les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Le programme de Méluche

Classé dans : politique — 22 février, 2017 @ 11:56

Encore un prétendant à la pestilentielle 2017 qui n’a rien compris au libéralo-capitalisme (L-C). Son parti est plus gauche qu’à gauche (ce dernier mot ne voulant rien dire tout en remplaçant le terme socialiste). Lire son programme énoncé hier dans une conférence sur internet est désopilant tant il est irréaliste et inapplicable. L’homme fonde tout sur une croissance de 2 % qui serait suscitée par 273 milliards de dépenses publiques (100 milliards d’investissement dans les infrastructures et l’écologie) et 173 milliards de de dépenses de fonctionnement (plus 15 % pour le SMIC, retraite à 60 ans, etc.). C’est du pur keynésianisme de relance par la dépense publique qui ferait monter les prélèvements obligatoires à 49 % du PIB au lieu des 44 actuels. En 2018, le déficit monterait à près de 5 % du PIB et la dette s’envolerait d’autant plus les 100 milliards empruntés pour financer les investissements prévus.
Méluche se présente comme un pape de l’écologie et pourtant il vise toujours plus de croissance, ce qui, justement, tue l’écologie! Il fonde ses espoirs sur une reprise de la consommation populaire (ce qui serait bien, effectivement, mais surtout en Doryphorie); il raisonne donc dans un pays qui serait en circuit fermé car cette nouvelle demande effective sera largement couverte par des importations vu que la production française importe beaucoup (par exemple dans l’automobile) ou est absente de nombreux secteurs (l’électronique, l’informatique, les télés et autres smartphones) ou est déjà insuffisante (maïs, soja…). Avec Méluche, la France devient encore plus l’acheteur en dernier ressort de l’Europe. Et cela d’autant plus que sa politique fera monter les frais de main d’oeuvre (il prévoit pourtant lui-même 4 % d’inflation) alors que la concurrence de compétitivité par les coûts et les prix est déjà à des hauteurs sauvages dans l’UE. Je rappelle que le calcul du PIB comporte la consommation, ce qui est idiot puisqu’il est censé représenter la production. Avec Méluche, le pays va être inondé de « harengs de Bis-Mark ».
Méluche ne voit pas que son programme va faire grimper les taux d’intérêts des emprunts publics si tant est que les marchés financiers continuent de nous prêter. Sa solution est que la Banque de France re-prête au pays, ce qui est interdit par la BCE et l’euro. il préconise alors une monnaie commune (du genre de l’écu dans l’ex-SME avec monnaies y raccrochées mais pouvant changer de parité par des dévaluations concertée). Fort bien, mais c’est faire la guerre à l’UE en s’y lançant à poil si des précautions et des dispositions préalables ne sont pas prises, comme, par exemple, le rachat antérieur de la dette publique et la création d’une monnaie interne au pays. Il faut aussi restaurer des capacités de production en France pour ne pas importer; cela est faisable via le crédit aux coopératives, aux PME-PMI, aux entreprises d’insertion, aux boîtes de recyclage ou de production écologique (photovoltaïque, éoliennes, biomasse, hydraulique, etc.), aux start-up, aux circuits courts et autres AMAP, etc. Cela suppose donc la mise en place de la banque du peuple (BDP; on peut s’appuyer sur les banques publiques qui existent déjà) qui organise un réseau de déposants, clients, fournisseurs autour de la monnaie interne (le proudhon). Tout membre du réseau s’engage à déposer ses euros contre des proudhons et à travailler dans ledit réseau uniquement avec lesdits proudhons. La BDP fait des avances et prête à l’Etat en proudhons valables uniquement auprès des membres du réseau, ce qui limite drastiquement l’appel aux prestations étrangères.
L’impératif primordial en France est de restaurer la production mais sur un mode respectant l’environnement; énergies renouvelables, circuits courts, produits de qualité et très durables, ateliers de réparation, production locale, recyclage; cela peut être fait par un grand réseau de coopératives de production et de consommation, par des appels d’offre publics financés en proudhons, par des fédérations de mutuelles, notamment d’assurance et de santé se fournissant auprès du réseau animé par la BDP. Cette production, visant des besoins effectifs tant individuels que collectifs, trouvera sa demande sur le territoire du pays. Les clients, se finançant au moindre coût en proudhons (la BDP ne facture que ses frais de gestion, sans intérêts) n’auront pas intérêt à se fournir à l’étranger car la production locale sera moins coûteuse en intérêts, en frais de transports et en amortissements des installations car plus durables.
Il faudrait que Méluche et consorts comprennent qu’avec le L-C et l’UE, on est soit dedans, auquel cas il faut jouer avec leurs règles du jeu, soit dehors. mais pour aller dehors, c’est soit brutalement, genre Brexit, auquel cas c’est fort dangereux et coûteux, soit en douceur en construisant chez soi autre chose, à côté et allant à leur encontre. D’où mes propositions préparatoires.

Feu Beulin

Classé dans : politique — 21 février, 2017 @ 11:17

Le riche Beulin, grand manitou de la FNSEA et en même temps patron d’Avril (ex-Profitéol ayant changé de nom pour se refaire une virginité), vient de casser brutalement sa pipe à 1 semaine du salon de l’agriculture. C’est vache, requiescat in pace. cela n’a pas loupé: encore chaud, il est encensé par tous les candidats à la pestilentielle et par Le Foll (est qui s’y fie), son subordonné au ministère de l’agriculture. Avant de l’enterrer en odeur de sainteté, il faudrait quand même examiner son état et son parcours. Notons tout de suite que l’homme en compte guère car il est le pur produit du système libéralo-capitaliste appliqué à l’agriculture et à l’agro-alimentaire. Et il n’était pas le pire, ni le seul à travailler pour ce système.
M. Beulin, était avec son frère et ses cousins un gros céréalier de la Beauce (500 hectares) près d’Orléans; cela ne prédispose pas à prendre la défense des éleveurs de bovins et ovins et des producteurs de lait que la concurrence internationale et parfaitement faussée est en train de tuer. En tant que président de la FNSEA, Beulin, était plutôt du côté des pinardiers, des betteraviers, des céréaliers, des porcheries industrielles et des élevages de poule en batterie. Comme Le Foll, il n’a pas fait grand chose pour défendre les AOP comme le camembert de Normandie et non pas celui étiqueté « fabriqué en Normandie » (sous-entendu avec du lait importé à bas prix, pasteurisé et non fait à la louche) ou le Roquefort (fait avec du lait de brebis corses dans le meilleur des cas du fromage industriel. Il n’a guère lutté contre les pesticides dont la France est la championne de l’utilisation en Europe. Mais il venait de saluer le fait que leur consommation avait diminué légèrement en 2016; ce qui n’est qu’une effet d’optique parce que la comparaison était fondée sur l’année précédente qui avait connu un boom remarquable. Le sieur Beulin a beaucoup milité pour les OGM, les biotechnologies, les traités internationaux.
M. Beulin était le grand chef d’Avril, boîte productrice d’aliments pour animaux (Sanders) de semences, d’huiles (lesieur, Puget), de biocarburants, d’oeufs industriel (avec Matines qui a été dans le collimateur avec sa production infectée de salmonelles; et pour cause les poules aux ailes et au bec rognés, ayant 20 cm2 d’espace vital, bouffant et faisant sous elles en étant entassées comme des sardines, faisaient une cible de choix). 6,1 milliards de chiffre d’affaires et fort désireuse de se fournir en low cost importé.
De façon générale, Beulin avait repris le flambeau de l’agriculture productiviste lancée avec la PAC sous Charlot. La PAC, sous l’effet de la concurrence, de la productivité et des excédents y afférents, du primat du libre-échange, le tout avec la bénédiction des ministres (de droite ou de gauche) a viré au libéralisme extrême. on a supprimé les aides à la production et au stockage pour des aides directes aux producteurs (afin de dire aux autres pays qu’il n’y avait plus de subventions ruinant les agricultures vivrières du Tiers-Monde). Et à qui a-t-on donné majoritairement ces aides? Aux gros agriculteurs industriels, au prince Albert, à la Queen, au prince de Galles; des clous et des roupies de sansonnet pour les éleveurs de montagne, les petits producteurs de lait, les petits agriculteurs car les aides directes étaient fonction de la surface exploitée. Puis on a même supprimé les quotas laitiers au profit de contrats entre la grande distribution ou les boîtes agro-alimentaires (souvent des fausses coopératives), d’un côté et les producteurs de l’autre. Que croyez-vous qu’il arriva, cher M. Le Maire qui a fait installer cette chose ? Eh bien, par suite de la concurrence sur les marchés internationaux, on eut la lutte du pot de fer (les grandes centrales d’achat, les firmes agro-alimentaires comme Lactalis, ex-Besnier pouvant acheter à l’étranger calant leurs prix sur les cours mondiaux) contre le pot de terre: éleveurs, laitiers, porchers, fruits et légumes, etc. Dans cette concurrence déloyale, la Doryphorie, faisant fi des normes européennes, employant des travailleurs détachés (venant des PECOS), et l’Espagne aux coûts de production abaissés en flèche après la crise mondiale ont zigouillé les producteurs français mais sûrement pas la grande distribution, qui grâce à la concurrence peut faire baisser les prix (pour elle, peu pour les consommateurs), ni les firmes de transformation des produits agricoles. C’est dire que la cogestion FNSEA-Pouvoir a vendu le pays aux moins-disant.
la FNSEA est depuis longtemps le vrai ministre de l’agriculture car elle a su organiser un réseau très puissant de complices et d’inféodés: chambre d’agricultures, INRA, coopératives, fonctionnaires, édiles locaux, SAFER (qui veillent à l’attribution à de jeunes agriculteurs des terres vendues ou devenues vacantes, Crédit Agricole qui pousse au surendettement par le crédit puis liquide à son profit les biens de ceux qui ne remboursent pas. Depuis longtemps, la FNSEA agit pour concentrer et agrandir les exploitations afin qu’elles soient plus compétitives. Elle alimente ainsi la course à la baisse des prix au détriment de la qualité et des AOP. Le pouvoir l’aide en permanence: barrages comme celui, tristement célèbre, de Sivens, le paiement des nuisances par les consommateurs d’eau (l’agriculture est le premier utilisateur d’eau et ne paye quasiment rien pour sa dépollution et son utilisation), l’autorisation d’énormes porcheries industrielles, l’emploi outrancier de pesticides (la France est dans le collimateur de Bruxelles pour non respect des normes en la matière, l’acceptation des nitrates et des algues vertes (enlevées par les communes bretonnes aux frais des contribuables), etc. Beulin n’était pas pire que ses prédécesseurs; il les a continué avec d’autres moyens et toujours la complicité des gouvernants. Et la FNSEA a quand même des concurrents quand il s’agit de gaspiller les terres: jamais les pouvoirs politiques ne renoncent à de sirènes plus rentables (pour les finances locales ou les pots de vin): Disneyland, Roybon, Notre dame des Landes, centres commerciaux. L’équivalent de la surface d’un département de terres disparaît tous les dix ans… Beulin est mort amis il sera vite remplacé et le système L-C continuera comme d’habitude. Beulin n’était pas le seul biscuit apéritif à tremper dans le L-C.

