les armes de la critique

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En Marche, c’est une resucée du club des jacobins

Classé dans : politique — 31 octobre, 2017 @ 12:12

Le moderne et révolutionnaire Maqueron ne fait qu’imiter le Club des Jacobins (CJ) sous la Révolution Française. Le CJ était un ramassis de notables appartenant à la classe bourgeoise et se cooptant les uns les autres. Son idéologie était évidemment « jacobine » au sens où le pouvoir politique devait se situer au-dessus de la société civile et où le politique, en tant que projet de changement de la société par le haut d’une « élite « éclairée » (le droit d’entrée dans le club était de 32 livres, somme considérable pour l’époque) supplantait le social. Le jacobinisme était à la fois hyper individualiste et atomistique (la société n’est qu’une collection de personnes) et centralisateur ou étatique. Ce qui supposait une dialectique de l’absolu (le pouvoir politique central) et des zéros (les individus-citoyens) qui ne nous a pas quittés ensuite. Le jacobinisme poursuivait les « girondins » (régionalistes et décentralisateurs) de sa vindicte afin de normaliser l’ensemble du pays de façon unitaire : ainsi le capital pourrait-il circuler sans entraves sur tout le territoire unifié par les mêmes règles. Dans le projet libéral et individualiste, à imposer via la toute-puissance du pouvoir politique central, il fallait casser les ordres, les corporations, les provinces afin d’instaurer la liberté d’entreprendre, d’assurer la primauté de la propriété et, en économie, de remplacer la loi par le contrat de gré à gré. Cela a donné, notamment le décret d’Allarde et la loi le Chapelier qui ont interdit tous les moyens de défense du salariat.
Le jacobinisme était animé par le culte de la raison si cher aux Lumières du 18ème siècle ; il était viscéralement opposé la démocratie directe et à la souveraineté du peuple. Il préconisait le suffrage censitaire (les propriétaires étant censé être raisonnables et bons gestionnaires) et se méfiait du peuple assimilé à la populace ignare et irrationnelle. Il supposait que l’électeur (le bourgeois ayant l’argent du cens) votait non pour son intérêt particulier mais pour l’intérêt général. Il a rapidement pensé que chaque député, bien que localement élu, représentait la nation tout entière, ce qui fit de la chambre élue le vrai dépositaire de la souveraineté à la place du peuple, ladite chambre étant en quelque sorte le modèle réduit de la nation, son microcosme représentatif. Eh bien le maqueronisme est dans une parfaite continuité avec ces absurdités, dont l’avantage est de faire de l’Etat (qui n’existe pas car il n’est qu’une forme symbolique destinée à recueillir l’exercice de la souveraineté ; ce qui existe ce sont le gouvernement et son administration) le Deus ex machina de la société : centralisation, primat des « autorités » et autres « sachants », direction de la société par le politique, imposition à celle-ci du projet menée par le gouvernement, individualisme libéral absolu, autorité sans conteste de l’Etat, réduction à zéro des corps intermédiaires comme les syndicats et les collectivités locales ou tous les organes de « dialogue social » comme l’UNEDIC ou les sociétés d’HLM ou la Sécu. Sa différence essentielle avec le jacobinisme est qu’il ne s’agit pas d’assurer la force de l’Etat sur la nation mais de faire fondre celle-ci dans la mondialisation néo-libérale.
Les jacobins formaient un club très puissant épandu sur l’ensemble du territoire ; ils avaient pour but d’influencer l’assemblée législative et les dirigeants de la révolution. Ses bourgeois ainsi rassemblés par une sorte d’affectio societatis due à leur appartenance commune à la classe des riches, comptaient influencer le pouvoir. L’astuce différente de Maqueron a été de se constituer lui-même son club de soutien et de représentants ; mais dans les deux cas, les membres appartiennent pour l’essentiel à « l’élite » de la « société civile ». En réalité, sous la révolution francouie, le pouvoir était détenu, non par l’assemblée, ni le club, mais par le « Comité de salut Public » et, in fine, par ses trois dirigeants : Robespierre, St-Just et Couthon, trois purs et illuminés. Pareil sous Maqueron . Sa majorité législative est un dosage rusé de puceaux de la politique et cooptés et de vieux chevaux de retour piqués au PS, au Modem et à LR. Ce « mix » a pour intérêt caché de lui assurer une escouade de godillots qui voteront ses 4 volontés les yeux fermés. Son comité central est son gouvernement exécutif de briscards et d’experts issus de la prétendue société civile ; et il n’y a qu’un dirigeant, Maqueron lui-même, ce qui transforme un peu le jacobinisme en bonapartisme.
Dans les deux cas, on a une conception « néolithique » du pouvoir, c’est-à-dire fort ancienne et assise sur l’autorité indivisible de la centralisation étatique et la démarche « top down » des décisions. Adieu la démocratie et le peuple ; du reste, la politique maqueraunienne consiste précisément à changer de peuple pour en faire un lou Ravi du système liébralo-capitaliste et un adorateur des babouches de die Grosse Angela.

Te Deum maquereaunien pour les TD

Classé dans : politique — 24 octobre, 2017 @ 11:23

Urbi et orbi, Maqueron salue lui-même sa grande victoire européenne sur la question des Travailleurs Détachés. Comme disait Onan, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. O le grand homme qui tient sa promesse de campagne! il nous faut donc examiner de plus près le contenu réel de l’accord intervenu hier entre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Comme d’hab, tout le monde est content, surtout Maqueron qui croit que l’étalage de ses muscles devant ses collègues lui a donné la victoire. Voyons donc les traces de SAM ( Son Altesse Méritante, mais la victoire n’a ni tête ni queue) dans le déroulement exact du fait d’armes maquereaunien.
il ne prendra effet que dans 4 ans, c’est-à-dire en début de campagne de réélection pour Maqueron. C’est bien calculé et un compromis relativement boiteux entre les 2 ans réclamés par les Francaouis et les 5 exigés par les pays de l’EST. Il exigera que les TD reçoivent le même salaire plus les primes et le 13ème mois que les salariés français. il me semble que c’était déjà la règle prévue par la directive de 1996, laquelle disait que les cotisations sociales étaient à verser dans le pays d’origine, ce qui coûtait déjà environ 30 % de moins (charges sociales plus rémunérations) que pour un entrepreneur français salariant des Francaouis. La durée du contrat sera réduite à 12 mois plus un éventuel renouvellement de 6, soit 18 mois maxi. C’est une avancée fulgurante quand on sait que la durée moyenne actuelle est de 4 mois. Par ailleurs, les « boîtes aux lettres », en fait des maisons fantômes qui font le trafic de TD entre utilisateur final et cascade d’intermédiaires, seront interdites. C’est déjà le cas si, par exemple, on applique et contrôle sérieusement le vieux délit de prêt de main d’oeuvre. Eh bien, s’il faut contrôler quel taf pour des services publics démunis sciemment depuis des années.
L’accord ne dit rien sur la durée du travail (ou les conditions de logement ou de nourriture), ce qui paraît bizarre quand on sait que les TD font quantités d’heures sup, souvent non payées. il ne s’agirait que d’un problème de contrôle, ce qui tombe bien car ces dernières années les moyens de l’Inspection du travail ont été drastiquement réduits. Pire, le problème des chauffeurs routiers a été remis aux calendes grecques. Or il est vital pour la sécurité des autoroutes et des routes et le niveau d’emploi de chauffeurs francaouis, bien plus coûteux que les Espagnols ou les Polonais taillables et corvéables à merci, roupillant dans leur camion, se lavant dans les stations-service, bouffant un sandwich sans s’arrêter et violant gentiment les heures de conduite et de repos, trafiquant les disques d’enregistrement ou changeant tout simplement de camion pour une 2ème tournée. rappelons que des agences d’intérim ou des filiales des transporteurs francouis (qui ont donc eux-mêmes intérêt au système quand ils sont assez gros) peuvent embaucher les chauffeurs à l’étranger. on dit merci qui?
Et, cerise sur le gâteau, la solution du Conseil européen sera à votre par le parlement; donc rien n’est acquis pour l’instant. Pyrrhus disait: encore une victoire comme celle-ci et je serais mort.
On retrouve dans ce cinéma la méthode Maqueron: communiquons, communiquons, il en restera toujours quelque chose. Naturellement, cet accord « Canada Dry » n’a pas été désossé par les médias tant ils admirent l’audace du nouveau résident à l’Elysée (reclus). Encore un bon exemple de mon leitmotiv: radio Maqueron ment, radio Maqueron est allemand.

