les armes de la critique

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Dans le libéralo-capitalisme, tout se tient

Classé dans : politique — 6 août, 2013 @ 10:45

Car c’est un système organisé de prédation dans lequel, au contraire du cochon, tout est mauvais. Ledit système est fondé sur la propriété (à l’origine des terres, des outils de production et des immeubles mais maintenant tout est concerné : logos, marques, brevets y compris sur le vivant, les corps et leurs organes, etc.), sur l’individualisme généralisé et sur la maximisation du profit pour obtenir le maximum de capital-argent à partir des activités.
Las, depuis le début du 20ème siècle des obstacles se sont dressés devant la poursuite de la rentabilité du capital investi : lois sociales (retraites, maladie, accidents du travail et maladies professionnelles), syndicats, droit du travail après maints combats du salariat et l’accès des classes populaires au suffrage électoral ; protection des épargnants et réglementation des activités boursières et spéculatives, contrôle des changes et des flux de capitaux ; lois environnementales et de protection contre les produits dangereux et les nuisances, législation sur les droits des locataires, lois sur l’hygiène et la sécurité alimentaires, droit des animaux, réglementation de la pêche et de la chasse, etc. On notera le fait très important que l’état d’avancement et le degré de protection des gens, de la vie, des animaux, des forêts, des océans… dépendent du degré de développement des sociétés, de leur niveau d’éducation et de vie, de leur état technologique, de leurs richesses naturelles ou économiques, de leur culture (on bouffe du chien en Asie et on y cherche des défenses d’éléphant, des cornes de rhinocéros, des ailerons de requin, de la chair et de la graisse de baleine, etc. ; en revanche les cultures indiennes d’Amérique latine protègent la nature), de la nature de leurs besoins socialisés. Il existe donc d’énormes différences de législation sur la planète.
Il se trouve que les législations des pays les plus avancés, de même que le niveau de vie atteint, y ont bloqué après les « 30 glorieuses » (1945/75) les possibilités de profit pour le capital, compte tenu des énormes progrès de productivité obtenus par les technologies modernes (on produit bien plus avec la même quantité de travail mais si les marchés sont saturés, il faut soit limiter la production, ce qui fait perdre les économies d’échelle et les gains de productivité, donc amène « la baisse tendancielle du taux de profit », soit exporter en masse). C’est pourquoi les multinationales (bancaires, financières comme les assurances ou industrielles), soit existantes, soit en puissance de le devenir, ont poussé les gouvernants à libéraliser les échanges au maximum, à ouvrir toutes les activités à la concurrence internationale, à laisser les capitaux circuler librement soit pour investir, soit pour faire du fric avec le pognon cherchant à se placer rentablement tout en demeurant mobile. C’est pourquoi les gouvernants ont peu à peu lâché sur toutes les législations protectrices, par exemple des marchés intérieurs ou du travail, et les services publics. Mais ils l’ont fait en douceur car leur contrainte est d’être réélus (pour l’instant…) et donc que leurs saloperies ne soient pas trop voyantes ou brutales. Ils ont utilisé plusieurs manœuvres de camouflage du but visé à plus long terme. Déjà, se retrancher derrière des traités internationaux (d’où la construction de l’UE hyper-libérale et l’adhésion à l’OMC) pour dire ensuite qu’ils n’étaient responsables de rien (par exemple : du faux rosé , mélange de blanc et de rouge, du faux chocolat avec de l’huile de palme, de l’or à 9 carats, des camemberts plâtreux, du détachement de travailleurs « aux conditions sociales du pays d’origine », du minerai de viande, de la vache folle, etc.) alors qu’ils avaient dit oui en amont aux textes qui le permettaient et ne mouftaient pas devant la technocratie bruxelloise. Ensuite élargir sans cesse l’Europe à des pays très hétérogènes à basse protection législative, à bas niveau de vie et salaires afin de faire pression à la baisse sur leur propre législation au nom du maintien de la compétitivité. De façon générale, les gouvernants ont utilisé la technique du salami (découper les problèmes connexes en rondelles séparées), du « bout du tunnel » (étaler les choses dans le temps et dire à chaque fois qu’on allait enfin atteindre le nirvana économique), des petits pas (obtenir des modifications anodines en apparence mais constituant des points de non-retour et d’avancée vers la but caché : la concurrence totale de tous contre tous, non faussée, libre de toute entrave), de l’argument d’autorité « there is no alternative » (le TINA de Maggie, de la démonstration de l’utilité des « réformes » par le calcul purement économique des coûts directs sans prise en compte des « externalités » et des aspects qualitatifs ; maggie du PIB qui ne compte que ce qui est mesurable, échangeable sur un marché, calculable en monnaie). Cette stratégie rappelle furieusement celle de Prudence Petitpas, sauf que celle-ci ne ment pas sur sa destination et sa visée réelles. On s’est aussi appuyé sur l’esprit (supposé) de mai 1968 : individualisme, liberté, refus de l’autorité traditionnelle, aventure et prise de risque, etc. La manipulation idéologique a été employée de façon massive tant par les capitalistes que par les gouvernants et autres politicards : les résistants aux « réformes » ne sont pas modernes, refusent le progrès, sont « risquophobes », sont des diplodocus, etc.
Toutes ces manœuvres viennent de l’importance de l’enjeu pour les bénéficiaires des réformes accordées par les gouvernants libéraux (de droite ou socialos). Le capitalisme est en quelque sorte un moteur dont l’énergie réside dans les différences entre pays. Il fallait donc pouvoir s’adresser aux pays les moins coûteux et les mettre en concurrence sauvage ; il fallait pouvoir pomper l’épargne mondiale des riches pour la rentabiliser en faisant suer le pognon. Et, en outre, les gouvernants se sont appuyés sur la fable libérale : les investissements sont les emplois de demain (théorème de Schmitt ; c’est curieux, chaque fois qu’il y a une merde on trouve des Schmitts) ; la richesse « ruisselle » sur les pauvres. Il faut donc baisser les impôts des riches et des boîtes pour créer des emplois. Le moteur capitaliste ne fonctionne donc bien que s’il y a de la différence (de la diff-errance) de législations et d’états des ressources et des niveaux de vie à exploiter. C’est pourquoi capitalistes et gouvernants s’ingénient à empêcher toute harmonisation et toute protection commerciale au nom des bienfaits de la concurrence et des méfaits du protectionnisme. En revanche, il y a plus de normalisation pour les normes techniques car sans standardisation de celles-ci la taille des marchés potentiellement mondiaux se réduit, ce qui empêche là encore les économies d’échelle et les rendements croissants.
On voit donc que les différents aspects des évolutions depuis plus de 30 ans sont liés : aspects technologiques (productivité), commerciaux (ouverture des marchés), financiers (placer le fric là où on veut et comme on veut), économiques (investir là où on rentabilise le plus : prises de participation à l’étranger, création de boîtes itou, délocalisations, sous-traitance), maritimes (transport low cost par des porte-containers à équipage philippin, armateur grec, affréteur camouflé ; destruction des ressources halieutiques et des fonds marins), culturelles (tout repose sur l’individualisme, l’égoïsme, la jouissance matérielle, la compétition pour se distinguer en affichant plus et mieux d’avoirs et de richesses), sociales (accroissement des inégalités, de la pauvreté, de la précarité, des discriminations), environnementales (destruction de la nature, dégradation de la santé publique pour cause de produits nocifs), idéologiques (disqualifier les opposants, magnifier la réussite des « risquophiles », stigmatiser les « assistés », tout transformer en « com » et en « pub » confortant le consumérisme et l’hédonisme matérialiste). Et politiques, bien sûr, car les connexions entre ces dimensions sociales dépendent beaucoup des lois et règles.
Or qui fait les lois ? Ce sont les politicards. La chose a d’ailleurs été théorisée par les Chleus sous forme d’ordo-libéralisme ». Vas-is-tas ? C’est une toute petite fenêtre sur la complexité de la société. Was ist das ? Das ist le gouvernement par les lois, qui plus est fonctionnant toutes seules et conçues comme perpétuelles. C’est ce qu’avait dit Proudhon : « faisons les lois et laissons faire la boutique ». Mais chez ce dernier la loi est issue d’un système fédératif et mutuelliste démocratique et elle a pour but de protéger la population et les consommateurs et non de faciliter le profit. C’est pourquoi le TCE ne comportait pour ainsi dire que des règles économiques érigées en principes constitutionnels ! Ainsi l’ordo-libéralisme tudesque rejoignait le libéralisme anglo-saxon, celui de Hayek qui réduisait la législation à quelques principes généraux issus des traditions qui révèlent « l’ordre spontané » de l’autocréation de la société par les interactions entre individus. Avec le TCE anglo-saxon-teuton on avait une constitution de 300 pages à comparer aux 4 000 mots de la constitution américaine.
On en déduit que pour éradiquer le libéralo-capitalisme il faut lutter sur 3 fronts simultanément : la politique et la démocratie, le régime économique, l’idéologie culturelle. Car il faut vaincre : la triple alliance du trône, du coffre-fort et de l’autel, qui sont la même domination sous trois espèces (Proudhon). Car le « bloc historique » libéralo-capitaliste repose sur la domination politique, sur l’exploitation économique et sur l’hégémonie idéologique (Gramsci).