Etat de la pré-élection pestilentielle de 2017

Classé dans : politique — 20 février, 2017 @ 11:11

Bien que la campagne ne fasse que démarrer, on peut dresser un bilan des positions des candidats actuellement connus. Je laisse de côté la démagogie et les promesses verbales qui n’engagent que ceux qui y croient. je souligne que tout ce beau monde se présente comme anti-système et perdreau de l’année bien qu’ayant traîné ses guêtres dans la politique politicienne depuis des années.
A ma droite, nous avons les Fillon, Maqueron. Ces deux là sont des libéraux capitalistes (L-C) convaincus; ils veulent en fait étendre le système L-C au monde entier et lui adapter la France. Or, comme l’a dit Proudhon, : »on ne remédie pas à la rage en faisant mordre tout le monde ». Le premier est anti-système en ce sens qu’il accuse ce dernier, notamment sous la houlette de Tsarko, d’être bien trop timoré; lui mènera en fin une politique vigoureuse pour casser tous les obstacles français sur le chemin de la concurrence libre et non faussée parfaite. Pour Fillon, en réalité, il n’y a donc pas assez de système L-C en France parce que le système institutionnel francoui s’y oppose avec son trop plein de rigidités, ses syndicats cramponnés aux avantages acquis comme dit Walter Closets (le pape du »Toujours plus »), son peuple conservateur qu’il faut changer suivant le bon mot bien connu. Maqueron, lui, camoufle son L-C exacerbé derrière un vernis socialisant et en faisant semblant de ne pas prendre parti car il s’affiche comme ni de droite, ni de gauche. Il n’est pas au centre non plus avec son économisme libéral. En fait il est en marche vers ce qu’il appelle progrès mais qui n’est que la disparition de la politique, de la démocratie et du social au profit des affaires, des experts et des instances supra nationales. Maqueron, c’est les Demos roussis comme feu Demis Roussos et qui n’est qu’une régression fantastique au 19e siècle avec le retour au travail à domicile sous forme d’ubérisation des activités économiques. Ces deux mogettes (on ne peut les traiter de « cocos » mais ce sont des fayots du L-C) ont le mérite de mieux afficher la couleur de leur éventuelle action que les suivants. Ce qui les unit est un individualisme forcené qui est à la base de la culture L-C de consommation chez soi et de rivalité ostentatoire.
Au centre, nous avons Hamon (commandement), la chauve-souris: ses ailes sont de gôche et modernes, sa peau est hollandaise. Mi-chèvre, mi-chou, notre transformiste affiche un programme parfaitement irréalisable si l’on reste dans l’étau libéralo-capitaliste construit par l’UE, avec la complicité des socialistes français dès 1983. Par étau, j’entends que les règles en place, issues du libéralisme anglo-saxon et de l’ordo-libéralisme teuton, fonctionnent toutes seules, automatiquement et interdisent toute avancée vers une politique sociale que Delors (en barre) promettait fallacieusement. L’étau force les pays à se battre dans une course incessante au moins-disant via la mise en concurrence de leurs modèles sociaux. L’étau a tué les demos car il ne sert à rien de les consulter (mort de la démocratie et de la politique, mort de la communauté des citoyens réunis par un pacte social) vu que le seul degré de liberté qui reste aux gouvernements est de tuer leur modèle social et d’en appeler à la police en cas de révolte des peuples. Notons que c’est le L-C qui pourrit tout et que l’euro ne fait qu’aggraver la situation au profit de la Teutonie qui en a fixé les règles du jeu. Si d’aventure Hamon était élu, la finance internationale achèverait illico le malade français (par les taux d’intérêt, la fuite des capitaux et le refus de prêter. Fillon et Maqueron sont plus conséquents: si l’on veut rester dans le système L-C, il faut jouer avec ses règles. La Gibbye, elle, a refusé de continuer de les appliquer; elle va le payer sans doute cher car on ne peut pas quitter d’un seul coup ledit système. Or Hamon propose une politique qui va forcer le départ de l’UE alors qu’il veut y rester. En réalité, il sera dans l’incapacité d’appliquer son programme, ce qui est une promesse irréalisable, donc un mensonge électoral. Hamon ne veut que tempérer le L-C parce qu’il est trop internationaliste en même temps que trop ouvert au communautarisme. Certes, cela réhabilite le collectif et la solidarité mais contre la politie française (communauté politique des citoyens dans un même pacte sociopolitique); cela favorise un collectif au niveau de communautés juxtaposées et non unies par un vivre ensemble commun. Le L-C tue l’économie commune en opposant les intérêts des peuples, le communautarisme tue la politique comme lien social. le peuple est donc 2 fois exclu: par la guerre économique au profit du capital et par la disparition de la souveraineté politique du pays.
A gauche, nous avons Mélanchthon et Marine (pour ce qui est de son programme économique). La seconde propose de rompre en visière avec l’UE et l’euro, ce qui est impossible sauf à un coût très élevé pour les pauvres, les riches ayant mis leur pognon ailleurs soit depuis longtemps, soit aussitôt. En effet, le retour au franc entraînera ipso facto sa dévaluation de 30 %, ce qui renchérira les importations, notamment de gaz et de pétrole et tuera le pouvoir d’achat et les titulaires de revenus fixes (retraites, loyers). Donc ce sont bien les petits qui vont payer l’addition. La Marine, comme Méluche, propose de rendre les appels d’offre publique aux boîtes françaises; or c’est interdit par les règles UE d’où le dilemme: soit renoncer, soit quitter l’UE. les deux sont souverainistes mais Méluche l’est en regard de l’internationalisme ouvert sur le monde alors que la Marine est nationaliste fermée sur la pays (préférence nationale partout). Les deux veulent attaquer de front le L-C et l’UE alors que ce n’est pas possible sans énormes dégâts.
Prenons un exemple de ce qu’il faudrait faire pour saper le L-C et l’UE sans le faire payer radicalement à la population. Pour commencer, le pays fait un emprunt forcé, sous forme de rente perpétuelle à 1 %, sur les patrimoines supérieurs à 80 000 euros afin de rembourser la dette publique extérieure de 1300 milliards (actuellement) et cela pour en finir avec la contrainte des marchés financiers et des agences de notation. Parallèlement, est créée la Banque du peuple comme réseau de fournisseurs, de prestataires, d’acheteurs (mutuelles, coopératives, communes, services publics, PME, PMI, artisans, etc.) s’engageant mutuellement à échanger, commercer, produire, prêter, emprunter avec la monnaie nationale interne qu’elle crée (le proudhon, en tant que monnaie de crédit et de paiement). Tout appel d’offre public est rédigé en proudhons; les offreurs empruntent à la BDP dans cette monnaie interne. Pour soumissionner, il faut donc être membre du réseau animé par la BDP, ce qui donne facilement réponse aux appels d’offre aux prestataires français, lesquels doivent obéir à une charte: respect de l’environnement, du droit social, de la diversité… Comme la BDP prête sans intérêts mais seulement avec des agios de couverture de ses charges, le crédit ainsi devenu quasi gratuit donne aux producteurs français un avantage concurrentiel et cela sans leur réserver les appels d’offre publics. Par ailleurs, la BDP fait des avances en proudhons au gouvernement et lui prête. La BDP détient le monopole de la fourniture des devises étrangères pour importer et reçoit les devises perçues par les exportateurs. Si le solde est entrée-sortie de devises est négatif, la BDP ne fournit plus de devises pour acheter à l’étranger mais sans empêcher que le producteur se les procure par ses propres moyens à condition que cela soit dûment enregistré et taxé; comme cela on pourra rétablir la balance commerciale et un système de contrôle des flux de capitaux liés aux échanges.
On doit aussi rendre déductibles à l’exportation toutes les charges sociales (patronales et salariales) afin d’être plus compétitifs sans violer les règles de l’UE. Ou encore: tout produit ou service (transports aériens, notamment), fait en France ou importé paie une taxe carbone progressive en fonction du kilométrage parcouru: 0% pour moins de 200 km; 10 % pour 500 à 1000, 20 % au-delà de 1000. les énergies fossiles sont taxées via les carburants utilisés. Pour éviter que les camions tudesques ou autres n’arrivent aux frontières les réservoirs pleins, on les taxe d’office à al frontière sur la capacité totale de leur réservoir sauf s’ils font le plein en France. C’est beaucoup plus facile que de mettre des portiques. Et relisez toutes mes propositions dans des textes antérieurs. Et n’oublions pas qu’il faut agir en permanence, notamment en s’alliant avec l’Europe du Sud pour obtenir une révision des traités européens et de la zone euro-BCE. Si non, la France doit voter non à tous les projets de la grosse Kommission et:ou pratiquer la politique de la chaise vide comme Charlot en son temps.