Napoléon III et Maqueron

Classé dans : politique — 23 octobre, 2017 @ 10:13

Le Maqueron n’est pas du tout une innovation, encore moins une révolution. Il ne fait que suivre les traces de « Badinguet », de Napoléon le petit comme disait Hugo. Louis Buonaparte a été élu président de la ripoublique après la révolution de février 1848 et les massacres de juin de la même année, le « républicain « Cavaignac étant à la manoeuvre contre les insurgés. il n’avait pas de parti et il se présentait, lui est ses amis, comme les candidats officiels On lui avait judicieusement opposé comme candidat à la présidence le sieur Cavaignac; vous avez bien lu: le massacreur des journées de juin 1848! Eh bien, en 2017, Maqueron fut élu parce que ses concurrents ont été démonétisés ou éreintés par une presse complice et des soutiens pro-capitalisme soigneusement camouflés. Ils avaient tablé sur un vice du système électoral et sur l’attitude des partis: le primat du vote utile et du front républicain contre le FN, la stratégie étant d’aboutir à une confrontation finale avec la Marine dans laquelle le Maqueron ne pouvait que gagner électoralement tout en étant très minoritaire chez les électeurs. pari réussi comme celui de Badinguet. les deux furent légalement élus mais leur légitimité est plus que douteuse.
Ensuite Badinguet fit un coup d’Etat pour devenir empereur. Maqueron n’en aura pas besoin car notre régime politique actuel fait qu’il dispose désormais de tous les pouvoirs que, du reste, il est déjà en train d’accentuer avec une centralisation démentielle, la destruction des corps intermédiaires (syndicats, collectivités locales, Unedic…), la mort du dialogue social collectif, le recours sans limite à l’expertise et à la technocratie. Il n’aura pas le titre mais il est déjà bien plus puissant en France que Badinguet. En Europe, c’est une autre histoire bien qu’il rêve de fondre le pays dans celle-ci en abandonnant ce qui lui reste de souveraineté aux instances internationales.
La Paille Au Nez III et Maqueron sont tous deux « et de droite et de gauche ». Le Ier s’est illustré par une brochure sur « l’extinction du paupérisme » au point que Proudhon, fort maladroitement, lui a demandé de conduire lui-même la révolution sociale sous peine d’être éliminé par celle-ci. Mais Badinguet, à l’instar du Maqueron, a commencé par donner les pleins pouvoirs à « la féodalité industrielle » et financière, à signer un traité de libre-échange avec le Royaume Uni (genre CETA), à réprimer la classe ouvrière et ses organes de défense (dont les sociétés de secours mutuel), à intervenir militairement au Mexique et en Italie. C’est sur le tard, après qu’Haussmann ait éventré Paris pour faire place nette pour des tirs directs de canon et pour laisser libre cours à la spéculation immobilière, que Badinguet accorda en 1864 le droit de grève et alla même jusqu’à aider les syndicalistes à participer au Ier congrès de la I ère internationale à Londres. on voit le raisonnement qui justifie la mise aux ordres du politique par le kapital: croissance, first, puis, si cela marche et si les capitalistes sont partageux, quelques miettes à redistribuer au peuple. La différence est que Badinguet s’est bêtement opposé à Bismarck alors que Maqueron lèche les bottes de die Grosse Angela.
Badinguet croyait au progrès, Maqueron et Félicie aussi. Mais celui-ci devait être conduit par une élite technocratique inspirée par St-Simon: remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses via la science et les ingénieurs; comme cela on atteindrait une alliance capital-travail au niveau des entreprises. On retrouvera cette collusion sous le maréchal Putain et sa « dyarchie ». Sous Badinguet, l’affaire fut rondement menée par les banquiers animateurs de la création de sociétés par actions (les SA) et par les polytechniciens, issus de « ce séminaire de l’aristocratie » qu’est une grande Ecole (Proudhon). Ce primat de l’élite étatique fut restauré sous Charlot et le rôle majeur des grands ingénieurs de l’Etat fut longtemps magnifié par la revue de l’X, à savoir « La jaune et la rouge » et le mouvement X-mines. Mais Charlot, lui, avait « le plan » qui était une superbe structure de dialogue social entre tous les acteurs intéressés au développement du pays. Las, sous Maqueron, les entreprises d’Etat sont déjà mortes ou moribondes via l’emprise du système libéralo-capitaliste (SLC) mise en place en France dès 1983. Il n’y a plus que des multinationales dirigées suivant la logique du seul profit à court terme. L’X a perdu le pouvoir au profit de l’énarchie qui se moque tant de l’industrie que du pays. Donc la technocratie hyper centralisatrice de Maqueron ne sert qu’à plier définitivement le pays aux exigences néolibérales du SLC mondialisé. Mais sous les deux malhommes c’est bel et bien le césarisme qui sert de fer de lance de la transformation sociétale capitaliste.
Car les deux individus, si partisans de la modernité et du progrès, ne font que maintenir une conception du pouvoir politique (centralisation, étatisme, répression, fiscalité confiscatoire, répression judiciaire et policière des protestataires, domination de la société tout entière, recherche de la puissance, confiscation de la souveraineté du peuple…) qu’Alain Badiou a magnifiquement qualifiée de « néolithique ». Ce qui veut dire que ce pouvoir extérieur et supérieur à la société n’a pu apparaître qu’avec la 1ère révolution agricole (à la place du nomadisme, de la chasse et de la cueillette où on coopérait, on était solidaire et où le pouvoir était partagé et délibératif dans des sociétés « sans Etat »), la création d’un surplus économique dont le pouvoir pouvait s’emparer afin de financer des châteaux, des armées, de la police et des temples justifiant son origine divine. Avec Maqueron et Badinguet nous restons dans l’âge de pierre, mais avec le 1er on va revenir à la toute-puissance du kapital contre le travail comme sous le second. Vive le progrès car les acquis de 1945 vont disparaître et car on régressera en-dessous de la dyarchie de Vichy.

