pêche traditionnelle et gèrent la ressource comme les pêcheurs de coquilles saint-jacques
• Interdire la nourriture animale avec des farines de poisson ou d’autres animaux
• Mettre la mutualité sociale agricole dans la sécu ; instaurer un salaire minimum des agriculteurs
• Mettre de l’ordre et de la justice dans les « organes » agricoles : crédit, SAFER, Chambres d’agriculture, GAEC… ; Obliger le Crédit agricole à financer de vraies coopératives de production et de consommation et des structures de proximité et de production de qualité. Car c’est par le pognon que FNSEA et CA assurent leur règne en empêchant l’arrivée de nouveaux entrants
• Traiter à égalité les représentations des agriculteurs afin de remettre la FNSEA à sa place en lui enlevant son quasi-monopole
Etc. On peut compléter cette liste indicative qui ne cherche qu’à donner quelques idées. Quand on veut, on peut disait ma grand-mère. N’est-ce pas Mac-Tron ? Evidemment, tout dépend de ce que l’on veut en réalité même si on ment soigneusement pour le cacher.

Les sentiments, les impressions, le ressenti sous Mac-Tron

Classé dans : politique — 25 février, 2019 @ 11:56

Comme les idiots de Français se plaignent de la baisse de leur pouvoir d’achat, d’être surimposés et taxés, d’être au chômedu, de la disparition des services publics dans les zones rurales, etc. le pouvoir ne cesse de publier et de commenter des statistiques qui montrent que leur ressenti de l’état des choses est de la pure imagination, de la sous-information, de l’irrationalité. C’est pis que pour la météo : le ressenti ne correspond pas à la réalité. Naturellement, il ne s’agit que du ressenti du bas peuple car les élites, elles, ne ressentent pas : elles calculent rationnellement et s’adaptent aux circonstances et aux évolutions (pourvu qu’elles leur soient favorables). Tout cela est du psychologisme qui évite d’interroger les questions structurelles et de fond. Comme dit si bien F.O.G qui met du brouillard sur le problème, cela a obéit à des « pulsions » et aucunement à la rationalité.
La populace, du moins celle que perçoivent et stigmatisent les pseudo-élites, sent que son pouvoir d’achat a baissé. Erreur car d’après l’INSEE, organe soi-disant indépendant du pouvoir, il a augmenté. Evidemment car le chiffre de l’organe est une moyenne générale qui ne tient compte ni des situations particulières des différentes populations, du moins pour ce qui concerne ce que le pouvoir laisse publier, ni des effets asymétriques des « dépenses contraintes » qui sont loin de peser de la même façon en fonction des revenus. L’INSEE jongle avec les évolutions techniques qui sont prises comme diminution des prix à cause de la meilleure qualité des produits et des services sans voir que les plus pauvres sont déjà fort contents d’obtenir un outil plus ancien et moins performant. Le peuple n’est pas un amalgame unifié et doit être suivi dans ses différentes fractions afin de montrer que le pouvoir d’achat n’a rien d’uniforme, par exemple pour les retraités dont la pension n’est revalorisée que de 0,3 % alors que l’inflation prévue pour 2019 est de 1,5 (elle a monté à 2,3 sur une période de 2018, ce qui spolie aussi les livrets A dont le taux d’intérêt a été limité à 0,75 % sous Mac-Tron). Il faudrait aussi distinguer entre les revenus du travail et ceux du capital, ces derniers ayant bien progressé surtout pour les plus aisés et compte tenu de la « flat tax » qui ne les frappe plus qu’à 30 % (plus la tranche atteinte de l’IRPP).
L’INSEE vient de sortir ses stat. du chômedu. Rappelons qu’elles n’ont aucune fiabilité car il s’agit désormais d’une enquête par sondage (qui plus est fondé sur les expressions subjectives de sondés, donc sur leur ressenti qui, pourtant, serait mauvais par définition !) alors que celles de Pôle-emploi donnent des chiffres objectifs, nonobstant leur truquage par les radiations qui ne font que progresser. Mac-Tron a déjà fait embaucher 400 contrôleurs de plus (215 à 600 pour aller vers 1 000 en 2022) tout en voulant diminuer les effectifs globaux de pôle-emploi de 4 000 personnes ! Naturellement le sale boulot est confié à des subordonnés zélés du prince. Qu’ils ne s’étonnent pas d’être pris pour cible par des chômeurs exaspérés. Le chiffre annoncé est global et permet de fanfaronner sur une baisse de 0,3 points du chômedu en France métropolitaine seulement. Le chiffre de 8,8 % de francouis au chômage ne veut naturellement rien dire car on ne sait pas la nature des emplois crées et occupés. L’INSEE reprend comme critère celui de l’OIT : il suffit d’avoir travaillé une heure dans la semaine précédente pour ne pas être chômeur. Et en sous-emploi ? Il faut bien sûr rappeler que les stats du chômedu sont viciées à la base (normes OCDE) parce qu’un demi-emploi à temps partiel est compté comme un emploi à temps complet et un CDD de 3 jours comme un CDI.
Ces deux exemples majeurs montrent à l’envi que le ressenti de telle ou telle partie de la population sur sa situation réelle est toujours supérieur aux chiffres formels et sujets à interprétation pondus pour le pouvoir aux fins de justification de sa politique. Mais l’interprétation a ses limites car l’appareil statistique a été conçu pour les puissants et en fonction des normes du néolibéralisme. Il ne recueille par construction que ce que lesdits puissants veulent savoir ou cacher. Du reste, quand les chiffres démentent les promesses, le pouvoir n’hésite pas à changer les normes, ce qui en facilite pas du tout l’émission de statistiques harmonisées sur la longue période. Ce n’est pas par volonté de clarté que les stats du chômedu par sondage INSEE et devenues trimestrielles sous Mac-Tron ont été installées. C’est pour tromper en installant un halo d’incertitude et en donnant la latitude d’interpréter les chiffres le nez au vent. Il ne faut jamais oublier qu’un système d’information public est toujours établi par les puissances dominantes et à partir d’une idéologie. Cela ne donne qu’un modèle de la réalité, celui qui correspond aux vues des puissants. Par construction, un système d’information public devrait être, non étatisé, mais socialisé « en mains communes », c’est-à-dire mis au service des acteurs sociaux et orienté et contrôlé par eux. Si non, les stats publiques sont des prostituées qui ne montrent que la raie publique de la ripoublique. On le voit très bien avec les stats sur les inégalités où les chiffres officiels sont assez éloignés de ceux d’un organisme associatif (l’Observatoire des inégalités) ou dans celles du mal-logement contredites par l’association Abbé Pierre-Emmaüs.
Le pire est que des informations manipulées dès l’origine en faveur des puissants, de même que l’histoire est le plus souvent écrite par les vainqueurs, sont ensuite utilisées pour stigmatiser le ressenti du populo. Alain Supiot a décrit le remplacement du gouvernement politique par la gouvernance économique dans l’Etat. C’est très exact ; et les chiffres oublient toujours l’essentiel : le relationnel, l’affectif, le qualitatif, les nuisances, les externalités positives ou négatives. Cala permet aux gouvernants de croire qu’ils peuvent maîtriser le monde sur un tableau Excel à partir de leur bureau ! Pure hubris technocratique. Mais Supiot sous-estime que lesdits chiffres sont trompeurs, voire truqués. Par exemple, ce n’est pas par hasard que rien n’est collecté sur les accidents de santé (bébés sans bras ou mains à cause des pesticides, sur les victimes de la Depakine de Sanofi dont le patron Weinberg est un grand soutien de Mac-Tron). Comme disait Churchill : les seules statistiques fiables sont celles que j’ai moi-même truquées…