De quoi Maqueron est-il le nom?

Classé dans : politique — 18 février, 2017 @ 12:23

Rappelons déjà que notre candidat anti-système est énarque, banquier et a été ministre de l’économie de Flanby après avoir été son conseiller spécial en économie. C’est Maqueron le père putatif, sinon putassier, des hollandeconomics (politique de l’offre en faveur des entreprises). Ce n’est donc pas un perdreau de l’année même s’il profère des conneries impromptues en se lâchant avec « sincérité »; certes la colonisation française de l’Algérie a été bel et bien un crime contre l’humanité (songeons aux enfûmades de Bugeaud, aux regroupements massifs dans des camps dépourvus de tout, à la torture avec Bigeard, etc.) mais le dire à Alger n’était pas vraiment opportun sauf à vouloir se rallier électoralement un grand nombre de descendants d’arabo-musulmans votant bientôt en France. Ce qui relève d’une tare du système politique français à savoir son électoralisme dualiste. De plus, ce discours met en cause tout le peuple français alors que les crimes sont ceux des gouvernants et de la soldatesque. Pas si anti-système que ça, le Maqueron!
Le malhomme se répand dans les médias et affiche son idylle avec sa dulcinée; on en est déjà à 4 couvertures de Paris Match! Il fait des meeetings, il s’y égosille. Comme tout le monde, il collecte des fonds de campagne et des dons. Il cause dans les journaux, il voyage à l’étranger pour avoir une aura internationale… Un perdreau anti-système de l’année, je vous le redis. Le jeune homme affiche un comportement de « djeun », il est « cool », il « bouge », il est moderne, « in », « chébran ». pensez donc: il a épousé une « cougar » et, en outre, il serait gay. Mais ce comportement si mouvementiste, cache en réalité une pensée réactionnaire. Maqueron est l’hologramme du libéralo-capitalisme. C’est, cela dit sans sourciller, du Fillon, le sourire ultra brite en plus; montrons le maintenant.
Mossieu Maqueron, comme son homologue de droite, Sébastien Proto, a sucé le lait de l’hyper libéralisme à l’Essec puis à l’ENA. C’est pour cela qu’il s’entendait si bien avec Zizi Rider, le faux ennemi de la phynance dans son ubuesque meeting de la Courneuve. C’est un L-C pur lucre enrobé de miel et non de fiel comme Fillon. Il ne cherche pas du tout à contrer le L-C mais à lui adapter le système sociopolitique francaoui: flexibilité, règne du contrat individuel bilatéral et local en dehors des conventions collectives, abaissement des syndicats, baisse des salaires et des dépenses sociales pour raison de compétitivité, uberisation du travail et « auto-entrepreneurs », abaissement des services publics (sabotage de la SNCF avec les autocars Maqueron) au nom de la lutte contre les déficits publics, destruction des conditions de vie (travail le dimanche naturellement peu à peu généralisable contre les relations familiales et de proximité), etc. il continue donc de lancer le pays dans la concurrence sauvage qui caractérise l’UE dans une course sans fin au moins-disant. Si la France s’adaptait à cette course, comme l’a initialisée la Doryphorie en 2003/2004 (réformes de Schröder et lois Hartz), soyons sûrs que les autres pays feraient encore mieux afin de sauver leurs parts de marchés. Maqueron, c’est la signature française du CETA, ce qui camoufle les trusts US implantés au Canada et qui donne le pouvoir à un tribunal arbitral hors sol (comme la CJUE qui décide toujours en faveur du capital depuis ses débuts comme CJCE). Bref, Maqueron, c’est la continuation du L-C par d’autres moyens, plus agréables à l’oeil nu mais encore plus nocifs derrière l’observable. C’est un libéralisme à « visage humain » au seul profit des banques, des bobos et des communautés, dont la communauté « gay »qu’il flatte visiblement en reprenant l’antienne du mariage pour tous. Peut être veut-il en revenir aux temps anciens des Grecs, mariés mais adorateurs des éphèbes. Pourquoi pas mais il faut alors le dire afin de sauvegarder les droits égaux des femmes.
C’est pourquoi le prétendant à la magistrature surprime n’est ni de droite, ni de gauche. Mais pas du centre non plus car s’il est élu, à Dieu ne plaise, on aura bel et bien une politique socio-économique de droite hyper libérale avec soumission à ses copains banquiers de leur état. Maqueron est le masque de la continuation de l’UE en tant que parangon du L-C. Comme Flanby qui semble ambitionner, pour services rendus sans doute, le poste de président du Conseil européen. Maqueron, c’est bien sûr la compensation des dégâts sociaux sociales par les libertés sociétales. C’est le triomphe final de l’individualisme et du narcissisme si bienveillants vis-à-vis des opprimés et des pauvres à condition qu’ils aillent jouer ailleurs que dans la cour des grands et des riches. Maqueron, c’est un Pygmalion qui veut sculpter une France à son image: tolérante pour les moeurs, épouvantable pour les pauvres en économie.