Individu et système

Classé dans : politique — 20 octobre, 2017 @ 9:04

Je viens de lire dans le bouquin du philosophe Frédéric Gros (« Désobéir ») un commentaire fort intéressant (comme le livre) sur le procès Eichmann. Le problème posé, notamment par Hannah Arendt sur « la banalité du mal », est celui de la responsabilité individuelle d’une personne monstrueuse, qui peut relever des psys, ou de celle d’un système auquel le criminel n’aurait fait qu’obéir. On sait qu’au nom du système, les bonnes âmes ont vite fait d’exonérer les individues de toute responsabilité, que si le système fonctionne tout seul il devient inutile de forger des projets de changement et qu’il suffit d’attendre qu’il tombe comme une poire blette. C’est ce que disait le marxisme vulgaire au nom du déterminisme historique et c’est ce que prétend le néolibéralisme au nom de la spontanéité créatrice du marché libre de toute entrave. Inversement, on a assisté à la montée en flèche de la « psychologisation » des phénomènes sociaux, ce qui présente l’avantage de dédouaner les puissants, les managers, les patrons des conséquences négatives des décisions des entreprises (apr exemple sur l’organisation du travail ou le mode de management), en fait les leurs. Autrefois, on opposait l’individu au collectif, la liberté individuelle à l’intervention de l’Etat ou du gouvernement.
Il y eut la belle période du structuralisme dans lequel le sujet disparaissait totalement (un système socio-économique sans sujet, sans acteur, sans liberté). Puis celle du système auto-régulé, auto-ré-organisateur de ses défaillances dans son environnement. Mais Crozier a montré qu’en fait, si le système (entreprise dans sa sociologie de base, mais société par extension) cadre les actions et les décisions par des règles, il reste maints degrés de liberté dus aux « trous » et aux « bruits »du système qui a du jeu (comme une pièce mal calibrée ou usée), ce qui permet aux acteurs d’y jouer leur propre jeu. Car tout système comporte des lacunes et est victime de l’impossibilité de tout prévoir, notamment face aux évolutions extérieures. Comme disait Pierre Dac, le seul mouvement sérieux est le « MOU », mouvement ondulatoire universel . On peut en déduire que les acteurs gardent une bonne part de responsabilité car ils exploitent les ressources et les incertitudes du système à leur profit contre les autres partenaires et rivaux. Eichmann n’a pas créé le totalitarisme nazi mais il y a tiré son épingle du jeu » avec intelligence bureaucratique, carriérisme et opportunisme. Maqueron na pas créé la démocrassouille de la Vème ripoublique mais il a su sans servir au mieux de son ambition.
L’opposition système vs individu est caractéristique d’un type de pensée qui fonctionne de façon binaire sur l’opposition des contraires exactement comme le moderne Maqueron raisonne sur le « en même temps ». C’est tout à fait dépassé et c’est inexact ; la complexité des choses veut qu’on raisonne en termes de combinaison des contradictoires, de « composition » comme disait Proudhon. Et il est évident qu’un système ne peut être actionné, utilisé, détourné que par des personnes, ce qui élimine toute coupure entre « l’acteur et le système ». Le système n’est pas construit sur l’opposition individu vs structure systémique ; c’est une articulation, une relation instable entre les objets, les techniques, les règles, les acteurs ; c’est un système hommes-machines-produits qui évolue, est incertain, procure des latitudes et des occasions d’action. Le système est le fruit du passé et des moyens existants, de la culture en place, des attentes réciproques des acteurs ; on ne peut en faire table rase ni l’utiliser tout seul à son seul profit car il constitue forcément la rampe de lancement de l’avenir pour les acteurs qui sauront en tirer parti et le faire évoluer. Naturellement, le système en place comme cadre d’actions, de moyens et de règles, ouvre des occasions ou des possibilités aux acteurs mais tout n’est pas possible. ce qui y est désirable n’est pas forcément faisable techniquement ou économiquement ni souhaitable moralement pour tous les acteurs. En tant que phénomène social total, en tant que structure « surdéterminée » par de multiples facteurs combinés, interdépendants mais en partie autonomes, le système ne peut pas être détruit brutalement par ne révolution seulement politique car il faudrait vaincre simultanément « l’alliance du trône, du coffre-fort et de l’autel » (Proudhon).
Mais si le système est en quelque sorte « résistif », cela ne veut pas dire qu’on ne peut rien y faire. Il y a plusieurs attitudes possibles : s’en servir pour ses intérêts, c’est la position des néolibéraux et des puissants qui y trouvent leur position d’exploitation et de domination ; l’accepter et s’y fondre comme le fait le consommateur attaché à sa seule vie matérielle ou le résigné ou le croyant en un monde meilleur ; le combattre tant individuellement que collectivement. Certes, le collabo n’y est pas à mettre sur le même plan que le missionnaire propagateur, tel Maqueron envers le SLC ou Eichmann pour la « solution finale ». Ces acteurs sont responsables du bon fonctionnement et de la propagation du système.
Ceux qui profitent du système (les soumis et les exploiteurs) sont responsables de leurs actes et des conséquences dramatiques du système libéralo-capitaliste (SLC) : destruction de la planète, précarité et pauvreté, inégalités abyssales, disparition de la démocratie, montée des nationalismes, guerres larvées entre idéologies et pour se disputer les ressources, montée de l’ignorance et regain de l’obscurantisme religieux, etc. La banalité (du mal) de Maqueron, en tant que partisan du SLC vient tout simplement de sa bêtise (au sens d’Arendt) qui est de faire comme les trois petits singes : ne rien voir, ne rien dire, ne rien faire contre, obéir aux normes du SLC sans esprit critique, par soumission à sa logique qu’il a sucée dans les grandes écoles du pouvoir. La religion laïque de Maqueron, c’est l’islam SLC, c’est la soumission à ses règles, au regard de ses confrères dirigeants.
Pour ne pas être complice du SLC, il faut résister ; il faut faire acte de « désobéissance civile » (Gros), c’est-à-dire lutter au jour le jour au nom de ses convictions, il faut « s’engager » comme disait Sartre. Comment  vu qu’on ne saurait prendre le système de front tant il est puissant et assis. Mais on sait qu’il n’est pas homogène, que ses partisans et exploitants ont des divergences d’intérêts, qu’il a des trous béants, qu’il n’a pas de centre de commandement mondial, ni même national. Qu’il n’a pas été construit volontairement par quelques uns mais qu’il est un construit historique et immanent résultant de la convergence fortuite puis organisée de forces néolibérales. Soyons tous et chacun des colibris qui apportent leur petite goutte d’eau pour éteindre l’incendie de la forêt, des papillons dont le battement des ailes va provoquer un cyclone anti SLC.
Ce qui veut dire que chacun peut et doit faire ce qu’il peut, ici et maintenant, là où il est, seul ou avec d’autres pour construire des espaces de vie et de pratiques, même très limités, qui invalident la logique du SLC. cela se fait, non pas de front, mais à côté et autrement par l’action directe et l’expérimentation de nouvelles formes sociales de coopération et de solidarité. Puis, de proche en proche, ces initiatives finiront par se fédérer de sorte que le SLC devienne une coquille vide. C’est la vieille leçon de l’anarcho-syndicalisme. C’est ce que le visiblement libéral mais bien intentionné Frédéric Gros semble ignorer.

Attention aux grandes ONG mondialisées

Classé dans : politique — 18 octobre, 2017 @ 11:34

Il faut faire gaffe aux ONG de type WWF, Green Peace, Transparency International, etc. qui fonctionnent souvent comme des officines de torpillage des pays (et de leurs intérêts) qui ne vénèrent pas le Dieu USA, sa morale puritaine, son veau d’or. Leur premier défaut, rédhibitoire à mon sens, est de saucissonner les problèmes mondiaux en rondelles séparées, ce qui a pour but de camoufler une large part de leur origine commune, à savoir les méfaits du système libéralo-capitaliste (SLC) qui, lui, n’est pas un assemblage d’éléments mais une structure globale de mise en coupe réglée de la planète et d’exploitation des humains, des êtres vivants et de toutes les ressources ad majorem kapitalismus gloriam. Pour s’en convaincre, il suffit de constater combien les multinationales les subventionnent : d’un côté, je détruis la terre, j’exploite les travailleurs, j’empoisonne les hommes ; de l’autre je m’achète une virginité, je fais du « green washing » en donnant du fric (largement détaxé) auxdites ONG. Avant de donner un sou à celles-ci, prenez la précaution de vérifier la liste des firmes qui les soutiennent, voire sont même présentes dans leur conseil d’administration . Vérifiez aussi par qui et comment elles ont été fondées, comment elles sont dirigées et elles fonctionnent.
Un deuxième défaut structurel est que ce sont de grandes organisations qui bouffent un bon tiers de leur budget à s’auto-entretenir, à se faire de la pub, à communiquer, à payer des permanents. Charité bien ordonnée, visiblement, commence par soi-même avec maints permanents bien rémunérés, notamment pour organiser la com. de l’assoce.
On peut noter aussi que leur action n’est pas toujours positive; par exemple une assoce de sauvegarde de la nature a contribué à chasser de leur territoire des peuplades indigènes (des Pygmées en Afrique) car elles prétendaient rester sur celui-ci alors que ladite assoce voulait, avec le gouvernement, en faire une zone soi-disant protégée! le but du gouvernement était en réalité de transformer la forêt en zone d’exploitation du bois aux fins d’exportation sans faire de l’abattage sauvage. Quand une ONG s’associe avec un gouvernement, le plus souvent non démocratique, c’est qu’il y a un loup et un enjeu caché.
Souvent les ONG sont en fait au service du SLC ou d’un pouvoir gouvernemental pour disqualifier un autre pays ou le stigmatiser en tant que ne jouant pas assez le jeu libéral. prenez Transparency International TI, elle-même pas si transparente que ça) qui lutte contre la corruption et établit un classement des pays suivant leur degré de vertu. La France y est régulièrement mal classée. TI ne se demande jamais quel est le contexte et comment est définie la corruption. Car celle-ci n’existe pas en soi; elle est qualifiée par la législation, laquelle est créée par le pouvoir. TI repère des pratiques non autorisés par les lois mais ne voit pas du tout celles qui le sont. Aux USA, la corruption est largement minorée parce qu’elle a été institutionnalisée. par exemple, les boîtes peuvent financer comme elles le veulent les campagnes électorales des politicards, lesquels, naturellement, entendent qu’en retour ils votent des lois qui leur soient favorables. Il n’y a donc pas besoin d’acheter directement des politicards. De même, pour avoir ses hommes d’influence dans les hautes sphères du pouvoir ou de l’administration il n’est pas utile de verser des pots-de-vin; il suffit de profiter de la politique officielle US des « revolving doors » entre les fonctions privée et publique. Dans ce cadre législatif particulièrement laxiste, les conflits d’intérêts sont passés sous silence et deviennent du lobbying institutionnel parfaitement légal. Donc TI ne peut rien observer de délictueux. D’où le bon classement des USA pourtant fort loin de la vertu des pays luthériens d’Europe du Nord. rappelons que TI a été créée à Berlin et est sponsorisée par maints très grosses industries. De même WWF a été fondée par des fascistes très écolos voulant créer des parcs naturels pour y chasser. Depuis longtemps, Green Peace voue une haine tenace à la France à cause des essais nucléaires dans le pacifique et du sabotage du Rainbow Warrior par des sbires (et pieds nickelés) de Tonton.
Les ONG peuvent être des armes au service de la lutte d’influence entre Etats et d’intérêts économiques des multinationales. Cela va avec l’extraterritorialité juridique que se sont arrogée les USA contre souvent les entreprises européennes. Les USA déclarent unilatéralement un embargo et malheur aux firmes qui le violent si elles ont le malheur d’utiliser le dollar pour leurs transactions pourtant légales aux yeux du droit international et si elles ont des succursales aux USA. Ce pays poursuit les actes de corruption des boîtes des autres pays et bien moins ceux de leur propres firmes; Airbus va entrer dans la tourmente par suite des agissements de son PDG teuton alors qu’on n’a pas vu Boeing attaquée alors qu’elle pratique de même. TI néglige aisément que pour vendre à certains pays il faut des dessous de table pour graisser la patte des décideurs alors que cela n’est pas nécessaire pour les USA qui ont bien d’autres moyens de puissance et d’influence. TI ne tient pas compte du contexte. Par exemple les petits fonctionnaires de maints pays se livrent aux bakchichs tout simplement parce qu’ils ne sont pas payés assez pour vivre. Et pourquoi? parce que le « consensus de Washington » leur a imposé sous peine de ne pas avoir de prêts du FMI ou de la Banque mondiale de diminuer à fond leurs services publics.
Les ONG participent donc souvent au déséquilibre entre pays dans les rapports commerciaux; cela va généralement toujours dans le même sens: en faveur des boîtes US ou anglo-saxonnes. Pour lutter contre cette influence cachée et perfide il y a une possibilité aisée: pas un rond pour les ONG d’obédience anglo-saxonne ou sponsorisée par des multinationales (souvent elles aussi anglo-saxonnes mais pas que) pratiquant le SLC sans retenue…

Affaire Ferrand : en latin de cuisine minimus jus, maxima injuria

Classé dans : politique — 15 octobre, 2017 @ 10:22

Le procureur de la Ripoublique de Brest vient de lancer un coup de tonnerre : le maréchal Ferrand ne sera pas poursuivi ; c’est ce qu’ont peut appeler les services mutuelles de Bretagne. Cette décision ne surprendra que ceux qui ne font pas la différence entre légitimité et légalité, ceux qui ont déférence envers la justice, diff-errance avec le droit. Et on se prétend dans un Etat démocratique et de droit ! Voyons ce qu’il en est.
En France, la justice n’est pas le 3ème pouvoir avec le législatif et l’exécutif; ce n’est qu’une autorité judiciaire. Depuis toujours, les procureurs (ou magistrature debout ou parquet : procureurs, substituts, avocats généraux) ne sont pas indépendants du pouvoir. Maqueron a promis d’y mettre fin tant il est vrai que notre pays est l’opprobre des instances internationales pour cette soumission et cela depuis des lustres y compris en Europe. Est-il con ce gars pour faire une promesse de Gascon jamais tenue par ses prédécesseurs ? Et pour cause car avec la non-indépendance des magistrats il peut toujours trouver assez de procureurs dont les dents rayent le parquet pour arrêter toute affaire compromettante le visant soit lui, soit un de ses sbires. Sont indépendants les juges ou magistrature assise. On voit qu’avec la non-indépendance du parquet et le carriérisme de maints juges on a en fait une magistrature couchée devant le pouvoir.
C’est pourquoi je m’étonne qu’Anticor (et une autre assoce) n’ait déposé qu’une plainte contre X chez le proc au lieu de se porter partie civile tout de suite auprès d’un juge d’instruction ; la différence est que dans ce cas le juge est obligé d’ouvrir une enquête à charge et à décharge (procédure inquisitoire) alors que le proc peut ne travailler que vers une décharge car pour lui, afin d’être bien vu du pouvoir, ce qui lui vaut avancement et décorations, poubelle est la vie. Il est vrai cependant que la procédure en partie civile oblige à verser un cautionnement assez important pour une assoce fauchée. Heureusement la 2ème assoce, (FRICC) se porte maintenant partie civile après ce remarquable déni de justice (il semble qu’Anticor va faire de même). Les cris de réjouissance et de victoire du maréchal Ferrand sont donc prématurés. Et ses bêlements d’agneau qui vient de naître sont déplacés car sur le 2ème chef de poursuite (prise illégale d’intérêts) il n’est pas blanchi ; il n’est que sauvé par le gong car les faits seraient prescrits. Ce n’est plus pas vu pas pris, c’est bien vu mais pas pris.
Tiens donc : les actes de corruption, les conflits d’intérêts des politicards sont si vite prescrits alors que le simple fait qu’ils aient été commis par un représentant du peuple devrait faire qu’ils ne le soient jamais ! Une bizarrerie dans un si bel Etat de droit ? Hélas non car il faut se demander qui fait la loi, ce qui montrera qui a intérêt à ce qu’elle soit défectueuse. Eh bien ce sont les représentants légalement élus (en fait depuis longtemps ils se contentent de veauter les injonctions de l’exécutif). Certes les lois votées sont légales mais elles ne sont légitimes que si elles visent l’intérêt général et le bien commun du peuple tout entier dans sa diversité. Or des lois, telle celle voulue par Chiracos pour organiser l’impunité du chef de l’Etat ou celle qui fait passer les prévaricateurs, voleurs, corrompus du gouvernement ou des assemblées devant une Cour de Justice de la république entièrement bidonnée, qui renforcent des intérêts particuliers, ceux des élus ou ceux de leurs vrais mandants, à savoir les puissances d’argent, ce qui se pratique en France depuis plus de 30 ans en faveur de l’UE, du marché et du système libéralo-capitaliste, ne sont évidemment pas légitimes. C’est pourquoi le pouvoir a besoin d’une magistrature couchée à ses pieds pour effacer ses turpitudes et celles de ses séides. Et pour encore mieux s’exonérer de leurs fautes les détenteurs provisoires de l’exercice du pouvoir d’Etat ont inventé, ce qui n’existe dans nulle autre démocrassouille libérale, une justice administrative (Conseil d’Etat et tribunaux administratifs) dont les juges ont été nommés par eux ! Et si tout cela ne suffit pas, il reste la police pour museler les opposants et les spoliés (par exemple par une DUP truquée comme à Sivens). Plus les allocutions familiales du résident à l’Elysée…
Vous me direz qu’une justice parfaitement indépendante comme aux USA (que Tsarko avait singé avec le plaider coupable, les négociations de peines entre le proc et le poursuivi et les peines-plancher et même une velléité de suppression des juges d’instruction) ce n’est pas forcément mieux. Mais c’est parce que ce gouvernement des juges n’est pas contrôlé ni réglé (indépendance de la justice oblige) par aucun pouvoir. Sauf par les médias qui font l’opinion publique en s’élevant contre des scandales telle l’impunité des flics, absous par des procs élus, qui zigouillent des Noirs et des Latinos sans vergogne ! Le plus simple est alors de s’allier avec les médias ou plutôt avec leurs dirigeants qui sont aujourd’hui pour la plupart des capitaines d’industrie sensibles à l’audimat et proches du pouvoir. Vous avez dit démocratie et Etat de Droit ? Laissez-moi rigoler.

Prix agricoles : Maqueron a découvert la pierre philosophale et le mouvement perpétuel

Classé dans : politique — 13 octobre, 2017 @ 9:25

Notre génial Conducator a trouvé la panacée pour que les agriculteurs francouis gagnent plus de 350 euros par mois. Bon sang, mais c’est bien sûr dit notre nouveau Bourrel : il suffit que les prix soient fixés sur les coûts de production et que les hypermarchés y ajoutent leur marge, ce qui est l’inverse d’aujourd’hui. Cette proposition nous montre soit l’intelligence hors du commun de notre Lider Maximo, soit qu’il y a anguille sous roche.
Sachant les moyens dont disposent les 5 énormes centrales d’achat des Hypermarchés, on peut redouter que la situation du pot de fer contre le pot de terre ou du rorqual contre Nemo ne soit guère en la faveur des petits. On invite l’énarque et économiste très distingué Maqueron à lire la théorie du monopsone : un seul acheteur pour des milliers de vendeurs, soit le contraire du monopole, un seul producteur pour des milliers d’acheteurs. C’est le règne du renard libre dans le poulailler libre comme le demande l’idiote théorie de l’offre et de la demande chez les économistes libéraux qui considèrent, contre toute évidence, que les acteurs sont de poids égal dans les échanges et la passation des contrats. C’est pourquoi Maqueron, dans le domaine du travail, en est revenu au contrat libre entre deux « partenaires » libres ! Foin des lois et des conventions collectives, vive le niveau de la seule entreprise et le contrat bilatéral entre le salarié enchaîné et le patron libéré. Pas tout à fait, cependant, car un accord collectif peut désormais annuler les contrats individuels. Ce qui prouve que l’idéologie du contrat, c’est du flan.
Bien pire est l’oubli apparent de la mondialisation des marchés. Car qu’est-ce qui empêchera un hypermarché d’aller encore plus acheter à l’étranger si les prix francaouis deviennent supérieurs aux mondiaux ? C’est déjà le cas mais le Maqueron va aggraver la situation pour les productions courantes et standards : œufs, poulets, viande, lait, produits agro-alimentaires… La concurrence va devenir encore plus sauvage. Ce que ne dit pas le Maqueron, c’est que pour la soutenir il faudra faire baisser les coûts de production. En fait, il le sous-entend en parlant de la réorganisation des filières et des coopératives (dont la plupart sont déjà des fausses coopératives, c’est-à-dire des boîtes industrielles ayant pourtant gardé le statut de coop sans que les gouvernements ne moufte) la proposition signifie donc en réalité une nouvelle course au productivisme et à la baisse des prix. Ce qui passe par la concentration des productions, donc vers l’élimination de la petite agriculture. Sauf si elle fait dans la qualité. Cela lui sera difficile car les gouvernements (y compris le moderne maquereaunesque) s’emploient à torpiller les produits de qualité. Exemple : il y a dans les fromages 47 AOP mais déjà 70 % sont des produits industrialisés. Ce qui veut dire que le gouvernement laisse une boîte industrielle copier et dénaturer une AOP tout en en conservant l’appellation. L’exemple le plus connu est le camembert d’origine (lait cru, fabrication à la louche, lait de vaches normandes paissant dans des prés herbus en Normandie) remplacé par du plâtre pasteurisé fait n’importe où avec du lait hollandais. En outre, ces produits pasteurisés peuvent être fabriqués à l’étranger comme le permet le CETA (traité de commerce avec le Canada) signé, sous le nez et à la barbe de Hulot, par Maqueron sans consulter le parlement. On a aussi le canal pasteurisé produit par une coopérative (les laiteries occitanes!). De plus, les vrais produits du terroir sont plus chers, ce qui les réserve à une clientèle plus fortunée. Maqueron fait semblant de réformer les prix sans toucher à l’origine des problèmes des agriculteurs : la concentration des exploitations, la concurrence mondiale, le productivisme. Gageons que ce n’est pas la Hulotte, idiot utile de Maqueron, qui va faire quoi que ce soit de réel et d’efficace contre les pesticides et autres produits chimiques de l’agriculture industrielle.
Pour aller vers ses géniales idées, le Maqueron a monté un cinéma manipulateur, à savoir le Barnum des « Etats généraux de l’alimentation. Ce machin, comme je l’ai écrit dans un article précédent, est une tromperie ayant l’apparence de la concertation afin de découvrir ce qui était visé d’avance et caché. Le point le plus dégueulasse de ce spectacle est que la présidence de la plupart des « ateliers de discussion » a été confiée à des grossiums de l’agro-alimentaire, de la FNSEA, de la grande distribution et du kapital. On y a donc trouvé ce qui arrangeait ces gens-là. Bravo l’artiste. C’est comme les « concertations » pour les ordonnances réformant le code du travail: des réunions bilatérales d’une heure avec chaque « partenaire social ». pas de réunions multilatérales; le pouvoir peut donc dire des choses différentes à chacun d’entre eux, faire semblant de les écouter et faire lui-même et tout seul « la synthèse » conformément à son but programmé. La méthode n’est pas nouvelle; c’est celle des « managers » qui font semblent d’écouter, pêchent parfois de bonnes idées dont il s’emparent et en tirent leur gloubi-boulga. Maqueron, ce sont les méthodes perverses et déjà anciennes des boîtes privées importées dans la fonction publique. Ca, c’est moderne!

Jongleries, palinodies, combines fiscales du gouvernement du Maqueron

Classé dans : politique — 9 octobre, 2017 @ 10:09

Les dispositions fiscales de Maqueron font irrésistiblement penser au sapeur Camembert qui creusait un trou pour en reboucher une autre. Rappelons que le Malhomme, à la fois et en même temps de droite et de gauche, a commencé par affecter une baisse d’impôts de 10,5 milliards, dont 4,5 pour les très riches et les revenus du capital, plus, naturellement la continuation en 2018 du CICE de Zizi Rider avec 10 milliards de plus (simple montée en puissance du dispositif hollandesque). La réduction de l’ISF à un un impôt sur la seule fortune immobilière et la « flat tax » à 30 % sur les intérêts, dividendes et plus-values (au lieu de 15,50 de cotisations sociales plus l’imposition aux taux de l’IRPP plafonnée à 45 %, ce qui avantage tous ceux qui dépassent le seuil d’atteinte de cette tranche, soit surtout les 1 % de très riches) va coûter 4,5 milliards. Cela, c’est sans doute le volet de droite… Pour la face de gauche, on a 3,2 % de suppression des cotisations chômage et accidents pour les seuls actifs, la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des gens (seuil restant à fixer définitivement mais il est déjà clair qu’en seront exclues les classes moyennes aisées) et plus 1,7 points de CSG (les actifs ne gagnent donc que 3,2 moins 1,7 soit 1,5 points) sauf pour les retraités richissimes qui ont moins de 1200 euros de pension par mois. On a aussi la taxe « écologique » sur le diesel qui, naturellement, va toucher les plus pauvres. On y ajoute la baisse des APL (qui serait compensée par la baisse des loyers imposée aux bailleurs sociaux, donc excluant les loyers du privé où doivent aller maintes familles qui ne trouvent pas de HLM pour cause de pénurie ; cette diminution des loyers mettant en péril le financement du logement social le gouvernement a bloqué le taux d’intérêt livret A malgré l’inflation et va ensuite le diminuer) et, ô miracle, la revalorisation sur 3 ans du minimum vieillesse (900 euros en 2020 et de l’allocation adultes handicapés. Il apparaît que ce mic mac, mal étudié et surtout ne changeant rien à l’actuelle complexité et asymétrie fiscale, ce qui cadre mal avec la modernité « En marche », a été pris pour ce qu’il est à savoir le fait d’un président des riches. Car il est visible que le gouvernement fonctionne dans le pâté d’alouette et l’image de la chauve-souris.
D’où pour cause de déficit d’image alors que com. et pub. sont les 2 mamelles du maquereaunisme à la place de labourage et pâturage, un rétropédalage improvisé qui a en outre l’avantage de faire croire que les députains LREM, poussés en loucédé à faire des propositions d’atténuation des mesures pro-riches, ne sont pas des godillots. Il est vrai que la poule (au sens de viens poupoule, viens ma poule, la chérie du résident au palais) n’est plus au pot ; elle est à l’Elysée. Tout ce cinéma provient de ce que le soi-disant novateur gouvernement du Maqueron reste dans une approche purement comptable de la fiscalité. Cela convenait pour Guimauve le Concurrent, qui venait de la Cour des Comptes, pas pour un inspecteur des finances et banquier. Tout ce tintouin consiste à déshabiller Pierre pour habiller Paul tout en gardant le même stock de haillons qui oscille entrer le hayon des classes moyennes aisées (en cours de spoliation car Maqueron exonère les très riches et maintient les narines des pauvres juste au-dessus de la fosse à purée sur le thème an avant la mouisïque pour laquelle il se bat ; lire moujik et isba comme au temps des Tsars jupitériens) et le yacht des Bolloré, qui habille gratos la douairière Maqueron).
Donc les godillots vont limer les trésors des très riches : yachts, lingots d’or, signes extérieurs de richesse. C’est très amusant car qui peut connaître le nombre de lingots d’or planqués en Suisse par les riches ? Pour les yachts (seulement 80 sont immatriculés en France), il est très facile de les refiler à une société de droit étranger immatriculée aux Bahamas qui ensuite vous les loue. Et où sont les pierres précieuses et les œuvres d’art exonérées par Fabius lors de la création de l’ISF sous Tonton ? Etre godillot n’empêche pas de naviguer à la godille et de lancer de la poudre aux yeux pour faire passer les vessies à la Lanterne, résidence du président volée au 1er ministre par Tsarko. Tonton avait aussi exonéré le capital professionnel détenu par le patron ; ce qui ne concernait pas les autres actionnaires de la même famille et assommés par les droits de succession et l’ISF, ce qui les forçait à faire vendre, ce qui faisait mettre la boîte dans l’escarcelle d’un repreneur étranger souvent via un LBO, d’où une des raisons de la désindustrialisation du pays. Ce qui caractérise l’énarchie francaouie, c’est que les lois sont décidées à court terme et sans étudier leurs conséquences réelles à long terme et sur les équilibres entre acteurs. Eh bien, Maqueron continue dans cette veine. On y (en )marche à coups de lois et de contre-lois qui s’empilent sans principe directeur, d’où un code fiscal dont la complexité oblige la mise en place d’une administration pléthorique et l’impossibilité de simplifier malgré les promesses maquereaunesques.
Et maintenant les godillots (les Godzilla plutôt) s’en prennent aux allocations familiales pour les classes aisées, déjà largement rabiotées en 2015 par Edam Le rouge, de même que l’avantage du quotient familial a été réduit par tous les gouvernements à la recherche de pognon. L’idée est propulsée par un sieur Véran de LREM qui nous dit qu’elles ne relèvent pas du principe d’universalité qui ne concernerait que les aléas de la vie (maladie, accident, chômage). Il nous faut donc rappeler pourquoi nos anciens, qui n’étaient pas plus cons que Maqueron. ont établi les allocs familiales et le quotient familial. Pour eux le principe d’universalité découlait de la nécessité de la cohésion sociale et de l’égalité de traitement des cotisants (sachant que les plus aisés cotisent bien plus que les autres) : l’égalité des allocs était donc un moyen de redistribution puisque les riches et les gros salaires ne retrouvaient pas leurs billes. Par ailleurs, il s’agissait d’une mesure de justice horizontale en vue de l’égalisation des conditions. Le Véran, bien mauvais cru par rapport au bon Saint-Véran, a oublié que la justice n’est pas que verticale (portant sur la hiérarchie des revenus un peu égalisée par les différents taux de l’IRPP progressif) ; elle est aussi horizontale : pourquoi des couples de même revenu global, l’un sans enfants, l’autre avec 4 seraient-ils traités de la même façon alors qu’élever des enfants diminue largement le revenu disponible par tête ? D’où le quotient familial (QF). Le problème est que depuis 1945, l’éventail des revenus s’est développé et que plus de 50 % des contribuables ne payent pas l’IRPP. D’où une injustice flagrante puisque plus on est riche plus on de réductions d’impôt. Le QF aurait dû être supprimé depuis longtemps par des prétendus socialistes. Mais on peut faire mieux avec une bonne solution bien plus pertinente et égalitaire ; remplacer allocs et QF par une allocation pour chaque enfant en fonction de son âge et de ses études. Cette alloc inconditionnelle et universelle serait imposable car ajoutée aux revenus de la famille tant que l’enfant vit sous son toit. Pour les étudiants partis du foyer, cela devient simple car cette allocation fondée sur l’existence du travail d’étudier serait leur revenu calibré sur le coût de la vie étudiante. Cela serait à la fois bien plus simple, plus juste et plus efficace. C’est pourquoi politicards et énarques, disciples des niches fiscales et de la logique shaddock (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ; plus on échoue plus on a de chances de réussir) y sont opposés alors qu’on la connaît depuis plus de 50 ans ! Par ailleurs, ces gens-là ignorent tout de la justice, de la légitimité, de la philosophie politique et de la morale ; ce ne sont que des comptables, des utilitaristes, des managers, des médiatiques, des court-termistes. Ces gens-là ne réfléchissent pas, ne pensent pas ; ils décident tout seuls en fonction de leurs intérêts, lesquels sont de plus en plus liés, non à l’intérêt général, mais à celui de leurs vrais mandants, les capitalistes. Ils ne font, comme les shaddocks, que pomper sans cesse les ressources de la population.

Pourquoi les Allemands ne résistent-ils pas au libéralo-capitalisme propulsé par Angela et Maqueron ?

Classé dans : politique — 8 octobre, 2017 @ 11:24

D’abord parce qu’ils sont nationalistes ; traumatisés par les exactions nazies, stigmatisés par l’opprobre internationale pendant des décennies, il se sont très naturellement repliés sur eux-mêmes et ont voulu se refaire la cerise grâce à l’excellence de leur économie, forcément libérale car impulsée chez eux par les USA. Mais c’est aussi et peut être surtout à cause de leur fond communautariste et culturaliste immémorial. Déjà, comme l’établit Emmanuel Todd (voir son dernier livre : Où en sommes-nous?), parce que leur tréfonds familial est la famille souche patrilinéaire avec primogéniture successorale et inégalitaire. La famille souche produit de la communauté et toute communauté se distingue, défend son identité, se sépare des autres. La chose était déjà fort visible au 18 et19èmes siècles quand les Allemands s’opposèrent notamment aux idéaux de la Révolution Française en prônant l’esprit du peuple, la culture allemande, la communauté de sang et de culture en tant que processus historique particulier ayant forgé une identité spéciale fondant « le droit du sang » (supprimé très récemment). Certes, la France révolutionnaire était nationaliste mais c’était au nom de la raison universelle dont elle entendait porter les «Lumières » dans le monde entier en se donnant en exemple. Las, les monarchies se liguèrent contre elle et surtout La Paille Au Nez Buonaparte entreprit d’exporter le modèle francaoui à coups de canon et de sabre. Ce qui ne fit qu’envenimer le nationalisme allemand, lequel se souvenait aussi des dragonnades de Louis XIV en Westphalie.
Les Allemands ont aussi une culture imprégnée de « lutherianisme », ce qui signifie repli individuel sur la lecture personnelle de la bible, auto-formation spirituelle («Bildung »), enfermement dans sa communauté de croyants. Or Luther a préconisé en plus la soumission au pouvoir politique quel qu’il soit. On a donc un oxymore étonnant et détonant d’individualisme communautariste. Cette culture patriarcale, autoritaire (tant par la famille que par la religion) donne à la fois de la soumission aux puissants et de l’autoritarisme sur les subordonnés et les inférieurs comme les femmes et, bien pis. Cette culture porte en elle le goût du travail, de l’épargne, du sacrifice. Elle contient aussi, quoique de façon moindre que le calvinisme, la thèse de la prédestination divine qui, au niveau communautaire, procure les fantasmes du peuple élu (ce qui est aussi le leitmotiv de l’Ancien Testament biblique que les Allemands relisent à l’infini), de la supériorité du peuple, de la réussite dans le travail voulue par Dieu Pour lire la Bible, prescription de Luther, les Allemands ont misé sur la lecture bien avant les autres peuples. Las, il ne suffit pas de connaître la Bible ou tout texte sacré pour être raisonnable et s’ouvrir aux autres… Mais il ne faut pas confondre la culture dont le peuple allemand reste imprégné et le culte protestant qui est devenu largement « zombi ». En effet, si le système libéralo-capitaliste (SLC) s’est construit à partir du substrat des valeurs du protestantisme, il n’en reste pas moins qu’il a en détruit la valeur de solidarité et d’esprit communautaire au profit, comme partout, d’un individualisme et d’un utilitarisme matérialiste forcenés. Las, la culture demeure essentiellement chez le peuple basique car les « élites » ont depuis longtemps abandonné toute « décence commune » pour s’enrichir en s’internationalisant. C’est pourquoi les Schröder et compagnie ont pu réformer au profit du kapital alors que le peuple s’est réfugié dans sa culture et, parfois, un retour au culte. Ce qui explique aussi le succès de Trump qui a fait semblant d’adopter la culture du peuple profond alors qu’il est vendu au kapital et qu’il est un affairiste sans scrupules.
Vaincus, méprisés, ruinés, les Allemands se sont lancés à fond dans le domaine économique par patriotisme quelque peu nationaliste mais non-dit. Mais ce qui compte le plus pour eux c’est sans doute la réussite du pays bien plus que sa situation personnelle. C’est ce qui explique en partie l’acceptation docile des réformes Schröder approfondies par Merkel et son austérité de fille de pasteur luthérien. A quoi s’ajoute dès le début la trahison permanente de la social-démocratie et des syndicats qui ont tout accepté du pouvoir et du kapital par économicisme marxiste et par nationalisme caché. Du coup, sans l’avoir voulu, l’Allemagne a pris le pilotage de l’UE; ce fut mécanique par suite de la qualité et de la puissance de son industrie, de la modération salariale (due au « dialogue social » avec des syndicats compradores du kapital) et des dépenses sociales (à cause des faibles loyers liés à la mauvaise démographie et des faibles prix de l’alimentation), de l’exploitation des ressources des ex-pays de l’Europe Orientale et centrale, PECO (dont travailleurs détachés, TD, payés en euros et avec une fronde à 4 euros de l’heure, dont délocalisation d’éléments des chaînes de production), du subventionnement de l’industrie par les services et l’agriculture (lieux des mini-jobs à 450 euros par mois et des TD), des soutiens des collectivités et des banques locales et régionales, de la force de l’euro (cela permet d’attirer les TD des pays hors zone euro via un taux de change très avantageux pour eux; cela permet d’acheter pas cher en euros les productions délocalisées dans les PECO ou leurs rares usines rentables).
On voit donc que le grand bénéficiaire de l’UE à 27, c’est l’Allemagne. Maqueron soit s’illusionne, soit se moque de nous quand il propose de modifier l’UE et la zone euro car ni l’Allemagne, ni ses alliés de l’Europe du Nord luthérienne, ni des PECO, ni l’Irlande ou le Luxembourg (dumping fiscal) n’y ont intérêt. Ce qui explique que l’UE ne soit qu’une cohue de pays ne défendant que leurs intérêts et tirant à hue et à dia. ce qui explique qu’une concurrence économique sauvage y règne, concurrence dans laquelle la victoire va aux gros bataillons très productifs et aux moins-disants (salaires, fiscalité, lois sociales, défense de l’environnement).
Maqueron, esprit totalement acquis au SLC, à la flexibilité, à la concurrence sans limites, nous prépare donc « une étrange défaite » économique. Il veut imiter le SLC à la teutonne mais cela ne peut qu’accroître la concurrence où les dirigeants doryphores ont tous les atouts pour triompher avec leurs alliés. La France finira par devenir un sous-traitant de la Tudesquie et un lieu de bronzette pour Teutons naturistes ou amateurs de bons vins et de la qualité de la vie qui leur faisait dire « heureux comme Dieu en France ». Certes, ce sera européen, mais pas pour les Francouis réduits à une bouffe standard, au TGV et aux bagnoles allemands. radio Maqueron ment, radio Maqueron est allemande.
L’étrange défaite portera aussi et surtout sur les valeurs rémanentes de la culture française issues du « catholicisme zombi » et de la famille nucléaire égalitaire et exogame née dans le bassin parisien et ayant inspiré la Révolution de 1789 (si j’en crois Todd). Adieu égalité, fraternité, laïcité, universalisme des droits de l’homme et des citoyens, amour de la patrie (qui n’est pas un nationalisme mais une défense de la singularité dans un concert international pluraliste et multilatéral). On aura à la place les seules valeurs économiques du SLC (efficacité, libre concurrence à armes inégales, utilité, richesse, individualisme, consommation, primauté du contrat sur la loi ou la convention collective) et les valeurs morales du protestantisme, fût-il zombi (Régis Debray). Transparence et authenticité (d’où la légalité des lupanars en zone luthérienne et même de la mise en vitrine des putes comme à Amsterdam), vertu (austérité, épargne, moralité) au lieu du bonheur à la Saint-Just, communautarisme de juxtaposition de cultures différentes et parfois opposées, religiosité au lieu de neutralité (par exemple, le droit des religions de percevoir des taxes sur les salaires), simplicité (apparente car cela permet de s’enrichir en douce) au lieu des mystères républicains. Las, car alors comment la douairière Maqueron pourra-t’elle s’afficher avec des superbes fringues prêtées par les bons amis du capital? Ah ça ira car ces valeurs culturelles, issues du culte protestant zombi en Allemagne ou de l’évangélisme US triomphant, sont à usage purement populaire pour le faire taire. Il y a belle lurette que les classes dirigeantes ne les observent que formellement en se livrant in petto à toutes les turpitudes, notamment en truquant la concurrence et en violant la légalité.

Au nom de la loi ; les excellences sont des shérifs

Classé dans : politique — 5 octobre, 2017 @ 11:24

Le roi Philippe VI a sermonné hier les indépendantistes catalans au nom du respect de la loi, de la Constitution et de « l’unité » de l’Espagne. Maqueron nous a déjà dit que ce n’était pas la rue qui faisait la loi. Tous les gouvernants européens en appellent au respect des lois. Tous les mêmes en tant qu’animés par le fantasme de l’unité, la défense de l’ordre établi qui leur donne leurs privilèges, la toute-puissance du pouvoir central et la fausse démocratie représentative et « libérale ».
Eh bien je vais faire comme le sire de Coucy qui répondit au monarque qui lui avait demandé « qui t’a fait sire ?, qui t’a fait roi ? Car les bonnes questions sont : qui fait la loi, comment, avec qui, pour quelle durée, sur quel territoire et pour quelles population s, dans l’intérêt de qui, au nom de quoi? Répondre à ces questions qui portent sur la légitimité de la loi et non sur sa simple légalité permet de refouler le discours du pouvoir (c’est-à-dire de ceux qui le détiennent) sur la légalité, laquelle établit le « droit positif ». Le droit positif n’est qu’une construction théorique des scientistes à la Auguste Comte qui a prétendu créer une science positive (lisez scientifique, c’est-à-dire hors toute référence religieuse, morale ou idéologique) de la société. Proudhon avait ironisé en qualifiant cette thèse, elle-même parfaitement idéologique car non démontrable ou « falsifiable » (Popper), de « sociâtrie » divinisant la société. En réalité, malgré les efforts de Kelsen pour rendre le droit scientifique, le droit « positif » n’est jamais que le droit existant, en place, en actualité de service, c’est-à-dire celui qui impose le « désordre établi » (Marc Sangnier), celui du « pays légal et non du pays réel » (Mauras). Reprenons nos questions.
* qui fait la loi, avec qui  et comment? Ce furent les religieux (droit divin) puis les princes. C’est depuis environ 2 siècles en Occident les démocrassouilles électorales. Il faudrait donc que la représentation nationale soit elle-même légitime pour avoir le pouvoir de « donner et casser la loi ». Cela ne peut exister que si elle correspond assez exactement au peuple lui-même (malgré toute sa diversité, tant de population que de valeurs et d’intérêts). On sait depuis longtemps que c’est une blague car le suffrage atomistique (individuel) ne permet pas de représenter les forces sociales réelles du pays, à savoir les groupements (collectivités territoriales de différents niveaux, groupements économiques et fonctionnels, groupes d’intérêts). En 1849 Proudhon écrivait à peu près : il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle une assemblée nationale pour comprendre comment le pays est presque toujours représenté par des gens qui ne le connaissent pas. Proudhon préférait presque avoir un roi car ce dernier peut avoir un cœur alors qu’une assemblée n’en a jamais. De toute façon, les récentes élections aux USA, en France, en Allemagne viennent de démontrer concrètement ce qu’il en est de l’état réel de la démocratie ; c’est pire dans l’UE en tant que cohue de 27 Etats hétérogènes dirigée par la technocratie bruxelloise, la CJUE et le Conseil Européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Ce n’est pas étonnant car dès le début les personnes prétendant agir démocratiquement au nom du peuple se sont méfiées de lui en tant que populace incontrôlable et ennemie de la propriété. La démocratie a donc été sciemment organisée pour confisquer le pouvoir et en chasser les représentants du peuple, par exemple par le suffrage censitaire le mode de suffrage, le découpage des circonscriptions, la division juridique du pouvoir souverain en rondelles (législatif, exécutif, juridique). En réalité, il n’y a qu’une oligarchie représentative qui oppose les dirigeants aux dirigés, les gouvernants aux gouvernés et qui repose sur une « partitocratie » professionnalisée. La loi est préparée par une technocratie ou « noblesse d’Etat » (haute administration diplômée dans un des « séminaires de l’aristocratie » comme l’X ou l’ENA) suivant les directives du pouvoir légalement élu et est votée par les godillots qui siègent dans les chambres. Certes le pouvoir a dû finir par consulter les corps intermédiaires (par exemple les syndicats) mais il détient toujours le dernier mot au nom du vieux « quoniam nominor leo ». La loi est donc élaborée de façon centralisée, y compris dans les Etats fédéraux. Ce qui change, c’est que le pouvoir fédéral se contente généralement de concentrer l’émission des principes et laisse les Etats fédérés écrire leur musique d’application. Alors qu’en France, règne l’uniformité et le jacobinisme centralisateur. Et ce n’est pas avec 15 % des voix des inscrits que la chambre des députains peut être vue comme légitime même si elle demeure légale…
Quand à la durée de la loi et même de la Constitution, il faut rire. En effet, on ne saurait exiger des générations futures qu’elle fasse perdurer ne varietur ce que les précédentes ont voté. Et, en Catalogne, la Constitution a été établie en 1978 dans un pays encore largement franquiste, c’est-à-dire unitaire; ce qui explique que le statut des « généralités » (provinces) ne soit pas allé jusqu’au fédéralisme comme en Allemagne. la loi est par construction provisoire car on ne saurait préjuger des évolutions futures, des accidents possibles, des aléas en tout genre. Bref, aucune loi ne peut être gravée dans le marbre. On ne peut faire durer que des principes de légitimité. cela concerne au premier chef la loi électorale qui a été pondue pour ne pas représenter la pluralité des populations vivant sur un même territoire mais pour assurer la perpétuation des partis politiques.
Pour ce qui est des acteurs concernés et des intérêts, on trouve là la question de la souveraineté du peuple. Même si le peuple voit l’exercice de sa souveraineté (et pas le principe souverain) délégué de fait à des représentants, il n’en reste pas moins que ceux-ci ne peuvent légitimement décider et agir que dans l’intérêt général, le bien commun, la cohésion sociale dans la diversité des groupes sociaux. Or il est clair que depuis la révolution libérale de 1980 les représentants se sont servis de la toute-puissance législative des chambres et de l’Etat pour imposer aux peuples un système libéralo-capitaliste (SLC) contraire à leurs intérêts. Contrairement au blablabla des libéraux, l’Etat n’a pas vu sa puissance interne diminuer; il l’ont utilisée à mort pour avancer vers le SLC à grands coups de règles favorables au Kapital, de lois répressives à l’encontre des opposants (d’où l’intérêt des lois sécuritaires ou anti-terroristes), de la montée incessante des forces de police. En revanche, il sont cédé la souveraineté à usage externe aux traités internationaux, à l’UE, à l’OMC et autres organes internationaux. C’est ce qui permet au Maqueron, avec ses 15 % de légalité de violer impunément l’intérêt général. Mais il excipe d’une justification économiciste: favoriser les riches etle kapital, c’est faire ruisseler le fric sur les pauvres, créer des emplois par l’investissement productif. C’est la thèse libérale qui n’a jamais été empiriquement prouvée, bien au contraire car le fric va vers les paradis fiscaux, la phynance et les dividendes au profit des « 1 % » les plus riches, ceux que favorise Maqueron!. cependant on doit ajouter que la définition de l’intérêt général ne saurait en aucun être le monopole des élus tout simplement par ce que les populations et les groupements ne sont pas homogènes et que, donc, il ne peut résulter que d’un processus de négociation et de compromis provisoire entre ces acteurs sociaux. Ce que, précisément, les excellences unitaires, centralisatrices et politicardes veulent éviter en parlant de l’unité du peuple (qui est un état au lieu de l’union qui est un processus d’action et de décision); cela leur sert à monopoliser le pouvoir, à éliminer la concurrence (dont en économie ils nous rebattent les oreilles) à tout uniformiser pour se conformer aux normes du SLC.
Pour ces raisons, les populations désavantagées par le SLC, les gouvernants au service du kapital, les règles iniques contre l’auto-détermination des peuples (dont celles de l’ONU qui ont réduit cela à des cas très limités car ce sont les dirigeants en place qui y font la loi) sont parfaitement et légitimement habilitées à se révolter contre la légalité en place et à venir et à réclamer leur indépendance

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