La belle démocra-CIA ricaine

Classé dans : politique — 4 août, 2013 @ 9:59

Le pauvre soldat Manning, à l’origine des fuites vers Wikikeaks sur les petites conversations secrètes US, vient d’être jugé coupable d’espionnage par une cour martiale. Snowdon est toujours en souffrance à l’aéroport de Moscou pour ses révélations sur le système d’espionnage US (par La NSA et le système Prism), notamment à l’encontre des chers alliés européens. L’avion du président de la Bolivie, Morales, a été interdit de survol de la France, de l’Italie et de l’Espagne sur demande US car il aurait transporté Snowdon ! Et le gland Méchant Mou, à savoir Guimauve le Concurrent, n’était soi-disant pas au parfum !
Dans ce beau pays, les indiens ont été exterminés puis parqués dans des réserves bien alimentées en alcool ; les Noirs ont été réduits en esclavage, puis, après la guerre de sécession, ont été discriminés légalement jusqu’en 1962 et le sont toujours subrepticement dans les pratiques (par exemple, il suffit que quelques Noirs s’installent dans un quartier pour que les Blancs le fuient à cause de la baisse attendue de valeur de leurs propriétés). Aujourd’hui la chasse aux clandestins latinos, entrés malgré l’édification d’une muraille de barbelés et de miradors, est à l’honneur. Les Japonais ont été enfermés dans des camps lors de la guerre déclenchée par Pearl Harbour. Mais pendant la guerre de 39/45 les affaires avec les industriels et les banquiers allemands ont continué. En 14/18 ou en 39/45, les USA sont intervenus tard sans doute dans l’espoir d’augmenter la ruine de leurs concurrents européens. Ils bombardaient de très haut les territoires occupés par les Verts-de-Gris : par exemple à Saint-Etienne en 1944 ils ont bombardé la gare sans la toucher, mais en détruisant les quartiers des alentours. Après la défaite nazie, ils ont récupéré maints ingénieurs et scientifiques teutons pour leur complexe militaro-industriel et les activités barbouzardes de la CIA, notamment en Amérique latine où nombre de nazis s’étaient réfugiés.
Derrière leur doctrine de non-intervention, ils ont de tout temps fait du rentre-dedans : ils ont piqué la Floride à l’Espagne, le Texas et la Californie au Mexique ; ils ont chassé l’Espagne de Cuba et des Philippines. S’ils n’ont pas volé la Louisiane (et des Etats autour) c’est que ce salopard de Napoléon la leur avait vendue en 1803. Ils ont même essayé de voler la Nouvelle Angleterre (le Canada) aux Gibbies. Il n’y a pas de dictature qu’ils n’aient pas soutenues ou aidé à se mettre en place en fomentant un complot avec la CIA : Chili, Argentine, Brésil, Nicaragua, Panama, Cuba, Bolivie, Colombie, Indonésie, Philippines, Arabie Saoudite et émirats, etc. Cela avait commencé tôt avec le soutien des USA à la dictature de Porfirio Diaz au Mexique au tournant du 20ème siècle. On peut estimer que les assassinats de Pancho Villa et d’Emiliano Zapata ont quelque chose à voir avec la politique de soutien des USA à la réaction locale (qui est à l’origine d’un des partis politiques les plus corrompus au monde, le PRI, parti qui a régné 75 ans), à leurs firmes pétrolières ayant obtenu des concessions pour des queues de cerise grâce à Diaz, à leurs propriétaires fonciers munis d’immenses latifundia par le pouvoir mexicain à la solde US.
Ils ont installé le dollar comme moyen de puissance en jouant à la fois sur sa parité et sur le taux d’intérêt des emprunts du trésor US. Maintenant, ils s’essaient à la dévaluation cachée en rachetant des quantités de dettes du trésor et des banques. Mais cela ne marche pas car les gros détenteurs de dettes US (la Chine ou le Japon) continuent d’acheter des bons du trésor de peur de voir le dollar baisser et leur magot se dévaloriser. Par ailleurs, les pays exportateurs (Corée du Sud, Brésil et autres) font pareil pour éviter une réévaluation de leur monnaie vis-à-vis du dollar (pour rester compétitifs compte tenu du taux de change). En 1971/73 Nixon avait supprimé la convertibilité du dollar en or, ruinant ainsi unilatéralement les accords de Bretton Woods (1945, avec création du FMI et de la Banque Mondiale dirigés de fait par les USA) fondant le gold exchange standard (les parités des monnaies sont rattachées au roi dollar qui est la seule monnaie convertible en or) et créant la dette du Tiers-Monde en augmentant les taux d’intérêt des bons du trésor pour éviter la fuite des capitaux étrangers. Car grâce au dollar comme monnaie internationale de change les USA peuvent emprunter à tire-larigot, ce qui leur permet de vivre à crédit sur le dos du reste du monde depuis 1945.
Ce fut un Etat dont les lois étaient racistes, comme en Afrique du Sud, jusqu’en 1962. C’est le pays de la chasse aux syndicalistes. On doit la fête du 1er mai en partie aux méfaits de la police de Chicago et aux agissements de l’agence de police privée Pinkerton spécialisée comme tueurs et chasseurs de primes contre les syndicalistes ou « les agitateurs » et autres « anars ». Cela facilitait les activités des « barons voleurs » qui ont construit d’immenses fortunes par le vol, la menace, le racket, l’expropriation, etc. (avec l’aide de la police, de la justice et de Pinkerton qui existe toujours malgré ses saloperies en tout genre). C’est le pays des chasses aux sorcières encore au 20ème siècle avec le maccarthysme, le FBI et tous les services d’espionnage des citoyens. Ces dispositifs ont été renforcés et étendus sous l’emprise d’une logique sécuritaire avec Bush II et Obama n’a rien fait pour restaurer les libertés amenuisées par le Patriot Act et consorts.
La protection sociale y est particulièrement faible pour un pays très développé car elle a été réservée aux acteurs privés pour l’essentiel : retraites essentiellement par capitalisation dans des fonds de pension (les retraites publiques sont très faibles comme chez les Gibbies et même chez les Tudesques), souvent d’entreprises, assurances-santé par l’entreprise quand elle a les moyens ou la bonté d’y pourvoir en partie. C’est ainsi que malgré des aides médicales pour les vieux ou les pauvres, on a 45 millions de personnes sans couverture sociale. La réforme Obama n’a été que du pipeau privilégiant les assureurs privés où les nouveaux assurés pouvaient apporter leurs aides étatiques pour s’assurer là où ils veulent. Mais comme les USA ne savent guère ce qu’est une mutuelle ou une coopérative, restent surtout les assureurs privés aux frais de gestion exorbitants. La ville de Détroit, en faillite car endettée à hauteur de 18 milliards de dollars, a, au passage, ruiné ses pensionnés dont elle devait servir la retraite. Gérée par le privé pour la majeure part, la santé US dépasse 18 % du PIB contre 12 en France. Mais comme c’est du privé, cela ne fait pas partie des prélèvements dits « obligatoires » pour lesquels la France est stigmatisée par l’OCDE et compagnie.
Le mensonge pour susciter une guerre est institutionnalisé (guerre contre le Vietnam, contre l’Espagne, contre l’Irak ; souvenez-vous des « armes de destruction massive » de Sadam Hussein. La CIA se sert des narcotrafiquants (Par exemple Noriega) pour financer des opérations de subversion, par exemple contre les sandinistes opposés au dictateur du Nicaragua soutenu par les USA. Le plan Marshall était surtout constitué de prêts pour acheter du matériel amerloque et était soumis à l’absence de communistes au pouvoir. C’est pourquoi la Teutonie a reçu plus que sa part sans payer de réparations de guerre sauf à Israël qui a reçu 50 milliards de marks, dont, du reste, les rescapés de l’holocauste réfugiés dans ce pays n’ont guère vu la couleur. On se rappelle le crime contre l’humanité qu’a représenté le lancement de 2 bombes A sur le Japon alors que celui-ci était à genoux ou le bombardement de Dresde par les aviations britanniques et US ou le napalm dont furent arrosés les Vietnamiens (plus l’agent orange).
Les USA (l’Etat fédéral pas tous les Etats) se contrefoutent du changement climatique et de l’écologie. Cela nous vaut les désastres causés par les schistes bitumineux de l’Alaska, le gaz et le pétrole de schiste, les OGM à la Monsanto, l’agent orange (dioxine, produit à l’origine par Monsanto) déversé au Vietnam, les poulets lavés au chlore, les bœufs gonflés aux hormones, les carcasses à l’acide lactique, etc. qu’ils veulent forcer les européens à importer dans le cadre du futur accord de libre-échange transatlantique annoncé par une UE au service des intérêts des Fritz.
La corruption politique n’existe pas aux USA car elle y a été institutionnalisée puisque les lobbys, les riches, les boîtes peuvent subventionner les campagnes électorales à très haut niveau, puisque les « revolving doors » (portes tournantes entre les fonctions privées et publiques) font que l’administration est truffée de grossiums du privé, notamment, même du beau temps d’Obama, de financiers de Goldman Sachs. Il s’ensuit que les battus aux élections sont recyclés dans les affaires là où ils ont bien défendu les intérêts de ceux qui les finançaient. C’est ce qu’on appelle les financés des pirates. D’ailleurs, le système politique US a été construit justement pour empêcher le trop plein de pouvoir du président et des chambres. Ce qui explique que le flamboyant Obama ne peut pas changer grand-chose, en partie parce qu’il n’a pas le courage et la vision de Franklin-Roosevelt. Comme Tsarko l’avocaillon d’affaires, Obama n’est guère qu’un avocat, profession plus que néfaste qui domine les USA.
Je termine en disant que tout ce qui précède met en cause les politiciens et les puissants des USA mais aucunement le peuple américain qui n’a que le choix entre la peste républicaine et le choléra démocrate. C’est le système politique soi-disant démocratique qui est vicié à la base et maintenant pourri de l’intérieur. On reprochera cependant aux Ricains leur religiosité qui leur fait accepter n’importe quoi comme le luthérianisme tudesque. Ce sont bien des Anglo-Saxons qui ont bien des points communs. Ce qui ne veut pas dire que la France soit blanc bleu : dragonnades et guerres de Louis XIV (dont la dévastation du Palatinat et de la Hollande), code noir du même souverain, guerres sauvages de La Paille-Au-Nez Buonaparte, colonisation de l’Algérie en 1830 puis d’autres pays sous la république des Jules, guerres coloniales après 1945, régime politique bonapartiste, justice aux ordres, classe politique hyper libérale, etc. Pauvres peuples qui sont à la merci de leurs gouvernants même quand ils sont élus !

La politicaille francaoui

Classé dans : politique — 30 juillet, 2013 @ 10:37

Le spectacle que nous donnent nos politiciens, abondamment déployés par des médias sous perfusion capitaliste en vue de l’audimat ou voyant un intérêt à disqualifier le plus de monde possible pour favoriser le retour de Duracell 1er, fait vomir, donne la nausée comme disait Jean-Sol Partre de l’écume des jours. Le pays s’enfonce de jour en jour dans le fumier libéralo-capitaliste et nos politicards ne songent qu’à leurs bonnes places présentes et futures, places pour lesquelles ils se chamaillent, se dénigrent, s’accusent mutuellement afin de zigouiller leurs concurrents dans la course à l’échalote présidentielle. Qui aura lieu dans 4 ans si la France n’est pas dans le chaos d’ici là… !
On est à une dette de bientôt 90 % du PIB avec un déficit prévu pour 2013 à 4,5 %. Il y a plus de 5 millions de chômeurs ou de sous-employés. Le déficit de la balance commerciale est de 60 milliards (72 en 2012). Les braquages ont augmenté de 150 %. Les touristes se font dévaliser, pigeonner, racketter à tire-larigot. Les inégalités atteignent des sommets, le taux de pauvreté (proportion de ceux qui sont en dessous de 60 % du revenu médian [celui qui partage les gens en deux parties égales) est à 14,1 %. Les multinationales payent 8 % d’impôts sur les sociétés contre 33 pour les PME. Et parfois zéro comme Total. Et elles se permettent de réclamer à leurs fournisseurs une baisse de 2 % de leurs prix à cause du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) de 20 milliards accordés par le Gland Méchant Mou. L’usage de ce crédit ne sera d’ailleurs pas contrôlé… et le CICE a été donné à tout le monde même aux boîtes qui ne sont pas en concurrence internationale. Les banques se voient accorder 30 milliards sur les fonds du livret A dont la rémunération vient d’être abaissée à 1,25 %. EDF qui fait 3 milliards de bénéfs s’est vue accorder 10 % d’augmentation des tarifs en 2 ans. ETC.
La Grèce, la Portugal, l’Espagne, l’Irlande s’enfoncent. La France, la Grande-Bretagne et l’Italie ne vont guère mieux. Tous les pays se tirent la bourre pour tailler des croupières compétitives à leurs voisins. Seule l’Allemagne prospère car avec les réformes Schröder en 2003 (plus la TVA sociale de 3 points de Merkel) elle a fait un gros effort de compétitivité sur le dos des travailleurs. Elle bénéficie, seule, de l’euro surévalué (qu’elle en veut pas voir dévaluer) car elle fait fabriquer dans son hinterland, voire « lebensraum », d’Europe de l’Est avec tous les pays qu’elle a fait admettre dans l’UE (on en est à 28 ; élargissement incessant à des pays sans homogénéité et surtout bien moins chers que les autres pays européens, le tout sans harmonisation des règles sociales, fiscales, environnementales, etc.). Elle paye donc une main d’œuvre low cost, munie de la productivité des machines teutonnes, et, en outre, en euros alors que maints de ces pays ne sont pas dans la zone euro ; du coup elle gagne en plus sur le taux de change en achetant avec des euros forts des marchandises à monnaie bien plus faible. La Tudesquie dispose en plus des « travailleurs détachés » aux conditions sociales du pays d’origine mais aux salaires locaux (en principe car il y a en outre bien des tricheries). C’est l’effet d’une directive européenne qui devient catastrophique quand le pays récipiendaire n’a pas de SMIC et facilite les emplois à temps partiel (mini jobs à 400 euros sans cotisations sociales et donc sans droit à retraite ; plus de 5 millions de « travailleurs ») et les intérimaires. Du coup, par exemple dans les abattoirs, les salariés « détachés » touchent 4 à 5 euros de l’heure, ce qui bousille la filière viande française, les chômeurs tenus de travailler dans des activités publiques pour 1 euro de l’heure. Les Fritz viennent d’obtenir que l’UE ne taxe plus les importations de panneaux photovoltaïques produits en Chine : celle-ci exportera à un prix donné, lequel a été fixé par la grosse Commission de Bruxelles à un niveau inférieur aux marchés mondiaux !
En fait, ce sont les « Casques-à-pointe » qui gouvernent l’Europe à tout point de vue : BCE, parité de l’euro, aides aux emprunts des pays en difficulté, union bancaire (seulement les 200 plus grosses banques ; donc sans les banques régionales tudesques qui sont très endettées, pourries de créances douteuses, et qui subventionnent en douce les PME sans que Bruxelles y trouve à redire), harmonisation (en fait aucune ; par exemple ils viennent de refuser que les émissions de CO2 des bagnoles descendent en dessous de 90 grammes afin de protéger leurs BMW et consorts) des législations, règles commerciales, négociations internationales pour le commerce, etc. Pas si verts que cela, les Verts-de-gris car ils abusent de leurs vieilles centrales électriques au lignite, combustible le plus polluant, car ils s’opposent aux régulations sur les produits chimiques, car ils soutiennent Daimler-Benz qui utilise un produit de réfrigération interdit en Europe parce que très polluant ! Comme dirait Petit Gibus, si j’eus su, j’aurions pas gagné la guerre. Et que fait la politicaille française ? Depuis 30 ans elle laisse faire (mais elle a beaucoup participé) le grand marché tudesco-saxon et se chamaille.
Cerise sur le gâteau, la politicaillerie française est envahie par les affaires nauséabondes, droite et gauche confondue. A droite, on a les rétro-commissions de la campagne Ballamou en 1995, ledit bonhomme ayant été assisté de Tsarko alors son porte-parole et ayant surtout avalisé la création de la société fictive Heine au Luxembourg pour blanchir le pognon, le financement de la campagne Tsarko en 2002 par Kadhafi, l’affaire Bettencourt/Woerth, l’affaire Tapie/Lagarde, l’affaire de l’hippodrome de Compiègne, l’affaire du médiator (le patron étant un copain de Tsarko qui l’a fait grand officier de la légion d’honneur), le dépassement des fonds de campagne par Tsarko en 2012, etc. A gauche, on a les Guérini et Andrieux à Marseille, les copains de Frèche à Montpellier, les Kucheida dans le Pas-de-Calais, le DSK à Lille, Le Pupponi à Sarcelles, etc. Tout cela expire des remugles qui font lex choux gras du Front national sur le thème un pour tous, tous pourris. C’est ce qu’est devenue la démocrassouille française. Bon appétit messieurs, ô ministres intégrés à la raie publique.