Vie, mort et retour de la civilisation arabo-musulmane

Classé dans : politique — 15 février, 2017 @ 11:56

Née à la Mecque et à Médine, la civilisation arabo-musulmane a été conquérante et magnifique pendant 3 siècles. Conquérante ne veut pas dire qu’elle a été seulement imposée par les armes. Elle a surtout bénéficié de ce que les titulaires du pouvoir étaient largement honnis par les populations des territoires conquis (comme quelques espagnols eurent la peau des civilisations sud-américaines fondées sur la terreur et l’exploitation des autres peuples). Elle a aussi profité de sa tolérance vis-à-vis des autres religions, certes soumises à tribut et dont les membres avaient le statut inférieur de dhimmis, alors qu’ailleurs régnait l’exclusion et la stigmatisation (notamment dans la catholicité pour les Juifs à de rares exceptions près comme dans le comtat des papes d’Avignon). Les conquérants arabes, par ailleurs, ont largement laissé aux peuples conquis leurs moeurs et une grande autonomie en les faisant s’administrer par des gens du cru. on avait donc un vaste empire marqué du sceau de la diversité comme l’avaient fait les Romains. Enfin, cette civilisation s’est développée en puisant largement dans le fonds ancestral de l’humanité: grec, copte, juif, perse, égyptien, etc. dont les lettrés ont été bien traités et largement assimilés au lieu d’être pourchassés ou exterminés. Ces lettrés ont légué un héritage culturel aux Arabo-musulmans; ce sont eux qui leur ont transmis la culture des Grecs et ont ainsi sauvegardé, par exemple, la pensée d’Aristote. C’est ainsi que les califats des Ommeyades et des Abbassides ont été une époque de liberté, de tolérance et de connaissance, de même qu’en Espagne avant la « reconquista » terminée en 1492) des souverains catholiques. Bagdad et Damas furent des villes, énormes, splendides, ouvertes, tolérantes, créatives et fort vivantes. On sait aussi que le royaume normand des Deux Sicile, conquis sur les Arabes, fut extraordinaire grâce à la tolérance et à l’ouverture de ses souverains qui surent intégrer les apports de la culture arabo-musulmane pour obtenir une civilisation plurielle.
Notons cependant que par un mouvement de balancier bien compréhensible, les populations arabo-musulmanes (A-M), attaquées sauvagement, spoliées, exploitées, saucissonnées (accords Picot-Sykes), leurrées (promesses d’indépendance par les Gibbys) par les Européens après la guerre de 14/18, la Turquie ayant alors pris le parti de la Doryphorie, voulant recouvrer leur dignité se sont mises à s’appuyer sur la splendeur de leur civilisation passée en l’idéalisant quelque peu. Car cette culture brillante a su surtout copier et intégrer les apports des autres. Les jardins et l’irrigation viennent de Babylone et de la Perse, les chiffres « arabes » d’Inde, les savants sont en général issus d’autres populations (ils ne sont pas si nombreux et ils ont été souvent chassés). L’architecture est fort belle pour la décoration mais peu innovante pour les structures (la mosquée bleue n’est guère qu’une copie de ste-Sophie, aligner des piliers pour soutenir les voutes est fort classique, loin de la croisée d’ogive du gothique). La peinture et la sculpture sont mort-nées via l’interdiction des représentations humaines (malgré les miniatures persanes). La musique est peu variée, codée, ritualisée. les instruments de musique infiniment moins nombreux qu’en Occident. La littérature, dont la poésie souvent libertine, fut brillante et s’épuisa lentement. Il est vrai que le Califat turc avait interdit l’imprimerie (le Coran n’étant pas né imprimé) et s’était passionné pour les horloges mécaniques sans innover. Tous s’est passé comme si le Califat s’était dit: nous sommes tellement supérieurs aux autres (ce qui fut vrai) et nous leur prendront (presque le vieil esprit de razzia du temps des conquêtes) que ce qui nous sert. Ce conservatisme n’a pas mesuré à quel point l’écart scientifique et technique entre le monde A-M et l’Occident finirait par placer le premier en situation d’énorme infériorité. Les penseurs actuels du renouveau de l’Islam et de la civilisation A-M par retour à la tradition sous-estiment que la décadence dont ils ont horreur vient à la fois du colonialisme européen et de la sclérose du Califat, lequel a lui-même exploité les peuples arabes (et d’autres) pendant des siècles. De même, l’Empire du Milieu ou « céleste » en se pensant si supérieur aux autres civilisations s’est encroûté et a fini par être exploité par les Européens. le Japon, lui, résista à la « modernisation » jusqu’à l’ère Meiji (vers 1860). Par ailleurs, l’Occident n’était pas dépourvu de textes antiques mais ils étaient jalousement conservés dans les monastères et étaient interdits de diffusion par la papauté. sans ces textes, la catholicité n’aurait pas eu St-Augustin, ni St-Thomas d’Aquin.
Las, cette civilisation fut attaquée par différents conquérants et minée par la rivalité chiisme-sunnisme. Les derniers conquérants, en Egypte, puis dans toute la sphère arabo-musulmane, furent les Kurdes et les Turcs. Ces derniers sont à l’origine de la destruction progressive de la brillante civilisation arabo-musulmane. Fut installé un califat qui de façon totalisante monopolisa les pouvoirs politiques et économiques, religieux, culturels. Le tout sous la houlette de la religion islamique. Le malheur est qu’un pouvoir totalisant, quasi totalitaire, ne supporte pas la critique ni l’innovation de peur que les positions installées de ses titulaires et bénéficiaires ne soient remises en cause. La civilisation A-M se figea et se sclérosa pendant que les Européens de dégageaient de la gangue papiste. Le dynamisme européen est lié à la dispersion des Etats en rivalité permanente et aux guerres de religion; cela entraîna le liberté de penser, la compétition technique et scientifique, le décollage économique. Dès le 19è siècle, les Européens avaient les moyens de dominer le monde, ce qui, naturellement, ne justifie pas qu’ils l’aient fait via les guerres et les colonisations sous prétexte d’apporter les Lumières aux peuples « en retard ».
Il est tout à fait normal que les peuples A-M veuillent retrouver leur dignité, ce fut du reste l’idée du mouvement pan-arabe et du nationalisme arabe. Leurs actuels inspirateurs dogmatiques (salafistes, wahhabites, frères musulmans) seraient mieux inspirés de fonder cette reconquête sur le dépassement d’un libéralo-capitalisme à l’agonie et sur leurs vieilles valeurs oubliées en Occident (solidarité, entraide, vertu, rigueur morale, pudeur, primat des relations sociales et de la communauté). L’islamisme ne peut gagner la bataille car il est réactionnaire par rapport à un monde moderne et diversifié qu’il ne pourra pas modifier, à commencer par la Chine avec ses 1,4 milliards d’habitants en quelque sorte monoblocs. Aujourd’hui, l’heure est au pluralisme, non à la primauté d’un seul courant de pensée. Le monde a énormément changé depuis les nomades arabes du 7è siècle… Et l’Islam est loin d’être porté par les seuls Arabes…
Saluer l’immense grandeur et la beauté de la civilisation A-M n’implique pas la repentance (auquel cas on ne sait pas où elle peut s’arrêter car les Français pourraient, par exemple, la demander aux Italiens par suite de l’exploitation de la prétendue Gaule par Rome) et car on ne saurait faire supporter aux générations d’aujourd’hui la culpabilité des générations passées. Du reste, les exactions ne sont pas l’oeuvre du peuple tout entier mais de ses politicards, de ses affairistes et de ses religieux. Cependant l’histoire ne doit rien cacher de ce qui s’est réellement passé afin que tous puissent enfin regarder l’avenir ensemble.