La justice en France, y compris dans le nouveau monde de Mac-Tron

Classé dans : politique — 23 février, 2019 @ 10:07

Alors même que le pouvoir en appelle à la séparation des pouvoirs (voir les interventions de Griveaux, de Belleoubête, de Philippe contre le rapport du Sénat sur Benalla), cela vaut le coup de s’interroger sur l’état de la Justice en France. Rappelons que la vraie séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu qui voulait que « le pouvoir arrête le pouvoir » et qui disait que « le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument », exige que la Justice soit indépendante du législatif et de l’exécutif. En France il n’en est rien et notre pays a déjà été condamné plusieurs fois par les instances judiciaires européennes. En France la justice n’est qu’une autorité judiciaire que le pouvoir peut manipuler car il garde la haute main sur le parquet et a nomination des procureurs. Exemple : le procureur de Paris, récemment nommé sous Mac-Tron malgré l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, s’est illustré en diligentant une perquise illégale chez Médiapart pour s’emparer de l’enregistrement où l’on voit Benalla et Crase se rencontrer et parler de leurs petites affaires malgré l’interdiction qu’ils en avaient !
Notre pauvre pays voit son système judiciaire éclaté en rondelles de saucisson savamment séparées les unes des autres. Ce système n’est pas unifié comme aux USA où tous les acteurs sociaux relèvent des mêmes lois et instances de jugement. Tout en haut nous avons le Conseil Constitutionnel (CC)qui juge de la constitutionnalité des lois mais qui est en fait une instance plus politique que juridique dont les membres (9, plus les ex-présidents Fiscart Déteint et Tsarkozy) sont nommés par les sphères du pouvoir (Sénat, Assemblée nationale, président). On a le regret de constater que la compétence juridique n’est pas le seul critère de nomination ; du reste quels sont les titres et les expériences du droit de ses neuf membres, tel le trotskard Jospin ? Et on peut même y nommer des repris de justice condamnés comme Juppé ! Aux USA, il n’y a qu’une Cour suprême tandis que la France en a deux : la Cour de Cassation et le CC. On constate sans peine que la majorité des juges est d’obédience libérale car un pouvoir libéral ne peut être que bien servi par une Justice de masse idoine pour ses décisions.
Et le truc le plus extravagant, c’est la double filière juridique : une pour les décisions des politicards et des administrations : les tribunaux administratifs jusqu’au Conseil d’Etat où le pouvoir se juge lui-même tout en nommant les juges issus de l’ENA et ayant choisi ledit conseil. A quoi s’ajoute de nombreux membres de la filière nommés « au tour extérieur », c’est-à-dire en récompense de bons et féaux services rendus ou à rendre au pouvoir. Et nos braves conseillers référendaires n’ont évidemment pas suivi un cursus de juriste émérite. Et une pour le vulgum pecus, les cours civiles et pénales de droit commun. Le public est donc hors droit commun, belle exception pour une prétendue démocratie.
Mais cela ne suffit pas. On a en outre une palanquée de tribunaux spécialisés au moins en première instance : les horribles tribunaux de commerce où les patrons se jugent eux-mêmes et dont les méfaits ont été largement décrits, notamment par l’avocat Montebourg : favoritisme, faillites prononcées pour liquider des actifs en faveur de copains, passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné, etc. Les tribunaux des affaires sociales de la Sécu, les Prud’hommes, les affaires maritimes, etc. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits, ce qui, naturellement, laisse le justiciable désarmé à moins qu’il ne puisse rétribuer grassement un avocat. Et, en outre, devant les hautes juridictions, seuls des avocats dûment patentés par le pouvoir peuvent intervenir. Et rappelons-nous de la Cour de Justice de la ripoublique où les députés se jugent entre eux.
On sait que la Justice est misérable et sous-dotée. Et cela ne fait que s’aggraver car le législateur, sous l’emprise d’un exécutif qui répond à chaque nouveau problème ou événement par de nouvelles loi, pond des textes qui s’empilent et même peuvent se contredire. Depuis le milieu des années 90 on en est, par exemple, à plus de 13 lois sécuritaires. Et sous Mac-Tron cette frénésie réformatrice, qui conduit à un entassement de papier que Proudhon appelait « une formation papyracée » comme en géologie, redouble de vigueur dans tous les domaines afin de conduire le pays au nirvana du SLC sans contraintes.
Les procédures ont été diversifiées afin de se rapprocher du droit anglo-saxon procédural et dont l’application est négociable par les riches. Sous Tsarko, lui-même impliqué dans une bonne dizaine d’affaires et toujours relaxé pour le moment, on a eu le « plaider coupable » (culture de l’aveu qui est appliquée à Ghosn au Japon qui est de droit américain) et les peines-planchers On a les « comparutions immédiates » d’une Justice expéditive au point que Pierre Joxe a revêtu la robe d’avocat à un âge canonique. Le droit pénal avance de plus en plus vite vers le modèle « minority report » où ce qui est jugé ce ne sont pas les actes mais les intentions. De nombreux et vieux principes généraux du droit sont piétinés comme le débat contradictoire exclu par le plaider coupable, ou l’examen des circonstances par la peine-plancher. En matière de licenciement abusif, Mac-Tron a inventé le barème obligatoire et riquiqui quel que soit le préjudice (principe fondamental du droit à la réparation, ce qui transforme les juges en ordinateur appliquant un algorithme. La simple appartenance à un groupe, présumée ou non, vous classe automatiquement chez les malintentionnés à enfermer avant tout jugement. On abuse des gardes-à-vue afin d’attendrir le client ; on ne respecte pas la proportionnalité de la détention préventive qui s’éternise dangereusement en France. Quand on pense que la juriste (vraiment ?) Belloubet a siégé au CC, a couvert tous ces errements et est en train de révolutionner l’institution judiciaire pour que la Justice soit plus efficace, ce qui est le leitmotiv de tous les managers et du calcul coûts/bénéfices ! pauvres de nous. Les résultats sont probants nous avons une Justice à au moins deux vitesses, les puissants ayant un traitement de faveur comme le maréchal Ferrand des mutuelles de Bretagne ou le Bi-Roue du Béarn et des attachés parlementaires fictifs. On peut aussi en France se servir de la Justice pour mettre des bâtons dans les roues d’un concurrent politique et mettre sous le tapis ce qui dérange un ami comme Ferrand ou Bayrou.
Par suite de la recrudescence des actes antisémites, Mac-Tron est en train d’inventer un nouveau langage pour punir les « antisionistes » sans modifier la loi car le faire serait trop dangereux. L’astuce est de redéfinir l’antisionisme de façon à pouvoir l’incriminer en antisémitisme. On aura donc une novlangue floue et approximative permettant d’accuser n’importe qui suivant l’interprétation des propos litigieux que fera le parquet ou un juge d’instructions. Ce sera donc des réponses de Normand suivant l’humeur et la mentalité des magistrats et la volonté du pouvoir de faire poursuivre. Rappelons que la procédure en France est double : soit le parquet qui peut lancer une enquête préliminaire tout seul comme un grand, dans le secret et sans qu’un avocat puisse intervenir, ce qui est très commode pour les politiciens du pouvoir ; soit avec un juge d’instruction indépendant et sur plainte d’une partie civile. C’est pourquoi Tsarko voulait quasiment supprimer les juges d’instruction… parallèlement, Mac-Tron promet au CRIF d’attaquer les antisémites publiant leurs insanités sur les réseaux sociaux. A mon avis, c’est une promesse de Gascon car le siège des réseaux est le plus souvent aux USA et tient à conserver l’anonymat au nom US de « la liberté d’expression ». On peut donc dire n’importe quoi aux USA, qui imposent leur droit à tout le monde, quitte à lancer des procédures en réparation des propos mais ex post. Bref, plus que jamais, la Justice en France respecte le bon La Fontaine : « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs ».

La philanthropie des riches si chers à Mac-Tron

Classé dans : politique — 22 février, 2019 @ 10:51

D’un premier point de vue, il vaudrait mieux parler de leur tripe en folie car cette générosité souvent tardive correspond plutôt à la peur d’être damné ou d’avoir une mauvaise image à laisser à la postérité. Il s’agit, avant de disparaître, de compenser les exactions, les vols, les trumperies de toute une vie. Ce fut le cas des fameux « barons voleurs », tels Rockefeller, Carnegie, etc. qui firent leur fortune par des moyens que la morale réprouve et tout à fait condamnés par les partisans de la « concurrence libre et non faussée » : racket, intimidation, dumping, accaparement, monopolisation, achat de politicards, dénigrement des concurrents, chasse aux syndicalistes avec l’agence Pinkerton et ses bandes de tueurs et provocateurs, etc. Il fallait donc se racheter une bonne conscience avant de passer l’arme à gauche. C’est assez merveilleux que de pouvoir consacrer sa vie à s’enrichir au détriment des autres puis d’abonner sa dégénérescence à la réparation de ses fautes alors qu’une bonne confession suffirait pour, hélas, les seuls catholiques.
Naturellement le philanthrope a le geste sélectif ; il ne subventionne pas n’importe quoi, ni n’importe qui. Comme les dames patronnesses d’antan, il trie les candidatures et distingue la bonne cause de la mauvaise, comme, elles, le pauvre méritant du rebelle ou du déviant. Il vaut mieux quêter à la sortie de la messe car les patronnesses en sont folles. C’est ainsi que son altruisme est nécessairement orienté vers la défense des intérêts de sa classe sociale. Il n’est pas bon alors de parler d’altruisme car l’obole n’est pas désintéressée ; le donateur a des exigences comme donner son nom à sa fondation ou à la bibliothèque qu’il a financée ou à un amphithéâtre, voire même une université… Le don doit être deux fois utile : au philanthrope par amour de soi et au public qu’il vise pour obtenir son adhésion et sa reconnaissance. Le philanthrope est donc un utilitariste conséquentialiste. On reconnaît là, non l’action désintéressée, mais notre bonne vieille charité bien ordonnée et qui commence par soi-même en se déguisant comme geste pour autrui. Il va de soi que les riches capitalistes ne vont pas axer leur philanthropie vers des causes hostiles au SLC. Exemple : la fondation Bill Gates qui sous couvert de lutte anti sida finance des trucs pas très catholiques ni orthodoxes.
Il convient de remarquer que cette philanthropie ne porte aucunement atteinte au SLC ; bien mieux, elle le conforte car elle aide les nécessiteux à vivre leur piteuse condition et cela sans qu’ils se révoltent, ce qu’ils feraient sans doute au nom du fameux : du pain ou la mort. C’est tellement vrai que les politicards depuis fort longtemps accordent des réductions d’impôt aux actes philanthropiques et cela a pris aujourd’hui aussi la figure du mécénat artistique. C’est super car votre charité n’est faite qu’à demi-tarif et aux frais des autres contribuables. Exemple : le musée Vuiton d’Arnault construit dans le jardin d’acclimatation à Paris et très largement payé par des réductions d’impôt et des subventions. En outre, le gouvernement peut partiellement se défausser de la question sociale puisque des âmes charitables s’en occupent à sa place. Pis, la charité est devenue un business rentable et une force économique puisqu’elle crée des emplois et dépense beaucoup en frais de communication, de publicité, de gestion (environ 30 % des dons). Et, en outre, cela crée des emplois de grands chefs bien payés pour les gourous des associations charitables. Ayant milité dans des associations years ago, j’ai été stupéfait de constater que souvent elles étaient dirigées par des petits chefs en quête d’honneurs et de prébendes. J’ai même vu un de ces gourous au petit pied vire un employé parce qu’il était homo ! Cela camoufle aussi des possibles malversations comme l’a rappelé l’affaire du pseudo centre contre le cancer (l’ARC) dont le dirigeant s’en mettait plein les fouilles. On observe que plus les dégâts du SLC augmentent, plus le business de la charité philanthropique progresse. Celle-ci a donc tout intérêt à ce que la situation se dégrade car cela lui fera de nouveaux clients. Au sens commercial et au sens romain des personnes que s’attachaient les tribuns de la plèbe. Sous couvert de philanthropie, on a vu se développer les sectes en tout genre, les mouvements évangéliques, le salafisme financé par les émirs pétroliers et gaziers qui fomentent des révolutions et des oppositions dans les pays mal pensants. Le business comporte aussi son lot de délinquants sexuels ou d’affairistes camouflés en bénévoles des ONG dans bien des pays en développement ou peu avancés. De plus les grandes ONG internationales sont souvent dirigées par des vieux chevaux de réforme de la politique ; elles peuvent aussi servir de tremplin à un futur politicard tel le porteur de sacs de riz, Kouchner.
Tout cela monter que soutenir les organes de charité consiste à se donner bonne conscience tout en participant au maintien du SLC. Il ne faudrait donc pas cotiser. Las, les besoins d’aide sont pressants et on ne saurait les laisser en déshérence. Solution : n’aider que les petites associations de quartier fonctionnant dans une logique d’entraide, de proximité et démocratique. Il ne suffit pas d’être une association à la sauce 1901 ; il faut encore être organisé sur une base mutuelliste et coopérative pour figurer dans la liste des associations où s’engager tant par le bénévolat que par les dons. Avant donc d’entrer en association, il faut en vérifier le mode de fonctionnement, savoir où va le pognon et dans quelle proportion par rapport à la collecte. Il faut aussi en contrôler l’objet, par exemple s’il s’agit bel et bien de l’écologie ou de l’éducation ou de l’assistance… Vérifiez aussi s’il n’y a pas un enjeu caché comme, par exemple, la moralisation des prostituées sous couvert d’aide à la réinsertion

De la victoire en cours de la novlangue sous Mac-Tron

Classé dans : politique — 20 février, 2019 @ 11:59

Les récentes péripéties des Gilets Jaunes, ce dernier samedi, ont été exploitées avec brio par les chaînes d’info en continu et l’oligarchie politicarde. Quelques exactions commises par quelques-uns ont été montées en épingle et sont passées en boucle sans discontinuer. Des commentateurs et autres experts, dont certains sont sortis de la naphtaline pour l’occasion, ont analysé les événements en stigmatisant le mouvement des GJ. On a crié haro sur le baudet qui avait manifesté sa haine de la république et de la démocratie et fait preuve d’une violence intolérable. Devant cet unisson des bien-pensants, devant cette agit-prop et cette propaganda staffel généralisées sur les ondes, on reste pantois. Jamais on n’a vu une telle récupération instrumentale des faits, certes déplorables, et une telle novlangue pour disqualifier l’adversaire. Sans doute pour rameuter tous les apeurés derrière la bannière de Mac-Tron et en appeler encore une fois au front républicain et à « l’union sacrée » contre les extrêmes. Ce qui est visé est un nouveau face à face RN vs LREM qui fera gagner d’office la cohorte présidentielle comme en 2017 ou en 2002. Las, la récupération semble ratée car in n’y a eu que 20 000 participants à la manif à Paris.
Les affronts à l’encontre de Finkielkraut, pour inexcusables qu’ils soient, ont fait l’objet d’un tsunami de protestations, de déclarations horrifiées, d’amalgames plus ou moins intentionnels et surtout de l’abus de ladite novlangue. Et, comme un seul homme, les partis ont appelé sur énoncé du PS qui excluait le RN à la grande manifestation contre l’antisémitisme mardi à 19 heures. Evidemment, aucun parti ne peut vraiment, dans notre cadre institutionnel, se démarquer de l’harmonie républicaine au risque de perdre des électeurs. Les insultes adressées à notre philosophe-académicien ont été traitées sur le mode de la novlangue, l’intéressé ayant lui-même déclaré qu’il n’avait pas entendu de propos antisémites et qu’il ne porterait pas plainte. Il a surtout été traité d’horrible sioniste et autres noms d’oiseau, terme aussitôt amalgamé à antisémite, ce qui est devenu un des fleurons de la novlangue politiquement correcte afin d’interdire toute critique de l’Etat d’Israël. Autrefois, si on s’en prenait à M. Dupont en tant que partisan du sionisme l’attaquant était qualifié d’antisioniste. Si on insultait M. Lévy, défenseur de l’Etat d’Israël, son agresseur était aussitôt qualifié d’antisémite. Maintenant, la novlangue ne fait plus le distinguo, les opposants étant devenus tous des antisémites. Pis, un député LREM a demandé qu’on pénalise d’office tout propos antisioniste qui serait, selon Bibi (le supposé ripou qui dirige Israël) suivi par Mac-Tron sans consulter qui que ce soit. C’est fabuleux : si je critique le Débry du Tchad, serais-je anti noirs ? De fil en aiguille pourra-t-on encore critiquer le néolibéralisme pour racisme anti occidental ? Ce serait commode car cela permettrait d’interdire toute parole communiste, anarchiste, socialiste et d’opposants au SLC. La démocratie, modèle Mac-Tron serait-elle en marche vers la démocrature illibérale ? Las, le pouvoir semble désormais reculer devant cette incrimination tout terrain.
On remarquera que l’antisémitisme bénéficie d’un privilège langagier au détriment du terme bien plus général de racisme (qui, du reste, ne devrait plus exister puisque le mot race a été rayé de la Constitution). Je ne pense pas que ce soit de bonne politique car cela laisse à penser aux victimes du racisme autres que les Juifs, qu’il y aurait une différence de traitement entre les différentes sortes de racisme. Cela ne peut que nourrir un certain complotisme à base de sentiment de favoritisme envers une population de 600 000 âmes, soit 1 % de celle du pays contre environ 5 à 6 millions de gens d’origine arabe. La bonne manif devrait être contre le racisme, dont l’antisémitisme.
On peut remarquer que cet élan s’attaque aux conséquences du racisme anti Juif mais certainement pas aux causes profondes. Or, il y a, entre autres, une cause essentielle qui provient de la conjonction entre les dégâts du SLC et un récent droit de l’homme, celui d’être reconnu dans son identité et sa dignité, tant comme personne que comme groupe ou communauté. Le SLC a dramatiquement accentué les inégalités, la précarité et la pauvreté pour les classes moyennes inférieures d’Occident qui ont été mises en concurrence sauvage (de même que les peuples de l’UE) et atomisées. Celles-ci en sont déboussolées par les incertitudes de leur situation en régime SLC ; elles perdent leur identité et leur statut social, elles ne sont plus reconnues comme pivot de la société. Or le besoin de reconnaissance, quand il est nié, suscite du ressentiment et une logique de bouc émissaire. La logique en est simple : d’un côté il y a, en macro analyse, le SLC qui nie les identités et crée des inférieurs, des inégaux et des exclus, de l’autre, en micro, les individus et les groupes qui excipent de leur droit à la reconnaissance, droit nié dans le SLC. Dans cette situation, qui se dégrade depuis 30 ans, chacun a deux mécanismes de défense de sa dignité bafouée : trouver quelqu’un estimé comme encore plus inférieur afin de conserver un minimum d’estime de soi puisqu’il existe plus bas que soi dans l’échelle sociale ; projeter son ressentiment lié à la frustration sur un bouc émissaire, qui est facile à trouver compte tenu de l’histoire et des stéréotypes ou des événements. Le SLC divise, oppose, aggrave la lutte de tous contre tous et cela d’autant plus que la situation de dégradation du lien social perdure. Il n’est donc pas étonnant que la haine refasse surface et cela d’autant plus que l’insécurité entraîne des peurs irrationnelles et des mécanismes de défense psychosociologiques. Le SLC, mis en place par les politiciens, atomise (individualisme) et « molécularise » (communautarisme facilité par lesdits politiciens afin de diviser pour régner) le corps social et amène une compétition généralisée entre acteurs sociaux. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il débouche sur la guerre de tous contre tous. Le plus extravagant, c’est que les mêmes politiciens qui ont fait détruire la cohésion sociale en appelle maintenant à l’unité, à la république unie, à la nation indivise ! Las, cela peut encore marcher et cela fera sans doute les choux gras du mac-tronisme aux européennes de mai 2019. Mais ce sera alors le chant du cygne et le signe du début de la fin de notre démocrassouille ripoublicaine. La réunion de tous les partis à la manif ne montre qu’une chose : il ne s’agit pas de sauver la république mais de conserver le pouvoir en tant que caste inamovible et protégée par des institutions en acier inoxydable qui le permettent contre la souveraineté du peuple.
Le pouvoir nous a ressorti le bilboquet de l’autorité de l’Etat. 1) l’Etat n’existe pas ; ce qui est, c’est le pouvoir politique, le gouvernement et son appareil d’Etat. 2) l’autorité n’est pas une propriété, encore moins constante, de qui que ce soit ; c’est la reconnaissance, attribuée par le bas, du droit de diriger. 3) Ce qui compte, c’est sur quoi l’autorité s’exerce ; cela doit être pour l’intérêt général du peuple tout entier et non pour l’intérêt particulier du kapital ou de certains thuriféraires du SLC ; si non il y a illégitimité de l’exercice de l’autorité car la confiance au nom de laquelle elle a été attribuée a été abusée. Il ne faut pas amalgamer, comme le fait Mac-Tron ou ses copains la légalité et la légitimité. Du reste, qui fait la loi, comment et pour qui ? La novlangue politique n’a de cesse d’assimiler trompeusement la légalité à la légitimité. C’est ce qu’ont très bien vu les Gilets Jaunes. D’où la hargne du pouvoir et cela par tous moyens : la répression et l’intimidation, la stigmatisation, la censure de la parole, l’appel aux forces réactionnaires, le mensonge de l’union sacrée. Cela fonctionne de moins en moins.

Il faut achever l’euro pour séduire Mac-Tron

Classé dans : Non classé — 18 février, 2019 @ 3:47

C’est la dernière production de M. Quatremer, journaleux à Libé, baveux passé de l’extrême gauche au néolibéralisme, notamment en insultant en 2005 ceux qui avaient voté contre le TCE, et spécialiste des questions européennes. Le sieur Quatremer intitule son bouquin avec achever, ce qui en bon français veut dire en finir avec ou finir. Chez le malhomme cela signifie parachever. Tromperie sur la marchandise afin d’écouler le pensum chez les anti euro ou simple non-maîtrise de la langue par un eurolâtre hyper libéral, pro SLC et qui ne s‘exprime sans doute à Bruxelles qu’en globish ? Bon, prenons la deuxième acception.
Notre sweet homme a pondu plus de 600 pages pour nous convaincre que toutes les récentes vicissitudes de la monnaie unique venaient de ce qu’on n’avait pas obéi aux consignes des concepteurs, à savoir que ladite monnaie ferait converger les économies à condition d’aller vers l’union politique et que, in fine, c’était le moyen de peaufiner l’atteinte du but final d’organisation politique et fédérale de la zone euro et de l’UE, ce qui suppose des abandons de souveraineté. Notre homme, visiblement, ne fait guère la différence entre une déclaration d’intention et la réalité de la logique de la situation objective du problème. Car la construction même de l’UE pousse à la concurrence entre pays et certainement pas à la convergence d’économies bien trop hétérogènes, ce qui été aggravé volontairement avec l’arrivée massive de pays de l’Europe Centrale et Orientale (PECO) dès 2004. Et on nous avait servi le même couplet à la création de l’UE en 1957 avec l’argument imparable de la paix par l’union commerciale conduisant peu à peu à l’union politique. Il suffit de voir le résultat : l’UE est aujourd’hui une cohue de pays nationalistes en concurrence totale.
Quatremer, surtout la Baltique, surfant sur les « eaux glacées du calcul égoïste », nous dit qu’il n’y a pas de monnaie sans Etat, ce qui est faux (voir les monnaies parallèles et les cryptomonnaies) et que les pères de l’euro voulaient une convergence économique et «en même temp » politique pour assurer sa pérennité (avec un budget commun et un gouvernement d’ensemble, donc une union politique). Sans doute, mais il ne faut pas oublier comme le fait notre homme, que la monnaie dépend de l’économie, sinon on sombre comme lui dans le monétarisme qui consiste à dire que la monnaie est « le premier moteur », de tout à condition de l’enlever aux Etats, thèse de Friedman-Chicago.
On a plusieurs versions de ce monétarisme démentiel. L’’hyper libérale à l’anglo-saxonne supprime les Etats et confie l’ordre des choses aux seuls marchés. Suprême ânerie car l’économie demande des règles et c’est justement le rôle du politique d’en fixer de communes. Pas de pouvoir politique signifie donc que ce sont les « marchés qui donnent les règles. Mais il n’y a pas de marchés ; il n’y a que des « organes » de marché, qui n’ont rien de spontané et d’autorégulateur, comme les multinationales, les grandes industries ou les boîtes, notamment celles du numérique, les banques et assurances, les fonds d’investissement et de pension, soit des baleines bleues face aux consommateurs qui ne sont que du krill. Las, 30 ans de néolibéralisme ont fait que ce sont ces organes qui gouvernent le monde par gouvernements interposés et compradores dans une démocratie en trump-l’œil et à la Potemkine ou en forme de Canada Dry. Ce qui met Mac-Tron à sa juste place, celle d’un « fondé de pouvoir du Kapital », d’un dogmatique du SLC.
Il y a celui des banquiers, des comptables énarchiques (qui, du reste, sont en osmose) qui croient qu’avec qu’un petit tableau Excel sur la monnaie (taux de change, masse monétaire, taux d’intérêts, dette, déficit, taux d’inflation…) ils peuvent diriger un pays, voire l’UE et même le monde à partir de leur bureau. C’est du reste ce qu’a confirmé le francisquain Tonton en leur confiant les clés du pays, via la création de l’euro, de la BCE teutonnisée, du « pacte de stabilité » issu du traité de Maastricht (les fameux critères de convergence : dette à 60 % du PIB, déficit budgétaire inférieur à 3% ; critères renforcés par le TSGC Merkel-Tsarkozy puis par les paquets réglementaires et financiers de Bruxelles, le 6 packs puis le 2 packs qui donnent à la Kommission le pouvoir de surveiller ex ante les budgets des pays et de punir les déviants.
Il y a l’ordo-libéralisme tudesque, suivi par l’UE, qui dit qu’il suffit d’avoir des règles quasiment constitutionnelles, gravées dans le marbre, intangibles pour coordonner l’économie et la finance. Le rôle du politique est alors de leur obéir et de s’y adapter ; il n’a qu’à s’occuper de ce qui lui reste de pouvoir : la fiscalité, le droit du travail, la protection sociale, le coût de la « force de travail », le logement, la politique sociale ; bref de ce qui fait les différences exploitables par le moteur thermique SLC fondé sur la concurrence. C’est absurde car les peuples ne se contentent pas de règles, ni de fric, car aucune règle ne peut être fixe perpétuellement par suite des évolutions auxquelles il faut faire face. Quatremer se contente de nous décrire les péripéties de l’euro sans jamais se demander à quelle forme de monétarisme il renvoie. C’est pourtant clair : à l’ordo-libéralisme doryphorien, lequel était manifesté par le TCE de 2005, le traité « constitutionnel » européen. Le seul mérite des 650 pages de Quatremer, c’est la description technique des avatars de l’euro et des palinodies de ses dirigeants sans explorer la logique profonde des choses.
5océan oublie totalement les relations entre l’économie et la monnaie commune. Les traités économico-commerciaux de l’UE (notamment avec « l’acte unique » qui a installé la libre circulation du fric des produits et services, des personnes, pondu en 1986 et mis en place totalement en 1992) ont créé l’étau des règles (directives et règlements appliqués et même au-delà par la CJCE, devenue CJUE) qui ont mis en « concurrence libre et non faussée » les économies des pays européens pourtant hétérogènes et même très hétérogènes avec l’admission de 10 PECO. Il est arrivé ce qui se passe en concurrence illimitée entre le taureau et le ciron : le premier a gagné. Et l’Allemagne en a rajouté dès 2003/4 en jouant à la déflation compétitive, non coopérative (lois Hartz sous Schröder, puis 3 % de TVA sociale » sous Merkel) contre ses voisins afin de ruiner leur industrie. D’autres pays ont joué sur le différentiel de fiscalité et leur rôle de paradis fiscal : Irlande, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique. On s’est retrouvé avec une mise en concurrence des peuples et de leurs modèles sociaux et on a eu droit à la guerre économique violente à la place de la guerre tout court. Ce n’est guère mieux et tôt ou tard la guerre économique finira par une nouvelle « der des der ».
Mais il restait encore quelques armes de souveraineté pour se battre dans la guerre économique. C’est ce que le francisquain Tonton fit disparaître. Le mythe errant voulait à tout prix mettre la France sous la contrainte extérieure, car son peuple, non luthérien, résistait massivement au néolibéralisme. Il camoufla ce projet derrière l’arrimage de l’Allemagne réunifiée à l’Europe. Pour ce faire, il demanda la mise en place de la monnaie unique, ce dont les dirigeants et le peuple allemands ne voulaient pas par peur des manipulations monétaires gouvernementales et de l’inflation. Le compromis fut trouvé aux conditions teutonnes : BCE indépendante (et toutes les banques centrales), pas de prêts d’icelle aux pays, rôle limité à la surveillance de l’inflation (moins de 2 %, mais uniquement sur les salaires et les prix et en oubliant les valeurs mobilières et immobilières), austérité budgétaire. Le résultat fut que les pays de la zone euro furent privés de leurs derniers atouts pour être compétitifs : taux de change, politique monétaire, taux d’intérêts, emprunts internes. Cela aggrava les différences et inégalités structurelles (dont la balance commerciale allemande bien trop excédentaire), prix réels des emprunts (taux unique ou presque européen mais avec l’inflation en plus très différentielle, par exemple pour la Grèce ou l’Espagne, d’où les prêts des banques allemandes et françaises à ces économies et la vente de bagnoles allemandes, entre autres, à crédit à ces pays…). La compétition en fut accrue de façon drastique et amena la fureur des populations laminées par la logique du système, ce qui créa des mouvements anti européens, des populismes, des anti euro chez les perdants de cette UE et de la zone euro. Et c’est à cause de ces déséquilibres économiques que les spéculateurs s’en prirent aux pays endettés et amenèrent la crise des dettes publiques et de l’euro en 2010. Or le vrai problème était la dette privée (individus, banques, promoteurs immobiliers) car l’excès de dettes publiques provenait du krach de 2008. A cela, la réponse fut à la sauce tudesque : austérité, équilibre budgétaire, mort des services publics, rognage des pensions et des salaires.
L’intérêt du pensum de Quatremer réside dans la description du tohu-bohu de la zone euro et dans celle de la mainmise progressive de l’Allemagne sur toutes les institutions de l’UE et de la zone euro. Ce que notre finit par découvrir dans ses toutes dernières pages ! Mais il a raison de dire que cette domination allemande est avant tout l’abandon par les autres pays de leur souveraineté en faveur de la Teutonie.
Il conclut en nous proposant sa maigrelette solution pour parachever l’euro. C’est marrant elle est sœur siamoise de celle de Mac-Tron : gouvernement et président de la zone euro, parlement élu, budget commun pour des aides, transferts et investissements porteurs (numérique, écologie). Cela nous ferait une drôle fédération. Disons plutôt une confédération unie par la seule finance alors que l’UE continuerait d’^ter déchirée par la compétition économique sans freins. La solution n’est évidemment pas là ; elle réside dans un fédéralisme intégral (économique, politique, juridique, social). Mais cela n’arrivera que quand les causes de la rivalité nationaliste entre pays auront été éliminées. Or ces causes viennent en droite ligne de l’ordo-libéralisme économique ayant installé en Europe un SLC encore plus délirant que celui des USA. En outre, y parvenir suppose que la domination tudesque et de son modèle socio-économique ait été éradiquée. Oremus.

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