Les paras-messie et les paras-Ben

Classé dans : politique — 28 juillet, 2013 @ 10:45

En mars 2003 l’armée US envahissait l’Irak et chassait le dictateur en place, déjà bien amenuisé après la guerre éclair de 1991 comme suite à l’invasion du Koweit par ce connard. Les paras, plus ou moins bel homme, apportaient la démocra-CIA. C’étaient des messies-dominici. En 2002, les USA avaient aussi envahi l’Afghanistan supposée être le sol-siège de Ben Laden et du terrorisme Al Quaida. Voyons les résultats des paras-messie. Car le but était d’exporter la démocratie, sans doute celle du modèle très pourri des USA et des Occidentaux, dans ces contrées orientales. La situation actuelle est lamentable. L’Afghanistan est à la merci des Talibans qui s’empareront du pouvoir dès que les troupes US et occidentales tourneront casaque. Ce ne sera pas difficile car ce pays est toujours divisé par des tribus, des chefs de guerre, des clans, des trafiquants d’opium et que lesdits Talibans constituent la seule force armée générale dans ce chaos patronné par la pourriture politicarde Karzaî, créature des Amerloques comme les soviétiques avaient Najibullah. Il n’y aura donc pas de démocratie en Afghanistan. Du reste, quelle démocratie ? La US ? Non merci.
En Irak, c’est déjà la guerre civile entre chiites, majoritaires, et sunnites plus ou moins infiltrés par les salafistes patronnés par l’Arabie saoudite, par Al Quaida et tous les excités de la charia d’Etat. Certes, les troupes US ont été retirées mais le pays n’a toujours pas la libre disposition de ses ressources pétrolières ou gazières dont les firmes des USA se sont emparées. Du reste, le très gros gisement de Kirkouk, en pays kurde, est à l’abri du pouvoir. Le Kurdistan irakien est quasiment indépendant, ce qui donne des idées à ses copains syriens, turcs ou iraniens. En Irak, les soldats américains ont été remplacés par des milices privées dont les employeurs sont US. Cela ne vise qu’à sécuriser les zones stratégiques, les membres du pouvoir, les étrangers opérant en Irak pour faire leur pelote, les riches. Pendant ce temps-là les attentats continuent car la minorité sunnite a été brimée par le pouvoir chiite arrivé dans les malles américaines.
En Libye, l’opération anglo-sarkozyenne a débouché sur un pays décomposé et incontrôlable. Les tribus s’affrontent, les groupes armés islamistes et/ou terroristes font la loi et essaiment au Mali et au Sahel, muni des armes de Kadhafi et de celles apportées à la résistance par Tsarko et compagnie. On est donc très lin de l’Etat de droit et de la démocratie que les Occidentaux, emmenés par BUSH II, voulaient soi-disant importer dans ces contrées. Avec sélectivité car l’Arabie Saoudite, dictature pétrolière et islamiste (qui finance en loucédé les salafistes et frères musulmans, Ben Ali, Moubarak, etc. n’étaient pas concernés par l’apport de la démocratie. Soit parce qu’ils avaient du pétrole et du gaz, soit parce qu’ils s’attaquaient au terrorisme. C’est amusant parce que maintenant les USA (dont la vraie raison d’intervenir en Irak était le pétrole) sont devenus autosuffisants grâce au pétrole et au gaz de schiste, quitte à détruire la planète au nez et à la barbe de ses autres occupants. Cela va produire un schiisme dans l’énergie mondiale. On sait que l’élimination de Kadhafi a amené les terroristes islamistes aux portes de Bamako jusqu’à ce que Guimauve le Concurrent fasse intervenir l’armée française. Le Mali va veaûter ce dimanche mais on n’aura qu’une apparence de démocratie et une stabilité très passagère du pays car les envahisseurs sont loin d’avoir été éradiqués. De plus les Touaregs attendent une très grande autonomie sinon l’indépendance. Le mieux qu’on peut attendre au Mali, c’est une démocratie islamique soutenue par l’Arabie saoudite qui y a implanté sa religion traditionnaliste (le wahhabisme, encore minoritaire mais très bien organisée dans le secteur de la charité grâce à son royal pognon pétrolier) dans un pays musulman à 95 %. L’opération libyenne a eu pour résultat essentiel de déstabiliser tout le Sahel, dont le Niger où la France exploite (dans les 2 sens du terme) son uranium.
Les démocra-CIA occidentales ont été comme une poule devant un couteau lors des « révolutions arables ». Elles ne tenaient pas à ce que ces peuples recouvrent leur liberté alors qu’elles soutenaient les dictatures en place. MAM avait même proposé le savoir-faire français pour mater la révolte de fin 2011 contre le régime corrompu et voleur de Ben Ali. Il aurait fallu soutenir ces révolutions suscitées par la pauvreté (exploitation des peuples par leurs gouvernants, leur armée, les trusts occidentaux mêlés aux affairistes locaux, le tout dans un contexte de terreur et de corruption), l’identité (les Arables ou les Musulmans méprisés ont trouvé dans la religion des ressources d’aide et d’identité, l’absence de liberté. Non, on a attendu en espérant que ça foire. Le résultat est que partout les courants religieux, souvent dogmatiques et traditionnalistes ou identitaires ont profité des élections pour s’implanter. Beau travail des diplomaties occidentales. Lesquelles ont mis de l’huile sur le feu en armant n’importe qui en Syrie, en soutenant Israël qui accroit sans cesse la colonisation, en faisant des mamours au Qatar, aux émirats dictatoriaux et à l’Arabie Saoudite, en ne reconnaissant pas la victoire électorale du Hamas à Gaza. Mais si le but occidental était la démocratie serait-ce qu’il y a de bonnes dictatures (Russie, Chine, Arabie Saoudite, Tchad, Maroc, « républiques » d’Asie centrale, ex-URSS, etc.) et de mauvaises (Corée du Nord, Libye, etc.) ?
Les paras apportant le messie démocratique (la messe peut-être ?) maintenant ont contre eux les paras, fils de, FIS de, les Ben en tout genre, donc. Au lieu d’envoyer des militaires, des milices privées, des barbouzes, politicards occidentaux amenez plutôt des investissements, des aides, du développement. A long terme, c’est bien plus porteur de démocratie que ce que vous continuez de faire. Mais, au fait, êtes-vous vraiment des démocrates, votre pays est-il authentiquement démocratique ? On peut en douter sérieusement.