Fripouillon, suite

Classé dans : politique — 8 février, 2017 @ 12:42

M. Bayrou vient de nous dire que Fripouillon illustrait comme jamais que la politique, y compris en ce cas d’espèces sonnantes et trébuchantes, était inféodée aux puissances d’argent. Il est vrai que Fripouillon a fait très fort. Peu avant d’être de nouveau député (à Paris) il avait créé 2 F conseil (quelle imagination de notaire de province!) en sachant qu’un député ne pouvait avoir une telle boîte, sauf à ce qu’il le fut avant d’être député. 2 F Conseil rapporte bien (conférences, expertises); notamment 200 000 euros versés par AXA et notamment du conseil auprès de FIMALAC, boîte du sieur Ladreit de Lacharrière qui a embauché sa femme à la Revue des Deux Mondes et qu’il a fait grand croix de la légion d’honneur un an environ après cette embauche. Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné, c’est un vieux classique des échanges de service même en cas de conflit d’intérêt. Fripouillon est loin d’être le seul pontife du mélange des genres même si sa candidature au poste suprême le place et idéal-type de la chose. Fripouillon est donc aussi le nom de l’institutionnalisation des conflits d’intérêt dans la classe politique francaouie. L’honneur a disparu, la neutralité (pourtant réclamée par le libéralisme) aussi; il ne reste plus qu’à faire de l’argent comme l’a dit l’ex-président Tsarko. Il est vrai que c’est tentant quand les politicards voient les rémunérations pharaoniques des dirigeants de grandes entreprises.
M. Bayrou se réveille assez tard bien qu’il traîne dans la politique depuis 40 ans et qu’il ait été plusieurs fois ministres dans la Ve ripoublique. Car il y a belle lurette que la fusion politique-puissances économiques a été réalisée; c’est en partie ce qui explique la construction européenne comme parangon de « la concurrence libre et non faussée », comme fer de lance du libéralo-capitalisme, comme paradis de la finance sous la houlette de la City de Londres, meilleur élève de l’ordolibéralisme tudesque après la Doryphorie. Il y a longtemps que les « portes tournantes » laissent passer dans les deux sens les affairistes vers la politique et les politiques ou les hauts fonctionnaires vers les affaires tant en France que dans la grosse Kommission de Bruxelles. Des cas récents l’illustre: Barroso (comme des flopées de Kommissaires européens au fil du temps) vient d’aller chez Goldman Sachs, Schröder travaille pour Gazprom, M. Richard est PDG d’Orange, M. Védrine est cadre dirigeant chez l’Oréal. Cette proximité entre les milieux d’affaires et les politiques (aux USA, c’est caricatural car cela est allé jusqu’à institutionnaliser la corruption en la faisant officiellement disparaître puisque les « revolving doors » y sont légales, de même que le financement des candidats aux élections) fait qu’il est naïf de s’étonner que les politiques ses soient mis à faire voter des lois favorables au Kapital (qui, en retrour, les embauche, eux ou leur progéniture ou leurs amis) au détriment du pays, du bien commun et de l’intérêt général. C’est vrai aussi pour les syndicalistes compradores qui se retrouvent soit dans les affaires plus ou moins publiques (M. Léchevin, le bien-nommé, à la commissionde régulation de l’électricité, puis à l’ADEME; Mme Notat ayant créé Vigeo grâce à des fonds apportés par les industriels qu’elle avait si bien servis à la tête de la CFDT), soit dans la fonction publique: M. Chérèque père, CFDT, comme préfet et feu Chérèque fils, CFDT, à l’IGAS; M. Le Paon (CGT) président d’un organisme fantôme pour le développement de la langue française à l’étranger… On voit bien M. Maqueron faire des allers et retrours entre la banque Rotschild (comme Pompidur) et le pouvoir.
Il y a en outre une grosse ficelle, légale car votée par les députains et politiciens en faveur de leur pomme: après quelques années de mandat politique ou de rôle ministériel, un politicard peut devenir avocat sans, naturellement, en avoir les titres et le cursus classiques. Ainsi, M Copé est devenu avocat tout en étant maire de Meaux, député et dirigeant du RPR; Ainsi, l’hipponyme Galouzeau de Villepin est lui aussi devenu avocat; and so on. Toute charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même?
Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de voir que la France est devenue une démocratie bananière; ce qui est bien plus grave que d’être dirigée par « un establishment ». Car, malgré tout, il se peut qu’une élite politique enchâssée dans la société ait quand même le sens de l’Etat, de même qu’un monarque, à la différence d’une assemblée, ait un coeur (Proudhon, car pour lui une assemblée n’a que des intérêts). Une classe professionnalisée de politiciens n’a que des intérêts particuliers: se maintenir au pouvoir et vivre aux crochets de l’Etat ou se placer dans le privé pour l’argent en s’inféodant aux puissants économiques.

De quoi Fripouillon est-il le nom?

Classé dans : politique — 6 février, 2017 @ 12:13

Fripouillon a été désigné comme candidat du LR à la pestilentielle de 2017 par 4,5 millions de personnes: essentiellement des bourges, des urbains, des cathos, des conservateurs… C’est dire que cette fraction droitière de la population électorale (45 millions, soit 10 %) a cru décider du vainqueur sans avoir quelque représentativité que ce soit. On voit déjà là que les primaires consistent en quelque sorte à revenir au suffrage censitaire sous prétexte de démocratie participative. De plus les lieux de vote avaient été soigneusement choisi pour favoriser Tsarko (peu de sites chez les prolos ou les ruraux handicapés en outre par le temps de transport et la disponibilité). C’est bien une fraction importante du « peuple de droite » qui a adoubé le candidat Fillon, lequel affichait un discours susceptible de le séduire: retour aux valeurs familiales (un papa, une maman [et un patrimoine]) contre la dissolution des moeurs, chasse aux assités, à bas les privilèges des fonctionnaires, austérité (pour les prolos), baisse d’impôts, réduction de la Sécu aux seuls gros risques, etc. Ce programme séducteur pour la droite traditionnelle était en même temps une affirmation de l’orthodoxie libéralo-capitaliste et un signal vers la Teutonie austéritaire (moins 500 000 fonctionnaires, 100 milliards de réduction des dépenses publiques). Fripouillon, visiblement, n’a pas compris le film: le libéralo-capitalisme ne peut se maintenir que s’il lâche sur les questions sociétales; le deal proposé aux gens est: laissez gérer l’économie par des experts et des politiques inféodés au capital contre voter liberté de faire ce que vous voulez (à condition, naturellement, que cela ne gêne pas les affaires et la phynance). Pendant que vous vous amusez, nous nous occupons de l’essentiel. Fillon, c’est presque du Trump: à droite toute pour les problèmes sociétaux et liberté totale pour les puissances économiques qui vous redonneront de l’emploi par « ruissellement » si vous les laissez totalement libres d’agir sans limites étatiques, fiscales ou environnementales. La différence est que les électeurs de Fripouillon étaient de droite libérale en économie alors que ceux de Trump se trouvaient essentiellement dans le peuple déboussolé, ruiné, raciste, réactionnaire. Or, en France, ce peuple-là vote pour le FN ou s’abstient. Le pari de Fripouillon était d’arriver deuxième au 1er tour et de rafler la mise au second. Idem chez les Maqueron et autres socialos en peau de lapin.
Le saint homme, vêtu de probité candide et d’une ceinture de peaux de banane, est le prototype du professionnel de la politique, intégré depuis plus de 30 ans dans les magouilles du pouvoir et du prétendu Etat, prêt à avaler toutes les couleuvres qui lui permettent de rester dans la sphère politico-médiatique au point d’avoir été le fidèle « collaborateur » de Tsarkozy. C’est ce qui explique, car il n’est pas le seul (voir les politicards professionnels que sont Hamon et Valls), que le système oligarchique, associé à la ploutocratie libérale, perdure quelles que soient les circonstances. Le système est bien organisé pour assurer le monopole du pouvoir à la clique LRPS qui, avec moins de 50 % des électeurs, détient l’essentiel des sièges puisque la proportionnelle a été répudiée dans notre belle démocratie. Notre homme est donc le digne représentant d’une aristocratie élective, sachant que le système électoral a été trafiqué pour qu’elle dure.
L’homme si sérieux, si rigoureux est aussi le parangon du remplacement de la démocratie et du politique par la gestion comptable à dire d’experts-économistes. Qu’est-ce que le Politique? C’est l’instance qui organise une communauté politique (une « politie » chez les Grecs) autour du bien commun, avec des valeurs et des finalités partagées, qui distingue son intérieur et son extérieur afin de préserver son identité culturelle, qui sait reconnaître ses amis et ses ennemis. Ce qui suppose une triple culture: politique (intérêt général), sociale (vivre ensemble, solidarité) et socio-économique (règles d’échange et de partage). Une politie doit être démocratique car il s’agit de décider des buts et des règles du jeu pour l’ensemble de la communauté, ce qui implique d’y associer tous les acteurs sociaux. Or, les Fripouillon remplacent les visées, les finalités, les valeurs, la décence commune, le bien vivre ensemble par le calcul utilitaire et amoral (soi-disant neutre) des coûts et des bénéfices des décisions. Est réputé bon pour le pays le résultat de ce calcul qui est trop compliqué pour la populace; il faut donc en passer par des experts et ensuite communiquer sur l’excellence de la décision. je n’insiste pas sur le caractère biaisé du calcul qui oublie largement les externalités positives, les nuisances (externalités négatives); il suffit de regarder le mode de calcul du PIB et les statistiques du chômage pour voir que les chiffres ne sont pas la réalité mais une représentation tronquée d’icelle. En outre, la gestion ne dit rien de la pertinence des buts poursuivis (on en meurt pas pour un PIB) pour la société tout entière, ni des valeurs. C’est de l’utilitarisme (faire le plus grand bien [matériel] pour le plus grand nombre), lequel ne s’occupe pas de ce qu’une partie de la population puisse être sacrifiée. Et je suis aimable car en réalité la politique libéralo-capitaliste poursuivie par les Fripouillon, les Maqueron et consorts ne se fait pas pour le plus grand nombre mais pour les seuls capitalistes. Le plus grand nombre, c’était la classe moyenne que la politique de l’UE et des organes internationaux dominés par les USA fidèlement aidés par la Doryphorie a fini par détruire. Alors est morte une valeur essentielle de toute politie: l’espérance. Qui aimerait que ses enfants vivent comme le comptable ou dans la précarité?

