les armes de la critique

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Le libéralo-fascisme nationaliste et impérialiste US

Classé dans : politique — 2 juin, 2020 @ 9:54

Depuis longtemps, on nous présente la démocratie américaine comme le parangon de toutes les vertus. Eh bien, ce n’est pas vraiment le cas. Pour le prétendre, il faut « en même temps » oublier l’histoire des USA et la réalité de sa prétendue démocratie et de sa situation socio-économique. Le pays s’est construit sur la violence à l’encontre des Indiens et des Noirs ; il en résulte un racisme endémique bien que les discriminations soient censées avoir été supprimées en 1963. Il a été bâti sur la conquête des grands espaces de l’ouest à coups de revolvers et sous l’emprise des « barons voleurs ». La loi du plus fort et de Colt y a fait accaparer d’immenses latifundia pendant que l’essentiel de sa population vivait dans la pauvreté et la précarité. Cette violence a été légitimée par le mythe du self made man, du mérite individuel, de la réussite par le travail, chacun étant censé disposer de son bâton de maréchal grâce aux énormes occasions de pouvoir s’enrichir en partant de rien. Le tout est couvert par une religiosité alimentée par des sectes évangéliques en compétition sur le grand marché de la crédulité et de l’espérance dans un monde meilleur.
La démocratie US n’a reculé devant rien : vol de territoires au Mexique, menées fascistes en Amérique du Sud à grands coups de pronunciamentos concoctés avec la CIA (et en Iran contre Mossadegh), guerres anti communistes, domination des ressources pétrolières mondiales, souveraineté imposée du dollar, espionnage même des alliés, exportation de son modèle par les armes, mensonges pour justifier des interventions ici ou là, extraterritorialité de son droit et embargos et sanctions, soutien aux pires dictatures (Arabie Saoudite, Chili, Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Grèce, Portugal…) pourvu qu’elles soutiennent le « camp du bien ». Bref, un impérialisme camouflé en démocratie bienveillante, notamment par suite de son apport au renversement des dictatures nazi, mussolinienne, japonaise. Mais rappelons que pendant de temps les banquiers et industriels US continuaient d’entretenir de bonnes relations avec Hitler. Les USA défendaient « un monde libre », façonné à son image (Japon, Allemagne) contre les ennemis du modèle libéral opposé aux communistes pendant la « guerre froide ». Les USA prétendaient n’avoir jamais eu de colonies ou de guerres coloniales, ce qui est parfaitement faux : guerres conte le Mexique, L’Espagne, colonisation de Cuba et de Porto Rico, interventions néocoloniales au Vietnam, en Irak, en Afghanistan.
La démocratie US est l’épicentre des régimes inégalitaires alors même que sa soi-disant promotion sociale a été réduite à zéro. Les Noirs, les Amérindiens, les Latinos, les petits blancs, les clandestins y servent de volant de main d’œuvre sous-payée et taillable et corvéable à merci, force de travail qui a été éliminée en premier par la crise du corona virus (plus 40 millions de chômeurs). Elle est fondée sur les rivalités raciales et économiques aggravées par les délocalisations industrielles. Elle tient encore debout sans doute à cause d’un phénomène psychologique profond : tout individu a besoin d’une estime de soi ; quand il est au bas de l’échelle sociale il lui faut des gens en-dessous de lui et dont le mépris le revalorise un peu : sa femme, son chien, le Noir, l’Indien, le Latino, l’immigré, le déviant, l’étranger … D’où le succès de Trump qui agite en permanence ces « passions tristes » du ressentiment des petits blancs, membres d’une secte protestante et disqualifiés.
Il y a longtemps que la démocratie américaine a été captée par les puissances d’argent ; les élections n’y sont qu’un barnum amusant le peuple pendant que les affaires sérieuses sont traitées ailleurs et en catimini. Elles sont régies par l’argent, le spectacle, les attaques ad hominem, les scandales. Un procureur peut y être élu via le financement de sa campagne par les policiers ou les friqués. La justice procédurale et accusatoire (accusation menée par un procureur élu et dirigeant les investigations policières face à un avocat, capable ou non de faire des contre-enquêtes), montre un traitement particulièrement inique des pauvres qui n’ont pas les moyens de lutter avec un bon mais très coûteux avocat contre les magouilles de la police et des procureurs élus. Les « portes tournantes » (revolving doors) entre les fonctions politiques, administratives, financières ou économiques fonctionnent à plein régime en toute légalité. Et n’oublions pas la suprématie du dollar, monnaie purement flottante et non gagée, qui fait que les USA peuvent se moquer de leurs déficits puisque les autres pays (évidemment consentant (notamment la Chine) la prennent sans broncher afin de pouvoir y exporter. On voit la dépendance voulue de l’UE à cette domination dans le fait qu’elle n’a pas fait grand-chose pour faire de l’euro une monnaie internationale concurrente. En fait le centre US n’a gouverné le monde que par suite de ses périphéries bien soumises. Cette emprise s’appuie sur des dépenses militaires absolument astronomiques, les autres pays dans son orbite de puissance s’en remettant aux USA pour faire régner le désordre libéral, montré notamment par les produits financiers qui ont conduit au crash de 2008. Tout cela permet à la démocratie US en trumpe-l’œil d’imposer son modèle SLC de société mais seulement, si j’ose dire, à ses clients ; ses fidèles toutous, dont leur chère Allemagne. Les USA ne sont forts que de la soumission des autres et c’est précisément ce qui est en train de basculer sous la poussé des pas émergents. Si les Gafam, qui jouent sur les différences fiscales pour optimiser leurs profits ne sont pas encore taxés, c’est tout simplement parce que les autres pays ont peur de mesures de rétorsion.
En fait, sous couvert de démocratie libérale et de libre-échange, les USA ont toujours mené une politique nationaliste, de protectionnisme et de puissance par suite des abandons permanents de souveraineté par les autres pays. La fameuse doctrine Monroe d’isolationnisme a toujours été un paravent. Trump ne fait qu’enlever le masque pour combattre la perte de puissance des USA. Gageons que le monde ne va pas tarder à en revenir aux traités de Westphalie et de Vienne qui ont instauré un « équilibre des puissances » nationales en compétition. Cela remonte à loin, notamment quand Nixon s’est rapproché de la Chine, c’est sans doute sous la pression des lobbys industriels qui voulaient y sous-traiter ou délocaliser afin de lutter contre la concurrence des autres pays industrialisés. Naturellement, cela a donné le la de la course perpétuelle au moins-disant.
Mais il n’y a pas que la finance, l’ennemi de Guimauve le Concurrent, à régner aux USA : il existe aussi depuis fort longtemps un très puissant complexe militaro-industriel amplement documenté qui pousse aux guerres et aux dépenses militaires pour vendre ses engins de mort dans le monde entier (les USA sont de très loin le premier exportateur d’armes dans le monde. Il est clair que le corona va largement contribuer à faire rebattre les cartes de la division SLC du travail mondial et de la domination US. Les rugissements de Trump ne sont que les cris de la bête blessée.
Et cessons de survaloriser les interventions US en 14/18 et 39/45. Elles furent très tardives et surtout très intéressées car ce qui était déjà en jeu c’était l’installation de la suprématie US contre les empires centraux. Et ce fut l’occasion à la fois d’une image trop flatteuse (le rôle de l’URSS fut constamment dévalorisé) et d’une expansion économique d’écoulement des surplus industriels, agricoles et … cinématographiques. Le chantre des « real politics », à savoir le nobélisé de la paix (!) Kissinger, ne s’y est jamais trompé. Les nations n’ont jamais eu que des intérêts. Rappelons que les USA ont beaucoup plus détruit en France en 1944 que les Doryphores et ce n’est sans doute pas seulement pour des raisons avouables (les bombardements à 5 km de haut étaient justifiés par des économies en vies humaines de soldats US). La politique US après 1945 fut essentiellement menée contre le communisme, d’où le plan Marshall pour empêcher l’Ouest européen de basculer derrière le « rideau de fer ». Protégez-moi de mes amis, de mes ennemis, je me garde… Et avec les crises du corona et du climat, cela ne va pas s’améliorer du tout car chaque pays va tâcher de sauver ses meubles contre les autres. Il en va de la survie du SLC.

La mac-chronie commence de se débander

Classé dans : politique — 1 juin, 2020 @ 10:19

En 2017, un coq « disruptif » et « hors système » (soi-même dixit) s’emparait du pouvoir à la surprise générale. Les vieux appareils de politicards, tout habitués aux alternances classiques avec lesquelles rien ne change, furent renversés au profit d’une « révolution ». Dans la foulée fut élue une chambre bleu horizon et introuvable composée d’un ramassis de transfuges « de droite et de gauche », d’opportunistes, de véhicules tout-terrain, de girouettes énamourées, de gens issus de la « société civile » (lisez des bien en place dans le SLC). Cette assemblée de godillots votait comme un seul homme les oukases du zident afin de changer de société à toute vitesse. Changer n’est pas le mot ; il s’agissait plutôt de finir de mettre en place le SLC en France et cela « a tutti gambi » après les atermoiements, palinodies, valses-hésitations, rétropédalages des présidences précédentes. Ce fut une grande réussite de Mac-Tron que de faire passer une accélération de l’ancien monde pour un changement ; ce n’était qu’une uchronie car le malhomme est arrivé trop jeune dans un monde trop vieux, lequel était pourtant son monde idéal. Mac-Tron n’était qu’un mirage aux Alouettes (vieux hélicoptères francouis) arrivé en Rafale sur un pays déjà dévasté par la trahison de ses élites politico-administratives. C’était l’ancien monde déguisé en Zorro qui dissimulait ses vrais soutiens : la finance, les médias, les gens bien insérés dans la mondialisation, la haute administration (d’où il sort comme un des harengs du banc libéral) convertie depuis longtemps au libéralisme. Le mouvement des Gilets jaunes n’allait pas tarder à dévoiler la trumperie. Car Mac-Tron commença à être le président des « très riches » (dixit Guimauve le Concurrent) et exerça sa toute-puissance de façon verticale, impériale, en renvoyant à la niche les syndicats et les corps intermédiaires, en faisant voter sa chambre des députains comme il le voulait, en fonçant tête baissée dans le lard de ses putains de « Gaulois réfractaires », sans costume ni dents, illettrés … M-C avait pris ses désirs pour des réalités : certes, il y avait une profonde aspiration au changement dans le pays mais ce n’était pas, du moins pour une large majorité de la population, pour finir d’implanter le SLC ; c’était pour la justice et une vie convenable pour tous. M-C, comme les vieux politicards de la vieille ripoublique en appelait au rassemblement, à l’unité (au lieu de l’union qui ne se décrète pas) dans le « en même temps » où il accentuait la déjà énorme fracture sociale clivant le pays. Certes, il n’était pas responsable des 30 années antérieures de lent mouvement vers le SLC. Mais non seulement il en reprenait l’héritage mais encore il voulait le sacraliser. Et au temps II de la ripoublique « enjaunie », M-C fit semblant de faire machine arrière ; ce fut le barnum de la consultation, de la concertation, de la communication trompeuse et à sens unique. Ce qui fut montré par le lancement, char Dassault en tête, de la réforme des retraites après celle du chômage. Cela allait manifestement à l’opposé des bonnes paroles proférées pour gagner du temps après avoir un peu calmé la colère avec des mesurettes pour le pouvoir d’achat des actifs les plus pauvres (pas pour les inactifs, retraités ou exclus en tout genre). M-C est comme le scorpion : le SLC est dans sa nature. C’est son « habitus » d’appartenance à « la noblesse d’Etat ».
Patatras, enfin Corona vint et le premier en France dévoila au grand jour et de façon imparable ce que le peuple ressentait depuis longtemps à propos des conséquences du SLC : illusions, mensonges, dévastation des services publics, toute-puissance d’une administration normalisatrice, balkanisée, incompétente et ayant sacrifié l’intérêt général sur l’autel de ses ambitions, inégalités criantes, exclusion des « premiers de corvée », déréliction des classes moyennes, désindustrialisation galopante au profit de la finance, fractures sociales, territoriales, ethniques, culturelles, politiques, socio-économiques, division du pays en deux blocs opposés, montée incessante des lois sécuritaires et de la répression, état compradore avancé des médias, non représentativité du système politique, impécuniosité organisée de l’Etat au profit des puissances d’argent, laxisme électoraliste vis-à-vis du communautarisme … M-C s’est trouvé fort dépourvu quand la crise fut venue car, après 30 ans de SLC, idéologie de son fonds de commerce, le pays n’avait pas les moyens de faire face. D’où les manifestes ordres, contrordres, désordres de sa politique de réponse. Réponse qui, par manque de moyens, fut inadaptée et va entraîner une catastrophique crise socio-économique.
Les politicards commencent de comprendre la situation et vont tous s’efforcer de sauver leurs fesses du désastre qui se profile. Certains, même dans la maison Macron avant sa chute programmée, se souviennent de ce qu’ils furent de « gôche » (oh si peu) et anti SLC au moins en paroles. D’autres se raidissent et veulent sauver les meubles du SLC. Les uns flottent au gré du vent mauvais de leur retour à la vie civile. Les autres arborent le pavillon nationaliste, anti UE, quasiment autarcique. On voit flotter les pavillons noirs de toute obédience : réactionnaires nationalistes et souverainistes, réformateurs SLC, écolos dogmatiques, socialos en peau de lapin, révolutionnaires en paroles, conservateurs frileux, sécuritaires de tout poil. Mais tous ont la même frousse : perdre leur pouvoir, leurs privilèges, leur fauteuil, leurs sinécures… Aucun ne présente u projet et une stratégie solide de changement progressif et cohérent. Tous se situent dans le cadre actuel de la démocrassouille non représentative qui met un mur entre le peuple, la société civile et le pouvoir politique toujours vertical et en surplomb, toujours extérieur et supérieur à la société. C’est même caricatural chez Melanchthon qui se sent si proche de Cuba et de feu Chavez, toujours aussi jacobin et centralisateur.
Normalement, le corona a fait éclater la baudruche ni droite, ni gauche. Il devrait permettre de clarifier la situation : d’un côté, un bloc anti SLC, démocratique, fédéraliste, justicialiste, écologiste, immergé dans la société au lieu d’être au-dessus ; de l’autre, un bloc de droite « libéral en économie, pro kapital et attaché au pouvoir central de domination de la société. Et, au passage, disparition du juste milieu à la Mac-Tron. Eh bien, on n’en prend pas le chemin. On assite plutôt aux querelles d’écoles et d’idéologies, aux ambitions personnelles, aux luttes de clans et de sectes, au sauve-qui-peut, au narcissisme des egos, au primat de la politique politicienne sur les problèmes du pays et du peuple. Une seule est sûre : la disparition de la parenthèse macronienne, pouvoir de droite camouflé en « gôche » moderniste et le renflouement de la droite libérale classique. Avec un grand risque : la montée du RN (conformément aux vœux de M-C, pour joue au front ripoublicain en 2022) et surtout l’apparition de populistes à la Beppe Grillo. Pendant ce temps, on assiste aux manœuvres des potentats locaux des grandes villes qui veulent s’installer en princes de leur royaume local et peut-être sans servir comme tremplin pour viser plus haut.
Nous sommes en fin en position de solder des siècles de centralisation française si l’on dépasse les obstacles présentés ci-dessus. Cette administration marchait à peu près quand les élites politiques et administratives avaient encore le sens de l’intérêt général comme sous Charlot. En France, il y a deux priorités dont les politicards ne parlent guère : remettre le pouvoir politique dans la société et le répartir entre tous les acteurs ; révolutionner l’administration pour qu’elle soit au service du peuple et non à celui des politicards et de leurs amis, les puissances d’argent. Et la solution pour cela, c’est le fédéralisme intégral (économique, politique, juridique, culturel) proposé par Proudhon. Las, on se dirige doucettement soit vers la remise en place du SLC, soit vers le chaos.

De la gouvernance verticale illustrée par Mac-Tron et « le management »

Classé dans : politique — 30 mai, 2020 @ 11:00

Ce qui compte pour des dirigeants imbus de leur pouvoir, croyant le mériter de par leurs diplômes d’appartenance à la « noblesse d’Etat », c’est de l’exercer de façon verticale, centralisée, absolutiste, descendante, bref hiérarchique et sans contestation possible par les subordonnés. Il y a deux prototypes de ce mode de gouvernance : les entreprises où les employés ont un devoir de subordination et la France énarchique, jacobine et bureaucratique. Et cela s’est largement aggravé avec la conversion de nos prétendues élites au SLC.
Tout au long de ma brève carrière à EDF/GDF (j’ai dû partir à 56 ans à peine pour cause de dissensus total avec les orientations de la boîte), j’ai observé un type de direction qui se trouve être, 50 après, celui d’un Mac-Tron. Voilà quelques anecdotes pour l’illustrer. J’ai débuté au centre de distribution Ile de France Sud comme commercial ». Je fis un stage d’accueil des jeunes cadres où je découvris que c’était un lieu d’espionnage pour détecter les récalcitrant. Dès mon retour de stage, je fus incriminé de mauvais esprit et muté manu militari au service organisation de la « grosse D.onD.on (direction de la distribution) avant de me faire virer par le dirlo, un certain Courbey, radical-cassoulet devenu gaulliste (comme le nom l’indique) pour cause de crime de lèse-majesté et d’être renvoyé au centre. Puis j’ai eu l’immense chance d’être reçu au service Profor (formation-recrutement-organisation) à Paris. Ce service était à la pointe de la formation en France et j’y fis une bonne partie de ma courte carrière. Il contenait maints gauchistes qui furent peu à peu virés quand le service fut lui aussi soumis aux directions d’exploitation. Ensuite, après un passage bref en distribution, je revins à la DRH de l’époque. Courbey était un opportuniste ; ce ne fut pas le pire. On eut des dirigeants ensuite nommés par le pouvoir au gré des alternances politiques. Après 1981, les directions furent truffées de Cédétistes de la 3ème gauche, tout acquis à la transformation des entreprises au SLC. La DRH récupéra ainsi le couple Daurés sous la coupe duquel je passais 10 ans sans avoir eu 20 ans dans les Aurès. Puis on eut un RPR. Et aux DG et présidences d’EDF et de GDF ce fut la grande valse des dirigeants, très loin des historiques marqués par l’intérêt général (Delouvrier, Massé, Boîteux : Alphandéry (une nullité de droite), Rousselet (un flic qui faisait espionner le personnel et le courrier ; on a failli avoir Daurés qui déçu de n’être pas nommé président d’EDF, partit chez Bouygues, principal fournisseur d’EDF en béton. Ce fut l’ère des larbins du pouvoir et des opportunistes s’appuyant sur la CFDT. Mais j’y appris la gouvernance SLC en période de lois Auroux sur l’expression du personnel. Vous créez des groupes de travail dûment sélectionnés en fonction de leur idéologie, de leur conformisme et de leur obéissance à l’autorité. En tant que chef, vous restez en surplomb, laissez le groupe blablater et ne prenez de ses propositions que ce qui va dans votre sens (la mise en place du SLC par petites étapes) et conforte votre pouvoir. Donc, c’est la hiérarchie qui décide en sa toute-puissance et excipe de la participation du personnel. Quelques rares compétences figurent dans le groupe afin de s’assurer que le travail ne sera pas idiot, ce qui permettra au décideur de se replier sur un projet « à dire d’experts ». Et dans les instances représentatives du personnel (purement consultatives, du reste), ça passe comme une lettre avant les réformes de la Poste car la CFDT approuve tout toujours. Voilà comment on peut conserver le pouvoir hiérarchique sous couvert de démocratie participative ! Ce qui me fit dire un jour alors que j’étais dans un de ces groupes bidonnés : ce n’est pas parce qu’on se met à plusieurs pour faire de merde que cela n’est pas ; on en a seulement davantage. Cela ne m’a pas valu un avancement mais ma mise au placard.
Eh bien, Mac-Tron fonctionne exactement de la même façon. Voyons-le avec son nouveau « conseil scientifique » en économie. M-C a pris soin de n’y mettre que des économistes libéraux mainstream. On n’y voit pas de pluralisme ; les écoles dissidentes (de la Régulation, des Conventions, des Institutions, a fortiori les « économistes atterrés ») en sont absentes. On n’y trouve pas Piketty, Zucman, Saëz, Duflo, Boyer, Aglietta, Boltansky, Porcher, etc. M-C va faire semblant d’écouter son groupe d’experts (plutôt des groupies) et décidera tout seul dans son infinie sagesse de financier énarchique. Le caractère compradore d’un groupe d’experts se voit tout de suite en examinant sa composition, en l’occurrence du Tirole, du Blanchard, du Larry Summers, du Daniel Cohen … Le seul, un peu déviant car libéral de gauche (aux USA…), est Krugman. Superman a sans doute été échaudé par son conseil scientifique sur la santé, trop disparate et d’avis contraires : il a dû décider tout seul et politiquement et les Francouis ont bien vu que l’expertise, c’était la bouteille à l’encre et que les décisions ne lui devaient rien.
Si on veut un peu plus de démocratie dans les boîtes, ce dont devrait s’inspirer le pouvoir politique, il fau au moins de la cogestion à l’Allemande avec présence substantielle de représentants syndicaux dans les organes de pilotage. Et ce n’est pas du tout une garantie car quand les négociations ont lieu entre membres de la même entreprise on aboutit au corporatisme et à la défense commune d’icelle comme l’ont montré les tricheries massives de Volkswagen sur le diesel. Mais cela reste mieux que les « groupes d’expression » quand la seule hiérarchie est habilitée à les constituer.

La bataille entre pro et anti SLC est lancée

Classé dans : politique — 29 mai, 2020 @ 10:48

Les choses deviennent très claires depuis que les questions économiques ont supplanté les sanitaires comme on dit chez Jacob-Delafon. Il devient urgent de repérer et d’évaluer les forces en présence. D’un côté, nous avons celles du kapital, du libre-échange, de la concurrence über alles, du SLC qui veut continuer comme avant. Ces forces sont « en même temps » celles des pouvoirs en place, dont les démocrassouilles libérales depuis longtemps captées par les puissances économiques et financières. Bien que démonétisées depuis la crise de 2008, ces forces lancent la Reconquista de l’économie libérale mondialisée. Et déjà en France le pouvoir arrose sans compter : et voilà 8 milliards pour les bagnoles, 7 pour l’aéronautique, 30 pour le chômage à temps partiel (dont 1/3 payé par l’UNEDIC), etc. Le pouvoir, hélas pour lui, ne peut pas continuer de s’endetter à tire-larigot et commence à vouloir diminuer les aides, ce qui va nous donner en septembre un superbe pic de chômedu. La présidente de l’UE, Ursula dressed en Chanel, propose un plan de relance de 750 milliards, 1/3 en dette remboursable (250), 2/3 en subventions pour les pays les plus atteints ; affaire à suivre car il faudra l’unanimité des 27 chefs d’Etat et de gouvernement pour accepter. Où va aller ce pognon de dingue ? Ce serait pour les systèmes de santé, pour les investissements écologiques. Il faudra voir la réalité. La donne écolo pourrait être une trumperie comme le montre déjà la France qui veut devenir la reine européenne des voitures électriques alors que cette filière est éminemment polluante et qu’il existe déjà une filière bien plus porteuse, à savoir celle de l’hydrogène , hélas pour l’instant réduite à la pile à combustible (qui permet de faire de l’électricité) et qui veut faire redémarrer l’aviation moyennant des engagements écolos alors que cette activité est elle aussi on ne peut plus polluante et accélératrice de la libre circulation de tout et de n’importe quoi. Le pouvoir parle de pousser aux relocalisations ; permettez-moi d’en douter car cela serait bien plus coûteux pour des consommateurs déjà amputés d’une bonne part de leur revenu. Du reste, le Ségur de la santé s’annonce déjà sous de mauvais hospices puisque l’idée du gouvernement serait d’augmenter les salaires via des heures-sup permettant de casser les 35 heures. Le pouvoir n’a pas l’air de vouloir encourager les circuits courts de distribution pourtant fort demandés mais qui font plonger la grande distribution. Les banques et les assurances continuent de financer les énergies fossiles, même les plus polluantes comme les schistes bitumineux. Le projet de plan de relance économique de L’UE semble faire la part belle au redémarrage SLC. L’UE s’imagine, pour disposer d’un budget à sa main sans augmenter les prélèvements communautaires (rappelons que le budget de l’UE, c’est en gros 1 % de la totalité des PIB), faire payer les GAFAM et une taxe dioxyde de carbone aux frontières. Cela inaugurera l’aggravation de la concurrence entre pays à grands coups de taxes, de normes et de droits de douane. Les pro SLC sont pour car le moteur dudit SLC, c’est la concurrence même si elle n’est plus « libre et non faussée ». Face à une demande solvable en berne et réorientée vers le nécessaire et le proche, en profitant du tsunami de faillites qui menace, les plus puissants du SLC lancent déjà la concentration des activités afin de faire de économies d’échelle et de prendre la clientèle des plus faibles. Le problème numéro 1 des pays va être celui de l’emploi et pour tenter de le résoudre ils vont relancer la croissance suivant le seul modèle qu’ils ont appris à l’ENA, celui du SLC : le schéma est simple croissance vers emploi et baisse du chômedu, moins d’insécurité attendue par le populo à partir du pouvoir étatique, retour de la confiance, élections piège à cons. Et le pire est que cela risque de marcher car il n’y a pas d’autre solution bien connue et car les forces du SLC sont encore bien plus puissantes que les autres. Il ne faut jamais oublier que le SLC est « un bloc » historique », « un fait social total » qui regroupe politicards, dictateurs corrompus, banquiers, finance offshore, médias, trafics en tout genre, paradis fiscaux, darknet et réseaux sociaux, industries et commerce, lobbys, polices et justices aux ordres, propagandistes de la foi libérale, dont les économistes mainstream, cabinets de gestion et d’audit, agences de notation, institutions financières internationales, bureaucraties internationales (ONU, UE…), syndicats achetés ou insérés dans le système, etc. Il y a aussi les contraintes énormes de la balkanysation des chaînes de production qu’on ne peut pas redistribuer aisément et cela d’autant plus que la concurrence va durcir davantage la course au moins-disant pour remporter les marchés qui subsisteront. La réponse du SLC sera comme celle de toujours : chacun pour soi et Dieu pour tous, sauve-qui-peut et vive les passagers clandestins. Par exemple, en Europe, les petits pays qui touchent beaucoup et contribuent peu ou peuvent exporter beaucoup, qui peuvent préserver leurs rentes (notamment fiscale), qui ont le privilège de la prise de décision à l’unanimité vont tout faire pour sauver leur peau.
De l’autre côté, on a la masse immense des « premiers de corvée, masse hélas inorganisée, dépourvue d’orientation politique et instrumentalisée par une gôche éclatée, rivale, pleine d’ambitions personnelles, sans projet et tenant à des institutions pourries qui facilitent leur conception verticale de l’exercice du pouvoir. Mais cette masse, qui depuis longtemps souffre du SLC, peut être amenée à se coaliser par la force des choses : chômage énorme surtout pour les contrats courts servant de volant de main d’œuvre, précarité, pauvreté, insécurité et victime toute désignée du virus. La politique classique et le regain du SLC ne calmeront pas ses souffrances et son ressentiment. Elle sera amenée à prendre en mains directement sa situation et son avenir à la base, par effet boule de neige des expérimentations sociales, par fédération progressive des idées anti SLC et des luttes pour sa survie. Cela prendra beaucoup de temps surtout si les politiciens et les bonnes volonté orientées par la justice et l’écologie continuent de se diviser au nom de la prise du pouvoir. La stratégie doit être expérimentale, réflexive ; collaborative, démocratique, construite de bas en haut à partir du local ou du spécifique ; elle doit viser à se séparer du monde et de la logique SLC en construisant peu à peu autre chose tout en se servant hélas de ce qui existe et qui est largement phagocyté par le SLC. Mais celui-ci n’a-t-il pas mis environ 3 siècles à se constituer en système pervers et hégémonique ?

Le « Ségur » de la santé

Classé dans : politique — 26 mai, 2020 @ 11:10

Enfin une bonne occasion de relire la comtesse, née Rostopchine, notamment les mémoires d’un âne ou les petites filles modèles. Car figures-vous que c’est Mme Notat qui mène le bal, cette dame qui fut secrétaire générale de la CFDT et a fondé Vigéo, un organe tout dévoué au patronat qui, du reste, en est le principal contributeur (apport de capital et surtout commande d’expertises sur la qualité sociale des boîtes). C’est un peu comme si on demandait au renard de conseiller pour la construction du poulailler. Cela va faire partie de ces grandes séances de « négociation » dont il ne sort pas grand-chose vu que les dés en sont pipés dès le départ par la désignation étatique et gouvernementale des participants aux réjouissances sans sens. C’est de la ca(mo)mille Saint-Saëns sur les souffrances sociales des milieux de la santé, de ses usages et de ses usagés.
Le pouvoir a commencé par afficher la cerise sur le gâteau, à savoir la revalorisation des rémunérations en plus des primes et des médailles. Il espère que cette générosité exceptionnelle va calmer les rancœurs et aigreurs des « soignants ». Sauf que c’est loin d’être le principal problème d’iceux que d’avoir un peu de beurre sur leurs épinards. Quand on vous dit que le pouvoir libéral ne comprend que les approches quantitatives et financières, celles qu’il peut contrôler sur des tableaux de bord ad hoc. Le Barnum va donc être plaisant à regarder si possible de loin. Passons en revue les problèmes pendant depuis des années et qui font tâches de son et de lumière, bref les sujets qui fâchent :
• La fameuse T2A, tarification commune au privé et au public et que le pouvoir diminue chaque année, ce qui pousse encore plus à multiplier les actes les plus rentables. La T2A ne compte pas les dépenses liées à la recherche, à la formation, aux urgences et aux cas difficiles des pathologies complexes ou multiples
• L’ONDAM qui étatise les finances de la sécu et dont l’enveloppe est régulièrement abaissée afin de serrer le kiki aux dépenses de santé avec comme résultat le manque de moyens en lits, en matériel et en personnel (sauf administratif qui lui enfle pour surveiller les dépenses et rogner les ailes de ces toubibs qui se moquent de la saine gestion
• Un ridicule 3% affecté aux dépenses de prévention, laquelle serait à assurer par le corps médical des généralistes et des dispensaires
• La liberté, en secteur 2, des rémunérations des toubibs et surtout le fait que c’est un paiement à l’acte quand la Gibbye paie en fonction du volume de la clientèle
• Le numerus clausus en baisse constante afin de restreindre l’offre de soins et ainsi les dépenses, ce qui contribue « en même temps » à la désertification médicale des campagnes, des territoires « rurbains » et des banlieues
• L’augmentation du reste à charge et la prolifération des (fausses) mutuelles pour compenser via aussi les CMU pour les pauvres
• Le financement des EHPAD privés par des ressources publique au lieu de développer les publics
• La privatisation de la recherche au profit des laboratoires privés et les autorisations de mise sur le marché à des tarifs prohibitifs (négociés avec le pouvoir capté par les labos) pour amortir les frais de recherche et aussi de pub., de com. et de commercialisation ; la délocalisation par les labos de la production des ingrédients de base dans les pays low cost
• La non-prise en compte des sur-dépenses occasionnées par les produits chimiques, les pollueurs n’étant pas les payeurs ; c’est la sécu comme pour les maladies professionnelles non reconnues ou les accidents. De même que l’ONDAM ne prend guère en compte non plus le vieillissement de la population et la technicité onéreuse des nouvelles techniques. L’ONDAM a été mise depuis longtemps sous logique SLC de court terme et de critères financiers
• La caporalisation du secteur de la santé par des agences étatiques comme les ARS plus la nomination de gestionnaires à la tête des hôpitaux, sa standardisation normative, la disparition de l’autonomie du corps médical
• La baisse des cotisations sociales sur les bas salaires et les heures-sup, de moins en moins compensée par l’Etat contrairement à la loi et aux promesses
• La non-jonction entre le secteur médical public et le privé, notamment comme déjà dit pour la prévention
• La présence d’intérêts privés et SLC dans tous les organes et agences étatiques et les TAS ou les négociations sur la liste de maladies professionnelles
• La chasse aux fraudeurs aux prestations sans équivalent pour la fraude aux cotisations
• La quasi-élimination de la médecine du travail (quels gêneurs !) comme acteur important comme la disparition des CHSCT englobés dans un organe unique
• L’absence de politique organisationnelle du secteur de la santé publique au profit de la seule gestion et de la toute-puissance des délégués de l’Etat. Car les acteurs concernés n’y sont pas impliqués vu qu’ils ont été éliminés par l’Etat centraliste et jacobin
• La multiplication des organes de santé publique en forme d’usine à gaz, de cloisonnement et de rivalités (SPF, HAS, Inserm, ARS, ministère, agences diverses…), les normes et critères de ces organes ont remplacé les analyses de terrain au cas par cas dans la diversité des problèmes et des situations. Car le pouvoir s’imagine tout contrôler à partir de tableaux de bord financiers standards
• Bref, y a t’il une politique de santé à long terme ? Y a t’il un pilote dans l’avion ? Non, car la logique générale est celle du libéralisme : « il n’y a pas de problème qu’une absence de solution, de prévision, de planification, de prise en compte des problèmes humains et sociaux ne puisse résoudre. Les marchés efficients régulent tout bien plus efficacement que la puissance publique. Il convient donc de se débarrasser d’icelle au profit d’une socialisation fédérative de la santé.

Nouvelle monnaie française et Banque du peuple

Classé dans : politique — 26 mai, 2020 @ 9:20

Rappel : contrairement aux autres monnaies, toutes flottantes et fondées sur la seule confiance des marchés et des citoyens, j’ai proposé une nouvelle monnaie française fondée sur une critère objectif et calculable, donc sur une garantie sérieuse, à savoir le volume d’heures travaillées dans le pays. Ce volume, qu’on peut aussi valoriser en fonction de la nature des heures (dont le coefficient va de 0,5 à 5), permet de s’assurer que la quantité de monnaie correspond au travail effectué, donc d’éviter un trop de monnaie entraînant une inflation. Naturellement, le volume considéré n’est pas manipulable par le gouvernement à condition que la statistique publique soit socialisée dans un organisme unique, fédéré et indépendant.
Autre avantage : si cette monnaie a cours forcé dans le pays (du reste comme les autres qui, elles, ne reposent sur rien), cela veut dire aussi qu’elle n’est pas directement convertible sur les marchés internationaux. Ce qui signifie aussi qu’elle oblige à restaurer un contrôle des changes. En effet, pour la convertir, il faudra disposer de réserves de change apportées par les exportations ou les revenus perçus de l’étranger ; tout importateur devra demander des devises mais si le pays n’en a pas assez cela ne sera pas possible. En d’autres termes cela forcera à avoir une balance des paiements équilibrée alors que la France macronienne persiste à montrer un déficit commercial de plus de 50 milliards d’euros par an (contre un excédent allemand de 150 à 200). L’ennui du déficit est qu’il correspond exactement à des apports extérieurs de liquidités pour compenser (ce qui a été notamment prouvé par la Grèce qui achetait et empruntait sans compter aux autres pays et aux banques de l’UE, bien heureux de laisser filer la chose pour y vendre, ce qui a produit la faillite que l’on sait). C’est ce qu’a facilité la monnaie unique pendant un certain temps car les pays en déficit pouvaient quand même emprunter au tarif commun UE, ; ce qui a permis à la BCE de négliger que ce qui compte, c’est en fait le taux d’intérêt réel, c’est-à-dire tenant compte de l’inflation qui galopait en Grèce. En fait, la dette publique ne pesait pas trop, compte tenu du taux d’intérêt des emprunts pour toute la zone euro ; en revanche la dette privée, pour laquelle le taux d’intérêt englobait en plus l’inflation à la grande joie des banques européennes, surtout allemandes et française, s’envolait et pesait de plus en plus lourd. Même topo pour la dette immobilière espagnole souscrite pour le tourisme. L’Espagne était ainsi dans les clous de la BCE (dette publique inférieure à 60 % du PIB) alors même que le pays passait sous dépendance étrangère via la dette privée de ses banques et de ses promoteurs. C’était en fait une pyramide de Ponzi qui faisait plaisir à tout le monde jusqu’à sn écroulement en 2010 dans l’UE. CQFD pour légitimer ma nouvelle monnaie indépendante de l’UE et des marchés financiers internationaux.
Cette nouvelle monnaie-et rappelons que la monnaie est un élément essentiel de la souveraineté- est à gérer par une banque centrale. Las, c’est courir le risque de la voir phagocytée par des intérêts privés ou politiques. Elle doit donc être socialisée et indépendante en tant que bien commun du peuple et non instrument de profit commercial ou de manipulation gouvernementale. Je propose que ce soit la Banque du peuple qui soit le moyen de la gestion et de la direction de la monnaie. Comme je l’ai déjà dit, la BDP est l’animatrice d’un réseau de fournisseurs-producteurs et de consommateurs privés ou productifs qui fonctionne par circulation de lettres de change (que l’on peut rendre électronique avec les moyens modernes) escomptables chez elle. J’y ajoute l’idée de Sylvio Gesell : cette monnaie est « fondante » : le taux d’escompte augmente progressivement avec la durée de non-circulation dans le réseau. La BDP ne facture pas d’intérêts mais se rémunère au niveau de ses seuls frais de gestion. Car la domination et la richesse des banques privées provient du taux d’intérêt via lequel les emprunteurs engagent leurs revenus futurs pour rembourser leur dette. Et comme l’a montré Graeber, la dette est un moyen imparable d’asservissement des endettés. On sait que les libéraux se plaignent sans cesse des charges sociales et publiques trop lourdes sur les entreprises et oublient tout le temps les énormes charges de leur dette (frais financiers en tout genre qui enrichissent indûment les banques privées). Le libéralisme justifie l’intérêt par 2 idées essentielles : la couverture du risque et la préférence pour le présent. C’est une pure légitimation idéologique. En effet, pour le risque, c’est l’emprunteur qui le supporte et cela d’autant plus que la banque prêteuse s’entoure de garanties (exemple, pour une assez petit prêt, le Crédit agricole avait eu l’audace de me demander une hypothèque sur ma baraque) et va jusqu’à facturer en plus une assurance contre le risque de défaillance. Pour la préférence sur le pour le présent, qui est sans doute générale, c’est un phénomène collectif qui n’a aucune raison d’être privatisé par des banques privées et qui doit donc être socialisé afin de supprimer les prédations financières desdites banques. C’est pourquoi la BDP, socialisée, mutuelle et coopérative car gérée en mains communes égales par les différents membres de son réseau, ne prélève pas d’intérêts, son crédit étant quasi gratuit (frais de gestion plus maigre rémunération des dépôts). La BDP est aussi une banque de dépôts ouverte à tous ; elle les rémunère un peu afin de casser par cette concurrence, les banques privées. La BDP dispose des dépôts pour faire du crédit mais en aucun cas ne se transforme en banque d’investissement spéculatrice. Les dépôts et le crédit sont séparés. Le capital de départ est apporté par la socialisation des banques d’Etat actuelles (CDC, BPI, banque postale) et des prétendues banques mutuelles comme le Crédit Agricole. Avec ce capital commun, les membres du réseau se garantissent mutuellement hors marché. Soyons sûrs que la montée en puissance de la BDP fera faire d’énormes économies financières à tous les échangistes, investisseurs et emprunteurs et qu’elle accélérera la circulation de la monnaie et des marchandises.

Oh, Mac-Tron, attention au retour des requins et des pollueurs !

Classé dans : politique — 25 mai, 2020 @ 10:41

Le corona peut être une « divine surprise » pour les partisans de la continuation des bonnes affaires du SLC. On sent déjà se profiler une grosse pression pour le retour à la normale. Les entrepreneurs jusqu’ici hyper libéraux se pressent au portillon du budget public pour obtenir un soutien afin de retrouver la rentabilité d’antan. Si on laisse faire, il y a gros à parier que tous les requins et les grosses sociétés vont se ruer sur les dépouilles (machines, bâtiments, avoirs, brevets, techniques …) des faillis (notamment les « start-Up » et les commerces) une fois que les aides gouvernementales disparaîtront. On aura ainsi une nouvelle concentration du capital en vue de la monopolisation des marchés, de la hausse de la productivité et des économies d’échelle. Un chômage massif en résultera, ce qui fera baisser les salaires et les protections sociales, de même que les ressources de la Sécu. La division du travail s’accentuera au profit des plus gros et des techniques nouvelles. La concurrence deviendra encore plus sauvage car, en plus, les consommateurs seront soit peu solvables, soit peu enclins à acheter (ils épargnent déjà par précaution et se replient sur la proximité, le sain, le nécessaire et la réparation). On devrait déjà prendre des dispositions pour que les affaires en difficulté soient transformées en coopératives, l’annulation des dettes et développer le financement participatif. Il nous faut éviter la contradiction entre le mouvement de déflation amené parce qui est dit supra et d’inflation due à l’abondance de monnaie distribuée par le pouvoir sans contreparties.
Toutes les industries ou activités polluantes, destructrices de la planète, nuisibles, inutiles, gadgetisées, court-termistes … réclament un « pognon de dingue » pour revenir à la croissance, sous-entendu à la consommation über alles. Renault réclame 5 milliards et on parle de reconvertir l’usine de Flins dans les batteries électriques tout ne fermant d’autres lieux de production. Mauvaise pioche car il n’y a pas plus polluant que les batteries et car la bonne filière en France, compte tenu de ses centrales nucléaires avant arrêt, est l’hydrogène non polluant. Du reste, la réduction de l’emprise de la bagnole individuelle est une très bonne chose pour le climat et la santé.
Les avionneurs (Airbus), les compagnies aériennes crient famine faute de clients éliminés par le transport du corona aux 4 coins du monde et la réduction abyssale du tourisme. L’industrie, le commerce, le tourisme (restos, hôtels …), la pub et la com, les milieux de la culture, la FNSEA … demandent à tue-tête le maintien du chômage partiel (en fait intégral contrairement à l’Allemagne), le report des charges (impôts cotisations sociales, loyers, emprunts…), donc l’aide publique. Sinon, ils menacent de licencier, ce qu’ils feront de toute façon car maintes activités sont d’ores et déjà condamnées par l’évolution des consommateurs francaouis. Eh bien, l’aide ne peut être attribuée qu’à ce qui est porteur en investissement pour l’avenir, favorise la sauvegarde de Gaïa, l’emploi utile, n’est pas nuisible, notamment pour la sécurité et le niveau de l’emploi, n’entretient pas des « bullshit jobs », restaure les biens communs … Il faut sélectionner les destinataires des aides souhaitables compte tenu de ce que le budget public ne saurait être un tonneau des Danaïdes. Voilà quelques exemples de discrimination « positive » :
• Tourisme ; franco-français, européen, oui ; international mondialisé, non
• Pêche industrielle, non ; locale et respectueuse de la ressource, oui
• Agriculture industrielle, productiviste, chimique, d’élevage en batterie, forestière privée, non ; bio, locale, respectueuse des bêtes et de l’environnement, de qualité, forêts domaniales, oui
• Agroalimentaire plus ou moins trafiqué (alicaments, additifs, produits chimiques, fromages et produits laitiers pasteurisés, plats surgelés, produits nocifs pour la santé…, non ; produits naturels et sains, oui. Semences industrielles et normalisées, non ; naturelles et de biodiversité, oui
• Assureurs privés, genre AXA, Allianz …, niet ; vraies mutuelles (de partage des risques et non de personnalisation d’iceux), yes
• Distribution : supermarchés, non ; commerces de proximité, coopératives de consommation, AMAP, drives locaux … oui. E-commerce, pas un rond. Commerce et artisanat de réparation et de recyclage, oui. Distributeurs d’eau genre Suez, que nenni ; régies municipales, OK
• Logements privés et agences immobilières, niet ; logements collectifs et sociaux et bourses communales de logement, banco
• Bagnoles personnelles, pas un fifrelin ; autobus et trains, covoiturage, système socialisé sur le modèle de Blabacar, oui
• Publicité, communication, relations publiques, organisation « d’événements », pas un kopeck
• Culture : téléréalité, divertissement grossier, jeux de compétition, émissions historiques bidonnées, opéra et danse (déjà fortement subventionnés au profit des riches), cinéma de blockbuster, télécrochets, séries au ras des pâquerettes, magazines people ou pour cadres moyens, journaux d’information continue ou d’information sur les faits divers …, pas une roupie de sansonnet. Théâtre ou spectacle vivant, festivals, librairies et littérature, cinémas d’art et essai, documentaires télé, maisons d’édition culturelles et scientifiques, cinéma social ou politique ou de réflexion …, oui.
• Luxe, « fashion », cosmétiques …, du balai ; friperies, ateliers de couture, foires, productions locales et bio, bien entendu
• Grands clubs professionnels de sport (foot, rugby …), allez taper seulement vos abonnés ; associations sportives locales, y compris de boulistes, d’accord
• Réseaux sociaux, services par internet ou à la demande (genre Uber ou Airnb ou Deliveroo) qui tuent l’emploi sécurisé ou font dans le narcissisme … pas de fric. En revanche, fric pour développer les logiciels libres contre les applications propriétaires, pour des logiciels associatifs d’échange de service, contre les commerciaux utilisant soi-disant des « auto-entrepreneurs » et mettant en relation clients et prestataires en taxant tout le monde sans protection sociale
• Continuez la liste des possibles, chers lecteurs
Rappelons que la réorientation des activités socio-économiques peut être aussi impulsée par un système fiscal d’incitations ou de pénalisation. J’ai déjà donné des exemples de ce que le pouvoir peut faire même dans son univers SLC : taxe carbone kilométrique, frais de publicité sortis du compte d’exploitation et à payer par les boîtes sur leur bénéfice après impôt, CSG-RDS déductible à l’exportation et payable au même taux à l’importation, TVA très élevée sur les produits de luxe (yachts, bagnoles de plus de 9 Chevaux, luxe en tout genre y compris alimentaire, maisons individuelles, les produits chimiques et autres pesticides) ; très faible ou nulle sur les produits de nécessité ou ordinaires, taxation des multinationales sur leur chiffre d’affaires en France.
On peut aussi agir sur les normes mais en les faisant respecter par une douane Remise sur pied. A cause de l’UE, la douane française a été sabotée par les gouvernements, ce qui a contribué à disqualifier l’agriculture du pays soumise à des normes drastiques tandis qu’on importait des saloperies de l’étranger, cochonneries transitant souvent par un pays compradore de l’UE ou en venant directement comme la viande de chevaux de réforme produite en Roumanie ou les œufs au fipronil venant de Hollande. Les normes sont sans doute à modifier ou compléter : qualité nutritive, gustative, sanitaire (pas de produits chimiques, d’additifs, de sel…), environnementale (bilan carbone modeste), de condition d’élevage (pas de grosses usines en batterie)… Et la douane, au lieu de toucher des droits, est axée sur le contrôle des normes.

Mort du SLC : changer de logiciel de calcul et de performance

Classé dans : politique — 22 mai, 2020 @ 10:23

Les conséquences de la nature des objectifs poursuivis dans le SLC, objectifs sanctifiés par les indicateurs et critères de performance, dans le chiffrage des résultats en termes quantitatifs et financiers, bref toute sa logique, ont été balayés par la crise. Le SLC est fondé sur un cercle de fer vicieux : production mais il faut la vendre, salariat pour procurer un revenu, consommation solvable. Et naturellement, la consommation vient tirer la production dans le temps même où les salaires des producteurs sont limités autant que possible par les propriétaires des moyens de production. Dans cette logique, la croissance devient l’alpha et l’oméga de la politique car elle est censée alimenter l’emploi et le pouvoir d’achat afin que le peuple puisse consommer. Le chômedu est l’ennemi public numéro 1. D’où une logique imparable : importer low cost pour faire baisser le coût de « la reproduction de la force de travail » tout en maintenant un pouvoir d’achat suffisant (ce qui a été complété par l’expansion illimitée du crédit à la consommation) et exporter au maximum. C’est encore plus naturellement le cas des petits pays qui sont forcés d’exporter car les moyens modernes de production sont si productifs que leur marché intérieur ne peut absorber leur production, aspect particulièrement frappant au sein de l’UE dans la compétition installée entre pays par le SLC. L’étau forçant à cette stratégie est le libre-échange concurrentiel déjà préconisé par Ricardo. Un développement de ce cercle vicieux est le primat des forces de vente sur la production (pub, com, relations publiques), la gadgétisation des produits, le court terme et l’obsolescence encouragés par la mode. C’est pourquoi la consommation, qui n’est jamais qu’un des usages des revenus issus de la production, a été portée au pinacle et sacralisée dans le PIB. Ce qui a fait disparaître la distinction majeure opérée par les créateurs de « l’économie politique » (qui était une approche macro-économique remplacée par la micro-économie individualiste mathématisée et modélisée et marginaliste des « utilités » de la Théorie de l’Equilibre Général) entre la production et la circulation (dont évidemment les moyens d’acheminement des produits à la consommation). Pis, la valeur fondée sur le coût de revient a été remplacée par le prix de vente sur les marchés. Pire encore, la notion essentielle de besoins s’est vu substituer celle d’utilité purement individuelle.
Il nous faut donc revenir aux fondamentaux de l’économie politique « macro ». Tout doit partir de la nature des besoins et cela en distinguant ce qui relève de « l’utilité commune », promue par la Révolution Française (les biens communs et les moyens collectifs nécessaires à tous : eau, information, réseaux de transports et de communication, énergie, santé, alimentation, formation) et les besoins individuels fondés sur les choix personnels, les désirs, les situations…). La production doit partir de ce qui est vraiment utile, durable, sain, nécessaire et de qualité. Dans le SLC, on est très loin, notamment avec la publicité incitative, cachée et perverse et « l’obsolescence programmée ». Et utilité (du contenu, pas du prix ou de l’ostentation) commence sur un territoire national mais, compte tenu de la division du travail et des différentes natures de production, ne peut s’envisager que sous un angle international. Attention : avoir des ananas ou des bananes ne veut pas dire transporter des cerises du Chili hors saison sous les climats où elles poussent. Il faut en effet éviter des coûts de circulation indue, circulation permise, quoiqu’outrancière pour le climat, par les porte-containers et le camionnage low cost. Ce que j’énonce est naturellement un choix politique qui s’oppose à celui fait depuis 30 ans au nom du libéralisme libre-échangiste et SLC.
Comme dans le « monde d’après » (pas tant que cela car les dangers mortifères du SLC avaient été bien vus par les socialistes libertaires du XIXème siècle), les objectifs économiques changent radicalement, les modes et logiques de calcul doivent être modifiés afin de prendre en compte une nouvelle logique socio-économique anti-SLC. Le PIB, comme je l’ai déjà dit, doit être remplacé par le revenu national fondé sur la production industrielle, agricole et alimentaire et sur la construction d’utilités communes (logements, routes, santé, recherche, formation infrastructure, environnement, structures d’information …) qui sont des investissements pour l’avenir et des biens communs nécessaires. Les frais de circulation, les coûts de commercialisation, les dépenses de consommation, les impôts et taxes, l’épargne ne sont que des emplois de ces revenus. Le revenu national est calculé dans une perspective dynamique, au moins sur 5 ans, et fait la part belle aux dépenses d’investissement, notamment écologique.
« En même temps », le mode de calcul des rémunérations est fondé sur les heures de travail (limitées à 32 heures par semaine, voire 24 en fonction du taux de chômage). L’échelle des rémunérations dépend de l’utilité commune du travail : par exemple, 0,5 heure (pour 1 heure de travail effectif) pour les jobs peu utiles, voire nuisibles (pub, com, administration et comptabilité …), 1 h pour les travaux sans grande qualification (OS, flics, matons, vendeurs en magasins…), 2 h pour le travail pénible, insalubre, mal considéré actuellement comme celui des éboueurs, des caissières, des aides-soignants…, 3 heures pour le travail qualifié ou difficile (techniciens, aides-soignants…), 4 heures pour par exemple les ingénieurs, les manageurs, enseignants, les fonctions politiques, 5 heures pour les chercheurs et professeurs de haut niveau, statisticiens ou vrais journalistes d’information objective et fouillée, pour les cadres dirigeants ou supérieurs, pour les hauts politiciens … L’échelle des rémunérations va donc de 0,5 à 5 heures, soit un écart de 10 maximum. Tous ceux qui ne sont pas au turbin reçoivent une allocation universelle calée sur les salaires 1 heure pour heure avec 32 heures). Les retraités jouissent d’une pension égale à 60 % de leur dernière rémunération. Notons au passage que ce mode de calcul (notamment pour le revenu national) entraîne une réduction massive de la paperasse bureaucratique et inutile.
Une nouvelle monnaie est créée. Elle est assise sur le volume global d’heures travaillées (critère objectif), valorisées comme dit ci-dessus et cela afin de s’assurer que le volume de monnaie nécessaire à l’économie corresponde à la production. On sait que depuis 1973 (abandon de l’étalon de change-or sur lequel reposait le dollar) les monnaies ne sont plus que des signes non rattachés à quelque base stable et matérielle que ce soit. Le corona le prouve encore puisque la BCE rachète des emprunts d’Etat et peut les conserver indéfiniment, ce qui revient à créer une sorte de rente perpétuelle jamais remboursée. C’est une sorte de création de monnaie fictive, qui plus est fondée non sur des actifs mais sur des dettes, et qui va entraîner une inflation massive. Elle ne repose plus que sur la confiance des peuples, laquelle ne saurait être garantie à long ou moyen terme.
Le système fiscal est entièrement revu dans un sens de justice sociale pour les revenus productifs. Les impôts indirects sont abandonnés car la consommation n’est plus Dieu et ses prophètes et car ils sont particulièrement injustes. Les impôts directs sur tous les revenus redeviennent progressifs, de même que les cotisations sociales sont rendues progressives.
De façon générale, les biens communs sont enlevés « en même temps » à l’emprise du kapital et du marché et à la puissance publique ; il sont codirigés dans des organismes (Proudhon disait des « compagnies collectives ») socialisés à conseil d’administration multipartite (regroupant tous les acteurs concernés, dont les collectivités politiques et les associations de consommateurs, les syndicats…) et gérés par des représentants de leur propre personnel (hors nomination par les syndicats qui ont toujours un autre rôle, celui de défense des travailleurs).
Et il serait temps de resocialiser l’économie en créant enfin la grande fédération de la production et de la consommation (idée de Proudhon dans les années 1860), unissant (syndicat général de la production des agriculteurs, coopérateurs, mutuellistes, producteurs artisanaux et industriels) « la sociale des cités » et « la Marianne » des champs avec le syndicat général de la consommation. Ce sera à elle de diriger l’économie, non à l’Etat, non aux puissances privées. Et cette fédération à la Proudhon animait et coordonnait l’activité socio-économique avec un ensemble de moyens diversifié et anti SLC : coopératives et mutuelles, compagnies ouvrières, docks, magasins généraux, expositions, loyers, fermages métayages transformés en leasing, mercuriales et statistiques, banque d’échange et de crédit. Et tout cela de façon démocratique afin d’assurer la justice, l’échange mutuel, l’égalité des échangistes, la régulation de la production et de la consommation et la fin du laisser-faire concurrentiel…

L’entente cordiale Macron-Merkel

Classé dans : politique — 20 mai, 2020 @ 11:16

L’empereur des Francaouis et la kronprinzess des Doryphores viennent de célébrer une nouvelle entente cordiale urbi et orbi. Mais ces locomotives de l’UE n’ont pas encore raccroché les 25 wagons qui manquent à l’union sacrée contre les conséquences du corona virus. On se souvient de la première entente cordiale entre les Rosbifs et Napoléon le petit : une alouette française et un percheron britannique ou des amours la mano en la mano entre le francisquain Tonton et le taureau de Bavière à Verdun. Cela risque d’être du même tonneau, invention gauloise.
Macron et Merkel veulent amener une solidarité européenne, bine nécessaire, avec un fonds emprunté par Bruxelles de 500 milliards, réparti ensuite par dotation (pas un prêt donc) pays par pays nécessiteux. Déjà l’Autriche renâcle. Et elle ne sera pas le seul pays. On peut même se demander si le revirement tudesque n’est pas de pure forme puisque cette soudaine générosité peut fort bien n’être pas suivi d’actes concrets vu que les alliés de l’Allemagne n’y souscriront pas. On peut être coopératif quand on sait que cela a peu de chances de se réaliser. Qu’en pense Mac-Tron ? On exhibe le larfouillet mais il est en fait en peau de hérisson, on le sort des (eaux) profondes tout en sachant qu’il restera bien fermé. Moins complotiste et plus réaliste est l’hypothèse que les dirigeants tudesques ont compris qu’il leur serait difficile d’exporter 60 % de leur production dans une Europe ruinée. D’où un début de changement de cap à confirmer par les autres pays et la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe dont on ne parle pas alors que ses oukases sont souverains. On peut redouter une opération de communication qui peut faire long feu. Mais Mac-Tron pourra au moins exciper de ce qu’il a essayé et que si cela foire, c’est la faute des autres. Un peu court, jeune homme, car alors la bonne stratégie serait de fédérer une Europe du SUD obéissant à une autre logique que celle du SLC.
Car figurez-vous que le système de prise de décision dans l’UE a été organisé pour faire la part belle aux petits pays qui, faute de grande production à leur échelle, ont besoin d’exporter et peuvent aisément pomper le fric des autres avec l’optimisation fiscale. Itou pour les PECOs qui ont tant besoin de l’Allemagne pour obtenir des délocalisations de l’industrie teutonne des pièces détachées et exporter des travailleurs, eux aussi, détachés. Les pays de l’Est vont dire : minute papillon, Oh seulement si cela n’impacte pas les fonds structurels que nous percevons déjà. Et les petits pays vont gueuler : pas touche à la fiscalité, au social, du moins à leur absence de lois communes. Or, ces 500 milliards empruntés par l’UE devront être rembourses mais sur quel budget ? Tous ces pays ne tiennent pas à être ponctionnés davantage pour un gros budget commun permettant des transferts aux cigales. Nous n’avons donc pour l’instant qu’un bel effet d’annonce. A suivre.
Ce petit jeu entre les bons et les méchants n’est que de peu d’importance. Il faut plutôt se rapporter à ce qu’est devenue l’UE sous l’effet du SLC montré par les directives et par la CJUE, de l’élargissement et du mode de prise de décision. C’est une cohue ingouvernable de pays en concurrence sévère, chacun cherchant à être un passager clandestin de l’Europe, c’est-à-dire à tirer profit de la situation en fonction de ses seuls intérêts. Il y a donc grand risque pour les free riders, d’abandonner leurs avantages, fussent-ils maigres, au profit de l’incertitude d’une vraie fédération européenne dotée d’un budget de 20 % du PIB pour des transferts de solidarité. Or, c’est un premier pas dans cette direction qu’annonce l’accord Macron-Merkel. Comme on dit : on sait ce qu’on peut perdre mais ce que l’on va y gagner. Et surtout on va y perdre de qui reste d’autonomie souveraine après avoir, surtout dans la zone euro, perdu la maîtrise de son taux de change, de sa politique monétaire, de sa liberté budgétaire, de sa politique commerciale. Ne restaient guère que le social, la santé, l’environnement et la fiscalité. Attendons la suite car c’est là que les Athéniens s’atteignirent, que les Perses se percèrent, que les Satrapes s’attrapèrent et que les croisé(e)s sautèrent par les fenêtres. Goths mit uns. Oremus.

Le système français de santé et sa déréliction programmée

Classé dans : politique — 18 mai, 2020 @ 9:57

Mac-Tron vient de promettre un grand plan hôpital alors que c’est le système de santé tout entier qui est malade depuis longtemps par suite des politiques libérales qui lui ont été appliquées par tous les gouvernements depuis 30 ans. Il n’y a pas si longtemps, nos édiles et les journaleux se gargarisaient de son excellence et allaient même jusqu’à prétendre que c’était le meilleur système du monde ! L’hôpital n’est qu’un maillon de la chaîne qui s’enfonce de plus en plus dans la vase SLC.
Et il n’y a pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre pourquoi. Au lendemain de sa création suivant les idées du CNR, la Sécu était gérée par un mix patronat-syndicat. Le grand Charlot y a mis fin par ordonnance en 1959, si je me souviens bien. La Sécu était une affaire trop sérieuse pour être confiée aux partenaires sociaux et aux assurés. Il y fallait de l’énarque, les caisses de sécu étant réduites à gérer les cotisations et les versements pendant que l’Etat commençait de plafonner le budget. Puis, cela devint officiel avec le vote du budget de la Sécu par le parlement (ONDAM), ce qui a amené à la confusion entre les dépenses publiques (Etat et collectivités locales) payées par des impôts et taxes et sociales servies par des cotisations. Rocard commença de compléter le budget par un impôt (la CSG qui grimpa rapidement et inexorablement de 1 à 8 %, plus la CRDS) pendant que le reste à charge progressait sauf pour les grandes maladies ou de longue durée. Comme les dépenses augmentaient (on verra plus bas pourquoi), les gouvernements serrèrent de plus en plus la vis (notamment en s’efforçant de diminuer l’offre de soins en abaissant le numerus clausus de d’entrée dans les études de médecins et sans doute aussi sur demande des toubibs libéraux installés car moins il y a de docteurs plus chacun a une grosse clientèle). De plus et sans doute surtout, les élites autoproclamées de l’Etat et de l’administration se sont converties aux normes de la gestion financière et à court terme du SLC : le public, c’est caca, le social est dispendieux, toute décision doit être régie par un calcul coûts/bénéfices, la gestion privée quantitative et financière est le bon modèle à suivre y compris pour les biens communs…. C’est pourquoi, au grand bonheur des cliniques et hôpitaux privés (et ce n’est pas par hasard) on aligna la logique de gestion des hôpitaux et de la santé sur les critères du privé : ce fut la grande innovation de la T2A qui ne tenait pas compte de la différence des fonctions et des charges (un CHU fait de la recherche, de la formation, s’occupe des cas les plus difficiles ou des urgences et ne peut séparer en rondelles de spécialités tarifées une par une les multi pathologies) et qui aussi poussait à multiplier les actes, chacun étant tarifé (au contraire de l’ex-dotation globale de fonctionnement). Et, « en même temps », les pouvoirs ont régulièrement abaissé les tarifs T2A, ce qui poussait encore plus à négliger les mauvais cas et à multiplier les actes courants, y compris non nécessaires (j’y ai échappé et peut m’enorgueillir d’avoir encore à mon âge avancé mes amygdales, mes végétations, mon appendice, 32 dents et tous mes cheveux). Et, malgré l’austérité financière installée, le pouvoir a reporté en 2011 l’achat de masques spécialisés sur les hôpitaux ; ce qu’ils ne purent faire faute d’un pognon de dingue. Et pour que tout le monde obéisse bien aux nouvelles normes de la RGPP (Tsarkozy), le pouvoir transforma la santé en chose administrative dont la gestion a été confiée à des superpréfets (les ARS) et à des directeurs d’hôpitaux nommés comme les cadres des entreprises privées et n’ayant qu’à gérer l’intendance. Les médecins furent exclus de la gestion par la loi HSPT de la mère Bachelot qui en ce moment plastronne sur les chaînes d’info en continu parce qu’elle avait senti la nécessité d’avoir un grand stock de précaution pour les masques (il y en avait 2,2 milliards à son départ contre 117 millions en mars 2020). Bref, depuis 30 ans le pouvoir a géré la santé comme la production de savonnettes suivant en cela les règles du marché SLC Et je te diminue les nombres de lit (moins 100 000), le personnel soignant (au profit d’une hausse des stratifs et des gestionnaires), et j’importe des soignants (surtout des toubibs) low cost et corvéables à merci de l’étranger, ce qui prive leur pays des ressources afférentes, et je te regroupe ou ferme hôpitaux ou services sans tenir compte de l’allongement des distances pour les patients (qui sont censés avoir une bagnole, comme quoi tout se tient : la voiture reine et les concentrations et le report des coûts sur les usagers), et je te limite les équipements et machines modernes…
Las, la hausse des dépenses continue. Why ? Parce que le pays vieillit, parce que les soins et les machines sont de plus en plus sophistiqués, parce que les boîtes chimiques et l’agriculture sont exonérés du paiement de leurs nuisances sur la santé publique, parce que les frais liés aux accidents et aux maladies professionnelles de longue durée sont reportés sur les patients et la Sécu. Et comme le reste à charge augmentait, le pouvoir a compensé un peu avec la CMU et puis la CMU C et puis les « mutuelles » obligatoires d’entreprise. Belle politique de Gribouille et de Camember consistant à jouer aux fiscariotes énarchiques des chaises fiscales en déshabillant Pierre pour vêtir Paul. « En même temps », le pouvoir a supprimé les cotisations sociales sur le SMIC tout en jurant de compenser les recettes ainsi perdues par la Sécu. Las, peu à peu la compensation a diminué et a même été annulée par Mac-Tron pour les heures-sup. Rien n’y fait et une course s’installe entre le trou de la sécu et les combines comptables pour le diminuer. Bref, une absence totale de politique de long terme et une gestion au coup par coup, le nez au vent et dénuée de prévention (seulement 3 % du budget de la santé) quel que soit le gouvernement, notamment socialo (voir les contorsions d’un Hirsch ou d’une Touraine.
Alors que faire ? Elementary, my dear Watson : en finir avec la logique SLC, ce qui ne va pas plaire à l’UE ni aux trusts, ni aux financiers, les amis du pro SLC Mac-Tron. On commencera par supprimer les exonérations de cotisations sociales pour toutes les entreprises et on rendra la CSG déductible à l’exportation et taxable au même niveau pour les importations, ces sommes étant versées à la Sécu. On fera payer plein pot les accidents du travail et les maladies professionnelles par les entreprises fautives. On taxera les produits dangereux et nocifs pour la santé, notamment les pesticides, insecticides et fongicides (souvent produits par Bayer et Basf) et les émissions nuisibles des bagnoles diesel ou à essence. On remplacera la rémunération individuelle des consultations par un forfait établi sur la base de la clientèle (comme le NHS en Gibbye). On supprimera le numerus clausus. On rétablira les CHSCT supprimés par Mac-Tron, on regonflera la médecine du travail en voie de disparition et on sortira les entreprises des organes de contentieux de la Sécu (TAS) et de définition officielle des maladies professionnelles. On confiera à la médecine de ville, à des cabinets collectifs et à des dispensaires en milieu rural ou rurbain un rôle éminent de prévention et de médecine ambulatoire. On rendra à la sécu son autonomie et à la gestion par les partenaires sociaux plus des associations de patients et de consommateurs (notamment avec une prise en charge des hôpitaux collaborative entre acteurs concernés au niveau municipal ou régional). On supprimera la T2A et toute subvention aux cliniques privées ; les soins chez elles et les médecins non conventionnés ou en tarif libre ne seront remboursés qu’au tarif Sécu. Les cliniques et hôpitaux privés seront obligés de remplir des obligations de service public (permanences et urgences, notamment) et seront priés de cotiser à un fonds public de recherche-formation. Tous les instituts de recherche seront fédérés dans un système unique socialisé. Et, évidemment, tout le système de santé (y compris recrutement, promotions-carrières, formation, gestion, rémunération…) sera refondé en tant que bien commun hors marché. Et à vos idées pour compléter ou modifier.

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