Pendant le saccage en Palestine, les négociations continuent

Classé dans : politique — 24 juillet, 2013 @ 11:18

On apprend avec ravissement que les négociations israélo-palestiniennes vont reprendre, après 4 ans d’interruption, grâce à l’entre-gens de Kerry, grossium US et accessoirement époux, des condiments Heinz. Traduction : les palestiniens vont encore être roulés dans la farine par Mahmoud Abbas, grand sachem du FATAH et de l’autorité palestinienne, laquelle du reste n’existe plus car en réalité on a le Hamas à Gaza et Abbas dans les territoires occupés, pardon « disputés » aux dires de l’Etat d’Israël. Cela fait plus de 20 ans que la plaisanterie continue (depuis les accords d’Oslo en 1992) : à chaque « négo » les colonies prospèrent, s’agrandissent, se multiplient à l’intérieur de terres appartenant aux Palestiniens, ce qui leur a été reconnu après la guerre de 1967 par une résolution de l’ONU (242).
Pierre Stambul, Juif français antisioniste, fils de résistants émigrés en France (dont je résume l’énorme pavé ici), démonte dans son ouvrage « Israël/Palestine, du refus d’être complice à l’engagement » (Editions Acratie) ce qui se passe en Palestine et en Israël depuis la guerre israélo-arabe de mai 1948 après que l’ONU avait reconnu le nouvel Etat israélien sur 52 % du territoire disputé (5 % à Jérusalem considérée comme internationalisée et le reste aux Palestiniens). L’ONU (résolution 194 de décembre 1948) avait reconnu la légitimité du droit au retour des 800 000 Palestiniens exilés lors de cette guerre dans laquelle les Etats arabes voisins n’avaient songé qu’à annexer (la Cisjordanie par la Jordanie, alors royaume hachémite, et la bande de Gaza par l’Egypte) des terres palestiniennes. Contre la résolution 194, les sionistes confisquent les terres et les biens des palestiniens enfuis et détruisent 500 villages afin d’empêcher leur retour. L’histoire alors racontée par les sionistes est que les Palestiniens étaient partis de leur plein gré. Stambul se réfère à des historiens israéliens qui prouvent qu’en réalité ils ont été chassés par la force et avec des massacres, que cette expulsion guerrière avait été programmée, notamment par des ententes secrètes avec les voisins arabes. Autre mythe sioniste : la victoire du petit David israélien sur le Goliath arabe : pas du tout car l’armée israélienne (assistée par des milices terroristes comme l’Irgoun qui s’en prirent aux Britanniques, puissance mandataire de la région depuis le règlement de la guerre de 14/18, jusqu’en 1942) était plus nombreuse, mieux armée (par les Occidentaux et l’URSS) que les Palestiniens. Seule l’armée jordanienne avait du répondant mais elle s’était concentrée sur les terres que son roi d’alors (Abdallah 1er) voulait annexer. Le mythe opposait les valeureux nouveaux Juifs défendant Israël aux vieux lâches allant gentiment dans les chambres à gaz. La guerre de 1948 a consacré la « ligne verte », frontière du reste non reconnue par les sionistes, qui donnait 78 % de la Palestine à Israël. La guerre des « six jours » en 1967 contre l’Egypte et la Syrie a permis à Israël de s’emparer du Golan syrien (qui est devenu son « château d’eau), du Sinaï égyptien et d’occuper la Cisjordanie plus Gaza. La résolution 242 de l’ONU (1967) ne donne aucune légitimité à une annexion éventuelle des 22 % de territoire resté théoriquement aux Palestiniens.
Depuis 1967, guerre elle aussi secrètement voulue et préparée par Israël (d’après Stambul qui s’appuie sur des sources récentes), le martyre de la Cisjordanie perdure malgré, et sans doute à cause, de toutes les négociations de paix menées sous la houlette des USA, notamment après les accords d’Oslo en 1993. L’objet des négociations est la « paix contre les territoires » ; or à chaque fois après une négociation la colonisation des territoires « disputés » n’a fait que progresser. Il y a actuellement 500 000 colons (souvent hyper religieux et fanatiques) dans ces territoires et cela continue. Leur situation est celle de « bantoustans », de morceaux de gruyère séparés les uns des autres par des routes de « contournement », des « check-points » (750), la construction bientôt achevée du « mur de séparation », par l’extension ou la construction de colonies qui les encerclent, la mise en place de glacis d’isolation (avec destruction des cultures, notamment des oliviers millénaires, et des maisons gênantes pour la surveillance des voisins et la sécurité des colonies). Leurs terres reçoivent les déchets (non traités) des colonies et ils n’ont droit qu’à 20 % de l’eau alors qu’ils font 50 % de la population (en comptant Gaza il y a 5 millions de Palestiniens pour autant d’Israéliens). Ils doivent acheter leur flotte aux compagnies israéliennes car ils n’ont pas le droit de construire des puits. Toutes les infrastructures sionistes sont construites avec expropriation sur leurs terres (routes, stations-service, etc.). Le mur préfigure le futur territoire palestinien en englobant les colonies qu’Israël veut conserver ; il sucre environ 8 % de plus. Les colons font des cartons sur leurs voisins notamment pour les empêcher de cultiver les olives ou arbres fruitiers. Dans le Néguev, les bédouins (qui sont israéliens car ils n’ont pas fui en 1948) ont été spoliés de leurs terres et leurs habitations ont été rasées. Il leur est interdit de construire en dur, ils sont privés d’eau, d’électricité. Israël s’est arrogé le monopole du commerce extérieur des Palestiniens et conserve longtemps l’argent de leurs exportations pour les punir collectivement (ce qui est interdit par les conventions internationales) des attentats perpétrés par de rares individus (souvent par vengeance). Gaza, évacuée (8 000 colons ont été virés par le légume Sharon mais leurs installations, plutôt que d’être laissées aux Gazaouites, ont été détruites) est devenue une poubelle à ciel ouvert manquant de tout car les frontières sont très souvent fermées et qu’Israël ne laisse passer que 50 camions par jour alors qu’il en faudrait 500. Reste le passage de Rafah vers l’Egypte mais celle-ci le ferme souvent pour complaire (sous Moubarak qui avait peur de perdre la manne américaine ; Morsi, président frère musulman, avait fait ouvrir davantage) à Israël.
En Israël même, les palestiniens qui étaient restés en 48, notamment à Jérusalem, sont des Israéliens de 2ème zone. De nombreux emplois leur sont interdits, ils n’ont pas le droit de construire et ils sont expropriés. Les mariages mixtes sont interdits en Israël (solution : se marier à l’étranger). Les rabbins ont le monopole des mariages et autres cérémonies. On est donc en présence d’un Etat Juif (ce qui est la dénomination officielle mais ce qui devrait exclure de l’ONU qui ne reconnaît pas en principe les Etats fondés sur une ethnie, une culture, une religion, une « race »), presque racial, qui scinde sa population entre Juifs et non-Juifs, qui colonise sans, de plus, s’occuper correctement des territoires occupés (ce qui est obligatoire normalement pour une puissance occupante ; solution : on n’occupe pas on assure notre sécurité), qui de plus en plus pratique un « apartheid » de fait. Il est donc assez clair que la politique sioniste menée avec constance depuis le début est d’écœurer les Palestiniens afin qu’ils décampent comme les 800 000 de 1948. Mais c’est perdu d’avance car ceux-ci ont compris la leçon : surtout ne pas partir car ils seraient à nouveau spoliés. La théorie défendue par les religieux et les plus jusqu’au-boutistes des Israéliens est de reconstituer l’antique royaume de Salomon en rejetant les palestiniens à la mer ; le Jourdain, pour de plus modérés, serait la frontière…
Depuis presque toujours, le pouvoir israélien prétend que les Arabes veulent éliminer les Juifs et qu’il n’a jamais d’interlocuteur valable pour négocier. La chose est mensongère car, par exemple, Arafat et son mouvement, l’OLP, avait reconnu en 1988 l’Etat d’Israël dans les frontières de la ligne verte. Arafat était alors réfugié en Tunisie après avoir été chassé du Liban victime d’une invasion israélienne en 1982 (1ère guerre du Liban) au cours de laquelle les milices phalangistes, sous l’œil bienveillant du criminel de guerre Sharon, avait perpétré le massacre de Sabra et Chatila. Le Liban Sud sera occupé très longtemps avant qu’Israël ne se retire faute d’avoir soumis le Hezbollah. En 2006, Israël, prétextant l’enlèvement de 3 ou 4 soldats patrouillant près de la frontière (sinon entrés au Liban pour provoquer ?), mènera la 2ème guerre du Liban contre le Hezbollah, lequel résistera fort bien et suscitera le soutien des autres composantes de la population (Israël avait bien entendu compté sur le contraire mais le peuple libanais s’est ligué contre l’agresseur). Les sionistes au pouvoir ont procédé à des destructions massives au Liban pendant cette guerre : usines électriques, ports, infrastructures, immeubles soi-disant occupés par le Hezbollah, et même une usine de lait qui avait remporté un appel d’offre de l’ONU contre une boîte israélienne (quelle coïncidence !). On a noté pendant ce énième épisode de guerre totale notamment avec celui de l’invasion de Gaza contre le Hamas fin 2008/début 2009) contre essentiellement des populations civiles des pratiques réprouvées par la communauté internationale et l’ONU. Mais les Occidentaux se sont contentés d’une admonestation avant que Tsahal ne se retire en ayant perdu la guerre idéologique sans remporter la victoire militaire, dont, en revanche, le Hezbollah se glorifiera. On notera que la FINUL, force onusienne de pacification forte de 7 000 hommes, n’a rien fait pour s’opposer à la 2ème invasion du Liban, comme à Sebrenica… D’où viennent ces invasions ? Du fait que chaque fois qu’il y a eu un négociateur possible Israël s’est ingénié à lui susciter un concurrent non disposé à le faire car tous avaient observé le double jeu sioniste : je fais semblant de négocier, en posant mes conditions (par exemple Abbas acceptera de s’occuper de la sécurité anti-terroriste à la place d’Israël et contre le Hamas, élu démocratiquement à Gaza) et en poursuivant la colonisation ce qui rend impossible la doctrine officielle de la paix contre les territoires. Israël a même quasiment crée le Hamas pour mettre Arafat hors jeu. Celui-ci espérait négocier malgré les brutales pressions de Clinton pour lui faire accepter un accord léonin en le menaçant de lui faire porter le chapeau de l’échec des négociations. Pour négocier il ne reste plus qu’Abbas mais celui-ci est totalement décrédibilisé en Palestine car chaque négociation a amené plus de colonies, de morcellement et d’apartheid sur son déjà maigre territoire.
Toutes ces atrocités sont menées avec constance au nom d’une réécriture de l’histoire du peuple Juif (en fait les Hébreux, d’où les accointances avec les religieux qui font et défont le parlement et qui représentent aujourd’hui 25 % des habitants ; ce qui fait qu’avec le clientélisme électoral (sachant qu’il y a dans ce pays la proportionnelle intégrale) rien ne change à la colonisation, gauche, droite, religieux, extrême droite confondues. M. Shimon Pérès, prix Nobel de la paix !, est le mètre étalon des retournements de veste. L’histoire officielle prétend que le peuple hébreu vit là depuis 4 000 ans, qu’il y avait un peuple uni (tribus d’Israël et de Juda), que Salomon régnait sur une magnifique Jérusalem où il avait fait construire le 1er temple, que la terre de Canaan avait été conquise par Josué (trompettes de Jéricho, au passage on doit signaler que l’histoire de cette conquête dans la bible magnifie le génocide des vaincus ; c’est curieux que les victimes d’un génocide se vantent du leur même surtout s’il n’a pas existé !), que les Juifs étaient fort nombreux après la conquête romaine, la destruction du 2ème temple par Titus en 70 après Jésus Christ et la défaite finale de 148. Magnifique histoire tirée pour l’essentiel de la bible, ce qui est curieux pour des sionistes qui au début n’étaient pas du tout religieux (pas tant que cela car il fallait obtenir l’appui politique des religieux). Las, les historiens modernes (y compris israéliens) et les archéologues démentent cette saga de glorification et de perpétuité du « peuple élu ». Par exemple, à l’époque de Salomon, Jérusalem était une petite bourgade, il n’y a jamais eu un royaume juif unifié, le génocide de Canaan n’a jamais eu lieu. les Juifs ne se sont pas enfuis d’Egypte, après Titus il n’est resté que eu de Juifs en Palestine. Ce qui fait qu’en réalité ce sont les Palestiniens d’aujourd’hui qui descendent des populations d’alors ! Il n’y a pas de peuple juif, encore moins d’un point de vue racial : comme partout il y a eu des mélanges au cours de l’histoire. Ce qui reste pour caractériser ledit peuple, c’est la religion à commencer pour les juifs venus d’Europe (notamment après la Shoah, et qui n’ont pas été bien accueillis par les sionistes implantés avant la guerre notamment après la déclaration Balfour de 1917) ou des pays arabes (chassés après 1948 ou 1967 alors qu’ils y vivaient bien intégrés quoique victimes de discriminations) ou d’URSS avec l’antisémitisme de Staline et consorts.
Mais cette réécriture politique de l’histoire a bien évidemment un but : rameuter tous les Juifs de la diaspora partout dans le monde pour qu’ils viennent dans leur pays d’origine et aussi bénéficier de la sécurité car les sionistes agitent en permanence la peur d’une nouvelle extermination. Ils crient à l’antisémitisme global des pays où des activistes ou intégristes musulmans suscitent des agressions idiotes, autant que les tirs de roquettes du Hamas ou du Hezbollah sur Israël. Ces stupidités sont montées en épingle dans le discours permanent sur le terrorisme et la sécurité, discours repris avec complaisance par les médias occidentaux qui gobent la propagande sioniste sans broncher. Et quand un journaliste fait bien son job comme Charles Enderlin, il est aussitôt accusé d’antisémitisme et poursuivi en justice par des « organes » comme le CRIF qui est devenu une officine d’Israël en France, officine du reste pas du tout représentative des 600 000 Juifs Français. On notera aussi que les socialos francaouis font des mamours à l’Etat d’Israël, de même que le génial Obama, prix Nobel de la paix, recule à toute vapeur devant le pouvoir sioniste. C’est qu’Obama a sur les bretelles un très puissant lobby juif aux USA (l’APAIC) et est en butte aux chrétiens fondamentalistes qui soutiennent le retour massif de tous les Juifs en Israël. Pour une excellente raison… antisémite : lorsque tous les Juifs seront réunis, alors le messie redescendra sur terre et éliminera le mal (Armageddon, soit les infidèles). Il procédera au jugement dernier dans lequel les Juifs auront le choix, se convertir ou périr ! Evidemment propagande, histoire trafiquée servent à attirer les Juifs du monde entier en Israël (cela ne marche pas tellement car il y en a encore environ 11 millions à l’extérieur ; mais ils apportent du fric, encore plus que les subventions US). On a donc une boucle : arrivée d’émigrants et colonisation, colonisation pour attirer de nouveaux migrants (ce qui implique que les sionistes n’arrêteront jamais la colonisation) de façon à faire des Arabes israéliens une minorité « raciale », d’obtenir, en chassant les palestiniens, un pays où la « race » sera enfin pure. Cela ne vous rappelle rien ? On notera donc la remarquable inaction de l’UE qui voit détruire les infrastructures qu’elle a financées sans broncher. De même que la continuité de la politique américaine de soutien inconditionnel à l’Etat juif. On sait que l’ONU est bloquée par le droit de veto US. Pourquoi ? Parce que les Occidentaux ont fait d’Israël, qui possède la bombe atomique, le gendarme de la région et s’appuient aussi sur les monarchies du Golfe, particulièrement rétrogrades, pour faire régner l’ordre pétrolier et contrer l’Iran et ses alliés (Syrie, Hezbollah…).
Mais les « révolutions » arabes ont changé la donne. Attendons la suite…