Fillon, idéal-type de la démocrassouille ripoublicaine francaouie

Classé dans : politique — 4 février, 2017 @ 12:06

Le parti LR est en train de lâcher son récent élu comme candidat à la résidence élyséenne; on ne saurait parler de présidence tant le système représentatif français est pourri. Ce n’est pas Fripouillon qui pose problème: c’est le système lui-même qui par construction illustre le fameux un pour tous, tous pourris. Si le parti commence à pousser notre parangon de vertu, le moine friqué et pas encore défroqué, c’est que la chaussée aux moines est devenue glissante pour tout le monde. Les journaleux, enhardis par l’affaire, risquent de s’intéresser à tout le monde et de mettre au grand jour, ce qu’ils auraient dû faire depuis longtemps, la substantifique moelle de notre belle démocratie libérale et représentative. Le système risque d’être détricoté et toute la classe politicienne peut en payer le prix. Il faut donc sacrifier l’arbre Fillon, qui n’est pas un para bel homme du tonnerre, pour sauver la forêt LRPS.
La multiplication des mandats électifs, à la fois dans le temps et dans l’espace, permet de se constituer des fiefs, d’avoir un réseau de « clients » (au sens romain), de prébendiers, d’assistés (ce ne sont pas ceux que la droite à la Veau-Quiet désigne), de redevables. Ce qui colle mal avec la théorie suivant laquelle le député représente l’intérêt général de la nation (une et indivisible) et non les intérêts particuliers de son apanage. C’est facile puisque les dépenses afférentes sont payées par les contribuables; et les moyens d’acheter une clientèle sont fort nombreux: DUP, POS bidouillable, permis de construire, commandes publiques, attribution de concessions de service public, achats de publicité dans les médias, attribution de logements ou d’une place dans un bon lycée ou VIP au stade, subventions en tout genre, notamment aux associations amies y compris cultuelles, distribution de bons postes aux ex-bons syndicalistes (exemple: feu Chérèque à l’IGAS). En retour, le bon député reçoit des dons, peut placer ses amis dans le privé si généreux envers ceux qui l’ont bien servi, peut y pantoufler à condition, naturellement, qu’il défende bien les intérêts des lobbys en faisant voter des lois ou en prenant des décisions en leur faveur, en bloquant les initiatives ennuyeuses pour les profits. Le tunnel Lyon-Turin, l’ayraultport de Nantes, les nouvelles lignes TGV, les « partenariats public-privé », les bonnes relations avec les dictatures, etc., ça rapporte à qui? A Bouygues, à Dassault, qui, en outre, achète littéralement des voix et vient d’être condamné (son père, Marcel, distribuait des billets de 500 francs dans sa circonscription de l’Oise).
La théorie est que la Chambre des députains est quasiment la nation car elle est un hologramme en réduction du bon peuple; c’est la Chambre qui a fini par détenir la souveraineté à la place dudit peuple. C’est pourquoi, comme lui, elle est une et absolue. C’est ce qui donne un chèque en blanc muni des pleins pouvoirs au corps majoritaire des députains (j’imite Boris Vian: un général, dégénéré, un maréchal, des maraîchers, un député, des…). Avec cette prétendue délégation des pleins pouvoirs, la majorité peut décider ce qu’elle veut et c’est ainsi que Tonton, dès 1983, a fait voter toutes les lois nécessaires à la conversion du pays au libéralo-capitalisme sans limites. Vous me direz qu’il y a les alternances de majorité. Yes, mais c’est bonnet blanc et blanc bonnet car le LRPS a exactement une politique unique, différenciée seulement par le tempo et la brutalité. Il ne sert donc plus à rien de veaûter puisque ce sera toujours la même politique qui sera continuée.
La conséquence de ces inconséquences théoriques et des pratiques des partis ou des politicards fait que nous avons une classe politique très homogène, endogamique, quasi inamovible et cramponnée sur ses privilèges pourtant abolis le 4 aout 1789. A quoi s’ajoute que ses membres sortent des mêmes écoles où ils sucent le lait libéralo-capitaliste qui y est généreusement distribué: Sciences.Po, HEC, ENA, Dauphine, ces « séminaires de l’aristocratie » comme disait Proudhon. Il est normal que nos élites ainsi formatées ne disposent que d’une « pensée unique » axée sur le libéralisme et la technocratie. Au passage, on obtient trois phénomènes anti démocratiques: l’entre soi des élites fermées sur elles-mêmes, donc coupées cu peuple que, par dessus le marché, elles accusent d’être populiste, ignare, « sale et méchant »; le non-renouvellement des élites que pourtant des fascistes comme Pareto et Mosca avaient dit indispensable au maintien de la domination sous masque démocratique; la disparition de la méritocratie, donc de l’espoir des gens du peuple de voir leurs enfants réussir.
Ce qui frappe le plus, c’est que cette prétendue élite a perdu tout sens de l’honneur, tout sentiment de honte. Elles pensent que parce qu’elles ont été élues et même réélues (voir Balkany, Chirac) elles ont sont au-dessus du vulgum pecus et ont tous les droits de se sucrer. Elles ont un sentiment d’impunité, hélas nourri par une justice inéquitable à la la Fontaine (voir l’absolution donnée à C. Lagarde et la dispense de prison pour Serge Dassault): « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Du reste, le libéralisme n’est-il pas assis sur la proscription de la morale dans la sphère politique, comme l’économie scientifique et neutre? Et Dieu n’existant pas pour la plupart de nos élites, « tout est permis » (Ivan Karamazov). C’est pourquoi Fripouillon (condensé de fric et de Pouillon, oui, Fernand, l’architecte de la Garantie Générale Foncière sous Charlot) s’est tué lui-même: il a excipé d’une morale affichée qu’il ne pratiquait pas. Sic transit gloria mundi… Il va payer pour tout le monde en coupant un rameau pourri au lieu des branches maîtresses de l’arbre de la tentation. Penelope aurait dû s’appeler Eve.

Chronique de la ripoublique

Classé dans : politique — 1 février, 2017 @ 12:18

Le candidat LR, si propre sur lui, si honnête vient d’être atteint par un Scud : il aurait salarié sa femme comme assistante parlementaire (relais pris pas son remplaçant à la Chambre des députains, M. Joulaud, lequel est allé jusqu’à payer 10 000 euros sa chère assistante parlementaire alors que la limite est à 4 000) et il aurait fait bénéficier celle-ci d’un emploi rémunérateur à la revue des 2 Mondes (5 000 euros par mois), propriété de son cher ami Ladreit de Lacharrière. Il a aussi rémunéré 2 de ses enfants (sa fille pendant 14 mois à 3 000 euros, son fils pendant 6 mois à près de 5 000) comme assistants compétents en tant qu’avocats, ce qu’ils n’étaient pas encore au moment du passage de Fripouillon au sénat. Médiapart révèle aussi que le malhomme aurait touché 21 000 euros à partir de tripatouillages du Sénat sur une réserve destinée aux attachés parlementaires. Mais le candidat se défend comme le diable dans son bénitier de Sablé : calomnies, boules puantes, pureté virginale, amour passionnel de Pénélope avec son Grand Ulysse ; le tout avec des affirmations sans la moindre preuve de bonne foi. Il se met à arguer de ce que ses détracteurs ont confondu salaire brut et net ; quelle mentalité de comptable ! Il proteste de sa bonne foi (catholique), il n’aurait même pas offert le thé et des petits sablés à ses administrés. Il spécifie que tout cela était légal. Sans doute, mais est-ce légitime ? Est-ce moral ? Et, cher candidat à la mandature suprême, qui fait les lois ? Eh bien, ce sont les députés qui donc sont innocents comme l’agneau qui vient de naître : ils respectent les lois qu’ils ont eux-mêmes pondues à leur profit, comme, par exemple, leur remarquable système de retraite. C’est super d’être juge et partie ! Du reste ledit remplaçant dudit Fripouillon garde pour l’instant de Conrad le silence prudent. Il se susurre aussi que l’honorable Fillon aurait reçu de fortes sommes d’industriels ou financiers russes ou de juteuses prestations d’industriels français. Pas sûr, mais notre homme avait créé son cabinet de conseil, ce qui laisse à penser qu’un représentant du peuple n’est pas occupé à 100 pour 100 à défendre le bien commun et l’intérêt général. Normal, car il faut beaucoup de grisbi pour faire de la politique et entretenir le manoir de Solesmes ; heureusement, on peut faire retraite dans l’abbaye du même nom afin d’expier ses petits péchés. Il faut bien la soupape du fric pour faire carrière comme sous-pape François. Bref, on attend les conclusions de la justice financière qui s’est saisie des casseroles Fillon. On verra bien car pour l’heure le malhomme est présumé innocent et n’est même pas mis en examen comme tout voleur de poule jugée en comparution immédiate. En attendant, l’impétrant joue à la victimisation et à la théorie du complot ; et même à la misogynie ! Cependant les journaleux et les politicards, qui se concentrent sur le caractère fictif ou non des emplois donnés aux proches sans passer par les ASSEDIC, ne se demandent pas si les salaires étaient bien proportionnés en regard des compétences des prétendus salariés. C’est une bonne question, celle du « juste salaire » qu’avait soulevée il y a des siècles saints Thomas d’Aquin et qu’un bon catholique non cathodique comme FF devrait se poser. Moi-même, en débutant comme cadre mieux diplômé que les enfants Fillon, je touchais bien moins. Dans l’opinion publique, encore attachée à la « commune décence », Fripouillon (et la Tapie-ssière de Sablé) est ensablé profond, ce qui permet à Bayou de refaire surface, à la gauche de reprendre espoir, au FN de prospérer encore plus et ce qui suscite des nouvelles candidatures à droite. Il y aura en fin de course un élu mais ce sera comme Flanby : par défaut par suite de la conduite de l’ithyphallique DSK à New York. Depuis déjà longtemps, le peuple ne choisit plus un candidat aux élections : il élimine parmi ceux qui ont été sélectionnés par les partis et maintenant par les électeurs les plus impliqués, ceux qui votent aux primaires et qui sont loin du peuple.
Hamon a remporté les primaires de la « belle alliance populaire » organisée par l’ex-trostkard et repris de justice Cambadélis contre le crypto franquiste Valls, le caudillo des parlementaires hollandistes et du 49-3. Cela promet car ce n’est pas non plus, loin de là, un perdreau de l’année avec ses 25 ans de magouilles au PS, du reste comme le politicard professionnel Valls. Et maintenant Hamon se présente comme un novateur et un vrai socialiste qui veut redonner le pouvoir au peuple. Comme on sait, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais ce n’est un idiot : il sait très bien que les pestilentielles de 2017 sont foutues pour le PS et que c’est peut-être Maqueron qui tirera les marrons du feu si Fillon reste empêtré dans le penelopegate. Du reste, la valsse des hollandistes a déjà commencé vers ledit Maqueron. On a même des députains qui excipent d’un droit de retrait pour aller soutenir le Maqueron. Quels bons démocrates qui organisent des primaires et ensuite renient le verdict des urnes ! Non, Hamon vise des résultats aux législatives par alliance avec Mélanchthon (épigone de Luther en version socialo-puritaine) et les écolos et il va restaurer un PS de gôche.
Ces phénomènes illustrent à merveille le caractère ripou de notre démocratie confisquée par des politicards professionnels, vivant très longtemps aux crochets de notre 5e république, votant des lois en faveur de leurs copains de la finance et en fonction de leurs intérêts de classe politique où gauche et droite représentent les mêmes choses, à savoir la peste ou le choléra. Songeons à ce que le libéral-socialo Zizi Rider n’a travaillé que 2 ou 3 ans à la Cour des Comptes tout en y conservant son droit à retraite. De même, Hamon et Vallse n’ont pratiquement fait que de la politique, ce qui du reste correspond à leur médiocre niveau d’études. Et tout est à lavement, comme dirait Bérurier.
Fillon ou Hamon, c’est, du point de vue idéologique, presque bonnet blanc et blanc bonnet. Le premier est un libéral-capitaliste (L-C) convaincu mâtiné de bonne conscience chrétienne et soutenu par la bourgeoisie et les chaisières. S’il est élu, il relancera le pays dans la course au moins-disant en imitant la Doryphorie de die Grosse Angela. Ce sera fort bon pour le capital via la mise en concurrence aggravée de tous les pays européens. Hamon se veut anti L-C mais il n’a pas compris le film. Il croit toujours au primat de la lutte des classes structurées autour de la propriété privée des moyens de production. Certes, c’est important dans l’analyse marxiste mais cela oublie que le problème fondamental posé par le L-C, c’est la logique de l’accumulation sans fin (la croissance chez les libéraux même socialos), sans limites (mêmes écologiques), c’est le règne de la marchandise, c’est l’absolutisme de la valeur d’échange, c’est « l’empire » (au sens de Hardt et Negri) du toujours plus de Profit, lequel donne le la du système (on n’y produit pas pour les consommateurs mais pour faire du profit via les consommateurs). Le capital est un système social total et hégémonique qui subsume sous une logique unique et unidimensionnelle, donc totalisante et totalitaire, l’exploitation économique, la domination politique et l’aliénation culturelle et morale. Cela ne peut se réduire à corriger ledit système par des réformettes qui laissent entière la logique du système. Mais, hélas, le système est devenu trop puissant pour un combat frontal ; ce qui n’empêche pas de construire autre chose à côté et contre : des anarcho-structures d’action directe fondées sur la coopération, le respect de la nature, la justice, le don au lieu de Mammon.
Les deux bonshommes ont l’air d’ignorer que le pays est encastré dans la logique L-C via son appartenance à l’UE ; celle-ci est organisée en étau hyperlibéral qui ne laisserait qu’un choix à ses membres : y rester ou partir (il y a une autre solution : construire chez soi une logique anti L-C sans sortir mais en n’appliquant plus les saintes écritures ordo libérales des Teutons. Mais cette 3e voie est ignorée par les deux comparses comme par Mélanchton ou le Pen). Fillon l’ignore car pour lui la seule solution est le toujours plus de L-C propulsé par l’UE. Hamon l’ignore par pure pensée crypto marxiste, cela se voit avec son revenu universel totalement inapplicable si on reste dans le système L-C et l’UE ; il mise donc sur la politique du pire pour espérer une révolution, un homme nouveau, des lendemains qui chantent ! S’il est élu, son projet ratera mais il dira alors : ce n’est pas ma faute, c’est celle de l’UE ; ce que disent les socialos depuis 1983 sur le grand air « de la contrainte extérieure ». Ce qui ressemble beaucoup aux magouilles de la famille Soprano.
Comment faire pour rester dans l’UE tout en contrant sa logique et en donnant un exemple de contre-politique ? Fastoche : casser la dépendance à la dette extérieure en la remboursant via un emprunt forcé, converti en rente perpétuelle, sur le patrimoine des riches, créer la Banque du peuple avec sa monnaie interne réservée à l’économie intérieure via un réseau d’entreprises, à commencer par les PME-PMI, artisans, coopératives, mutuelles (la BDP fait aussi des avances à l’Etat), n’emprunter qu’à l’intérieur du pays, rendre les cotisations sociales (salariales et patronales) déductibles à l’exportation et applicables au même taux aux importations ; imposer une taxe carbone aux transports et aux marchandises en fonction du kilométrage parcouru, créer des droits compensateurs des différences de législation (fiscale, sociale, environnementale) sur les importations en provenance de pays low cost… etc. J’en ai déjà parlé dans maints articles précédents. Hamon commandement, partez.