Les facéties des institutions des religions

Classé dans : politique — 19 juillet, 2013 @ 11:31

Les manifestations antimariage pour tous ont réuni de nombreux curetons de toutes obédiences. C’est amusant parce que la « gaytitude » est bien connue dans ces milieux. Déjà St Fançois-Xavier, jésuite en mission au Japon au 16ème siècle, gourmandait les moines bouddhistes Zen pour leurs abominables pratiques de sodomites. Et on sait que la prêtrise est dans les religions le plus souvent réservées aux hommes ou que les couvents ne sont pas mixtes. Et comme l’occasion, comme en zonzon, fait le larron, on se doute que si l’homosexualité est condamnée par les religions elle demeure souvent pratiquée par les religieux. Ces comportements sont en général soigneusement cachés par les autorités religieuses, lesquelles, d’ailleurs, ne sont pas en reste comme le montre l’exemple de feu le fondateur des « légionnaires du Christ » tant protégé par Jean-Paul II. C’est comme dans le libéralisme : le droit reste théorique, car pas appliqué, et subjectif car sont seuls concernés les individus fautifs et non les institutions qui facilitent et couvrent les pratiques.
En ces temps de nouveau pape François et de notre propre Français d’assise socialiste, en ces moments où la laïcité devient problématique (affaire de la crèche Babyloup), peut-on se pencher sur les bizarreries des institutions religieuses ? J’ai dit les institutions, pas les religions que, personnellement je récuse mais pour lesquelles je respecte la foi des croyants. Je n’ai rien contre l’expression des religieux dans le débat public à condition que les curetons n’aient pas la prétention d’y imposer leurs vues et encore moins de faire légiférer en fonction des dogmes et interdits religieux. Notamment en matière d’éthique car, là, les faits ne sont pas toujours en leur faveur et montrent une certaine hypocrisie. Hélas, les rabbins, curés, popes, pasteurs, imams, lamas, etc. ne peuvent s’empêcher de vouloir imposer à tout le onde leurs normes de moralité. Encore faudrait-il donner l’exemple, ce qui est loin d’être le cas.
Les curetons de tout poil brandissent leurs textes sacrés, soit de dogme, soit d’interprétations ou de règles de conduite pour condamner l’homosexualité et autres pratiques qui vous vouent à la géhenne éternelle (et où il y a de la géhenne, il n’y a pas de plaisir). On s’étonne alors de l’existence des conduites gays chez les religieux ; cela tendrait à prouver que les fautifs ne croient pas en leurs propres principes. Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis comme disait Ivan Karamazov cher à Dostoievski..
C’est assez drôle aussi car les institutions ou les règles facilitent souvent le contraire du dogme. Prenez les cathos. Les curés s’entourent d’enfants de chœur masculins et les autorités ne reconnaissent pas la prêtrise pour les femmes, ni le mariage des prêtres. On se retrouve donc entre hommes, ce qui est en outre le principe même des monastères. Il n’est donc pas étonnant, car la chair est faible, que l’homosexualité soit une pratique relativement courante quand ce n’est pas la pédophilie avec des éphèbes déguisés en petits curés. La chose est d’autant plus aisée que les prédateurs, déguisés en saints hommes, ont autorité sur les victimes, qui, comme au Canada, sont parfois des sourds-muets ou en Irlande des orphelins sans défense. Et le pêcheur dispose de la confession pour recommencer et ainsi de suite après chaque coup d’éponge. Au passage, l’institution est au courant des turpitudes de ses représentants, ce dont elle n’a pas fait grand usage, bien au contraire puisqu’elle s’est surtout évertuée à camoufler les scandales. L’interdiction de se marier conduit aussi souvent à des scandales sexuels, la plupart du temps homosexuels. Dieu merci, la plupart des curés ont une compagne cachée aux yeux du public mais sans doute pas de la hiérarchie.
La religion musulmane n’est pas exempte de ces tribulations. La séparation rigoureuse entre filles et garçons amène ces derniers à passer à quelques privautés mutuelles. La possibilité d’avoir 4 épouses fait qu’il peut y avoir 3 mecs sans femme et qui sont donc poussés à d’autres relations. L’exigence de virginité de l’épousée amène à des pratiques de type homosexuel : on peut sodomiser sa copine car l’hymen reste intact. La prosternation, le râble en l’air devant Dieu, permet aux fidèles de contempler l’arrière-train de leurs confrères mâles puisque les femmes prient entre elles. Les écoles religieuses, réservées aux garçons, offrent des tentations aux élèves et surtout aux maîtres. Et les 5 actes religieux prônés pour le bon musulman permettent là encore de passer facilement l’éponge. Ce qui expliquerait qu’en Afghanistan les riches puissent encore acheter des jeunes garçons pour en faire des danseurs et des esclaves sexuels. On raconte même que maints jeunes mariés Afghans ne procréent pas, du moins au début, parce qu’ils se trompent d’entrée. La religion israélite est peut être celle qui présente le moins d’écart entre les préconisations et les pratiques. Dans les lamaseries, il doit s’en passer de belles entre moinillons ou autres. C’est- à voir car je ne connais pas la question. On peut se demander si l’interdiction du mariage à la Catho ne crée pas des obsédés sexuels qui tenteraient d’exorciser leurs pulsions en prônant l’interdiction des relations hors mariage pour les autres. Pourtant les imams et les rabbins ou les anglicans peuvent se marier. Est-ce suffisant ? Il ne semble pas car comme l’a montré Freud l’homme est un pervers polymorphe. Un pervers ? Et si c’était dans la nature des choses ? Les anciens grecs étaient bisexuels : une épouse, souvent une emmerdeuse comme Xanthippe la femme de Socrate, et des petits copains pour l’amour vrai. Un connard du Tea party amerloque a dit que l’homosexualité avait perdu la Grèce. Ce quidam ignore que la relation amoureuse entre guerriers était favorisée, notamment à Sparte, parce que chacun se battait à mort pour sauver son amant.
On se demande donc pourquoi il y a à la fois condamnation de l’homosexualité et pratique d’icelle, ce dont profitent des Occidentaux au Maroc et ailleurs, Gide ayant été un précurseur. Serait-ce parce que cela permet de réprimer, de punir en vue d’assurer la paix sociale et surtout de faire planer une menace sur les déviants. Sauf, évidemment, s’ils sont riches et puissants. Cela permet aussi d’alléguer la bonne foi des prêtres puisqu’ils ne sauraient s’adonner à des pratiques qu’ils réprouvent. Et si les curetons peuvent fauter, cela laisse l’institution hors de cause. Cela leur permet aussi de contenir par une sorte d’exorcisme projectif (accuser les autres revient à se prémunir du danger de succomber à la tentation), hélas pour eux pas indéfiniment, leurs pulsions. On peut se demander si la condamnation des comportements « contre nature » ne viendrait pas de ce qu’ils réduisent le nombre des producteurs qui travaillent pour nourrir et entretenir grassement les églises. De quoi vivent les curetons ? Evidemment du travail des autres, surtout les moines mendiants et autres ascètes ou bonzes. Et si les homos pouvaient se marier, alors il deviendrait difficile d’espérer leur héritage. On se souvient de ce que la catho interdisait partiquement le remariage des veuves afin qu’elles entrent au couvent avec leurs biens dont l’Eglise héritait.
Faites ce que je dis énoncent les curetons de tout poil, pas ce qui est naturel ou possible. Et lesdits curetons se réservent les abus qu’ils condamnent chez le pékin moyen. Cela s’appelle de l’hypocrisie. Il faut hélas constater que c’est courant chez les religieux. La morale de l’histoire est que les curetons en tout genre sont avant tout des gens de pouvoir, à commencer sur leurs adhérents qui ne les voient que comme des saints hommes alors qu’ils ont leurs intérêts propres (sales serait plus approprié). Et comme ils sont liés au pouvoir politique, celui-ci les protège contre vents et marées. Sans compter que, évidemment, les institutions cléricales font tout pour cacher leurs turpitudes. Il en va de leur légitimité à dire la vérité, donc de leur position sociale d’alliées du pouvoir et des puissants. Car, bizarrement, les églises ou les curetons de toute obédience sont bien moins diserts sur d’autres péchés. Certes, il est plus difficile à un riche d’entrer au paradis qu’à un chameau de passer le chas d’une aiguille mais il faut rendre à César ce qui est à César. On a donc eu fort peu de prônes contre les injustices, l’esclavage, l’exploitation, les richesses mal acquises, ce qui, à la différence de la luxure librement consentie, fait bien plus de mal aux autres et tue plus ou moins directement. Du reste, l’Eglise s’en est mis plein les fouilles, bien au-delà du financement de la charité censé relever de ce pompage de fric. Mais, n’est-ce pas ?, le luxe est moins coupable que la luxure.
Il n’y a rien de bien surprenant là dedans car les religions ont toujours été l’appui et la légitimation du pouvoir, ont toujours eu besoin des riches pour construire des temples afin d’impressionner le croyant et lui montrer, force œuvres d’art à l’appui, combien Dieu reconnaissait leur mission terrestre. Comme disait Proudhon, c’est la sainte trinité du trône, appuyé sur le sabre, du goupillon et du coffre-fort, le même Dieu sous trois espèces (c’est le cas de le dire) : le pouvoir, l’argent et l’idéologie religieuse. On ne soulignera jamais assez les méfaits des religions : guerres, endoctrinement de couillons analphabètes, frustrés (par les conséquences des principes religieux) plus ou moins violents, justification des inégalités terrestres, soutien aux puissants et aux politicards, agitation des passions identitaires souvent réunies sous la bannière religieuse. M. Morsi en Egypte l’a très bien compris en soumettant la nouvelle constitution au bon vouloir des islamistes : il est sûr que les campagnes illettrées et dans la misère vont voter pour ; les bourges et les jeunes des grandes villes iront se faire voir comme en Iran. Et la vertueuse démocratie yankee est elle-même truffée d’excités incultes qui en pincent pour les sermons de pasteurs autoproclamés alimentant le Tea Party et la réaction. En France, les curetons, les Imams, les religieux de tout poil font peu à peu reculer la laïcité au point qu’on ne peut plus parler de rien dans les écoles, qu’on jette 8 000 petits pots au chocolat parce qu’ils contiennent un soupçon de matière de cochon, qu’on enlève un père Noël d’une école. Montesquieu, Condorcet avaient prévenu : la démocratie requiert la vertu et celle-ci n’a rien à voir avec celles des religions ; elle réclame une éducation du peuple ; éducation que les différentes calottes refusèrent longtemps en Occident et rejettent toujours dans certaines parties du monde, notamment pour les petites filles. Les républicains avaient aussi vite compris qu’elle demandait la neutralité du politique et du droit vis-à-vis de toutes les conceptions religieuses ou idéologiques du monde ; c’est cela la laïcité, laquelle n’interdit pas aux imbéciles de croire. Elle refuse seulement que les options religieuses viennent s’imposer dans a conduite de la politique et que la loi obéisse à quelque religion que ce soit. C’est pourquoi le grand démocrate qu’est Poutine s’appuie sur les popes et les dirigeants américains sur la bible. En France, il faut se méfier et boutiner les christineianisés hors de l’espace public.

Mafias, gangs et libéralisme : un pouvoir caché

Classé dans : politique — 17 juillet, 2013 @ 9:45

Jacques de Saint-Victor vient de sortir un superbe livre sur les mafias, l’argent, la politique, le libéralisme (« Un pouvoir invisible »). C’est un historien qui essaie de nous livrer les sagas des différentes mafias malgré le caractère lacunaire et souvent spécieux des sources. Brillant travail à lire absolument mais dont je ne retiendrai ici que la logique qu’on peut en dégager, ce que, du reste, fait notre auteur en tirant des enseignements de sa recherche et de ses analyses très fouillées. Un constat s’impose : depuis la libéralisation du commerce et la libre circulation des capitaux les investissements criminels de bandes organisées ont tout envahi (drogue, immobilier, stations de ski ou balnéaires, secteur de la santé [médocs, cliniques, hôpitaux, labos, pharmacies], racket, enlèvements crapuleux jeux et casinos, football, trafics d’organes, de bois, d’ivoire, de cigarettes, etc., prostitution, ventes d’armes, etc.). Le « doux commerce » a vu ses activités à la fois viciées, faussées, corrompues et proliférer dans l’économie invisible, la finance occulte partout dans le monde où sévissent de plus en plus les menaces, les extorsions de fonds, les meurtres de récalcitrants ou de « repentis » ou de politicards véreux devenus gênants. Les autorités publiques sont mollassonnes devant une telle extension qui sape la démocratie et fausse la concurrence, qui fait échapper au fisc des centaines de milliards, qui blanchit l’argent des trafics et le réinjecte dans l’économie via les paradis fiscaux. Pourquoi cette expansion des activités criminelles et cette absence de réaction efficace des pouvoirs publics, lesquels, par exemple, n’ont commencé de vouloir réguler la finance et contrôler les paradis fiscaux qu’après le krach de 2008 et le G 20 de 2010. On peut déjà énoncer qu’une partie de ce fric est réinjecté dans l’économie ce qui aide à entretenir le blablabla sur la croissance, qu’une autre partie sert à « fluidifier » les rapports sociaux, que l’on a des financements occultes des partis de pouvoir (du genre des « rétro-commissions Balladur ou des corruptions d’ElF sous Dédé la Sardine, Tarallo et Pink Floch-Prigent), que les sommes détournées par les politicards peuvent finir en Suisse et servir de poire pour la soif en cas d’alternance, etc. On peut aussi penser que le libéralo-capitalisme ayant entraîné la précarité, l’inégalité et la pauvreté, la réduction des moyens publics les mafias peuvent se substituer aux défaillances de l’Etat devenu impécunieux (dette, moins de recettes fiscales, plus de prestations à verser, déficit accru en spirale avec l’austérité) en aidant ou employant les laissés pour compte du capitalisme moderne. C’est du reste ce que font les religieux, notamment islamistes, pour s’installer dans le paysage en rendant des services aux démunis et âmes en déshérence. Là où l’Etat est défaillant s’installe toujours une solution compensatoire qui va de la charité aux mafias et aux sectes. C’est pourquoi, afin que la société tout entière n’implose pas, les politicards ferment les yeux. Ce qui explique la prolifération du trafic de drogue dans les banlieues : il apporte à beaucoup de l’occupation, du prestige dans les bandes et de quoi survivre.
Ce qu’on comprend en 1er lieu, c’est qu’il y a des liens incestueux, des « pactes scélérats » entre les politicards et les organisations mafieuses ou les gangs criminels. Les pouvoirs autoritaires se servent des gangs pour éradiquer leurs ennemis (par exemple les FARCS en Colombie, l’OAS sous Charlot 1er,), développer des réseaux après les décolonisations (réseau françafrique monté par Foccart), « lutter contre le communisme » (avec contribution de la CIA notamment en Amérique latine), zigouiller les syndicalistes et les indigènes réclamant des terres ou protégeant leur territoire contre les dégâts industriels (au profit des patrons ou des latifundiaires). Les relations nouées alors entre services secrets, politicards, grands propriétaires, police, justice ont évidemment des suites car tout ce beau monde se tient par la barbichette et a intérêt à l’omerta, car les exactions sont toujours accompagnées de flux de pognon à recycler (les mafieux ne travaillent pas gratos) ou de privilèges accordés (par exemple des permis de construire ou des appels d’offres truqués : exemple, le « gaullisme immobilier » et l’affaire de la Garantie Foncière) ou de règlements de comptes (exemple tuerie d’Auriol par le SAC fondé par Pasqua pour éradiquer l’OAS), de recrutements d’amis munis de sinécures ou de postes importants où ils peuvent magouiller, etc. La collaboration entre gangs et politiques a donc toujours amené de l’économie souterraine et prédatrice pour la suite de la vie des sociétés. Elle sabote aussi la démocratie e excluant le peuple du pouvoir au profit des partis plus ou moins gangrenés en place.
Les démocraties libérales ne sont pas en reste, surtout si elles sont faibles en tant qu’Etat. C’est le cas de l’Italie depuis son unité en 1876 : on a beaucoup utilisé les mafias dans le Sud et en Sicile soit pour réclamer l’indépendance (monarchistes, aristocratie, grands proprios et mafieux), soit pour lutter contre les indépendantistes. Après la 2ème guerre mondiale, la Démocratie Chrétienne a, dans le Sud, fait alliance avec les mafias afin de faire élire ses représentants contre les paysans sans terre, les cocos et les syndicalistes. Ce fut un clientélisme sans limites dans lequel les mafieux rabattaient les électeurs vers la DC (menaces, meurtres des candidats ennemis et de leurs soutiens, distribution de prébendes et avantages, embauche massive de prolos et de mafieux dans les services publics, etc.). Qu’on ne se moque pas de l’Italie car c’est ce qui s’est passé récemment à Corbeil-Essonne où les Dassault achètent les suffrages et il y a même une affaire de meurtre d’un rabatteur encombrant en cours d’instruction chez « le beau Serge » et son successeur à la mairie. Ou bien parlons des magouilles des Guérini et consorts à Marseille, côté PS. Une fois en place avec la complicité des politicards, les mafieux institutionnalisent le racket (impôt sur les commerçants, les industriels, le BTP, les boîtes de nuit, etc.) et ne sont pas poursuivis via une police pleine de ripous et des magistrats corrompus soutenus par les politiciens élus dont certains sont directement des mafieux. Les lois de décentralisation accordant une très grande autonomie locale ont facilité le système de collusion entre les notables, les bourgeois et possédants, les politiciens et les mafieux. Dans ce système il devient impossible de poursuivre les criminels et les corrompus parce que personne ne témoigne et que les témoins ou repentis sont assassinés ou leur famille menacée et parfois zigouillée. Des procès énormes, suite à des meurtres massifs ou des corruptions énormes, ont été montés par une justice italienne indépendante, elle, mais ils ont échoué car les lois n’étaient pas suffisantes pour poursuivre, surtout la « bourgeoisie mafieuse. Quand les juges n’étaient pas assassinés comme Falcone ! C’est Forza Italia, parti créé par Berlusconi qui a repris les pratiques sordides de la DC après la chute de celle-ci dirigée pendant près de 50 ans par feu Andreotti, toujours passé entre les gouttes malgré l’opération « mani pulite » menée par les juges du Nord.
Les démocraties fortes, c’est-à-dire celles qui ont une administration puissante à tous les niveaux territoriaux (un Etat, donc, soi-disant de droit), sont elles aussi atteintes par les phénomènes mafieux. C’est généralement dû au fait que certaines administrations sont en réalité devenues indépendantes du pouvoir politique ou mènent ses opérations secrètes : CIA, FBI, NSA. Pendant des années la CIA a aidé les « narcos » du général Noriega, président du Panama et qui a fini par porter le chapeau étant lui-même un gros trafiquant de drogue, afin de financer la lutte contre les révolutionnaires sandinistes au Nicaragua ou les castristes à Cuba via le dictateur Somoza. Les USA ont aidé à développer le trafic d’héroïne pendant les guerres d’Indochine pour éradiquer les cocos. On sait que la France a été l’espace des « barbouzes » utilisant des indics, des infiltrés et bien sûr des bandits pour mener leurs opérations occultes. On voit facilement que l’intérêt de l’industrie barbouzarde au service occulte du pouvoir est de dissimuler sa participation ; pas vu pas pris surtout avec la magnifique « secret défense » francaoui et une justice aux ordres. Mais quand les opérations sont finies les mafieux restent et il faut leur donner des rentes ou des capitaux pour qu’ils ferment leur clapet. Ainsi, on n’a jamais élucidé l’enlèvement et le meurtre de Ben Barka, l’assassinat de Fontanet, du duc de Broglie, de Markovic, de la tuerie d’Auriol (les commanditaires étant passés à l’as comme dans la plupart des cas de bourgeoisie mafieuse ou politicienne tirant les ficelles). Si besoin est celui qui est prêt à faire des révélations est aussitôt emmené dans un monde meilleur et coulé dans le béton d’un promoteur véreux.
Les évolutions récentes montrent une emprise de plus en plus disséminée et importante en volume. Car la mafia n’a pas intérêt à se concentrer, à se centraliser puisque cela deviendrait trop voyant ; elle travaille plutôt en réseau d’amis installés un peu partout et surtout sans liens officiels autres que la parole donnée ou la famiglia à l’instar des triades chinoises ou des Yakuzas japonais. La libéralisation totale des échanges, la libre circulation des capitaux, la dérégulation financière qui a fait disparaître toutes les protections contre la spéculation et autorisé des audaces en produits très risqués (pour le quidam ou le salarié ou le retraité, pas pour les banques et les financiers), qui a ruiné en même temps l’Etat-providence, la protection dont jouissent les paradis fiscaux, la transversalité des multinationales ont supprimé toutes les barrières à l’investissement dans les opérations criminelles camouflées en objets commerciaux licites. Les champs offerts aux activités criminelles ont été décuplés par le libéralo-capitalisme depuis son émergence sous Thatcher, Reagan et Milton Friedman et son école économique de Chicago. Les nouveaux moyens internet (stockage des données, vitesse d’exécution des ordres, passage par une chaîne d’écrans et de sites) ont facilité le blanchiment et les implications occultes. Même pour le denier d’Ô-culte avec les banques véreuses et « mafiatées » du Vatican (Loge P2 et ses ramifications). Cette libéralisation qui avait été accordée pour faciliter les délocalisations et investissements des multinationales a eu des effets pervers que les politicards n’auraient pas dû ignorer ou non-prévoir. Mais la théorie était à l’autorégulation des marchés, à leur efficience, aux « éthiques d’entreprise » et aux « chartes de déontologie des affaires ». Si le « mafiatage » pouvait exister, les marchés y mettraient rapidement fin. Las, comme on va le voir, le monde des affaires ne peut pas rater une occasion, même illicite, de s’enrichir dans tous les trafics juteux et permettant de ruiner les concurrents honnêtes. Je disais que tous les marchés étaient ouverts aussi parce que des économistes distingués et nobélisés ont écrit noir sur blanc (aux USA, c’est plutôt Blanc sur Noir comme vient de le prouver l’acquittement de l’assassin d’un jeune Noir sous prétexte de « légitime défense ») que l’essentiel était la liberté des individus et du commerce : on peut donc vendre ses ovules, son rein, son corps, sa morale, ses bras (ça, c’est fait depuis longtemps, c’est le salariat), etc. L’aporie est que la doctrine ne permet pas de savoir si l’on peut vendre aussi sa liberté, car rien ne s’y oppose en principe vu que tout doit être libre, responsable, risquophilisé.
La doctrine libérale a fait accroire que tout était permis pourvu qu’on réussisse, que l’économie n’avait rien à voir avec la morale, que la compétition était darwinienne et fondée sur la sélection des meilleurs, que seule la croissance monétarisée était l’objectif essentiel des sociétés, que seuls les individus existaient comme formes sociales, que les interactions entre ces monades conduisait à l’« harmonie spontanée » via la « main invisible du marché » dans le « meilleur des mondes possibles », que l’Etat et son intervention, c’était caca (pas Kaka, footeux émérite et profitant bien du système grâce à son excellence), que l’échange était toujours profitable à tous via la spécialisation et la compétitivité, etc. Les politicards, ayant été séduits par ce qui n’est qu’une idéologie à prétention scientifique et mathématisée, ont donc soit laissé faire les affaires, soit organisé eux-mêmes la dérégulation en faisant voter les lois ad hoc. C’est pourquoi il n’y aura bientôt plus de haddock dans la mer, d’air non pollué, de forêts, de glaciers, d’eau potable, de nourriture tant en volume qu’en qualité (agro-carburants et récoltes pour le bétail, OGM, pesticides et autres fongicides, désertification, pollution des terres arables, etc.), d’énergie bon marché, etc. Il n’y aura plus de services publics car le privé s’occupera seul des assurances, des retraites, de la santé, des prisons, des écoles ou universités, etc. car, abandonné à lui-même, sans règles, sans pouvoirs publics pour les fixer et contrôler leur application, la société devient le livre de la jungle où jongle le capital. C’est soi-disant plus efficace pour le pays alors que ce n’est que plus rentable pour les puissants. Les services doivent être laissés au privé, c’est d’ailleurs ce que préparait « l’AMI » (accord multilatéral sur l’investissement) sous le libéralo-trostkard Jospin, puis l’AGCS (accord général sur le commerce des services), la directive Bol-Frankenstein avec « le plombier polonais ». Et maintenant ce sera le traité commercial transatlantique.
Il n’y a pas de raison de se gêner car comme disait Ivan Karamazov « tout est permis » (s’il n’y a pas de Dieu) ; ce qui est devenu s’il n’y a pas de morale, de vergogne, de honte. Donnons un exemple : la transformation par la Mafia et la bourgeoisie mafieuses des terres fertiles et superbes entourant Naples en gigantesque dépotoir à ciel ouvert. Comment est-ce arrivé ? La mafia ayant aidé les politicards à être élus dans cette magnifique contrée a réclamé, et obtenu, en échange le monopole de l’adjudication du traitement et du stockage des déchets. La mafia s’est emparée des terrains nécessaires en spoliant leur propriétaire par différents moyens de menace et d’extorsion. Elle a ensuite fait des offres de service aux industriels : venez chez moi, je m’occupe du traitement et j’assure la sécurité sanitaire des sols et tout cela pour bien moins cher que les concurrents. Alors les industriels du Nord de l’Italie puis jusqu’aux Teutons si vertueux en écologie et honnêteté des affaires ont envoyé leurs déchets en masse, y compris de très toxiques non traités et non sécurisés. ; C’était bien moins cher parce que la mafia se contentait de stocker sans précautions et sans traitement. Les industriels ont vu là le moyen d’échapper aux contraintes écologiques et de sécurité et d’avoir un avantage compétitif, car, comme on le sait depuis Vespasien, l’argent n’a pas d’odeur. Le résultat est que régulièrement Naples est victime d’un énorme engorgement de déchets (les terrains devenant rares) et que ses environs sont devenus un cloaque fétide et dangereux, que les maladies du sang, des nerfs, des poumons, les déformations des fœtus, etc. ont grimpé en flèche. Et c‘était merveilleux car la camorra avait aussi investi, pour recycler l’argent sale, dans les hôpitaux et les cliniques, dans les labos et la pharmacie (très utiles pour les produits nécessaires à la fabrication de drogues).
On voit donc qu’en régime libéralo-capitaliste sans règles et sans Etat tout se tient : le profit, les élections truquées, la démocratie en trompe l’œil, le crime, l’argent sale, les paradis fiscaux et les multinationales si promptes à délocaliser leurs déchets (enter autres) en vue de la rentabilité et de la compétitivité. Ce qui explique très bien aussi les scandales de viande avariée, de lait toxique produit en Chine, etc. Merci, M. de Saint-Victor d’avoir déstructuré cette imparable logique dans votre magnifique livre. Vous nous avez montré comment le management, c’est de la mafia et celle-ci du management modern style.

Le traité transatlantique de libre-échange

Classé dans : politique — 6 juillet, 2013 @ 8:55

L’UE vient d’obtenir mandat des chefs de gouvernement et autres compradores pour négocier un traité de libre-échange entre elle et les USA (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement, PTCI). Soulignons déjà que les termes de ce mandat, dont les actions doivent démarrer le 8 juillet 2013, ne sont pas publiés et que le Tartarin de l’Elysée se glorifie d’avoir obtenu la non-négociabilité de « l’exception culturelle » française. Or, le commissaire européen au commerce, Karel de Gucht, a déjà annoncé que cela pourrait être remis en question si la chose arrivait sur la table. Le Gland méchant Mou a donc obtenu une victoire provisoire et médiatique comme d’hab. Mais c’est super car on s’épargne une alouette de diversité culturelle contre un futur percheron de destruction de tout le reste. C’est à croire que les fantoches de l’UE et de Paris n’ont jamais analysé les conséquences d’accords équivalents (ALENA) entre le Mexique et les USA. Le Mexique a, par exemple, ruiné ses « maquiladoras » et zigouillé sa sécurité alimentaire au profit du maïs OGM des USA. De ce fait, l’immense diversité des semences de maïs, plante originaire dudit Mexique, est en train de disparaître comme les planteurs mexicains étranglés par des coûts de production plus élevés qu’aux USA. Tans pis, car nos onéreuses élites politicardes et économiques continuent de croire aux vertus du libre-échange et de la spécialisation suivant le vieux théorème de Ricardo. Lequel ne tenait pas compte des rendements croissants, de la monnaie et des taux de change, des problèmes de sécurité des fournitures et surtout des besoins et de la demande. On peut déjà se gausser de l’exception culturelle qui n’est en fait qu’un prétexte pour garantir des rentes de situation et des subventions à nos éminents producteurs et distributeurs de grande culture, aux firmes de CD ou DVD, aux réalisateurs de cinéma, etc. le plus souvent ringards. Et voulez-vous sauver tous nos grands artistes domiciliés en Suisse (ou ailleurs) pour échapper à l’impôt sur le revenu et aux droits de succession ? Il est clair aussi qu’il ne s’agit pas de sauver nos rares penseurs de notoriété internationale puisque de toute façon l’époque des Sartre, Derrida, Deleuze, Althusser, Debord, Lacan, etc. est révolue. Il nous reste BHV et Glucksmann et autres « nouveaux philosophes » passés du maoïsme au libéralisme le plus échevelé. Ou, en histoire, Rosanvallon et Furet à la place de Braudel et Bloch. Plus des inconnus remarquables comme Dupuy, Descombes, Badiou qui se passent très bien de l’exception française car ils continuent de penser pour l’universel et non les petites cours d’admiration mutuelle et les salons franco-français. Ce qui est grave, c’est que la France ait perdu sa capacité de produire d’immenses penseurs ou écrivains au profit des rapports comptables de l’énarchie.
Rappelons que la France, de même que tous les autres pays, ne participe plus aux négociations commerciales internationales car l’UE ne dispose que d’un négociateur au nom de toute l’Europe. Négociateur évidemment vendu aux thèses libérales soutenues par les Gibbies et les Teutons, comme d’ailleurs tous les gros membres de la grosse Commission de Bruxelles, à commencer par Barroso, ex-maoïste et ex-saigneur du Portugal qu’il dirigé il n’y a pas si longtemps. Et comme on ne connaît pas le mandat, il devient clair que les représentants de l’UE dans le bargaining auront carte blanche et chèque en blanc pour plomber l’Europe. L’enjeu des négociations n’est pas dans les droits de douane qui sont à moins de 5 % actuellement côté Europe, 3,5 côté USA. L’enjeu réel, ce sont les normes, ce qui fait comprendre que le PTCI est une resucée de l’AMI discuté en loucédé au château de la Muette (évidemment…) du temps du socialo-trotskiste Jospin et brutalement arrêté lorsque la chose s’est sue. C’est une reprise aussi de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) repris par l’UE qui aligne les mutuelles sur les boîtes privées à but purement économique. C’est encore la même méthode de création d’un arbitre pour régler les différents, arbitre qui, tel l’ORD de l’OMC, est composé de fantoches acquis au super libre-échange comme Barroso.
L’UE va se plier aux normes US sans difficulté quand on pense que Guimauve le Concurrent n’accorde pas l’asile politique à Snowden et interdit même l’avion de Morales de survol du territoire francaoui. On sait aussi que les Rosbifs, les Teutons et autres poussent à un abandon des normes européennes bien plus strictes que les ricaines et nuisibles, donc, aux grandes affaires. Par exemple, les normes Reach sur la dangerosité des produits chimiques déplaisent à BASF, inventrice du zyclon B, ou à Roche spécialiste de la dioxine à Seveso, aux cabinets (ministériels) dont les membres ne veulent pas s’interdire des voies de pantouflage dans le juteux privé… Les OGM pourront envahir les marchés européens (maïs, soja, etc.), on bouffera du poulet lavé au chlore, des bœufs aux hormones, des produits issus de carcasses de bovins passés à l’acide lactique. On se pliera aux exigences ricaines en matière de sécurité des données privées collectées par Google, Face Book, Amazon et remises aux « grandes oreilles » des USA. Les médocs s’aligneront sur les contrôles US et leurs autorisations de mise sur le marché. On s’alignera aussi sur les normes techniques des télécoms US. On admettra que la « brevétisation » du vivant se fasse suivant les procédures US, le copy-right sera US comme les droits d’auteur. On sera sans doute forcé de donner des permis d’extraction des gaz et pétroles de schiste aux firmes US (et donc aussi aux autres comme Total). On devra laisser Monsanto (et les chimistes européens) diffuser ses semences OGM et ses produits tueurs d’abeilles. Vive la mondialisation.
La cerise sur le millefeuille sera que les entreprises US (et autres) auront le droit d’attaquer un gouvernement (ce qui était prévu par l’AMI, du peuple, et Lamy des multinationales à l’OMC) en cas de décision contraire à leurs intérêts. Par exemple, si la France décide de porter le remboursement d’un médoc de 60 à 10 %, alors le labo le produisant pourra exiger des indemnisations ! Ou si la France interdit le régent et autre pesticide tuant les abeilles. Pendant ce temps, Hamon (commandement) fait accoucher d’une ridicule loi sur les « class actions », loi qui confie le monopole des plaintes en justice à des associations reconnues, qui exclue la pharmacie, la chimie, l’Etat et leurs pollutions ou dégâts, loi donc qui ne concerne que la consommation courante et non les autres nuisances, loi qui limité l’action collective au pénal et renvoie l’indemnisation au civil et au cas par cas individuel, loi qui limite la plainte civile aux préjudices directs et non à ce qui peut s’ensuivre ou à ce qui n’est pas encore prouvé. Le changement, c’est maintenant ! Et aussi quelle belle loi contre la finance et la banque, qui ne sépare affaires et dépôts et qui ne concerne que 1 % des activités pour compte propre des banques ! Décidemment la collusion politicards, technocrates, milieux d’affaires est à son summum. On vient ainsi d’apprendre que la Dircab de pépère était l’épouse du PDG de Vallourec qui veut des gaz de schistes pour vendre des tuyaux. Et des tuyaux, le sieur Crouzet (Mme ayant gardé son nom d’Hurbac pour que ce soit moins voyant) en a… par sa femme !

Le livre noir du libéralisme

Classé dans : politique — 17 juin, 2013 @ 8:31

Il y a une bonne quinzaine d’années est sorti un bouquin intitulé « le livre noir du communisme », livre à charge contre le socialisme qui ne serait que le début du communisme totalitaire et livre hagiographique en faveur du libéralisme. Pur travail idéologique de disqualification des aspirations socialistes en faveur du capitalo-libéralisme. Un philosophe italien, Domenico Losurdo, vient de sortir un livre magnifique, dont je rends compte ici, intitulé « Contre-histoire du libéralisme ». Je préfère, eu égard à son contenu et à l’existence du honteux livre pro-libéralissime, l’appeler livre noir du libéralisme. Car Losurdo montre que le libéralisme s’est construit sur l’esclavage (donc c’est bien un livre Noir), le racisme et le travail forcé. Et si l’on fait le décompte morbide des victimes du communisme et du libéralisme, comme on dit, y a pas photo. C’est ce que nous allons voir ci-dessous.
La « démocrassie » libérale est née de la demande des classes bourgeoises et possédantes d’être libres de vaquer à leurs opérations de profit, de jouir de leurs propriétés (dont les esclaves qui d’après le « code Noir » de Louis XIV étaient des biens meubles), de les faire librement fructifier et, de développer leurs libres entreprises. Il fallait donc éradiquer le pouvoir royal qui les contrôlait, les taxait et surtout mettait des règles limitatrices à leurs exactions. Figurez-vous que les rois catholiques et absolus d’Espagne et de France interdisaient de maltraiter de trop les esclaves des colonies. La lutte contre l’absolutisme était donc en même temps une question raciale et un problème de pouvoir économique. A quoi s’ajoutait que les religieux catholiques (et chez les protestants, les Quakers) ne voulaient pas qu’on empêche les conversions en maltraitant les colonisés, plus ou moins « esclavagisés » ou réduits au travail forcé. Et ils demandaient que les esclaves puissent disposer du dimanche pour les offices. Que de temps de travail perdu ainsi ! C’est pourquoi on devait non seulement se débarrasser du monarque absolu (d’autant plus que ce con était catholique et un rival puissant) mais aussi des empêchements religieux. Le pouvoir politique démocratique devait être neutre par rapport aux convictions religieuses ou autres.
Ensuite, est apparue la question sociale de la misère et de l’exploitation éhontée des classes travailleuses au 19ème siècle. Il fallait que le pouvoir politique ne s’en mêle pas et ne limite pas « la liberté d’entreprendre » et le « droit de propriété. Il fallait que les problèmes économiques et sociaux ne relèvent pas de l’Etat, que celui-ci n’y interviennent pas. La charité suffisait à suppléer aux carences du contrat entre le travailleur libre et le patron libre. On voit ainsi que la démocratie libérale est en fait un appareillage de domination des possédants (des terres ou des entreprises ou des banques) sur les autres acteurs sociaux. Elle accouche de triplés (et non de jumeaux comme le dit Losurdo) : la répression raciale, ouvrière et religieuse, ces connards de curetons se mêlant du salut des âmes y compris esclaves ou misérables. Aujourd’hui, il ne s’agit plus que de domination pure et simple des financiers, actionnant les politicards compradores, dans les affaires économiques et sociales. C’est que les classes dominantes et propriétaires qui ont voulu la démocratie ne se sont jamais préoccupés que de leurs intérêts. La révolution française perturba ce beau monde avec ses idées universalistes d‘égalité entre les hommes et la déclaration des droits de l’homme. En outre elle libéra les esclaves en 1794, ce que le grand Napoléon fit défaire en 1804 tout en menant une expédition à St-Domingue contre la 1ère république noire. On comprend la haine de tous les rois et de toutes les démocraties en trompe l’œil contre ladite révolution.
Contrairement à ce que raconte la vulgate libérale, le pouvoir politique « démocratique », censé limiter au maximum les ingérences de l’Etat dans les affaires privées (et elles sont nombreuses : la propriété, l’entreprise, la liberté d’entreprendre, la vie privée, notamment sexuelle, la morale), pensé comme soumis aux libertés individuelles et au respect des droits subjectifs, conçu comme neutre par rapports aux acteurs sociaux, a été incroyablement totalitaire et interventionniste. Il a empêché l’organisation des ouvriers en interdisant la grève (ou « coalition »), l’association (et les syndicats), les caisses de secours mutuel (au profit de la caisse d’épargne gérée par des capitalistes), les manifestations et rassemblements ouvriers, les journaux (ceux de Proudhon étaient systématiquement censurés et punis d’amendes astronomiques pour les supprimer), les candidatures ouvrières (sous prétexte qu’un « députain » représentait la nation et l’intérêt général et non une classe sociale et un intérêt particulier). Le PP démocratique a pondu des lois ignoblement iniques et répressives pour protéger la propriété ; par exemple, voler un quignon de pain était passible du bagne (et de la pendaison en Grande-Bretagne). On se souvient des féroces répressions des révolutions des canuts, de 1830, de 1848 et de 1871, des dragonnades de Clémenceau en 1920, etc.
En réalité, le but caché de ces lois édictées contre le peuple, les chômeurs, les pauvres, etc. était de punir pour déporter les condamnés dans les colonies (c’est comme cela qu’on a peuplé l’Algérie de Blancos ou l’Australie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, les Indes, l‘Ouest des USA). Voilà comment la démocratie libérale résolvait la « question sociale » après avoir laissé le patronat libre de fixer les salaires et les horaires de travail, les relations de travail sur la base du contrat de droit privé. Il y a encore pire en démocratie libérale née aux Pays-Bas, en G-B et aux USA à partir d’une lutte des puissants-possédants contre le pouvoir central afin de pouvoir exploiter les autres sans vergogne. C’est la façon dont elle a favorisé les Blancs contre les Noirs et les Peaux-Rouges ou autres indigènes et races de « sous-hommes » comme les Arabes lors de la conquête de l’Algérie par le boucher Bugeaud (qui porte la casquette, mais il obéissait au pouvoir politique libéral de Louis-Philippe, monarque au service du capital). Les Noirs ne furent pas libérés lors de l’indépendance des USA ; et pour cause car les libéraux voulant chasser les Anglais qui, soi-disant, les traitaient comme les « Nègres » désiraient en fait supprimer les ingérences du gouvernement britannique et des religieux anglicans (et abolitionnistes quoique bien après les Quakers). Et les indépendantistes, tels Jefferson, Washington, Hamilton étaient des sudistes de Virginie propriétaires d’esclaves noirs. La démocratie libérale US, après la guerre de Sécession (qui libéra les esclaves Noirs que jusqu’en 1877, date d’un accord Nord/Sud restaurant une discrimination sévère), permit ensuite la chasse aux Indiens pour voler leurs terres à confier aux vagues de colons européens et blancs poussant vers l’Ouest et la ségrégation raciale pour les Noirs. Figurez-vous que nos libéraux et démocrates US interdisaient les rapports sexuels (a fortiori les mariages) interraciaux, les espaces mixtes (jusqu’au jugement de la Cour suprême avec l’affaire Laura Parks), l’éducation des Noirs (apprendre à lire et à écrire à un esclave était sévèrement puni même pour un Blanc). La diffusion de livres et de journaux ou textes favorables à la non-ségrégation était interdite et espionnée, etc.
Les libéraux-démocrates se servaient de la démocratie pour s’opposer au pouvoir central qui avait la prétention de limiter un peu les prédations des propriétaires et colons envers les Noirs et les Indiens. En clair, la démocratie n’appartenait qu’aux « hommes libres », ce qui n’incluait pas les races inférieures, y compris les ouvriers, trop bêtes pour appartenir au « peuple élu ». Car figurez-vous que la religion, protestante, faisait partie de la coalition contre les races inférieures. En effet, les Protestants brandissaient la bible (en fait l’ancien testament) qui louait les exploits des Hébreux ayant chassé du pays de Chanaan ses peuplades refusant le vrai et seul Dieu en les massacrant au passage (1er génocide montré par une œuvre écrite). Les indigènes et autres Noirs descendaient de Cham, le moricaud et père d’une race maudite, Sem étant le père de la race élue. On reconnait les proximités actuelles entre une certaine droite protestante pro-sioniste et les attendus de la religion : le retour de tous les Juifs en terre Promise permettra celui du Messie, ce qui pourra enfin permettre le jugement dernier. Les dirigeants d’Israël (ne pas confondre ceux-ci avec le peuple hébreux) devraient se méfier car le jugement promet que les Juifs ne seront sauvés que s’ils se convertissent …
Quant aux prolos, ils méritaient leur sort de manouvriers car la « sélection naturelle des meilleurs » (coucou, revoilà le droit naturel mais sous forme scientifique ; chose qui a été suivie de l’invention de l’eugénisme, non par les nazis, mais par les Anglo-Saxons dès la fin du 19ème siècle) les excluait du « banquet de la nature » (Malthus). Il était donc justifié de voter des lois démocratiques pour forcer ces déchets humains à travailler 15 heures par jour et 6 jours sur 7. Car le « jour du Seigneur » était sacré au grand dam des saigneurs capitalistes (en France, c’était 7 sur 7 jusqu’en 1910, sans compter la semaine de 10 jours des révolutionnaires-démocrates). Il fallait que les exploités priassent pour expier leurs fautes et mériter le paradis dans un monde meilleur. Et les lois démocratiques du libéralisme US imposaient, comme en G-B) l’assistance du populo aux offices ; mieux, poussées par les curetons des sectes protestantes, les lois entraient dans les chambres à coucher et interdisaient le sexe oral ou anal. Ce que ne disent pas les annales du libéralisme car cela montrerait que celui-ci n’est pas si démocratique, neutre (sur les conceptions de la vie) et libéral que le prétendent ceux qui ont voulu (et veulent toujours) exporter le magnifique modèle de la démocratie américaine. Cette exclusion des Noirs, des Indiens, des pauvres a été justifiée dès le milieu du 19ème siècle par la « science » de l’eugénisme, pseudo science créée par le rosbif Galton dans la foulée d’une interprétation raciste de la sélection naturelle de Darwin, qui permit de filtrer les immigrants aux USA, de stériliser les individus « anormaux » et les individus des races inférieures (notamment les aborigènes d’Australie). Losurdo montre qu’Hitler n’a rien inventé et que fascisme et nazisme n’ont pas été guère plus totalitaires que le libéralisme des 18 et 19èmes siècles. Si les USA (et autres) ont hurlé à l’horreur du génocide des Juifs en Allemagne, cela ne les a pas empêchés de maintenir la ségrégation raciale jusqu’en 1962 (et ce n’est pas les politicards qui le firent mais la Cour suprême lors de l’affaire des bus d’Atlanta avec Laura Parks ; et c’est lié au mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King) et de soutenir l’apartheid en Afrique du Sud (l’ANC de Mandela a été mise sur la liste des organisations terroristes jusqu’en, tenez-vous bien, 2008).
Si le colonialisme et l’esclavage ont fini par ne plus être légitimes et ont été officiellement supprimés, c’est par suite de pressions extérieures sur les libéraux. Par exemple, c’est à cause de la puissance de l’URSS, lors de « la guerre froide », que les USA finirent par abandonner la ségrégation raciale. En effet, la ségrégation alimentait les pulsions communistes et animait la révolte des peuples colonisés. Les bons hagiographes du libéralisme et de la démocratie US disent que les USA n’ont jamais eu de colonies. C’est exact car ils se sont contentés d’exterminer les Indiens et d’annexer des terres de leurs voisins (Texas, Californie, Floride, et Louisiane qu’ils ont achetée à Napoléon en 1803 mais qu’ils auraient sûrement annexée sans ce deal) ou de leurs opposants (annexion des Philippines, de Cuba). Ils ont aussi soutenu des coups d’Etat fascisants contre la démocratie dans toute l’Amérique latine, notamment Pinochet en 1973 ou ont pris le contrôle de territoires via des gouvernants de paille, par eux mis en place, par exemple au Panama pour y contrôler le canal. Et soulignons que l’étendue des USA fait qu’ils n’ont guère besoin de colonies. Du moins pas directement, il suffit d’autoriser l’expansion de leurs capitalistes et d’acheter des gouvernements compradores. Mais c’était de la démocratie, non ? Si la très démocratie libérale française a abandonné l’Indochine et l’Algérie et décolonisé en Afrique, c’est à cause des guerres de libération qu’elle n’avait plus les moyens de vaincre et à cause de la pression internationale. Voilà donc la belle histoire de la démocratie libérale une fois démaquillée !

Pourquoi la France patine-t-elle ?

Classé dans : politique — 1 juin, 2013 @ 10:50

Notre pays est victime de ses rentiers, lesquels sont de toute façon nuisibles en tout régime libéral ou, plus encore, socialisé. On a déjà la rente institutionnalisée des politicards en fausse démocratie soi-disant représentative. Par le biais d’un mode de suffrage inique (uninominal majoritaire à 2 tours sans proportionnelle) on a créé un duopole UMP-PS qui ne fait que virevolter lors des alternances électorales. Il s’ensuit que la diversité du peuple (dans sa composition ethnique, dans sa mixité de genre, dans sa pluralité de professions, etc.) n’est pas représentée même si une bonne partie de celui-ci est sensible aux sirènes de la droite extrême. Et nous avons le triste cumul des mandats à la fois dans le temps (on a des députains élus sur plus de 4 ou 5 mandatures !) et dans l’espace avec des représentants multicartes, du local au national en passant par le régional. On observe une fusion entre l’énarchie et la représentation, fusion accompagnée du phénomène des « revolving doors » (portes tournantes ou, en France, pantouflage) des allers-retours entre les fonctions politiques, administratives et privées. Les assemblées sont notoirement blanches, vieilles, masculines, bien diplômées, très loin de la composition sociologique du « pays réel ». Il n’est pas étonnant qu’une telle sélection d’excellences fasse la politique du capital, de la rente, des vieux, des mâles. Comme elle parasite le pays avec ses amis du capital et ses compères des syndicats, elle a intérêt à ce que rien ne change : sans la prédation capitaliste, elle ne peut plus exploiter le chêne, comme dirait le gui, le mal passant.
Dans tout régime capitaliste les classes dirigeantes s’arrangent pour monopoliser le pouvoir derrière les apparences de la fausse démocratie représentative. Et il se trouve facilement que les dirigeants politiques sont acoquinés avec les grossiums de la finance, les huiles de l’industrie, les gros propriétaires fonciers, les langues fourchues des médias propriétés de conservateurs de la finance ou de l’industrie et aux petits soins pour les annonceurs, les diffuseurs de la science économique « normale », les magistrats compradores, les syndicalistes achetés, etc. Les dirigeants sont très largement issus de classes supérieures de la société via le système de reproduction élitiste qu’est l’éducation nationale maquillée en instrument méritocratique. Les enfants des classes subordonnées (7 % alors qu’ouvriers et employés font 50 % de la population) ne font pas de grandes études et quand ils y arrivent ils ne disposent pas du bon réseau de relation et de cooptation pour accéder aux sphères dirigeantes. Les arrivistes ont cependant besoin d’une bonne peau d’âne pour faire partie du club des classes dirigeantes ; c’est ce qui a poussé M. Léchevin, ex-ouvrier à EDF, ex-secrétaire de la fédération CFDT de l’énergie, ex-médiateur de l’énergie, président actuel de l’ADEME, à laisser croire qu’il sort de Sciences-Po Paris. Et le plus souvent, quand ils y parviennent, ils sont devenus des traitres à leur milieu originel d’appartenance. Car pour réussir ils ont dû montrer patte blanche et acquérir les normes de la culture dominante qui ainsi peut les assimiler à dose homéopathique. C’est ainsi que les socialos parvenus (dans tous les sens du terme) au pouvoir ne sont pas enclins à changer le système pour la bonne raison qu’ils n’en voient pas de meilleur que celui qui leur a permis de percer. Il devient clair alors que sur les plans culturel, moral, psychologique les dirigeants se ressemblent tous et sont conservateurs. On ne doit pas changer un système qui vous a si bien fait. On voit que « la circulation des élites », chère aux fascistes Mosca et Pareto, ne modifie rien à l’affaire car une alouette de promotion sociale ne dénature pas le percheron capitaliste.
Les dirigeants, politicards, même de « gôche » compris, sont misonéistes par construction et par parcours ; faire de l’alternance politique consiste à permuter sur les sièges électifs des gens tout à fait semblables dans leurs idées et leurs attitudes. Ce qui est aujourd’hui la pensée unique libérale (liberté, propriété, mérite), l’économisme, le culte de la croissance (pour faire croire aux pauvres que l’on va atteindre le bout du tunnel et que le monde de demain sera meilleur, comme chez le coiffeur qui rase gratis), le bricolage pour créer de l’emploi (tout en trafiquant les statistiques ; ainsi la Teutonie a 7 millions de gens sur des mini jobs à temps partiel payés 450 euros par mois : la décence voudrait que des demi-emplois soient comptés dans les statistiques en équivalent temps complet, ce qui dans le cas germain ferait tout de suite 3,5 millions de chômeurs de plus), la geste du libre-échange, l’épopée de la libre circulation du capital. Dans ce système prédateur, qui porte l’inégalité comme l’orage la nuée, les puissants en situation de domination pressurent les dominés et les petits. Les hypermarchés rançonnent leurs fournisseurs, la FNSEA fait la politique des gros céréaliers, betteraviers, pinardiers, les multinationales assujettissent leurs sous-traitants, notamment en les payant en retard, les patrons mégotent sur les salaires et les heures de travail tout en réclamant des subventions et des détaxations, les médecins libéraux font des dépassements d’honoraires, les syndics de faillite se font du gras sur les boîtes en perdition et vendent les dépouilles du failli à leurs copains via le tribunal de commerce, les juges pourchassent les vrais syndicalistes, les législateurs pondent des lois en faveur du capital, le fisc passe l’éponge sur les grosses fraudes fiscales, etc.
Et depuis des décennies des professions à monopole continuent d’exploiter leur rente : pharmaciens, notaires, huissiers, taxis, conservateurs des hypothèques, trésoriers-payeurs généraux. Les industries pharmaceutiques et chimiques peuvent mettre en danger la santé publique sous le regard bienveillant, et parfois la complicité, des autorités ou agences de contrôle (médiator, amiante, Régent, Cruiser ou Gaucho, perturbateurs endocriniens, pesticides en tout genre, etc.). Depuis une quinzaine d’années, des « agences », commissions, comités, hauts conseils, autorités ont été créées par les gouvernements afin de se défausser de leurs responsabilités sur des « organes » soi-disant neutres et indépendants. En réalité, ces organismes saprophytes font que ça profite au capital car ils sont truffés d’experts extérieurs inféodés. Depuis la révolution néolibérale les lobbys peuvent officiellement (cela se faisait en catimini avant) faire le siège des fonctionnaires, des élus, des dirigeants politiques pour faire passer des lois ou règlements en leur faveur ou à tout le moins amoindrir la portée des textes dangereux. C’est d’autant plus aisé que les « élites », de droite et de « gôche » communient dans les bienfaits de l’économie libérale, le respect de la propriété et du droit d’entreprendre, le mythe du progrès et de la croissance. Ce n’est pas étonnant car ils ont été formatés par la même formation, le même type de recrutement (cooptation par les réseaux libéraux), la même soumission à la « contrainte extérieure ». Car, en réalité, le capital est tout à fait internationalisé. Il suffit que les « marchés financiers » froncent les sourcils, que les collègues gouvernementaux, que la technocratie mondialisée (FMI, BM, OCDE, OMC, Grosse Commission de Bruxelles) tirent la sonnette d’alarme contre les dérives anticapitalistes et les normes de bonne « gouvernance » pour que le pouvoir politique en place se mette à faire allégeance, notamment à la rigueur imposée par la Gross Angela. En d’autres termes, toutes les instances, tant intérieures (par exemple la Cour des Comptes qui maintenant rivalise dans l’orthodoxie financière bien que présidée par un socialo mais nomme sous Tsarkozy au grand dam des mensonges du Lying Dutchman), qu’extérieures font pression pour maintenir l’ordre capitaliste en France, ordre dont Valls à 3 temps (moi, moi, moi) est le bon gardien sécuritaire.
L’ordre capitaliste est préservé par notre système d’éducation qui sélectionne les « meilleurs » via les concours des grandes écoles. Ce système est fondé sur l’autorité et le conformisme. De plus, les diplômés qui en sortent obtiennent une rente à vie avec promotion automatique. Comme ce sont des as très méritants, ils ne peuvent diriger de petites structures. C’est ce qui explique qu’en France les PME, PMI, PTI soient négligées par le pouvoir à base d’énarques et de grands ingénieurs en général peu ingénieux. Tout le paquet est mis sur la finance et sur les multinationales où les hauts fonctionnaires pantouflent malgré les conflits d’intérêt. Ce système se moque du travail quand il n’est pas théorique et abstrait, d’où la fuite devant les filières professionnelles de formation et l’apprentissage, voies méprisées par les parents d’élèves et les étudiants qui ont compris que la finance est plus juteuse. Et en plus notre « noblesse d’Etat » et des grosses firmes est respectée car elle a fait accroire que sons succès est mérité à l’issue d’une sélection impitoyable dans l’éducation nationale inégalitaire. Ces rentiers du savoir, savoir du reste purement technique sans culture générale, sans sens critique, sans ouverture sur les autres et le monde, maintiennent leur domination ne varietur et pratiquent un management par la force, le pouvoir, le dogmatisme, la calculette. Ce management empêche l’innovation, la coopération, la communication dans les entreprises et dans l’administration. D’où la dramatique désindustrialisation du pays au profit du fric et des multinationales. Et le pire est que ce sont ces rentiers qui accusent les travailleurs de résister au changement, d’être crispés sur leurs « acquis », de s’opposer à la « modernisation du pays. Pour ce faire, ils reçoivent le soutien de journaleux inféodés au système capitaliste, tel Walter Closets, l’inénarrable auteur de la saga « Toujours plus ».
On ne dira jamais assez que le régime capitaliste repose sur l’exploitation économique, la domination politique et l’hégémonie idéologique et culturelle. En fait, le système a réussi à s’ériger en « bloc historique » (Gramsci) lié par l’adhésion à une idéologie libérale. Et il se trouve que les dominés adhèrent largement à cette idéologie de la propriété, de l’individualisme, du mérite, du bonheur dans la consommation. D’où l’impératif de la croissance pour soutenir la croyance populaire dans les mérites du système. Cette croyance est d’autant plus admise que les syndicats officiels ont abandonné depuis longtemps la lutte des classes au profit de l’ordre « démocratique » dans lequel ses éléments « méritants » (les Le Duigou, Chérèque, Léchevin, Notat, etc.) font office de filtres des besoins populaires pour les transformer en demande acceptable par le patronat. Quand ils ne trahissent pas. Il est vrai qu’une bonne partie du peuple travailleur a abandonné depuis longtemps la lutte des classes au profit de l’embourgeoisement, du statut de propriétaire, du consumérisme, de la « distinction » par l’avoir, du « souci de soi » individualiste et narcissique. C’est du reste à encourager cette mentalité que joue généralement la presse, notamment les magazines « people », les émissions sur les têtes couronnées, les scandales sexuels ou autres. Des pains et des jeux, disaient les Romains pour endormir la plèbe. Il faut aussi noter qu’une protection sociale étatisée a déresponsabilisé tout le monde largement géré d’en haut et « assisté ». Et maintenant, avec la crise, des éléments du pouvoir et des partis politiques font de la diversion populiste avec les bons thèmes du bouc émissaire : les émigrés, les clandestins, les islamistes, les gays, les « assistés », les fraudeurs à la Sécu (4 milliards pour les fraudes aux prestations, 40 pour celles aux cotisations… et qui poursuit-on ? Les premières qui en font 10 fois moins que celles des patrons !). Evidemment, les curetons de tout poil encouragent ce conservatisme populaire et soutiennent les pouvoirs capitalistes.
Las, pour les rentiers et les conservateurs, un monde nouveau germe sous la cendre des destructions capitalistes. Mouvements de résistance, d’indignation, de révolte, ONG, nouvelles structures de production et de vente ou anciennes, comme les coopératives et les mutuelles qui reprennent du poil à la « bête immonde » qu’est le libéralo-capitalisme, altermondialistes, écologistes, « décroissants », associations, syndicats de base, etc. sont en train de s’unir, finiront par se fédérer pour, non pas tempérer et réguler le capital, mais mettre en place une contre-société grosse d’un autre régime dans tous les domaines : politique, social, économique, juridique, culturel. Et on a vu que les véritables conservateurs et amis du capital, ce sont… les libéraux!

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