Libéralo-capitalisme et théories de la « déconstruction »

Classé dans : politique — 8 janvier, 2017 @ 12:07

Derrière ce mot mystérieux de la « déconstruction » se cache tout simplement ce que l’on appelait critique; par exemple le fameux livre « Dialectique de la raison » d’Adorno et Horckeimer penseurs novateurs de l’école de Francfort qui ont analysé les erreurs du marxisme years ago. Ils ont aussi ciblé les prétentions de la « raison pure » en montrant ses limites et aussi les horreurs qu’elle a produites: technique criminelle, régimes totalitaires, bombe atomique, libéralo-capitalisme sans limites réduisant tout à l’état de marchandise. J’insiste sur le mot dialectique car il signifie qu’iil ne faut pas jeter le bébé de la raison avec le bain du technicisme et du totalitarisme. Il faut continuer de s’appuyer sur l’entendement mais en analysant son incomplétude et ses défaillances. Ce que semblent rejeter les déconstructeurs (Foucault, Lyotard, Deleuze, Derrrida, etc.; les papes de la « french theory » si en vogue aux USA, ce qui n’est pas un hasard) qui se livrent à une critique radicale de la pensée des Lumières et de la société occidentale. Dans ce cadre, ils continuent le travail des « maîtres du soupçon » (Marx, Nietzsche, Freud) qui ont eux aussi sapé les fondements de la culture et de la civilisation occidentales. Les déconstructeurs n’appliquent pas la devise de Proudhon: destruam et aedificabo (je détruis et je construirai); ils en restent à destruam. Comme Schumpeter, sur lequel Foucault biche ou « like » grave, la destruction de la pensée occidentale n’est que créatrice, comme l’innovation chère à l’économiste autrichien. Deux ronds de réflexion montrent pourtant que l’innovation ou la destruction ne sont pas forcément créatrices. Les déconstructeurs ont aussi une propension à négliger ou dénigrer les penseurs modernes qui les ont précédés, tels Marcuse, Debord, Lukacs, Gramsci ou Castoriadis. Naturellement leur critique du marxisme et du totalitarisme, éloignée de toute préoccupation socialisante, a fait florès aux USA qui avaient bien besoin de « compagnons de route » idéologiques pour faire monter la mayonnaise de leur hyper libéralisme économique. Rappelons quelques apports de la « déconstruction ».
La prétention de l’Occident à avoir produit des valeurs universelles est mensongère. Il ne saurait y avoir de supériorité des principes et normes dudit Occident sur celles des autres cultures. Il n’y a pas de valeurs absolues et transcendant le monde. Les valeurs sont relatives et, si j’ose dire, elles se valent toutes. Respecter toutes les différences est donc justifié. Cela est parfaitement pertinent et permet de fonder le pluralisme des sociétés en remettant les autres cultures à leur place contre les discours coloniaux qui ont légitimé l’oppression des peuples au nom de la soi-disant supériorité occidentale. Notamment, les descendants des autres peuples ont parfaitement le droit de revendiquer leur identité culturelle et de vivre leurs propres valeurs. Le problème est que cette thèse, bien que juste, a fait sombrer dans la repentance certains pays plus humanistes que d’autres. La France se repent à tours de bras, mais pas les USA ou le Japon dont les exploits sont pourtant autrement négatifs. Bien plus ennuyeux est que cette théorie fait disparaître toute référence ou tout repère dans les conduites sociales. Ce qui revient au vieux « si Dieu n’existe pas, tout est permis  » d’Ivan karamazov. La justice, l’humanisme, la dignité, les droits de l’homme n’ayant de valeur qu’occidentale ne peuvent plus servir de fondement moral sur terre. De plus, même si toutes les cultures se valent, elles contiennent cependant des aspects peu compatibles avec le mode de vie d’autres peuples. C’est ce qui fonde le multiculturalisme: les cultures se valant, ayant des points majeurs de conflictualité, la meilleure solution est un pluralisme de juxtaposition au sein des pays pluriels. Et, de fil en aiguille, la juxtaposition peut se transformer en hégémonie de la culture la plus nombreuse ou la plus sûre de sa valeur ou la plus dynamique. Autrement dit, au nom du pluralisme et du droit à la différence, on peut laisser s’installer des cultures qui les supprimeront si elles accèdent au pouvoir via leur organisation par de vigoureux « entrepreneurs de religion ». Enfin, ce n’est pas la même chose d’admettre l’égalité des cultures que d’accepter des pratiques telles que l’inégalité hommes/femmes, l’excision, la souffrance animale, la non-mixité, l’esclavage, etc. Naturellement, la disparition des normes et des règles unifiant, coordonnant les attentes réciproques et pacifiant des communautés globales, coïncide avec le libéralo-capitalisme qui exige un pouvoir politique neutre vis-à-vis de toute conception du monde et se prévaut d’une « science économique » imperméable à toute valeur. Ainsi, la prostitution devient légitime si elle se produit entre adultes consentants et procure un revenu d’efficience. Se prostituer devient un calcul coûts/bénéfices. Ne reste qu’une valeur, celle qui fonde le libéralisme, à savoir la liberté de tout faire si cela ne nuit pas à autrui et si c’est consenti. les déconstructeurs, fusse involontairement, ont largement contribué à justifier cette idéologie libérale. Il en est de même pour la critique des règles qui seraient toutes imposées par la domination.
Le pouvoir est partout, il y a du pouvoir partout et tout système social forme un réseau inextricable de pouvoirs. Sans doute; il n’y a pas que le pouvoir politique absolu, centralisé et répressif par ses normes et ses contrôles « bio-politiques ». Certes, tout le monde ou tout groupe conserve du pouvoir, notamment pour résister afin de conserver sa part de liberté. Mais les déconstructeurs font du réseau en tant que système global une chose indépendante de tous et inattaquable. Il ne reste plus qu’à mener des résistances locales contre les normes qui nuisent à l’identité et aux intérêts de tout groupe pouvant avoir quelque chose de commun: les gays, les lesbiennes, les femmes, les ethnies, les exclus, les déviants, les marginaux, etc. La société peut alors se diviser à l’infini. Il n’y a qu’à constater les bagarres au sein du groupe gays entre lesbiennes, bi, trans, Drag Queens, travestis, sado-maso, etc. Du coup, le libéralo-capitalisme peut se contenter de regarder les disputes entre « communautés », compter les coups et voir que cela lui profite puisqu’aucun groupe ne se mêle de saper le pouvoir économique et se fiche de la politique commune. Cette approche ne permet pas de comprendre que si les pouvoirs sont divers, ils ne sont pas de même force, ce qui permet au libéralo-capitalisme de faire oublier qu’il régit tout via sa logique unidimensionnelle et imposée partout. Or il y a pour tout le monde un enjeu de luttes communes et d’association des pouvoirs de résistance, à savoir la mise en place d’une démocratie réelle et la réalisation d’un pluralisme des formes économiques hors domination du capital financier. Comme le disent Negri et Hardt, il n’y a plus que le face à face de « la multitude » (atomisée) et de « l’empire » (formant un bloc hégémonique à la Gramsci). Et, comme le pouvoir est partout et réciproquement, faut-il attendre que la multitude informe, atomisée, inorganisée concentre ses pouvoirs pour faire la révolution? Non, mais il faut saisir localement toutes les occasions de résister et de faire tomber les normes. Bien vu, comme si les piqûres d’abeille pouvaient avoir la peau de l’ours? C’est faire comme la religion: promettre un monde meilleur dans un au-delà. L’erreur de Staline a été de promettre le bonheur ici-bas et pour bientôt, ce qui, hélas pour l’URSS, était vérifiable. Le libéralo-capitalisme peut faire la même promesse car il prend la précaution de ne pas fixer d’échéance à l’ère du bonheur matériel pour tous. Et il peut même dire que si cela tarde c’est parce que les politiques, les syndicalistes, les ONG, les « humanistes », les écologistes, etc. lui mettent des bâtons dans les roues. Sans règles et sans démocratie tout irait bien plus vite.
Les fondements absolus (progrès, humanité, vérité, justice, lutte des classes, raison, souveraineté politique, puissance de la technique capable de résoudre tout problème…), les idéologies de masse, les « grands récits » de justification de l’action sociale, les grandes théories explicatives (marxisme, socialisme, anarchisme; évolutionnisme; et pourquoi pas le libéralisme?) sont trompeurs, manipulateurs et périmés. Ils ont produit les horreurs colonialistes ou nationalistes, les guerres mondiales et les systèmes totalitaires. Certes, mais cela des Heidegger, Arendt, Ellul, Anders, Illitch, etc. le disaient déjà et en faisaient une critique raisonnable: la raison est limitée, faillible, incomplète, erratique… Mais s’il n’y a plus de raison afin d’analyser, comprendre, améliorer la « condition humaine », il ne reste plus que l’expression des volitions et des affects individuels à base de refus de toute solidarité collective. C’est bel et bien un nihilisme soft. Le terrorisme islamiste va sans doute nous faire changer le regard avant que ce soit lui qui nous déconstruise ainsi que nos valeurs. Mais le capital s’en moque: comme on voyait chez Darty en mai 68: « pendant le saccage, la vente continue ».

1...56789...55
 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr